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31 janvier 2010

Words words words

Le 2 février 2007, Nicolas Sarkozy tenait meeting à Maisons-Alfort (1). Henri Guaino lui avait concocté pour l’occasion un discours « spécial enseignants » qui a tout de même séduit 17% d’un électorat ordinairement classé à gauche (2).

En ces temps de vaccinations aléatoires, j’ai pensé qu’il ne serait pas inutile de procéder à une petite piqûre de rappel — à l’intention des défenseurs de l’Ecole qui seraient tentés de voter UMP aux prochaines élections, régionales ou présidentielles.

2007 est derrière nous, Sainte Ségo aussi : dorénavant, nous pouvons voter pour qui nous voulons, sans avoir à voter contre qui nous ne voulions pas.

Alors, autant se rappeler les promesses — qui n’engagent que ceux qui y croient, comme disait Charles P*** (3) — prodiguées par le tandem Guaino / Sarkozy, dont plusieurs pourraient constituer un programme opératoire pour les candidats de 2012, dans la mesure où elles sont restées inappliquées — voire même contrariées dans les faits par une navigation à (courte) vue en matière d’Education.

(1) Comme seul le prononcé fait foi : http://www.sarkozy.fr/video/index.php?intChannelId=1

(2) Selon un sondage « sortie des urnes » effectué par CSA-Cisco pour le compte de la FSU à l’issue du premier tour en 2002, 41% des enseignants ont voté Royal, 24% Bayrou, 17% Sarkozy, 7% Le Pen, 5% Villiers, 3% Besancenot et 1% Bové.

Et je partage entièrement l’opinion (exprimée ici même) de Natacha Polony selon laquelle les enseignants ne voteront plus PS — ou alors, par pur masochisme (http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2009/09/08/les-en...).

(3) Célèbre (boni)menteur qui a puissamment contribué à faire élire François Mitterrand (ou à faire battre Giscard d’Estaing, ce qui revient au fond au même) en 1981, mais dont la sagacité a été moins performante depuis. Ses analyses du fait électoral restent cependant globalement adéquates.

 

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14 janvier 2010

Autopsie du Mammouth

Autopsie du Mammouth est le dernier livre paru — aujourd'hui 14 janvier — sur l'Education nationale. Devrais-je dire que ce sera le dernier ? Claire Mazeron, qui l'a écrit avec une verve rare, fait le tour de la question — et de ses environs. Ce qui laisse bien peu à dire — sinon "chapeau bas" !
Ci-dessous mon sentiment sur ce livre exceptionnel (Editions Jean-Claude Gawsewitch).

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07 janvier 2010

La conjuration des imbeciles

« La Sottise ! » disait Flaubert.

Qu’aurait pensé l’imprécateur de Bouvard et Pécuchet du spectacle attendrissant qu’offrent aujourd’hui les duettistes de la discrimination positive, Richard Descoings et Alain Minc ? Ou faut-il dire le trio, tant les idées — le mot est peut-être un peu exagéré — qu’ils défendent semblent l’écho des propositions de Yazid Sabeg, le commissaire à la diversité, à l’égalité des chances et à l’auto-satisfaction.

J’ai eu la chance inouïe d’assister cette année, au lycée Thiers à Marseille, à une visite de Monsieur Sabeg dans ma classe de SPE-IEP (dont je parlais dans une précédente Note). Eh bien, ces élèves qui arrivent tous de ZEP, et sont presque tous « issus de la diversité » pour parler le langage à la mode, se sont sentis — ils l’ont dit et écrit — animaux de zoo visités par quelque touriste nonchalant, soucieux de parler pour ne rien dire et de ne rien écouter. Yazid Sabeg est arrivé entouré d’une cour de dignitaires empressés. Il est reparti, pressé, en homme important qu’il est, au bout de dix minutes, laissant derrière lui un sérieux sentiment d’inachevé et de stupéfaction. Mais le grand petit homme, comme on dit dans Little Big Man, avait certainement tout compris en deux coups d’œil…

D’ailleurs, il avait compris avant même d’entendre. Il a sur la discrimination positive des idées bien arrêtées — les quotas que revendique aujourd’hui Richard Descoings, futur ministre de l’Education, si j’en crois la loi de Murphy et le Principe de Peter, c’est lui. Et de suggérer que l’on dresse un état précis des « communautés » afin de distribuer dorénavant les postes non en fonction du talent, mais de l’appartenance ethnique — si tant est que le terme ait un sens.

