27 décembre 2007

Canossa

Canossa

Je viens de recevoir (merci, David !) un beau volume tout fraîchement sorti du 5, rue Sébastien-Bottin. Il s’intitule, en toute simplicité, « Les Plus belles pages de la littérature française ». Bref, une anthologie au sens le plus pur — recueil des « plus belles fleurs » de rhétorique…
Avec, dès la Préface, des intentions fort louables : « L’acte de lire a été tellement analysé, disséqué, et le commentaire de textes a atteint un tel degré de sophistication qu’on peut craindre que trop souvent il n’éloigne de la lecture la plus naturelle et la plus gratifiante un grand nombre de lecteurs qui ne sont pas des professionnels de l’enseignement, et qu’il ne rebute, hélas, trop d’élèves, et de parents, parfois surpris ou lassés par ce qui leur apparaît comme une scolastique qui occulte le plaisir de lire… »

Je passerais volontiers sur ce qu’une telle phrase, qui enfile à loisir les « qui » et les « que », a de laborieux, si cette lourdeur syntaxique ne révélait une contorsion mentale d’envergure.
De qui, ce retour au « plaisir du texte », comme disait jadis le regretté Roland ? D’Anne Armand, inspectrice générale de Lettres qui en 2001 préconisait au collège de lire de la « littérature jeunesse » moderne (voir http://eduscol.education.fr/D0033/actfran_armand.htm) ; Marc Baconnet, ancien doyen de l’Inspection générale de Lettres, qui défendait jadis la conception « moderne » de l’orthographe et l’enseignement en séquences (voir son débat chez Finkielkraut avec Mireille Grange, sur http://www.sauv.net/rubicon.php) ; de Patrick Laudet et Isabelle Mimouni, professeurs de prépas — la dernière fut une amie au point que nous fîmes jadis, bien avant qu’elle ne participe à la mise en place des nouveaux programmes de Français selon Viala, un manuel de Français pour les BTS.
Tout ce joli monde se reconvertit donc aux « plus belles pages » — retour au Lagarde & Michard, plus un discours d’escorte qui étouffe un peu la lecture « plaisir, mais qui me rappelle heureusement certains manuels du début des années 1980, quand on voulait donner aux élèves le plus et non le moins.
Réjouissons-nous, ou rions sous cape : les plus acharnés défenseurs des pédagogistes oublient ce qu’ils ont mis en place, et en reviennent — avec conviction, d’ailleurs — à une étude en profondeur de textes essentiels. S’ils enseignaient en collège ou simplement en lycée, ce serait donc là le contenu de leur cahier de textes…
Et tout cela n’est pas présenté en « séquences pédagogiques ». C’est chronologique, linéaire, fort étoffé, illustré d’une riche iconographie d’époque — savant, en un mot.
La seule chose qui me chagrine, ce n’est pas cette palinodie attendue (« ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent », disait le regretté Edgar Faure). C’est sa publication en « beau livre » chez Gallimard. Que ne l’ont-ils éditée chez tel ou tel éditeur scolaire ! Voilà qui marquerait vraiment l’an 01 du renoncement aux lubies de la secte…
Mais sans doute les manuels nouveaux sont-ils déjà en préparation.
Allez, je ne veux pas être désagréable, en cette période de fêtes et de pardon universel… Ne boudons pas notre plaisir, et relisons tranquillement Villon, Rabelais, Ronsard et les autres (à chaque fois, c’est le texte le plus célèbre qui est cité — les « stances » du Cid au chapitre Corneille, par exemple, ou l’alambic de l’Assommoir). La littérature est de retour, même chez ceux qui ont tant contribué à la marginaliser dans les programmes — à leur corps défendant parfois, n’est-ce pas, Isabelle…

Jean-Paul Brighelli

Commentaires

Bonjour...
;):)

Saperlotte de saperlipopette

Ecrit par : Saperlipopette | 27 décembre 2007

La littérature est de retour, même chez ceux qui ont tant contribué à la marginaliser dans les programmes — à leur corps défendant parfois, n’est-ce pas, Isabelle…

Jean-Paul Brighelli

La littérature est de retour...mmouaih! Ce serait la bonne nouvelle! D'un autre côté, J'ai entendu tout récemment sur une chaîne de TV qu'il ne s'est jamais autant vendu de jeux vidéo qu'en cette fin d'année.
A propos de programmes de TV avez-vous noté leur nullité en cette fin d'année?
Je doute que nos jeunes se saisissent de cette vacuité des programmes pour se jeter sur les beaux livres.

Je signale une tradition typiquement russe, et encore très vivante, celle d'offrir aux écoliers du niveau collège une chrestomatie (krestomatia). C'est un énorme recueil relié qui rassemble l'équivalent d'une vingtaine de nos anthologies consacrées aux grands classiques nationaux. Il ne coûte guère plus de dix euros et l'écolier le garde précieusement près de lui toute sa scolarité et plus.
Je ne sais pas si en France existent de tels chrestomaties? D'ailleurs ce mot est-il lui-même usité?

Ecrit par : buntovchik | 27 décembre 2007

"A propos de programmes de TV avez-vous noté leur nullité en cette fin d'année?"

Seulement en fin d'année ?

Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007

"A propos de programmes de TV avez-vous noté leur nullité en cette fin d'année?"

Seulement en fin d'année ?

Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007

Ben oui, il n'y pas de foot ni de rugby en ce moment.

Ecrit par : Japhet | 27 décembre 2007

Ben oui, il n'y pas de foot ni de rugby en ce moment.

Ecrit par : Japhet | 27 décembre 2007

Certes, mais on a de magnifiques reportages sur les civilisations lybienne, marocaine, égyptienne...
A propos, je me demande bien quel genre d'ouvrages le président reçoit-il pour ses étrennes? Les oeuvres complètes de Gramsci?

Ecrit par : buntovchik | 27 décembre 2007

"les plus acharnés défenseurs des pédagogistes oublient ce qu’ils ont mis en place, et en reviennent — avec conviction, d’ailleurs — à une étude en profondeur de textes essentiels. S’ils enseignaient en collège ou simplement en lycée, ce serait donc là le contenu de leur cahier de textes…"

Il faudrait le leur demander : on connaît des historiens qui ont fait des beaux livres d'histoire chronologiques, et qui continuent à préconiser l'enseignement de l'Histoire transversale.

Et tout cela n'a pas empêché Anne Armand de se livrer à un bel entretien avec Jean-Michel Zakhartchouk sur le site des Cahiers pédagogiques
http://www.association-ozp.net/article.php3?id_article=4718

Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007

Dites, Isabelle Mimouni trouve-t-elle les TPE toujours aussi "magnifiques" ?

"I. Mimouni - Ce qui m'inquiète, c'est que les TPE soient dévoyés et deviennent de plus en plus des dossiers documentaires. Ce serait une sorte de retour au cours magistral au lieu d'être une prise d'autonomie et de risque, une invitation à l'imagination pour les élèves. Ce que je trouve magnifique dans le TPE, c'est le moment où l'élève a une idée et crée quelque chose. C'est ce dialogue entre des profs qui sont attentifs, et qui encadrent des élèves qui ont une idée, une imagination créative"

C'est beau...!

Sinon, les Echos ont été bien plus rapides à traiter l'information, et ils sont plus réalistes :
http://www.lesechos.fr/info/loisirs/4659404.htm
"« Les Plus Belles Pages... » n'échappent pas au jargon de la linguistique, qui a fait tant de mal à des générations d'élèves" et ils parlent d'offrir le livre à des lycéens - les lycéens eux-mêmes, vu le prix du livre, ne sont pas près de l'acheter !

Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007

Je ne sais pas si en France existent de tels chrestomaties? D'ailleurs ce mot est-il lui-même usité?

Ecrit par : buntovchik | 27 décembre 2007

Le mot "chrestomatie" évoque pour moi un recueil de textes grecs.

Mais le mot était parfois employé en 1905 à la place de florilège ou d'anthologie :

Cf. L'introuvable "Chrestomatie Francaise, ou Choix de morceaux des meilleurs écrivains français" Tome III : "Littérature De la jeunesse et de l'âge mûr" de Vinet. (d'Amiel à Zola)

Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007

Postes offerts à l'agreg externe :
Grammaire : 5
Lettres classiques : 40
Lettres modernes : 90

No comment.
http://www.education.gouv.fr/cid4585/postes-agregation-externe.html

Ecrit par : FGuichard, écoeurée | 27 décembre 2007

Postes offerts à l'agreg externe :
Grammaire : 5
Lettres classiques : 40
Lettres modernes : 90


Ecrit par : FGuichard, écoeurée | 27 décembre 2007

Russe: 0 !

J'ai feuilleté "les plus belles pages" et n'ai pas hésité à l'acheter pour l'offrir à ma fille, élève en seconde. Cela tombe bien! Je pense que cet ouvrage est une très belle entrée dans notre littérature. Vivement le 1er janvier...! (et merci a JPB de nous l'avoir signalé)

Ecrit par : buntovchik | 27 décembre 2007

1) "Je pense que cet ouvrage est une très belle entrée dans notre littérature." -> Au prix où c'est, ça peut être beau. En tout cas, ce ne sont pas mes élèves qui pourront l'acheter.
Il me vient une idée : puisque c'est un livre d'Armand et Mimouni, peut-on l'utiliser comme manuel scolaire ? Me soutiendraient-elles, si un IA-IPR venait me reprocher de faire étudier leurs textes dans l'ordre chronologique au lieu de procéder par séquences ? J'attends une réponse sincère à cette question...

2) FGuichard, il vous manque plusieurs informations importantes :
A/ Il n'y a que 90 postes à l'agrégation externe, mais il y en a 106 à l'agrégation interne
B/ Quand je l'ai signalé ici, notre hôte m'a rétorqué que je disais des "bêtises", que je faisais de "dangereuses approximations", et que les pédagos n'avaient la main ni dans la culotte des zouaves, ni dans celle du ministre. Donc fin de non-recevoir pour moi, vous aurez peut-être plus de chance que moi.

Pour info, vous pourrez lire cette discussion passionante dans le fil "Physique/Chimie"...

Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007

Les collègues ont la mémoire sélective:
En 1981, il y avait 70 postes à l'agreg de Lettres Modernes.
Et même que Mr Jacques Truchet qui nous disait de belles choses dans les amphis de Paris IV trouvait que cela était trop peu, et même qu'il démissionna du jury, le brave homme.
Il est toujours bon de regarder un peu avant, pour voir ce qui se passait.
De surcroît, on ne peut pleurer sur la disparition d'un concours dont plus personne ne défend la spécificité exception faite de Mr JM Léost.
A ne pas avoir voulu défendre l'agreg et tout ce qu'elle représentait, il ne faut pas pleurnicher maintenant de la voir disparaître. Il faut avoir un peu de cohérence et de courage quand on avance certaines idées. Le règne du prof unique s'ouvre à nous. Il est bien tard pour larmoyer!

Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007

Trouvé sur le Forum des Babéliens:

"Chrestomathie : du grec χρηστομάθεια (khristomatheia) formé de χρηστός utile + μανθάνω, il s’agit d’un recueil de textes utiles ou de morceaux choisis. La chrestomathie est normalement destinée à l’enseignement. Les Grecs mentionnaient sur ces recueils la lettre χ de χρηστός utile."

Ecrit par : outis | 27 décembre 2007

Mon rêve : un Lagarde et Michard version école primaire !!

si, si !!!! des oeuvres phares de la littérature française à la portée de Cycle 3 ( CE2 à CM2 ) où la chronologie ne serait pas uniquement liée à l'histoire mais aussi à celle des oeuvres des écrivains .

Avec intelligence , on pourrait je pense concevoir ce type d'ouvrage pour la littérature enfantine en milieu scolaire.

Ecrit par : patrickinstit | 13 mai 2007

Ecrit par : patrickinstit | 27 décembre 2007

Patrickinstit, on pourrait même étendre cela à de grandes oeuvres comme l'Iliade, L'Odyssée, Les Catilinaires, Don Quichotte...

Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007

Sanseverina, vous avez un truc personnel à nous reprocher, à FGuichard ou à moi ?
Ca ne nous concerne pas, vos reproches selon lesquels "plus personne ne défend la spécificité de l'agreg exception faite de Mr JM Léost.", personne n'a "voulu défendre l'agreg et tout ce qu'elle représentait", et "Il faut avoir un peu de cohérence et de courage quand on avance certaines idées.".
Adressez vos reproches à ceux qu'ils visent !

Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007

@ patrickinstit :
Pour les CE1, je suis plutôt contente de mon "Oiseau Lyre"... Dans le premier tome (CP/CE1) et dans le deuxième tome (CE1), lecture de contes traditionnels européens puis venus d’autres continents (Afrique, Asie) essentiellement adaptés par des "grands noms" du conte pour enfants (Miss Sara Cone Bryant, P. Lequeux, P. Delarue, etc.) ou du conte tout court (les frères Grimm, Ch. Perrault, Gorki, Mme Leprince de Beaumont), de trois "contes modernes" (Hulul, de A. Lobel, Babar de J. de Brunhof et Colargol de A. Got) et quelques extraits de romans pour enfants de Paul Géraldy (Clindindin), Tristan Derème (Patachou)...
J’ai celui de CE2, on y trouve des contes toujours, dont un de Tolstoï, un des frères Grimm, un de Pouchkine, un de Mistral, un tiré des Mille et Une Nuits et des extraits de Pinocchio de C. Collodi, des Contes du Chat Perché de M. Aymé, le Pierre et le Loup de G. Duhamel et Grain-d’aile de P. Eluard.
J’avais ceux de CM1 et CM2, je pourrais les retrouver si cela vous intéresse.
Evidemment, ce n’est plus édité, mais on en trouve en fouinant à droite à gauche.

Actuellement, on trouve de « grands noms de la littérature » dans « Le goût de lire » chez Nathan (pub du site pour le manuel CM1 : « Guillaume Apollinaire, Daniel Defoe, Robert Desnos, les frères Grimm, Molière, Yvan Pommaux, Jacques Prévert, Arthur Rimbaud, Michel Tournier, la comtesse de Ségur, Paul Verlaine, Voltaire parmi bien d'autres. »), évidemment, il y a aussi les inévitables « issus de la liste officielle des ouvrages de littérature au cycle 3 » et c’est présenté en « réseaux thématiques », mais c’est mieux que rien.

Ecrit par : catmano | 27 décembre 2007

un lien pour buntovchik
http://www.newizv.ru/print/80826

Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2007

Pour Jérémy et F. Guichard : j'ajoute que les arguments de Jérémy m'ont paru pertinents. Je ne comprends pas pourquoi Brighelli a parlé de "bêtises". Il avait déjà dit qu'il ne fallait pas croire les rumeurs quand j'avais signalé dès la rentrée qu'une prof de Paris IV avait annoncé 90 postes en LM. Et le fait qu'il y ait plus de postes en interne est très inquiétant. J-P B manipulé ou manipulateur lui-même? Je ne sais pas mais je suis très pessimiste et viens de moins en moins sur ce blog.

Ecrit par : Courtin | 27 décembre 2007

Mais Jérémy, vous avez toujours défendu l'agreg sur ce blog, sauf erreur de lecture de ma part. Nul "reproche", ni à vous ni à qui que ce soit. Ce serait puéril et inefficace.
Le froid constat qu'on ne peut pas défendre un concours sans les prérogatives qui y sont attachées, c'est tout.
On ne peut pas défendre l'agrégation et l'égalitarisme; les concours et l'absence de sélection. C'est le grand écart intellectuel que la gauche n'arrive pas à résoudre actuellement. L'extrême gauche a depuis longtemps choisi ( on est tous égaux, on a tous droit aux diplômes); la droite a choisi depuis longtemps aussi: la sélection par l'argent et les relations; et la gauche classique qui devrait défendre, derrière Jaurès et tous les autres la sélection par le mérite, que fait-elle?

Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007

patrickinstit écrit :
"Mon rêve : un Lagarde et Michard version école primaire !!"

J'abonde dans votre sens. Cela dit, rien n'empêche de créer son parcours littéraire dans cet esprit. cela demande évidemment plus de travail. Mais finalement, pourquoi ne pas transformer un rêve en projet éditorial ? Il faudrait pour cela monter un groupe de travail... Qu'en pensez-vous ?

Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007

Inutile de polémiquer : mon admonestation ("grosse bêtise")visait le total, tous concours considérés (et là, les concours externes surpassent nettement les concours internes). Et pas seulement les Lettres (où les chiffres sont inversés, je le concède bien volontiers). Fin polémique.

Pour ce qui est des rumeurs insistantes sur la suppression desdits concours… D'abord, adressez-vous à Pécresse, et aux présidents d'universités qui flirtent très dangereusement avec les IUFM - qui effectivement rêvent depuis toujours de faire disparaître les concours nationaux, et de s'assurer le recrutement des profs, ce qui assoierait définitivement leur pouvoir de potentats locaux (et ça n'irait pas mal avec l'autonomie tant réclamée des établissements). En clair, puisqu'il faut mettre le point sur le i du verbe sodomiser, les intentions égalitaristes (un seul type de profs) risquent de se combiner commme d'habitude avec les pires calculs des économistes (moins de profs) — une collusion permanente, qu'il ne faut cesser de dénoncer. Nos facs ne sont pas capablrs, en l'état, de délivrer des masters d'enseignement, parce que le recrutement des ensaignants en fac vise la recherche, et non la formation — sauf à donner tout le pouvoir aux didacticiens : mais ce seront les universitaires les premiers cocus, parce qu'il ne leur restera plus une once de pouvoir.
Une note optimiste (si je puis dire) : d'ici deux à trois ans, le nombre de postes doublera, au minimum, à cause du début de la grande vague des départs à la retraite — et pareil dans la décennie à venir. Et j'aimerais beaucoup savoir où on ira pêcher des candidats qui ne veulent même pas faire ce métier — en particulier, pas en sciences, où les carrières dans le privé sont nettement plus attractives que les salaires du public. Il est possible que ce soit à cause de cette perspective que l'on teste nos réflexes sur des "masters" d'enseignement" — mais peu importe, il n'y aura pas les étudiants, sauf mesures particulièrement incitatives.
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2007

A propos de l'anthologie dont il est question, il ne faut pas crier "terre" parce qu'on a vu une mouette! Elle vient peut-être d'un autre bateau!
Personnellement, je doute qu'une anthologie à elle seule puisse permettre de d'annoncer le retour réel de la litttérature dans les instructions officielles et les programmes.
Si elle revient à la vitesse à laquelle la méthode syllabique nous revient!
Mais il est vrai que nous sommes dans une période de grâce et de voeux "pieux"! Et je souhaite bien sincèrement me tromper!

Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007

Sanseverina écrit :
"... et la gauche classique qui devrait défendre, derrière Jaurès et tous les autres la sélection par le mérite, que fait-elle?"

C'est justement la notion de mérite qui lui pose problème. La gauche n'arrive pas à rompre avec l'idée d'égalité, purement idéologique, pour adopter celle d'équité, réaliste et plus juste.
Le mérite lui est suspect car il procède essentiellement d'une attitude personnelle. Valoriser ceux qui réussissent malgré des conditions défavorables, c'est implicitement admettre que l'individu est premier et la société secondaire. C'est aussi reconnaître la responsabilité de la personne, ce qui équivaut à remettre en cause un axiome fondateur, qui attribue la cause de tous les maux à la société, c'est-à-dire à personne en particulier (donc à tout le monde en général et à certains plus que d'autres).

Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007

"... et à certains plus qu'à d'autres."

Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007

1) "Je pense que cet ouvrage est une très belle entrée dans notre littérature." -> Au prix où c'est, ça peut être beau. En tout cas, ce ne sont pas mes élèves qui pourront l'acheter.


Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
33.25 euro chez Amazon! Même pas un demi-plein de gasoil, même pas un mois de portable. Nos enfants seraient-ils si pauvres alors qu'on les voit communément sortir du supermarché avec trois bouteilles de vodka et quatre packs de bière?

Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2007

Et j'aimerais beaucoup savoir où on ira pêcher des candidats qui ne veulent même pas faire ce métier — en particulier, pas en sciences, où les carrières dans le privé sont nettement plus attractives que les salaires du public. Il est possible que ce soit à cause de cette perspective que l'on teste nos réflexes sur des "masters" d'enseignement" — mais peu importe, il n'y aura pas les étudiants, sauf mesures particulièrement incitatives.
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2007

Je crois au contraire qu'on trouvera des gens pour s'occuper des élèves dans le primaire et le secondaire. Il suffit de voir dans les collèges combien les aides éducateurs de tout poil louchent sur la fonction d'enseignant. Certains collègues arguant qu'après tout puisqu'ils s'occupent aussi des élèves , ils peuvent aussi prétendre au titre de profs. Et puis ces concours, cette sélection, etc...ne sont la preuve de rien, on connaît le refrain.
Des professeurs dignes de ce nom, sans doute pas, qui ne passeront plus de concours exigeants et sélectifs, c'est à peu près sûr.
Des "enseignants" qui auront un "niveau"( lequel?) avec un diplôme professionnel délivré par les IUFM et qui seront sous contrat de droit privé. Des enseignants qui feront un petit boulot.
Mais, il suffit de regarder autour de nous, c'est ainsi que notre métier est déjà considéré par l'ensemble de la population, comme un petit boulot, qui ne paie pas, et qui est ingrat. Il n'y a guère que sur le blog de notre hôte ( que j'admire pour son optimisme "stoïque") qu'on arrive encore à se "tenir chaud" en se disant que le métier de professeur...!!!
lLes carottes sont cuites. Gardons le sourire!

Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007

C'est justement la notion de mérite qui lui pose problème. La gauche n'arrive pas à rompre avec l'idée d'égalité, purement idéologique, pour adopter celle d'équité, réaliste et plus juste.
Le mérite lui est suspect car il procède essentiellement d'une attitude personnelle. Valoriser ceux qui réussissent malgré des conditions défavorables, c'est implicitement admettre que l'individu est premier et la société secondaire. C'est aussi reconnaître la responsabilité de la personne, ce qui équivaut à remettre en cause un axiome fondateur, qui attribue la cause de tous les maux à la société, c'est-à-dire à personne en particulier (donc à tout le monde en général et à certains plus que d'autres).

Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007

Ma question était rhétorique, bien sûr.
Entièrement d'accord avec vous. Puissiez-vous être lu et entendu par tout le monde!

Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007

"Une note optimiste (si je puis dire) : d'ici deux à trois ans, le nombre de postes doublera, au minimum, à cause du début de la grande vague des départs à la retraite — et pareil dans la décennie à venir."

Mais est-ce valable en tenant compte du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux ?

Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007

Mais, il suffit de regarder autour de nous, c'est ainsi que notre métier est déjà considéré par l'ensemble de la population, comme un petit boulot, qui ne paie pas, et qui est ingrat. Il n'y a guère que sur le blog de notre hôte ( que j'admire pour son optimisme "stoïque") qu'on arrive encore à se "tenir chaud" en se disant que le métier de professeur...!!!
lLes carottes sont cuites. Gardons le sourire!

Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007
Si vous aviez un métier réputé bien payer et gratifiant, vous verriez que ce n'est pas rose non plus. C'est pour nous un tel plaisir et si payant de soigner vos poupounets et bichounets que nul ne s'imagine que notre vocation ne suffit pas, même avec le fric, à nous payer un orgasme si poupounet a mal au dos à deux heures du matin.
Vous préfèreriez être gardien de déchetterie?

Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2007

Pour Magister et patrickinstit, vous pensez vraiment que ça intéresserait un éditeur, une anthologie de grands textes accessibles à des élèves de primaire ? Si vous avez déjà réfléchi à la question, j'en ai quelques-uns à vous envoyer.

Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007

Postes aux concours : tous les détails sur
http://www.education.gouv.fr/cid4605/postes-contrats-offerts.html

His dictis, je souhaite à tous et toutes une bonne année (et, en ce qui concerne la défense de l'école et des humanités, seul un miracle , peut-être ?).
A l'an qué vèn, et, si sian pas maï, que fuguen pas mèn !

Ecrit par : FGuichard, lalala | 27 décembre 2007

Non, je viens juste de prendre l'idée au vol, suite au commentaire de patrickinstit. Pour que cela intéresse un éditeur, il faudrait que le vent ne tourne pas... Or, convenons que l'EN est actuellement dans une phase de suspension. Oui ou non, XD va-t-il clairement rompre avec les errements passés et rendre à l'école les clefs de son identité ?

Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007

"Oui ou non, XD va-t-il clairement rompre avec les errements passés et rendre à l'école les clefs de son identité ?"
demande Magister…
Courant janvier se tiendra ua ministère une seconde réunion plénière, après celle du début novembre (voir mes Notes An 01 et sq.), centrée sur l'école primaire. Le ministère est demandeur — mais je ne suis pas voyant et je ne peux garantir qu'il gardera toutes les bonnes idées qu'on lui soufflera… Pourquyoi diable pensiez-vous qu'il y avait récemment une note "Maternelles" — sinon pour faire remonter vos bonnes idées jusqu'à la rue de Grenelle ?
Allez, bonne nuit à tous…
JPB
PS. Sanseverina, c'est vrai que je reste optimiste — d'abord parce que j'aime ce boulot, et ensuite parce que j'aime ce boulot. Et que je ne suis pas le seul, ici même.

Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2007

Magister, Catmano


Il est vrai que chacun de nous pourrait éditer son " Lagarde et Michard "

Y travailler . Oui . Beaucoup de travail en persperctive . Lire et juger de la pertinence d'un texte pour l'âge concerné.

En classe primaire il y a, postée au mur, l'incontournable frise historique aves ses héros , ses batailles , ses faits d'armes ..etc. mais point de grands noms phares de notre littérature .

Lister des oeuvres phares, littérature, poésie ..... juger des textes selon l'âge.

Intégrer l'Histoire au fil des mots, des vers et non plus au seul bruit des glaives et des canons.

Quel beau projet !

Tiens!

Mes CP adorent en ce moment :"

" Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
de venir dans ma chambre, un peu chaque matin... "

Je leur demande d'apprendre jusqu'à ... passe. La suite, je leur dis mais certains veulent l'apprendre en entier :-)

Donnez leur de l'or et non du sable ...

Hugo à côté de la Tour Eiffel et de Clément Ader !

Cordialement

Ecrit par : Patrick | 27 décembre 2007

Et mes GS/CP/CE1 ont beaucoup apprécié (assez pour l'apprendre plus vite que je ne l'avais prévu) :

Ah! quel beau matin que ce matin des étrennes!
Chacun pendant la nuit,avait rêvé des siennes
Dans quelque songe étrange ou l'on voyait joujoux,
Bonbons habillés d'or,étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser dans une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux,puis reparaître encore!
On s'éveillait matin, on se levait joyeux,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux....
On allait,les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants,comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher...
On entrait !...puis alors les souhaits...en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise!
Arthur RIMBAUD

Il y en a juste deux (le frère et la soeur, bébés-lunes adorés de papa-maman) qui croyaient que "puis alors les souhaits", cela voulait dire : "Allez, papa et maman, dépêchez-vous, on en a marre d'attendre !"

Ecrit par : catmano | 27 décembre 2007

Vous en reprendrez bien "une lichette"...

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin ...

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère;
Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J'appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu'elle est morte! Hélas! que Dieu m'assiste !
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.

Victor Hugo (1802-1885)

Ecrit par : Maminou | 27 décembre 2007

Merci Catmano

Jérémy a écrit :

Pour Magister et patrickinstit, vous pensez vraiment que ça intéresserait un éditeur, une anthologie de grands textes accessibles à des élèves de primaire ? Si vous avez déjà réfléchi à la question, j'en ai quelques-uns à vous envoyer.

Je suis preneur ... Pour ma curiosité personnelle.

Ecrit par : patrick | 27 décembre 2007

Oui ou non, XD va-t-il clairement rompre avec les errements passés et rendre à l'école les clefs de son identité ?

Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007

Il y a deux discours : Celui de l'honneur et des droits de l'Homme d'un côté, de l'autre, celui de l'intérêt bien compris mélangé à la peur des attentats..."Je suis oiseau, voyez mes plumes..."

Avec l'école, c'est la même chose, d'un côté le discours du réalisme libéral de Pécresse, de l'autre celui de "l'élitisme républicain" de Darcos qui se souvient de temps en temps qu'il est agrégé de Lettres..

Nous nous sommes fait avoir avec les flonflons du discours de Maison Alfort, un pur exercice de sophistique. C'est Protagoras qui conseillait le candidat, pas Socrate.

Je suis moi aussi très pessimiste sur l'avenir du CAPES et de l'agrégation et de la profession en général.

La complicité du "réalisme gestionnaire" et du pédagogisme est désormais bien établie. Qui peut encore en douter ?

Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007

J'ai raconté un peu l'histoire de Léopoldine , la façon dont Victor Hugo apprit la disparition de sa fille.

J'ai de "droit" titré cette poésie : Léopoldine !!!

L'époque ... le siècle de V. Hugo. Un élève de ma classe de CP avait apporté des photos du village (Saint Saturnin les Avignon)... du début du XX ème siècle.

A ce texte les enfants ont sans doute raccroché émotions et images :-)

Ecrit par : patrick | 27 décembre 2007

"Pierre Driout, fulminante tante bariolée qui, chaque jour, expulse par un minuscule siphon (qui l'eût cru ?) le liquide malodorant de lieux communs bizarrement confondus avec les sentences définitives d'un Joubert. Ce nain rentré, cette tante cosmétique qui ferait rire aux éclats un Pasolini ou un Genet, donnerait même à Pierre Assouline une sensation de vertige tant il lui faudrait, pour repérer l'amibe versicolore, regarder bas... "

http://stalker.hautetfort.com/archive/2005/09/13/bernanos-la-guerre-satan-la-critique.html

Ecrit par : ipidiblue, tante cosmétique | 27 décembre 2007

"Que de contorsions pour faire se conformer la réalité au dogme ! Le brave Christophe Sibille qui est professeur de musique dans un quelconque IUFM de province ayant fini par s'apercevoir que les nègres ne sont pas sensibles à la musique des peaux blanches - comme n'importe qui aurait fréquenté les concerts classiques ou comme moi habiterait en face d'un conservatoire départemental de musique - est obligé de s'inventer une bizarroïde théorie de l'empreinte culturelle pour justifier cette différence de goût ! Pauvre pomme, les facultés intellectuelles sont prédéterminées par les gènes, la culture ne vient que se surajouter par dessus pour déterminer tel ou tel penchant, elle ne peut se substituer à ce qui n'existe pas ...

Un nègre ça fait de la musique de nègre, point à la ligne ! Quant aux chanteurs de musique classique comme Léontyne Price ou Barbara Hendricks, cela ne prouve rigoureusement rien, même Pavarotti qui était pourtant un fieffé imbécile chantait à tue-tête du Mozart et du Puccini en sachant à peine lire les portées !

Vous remarquerez d'ailleurs que si un chanteur ou une chanteuse de race noire fait un récital de musique classique, il n'attirera pas un seul pékin de sa race dans la salle !

Qui peut le plus peut le moins, mais jamais le contraire, les blancs peuvent s'intéresser au jazz des noirs mais les noirs ne s'intéressent jamais au jazz des blancs ...

Au contraire des asiatiques qui eux sont des interprètes virtuoses de la musique classique occidentale et pas seulement dans le domaine du chant qui est la chose la plus simple, la plus élémentaire, la plus animale, on peut dire.

Voici ce que peut faire le cerveau d'un blanc, un français qui plus est - je ne parle pas ici pour les adeptes du politiquement correct dont je me fous royalement :

Le prodige français des mathématiques Alexis Lemaire a battu mardi son propre record de calcul mental en extrayant la racine treizième d'un nombre à 200 chiffres en 70,2 secondes, a annoncé le musée des Sciences de Londres où se déroulait l'événement.
Ce nombre à 200 chiffres avait été choisi au hasard par un ordinateur. Un peu plus d'une minute et dix secondes plus tard, le jeune étudiant de 27 ans en avait calculé mentalement la racine treizième : 2.407.899.893.032.210, qui multiplié 13 fois par lui-même donne le nombre initial, une prouesse présentée comme un nouveau record du monde.
Le précédent record de ce doctorant en intelligence artificielle à Reims (France), établi mi-novembre à New York, était de 72,4 secondes.
"Il s'est assis, le silence s'est fait, et d'un coup il a trouvé la solution, c'était incroyable", a commenté Jane West, chef du département de mathématiques au musée des Sciences.
"Il semble avoir une grosse mémoire et il en a fait l'ambition de sa vie", a-t-elle ajouté. "C'est remarquable d'assister à cela. Un très petit nombre de personnes ont cette capacité extraordinaire, ils sont une poignée aujourd'hui".
"Je pense qu'il s'agit de la plus grande opération jamais calculée mentalement", a-t-elle ajouté.
Alexis Lemaire avait raconté avoir pris conscience de ses dons pour le calcul mental à l'âge de 11 ans. Il avait battu plusieurs records dans la catégorie de la racine treizième de nombres à 100 chiffres, mais avait fini par trouver l'exercice trop facile pour lui.
Le Français a expliqué qu'il s'astreignait à une hygiène de vie stricte et à un entraînement mental dignes d'un athlète. Les Anglo-saxons ont d'ailleurs forgé le néologisme de "mathlète"."

http://driout.club.fr/Le_Parti_9.html

Ecrit par : ipidiblue, minoritaire qui n'aime pas les minorités | 27 décembre 2007

ipidiblue est un fou -_-

Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007

Nous attendons. Rien ne se passe ; nous appelons espérance la contemplation du vide, "J'ai avec moi la petite littérature et contre moi la grande" Hommage d'un qui sait la différence. Nous n'en sommes plus là. Waterloo rehaussait la Chartreuse de Parme, mais Zébulon en Egypte ? "La politique est la tragédie moderne" (encore Napoléon). E Finita la tragedia ! Place au vaudeville.

Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007

ipidiblue est un fou -_-

Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007

Il fait surtout de la provoc,, Son lien "Stalker" ne manque pas d'intérêt.

Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007

J'y cueille cette citation de Julien Green.

«Le caractère, de nos jours, c’est ce qui a disparu, il y a certes çà et là des pics isolés au-dessus du désert actuel, mais malgré tout nous assistons à une rapide transformation du monde. Nous retournons aux premiers siècles quand la culture universelle veillait dans quelques cerveaux et que des petits groupes isolés, comme les moines de Saint-Gall, continuaient à croire en l’avenir et à protéger ce que le passé avait légué.»
Julien Green, Le Grand Large du soir. Journal 1997-1998 (Flammarion).

Bonne nuit aux "veilleurs".

Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007

"Chez JP Brighelli une petite main en est réduite à faire des copier-coller de mes textes et à emprunter mon pseudo ... c'est vraiment la grande dèche à l'Education Nationale ! Savent donc plus quoi inventer pour entretenir la flamme de la conversation ?

J'ai déjà dit que je laissais les autres remplir le bonnet d'âne, ce qu'ils font très bien d'ailleurs ! Ma tête est trop grosse pour cet office.

Ce dont on peut m'accuser - je dis cela au cas où l'on voudrait me faire passer dans un procès en sorcellerie - ce n'est pas de folie douce mais au contraire d'un excès de rationalisation. Pour trouver la vérité je serais prêt à détruire l'humanité toute entière, certes oui ! Mais n'ayez crainte, j'ai bien peur que la vérité ne nous échappe finalement et que nous ne soyons obligés de nous satisfaire d'un à-peu-près. "

Ecrit par : iPidiblue, qui lit Brighelli toutes les heures, ça meuble son absence de vie (et de talent) | 28 décembre 2007

Pathétique, la tentative de sauvetage de "l'acte de lire" (sic), décrite dans le sabir usuel des fossoyeurs de l'enseignement de la littérature, assassins de la "lecture". Ces pompiers pyromanes ne me semblent pas du tout sur la route de Canossa. Bien au contraire.
Voici simplement un exemple supplémentaire de leur malhonnêteté intellectuelle et de leur lâcheté. Ils continuent à pontifier sans la moindre vergogne, avec d'autant plus d'arrogance qu'ils sont bien campés sur leur grande échelle, en train d'arroser les gogos de leur fielleuse componction.

Il y a 3 ans, le Pète Noël m'avait apporté le coffret des 4 volumes de Lagarde et Michard, avec CD-Rom et cela continuera à suffire à mon bonheur. Pas un sou pour ces cuistres!

Ce fil m'évoque une autre anthologie, celle de la poésie française, éditée par Pompidou, en 1961, qui illumina mon exil dans ce désert culturel qu'était le Montréal d'il y a 40 ans. Pompidou voisinait sur ma table de chevet avec mon Baudelaire, une édition en papier-bible du Club français du livre...


Amusant, cet échange sur la fixation égalitariste de la gauche, qui elle m'évoque un autre virage de cuti, ou retournement, celui qu'illustre Jacques Julliard dans le dernier Nouvel Obs, Il a, lui, l'honnêteté intellectuelle de rappeler aux socialistes francais qui se sont empressés de l'ignorer, notamment depuis Mitterrand, que le libéralisme est bien né à gauche, et que seule cette gauche là est encore digne de respect. L'autre, celle qui s'est compromise successivement avec les deux totalitarismes du 20eme siècle, cela non plus il ne faut pas l'oublier, elle s'est dévoyée dans l'égalitarisme.

Il n'y a pas que l'enseignement de la littérature qui est sinistré en France, celui de l'histoire aussi.

Ecrit par : Cadichon | 28 décembre 2007

"Il n'y a pas que l'enseignement de la littérature qui est sinistré en France, celui de l'histoire aussi."

Et en histoire, ça n'a d'ailleurs l'air de choquer personne ! Allez donc voir les documents d'accompagnement des programmes d'histoire du primaire, du college et des lycées...
Il y a également le dédain pour la géographie physique et la localisation dans l'espace, auquel personne ne trouve à redire - trouvez-moi un lycéen capable de placer correctement Minsk, Sao Paulo, Djakarta, San Francisco et Khartoum !

Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007

Il y a également le dédain pour la géographie physique et la localisation dans l'espace, AUXQUELS personne ne trouve à redire - trouvez-moi un lycéen capable de placer correctement Minsk, Sao Paulo, Djakarta, San Francisco et Khartoum !

(correction orthographique)

Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007

Nous sommes à deux pas de la nouvelle année, et je vous trouve bien sombres… Si encore vous aviez des raisons personnelles de l'être…
Allons, relevez un peu la tête ! L'avenir sera ce que vous le ferez. L'idée de concocter une anthologie pour les petits me paraît excellente — de Charles d'Orléans à aujourd'hui (et pourquoi pas quelques Grecs et Latins, au passage…). On y butinerait à son gré — mais oeut-être les instits sont-ils attachés à leurs propres textes préférés… N'empêche que ça rendrait de grands services à la prochaine génération, dont il y a fort à penser qu'elle connaîtra mieux Zakhartchouk-tchouk-nougat que Rimbaud — allons bon, voilà que je me mets moi aussi à imaginer le pire…
Je m'absente deux ou trois jours à partir de demain : buvez bien, d'ici la nouvelle année…
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 décembre 2007

ex prof en reconversion, je constate autour de moi que beaucoup de brillants littéraires ont préféré choisir une autre profession. Mais la profession elle-même attire de plus en plus d'étudiants au profil aide éducateur qui, comme l'a dit quelqu'un sur le fil, soutiennent que finalement ils s'en sortent aussi bien que ceux qui sont passés par les concours. Je pense qu'on va avec le gouvernement actuel vers la casse définitive des concours et que c'est très grave. Avec 90 postes en LM même un brillant khâgneux risque d'être obligé de se rabattre sur l'interne ; or à l'interne il peut se faire griller en didactique par le premier inculte venu et son latin ne lui servira à rien. Il régnait déjà une espèce d'anarchie décourageante dans les établissements, une confusion provoquée particulièrement à mon sens par les concours internes, et on va vers quelque chose de bien pire.
Pour Dobolino :
Par ailleurs je suis actuellement une formation paramédicale et je voudrais souligner qu'en dépit de tous les dysfonctionnements qu'on peut reprocher au système médical il me semble que si celui-ci fonctionne encore c'est justement parce que la sélection et la hiérarchisation n'y ont jamais été remises en question. Quand j'étais stagiaire IUFM la formatrice nous méprisait ouvertement car nous avions un CAPES externe (et pas elle) ; et elle nous démontrait par A+B que nos connaissances nous empêchaient de comprendre les besoins des élèves! Je le vois cette année en stage en hôpital, dans le milieu médical chacun a sa place et ce genre d'absurdité est impossible (peut-être parce qu'il y va de la vie des patients?). L'éducation nationale est complètement minée de l'intérieur à cause de tous ceux qui ont été recrutés sans discernement lors des recrutements massifs (on est passé d'un extrême à l'autre ) ou par les concours internes et qui soutiennent dès lors les absurdités iufmesques. Et j'ai l'impression que malgré tout ce que vous avez remarqué (dont ont été parfois victimes vos enfants d'ailleurs) vous ne voyez pas que les mesures prises ne vont faire qu'empirer les choses.

Ecrit par : Courtin | 28 décembre 2007

Et j'ai l'impression que malgré tout ce que vous avez remarqué (dont ont été parfois victimes vos enfants d'ailleurs) vous ne voyez pas que les mesures prises ne vont faire qu'empirer les choses.

Ecrit par : Courtin | 28 décembre 2007

Ce n'est pas tant telle ou telle mesure précise (après tout, nous n'en sommes pas encore à la suppression pure et simple du CAPES) que l'évolution générale des choses.

La fascination retrouvée pour les romans de Julien Gracq tient peut-être à cette isotopie de l'attente qui est au coeur de son oeuvre, comme de celle des surréalistes et de notre imaginaire politique actuel.

Le problème (et c'est bien ce que montre Gracq dans "Le rivage des Syrthes") à propos de la "drôle de guerre", c'est que l'attente peut se prolonger et déboucher aussi bien sur le salut que sur la catastrophe.

C'est ainsi que le désir s'extrait de l'indifférente immobilité des paysages et se précipite dans le tragique.

Car la tragédie est encore préférable au vide.

Mais encore une fois, nous n'en sommes plus là.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007

Car la tragédie est encore préférable au vide.

Mais encore une fois, nous n'en sommes plus là.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007

"Celui, qui vivant, ne vient pas à bout de la vie, a besoin d'une main pour écarter un peu le désespoir que lui cause son destin (...) mais de l'autre main, il peut écrire ce qu'il voit sous les décombres, car il voit autrement et plus de choses que les autres, n'est-il pas mort de son vivant, n'est-il pas l'authentique survivant?"
Ftantz Kafka, Journal.
Cité par Hannah Arendt dans "Walter Benjamin 1892-1940"

Ecrit par : buntovchik | 28 décembre 2007

"Celui, qui vivant, ne vient pas à bout de la vie, a besoin d'une main pour écarter un peu le désespoir que lui cause son destin (...)

Kafka n'est jamais venu à bout de son destin, mais s'est remarquablement acquitté de sa tâche, et je ne parle pas seulement de ses livres, je parle aussi de son travail dans sa compagnie d'assurances, de la manière dont il prenait son travail à coeur, avec les ouvriers accidentés notamment.

L'anecdote du poète aveugle racontée par Max Brod en dit long sur sa délicatesse. "Il s'inclina devant lui de manière à ce que ses cheveux l'effleurassent légèrement..." Comme nous sommes loin de la "société du spectacle".

Même s'il faut de tout pour faire un monde, le monde n'a pas vraiment besoin de gens comme Kafka.

Et pourtant...

Et il nous fait bien comprendre aujourd'hui qu'il n'a pas besoin de gens comme nous...

Et pourtant...

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007

Oyez, oyez: Miss France 2008 conserve son écharde, heu, son écharpe! Champagne!!!!

Quant à Mister France 2008, pour qui voudra, c'est lui: http://homactu.com/mister-france/

Joie, joie, joie!

Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007

Tiens Fillon envisage la suppression de la durée légale du travail... soit dit en passant.

Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007

Ah non, il dit, non pas "améliorer", mais "compléter"....

Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007

Oh, je glane des choses instructives en ce jour; tiens, à présent, c'est Raffarin (l'UMP donc) qui veut "améliorer" la loi de 1905...

http://www.lefigaro.fr/politique/2007/12/27/01002-20071227ARTFIG00400-raffarin-il-faudra-completer-la-loi-de-.php

Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007

Moi, j'ai trouvé ça. En espérant que ça ne désespérera personne :
-Monsieur veuillez excuser l'absence de mon fils, je l'ai utilisé pour mes besoins.
- Si vous ne croyez pas les mots d'excuses que je fais pour mon fils, vous n'avez qu'à demander à son père puisque c'est lui qui les fait !
- Mon fils n'aime pas sa maîtresse et mon mari non plus...
- C'est mon fils à moi et je n'ai pas à vous donner des raisons valables de pourquoi il a manqué la classe !
- Ce n'est pas moi le professeur, c'est vous ! Alors ne reprochez pas à mon fils de ne rien foutre à la maison ! Chacun son boulot !
- Demain mon fils sera absent car je pense qu'il sera malade vu que c'est l'examen...
- Vous employez toujours des grands mots ronflants, éducation physique par exemple, alors que c'est jamais que de la gym...
- Mon fils est intelligent comme sa mère et moi, c'est de famille chez nous...
- Excusez mon fils, il a des excuses.
- Ma fille ne sait toujours pas compter et on ne peut pas compter sur vous...
- Ma fille à passé l'oral par écrit...
- Ayant des diffilcutés à retenir, je suis entièrement d'accord pour que Delphine travaille aux heures de classe.
- Excusez mon fils qui a dû venir avec moi à mon enterrement...
- Je refuse de vous payer l'assurance scolaire pour les petits car moi j'élève mes enfants à la dure et si ils leurs arrivent quelque chose c'est
comme ça qu'ils apprendront que la vie c'est pas une partie de plaisir.
- 2 et 2 ça fait 4 et toutes vos réformes de l'enseignement n'y changeront rien !
- Les calculettes c'est des inventions de feignants qui ne savent même plus compter leurs tables de multiplication sur les doigts...
- Si Eric a écrit au lieu de dans la dictée, remarquez d'abord qu'il l'a écrit sans faire de faute, ce qui est normal puisque son oncle est
viticulteur dans le midi.
- Non mais regardez-vous, vous vous dites professeur et vous ne savez même pas prendre ma fille dans le bon sens !
- N'hésitez pas à taper sur mon fils s'il est trop discipliné...
- Mon fils se plaint qu'il n'a pas le droit d'aller faire ses besoins pendant les cours. N'allez pas vous plaindre après ça s'il vous inonde sa
culotte !
- Votre exercice était tellement évident que personne n'a jamais rien compris.
- Moi j'y comprends rien à vos nouvelles notes : Quand j'étais petite, ça allait de 0 à 10 et maintenant c'est des lettres de l'alphabet...A, B, C,
D, pour moi c'est du charabia et je n'arrive pas à savoir si la petite est une cancre ou une bonne élève.
- Paul est tombé hier soir de bicyclette ; il a eu le front ouvert et le pantalon déchiré. Le docteur l'a recousu et je vous le renverrai quand il sera
repassé. Mes respects.
- Irène sait déchirer la jambe a un fil de ronce. Je lui ai mit de l'alcool et une bande vieille peau autour. Je vous demanderai qu'elle ne joue pas à
la récréation. Merci
- Ma fille ne peut pas aller à l'école. Elle va du haut et du bas. Quand elle ira plus elle ira.
- Je n'est pas comprit que Gérard aille un zéro en composition d'orthographe alor qu'ici il a pas de fotes dans les dictés qu'ont lui fé fer a la
maison. Veuillé revoir sa copie. remerciement.
- Ses notes à Bernard descende tout les mois. C'est vous qui devené plus sévère ou c'est lui qui deviens paresseux. Dites le nous pour qu'on
ces vice vite.
- Vu que Léon a le ver solitaire, veuillez l'autoriser à manger son cent d'ouiches à la récréation. Merci.
- Paulette a manqué hier pour cause qu'on déménagai. Rendai lui son mot car ji ai marquer les comission derriere pour ce soir. Elle s'en
rapelera pas sans ca. Merci.
- Mireille est restée à la maison ces derniers jours car elle n'est pas dans son assiette. Je crois que c'est l'agin gras qui commence...
- Joseph ma porter les fotos. elle sont toute noire. Tacher de tirer ca au clair sinon jan veu pas. (NB : Il s'agissait de négatifs en vue d'un tirage
groupé)
- Louis a été empoisoné par de la creme au oeufs pas frais et moi aussi ainsi que mon mari. Je ne vous envoie donc qu'Isabelle aujourd'hui.
Elle na rien parce qu'elle a eu la chance d'etre puni et privé de dessert. Vous êtes toujours invité à la maison avec madame. Je vous diré le jour
quand ca ira mieux pour nous.

Ecrit par : catmano | 28 décembre 2007

On en trouve, des témoignages intéressants, sur le "Cahier pédagogol" : http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=1505

Une petite mise en bouche :

"PS As-tu constaté des différences dans la façon de travailler en classe, dans l’enseignement ou dans ce qui était demandé aux élèves ? En langues vivantes par exemple ?
EG Bon, pour les langues, ce qui me vient à l’esprit, c’est que les élèves passaient beaucoup de temps devant la télé et regardaient surtout les séries américaines sans intérêt. C’est tout bête, mais si au moins ces séries n’avaient pas été doublées, ils auraient pu entendre anglais et apprendre un peu. En fait, ma prof d’anglais était sympathique et motivante, très intéressée elle-même. Elle essayait de nous faire parler, mais ça ne marchait pas très bien...
Dans pratiquement toutes les matières, ce qui m’a frappée, c’est qu’on ne faisait que recopier, tout le temps. Les profs dictaient un texte qu’on devait noter tel quel, et c’était tout le cours ! Parfois on avait un exercice qu’on devait faire tout seul ou par paire. Si non, par exemple en histoire, la prof ne nous racontait rien, n’expliquait rien, ne commentait rien, elle nous faisait recopier un petit texte, c’est tout. Ça me paraissait absolument délirant, on ne parlait de rien, il n’y avait aucune réflexion ! Et c’était la même chose dans les autres cours : on recopiait, on recopiait, comme si ça suffisait pour apprendre. Même en dessin, on commençait par recopier un texte sur un peintre - bon, ce n’est peut-être pas inutile de savoir quelque chose sur un peintre..."

Ecrit par : Kap | 28 décembre 2007

Patrickinstit, j'ai parcouru tout votre blog pour vous écrire, mais je n'ai trouvé aucune adresse-mail !
Où vous envoyer les textes que je vous ai promis ?

Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007

Je signale la parution d'un entretien avec Jean-Pierre Demailly (GRIP) (GRIP = Groupe de réflexion interdisciplinaire sur les programmes)), Pascal Dupré (SLECC) (SLECC = Savoir Lire Ecrire Compter et Calculer), Jean-Paul Brighelli (SNALC), Christian Lage (SNETAA-eil) et Anne-Marie Le Gallo (SNALC) dans Temps futur, organe de la confédération syndicale de l'Education nationale d'oct., nov. déc. 2007

site du GRIP : http://grip.ujf-grenoble.fr
site du SLEEC : http://www.snetaa.org
site du SNETAA-eil (enseignement technique et professionnel) : http://www.snetaa.org

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007

ERRATA :

SLECC : http://www.slecc.fr

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007

"- Excusez mon fils qui a dû venir avec moi à mon enterrement..." : ah oui mais ça c'est encore un coup de Jean-Edern...

Ecrit par : Sergio | 28 décembre 2007

Jérémy

voici mon mail :

patrickinstit@aol.com

Je vous remercie

Ecrit par : Patrick | 28 décembre 2007

Lagarde & Michard
Ces livres étaient tellement épais que les pauvres lycéens que nous étions, en étaient impressionnés.
Les indices d'explication en marge des textes accentuaient encore plus la grandeur.
Comment pourrai-je avaler tout ca ?

Je dois l'avouer, j'étais content de les lâcher à un moment donné.
Seulement voilà 3 ans sur ebay, j'ai tout racheté pour les relire et piocher à loisir des textes.
Comment as t-on pu ?

Ecrit par : Olivier | 28 décembre 2007

A Jérémy

Pourriez-vous également m'envoyer les textes ? Merci d'avance.

magister_75@yahoo.fr

Ecrit par : Magister | 28 décembre 2007

S'il est vrai que la beauté sauvera le monde, voici encore un peu de Gracq, un extrait de "Liberté grande " consacré à l'Aubrac :

" A mi-pente, la journée respire. De cette galerie ample et couverte où glisse la route de gravier rose au-dessus du Causse gris-perdrix, on voit mûrir très bas les ombres longues dans la lumière couleur de prune. Tout commande de faire halte à ce reposoir encore tempéré où la terre penche, pour respirer l'air luxueux de parc arrosé, la journée qui s'engrange dans les rais du miel et la chaleur de l'ambre, jusqu'à ce que l'oeil gorgé revienne à la route rose qui monte sous le soleil avant de tourner dans l'ombre d'un bois de sapins, et que ta main déjà fraîchisse avec le soir - ta main qui laisse filtrer le bruit plus clair du torrent, ta main qui me rend les colchiques de l'automne."

Ecrit par : Sylvie Huguet | 28 décembre 2007

Horreur !
En ce moment, sur la page d'accueil du site de la mgen (www.mgen.fr), Philippe Mérieu vous agresse directement dans un film qui s'exécute obligatoirement ! Est-ce le début du recyclage de notre grand penseur ?

Ecrit par : Michel | 28 décembre 2007

Remarquez, on n'est pas obligé de mettre le son.

Ecrit par : catmano | 28 décembre 2007

Je viens de visiter le site de la MGEN. Si dans les prochains temps, la mutuelle connaît une révolution sémantique, nous saurons d'où elle vient... Peut-être le médicament sera-t-il débaptisé "produit de remédiation au déficit sanitaire" et le patient "guérissant potentiel"... Hahaha !

Ecrit par : Magister | 28 décembre 2007

deux raisons de rester optimiste :
ma fille tient à sa section L pour l'an prochain; objectif : devenir anthropologue....en résistant aux sirènes/harpies de la section S (je sais je sais huit ans d'études et le RMI au bout tant pis)
un entretien de Frédéric Taddei avec René Girard à propos de "Achever Clausewitz" sur une radio grand public, un véritable feu d'artifice intellectuel...
bonne année !

Ecrit par : fabienne | 28 décembre 2007

Est-ce le début du recyclage de notre grand penseur ?

Ecrit par : Michel | 28 décembre 2007

Il ne manquait plus que notre grand penseur nous privât de ses lumières dans "l'art des choix" (ainsi définit-il l'orientation scolaire).

Ecrit par : buntovchik | 28 décembre 2007

Quant à Mister France 2008, pour qui voudra, c'est lui: http://homactu.com/mister-france/

Joie, joie, joie!

Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007

Passionnant! J'ai trouvé grâce à vous un site de chemises sur mesures... Merci, Pendariès.

Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2007

Remarquez, on n'est pas obligé de mettre le son.

Ecrit par : catmano | 28 décembre 2007

Pour faire avancer l'âne ardéchois, c'est plutôt mal conseillé.

Ecrit par : buntovchik | 28 décembre 2007

Julien Gracq a aussi merveilleusement parlé de la Bretagne où il vécut et enseigna (à Quimper et à Nantes où il retrouva les traces de son cher Jules Verne). Il se trouve que c'est aussi ma patrie d'élection (Quimper surtout et le Finistère).

Il y a une merveilleuse géographie imaginaire chez Gracq, une "géographie du coeur" :

" Pour ceux qu’elle aura choisis, c’est peu de visiter la Bretagne ; il faut la quitter en souhaitant d’y vivre, l’oreille contre ce profond coquillage en rumeur, et son appel est celui d’un cloître au mur défoncé vers le large : la mer, le vent, le ciel, la terre nue, et rien : c’est ici une province de l’âme. "Les Celtes, écrit Flaubert dans Salammbô, regrettaient trois pierres brutes, sous un ciel toujours pluvieux, au fond d’un golfe rempli d’îlots."

Lettrines, extrait de Tableau de Bretagne, p.217 et suivantes.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007

Remarquez, on n'est pas obligé de mettre le son.

Ecrit par : catmano | 28 décembre 2007

Pour faire avancer l'âne ardéchois, c'est plutôt mal conseillé.

Ecrit par : buntovchik | 28 décembre 2007

On reconnaît les lecteurs de Stevenson ! Mais ses ânes ardéchois sont plus symptahiques que l'âne art des choix.

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007

L'anar déchoit ? Bonne nouvelle !

Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007

En tout cas, l'anar déçoit.

Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007

Philippe Meirieu sur la page d'accueil de la MGEN! Cela veut bien dire où vont les sympathies de la MGEN.
Sans le son, on n'a que les mimiques du personnage, toutes les mimiques, la panoplie complète. Un poseur de première! Pas sérieux, le sire! Aussi insignifiant à l'oral qu'à lécrit! Mais combien d'imbéciles l'ont considéré comme un penseur...!

Ecrit par : Jean | 28 décembre 2007

un entretien de Frédéric Taddei avec René Girard à propos de "Achever Clausewitz" sur une radio grand public, un véritable feu d'artifice intellectuel...
bonne année !

Ecrit par : fabienne | 28 décembre 2007

Bienvenue au club des "mordus" !

C'est Pandariès qui est le premier, s'il m'en souvient, à avoir parlé d' " Achever Clausewitz" , le "testament philosophique" de René Girard, sur ce blog.

Girard est un merveilleux dévoileur d'énigmes, un déchiffreur hors pair des "signes des temps" : son interprétation du célèbre passage de Nietzsche sur "Le Dernier homme" (le meurtrier de Dieu) dans "Ainsi parlait Zarathoustra" et maintenant l'impensé ou l'impensable de Clausewitz : la politique courant derrière la guerre, le duel à mort, la montée aux extrêmes, les premiers grondements de l'Apocalypse (anéantissement ou révélation ?)

Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007

Bonjour,
Dans quel livre Girard évoque-t-il le dernier homme de Nietzsche ? Cela m'intéresse beaucoup.

Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 28 décembre 2007

"Philippe Meirieu sur la page d'accueil de la MGEN! Cela veut bien dire où vont les sympathies de la MGEN."

Jean, vous ne savez donc pas que dans les IUFM, on nous enjoint de souscrire à la sécu MGEN (ca c'est logique), mais aussi à la complémentaire MGEN ?
Et qu'on nous distribue en meme temps que les papiers administratifs des formulaires pour adhérer à la MAIF ???
Je pensais que c'était de notoriété publique...

Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007

Dans le Monde ce matin, sous la plume de Luc Cédelle ce scoop: " L'apprentissage de l'histoire et de la géographie dépend étroitement de la maîtrise de la langue"!
Et cette découverte fabuleuse des rapporteurs du ministère de la Castration nationale: "entre ces deux groupes, un peu plus de la moitié des élèves (54,3%) ne maîtrisent certainement pas les compétences attendues, mais devraient pouvoir profiter de l'enseignement du collège".
Chacun jugera l'un des sens de cette découverte de nos technocrates évaluateurs des évaluations du ministère. Ne sonne t-elle pas aussi comme la véritable maxime juridique de l'école: quand bien même vous n'enseignerez rien, les élèves en tireront du profit. On ne peut pas être plus explicite et plus cynique.

Ecrit par : buntovchik | 29 décembre 2007

Bonjour,
Dans quel livre Girard évoque-t-il le dernier homme de Nietzsche ? Cela m'intéresse beaucoup.

Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 28 décembre 2007

A la fin de "Violence et Vérité, colloque de Cerisy autour de René Girard, sous la direction de Paul Dumouchel (1985) aux éditions Fasquelle.

Girard a crée la stupeur avec cette "explication de texte" qui montre pas à pas et mot à mot que Nietzsche interprètait "la mort de Dieu" en termes de sacrifice et non en termes de "révolte romantique-athée".

Ce texte de Girard est un très grand moment du colloque, son point culminant.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007

Bonjour,
Dans quel livre Girard évoque-t-il le dernier homme de Nietzsche ? Cela m'intéresse beaucoup.

Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 28 décembre 2007

Le recueil des actes du coilloque a été également publié chez Grasset.

J'ai l'ouvrage sous les yeux (pas facile, je suis en plein déménagement et c'est un des seuls livres de philo. à ne pas être en caisse.)

Le commentaire de Nietzsche porte en fait sur l'aphorisme 125 du "Gai savoir" qui commence ainsi :

"N'avez-vous pas entendu parler de cet homme insensé qui, ayant allumé une lanterne en plein midi, courait sur la place du marché et criait sans cesse : "Je cherche Dieu ! Je cherche Dieu !" Et comme là-bas se trouvaient précisément rassemblés beaucoup de ceux qui ne croyaient pas en Dieu, il suscita une grande hilarité (...)

Girard s'attarde sur la phrase suivante : "Nous l'avons tué - vous et moi ! Nous sommes tous ses meurtriers !" "Wir haben ihn getotet - ihr und ich ! Wir alle sind seine Morder."

Eternel retour du "meurtre fondateur" !

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007

Le commentaire de Nietzsche porte en fait sur l'aphorisme 125 du "Gai savoir" qui commence ainsi :

J'ai tapé trop vite. Lire :

Le commentaire de R. Girard porte en fait sur l'aphorisme 125 du "Gai Savoir" de Nietzsche qui commence ainsi :

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007

Oui, mais vous évoquiez le "dernier homme" . Je pensais à ceux qui disent : "Wir haben das Glück erfunden..." dans le Zarathoustra. Girard parle-t-il d'eux ? En effet, ce qui me semble ne pas apparaître chez Girard, c'est l'analyse de ce qui est tout à fait nouveau dans la modernité, telle qu'elle me semble assez justement annoncée par Nietzsche.

Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 29 décembre 2007

Oui, mais vous évoquiez le "dernier homme" . Je pensais à ceux qui disent : "Wir haben das Glück erfunden..." dans le Zarathoustra. Girard parle-t-il d'eux ? En effet, ce qui me semble ne pas apparaître chez Girard, c'est l'analyse de ce qui est tout à fait nouveau dans la modernité, telle qu'elle me semble assez justement annoncée par Nietzsche.

Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 29 décembre 2007

Girard s'attache à analyser le fragment 125 du "Gai savoir" et il fait le lien avec le Zarathoustra; il est tout à fait conscient de la dualité de Nietzsche qui est au coeur de son génie et il faut bien le dire aussi de sa folie :

"L'aphorisme 125 ne relève pas d'une conception simple. Il a dû se transformer en cours d'élaboration. Je supposerais volontiers que Nietzsche est parti de la situation moderne. C'est d'abord à la mort du Dieu chrétien qu'il songe, en un sens encore banal, analogue à celui des exégètes de l'aphorisme.

En cours de route, cette mort devient meurtre en vertu de la passion chrétienne, véritable "refoulé" qui opère son retour. Tout à l'heure, j'ai signalé une anomalie. La première mort de Dieu ne débouche pas sur la restauration du sacré et de l'ordre rituel, mais sur une décomposition du sens tellement radicale et irrémédiable qu'un abîme sans fond s'ouvre sous les pas de l'homme moderne.

Cet abîme, on a l'impression, dans l'aphorisme, qu'il se referme enfin, quand la deuxième annonce débouche, cette fois sur l'ordre du surhomme et de Zarathoustra. L'aphorisme affirme l'éternel retour. Mais il en révèle le moteur, le meurtre collectif de victimes arbitraires. Il va trop loin dans la révélation. Il détruit son propre fondement.

Le moteur des cycles, c'est la victime émissaire bien entendu, dont l'innocence une fois révélée nous empêche de croire au bien-fondé de la souffrance des autres et, brisant de ce fait le ressort de l'éternel retour, nous fait déboucher cette fois sur l'idée d'une fin sans commencement..."

(Violence et Vérité, page 612-613)

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007

Retour de la littérature???? caisseàdire??? Aussi loin que l'on remonte dans la Vème république et, à fortiori avant, force est de constater que la littérature, la vraie, pas Guy des Gares, Bourget, Ohnet, Pixérécout, et aujourd'hui, des lévy, Darrieussecq, Beigbeder etc, la "grande littérature" n'a jamais été universelle. Jamais. C'est d'ailleurs ce qui fait l'essence même de la littérature, ne pas se dévoiler. Sinon, c'est du batelage de foire. Cependant, par la grâce des anthologies ET du Lagarde et Michard, le moindre gosse de pue-la-sueur avait un accès inouï et irremplaçable (d'ailllerus irremplacé) à cette littérature. Alors les fins esprits aussi superficiels que germanopratins, ceux ,en particulier de la bande d'Assouline, dont je fais partie ou ce dingue d'Asensio sur "Stalker" pourront bien cracher tout leur mépris, toutes leurs hémorroïdes contre Lagarde et Michard, je maintiendrai contre vents et marées que ce fut un sommet de la pédagogie littéraire. Pour ma part, j'y ai découvert un je ne sais quoi de sublime, dans ces courtes et allusives "sa vie son oeuvre", comme par exemple, je ne sais pourquoi ,celle d'Agrippa d'Aubigné, qui évoque irrésistiblement ,par la magie de simples mots, les pluies d'été sur les cuirasses et les Monts du Forez enveloppés de brume. Et,plus tard, y passant, entre Boên et Montbrison, je me souvins de cet Agrippa d'Aubigné et de la pluie ruisselant sur sa cuirasse de métal noir, mouillant la crinière de son cheval roux.....
Alors qu'une pédagoladygo de mes deux "vienne à Canossa" comme vous le dites, c'est plutôt bon signe, non...signe que
1) l'avenir sourira grâce aux femmes, ce que j'ai toujours pensé, et ce que ne pense ppas, manifestement ce vieux nazi de Perwez Musharraf qui a laissé tuer Benazir Butée...

