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26 septembre 2008

Entre les murs

Entre les murs

   J’ai donc vu Entre les murs.

   Allons tout de suite à l’essentiel. Quitte à surprendre quelques amis, c’est un film à voir absolument. Non qu’il soit bon – il est filmé à la diable, avec une caméra portée par un technicien ivre, qui donne le mal de mer au bout de dix minutes – pseudo-reportage sur une pseudo-classe, animée par un pseudo-enseignant. Mais il est indispensable : il est le degré zéro de la pédagogie - un zéro qui ne multiplie que parce qu’il est Palme d’or (1). Il est le répertoire exact de tout ce qu’il ne faut pas faire, à commencer par cette empathie vague qui tient lieu de pédagogie, et qui est le cœur même du pédagogisme. Un enseignant débutant y trouvera tout ce que lui a enseigné le pire des IUFM, et qu’il lui faut oublier dès qu’il est confronté à des élèves réels, l’apologie de cette relation horizontale qui est une fin en soi depuis que quelques imbéciles ont décrété que la verticalité de la transmission était définitivement à proscrire – comme les estrades qui la matérialisaient. Ce n’est pas même un film : c’est l’étalage de cette escroquerie qui tient lieu aujourd’hui de pédagogie chez les mauvais élèves de Freinet.

   Une classe de Quatrième dans un collège du XXème arrondissement… La classe la plus difficile, entre adolescentes en gangue et décharges de testostérone. Les élèves y sont plus vrais que nature – au sens propre de l’expression : Cantet/Bégaudeau ont sélectionné, à force de répétitions patientes, les éclats spontanés que nous trouvons effectivement en classe – mais en ne gardant que les paroxysmes. Dans la classe de Marin/Bégaudeau, les élèves entrent en classe en troupeau vociférant, blatèrent et déblatèrent, s’affrontent, s’apostrophent, et finissent par tutoyer le prof, avant de le bousculer. A son grand scandale, et c’est bien le plus étonnant : comment diable obtiendrait-il le respect d’élèves à qui il n’apprend rien, avec lesquels il parle de foot à longueur de film (2), et qu’il finit, fort logiquement, par traiter de « pétasses » ? Non seulement il ne leur a rien appris, mais à force de (con)descendre, il finit par adopter leur langage – et leurs jeux dans la cour.

   Un exemple parmi d’autres. Les deux déléguées de classe symbolisent les deux extrêmes du spectre – une petite Beur incontrôlable (mais dont nous apprendrons vers la fin qu’elle a lu Platon – réalisme et vraisemblance assurées) et une « jambon-beurre » bonne élève, qui va naturellement se modeler sur sa copine : dans l’école du pédagogisme caricatural, on s’aligne tellement sur les plus faibles que les meilleurs finissent par les imiter : l’émulation, ici, se fait par le bas, vers le bas. Et la culture « bourgeoise » de l’une se fond dans l’inculture de l’autre. Pour prendre une image qui ira droit au cœur de Marin/Bégaudeau, quand on traite les élèves comme un troupeau de supporters, on ne doit pas s’étonner que le groupe s’aligne sur les plus faibles d’esprit.

   Le réalisateur, à grands effets de caméra tremblotante, de travellings brutaux d’un visage à l’autre afin d’éviter l’artificialité et les conventions du champ / contrechamp, cherche donc le réalisme à tout prix, ce naturalisme affecté qui est aujourd’hui la marque de fabrique des petits maîtres du cinéma français. Que des critiques, à Télérama ou ailleurs, prennent ce maniérisme canaille pour une peinture exacte de la réalité donne la mesure de leur incompétence.

   En fait, ce réalisme est tout en surface. Quels sont les ressorts effectifs du film ? Un huis clos artificiel et théâtralisé (il est étrange, ou fort significatif, de voir cette pédagogie qui prétend ne pas se couper du monde extérieur se cantonner à ce point aux murs de la classe ou de la salle des profs), des dialogues d’un naturel reconstitué, fruits d’un travail intense en « ateliers », sélection (avouée par le réalisateur, et assumée par Bégaudeau, co-scénariste du chef d’oeuvre) des passages les plus spectaculaires du livre : tout concourt à faire d’Entre les murs un objet pédagogique clairement identifié – la pédagogie que mérite la Société du spectacle.

   Aux antipodes du réalisme, l’école de Cantet/Bégaudeau est au fond shakespearienne – pleine de bruit et de fureur, et ne signifiant rien. Avec un prof qui se vautre dans ce désordre, s’en repaît, et, avec un mépris (3) qui prétend être de l’humour, s’en contente – puis s’étonne d’en récolter les fruits pourris, dans le dernier quart d’heure et le conseil de discipline, surréaliste, qui l’amène à exclure l’élève qu’il prétendait sauver, auquel il a feint de prodiguer des félicitations, mais pour lequel il n’a affiché que mépris, en conseil de classe. C’est une école dramatisée, à des années-lumière de l’école véritable, faite de glissements imperceptibles, de patience, de remords parfois – ce que l’on appelle ordinairement le travail.

   Car dans ce film « réaliste », on ne voit pour ainsi dire jamais travailler les élèves. On comprend qu’ils lisent le Journal d’Anne Franck – une œuvre majeure de la littérature néerlandaise… Que ce grand fat de Marin/Bégaudeau leur fait étudier l’imparfait du subjonctif – qu’ils prennent pour ce qu’on le leur donne, un exotisme bourgeois, une façon d’exalter en sous-main leur culture de rap et de slam, dont les affiches punaisées dans la classe font la promotion tout au long du film. Et qu’ils ont eu à faire leur autoportrait sans filet, sans préparation, suivant le mode binaire qui est celui du héros, « j’aime » / « j’aime pas » (ne pas oublier, pour avoir l’air cool, de faire l’économie de la négation). Bien sûr, le vrai problème de Bégaudeau, ce serait plutôt « je m’aime » / « moi non plus » / « mais je m’aime quand même ». Entre les murs est un exercice de narcissisme, l’autoportrait d’un antihéros qui croit être quelque chose – écrivain, acteur, critique – et pédagogue, n’en jetez plus ! « François Marin, a plaisamment dit un collègue, c’est l’imparfait du subjectif ! » On ne peut mieux dire.

   A moins que cette absence de travail ne corresponde exactement à la réalité de ce que font effectivement en classe Bégaudeau et ses semblables. Je comprends l’irritation de Philippe Meirieu, si perceptible dans sa critique du film (« Entre les murs est un très bon film mais un mauvais exemple. Il représente une sorte de désarroi que vivent quelques professeurs frappés d'amnésie pédagogique et qui confondent la générosité dans l'intention et la rigueur des pratiques »). Mais le pape de la pédagogie à la lyonnaise se refuse à comprendre que ses émules s’engouffrent allègrement dans les béances de sa propre théorie, dans l’aberration idéologique que constitue, depuis bientôt trente ans, la pédagogie de « l’élève au centre » : même si elle était à l’origine animée de bonnes intentions, même si elle croyait sincèrement lutter contre l’école « bourgeoise » jadis stigmatisée par Bourdieu, une formule creuse reprise par des crétins génère des cataclysmes. Le film de Cantet/Bégaudeau serait grotesque, s’il n’était pas tragique.

   Reste à comprendre la déferlante de critiques positives, dans certains journaux qui se croient progressistes, et chez les bobos blottis dans le Lubéron.

   Marin/Bégaudeau est-il « de gauche » ? Oui, dit le même Philippe Meirieu (4), qui a lui aussi du goût pour les logiques binaires – tout en se rétractant immédiatement, car il a aussi un vrai talent pour les palinodies. Mais un enseignant vrai n’entre pas dans ces considérations : quelles que soient ses options idéologiques, il prend ses élèves au point A, et il cherche les meilleurs moyens de les mener au point B (ou au-delà), au lieu de se contenter de gérer le A et de refiler la patate chaude à son collègue de l’année suivante. Parce que la vraie pédagogie n’est ni de droite, ni de gauche : ce qu’elle met au centre, c’est le Savoir et sa transmission, pas ses convictions politiques.

   On passe assez facilement, on le sait, de Quatrième à Troisième : et la scène la plus forte du film arrive peu avant la fin, quand Bégaudeau demande à ses élèves ce qu’ils ont retenu de l’année, toutes disciplines confondues : la fécondation humaine pour l’un, la tectonique terrestre pour un autre – mais aucun élève n’a rien appris en Français. Le clou de cette séquence survient enfin, avec une malheureuse gosse qui avoue n’avoir rien appris du tout. Elle en a les larmes aux yeux, et c’est la réalité de l’enseignement des Bégaudeau et consorts, - et aussi la réalité de mon expérience des trente-cinq dernières années : les enfants viennent en classe pour apprendre, pas pour parler de foot. Ils viennent chercher autre chose que ce qu’ils ont à la maison, un autre vocabulaire, une autre culture. Nous sommes là pour organiser le chaos, lui donner un sens, un ordre - pas pour nous en repaître. Refuser de donner aux élèves ce qu’ils réclament, parfois de façon obscure et provocatrice, parfois même en prétendant le contraire, c’est s’exposer à la violence, parce qu’à ne pas donner les mots pour le dire, on encourage les vociférations, les gestes fous et les imprécations – la langue des barbares. Vers la fin du film, le sang coule – et contrairement à ce que prétend Marin/Bégaudeau, ce n’est pas un hasard.

Jean-Paul Brighelli

 

(1) On peut s’interroger sur cette tendance lourde d’un festival qui couronna jadis le Guépard ou Apocalypse now et s’acharne, depuis quelques années, à célébrer le réalisme le plus élémentaire, soit maîtrisé (chez Ken Loach ou les frères Dardenne), soit incohérent, comme chez Cantet  - influence sans doute de la télévision, dont l’esthétique de « reportage » a finalement subverti l’ensemble du Septième Art : Entre les murs est le comble du téléfilm, et sans doute à ce titre le verrons-nous rapidement sur France 2, qui l’a co-produit. Reste à souhaiter que la chaîne invitera ce soir-là quelques vrais praticiens de l’Education pour tenter de redresser l’idée monstrueuse du travail des enseignants que le film de Cantet/Bégaudeau risque d’insinuer chez ceux qui n'y connaissent pas grand-chose - à commencer par les parents.

   (2) Son premier roman, Jouer juste, était une longue métaphore entre le football et la vie amoureuse. La dernière scène du film, aussi artificielle que le dénouement de Tartuffe (dans cet établissement déchiré de tensions, un match de foot élèves / enseignants permet de régler tous les problèmes) nous révèle, à travers la passion du foot de Marin/Bégaudeau, que ce prof de Lettres se serait bien voulu prof de gym – mais qu’il n’en a pas le physique. Le voici condamné à l’intellect – sans en avoir les dispositions. Accessoirement, il se fait acteur, sans en avoir le talent. Il est l’illustration même du Principe de Peter : il aurait pu être chroniqueur à l’Equipe, et le voici maître penseur. 

   (3) Marin/Bégaudeau croit pratiquer l’humour. Ceux qui le connaissent savent qu’il exprime surtout ce mépris des autres auquel le cantonne, et le condamne, son amour immodéré de lui-même. On peut parfois, et dans des moments précis, choisir de mettre les rieurs de son côté, en classe – c’est souvent le meilleur moyen de désamorcer un conflit. Quitte à être sanglant. Mais il faut aussi savoir pratiquer l’auto-ironie, et se mettre à distance de son propre personnage. Un prof n’est pris au sérieux que s’il ne se prend pas au sérieux – pas toujours, en tout cas.

   (4) « Entre les murs montre le parcours singulier d'un professeur qui adopte une posture de gauche… Pour moi la gauche parie sur l'éducabilité des élèves alors que la droite a tendance à traiter l'échec par l'exclusion. Mais quand la gauche revendique ce film, elle se trompe. Les pratiques pédagogiques dans le film ne sont pas de gauche. On y voit un enseignement fondé sur l'affect, la complicité avec un petit nombre d'élèves. Une pédagogie de gauche donne la parole aux élèves et préconise de se mettre à leur portée et non à leur niveau, c'est là qu'il y a confusion dans le film. » J’irai plus loin : Marin/Bégaudeau est à la source même de la pensée fasciste : il n’y a rien à faire contre la « nature » des élèves, les clichés les plus éculés sont vrais, et les élèves les plus insupportables, les plus irrécupérables, sont beurs ou blacks. Et la « bonne élève », celle qui mérite les félicitations (ordre bourgeois, culture morte) se laisse contaminer par la culture vivante d’une beurette à la vitalité exacerbée – vieille opposition de l’extraversion de la brute, régénérateur de civilisations, face à la frilosité des bourgeois. Que le collège du film s’appelle Françoise Dolto n’est peut-être pas si innocent : la psychanalyse de Marin/Bégaudeau s’y joue – ce garçon faible d’épaules y proclame sa fascination pour les barbares musclés.

 

Commentaires

Ce Brighelli est pétri de contradictions. Il nous incite à aller voir Entre les murs, et en même temps, il en dit tellement que sit on est dégoûté, soit on a vraiment l'impression de l'avoir vu. Résultat des courses, nous n'avons même plus envie de faire gagner de l'argent aux producteurs du film. C'était bien la peine...

Écrit par : Abraxas | 26 septembre 2008

Ce Brighelli est pétri de contradictions.

Ecrit par : Abraxas | 26 septembre 2008

Salaud eud'Brighelli !!

Écrit par : yann | 26 septembre 2008

Les quelques images que j'ai vues à la télé m'ont convaincu que j'aurai(s) du mal à supporter ce film. Rien que l'écriture du professeur au tableau dit tout.
J'imposais le silence à mes élèves, jusques et y compris mes glandeurs de futurs "techniciens [prétendument] supérieurs", dès qu'ils passaient le seuil de la salle de classe. Le premier jour, ils me regardaient d'un air incrédule. Dès qu'un "étudiant" avait passé la porte en parlant (haut et fort, pour me tester - j'avais 58 ans, et une réputation dans mon bahut), je stoppais le flux entrant. Puis je disais :"Messieurs, dès que vous avez passé le seuil de la porte, silence SVP."
Je laissais passer une ou deux secondes en maintenant mon bras tendu pour retenir le flot des grands cancres, afin que mon propos pénétrât leurs crânes obtus, puis je disais, sur le ton de la conversation,"Allez !"
J'ai eu des rapports très tendus avec ces merdeux (âgés de 19 à 23 ans ; certains - les plus jeunes et les meilleurs, bien sûr -, étaient parfaitement corrects) pendant les deux dernières années de ma carrière. Mais je préférais ça au cirque que ces glandouilleurs faisaient régner chez la quasi-totalité de mes collègues. Ben merde alors !
Ma femme, qui sait mes opinions, m'a dit :"Tu ne vas pas aimer ce film." Hein ! comme elle me connaît...
Copiner avec les élèves, c'est toujours catastrophique. Discuter avec eux, toujours vain.
Négocier avec eux = capituler.
Ce film illustre bien ce que j'appelle "L'ère du cancre-roi".
Que ce film ait obtenu une si prestigieuse récompense montre que dans l'esprit de bien des gens bien-pensants faire la classe, ce n'est pas d'abord enseigner, mais faire de la garderie bienveillante. A ce rythme-là, il n'y aura pas trop d'une vie entière pour que les élèves apprennent le français et les quatre opérations élémentaires. Et il n'y aura jamais assez pour qu'ils parlent une langue étrangère intelligiblement.
Qu'on filme donc une classe préparatoire aux grandes écoles, Nom de Dieu !

Écrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

Je ne fais pas de lèche, Jean-Paul. Si on est d'accord avec quelqu'un, il n'y a pas de gêne à le dire.
Le jour où vous direz une ineptie, je vous le dirai sans état d'âme. Et vous ferez de même avec moi, le cas échéant.

Écrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

Ahhh, ça fait du bien !

Écrit par : johnmarguerite | 26 septembre 2008

Qu'on filme donc une classe préparatoire aux grandes écoles, Nom de Dieu !

Ecrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

Vous voulez donc leur fermeture, en montrant des camps de concentration et des scènes de torture ??

Écrit par : yann | 26 septembre 2008

Oui. Un film comme ça :

http://fr.youtube.com/watch?v=0mqDCld4Xs4

Écrit par : papa wilhelm | 26 septembre 2008

"On peut parfois, et dans des moments précis, choisir de mettre les rieurs de son côté, en classe – c’est souvent le meilleur moyen de désamorcer un conflit. Quitte à être sanglant. Mais il faut aussi savoir pratiquer l’auto-ironie, et se mettre à distance de son propre personnage. Un prof n’est pris au sérieux que s’il ne se prend pas au sérieux – pas toujours, en tout cas."

Jean-Paul Brighelli

Bravo.

Écrit par : Christophe Sibille | 26 septembre 2008

C'est un film porno en quelque sorte.Ca se voit seul, sinon on a honte ????????????

Écrit par : bernard | 26 septembre 2008

"Dans l’école du pédagogisme caricatural, on s’aligne tellement sur les plus faibles que les meilleurs finissent par les imiter" Ecrit par : Brighelli.

Je ne dis pas ça pour sauver le pédagogisme, mais n'est-ce pas l'évolution de notre société, qui ne fonde plus aucune légitimité ni supériorité sur le savoir, la connaissance ou le pouvoir politique, mais sur le plus grand nombre et le pouvoir économique ?

Démonstration : Qu'est-ce qu'un phénomène culturel aujourd'hui ? C'est un phénomène de mode, qui a bénéficié de puissants vecteurs de communication. Or, la mode réussit quand elle touche un grand nombre de personnes. C'est aussi pour ça que le pédagogisme a réussi : c'est parce qu'il prétendait donner l'accès à l'éducation au plus grand nombre. L'idéologie du happy few ou de l'élite a échoué face à la globalisation.

Corollaire : les plus "faibles" étant plus nombreux que les plus savants, c'est cette faiblesse qui devient le modèle à suivre, tant pis pour les moins nombreux.

Parenthèse : savez-vous qu'on trouve des anglicismes particulièrement surprenants dans le rapport de jury de l'agrégation de grammaire...? Bel exemple de globalisation !

Écrit par : Jeremy | 26 septembre 2008

Cette chronique est très réussie : aucun prof ne peut décemment aller voir ce film après l’avoir lue. Ou alors tout seul, en rasant les murs... Soyons réalistes, certains vont quand même y aller dans le cadre d’une de ces « sorties scolaires » que des collègues bien notés (ils « s’investissent, eux, il paraît) ne vont pas manquer d’organiser !

Quant à la presse genre Télérama, il faut les voir s’extasier sur le film, louer « l’énergie des jeunes ». Et de faire l’apologie de l’énergie, de la vitalité, de la force de ces braves sauvages si nature ! Ce genre de commentaires est au moins condescendant, au pire facho comme le dit bien u Brighellu. C’est rester dans une sorte de mentalité coloniale comme avec cette valorisation de l’oral et de la langue des ghettos.

Et Meirieu n’en est pas à ses premières contradictions, de toute façon, l’essentiel de son « œuvre » fumeuse est rédigé sur le même modèle : thése, antithèse et bien sûr foutaise pour finir.

Écrit par : Lariba | 26 septembre 2008

Non, je n'irai pas voir ce film de propagande qui s'avance en tenue de camouflage!

Non, on n'envoie pas des ouvriers à la chaîne voir un docu fiction sur le quotidien d'un ouvrier à la chaîne, sauf du temps du réalisme socialiste.

J'ai assez de mon vécu au collège pour ne pas payer, en plus, un spectacle affligeant que je connais.

Tenez, du frais: un collègue d'anglais qu'un élève appelle Tarzan, c'est déjà un bon début ça, hein? Zoom avant.
Le collègue l'interpelle sur cette manière de s'adresser à lui.
Que croyez-vous que la victime - l'élève bien sûr - a fait? Il demande au professeur si sa mère était un singe!
Rapport bien écrit du collègue, on attend la suite.

Ceci dit , cet élève à qui "j'avais cassé les couilles", me fait penser à toto, le "fou" du blog qui est toléré par certains, ce que je ne comprends pas du tout.
Moi, on l'a compris, sa provocation ne me fait pas rire et si son état mental est aussi mal en point, il y a des psy pour ça.

La société va mal et tout le reste suit. Maintenant, chacun doit savoir si il est capable de faire quelque chose de positif "entre les murs". Sans force, sans énergie, sans foi ( religieuse ou humaniste, les deux ne sont pas incompatibles ), c'est fini.

Mes meilleurs voeux à tous ceux qui ne se paient pas de mots sur ce blog ou ailleurs.

Écrit par : Oxymore | 26 septembre 2008

....la psychanalyse de Marin/Bégaudeau s’y joue – ce garçon faible d’épaules y proclame sa fascination pour les barbares musclés.

Ecrit par : Jean-Paul Brighelli


Merci JPB de dire si justement, et avec une modération dont je n'aurais pas été capable, ce que nous sommes nombreux à avoir ressenti devant ce naveton surestimé.
La fascination de Bégaudeau pour ses loulous me semble avoir quelque chose de sexuel, pas au sens de la pédophilie --ne me faites pas dire ce que je ne dis pas -- mais une fascination béate pour qui a l'énergie que l'on n'a pas : c'est celle du puceau fils à maman pour la brute ( blonde ou pas) qui roule des mécaniques.. et on sait où ça mène. Tout ceci camouflé en hommage à la merveilleuse vitalité-inventivité-créativité de ces jeunes gens, et patati et patata.
Toute l'ambiguïté de l'opus est là : c'est un film, donc une fiction, certes... mais, a priori, ça se présente comme une autofiction, d'autant que Nigaudeau y joue son propre rôle, en toute modestie.
De plus, ça veut "faire passer un message", comme écrivent mes hypokhâgneux sur leurs copies ( 5 points en moins, ils sont prévenus), tout en proclamant le contraire : le Bégaudeau prétend nous donner à voir du vécu, issu de l'impro des élèves et de leur "spontanéité" (sic), pas une thèse pédagogiste -- même si, dans un premier temps, il s'est targué du soutien de Ph. Meirieu, jusqu'à ce que celui-ci, pas bête, le désavoue.
La première question de fond, me semble-t-il, est la suivante : que Bégaudeau ait écrit "Entre les murs", pourquoi pas... Mais par quelle perversion mentale peut-on décider de consacrer un film à un professeur qui ne fait pas son travail et qui ne donne pas à ses élèves le langage et la culture dont ils auraient besoin pour être capables de penser véritablement leur "être au monde", comme dirait le docteur Felts ? Par quelle perversion mentale le dit professeur peut-il s'en vanter au point d'en faire un principe, et l'assumer au point de jouer son propre personnage dans l'adaptation de son propre roman ? Attendait-il les palmes académiques pour cet exploit ?
Question subsidairies aux khuistres de Télérama, France-Inter et autres : inscririez-vous vos enfants au collège Bégaudeau ? Mon fils a été élève de ZEP pendant 4 ans, au collège Ernest Renan de St Herblain (44) : il y a eu de remarquables professeurs (dont l'épouse de J.-Marc Heyraud, le maire de Nantes), qui l'ont fait beaucoup travailler et qui tiraient les élèves vers le haut. Avec "Entre les murs", on est loin du compte.
Bégaudeau se déconsidère, ce qui est son droit, mais, beaucoup plus grave, il déconsidère le travail de ses collègues de collège... alors que, trop malin, il a choisi de ne plus enseigner. Je trouve la démarche de cet individu, pour ne pas dire ce pétassou (masculin de "pétasse", ceux qui ont vu le film me comprendront...) parfaitement répugnante.

Écrit par : FGuichard | 26 septembre 2008

A Yann,
Ce que je suggère, c'est qu'on voie l'ambiance d'une classe prépa, non pas qu'on discute du bien-fondé de l'existence de ces classes.
Je sais que les deux années que passent les élèves dans ces classes sont infernales.
Simplement l'autorité du professeur dans sa classe ne souffre aucune discussion.
En 1950, les emmerdeurs étaient virés dès la 6ème sans état d'âme. Il n'y en avait évidemment pas beaucoup.
Qu'advenait-il d'eux (et de ceux qui étaient exclus définitivement des classes de 5ème et de 4ème) ?
Tant qu'ils n'avaient pas atteint l'âge de 14 ans, ils retournaient à l'école primaire où ils se tenaient à carreau (après avoir, parfois, pris quelques baffes bien senties, sans que les instituteurs fussent le moins du monde inquiétés : bien au contraire, les parents, quand ils savaient que leur marmot avait pris une claque sur le museau, félicitaient l'instituteur).
Dans le cas d'élèves ayant 14 ans révolus, quel que fût le niveau de classe dans lequel ils étaient scolarisés, s'ils étaient exclus définitivement, ils allaient en apprentissage avec ou sans le certificat d'études primaires. Ou bien ils allaient dans des lycées privés (si leurs parents pouvaient faire le sacrifice financier) et, alors, ou bien le gamin se tenait à carreau, enfin, ou bien il demeurait indomptable et l'école privée le virait, si elle était de qualité. Si l'école privée gardait les élèves intenables, c'est qu'elle ne valait pas tripette, que ça se savait, et que cette école était une garderie de voyous.
Mais, Yann, votre comparaison avec des camps de concentration et des scènes de torture est un peu abrupte. Ces classes sont sélectives, oui. Celui qui, quoique intelligent, voire brillant, ne supporte pas le rythme peut abandonner et aller en fac. En 1960, en fac, ça commençait à devenir le cirque, mais c'est à cette époque que j'ai fait mes études supérieures dans des conditions fort honorables. (Je n'ai jamais eu la pointure pour aller en classe prépa.)

Écrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

"Tant qu'ils n'avaient pas atteint l'âge de 14 ans, ils retournaient à l'école primaire où ils se tenaient à carreau (après avoir, parfois, pris quelques baffes bien senties, sans que les instituteurs fussent le moins du monde inquiétés : bien au contraire, les parents, quand ils savaient que leur marmot avait pris une claque sur le museau, félicitaient l'instituteur)."

Ecrit par : Francis Penin | 26 septembre

Vous défendez la pratique des "baffes"?

Écrit par : Christophe Sibille | 26 septembre 2008

"....la psychanalyse de Marin/Bégaudeau s’y joue – ce garçon faible d’épaules y proclame sa fascination pour les barbares musclés. Ecrit par : Jean-Paul Brighelli

Merci JPB de dire si justement, et avec une modération dont je n'aurais pas été capable, ce que nous sommes nombreux à avoir ressenti [...] La fascination de Bégaudeau pour ses loulous me semble avoir quelque chose de sexuel, pas au sens de la pédophilie [...] mais une fascination béate pour qui a l'énergie que l'on n'a pas : c'est celle du puceau fils à maman pour la brute (blonde ou pas) qui roule des mécaniques.. et on sait où ça mène."

Le nombre, vous dis-je, le nombre (cf. plus haut).
La classe a raison contre le professeur, car le professeur est seul contre la classe, la "brute" a raison contre ceux qui ont appris car les brutes sont plus nombreuses, et quand bien même seraient-elles moins nombreuses, elle font peur et donc elles soumettent ceux qui s'opposent à elles.

Écrit par : Jérémy | 26 septembre 2008

Mais, Yann, votre comparaison avec des camps de concentration et des scènes de torture est un peu abrupte.

Ecrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

J'ai oublié de mettre un énorme smiley, genre ;o)))))) , le truc de djeune qui sert à signaler une plaisanterie.
Je suis passé par une prépa, mes filles aussi, et nous avons survécu ! ;o))

Écrit par : yann | 26 septembre 2008

qui peut me dire quelque chose sur "Bien Lire, Bien Ecrire : la Methode Alphabetique et Plurisensorielle Fransya. "( Wettstein Badou)? Valable ou pas? Elèves de quel âge? quel niveau? d'avance merci.

Écrit par : uncertain | 26 septembre 2008

Ce que je suggère, c'est qu'on voie l'ambiance d'une classe prépa, non pas qu'on discute du bien-fondé de l'existence de ces classes.
Je sais que les deux années que passent les élèves dans ces classes sont infernales.


Ecrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

N'exagérons pas! Ça parait infernal jusqu'au 15 octobre de la première année, enfin disons très stressant. Après les vacances de Toussaint qui permettent de réparer les fissures dans le savoir, ça se transforme en travail sérieux et intensif.

Écrit par : dobolino | 26 septembre 2008

Lariba, merci pour vos commentaires, mais je suis sûr que le livre de Bégaudeau est déjà choisi comme Oeuvre Intégrale par nombre de mes collègues, tout frétillants à l'idée d'étudier (?) une oeuvre qui parle leur langue, et qui se disent in petto qu'ils passeront une après-midi à aller voir le film avec leurs loulous, et une matinée à en faire un bilan via un "débat" particulièrement créatif...

Écrit par : Abraxas | 26 septembre 2008

Pour Francis : http://www.prepas.org/renseignementselevessecondaire/mathieu.htm

regardez le dernier dessin en bas à droite.

A propos du bac et des options (pour Zorglub) :
http://monetamoi.free.fr/MonETUDIANT/Dessins/Ecole-BAC-Z.gif

Et pour tous les profs :
http://monetamoi.free.fr/MonETUDIANT/Dessins/Ecole-Orientation-3.gif

Écrit par : yann | 26 septembre 2008

Je n'ai pas vu le film et je ne lis plus Télérama. J'ai renoncé .Pourtant quand j'étais doc, j'étais abonnée à titre personnel et je conservais des articles pour compléter les dossiers documentaires du CDI que je construisais au fil des jours et des années. Ce fut une époque.
J'ai eu la chance dans mon école "bourgeoise" de campagne où il fallait allumer le poële par les matins d'hiver, de travailler avec de BONS ELEVES de Freinet, ces maîtres qui m'ont aidée à grandir et à sumonter les épreuves qui renforcent tout en protégeant les trésors de l'enfance.
Par hasard, cet été , je suis passée devant le collège Léonce Bourliaguet à Thiviers en Dordogne et j'ai eu envie de relire quelques ouvrages de cet instituteur, disciple de Freinet lui aussi, devenu inspecteur et auteur de nombreux romans pour enfants. Mon maître d'école nous avait lu "La forêt sereine " en entier ( Un jeune garçon pour venger la mort de la grand-mère qui l'a élevé ,fait sauter le dépôt de munitions des Allemands. Il doit se cacher pendant la guerre de 14-18 dans la forêt des Ardennes dans un abri souterrain, en compagnie d'un soldat laissé pour mort mais rescapé, et d'une orpheline que la grand-mère a également élevée.Tous les trois vivent une robinsonnade palpitante.) et des passages de "Quatre du cours moyen" quand j'étais au ... au cours moyen bien entendu. Aucun livre de Bourliaguet ne figure à la médiathèque d'Epernay. Ils sont épuisés et non réédités. Je les ai donc achetés sur la toile à un prix très abordable et les ai relus avec plaisir. Si on les lisait au collège aujourd'hui, je suppose que dans bon nombre de classes, cette littérature enfantine serait jugée difficile, ringarde, ridicule et sans intérêt. Pourtant, j'aimais bien et j'aime toujours. C'est comme ça et je ne rougis pas.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 26 septembre 2008

correction : surmonter les épreuves...

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 26 septembre 2008

Jérémy a raison , le nombre est important. Mais enfin, jadis aussi, la classe cultivée était assez réduite. La seule différence est qu’une partie de la population aspirait à l’intégrer. Or, aujourd’hui, cela lui est tout à fait indifférent.

Écrit par : uncertain | 26 septembre 2008

Trop bien, Léonce Bourliaguet !!!!
Toto, il faut absolument que tu les commandes pour ton fils qui doit commencer à se lasser sérieusement de Léo et Léa.
N'oublie surtout pas qu'apprendre à lire, ça sert aussi à lire.

Écrit par : dobolino | 26 septembre 2008

http://bvizerie.club.fr/couvert/c49.htm

Écrit par : dobolino | 26 septembre 2008

"je suis sûr que le livre de Bégaudeau est déjà choisi comme Oeuvre Intégrale par nombre de mes collègues"

Oeuvre intégrale, ça me semble difficile.
En revanche, comme lecture cursive, on ne fait pas mieux.

Et vous oubliez qu'une édition spéciale "scolaire" va sûrement sortir sous peu, pour étudier, par exemple, la grammaire à partir du livre de Bégaudeau.

Écrit par : Jérémy | 26 septembre 2008

Ca fait du bien de lire ça. Avec le peu que j'ai vu de la bande annonce, je n'avais pas envie de voir le film. Là, j'ai encore moins envie!

Et puis, le coup du prof "qui n'a qu'une classe". Dans tous les films de prof/classe, le prof n'a toujours qu'une seule classe... Quel réalisme!

Écrit par : Cyrano | 26 septembre 2008

De toute façon, aucun film sur les profs ne vaudra the subsitute

http://fr.youtube.com/watch?v=XYIC34T7pmU

Écrit par : uncertain | 26 septembre 2008

même avec mon tarif étudiant je n'irai pas le voir et en plus juste à cliquer pour avoir tous les autres commentaires! maintenant , j'ai suffisamment d'infos pour répondre dans les dîners mondains...clin d'oeil...

Saperlotte de saperlotte bisous mon cher JPB...
votre Saperlipopette

Écrit par : Saperlipopette | 26 septembre 2008

Jeremy, sur la dictature du nombre, avez-vous lu La grande déculturation, de Renaud Camus? L'analyse est intéressante, même si l'on n'en partage pas toutes les conclusions.

Écrit par : Sylvie Huguet | 26 septembre 2008

Je vois que vous avez de saines lectures S. Huguet
J’ajoute que ma réflexion sur le nombre était tirée du livre de R. Camus.

Écrit par : uncertain | 26 septembre 2008

Quelques bonne feuilles mootiennes, extraites d'une discussion dans un forum, dont le sujet était la dernière frasque oratoire de Xavier Darcos à propos des instituteurs de maternelle. L'auteur que je suis répondait à quelqu'un qui citait les "conseils" de Cantet (!) quant à l'enseignement.

Sur les références de l'individu :

"Quant à Cantet, cinéaste d'un film sans acteurs (trop cher sans doute), ayant tourné un truc qui prend l'allure d'un documentaire sans documenter (tout est artificiel là-dedans), mis à part produire un film qui plaira à des bobos lesquels, ô grand Dieu, non, jamais, ne placeraient leurs enfants dans un collège ZEP, en partant du "scénario" d'un ex-prof bien content d'avoir enfin échappé aux petits monstres et désormais occupé à pérorer prétentieusement dans les salons bobo (après avoir lu et entendu ce type, je ne puis que constater sa suffisance puante), je n'appelle pas ça une référence. Sa palme d'or, il la doit aux bons sentiments dégoulinants qui ont fait verser la lalarme au nœnœil des bobos du jury, tout comme Moore il y a quelques années avec, là, un vrai documentaire, mais savamment orienté. Tout cela n'est pas à la gloire du festival de Cannes, lequel jugeait autrefois un film à ses qualités proprement cinématographiques".

Sur ses propos :

"Sur les cantetteries : il a réinventé l'eau tiédasse. Et puis il y a deux façons de tenir compte du "vécu" des élèves : ou bien tu fais du misérabilisme et ils restent dans leur caca pour toujours, ou bien tu vas contre et tu les fais entrer dans un autre monde (pas celui des bisounours bien sûr).
Sur Bégaudeau : c'est un connard prétentieux, point barre. Finalement, il est peut-être heureux que ce type n'enseigne plus à des élèves, parce quand on voit comment il prend de haut ceux qui opinent sur ses avis, je doute qu'il soit sincère quand il professe ses "bonnes intentions". Il ne fait cela que pour paraître bien".

Écrit par : moot | 26 septembre 2008

Wooops, il y a plusieurs bonnes feuilles, deux en l'occurence, ça vaut bien une lettre de plus après "bonne" !

Écrit par : moot | 26 septembre 2008

Je vous signale que chez Felts, on s'amuse bien...
Le sujet, au départ "la Burka", s'est transformé en "les fesses"

Écrit par : Dobolino | 26 septembre 2008

hum, je vois que RF a agrémenté son post de photos . Il ne recule devant rien .

Écrit par : uncertain | 26 septembre 2008

Bonsoir Monsieur Brighelli,

Je veux ici extérioriser, pour une seule et unique fois, la terrible colère, colère qui en est presque venue aux larmes, à la lecture de votre article.
Tout d'abord, j'aimerais préciser que je suis un jeune enseignant, ancien normalien, agrégé de lettres, que je pense que le niveau du bac est à réévaluer, que les facs de lettres devraient avoir des rythmes d'IUT ou de prépas, etc etc. Tout ça pour dire que je ne suis ni un Meirieuphile, ni un bégaudolâtre.

Néanmoins, votre message m'a mis dans une rage sans précédent, et pire : dans une profonde affliction.
Il me semble, cela pose problème, que vous auriez très bien pu écrire ce message avant d'avoir vu le film, tant votre avis était, on le sent depuis quelque temps, déjà formé. C'est, je le crains, le signe d'une grande malhonnêteté intellectuelle, ou du moins, à coup sûr, d'un aveuglement qui me laisse pantois.

Je ne vais pas répondre argument par argument, car mon temps est compté, et sûrement cela serait en pure perte, puisqu'une majorité de ceux qui vont laisser des messages ici à ma suite se chargeront de vous défendre et de me jeter dans les flammes de l'enfer.
Deux-trois choses, simplement :

- certes, le film joue la carte du réalisme (sans doute préférez-vous le Cercle des poètes disparus?), et appelle au débat (depuis quand est-ce un mal, alors qu'on accuse trop souvent le cinéma français de nombrilisme et d'histoires de fesses mesquines?). Mais de là à réduire ce qui est une oeuvre cinématographique à la périphrase "objet pédagogique"... Non, ce film n'est pas un documentaire de MeirieuTV; ce film est une oeuvre d'art, à considérer comme telle, résultant d'un travail d'écriture, de mise en scène, de jeu, de montage. Ce n'est absolument pas un tract, mais, pour votre grand désespoir, un film.
Je récuse du même coup toute votre lecture : non, le personnage de Marin n'est JAMAIS présenté comme un modèle; vous vous gardez bien de parler en détail des débats que les profs du film ont entre eux, notamment les affrontements réguliers avec le prof d'Histoire, qui démontrent précisément que le film n'est pas unilatéral, mais au contraire profondément complexe, nuancé; vous oubliez que le spectateur a un cerveau, et que ce cerveau se rend compte des moments où Marin arrive à quelque chose comme des moments où il dérape et fait erreur. Vous évoquez les scènes où il est question de foot, mais vous vous gardez bien de citer la scène où il leur apprend la versification à partir de Rimbaud (Rimbaud, un grand auteur des Ardennes diriez-vous? - j'en profite pour m'indigner du mépris dont vous faites preuve vis-à-vis du Journal d'Anne Franck : certes, ce n'est pas Madame Bovary ou La Recherche, mais c'est une oeuvre importante, émouvante, notamment pour des collégiens qui fonctionnent souvent par réflexes communautaristes voire antisémites, et j'ajoute que ce texte est étudié au collège depuis des décennies, bien avant l'arrivé de Bégaudeau sur cette planète). Non, le film n'a pas de "message" précis, comme le disent les mauvaises dissertations de lettres. Aucun message, aucun prêt-à-penser.
Liberté laissée au spectateur de juger.

Vous parlez ensuite de paroxysmes : c'est incroyable : le film fuit le spectaculaire systématiquement, et l'événement le plus saillant est un tutoiement, un geste un peu fort et une insulte. Vous parlez d'un paroxysme! Qu'auriez-vous dit s'il y avait eu coup de couteau, coup de poing, incendie du collège?!!! Comme quoi, la réalité est souvent plus "paroxystique" que le film : ce dernier vise la chronique, refuse le spectaculaire (son dispositif est austère, unité de lieu, pas de musique, aucune esthétisation, rythmes répétitifs...)

J'ajoute qu'il faudrait que vous évitiez de donner de grands jugements infondés sur le cinéma : déplorer le déclin de Cannes (décidément, vous ne connaissez que le chant du cygne comme refrain), c'est un peu fort. Parler avec mépris de réalisme cinématographique, c'est oublier Bazin, Rossellini, Bresson, la Nouvelle Vague, Cassavetes, c'est oublier Kiarostami (palme d'or 1997 pour un film avec caméra simple, parfois tremblante). Non, il n'y a pas un bon cinéma (avec effets, esthétisme) et un mauvais. Et ce n'est pas parce qu'on choisit un dispositif minimal qu'on fait de la série télé. Vous auriez sans doute préféré des plans du collège vus d'Hélicoptère, avec effets spéciaux, et pourquoi pas, explosions de Napalm... Je trouve que cela relève d'une conception étriquée du cinéma (comme si je mettais Ponge ou Camus aux orties, parce que "ça manque de métaphores, d'allégories ou d'autres tropes en tout genre..., que ce n'est pas assez lyrique et grandiloquent...).

Je passe sur votre sempiternelle critique des critiques, qui sont tous, c'est évident, des bobos lubéro-parisiens. Manque de chance : les critiques internationaux en mai dernier (Japon, USA, Europe de l'est...) étaient unanimes; manque de chance, la presse régionale aime le film; manque de chance, la revue Positif, si justement critique contre les réflexes parisianistes, soutient le film avec ardeur. Non, M. Brighelli, il n'y a pas de complot parigo-bobo sur ce film; non, il est possible de l'aimer, de le trouver passionnant et complexe, sans que pour autant on soit habitant du 5ème arrondissement et que pour autant on ait à subir une sorte de mépris et de rengaine accusatrice finalement bien populiste et facile.

Votre aveuglement et la haine qui suinte de votre texte en arrivent à me faire penser que, sur ce coup-là, M.Meirieu a été bien plus fin et raisonnable que vous, différenciant largement le film en tant qu'oeuvre de ce qu'il montre (autrement dit: Salo de Pasolini est-il mauvais parce qu'il montre des méchants?!). Le personnage de Marin est médiocre, au sens étymologique, ni bon, ni mauvais; il fait des erreurs, il fait de bonnes choses; il réagit bien parfois, d'autre fois réagit mal. Votre acharnement anti-bégaudien vous fait tout simplement oublier que vous voyez un personnage (que ce personnage ait un fondement plus ou moins autobiographique, là n'est pas la question), et vous substituez votre jugement sur ce personnage (jugement bien manichéen d'ailleurs) au jugement sur le film lui-même.

J'aimerais que, au lieu de lancer des imprécations contre ce film, vous vous mettiez plutôt à critiquer la politique actuelle de M.Darcos, à coup sûr l'un des pires ministres de l'Education jamais advenus. Où sont vos critiques sur la suppression du samedi au primaire, sur la suppression de 50000 postes de profs en 5 ans, sur les médailles en chocolat, sur le lycée à la carte et modulaire, sur la mort programmée de l'agreg, sur la mort programmée des options, sur la mort programmée du latin et du grec , sur la transformation du capes en un sorte de bouillie intellectuellement indigente et scandaleuse, qui fera passer pour Bac+5 des gens de niveau Bac+2, sur la fin - par voie de conséquence - des profs de grammaire et d'histoire de langue, sur la promotion insidieuse de l'école privée au détriment du public (lire les nombreux articles là-dessus, notamment de Caroline Fourest) ? Mais non, vous préférez mordre dans un film, et vous continuez à traiter M.Darcos avec bienveillance et mansuétude, ce que je trouve bien étrange... Quand vous réprouvez ses faits et décisions, vous le pardonnez plus ou moins systématiquement (oh, le pauvre, il a des pressions...). J'en suis écoeuré, moi qui m'arrache les cheveux chaque matin devant ma radio. Qu'un homme qui a été prof de prépa à H4 et agrégé de LC en vienne à faire ce qu'il fait... J'appelle ça vendre son âme au diable et renier le lieu d'où l'on vient ...

Pardonnez ma mauvaise humeur, ma colère, mais cela devait "sortir".

Respectueusement.

Écrit par : Fabien | 26 septembre 2008

Vous m'avez convaincu.
Une chose m'a interpellé, plus que toutes les autres plaisanteries qui se croient pédagogeuses, une chose de Français, qui peut-être aurait méritée que la caméra s'y arrête : c'est le rapport de l'élève au mot, à son sens, au niveau de langage auquel il est lié, et au contexte dans lequel il est prononcé.
C'est triste. Il y a un docu (et non un film) entier à faire là-dessus, car former au mot, c'est aussi et surtout former à la citoyenneté - pour reprendre un terme choyé par les textes officiels du moment.
Néanmoins, l'imparfait du subjonctif est, dans la plupart des cas, un truc de snobs qui se la jouent. Il fallait que je le précisasse.

Écrit par : Parapluie | 26 septembre 2008

non, il est possible de l'aimer, de le trouver passionnant et complexe, sans que pour autant on soit habitant du 5ème arrondissement et que pour autant on ait à subir une sorte de mépris et de rengaine accusatrice finalement bien populiste et facile.

Respectueusement.

Ecrit par : Fabien | 26 septembre 2008
Tout le monde n'a pas la distance vis à vis d'un film d'un jeune ancien normalien jeune agrégé de lettres, dont la culture, même à l'heure d'aujourd'hui, est encore d'un à peu près convenable niveau critique (tout au moins osé-je l'espérer?).
Je suis bien certaine que mon pôpa, jeune normalien agrégé de 1955, mais fils d'ouvrier, aurait grimpé aux rideaux si un film de même mouture lui eut été projeté en 1958.
Je pourrais en dire plus, mais, je ne m'en sens pas capable car je cerne mal votre univers.

Écrit par : Dobolino | 26 septembre 2008

"qui peut-être aurait mérité que la caméra s'y arrêtât"
Autant pour moi, quand on veut faire le malin...

Écrit par : Parapluie | 26 septembre 2008

Néanmoins, l'imparfait du subjonctif est, dans la plupart des cas, un truc de snobs qui se la jouent. Il fallait que je le précisasse.

Ecrit par : Parapluie | 26 septembre 2008
A l'écrit, ça ne passe pas si mal que ça et se révèle parfois indispensable, même de nos jours! A l'oral, ça fait un peu connoté et vous avez certainement remarqué comme moi que tous ceux qui s'amusent à l'utiliser accompagnent cet usage d'un sourire en forme de clin d'œil.

Écrit par : Dobolino | 26 septembre 2008

A FGuichard :

J'ai été frappé par le fait que l'acteur ait quitté l'enseignement. Réflexion faite, s'il tentait d' "enseigner" encore, ne serait-il pas chahuté à mort vite fait ?
Je vais tenter de voir le film. Entendez par là que je vais aller dans une salle obscure et payer pour cela, mais je ne suis pas sûr de parvenir à supporter ce spectacle jusqu'au bout.

Écrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

Je vais tenter de voir le film. Entendez par là que je vais aller dans une salle obscure et payer pour cela, mais je ne suis pas sûr de parvenir à supporter ce spectacle jusqu'au bout.

Ecrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

Film qui, semble-t-il, ne pourra vous servir de catharsis. N' y allez pas, ça va vous énerver et vous casser la voix!

Écrit par : Dobolino | 26 septembre 2008

En plus, dans six mois, ce sera un DVD qu'on peut arrêter quand on veut pour s'oxygéner dans la verte campagne et, dans un an, on nous le fourguera à la télé.

Écrit par : Dobolino | 26 septembre 2008

A Christophe Sibille :
Non, je ne préconise pas l'usage des baffes. Je ne fais que dire ce que j'ai vu. (Je rappelle que je suis né en 1940.) J'ai pris une ou deux baffes pendant ma scolarité primaire pour n'avoir pas appris une leçon. J'ai pleuré un peu. J'ai trouvé cela stupide de la part des deux instituteurs concernés. Je n'ai jamais pris une gifle pour un problème de comportement. Je n'ai jamais bavardé. Il m'est arrivé de m'ennuyer. Dans ce cas j'attendais que le temps passe en rêvassant.
Je souligne que les professeurs n'avaient pas à prendre la peine de mettre des gifles aux élèves indisciplinés en ce temps-là (que même Brighelli ne peut pas connaître !).
Les élèves indisciplinés dans le secondaire étaient exclus par le conseil de discipline. L'âge d'or !
Si l'on revenait à cela, comme tout serait facile.
Au lieu de quoi, on garde les trublions qui fichent tout par terre, surtout avec des "profs" comme cet acteur transfuge de l'enseignement. Mais j'ai tort d'employer le mot "transfuge" : cet acteur ne trahit pas le camp qu'il quitte car il valait mieux, en effet, qu'il le quittât, puisqu'il ne faisait rien de bon.

Écrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

Je suis prête à défendre bec et ongles l'imparfait du subjonctif ! Pour la traduction des textes latins, je l'imposais systématiquement.

Écrit par : Sylvie Huguet | 26 septembre 2008

@ Fabien

Laurent Cantet et François Bégaudeau manie un double langage très dangereux : lorsque le film avait reçu la Palme d'or à Cannes, j'avais fini par trouver sur Télérama une citation de Cantet qui décrivait l'instituteur du film "Etre et avoir" comme autoritariste et réactionnaire, évoluant dans un cdre campagnard suranné qui plus est, et que son film était une réponse à ce genre de films tandis que Bégaudeau avait déjà dit lors de la sortie de son roman qu'il l'avait pensé comme une réponse aux discours "moisis" de ceux qui tirent la sonnette d'alarme sur l'état de l'éducation en France.

Aujourd'hui, ils récusent la dimension idéologique de leur film, pris de court par la distanciation prise par Meirieu avec ce qui est montré sur l'écran : c'est déjà une petite victoire, mais je vous assure qu'il ne faut pas se laisser prendre. Ce n'est qu'une reculade, mais l'ensemble de leurs déclarations sur l'éducation est suffisamment éclairant.

Cantet et Bégaudeau ont fait un tort considérable à la condition d'enseignant, à la condition d'élève et à l'institution scolaire dans son ensemble avec cette oeuvre qui est un modèle de fausse objectivité.

Écrit par : johnmarguerite | 26 septembre 2008

"manient", désolé ce soir j'écris trop vite, par manque de temps

Écrit par : johnmarguerite | 26 septembre 2008

J'ai vu pas mal de choses au cinéma, ces cinquante dernières années. Pas mal de navets, donc - les chefs d'oeuvre ne sont pas plus nombreux au cinéma qu'en littérature. J'ai vu Zardoz, j'ai vu Trintignant tuant Kinsky dans la neige, et j'ai vu une bnne part du cinéma français contemporain - celui qui est produit pour la télé, par la télé, avec des plans moyens faits pour le petit écran.
Et donc, j'ai vu Entre les murs.
Tiens, je vais me remettre le DVD des Cheyennes - ou la Soif du mal. Pour me désintoxiquer.

Écrit par : Abraxas | 26 septembre 2008

A Parapluie, amicalement :

Vous avez corrigé une faute d'accord de participe passé (qui ne m'avait pas échappé), mais vous faites une autre faute : vous dites, "Autant pour moi, quand on veut faire le malin."
J'ai entendu fréquemment l'expression "Au temps pour moi" à l'armée, en 1960. Je me suis demandé comment cela s'écrivait. Je l'aurais probablement appris si j'avais entendu ou lu l'expression dans la vie civile, ce qui n'arriva jamais, du moins jusqu'à ce que je la lise dans un forum il y a peu, près d'un demi-siècle après que je fus "libéré" comme on disait alors d'un soldat du contingent à la fin de son service militaire, comme s'il sortait de prison. J'ai alors pris la peine de chercher l'expression dans le Petit Robert.
Il y est dit ceci (à l'article "temps"): Au temps pour moi : se dit lorsqu'on admet son erreur (souvent écrit à tort autant pour moi).
Je suis heureux de pouvoir en faire profiter tous les lecteurs de ce blog qui ne savaient pas cela.

Écrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

A Dobolino :
Je sais d'avance que ce spectacle (qui a enthousiasmé un jeune agrégé, ce qui me laisse pantois ; qu'il aille enseigner un mois dans une classe de ce genre de lycée, et on en reparle ensuite) ne pourra pas me servir de catharsis. Tout le contraire ! Juste envie de tester ma capacité de supporter l'insupportable. Cela ressemble à du masochisme, mais ce n'en est pas.

Écrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

"Je suis heureux de pouvoir en faire profiter tous les lecteurs de ce blog qui ne savaient pas cela."

Ecrit par : Francis Penin | 26 septembre 2008

Tous les "vieux" du blog le savaient! Il y a déjà eu trois ou quatre débats sur ce sujet précis... ;-)
En tous cas, j'irai voir le film. Merci à Jean-Paul et à Fabien, pour nous en avoir proposé deux critiques aussi contradictoires.
Mais vous savez, Fabien, Jean-Paul n'a plus pour Darcos l'amour et la foi qu'il avait au début. Et c'est aussi un ardent défenseur de Caroline Fourest.

Écrit par : Christophe Sibille | 26 septembre 2008

C’est vrai, mais j’en profite pour rappeler que Duneton, dans « Au plaisir des mots », produit une démonstration assez convaincante en faveur de la graphie « autant » en empruntant des exemples au XVII ou au vocabulaire militaire (« autant pour les crosses »)

Écrit par : uncertain | 26 septembre 2008

Par analogie, le proverbe « autant pour le brodeur » peut faire pencher dans ce sens, mais enfin, tout cela n’a guère d’importance.

Écrit par : uncertain | 26 septembre 2008

"lire les nombreux articles là-dessus, notamment de Caroline Fourest"
Ecrit par : Fabien.

Normalien -> ?
Agrégé -> cultivé
Trouve que les facs devraient avoir le rythme des filières sélectives -> intéressant
A aimé le film de Begaudeau -> étrange
Lit avec assiduité les articles de Caroline Fourest -> a de bonnes sources et références

Fabien, vous êtes quelqu'un de mystérieux. Vous enseignez dans le Secondaire actuellement ?

Tiens, au fait, vous le connaissez, l'auteur incroyable de l'opus qui fait l'apologie des joutes verbales urbaines d'insultes ? Il a eu le meme parcours que vous, et il paraît que Normale Sup est un petit milieu.

Écrit par : Jérémy | 26 septembre 2008

"".....Cantet et Bégaudeau ont fait un tort considérable à la condition d'enseignant, à la condition d'élève et à l'institution scolaire dans son ensemble avec cette oeuvre qui est un modèle de fausse objectivité.....""""

Mais enfin,si de nombreux spectateurs sortent de la salle dégoûtés des enseignants,dégoûtés des élèves, de l'Education Nationale,où est le problème ?
La GRANDE majorité des enseignants,des élèves,ne sont-ils pas à l'heure actuelle ressemblants ( un peu plus ou un peu moins) à ceux que montre Bégaudeau/Cantet.
S'il en découle une décision dans la tête de ces spectateurs attirés par Les Palmes qu'il est temps de changer l'état de chose,c'est tout bon.A nous , la minorité,qui n'enseignons pas comme ça,comme Bégaudeau, de pousser à la roue pour remplacer le pédagogisme par la directivité et la transmission du savoir.
Cantet/Bégaudeau ont oeuvré contre eux en croyant oeuvré pour eux.Il arrive qu'on se piège soi-même.
Pourquoi je ne saurais le dire mais je l'ai senti immédiatement,dès la remise des Palmes.
Peut-être en pensant à Moore.

Écrit par : bernard | 26 septembre 2008

Chers tous,

maintenant que ma colère baisse, je me permets de laisser à nouveau un petit message complémentaire :

mon but, comme l'a relevé M.Sibille, a été de livrer une contradiction (attention : non pas mécaniquement, car je revendique et assume, et pense, cette contradiction) par rapport au point de vue de M.Brighelli qui me semble irrecevable, non pas sur la question du "j'aime/je n'aime pas le film" (ce qui est le droit de chacun), mais pour les arguments déployés pour justifier ce refus et cet avis.

De plus, j'aimerais que l'on parle du film en tant que film, en tant qu'oeuvre impliquant des débats, et non pas que l'on parle de tels ou tels propos de M.Cantet ou de M.Bégaudeau, retrouvés après une fouille minutieuse dans le numéro 24536 de Télérama de mai 2002. Quand je suis devant l'écran, je ne feuillette pas le dossier de presse, je vois une oeuvre, et ne parle que de ce que je vois sur l'écran.

Là où je suis quelque peu énervé, c'est que nombre des personnes sur ce forum ont déjà fait leur opinion avant même d'aller voir le film, le vouant aux égoûts, avec pour seule preuve une bande annonce, trois formules cabotines de Bégaudeau... Ceux qui disent "mon Dieu, je vais aller le voir malgré tout, mais je n'arriverai jamais au bout" feraient mieux : 1. de ne pas se laisser aller à des penchants sadomasochistes. 2. de ne pas perdre 7 ou 8 euros. 3. de parler d'autre chose, de la politique éducative de notre ministre par exemple.
Au lieu d'être un lieu de débat sur l'éducation, la grande majorité de ce forum se transforme en un "Grand Livre Noir du Bégaudisme". Cette cause, excusez-moi, me semble ridicule et plutôt sans intérêt par rapport aux vrais problèmes de notre système éducatif.

Quant à ceux qui disent que le film fait du mal à l'image des profs et des élèves, trois choses :
- vous n'avez pas vu le film : les profs sont montrés comme des gens dévoués, méritants, responsables, humains, attachés à leur discipline et à sa transmission; ils pêtent parfois les plombs (scène du prof de techno), doutent, ou au contraire obtiennent des satisfactions et des joies. Le film est tout à fait équilibré et nuancé, et je parie que l'effet sera bénéfique dans l'opinion. Quant aux élèves, ils sont là encore présentés avec équilibre : tantôt agaçants et à gifler, ils peuvent devenir la scène suivante intéressants et attachants.
- N'importe quel reportage télé de 2minutes au JT me semble bien plus dangereux et nocif pour l'image des profs que ce film, pensé, pesé et nuancé pendant des mois et des mois.

Pour ce qui est de mon point de vue privilégié en tant que normalien agrégé : il me semble que la grande majorité du public est loin d'être bête, et pourra saisir le film avec toutes ses facettes. C'est justement parce qu'il n'y a pas de point de vue surplombant et unilatéral que le film ne "trompera" pas les spectateurs, et ne déroulera aucune sophistique piégeuse. Cessons de voir des complots partout.

Enfin, à M.Sibille, tant mieux si M.Brighelli n'a plus d'amour ni de foi envers M.Darcos, encore que le fait d'en avoir eu un jour me dépasse considérablement. Il me semble qu'aujourd'hui, ce n'est que la plus grande et catégorique réprobation que l'on peut ressentir face à cette destruction en règle.
Pour ce qui est de l'école privée : soyons vigilants, soyons CETTE FOIS-CI paranoïaques, car les choses sont bien en marche...

Respectueusement à tous les usagers de ce forum.

Écrit par : fabien | 26 septembre 2008

Fabien, ça fait du bien de lire des écrits de votre trempe. Je ne me lancerai pas dans une réfutation des écrits de Fabien, parce que je n'ai pas vu le film, mais je m'y emploierai si ma vision du film me le permet et m'y incite.

De tout ce que j'ai lu, je ne vois que deux petites choses à reprendre (et encore...) :
1) "bégaudien", ça ne devrait pas être bégaldien si on veut être rigoureux tout plein ?
2) La diatribe de Caroline Fourest (personnalité lucide et courageuse que j'admire) contre Darcos, qui incarnerait selon elle les intérêts de l'Ecole privée, me semble infondée : pourquoi Darcos aurait-il assoupli la carte scolaire, alors qu'elle faisait les beaux jours du privé ? Il y a beaucoup de parents qui mettaient leurs enfants dans le privé pour échapper à la carte scolaire, cette mesure me semble donc infirmer en partie les accusations portées contre Darcos à ce sujet.

A débattre, en tout cas.

Écrit par : Jérémy | 26 septembre 2008

Oui, je sais, j'avais dit que j'allais partir, gna gna etc.

Mais c'est juste pour dire que chez Felts on s'éclate...

Venez faire un tour!

Moi je m'installe là bas.

Écrit par : papa wilhelm | 26 septembre 2008

Ah mais non, justement Fabien, on ne parle pas que du film, surtout pas lorsqu'il s'agit d'une oeuvre de propagande qui ne veut plus s'assumer comme telle !!!

D'abord, si ce film a provoqué en vous des émotions fortes, je ne pense pas avoir répondu à votre témoignage par le mépris, alors j'aimerais bien que vous conteniez encore d'avantage votre vertueuse colère pour ne pas balayer d'un revers de main la contradiction que poliment on vous apporte.

Ensuite, vous devriez quand même savoir que le septième art et la propagande font bon ménage depuis bien, bien longtemps et que, hélas, les américains ne détiennent pas le monopole de la manipulation des masses par l'arme de distraction massive.

Donc, il n'est pas question de mettre un quelconque artiste sur un piédestal à partir du moment où il joue de son statut pour délivrer en douce un discours idéologique douteux.


C'est comme ça, ce n'est pas négociable, et si ça ne vous plaît pas, songez simplement au nombre de fois où vous avez déjà été manipulé par l'image dans votre vie.

Ca y est, vous comprenez ?

PS : j'ai lu le bouquin (tellement elliptique, le bouquin), j'ai vu les extraits et la bande annonce, et c'est largement suffisant pour me dispenser de donner de l'argent à ces pauvres types, quels que soient leurs talents d'auteurs (et Bégaudeau a une plume honorable, et j'avais bien aimé "Ressources humaines" !

PPS : vous arrivez vraiment à faire confiance à un film qui joue aussi complaisamment sur le registre du documentaire et de la fiction ???

Écrit par : johnmarguerite | 26 septembre 2008

PS

...Et , en plus, y a pas Sibille!

Écrit par : papa wilhelm | 26 septembre 2008

"il n'est pas question de mettre un quelconque artiste sur un piédestal à partir du moment où il joue de son statut pour délivrer en douce un discours idéologique douteux.
C'est comme ça, ce n'est pas négociable"
Ecrit par : Johnmarguerite

Ben, John, justement, si.
1) Dans la mesure où Bégaudeau et Cantet ont tout de suite dit qu'il n'était pas question d'en faire un film idéologique, on ne peut pas leur reprocher de faire un film sur l'éducation.
2) C'est d'autant plus négociable qu'une oeuvre engagée peut être analysée comme une oeuvre d'art "pur", alors pour une oeuvre qui ne s'assume pas (ou plutôt plus, par rapport au livre) comme une oeuvre idéologique, c'est encore plus négociable.

Écrit par : Jérémy | 27 septembre 2008

Jean-Paul Brighelli, il faut fidéliser vos clients de qualité : j'espère que Fabien sera assidu à ce blog.

Écrit par : Jérémy | 27 septembre 2008

Jérémy, vous êtes naif ou vous faites exprès ?

Vous n'avez jamais croisé la route de personnes qui vous disent une chose puis son contraire selon ce qui les arrangent ??? Ou qui tout simplement adaptent leurs discours selon la personne qui se trouve en face d'eux ?

Désolé, mais moi quand je vois des personnes comme ça agir sournoisement, ça donne pas du tout envie.

Un exemple parmi d'autres, la citation de Télérama :

"Laurent Cantet prend ses distances avec le documentaire de Nicolas Philibert : « Il nous montre une classe de campagne où sont mélangés des élèves d’âges différents. Pas du tout représentative de notre époque. Et l’instituteur est à l’opposé du personnage que François Bégaudeau incarne dans notre film. Il a un pouvoir énorme sur les enfants et, franchement, il n’est pas très sympathique. Notre film est plutôt une réponse à ce genre d’abus de pouvoir. »

http://www.telerama.fr/cinema/cannes-cannes-cannes,29591.php

vous ne voyez toujours pas comme cette citation est insidieuse, comment elle permettra ensuite à son auteur de jouer sur les deux tableaux selon l'interlocuteur qu'il a en face de lui ?

C'est beau l'hypocrisie

Écrit par : johnmarguerite | 27 septembre 2008

Sujet de réflexion niveau TL (mais il est tard dans la nuit) : y-a-t-il un art pur ? Je ne veux pas faire mon jean sol partre mais enfin, Bégaudeau et Cantet ne peuvent ignorer qu’il existe en France un débat sur l’éducation. En proposant un film sur l’éducation ils prennent nécessairement position, qu’ils le veuillent ou non. Quoi qu’on fasse , on est toujours engagé etc etc. Fin de mes élucubrations nocturnes.

Écrit par : uncertain | 27 septembre 2008

Je précise que lorsque je parle d'idéologie à propos de ce film, c'est aussi parce que Cantet et Bégaudeau, dans une interview un ou deux jours après la cérémonie décrivaient leur film comme simplement engagé pour ensuite ajouter que les critiques IDEOLOGIQUES de leur oeuvre ne manqueraient sans doute pas.

Celle-là, entre autres choses, je ne l'ai jamais digéré : vous ne voyez donc pas à quel point c'était sournois comme procédé ?

Alors, oui "Entre les murs" est une oeuvre "idéologique" écrite par deux faux jetons

Écrit par : johnmarguerite | 27 septembre 2008

Et bonne nuit aux gentils bisounours...

Écrit par : johnmarguerite | 27 septembre 2008

Non parce que la phrase "cessons de voir des complots partout"... enfin bref, vous m'avez saoulé !

Écrit par : johnmarguerite | 27 septembre 2008

Non parce que la phrase "cessons de voir des complots partout"... enfin bref, vous m'avez saoulé !

Écrit par : johnmarguerite | 27 septembre 2008

Non parce que la phrase "cessons de voir des complots partout"... enfin bref, vous m'avez saoulé !

Écrit par : johnmarguerite | 27 septembre 2008

Fabien, vous vous plantez (même si je suis assez d'accord avec la fin de votre intervention ; excepté pour Caroline Fourest qui a de la laïcité une conception que je ne partage pas, mais c'est un autre débat ...)

