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24 mai 2008
Redactions
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L’art de la rédaction se perd — parce que la langue s’est perdue.
Nous en faisions au moins une par semaine, dès le CE1. Et la maîtresse lisait à voix haute les meilleures…
J’entends d’ici les commentaires : « Abominable pédagogie de la mise en concurrence, et le petit Jean-Paul tout fier d’être celui qui divertissait ses camarades, ça le dédommageait d’être maladroit au foot, gaucher contrarié qu’il était, à ne jamais savoir de quel pied shooter… »
Ouichtre… Les rédacs, comme on disait (et comme on dit encore, là où des profs audacieux incitent leurs élèves à écrire) étaient une porte ouverte sur le vrai imaginaire — celui qui se construit peu à peu avec les histoires lues, c’est-à-dire écrites par d’autres. La même maîtresse nous lisait des histoires, en fin de journée surtout, et nous en faisait lire — et c’est par imprégnation que nous nous appropriions les mots des autres : « le lion est fait de mouton assimilé », dit très bien Valéry.
Mais on écrit de moins en moins de fictions à l’école. Je ne parle pas même du collège et du lycée, où l’on a détourné les (peut-être) bonnes intentions de « l’écriture d’invention » en « textes d’argumentation » : « Vous êtes le Zola moderne, une injustice particulière frappe un membre d’une communauté minoritaire — forcément minoritaire —, vous prenez votre plume pour écrire dans Libé ou le Monde… » (1)
Dommage : du grand retour de la fiction à l’école pourrait dépendre le sort des classes « littéraires », qui font de moins en moins de littérature.
Parenthèse : la réforme des lycées qui s’annonce, en admettant que Darcos et ses stratèges aient le temps de la mener à bien, sera surtout structurelle (tronc commun ou non, repenser ou non les options, les horaires, etc.). Puis juste après, me dit Mark Sherringham qui est conseiller aux programmes, on repensera les contenus. C’est une démarche qui a sa logique, même si je pense que l’on pourrait mener les deux en même temps. En tout cas, il faudra trouver une nouvelle motivation pour les Littéraires, qui représentent aujourd’hui à peine 12% des lycéens (2), et sont bien près de l’extinction — au moment même où un brillant avenir s’ouvre à eux.
Parce que le monde moderne (non seulement la pub, mais les entreprises, le journalisme et, de plus en plus, le monde politique) consomme de façon effrénée les histoires — et les faiseurs d’histoires. Combien de « réclames » racontent une histoire — ou une image d’histoire ? Combien de chefs d’entreprise égaient leurs conseils d’administration d’anecdotes bien venues ? Combien d’hommes politiques vous racontent, les yeux dans les yeux, ce que leur a dit le mineur licencié ici, la sage-femme rencontrée là ? Il y a de l’avenir pour tous ceux qui savent raconter — l’excellente campagne de Nicolas Sarkozy a tenu, en grande partie, à la capacité de raconteur d’Henri Guaino. On ne peut plus ouvrir un ouvrage de sociologie ou d’économie sans trouver, au moins une fois par page, l’évocation d’un cas particulier, avec nom propre, brève biographie, caractéristiques — invention pure, très souvent.
Un ouvrage paru en octobre dernier fait assez bien le point sur cette importance nouvelle des raconteurs d’histoire (3). Et il a un réel succès auprès des chefs d'entreprise et autres décideurs d'opinion.
Ce pourrait être l’un des axes nouveaux d’un enseignement des Lettres revigoré. J’ai déjà, ici (4) et dans « Fin de récré », exprimé mes désaccords avec Sauver les Lettres, qui voue aux gémonies toute la littérature « d’invention ». Il me semble dommage d’interdire à des adolescents de se lancer dans l’écriture, au moment même où ils commencent à avoir quelque chose à dire, et les moyens de le dire — dans la mesure au moins où on leur a enseigné ce qu’ont pu dire les autres.
Apprendre à lire et à écrire doit se faire simultanément, que ce soit au début du Primaire ou à la fin du Secondaire : on ne peut pas dissocier la lecture de fictions de l’écriture de fictions. Fabriquez un dialogue (et c’est fichtrement difficile, au début), faites une description qui tienne, racontez un souvenir, et vous comprendrez mieux les performances de Molière, de Flaubert ou de Proust.
Et pour les adultes qui passent ici, essayez donc de décrire votre dernière étreinte — et vous apprécierez tout de suite mieux l’écart monstrueux qu’il peut y avoir entre Dominique Aury et… les autres, à quelques exceptions près.
Inutile d’ailleurs de susciter à toute force un imaginaire enfantin ou adolescent. Les sujets les plus plats fournissent amplement de quoi faire — on aura d’autant plus d’imagination que l’on part du réel le plus prosaïque. « Racontez vos vacances » est un sujet très stimulant, à condition qu’on explique aux enfants que « leurs » vacances n’est pas le sujet, mais que c’est le récit qui importe — un bon récit, et il sera d’autant meilleur qu’il ne flirtera pas de façon trop évidente avec « leur » réalité. Je me souviens avoir donné jadis pour tâche à mes élèves — quand j’étais en collège — de décrire la vie de la boule rouge d’un billard français. Les résultats n’étaient pas inintéressants — je me rappelle en particulier comment une gentille élève de Cinquième, profitant d’un saut de la boule hors de la table à la suite d’un coup de canne malencontreux, avait raconté son évasion, son destin dans la rue, et son accroissement par ingestion des humains rencontrés, dans une progression qui rappelait le Blob (5) — dont je suis sûr qu’elle ne l’avait pas vu.
La rhétorique — tout est là. Le problème n’est pas le « exprimez-vous » des pédagogies réactionnaires — i.e. pédagogistes —, mais « captivez votre auditoire ». La sincérité est le cadet des soucis d’un vrai pédagogue. Si non è vero, è ben trovato.
J’ai enseigné à Paris-III — il y a longtemps — l’art de la nouvelle — en lire, en analyser, et en écrire. Les étudiants de Première année se régalaient à rédiger des histoires aussi bien troussées que possible, à se prendre — sans prétention aucune — pour des écrivains. Et c’est certainement l’un des meilleurs moyens pour amener les « apprenants » à comprendre les problèmes que se pose un écrivain — pas forcément exprimer le fond de sa pensée, mais trouver un mot de trois syllabes qui, rythmiquement, se pose au bon endroit dans la phrase — parce qu’un mot de deux syllabes ne convient pas, à l’oreille.
C’est ainsi que les enfants apprendront que ce qui compte dans un texte, ce n’est pas le « message » — il y a La Poste pour ça —, mais le tour de main — l’adéquation du Savoir et du Savoir-faire.
Jean-Paul Brighelli
(1) Parodié-je ? Il y a quelques années — Mitterrand était encore là —, un mien ami (1) avec qui je déambulais dans Paris me dit : « Attends, il faut que j’achète le journal… » Il s’approche du Relais Hachette, demande Libé et le Monde. Le vendeur, tongue in cheek, comme disent les Anglais, le regarde et lance : « La petite Pravda et la grande Pravda ? »
(1) Je vais me donner le ridicule de mettre une note dans ma note. L’ami en question s’appelle Marc-Vincent Howlett, il a tout récemment commis aux Editions de l’Olivier un livre, "Triomphe de la vulgarité", dont je dois absolument recommander la lecture à tous ceux que le bling-bling exaspère — particulièrement le bling-bling mental, qui fait du n’importe quoi avec du trois fois rien, et où le zéro ne multiplie que parce qu'il est chef politique ou philosophe mondain. Indispensable.
(2) Voir mes Notes précédentes, http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/02/02/sauver-les-lettres.html, et http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/08/06/litterature1.html.
(3) Storytelling, La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits de Christian Salmon - éd. La Découverte - 236p., 18€. On peut consulter une intéressante interview de l’auteur sur http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/storytelling-ces-histoires-que-construit-le-pouvoir
Par ailleurs, le Monde diplomatique a fait paraître un bon article sur le sujet l’année précédente (http://www.monde-diplomatique.fr/2006/11/SALMON/14124
)
(4) http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/11/21/ecriture-et-invention.html
(5) "The Blob" est un film de terreur ultra-Z fauché (mais avec le tout jeune Steve Mc Queen, quand même) de 1958 (les remakes de 1972 et de 1988 ne valent pas tripette) racontant comment une boule rouge venue d’un outre-espace quelconque se nourrit d’Amérique, avalant choses et gens — une métaphore du communisme, probablement, comme le fut, à peu près à la même époque, « l’Invasion des profanateurs de sépultures » (où il n'y a ni profanateurs, ni sépultures). Et pas au second degré : son réalisateur, Irwin Yeaworth, s’est essentiellement fait connaître pour des films éducatifs à objectifs moraux…
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Commentaires
Départ de la manifestation à Paris..
Ils sont plusieurs centaines à défiler dans les rues de la capitale pour protester contre la politique éducative du gouvernement et les suppressions de poste dans la Fonction publique.
.
201 selon la police
999 selon Aschiéri
Ecrit par : ...compter | 24 mai 2008
"Apprendre à lire et à écrire doit se faire simultanément"
C'est certain.
Par contre, je ne crois pas que ce soit un problème d'actualité brûlante, car sur ce point il me semble que tout le monde est d'accord. Je n'ai jamais entendu personne dire qu'il ne FAUT PAS faire faire de rédaction aux élèves, ne serait-ce que pour voir comment ils manient la langue.
Sujet intéressant, mais qui fait consensus.
Ecrit par : Jeremy | 24 mai 2008
Par contre, ce que les élèves aimeraient, c'est être publiés (la plupart des profs aussi, d'ailleurs).
Or, ils savent très bien qu'ils n'ont aucune chance de l'être, quelle que soit la qualité de leur travail. Alors écrire des fictions pour qu'elles restent dans leurs tiroirs, à quoi cela sert-il ?
Ecrit par : Jeremy | 24 mai 2008
Alors là, ça m'intéresse...
Le problème, c’est qu’on ne sait plus par quel bout la prendre, cette rédac’, après vingt ans d' "expression écrite" rapidement transformée en « production d’écrit » où l'on devait en cours d'année avoir traité tous les types de textes de la petite annonce au récit en passant par la règle du jeu, la BD, la recette, le poème et pourquoi pas, la pub ou la lettre anonyme de dénonciation, dont quinze ans avec en plus les "grilles de relecture pour l’autoévaluation" (J’ai raconté une histoire, ben oui ! J’ai pensé à mettre les majuscules et la ponctuation, ben oui, il y a une majuscule au début et un point à la fin ! J’ai fourni assez de renseignements pour être compris par celui qui va me lire, ben oui, c’est pas d’ma faute s’il ne comprend rien !), "premier, deuxième, troisième, n’ième jets », les points donnés en fonction de critères aussi débiles que « l’élève a produit un texte d’au moins dix lignes », « les mots bretzel, chaussette, appui-tête, comme, sur, zut et dodécaphonie sont présents dans le texte », « l’élève commence à appliquer les principales règles d’accord » (il a mis un s, ça compte ?) !
En ancienne « bonne en rédac » à l’école primaire, j’avoue que je ne sais pas très bien comment faire pour rendre mes élèves bons en rédac.
Certains collègues conseillent de se baser sur les progressions des anciens manuels (le Dumas des années 30 a bonne réputation). Oui mais. Il faut tout refaire, en gardant la trame de progression sans doute, mais les thèmes ? Et la façon de les traiter ?
Par exemple, voici les trois premiers du livre de cours élémentaire :
1° semaine : L’école. Là, ça va.
2° semaine : Les vendanges. Question couleur locale, je suis bien placée. Mais enfin, je fais quand même partie des exceptions. Et puis, même avec le réchauffement climatique, deuxième semaine de septembre, c’est un peu tôt pour les vendanges, par chez nous.
3° semaine : La chasse ! J’ai la moitié des parents sur le dos si je fais ça ! Et si je fais le contraire, c’est l’autre moitié qui me tombe sur le râble !
Donc, il faut que je change au moins un thème sur deux.
Ensuite, les exercices. Je n’arrive pas à considérer comme de la rédaction un texte à trous de ce style (ça doit être mes années Freinet, je trouve ça débile) :
André visite la maison de Charles.
1. André (je peux changer le prénom, hein, ça c’est pas dur), viens visiter ma .... . Voici la ..., c’est là que je ... .