2) les années Meirieu toucheraient-elles à leur fin??? Hallelujah!!! Jouez hautbois, résonnez musettes!!!! On pourra donc aller pisser sur la moquette des IUFM, démolir les CRDP.....je n'ose y croire.

Sinon, tout le toutim de voeux en vrac (tiens, j'avais écrit veaux) pour tous.....

Ecrit par : montaigneàcheval | 29 décembre 2007

Avec Bentolila conseiller de Darcos, ce n'est pas gagné.

Ayez le courage de lire ses 40 pages de pathos sur les Maternelles, ce n'est pas triste.

En voici un petit passage typique de ses envolées lyriques, qui n'ont pas grand-chose à envier à celles de Meirieu.

"Ce sont aussi les enfants du malentendu, (les enfants qui entrent dans l'Ecole de la République en état de grande insécurité linguistique. A.M.V.)c'est-à-dire ayant noué avec le langage un malentendu fondamental : ils n’ont aucune idée de ce qui légitime et justifie l’effort et le soin de la mise en mot ; la volonté de laisser une trace d’eux-mêmes sur l’intelligence d’un autre leur est totalement étrangère.

Ils arrivent donc à l'école déjà résignés à n'avoir aucune prise sur le monde, à ne revendiquer aucun pouvoir linguistique et intellectuel sur les autres ; ils ont déjà renoncé à la conquête collective du sens pour ne plus s'occuper que de se protéger individuellement d'un monde où les menaces leur paraissent l'emporter largement sur les promesses. "

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 29 décembre 2007

Un autre extrait :

"Par la suite, dès la GS, on complètera ces ateliers par une réflexion sur le passage du faire à l’appris, c’est-à-dire tenter de trouver au-delà de la tâche la compétence travaillée.

Ce travail sur le transfert pourra aller jusqu’à essayer de faire découvrir le lien entre certains apprentissages et des actes de la vie quotidienne : on a classé des mots, on a découvert qu’on peut utiliser un principe : l’ordre alphabétique.

Si l’on connaît cet ordre, on peut facilement trouver un mot
sans le lire dans le dictionnaire.
Un début de transfert pourra se faire quand un élève constatera que c’est le même ordre qui régit l’annuaire téléphonique, ce transfert sera total quand un autre proposera d’utiliser ce principe pour classer les recettes de sa mère ou ses vignettes de footballeurs."


Voici le lien:

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/docsjoints/Bento-mater.pdf

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 29 décembre 2007

Cela confirme ce que j'écrivais par ailleurs : prenez un homme de bon sens et faites-en un ministre... On ne refait pas les hommes !
Cela dit, soyons certains que ce texte a été ourdi par les habituels gratte-papiers de cabinet qui usent à merveille de la novlangue... qui revient au galop après deux campagnes électorales marquées d'un relatif franc-parler dont nous savons qu'il fut simplement stratégique.

Ecrit par : Magister | 29 décembre 2007

Merci, Montaigneàcheval, pour ce bel hommage au Lagarde et Michard. C'est lui qui m'a formée, et je lui suis toujours restée fidèle. Elève, je lisais les textes de A è Z et je me précipitais ensuite pour découvrir les oeuvres complètes dont les extraits m'avaient fascinée. En tant que professeur, j'ai continué à l'utiliser à une époque -les années soixante-dix- où mes collègues conspuaient à qui mieux mieux ce concentré de "culture bourgeoise". Ces dernières années encore, il m'arrivait d'en photocopier des pages pour les distribuer à mes élèves, puisqu'il était interdit de faire acheter une collection par siècles . Je ne me suis jamais servie de l'épouvantable manuel construit par séquences que j'étais censée utiliser.

Ecrit par : Sylvie Huguet | 29 décembre 2007

Dans le rapport de Bentolila, on peut aussi relever cette belle contradiction :
« L’organisation et la rotation du travail en petits groupes, qui sont une nécessité pédagogique, ont souvent des conséquences très inquiétantes sur les temps réels d’apprentissage à l’école maternelle. Les séquences où l’apprentissage s’effectue sous le contrôle attentif et lucide de l’enseignant sont en fait extrêmement réduites.
Dans une journée d’école maternelle se succèdent en effet des temps d’activités bien différents.
On constate une alternance entre des moments où tout le groupe classe est réuni autour de l’enseignant pour une activité éducative orale et collective (rituels, chants et comptines, motricité et souvent expression libre), et des temps de travaux en petits groupes, les ateliers. [...]On pourrait espérer que les élèves fassent au cours de la journée au moins deux ateliers par rotation mais, la plupart du temps, les groupes tournent sur les 4 jours de la semaine. Un élève fera donc chaque jour un seul atelier avec une fiche ou exercice écrit, et sur la semaine, il ne sera qu’une seule fois dans le groupe contrôlé par l’enseignante. On admettra qu’une demi-heure par semaine d’apprentissage directement accompagnée par la maîtresse apparaît plus qu’insuffisant. »
et :
« Il faut bien reconnaître qu'en matière de communication orale, les démarches pédagogiques ne sont pas faciles à mettre en œuvre : elles supposent en effet des moyens et une formation dont peu de maîtres disposent. Ne l'oublions pas ! Les paroles s'envolent ; de ce fait, il est délicat de travailler sur une matière aussi volatile et éphémère que l'oral ; ajoutons à cela que l'on a affaire à une trentaine d'élèves dont les capacités de parole et d'écoute sont extrêmement inégales, et l'on comprendra pourquoi il n'est pas simple de programmer et de vérifier des avancées significatives en communication orale. De ce point de vue, il conviendra de chercher les moyens qui permettront aux enseignants de pouvoir travailler efficacement en ateliers de sept ou huit élèves sans avoir à se demander ce qu’ils vont faire des autres. »
Alors, groupes ou pas, ateliers tournants ou pas ?

Ecrit par : catmano | 29 décembre 2007

bonjour à tous!
une question pratique , très simple,et très éloignée de Canossa.....:quelle position d'écriture doit avoir(doit-il en avoir une de préférence?) un enfant gaucher?Pourrais-je avoir un avis compétent?

Je précise les raisons de ma demande:je suis surprise que sa maîtresse conseille au petit-fils de mon mari de pencher considérablement sa feuille (presque à l'horizontale)"pour qu'il voie ce qu'il écrit".
J'ajoute qu'enseignant en lycée(et complètement ignare des pratiques en grande section de maternelle et au CP,je suis toutefois frappée de voir d'année en année de plus en plus d'élèves(droitiers ou gauchers)qui tiennent leurs feuilles de façon bizarre et forment leurs lettres de manière très "personnelle":y a-t-il une évolution des pratiques vers plus de liberté ou ....simplement négligence?
Ps:je garde moi aussi une tendresse reconnaissante à Lagardémichard et je me souviens du jour où le sieur Michard a inspecté mon professeur d'hypokhâgne,qui avait décidé(c'était à Nice,"sous" l'ère Médecin-et juste avant les élections qui ont amené Giscard à l'Elysée)de nous faire un cours magistral(dans le grand sens du terme),,sur un extrait de Lucien Leuwen ,démontant les basses manoeuvres électorales de province...Culture bourgeoise,peut-être,mais art savoureux....Tout le monde avait le sourire en sortant de classe...

Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007

Je vous copie un extrait d'un livre édité par une rééducatrice en écriture (Le geste d'écriture, D. Dumont) récemment (2006) :
"L'apprentissage de l'écriture est le même pour les gauchers que pour les droitiers à cette nuance près que leur feuille doit être inclinée vers la droite et non vers la gauche de sorte qu'ils voient la ligne déjà écrite, l'angle d'inclinaison étant un peu plus grand que pour les droitiers."
J'ai fouillé un peu dans le bouquin, mais je n'ai pas trouvé quel angle d'inclinaison cette dame conseillait pour les droitiers.

Pour répondre à votre question sur l'apprentissage de l'écriture en GS et CP, je dirais que les deux raisons que vous évoquez sont toutes aussi valables l'une que l'autre, on pourrait même en ajouter une troisième, issue du grand courant constructiviste, chaque enfant construisant lui-même un "dessin" qui lui semble logique et lui permet d'obtenir un tracé du mot qui "ressemble" le plus possible, selon lui, à celui que le maître lui fournit. C'est ainsi qu'il produira par exemple un "o" différent, selon les lettres auquel celui-ci est relié.

Ecrit par : catmano | 29 décembre 2007

bonjour à tous!
une question pratique , très simple, et très éloignée de Canossa.....:quelle position d'écriture doit avoir(doit-il en avoir une de préférence?) un enfant gaucher? Pourrais-je avoir un avis compétent?

Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007

Ceci n'est pas un avis compétent, mais une réflexion de M Bertrand Poirot Delpech dans sa réponse au discours de réception à l'Institut de Michel Serres, en 1991 je crois bien.
" Il n’y aurait de saisie profonde des choses et des idées que chez les gauchers sommés de vaincre leur tare !

Allons bon ! Moi qui croyais que de tels dressages rendaient les enfants bègues ou pervers ! Pervers, comment en jurer ? Bègue, il n’y paraît guère. Encore une réforme que les éducateurs vont devoir assimiler, les pauvres ! Mais chut ! Je me suis juré que, de réforme, il ne serait pas question aujourd’hui. Nous sortons d’en prendre..."

Ecrit par : buntovchik | 29 décembre 2007

A Wacongne

Bonjour,

Je ne sais pas si mon avis peut être considéré comme compétent ou pas ! Disons que je vous réponds en tant qu'instit qui accorde beaucoup d'importance à la tenue des cahiers ainsi qu'à l'écriture -avec une attention toute particulière pour ses gauchers- et en tant que gauchère dotée paraît-il d'une jolie écriture.

Pour ce qui concerne la position du cahier, je vous dirai qu'il n'y a aucune raison pour qu'elle soit foncièrement différente de celle des droitiers. Il s'agit de placer le cahier (ou la feuille) verticalement, en le décalant légèrement sur la gauche par rapport au corps, afin que le bras ne soit pas gêné par le thorax quand la main arrive en bout de ligne. Dans certains cas -notamment pour écrire sur des grands formats- il peut être utile d'incliner très légèrement le cahier en suivant le sens des aiguilles d'une montre, mais alors très légèrement !

La position horizontale du cahier, bien qu'elle soit de plus en plus répandue, est à mon sens une aberration non seulement pour l'ergonomie mais également pour la correction orthographique et syntaxique (bonjour la relecture !).

Pour ce qui concerne la position de la main, là aussi, il n'y a aucune raison pour laisser ces malheureux élèves adopter des postures tarabiscotées voire torturées. Je pense en particulier à une posture très répandue dans laquelle la main se trouve au dessus de la ligne d'écriture et forme un angle droit avec l'avant-bras. Non seulement cela rend quasiment impossible l'usage d'un stylo-plume mais de plus c'est épuisant au bout de quelques heures. Donc, même posture que pour un droitier.

La seule réelle différence, à mon avis, se situe dans le traçage de lignes, que ce soit à main levée ou avec un règle. Pour un gaucher, le geste est plus aisé, plus assuré et le rendu plus précis quand il trace de droite à gauche.

Enfin, apprendre à écrire à un jeune gaucher au CP ne pose pas de problème majeur et demande seulement un peu plus d'attention, en particulier quand de mauvaises habitudes ont été prises en maternelle. En revanche, pour récupérer les plus grands, au CM par exemple, c'est beaucoup plus difficile mais je peux vous dire par expérience que c'est possible et que le jeu en vaut la chandelle.

Ecrit par : Un hussard | 29 décembre 2007

A propos des "Lagarde et Michard", c'est comme pour les "Tintin" : on peut les dévorer de 7 à 77 ans ! D'autant que leur iconographie attrayante est propice à la capture des lecteurs, quel que soit leur âge, en particulier quand ils s'intéressent également à l'Histoire.

Il suffit juste... d'avoir appris à lire !

Ecrit par : Un hussard | 29 décembre 2007

Catmano et Un hussard,
grand merci pour vos explications!J'y vois plus clair...
Mais en tant que gauchère qui écrit à droite,(sans souvenir de dressage), je reste perplexe devant la remarque de Buntovchik....dans quel état j'erre ...?

Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007

je reste perplexe devant la remarque de Buntovchik....dans quel état j'erre ...?

Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007

Rassurez-vous wacongne, l'Etat gère parfaitement cette difficile question comme Un hussard et catmano (nos maîtresses expertes en la matière d'écriture graphique) viennent de nous le montrer.

Ecrit par : buntovchik | 29 décembre 2007

Exactement, un hussard ,et si vos saviez à quel poinnt vous avez mis dans le mille mimile!!! Parce que ,voyez, moi, je double fils d'agrégés brillantissimes , Ou fils de doubles agrégés brillantissimes. Mon paternel , traducteur célèbrissime et gnagnagni....seulement moi,, petit prof de Sciences humaines (permettez que je me marre!!") perdu devant l'immense bouse métaphysique, tous les frissons que j'eus, littéraires s'entend, ce fut aux gogues en lisant des heures entières les extraits de La Bruyère, de La Rochefoucauld ou -t, sais plus, rien à branler, ou bien comme le Lagarde et Michard explique le jansénisme. Sans cela, je n'aurais JAMAIS rien compris à rien......et puis, et puis, ça nous donneait envie de briser la subtile censure organisée justement pour qu'on la brisât.....

Ecrit par : montaigneàcheval | 29 décembre 2007

Il faut dire que, quand nous étions mômes, les livres "pour enfants" étaient lus si vite que c'était une sacrée chance de pouvoir se jeter dans les Lagarde et Michard pendant les longs week-ends pluvieux. Au moins, il y avait de quoi s'évader pour un bon moment !

Les petits classiques Larousse à couverture violette étaient sympas aussi : "Les trois contes" de Flaubert, "La légende des siècles", "Les discours des orateurs de la Révolution française"... "Le Cid" et "Cinna" aussi. Même si on ne comprenait pas tout, les vers de Corneille, ça avait vraiment de la gueule. Et puis les petits classiques étaient si pratiques pour la lecture en clandestin, avec la lampe de poche sous les couvertures, après l'extinction des feux !!!

Ecrit par : Un hussard | 29 décembre 2007

Oui, mais vous évoquiez le "dernier homme" . Je pensais à ceux qui disent : "Wir haben das Glück erfunden..." dans le Zarathoustra. Girard parle-t-il d'eux ? En effet, ce qui me semble ne pas apparaître chez Girard, c'est l'analyse de ce qui est tout à fait nouveau dans la modernité, telle qu'elle me semble assez justement annoncée par Nietzsche.

Je n'aurais pas dû parler du "dernier homme" qui n'est pas l'homme à la lanterne de l'aphorisme 125 du "Gai Savoir".

Le "dernier homme" pour Nietzsche, si j'ai bien compris, est l'athée vulgaire qui ne tire aucune conséquence de "la mort de Dieu". C'est celui qui se moque de l'homme à la lanterne qui, comme Diogène, "cherche un homme"

la troisième figure est évidemment celle du "surhomme" qui surmonte la mort de Dieu pour prendre en quelque sorte la place du Dieu mort.

Mais ce qui est absolument fascinant dans l'aphorisme 125, c'est que Nietzsche affirme, contrairement aux Lumières et à toute la postérité philosophique moderne (Heidegger en particulier) que cette mort n'a rien de naturelle, qu'il s'agit en fait d'un meurtre rituel.

Ce qui est fascinant aussi et Girard l'explique très bien, c'est l'aveuglement de l'herméneutique moderne à propos de ce fragment où chacun répète que Nietzsche ne parle que de la mort naturelle de Dieu (la fin de la superstition et la nécessité de passer d'un athéisme vulgaire à un athéisme "raffiné"), alors que Nietzsche parle de toute autre chose.

Nietzsche est trop averti des soubassements religieux de la pensée grecque pour ne pas se contenter come Heidegger de ne remonter qu'aux présocratiques. Il sait très bien de quoi il est question quand il parle de Dionysos.

Son drame, si l'on peut dire, c'est qu'il n'a jamais réussi à choisir entre Dyonisos et le Christ.

C'est sa grandeur et c'est pourquoi l'Ange de la compassion le veillait dans l'extrême enfance de sa raison dévastée.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007

Son drame, si l'on peut dire, c'est qu'il n'a jamais réussi à choisir entre Dyonisos et le Christ.

Drame qui préfigure hélàs aussi le destin historique du peuple allemand.

A partir du moment où l'on renonce délibérément aux valeurs antisacrificielles du judéo-chistianisme, on ne revient pas en-deçà vers une sorte d'innocence païenne "équilibrée" car le judéo-chistianisme a rendu le sacrifice inopérant en dévoilant l'innocence des victimes (en ne prenant pas partie pour Caïn comme tout Romain l'aurait fait - après tout, Abel n'est jamais que le "frère jumeau" de Rémus - à travers tout le mouvement prophétique... Isaïe : "Tu n'as voulu ni sacrifice, ni holocauste, alors j'ai dit : "Voici, je viens"...jusqu'à ce point culminant que constitue la Passion du Christ, sans oublier le sourire désarmé (et désarmant pour "les hommes de bonne volonté") de l'enfant de Noël, puisque nous y étions.

Il faut de plus en plus de victimes sacrificielles, toujours sacrifiées en vain. C'est l'essence même du "nihilisme" moderne.

Nietzsche le pressent puis rêve à nouveau d'une impossible innocence "aurorale" en-deçà, puis au-delà avec son "surhomme".

C'est encore une fois sa grandeur, cette oscillation tragique et il en a payé le prix fort. On ne peut pas en dire autant de tous ses émules.

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007

Ils arrivent donc à l'école déjà résignés à n'avoir aucune prise sur le monde, à ne revendiquer aucun pouvoir linguistique et intellectuel sur les autres ; ils ont déjà renoncé à la conquête collective du sens pour ne plus s'occuper que de se protéger individuellement d'un monde où les menaces leur paraissent l'emporter largement sur les promesses. "

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 29 décembre 2007

Ce texte d'Alain Bentolila est symptomatique de l'évolution actuelle du pédagogisme; on le voit aussi chez P. Meirieu qui incrimine désormais lui aussi l'environnement (médias, contexte socio-culturel, politque, etc.) dans son dernier livre et ses dernières positions médiatiques.

Cette position est commode ; elle contient une partie de vérité (en partie seulement) ; mais elle permet surtout de relativiser la question des méthodes et des contenus et finalement de dénouaner le pédagogisme.

Ce n'est pas faire de P. Meirieu et de ses émules des "boucs émissaires" que de souligner leur responsabilité historique de dans la situation actuelle. Mais il ne faut évidemment pas en rester là. Nous avons des choses plus importantes à faire.

Le pédagogisme, comme on disait en mai 68, appartient désormais aux poubelles de l'Histoire.

Des gens comme Meirieu et Bentolila savent très bien que leurs idées ont échoué, mais ils tiennent à conserver l'influence quil leur reste. Cette influence s'amenuise et c'est tant mieux si un Bentolila se rapproche mine de rien de nos positions.

En tant qu'enseignants, nous n'avons pas de prise directe sur "l'environnement", mais il nous appartient d'agir sur les contenus et les méthodes.

J'ai cité l'autre fois le congrès national du SNALC à Dijon et le dernier numéro de "Temps futurs". Il me semble qu'après la phase de dénonciation et de critique, nous entrons actuellement dans une phase de "reconstruction qualitative", (SLEEC, GRIP, mouvement de pédagogie explicite de B. Appy)

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Pour Wacongne

Sur 25 élèves de CP ; deux sont gauchers. Aucune différence dans la tenue du cahier au bout de 3 mois de classe. Il faut le vouloir et l’exiger des élèves. *

J’attache beaucoup d’importance à la belle écriture. On me rétorquera que l’écriture est l’intelligence des sots ! Il me semble qu’ exiger en petites classes le bien écrire est une porte d’entrée à une meilleure rigueur personnelle.

Ayant eu pendant 15 ans des CM, je ne pouvais que constater un laisser aller : accents inexistants ou non francs, majuscules approximatives …gestuelle à rebours etc

Donc pour moi cette année, ayant de nouveau un CP j’insiste pour obtenir une écriture conforme : une dizaine de lignes chaque jour , avec paragraphes , ponctuation, mise en page.

Cela peut paraître excessif mais ils en sont capables...

.
La gestuelle était travaillée en début d’année sur un classeur porte vues où figurent sur des feuilles des lettres minuscules et majuscules , cursives . L’élève y calquait avec son Weleda pour apprendre la continuité du geste avant tout. Certains y reviennent quand la gestuelle ne me convient pas.

Les CP prennent plaisir à ces arabesques folles !

La précision ne s’affinant que dans la répétition des lettres et mots sur un lignage progressivement diminué : 3,5 mm puis 3mn et enfin 2,5 mm . Le changement de cahier n’étant réservé qu’à l’élève qui progresse.

J’ai la même exigence sur l’ardoise Weleda et nous en faisons beaucoup au cours de la journée !
Pour le maintien du cahier je souscris à ce qui a été précédemment dit .

L’écriture ainsi valorisée satisfait les enfants d’autant plus que le texte d’écriture du matin reprend toujours un fait de classe ou d’école. : Maman apporte de la rhubarbe , un tel nous parle de sa sortie du Week end en Camargue, l’autre de sa venue des cousins parisiens…


C'est un gaucher contrarié qui vous écrit :-)

J'écris de la main droite mais en sport tous mes appuis se font à gauche :-)

Ecrit par : Patrick | 30 décembre 2007

En effet, ce qui me semble ne pas apparaître chez Girard, c'est l'analyse de ce qui est tout à fait nouveau dans la modernité, telle qu'elle me semble assez justement annoncée par Nietzsche.

Il me semble que ce dernier homme qui ne croit plus à rien et qui cligne de l'oeil en disant : "Nous avons inventé le bonheur", préfiguration du consommateur satisfait (et jamais satisfait), relève de l'analyse du désir mimétique (on ne désire les objets, les êtres...que dans la mesure où ils sont désirés par d'autres).

L'athée "vulgaire" de Nietzsche ne croit plus en Dieu, certes, mais à d'innombrables "idoles" (les objets et surtout "les autres").

Nietzsche a bien vu à quel appauvrissement de la vie humaine et sans doute aussi à quel abîme de frustration le conformisme du désir conduisait l'homme contemporain et propose le "surhomme" et de la "volonté de puissance" qui ne sont malheureusement qu'une exhaltation démesurée (au sens grec du terme) du désir mimétique.

Girard va dans le sens d'une "déconstruction" (presque au sens de Derrida) du désir mimétique auquel aucun d'entre nous n'échappe jamais tout à fait, il faut en être conscient : "Qui veut faire l'ange fait la bête".

J'opterais, pour ma part, après la "déconstruction", en ces temps de consommation (vous savez ce que c'est si vous avez des enfants) pour une forme de lucidité ironique.

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

En tant que professeur, j'ai continué à l'utiliser à une époque -les années soixante-dix- où mes collègues conspuaient à qui mieux mieux ce concentré de "culture bourgeoise".

Ecrit par : Sylvie Huguet | 29 décembre 2007
Ah! Oui... C'est bien ce qu'on m'a dit en tant qu'élève de lycée, de septembre 1973 à juin 1975. J'ai baigné dans le stencil qui s'efface et dans l'œuvre complète, exclusivement d'auteurs de "gauche" des XIX° et XX° siècles. On m'a bien expliqué qu'en tant que polard matheux miteux, j'étais le summum de la nullité intellectuelle et on me l'a démontré jusqu'à obtenir de moi l'admiration béate devant ces professeurs évolués et impliqués dans la vie intellectuelle du pays, moi pauvre petite scientiste sans conscience et sans envergure, tout juste apte à un immonde bachotage et qui s'inquétais un peu de n'avoir jamais étudié Montaigne, Montesquieu ou Racine. Obstruée des méninges, j'étais...
Avec quelle joie ai-je applaudi à un emploi du temps de Terminale sans heures de Français! Quatre heures d'insultes et d'humiliations en moins!

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

J’attache beaucoup d’importance à la belle écriture. On me rétorquera que l’écriture est l’intelligence des sots ! Il me semble qu’ exiger en petites classes le bien écrire est une porte d’entrée à une meilleure rigueur personnelle.

Ecrit par : Patrick | 30 décembre 2007

Ma spécialité étant en quelque sorte la gymnastique et la chorégraphie, je trouve très dommage que des instituteurs se sentent un peu coupable (en regard de leur hiérachie?) de faire faire de la calligraphie à leurs élèves. Je me réjouis d'apprendre que ce n'est pas le cas de Patrick.
C'est pourtant un des moyens sûrs dont nous disposons pour faire entrer les enfants dans l'univers artistique des formes, des rites, des traditions toutes ces choses bien faites pour nous empêcher de mourir de la vérité, aurait dit Nietsche.
J'enseigne sans complexes l'EPS à une classe de musiciennes et danseuses (je suis aussi leur professeur principal) ce qui me donne à voir et à juger les effets d'une éducation qui ne considère pas simplement l'écriture comme une incrustation du dire dans des signes séparés du corps, mais à l'inverse transforme le corps en signe et écriture de signes. Roland Barthes avait écrit en son temps un fort beau livre à ce sujet: "l'Empire des signes", si je ne l'abuse.
Dans la plupart des grands conservatoires mondiaux (Moscou, Pékin, Tokyo, Paris...) les "petits rats" sont systématiquement initié(e)s aussi aux arts calligraphiques. Cela n'est pas sans raison.
Mais la faire comprendre à nos gestionnaires technocrates du ministère de l'EN relèverait du pari stupide. La cause étant entendue que l'écriture n'est rien d'autre qu'un moyen technique de brouetter de l'information. Alors peu importe comment les enfants y sont initiés!

Ecrit par : buntovchik | 30 décembre 2007

D'ailleurs, mon époux, en 1970/71, avait pris le français optionnel en terminale C. Ils étaient trois sur toutes les TC du lycée Alain Borne (Montélimar). Ils ont supporté un trimestre d'humiliations puis ont laissé tomber...
Quelle sale époque! J'en tombe d'accord avec Cadichon, presque...

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

sur un extrait de Lucien Leuwen ,démontant les basses manoeuvres électorales de province...Culture bourgeoise,peut-être,mais art savoureux....Tout le monde avait le sourire en sortant de classe...

Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007

Ouais! Faut reconnaître que c'est franchement savoureux quand on s'extraie du matérialisme de son compte en banque...

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

extrait!

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Roland Barthes avait écrit en son temps un fort beau livre à ce sujet: "l'Empire des signes", si je ne l'abuse.
Dans la plupart des grands conservatoires mondiaux (Moscou, Pékin, Tokyo, Paris...) les "petits rats" sont systématiquement initié(e)s aussi aux arts calligraphiques. Cela n'est pas sans raison.

Mais la faire comprendre à nos gestionnaires technocrates du ministère de l'EN relèverait du pari stupide. La cause étant entendue que l'écriture n'est rien d'autre qu'un moyen technique de brouetter de l'information. Alors peu importe comment les enfants y sont initiés!

Ecrit par : buntovchik | 30 décembre 2007

Votre belle intervention, nourrie de votre expérience personnelle me fait penser à cet aphorisme d'Angelus Silesius :

” La rose est sans pourquoi ; elle fleurit parce qu’elle fleurit,
n’a garde à sa beauté, ne cherche pas si on la voit. "

Les signes, la Beauté, l'enfance, la Joie sont sans "pourquoi".

Vivre sans pourquoi :

Où se tient mon séjour ?
Où est ma fin ultime à quoi je dois atteindre ?
Où l'on n'en trouve point. Où dois-je tendre alors ?
Jusque dans un désert, au-delà de Dieu même.

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Parce que ,voyez, moi, je double fils d'agrégés brillantissimes , Ou fils de doubles agrégés brillantissimes. Mon paternel , traducteur célèbrissime et gnagnagni....seulement moi,, petit prof de Sciences humaines
Ecrit par : montaigneàcheval | 29 décembre 2007

gnagnagni! Personne ne les connait, tes agrégés, toi-tu, en dehors d'un petit panel d'initiés sans pouvoir.
Toi-tu, comme moi-je, il a fait autant de travail qu'eux-eux, que tu sois petit prof de "sciences humaines", petite sous-merde de véto de campagne, petite PE à fifiches, petit trou du'c de prof de solfège, minable ingénieur ou pauvre haut-fonctionnaire à Bruxelles. Arrêtez, par pitié, MàC... Vous me feriez mourrir de rire!
Ebrouez-vous comme un cheval en soufflant fort par les naseaux! Papa tombera et je vous promets qu'il n'aura même pas mal.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Quelle sale époque! J'en tombe d'accord avec Cadichon, presque...

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

De trois ans ton cadet, Dobolino, j'ai pourtant baigné dans le Lagardémichard, et j'en ai redemandé en TC en prenant aussi l'option français, comme la majorité de ma classe, avec un prof fantastique qui contre-balançait la nullité d'une prof de philo complètement branque !
Il faut dire aussi que c'était dans un haut lieu de la "culture bourgeoise", Lycée Pasteur, à Neuilly...
Ceci explique peut-être cela...

Ecrit par : yann | 30 décembre 2007

Il faut de plus en plus de victimes sacrificielles, toujours sacrifiées en vain. C'est l'essence même du "nihilisme" moderne.


Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007
Est-ce que je le comprends bien si je dis que, dans un monde où il n'y a plus de croyance admise par tous et générée par une Eglise reconnue par tous, chacun se choisit ses petites victimes personnelles et les massacre à qui mieux mieux?
Dans un troupeau de chèvres, il y a toujours une chèvre victime, tarabustée par toutes les autres, battue, démolie, boîteuse. Si, le chevrier, pris de pitié, abrège ses souffrances en l'éliminant, quasi-immédiatement, le troupeau se choisit une nouvelle victime.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Il faut dire aussi que c'était dans un haut lieu de la "culture bourgeoise", Lycée Pasteur, à Neuilly...
Ceci explique peut-être cela...

Ecrit par : yann | 30 décembre 2007
Je le crois! D'ailleurs, la prof de français qui nous a fracassés, nous, pauvres petits cons de banlieue, elle, jeune et brillante agrégée, n'a eu de cesse d'être nommée dans un grand bahut parisien et a obtenu rapidement sa mutation auprès d'élèves dignes de ce nom et dignes d'égard. Elle a fait ses deux ans de banlieue, à son corps défendant.
Je serais curieuse de connaître son analyse actuelle, à cette professeur si dynamique et soixante-huitarde, qui a du décrocher l'agrèg deux ou trois ans avant JPB: je l'ai eu comme prof en première en 1974/75 et il me semble bien que c'était son premier poste.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Ebrouez-vous comme un cheval en soufflant fort par les naseaux! Papa tombera et je vous promets qu'il n'aura même pas mal.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

MàC est infecté du mal qui nous atteint tous dans cette société "démocratique" individualiste et méritocratique où chacun est devenu le rival de tous et où la règle est le paraître et la dissimulation des faiblesses.

Mais je le soupçonne de l'être moins que son post ne le laisse paraître.

Effectivement, le grand secret est la dignité et l'égalité absolue des êtres "sub specie aeternitatis" : le véto de campagne, le petit prof de collège, le haut fonctionnaire de Bruxelles, le brilantissime agrégé, l'idiot du village, l'éboueur, le jardinier, le président, son chauffeur sa maîtresse et leur femme de ménage.

Le remède que nous proposait Bernanos serait de nous aimer humblement nous-mêmes comme n'importe quel membre souffrant du corps mystique.

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Le remède que nous proposait Bernanos serait de nous aimer humblement nous-mêmes comme n'importe quel membre souffrant du corps mystique.

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Voilà un remède que nos pharmaciens n'ont pas encore réussi à élaborer, ni nos divers psy. Très compliqué, votre remède, Robin.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Le remède que nous proposait Bernanos serait de nous aimer humblement nous-mêmes comme n'importe quel membre souffrant du corps mystique.

