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01 juin 2008
Formation des maitres
Formation des maîtres
Luc Cédelle, chargé des questions d’éducation au Monde, après avoir été l’un des piliers du Monde de l’éducation — lourde hérédité — ne peut pas s’en empêcher : c’est un tic, c’est un toc. Rendant compte, dans le Monde du 29 mai, des projets du gouvernement sur la formation des maîtres, il conclut : « Sur le plan symbolique, c’est un cadeau aux détracteurs des IUFM qui, depuis des années, les voient, comme des « goulags du savoir » et des « temples du pédagogisme ». »
En italiques et entre guillemets : pour le journaliste, ce sont apparemment à la fois des citations génériques et des formules toutes faites. Alors que pour tant d’autres, ce sont des évidences. La vérité est toujours le poncif de quelqu’un.
De quoi s’agit-il ?
Premier étage de la fusée, la « mastérisation » des enseignants. Les maîtres du premier comme du second degré seraient désormais uniformément recrutés au niveau Bac + 5 (Master 2). Ce serait une revalorisation de fait dont nous ne pouvons que nous réjouir, tout comme les syndicats dans leur ensemble se sont réjouis lorsque les professeurs des écoles ont été obligatoirement recrutés avec une Licence, et non un DEUG, comme auparavant, voire le seul Bac, comme c’était encore le cas à l’orée des années 1970 (1). Il serait simplement souhaitable que, pour éviter les frictions qui se manifestèrent alors entre nouveaux maîtres et « vieux » instituteurs, on égalise statutairement l’ensemble de la profession avec la revalorisation salariale que cela implique — et qui a été promise par le chef de l’Etat sur RTL le 27 mai : cette revalorisation des enseignants permettra « de les payer plus cher en début de carrière », a-t-il assuré (2). Les candidats pourront donc se présenter aux divers concours l’année de leur master, mais ne seraient recrutés qu’à condition d’avoir obtenu ce diplôme. Il faudra rester très attentif à ce que ces diplômes universitaires, qui ne vaudront jamais que ce que valent les facs qui les auront décernés, ne se substituent pas, in fine, à des concours nationaux de haut niveau.
Words, words, words, disaient Shakespeare et Dalida. On verra bien ce qu’il en sera.
Second étage : après le concours final, le candidat reçu serait directement affecté à un poste, alors qu’il est aujourd’hui obligé de passer un an sous les fourches caudines de l’IUFM, — cette fameuse année de « professionnalisation » où l’on apprend surtout à parler le jargon de la pédagogie selon saint Meirieu. Et, tout en étant en poste au moins sur une classe, le futur enseignant serait accompagné par des tuteurs, enseignants volontaires, en place, chargés de le cornaquer selon un principe de compagnonnage.
Rappel pour les plus jeunes : ce que je viens de décrire, c’était ce qui se passait avant 1991. Avant que, malgré les signaux d’alarme allumés par l’inspection générale après une expérimentation globalement négative, Lionel Jospin n’impose la création des IUFM, qui ont intégré les Ecoles Normales, les ENNA et les CPR (Centres Pédagogiques Régionaux), jusqu’alors chargés de la formation des maîtres (3).
Emmanuel Davidenkoff, dans sa chronique sur France info, a apporté quelques précisions sur le projet du ministère — et en l'état, bien malin qui saurait dire quelle analyse est la plus conforme aux projets gouvernementaux — le flou est parfois une bonne manière de travailler, puisqu'il permet de saisir au vol les suggestions des autres, et de les faire siennes. « Selon nos informations, a dit Davidenkoff, l’Education nationale aurait le projet de se désinvestir de la formation initiale des enseignants au profit des universités. Comment ? En se cantonnant au rôle de tout employeur : le recrutement et la formation continue. Donc l’Education nationale organiserait toujours des concours de recrutement comme le Capes ou l’agrégation, mais elle ne se mêlerait plus d’y préparer… Quelle serait la conséquence ? La disparition probable des IUFM — les Instituts universitaires de formation des maîtres ; au minimum un affaiblissement notable de leur rôle. En fait chaque département universitaire prendrait en charge la préparation des étudiants aux concours. Lesquels concours se dérouleraient en deux temps : une épreuve académique en janvier pour vérifier les connaissances, puis une formation pratique expresse sur le terrain de quelques semaines avant une épreuve — pratique elle aussi — d’admission. Donc plus de cours théoriques comme ceux que l’on délivre en IUFM. Quels seraient les avantages de scénario ? Gain immédiat : 10.000 postes de stagiaires IUFM qui s’évaporeraient du budget puisque les années de formation ne seraient plus rémunérées alors qu’elles le sont aujourd’hui pour certains candidats — vu le contexte budgétaire, c’est essentiel. Donner un diplôme aux étudiants qui préparent le concours même s’ils échouent — ce qui est le cas de 80% des candidats. Offrir un cadeau aux défenseurs du « retour aux fondamentaux » dont il se trouve qu’il sont aussi de farouches adversaires des IUFM. Enfin déplacer un éventuel mécontentement vers les universités, donc vers la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse."
À bien y penser, ce projet n’est pas forcément une mauvaise chose. Bien sûr, le ministère compte ainsi faire des économies, puisqu’il mettra tout de suite face à des élèves des (futurs) enseignants aujourd’hui rémunérés à apprendre, à l’IUFM, le langage orwellien du pédagogisme. Mais le tutorat face aux élèves a un aspect pratique, et pragmatique, qui peut mettre tout de suite dans le bain — même si nous savons, tous, qu’il faut des années pour faire un bon maître, que la pédagogie est une longue patience, et non le simple ânonnement des lois de la meirieutique, et qu’il arrive à des enseignants chevronnés de sortir de cours en se morigénant intérieurement.
Peu de bonheurs sont sans mélange. Xavier Darcos voulait lancer ce plan dès la rentrée 2009. L’Elysée, qui rate rarement une occasion de se tirer une balle dans le pied, a tranché pour 2010. C’est loin, 2010. Il peut s’en passer, des choses, d’ici là. Ne serait-ce qu'à la rentrée prochaine…
La route est encore longue…
Reste à obtenir quelques précisions indispensables. Le futur stagiaire serait mis d’emblée devant des classes — en sus de son tutorat. Il est impensable qu’il soit affecté sur un emploi du temps plein — il y a de quoi désespérer les néophytes les mieux intentionnés. Par ailleurs, à recruter tout le monde à Bac + 5, on peut se demander quelle spécificité aura chaque concours — CAPES ou Agrégation —, qui justifierait encore les différences d’horaires, de salaires ou de nomination dans tel ou tel type d'établissement, lycée ou collège : il est évident que l’esthétique des deux concours devra être revue en profondeur, afin de les différencier fortement (sauf à vouloir supprimer l’agrégation, ce qui ne me semble pas dans les plans du ministère).
Reste enfin au gouvernement à tirer les conclusions de ses bonnes intentions. Débarrassé de la formation initiale (dévolue aux facs), et privés de formation secondaire (puisque les stagiaires iront directement devant les classes), est-il bien utile de conserver encore ces noix creuses que tendent à devenir les IUFM — et les milliers de bras cassés qui les hantent, sous l’égide bienveillante des pseudos « sciences de l’éducation » ?
Jean-Paul Brighelli
PS. Comme annoncé précédemment, une longue interview croisée de votre serviteur avec François Dubet, à propos du Bac, dans le Monde de l’éducation de Juin. Dans le même numéro, un article parfaitement vide — sur deux pages — à propos de l’enseignement de la sexualité à l’école. Promis, j’y reviendrai, ce vide sur un tel sujet s’interroge — ou plutôt, ne s’interroge pas, diraient Lacan et le bon Roger Felts (que je salue au passage).
(1) À noter que le SNUIpp proteste déjà (http://68.snuipp.fr/spip.php?article748). C’est assez curieux quand on y pense, qu’un syndicat s’insurge contre un projet de recrutement à plus haut niveau, qui assurerait une revalorisation de l’indice de départ, et des carrières. Mais qui peut comprendre les contorsions de la pensée (?) de Gilles Moindrot ?
(2) Je demandais dans « Fin de récré » que le salaire de départ soit augmenté de 200 euros. Et qu’apprends-je ? « Il ne s’agira pas de cent ou deux cents euros , mais de beaucoup plus », affirment Marie-Estelle Puech et Aude Sérès (le Figaro, 29 mai). Un recrutement à un niveau supérieur implique automatiquement une revalorisation salariale indexée, selon les statuts de la Fonction publique. Tous en profiteront.
À noter que l’on peut encore une fois lire dans ce recrutement à Master 2 le signe évident de l’inflation des diplômes dont parlait jadis Marie Duru-Bellat : on recrutait les instituteurs au niveau du Bac jusque dans les années 70, puis au niveau du Deug (années 80), puis à la Licence (années 90, et invention du nouveau titre de « professeur des écoles »), et désormais au Master — pour un niveau dont il n’est pas évident qu’il soit très supérieur, en termes de Savoirs.
(3) En gros, les CPR étaient des organismes de triage qui affectaient les néo-certifiés ou agrégés dans des classes tenues par des enseignants chevronnés, où ils assistaient à des cours et étaient assez vite invités à s’y essayer eux-mêmes. On changeait de tuteur et d’établissement deux ou trois fois dans l’année, et c’était un Inspecteur, venu assister à votre cours, qui validait le volet « pratique » du CAPES (les agrégés, quoiqu’en stage eux aussi, étaient dispensés de cette ultime épreuve). Pendant ce temps, on avait en responsabilité totale une ou deux classes (et pas un emploi du temps complet, comme paraît l’imaginer aujourd’hui le Ministère). C’est cette structure, un peu patriarcale, et somme toute bon enfant, que les IUFM ont remplacée, et que le ministre se propose de réinstaurer.
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Commentaires
Je rappelle, à toutes fins utiles, (et pour ceux qui pensent qu'on n'y forme que des professeurs de lycées et collèges, et que n'y sont dispensées que des "formations générales", souvent controversées, et souvent à juste titre), que les IUFM, dans le cadre de la formation des enseignants du premier degré, dispensent ce qu'on appelle des formations disciplinaires. Formations chargées de mettre à niveau les instituteurs, ayant, dans la plupart des cas, suivi des licences mono-disciplinaires.
Il est à craindre que cette réforme, justement décrite par Jean-Paul comme "génératrice d'économies", (c'est certainement sa seule raison d'être valable aux yeux de ce gouvernement, qui cherche ces économies partout), ne stigmatise exclusivement ces formations disciplinaires sans toucher aux formations générales qui, elles, risquent de s'implanter encore plus solidement dans le cadre de ces masters. Mais, bon, le pire n'est jamais certain.
Bon, ceci-dit, j'ai quand même grillé "Saperlipopette"... ;-)
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
J'aurais d'ailleurs aimé avoir le point de vue de Pedro, qui semblait être le premier ardent défenseur de cette licence pluri-disciplinaire.
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
"est-il bien utile de conserver encore ces noix creuses que tendent à devenir les IUFM — et les milliers de bras cassés qui les hantent, sous l’égide bienveillante des pseudos « sciences de l’éducation » ?"
Jean-Paul Brighelli
Que c'est bien dit!
Cette suppression des IUFM, la Société des agrégés la réclame depuis leur création, et encore dans un communiqué de presse d'il y a quinze jours. C'est là qu'il y a des économies à faire avant tout.
"C’est cette structure, un peu patriarcale, et somme toute bon enfant, que les IUFM ont remplacée, et que le ministre se propose de réinstaurer."
"Bon enfant", c'est bien le qualificatif qui convient pour le CPR (Centre Pédagogique Régional) des années 70-80.C'est vrai que l'ambiance y était détendue, sympathique, en un mot raisonnable, aussi raisonnable que celle dans les IUFM est infecte et zin-zin (témoignage des stagiaires).
Ecrit par : Jean | 01 juin 2008
Je ne retrouve pas du tout ce que décrit Jean dans mes souvenirs de CPR... Vous ne devriez pas généraliser, Jean.
Ceci étant dit, les IUFM n'ont pas remplacé que ces derniers... Et cela ne répond en aucune manière sur les formations disciplinaires à destination des futurs enseignants du premier degré.