2. Et puis voici la ... avec son buffet, sa ..., ses ... .
3. Enfin, ici, c’est ma ... et celle de ...
4. Par la fenêtre, on voit ... J’aime ma maison parce que...
Pourtant, en début de CE1, on ne peut pas non plus les plonger d’emblée dans l’écriture autonome à partir d’un sujet tel que «Raconte tes vacances ». Les bons s’en sortent, mais on corrige trois milliards de fautes d’orthographe au cours de l’année scolaire, les plus faibles gadouillent lamentablement, et on culpabilise en se disant que l’on doit mal s’y prendre, le marais oscille entre le groupe des bons et le groupe des faibles, et ça énerve.
Franchement, j’ai envie de m’y remettre, malgré les vingt-quatre heures et mes exigences mathématiques et orthographiques.
Vous feriez comment, vous ?
Vous adapteriez le Dumas à la vie actuelle et garderiez la progression (textes à trous en début d’année, puis série de questions auxquelles l’élève doit répondre par une phrase, puis enfin plan avec indications données entre parenthèses) ou vous ressortiriez Célestin du placard et les laisseriez écrire chaque semaine un petit texte que vous corrigeriez et dont certains auraient les honneurs du tableau pour un travail collectif de peaufinage ?
C’est réellement une question. Et j’apprécierais énormément d’avoir quelques réponses, même si c’est une question de PE à fifiches qui ne tient pas compte de la conjoncture actuelle et des attaques répétées contre la démocratie.
Alors là, ça m'intéresse...
Après vingt ans d' "expression écrite" où l'on devait en cours d'année avoir traité tous les types de texte de la petite annonce au récit, dont quinze de "grilles de relecture", "premier jet"
Ecrit par : catmano | 24 mai 2008
Jérémy, relisez-moi : on est à l'école pour apprendre — t on n'est publié qu'à partir du moment où l'on est parvenu à une certaine qualité. Combien de dizaines de manuscrits dans mes tiroirs, que pour rien au monde je ne publierais, parce que ce ne sont que des exercices…
Et si un élève est Rimbaud ou Radiguet, croyez-moi, on le publiera. Si un prof est Mallarmé, aussi. Mais s'il n'est que JPB, il attendra d'avoir un peu peaufiné sa technique, et il se construira humblement, avant d'encombrer la case "courrier" des maisons d'édition…
JPB
Ecrit par : brighelli | 24 mai 2008
Tiens, j'ai gadouillé avec la machine. Vous aurez compris que les cinq dernières lignes auraient dû être effacées. Toutes mes excuses.
Ecrit par : catmano | 24 mai 2008
"En ancienne « bonne en rédac » à l’école primaire, j’avoue que je ne sais pas très bien comment faire pour rendre mes élèves bons en rédac."
Oui, c'est le problème auquel la pédagogie devait s'attaquer, avant de dévier en pédagogisme forcené, qui n'a aporté aucune solution.
Personnellement, je pencherais plutôt pour la solution 1 : "adapter le Dumas à la vie actuelle et garder la progression (textes à trous en début d’année, puis série de questions auxquelles l’élève doit répondre par une phrase, puis enfin plan avec indications données entre parenthèses". C'est un peu ce que je fais en Aide avec mes lycéens, et c'est aussi ce qui se fait en langues vivantes. Ca permet de faire progresser presque tout le monde au même rythme.
Ecrit par : Jeremy | 24 mai 2008
Chevreuil, j'attends vos développements avec impatience (j'imagine même que vous pourriez être d'accord avec moi).
Ecrit par : Jérémy
Jérémy , ma remarque n’était pas faite pour entrer en contradiction avec la vôtre, lisez-la plutôt comme une aversion personnelle contre toute forme de communautarisme, et j’appuie sur le –isme.(Avec les touches du clavier, c’est pas facile !)
J’ai un peu fréquenté quelques militants « communautaires » des années 80 pour percevoir parfois dans leur discours de revendication identitaire une recherche narcissique de supériorité morale : il y a nous et les autres. Disant cela, je n’affirme pas que c’est le cas de tous ces militants, bien sûr, je me réfère à quelques expériences personnelles. Quant à envisager « qu'il existe un communautarisme masculin, hétéro et blanc », de cet ordre là, je ne le nie pas. Je le nommerais plutôt « sentiment médiocre d’appartenir à la normalité, rance satisfaction de faire partie des gens comme il faut. »
"adapter le Dumas à la vie actuelle et garder la progression (textes à trous en début d’année, puis série de questions auxquelles l’élève doit répondre par une phrase, puis enfin plan avec indications données entre parenthèses.
Oui, absolument. Qui écrira un « Dumas 2008 » ? Ca ne vous tente pas , Jean Paul Brighelli ?
Une progression dans le guidage des élèves et la difficulté, tout en enrichissant leur écriture par du vocabulaire et des expressions tirées des romans et des textes lus en classe (Racontez une sortie près la rivière après avoir étudié le texte de Bosco, relevé les images désignant la nature, les verbes qui décrivent le paysage …)
Expérience faite, même les plus faibles produisent un écrit correct, contrairement aux textes à « consignes ouvertes » qui produisent des kilomètres de charabia dysorthographique et non ponctué.
Ecrit par : chevreuil | 24 mai 2008
Catmano, je ne me sens vraiment aucune compétence pour parler de l'enseignement primaire, mais je suis plutôt de l'avis de Jérémy. Si on lance tout de suite les enfants dans la rédaction proprement dite, est-ce que ça ne risque pas, en tout cas pour certains, de donner n'importe quoi?
Ecrit par : Sylvie Huguet | 24 mai 2008
Parenthèse : la réforme des lycées qui s’annonce, en admettant que Darcos et ses stratèges aient le temps de la mener à bien, sera surtout structurelle (tronc commun ou non, repenser ou non les options, les horaires, etc.). Puis juste après, me dit Mark Sherringham qui est conseiller aux programmes, on repensera les contenus. C’est une démarche qui a sa logique, même si je pense que l’on pourrait mener les deux en même temps. En tout cas, il faudra trouver une nouvelle motivation pour les Littéraires, qui représentent aujourd’hui à peine 12% des lycéens (2), et sont bien près de l’extinction — au moment même où un brillant avenir s’ouvre à eux.
Écrit JPB dans ce nouveau fil consacré, non à la réforme du lycée, mais à la rédaction considérée comme l'art de raconter des histoires.
Chapeau l'artiste ! pour la démonstration de l'efficacité de la digression narrative : on sait que Schéhérazade différa ainsi son exécution pendant mille et une nuit.
On va donc bavarder aimablement de la "rédaction" et de la renaissance de la filière littéraire (qu'est-ce que c'est que ça ?) pendant que le ministère, toujours embargouillé dans les programmes du primaire, encalminé dans les programmes du collège, lance la "réforme" des structures du lycée en faisant savoir que pour les contenus on verra après.
Parlons donc de sujet urgent, brûlantissime et pour tout dire vital : la rédaction !
Ecrit par : guy morel | 24 mai 2008
J'ai vu pas mal d'instits se mettre à vouloir apprendre la flute à leurs élèves alors qu'ils ne savaient pas en jouer .Au bout de la cinquième séance du manuel ,généralement ils abandonnaient piteusement.
Il me semble que pour la rédaction, c'est pareil.L'instituteur doit d'abord savoir rédiger soi-même convenablement,je veux dire savoir faire un texte,une histoire, intéressant à lire.
Dans mon cm2,je proposais un sujet.Nous écrivions,sans avoir peur de rayer et rayer encore.Au bout d'une heure,ils me rendaient leurs feuilles toutes noires .Et là commençait mon travail.Je passais des heures à annoter,là tu mets un dialogue,là tu décris en deux ou trois phrases,là tu fais un flash back,là tu passes au présent,là tu cherches des synonymes,etc etc....
Pourquoi ?
Fais le ,on discutera du résultat plus tard.
Et je rendais les feuilles et ils faisaient les améliorations.
Parfois même,j'écrivais moi-même un petit passage dans leur texte en me mettant dans leur peau si possible.
Ils me rendaient,je recorrigeais.
Enfin,ils recopiaient au propre avec un soin fou,obligatoire.Je ne passais pas une faute d'orthographe ni de conjugaison.Vous êtes sadique ,Monsieur !
Et de rédaction en rédaction,je voyais se fabriquer de bons textes de CM2.
Je faisais de la rédaction à la place de la géographie que ne maitrisais pas du tout.J'avais des centaines d'histoires à la fin de l'année.
Deux problèmes en général:
1_ 3 ou 4 élèves sur 30 ne progressaient pas vraiment.
2_ Je ne me vantais pas de mon boulot car personne ne faisait ça dans l'école,tout le monde suivait les injonctions pédagogistes,et aux inspections ça ne se passait pas très bien avec les inspecteurs,qui se fichaient totalement des textes consultables dans les classeurs au fond de la classe.
...
Avec ces "histoires" , je faisais 50 heures par semaine.
On était loin des recettes de cuisine ou de la structure des contes.
Ecrit par : bernard | 24 mai 2008
J’ai beaucoup galéré avec les textes injonctifs, les règles de jeu etc.… ainsi qu’avec les grilles de relecture, les 50 jets qui n’en finissent plus…
Tout ça c’est fini. J’ai découvert le Dumas !
Désormais nous écrivons :
- des exercices de rédaction de phrases (tournures, techniques d’inversion du sujet, de mise en valeur…)
- des résumés de textes (avec plan)
- des poésies libres (nous en lisons beaucoup, ils imitent sans vergogne et c’est très bien).
- des textes courts sur un thème donné, avec beaucoup d’aide (vocabulaire, plan)
Suivant le niveau de l’élève, je corrige directement ou pas les fautes d’orthographe. Les fautes que je ne corrige pas directement sont celles que j’estime pouvoir être corrigées par l’élève seul. Elles sont signalées de façon plus ou moins détaillée, toujours suivant le niveau de l’élève: cela va de « accorde le verbe avec son sujet » en toutes lettres jusqu’au simple surlignage.
Les problèmes de ponctuation, de concordance des temps et de syntaxe sont traités de la même façon.
L’élève recopie. S’il reste des fautes – en général, très peu- je corrige. Et c’est terminé, nous passons à autre chose.
Je reste par contre totalement perdue en ce qui concerne la note : évaluer par une note chiffrée ou non ? Selon quels critères ?
Ecrit par : collombon | 24 mai 2008
Guy Morel "Chapeau l'artiste ! pour la démonstration de l'efficacité de la digression narrative..." C'est tout à fait ce que je pensais (d'autant que des "rédacs" j'en connais des tas qui en font au primaire comme au collège ; une amie fait même écrire des nouvelles, des romans et des poèmes, d'une fort bonne tenue et - vade retro satanas - avec l'aide des TICE - mais dont tout le monde se contrefout ... ( Si cela intéresse quelqu'un, le lien :
http://www.potomitan.info/divers/trinite.html )
Ecrire, n'est pas le but suprême ?
Cette même enseignante m'avait envoyé ce poème écrit par un élève de La Courneuve ...
"La solitude comme des bleus
La solitude comme des bleus
Vivre à deux quand on est seul
Ça fait mal au bout des yeux
Ça fait de la couleur sur la figure
La solitude comme des bleus
Vivre à deux quand on est seul
Ça fait mal au bout du cœur
Quand l'amour fait la figure
Et crache sur le bonheur
Vivre à deux quand on est seul
Ça fait mal au bout des nuits
Quand vos rêves dégueulent
Tout au fond de votre lit
Vivre à deux quand on est seul
Ça fait mal au bout des yeux
Ça fait mal au bout des nuits
La solitude comme des bleus"
Alors ...
Passons ... Revenons aux réalités ...
Aussi je redonne ce message que j'ai mis sur "Redoublements" et qui risque de sombrer dans les oubliettes ...
.............................................................................
Brighelli : "Il circule sur le Net une pétition lancée par l'UFAL contre les suppressions de postes (et contre un certain nombre de choses diverses). On peut la lire sur
http://ufal.info/petitions/?petition=4
Si je ne la signe pas moi-même, c'est que plusieurs décisions récentes du ministère l'ont partiellement (très partiellement) rendue obsolète."
Quelles décisions ?
En supprimer encore davantage dans les années qui viennent ? (N'allez pas dire que ce n'est pas prévu !)
