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27 décembre 2007
Canossa
Canossa
Je viens de recevoir (merci, David !) un beau volume tout fraîchement sorti du 5, rue Sébastien-Bottin. Il s’intitule, en toute simplicité, « Les Plus belles pages de la littérature française ». Bref, une anthologie au sens le plus pur — recueil des « plus belles fleurs » de rhétorique…
Avec, dès la Préface, des intentions fort louables : « L’acte de lire a été tellement analysé, disséqué, et le commentaire de textes a atteint un tel degré de sophistication qu’on peut craindre que trop souvent il n’éloigne de la lecture la plus naturelle et la plus gratifiante un grand nombre de lecteurs qui ne sont pas des professionnels de l’enseignement, et qu’il ne rebute, hélas, trop d’élèves, et de parents, parfois surpris ou lassés par ce qui leur apparaît comme une scolastique qui occulte le plaisir de lire… »
Je passerais volontiers sur ce qu’une telle phrase, qui enfile à loisir les « qui » et les « que », a de laborieux, si cette lourdeur syntaxique ne révélait une contorsion mentale d’envergure.
De qui, ce retour au « plaisir du texte », comme disait jadis le regretté Roland ? D’Anne Armand, inspectrice générale de Lettres qui en 2001 préconisait au collège de lire de la « littérature jeunesse » moderne (voir http://eduscol.education.fr/D0033/actfran_armand.htm) ; Marc Baconnet, ancien doyen de l’Inspection générale de Lettres, qui défendait jadis la conception « moderne » de l’orthographe et l’enseignement en séquences (voir son débat chez Finkielkraut avec Mireille Grange, sur http://www.sauv.net/rubicon.php) ; de Patrick Laudet et Isabelle Mimouni, professeurs de prépas — la dernière fut une amie au point que nous fîmes jadis, bien avant qu’elle ne participe à la mise en place des nouveaux programmes de Français selon Viala, un manuel de Français pour les BTS.
Tout ce joli monde se reconvertit donc aux « plus belles pages » — retour au Lagarde & Michard, plus un discours d’escorte qui étouffe un peu la lecture « plaisir, mais qui me rappelle heureusement certains manuels du début des années 1980, quand on voulait donner aux élèves le plus et non le moins.
Réjouissons-nous, ou rions sous cape : les plus acharnés défenseurs des pédagogistes oublient ce qu’ils ont mis en place, et en reviennent — avec conviction, d’ailleurs — à une étude en profondeur de textes essentiels. S’ils enseignaient en collège ou simplement en lycée, ce serait donc là le contenu de leur cahier de textes…
Et tout cela n’est pas présenté en « séquences pédagogiques ». C’est chronologique, linéaire, fort étoffé, illustré d’une riche iconographie d’époque — savant, en un mot.
La seule chose qui me chagrine, ce n’est pas cette palinodie attendue (« ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent », disait le regretté Edgar Faure). C’est sa publication en « beau livre » chez Gallimard. Que ne l’ont-ils éditée chez tel ou tel éditeur scolaire ! Voilà qui marquerait vraiment l’an 01 du renoncement aux lubies de la secte…
Mais sans doute les manuels nouveaux sont-ils déjà en préparation.
Allez, je ne veux pas être désagréable, en cette période de fêtes et de pardon universel… Ne boudons pas notre plaisir, et relisons tranquillement Villon, Rabelais, Ronsard et les autres (à chaque fois, c’est le texte le plus célèbre qui est cité — les « stances » du Cid au chapitre Corneille, par exemple, ou l’alambic de l’Assommoir). La littérature est de retour, même chez ceux qui ont tant contribué à la marginaliser dans les programmes — à leur corps défendant parfois, n’est-ce pas, Isabelle…
Jean-Paul Brighelli
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Commentaires
Bonjour...
;):)
Saperlotte de saperlipopette
Ecrit par : Saperlipopette | 27 décembre 2007
La littérature est de retour, même chez ceux qui ont tant contribué à la marginaliser dans les programmes — à leur corps défendant parfois, n’est-ce pas, Isabelle…
Jean-Paul Brighelli
La littérature est de retour...mmouaih! Ce serait la bonne nouvelle! D'un autre côté, J'ai entendu tout récemment sur une chaîne de TV qu'il ne s'est jamais autant vendu de jeux vidéo qu'en cette fin d'année.
A propos de programmes de TV avez-vous noté leur nullité en cette fin d'année?
Je doute que nos jeunes se saisissent de cette vacuité des programmes pour se jeter sur les beaux livres.
Je signale une tradition typiquement russe, et encore très vivante, celle d'offrir aux écoliers du niveau collège une chrestomatie (krestomatia). C'est un énorme recueil relié qui rassemble l'équivalent d'une vingtaine de nos anthologies consacrées aux grands classiques nationaux. Il ne coûte guère plus de dix euros et l'écolier le garde précieusement près de lui toute sa scolarité et plus.