D'abord, Abbas Kiarostami c'est tout de même une autre dimension !

Ensuite, relisez Bégaudeau ... Extrait :
""Dans Télérama, vous dites que "certaines études montrent que l'école tend même à accentuer les inégalités". Comment peut-on lutter contre cela ? Et vous, à votre petit niveau, que pouvez-vous faire ?
François Bégaudeau : Il y a deux manières de négocier cette statistique : incriminer les nouvelles méthodes pédagogiques ou, c'est mon cas, penser qu'elles n'ont jamais vraiment été appliquées et que les choses iront un peu mieux quand elles le seront vraiment. " (Le Monde du 15 mars 2006 http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46- href="mailto:0@2">0@2-3246,55-751151,0.html )

"... les choses iront un peu mieux quand elles le seront vraiment." Faut pas désespérer... "Et le pire, c'est quand le pire commence à empirer" a dit quelqu'un ...

Écrit par : Hervé | 27 septembre 2008

"excepté pour Caroline Fourest qui a de la laïcité une conception que je ne partage pas"

C'est une laïcité trop négative à votre goût ?

Écrit par : Jérémy | 27 septembre 2008

J'avais fait un très long message, eh bien il n'est pas passé :-(

C'était pour dire que Bégaudeau avait fair un livre idéologique, revendiqué par certains professeurs d'IUFM et certains théoriciens fumeux dont le nom commence par Mei et finit par rien, tandis que Cantet n'a pas fait de film à visée idéologique.

Je le prouvais, mais les preuves ont disparu avec le message qui n'est pas passé :-(

Écrit par : Jérémy | 27 septembre 2008

En tout cas, je vous le dis :

Aujourd'hui : Force = Nombre. Quoi qu'on en dise.

Il n'y a que trois forces qui s'opposent au pouvoir du nombre : l'organisation, l'argent, et dans une certaine mesure le culte de la majorité.

L'organisation, c'est ce qui sauve pour un temps encore l'Occident face aux Suds.
L'argent, c'est ce qui sauve pour un temps encore les riches financiers qui vivent à crédit sur le travail des plus pauvres qu'eux.
Le peu de pouvoir qu'il reste encore au politique vient de l'organisation qu'elle a imposée, et de l'argent dont elle dispose

Le culte de la majorité, c'est à la fois ce qui justifie et contrecarre la force du nombre, car toute cause sera toujours confrontée à une cause défendue ensuite par un groupe encore plus majoritaire, si l'on parvient à faire changer d'avis une partie de cette majorité - or dans toute majorité prise dans un très grand nombre il existe toujours une importante part versatile.

Écrit par : Jérémy | 27 septembre 2008

Jérémy :
"excepté pour Caroline Fourest qui a de la laïcité une conception que je ne partage pas" C'est une laïcité trop négative à votre goût ?"

Non, à géométrie variable et ambiguë ...

http://www.ripostelaique.com/Caroline-Fourest-un-prejuge-de.html

Écrit par : Hervé | 27 septembre 2008

Demander le programme !

Sub Cantet_Begaudeau_Télérama
entrer cinéma
Projection en boucle :
assister projection
réponse1=poser_question("alors ?")
réponse2=poser_question("Darcos ?")
Si réponse1 < "c'est bien" et réponse2 < "salopard"
Alors Projection en boucle
Sinon
sortir
dire("moi content")
End Sub

Et dire qu'une ampoule de projecteur peut tenir plus de 1000 heures !

Je vais plutôt me taper un Kubrick.

Écrit par : dugong | 27 septembre 2008

Je m'étonne que mes propositions militant pour un lycée du Grand Merdier n'aient pas suggéré plus de commentaires.


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Pour Yann : comment avez-vous eu la chance de tomber sur un dessin aussi approprié ????

Je complète par quelques citations philosophiques issues du site : http://www.spirouworld.com/zorglub.htm

"L'intérêt particulier que l'on peut porter à Zorglub réside dans le fait qu'il est un personnage ambigu, Franquin le qualifie de « semi-mauvais », il est « l'ennemi qu'on combat mais avec qui l'on reste encore en contact, que l'on peut faire changer "
"On peut avancer que pour vaincre Zorglub, il faut devenir Zorglub"

Je vous encourage à parcourir cette page qui est édifiante.

Écrit par : Zorglub | 27 septembre 2008

Fabien, vous êtes quelqu'un de mystérieux. Vous enseignez dans le Secondaire actuellement ?

Tiens, au fait, vous le connaissez, l'auteur incroyable de l'opus qui fait l'apologie des joutes verbales urbaines d'insultes ? Il a eu le meme parcours que vous, et il paraît que Normale Sup est un petit milieu.

Ecrit par : Jérémy | 26 septembre 2008

J'ai cru reconnaître en ce Fabien un de mes anciens étudiants ; un garçon impeccable, cultivé, fin, bien élevé, généreux, bûcheur pas bêcheur, brillant sans la ramener. Ben oui, remarquable, quoi. Toutes les qualités. J'espère qu'il reviendra sur ce blog, et qu'il me donnera quelques nouvelles de sa thèse. Sans doute pourrai-je le voir le 14 nov. à Lyon pour la réunion de jury ?
Et fou de cinéma, ce jeune homme, d'un cinéma exigeant, genre Bruno Dumont (on aime ou on n'aime pas, mais c'est du cinématographe du vrai, n'est-ce pas).
C'est sans doute cette cinéphilie qui conduit Fabien à analyser "Entre les murs" d'un point de vue, je crois, trop purement filmique. Le problème de ce film, c'est qu'il prétend à la fois relever de la fiction "pure" et avoir un référent, et, sans jeu de mots, donner des références. Dans ce sens, quelles que soient les qualités de cinéaste de L. Cantet, il est difficile, ou en tout cas il m'est difficile de m'abstraire, d'abstraire mon vécu de professeur et de militante anti-pédagogiste, et de faire comme si le contenu idéologique -- désolée pour les grands mots -- voire propagandiste du film , était secondaire voire indifférent.

Écrit par : FGuichard | 27 septembre 2008

"Il a un pouvoir énorme sur les enfants et, franchement, il n’est pas très sympathique. Notre film est plutôt une réponse à ce genre d’abus de pouvoir. »

Ecrit par : johnmarguerite | 27 septembre 2008

Je suis d'accord avec vous, je n'aime pas du tout cette phrase. Mais j'irai voir le film de Bégaudeau comme une oeuvre cinématographique, et me ferai mon opinion sur le côté "militant" ou "faux jeton" après.

Écrit par : Christophe Sibille | 27 septembre 2008

"Jean-Paul Brighelli, il faut fidéliser vos clients de qualité : j'espère que Fabien sera assidu à ce blog."

Ecrit par : Jérémy | 27 septembre 2008

Et moi donc! C'est l'anti-Toto par excellence.

Écrit par : Christophe Sibille | 27 septembre 2008

"...Et , en plus, y a pas Sibille!"

Ecrit par : papa wilhelm | 26 septembre 2008

Pas grand-risque de ce côté, effectivement... ;-)

Écrit par : Christophe Sibille | 27 septembre 2008

Indépendamment du coté propagande, ce film n'est pas une oeuvre d'art qui mérite une Palme d'Or.... Bravo M. Brighelli pour ce pavé dans la mare.

Écrit par : Marie | 27 septembre 2008

Fabien, vous voulez parler cinéma ?
Je me fiche pas mal qu'une oeuvre soit idéologiquement perverse, si elle est par ailleurs remarquable. Naissance d'une nation, c'est extraordinaire, et c'est en même temps suprématiste blanc - avec apologie incorporée du Ku-Klux-Klan. Ivan le terrible, c'est magique, même si c'est la légitimation de tous les stalinismes (ça va même si loin dans l'adoration de l'Homme-Etat que Staline a préféré faire interdire la seconde partie). Symétriquement, il y a des oeuvres pleines de bons sentiments que je n'ai jamais pu voir sans ennui - La liste de Schindler, par exemple.
Entre les murs aurait pu (irrél du passé !) être un bon film, quelles que fussent ses options idéologiques. Le fait est que c'est un téléfilm médiocre, et que la déferlante actuelle de "réalisme" ne s'explique pas autrement que par la main-mise de la télévision sur le Septième art. La télé n'a pas été capable, jusqu'ici, d'inventer autre chose qu'une esthétique du reportage, parce qu'elle est techniquement faite pour ça (ert la forme conditionne le fond, on a dû vous apprendre ça en HKH) - et elle est parvenue à faire croire que c'est une esthétique, alors que c'est une limitation. Il est à peu près impossible d'y voir correctement un panoramique, ou un travellong un peu travaillé, l'image des films classiques y est constamment recadrée, amputée des deux côtés, parce qu'elle n'avait pas été pensée pour l'Etrange Lucarne. Moralité, les cinéastes, commandités par les chaînes, tournent en fonction du support, puis font semblant de l'avoir fait exprès. La télévision fabrique de la réalité - c'est du moins ce qu'elle veut faire croire -, et Cantet prétend filmer la réalité : il y a là quelque chose de proprement pornographique - le gros plan qui fait croire que ce n'est pas joué, que l'on vous montre tout, bien comme il faut. D'ailleurs, le film porno contemporain est l'outrance du réalisme télévisuel - la plupart ne sont tournés que pour la vente en DVD. Entre les murs est l'exemple-type du voyeurisme suggéré à ceux qui n'y connaissent rien, et s'en repaîtront : ou, si vous préférez, non seulement c'est un film lamentable, mais c'est un film dangereux.
Il n'y a rien à retenir de la grammaire cinématographique, pour parler comme Christian Metz, d'un type comme Cantet. Rien. Elle est aussi pauvre, aussi élémentaire, que la grammaire des élèves qu'il filme, ou la grammaire survolée par le prof : l'imparfait du subjonctif est exotique pour Marin/Bégaudeau, et un plan complexe est impensable pour Bégaudeau/Cantet. Tiens, je repars chez Hitchcock, Janet Leigh sous la douche, ce n'est pas réaliste, mais c'est fichtrement plus intéressant que Bégaudeau en classe - d'ailleurs, il n'y est plus.
JPB

Écrit par : brighelli | 27 septembre 2008

Sans rapport.

Qui a des infos un peu précises et fiables sur ce qui s'annonce pour sept 2009 en seconde ?

Pour sept 2010, le débat supprimer vs réformer les filières technologiques (STI et STT) est-il tranché ?

Écrit par : Zorglub | 27 septembre 2008

" La télévision fabrique de la réalité."

J'ai entendu cette remarque en hiver 2000 et encore un peu après, dans la bouche de plusieurs anciens d'Algérie, simples appelés n'ayant strictement RIEN à se reprocher et qui auraient préféré,dans la fleur de l'âge, continuer à travailler dans les champs, en usine, en atelier, sur un chantier, face à leurs élèves ou ailleurs, et se demandant pourquoi, tout d'un coup des films et des débats venaient leur prêcher ,à TOUS, sans distinction, la repentance.
Solution : éteindre le poste, et, si on le peut, marcher dans le calme, au grand air. pour oublier que les tonneaux vides font un bruit insupportable.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 27 septembre 2008

hum, je vois que RF a agrémenté son post de photos . Il ne recule devant rien .

Ecrit par : uncertain | 26 septembre 2008

"Plus le désir s'accroît, plus l'effet se recule" (Pierre Corneille)

Écrit par : Robin | 27 septembre 2008

En l’occurrence, la fonction agrandir permet d’éviter ce genre de désagrément : - )

Écrit par : uncertain | 27 septembre 2008

Pour Yann : comment avez-vous eu la chance de tomber sur un dessin aussi approprié ????

Ecrit par : Zorglub | 27 septembre 2008

Glouglou, images, "mathieu prépa".
Je cherchais en fait le dessin destiné à Francis Penin sur le prof de prépa accueillant ses élèves en début d'année.
Et je n'avais pas fait le rapprochement avec le Z de Zorglub (ou alors inconsciemment, ayant été longtemps lecteur de Spirou).
Le dessin est titré : "Le bac Z".

Écrit par : yann | 27 septembre 2008

il paraît que Normale Sup est un petit milieu.

Ecrit par : Jérémy

Faux. Il y a trois écoles bien distinctes et pratiquement étanches : Paris (alias ENS tout court, alias Ulm), Lyon (ex-Saint-Cloud, scindée en deux parties, Lettres et Sciences), Cachan (ex-ENSET).

Écrit par : moot | 27 septembre 2008

tant mieux si M.Brighelli n'a plus d'amour ni de foi envers M.Darcos, encore que le fait d'en avoir eu un jour me dépasse considérablement.

Ecrit par : fabien

Je vais reprendre une formule de monsieur Sarkozy : "pourquoi devrait-on avoir honte d'être de Droite ?". De plus, je ne pense pas que J.P. Brighelli soit de Droite.

Tout cela pour dire que votre reproche ou votre soulagement sont infondés.

Écrit par : moot | 27 septembre 2008

C'était pour dire que Bégaudeau avait fair un livre idéologique, revendiqué par certains professeurs d'IUFM et certains théoriciens fumeux dont le nom commence par Mei et finit par rien, tandis que Cantet n'a pas fait de film à visée idéologique.

Ecrit par : Jérémy

Bon, eh bien, on n'a rien manqué. J'adore les vilaines questions (pourtant, étant élève, je n'en posais jamais à mes professeurs, lesquels déploraient mon mutisme), en voici une : peut-on faire un film qui ne soit pas idéologique alors que le scénario, lui, l'est ?

Comme disait Salvador Dali : "la politisation est la pire erreur qu'un artiste puisse commettre. Personne ne sait si la Vénus de Milo était communiste ou fasciste".

Écrit par : moot | 27 septembre 2008

Bravo cher monsieur!

Votre témoignage est indispensable, précieux et archivé!

N'écoutez pas ceux qui vous vouent aux gémonies les plus abjectes. Votre combat est celui de la Vérité et en cela, il est parfaitement légitime.

MT

Écrit par : Major Tom | 27 septembre 2008

"tant mieux si M.Brighelli n'a plus d'amour ni de foi envers M.Darcos, encore que le fait d'en avoir eu un jour me dépasse considérablement.

Ecrit par : fabien

Je vais reprendre une formule de monsieur Sarkozy : "pourquoi devrait-on avoir honte d'être de Droite ?". De plus, je ne pense pas que J.P. Brighelli soit de Droite.

Tout cela pour dire que votre reproche ou votre soulagement sont infondés."

Ecrit par : moot | 27 septembre 2008

Ils sont fondés en considération de la politique que mène Darcos en matière d’éducation, "à coup sûr l'un des pires ministres de l'Education jamais advenus. (...)la suppression de 50000 postes de profs en 5 ans, (...)les médailles en chocolat, sur le lycée à la carte et modulaire, (...) la mort programmée de l'agreg, sur la mort programmée des options, sur la mort programmée du latin et du grec , (...) la transformation du capes en un sorte de bouillie intellectuellement indigente et scandaleuse, qui fera passer pour Bac+5 des gens de niveau Bac+2, (...) la fin - par voie de conséquence - des profs de grammaire et d'histoire de langue, sur la promotion insidieuse de l'école privée au détriment du public (lire les nombreux articles là-dessus, notamment de Caroline Fourest) ?" (Ecrit par : Fabien) et celle que menait et comptait mener celui dont la nomination de Darcos au ministère de l’éducation dépendait de l’élection.

"pourquoi devrait-on avoir honte d'être de Droite ?". C’est cette question qui est sans fondement, car aucune procédure argumentative ne saurait contraindre quiconque à avoir honte de quoi que ce soit : la posture de l’idiot qui dit et "alors ?" est en effet toujours possible, aussi bas que cela mène, symptôme de sa teneur purement rhétorique qui confirme la malhonnêteté de celui qui la pose.

Écrit par : Pli | 27 septembre 2008

Bonjour à tous,

Tout d'abord, un grand bonjour à Madame Guichard, qui m'a bien reconnu. Je vous salue, et je vous donne rendez-vous bientôt sur nos boîtes de messages électroniques, pour parler de thèses et autres réunions cpge, qui ici n'intéresseront que bien peu de monde.

Je réponds rapidement à M.JohnMarguerite et à M.Brighelli. Tout d'abord, je m'excuse auprès de ce dernier si j'ai pu paraître méprisant ou quoi que ce soit du genre; telle n'était pas mon intention, sans doute est-ce la faute à mon coup de sang d'hier soir.
Simplement :
- pour la question de la frontière documentaire/fiction : c'est une des grandes problématiques actuelles dans le cinéma, et le festival de Cannes dernier l'a bien montré : Jia Zangh Ke, Claire Simon, Laurent Cantet, Valse avec Bachir d'Ari Folman, le magnifique dernier film des Dardenne, Kiarostami (souvenez-vous de la fin du Goût de la cerise), et même De Palma. L'évolution technologique, la concurrence des sites genre youtube conduit à repenser le dispositif classique et la traditionnelle bipartition entre docu et fiction, sachant qu'il est plus juste de parler de "degré" documentaire et de "degré" fictionnel d'un film (le Magicien d'Oz est plus "fictionnel" que "Rome ville Ouverte"...).

- Pour ce qui est de l'idéologie, je persiste et signe : je n'en vois pas dans le film, et rien que le film; chaque scène en trouve une autre pour la contrebalancer et mettre la première en crise. Le film fait parler, fait réagir : tant mieux, c'est qu'il est intéressant. Et si tout le monde voit dans quelle direction "morale" nous tire "Naissance d'une nation", les contrastes absolus des réactions face au film de Cantet montrent précisément que chacun lit le film avec sa propre grille (et c'est ainsi que Mme Guichard lit le film différemment par rapport à moi, et le reconnaît). Pour ce qui est du livre de Bégaudeau et des différentes interviews, je ne les ai pas lus, alors je n'en parlerai pas ici, et me contenterai d'évoquer le film et rien que le film.

- pour ce qui est de l'aspect "télévisuel" : sachez que je suis loin d'être un grand fanatique de télévision, bien au contraire (et d'ailleurs, je ne l'ai pas!). Oui, la télé appauvrit souvent le regard. Mais il me semble qu'on peut comparer le film de Cantet avec un épisode de l'Instit ou de Madame la Proviseur (pour rester dans le bain) pour s'assurer de la différence : entre un film tourné à la va-vite avec un seul objectif de fonctionnalité et d'efficacité, et le travail très pensé et pesé de Cantet (il n'y a pas 140h de rushes pour un épisode de l'instit!). Je dirais même (mais l'on va m'accuser de trop penser) que Entre les murs est un film extrêmement radical sur sa forme : unité de lieu étouffante, un seul angle de prise de vue (côté couloir de la classe), absence de musique, d'effets... Le film, en cela, n'est pas loin -formellement- du splendide TEN de Kiarostami (deux caméras dans une voiture pendant 1h30, l'un sur la conductrice, l'autre sur le passager). Et je suis même sûr que cette austérité formelle va rebuter une partie du public habituée à l'esthétique clipesque télévisuelle ou à l'esthétique téléfilm...

On ne peut pas jouer la guerre "grands formalistes" VS "petits maîtres-télévisuels". Il est absurde de valoriser Eisenstein contre Cantet : on peut aimer et apprécier les deux, on peut penser que le lyrisme violent du russe convient bien pour filmer Ivan le Terrible et que l'austérité minimaliste de Cantet est adaptée au projet de filmer une classe de collège...
Si l'on pousse l'argument développé dans les derniers messages, on pourrait alors dire que le premier Godard, Bresson, Rossellini, les Dardenne, Cassavetes, Lars Von Trier et d'autres sont dans le télévisuel, alors que Hitchcock, Ford et Kubrick sont dans le "vrai" cinéma. C'est évidemment absurde. Les Cahiers du Cinéma et Positif consacrent de nombreux articles passionnants sur cette esthétique dite "réaliste" (terme discutable et bien complexe!).

A part ça, j'adore Kubrick , Psychose et Tati.

Pour ce qui est de la grammaire Metzienne, là aussi on pourrait discuter des heures : la valeur d'un film ne tient pas au fait qu'il ajouterait des "figures" et des "fonctions grammaticales" à la grande syntagmatique metzienne, que l'intéressé lui-même a relativisée. Pas sûr, justement, que Metz aurait balayé de la main le film de Cantet.
Interrogeons des gens comme Jost ou Brenez sur ces questions, ce serait absolument passionnant. Une idée pour un futur article?

Quant à parler de "pornographie" pour Entre les murs, il me semble que c'est quelque peu ... hyperbolique et exagéré, non?

Bien à vous, bonne journée à tous

Écrit par : Fabien | 27 septembre 2008

Pour rester dans le culturel, le culturel léger, après le cinéma, la chanson :
AVANT TOUT LE MONDE en cliquant sur l’adresse qui suit, VOUS ALLEZ ACCÉDER AU TUBE DE L’ANNÉE… ET PLUS JAMAIS VOUS NE POURREZ REGARDER AVEC LES MÊMES YEUX NOTRE NICOLAS ET SA PETITE CARLA :
http://www.humour.com/videos-comiques/videos.asp?VIDvideo=10674

@ papa wilhelm écrit
« Oui, je sais, j'avais dit que j'allais partir, gna gna etc.
Mais c'est juste pour dire que chez Felts on s'éclate...
Venez faire un tour!
Moi je m'installe là bas.

Ce à quoi Felts précise (sur son site et ici) :
Ne créons pas de faux antagonismes : il n’y a pas de concurrence entre Bonnet d’âne et mon blog. Ils n’ont pas du tout la même fonction. L’un est un lieu de débat où s’échangent des vérités sous leur visage multiple et des contre-vérités sous leur visage grotesque. L’autre est un monologue démocratique qui tolère les applaudissements et supporte quelques critiques pourvu qu’elles respectent les règles de la décence (common decency). En ce moment je n’interviens pas sur “Bonnet d’âne” parce qu’ils abordent surtout des sujets (la pratique devant les élèves) où je n’ai aucune expérience.(c'était hier) Et aussi pour avoir d’avantage de temps pour écrire “3001, Odyssée de l’espèce”

@ papa wilhelm écrit
"...Et , en plus, y a pas Sibille!" (Chez Felts)

Et Christophe Sibille croit bon de rajouter :

« Pas grand-risque de ce côté, effectivement... ;-) »

Depuis quelques jours je fais preuve d'une grande mansuétude en me dispensant d'évoquer de quelques manières quoi que ce soit ayant un rapport avec Christophe Sibille, sa vie, son œuvre. Je serai infiniment reconnaissant à la dite personne d'éviter toute allusion fielleuse pouvant m'amener à rompre ce contrat avec moi-même qui m'impose une aussi lourde discipline. Je comptabilise toutes les occasions où me taire a été une lourde contrainte. Je ne voudrais pas que ma parole se libérant, Christophe Sibille puisse par trop en souffrir. Ce qui serait peu de chose, si en même temps, les autres lecteurs ne devaient pas en supporter les conséquences…

Écrit par : Roger Felts | 27 septembre 2008

Roger Felts, votre propos vous honore, mais je voudrais vous rappeler, à vous ainsi qu'à Christophe Sibille, que c'est seulement quand on laisse glisser qu'on a du mérite, et pas quand on fait un message pour souligner à quel point on est magnanime et qu'on a du self-contrôle...

« Seule le silence est grand, tout le reste est faiblesse. »

Écrit par : sanjuro | 27 septembre 2008

@ Fabien :

« J'aimerais que, au lieu de lancer des imprécations contre ce film, vous vous mettiez plutôt à critiquer la politique actuelle de M.Darcos, à coup sûr l'un des pires ministres de l'Education jamais advenus. »

Vous dites des choses qui semblent raisonnables sur le film « Entre les murs » (je ne peux pas juger, je ne l'ai pas vu), mais la phrase ci-dessus me paraît critiquable : on n'a pas à CHOISIR, à mon avis, entre la critique du pédagogisme et celle du ministre.

Cela rappelle des phrases qui ont coûté cher à la pensée française par le passé, comme celle d'Elsa Triolet qui disait : « Il n'y a que deux côtés à une barricade » - C'est l'esprit "garde rouge", et j'apprécie que JPB en soit un critique particulièrement averti.

Si on pense que c'est la guerre et qu'il n'y a qu'un ennemi contre lequel se battre, on devient vite hémiplégique de la pensée.

D'ailleurs, on n'a plus vraiment à choisir, puisque Darcos, pour le lycée du moins, semble avoir lâché aux pédagogistes tout ce qu'ils demandaient depuis des années.

Cela dit, vous ne vouliez peut-être pas vraiment dire qu'il fallait abandonner la critique d'un film pour passer exclusivement à la critique d'une politique, et peut-être est-ce une figure de style pour reprocher à JPB son manque d'énergie dans la critique de Darcos.

On a cependant vu, il y a quelque jours sur ce blog, des intervenants qui réclamaient que cessent toute discussion qui ne tournerait pas autour du suicide récent d'un collègue. Je n'aime pas cette tendance à préempter le débat.

Mais, pour revenir à vos propos, en ce qui concerne le prix du pire ministre de l'EN, je propose un vote : Claude Allègre me paraît un meilleur candidat. Je n'ai JAMAIS été d'accord avec aucune de ses initiatives ou prises de parole.

Je suis peut-être naïf, mais quand je lis les récents programmes de français en collège, par exemple, je suis assez en accord avec leur teneur.

Cela fait regretter plus vivement les suppressions de poste, les propos sur la maternelle et le bordel pédago prévisible au lycée...

Allègre aurait lui aussi supprimé des postes s'il avait été ministre de Sarko, et il n'est pas exclu qu'il le devienne...

Écrit par : sanjuro | 27 septembre 2008

…qui réclamaient que CESSE toute discussion...

Écrit par : sanjuro | 27 septembre 2008

Fabien a écrit : "Pour ce qui est de l'idéologie, je persiste et signe : je n'en vois pas dans le film, et rien que le film; … Pour ce qui est du livre de Bégaudeau et des différentes interviews, je ne les ai pas lus, alors je n'en parlerai pas ici, et me contenterai d'évoquer le film et rien que le film."

Moi aussi, je ne vais parler que du film, rien que du film et même de ce qui a été scandaleusement passé sous silence par la majorité des analystes : il y a des perforations sur les côtés et il dure 2 heures et 08 minutes.

Écrit par : dugong | 27 septembre 2008

Pour pasticher l'auteur de bonnet d'âne:
1/ Je parcours de temps à autre son site-blog pour y découvrir à propos de l'actualité les rhétoriques des plus éculées et médiatiques du degré zéro de la pensée sur l'école.
J'avais renoncé à intervenir malgré des intervenant(e)s dont l'esprit critique, mesuré est des plus notables.
2/ mais cette fois trop c'est trop...
Je conseille vigoureusement à J.P.B. et à certain(e)s de mettre à jour leurs savoirs cinéphiliques et les outils "critiques" avant d'énoncer une telle série de poncifs sur le cinéma , qu'il soit "classique" ou "contemporain" .
Puisque J.P.B. enseigne désormais à Marseille il ferait bien, par exemple, de fréquenter un certain nombre de "festivals" et "rencontres" du plus haut niveau ... Le dernier "FID" ( festival international de documentaire), sous l'égide du remarquable J.P.Rehm,par exemple a continué une exploration au coeur de tous les débats actuels:invention de "dispositifs" ( sur la trace de très grands précurseurs dans l'histoire du cinéma, "classés" dans les genres "fiction;docu.) effaçant les "frontières" entre fiction et docu, entre "genres".
Je n'ai encore pas pu voir le film de Cantet. Mais ce que j'en ai compris d'après bien des interviews, articles, critiques et ma petite connaissance de ce genre d'établissements , et même de Dolto ( dans quartier qui défraie la chronique des faits divers médiatiques ..., c'est qu'en aucun cas ( et c'est l'originalité de Cantet et d'autres réalisateurs) il ne s'agit d'un "reportage" , d'une absence d'esthétique qui serait liée à "propagande" télévisuelle ni même d'un docu. sur une classe..., l'ecole
Dispositif complexe ( comme l'Esquive et x docus récents):
Un acteur ( ex-prof.)-écrivain "joue" rôle de prof avec des élèves, volontaires, du collège participant à un atelier de théâtre...S'improvisent des "situations" filmées en un "lieu clos"( "théâtral" ) par équipe "légère" pour différents angles...prises de sons ...Boulot énorme de "mise en scène", tournages, montage...
je verrai et me ferai mon avis sans aucun préjugé a priori ( même si c'est difficile de prendre toutes les distances quand on a été prof. confronté à des situations difficiles et moins difficiles que les actuelles ( j'aimerais avoir l'avis de J.P.B. sur le s "couches", la "sieste"...en maternelle et autres exploits du sieur Darcos qui se contente de dire que, ministre, il applique les consignes des plus technocratico-libérales de réductions drastiques des postes, moyens de l'EN!)..
Mais je crois ( comme pour L'esquive, x films dits "réalistes") que le sujet du film c'est le "langage" , ce pari fou du "prof-écrivain" de trouver les moyens ,par son attention à tous les élèves , de créer un espace linguistique tel que ces ados désirent ( on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif ou ne comprend rien aux codes d'une école, d'une société qui crève d'inégalités, exclusions ) accéder au langage élaboré, découvrent comme les héros de bien des textes classiques et modernes de notre patrimoine l'exorcisme par la "polémique", les joutes verbales mieux que les violences physiques, les affrontements entre groupes, avec "adultes" représentant la "LOI"...coucou F.Dolto...)
Pour clore: ça suffit aussi ces mépris, méconnaissances de tout ce qu'apportent les enseignements artistiques...enfin un peu plus démocratisés. Savez-vous JPB , et d'autres,que le major 2008 de l'ENS Lyon est un étudiant de prépa "Lettres-Cinéma, qui avec camarades de promotion dont un(e,) reçu à FEMIs et x admissibles sortait de prépa d'un lycée parisien de "très mauvaise réputation" ( j'y ai travaillé 29 ans; diable il accueillait en seconde même ces "sauvageon(ne)s" des ZEP du 18), 19°, 20°et il a resubi les effets de la suppression de la carte scolaire après tous les "évitements" des familles hurlant contre "le massacre de leurs enfants" et "mixités" sociales )...
Votre parti-pris est flagrant: vous pouvez certes aimer ou ne pas aimer tel ou tel film mais celui-ci n'était qu'un prétexte pour enfourcher vos habituelles nostalgies d'un Age d'Or de l'école...Si vous en rajoutez avec vos nostalgies de films et jurys d'autrefois je réagis d'autant plus que sont au "programme" des enseignements actuels mais ne sont pas opposés aux oeuvres contemporaines
..C.Metz a certes appiorté beaucoup mais diable...depuis ses bouquins fort contestables les recherches, les enseignements, les bouquins, les revues offrent aussi un peu mieux que Telerama ou ce qui semble être vos références dans la "discipline" et la "critique" Cinéma...
Contribuez aussi à démolir le boulot le plus rigoureux d'enseignants et de professionnels faisant partager à nos élèves et étudiants les plaisirs d'un ciné, de télé autres que ce qui les envahit, séduit dans le pire..et ils l'enseignent, le font pratiquer...Vous n'êtes pas sans savoir que nos gouvernances n'ont guère le sens de la culture, de l'art et d'un humanisme moderne et ça les arrangerait bien des campagnes comme vous savez avec d'autres en mener pour réduire encore plus les moyens dévolus aux enseignements artistiques....
Fin de ma colère...aussi justifiée par l'état actuel des lieux culturels et artistiques marseillais...panem et circenses...le peuple n'a pas besoin de...
aml

Écrit par : aml | 27 septembre 2008

Ca y est, c'est parti : les ayatollas cinéphiliques débarquent sur le bonnet.

Bave "complexe" à venir. Gare aux taches !

Écrit par : dugong | 27 septembre 2008

Vu dans la rue, sur le torse d'un jeune type, un t-shirt noir avec ceci en lettres blanches: "I WAS BORN INTELLIGENT BUT EDUCATION RUINED ME". Epatant, non?

Écrit par : Pendariès | 27 septembre 2008

Ami, vous devriez veiller à votre syntaxe si vous voulez avoir l'avantage sur JPB.

Écrit par : Sylvie Huguet | 27 septembre 2008

Je ne me prononcerai pas sur le film mais toutes ces déclarations enthousiastes sentent la volonté de contredire et le plaisir de prendre le contre-pied de JPB. Le plus sage est encore de ne pas répondre et de conserver ces déclarations enthousiastes afin de les remettre sous le nez de leur auteur dans 20 ans quand il ne restera sans doute plus rien de cette Palme d’or et de ce prix Télérama, quand ils auront rejoint le panthéon des classiques au côté de l’immortel poète Béranger et du fameux dramaturge Ponsard. « Quoi ? Moi ? J’ai dit ça ? »

Écrit par : uncertain | 27 septembre 2008

Bonjour Pendariès. Vous aviez déserté le blog? :-)

Écrit par : uncertain | 27 septembre 2008

Béranger, Pierre-Jean (« Un des plus grands poètes que la France ait jamais produits » d'après Chateaubriand ....) ou François (que j'apprécie déjà plus, n'étant pas Chateaubriand) ?

Écrit par : yann | 27 septembre 2008

le premier Yann, dont il ne restait déjà plus grand chose à la fin du 19e

Écrit par : uncertain | 27 septembre 2008

"Je ne voudrais pas que ma parole se libérant, Christophe Sibille puisse par trop en souffrir."

Ecrit par : Roger Felts | 27 septembre 2008
Ne vous inquiétez pas pour ça, vous pouvez y aller. Mais je crains que, si votre parole se libère, ça ne risque d'indisposer les autres blogueurs par une invasion totalement inutile de l'espace.
Sanjuro, vous avez mille fois raison. Mais c'est plus fort que moi, c'est comme pour Toto. ;-(
Allez, je "décroche". Et sans méthadone! Promis-juré, cette fois, je laisse tomber Felts.

Écrit par : Christophe Sibille | 27 septembre 2008

J'essaye de vous lire, entre deux coutures, depuis ce matin. Je n'y arrive pas bien. Ça vole un peu trop haut pour la petite "Mr Jourdain" que je figure ici. Mais, au fond, ce que vous en pensez, si c'est fort beau, fort bien dit, pleins de belles connaissances que, avec un petit pincement au cœur malgré tout, je reconnais ne pas avoir, ne pas maîtriser, ce n'est pas ce qui me préoccupe au sujet de cette palme d'Or.
Je ne suis pas très savante sur les belles choses de l'esprit mais je suis quand même un borgne au royaume des aveugles et si, par quelque hasard je visionnais ce film, je saurais globalement faire la part de l'Art cinématographique, de l'imaginaire comme, si j'avais lu le Da Vinci Code, j'y aurais vu une histoire, un roman pour se distraire.
Ce qui m'inquiète, c'est comment sera-t-il visionné par les nombreux laissés pour compte de l'échec scolaire de génération en génération, par les parents sans qualification qui triment dans des emplois subalternes et mal rémunérés ou surnagent entre deux tasses, de RMI en allocs, et qui signent observations sur observations dans les carnets de correspondance de leurs enfants, entre autres exclusions temporaires.
Ces gens-là sont autrement plus nombreux que les Fabien et Brighelli, Aml et FGuichard, et même que les Dobolinos.
Ils ont vu Fahrenheit 911, ils ont lu le Da Vinci Code et en ont tiré des certitudes. Ils verront Entre les Murs et ça leur fera une belle salade dans le cerveau.

Écrit par : Dobolino | 27 septembre 2008

Vu dans la rue, sur le torse d'un jeune type, un t-shirt noir avec ceci en lettres blanches: "I WAS BORN INTELLIGENT BUT EDUCATION RUINED ME". Epatant, non?

Ecrit par : Pendariès | 27 septembre 2008
Faut voir... Ça peut avoir de multiples sens, comme le film Entre les Murs.

Écrit par : Dobolino | 27 septembre 2008

Pour répondre au "petit zizi de Sarkozy " posté par RF , je vous envoie la "suçothérapie" de Carla Bruni (mais j'ai honte)

http://www.dailymotion.com/relevance/search/su%25C3%25A7oth%25C3%25A9rapie/video/x6f9qt_la-sucotherapie_people

Écrit par : uncertain | 27 septembre 2008

Fabien, la mort de Paul Newman devrait vous faire relativiser le talent que vous semblez supposer à Bégaudeau-acteur.
Et en fait de reportage, j'en reste à la splendide analyse sur la culture des tomates que l'on trouve dans l'Ile aux fleurs (disponible sur dailyMotion, entre autres, et ça ne dure que dix minutes...).
JPB
PS. J'aime bien Darcos pour des raisons tout à fait personnelles, qui remontent aux années 80 (donc très en deçà de ses engagements politiques). A partir de là, je n'approuve pas forcément tout ce que font mes copains - mais ce n'est pas pour ça que je leur retire mon amitié. Et ces derniers mois, j'ai été, me semble-t-il, assez clair sur ce que m'inspiraient les intiatives de la rue de Grenelle, et de certains conseillers du ministre. Je n'ai donc aucune leçon à recevoir de personne.

Écrit par : brighelli | 27 septembre 2008

"Je n'ai encore pas pu voir le film de Cantet. Mais ce que j'en ai compris d'après bien des interviews, articles, critiques et ma petite connaissance de ce genre d'établissements , et même de Dolto ( dans quartier qui défraie la chronique des faits divers médiatiques ..., c'est qu'en aucun cas ( et c'est l'originalité de Cantet et d'autres réalisateurs) il ne s'agit d'un "reportage" , d'une absence d'esthétique qui serait liée à "propagande" télévisuelle ni même d'un docu. sur une classe..., l'ecole" :

AML quoi toi vouloir dire exactement ?
Rembobine ton "savoir cinéphilique", écrase ton joint, rebouche la bouteille et recommence de façon intelligible.

Écrit par : victor | 27 septembre 2008

"A partir de là, je n'approuve pas forcément tout ce que font mes copains - mais ce n'est pas pour ça que je leur retire mon amitié.
Et ces derniers mois, j'ai été, me semble-t-il, assez clair sur ce que m'inspiraient les intiatives de la rue de Grenelle, et de certains conseillers du ministre. Je n'ai donc aucune leçon à recevoir de personne."

Ecrit par : brighelli | 27 septembre 2008
Sans vouloir en aucune manière "flatter les puissants", ;-) je suis totalement d'accord avec la première partie du message de Jean-Paul, et confirme la seconde, pour l'avoir entendu ne pas ménager Darcos, (c'était sur "France-inter"), juste après la rentrée.

Écrit par : Christophe Sibille | 27 septembre 2008

au côté de l’immortel poète Béranger et du fameux dramaturge Ponsard. « Quoi ? Moi ? J’ai dit ça ? »

Ecrit par : uncertain

Vous avez oublié Sully-Prudhomme !

Écrit par : moot | 27 septembre 2008

OK...
j'ai eu tort de ne pas me relire...avant que le message ne parte...plus vite que je ne le souhaitais !
Entre temps et c'est très bien "Fabien" et F.Guichard sont "reconnus", "retrouvés" ...sur l'air de Truffault ...et peut-être que le blog va permettre aux un(e)s et aux autres comme le font certain(e)s d'évoquer tout ce qu'apportent les arts dans des pratiques, enseignements, initiations permettant de faire tomber bien des murs avec bien des sourires.
Ca ne m'intéresse pas du tout de marquer des points avec X,Y, Z dont J.P.B. . Quant à mes "connaissances" cinéphiliques '( acquises en x "formations sur le tas avec professionnels, universitaires, profs cinéphiles en x 400 coups) j'espère les avoir transmises à bien des élèves comme le plaisir de lire les oeuvres les plus difficiles .
En revanche d'après x nouvelles que j'ai ( ouf retraitée) de très proches de bien des "statuts", de bien des générations, lieux d'exercice il ne faudrait pas se tromper de cible...dans des logiques de "sauve qui peut ma vie et celle de mes proches"...si on croit encore à une terre humaine, aux droits imprescriptibles de tout humain...dont celui à l'éducation et à la protection sociale, au "cosmopolitisme"...

Écrit par : aml | 27 septembre 2008

Je vois qu'on progresse!
Rhâââââââ! Paul Newman, le rêve aryen de mes quinze ans...

Écrit par : Dobolino | 27 septembre 2008

Quelques films américains sur l’école, d’après des histoires vraies. Pas forcément des œuvres majeures mais intéressantes, ils montrent en tout cas des situations extrèmes.

Un classique : Graine de violence (Blackboard Jungle), de Richard Brooks, 1955.
Richard Dadier (Glenn Ford), jeune professeur d’anglais, obtient son premier poste dans un lycée professionnel. Il ne tarde pas à constater que ses élèves sont insolents et sont hostiles. L’administration de l’école est divisée en deux clans, compréhension et bénévolat d’un côté (qui au début est le clan minoritaire et n’est constitué que des professeurs débutants) et de l’autre côté méfiance et autoritarisme despotique (qui est le clan majoritaire). Ceux-là sont découragés et passifs, et ne portent plus aucun intérêt à leurs élèves. Lors de son premier cours un élève lui envoie une balle de baseball sur le tableau...

Envers et contre tous (Stand and deliver) de Ramon Menendez, 1988. Avec Edward James Olmos.
Jaime Escalante est un professeur d'origine bolivienne. Muté au lycée Garfield, dans le quartier Est de Los Angeles. Livrés à la violence et à la drogue, les élèves sont totalement méprisés par un corps professoral peu motivé qui les abandonne à eux-mêmes. L’établissement ne compte aucun équipement moderne et le degré d’analphabétisme y est particulièrement élevé, la plupart des élèves ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter. Convaincu que ceux-ci sont des battants et des ambitieux et non des voyous comme on essaie de le lui faire croire, Escalante décide de se battre et de vaincre les préjugés de ses supérieurs : il réussit à envoyer certains de ses élèves au MIT ! Il est donc viré...

L’incroyable défi (Lean on me) de John G. Avildsen, 1989. Avec Morgan Freeman.
En 1967, Joe Clark enseignait dans une high school réputée du New Jersey. Vingt années plus tard, il en est devenu le directeur. Le climat de l’établissement s’est malheureusement bien dégradé au fil des ans. Drogue et violence y sont monnaie courante. Une poignée de jeunes semble vouloir faire la loi, aux dépens du corps enseignant. Clark, homme au fort tempérament, se donne pour mission de rendre à l’école sa notoriété passée et de gagner le respect de ses élèves. Il expulse les élèves récalcitrants, renvoie les enseignants incapables de tenir leur classe et convoque les parents. L'administration lui est hostile, on lui reproche de mettre des chaînes aux issues de secours mais c'est par là que les dealers entraient...

Écrit par : Lariba | 27 septembre 2008

écrase ton joint, rebouche la bouteille et recommence de façon intelligible.

Ecrit par : victor | 27 septembre 2008

J'peux vous la piquer pour Toto, cete réplique?

Écrit par : Dobolino | 27 septembre 2008

" Paul Newman, le rêve aryen de mes quinze ans" (Dobolino)

Et avec Redford, dans Butch Cassidy et le Kid? Quel duo !

Écrit par : Sylvie Huguet | 27 septembre 2008

C'est curieux tout de même: dès qu'une expression artistique gagne ses lettres de noblesse, elle sécrète aussitôt une caste de spécialistes plus ou moins autoproclamés, qui a ses auteurs de références, ses autorités incoutournables, ses Pères de l'Eglise, ses petits codes et allusions ésotériques, ses rencontres d'initiés dont l'ignorance vous range d'emblée parmi les beaufs ou les ploucs, bref tout les petits rituels dont le regrettable Bourdieu tirait prétexte pour discréditer la culture bourgeoise dominante....Quand j'étais gosse, j'adorais écouter" le masque et la plume" parce que j'avais l'impression d'écouter une bande de copains enthousiastes ou sceptiques. La critique actuelle me laisse l'impression d'une assemblée de théologiens aussi creux qu'incompréhensibles...

Il y aurait beaucoup à répondre à Fabien, mais on ne peut pas abstraire le film de Cantet du livre qui lui sert à la fois de scenario et de caution intellectuelle. Bégaudeau s'est tout de suite rangé dans le "bon camp", celui des pédagogues en prenat soin de le faire savoir, et, qu'on le veuille ou non, c'est de l'idéologie. On peut encore trouver sur le site de Meirieu l'enregistrement de l'émission où il proclamait, dans un long plaidoyer geignard et agressif, sa honte d'avoir été "un bon élève bourgeois", et qui résume assez bien son credo pédagogique; il me parait improbable que le film n'en porte pas la marque. Je n'ai aucune envie de voir un film qui ne m'ouvrirait aucun horizon nouveau, à moins que ce ne soit un documentaire qui ne m'apprendrait rien; mais il me parait clair que Bégaudeau s'y montre pour ce qu'il est: un petit bourgeois qui a honte de l'être, mais n'en dédaigne pas pour autant les prébendes et les rentes de situation. Comme Bourdieu.
L'aspect le plus intéressant de cette polémique est le lâchage du film par les "pédagogues", dont la gêne est très sensible. Il serait bon de se demander pourquoi.

C'est bien au niveau du livre, et non du film, que pose problème la confusion de la fiction et du documentaire: c'est une façon peu reluisante de ne pas assumer ses choix idéologiques. Il s'est présenté comme l'inventeur d'un genre nouveau, le "docuroman" , à la fois prophétique et commode: faut-il donc appeler Bégaudeau un docuromancien ou un docuromenteur?

Écrit par : Jean-François Croz | 27 septembre 2008

"Je vous salue, et je vous donne rendez-vous bientôt sur nos boîtes de messages électroniques, pour parler de thèses et autres réunions cpge, qui ici n'intéresseront que bien peu de monde."

Si vous voulez en parler ici, moi ça m'aurait intéressé. Comme je cherche toujours mon sujet de thèse, on ne sait jamais : ça pourrait me donner des idées.

Écrit par : Jérémy | 27 septembre 2008

"C'est bien au niveau du livre, et non du film, que pose problème la confusion de la fiction et du documentaire: c'est une façon peu reluisante de ne pas assumer ses choix idéologiques."

Voilà : Jean-François Croz a bien résumé le problème. Le problème du film, c'est surtout le livre qui lui sert de base...

Écrit par : Jérémy | 27 septembre 2008

@ Jérémy

Non, ce JF Croz n'a rien résumé du tout : il émet une opinion, comme nombre de commentateurs émettent des flatulences électroniques (ici et ailleurs).

Écrit par : annexy | 28 septembre 2008

Veuillez voir dans le lien suivant une analyse sensiblement différente de celle proposée par Brigh', histoire de varier les points de vue

http://www.cinema-france.com/review3398_entre-les-murs.html

car ce n'est pas un lieu de pensée unique ici, non ?
Salutations.

Écrit par : annexy | 28 septembre 2008

"Veuillez voir dans le lien suivant une analyse sensiblement différente de celle proposée par Brigh', histoire de varier les points de vue, car ce n'est pas un lieu de pensée unique ici, non ?
Salutations."

Ecrit par : annexy | 28 septembre 2008

J'aurais bien voulu, mais le lien ne marche pas!
Certains s'emploient à ce que ce ne soit pas un lieu de pensée unique mais, souvent, quand ils émettent une autre opinion que celles politiquement correctes ici, on les traite justement assez facilement de représentants de la pensée unique, du courant du bien, du politiquement correct, de bobos, (insulte suprême), et que sais-je encore?

Écrit par : Christophe Sibille | 28 septembre 2008

Dans le même registre, j'ai lu récemment une tribune dans "Métro" d'une prof de français exerçant en ZEP, Véronique Bouzou. Cette même prof ayant écrit un livre "L'école dans les griffes du septième art" où elle évoque longuement "Entre les murs".

Voici le texte de la tribune :

MES ELEVES N'IRONT PAS VOIR CE FILM !

J’ai eu la naïveté de penser que le prestige que conférait l’attribution de la Palme d’or à un film le dispensait de promotion tapageuse. Il n’en est rien. Ainsi, la Mairie de Paris a récemment annoncé qu’elle souhaitait inviter 10 000 élèves de 4e et de 3e de collèges parisiens situés en ZEP à aller voir gratuitement le film Entre les murs, avec leurs enseignants, pendant le temps scolaire. Je n’emmènerai pas mes élèves voir ce film pour plusieurs raisons.

La première, c’est qu’un homme politique n’a pas à s’immiscer de la sorte dans la conduite pédagogique des enseignants, libres d’emmener leurs élèves voir le film de leur choix, du moins j’ose encore l’espérer... L’autre raison tient au contenu de ce long métrage. Je ne crois pas aux bienfaits de la projection d’Entre les murs devant mes élèves. Tout au long du film, qui ressemble à s’y méprendre à une émission de téléréalité, les jeunes passent leur temps à invectiver le professeur. Et pour cause ! L’enseignant laisse faire… Comment exiger alors des élèves qu’ils soient assidus et concentrés en classe quand ceux d’Entre les murs reçoivent la Palme d’or en récompense de leur mauvaise conduite ? Beaucoup de faiseurs d’opinion ont crié au génie avant même d’avoir vu la Palme. Entre les murs est révélateur de l’hypocrisie politique et médiatique autour de la banlieue en général. Ceux-là mêmes qui applaudissent la Palme d’or ont-ils déjà mis un pied dans un quartier difficile et savent-ils à quel point la langue peut se révéler discriminante pour certains jeunes ?

Boycotter ce film, c’est refuser les clichés, les compromis et la mainmise des puissants sur la destinée des plus faibles. C’est également dénoncer la récupération financière de la Palme d’or qui sert les intérêts d’une minorité au détriment du plus grand nombre.

Écrit par : gilles | 28 septembre 2008

Rappel :

Qui a des infos un peu précises et fiables sur ce qui s'annonce pour sept 2009 en seconde ?

Pour sept 2010, le débat supprimer vs réformer les filières technologiques (STI et STT) est-il tranché ?

Écrit par : Zorglub | 28 septembre 2008

JF CROZ: "L'aspect le plus intéressant de cette polémique est le lâchage du film par les "pédagogues", dont la gêne est très sensible. Il serait bon de se demander pourquoi"
..
C'est ce côté de la polémique qui m'intéresse .
Excusez ,je ne vous tutoie pas mais je me parle à moi-même.
Dans la série ""je nous trouve si laids"" :
Tu prends une vieille photo de toi.
Tu sais qu'à l'époque tu te trouvais très beau,habillé au top,comme un poisson dans l'eau,comme le paon dans la ferme.
Aujourd'hui tu te regardes et dis: comment ai-je pu me pavaner comme ça dans cet accoutrement ?
Le film de Bégaudeau , c'est pareil.
Meirieu pense en somme : comment avons-nous pu nous pavaner comme ça ?
Le mystère pour moi,c'est qu'il ne s'est passé que 4 mois et non pas 30 ans, entre le moment où les "pédagogues" faisaient la roue juin cannes et où ils détournent la tête septembre de leur image qu'un Bégaudeau a composée .
Ca, je ne comprends pas mais ça me réjouit.

Écrit par : bernard | 28 septembre 2008

Qui avait vraiment vu le film en juin dernier ?
En fait, comme il a été dit plus haut, le film, parce qu'il passe par l'image, lève toutes les ambiguïtés du livre, qui pouvait encore se prévaloir d'interprétations duelles. Confrontés à l'univocité du film, les pédagogues, Meirieu en tête, sont bien obligés de le désavouer - de crainte d'être entraînés dans une polémique qui leur retomberait fatalement sur le coin du nez. C'est peut-être en cela que le film de Cantet, en dehors du fait qu'il est pédagogiquement crapuleux, est raté : en ne ménageant pas d'échappatoire - et en faisant un huis clos "objectivé" d'un livre qui était l'expression d'une subjectivité unique -, il entre dans la logique des langages totalitaires (la référence à Victor Klemperer, plus haut, est tout à fait justifiée).
JPB

Écrit par : brighelli | 28 septembre 2008

Qui a écouté le happening de Ségolène Royal hier ?

Limite, ça fait peur ...

Écrit par : Zorglub | 28 septembre 2008

petites réponses aux un(e)s et aux autres:
1/ Oui, Dobolino, vous posez une question essentielle: celle des réactions du public qui n'est pas bardé de formations "cinéphiliques"...
Je garde une confiance certaine dans les jugements de ce public...Par expérience et par bien des exemples qui m'ont surprise la première ces publics ont une capacité de jugement critique personnel valant bien celle de "critiques" professionnels...dès que se retrouvent face à une oeuvre "forte"...De ce point de vue je trouve toujours très irritante la prétention de certain(e)s , "relais d'opinion", d'utiliser toutes leurs "autorités" pour imposer ce qu'il faut penser et, pire, ne pas laisser à un film le temps d'être vu...C'est ce qui m'a mise très en colère en parcourant la note de J.P.B. et les réactions de beaucoup d'intervenants. Il ne s'agissait pas d'autre chose que de proclamer urbi et orbi la nécessité de "boycotter" ce film: exemple merveilleux de pédagogie des plus autoritaires...trop fréquente dans ce blog .
Fabien ayant fort bien argumenté j'attends sans illusion des réponses argumentées de J.P.B. et d'autres daignant substituer à des formules dites "brillantes" des véritables analyses du film. Quant à moi: j'ai certes écrit "à la va-vite", trouvant inutile de reprendre les analyses excellentes de Fabien...Et je reconnais que l'axe que j'ai pris ( remarques très succintes sur le "dispositif"; film nous interrogeant sur l'enjeu radical de la parole, de l'écrit, du langage dans l'espace-temps d'une classe fictive) mérite beaucoup plus que des "notes" à l'état de brouillon! Mais je répète que je n'ai pas pu, pour raisons de santé, encore voir le film...et "vérifier" mon intuition dans les polémiques qu'il suscite.
2/ J'ai donc consulté le site de Meirieu avec tout son dossier...
Je comprends qu'il ait tenu à donner son avis...craignant à juste titre, certes, vu les réactions de ceux qui parlent, écrivent haut et fort contre le "pédagogisme"...et à se démarquer de la "pédagogie" de Bégaudeau-Marin!!! Mais je crois qu'il fait une erreur en déniant malgré bien des précautions au film son "autonomie" d'oeuve à ne juger si possible qu'en termes cinéphiliques et non en docu sur la pédagogie....
je ne prendrai qu'un argument: un film qui dure deux heures, relève d'un travail avec les acteurs, des deux coscénaristes, de toute l'équipe très légère de réalisation et de montage ne peut évidemment pas ( et ce n'est pas son intention) "montrer" dans toute sa durée le développement "réél" des situations...Par exemple: qui peut prétendre que le "prof réél" et ses "élèves rééls" n'ont pas passé des heures à acquérir des savoirs pour écrire un autoportrait, améliorer leur vocabulaire, progresser à partir de la situation , de la tension dont le livre de Begaudeau, le film de Cantet témoignent par un travail sur l'écriture ?
3/ Reste le problème très bien pointé par Meirieu ...Celui de la "charge" affective intense de situations pédagogiques que nous ne connaissons tous, toutes...Il est évident qu'une bonne pédagogie est celle qui permet de distancier, de transformer des investissements affectifs ( ceux des profs, élèves...)en dynamiques de transmissions et d'apprentissages de savoirs ...Mais on retombe sur le problème qui est au coeur des polémiques pédagogiques et de ce blog...Ce n'est pas en faisant le déni de tout ce qui dans une personne, un groupe ne relève pas sricto-sensu de "l'intellectuel" , en bradant la nécessité absolue d'apprendre le métier ( l'artisanat...) professoral qui ne se résume pas à l'acquisition de savoirs disciplinaires qu'on permettra à des profs ( surtout aux stades de l'enfance, de la préadolescence, d'adolescences prolongées ) de faire leur métier avec la sérénité, les distances nécessaires...et maîtriser les situations violentes dues à x problèmes qu'élèves et profs ne peuvent pas toujours laisser à la porte en entrant dans leur établissement, leur classe.
En conclusion: F.Dolto se situe dans le quartier qui a défrayé la chronique ces derniers temps...Pbs de "sans-papiers"; violences inadmissibles entre "communautés" ou "bandes" traitées par la police et la justice...; pbs hélas aggravés d'absences de moyens des établissements publics...
Ne serait-ce que pour ça je trouve personnellement ( citoyenne; ex-prof de lettres et de ciné ) que si l'aventure de ces élèves avec ce film leur a permis des apprentissages "artistiques", de reprendre espoir ...je ne me permettrai jamais ces réactions pour le coup "bobos" de profs-(parents ou non!)qui ont à peu près les moyens de se tirer d'affaire ainsi que leurs élèves , leurs proches et de se livrer à des plaisirs culturels et artistiques...ou à échanges d'internautes, blogueurs ! Je veux faire confiance à Cantet et Bégaudeau pour veiller à ce que les ados de Dolto ne se prennent pas pour des stars...et réussissent leurs études en France...
Bourdieu et ceux, celles qui poursuivent ses recherches dérangent encore. tant mieux...Il ne s'agit pas de battre sa coulpe de "bourgeois" mais de prendre conscience des reproductions sociales de plus en plus inégalitaires, au mieux condescendantes et charitables, dans notre système éducatif.
Et oser incriminer Cantet et Begaudeau sur leurs "positions" ( rien que ça, JPB..., ai-je bien lu? Pensée "fasciste" , pourquoi pas "raciste" ) dépasse les bornes...
Je m'abstiendrai de toute réaction sur des commentaires semblant , vu leur langage et leurs imaginaires, compter sur des forces viriles, sûres d'elles pour assurer les rôles de prof-assurant la LOI...(et j'adore le ciné américain... Merci à blogueuse de rappeler d'excellents films dont Graine de violence sur lequel j'avais travaillé avec élèves ...en même temps que sur des "docus" dits "réalistes" sur l'enseignement vilipendés par certains, sur ce blog...
je conseille un DVD qui vient de sortir: oeuvre sur merveilleux Carpita...si longtemps censuré et toujours alerte dans encore rencontres avec public marseillais ( pas seulement des bobos!!!)
Bon courage à tous, toutes et ne m'en veuillez pas de mes colères !!!

Écrit par : aml | 28 septembre 2008

"Qui a écouté le happening de Ségolène Royal hier ?

Limite, ça fait peur ..."

Ecrit par : Zorglub | 28 septembre 2008

Oui, ça fait peur. C'est la seule à ignorer qu'il n'y a pas d'élections présidentielles en 2009.
aml, merci pour votre message.

Écrit par : Christophe Sibille | 28 septembre 2008

Eh bien... J'ai gagné une place de cinéma, car finalement j'ai fait en gros la même analyse sur mon blog, mais sans aller voir le fime. Preuve que c'est en effet un simple produit. A ce titre, comme tous les produits, tragiquement prévisible...
Merci donc de confirmer tous mes soupçons.

Écrit par : solko | 28 septembre 2008

"Eh bien... J'ai gagné une place de cinéma, car finalement j'ai fait en gros la même analyse sur mon blog, mais sans aller voir le film. Preuve que c'est en effet un simple produit. A ce titre, comme tous les produits, tragiquement prévisible...
Merci donc de confirmer tous mes soupçons."

Ecrit par : solko | 28 septembre 2008

Personnellement, j'irai. Parce que "prévoir", (stricto sensu") n'est pas voir. Et que les controverses fort intéressantes qu'il a suscitées sur ce blog, (et ailleurs) donnent vraiment envie d'y aller.
Solko, il y a ici des analyses qui semblent d'ailleurs infirmer totalement la vôtre. Par des personnes qui, visiblement, y sont allées.

Écrit par : Christophe Sibille | 28 septembre 2008

Finalement, ce film a réussi son pari : faire parler de lui...

Écrit par : Porky | 28 septembre 2008

Bonjour à tous,

M.Brighelli a écrit :

"Fabien, la mort de Paul Newman devrait vous faire relativiser le talent que vous semblez supposer à Bégaudeau-acteur."

L'argument me semble ici bien pauvre, et, cher M.Brighelli, c'est ici de votre part une incompréhensible "défaite de la pensée", comme dirait l'autre. Il est fou de vouloir toujours opposer X à Y, comparer les rayons gammas et les marguerites (pour filer l'hommage à l'excellent Paul Newman). C'est étonnant de raisonner en termes manichéens, Newman contre Bégaudeau, Eisenstein contre Cantet... Cela semble incroyable, mais on peut aimer les deux, différemment. Tout comme je suis secoué par la prestation d'une actrice chevronnée comme I.Huppert au même titre que celle d'Emmanuel Schotte dans L'Humanité de B.Dumont, pourtant un parfait amateur.

Je n'ai jamais dit que Entre les murs est le film du siècle; je dis juste qu'il mérite mieux et plus que 1. un vague revers méprisant de la main, 2. une haine incroyable, et la sortie des grands mots.

Pour ce qui est de Darcos : ce que je voulais dire, c'est que je trouve très disproportionnés certains tumultes haineux contre Bégaudeau et le film par rapport à ce qui se joue concrètement, institutionnellement dans les bureaux du ministère. C'est ce que je voulais signifier dans ma comparaison. Cela ne m'empêche pas de critiquer à l'occasion certaines dérives pédagogistes. Mais comme Sanjuro l'a dit, les deux parties se sont réunies, et M.Darcos, en faisant mine de congédier les "pédagos" par la porte les a fait revenir par toutes les fenêtres, par la porte de derrière et par la cheminée.

Quant à vos relations amicales avec M.Darcos, bien loin de moi l'idée de m'y immiscer et de les remettre en cause. Néanmoins, il me semble que M.Darcos est assez grand et a assez d'autorité pour ne pas suivre les propos ineptes de ses conseillers. Cela pour dire que, de mon point de vue, chaque aberration proposée par le ministre est pleinement assumée, pensée et revendiquée par lui. Cela pour dire également que le cours actuel des choses me plonge dans une affliction et un désespoir rares, notamment en ce qui concerne l'avenir des concours: sur les déchéances ou les suppressions d'agreg (de portugais et de russe, qui ont disparu depuis 2 sessions maintenant : autant dire qu'elles sont sacrifiées) et sur ce que devient le Capes, innommable défaite de la culture, du savoir, et dangereuse paupérisation des cerveaux des futurs enseignants (sans compter que cela peut déboucher, à termes, à une suppression du statut de fonctionnaire pour les profs). Pour ce qui est du match Allègre - Darcos, effectivement match nul (XD ne raconte pas d'inepties sur le réchauffement climatique au moins), bien que, pour ce qui est des actes concrets, le second accumule sérieusement les mauvais points en ce moment.

Bonne journée à tous

Écrit par : Fabien | 28 septembre 2008

Je lis dans le post précédent que J.P Brighelli aurait des relations amicales avec Xavier Darcos. Il s'agit bien du ministre qui se félicitait, tout comme Christine Albanel, qu' Entre les murs obtienne la palme d'or à Cannes ?

Écrit par : Gilles | 28 septembre 2008

Il s'agit bien du ministre qui se félicitait, tout comme Christine Albanel, qu' Entre les murs obtienne la palme d'or à Cannes ?

Ecrit par : Gilles | 28 septembre 2008

So what ?

Écrit par : Pli | 28 septembre 2008

http://www.dailymotion.com/video/x13fp_ile-aux-fleurs_creation

Écrit par : L'île aux fleurs | 28 septembre 2008

Ile aux fleursenvoyé par painteau

Écrit par : test | 28 septembre 2008

So what ? Ben on dirait simplement que J.P et son pote auraient des avis divergents sur le film. That's all !

Écrit par : Gilles | 28 septembre 2008

Je recopie sur ce fil une intervention postée sur le précédent :

Ce qui fait effectivement "mal" dans l'intervention de JPB à propos du livre/film de Cantet/Bégaudeau, c'est le lien qu'il établit entre l'absence de maîtrise du langage et la violence, voire la barbarie.

Et le choeur des vierges de crier au scandale, de citer (de travers) George Steiner et le pedigree des membres de la conférences de Swansee, voire "l'excellent allemand" du docteur Goebbels ou la maîtrise de l'imparfait du subjonctif de Darquier de Pellepoix ou de J.-M. Le Pen.

D'accord, chacun sait que la culture ne vaccine pas de la barbarie.

Mais ce n'est pas à la culture qu'il faut s'en prendre, mais à l'absence d'éthique, au scepticisme, au relativisme, à ce nihilisme vague qui fait désormais le fond de la pensée post-moderne et que véhiculent ses "productions culturelles", y compris ce film.

Il me semble que toute grande culture porte en elle une dimension éthique.

Ecrit par : Robin | 28 septembre 2008

errata : plutôt "contre la barbarie".

Ecrit par : Robin | 28 septembre 2008

Il me semble que toute grande culture porte en elle une dimension éthique.

Ecrit par : Robin | 28 septembre 2008

...A laquelle chacun a la liberté de dire oui ou non. Mais comment "répondre" (être responsable) si on ne sait pas, si on ne vous a pas appris ou si on n'a pas cherché à savoir ?

Ecrit par : Robin | 28 septembre 2008

Écrit par : Robin | 28 septembre 2008

toujours pour aller contre les idées dominantes de cet article et de la plupart des commentaires qui le suivent, voici un lien :

http://lecourant.info/spip.php?article1573

dont l'entrée en matière est :

"Tout d’abord, était un excellent film plus documenté que documentaire. Ensuite est venue une récupération médiatique outrancière faisant du film l’étendard d’une certaine idée de l’Education. Attention aux amalgames. De même qu’Etre et avoir n’était pas un hymne à la classe unique, Entre les murs ne saurait être un manuel d’éducation." (Julien Keime)

@ sibille : si le lien n'est pas activé, il faut copier l'url que je donne et la coller dans la barre d'adresse du navigateur.
(je tâche de toujours donner des liens valides.)

salutations.

