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21 février 2008
Réforme Darcos
« Je n’entends pas lancer une énième réforme qui porterait mon nom… plutôt procéder par touches successives, nettoyer les programmes, les améliorer au mieux, laisser aux enseignants toute liberté pédagogique, mais en fixant des objectifs clairs… »
Ainsi parlait X. Darcos en juillet dernier. Et voici que nous atteignons pourtant l’inacceptable, à en croire le SNUipp-FSU. Voici des propositions ministérielles carrément scandaleuses- à rebours « d’une école qui innove, qui donne le goût de vie, qui est gaie et qui épanouit ». Ainsi parle ce syndicat si bien connu désormais pour son activisme réactionnaire. Nul doute que les Cahiers Pédagogiques abonderont dans son sens. Déjà Philippe Watrelot, dès hier émettait les plus fortes réserves. Pauvre chou dépassé par la réalité…
Mesurons bien le scandale : Darcos voudrait donc que l’école primaire apprenne à lire, écrire et compter – et à maîtriser les dates-phares, les grands personnages, et les œuvres plastiques majeures de l’Histoire de France. Comment ? Rien sur les masques nègres de la porte de Clignancourt ? Plus de « découverte de l’environnement », de rubrique « koa 2 neuf », d’éducation à la diététique et de « production d’écrits » ? Non : des dictées et des rédactions, du calcul mental, de la mémorisation. De surcroît, un peu plus de sport – il faut bien que testostérone passe…
Insupportable prétention. Le ministre affirme même que, tout en laissant les instituteurs libres de leur pédagogie, il conviendra d’enseigner le code alphabétique aux enfants, parce-que le sens vient de la maîtrise du code, et non de l’Observation Réfléchie de la Langue , superbe périphrase inventée par les Pédarogues[1] pour désigner la vacuité grammaticale. Il prétend diviser par trois le taux d’échec en Primaire – qui actuellement se mesure en 6°, chacun repassant aux autres la patate chaude de la dysorthographie, de la dyscalculie, et toutes les dyslexies provoquées par l’idéo-visuel Foucambert et autres billevesées si fort en vogue dans les IUFM. A terme, diviser aussi par trois ces 160 000 collégiens qui sortent de 3° sans rien dans les mains, ni dans la tête – parés pour se faire dévorer tous crus. Scandale vous dis-je… ou inconscience : l’horaire de Français passera à 8 h en CP-CE1, à 10h les trois années suivantes – parce-qu’il n’est pas de maîtrise possible sans une imprégnation en profondeur. Horreur finale : ce n’est pas en pensant aux NAP (Neuilly-Auteuil-Passy) que le ministre a concocté ces abominations, mais en souhaitant qu’Aulnay-sous-Bois, les quartiers nord de Marseille ou la banlieue de Lille maîtrisent enfin la langue française. Comment ? Un homme de droite, un « réac » fier de l’être (il s’en vante lui-même dans le Figaro du 21 février) se soucie davantage des banlieues que toutes les belles consciences bêlantes – cette gauche à bobos qui a trahi la Gauche. La ligne de partage des eaux n’est peut-être pas si claire que cela. Ou, si l’on préfère, l’Ecole n’est pas le champ clos des idéologies mais la maison commune de tous les citoyens.
Si vous ajoutez à ce sombre tableau que le ministre recommande l’apprentissage de la politesse, du respect, et l’emploi du vouvoiement… on comprend mieux la réaction outrée du SNUipp : « des programmes qui sentent la blouse grise et le bonnet d’âne… »
Plût au ciel ! Tel ou tel syndicat se plaint de ne pas avoir été consulté ? Mais Darcos a préféré demander leur avis et leurs suggestions à des personnes compétentes ! Il s’en trouve, il s’en trouve même qui sont ni au SGEN, ni à la FSU –encore que je pense très fort que nombre de syndiqués ne se reconnaissent pas dans les positions inutilement réactionnaires de tel ou tel lider maximo, ou que tel ou tel parent n’approuve pas toutes les ratiocinations de la FCPE. Si ce blog a une quelconque utilité, c’est de faire avancer la cause de la « maison commune » - la cause du peuple. Je n’ai pas ménagé mes critiques à telle ou telle initiative malheureuse ou inutile –celles propulsées par exemple par l’inénarrable Emmanuelle Mignon, phare de la conscience élyséenne, qui après avoir suggéré l’attribution à chaque élève de CM2 de la mémoire d’un enfant juif disparu dans les camps de la mort, vient de dédouaner les sectes. Celles et ceux qui ont voté pour Sarkozy, ou contre Royal, ne l’ont pas fait dans l’espoir que la Bêtise s’installerait dans l’entourage du président.
Un dernier point. Retour au « par cœur », retour de la rédaction, couplage du lire et de l’écrire dès le CP, insistance sur les fondamentaux, restauration de la chronologie en histoire, liberté pédagogique pour les maîtres, et inspection basée sur les résultats – tout en tenant compte du niveau de départ des élèves, du « coefficient social » de l’établissement… J’ai cru lire la table des matières de « Fin de récré », un ouvrage dont je connais assez bien l’auteur et dont je parlerai plus à loisir quand il sortira – dans deux semaines, aux éditions Gawsewitch. Une bonne centaine de propositions pour refonder l’Ecole – y compris certaines que le ministre n’oserait pas même articuler tout bas mais auxquelles il pense en catimini – en se rasant. Comme quoi les bonnes idées sont dans l’air, il suffit de les attraper…
Jean-Paul Brighelli.
[1] Je ne m’attribue pas les plumes d’autrui : j’ai trouvé le terme dans « Attention mots valises », Points Seuil - une pure délectation.
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Commentaires
Eh bien, souhaitons longue vie au ministère de M. Darcos. La tâche de reconstruction est immense, l'inertie du système colossale, les poseurs de bâtons dans les roues nombreux. L'école primaire est un premier stade, le chantier du secondaire reste à ouvrir.
Puissions-nous vivre assez longtemps pour voir la dégringolade enfin s'inverser !
Ecrit par : Moot | 21 février 2008
J'ai tout lu ce matin tout en surveillant ma petite fille de 9 mois. Pourvu que ça dure jusqu'à son entrée à l'école et que ça y soit réellement appliqué !
Ecrit par : catmano | 21 février 2008
Plusieurs craintes cependant :
1) les Municipales approchent et il faut que les libéraux donnent quelques gages à la "fraction incohérente de la droite"
2) La liberté pédagogique, concept flou, peut laisser toute initiative aux pédagogistes
3) Les évaluations de CM2 sont la reprise de celles du CE2 des années passées tandis que les évaluations de 6° disparaissent : le "niveau" va monter très vite...
4) Plus de sport, plus d'enseignement artistique, moins d'heures d'école et plus d'élèves : c'est-quand-qu'on-fait-quoi ?
Ecrit par : Victor | 21 février 2008
...saperlipopette !
Ecrit par : Victor | 21 février 2008
Magnifiquement dit, Jean-Paul!
C'est excatement pour cela que j'ai voté pour Sarkozy, et que je n'arrête pas de me féliciter de ce choix. Car qu'y avait-il en face? - La Bêtise (à front de taureau ou pas).
Ecrit par : Jean | 21 février 2008
Je n'ai absolument rien à redire sur tout ce qui a été dit par Jean-Paul.
Deux points malgré tout :
- je comprends bien la délectation que peuvent ressentir certains, mais il convient peut-être d'éviter un triomphalisme, disons trop écrasant. Je trouve que de ce point de vue le ministre s'en sort plutôt bien. Je pense qu'il faut absolument éviter l'humiliation du "camp d'en face", qui pourrait engendrer un affrontement brutal, auquel personne n'aurait intérêt, d'autant que les sujets de mécontentement ne manquent pas par ailleurs.
- c'est d'ailleurs mon deuxième point : Jean-Paul a beaucoup argumenté ces derniers mois en disant que la réponse aux problèmes ne pouvait pas être uniquement quantitative, néanmoins, dans beaucoup d'établissements, on supprime des postes, en comptant d'hypothétiques heures supplémentaires pour compenser, par ailleurs, on fait passer le bac pro en 3 ans et on reverse les PLP en collège... Tout autant de mesures budgétaires que l'on justifie par le fait que les caisses sont vides, et qui sont certainement imposées à Xavier Darcos, mais qui laissent malgré tout un sentiment amer et parfois une impression de double discours.
Ecrit par : Pat | 21 février 2008
Dommage je viens de prendre ma retraite, encore un petit retour en arrière et nous serons sur la bonne voie, la revalorisation du travail scolaire et surtout celui fait à la maison est une nécessité absolue, ça doit payer de bosser, pourquoi pas le classement par ordre de mérite, la redistribution des prix en fin d'année, l'attribution massive de bourses au mérite en remplacement des allocs, pourquoi pas un pré salaire aux bons étudiants en fonction des résultats et des filières suivies, bref que du réac délicieux!!!!!
Ecrit par : piot | 21 février 2008
Je pense qu'il faut absolument éviter l'humiliation du "camp d'en face", qui pourrait engendrer un affrontement brutal, auquel personne n'aurait intérêt, d'autant que les sujets de mécontentement ne manquent pas par ailleurs.
Ecrit par : Pat | 21 février 2008
C'est vrai, mais sur la question de l'école, ceux du "camp d'en face" trépignent déjà d'impatience d'en découdre. Ils n'ont que l'injure à opposer aux arguments fondés sur des faits qui leur déplaisent. Voyez Frackowiack: un symbole!
Ecrit par : Jean | 21 février 2008
Je ne parlais pas tant des états-majors que des instits eux-mêmes.
Ecrit par : Pat | 21 février 2008
Pour info, ce soir, jeudi 21 février 2008 :
à France Inter, (vers 19 h 30) au Téléphonne sonne : les nouveaux programmes (essentiellement au primaire) annoncés par le Ministre hier.
Invités : Gilles Moindrot, Syndicaliste - M. PERRET , Inspecteur Général
Anne-Marie.
et Michel BUTTET, Président de Sauver les Lettres;
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 21 février 2008
Tout de suite Yves Calvi la cinq
A.M.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 21 février 2008
Je suis professeur de lettres en collège depuis 25 ans déjà ... Issue d'une famille pauvre ( sortez vos mouchoirs, ça se fait en Sarkozie), une de ces familles pour lesquelles, comme me l'a dit un jour un principal délicat et éclairé " l'accès à la fonction publique est la consécration suprême" ...Or je suis devenue enseignante à cause de mon institutrice du CP, une "vieille" de 25 ans qui nous traitait avec le mépris consacré de la science pour l'ignorance ... nous étions coupables de ne pas savoir ce qu'elle devait nous enseigner, nous étions stupides de ne pas deviner ce qu'elle ne savait pas nous montrer, elle envoyait volontiers valser les cahiers sous le tableau lorsque les exercices n'étaient pas réussis... Plus tard en 1967, quand j'étais en 6° l'enseignante qui assurait le français et l'anglais nous traitait régulièrement de bande de crétins ... Cette école-là dans ma petite province pauvre n'avait pas de BCD ni de CDI, elle se souciait fort peu des élèves et encore moins de leurs familles, cette école-là ne m'a rien appris sur moi-même ni sur les relations avec les autres, rien appris sur le monde, cette école-là m'a fait gratter de la copie, de la rédaction, des exercices de math, elle m'a demandé des cartes de géographie à main levée et pas fait entendre une seule note de musique, elle ne m'a rien proposé qui eût d'autre sens que celui d'exécuter des tâches répétitives sans "pratique raisonnée"... Mais cela eût été sans doute bien inutile puisque l'école avait a priori du sens pour les enfants dont les parents n'avaient pu étudier ... De ma classe de 30 élèves en 6°, 5 ont eu le bac ... Les autres ? Ailleurs ... Orientés vite fait ... Ils n'avaient qu'à comprendre!!!
J'ai payé la facture en classe préparatoire, au contact de jeunes gens et de jeunes filles issus de milieux sociaux favorisés et initiés à des quantités de choses et de codes que j'ignorais ... L'essentiel de ce qui est nécessaire pour réussir dans notre société ne s'apprend pas par des exercices systématiques, la conscience de soi ne se construit pas avec des leçons de morale! Aujourd'hui le sens de l'école mais surtout le sens du monde est sans cesse à construire et à faire construire et nous avons à préparer des enfants à être créatifs pour survivre sur une planète bien amochée ...