D'une manière générale, les moins touchées par les sciences de l'éducation, et qui, pourtant, passeront vraisemblablement le plus à la trappe.
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
A ce sujet, il est d'ailleurs curieux que Jean-Paul ait initié son fil du titre de" Formation des "maîtres"". Pourquoi? Inversion de la tendance qui voulait qu'on appelle: "professeurs" les enseignants du primaire? Maintenant, on appelle: "maîtres" ceux du secondaire?
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
"Maître" me plaît, à moi — pour des raisons pédagogiques et extra-pédagogiques. Et l'élève, pour être disciple, n'en est pas forcément soumis…
Ecrit par : Abraxas | 01 juin 2008
Je trouve JPB bien optimiste.
Et si le master de recrutement n'était pas disciplinaire mais une espèce de patchwork scientifico-éducationnel, "professionnalisé" ?
Les sciences de l'éduc et les IUFM continueraient à avoir la haute main, sur la formation, voire même les clés de la boutique...
Je me souviens avoir été obligé de passer, en mes jeunes années, un "DEUG-instit" ultra-pédagogiste alors que j'avais une maîtrise d'histoire.
Je crains qu'une fois encore les bonnes intentions affichées soient le cache-misère d'une banale mesure d'économie comme le soulignait Ch. Sibille.
Ecrit par : victor | 01 juin 2008
"Je me souviens avoir été obligé de passer, en mes jeunes années, un "DEUG-instit" ultra-pédagogiste alors que j'avais une maîtrise d'histoire."
Ecrit par : victor | 01 juin 2008
Victor, puis-je avoir quelques infos sur ce "Deug instit ultra pédagogiste" dont vous parlez, quand vous aurez cinq minutes?
Je vous (re) laisse mon e-mail: ch.sibille@wanadoo.fr
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
""Maître" me plaît, à moi — pour des raisons pédagogiques et extra-pédagogiques. Et l'élève, pour être disciple, n'en est pas forcément soumis…"
Ecrit par : Abraxas | 01 juin 2008
Ce n'est pas ce que je voulais dire, Jean-Paul.
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Victor, puis-je avoir quelques infos sur ce "Deug instit ultra pédagogiste" dont vous parlez, quand vous aurez cinq minutes?
Je vous (re) laisse mon e-mail: ch.sibille@wanadoo.fr
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
C'est fait !
Ecrit par : victor | 01 juin 2008
"Words, words, words, disaient Shakespeare et Dalida."
J'aime cette phrase. Et j'aime ce post.
J'applaudis à la revalorisation financière des salaires en début de carrière (je n'en profiterai pas, mais je trouve que c'est une mesure indispensable pour les jeunes collègues).
Par contre, je m'interroge sur certaines choses :
1) Les IUFM peuvent bien être supprimés, ce qui y travaillent ont de toute façon le grade de Prce/Prag, MdC ou PU (on pensera à Meirieu qui est "Professeur des Universités"...). Alors qu'est-ce qui empêchera les facs de faire faire les masters pro par les (ex-) formateurs IUFM ?
2) Quelle connerie de ne pas avoir suivi Darcos sur la date (rentrée 2009). Ca aurait été une belle preuve du volontarisme et de l'efficacité du ministère.
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
Ce qui suit est essentiellement un projet de brouillon d'analyse pour le second degré que je connais beaucoup mieux que le premier.
Dans les IUFM, en gros, deux sortes de "personnels" : les "universitaires" (maîtres de conférence et professeurs) et les enseignants du premier et second degré détachés à plein temps ou à temps partiels.
Les premiers se subdivisent en deux groupes : les "disciplinaires" (ceux qui ont été recrutés en temps que docteur en maths, histoire, etc) et les "illusionnistes professionnalisants" * c'est à dire tous le troupeau des "sciences de l'éduc". On remarquera que l'intersection des deux ensembles n'est pas vide et qu'elle contient notamment des "disciplinaires" qui ont mal tourné ou dont la fécondité tarie dans la discipline de base a précipité la déchéance confortable dans cette précarité intellectuelle qui les caractérise.
Les "universitaires" seront refondus dans l'université. Toute la question est de savoir quel rôle aura le second sous-groupe dans les futurs masters. Ce qui revient à savoir quel sera le contenu de ces masters (qui va en décider ?) et donc qui en seront les enseignants. Là, le meilleur comme le pire pourra localement se produire. Il s'agit essentiellement d'une lutte interne aux universités (le Maître du Moloch n'y aura que peu de prise) et dont je crains fort que les pédagols sortent souvent à leur avantage au vu de leur très réelle capacité à survivre en milieu vicié voire anaérobie **.
Pour les "enseignants détachés", il n'y aurait a priori que la possibilité d'un retour au bercail de l'enseignement devant élèves (?). Dans ces conditions, même les plus atteints de meiriolite devraient évoluer sous la pression de sélection imposée par la pratique quotidienne de l'enseignement devant de vrais élèves et celle des collègues instructionnistes ***. Je rêve peut-être un peu là…
Quant à l'agrégation, je crains que l'interne ne se réduise progressivement au seul besoin de renouvellement dans les CPGE pendant que l'interne, de plus en plus prépondérant se réduirait au rôle de hochet financier et symbolique des certifiés "méritants".
* en un certain sens, ce sont de vrais "magiciens (au sens des tontons) : quelques mots à sens giratoire, quelques références socio-historico-neurolo… et ils vous sortent trente publications à l'alambic didactique (meirieutrons plus ou moins sophistiqués) …
** L'irrigation du cerveau n'étant pas, chez eux, une nécessité vitale mais bien plutôt la capacité à se grouper en lobby arapède très efficace (ce qu'ils savent, je le répète, très bien faire).
*** Il serait temps que chacun assume ses choix en le faisant savoir et en renonçant au confort factice de la loi du silence. C'est le sens de mon slogan "pas de prisonnier". Bien sûr, il y aura des bégaudistes désorientés dont il faudra bien qu'on (?) limite la nocivité ("culture" du résultat ?, ...?)
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Je corrige et je commente :
"Quant à l'agrégation, je crains que l'externe ne se réduise progressivement au seul besoin de renouvellement dans les CPGE pendant que l'interne, de plus en plus prépondérant se réduirait au rôle de hochet financier et symbolique des certifiés "méritants"."
Pour l'externe, ce ne serait pas plus mal qu'elle s'en tienne à ce rôle. Quand on voit le nombre d'agrégés TZR en collège, et étant donné que le ministère ne fait toujours rien, on se dit qu'il n'y a vraiment aucune cohérence dans la gestion ministérielle et académique des agrégés.
Pour l'interne, c'est déjà ce qu'elle est : une sorte de promotion interne pour ceux qui sont bons en "didactique".
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
Libération titre : " Royal: «Nous ne devons pas rester entre nous». Face à l’offensive de Bertrand Delanoë en vue du congrès du PS, Ségolène Royal confie à «Libération» son état d’esprit et sa conception du Parti socialiste"
Même s'ils ne restent pas entre eux, ces deux là sont-ils interféconds ?
Il s'agit peut-être d'une immaculée conception ?
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Ca coûterait quoi, une circulaire disant : "Les TZR agrégés seront prioriaires pour une affectation en lycée" ???
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
Désolé pour ma confusion entre l'externe et l'interne...
C'est grave docteur ?
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
(on pensera à Meirieu qui est "Professeur des Universités"...)
Quel doigt d'honneur à tous les vrais chercheurs, tous ceux qui font avancer la science dans un domaine précis et utile! Et qu'attend donc Valérie Pécresse pour fermer les instituts de Sciences de l'éducation où plastronnent ce genre de demi-pointures?
Ecrit par : Jean | 01 juin 2008
"Pour l'externe, ce ne serait pas plus mal qu'elle s'en tienne à ce rôle."
Cela voudrait dire plus d'agrégés "neufs" dans le second degré. Extinction des dinosaures ?
Evidemment, la position des agrégés dans le nouveau dispositif à bac +5 est encore plus problématique qu'avant. JPB l'a rappelé.
La tentation d'en stériliser le corps sera forte...
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Je suis totalement hors sujet mais puisque certains évoquaient Zemmour sur l'autre fil, je m'autorise l'écart : Ceux qui ont visionné la confrontation Lang/Zemmour hier soir n'ont-ils pas été très étonnés d'apprendre par E.Z. (même pas contredit par Lang, en plus) que c'est seulement depuis Darcos que leurs journées de grève ne sont pas payées? Ca fait sept ans que j'enseigne, j'ai fait plusieurs fois grève, et je n'ai pour ma part jamais été payée pour ces journées.
J'ai éteint la TV juste après cette énormité. Visiblement, Zemmour (que je suis loin d'admirer) est aussi nul et peu informé sur le dossier de l'Ed Nat qu'un journaleux gaucho de base. Sauf que lui, sa nullité sert le pouvoir en place, c'est tout.
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
Et qu'attend donc Valérie Pécresse pour fermer les instituts de Sciences de l'éducation où plastronnent ce genre de demi-pointures?
Ecrit par : Jean | 01 juin 2008
Bonne question! Personnellement, je ne crois pas un instant à la fermeture des IUFM. C'est l' immobilisme total dans ce domaine. Et que faire des milliers de collègues qui sévissent dans ces établissements inutiles, voire nuisibles? (en tout cas pour ceux qui dé-forment les profs d'EPS).
Quant à en revenir à l'ancienne formation des maîtres, Ok à la condition que les étudiants, futurs professeurs reçoivent une solide et sévère formation disciplinaire.
Personnellement je suis passé par un UEREPS, véritable "institut pédagogique", après une classe préparatoire très sélective. A la sortie de cet "institut" vous étiez en mesure dans 99% des cas d'enseigner à n'importe quel public.
Seulement, désormais, on ne demande plus à un "prof de gym" d'enseigner sa discipline mais de faire dans la "formation du futur citoyen actif"...Jusque dans sa discipline et selon les nouveaux programmes il est censé "enseigner" l'histoire de l'art, la grammaire du français, la biologie du corps humain, la sécurité routière, le bédeuzi et autres billevesées à la mode!
Il en est de même d'une manière ou d'une autre pour tout autre professeur de l'éducastration nationale!
Ecrit par : buntovchik | 01 juin 2008
J'ai éteint la TV juste après cette énormité. Visiblement, Zemmour (que je suis loin d'admirer) est aussi nul et peu informé sur le dossier de l'Ed Nat qu'un journaleux gaucho de base. Sauf que lui, sa nullité sert le pouvoir en place, c'est tout.
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
Eric Zemour est un type malin et qui cherche à s'informer, donc à dépasser le niveau "vannes superficielles" de la télévision, mais pas toujours avec succès, comme le montre votre exemple.
Au cours du face à face avec X.Darcos, il a manqué deux occasions de servir la vérité : il n'arrivait pas à se souvenir de la phrase exacte (et inacceptable) prononcée par Nicolas Sarkozy au Latran sur les prêtres, pasteurs (pourquoi pas les rabbins et les immams ?) et les instituteurs.
X. Darcos qui n'en demandait pas tant, a eu beau jeu de dire qu'on avait déformé les propos du président (tu parles !) et de donner son propre point du vue (avec beaucoup d'eau et très peu de vin de messe), où le poisson a fini par se noyer.
D'autre part il a laissé passer la ritournelle ministérielle sur les 11,8 % d'enseignants par élève sans soulever la question essentielle de savoir où étaient les enseignants qui n'étaient pas face aux élèves (question très très gênante et très incorrecte politiquement)
Donc, effectivement et "objectivement, Zemour et les autres ont bien servi le ministre.
Ecrit par : Robin | 01 juin 2008
Zemmour. Je crois qu'il faut deux m.
Ecrit par : Robin | 01 juin 2008
Je ne vois encore qu'une preuve de la dévalorisation des diplômes : une licence, voire un DEUG, il y a 20 ans équivaut maintenant à un MASTER ! Concernant le collège, à quoi cela sert-il d'avoir un master (pourquoi pas un doctorat ! ) pour faire du ludo-éducatif, du B2I, de l'éducation à la propreté (véridique dans mon collège), l'ASSR bidule truc, et du soutien scolaire après la classe !