Écrit par : annexy | 28 septembre 2008

...Et comme le dit fort justement en conclusion le documentaire sur l'Ile aux fleurs : "L'être humain se caractérise par un encéphale hautement développé, un pouce préhensile et la liberté. "Liberté" est un mot hautement difficile. Il n'y a personne qui ne l'explique et personne qui ne le comprenne."

Écrit par : Robin | 28 septembre 2008

extrait d'un entretien trouvé ici : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/education/xavier-darcos-c-est-l-histoire-d-un-echec-pedagogique_576469.html

Journaliste : Que pensez-vous du film Entre les murs?

XD : Je suis frappé par le fait que la question de la transmission du savoir y semble souvent contrariée par celle de la difficile application de l'autorité. Cette question obsède et sature toute la communauté éducative. Dans cette classe, on n'est pas en situation d'apprendre. C'est même la chute du film: à la fin de l'année, les élèves n'ont pas progressé sur grand chose. Pire, ce qu'ils ont appris, c'est en dehors du cadre scolaire, comme cette collégienne qui a lu La République de Platon, grâce à sa soeur étudiante en droit. Voilà pourquoi il faut remettre de l'école à l'école. Revenir aux fondamentaux.

Ce qui est consternant de la part d'un ministre, ancien doyen de l'IG etc. paraît-il aussi ancien prof, ce sont ces dernières phrases : "Voilà pourquoi il faut remettre de l'école à l'école. Revenir aux fondamentaux." Il s'agit d'une induction tout-à-fait fallacieuse. Il s'appuie sur un FILM pour asseoir une argumentation ; ça laisse songeur ! Il n'y a pas que la règle de trois que le ministre ne domine pas, ou alors c'est qu'il excelle dans la malhonnêteté intellectuelle.

Écrit par : annexy | 28 septembre 2008

Bonjour,

J'ai vu le film. Je trouve votre analyse très juste.

Je pense qu'il faut absolument aller voir ce film : car il témoigne précisément de la faillite du pédagogisme.

Je crois que Cantet l'a vu, et que son travail est très intéressant. Si tout le monde va voir ce film, on échappera pas à un débat.

Le film montre la faillite de la non autorité, des profs qui laissent les élèves ne pas les respecter... et en fait les méprisent.

Renoncer à instruire des jeunes des quartiers populaires, plus précisément des noirs, arabes, asiatiques et j'en pense, c'est faire preuve d'un racisme insupportable : ils ne seraient pas capables de comprendre. Tout cela au nom du soit-disant avantage du "milieu social". Les noirs et arabes de nos banlieues ne seraient pas capable de lire des auteurs et d'apprendre la grammaire parce que "chez eux, ils n'ont pas le bon environnement". Balivernes. C'est surtout si l'école renonce à enseigner qu'ils n'y arriveront pas.

Personnellement, j'ai des parents qui lisent très peu et ne m'ont transmis aucun bagage "bourgeois". Par contre, ils m'ont enseigné le respect de l'école et l'importance d'y travailler.

Résultat, je suis aujourd'hui double diplômé d'une grande école et de la Sorbonne.

Mais si j'avais croisé la route de Francois Begaudeau / Marin, je n'y serai sans doute jamais parvenu. Bien que dans le public, mes professeurs étaient exigeants et professionnels. A l'age des héros d'entre les murs, j'apprenais la grammaire et les déclinaisons latines. Et ca fait toute la différence.

Cordialement,

Thomas Z.

Écrit par : Thomas Z. | 28 septembre 2008

Merci, Annexy.

Écrit par : Christophe Sibille | 28 septembre 2008

M.Darcos, en faisant mine de congédier les "pédagos" par la porte les a fait revenir par toutes les fenêtres, par la porte de derrière et par la cheminée.

Néanmoins, il me semble que M.Darcos est assez grand et a assez d'autorité pour ne pas suivre les propos ineptes de ses conseillers. Cela pour dire que, de mon point de vue, chaque aberration proposée par le ministre est pleinement assumée, pensée et revendiquée par lui. Cela pour dire également que le cours actuel des choses me plonge dans une affliction et un désespoir rares

innommable défaite de la culture, du savoir, et dangereuse paupérisation des cerveaux des futurs enseignants (sans compter que cela peut déboucher, à termes, à une suppression du statut de fonctionnaire pour les profs). Pour ce qui est du match Allègre - Darcos, effectivement match nul (XD ne raconte pas d'inepties sur le réchauffement climatique au moins), bien que, pour ce qui est des actes concrets, le second accumule sérieusement les mauvais points en ce moment.

Ecrit par : Fabien

Si sur le fond, je ne puis que vous approuver, je pense que vous vous faites une idée bien naïve du fonctionnement de ce ministère. Lorsqu'un jour j'allai voir un conseiller dans un autre ministère, et que je le questionnai sur ses relations avec celui de l'Éducation nationale, il me répondit : "vous savez, c'est un véritable État dans l'État, et le seul lien qu'ils ont avec nous, c'est le conseil des ministres".
Ayant fait solliciter des membres du cabinet pour tenter de régler mon cas (je souhaite ne plus enseigner, considérant cette activité comme aussi pertinente que la désinsectisation à la mitrailleuse lourde ou le calibrage des pommes de terre par interférométrie), et ce sous plusieurs ministères, j'ai toujours obtenu une réponse du style : "on ne peut rien faire pour qui que ce soit, sinon, les syndicats nous tomberont dessus".

Le seul pouvoir que possède Darcos, c'est de produire de belles sentences destinées à mieux faire passer la pilule. Et ce notamment parce qu'il lui est impossible de faire les économies -qu'il faut faire, j'en suis convaincu- en tapant sur les innombrables parasites du "mammouth", les vrais parasites, pas les professeurs sans affectation à cause de l'incurie de l'administration, non, pas eux, les ronds-de-cuir qui fonctionnent en circuit fermé, mais qui détiennent le vrai pouvoir rue de Grenelle. Il ne peut pas plus autoriser les établissements à se débarrasser sans condition de tous les élèves qui n'ont rien à y faire, la "mission d'accueil" étant devenue prépondérante par rapport à l'enseignement : j'ai même entendu un délégué à la "vie lycéenne" de mon lycée rapporter ce langage, tout droit sorti de la bouche du recteur d'académie.
Et vous connaissez bien cette recommandation venue des penseurs de l'OCDE : ne pas réduire la quantité de service, s'attaquer à la qualité. Ce n'est pas tant du cynisme que du réalisme : faire ce qui est rationnel (rétablir une stricte discipline) exposerait à la révolte de tous ces parents (et leurs enfants) trop contents de n'avoir même plus le devoir de trouver une place eux-mêmes à leur progéniture.

M. Darcos N'A PAS le pouvoir de faire dégager les pédagos, ou plus exactement, IL L'A LAISSÉ PASSER. En revanche, la réciproque est vraie.

Écrit par : moot | 28 septembre 2008

Thomas Z. a écrit :


"Renoncer à instruire des jeunes des quartiers populaires, plus précisément des noirs, arabes, asiatiques et j'en pense, c'est faire preuve d'un racisme insupportable : ils ne seraient pas capables de comprendre. Tout cela au nom du soit-disant avantage du "milieu social". Les noirs et arabes de nos banlieues ne seraient pas capable de lire des auteurs et d'apprendre la grammaire parce que "chez eux, ils n'ont pas le bon environnement". Balivernes. C'est surtout si l'école renonce à enseigner qu'ils n'y arriveront pas."

Très juste. Et si certains s'obstinent à clamer le contraire c'est parce que cette situation constitue leur fond de commerce, leur champ d'action pour en finir avec l'ordre prétendument bourgeois. Ces gens-là ont donc besoin qu'il y ait des opprimés, des victimes car, par-dessus tout, ils aiment se savoir gentils et plus encore, qu'on le sache !

Écrit par : Magister | 28 septembre 2008

Plutôt que de m'attaquer au paquet de copies qui m'attendent, je vais m'épancher sur ce blog une fois de plus.

Il y a très peu de films sur l'enseignement qui ne soient pas démagogiques. C'est ainsi. J'ai vu un film il y a quelques années dans lequel un prof plaçait sur la photocopieuse le bureau d'un élève qui dessinait en cours, tant il trouvait que ces dessins étaient géniaux (j'ai oublié le titre). En revanche, je recommande vivement « Persuasion », un film américain de 2008, véritables « Liaisons dangereuses » modernes, et qui n'épargne ni les profs, ni les élèves, ni les parents en dénonçant l'hypocrisie généralisée des rapports pédagogiques « modernes ».

C'est encore pire dans les séries télé. On se souvient peut-être de l'inénarrable et nanardeux « La Philo selon Philippe » sur TF1, ou un truc qui s'appelait je crois « Seconde B » sur F2 ; plus récemment, « L'Instit » ou « Mme Le Proviseur » semblaient bâtis sur les seuls bons sentiments et le mélo. La seule série un peu honnête de ces dernières années était « Boston Public », une série US tournée du point de vue des profs, pour changer, et qui donnait à voir des portraits d'élèves assez variés.

On peut (et on doit) bien sûr réserver son jugement sur un film qu'on n'a pas vu, mais il ne faut pas non plus être dupe de ces opérations de communication qui consistent à tourner un film provocateur, et à dire à tous ceux qui protestent : allez d'abord le voir ! On est attiré ou non par un film, selon le propos qu'il met en avant, et on va voir ceux que la bande-annonce, le bouche-à-oreille, les propos du réalisateur ou des acteurs nous donnent envie de voir.

Donc, sans condamner le film, mais avec quand même des indices multiples, je crois qu' « Entre les murs » ne me plaira pas, parce qu'il semble quand même mettre en avant la plupart du temps une conception de l'enseignement qui me déplaît.

Je crois que c'est Platon qui a employé le premier une image qui me paraît forte : celle du cuisinier et du médecin.
Il voulait critiquer la démocratie (et qu'on ne partage pas son point de vue sur ce régime n'empêche pas d'écouter sa critique), mais cela s'applique parfaitement à l'enseignement.

Le prof est-il le cuisinier, celui qui doit provoquer l'appétit de connaissance, celui qui se contente de proposer à l'élève ce qu'il désire, ou le médecin, celui qui diagnostique chez l'élève le manque de telle ou telle connaissance, et qui l'incite à pratiquer un régime à même, bien que parfois laborieux et pénible, de le mettre en capacité d'y remédier ?

Je ne sais pas si les amis vétérinaires de ce blog se sentiront concernés par la métaphore, mais je crois que le destin des profs et celui des médecins, en tout cas, suit une évolution semblable, qui n'aboutit pourtant pas aux mêmes résultats malheureusement.

Santé et éducation sont de plus en plus des marchés, dans lesquels les uns se résignent à être des laissés pour compte, tandis que les autres choisissent de plus en plus celui qui va intervenir, et avec quelle démarche.

Mais alors que les professions médicales n'ont jamais été entièrement nationalisées, la culture enseignante est démunie face à ce double mouvement d'abandon et de mise en concurrence.

D'où les réactions émotionnelles et excessives de nos collègues, qui portent aux nues ou démolissent ce miroir qu'on leur tend, parce qu'il est de toute façon le symbole des changements imminents dans notre profession.

Tout le monde sait que nous allons devoir travailler plus (pour gagner moins), que nous allons être évalués de toute part (note2be), précarisés (jolie affiche du SGEN avec un prof qui fait cours du haut de sa mobylette : il est sur trois établissements), et en fin de compte uniquement valorisés si nous acceptons de nous sacrifier au bien-être des « pitits nenfants ».

Le narcissisme de Bégaudeau n'est pas un cas unique : tous les collèges et lycées de France ont au moins un imbécile heureux qui attend avec impatience de devenir le modèle sur lequel tous devront se conformer :
- passant son temps en réunions, PAI, PPRE, conseils...
- investi dans des projets (cirque, journaux, sorties pédagogiques...)
- pratiquant une évaluation douce (comme existent les médecines douces) dans laquelle on n'interroge les élèves que sur ce qu'ils savent déjà, ou ce qu'ils ont consenti à apprendre.

En somme, un film qui annonce ce que certains (Meirieu) préféreraient voir se produire avec moins de publicité : l'émergence du prof-copain, du prof-ressources, du prof-services. Acadomia, en somme, mais avec ce côté gratuit et bien-pensant qui indique bien que c'est surtout pour les pauvres.

D'autres que moi l'ont dit : c'est surtout en résonance avec ce que l'on observe dans les établissements que ce discours peut prendre sa signification. Pas sûr que ceux qui ne connaissent pas le terrain prennent conscience du caractère pervers de telles conceptions.

Écrit par : sanjuro | 28 septembre 2008

Sur le site de Marianne.fr, ce matin




Bégaudeau : la littérature c'est trop de la frime!






Avec son Anti-manuel de littérature (1), François Bégaudeau entend
dépoussiérer le bon vieux Lagarde et Michard de notre enfance. Fort de son
expérience dans des collèges réputés difficiles, le professeur de Français
le plus médiatique de l'Education Nationale ambitionne de rendre les
Lettres Françaises moins « intimidantes » et plus « désirables ». Louable
intention. Mais la lecture de ce livre laisse une étrange impression. Car
à trop vouloir « désacraliser » la littérature, l'auteur finit par la
mépriser !

A ses yeux, la moindre liste de courses relève des Belles Lettres car le «
style », cette notion fumeuse inventée par la bourgeoisie pour se
distinguer de la plèbe, n'est qu'un artifice de « frimeur ». Ainsi, pour
François Bégaudeau, les figures de styles (métaphores et autres oxymores)
sont à la littérature « ce que le « tuning » est à l'automobile : un
surcroît de beauté sans modification qualitative du moteur » ! Rappelons
tout de suite qu'il a lui-même recours à ce qu'il dénonce puisqu'il
utilise une comparaison, la plus célèbre des figures de styles, pour
démontrer son point de vue. D'autre part, il est désolant qu'un professeur
de Français accorde si peu d'importance à la dimension poétique de la
littérature. « Quel est l'intérêt d'écrire « les collines s'auréolaient
des derniers rayons du soleil couchant » plutôt que « la nuit tombait » ?
», s'interroge-t-il. Mais peut-on honnêtement aimer la littérature si l'on
considère que la façon dont un écrivain raconte une histoire est moins
importante que l'histoire elle-même ? Les synonymes sont victimes du même
mépris : pourquoi dénombre-t-on une dizaine de mots exprimant l'amour…
puisqu'il s'agit à chaque fois du même sentiment ? Car, comme Bégaudeau le
précise avec lyrisme, « d'apprendre que cela s'appelle aussi anaphrodisie
n'arrangera rien à la frigidité de ma cousine Chantal »…




La grammaire c'est pour ta mère !
Non content de déprécier la notion de « plume d'écrivain », François
Bégaudeau entend tordre le cou à la grammaire, cette matière inutilement
enseignée aux collégiens. Pour ce professeur de français, reconnaître un
complément d'objet direct ou transposer une phrase de la voie passive à la
voix active est un exercice que les « oisifs s'amuseront » à faire ! On
finirait presque par s'inquiéter de ce qu'il raconte à ses élèves en salle
de classe… D'une manière générale, François Bégaudeau semble n'avoir que
peu de respect pour sa profession. Ainsi, il n'estime pas nécessaire de
transmettre un savoir. « Zola est-il le premier à faire usage du style
indirect libre ? Nous l'ignorons et rechignons à prendre le métro pour
aller vérifier à la Bibliothèque Nationale de France », écrit-il. Dans ces
conditions, on se demande quel est l'intérêt, pour le lecteur, d'acheter
un « anti-manuel scolaire » quand n'importe quel manuel classique a au
moins le mérite d'apporter des connaissances élémentaires !
Avec Le Jourde et Nollau, précis de littérature du XXème siècle, les
écrivains Pierre Jourde et Eric Nollau s'étaient déjà essayés au pastiche
du Largarde et Michard. Plus corrosifs et plus subtils, ils ont réussi ce
que François Bégaudeau a raté : désacraliser la littérature pour mieux…
donner envie de lire !



(1) éditions Bréal, 312 p., 21 euros



Samedi 27 Septembre 2008 - 09:47
Anna Topaloff
Lu 5341 fois

Écrit par : JPL | 28 septembre 2008

M. Darcos N'A PAS le pouvoir de faire dégager les pédagos, ou plus exactement, IL L'A LAISSÉ PASSER. En revanche, la réciproque est vraie.

Ecrit par : moot | 28 septembre 2008

M. Darcos ne s'en comporte pas moins comme le valet de son maître. Personne ne lui a mis le couteau sous le gorge pour initier la réforme du lycée modulaire; personne ne lui a braqué un pistolet sur la tempe pour qu'il choisisse de Gaudemar comme responsable de cette réforme. La pesanteur du système et le poids des conseillers sont encore une fois un moyen de diluer la responsabilité politique; les conseillers sont choisis. Je n'attendais pas grand chose de XD, si ce n'est qu'il limite la casse et tempère l'agitation du président; à quoi assiste-t-on? A une amplification de réformes désastreuses et surtout irréfléchies, à un rythme effréné et absurde. J'en viens presque à regretter qu'Albanel n'ait pas été nommée aussi ministre de l'EN.

En attendant si vous voulez encore tirer sur Bégaudeau, mais c'est une cible trop facile, voici la critique que Marianne fait de son prochain livre, Anti-manuel de littérature :
http://www.marianne2.fr/Begaudeau-la-litterature-c-est-trop-de-la-frime!_a91569.html


Mais peut-être serait-il plus pertinent d'évoquer les suppressions de poste, dont on ne parle finalement qu'assez peu sur ce blog, alors qu'elles sont responsables d'un durcissement des conditions de travail - tout au moins autant que l'effondrement intellectuel des élèves :

"Le projet de loi de finances 2009 prévoit 13.500 suppressions nettes de postes dans l'enseignement scolaire public et privé, dont 6.000 suppressions de postes d'enseignants dans le primaire et 7.500 dans le secondaire, selon la répartition détaillée vendredi par le ministère.

Ces postes budgétaires ne correspondent cependant pas tous à des postes d'enseignants devant élèves, car la priorité du ministère est d'"employer le plus efficacement possible" les enseignants, notamment en améliorant la gestion des remplacements et par le retour devant élèves des professeurs "mis à disposition" (par exemple dans des associations).

Dans le secondaire, 6.500 suppressions de postes d'enseignants concernent le public et 1.000 le privé.

Concernant les postes administratifs, 500 vont être supprimés dans l'administration de l'Education nationale mais 500 créations sont prévues pour le personnel des futurs établissements publics de l'enseignement primaire (EPEP) qui regrouperont et géreront chacun plusieurs écoles primaires.

Ces EPEP font l'objet d'une proposition de loi, déposée jeudi par trois députés UMP, qui pourrait examinée à partir de janvier au Parlement.

Pour les enseignants, l'évolution de leurs effectifs s'explique en sept points, détaillés lors d'un point de presse par le directeur de cabinet du ministre de l'Education Xavier Darcos.

- Création de 500 postes en primaire pour l'ouverture de 500 classes, compte tendu de la hausse prévisionnelle de 16.000 écoliers à la rentrée 2009.

- Réaffectation au sein du primaire de 3.000 maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire (dits maîtres "E" et "G"). Alors qu'ils faisaient de l'aide individuelle ou en petits groupes, ils se verront affecter une classe.

- Enseignants "mis à disposition" : 1.500 vont être remis devant élèves (500 en primaire, 1.000 en secondaire).

- Amélioration de la gestion des remplacements : 3.350 postes supprimés (3.000 dans le secondaire public et 350 dans le privé).

- Compte tenu de la baisse prévue de 22.000 élèves en collèges et lycées à la rentrée 2009, 2.300 postes supprimés (2.000 dans le public, 300 dans le privé).

- Dans les lycées difficiles, 600 postes créés (500 public, 100 privé).

- Suppression de 4.450 postes d'enseignants stagiaires, dont 3.000 en primaire, 1.000 dans le secondaire public et 450 dans le privé.

L'Education nationale emploie plus d'un million d'agents publics soit près de la moitié des agents de l'Etat." (Source VousNousIls)

Écrit par : Romuald | 28 septembre 2008

Pour aml...
J'écris sans haine et sans colère : je n'ai pas du tout conseillé de "boycotter" le film de Cantet, j'ai au contraire dit qu'il était indispensable - comme il est précieux, de temps en temps, de lire un Harlequin pour mieux apprécier les Liaisons dangereuses, ou de boire un kil de rouge qui tache pour mieux déguster un saint-julien 1985.
En revanche, je ne suis pas bien sûr que le public non-enseignant, saturé de télé-réalité depuis quelques années, comprenne massivement que ce film est une escroquerie. J'ai même peur que des gens peu prévenus ne s'imaginent que faire la classe, cela consiste à parler foot avec des adolescents déchaînés (et j'ai connu bien plus déchaînés que ceux du film, qui reste dans l'honnête moyenne de ce que l'on trouve en collège).

Vous parlez de graine de violence. Dois-je vous rappeler de quelles méthodes use le prof que joue Glenn Ford, ex-GI (c'est un thème constant dans le cinéma américain "scolaire", il y avait la même chose, avec changement de sexe, dans Esprits rebelles, où Michelle Pfeiffer, un tant soit peu invraisemblable, mais si belle, jouait l'ex-militaire et rétablissait l'ordre avec un mélange très US de force et de compréhension) ? Il se retrouverait, en France, avec deux ou trois parents d'élèves déchaînés.
Par parenthèse, un autre enseignant est accusé par des parents d'avoir frappé leur rejeton. L'enseignant a porté plainte pour diffamation, et il semble s'avérer que le gosse et ses parents ont monté de toutes pièces une accusation calomnieuse - mais dans le contexte actuel, le premier mouvement a été de croire le chérubin (mais je salue le recteur qui a diligenté une enquête pour rétablir les faits)... J'en ai un peu par dessus la tête du "teacher bashing", comme on va finir par dire, et le film de Bégaudeau en jette une louche de plus, dans le genre, en prétendant ostensiblement faire le contraire.
JPB
PS. Et il est un peu facile de m'accuser de ne pas faire de vraie critique, dès lors que ce que je dis est contraire à ce que vous avez décidé de penser - au mépris des faits. "Le Masque et la Plume", qui est une référence critique pour nombre de gens, ne faisait pas dans la dentelle, et quand Charensol ou Bory avaient décidé d'allumer un réalisateur, on peut dire que la carrière du film était finie. Et c'était très bien comme ça : nous sommes aujourd'hui dans une période molle, où il n'est pas bien vu de pratiquer l'éreintement. Mais moi qui arrive d'outre-temps, je persiste et signe : Entre les murs est un film bidon. Et légèrement fascisant...

Écrit par : brighelli | 28 septembre 2008

Mais moi qui arrive d'outre-temps, je persiste et signe : Entre les murs est un film bidon. Et légèrement fascisant...

Ecrit par : brighelli | 28 septembre 2008

Finallement, JP Brighelli, vous dites tellement de bien de ce film que je vais finir par y traîner ma femme, histoire de nous bidonner!
Hier soir, pour nous mettre un peu dans l'ambiance, nous nous sommes passés le film de Kontchalovski, "Premier Maître".
Je ne voudrais pas vous faire injure, mais il y a du Diouchene dans votre combat, (auquel personnellement j'adhère sans réserve) contre les incendiaires de l'école, contre la triple alliance des pédagogues, des comptables du ministère et des nihilistes de l'industrie culturelle.

Écrit par : buntovchik | 28 septembre 2008

Certains s'emploient à ce que ce ne soit pas un lieu de pensée unique mais, souvent, quand ils émettent une autre opinion que celles politiquement correctes ici, on les traite justement assez facilement de représentants de la pensée unique, du courant du bien, du politiquement correct, de bobos, (insulte suprême), et que sais-je encore?
Ecrit par : Christophe Sibille | 28 septembre 2008

Oui, l'injure commode maintenant pour imposer sa pensée, c'est de dire : "vous êtes le tenant de la pensée unique".
Ca commence déjà à passer de mode, mais c'est une tendance qui dure.

Écrit par : Jérémy | 28 septembre 2008

J'écris sans haine et sans colère : je n'ai pas du tout conseillé de "boycotter" le film de Cantet, j'ai au contraire dit qu'il était indispensable - comme il est précieux, de temps en temps, de lire un Harlequin pour mieux apprécier les Liaisons dangereuses, ou de boire un kil de rouge qui tache pour mieux déguster un saint-julien 1985.


Ecrit par : brighelli | 28 septembre 2008
D'accord mais je préfère pour ce faire visionner Sissi Impératrice.

Écrit par : dobolino | 28 septembre 2008

A J.P.B.
Point par point:
1/Je prends acte sur le "boycott". Je remarque simplement que l'effet sur la plupart des blogueurs de votre note a été de conclure qu'ils n'iraient pas voir ce film tant vous leur aviez épargné le temps et le fric nécessaires pour "oser juger par eux-mêmes " ( slogan des philosophes des lumières en guerre contre les principes d'autorité et de tradition).
2/ Déjà répondu ( ainsi que Fabien) sur les capacités du public.
3/ vous imaginez-vous que travaillant avec élèves d'option-ciné pour bac je n'ai pas fait le moindre boulot sur la "pédagogie" du prof de Graine de violence , de l'écriture cinématographique...ainsi que celles d'autres films choisis pour leurs façons très connotées (réalisateur; contexte historique-culturel-idéologique;procédés...)de traiter les problèmes "socio-pédagogiques."..
A lire vos notes il me semble que vous êtes un adepte de la pédagogie dite de la séduction magistrale et autoritaire, de bien des ruses théâtrales et de dynamiques de groupes...Tant mieux si ça marche ( sur ce point je me permets de penser qu'il faut être très modeste, que chacun(e) invente au mieux en fonction des élèves et de sa personnalité; mais en revanche je trouve inadmissible qu'on claironne, allant dans le sens du poil des gouvernances les plus libérales-technocrates-autoritaires : "Autorité...Autorité..." sans donner les moyens aux personnels de fonctionner... Les plus fragiles craquent ou font tout pour quitter ce métier...Sélection naturelle...loi du marché.
4/ Pourquoi cette parenthèse: croyez-vous, quel qu'en eût été le prix à payer, que j'ai jamais cédé aux pressions exercées sur moi ou des collègues ( rôle élémentaire d'élue du personnel) par des parents. Le problème c'est que certains discours des plus démagogiques et populistes de nos gouvernances , le consumérisme ambiant encouragent de plus en plus des parents et certains personnels de la police, de la justice à traiter de façon aberrante les "plaintes" des enfants-rois.
5/ Je constate que finalement vous n'avez aucunement répondu aux arguments de ceux et celles qui osaient contester votre jugement...C'est le seul sens de ma critique de votre refus de faire ce que la tradition universitaire appelle "la ( vraie) critique" .
Libre à vous d'écrire que ce que j'écris relève de ce que j'aurais "décidé de penser-au mépris des faits"
Quels "faits" ??!!! Depuis quand votre opinion relève-t-elle des "faits"??!!
Et je regrette: Le Masque et la Plume avaient une autre allure qu'actuellement ...du temps de...Et ce qui était passionnant c'est que ces critiques avaient des critères vraiment cinéphiliques dans des échanges tels entre eux que ça donnait envie de se faire son petit avis...
Concluons avec le sourire: je suis au moins autant de l'"outre-temps" que vous. J'ai toujours prescrit à mes élèves de démontrer les raisons d'aimer ou de ne pas aimer un livre, un film en évitant ces formules "molles", ces réponses dites de normand , des copiés-collés de x critiques.
Je persiste donc et signe: il est tout à fait possible que, après avoir vu , enfin, ce film et discuté avec des spectateurs divers ( dont ceux avec lesquels je ne partage pas les goûts et critères) je conclue que Cantet a raté ce film.Mais je trouve des plus graves que vous récidiviez avec la formule " et légèrement fascisant"...
Un des acteurs revenant de Cannes a eu enfin, avec sa famille, ses "papiers" . Cantet avait participé à lutte, très modestement. Je suppose que ça aurait donné une drôle d'image de la France palmée si était expulsé un des acteurs...alors je ne sais qui a des tendances fascisantes, entre nos gouvernances et le film ...
Nous ne devons pas avoir la même culture sur les tendances (néo)totalitaires menaçant nos démocraties et républiques .
Cantet et les réalisateurs dits "réalistes"méritent pour le moins un peu de respect...si on les compare à toutes les machines à décerveler jeunes et moins jeunes et à des gouvernances adeptes du "storytelling"..., de la propagande télévisuelle et des mises en scènes qui, oui, me font froid dans le dos.Au moins s'attaquent-ils avec très peu de moyens financiers aux problèmes de notre société et invitent aux débats ...Le succés, la palme étaient et restent imprévisibles et leur seule préoccupation reste de faire leur boulot honnêtement.

Je clos ma participation à ce blog car je crois que si la liberté d'expression y règne il est vain d'essayer de contrarier la voix de son maître et j'ai beaucoup plus intéressant à lire, à voir, à faire.

Écrit par : aml | 28 septembre 2008

Cela pour dire également que le cours actuel des choses me plonge dans une affliction et un désespoir rares, notamment en ce qui concerne l'avenir des concours: sur les déchéances ou les suppressions d'agreg (de portugais et de russe, qui ont disparu depuis 2 sessions maintenant : autant dire qu'elles sont sacrifiées) et sur ce que devient le Capes, innommable défaite de la culture, du savoir, et dangereuse paupérisation des cerveaux des futurs enseignants.

- Fabien

Vous avez raison. L'Agrégation interne est déjà dénaturée par la "dissertation didactique", dont le coefficient culmine à 8 dès l'épreuve écrite ! (contre 12 pour la composition française, dangereusement menacée). Je prêche un peu pour ma paroisse, et l'ai déjà dit sur ce blog avec déception : la didactique m'a coûté mon admissibilité cette année après une préparation acharnée, aménagée tant bien que mal dans les quelques moments de "loisir" que me laissaient mes vingt heures de cours hebdomadaires...

Pour en revenir à Entre les murs, je l'ai vu hier soir, sans avoir rien entendu ni lu à son sujet auparavant. J'ai été choqué, moi-aussi, par la démagogie du professeur Bégaudeau/Marin : organisation de débats footballistiques de PMU du dimanche matin, phrases sans majuscule ni point au tableau, niveau de langue allègrement familier ("je m'en fous", "pétasses", etc.). Faut-il y voir un contre-exemple ? Un peu mince comme argument... Sa classe reste un festival de mollesse adaptative et de capitulation par l'affect. Tous les ingrédients de la "valorisation de l'oral" qu'on trouve dans les programmes, et ses désastreuses conséquences (le prof qui reproche à ses élèves de s'insulter quand c'est lui qui les abandonne au débat viriliste de supporters, comme l'a dit JPB plus haut - je suis d'accord avec lui). Alors que prise de parole suppose maîtrise du discours et prise en compte de l'auditoire, c'est à dire usage de la rhétorique et apprentissage de la "captatio". A cela on ne parvient que par l'étude de la langue et de la littérature.

Écrit par : Rodrigue du Gers | 28 septembre 2008

Lu sur SLL

Huit profs notent «entre les murs»
Zéro pointé
«Le Nouvel Observateur» a réuni un jury d'enseignants. La palme d'or de Cannes, documentaire censé retracer la vie d'une classe de quatrième dans un collège difficile, ne les a pas convaincus : «Le film ne montre jamais un vrai cours, seulement des dérapages»

Esméralda est une cocotte-minute. En classe, elle bout, soupire, s'esclaffe. Ou encore, la moue dédaigneuse, elle apostrophe le professeur de français qui peine à expliquer l'imparfait du subjonctif : «Non mais, vous croyez que je vais aller voir ma mère pour lui dire : il faut que je le fusse ?» Voilà l'ambiance qui règne dans la classe d'«Entre les murs», la palme d'or du Festival de Cannes qui sort en salles cette semaine. Au printemps dernier, le jury a primé une plongée dans cette quatrième d'un collège de France, un huis clos à mi-chemin entre la foire d'empoigne et le happening. Vision d'un réalisateur de talent ? Ou restitution fidèle de la réalité ? Huit professeurs réunis par «le Nouvel Observateur» ont accepté d'en débattre. Ils ont vu le film dans un climat de recueillement digne d'une épreuve sur table. Deux heures dix plus tard, quand ils se sont exprimés, c'était pour dire tout le mal qu'ils pensaient du long métrage unanimement acclamé jusqu'alors.
Oubliez le succès d'«Etre et avoir», ce documentaire sur une classe unique dans un petit village d'Auvergne qui avait enchanté tous les publics. Avec «Entre les murs», l'école cesse d'être un roman suave. C'est une fresque pleine de cris et d'invectives, où nos enseignants se sentent trahis, bafoués même. «Le film risque d'apporter de l'eau à tous les «déclinologues» qui disent qu'on ne peut plus faire cours, que c'est la gabegie», regrette Marie-Cécile. D'une seule voix, les huit spectateurs dénoncent la caricature de l'institution : la vie, l'humour sont toujours du côté des élèves. «On fait passer tous les profs, sauf François Marin, pour des c...», pointe Isabelle. «L'administration est incarnée par un principal coincé. Et dès qu'on entre en salle des profs, on s'ennuie à mourir», renchérit Nadia. N'ont-ils donc rien aimé du film ? Si ! Quelques moments de grâce, en classe, pendant la lecture silencieuse d'un extrait d'Anne Frank. Ou quand François Marin rencontre les parents d'élèves. «Il n'en fait pas trop. Il joue juste», dit Martine. Ou quand Esméralda lâche : «Je suis française, mais je ne suis pas fière de l'être», une parenthèse trop vite refermée sur le sentiment de ne pas en être tout à fait, propre aux enfants de l'immigration.


Notre jury veut commencer par remettre le film à sa place : «Entre les murs» ne raconte qu'une histoire singulière. Une classe donnée, dans un collège donné. Et si le résultat est si chaotique, c'est que le professeur François Marin, incarné par François Bégaudeau (1), qui joue son propre rôle, a tout faux. «Il est dans la transgression permanente», dénonce Nadia. En matière de discipline d'abord : les élèves rentrent dans sa classe en chahutant, ils s'assoient à la diable, se balancent sur leurs chaises, commentent le cours en direct... Comment espérer les mettre au travail ? Nos professeurs ont d'autres pratiques. Avant le cours, leurs élèves attendent devant la porte de la classe «sans casquette et sans chewing-gum». «Le cours commence quand j'ai obtenu le silence complet», assure Matthias. A ses débuts, il peinait davantage. Aujourd'hui, il compte sur sa réputation. Celle de François Marin est visiblement si mauvaise que ses élèves s autorisent toutes sortes d insolences. Mais Sébastien, le professeur en lycée professionnel, est plus nuancé. Les mauvaises habitudes des élèves remontent aux petites classes. «Alors demander à des gamins de 19-20 ans en première de bac pro d attendre avant de s'asseoir, c'est quasiment mission impossible. On est obligé de faire des compromis.»
Notre jury de profs pointe méthodiquement les invraisemblances du film. «Un cours peut ponctuellement déraper ainsi, mais toute une année comme ça, c'est impensable, le professeur finirait par se faire lyncher», estime Christian. Tout aussi improbables sont les incidents qui émaillent le récit : Khemba qui refuse de lire tout haut pour la classe, «parce que j'ai pas envie», lâche-t-elle. Ou les interventions d'Esméralda, toujours sous tension. «Il est impossible qu'une élève s'adresse comme cela à un prof sans que ça crée un incident, sans que le cours s'arrête immédiatement», estime Mathias. Les collègues opinent. Sauf Sébastien. Encore lui. «Si je m'arrêtais à la première grimace et que je traitais l'incident, il faudrait que je m'interrompe tout le temps. Je ne pourrais plus faire cours.»


Mais que dire de ce rapport de force permanent, ce respect des élèves pour leur professeur, si ténu qu'il vole en éclats à la moindre contrariété ? Pendant une récréation, par exemple, les filles en viennent presque aux mains avec François Marin, parce qu'il les a maladroitement traitées de «pétasses». Une scène révélatrice : au- delà du collège, le film ne parle-t-il pas simplement de la jeunesse actuelle ? Son énergie à tout casser, une certaine manière d'être de plain-pied avec les adultes, de bousculer l'ordonnance sociale ? Peut-être. Sans doute. Mais nos professeurs évitent de sortir des clous. Ils s'en tiennent à leur quotidien d'enseignant.


A les entendre, si les rapports se crispent tant dans «Entre les murs», c'est que François Marin n'a pas la «bonne distance». «On ne peut à la fois se poser en égal de son élève et prétendre avoir quelque chose à lui enseigner», dit Sophie. «Son côté soixante-huitard est complètement dépassé», ajoute Nadia. Martine déplore l'«absence de verticalité». François Marin est coupable de ne pas tenir son rang. «Il entretient une telle confusion qu'il se sent même obligé de répondre aux questions des élèves sur son hypothétique homosexualité», pointe Martine. Sébastien, la voix posée, met un bémol : «Je trouve au contraire que le film pose bien la question de l inégalité pédagogique. Nous devons réfléchir à notre façon d'enseigner pour ne pas encourager le sentiment chez nos élèves qu'ils sont nos égaux. Mais dans la tête des jeunes, ça n'est pas gagné.»
Or, précisément, François Marin ne se remet jamais en question ! «Quand un cours tourne à la pagaille, on ne s'entête pas. On s'interroge. On procède autrement. C'est la base du métier», martèle Mathias. Voilà un autre reproche que l'auditoire formule à François Marin : sa suffisance. A moins qu'il recherche justement ces situations de crise ? Si c'est le cas, le professeur d'«Entre les murs» joue un jeu dangereux. Faute d'imposer des règles, il laisse s'installer des tensions dont les élèves sont les premières victimes. Sophie s'émeut du sort réservé à Souleymane, qui va finir devant le conseil de discipline après un violent incident dans la classe du professeur de français. Elle met d'ailleurs en cause toute l'équipe du collège. «C'est le moment le plus dramatique, dit-elle, car ce sont les adultes qui ont amené ce gamin jusque-là. Ils ne se sont jamais occupés de lui. Ils n'ont pas su réagir à temps.» Tous ont failli, François Marin en tête.
Quant au contenu du cours, parlons- en ! Ces joutes verbales où le prof tente d'accoucher les élèves de leurs questions, de débusquer leur intimité, un peu Socrate, un peu Ménie Grégoire, ne leur est d'aucun bénéfice. «Le film ne montre jamais un vrai cours, il ne montre que des dérapages, dit Nadia. On insiste sur la manière de chambrer les élèves, sur l'importance de la repartie. Mais un professeur ne doit pas utiliser la repartie pour faire son malin ou pour humilier les élèves, il doit la mettre au service du cours.» Méprisant, François Marin ? «Il pratique le cynisme et l'ironie parce qu'il manie la langue facilement, mais ses élèves, eux, n'ont pas les outils. Et il ne les leur donne pas», note Isabelle. «Croit-il seulement que ses élèves méritent un vrai cours ?», se demande Sophie. Une certaine irritation transparaît dans les commentaires. Car, tout en adoptant une liberté de ton assez séduisante, parfois franchement drôle, François Marin trahit le contrat fondamental du métier, celui qu'ils se collettent tous les jours : la transmission de savoir. Là, il échoue franchement. D'ailleurs, les rares élèves qui parlent bien au début du film s'expriment moins bien à la fin. C'est un «fiasco pédagogique», selon Mathias. D'ailleurs, remarquent-ils à l'unisson, François Bégaudeau en a tiré les conséquences, puisqu'il a préféré abandonner le métier de professeur.
Quant au couplet sur les élèves qui s'ennuient en classe, on ne le leur fait pas ! «Moi qui ai les mêmes élèves que François Bégaudeau, je constate qu'ils sont avides d'apprendre, qu'ils sont très curieux...», dit Mathias. «Nous avons des élèves qui sont capables d'entrer en littérature», ajoute Martine. «Ils ne sont pas rétifs, à partir du moment où ils vous font confiance et qu'ils croient que vous voulez les faire progresser», conclut Marie-Cécile. Alors ils ont tous un peu de mal à avaler une des dernières scènes où une jeune Noire s'approche du professeur de français à la fin du cours, et lui avoue qu'elle n'a rien retenu de toute son année scolaire. Ni en français ni dans les autres matières. Cette ficelle de scénario pour critique de l'école aujourd'hui est décidément un peu grosse. «Le film n'est pas crédible. C'est une trahison de la réalité», conclut Mathias. «Entre les murs» a tout faux.

(1)Voir p. 120 l'article consacré à l'«Antimanuel de littérature» qu'il vient de publier.

Caroline Brizard
Le Nouvel Observateur

Écrit par : retraitée | 28 septembre 2008

"Je clos ma participation à ce blog car je crois que si la liberté d'expression y règne il est vain d'essayer de contrarier la voix de son maître et j'ai beaucoup plus intéressant à lire, à voir, à faire."

Ecrit par : aml | 28 septembre 2008

On a tous plus intéressant à lire, à voir, à faire, AML. Et on peut contrarier la voix de son maître! Vous le faites d'ailleurs avec un certain talent, et d'autres l'ont fait aussi. Restez!

Écrit par : Christophe Sibille | 28 septembre 2008

aml, vous faites comme beaucoup de gens ici qui viennent affirmer leurs opinions, puis, constatant qu'on les contredit vivement (mais sans les insulter pour autant, les insultes étant LARGEMENT réservées aux vieux habitués), nous font la grande scène des adieux de Fontainebleau « Puisque c'est comme ça, restez entre vous, etc. »

On les revoit souvent revenir, l'air de rien... 'spa Parapluie !

La vérité, c'est que les habitués de ce blog ont des opinions souvent divergentes, mais que personne n'en est jamais fichu à la porte (depuis que j'y suis).

Si vous partez, ne jetez pas la pierre "au blog" ni à son proprio : dites plutôt que vous voulez aller contribuer là où tout le monde sera d'accord avec vous...
La liberté d'expression règne ici, concédez-vous, mais vous avez mieux à faire... étrange !

Écrit par : sanjuro | 28 septembre 2008

"Séduction magistrale et autoritaire"... dit aml...
Oui, c'est à peu près ce que ses copines disent à JPB...
Quant à savoir ce qu'en pensent ses élèves, faudrait leur demander. Quelques-uns sont passés à l'occasion ici - avec des avis contrastés. L'a dû trop manier le fouet avec les uns, et pas assez avec les autres... C'est le problème de la séduction autoritaire...
Allez, j'arrête, sinon ce blog va ressenbler à celui de Roger...

Écrit par : Abraxas | 28 septembre 2008

Entre le stand-up et le prêche, l’esprit - comme souvent chez elle - parcouru de fulgurations à mesure qu’il déploie son discours selon l’ordre implacable des raisons, ce grand moment de la pensée ci-joint:

http://www.dailymotion.com/video/x6wbdi_segolene-royal-au-zenith-encore-deb_news

Écrit par : Pli | 28 septembre 2008

Bonjour

"Toute critique est une forme d'autobiographie", disait Oscar Wilde.

Je n'empêche personne d'aller voir "Entre les murs", mais je n'ai toujours pas envie de donner de l'argent à un cinéaste et un écrivain pour qu'ils puissent chier d'une très grande hauteur sur l'école, ses élèves et ceux qui y enseignent : je sais, c'est bizarre, mais c'est comme ça.

Ensuite, on doit être sur Allo ciné à quatre étoiles pour la critique presse et trois étoiles pour la critique spectateurs, alors avant que Cantet et Bégaudeau deviennent des martyrs de la liberté d'expression, je crois que les poules auront perdu depuis longtemps leurs dents de sagesse.

Oscar Wilde disait que plus une oeuvre suscite d'interprétations contradictoires, plus elle est importante.

Pour "Entre les murs", de ce point de vue là aussi, c'est encore râté.

Écrit par : johnmarguerite | 28 septembre 2008

ça a encore saigné entre les murs !



http://www.laprovence.com/articles/2008/09/27/575873-Region-Un-prof-frappe-a-Roumanille-et-un-coupable-introuvable.php

Écrit par : Les infos d'Amélie | 28 septembre 2008

Johnmarguerite, du temps de Wilde, les media n'étaient pas tout à fait ce qu'ils sont aujourd'hui.
Pli, ne dit-on pas, en ce cas précis, "fulguritudes" plutôt que "fulgurations"?

Écrit par : Christophe Sibille | 28 septembre 2008

Et même céléritude et dignitude incarnées, Christophe.

Pour ce dernier qualificatif, voici son équivalent chez les juristes : http://fr.youtube.com/watch?v=F-CGqzosBmE

Enfin, passons à autre chose.

Écrit par : Pli | 28 septembre 2008

"Pour cette dernière qualité" ! :-O

Écrit par : Pli | 28 septembre 2008

Ce blog radote. Autant les idées de J P Brighelli me paraissent justes comme certaines interventions sur ce blog, autant je suis choquée par le blablabla qui s'écoule. A croire que les professeurs qui s'expriment ne travaillent pas quand on voit la fréquence de leur pseudo.
Enfin , comme beaucoup de blogs, c'est du nombrilisme: vous ne semblez pas avoir la moindre conscience des difficultés d'autres professions. Il n'y pas que chez vous que ça va mal et vous, vous avez la chance de pouvoir le dire ou de vous arrêter quand vous le voulez!
Pour finir, oui, ce films est mauvais, je le confirme; j'ai eu du mal à rester jusqu'à la fin.
Bon courage à ceux qui "rament" pour ne pas sombrer dans une situation ou une pratique semblables.

Écrit par : Lectrice passante | 28 septembre 2008

Tiens, une idée pour un prochain post, JPB : une galerie de portraits des conseillers du ministre (avec des pseudos, éventuellement, on est pas là pour lyncher des individus, mais je suis curieux de connaître le parcours et les personnalité des ces hommes de l'ombre dont vous évoquez la puissance...)

Il y a sûrement de la matière pour rendre hommage aux Caractères de La Bruyère...

Écrit par : sanjuro | 28 septembre 2008

Plus que les conseillers du ministre, je serais curieux de connaître pour de vrai les "grosses têtes" de la DGESCO.

Écrit par : Jérémy | 28 septembre 2008

Si l'on pouvait donner raison à ceux qui évoquent le fascisme et ceux qui s'y refusent, je dirais que l'usage permanent de ce terme l'a tellement dévalué qu'il paraît difficile de l'utiliser.
Certe le film de Canet and co n'est pas fasciste stricto sensu : sous Cantet et B*** ne percera jamais un nouveau Gentile.

Seulement ce que J.P. Brighelli évoque, c'est bien un rapport typique entre la violence et le langage tel qu'on a pu le trouver tout au long de l'histoire et en particulier sous le régime mussolinien : dans sa remarquable Histoire de la politesse de la Révolution jusqu'à nos jours, Frédéric Rouvillois rappelle comment, sous le régime fasciste, les formules de politesse furent simplifiées pour aplanir toutes les différences -sous la Révolution française le tutoiement terroriste était aussi de rigueur, balayant les anciennes formules de politesse avant leur retour en force.
Tout le monde a en tête la fameuse formule de Barthes sur la nature fasciste de l'ordre de la langue -en fait il peut y avoir un rapport analogue à celui des fascistes lorsque les mots sont pesés sur la balance de la violence et ne sont plus que de signaux par lesquels s'expriment une haine, une colère, un dégoût. Jusqu'à aujourd'hui la culture a consisté à transformer ces affects et éviter la conflagration. Et notre rapport à lalangue, comme dirait Lacan, était bel et bien un facteur de civilisation. C'est pourquoi nombreux sont les collègues qui sont choqués de voir la langue traînée dans le ruisseau avec la détestable image de cet enseignant (il ne mérite pas d'être appelé professeur) de pacotille qui se regarde dans le miroir d'un cinéma irréaliste mais sans poésie aucune. Que certains aiment cette coquetterie, tant mieux. Les précieux ridicules ne s'y sont pas trompés, eux qui chantent urbi et orbi les louanges de ce film dans un unanimisme délirant -sauf quelques salutaires exceptions.

Pour ce qui est du cinéma critique de son temps, je préfère lorgner vers ce que le cinéma italien produisit en son temps, plutôt que vers ce film pompier, subventionné jusqu'à plus soif et qui disparaîtra dans l'oubli, après avoir été INFLIGE à des élèves qui n'en méritaient pas tant.

Écrit par : Sénéchal | 28 septembre 2008

"Johnmarguerite, du temps de Wilde, les media n'étaient pas tout à fait ce qu'ils sont aujourd'hui."

La suite ?

Écrit par : johnmarguerite | 28 septembre 2008

Certains s'emploient à ce que ce ne soit pas un lieu de pensée unique mais, souvent, quand ils émettent une autre opinion que celles politiquement correctes ici, on les traite justement assez facilement de représentants de la pensée unique, du courant du bien, du politiquement correct, de bobos, (insulte suprême), et que sais-je encore?
Ecrit par : Christophe Sibille | 28 septembre 2008

Oui, l'injure commode maintenant pour imposer sa pensée, c'est de dire : "vous êtes le tenant de la pensée unique".
Ca commence déjà à passer de mode, mais c'est une tendance qui dure.
Ecrit par : Jérémy | 28 septembre 2008



Trop drôle, c'est ça l'inversion du sens... La suffisance à l'état brut, les vierges pures déflorées... On croit rêver, Christophe, soyez sérieux, relisez vous... Des victimes comme vous, on en voudrait plus... Je vous vois bien en train de fouiner avec Val lors d'un colloque du MEDEF avec plein de grandes phrases à la bouche et le mépris du peuple, le vrai celui qui vote pas Besancenot et qu'on appelle plus proletaire parce que c'est sale... Si vous pouviez sortir parfois d'entre VOS murs...

Écrit par : Hum...hum... | 28 septembre 2008

Ce n'est pas Entre les murs (je ne l'ai pas -encore?- vu ) qui me ramène parmi vous. C'est le touchant message que me laissa JPB il y a quelques jours, au plus fort de la panique causée par la déconfiture de Fannie & Freddie, ces Dupont et Dupond du crédit immobilier irresponsable.
(Un merci collectif à ceux qui me l'ont gentiment signalé)


Le topo n'est pas de mon cru, (pas le temps et pourquoi faire soi-même ce que d'autres font infiniment mieux? ) mais me semble répondre à la demande d'éclaicissement que not' bon maître a bien voulu solliciter de ma modeste personne sur le sujet-phare des gazettes gauloises, en ces premiers beaux jours d"automne: L' AUTODESTRUCTION DU CAPITALISME , marronnier qui fait saliver comme personne tous les Français qui têtent goulûment, depuis la maternelle, les mammelles de l'état-nounou, du collectivisme et de l'anti-capitalisme

Je ne suis pas si hors sujet que cela puisque:
1) pour ce que j'ai pu en apprendre, c'est un film à petit budget et, comme il va rapporter gros, Cantet & C° vont bénir le fait que le capitalisme est indestructible, as they laugh all the way to the bank;
2)Il y a des points communs entre la faillite des duettistes F&F, a.k.a May &Mac, qui ont remporté cette année la palme de l'aléa moral, et celles (palme et faillite) de l'enseignement à la Bégaudeau/Martin.
Tiens, il a un pseudo d'âne lui aussi,

asinus asinum....

Ce que j'ai retenu du battage fait autour de ce film, c'est que Martin fait l'âne pour avoir du son et que les parents doivent être soulagés qu'il aille se faire pendre ailleurs que dans une salle de classe, car il a l'air autant fait pour ce métier que la prof de latin de ma fille.
En lisant l'échange entre F.Guichard et Fabien je me disais que ce dernier a eu bien de la chance. Que pensez-vous tous deux, et les autres z'aussi d'ailleurs, d'un prof de latin qui dit à ses élèves, grands débutants en HK, qu'elle fonce exprès à toute allure sans prendre le temps d'expliquer.
Quand ils ont commencé à s'inquiéter de sa façon de faire, elle leur a donné deux raisons pour ne rien améliorer:
-elle est prof en lettres sup et ne sait pas -ou, selon les jours, ne veut pas s'abaisser à- enseigner à des débutants (sic);
-il faut qu'à la fin de l'année ils aient rattrappé les "latin- confirmés".

Si ma fille n'avait pas deux parents-répétiteurs qui reprennent point par point après chaque cours ce qui a été fait elle aurait déjà décroché. Et après on s'interroge benoîtement comme le Nouvel obs et Télérama sur les inégalités que creuse l'école.


La suite au prochain numéro.../...

Écrit par : Cadichon | 29 septembre 2008

AUTODESTRUCTION DU CAPITALISME

1ere Partie
Cette belle expression est de Joseph STIGLITZ,
incontournable autorité scientifique dans le domaine de l’économie si l’on en juge par sa présence dans les médias. Elle résume une thèse bien connue : par ses excès le
capitalisme court à sa propre perte, et l’ouragan financier qui déferle sur les Etats-Unis va emporter les derniers vestiges d’un système condamné.

Une telle prophétie n’est pas nouvelle :
MARX décrivait la fin inéluctable du capitalisme, puisqu’une poignée de capitalistes ne pouvaient durablement exploiter les prolétaires qu’ils privaient du pouvoir d’achat nécessaire à absorber une production multipliée sans cesse par appât du gain.

Dans les années 1930, SCHUMPETER prédisait la disparition du système parce que son principal moteur,l’entrepreneur, ne voulait plus assumer les risques de l’innovation

Dans les années 1960,GALBRAITH saluait l’avènement du « nouvel Etat industriel », qui dépassait l’opposition marché/plan pour mettre en place une organisation économique de la société fondée sur les grandes entreprises sans cesse concentrées, les grandes administrations, les grands syndicats et les grandes associations de consommateurs

L’apocalypse a également été annoncée après le 11 septembre,après la bulle financière de 2002. Ceux qui rêvent de la fin du capitalisme ne peuvent que chanter victoire après la nationalisation en chaîne de Fannie Mae, Freddie Mac, AIG, et la faillite de Lehman Brothers.
Il se trouve pourtant que le capitalisme, l’entrepreneur, le marché, le profit ont survécu après sept cents ans d’histoire, et ont surmonté des crises toujours saluées comme les dernières, celle de 2008 comme celle de 1929

Encore plus troublant : le système collectiviste et planificateur qui prétendait
se substituer au capitalisme, a disparu dans un gouffre économique et un drame humain.
Ce décalage entre la pensée et la réalité vient non seulement d’un aveuglement idéologique mais aussi d’une erreur d’analyse de ces fameuses crises.


Ce qui est à l’origine de la débâcle financière actuelle

Ce n’est pas le capitalisme qui est en cause, mais bien les interventions publiques et les politiques monétaires et budgétaires qui ont prétendu faire fi des lois du marché.

Un système financier ne peut fonctionner qu’avec des acteurs responsables. Banques, intermédiaires financiers, compagnies d’assurance, fonds de pension doivent assumer les conséquences de leur gestion. Malheureusement, cette obligation est noyée dans un contexte d’argent bon marché (easy money). En effet, les gestionnaires du crédit savent pouvoir compter sur le soutien de la banque centrale qui leur permettra de se procurer à bon compte les liquidités qui leur manquent parce qu’ils se sont mis en mauvaise posture.
La banque centrale a le pouvoir de fabriquer ex nihilo autant de liquidités qu’elle désire. Elle peut sans doute s’imposer une auto-limitation. On en connaît le principe sous le nom de règle de Friedman : l’inventeur du monétarisme avait établi qu’une économie en croissance a un besoin de liquidités monétaires, lui aussi croissant, mais à un taux constant.

De la sorte, il est dommageable pour l’économie de fabriquer plus ou moins de monnaie qu’il est nécessaire, et la banque centrale doit donc rejeter les politiques monétaires « discrétionnaires », c'est-à-dire inspirées par les fluctuations conjoncturelles inéluctables : il faut savoir garder le cap et ne pas se fier à la moindre variation d’indice, ou au moindre mouvement boursier, il faut résister aux pressions des gouvernements désireux d’arranger leurs finances publiques

Or, cette discipline a été abandonnée depuis fort longtemps. Milton FRIEDMAN n’a cessé de fustiger Alan GREENSPAN, champion des manipulations de taux d’intérêt et destructeur du dollar. La croissance immodérée de la masse monétaire américaine, assortie de taux d’intérêt artificiellement faibles, a orienté les investisseurs américains vers des crédits de plus en plus fantaisistes, le pire étant atteint avec les « subprimes », crédits « audacieux » mais rentables (on peut demander à l’emprunteur de payer plus puisqu’il n’a pas la surface financière suffisante pour obtenir un crédit classique).

Les financiers ont poursuivi leurs démarches commerciales en toute irresponsabilité, sachant qu’en cas de coup dur, ils pourraient reconstituer leurs liquidités à bon compte. Quand la masse des emprunteurs n’a pu honorer ses engagements, les financiers ont été placés devant une crise de liquidités, mais le secours de la FED n’a pas été suffisant dans certains cas, concernant les plus imprudents : on en vient à la nationalisation et au soutien de l’Etat (en effet contraires au capitalisme qui suppose la propriété privée du capital) ou à la faillite pure et simple.

Manipuler la monnaie, fixer les taux, administrer les prix, réglementer sans cesse : voilà les pratiques contraires au marché et au capitalisme. La crise actuelle n’est que la rançon de ces pratiques, elle devrait inspirer un radical retour à l’ordre marchand dans le domaine financier. Le capitalisme financier a été perturbé, dévoyé par l’Etat.

De la sorte, prôner une régulation mondiale alors même que les régulations nationales ont été si néfastes est une utopie. Voudrait-on risquer l’explosion du système financier mondial, avec de lourdes conséquences sur la marche de l’économie réelle ?

Conclusion: le capitalisme ne peut s’autodétruire, puisqu’il s’inscrit dans la nature et dans le progrès de l’humanité, parce qu’il est fondé sur la propriété privée, c'est-à-dire la responsabilité de ses actes, et sur la volonté de « capitaliser »,c'est-à-dire de préparer un avenir meilleur au lieu de vivre au jour le jour en subissant la misère et l’esclavage.

Écrit par : Cadichon | 29 septembre 2008

Autodestruction du capitalisme. 2eme partie

UN PEU D’HISTOIRE…


Supposons le capitalisme détruit, quelles seraient les solutions alternatives ? Si l’on exclut le collectivisme socialiste (qui retrouve des partisans), on peut s’orienter vers un capitalisme « dirigé » ou « régulé ». Ceux qui en parlent ignorent en général que nous sommes déjà soumis à un tel régime, et que la situation actuelle est précisément due aux erreurs du dirigisme et de la réglementation.
(voir plus haut) Mais ils gardent aussi une certaine nostalgie du passé, et on entend évoquer ici un « New Deal européen », là un « nouveau Bretton Woods ». Mise en place d’un gouvernement économique européen ou mondial : le remède miracle serait donc un pas de plus dans cette« troisième voie » qui est en réalité une impasse. Les idolâtres des Etats devraient se remettre en mémoire l’histoire du New Deal et celle de Bretton Woods.
Le New Deal, dit-on, aurait sauvé le capitalisme de la crise qu’il aurait connue en 1929

Rappel historique # 1 : la crise de 1929 a été préparée par les erreurs de politique monétaire de la Federal Reserve, dans le soutien irréfléchi des spéculateurs de Wall Street mis en difficulté par la faillite des chemins de fer et de la sidérurgie, issue que voulaient retarder les banques engagées dans ce secteur (Pierpont Morgan par exemple). Il y avait aussi des créances douteuses, comme les sommes qui devaient être versées par les Allemands au titre des « réparations » (« L’Allemagne paiera », ce qui étaitdoublement stupide).

Rappel historique # 2 : le Président HOOVER a cru enrayer la crise en faisant couper les crédits à l’économie américaine, y compris aux entreprises les plus saines. La masse monétaire a été amputée d’un tiers. La politique « déflationniste » a achevé le blessé.

Rappel historique # 3 : Quand ROOSEVELT est élu, en 1932, le taux de chômage commence à se stabiliser (12 millions de chômeurs). Le New Deal ne le réduira pas, en dépit d’un gonflement considérable de la dette publique. En 1939, il sera encore de 17%, touchant 10 millions d’Américains. Le New Deal n’a pas été le sauvetage que l’on croit, il a plongé les Etats-Unis dans le socialisme.

Rappel historique # 4 : C’est l’administration ROOSEVELT qui crée Fanny Mae, un fonds public destiné à financer l’accès à la propriété des Américains désargentés. Le crédit immobilier irresponsable date de cette époque, il n’a cessé pendant soixante ans de perturber la finance des Etats-Unis, Fannie (et son petit frère Freddie) détiennent actuellement un quart des créances immobilières non recouvrées. C’est le
contribuable américain qui paiera.

La conférence de Bretton Woods, dit-on, aurait institué un système monétaire mondial solide, sous la garde du Fonds Monétaire International

Rappel historique # 5 : Le système mis en place est celui du Gold Exchange Standard, qui remet le sort des monnaies du monde entier entre les mains de la politique monétaire américaine. En effet, toutes les monnaies ont une parité fixe en dollar, lui-même convertible en or à prix fixe (« la devise-or vaut l’or »).La solidité du système repose sur la solidité du dollar et sur le respect par les Etats de la parité fixe surlaquelle ils se sont engagés.

Rappel historique # 6 : La FED américaine ne fabriquera jamais la quantité de dollars nécessaire aux échanges internationaux. Après avoir restreint l’émission et causé un manque général de liquidités, la FED fera tourner à toute vitesse la planche à billets verts, surtout pour soutenir l’effort financier de laguerre au Viet Nam. Le dollar inonde l’Europe (« eurodollars ») et crée une inflation à deux chiffres et la convertibilité du dollar en or est de plus en plus virtuelle ; elle sera supprimée le 15 août 1971.

Rappel historique # 7 : Les soit-disant parités fixes ne seront jamais respectées. En dépit de leur interdiction dans les statuts du FMI, dévaluations (et parfois réévaluations) se succèdent. On passera des parités fixes à des parités fluctuantes à l’intérieur d’un « tunnel » mais les monnaies sortent du tunnel !

Rappel historique # 8 : Les membres de l’Union Monétaire Européenne essaient de stabiliser leursmonnaies nationales, d’abord avec un « serpent » (variété de tunnel), puis autour d’une unité de comptevirtuelle, l’écu. Ils n’y parviendront pas davantage. En 1981-1983 les gouvernements Mauroy-Delors dévalueront trois fois le franc français.

Cela permet de conclure sur deux théorèmes historiques plus larges :

Rappel historique # 9 : Promptes à créer des déséquilibres, les interventions publiques sont incapables de les résorber et les aggravent.

Rappel historique # 10 : Les Etats ne respectent jamais les engagements qu’ils prennent.


Après le choc pétrolier de 1974, qui a trouvé toutes les économies occidentales en pleine déconfiture, avec des taux d’inflation et de chômage à deux chiffres, les leçons de l’histoire semblaient avoir été comprises.
Milton FRIEDMAN avait mis en évidence les méfaits des politiques monétaires laissées à la discrétion des banques centrales, Jacques RUEFF avait expliqué l’insanité du système de Bretton Woods, Friedrich HAYEK avait démontré comment les manipulations de taux d’intérêt conduisent au « malinvestissement» et au chômage. Le monétarisme triomphant, les banques centrales s’étaient décidées à limiter la croissance de la masse monétaire, et la concurrence entre monnaies nationales a joué, grâce aux taux de change variables sur le libre marché des devises – la bonne monnaie se chargeant de chasserla mauvaise.

Mais le mal était n’était pas éradiqué, et progressivement monnaie et finance sont repassées sous le contrôle des Etats, par le biais des pressions politiques. On a délaissé la rigueur sous des prétextes divers.

Dernière leçon de l’histoire: les illusions ont toujours une fin, et la vérité vaincra.
Citation historique : « Pour détruire l’Occident il suffira de pervertir sa monnaie » (Lénine).


Jacques Garello


PS pour conclure ce rappel historique par un retour au présent et aux impostures illusions et autres sophismes qui n,ont d'autre but que de masquer une réalité qui contredit des convictions) ) voci une brève :
Gary BECKER (pris Nobel 1992, Université de Chicago) a commenté un récent rapport du Fonds Monétaire International suivant lequel la mondialisation a creusé l’écart entre riches et pauvres, non seulement au niveau des nations, mais aussi à l’intérieur de chaque nation. Il a rappelé trois évidences :

- même si les inégalités sont plus prononcées, ceux qui sont les plus pauvres ont connu une amélioration spectaculaire de leurs conditions de vie ;

- les inégalités sont dues au niveau de formation des individus considérés ; ceux qui ont reçu une meilleure éducation ont pu accéder aux technologies nouvelles et aux niveaux supérieurs de rémunération qu’elles servent ;

- puisque le travail plus qualifié donne un avantage incontestable, pourquoi certains pays ne font–ils pas un effort suffisant pour la scolarisation et l’enseignement technique ?

C'est tellement plus confortable d'accuser le capitalisme ou le libéralisme, déclinés , au choix, en néo-ultra-debridé-totalitaire, de causer les dysfonctionnements de nos sociétés ( au choix: école, santé, chômage, grippe aviaire ou fonte de la calotte glaciaire) que de questionner ses propres certitudes, se retrousser les manches et faire les sacrifices qu'exige la dureté des temps

Écrit par : Cadichon | 29 septembre 2008

"Et après on s'interroge benoîtement comme le Nouvel obs et Télérama sur les inégalités que creuse l'école."

Cadichon, c'est de l'humour ?