Je ne sais pas si en France existent de tels chrestomaties? D'ailleurs ce mot est-il lui-même usité?
Ecrit par : buntovchik | 27 décembre 2007
"A propos de programmes de TV avez-vous noté leur nullité en cette fin d'année?"
Seulement en fin d'année ?
Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007
"A propos de programmes de TV avez-vous noté leur nullité en cette fin d'année?"
Seulement en fin d'année ?
Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007
Ben oui, il n'y pas de foot ni de rugby en ce moment.
Ecrit par : Japhet | 27 décembre 2007
Ben oui, il n'y pas de foot ni de rugby en ce moment.
Ecrit par : Japhet | 27 décembre 2007
Certes, mais on a de magnifiques reportages sur les civilisations lybienne, marocaine, égyptienne...
A propos, je me demande bien quel genre d'ouvrages le président reçoit-il pour ses étrennes? Les oeuvres complètes de Gramsci?
Ecrit par : buntovchik | 27 décembre 2007
"les plus acharnés défenseurs des pédagogistes oublient ce qu’ils ont mis en place, et en reviennent — avec conviction, d’ailleurs — à une étude en profondeur de textes essentiels. S’ils enseignaient en collège ou simplement en lycée, ce serait donc là le contenu de leur cahier de textes…"
Il faudrait le leur demander : on connaît des historiens qui ont fait des beaux livres d'histoire chronologiques, et qui continuent à préconiser l'enseignement de l'Histoire transversale.
Et tout cela n'a pas empêché Anne Armand de se livrer à un bel entretien avec Jean-Michel Zakhartchouk sur le site des Cahiers pédagogiques
http://www.association-ozp.net/article.php3?id_article=4718
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
Dites, Isabelle Mimouni trouve-t-elle les TPE toujours aussi "magnifiques" ?
"I. Mimouni - Ce qui m'inquiète, c'est que les TPE soient dévoyés et deviennent de plus en plus des dossiers documentaires. Ce serait une sorte de retour au cours magistral au lieu d'être une prise d'autonomie et de risque, une invitation à l'imagination pour les élèves. Ce que je trouve magnifique dans le TPE, c'est le moment où l'élève a une idée et crée quelque chose. C'est ce dialogue entre des profs qui sont attentifs, et qui encadrent des élèves qui ont une idée, une imagination créative"
C'est beau...!
Sinon, les Echos ont été bien plus rapides à traiter l'information, et ils sont plus réalistes :
http://www.lesechos.fr/info/loisirs/4659404.htm
"« Les Plus Belles Pages... » n'échappent pas au jargon de la linguistique, qui a fait tant de mal à des générations d'élèves" et ils parlent d'offrir le livre à des lycéens - les lycéens eux-mêmes, vu le prix du livre, ne sont pas près de l'acheter !
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
Je ne sais pas si en France existent de tels chrestomaties? D'ailleurs ce mot est-il lui-même usité?
Ecrit par : buntovchik | 27 décembre 2007
Le mot "chrestomatie" évoque pour moi un recueil de textes grecs.
Mais le mot était parfois employé en 1905 à la place de florilège ou d'anthologie :
Cf. L'introuvable "Chrestomatie Francaise, ou Choix de morceaux des meilleurs écrivains français" Tome III : "Littérature De la jeunesse et de l'âge mûr" de Vinet. (d'Amiel à Zola)
Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007
Postes offerts à l'agreg externe :
Grammaire : 5
Lettres classiques : 40
Lettres modernes : 90
No comment.
http://www.education.gouv.fr/cid4585/postes-agregation-externe.html
Ecrit par : FGuichard, écoeurée | 27 décembre 2007
Postes offerts à l'agreg externe :
Grammaire : 5
Lettres classiques : 40
Lettres modernes : 90
Ecrit par : FGuichard, écoeurée | 27 décembre 2007
Russe: 0 !
J'ai feuilleté "les plus belles pages" et n'ai pas hésité à l'acheter pour l'offrir à ma fille, élève en seconde. Cela tombe bien! Je pense que cet ouvrage est une très belle entrée dans notre littérature. Vivement le 1er janvier...! (et merci a JPB de nous l'avoir signalé)
Ecrit par : buntovchik | 27 décembre 2007
1) "Je pense que cet ouvrage est une très belle entrée dans notre littérature." -> Au prix où c'est, ça peut être beau. En tout cas, ce ne sont pas mes élèves qui pourront l'acheter.
Il me vient une idée : puisque c'est un livre d'Armand et Mimouni, peut-on l'utiliser comme manuel scolaire ? Me soutiendraient-elles, si un IA-IPR venait me reprocher de faire étudier leurs textes dans l'ordre chronologique au lieu de procéder par séquences ? J'attends une réponse sincère à cette question...