Mais quelles sont donc ces "décisions récentes" ? Je n'ai entendu parler que de service minimum et de déclaration des grévistes quarante-huit heures à l'avance (et de quelques autres babioles comme la fin de la mixité à l'école, la multiplication des écoles privées dans les banlieues, d'un lycée qui promet, en autres, plus d'autonomie - de TPE ? - et de la suppression des redoublements ... on parle même de plus en plus d'un passage à vingt heures pour les profs, décidé, comme les augmentations rituelles, en plein été ... )
C'est idiot de n'en point parler clairement on pourrait si facilement mettre fin aux saccages des supermarchés, aux blocages des dépôts d'essence ou aux barrages de pneus sur les routes ... et à la garde à vue du camarade Ashieri ...
Euh ... Ah bon ... Je me trompe de profession ... Zut ... Mais bon, on peut rêver ...
Tout de même, ces décisions récentes ?
Ecrit par : Hervé (réveillez-vous) | 24 mai 2008
Ecrit par : Hervé (réveillez-vous) | 24 mai 2008
N'est-ce pas, avant toute chose, en donnant le goût de la lecture, qu'on permettra aux enfants, (et aux élèves), à la fois d'avoir envie d'écrire et, par référence aux livres qu'ils dévoreront de ce fait, d'avoir des qualités pour le faire de manière convenable?
C'est une simple question. Je ne pense pas que ça suffise, mais cela me semble un préalable indispensable. Et lire beaucoup en étant jeune est également une garantie presque absolue d'acquisition d'une orthographe convenable.
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 mai 2008
Christophe, nous sommes tous d'accord : "Apprendre à lire et à écrire doit se faire simultanément".
Je me dis que le maître des lieux a voulu lancer un sujet consensuel en ces temps agités, car sur l'utilité de la rédaction, il n'y a vraiment pas de polémique.
Ecrit par : Jeremy | 24 mai 2008
Je me fais toute petite. Merci.
Ecrit par : catmano | 24 mai 2008
"Je me fais toute petite. Merci."
Ecrit par : catmano | 24 mai 2008
Pourquoi?
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 mai 2008
"Je me dis que le maître des lieux a voulu lancer un sujet consensuel en ces temps agités, car sur l'utilité de la rédaction, il n'y a vraiment pas de polémique."
Ecrit par : Jeremy | 24 mai 2008
Bonjour à vous, Jérémy!
Non, je ne pense pas, effectivement!
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 mai 2008
Ben oui, Catmano, pourquoi se faire toute petite ?
Bonjour Christophe :-)
Ecrit par : Jeremy | 24 mai 2008
" On ne l'écoutait pas: l'orateur recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les morts, tonna, dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout; personne ne s'émut.
L'animal aux têtes frivoles,
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter.
(...)
Que fit le harangueur? Il prit un autre tour.
" Cérès, commença-t-il, faisait voyage un jour
Avec l'anguille et l'hirondelle.
(...)
Nous sommes tous d'Athènes en ce point, et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
Si Peau d'Ane m'était conté,
J'y prendrais un plaisir extrême.
Le monde est vieux, dit-on, je le crois; cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant."
" Pouvoir des fables; raconter une histoire, c'est offrir à celui qui m'écoute la satisfaction imaginaire d'un désir, le bénéfice d'un plaisir. Quel est ce désir?Celui de savoir, désir théorique, désir de vérité. Mais ce savoir, cette théorie n'est jamais dite dans l'accomplissement narratif, puisqu'il est imaginaire, puisque ce que le récit donne à lire, à entendre, à voir n'est que le monde possible, fictif, de l'accomplissement du contrat initial ( je raconte, tu m'écoutes). D'où le désir dans ce désir que le monde possible soit le monde réel; "
Le regretté Louis Marin.
Ecrit par : Sanseverina | 24 mai 2008
ANNULATION: le "Che" de Soderbergh, Prix de l'Education nationale 2008
CANNES, 24 mai 2008 (AFP) - 24/05/2008 13h52 - Merci annuler notre dépêche Cinéma-Festival-Cannes, intitulée: Le "Che" de Soderbergh, Prix de l'Education nationale 2008.
Le communiqué reçu par l'AFP à l'entête du ministère de l'Education nationale est un faux émanant d'une personne ayant usurpé l'identité d'un fonctionnaire de l'Education nationale. Le jury délibère dans l'après-midi a indiqué à l'AFP le ministère.
http://www.tv5.org/TV5Site/cinema/afp_article.php?rub=cinema&idArticle=080524135045.fq2m54uh.xml
Vous étiez où Victor , cet aprèm ???
Ecrit par : Amélie | 24 mai 2008
Marianne 24.04.08
Courrier des lecteurs
Rendez-nous de syndicats d'enseignants !
Le combat des syndicats : être pédagogiquement corrects.
Qu'ils se recentrent donc sur des revendications légitimes.
Je suis comme beaucoup d'enseignants de l'école primaire, effaré par la mauvaise foi et par l'ignorance de la réalité qui caractérisent le discours des syndicats d'enseignement quand ils se mettent à parler de pédagogie, et je ne me sens pas du tout, sur ce point précis, représenté par eux.
Le discours des 'chercheurs militants' (sic) que relaient sans aucune distance critique la plupart des syndicats d'enseignants est lui-même ahurissant !
Ces derniers osent effectivement aujourd'hui se présenter comme des 'résistants' alors que ce sont eux qui, depuis plus de vingt ans, sont les conseillers du prince et les instigateurs des réformes et des directives ministérielles qui ont abouti à la situation actuelle !
Ce sont également eux qui se sont arrogé, par cooptation et adhésion obligatoire au conformisme du pédagogiquement correct, le monopole de la formation et du formatage des hiérarchies de l'Education nationale. Ces hiérarchies qui, au nom de leur autorité 'scientifique', matraquent depuis des années les enseignants de terrain de leurs certitudes idéologiques et de leur mépris condescendant !
Nous aurions pourtant besoin des syndicats d'enseignants pour continuer à mener de véritables combats : moyens renforcés pour l'aide des enfants en difficulté, défense de la laïcité, réduction du corps pléthorique et souvent parasitaire des inspecteurs, revalorisation des salaires, statut des directeurs d'école...
Que les syndicats se reprennent donc, u[qu'il renoncent à cette insupportable langue de bois qui n'a pour seul objectif que de sauver un monopole usé de l'autoritarisme pédagogiste, et qu'ils se reconcentrent sur des revendications légitimes, sous peine de voir perdurer la réelle et catastrophique baisse du taux de syndicalisation dans le monde enseignant.
Eric Selmer
Ecrit par : Guillaume | 24 mai 2008
Bien dit Guillaume. Au fond, Mao avait raison. Il faudrait périodiquement renvoyer tous ces guignols devant des classes de vrais élèves pendant une année scolaire. Ils raconteraient certainement moins d'âneries et cela les ramènerait à une saine modestie.
Ecrit par : Vignon Paul | 24 mai 2008
"Il n'y a vraiment pas de polémique."
Eh bien, ça dépend. Une de mes amies, professeur des écoles, m' a parlé il y a quelques années d'une de ses collègues qui travaillait exclusivement sur les textes produits par ses élèves. J'ai bien dit"exclusivement"; ça signifie qu'elle ne leur proposait pas de textes écrits par des auteurs grands ou moins grands. Bref, les élèves écrivaient, mais pour ce qui est de lire... J'ignore quels résultats elle obtenait, mais je sais qu'elle était très bien vue par l'inspection.
Ecrit par : Sylvie Huguet | 24 mai 2008
Bien dit Eric Selmer surtout (rendons à ...)
Toujours dans le courrier des lecteurs
Lecture : ne méprisons pas la méthode syllabique
Xavier Darcos vient de faire connaître les nouveaux programmes de l'école primaire. Espérons qu'il soit mieux compris que son prédécesseur. On se souvient de Pierre Frackowiack, inspecteur de l'Education nationale en désaccord avec le ministre de l'époque, Gilles de Robien ; il affirmait que nos aïeux, qui avaient tous appris à lire avec la méthode syllabique déchiffraient mais avaient des difficultés de compréhension.
Ce haut responsable asssurait donc que ses grands-parents et leurs contemporains déchiffraient le contenu de leur journal sans comprendre ce qu'ils lisaient. Pour ce qui est de mes grands-pères et grands-mères, je me souviens qu'ils savaient lire, c'est-à-dire qu'ils comprenaient ce qu'ils lisaient ; ils savaient même écrire, ce qui nécessite à coup sûr la compréhension du texte qu'on relit.
Les savants, les grands écrivains, les prix Nobel de cette époque auraient donc eu, eux aussi, des difficultés de compréhension, d'après ce défenseur des méthodes actuelles. Qui l'eût cru ? On aurait aimé qu'il en fît la démonstration.
Alain Bentolila, professeur de faculté en linguistique, écrivait cet été, dans Le Monde : 'Certains de mes élèves de licence sont de médiocres lecteurs et de piètres scripteurs.'
Pourtant, ces futurs spécialistes de langue française, à bac +3, ont appris à lire avec des méthodes qui n'ont rien de syllabique, mais tout pour satisfaire M. Frackowiack. J'entends d'ici Pierre Desproges : 'Etonnant, non ?
Claude Bourse
Montpellier
Ecrit par : Guillaume | 24 mai 2008
C. Sibille écrit :
N'est-ce pas, avant toute chose, en donnant le goût de la lecture, qu'on permettra aux enfants, (et aux élèves), à la fois d'avoir envie d'écrire et, par référence aux livres qu'ils dévoreront de ce fait, d'avoir des qualités pour le faire de manière convenable?
C'est une simple question. Je ne pense pas que ça suffise, mais cela me semble un préalable indispensable. Et lire beaucoup en étant jeune est également une garantie presque absolue d'acquisition d'une orthographe convenable.
Je reconnais bien là le professeur d'IUFM.
Le projet "donner le goût de la lecture" présenté comme préalable indispensable est bien dans la ligne pédagogiste qui nous a si bien "pourri" notre travail d'enseignants.
Cela me rappelle ce prof de lettres d'IUFM qui a osé me déclarer, alors que j'étais un jeune maître exprimant des doutes sur l'efficacité des méthodes de lecture naturelle analytique : " Le but de l'école primaire n'est pas d'apprendre à lire mais de donner le goût de lire ".
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Donner le goût et faire sens, très important faire sens.
Ecrit par : Guillaume | 24 mai 2008
C'est bien ça, Guillaume.
Pour ces planqués éloignés des réalités des classes, il est plus important de donner du sens aux apprentissages que d'apprendre.
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Je suis un peu déçu que personne ne réagisse sur les possibilités du "storytelling" — à part Sanseverina avec La Fontaine, pile dans le sujet. Ni sur les possibilités de l'autobiographie.
Une anecdote. Je corrigeais il y a quelques jours les copies (nullissimes, parfois) de CAPES de Lettres. Ma co-correctrice, enseignante en prépas scientifiques, m'avoue pendant une pause de coordination son effroi devant l'une des œuvres mises au programme par l'IG l'année prochaine dans ces sections. Sous l'appellation "Puissances du Moi", ces jeunes gens sont censés lire Saint Augustin (les Confessions), Musset (Lorenzaccio) et Michel Leiris (l'Age d'homme). Les deux premiers ne sont pas commodes, mais ne lui posaient pas de problèmes. Mais Leiris ! "Comment parler de "ça" — au plus pur sens freudien — à des élèves de cet âge !"
Sans vouloir anticiper sur ce que je raconterai à mes élèves l'année prochaine, il faut savoir que Leiris s'est posé très sérieusement la question de "comment se raconter" — et en particulier comment rendre compte de ses obsessions (dans son cas, une angoisse-désir de castration, via le mythe et les représentations de Judith et Holopherne). J'ai fait un rapide topo (bibliographique, essentiellement) à mes élèves de Maths-Sup cette semaine, en leur conseillant, comme devoirs de vacances, d'essayer d'écrire trente pages sincères sur eux-mêmes — de dire la vérité pendant trente pages — bref, de se mettre en danger en écrivant. En expliquant que par définition, ils fabriqueraient un texte proprement illisible — en particulier par leurs proches.
Imaginons qu'ils aient fait quelques rédacs bien senties, tout au long de leur scolarité. Ils auraient au moins l'option "tricherie" — de l'illisible calculé, de la confession à pacte simple mais à double détente.
Quant à aborder l'hypothèse sans tricherie mais avec intérêt, ils sont trop jeunes, trop inexpérimentés — mais qui ne l'est pas, ici ? Leiris est vraiment un immense écrivain.
JPB
Ecrit par : brighelli | 24 mai 2008
Catmano, pourriez-vous nous donner las références précises du Dumas dont vous parlez plus haut ?