Que votre fille n'ait pas le temps de suivre les cours de latin qu'elle a en HK parce que la prof va trop vite, c'est une chose, mais de là à en tirer des leçons générales sur les inégalités de l'école !!!
Elle est dans quelle prépa, votre fille ? Sa prof a raison au moins sur un point : il faut qu'à la fin de l'année les grands débutants aient rattrapé les confirmés (enfin ça dépend aussi de leurs options). Après, honnetement, ceux qui sont en hk ne souffrent pas des inégalités de l'école, faut pas pousser non plus.

Écrit par : Jérémy | 29 septembre 2008

Cadichon : " ...se retrousser les manches et faire les sacrifices qu'exige la dureté des temps"

J'adore ...
Tout est dit !

"Moi je tiens le fusil, toi tu creuses ..."

C'est vrai que sur ce blog, à quelques exceptions près, je n'en connais pas beaucoup qui creusent ... Pour l'instant ...

Écrit par : Hervé | 29 septembre 2008

Ah, oui, pour ce qui est de "la dureté des temps", certains connaissent ...

"La rémunération annuelle médiane des patrons des géants du CAC 40 dépasse les 6 millions d'euros. Les grands patrons français sont désormais les mieux payés d'Europe. Selon l'étude annuelle de Hay Group, publiée mardi 12 février par La Tribune, 77 % des PDG des entreprises du CAC 40 ont vu leur rémunération augmenter de 40 % en 2007. La rémunération annuelle médiane comprenant le salaire de base, les bonus et les stock-options des patrons des géants du CAC 40 – au moins 40 000 employés et plus de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires –, se monte à 6,175 millions d'euros. A titre de comparaison, un Britannique perçoit 5,85 millions en moyenne, et un Allemand 3,94 millions d'euros." (Le Monde - 12 février 2008)

Et pour "se retrousser les manches et faires des sacrifices", y'en a qui sont plus égaux que d'autre, comme disait quelqu'un ...

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&id=58

Youpi, ça roule, ma poule !

Oui, je sais, Cadichon, inutile de me dire que je n'ai rien compris ...

Écrit par : Hervé | 29 septembre 2008

Je savais bien que Cadichon me manquait...
Un bon nombre de ,représentants américains pensent la même chose : il faudrait laisser le marché se réguler tout seul.
Ce serait drôle...
Ma chère, si le capitalisme actuel est, peu ou prpou, un capitalisme d'Etat, c'est peut-être qu'il n'a pas le choix : je crois fermement que les systèmes font ce qui est bon pour leur survie - et pas le contraire.
On n'en a pas encore fini avec l'Etat - et si on l'avait oublié, c'est la grande leçon de ces dernières semaines. C'est à une théorie globale de l'Etat qu'il faut revenir - ce que les Russes font excellemment, depuis quelques années. Quels que soient les soubresauts des marchés, ne resteront que les Etats qui auront eu à leur tête des hommes qui voyaient un peu plus loin que les cours de la Bourse.
Et le conflit est dans l'articulation entre l'Etat et ceux qui lui résistent (avec raison, je pense : la créativité, dans tous les domaines, dépend de cette résistance).

Cela dit, Cadichon, une Hypokhâgne, ce n'ets jamais de tout repos. Après, bien sûr, il y a l'art et la manière de les tuer de travail. Mais on les tue quand même : c'est le système le plus darwinien que je connaisse (je crois que je préfère "darwinien" à "libéral"... :-)))
JPB

Écrit par : brighelli | 29 septembre 2008

"Trop drôle, c'est ça l'inversion du sens... La suffisance à l'état brut, les vierges pures déflorées... On croit rêver, Christophe, soyez sérieux, relisez vous... Des victimes comme vous, on en voudrait plus... Je vous vois bien en train de fouiner avec Val lors d'un colloque du MEDEF avec plein de grandes phrases à la bouche et le mépris du peuple, le vrai celui qui vote pas Besancenot et qu'on appelle plus proletaire parce que c'est sale... Si vous pouviez sortir parfois d'entre VOS murs..."

Ecrit par : Hum...hum... | 28 septembre 2008

Victime, moi? C'est une blague. Je ne fais que constater. Etre vilipendé par quelqu'un tel que vous m'est indifférent à un point que vous ne pouvez imaginer.
De plus, je trouve que vous radotez... D'entre vos murs à vous! Appelez un maçon!

Écrit par : Christophe Sibille | 29 septembre 2008

"Ce blog radote. Autant les idées de J P Brighelli me paraissent justes comme certaines interventions sur ce blog, autant je suis choquée par le blablabla qui s'écoule. A croire que les professeurs qui s'expriment ne travaillent pas quand on voit la fréquence de leur pseudo.
Enfin , comme beaucoup de blogs, c'est du nombrilisme: vous ne semblez pas avoir la moindre conscience des difficultés d'autres professions. Il n'y pas que chez vous que ça va mal et vous, vous avez la chance de pouvoir le dire ou de vous arrêter quand vous le voulez!"

Ecrit par : Lectrice passante | 28 septembre 2008

Je crois qu'il serait bon que vous fassiez comme Saperlipopette, et que vous chaussiez vos lunettes.

-Les moments d'intervention de la plupart des blogueurs culminent à des heures où, vraisemblablement, vous ne travaillez vous-même soit pas encore, soit plus, soit les deux. ("Plus" dans le sens où vous avez déjà "débauché", comme on dit).

-La plupart des blogueurs ici traitent de problèmes qui dépassent très largement ceux liés à un quelconque corporatisme, et il serait bon que l'engagement de certains parents à s'occuper de leurs propres enfants soient égal à la foi que manifestent ces professeurs pour les instruire.

Écrit par : Christophe Sibille | 29 septembre 2008

« Si je ne fonde aucun espoir sur personne, c’est que le travail incessant de l’époque est la rééducation des “ploucs”, le reconditionnement par toutes les salopes dominantes des derniers rétifs issus de cette “France moisie”. Qui n’a sans doute été appelée salopement ainsi que parce qu’elle opposait une sorte de résistance informe aux élites, qui en ressentaient un légitime agacement.

“Laissez les rustres en paix !” lançait Gombrowicz en 1958 à des interlocuteurs de gauche scandalisés. “Laissez les gens vivre”, disait-il encore (ce qui finissait logiquement par lui attirer cette remarque : “Vous ne seriez pas fasciste, par hasard ?”).

Laisser les rustres en paix est une chose absolument impossible, que l’élitocrate hystérique n’envisage pas un seul instant. Parce que cela signifierait qu’il pourrait encore subsister, ici ou là, des traces, même très dégénérées, de l’ancienne vie spirituelle, c’est-à-dire aussi — car la vie spirituelle, c’est l’autre nom du jugement — une capacité résiduelle de juger extrêmement dangereuse pour le programme de contrôle et de soumission festifs qui s’étend partout, et qui a pour vocation d’incarner le nouveau maintien de l’ordre.

Les hommes des nouvelles élites n’ont rien à voir avec ce que l’on appelait ainsi autrefois. Ce sont, je l’ai déjà écrit il y a bien longtemps, des matons. Des matons de Panurge. Eventuellement déguisés en mutins de Panurge. Avec des clochettes et un nez rouge. Et qui veillent à la mutation du reste de l’espèce, c’est-à-dire des “ploucs”, qu’ils espèrent transformer au plus vite en mutés de Panurge.

Cette besogne se poursuit sans relâche dans tous les domaines, et le but est d’obtenir que le “plouc” n’ait plus une seule idée à soi, ni d’autres désirs que ceux qui ont été sélectionnés par les nouvelles élites mondialisées.

Il n’est pas question de laisser le rustre en paix parce que cela signifierait que pourraient encore perdurer, dans des coins obscurs, d’inquiétantes radicalités, des singularités, des antagonismes, peut-être des souverainetés, et même des pensées magistrales.

De tout cela il subsiste des traces, bien sûr, même quelquefois de beaux vestiges, mais ils sont cernés de toutes parts, on les travaille de toutes les manières, par toutes les techniques et tous les procédés.

Quand la détestable cinéaste Coline Serreau, par exemple, déclare fièrement que tous ses films sans exception “parlent du patriarcat et de sa destruction, seule évolution possible pour l’humanité, dans le sens où ce système détruit toute l’humanité”, on est là face au maton de Panurge en train de bêler sa peur et sa haine, et on peut en déduire que ce fameux patriarcat mythique constitue désormais l’une de ces radicalités, l’une de ces inquiétantes singularités, l’un de ces antagonismes lumineux et résiduels que les cagots criminels de l’élitocratie redoutent si fort, et qu’il a, contrairement à ce que croit la cinéaste susnommée, tout l’avenir devant lui en tant que facteur d’échec potentiel par rapport au programme d’asservissement des matons de Panurge.

Ce qui ne signifie pas qu’il gagnera, au contraire ; mais, sous une forme ou une autre, à divers moments, et de manière imprévisible, il grippera la machine, il en fera surgir les ridicules, il la poussera à s’énerver et à se contredire, peut-être même à se dévorer elle-même. »

Philippe Muray, Festivus festivus .

Écrit par : Les infos d'Amélie | 29 septembre 2008

Je dis peut-être une sottise, enfin une ânerie, mais il y a des rustres qui refusent d'être des moutons mutés dont ce blog est l'illustration.
Je demande la permission de raconter une histoire et tant pis si elle est hors- sujet mais elle parle de moutons et je l'aime assez.
Un berger garde son troupeau dans le calme et la splendeur d'un paysage de montagne loin du fracas et de la fureur des villes, loin des salons mondains et tout et tout... Surgit à toute allure une Range Rover qui s'arrête dans un nuage de pousière et dont descend un homme vêtu avec élégance. Ici,on brode à volonté en énumérant, si on les connaît ,les griffes les plus célèbres.
Il s'adresse au berger en ces termes :
- Dites- moi, mon brave, si je vous donne le nombre exact de vos moutons, m'en donnerez-vous un en échange ?
Le berger accepte.
L'homme sort son ordinateur et tout un matériel performant et sophistiqué. Là, ceux qui s'y connaissent peuvent entrer dans le détail et en rajouter une dose pour faire durer l'histoire. Il annonce fièrement le résultat : 1586 moutons.
Le berger l'autorise à choisir un animal lequel est chargé dans le coffre de la voiture puis propose à son tour :
- Si je devine votre métier, me rendrez-vous mon animal ?
Amusé, l'homme répond par l'affirmative.
- Eh bien, déclare paisiblement le berger, vous êtes énarque et vous réalisez des AUDITS.
Et comme l'interlocuteur s'étonne d'une telle perspicacité, le berger poursuit :
- Ce n'est pas bien difficile à deviner. Vous venez sans que l'on vous ait demandé, vous voulez être payé d'une question dont je connais la réponse et vous ne connaissez rien à mon métier. Alors maintenant, rendez-moi mon chien.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 29 septembre 2008

Je n'ai strictement rien compris à ce qu'a écrit cadichon et tant mieux si vous, vous avez compris. Je trouve que l'on s'éloigne du clacissicisme de Boileau : "Ce qui se conçoit bien..."

Sa "main invisible du marché" me paraît relever de la pensée magique, mais il est vrai que je ne suis qu'un humble professeur de collège.

Ce que j'ai compris, en revanche, c'est que que le principe de la concurrence concernait tout le monde sauf sa propre fille.

Écrit par : Robin | 29 septembre 2008

Que pensez-vous tous deux, et les autres z'aussi d'ailleurs, d'un prof de latin qui dit à ses élèves, grands débutants en HK, qu'elle fonce exprès à toute allure sans prendre le temps d'expliquer.

Ecrit par : Cadichon | 29 septembre 2008

Que c'est la même chose en maths sup, que c'est débile, que c'est une méthode de sélection comme une autre, que c'est ce qui fait le charme des prépas, qu'il faut s'accrocher, et qu'on n'y peut pas grand chose.
Marche ou crève !
Bon courage à votre fille.

Écrit par : yann | 29 septembre 2008

Bon courage à votre fille.

Ecrit par : yann | 29 septembre 2008

Je vous dis évidemment la femme chose que yann, cadichon, à vous et à votre fille. Moi aussi, je crois à la libre concurrence, mais jusqu'à un certain point. Un dernier conseil d'un qui est passé par là (hypokhâgne à La Bruyère et khâgne à Henri IV) : donnez lui beaucoup d'affection et intéressez-vous à ce qu'elle fait, pas seulement vous, mais aussi votre conjoint (le père ET la mère) et ne décidez pas juste à ce moment-là, de vous séparer de votre mari. (expérience perso.)

Écrit par : Robin | 29 septembre 2008

Ce que j'ai compris, en revanche, c'est que que le principe de la concurrence concernait tout le monde sauf sa propre fille.

Ecrit par : Robin | 29 septembre 2008

Excellent, Robin !

Écrit par : yann | 29 septembre 2008

Comment voulez-vous que je puisse m'extasier devant un système dans le cadre duquel nous avons acheté un appartement 210 000 euros en décembre 2005 et que nous sommes obligés de revendre aujourd'hui à perte aux environ de 185 000 euros, si tant est que nous y parvenions.

...Et dans lequel nous sommes obligés, en tant que contribuables : affaire du crédit lyonnais en France et c'est la même chose pour les Américains, en pire, de mettre la main à la poche pour sauver ces malheureux hommes d'affaire qui empochent des millions d'euros ou de dollars en stock options après avoir mis leur boîte en difficulté ou en faillite.

Je n'ai rien contre vous, cadichon, en tant que personne, mais est-ce que vous pourriez avoir l'honnêteté , une bonne fois pour toutes, en tant qu'être pensant, d'avouer qu'il y quelque chose qui ne tourne pas rond dans la tournure que prend actuellement le capitalisme ?

Écrit par : Robin | 29 septembre 2008

Robin, si j'ai bien tout suivi, Cadichon avoue, en disant que la solution est dans un capitalisme débarassé des interventions étatiques.
Le souci est peut-être que comme cela n'a en fait quasiment jamais été essayé ailleurs qu'à l'échelle microscopique d'un "foyer fiscal" (chiche que je présente à mon banquier un budget 2009 avec 3 % de déficit par rapport à mon chiffre d'affaires !), on n'est pas beaucoup plus sûr que ça marche que la version actuelle. Quoiqu'en dise Oncle Milton.

Écrit par : yann | 29 septembre 2008

Merci à ceux, celles qui ont réagi à mes commentaires !
Et quelques mots pour éviter des malentendus:
1/ il est clair que je me situe dans un point de vue qui est celui que combattent sans relâche J.P.B.,ce blog, Sauvons les Lettres....Plus précisément cette polémique à laquelle je n'ai pas cessé de participer date des années où ,Chevènement étant ministre de l'EN ,firent grand bruit et débats le livre de Milner et , entre autres, un certain "Poisson soluble..." , modèle du genre dans le pamphlet anti-pédagogiste...
J.P.B. à cette époque ( faudrait vérifier les dates) collabora à un manuel chez Magnard ( éditeur connu pour ses choix "pédagogistes" ) dont ce que je peux dire c'est qu'il était (paradoxalement) une mine d'or pour des enseignants "formés" préparant leurs cours ou des étudiants solides mais à ne surtout pas à mettre dans les mains des élèves ( contrairement aux excellentes séries de Nathan): il y avait de quoi transformer en bouillie les quelques repères solides qu'ils avaient , le manuel en x tomes faisant appel à toutes les modes en cours dans la critique dite "moderne".
Débutait donc , avec exactement et drôlement tous les mêmes ingrésients qu'encore actuellement, la querelle pédago-politique opposant "pédagogisme" , "démocrates"( se réclamant de nombreux héritages dont celui de ce que j'ai connu comme le meilleur ministre de l'EN, Alain Savary très malproprement mis à la porte par Mitterand ) et ceux que j'appelais et appelle dans mon jargon " le front unique républicain" , fort hétéroclite, allant d'extrêmes droites à extrêmes gauches ( en référence à fameux débat lancé par R.Debray dans le Nouvel'OBS entre les deux traditions historiques françaises: démocrates et républicains !)
2/ Très franchement et croyez moi ou non: ce débat je l'ai eu et l'ai encore avec des très proches ( familles; ami(e)s; collègues) et même en moi-même,(ex) prof., syndicaliste, tout simplement citoyenne. C'est un débat qui comme tous ceux, historiques et en x pays dits "développés" d'Europe et du monde agitent les opinions est éminemment "politique", au coeur de l'humanisme toujours à inventer.
Les critiques et solutions des "deux camps" sont quand on est prof., investi en x associations,syndicats ...et parent, et même grand-parent , pleines de contradictions...et que d'erreurs commises avec les meilleures intentions du monde.
Bref: après avoir bien pesé le pour et le contre , bien débattu avec les uns et les autres ( j'adore confronter mes idées, mes interrogations avec celles de personnes bien différentes de moi ; aucun camp ne pouvant se prévaloir de la vérité, il fallait et il faut bien choisir en tâchant d'avoir une démarche "dialectique" .)
je persiste donc et signe: tout ce que vous reprochez au "pédagogisme" n'est pas grand'chose par rapport à toutes les "usines à gaz", "rationalisations" pondues par des apparitchiks adeptes de la "technocratie"( l'antihumanisme par définition ) . La dernière astuce de nos gouvernances étant de compter sur les profs, surtout les "pédagogues" mais aussi les "républicains" pour bricoler par amour et respect de leur métier , de leur discipline et des élèves qui leur sont confiés pour "faire marcher leur machine " ( délirante!)
Chacun(e) a mille raisons d'être très en colère. Ce qui me chagrine terriblement c'est qu'au lieu de faire front contre ce qui est la plus grande attaque connue contre le service public ( "unifié " d'éducation nationale,par des gouvernances pour lesquelles le premier souci n'est certes pas l'instruction, l'éducation , la recherche nous tombons dans le piège bien conn u des es manipulations de nos "communicants" . Nous dépensons nos énergies à nous faire des gueguerres entre personnels, parents, dont les plus fragiles ( dont les enfants, ados) sont les otages et les "vicimes" ce qui reste du service public .
Si j'ai écrit que j'arrêtais ma participation au blog...avais mieux à faire...c'est que je continue, libre à vous de penser tout ce que vous voulez ..à échanger avec les personnes les moins d'accord avec moi , de milieux et statuts des plus divers..., de faire ce que je peux pour les faire profiter de mes acquis de prof, pédagogue , syndicaliste et de continuer à me "former" dans mes loisirs de retraitée .
On est dans un monde totalement dingo. raison de plus pour essayer de ne pas multiplier les "servitudes volontaires" sur lesquelles comptent nos "gouvernances" .
C'est très bien que ce blog permette à des personnes qui de toute évidence ont des passés communs, sont isolés les uns des autres, d'échanger . Mais je crois pour l'avoir vécu depuis mes études, et en x situations que les "postulats" qui vous réunissent malgré des divergences notables relèvent de ce qu'on appelle "élitisme républicain" excluant de fait toutes les "populations dangereuses et laborieuses", les "barbares" dans versions françaises diverses du "choc des civilisations"...
Je ne doute pas de votre sincérité quand vous croyez qu'il suffirait de revenir aux bonnes recettes de l'école républicaine pour "instruire" et "éduquer" à la "civilité " ces jeunes de milieux des plus défavorisés ou même des classes moyennes mais c'est un fait: la société a changé, les jeunes changent et déconcertent les enseignants et parents, les moyens dits de "communication et d'information" sont de plus en plus difficiles à maîtriser, la "culture" est bradée sur les cours en bourse ...Alors c'est assez dérisoire et presque puéril, en tout cas pas digne de niveau culturel, intellectuel des intervenants de ce blog de ramener des problèmes qui certes nous dépassent à de telles personnalisations, têtes de turcs , règlements de comptes vraiment "pipolisants" ...
Je comprends la déception des uns et des autres mais il fallait une certaine naîveté de Candide pour penser que le nouveau président (despote )et ses ministres tiendraient compte des avis éclairés des hussard(e)s de terrains...Trop contents tous et toutes de faire joujou avec nos contradictions et tirer les marrons du feu pour livrer le marché de l'éducation à x lobbies...financiers, instaurer la concurrence libre et non faussée entre personnels et établissements ( en prime un peu de charité chrétienne pour les "pauvres" méritants).
Je me rappelais avec le sourire que de 1967 ( date d'agreg et de premier poste) jusqu'à 2003 , date de retraite , avec certes parfois des petits conflits et ennuis avec x chefs ou cheftaines, en lettres je n'en faisais qu'à ma tête : au diable toutes les modes, toutes les prescriptions de x ministres, inspecteurs. Oui ou non l'indépendance pédagogique et intellectuelle ça se défend...et je remarque que nos actuelles gouvernances commencent à battre les records pour mâter qui ose se révolter ( avec des droits acquis par x luttes de hussard(e)s et qui dont plus en plus bafoués, y compris par Darcos, pourtant du sérail ) .
Je redis que je vous souhaite plus que du courage dans une conjoncture où si nous nous y mettons pas tous et toutes ( y compris retraités encore valides malgré les usures accumulées) on se demandera ( en démarches "historiques") comment nous avons pu laisser massacrer notre Ecole, de maternelle à universités).
aml
PS J'ai eu la veine d'échapper aux paroxysmes des "évaluations", de la "culture des résultats", du travailler plus pour gagner moins , y compris pour ma retraite après avoir fait je ne sais combien de journées de grève ( non payées!) , de manifestations...sous droite et gauche, d'avoir écrit tout le mal que je pensais de x programmes, réformes formation des maitres . toutes récupérées perversement par apparitchiks du mammouth et classe envahissante ( dès années 80-90 ) des experts technocrates. Bref: le bilan est triste de 40 ans de travail , de recherches de propositions alternatives proposées par les "gens" de terrain surmontant leurs antagonismes pour faire le mieux possible sans démagogie avec des "cohortes" d'élèves, d'étudiants certes bien différentes de celles des époques ( ma génération, née pendant seconde guerre) où 1O% de jeunes accédaient au bac après x sélections, orientations et "compromis" des 30 glorieuses . Pas besoin de ce blog, vu tout ce que j'apprends par des proches , profs de maternelle à Université, travaillant en x secteurs "privés", ou professions libérales, ou précaires, intermittents, au chômage..., de x "générations" et "couleurs"...pour ne pas enrager contre un "populisme" , une démagogie, des matraquages de l'opinion qui caractérisent la "résistible" ( ???) ascension de Nicolas le Petit ( allusion certes non à sa taille mais à V.Hugo polémiquant de son exil sur une île contre Napoléon...!!!)

Écrit par : aml | 29 septembre 2008

Vous avez raison, yann...Et ce n'est pas l'Etat qui submerge les particuliers d'offres de crédits toutes plus mirobolantes les unes que les autres (nous en recevons trois ou quatre par semaine, comme tous les foyers français), et ce n'est pas non plus l'Etat qui exige des rendements à court de terme de 15%. Maintenant, c'est vrai que l'Etat est loin de montrer l'exemple en termes de gestion "macroscopique". Et c'est le contribuable qui paie l'addition. Cadichon ne dit rien de la génèse de la crise de l'immobilier dans son pays d'adoption et son explication de la crise de 1929 me paraît plus que sommaire (elle ne parle même pas de la question de la surproduction agricole, notamment en Amérique du Sud). Et qui peut nier les retombées bénéfique du "New deal" de Roosevelt ?

Écrit par : Robin | 29 septembre 2008

Le capitalisme a 700 ans !! Ca m'était complètement passé à côté ou sorti de la tête .Je lui en donnais la moité. Manque d'instruction.
Si le capitalisme a survécu à sa crise de foi la plus grave et la plus longue (le communisme en URSS et ses satellites ),faut-il être sorti de Sciences Po pour dire qu'il s'en sortira encore une fois,sans doute rapidement cette fois.
A moins qu'on se donne à l islamisme pour un siècle paradisiaque , ouma après urss,je rigole.
Les crises du capitalisme sont, à mon humble avis, la condition principale de sa vie.
Eternelle ?
Tu rigoles,le ps est là qui va nous arranger ça.

Écrit par : bernard | 29 septembre 2008

Bonjour tout le monde. Je passe vite fait pour apporter un autre éclairage sur la reproduction des élites des classes prépa.
Hier après-midi, tout en recousant son chien, je discutais avec un agriculteur plutôt de pointe que je connais depuis 25 ans. Ses trois enfants ont reçu une excellente éducation, ont été tous trois de brillants élèves sans difficultés et tout particulièrement la fille aînée. Il m'a expliqué que sa fille n'a pas voulu aller en prépa car on lui en avait fait à plusieurs reprises un très sombre tableau: esprit de compétition poussé à l'extrême, élèves communiquant à d'autres des données fausses pour les planter et les supplanter, refus de communiquer les cours à ceux qui auraient été absents, ou, plus machiavélique, refiler un faux cours truffé d'erreurs.
C'est loin d'être la première fois que j'entends ces propos. Dans ces conditions, il n'est guère étonnant que la majorité des élèves de prépa soient les descendants ou collatéraux de ceux qui ont fait une prépa et qui présentent le plus souvent aux élèves une description positive de l'ambiance de ces classes sans leur cacher le fait que ce sont des années de travail intensif.
D'où proviennent ces rumeurs qui dégoûtent les non-initiés de s'inscrire dans ces classes même si leur niveau est amplement suffisant et leur mental adapté?

Écrit par : dobolino | 29 septembre 2008

Que pensez-vous tous deux, et les autres z'aussi d'ailleurs, d'un prof de latin qui dit à ses élèves, grands débutants en HK, qu'elle fonce exprès à toute allure sans prendre le temps d'expliquer.

Ecrit par : Cadichon | 29 septembre 2008

Je pense "accroche-toi, ma fille, ça va se décanter à la Toussaint, y'a des vacances! Tu verras qu'après ça ira mieux et qu'après celles de Noël, ça roulera sur le velours".

Écrit par : dobolino | 29 septembre 2008

Merci, AML. Que les autres "blogueurs réguliers" n'en prennent pas ombrage, mais je pense que vos propos sont de ceux qui rendent ce blog plus crédible aux yeux de ses lecteurs "de passage".

Écrit par : Christophe Sibille | 29 septembre 2008

"Je ne doute pas de votre sincérité quand vous croyez qu'il suffirait de revenir aux bonnes recettes de l'école républicaine pour "instruire" et "éduquer" à la "civilité " ces jeunes de milieux des plus défavorisés ou même des classes moyennes mais c'est un fait: la société a changé, les jeunes changent et déconcertent les enseignants et parents, les moyens dits de "communication et d'information" sont de plus en plus difficiles à maîtriser, la "culture" est bradée sur les cours en bourse ...Alors c'est assez dérisoire et presque puéril, en tout cas pas digne de niveau culturel, intellectuel des intervenants de ce blog de ramener des problèmes qui certes nous dépassent à de telles personnalisations, têtes de turcs , règlements de comptes vraiment "pipolisants" ..."

Et c'est bien dommage car ça serait plus facile que de devoir changer le monde!!!

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 29 septembre 2008

"Robin, si j'ai bien tout suivi, Cadichon avoue, en disant que la solution est dans un capitalisme débarassé des interventions étatiques.
Le souci est peut-être que comme cela n'a en fait quasiment jamais été essayé ailleurs qu'à l'échelle microscopique d'un "foyer fiscal" (chiche que je présente à mon banquier un budget 2009 avec 3 % de déficit par rapport à mon chiffre d'affaires !), on n'est pas beaucoup plus sûr que ça marche que la version actuelle. Quoiqu'en dise Oncle Milton.

Ecrit par : yann | 29 septembre 2008 "

C'est un argument fréquent mais bien naïf de comparer le budget d'un Etat à celui d'une famille.

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 29 septembre 2008

"qu'il y quelque chose qui ne tourne pas rond dans la tournure que prend actuellement le capitalisme ?

Ecrit par : Robin | 29 septembre 2008 "

Pas rond pour qui? Telle est la question!!!

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 29 septembre 2008

"C'est tellement plus confortable d'accuser......que de questionner ses propres certitudes, se retrousser les manches et faire les sacrifices qu'exige la dureté des temps

Ecrit par : Cadichon | 29 septembre 2008

On ne vous le fait pas dire!!!

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 29 septembre 2008

"Si ma fille n'avait pas deux parents-répétiteurs qui reprennent point par point après chaque cours ce qui a été fait elle aurait déjà décroché."

Mais qui veut réussir?

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 29 septembre 2008

"Si ma fille n'avait pas deux parents-répétiteurs qui reprennent point par point après chaque cours ce qui a été fait elle aurait déjà décroché."

Si je comprends bien, vous êtes pour les "parents-Providence" ? ;-)

Écrit par : Robin | 29 septembre 2008

C'est un argument fréquent mais bien naïf de comparer le budget d'un Etat à celui d'une famille.

Ecrit par : Hervé de Strasbourg | 29 septembre 2008

Mince, j'ai encore oublié le smiley !
Mais, vous avez raison, chuis naïf, ou plutôt un foutu abruti d'franchouillard qui comprend que dalle à l'économie.

Écrit par : yann | 29 septembre 2008

Que pensez-vous tous deux, et les autres z'aussi d'ailleurs, d'un prof de latin qui dit à ses élèves, grands débutants en HK, qu'elle fonce exprès à toute allure sans prendre le temps d'expliquer.

Ecrit par : Cadichon | 29 septembre 2008

1) Elle fonce pour faire le tri d'emblée entre les flemmards et les autres, et ne garder que les autres
2) Elle pense que le latin ne sert plus à rien
3) Elle pense que l'enseigner est une plaie vu que les lycéens qui lui arrivent ne savent plus rien en grammaire et en orthographe et n'ont aucune culture littéraire qui puisse faire écho à la culture latine (ils ont passé leurs années de lycée à repérer les connecteurs spatio-temporels, à faire les schémas actanciels et à apprendre par coeur les "délires à crever d'ennui du prof" sur les objets d'étude, sur les genres et les registres....).

Écrit par : Jean | 29 septembre 2008

Franchouillard ou pas, Yann, tu sais déjà gérer un stock, vendre tes services, négocier les prix, faire ton bilan et en tirer les conclusions qui s'imposent, augmenter tes tarifs de façon cohérente, choisir ou non de vendre du pet-food etc... Ce n'est peut-être pas grand chose mais ça te met le nez dans une réalité économique au quotidien, même si c'est à une petite échelle.

Écrit par : dobolino | 29 septembre 2008

Au fait, pourquoi se pourrir la vie avec "Entre les murs" quand on peut déguster la bande dessinée de Riad Sattouf "Retour au collège" ? Elle m'avait fait pleurer de rire !

http://www.evene.fr/livres/livre/riad-sattouf-retour-au-college-15332.php

Des personnes ont lu cette bande dessinée ? Elle a été écrite par un jeune auteur "en immersion pendant 15 jours dans l'un des meilleurs établissements de Paris".

Entre deux éclats de rire, on peut même un peu réfléchir à ce léger malaise qui prend naissance en nous face à l'attitude de l'auteur qui, contrairement à Bégaudeau, se met en scène sans détour et ne nous cache rien de ses obsessions.

En fait, en y réfléchissant, je crois que cette BD permet de toucher du doigt le fait que vouloir être proche des jeunes est rarement sans arrière-pensée et en particulier sans le désir de manipuler.

Écrit par : johnmarguerite | 29 septembre 2008

Je n'aimais pas des masses la vie secrète des jeunes lorsque je lisais Charlie Hebdo. Même pas du tout. Regard trop méprisant, excessivement méprisant.

Écrit par : dobolino | 29 septembre 2008

J'ai vu le film et je vous trouve injuste au moins sur un point : vous avez marché à cent à l'heure, vous êtes rentré dedans et ce que vous commentez, c'est l'histoire qu'on vous raconte. ça prouve que c'est pas si mal fait que ça. Je pense effectivement que le prof est dépassé par sa propre logique, pris à son propre piège. J'ai interprété cela comme une évolution volontaire du scénario, comme le "message" du film : à force de vouloir être le plus sympa, on se fait avoir. J'ai interprété ce film comme disant exactement le contraire de ce que vous lui faites dire. J'ai mal compris? En tout cas le fond du propos rejoint vos idées, et d'ailleurs, la dernière scène en est la confirmation. En prime, bel exercice de théâtre (rien de documentaire là-dedans, il faut être un imbécile de télérama pour accorder le moindre crédit "documentaire" à ce film). Une improvisation maîtrisée, bien mise en scène, bien écrite. J'ai bien apprécié ce travail. Seul bémol : c'est vraiment trop long et certains scènes sonnent horriblement faux (toutes les scènes de salle des profs en fait, pour le coup dégoulinantes de bons sentiments). Merci pour votre blog, sinon, merci d'être là et bonne continuation.

Écrit par : coline | 29 septembre 2008

En même temps je ne lis pas Charlie Hebdo, mais bon !

Fait pas chaud ici, d'un coup, hein ?!!!

Sinon, du même auteur, vous avez lu "Mémoires d'un puceau" ? Ou alors "Les pieds de Florence" ? Pascal Brutal ?

Ahem... bon et bien je reviens tout à l'heure !...

Écrit par : johnmarguerite | 29 septembre 2008

Ecrit par : coline | 29 septembre 2008

Après tout pourquoi pas (il est vrai que j'ai cru comprendre que le film se terminait par une séquence avec une élève avouant qu'elle n'avait rien appris en français), admettons que Cantet n'est pas Bégaudeau.

Il faut dire que je suis d'humeur plus badine depuis que j'ai découvert les quelques morceaux choisis de l'antimanuel de littérature sur le blog de Pierre Assouline : c'est digne de la Méthode Cauet ou d'Arthur !

Écrit par : johnmarguerite | 29 septembre 2008

A l'attention de la fille de cadichon et de tous ceux qui font une CPGE : ne pas rester seul, ne pas se monter la tête avec "toutes les histoires que l'on raconte", se faire deux ou trois bons amis et se retrouver régulièrement pour travailler ensemble...Et s'accrocher...Même et surtout les jours où on se dit que c'est trop dur et qu'on n'y arrivera jamais. C'est fait pour et si on surmonte, on y arrive.

Écrit par : Robin | 29 septembre 2008

Après tout pourquoi pas (il est vrai que j'ai cru comprendre que le film se terminait par une séquence avec une élève avouant qu'elle n'avait rien appris en français), admettons que Cantet n'est pas Bégaudeau.

Ecrit par : johnmarguerite | 29 septembre 2008

Difficile tout de même de dissocier les 2 compères. Dès le départ L. Cantet trouve en F. Bégaudeau un collaborateur de génie pour mener à bien son projet politique. Celui, évident et explicite de fourguer aux spectateurs l'idée que l'école de demain sera bien une école délestée d'une bonne dose d'autorité et d'efficience symboliques.
Le film est en tout premier lieu de l'avis même de L. Cantet un acte militant contre ceux et celles qui défendent les principes d'une école qui se donne les moyens d'instruire les élèves, sans leur raconter des histoires.
"À la sortie de Vers le sud, j’ai rencontré François qui présentait au même moment son nouveau livre, Entre les murs. Son discours était un contre-feu aux réquisitoires sur l’école d’aujourd’hui : pour une fois, un prof n’écrivait pas pour régler ses comptes avec des adolescents présentés comme des sauvages ou des abrutis". (L. Cantet sur le site officiel du film)

Écrit par : david.D | 29 septembre 2008

DU PASSÉ FAISONS TABLE RASE…

J'aime bien l'Internationale… Bien que je trouve que certains qui l'ont chantée étaient manifestement à contre emploi et d'autres n'ont pas toujours compris les paroles. Mais il y a un vers qui me reste au travers du gosier : c'est « Du passé faisons table rase. »
Quand je suis subjectif je pense que l'Eugène (Pottier) s'est planté le jour où il l'a écrit… Et les jours où je suis objectif, je me dis que c'est un propos ambiguë, que les cons vont comprendre de travers. Il voulait sûrement faire table rase de tous les systèmes d'oppression et d'exploitation dont étaient victimes les malheureux “damnés de la terre”.
Certains (autrement dit les cons) ont compris que le table rase concernait notre culture, nos savoirs, notre civilisation… Ces vertueux ont tout mélangés : la culture serait elle-même un système oppressif et ils proclamèrent la disqualification de la culture. Ils confondirent deux choses : que ce n'est pas la Culture qui est oppressive mais le fait que lorsqu'elle s'exprime dans un système oppressif, son image est partiellement dénaturée. Les imbéciles plutôt que de s'en prendre à l'oppression s'en prirent à la culture.
C'est sans doute ce qui est en cause dans le film « Entre les murs » : la vision d'une école refusant la culture et les savoirs comme instrument d'oppression… C'est pour cela que je trouve un peu vains les critiques et les honneurs cinématographiques portés sur cette “œuvre”. C'est une œuvre idéologique qui ne peut être soumise qu'aux feux de la critique idéologique…
Bigoudi est un révolté qui a mal compris “Du passé faisons table rase.”

Je préfère et de loin la manière dont Juliette fait table rase des ”Petits métiers” dont voici la dernière strophe… En regrettant que la voix de Juliette soit absente…

Que sont donc devenus
La toucheuse de bœufs
L'enjoliveur d'obus
Et le pinceur de louches ?
Où donc se sont perdus
Le dénoueur de nœuds
La torcheuse de culs
Et l'enculeur de mouches ?
Qui donc les a revus
Le dépendeur d'andouilles
La mangeuse de santé
Et l'étouffeur de vents ?
Ils ont bien disparu
La gonfleuse de couilles
Le démorveur de nez
Et l'étrilleuse de glands
La tripoteuse d'acné
Le faiseur d'mauvais sang
La fileuse de diarrhée
- Aaaaaaaaah !
Et l'équarrisseur d'enfants !

Paroles: Pierre Philippe. Musique: Juliette Noureddine 1993 "Irrésistible"

Écrit par : Roger Felts | 29 septembre 2008

Ecrit par : david.D | 29 septembre 2008

Et bien merci de la citation ! Ca me rappelle cette fameuse phrase prononcée par Cantet ou Bégaudeau : "on sait que l'idéologie nous rattrapera" pour disqualifier à l'avance toute critique de leur film.

Écrit par : johnmarguerite | 29 septembre 2008

P.S. : J'ai oublié de le signaler, mais tout le monde aura compris, cette dernière strophe est entièrement dédiée à notre Bigoudi…

R.F.

Écrit par : Roger Felts | 29 septembre 2008

Je rappelle que Bégaudeau est co-scénariste officiel du film. Et que ses discours d'après-film, ses interviews récentes, ne montrent aucun amendement par rapport à son livre déjà calamiteux - mais au contraire, comme le prouve abondamment l'anti-manuel de français, une surenchère dans le poujadisme bobo-pédago. Je comprends bien pourquoi Meirieu, qui en a vu tout le danger caricatural, vomit le film en faisant semblant de lui tresser des lauriers (techniques)...

Dobolino, il y a des rumeurs stupides sur tous les systèmes compétitifs. Il fut un temps, les petits rats de l'Opéra passaient pour se glisser des lames de rasoir dans les chaussons les unes des autres. Un très beau fantasme sadien - mais juste un fantasme.
JPB

Écrit par : brighelli | 29 septembre 2008

Le livre et le film délivrent effectivement, une "idéologie" sous-jacente, celle des "penseurs" des années 60 : Michel Foucault et surtout Pierre Bourdieu, réduite à sa plus simple expression.

Tout savoir est "bourgeois" par essence, toute transmission constitue une "violence symbolique" et l'école "reproduit" "en dernière instance" la société de classe, superstructure du mode de production capitaliste.

Ayant fait ce diagnostic (contestable), certains intellectuels trotsko-maoïstes qui auraient pu faire de bons enseignants choisirent, non sans courage, dans les années 60, l'usine et le militantisme.

Cantet/Bégaudeau, eux, ont préféré, autres temps, autres moeurs, le cinéma et les avantages qui vont avec.

Quant aux retombées politiques de ce film, elles sont à mon avis, à peu près nulles, sauf auprès de la droite extrême qui sort conforté dans ses préjugés sur les "classes dangereuses" et de la majorité silencieuse qui essaiera de profiter au maximum de l'assouplissement programmé de la carte scolaire ou qui "mettra le petit dans le privé".

Écrit par : Robin | 29 septembre 2008

@ Robin
.....Quant aux retombées .....nulles.....
Et les instituteurs et les professeurs vont continuer à vouloir faire la classe comme "Bégaudeau" ?
On ne changera pas , na !

Écrit par : bernard | 29 septembre 2008

j'avais entendu bien d'autres choses sur les "petits rats de l'opéra" notamment des histoire de vieux messieurs qui ...etc etc

Pour les prépas, oui. Certains pratiquent ce genre de coups. Mais enfin, les étudiants en médecine annoncent aussi de faux exam, les étudiants de Licence cachent les bouquins de la biblio afin d’être les seuls à pouvoir réviser (oui, même à la fac). Des coups comme ça, il doit y en avoir partout, mais cela reste minoritaire.

Écrit par : uncertain | 29 septembre 2008

histoires

Écrit par : uncertain | 29 septembre 2008

Dobolino, il y a des rumeurs stupides sur tous les systèmes compétitifs. Il fut un temps, les petits rats de l'Opéra passaient pour se glisser des lames de rasoir dans les chaussons les unes des autres. Un très beau fantasme sadien - mais juste un fantasme.
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 septembre 2008
Oui, mais ces rumeurs font que ceux qui n'ont pas de contre-feu valables dans leur entourage cèdent la place. On dit aussi que vous autres professeurs êtes des monstres qui faites tout pour "casser" les élèves. Je l'ai même vu écrit sur ce blog il y a peu.

Écrit par : Dobolino | 29 septembre 2008

Je me rappelle, en hypokhagne, un travail certes intensif, mais qu'une bonne organisation rendait très surmontable. Et j'ai d'anciens élèves qui ont intégré Normale et qui ont beaucoup apprécié l'atmosphère de prépas où, selon leurs propres dires, l'esprit d'émulation allait de pair avec une réelle camaraderie.

Écrit par : Sylvie Huguet | 29 septembre 2008

Les définitions d'auteurs de Bégaudeau dans son dernier livre :
”Artaud : sa soeur Florence traversa l’Atlantique en catamaran pour fuir ses cris”,
“Bernanos : Antisémite et auteur de bons livres, cela se peut”,
” Char : M’aura au moins permis de placer “Arrête ton char René” dans quelques conversations”,
“La Rochefoucauld : Rien à faire, chaque fois que vous le croisez en ville vous l’appelez Maxime”,
“ Proust : Peut être considéré comme un immense écrivain, si on arrive à oublier qu’il se prénomme Marcel”,
“Zola : Aurait eu l’air malin si Dreyfus était coupable”,
“Diderot : Un ami, et c’est réciproque”…

Cela ne vous rappelle pas les brèves “humoristiques” du numéro 2 de SINÉ-HEBDO… Je me demande si Sibille n'est pas un troll de Béguedeau…

L'BIGOUDIN

Écrit par : L'Bigoudin | 29 septembre 2008

"Ce que j'ai compris, en revanche, c'est que que le principe de la concurrence concernait tout le monde sauf sa propre fille.
Ecrit par : Robin | 29 septembre 2008

Et vous qui prétendiez n'avoir rien compris à son message !

Alors que vous avez compris l'essentiel.

Farceur !

Écrit par : Jérémy | 29 septembre 2008

livre :
”Artaud : sa soeur Florence traversa l’Atlantique en catamaran pour fuir ses cris”,
“Bernanos : Antisémite et auteur de bons livres, cela se peut”,
” Char : M’aura au moins permis de placer “Arrête ton char René” dans quelques conversations”,
“La Rochefoucauld : Rien à faire, chaque fois que vous le croisez en ville vous l’appelez Maxime”,
“ Proust : Peut être considéré comme un immense écrivain, si on arrive à oublier qu’il se prénomme Marcel”,
“Zola : Aurait eu l’air malin si Dreyfus était coupable”,
“Diderot : Un ami, et c’est réciproque”…

Ecrit par : L'Bigoudin | 29 septembre 2008

C'est plutôt faiblard!
Ce Bigoudeau est souvent invité aux Polémistes de RTL et il y brille par son baratin...

Écrit par : Jean | 29 septembre 2008

Tout le reste est-il de la même encre? On peut le craindre, vu le mépris affiché que le monsieur voue à ses ex-collègues de lettres, et sans doute aussi à toute la littérature antébégaudienne. Et surtout, on ne voit guère de quel secours cet almanach Vermot des Belles -Lettres pourrait être aux élèves, ni même à personne. Si quelqu'un ici a lu ce précieux chef d'oeuvre et voulait en faire une présentation un peu moins niaise qu'à France-Culture, ce serait une charité bien placée.

Écrit par : Jean-François Croz | 29 septembre 2008

Comment voulez-vous que je puisse m'extasier devant un système dans le cadre duquel nous avons acheté un appartement 210 000 euros en décembre 2005 et que nous sommes obligés de revendre aujourd'hui à perte aux environ de 185 000 euros, si tant est que nous y parvenions.

Ecrit par : Robin

Si vous avez acheté seulement pour faire un placement financier, tant pis pour vous : il ne faut pas croire aveuglément les bonimenteurs, un placement "juteux" est un placement à risque et assumer le risque consiste à accepter de perdre.

Si vous avez acheté pour vous loger, réjouissez-vous : la baisse ne faisant que commencer, vous aurez mieux demain pour ce prix, que vous aviez pour la somme astronomique dépensée il y a trois ans.

Écrit par : moot | 29 septembre 2008

C'est tellement plus confortable d'accuser le capitalisme ou le libéralisme, déclinés , au choix, en néo-ultra-debridé-totalitaire, de causer les dysfonctionnements de nos sociétés ( au choix: école, santé, chômage, grippe aviaire ou fonte de la calotte glaciaire) que de questionner ses propres certitudes, se retrousser les manches et faire les sacrifices qu'exige la dureté des temps

Ecrit par : Cadichon

Et Adam dit à Ève, lorsqu'ils furent chassés du Paradis terrestre : "nous entrons dans une période de transition".

Écrit par : moot | 29 septembre 2008

la concurrence entre monnaies nationales a joué, grâce aux taux de change variables sur le libre marché des devises – la bonne monnaie se chargeant de chasser la mauvaise.

Jacques Garello, cité par Cadichon

Ben tiens, et puis quoi encore ! C'est la mauvaise monnaie qui chasse la bonne (loi de Gresham, bien connue). Ce qui signifie que la bonne monnaie est gardée (thésaurisée) par ceux qui en détiennent, et ne circule plus que la mauvaise, la monnaie de singe.

Écrit par : moot | 29 septembre 2008

Je n'avais pas l'intention de revenir sur ce blog mais je viens exposer sans détails inutiles une situation concrète totalement "entre les mur"s, c'est à dire une situation qui ne doit pas sortir des murs...
Parce que le Ministre, pitoyable, a décidé comme ses prédécesseurs, de maudite mémoire, qu'il ne fallait pas faire de vagues. Tout cela transmis via les IA et les recteurs, qui ne voient - qui leur jettera la première pierre?- que leur carrière. La lâcheté trouve toujours cette terre fertile pour croître. A ce stade, on voit déjà la compromission, le mensonge et, obligatoirement!!! la violence morale qui en découle.

Donc: un établissement dans lequel, pardon sur le mur d'entrée duquel est inscrit à la bombe, une injure à caractère sexuel qui vise nommément une collègue, n'est pas photographiée mais effacée! La collègue prévenue presque par nécessité et avec une "gêne"...

Qu'est ce que cela signifie?

Un établissement dans lequel un élève nuit à l'ambiance studieuse, ne suit pas, refuse de travailler, injurie gravement un collègue, et n'est sanctionné - je ne dis pas puni, ce qui relève des professeurs - que par un jour d'exclusion! Un jour seulement parce que le ministre ne veut pas d'exclusions! Et qu'il faut donc graduer avec prudence et discernement les punitions et les sanctions... Code? ....On voit déjà le truc.

Un collègue insulté qui informe l'équipe - non, pas de foot!- par une photocopie de son rapport sur les insultes reçues et qui se fait "engueuler" par le chef d'établissement pour information diffusée collectivement et soi-disant sans avoir suivi la voie hiérarchique: Vie scolaire (CPE) puis Principal. Attention! pas de faux pas!

Qu'est-ce que cela signifie?

Un CPE qui joue au principal adjoint, soutenu par le principal, justement, et qui revendique la circulation hiérarchique des rapports. Qu'est-ce que cela signifie? On se croirait dans l'armée:! partir d'en bas et laisser la requête être transmise jusqu'en haut. MDR!

Toujours la même réponse: "Môssieur le Recteur a donné les consignes de MÔssieur le misnitre"." MÔsssieur le ministre", ex "cher collègue" qui ne pense qu'au respect des professeurs- il paraît, en tout cas,comme ceux d'avant: les Allègre, les Lang, -, se fout de nous.
Et il serait "premierministrable"? MERDRE! C'est à crever de colère: la politique pue à un point tel que le développement des maladies dues aux pesticides n'est rien en regard ( et pourtant la situation est préoccupante) . On tue le moral des gens qui travaillent avec encore, jusqu'à quand? de l'éthique, de la conscience professionnelle.

Alors, les parleurs? alors, les imaginatifs es-alternatives?
Qu'en dites-vous?
Nous, nous sommes unis- majorité de professeurs- pour demander la justification de sa décision.
Alors, "Entre les murs", ça ne sort pas, ça pue le rance, le moisi, et ce film de propagande masquée fait semblant d'ouvrir les yeux du populo sur la réalité." Entre les murs": mais c'est la caserne! la Grande muette! Il faut hurler! Faire du boucan! et ne pas lâcher, jusqu'au bout, foi de pitbull!
Etre gentil fasse à l'adversité bureaucratique et mensongère?
De qui se moque -t-on?
"Entre les murs"? Pour une fois: cassons les murs! la réalité est moche, tant pis!

Écrit par : Oxymore | 29 septembre 2008

"Cela ne vous rappelle pas les brèves “humoristiques” du numéro 2 de SINÉ-HEBDO… Je me demande si Sibille n'est pas un troll de Béguedeau…

L'BIGOUDIN"

Ecrit par : L'Bigoudin | 29 septembre 2008

Allons, allons, la jalousie est un vilain défaut! Proposez-en donc, des "brèves", ça fera vraisemblablement remonter le niveau... ;-)

Écrit par : Christophe Sibille | 29 septembre 2008

Et Adam dit à Ève, lorsqu'ils furent chassés du Paradis terrestre : "nous entrons dans une période de transition".
Ecrit par : moot | 29 septembre 2008

Très drôle !!!

Écrit par : Jérémy | 29 septembre 2008

Je me joins à Oxymore dont la révolte est légitime et qui dépeint une réalité que nous vivons tous lorsque nous nous trouvons confrontés à cette réalité kafkaïenne de l'administration qui nous méprise au plus haut point... Les profs sont ils les eunuques du sérail? Il est temps que cesse les têtes baissées et les "engueulades" de nos chers hiérarchiques qui ne font qu'entretenir leurs petits avenirs douillets de chefs de la Stasi ... Faisons parler la poudre au lieu d'avaler des couleuvres ou à défaut d'être assez payer pour nous en mettre dans le nez. Aux Armes...

Écrit par : hum...hum... | 29 septembre 2008

corrections: cessent / payés

Écrit par : hum...hum... | 29 septembre 2008

Ca fait plaisir Oxymore de voir que la réalité n'est pas une illusion individuelle... Je suis fier d'avoir des collègues de votre trempe, parfois je desesperais!!!

Écrit par : hum...hum... | 29 septembre 2008

Merci Hum... hum...
Si vous avez autant d'énergie et de foi dans une profession merveilleuse chevillée dans l'âme que moi, alors nous sommes quelques uns de ces "ravis" qui sont lucides et complètement idiots pour d'autres. Mais Il en faut de l'énergie de hussard! Pas en paroles mais en pratique. C'est toute la différence entre ceux qui parlent ou bavent - "bavouillent" même! vite, un bavoir, pépé radote! comme a dit une lectrice il y a quelques jours- et nous et certains d'entre nous!
Agir! oui, le coeur chaud, bouillant, mais la tête froide.Nah!

Écrit par : Oxymore | 29 septembre 2008

ChevilléeS, pardon! la vitesse tue.

Écrit par : Oxymore | 29 septembre 2008

Il faudrait retrouver un esprit a la Valles, faire bloc, redresser la tête, regarder dans les yeux la traîtrise pour pourfendre l'arrivisme individuel qui pourrit notre profession. Faut il cependant poursuivre en utilisant le dialogue? n'a t on pas assez parlé, dénoncé, révélé, accusé? pour nous rendre finalement compte que l'on se fout encore plus de notre gueule... Finalement, le dialogue c'est bien un aveu de faiblesse... Quand un chef d'établissement se retrouvera cloîtré dans son bureau avec des profs pour monter la garde, on y réfléchira peut être à deux fois avant de se refoutre de nous... Malheureusement, il n'y a plus que la force...

Écrit par : hum...hum... | 29 septembre 2008

Il faudrait retrouver un esprit a la Valles, faire bloc, redresser la tête, regarder dans les yeux la traîtrise pour pourfendre l'arrivisme individuel qui pourrit notre profession. Faut il cependant poursuivre en utilisant le dialogue? n'a t on pas assez parlé, dénoncé, révélé, accusé? pour nous rendre finalement compte que l'on se fout encore plus de notre gueule... Finalement, le dialogue c'est bien un aveu de faiblesse... Quand un chef d'établissement se retrouvera cloîtré dans son bureau avec des profs pour monter la garde, on y réfléchira peut être à deux fois avant de se refoutre de nous... Malheureusement, il n'y a plus que la force...

Écrit par : hum...hum... | 29 septembre 2008

Non, je ne crois pas à la force avant le dialogue. Dialoguer d'abord! mais lucidement! pas à la munichoise avec l'opinion qui vous étrangle et se réjouit de l'illusion du pseudo dialogue. mais si rien n'y fait face à des saletés, alors oui, la Force. Pas d'alternative. Mais pas forcément la violence. En dernier, ultime, recours
Je crois en ténacité et détermination.

Écrit par : oxymore | 29 septembre 2008

Au plaisir, Hum...hum... Je vais m'allonger et préparer mon sommeil avec un excellent petit livre sur les collectionneurs d'art primitif, Gallimard, 2008.

Écrit par : Oxymore | 29 septembre 2008

Je viens de voir "Entre les murs". Pour être tout à fait honnête, j'ai trouvé le film assez passable sur le plan strictement cinématographique (ne tapez pas trop fort, je suis du genre bon public !)...Mais je maintiens mes positions concernant les méthodes pédagogiques de François Marin/Bégaudeau (le psychodrame permanent et le répertoire de tout ce qu'il faut éviter de faire). J'ai trouvé moi aussi la scène finale dans laquelle les enfants disent ce qu'ils ont appris, sauf en français, assez pitoyable pour le professeur de français. Bon, c'est vrai qu'il ont fait leur "autoportrait". Je pense que s'il défend Souleiman lors du conseil de discipline, c'est qu'il se sent un peu responsable de son "pétage de plomb" et qu'il l'est bel et bien.
Le mot fatidique est "limité" et les deux filles se font un malin plaisir de jeter de l'huile sur le feu.

Écrit par : Robin | 29 septembre 2008

Ce que j'ai compris, en revanche, c'est que que le principe de la concurrence concernait tout le monde sauf sa propre fille.

Ecrit par : Robin | 29 septembre 2008

Alors là c'est moi qui ne comprends rien à ce que raconte Robin
Que vient faire la concurrence dans une classe entière massacrée par une incapable?

Écrit par : Cadichon | 29 septembre 2008

Je me rappelle, en hypokhagne, un travail certes intensif, mais qu'une bonne organisation rendait très surmontable. Et l'esprit d'émulation allait de pair avec une réelle camaraderie.

Ecrit par : Sylvie Huguet | 29 septembre 2008

Mais je n'ai absolument pas remis en cause ce que la prépa a de bon (emulation, rigueur, excellence académique sans parler de la camaraderie (à la vie à la mort, rien de tel de souffrir ensemble...comme Germaine Tillion et ses amies de Ravensbrück)


Une erreur de casting sur 7 c'est minime. Tous les autres profs étant formidables et la folledingue offre une bonne raison de se dépasser.Rien de bien tragique. Je voulais
juste souligner comment de mauvais profs pénalisent ceux qui n'ont pas de support system.
Ils creusent les inégalités, faussent la concurrence,hein Robin.
Ce qui est infect chez la latiniste pas du tout distinguée c'est qu'elle plombe les moins vernis, avec ses vapeurs


ma pouliche, elle, fera un bon parcours...même si elle doit se mouiller les sabots et tutoyer quelques barres
elle a un solide bagage de grammaire, ce qui fausse la concurrence bien entendu!

Écrit par : Cadichon | 30 septembre 2008

Le plus étonnant étant que Brighelli, après cette critique aussi lucide que féroce, puisse encore se prétendre à gauche (enfin, c'est ce qui transparaît de son propos). Je veux dire: qu'il puisse faire comprendre qu'on doit être de gauche, et non de droite.

Alors qu'il vient de démontrer, de façon éclatante, pourquoi la gauche est le summum de la saloperie.

Mais il y en a toujours qui croient que Staline est une trahison du communisme, et non la preuve de sa perversité.

C'est difficile, hein, de renoncer au rêve, quand bien même on vient d'expliquer qu'il s'agit d'un cauchemar. Difficile de renoncer au camp du Bien et à ses récompenses garanties, au profit de l'incertaine réalité. Difficile de renoncer aux 72 vierges de ce monde.

Écrit par : Robert Marchenoir | 30 septembre 2008

".....Quant aux retombées .....nulles.....
Et les instituteurs et les professeurs vont continuer à vouloir faire la classe comme "Bégaudeau" ?
On ne changera pas , na !"

Mais non ! Mais non ! On va se le passer en boucle le Bégaudeau dans les iufm et bientôt dans les facs qui les "remplaceront" ... Faut bien préparer les lycées cohn-bendit et le reste !

http://www.meirieu.com/FORUM/faire_autorite_robbes.pdf

Écrit par : Hervé | 30 septembre 2008

Petite devinette ...

D'où vient le petit texte ci-dessous ?

"Les ménages français sont aujourd'hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit
pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l'Étal intervienne pour garantir l'accès au crédit des
personnes malades.

Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement.

Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l'hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l'emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué.
Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants."

Écrit par : Marx | 30 septembre 2008

Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l'hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l'emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué.
Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants."

Ecrit par : Marx | 30 septembre 2008

Nicolas Sarkozy ou un membre de son gouvernement ?

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Mais non ! Mais non ! On va se le passer en boucle le Bégaudeau dans les iufm et bientôt dans les facs qui les "remplaceront" ... Faut bien préparer les lycées cohn-bendit et le reste !

http://www.meirieu.com/FORUM/faire_autorite_robbes.pdf

Ecrit par : Hervé | 30 septembre 2008

Je ne pense pas qu'il soit très utile de se passer le film en boucle, mais je trouve l'analyse du film et de l'attitude de Marin/Begaudeau assez pertinente. Je persiste à penser que l'on envoie les gens (les jeunes en particulier) au casse-pipe si on le leur explique (s'ils n'intègrent pas) pas un certain nombre de notions essentielles concernant la psycholoie de l'adolescent, le positionnement nécessaire en tant qu'adulte, le rappel à la Loi, etc. Tant mieux si certains "spécialistes en pédagogie" évoluent vers une vision plus réaliste et moins "puérocentriste" des problèmes.

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

CANTET ET BÉGAUDEAU : UNE CONJURATION

Bégaudeau désormais est le nom d'un problème. Que n'a-t-on pas écrit, déjà, sur son roman Entre les murs, l'événement noir qui marquera la fin de notre histoire scolaire. On parla d'une chronique « savoureuse », « douce-amère », de l'école d'aujourd'hui. Pendant que l'on vantait la manière « héroïque et modeste » de son enseignement, l'on entendit ce professeur se perdre dans l'apologie d'une « loquacité débridée », même d'un « joyeux bordel », censés donner à notre école la chance et l'occasion d'une renaissance.
Or de quoi s'agit-il ? D'un professeur qui a changé son rôle de maître en bousilleur d'enfants pour la plupart odieux, comme l'écrivain les a voulus : très uniformément stupides, grossiers, caractériels. Du coup, l'idée a pu germer que, dans cette sorte d'autoportrait pour un peu masochiste, dans ce martyre fictif, notre école naufragée recevait une volée de bois vert. Mais non, Cantet et Bégaudeau, conjurés sur ce point, affirment que leurs deux œuvres sont des documentaires sérieux et « engagés », entés à la promesse d'un mouvement positif.
À quoi s'ajoute la profession de foi réitérée de l'acteur-romancier qui joue avec niaiserie son propre rôle. « Un cours, ça doit partir dans tous les sens, pour le meilleur et pour le pire ». « Le bon prof, ajoute-t-il, est celui qui se trompe, qui est peu sûr de lui, de mauvaise foi, irresponsable : qui même n'enseigne pas ! » Les traits de cet idéal-type sont fièrement revendiqués à longueur d'interview, tellement ce Pierrot triste n'a de cesse de chercher, dans le fiévreux miroir de chalands médusés, un reflet suffisant : Socrate réincarné, anthropologue de choc, grand écrivain, enfin acteur « facile » à l'égal des plus grands.
Aussi bien le voit-on dans ses œuvres. S'il lui fallait analyser ce concentré de pure bêtise professorale, un formateur d'IUFM qu'anime un reste de bon sens constaterait qu'il n'est aucune leçon qui ait une ligne. Que l'on nous donne à voir une classe de zombies déraillants, crépitant comme un feu d'étincelles allumé par un artificier dément ou ivre. Que du maître des lieux il n'est aucune explication qui ne soit fausse ou inappropriée, inopportune ou erratique. Il ne s'agit nullement de l'à-peu-près fatal au labeur malaisé de la conversation pédagogique, mais de l'incertitude liée à un discours papillonnant, toujours irréfléchi.
Il n'est aucun moment de ces leçons que l'on puisse approuver : ni adresse généreuse, ni exposé clair et précis, qui sont au cœur de toute sérieuse éducation. Passons sur ces élucubrations sur le foot-ball, sur la DS 19 et sur l'âge de Johnny Halliday ; sur la taille de l'Autriche, sur les homosexuels, sur la misogynie, sur le sens de la vie ! Passons sur ces remarques grammaticales ponctuées par les « euh, oui, non » du professeur, conclues souvent par un « de toutes façons, ça sert à rien », comme on le voit dans cette absurde leçon sur l'imparfait du subjonctif, dont on a fait l'emblème du film. On parlerait jusqu'à demain sans que l'humeur retombe, à court d'exemples.
Surtout qu'on ne nous serve pas les mêmes chansons sur l'air du temps : les quartiers, le jeunisme, le chômage. Toutes choses bien réelles et qui méritent une décision. Il ne s'agit ici que du portrait d'un professeur que la nation entière est en passe d'applaudir, et sur lequel devrait s'abattre la froide sentence de Montesquieu : Non, ce n'est point le peuple naissant qui dégénère, il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus. Pour inventer les conditions d'un magistère démocratique, il faudrait que l'élève, au moins, ne soit pas exposé à des discours inadmissibles. Et que déjà le professeur fût un adulte mieux assuré de ses savoirs, délivré d'un fatal narcissisme. Différent de celui que l'on voit bégayer, faire sans cesse le malin, débiter des erreurs, s'empêtrer dans des duels pathétiques ; réserver sa réponse à un élève qui doute que « leur » soit bien un verbe ; refuser piteusement de reconnaître une faute qui ferait honte à un enfant (cette insulte de « pétasses », que désormais toute la France connaît par une scène d'anthologie).
Et ceci nous conduit à ce qui certainement est le plus important, peut-être la clé de tout. Ce professeur qui dit vouloir le bien de ses élèves, mais est inapte à les entendre ; qui fait de l'anarchie un dogme terrorisant (« C'est vous, le prof », protestent-ils) et qui, dans le même temps, garantit ses leçons par une idée abstraite et fausse de son enseignement : l'étiquetage absurde des vieilles figures de rhétorique ; l'étude forcée, à l'occasion, d'un paradigme verbal devenu défectif ; l’examen du schéma actanciel de la structure des contes, « bien plus démocratique que l'imperiun bourgeois de l'humanisme » – prendra place dans nos mythes comme l'Hérode achevé de la pédagogie : un professeur indifférent et froid, vide de tout idéal, et qui se venge de sa désespérance en refusant de tenir seul le rôle de dernier homme.