Les enfants ne sont pas des maisons préfabriquées dans lesquelles installer confortablement Sa Majesté le Savoir ... Les enfants résistent au savoir, ils nous le renvoient dans la figure parce que c'est bien souvent leur seul moyen d'expression, parce que les adultes qui les entourent sont fragiles et fragilisés ... Il y a bien un problème avec l'orthographe ... il y a bien un problème avec le vocabulaire... il y a bien un problème avec TF1... il y a bien un problème avec l'univers des jeux video qui passionnent les adolescents autant que pouvaient passionner autrefois les livres ou ... la chasse aux nids d'oiseaux ! Mais ces problèmes ne se résoudront pas à coups d'exercices systématiques ... Depuis quand apprend-on la langue en faisant des exercices de grammaire ? ( consultez les spécialistes de FLE, affreux constructivistes s'il en fut ... )
En faisant des exercices de grammaire on apprend juste à faire ... des exercices de grammaire. La pratique raisonnée de la langue est précisément un moyen de faire connaître la complexité du français et la formidable richesse de cet outil qui échappe à la mise en coupe réglée des manuels de grammaire (consultez l'ouvrage d'un dangereux grammairien belge nommé Marc Wilmet qui analyse dans sa Grammaire critique du français, les limites de l'étiquetage traditionnel). On se prend encore et toujours à espérer d'un ministre de l'éducation qu'il parle des livres, de la lecture encore et toujours, de l'apprivoisement de tous les codes ... de toute cette culture qui est naturellement transmise dans les familles qui possèdent des livres, qui emmènent leurs enfants au théätre et au cinéma, en vacances etc.
L'école qui se redessine aujourd'hui est le fantôme de l'école de pauvre que j'ai connue, ( j'ai tout à coup l'impression d'avoir cent ans !) elle agite la menace du collier que l'on serre un peu plus fort pour que le chien se tienne tranquille. Nulle part je ne vois ni n'entends l'ambition de former des hommes libres ... or nous étions en train d'arriver au but ... oui nos élèves ont souvent une mauvaise orthographe, oui ils sont souvent limités dans leur expression par un vocabulaire manichéen ( on leur a volé tant d'heures de français au collège ces dernières années, avec les horaires planchers à 4h30 en 5° et 4h en 4° ... à un âge où précisément ils ont besoin de mots pour leurs maux ... merci M. de R...) MAIS ils sont des personnes, ils sont capables d'être de véritables interlocuteurs et pas des cerveaux sur lesquels poser un entonnoir, ils ont des idées, une culture restreinte à nos yeux mais que nous ne pouvons ignorer ... Ils ont une relation au monde différente de celle des adultes et l'évolution est de plus en plus rapide. Cette crispation sur les " bonnes vieilles recettes" ne serait-elle pas le réflexe delétère d'une génération d'adultes qui n'assument pas leurs échecs, leur incapacité créative, qui s'en remettent un peu facilement à de dociles statistiques, à l'énarchie jargonnante ... Depuis que notre prophète national a déclaré que Dieu est dans le coeur de tout homme il n'y a plus qu'à attendre les miracles dont IL voudra bien nous gratifier pour remédier aux désastres sociaux qui accablent un grand nombre de personnes! Assurément le million d'enfants français qui vivent dans la misère trouvera son compte d'éducation dans la différenciation entre l'adjectif qualificatif épithète et l'adjectif qualificatif attribut ... Assurément ces enfants-là s'en sortiront mieux après une leçon de morale bien administrée qui leur aura rappelé fort opportunément que toute personne est respectable et qu'il faut traiter son prochain avec délicatesse. Assurément des enfants-là pourront s'intégrer socialement après l'adoption d'un enfant juif assassiné à Auschwitz. Comment ne pas voir l'immonde tartufferie de ces pseudo réformes? Quelle dangereuse ignorance du principe de réalité qui commande aux responsables de l'éducation d'admettre que toute démarche aboutie pédagogique est à reconsidérer, à revoir, à réviser parce que dès lors qu'elle est opérationnelle elle s'avère caduque pour la génération qui arrive !!! Quel manque d'ambition sous couvert d'assurer les fondamentaux !!! Reste à espérer ( l'espérance est une vertu théologale ) que les enseignants seront plus généreux que leur hiérarchie ! et qu'ils continueront à inventer au quotidien les solutions aux problèmes que posent sans cesse les apprentissages dès lors qu'on les aborde avec un souci de probité ... et non dans la pensée magique des temps révolus et heureux qui n'ont jamais existé où l'école fabriquait des jeunes gens au mieux, timorés, au pire, écoeurés ...
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
Et pour ceux qui seraient tenter d'assimiler la "révolution culturelle" du ministre à la "révolution nationale" du sinistre maréchal, deux citations:
"Il y avait à la base de notre système éducatif une illusion profonde : c’était de croire qu’il suffisait d’instruire les esprits pour former les cœurs et pour tremper les caractères … La formation d’une jeunesse sportive répond à une partie de ce problème. " (le maréchal Pétain. Juin 1940)
Des dictées et des rédactions, du calcul mental, de la mémorisation. De surcroît, un peu plus de sport – il faut bien que testostérone passe…
Jean Paul Brighelli (Février 2008)
Comme on voit les priorités sont inversées. En 40 la formation sportive (9 heures de sport par semaine) était censée obvier aux carrences de la seule instruction des esprits. Aujourd'hui, c'est le dressage des esprits qui est conçu pour former et tremper le caractère, le sport servant de soupape.
Ecrit par : marigot | 21 février 2008
J'ai voté Sarkozy pour ça.
Je suis comblé .
Ca me donnerait envie de retourner faire la classe.
Ecrit par : bernard | 21 février 2008
Nulle part je ne vois ni n'entends l'ambition de former des hommes libres ... or nous étions en train d'arriver au but ... oui nos élèves ont souvent une mauvaise orthographe, (...) MAIS ils sont des personnes, ils sont capables d'être de véritables interlocuteurs
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
Une chose est sûre: l'école d'aujourd'hui forme peut-être des "hommes libres" (de faire quoi?) mais elle limite beaucoup plus les perspectives d'ascension sociale que celle des années 60 (exemple: le % d'élèves issus de familles pauvres dans les GE). Et cela, c'est une donnée mesurable.
Quant à affirmer que :
- les élèves d'aujourd'hui sont plus "libres" que ceux d'hier, ou plus créatifs;
- "l'école fabriquait des jeunes gens au mieux, timorés, au pire, écoeurés ..."
on aimerait avoir quelques exemples précis, un peu argumentés... la génération qui a "fait" 68 n'était-elle pas issue de cette école d'oppresseurs de la jeunesse? peut-on vraiment la qualifier de "timorée"? Et que dire de la génération issue de l'école des années 80-90? Quelles brillantes productions a-t-elle à son actif?
Bref, on est ici dans la pure pétition de principe. Pour paraphraser une expression favorite des pédagos, je dirais volontiers que les "temps révolus et heureux qui n'ont jamais existé" sont justement ceux de cette école soit-disant émancipatrice, productrice en masse d'artistes, de chercheurs ou de révolutionnaires, qui aurait été issue du foucambertisme, de l'"élève au centre du système" et de la "recherche-action". Les nostalgiques ne sont pas ceux que l'on croit...
JD
Ecrit par : Jesse Darvas | 21 février 2008
"Plus de « découverte de l’environnement », de rubrique « koa 2 neuf », d’éducation à la diététique et de « production d’écrits » ? Non : des dictées et des rédactions, du calcul mental, de la mémorisation.
Jean-Paul Brighelli."
Je nuancerais un tout petit peu:
- le "quoi de neuf?", contre lequel JPB a manifestement une dent, ne me choque pas tant que cela. 2 fois par semaine, 3 élèves font une présentation sur le sujet de leur choix d'environ 3 minutes chacun. Ils s'inscrivent à l'avance. Ils s'entraînent ainsi à prendre la parole en public et à structurer un exposé (c'est l'expérience de mon fils qui adore ça). Le temps "perdu" est minime.
- la distinction entre "production d'écrits" et "rédaction" est trop subtile pour moi... hormis l'élégance dans l'expression, ce qui n'est pas rien (un écrit, ce n'est pas du yaourt...)
JD
Ecrit par : Jesse Darvas | 21 février 2008
"Issue d'une famille pauvre ( ...) Or je suis devenue enseignante à cause de mon institutrice du CP, une "vieille" de 25 ans qui nous traitait avec le mépris consacré de la science pour l'ignorance (...) J'ai payé la facture en classe préparatoire"
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
C'est curieux car votre prise de position catastrophiste est contredite par votre parcours scolaire et social : pauvreté, réussite scolaire (admission en classe prépa) dans l'école la plus traditionnaliste qui se puisse imaginer et statut social "supérieur".
Dans votre cas les "bonnes vieilles recettes" n'ont pas si mal marché ? Et vous voudriez nous en priver ?
Ecrit par : Victor | 21 février 2008
cette école-là ne m'a rien appris sur moi-même ni sur les relations avec les autres, rien appris sur le monde,
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
Ouais, c'est ben vrai, ça.
D'ailleurs, à 46 balais, je ne sais toujours pas fabriquer un cocktail Molotov, et je ne saurai pas où mettre l'allumette pour foutre le feu à une voiture à coup sûr.
Mais cette école m'a appris à parler, à raisonner, à réfléchir et à avoir la volonté d'apprendre malgré l'effort que cela demande.
C'est déjà pas mal.
Ecrit par : yann | 21 février 2008
Nulle part je ne vois ni n'entends l'ambition de former des hommes libres ... or nous étions en train d'arriver au but ...
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
Sans commentaires. Hallucinant.
Ecrit par : yann | 21 février 2008
Nulle part je ne vois ni n'entends l'ambition de former des hommes libres ... or nous étions en train d'arriver au but ...
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
Pourquoi la relecture de cette phrase fascinante provoque-t-elle en mon esprit un télescopage surnaturel avec l'actualité sur la scientologie ?
Pourquoi provoque-t-elle irrésistiblement en moi l'envie d'un trip au LSD ?
Pourquoi n'y a-t-il pas rien ?
Ecrit par : yann | 21 février 2008
Expérience pour expérience, la mienne contredit celle de Françoise Bailly. Je suis issue d'un milieu modeste, et la première, dans ma famille, à avoir fait des études secondaires. Je dois énormément à cette école paraît-il oppressive et productrice d'esprits timorés. J'ai le souvenir que la discipline y était effectivement sévère, mais j'y ai acquis les bases d'une culture qui a aiguisé mon esprit critique
et ma curiosité. Je me rappelle avec quelle jubilation, en terminale, je me suis précipitée sur les oeuvres complètes de Diderot que j'avais découvert l'année précédente grâce aux extraits du Lagarde et Michard. Je ne crois pas que beaucoup d"élèves au centre du système" aient connu semblable révélation.
Ecrit par : Sylvie Huguet | 21 février 2008
"nous étions en train d'arriver au but"dit F. Bailly!
Blagueuse va!
Ecrit par : Philippe | 21 février 2008
Pour en rajouter une couche :
"Depuis quand apprend-on la langue en faisant des exercices de grammaire ? ( consultez les spécialistes de FLE, affreux constructivistes s'il en fut ... )
En faisant des exercices de grammaire on apprend juste à faire ... des exercices de grammaire. La pratique raisonnée de la langue est précisément un moyen de faire connaître la complexité du français et la formidable richesse de cet outil "
Allez, Eveline, on t'a reconnue !
Ecrit par : Victor | 21 février 2008
« MAIS ILS SONT DES PERSONNES, ILS SONT CAPABLES D'ETRE DE VERITABLES INTERLOCUTEURS » : COMMENT ? AVEC QUEL VOCABULAIRE ?
, ILS ONT DES IDEES, UNE CULTURE RESTREINTE A NOS YEUX MAIS QUE NOUS NE POUVONS IGNORER ... » BIEN, BIEN… « UNE » CULTURE PAS « LA » CULTURE
Yann a raison…hallucinant
Ecrit par : b. | 21 février 2008
Vous avez tout compris, Françoise Bailly!
On dirait du Meirieu!
Il y a quand même quelques petites choses qui me chiffonnent. Vous dites que vous êtes devenue professeur de français à cause d'une institutrice spécialement infecte. "A cause de " ou "grâce à "?
Cette école, que vous accablez, a quand même fait de vous un professeur, ce qui n'est pas un métier forcément plus minable qu'un autre.