2) FGuichard, il vous manque plusieurs informations importantes :
A/ Il n'y a que 90 postes à l'agrégation externe, mais il y en a 106 à l'agrégation interne
B/ Quand je l'ai signalé ici, notre hôte m'a rétorqué que je disais des "bêtises", que je faisais de "dangereuses approximations", et que les pédagos n'avaient la main ni dans la culotte des zouaves, ni dans celle du ministre. Donc fin de non-recevoir pour moi, vous aurez peut-être plus de chance que moi.
Pour info, vous pourrez lire cette discussion passionante dans le fil "Physique/Chimie"...
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
Les collègues ont la mémoire sélective:
En 1981, il y avait 70 postes à l'agreg de Lettres Modernes.
Et même que Mr Jacques Truchet qui nous disait de belles choses dans les amphis de Paris IV trouvait que cela était trop peu, et même qu'il démissionna du jury, le brave homme.
Il est toujours bon de regarder un peu avant, pour voir ce qui se passait.
De surcroît, on ne peut pleurer sur la disparition d'un concours dont plus personne ne défend la spécificité exception faite de Mr JM Léost.
A ne pas avoir voulu défendre l'agreg et tout ce qu'elle représentait, il ne faut pas pleurnicher maintenant de la voir disparaître. Il faut avoir un peu de cohérence et de courage quand on avance certaines idées. Le règne du prof unique s'ouvre à nous. Il est bien tard pour larmoyer!
Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007
Trouvé sur le Forum des Babéliens:
"Chrestomathie : du grec χρηστομάθεια (khristomatheia) formé de χρηστός utile + μανθάνω, il s’agit d’un recueil de textes utiles ou de morceaux choisis. La chrestomathie est normalement destinée à l’enseignement. Les Grecs mentionnaient sur ces recueils la lettre χ de χρηστός utile."
Ecrit par : outis | 27 décembre 2007
Mon rêve : un Lagarde et Michard version école primaire !!
si, si !!!! des oeuvres phares de la littérature française à la portée de Cycle 3 ( CE2 à CM2 ) où la chronologie ne serait pas uniquement liée à l'histoire mais aussi à celle des oeuvres des écrivains .
Avec intelligence , on pourrait je pense concevoir ce type d'ouvrage pour la littérature enfantine en milieu scolaire.
Ecrit par : patrickinstit | 13 mai 2007
Ecrit par : patrickinstit | 27 décembre 2007
Patrickinstit, on pourrait même étendre cela à de grandes oeuvres comme l'Iliade, L'Odyssée, Les Catilinaires, Don Quichotte...
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
Sanseverina, vous avez un truc personnel à nous reprocher, à FGuichard ou à moi ?
Ca ne nous concerne pas, vos reproches selon lesquels "plus personne ne défend la spécificité de l'agreg exception faite de Mr JM Léost.", personne n'a "voulu défendre l'agreg et tout ce qu'elle représentait", et "Il faut avoir un peu de cohérence et de courage quand on avance certaines idées.".
Adressez vos reproches à ceux qu'ils visent !
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
@ patrickinstit :
Pour les CE1, je suis plutôt contente de mon "Oiseau Lyre"... Dans le premier tome (CP/CE1) et dans le deuxième tome (CE1), lecture de contes traditionnels européens puis venus d’autres continents (Afrique, Asie) essentiellement adaptés par des "grands noms" du conte pour enfants (Miss Sara Cone Bryant, P. Lequeux, P. Delarue, etc.) ou du conte tout court (les frères Grimm, Ch. Perrault, Gorki, Mme Leprince de Beaumont), de trois "contes modernes" (Hulul, de A. Lobel, Babar de J. de Brunhof et Colargol de A. Got) et quelques extraits de romans pour enfants de Paul Géraldy (Clindindin), Tristan Derème (Patachou)...
J’ai celui de CE2, on y trouve des contes toujours, dont un de Tolstoï, un des frères Grimm, un de Pouchkine, un de Mistral, un tiré des Mille et Une Nuits et des extraits de Pinocchio de C. Collodi, des Contes du Chat Perché de M. Aymé, le Pierre et le Loup de G. Duhamel et Grain-d’aile de P. Eluard.
J’avais ceux de CM1 et CM2, je pourrais les retrouver si cela vous intéresse.
Evidemment, ce n’est plus édité, mais on en trouve en fouinant à droite à gauche.
Actuellement, on trouve de « grands noms de la littérature » dans « Le goût de lire » chez Nathan (pub du site pour le manuel CM1 : « Guillaume Apollinaire, Daniel Defoe, Robert Desnos, les frères Grimm, Molière, Yvan Pommaux, Jacques Prévert, Arthur Rimbaud, Michel Tournier, la comtesse de Ségur, Paul Verlaine, Voltaire parmi bien d'autres. »), évidemment, il y a aussi les inévitables « issus de la liste officielle des ouvrages de littérature au cycle 3 » et c’est présenté en « réseaux thématiques », mais c’est mieux que rien.