Sans doute Laurent Cantet serait-il étonné d'entendre dire qu'il a prêté la main de manière ingénue au nihilisme le plus noir, et que son film expose et fait le mal avec un tour de plus. C'est lui, pourtant, qui a couru vers Bégaudeau et qui, lisant à peine son livre, séduit par l'air du temps et abusé par son discours (un tricot cérébral qui fait aimer le plus abstrait des philosophes), intronisa ce pédagogue pervers en Socrate héroïque qui prend le risque du désordre, donnant ainsi quitus à un desperado qui inocule au peuple-enfant sa maladie mortelle : le néant de l’esprit où seul le sans-avenir semble avoir de l'avenir.
Le candide est celui qui ne voit pas le mal dans tous ses déguisements.
Lui qui croyait s'être attelé à un film au moins honnête, au prix de concéder quelques poncifs à l'air du temps (une administration sans idéal et un peu veule ; des professeurs médiocres mais dévoués, dont l'ultime sacerdoce est de « ne pas baisser les bras » ; une typologie sociale articulée aux représentations scolaires : une Asie conformiste, méritante, une Afrique déchirée entre anomie et tradition, une France « jambon-beurre » qui a fini par mépriser les privilèges de la culture), se voit sommé de reconnaître qu'il participe à l’entreprise qui éviscère la société de toute force positive. Or qu'aurait-il fallu pour contenir ce maléfice ? Que sans doute il comprenne que cette parole sacralisée comme un article du nouveau dogme – ah, l'oralité ! – emprisonne les consciences en arrière des pulsions, manque à être raisonnable et civile. Mais comment résister à cette idée étroite et dangereuse de la pédagogie, quand on est cinéaste et qu’on s’engouffre sans malice du côté de la vie : un film documentaire réalisé comme en se jouant, où l’on tire le meilleur d'enfants rendus aimables par la grâce d'un tournage qui leur demande justement de jouer l'école, et où toute souffrance et toute rancœur sont rédimées, dans les moments trompeurs d'une immédiate jubilation ?
Pourtant, on doit lui rendre grâce d’avoir montré des êtres vrais, non les marionnettes du romancier : sauvageons étiquetés comme dans un zoo, professeur énervé ou hagard, collègues fantomatiques ou abrutis, qui semblent le degré zéro de la culture, ou principal ventriloqué par la langue morte du no man's land ministériel, – toutes figures garanties par d’arrogantes protestations (« Le réel est toujours d’avant garde »), en vérité puisées dans le folklore étroit du poujadisme. On lui sait gré aussi d’avoir rendu son corps à la parole vivante, contre celle du roman, qui est aiguë, sèche, froide comme une bande enregistrée par une machine à spectre étroit, sans rythme et quasi morte à force d'indifférence, en dépit des ces voix qui cherchent à mordre, au beau milieu d’un mitraillage verbal donné pour juste. Surtout de lui avoir ôté la pointe de son sarcasme, car il n’est rien Bégaudeau ne considère sans bienveillance, qu’aucune phrase ne saccage, ne méprise : le principal, l’école, ses collègues professeurs, les parents d’élèves, l’Autriche, les nains, la langue, la France, le siècle, la culture. Qu’on ne dise pas qu’il s'agit d’un jeu, cet humour qui fait honte aux potaches : « Vous charriez trop, monsieur ». Ni même que Bégaudeau A un regard, car il EST un regard qui détruit : le bourrelet de Khoumba, le ventre d’une collègue enceinte, sa propre nullité de professeur, même la photocopieuse !
Nous voici revenus dans les parages du gouffre. Jamais l’on est allé si loin dans la naturalisation. Aura-t-on jamais lu une phrase plus assassine que : « Moche, Sofiane, a commencé à lire » ? Adorno tremblerait de voir quel tour a pris, dans un écrit immonde qui passe pour une pochade, cette esthétique d’après Auschwitz. Peut-être Laurent Cantet, loin de vouloir favoriser le plus noir des principes, se sera-t-il senti capable, l'ayant entr’aperçu, de le neutraliser. Mais ce n’est pas assez que le bourrelet de Khoumba n’ait pas été filmé, que tant de coups d’épingle meurtriers aient disparu. Et que Sofiane, peut-être, apparût sur l’écran comme une enfant de Dieu. La ruse est justement que c’est par l’esthétique que sa générosité, qui est réelle, se trouve prise en défaut. Voilà le cinéaste pris au piège, ayant édulcoré le récit d’origine : ayant ainsi donné licence au maléfice en lui ôtant son âpreté, sa haine et sa brutalité, ayant peut-être autorisé la plus funeste des contrebandes, à proportion que l’attention du spectateur devient moins vigilante et se démobilise. Le paradoxe en somme est que le Bien couvre le Mal, loin de le conjurer, nous rende moins lucides sur sa nature et ses travestissements.

Si donc on les regarde tous deux, Cantet et Bégaudeau, comme les tristes champions d’une guerre de principes située dans les étages profonds de nos esprits – de ce côté, un Bien mal assuré par une plate esthétique, tout à la fois documentaire et kitsch : se réclamant d'une part du plat vérisme audio-visuel, et de l'autre recyclant des poncifs ; de cet autre côté, un Mal tout à la fois désordonné et méthodique, borné et très subtil, hargneux et rigolo – sait-on qui à la fin l'emportera, le candide cinéaste ou l'écrivain taxidermiste ? S'aventurer vers cette question oblige à formuler trois vœux. D’abord, que chaque Français aille voir le film pour y chercher les traces, tout de même, d'une sorte d'amour ; et qu'il affronte seulement après le risque d’ouvrir un livre où est écrit en encre sympathique, derrière la moindre phrase : ici, nul n'est sauvé. Que, comme tout homme de l’art, ensuite, Laurent Cantet fasse une pause dans la course du succès, et se pose une bonne fois la question de savoir si, dans l'ampleur d'une catastrophe, une œuvre lui résiste ou bien lui obéit. Quant à l'homme Bégaudeau, qui a le noir talent de ceux qui raillent un tel vocabulaire et qui, pour réussir, ne sont jamais à court d'aucune tricherie – qui profite, comme ici, d'une morale de l'art opposée à la sienne –, on voudrait qu'il comprenne que l'âpreté hargneuse de la moindre de ses phrases porte atteinte à la vie. Et qu'à cette condition – qui sait ? – il puisse devenir un écrivain.

Du coup, un dernier mot sur les trois plans qui ferment le film. L'ultime image est celle de la classe vide. Non ce vide de volière après que fut donné le signal des vacances, mais celui, effroyable, que nous avons palpé pendant deux heures, et auquel nous prêtons une attention rétrospective. Ecoutons après coup la teneur du vacarme d’une classe-Bégaudeau. Silence et nuit d'avant toute chose, comme avant toute Genèse. Or nous voilà nous-mêmes, à l'autre bout du temps, sommés de traverser l'effarante énergie de corps électrisés par seulement la matière, et d’entendre prononcer, sous cette parole déconnectée de toute espèce de sens commun, en arrière de ces phrases que rien ne justifie, cette clausule qu’on redoute : ah c'est fini, ça va finir ! L’avant-dernière séquence, elle, nous montre un match de foot, où les ennemis sont confondus dans la dépense gratuite qui vient comme un pardon après un sacrifice, et dans lequel l’auteur cherchait maladroitement une conclusion. Au moins ne voit-on plus, ici, l’enfant-goal qu’un nuage un peu kitsch et un soleil qu’une dernière ironie avait fait « pétillant » interdisaient de voir de quel côté il fallait se parer. Savait-elle, soufflait-on à cette ultime marionnette, que c’est aussi de ce côté, entre les murs de son école où s’arment quelquefois de singuliers anges gardiens portant le nom de Bégaudeau ? La vraie fin, cependant, nous montre la sortie de Souleymane et de sa mère, après qu’elle a toisé pour nous, de son regard de reine, le piteux professeur qui a fait du saccage des enfants une philosophie. Elle s’avance « hors les murs », suivi du grand garçon penaud qui demeure à distance de ce que l’émotion, en nous, dans l’effet saisissant d’une contre-contre-plongée, regarde disparaître comme plus qu’une mère blessée : la noblesse en personne.
Merci au cinéaste Laurent Cantet de nous avoir offert, dans le hasard d’une fin qui lui échappe, ce plan sublime. Et merci par ailleurs au petit dieu méchant de la pédagogie de nous avoir donné à son insu, par la grâce même de l’incurie du pire représentant qui soit, une si belle leçon.

Patrick Guyon, écrivain
Haut fonctionnaire de l’État
Dernier livre publié : Pour une politique de l’esprit (Ed. Jérôme Millon)

Écrit par : Patrick Guyon | 30 septembre 2008

psycholoie de l'adolescent,

Lapsus intéressant !

C'est "psychologie", évidemment, qu'il fallait lire, mais une "psychologie" qui ferait sa part, à côté de la prise en compte indispensable de l'Histoire personnelle du sujet (la relation à soi-même) au rappel de la Loi (la relation à autrui).

Je ne crois pas qu'il appartienne à l'enseignant de "maintenir un impossible exercice d'équilibriste entre les deux", comme Marin/Bégaudeau cherche à le faire, sauf à faire intrusion dans l'intime avec tous les risques que cela comporte, comme on le voit dans le film et à brouiller le message.

Ceci dit, pour certains enfants ou adolescents, il faut peut-être des gens, hors école, dont la fonction essentielle soit la compréhension et l'écoute...Mais qui acceptent de travailler avec les professionnels de l'école sans s'abriter en permanence, comme je l'ai souvent vu, derrière le "secret médical".

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Oxymore a écrit : ""Entre les murs"? Pour une fois: cassons les murs! la réalité est moche, tant pis!"

Casser ce bel ordonnancement de briques placées avec soin et opiniâtreté par nos administrateurs constructivistes !

Hey Oxymore !
Just another break or another brick in the wall ?

C'est une bonne question mais retournez vous, Oxymore : ne voyez vous pas ce criant désert derrière vous ?

Écrit par : dugong | 30 septembre 2008

"Mais non ! Mais non ! On va se le passer en boucle le Bégaudeau dans les IUFM et bientôt dans les facs qui les "remplaceront" ... Faut bien préparer les lycées Cohn-Bendit et le reste !"

Ecrit par : Hervé | 30 septembre 2008

La critique la plus assassine du film, à côté de laquelle celle de Jean-Paul ressemble à un compte-rendu de¨PQR, figure sur le site de l'IUFM de Créteil. Le lien a été mis un peu plus haut, (pas le temps de le rechercher), par un des blogueurs d'ici.

Écrit par : Christophe Sibille | 30 septembre 2008

Je l'ai retrouvé:

https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8857688318449093589&postID=1280964924219060578

Écrit par : Christophe Sibille | 30 septembre 2008

Mince, pas eu le temps de tout lire, l'article avait déjà été repris en "copié-collé" juste au dessus... Comme quoi...

Écrit par : Christophe Sibille | 30 septembre 2008

Patrick Guyon, écrivain
Haut fonctionnaire de l’État
Dernier livre publié : Pour une politique de l’esprit (Ed. Jérôme Millon)

Ecrit par : Patrick Guyon | 30 septembre 2008

Mais ce n’est pas assez que le bourrelet de Khoumba n’ait pas été filmé, que tant de coups d’épingle meurtriers aient disparu. Et que Sofiane, peut-être, apparût sur l’écran comme une enfant de Dieu.

Ayant vu le film après avoir lu le livre, j'ai trouvé, moi aussi que le film (Cantet donc) en "sauvait" ce qu'il pouvait.

Le regard de Bégaudeau déssèche et néantise tout ce qu'il touche. Il n'est jamais à la bonne distance et il se situe constamment dans la rivalité mimétique, tantôt le jugement qui tue, tantôt le copinage, faute peut-être de s'aimer lui -même.

Aucun enfant ne peut grandir sous un tel regard, se sentir en sécurité..."Skandalon", au sens évangélique du terme, rivalité dostoïevskienne entre le père et les fils (la pire de toutes)

Il y a, dans le film un ou deux moments de grâce pure (par exemple le gros plan sur le visage de Souleyman et le départ "hors des murs" de Souleyman et de sa mère).

Ce visage m'a fait mal et aussi la remarque de la petite Sofiane, à la fin "Je n'ai rien appris"...Et surtout l'absence de réponse.

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Très beau texte de Patrick Guyon.
Quant à Cadichon, elle est aussi doctrinaire que Badiou dans le camp opposé. La crise n’est pas due à la dérégularisation accélérée des marchés financiers depuis Reagan mais au fait que Reagan, Bush et Thatcher sont restés trop « interventionnistes » ! Portrait des néoconservateurs en rétrocommunistes, fallait oser. Le libéralisme dont Cadichon nous ressasse la doctrine est antérieur à Marx. Il n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera jamais. Comme l’état de nature selon Rousseau. Dans son objectif final, il est identique au communisme puisqu’il implique l’abolition de l’Etat (je rappelle en passant que dans la société communiste, la « propriété individuelle » devait, selon Marx, continuer d’exister). Mais les marxistes avaient au moins envisagé cette « fin de l’histoire » au terme d’un long processus. Pour Kautsky, on devait y arriver à la suite de réformes progressives (ces « réformes » étant entendues au sens symétriquement opposé à celui en vogue aujourd’hui). Pour Lénine, ce passage au communisme impliquait une rupture brutale : révolution et dictature du prolétariat. Ces deux « solutions » ont échoué. Ne reste donc plus qu’une antienne, dont la répétition vide fait les délices des « libertariens » : abolissons l’Etat. Comment ? Mystère. Il est vrai qu’on a peut-être renoncé trop tôt à la solution anarchiste : abolissons l’Etat mais tout de suite, par l’action directe. Portrait de Cadichon en pétroleuse donc, pas plus délirant que le portrait de Reagan en bolchevik.

Écrit par : Pedro Cordoba | 30 septembre 2008

Pour ceux qui s’intéressent à la « mastérisation des concours » : dossier en ligne sur le site de Reconstruire l’Ecole.
www.r-lecole.freesurf.fr/iufm/masterisation.htm

Écrit par : Pedro Cordoba | 30 septembre 2008

Sur les esquisses de la réforme des concours , moins d'épreuves (4 au maximum) plus professionnalisées, on peut voir aussi ici :
http://www.educpros.fr/detail-article/h/2969abe3a3/a/quel-nouveau-profil-pour-les-enseignants-en-2010.html

Écrit par : Romuald | 30 septembre 2008

Merci à Romuald pour cet article, très récent, que je ne connaissais pas. En fait rien de nouveau, mais c'est une bonne synthèse de l'incohérence et du flou actuels. Les "décideurs" sont apparemment bien "décidés" à mener tout le monde dans le mur.

Les seuls à avoir compris sont les étudiants : 30% d'inscription en moins dans les IUFM. C'est logique. Les licenciés 2008 savent bien qu'ils ont de fortes chances d'échouer au CAPES 2009 et que pour se présenter en 2010, il faudra être en M2. Ils s'inscrivent donc en M1 cette année. Le problème est que l'année prochaine, ils seront en M2 et que leurs chances d'obtenir ce M2 sont bien plus fortes que celles d'obtenir le CAPES. Il faudra donc qu'ils présentent à nouveau le concours en 2011. Mais ils ne pourront plus être inscrits en master puisqu'ils l'auront déjà obtenu. Où diable pourront-ils donc préparer à nouveau le concours? Réponse : dans des boites privées. Le dispositif retenu par le Ministère, la CPU et la CDIUFM implique donc la privatisation de l'année de préparation au concours. Et cela, je ne pense pas que les étudiants l'aient encore compris. L'an dernier, il y avait eu pas mal d'agitation sur la "privatisation de l'Université" découlant de la LRU. La grève fut facilement matée parce qu'il s'agissait d'un mot d'ordre abstrait qui ne pouvait guère mobiliser au-delà d'un minorité de militants. Avec la mastérisation des concours, cela va devenir d'un coup très concret. Avec quelles conséquences?

Écrit par : Pedro Cordoba | 30 septembre 2008

Je voulais dire également, à la suite de pedro cordoba, mon admiration pour le très beau texte de Patrick Guyon, l'un des plus beaux et des plus humains qu'il m'ait été donné de lire sur ce blog.

Que son auteur en soit vivement remercié.

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Portrait de Cadichon en pétroleuse donc, pas plus délirant que le portrait de Reagan en bolchevik.

Ecrit par : Pedro Cordoba | 30 septembre 2008

J'ai bien peur que l'un et l'autre ne soient en retard d'un combat. cadichon ne se rend même pas compte de ce qui se passe dans son propre pays d'adoption, sous ses propres yeux, elle continue à chanter imperturbablement les louanges du libéralisme.

Vous savez ce que l'on disait de Reagan ? Il a trouvé un ours mort (le communisme) ; il a rapporté sa peau et il a prétendu que c'était lui qui l'avait tué.

Mickaël Gorbatchev disait qu'il avait l'impression de discuter avec un dynosaure quand il parlait avec Reagan...Et il s'y connaissait en "idéologie".

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Si l'on admet (comme je le fais) la définition de Jean-François Revel de l'idéologie comme "ce qui résiste à la dénégation insistante du réel", il faut bien avouer que le libéralisme économique comme croyance en l'efficacité régulatrice de "la main invisible du marché" et au refus de toute intervention de l'Etat dans le libre jeu de la concurrence est actuellement sérieusement battu en brêche quand il s'agit de sauver les meubles. Ne pas le reconnaître, qu'est-ce, sinon de l'entêtement idéologique ?

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Pedro, vous n'avez pas tort, mais pourquoi, vous aussi, assimilez-vous, (*ici en tous cas) les IUFM à des instituts exclusivement chargés de la formation des enseignants du secondaire?

*Le texte que vous m'avez envoyé par e-mail confirmant que, pour vous, la formation des enseignants du premier degré est primordiale.

Écrit par : Christophe Sibille | 30 septembre 2008

Robin : "Nicolas Sarkozy ou un membre de son gouvernement ?"

Bingo !

http://www.u-m-p.org/propositions/index.php?id=credit_hypothecaire

C'est parti ! "Sauvetage" des spéculateurs de DEXIA : injection de 6,4 milliards d'euros dont 3 pour la France "en faillite" ... On n'a pas fini de creuser ...

Écrit par : Marx | 30 septembre 2008

Robin, vous êtes un doux (et sympathique) rêveur.

Darcos va supprimer les RASED en primaire ("sédentariser" les maîtres E et G, enseignants spécialisés qui aidaient les instituteurs au quotidien avec les élèves difficiles) d'une part, d'autre part comme le souligne le site RE donné par Pédro Cordoba, les facs vont "être absorbés" :-) par les IUFM : les élucubrations stériles des "experts" vont pouvoir s'épanouir (désolé, mais ce blabla de ce "Maître de conférences en Sciences de l’éducation à l' Université de Cergy-Pontoise/IUFM de Versailles - Ancien professeur des Écoles maître formateur - Formateur en pédagogie institutionnelle", me laisse plus que perplexe ... rien à voir avec un Deligny ou un Zazzo, c'est l'art du creux dans toute sa splendeur !)

Enfin, vous êtes-vous demandé pourquoi la madone du Poitou - car tout de même ces "sciences de l'éducation"...-passait le film de Bégaudeau/Cantet au début de chacune de ses grands-messes ( à ce propos, à lire dans le dernier Riposte laïque : http://www.ripostelaique.com/Segolene-la-madone-du-bling-bling.html ) Oui, pourquoi ?
Allez jeter un oeil aussi sur son programme pour l'éducation dans sa motion au prochain droit dans le mur du PS (vous le trouverez sur Désir d'avenir, je ne donne pas le lien ... :-))

Bon courage dans tous les cas et je vous le dis, on peut apprendre à Khoumba ou Souleyman bien des choses et limiter, un peu, ces désastres ; sans illusion, certes, cette société impitoyable les a déjà rattrapés ...

Et ils le savent ...


La Cité d'Inter

J'habite à la Cité d'Inter
Et il n'y a que de la poussière
Ici les cités se font la guerre
Avec des bâtons et des bouteilles de bière
Dans cette ville il faut avoir confiance
En soi
Car si "tu fais pas" la loi
Tu te fais racketter et massacrer
Dans cette cité j'aime une fille
Elle est belle
Franchement elle est superbe
Bien évidemment
Cette fille elle ne se prend pas
Pour une racaille
A la cité tout le monde se drogue
Aux amphétamines
Mais elle
Elle a toujours bonne mine
A la Cité d'Inter le ciel est toujours gris
Car tout le monde fait des "conneries"
Je sais Madame
Je ne suis pas très poli
Mais la Cité d'Inter
C'est pas la villa
De mon papa
En tout cas moi
J'aime une fille
Ou j'essaie de prendre une place
Dans son coeur
Faut dire que ce ne sera pas du gâteau
Car à la Cité d'Inter
Il ne fait jamais beau

Jimmy (élève en 5ème dans un collège proche des 4000 à la La Courneuve en 1993)

C'est con, mais cela en représente du boulot ...

Écrit par : Hervé | 30 septembre 2008

"C'est con, mais cela en représente du boulot ..."

1, c'est po con !

2, ça nous change des 'sybylyques"

"Tiens, "
"Allons, allons,
"Mince,"

etc :)

Écrit par : toto | 30 septembre 2008

Pedro, vous n'avez pas tort, mais pourquoi, vous aussi, assimilez-vous, (*ici en tous cas) les IUFM à des instituts exclusivement chargés de la formation des enseignants du secondaire?
...
Ecrit par : Christophe Sibille | 30 septembre 2008

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Pourquoi je ne parle pas du CRPE? Eh bien tout simplement parce que c'est déjà le cas depuis très longtemps. C'est ce que je dénonce depuis des années : plus de 80% des candidats sont obligés de préparer le concours par eux-mêmes, avec des chances infimes de succès, ou de s'adresser à des boites privées, où certains formateurs des IUFM arrondissent d'ailleurs leurs fins de mois en faisant casquer les étudiants qu'ils ont préalablement exclus de la formation gratuite assurée par l'IUFM : un petit "golden hello" à leur mesure, qui n'est pas celle des grands manitous de la finance...

Le projet actuel va donc étendre aux concours du secondaire la privatisation qui est déjà la règle pour le concours du primaire et qui découle de la mise en place des IUFM. La différence, c'est qu'au lieu de se trouver isolés face à la machine sélective des IUFM, sans aucune possibilité de mobilisation collective, les candidats vont maintenant être tous ensemble dans une Université où la non-sélection est la règle. Je me demande donc comment les IUFM pourraient interdire l'inscription des licenciés en M1 puisque cette inscription est aujourd'hui de droit (merci Mme Pécresse). Y compris donc, dans le nouveau système, pour la formation des PE. Comment pourrait-il y avoir des masters sélectifs pour le professorat des écoles et des masters non-sélectifs pour le CAPES? Mai en octobre, quarante ans après ? De beaux jours en perspective en tout cas, dès que les étudiants auront compris à quelle sauce ils vont être mangés.

Écrit par : Pedro Cordoba | 30 septembre 2008

"De beaux jours en perspective en tout cas, dès que les étudiants auront compris à quelle sauce ils vont être mangés."

D'ex iufumeux mis à nu par leurs étudiants même ?

Écrit par : dugong | 30 septembre 2008

Merci, Pedro!
Pas de souci, Dugong... Il n'y aura pas que les étudiants dans la rue, je pense, d'ici peu.

Écrit par : Christophe Sibille | 30 septembre 2008

Merci au cinéaste Laurent Cantet de nous avoir offert, dans le hasard d’une fin qui lui échappe, ce plan sublime. Et merci par ailleurs au petit dieu méchant de la pédagogie de nous avoir donné à son insu, par la grâce même de l’incurie du pire représentant qui soit, une si belle leçon.

Ecrit par : Patrick Guyon | 30 septembre 2008
Et merci à vous, Patrick Guyon, pour ce texte remarquable.

Écrit par : FGuichard | 30 septembre 2008

VAL-D'OISE
Persan : une enseignante frappée par un élève porte plainte
NOUVELOBS.COM | 30.09.2008 | 13:21
52 réactions
L'enseignante de l'école Jean-Jaurès de Persan a été frappée aux jambes et au bras par un élève de 11 ans connu pour être perturbé.
L'inspection d'académie du Val-d'Oise indique, mardi 30 septembre, qu'une enseignante de l'école Jean-Jaurès de Persan (Val-d'Oise) a porté plainte après avoir été frappée vendredi, dans sa classe, par un élève de CM1 âgé de onze ans. Une agression qui lui a valu un arrêt de travail de huit jours.
L'inspecteur d'académie, Patrice Garnier, chargé du premier degré, a précisé que l'enseignante a été frappée aux jambes et au bras par un élève connu pour être perturbé et qui bénéficiait d'un suivi pédagogique particulier.

"Un acte isolé"

Elle n'était pas hospitalisée mardi mais était toujours "très choquée", selon l'inspecteur d'académie.
Depuis les faits, l'élève est accueilli à l'école où il est pris en charge en dehors de sa classe par un enseignant particulier.
La directrice de l'école, qui n'a pas souhaité donner son nom, explique que l'élève "ne peut pas être exclu, les textes ne le permettent pas".
L'inspectrice d'académie du Val-d'Oise Simone Christin s'est rendue dans l'école lundi pour s'entretenir avec les élèves de la classe et avec les enseignants de l'école, précisant que "c'est un acte isolé lié à un enfant perturbé qui bénéficie à ce titre d'un accompagnement particulier".

Écrit par : retraitée | 30 septembre 2008

la gauche est le summum de la saloperie.
Ecrit par : Robert Marchenoir | 30 septembre 2008

Ah, vous, l'intégriste, retournez d'où vous venez, c'est-à-dire sur fdesouche, le site qui vous va si bien !

Écrit par : Jérémy | 30 septembre 2008

Merci, retraitée.

Je résume donc :

Une enseignante a été frappée aux jambes et au bras par un élève de CM1 âgé de onze ans. Elle a eu 8 jours d'arrêt.
L'inspecteur d'académie Patrice Garnier a précisé que l'enseignante a été frappée par un élève connu pour être perturbé.

Depuis les faits, l'élève est accueilli à l'école par un enseignant particulier. La directrice de l'école explique que l'élève "ne peut pas être exclu, les textes ne le permettent pas".

L'inspectrice d'académie du Val-d'Oise Simone Christin est allée parler avec les élèves de la classe et avec les enseignants de l'école : "c'est un acte isolé lié à un enfant perturbé qui bénéficie à ce titre d'un accompagnement particulier".

L'enfant va donc bien, on est rassurés !

Écrit par : Jérémy | 30 septembre 2008

"Une enseignante a été frappée aux jambes et au bras par un élève de CM1 âgé de onze ans."

Dommage ! S'il l'avait mordue, il aurait été mis en quarantaine chez Dobolino ou Yann.

L'enseignante, elle, ne peut pas être mise en quarantaine avant d'en avoir atteint l'âge légal.

Écrit par : dugong | 30 septembre 2008

Vous m'excuserez bien cette répétition, non? Histoire de souligner que ce qui est signalé n'est en rien surprenant? hélas!
Quelle différence entre Darcos et ses prédécesseurs? Rien! justement: il faut toujours éviter les vagues, ne pas exclure, obliger les professeurs à se cogner des givrés , des asociaux et des larves de méchants. De moins en moins professeurs, de plus en plus éducateurs, gardiens dans un chenil affolé ou dompteurs dans l'arène en folie.



Je n'avais pas l'intention de revenir sur ce blog mais je viens exposer sans détails inutiles une situation concrète totalement "entre les mur"s, c'est à dire une situation qui ne doit pas sortir des murs...
Parce que le Ministre, pitoyable, a décidé comme ses prédécesseurs, de maudite mémoire, qu'il ne fallait pas faire de vagues. Tout cela transmis via les IA et les recteurs, qui ne voient - qui leur jettera la première pierre?- que leur carrière. La lâcheté trouve toujours cette terre fertile pour croître. A ce stade, on voit déjà la compromission, le mensonge et, obligatoirement!!! la violence morale qui en découle.

Donc: un établissement dans lequel, pardon sur le mur d'entrée duquel est inscrit à la bombe, une injure à caractère sexuel qui vise nommément une collègue, n'est pas photographiée mais effacée! La collègue prévenue presque par nécessité et avec une "gêne"...

Qu'est ce que cela signifie?

Un établissement dans lequel un élève nuit à l'ambiance studieuse, ne suit pas, refuse de travailler, injurie gravement un collègue, et n'est sanctionné - je ne dis pas puni, ce qui relève des professeurs - que par un jour d'exclusion! Un jour seulement parce que le ministre ne veut pas d'exclusions! Et qu'il faut donc graduer avec prudence et discernement les punitions et les sanctions... Code? ....On voit déjà le truc.

Un collègue insulté qui informe l'équipe - non, pas de foot!- par une photocopie de son rapport sur les insultes reçues et qui se fait "engueuler" par le chef d'établissement pour information diffusée collectivement et soi-disant sans avoir suivi la voie hiérarchique: Vie scolaire (CPE) puis Principal. Attention! pas de faux pas!

Qu'est-ce que cela signifie?

Toujours la même réponse: "Môssieur le Recteur a donné les consignes de MÔssieur le misnitre"." MÔsssieur le ministre", ex "cher collègue" qui ne pense qu'au respect des professeurs- il paraît, en tout cas,comme ceux d'avant: les Allègre, les Lang, -, se fout de nous.
Et il serait "premierministrable"? MERDRE! C'est à crever de colère: la politique pue à un point tel que le développement des maladies dues aux pesticides n'est rien en regard ( et pourtant la situation est préoccupante) .
On tue le moral des gens qui travaillent avec encore, jusqu'à quand? de l'éthique, de la conscience professionnelle.

Voilà, c'est tout.

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Dites, c'est moi qui me braque, ou c'est vraiment incompréhensible ?

"Figures de l'absence : approches littéraires et linguistiques

Ce colloque de jeunes chercheurs, international et pluridisciplinaire, vise à réunir des approches du phénomène de l'absence du côté des sciences du langage ainsi que du côté des sciences littéraires.

Face à cette question de l'absence, les approches traditionnelles, qui comprennent l'absence à la fois comme motif et condition de l'écriture, ont tendance à accentuer la problématique de la représentation et les interconnexions entre l'absence et l'ineffable. Ce colloque se propose de s'interroger, d'un point de vue systématique et historique, sur les figures d'absence comme espaces vides matériellement palpables dans les textes, sur les modalités de l'absence dans la littérature en tant que médium et, enfin, sur les conséquences qu'ont ces effets de discontinuité pour la communication littéraire. En découlent trois champs d'interrogation principaux : la matérialité, la médialité et les tentatives de contournement de l'absence.

Des propositions de contribution pourraient porter sur les sujets suivants (liste non exhaustive) :
• la matérialité de l'absence dans la littérature (moderne) : figures, effets, manifestations formelles (typographie, blancs, ponctuation, mise en page ; figures sémantiques, syntaxiques, rhétoriques)
• la dynamique entre présence et absence et la question du médium ; la littérature et les systèmes sémiotiques des autres formes artistiques
• les tentatives de contournement du vide dans les textes et dans la réflexion sur la littérature (ouverture du texte à d'autres médias, transgression performative du texte)
• l'absence dans la théorie de la littérature (virtualité, théorie de la trace, de l'altérité, le rôle du silence et du vide dans la communication littéraire)
• l'absence comme phénomène spécifiquement moderne ?
un retour de l'ineffable à l'époque postmoderne ? (théorie et pratique esthétique)
• approches philosophiques et esthétiques : absence et langage, absence et connaissance/savoir, statut du néant ; catégories esthétiques comme le sublime ou l'ineffable.

Écrit par : Jérémy | 30 septembre 2008

On tue le moral des gens qui travaillent avec encore, jusqu'à quand? de l'éthique, de la conscience professionnelle.

Voilà, c'est tout.

Ecrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Don't worry occis mort, la bourse est repartie à la hausse, la seule chose qui intéresse nos con.citoyens.

Écrit par : david.D | 30 septembre 2008

Le Monde titre : "Garde à vue pour le pilote de l'avion qui a failli percuter celui de François Fillon"

C'est le journaliste qui devrait prendre garde à sa vue. Sa relation des faits est totalement partiale. En effet :

- du point de vue du "pilote de l'avion" *, c'est celui de Fillon qui a failli lui rentrer dedans.

- dans le référentiel du centre de masse : les deux avions vous foncent dessus. Ils vous en veulent réellement tous les deux (théorie du complot généralisé).

* étrange dénomination. Comme si Fillon n'était pas, lui aussi, dans un avion. Peut-être a-t-il des ailes déployables sous son costard ?

Écrit par : dugong | 30 septembre 2008

On tue le moral des gens qui travaillent avec encore, jusqu'à quand? de l'éthique, de la conscience professionnelle.

Voilà, c'est tout.

Ecrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Je comprends et je partage votre colère. J'ai eu, moi aussi, à faire avec des gens de cette espèce, à cette lâcheté qui fait le lit des régimes totalitaires. Il est temps de nous réveiller.

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Mouai! david D. la valeur du savoir n'a pas la cote, c'est ça?....

Tous les citoyens ne sont pas" cons" ils sont abrutis survoltés paumés. Nuance!

Jérémy, je ne vois rien d'abscons dans ce programme. Le thème de l'absence mérite que l'on s'y frotte. Par exemple l'absence des élèves, leur regard absent, leur absence de politesse, etc. Je plaisante. Si, si!
En tout cas, sur le plan philosophique et spirituel, ce thème m'intéresse. Et ce n'est pas Robin qui me contredira.Pas vrai?

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Dites, c'est moi qui me braque, ou c'est vraiment incompréhensible ?

"Figures de l'absence : approches littéraires et linguistiques

Tout s'éclaire si l'on précise que "l'objet d'étude" de cette approche sémantique de la vacuité est principalement constitué de circulaires de l'Education nationale ;-)

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Je ne sais si cela vous rassurera, Jeremy, mais ces "figures de l'absence" me laissent aussi perplexe que vous.

Écrit par : Sylvie Huguet | 30 septembre 2008

"les tentatives de contournement du vide dans les textes"

N'est pas le sens profond de toute l'oeuvre du gugusse de Lyon ?

Écrit par : dugong | 30 septembre 2008

Pour enfoncer une porte ouverte: quelle est la fonction du collège?Un lieu ou les élèves reçoivent un enseignement, n'est ce pas? A quoi sert l'administration? A ce que le fonctionnement du collège soit le meilleur possible. Ce en vue de prodiguer l'enseignement des programmes aux élèves. Autrement dit, une administration qui ne sert qu'à transmettre des directives visant à perturber les cours en maintenant des "chieurs" dans les classes, est bonne pour la casse! La bureaucratie parasite, le canal de transmission des influences "acariennes" doit être remise à sa place. Et tous les acariens, en choeur, sur l'air de Michel Fugain: " Tous les acariens, toutes les acariennes, vont crever, vont expirer sous le pilon.."

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

"Une enseignante a été frappée aux jambes et au bras par un élève de CM1 âgé de onze ans."

Dommage ! S'il l'avait mordue, il aurait été mis en quarantaine chez Dobolino ou Yann.

L'enseignante, elle, ne peut pas être mise en quarantaine avant d'en avoir atteint l'âge légal.

Ecrit par : dugong | 30 septembre 2008

Mais il l'a mordue, d'après le témoignage d'un de ses petits camarades.
Quand j'avais six ans, j'avais un copain du même âge qui avait mordu une bonne sœur du patronage.

Écrit par : Dobolino | 30 septembre 2008

Ah non, le gugusse de Lyon est un pollueur de la richesse du vide! Lui, c'est un gaz!

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Ce doit être une autre histoire, l'instit mordue, ça m'a plutôt l'air de dater d'aujourd'hui...

Écrit par : Dobolino | 30 septembre 2008

De la sorte, prôner une régulation mondiale alors même que les régulations nationales ont été si néfastes est une utopie. Voudrait-on risquer l’explosion du système financier mondial, avec de lourdes conséquences sur la marche de l’économie réelle ?


Ecrit par : Cadichon | 29 septembre 2008

Sublime Cadichon, forcément sublime!

Écrit par : Dobolino | 30 septembre 2008

"Ah non, le gugusse de Lyon est un pollueur de la richesse du vide! Lui, c'est un gaz!"

Le zigue de Lyon B ?

Désolé. Je corrige des copies.

Écrit par : dugong | 30 septembre 2008

La directrice de l'école, qui n'a pas souhaité donner son nom, explique que l'élève "ne peut pas être exclu, les textes ne le permettent pas".
L'inspectrice d'académie du Val-d'Oise Simone Christin s'est rendue dans l'école lundi pour s'entretenir avec les élèves de la classe et avec les enseignants de l'école, précisant que "c'est un acte isolé lié à un enfant perturbé qui bénéficie à ce titre d'un accompagnement particulier".

Ecrit par : retraitée | 30 septembre 2008

Merci la loi Montchamp !

Petite précision : Assez récemment (2005), l'IEN pouvait décider de la déscolarisation temporaire d'un élève d'élémentaire "dont le comportement n'est pas compatible avec la vie en collectivité" en attendant son placement en ITEP (institut thérapeutique, éducatif et pédagogique).
Maintenant, avec les MDPH (maison départementale des personnes handicapées), je crois me rappeler que c'est aux parents de faire la demande auprès des services départementaux, qu'ils ont trois mois pour ce faire, avant qu'une procédure plus contraignante "puisse se mettre en place" (services sociaux, injonction de soins, etc.).

On ne m'ôtera pas de l'idée que ce gamin revient aussi cher à la collectivité en mobilisant un instit' pour lui seul, plus un remplaçant pour sa maîtresse (qui n'est peut-être pas la première à avoir été molestée, mais avant, il était plus petit, il faisait moins mal), plus les sans doute très nombreuses interventions du RASED depuis le début de sa scolarité, sans parler des difficultés scolaires de ses petits camarades, peut-être un peu troublés par ses "facéties", que s'il avait été placé dès le début de ses "troubles" dans une structure qui lui aurait offert les soins dont il a besoin.

Écrit par : catmano | 30 septembre 2008

Robin, vous êtes un doux (et sympathique) rêveur.

Oui, je sais, Hervé. On ne se change pas, rêveur, mais lucide ; je ne me fais aucune illusion sur ce qui se prépare et je n'ai pas aimé le texte de "l'expert".

...Je lui largement préféré le poème de Jimmy (élève en 5ème dans un collège proche des 4000 à la La Courneuve en 1993).

"Bienheureux les coeurs purs."

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

j'ai écouté ça, ce matin, sur France Inter, ça m'a pas déplu à entendre:
http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/espritcritique/

Écrit par : Dobolino | 30 septembre 2008

Pas mal ! le zigue de Lyon B.... Trop mortel mon frère!

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Dugong, vous m'avez fait encore hurler de rire devant mon PC... C'est une manie!!! J'ai failli réveiller ma fille. ;-)
Avec qui je viens de passer un très beau moment, pendant son repas, en regardant avec elle sur "Mezzo", (petit clin d'oeil à Manu et à Sandra) "la" sonate de Prokofiev pour violon et piano, (celle qu'on entend aussi assez souvent à la flûte) jouée Par Korcia et Angelich. Très belle version de concert, ce pianiste est formidable!
Je ne sais pas si c'est bien de regarder la télé en mangeant. Mais, là, je m'en fous.

Écrit par : Christophe Sibille | 30 septembre 2008

En tout cas, sur le plan philosophique et spirituel, ce thème m'intéresse. Et ce n'est pas Robin qui me contredira. Pas vrai?

Ecrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

'apophatisme, ou méthode aphairétique, est une démarche intellectuelle par laquelle toute idée que l'on se fait de la divinité se voit démasquée dans son inadéquation à délimiter ce qui est sans limite. Par exemple, l’affirmation : « Dieu existe », ne peut se concevoir en théologie négative. Pas plus que : « Dieu est miséricordieux ». L’expression de la transcendance s’exprime uniquement par des propositions négatives et par un recours à l’abstraction, et ultimement par le silence car même une proposition d'apparence négative est une affirmation concernant l'indicible sur lequel rien ne peut être affirmé. Dire que « Dieu n'est pas miséricordieux » est, in fine, une affirmation toute aussi positive que d'affirmer que « Dieu est miséricordieux », puisque Dieu n'est ni miséricordieux, ni ne l'est pas. La démarche apophatique vise l'expérience directe de l'absolu par l'abolition de toute adhérence intellectuelle aux concepts. Autrement dit, cette démarche vise sa propre négation, sa propre fin dans l'éveil spirituel.

Ce mode de pensée puise son origine dans la philosophie antique. On le retrouve dans la pensée théologique chrétienne ainsi que dans certains courants philosophiques modernes qui se sont intéressés aux formes du langage. La théologie négative chrétienne apparait clairement pour la première fois chez Pseudo-Denys l'Aréopagite qui fait des emprunts à Proclus, philosophe néoplatonicien anti-chrétien. On retrouve ces mêmes influences dans le soufisme. L'extrême-orient a développé à sa façon, et ce bien avant l'occident, une théologie apophatique qui s'exprime dans le bouddhisme, le taoisme, l'hindouisme et bien d'autres traditions.

Pardonnez-moi cette (trop) longue citation, mais je suis intarissable sur le silence et l'apophatisme ;-)

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Eh bien Robin, c'est la forme! Si nous faisions un blog sur ces sujets , nous ne laisserions pas beaucoup de place pour les autres... Et dire qu'il faut s'effacer, se faire Rien pour Etre, justement!
Pour nos lecteurs, juste 2 références vraiment excellentes, toutes deux de Jean Borella qui enseigna la métaphysique et l'histoire de la philo ancienne et médiévale à l'Université de Nancy jusqu'en 1995.

- Lumières de la Théologie Mystique, L'Age d'Homme, 2002

-Problèmes de Gnose,L'Haramattan, 2007

A côté, Meirieu est vraiment un acarien!

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

A côté, Meirieu est vraiment un acarien!

Ecrit par : Oxymore | 30 septembre 2008
Ah, ben, moi aussi! J'ai au moins un point commun avec Meirieu...
Enfin, j'ai quand même lu Le nuage d'inconnaissance.

Écrit par : Dobolino | 30 septembre 2008

Pardonnez-moi cette (trop) longue citation, mais je suis intarissable sur le silence et l'apophatisme ;-)

Ecrit par : Robin | 30 septembre 2008

Non, mais c'est bien, quand même!
Et Maître Eckhart et la théologie rhénane? Heink?

Écrit par : Dobolino | 30 septembre 2008

Quand même, pour les masses populaires, c'est franchement frustrant votre théologie apophatique. Comme opium du peuple, on fait mieux. Bernadette Soubirou, ça en jette plus !

Écrit par : Dobolino-Catmano | 30 septembre 2008

Dites, c'est moi qui me braque, ou c'est vraiment incompréhensible ?

"Figures de l'absence : approches littéraires et linguistiques

Ce colloque de jeunes chercheurs, international et pluridisciplinaire, vise à réunir des approches du phénomène de l'absence du côté des sciences du langage ainsi que du côté des sciences littéraires.

Face à cette question de l'absence, les approches traditionnelles, qui comprennent l'absence à la fois comme motif et condition de l'écriture, ont tendance à accentuer la problématique de la représentation et les interconnexions entre l'absence et l'ineffable. Ce colloque se propose de s'interroger, d'un point de vue systématique et historique, sur les figures d'absence comme espaces vides matériellement palpables dans les textes, sur les modalités de l'absence dans la littérature en tant que médium et, enfin, sur les conséquences qu'ont ces effets de discontinuité pour la communication littéraire. En découlent trois champs d'interrogation principaux : la matérialité, la médialité et les tentatives de contournement de l'absence.

Des propositions de contribution pourraient porter sur les sujets suivants (liste non exhaustive) :
• la matérialité de l'absence dans la littérature (moderne) : figures, effets, manifestations formelles (typographie, blancs, ponctuation, mise en page ; figures sémantiques, syntaxiques, rhétoriques)
• la dynamique entre présence et absence et la question du médium ; la littérature et les systèmes sémiotiques des autres formes artistiques
• les tentatives de contournement du vide dans les textes et dans la réflexion sur la littérature (ouverture du texte à d'autres médias, transgression performative du texte)
• l'absence dans la théorie de la littérature (virtualité, théorie de la trace, de l'altérité, le rôle du silence et du vide dans la communication littéraire)
• l'absence comme phénomène spécifiquement moderne ?
un retour de l'ineffable à l'époque postmoderne ? (théorie et pratique esthétique)
• approches philosophiques et esthétiques : absence et langage, absence et connaissance/savoir, statut du néant ; catégories esthétiques comme le sublime ou l'ineffable.

Ecrit par : Jérémy | 30 septembre 2008

Cela sent le canular.
Il y en a eu un comme cela aux US il y a une dizaine d'années, il a même servi de sujet de thèse à des chercheurs, jusqu'à ce que les deux farçeurs révèlent leur supercherie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 30 septembre 2008

Dobolino, vous, une acarienne?! Non! Pas possible!

Mais Darcos, oui, ou en passe de le devenir: quand le masque tombe....
J'attends toujours la désapprobation officielle, ministérielle, du ministre de Sarkoquiditcequ'ilpenseetfaitcequ'ildit, de toutes les saloperies que l'on nous fait gober, nous les professeurs, sans lesquels l'administration, de la crevette au homard, ne sert à rien!

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

A moins qu'une fois de plus "l'innomable" Meirieu ne nous dévoile un pan des profondeurs de sa non-pensée.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 30 septembre 2008

Dobolino, vous, une acarienne?! Non! Pas possible!


Ecrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Et Maître Eckhart, encore un acarien?

Écrit par : Dobolino-Catmano | 30 septembre 2008

Je ne connais plusieurs types d'opium du peuple!

Le communisme, le socialisme à la Ségoniaise ou à la Hollandaise, la télé surtout réalité, le pousse caddy et... l'internet, les blogs en particulier. Pardon, j'ai oublié les sites cochons!

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Pardonnez-moi cette (trop) longue citation, mais je suis intarissable sur le silence et l'apophatisme ;-)

Ecrit par : Robin | 30 septembre 2008

Et l'hésychisme, dans tout cela ? Que faites-vous de l'hésychisme, Robin ?

Écrit par : FGuichard | 30 septembre 2008

Et Maître Eckhart, encore un acarien?

Ecrit par : Dobolino-Catmano | 30 septembre 2008

Ah oui, le grand Eckhart...
'Scusez-moi, je khorrige des khopies moi aussi...

Écrit par : FGuichard | 30 septembre 2008

Les mystiques rhénans ne sont pas des acariens, ni saint Syméon le Nouveau théologien, ni saint Maxime le Confesseur, ni....
Apophatisme, encore. neti...neti dans l'hindouisme.

Mais personnellement je ne souhaite pas développer sur ces sujets ici. Juste quelques allusions, histoire d'oxygéner la vallée avec un peu d'air des cimes. (référence à saint Bernard.)

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

FGuichard: l'HésychAsme! Je pourrais vous donner quelques références pour éclairer votre lanterne mais je prendrais le risque de me dévoiler. Petit indice pour le "fun".

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Merveilleux film de Monsaingeon, (sur la même chaîne), consacré au sublime David Oistrakh...
Ah, le silence qui précède la coda du premier mouvement de la "sonate à Kreutzer", à la fin du film...
En tous cas, si ce n'était pas fait depuis longtemps en ce qui me concerne, de quoi rendre même Victor anti-communiste "primaire".

Écrit par : Christophe Sibille | 30 septembre 2008

"Problèmes de Gnose, L'Haramattan, 2007"

Ecrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

C'est "L'Harmattan", me semble t-il.

Écrit par : Christophe Sibille | 30 septembre 2008

Oui, C Sibille, of course! je n'avais pas vu.

Mélomane , ça aussi ça peut aérer du blog renfermé.
Ce soir sur Radio classique , on a pu entendre J. Haydn en direct: mais oui, je sais, il est mort depuis un bout de temps! c'était Philippe Herrewegh le chef. Superbe interprétation du concerto n°1 pour violoncelle par Jean-Guihen Queyras. Un répertoire trop rarement interprété.

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

FGuichard: l'HésychAsme! Je pourrais vous donner quelques références pour éclairer votre lanterne mais je prendrais le risque de me dévoiler. Petit indice pour le "fun".

Ecrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

J'avais appris "hésychisme", comme la forme de spiritualité la plus élevée des chrétiens d 'Orient.
Mais vous dites "hésychasme", et je crois bien que c'est de la même chose que nous parlons.

Écrit par : FGuichard | 30 septembre 2008

Non Fguichard, ce terme n'est pas d'usage. Mais oui, nous parlons bien, si l'on peut dire, de la même chose.

C'est le coeur de la spiritualité orthodoxe et même, à plus d'un titre, chrétienne. Avec des résonances universelles en regard des grandes traditions spirituelles. Point.

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Oxymore a écrit :

"Quelle différence entre Darcos et ses prédécesseurs? Rien! justement: il faut toujours éviter les vagues, ne pas exclure, obliger les professeurs à se cogner des givrés , des asociaux et des larves de méchants."

Je le répète inlassablement : prenez un homme de bon sens et faites en un ministre... C'était pourtant prometteur !
Peut-être JP Brighelli ferait-il exception comme ministre de l'EN ? Mais pour combien de temps ? Résisterait-il longtemps aux forces châtrantes qui régissent notre Raie Publique ?

Écrit par : Magister | 30 septembre 2008

Enfin, j'ai quand même lu Le nuage d'inconnaissance.

Ecrit par : Dobolino | 30 septembre 2008

Alors là, chapeau, je croyais être le seul.

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Etre seul... pour Robin et les mélomanes


http://fr.youtube.com/watch?v=XIu4gmU-2Kw

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Begaudeau: "portrait d'un professeur que la nation entière est en passe d'applaudir, et sur lequel devrait s'abattre la froide sentence de Montesquieu : Non, ce n'est point le peuple naissant qui dégénère, il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus. Pour inventer les conditions d'un magistère démocratique, il faudrait que l'élève, au moins, ne soit pas exposé à des discours inadmissible"

Eh bien le voilà habillé pour l'hiver par le talentueux styliste P. Guyon,
Pour vous repaître encore de cette prose magnifique lisez son dernier livre (Pour une politique de l'esprit) auquel je me permets de faire ici de la pub, sa modestie naturelle dût-elle en souffrir.
C'est cela le talent : écrire des choses souvent dites (et pour ce qui est de l'école hélas trop souvent redites, rabachées) mais dans une langue si belle qu'elles vous semblent inédites

Allez savoir pourquoi en pensant à Guyot et en écrivant ces mots me revient une anectote authentique. En 1967, lors d'un dîner officiel donné en l'honneur de De Gaulle à Québec, (quelques jours avant le faux-pas du balcon de l'hôtel de ville de Montréal) la femme du maire se penche vers Malraux, qui vient de faire un discours circonstancié et lui dit avec une voix tremblante d'émotion, en rrroulant les rrr:
-M'sieur Malrrraux, là, écoutez-moi donc, vous qui jasez si bien, vous devrriez écrrirre!

Écrit par : Cadichon | 30 septembre 2008

pardon "Guyon"

Écrit par : Cadichon | 30 septembre 2008

Bon eh bien le marchand de sable sur son Nuage d'inconnaissance va passer, Nounours va encore accomplir une descente par l'Echelle céleste pour nous initier aux révélations du sommeil...
Bonne nuit les petits! bonne nuit JPB!

POM POPOPOM POPO POM POMPOM!

Écrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

Dobolino. Comment diable (si j'ose dire) connaissez-vous cet ouvrage ? Je pensais que mon exemplaire était introuvable : "Le nuage de l'inconnaissance et les épîtres qui s'y rattachent par un anonyme anglais du XIVème siècle traduits par D.M. Noetinger, moine de Solesme (Maison Alfre Mame et Fils, 1925). ce livre est lié à une époque très précise de ma vie et j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux (il y a évidemment un rapport avec l'hésychasme, la recherche de la paix intérieure) et la philocalie, l'amour de la beauté.

En voici pour preuve, ce poème écrit il y a des années :


Lozère

"J'avais fui le désert des villes pour arpenter les sentiers de solitude. Je m'étais ajusté au lichen des pierres grises, à la droiture des mélèzes, au peuple obstiné des sangliers, à la ferveur des jonquilles, à la chanson des sources, aux rochers chevauchés par le vent, aux brûlures de la neige, à la pierre plantée dans la tempête, à tout ce qui persiste, persévère et parle sa propre langue. J'ai partagé le pain des pauvres, j'ai acquis des richesses que personne ne m'a disputées. Je n'avais rien, mais tout était à moi.

Que me reste-t-il de ce temps-là ? Des cris d'enfants dans la cour d'une école, la saveur des airelles, le goût du miel sauvage, les morilles des sous-bois, les abeilles du silence, le courage de survivre à l'hiver...

La lampe à huile , sous le nuage d'inconnaissance.

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

"Je le répète inlassablement : prenez un homme de bon sens et faites en un ministre... C'était pourtant prometteur !
Peut-être JP Brighelli ferait-il exception comme ministre de l'EN ? Mais pour combien de temps ? Résisterait-il longtemps aux forces châtrantes qui régissent notre Raie Publique ?"

Je crois qu'il a clairement dit qu'il ne voudrait jamais l'être, ni meme etre un rouage officiel des rectorats et ministères (il y en a deux maintenant).

Écrit par : Jérémy | 30 septembre 2008

Bonne nuit à tous, ô nuageux !

Écrit par : Robin | 30 septembre 2008

Bon, on aimerait bien des infos sur l'évolution de la réforme des lycées.

Ca doit carburer dur dans les cercles de réflexion, et nous on ne sait rien.

Écrit par : Jérémy | 30 septembre 2008

@Jérémy:

"Ah, vous, l'intégriste, retournez d'où vous venez, c'est-à-dire sur fdesouche, le site qui vous va si bien !"

Comment? Vous lisez Fdesouche? Faites attention, mon bon, vous pourriez vous salir.

Les De Gauche, qui n'ont que la Tolérance et l'Ouverture à la bouche, sont fort intolérants et fort peu ouverts à l'égard de quiconque a le tort de bousculer leur dogme. Il se prétendent "ouverts à l'Autre" (expression d'une cuistrerie terminale), mais à la condition que cet autre, ce soit eux.

Vous venez de démontrer la réalité de cette "saloperie de la gauche", dont je parlais, et dont la dénonciation vous irrite tant.

Écrit par : Robert Marchenoir | 01 octobre 2008

« Je pensais que mon exemplaire était introuvable : "Le nuage de l'inconnaissance..." »

Je viens de le trouver sur priceminister (20 euros).

Écrit par : camarasa | 01 octobre 2008

« Je pensais que mon exemplaire était introuvable : "Le nuage de l'inconnaissance..." »

Je viens de le trouver sur priceminister (20 euros).

Ecrit par : camarasa | 01 octobre 2008

Briseur de rêves ! ;-)

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

Etre seul... pour Robin et les mélomanes


http://fr.youtube.com/watch?v=XIu4gmU-2Kw

Ecrit par : Oxymore | 30 septembre 2008

J'ai attendu ce matin (7h.15) pour l'écouter...A chaque fois, c'est comme si c'était la première. Avec Alfred Deller et Henry Purcell, Je serai seul, mais accompagné. Merci !

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

Deller.... Superbe...
Ce quolibet idiot qui courait sur lui, dans les milieux musicaux qui ne supportaient pas ce type de voix qu'il a remises au goût du jour: "Deller d'en avoir qu'une".
Le concerto pour violoncelle de Haydn... Connaissez-vous la version de Frédéric Lodéon, enregistrée dans les années 70? On oublie que ce Frédéric a été un plus qu'excellent violoncelliste!

Jeremy, pour Marchenoir, suivez le conseil que Sanjuro nous a donné en ce qui concerne Felts, et il s'éteindra de lui-même!!! ;-)

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

Ce quolibet idiot qui courait sur lui,
...et que je m'empresse de refaire courir..

Écrit par : de l'air de rien | 01 octobre 2008

"Jeremy, pour Marchenoir, suivez le conseil que Sanjuro nous a donné en ce qui concerne Felts, et il s'éteindra de lui-même!!! ;-)

Ecrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008 "

De l'art de calomnier sans le dire : réunir Robert Marchenoir et Roger Felts dans une seule et même phrase, comme s'ils étaient interchangeables.

Écrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

- M'sieur Malrrraux, là, écoutez-moi donc, vous qui jasez si bien, vous devrriez écrrirre!

Ecrit par : Cadichon | 30 septembre 2008

Excellent !

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

Pedro, ce quu se propose pour la formation des maîtres est tout à fait prévisible, et ahurissant (voir les dépêches AEF d'hier). J'en parlerai quand ça se sera décanté. EN gros, on restreint sur le disciplinbaire, on impose la pluri-valence, on aligne les CAPES externes sur les CAPES externes, et roulez jeunesse...
JPB

Écrit par : brighelli | 01 octobre 2008

Oxymore a écrit :

"Quelle différence entre Darcos et ses prédécesseurs? Rien! justement: il faut toujours éviter les vagues, ne pas exclure, obliger les professeurs à se cogner des givrés , des asociaux et des larves de méchants."

Je le répète inlassablement : prenez un homme de bon sens et faites en un ministre... C'était pourtant prometteur !

Ecrit par : Magister | 30 septembre 2008

Justement, ce que je ne comprends pas, c'est que dans ses conversations privées avec Darcos, le maître de céans ne parvienne pas à faire comprendre audit Darcos qu'il précipite l'école, et la France par voie de conséquence, dans le mur....

Par ailleurs, ou plutôt par le même truchement, cher Jean-Paul, avez-vous réussi à faire ôter du Préambule des nouveaux programmes de français du collège l'expression "en unités d'enseignement ou séquences" qui y avait été glissée discrètement par les pédagos du Ministère et qui ruine à elle seule toutes les prétendues bonnes intentions qui ont présidé à la confection desdits programmes?
Car maintenir officiellement la pratique des "séquences" en français au collège, c'est rendre impossible tout enseignement rigoureux, méthodique et efficace de notre langue. Autant être franc tout de suite et dire que l'on n'en a rien à foutre en haut lieu que les élèves apprennent quelque chose au collège, ce sera plus clair.
Je le constate dans mon collège: les seuls élèves qui savent un peu quelque chose en français et qui y trouvent du plaisir sont ceux qui ont eu pour professeur ma collègue PEGC qui enseigne à l'ancienne ( qui vient de prendre sa retraite et c'est bien dommage). Tous les autres, qui ont subi un ou eux ans de "séquences" avec mes chers collègues dans le vent, m'arrivent en 4ème non seulement dépourvus de toute base grammaticale et orthographique, mais, en plus, nantis d'un solide dégoût du français. Ils n'ont fait "que des textes", avec "des questions auxquelles on ne comprend rien".
Elle est belle, Jean-Paul, la pédagogie du français au collège!
Un champ de ruines!
Et si la formule "en unités d'enseignement ou séquences" a été conservée dans le texte définitif du Préambule, autant dire que c'est définitivement cuit.
Peut-être avez-vous sondé Darcos sur la suppression de cette formule calamiteuse...

Écrit par : Jean | 01 octobre 2008

"on aligne les CAPES externes sur les CAPES externes"

JPB

Ecrit par : brighelli | 01 octobre 2008

S'il n'y avait que ça... ;-)

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

De l'art de calomnier sans le dire : réunir Robert Marchenoir et Roger Felts dans une seule et même phrase, comme s'ils étaient interchangeables.

Ecrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Qué calomnie? Vous savez lire, il me semble!

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

Dobolino. Comment diable (si j'ose dire) connaissez-vous cet ouvrage ? Je pensais que mon exemplaire était introuvable : "Le nuage de l'inconnaissance et les épîtres qui s'y rattachent par un anonyme anglais du XIVème siècle traduits par D.M. Noetinger, moine de Solesme (Maison Alfre Mame et Fils, 1925).

Ecrit par : Robin | 30 septembre 2008
Il a été réédité et je le connais de par mon époux qui aurait fini cloîtré s'il n'avait pas eu la chance de rencontrer l'être le plus exceptionnel, le plus carrément mystique et démystifiant et mystificateur etc...
Pour la réédition, il me semble que c'était en Points mais impossible de remettre la main dessus. J'ai certainement prêté ce livre à une bonne âme, un jour où j'en avais ma claque qu'on me gave avec les vertus du bouddhisme et la nullité du christianisme. On se demande vraiment pourquoi les gens vont chercher ailleurs ce que leur propre religion leur offre à pleines mains ?

Écrit par : dobolino | 01 octobre 2008

Oui, je sais lire entre les lignes

Écrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Pour Robin:
http://www.amazon.fr/Nuage-dinconnaissance-Anonyme/dp/2020047519

Écrit par : dobolino | 01 octobre 2008

Hi!

Merci C Sibille , je connais la version de Lodéon, c'est avec lui que j'ai découvert Boccherini vers 16 ans.

Actuellement je préfère la version intégrale J Berger sur le violoncelle de Luigi en personne, quant aux concertos pour violoncelle de papa Haydn (et ses quatuors! tous, ou presque magnifiques) par C. Coin. Mais il y a bien sûr d'autres belles versions.

Chanté par James Bowman, o solitude, c'est très bien aussi. Par G. Lesne, bof.

Robin, on serait heureux de lire davantage de votre prose, il y a de biens belles réminiscences dans ce passage en Lozère.

Nous partageons bien un regard philocalique. Les apparences et les circonstances, peuvent laisser le contraire en ce qui me concerne, mais la dissimulation est aussi nécessaire, et ce n'est pas un lecteur de B Gracian qui le niera.

Il y a tellement d'œuvres où les "mots portent leur chose" (Daumal) pour se nourrir et être plus fort dans ce monde abruti que certain gouvernants ou bureaucrates prétendent organiser.
Ce tenir à l'écart est parfois bon, c'est une manière de se dire tout en étant absent....N'est-ce pas Jérémy?

Écrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

On se demande vraiment pourquoi les gens vont chercher ailleurs ce que leur propre religion leur offre à pleines mains ?

Ecrit par : dobolino | 01 octobre 2008

Vous avez mille fois raison et je suis content que ce livre de haute mystique ait été réédité dans la collection Points Sagesse (abbaye de Bellefontaine) dans une traduction nouvelle du poète Armel Guerne.

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

Oui, je sais lire entre les lignes

Ecrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Don't feed the sibilibili ... ;)
sinon on va encore avoir le droit à ses sibilibiliques ... :(

Écrit par : toto | 01 octobre 2008

Je vous approuve Dobolino, mais le problème est que la tradition spirituelle chrétienne a été enfermée dans des cénacles restreints. Surtout en Occident. Il ne faut pas donc pas s'étonner de voir des détours étonnants pour retrouver le trésor chez soi. Et puis, la rencontre des religions et des traditions entraîne nécessairement des expériences de dialogues qui mènent vers la découverte de l'unité transcendante des traditions spirituelles.
Voyez la vie et l'œuvre exceptionnelles d'Henri Le Saux(moine bénédictin devenu swami) avec l'Inde et la tradition des Upanishads.

Écrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

"Il ne faut pas donc pas s'étonner "

Prout prout

KIcKIm'parlèd'syntaxe.... lol

Écrit par : toto | 01 octobre 2008

"Oui, je sais lire entre les lignes."

Ecrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

C'est la première fois, (et sans doute la dernière, ;-)) que je prends Toto comme référence, mais "vous mettez votre sens".

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

@ Robin,
Le "nuage de l'inconnaissance" a été réédité dans la collection Points / spiritualités pour pas cher.

http://www.amazon.fr/Nuage-dinconnaissance-Anonyme/dp/2020047519/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1222865257&sr=1-1

Mieux vaut s'en réjouir, non ?

Écrit par : Jean M. | 01 octobre 2008

Bah, si c'est anodin pour vous de mettre Roger Felts et Robert Marchenoir dans le même panier...

Écrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Bon, il n'y a pas que le Nuage.... le même auteur anonyme écrivit un recueil de six lettres publiées au Seuil, points Sagesses 199, sous le titre "La quête de la sagesse".

En plus des ouvrages ou auteurs cités plus haut, je recommande la lecture de Les enjeux philosophiques de la mystique, coll., éd. J. Millon, 2007.

Écrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

"Bah, si c'est anodin pour vous de mettre Roger Felts et Robert Marchenoir dans le même panier...
Ecrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008 "

Ben quoi ???? C'est sibilibili ???? Kess ti veu d'plus ?????

Écrit par : toto | 01 octobre 2008

@ Christophe Sibille le 1er octobre 2008 a écrit :
« …Jeremy, pour Marchenoir, suivez le conseil que Sanjuro nous a donné en ce qui concerne Felts, et il s'éteindra de lui-même!!! ;-) »

@ johnmarguerite toujours le 1er octobre 2008 complète :
De l'art de calomnier sans le dire : réunir Robert Marchenoir et Roger Felts dans une seule et même phrase, comme s'ils étaient interchangeables.

Je “finalise” :
D 'abord merci à jonhmarguerite de souligner ma non interchangeabilité avec Robert Marchenoir. Je m'apprêtais d'ailleurs à envoyer un commentaire à ce dernier lui signifiant qu'il devait se dispenser de mesurer la gauche à l'aune de ce qu'en laisse transparaître Jérémy et son sectarisme hautement affirmé (où Sibille et sa vertueuse perversion). Cette gôche là existe malheureusement. Sa seule raison d'être est de donner encore plus de consistance à une droite, qui n'a pas besoin de cela pour exister. Ils y arrivent tellement bien que, alors que le peuple a toutes les raisons de vouer aux gémonies notre catastrophe nationale, celui-ci sembla avoir toutes ses chances pour un deuxième mandat…
Ensuite que Christophe Sibille ne prenne pas ses désirs pour la réalité : un crabe arrivera peut-être un jour à éteindre une des lumières qui éclairent ce blog mais un moustique sûrement pas. Et Cristophe Sibille est très en en dessous du moustique. En le classant dans la sous-sous catégorie des mouches à merde, on fait preuve d'une extrême générosité (pour Sibille, pas pour les mouches à merde qui vont sûrement protester)… Qu'il ne dénature pas aussi les positions de nos honorables correspondants : Sanjuro suggérait aussi bien à Sibille qu'à Felts pour éteindre la polémique de s'abstenir de polémiquer… Felts, tout en pensant que Sanjuro se trompait, a suivi le conseil : il ne s'est pas éteint, mais est intervenu sur d'autres sujets (“Du passé faisons table rase” dans la discussion sur Bégaudeau et son film, par exemple, ou “L'odyssée des burkas, sur son site)… Les insinuations putrides de Sibille, entre l'écoute d'une sonate de Prokofiev et le recueillement sur la sonate à Kreutzer, perdurent… La musique adoucit les mœurs sauf celles de la sous-sous catégorie des mouches à merde… L'abstention de Felts vis-à-vis de Sibille n'a servi à rien… Celui-ci réactive le processus.
Au point de me dire que ce n'était peut-être pas de l'idiotie congénitale mais la volonté affirmée de se mettre dans la peau d'un homme de média : adulé si on peut, détesté toujours. Sibille est de la même famille que ces sous catégorie d'hommes politiques qui paieraient des fortunes pour être brocardé dans “Les guignols de l'Info”. Il fait ses premières armes sur “Bonnet d'âne” en supportant les insultes de quelques impétrants… Il aspire aux sommets guignolesques… Quels exploits ne va-t-il pas commettre ? Quels culs ne va-t-il pas lécher pour arriver à ses fins ?