Vouis dites que cinq de vos camarades de 6ème ont eu leur bac.
C'était avant, je suppose, la multiplication des bacs à l'infini qui permet à pratiquement tout le monde de devenir bachelier - avec le niveau de culture générale que l'on sait et que les employeurs apprécient à sa juste valeur. Et puis, vos camarades qui n'ont pas eu leur bac ont-ils raté leur vie pour autant? J'enseigne dans un collège en zone rurale et vous seriez étonnée devant la proportion d'élèves de 3ème qui n'ont pas du tout envie d'entrer en seconde et de faire des études longues: leur impatience, c'est d'entrer dans la vie active. Alors pourquoi pas?
Je suis un peu étonné aussi de vous voir vous plaindre de l'indigence culturelle dans laquelle votre lycée vous aurait laissée croupir, au point que vous êtes arrivée, dites-vous, en classe préparatoire, à peu près universellement inculte. Mais, pour autant que je m'en souvienne, le lycée a toujours proposé des cours de dessin et de musique, et même de travail manuel. Et puis, la fonction du lycée est de poser les bases de connaissances solides sur lesquelles chacun va être en mesure d'édifier et de compléter sa propre culture. A partir de l'enseignement dispensé au lycée, qu'est-ce qui vous empêchait d'élargir votre horizon?
J'observe d'ailleurs que vous êtes, toujours grâce à ce lycée, entrée en classe préparatoire, ce qui est la preuve de son efficacité.
Vous vous êtes trouvée en prépa comme une "demeurée", dites-vous, entourée de "privilégiés de la naissance"? D'abord qu'en savez-vous? Et d'autre part, qu'est-ce qui vous empêchait de vous adapter vite fait? La vie intellectuelle foisonnante d'une classe préparatoire relativise, il me semble, les différences sociales.
Vous évoquez de prétendus "problèmes que posent sans arrêt les apprentissages". Arrêtez donc de prendre les élèves pour des idiots! Les élèves comprennent, comme c'est normal, ce qui leur est expliqué clairement et avec méthode. Pour sûr, si vous les noyez dans un fatras incohérent comme c'est le cas avec la "séquence didactique", vous aurez créé vous-même ces infinis "problèmes que posent les apprentissages" et il faudra recruter des bataillons de chercheurs en pédagogie pour essayer de résoudre les problèmes artificiellement créés par ... les chercheurs en pédagogie. N'est-ce pas la fonction des IUFM de guérir les maux engendrés par la création des IUFM?
Ecrit par : Jean | 21 février 2008
« EN FAISANT DES EXERCICES DE GRAMMAIRE ON APPREND JUSTE A FAIRE ... DES EXERCICES DE GRAMMAIRE. «
QUAND ON FAIT DE LA COURSE A PIED ON APPREND JUSTE A FAIRE…DE LA COURSE A PIED
Ecrit par : b. | 21 février 2008
"Spécial dédicace à Françoise Bailly" après mon incursion quotidienne sur le blog de Mme Charmeux ("l'amie scolaire" : si, si, ça s'appelle comme ça -et avant que quelqu'un d'autre me le pique : "mamie scolaire" conviendrait mieux !)
"Depuis que je travaille sur cette question et que j'observe les élèves dans les classes, j'ai acquis la conviction que la cause n°1 des difficultés d'orthographe, loin d'être la prétendue complication de son organisation, n'est autre que l'impression confirmée et reconfirmée qu'elle n'a aucune utilité, sauf à rendre la vie des élèves impossible.
(...)
Ce que je peux affirmer — sans prétendre prouver quoi que ce soit ! — c'est que nous avons observé un profond changement de comportement en écriture, de la part des élèves. Le doute orthographique s'est installé en eux, et comme parallèlement, nous mettions en place, outre le travail d'enseignement du fonctionnement de l'orthographe française, une énorme travail d'entraînement à la maîtrise de la recherche dans les dictionnaires (y compris ceux de conjugaison), nous avons alors observé une libération très nette de la production d'écrits. "
Si ça, c'est pas de la pédagogie libératrice !
Ecrit par : Victor | 21 février 2008
Françoise Bailly ? allez, je file sur note2be pour vérifier votre profil
Ecrit par : b. | 21 février 2008
« Ce que je peux affirmer — sans prétendre prouver quoi que ce soit ! »
ça devrait être la devise du site
« le doute orthographique » cette expression me plonge dans un abîme de réflexion
Ecrit par : b. | 21 février 2008
Libres les élèves? de se couvrir de marques et de consommer aveuglément, de mépriser l'intello et le binoclard, de mettre leur bonheur dans un MP3, de ne lire que des mangas, d'aligner des poncifs sans orthographe.
La contrainte de l'instruction libère. Mon père n'avait pas le bac, moi je dois tout à l'école qui m'a même donné Ravel et Botticelli en plus de Diderot et de César.
Vive Darcos et vive Brighelli
Ecrit par : Cunégonde | 21 février 2008
des individus libres ? mais la liberté est une conquête, pas un don. Je songe à Gide par exemple. Quelle fut sont éducation ?
Ecrit par : b. | 21 février 2008
BAILLY françoise | 21 février 2008
Il y a beaucoup de vérité dans vos propos. Cependant sur la question de la systématicité dans les apprentissages que vous semblez récuser, je pense que vous en sous-estimez la valeur, que dis-je, la nécessité.
Il m'a été donné l'été dernier d'observer ma petite fille agée de 7 ans s'exercer avec une autre fillette à faire des roues, rondades, ATR etc. dans un camping et sans s'interrompre pendant plus de deux heures. Pourquoi cette discipline du corps, cet ascétisme librement consentis par ces enfants si ce n'est parce qu'ils possèdent une valeur formative? Comment? Et bien précisément dans leur dimension traumatique d'obéissance aveugle à un rituel mécanique profondément absurde.
La réforme Darcos pour le primaire semble vouloir renouer avec cette dimension malencontreusement oubliée par des générations d'instituteurs, pardon, de professeures.
D'un autre côté il serait criminel pour les enfants et de la part des maîtres de ne s'en tenir qu'à cette forme de dressage qui vise, comme le dit Hegel à propos de la systématicité des exercices de latin, en tout premier lieu, à "abandonner radicalement tout contenu substanciel "intérieur" à la vie spirituelle". (cf la Phénoménologie)
Ecrit par : buntovchik | 21 février 2008
" La contrainte de l'instruction libère." Rien de plus vrai. Elle permet de redresser des esprits vautrés dans le culte de la consommation facile. Quant à l'éducation de Gide, tout le monde sait combien elle fut contaignante. Résultat : un des esprits les plus libres du vingtième siècle.
Ecrit par : Sylvie Huguet | 21 février 2008
Françoise Bailly ? allez, je file sur note2be pour vérifier votre profil
Ecrit par : b. | 21 février 2008
Pourquoi et toujours tant d'agressivité, de haine puérile à l'encontre d'une personne , Françoise Bailly, une collègue, qui a le mérite d'exposer et de défendre son point de vue?
Ne sommes-nous pas assez civiliser pour travailler ensemble à chercher des solutions aux problèmes de l'école, que d'aucuns ici pensent déjà définitivement résolus?
J'avoue que cette attitude m'indigne. J'espère 'être pas le seul.
Ecrit par : buntovchik | 21 février 2008
buntovchik il s’agit d’une plaisanterie, de second degré , d’humour ….moins destiné à la personne en question qu’au site mentionné , histoire d’en souligner, encore une fois, la dimension policière.
J’ai peut-être omis de mettre un smiley mois soyez moins vif tout de même « J'avoue que cette attitude m'indigne. J'espère 'être pas le seul. », comme s’il s’agissait désormais de me lyncher !
Ecrit par : b. | 21 février 2008
Françoise Bailly, une collègue, qui a le mérite d'exposer et de défendre son point de vue?
Ecrit par : buntovchik | 21 février 2008
Ouais, enfin, comme point de vue, c'est plutôt une attaque en règle contre l'école par quelqu'un qui rêve d'autre chose que d'une "école", une école où les enfants se conduiraient comme des adultes responsables, ce qu'ils ne sont à aucun point de vue, et iraient spontanément vers le savoir. Le même rêve que Meirieu. Le même puérocentrisme béat, la même analyse fausse sur l'inutilité des exercices répétitifs, de la grammaire, bref, qu'est-ce qui trouve grâce aux yeux de cette correspondante quand on a enlevé tout ce qui est ennuyeux pour les élèves?
Le texte de Françoise Bailly fait un peu "tissu d'âneries pontifiantes", d'où le léger agacement, ironique ou pas, qu'il suscite ici!
Ecrit par : Jean | 21 février 2008
Personne n'a insulté F. Bailly mais son message est délibérément provoquant sur un blog dont elle ne peut ignorer les positions en la matière.
Elle a comme nous tous le droit "d'exposer et de défendre son point de vue" mais nous avons aussi le droit de trouver ses positions "hallucinantes" ou caricaturales...sans haine, sans colère et sans violence comme a dit un jour un Niçois (enfin, à peu près).
Ecrit par : Victor | 21 février 2008
En outre « agressivité », « haine » , ça me semble exagéré . Cela conviendrait davantage aux échanges qui ont lieu sur le Forum France 2.Mais encore une fois nous nous sommes sans doute mal compris .
Ecrit par : b. | 21 février 2008
mais pas mois
Ecrit par : b. | 21 février 2008
Non, ce qui aurait pu me mettre en colère c’est « Marc Wilmet un dangereux grammairien belge » Wilmet n’a rien de dangereux . Il est dans la biblio de l’agreg/du capes ! C’est comme si on disait : Gustave Guillaume, un dangereux grammairien !
Mais hélas ! avant de s’avaler sa « grammaire critique » , il faut avoir assimilé tous les ouvrages intermédiaires. C’est un ouvrage qu’on ne lit qu’au terme du parcours . Donc il faut continuer à faire de l’étiquetage bête et méchant.
Ecrit par : b. | 21 février 2008
on aimerait avoir quelques exemples précis, un peu argumentés... la génération qui a "fait" 68 n'était-elle pas issue de cette école d'oppresseurs de la jeunesse?
JD
Ecrit par : Jesse Darvas | 21 février 2008
Ne faites pas l'âne pour avoir du son!!! Cette jeunesse qui prétend avoir fait 68 était essentiellement issue de la bourgeoisie. 99% y sont retournés, d'ailleurs...
Ecrit par : dobolino | 21 février 2008
Pourquoi provoque-t-elle irrésistiblement en moi l'envie d'un trip au LSD ?
Pourquoi n'y a-t-il pas rien ?
Ecrit par : yann | 21 février 2008
Essaie la kétamine, pas chère et à portée de main!
Ecrit par : dobolino | 21 février 2008
@ Françoise BAILLY
Que vous ayez été traumatisée par certains maîtres ou par leurs méthodes pédagogiques est peut-être vrai. Que vous ayez subi un "échec scolaire" en classe préparatoire est une autre chose. Cela incombe-t-il réellement à vos professeurs du primaire au lycée ?
A vous lire, rien ne justifie d'admettre la baisse du niveau général... Sans démagogie, quelle est la situation de 15 % d'une classe d'âge depuis plus de 10 ans ? Croyez-vous que cette frange importante d'élèves "construi[se] le sens du monde" et croyez-vous qu'ils soient "créatifs" ?
C'est du Meirieu pur jus.
En vous lisant, je comprends que c'est parce qu'on n'a pas assez appliqué le programme socio-constructiviste que l'école produit masse d'élèves quasi-incultes, des ilotes pousse-boutons. C'est un syndrome bien connu chez les "pédagogistes".
Bref, ces nouveaux programmes du primaire sont les bienvenus. Par contre, la baisse de l'horaire hebdomadaire peut susciter des interrogations. Et il faut je pense être vigilant sur le nombre d'enseignants et sur le ratio prof/élèves.
Ecrit par : Ulysse | 21 février 2008
Au rythme où nous allons,je vois venir le jour proche où il nous faudra créer des écoles privées non conventionnées pour offrir aux enfants un enseignement laïc sans cours de morale et d'histoire servis par la chaire de Scientologie.