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Voilà un remède que nos pharmaciens n'ont pas encore réussi à élaborer, ni nos divers psy. Très compliqué, votre remède, Robin.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

J'ai beaucoup d'estime pour les pharmaciens (sauf pour Monsieur Homais qui me rend Madame Bovary sympathique, mais "sympathique", elle l'est de toutes façons : "Madame Bovary, c'est moi !" )

...et pour les psy. pas en général, mais pour le mien (il va mieux, merci, comme dirait Bigard), mais je crains que leurs remèdes ne soient en fait beaucoup plus compliqués que celui de G. Bernanos...

...Même si j'enlève "humblement" ou "comme n'importe quel autre membre souffrant", sans parler de "corps mystique".

Imaginez qu'il se soit contenté d'écrire : "Le remède serait de s'aimer soi-même."

Alors que c'est justement là qu'est le mal.

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

""Mais la faire comprendre à nos gestionnaires technocrates du ministère de l'EN relèverait du pari stupide. La cause étant entendue que l'écriture n'est rien d'autre qu'un moyen technique de brouetter de l'information. Alors peu importe comment les enfants y sont initiés!
Ecrit par : buntovchik | 30 décembre 2007

Merci pour ces belles phrases sur le côté physique de l'écriture et l'harmonie corporelle qu'elle implique, outre la satisfaction du travail bien fait.

La cause est tout aussi entendue que le savoir est une notion dépassée, avantageusement remplacée par celle d'information. On ne transmet plus, c'est devenu inutile à l'ère de Google et de Wikipedia, on communique et ce mantra a encore de beaux jours devant lui, lisez donc Bentolila, et l'autre incontournable, le Prost, dont le nom est déjà une imposture car il se prononce comme ce qu'il n'est pas.
Cet "historien" de l'éducation n'est qu'une pathétique caricature de son métier et brille par son aptitude à aller à la soupe; son succès est une insulte aux vrais professionnels. Difficile de trouver plus partisan dans le cirage de pompes pédagogoles, et sa complice Françoise Mayeur est du même tonneau.

Désolée de toujours revenir vers l'histoire quand on me parle de littérature, mais les deux sont plombés par la même secte, celle qui a jeté tous les "dead white males" au rebut pour qu'ils ne fasse pas d'ombre à l'indicible médiocrité de ses grands-prêtres.

La destruction des colonnes de Burren me semble elle aussi exemplaire de tout ce joli monde de l'imposture intellectuelle, quelle que soit la discipline. Le créateur des poufs rayés, recyclés en la pissotière canine la plus chère du monde, ne va pas plus à Canossa que Baconnet, Mimouni, Laudet et consorts.

Ils ont eut raison sur toute la ligne, et nous, public inculte et ignare, et surtout cochon de payant pour leurs extravagances, on n'a que le droit de la boucler et de se prosterner devant leur génie incompris.

Dans un ordre d'idée voisin, je suis terrifiée par la lecture d'un bouquin, "la France prépare mal l'avenir de sa jeunesse", qui se proclame un "appel à la lucidité et au civisme" et publié sous les auspices de l'Académie des sciences morales et politiques. L' avant-propos est co-signé Barre et Messmer, RIP! leur caution me semble avoir été un dernier faux-pas avant le grand saut, et ils devaient déjà être bien atteints pour avoir accepté une connivence si mal inspirée. Les autres signataires sont Michel Albert, Marcel Boiteux, Gabriel de Broglie, Christian de Boissieu, J-M Charpin et J-Ph. Cotis.

Voilà réunie la fine fleur de l'intelligentsia pour pondre un pauvre petit opuscule de propos convenus sur l'un des dysfonctionnements les plus scandaleux et tragiques de la société française, sans laisser entrevoir le moindre début du commencement d'une analyse de ses causes. Ce beau monde tourne autour du pot sans jamais y plonger la cuiller et conclut par un YAKA-FAUKON de la plus belle platitude sur les angoisses de la jeunesse face à son avenir à cause du méchant "corporatisme de certaines professions " ( lesquelles, on ne le saura pas, et de "l'intouchable protection de tant de droits acquis par les uns et inaccessibles aux autres". Rien de concret, du vent, une réthorique bien-pensante qui a la rigueur intellectuelle d'un chamallow au-dessus d'un feu de camp.
Et ces gens là sont prix Nobel et autres médaillés Field. Terrifiant, je vous dis. Comment se fait-il que ces puits de science soient aussi nuls quand il s'agit de comprendre pourquoi, comme disait Hannah Arent, il y a plus de 40 ans, Johnny can't read?

Ecrit par : Cadichon | 30 décembre 2007

Chère Dobolino, j'ai retrouvé ces problèmes sur la poussée d'Archimède.

J'ai appris le théorème de la poussée d'Archimède il y a bien longtemps, mais je m'en souviens comme si c'était hier.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 30 août 2007

Allons-y! tenez, pour occuper quelques minutes de votre après-midi, Anne-Marie...

I Pesée d'un bêcher contenant de l'eau : masse m1. On suspend un solide S de masse m à un ressort de constante de raideur k. Celui-ci s'allonge d'une longueur x1 à l'équilibre. On plonge le solide S dans le bêcher (masse d'eau déplacée me ). On observe un nouvel équilibre avec un nouvel allongement x2 du ressort et une nouvelle lecture de masse m2.
1)Établir l'expression de l'allongement x1 en fonction de m, g et k ( g =9,8ms-2)
2)Établir l'expression de l'allongement x2 en fonction de ms, me, g et k. Comparer à x1
3)En étudiant le système " eau + bêcher " exprimer la différence de pesée m2 - m1.


II Déterminer le poids d'une sphère en bois de rayon r = 20cm. Faire de même pour une sphère creuse en acier, de rayon r = 20cm et d'épaisseur e = 8mm. Masse volumique en kg m-3 bois :700 ; eau : 1000 ; acier :7800 Déterminer la poussée d'Archimède qui s'exercerait sur chacune de ces sphères si elles étaient totalement immergées dans l'eau. Ces sphères pourraient-elles flotter à la surface de l'eau ? si oui quelle est la fraction du volume immergé ?

III
Un iceberg a un volume émergé Ve,= 600 m3 . Sa masse volumique est r1 = 910 kg.m-3 celle de l'eau de mer est r2 = 1024 kg.m-3 .
Schématiser l'iceberg flottant et préciser les forces auxquelles il est soumis lorsqu'il est à l' équilibre.
Trouver une relation entre le Volume émergé Ve, volume total Vt et les masses volumiques
Calculer le volume Vt et la masse de l'iceberg.


On voit là la dégradation de l'enseignement depuis cinquante ans, car, j'avoue que contrairement à Anne-Marie qui a tenu Rocard bébé dans ses bras avec son compère JPB, je suis bien incapable de résoudre là tout de suite ces exercices sans une petite remise à niveau que je n'ai guère envie de faire.

Ecrit par : dobolino | 30 août 2007

Je n'ai résolu que le second :
-La sphère en bois pèse 23,5 kg (compte tenu de la masse du bois : 700), une même sphère en eau pèserait 33,5kg
Elle peut donc flotter, comme la poussée est d'environ le tiers de son poids, les 2/3 de la bille de bois sont immergés. (Plus précisément 7/10 èmes)

-La sphère en acier pèse 30, 1kg.
La poussée est d'environ 1/10 ème de son poids(33,5 -30,1), elle flotte, elle aussi, mais est immergée d'environ 9/10 èmes.

(De mon temps, on apprenait que le volume d'une sphère est
4/3 de PI R3, ce qui ne semble plus être le cas???)

Anne-Marie.

J'espère que j'ai bon! Au travail, les matheux.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 30 décembre 2007

Cadichon, puisque vous mettez des textes terrifiants, j'en rajoute une couche en mettant un devoir fait en classe par une de mes petites-filles, en cinquième, assez bien notée.

Je le dédie aussi à Jean, qui ne cesse de dénoncer les méfaits des séquences didactiques.
En fait, le but de cet appauvrissement de l'étude des grands textes et de la crétinisation des élèves est que, bien qu'étant nullissimes en orthographe (celle-ci est peu ou pas prise en compte),et en expression, à force de travailler comme cela, ils apprennent à extraire quelques notions, puisque de toute façon, tout est contenu dans l'énoncé.

Les élèves méprisent ce genre de professeur : ma petite-fille m'a dit : "on lui pose sans arrêt des questions, comme ça, le temps passe, et on ne s'ennuie pas trop..."

Devoir de français en cinquième, 17/10/07

Susie Morgenstern
Lettres d’amour.

Synthèse.
A propos de l’auteur.

1) Qui est l’auteur de Lettres d’amour de 0 à 10 ? Citez le titre de deux autres de ses romans.
R. L’auteur est Suzie Morgenstern.
Elle a aussi écrit « Alibie » et « Europe alibie ».

2) En quelle langue ce roman a-t-il été écrit ? En quelle année ?
R. Ce roman a était écrit en englais et a était écrit en

3) A qui ce roman est-il dédié ?
R. Ce roman est dédié à

A propos de l’histoire.

4) Quel évènement déclenche les changements dans la vie d’Ernest ?
R. L’évènement qui déclenche les changements dans la vie d’Ernest et l’arrivé d’une nouvelle : Victoire.

5) Autour de quel trio de personnages l’histoire s’organise-t-elle ?
R. L’histoire se tourne autour d’Ernest de sa grand-mère : Précieuse et de sa nouvelle amie Victoire.

6) Citez les trois lieux principaux où se déroule l’histoire.
R. – à l’école.
- chez Ernest.
-chez Victoire.

A propos des personnages.

7) Qu’est-il arrivé aux parents d’Ernest ?
R. La mère d’Ernest est morte en ayant mit au monde Ernest et son père à disparu.

8) Quels personnages secondaires ont pourtant un rôle important dans la vie d’Ernest ?
Citez deux personnages et justifiez votre réponse.
R. Son père, Gaspard qui lui envoit de lettres et son Grand-père grâce à la lettre qui depuis des ans Ernest et sa Grand-mère on toujours essayé d’ilucidé.

9) Différences entre Ernest et Victoire.
R. Ernest : frères et sœurs : 0 à la fin 5
1 parent à la maison assez timide

Victoire : frères et sœurs : 13 frères
15 parents à la maison très décontracté

10) Points communs.
R. âge : 10 ans, quartier de résidence.

11) Les points communs portent-ils sur des choses essentielles de la vie des deux personnages ?
R. Oui, car l’âge porte beaucoup sur la mentalité donc sur l’afection et les dialogues qu’on entreprend.

12) Complétez le paragraphe suivant avec certains des mots proposés dans cette liste :
timide- influence-différents-entreprenante-similaires-autorité.

R. Ernest et Victoire sont deux enfants très (différents). Ils sont associés par le maître, sans qu’on leur donne le choix. Victoire exerce très vite une réelle (autorité : faux, le bon mot est influence) sur Ernest parce qu’elle est (entreprenante) et beaucoup moins (timide).

Encore quatre questions aussi intéressantes.
Note : 14, 25 – 1,5 (orthographe et expression) = 13/20.

Anne-Marie.

J'ai respecté (si on peut dire !) l'orthographe. Je suis navrée, pour ne pas dire que j'ai honte.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 30 décembre 2007

Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007
Est-ce que je le comprends bien si je dis que, dans un monde où il n'y a plus de croyance admise par tous et générée par une Eglise reconnue par tous, chacun se choisit ses petites victimes personnelles et les massacre à qui mieux mieux?
Dans un troupeau de chèvres, il y a toujours une chèvre victime, tarabustée par toutes les autres, battue, démolie, boîteuse. Si, le chevrier, pris de pitié, abrège ses souffrances en l'éliminant, quasi-immédiatement, le troupeau se choisit une nouvelle victime.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007


Oui, mais à condition que l'Eglise en question obéisse à son fondateur ("Ecoute Israël (Chéma Israël) tu aimeras le seigneur ton Dieu de toute ton âme, de tout ton coeur et de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même !" ou "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés."). Des boucs émissaires, il y en a eu et il y en a aussi dans l' Eglise, hélàs...Et ça me rend chèvre !

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Dobolino,

Je ne sais pas en quelle année (lycée, prépa ?) vous avez eu ces petits exos, mais on pourrait maintenant les donner en math sup.
Afin de laisser les autres chercher, je ne donnerai pas les solutions, mais seulement des indications:
1) la pesée m2g est la somme de m1g et de la réaction sur l'eau à la poussée d'archimède sur S.
3) il suffit d'égaler pousssée d'archimède et poids total, en supposant que la pression exercée par l'atmosphère sur la partie émergée de l'iceberg est négligeable devant les autres forces en jeu.
Si vous voulez des réponses plus détaillées, vous pouvez me joindre par mail.

Ecrit par : françois duhem | 30 décembre 2007

J'aime bien ce que raconte Robin... Mais si l'analyse Girardienne me paraît redoutablement efficace pour lire le monde, je ne suis pas certain qu'elle s'applique si facilement à la modernité. Je ne crois pas que les derniers hommes de Nietzsche soient, essentiellement, des meurtriers innocents, des esclaves du désir mimétique. Au contraire, ce sont peut-être ceux qui ont cru pouvoir s'en débarrasser (du désir mimétique & du sacrifice) sans se débarrasser de l'homme (de l'homme : de la beauté, de la sagesse, de l'amour (de celui qui appartient au sublime)). Or ce que peut-être Girard ne voit pas, c'est qu'on y parvient : il n'y aura plus besoin de sacrifier des hommes, puisque l'humanité tout entière sera sacrifiée. "Ils sacrifient l'avenir pour eux-mêmes, - ils crucifient tout l'avenir des hommes !" (Zarathoustra III, 26)

Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 30 décembre 2007

Dans un troupeau de chèvres, il y a toujours une chèvre victime, tarabustée par toutes les autres, battue, démolie, boîteuse. Si, le chevrier, pris de pitié, abrège ses souffrances en l'éliminant, quasi-immédiatement, le troupeau se choisit une nouvelle victime.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Vous avez raison de faire le parallèle avec le monde animal, car contrairement à ce que dit Heidegger, il faut commencer par là et voir que le processus d'humanisation va de pair avec un découplage avec les montages instinctifs de régulation de la violence d'appropriation qui caractérise le monde animal.

L'ami polytechnicien qui me soutenait l'autre jour au cours de l'émission de radio que "c'était pareil" se trompait. C'est pareil et ça n'est pas pareil.

Là où la violence se stabilise dans le monde animal dans une répartition dominants/dominés ou à travers l'exemple que vous donnez sur une victime désignée, mais sans déstabilisation généralisée, elle tend, au contraire, chez l'homme à se généraliser et à s'étendre sans fin par "contagion mimétique".

C'est à partir de là que R. Girard pense le religieux, les interdits, les rites...

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Pour en revenir aux jeunes agrégés soixante-huitards, je me rappelle ce mot d'une de mes collègues, nommée comme moi en premier poste dans un lycée d'Orléans :" Qu'est-ce qu'elles sont réactionnaires, tes élèves; elles n'ont que le mot culture à la bouche !"

Ecrit par : Sylvie Huguet | 30 décembre 2007

Imaginez qu'il se soit contenté d'écrire : "Le remède serait de s'aimer soi-même."

Alors que c'est justement là qu'est le mal.

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007
Trop fastoche! Comme les pb de M'sieur Barthas. S'aimer sans s'aveugler, en toute lucidité et distance. Ça vous a l'allure de la corde de Dugong qu'on secoue de bas en haut: estime de soi ondulante et sinusoïdale. Les psy vous diront que je suis cyclothymique...

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

" Qu'est-ce qu'elles sont réactionnaires, tes élèves; elles n'ont que le mot culture à la bouche !"

C'est un peu comme si elle disait que le mot culture la hérissait... Cela rappelle curieusement un certain discours d'un certain officier nazi qui brandit son pistolet chaque fois qu'il entendait le mot culture. Alors, parler de réaction tandis qu'on est soi-même réactionnaire est pour le moins paradoxal... et démontre assez bien la symétrie idéologique...

Ecrit par : Magister | 30 décembre 2007

Dans un ordre d'idée voisin, je suis terrifiée par la lecture d'un bouquin, "la France prépare mal l'avenir de sa jeunesse", qui se proclame un "appel à la lucidité et au civisme" et publié sous les auspices de l'Académie des sciences morales et politiques. L' avant-propos est co-signé Barre et Messmer, RIP! leur caution me semble avoir été un dernier faux-pas avant le grand saut, et ils devaient déjà être bien atteints pour avoir accepté une connivence si mal inspirée. Les autres signataires sont Michel Albert, Marcel Boiteux, Gabriel de Broglie, Christian de Boissieu, J-M Charpin et J-Ph. Cotis.

Ecrit par : Cadichon | 30 décembre 2007
Vous vous faites du mal par plaisir, à lire ce genre de fadaises convenues! Aimez-vous! Epargnez-vous! Jouissez!
Et le calcul de votre chien, pour parler de choses sérieuses, ça a donné quoi?

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

J'ai respecté (si on peut dire !) l'orthographe. Je suis navrée, pour ne pas dire que j'ai honte.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 30 décembre 2007
N'ayez pas honte! Pour paraphraser la pub, "revenez, j'ai la même à la maison!" avec les Félicitations tous les trimestres, capable de vous écrire "chez fait du cheval" ou "un nôtre" en lieu et place de "un autre"...
J'en ai un autre qui écrit comme une bête de scène et qui est plutôt mal vu. D'ailleurs, on ne sait trop où il a trouvé sa maîtrise de l'orthographe et de la grammaire... Pas à l'école, pour sûr. Des fois, il rajoute des fautes pour se faire bien voir.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Pour en revenir aux jeunes agrégés soixante-huitards, je me rappelle ce mot d'une de mes collègues, nommée comme moi en premier poste dans un lycée d'Orléans :" Qu'est-ce qu'elles sont réactionnaires, tes élèves; elles n'ont que le mot culture à la bouche !"

Ecrit par : Sylvie Huguet | 30 décembre 2007
La mienne, me voyant lire Patrice de La Tour du Pin à la récré de la cantine, m'avait dit: "Tu lis ton bréviaire?".

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Dobolino,

Je ne sais pas en quelle année (lycée, prépa ?) vous avez eu ces petits exos, mais on pourrait maintenant les donner en math sup.


Ecrit par : françois duhem | 30 décembre 2007
C'est selon l'énoncé, entre la seconde et la terminale... A présent, je soigne le chien de Denis et celui de Noël. Pauvre Archimède. D'ailleurs, c'est un beau nom pour un chien, un peu long: le clebs s'appellera vite Archi.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Statique des fluides et statique des solides, c'est le programme de Seconde.
Un chapitre de mon livre de Seconde s'intitule "La résultante des forces pressantes exercées par un liquide en équilibre sur un corps immergé". Y'a plein de problèmes pour Anne-Marie, si ça lui botte?

En attendant, moi, ce que j'aimerais, c'est un petit appareil pour doser Cl, Na, K et réserve alcaline dans le sang du chien de Denis en attendant d'envoyer les chiens en physiothérapie sur tapis roulant en baignoire profitant de la poussée d'Archimède.

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Or ce que peut-être Girard ne voit pas, c'est qu'on y parvient : il n'y aura plus besoin de sacrifier des hommes, puisque l'humanité tout entière sera sacrifiée. "Ils sacrifient l'avenir pour eux-mêmes, - ils crucifient tout l'avenir des hommes !" (Zarathoustra III, 26)

Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 30 décembre 2007

Je n'ai pas le "Zarathoustra" de Nietzsche sous les yeux pour cause de déménagement (la préfiguration du "surhomme" dans les cartons...c'est d'un prosaïque !). Je relirai ce passage dès que possible pour essayer de vous répondre.

Comme l'atteste le fragment 125 du "Gai Savoir", la lecture sans préjugés de Nietzsche réserve bien des surprises.

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Je suis bien content d'apprendre qu'il existe un lycée Alain Borne à Montelimard.

Alain Borne est un très grand poète contemporain. Il a eu le tort, aux yeux des surréalistes qui se sont montrés très mesquins à son égard, de vouloir vivre loin de l'agitation parisienne.

Ses oeuvres complètes ont été éditées en deux volumes dans les années 80. Je les ai sorties des cartons. Zarathoustra peut attendre !

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Vous ne saviez pas que le Lycée de Montélimar s'appelait Alain Borne??????????????? Vous l'auriez préféré Emile Loubet?
Tenez, j'ai des étrennes pour vous, Robin:

http://www.dailymotion.com/video/x1r0zz_ramon-pipins-odeurs-je-maime_fun
N.B.: Le Lycée de Nyons se nomme Roumanille, de longue date, et le collège René Barjavel!

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

J'aurais beaucoup aimé avoir des élèves qui lisent Patrice de La Tour du Pin...

Ecrit par : Sylvie Huguet | 30 décembre 2007

C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très garnde faute d'orthographe, j'ai écrit Montélimar avec un un t !

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

"Le sculpteur Buren se plaint du manque de respect dont ses colonnes seraient victimes ; le meilleur remède : une pioche à deux lames, pour éviter qu’elles repoussent."

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 30 décembre 2007

Vous ne saviez pas que le Lycée de Montélimar s'appelait Alain Borne??????????????? Vous l'auriez préféré Emile Loubet?
Tenez, j'ai des étrennes pour vous, Robin:

http://www.dailymotion.com/video/x1r0zz_ramon-pipins-odeurs-je-maime_fun
N.B.: Le Lycée de Nyons se nomme Roumanille, de longue date, et le collège René Barjavel!

Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007

Si je rends un vibrant hommage à la municipalité de Montélimar (sans t) pour la dénomination de ses établissements scolaires, j'aurai des nougats pour le Nouvel An ?

Génial, ce clip ! Il a trouvé le remède : " N'aimer que soi ! " Dommage que ça implique un problématique " Aimez-moi ! ".

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Vous avez raison de faire le parallèle avec le monde animal, car contrairement à ce que dit Heidegger, il faut commencer par là et voir que le processus d'humanisation va de pair avec un découplage avec les montages instinctifs de régulation de la violence d'appropriation qui caractérise le monde animal.

de la violence...et de la sexualité.

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

"Le sculpteur Buren se plaint du manque de respect dont ses colonnes seraient victimes ; le meilleur remède : une pioche à deux lames, pour éviter qu’elles repoussent."

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 30 décembre 2007

Il paraît que les toutous apprécient.

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Merci, dobolino, de vous soucier ainsi du calcul de mon chien.
Je ne puis helas rien vous en dire... puisque le labo (IDEX) a trouve le moyen de l'egarer, entre le 17eme, ou il fut enleve, et l'Allemagne, ou il parait que desormais ce genre de caillou doit etre expedie pour analyse.
Il faut se resoudre a accepter l'evidence: on est devenus tellement nuls en maths, en France, qu'on est meme obliges de delocaliser les calculs .

Quelle misere!

Et en attendant la veterinaire procede par ....elimination , pour determiner quels abus alimentaires ont fabrique ledit caillou. On n'est pas sortis de l'auberge.

Pardon pour l'absence d'accents. Introuvables sur l'ordinateur que j'utilise en ce moment.

Ecrit par : Cadichon | 30 décembre 2007

"Pour en revenir aux jeunes agrégés soixante-huitards, je me rappelle ce mot d'une de mes collègues, nommée comme moi en premier poste dans un lycée d'Orléans :" Qu'est-ce qu'elles sont réactionnaires, tes élèves; elles n'ont que le mot culture à la bouche !"

Les jeunes agrégés des années 2000 aimeraient bien avoir de tels élèves !

Enfin si ca peut vous rassurer, je pense qu'il n'y a plus aucun agrégé nommé dès sa première année dans un lycée à Orléans... Il faut attendre au moins 15 ans pour avoir un poste fixe là-bas.

Ecrit par : Jeremy | 31 décembre 2007

"Il faut attendre au moins 15 ans pour avoir un poste fixe là-bas"

Je ne l'ignore pas. A bien des égards, ma génération a été très privilégiée.

Ecrit par : Sylvie Huguet | 31 décembre 2007

A-t-on déjà cité cet ouvrage sur ce blog ?

Université : la grande illusion.
Sous la direction de Pierre Jourde.
Ed. L'esprit des péninsules

Avec le bouquin de Pitte, cela donne une bonne idée de la décrépitude du système universitaire.

Ecrit par : Guillaume | 31 décembre 2007

Extrait de "L'Agrégation", n° 430, novembre-décembre 2007, p.201.

"L'exemple finlandais"

On compare souvent l'enseignement en France et dans les Lrécent rapport du Sénat sur la "diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles" (Les Rapports du Sénat, n°441, 2OO6-2007) apporte d'intéressantes information sur l'enseignement en Finlande (P.78 du Rapport). Les passages en gras [entre guillemets ici] sont soulignés dans le Rapport.

"L'égalité des chances est au coeur du modèle social finlandais, caractérisé par un très fort souci de garantir à chacun de réelles possibilités d'accès au savoir.

Il convient de préciser que les élèves passent des "examens d'aptitude pour l'entrée au collège", ceux ayant des résultats insuffisants étant dirigés vers l'enseignement professionnel. [...]
Les établissements peuvent adopter des "critères de sélection". C'est ainsi que les meilleurs lycées sélectionnent sur les langues étrangères ou encore sur les résultats en mathématiques, voire dans les disciplines artistiques.

L'examen de fin d'études secondaires est une formalité et le taux de réussite est très élevé. Les mentions dans les différentes matières sont importantes. En effet, "un étudiant ayant reçu plusieurs mentions est dispensé de l'examen d'entrée à l'Université" dans certaines filières et il bénéficiera de "points d'avance".

En effet, les "Universités publiques finlandaises", financées par l'Etat, "ont toutes instauré" un concours pour l'entrée en première année."

Ecrit par : Jean | 31 décembre 2007

On compare souvent l'enseignement en France et dans les autres pays.

Le récent rapport du Sénat sur etc.

Ecrit par : Jean | 31 décembre 2007

"Il paraît que les toutous apprécient."

Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007

Robin, il paraîtrait que ce soit justement ça qui indispose le plus Buren! Mais les toutous dont vous parlez font certainement ça par calcul! :-) Ce sont des critiques artistiques responsables, qui ne s'ignorent certainement pas, même s'ils donnent l'impression de s'oublier!

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 31 décembre 2007

ŒUVRES D’ALAIN BORNE :

2001 Terre de l’été suivi de Poèmes à Lislei " Editinter"
2001 Un brasier de mots - Poèmes inédits Voix D'encre
2002 L’eau fine suivi de En une seule injure " Editinter"
2003 Poèmes d’amour ( Anthologie ) " le cherche midi"
2003 Encres " Atelier du hanneton"
2006 La nuit me parle de toi éditions Le trident Neuf

"L'Amour, la Vie, la Mort : deuxième anthologie de poèmes inédits", Voix d'encre, 1994.
Les "Oeuvres poétiques complètes", aujourd'hui épuisées, ont été éditées en deux volumes par les éditions Curandera, en 1981.

J'aime la voix de ce poète entre toutes. J'y reviens toujours. Aucune anthologie poétique digne de ce nom ne devrait ignorer Alain Borne.


LES ORTIES, LA FUMEE


Les orties, la fumée,
Les épines fleuries,
La cendre, l’herbe
dans tant d’absence éparse,
une dépouille humaine,
une rencontre nue,
un écho de plaisir,
une fleur animale,
deux yeux perdus,
un été familier,
une mesure d’ombre,
un soleil limité.
Boire très calme
la foudre inattendue ;
la tige découverte après l’étang de pierre,
et revenir encore à l’incendie parfait,
rêveur sous la paille,
et vénérer la paille où l’incendie se fait,
tenter contre la mort ce simple appareillage
Où ne pendent aux mâts que des voiles de flammes
Quelqu’un au bord du vertige,
une doublure agile,
un miroir de blessures.


extrait de "C'était hier et c'est demain", éd. Seghers, 2004

Ecrit par : Robin | 31 décembre 2007

Dobolino,

Je ne sais pas en quelle année (lycée, prépa ?) vous avez eu ces petits exos, mais on pourrait maintenant les donner en math sup.

Ecrit par : françois duhem | 30 décembre 2007

N'exagérez pas.
Ils sont (théoriquement) du niveau terminale.
Je ne dis pas qu'ils sont faciles, que tous les élèves de TS les feraient les doigts dans le nez, ni que les plus mauvais des taupins n'auraient pas du mal à les faire, mais ce ne sont pas des exos de sup.

Ecrit par : yann | 31 décembre 2007

Avec le bouquin de Pitte, cela donne une bonne idée de la décrépitude du système universitaire.

Ecrit par : Guillaume | 31 décembre 2007

Peut-être, Guilllaume, pourriez-vous nous en résumer le propos?

Ecrit par : buntovchik | 31 décembre 2007

Robin, il paraîtrait que ce soit justement ça qui indispose le plus Buren! Mais les toutous dont vous parlez font certainement ça par calcul! :-) Ce sont des critiques artistiques responsables, qui ne s'ignorent certainement pas, même s'ils donnent l'impression de s'oublier!

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 31 décembre 2007

Les émules de Mercel Duchamp s'efforcent, sans toujours y parvenir, de reproduire la sidération provoquée dans les années 20 par ses "pissotières".

En critiques éclairés et responsables, les toutous, eux, ont parfaitement saisi la filiation et s'efforcent de rendre à la tentative l'hommage qui lui est dû.

Monsieur Buren a tort de s'en plaindre.

Ecrit par : Robin | 31 décembre 2007

Et P.-J. Toulet ?

" Toute allégresse a son défaut,
Et se brise elle-même.
Si vous voulez que je vous aime,
Ne riez pas trop haut.

C'est à voix basse qu'on enchante,
Sous la cendre d'hiver,
Ce coeur, pareil au feu couvert,
Qui se consume et chante."

Ecrit par : Sylvie Huguet | 31 décembre 2007

Puisqu'on parlait d'Alain Borne et du bahut de Montélimar qui a une excellente réputation, allez donc voir le boulot que les profs de maths ont fait pour leurs élèves!
http://www.ac-grenoble.fr/lycee/LAB/jr2000/

Ecrit par : dobolino | 31 décembre 2007

Je le commence à peine mais voici un extrait :

http://www.fabula.org/actualites/article18349.php

Ecrit par : Guillaume | 31 décembre 2007

"Si l'on fabriquait une science qui s'adressait à chaque individu, on dirait d'elle qu'elle cherche à manipuler les esprits !
Dans une certaine mesure comme la médecine reste empirique et ne peut fonctionner à coup sûr sur chacun, en fonction de la variabilité individuelle, son manque de précision la sert, la protège des attaques de sur-pouvoir.
Qu'en sera-t-il d'une biologie qui adaptera les médications non plus seulement aux pathologies mais aux métabolismes de chaque malade ? La solitude du malade sera vaincue, mais sa liberté aussi. La maladie est au fond ce qui nous différencie les uns des autres, alors que la bonne santé est la même pour tous.

En fait on commence à étudier autre chose que les blockbusters, les médicaments qui ciblent large. Il y a différentes approches. Quant au psychisme, on n'a pas encore les outils de simulation des cerveaux mais qui sait, un jour dans quelques décennies on pourra à travers la modélisation par ordinateur reconstituer un individu parmi d'autres, on réduira alors l'étrangeté non plus à un défi mais à une curiosité parmi d'autres, une formule idoine.

La plupart de ceux que je lis même sur le net raisonnent la société et l'individu comme ils conçoivent une connaissance verbale alors que nous n'en sommes déjà plus là ... il est certes autrement plus difficile d'avoir un raisonnement dynamique et dans l'espace et dans le temps ! Manier les quatre dimensions ... homme agrégat de molécules, de cellules, de terminaisons nerveuses ! Non plus un concept vide ... mais quelque chose se faisant se faire. Le regard regardé ...

Vous supposez tous qu'il n'y a qu'une seule espèce humaine, mais pour quoi faire ? C'est même devenu un dogme, l'unité - sainte je suppose - de l'homme, mais est-ce lui assurer les meilleures chances de survie ? Certes le pattern est le même pour tous (l'ADN et le génome) mais si l'on va par là on peut en dire autant pour toutes les espèces du vivant ! Cela ne nous mène pas très loin. Si l'on prétend que le programme intrinsèque du vivant c'est sa survie le plus longtemps possible, les meilleures chances de l'assurer - et c'est ce que lui a réussi jusqu'à présent - c'est la différenciation des espèces à travers le sexe et la sélection naturelle. C'est la recette qui marche depuis trois milliards d'années, n'est-ce pas ? J'en déduis qu'il faut créer de nouvelles variétés d'humanités, non pas vous ? Le monopole de la culture de l'homme moderne me paraît pauvre. Il faut y remédier.

Il faut faire croître la vitesse de différenciation des hommes plus que leur nombre à proprement parler. Encore une blessure pour l'orgueil naturel de chacun ... ce ne sera pas la première que la conscience infligera à nos corps !