Afin que nos amis lecteurs ne croient pas que mon investissement préféré est le “Sibille in life”, depuis “Du passé faisons table rase” à propos de Bégaudeau, et “L'odyssée des burkas”, sur mon site, je viens de publier la suite des burkas que j'ai intitulée : “3001, l'Odyssée des Homos”.
http://rogerfelts.blog.lemonde.fr/2008/10/01/3001-lodyssee-des-homos%E2%80%A6/#respond

Écrit par : Roger Felts | 01 octobre 2008

"Au point de me dire que ce n'était peut-être pas de l'idiotie congénitale mais la volonté affirmée de se mettre dans la peau d'un homme de média :"

sibilibilibili chercherait à piquer la place à Fogiel ????
Incrédibilibili !!!!!
:)

Écrit par : toto | 01 octobre 2008

@ Robin,
Le "nuage de l'inconnaissance" a été réédité dans la collection Points / spiritualités pour pas cher.

http://www.amazon.fr/Nuage-dinconnaissance-Anonyme/dp/2020047519/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1222865257&sr=1-1

Mieux vaut s'en réjouir, non ?

Ecrit par : Jean M. | 01 octobre 2008

Mais, comme je l'ai dit à Dobolino, j'en suis très heureux car je ne suis ni un partisan de "l'ésotérisme" (au sens propre du terme), ni un "gnostique" !

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

Excusez-moi de vous le dire, Roger et John, mais, sur ce coup-là, vous êtes vraiment en pleine crise de parano!
Rien de plus à dire.

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

Robin, on serait heureux de lire davantage de votre prose, il y a de biens belles réminiscences dans ce passage en Lozère.

Je la distille à petites doses, quand la coïncidence entre ce qui se dit et ce que j'ai écrit est suffisamment frappante, come ce fut le cas avec "le Nuage".

Sinon, en dehors de l'excellente revue de poésie "Les Citadelles" qui m'héberge charitablement de temps en temps, ma maison d'édition est au fond du tiroir ! ;-)

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

Si Roger avait été moins long et moins sanguin, cela aurait été nettement mieux mais bon, si on m'avait comparé à Robert Marchenoir, je pense que j'aurais été aussi très, très, très énervé.

Écrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Sachant que Jérémy avait écrit à propos de Marchenoir :

"Ah, vous, l'intégriste, retournez d'où vous venez, c'est-à-dire sur fdesouche, le site qui vous va si bien !"

Voilà, je pense avoir été suffisamment clair : il y a des raccourcis injustifiés qui font très mal

Écrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

@ Christophe Sibille a écrit :
" Excusez-moi de vous le dire, Roger et John, mais, sur ce coup-là, vous êtes vraiment en pleine crise de parano!
Rien de plus à dire."
Heureux d'apprendre que vous n'avez rien de plus à dire… C'est parfait !… Et pour ajouter à la perfection, je vous informe que pes plus que pour la schizophrénie, vous ne savez pas ce qu'est une crise de parano… Ne maniez plus les concepts. Contentez-vous de connaitre de l'intérieur ce qu'est la petite perversion intellectuelle. Cela, c'est à votre portée, vous la pratiquez tous les jours…

Écrit par : Roger Felts | 01 octobre 2008

Johnmarguerite, vous le faites exprès, ou quoi? Relisez-moi! Je n'ai pas comparé deux personnes, mais mentionné une manière que préconisait Sanjuro pour qu'une polémique entre deux personnes s'éteigne d'elle-même, en prenant deux exemples. Et ça marche, quels que soient les exemples.
Je ne compare absolument pas Roger Felts et Robert Marchenoir. Point barre.

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

"il y a des raccourcis injustifiés qui font très mal"

Ecrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

C'est vous qui l'avez créé, ce raccourci.

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

"Heureux d'apprendre que vous n'avez rien de plus à dire… "C'est parfait !… Et pour ajouter à la perfection, je vous informe que pes plus que pour la schizophrénie, vous ne savez pas ce qu'est une crise de parano… Ne maniez plus les concepts. Contentez-vous de connaitre de l'intérieur ce qu'est la petite perversion intellectuelle. Cela, c'est à votre portée, vous la pratiquez tous les jours…"

Ecrit par : Roger Felts | 01 octobre 2008

Par contre, à vous lire, on appréhende parfaitement ce que peut être le "psittacisme chronique", (si je peux me permettre ce demi-pléonasme).

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

Personnellement, j'arrête cette nouvelle polémique. Roger, continuez à vous battre tout seul. Devant votre miroir. Si, si, celui qui vous dit que vous êtes la plus belle.

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

"Je ne compare absolument pas Roger Felts et Robert Marchenoir. Point barre.

Ecrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008 "

Alors pourquoi comprend si facilement que l'un ne vaut pas mieux que l'autre ?

Et juste comme ça, entre parenthèses, dire de quelqu'un qu' "il s'éteindra de lui-même" alors qu'il est sous chimio, c'est au minimum une preuve que vous feriez bien de vous relire avant de dire aux autres qu'ils ne vous comprennent pas (et là, je crois que je suis très gentil).

Écrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

"comprend-on"

Écrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Pour être sûr que je suis bien compris :

"Jeremy, pour Marchenoir, suivez le conseil que Sanjuro nous a donné en ce qui concerne Felts, et il s'éteindra de lui-même!!! ;-)

Ecrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

A la fin de la phrase, on comprend bien le sous-entendu : "il s'éteindra de lui-même", c'est-à-dire, comme cela fut le cas pour Roger Felts.

Écrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Mais non! "Il", c'est Marchenoir! Enfin!!! Aucun sous entendu de ma part en ce qui concerne Felts. Ce ne sont pas mes armes.
Si ma phrase a pu paraître ambiguë, je prie Roger Felts de m'en excuser. Elle me paraîssait claire. Mais, franchement, ceux qui me connaissent un peu ici confirmeront que ce procès d'intention n'est pas vraiment digne.

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

Robin, j'ai trouvé moi aussi très beau votre poème "Lozère." Et il est vraiment dommage que votre maison d'édition soit "au fond du tiroir".

Écrit par : Sylvie Huguet | 01 octobre 2008

Au fait, Robin, où en êtes-vous de vos démêlés avec vos petits élèves?

Écrit par : Jean | 01 octobre 2008

Et puis, la rencontre des religions et des traditions entraîne nécessairement des expériences de dialogues qui mènent vers la découverte de l'unité transcendante des traditions spirituelles.
Voyez la vie et l'œuvre exceptionnelles d'Henri Le Saux(moine bénédictin devenu swami) avec l'Inde et la tradition des Upanishads.

Ecrit par : Oxymore | 01 octobre 2008
Ceux dont je parlais n'en sont pas là ! Ils recherchent une spiritualité bon marché qu'ils touillent avec un peu d'astrologie et se dépatouillent pour vivre pas plus mal que ça des charitables allocations de solidarité que leur dispensent cette société occidentale sur laquelle ils crachent. Je préfère ne pas m'étendre sur leurs rapports avec notre médecine occidentale qu'ils sont malgré tout bien contents de consommer le dimanche quand leur gourou ou celui de leurs bestioles est en méditation à Val d'Isère.

Écrit par : dobolino | 01 octobre 2008

Je me suis permis de mettre dans" l'anti fadas" et dans "les aliboffis" un lien vers cet excellent et rafraîchissant article.

Bravo.

Écrit par : Victor | 01 octobre 2008

Mais, comme je l'ai dit à Dobolino, j'en suis très heureux car je ne suis ni un partisan de "l'ésotérisme" (au sens propre du terme), ni un "gnostique" !

Ecrit par : Robin | 01 octobre 2008

Là, Robin vous me surprenez: vous ne savez pas ce qu'est l'ésotérisme.

Etre partisan ou ne pas être partisan de l'ésotérisme ne veut pas dire grand chose; quant à la gnose, si vous aimez le Nuage ( voir aussi les 6 lettres évoquées plus haut) , vous ne pouvez la rejeter, elle l' imprègne ! Mais vous devez vous fixer sur des aperçus erronés qui , depuis longtemps, entretiennent la confusion.
Les mots sont pourris par l'ignorance ou piégés par une histoire parfois conflictuelle, c'set bien le moins que l'on puisse dire.

Alors, Robin, comme je n'ai pas envie de faire un cours ici sur ces sujets, je vous propose ce lien qui devrait vous aider à y voir plus clair.

http://membres.lycos.fr/borellajean/

Écrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

Sibille m'agresse en écrivant :
« …Jeremy, pour Marchenoir, suivez le conseil que Sanjuro nous a donné en ce qui concerne Felts, et il s'éteindra de lui-même!!! ;-) »

Il déclenche ainsi une polémique où interfèrent Sibille, Johnmarguerite et moi-même…

Puis Sibille décrète :

"Personnellement, j'arrête cette nouvelle polémique. Roger, continuez à vous battre tout seul. Devant votre miroir. Si, si, celui qui vous dit que vous êtes la plus belle."


C'EST PAS BEAU TOUT CELA… Maintenant, il doit écouter son classique préféré :“Clair de lune à Maubeuge”

Écrit par : Roger Felts | 01 octobre 2008

Begauder, vient d'un vieux radiical indo-européen "bega" qui veut dire "parler sottement aux scribes". de "beg-" scribe. Begodein en grec (begodo, begodeis, begodeï...) et ,curieusement en latin , le verbe a subi une mutation modale et se conjugue au déconent: begodari. (begodor, begodaris, begodarit, begodaminABLE (exception) etc etc)
En français , le verbe apparaît pour la première fois en 1011 dans "Li Cantliens diz Oeufs en Gelée" et signifie "cracher sur les scribes" puis, au fil du temps, comme dirait Wenders, le mot bégauder a revêtu un sens péjoratif. "En cestuy tems bégaudayent à loisir les manants". Bégauder ,c'est donc "cracher sur, dire du mal de"...
Chez Montaigne, puis chez Malherbe, "je bégauderoys" a pour synoniyme "je cracherai mon venin" sens que ce mot à gardé depuis le XVIème siècle. Enfiin au début du XXème siècle, on le trouve chez Léon Bloy et chez Proust ; bégauder a alors le sens de dire du mal....

(Dictionnaire des termes insolites, par Ferdinand Deux-Lescèpes, 1956, Editions Lagranderousse)

Écrit par : montaigneàcheval | 01 octobre 2008

Au fait, Robin, où en êtes-vous de vos démêlés avec vos petits élèves?

Ecrit par : Jean | 01 octobre 2008

Je me suis arrêté un peu. Je reprends lundi. J'ai décidé de suivre vos conseils et de punir désormais au moindre bavardage et sans états d'âme. C'est malheureux ces rapports de force permanents qu'ils nous obligent à instaurer avec eux...Et c'est surtout difficilement compatible avec "la vie de l'esprit" (1/3 de la classe le comprend, 1/3 marche à la punition et 1/3 n'a rien à faire là, mais ça n'est pas politiquement correct de le dire.)

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

J'ai décidé de suivre vos conseils et de punir désormais au moindre bavardage et sans états d'âme.

Ecrit par : Robin | 01 octobre 2008

Ce qui est très pratique, c'est de donner des pages de Bescherelle à recopier entièrement: le verbe ETRE, le verbe AVOIR, etc.
Allez-y avec coeur, sans lésiner.
Vous vous sentirez vous-même beaucoup mieux dès que vous aurez rétabli votre autorité.
Je ne crois pas qu'il faille regretter d'être obligé d'en passer par là, sinon les enfants ne seraient pas des enfants mais des adultes responsables, ce qu'ils ne sont pas. "L'enfant cherche par nature le point faible de son éducateur" (La Bruyère).
Une fois clairement réaffirmé que c'est vous qui commandez dans votre classe et que ce sera comme ça et pas autrement, vous pouvez même retrouver un certain plaisir à enseigner à ces bambins qui, après tout, sont avides de connaissances claires et solides (pas en "séquences"....!).

Écrit par : Jean | 01 octobre 2008

Begauder, vient d'un vieux radical indo-européen "bega" qui veut dire "parler sottement aux scribes". de "beg-" scribe. Begodein en grec (begodo, begodeis, begodeï...)

Ecrit par : montaigneàcheval | 01 octobre 2008

Merveilleux ! Montaigne, je vous embrasse !

Écrit par : FGuichard | 01 octobre 2008

A oxymore :

J'ai pris le mot "ésotérisme" dans son sens courant : doctrine suivant laquelle des connaissances ne peuvent ou ne doivent pas être vulgarisées, mais communiquées seulement à un petit nombre, ainsi que le mot "gnose" : l'idée que le "salut" dépend de la connaissance réservées à un petit nombre "d'élus". Je ne crois à aucune de ces deux idées.

Mais je sais qu'il existe des "connaissances" difficiles d'accès ou auxquelles on a accès en passant par une "porte étroite", mais qui ne dépendent pas de l'intelligence pure, mais de l'âme, du coeur et de l'esprit réunis.

Plutôt que de "connaissances", il faudrait plutôt parler d'"expérience" (cette expérience peut passer par des moments d'extrême découragement (la fameuse "acédie" des Pères du désert ou même de terreur (cf. G. Flaubert, La Tentation de saint Antoine)

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

Dans le numéro 4 de SINÉ-HEBDO, j'ai relevé dans “les petites nerveuses” rédigées par notre fidèle ami Christophe Sibille, celle-ci :
CUMULARD OU COCHON ?
Élu sénateur, Jean-Pierre Chevènement confie : “je suis le premier homme à être mort deux fois en restant cliniquement vivant?”

Dans le numéro 5 de SINÉ-HEBDO, on trouvera sûrement dans “les petites nerveuses” celle-là :
AMICALE ATTITUDE !
« Associé à la rédaction de Siné-Hebdo, Christophe Sibille confie : “ je suis le premier homme à avoir déclaré une amitié sans faille à Charlie-Hebdo et à son directeur Val tout en travaillant chez son principal concurrent après avoir écrit sur un blog que son directeur, Siné était un gros con. Mon cœur est avec l'un, ma plume avec l'autre et cliniquement, on me considère comme une enflure»

Pub gratuite : n'oubliez pas d'aller acheter le numéro 5… Pour le 4 vous avez eu le meilleur.
L'BIGOUDIN

Écrit par : L'Bigoudin | 01 octobre 2008

@ Oxymore
A propos de Jean Borella, on peut ajouter qu'il est passionné par Blaise Cendrars, qu'il nous a fait découvrir en classe de 5ème, car il complétait son service de philo (à l'époque, une seule terminale où cohabitaient philosophes, matheux, et élèves de Sciences expérimentales) par des cours de français. C'était un aimable farfelu, capable de repartir chez lui au milieu du cours pour aller chercher les copies oubliées, mais dont les cours atypiques et déconnectés du programme nous enchantaient.

Écrit par : retraitée | 01 octobre 2008

Discipline : (encore)
Oui Jean, mais il y a des cas où les élèves provoquent encore leur professeur qui vient de mettre un mot dans le carnet assorti d'un bon paquet de définitions utiles à copier. Il y a des têtes brulées, des abrutis qui se cabrent!
Là, il faut aussi pouvoir les sortir. Si Le bureau de la Vie scolaire refuse de recevoir ces excités, que fait-on? Nouveau rapport de force.! Il n'est pas question de céder, sur aucun front. Or, certains chefs d'établissements ou des sous chefs complexés et bêtes à manger de la paille vous emm... aussi et jouent la carte du "tu dois garder tes élèves, nous à la Vie scolaire on ne peut pas garder tous les élèves" Autrement dit, ces crétins de la vie scolaire exigent que vous consentiez à ne plus faire cours en gardant vos chèvres. Sous entendu: "t'es même pas cap de tenir tes fauves, toi? "
Et c'est comme ça que des collègues avalent des cours à pleurer. Mais ne disent mots. Manière d'humilier les professeurs qui manquent d'énergie ou de cran pour répondre: allez vous faire voir!

J'insiste: l'administration du collège DOIT être à notre service pour que nous puissions être au service de la discipline que nous enseignons! Sans professeurs, la vie scolaire, les pions, voire le chef d'établissement n'ont pas de raison d'être.

Écrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

Je me suis permis de mettre dans" l'anti fadas" et dans "les aliboffis" un lien vers cet excellent et rafraîchissant article.

Bravo.

Ecrit par : Victor | 01 octobre 2008

Je suis complètement étranger à l'arrivée d'un néo-Victor pourvu d'un site.
Victor, dit "l'ancien"

Écrit par : victor | 01 octobre 2008

Merci Retraitée, c'est une anecdote amusante. Quel parcours chez cet homme depuis cette époque que vous évoquez.
Je ne partage pas intégralement tout ce qu'il pense, mais il est selon moi le plus grand métaphysicien français contemporain. Pas moins.

Écrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

J'ai décidé de suivre vos conseils et de punir désormais au moindre bavardage et sans états d'âme. C'est malheureux ces rapports de force permanents qu'ils nous obligent à instaurer avec eux...Et c'est surtout difficilement compatible avec "la vie de l'esprit" (1/3 de la classe le comprend, 1/3 marche à la punition et 1/3 n'a rien à faire là, mais ça n'est pas politiquement correct de le dire.)

Ecrit par : Robin | 01 octobre 2008

Et c'est bien là le côté usant de notre métier, hormis les tracasseries et les errements de l'institution devenue une vraie pétaudière.
De toute façon, il n'est jamais politiquement correct de décrire la réalité. Le fait est que notre société a ainsi évolué qu'on se retrouve aujourd'hui avec des masses de gens dont on ne sait plus réellement que faire... Mais n'était-ce pas couru avec un système centrifuge, c'est-à-dire intrinsèquement exclusif, au point que nul ne sait plus vraiment où est sa place ! En vérité, le monde est entré en folie, la termitière s'agite et les lendemains n'ont pas fini de déchanter. Et ce ne sont certainement pas les Tartuffe qui nous gouvernent ni ceux qui convoitent leur place -maîtres de rien- qui sauveront la mise.

Écrit par : Magister | 01 octobre 2008

Dictionnaire des termes insolites, par Ferdinand Deux-Lescèpes, 1956, Editions Lagranderousse)

Ecrit par : montaigneàcheval | 01 octobre 2008

Je joins mes félicitations à celles de FGuichard. Je la laisse vous embrasser à ma place car je ne me suis pas rasé aujourd'hui, mais le coeur y est ! ;-)

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

Alors, Robin, comme je n'ai pas envie de faire un cours ici sur ces sujets, je vous propose ce lien qui devrait vous aider à y voir plus clair.

http://membres.lycos.fr/borellajean/

Ecrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

Merci pour le lien. cette "métaphysique du symbole" me parle davantage que la tentative actuelle de conciliation entre la raison et la foi qui me paraît bien problématique.

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

Ceux dont je parlais n'en sont pas là ! Ils recherchent une spiritualité bon marché qu'ils touillent avec un peu d'astrologie et se dépatouillent pour vivre pas plus mal que ça des charitables allocations de solidarité que leur dispensent cette société occidentale sur laquelle ils crachent. Je préfère ne pas m'étendre sur leurs rapports avec notre médecine occidentale qu'ils sont malgré tout bien contents de consommer le dimanche quand leur gourou ou celui de leurs bestioles est en méditation à Val d'Isère.

Ecrit par : dobolino | 01 octobre 2008

Ce qui me fait bien rire dans ce message, c'est qu'on y voit bien la notion de seuil de tolérance, seuil de tolérance qui n'est pas le même à la Belle de Mai et en moyenne montagne sèche. Au fond, c'est tout un!
Quand dans un bled paumé de 400 habitants, vous avez une famille de marocain qui font peut-être le ramadan mais sans faire chier personne et 10% de la population, sans compter leur infernale progéniture, qui vous parasitent et, en plus, vous font la morale et vous regardent de haut, réclamant des cantines bio et des eurythmies en tout genre à la maternelle, alors même qu'ils sont depuis cinq ans, de notoriété publique, en cessation de paiement à la perception, on prend aussi les nerfs et on affrèterait volontiers un charter pour le Tibet.

Écrit par : Dobolino-Catmano | 01 octobre 2008

Y'en a qui se lachent et posent une tête de porc sur le parvis de la mosquée...
Y'en a d'autres qui se verraient bien imolant Bouddah par le feu pour le Carmentran des écoles!

Écrit par : Dobolino-Catmano | 01 octobre 2008

Catmano n'y est pour rien! J'ai oublié de corriger mon pseudo occasionnel d'hier soir!

Écrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

Je vous approuve Dobolino, mais le problème est que la tradition spirituelle chrétienne a été enfermée dans des cénacles restreints. Surtout en Occident. Il ne faut pas donc pas s'étonner de voir des détours étonnants pour retrouver le trésor chez soi.
Ecrit par : Oxymore | 01 octobre 2008
Ceci est juste ! Mais, ceux dont je parle ne voient pas, à aucun moment de leur quête, le trésor chez nous. Ils ne viennent pas à nos cathédrales, à nos abbayes cisterciennes, pour aspirer un instant de paix et de bonheur absolus mais recueillent sans sourciller le fruit sonnant et trébuchant que leur verse notre Etat héritier de la Charité et usent de leur CMU sans scrupules.
Et s'ils rejettent notre Foi originelle comme production du diable, c'est bien de notre Espérance qu'ils se nourrissent.

Écrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

Les mots sont pourris par l'ignorance ou piégés par une histoire parfois conflictuelle, c'set bien le moins que l'on puisse dire.

Ecrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

Bon résumé de mes propos jetés au hasard !
Désolée ... Je ne les avais pas encore lus.

Écrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

Merci pour le "bon point" Dobolino! Nous sommes bel et bien plusieurs sur la même longueur d'onde. C'est un petit viatique, mais il est heureux de le reconnaître.

Bonne lecture Robin! avec Jean Borella, vous allez " voyager" de la Terre au Ciel pour que la Terre soit céleste et le Ciel terrestre. (Langage de grand Gourouinitiésagedesmontagneset desvallées d'Orient, of course)

Écrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

"Si ma phrase a pu paraître ambiguë, je prie Roger Felts de m'en excuser. Elle me paraîssait claire. Mais, franchement, ceux qui me connaissent un peu ici confirmeront que ce procès d'intention n'est pas vraiment digne.

Ecrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008 "

Le verbe "s'éteindre" 'était une énorme, énorme bourde, et Roger Felts l'a compris comme moi, et il n'y avait rien d'indigne à vous le signaler (mais vous vous excusez, c'est déjà ça !)

Pour le rapprochement avec Marchenoir, si vous évoquiez sérieusement une méthode pour apaiser les conflits entre les personnes, alors je ne sais pas ce que venait faire le smiley à la fin !

Dans ces conditions, je vous conseille surtout de ne plus parler du tout de Roger Felts avec un smiley qui traîne juste à côté, et surtout alors que Felts ne vous avait rien demandé : vous trouverez sûrement d'autres nombreux sujets de plaisanteries à l'avenir .

Écrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Robin, j'ai trouvé moi aussi très beau votre poème "Lozère." Et il est vraiment dommage que votre maison d'édition soit "au fond du tiroir".

Ecrit par : Sylvie Huguet | 01 octobre 2008
Tout pareil.
Mais, combien sont-ils, ainsi, avec un éditeur au fond du tiroir ?
Quand on voit le nombre de "pains au chocolat" qui ornent les vitrines des libairies à chaque rentrée littéraire !

Écrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

Merci pour le "bon point" Dobolino! Nous sommes bel et bien plusieurs sur la même longueur d'onde. C'est un petit viatique, mais il est heureux de le reconnaître

Ecrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

Je ne vole pas très haut mais, pas loin de chez moi, y'a Sénanque, et, là, j'ai beau être une mécréante, je sais bien qu'il y a quelque chose à tenir.
Chartres aussi, bien sûr !
Et Notre-Dame de Paris, première rencontre.

Écrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

C'est malheureux ces rapports de force permanents qu'ils nous obligent à instaurer avec eux...Et c'est surtout difficilement compatible avec "la vie de l'esprit" (1/3 de la classe le comprend, 1/3 marche à la punition et 1/3 n'a rien à faire là, mais ça n'est pas politiquement correct de le dire.)

Ecrit par : Robin | 01 octobre 2008

Je vous offre les commentaires de mes enfants, pour ce qu'ils valent.
L'aîné, terminale L : "C'est un homme intelligent ! "
La cadette, classe de troisième: " Chuis bien d'accord avec lui ! T'es sûre que c'est pas mon prof de français? Passqu'y dit pareil..."
Bon courage!

Écrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

Dobolino, quelle chance! J'aime Sénanque: c'est ce type d'abbaye cistercienne si caractéristique, dans un vallon discret, que je trouve, comme vous, dispensatrice de paix.
J'y ai vu danser les derviches de l'ordre soufi des mevlevis, en 1981.
JPB doit se demander si son blog devient une chapelle...
Dobolino, quand vous retournerez à Sénanque, n'oubliez pas de sourire aux rainettes dans le bassin.... Je les aime autant que les martinets qui dessinent des ogives dans le ciel du Lubéron.

Écrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

A oxymore :

J'ai pris le mot "ésotérisme" dans son sens courant : doctrine suivant laquelle des connaissances ne peuvent ou ne doivent pas être vulgarisées, mais communiquées seulement à un petit nombre, ainsi que le mot "gnose" : l'idée que le "salut" dépend de la connaissance réservées à un petit nombre "d'élus". Je ne crois à aucune de ces deux idées.

Mais je sais qu'il existe des "connaissances" difficiles d'accès ou auxquelles on a accès en passant par une "porte étroite", mais qui ne dépendent pas de l'intelligence pure, mais de l'âme, du coeur et de l'esprit réunis.

Plutôt que de "connaissances", il faudrait plutôt parler d'"expérience" (cette expérience peut passer par des moments d'extrême découragement (la fameuse "acédie" des Pères du désert ou même de terreur (cf. G. Flaubert, La Tentation de saint Antoine)

Ecrit par : Robin | 01 octobre 2008

Robin, là, franchement, vous êtes un bon pote! Je l'aurais dit tout pareil, si j'avions osé...

Écrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

Oxymore, à Sénanque, il faut monter jusqu'à la "ferme du loup"... Enfin, c'est ainsi que nous l'appelions, son père et moi, pour encourager les petites jambes de notre garçonnet de deux ans!
Vous prenez le chemin qui longe les communs. Il se transforme en sentier après le pont sur la Sénancole et les gros chênes.
et, là-haut, le ...... nirvana???????????
Ça manque de smileys, ici...

Écrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

En parlant de martinets, ce qui me fait souci, c'est que, quand j'étais gamine, à la rentrée des classes, ou peu avant, les hirondelles se regroupaient sur les fils pour leur migration. Nous, les gamins, on savait que la rigolade était finie et qu'il fallait reprendre le harnais.
J'ai beau regarder mais à présent, je ne les vois plus, ces hirondelles entassées les unes contre les autres, prêtes pour la rentrée des classes ?

Écrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

Non Dobolino pas de smileys: un sourire d'ange, celui que vous avez au fond de votre mémoire. Si!si! cherchez bien! Et cela suffit, non?

Pour moi, le "nirvana" se trouve en Espagne, à Ordessa, dans le massif du Mont Perdu (Haut Aragon). Là-bas...
Et puis, presque quotidien, à portée de quelques foulées ou d'un bon coup de pédales, sa majesté Loire! Bancs de sables, rives de verdures en camaïeux, ciel aux gros nuages "gyrovagues"...Bonheur!

Écrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

J'ai beau regarder mais à présent, je ne les vois plus, ces hirondelles entassées les unes contre les autres, prêtes pour la rentrée des classes ?

Ecrit par : Dobolino | 01 octobre 2008

Elles sont chez nous, les hirondelles de votre enfance, leurs nids accrochés aux murs intérieurs et extérieurs des écuries et des granges.

Écrit par : Maminou | 01 octobre 2008

"Vous trouverez sûrement d'autres nombreux sujets de plaisanteries à l'avenir ."

Ecrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Vous avez sans doute raison.

Concernant notre brave ami qui se nomme lui-même: "L'Bigouden", je crains qu'il ne manque d'informations concernant les sujets qu'il aborde, et par trop d'humour pour prétendre écrire dans "Charlie" ou dans "Siné". Au choix. Il va falloir qu'il songe à gagner sa croûte par d'autres moyens. ;-)

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

"Je vous conseille surtout de ne plus parler du tout de Roger Felts avec un smiley qui traîne juste à côté"

Ecrit par : johnmarguerite | 01 octobre 2008

Merci du conseil. Smiley ou non, je ne parlerai plus du tout de Roger Felts ici.

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

"Dans le numéro 4 de SINÉ-HEBDO, j'ai relevé dans “les petites nerveuses” rédigées par notre fidèle ami Christophe Sibille, celle-ci :
CUMULARD OU COCHON ?
Élu sénateur, Jean-Pierre Chevènement confie : “je suis le premier homme à être mort deux fois en restant cliniquement vivant.”

Ecrit par : L'Bigoudin | 01 octobre 2008

Ceci étant dit, vous avez de saines lectures, et je vous remercie de votre fidélité. Mais le titre de cette "brève" n'est pas de moi.

Écrit par : Christophe Sibille | 01 octobre 2008

Mais qui est donc , ce Robert Marchenoir ?
Un poète méconnu du XIXème ( arrondissement )?
Monsieur Jeremy semble bien le connaitre et l'associe à fdesouche .Qu'est-ce à dire ?
J'ai cherché dans wikipédia ..Rien ! Eclairez ma lanterne !

Je vois qu'il parle de la gauche en termes très virils , certes , et que , s'il est plus radical que R.Felts , et s'ils ne sont pas du tout interchangeables , sa critique me parait rejoindre , d'une certaine manière , celle de R.Felts et de beaucoup , beaucoup d'autres , qui n'ont plus désormais de la gauche que cette image-là !

En effet , où est la gauche aujourd'hui ? Ne s'est-elle pas métamorphosée , à force d'avoir peur de nommer le réel , elle-même en pur fantasme ?
Je m'étonne qu'il n'y ait personne pour répondre à Marchenoir sur ce point , personne non plus pour répondre aux remarques de Felts qui souligne pourtant le fond du problème , à savoir que la gauche est représentée par Monsieur Jeremy et Monsieur Sibille , quel duo !
Je ne m'étonne pas alors qu'il y ait des Robert Marchenoir !

Écrit par : La gourde de service | 01 octobre 2008

Avec les derniers rayons clairs égarés dans les herbes folles, les martinets siffleurs habitent enfin l'espace limpide.

Bonne nuit sous les étoiles de Sénanque et d'ailleurs.

Écrit par : Robin | 01 octobre 2008

"La gauche est représentée par Monsieur Jeremy et Monsieur Sibille , quel duo ! Je ne m'étonne pas alors qu'il y ait des Robert Marchenoir !
Ecrit par : La gourde de service | 01 octobre 2008

Amélie, il est super, votre nouveau pseudo !

Écrit par : Jérémy | 01 octobre 2008

Christophe, vous aviez raison. Il faut que je remémore la phrase "Seul le silence est grand".
Pour ceux qui cherchent qui est robert marchenoir, vous n'avez qu'à taper "Robert Marchenoir" et "fdesouche" sur google, vous aurez tous vos renseignements.

Écrit par : Jérémy | 01 octobre 2008

"Et puis, la rencontre des religions et des traditions entraîne nécessairement des expériences de dialogues qui mènent vers la découverte de l'unité transcendante des traditions spirituelles."

Question anodine : pourquoi la même phrase ne marcherait-elle pas, si on remplace le mot "religion" par "secte" ?

Écrit par : Jérémy | 01 octobre 2008

@ À la gourde…

Je vais mettre un peu d'eau dans ma gourde : en précisant que la gauche est énormément dans la compléxitude et qu'il est bien difficile de trier le bon grain de l'ivraie. Moins d'ailleurs au niveau des personnes où il ne faudrait pas tomber dans le pêcher mignon de ceusses qui pensent qu'il y a les bons : eux, et les mauvais, nous. Mais sûrement au niveau des idées et des valeurs : au nom de la modernité moderne d'énormes trahisons se sont opérées, trahisons qui ont permis l'éclosion d'un certains nombres de personnages fumeux ayant l'allure de la gauche, le discours de la gauche, la couleur de la gauche, c'est la gôche Canada Dry. On comprend que cette gôche là, soit victime des sarcasmes d'un Marchenoir ou des regrets désespérés d'un Felts. La vraie gauche est bien présente dans le peuple, elle trouve pour l'instant difficilement une expression politique national. Les médias font tout pour qu'il en soit ainsi. Elle n'a pas encore trouvé de grands leaders dont l'authenticité puisse garantir la validité du discours… Mais c'est peut-être prématuré… L'étape actuelle, c'est de reconquérir les vraies valeurs de gauche loin des compassionitudes et des sociétalismes…

Écrit par : Roger Felts | 01 octobre 2008

la gauche est représentée par Monsieur Jeremy et Monsieur Sibille , quel duo !
Ecrit par : La gourde de service | 01 octobre 2008

R.Felts nous donne un plan pour "reconquérir les vraies valeurs de gauche loin des compassionitudes et des sociétalismes…"

Mais la Maldonne fait mieux. Elle a un plan pour sortir le PS de ses boules à mites et de sa morosité, et regonfler l'image actuelle du PS : le préservatif remplacera désormais la rose.

En effet, le préservatif tolère l'inflation, vide les bourses, ralentit la production, détruit la prochaine génération et surtout, protège les glands. Enfin, il vous donne un sentiment de sécurité alors que vous vous faites baiser !

Écrit par : Cadichon | 02 octobre 2008

Décidément, "Seul le silence est grand".

En tout cas, le libéralisme en humour, ça ne donne rien de bon, apparemment.

Écrit par : Jérémy | 02 octobre 2008

RF : "La vraie gauche est bien présente dans le peuple, elle trouve pour l'instant difficilement une expression politique national. "

Bien d'accord avec vous ! Cadichon fait l'âne et sait fort bien que cette "gauche" dont elle parle n'est pas la gauche ... Pour l'instant les lendemains déchantent comme a dit quelqu'un (un hold-up de 700 milliards de dollars, ce n'est pas rien !)mais ...

"En face de la défaite et de la trahison des classes régnantes, le prolétariat de Paris a compris que l'heure avait sonné pour lui de sauver la situation en s'assurant lui-même la direction des affaires publiques... Il a compris qu'il est de son devoir et de son droit de se rendre maître de son destin et de prendre le pouvoir en main". (20 mars 1871, Journal officiel de la Commune)

On peut rêver.

Écrit par : Hervé | 02 octobre 2008

Cadichon a écrit : "le préservatif ... vide les bourses"

Cadichon est toujours en pleine confusion conceptuelle : elle confond préservatif et vibromasseur.

Elle a eu une révélation sur le chemin de Dallas mais l'éblouissement a été trop intense.

Écrit par : dugong | 02 octobre 2008

"Amélie, il est super, votre nouveau pseudo !"

Ecrit par : Jérémy | 01 octobre 2008

Oui, c'est assez seyant. Mais est-elle vraiment "de service"?

Écrit par : Christophe Sibille | 02 octobre 2008

Dupont & Dupont ?

Vous vous préparez pour votre prochain film ?

Écrit par : toto | 02 octobre 2008

Dupont & Dupont ?


Toto , encore des fautes d'orthographe ! Dupont , avec un C , relisez-vous Toto !

Écrit par : Amélie | 02 octobre 2008

C'est vrai, les hirondelles sur les fils se font rares, les vendanges sont de plus en plus précoces et désormais terminées fin septembre. La coopérative du village a été nettoyée à fond hier par une équipe de bonnes volontés. Mon mari est né voici 68 ans à la mi-octobre en pleines vendanges, à la maison bien entendu ,et le cercle de famille a applaudi à grands cris aux côtés de la sage femme venue à bicyclette d'unvillage distant de 8 km et du médecin de famille disposant d'une traction. Donc, en ce temps là, on vendangeait en octobre et pas en septembre.
Cette année il a fait un temps superbe et la qualité est au rendez-vous.
Je ne résiste pas au plaisir de vous inviter à une promenade dans la campagne en compagnie de Louis mercier, même si les boeufs lourds - et la charrue en bois d'érable pour ceux qui connaissent la chanson - sont remisés au musée.

En octobre.

En octobre,les jours qui suivent les vendanges,
Lorsque le ciel est clair et qu'il fait du soleil,
Ont un charme secret et des douceurs étranges.

Le paysage rêve et la terre a sommeil,
Et toute la beauté dont ce moment se pare,
On sent qu'elle est fragile,un peu souffrante, et rare.

L'air est fait d'un cristal fluide qu'on croit voir.
L'horizon délicat tremble dans les buées,
Et dès l'après-midi l'on sent déjà le soir.

Car le soleil a des lueurs atténuées;
Il paraît très lointain et, sous ses pâles feux,
Les arbres ont toujours beaucoup d'ombre autour d'eux.

Touffus encore, les bois qui dorment à mi-côte
Ourlent d'un or léger leur masse haute,
Et les fils de la vierge argentent les labours.

Par les terres l'on voit, en blancheurs indécises,
Cheminer sous le joug des couples de boeufs lourds
Et fumer doucement le toit des maisons grises.

L'air est ému d'aucun souffle. Le vent attend...
Et tel est le silence où l'heure se recueille
Qu'à travers la campagne anxieuse on entend,

Parfois, le bruit que fait la chute d'une feuille.

Louis Mercier ( 1870-1951 ) Voix de la terre et voix du temps.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 02 octobre 2008

"Toto , encore des fautes d'orthographe ! Dupont , avec un C , relisez-vous Toto !"

Rhalalalala, c'te dyslexie qu'y m'courre dans la tête ...
Shame on me .

Écrit par : toto | 02 octobre 2008

... usent de leur CMU sans scrupules.

Ecrit par : Dobolino (avec plein d'autres choses) | 01 octobre 2008

Est-ce la fréquentation assidue de ce blog, celle de nos clientèles respectives ou simplement celle de cette société pourrissante qui nous a fait passer parallèlement d'une "sensibilité de gauche" à une lucidité déprimante ?
En tous cas, je n'aurais pas mieux dit que toi. (il faut dire que j'ai eu mon lot de pleunichards ces jours-ci, moi aussi).

Écrit par : yann | 02 octobre 2008

"Enfin, il vous donne un sentiment de sécurité alors que vous vous faites baiser !

Ecrit par : Cadichon | 02 octobre 2008 "

A droite on se fait baiser, à gauche on baise ensemble!!!

Ah la vision de la femme qui répugne au sexe...

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 02 octobre 2008

Tiens, et pour te mettre en rogne après tes bouddhistes fauchés, à propos de Sénanque, j'ai souvenir d'y avoir vu (en dallage, il me semble) le symbole au trait près de la défunte gouroute de l'ashram de Sri Aurobindo (Pondichéry, Inde).
Comme quoi tout est dans tout, et lycée de Versailles...

(Et d'y avoir entendu des chants magnifiques, et goûté une paix sans égale, aussi)

Écrit par : yann | 02 octobre 2008

Je vois que Christophe Sibille fait preuve de bonne volonté : vous avez raison, Christophe !

Écrit par : johnmarguerite | 02 octobre 2008

Pour Sylvie Huguet, dobolino, oxymore et aux amoureux de Cîteaux : (paru le 02/09/2008 aux éditions du Fond de Tiroir)

...Pour sortir d'Entre les murs, à la rencontre les "pierres vivantes" (Dostoïevski : "La beauté sauvera le monde")

Il est des lieux dont le souvenir nous blesse ou nous hante, d'autres ne sont qu'espace pur et nous indiffèrent, d'autres encore, tissés d'amoureuse mémoire, ont un visage qui palpite en nous pour toujours : ce sont les lieux du coeur. J'écris pour ne pas oublier.

Les clairières de l'invisible : Vezelay-la-lumière, chantant sur ta colline, parmi les vendanges et les amandiers en fleurs, Silvacane la bleue, dans tes fraîches pierres de lavande, Le Thoronet, veillant dans la blanche rigueur des aubes provençales.

L'abbaye Notre-Dame de Sylvanès, moutier mystique, romane grange mère, blasonnée d'un lys et d'une tourterelle, plantée depuis plus de huit siècles en rouge terre de Rouergue et blottie dans le nid de ta combe, sous la colline des Béatitudes.

Innocente claté des brebis qui ondulent sur le chemin clair...poussière et lumière...Et l'on ne sait si c'est terre ou mer...

Le champ de blé couché près du cimetière, sous la roue solaire du chevet plat, dans la clarté vibrante de l'été, la prairie musicale des boutons d'or, les giroflées sauvages dans les lézardes, les folles aiguillées du vitrail troué d'hirondelles, la flaque de vitrail infusé de soleil au pied du baptistère, les répons d'ombre et de clarté, l'escalier du dortoir usé par les pas des veilleurs et visité par un rayon de lumière oblique, les palmiers du scriptorium, penchés sur la calligraphie du silence, la salle capitulaire où la mémoire aimante des moines blancs aimait régulièrement se rafraîchir aux sources, les cryptes oubliées, les enfeux mystérieux que la légende emplissait de trésors, le roucoulemet des pierres vivantes au parfum de lys...

Au bord du Dourdou, l'ermitage au toît de lauzes, aux pierres de rouille disjointes, dans la clairière abolie des anges et des premiers moines qui fondèrent avec Pons de Léras, le "brigand converti", le monastère tout proche, au temps de la "fin amore", des troubadours et des romans de chevalerie.

Ils étaient comme des abeilles entrées par la fenêtre d'une maison étrangère et qui partout se heurtent, affolés, sans but...Il leur fut donné d'habiter un lieu où se tait la rumeur du monde, une ruche où bourdonne le chant des étoilles et d'en faire, pour toujours leur demeure (...)

L'ermitage Saint-François : les primevères dans le verre d'eau, la rosée sur les ronces, le chant de l'eau, les pierres moussues du gué vers le chemin du buis, les sous-bois mystérieux, les caryatides oubliées des derniers rois, la vieille allée solennelle...

Le linteau enneigé de la forge et la fenêtre incandescente comme de désir.

La ménora étoilée d'églantines qui brille dans la pénombre, en mémoire d'Abraham et de sa race, à jamais (...)

Écrit par : Robin | 02 octobre 2008

On ne vous reverra pas de Cîteaux, disait l'Abbé de Cluny à Sainnt Bernard...

à part cela ,dans METRO, ce matgin interview de la bégaudaille sur son livre. Content de lui ,faut voir comme. Son but, "faire pêter le Lagarde et Mimich"....peut toujours essayer, ce cave.

Écrit par : montaigneàcheval | 02 octobre 2008

En cherchant ce qui se disait sur le livre (que j'ai bien l'intention de lire) j'ai trouvé ça:


"Titre du document / Document title
The Cloud of Unknowing and Pseudo-contemplation
Auteur(s) / Author(s)
EGAN H. D. ;
Résumé / Abstract
Pour présenter le pseudo-mysticisme et le mysticisme authentique, l'A. analyse le texte intitulé le "Nuage de l'Inconnaissance" qui donne une excellente description de la pseudo-contemplation. La contemplation authentique développe le potentiel humain naturel, trouve dans le Christ la souffrance rédemptrice, décèle le mal, procède d'une technique qui ressemble à la méditation transcendantale. Il ne comporte ni extase, ni envol de l'esprit et autres expériences extraordinaires."

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 02 octobre 2008

Dupont & Dupont ?
Vous vous préparez pour votre prochain film ?
Ecrit par : toto | 02 octobre 2008

Ah non, Toto, vous abusez ! Attaquez vous à la gourde ou au goupillon, mais pas à moi : j'ai assez à faire comme ça, et je passe de toute façon déjà trop de temps sur ce blog.

Écrit par : Jérémy | 02 octobre 2008

La contemplation authentique développe le potentiel humain naturel, trouve dans le Christ la souffrance rédemptrice, décèle le mal, procède d'une technique qui ressemble à la méditation transcendantale. Il ne comporte ni extase, ni envol de l'esprit et autres expériences extraordinaires."

Ecrit par : Hervé de Strasbourg | 02 octobre 2008

Je n'ai pas compris si ce texte était une critique positive ou négative du livre qui me paraît personnellement relever d'une conception "réaliste" et extrêmement raisonnable de la mystique.

L'idée dominante est effectivement assez proche de certaines techniques de méditation bouddhistes (bouddhisme zen en particulier que je connais un peu pour l'avoir pratiqué régulièrement pendant un an avec un disciple de maître Deshimaru), puisqu'elle invite, dans la mesure du possible, à purifier l'imagination, à nous défaire de toute image préconçue du monde "divin", considéré par l'auteur (un mystique anglais anonyme du XIV ème siècle) comme un obstacle.

Le livre n'incite absolument pas à rechercher des expériences extraordinaires, des envols de l'esprit ou des extases que l'Eglise (d'accord en cela avec le boudhisme zen) a toujours considéré et avec raison avec la plus extrême circonspection.

L'expérience du "satori" n'est pas une "extase" et n'a rien "d'extraordinaire".

Maintenant, il peut arriver que des choses "extraordinaires" se produisent, mais ce n'est pas le but et elles ne doivent pas être recherchées pour elles-mêmes.

Écrit par : Robin | 02 octobre 2008

je passe de toute façon déjà trop de temps sur ce blog.

Ecrit par : Jérémy | 02 octobre 2008

Et vous avez même le temps d'aller sur fdesouche pour connaitre Marchenoir ...C'est du masochisme !

Écrit par : la gourde chez les caves | 02 octobre 2008

Mon père était tellement de gauche ....


http://www.youtube.com/watch?v=EjKfw10J3WU

Écrit par : Amélie | 02 octobre 2008

Le son est meilleur ici ...


http://www.youtube.com/watch?v=JhmQjkhuKVA

Écrit par : Amélie | 02 octobre 2008

je passe de toute façon déjà trop de temps sur ce blog.
Ecrit par : Jérémy | 02 octobre 2008

Et vous avez même le temps d'aller sur fdesouche pour connaitre Marchenoir ...C'est du masochisme !
Ecrit par : la gourde chez les caves | 02 octobre 2008

Enfin, entre ce blog et fdesouche, il vaut qd meme largement mieux ce blog, malgré les quelques excès dont il souffre parfois.

Écrit par : Jérémy | 02 octobre 2008

Pour les (nombreuses) groupies du blog, Tzvetan Todorov, alias "oeil de velours", fait l'objet d'un publi reportage sur libé sous la forme d'un revival d'apostrophes :

http://www.liberation.fr/livres/0101120301-l-album-des-ecrivains-tzvetan-todorov

Ne me remerciez pas. C'est normal.

Écrit par : dugong | 02 octobre 2008

Sur le site du Point : "L'hôtel de Matignon a été partiellement évacué jeudi vers 11 h 45 à la suite d'une fuite d'hydrogène sulfuré et d'oxyde de carbone. Le bureau de François Fillon n'aurait pas été affecté, selon les services du Premier ministre. Des pompiers et des employés des services d'urgence de Gaz de France se sont rendus sur place. L'évacuation de la partie du bâtiment donnant sur la rue de Varenne est "temporaire", a expliqué l'entourage du Premier ministre. "Elle est due à une fuite d'origine indéterminée, mais qui pourrait provenir de canalisations". L'H2S est un gaz nauséabond mais inoffensif. Le CO, en revanche, est dangereux lorsque sa concentration est excessive. Aucun risque d'explosion n'était redouté."

La vérité n'est pas dite dans cet articulet et elle est terrible.

Dans le cadre de la lutte contre l'effet de serre et de la promotion des économies budgétaires, on avait branché tous les technocrates de Matignon sur le réseau GDF.

On escomptait une récupération massive de méthane.

A Matignon, ils sont encore plus pourris qu'à l'intérieur.

Le branchement du Moloch, un instant envisagé, a été rapidement abandonné sous la pression considérable de ses grands prêtres.

Écrit par : dugong | 02 octobre 2008

Sans compter que le sulfure d'hydrogène est tout sauf inoffensif !

Écrit par : dugong | 02 octobre 2008

Merci pour votre texte, Robin.

Écrit par : Sylvie Huguet | 02 octobre 2008

Dugong, n’oubliez pas le monoxyde de dihydrogène dont les ravages sont maintenant bien connus !

Écrit par : Lariba | 02 octobre 2008

"Dugong, n’oubliez pas le monoxyde de dihydrogène dont les ravages sont maintenant bien connus !"

C'est vrai : il ne faut pas abuser de l'eau.

D'ailleurs, une célèbre torture en découlait...

Écrit par : dugong | 02 octobre 2008

Martinet aux ailes trop larges,
qui vire et crie sa joie autour de la maison
Tel est le cœur
...

Sa repartie est l'hirondelle
Il déteste la familière
Que vaut la dentelle de la tour


... un mince fusil va l'abattre
Tel est le cœur



De mémoire,et avec des erreurs, quelques vers d'un poème de René Char, qui figurait autrefois dans les recueils de textes de 6ème ou 5ème, et que j'ai expliqué avec bonheur bien avant les imbéciles et inutiles séquences, où les textes sont passés au sécateur!
Qui peut me le retrouver?

Écrit par : retraitée | 02 octobre 2008

J'avais écrit : "D'ailleurs, une célèbre torture en découlait..."

Je n'imaginais pas à quel point l'homme (qui est aussi une sale bête) peut être inventif dans ce domaine.

Voir par ex http://fr.wikipedia.org/wiki/Torture_par_l'eau

Écrit par : dugong | 02 octobre 2008

Le martinet, René Char

Le martinet

Martinet aux ailes trop larges, qui vire et crie sa joie autour de la maison. Tel est le coeur.

Il dessèche le tonnerre. Il sème dans le ciel serein. S'il touche au sol, il se déchire.

Sa repartie* est l'hirondelle. Il déteste la familière. Que vaut dentelle de la tour ?

Sa pause est au creux le plus sombre. Nul n'est plus à l'étroit que lui.

L'été de la longue clarté, il filera dans les ténèbres, par les persiennes de minuit.

Il n'est pas d' yeux pour le tenir. Il crie, c'est toute sa présence. Un mince fusil va l'abattre. Tel est le coeur.

René Char

Écrit par : bernard | 02 octobre 2008

Hervé de Strasbourg, cela me fait penser à un Guillaume de Saint Victor, à un auteur médiéval. Strasbourg: ville de Rulman Merswin au XIV° s., l'île verte des Amis de Dieu.


« Un jour, Dieu commanda à un homme de l’Oberland de descendre à ma rencontre. Et quand il fut venu, Dieu me demanda de m’ouvrir de toutes ces choses avec lui. Cet homme était un parfait étranger pour les gens d’ici, mais il devint mon ami caché. Je devins aussi intime avec lui qu’avec Dieu, et lui confiai tous les secrets de mes quatre années de naissance spirituelle. » R. Merswin.


De l'air! de la hauteur! ah, comme c'est bon quand on sort de son déguisement de professeur! Changer de rôle et se mettre en face de soi pour trouver notre vrai visage.

Merci Robin pour le large extrait, c'est une écriture que j'apprécie et bien des images me touchent. C'est là une proximité heureuse. Et visiblement partagée.

Voici quelques fragment de prose poétique que je n'ai pas éditée; trop de matériaux qui ne passent plus avec le temps, mais j'y pense à l'occasion du nouvel essai que je prépare en ce moment.

Sur la route
une flaque de soleil
éclaire le parfum blanc
des haies d'aubépines



Dans un seau rouge
branches de saules coupées
brume du matin


Attente sur un banc
une feuille de tilleul
tombe lentement
jaune solitude

Écrit par : Oxymore | 02 octobre 2008

Il y a aussi un joli poème de F Ponge sur les Hirondelles. Si quelqu'un le retrouve.

Écrit par : Oxymore | 02 octobre 2008

Mots d'enfants:
"Regarde là-haut dans le nid, il y a "des petites rondelles""

Écrit par : Maminou | 02 octobre 2008

"Ah non, Toto, vous abusez ! "

Rhôôôlolololo, si on peut même pu déconner .
J'mexcuzassion . :)

Écrit par : toto | 02 octobre 2008

Il y a aussi un joli poème de F Ponge sur les Hirondelles. Si quelqu'un le retrouve.

Ecrit par : Oxymore | 02 octobre 2008

Ce doit être ce qui suit. Néanmoins ce n'est pas "joli" que j'emploierais pour ce texte, mais carrément "parfait"...

Chaque hirondelle inlassablement se précipite - infailliblement elle s’exerce- à la signature, selon son espèce, des cieux.

Plume acérée, trempée dans l’encre bleue-noire, tu t’écris vite !
Si trace n’en demeure…
Sinon, dans la mémoire, le souvenir d’un élan fougueux, d’un poème bizarre,
Avec retournements en virevoltes aiguës, épingles à cheveux, glissades rapides sur l’aile, accélérations, reprises, nage de requin....

Écrit par : FGuichard | 02 octobre 2008

Tiens, et pour te mettre en rogne après tes bouddhistes fauchés, à propos de Sénanque, j'ai souvenir d'y avoir vu (en dallage, il me semble) le symbole au trait près de la défunte gouroute de l'ashram de Sri Aurobindo (Pondichéry, Inde).
Comme quoi tout est dans tout, et lycée de Versailles...

(Et d'y avoir entendu des chants magnifiques, et goûté une paix sans égale, aussi)

Ecrit par : yann | 02 octobre 2008

J'ai de vrais bouddhistes dans ma clientèle, et même un lama, très sympa et beau gosse. Mais ceux-là, du fric, ils en ont. Pas de soucis et, en plus, ils sont bons soigneurs.
Bien sûr, avec eux, on peut s'émerveiller sur Sénanque et parler du nuage d'inconnaissance.
C'est les autres qui m'énervent, ceux "qui se cherchent". Le jour où ils comprendront qu'ils en se trouvent pas parce qu'il n'y a rien à trouver, ils sortiront peut-être du lumpenprolétariat... Qui dira assez les méfaits du collège unique, de la construction des savoirs et de l'égalitarisme forcené?
Limite, je préfère le petit gars qui, au lieu de contempler les hirondelles sur le fil, prêtes au départ, va chercher sa carabine à air comprimé pour faire un beau tableau de chasse. Si je le choppe, son derrière va lui cuire mais je sais aussi que s'il trouve un emploi, il y a pas mal de chances qu'il se syndique. Il se trouve, celui-là et ne laisse pas sa part aux chiens.

Écrit par : dobolino | 02 octobre 2008

Au fait, finalement, on écrit Eckart ou Eckhart?
L'autre soir, avant d'écrire, ayant un doute, je me suis tournée vers la bibliothèque et, sur le livre, il y avait écrit Eckhart. D'où mon choix, mais un peu à contre-cœur.

Écrit par : dobolino | 02 octobre 2008

Non Dobolino pas de smileys: un sourire d'ange, celui que vous avez au fond de votre mémoire. Si!si! cherchez bien! Et cela suffit, non?

Ecrit par : Oxymore | 01 octobre 2008

En parlant d'ange, je n'ai rien contre le sentiment religieux tant qu'il ne dépasse pas les bornes de la politesse et du respect d'autrui.
Quand j'ai réussi le concours d'entrée à véto, ma grand-mère m'a expliqué qu'elle n'en était nullement étonnée car elle avait prié mon ange gardien toute la durée des épreuves.
Comme si c'était lui qui avait bossé à ma place!

Écrit par : dobolino | 02 octobre 2008

Bien sûr, avec eux, on peut s'émerveiller sur Sénanque et parler du nuage d'inconnaissance.


Ecrit par : dobolino | 02 octobre 2008

Etant entendu que je n'ai pas le niveau requis pour me mesurer à eux, évidemment.

Écrit par : dobolino | 02 octobre 2008

Oui FGuichard, pas "joli" mais "parfait" , je suis d'accord.

Dobolino, l'anecdote de l'ange gardien est amusante. Vous souvenez-vous, il y a 10 15 ans, le délire sur les anges et les anges gardiens en librairie? Il y a bien eut quelques très bons livres mais que de baratin pseudo ésotérique dans le fouillis des rayons!
Alors la réussite grâce à l'ange gardien? C'est bien là le problème des prières de demandes:! quand certains obtiennent, ils remercient Dieu, Marie, un saint, une sainte ou un ange. Bon, mais quand ça n'a pas marché? C'est la faute à qui? Vieille histoire... Des millions de malheureux prient chaque jour pour sortir de la misère et n'en sortent pas.Quand un s'en sort, ça claironne! Gloria in...

Aide toi et le ciel t'aidera me convient bien davantage. Mais prier pour soi, pour la satisfaction de l'ego, est une erreur commune. Il s'agit d'une pratique dont la spiritualité est faible. Ce qui importe, au fond, c'est le "souvenir de Dieu": voyez la Philocalie évoquée plus haut par Robin.

C'est un peu comme la croyance en la réincarnation dont on nous serine qu'elle est un pilier de la religion hindoue, par exemple. Ce n'est qu'une déformation populaire de doctrines métaphysiques plus complexes et plus élevée.

Ceci dit, comprendre ce qu'est l'ange gardien n'est pas vain.


Dans votre cabinet, vous n'avez jamais soigné d'anges? Allez, ne soyez pas si modeste!

Écrit par : Oxymore | 02 octobre 2008

"Entre les murs" et derrière du fric, les finances de France Télévision (50 millions d'euros par an de budget et 1/3 pour le "cinoch" français). Moyenne par film entre 3 & 5 millions d'euros, sans compter les subventions publiques, un joli cortège.
Et tout ça, pour faire découvrir la merde de l'enseignement.
Vive la gloire des "intermitants" d'état à l'état de larve !

Remarquez, allez vite voir le film, sinon le brave con-tribuable mettra la main à la poche. Quand la rentabilité est O, qui paye ?

Le plus tragique, ce film, qui sera en tête du hit-parade des navets, on va se le récupérer sur TV5 Monde.
Non seulement les profs se prennent des baffes dans la "tronche" au nom de l'égalité des chances, mais en plus la misère de l'enseignement se revendique.
Bac "intermitant du spectacle", on ne l'a pas encore celui-là ?

Écrit par : carole | 02 octobre 2008

Ah la foi naïve des aïeux, voilà quelque chose de rafraîchissant. Ma grand-mère faisait pareil. Je confesse avoir moi-même offert un cierge à la Vierge des étudiants en période d’exam.

Écrit par : uncertain | 02 octobre 2008

Il paraît que sous les bombes, il n’y a pas d’athée. Il de doit pas y en avoir non plus en période d’exam : - )

Écrit par : uncertain | 02 octobre 2008

ne doit

Écrit par : uncertain | 02 octobre 2008

"C'est un peu comme la croyance en la réincarnation dont on nous serine qu'elle est un pilier de la religion hindoue, par exemple. Ce n'est qu'une déformation populaire de doctrines métaphysiques plus complexes et plus élevée."

En histoire des religions j'avais compris qu'il était dangereux de classer ("plus élevée") les religions. Plus élevée par rapport à quoi? à qui ? à quels critères (les siens évidemment)?

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 02 octobre 2008

Remarquez que ma grand-mère, qui était d'ailleurs en outre ma marraine, avait de la constance car l'écrit du concours durait deux jours et demi.
En plus de l'ange gardien, j'ai eu droit à un débat pour savoir si j'avais réussi grâce aux chromosomes de l'ovule ou à ceux du spermatozoïde qui me composaient. Mon grand-père maternel et ma grand-mère paternelle se sont pris de gueule assez violemment.
Quand j'ai obtenu le diplome, j'ai eu pour viatique "espérons que les fruits dépasseront la promesse des fleurs" et "je te verse ton mois de juillet en entier bien que tu aies reçu ton diplome le quinze". Je me demande si cet excès de générosité n'est pas la cause de ma fainéantise crasse?
Quant à la soutenance de thèse, ils n'y sont pas venus sous prétexte qu'ils ne comprenaient rien à mon travail et que leur déplacement serait improductif et leur présence inutile. Après, mon père m'a tiré la gueule parce que j'avais eu les échanges et lui non.
A posteriori, on se marre mais sur le coup, ça fait glurp.

Écrit par : dobolino | 02 octobre 2008

Moi, j'aime bien lire les ex-voto dans les chapelles, c'est très distrayant et on peut s'imaginer toute l'histoire qui dort derrière ces petites plaques. C'est aussi plaisant et nostalgique qu'une promenade dans un cimetière.

Écrit par : dobolino | 02 octobre 2008

Hervé de Strasbourg vous m'avez mal lu! je ne classe aucune religion ici, j'ai dit qu'il y avait des degrés de compréhension de la doctrine métaphysique au sujet de l'âme, de l'identité et du devenir post mortem.
C'est vrai dans toutes les religions qui sont un véhicule contingent des doctrines les plus hautes, tout le monde n'est pas en mesure de les réaliser, d'où les superstitions et les dérives quand l'individualité revendique la place de l'universalité.

Écrit par : Oxymore | 02 octobre 2008

Dans votre cabinet, vous n'avez jamais soigné d'anges? Allez, ne soyez pas si modeste!

Ecrit par : Oxymore | 02 octobre 2008

Allez savoir! J'ai peut-être souvent soigné des anges si modestes qu'ils ne se sont pas fait connaître?

Écrit par : dobolino | 02 octobre 2008

message à dobolino

veuillez me contacter SVP
a_roslane@hotmail.com

Écrit par : roslane | 02 octobre 2008

Dobolino, l'anecdote de l'ange gardien est amusante. Vous souvenez-vous, il y a 10 15 ans, le délire sur les anges et les anges gardiens en librairie? Il y a bien eut quelques très bons livres mais que de baratin pseudo ésotérique dans le fouillis des rayons!

C'était si je me souviens bien à la suite de la publication dans les années 80 des "Dialogues avec l'Ange" de Gitta Malasz, une étrange expérience vécue par quatre jeunes amis Hongrois (trois jeunes juifs et une jeune catholique non pratiquants) de communication avec des entités angéliques durant la Deuxième Guerre Mondiale.

L'auteur était passée à l'émission "Radioscopie" de Jacques Chancel.

On peut évidemment douter de l'authenticité de la communication en question, mais le texte est d'une indéniable beauté poétique (il a été publié chez Aubier) et le contexte est particulièrement émouvant et tragique (seule Gitta Malasz a survécu pour témoigner, ses trois amis juifs sont morts en déportation)

Écrit par : Robin | 02 octobre 2008

Tout à fait exact Robin. Mais dans un autre registre, l'Ange nous a été rappelé par de grands travaux, tels que ceux d'Henry Corbin. Il préfaça un beau livre d'Aurelia Stapert sur l'Ange Roman dans la pensée et dans l'art, aux éditions Berg.

Écrit par : Oxymore | 02 octobre 2008

message à dobolino

veuillez me contacter SVP
a_roslane@hotmail.com

Ecrit par : roslane | 02 octobre 2008

Pourquoi?

Écrit par : Dobolino | 02 octobre 2008

message à dobolino

veuillez me contacter SVP
a_roslane@hotmail.com

Ecrit par : roslane | 02 octobre 2008

Pourquoi?

Écrit par : Dobolino | 02 octobre 2008

message à dobolino

veuillez me contacter SVP
a_roslane@hotmail.com

Ecrit par : roslane | 02 octobre 2008

Et pourquoi donc?
Si c'est pour les cuisines Vogica, je vous ai déjà dit que je n'en voulais pas, si c'est pour les Rosicruciens, ce n'est pas ma tasse de thé et si c'est pour rosser les ânes, vous pouvez le faire ici, on a l'habitude.

Écrit par : Dobolino | 02 octobre 2008

Excusez la répétition! Ça ramait sec sur le serveur.

Écrit par : Dobolino | 02 octobre 2008

Bac "intermitant du spectacle", on ne l'a pas encore celui-là ?

Ecrit par : carole | 02 octobre 2008

Mais si ! Dans les faits, le bac "intermittent du spectacle", c'est, à qq exceptions près, le bac L option théâtre... alors qu'on insiste lourdement sur le fait que cette série n'a pas de débouché professionnel, et vise à former des spectateurs éclairés et non des comédiens. Mais le rêve, n'est-ce pas, le rêve...

Écrit par : FGuichard | 02 octobre 2008

Ben alors, c'est le désert, ici? Vous êtes tous aux Vêpres?

Écrit par : Dobolino | 02 octobre 2008

"Hervé de Strasbourg vous m'avez mal lu! je ne classe aucune religion ici, j'ai dit qu'il y avait des degrés de compréhension de la doctrine métaphysique au sujet de l'âme, de l'identité et du devenir post mortem.
C'est vrai dans toutes les religions qui sont un véhicule contingent des doctrines les plus hautes, tout le monde n'est pas en mesure de les réaliser, d'où les superstitions et les dérives quand l'individualité revendique la place de l'universalité.

Ecrit par : Oxymore | 02 octobre 2008 "

Plus élevé, plus haute reste des jugements subjectifs déterminés par nos propres critères, donc arbitraires.
Le fait que nous en ayons qui sont certainement proches ( abstrasction, refus des "superstitions", etc) ne nous prouve rien sur leur caractère "plus élevé" ou "plus haut" mais montre que nous appartenons à un milieu culturel commun.