Ecrit par : dobolino | 21 février 2008
"Il prétend diviser par trois le taux d’échec en Primaire – qui actuellement se mesure en 6°, chacun repassant aux autres la patate chaude de la dysorthographie, de la dyscalculie, et toutes les dyslexies provoquées par l’idéo-visuel Foucambert et autres billevesées si fort en vogue dans les IUFM."(JPB)
Je suis encore toute retournée par un film de cinquante minutes, loué, payé sur ordinateur, 2 euros, 99 pour 48 heures :"Dyslexie, le mal des mots". J'aimerais avoir un autre avis que le mien, qui est TOTALEMENT négatif.
On suit le parcours de deux enfants, de huit ans, parfaitement mignons et intelligents, d'une sagesse exemplaire. Ils tombent aux mains des psychologues, instits, pédopsy, chercheurs en neurosciences, pas un qui vaille plus que l'autre.
Enseignés, diagnostiqués, rééduqués, avec des méthodes globales, sans que personne n'émette l'idée qu'on pourrait essayer le b-a ba. TOUT, mais alors TOUT est rigoureusement du global pur et dur. (Qui a dit que la méthode globale n'existait plus depuis trente ans?)
Si cela interesse quelqu'un, on cherche www.vodeo.tv , on annonce le titre de ce que l'on veut visionner, on commande, on paye en ligne, ils vous disent qu'ils ont bien noté votre commande.
Vous cliquez sur mon compte à droite, puis sur "détails" vers la gauche, et cela marche.
(Personnalités de la recherche en neurosciences que l'on y voit : Catherine Billard, pédoneuropsychiatre à Bicêtre (grand prix de l'Institut pour sa recherche), Jean-François Demonet, que j'ai toujours trouvé d'un vaseux !)
Je rappelle qu'il y a une quarantaine de services de cet acabit en France.
Il y a des années-lumière entre leur conception de l'apprentissage de la lecture avec celle de Marc Le Bris (vu tout à l'heure sur la cinq) , Wettstein-Badour, Ouzilou, Liliane Lurçat, et les autres, GRIP et SLECC.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 21 février 2008
Vous avez tout compris, Françoise Bailly!
On dirait du Meirieu!
Il y a quand même quelques petites choses qui me chiffonnent. Vous dites que vous êtes devenue professeur de français à cause d'une institutrice spécialement infecte. "A cause de " ou "grâce à "?
Cette école, que vous accablez, a quand même fait de vous un professeur, ce qui n'est pas un métier forcément plus minable qu'un autre.
Ecrit par : Jean | 21 février 2008
J'ai une grande sœur qui m'a souvent et longtemps expliqué que sa vocation d'institutrice était venue de cette abominable institutrice de CP (à cause et non grâce!), dont j'ai eu le plaisir de bénéficier, qui frappait sur la tête, en scandant, avec une gaule de bois dur, "ses in-dé-cro-tta-bles".
A six ans, déjà, la petite se disait: "Moi, je ne ferai pas comme ça!". Ce fut, à ce qu'elle m'a dit, la naissance de sa vocation...
Libre à elle d'opposer un démenti et de dire que cette charogne était une merveille.
Je n'ai, pour ma part, moi qui n'ai jamais eu vocation d'enseigner, qu'un seul souvenir de cette femme: la mairie avait acheté de belles tables neuves, et les chaises, le tout ergonomique. Elle en a refusé l'usage à une pauvre gamine issue des taudis de bord de Seine, sous prétexte qu'elle était trop sale, que ses culottes étaient trouées, qu'elle sentait mauvais et était mauvaise élève et cette petite a du se contenter d'un des vieux pupitres, conservés tout exprès pour elle sur ordre de la demoiselle...
A l'époque, âgée de cinq ans passés, ça m'avait un peu choquée. Peut-être suis-je trop sensible à la misère du peuple????????????????????
Ecrit par : dobolino | 21 février 2008
Pourquoi et toujours tant d'agressivité, de haine puérile à l'encontre d'une personne , Françoise Bailly, une collègue, qui a le mérite d'exposer et de défendre son point de vue?
Ne sommes-nous pas assez civiliser pour travailler ensemble à chercher des solutions aux problèmes de l'école, que d'aucuns ici pensent déjà définitivement résolus?
J'avoue que cette attitude m'indigne. J'espère 'être pas le seul.
Ecrit par : buntovchik | 21 février 2008
Vous n'êtes pas seul mais... je ne suis pas du sérail! Ceci dit, je suis également scandalisée.
Ecrit par : dobolino | 21 février 2008
"Celles et ceux qui ont voté pour Sarkozy, ou contre Royal, ne l’ont pas fait dans l’espoir que la Bêtise s’installerait dans l’entourage du président."
La bêtise n'est pas que dans l'entourage...
Vulgarité et inculture à ce point, c'est rédhibitoire...
"C'est excatement pour cela que j'ai voté pour Sarkozy, et que je n'arrête pas de me féliciter de ce choix. Car qu'y avait-il en face? - La Bêtise (à front de taureau ou pas).
Ecrit par : Jean | 21 février 2008 "
Vous êtes manifestement l'un des derniers à le soutenir "à mort" comme dirait l'autre Jean (le chevelu vulgaire de Neuilly, vous savez bien). Vous finirez sans doute comme Martignon... la b.... sous le bras!
Pour être plus sérieux et cesser de parler des insignifiants et des ignorants qui prétendent nous gouverner, un mot à propos de Darcos. D'abord je ne suis pas en désaccord, loin de là, avec ses propositions même si certaines dispositions ( un peu provocatrices et parfois un peu hégémoniques parce que réductrices ) iront en définitive à l'encontre du but recherché... En effet il y a ceux qui écrivent les programmes, mais il y a aussi ceux qui les interprètent et ceux qui les ignorent superbement (pas plus ceux-ci d'ailleurs que les précédents...).
Il faut lui reconnaitre une certaine force et une sorte de solennité ce mercredi qui tranchait avec la pantalonnade de Périgueux où il a dû avaler son chapeau et faire bonne figure à côté de quelqu'un qui finalement ne lui inspirait guère que de la honte.
Ecrit par : Loublan | 21 février 2008
Je remercie monsieur Buntovchik de sa délicatesse et je ne suis pas ironique en le disant... je le remercie aussi de mentionner son patronyme ...
On me félicite d'être devenue prof malgré / à cause de / grâce à mon institutrice ... mais ces admirateurs de ma vocation ne songent pas un instant que j'avais peut-être un potentiel de musicienne, de comédienne, voire, ô merveille, d'énarque ! ... si ...
Il y avait chez cette institutrice un véritable abus de pouvoir, un arbitraire que mes 6 ans ressentaient comme une injustice permanente ( j'étais une petite fille très sage et soucieuse de bien faire). Elle était celle qui savait, celle qui tenait son pouvoir de son savoir et j'ai compris instinctivement que le savoir donnait une liberté, j'ai voulu être celle qui savait donc j'ai voulu être prof ! Par la suite, j'ai découvert la langue française et j'ai voulu l'enseigner : un coup de foudre pour le subjonctif ... Tiens , mais c'est de la grammaire ça, dira-t-on ... Oui mais l'institutrice de CE2 était une femme infiniment douce qui pratiquait quelque chose comme la pédagogie de la découverte ...
Je déplore que certains contradicteurs me fassent dire ce que je ne dis pas : je ne récuse pas la contrainte, je l'utilise beaucoup pour faire écrire les élèves, en poésie notamment, et l'expérimentation qu'ils en font leur permet d'aborder les formes poétiques de l'intérieur et d'apprécier l'invention des poètes plus sûrement à mes yeux que la définition du sonnet ou celle de la métaphore données a priori...
J'ai parlé d'hommes libres, pas d'enfants libres ... et quand je parle d'hommes libres, j'entends des citoyens pourvus d'un esprit critique honnête et efficace ... Cette démarche de formation est passionnante à travailler avec les adolescents qui sont des champions de mauvaise foi ( c'est de leur âge, rappelez-vous ...) à qui le spectacle médiatico-politique offre rarement l'exemple de la pensée dialectique intègre et constructive ... dont le présent blog me donne d'ailleurs à penser qu'elle est loin d'être le fait de tous les adultes qui ont charge de la faire pratiquer.
Cela s'acquiert progressivement par toutes sortes d'exercices qui sont autant d'occasions de mettre en oeuvre ... entre autres choses, des structures grammaticales, motivées, légitimées par un besoin d'expression ... C'est long, difficile, parfois décourageant ... le professeur de français doit savoir qu'il travaille pour le long terme ... Je n'ai pas exclu les apprentissages systématiques, je déplore qu'on donne à croire à l'opinion publique que le "retour" à la grammaire puisse résoudre pertinemment la question de l'expression ...
Et si nous reprenions nos jolies rédactions ??? Je prétends qu'un "bon élève" aujourd'hui écrit infiniment mieux que moi au même âge qui réussissais en français ... C'est un lieu commun de dire que les écarts se creusent et ils se creusent non à cause des ratés de l'école qui existent nécessairement mais parce que ce qui permet de réussir à l'école aujourd'hui ne s'enseigne pas à l'école mais dépend beaucoup de la famille et des moyens d'accompagnement dont elle dispose pour l'éducation des enfants ... Seules quelques exceptions confirment cette règle ... Epargnez-vous la peine de m'envoyer la tarte à la crème du milieu socio-culturel, je l'ai déjà reçue cinq sur cinq ... Lisez plutôt Le ghetto français d'Erik Maurin ... dont nos politiques feraient bien de méditer les analyses pour organiser intelligemment et dignement la politique de la ville ...
Que ne me suis-je adaptée vite fait aux délicieuses conditions de la classe préparatoire ? !... j'avais 16 ans et demi ( pardon !) et je débarquais dans un monde qui m'était inconnu et dont j'avais du mal à saisir les enjeux ( rappelez-vous ma petite province obtuse ...) j'aurais eu tout simplement besoin d'un peu d'aide avant de quitter mon lycée ... d'un professeur qui m'aurait expliqué deux ou trois choses, deux ou trois ressorts qui ne relevaient pas de la connaissance encyclopédique mais de la connaissance de l'institution et de son fonctionnement, de ce qui permet aux enfants d'enseignants de réussir si brillamment dans un système dont leurs parents connaissent parfaitement les rouages !!! Cette injonction du "adaptez-vous" va bien au monde d'aujourd'hui ... L'adaptation est une nécessité et un facteur de progrès mais elle a ses limites, voyez ce que nous en disent le monde végétal et la faune aquatique ...
A quoi sert l'éducation? à jeter les gens dans la piscine en leur disant : ' tu n'as qu'à nager, c'est tellement merveilleux d'être dans l'eau" ou à leur apprendre à nager sachant que tous ne sont pas des nageurs-nés ? Je maintiens donc que les apprentissages posent de vrais problèmes qui ne sont pas l'auto justification des chercheurs en pédagogie... Avez-vous tout appris sans difficulté? Ne vous êtes-vous jamais dit "si on m'avait enseigné la physique autrement, j'y aurais compris quelque chose" ou bien "j'aurais bien aimé l'anglais si seulement on avait eu un labo de langue ou des sketches à 2 ou 3 "?
Je m'inquiète que l'on n'ait pas d'autre argument à m'opposer qu'une stigmatisation du type " je file voir votre profil sur note2b".
Ne vous donnez pas cette peine : je ne prétends ni détenir la vérité ni reussir tout ce que j'entreprends, je prétends seulement que notre métier est d'abord et avant tout une oeuvre de valeur humaine ajoutée et qu'il importe de respecter chez les enfants qui nous sont confiés l'histoire et le devenir dont ils sont porteurs.
J'attends d'un lieu de débat que chacun reconnaisse à l'autre la part de vérité dont il est porteur... plutot que de vouer aux gémonies celui ou celle qui sème quelques oursins sur la plage
Merci ...
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
J'oubliais ... l'adjectif dangereux appliqué à Marc Wilmet était à lire au second degré ...
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
je prétends seulement que notre métier est d'abord et avant tout une oeuvre de valeur humaine ajoutée et qu'il importe de respecter chez les enfants qui nous sont confiés l'histoire et le devenir dont ils sont porteurs.
Ecrit par : BAILLY françoise
Mais je crois bien que tout le monde ici prétend la même chose ! Et je ne doute pas que les mêmes réprouvent le mépris affiché de l'institutrice que vous évoquez.
C'est une caricature de l'instruction qu'elle pratiquait, l'instruction à la façon du sergent Hartmann, l'immonde peau-de-vache du film "Full metal jacket". D'ailleurs, n'est-il pas puéril de croire que, lorsque nous disons être favorables à l'instruction, nous pensons qu'il s'agit de faire marcher les "sales mômes" à la baguette en leur aboyant dessus ? Sortez de ces clichés dignes des pires propagandistes du pédagogisme !