Tiens, la dernière fois qu’on a joué à ça, c’était sous Vichy.

 

Richard Descoings, donc, s’étonne avec ironie (1) de l’opposition de la conférence des Grandes Ecoles à sa proposition de quotas. Les bonnes œuvres ne suffisent plus au fringant directeur de Sciences-Pô : c’est que dans la société du spectacle, toute surenchère en appelle forcément une autre, si l’on veut rester visible. Ce furent d’abord quelques spécimens pêchés dans des banlieues et importés Rue Saint-Guillaume sous l’œil intéressé des caméras. Puis des quotas — 30% de boursiers, cela sonne sérieux. Puis la suggestion de Valérie Pécresse, que j’ai connue mieux inspirée, que l’on transforme les oraux, afin de moins évaluer sur des savoirs, et davantage sur des savoir-être : le livret de compétences qui doit régler le futur Brevet des collèges, si les profs, fort récalcitrants, acceptent de le remplir, s’invite dans les grandes écoles.

Comment s’étonner que les responsables desdites Grandes Ecoles s’émeuvent de ce discours calibré pour plaire… pour plaire à qui, d’ailleurs ? Le Monde ouvre ses colonnes aux chantres de l’affirmative action (2), et les hauts responsables du Figaro ne leur sont pas hostiles, malgré ce qu’en disent avec talent tel ou tel de leurs collaborateurs (3). Touchante unanimité. Les uns et les autres se sont-ils demandé ce qu’en pensent leurs lecteurs ? Ce qu’en pensent les enseignants ? Ce qu’en pensent même les jeunes — y compris ceux que cela semble concerner (4) ? Croient-ils vraiment que tant de parents ou grands-parents d’élèves veuillent voir passer devant leurs enfants ou leurs petits-enfants des gosses qui se sont donné la peine de naître… de l’autre côté du périphérique ?

J’ai souvent expliqué que le titre de la Fabrique du crétin ne visait pas vraiment les élèves, victimes d’un système qui marche sur la tête (comme le prouve jusqu’à la nausée cette Autopsie du Mammouth (5) qui sort cette semaine). Non : les crétins en chef, ce sont les instances dirigeantes, cette galaxie de gredins grenelliens, d’apparatchiks survivants de tous les régimes, de pédagogues fous et autres fournisseurs de débâcle. Cela fait des années qu’une certaine Droite veut briser l’Education nationale, cela fait des années qu’une certaine Gauche fait chorus. Le collège unique, contre lequel s’insurge aujourd’hui Luc Ferry (6), qui l’a pourtant laissé prospérer lorsqu’il était ministre, est l’exemple le plus frappant de cette massification uniformisante dont on espérait une école égalitaire et qui, à force d’égalitarisme, a eu l’effet paradoxal, mais logique, non seulement de ne pas augmenter le nombre d’enfants issus du peuple dans les Grandes Ecoles, mais, souvent, de le diminuer notablement. D’où l’idée loufoque, mais logique pour ces gens-là, de les réinsérer aujourd’hui — par passe-passe, par passe-droit, au lieu de leur donner, en amont, l’aliment intellectuel qu’ils pourraient réclamer. « Pourquoi ne nous l’a-t-on pas appris avant ? » demandent les élèves des classes prépas aux classes prépas dont je parlais dernièrement. Bonne question à laquelle on n’apporte, encore une fois, que de mauvaises réponses.

Parce que si l’instruction — la meilleure, la plus sophistiquée possible — est un droit, la réussite, elle, ne l’est pas : c’est peu ou prou comme le droit aux soins, qui n’est pas le droit à la santé. Les élites ne se décrètent pas, tant qu’on leur donne l’occasion d’émerger.
Mais voilà : permettons-nous encore aux enfants, aux adolescents, d’aller au plus haut de leurs compétences ?