Les degrés de compréhension reposent sur l'idée (illusoire?) qu'il existe une ( le problème porte sur le une) hiérarchie des manières de comprendre

Ceci dit je connais les dangers (intellectuels) d'un relativisme trop poussé.

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 02 octobre 2008

H de S si vous êtes conscient des dangers du relativisme, cherchez sur quoi se fonde l'objectivité. Il ne s'agit pas de spéculation contrairement à ce que vous semblez penser , je parle d'expérience. Et puis, le relativisme se contredit lui-même.
Si l'intelligence existe , c'est pour connaître; les déformations doctrinales sont le produit de sentiments, ce qui est d'un tout autre ordre.


Dobolino, ce n'est pas le désert (quoique....). je ne sais pas qui est Roslane qui vous poursuit de ses assiduités, c'est peut-être l'ange gardien qui veut u RDV pour un froissement d'aile. Remarquez, il y a la MAIF!

Écrit par : Oxymore | 02 octobre 2008

6000 mots sur 60 000 auront désormais deux orthographes possibles.


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/10/02/01016-20081002ARTFIG00696-le-robert-bouscule-l-orthographe-.php

Écrit par : bernard | 02 octobre 2008

répartie
évènement ....

Plutôt cool (faudra que je regarde ça d'plus près) surtout pour répartie, j'pourrions aller faire 'suer' youpoula :ange: )

Écrit par : toto | 02 octobre 2008

Bégaudeau a fait son malin tout à l'heure devant Bernard Pivot et Jean d'Ormesson avec son Antimanuel de littérature. Et chacun de se pâmer devant les blagues de potache de "l'imparfait du subjectif".

Quelle audace ! Quelle irrévérence, mon cher ! Contre quoi ? Personne n'a cherché à approfondir.

Pivot, jadis mieux inspiré, a célébré les vertus "décapantes" de l'Antimanuel.

On apprend en passant que l'oxymore : le "soleil noir de la mélancolie" et "l'obscure clarté qui tombe des étoiles" c'est "con" (sic !).

Bégaudeau dit n'avoir pas tout à fait renoncé à l'enseignement. Pauvres gosses !

Écrit par : Robin | 02 octobre 2008

La directrice éditoriale du Robert a dit :

"Dans notre dictionnaire, pour l'évolution du mot «sèche-cheveux», nous avons accepté l'occurrence sans le «x» quand il est employé au singulier. Nous avons simplement admis cette possibilité en «remarque», mais à terme, cette orthographe évoluera peut-être."

Alain Rey et ses soutiens du Robert n'ont pas eu ce qu'ils voulaient, alors ils le créent eux-mêmes !

Écrit par : Jérémy | 02 octobre 2008

À Fabien :

Je ne suis pas sado-masochiste du tout. Pourtant je projette d'aller voir le film dans quelques jours.
Ce que Brighelli en dit est clair. J'en rajoute un peu. En 1970, j'ai vu de jeunes professeurs se vautrer dans la démagogie (tutoyer les élèves de lycée et se faire tutoyer par eux, etc.).
Ils l'ont regretté amèrement au bout de quelques semaines. En gros, ils ne pouvaient plus faire taire leurs élèves en cours, et ils ne pouvaient plus leur mettre de notes au-dessous de 18 sans être accablé de leurs doléances insistantes.
Notez que c'était en 1970 et dans un lycée pas franchement pourri. Il s'agit du lycée Gabriel-Fauré dans le 13 ème arrondissement de Paris. J'y débutais ma carrière, mais j'avais vingt-neuf ans. Je vous garantis que je ne me suis pas prêté à ce jeu scabreux de la démagogie consistant à chercher à se faire aimer des élèves, à être le "prof sympa". J'ai été pète-sec alors que ce n'est pas mon naturel.
Un professeur ne doit pas chercher à se faire aimer. Il doit chercher à se faire respecter par son autorité et par la qualité de son enseignement. Il doit, en particulier, s'exprimer oralement avec une bonne diction et châtier son langage, même en ZEP. Ensuite, s'il est aimé de ses élèves, tant mieux. S'il ne l'est pas, c'est qu'il a des pauvres gosses paumés devant lui, ou des crétins, ou, hélas ! les deux à la fois.
Que de fois ai-je eu affaire à ces trois catégories ! Je n'ai pas changé d'attitude. Je n'ai certes pas rigolé avec certains cancres, parfois âgés de vingt-deux ans (en section de technicien supérieur - si l'on peut dire). Mais si j'avais cédé un pouce à ces sinistres imbéciles, je me serais déconsidéré à mes propres yeux et j'aurais peut-être fait une dépression nerveuse. La dernière année de ma carrière a été la pire. Mais je n'ai pas cédé. Je suis parti à la retraite fatigué nerveusement mais la tête haute.
Cela dit, j'ai eu aussi de bons moments, surtout dans les années 1970, en collège, avec des élèves de quatrième et de troisième adorables, à Créteil. Mais je suis parti en province où je croyais trouver le calme, mais ça s'est gâté comme partout en France. J'ai eu, cependant, à Blois, en 1988, une classe de troisième dite "bilingue" (sans jamais avoir su ce que cela signifait précisément) avec des élèves triés sur le volet. C'était un plaisir d'enseigner dans cette classe. Un plaisir double en ce sens que ces élèves étaient respectueux (ils entraient en classe silencieusement sans que j'eusse à l'exiger !), et ils étaient brillants. (J'enseignais les sciences physiques.)
Pourtant, je n'aurais nullement détesté enseigner à des élèves moyens, voire faibles, pourvu qu'ils fussent respecteux, sérieux, attentifs et travailleurs. Il m'est d'ailleurs arrivé d'avoir de tels élèves parmi de très bons élèves.
Mais cela devient rare...
Je vous souhaite bon courage. Et permettez-moi de vous donner ce conseil : soyez exigeant sur tous les plans avec vos élèves, vous ne vous en porterez que mieux.

J'ai soixante-huit ans, et peut-être cet âge modérément avancé m'autorise-t-il à vous donner un conseil.
Cordialement vôtre.

Écrit par : Francis Penin | 02 octobre 2008

Entre les murs est au centre de toutes les conversations et sur tous les medias, ce blog est etrangement silencieux (au point que Dobolino nous suppose partis aux vêpres), et le créateur du blog lui-même n'a pas fait de note depuis quelques jours, alors qu'il se passe des choses terribles.

Puisque le blog a failli s'élever aux hauteurs les plus spirituelles et extatiques que nous aurions pu atteindre avec Robin et Oxymore (j'ai l'air hyperbolique, mais j'ai commandé en hâte le nuage d'inconnaissance, et j'ai lu avec intérêt les écrits poétiques de Robin), puisque malheureusement il faut en revenir à la terne réalité, je me vois dans l'obligation de vous imposer ce qui suit.

Il s'agit de ce qu'on évoqué, innocemment, les Doyens des UFR de Lettres, Arts, Langues, Sciences Economiques/Humaines et les Directeurs des IUFM.

Voilà ce que ça donne :

Quelques hypothèses ont été évoquées au sujet de l'agrégation.
Hypothèse 1 : déclarer agrégés les meilleurs titulaires du CAPES
Hypothèse 2 : fusionner agrégation interne et agrégation externe en un concours accessible aux titulaires du master, pour recruter des enseignants qui seraient affectés à cheval sur lycées et post-bac.

Fondre agreg interne et agreg externe reviendrait à mettre de la didactique dans l'agreg externe... Là, c'est la mort du professeur qui sait pour donner vie au professeur qui fait semblant de savoir.

Si ça se réalise, Darcos sera LE ministre qui aura supprimé l'agreg externe, la seule épreuve pour l'instant libérée de toute la litanie pédagogo !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Quant à l'idée de déclarer agrégés les meilleurs du Capes, c'est là aussi une manière d'introduire la didactique dans l'agregation externe. Et roulez jeunesse !!!

Écrit par : Jérémy | 03 octobre 2008

Entre les murs est au centre de toutes les conversations et sur tous les medias, ce blog est etrangement silencieux (au point que Dobolino nous suppose partis aux vêpres), et le créateur du blog lui-même n'a pas fait de note depuis quelques jours, alors qu'il se passe des choses terribles.

Puisque le blog a failli s'élever aux hauteurs les plus spirituelles et extatiques que nous aurions pu atteindre avec Robin et Oxymore (j'ai l'air hyperbolique, mais j'ai commandé en hâte le nuage d'inconnaissance, et j'ai lu avec intérêt les écrits poétiques de Robin), puisque malheureusement il faut en revenir à la terne réalité, je me vois dans l'obligation de vous imposer ce qui suit.

Il s'agit de ce qu'on évoqué, innocemment, les Doyens des UFR de Lettres, Arts, Langues, Sciences Economiques/Humaines et les Directeurs des IUFM.

Voilà ce que ça donne :

Quelques hypothèses ont été évoquées au sujet de l'agrégation.
Hypothèse 1 : déclarer agrégés les meilleurs titulaires du CAPES
Hypothèse 2 : fusionner agrégation interne et agrégation externe en un concours accessible aux titulaires du master, pour recruter des enseignants qui seraient affectés à cheval sur lycées et post-bac.

Fondre agreg interne et agreg externe reviendrait à mettre de la didactique dans l'agreg externe... Là, c'est la mort du professeur qui sait pour donner vie au professeur qui fait semblant de savoir.

Si ça se réalise, Darcos sera LE ministre qui aura supprimé l'agreg externe, la seule épreuve pour l'instant libérée de toute la litanie pédagogo !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Quant à l'idée de déclarer agrégés les meilleurs du Capes, c'est là aussi une manière d'introduire la didactique dans l'agregation externe. Et roulez jeunesse !!!

Écrit par : Jérémy | 03 octobre 2008

Entre les murs est au centre de toutes les conversations et sur tous les medias, ce blog est etrangement silencieux (au point que Dobolino nous suppose partis aux vêpres), et le créateur du blog lui-même n'a pas fait de note depuis quelques jours, alors qu'il se passe des choses terribles.

Puisque le blog a failli s'élever aux hauteurs les plus spirituelles et extatiques que nous aurions pu atteindre avec Robin et Oxymore (j'ai l'air hyperbolique, mais j'ai commandé en hâte le nuage d'inconnaissance, et j'ai lu avec intérêt les écrits poétiques de Robin), puisque malheureusement il faut en revenir à la terne réalité, je me vois dans l'obligation de vous imposer ce qui suit.

Il s'agit de ce qu'on évoqué, innocemment, les Doyens des UFR de Lettres, Arts, Langues, Sciences Economiques/Humaines et les Directeurs des IUFM.

Voilà ce que ça donne :

Quelques hypothèses ont été évoquées au sujet de l'agrégation.
Hypothèse 1 : déclarer agrégés les meilleurs titulaires du CAPES
Hypothèse 2 : fusionner agrégation interne et agrégation externe en un concours accessible aux titulaires du master, pour recruter des enseignants qui seraient affectés à cheval sur lycées et post-bac.

Fondre agreg interne et agreg externe reviendrait à mettre de la didactique dans l'agreg externe... Là, c'est la mort du professeur qui sait pour donner vie au professeur qui fait semblant de savoir.

Si ça se réalise, Darcos sera LE ministre qui aura supprimé l'agreg externe, la seule épreuve pour l'instant libérée de toute la litanie pédagogo !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Quant à l'idée de déclarer agrégés les meilleurs du Capes, c'est là aussi une manière d'introduire la didactique dans l'agregation externe. Et roulez jeunesse !!!

Écrit par : Jérémy | 03 octobre 2008

Désolé pour la répétition !

J'ai oublié d'ajouter que je serais bien curieux de savoir ce que vous avez publié, Oxymore, car si je suis étranger à toute pensée religieuse et/ou extatique, je m'intéresse à toute lecture qui puisse être moralement enrichissante, et je suis certain que vos essais entrent dans cette catégorie-là.

Écrit par : Jérémy | 03 octobre 2008

Oui, Jérémy, c'est ici :

http://www.fabula.org/actualites/article25871.php

Et il faut tout lire ...

Quelqu'un faisait remarquer, sur une autre liste, que cette phrase de JoeyStar lui plaisait bien: " L'espoir, c'est une marque de vaseline." A moi aussi ... Qui a cru, ici, que Darcos serait LE ministre qui ... ?

Mais bon, c'est une goutte d'eau tout ça, les prémices du grand cataclysme à venir !

Écrit par : Hervé | 03 octobre 2008

Dans le jus pédagol du 02/10 on lit : "Comment éviter que les modalités d’orientation soient moins tributaires des critères académiques, moins irréversibles et moins dramatiques ?"

Le pédagol est une double négation de la pédagogie : ses buts sont ici très clairement présentés.

Dont acte

Un peu plus loin, on apprend que l'INRP comprend un "service de veille". Il est souhaitable que ce service soit bientôt externalisé afin de ne pas déranger les chercheurs en sciences de l'éduc qui y ronflent (avec) en phase.

Écrit par : dugong | 03 octobre 2008

Hervé a écrit : "c'est une goutte d'eau tout ça, les prémices du grand cataclysme à venir !"

Cette phrase terminale du post aurait pu constituer une de ses prémisses.

J'aurais aimé que le nouveau Robert distingue prépuce et prépusse, précipice et pressipisse? etc.

Écrit par : dugong | 03 octobre 2008

J'avais oublié prémiss et pucelle (qu'on croyait).

Écrit par : dugong | 03 octobre 2008

"Mais si ! Dans les faits, le bac "intermittent du spectacle", c'est, à qq exceptions près, le bac L option théâtre... alors qu'on insiste lourdement sur le fait que cette série n'a pas de débouché professionnel, et vise à former des spectateurs éclairés et non des comédiens. Mais le rêve, n'est-ce pas, le rêve..."

Ecrit par : FGuichard | 02 octobre 2008

Concernant mes études secondaires, j'ai deux regrets:

-avoir été obligé de passer un bac C, (en 73), alors que je n'étais absolument pas fait pour cela, bac que j'ai eu "ras du cul" grâce au français, à la musique et ... à la natation

-que la série "L" "option théâtre" n'ait pas existé à l'époque.

Écrit par : Christophe Sibille | 03 octobre 2008

Bégaudeau a fait son malin tout à l'heure devant Bernard Pivot et Jean d'Ormesson avec son Antimanuel de littérature. Et chacun de se pâmer devant les blagues de potache de "l'imparfait du subjectif".

Ecrit par : Robin | 02 octobre 2008

Ses propos sur le style étaient idiots, et personne ne lui a fait remarquer que son "Entre les murs" (le livre) en manquait singulièrement...

Footballistiquement, il a du goût puisqu'il est supporter du FC Nantes. Mais s'il rachète le club (il a dit en avoir l'intention) et s'il le gère comme il enseigne, les pauvres Canaris ne s'en relèveront pas. Dassault puis Bégaudault... Pauvre FC Nantes !
Mais vaut mieux démolir un club de foot que des élèves, à tout prendre.

Écrit par : Japhet | 03 octobre 2008

Jean-Paul? Et ma question sur le Préambule des nouveaux programmes de français de collège...?

Écrit par : Jean | 03 octobre 2008

Jean-Paul? Et ma question sur le Préambule des nouveaux programmes de français de collège...?

Ecrit par : Jean | 03 octobre 2008

Jean, je ne peux pas répondre à la place de Jean-Paul, mais il me semble bien que Darcos n'a à peu près rien à foutre de ce que peut lui dire Jean-Paul, il n'a d'ailleurs à peu près rien à foutre de tout ce que peuvent lui dire les anti-pédagogistes, puisque c'est manifestement un homme qui n'a aucune conviction, et que tous les livres qu'il a écrit par le passé sont maintenant oubliés.
Seule lui importe sa position de ministre (faut dire que maintenant qu'il s'est fait sortir de la mairie de Périgueux, il n'a plus que ça) et pour la sauver il est prêt à détruire le lycée et donc la formation et le recrutement des enseignements (à quoi servirait d'avoir des professeurs de qualité dans une parodie de lycée ?).
Alors, l'enseignement en séquences...

Écrit par : Pat | 03 octobre 2008

Le sous-commandant Darcos est en train de fonder un nouveau type de mouvement : l’alterpédagogisme.

Écrit par : José Bovin | 03 octobre 2008

Ce sera le ballon au fond de ses buts puis le ballon au centre....

Écrit par : goaaaaaaaaaaal | 03 octobre 2008

La directrice éditoriale du Robert a dit :

"Dans notre dictionnaire, pour l'évolution du mot «sèche-cheveux», nous avons accepté l'occurrence sans le «x» quand il est employé au singulier. Nous avons simplement admis cette possibilité en «remarque», mais à terme, cette orthographe évoluera peut-être."

Alain Rey et ses soutiens du Robert n'ont pas eu ce qu'ils voulaient, alors ils le créent eux-mêmes !

Ecrit par : Jérémy | 02 octobre 2008

Y'a qu'un cheveu sur la tête à Mathieu
Il s'agit juste d'un discret hommage à Polnareff

Écrit par : dobolino | 03 octobre 2008

Entre les murs, la vie des charançons continue : dans mon bahut, les BTS arrivent bourrés en cours le matin. Quelle énergie, quelle coolitude ! Ils sont formidables.

Écrit par : Lariba | 03 octobre 2008

Concernant mes études secondaires, j'ai deux regrets: (...) -que la série "L" "option théâtre" n'ait pas existé à l'époque.

Ecrit par : Christophe Sibille | 03 octobre 2008

Mon pauvre ami, si vous saviez ce que c'est devenu... vous piqueriez des deux fuseaux ! De malheureux gamins et gamines, qui se prennent pour des artistes parce qu'ils sont névrosés, et se voient déjà en haut de l'affiche. Une pitié !
L'objectif initial de l'option, former des spectateurs exigeants via une pratique et uune théorie du théâtre, a été complètement perverti par des élèves qui se rêvent à la "Star Academy". Même remarque pour la majorité des optionnaires de danse. c'est d'autant plus regrettable que l'idée de base de ces options "arts" est excellente, et je regrette, pour ma part, qu'une option "écriture" n'ait pas été créée

Écrit par : FGuichard | 03 octobre 2008

"Hier soir, réunion de parents d'élèves. Les parents des GS me disent :" Qu'est-ce que c'est, les Alphas ? Nos enfants nous en parlent tout le temps, faites-nous voir !"

Je sors mon livre, et je leur lis l'histoire en leur montrant les images. Silence religieux dans la pièce, yeux émerveillés de tous ces adultes... Je me suis arrêtée à la page où Olibrius voit Monsieur A grâce au visoparloscope, j'ai sorti Monsieur A de la boîte à Alphas, puis je leur ai montré rapidement les autres personnages et expliqué brièvement la suite de l'histoire.
Mais j'ai bien vu qu'ils étaient déçus que je n'aie pas continué "pour de vrai"...

Il n'y a pas de doute, les Alphas, ça marche, quel que soit le public "

Écrit par : pub | 03 octobre 2008

Contre les murs...
J. est un élève de 3° malheureux, "intégré" par l'UPI locale dans une classe d'élèves "normaux" dont quelques-uns l'ont pris en grippe pour son humour décalé et souvent piteux, il faut bien le dire. Cette intégration s'est faite sans que nous, les profs de la classe, soyons au courant de la nature du handicap de J. : c'est bien normal pour les pauvres cons que nous sommes.
Aujourd'hui je l'ai retrouvé à sa place, la tête entre les bras, et je l'ai relevé en pleurs. Discutant avec un groupe d'élèves rassemblé autour du bureau après la fin du cours, je n'ai pas vu la meneuse du groupe lui donner un coup au passage.
Je me souviens maintenant de notre opposition à la création d'une UPI dans notre collège. Nous avions invoqué le sous-encadrement chronique, l'absence de formation des enseignants. L'amicale des psycho-médico-socio-éducateurs et la sous-hiérarchie, déléguée par un IA zélé et pressé d'enrichir son press-book, nous avait jugé sévèrement : "mais monsieur, ces enfants méritent le respect, ce ne sont pas des pestiférés...". Nous avions eu beau objecter que c'était plus les réactions de nos élèves que nous redoutions que celles des mômes handicapés, le mot était lâché : nous étions devenus une furieuse bande de réacs élitistes et sans-coeur.
Aujourd'hui J. souffre et j'ai peur pour lui : où sont les conseilleurs, les bonnes âmes, les "Monchanistes" convaincus ?
Des instituts spécialisés trop chers, des caisses vides pour les enfants mais pleines pour les banquiers, la mobilisation des idiots utiles du pédagogisme et du camp du bien. A défaut de la susdite bande, les murs, ce matin, j'avais bien envie d'y cogner dedans.
Je n'irai pas voir Bégaudeau lundi, à la fête du SNES qui invite au spectacle, parlant même de payer la moitié du billet. J'ai trop peur de foncer dans le tas.
Salut, bon week-end. Métier de merde...

Écrit par : victor | 03 octobre 2008

Vous êtes pour la plus grande majorité un beau ramassis de grosses têtes de cons.
Difficile de décerner en ce domaine une palme.
Je comprends un peu les distances que prend le sage Darcos avec tous vos points de vue qui ne sont que de pauvres messages de merde.
Ce n'est pas ce qui me ferait un jour voter pour lui ou l'un quelconque de sa clique de requins, mais à trop chier votre merdre vous finirez bien par le rendre sympathique.
Tas de merdeux, je vous gerbe à la gueule.
Jean Racine (de 2)

Écrit par : Jean Racine (de 2) | 03 octobre 2008

Loin de l'apophatisme dans lequel on aimerait parfois qu'ils se plongent, quelques nouvelles des partisans de l'école "libre" :

http://www.bakchich.info/article5250.html

Écrit par : Romuald | 03 octobre 2008

Au sujet de la section L option théâtre, j'en ai eu le même rapport que le constat de FGuichard. Mon fils a une camarade qui suit cette section et il semblerait que, tout au moins dans son lycée d'une ville réputée pour son engagement théâtral, c'est du grand n'importe quoi.
La brochure de l'ONISEP sur les métiers du spectacle souligne clairement qu'il n'est pas nécessaire ni même utile d'y aller si on envisage une carrière théâtrale d'où, pour notre fils, le choix des options anglais renforcé et latin qui nous semblaient moins poudre aux yeux, l'art dramatique étant enseigné hors des murs du lycée, les mercredis, samedis et dimanches.

Écrit par : dobolino | 03 octobre 2008

Je n'oserai pas dire que c'est parfait,mais je dirai quand même que c'est très bien,tout ça.
..

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/10/02/xavier-darcos-ecarte-la-mise-en-concurrence-des-ecoles_1102259_3224.html

Écrit par : bernard | 03 octobre 2008

"Vous êtes pour la plus grande majorité un beau ramassis de grosses têtes de cons.
Difficile de décerner en ce domaine une palme.
Je comprends un peu les distances que prend le sage Darcos avec tous vos points de vue qui ne sont que de pauvres messages de merde.
Ce n'est pas ce qui me ferait un jour voter pour lui ou l'un quelconque de sa clique de requins, mais à trop chier votre merdre vous finirez bien par le rendre sympathique.
Tas de merdeux, je vous gerbe à la gueule.
Jean Racine (de 2)"

Bah, vous tapiez directement M E R D E, ça nous aurait fait gagner du temps plutôt que de lire votre truc.

Écrit par : Jeremy | 03 octobre 2008

"Tas de merdeux, je vous gerbe à la gueule."

Comment peut-on réussir une tel prodige quand on a le dégueuloir à hauteur de cul ?

Pas de prisonnier, vous dis-je !

Écrit par : dugong | 03 octobre 2008

"Vous êtes pour la plus grande majorité un beau ramassis de grosses têtes de cons.
Difficile de décerner en ce domaine une palme.
Je comprends un peu les distances que prend le sage Darcos avec tous vos points de vue qui ne sont que de pauvres messages de merde.
Ce n'est pas ce qui me ferait un jour voter pour lui ou l'un quelconque de sa clique de requins, mais à trop chier votre merdre vous finirez bien par le rendre sympathique.
Tas de merdeux, je vous gerbe à la gueule.
Jean Racine (de 2)"

Ecrit par : Jean Racine (de 2) | 03 octobre 2008

On jouit comme on peut! J'espère que c'était bon, pour vous?

Écrit par : Christophe Sibille | 03 octobre 2008

Ça vous a émotionné à ce point, ce message de Jean Racine de mes deux?
Au fait, Brighelli, il est mort, il a chopé la FCO?

Écrit par : dobolino | 03 octobre 2008

Merci Robin, pour le lien. Je vais un peu plus loin : je copie-collle l'article, et avant qu'on ne me tombe dessus : du calme ! Je sais à peu près ce qu'il y a derrière "SOS-éducation"...

Voici donc :

S’ils ont un moral d’acier et un optimisme à toute épreuve, nous conseillons aux membres de SOS Education d’aller voir le film « Entre les murs », réalisé par Laurent Cantet à partir du livre de l’ancien professeur de français François Bégaudeau.

Nous le leur conseillons, parce que cette œuvre de fiction inspirée de la réalité, tournée à la manière d’un documentaire, au collège Françoise-Dolto, avec de vrais élèves et de vrais professeurs, témoigne – à charge – de ce qu’est devenue l’école de la République en 2008.

Ce que montre en effet ce film, c’est d’abord l’affaissement dramatique du niveau scolaire, dans une classe de quatrième d’un lycée parisien où se côtoient, dans un chahut quasi-permanent, des élèves originaires des quatre coins de la planète, France comprise. Leurs connaissances, notamment en français, sont indigentes : les mots « Autrichienne », « trompeur », « succulent », n’appartiennent pas à leur vocabulaire. Ils font preuve, en revanche, tout au long des cours, d’une maîtrise approfondie du registre de l’invective et de l’insulte, en verlan de préférence.

Une accumulation d’erreurs

Si le portrait des élèves est peu flatteur, celui des enseignants l’est moins encore. Portrait physique, d’abord : habillés « cool » comme leurs élèves et guère mieux peignés, ils sont désabusés et résignés avant même la première prise de contact avec leur classe. La salle des professeurs est un refuge, où l’on fait part de ses états d’âme, où l’on craque nerveusement, où l’on milite contre l’arrestation par la police de la mère d’un élève, immigrée clandestine. L’un ou l’autre montrent parfois un peu plus de bon sens que les autres, mais on cherche vainement un modèle ou un exemple à suivre parmi ces « profs » apparemment plus intéressés par l’évolution du prix de la machine à café que par les matières qu’ils enseignent, et qui semblent considérer leur métier comme un supplice quotidien.

Le principal et le CPE du collège ne valent guère mieux et paraissent avant tout soucieux d’éviter les problèmes. S’il tient encore à ce que les élèves se lèvent lorsqu’il pénètre dans une classe, le principal s’empresse de préciser que c’est une simple manière de dire bonjour, et surtout pas un témoignage de respect ou de discipline…

Le professeur de français qui tient lieu de « héros » du film, François Marin – rôle interprété par François Bégaudeau lui-même – porte bien son nom : il se fait mener en bateau par ses élèves de la rentrée des classes, qui s’effectue dans le plus complet désordre, jusqu’au dernier jour. Les erreurs pédagogiques qu’il commet ne se comptent pas : se plaçant sur un pied d’égalité avec ses élèves, il « achète la paix sociale » en permanence – comme le lui reproche l’un de ses collègues ; use et abuse des plaisanteries au second degré ; tente de leur faire deviner les connaissances au lieu de les leur communiquer ; essaie sans y parvenir de leur montrer l’intérêt de ce qu’il leur enseigne (à savoir, l’imparfait du subjonctif) ; les laisse s’injurier ou se menacer en pleine classe sans réagir autrement que par des appels au calme dont ils n’ont cure ; leur demande, en guise d’exercice, de faire leur auto-portrait ; répond, à une élève d’origine maghrébine qui se dit « pas fière d’être française » que lui non plus ne l’est pas ; admet, faute d’autorité, toutes les insolences et les provocations ; laisse sa classe sans surveillance pour conduire chez le principal un zozo particulièrement insupportable ; etc.

La responsabilité des pédagogistes

Cette accumulation de fautes finit par se payer. A l’issue d’un conseil de classe, pendant lequel elles se sont conduites avec la dernière incorrection sans que nul n’ose les reprendre, les déléguées des élèves informent leurs camarades des commentaires des professeurs. François Marin ayant déclaré qu’un élève particulièrement intenable, Souleymane, était « scolairement limité », cette appréciation donne lieu à un incident violent, au cours duquel une élève est blessée. L’affaire vaut à Souleymane le conseil de discipline, tandis que Marin, « coupable » en outre d’avoir insulté les déléguées de classe, cherche à se justifier auprès de ses élèves en faisant valoir – bien tardivement et sans succès – ses prérogatives d’enseignant et d’adulte. L’une des élèves l’ayant informé qu’en cas d’exclusion du lycée, Souleymane, d’origine malienne, sera renvoyé au « bled » par son père, cette perspective pose à Marin un cas de conscience insondable. En fin de compte, Souleymane est tout de même exclu et l’année scolaire s’achève par une partie de football opposant les élèves à leurs profs – qui perdent. Tout est bien qui finit bien ?

La leçon de cette éprouvante peinture de mœurs d’un collège parisien est tirée par les élèves eux-mêmes, auxquels le « prof » demande ce qu’ils ont appris au cours de l’année. La dernière à quitter sa classe lui répond d’un mot qui résume tout : « rien ».

En quittant la salle de cinéma, on se prend à se demander quel message François Bégaudeau, enseignant de gauche, et Laurent Cantet ont voulu faire passer. Ont-ils souhaité montrer les difficultés auxquelles se trouvent aujourd’hui confrontés les professeurs, qui seraient bien à plaindre, ou au contraire qu'ils portent, par leur pusillanimité, l’entière responsabilité de leur malheur ?

Par son action et ses prises de position, François Marin/Bégaudeau s’inscrit, au contraire, dans le sillage des « pédagogistes » responsables de la situation actuelle de l’école , et dont SOS Education n’a de cesse de dénoncer les méthodes. Son film démontre le bien-fondé de nos critiques et illustre implacablement la faillite du système scolaire.

Écrit par : Manu | 03 octobre 2008

Vous êtes pour la plus grande majorité un beau ramassis de grosses têtes de cons.

Ecrit par : Jean Racine (de 2) | 03 octobre 2008

Merci mon cher, vous en êtes un autre ! Les gentils messieurs en blouse blanche vont vous raccompagner à votr(e chambre, vous faire prendre votre douche (bien froide) et vous donner vos petites pilules roses comme d'habitude.

Le plus rigolo, dans l'histoire, c'est qu'on ne sait même pas pourquoi il nous insulte... Sans doute un péda-cucu la praline.

Écrit par : Manu | 03 octobre 2008

À Hervé :

Je crois comprendre que votre phrase sibylline, "Convergences (attendues)..." s'adresse à moi du fait qu'elle vient juste après mon message.
Toutefois, j'ai lu le texte que vous proposez à l'aide du lien mis par vous, afin de m'en assurer.
Cette lecture - tout à fait intéressante - me convainc que vous vous adressiez bien à moi.
Que j'aie ou non raison, merci pour cette lecture.

Écrit par : Francis Penin | 03 octobre 2008

Le plus rigolo, dans l'histoire, c'est qu'on ne sait même pas pourquoi il nous insulte... Sans doute un péda-cucu la praline.

Ecrit par : Manu | 03 octobre 2008

Les insultes de cet individu ne sont jamais qu'une espèce de défécation buccale assez dans l'air du temps. Le pire est de qualifier Darcos de sage. Cette illusion-là est perdue chez beaucoup de ceux qui le soutenait au début... de ce qui n'aura été qu'une tartufferie de plus.

Écrit par : Magister | 03 octobre 2008

... qui le soutenaient !

Écrit par : Magister | 03 octobre 2008

Pour « Entre les murs », je ne sais pas quoi penser, car j'entends des compte-rendus extrêmement variés chez mes collègues... mais j'ai toujours la ferme intention de ne pas payer 8€ pour le voir en salles. Je le regarderai sur France 2 ! (Si je suis d'humeur)

La réforme du lycée m'intéresse et m'inquiète davantage : on parle toujours de modules de 3 heures, et je me demande si c'est désormais le maximum hebdomadaire par matière... pour le français, c'est 1h30 à 2 h de moins !

Et ces heures de soutien : tout le monde en a-t-il besoin ?

Honnêtement, j'essaie de comprendre, mais je flotte.

Écrit par : sanjuro | 03 octobre 2008

Francis Penin :"Je crois comprendre que votre phrase sibylline, "Convergences (attendues)..." s'adresse à moi du fait qu'elle vient juste après mon message."

Non, pas du tout ...
Euh ... Comment percevez-vous cette officine (au-delà de ce message tout à fait attendu) ?

A propos, SLL et RE sont poursuivis en justice par SOS Education. Le procès est prévu pour le 23 octobre et il est topujours possible de leur apporter un soutien financier.

http://www.r-lecole.freesurf.fr/

Écrit par : Hervé | 04 octobre 2008

"Au fait, Brighelli, il est mort, il a chopé la FCO?"
Ecrit par : dobolino | 03 octobre 2008

"La réforme du lycée m'intéresse et m'inquiète"
Ecrit par : Sanjuro

Brighelli fait de la rétention d'information, car il se passe trente mille choses en ce moment-même pour le recrutement des profs. On est franchement mieux informés ailleurs, et j'en suis marri.

Écrit par : Jeremy | 04 octobre 2008

Vous êtes bien au chaud dans votre ambiance cucul -camif télérama- brighelli à commenter des films débiles avant d'aller poster une annonce de cul au nouvel obs.

Écrit par : dandreu | 04 octobre 2008

Règlement de compte dans le Milieu : "Sarkozy flingue Axel Miller" (la presse).

Rouillan dépassé ?

Écrit par : dugong | 04 octobre 2008

Je suis en train de rédiger une Note sur les architectures de concours présentées par le ministère aux syndicats... Je ne peux pas être partout.
JPB

Écrit par : brighelli | 04 octobre 2008

Un "peda cucul la praline", Manu? Il y a quelque chose qui m'échappe! Je croyais qu'ils faisaient tous partie de la gauche bien pensante, donc peu suspects de sympathie exagérée envers not'bon ministre!

Par ailleurs, vous nous livrez ce commentaire de "SOS éducation" sans analyse critique; même si vous prenez quelques précautions "oratoires", cela me semble un peu léger pour parer aux quelques amalgames pour le moins douteux (autant qu'idéologiques) contenus dans l'article, (je pense notamment à la stigmatisation de RESF, et, d'ailleurs, des enseignants en général, qu'il contient.)

Écrit par : Christophe Sibille | 04 octobre 2008

A gerber sur le portail de "SOS éducation": ce que coûte l'éducation nationale en temps réel. Surtout en cette époque de renflouement des banquiers par... Nous!

Écrit par : Christophe Sibille | 04 octobre 2008

La réforme du lycée m'intéresse et m'inquiète davantage : on parle toujours de modules de 3 heures, et je me demande si c'est désormais le maximum hebdomadaire par matière... pour le français, c'est 1h30 à 2 h de moins !

Ecrit par : sanjuro | 03 octobre 2008

Tout pareil !

Où trouvez-vous des infos fiables et précises sur ce qui s'annonce ?

3ème édition :
Qui peut faire passer un lien vers l'avant projet, je ne trouve rien, si ce n'est des rumeurs.

Écrit par : Zorglub | 04 octobre 2008

Votre article déguise mal un fond "stalinien" et un narcissisme de prof frustré affichant sans même s'en rendre compte une faillite pédagogique personnelle
Un dialogue prof élèves est pour vous inconcevable.
Seul un rapport vertical, pyramidal doit exister, selon vous
Finalement Darcos / Briguelli= même combat
Sous des aspects pseudo-gauchisants vous tenez là un discours bien ancré à droite avec les mêmes finalités que l'actuel pouvoir.
Domestiquer, soumettre et exercer l'autorité voilà votre pédagogie.
Le détenteur du savoir n'est pas là pour discuter il "enseigne" car il sait.
Comme Staline enseignait la solidarité!
Je vous cite:(...)Nous sommes là pour organiser le chaos, lui donner un sens, un ordre - pas pour nous en repaître(...)
L'ordre..voilà vous avez laché le mot..
Une deux une deux..
Vous devriez enseigner à l'armée ou à l'école de police..là serait votre véritable place avec de tels discours.
Ce film vaut ce qu'il vaut et la pédagogie du dialogue est celle des éducateurs

Ils ont été supprimés dans les quartiers par le pouvoir actuel.
C'est bien dommage.. les profs ne sont hélas pas formés pour ça
Ce petit proif s'improvise éducateur c'est principalement pour cette raison qu'il est assez maladroit.*
Mais au moins, lui, il essaie de dialoguer pas d'imposer connement un savoir.
C'est avec des certitudes comme les vôtres que l'on fabrique des "cons-vaincus" à force de ne vouloir par autorité n'en faire que des cons-cernés de toutes parts par des flics et des formateurs de soumission et de peur
Continuez ainsi à prêcher l'ordere et la soumission: avec de telles méthodes on formera à merveille les gentils esclaves de demain dont les puissants qui nous gouvernent ont tant besoin pour faire le boulot dégueulasse.
Comme quoi un article stalinien comme le votre est dans l'air du temps avec son fond authentiquement réactionnaire
Une deux, une deux...
L'autorité ne vaut que quand elle est acceptée et reconnue.
Une autorité imposée ça s'appelle une dictature en politique.
Ah bon.. ce n'est pas la même chose en classe?
Alors si c'est ce que vous m'opposez comme réfutation c'est qu'il s'agit bien d'un discours Stalinien que vous tenez-là!
Je plains vos elèves avec un tel mandarin ..ils sont bien guidés!
Pour voter Sarkozy sans aucun doute
Finalement vous tenez le même discours avec les mêmes détournements idéologiques
Devinez sur quelle tête il faut placer le bonnet d'âne?
Un film comme celui-ci, ne vous en déplaise, reflète quoique vous en disiez, une réalité à prendre en compte.
La solution n'est pas la matraque ni le coup de pied au cul..quoique certains profs en auraient bien besoin pour remettre en question leurs certitudes de petits mandarins du savoir.
G.

Écrit par : Giuglio | 04 octobre 2008

A propos, SLL et RE sont poursuivis en justice par SOS Education. Le procès est prévu pour le 23 octobre et il est topujours possible de leur apporter un soutien financier.

http://www.r-lecole.freesurf.fr/

Ecrit par : Hervé | 04 octobre 2008

Je suis extrêmement ignorant sur les questions des "courants", déjà quand j'étais étudiant, j'avais du mal à comprendre la différence entre l'OCI et la LCR par exemple et qui était exactement pour ou contre quoi.

J'avoue donc à nouveau ma perplexité. Pouvez-vous m'expliquer la raison d'être de ce procès et "ce qui se cache vraiment" derrière SOS Education (j'ai ressenti un certain sectarisme dans le discours, mais ça reste intuitif).

Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis naïf et ignorant sur certaines questions.

Expliquez-moi ça gentiment, sans vous fâcher et sans vous moquer de moi ! ;-)

Merci d'avance !

Écrit par : Robin | 04 octobre 2008

"Je ne peux être partout."

Certes, mais j'aimerais quand même savoir ce qu'il en est de ce calamiteux "en unités d'enseignement ou séquences" qui ruine d'avance les nouveaux programmes de français du collège...

Écrit par : Jean | 04 octobre 2008

Ceux qui malgré la crise se sentent moins concernés par le sort de leurs économies ou par le fait de savoir si Darcos est un bon ou un mauvais cheval que par le destin tragique réservé en 3001 aux anthropophages, peuvent aller consulter mon site… Après la burka et les homosexuels quoi de plus préoccupant que le sort réservé aux cannibales pendant cette période difficile !
http://rogerfelts.blog.lemonde.fr/2008/10/03/3001-l%E2%80%99odyssee-des-anthropophages%E2%80%A6/#comments

Écrit par : Roger Felts | 04 octobre 2008

Le film Entre les murs illustre au cinéma "L'enseignement de l'ignorance" , bouquin de Michéa dont la thèse centrale du complot capitaliste contre l'école est aussi affligeante que celle de la béatification de la médiocrité dans le film en question. Si en pays bégaudien on n'apprend rien ni en français ni en quoi que ce soit d'autre, ce n'est qu'un moindre mal. Il y a pire: l'enseignement de l'économie en France professe des contre-vérités.

L'inculture économique étant traditionnellement un brevet d'orthodoxie et de bonne conduite militante à gauche, il n'est pas étonnant que la presse et le monde éducatif passe sous silence deux rapports accablants qui dénoncent le parti-pris anti-marché et anti-mondialiste des manuels d'économie.

Le rapport GUESNERIE souligne: " Quant à la mondialisation, il s’agit [....] de développer un regard critique autour d’auteurs proches d’ATTAC sans vraiment savoir de quoi on parle". Bordas publie un manuel où on enseigne « comment organiser le mouvement antimondialisation » et où les attentats du 11 septembre 2001 sont légitimés par l'exacerbation de la violence politique du capitalisme triomphant, cet ogre du XXIeme siècle que les manuels désignent à la vindicte populaire.

J-Cl. Michéa, Ch. Coutel et bien d'autres affirment que la faillite de l'école résulte d'un complot ourdi par cette créature démoniaque, fruit des épousailles entre les multinationales et l'OMC- FMI-Bruxelles et tutti quanti, qui veulent transformer nos enfants en ilotes pour assouvir leur insatiable appétit de puissance.

J'attends encore qu'on m'explique comment cette théorie du complot s'accorde avec la chronologie, puisque la destruction des apprentissages a commencé aux US il y a plus de 60 ans, à la suite des réformes concoctées sous l'égide de penseurs "progressistes" qui prônaient l'égalitarisme. Cette idéologie de référence du pédagogisme est aussi la clé de voûte de la doctrine socialiste.
Cherchez l'erreur

Le verdict de l' Académie des sciences morales et politiques est du même ordre et il ressort de son rapport rendu après avoir consulté des experts français et étrangers. Leur conclusion : "En l’état, le contenu des enseignements n’a qu’un rapport lointain avec la science économique, telle qu’elle est pratiquée non seulement dans les universités et les centres de recherche, mais aussi dans les organisations gouvernementales et internationales et (a fortiori) dans les entreprises".

Les élèves ignorent les concepts et méthodes de base de l’analyse et de la science économiques. "La liste des savoirs de base qui sont omis est longue, au point qu’un économiste universitaire a parfois le sentiment, en lisant les programmes officiels, qu’ils concernent une autre discipline que la sienne ". La microéconomie est largement négligée "au profit d’une macroéconomie qui ne fait pas consensus ". Il semble interdit de présenter " la logique de l’échange en tant que jeu à somme positive " ou encore "l’effet pervers d’un contrôle des prix. De plus, les chapitres consacrés à l’emploi, la production, la consommation ignorent le mot « prix" !

On parle du chômage sans évoquer ni les salaires, ni les impôts, ni les charges sociales, ni la réglementation du marché du travail, ni bien sur les entrepreneurs. L'économie enseignée en France est résolument anti-entrepreneuriale et ses manuels sont destinés à persuader l’élève que "l’analyse économique se résume à la régurgitation de discours convenus". Il y "acquiert l’illusion de la connaissance, alors qu’il ne fait que répéter une sorte de catéchisme sorti tout droit du magazine Alternatives économiques. [...] La vision qui est donnée de l’économie à travers les ouvrages est caricaturale, pessimiste et anti-marché ».

La réaction des Français à la crise financière actuelle est exemplaire de cette inculture.

Écrit par : Cadichon | 04 octobre 2008

Robin a écrit : "j'avais du mal à comprendre la différence entre l'OCI et la LCR"

Facile ! L'OCI et la LCR se sont fondus en OCR, acronyme US pour reconnaissance optique de caractères. Autrement dit, détection rapide des déviants.

Écrit par : dugong | 04 octobre 2008

Vous devriez enseigner à l'armée ou à l'école de police..là serait votre véritable place avec de tels discours.
Ce film vaut ce qu'il vaut et la pédagogie du dialogue est celle des éducateurs.

Ecrit par : Giuglio | 04 octobre 2008

Ce serait assez logique compte tenu du fait que désormais les policiers sont chargés de l'éducation et de la prévention et les enseignants de la répression de la délinquance dans les établissements scolaires. A leurs risques et périls si l'on en croit les statistiques de la MGEN.

Écrit par : marigot | 04 octobre 2008

À Hervé,
Je n'étais pas sûr de moi. Juste une idée comme ça, mais erronée.
Que pensé-je de cette officine ? Parlez-vous du lien que vous avez donné ? Si c'est bien cela, je la trouve de qualité. Cela ne signifie pas que je partage totalement les idées émises là, mais c'est de bon ton. Et le bon ton va souvent de pair avec la pertinence du propos. (Mais pas toujours, bien sûr. Les exemples ne manquent pas dans le passé de personnes intelligentes, cultivées mais ignobles, proférant donc des horreurs dans un langage châtié. De nos jours de telles personnes passent inaperçues tant les horreurs sont exprimées dans un langage de charretier, et c'est faire insulte à double titre à cette corporation que de dire ce que je viens de dire ! Les charretiers - en existe-t-il encore ? - ne sont ni nécessairement stupides et incultes, et leurs grossièretés langagières ne sont pas nécessairement aussi exacerbées que celles de personnes très connues qui croient qu'elles vont épater le bon peuple par leur audace. Pauvres, pauvres imbéciles ! Mais ces gens font école chez leurs auditeurs béats. Un dessin ?)

Écrit par : Francis Penin | 04 octobre 2008

Giuglio reproche à JPB de vouloir mettre de l'ordre dans le chaos. Il aurait pourtant bien besoin d'ordonner son propre chaos intellectuel.

Écrit par : Sylvie Huguet | 04 octobre 2008

Giuglio reproche à JPB de vouloir mettre de l'ordre dans le chaos. Il aurait pourtant bien besoin d'ordonner son propre chaos intellectuel.
Ecrit par : Sylvie Huguet | 04 octobre 2008

Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre
Je préfère le chaos à la soumission aveugle à une dictature
Question de choix
Une bonne "kamarate" Sylvie
une deux une deux!
au pas
une deux une deux
de l'ordre dans les rangs
une deux une deux!
Non staline n'est pas mort car il bande, il bande encore!

Écrit par : Bakou | 04 octobre 2008

La solution n'est pas la matraque ni le coup de pied au cul..quoique certains profs en auraient bien besoin pour remettre en question leurs certitudes de petits mandarins du savoir.
G.

Ecrit par : Giuglio | 04 octobre 2008

Je ne sais pas si vous êtes enseignant, élève, étudiant...Mais je pense que vous avez oublié ce qu'est une "dynamique de groupe".

Je ne pratique personnellement ni la matraque, ni les "coups de pied au cul" et je serais plutôt pour le dialogue, l'écoute, l'aide individualisée, etc.

Le problème c'est qu'il il suffit de quatre ou cinq élèves pour tout flanquer par terre et on hésite à prendre le risque.

Je ne dis pas que le film de Cantet n'est pas intéressant (je le trouve plus humain et moins cynique que le roman) ; c'est vrai qu'il montre aussi une certaine réalité, mais avouez qu'il se finit sur un constat d'échec.

Écrit par : Robin | 04 octobre 2008

"l'enseignement de l'économie en France professe des contre-vérités."
by Cadichon.

Cadichon entend bien sûr des "contre-sa-vérité-libérale". Je suis déçu qu'elle ne nous propose pas autre chose que ce qu'on peut lire actuellement dans la blogosphère libérale qui tourne à plein régime -si j'ose dire- pour sauver la doxa mise à mal par la crise quel'on sait. Je vous renvoie à la "lime" blog de Franck Boizard qui était venu prêcher ici même il y a quelque temps.
Nous apprenons que le nec plus ultra de la culture économique serait délivrée par ceux là mêmes qui ont conduit à la situation actuelle. Le plus benêt d'entre nous, non stimulé par la perspective de profits énormes à court terme (c'est ça l'inculture économique), aurait compris qu'on ne prête pas d'argent à des gens incapables de le rembourser. Les économistes cadichonnistes ont, eux, compris le contraire. De retour sur terre, ils courent se réfugier dans les jupes de maman qui ouvre généreusement son porte-monnaie. Mais comme le dit un proverbe médiéval : "mauvais enfant mord sa nourrice".
N'attendez pas d'excuses de Cadichon, son créneau, elle, c'est l'arrogance (j'attends avec impatience de connaître ses titres universitaires en économie).
Au fait, Cadichon, par quel miracle l'universitaire passé au préalable par un secondaire aussi détestable a-t-il acquis " le sentiment, en lisant les programmes officiels, qu’ils concernent une autre discipline que la sienne " ? Quand et comment trouve-t-il "le chemin de Dallas" (merci Dugong !) ?

Écrit par : victor | 04 octobre 2008

Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre
Je préfère le chaos à la soumission aveugle à une dictature
Question de choix
etc.
Ecrit par : Bakou | 04 octobre 2008

Mais l'un n'empêche pas l'autre !
Pauvre Bakou qui se croit libre alors qu'il est soumis comme nous tous à la dictature chaotique de l'argent !

Écrit par : victor | 04 octobre 2008

La réaction des Français à la crise financière actuelle est exemplaire de cette inculture.

Ecrit par : Cadichon | 04 octobre 2008

Cadichon, je veux bien que les manuels d'économie français soient orientés et incomplets et j'ai lu come vous le compte-rendu critique qui en a été fait, mais la réaction des Français à la crise financière n'a rien à voir avec leur "inculture", elle a à voir avec leur porte-monnaie, leur capacité d'achat (donner à manger à leurs enfants, les habiller, payer les factures de gaz et d'électricité, les traites de la maison, etc.)

Ils n'ont pas voté pour la candidate socialiste, mais pour le candidat libéral qui leur promettait "le pouvoir d'achat".

Et les voilà obligés de s'approvisionner dans les hard discount et d'assister impuissants à la baisse de 10, 15, 20% la valeur du logement qu'ils espéraient léguer à leurs enfants, baisse de valeur qui est directement liée aux agissements irresponsables de certains financiers de votre pays d'adoption.

Alors expliquez-nous "ce que nous n'avons pas compris".

Écrit par : Robin | 04 octobre 2008

"J-Cl. Michéa, Ch. Coutel et bien d'autres affirment que la faillite de l'école résulte d'un complot ourdi par cette créature démoniaque, fruit des épousailles entre les multinationales et l'OMC- FMI-Bruxelles et tutti quanti, qui veulent transformer nos enfants en ilotes pour assouvir leur insatiable appétit de puissance. "


Mais, Cadichon, ce ne sont pas les susdits qui l'affirment ; plusieurs fois nous vous avons donné les extraits et références des textes émanant directement de l'OCDE ou de l'ERT. On recommence ?
Non, on vous pardonne d'être vexée par la démonstration concrète de vos erreurs. Au fait, vous avez perdu combien de dollars ?

Écrit par : victor | 04 octobre 2008

Mais l'un n'empêche pas l'autre !
Pauvre Bakou qui se croit libre alors qu'il est soumis comme nous tous à la dictature chaotique de l'argent !
Ecrit par : victor | 04 octobre 2008
Peut-être pas totalement libre effectivement mais anti-autoritaire
La dictature de l'argent et celle bottée casquée des staliniens prèchent dans et pour la même église
Toujours plus d'esclaves léchant le cul des dirigeants
En tout cas pas prêt à suivre des petits orateurs corrompus et aux ordres

Écrit par : Bakou | 04 octobre 2008

""La solution n'est pas la matraque ni le coup de pied au cul..quoique certains profs en auraient bien besoin pour remettre en question leurs certitudes de petits mandarins du savoir.
G.

Ecrit par : Giuglio | 04 octobre 2008 ""

"Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver" disait un authentique fasciste espagnol (Millan Astray ?).
Bégaudeau, Cantet et Giuglio sortent leur caméra...

Écrit par : victor | 04 octobre 2008

En tout cas pas prêt à suivre des petits orateurs corrompus et aux ordres

Ecrit par : Bakou | 04 octobre 2008

C'est pour JPB ? Mais personne n'est obligé de le suivre... L'a-t-il demandé d'ailleurs ?

Écrit par : victor | 04 octobre 2008

"Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver" disait un authentique fasciste espagnol
Bégaudeau, Cantet et Giuglio sortent leur caméra...
Ecrit par : victor | 04 octobre 2008
La référence culturelle est éloquente(Millan Astray ?)!!!
Il vaut mieux montrer une certaine réalité que de se taire et de marcher au pas tête baissée
Parler d'un sujet qu'on n'a pas vu..ça s'appelle de l'escroquerie
Démonter un film parce qu'il dérange le petit confort des certitudes c'est aussi de l'escroquerie

Écrit par : Teddy | 04 octobre 2008

"Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver" disait un authentique fasciste espagnol
Bégaudeau, Cantet et Giuglio sortent leur caméra...
Ecrit par : victor | 04 octobre 2008

Je crois que la phrase est d'un nazi.
D'aucuns disent que c'est Goebbels, d'autres moins nombreux pensent que c'est Goering, et il y en a pour l'attribuer à Baldur von Schirach.

Écrit par : Pat | 04 octobre 2008

petits mandarins du savoir.
G.

Ecrit par : Giuglio | 04 octobre 2008 ""

Quelle expression ridicule et stupide qui traduit deux choses:
1) la hargne haineuse des pédagos (en général des petits cons prétentieux) contre ceux qui ont passé des concours de recrutement et donc ont été, comme ce terme l'indique, recrutés sur des qualifications réeelles (pas sur du baratin pédago pseudo-savant). Je rappelle que les Sciences de l'éducation sont la poubelle de l'Université.
2) le mépris pour le savoir, toujours associé, dans le délire pédagomaniaque, à l'idée de violence faite aux enfants. Il faut dire que les pédagos étant eux-mêmes des ignorants, on comprend que la transmission des connaissances soit pour eux une idée étrangère à leur mode de (ne pas) penser.

Écrit par : Jean | 04 octobre 2008

Votre article déguise mal un fond "stalinien" et un narcissisme de prof frustré affichant sans même s'en rendre compte une faillite pédagogique personnelle
Un dialogue prof élèves est pour vous inconcevable.
Seul un rapport vertical, pyramidal doit exister, selon vous
Finalement Darcos / Briguelli= même combat
Sous des aspects pseudo-gauchisants vous tenez là un discours bien ancré à droite avec les mêmes finalités que l'actuel pouvoir.
Domestiquer, soumettre et exercer l'autorité voilà votre pédagogie.
Le détenteur du savoir n'est pas là pour discuter il "enseigne" car il sait.
Comme Staline enseignait la solidarité!
Je vous cite:(...)Nous sommes là pour organiser le chaos, lui donner un sens, un ordre - pas pour nous en repaître(...)
L'ordre..voilà vous avez laché le mot..
Une deux une deux..
Vous devriez enseigner à l'armée ou à l'école de police..là serait votre véritable place avec de tels discours.
Ce film vaut ce qu'il vaut et la pédagogie du dialogue est celle des éducateurs

Ils ont été supprimés dans les quartiers par le pouvoir actuel.
C'est bien dommage.. les profs ne sont hélas pas formés pour ça
Ce petit proif s'improvise éducateur c'est principalement pour cette raison qu'il est assez maladroit.*
Mais au moins, lui, il essaie de dialoguer pas d'imposer connement un savoir.
C'est avec des certitudes comme les vôtres que l'on fabrique des "cons-vaincus" à force de ne vouloir par autorité n'en faire que des cons-cernés de toutes parts par des flics et des formateurs de soumission et de peur
Continuez ainsi à prêcher l'ordere et la soumission: avec de telles méthodes on formera à merveille les gentils esclaves de demain dont les puissants qui nous gouvernent ont tant besoin pour faire le boulot dégueulasse.
Comme quoi un article stalinien comme le votre est dans l'air du temps avec son fond authentiquement réactionnaire
Une deux, une deux...
L'autorité ne vaut que quand elle est acceptée et reconnue.
Une autorité imposée ça s'appelle une dictature en politique.
Ah bon.. ce n'est pas la même chose en classe?
Alors si c'est ce que vous m'opposez comme réfutation c'est qu'il s'agit bien d'un discours Stalinien que vous tenez-là!
Je plains vos elèves avec un tel mandarin ..ils sont bien guidés!
Pour voter Sarkozy sans aucun doute
Finalement vous tenez le même discours avec les mêmes détournements idéologiques
Devinez sur quelle tête il faut placer le bonnet d'âne?
Un film comme celui-ci, ne vous en déplaise, reflète quoique vous en disiez, une réalité à prendre en compte.
La solution n'est pas la matraque ni le coup de pied au cul..quoique certains profs en auraient bien besoin pour remettre en question leurs certitudes de petits mandarins du savoir.
G.
Ecrit par : Giuglio | 04 octobre 2008
Ce commentaire est très pertinent et dénote un sens critique peu commun chez les Kamarates qui suivent la ligne tête baissée de leurs potes

Écrit par : Bakou | 04 octobre 2008

José Millán-Astray y Terreros était un militaire espagnol né le 5 juillet 1879 et mort le 1er janvier 1954.

Né à La Corogne (Espagne), il participa à la guerre contre l'indépendance des Philippines, il fut professeur d'art militaire à l'Académie d'Infanterie. Envoyé au Maroc, il commanda des unités indigènes et participa à diverses opérations militaires, dans lesquelles il perdit un bras et un œil. Il fonda en 1920, avec l'appui du haut commissaire du Maroc, le général Dámaso Berenguer, la Légion, aux caractéristiques similaires à celles de la Légion étrangère française, dans laquelle s'incorporèrent de jeunes militaires, tel Francisco Franco.

En 1921, La Légion vint à rompre le siège sur Melilla par des troupes marocaines. Des problèmes de personnalité l'éloignèrent du commandement des troupes. Il participa au soulèvement militaire de 1936 qui déboucha sur la guerre civile, mais il ne participa pas à la conspiration.

Il est l'auteur du cri de ralliement franquiste pendant la guerre d'Espagne « Viva la muerte ». Il lança aussi « À mort l'intelligence ! », cri de guerre prononcé en octobre 1936 contre le philosophe Miguel de Unamuno à l’université de Salamanque dont il était le recteur.

Il meurt à Madrid en 1954.

Écrit par : Teddy | 04 octobre 2008

Conclusion:
fachos/staliniens/ sarkosystes= même combat contre l'intelligence

Écrit par : Teddy | 04 octobre 2008

Je rappelle à Jean que Bégaudeau est professeur agrégé.

Je trouve sidérant que Cadichon, (pour qui j'éprouve une certaine estime par certains côtés) ose encore "la ramener", (et de quelle manière, mais il est vrai que la meilleure défense, c'est l'attaque *) sur des sujets "économiques". Micro- ou macro- Elle est totalement inconsciente, ou quoi? Il faudrait, une fois pour toutes, que le marché la régule sur ce plan!!!

Attention: je n'ai pas dit: "la meilleure défonce, c'est la taxe".

Écrit par : Christophe Sibille | 04 octobre 2008

Sur la réforme du lycée, voir la synthèse de L'Etudiant :
http://www.educpros.fr/dossiers/la-reforme-du-lycee-decortiquee-et-commentee.html

Ou encore le résumé de la rencontre Snes/Gaudemar:
http://www.snes.edu/IMG/pdf/rencontre_SNES-JP_de_Gaudemar_du_16_septembre.pdf
Ou la plaquette du même syndicat:
http://www.snes.edu/IMG/pdf/8_P_LYCEES_BD-2.pdf

Pas plus d'infos sur le site des autres syndicats.
Mais tout reste encore obscur.

Écrit par : Romuald | 04 octobre 2008

Zorglub, vous avez un bon résumé des informations actuelles ici :

http://neoprofs.forumactif.net/l-education-dans-l-actualite-f5/reforme-des-concours-t2331.htm

Écrit par : Mélamine | 04 octobre 2008

"quoique certains profs en auraient bien besoin pour remettre en question leurs certitudes de petits mandarins du savoir."


"Quelle expression ridicule et stupide qui traduit deux choses:"
Il avions dit certains profs...


:)

Écrit par : toto | 04 octobre 2008

A propos de l’ordre, de l’anarchie, de la révolte, du chaos qu’on doit ordonner, cette citation de Camus, qui s’y connaissait en révolte :

« Le plus grand style est l’expression de la plus haute révolte. Comme le vrai classicisme n’est qu’un romantisme dompté, le génie est une révolte qui a crée sa propre mesure. »

Écrit par : uncertain | 04 octobre 2008

Et l’on pourrait encore rappeler l’exemple de Gide, libre à force de contrainte. En histoire également, les exemples ne manquent pas. C’est souvent de l’anarchie et du désordre que sortent les dictateurs.

Écrit par : uncertain | 04 octobre 2008

Tiens, j'ai cru que MM. Guglio et Bakou étaient la même personne...

Moi, je l'ai vu hier, ce film. On n'apprend rien avec François Marin, mais je suppose que c'est ça, la définition que ces deux intervenants se font de la liberté et de l'anti-sarkozysme/stalinisme. Rassurez-vous alors : vous êtes tout à fait dans l'air du temps, et bien plus proches de ces deux personnages politiques que vous n'avez l'air de le croire. Vos bons petits soldats au service de l'économie, ce n'est pas le savoir qui les asservit, mais l'ignorance. Mais vous en avez évidemment parfaitement conscience, à moins bien sûr que vous ne soyez persuadés qu'on ne peut penser qu'avec un cerveau vide...

Cela va sans doute vous étonner, mais sachez que certains ont envie d'apprendre, et ressentent comme une violence cette pseudo-égalité entre le prof-copain et des élèves qui ne connaissent que l'invective pour s'adresser à leur enseignant ou les uns aux autres.

Je dois tout à l'école, qui m'a instruite, et c'est ce que j'attendais d'elle : du savoir et des armes pour penser, que m'inculquaient, ne vous en déplaise, des professeurs compétents et honnêtes à cent lieues de François Marin, même dans une école et un collège d'une ville de banlieue populaire. Et oui, beaucoup ne se laissaient pas marcher sur les pieds.

Vous rêvez d'une relation "horizontale" entre professeurs et élèves. Pourquoi pas : créons dans chaque ville des établissements publics aux pédagogies distinctes et clairement affichées, et donnons la possibilité aux gens de choisir le mode d'éducation qui leur convient. Mais laissez à ceux qui ont soif d'apprendre et ne peuvent le faire chez eux la liberté - liberté que vous chérissez tant - de le faire.

Écrit par : Anne | 04 octobre 2008

Ou de notre ami Paulo : je suis avec tous les Jupiter, contre tous les Prométhée

Écrit par : uncertain | 04 octobre 2008

Ce pauvre Giuglio a vraiment le sens de l’enfoncitude de portes ouvertes et de la pléonasmitude quand il nous dit : «  L’autorité ne vaut que quand elle est acceptée et reconnue. » Encore un qui doit monter en haut et descendre en bas tout en restant toujours cool !

L’autorité c’est justement ce qui assure l’obéissance des subordonnés sans user de la force manifeste, de la contrainte physique, de la menace explicite, et sans avoir à fournir justification, argument ou explications. L’autorité est cette variété de pouvoir obtenir un certain comportement de la part de ceux qui lui sont soumis.

S’il faut vraiment définir l’autorité, alors ce doit être en l’opposant à la fois à la contrainte par la force et à la persuasion par arguments.

Brèfle, tout ça nous permet d’affirmer que le Bégaudeau n’a aucune autorité !

Écrit par : lariba | 04 octobre 2008

Guglio et/ou Bakou : on se dérange ou on méprise ?

On méprise.

Écrit par : dugong | 04 octobre 2008

CS a écrit à propos de Cadichon : "Il faudrait, une fois pour toutes, que le marché la régule sur ce plan"

Réguler Cadichon à plat ? N'est ce pas un délit dans ce pays ?

Écrit par : dugong | 04 octobre 2008

Je vous cite:(...)Nous sommes là pour organiser le chaos, lui donner un sens, un ordre - pas pour nous en repaître(...)
L'ordre..voilà vous avez laché le mot..
Une deux une deux..
Vous devriez enseigner à l'armée ou à l'école de police..là serait votre véritable place avec de tels discours.
Ce film vaut ce qu'il vaut et la pédagogie du dialogue est celle des éducateurs

Ils ont été supprimés dans les quartiers par le pouvoir actuel.
C'est bien dommage.. les profs ne sont hélas pas formés pour ça
Ce petit proif s'improvise éducateur c'est principalement pour cette raison qu'il est assez maladroit.*
G.

Ecrit par : Giuglio | 04 octobre 2008
Je ne vais pas répondre à la place de Brighelli parce que rien ne prouve qu'il pense comme moi et je serais curieuse d'avoir son avis actuel sur le sujet, d'ailleurs, et celui d'autres d'ici qui nous prônaient le vote Sarkozy comme l'issue face aux dangers pédagogo des socialistes.
Je suis simultanément d'accord avec les propositions de Brighelli sur la façon d'envisager le rôle de l'école et son mode de fonctionnement et avec un renforcement de la présence des éducateurs, dûment formés à leur métier, auprès de tous les gosses en difficulté, en encadrement périscolaire et même à l'intérieur des établissements scolaires.
Un professeur qui s'improvise éducateur accumule souvent les erreurs et perd le fil de son vrai rôle d'instruction, a tendance à délaisser les élèves qui travaillent bien et sérieusement pour se pencher sur ceux qui trébuchent ou sombrent avec lesquels il n'arrivera souvent à rien de bon.
Le professeur n'est pas là pour "faire du social" mais le recentrer sur son vrai rôle nécessite absolument de décupler les effectifs d'éducateurs sur le terrain.
On n'en prend certainement pas le chemin mais on s'y attendait, n'est-ce-pas?