Ecrit par : Moot | 21 février 2008
Ah vous voilà rentré de vacances !
Et ce matin, en lisant mon quotidien régional, j'ai pu apprécier votre prose entre croissants et cacao. Que la journée commençait bien !
Et pourtant, si j'en étais resté au titre de l'entretien, j'aurais pu m'étouffer avec mes viennoiseries. Pensez ! le rédacteur en chef avait trouvé intéressant de reprendre une expression tirée de votre utilisation immodérée du second degré : "le scandale Darcos!". Brighelli serait tombé sur la tête pendant ses vacances ? Mais quel sport extrême pratique t'il et qu'il nous aurait caché ? Mais je vous ai lu tout entier. Et j'ai été vite rassuré.
Puisque c'est jour de fête, cadeau, j'offre un lien vers un article d'un enseignant plein de talent sur le site de la non moins détestée que JPB par les bien-pensants, Elisabeth Lévy.
http://www.causeur.fr/une-tragique-comedie#comment-2267
Ecrit par : David Desgouilles | 21 février 2008
Bonsoir
En tant que futur (si tout va bien) bibliothécaire, je bous intérieurement de voir les partisans de la méthode syllabique et du retour à l'apprentissage traditionnel de la grammaire assimilés à des ultra-conservateurs...
Je repense aux écrits de Claude Duneton dans les années 70, qui décrivaient si bien les pratiques d'intimidation culturelle auxquelles se livraient certains professeurs qui usaient de la langue française comme d'une arme destinée à humilier ceux qui n'en savaient pas autant qu'eux.
Et bien il est symptomatique de voir que c'est ce même Claude Duneton qui prédit en 1999 la disparition de notre langue dans cent ans dans son ouvrage "La mort du français".
Je n'imagine même pas par quelles désillusions cet ardent défenseur d'une langue française authentiquement vivante a pu passer pour devenir à ce point pessimiste.
Quand on pense qu'il avait écrit en son temps un "Antimanuel de français" où il défendait le droit pour tous à la connerie, c'est-à-dire le droit pour tous d'un usage non sclérosé de sa langue vivants, et par conséquent d'une pensée imparfaite, vivante et libre.
Et bien la source du désarroi d'un homme de la trempe de Claude Duneton, ce sont les pédagogues.
Duneton s'accomodait somme toute fort bien de la méthode syllabique et des dictées, pratiques qu'il assimilait à une véritable mise en bouche de la langue française. Duneton a vomi les pédagogues qui ont décidé de réduire la place des langues anciennes dans les programmes.
L'erreur dramatique que font ceux qui craignent un retour de l'école à Papa est de ne pas vouloir dissocier les méthodes traditionnelles d'apprentissage des méthodes d'intimidation culturelles dont certains professeurs pouvaient se rendre coupables.
Ecrit par : johnmarguerite | 21 février 2008
"J'oubliais ... l'adjectif dangereux appliqué à Marc Wilmet était à lire au second degré ...
"
Pas toujours…il faudrait que j’aille rechercher ses propositions sur l’enseignement du français parues l’an passé dans « le français aujourd’hui. »
Pour le reste , cette histoire de note2b , c’était de l’humour dirigé moins contre votre personne que contre ce site. Si vous ne le comprenez pas , tant pis !
Ps : quant à mon patronyme je l’utilisais ici l’an passé .
Ecrit par : b. | 21 février 2008
Vous posez opportunément la question du pouvoir des enseignants et du risque qu'il y a à se faire des scénarios exagérement humanistes ... je vous laisse néanmoins la responsabilité de cette analyse.
J'ai la faiblesse de croire qu'il est possible d'être vigilant là-dessus ... Quant à l'idéologie éducative que je revendique je n'en retirerai pas un mot car si l'enjeu de notre métier n'est pas cela, qu'est-il d'autre? A supposer évidemmment une conception active de ce respect qui ne se confond pas avec un angélisme béat dont on m'a ici taxée ...
Je suis frappée de voir à quel point les adultes de tous âges gardent l'empreinte profonde de ce qu'ils ont vécu de bien et/ou de mal à l'école ... Et ce dont il est question dans ces propos-là, ce n'est pas du prof qui a merveilleusement enseigné l'accord du participe passé ou le théorème de Thalès mais du prof avec qui on était bien ou mal, qui était du côté des élèves ou contre eux ou nulle part ... bref du prof qui avait une exacte et attentive considération pour les personnes qui lui étaient confiées ...
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
Il n'y a aucun désir de vous vouer aux gémonies, Françoise Bailly.
Simplement nous reconnaissons dans vos propos toutes les antiennes ""pédagos" les plus éculées, tous ces poncifs de l'"activité " obligatoire sans laquelle un élève ne saurait s'instruire. J'ai eu, pour ma part des professeurs qui expliquaient clairement les choses (ils n'avaient pas encore subi l'endoctrinement des IUFM, on ne leur avait pas encore présenté l'acte d'enseigner comme quelque chose de quasi impossible et donc je n'ai pas eu trop de problèmes pour m'approprier les connaissances - tiens, "m'approprier", je me mets à parler "pédago" maintenant!) - s'ils n'avaient pas lu tout Meirieu.
Vous caricaturez, comme Meireu, l'école qui vous déplaît. Un exemple: vous dites qu'il ne faut pas "donner la définition du sonnet et de la métaphore a priori". Mais qui "donne la définition du sonnet et de la métaphore a priori", à part les absurdes programmes en forme de bourrage de crâne accéléré concoctés par le triste Viala? Quel est le professeur "normal" ( c'est-à-dire qui ne tient aucun compte des "programmes" Viala) qui , spontanément, ne donnera pas en même temps un exemple de sonnet ou de métaphore? Mieux, quel professeur ne fera pas composer au moins le début d'un sonnet (deux quatrains en rimes embrassées) à ses élèves s'il leur a expliqué au préalable , avec exercices à l'appui, la structure d'un alexandrin? Vous me direz qu'il lui faut pour cela connaître la versification classique, et que si on raisonne comme certains formateurs (inculte) des IUFM, il n'est pas nécessaire qu'un professeur de français connaisse ces vieilleries inutiles! Donc, aucun professeur ne "donne sèchement la définition du sonnet ou de la métaphore" et vous avez repris sans vous poser de question la caricature meiriolique d'un "cours magistral" qui en réalité n'existe nulle part.
Vous reprenez mot pour mot l'attaque de Meirieu contre les "fils d'enseignants qui connaissent les rouages de l'institution" - à se demander si derrière Françoise Bailly il n'y aurait pas simplement Meirieu! - mais dites-moi en quoi le fait de "connaître les rouages de l'institution" aurait pu vous aider à être meilleure élève dans la classe préparatoire à laquelle vos mérites intellectuels de lycéenne vous avaient fait accéder. Pour réussir en hypokhâgne, on ne vous demandait pas de "saisir le monde et ses enjeux", mais simplement d'être une bête à concours. Ce n'était peut-être pas votre vocation.
Il est d'ailleurs tout à fait possible que nos pratiques et les vôtres ne soient pas aussi éloignées que ce débat théorique ne le laisserait supposer. Ce que nous essayons de vous faire comprendre, c'est qu'en matière d'enseignement le métalangage dans lequel se complaisent les "pédagos" et dont ils ont même fait leur fonds de commerce tout en ayant pris bien soin de s'éloigner des élèves, est vain, et même parfois nuisible.
Loublan, je ne suis pas sûr que la vulgarité apporte quoi que ce soit à vos propos.
Je précise à votre intention que je ne me présente pas dub tout comme un "inconditionnel" de Nicolas Sarkozy". Je me félicite, simplement mais au plus haut point, que l'élection de celui-ci ait entraîné la nomination de Xavier Darcos au Ministère de l'Education, car cette nomination, c'est aussi l'avis, apparemment, d' un certain nombre d'assidus de ce blog, aura des conséquences majeures pour le système éducatif. Les "pédagogistes" ne s'y trompent pas, et les voilà déjà dans tous leurs états, car ils sentent qu'avec Darcos ils auront plus de fil à retordre qu'avec le trop simple de Robien. Il est certain qu'avec Mme Royal, on aurait vu coloniser pouvoir tous ces esprits fumeux et semeurs de confusion pour le plus grand malheur des humbles, comme l'explique très bien La Fabrique du Crétin.
Ecrit par : Jean | 21 février 2008
"Quant à l'idéologie éducative que je revendique je n'en retirerai pas un mot car si l'enjeu de notre métier n'est pas cela, qu'est-il d'autre?"
"(...) du prof avec qui on était bien ou mal, qui était du côté des élèves ou contre eux ou nulle part ... bref du prof qui avait une exacte et attentive considération pour les personnes qui lui étaient confiées ..."
Pourriez-vous expliciter, parce que là... ou j'ai raté quelque chose ou il est tard ou je suis con (ou les trois à la fois) ?
Ecrit par : Victor | 21 février 2008
Corrections.
J'ai eu, pour ma part des professeurs qui expliquaient clairement les choses (ils n'avaient pas encore subi l'endoctrinement des IUFM, on ne leur avait pas encore présenté l'acte d'enseigner comme quelque chose de quasi impossible s'ils n'avaient pas lu et commenté tout Meirieu) et donc je n'ai pas eu trop de problèmes pour m'approprier les connaissances. Tiens, "m'approprier", je me mets à parler "pédago" maintenant!
si on raisonne comme certains formateurs (incultes) des IUFM, il n'est pas nécessaire qu'un professeur
Il est certain qu'avec Mme Royal, on aurait vu coloniser le pouvoir tous ces esprits fumeux et semeurs de confusion pour le plus grand malheur des humbles, comme l'explique très bien La Fabrique du Crétin.
Excuses!
On aurait vu colonier le pouvoir
Ecrit par : Jean | 21 février 2008
Non je ne suis pas Philippe Meirieu ... et je revendique ma capacité à penser seule et à analyser ma propre expérience et à assumer la conception de mon métier ...
Vous dites avoir tiré bénéfice des cours magistraux, je pourrais en dire autant ... Mais que diraient ceux qui ne sont pas ici pour expliquer combien la méthode de l'entonnoir leur a peu réussi ... et qu'ils eussent préféré être sollicités davantage ...
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
L'"idéologie éducative"...
Ce qui caractérise une "idéologie", c'est son caractère totalitaire. Tout y est codifé. Il n'y a pas d'espace respirable. Frackowiack!
Donc voilà un terme qui déjà très inquiétant en soi, Françoise Bailly!
Par ailleurs , est-il meilleure façon pour le professeur de respecter ses élèves, d'être dans le ton juste à leur égard, que de leur apprendre tout ce qu'il estime nécessaire qu'ils sachent pour mener une vie personnelle et professionnelle la plus réussie possible? Et comme "l'enfant cherche par nature le point faible de slon éducateur" (La Bruyère, Les Caractères), le professeur qui respecte ses élèves doit être sévère ( mais juste).
Ecrit par : Jean | 21 février 2008
@ MMe Bailly
Rectificatif de mon précédent message à votre intention :
il est tard, j'ai raté quelque chose, je suis con... et sans doute transparent. Ou mes messages s'autodétruisent dans les secondes qui suivent ?
Ecrit par : Victor | 21 février 2008
Victor ,c'est du vol, je crie au scandale ! laissez-moi mes saperlipopettes je vous prie!
Saperlotte de saperlipopette en voilà de fausses bonnes nouvelles ! je vais bientôt avoir droit à des vacances , c'est bien vrai ça Jean-Paul?
Saperlipopette et resaperlotte!
Ecrit par : Saperlipopette | 21 février 2008
Pourquoi vous obstinez-vous, Françoise Bailly, à caricaturer les cours de ceux qui ne font pas ouvertement allégeance au "pédagogisme" et ne vont pas claironner partout qu'ils sont les meilleurs parce qu'ils sont "progressistes"?
Vous dites "cours magistraux": caricature!
Vous dites "entonnoir": caricature!
Je dirais même : désinformation!
Ecrit par : Jean | 21 février 2008
A " jean " ...
Vous avez raison de me reprendre sur le mot idéologie ... j'aurais mieux dit en parlant d'idéal ... lequel me semble être la condition sine qua non pour l'accomplissement de la tâche d'instruction ( je ne risquerai pas le mot didactique ...) et n'exclut pas non l'exigence ... Le respect étant le contraire de la permissivité mais aussi de l'autoritarisme que les enfants décodent très vite comme ... une faiblesse!