Ecrit par : catmano | 27 décembre 2007
un lien pour buntovchik
http://www.newizv.ru/print/80826
Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2007
Pour Jérémy et F. Guichard : j'ajoute que les arguments de Jérémy m'ont paru pertinents. Je ne comprends pas pourquoi Brighelli a parlé de "bêtises". Il avait déjà dit qu'il ne fallait pas croire les rumeurs quand j'avais signalé dès la rentrée qu'une prof de Paris IV avait annoncé 90 postes en LM. Et le fait qu'il y ait plus de postes en interne est très inquiétant. J-P B manipulé ou manipulateur lui-même? Je ne sais pas mais je suis très pessimiste et viens de moins en moins sur ce blog.
Ecrit par : Courtin | 27 décembre 2007
Mais Jérémy, vous avez toujours défendu l'agreg sur ce blog, sauf erreur de lecture de ma part. Nul "reproche", ni à vous ni à qui que ce soit. Ce serait puéril et inefficace.
Le froid constat qu'on ne peut pas défendre un concours sans les prérogatives qui y sont attachées, c'est tout.
On ne peut pas défendre l'agrégation et l'égalitarisme; les concours et l'absence de sélection. C'est le grand écart intellectuel que la gauche n'arrive pas à résoudre actuellement. L'extrême gauche a depuis longtemps choisi ( on est tous égaux, on a tous droit aux diplômes); la droite a choisi depuis longtemps aussi: la sélection par l'argent et les relations; et la gauche classique qui devrait défendre, derrière Jaurès et tous les autres la sélection par le mérite, que fait-elle?
Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007
patrickinstit écrit :
"Mon rêve : un Lagarde et Michard version école primaire !!"
J'abonde dans votre sens. Cela dit, rien n'empêche de créer son parcours littéraire dans cet esprit. cela demande évidemment plus de travail. Mais finalement, pourquoi ne pas transformer un rêve en projet éditorial ? Il faudrait pour cela monter un groupe de travail... Qu'en pensez-vous ?
Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007
Inutile de polémiquer : mon admonestation ("grosse bêtise")visait le total, tous concours considérés (et là, les concours externes surpassent nettement les concours internes). Et pas seulement les Lettres (où les chiffres sont inversés, je le concède bien volontiers). Fin polémique.
Pour ce qui est des rumeurs insistantes sur la suppression desdits concours… D'abord, adressez-vous à Pécresse, et aux présidents d'universités qui flirtent très dangereusement avec les IUFM - qui effectivement rêvent depuis toujours de faire disparaître les concours nationaux, et de s'assurer le recrutement des profs, ce qui assoierait définitivement leur pouvoir de potentats locaux (et ça n'irait pas mal avec l'autonomie tant réclamée des établissements). En clair, puisqu'il faut mettre le point sur le i du verbe sodomiser, les intentions égalitaristes (un seul type de profs) risquent de se combiner commme d'habitude avec les pires calculs des économistes (moins de profs) — une collusion permanente, qu'il ne faut cesser de dénoncer. Nos facs ne sont pas capablrs, en l'état, de délivrer des masters d'enseignement, parce que le recrutement des ensaignants en fac vise la recherche, et non la formation — sauf à donner tout le pouvoir aux didacticiens : mais ce seront les universitaires les premiers cocus, parce qu'il ne leur restera plus une once de pouvoir.
Une note optimiste (si je puis dire) : d'ici deux à trois ans, le nombre de postes doublera, au minimum, à cause du début de la grande vague des départs à la retraite — et pareil dans la décennie à venir. Et j'aimerais beaucoup savoir où on ira pêcher des candidats qui ne veulent même pas faire ce métier — en particulier, pas en sciences, où les carrières dans le privé sont nettement plus attractives que les salaires du public. Il est possible que ce soit à cause de cette perspective que l'on teste nos réflexes sur des "masters" d'enseignement" — mais peu importe, il n'y aura pas les étudiants, sauf mesures particulièrement incitatives.
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2007
A propos de l'anthologie dont il est question, il ne faut pas crier "terre" parce qu'on a vu une mouette! Elle vient peut-être d'un autre bateau!
Personnellement, je doute qu'une anthologie à elle seule puisse permettre de d'annoncer le retour réel de la litttérature dans les instructions officielles et les programmes.
Si elle revient à la vitesse à laquelle la méthode syllabique nous revient!
Mais il est vrai que nous sommes dans une période de grâce et de voeux "pieux"! Et je souhaite bien sincèrement me tromper!
Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007
Sanseverina écrit :
"... et la gauche classique qui devrait défendre, derrière Jaurès et tous les autres la sélection par le mérite, que fait-elle?"
C'est justement la notion de mérite qui lui pose problème. La gauche n'arrive pas à rompre avec l'idée d'égalité, purement idéologique, pour adopter celle d'équité, réaliste et plus juste.