Je suis de plus en plus loin du monde ... de ce qu'on en connait du moins. De ce qui est catalogué dans les annuaires. Cela ne veut pas dire pour autant que je perds la raison, mon isolement est plus voulu que subi.

Il y a un certain vertige à voir les possibilités que la science nous ouvre. Pourquoi ne pas explorer cette terra incognita, c'est dans nons gènes ce goût pour l'aventure, je crois. Nous devons chasser l'ennui d'être au monde ...

Je ne peux pas me contenter éternellement de refaire le passé. J'ai besoin de prendre pied dans l'avenir."

Ecrit par : iPidiblue, nain rentré, fan de cyber science | 31 décembre 2007

Ou encore :

http://www.guglielmi.fr/IMG/pdf/La_grande_illusion.pdf

Ecrit par : Guillaume | 31 décembre 2007

Les émules de Mercel Duchamp s'efforcent, sans toujours y parvenir, de reproduire la sidération provoquée dans les années 20 par ses "pissotières".

Il s'agissait "d'urinoirs" plutôt que de "pissotières". Les colonnes de Buren sont beaucoup plus pratiques.

Ecrit par : Robin | 31 décembre 2007

Considérations désobligeantes (toujours à propos des colonnes de Buren) :

1°) Pourquoi l'art contemporain vieillit-il si vite (et si mal) ?

2°) Pourquoi les "artistes" les plus iconoclastes, ceux qui proclament la mort de l'Art avec un grand "A", exigent-ils que l'on respecte leurs propres "oeuvres" ?

Ecrit par : Robin | 31 décembre 2007

Eléments de réponses politiquement incorrectes :

1°) Pourquoi l'art contemporain vieillit-il si vite (et si mal) ?

Parce que seul le beau est durable...

2°) Pourquoi les "artistes" les plus iconoclastes, ceux qui proclament la mort de l'Art avec un grand "A", exigent-ils que l'on respecte leurs propres "oeuvres" ?

Les imposteurs finissent toujours par se contredire, donc se trahir...

Ecrit par : Magister | 31 décembre 2007

@yann,

j'ai justement des étudiants en sup (d'une correcte prépa de province), et je vous assure qu'en colles, il n'y aurait qu'environ 60% qui réussiraient ces exos sans coup férir. De toutes façons, je vais le tester car nous aborderons bientôt la statique des fluides: je vous tiens informé de leurs résultats.

Ecrit par : françois duhem | 31 décembre 2007

Benazir Bhutto assassinée ; Al Khaïda plus fort que Sarko : « notre politique d’ouverture à nous, c’est d’ouvrir la future présidente avant même qu’elle soit élue ».

Azouz Begag se présenterait sur la liste PS de Gérard Collomb, à Lyon : « C’est ma dernière chance avant de m’inscrire sur une liste de gauche ».

Nicolas Sarkozy se prend de plus en plus pour Louis XIV. Mais sa folie des grandeurs fait de plus en plus penser à Louis de Funès.

194 dentistes diplômés à l’étranger éliminés abusivement par une épreuve de soit-disant connaissance du français pour exercer chez nous : « on s’est planté, on était certain que la roulette n’existait plus ».

Le PS décide de modérer ses ambitions municipales pour ne pas marginaliser le PCF : « Rien de plus indigeste que le coco vain, surtout après les fêtes de fin d’année ».

Menaces d’attentats sur le Dakar ; Ben Laden serait-il en train de devenir un social-démocrate du terrorisme ?

Valérie Bègue garde son titre de Miss France 2007 ; en effet, le service trois pièces du Christ allongé sur le crucifix sur lequel elle a été prise en photo n’a pas réussi à transpercer son maillot de bain deux pièces.

Vingt-quatre kilos de cocaïne retrouvés en mer, au large des îles Marquise ; on connaît maintenant la recette du navigateur ex-chanteur Antoine pour hurler aussi fort : « Atoll, les opticiens ».

Quelques petites brèves, (si je puis me permettre ce pléonasme), pour aborder cette nouvelle année dans la bonne humeur!
Meilleurs voeux à tous.

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 31 décembre 2007

bonne année JP

Ecrit par : pierrot le zygo | 31 décembre 2007

Très bonne et très heureuse année à tous !

Ecrit par : Robin | 31 décembre 2007

"194 dentistes diplômés à l’étranger éliminés abusivement par une épreuve de soit-disant connaissance du français pour exercer chez nous : « on s’est planté, on était certain que la roulette n’existait plus »." écrit C Sibille.
Je croyais que "soit-disant" était une faute. Mais peut-être que dans les IUFM...
Meilleurs voeux tout de même.

Ecrit par : outis | 01 janvier 2008

Bonne année à tous !

Ecrit par : Sylvie Huguet | 01 janvier 2008

Bonne année.

Ecrit par : catmano | 01 janvier 2008

Un rapport propose des solutions pour rendre obligatoire l'enseignement de l'histoire des arts
LE MONDE | 31.12.07 | 16h21 • Mis à jour le 31.12.07 | 16h21

Afficher une priorité politique avec un minimum de moyens. Cette équation obsède habituellement les responsables gouvernementaux. Mercredi 26 décembre, l'inspecteur général Eric Gross a remis aux ministres de la culture, Christine Albanel, et de l'éducation nationale, Xavier Darcos, un rapport sur "l'éducation artistique et culturelle" qui leur mâche sensiblement le travail.



Dans un document de 51 pages, mis en ligne sur le site du ministère de la culture (Culture.gouv.fr), M. Gross présente une série de propositions et de recommandations avec l'objectif de "donner à la société française l'impulsion décisive pour qu'elle accorde, dans l'éducation de ses jeunes, la même place à la culture et aux arts que celle qu'elle a fini par accorder aux sports".

Formation des enseignants, projet pédagogique, partenariat entre l'Etat et les collectivités territoriales : le rapporteur balaie un large spectre pour inciter le système à faire sienne la priorité annoncée par Nicolas Sarkozy. En prenant toutefois le soin d'éviter les sujets à trop lourde conséquence financière. Le rapport recommande ainsi de "créer un enseignement obligatoire d'histoire des arts". Dans sa lettre de mission au ministre de l'éducation, le président de la République avait lui-même posé cette exigence. Constatant la surcharge des programmes scolaires, le rapporteur écarte toutefois la création d'une discipline nouvelle.


UNE CONFÉRENCE DE PRESSE


Il propose au contraire "un parcours trouvant ses points d'appui et ses points d'accroche dans différentes disciplines et mobilisant la coopération des professeurs de ces disciplines". Lettres, langues, histoire, philosophie et même sciences seront mises à contribution. Un groupe spécifique a d'ailleurs été créé afin de fournir, courant janvier, des propositions pratiques "avec un objectif d'application à la rentrée scolaire 2008".

Les deux ministres ont d'ailleurs annoncé, dans un communiqué, la tenue, en janvier 2008, d'une conférence de presse afin de procéder aux annonces. Un tel changement est-il possible sans horaires et professeurs dédiés ? Eric Gross fait ce pari. Il propose de sensibiliser tout le corps enseignant, en commençant par évaluer, dans les concours de recrutement (professorat des écoles, Capes, agrégation), "les compétences des candidats dans le domaine artistique et culturel".

Il souhaite encore systématiser les conventions entre les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) et développer la formation continue des enseignants. Il recommande même la création d'un Capes et d'une agrégation d'histoire de l'art afin de constituer un vivier de formateurs.

Enfin, il réclame une généralisation de la gratuité d'accès des enseignants aux musées et monuments nationaux.


LA "VISITE SCOLAIRE"


Car, au-delà de ce nouvel enseignement, c'est toute la présence artistique à l'école que le rapport ambitionne de doper. Pour fournir le matériel, le rapport compte sur la ressource numérique et formule une série de propositions, notamment la mise en oeuvre de "l'exception pédagogique" en termes de droits d'auteur. A la recherche d'outils pédagogiques, le rapport passe pudiquement sur les "classes à projet artistique et culturel (PAC)", ce dispositif d'accueil d'un artiste dans une classe, lancé par Jack Lang et freiné en 2002. Il invite plutôt à "revisiter la visite scolaire", en améliorant sa préparation et l'accueil des élèves.

Moins ambitieux ? "Réaliste", tempère M. Gross, qui "recommande" quand même la création en région parisienne d'un centre de cinq cents places dédié à l'accueil des élèves de province venus visiter les "institutions culturelles majeures".

Pour nourrir l'ambition, le rapport compte sur un partenariat "à plein titre" avec les collectivités territoriales. Soulignant les expériences réussies dans le Nord et en Picardie, le document invite l'Etat à offrir aux villes, départements et régions - qui gèrent déjà les équipements scolaires et financent les institutions culturelles - une place dans l'élaboration des propositions artistiques. Une révolution à peu de frais. Mais une révolution quand même.

Nathaniel Herzberg
Article paru dans l'édition du 01.01.08.


Je cède à la pression du premier jour de 2008: Bonne année, m'dames, 'm'zelles, m'sieurs.

Ecrit par : Pendariès | 01 janvier 2008

Nathaniel Herzberg
Article paru dans l'édition du 01.01.08.


Je cède à la pression du premier jour de 2008: Bonne année, m'dames, 'm'zelles, m'sieurs.

Ecrit par : Pendariès | 01 janvier 2008

Bonne année à vous aussi Pendariès et merci infiniment pour ce texte et pour cette information sur la place qui devrait être accordée désormais à l'éducation artistique et culturelle à l'école,

Si elle se confirme et se prolonge à travers des actions concrètes et généralisées, l'année 2008 débute sous d'heureux auspices.

Ecrit par : Robin | 01 janvier 2008

Bonne Année à tous!
Sa^perlotte de saperlipopette

Ecrit par : Saperlipopette | 01 janvier 2008

Bonne et heureuse année à tous !!

Ecrit par : yann | 01 janvier 2008

Bonne année à tous....

Je feuilletais le dernier livre du Sieur de ces lieux hier et puis ce matin comme tout bon citoyen qui n'a pu entendre notre Président je lisais ses voeux et de fil en aiguille j'en suis venu à lire aussi son discours devant le Pape et je suis tombé, au propre et au figuré, sur cette perle (parmi tant d'autres):

"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance "

Urgh... j'en ai eu des frissons dans le dos et j'ai repensé à tout ce que JPB disait de celle qu'il appelait si joliment Bécassine, Vierge je ne sais plus quoi, etc etc etc etc... et je me suis interrogé : " Que va bien pouvoir nous dire notre JPB des paroles de son Président, lui que la moindre vue d'un petit bout de goupillon rend nerveux et dont je ne peux douter une seconde de l'esprit de sacrifice qui l'anime?"

Voilà, pour paraphraser Zola, j'attends!

UMP: A quand le retour du crucifix dans nos salles de classe?

Ecrit par : Merlemocoeur | 01 janvier 2008

"Je croyais que "soit-disant" était une faute. Mais peut-être que dans les IUFM...
Meilleurs voeux tout de même."

Ecrit par : outis | 01 janvier 2008

Au temps pour moi. Personnellement, il y a déjà quelque temps que je ne relève plus les coquilles diverses et variées qui sévissent, ici comme ailleurs, (un peu moins ici que presque partout ailleurs, ceci étant dit), et dont le maître des lieux, bien que n'enseignant pas en IUFM à ma connaissance, n'est pas toujours avare...
Meilleurs voeux à vous tout de même!

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 01 janvier 2008

Très bonne année à vous, Mr Brighelli!
Et à tous les "Bonnetistes"! Couvrez-vous bien l'année va être froide...

Ecrit par : Sanseverina | 01 janvier 2008

"Je croyais que "soit-disant" était une faute. Mais peut-être que dans les IUFM...
Meilleurs voeux tout de même."

Ecrit par : outis | 01 janvier 2008


On ne doit pas employer "soi-disant" (qui parle de soi) pour une chose, une réalité abstraite qui, en principe, ne peut pas parler.

Il me semble qu'il faut dire plutôt "prétendu". "Une épreuve de prétendue connaissance du français".

"Soi-disant" s'emploie quand quelqu'un parle indûment de soi-même, ment sur son identité ; exemple : "le soi-disant policier était un escroc."

Ecrit par : Robin | 01 janvier 2008

"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé..."

rapporté par : Merlemocoeur | 01 janvier 2008

Ces paroles (scandaleuses, soi-dit en passant de la part d'un chef d'Etat d'une République laïque fut-elle de nature pontificale) m'évôquent un souvenir d'enfance, longtemps refoulé comme il se doit!
Voilà. Je venais d'avoir 7 ans, un âge ou l'on raisonne encore comme une cloche. Nous venions en famille de nous installer dans les murs d'une petite école de village haut-marnais, un genre de clochemerle où mon père, instituteur archi anti-clérical avait été sommé de transmettre les valeurs de la IV ème République agonisante.
Très vite le jeune garçon, préathlète en culottes courtes que j'étais avait repéré dans l'entrée de l'église située face à l'école une "corde à monter" au 7ème ciel.
Bref, le village se mit tout à coup, en pleine sieste de ses âmes, à retentir d'une volée assourdissante de cloches précipitant la population hors de ses habitations.
Comment croyez-vous que mon anti-clérical de père-instituteur me fit alors résonner de la raison (autre nom de dieu, ai-je appris plus tard) un instant égarée dans mon jeu solitaire d'enfant?
Je reçu une volée qui n'était pas seulement de bois vert qui me marqua à tout jamais, estampilla durement mais définitivement ma toute neuve faculté de penser avant d'agir. Je pressentis ce jour-là l'essence religieuse pour ne pas dire christique, en ces temps-là, du métier de père-instituteur. Le curé de la paroisse aurait sans doute agi avec bien plus de bonté et de miséri-corde à monter au 7ème ciel que mon père sévère.

С НОВЫМ ГОДОМ ! HAPPY NEW YEAR! BONNE ANNE à tous!

PS En particulier à JP BRighelli à qui je souhaite de concrétiser ses projets d'écriture romanesque.

Ecrit par : buntovchik | 01 janvier 2008

Bien entendu , "je reçus"...à l'adresse des orthographistes!

Ecrit par : buntovchik | 01 janvier 2008

Eune bonne année à tertous (ch'est comme cha qu'in dit, chez mi) !

Ecrit par : Japhet | 01 janvier 2008

Buntovchik, ces paroles de Sarko sont aussi scandaleuses que peu surprenantes dans la bouche du meilleur ami du défenseur de "l'axe du bien"!

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 01 janvier 2008

Aux porteuses et porteurs du Très Respectable BONNET D'ANE

C'est l'heure des voeux... et des bêtisiers . Aussi je vous propose le mien (qui en vaut d'autres ) comme cadeau de fin d'année.

Il s'étale de mai 2002 à ....


http://archivescitoyennes.free.fr/Humour1.html

BONNE ANNEE 2008 A TOUS !
SANTE, BONHEUR, AMOUR...
ET SURTOUT, ESPERONS

Patrick

Ecrit par : patrick | 01 janvier 2008

"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance "

Nicolas Sarkozy connaît très mal le monde "religieux" et ne devrait pas s'aventurer à la légère (il est vrai que la politique est chose légère, par essence) sur des territoires qu'il connaît mal, à moins qu'il ne lise des discours "cousus main".

"Le sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance" n'est pas reservé aux "religieux" et il arrive même que des laïcs ou des personnes non pratiquantes ou non chrétiennes soient appelées à répondre à cette "vocation".

Ce sont des paroles qu'on ne devrait prononcer qu'avec crainte et tremblement", comme disait Kirkegaard.

Il y a des moments où j'ai, je l'avoue, du mal avec l'Eglie : (beaucoup de "déconvenues" et récemment avec la façon dont certains reçoivent R. Girard ...comme un chien dans un jeu de quille.Il y a des précédents (Galilée,Teilhard de Chardin...).

"Il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père", Qu'ils n'oublient jamais ces paroles.

Ecrit par : Robin | 01 janvier 2008

" l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé.."

Combien de gens, de générations ont rencontré sur leur chemin des "saints" laïcs .... des laÏcs qui par leur seul exemple vous redonnaient foi en l'Homme.

Ne fixons pas de limite à la bonté de Dieu ... Il y avait sans doute quelques hommes d'église parmi eux !

Ecrit par : patrick | 01 janvier 2008

l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé.."

Mais il a raison ::)) L'instit nouvelle version IUFM ne peut plus enseigner la différence entre le bien et le mal. Il ne sait plus ce que représentent ces deux notions. La place est libre pour les imams en tous genres!
Et puis notre président ne fait que lire les discours de son" nègre". Les "nègres" et les directeurs de communication sont au pouvoir et travaillent dur pour la saga présidentielle. Reconnaissons que c'est nettement plus dur pour eux qu'à l'époque du Roi Soleil par exemple où finalement, seuls les Grands devaient être domestiqués à coups de séduction et d'illusions. Aujourd'hui, il faut berner toute une population et extrêmement disparate de surcroît.

Ecrit par : Sanseverina | 01 janvier 2008

"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé..."

rapporté par : Merlemocoeur | 01 janvier 2008

Même si elles ont fait plaisir au pape (?), ces paroles sont non seulement scandaleuses, mais totalement contraires à l'esprit de l'Evangile qui ne cesse de mettre en garde contre "l'orgueil spirituel" et la confusion des ordres ("Donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui à Dieu.", "Méfiez-vous du levain des Publicains et des Sadducéens.", " Que celui qui veut être le plus grand parmi vous, qu'il se fasse le serviteur de tous." etc. etc.)

On est typiquement dans ce que R. Girard appelle la "rivalité mimétique" et le "modèle-obstacle" : l'instituteur doit imiter le curé ou le pasteur, mais il ne parviendra jamais à acquérir la perfection spirituelle que ces derniers possèdent pour ainsi dire par essence. "Imite-moi, mais ne m'imite pas !"

On n'est pas dans l'amour, mais dans la rivalité et sans doute la plus hideuse de toutes : la rivalité spirituelle.

Elles rappellent la collusion entre le pouvoir temporel et spirituel de la Restauration et du Second Empire.

Ni le républicain Charles Péguy, ni même le père de famille laic et monarchiste Bernanos n'y auraient pas souscrit.

Ecrit par : Robin | 01 janvier 2008

Ouais, bonne année puisque c'est ce qu'il faut dire.
J'ai le bouquin cité par Brighelli depuis lundi. Après la lecture de deux textes et leurs commentaires, je commence à comprendre en quoi consiste une explication de texte. Il faut dire que c'est la première fois qu'on me montre, alors, forcément, avant je ne pouvais pas savoir. Ce qui est dommage, c'est qu'on me mette un bouquin comme ça entre les pattes 32 ans après l'épreuve de français du bac.
Je le mettrai entre celles de mon fillot cinq mois avant l'épreuve, on verra. Ceci dit, il a peut-être des profs plus traditionnels que ceux dont j'ai eu l'immense honneur de bénéficier en avant-première... et surtout en première! On nous plantait en face d'un texte, à mariner dans notre pauvre jus, pendant deux à quatre heures, en groupes de trois à cinq et il nous fallait en tirer du sens. Quand on en avait bien tiré ce qu'on pouvait, on passait à autre chose. Même régime en histoire-géo.

Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008

Ni le républicain Charles Péguy, ni même le père de famille laic et monarchiste Bernanos n'y auraient pas souscrit.

Ecrit par : Robin | 01 janvier 2008

"n'y auraient souscrit". J'ai fait un "pas" de trop !

Ecrit par : Robin | 01 janvier 2008

Bonne année à tous les enseignants consciencieux, qu'ils soient croyants, non croyants, du primaire, du secondaire.

Qu'on se respecte davantage en 2008, afin de faire avancer afin de faire avancer nos idées, notre respect des élèves et de leur devenir.

Pardon de ne pas m'exprimer aussi joliment que la plupart d'entre vous, mais je ne suis qu'une modeste professeur des écoles.

En ce début d'année, j'ai une pensée particulière pour un "collègue", fana de l'ORLF, qui passait son temps en propos méprisants envers les enseignants qui persistaient à enseigner la grammaire et la conjugaison, les traitant d'incompétents y compris devant les parents.
Il doit être bien embêté, depuis la rentrée, depuis qu'il a le devoir de réintroduire ces matières dans ses répartitions.
Qu'a-t-il bien pu raconter à ses parents d'élèves ?
Lutte-t-il comme nous avons osé le faire pendant toutes ces années ?
J'aimerais être une petite souris ...

Monsieur Brighelli, je suis nouvelle arrivée mais me permets une petite suggestion :
Les nombreux commentaires de vos articles ne seraient-ils pas plus lisibles si les citations, les noms des auteurs et leur texte étaient distincts, et s'ils étaient regroupés par "sous thème", lorsque deux personnes se répondent ?
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

Ecrit par : Flaurette | 01 janvier 2008

Flaurette, y souhaite la bonne année qu'aux enseignants! Les autres, ils peuvent se brosser! Pas bien, ça, pas bien du tout... Véxée, je suis, moi modeste et logorrhéique contributrice à la vie de blog éminemment foutoir mais c'est son charme.

Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008

Dobolino, l"enseignement" que vous avez subi en français est scandaleux. Et tout bénéfice pour le" professeur," qui, tout en se donnant -de bonne foi? - l'illusion de mettre en pratique des méthodes révolutionnaires, s'épargne ainsi des heures de préparation.

Ecrit par : Sylvie Huguet | 01 janvier 2008

Pardon Dobolino, mais dans ce que vous nommez "foutoir", j'ai du mal à me retrouver, et donc je n'ai pas pu tout lire et comprendre qui était qui.

Bonne année à vous aussi.

Ecrit par : Flaurette | 01 janvier 2008

Bon, j'en reviens à mon professeur de français de première année 1974/75 car c'est plus le vif du sujet.
Ne croyez pas qu'à l'époque, je la haïssais! Bien au contraire, j'étais presque "amoureuse" d'elle, en tout cas en admiration béate et tentant désespérément d'être digne de son estime intellectuelle. Je me suis peu à peu convaincue de ma médiocrité, de mon manque de créativité et, donc, de mon incapacité à rédiger un texte convenable et, en conséquence, de mon inaptitude à l'étude de la langue française. Même si, par la suite, je me suis peu à peu dégagée plus ou moins de jugement, il a malgré tout pesé assez lourd sur ma trajectoire scolaire et ma narcissisation.
Et, c'est à force de vous lire tous, professeurs de français, ici, que j'ai réussi à comprendre quels mécanismes pédagogiques nouveaux-nés et expérimentaux, balbutiants avaient présidé à ce curieux non-enseignement dont nous avons alors bénéficié. Nous y étions très mal préparés et les meilleurs élèves s'y cassaient les dents: on ne nous avait pas appris à enculer les mouches. Les plus entêtés et solides, les plus mûrs, on pourrait dire, avec notre professeur de première, les plus englués dans la culture bourgeoise, en ressortaient avec un profond mépris de la littérature et des intellectuels, les plus sensibles ou immatures avec l'idée qu'ils n'étaient pas à la hauteur des sphères intellectuelles du pays et que les sciences, beaucoup plus faciles, étaient réservés aux bœufs de labour comme eux.
Donc, on pourrait dire, à titre individuel, que votre parole a été un peu "mon divan" mais ce n'est pas vraiment le plus important. Ce que j'y comprends le mieux, c'est l'un des pourquoi du comment, après trente bonnes années de ce régime appliquées à plus de 70% des collégiens et lycéens, nous souffrons d'une telle pénurie de chercheurs et penseurs de qualité parmi les moins de cinquante ans.
Il me semble que plus un enfant ou ado est intelligent et exigeant, plus il a soif d'enseignements frontaux de ce qui existe avant lui, de ce qui est déjà su, dit, énoncé et qui va lui permettre de se construire dans un second temps. Si cette attitude est méprisée par les professeurs de français du secondaire et qu'ils exigent de ses gamins qu'ils extraient tout par eux-même, on fait du gachis de cerveaux que ceux-ci soient destinés aux Sciences ou aux Lettres. Et on tranforme 90% du potentiel d'intelligence supérieure de ce pays en autodidactes bavards et infatués d'eux-même donc incapables de produire des données vraiment nouvelles.
Tiens, c'est dégueulasse, j'arrête là...

Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008

Pardon Dobolino, mais dans ce que vous nommez "foutoir", j'ai du mal à me retrouver, et donc je n'ai pas pu tout lire et comprendre qui était qui.

Bonne année à vous aussi.

Ecrit par : Flaurette | 01 janvier 2008
y aurait-il deux f à foutoir pour que vous ayez mis mon fouttoir entre guillemets? Fouttoir ou foutoir, c'est le sel de ce blog!!! On y trouve tout, mieux qu'à la Samaritaine qui a d'ailleurs fermé ses portes suite aux exactions du sieur Brighelli qui l'avait supplantée dans le cœur des français de souche ou par accident. La Samaritaine partit donc à la fontaine pour chercher de l'eau dans son petit seau et y baigner son visage trempé de larmes amères. Elle n'a pas eu depuis le courage de réouvrir son échoppe.

Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008

Dobolino, l"enseignement" que vous avez subi en français est scandaleux. Et tout bénéfice pour le" professeur," qui, tout en se donnant -de bonne foi? - l'illusion de mettre en pratique des méthodes révolutionnaires, s'épargne ainsi des heures de préparation.

Ecrit par : Sylvie Huguet | 01 janvier 2008
J'ai eu des bons professeurs très traditionnels en collège!
Là, je dirai "Autant pour moi" et mes enfants répondront "au temps pour moi!" si vous voyez ce que je veux dire et si j'arrive ainsi à l'exprimer.
Disons qu'en littérature française, j'ai un niveau scolaire BEPC.
Vous reconnaissez que cette espèce foisonnait pour faire ses dents dans les bahuts de proche banlieue, fraîchement agrégés super bien classés et venant subir leurs deux ou trois ans chez les caves avant d'accéder aux prépas et/ou aux grands lycées parisiens ou de province.
Il faut leur pardonner, ils étaient jeunes, avaient fantasmé les barricades de mai 68 et rêvaient un autre monde que le leur. Il ne s'agissait pas d'aigris ratés mais d'intellectuels à la pointe du progrès. Ceux parmi les élèves qui réussissaient à entrer dans ce jeu ou avaient le nom qui ouvrait la porte, comme ma copine Marie Vittez, étaient invités chez elle où ils pouvaient se saoûler et rencontrer son époux, notable metteur en scène parisien. Moi, j'avais à l'époque un nom de renom négatif à me faire fermer la porte au nez... A sa décharge, je ne sais si ça a joué!

Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008

Nous rêvions d’épopées salvatrices et de la Pangée des nations, les veines gonflées de verte générosité et la langue en fil de rasoir.
Nous étions éponges imbibées des tragédies du siècle et passoires pissant les valeurs bourgeoises confondues aux raisons marchandes.
Nous nous sentions écrasés entre un passé sépulcral et un avenir spectral. Mais, inéluctablement, le surplace gagnait du terrain. Aujourd’hui, les Babel cosmopolites dérivent en elles-mêmes et le village global s’agite dans un mouchoir de poche telle une chrysalide dans son cocon, en vue de l’ultime nécromorphose.

Ecrit par : Magister | 01 janvier 2008

Qui pourrait se traduire par:
vous vous êtes fait avoir comme des bleus!

Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008

Nous rêvions d’épopées salvatrices et de la Pangée des nations, les veines gonflées de verte générosité et la langue en fil de rasoir.
Nous étions éponges imbibées des tragédies du siècle et passoires pissant les valeurs bourgeoises confondues aux raisons marchandes.
Nous nous sentions écrasés entre un passé sépulcral et un avenir spectral. Mais, inéluctablement, le surplace gagnait du terrain. Aujourd’hui, les Babel cosmopolites dérivent en elles-mêmes et le village global s’agite dans un mouchoir de poche telle une chrysalide dans son cocon, en vue de l’ultime nécromorphose.

Ecrit par : Magister | 01 janvier 2008

Je ne l'aurais pas dit aussi joliment, mais c'est bien quelque chose du genre!

Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008

" vous reconnaissez que cette espèce foisonnait pour faire ses dents dans les bahuts de proche banlieue"
écrit par Dobolino, 01 Janvier 2008

Etaient-ils à ce point nombreux? Si je repense aux collègues
qui avaient comme moi passé l'agrégation en 69, beaucoup, il est vrai, jetaient la "culture bourgeoise" aux orties, mais elles faisaient tout de même des cours. Je crois qu'on vous a infligé ce qu'on appelait à l'époque "travail indépendant", gadget pédagogique recommandé par je ne sais plus quel ministre, qui était la négation de tout enseignement. En tout cas, vous avez raison de dénoncer le scandaleux gâchis dont ces méthodes sont responsables... Et quand je pense qu'aujourd'hui, un professeur donnerait tout pour pouvoir s'adresser à des élèves avides de savoir comme vous l'étiez!

Ecrit par : Sylvie Huguet | 01 janvier 2008

Des fois, elle faisait des cours...
Je me souviens même qu'en version latine, un ami et moi avions vu notre note divisée par deux car, de toute évidence, nous avions fait la version ensemble. Nous n'avions pas compris qu'elle l'interdisait en latin alors qu'en français il nous fallait construire en groupes...
Mais, c'était par accès, quand elle voyait que ses méthodes modernes et créatives ne marchaient pas avec nous autres bêtes de somme et elle nous accusait d'incapacité.

Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008

"Il me semble que plus un enfant ou ado est intelligent et exigeant, plus il a soif d'enseignements frontaux de ce qui existe avant lui, de ce qui est déjà su, dit, énoncé et qui va lui permettre de se construire dans un second temps."
Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008

Tous les enfants, Dobolino, tous et pas que les plus intelligents.

Ecrit par : Louis Barthas | 01 janvier 2008

Et quand je pense qu'aujourd'hui, un professeur donnerait tout pour pouvoir s'adresser à des élèves avides de savoir comme vous l'étiez!

Ecrit par : Sylvie Huguet | 01 janvier 2008

C'est vrai. La vie est mal faite. Moi aussi j'ai rêvé d'élèves avides de savoir. J'en ai eu au début et puis de moins en moins.Peut-être parce que tout l'environnement leur inculque que le savoir n'a pas d'importance.

Une classe, c'est comme un circuit électrique. S'il n'y a pas de désir d'apprendre (pôle négatif), Il n'y a pas de lumière.

Ca n'empêche pas que l'on puisse inverser les pôles et demander aux élèves d'être "actifs", mais il fait faire marcher le circuit dans les deux sens.

Ecrit par : Robin | 01 janvier 2008

Ce que j'y comprends le mieux, c'est l'un des pourquoi du comment, après trente bonnes années de ce régime appliquées à plus de 70% des collégiens et lycéens, nous souffrons d'une telle pénurie de chercheurs et penseurs de qualité parmi les moins de cinquante ans.


Ecrit par : dobolino | 01 janvier 2008
Eh bien, en une seule phrase dobolino explique parfaitement pourquoi "La France prepare mal l'avenir de ses enfants", (livre cite plus haut). Dans cet "appel" , une palanquee de beaux esprits nobelises et fieldises, tous membres de l'Academie des sciences morales et politiques, se montre tragiquement incapable d' en faire autant, sur ....120 pages.

Ecrit par : Cadichon | 02 janvier 2008

Bonne année à Brighelli et bonne année aux bonnétiens !

J'espère que vous fîtes bonne ripaille.

2008 = année de l'enseignement culturel et artistique ?

Encore un rapport fait par un inspecteur général qui n'a pas mis les pieds sur le terrain : tout ce qu'il aurait fallu, c'était simplifier les démarches administratives - vous savez le bazar que c'est pour faire venir quelqu'un et le payer, ou pour organiser une sortie ? Rien que la paperasserie autour d'un projet scolaire et culturel, et la frilosité de l'intendance, ça fait reculer 50% des profs avant tout projet.

Ecrit par : Jeremy | 02 janvier 2008

Complètement d'accord avec Jeremy!

"C'est vrai. La vie est mal faite. Moi aussi j'ai rêvé d'élèves avides de savoir. J'en ai eu au début et puis de moins en moins.Peut-être parce que tout l'environnement leur inculque que le savoir n'a pas d'importance."

Ecrit par : Robin | 01 janvier 2008

Bien sûr, Robin, TOUT l'environnement! Complètement d'accord avec vous! Et, sans vouloir rallumer ici une vieille querelle, il semble que même Meirieu le dise!