Non je n'étais pas une bête à concours ... d'ailleurs j'étais en classe prépa pour des raisons économiques et parce que le cadre lycée était plus sécurisant ...
Pardonnez-moi mais vous semblez ne tenir aucun compte de l'influence déterminante du discours adulte qui programme en partie l'idée que les enfants et les adolescents se font de la place qui leur revient ou qu'ils peuvent revendiquerdans la société!!! Pour réussir dans ces classes il faut être intrinsèquement persuadé qu'on a sa place dans une élite ... or rien n'était plus éloigné de cela que l'éducation reçue dans ma famille ... Pour parodier facillement Simone de Beauvoir je dirai qu'on ne naît pas bête de concours, on le devient et encore pas toujours car je n'ai pas la naïveté de penser qu'il suffit d'être né dans une famille d'X pour le devenir ... nombre de fils d'X ou autres grandes écoles ont pâti de la projection de leurs parents ... Ainsi voit-on que l'équation entre les éducateurs et les éduqués n'est pas facile à résoudre ... et ne saurait s'accommoder de simplifications radicales...
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
Ne sommes-nous pas assez civiliser pour travailler ensemble à chercher des solutions aux problèmes de l'école, que d'aucuns ici pensent déjà définitivement résolus?
J'avoue que cette attitude m'indigne. J'espère 'être pas le seul.
Ecrit par : buntovchik | 21 février 2008
Et dire qu'il y a quelques jours encore, j'étais "brighelliste"... La lecture des nouveaux programmes et des ambitions de Darcos et Sarkozy concernant les élèves et mon métier me plonge dans la déprime. POURQUOI REPARTIR EN ARRIERE PLUTOT QUE DE PRENDRE LE MEILLEUR DE CHAQUE SYSTEME?
Je suis désolée, ce n'est pas en faisant 4h de sport avec mes élèves que je les ferai travailler mieux le reste du temps. Je ne suis pas prof de sport. Quant à enseigner le français et les maths à haute doses, pourquoi pas... ils en ont besoin, parait il... sauf qu'on oublie que j'aurais moins d'heure par semaine pour le faire avec la classe et moins de temps de repos à midi ou le soir pour cause d'aide aux élèves en très grandes difficultés (je ne suis pas maitresse d'adaptation! je ne suis pas orthophoniste! etc)
PE ou comment travailler plus pour gagner autant voire moins....
Gelsie une instit crevée qui en a marre de faire le yoyo entre son désir d'instruire au mieux ses élèves et son obligations de se soumettre aux désirs éminemment variables de son employeur.
Ecrit par : Gelsie | 22 février 2008
Gelsie, vous ne pourrez évidemment pas faire 4 heures de sport par semaine. Ce serait à la rigueur valable à partirdu collège,, mais absurde à l'école. Vous ferez ce que vous voudrez. Une heure de calcul ou de lecture sera mieux, à la place d'une heure de sport.
Il y a quand même de bonnes mesures dans les propositions de Darcos : celles que je trouve les meilleures sont :
-L'inspection non plus inféodée aux idées de Frackowiak, mais devant évaluer les résultats obtenus sur les élèves, en ayant évalué leur niveau de départ.
Cette mesure devrait rapidement faire cesser le harcèlement moral, les graves sanctions, les diminutions de salaire, les suppressions de postes dont ont été trop souvent victimes les enseignants instruisant leurs élèves, et qui ne se contentent pas de faire de leur classe un lieu de vie.
-Remplacement de l'ORL, cette monstrueuse c...sortie de je ne sais quel cerveau embrumé des parasites du ministère qui n'ont pour la plupart jamais enseigné.
-Suppression du jargon cher à ces mêmes parasites, qui a fini par envahir comme une marée insidieuse toute l'EN.
On pourrait en trouver quelques autres.
Espérez-donc, et continuez à INSTRUIRE.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 22 février 2008
Vous souvenez-vous du forum créé sur internet par le ministère de l'EN pendant le Grand Débat, et supprimé arbitrairement et prématurément, car la majorité des intervenants étaient vraiment trop politiquement incorrects (je me souviens en particulier du sort réservé à l'IUFM : "Delenda sunt IUFM", je crois que cette formule était de notre ami A.T., que je salue au passage, s'il nous lit.)
Claude Thélot et Christian Forestier n'ont pas pu supporter ce forum.
(Tout ce grand débat avait accouché d'une souris crevée, et nous sommes repartis à la case départ. Il faut dire que le choix de Luc Ferry n'était pas idéal, et que le choix des sous-fifres d'icelui était encore plus douteux.)
Et bien, il va y avoir prochainement l'ouverture d'un forum où tout le monde pourra s'exprimer.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 22 février 2008
Et dire qu'il y a quelques jours encore, j'étais "brighelliste"...
Ecrit par : une instit crevée qui en a marre de faire le yoyo | 22 février 2008
Le yoyo...du surnom de cet ancien ministre de l'EN, auteur d'une réforme à laquelle répond celle de X. Darcos?
Gelsie, il n'y a aucune raison de désespérer (Billancourt?) et de ne pas rester "brighelliste" si l'on nomme par là, l'attitude de combat critique contre l'asservissement de l'école, attitude qu'il a popularisée.
On verra si dans quelques mois, dans quelques années JP Brighelli est lui même "brighelliste", c'est à dire, encore assez lucide pour dénoncer les effets de cette nouvelle réforme.
Réforme qu'on peut qualifier de réforme "yoyo", en ce sens qu'elle se caractérise par une rupture typiquement idéologique, destinée à masquer les réelles contradictions, les antagonismes sociaux qui émergent dans l'école.
Le pédagogisme est l'idéologie principale de l'école. Elle vise à entretenir la croyance que l'école n'est qu'un simple outil technique pour transmettre un savoir objectif, jetable, renouvelable. Ceux qu'on appelle ici les "pédagogistes" (Meirieu) partagent la même illusion que ceux qui dans le sillage de X Darcos pensent qu'il suffira de modifier les méthodes de transmission et les contenus d'enseignement pour effacer, dépasser la contradiction de fond, à savoir l'inégalité profonde des individus placé sur la ligne de départ de la course pour la vie. Une contradiction qu' il est interdit de nos jours d'admettre et surtout de rapporter à la lutte des classes à l'échelle mondiale, cette lutte n'ayant plus lieu d'être, le mur ayant été détruit!
On peut aussi appliquer cette vision du "yoyo" au champ de jeu politique. Que s'est-il passé en mai 2007? Une révolution ou tout simplement un retour dans le champ idéologique de thèmes popularisés par l'extrême droite (l'affirmation des "valeurs familiales" du thème de la Patrie, du travail, entre autres) qui ne vont pas manquer de s'affronter avec celles persistantes des libéraux de gauche comme de droite.
La réforme de X Darcos signale-t-elle une profonde "rupture tranquille", une "révolution culturelle à l'essentiel" dans l'école , ou tout simplement un coup de "bluff politique" destiné à masquer la profonde entente sur le fond entre les politiques de droite et de gauche en matière scolaire et cela depuis plusieurs décennies?
L'histoire dont nous sommes les simples témoins jugera.
Ecrit par : buntovchik | 22 février 2008
on aimerait avoir quelques exemples précis, un peu argumentés... la génération qui a "fait" 68 n'était-elle pas issue de cette école d'oppresseurs de la jeunesse?
JD
Ecrit par : Jesse Darvas | 21 février 2008
Ne faites pas l'âne pour avoir du son!!! Cette jeunesse qui prétend avoir fait 68 était essentiellement issue de la bourgeoisie. 99% y sont retournés, d'ailleurs...
Ecrit par : dobolino | 21 février 2008
Peu importe qu'ils aient été issus de la bourgeoisie: si l'école les avait rendus "timorés" et soumis, comment auraient-ils pu se saisir des pavés? Je doute que cette pratique leur ait été enseignée par leurs parents. La "bourgeoisie" n'inculque pas à ses enfant l'art de la révolution...
Vous auriez pu, peut-être avec plus de pertinence, répliquer que les 68ards étaient en fait des conformistes, prêts à s'aligner comme des moutons derrière des slogans simplistes et à prendre pour parole d'évangile les propos du grand timonier... ce qui explique, d'un conformisme à l'autre, qu'une grande partie d'entre eux se soient ensuite ralliés au consensus libéral. Cette conception (aujourd'hui dominante) me paraît cependant un peu réductrice.
Un constat de bon sens: tous les grands créateurs (artistes, chercheurs, politiques, entrepreneurs, militaires...) ont été formés par des systèmes relativement "coercitifs" d'un point de vue post-meirieutique. Tout simplement parce que la parfaite maîtrise d'un corpus de règles constitue la meilleure propédeutique au dépassement de ces règles. Ceux qui ne disposent que d'une approche superficielle n'ont aucune chance de sortir de la boîte.
Rimbaud n'a pas créé son oeuvre à partir de recherches-actions créatives et épanouissantes, mais en dépassant les exercices scolaires très exigeants auxquels il s'était astreint au préalable.
Ceci dit, il me semble que le point de vue de F.Bailly ne concerne pas les génies mais les élèves issus des classes populaires, qui auraient été défavorisés dans l'ancien système. Il me semble qu'ils le sont encore plus aujourd'hui: demander aux élèves d'être créatifs, imaginatifs, entreprenants, et ce dans un contexte (tout de même) lié aux apprentissages scolaires, c'est à l'évidence favoriser ceux qui baignent dans la culture, les voyages, les relations sociales enrichissantes, etc...
Les exercices "répétitifs" qui ne font pas appel à des pré-requis culturels sont nettement moins sélectifs d'un point de vue social. L'exemple typique est celui des mathématiques...
La question sous-jacente porte plutôt sur ce que certains apprennent en-dehors de l'école: celle-ci peut-elle viser l'égalisation totale des conditions, en fournissant à ceux qui n'en ont pas un réseau de relations, une pratique musicale de haut niveau, la maîtrise de la spéculation boursière, la connaissance de l'oenologie, l'art de séduire les membres du sexe opposé, le courage de se battre physiquement, la capacité de se débrouiller dans des situations difficiles, le culot?... La liste pourrait s'allonger à l'infini: il est clair que l'école ne peut pas tout et d'ailleurs qu'elle n'est pas faite pour cela. Les enfants ont une vie en-dehors de l'école et certains réussissent très bien en tant qu'adultes en dépit de résultats scolaires déplorables, grâce à ce qu'ils ont appris ailleurs. Définissons précisément ce que l'on attend de l'école au lieu de lui demander une chimérique égalisation totale des conditions initiales de chacun, qui ne pourrait être acquise que dans une éducation réellement collective des enfants telle qu'elle s'est pratiquée dans certains kibboutzim (par l'abolition du noyau familial)..
Pour dépasser l'exercice passionnel, je suggère à F.Bailly (qui est professeur de collège si j'ai bien compris, donc non concernée par la réforme du primaire) d'indiquer précisément ce qui, dans les nouveaux programmes, lui paraît problématique. Pour ma part, exiger des enfants qui sortent du primaire qu'ils connaissent l'ensemble des temps et modes de la langue française pour les verbes réguliers et courants me paraît raisonnable, surtout si l'on souhaite ensuite leur faire composer des sonnets. Et je ne vois pas en quoi cela risquerait de ramener à une condition de servitude dont ils se seraient auparavant affranchis les enfants issus des classes populaires...
JD
Ecrit par : Jesse Darvas | 22 février 2008
Non ... en effet un prof de collège n'est pas concerné par la réforme de l'enseignement primaire ...
Ite ... missa est !
Ecrit par : BAILLY françoise | 22 février 2008
Voici l'article:
Le grand public sera consulté via internet. Figaro, 21 février 2008
Le projet de programme présenté hier sera soumis à consultation jusqu’à la mi-avril pour publication d’une version définitive fin avril-début mai.
Outre les syndicats et les fédérations de parents d’élèves, chaque enseignant sera sollicité au cours d’une demi-journée.( ??)
Trente écoles formeront par ailleurs un « groupe témoin » et auront un contact plus direct avec le ministère.
Comme cela avait été annoncé, les programmes seront également soumis à des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Ils passeront également devant le Haut Conseil de l’Education.