Le mérite lui est suspect car il procède essentiellement d'une attitude personnelle. Valoriser ceux qui réussissent malgré des conditions défavorables, c'est implicitement admettre que l'individu est premier et la société secondaire. C'est aussi reconnaître la responsabilité de la personne, ce qui équivaut à remettre en cause un axiome fondateur, qui attribue la cause de tous les maux à la société, c'est-à-dire à personne en particulier (donc à tout le monde en général et à certains plus que d'autres).
Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007
"... et à certains plus qu'à d'autres."
Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007
1) "Je pense que cet ouvrage est une très belle entrée dans notre littérature." -> Au prix où c'est, ça peut être beau. En tout cas, ce ne sont pas mes élèves qui pourront l'acheter.
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
33.25 euro chez Amazon! Même pas un demi-plein de gasoil, même pas un mois de portable. Nos enfants seraient-ils si pauvres alors qu'on les voit communément sortir du supermarché avec trois bouteilles de vodka et quatre packs de bière?
Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2007
Et j'aimerais beaucoup savoir où on ira pêcher des candidats qui ne veulent même pas faire ce métier — en particulier, pas en sciences, où les carrières dans le privé sont nettement plus attractives que les salaires du public. Il est possible que ce soit à cause de cette perspective que l'on teste nos réflexes sur des "masters" d'enseignement" — mais peu importe, il n'y aura pas les étudiants, sauf mesures particulièrement incitatives.
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2007
Je crois au contraire qu'on trouvera des gens pour s'occuper des élèves dans le primaire et le secondaire. Il suffit de voir dans les collèges combien les aides éducateurs de tout poil louchent sur la fonction d'enseignant. Certains collègues arguant qu'après tout puisqu'ils s'occupent aussi des élèves , ils peuvent aussi prétendre au titre de profs. Et puis ces concours, cette sélection, etc...ne sont la preuve de rien, on connaît le refrain.
Des professeurs dignes de ce nom, sans doute pas, qui ne passeront plus de concours exigeants et sélectifs, c'est à peu près sûr.
Des "enseignants" qui auront un "niveau"( lequel?) avec un diplôme professionnel délivré par les IUFM et qui seront sous contrat de droit privé. Des enseignants qui feront un petit boulot.
Mais, il suffit de regarder autour de nous, c'est ainsi que notre métier est déjà considéré par l'ensemble de la population, comme un petit boulot, qui ne paie pas, et qui est ingrat. Il n'y a guère que sur le blog de notre hôte ( que j'admire pour son optimisme "stoïque") qu'on arrive encore à se "tenir chaud" en se disant que le métier de professeur...!!!
lLes carottes sont cuites. Gardons le sourire!
Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007
C'est justement la notion de mérite qui lui pose problème. La gauche n'arrive pas à rompre avec l'idée d'égalité, purement idéologique, pour adopter celle d'équité, réaliste et plus juste.
Le mérite lui est suspect car il procède essentiellement d'une attitude personnelle. Valoriser ceux qui réussissent malgré des conditions défavorables, c'est implicitement admettre que l'individu est premier et la société secondaire. C'est aussi reconnaître la responsabilité de la personne, ce qui équivaut à remettre en cause un axiome fondateur, qui attribue la cause de tous les maux à la société, c'est-à-dire à personne en particulier (donc à tout le monde en général et à certains plus que d'autres).
Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007
Ma question était rhétorique, bien sûr.
Entièrement d'accord avec vous. Puissiez-vous être lu et entendu par tout le monde!
Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007
"Une note optimiste (si je puis dire) : d'ici deux à trois ans, le nombre de postes doublera, au minimum, à cause du début de la grande vague des départs à la retraite — et pareil dans la décennie à venir."
Mais est-ce valable en tenant compte du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux ?
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
Mais, il suffit de regarder autour de nous, c'est ainsi que notre métier est déjà considéré par l'ensemble de la population, comme un petit boulot, qui ne paie pas, et qui est ingrat. Il n'y a guère que sur le blog de notre hôte ( que j'admire pour son optimisme "stoïque") qu'on arrive encore à se "tenir chaud" en se disant que le métier de professeur...!!!
lLes carottes sont cuites. Gardons le sourire!
Ecrit par : Sanseverina | 27 décembre 2007
Si vous aviez un métier réputé bien payer et gratifiant, vous verriez que ce n'est pas rose non plus. C'est pour nous un tel plaisir et si payant de soigner vos poupounets et bichounets que nul ne s'imagine que notre vocation ne suffit pas, même avec le fric, à nous payer un orgasme si poupounet a mal au dos à deux heures du matin.
Vous préfèreriez être gardien de déchetterie?