Poser la question, bien sûr, c’est y répondre. La politique éducative, tant administrative que pédagogique, n’a jamais eu d’autre but, depuis vingt-cinq ou trente ans, que l’écrasement des différences — ce qui n’a jamais fait de bien aux plus fragiles, et découragé ceux qui auraient pu lever la tête. Si les enfants les plus démunis, culturellement parlant, ont besoin de quelque chose, c’est d’une pédagogie qui leur transmette des connaissances, inlassablement, et, ce faisant, leur donne de l’ambition.

Et on ne donne d’ambition qu’en montant la barre, pas en décrétant, comme le fit jadis Jack Lang, que le zéro est hors-la-loi : c’est ne rien comprendre à la relation maître-élève que de penser que les uns ne peuvent avoir d’autorité que par la grâce du bâton, et que les autres ne fonctionnent qu’à la carotte.

Restait à la Bêtise un dernier bastion à conquérir, les classes préparatoires. Une ultime forteresse à raser, les grandes écoles. Nous y sommes presque. On en reviendra d’ici peu à un système d’« entretiens » faussés et de cooptation vraie, un pseudo « mérite » qui ressemblera fichtrement au piston. Seuls des concours anonymes, de haut niveau, où n’apparaissent ni la couleur de la peau, ni les (in)croyances religieuses, peuvent assurer le renouvellement des cadres et l’éclosion des talents — la vie d’une République. Les propositions d’aujourd’hui, outre leur inconséquence pédagogique, marquent la fin d’une certaine… identité française. Quand le communautarisme frappe à la porte et que les démagogues l’entrouvrent, nous pouvons tout redouter — y compris le Quatrième Reich.

 

Jean-Paul Brighelli

PS. Que cette politique de quotas soit absurde, nous sommes quelques-uns à le dire. Même Luc Ferry, décidément ultra-lucide depuis qu'il n'est plus ministre, s'y est mis ce matin : http://www.france-info.com/chroniques-l-invite-du-matin-2...

Notes :

(1)http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/04/richard-...

(2)http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/06/boursier...

On m’excusera d’utiliser l’anglais pour désigner ces grandes intelligences. Richard Descoings vient de se voir décerner le Prix de la carpette anglaise pour son action en… défaveur du français : http://www.langue-francaise.org/Articles_Dossiers/Carpette_historique.php

(3) http://www.rtl.fr/fiche/5931778443/eric-zemmour-richard-d...

(4) Le Monde, dans une grande crise d'honnêteté (on ne l'y reprendra pas), a demandé leur avis aux jeunes gens concernés. Et c'est très éclairant : des quotas et des passe-droits, ils n'en veulent pas (http://www.lemonde.fr/societe/article_interactif/2010/01/06/quotas-les-eleves-boursiers-ne-veulent-pas-d-un-passe-droit_1288251_3224.html#ens_id)

(5) De Claire Mazeron. Sortie le 14 janvier. Courez le commander !

(6) Dans le Figaro du 7 janvier.

02 janvier 2010

CPES et autres utopies necessaires

Le Lycée Thiers, à Marseille, est en train de monter (1) une Classe de Préparation à l’Enseignement Scientifique — CPES. Une classe à effectif réduit, réservée aux élèves boursiers de Marseille, du grand Sud, et à terme de tous les horizons, qui, avec un coup de pouce pédagogique, mériteraient de passer en Prépas.

C’est, si l’on veut, de la discrimination positive — horresco referens ! À ceci près qu’au lieu d’opérer en deus ex machina goûtant aux joies de la charité, comme Marie-Chantal de Sainte-Nitouche dans ses bonnes œuvres ou Richard Descoings à Sciences-Pô Paris, il s’agit d’offrir à des élèves qui n’avaient peut-être pas osé en avoir l’ambition une chance d’intégrer à terme une grande école scientifique.

Une classe d’ambitions similaires a été créée en 2005 au lycée Henri IV (2). Avec des moyens tout à fait différents : "H IV", sur son seul nom, a suscité des partenaires-mécènes qui multiplient de façon très significative la dotation initiale. Diverses enquêtes et des documentaires télé, souvent intéressants (en particulier le 13 mai 2007 sur M6, dans le cadre de l’émission « Zone interdite »), ont été réalisés sur cette expérience-pilote. Mais à mon sens ils passent à côté des conclusions qui s’imposent.