Pensez-vous qu'il est encore dénichable quelque part ?
Merci
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Le livre unique de français : lecture grammaire, vocabulaire, orthographe, initiation à la composition française, L. Dumas, Hachette (4 volumes : premier livre, cours élémentaire, cours moyen, cours moyen et supérieur).
Les livres que je possède datent de 1929 (quatrième édition).
Je pense qu'on doit pouvoir le trouver en fouinant les brocantes ou sur les sites de vente de livres d'occasion.
Ecrit par : catmano | 24 mai 2008
"Je reconnais bien là le professeur d'IUFM.
Le projet "donner le goût de la lecture" présenté comme préalable indispensable est bien dans la ligne pédagogiste qui nous a si bien "pourri" notre travail d'enseignants.
Cela me rappelle ce prof de lettres d'IUFM qui a osé me déclarer, alors que j'étais un jeune maître exprimant des doutes sur l'efficacité des méthodes de lecture naturelle analytique : " Le but de l'école primaire n'est pas d'apprendre à lire mais de donner le goût de lire "."
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Ben dites-donc, Jeremy, vous vous êtes fourré le doigt dans l'oeil. Il y aura toujours des esprits tournés un peu bizarrement qui voudront vous faire dire quasiment le contraire de ce que vous avez dit. Et entamer une polémique là où il n'y avait pas lieu d'en mettre.
"yre", (un autre pseudo de Guillaume? C'est bizarre, il y en a toujours pour renchérir dans le même style que lui au moment où il poste, en plus "hard"... étonnant, non?)
Mais tant qu'être en position d'enseigner en IUFM me mettra, aux yeux de certains, dans la peau d'un "pourri de pédagogiste"...
Je reprends donc pour cet "yre", qui semble avoir appris à lire avec des méthodes effectivement douteuses, ce en quoi je compatis. Je ne vois pas en quoi donner le goût d'une discipline qu'on enseigne dispense de l'enseigner. Les deux choses peuvent même être absolument concomittantes, vous savez? Je crois même que cela porte pour nom: "la pédagogie", au sens noble du terme, et, à ce titre, défendue dans leurs pratiques par la plupart des professeurs (et instituteurs) ici présents! ;-)
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 mai 2008
je viens d'en voir sur ebay en tapant le livre unique de français par dumas dans google.
Ecrit par : bernard | 24 mai 2008
La machine devient folle : comment concilier les délires démagogiques de nos inspecteurs et les volontés de notre ministre de revenir aux fondamentaux ? Je risque en cas d'inspection les foudres de ma hiérarchie car j'ose utiliser le BLED, ce livre honni par les pédagogues et les iufmistes. Quant à revenir à la réactionnaire rédaction, c'est déjà fait me concernant mais que les productions de mes élèves sont pauvres ou alors pire formatées...
Ecrit par : beettle | 24 mai 2008
Bonsoir,
Je réitère ma question (breton, je suis ...)
"Si je ne la signe pas moi-même, c'est que plusieurs décisions récentes du ministère l'ont partiellement (très partiellement) rendue obsolète." dites-vous JPB.
QUELLES DECISIONS ?
Par ailleurs, bien évidemment c'est par la lecture que l'on va vers l'écriture (et je ne crois que mollement au "départ" avec des textes d'élèves même si Freinet - le texte libre - en a fait un brillant usage, tout le monde n'est pas Freinet ...). Et la collègue et amie dont je vous parlais plus haut avait ainsi introduit un des recueils de nouvelles réalisé avec les élèves(policières) :
"Les assassins, meurtriers, kidnappeurs, voleurs et autres malfrats ainsi que leurs pauvres et innocentes victimes décrites par les auteurs sont imaginaires. Si des noms de personnes ou d'organismes réels venaient interférer avec la fiction, il ne pourrait s'agir que d'une pure et simple coïncidence ou, à la rigueur, d'un malicieux clin d'oeil d'un malencontreux hasard...
Par contre, si, çà et là, quelques imitations d'oeuvres d'auteurs étaient débusquées, elles ne seraient nullement fortuites : c'est bien la fréquentation des grands qui nous grandit..."
C'est bien la fréquentation des grands qui nous grandit ...
Quelques exemples de nouvelles policières écrites par des élèves de cinquième (douze-treize ans donc ! ) et ce n'était pas au siècle dernier ni avec des élèves particulièrement brillants :
http://www-peda.ac-martinique.fr/anglais/2_mysteries.shtml
Ah, oui, vous avez remarquez que la présentation de son travail (dans mon premier message) figure sur un site ... créole ... Intéressant, non ? En cherchant un peu vous trouverez sur ce beau site une pétition pour le maintien et le développement du CAPES de créole bien mis à mal ces dernières années ... Ce créole qui s'il est pris dans son sens "tout-monde" peut être une ouverture, un lien entre tous mais pris dans son sens étroit, colonialiste, peut devenir un mur dressé entre les communautés. Là c'était mon mot sur les langues régionales. Détournez-vous aussi, si vous avez le temps, vers l'hommage rendu à Césaire ...
Je sais aussi qu'une autre année elle a fait écrire (et avec la même méthode d'aller-retour des textes par informatique) des élèves de troisième sur l'autobiographie. Autre chose que la banale rédaction sur les éternels souvenirs de vacances !
A tel point que ses élèves ont refusé que leurs écrits - trop intimes sans doute - soient publiés ... J'en ai lu quelques-uns, vraiment très bien ...
D'autres professeurs font écrire leurs élèves. On pourrait peut-être partir de ces expériences pour aller de l'avant (au lieu d'imposer - on impose beaucoup alors que, dans l'ombre, des enseignants font du bon boulot et ont des tas d'idées - la rituelle rédaction au collège toutes les trois semaines, je crois )?
Ecrit par : Hervé (réveillez-vous) | 24 mai 2008
Apprenez donc à vous relire, C. Sibille au risque même de vous contredire.
Vous parlez bien de donner le goût de la lecture "avant toute chose", qualifiant cet objectif de "préalable indispensable" dans un premier message.
Puis vous tentez avec mépris de nous donner une leçon dans un message suivant, parlant de la concomitance du "don du goût d'une discipline qu'on enseigne" avec son enseignement.
Voilà bien vos circonvolutions si fréquentes ici une fois encore illustrées.
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Merci à catmano et à bernard pour leurs informations !
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Putain, la redac, jamais plus.
Kescon nous a fait chier avec ça.
Et kesta pensé de ça et kesta ressenti ici ou là.
Et montre nous que tu connnais des beaux mots, et que tu peux être aussi con que ceusses konvoialatélé.
Merde et merde et merdre.
Faichiélarédac.
zon au moins une forme de sincérité tous ces mange merde de pédago; y fon pas comsi.
Mais que toutes ces bonnes consciences veuillent nous enfiler once again, avec jusse un peu plus de vaseline, je ne leur dis pas merci.
Ménoi
Ecrit par : ménoi | 24 mai 2008
"Apprenez donc à vous relire, C. Sibille au risque même de vous contredire.
Vous parlez bien de donner le goût de la lecture "avant toute chose", qualifiant cet objectif de "préalable indispensable" dans un premier message.
Puis vous tentez avec mépris de nous donner une leçon dans un message suivant, parlant de la concomitance du "don du goût d'une discipline qu'on enseigne" avec son enseignement.
Voilà bien vos circonvolutions si fréquentes ici une fois encore illustrées."
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Mon cher Guillaume, je me demande souvent, en préparant un cours, (avant de le faire, donc), comment il va pouvoir être intéressant pour les personnes devant qui je vais le donner. Pas vous? (Je ne vois d'ailleurs pas le rapport entre ce que j'ai écrit et "des circonvolutions").
Et, avant de parler de mépris, encore une fois, relisez-vous.
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 mai 2008
Pour mesurer l'étendue de l'indigence rédactionnelle au sommet de la pyramide, ce dossier de l'ENS: "Quelles missions pour l'école?"
http://www.eleves.ens.fr/pollens/seminaire/seances/education/
#text9
Des "pieds d'estale" à la Bérurier aux fautes, impardonnables à ce niveau, de grammaire et d'orthographe, il faut désespérer du chantier herculéen auquel s'attaque Darcos et auprès duquel les écuries d'Augias font figure de jardin manicuré: il impose d'instruire les élèves... et les enseignants
Une expérience personelle quant à l'ampleur du chantier et l'ignorance et absence d'objectivité de certains profs.
Ma fille qui suit cette année des cours de philo par le CNED vient de recevoir sa note: 9/20 (alorsqu'elle a eu la moyenne aux autres devoirs) pour une explication d'un texte extrait des Rêveries, sur les rapports entre fiction et réalité ( vérité).
Pas de quoi paniquer, certes, mais c'est le motif qui accompagne la note qui est inquiétant: le correcteur ne partage pas son interprétation de sur l'approche de Rousseau dans l'extrait en question. Il n'a pas admis la thèse principale du commentaire: on peut faire dire à Rousseau tout et son contraire et il l'afait de propos délibéré. Elle a cité à l'appui de son argument non seulement Emile Faguet mais aussi un passage de Burke, qui raconte comment Hume ( qui avait hébergé J-Jacques exilé en Angleterre) lui a un jour expliqué ( " I hold it from Rousseau himself" donc from the horse's mouth) qu'il avait fait le tour de toutes les ficelles littéraires déjà exploitées en son temps et s'était rendu compte de l'attirance de ses contemporains pour la fantasmagorie aux allures de réalité. L'Émile notamment en est un bel exemple.
Comme tous ceux qui se croient obligés de parler en superlatif pour donner de l'épaisseur à leur propos,
faut-il que je qualifie ce chantier d' hyper-ultra-méga- pharaonique?
Les bras m'en tombent dit la Venus de Milo.
Ecrit par : Cadichon | 24 mai 2008
Bien dit Guillaume. Au fond, Mao avait raison. Il faudrait périodiquement renvoyer tous ces guignols devant des classes de vrais élèves pendant une année scolaire. Ils raconteraient certainement moins d'âneries et cela les ramènerait à une saine modestie.
Ecrit par : Vignon Paul | 24 mai 2008
Non, Mao les aurait envoyés en camp de redressement dans les rizières, comme il l'a fait avec tous les intellos, c'est peut-être pour cela qu'en Chine y'a pas de pédagogols et qu'ils nous taillent des croupières dans tous nos anciens prés carrés.
Ecrit par : Cadichon | 24 mai 2008
Brighelli :
"J’ai déjà, ici (4) et dans « Fin de récré », exprimé mes désaccords avec Sauver les Lettres, *qui voue aux gémonies toute la littérature « d’invention »*. "
Brrr ... "toute la littérature "d'invention" " ! "aux gémonies" !Pas moins ! Voilà bien une de ces sentences, définitive, qui pue le ressentiment à dix lieues à la ronde ! Il y a sans doute des tas de choses à dire à propos (et contre) SLL - notamment une certaine forme de lobbying que d'autres aussi connaissent, et une célèbre moustache traîne encore sur une certaine courtoise radio, me semble-t-il ... - Ce n'est pas vraiment la position de SLL, à mon humble avis ... Il s'agissait, quand on lit bien, d'autre chose (voir par exemple, ci-dessous ces réflexions de MB, que je ne porte pourtant pas paticulièrement dans mon coeur ...)
Et l'on ne répond toujours pas à ma question . A la longue cela devient suspect ! Autant dire qu'on ne veut pas signer cette pétition de l'UFAL parce qu'elle attaque quelque part N.S. et maître ... Et qu'en la signant ... Mais quelles sont donc ces fameuses décisions qui rendraient cette pétition - et donc tout frétillement de la profession - contre les suppressions de postes, "obsolète" ?
"L’invention au bac : objectif plaisir ?
La place accordée à l’écrit d’invention représente une innovation majeure des nouveaux programmes de français au lycée. Puisqu’il n’a jamais été question de supprimer la dissertation (pour preuve, le mot apparaît au BO du 31 août 2000), puisque le commentaire est le sujet qui, de l’avis même des inspecteurs, fonctionne le mieux, la question centrale est donc la suivante : faut-il introduire un exercice d’invention au baccalauréat ?