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008

Pour vous remettre dans le bain, lisez ces pages de la revue "Temps futur".

http://www.csen.fr/ftp/fichiers/TF93.pdf.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 janvier 2008

L'idée que le "désir d'apprendre" soit une condition a priori de la bonne marche de la classe me laisse dubitatif, car elle rejoint l'idée stupide de Meirieu que "nul ne peut forcer un élève à apprendre". Si l'on attend, pour faire la classe, que les élèves y manifestent le "désir d'apprendre", on peut attendre longtemps. Il n'est pas un seul élève qui aille dire qu'il aime l''école, et cela pour la raison toute simple que l'école est une structure contraignante, et qu'elle l'empêche de jouer, ce qui est la principale occupation des enfants. Nous étions pareils, il y a quelques décennies: rien ne nous réjouissait plus que l'absence inopinée d'un professeur et l'arrivée des vacances. Je ne suis pas sûr, donc, qu'il soit juste d'écrire que si le "désir d'apprendre " n'est pas là a priori, c'est comme s'il n'y avait pas de courant, et donc que la classe ne peut pas fonctionner. S'imaginer que les élèves sont contents de subir l'école est un leurre.
Je crois plutôt que le professeur doit imposer aux élèves tout ce qu'il estime nécessaire pour leur instruction sans se soucier le moins du monde de savoir s'ils sont d'accord ou non pour apprendre les connaissances qu'il leur sert. Il faut qu'il fasse du frontal et du directif, de l'archi-frontal et de l'archi-directif. Moyennant quoi il peut arriver que, dans le cadre de cette structure qui bride leur liberté et qu'ils n'ont pas voulue et pour cause, les élèves puissent trouver de l'intérêt à certains cours, ou plutôt à certains moments de certains cours. C'est d'ailleurs souvent quelques années plus tard qu'ils vont se rendre compte de l'intérêt de ce qu'ils ont appris de force, par exemple lorsque la vieille grammaire traditionnelle apprise au collège fera qu'au lycée ils seront les seuls à avoir des notions de grammaire! Quelqu'un disait sur ce blog que les professeurs les plus infects et les plus haïs sur le moment apparaissaient quelques années après comme les meilleurs.

Ecrit par : Jean | 02 janvier 2008

Le professeur n'a pas à se soucier une seule seconde de ce que pense et de ce que dit l'"environnement".

Ecrit par : Jean | 02 janvier 2008

Que Meirieu s'appuie sur l'"environnement " pour nous expliquer doctement et pédantesquement que la tâche du "professeur qui prétend enfourner les connaissances dans la tête des élèves comme dans un entonnoir en attendant la retraite" est impossible ne surprendra personne. Dès qu'il s'agit de démolir l'école traditionnelle, c'est-à-dire la seule école qui ait un sens, et de casser du "prof", Meirieu accourt, à grand renfort de mimiques clownesques!

Ecrit par : Jean | 02 janvier 2008

Complètement d'accord avec Jeremy!

"C'est vrai. La vie est mal faite. Moi aussi j'ai rêvé d'élèves avides de savoir. J'en ai eu au début et puis de moins en moins.Peut-être parce que tout l'environnement leur inculque que le savoir n'a pas d'importance."

Ecrit par : Robin | 01 janvier 2008

Bien sûr, Robin, TOUT l'environnement! Complètement d'accord avec vous! Et, sans vouloir rallumer ici une vieille querelle, il semble que même Meirieu le dise!

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008


Remarque: le métier d'enseignant est un métier d'ego, - peut-être avant tout. C'est-à-dire: quelles sont les motivations du professorat? Transmettre le savoir? Sans doute. Reprendre le sillon dans lequel nous nous sentions à l'aise et le long duquel, menés par quelques professeurs que nous définissions de qualité, nous progressions (se cultiver, conceptualiser, "s'élitiser", etc.)? Sans doute encore. Tout ceci ayant pour pivots celui ou celle qui donne l'aliment intellectuel et celles et ceux qui reçoivent (ou s'en foutent). Je ne sais pas pourquoi, mais je ne pense absolument pas qu'un âge d'or de l'appétit de connaissances ait existé en France (Le Satyricon, pour remonter aux premières heures d'après le déluge, montre bien les écoliers d'alors, et leurs maîtres; et c'est amusant: un enfant et un adolescent restent un adolescent et un enfant). C'est s'imaginer faussement beaucoup que penser cela. Et rêver sur soi et son génie propre supposé. Ne peut-on pas dire plutôt qu'il fut, peut-être, une époque où l'élève ne devait qu'acquiescer et exprimer une satisfaction ou un silence, quand le cours l'emmerdait? Les préoccupations d'un adolescent ne sont pas celles qui nous, nous adultes ET enseignants, concernent a priori (même si la question du travail, et je parle en tant que prof de LP, est aigue): le fantasme du bon élève, dans lequel nous projetons nos idéaux (ceux concernant notre statut de BON professeur qui a quelque chose d'essentiel à leur transmettre pour la vie et le chemin de leur existence illuminée par notre volonté...), il faudrait un jour qu'il soit mis au feu.

Le premier des devoirs de l'enseignant est de faire son boulot le mieux possible (le mieux possible dans les situations les plus heureuses, comme le mieux possible dans celles qui ne sont pas "commodes", sans se prendre pour l'ange du salut ou l'ange exterminateur). Le reste (ce qu'en font ou pas les ados) ne nous appartient nullement. Les bonnes "surprises" existent. S'attendre à ce qu'elles soient immédiates est un leurre dont il faut vite sortir sous peine de dépression ou de mal-être perpétuel.

Fait-on, aujourd'hui, un travail pour SE réaliser? Et de quelle façon? Ca ce sont peut-être les questions judicieuses (il y en a d'autres) à se poser.

Ecrit par : Pendariès | 02 janvier 2008

Dans "Temps Futur", j'ai relevé cette belle phrase :

"C'est à l'ensemble des enseignants de se remobiliser pour faire de l'école des années à venir un nouveau sanctuaire de la réussite, où les mots d'effort, travail, sélection et laïcité ne passent plus pour des énormités".

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 janvier 2008

Ce lien marchera peut-être mieux.

http://64.233.183.104:80/search?q=cache:GVjnbCeDdq8J:www.csen.fr/ftp/fichiers/TF93.pdf+temps+futur+grip+slecc+sne&hl=fr&ct=clnk&cd=2&gl=fr

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 janvier 2008

Dans "Temps Futur", j'ai relevé cette belle phrase :

"C'est à l'ensemble des enseignants de se remobiliser pour faire de l'école des années à venir un nouveau sanctuaire de la réussite, où les mots d'effort, travail, sélection et laïcité ne passent plus pour des énormités".

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 janvier 2008

Elle est de JPBrighelli, si je ne m'abuse.

Ecrit par : Robin | 02 janvier 2008

D'accord et pas d'accord avec vous, Jean et avec vous, Pendariès. Les conditions ont bien changé depuis que nous étions nous-mêmes élèves. Peut-on encore exiger d'eux ce que l'on exigeait de nous ?

Je rêve d'une conciliation entre le plaisir et le savoir.

Je sais qu'elle est possible, même si les chemins (ils mènent quelque part) sont ardus. Les chanteurs, les musiciens, les artistes en général savent cela (pour autant que l'art soit un savoir quant il nous délivre, comme le dit si bien Nietzsche du "fardeau de la vérité".

Bref, je rêve (I made a dream) d'un enseignement "artistique" du savoir. Le "Gai savoir", en somme, mais sans "surhommes".

Pour qu'un jour, en effet, quelques uns d'entre eux (tous?) se disent (et c'est vrai que nous n'aurons sans doute pas la chance de les entendre) que "ça en valait tout de même la peine".

Ecrit par : Robin | 02 janvier 2008

Peut-on encore exiger d'eux ce que l'on exigeait de nous ?

Robin

C'est bien ce que je dis aussi. Mais je suis certain que pour comprendre le désarroi actuel des enseignants, de mon âge (32a) à celui de la retraite, il faut prendre en compte la façon dont notre ego a été construit (en partie) par l'école elle-même: nous ne faisons que répéter, à notre manière, ce que nous avons trouvé bon dans nos prédécesseurs qui nous ont fait cours. Le décalage étant ce qu'il est, il est logique qu'il y ait plainte aujourd'hui. Attendons de voir les nouveaux arrivants qui ont passé les concours.

Ecrit par : Pendariès | 02 janvier 2008

Dans l'enseignement actuel, ce qui est dramatique, c'est quand les enfants se rendent compte que leur professeur n'enseigne pas comme il devrait le faire, et le méprisent.

Par exemple, mes trois petites élèves voient bien que les "séquences " absurdes ne mènent à rien. Elles détestent le cours de français, et ont trouvé la parade : elles posent sans arrêt des questions, le professeur répond, cela fait passer le temps...
En anglais, même topo : on répète x fois les mêmes phrases, sans explication de la syntaxe, c'est comme cela que nous sommes les plus nuls en anglais des européens. Les parents (qui en ont les moyens) envoient leurs enfants en séjours linguistiques.
(C'est "l'égalité des chances", décriée par Meirieu lui-même : revoir sa clownesque prestation sur "le grand corps malade"; heureusement, même "les instances dirigeantes nationales, si gangrénées soient-elles par les idéologies éducatives toxiques " ont commencé à se rendre compte que cela ne peut plus durer.)
En calcul, le professeur se désole : les tables de multiplication, la division, étant "non acquises", les mises en facteur ne vont pas de soi!

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 janvier 2008

"Je rêve d'une conciliation entre le plaisir et le savoir.

Je sais qu'elle est possible, même si les chemins (ils mènent quelque part) sont ardus. Les chanteurs, les musiciens, les artistes en général savent cela (pour autant que l'art soit un savoir quant il nous délivre, comme le dit si bien Nietzsche du "fardeau de la vérité".

Bref, je rêve (I made a dream) d'un enseignement "artistique" du savoir. Le "Gai savoir", en somme, mais sans "surhommes".

Pour qu'un jour, en effet, quelques uns d'entre eux (tous?) se disent (et c'est vrai que nous n'aurons sans doute pas la chance de les entendre) que "ça en valait tout de même la peine"."

Ecrit par : Robin | 02 janvier 2008

Oui, ne serait-ce pas: "la joie", dont parle Spinoza? Ou, en d'autres termes, "l'art naît de contraintes, et meurt de liberté". Mais prétendre que les profs qu'on a le plus haï sont ceux que l'on vénère plus tard, après réflexion, est absurde.

"les mises en facteur ne vont pas de soi!"

Anne-Marie."

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 janvier 2008

"ne vont pas d'elles-mêmes", me semble t-il? :-)

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008

Je n'exige qu'une seule chose de mes élèves, c'est qu'ils fassent ce que je dis!

Ecrit par : Jean | 02 janvier 2008

Tous les enfants, Dobolino, tous et pas que les plus intelligents.

Ecrit par : Louis Barthas | 01 janvier 2008

Bien sûr que c'est le cas de tous!!! Mais là n'était pas mon propos. Ce que je "ressens" et tentais ainsi d'exprimer, c'est qu'on ne peut produire des chercheurs de qualité dans une fabrique d'autodidactes et de dilettantes où l'on humilie ceux qui ont la conscience aigüe du fait qu'une production non sous-tendue par une parfaite maîtrise des savoirs antérieurement acquis par l'espèce humaine est inéluctablement médiocre.
Comme disait Audiard "les cons, ça ose tout! C'est même à ça qu'on les reconnait!"

Ecrit par : dobolino | 02 janvier 2008

Eh bien, en une seule phrase dobolino explique parfaitement pourquoi "La France prepare mal l'avenir de ses enfants", (livre cite plus haut). Dans cet "appel" , une palanquee de beaux esprits nobelises et fieldises, tous membres de l'Academie des sciences morales et politiques, se montre tragiquement incapable d' en faire autant, sur ....120 pages.

Ecrit par : Cadichon | 02 janvier 2008

Il y a une immense différence entre ces "beaux esprits" et votre serviteur. Je n'ai aucune parcelle de pouvoir, de gloire ou d'audience à perdre ou à gagner donc ne cours aucun danger en appelant un cochon par son nom et suis entièrement libre de penser comme il me convient. La liberté a un prix assez élevé.

Ecrit par : dobolino | 02 janvier 2008

Bien sûr, Robin, TOUT l'environnement! Complètement d'accord avec vous! Et, sans vouloir rallumer ici une vieille querelle, il semble que même Meirieu le dise!

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008

Tatata! Je rebondis ici même. Je vous ai narré hier soir les expérimentations dont je fus victime au lycée, avec mes camarades de classe. Voyant leurs efforts réduits à néant par notre stupidité de victimes du système, ces beaux esprits ont décidé d'étendre leurs expérimentations au collège. Le résultat fut décevant... Convaincus du bien-fondé de leurs doctrines, ces belles dames et beaux messieurs décidèrent donc de commencer plus tôt, en primaire. Voyant que ça ne fonctionnait toujours pas, ils s'attaquèrent à la maternelle. Comme c'était de pire en pire et que ces pauvres gamins étaient de plus en plus obtus, ils en tirèrent une redoutable conclusion: "c'est le milieu de naissance, c'est les médias... On ne peut rien contre ça!"
Ben voyons!

Ecrit par : dobolino | 02 janvier 2008

Dans l'enseignement actuel, ce qui est dramatique, c'est quand les enfants se rendent compte que leur professeur n'enseigne pas comme il devrait le faire, et le méprisent.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 janvier 2008

Les élèves ne peuvent (par eux-mêmes) ni mépriser, ni même plaindre leurs professeurs empêchés d'enseigner, pour la simple raison qu'il leur faudrait préalablement savoir ce qu'est un bon professeur en les comparant les uns aux autres.
Or dans le contexte actuel de décrépitude de la fabrique en série des cancres les élèves ne peuvent même pas s'instruire de ce savoir. Non pas qu'il n'y ait plus de bons professeurs, bien au contraire, mais c'est le tiers institutif, la machine maternante du ministère de l'EN, ses lois, son idéologie, ses principes qui les privent des moyens d'accomplir leur fonction de castration symbolique, de naissance du père, du principe généalogique.
(Jean a dit quelque chose de scandaleusement juste: pas d'instruction et d'éducation sans haine, sans intégrer la négativité)
Une nouvelle génération de professeurs enfantée par la fabrique prend peu à peu le pouvoir pédagogique, importe et met en eu ses représentations, reproduit les schémas d'enseignement (si on peu encore parler ainsi) qu'elle a connus.
Il faut être résolument optimiste pour croire que cette génération d'enseignants va être en mesure de refaire partir la production dans la fabrique , relancer la transmission généalogique à l'école. Il faudra bien plus que les réformes d'opérette qu'on nous annonce pour remettre tout ça en bon ordre.

Ecrit par : buntovchik | 02 janvier 2008

le fantasme du bon élève, dans lequel nous projetons nos idéaux (ceux concernant notre statut de BON professeur qui a quelque chose d'essentiel à leur transmettre pour la vie et le chemin de leur existence illuminée par notre volonté...), il faudrait un jour qu'il soit mis au feu.

Ecrit par : Pendariès | 02 janvier 2008

J'en profite pour dire à tous ceux qui me fantasment élève idéal que ce ne fut jamais le cas, bien sûr. Je manifestais trop de dissidence et restais assez souvent sur mon quant-à-soi ou ma fronde ou mon humilité.
Summum du péché d'orgueil, Robin, que s'aimer avec humilité!

Ecrit par : dobolino | 02 janvier 2008

"(Jean a dit quelque chose de scandaleusement juste: pas d'instruction et d'éducation sans haine, sans intégrer la négativité)"

Ecrit par : buntovchik | 02 janvier 2008

Les enseignants ne sont pas en poste pour se faire aimer de leurs élèves, c'est une évidence. De là à prétendre qu'ils doivent s'en faire haïr... La haine est vraiment un sentiment très fort, et je doute de ses côtés positifs dans l'éducation, et dans l'enseignement.

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008

Les parents (qui en ont les moyens) envoient leurs enfants en séjours linguistiques.


Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 janvier 2008

Avez-vous de bonnes adresses de séjours linguistiques? On met ses moyens où l'on veut. A tout prendre, ma 306 fera bien encore 60 000 km et je peux continuer à me passer d'échographe... Yann ne me contredira pas?

Ecrit par : dobolino | 02 janvier 2008

La haine est vraiment un sentiment très fort, et je doute de ses côtés positifs dans l'éducation, et dans l'enseignement.

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008
C'est question d'âge et d'individu! La haine que j'avais au ventre contre mon prof de bio de prépa fut l'un des moteurs de mon intégration à l'école véto. Mieux vaut la haine que la peur. La peur panique que m'ont inspirée mes deux "maîtresses" de CP a été destructrice jusqu'à l'adolescence puis s'est muée en une révolte pas toujours à bon escient.

Ecrit par : dobolino | 02 janvier 2008

Pourquoi choisir par défaut, Dobolino?

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008

"Je ne pense absolument pas qu'un âge d'or de l'appétit de connaissances ait existé en France." (Pendariès)
Je suis de cet avis.
De tous temps, l'école a été une plaie pour tous les élèves, y compris pour les bons. La seule différence est que ces derniers font leur travail et ont de bonnes notes avec plus de facilité que les autres. L'irénique et séraphique Meirieu voulait en faire un lieu où les enfants viendraient spontanément pour s'y porter spontanément vers les connaissances, ce qui revient à dire qu'il voulait en effacer la présence des adultes et la contrainte que ceux-ci font peser sur les enfants. Utopie.

Ecrit par : Jean | 02 janvier 2008

Summum du péché d'orgueil, Robin, que s'aimer avec humilité!

Ecrit par : dobolino | 02 janvier 2008

Il y a deux sortes d'humilité : la bonne et la mauvaise. En reniant ce qui le dépasse, l'orgueilleux s'appauvrit, mais celui qui reconnaît, salue et vénère, grandit en s'ajustant.

La véritable humilité baisse la tête et ose tout.

Pour l'obéissance, c'est pareil. Les Jésuites qui s'y connaissaient ("Perinde ac cadaver"), certains du moins, pensaient que l'on pouvait pêcher "par excès d'obéissance".

Nuance, nuance, "Je suis une nuance" (encore Nietzsche !)

Ecrit par : Robin | 02 janvier 2008

Histoire de lard !


http://www.latribunedelart.com/Patrimoine/Patrimoine_2007/Interview_Gady_523.htm

[quote="le veilleur"]Peut-être arrivera-t-il un jour où la gigantesque imposture de Picasso ne pourra plus être dissimulée malgré la grande quantité de personnes mouillées dans cette triste affaire, malgré les puissants intérêts en jeu, malgré les conséquences désastreuses pour le marché de l'art que cela impliquerait.

http://www.leongard.com/actualite_et_informations_661.htm

Ce jour là, Picasso entraînera dans sa chute tous les imposteurs de l'art cubiste, abstrait ou contemporain auxquels il a ouvert la voie. Sans doute, ce raz-de-marée est-il devenu nécessaire pour espérer voir renaître un art authentique.[/quote]

Voilà ! c'est exactement le genre de pensée que nous alimentons le veilleur et moi, et ce, malgré toutes nos divergences qui sont considérables et qu'il serait trop fastidieux d'énumérer ici ..... !!!!!

Oui, c'est un peu comme le charivari que va engendrer dans les mois qui viennent la désastreuse gestion de la France par un mini despote entouré de simili ministres et véritables sinistres.
Ne rigolez pas ..... c'est pas gai !!!
et puis ne croyez pas que je m'éloigne du sujet (vous m'connaissez, quand je tiens un sujet, je le fais toujours parler ... :) ) ....
quand une jambe est gangrenée, il n'y a plus qu'à la couper ....
et bien la peinture et la politique, c'est idem kif kif bourricot !!!

Bon, le veilleur s'arc-boute sur Picasso et l'afflige de tous les maux !
mais en fait cela a commencé bien avant Picasso et c'était, en fait, pour la bonne cause.
Le problème, c'est que ce ne sont pas les bonnes personnes qui ont été écoutées.
L'histoire de l'art est une histoire d'évolution, un peu comme l'histoire de l'homme dans laquelle nous retrouvons le même genre d'argumenteurs (bonimenteurs) .... les darwiniens et les créationnistes.
Les uns pensent que l'homme est un chaînon de l'évolution, les autres pensent qu'un dieu suprême muni d'une baguette magique sous l'bras (et d'un béret sur la tête) a créé l'univers et tout c'qui va avec !!!

C'est Breton qui est l'homme charnière dans le tournant brutal que prit l'art après que les refusés y aient foutus des ruades assassines.
Mais, voyez-vous, rien de bien original sous notre soleil rouge (pas carmin, non, plutôt ocré !) .... lorsque les hommes au pouvoir négligent leur charge et s'en vont en perpétuels surfeurs de plaisirs charnels et de bonnes chères, les peuples se lamentent et se meurent ...... mais, juste avant le dernier soupir, ils ont un ultime sursaut d'orgueil et d'instinct de survie ..... ils se précipitent comme un seul homme sur le gouvernement et décapitent tout l'monde au grand dam des âmes sensibles qui sortent leurs mouchoirs.
Nous avons là, la description authentique, bien que fort condensée, de la véridique histoire de la révolution française et de la russe par la même occasion !!!

Ce qui nous (surtout vous) rend aveugle, c'est le fait que les histoires sont désynchronisées.
Par exemple, les gouvernements successifs ont longtemps tergiversé sur le nombre de médecins qu'il convenait de former (numerus clausus) ....
et puis, à force de tergiversations, ils n'ont pas vu qu'on allait manquer de médecins ..... idem pour les maçons, les chaudronniers, les tuyauteurs, les plombiers, les électriciens, les serruriers, les peintres ......
Mais, ce qui arrive, arrive !
un beau jour (très triste, par ailleurs) il n'y a plus rien !
c'est le vide total et insupportable !
plus de bouchers, de charcutiers .... d'ailleurs il n'y a plus d'animaux, ni de blé donc plus de pain .... etc ..... relisez votre liste de course du supermarché !
Et le gouvernement est là, à la télé, à nous dire :
"je suis très satisfait de ce que mon gouvernement a réalisé car à présent, tout le monde peut se reposer à loisir puisqu'il n'y a même plus de boulot pour personne ..... alors ? à qui on dit merci ?"

tu parles, Charles ! sûrement qu'on va leur dire merci de nous foutre dans la merde !!!!!
surtout que ce jour là, il n'y aura plus de peintres !
donc, plus de couleurs, plus de pinceaux ni de toiles ..... nous restera plus que les murs des cavernes sur lesquels nous dessinerons le souvenir de ce que furent les vaches, les cochons, les poules, les lapins, les chats, les cochons dinde, les souris, les cafards .... tout ce que nous avons mangé jusqu'à ce qu'il n'y en n'ait plus !

Ouf !
Vous comprenez ?

Bon, je reprends à Breton .....
Breton avait compris le besoin de l'art de se remettre en question grâce à l'exemple des refusés qui ne peignaient pas de façon académique, mais réclamaient malgré tout le droit à être exposés ..... ça ne vous rappelle rien ? .... Rémy Aron, c'est un peu le Puvi de Chavannes du vingt et unième siècle, non ?

bon .... donc Breton et ses potes surréalistes, se disent qu'il tiennent là un bon filon ..... hop, ils enfourchent leurs chevalets et fouette pinceaux ..... ils lancent la mode du surréalisme .....

Boudiou d'boudiou !!! leur succès dépasse très largement leurs espérances les plus folles .... et bientôt, Kandinski (connu pour son fameux slogan « faites ce que j’écris et pas ce que je peins » …. Car il était incapable, à cause de son daltonisme aigü, de mettre en pratique ses fausses théories !) puis c'est tout l'art qui s'enflamme d'idées toutes plus saugrenues les unes que les autres ...... jusqu'au point de non retour ...... Soulage !!!! (Quand on vous dit qu'il ne faut pas utiliser le noir pur !!!!! on sait de quoi on parle, nom dé diou !!!)

Voilà !
excusez-moi d'être bref, mais j'ai un coq au vin qui se réchauffe .... et je voudrais pas qu'il se dépiche !!!!!

bon appétit tout l'monde.

Ecrit par : Yfig | 02 janvier 2008

je ne sais pas pour les autres mais mes enfants définissent très bien ce qu'est un "mauvais" professeur : "c'est un prof qui ne t'apprend RIEN" ; voilà ! "pourquoi passer six à huit heures enfermé en prison (sic) si c'est pour RIEN" (dixit mon fils de 13 ans) . et aussi par sa soeur en 2nde "cette prof elle est vraiment dur hein mais alors qu'est ce qu'on apprend avec elle !" (sous-entendu "du coup on ne lui en veut pas")...

Ecrit par : fabienne | 02 janvier 2008

http://64.233.183.104:80/search?q=cache:GVjnbCeDdq8J:www.csen.fr/ftp/fichiers/TF93.pdf+temps+futur+grip+slecc+sne&hl=fr&ct=clnk&cd=2&gl=fr"



Cadichon, lisez l'entretien du président du GRIP, J.P.Demailly, membre de l'académie des sciences, Pascal Dupré, instituteur, notre hôte, J.P.Brighelli, et autres personnalités, accordé au numéro de Temps Futur : vous y verrez que certains ont une vue lucide et néanmoins constructive de l'état de déliquescence totale de notre education nationale.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 02 janvier 2008

Yfig écrit :
"excusez-moi d'être bref, mais j'ai un coq au vin qui se réchauffe .... et je voudrais pas qu'il se dépiche !!!!!"

Diantre ! moi aussi ! Vous mettez quel vin ?

Ecrit par : Magister | 02 janvier 2008

Salute Magister,

tu quoque tu cook du coq !!!! Madre !!!!

Je mets tous les fonds de bouteilles ... sans distinction, même et surtout ceux qui puent le vinaigre ..... ça renforce l'acidité et l'estomac ne peut que regimber avant de rendre l'âme !!!!!

ne pas oublier le pili, les aulx bien verts, le poivre noir en égale quantité avec le poivre blanc et quelques airelles pur la couleur !

laisser le coq macérer 48 heures pétantes en le retournant dans son jus toutes les 24 heures (secret de la recette !!!).

Servir avec un gévéor bien frais (3, 4 degré maxi) ou avec un blanc à 1euro 56cts.

Pour les légumes, privilégiez les choux (de saison) et pensez fort à de Funès et ses alcooliques !

je crois n'avoir rien oublié ! ?

Pour ma note ..... ? si j'ai pas la moyenne, j'en ferai pas un plat !

Ecrit par : Yfig | 02 janvier 2008

Quote : *"à chaque fois, c’est le texte le plus célèbre qui est cité — les « stances » du Cid au chapitre Corneille, par exemple, ou l’alambic de l’Assommoir*"

C'est triste et lamentable !!!!
Encouragez les jeunes au crétinisme du 18ème siècle et aux clichés des romantiques pudibons devant et vicieux de tous les autres côtés (sur 3 dimensions, je vous laisse faire le calcul!)

C'est mieux que rien, croyez-vous !

Eh bêêêê !!!!

Vous resterez donc toujours sur la même vieille corde usée plus que de raison ?

Moi, je vais vous dire ..... ce qui importe, c'est de lire les auteurs vivants ! si vivants qu'ils vous crèvent vos yeux torves et crevés !!!

emmenez vos élèves sur internet et faites une recherche sur les sites littéraires, apprenez-leur à s'amuser des lectures débiles du net et à s'émerveiller de quelques textes vraiment subtiles et littéraires.

Je ne vous donne pas les adresses ...... les auteurs, ça se mérite, ça ne se fabrique pas comme ceux dont on trouve des publicités payantes dans tous les journaux, dont on entend les dithyrambes écrites par des marchands de soupe à la radio ou dont on peut voir les émissions et les interviews à la télé ..... ceux-là ne sont pas des écrivains et ne le seront jamais, tout juste des produits de consommation ....... sans conservateurs ni aucun exhausteur de goût.

Allez, révisez bien chateaubriand et toute la pléiade !!!!

Ecrit par : Yfig | 02 janvier 2008

Yfig, vous êtes ridicule! Il n'est point besoin d'être expert en peinture pour se rendre compte que, tout point de vue relevant du goût mis de côté, Picasso est un des plus redoutables techniciens de l'histoire de la peinture!
Et, pour le coq au vin, point n'est besoin assurément d'y mettre des grands crus, mais pas des trop petits cuits quand même!
Quand au Gévéor, non merci! Comme disait Cavanna, il y a déjà fort longtemps, "on ne demande pas que le vin soit bon, on demande qu'il ne soit pas dégueulasse".... :-)))))

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008

Il existe tellement d'auteurs défunts qui seront éternellement vivants, et tellement d'auteurs encore vivants qui ne le sont que "cliniquement" !!
Et pudibond prend un "d"...

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008

Vous resterez donc toujours sur la même vieille corde usée plus que de raison ?

Moi, je vais vous dire ..... ce qui importe, c'est de lire les auteurs vivants ! si vivants qu'ils vous crèvent vos yeux torves et crevés !!!


Ecrit par : Yfig | 02 janvier 2008
Justement, Yfig! Vous me rappelez ma prof de français de première... Marre de vos clichés! Ça fait trente ans qu'on en abreuve les gosses et on ne peut pas vraiment dire que... bon, enfin.

Ecrit par : dobolino | 02 janvier 2008

Merci Yfig pour cette recette rock ’n’ roll. J'ai quant à moi versé un fond de Saumur (avec une pensée pour le Père Grandet).
A notre santé !

Ecrit par : Magister | 02 janvier 2008

"Les élèves ne peuvent (par eux-mêmes) ni mépriser, ni même plaindre leurs professeurs empêchés d'enseigner, pour la simple raison qu'il leur faudrait préalablement savoir ce qu'est un bon professeur en les comparant les uns aux autres.
Or dans le contexte actuel de décrépitude de la fabrique en série des cancres les élèves ne peuvent même pas s'instruire de ce savoir. Non pas qu'il n'y ait plus de bons professeurs, bien au contraire, mais c'est le tiers institutif, la machine maternante du ministère de l'EN, ses lois, son idéologie, ses principes qui les privent des moyens d'accomplir leur fonction de castration symbolique, de naissance du père, du principe généalogique.
(Jean a dit quelque chose de scandaleusement juste: pas d'instruction et d'éducation sans haine, sans intégrer la négativité)
Une nouvelle génération de professeurs enfantée par la fabrique prend peu à peu le pouvoir pédagogique, importe et met en eu ses représentations, reproduit les schémas d'enseignement (si on peu encore parler ainsi) qu'elle a connus.
Il faut être résolument optimiste pour croire que cette génération d'enseignants va être en mesure de refaire partir la production dans la fabrique , relancer la transmission généalogique à l'école. Il faudra bien plus que les réformes d'opérette qu'on nous annonce pour remettre tout ça en bon ordre.

Ecrit par : buntovchik | 02 janvier 2008 "


C'est l'apocalypse je vous dis ma bonne dame...

Ecrit par : Hervé | 02 janvier 2008

De tous temps, l'école a été une plaie pour tous les élèves, y compris pour les bons. La seule différence est que ces derniers font leur travail et ont de bonnes notes avec plus de facilité que les autres. L'irénique et séraphique Meirieu voulait en faire un lieu où les enfants viendraient spontanément pour s'y porter spontanément vers les connaissances, ce qui revient à dire qu'il voulait en effacer la présence des adultes et la contrainte que ceux-ci font peser sur les enfants. Utopie.

Ecrit par : Jean | 02 janvier 2008

Je suis très embêtée... Serais-je une vulgaire "médiatrice des apprentissages" et non une institutrice comme je le croyais ? Mes élèves aiment l'école, ils aiment apprendre, ils sont ravis au retour des vacances, ils ne comptent pas les jours avant les prochaines (si, celles de Noël, mais c'est uniquement parce qu'ils n'arrivent pas bien à saisir que le père Noël ne passe pas systématiquement le premier soir de ces vacances-là), ils ne cherchent pas trop à éviter les efforts en copiant sur le voisin, ne regimbent jamais lorsque je leur dis que je décale la récréation pour qu'ils puissent finir, recommencent avec beaucoup d'entrain un exercice loupé après que je leur ai réexpliqué, ils ont tous envie d'avoir des bonnes notes et mettent toute leur énergie à s'y essayer (même mes CP catastrophes de cette année), à midi et à seize heures trente, j'ai toutes les peines du monde à leur faire comprendre que leurs parents les attendent et qu'il faut absolument que nous arrêtions, lorsqu'ils finissent en avance parce que j'avais mal calculé la durée de ma séance, ils me demandent toujours s'ils peuvent commencer la page d'après et râlent si je dis que ce n'est pas possible, lorque je leur explique quelque chose en sciences, en histoire, en géographie, j'en ai toujours deux ou trois, et pas toujours les mêmes, pour m'apporter un document supplémentaire, une feuille, une photo, un caillou, un bout de truc machin chose, un livre qu'il est urgent de lire, de regarder, d'observer parce que cela permettra de mieux comprendre ce dont nous avons parlé, lorsque les CE1 font des fautes de copie et que je leur donne le mot à copier dix fois pour le lendemain, ils le font et me l'apportent dès neuf heures du matin sans que j'aie à le réclamer et j'en oublie certainement.
Je culpabilise énormément, que faire ?