Par contre, je suis partisane, à défaut de supprimer l'agreg, de ne plus mentir aux jeunes collègues célibataires notamment, en leur faisant croire que le CAPES leur permettra d'enseigner en lycée rapidement.
Ecrit par : beettle | 01 juin 2008
même si nous savons, tous, qu’il faut des années pour faire un bon maître, que la pédagogie est une longue patience, et non le simple ânonnement des lois de la meirieutique, et qu’il arrive à des enseignants chevronnés de sortir de cours en se morigénant intérieurement.
Ca me rassure !
Ecrit par : Robin | 01 juin 2008
"Bon enfant", c'est bien le qualificatif qui convient pour le CPR (Centre Pédagogique Régional) des années 70-80.C'est vrai que l'ambiance y était détendue, sympathique, en un mot raisonnable, aussi raisonnable que celle dans les IUFM est infecte et zin-zin (témoignage des stagiaires).
Ecrit par : Jean | 01 juin 2008
Même souvenir.
Ecrit par : Robin | 01 juin 2008
Jean a écrit : Bon enfant", c'est bien le qualificatif qui convient pour le CPR.
Le temps nous fait idéaliser beaucoup de choses ! Disons plutôt qu'on nous y foutait la plupart du temps une paix royale. Il y avait quand même les prémisses (simplement non encore organisées) de ce que les IUFM firent plus tard à grande échelle.
Je me souviens notamment de quelques "conférences pédagogiques" hilarantes (où un vrai fou-rire nous prit parfois).
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Je me souviens notamment de quelques "conférences pédagogiques" hilarantes (où un vrai fou-rire nous prit parfois).
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
En effet , notamment une sur la courbe mathématique que devaient obligatoirement emprunter les notes des élèves pendant l'année scolaire ! Je m' en gausse encore !!!
Ecrit par : Amélie | 01 juin 2008
Le professorat à l'état de nature en quelque sorte...
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
"Je m' en gausse encore !!!"
Pauvre gosses dirait Antibi qui glose sur les "bons" usages de Gauss en gnossiennes pour gymnosophistes.
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
on nous y foutait la plupart du temps une paix royale.
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
On savait à cette époque qu'il est impossible d'apprendre à quelqu'un à enseigner, ce qu'on a feint d'oublier depuis!
Ecrit par : Jean | 01 juin 2008
"On savait à cette époque qu'il est impossible d'apprendre à quelqu'un à enseigner, ce qu'on a feint d'oublier depuis!"
Je ne suis pas aussi optimiste que vous, Jean ! Je pense qu'à l'époque le pédagol était en gestation : leurs futurs lexicographes ne s'étaient pas encore flairés l'oigne et encore moins établis en meute.
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Je pense qu'à l'époque le pédagol était en gestation
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Exact. Mais à part de rarissimes conférences pédagogiques qui réunissaient l'ensemble des stagiaires et où l'on essayait déjà de nous obséder avec l"innovation" (la grande mode, c'étaient les "montages audio-visuels"!), l'essentiel du travail se passait dans les classes de nos tuteurs: on les regardait faire et on était impatients de prendre leur place.
Ecrit par : Jean | 01 juin 2008
On savait à cette époque qu'il est impossible d'apprendre à quelqu'un à enseigner, ce qu'on a feint d'oublier depuis!
Ecrit par : Jean | 01 juin 2008
Et pour ce faire, on a confié cette responsabilité à des gens qui ne savent pas de toute façon tenir la moindre classe voire qui n'y n'ont même jamais essayé. Logique.
Ecrit par : Manu | 01 juin 2008
Un petit passage furtif pour vous saluer toutes et tous et vous souhaiter un excellent dimanche !
En attendant, un peu de chaleur cubaine, de la Havane authentique des années 50, à ces âmes éternelles :
http://dl.free.fr/coxUBrR61/04AlVaivéndeMiCarreta.mp3
Ecrit par : Sandra WAGNER | 01 juin 2008
Exact. Mais à part de rarissimes conférences pédagogiques qui réunissaient l'ensemble des stagiaires et où l'on essayait déjà de nous obséder avec l"innovation" (la grande mode, c'étaient les "montages audio-visuels"!), l'essentiel du travail se passait dans les classes de nos tuteurs: on les regardait faire et on était impatients de prendre leur place.
Ecrit par : Jean | 01 juin 2008
C'est en 1980 que les inspecteurs "innovants" ont conseillé aux stagiaires tout ébaubis " Plus de leçons de grammaire , faites des flashes grammaticaux à partir des textes ", ça ne faisait que commencer donc !
Ecrit par : Amélie | 01 juin 2008
Pour l'interne, c'est déjà ce qu'elle est : une sorte de promotion interne pour ceux qui sont bons en "didactique".
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
Je m'inscris en faux pour avoir passé et réussi l'agrégation interne. Il n'y avait aucun "didacticien" parmi les membres de mon jury, aucune question de "didactique" ne m'a donc été posée et quand j'ai bafouillé quelques excuses pour avoir bâclé cette partie, j'ai eu droit à des sourires complices et à une bonne note. C'était, il est vrai, il y a plus de dix ans.
Ecrit par : victor | 01 juin 2008
"Ce qui suit est essentiellement un projet de brouillon d'analyse pour le second degré que je connais beaucoup mieux que le premier.
Dans les IUFM, en gros, deux sortes de "personnels" : les "universitaires" (maîtres de conférence et professeurs) et les enseignants du premier et second degré détachés à plein temps ou à temps partiels.
Les premiers se subdivisent en deux groupes : les "disciplinaires" (ceux qui ont été recrutés en temps que docteur en maths, histoire, etc) et les "illusionnistes professionnalisants" * c'est à dire tous le troupeau des "sciences de l'éduc". On remarquera que l'intersection des deux ensembles n'est pas vide et qu'elle contient notamment des "disciplinaires" qui ont mal tourné ou dont la fécondité tarie dans la discipline de base a précipité la déchéance confortable dans cette précarité intellectuelle qui les caractérise.
Les "universitaires" seront refondus dans l'université. Toute la question est de savoir quel rôle aura le second sous-groupe dans les futurs masters. Ce qui revient à savoir quel sera le contenu de ces masters (qui va en décider ?) et donc qui en seront les enseignants. Là, le meilleur comme le pire pourra localement se produire. Il s'agit essentiellement d'une lutte interne aux universités (le Maître du Moloch n'y aura que peu de prise) et dont je crains fort que les pédagols sortent souvent à leur avantage au vu de leur très réelle capacité à survivre en milieu vicié voire anaérobie **.
Pour les "enseignants détachés", il n'y aurait a priori que la possibilité d'un retour au bercail de l'enseignement devant élèves (?). Dans ces conditions, même les plus atteints de meiriolite devraient évoluer sous la pression de sélection imposée par la pratique quotidienne de l'enseignement devant de vrais élèves et celle des collègues instructionnistes ***. Je rêve peut-être un peu là…
Quant à l'agrégation, je crains que l'interne ne se réduise progressivement au seul besoin de renouvellement dans les CPGE pendant que l'interne, de plus en plus prépondérant se réduirait au rôle de hochet financier et symbolique des certifiés "méritants".
* en un certain sens, ce sont de vrais "magiciens (au sens des tontons) : quelques mots à sens giratoire, quelques références socio-historico-neurolo… et ils vous sortent trente publications à l'alambic didactique (meirieutrons plus ou moins sophistiqués) …
** L'irrigation du cerveau n'étant pas, chez eux, une nécessité vitale mais bien plutôt la capacité à se grouper en lobby arapède très efficace (ce qu'ils savent, je le répète, très bien faire).
*** Il serait temps que chacun assume ses choix en le faisant savoir et en renonçant au confort factice de la loi du silence. C'est le sens de mon slogan "pas de prisonnier". Bien sûr, il y aura des bégaudistes désorientés dont il faudra bien qu'on (?) limite la nocivité ("culture" du résultat ?, ...?)"
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Perdu, Dugong. La plupart des PRCE et PRAG, (du moins, les "disciplinaires" qui enseignaient déjà du temps des écoles normales) ne sont pas "détachés", à l'IUFM, mais titulaires de leur poste.
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
"J'ai éteint la TV juste après cette énormité. Visisblement, Zemmour (que je suis loin d'admirer) est aussi nul et peu informé sur le dossier de l'Ed Nat qu'un journaleux gaucho de base. [...]".
Ecrit par Kap, le 1er juin 2008.
Zemmour, au moins, lit les livres écrits par des profs, ce qui lui permet d'attirer l'attention sur la baisse du niveau et leurs conditions de travail. Lang, hier soir, a été absolument infect, le tout avec un plateau acquis à sa démagogie. Le pompon, c'est quand Zemmour a essayé de recadrer le débat sur l'école en rappelant simplement, pour les gens qui ne savent pas, que la querelle se situe aujourd'hui entre les pédagogistes (l'élève au centre) et les républicains (le savoir au centre). Lang lui a opposé que c'était n'importe quoi, niant jusqu'à l'existence de ce débat! Il participait pourtant à Ripostes voilà peu, face à JPB et Natacha Polony. Un produit typiquement orwellien, ce Lang : on réécrit l'histoire, on en retranche jusqu'aux éléments qui ne vont pas dans le sens du "meilleur des mondes" (ça, c'est Huxley) que l'on décrit...
Ecrit par : Daniel Arnaud | 01 juin 2008
"J'ai éteint la TV juste après cette énormité. Visiblement, Zemmour (que je suis loin d'admirer) est aussi nul et peu informé sur le dossier de l'Ed Nat qu'un journaleux gaucho de base. Sauf que lui, sa nullité sert le pouvoir en place, c'est tout."
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
Vraiment très très très nul, alors! Il lui aurait suffi de faire superficiellement son job, et d'interviewer très brièvement un des (très nombreux) enseignants mis dans une situation financière pour le moins délicate au moment des grèves dures contre la loi des retraites.
Ne dites pas trop fort qu'il sert le pouvoir en place! Il n'y a que lui, (et deux ou trois blogueurs d'ici) qui sont persuadés du contraire. Et qui, cerise sur le gâteau, pensent qu'il est politiquement incorrect.
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Prétendre que Zemmour est courageux, politiquement incorrect, etc, dans un environnement politique tenu par Sarko, Christine Lagarde, Devedjian, Balkany, Bertrand, Alliot-Marie, Dati, (etc), c'est quand même assez balèze, au niveau de l'honnêteté intellectuelle!
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
La disparition des IUFM? Si seulement!
On pourrait enfin s'écrier : "l'enseignement outragé, l'enseignement martyrisé... mais l'enseignement libéré!".
Les enseignants recrutés à Bac +5? Quitte à froisser certaines susceptibilités, je serais tenté de dire qu'il serait temps de relever le niveau des profs...
Ecrit par : Daniel Arnaud | 01 juin 2008
CS a écrit : "Perdu, Dugong. La plupart des PRCE et PRAG, (du moins, les "disciplinaires" qui enseignaient déjà du temps des écoles normales) ne sont pas "détachés", à l'IUFM, mais titulaires de leur poste."
J'ai écrit "détaché" en claviotant ce mot de façon détachée (pas le reste). Le fait qu'is soient titulaires de leur poste n'empêche pas qu'ils seront, a priori, "victimes de mesures de carte scolaire (oh! pardon : universitaire).
Ce n'est pas bien de faire du formalisme pour taper en touche...
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Pour dugong : à mon avis, les Prag/prce de l'IUFM iront certainement enseigner dans ces fameux masters professionnels. Voilà comment contenter tout le monde !
Pour victor : la didactique a pris une place énorme à l'agreg interne. Regardez son coeff. à l'écrit en lettres.
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
Je suis surpris par ce que vous écrivez : "Et, tout en étant en poste au moins sur une classe, le futur enseignant serait accompagné par des tuteurs, enseignants volontaires, en place, chargés de le cornaquer selon un principe de compagnonnage."
Cela me surprend parce que c'est déjà le cas, dans le secondaire en tous cas, où un jeune lauréat de concours (CAPES comme Agrégation) est en charge d'une ou deux classes sous la houlette d'un tuteur qui le guidera toute l'année. Bien sûr il y a aussi les cours à l'IUFM, mais vous admettrez que l'essentiel se joue devant les classes et avec le tuteur.