L’exercice d’invention au baccalauréat ne répondrait pas aux objectifs du français au lycée
Puisque ce sont les programmes qui doivent " piloter " les modalités de l’examen, lisons-les. " Dans les écrits d’invention, en seconde, on procède en particulier à des imitations, des transformations et des transpositions de textes lus " (B.O. H.S. n°6 du 31/08/00, programmes de seconde). Le fait que " ces écrits contribuent aussi à une meilleure compréhension des lectures et permettent aux élèves de construire leur réflexion sur les genres et les registres " n’est guère discutable. C’est bien le rôle qu’ils remplissent dans l’enseignement en collège, et ils faisaient déjà l’objet d’une pratique limitée en lycée, en classe de seconde surtout, où ils permettaient à l’occasion et depuis fort longtemps de dépasser certains blocages dans l’apprentissage de telle ou telle notion.
Le programme définit donc ces exercices comme une propédeutique, un moyen de mieux comprendre le texte et de mieux réfléchir sur le texte. Si l’" imagination " apparaît de façon marginale dans la partie " finalités ", le but essentiel est bien la formation d’une " pensée critique autonome " (Programme de première, I, Objectifs). " Le but est que les élèves soient aptes en fin d’année à rédiger un texte composé ", " le français doit à la fois leur apporter des connaissances et s'attacher à former leur réflexion et leur esprit critique " (Le français au lycée : préambule ; I, Finalités). Sauf à vouloir " piloter " une régression, il serait donc pour le moins paradoxal d’introduire dans l’évaluation terminale un exercice qui ne répondrait pas aux objectifs du lycée, dont " les démarches sont plus réflexives " qu’au collège. A lire les documents d'accompagnement, l’impensable n’est pourtant pas totalement exclu : " A la fin de la séquence, une évaluation sommative se fait par un écrit de commentaire, de préparation à la dissertation, et/ou d’invention. " (fiche 19).
Il introduirait un grave déséquilibre dans la formation, et dans l’examen lui-même
Si on l’introduisait dans l’épreuve de certification, l’écrit d’invention ne serait plus un outil pédagogique parmi d’autres, mais ferait nécessairement l’objet d’une pratique systématique. Or son apprentissage est dévoreur de temps. Les documents d'accompagnement en esquissent une typologie : les exercices de transposition en faisant varier le cadre temporel, le mode de narration, le genre, le registre, etc. ; de transformation en amplifiant, réduisant, etc. ; de reprise d'un élément d'un texte étudié (quiproquo, morale d'une fable, etc.) ; de reprise d'un genre et/ou registre (saynète comique, récit épique, etc.) ; de pastiche. Il va de soi que serait ainsi laminée la préparation aux écrits que l’élève n’a pas pratiqués dans le premier cycle, et qui demandent à être abordés sérieusement dès la seconde pour être un tant soit peu maîtrisables en fin de première. Et si l’on considère l’ensemble du second degré, quel déséquilibre entre la formation de l’esprit critique et le développement de l’imagination ! Imaginons… les conséquences sur l’enseignement des autres matières, sur la suite des études et sur la " formation du citoyen ", autre objectif au programme !
Cela serait encore aggravé par le déséquilibre créé entre les sujets du baccalauréat. Entre un sujet comprenant un exercice réputé sympathique (par son caractère ludique, parce qu’on le pratique depuis des années) et un autre (insuffisamment préparé) qui exige distance critique et construction d’une démonstration organisée, le choix de l’élève moyen qui, lui, travaille pour le bac, ne ferait guère de doute. On observe actuellement une distorsion similaire, qu’il faut corriger, entre le sujet de type I, dont les questions ne posent souvent pas de difficulté majeure à un bon élève de collège, et les autres sujets, commentaire et dissertation. Entre l’effort et le réconfort, le choix est vite fait, et au nom de ce confort que l’on appelle un peu vite plaisir, on repousserait à plus tard, c’est-à-dire jamais pour la plupart, la capacité " à rédiger un texte composé " et la formation d’une pensée autonome, organisée et critique.
Le plaisir au programme ?
Pour comprendre l’introduction de l’invention dans le programme, il faut se référer non pas à ses objectifs explicites, mais à une finalité qui transparaissait plus dans le BO du 12/08/99, et qu’Alain Viala formule dans un entretien accordé à L’École des Lettres en août 1999 : " à cette condition les élèves prendront sans doute plaisir à faire du français ". Curieuse conception de l’école et du rôle de l’adulte : si votre enfant n’aime pas se brosser les dents... Curieuse perception aussi de l’adolescent qui ne prend pas de plaisir dans l’acquisition d’une " pensée critique autonome " ! Il en prendrait sans doute à ressasser le même type d’exercice de la sixième à la première, sous prétexte de développer ses facultés d’imagination (dont il fera, bien sûr, le meilleur usage dans son cursus universitaire). Dans la pratique, nous observons au contraire que la part plus critique des exercices de réflexion motive de façon parfois surprenante des élèves lassés des sujets d’imagination, et ce dès la classe de troisième, lors des travaux d’initiation à l’argumentation. L’adolescence est peut-être aussi l’âge où l’on prend plaisir à ne pas se cantonner dans une attitude d’imitation et de respect.
L’évaluation d’un tel exercice soulève enfin des problèmes que ne manquent pas de pointer les documents d’accompagnement : " les écrits d’invention n’ont pas à faire systématiquement l’objet d’une évaluation notée ; il est bon de conserver, en seconde, une part de liberté dans ces exercices de découverte ". C’est que la part de liberté, de subjectivité, doit être limitée pour rendre l’évaluation possible. Celle-ci portera donc sur le respect " des consignes et des contraintes qu’imposait le protocole de départ ". A force de multiplier les consignes pour pouvoir noter (et faire un corrigé), on perd une bonne part de l’intérêt d’un travail d’imagination, et à moins de ne pas exiger plus qu’au brevet des collèges, on se prépare à le juger au nom d’un académisme aussi absurde qu’ennuyeux : le plaisir au programme tue le plaisir."
Michel Buttet, TZR Lettres modernes, 77 Sauver les lettres : http://www.sauv.net/
Depuis le "sujet d'invention", un terme, en passant, qui sent bon son pédago de service, fait les dégâts que l'on sait dans les copies de bac ...
Ecrit par : Hervé (réveillez-vous) | 24 mai 2008
@Rédaction ou réforme du lycée ?
Il vous l'a dit JPB : on concocte une réforme du lycée !
Et après cela on glose ici sur l'art d'écrire, sur "donner le sens" et autres fadaises.
C'est pitié.
Voulez-vous savoir comment on apprend à écrire ? C'est assez simple au départ : en lisant l'énoncé d'un problème d'arithmétique et en rédigeant la réponse canonique.
Plus tard, beaucoup plus tard, quand on en est au cercle d'Euler, et si l'on a bien compris, cela se complique un peu et c'est une question de métier avec tous les hasards de la carrière.
Je n'ai jamais prétendu apprendre à "écrire" à mes élèves et les gens qui "écrivent", avec des prétentions à la "littérature", m'ont toujours profondément emmerdé. Youx la Viviane, au hasard, par exemple.
Bon, on en revient à ce qui compte :
1-où en sont les programmes du primaire ?
2- que valent les programmes du collège ? Et quelle réforme du collège ?
Ecrit par : guy morel | 24 mai 2008
Dans le droit fil du nouveau thème, je signale la parution d'un ouvrage de la très belle, très adorable et très délicieuse... (n'en jetez plus !) Nancy Huston : "L'espèce fabulatrice". Je l'ai entendu en parler l'autre jour sur France-Culture...
"Cet ouvrage se présente comme une infinité de réflexions tantôt intimes, voire autobiographiques, tantôt aphoristiques frappant souvent par leur perspicacité que la forme fragmentaire assure mais peut aussi agacer par son aspect quelquefois répétitif et moralisateur. Pourtant, à s’y (mé)prendre, le lecteur est rapidement conquis par la véhémence et l’évidence avec laquelle Nancy Huston défend sa thèse:
” Le cerveau est une machine fabuleuse… qui nous prédispose à fabuler, pour le meilleur et pour le pire” (page 123)
En effet, l’auteur n’est pas la première à nous rappeler que notre humaine condition (n’) est tissée (que) de fictions qui seules garantissent, par le truchement du langage, la survie de l’espèce. Seule la fable (fabula ou inventio) nous humanise en tentant de donner du Sens à ce qui n’en a pas, autrement dit le réel. Le recours au mythe, à la magie de la nomination, au Verbe créateur est une vaine mais fascinante tentation de nous différencier de l’animal.
Pour lire la totalité de la critique :
http://blogs.mollat.com/litterature/tag/espece-fabulatrice/
Ecrit par : Robin | 24 mai 2008
Mon cher Sibille, en préparant un cours je mesure "avant toute chose", "au préalable", la valeur des savoirs que je me destine à transmettre en vue de l'élévation des ...élèves dont j'ai la charge.
Intéresser les enfants n'est qu'accessoire a priori. Je donne ainsi, grâce aux savoirs intégrés, les meilleures chances de rendre accessible l'éveil de leur goût a posteriori.
Arrêtez de nous montrer encore votre obédience aux injonctions (c'est ainsi qu'elles nous ont si souvent été présentées) des pédagogistes: "Intéressez les apprenants !"
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Guy Morel :
"Bon, on en revient à ce qui compte "
Bien d'accord !
11 500 postes en moins !
Bientôt 20 heures pour les profs !
Toujours aussi peu d'heures de français !
Un calendrier de l'EAF complètement dément (que même le SNALC monte au créneau) !
Une "augmentation" des salaires qui frise le ridicule !
41 annuités pour la retraite !
La longueur démesurée des oreilles (et des dents) de l'âne libéral de service - et pas au sens des Lumières ...
Des chiffres ! Y'a que ça de vai !
Ecrit par : Hervé (réveillez-vous) | 24 mai 2008
Grâce à la ténacité de Guy Morel et Hervé , qui ne dort pas , le train est remis sur les rails de la lucidité !
Si Brighelli détient de bonnes nouvelles , qu'il les donne , cela nous dispenserait d'aller faire les clowns dans les manifs avec de vieilles banderoles peintes par l' option arts plastiques en voie de disparition !
Hervé , c'est 20 heures de cours ou bien cours + présence dans le lycée ???
EAF : on aura en effet très peu de temps pour corriger les copies tout en interrogeant à l'oral !
Ecrit par : Amélie | 25 mai 2008
Amélie,
Ces 20 heures, ce n'est pour l'instant qu'une rumeur. Mais quand on y réfléchit bien, il va bien falloir trouver un moyen pour remplacer *LE* fonctionnaire qui part en retraite et qui ne sera pas remplacé ... Alors, les heures supplémentaires ? Oui, mais pour l'instant, mis à part le dispositif de Robien pour les remplacements (au fait, on a fait un bilan de cette affaire ? parce que dans mon établissement les absences restent non remplacées ) une seule heure supplémentaire peut-être *imposée*. Quand on voit le volant d'heures supplémentaires prévues en "équivalents-temps-plein" dans les académies, il faudra bien trouver des volontaires à l'insu de leur plein gré pour les effectuer. D'autant que depuis Allègre la deuxième heure supplémentaire est nettement sous-payée et que la défiscalisation reste assez peu "attrayante"... Alors, imposer deux heures - de cours - supplémentaires obligatoires semble une solution envisageable ...
Maintenant, le coup de la "présence dans le lycée", prévue dans le rapport Pochard et dans les divagations d'Attali, me semble-t-il, et rêvée par Ségolène Royal lors d'une vidéo mémorable, n'est pas à exclure non plus ... Ce qui a été dit sur la future réforme du lycée dans les fils précédents et non démenti par le maître du lieu, laisse penser que c'est aussi une hypothèse plausible ...
Une copie du système anglo-saxon dont XD disait en 2003 :
"La notion de communauté scolaire prend (en Angleterre) un tout autre sens qu'en France. Les personnes qui travaillent dans les établissements scolaires sont tour à tour enseignant, assistante sociale, orientateur, travailleur social, intermédiaire vis-à-vis des familles ou du quartier... Cette polyvalence crée d'emblée un état d'esprit différent ; j'ai senti des relations plus naturellement respectueuses qu'en France, moins marquées par la hiérarchisation des rapports. De même, évidemment, que la présence continue de tous les adultes, enseignants compris ces derniers passent 32 heures et demie par semaine dans leur établissement. Tout cela est à l'évidence efficace pour améliorer le comportement des élèves. Quand je parle de rouvrir le dossier du métier d'enseignant, je pense à ce genre de questions." (Xavier Darcos, Ministre délégué à l'enseignement scolaire, à Libération, 27/01/2003)
Bref l'avenir - celui des élèves autant que celui des profs - est plutôt sombre et si Guy Morel nous remet sur les rails, il serait souhaitable que ce ne soit pas pour aller vers des voies de garage ... Car, dans le fond, comment appliquer des programmes - certes meilleurs que les précédents, avec des nuances toutefois, parfois de taille dont la pire me paraît être l'absence d'implication, de concertation, de formation et de conviction des premiers concernés : les enseignants eux-mêmes - avec des orientations aussi néfastes : suppressions de postes de plus en plus massives, privatisation programmée, et j'en passe ... Cette "marchandisation" de l'école que dénonce aussi cette pétition de l'UFAL - http://ufal.info/petitions/?petition=4 - que Brighelli ne veut pas signer (parce qu'il a des informations, etc, etc ....)