Ecrit par : catmano | 02 janvier 2008

Ne dites pas tout ça à Jean, Catmano! Vous allez lui faire se poser certaines questions, et il n'aime que les réponses, vous savez bien! :-)))

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 02 janvier 2008

(I made a dream)

C'est une joke ?
C'est po plutôt : 'i had a dream'

Rapport à la haine ! C'est la haine que j'ai eu pour le gros con de prof de math avec lequel j'ai eu 0 de moyenne en math en première que j'ai eu 20(grosso merdo) de moyenne en terminale grâce à une copine qui m'a appris comment résoudre les fonctions (après seulement 3 jours de cours particuliers...

L'bouffon demande :"pourquoi choisir par défaut"

Tu ne choisis pas, bouffon !
SoiT tu fais de bonnes rencontres, soiT on te rencontre...
Heureusement, je ne t'ai jamais rencontré, sinon tu prenais ma main dans la gueule ! crève charogne ! :ange:
Bonne année aux autres. :ange:

Ecrit par : toto | 02 janvier 2008

Mais c'est très bon le gévéor !

pudibond comme bondir !!!! mea maxima j'm'en fous !

oui ..... les morts vivants ..... j'ai déjà vu ça à la télé et y' a M. Jackson qu'en a fait un clip !

redoutable technicien .... en effet !!!! pot d'peinture du super marché, pinceau de 50 pour cuisine glycérophtalique ....... tout à fait redoutable ..... j'en tremble encore ..... y carburait pas au pain nucléaire votre Picasso mon brave ?

Bon ! assez rigolé
faut que j'essaie la recette avec de la saumure ..... ça va me ramoner les boyaux ..... j'en pète d'avance en cadence avec Grandet et Glandouille sont dans un bateau ..... trouvez la rame !!!!!

Ecrit par : Yfig | 02 janvier 2008

Ce que vous écrivez, catmano, ne contredit pas les propos de Jean qui épingle au passage, à juste titre, le grand pontife du pédagogisme et de l'enfant-au-centre-du-système. Des enfants comme vous les évoquez, il en existe réellement. Les vôtres ont sans doute le bonheur d'avoir une maîtresse qui incarne véritablement l'école et ce qu'elle enseigne (pardon pour le gros mot). L'effet-maîtresse ne doit pas être étranger à leur comportement...

Ecrit par : Magister | 02 janvier 2008

Il n'y a sans doute jamais eu d'âge dor où les élèves manifestaient tous un immense appétit de savoir, et il est vrai que le rôle du professeur est de leur apprendre quelque chose, que ça leur fasse plaisir ou non. Mais tout de même... je me rappelle avoir eu des classes entières passionnées par l'explication de Pascal ou de Racine. Ces dernières années, ce n'était hélas plus le cas.

Ecrit par : Sylvie Huguet | 02 janvier 2008

J'ai eu tort de dire "l'école" en général, catmano, car je visais en fait le collège et le lycée. C'est à ce niveau que les tensions commencent entre les enfants, qui entrent dans l'adolescence, et les professeurs. Les élèves de 6ème sont en effet encore curieux de tout - je le vois lorsque je leur présente l'alphabet grec lors d'un "remplacement ponctuel". Avec les années de collège, cette curiosité se fait, disons, plus discrète (il ne faut pas passer pour un "lécheur") , ou elle se porte sur d'autres centres d'intérêt, extérieurs à l'école (le sport dans les clubs, etc.). En 4ème ou en 3ème, si on leur demandait s'ils aiment l'école, je crois que la réponse serait clairement non: ils deviennent adolescents, donc ils "s'opposent". Le professeur ne peut pas espérer s'appuyer "a priori" sur un quelconque "désir d'apprendre". Il doit "imposer" les choses. Cela dit, il y a des moments "de grâce" dans lesquels les élèves oublient leur condition d'élèves contraints et forcés d'être là et s'associent à la pensée du professeur (en écho à la maxime d'Aristote "Tout homme désire par nature savoir.). Il y a aussi des cours que les élèves préfèrent, ceux, en effet, où ils apprennent quelque chose, mais dans un contexte général de refus et de méfiance propre à l'adolescence. Ce que je voulais dire, c'est que le professeur ne doit pas venir la bouche en coeur en s'imaginant que les élèves sont contents de le voir arriver, remplis d'un irrépressible "désir de connaissances". Ce qu'il doit bien savoir, c'est qu'il y a un bras de fer inévitable entre ses élèves et lui, et que, même si une certaine complicité peut se tisser avec sa classe au cours des semaines et des mois, il ne doit jamais se dire que "c'est gagné".

Ecrit par : Jean | 02 janvier 2008

Catmano

Dans votre propos , Je retrouve mes CP !

16h30 ... déjà fini !

Ecrit par : patrick | 02 janvier 2008

Ce que vous écrivez, catmano, ne contredit pas les propos de Jean qui épingle au passage, à juste titre, le grand pontife du pédagogisme et de l'enfant-au-centre-du-système. Des enfants comme vous les évoquez, il en existe réellement.
Ecrit par : Magister | 02 janvier 2008

Ce que je voulais dire, c'est que le professeur ne doit pas venir la bouche en coeur en s'imaginant que les élèves sont contents de le voir arriver, remplis d'un irrépressible "désir de connaissances". Ce qu'il doit bien savoir, c'est qu'il y a un bras de fer inévitable entre ses élèves et lui, et que, même si une certaine complicité peut se tisser avec sa classe au cours des semaines et des mois, il ne doit jamais se dire que "c'est gagné".
Ecrit par : Jean | 02 janvier 2008

Je sais, je sais, je vous charriais un peu.
Et je sais aussi qu'en primaire, ce n'est jamais gagné, qu'il suffit d'un moment de flottement du maître qui ne sait pas de quoi il parle ou comment le faire passer à ses élèves, qui les prend pour ce qu'ils ne sont pas (des adultes responsables et conscients des enjeux) pour que le bel édifice s'écroule comme un château de sable sec un jour de mistral force 8.
Je sais aussi que c'est sans cesse à refaire et que, chaque année, les petits nouveaux arrivent sans curiosité, sans désir de connaissance, sans envie de progresser et même parfois si sûrs d'être "déjà finis" que le bras de fer doit avoir lieu entre eux et le maître pour obtenir qu'ils écoutent, qu'ils acceptent leur ignorance comme une donnée normale et correctible et non comme un affront.

Ecrit par : catmano | 02 janvier 2008

Juvénal (v. 60 à 130) s'inquiétait déjà de la condition des maîtres ! Un réflexion qui résonne curieusement dans l'actualité :

"Vous autres, parents, vous imposez des conditions sévères : il faut que le maître soit familier avec toutes les règles
de la langue, qu'il sache l'Histoire, qu'il connaisse sur le bout des doigts tous les auteurs, qu'interrogé à brûle-pourpoint
il dise qui était la nourrice d'Anchise, quelle était la patrie de la belle-mère d'Anchélomus, combien d'années vécut Aceste,
combien d'outres de vin il donna aux Phrygiens. Vous exigez qu'il façonne, comme avec un pouce, ces caractères d'enfants,
comme on sculpte un visage dans la cire. Vous exigez qu'il soit comme un père, qu'il les empêche de faire des bêtises.
Ce n'est pas facile de surveiller les gestes de tant d'élèves et leurs yeux, qui clignotent vers la fin de la journée d'école.
Au bout d'une année, le maître n'a pas gagné plus d'argent qu'un cocher de char qui n'a gagné qu'une seule course."

Juvénal, Satyres

La fin ne vous rappelle rien ?

Ecrit par : Magister | 02 janvier 2008

Pardon, il falllait lire "une réflexion". C'est encore le Minus Ninformatique qui m'a fait une farce de clavier !

Ecrit par : Magister | 02 janvier 2008

Il semblerait que les classes difficiles ne datent pas d'aujourd'hui, à en croire le témoignage des anciens. Trois extraits d'auteurs latins, fort édifiants...


"Quand, dit-il, le philosophe encourage, donne des conseils, critique ou expose quelque point de son cours, si les auditeurs lancent, du fond de leur poitrine et sans retenue, des approbations triviales et populaires, s'ils hurlent aussi et gesticulent, sache que l'orateur et les auditeurs perdent leur temps: ce n'est pas là un philosophe qui parle, mais un flûtiste qui joue."
(AULU-GELLE, Nuits attiques, V,1.)


"Mais aujourd'hui, un marmot qui n'a pas sept ans, si on le touche du bout des doigts, vous fend aussitôt la tête de son précepteur avec sa tablette. Va-t-on réclamer auprès du père, le père ne manque pas de dire à son garçon : " tu es bien de notre sang et, tant que tu sauras te défendre contre les injures, tu le resteras !" Et on menace le maître : "dis donc, vieil imbécile, ne t'avise pas de toucher à cet enfant parce qu'il t'a montré du caractère !" Le précepteur s'en va, la tête entourée d'un linge huilé, comme une lanterne..."
(Plaute, Bacchides, 440 et suiv..)


"Encore enflammé par ce discours, je marchais dans le jardin. Voilà qu'une importante bande d'étudiants arriva sous le portique. Apparemment, ils venaient d'entendre la déclamation improvisée d'un quidam qui avait répondu au plaidoyer d'Agamemnon. Tandis que ces jeunes tournaient en dérision ses phrases et critiquaient durement le plan de tout son discours, j'en profitai pour me défiler..."
(Pétrone, Satiricon, VI)

Ecrit par : Magister | 02 janvier 2008

Bonne année à tous !

http://www.youtube.com/watch?v=dcLMH8pwusw

Ecrit par : Kap | 02 janvier 2008

(I made a dream)

C'est une joke ?
C'est po plutôt : 'i had a dream'

Merci toto, ce n'était pas un joke, c'était une approximation malheureuse. Eux, les rêves, ils les ont, nous, il faut qu'on les fabrique. Heureux Américains !

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Je trouve qu'Ifig devient plus sympathique...Mis à part le Gévéor.

Ecrit par : Robin | 02 janvier 2008

Je trouve qu'Yfig devrait faire du coq au vin tous les jours.

Si ça peut le rendre "bref" !

Si jamais Yfig vous apparaît sympathique, relisez donc cela :

"Encore une fois, on assiste à un revirement idéologique, financier, culturel, politique sur fond de confession religieuse assez considérable. Je l’avais pressenti dès que j’ai vu que les lobbies juifs se tournaient très soudainement vers le théâtre qu'ils avaient ignoré jusqu'à présent. [...] On n’a pas fini de se voir proposer des spectacles pleurnichards sur les tristes jours de la shoah, des camps de concentration, des fours crématoires, des wagons de la mort …… C’est vraiment tomber de charybde en Scylla, du théâtre populaire imbécile au théâtre du souvenir lamentable. N’aurons-nous donc jamais droit à un spectacle gai et intelligent ????? [...] Au moins, avec le lobby juif, on aura des spectacles idiots et crétins mais qui rempliront les poches de quelques nantis au lieu de disparaître dans des poches percées !!!!"

Oui, c'est de la plume d'Yfig. Alors, qu'il parle coq au vin, au moins là il y a moins de bêtises à dire.

Ecrit par : Jeremy | 02 janvier 2008

Merci, Jeremy de cette citation 'non tronquée' (contrairement à l'usage qui veut que .... "qui veut noyer son poisson lui met un bouchon dans l'cul !"

Dis-moi, mon ange, ..... tu ne sais pas lire ou tu as des préjugés ?

allons, mon ami, fait donc un effort, mets-toi, si tu peux, du côté de tous ces brave gens qu'on gonfle du matin au soir et du soir au matin avec des histoires qu'ils ne comprennent pas !
Ce qu'ils ne comprennent pas c'est en quoi, à titre individuel ils doivent se sentir absolument coupable !
coupable de quoi ?
d'avoir une histoire ?
d'avoir des parents qui nous ont enseigné la tolérance et ne comprennent pas, aujourd'hui, qu'on leur dise qu'on nous bassine avec des histoires par lesquelles on ne se sent pas concernés, des histoires qu'on aimerait entendre un peu en sourdine alors qu'on nous met des hauts parleurs entre les deux oreilles pour nous assurer que nous sommes des fils de schleus des antisémites qui avons livré, par le truchement de nos comatriotes cheminots, des milliers de milliers de pauvres gens qui n'avaient pour seul tort que d'être juifs .....
moi, je vais te dire, je m'en branle de ces histoires rabachées.... si on m'avait dit :
"Yfig, il ne faut jamais oublier .... parce que ce qui peut arriver aux uns peut aussi arriver aux autres et à toi-même .... et chaque année, nous aurons une journée du souvenir et nous en parlerons sereinement tous ensemble, juifs et pas juifs et arabes et bouddistes ... et même avec les Bretons .....

et si on avait fait ça .... je serais le premier à communier (dans le sens laïque du terme car je pense que les bondieuseries sont de sombres conneries - et en plus, en France et jusqu'à ce qu'on nous ai bouffé nos dernières libertés, j'ai parfaitement le droit de l'exprimer ....).

Mais fi !
non, c'est du matraquage, pas un jour sans avoir à repasser ces affres de l'histoires qui ne me concernent pas .... et je me garderai bie de dire pourquoi pauvre tare !!!!!

Ecrit par : Yfig | 02 janvier 2008

Au fait, mon bien cher ami Jeremy, toi qui est dans les petits papiers des investisseurs et qui ne nie point mes informations, tu pourrais peut-être nous faire profiter de tes tuyaux et nous donner les noms des sociétés qui se créent pour cette captation ..... ça sera rapidement très juteux en terme de dividendes de posséder quelques actions de ces sociétés ..... va y'avoir du gras à se faire .....
et même si on n'a pas d'argent, on peut toujours faire un prêt au rabbin .... à condition de ne pas vendre la mêche, il serait foutu de nous court-circuiter !!!!!

inch allah !!!

Ecrit par : Yfig | 02 janvier 2008

Au fait, mon très très cher ami Jeremy,

si tu étais un giron du grand roi louis le quatorzième et que je sois le trublion du siècle, je te dirais que ton louis est une vermine qui nous opprime et nous empêche de vivre comme on l'entend et surtout de manger à notre faim en nous taxant tant et plus qu'il n'y a plus de fèves dans nos écuelles et que nos puits sont assêchés pour alimenter les eaux de madame ..... et je prendrais ma fourche et j'irais vous couper la tête !!!!

capito !

Ecrit par : Yfig | 02 janvier 2008

Tiens Yfig a encore fait caca.
Et il y en aurait ici qui agréeraient son odeur?...

Ecrit par : Pendariès | 02 janvier 2008

Oui, c'est de la plume d'Yfig. Alors, qu'il parle coq au vin, au moins là il y a moins de bêtises à dire.

Ecrit par : Jeremy | 02 janvier 2008

Sa réponse est édifiante. Yfig est un très mauvais plagiaire de Céline: les points de suspension, le mélange d'argot et de références littéraires... il doit penser qu'en rajoutant une touche d'antisémitisme il finira par égaler le maître. C'est pathétique.

J'ai déjà décortiqué le personnage sur un autre fil: c'est l'homme du souterrain (lire "Le Sous-sol" de Dostoievski et son analyse par R.Girard), gonflé de ressentiment. Un galeriste juif a probablement refusé certaines de ses productions picturales, et le voici parti à l'assaut du "lobby".

Surtout ne pas lui répondre, cela ne fait qu'alimenter la machine réactive.

Pour revenir au sujet du fil, j'ai moi-même relu par hasard quelques pages de mon vieux Lagarde et Michard; ces ouvrages sont remarquablement bien faits et les guides de lecture toujours aussi pertinents. Je vous recommande notamment les extraits de l'Emile de Rousseau dans le tome du 18è. Je n'ai jamais lu ce monument de la pensée pédagogique mais en découvrant les quelques curiosités qu'il contient (interdiction de lire des livres avant 12 ans pour ne pas corrompre l'âme innocente des enfants; mise en garde contre les fables de La Fontaine interprétées d'ailleurs à contre-sens, comme le Loup et le Chien ou La Cigale et la Fourmi...) je ne m'étonne pas des délires auxquels Meirieu et ses séides ont abouti. Il s'avère que nos pédagogues modernes sont finalement beaucoup plus modérés que leur Maître...

JD

Ecrit par : Jesse Darvas | 02 janvier 2008

"même si on n'a pas d'argent, on peut toujours faire un prêt au rabbin .... à condition de ne pas vendre la mêche, il serait foutu de nous court-circuiter !!!!!", beugle Yfig... Ce serait quand même mieux s'il y avait sur ce blog moins de poncifs éculés et plus d'idées!

Ecrit par : Abraxas | 02 janvier 2008

Jesse Darvas écrit :
"Il s'avère que nos pédagogues modernes sont finalement beaucoup plus modérés que leur Maître..."

Certes, mais peut-être le sont-ils par défaut ? L'interdiction formelle de lire avant l'âge de 12 ans (si on me permet ce raccourci à l'emporte-pièce) ne s'est-elle pas traduite par l'utilisation de méthodes qui interdisent à beaucoup d'élèves de lire ... après 12 ans ? Auquel cas, les héritiers de Rousseau ont fait pire...

Je cite un extrait de l'analyse d'Yves LORVELLEC :

"... Emile n'apprendra donc pas à lire ? Si ; mais pour satisfaire une nécessité qui corresponde chez lui à un "intérêt présent" et à une "utilité", pas pour étudier des fictions ambiguës ou mensongères. D'où le jeu des billets à déchiffrer pour savoir où a lieu le goûter auquel Emile est invité. Si l'apprentissage de la lecture ne répond, pour Rousseau, à aucun impératif de culture, il est encore moins soumis à un impératif de communication : il n'y a nulle urgence, bien au contraire, à ce qu'Emile communique avec le monde. Une fois encore, c'est la fin – la non-dépendance – qui gouverne les moyens. L'existence de signes écrits dans l'environnement d'Emile est un fait, au même titre que l'existence de signes phonétiques. Si, mis en présence de tels signes, il ne les comprend pas, il doit s'en remettre à autrui du soin de les déchiffrer : c'en est fait de sa liberté. Le laconisme avec lequel Rousseau traite de cet apprentissage culturel, socle de presque tous les autres, est délibéré. Il s'agit de ruiner à tout jamais dans l'esprit de l'élève le prestige de la chose écrite. Les lettres ne valent jamais que ce que valent les mots humains : peu de chose qui soit digne de foi..."

Rousseau, ou l’éducation naturelle
http://rousseaustudies.free.fr/articleRousseaueteducation.htm

Cette fameuse lecture de billet fait curieusement penser à la méthode globale...

Ecrit par : Magister | 02 janvier 2008

Les leçons du lard !


C'est dingue et vous allez tous me prendre pour un fou .... mais .... ton travail n'a pas de prix !

bon ! une fois cette vérité établie, il faut entrer dans le domaine commercial !

Voyez-vous, il existe un nombre incalculable de paramètres qui font que la côte d'un tableau peut être simple ou très complexe à établir !

Par exemple, prenons le cas d'un tableau simple ....
il y a le coût de la toile, puis celui de la peinture et des pinceaux et des produits ..... et enfin, le temps passé.

quelqu'un qui passe dix heures sur un tableau qui est moche (ne me demandez pas ce que c'est que 'moche', ça dépend des goûts !) ....
soit cette personne se considère elle-même comme un nouveau Dali ... elle va demander un prix exorbitant ....
soit, elle a conscience de son innocence et va presque donner pour rien le fruit de son travail.
ou alors, elle est déjà cotée et sait exactement ce qu'elle doit demander ... mais même dans ce cas là ... il peut y avoir un doute ....

bon ! c'est pas facile, hein ! ?

Mais je crois qu'on peut aligner un certain nombre de facteurs qui vont nous aider plus ou moins à établir la valeur d'une oeuvre et on verra que tout ça n'est qu'illusion.

L'artiste, personne raisonnable et travailleuse a suivi de longues études (qui lui ont embrouillé l'esprit) et a travaillé dur pour rattraper les errements de son éducation.
Cela fait maintenant plus de trente années que cet artiste travaille à la maîtrise de son art et parvient à un degré satisfaisant de rendu.
Mais ! cet artiste n'est pas connu .... non !!! c'est même un "inconnu" !
bon ! ... mais, me direz-vous, s'il a tant travaillé, il ne va tout de même pas faire cadeau de son oeuvre ????

vous voyez, le suspens est total !!!!!!!

rassurez-vous, mon héros n'est pas encore tout à fait idiot !
Cependant, il doit trouver une astuce pour ne pas céder à bas prix le résultat de tant d'années de travail ..... et en même temps, l'acquéreur, lui, se base sur des tableaux qu'il a vu et qui ressemblent de loin à celui qui lui est proposé ..... sans qu'il puisse se rendre compte, le malheureux des détails concentrés qui font de ce tableau un chef d'oeuvre quand les autres ne sont que de vulgaires croûtes!!!!!

là, le suspens est à son paroxysme !!!!!

L'artiste ne va pas perdre son temps, son énergie ni son argent à tenter d'expliquer les subtiles différences entre un chef d'oeuvre et une croûte .... non, non..... l'artiste va dire au client :

"repassez demain, et je vous le vends pour une bouchée de pain !!!!"

Mais, me direz-vous ! qu'arrive-t-il à l'artiste ????
est-il soudainement devenu fou, prêt à vendre le fruit de tous ses labeurs au premier venu pour quelques miettes d'euros ?????

Allons, calmez-vous, ne soyez pas si impatient d'un dénouement qui ne saurait se jouer au détriment des intérêts de ce héros épique !!!!!!

que fait l'artiste ?????
zoup, il sort la toile blanche qu'il avait de côté et grâce à la maîtrise insoupçonnée de son art, il reproduit le tableau en trois coups de pinceaux !!!!!

vlan .... il peut le vendre une bouchée de pain puisqu'il n'a passé que quelques secondes à le copier !!!!!!

bien entendu, cet artiste, c'est moi et je vous le dis en vérité,

je vous fais à bas prix des vrais fausses copies de tableaux d'Yfig en moins de temps qu'il n'en faut à un puceau pour perdre son pucelage !!!!

merci
et bonne année !!!!!


petite annecdote sur le même registre ....

un peinturlureur de mes connaissances, homme à l'esprit fragile mais pas autant que ses compétences en matière de peinture .... s'est cru malin de mettre sa toile aux enchères.
Il fit venir à cette vente, quelque famille proche chargée de "pousser" les enchères ....

Las, le pauvre homme !!!
sa toile fut mise à prix pour un montant dérisoire qui n'aurait pas couvert le coût du vernis qu'il y avait mis .....
Sa fille, pour ne point la nommer, monta l'enchère ....
Son neveu, incognito, monta les enchères ....
il n'y avait pas de mouron à se faire puisque de toutes façons l'artiste couvrait la vente et les frais du commissaire ....
aussi bien, sa fille monta sur le neveu qui monta sur la fille et ainsi de suite jusqu'à ce que le magouilleur comprenne qu'il était en train de s'acheter son propre tableau une fortune et qu'il aurait, en tout bien tout honneur, à payer les taxes impôts et commissions de toutes façons .....

bien entendu, il ne fit jamais cas de sa côte officielle .....
on ne vend pas des sandwiches au jambon au prix des toasts au caviar .....


et surtout ....... que cette histoire reste entre nous .... je ne vous connais point !!!!!!!
lol

Ecrit par : Yfig | 03 janvier 2008

Ah les girons c'était Henri III : Quélus, Maugiron, Schomberg et d'Epernon, ce dernier étant le seul à survivre de l'affrontement avec les hommes du duc d'Anjou, et plus tard ministre.

Ecrit par : Sergio | 03 janvier 2008

Allez,
je vous ai lu ....
que vous êtes glaiseux et trou du cul !!!!
vous n'avez rien qui me retienne pour cette fois encore ... juste un petit peu de bleu de magister qui, peut-être, à cru, un instant, me mettre sa main au collet .....
qu'importe ....
je me casse, je vous laisse à vos tristes affaires, à vos petits soucis sordides et miséreux de caste ....
voyez comme je suis généreux puisque je ne vous hais point .... comment haïr ce qui n'a pas de consistance ....

bien l'bonjour dans vos classes et quand vous croiserez le regard d'un mioche qui étincelle d'insolence voire d'impertinence .... je sais que vous ne pourrez vous empêcher de penser à moi ne le blâmez pas ..... on ne sait jamais, c'est peut-être mon sang !

Ecrit par : Yfig | 03 janvier 2008

Ah non, Sergio, vous confondez "giron" et mignons !

Henri III avait des mignons, pas des girons.

Et j'ai rarement vu "giron" s'écrire au pluriel, ça n'a pas de sens. On ne peut pas "être un giron" (rassurez-vous, Sergio, ce n'est pas vous que je vise).

Quant à être un mignon de Louis XIV, ça me semble difficile, c'est plutôt du côté de Monsieur qu'il faudrait creuser !

Ecrit par : Jeremy | 03 janvier 2008

Monsieur ? Quand meme, il (Philippe) a donné naissance à la branche Orléans. Mais bon, après tout...

Oui, bien sur, c'est "mignons". "Giron", lui, est effectivement peu usité comme substantif, faisant simplement partie entre autres du langage de tradition de la Légion qui, comme chacun sait, ne recule devant rien !!!

Ecrit par : Sergio | 03 janvier 2008

Ah oui, pour Monsieur il y a tout ce qu'il faut sur Wiki.

Ecrit par : Sergio | 03 janvier 2008

De toute façon, nous sommes bétas avec notre Grand Siècle.

Selon Karoutchi, nous, Français, vivons en ce moment même la Renaissance, "au sens italien du terme". Comment donc n'avions-nous pas pu le remarquer ?!

Personnellement, je pense que Sarkozy a moins d'admiration pour Leonardo da Vinci que pour Leonardo di Caprio :-(
Albanel préfère peut-être les barbus ? De toute façon, si l'on en croit le meme Karoutchi (quel bavard !) il y aura un remaniement en 2008. Je vous parie que si tel est le cas Darcos reste mais Albanel sort.

Ecrit par : Jeremy | 03 janvier 2008

Yfig: animal de la famille des "toto" qui, en plus de la psychopathie flagrante de cette espèce, souffrirait, en plus, de logorrhée.

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

Pour revenir à des choses un peu plus sérieuses qu'une réponse un peu énervée à deux débiles, j'aimerais revenir sur l'échange entre Jean et Catmano, et à la remarque de Magister, de bon sens, sur l'effet maître.
J'ai eu, comme beaucoup de gens ici, toutes sortes de professeurs dans le cadre de mes études primaires. D'abord, des instituteurs très "traditionnels" et inspirant la peur, mais dont je me suis rendu compte plus tard qu'ils étaient peu intelligents. Ils ont envoyé les meilleurs de leurs élèves en collège, et les moins bons en fin d'études. Normal. Pas de quoi s'extasier sur la première partie, ni de s'indigner sur la seconde. C'était dans l'ordre établi des choses. Que les bons restent bons, que les mauvais soient mauvais, c'est comme ça, et aucun n'était a priori là pour y changer quoi que ce soit.
Au collège, c'était effectivement, comme Jean en parle, désespérant. Non pas parce que cela doit l'être. Mais tout simplement parce qu'on sentait bien que la plupart des professeurs étaient là par obligation. Sans y prendre le moindre plaisir. Et pourtant, dans un collège à peu près "normal" des années 70, le public n'était pas particulièrement difficile. Il n'y avait pas de problème majeur de discipline, comme c'est souvent le cas aujourd'hui. Mais on s'ennuyait prodigieusement en cours, et l'ennui en cours est quelque chose que l'on ne peut pas pardonner. Avoir peur d'un prof parce qu'on n'a pas bossé, ou parce qu'il a l'oeil pour débusquer et bannir impitoyablement le moindre bavardage, OK. Mais, à cette époque, un professeur ayant une manière vivante, (qu'elle soit magistrale ou non, Jean) de dispenser son cours n'aurait eu aucun besoin de se livrer à ce dépistage impitoyable pour qu'aucun murmure n'en perturbe son déroulement.
J'ai vu ce changement, de manière spectaculaire, en seconde, puis en première, avec un professeur de français qui abordait avec nous les grands textes du répertoire théâtral, (Molière, Tchékov, Sartre, notamment), en nous mettant en situation de lecture théâtrale. Sans répéter ni jouer vraiment, pas vraiment un travail de plateau, mais une lecture théâtralisée sur l'estrade. Pas un cours magistral à proprement parler, donc, dans sa plus grande partie. Mais je puis vous assurer que cette pratique apparemment moins formel a généré un autre goût et une pratique de lecture légèrement plus dense chez l'immense majorité de mes camarades de classe de cette époque que des cours assommants dispensés dans les classes précédentes quels qu'en soient les supports. (Et le Lagode et Michet en était un que j'appréciais beaucoup).
Sa manière de pratiquer pouvait, de loin, paraître plus simple qu'un "cours à fifiches" préparé longuement et longtemps à l'avance. Mais les questions générées à la suite de ces lectures appelaient des réponses improvisées que seule son immense culture, (pourtant, il était agrégé...Non, je blague, Jean, pas sur la tête) pouvait apporter.
Ce qu'explique fort bien Carl Rogers, (honni par certains participants occasionnels de ce blog qui, apparemment, ne l'ont lu qu'en diagonale), dans son livre: "liberté pour apprendre". Pouvoir répondre à n'importe quelle question dans le cadre d'une vraie pratique de pédagogie différenciée, et visant à rendre compréhensible chacun des éléments de son cours, (même si on sait que cela revêt une part d'utopie) par chacun des élèves présents nécessite infiniment plus de connaissances des contenus disciplinaires de la part de l'enseignant qu'un cours bien organisé à l'avance et dispensé en l'état..

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

J'ai vu ce changement, de manière spectaculaire, en seconde, puis en première, avec un professeur de français qui abordait avec nous les grands textes du répertoire théâtral, (Molière, Tchékov, Sartre, notamment), en nous mettant en situation de lecture théâtrale. Sans répéter ni jouer vraiment, pas vraiment un travail de plateau, mais une lecture théâtralisée sur l'estrade. Pas un cours magistral à proprement parler, donc, dans sa plus grande partie. Mais je puis vous assurer que cette pratique apparemment moins formel a généré un autre goût et une pratique de lecture légèrement plus dense chez l'immense majorité de mes camarades de classe de cette époque que des cours assommants dispensés dans les classes précédentes quels qu'en soient les supports.

Ch. S.

Le problème, s'il en est un, avec ce genre de méthode, qui ne peut se développer que dans des classes sereines et attentives, ayant, sans doute, déjà, majoritairement, le goût pour ces situations et le texte dramatique, c'est que les élèves ne sont pas du tout préparés, du moins avec ce que vous en dites, pour le commentaire composé ou la dissertation universitaires. Déjà que, quand ils sont mis en place et produits, ils ne correspondent pas à ce qui est exigé après le bac.
Et puis, vous parlez de la "culture" de votre enseignant. Tout cela est une démarche individuelle, sûrement réfléchie; le pire serait, et il y en a, que quelques collègues n'ayant pas ces capacités-là, mais s'assurant eux-mêmes que si, se lancent, pour leur plaisir et la satisfaction de leur ego (j'y reviens) dans cette aventure qu'il faut soigneusement garder, à babord, à tribord, à l'avant et à l'arrière.

Ecrit par : Pendariès | 03 janvier 2008

Sa manière de pratiquer pouvait, de loin, paraître plus simple qu'un "cours à fifiches" préparé longuement et longtemps à l'avance. Mais les questions générées à la suite de ces lectures appelaient des réponses improvisées que seule son immense culture, (pourtant, il était agrégé...Non, je blague, Jean, pas sur la tête) pouvait apporter.

Pouvoir répondre à n'importe quelle question dans le cadre d'une vraie pratique de pédagogie différenciée, et visant à rendre compréhensible chacun des éléments de son cours, (même si on sait que cela revêt une part d'utopie) par chacun des élèves présents nécessite infiniment plus de connaissances des contenus disciplinaires de la part de l'enseignant qu'un cours bien organisé à l'avance et dispensé en l'état..