Et puis en cours d'année, le stagiaire doit aller observer les cours d'un autre tuteur, à un autre niveau (alternance collège-lycée), lequel tuteur lui laisse ensuite les rênes pour le laisser s'aguerrir quelques heures devant cette nouvelle classe.
Bref, ce que vous semblez évoquer avec nostalgie, c'est ce que je constate quotidiennement dans la formation des enseignants du secondaire. Mais peut-être ne parliez-vous que du primaire?
Ecrit par : Pifométricien | 01 juin 2008
"Ce n'est pas bien de faire du formalisme pour taper en touche..."
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Ce n'est ni "faire du formalisme", ni "botter en touche", et vous le savez parfaitement.
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Pifométricien, je pense que les stagiaires feraient un plus grand nombre d'heures, et qu'ils seraient en contrepartie débarassés des cours IUFM.
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
"Cela me surprend parce que c'est déjà le cas, dans le secondaire en tous cas, où un jeune lauréat de concours (CAPES comme Agrégation) est en charge d'une ou deux classes sous la houlette d'un tuteur qui le guidera toute l'année. Bien sûr il y a aussi les cours à l'IUFM, mais vous admettrez que l'essentiel se joue devant les classes et avec le tuteur."
Ecrit par : Pifométricien | 01 juin 2008
Encore une équation: "IUFM = Secondaire".
Ce n'est pas du tout le cas pour les professeurs d'école, qui doivent avoir une formation dans les disciplines qu'ils seront censés avoir à enseigner dans le cadre de leur exercice, (basé sur la polyvalence).
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Puisque Christophe Sibille me pousse au sans faute *, je reprends avec corrections.
Ce qui suit est essentiellement un projet de brouillon d'analyse pour le second degré que je connais beaucoup mieux que le premier.
Dans les IUFM, en gros, deux sortes de "personnels" : les "universitaires" (maîtres de conférence et professeurs) et les enseignants du premier et second degré, titulaires ou détachés en IUFM, à plein temps ou à temps partiels.
Les premiers se subdivisent en deux groupes : les "disciplinaires" (ceux qui ont été recrutés en temps que docteur en maths, histoire, etc) et les "illusionnistes professionnalisants" * c'est à dire tous le troupeau des "sciences de l'éduc". On remarquera que l'intersection des deux ensembles n'est pas vide et qu'elle contient notamment des "disciplinaires" qui ont mal tourné ou dont la fécondité tarie dans la discipline de base a précipité la déchéance confortable dans cette précarité intellectuelle qui les caractérise.
Les "universitaires" seront refondus dans l'université. Toute la question est de savoir quel rôle aura le second sous-groupe dans les futurs masters. Ce qui revient à savoir quel sera le contenu de ces masters (qui va en décider ?) et donc qui en seront les enseignants. Là, le meilleur comme le pire pourra localement se produire. Il s'agit essentiellement d'une lutte interne aux universités (le Maître du Moloch n'y aura que peu de prise) et dont je crains fort que les pédagols sortent souvent à leur avantage au vu de leur très réelle capacité à survivre en milieu vicié voire anaérobie **.
Pour les "enseignants détachés", il n'y aurait a priori que la possibilité d'un retour au bercail de l'enseignement devant élèves (?). Dans ces conditions, même les plus atteints de meiriolite devraient évoluer sous la pression de sélection imposée par la pratique quotidienne de l'enseignement devant de vrais élèves et celle des collègues instructionnistes ***. Je rêve peut-être un peu là…
Quant à l'agrégation, je crains que l'externe ne se réduise progressivement au seul besoin de renouvellement dans les CPGE pendant que l'interne, de plus en plus prépondérant numériquement, se réduirait au rôle de hochet financier et symbolique des certifiés "méritants".
* en un certain sens, ce sont de vrais "magiciens (au sens des tontons) : quelques mots à sens giratoire, quelques références socio-historico-neurolo… et ils vous sortent trente publications à l'alambic didactique (meirieutrons plus ou moins sophistiqués) …
** L'irrigation du cerveau n'étant pas, chez eux, une nécessité vitale mais bien plutôt la capacité à se grouper en lobby arapède très efficace (ce qu'ils savent, je le répète, très bien faire).
*** Il serait temps que chacun assume ses choix en le faisant savoir et en renonçant au confort factice de la loi du silence. C'est le sens de mon slogan "pas de prisonnier". Bien sûr, il y aura des bégaudistes désorientés dont il faudra bien qu'on (?) limite la nocivité ("culture" du résultat ?, ...?)
* CS est un vrai coach !
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Le jargon IUFM/UA-IPR, ca donne ça :
"En cette période de l'année, les prérequis seront des compétences nécessairement travaillées au cycle central, à savoir des connaissances minimales sur le discours narratif."
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
(*)
mdr
Ecrit par : toto | 01 juin 2008
"Les enseignants recrutés à Bac +5? Quitte à froisser certaines susceptibilités, je serais tenté de dire qu'il serait temps de relever le niveau des profs..."
Ecrit par : Daniel Arnaud | 01 juin 2008
Parce que vous croyez vraiment que ça relèverait le niveau ? Vu la valeur actuelle des diplômes, la seule chose qui garantisse encore un niveau correct, ce sont les concours. Si le Capes disparaît et que l'agreg en est réduite à une peau de chagrin, vous aurez des masters 2 incultes qui enseigneront : c'est possible ! Après tout, j'ai d'anciens "camarades" de fac qui ont un DEA ou sont thésards et qui ont été infoutus d'être reçus au Capes ou à l'agreg (même après deux ou trois tentatives).
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
Merci, Dugong, mais ne m'en veuillez pas! Il y a une vraie différence, de nature et de degré, entre les formations premier degré et second degré!
Et le fait de voir systématiquement l'IUFM assimilé à la formation des professeurs de lycées et collèges et, de ce fait entre autres, d'avoir lu ici de véritables énormités proférées par certains professeurs du secondaire sur un univers dont ils ignorent à peu près tout, pousse à insister pour que la différence objective soit faite. Et au delà de tous jugements de valeur.
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Jeremy a écrit : "à mon avis, les Prag/prce de l'IUFM iront certainement enseigner dans ces fameux masters professionnels."
Le "certainement" est peut-être très hasardeux : dans les facs, l'arrivée massive de prag/prce sera très certainement grandement appréciée par l'ensemble des vacataires thésards en attente de titularisation !
Je vois assez mal la Maîtresse du Moloch d'à côté entériner cela sans barguigner !
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Un mot pour dire que je ne partage pas l'optimisme de JPB en ce qui concerne cette réforme.
N'y a-t-il pas un peu de naïveté d'ailleurs à toujours considérer que les ennemis de nos ennemis sont nos amis ? Que Darcos ait critiqué les pédagogistes (surtout dans le passé, on ne l'entend pas si souvent sur ce thème depuis qu'il est ministre de l'EN) ne fait pas de lui le sauveur des enseignants, à mon avis, et je le dis sans esprit partisan...
Bref, je crains comme Victor que ce master ne soit qu'un nouveau fromage dans lequel les pédagogistes sauront bien, « des pieds et des dents » se tailler « un nouvel ermitage » *. Ce serait une disparition en trompe-l'œil des IUFM, donc, puisqu'on fournira encore plus de pouvoir à cette coterie, qui sera plus fournie au sein de l'université au lieu de rester marginalisée dans son coin...
D'ailleurs, pourquoi veut-on augmenter le niveau d'études des enseignants ? Est-ce que les concours n'obligent pas déjà à 4 ans minimum pour un certifié ou un PE, 5 ans pour un agrégé (au minimum) ? Comment les enfants de milieux modestes, pour qui l'enseignement était une promotion sociale accessible, vont-ils faire pour se payer une année de plus d'études ? Il y a pensé, le ministre autoproclamé défenseur des parents smicards ?
Et l'augmentation de salaire en début de carrière, ce ne serait pas un moyen de faire taire les consciences pour de futures réformes ? regardez comme les instits ont été dociles depuis qu'on les a revalorisés et qu'on les appelle "professeurs des écoles " ? Une mesure vraiment dénuée d'arrières-pensées serait un commencement de début de rattrapage de la perte de pouvoir d'achat de tous les enseignants (que personne ne conteste, mais ô chose étrange, que personne n'évoque jamais !)...
Dites-moi si j'ai bien compris, là ; j'avoue franchement ne pas comprendre la jubilation de certains à ces annonces.
(* je reste dans l'humour, là ; je ne dis pas froidement, comme dugong, que les pédagogistes sont des animaux... attention à rester raisonnable dans l'invective !)
Ecrit par : sanjuro | 01 juin 2008
"dans les facs, l'arrivée massive de prag/prce sera très certainement grandement appréciée par l'ensemble des vacataires thésards en attente de titularisation !"
20 à 25% des enseignants du supérieur sont DEJA des Prag/Prce...
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
"N'y a-t-il pas un peu de naïveté d'ailleurs à toujours considérer que les ennemis de nos ennemis sont nos amis ?"
Ecrit par : sanjuro | 01 juin 2008
Ca, aucun doute là-dessus!
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
"Le "certainement" est peut-être très hasardeux : dans les facs, l'arrivée massive de prag/prce sera très certainement grandement appréciée par l'ensemble des vacataires thésards en attente de titularisation !"
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Il faudrait savoir! Elles valent quelque chose, ces thèses, ou il vaut mieux passer un concours?
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Pour ce qui est de Zemmour, je trouve aussi qu'il n'a qu'une seule qualité, c'est celle de parler de l'opposition entre pédagogistes et républicains. Sans lui, on n'entendrait jamais évoquer ces divergences à la télé.
Mais je l'ai aussi vu tempêter sur iTélévision au sujet de "28000 profs sans poste", "28000 profs qui ne sont pas devant les élèves", chiffre qui, lorsqu'on le tape dans Google, renvoie à un blog Umpiste où l'on apprend finalement quelle addition de carpes et de lapins donne ce résultat : il inclut, entre autres aberrations, les décharges que de Robien voulait supprimer !
Je vous apprends donc que je fais partie des 28000 profs sans postes ! Pourquoi ? Parce que j'enseigne en lycée, et que mon emploi du temps comprend une TL, deux Premières et des latinistes de terminales : 15 heures, donc (4 + 4 + 4 + 3) payées 16 (la décharge) au motif que TOUTES ces classes sont des classes d'examen ! Et que pour préparer à un examen il faut nécessairement appuyer un chouia sur les gros devoirs (souvent en classe) bien longs et ennuyeux à corriger...
J'en ai encore un gros paquet sous les yeux au moment où je vous parle, 33 copies de 4 pages en moyenne, dont chacune va me prendre un quart d'heure minimum de correction, soit huit heures de travail de bénédictin qui polluent mon dimanche ! Et je préparerai mes cours de demain quand j'aurai fini !
Ce n'est même pas de méconnaissance du métier qu'il faut parler ici, c'est de manipulation et de malhonnêteté, point.
Ecrit par : sanjuro | 01 juin 2008
Moi aussi, Sanjuro, j'en fais partie. Et je suis aussi en train de bosser.
Que fait Zemmour le trop payé le dimanche après-midi?
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
"[...] Après tout, j'ai d'anciens "camarades" de fac qui ont un DEA ou sont thésards et qui ont été infoutus d'être reçus au CAPES ou à l'Agrégation (même après deux ou trois tentatives).".
Ecrit par Kap, le 1er juin 2008.
Je pourrais vous retourner l'argument : combien de certifiés ou d'agrégés ne sont pas fichus de poursuivre en DEA ou en thèse?
Plus sérieusement, il faut comparer ce qui est comparable. Le concours exige de se fondre dans un moule, de manière à passer des épreuves en temps limité. Au risque d'être un peu lapidaire, j'y vois une excellente préparation au moule dans lequel l'enseignant sera appelé à se fondre à l'IUFM, puis dans son établissement : un bon exécutant, un technicien, qui généralement ne se pose pas trop de questions quant aux consignes qui émanent de la hiérarchie ("Attention, c'est l'inspecteur qui l'a dit!").