Sauver les Lettres (dont je ne suis pas et que JPB semble honnir pour d'obscures raisons) avait lancé un texte en 2003, à méditer :
"ACTE I : HIER : ON REND LES ÉLÈVES IGNORANTS
Scène I : 1975 : La loi Haby : on massifie sans démocratiser : quelques exemples :
- On baisse le nombre d'heures de français à tous les niveaux.
- À l'école primaire, on propage des méthodes d'apprentissage de la lecture dites globales ou semi-globales qui font des ravages.
Scène II : 1989 : La loi Jospin : on place " l'élève au centre du système éducatif ".
- En langage clair : on évacue la transmission des savoirs de ce centre pour, de façon très démagogique, y placer l'élève ; puis on le somme de "construire ses propres savoirs" et de devenir " acteur de sa propre formation ".
- Dans toutes les matières, on impose de nouveaux programmes qui visent moins à instruire qu'à éduquer à une citoyenneté de pacotille.
- On prône l'interdisciplinarité, censée remédier à l'échec scolaire. En réalité TPE au lycée et IDD au collège, empiètent sur l'horaire des disciplines fondamentales et contribuent à les disqualifier. Ces dispositifs préparent également le terrain à la polyvalence des professeurs.
- On impose " le projet d'école ", premier jalon de l'autonomie des établissements et facteur de disparités.
- On crée les IUFM qui développent eux aussi L'art d'apprendre à ignorer (X. Darcos. Ed. Plon)
ACTE II : AUJOURD'HUI : ON DÉCENTRALISE
Scène I : on s'attaque à la périphérie :
- On transfère aux collectivité territoriales les personnels ATOSS ; COP, les assistantes sociales…
- On supprime le statut de MI-SE que l'on remplace par les emplois flous et précaires d'aide-éducateur puis d'assistant d'éducation, tout en réduisant le personnel d'encadrement...
Scène II : on se rapproche du centre :
- On envisage de supprimer les TZR et de les remplacer par des vacataires et/ou par d'autres professeurs à l'intérieur de l'établissement
Dans les académies pilotes (Bordeaux, Rennes),
- On " propose " aux TZR de philosophie et d'allemand de se reconvertir dans d'autres matières….
- On expérimente l'autonomie des établissements (C.A. comprenant moins de représentants des personnels, plus de parents et d'élus - Contractualisation des "projets d'établissements" sur 3 ans).
- On transfère aux collectivités territoriales la répartition des horaires par discipline et des crédits, ainsi que la définition des secteurs de collège.
- On globalise les budgets (postes et fonctionnement).
ACTE III : DEMAIN : ON L'AURA DANS LE BABA
Scène I : on vise le cœur
- Suppression des concours de recrutement au nom de la libre concurrence européenne, remplacés par des " contrats d'affectation sur emploi " (voir rapport du Conseil d'État).
- Annualisation du temps de travail.
- Régionalisation des programmes et des diplômes.
- Professeurs polyvalents, corvéables à merci.
Scène II : on constate les dégâts : quelques exemples :
Accroissement des inégalités. Profs et élèves de plus en plus ignorants. Recrudescence de la violence...
Scène III : on privatise
- Les riches et les moins riches mettent leurs enfants dans le privé ou dans les établissements d'élite qui continuent à transmettre des savoirs et à enseigner la Philosophie, le Latin, le Grec et l'Allemand.
- Tous " ceux qui ne constitueront jamais un marché rentable " (source : OCDE) restent au centre des Garderies Régionales où on les laisse construire leurs propres savoirs grâce à des parcours ludiques et interactifs gérés par des médiateurs polyvalents dans un esprit citoyen."
C'était aussi signé "Reconstruire l'école" ...
On l'a dans le baba ...
Et n'en déplaise à l'âne libéral de service, c'est bien l'économie de marché (celle qui n'est ni de droite ni de "gauche", mais d'un seul côté, celui du veau d'or ...) qui a rédigé le scénario, mis le drame en scène et recruté les acteurs ! Depuis le début ! Et qui continue, plus que jamais ...
C'est vrai qu'il est tard ...
L'obscurité est profonde !
Ecrit par : Hervé (réveillez-vous) | 25 mai 2008
"yre", (un autre pseudo de Guillaume? C'est bizarre, il y en a toujours pour renchérir dans le même style que lui au moment où il poste, en plus "hard"... étonnant, non?)
Je ne connais pas "yre". Sibille arrêtez votre parano.
Ecrit par : Guillaume | 25 mai 2008
En lisant des commentaires de l'article du Figaro sur la manif qui a fait tchoufa samedi, je tombe sur celui-ci : "Une machine à laver rend plus de service qu'une manifestation".
Intriguant, non ?
Il m'est venu l'idée d'assister l'enseignant dans sa classe par une machine à laver pour intéresser les élèves.
Je ne suis pas sûr que certains d'entre eux manifesteraient une attitude différente de l'indifférence qu'ils affectent en toute circonstance en classe. Des autres, on peut espérer quelques progrès par identification empathique.
Bien sûr, il y aura les métaphores faciles des réacs aigris qui hurleront au lavage de cerveaux. L'apprenant n'est pas une cuve qu'il faudrait remplir ! On ne change pas de programme en cours de route ! Et que sais je encore.
Le niveau montera : cela sera signifié par le beau hublot et la tablette qui choit dans l'eau calme.
Chargement ventral ou vertical ? Polémiques didactiques prévisibles ! Je préfèrerais de loin le chargement ventral en ce qu'il stimule l'imaginaire par la vision des infinies variations des matières au gré du balancement rythmé du tambour *.
Décider du programme sera toujours coton mais il faudra laisser une liberté totale à l'usager : c'est l'évaluation finale qui fera foi (Darcos, le contrat de confiance, Whirlpool Editions).
* on songe aux classiques rituels du Moloch.
Ecrit par : dugong | 25 mai 2008
"Mon cher Sibille, en préparant un cours je mesure "avant toute chose", "au préalable", la valeur des savoirs que je me destine à transmettre en vue de l'élévation des ...élèves dont j'ai la charge.
Intéresser les enfants n'est qu'accessoire a priori. Je donne ainsi, grâce aux savoirs intégrés, les meilleures chances de rendre accessible l'éveil de leur goût a posteriori."
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Et c'est moi qui circonvolute!!! ;-)
"Arrêtez de nous montrer encore votre obédience aux injonctions (c'est ainsi qu'elles nous ont si souvent été présentées) des pédagogistes: "Intéressez les apprenants !""
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
Mais oui, mais oui, mon cher Guillaume. Plus c'est gros, plus ça marche??? ;-)))
Tiens, au passage: "intéresser: retenir l'attention". J'ai du mal à entrevoir la possibilité d'apprendre quoi que ce soit à quelqu'un sans "l'intéresser".
Quant au terme "apprenant", je ne l'ai jamais employé. Il fait apparemment partie de votre vocabulaire... Espèce de "pédagogiste"!!! ;-))
En ce qui me concerne, cette (stupide) polémique est totalement close.
Ecrit par : Christophe Sibille | 25 mai 2008
C'EST CAPITAL.
Ils ont du avoir le même professeur de Rédaction,ceux-là !
Et que leur a-t-on fait lire à l'ecole ?
Ils font pitié,maintenant.
Voici les déclarations recueillies pendant la manifestation du samedi 24 mai à Paris. Les enseignants, lycéens et parents d'élèves protestent contre la réforme de l'éducation et les suppressions de poste.
Gérard Aschieri (FSU) : "Les réponses du gouvernement esquivent les questions centrales: les postes, les programmes de l'école primaire. Nous sommes encore loin d'une situation de dialogue. Nous voudrions juste discuter avant que les décisions soient prises. Une petite porte a été ouverte [sur le dossier de la revalorisation de la condition enseignante, ndlr], mais elle n'est pas à la hauteur".
Florian Lecoultre (UNL, lycéens) : "La conception du dialogue de M. Darcos est loin d'être la bonne. On a l'impression qu'il cherche l'affrontement perpétuel et qu'il prend les lycéens pour des idiots. Le ministre ne prend pas ses responsabilités, il ne nous a pas répondu. C'est du dédain".
Patrick Gonthier (Unsa Education) : "Nous sommes là pour dire que le mécontentement continue et que le combat pour la défense du service public se poursuit. Les suppressions de postes vont générer des difficultés dans les établissements. On ne fait pas de la politique sur le dos de l'école".
Thierry Cadart (Sgen-CFDT) : "On ne peut pas accepter les suppressions de postes prévues pour la rentrée, ni celles annoncées pour les rentrées futures. On proteste aussi contre les programmes du primaire, infaisables pour une bonne partie des élèves". L'annonce d'un projet de loi sur le droit à l'accueil des élèves en primaire les jours de grève "est perçue comme une provocation. Est-ce que le gouvernement laisse d'autre choix que l'épreuve de force ?".
Jean-Jacques Hazan (FCPE, parents d'élèves) : "Il faut que Darcos arrête de faire la sourde oreille. Il faut absolument entrer dans la discussion. On ne peut pas continuer avec des bouffonneries."
Laure Delair (Unef) : "Supprimer des postes, c'est réduire un encadrement qui devrait au contraire être revu à la hausse. Le gouvernement ne doit pas faire d'économies sur le dos de l'enseignement".
Jack Lang, ancien ministre PS, au cours d'une apparition au départ de la manifestation : "Je suis révolté par cette politique cynique de destruction de postes, par le mépris de ce gouvernement. Il appartient également à la gauche d'être un peu plus pugnace sur ces sujets. Jamais il n'y a eu un plan aussi clair d'appauvrissement de l'école de la République".
Ecrit par : la rédaction...... | 25 mai 2008
Ah la rédac ! Que de souvenirs ! Je me souviens d'un camarade de l'école primaire racontant son voyage à Paris. Il avait pris le train à la gare du chef lieu de canton et sa mère s'était confortablement installée entre un Japonais et un Pygmée. Le maître lui a demandé ce qu'il lisait pour nourrir son imagination.
Je dis bonjour en passant car mes voyages dans le temps, on fait ce qu'on peut quand on est obligé de rester sagement chez soi, me conduisent de découvertes en découvertes. Je suis partie avec François Boyer revoir "le cinéma de papa" dénigré vigoureusement par un autre François, et j'ai rencontré Pierre Bost, jean Aurenche, Michel Audiard qui m'ont raconté des histoires passionnantes. Qu'est-ce qu'ils avaient lu ces gens là ! Maintenant je suis plongée dans la lecture des délibérations du conseil municipal de mon village natal pour faire le point sur les événements du vingtième siècle. J'en suis à l'année 1912. C'est la gêne " voisine de la misère". Il faut lutter contre le phylloxéra en reconstruisant totalement le vignoble de qui suppose le remplacement des sentes séculaires des vignes autrefois cultivées en foule, par des chemins plus larges qui coûtent cher. Le mildiou,la fraude des négociants. Les impôts jugés lourds et les gelées de mai puis les orages de grêle en rajoutent une couche. Malgré tout on accorde l'aide médicale gratuite aux indigents et on consent à de lourds sacrifices pour l'école car il faut remplacer les tables vermoulues, réparer la toiture, acheter des cartes murales et un compendim métrique. Un pour les garçons d'abord, et un pour les filles l'année suivante. Une commission scolaire composée de quatre conseillers surveille l'assiduité des écoliers et rappelle à l'ordre les familles qui n'envoient pas les enfants à l'école. On comprend cependant que les épidémies de coqueluche et les travaux des champs à certaines périodes précises justifient les absences.
Bonne journée.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 25 mai 2008
Ils ont du avoir le même professeur de Rédaction,ceux-là !
Et que leur a-t-on fait lire à l'ecole ?
Ils font pitié,maintenant.