Ecrit par : dobolino | 27 décembre 2007
Pour Magister et patrickinstit, vous pensez vraiment que ça intéresserait un éditeur, une anthologie de grands textes accessibles à des élèves de primaire ? Si vous avez déjà réfléchi à la question, j'en ai quelques-uns à vous envoyer.
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
Postes aux concours : tous les détails sur
http://www.education.gouv.fr/cid4605/postes-contrats-offerts.html
His dictis, je souhaite à tous et toutes une bonne année (et, en ce qui concerne la défense de l'école et des humanités, seul un miracle , peut-être ?).
A l'an qué vèn, et, si sian pas maï, que fuguen pas mèn !
Ecrit par : FGuichard, lalala | 27 décembre 2007
Non, je viens juste de prendre l'idée au vol, suite au commentaire de patrickinstit. Pour que cela intéresse un éditeur, il faudrait que le vent ne tourne pas... Or, convenons que l'EN est actuellement dans une phase de suspension. Oui ou non, XD va-t-il clairement rompre avec les errements passés et rendre à l'école les clefs de son identité ?
Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007
"Oui ou non, XD va-t-il clairement rompre avec les errements passés et rendre à l'école les clefs de son identité ?"
demande Magister…
Courant janvier se tiendra ua ministère une seconde réunion plénière, après celle du début novembre (voir mes Notes An 01 et sq.), centrée sur l'école primaire. Le ministère est demandeur — mais je ne suis pas voyant et je ne peux garantir qu'il gardera toutes les bonnes idées qu'on lui soufflera… Pourquyoi diable pensiez-vous qu'il y avait récemment une note "Maternelles" — sinon pour faire remonter vos bonnes idées jusqu'à la rue de Grenelle ?
Allez, bonne nuit à tous…
JPB
PS. Sanseverina, c'est vrai que je reste optimiste — d'abord parce que j'aime ce boulot, et ensuite parce que j'aime ce boulot. Et que je ne suis pas le seul, ici même.
Ecrit par : brighelli | 27 décembre 2007
Magister, Catmano
Il est vrai que chacun de nous pourrait éditer son " Lagarde et Michard "
Y travailler . Oui . Beaucoup de travail en persperctive . Lire et juger de la pertinence d'un texte pour l'âge concerné.
En classe primaire il y a, postée au mur, l'incontournable frise historique aves ses héros , ses batailles , ses faits d'armes ..etc. mais point de grands noms phares de notre littérature .
Lister des oeuvres phares, littérature, poésie ..... juger des textes selon l'âge.
Intégrer l'Histoire au fil des mots, des vers et non plus au seul bruit des glaives et des canons.
Quel beau projet !
Tiens!
Mes CP adorent en ce moment :"
" Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
de venir dans ma chambre, un peu chaque matin... "
Je leur demande d'apprendre jusqu'à ... passe. La suite, je leur dis mais certains veulent l'apprendre en entier :-)
Donnez leur de l'or et non du sable ...
Hugo à côté de la Tour Eiffel et de Clément Ader !
Cordialement
Ecrit par : Patrick | 27 décembre 2007
Et mes GS/CP/CE1 ont beaucoup apprécié (assez pour l'apprendre plus vite que je ne l'avais prévu) :
Ah! quel beau matin que ce matin des étrennes!
Chacun pendant la nuit,avait rêvé des siennes
Dans quelque songe étrange ou l'on voyait joujoux,
Bonbons habillés d'or,étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser dans une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux,puis reparaître encore!
On s'éveillait matin, on se levait joyeux,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux....
On allait,les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants,comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher...
On entrait !...puis alors les souhaits...en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise!
Arthur RIMBAUD
Il y en a juste deux (le frère et la soeur, bébés-lunes adorés de papa-maman) qui croyaient que "puis alors les souhaits", cela voulait dire : "Allez, papa et maman, dépêchez-vous, on en a marre d'attendre !"
Ecrit par : catmano | 27 décembre 2007
Vous en reprendrez bien "une lichette"...
Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin ...
Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère;
Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J'appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu'elle est morte! Hélas! que Dieu m'assiste !
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.
Victor Hugo (1802-1885)
Ecrit par : Maminou | 27 décembre 2007
Merci Catmano
Jérémy a écrit :
Pour Magister et patrickinstit, vous pensez vraiment que ça intéresserait un éditeur, une anthologie de grands textes accessibles à des élèves de primaire ? Si vous avez déjà réfléchi à la question, j'en ai quelques-uns à vous envoyer.
Je suis preneur ... Pour ma curiosité personnelle.
Ecrit par : patrick | 27 décembre 2007
Oui ou non, XD va-t-il clairement rompre avec les errements passés et rendre à l'école les clefs de son identité ?
Ecrit par : Magister | 27 décembre 2007
Il y a deux discours : Celui de l'honneur et des droits de l'Homme d'un côté, de l'autre, celui de l'intérêt bien compris mélangé à la peur des attentats..."Je suis oiseau, voyez mes plumes..."