Celui qui prépare un DEA ou une thèse, lui, est dans une démarche de chercheur, beaucoup plus souple, qui permet la remise en question permanente. Excellent pour la liberté de penser (on peut tout dire à l'université, du moment qu'on argumente), et pour conserver son esprit critique ultérieurement, en particulier dans l'Educ' nat', face à des petits chefs staliniens et procéduriers.
Quant à la maîtrise des disciplines, combien de certifiés ou d'agrégés ont lu les classiques juste ce qu'il était nécessaire pour l'obtention du concours, avant de se consacrer à l'art de la négociation de l'heure sup' bien placée dans l'emploi du temps auprès de son chef d'établissement? Il n'est pas rare, en revanche, que le chercheur qui continue à partager ses lectures ou à exercer sa réflexion passe pour un "intellectuel" auprès de ses propres collègues.
Intellectuel en salle des profs! Quand j'étais moi-même collégien, et qu'on m'entretenait dans le mythe des profs détenteurs du savoir, je n'aurais jamais cru que cela puisse être une tare...
Ecrit par : Daniel Arnaud | 01 juin 2008
"J'ai éteint la TV juste après cette énormité. Visiblement, Zemmour (que je suis loin d'admirer) est aussi nul et peu informé sur le dossier de l'Ed Nat qu'un journaleux gaucho de base. Sauf que lui, sa nullité sert le pouvoir en place, c'est tout."
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
Ne dites pas trop fort qu'il sert le pouvoir en place! Il n'y a que lui, (et deux ou trois blogueurs d'ici) qui sont persuadés du contraire. Et qui, cerise sur le gâteau, pensent qu'il est politiquement incorrect.
Prétendre que Zemmour est courageux, politiquement incorrect, etc, dans un environnement politique tenu par Sarko, Christine Lagarde, Devedjian, Balkany, Bertrand, Alliot-Marie, Dati, (etc), c'est quand même assez balèze, au niveau de l'honnêteté intellectuelle!
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
L'aveuglement idéologique va décidément trés trés loin pour ceux qui font partie du camp du Bien :
1) Zemmour critique régulièrement Sarkozy, et pas doucement. Ce qui prouve que vous ne l'écoutez même pas.
2)Il connait assez bien le dossier de l'EN, son interwiev de Darcos le prouve. En tout cas, il en sait manifestement déja plus que vous.
3) En tout cas, Daniel Arnaud confirme mes propos.
4) Non, Christophe, nous ne sommes pas "deux ou trois". Vous voilà repris en flagrant délit de mauvaise foi. Nous sommes un peu plus nombreux, tout de même. Et vous n'avez pas le monopole de l'honnêteté intellectuelle.
Vous croyez en ce que vous dites, j'en ai bien conscience, mais cela ne vous donne pas pour autant raison quand vous vous plantez.
Pour ce qui est de "servir le pouvoir en place", je suis d'accord avec la thèse de Zemmour (et d'autres) sur les "idiots utiles" (comme Besancenot par exemple).
Hasard de l'actualité : Bernard Kuntz, président du Snalc, a titré son dernier édito de la même manière. Je vous en restitue les 3 dernières phrases :
"Tout le monde ne sait peut-être pas que le futur démantelement de l'éducation nationale voyage, passsager clandestin, dans le train du pédagogisme et de ses sectateurs.
Des princes qui nous gouvernent et de certaines organisations syndicales, on se demande aujourd'hui, qui sont les "idiots utiles". Que les uns
et les autres se souviennent qu'au poker menteur, on risque de finir fort dévêtu !"
Ecrit par : Manu | 01 juin 2008
Cher Daniel,
vous écrivez:
"Je pourrais vous retourner l'argument : combien de certifiés ou d'agrégés ne sont pas fichus de poursuivre en DEA ou en thèse?"
Pour ce que j'ai pu observer, en sciences la réponse pour les agrégés est: zéro.
Il est très rare que quelqu'un commence une thèse sans la terminer : son patron est là pour -hum- l'aider.
Comme me l'expliquait un directeur de thèse: " Je veux bien leur écrire leur thèse, mais je voudrais quand même qu'ils comprennent ce qu'il y a dedans".
Evidemment je ne pourrais pas prouver ça de façon irréfutable: les rencontres entre patrons de thèse et doctorants ne donnent pas lieu à des rapports écrits ...
Si vous connaissez des professeurs d'université, demandez-leur donc ce qu'ils en pensent.
Votre dévoué Attila.
Ecrit par : Attila Smith | 01 juin 2008
Ayant moi aussi attrapé sur ce blog le virus de la graphomanie (pas encore assez pour que certains ne parviennent à entrelarder mes messages de leurs productions, 'spa,Christophe ?) je vous livre une petite histoire instructive au sujet de la formation des maîtres.
Je dis histoire, mais tout est vrai, je le garantis, sauf les noms propres, car je ne veux pas avoir d'ennuis et j'en dis déjà bien assez pour me faire repérer par la secte.
Dans un petit centre universitaire, mettons que ce soit dans la petite ville de Verrières, une responsable de licence, appelons-la Mme de Rénal, a repéré dans un lycée du coin le petit Sanjuro qui sait des trucs inutiles (comme apprendre de vieux textes par cœur, par exemple).
Elle lui confie donc, moyennant un supplément de traitement confortable et de nouveaux habits, la charge d'éduquer ses enfants, euh... étudiants de deuxième année, et d'en faire de futurs professeurs.
Car, dans la petite ville de Verrières, il y a une option qui s'appelle ENS (non, pas Normale sup', ENS comme ENSeignement).
Cette option peut être prise en première et deuxième année de licence par des étudiants de lettres, langues, économie... qui se destinent à l'enseignement.
Le jeune Sanjuro est alors invité à se mettre en relation avec la maison-mère de l'université de Verrières, disons l'université de Besançon, où le BME (bureau des métiers de l'enseignement, sisi !) lui donne des documents qui lui permettront d'enseigner à enseigner (c'est à-dire d'apprendre à apprendre, vous suivez ?)
Que disent ces documents ? Eh bien lors de la première séance, le jeune Sanjuro est invité à distribuer force photocopies (photocopiez, photocopiez, c'est déjà une compétence utile aux futurs profs) De ces documents, déjà conclusifs et non-contradictoires, la consigne que le petit Sanjuro a reçue est de dégager collectivement, après un travail autonome des étudiants, la conclusion que les devoirs à la maison ne servent à rien et qu'il ne faut pas en donner.
Attention, pas uniquement dans le premier degré (la moitié environ des étudiants se destinent à devenir PE) mais aussi dans le secondaire...
Quand on parle, dans une autre séance de deux heures, de l'évaluation, c'est Antibi et sa "constante macabre" qui sert de référence, je vous laisse deviner quelle conclusion les étudiants sont censés en dégager spontanément sous la férule de votre serviteur...
C'est la capacité à régurgiter toutes ces conclusions « spontanément » dégagées de l'analyse de documents qui vaut à ces étudiants une validation du premier semestre.
À la fin du deuxième semestre, l'évaluation repose sur un rapport de stage et une analyse de pratique. Comment s'étonner si ces rapports commencent souvent par la phrase du style « Philippe Meyrieu a dit "X" ; donc j'ai effectué mon stage sur »
Les bibliographies comportent souvent, sur quatre ouvrages cités, trois œuvres immortelles du grand homme !
Il faut dire que le pauvre Sanjuro (j'arrête de parler de moi à la troisième personne, je crois que ça doit vous gonfler) Il faut dire, donc, que je suis en bout de chaîne : la première année de cette option, année que je n'assure pas, est consacrée à une présentation du système éducatif et le stage de second semestre est un stage d'observation dans un établissement scolaire. Le bourrage de crâne a déjà été bien intensif quand j'interviens...
J'ai, cette année, osé déroger au programme imposé, et j'ai carrément consacré une séance au débat actuel sur l'éducation, en essayant de rester neutre dans la querelle pédagogistes/transmission ; j'ai distribué des photocopies d'articles ou livres issus des deux bords, et la réaction des élèves a été la plus parfaite incrédulité : ils n'en avaient même jamais entendu parler !
Cela n'a cependant pas empêché la majorité des rapports de proclamer que la réussite des pratiques pédagogiques mises en œuvres et étudiées dans le rapport était due à l'application des préceptes du Phare lyonnais de la pensée. Quant aux échecs, ils étaient dûs, inévitablement, à la trop grande présence de l'enseignant dans le processus d'apprentissage, bref, au manque de rigueur dans l'application des préceptes géniaux du Grand Saucisson brioché !
À part ça, vous avez raison de vous réjouir que les universités reprennent en main la formation des maîtres, et que l'on puisse consacrer un master entier à ce genre de pratiques !
Pour les incrédules, je tiens à disposition les fichiers pdf du BME sur lesquels reposent mon "enseignement" ; et je n'ai pas tout dit !
Ecrit par : sanjuro | 01 juin 2008
"Tout le monde ne sait peut-être pas que le futur démantelement de l'éducation nationale voyage, passsager clandestin, dans le train du pédagogisme et de ses sectateurs."
Ecrit par : Manu | 01 juin 2008
Et j'entends sssssiffler le train. ;-)
P.S.: Ah oui, pour "déchiffrer" le smiley, je vous ai laissé un message sur l'autre fil. Vous faites un quart de tour avec votre tête, vers la gauche... Oups, pardon!!!
Par ailleurs, il est assez comique que, dès qu'on paraît être "de gauche", on nous retourne tout de suite "le camp du bien". Ca, c'est typiquement "politically correct"... ... et pensée unique du même coup...
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Un peu pour accéder au débat entre Dubet et Brighelli, beaucoup pour lire un article de cul, “L'éducation à la sexualité in vivo”, je me suis précipité chez mon marchand de journaux pour acheter le dernier numéro du “Monde de l'éducation”. Celui-ci ne fait plus partie depuis longtemps de mes habitudes de lectures, le psycho-pédagogisme du Monde suffisant largement à nourrir un esprit ouvert à tous les courants de pensée, mais qui ne tient pas à s'y noyer.
La sensation de vide absolu qu'a ressentie J.P. Brighelli en lisant l'article sur la sexualité est parfaitement satisfaisante pour l'esprit. Il nous permet d'envisager un maximum de potentialités dans le contenu de ces savoirs spécifiques. Quoi qu'on fasse, l'enseignement sera toujours un empilement de valeurs contradictoires permettant de justifier les délires les plus étranges pourvu qu'on puisse les étayer par quelque principe de réalité.
Tous unis derrière notre ministresse de la Justice ! Elle modernise la répudiation au nom du respect du à l'autre, au nom de l'amour de la vérité et au nom de l'intégrité de l'hymen. Il convient d'intégrer la défense des valeurs, de toutes les valeurs qui fondent la nation, toutes les nations, la communauté, toutes les communautés, la religion, toutes les religions… Et la virginité avant tout !
Tous unis, aussi, derrière notre président pour une mondialisation néo-libérale heureuse où nous consommerons dans le bonheur jusqu'à nous consumer dans le consumérisme sexuel.
L'école de Datti, l'école de la sexualité devra montrer que le respect de l'hymen, jusqu'au mariage est une valeur montante car portée par les minorités visibles… Mais l'école de Sarko nous dicte aussi que le monde des sens et du sexe ne lui est pas étrangère : dès la maternelle, afin d'éviter les frustrations féminines d'avant mariage, tout en favorisant le commerce érotique, l'école doit impulser l'apprentissage des cheminements divers permettant de respecter le principe de virginité tout en favorisant l'ouverture des sens. Une pédagogie active et stimulante doit permettre une approche non culpabilisante de la fellation et de la sodomie… Le nombre de jeunes filles vierges en arrivant au mariage s'accroîtra de manière exponentielle pendant que les profits scandaleux des chirurgiens spécialisés dans la réfection des hymens diminueront d'autant.
Dans un esprit de tolérance irénéenne, la pédagogie du 21 éme siècle restaurera les valeurs traditionnelles qui le méritent tout en faisant preuve d'une ouverture d'esprit résolument moderne…
Le temps presse si l'on ne veut pas que des sirènes du malheur nous annonce que déjà des pratiques s'installent sans l'agrément de notre Éducation Nationale.