Bien sûr, il s’agit d’une propédeutique. Cela existait déjà à la fin des années 1950, quand il a fallu trouver un moyen pour offrir un cursus universitaire à des jeunes (parfois moins jeunes — mon père en a profité) qui n’avaient pas le Bac (3) : aujourd’hui, c‘est une solution pour remettre à flot des élèves qui… ont le Bac.

Et tout est là.

Il y a toujours eu, entre la Terminale et la première année de Classes Préparatoires (scientifique ou littéraire), un hiatus que les trois-quatre premiers mois — ceux où, comme on dit, « on en bave » — visaient à combler. Un premier trimestre où les brillants sujets de Terminale apprennent à relativiser le concept de « bonne note » — au passage, ils y parviennent grâce au déluge de mauvaises notes qui les accable…

Mais l’écart entre les exigences, toujours en baisse, des lycées et celles, maintenues peu ou prou au même niveau, des prépas, fait de ce hiatus un véritable gouffre. Ce n’est plus trois mois qu’il faut pour le franchir — c’est une année entière.

Pratiquement, les cursus des classes prépas, théoriquement conçus sur deux ans (Maths Sup / Maths Spé, Hypokhâgne / Khâgne, etc.), se déroulent désormais très majoritairement sur trois ans. Certes, il a existé de tout temps des « Cinq demis » ou des « Cubes » — quand on n’intégrait pas en « Trois demis » ou en « Carré ». Mais bien peu d’élèves décrochent la lune au bout de deux ans, quelle que soit la lune qu’ils visent, Polytechnique, l’ENS, HEC ou telle ou telle école d’ingénieur. Sciences-Pô, qui se passe en théorie juste après le Bac, est tenté de plus en plus souvent à Bac + 1 — voire Bac + 2. Le lycée Thiers a d’ailleurs créé il y a huit ans une section (SPE-IEP) réservée aux élèves des trois lycées ZEP de Marseille, pour leur permettre de rattraper, en un an intensif, le niveau de…

De qui ? De quoi ? « M’sieur, me lança un jour l’une de ces élèves, pourquoi ne nous a-t-on pas enseigné tout cela avant ? » Mais quel élève (ou « combien d’élèves ») de Terminale sort du Lycée et du Bac avec de vraies connaissances ? Ne serait-ce qu’avec les connaissances exigées par le Supérieur qui n’a pas encore abdiqué — c’est-à-dire les prépas, que le ministère de l’enseignement supérieur s’apprête à liquider en les intégrant aux facs qui n’y voient qu’un fromage, un adjuvant économique qui ira se perdre dans le gouffre sans fond de l’Université française (4)… Après tout, comme c’est à peu près tout ce qui marche encore bien dans l’Enseignement français, pourquoi se gêner pour le détruire ?

Ces propédeutiques, au fond, inversent un processus qui s’est donc déjà mis en place. Des élèves « ordinaires » réussissent en doublant la seconde année. La propédeutique consiste, au fond, à doubler par avance la première année : avec un peu de chance, ça fera trois partout. C’est là le vœu de l’institution — et des profs qui ont décidé de jouer le jeu.

L’existence même de ces sections, SPE-IEP ou CPES, pose le constat de faillite des ZEP en particulier et de tout le système éducatif français en général. On a prétendu réformer le lycée afin de mieux préparer les élèves à leur devenir d’étudiants — en les « autonomisant », pardon pour le néologisme, il n’est pas de moi. Sans vouloir voir que le seul moyen de préparer effectivement les élèves, c’est de leur transmettre des contenus disciplinaires forts — et en maintenant dans le Supérieur des exigences sévères. On a jadis accusé la Gauche de laxisme. On peut désormais accuser la Droite de gabegie. Un partout, balle et élève au centre.