De manière plus originale, le texte sera soumis à une large consultation publique, via le site de l’Education nationale, où, à partir du 3 mars, chacun pourra donner son avis sur les programmes.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 22 février 2008
Oui l’école ne peut pas tout car elle est soumise , comme toute activité humaine, à une partition.
« le professionnel représente une valeur sociale, et la société lui impose son langage professionnel. L’honnête homme représente une valeur individuelle. » (Thibaudet)
Cette valeur individuelle procède , hélas, d’un apprentissage individuel.
B. Clement
Ecrit par : b. | 22 février 2008
Pour compléter la référence à 68: les émeutiers de 2005 ont été formés par l'école "libératrice" post-1989, cette école qui les aurait rendus "libres", "capables d'argumenter", "citoyens".
Comment se fait-il alors qu'ils aient été incapables de "verbaliser" leurs revendications, de leur donner une expression politique? (c'est du moins l'analyse des sociologues les plus empathiques vis-à-vis de ces émeutiers, qui parlent de mouvements "proto-politiques" comme on parlerait de protozoaires, d'organismes primaires encore en devenir...)
On pourra répliquer que les émeutiers étaient justement les exclus de l'école, ceux qui y ont échoué. Mais si cette école était justement faite pour les "pauvres", n'est-ce pas sur ce résultat-là qu'il faut la juger?
La dernière ligne de repli des meirio-frackowistes consiste à inverser l'argument: oui, cette école a failli, mais c'est justement parce que les réformes meirieutiques n'ont jamais été réellement appliquées, du fait de la résistance culturelle des professeurs, alors même qu'elles ont été validées par consensus gauche-droite depuis les années 70 (je résume très exactement le propos de PF dans un de ses grands textes publiés sur le site de Meirieu, et qui me semblent bien rassembler l'essentiel du propos de la mouvance des Cahiers Pédagogiques).
Que répondre, sinon qu'une réforme acceptée et encouragée par tout le monde mais qui n'a jamais pu être appliquée relève de la chimère? Les didactico-pédagogistes reprennent (peut-être sans s'en douter) la vieille dialectique de la transition éternelle du socialisme vers le communisme: c'est parce que le PC chinois n'était "pas assez révolutionnaire" que le Grand bond en avant avait échoué, parce que le "déviationnisme droitier" avait infesté le Parti que la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne n'avait pas encore atteint son but. Les pédagogistes les plus bêtes vont même jusqu'à expliquer que les professeurs, étant des anciens "bons élèves" et souvent issus de la "bourgeoisie", sont structurellement incapables de comprendre les besoins et les difficultés de leurs élèves issus des classes populaires. Ils reprennent ainsi l'antienne de la Révo Cul: persécuter dans le Parti tous ceux dont l'origine sociale était douteuse (c'est-à-dire "non prolétarienne") car cette origine leur transmettait fatalement le virus "droitier".
Je m'arrête là. Il faut dire que l'excitation délirante d'un Frackowiak contre l'intervention de 5 minutes d'un membre du SLECC (quasiment identifié à un groupuscule nazi) lors d'un colloque de mathématiques m'a laissé sans voix. Bien que n'étant aucunement impliqué ni dans le SLECC ni dans aucune institution scolaire, ce que je découvre sur l'étendue du crétinisme au coeur de l'éducation nationale me désespère chaque jour un peu plus. Sans importance pour mes enfants, qui ont ce qu'il faut à la maison... mais quelle misère tout de même.
JD
Ecrit par : Jesse Darvas | 22 février 2008
Jesse Darvas, je trouve ce que vous dites plein de pertinence.
Je ne crois pas à la thèse du complot droite gauche pour laisser les enfants des classes défavorisées dans leur état de misère intellectuelle.
Je crois à une ignorance abyssale de l'ensemble de la population sur la dégradation de l'instruction telle qu'elle se produit insidieusement depuis plus de 40 ans, directement issue de l'adoption des thèses de Deway par le pédagogisme français, Foucambert en tête.
J'ai vu hier un film "Dyslexie, le mal des mots". Je ne crois pas que tous ces gens complotent pour laisser les enfants diagnostiqués dyslexiques par eux dans leur incapacité à apprendre à lire, donc à trouver plus tard un métier (ce film est terrifiant !)
Jean-François Demonet et Catherine Billard, chercheurs maîtres de recherche au CNRS pour le premier et neuropsychiatre réputée chef de service à l'hôpital de Bicêtre pour la seconde) (je me pose quand même des questions sur leur bonne foi !) en sont restés à l'époque foucambertienne.
Pendant une heure, j'ai suivi le parcours de deux malheureux enfants de huit ans, avec de telles institutrices, psychologues, psychiatres, neurochercheurs, othophonistes, les pauvres enfants ne risquent pas de s'en sortir.
Tout est "foucambertien "!!!
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 22 février 2008
Pour les exercices de composition, les conseils du vieux G Lanson, s’adressant aux lycéens à la fin du 19e :
« Il importe donc, on le conçoit sans peine, d’avoir développé le plus possible sa nature en tous les sens , et d’avoir, par la lecture, par la conversation, par la réflexion, par tous les moyens enfin, enrichi sa sensibilité, son imagination et son intelligence . Plus on aura de vivacité de sentiment , plus on aura emmagasiné dans son esprit de sensations, d’images, d’idées prêtes à être rappelées au besoin, et plus on sera en état de bien écrire. »
Ecrit par : b. | 22 février 2008
Pour réussir dans ces classes il faut être intrinsèquement persuadé qu'on a sa place dans une élite ...
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
C'est assez original, comme situation! Vous vous étiez donc retrouvée en hypokhâgne sans l'avoir voulu, sans être une "bête à concours", ce qui est absolument nécessaire dans une telle structure, et en vous sentant à des années-lumière de la mentalité de vos condisciples auxquels vous prêtiez, du coup, des préjugés et des attitudes de caste. Vous êtes sûre que ce n'était pas une erreur d'aiguillage?
Ainsi, ce n'est pas bien, comme vous semblez le dire, de vouloir appartenir à "une élite" et vous semblez en vouloir beaucoup à cette idée d'"élite". Pourtant, comment se fera la répartition des tâches dans la société si on ne prend pas en compte le "mérite"? L'"élite" due au mérite ne vous paraît pas légitime? Devenir maître-boulanger, par exemple, quand on est mitron, vous paraît scandaleux? Vous dites que l'hypokhâgne préparait les élites: mais trouvez-vous que ce soit un déni d'égalité sociale que de se retrouver professeur, car, après tout , le concours de sortie de Normale Sup n'est quand même que l'agrégation, laquelle ne confère pas, que je sache, des privilèges renversants? D'ailleurs, j'y pense, c'est certainement par idéal égalitaire que Meirieu a bien pris soin de ne réussir ni Capes ni agrégation.
Ecrit par : Jean | 22 février 2008
Et pour donner raison à F. Bailly, les paroles du même qui devait, alors, former les normaliens :
« Presque toujours, ce qu’on fait pour exciter l’activité d’une intelligence encore endormie et timide menace d’en étouffer l’originalité , si frêle en son germe et qu’un souffle peut sécher. Et c’est souvent ce qui arrive ; si ‘on n’y prend garde , c’est précisément là où l’enseignement paraît avoir été le plus efficace qu’il a été le plus funeste . L’incapacité de penser par soi-même , l’insincérité habituelle , voilà souvent la rançon des succès scolaire , qui semble attester au maître que son effort a été fécond : voilà le revers de cette brillante facilité qui fait les héros de concours. Il ne suffit donc pas d’habituer l’élève à trouver quelque chose, il faut qu’il le trouve en soi : tout le problème est là. «
Ecrit par : b. | 22 février 2008
suite et fin :
« le maître doit agir par sa présence plus que par sa parole : il suffit qu’il soit là pour que l’élève prenne de l’audace , sûr d’être repêché , s’il se noie. »
« toutes ces indications, ces questions, ces digressions qui ouvrent un peu au hasard des vues sur certaines régions de la pensée ou du sentiment , devront éveiller la curiosité et faire apparaître l’intérêt des matières : une fois que l’élève sera curieux à propos d’un devoir, et qu’un sujet lui semblera tout au fond du cœur intéressant , je n’ai plus d’inquiétudes. »(G. Lanson, 1891)
Ecrit par : b. | 22 février 2008
ces conseils sont toujours valables et soulignent ce que l’élève doit à l’enseignement et ce qu’il ne peut acquérir que tout seul . Clement
Ecrit par : b. | 22 février 2008
Victor ,c'est du vol, je crie au scandale ! laissez-moi mes saperlipopettes je vous prie!
Saperlotte de saperlipopette en voilà de fausses bonnes nouvelles ! je vais bientôt avoir droit à des vacances , c'est bien vrai ça Jean-Paul?
Saperlipopette et resaperlotte!
Ecrit par : Saperlipopette | 21 février 2008
Je m'inquiétais de votre absence inhabituelle en début de fil, me voilà rassuré ! Je vous concède bien volontiers le monopole absolu du "saperlipopette".
Ecrit par : Victor | 22 février 2008
Et dire qu'il y a quelques jours encore, j'étais "brighelliste"...
Ecrit par : Gelsie | 22 février 2008
Si le "Gelsie" a un quelconque rapport avec "Gelsomina" et si mes souvenirs d'errances sur blogs pédagogistes sont bons, votre conversion au "brighellisme" est très récente, non ?
Ecrit par : Victor | 22 février 2008
Une heure de sport en plus, de l'histoire de l'art pour remplacer la pratique artistique, qui va quasiment disparaître à l'école primaire, pour être réinvestie hors-temps scolaire par les personnels de la culture, qu'il faut bien recaser; il y en a évidemment plus au chômage que d'intervenants potentiels en sport... A qui tout cela profite t-il? Pas aux enfants, en tous cas!!!
"Celles et ceux qui ont voté pour Sarkozy, ou contre Royal, ne l’ont pas fait dans l’espoir que la Bêtise s’installerait dans l’entourage du président."
Ecrit par:JPB
Hélas, trois fois hélas, Jean-Paul, je crains que ce ne soit la phrase la plus désespérément et prophétiquement vraie de votre diatribe.
Ecrit par : Christophe Sibille | 22 février 2008
L’incapacité de penser par soi-même , l’insincérité habituelle , voilà souvent la rançon des succès scolaire , qui semble attester au maître que son effort a été fécond : voilà le revers de cette brillante facilité qui fait les héros de concours. Il ne suffit donc pas d’habituer l’élève à trouver quelque chose, il faut qu’il le trouve en soi : tout le problème est là. «
Ecrit par : b.
Je ne pense pas, cependant, que le concours d'entrée de la rue d'Ulm, du moins en mathématiques et à l'époque où je l'ai passé (il y a bientôt vingt ans !), favorisait les "forts en thème". Les problèmes d'écrit sortaient complètement des sentiers battus, les questions à l'oral également.
Le but de ce concours, unique en son genre, était de faire réfléchir les candidats, bien au-delà des "compétences" standard, favorisant ceux qui étaient capables de se poser eux-mêmes les bonnes questions, de se dépétrer d'une situation proche de celle d'un chercheur devant un problème "ouvert".
Les "bourrins", les "bêtes à concours" étaient marginaux parmi les reçus, lesquels pour la plupart étaient admis à leur première tentative, comme si avant tout on avait ça "dans la peau".
Ecrit par : Moot | 22 février 2008
La Société des agrégés et la réforme Darcos de l'école primaire:
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 22 FÉVRIER 2008
Les nouveaux programmes de l’école primaire
M. Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :
La Société des agrégés approuve la formulation des orientations énoncées par le Président de la République, le vendredi 15 février 2008 à Périgueux, et par le Ministre de l’Éducation nationale, lors de la présentation à la presse, le mercredi 20 février, des nouveaux programmes de l’école primaire.
En déclarant que l’école primaire doit « [consacrer] à nouveau l’autorité du savoir – en partant de celle du maître, l’autorité du maître qui est le dépositaire du savoir », en rappelant que « c’est le savoir qui est au centre de la classe », le Président de la République revient à une conception de l’enseignement dont l’oubli a provoqué tant de dégâts.