Ecrit par : Roger Felts | 01 juin 2008
"annoncENT”
Ecrit par : Roger Felts | 01 juin 2008
Par ailleurs, il est assez comique que, dès qu'on paraît être "de gauche", on nous retourne tout de suite "le camp du bien". Ca, c'est typiquement "politically correct"... ... et pensée unique du même coup...
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Mais non, la gauche c'est le camp du fisc, c'est marqué dans l'O. Et c'est bien dommage.
Ecrit par : Sergio | 01 juin 2008
Merci Sanjuro pour votre témoignage édifiant.
J'en retiens les passages les plus saillants :
"L'option enseignement peut être prise en première et deuxième année de licence par des étudiants de lettres, langues, économie... qui se destinent à l'enseignement.
Que disent les documents de cette option ? [...] De ces documents, déjà conclusifs et non-contradictoires, la consigne que le petit Sanjuro a reçue est de dégager collectivement, après un travail autonome des étudiants, la conclusion que les devoirs à la maison ne servent à rien et qu'il ne faut pas en donner. [...]
Quand on parle, dans une autre séance de deux heures, de l'évaluation, c'est Antibi et sa "constante macabre" qui sert de référence [...]
À part ça, vous avez raison de vous réjouir que les universités reprennent en main la formation des maîtres, et que l'on puisse consacrer un master entier à ce genre de pratiques !"
J'ai mis en garde à plusieurs reprises contre ce que peut représenter cette mastérisation de l'enseignement.
Allez voir ce qu'est la licence FLE de Paris III ! Allez y jeter un coup d'oeil ! Vous verrez ce que font de l'enseignement les P.U. et Mdc à la Meirieu !
Jean-Paul Brighelli, le projet du ministère m'inquiète : en posant comme condition sine qua non à l'obtention du concours la réussite à un master professionnel d'enseignement, le ministère donne aux IUFM (dont les professeurs/formateurs se chargeront de ce master) la possibilité de trier les candidats au concours AVANT les épreuves. J'ai eu l'agreg, mais je suis sûr que je n'aurais pas obtenu un master d'enseignement animé par les formateurs Prce/Prag/MdC/PU que j'ai eus à l'IUFM !!!!
S'il faut Bac +5 avant de passer les concours, il fauda que l'on autorise aussi les Bac +5 strictement disciplinaires, où ce seront encore de vrais chercheurs qui officieront.
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
Allez, Roger, je la "remets" rien que pour vous:
Un mariage annulé au tribunal parce que la mariée n’était pas vierge : « je ne vois pas ce qu’il y a de choquant là-dedans, ça fait plusieurs mois que je suis en train d’annuler la justice », nous confie Rachida Dati."
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
CS : Enseignants du secondaire brisés, martyrisés mais enfin détachés !
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Allons, Jeremy, ne soyez pas si manichéen! Vous valez mieux que ça...
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
C'est la conclusion de votre étude, Dugong? ;-)
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
sanjuro a écrit : "je ne dis pas froidement, comme dugong, que les pédagogistes sont des animaux... attention à rester raisonnable dans l'invective"
Très englobant tout ça ! Que certains d'entre eux se comportent comme des amibes anaérobies ne condamne pas l'intégralité de la ... meute !
"L'invective raisonnable" ? Dernier oxymore en date ?
Merci pour la leçon de sémantique.
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
A Daniel Arnaud :
"Je pourrais vous retourner l'argument : combien de certifiés ou d'agrégés ne sont pas fichus de poursuivre en DEA ou en thèse? "
Je ne connais pas beaucoup d'agrégés ou de certifiés n'ayant pas terminé leur DEA ou leur thèse. Les agrégés que je connais qui n'ont pas réussi à achever leur thèse sont ceux qui sont submergés de boulot au lycée ou à la fac (prag, ater) et qui n'ont pas assez de temps libre pour leurs recherches.
"Plus sérieusement, il faut comparer ce qui est comparable. Le concours exige de se fondre dans un moule, de manière à passer des épreuves en temps limité."
Il exige surtout, en lettres classiques, en tout cas, de parfaitement maîtriser le latin et le grec afin d'être capable de traduire sans difficulté n'importe quel auteur, que ce soit en en version ou en thème (pour l'agreg), d'avoir une connaissance assez vaste en histoire littéraire pour ne pas faire un hors sujet complet sur une disserte, et de bien maîtriser les notions utilisées par la critique littéraire. Un concours comme l'agreg est généraliste (le Capes l'est aussi d'ailleurs). Son obtention assure que le professeur maîtrise sa discipline. Je suis désolée, je ne connais pas d'agrégés incultes. Et des certifiés incultes, je n'en connais pas non plus. Je connais en revanche des maîtres de conf (voire des professeurs d'université) qui ne valent pas tripette sortis de leur spécialité et qui seraient bien embêtés si on leur demandait de faire un topo sur la poésie française romantique alors qu'ils se sont spécialisés dans Zola.
D'ailleurs, dans la fac où j'ai étudié, c'est bien simple, la condition à l'obtention d'un poste de maître de conf était l'agreg. Mon professeur de thème latin refusait tout candidat thésard non agrégé. Pourquoi ?
Parce qu'il ne voulait pas se retrouver avec des zigotos infoutus de faire un cours de traduction correct.
"Au risque d'être un peu lapidaire, j'y vois une excellente préparation au moule dans lequel l'enseignant sera appelé à se fondre à l'IUFM, puis dans son établissement : un bon exécutant, un technicien, qui généralement ne se pose pas trop de questions quant aux consignes qui émanent de la hiérarchie ("Attention, c'est l'inspecteur qui l'a dit!"). "
La bonne blague. La plupart des agrégés sont plus que rétifs à ce qui se pratique au ioufme. Les certifiés ne sont pas plus heureux de leur formation, mais ils ont obligation absolu de fermer leur gueule parce que leur validation dépend beaucoup plus des formateurs que celle des agrégés.
"Celui qui prépare un DEA ou une thèse, lui, est dans une démarche de chercheur, beaucoup plus souple, qui permet la remise en question permanente. Excellent pour la liberté de penser (on peut tout dire à l'université, du moment qu'on argumente), et pour conserver son esprit critique ultérieurement, en particulier dans l'Educ' nat', face à des petits chefs staliniens et procéduriers."
Oui, alors là, ça me fait rire aussi. Je connais des "chercheurs" dont les recherches n'ont qu'un seul but : se trouver un poste bien au chaud à la fac (loin des vicissitudes du collège et du lycée). Ils sont prêts à travailler sur n'importe quel sujet à la mords-moi-le-noeud (et en vogue) du moment que leurs recherches se font sous la houlette d'une sommité qui les servira dans leur carrière et du moment que ce sujet ne leur demande pas trop d'efforts. Attention, je dis : "des chercheurs". Je ne parle pas de tous les chercheurs, bien sûr. J'ai moi-même fait une maîtrise sur un sujet qui m'avait passionnée et j'avoue que j'ai en tête un sujet de DEA qui me tente bien (mais peu de temps à y consacrer). Je ne méprise donc en rien la recherche. Mais aller dire qu'un Bac+5 vaudra mieux qu'une licence obtenue dans les années 70... J'en doute.
"Quant à la maîtrise des disciplines, combien de certifiés ou d'agrégés ont lu les classiques juste ce qu'il était nécessaire pour l'obtention du concours, avant de se consacrer à l'art de la négociation de l'heure sup' bien placée dans l'emploi du temps auprès de son chef d'établissement? Il n'est pas rare, en revanche, que le chercheur qui continue à partager ses lectures ou à exercer sa réflexion passe pour un "intellectuel" auprès de ses propres collègues."
Désolée, je le répète : je n'ai jamais croisé d'agrégés incultes. Des certifiés limités, oui, mais des agrégés incultes, non. Par ailleurs, ce n'est pas parce qu'on ne fait pas de recherche universitaire qu'on ne se cultive pas : je passe ce que j'ai de temps libre à lire et à perfectionner ma culture historique antique (entre autres). Je ne suis pas le seul enseignant de mon collège à le faire.
"Intellectuel en salle des profs! Quand j'étais moi-même collégien, et qu'on m'entretenait dans le mythe des profs détenteurs du savoir, je n'aurais jamais cru que cela puisse être une tare..."
Qui a dit ici que c'était une tare ?
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
"Qui a dit ici que c'était une tare ?"
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
A part Yfig, personne à ma connaissance.
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Bêgodo fait sa promo sur Ripostes.
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
"Les maîtres du premier comme du second degré seraient désormais uniformément recrutés au niveau Bac + 5 (Master 2)"
Question : n'importe quel master 2 requis pour n'importe quel capes ou agreg ? Le tout spécifié par un texte ?
NB : en cherchant confirmation du titre de "maîtrise" sans spécification comme condition actuelle nécessaire pour passer une agrégation, je suis tombé sur le site officiel
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000347984&dateTexte=
dans lequel, on lit une hilarante (?) coquille (au tout début du texte) :
"Vu le décret n° 64-217 du 10 mars 1964 modifié relatif aux maures contractuels et agréés des établissements d’enseignement privés sous contrat"
Dans le privé, il leur font vraiment suer le burnous !
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Le débat agrégés/chercheurs n'est vraiment pas de saison, à moins de chercher à montrer que les deux ont de la valeur.
Ce n'est pas le moment de se tirer dans les pattes.
Christophe, pour être honnête, ce projet ministériel m'inquiète. Je ne peux me baser que sur ce que j'ai vu dans mon IUFM, et la prose que je lis régulièrement de la part de formateurs IUFM Lettres et d'IA-IPR. Ma condamnation du système IUFM vient de ce que j'y ai subi (un lavage de cerveau au profit d'inepties sans intérêts) et des gens que j'y ai vus (deux formateurs seulement avaient de l'intérêt, sur les sept ou huit que nous avions). Je ne doute pas que la proportion de gens intelligents et de sombres imbéciles soit la meme parmi les formateurs IUFM que dans toute autre catégorie sociale, mais je veux rompre absolument avec le système débilitant qui est en place actuellement. Et faire passer les actuels formateurs IUFM comme évaluateurs des enseignants AVANT les concours d'enseignement, ça ne me rassure pas. Alors, évidemment, je m'appuie sur ce que j'ai vu dans mon IUFM, section PLC2 Lettres, mais ce que j'ai dit est absolument certain : j'ai eu l'agrégation et j'enseigne grâce à l'Université, mais je n'aurais JAMAIS obtenu un master enseignement chapeauté par les formateurs IUFM que j'ai eus.
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
ils leur font ...
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
"Le débat agrégés/chercheurs n'est vraiment pas de saison, à moins de chercher à montrer que les deux ont de la valeur.
Ce n'est pas le moment de se tirer dans les pattes.
Christophe, pour être honnête, ce projet ministériel m'inquiète. Je ne peux me baser que sur ce que j'ai vu dans mon IUFM, et la prose que je lis régulièrement de la part de formateurs IUFM Lettres et d'IA-IPR. Ma condamnation du système IUFM vient de ce que j'y ai subi (un lavage de cerveau au profit d'inepties sans intérêts) et des gens que j'y ai vus (deux formateurs seulement avaient de l'intérêt, sur les sept ou huit que nous avions). Je ne doute pas que la proportion de gens intelligents et de sombres imbéciles soit la meme parmi les formateurs IUFM que dans toute autre catégorie sociale, mais je veux rompre absolument avec le système débilitant qui est en place actuellement. Et faire passer les actuels formateurs IUFM comme évaluateurs des enseignants AVANT les concours d'enseignement, ça ne me rassure pas. Alors, évidemment, je m'appuie sur ce que j'ai vu dans mon IUFM, section PLC2 Lettres, mais ce que j'ai dit est absolument certain : j'ai eu l'agrégation et j'enseigne grâce à l'Université, mais je n'aurais JAMAIS obtenu un master enseignement chapeauté par les formateurs IUFM que j'ai eus."
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
Vous allez faire copain-copain avec les certifiés, avec l'en-tête de votre message... ;-)
La seule chose que je voudrais (re)dire est qu'il y a beaucoup de collègues parfaitement capables de continuer à former de manière extrêmement valable, dans leurs disciplines, les professeurs d'école, comme ils l'ont toujours fait.