Nous voici donc amenés à proposer à des élèves qui ne demandaient pas mieux que de travailler des cours de maths, de Physique-Chimie, de SVT, d’Histoire, de Philo, de Français, de langues — l’état linguistique des lycéens est à la hauteur de leur niveau en Français — globalement pitoyable : étonnant, non, dans un pays où l’on a imposé l’anglais en Primaire… Amenés à leur refaire, en accéléré (et ils peuvent absorber en neuf mois un programme sévère — je n’en veux pour preuve que leur réussite, là où l’expérience est déjà en cours) ce qu’ils auraient dû apprendre depuis… depuis quand, au fait ? Depuis le lycée ? Mais le lycée est malheureusement tributaire de ce qui se fait au collège, qui est tributaire de ce qui se fait en primaire, qui est tributaire d’Erwan Redon et des autres « désobéisseurs »… Pas la faute des profs, qui font avec ce qu’on leur envoie, et dans les conditions qu’on leur octroie. Pas la faute à Voltaire, pas la faute à Rousseau.

La faute à des programmes et à des ambitions revus constamment à la baisse. La faute à des pédagogies qui, à force de bons sentiments, et la philosophie de la misère, flirtent sans cesse avec l’absurde, et la misère de la philosophie (et du français, et des Maths, et des…). La faute à un système qui, de la tête (rue de Grenelle) aux pieds (cette nébuleuse d’administratifs qui veillent, dans les rectorats, à ce que tout se passe mal) vise à son auto-destruction — pour enrichir le Privé ou par bêtise pure (5). La faute à un système qui a oublié depuis longtemps que l’objectif d’une Instruction publique de qualité, c’est d’amener chacun à son plus haut point de compétence — mais ne sommes-nous pas censés dire que tous les élèves ont d’égales capacités ?

Alors, CPES ou SPE-IEP, pensez-en ce que vous voulez, mais en attendant l’hypothétique Grand Soir pédagogique où les programmes et les méthodes changeront pour le mieux, et non plus pour le pire, nous bricolons en aval, puisqu'il ne se passe rien en amont — sinon pour le pire. Nous colmatons. Profs ou chefs d’établissements, nous colmatons comme nous pouvons, pendant que le ministre et ses conseillers, certains syndicats, les associations de parents d’élèves (mais pas les parents d’élèves, qui souhaitent toujours le mieux pour leurs enfants, et c’est bien normal) et les coordinations lycéennes, UNL et FIDL mêlées, font de leur mieux pour couler le navire. Parce que c’est notre travail — colmater et transmettre, et recommencer.

Jean-Paul Brighelli

 

(1) Dans le cadre de la loi d'orientation 2005-380 du 23 avril 2005 (article 34).

(2) http://innovalo.scola.ac-paris.fr/cpes.htm. On trouvera sur ce site le programme complet de la classe, et une évaluation bien faite de l’expérience.

(3) Profitons-en pour constater que le Bac est toujours le sésame indispensable du Supérieur, à ceci près que le Bac 1950 était passé par une poignée de jeunes Français, et qu’aujourd’hui c’est 65% d’une classe d’âge qui le décroche : même nom de famille, mais un contenu, et une identité, radicalement différents. Persister à faire du Bac — ce qu’est devenu l’examen-couperet d’autrefois — la clé du Supérieur, c’est baisser volontairement le niveau de tout le Supérieur. Un Bac des années 50 permettait d’être directement instit — il faut actuellement un Bac + 5. Cela seul suffit à donner une idée de l’inflation scolaire, et de la dévaluation du diplôme. Il est impératif que tout l’enseignement supérieur (actuellement, c’est 40 % — prépas, IUT, BTS ? etc.) puisse déterminer les conditions d’entrée dans ses filières.

(4) C’est pour tout bientôt, me certifient mes antennes de la rue Descartes. Ça fera plaisir à ces mêmes syndicats qui ont voté la réforme du lycée et exigé qu’il n’y ait vraiment pas d’Histoire-Géo en Terminale S — il y en a même un qui s’est abstenu, lors du vote final, parce qu’on a maintenu la possibilité pour les élèves de prendre ces matières en option : haro sur l’élitisme — qui pourtant ne leur a jamais rien fait, il n’y a qu’à les regarder…

(5) Un livre qui sort cette semaine, Autopsie du Mammouth, signé Claire Mazeron (Jean-Claude Gawsewitch éditeur), analyse en détail, avec un humour désespéré, tout en proposant des solutions viables, les dysfonctionnements de la Bête : j’en parlerai à loisir dans ma prochaine Note.

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