Ecrit par : la rédaction...... | 25 mai 2008
C'est vrai, au moins autant que vous... si, comme vous en donnez l'impression, la suppression des postes vous laisse indifférent(e) ou, pire, ironique.
La rédaction de qui au fait ?
Ecrit par : victor | 25 mai 2008
Un grand merci à Guy Morel et à Hervé (Réveillez-vous!) pour leurs posts salutaires.
Estamos tocando el fondo...
Ecrit par : victor | 25 mai 2008
@ Christophe et Jeremy
C'est pour ça que je me faisais toute petite :
"Un grand merci à Guy Morel et à Hervé (Réveillez-vous!) pour leurs posts salutaires.
Estamos tocando el fondo...
Ecrit par : victor | 25 mai 2008"
Ecrit par : catmano | 25 mai 2008
11 500 postes en moins !
Bientôt 20 heures pour les profs !
Toujours aussi peu d'heures de français !
Un calendrier de l'EAF complètement dément (que même le SNALC monte au créneau) !
Une "augmentation" des salaires qui frise le ridicule !
41 annuités pour la retraite !
La longueur démesurée des oreilles (et des dents) de l'âne libéral de service - et pas au sens des Lumières ...
Des chiffres ! Y'a que ça de vai !
Ecrit par : Hervé (réveillez-vous) | 24 mai 2008
Pour illustrer et renforcer ce que dit fort justement Hervé, je prends la liberté de reposter un message rédigé en fin de fil précédent ("redoublements") :
(...) deux lectures bien utiles à tous ceux qui débattent des problèmes d'éducation ("coût du doublement") et plus largement de société.
- La première est celle du "Rapport sur les aides publiques aux entreprises" de la très officielle "Commission d'audit de modernisation" (IGF, IGAS, IGA).
La synthèse tape fort :
"On peut estimer à près de 65 milliards d'euros l'ensemble des aides publiques aux entreprises, dont 90% sont financées par l'Etat (...). Ce total de 65 milliards d'E représente un peu plus que le total du budget de l'Education nationale (...). C'est aussi un chiffre supérieur au déficit public."
- Un second rapport, celui du Conseil des prélèvements obligatoires, présenté par Philippe Seguin, évalue le montant des fraudes fiscales dans une fourchette comprise entre 29 milliards et 40 milliards, soit entre 1,7% et 2,3% du PIB. "Et encore, selon le premier président de la Cour des comptes, c'est là une estimation basse"...
Dans ce contexte financier des cadeaux aux copains et aux coquins (100 milliards d'E, une paille!), la suppression de postes, l'allongement de la durée du travail et, de manière générale, les incantations de nos chers amis libéraux prennent une saveur toute particulière, une espèce de goût de fiel...
Les dimensions du gigantesque foutage de gueule politique qui en découle sont à réévaluer à la lumière de ces rapports soigneusement cachés par le gouvernement des avocats d'affaires, l'opposition ( le ralliement du PS au "libéralisme", un scoop !), la presse et les syndicats.
24 mai 2008
Ecrit par : victor | 25 mai 2008
Catmano, il n'empêche que j'ai lu attentivement et avec grand plaisir -comme toujours- vos posts sur la rédaction et le Dumas !
Ecrit par : victor | 25 mai 2008
Grâce à la ténacité de Guy Morel et Hervé , qui ne dort pas , le train est remis sur les rails de la lucidité !
Si Brighelli détient de bonnes nouvelles , qu'il les donne , cela nous dispenserait d'aller faire les clowns dans les manifs avec de vieilles banderoles peintes par l' option arts plastiques en voie de disparition !
Hervé , c'est 20 heures de cours ou bien cours + présence dans le lycée ???
EAF : on aura en effet très peu de temps pour corriger les copies tout en interrogeant à l'oral !
Ecrit par : Amélie | 25 mai 2008
JPB rappelait à juste titre le rôle d'Henri Guaino, le "préposé aux choses vagues", dans l'élection de Nicolas Sarkozy.
Peut-être conviendrait-il d'apprendre aux élèves à faire le tri entre les choses vagues et les choses précises, en d'autres termes, à distinguer la fonction fabulatrice.
Nancy Huston ("L'espèce fabulatrice") dit là dessus des choses fort intéressantes, même si elle ne sont pas neuves. Déjà Esope : "La langue est la meilleur et la pire des choses."
Au fait, cette augmentation de salaire, c'est de combien... précisément ?
Ecrit par : Robin | 25 mai 2008
Merci , Hervé , comme vous , je pense depuis longtemps que l'enseignement revu et corrigé , rêvé par tous ici , est incompatible avec la refonte des statuts !
C'est parce qu' on estime qu' on n'a plus besoin de profs pour enseigner , ni même d'enseignement qu'on lamine les statuts !
Trahison sur toute la ligne !
C'est la fin des dinosaures , on entre dans l'ère de glaciation des esprits !
Faut-il se résigner ou inventer d'autres moyens de lutte plus efficaces que les grèves et les manifs qui ne servent qu' à nous discréditer davantage dans l'opinion?? Quittes à être méprisés , autant oser des actions qui font (enfin ! ) peur !
Ecrit par : Amélie | 25 mai 2008
Merci à Hervé pour sa "dissection du processus". C'est effectivement mal parti, mais, comme dans les tragédies grecques, le mal vient de loin.
Ecrit par : Robin | 25 mai 2008
Faut-il se résigner ou inventer d'autres moyens de lutte plus efficaces que les grèves et les manifs qui ne servent qu' à nous discréditer davantage dans l'opinion?? Quittes à être méprisés , autant oser des actions qui font (enfin ! ) peur !
Ecrit par : Amélie | 25 mai 2008
Grève des examens ! Huit jours d'hystérie à supporter, la victoire ou la mort !
Ecrit par : victor | 25 mai 2008
Grève des examens ! Huit jours d'hystérie à supporter, la victoire ou la mort !
Ecrit par : victor | 25 mai 2008
Avec vous , Victor ! Mais il faut que tout le monde soit partant , et pour cela faire circuler l'info , organiser des opérations commandos , créer une association de résistants , rallier des adhésions par voie de presse , internet etc.. Voilà ce qu' il nous faudrait faire !
Ecrit par : Amélie | 25 mai 2008
"créer une association de résistants..."
où sera notre mur des fédérés ?
Ecrit par : dugong | 25 mai 2008
Grève des examens ! Huit jours d'hystérie à supporter, la victoire ou la mort !
Ecrit par : victor | 25 mai 2008
C'est sympa (bien que je ne sois pas persuadée que cela ne constituerait pas un précédent pour une admission dans le supérieur sur dossier), mais ça ne concerne que le secondaire...
En primaire, cela ne nous rendra :
- ni un recrutement se basant sur ce qu'un futur instituteur n'a pas le droit d'ignorer (orthographe, grammaire, littérature autre que "de jeunesse", techniques opératoires, histoire, géographie, sciences, musique, histoire de l'art),
- ni des inspecteurs décidés à jeter au feu leurs œillères et à juger des résultats des élèves de façon objective,
- ni des effectifs raisonnables dans les zones de précarité (dernièrement, j'ai lu sur un forum qu'une école de ZEP serait obligée de fonctionner avec des classes à double niveau de 28 à 32 élèves !)
- ni les vingt-sept heures de classe par semaine (au moins pour permettre à quasiment tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale, de passer trois heures de moins par semaine en tête à tête avec leur console de jeux, leur téléviseur ou MSN),
- ni une médecine scolaire et des services sociaux dignes de ce nom pour nous aider à "sauver" tous les petits non-rentables,
- ni des classes adaptées pour les quelques enfants qui ont besoin de plus pour s'en sortir dignement et que l'on intègre dans des classes "normales" sous prétexte d'égalité des chances.
Ecrit par : catmano | 25 mai 2008
J'ai vu pas mal d'instits se mettre à vouloir apprendre la flute à leurs élèves alors qu'ils ne savaient pas en jouer .Au bout de la cinquième séance du manuel ,généralement ils abandonnaient piteusement.
Ecrit par : bernard | 24 mai 2008
Sur ce sujet précis, mon cher Bernard, bien qu'il ne soit là que pour introduire votre propos, une petite remarque complémentaire:
C'est malheureusement vrai aussi pour beaucoup de professeurs de musique, notamment en collège, qui savent jouer de tel ou tel instrument (violon, piano...) mais pas de la flûte.
Heureusement pour eux, mais pas pour les élèves, la plupart du temps, les IPR de musique ne savent pas en jouer non plus.
Le problème est que ces derniers croient savoir en jouer : l'ignorance, c'est la force.
Ecrit par : Manu | 25 mai 2008
Vous plaisantez, hein ? Aucun prof sérieux ne se mettrait à apprendre un instrument juste parce que sous sa version plastique, ça ne coûte pas cher aux élèves — rassurez-moi… Sinon, Sibille, qu'est-ce que vous leur apprenez ?! Ils sont devenus fous ou quoi ? Il est écrit quelque part que les élèves doivent impérativement apprendre la flûte ? J'ai souvenir (en 6ème / 5ème, parce que je n'ai jamais entendu de musique en Primaire) d'un piano installé en salle de musique, un prof qui savait en jouer, et nous qui chantions — individuellement ou en chœur. C'est même dans ce contexte que j'ai véritablement découvert le blues…
JPB
Ecrit par : brighelli | 25 mai 2008
Heureusement pour eux, mais pas pour les élèves, la plupart du temps, les IPR de musique ne savent pas en jouer non plus.
Le problème est que ces derniers croient savoir en jouer : l'ignorance, c'est la force.
Ecrit par : Manu | 25 mai 2008
Ils ne savent pas jouer de la flûte, mais ils savent jouer du pipeau.
Ecrit par : Robin | 25 mai 2008
Et on connaît la chanson.
Plus sérieusement, il me semble que 99% des profs de musique en collège enseignent la flûte à leurs élèves.
Ca ne les dispense pas d'avoir un piano dans leur salle et d'enseigner le chant - je ne vois pas en quoi l'un empêcherait l'autre. Je ne vois pas non plus quel autre instrument ils pourraient enseigner (à part l'harmonica ?)
Ecrit par : Jeremy | 25 mai 2008
Je me permets cette parenthèse, pour vous signaler qu'on n'arrête pas le progrès, même en matière de miracles :
"Val Thomas, une femme originaire de Cleveland dans l'Ohio, a subi deux attaques cardiaques dans la nuit de samedi à dimanche dernier, puis n'a plus eu d'activité cérébrale pendant 17 heures, avant de finalement se réveiller. "Sa peau avait déjà commencé à durcir. La mort l'avait prise" a déclaré son fils Jim. Les docteurs débranchaient toutes les machines reliées à Val. Dix minutes plus tard, et alors que les médecins discutaient avec la famille en vue d'un possible don d'organes, Val s'est réveillée et a commencé à parler. Val Thomas et sa famille pensent sérieusement que Dieu est intervenu dans ce miracle: "je savais que Dieu avait un autre plan pour moi. Je ne sais pas encore ce dont il s'agit, mais je suis sûr qu'il me le dira" a déclaré la miraculée."
Ils sont forts, ces Américains. Lorsqu'il vient chez eux, Dieu ressuscite les morts. Bernadette Soubirous peut aller se rhabiller. S'ils nous dépassent même en matière de miracles, il ne va plus nous rester grand chose :-(
Ecrit par : Jeremy | 25 mai 2008
La fonction fabulatrice (suite) :
Ou comment on refait le monde avec des paroles pour rendre la réalité plus supportable, quitte à la rendre encore plus insupportable :
- Fabula : défense de la démocratie, du "libéralisme", lutte contre le terrorisme, réduction du danger de prolifération de l'armement nucléaire...
- Réalité : défense des intérêts matériels de la classe dirigeante américaine (pétrole, téchnologie de pointe, armement).
- Fabula : démocratisation de l'école, égalité des chances, l'élève au centre du système...
- Réalité : destruction de l'école républicaine. Vers une éducation à deux vitesses : une pour le peuple, une pour "l'élite"...
- Fabula : développement de la spiritualité ("le XXIème siècle sera religieux...")
- Réalité : retour aux fondamentalismes, endoctrinement des enfants américains dans les "summer camps", intégrisme musulman, juif, chrétien...
Vous pouvez continuer le "jeu" !