Cela semble évident pour vous, Jeremy, mais ça paraît mériter devoir être rappelé. Surtout ici.
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 juin 2008
Il tombe bien ce fil juste au moment où j’en termine avec les copies d’agreg.
J’ai beaucoup de choses à dire. Mais pour ne pas écrire 20 pages d’un coup, je complète le post de JPB par la chronique de Davidenkoff sur France Info. Cédelle et lui n’ont visiblement pas la même source et le Ministère semble encore hésiter entre deux scénarios : ou bien un concours qui pourrait se confondre avec la deuxième année de master (version Cédelle) , ou bien un concours APRES le master mais réduit à un an stage compris (version Davidenkoff). Le premier scénario déboucherait inévitablement sur une catastrophe (cf. première année de médecine ou Deug-instit), le second aurait sans doute des conséquences très négatives sur la qualité du recrutement. Seul point positif dans les deux cas : les IUFM disparaissent au moins pour le second degré.
Voici donc avant de plus amples commentaires le texte d’Emmanuel Davidenkoff :
« Le Président de la République a annoncé la "masterisation des enseignants" qui permettra "de les payer plus cher en début de carrière"…
Derrière cette phrase se cachent en fait plusieurs révolutions. La première c’est d’élever le niveau de recrutement de tous les professeurs, du primaire et du secondaire, à bac+5. Il faudra, pour se présenter au concours, avoir un master. C’est cela qui justifiera le fait de les payer plus cher sans être obligé d’augmenter toute la fonction publique.
La deuxième révolution se décrit au conditionnel car à l’heure qu’il n’est tout n’est pas arbitré. Mais selon nos informations l’Education nationale aurait le projet de se désinvestir de la formation initiale des enseignants au profit des universités. Comment ? En se cantonnant au rôle de tout employeur : le recrutement et la formation continue. Donc l’Education nationale organiserait toujours des concours de recrutement comme le Capes ou l’agrégation, mais elle ne se mêlerait plus d’y préparer…
Quelle serait la conséquence ? La disparition probable des IUFM – les Instituts universitaires de formation des maîtres - ; au minimum un affaiblissement notable de leur rôle. En fait chaque département universitaire prendrait en charge la préparation des étudiants aux concours. Lesquels concours se dérouleraient en deux temps : une épreuve académique en janvier pour vérifier les connaissances, puis une formation pratique express sur le terrain de quelques semaines avant une épreuve – pratique elle aussi – d’admission.
Donc plus de cours théoriques comme ceux que l’on délivre en IUFM. Quels seraient les avantages de scénario ? Gain immédiat : 10.000 postes de stagiaires IUFM qui s’évaporeraient du budget puisque les années de formation ne seraient plus rémunérées alors qu’elles le sont aujourd’hui pour certains candidats – vu le contexte budgétaire, c’est essentiel. Donner un diplôme aux étudiants qui préparent le concours même s’ils échouent – ce qui est le cas de 80% des candidats. Offrir un cadeau aux défenseurs du « retour aux fondamentaux » dont il se trouve qu’il sont aussi de farouches adversaires des IUFM. Enfin déplacer un éventuel mécontentement vers les universités donc vers la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse.
Mise en oeuvre de la réforme prévue pour la rentrée 2010."
(fin de la chronique d'ED)
Ecrit par : Pedro Cordoba | 01 juin 2008
Meirieu fait encore partie du staff "scientifique de l'ADEME" jusqu'en septembre 2009.
Il est grand temps qu'il se charge de recycler ses petits camarades.
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
"Enfin déplacer un éventuel mécontentement vers les universités donc vers la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse."
C'est la seule chose qui me paraisse indubitable dans l'article !
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Si Davidenkoff a raison, ça me semble mieux que la version Cédelle. Mais il faudra revoir les programmes d'agreg, s'il faut les préparer en six mois, ou alors les donner un an et demi à l'avance.
Vous vous réjouissez de la disparition des IUFM pour le Second degré, mais que va-t-on faire des formateurs PLC2 ? Les faire retourner à leurs pénates ? Ils accepteront ça sans broncher ?
Au passage, pour ceux que ça intéresse, voici ce qu'on a trouvé pour revaloriser l'enseignement de l'allemand... : http://langues.ac-dijon.fr/article.php3?id_article=1090
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
Appparemment, pour qui est à gauche, le politiquement correct est de droite, et inversement...
Si les concours doivent être passés la même année que le master 2, il n'y aura donc plus de préparation spécfique de haut niveau à ces concours. Je ne vois pas comment on peut à la fois faire un travail de recherche sérieux et préparer une agrégation. Il me semble que là aussi, le projet risque d'avoir un effet pervers.
Ecrit par : Sylvie Huguet | 01 juin 2008
Dans la page donnée par Jeremy on lit :
"Le lauréat 2008 se verra convié à un voyage d’exception de plusieurs jours outre-Rhin durant l’été 2008, avec un passage par Berlin pour la remise d’un certificat."
Il y a des termes qui m'effraieront toujours : "voyage d’exception" en fait partie.
Le retour est compris ?
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
"Si les concours doivent être passés la même année que le master 2, il n'y aura donc plus de préparation spécfique de haut niveau à ces concours"
Actuellement, qui passe l'agreg l'année de sa "maîtrise" ?
N'y aura-t-il pas, par la force des choses, une prépa agreg la sixième année pour la plupart des candidats ?
Quid des étudiants des ENS ?
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Et l'augmentation de salaire en début de carrière, ce ne serait pas un moyen de faire taire les consciences pour de futures réformes ?
écrit par sanjuro
L'augmentation de salaire pour les nouveaux profs ira avec l'augmentation du temps de présence dans les établissements , c'est certain !
Ecrit par : Amélie | 01 juin 2008
"Il tombe bien ce fil juste au moment où j’en termine avec les //copies d’agreg//."
Mince, j'attendions des choses bien plus croustillantes. ange
Ecrit par : toto | 01 juin 2008
@ Jérémy et Sylvie Huguet
- L'agrégation n'est pas concernée par ce dispositif. La survie de l'agrégation externe passe à mon avis (mais ce n'est sans doute pas celui de la SDA) par sa transformation en concours du supérieur. Cela suppose des parcours différents en master selon que l'on se destine à l'enseignement primaire, secondaire ou supérieur. Les futurs agrégés enseigneraient en prépa, BTS, IUT, fac (PRAG). L'agrégation continuerait d'être fortement valorisée pour le recrutement comme maître de conférences dans les disciplines littéraires (les scientifiques se fichent éperdument de l'agrégation). Si tous les néoagrégés sont nommés dans le supérieur, on pourra assez facilement résoudre le problème des agrégés maintenus en collège contre leur gré (bonne nouvelle pour Sansévérina...).
- Que deviendront les actuels formateurs en IUFM dans ce qu'il restera de ces établissements, c'est-à-dire pas grand chose ? Cela dépendra des statuts et des fonctions. Pour ceux qui sont là depuis l'époque des EN et qui se consacrent pour l'essentiel au primaire, on peut se contenter d'attendre leur départ à la retraite et ne pas les remplacer. Ceux qui ont un statut universitaire pourront être intégrés dans les UFR correspondantes. Le seul problème concerne les universitaires spécialistes en sciences de l'éduc. Personne n'en voudra même pas les UFR de sciences de l'éduc. Car ce seront des rivaux. D'où, déjà, les embrouilles entre l'IUFM de Créteil et les Universités de Paris VIII et Paris XII (où existent des UFR de sciences de l'éduc) : ces universités prévoient un master pro d'enseignement qui fait directement concurrence à l'IUFM.
Ecrit par : Pedro Cordoba | 01 juin 2008
"Le seul problème concerne les universitaires spécialistes en sciences de l'éduc. Personne n'en voudra même pas les UFR de sciences de l'éduc. Car ce seront des rivaux"
Mouais...
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
"Pour ceux qui sont là depuis l'époque des EN et qui se consacrent pour l'essentiel au primaire, on peut se contenter d'attendre leur départ à la retraite et ne pas les remplacer"
IUFM = désert des part tard ?
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Kap,
Vous parlez de "culture". Mais ne s'agit-il pas plutôt de "leçon bien apprise" (je vous laisse faire la nuance)?
Vous écrivez par ailleurs :
"La plupart des Agrégés sont plus que rétifs à ce qui se pratique en ioufme. Les certifiés ne sont pas plus heureux de leur formation, mais ils ont obligation absolue de fermer leur gueule parce que leur validation dépend beaucoup plus des formateurs que celle des Agrégés.".
Justement, nous y voilà. Cette docilité, ils la conservent même après, une fois titularisés. Je cite un témoignage rapporté par Maurice T. Maschino, dans "L'Ecole de la lâcheté" :
"Cette infantilisation permanente choque, au début, la plupart des stagiaires; mais par crainte de n'être pas titularisés, très peu se rebiffent, et beaucoup s'y font. Peu à peu, ils prennent l'habitude de se soumettre docilement à l'autorité. Et finissent par ne même plus se rendre compte des stupidités qu'on leur impose.".
La "diplomatie" tant qu'on est stagiaire, à la rigueur, je peux comprendre. Mais après, une fois la sécurité de l'emploi assurée? Comment des gens qui ont lu Voltaire, Beaumarchais et d'autres, qui risquaient la Bastille pour un écrit malheureux, peuvent-ils s'aplatir lamentablement devant un inspecteur par crainte d'une mauvaise note (toujours l'infantilisation)? Comment des gens si cultivés peuvent-ils tenter d'exclure l'un de leurs pairs d'un jury de CAPES au prétexte qu'il a commis "La Fabrique du crétin"? Comment des gens censés faire preuve d'esprit critique peuvent-ils chaque année, aux corrections d'examens, appliquer sagement les consignes qui permettent de valider la baisse du niveau et à Lang de se moquer de la France entière en vantant les qualités du système français?
Pour autant que je sache, ce n'est pas Lang, ni Darcos, ni le recteur, ni l'inspecteur, ni le proviseur, ni le formateur IUFM, qui appose sa signature sur les copies de Bac. C'est bien le professeur qui s'est rendu à sa convocation. C'est donc bien lui qui, à ce moment-là, a le pouvoir de révéler la réalité du niveau et de faire tomber les "80% de réussite". Dans certaines salles les jours de juin, il y a 30 à 40 correcteurs. Que pourrait faire l'institution s'ils disaient "non, on ne cautionne plus"? Les virer tous?
Sénèque disait que le tyran tenait son pouvoir du consentement du tyrannisé. L'Education nationale ne fait pas exception. Comment les lecteurs de Sénèque et autres classiques peuvent-ils avoir l'esprit aussi servile? Les 80% au Bac mystifient le niveau des élèves, mais aussi celui de leurs maîtres.
Ecrit par : Daniel Arnaud | 01 juin 2008
Merci à Pedro pour la chronique de Davidenkoff, dont j'ai repris l'essentiel à l'intérieur même de ma Note initiale — avec commentaires ad hoc, en attendant les vôtres.
JPB
Ecrit par : brighelli | 01 juin 2008
"Sénèque disait que le tyran tenait son pouvoir du consentement du tyrannisé. L'Education nationale ne fait pas exception. Comment les lecteurs de Sénèque et autres classiques peuvent-ils avoir l'esprit aussi servile?"
Personnellement, si on me fait passer à l'échelle B, je veux bien pondre des textes pédagogistes.
Pas plus quand même, on a sa dignité...
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Et pour les PRAG ou PRCE, on leur tire une balle dans la tête ? Je sais bien que c'est peut-être ce dont rêvent certains ici, mais quand même !