Écrit par : dobolino | 04 octobre 2008

Et l’on pourrait encore rappeler l’exemple de Gide, libre à force de contrainte. En histoire également, les exemples ne manquent pas. C’est souvent de l’anarchie et du désordre que sortent les dictateurs.

Ecrit par : uncertain | 04 octobre 2008

http://edition-numerique.editions-universelles.net/these-histoire.pdf

Écrit par : Robin | 04 octobre 2008

Entièrement d'accord Dobolino!

"Un professeur qui s'improvise éducateur accumule souvent les erreurs et perd le fil de son vrai rôle d'instruction, a tendance à délaisser les élèves qui travaillent bien et sérieusement pour se pencher sur ceux qui trébuchent ou sombrent avec lesquels il n'arrivera souvent à rien de bon.
Le professeur n'est pas là pour "faire du social" mais le recentrer sur son vrai rôle nécessite absolument de décupler les effectifs d'éducateurs sur le terrain.
On n'en prend certainement pas le chemin mais on s'y attendait, n'est-ce-pas?"


Et je peux ajouter que nous sommes de plus en plus exposés à cette dérive. Nous sommes parfois face à de pseudo élèves vu leur incapacité chronique à se tenir à l'écoute d'un cours, ce sont des enfants sans éducation: des invertébrés ,sinon des acéphales, pour lesquels une partie du processus de construction de leur personne a échouée faute d'avoir été engagée.
Quant aux "éducateurs", trop - je ne dis pas: tous!- de ces gens sont mal dans leur peau, souvent peu efficaces et prompt à s'en prendre à la société, etc...

Certains CPE sapent le travail des professeurs qui ne se laissent pas dépasser par leurs élèves en distillant un discours complaisant ou compréhensif. Sans parler des "pions" qui tiennent à leur peau. Résultat des courses: un professeur doit endosser le rôle d'éducateur d'abord et d'enseignant ensuite, le temps qu'il lui reste. Et il faut "boucler" les programmes!

Écrit par : Oxymore | 04 octobre 2008

Merci pour le lien Robin.
Cette thèse commence par une mise au point sur Descartes. D’où, pour parler encore une fois comme Gide, les vertus du classicisme , raison et maîtrise des passions, sens de la mesure.

Écrit par : uncertain | 04 octobre 2008

Un professeur qui s'improvise éducateur accumule souvent les erreurs et perd le fil de son vrai rôle d'instruction, a tendance à délaisser les élèves qui travaillent bien et sérieusement pour se pencher sur ceux qui trébuchent ou sombrent avec lesquels il n'arrivera souvent à rien de bon.
Le professeur n'est pas là pour "faire du social" mais le recentrer sur son vrai rôle nécessite absolument de décupler les effectifs d'éducateurs sur le terrain.
On n'en prend certainement pas le chemin mais on s'y attendait, n'est-ce-pas?

Ecrit par : dobolino | 04 octobre 2008

Je suis absolument d'accord, d'autant que la meilleure façon d'éduquer, c'est encore d'instruire.

Il faudrait effectivement des psychologues dans ou en dehors de l'école pour s'occuper des deux, trois, quatre, cinq ou six élèves qui ont des problèmes psychologiques plus ou moins graves, selon les classes (la "paresse" invétérée en est un), mais on ne peut pas interrompre à tout bout de champ le cours à cause d'eux et abandonner les autres (la Parabole de la Brebis perdue n'a rien à voir avec celle du Bon Samaritain)

Notre "ami" Guglio en est encore à l'idéalisation du gentil cancre à la Prévert qui dessine des oiseaux, mais ceux que nous avons en face de nous aujourd'hui sont plutôt du genre à leur arracher les ailes.

Je l'incite vivement à prendre connaissance de la thèse de doctorat d'Isabelle Mouton sur les liens entre les mouvements de jeunesse "anarchisants" allemands dans l'entre deux guerres et le nazisme.

Écrit par : Robin | 04 octobre 2008

Et merci d’apporter de l’eau à mon moulin : les enfants disciplinés ont rejoint les rangs de la résistance tandis que les enfants indisciplinés, en révolte contre l’autorité des parents et des professeurs, ont grossi les rangs des nazis. D’ailleurs je crois me souvenir que Sartre, quand il dresse le portrait du collaborateur , souligne qu’il est avant tout l’homme en dehors de toute structure sociale, par là prêt à basculer du côté du fascisme .

Écrit par : uncertain | 04 octobre 2008

Définir le dialogue avec les élèves comme un contribution au chaos est une attitude stalinienne et fasciste

Écrit par : Teddy | 04 octobre 2008

Résumé du DEA intitulé Wandervogel en date de 1993, préparation à la thèse de 1997 "Jeunesse et genèse du nazisme" par G. Mouton, professeur retraitée et docteur en Histoire :

http://formation.conseil.free.fr/1907/Georgette_MOUTON.htm

Écrit par : Robin | 04 octobre 2008

c'est surtout que Begaudeau n'est pas Socrate

Écrit par : uncertain | 04 octobre 2008

C'est par votre attitude de fermeture à l'écoute des élèves, de l'anti-autoritarisme de l'adolescence que prend racine la dictature.
Une attitude d'ouverture c'est trop demander à des petits profs tellement confortablement installés dans leur certitudes disciplinaires.

Écrit par : Bakou | 04 octobre 2008

Définir le dialogue avec les élèves comme un contribution au chaos est une attitude stalinienne et fasciste

Ecrit par : Teddy | 04 octobre 2008

Votre grande modération fait que votre propos n'est pas lu à sa juste valeur.
Dites plutôt : "une attitude de kapos nazis", ça ça pète !

Écrit par : Pat | 04 octobre 2008

Les indisciplinés n'obéissent qu'à la force qui les cadre et les rassure. Pour le pire comme pour le meilleur.
Quelques "penseur" un peu courts estiment qu'un professeur qui cadre est un facho. Or, si le professeur est juste, sa rigidité permet de structurer des individus qui peuvent discerner entre la justice-justesse et la brutalité mortifère.
Il y a une force de l'ordre. Le problème sans cesse posé est celui de savoir quel ordre. Dans le relativisme ambiant, cette notion est répulsive mais elle hante les discours.
Nous sommes forcés de pratiquer et non pas seulement de justifier le rappel à l'ordre: gaspillage d'énergie!

Écrit par : Oxymore | 04 octobre 2008

Merci à Teddy et Pat pour les précisions : j'avais en effet confondu Millan Astray ("vive la mort") et B. Von Schirach. J'avais aussi confondu Guglio et Bakou mais, là, c'est moins grave.

Écrit par : victor | 04 octobre 2008

Une attitude d'ouverture c'est trop demander à des petits profs tellement confortablement installés dans leur certitudes disciplinaires.

Ecrit par : Bakou | 04 octobre 2008

Mais vous les avez vu où ces "petits profs tellement confortablement installés dans leur certitudes disciplinaires" ?
Et quelle ouverture voudriez-vous qu'ils aient ?
C'est facile de caricaturer une figure de petit prof autoritaire avec les bruits de bottes qui vont avec...
Dites-nous en plus, et plus précisément.

Écrit par : Pat | 04 octobre 2008

"Définir le dialogue avec les élèves comme un contribution au chaos est une attitude stalinienne et fasciste"

Stalinien? mais il me semble qu'avant Staline, sévirent Lénine, Trotski et Djerzinski! Staline appliqua et "améliora" ce que son illustre prédécesseur avait commencé!

Que signifie "dialoguer" avec les élèves? Déjà réfléchir à ce qu'est un dialogue, un vrai, aux conditions pour que ceux qui l'engagent aient conscience qu'ils sont en dialogue et non en situation de monologue à deux.
On peut discuter avec les élèves, expliquer la raison suffisante de telle ou telle règle, on peut apprendre aux élèves ce qu'est le dialogue, oui. Mais prétendre que cela relève d'un rapport d'égalité entre l'élève et le professeur est une ânerie.

Écrit par : Oxymore | 04 octobre 2008

"Nous donnerons la parole en dernier lieu à Fritz Stern et à
Zeev Sternhell. Leurs deux messages sont presque identiques : le premier dit : " Pouvait-il y avoir un autre III eme Reich ? Peut-on abdiquer la raison, glorifier la force... sans préparer le triomphe de l'irresponsabilité ? " ... Là est le " danger du désespoir culturel " . Le second dit : " Quand l'anti-rationalisme est associé à un intense pessimisme culturel, quand il va de pair avec un culte prononcé de la violence.... alors la pensée fasciste prend fatalement corps. "

Je suis désolé de le dire, mais nous en sommes là...Et le refus de "l'autorité juste"(le père, la famille, le maître...) en matière d'éducation est bel et bien une abdication de la raison.

Écrit par : Robin | 04 octobre 2008

Dans L'humanité de ce samedi deux pages de débat sur le film "Entre les murs".
En gros, c'est une descente en flamme du film

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 04 octobre 2008

Comment voulez-vous "dialoguer" avec Calliclès ? Le pauvre Socrate s'y est cassé les dents.

Écrit par : Robin | 04 octobre 2008

Une collégienne de 15 ans frappe sa directrice
LEMONDE.FR | 04.10.08 | 11h52

Après l'agression d'une enseignante par un élève de 11 ans, le 26 septembre, une nouvelle affaire de violence en milieu scolaire, révélée samedi 4 octobre par Le Parisien, risque de faire du bruit.



Le 24 septembre, écrit le quotidien, la directrice de la section d'enseignement général et professionnel adapté (Segpa) du collège Elsa-Triolet, dans 13e arrondissement de Paris, a été violemment frappée par une élève à qui elle avait demandé d'aller en permanence à la suite d'un retard. "Apparemment calmée, la jeune fille de 15 ans attendait l'enseignante devant son bureau. Elle l'a frappée d'un coup de poing au visage, lui cassant le nez", raconte le journal, qui précise que les pompiers ont dû intrevenir pour calmer l'élève.

Une incapacité de travail de quinze jours a été prescrite à la directrice, qui a décidé de porter plainte. Vendredi, alors qu'elle était en train de se faire opérer pour ses blessures, ses collègues ont arrêté le travail entre 10 heures et midi pour alerter sur la situation des Segpa, des établissements spécialisés dans l'accueil de jeunes en grande difficulté scolaire. L'hypothèse d'une grève est aussi envisagée, indique Le Parisien.

L'agresseuse, qui avait déjà été exclue de deux établissements pour violences, sera exclue du collège jeudi, en attendant d'éventuelles poursuites.

Le Monde.fr

Écrit par : Hervé de Strasbourg | 04 octobre 2008

Je rappelle à Jean que Bégaudeau est professeur agrégé.

Ecrit par : Christophe Sibille | 04 octobre 2008

Hélas! Il faut bien des exceptions. La mère Charmeux, qui aligne les âneries sur la lecture, est elle aussi Normalienne et agrégée.
Cela ne change rien au fait que l'expression "mandarins du savoir" est une sombre ânerie qui ne peut être conçue que dans la cervelle de quelques minables qui se prennent pour des intellectuels. Elle ne correspond à aucune réalité puisque les "mandarins du savoir" ça n'existe pas, du moins pas dans l'enseignement secondaire.
En revanche, le milieu "pédago" est rempli de gens qui, en pédagogie, savent tout sur tout, ont réponse à tout, jettent l'anathème sur tout ce qui aurait l'audace inouïe de mettre en doute leurs dogmes, inondent l'édition du produit de leurs certitudes: leur maître à ( ne pas ) penser, c'est l'ineffable Meirieu. Pour ces m'as-tu-vu (Frackowiack, Antibi, Goigoux, Zakhartchouck, et leurs comparses), l'expression "mandarins du savoir (pédagogique)" convient assez bien!

Écrit par : Jean | 04 octobre 2008

Comment dialoguer avec un sourd? Comment désaltérer celui qui n'a pas soif?
L'ouverture est perdue, ensablée, enfouie sous les immondices de la bêtise élevée au rang de valeur égale à celle qu'implique l'effort de l'intelligence.

Quelques uns ont ricané sur l'expression de "passeur" qui est une manière de dire certain aspect de l'enseignement. Qu'ils s'interrogent aussi, sans ricaner, sur le "récepteur". Nous sommes parfois en face du refus de recevoir.
Recevoir demande aussi de la générosité.

Écrit par : Oxymore | 04 octobre 2008

Bakounine n’a pas tort. Voici d’ailleurs une photo de mes plus jeunes élèves en train d’entrer en classe. Il faut commencer très tôt à inculquer la discipline.


http://www.dinosoria.com/tragedie/1933_04.jpg

Écrit par : uncertain | 04 octobre 2008

Zorglub, vous trouverez une info détaillée à cette adresse :
http://neoprofs.forumactif.net/l-education-dans-l-actualite-f5/reforme-des-concours-t2331.htm

(PS : je ne comprends pas, ce message était apparu sur le blog, et il a disparu !)

Écrit par : Melamine | 04 octobre 2008

J'avais eu le temps de le noter et vous en remercie Mélamine,
ainsi que Romuald pour le sien !

Écrit par : Zorglub | 04 octobre 2008

A lire le tissu de conneries et le cirage de pompe par tous les petits copains de JPB que vous êtes: je me dis que ce film il faut le voir

Ce doit être un très bon film puisque des crétins omniscients et solidaires dans la bétise façon soviet à l'ancienne ;
le dénoncent avec autant de véhémence ; éxécutent quiconque arrive en contradiction.
Navrant et inquiétant beaucoup plus que ces gamins paumés!

Écrit par : pat | 04 octobre 2008

A lire le tissu de conneries et le cirage de pompe par tous les petits copains de JPB que vous êtes: je me dis que ce film il faut le voir

Ce doit être un très bon film puisque des crétins omniscients et solidaires dans la bétise façon soviet à l'ancienne ;
le dénoncent avec autant de véhémence ; éxécutent quiconque arrive en contradiction.
Navrant et inquiétant beaucoup plus que ces gamins paumés!

Écrit par : pat | 04 octobre 2008

"Je suis désolé de le dire, mais nous en sommes là...Et le refus de "l'autorité juste" (le père, la famille, le maître...) en matière d'éducation est bel et bien une abdication de la raison."

Ecrit par : Robin | 04 octobre 2008

Et c'est bel et bien de là que tous les problèmes commencent!

Écrit par : Christophe Sibille | 04 octobre 2008

"C'est par votre attitude de fermeture à l'écoute des élèves, de l'anti-autoritarisme de l'adolescence que prend racine la dictature.
Une attitude d'ouverture c'est trop demander à des petits profs tellement confortablement installés dans leur certitudes disciplinaires."

Ecrit par : Bakou | 04 octobre 2008


La dictature peut aussi bien prendre racine à partir d'un défaut de cadrage, (d'autorité, donc) que d'un excès. Je doute fort que des enfants-rois puissent créer une société vraiment démocratique.
Encore une fois, ce sont les excès qui nuisent.

Et, là, nous ne parlons pas de "l'anti-autoritarisme" d'adolescents à peu près éduqués, phénomène absolument normal et qui, avec un professeur compétent et à l'écoute, donne des résultats satisfaisants. Mais de gamins ayant à peu près tous des carences éducatives et affectives. Qui font que la tentation d'user d'artifices un peu démagogiques est assez présente. Mais totalement inefficace, et au delà.

Écrit par : Christophe Sibille | 04 octobre 2008

A lire le tissu de conneries et le cirage de pompe par tous les petits copains de JPB que vous êtes: je me dis que ce film il faut le voir

Ce doit être un très bon film puisque des crétins omniscients et solidaires dans la bétise façon soviet à l'ancienne ;
le dénoncent avec autant de véhémence ; éxécutent quiconque arrive en contradiction.
Navrant et inquiétant beaucoup plus que ces gamins paumés!
Ecrit par : pat
Merci Pat: je me faisais également la même réflexion

Écrit par : bakou | 04 octobre 2008

A lire le tissu de conneries et le cirage de pompe par tous les petits copains de JPB que vous êtes: je me dis que ce film il faut le voir
Ce doit être un très bon film puisque des crétins omniscients et solidaires dans la bétise façon soviet à l'ancienne ;
le dénoncent avec autant de véhémence ; éxécutent quiconque arrive en contradiction.
Navrant et inquiétant beaucoup plus que ces gamins paumés!

Ecrit par : pat | 04 octobre 2008

Vous n'avez pas vu le film et vous débarquez sur ce blog "arrivant en contradiction" ? Vous y découvrez que certains le fréquentent régulièrement et en ont retiré une certaine solidarité et cela vous étonne ?
On a envie de vous poser une question évidente : que venez-vous faire ici ?

Écrit par : victor | 04 octobre 2008

Vous n'avez pas vu le film et vous débarquez sur ce blog "arrivant en contradiction" ? Vous y découvrez que certains le fréquentent régulièrement et en ont retiré une certaine solidarité et cela vous étonne ?
On a envie de vous poser une question évidente : que venez-vous faire ici ?
Ecrit par : victor | 04 octobre 2008
On a envie de te répondre:
La même chose que toi.. dégoutant!
Tu ne l'as pas vu non plus gros malin!

Écrit par : Teddy | 04 octobre 2008

"Dans L'humanité de ce samedi deux pages de débat sur le film "Entre les murs".
En gros, c'est une descente en flamme du film."

C'est en ligne ? Il serait temps que la "gauche" se bouge mais j'aimerais savoir dans quel sens...

Écrit par : Hervé | 04 octobre 2008

Ce doit être un très bon film puisque des crétins omniscients et solidaires dans la bétise façon soviet à l'ancienne ;

Ecrit par : pat | 04 octobre 2008

Nous ne nions pas qu'il y ait des "gamins paumés" et qu'il faille se pencher sur eux avec humanité afin de les rendre plus réceptifs à l'acquisition des connaissances qui seules feront d'eux des êtres autonomes et libres.
Nous disons seulement que ce que propsoe Bégaudeau dans ce film qui n'est sans doute en fin de compte qu'une opération commerciale juteuse, c'est le contraire de ce qu'il faut faire. Proposer à ces enfants, qui ne sont pas des sous-hommes mais des êtres humains doués de raison et qui ont au fond d'eux-mêmes, comme tous les autres, une profonde aspiration à être reconnus et respectés une école au rabais, dénuée de toute dignité, une école qui a perdu sa boussole, qui a accepté de s'aveulir sous l'alibi de se rapprocher de ces jeunes-là, c'est les maintenir dans leur état de déréliction morale et sociale, c'est les mépriser. Voilà pourquoi nous dénonçons dans le film une escroquerie qui au bout du compte, va grossir le compte en banque de Bégaudeau tout en laissant ces jeunes paumés, qu'il aura purement et simplement instrumentalisés pour sa propre gloriole, dans la merde.
C'est cela qui m'inquiète, moi, ce battage médiatique orchestré autour de ce film (voyez comment les valets du système que sont la FSU et les autres, et tout l'establishment pseudo-intellectuel qui fait chorus - même le très catholique La Croix - poussent des clameurs de joie) et qui prouve à lui seul que les véritables intentions des auteurs sont ailleurs: elles s'évaluent en montagnes d'euros...
Pauvres gosses!

Écrit par : Jean | 04 octobre 2008

Robin : "J'avoue donc à nouveau ma perplexité. Pouvez-vous m'expliquer la raison d'être de ce procès et "ce qui se cache vraiment" derrière SOS Education"

Avec Sisyphe on ne peut pas se moquer ou se fâcher ... :-(

Il suffit de parcourir leur site pour vite comprendre ce qui se cache derrière. Rien que ce compteur sur la page d'accueil en dit long ! "Liberté chérie" ou les "Contribuables assossiés" ne sont pas loin ... Pedro Cordoba avait fait une excellente mise au point, sur les Mots-Tocsin (mais la liste de discussion est privée, je ne peux reprduire son analyse sans son autiorisation), à propos ce lobby "ultralibéral" qui bouffe du fonctionnaire à longueur d'article, il pourra en dire beaucoup plus que moi ... Cadichon aussi doit connaître , elle pourra en parler sans risquer un procès ... :-)

Écrit par : Hervé | 04 octobre 2008

On a envie de te répondre:
La même chose que toi.. dégoutant!
Tu ne l'as pas vu non plus gros malin!

Ecrit par : Teddy | 04 octobre 2008

C'est pourquoi je n'en ai rien dit, Teddy...

Écrit par : victor | 04 octobre 2008

Proposer à ces enfants, qui ne sont pas des sous-hommes mais des êtres humains doués de raison et qui ont au fond d'eux-mêmes, comme tous les autres, une profonde aspiration à être reconnus et respectés une école au rabais, dénuée de toute dignité, une école qui a perdu sa boussole, qui a accepté de s'aveulir sous l'alibi de se rapprocher de ces jeunes-là, c'est les maintenir dans leur état de déréliction morale et sociale, c'est les mépriser. Voilà pourquoi nous dénonçons dans le film une escroquerie qui au bout du compte, va grossir le compte en banque de Bégaudeau tout en laissant ces jeunes paumés, qu'il aura purement et simplement instrumentalisés pour sa propre gloriole, dans la merde.
C'est cela qui m'inquiète, moi, ce battage médiatique orchestré autour de ce film (voyez comment les valets du système que sont la FSU et les autres, et tout l'establishment pseudo-intellectuel qui fait chorus - même le très catholique La Croix - poussent des clameurs de joie) et qui prouve à lui seul que les véritables intentions des auteurs sont ailleurs: elles s'évaluent en montagnes d'euros...
Pauvres gosses!
Ecrit par : Jean | 04 octobre 2008
Jalouse?

Écrit par : Teddy | 04 octobre 2008

Attention, ne pas confondre !

Pat n'est pas pat, et la réciproque est vraie !

Je suis Pat avec une majuscule !

Écrit par : Pat | 04 octobre 2008

Je confirme ce que dit Pat c'est Pat-majuscule
Grozze PA-PATTE, quoi!
ACHHH!
C'est vrai faut pas confondre: vous êtes cons ou quoi?
Pat

Écrit par : Pat | 04 octobre 2008

Au fait, Cadichon, par quel miracle l'universitaire passé au préalable par un secondaire aussi détestable a-t-il acquis " le sentiment, en lisant les programmes officiels, qu’ils concernent une autre discipline que la sienne " ? Quand et comment trouve-t-il "le chemin de Dallas" (merci Dugong !) ?

Ecrit par : victor | 04 octobre 2008

C'est élémentaire, mon cher Victor.
Il y a deux sortes d'élèves : les moutons de Panurge, qui gobent tout ce qu'on leur raconte d'autant plus goulûment que cela correspond à l'idéologie dominante et que cela conforte leurs certitudes. Et il y a ceux qui questionnent les mantras, qui ont appris qu'il est infiniment plus satisfaisant de ne pas hurler avec les loups, de "think outside the box".

Il y a aussi des écoles, même dans le public, où des enseignants et des proviseurs courageux refusent de confondre enseignement et endoctrinement.
Et puis comme toujours, il y a les petits vernis, les plus favorisés, dans ce pays égalitariste, donc champion des inégalités, qui vont étudier ailleurs, où ils apprennent qu'il y a une et même plusieurs autres manières de voir le monde....et de comprendre comment il fonctionne.

Écrit par : Cadichon | 04 octobre 2008

À Fabien (et à tout le monde):

J'ai vu le film aujourd'hui et j'en suis sorti malade.
Je relirai la note introductive de Brighelli pour voir si je suis toujours de son avis (je l'étais a priori, sachant que mon avis pourrait différer du sien une fois que j'aurais vu le film) ou non.
Pour l'heure je suis lessivé. Je ne me doutais pas que ce film me mettrait dans cet état. Je me suis trouvé rapidement très mal à l'aise. Le fait que je sois reraité depuis huit ans n'est pas étranger à cela.
À bientôt.

Écrit par : Francis Penin | 04 octobre 2008

Cadichon aussi doit connaître , elle pourra en parler sans risquer un procès ... :-)

Ecrit par : Hervé | 04 octobre 2008

Je n'ai pas la moindre idée de "qui se chache derrière" SOS éducation, dont je n'apprécie pas les méthodes racoleuses et en particulier la fâcheuse propension à faire sans arrêt appel au porte-monnaie. J'apprécie en revanche leur combat contre la globale et toutes les niaiseries pédagogistes.

Tout ce que je peux en dire c'est que j'ai par ailleurs un préjugé favorable pour quiconque est cloué au pilori pour être libéral dans le seul pays au monde où cet adjectif figure au registre des insultes.

Écrit par : Cadichon | 04 octobre 2008

Pour l'heure je suis lessivé. Je ne me doutais pas que ce film me mettrait dans cet état. Je me suis trouvé rapidement très mal à l'aise. Le fait que je sois reraité depuis huit ans n'est pas étranger à cela.
À bientôt.

Ecrit par : Francis Penin | 04 octobre 2008


Je comprends très bien, moi qui suis à un an et demi de la retraite que vous soyez sorti malade de ce film, aussi malade que moi lorsque je sors de ce genre de classe.

Mais voyez-vous, ce qui me rend le plus malade c'est de voir des gens dont le métier est de réfléchir et de faire réfléchir se pâmer devant l'admirable "spontanéité" de langage et de comportement de ces jeunes gens.

On se demande comment fait le jeune garçon d'origine chinoise pour tenir le coup et une poignée d'autres qui essayent, héroïquement de s'accrocher...

Mais s'accrocher à quoi ? A un professeur du genre de François Bégaudeau ?

Je ne vous conseille pas de lire le livre qui est entièrement de la main du susnommé.

Le film est un peu plus humain et un peu moins cynique. Il y a même un ou deux moments de grâce qui rachètent tout.

Mais le plus étonnant, c'est que contrairement à ce prétendent des critiques éclairés de La Croix et de Télérama qui n'ont jamais mis les pieds dans une classe, ce film n'est pas une fiction.

Les professeurs de collège honnêtes vous diront qu'il est une description relativement fidèle de leur chemin de croix quotidien, un chemin de croix organisé en haut lieu de réforme en réforme.

Et c'est vrai qu'il est très difficile dans de pareils conditions, de ne pas faire comme le professeur du film, c'est-à-dire, passez moi l'expression, de finir par faire n'importe quoi et par se foutre de tout.

Écrit par : Robin | 04 octobre 2008

Voici qu'arrivent (encore) sur le blog des nouveaux venus qui, pour première intervention, rendent des jugements définitifs sur tous ceux qui ont écrit avant eux.

Vous avez vraiment lu tous les commentaires à cette entrée de blog ?

Moi, quand je ne viens pas pendant trois jours, il me faut une heure pour me remettre au courant...

Enfin, admettons : votre avis est peut-être éclairé, vous voyez peut-être mieux que les habitués le ridicule et le défaut de logique de TOUS les intervenants. Ok.

Mais ne dites pas que nous sommes des staliniens-nazis bardés de certitude, car je ne crois pas qu'on puisse dire une chose plus inexacte quand on a réellement pris connaissance du débat et des idées très diverses qui s'expriment ici.

Et surtout, pour éviter d'être grotesque, il vaut mieux ne pas le dire de manière aussi violente et péremptoire. Vous ne donnez pas un exemple de tolérance et d'ouverture, vous-mêmes. Vos interventions, Giuglio, Teddy et pat, sont partisanes.

Concernant le problème de l'ordre en classe, qui est tout sauf simple à gérer au quotidien, je cite souvent la phrase de Bacon, qui dit « Il peut naître une vérité de l'erreur, il ne peut jamais rien sortir de bon de la confusion. » On ne peut pas débattre de tout avec les élèves, sauf à vouloir leur faire perdre leur temps. Après, tout est question de réglage du curseur.

Mais vous, apparemment, vous savez avec certitude où le placer. Tant mieux pour vous.

Écrit par : sanjuro | 05 octobre 2008

"Je n'ai pas la moindre idée de "qui se chache derrière" SOS éducation, dont je n'apprécie pas les méthodes racoleuses et en particulier la fâcheuse propension à faire sans arrêt appel au porte-monnaie. J'apprécie en revanche leur combat contre la globale et toutes les niaiseries pédagogistes.

Tout ce que je peux en dire c'est que j'ai par ailleurs un préjugé favorable pour quiconque est cloué au pilori pour être libéral dans le seul pays au monde où cet adjectif figure au registre des insultes."

Ecrit par : Cadichon | 04 octobre 2008

Si je comprends bien, les appels à la délation, dont se rendent quotidiennement coupables "SOS éducation", correspondent à l'idée que vous vous faites du libéralisme?

Écrit par : Christophe Sibille | 05 octobre 2008

"les responsables de SOS éducation", pardon.

Écrit par : Christophe Sibille | 05 octobre 2008

"Il y a deux sortes d'élèves."

Ecrit par : Cadichon | 04 octobre 2008

Je pense qu'il y en a beaucoup plus que deux sortes!

Écrit par : Christophe Sibille | 05 octobre 2008

Lu à l'instant le commentaire d'un spectateur qui a collé 4 étoiles au film "Entre les murs" sur le site d'Allo ciné. C'est ce qu'on appelle l'amour vache" !

"Un véritable chef d'oeuvre qui décrit, entre les murs de l'école, l'extrême complexité de notre systeme éducatif public. Pauvres profs, "machines à enseigner", complètement incompétents à transmettre leur savoir à tous, à gérer des situations difficiles, car non formés (psychologiquement, pédagogiquement du point de vue "relations humaines", sociologique) à gérer des situations aussi compliquées, complexes avec des élèves d'origines, de comportements, d'éducations totalement differents.

Pauvres élèves (ceux-la ne sont finalement pas si méchants que ça), qui ne supportent pas l'injustice de la société à leur égard ou de leurs parents, du comportement verbal de leur prof ( on ne peut pas donner le titre de "Professeur" à ces gens là), et qui finalement ne font que pousser un grand cri d'incompréhension.

Un immense BRAVO à Mr François Bégaudeau d'avoir su traduire ce malaise profond de notre systeme éducatif public, robot à enseigner, mais qui ne donne envie de rien, et qui ne cherche pas à comprendre des jeunes élèves qui sont censés être là pour apprendre, certes des matières techniques, mais aussi la vie tout court. Notre école est en marge de la vie. En fait le gros problème, c'est la motivation : ça fait chier les profs d'être là et ça se voit, et donc les élèves, et ça se voit aussi, alors que l'enseignement devrait être un véritable plaisir collectif, un moment de vie positif, préparant l'avenir.

Parlons-en de l'avenir de ces gamins : ceux-là sont très mal partis, et c'est toute notre société qui en pâtira, car elle les aura générés, incompris, sans espoirs, certainement futurs délinquants aigris ou chômeurs, en tout cas pas intégrés. Il faut absolument que ce film fasse le score des chtis, car le problème soulevé est autrement plus grave pour l'avenir de notre société".

Écrit par : Gilles | 05 octobre 2008

A Fabien et les autres :

Je redis que j'ai vu le film et que j'en suis sorti malade.
J'ai relu la Note de Brighelli et ne peux qu'ajouter ceci :
L'acteur ex-professeur Bégaudeau était-il un aussi mauvais professeur que le personnage Marin ?
Si François Bégaudeau est agrégé (de lettres classiques ou modernes), s'est-il exprimé aux épreuves orales de l'agrégation comme il parle à ses élèves, en articulant les mots de manière aussi médiocre et avec un langage aussi peu soigné ?
Ou alors a-t-il réussi le prodige de composer un personnage très différent de lui ?
Si la réponse était oui, alors je dirais qu'il est un prodigieux acteur.
Mais je l'ai vu à la télévision avec Pivot et d'Ormesson. Il était tel qu'on le voit dans le film, négligé sur le plan vestimentaire et tout autant dans son expression orale. Et j'en déduis qu'il a joué son propre rôle dans le film.
Si l'auteur du film a voulu prouver que l'école est en chute libre, il a réussi.
Mais, à en juger par certaines réactions positives, telles que trouver le professeur Marin humain et pédagogue, il est grand temps qu'il mette les choses au point : non, François Marin n'est pas un bon professeur !
Il est urgent de revenir à l'école de 1950, avec retenues de 4 heures et exclusions (définitives au-dessus de seize ans), et avec un enseignement du français digne de ce nom.
Le film a-t-il au moins un mérite ? Oui, celui de montrer que les professeurs nés après 1965 sont (pour la plupart) le fruit des sciences (si l'on peut dire) de l'éducation.

Écrit par : Francis Penin | 06 octobre 2008

J'ai retrouvé un texte de l'Humanité (très beau texte)

http://www.humanite.fr/2008-10-04_L-Humanite-des-debats_Recit-d-un-enfermement

Écrit par : johnmarguerite | 06 octobre 2008

Ahhh, ça fait du bien !

Ecrit par : johnmarguerite | 26 septembre 2008
---
John, c'est d'éjaculer sur votre nuque qui fait du bieeeeennn ahhhhhhhh

Écrit par : bègue au dos | 07 octobre 2008

Entre les murs de ma chambre je me branle et j'éjacule des litres.
Abreuvez-vous!

Écrit par : Francis Penin | 07 octobre 2008

@ francis penin : t'enseignes où ?

Écrit par : annexy | 07 octobre 2008

"John, c'est d'éjaculer sur votre nuque qui fait du bieeeeennn ahhhhhhhh

Ecrit par : bègue au dos | 07 octobre 2008 "

Oui mais non ! Et puis si vous pouviez éviter de faire ça aussi avec vos élèves, c'est puni par la loi...

Écrit par : johnmarguerite | 07 octobre 2008

Il fallait oser. C'est fait. Bravo (cela ne surprend pas quand on a vu votre livre également courageux). Mais le courant du fil de l'eau qui descend toujours vers son embouchure, n'est-ce-pas, impose d'autres tendances - si tant est qu'étant au fil de l'eau, on puisse avoir une quelconque "tendance"... justement ! De la même façon, TOUS les médias ont encensé un spectacle avignonnais qui présentait un grand texte des littératures universelles sans un seul mot (excepté les nom et prénom du réalisateur !)... ça aussi, fallait le faire. Voir :
http://www.ospiteingrato.org/Recensioni/Vegliante.html
Du moins, certaines réactions à contre-courant comme la vôtre nous font-elles plaisir. C'est déjà ça : merci encore (et, au fait, la seule réaction "utile" est de NE PAS aller voir le film, non ?).

A. Nonimo

Écrit par : A. Nonimo | 08 octobre 2008

Bonjour,

Je partage votre analyse. Mais vous délaissez une grande absente, qui est, elle-même, la grande absente du film, tout en organisant le désastre en coulisses, une administration irresponsable, voire voyou.
Le rôle de la conseillère d'éducation - agent de police de l'administration - plus attentive à surveiller les profs que les élèves, le principal qui oblige le pauvre Marin à "refaire sa copie", c'est-à-dire son rapport pour réparer un mensonge par omission, l'incident sur "les pétasses", afin de le vulnérabiliser, de pouvoir se couvrir lui-même en vue du conseil de discipline, d'exposer le pauvre prof à la vindicte parentale, et, n'en doutons pas, de garder la pièce dans le dossier de l'intéressé, ça peut toujours servir un de ces jours... Tout ça ne vous a rien inspiré ? La pédagogie démagogique de Marin n'est-elle pas une des façons de survivre de ces "chers collègues", sans courage, enfermés dans la cage à fauves où ils sont bouclés ?
Voici l'article que j'ai publié sur AGORAVOX : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=45036
Cordialement,
Paul Villach
auteur en particulier de "Les infortunes du Savoir sous la cravache du Pouvoir", Lacour, 2003
et de "Un blâme académique flatteur", Lacour, 2007.

Écrit par : paul villach | 08 octobre 2008

Cordialement,
Paul Villach
auteur en particulier de "Les infortunes du Savoir sous la cravache du Pouvoir", Lacour, 2003
et de "Un blâme académique flatteur", Lacour, 2007.

Ecrit par : paul villach | 08 octobre 2008

J'ai trouvé votre analyse du piège institutionnel dans lequel le "héros" du film est pris d'une grande pertinence (le rôle de la CPE "commissaire du peuple", vesion soft et du principal fantoche, costume cravate ambulant).

François Bégaudeau n'est pas très sympathique humainement parlant et ses idées sur l'enseignement de la littérature et sur la culture en général sont détestables (elles ne font qu'aller dans le sens du nihilisme ambiant).

Cependant, il faut distinguer l'auteur et le personnage qu'il incarne.

Le personnage est bel et bien une victime des idéaux angéliques d'une certaine Gauche libertaire et d'un système dans laquel, ne survivent que les plus aptes à nager, comme disait le jeune Marx, dans "les eaux glacées du calcul égoïste".

Ce qui serait évidemment passionnant à étudier, dans la perspective d'une systémique giradienne, ce serait la question des interactions mimétiques dans la classe et du rôle du bouc émissaire à l'intérieur du système actuel d'éducation dont ce film est le symptôme au sens, je le répète, médical du terme.

Écrit par : Robin | 08 octobre 2008

J'arrive un peu tard ....
Ce post brighellien - dont je ne partage pas le fond - est très intéressant et enlevé.
Et pour une fois (je n'ai pas exhaustivement lu les 612 qui me précèdent, quand-même... juste un sondage), il me semble que les commentaires sont restés centrés sur le thème dominant, celui que Luc Cédelle (horresco referens, ici) dénomme le "Bégaudeau bashing".
Du coup, je ne saurais manquer de faire entendre (?) une voix discordante, même si ce qui suit a été au départ rédigé en réaction contre les perfidies du Nouvel Observateur ...



Voici, donc. En quelque sorte: "Pour Bégaudeau.."



Le Nouvel Observateur consacre trois pages à "Entre les murs", sous le titre "Zéro pointé", qui méritent la mise au point. D’autant qu’en fait, avec renforcement de l’attaque un peu plus loin (présentation très critique de l’"Antimanuel de littérature" qu’il vient de publier - J’irai voir), c’est François-Bégaudeau-professeur qui est dans le collimateur.
Le Nouvel Obs a réuni "un jury de huit enseignants" pour porter le fer dans la plaie et si possible l’estocade. Cinq d’entre eux sont sans doute là au titre des ouvrages sur l’école qu’ils ont publiés, un sixième est le successeur de Bégaudeau dans le poste du collège Mozart qu’il a quitté en demandant sa mise en disponibilité, les deux derniers ne sont pas connotés de critères explicites de sélection. Trois hommes et cinq femmes. Un professeur de LEP (lycée d’enseignement professionnel), deux professeurs de LEG (lycée d’enseignement général), cinq professeurs de collège. Six qui enseignent depuis moins de dix ans (moyenne d’ancienneté : sept ans), les deux derniers respectivement depuis vingt-et-un et trente ans. Voilà pour les statistiques.
Sur le fond ? Ils sont globalement très réservés, très critiques, avec ces réactions épidermiques qu’on a du mal à dominer quand on se sent mis en question (ce qu’opère le film), cette crainte d’être assimilé par extension à l’enseignant « montré » qu’on saisirait comme « archétype ». Le plus nuancé est le professeur de LEP. C’est le plus réaliste. Les autres sont dans le déni – éventuellement de bonne foi, tant (et je pense aux deux enseignantes de LEG) on ne peut pas croire que le quotidien se résume à ce qu’on voit si on ne l’a pas vécu en continu de l’intérieur.
"N’avouez jamais !" est de fait la ligne de conduite presque constante des professeurs hors de leur classe. L’ébranlement psychique que provoquent les interpellations et les attitudes des élèves des établissements difficiles est tel qu’on en refuse, et souvent à soi-même, la verbalisation. Ne pas dire, tant cela ne peut se dire sans prendre l’épaisseur d’une réalité intolérable.
L’institution serait caricaturée, selon nos juges : « …on fait passer tous les profs pour des cons (…) L’administration est incarnée par un principal coincé ». Et alors ? Le corps enseignant est riche de bonne volonté brouillonne, mais n’est pas en adéquation globale avec les impératifs du renouvellement de ses tâches qu’exige une population scolaire pour qui l’institution n’est plus faite. Les chefs d’établissement sont majoritairement incapables d’assumer la prise en compte, de concevoir la nécessité, d’amorcer la mise en route de ce renouvellement. La vision donnée par le film est à ces deux niveaux parfaitement réaliste.
Et Bégaudeau ? Il serait « dans la transgression permanente ».Les élèves de nos juges-professeurs attendraient d’entrer en cours « devant la classe, sans casquette et sans chewing-gum » tandis que le cours lui-même ne commencerait qu’après qu’ils aient « obtenu le silence complet » , etc. Mais oui, bien entendu, on s’y essaie, on s’y essaie tous, mais pour quels succès, statistiquement ? Ça marche au mieux une fois sur deux, et ça ne dure pas … Bégaudeau ne s’en sort pas mal, dans sa recherche du compromis. Trop copain –chambreur ? Sans doute, et un peu cahotant dans ses options, mais véridique dans sa maladresse épisodique, et touchant. Et surtout, c’est un faux procès qu’on lui fait là, car s’il est vrai qu’on peut mener de sa démarche une analyse critique, il n’en reste pas moins que c’est le système éducatif dans son entier qui est à remettre en question, non un tâtonnement individuel qui cherche à sauver les meubles quand les vrais responsables - d’abord les politiques, ensuite les cadres administratifs, du recteur ou de l’inspecteur général au petit chef d’établissement qui s’essuie le front d’être sorti de la classe - ne sont pas réellement conscients du problème qu’ont construit leurs impérities stratifiées depuis les ébranlements de 1968.
Il y a je crois chez presque tous ces enseignants (et je crains qu’il n’y ait chez « les » enseignants spectateurs) une incompréhension de ce qui est montré par focalisation réactive sur la crainte de se voir dans un miroir et d’y être vu laid. Alors, on fait dans la méthode Coué hautement affirmée et accessoirement, dans le coup de pied de l’âne. Le film montrerait un « fiasco pédagogique », bien entendu entièrement à la charge des maladresses de l’enseignant « qui en a tiré les conséquences puisqu’il a préféré abandonner le métier de professeur », alors que « moi qui ai les mêmes élèves que François Bégaudeau, je constate qu’ils sont avides d’apprendre, qu’ils sont très curieux » (son successeur), car « ils ne sont pas rétifs, à partir du moment où ils vous font confiance, où ils croient que vous voulez les faire progresser » (un autre). Bref : En joue / Feu !
Mais bien sûr que, pour la plupart, on s’en tire cahin-caha, bien sûr qu’on survit, chacun avec ses petits moyens, ses petites méthodes, avec ses hauts et avec ses bas, avec ses humiliations non proclamées et ses quelques réussites miraculeuses, bien sûr … mais dans l’effondrement global et ici sottement nié d’un enseignement qui n’assume plus sa mission de base : faire accéder à l’âge adulte par l’intelligence.
Or c’est cela, la question collective que pourrait poser le film et qui va être ignorée, celle non pas de la performance individuelle du maître, qui ne résoudra rien, mais de la nécessaire transformation complète du système.
Dans ses défauts propres comme dans ceux qu’il montre, ce film pourrait être (comme aussi, et formidablement, le livre dont il est issu) un exceptionnel instrument pédagogique. À saisir, étudier, discuter, comme mise en évidence poignante de la solitude du professeur, de l’incapacité du corps enseignant à se comprendre « équipe » et de l’inaptitude de l’encadrement à accoucher cet indispensable concept dans le ressaisissement d’une autonomie locale efficace.
Et il faudrait remercier deux fois Bégaudeau.
Réduire le débat à une attaque de ses tics pédagogiques, quand cette réduction est le fait d’enseignants, c’est faire la preuve de son manque de lucidité et c’est souligner pourquoi, dans leur affolement de souris prises au piège, les professeurs, à vouloir vaguement colmater seuls quelques voies d’eau, vont finir par achever de faire couler le navire.

Écrit par : Sejan | 09 octobre 2008

C'est un avis. Il a le mérite d'être bien exprimé. On peut en discuter.
M'enfin, tout de même, Monsieur Brighelli ne va pas nous faire croire qu'il croit (répétition) sincèrement que la jeune fille qui dit avoir lu Platon dit (répétition) la vérité. Evidemment qu'elle ne l'a pas lu. Le personnage fait croire qu'elle l'a lu. Elle a vu sa soeur l'étudier (comme elle le dit), lui a demandé de quoi ça parlait, et elle répète tout ça en classe devient le professeur. C'est ça tout l'intérêt de la scène.

Cordialement

Écrit par : Chartron Kevin | 16 octobre 2008

* "devant le professeur".

Au temps pour moi.

Écrit par : Chartron Kevin | 16 octobre 2008

Tout ce que je peux en dire c'est que j'ai par ailleurs un préjugé favorable pour quiconque est cloué au pilori pour être libéral dans le seul pays au monde où cet adjectif figure au registre des insultes.

Ecrit par : Cadichon | 04 octobre 2008

Il faut rentrer au port, Cadichon ! Depuis quelques semaines, la France a fait des petits : jusqu'au gouvernement Bush qui nationalise et qui se fait convoquer par Sarko-le-Rouge !

Écrit par : victor | 16 octobre 2008

l’effondrement global et ici sottement nié d’un enseignement qui n’assume plus sa mission de base : faire accéder à l’âge adulte par l’intelligence.

Ecrit par : Sejan | 09 octobre 2008

Séjan nous ressort le catéchisme pédago de la plus pure veine!
Faire nos cours est forcément inefficace puisque nous rejetons la Vulgate meiriomane, et nous nions (quel toupet!) que nous soyons inefficaces.
En face de notre pauvre archaïsme, vive la pédagogie du coude à coude! Sus à la pédagogie du face à face! Si les élèves sont rétifs, c'est parce que les professeurs (les vilains professeurs qui prétendent encore enseigner à l'ancienne en ne faisant aucun cas de la révélation qu' a eue un jour l'Illuminé de Lyon, laquelle lui a rapporté, soit dit en passant , beaucoup d'écus) s'obstinent à faire du frontal, des cours (magistraux), à transmettre ce qui leur avait été transmis!
Ah, si on écoutait enfin Meirieu, demain on raserait gratis!
C'est sûr!

Écrit par : Jean | 16 octobre 2008

Il faut rentrer au port, Cadichon ! Depuis quelques semaines, la France a fait des petits : jusqu'au gouvernement Bush qui nationalise et qui se fait convoquer par Sarko-le-Rouge !

Ecrit par : victor | 16 octobre 2008

Merci, je suis rentrée et j'ai retrouvé mes accents pour répondre à cette nième confirmation ( il en pleut des barriques ces jours-ci) que vous parlez bien haut de ce dont vous ignorez tout.


Affirmer que le libéralisme s'oppose à toute intervention de l'état est une attristante caricature, mais tellement convenue dans le dernier pays anti-libéral du monde LIBRE, où on se con-gratule en le conchiant sans avoir jamais pris la peine de lire un traitre mot de Constant, Hayek ou n'importe quel auteur figurant dans l'excellente antholgie d'Alain Laurent (Les Libéraux)
"le libéralisme pour les nuls" existe pourtant depuis belle lurette et dans mille versions différentes, mais encore faut-il admettre son ignorance.

Du coup je vous offre une autre caricature-diabolisation, et du même tonneau:

http://fr.youtube.com/watch?v=Ajq4PmPcJ8c

Il y a pourtant des enfants de choeur qui vous prennent pour des billes et tentent de vous faire croire qu'il s'agit d' une manif anti-pédago... alors que suinte par tous ses "porcs" la plus évidente des manipulations. Mais au pays des gogos plus le fil est gros plus vite ils cavalent..

Il faut s'en réjouir cependant car cette parade grotesque nous signale que ces minables qui défilent en blouse grise et béret de beauf, en croyant avoir des tronches de gestapistes, se sentent enfin menacés.

Sont pas même capables de monter un truc de 3 minutes sans se trahir:J'attire votre attention, vers la fin du clip, sur la femme enceinte en bas à droite qui porte un T-shirt blanc sur son rond bidon :"Non à l'école de Darcos "
Pauvre môme. Pas encore né et déjà voué par sa môman à l'école de l'ignorance

Écrit par : Cadichon | 17 octobre 2008

Vous voulez savoir ce que peuvent matériellement représenter 600 000 000 euros?
Très exactement 600 écoles à trois classes neuves, aux normes bioclimatiques, avec dortoir pour les PS, salle de motricité, cuisine aux normes et salle de cantine.
Tout ça, tout ça! Avec plein de travail pour plein d'entreprises privées qui auraient reversé TVA, impots et charges sociales dans l'escarcelle.
Après tout, pour construire notre école, on devrait demander à la Caisse d'Epargne un prêt à taux zéro de un million d'euros, si ils accordent aussi peu d'importance à l'argent. Ils n'oseraient pas refuser, non?

Écrit par : dobolino | 17 octobre 2008

Mais qui serait assez bête pour croire que cette "manif anti-pédago" est authentique ?

Écrit par : Sylvie Huguet | 17 octobre 2008

Kerviel a perdu 5 milliards.
Des traders ont perdu 600 000 euros.
Les européens et les américains vont donner aux banques plus d'un million de millards de dollars.
Mais l'Etat n'a pas les moyens de payer de manière décente les stagiaires et neotits du secondaire, ni les prce, prag et maîtres de conf. du supérieur (comme le disaient Christophe et TotoWeininger, la paie des Prce, Prag et maîtres de conf. est ridicule par rapport à celle d'un enseignant du secondaire).

Écrit par : Jérémy | 17 octobre 2008

Dégoûtée de ces nouvelles réformes, je ne puis parler de l'ignonimie de certains qui nous gouvernent, qui n'ayant pu se trouver une place au sein de leurs pairs, n'aient que haine et désir de vengeance dans la jouissance du pouvoir...Dîtes Monsieur Superman, ne sentez-vous pas venir dans une France de plus en plus moroseune révolte qui risque de ne pas pouvoir cette fois-ci être contenue...

Écrit par : bourhis | 18 octobre 2008

Les européens et les américains vont donner aux banques plus d'un million de millards de dollars.

Ecrit par : Jérémy | 17 octobre 2008

Rappelez-moi : vous n'êtes pas prof de maths, n'est-ce pas ?

Écrit par : yann | 18 octobre 2008

nul

Écrit par : code | 19 octobre 2008

Merci pour cette critique du film, je voulais aller le voir ce soir, mais finalement je n'irai plus.

Écrit par : MathOMan | 19 octobre 2008

Cher collègue,

J'ai lu et faire lire autour de moi "La fabrique du crétin" à quelques collègues. Je partage le même constat assez accablant mais je pense que les causes du désastre sont multiples : la société a l'école qu'elle mérite ! Avant de lire votre blog cité sur France-Inter, je n'avais déjà as envie de voir le film car les quelques extraits que j'en ai vus m'ont semblé démagogiques, dans l'air du temps, et donc participant au désastre.
J'enseigne depuis 33 ans : le niveau de langue est aujourd'hui très bas, les évaluations nationales à l'entrée en sixième le prouvent (et ces tests ont été considérablement allégés par rapport à ceux d'il y a 10 ans). C'est un véritable désarroi ! J'en viens à avoir pitié de mes élèves. On a l'impression de devoir soulever des montagnes : tout cela me paraît très grave. Ne pas posséder sa langue, c'est ne pas pouvoir se construire. Finalement, ce film de Cantet semble le reflet de l'hypocrisie générale : la véritable bombe à retardement, c'est peut-être celle-là. La non-culture, le non-savoir qui peuvent aboutir à toutes les dérives.
Moi, je suis issue d'un milieu très populaire (née en 1955), milieu sans livres, sans culture : c'est l'école qui m'a permis de sortir de la prison intérieure qui aurait pu m'être réservée. Aujourd'hui je continue de me battre pour l'école, dans mon travail de tous les jours (je suis professeur de français en collège), je fais beaucoup lire et beaucoup écrire, notamment des écrits poétiques, créatifs. J'ai conservé 30 ans de textes à la disposition d'éventuels chercheurs, sociologues, linguistes, observateurs de la langue, et de l'enseignement ...
Je constate que les sentiments sont toujours là chez les jeunes élèves, le désir, le plaisir de partager, de vivre quelque chose d'enthousiasmant à la fois dans l'invention et dans la rigueur (car les élèves aiment la sécurité du savoir transmis avec souplesse et rigueur) mais l'état de la langue est tel que je les sens prisonniers. Oui, le sens du titre 'Entre les murs", c'est ne pas pouvoir sortir de soi, de pas être étymologiquement parlant "éduquer", conduit à l'extérieur de soi. Cette civilisation s'autodétruit : elle fabrique ses propres murs contre lesquels s'écraseront d'emblée les plus faibles.
Oui, le monde est désenchanté, mais on n'a pas le droit moral de désenchanter les enfants ! C'est pourquoi je continue mon travail avec la même énergie. Aussi ai-je refusé d'aller voir ce film qui m'aurait mise davantage en colère que je ne le suis déjà, et cela depuis longtemps. Je le verrai sans doute à la télévision car il faut toujours mesurer l'état de la situation.
Vous pouvez me contacter au Collège Montaigne 13 rue Montaigne à Vannes (56).

Écrit par : Leroux Marilyse | 01 novembre 2008

"Les européens et les américains vont donner aux banques plus d'un million de millards de dollars.
Ecrit par : Jérémy | 17 octobre 2008

Rappelez-moi : vous n'êtes pas prof de maths, n'est-ce pas ?
Ecrit par : yann | 18 octobre 2008

C'est le calcul réalisé dans un article de journal, que je n'arrive pas à retrouver. Si je retombe dessus, je vous l'enverrai.

Écrit par : Jeremy | 01 novembre 2008

Je relis mon billet d'humeur : il y a quelques coquilles à rectifier : "J'ai lu et fait lire ... "as" au lieu de "pas" ... Au moins essayons d'écrire correctement ! Je pense qu'on faisait moins d'erreurs quand on écrivait à la main. L'ordinateur est un outil extraordinaire mais on a appris "sur le tas" l'usage du clavier ... Cela participe aussi peut-être au marasme orthographique. A ce propos, j'ai commencé, il y a maintenant trois ans, une collection de "perles" recueillies à l'oral ou à l'écrit chez des collégiens, ou même chez les adultes (dont moi, car il y a souvent des téléscopages entre parler et écrire en même temps). Je leur donne une définition humoristique. Le recueil a beaucoup de succès : les erreurs font rire les élèves mais en général pas les définitions ! Problème de langue ...

Écrit par : Leroux Marilyse | 01 novembre 2008

Marilyse, trouvez un illustrateur ingénieux, et proposez le tout à un éditeur.
JPB

Écrit par : brighelli | 01 novembre 2008

Est-ce de l'humour de votre part ? De l'ironie ?

Écrit par : Marilyse Leroux | 01 novembre 2008

Curieuse réaction.

Je n'ai pas pris cette suggestion pour une blague, même si not'bon maître a l'ironie facile, et c'est tant mieux car si l'on ne se détache pas de la tragédie par l'humour on y laisse sa peau ...d'âne, evidemment.


Je viens d'aller faire un tour sur le site du collège Montaigne, qui vous donne en prime la photo du principal... Séduisants, ma foi, tous les deux.

Et pourquoi pas pour commencer quelques perles de vos élèves, Marilyse, sur ce site interactif?

Écrit par : Cadichon | 01 novembre 2008

Ce n'est pas du tout de l'ironie : je suis sûr qu'on peut en faire un livre drôle, pas méchant forcément, qui fera se bidonner tous les profs qui vivent cela au jour le jour. Mais l'illustration est essentielle.
JPB
PS. Et quand vous en aurez dix pages, envoyez-les moi, je vous trouverai un éditeur.

Écrit par : brighelli | 01 novembre 2008

Cadichon, trop joli, ce surnom ! Le site du collège que vous avez visité a besoin d'être "approvisionné", il faut que quelqu'un s'en occupe tous les jours. Vous voyez le problème ... Certes, je pourrais y donner à lire beaucoup de choses, et notamment les textes écrits dans les classes, les rencontres avec les poètes, les romanciers ... Certains ont été des "supporters" et des correspondants fidèles, comme par exemple Guillevic et aujourd'hui Lucie, son épouse. ce sont des moments de grâce qui permettent de garder l'énergie, la foi laïque et en l'être humain en général. Osons les grands mots !
Pour l'instant, vous pouvez jouer au jeu du "P'tit Vocabulon" que je propose chaque semaine aux collégiens, mais, sur le site, vous aurez à chaque fois une semaine de retard.
En ce moment, j'anime en accompagnement éducatif (la dernière nouveauté à la mode) un atelier créatif intitulé "Art-en-ciel" : nous inventons des objets introuvables dans la droite ligne du génial Carelman. On s'amuse très sérieusement, en dessinant et en écrivant ! Imaginez-vous qu'il faut des élèves passionnés pour écrire de 5 à 6 après les cours ! C'est là un vrai réconfort ! J'en sors pleine d'énergie !
Nous devons écrire un sketch sur le plaisir des mots, des chansons, des poèmes ... Ecrire et faire écrire est une aventure palpitante que je mène depuis ma première année d'enseignement en 1976. Je pourrais être intarissable.
Pour vous remercier d'être allé sur le site du collège, je vous livre cette petite perle gardée en mémoire, recueillie l'an dernier dans une rédaction : "balbutiner" : faire comme le papapa,la papapi, le papillon ! Je ne garde que les erreurs amusantes, poétiques, cocasses. En matière de conjugaison, c'est la folie douce : beaucoup d'inventivité ! Je en suis pas épargnée : la dernière est de mon cru : "Conjuguer aux temps de l'éducatif" ! Tout cela estampillé authentique. Avec la complicité de leurs auteurs. Rions sérieusement au lieu de pleurer !

Écrit par : Leroux Marilyse | 01 novembre 2008

"Moi, je suis issue d'un milieu très populaire (née en 1955), milieu sans livres, sans culture : c'est l'école qui m'a permis de sortir de la prison intérieure qui aurait pu m'être réservée."

Ecrit par : Leroux Marilyse | 01 novembre 2008

Il me semble que la question que l'on peut se poser aujourd'hui sur l'état du système éducatif peut être formulée ainsi : "Lorsqu'un individu issu d'un milieu modeste parvient à prendre l'ascenseur social, est-ce grâce à l'école... ou bien malgré elle?".
"Grâce à..." ou "malgré..." : tout est dans la nuance.

Écrit par : Daniel Arnaud | 01 novembre 2008

Ah, moi je connais quelqu'un qui a du talent et de la passion pour l'illustration.

La seule question, c'est de savoir s'il aura le temps (à mon avis il sera vraiment libre à partir du mois d'avril).

Marylise, si vous voulez bien mettre votre adresse-mail sur ce blog, je vous mets en contact avec lui.

Écrit par : Jeremy | 01 novembre 2008

Ce n'est pas du tout de l'ironie : je suis sûr qu'on peut en faire un livre drôle, pas méchant forcément, qui fera se bidonner tous les profs qui vivent cela au jour le jour. Mais l'illustration est essentielle.
JPB
PS. Et quand vous en aurez dix pages, envoyez-les moi, je vous trouverai un éditeur.

Ecrit par : brighelli | 01 novembre 2008

Sur "Danger école" il y a un illustrateur de talent...

Écrit par : Maminou | 01 novembre 2008

JPG

Je viens de consulter le dossier "Souriez, vous êtes orthographié !" dans mon ordinateur : il y a là pour l'instant 77 perles. La récolte, bien que fructueuse, est aléatoire ! Je pense que cette année devrait donner sa petite moisson. En aucun cas, il ne s'agit dune approche cynique, ou méprisante. Purement de l'humour : j'ai trop de respect et d'affection (rassurez-vous, avec la bonne distance !) pour mes élèves. C'est sûr qu'il faudrait une illustration désopilante. A part Pef et Nono, je ne connais pas d' illustrateurs. Je connais plutôt les poètes.
Il y a quelques mois, j'en ai adressé quelques-unes de ces perles liées à la grammaire à Patrick Rambaud, à qui j'ai écrit à la parution de son livre "La grammaire en s'amusant" chez Grasset. Une petite erreur sur les exemples des verbes du troisième groupe qu'on lui pardonnera puisque, dans l'édition de poche, elle est corrigée. Il se désole aussi de la perte de la langue.
Y a-t-il suffisamment de "perles" ? Je veux bien vous adresser le tout, sous photocopies, mais où dois-je vous les poster ? Chez votre éditeur ?
C'est la première fois que je participe à un blog, d'où toutes ces coquilles. Moi qui me suis toujours sentie reliée avec les poètes, c'est un lien tout nouveau pour moi et je vous remercie de me répondre. Finalement, on ne serait pas tout seul !

Écrit par : Leroux Marilyse | 01 novembre 2008

A Daniel Artaud,

Oui, il semble aujourd'hui que les élèves des milieux défavorisés ou modestes qui "s'en sortent", comme on dit, ont davantage de mérite. Ils doivent être très forts, certainement davantage que nous qui sommes nés dans les années 50. C'est le sujet de la colère : cet enfermement programmé, quel sacrifice humain ! Quelle perte pour la société ! Là, nous n'avons pas de leçon de démocratie à donner. L'école doit être, pour moi, un lieu de Résistance. La poésie, aussi, est une affaire de résistance contre tout ce qui dilue. Elle est la pointe avancée de la conscience. D'où sa représentativité plutôt faible dans ce monde mercantile. Bonsoir, Daniel !

Écrit par : Leroux Marilyse | 01 novembre 2008

Merci, Marilyse, pour votre beau témoignage.
Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 01 novembre 2008

jeanpaulbrighelli@wanadoo.fr

Écrit par : brighelli | 01 novembre 2008

A part Pef et Nono, je ne connais pas d' illustrateurs. Je connais plutôt les poètes.

Ecrit par : Leroux Marilyse | 01 novembre 2008

Marilyse, vous connaissez personnellement Nono? Je l'ai rencontré l'été dernier en Ardèche. Autre grand amateur parmi les mortels de sanglier et de randonnées pédestres matinales...Si vous le rencontrez transmettez-lui "moy priviet" ainsi que celui de Tatiana.

Écrit par : buntovchik | 01 novembre 2008

Marylise, si vous voulez bien mettre votre adresse-mail sur ce blog (comme Jean-Paul Brighelli), je vous mets en contact avec la personne à laquelle je pense, et qui pourrait éventuellement illustrer votre ouvrage.

Écrit par : Jeremy | 01 novembre 2008

Bon, que les choses soient claires : je n'ai aucune couleur syndicale et ne veux en avoir aucune. Je veux garder le côté "libre-penseur" lucide, autant que faire se peut. Je ne cautionne, par ma partcipation sur ce blog, aucun syndicat ni d'un bord ni de l'autre. Marilyse.

Écrit par : Leroux Marilyse | 02 novembre 2008

Bon, que les choses soient claires : je n'ai aucune couleur syndicale et ne veux en avoir aucune.

Ecrit par : Leroux Marilyse | 02 novembre 2008

C'est bien là le drame de notre école: l'apolitisme de bon ton a remplacé peu à peu le militantisme des instituteurs de la laïque et a ouvert la voie à la frénésie des sciences éducatives.
Il ne peut y avoir d'école du peuple pour le peuple que conjoint à un combat politique contre un ennemi clairement identifié.
C'est ce à quoi, m'a-t-il semblé, s'emploie JP Brighelli. Ou je me trompe?

Écrit par : david.D | 02 novembre 2008

De par mon parcours et mon investissement personnel et professionnel, je pense être, à mon niveau, une militante de la langue et de l'école. Je ne pense pas avoir assez de recul sur les mouvements politiques ou syndicaux pour adhérer à un parti ou à un syndicat. Je ne suis pas apolitique car je vais toujours voter et que j'écoute, je lis, je réfléchis, je fais réfléchir. Cependant comme je suis souvent circonspecte, j'aurais peur de faire fausse route. Idéaliste, sans doute, mais pas apolitique, encore moins de bon ton. Je ne donne pas dans le politiquement correct, ni dans la langue de bois que j'exècre au plus haut point. Mais, habitant un bois, j'aime les chemins de traverse. David, je comprends toutefois votre opinion qui se discute. On peut choisir différents modes d'engagements : le mien n'est sans doute pas le vôtre. Mais je respecte infiniment les engagements politiques et syndicaux basés sur des convictions républicaines et démocratiques ! La question de l'école, pour moi, devrait dépasser les clivages. Hélas ...

Écrit par : Leroux Marilyse | 02 novembre 2008

Après lecture de cet article, je me sens rassuré ! Rassuré de ne plus être le seul a avoir été médusé par la naïveté de ce "film". Je n'ai pas eu la force d'aller jusqu'au bout, et je m'en veux un peu, mais c'était vraiment trop insupportable.

Écrit par : Arnaud | 13 mai 2009

Bravo monsieur Brighelli, totalement d'accord avec vous!

Écrit par : Nom d'un chien | 24 juillet 2009

J'ai tapé sur Google "trou du cul de l'EN" et je suis tombé sur le site du ministère est-ce normal ?

Écrit par : iPidiblue et les requêtes insolentes | 24 juillet 2009

ou a li est formidable

Écrit par : julie | 07 octobre 2009

Wow, excellent travail, je vous remercie pour votre aide et notez tout d'abord que je "plussoie" moi aussi cette positon. Permettez-moi d'insister, oui votre blog est réellement bien bon, j'affectionne votre style d'écriture. NB : Vous avez une très belle plume, chapeau bas !

Écrit par : hotel cannes | 19 octobre 2010

et moi, j'ai cherché : "trou d'balle de l'EN" .....
Eh oui !!!!!

Brighelli ...... aussi !!!!!

Écrit par : Yfig and the pages of his mind ! | 19 octobre 2010

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