Ecrit par : Robin | 25 mai 2008
ls sont forts, ces Américains. Lorsqu'il vient chez eux, Dieu ressuscite les morts. Bernadette Soubirous peut aller se rhabiller. S'ils nous dépassent même en matière de miracles, il ne va plus nous rester grand chose :-(
Ecrit par : Jeremy | 25 mai 2008
Encore plus fort : Georges Bush n'a jamais eu d'activité cérébrale, mais ça ne l'empêche pas d'être président des Etats-Unis. God bless America !
Ecrit par : Robin | 25 mai 2008
Cher M. Brighelli,
Je ne suis pas sûr de comprendre la totalité de votre message, mais pour répondre à votre question, il n'est effectivement écrit nullle part que nous devons faire pratiquer la flûte à bec au collège. ce qui nous est imposé dans les programmes de1996 (encores valides), c'est la PRATIQUE INSTRUMENTALE (je ne peux souligner, alors j'utilise les majuscules).
Que ce soit de la flûte ou autre chose importe peu... mais il faut avouer que demander à chaque élève d'amener une harpe ou un violon semble un peu onéreux et plutôt compliqué. La flûte à bec, en dépit de la réputation peu flatteuse que lui a fait le célèbre sketch de Gad Elmaleh, présente l'avantage d'être peu chère, de tradition française (nous avons un gros répertoire la concernant à la Renaissance, notamment), facilement transportable (imaginons que l'on rajoute une harpe à la fameuse polémique du "poids des cartables" - je plaisante pour de bon cette fois-ci-) et enfin, lorsqu'elle est bien jouée, avec la technique appropriée (appellée "technique du coup de langue", inconnue de certains IPR), cela peut donner des résultats surprenants.
Le fait qu'elle soit en plastique ne joue pas forcément sur la qualité : si on veut une flûte top niveau, il faut bien sûr qu'elle soit en bois mais la réciproque n'est pas vraie. Certaines flûtes en bois sont fausses, ont un son tout pourri et ne sont justement pas autre chose qu'un bout de bois avec des trous.
Inversement, on trouve des flûtes tout à fait correctes en plastique pour une vingtaine/quinzaine d'euros.
De fait, 95 % des professeurs de musique en collège choisissent cet instrument.
Ecrit par : Manu | 25 mai 2008
Ils ne savent pas jouer de la flûte, mais ils savent jouer du pipeau.
Ecrit par : Robin | 25 mai 2008
Excellent, mon cher Robin !
Ecrit par : Manu | 25 mai 2008
Voilà bien vos circonvolutions si fréquentes ici une fois encore illustrées."
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
"Circonlocutions", yre, "circonlocutions"!
Ecrit par : Jean | 25 mai 2008
Avec Delanoe, toutes les maîtresses d'école auaront le titre de ludisticiennes. Elles seront appelées Ludivine par les apprenants et il y aura une photo du Dalaï Lama dans toutes les classes.
Vous en faites ce que vous voulez mais vous êtes prévenu.
Ecrit par : dugong | 25 mai 2008
Ludisticèèèène, ludisticièèène, est-ce que j'ai une gueule de ludisticièèène ?
Ecrit par : catmano | 25 mai 2008
AUx profs d'économie qui passeraient par là — et aux autres…
Vous avez dû recevoir un mail avec un attachement Power Point suggérant, pour faire pression sur les prix du carburant, de cesser d'acheter l'essence de Total et de Shell, afin que la déconvenue des uns, en leur faisant entamer une baisse des prix, profite aux autres.
1. Cela a-t-il un sens ?
2. Dans quelle mesure l'offensive susdite n'a-t-elle pas été lancée par des concurrents de deux susnommées ?
3. L'essence des supermarchés (près de 80% du marché) n'est-elle pas acquise par les chaînes auprès des grands groupes — ce qui rend l'opération sans intérêt ?
4. J'imagine un système où l'on ferait baisser le prix des pâtes en boycottant Panzani, et celui des capotes en girlcottant Durex…
Ecrit par : Abraxas | 25 mai 2008
Car, dans le fond, comment appliquer des programmes - certes meilleurs que les précédents, avec des nuances toutefois, parfois de taille dont la pire me paraît être l'absence d'implication, de concertation, de formation et de conviction des premiers concernés : les enseignants eux-mêmes - avec des orientations aussi néfastes : suppressions de postes de plus en plus massives, privatisation programmée, et j'en passe ... Cette "marchandisation" de l'école que dénonce aussi cette pétition de l'UFAL - http://ufal.info/petitions/?petition=4 - que Brighelli ne veut pas signer (parce qu'il a des informations, etc, etc ....)
écrit par Hervé
JPB , vous n'avez jamais dit un mot sur la mise à mort programmée du métier de prof par la refonte des statuts , qui rend vain et obsolète tout ce qui se dit ici d'intéressant sur l'enseignement frontal , lire , écrire , compter , et idem pour les nouveaux programmes qui ne sont , dans ces conditions que de la poudre aux yeux !
Qu' avez-vous à en dire , maintenant qu'on sait qu'en fait d'enseignement frontal , les élèves auront en face d'eux un ordinateur , pour le" tout TPE ", testé depuis quelques années dans ce but !
Alors , adieu , veau , vache , cochon , couvée !
Nous sommes tous concernés , par delà les divergences politiques car c'est un métier qu'on assassine et il faut se battre , unis , car la garde meurt mais ne se rend pas !
Plutôt la mort que la souillure !
Salut et fraternité !
Ecrit par : Amélie | 25 mai 2008
Le blog est en grève , on dirait ??
Ecrit par : Amélie | 25 mai 2008
Le blog est en grève , on dirait ??
Ecrit par : Amélie | 25 mai 2008
Il doit faire beau, chez eux, alors ils sont allés se promener, les veinards.
Ecrit par : catmano | 25 mai 2008
Ou alors, ils sont scotchés devant Roland Garros.
Ou bien, ils attendent avec impatience les résultats de Cannes.
Ecrit par : catmano | 25 mai 2008
Amélie
"JPB , vous n'avez jamais dit un mot sur la mise à mort programmée du métier de prof par la refonte des statuts , qui rend vain et obsolète tout ce qui se dit ici d'intéressant sur l'enseignement frontal , lire , écrire , compter , et idem pour les nouveaux programmes qui ne sont , dans ces conditions que de la poudre aux yeux !
Qu' avez-vous à en dire , maintenant qu'on sait qu'en fait d'enseignement frontal , les élèves auront en face d'eux un ordinateur , pour le" tout TPE ", testé depuis quelques années dans ce but !
Alors , adieu , veau , vache , cochon , couvée !
Nous sommes tous concernés , par delà les divergences politiques car c'est un métier qu'on assassine et il faut se battre , unis , car la garde meurt mais ne se rend pas !"
Vous avez, je crois, parfaitement raison, dans le diagnostic comme dans l’attitude à prendre à partir de celui-ci.
Dugong :
"Avec Delanoe, toutes les maîtresses d'école auaront le titre de ludisticiennes. Elles seront appelées Ludivine par les apprenants et il y aura une photo du Dalaï Lama dans toutes les classes."
Qu'est-ce qui vous permet de l'assurer ?
Ecrit par : Pli | 25 mai 2008
Voilà bien vos circonvolutions si fréquentes ici une fois encore illustrées."
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
"Circonlocutions", yre, "circonlocutions"!
Ecrit par : Jean | 25 mai 2008
Gare aux paronymes !
"Ce qui manque ici, disait le directeur du Grand Hôtel de Balbec, ce serait un moyen de commotion."
"Je suis d'ailleurs d'originalité roumaine."
"Vous mériteriez la cravache de commandeur de la Légion d'Honneur."
"Je suis comme vous, je suis frivole de fruit que de tout autre dessert."
(Marcel Proust, "A l'ombre des jeunes filles en fleurs.")
Ecrit par : Robin | 25 mai 2008
"A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis."
(je crois que c'est de Martin Luther King)
Et, au point où nous en sommes, j'imagine déjà la réponse (silencieuse), quelque chose comme : "Je ne parle pas aux cons, ça les instruit"
Le con vous salue bien.
M'en vais cultiver mon jardin ...
Ecrit par : Hervé (réveillez-vous) | 25 mai 2008
"Qu'est-ce qui vous permet de l'assurer ?"
Rien encore. C'était juste une connerie sur Delanoe que je n'aime pas. Attendons néanmoins que le staff pédagol du PS parle par sa bouche dans un cadre forcément moins parisien.
Ceci dit, je ne demande qu'à être étonné.
Ecrit par : dugong | 25 mai 2008
Pour ne plus faire comme le directeur du Grand Hôtel de Balbec :
http://membres.lycos.fr/clo7/grammaire/paronymes.htm
Ecrit par : Robin | 25 mai 2008
Un mien ami, décidé à faire un livre (pour octobre) sur le PS — lui aussi en quête de gauche (ne cherchez pas, ce n'est pas Mélenchon, qui a déjà donné) —, titrera son premier chapitre "tirer la chasse" — et y fera disparaître au pays des étrons Jospin, Delanoe, Royal, Hollande, Valls et quelques autres. J'aimerais bien savoir qui trouverait aujourd'hui des arguments pour sauver toute cette social-démocratie de gauche, si manifestement inspirée par le parti démocrate américain que l'atlantisme du président ne la choque guère. Et toute pénétrée, par ailleurs, des doctrines pédagogistes…
Ecrit par : Abraxas | 25 mai 2008
Qu'est-ce qui vous permet de l'assurer ?
Ecrit par : Pli | 25 mai 2008
Eh ben dites-donc, ça rigole pas !
Ecrit par : Robin | 25 mai 2008
http://www.leparisien.fr/home/loisirs/articles/ENTRE-LES-MURS-SALUE-PAR-LES-FESTIVALIERS_298522863 :
Hélas le film de Laurent Cantet (qu'on a connu mieux inspiré ...), tourné dans la classe du redoutable François Bégaudeau va contribuer à prolonger l'âge des ténèbres !
Pour se consoler : Zémmour sur France 2 (émission tardive le samedi soir) prenant fermement à parti Allègre, à propos de son action funeste sous le ministère de Jospin : le poussah omniscient, piteux, s'en est sorti en rétorquant que ce n'est pas lui qui a créé les iufm.
Ecrit par : JPL | 25 mai 2008
"Voilà bien vos circonvolutions si fréquentes ici une fois encore illustrées."
Ecrit par : yre | 24 mai 2008
"Circonlocutions", yre, "circonlocutions"!"
Ecrit par : Jean | 25 mai 2008
Là, Jean, je vais prendre la défense de "yre"! On peut parfaitement employer le mot "circonvolutions" dans le sens où il a voulu le faire!
Concernant la flûte à bec, une, c'est déjà faux quand on en joue mal, alors trente élèves qui en joue ensemble mal, et donc faux, qui plus est "différemment faux", c'est un des meilleurs remèdes possibles contre la musique!
Jean-Paul, la seule pratique musicale qui puisse donner des résultats artistiques défendables avec des amateurs non éclairés est le chant choral, (je ne parle pas de chant lyrique; la plupart des professeurs de musique le maîtrisent encore moins qu'ils le font de la flûte à bec, et moi le premier).
Pour peu qu'ils n'essaient pas de faire preuve d'une démagogie outrancière en choisissant de faire chanter Goldmann ou Bruel, (voire encore pire).
Il y a souvent des pépites dans les réalisations faites en collège ou au primaire.
J'ai entendu, la semaine dernière, le "cycle 3" d'une école élémentaire chanter toute une partie consacrée à Nougaro; "le coq et la pendule", "Sing-sing", Armstrong", "Cécile, ma fille", entre autres, avec une bande son "audio" qui sonnait très bien. A une voix, mais très en place. Ce n'était vraiment pas mal.
Ecrit par : Christophe Sibille | 25 mai 2008
Abraxas : "Vous avez dû recevoir un mail suggérant de cesser d'acheter l'essence de Total et de Shell"
Voici les réponses aux interrogations d'Abraxas :
1. Cela a-t-il un sens ? Non
2. Dans quelle mesure l'offensive susdite n'a-t-elle pas été lancée par des concurrents de deux susnommées ?
Plutôt par quelques rigolos en quête de gloire. Même Leclerc n'aurait pas osé une telle initiative.
3. L'essence des supermarchés n'est-elle pas acquise auprès des grands groupes ?
Eh si. Il faut bien que le pétrole aille d'Arabie Saoudite jusqu'au Carrefour de Chamalières.
4. J'imagine un système où l'on ferait baisser le prix des pâtes en boycottant Panzani, et celui des capotes en girlcottant Durex…
Tou