Je lis ce blog depuis assez longtemps et je partage la plupart des option de JP B, ayant lu ses livres ou celui de JC Michéa il y a quelques années (j'en avais même donné des passages à des 1ere un peu pénibles, en ECJS, histoire de les faire réfléchir un peu). je suis passé en IUFM, histoire d'aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs. Trahison ! dirons certains. En fait je tournais un peu en rond dans mon petit lycée provincial avec des collègues bien routiniers décidés à en faire le moins possible (à quelques exceptions près). En IUFM, je m'occupe des PE1 pour la préparation du concours (et cela m'intéresse pour la mise à niveau des connaissances et un peu de recul historiographique pour éviter de débiter des sornettes d'il y a 40 ans), des PE2 (comment enseigner le programme, quels outils utiliser, ...) et de PLC1 (préparation à l'épreuve sur dossier du CAPES hist-géo). Après presque 20 ans d'enseignement, cela me permettait de prendre un peu de recul sur la discipline enseignée, et de jouer un (tout petit) rôle dans la formation des enseignants, notamment du primaire (et Dieu sait qu'il y a du boulot !!).
C'est la deuxième réforme de l'IUFM en deux ans je crois : intégration à l'université (à peine réalisée pour mon site) et "masterisation". Alors bien sûr que je m'inquiète pour mon boulot (certains dirons "bien fait, envoyez le en ZEP !!"), je suis agrégé et je serais sans doute reversé en lycée, d'où je viens), mais je m'inquiète aussi pour les futurs PE1. Je les vois déjà, après une licence de n'importe quoi (à moins que des licences pluri-disciplinaires pouvant les préparer à l'enseignement polyvalent du primaire existent), une première année de master (consacrée à quoi ?) un bachotage rapide avant le grand bain... Est-ce vraiment ce que l'on veut, des profs formé au rabais avec un soit-disant niveau bac +5 qui ne trompe personne ? (j'ai corrigé des copies de CAPES cette année, très instructif sur "le niveau qui monte"). Alors, c'est très joli de vouloir tout casser, mais il faudrait aussi prendre le temps de réfléchir. Des structures existent, évaluons les vraiment. Tout n'est pas à jeter non plus dans les IUFM, notamment pour ce qui peut préparer au contact avec les enfants, notamment les plus jeune. Cette énième réforme est surtout un moyen de faire des économies et, éventuellement de casser une Education Nationale que d'aucuns verraient bien remplacée par les écoles privées.
Honnêtement, j'ai un peu le tournis en ce moment, mais je ne doute pas qu'ici on pourra me rassurer !
Ecrit par : Pascal | 01 juin 2008
des optionS.... oups, désolé...
Ecrit par : pascal | 01 juin 2008
Une petite question: si dans le futur les néo-agrégés étaient tous affectés dans le supérieur, pensez-vous que cela serait rétroactif (i.e tous les agrégés en exercice y seraient affectés) ?
Ecrit par : françois duhem | 01 juin 2008
"En fait je tournais un peu en rond dans mon petit lycée provincial avec des collègues bien routiniers décidés à en faire le moins possible"
Je me rappelle ce que disais Rocard lors d'une audition de la pochard's Academy * :
Pour revaloriser financièrement les profs, ne pourrait-on pas leur proposer de temps en temps un poste aux affaires étrangères ?
Ca en dit très long sur la vision qu'on peut avoir de la revalorisation des enseignants dans certains hautes sphères où l'oxygène est raréfié.
* Je cite très approximativement mais c'était bien le sens de l'intervention
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
"si dans le futur les néo-agrégés étaient tous affectés dans le supérieur, pensez-vous que cela serait rétroactif (i.e tous les agrégés en exercice y seraient affectés) ?"
Il y a envron 50000 agrégés (chiffres Moloch, y compris les chaires sup). Soit au moins 40 000 enseignants en collège ou lycée.
Où voulez vous les mettre ? En nez de marche dans les escaliers ?!
Et les gens du sup ? Vous les voyez accueillir à bras ouverts tous ces rappatriés qui ne parlent même pas comme eux ?!
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Le jargon IUFM/UA-IPR, ca donne ça :
"En cette période de l'année, les prérequis seront des compétences nécessairement travaillées au cycle central, à savoir des connaissances minimales sur le discours narratif."
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
"Discours narratif quinaire", Jérémy.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 01 juin 2008
Dugong, dans le supérieur ils sont bien contents d'avoir des Prag/Prce pour travailler le lundi à 18h, le mercredi, le vendredi après-midi et le samedi matin.
Et pour enseigner en L1 et L2.
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
A Attila Smith, qui évoquait ces thèses finies non pas par les doctorants, mais par leurs directeurs de rechrches :
je peux vous assurer qu'en ce qui concerne la mienne (une thèse de philosophie politique), c'est bien moi qui rédige. J'ai pourtant tout tenté pour soudoyer l'universitaire avec lequel je travaille, jusqu'à la bouteille de muscat I Muvrini! Pas moyen, la corruption n'est plus ce qu'elle était... Il est pourtant très bon, le muscat de Corse!? Tiens, je vais aller en prendre un en terrasse, sur le front de mer...
Ecrit par : Daniel Arnaud | 01 juin 2008
Peut être mais ils ont assez d'esclaves comme ça.
Plus, ils pourraient revendiquer !
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Bon je répète mes questions :
1) Ca couterait quoi d'affecter les TZR agrégés au lycée exclusivement ?
2) Si les masters d'enseignement sélectionnent les candidats aux concours, est-ce que ce n'est pas pire qu'avant, quand les IUFM s'en prenaient aux lauréats des concours, et non aux simples candidats ?
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
"Vous parlez de "culture". Mais ne s'agit-il pas plutôt de "leçon bien apprise" (je vous laisse faire la nuance)? "
Ecrit par : Daniel Arnaud | 01 juin 2008
Non non, allez-y, faites la nuance vous-même, ça me donnera au moins quelque chose sur quoi m'appuyer pour vous contredire.
Je peux toujours vous dire ceci, cependant : ceux qui ne se donnent que la peine de bien apprendre leur leçon, en lettres classiques (puisque c'est mon domaine), n'atteignent pas le niveau requis en traduction. Etre capable de traduire et d'analyser un texte en langue ancienne demande en effet d'apprendre son vocabulaire et sa grammaire par coeur, et de pratiquer la version et le thème de façon plus qu'assidue. Mais pour être vraiment à l'aise dans les textes anciens, il faut les fréquenter, les lire, en traduction ou en VO dans le texte (surtout en VO). C'est autre chose que du "par coeur", ça. C'est ce qu'on appelle de la culture. Et c'est nécessaire à la préparation de l'agreg et même du Capes de lettres classiques.
"La "diplomatie" tant qu'on est stagiaire, à la rigueur, je peux comprendre. Mais après, une fois la sécurité de l'emploi assurée?"
Je connais un certain nombre d'enseignants du secondaire passés par les IUFM qui ne craignent pas les inspecteurs - en tout cas, pas plus que les anciens ne les craignent. Et même si c'était le cas, en quoi le fait d'avoir un DEA ou une thèse vous protège-t-il de la tentation de la soumission et du léchage de cul ? Si jamais on mettait en place un système de contrôle du "rendement" universitaire (ce que je ne souhaite certainement pas), on verrait aussi les gens ramper, dans les UFR. Les universitaires sont bien capables de rayer le plancher avec leurs dents et de se tirer dans les pattes, malgré "l'ouverture d'esprit que procure la recherche", je doute que cette même ouverture d'esprit les protège des sirènes de la brosse à reluire.
"Comment des gens si cultivés peuvent-ils tenter d'exclure l'un de leurs pairs d'un jury de CAPES au prétexte qu'il a commis "La Fabrique du crétin"? Comment des gens censés faire preuve d'esprit critique peuvent-ils chaque année, aux corrections d'examens"
Parce qu'il n'y a que des agrégés dans les jurys de Capes ? Il me semblait qu'on y trouvait surtout des universitaires (en tout cas, c'était le cas quand j'ai passé les concours), agrégés ou non, mais dont la qualité de thésard garantit l'ouverture d'esprit - n'est-ce pas ?
"Comment des gens censés faire preuve d'esprit critique peuvent-ils chaque année, aux corrections d'examens, appliquer sagement les consignes qui permettent de valider la baisse du niveau et à Lang de se moquer de la France entière en vantant les qualités du système français? "
Mais très cher, de toute façon, quand on met des caisses, elles sont remontées par l'inspection académique - et on n'est plus convoqué, généralement.
Et puis moi, je vous demanderai : pourquoi les universitaires dévaluent-ils les diplômes qu'ils délivrent en laissant des étudiants n'en ayant à l'évidence pas le niveau obtenir leur licence, leur maîtrise, ou même, leur DEA (je connais quelques quiches qui l'ont obtenu, le DEA) ? Comment se fait-il que des gens ignorant qui est Racine, ou pensant que Balzac est une auteur du XXe (vécu en plein amphi il y a quelques années), se retrouvent à préparer le Capes, voire l'agreg ? Ah mais oui ! Bon sang mais c'est bien sûr ! On leur a DONNE leur licence (et leur maîtrise aussi) ! Alors, ce sont les certifiés et les agrégés qui font corrigent les écrits de licence et qui font passer les oraux de fac ?
C'est stupide : on trouve autant de cons bornés, d'ambitieux visqueux, de médiocres incultes, chez les universitaires, que chez les enseignants du secondaire. Votre thèse (sans jeu de mots) qui veut qu'un chercheur ait l'esprit toujours plus ouvert et fasse toujours preuve de plus d'élévation d'esprit qu'un agrégé ou qu'un certifié ne vaut pas un centime. J'en ai croisé un max, de feignasses, de nullités, de tyrans aux petits pieds, à la fac. Je garde aussi le souvenir ébloui de quelques universitaires, une poignée, à la culture générale incroyablement étendue (deux professeurs de lettres classiques normaliens), dont les cours étaient un enchantement. Mais j'ai aussi rencontré quelques enseignants de prépa et de lycée plus que fameux dont la culture était considérable.
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
“TEMPÊTE ARTIFICIELLE……! ! !
Pour ceux qui seraient intéressés par l’exemplarité d’un discours pervers, je conseille d’aller lire sur son site la note du “bon juge” Rosenczweig, intitulée “Tempête artificielle autours de l’annulation d’un mariage “…
http://jprosen.blog.lemonde.fr/2008/05/31/annulation-dun-mariage-le-cri-des-ex-vierges-256/
Rosenczweig à la justice, c’est aussi bien que Meirieux à l’Éducation Nationale… Et ils ont en plus Rachida Datti comme ministre… C’est quand même autre chose que Darcos… D’ailleurs pour une fois Rosen et Datti, même combat… Quand la gôche bobo lili est en harmonie avec la droite bling-bling, il y a lieu de se faire du soucis…
Ecrit par : Roger Felts | 01 juin 2008
"on trouve autant de cons bornés, d'ambitieux visqueux, de médiocres incultes, chez les universitaires, que chez les enseignants du secondaire."
Kap et D. Arnaud, le débat me semble terminé, là, non ?
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
"Il y a envron 50000 agrégés (chiffres Moloch, y compris les chaires sup). Soit au moins 40 000 enseignants en collège ou lycée.
Où voulez vous les mettre ? En nez de marche dans les escaliers ?!"
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Surtout que dans certaines disciplines non "rentables" (Lettres), on est plutôt en train de dégraisser. Or, s'il n'y a même plus assez de postes pour les maître de conf, je ne vois pas comment on pourrait en trouver pour les agrégés.
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
"Kap et D. Arnaud, le débat me semble terminé, là, non ?"
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
C'est en effet censé être une conclusion.
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
"maîtres de conf"
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
"Il y a envron 50000 agrégés (chiffres Moloch, y compris les chaires sup). Soit au moins 40 000 enseignants en collège ou lycée.
Où voulez vous les mettre ? En nez de marche dans les escaliers ?!"
Ecrit par : dugong | 01 juin 2008
Surtout que dans certaines disciplines non "rentables" (Lettres), on est plutôt en train de dégraisser. Or, s'il n'y a même plus assez de postes pour les maître de conf, je ne vois pas comment on pourrait en trouver pour les agrégés.
Ecrit par : Kap | 01 juin 2008
Eh bien qu'on les mette au moins au lycée... Pour l'instant, il y en a un paquet affectés en collège, ou TZR en collège.
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
"Eh bien qu'on les mette au moins au lycée... Pour l'instant, il y en a un paquet affectés en collège, ou TZR en collège."
Ecrit par : Jeremy | 01 juin 2008
Compte tenu de la quantité de postes qu'on supprime dans les lycées, en ce mo