Avec l'école, c'est la même chose, d'un côté le discours du réalisme libéral de Pécresse, de l'autre celui de "l'élitisme républicain" de Darcos qui se souvient de temps en temps qu'il est agrégé de Lettres..
Nous nous sommes fait avoir avec les flonflons du discours de Maison Alfort, un pur exercice de sophistique. C'est Protagoras qui conseillait le candidat, pas Socrate.
Je suis moi aussi très pessimiste sur l'avenir du CAPES et de l'agrégation et de la profession en général.
La complicité du "réalisme gestionnaire" et du pédagogisme est désormais bien établie. Qui peut encore en douter ?
Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007
J'ai raconté un peu l'histoire de Léopoldine , la façon dont Victor Hugo apprit la disparition de sa fille.
J'ai de "droit" titré cette poésie : Léopoldine !!!
L'époque ... le siècle de V. Hugo. Un élève de ma classe de CP avait apporté des photos du village (Saint Saturnin les Avignon)... du début du XX ème siècle.
A ce texte les enfants ont sans doute raccroché émotions et images :-)
Ecrit par : patrick | 27 décembre 2007
"Pierre Driout, fulminante tante bariolée qui, chaque jour, expulse par un minuscule siphon (qui l'eût cru ?) le liquide malodorant de lieux communs bizarrement confondus avec les sentences définitives d'un Joubert. Ce nain rentré, cette tante cosmétique qui ferait rire aux éclats un Pasolini ou un Genet, donnerait même à Pierre Assouline une sensation de vertige tant il lui faudrait, pour repérer l'amibe versicolore, regarder bas... "
http://stalker.hautetfort.com/archive/2005/09/13/bernanos-la-guerre-satan-la-critique.html
Ecrit par : ipidiblue, tante cosmétique | 27 décembre 2007
"Que de contorsions pour faire se conformer la réalité au dogme ! Le brave Christophe Sibille qui est professeur de musique dans un quelconque IUFM de province ayant fini par s'apercevoir que les nègres ne sont pas sensibles à la musique des peaux blanches - comme n'importe qui aurait fréquenté les concerts classiques ou comme moi habiterait en face d'un conservatoire départemental de musique - est obligé de s'inventer une bizarroïde théorie de l'empreinte culturelle pour justifier cette différence de goût ! Pauvre pomme, les facultés intellectuelles sont prédéterminées par les gènes, la culture ne vient que se surajouter par dessus pour déterminer tel ou tel penchant, elle ne peut se substituer à ce qui n'existe pas ...
Un nègre ça fait de la musique de nègre, point à la ligne ! Quant aux chanteurs de musique classique comme Léontyne Price ou Barbara Hendricks, cela ne prouve rigoureusement rien, même Pavarotti qui était pourtant un fieffé imbécile chantait à tue-tête du Mozart et du Puccini en sachant à peine lire les portées !
Vous remarquerez d'ailleurs que si un chanteur ou une chanteuse de race noire fait un récital de musique classique, il n'attirera pas un seul pékin de sa race dans la salle !
Qui peut le plus peut le moins, mais jamais le contraire, les blancs peuvent s'intéresser au jazz des noirs mais les noirs ne s'intéressent jamais au jazz des blancs ...
Au contraire des asiatiques qui eux sont des interprètes virtuoses de la musique classique occidentale et pas seulement dans le domaine du chant qui est la chose la plus simple, la plus élémentaire, la plus animale, on peut dire.
Voici ce que peut faire le cerveau d'un blanc, un français qui plus est - je ne parle pas ici pour les adeptes du politiquement correct dont je me fous royalement :
Le prodige français des mathématiques Alexis Lemaire a battu mardi son propre record de calcul mental en extrayant la racine treizième d'un nombre à 200 chiffres en 70,2 secondes, a annoncé le musée des Sciences de Londres où se déroulait l'événement.
Ce nombre à 200 chiffres avait été choisi au hasard par un ordinateur. Un peu plus d'une minute et dix secondes plus tard, le jeune étudiant de 27 ans en avait calculé mentalement la racine treizième : 2.407.899.893.032.210, qui multiplié 13 fois par lui-même donne le nombre initial, une prouesse présentée comme un nouveau record du monde.
Le précédent record de ce doctorant en intelligence artificielle à Reims (France), établi mi-novembre à New York, était de 72,4 secondes.
"Il s'est assis, le silence s'est fait, et d'un coup il a trouvé la solution, c'était incroyable", a commenté Jane West, chef du département de mathématiques au musée des Sciences.
"Il semble avoir une grosse mémoire et il en a fait l'ambition de sa vie", a-t-elle ajouté. "C'est remarquable d'assister à cela. Un très petit nombre de personnes ont cette capacité extraordinaire, ils sont une poignée aujourd'hui".
"Je pense qu'il s'agit de la plus grande opération jamais calculée mentalement", a-t-elle ajouté.