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

D'où la nécessité de revoir de fond en comble
- la formation des instituteurs (je suis souvent effarée par le manque de connaissances des "petits jeunes" qui exposent leurs difficultés à "monter une séquence" sur quelque sujet que ce soit, essentiellement parce qu'ils n'ont aucune idée de ce que les élèves doivent apprendre et qu'ils n'en savent pas beaucoup plus que ceux-ci sur le sujet choisi),
- les "méthodes" qu'on leur impose (tous ces "petits jeunes" sont affolés par les "fiches de prep'" qu'ils devront fournir lors de leur inspection et passent beaucoup plus de temps à les préparer qu'à se documenter pour "rattraper leur retard" -certains utiliseraient à profit ce temps perdu à faire du BLED à haute dose - ou à se poser des questions sur la façon qu'ils pourraient employer pour faire progresser leurs élèves),
- les programmes de l'école primaire (personne ne se sent à l'aise lorsqu'il doit de lui-même décider ce qui relève de la première, deuxième ou troisième année du cycle d'apprentissage dans lequel il intervient et les écarts sont immenses entre les attentes des uns ou des autres).

Ecrit par : catmano | 03 janvier 2008

Catmano, vous n'êtes pas sans connaître les spécificités de l'enseignement primaire et celles de l'enseignement secondaire! Ceci étant dit, je suis complètement d'accord avec vous, et n'arrête pas de dire que le formation des instits est insuffisante. Et qu'on est en train, de plus en plus, de remplacer la formation par l'évaluation.

Pendariès, ce n'est effectivement pas une méthode. C'est un choix personnel d'enseignement. Comme doit l'être tout enseignement, qui doit évidemment et également être réfléchi. Il y a autant de méthodes que d'enseignants. C'est ce que je n'arrête pas de dire depuis que je viens sur ce blog. On a les libertés qu'on se donne. Y compris vis à vis des textes officiels, qu'il faut savoir lire entre les lignes.

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

Tout de même, ces petits jeunes, comme vous dites, sont quand même recrutés au niveau licence. Ce sont donc des étudiants qui devraient être rompus à la recherche... La formation initiale est une chose, la démarche personnelle en est une autre...

Ecrit par : Magister | 03 janvier 2008

giron ??? c'était pas des gitons ?

Ecrit par : fabienne | 03 janvier 2008

Christophe SIBILLE écrit :
"On a les libertés qu'on se donne. Y compris vis à vis des textes officiels, qu'il faut savoir lire entre les lignes."

Très juste !

Ecrit par : Magister | 03 janvier 2008

Pendariès, ce n'est effectivement pas une méthode. C'est un choix personnel d'enseignement. Comme doit l'être tout enseignement, qui doit évidemment et également être réfléchi. Il y a autant de méthodes que d'enseignants. C'est ce que je n'arrête pas de dire depuis que je viens sur ce blog. On a les libertés qu'on se donne. Y compris vis à vis des textes officiels, qu'il faut savoir lire entre les lignes.

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

Bien entendu; mais il est fort dommageable que les élèves du secondaire ne soient pas préparés aux méthodes du supérieur. Se faire plaisir, certes, en tant que prof, mais est-on là pour se faire d'abord plaisir (l'ego, l'ego, encore et toujours)? Que l'on décompresse de temps en temps, nous le faisons tous, enfin les lettreux (faire entrer le jeu plaisant dans l'approche littéraire), mais par certaines méthodes, faire croire que la suite, c'est du même tonneau, je suis assez réticent... J'en ai entendu de drôles pour ma part:
"Un de mes anciens profs d'Histoire montait sur sa table pour jouer les guerres"... Ha, ça les élèves, ils s'en souviennent... de l'enseignant; mais du contenu? A part le fait que la guerre, c'est bruyant et envolé.

Ne jamais perdre de vue ce qui attend les adolescents après le bac.

Ecrit par : Pendariès | 03 janvier 2008

Quand j'écris: "enfin, les lettreux": je ne parle que de ce que je connais.

Ecrit par : Pendariès | 03 janvier 2008

Pendariès, je n'ai pas retenu grand-chose de ce qu'ont tenté de m'apprendre des enseignants, (nombreux), qui s'ennuyaient ostensiblement et prodigieusement en faisant leurs cours.

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

Christophe SIBILLE écrit :
"Pendariès, je n'ai pas retenu grand-chose de ce qu'ont tenté de m'apprendre des enseignants, (nombreux), qui s'ennuyaient ostensiblement et prodigieusement en faisant leurs cours."


Et c'est justement pointer une condition essentielle de l'enseignement, qui ne dépend pas nécessairement des moyens institutionnels : le professeur incarne-t-il la discipline qu'il enseigne ? On pourrait tout autant se poser la question au sujet du plombier ou de tout autre profession : possède-t-il l'amour de son métier ?
Aujourd'hui, conjoncture oblige, beaucoup de personnes exercent un métier par défaut, c'est-à-dire de manière souvent purement alimentaire. Il est vrai que celui d'enseignant est malheureusement et scandaleusement devenu alimentaire (et ne nous attendons pas, en guise de revalorisation, à autre chose qu'une aumône), mais il n'est pas certain que plus d'argent fasse naître cet amour-là. C'est dire, aussi, que ce champ appartient aux enseignants, c'est-à-dire à la personne en tant que telle. L'amour d'un métier ou d'une disicipline et la motivation à l'exercer ne se confondent pas nécessairement.

Ecrit par : Magister | 03 janvier 2008

"- la formation des instituteurs (je suis souvent effarée par le manque de connaissances des "petits jeunes" qui exposent leurs difficultés à "monter une séquence" sur quelque sujet que ce soit, essentiellement parce qu'ils n'ont aucune idée de ce que les élèves doivent apprendre et qu'ils n'en savent pas beaucoup plus que ceux-ci sur le sujet choisi),"
Catmano

A lire "tous ces petits jeunes" qui échangent sur ce forum EDP, on se demande si la finalité de leurs nombreuses heures de cogitation et d'échanges avec d'autres "petits jeunes" est vraiment d'apporter de nouvelles connaissances à leurs élèves.

"Ce que les élèves doivent apprendre" (mais dans leur esprit, doivent-ils vraiment apprendre quelque chose? ), ils n'ont pas l'air de l'entrevoir très clairement, par contre ce que l'inspecteur va penser de la façon dont ils font construire leurs savoirs aux enfants et ce qu'il va en dire semble la préoccupation majeure...

Il faut dire aussi que ces "petits jeunes" construisent aussi leurs savoir-faire eux-mêmes !!!
Il ne vient à l'esprit de presqu'aucun de ceux que j'ai pu lire, qu'un bon bouquin écrit pas des gens plein d'expérience, un Bled par exemple, ou un bon livre de grammaire ou de calcul pourraientt être de bons guides, des phares qui éclairent dans la nuit...

Quant aux échanges sur "les coups de mou", "les angoisses", "les déprimes et dépressions" , ils sont très fournis...

C'est étrange et même déroutant à lire quand on connaît le niveau d'études requis pour accéder aux fonctions de PE.

Ecrit par : Maminou | 03 janvier 2008

Pendariès, je n'ai pas retenu grand-chose de ce qu'ont tenté de m'apprendre des enseignants, (nombreux), qui s'ennuyaient ostensiblement et prodigieusement en faisant leurs cours.

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

L'amour d'un métier ou d'une disicipline et la motivation à l'exercer ne se confondent pas nécessairement.

Ecrit par : Magister | 03 janvier 2008


Je n'ai aucune honte à dire que je m'ennuie prodigieusement quand devant moi j'ai des élèves qui ne demandent qu'une chose: que l'heure passe. Alors je les traite de larves infâmes confites dans leur jus de sébum et de points noirs, juste pour me détendre; ou je bâille ostensensiblement, fais de grands gestes, vous savez, comme ceux que font les naufragés pour appeler à l'aide, quand le Titanic coulait. Ou alors je raconte n'importe quoi (parfois des horreurs, des choses agaçantes pour les ados), histoire de voir si ça réagit en face, ou pour m'amuser (car l'heure aussi doit passer pour moi). Je peux aisément comprendre qu'un enseignant s'emmerde en classe, - car, comme toute dramatisation et toute dynamique, il faut que le public et le partenaire soient eux aussi à la hauteur.
Je ne sens aucune culpabilité.

Quant à l'amour du métier: strictement rien n'oblige personne à aimer son taf. On peut très bien faire un boulot alimentaire, la chose est de le faire le mieux possible selon les situations diverses et variées vécues. Si la classe ne veut rien fiche, qu'elle montre une forme d'agressivité passive (ou active) et que cela serait à leurs yeux une déclaration de guerre d'être hyper-exigeant à ce moment-là, je ne vais pas m'épuiser dans le vent non plus. Il est de LEUR responsabilité d'être élève. Au bout de quelques mois de travail avec les uns et les autres, les enjeux, de part et d'autres, sont assez clairs pour pouvoir mener ses pionts sur le jeu le plus judicieusement du monde.

Il y a des jours (voire une heure sur l'autre) où j'apprécie mon métier, d'autres où je le déteste, d'autre où je m'y sens bien et d'autres encore non. Il y a des moments où je suis content de ne pas avoir de roquettes à Napalm dans mon sac, et d'autres où je me dis: "NO FUTURE" et durant lesquels je voudrais bien en écarteler quelques-uns, pour me dénouer le nerfs. Tout dépend, étrangement (?), non pas de moi, mais de la façon dont les classes et les élèves ont été durant la journée ou les 55 minutes passées ensemble. Ils ne veulent pas? QUE VOULEZ-VOUS QUE J'Y FASSE?... Et écrire "ils" est idiot: m'adressant à 24 ou 29 élèves, j'instruits, je fais, peut-être, réfléchir (etc.) quelques-uns parmi eux. Mon boulot n'a rien de catholique. Chacun prend ce qu'il veut prendre. Et rejeter ce qu'il veut repousser. Nous avons tous fait cela, n'est-ce pas?

Il y en a un qui a dit: "Il n'y a rien de plus beau que de donner sa vie pour ceux qu'on aime"... Ben, je ne suis pas le Christ, je suis un simple gars derrière le pseudo Pendariès qui se trouve être aussi professeur. Et basta!

Ecrit par : Pendariès | 03 janvier 2008

cela serait à SES yeux

Il est de la responsabilité des élèves d'être élèves

pions

Ecrit par : Pendariès | 03 janvier 2008

instruis

bon je file bosser ma thèse loin d'une connexion internet.

Ecrit par : Pendariès | 03 janvier 2008

Tout de même, ces petits jeunes, comme vous dites, sont quand même recrutés au niveau licence.
Ecrit par : Magister | 03 janvier 2008

Et si c'était justement là que l'erreur commençait ?
Sans retourner au concours d'entrée à l'Ecole Normale à l'issue de la troisième, ne vaudrait-il pas mieux démarrer une formation spécifique au moment où l'étudiant a encore eu contact l'année précédente avec toutes les matières qu'il aura à enseigner en primaire plutôt que de prendre le risque qu'il perde le peu qu'il savait dans les matières qu'il n'aimait pas trop pendant ses quelques années de formation universitaire ?

Ecrit par : catmano | 03 janvier 2008

"On s'ennuyait prodigieusement en cours, et l'ennui en cours est quelque chose que l'on ne peut pas pardonner.", écrit Christophe Sibille.
Je trouve, pour ma part, qu'il est assez normal que les élèves s'ennuient en cours. Ils ne sont pas à Disneyland, que je sache. Travailler n'est pas forcément et constamment marrant. Ce serait insupportable d'imaginer que du permier jour du CP jusqu'au 30 juin de l'année de terminale, soit pendant douze ans non stop , les élèves aient été sous tension permanente comme ils le sont à un concert de Tokyo Hôtel ou à un show de la Star Ac. La densité des cours ne peut être la même que celle d'un spectacle forcément limité dans le temps, ni uniforme. L'essentiel est qu'au bout du parcours, ou à ses grandes échéances, lorsque l'on en tire le bilan, élèves et professeurs s'aperçoivent qu'ils n'ont pas perdu leur temps.


"Monter une séquence"... Quelle horreur! Pauvres petits jeunes! L'art de marcher à côté de ses pompes!

Ecrit par : Jean | 03 janvier 2008

Je trouve, pour ma part, qu'il est assez normal que les élèves s'ennuient en cours. Ils ne sont pas à Disneyland, que je sache.
Ecrit par : Jean | 03 janvier 2008

Qui vous dit Jean qu'on ne s'y ennuie pas à Dysneyland? Parfois, parait-il, il faut attendre plusieurs heures pour 1 minute de distraction. Comme en classe! Et puis, pourquoi y-a-t-on vu récemment le président de la République en compagnie d'une jolie femme, si ce n'est pour tuer l'ennui ferme qu'on y rencontre?

Ecrit par : marigot | 03 janvier 2008

Survol après absence des derniers billets de ce blog ...

CANOSSA: ok en gros. Anecdotiquement, j'ai gardé un bon souvenir de Baconnet, côtoyé au rectorat d'Orléans-Tours les deux années scolaires 1978-79-80. Il était me semble-t-il très investi dans une affaire de Biblio-Ciné-Bus sympathique. Je ne le devinais pas alors "pédagogol", pour employer le vocabulaire maison.

PHYSIQUE-CHIMIE: Ce "machin" n'est pas contrôlable sur des souvenirs de lycée vieux de cinquante ans. Il faut prévoir en même temps un corrigé pour que le pourcentage de lecteurs susceptibles de "rentrer" dans l'affaire passe de 0% à disons 25 ou 30%. Dommage car le fond de la chose mérite l'intérêt.
En l'état, cette "contribution" me semble parfaitement inutile. Oui, dommage...

MES UNIVERSITES: Soit, mais il y aurait beaucoup à réfléchir, et plus sérieusement que les commentateurs, sur le binôme Capes/Agrég. Accord complet avec le jugement final de vacuité intellectuelle, très extensible d'ailleurs à tout ce que le système compte de hiérarques comme de petites mains quand il s'agit de prospective réformiste..

MATERNELLES: Intéressant à lire. Mais pour le non spécialiste, tous les programmes se ressemblent dans leurs bonnes intentions. Est-ce ici si différent des options Jack Lang de 2002 ( Qu'apprend-on à l'Ecole maternelle? CNDP - XO éditions)? Peut-être, je vis là de souvenirs vagues...
En tout cas un gros travail, sérieux et approfondi. Mais comment oublier que tout ou presque dépend du bon sens, de la formation, de l'investissement, du flair, de l'intelligence, de la qualité du maître?
Quoi qu'il en soit, le vade mecum est joli...

Ecrit par : sejan | 03 janvier 2008

@sergio
vous avez dû confondre avec gitons, effectivement synonyme de mignons. (traduire par chéris)
Bonne année à tous. Quant à moi, me voilà définitivement "hors classe"!

Ecrit par : mouron rouge | 03 janvier 2008

Jean, j'ai retenu pas mal de choses des cours dans lesquels je ne me suis pas ennuyé, et rien de ceux dans lesquels je me suis ennuyé... Que vous dire de mieux?
Il me semble que vous confondiez ennui et contrainte! Imaginez la fameuse phrase: "l'art naît d'ennui et meurt de liberté", outre le fait qu'il y manque deux pieds??? :-)))

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

En outre, marigot a raison... Disneyland, quel ennui!

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

je sais je ne suis pas professeur mais seulement parent d'élèves môa, mais je l'ai déjà dit il y a qq posts, sans qu'aucun de ces messieurs et dames si versés dans l'excellence ne relèvent, et sergio est loin d'être seul dans l'affaire ;-D !!!

Ecrit par : fabienne | 03 janvier 2008

PHYSIQUE-CHIMIE: Ce "machin" n'est pas contrôlable sur des souvenirs de lycée vieux de cinquante ans. Il faut prévoir en même temps un corrigé pour que le pourcentage de lecteurs susceptibles de "rentrer" dans l'affaire passe de 0% à disons 25 ou 30%.

Ecrit par : sejan | 03 janvier 2008

Ce "machin" est tout à fait abordable avec un minimum de réflexion, c'est ce qui fait son charme (et peut-être sa facilité par rapport à un bon gros devoir de physique traditionnel).
Et il a eu le mérite d'ouvrir un débat intéressant pour les scientifiques du blog (en minorité, il faut bien le dire).

Ecrit par : yann | 03 janvier 2008

On met ses moyens où l'on veut. A tout prendre, ma 306 fera bien encore 60 000 km et je peux continuer à me passer d'échographe... Yann ne me contredira pas?
Ecrit par : dobolino | 02 janvier 2008

Et ma "deux pattes" en fera bien 100 000 de plus.
Mais tu te prives de bien des plaisirs sans écho. On en trouve de pas trop chers d'occase (il faut un peu que je tape sur le mien de temps en temps, mais j'ai déjà l'habitude avec la deuche !), et j'ai presque mis ma radio au rancart, du coup.
Bonne année et bienvenue au permis à points (private).

Ecrit par : yann | 03 janvier 2008

bien l'bonjour dans vos classes et quand vous croiserez le regard d'un mioche qui étincelle d'insolence voire d'impertinence .... je sais que vous ne pourrez vous empêcher de penser à moi ne le blâmez pas ..... on ne sait jamais, c'est peut-être mon sang !

Ecrit par : Yfig | 03 janvier 2008

Il y faudrait une mutation génétique!

Ecrit par : dobolino | 03 janvier 2008

Mais tu te prives de bien des plaisirs sans écho. On en trouve de pas trop chers d'occase (il faut un peu que je tape sur le mien de temps en temps, mais j'ai déjà l'habitude avec la deuche !), et j'ai presque mis ma radio au rancart, du coup.
Bonne année et bienvenue au permis à points (private).

Ecrit par : yann | 03 janvier 2008
T'occupes, je sais!

Ecrit par : dobolino | 03 janvier 2008

Le niveau licence est-il une garantie nécessaire et suffisante pour qu’un instituteur puisse mener toutes les activités dans sa classe ?

Question : « Je vais aborder les droites parallèles à la rentrée avec mes CE2 et comme je suis inspectée à la rentrée je veux un truc qui a fait ses preuves, c'est déjà ça de stress en moins. »

Réponse : « C'est l'histoire d'un camion qui roule sur le sable, qui traverse un plan d'eau dans lequel il change de direction, et qui ressort du plan d'eau.
Le camion a laissé des traces dans le sable (parallèles, of course) mais, au sortir du plan d'eau, une des traces est effacée (il y a une des droites, mais pas l'autre, ou seulement le début de l'autre)
On demande aux élèves de tracer la trace manquante. »

Remerciements : « Merci pour ta réponse!
Par contre si j'ai bien compris les traces sont des lignes courbes (traces de roues)?? »

Ecrit par : C. Cru | 03 janvier 2008

Remerciements : « Merci pour ta réponse!
Par contre si j'ai bien compris les traces sont des lignes courbes (traces de roues)?? »

Ecrit par : C. Cru | 03 janvier 2008

Faut-il pleurer, faut-il en rire
Fait-elle envie ou bien pitié
Je n'ai pas le cœur à le dire
On ne voit pas le temps passer
...

Ecrit par : dobolino | 03 janvier 2008

De toute façon, nous sommes bétas avec notre Grand Siècle.

Selon Karoutchi, nous, Français, vivons en ce moment même la Renaissance, "au sens italien du terme".

Ecrit par : Jeremy | 03 janvier 2008

Mouais... J'ai un peu l'impression qu'il n'y a pas beaucoup d'idées en ce moment, de grandes idées, je veux dire, et ce dans le Monde entier bien sur. On est surtout dans une phase d'application technique d'avancées scientifiques et cognitives en général réalisées au siècle dernier. Mais bon, ça reviendra...

Ecrit par : Sergio | 03 janvier 2008

Putain de camion!

Ecrit par : dobolino | 03 janvier 2008

"même si on n'a pas d'argent, on peut toujours faire un prêt au rabbin .... à condition de ne pas vendre la mêche, il serait foutu de nous court-circuiter !!!!!", beugle Yfig... Ce serait quand même mieux s'il y avait sur ce blog moins de poncifs éculés et plus d'idées!

Ecrit par : Abraxas | 02 janvier 2008
Pour le coup, très cher, il me semble que vous auriez pu le dire à visage découvert... Mais, je ne suis guère stratège.

Ecrit par : dobolino | 03 janvier 2008

Pendariès, ce n'est effectivement pas une méthode. C'est un choix personnel d'enseignement. Comme doit l'être tout enseignement, qui doit évidemment et également être réfléchi. Il y a autant de méthodes que d'enseignants.
Ecrit par : Christophe SIBILLE | 03 janvier 2008

Certains vous diront qu'il y a autant de feignants que d'enseignants! Je juge pour ma part le propos excessif. Mais... si on aditionne les médiocres et les feignants, on arrive à un pourcentage non négligeable. A ceux-là, il faut une méthode à suivre pas à pas sous peine de sanctions, sinon, ils s'égarent et croient que les roues tracent des lignes courbes vu qu'elles sont rondes...
Nous avons tous eu, Christophe, dans l'une ou l'autre matière, un ou deux professeurs extraordinaires qui nous faisait nous envoler vers des cieux radieux! Ce sont des professeurs extraordinaires et, en outre, tel s'envolait et tel autre l'exécrait. Extraordinaire, ça sous-entend prototype, pas modèle courant et reproductible à l'infini à vil prix!
Ce que vous cherchez, il me semble, ici, c'est un modèle d'enseignement reproductible par un enseignant lambda et non un idéal compatible seulement à quelques individus exceptionnels ayant choisi, par absolue vocation, le métier d'enseignant et qui n'ont nullement besoin d'être conseillés.
C'est en cela que les modèles de Catmano, ou de Jean d'ailleurs ou de tant d'autres, sont reproductibles à l'infini. Eux, ne tiennent pas compte de leur talent personnel mais donnent une méthode qui fait ses preuves sur à peu près tous et est applicable par tous sans effort créatif insurmontable.
Il est bien entendu que l'on ne sélectionnera jamais la fine fleur, l'élite, pour enseigner mais des citoyens corrects, de niveau intellectuel et culturel convenable sans plus, qui ont choisi cette voie pour diverses raisons qui n'ont, dans la grande majorité des cas, rien à voir avec l'absolue vocation????

Ecrit par : dobolino | 03 janvier 2008

Au secours, elle persiste !
Qui veut bien se charger de monter une séquence "la main à la pâte" avec expérimentation sur neige fraîche, sables secs ou mouvants, si possible avec un chargement de nitroglycérine et Charles Vanel comme copilote, pour aider cette jeune personne à entrer dans les apprentissages et faire le deuil de ses représentations mentales initiales ?

"Je n'arrive toujours pas à comprendre le changement de direction....est ce que ce sont des lignes courbes parallèles qui changent de direction après le plan d'eau (mais alors ce ne sont pas des DROITES parallèles) ou des lignes droites qui s'arrêtent avec le plan d'eau puis qui continuent (mais dans ce cas là il suffit de prolonger, c'est trop facile...)bref je suis un peu perdue!!!
Qui peut éclairer ma lanterne??"

Ecrit par : C. Cru | 03 janvier 2008

J't'explique!
roue, rond, roud ron, rou, ron... Demand-z-y sa méthode de lecture au CP, comme dirait Toto!
Tu vois une différence, toi, entre rou et ron?
Ben, si oui, c'est que ta collègue est dyslexique et toi pas, Carmen!
"Faut la faire psychanalyser... sinon elle deviendra cinglée" chantait Vian.

Ecrit par : dobolino | 03 janvier 2008

Vous en voulez une autre, pauvre petite, qui n'hésite pas à explorer des terres inconnues, munie d'une mascotte et d'une orthographe plus qu'approximative...


"Coucou,

En stage filé, j'ai des MS et des TPS. J'aimerais travailler sur l'Afrique, en sachant que le seul jour ou j'enseigne, j'ai les arts visuels, le sport, le graphisme, le langage et la découverte du monde. Je peux faire ce que je veux, je n'ai pas de consigne particulière avec ma directrice, puisque de toute façon, il y a beaucoup d'enseignant qui passent dans cette classe.

J'aimerais envoyé ma mascotte en voyage, elle envéré une lettre avec des jeux, des fiches techniques de batons de pluie, des CD de musique africaine, et un album sur l'Afrique, genre Zigomar en Afrique."

Ecrit par : Maminou | 03 janvier 2008

Bonne année quand même, Maminou! Et... "courage, le bout du tunnel n'est peut-être pas si loin!"

Ecrit par : dobolino | 03 janvier 2008

A propos d'Yves LORVELLEC et de son analyse de l'Emile
dont effectivement la " fameuse lecture de billet fait curieusement penser à la méthode globale...
Ecrit par : Magister | 02 janvier 2008
..et ce n'est pas une coîncidence mais bien une relation de cause à effet. Les présupposés idéologiques de la méthode globale plongent leur racines dans les élucubrations naturalo-égalitaristes de Jean-Jacques, chez qui il est évident que certains individus sont...plus égaux que d'autres.


J'ai encore sur le cuir la marque des coup de bâton que je pris l'an passé pour avoir osé tenir ce langage, et évoqué l'indéniable filiation rousseauiste du pedagogisme, qui ambitionne de donner corps aux fantasmes les plus absurdes du citoyen de Geneve, au nom d'une passion nécessairement dévoyée pour l'égalité. Ses thuriferaires font commodément abstraction du fait que Rousseau, (d'accord pour une fois avec Voltaire) ne voulait surtout pas instruire le vulgum pecus, il fallait que chacun restât à sa place, dans un louable souci de paix sociale....

Lorvellec a publié en 2002, chez L'Harmattan, un petit bouquin épatant, "Culture et éducation".

Dans le droit fil de "Canossa", (ces repentirs des fossoyeurs de la culture, nous pouvons les attentendre jusqu'a la Saint Glin-Glin) il est donc particulièrement approprié de le citer car il pose les bonnes questions sur ce qu'est la culture générale, et notamment sur sa lente disparition, questions trop souvent esquivées tant les réponses sont iconoclastes dans un contexte où le relativisme a détrôné tous ses concurrents. Se demander, comme le fit Alain, dans quelles conditions la culture en vient à constituer un fondement essentiel de l'éducation, est un sujet tabou à notre notre époque qui, dit Lorvellec "se distingue par la pauvreté de sa réflexion sur les contenus d'une culture qui instruise. Intarrissable sur les modalités psychologiques, sociologiques ou techniques de la communication pédagogique, notre temps semble abandonner aux circonstances ce qui vaut d'être su".

L'infatuation béate de la secte pédagogiste, de la piétaille aux gourous, pour les billevesées que l'Émile recèle en grand nombre, se manifeste notamment dans l'approche d' "une éducation qui entend se garder des préjugés et des déterminations culturels [alors qu'] il n'est d'éducation plus conformiste que celle qui cherche ses principes dans ce qui est. Car le fond du problème est bien là. Confondre la culture de l'esprit avec un simple processus d'acculturation c'est manquer la différence qui sépare l'aliénation de la liberté." (pages 7-8)

Ce conformisme ne pouvait donc pas avoir d'autres effets que tragiques puisque nécessairement liberticides, comme nous le confirme la destruction des apprentissages, orchestrée avec enthousiame, avec une ferveur religieuse, par tant de bonnes âmes, pavées comme l'enfer des meilleures intentions, et dont chacune s'imagine être "'au demeurant, le meilleur homme du monde".

Ecrit par : Cadichon | 03 janvier 2008

Lorvellec...pose les bonnes questions sur ce qu'est la culture générale, et notamment sur sa lente disparition...

Ecrit par : Cadichon | 03 janvier 2008

Parler de "culture générale" n'est-ce pas déjà pointer le fait de la disparition de la culture vivante et de son dépassement dans quelque objet externisé et voué aux rituels de consommation muséographiques.
Il est de ce point de vue significatif que les ministères de la culture et de l'éducation s'associent pour initier à l'école un nouvel enseignement de "l'histoire de l'art" (sur le modèle de celui de l'enseignement du fait religieux?) et, par exemple, d'implanter dans la région parisienne un centre d'accueil des élèves provinciaux venant visiter les musées nationaux.

Une deuxième remarque. Si l'on constate non sans amertume et nostalgie la disparition de la "culture générale", ne faut-il pas se demander par quoi a-t-elle été remplacée pour assurer sa fonction qui , elle, n' a pas disparue complétement.

Ecrit par : buntovchik | 04 janvier 2008

"J'ai encore sur le cuir la marque des coup de bâton que je pris l'an passé pour avoir osé tenir ce langage"

Ecrit par : Cadichon | 03 janvier 2008

Oh, vous exagérez!

Ecrit par : Christophe SIBILLE | 04 janvier 2008

Buntovchik écrit : "Si l'on constate non sans amertume et nostalgie la disparition de la "culture générale", ne faut-il pas se demander par quoi a-t-elle été remplacée pour assurer sa fonction qui , elle, n' a pas disparue complètement" — il en oublie même le point d'interrogation…
Je reproche régulièrement à mes élèves (pardon, mon cher !) d'user jusqu'à la nausée de cet artifice consistant à achever leurs conclusions sur un point d'interrogation. Passe encore lorsqu'il s'agit d'une interrogation rhétorique, mais si une vraie question subsiste, expliqué-je en substance, vous feriez mieux d'y répondre avant de croire que le boulot est fini.
Alors, Buntovchik, votre réponse à cette question intéressante ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 04 janvier 2008

Sans retourner au concours d'entrée à l'Ecole Normale à l'issue de la troisième, ne vaudrait-il pas mieux démarrer une formation spécifique au moment où l'étudiant a encore eu contact l'année précédente avec toutes les matières qu'il aura à enseigner en primaire plutôt que de prendre le risque qu'il perde le peu qu'il savait dans les matières qu'il n'aimait pas trop pendant ses quelques années de formation universitaire ?

Ecrit par : catmano

Voilà un point de vue que je partage entièrement ! Je trouve particulièrement stupide (et décourageant pour certains candidats sans doute) de recruter après une licence quand il s'agit ensuite de faire transmettre des savoirs "simples" (les savoirs sont simples, mais la transmission l'est beaucoup moins !).

Malgré cela, dans l'état actuel des choses, l'idée d'une "licence pluridisciplinaire", proposée par certains sur ce blog et destinée à préparer les aspirants-instituteurs à leur futur métier, est une proposition intéressante. En effet, le Bac est devenu tellement artificiel et superficiel, qu'une solide remise à niveau sur les bases "élémentaires" du français, des mathématiques et du reste (je serais bien en peine de dresser une liste complète des domaines sinistrés) me semble indispensable.

Ecrit par : Moot | 04 janvier 2008

" Le chant est la chose la plus simple, la plus élémentaire,la plus animale..."
Cette affirmation d'ipidiblue a retenu mon attention. j'interviens à retardement comme un cheveu sur la soupe mais tant pis. Christophe me comprendra.
Sans doute. le chant est spontané. Yehudi Menuhin avançait même l'idée que l'homme avait su chanter avant de parler. L'adulte chante en repeignant sa cuisine, ma mère chantait en racommodant les vêtements de travail et le second de mes deux petits fils fredonne les airs que son aîné a appris à la maternelle.
Chanter correctement sans brailler en respectant toutes les indications de la partition ( ne pas cavaler sur les croches par exemple ou démarrer sur un piano pour terminer sur un forte et non l'inverse, ne pas transformer la blanche en noire parce que le pianiste lui, ou l'orchestre fera une blanche et vous vous serez décalé etc ) c'est une autre histoire, un apprentissage, une discipline rigoureuse que l'on accepte simplement parce que l'on est passionné.
Le chant choral est tout aussi exigeant : respecter la partition, la connaître pratiquement par coeur pour dépasser le solfège et prêter attention aux nuances lesquelles sont bien indiquées par les grimaces du chef qui donne aussi les départs, ( très important les départs ) écouter les autres voix du choeur qui ne chantent pas focément à l'unisson, écouter le piano, l'orgue ou l'orchestre qui accompagne. Et puis il faut rester debout, non seulement le temps du concert, mais le temps du raccord qui précède ,soit deux heures , parfois plus et parfois moins selon les oeuvres. Je passe sur la frâicheur de certaines églises dont le chauffage oublie vos pieds endoloris.
Pour avoir pris des cours de chant je sais que l'on ne peut chanter que souple, détendu mais tonique, en maîtrisant parfaitement sa respiration, ventrale bien sûr. La nature vous a attribué, une tessiture, un timbre, une capacité respiratoire plus ou moins importante dont il faut à la fois s'accommoder et tirer le meilleur parti. Mais vous aimez la vie, vous aimez les autres, vous aimez chanter. Et si les aléas de la vie vous imposent une interruption, vous ressentez un grand vide et l'espoir de reprendre vous aide à surmonter l'épreuve.
Rien à voir avec les paillettes, le savoir-faire de l'ingénieur du son ,le fracas médiatique et la gesticulation.
Voilà, la vieille ringarde a donné son avis.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 07 janvier 2008

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