En déclarant que « l’école primaire doit rester garante de l’idéal républicain : permettre à chaque enfant de devenir, par l’instruction, un citoyen libre et éclairé », en recentrant l’école primaire sur les fondamentaux – la lecture, l’écriture et le calcul –, en réaffirmant également la valeur de l’ordre chronologique en histoire et l’intérêt de la géographie de la France dans un cadre européen et mondial, le Ministre de l’Éducation nationale souligne que le devoir de la République est de transmettre à chacun le savoir qui permet d’acquérir la liberté de pensée et l’esprit critique, qui ouvre des possibilités de promotion personnelle et sociale, et de ne pas réserver le patrimoine culturel aux seuls « héritiers ».
La Société des agrégés estime que de telles orientations ne sont pas un retour à des conceptions passéistes mais un retour au bon sens qui n’a pas d’âge.
Mais ces intentions déclarées doivent se traduire en actes concrets, à commencer par une formation disciplinaire des professeurs des écoles adaptée à ces objectifs et une augmentation réelle des heures consacrées aux fondamentaux, avec des programmes exigeants. La Société des agrégés estime que la réduction des horaires obligatoires (24 heures au lieu de 26) risque de contrecarrer ces intentions.
Elle constate, d’autre part, que les principes qui président à ces nouveaux programmes vont à l’encontre de la pensée pédagogique dominante dans l’enseignement et souhaite donc que le Ministre en tire toutes les conséquences dans le Livre blanc en cours d’élaboration après les conclusions du rapport Pochard.
Ecrit par : Jean | 22 février 2008
Anne-Marie Valette a écrit:
"Gelsie, vous ne pourrez évidemment pas faire 4 heures de sport par semaine. Ce serait à la rigueur valable à partirdu collège"...
Et voilà comment on sabote avant qu'elle ne soit mise sur ses rails la réforme de notre ministre! Preuve qu'il y a bien un complot de la Droite et de la Gauche pour sortir les enfants des classes défavorisées de leur misère physique!
Blague à part, est-ce que vraiment vous pensez , vous autres intellectuels de gauche et de droite, que c'est un luxe pour les élèves de se voir attribuer de meilleures conditions (certes nettement insuffisantes en l'état, Catmano m'en avait expliqueé les raisons) d'enseignement de l'EPS. Je dis bien EPS et non sport!
Ma petite fille de 7 ans est en CE2. Dès le plus jeune âge ses parents et ses grands parents (3 profs d'EPS sur 4) l'ont initiée à la gymnastique, la natation (sans tabouret), au ski, au tennis. Cela ne l'a pas empêché d'apprendre à lire et écrire à la maternelle et de sauter à pieds joints par dessus le CP.
Je travaille dans un club de gym et de natation et je suis assez bien placé pour juger des aptitudes des jeunes enfants à entrer dans des apprentissages complexes, qui ne peuvent que favoriser les apprentissages d'autres techniques d'écriture.
S'il y a une mesure entre autres de la réforme Darcos à soutenir et à relayer, en exigeant des moyens institutionnels et matériels (qu'on demande aux profs d'EPS par exemple d'enseigner l'EPS aussi à l'école primaire, comme à Paris) pour lui donner toute sa valeur, c'est bien celle qu'il a prise d'attribuer une quatrième heure.
Maintenant je ne me fais aucune illusion sur le devenir de cette excellente décision de XD. Je ne m'y arrête que pour lui donner valeur d'exemple. Les autres mesures de la réforme resteront elles aussi lettres mortes si elles ne sont pas relayées profondément dans l'opinion et accompagnées d'un effort sans précédent de la nation pour son école et soi-dit en passant pour ses enseignants.
Ecrit par : buntovchik | 22 février 2008
"Béte à concours", Moot, c'était une façon de parler. Pour être à l'aise dans les classes préparatoires, il allait être un passionné de vie intellectuelle: cela primait sur la connaissance de je ne sais quel code de caste qui semblait beaucoup gêner Françoise Bailly. Existe-t-il d'ailleurs un concours de très haut niveau dans lequel on demanderait au candidat de recracher bêtement ce qu'il a ingurgité? On ne peut en dire autant du "bac anticipé" de français, où il s'agit pour le candidat de prouver qu'il a sagement appris par coeur les pédantissimes, et totalement dénuées d'intérêt pour les élèves, notions accumulées dans le programme par le triste Viala!
Ecrit par : Jean | 22 février 2008
Un mot pour dire à Jesse Darvas combien ses analyses me semblent pertinentes et nuancées. Quant à F. Bailly, elle semble croire que la capacité de réussir à un concours est le fait des seuls "héritiers". Ce n'est pas le cas, ou du moins ce n'était pas le cas avant les dérives qui ont miné l'Education Nationale, quand on trouvait encore en CPGE un certains nombre de jeunes gens issus de milieux "pauvres", et qui s'y épanouissaient.
Ecrit par : Sylvie Huguet | 22 février 2008
Je suis tout à fait d'accord avec vous, buntovchik, tant sur l'importance du sport à l'école que sur le devenir de cette réforme. Attendons déjà le résultat des "consultations".
Quant à sa mise en place, même dans sa version "édulcorée", attendons pour voir. Le programme de CE1 n'est faisable qu'avec des élèves sortant du CP déjà bons lecteurs et ayant été habitués à faire du systématique en français et en maths.
Quant aux programmes de CM, en français du moins, ils doivent passer largement au-dessus de la tête de nombreux jeunes PE. Il suffira de quelques voix de sirènes leur susurrant qu'ils sont "inapplicables" et beaucoup trop ambitieux pour qu'elles abandonnent avant même d'avoir commencé.
Surtout que les premières années ne vont pas être faciles, imaginez de faire avaler tout ça en un an aux CM2 qui arriveront l'année prochaine en ayant pour tout bagage que quelques vagues exercices d'ORL.
Quant aux vingt-quatre heures (et même vingt-six, mais dans quelles conditions ?), elles me semblent très insuffisantes pour faire vraiment acquérir tout cela. Nous nous retrouvons avec les exigences des programmes de Chevènement (ou même plus, il faudra que je vérifie) et trois heures de moins par semaine.
Ecrit par : catmano | 22 février 2008
Si des enseignants veulent continuer à patauger dans leur merde,grand bien leur fasse si c'est adéquat à leurs propres capacités intellectuelles ,mais si seulement 20 % des enseignants s'y mettent sérieusement dès maintenant sans craindre les inspecteurs et les camarades syndiqués du snuipp,cela suffira.Ils ont le gouvernement et la présidence avec eux.On verra les résultats des élèves,les réactions de leurs parents.
Et la force des choses fera beaucoup de choses.
Après trente ans de sottises,on est quand même pas à un an près.
Ecrit par : bernard | 22 février 2008
Bonjour,
Je vous propose deux documents trouvés sur le site de Laurent Lafforgue :
http://www.ihes.fr/~lafforgue/textes/
TemoignageCollegeAnnees70.pdf
Témoignage sur une psychologue scolaire des années 70, qui mériterait une analyse de ceux qui savent comment cela se passe aujourd'hui.
http://www.ihes.fr/~lafforgue/textes/
TemoignageProfesseurPhysiqueUniversite.pdf
Cela n'a pas grand rapport avec le fil puisqu'il s'agit d'enseignement des sciences à l'université, mais me parait
pourtant devoir vous intéresser :
- disparition du goût du savoir (dont sont responsables non seulement "la société consumériste mercantile", mais aussi le type des devoirs demandés pendant la scolarité antérieure).
- nécessité d'une progression entre les disciplines (grammaire, puis maths, puis physique)
= Impossibilité d'accéder aux questions proprement physiques, si l'on n'a pas une formation mathématique
suffisante. Ce point est à souligner car il n'existe pas en biologie, géologie ou dans les formations techniques élémentaires. D'où provient l'erreur encouragée par Allègre et cautionnée malheureusement par Charpak, d'un enseignement mécanisé et non-intellectuel des mathématiques au collège et au-delà.
- rôle dirimant de l'analyse grammaticale en sciences : son absence interdit l'identification d'un raisonnement.
Je rappelle que la formation mathématique authentique fournit :
- la rigueur du raisonnement
- l'honnêteté intellectuelle (= le goût de la vérité pour elle-même, sans souci des convenances sociales)
- le développement de l'imagination (les maths sont une "pensée métaphorique scientifique", c'est étrange mais ainsi)
Elle contribue ainsi au développement du souci du Vrai, du Juste et du Beau, qui sont, me semble-t-il, les racines
authentiques de l'aspiration à la transcendance (si valorisée par notre président).
PS: Pourquoi ne trouve-t-on pas d'équivalent moderne du "cours d'analyse grammaticale" de Grevisse (ed
Deboeck/Duculot, 1969), qui présente de façon SYSTEMATIQUE analyse des mots et des phrases, sur des
exemples moralisants ? Il continue de se vendre ...
- Tout à fait d'accord avec Jesse Darvas.
- Les citations de Lanson sont remarquables, mais on en voit le danger :
"Il ne suffit donc pas d’habituer l’élève à trouver quelque chose, il faut qu’il le trouve en soi : tout le problème est là."
Certains en ont déduit qu'il fallait centrer l'élève sur lui-même, en ignorant le processus requis :
D'abord faire aller l'élève au-delà de ses parents en l'ouvrant au professeur, puis le faire aller au-delà du professeur en l'ouvrant au savoir, puis orienter le savoir vers les autres, enfin supprimer les tuteurs intermédiaires.
Trop souvent on confond chemin et objectif, en négligeant la primauté du premier sur le second.
Ce texte ancien de LL l'illustre très bien.
http://www.ihes.fr/~lafforgue/textes/PourquoiEcole.pdf
Amicalement.
Ecrit par : Julius | 22 février 2008
On verra les résultats des élèves,les réactions de leurs parents.
Et la force des choses fera beaucoup de choses.
Après trente ans de sottises,on est quand même pas à un an près.
Ecrit par : bernard | 22 février 2008
On les voit déjà dans les classes SLECC ou 3° voie, si je ne m'abuse. Les parents sont contents et cela rend les "collègues d'en face" d'autant plus hargneux.
Les médias pourraient beaucoup, au moins sur les jeunes collègues, pour les "vieux", je crois que ce n'est même pas la peine d'essayer.
Ecrit par : catmano | 22 février 2008
Le simple fait que Madame Royal (visiblement l'intelligence faite femme) ait cru bon de dénigrer la réforme Darcos en glapissant que c'était un "retour aux vieilles recettes" suffirait à prouver que le ministre est dans le vrai!
Ce qui est en train de se passer est capital: les "pédagogistes" sont en train de perdre leur pouvoir - usurpé depuis 1989!
Ecrit par : Jean | 22 février 2008
Lanson met en garde le professeur qui croit avoir formé un élève compétent alors qu’il a développé en lui l’habitude du trucage . Lanson attend justement du candidat de la finesse et de la sincérité : « le grand point, c’est donc la sincérité absolue. Même les devoirs d’écolier doivent être absolument sincères. », et non un développement brillant et artificiel des idées du maître.
Le livre de Grevisse est en effet admirable et l’on peut, encore aujourd’hui, le recycler mais il ne correspond plus tout à fait aux programmes. En outre, certains exercices, qui prennent pour support des textes « littéraires » sont inutilisables : la langue de l’auteur, la complexité de la syntaxe sont déjà des obstacles.
Le plus frappant d’ailleurs est que tous les manuels d’analyse proposés par les éditeurs sont très anciens. Sous leurs couvertures modernes, il s’agit , comme le manuel d’analyse d’Hamon, d’ouvrages qui ont plusieurs décennies. Autrefois utilisés dans les classes de collège, ils servent désormais à préparer les concours.
Pourtant, la pratique de l’analyse logique n’est pas une mauvaise chose . Elle forme effectivement le raisonnement , ne serait-ce que parce qu’elle dérive de la logique ( substantif/adjectif/attribut…).
Sur ce sujet, on peut d’ailleurs consulter
« Raisonner en vérité : Traité de logique analytique, dialectique, rhétorique, sophistique »( Bruno Couillaud )
Il s’agit d’une histoire de la pensée et d’une introduction aux différents modes de raisonnement . L’auteur montre ce qui unit et sépare philosophie, science et rhétorique.
Ecrit par : b. | 22 février 2008
Ce qui est en train de se passer est capital: les "pédagogistes" sont en train de perdre leur pouvoir - usurpé depuis 1989!
Ecrit par : Jean | 22 février 2008
Vous prenez vos désirs pour des réalités Jean! Et vous ne lisez pas les propos de X Darcos qui a bien dit que les enseignants et a fortiori les inspecteurs garderont leur "liberté pédagogique". Et les él