Alexis Lemaire avait raconté avoir pris conscience de ses dons pour le calcul mental à l'âge de 11 ans. Il avait battu plusieurs records dans la catégorie de la racine treizième de nombres à 100 chiffres, mais avait fini par trouver l'exercice trop facile pour lui.
Le Français a expliqué qu'il s'astreignait à une hygiène de vie stricte et à un entraînement mental dignes d'un athlète. Les Anglo-saxons ont d'ailleurs forgé le néologisme de "mathlète"."
http://driout.club.fr/Le_Parti_9.html
Ecrit par : ipidiblue, minoritaire qui n'aime pas les minorités | 27 décembre 2007
ipidiblue est un fou -_-
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
Nous attendons. Rien ne se passe ; nous appelons espérance la contemplation du vide, "J'ai avec moi la petite littérature et contre moi la grande" Hommage d'un qui sait la différence. Nous n'en sommes plus là. Waterloo rehaussait la Chartreuse de Parme, mais Zébulon en Egypte ? "La politique est la tragédie moderne" (encore Napoléon). E Finita la tragedia ! Place au vaudeville.
Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007
ipidiblue est un fou -_-
Ecrit par : Jeremy | 27 décembre 2007
Il fait surtout de la provoc,, Son lien "Stalker" ne manque pas d'intérêt.
Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007
J'y cueille cette citation de Julien Green.
«Le caractère, de nos jours, c’est ce qui a disparu, il y a certes çà et là des pics isolés au-dessus du désert actuel, mais malgré tout nous assistons à une rapide transformation du monde. Nous retournons aux premiers siècles quand la culture universelle veillait dans quelques cerveaux et que des petits groupes isolés, comme les moines de Saint-Gall, continuaient à croire en l’avenir et à protéger ce que le passé avait légué.»
Julien Green, Le Grand Large du soir. Journal 1997-1998 (Flammarion).
Bonne nuit aux "veilleurs".
Ecrit par : Robin | 27 décembre 2007
"Chez JP Brighelli une petite main en est réduite à faire des copier-coller de mes textes et à emprunter mon pseudo ... c'est vraiment la grande dèche à l'Education Nationale ! Savent donc plus quoi inventer pour entretenir la flamme de la conversation ?
J'ai déjà dit que je laissais les autres remplir le bonnet d'âne, ce qu'ils font très bien d'ailleurs ! Ma tête est trop grosse pour cet office.
Ce dont on peut m'accuser - je dis cela au cas où l'on voudrait me faire passer dans un procès en sorcellerie - ce n'est pas de folie douce mais au contraire d'un excès de rationalisation. Pour trouver la vérité je serais prêt à détruire l'humanité toute entière, certes oui ! Mais n'ayez crainte, j'ai bien peur que la vérité ne nous échappe finalement et que nous ne soyons obligés de nous satisfaire d'un à-peu-près. "
Ecrit par : iPidiblue, qui lit Brighelli toutes les heures, ça meuble son absence de vie (et de talent) | 28 décembre 2007
Pathétique, la tentative de sauvetage de "l'acte de lire" (sic), décrite dans le sabir usuel des fossoyeurs de l'enseignement de la littérature, assassins de la "lecture". Ces pompiers pyromanes ne me semblent pas du tout sur la route de Canossa. Bien au contraire.
Voici simplement un exemple supplémentaire de leur malhonnêteté intellectuelle et de leur lâcheté. Ils continuent à pontifier sans la moindre vergogne, avec d'autant plus d'arrogance qu'ils sont bien campés sur leur grande échelle, en train d'arroser les gogos de leur fielleuse componction.
Il y a 3 ans, le Pète Noël m'avait apporté le coffret des 4 volumes de Lagarde et Michard, avec CD-Rom et cela continuera à suffire à mon bonheur. Pas un sou pour ces cuistres!
Ce fil m'évoque une autre anthologie, celle de la poésie française, éditée par Pompidou, en 1961, qui illumina mon exil dans ce désert culturel qu'était le Montréal d'il y a 40 ans. Pompidou voisinait sur ma table de chevet avec mon Baudelaire, une édition en papier-bible du Club français du livre...
Amusant, cet échange sur la fixation égalitariste de la gauche, qui elle m'évoque un autre virage de cuti, ou retournement, celui qu'illustre Jacques Julliard dans le dernier Nouvel Obs, Il a, lui, l'honnêteté intellectuelle de rappeler aux socialistes francais qui se sont empressés de l'ignorer, notamment depuis Mitterrand, que le libéralisme est bien né à gauche, et que seule cette gauche là est encore digne de respect. L'autre, celle qui s'est compromise successivement avec les deux totalitarismes du 20eme siècle, cela non plus il ne faut pas l'oublier, elle s'est dévoyée dans l'égalitarisme.
Il n'y a pas que l'enseignement de la littérature qui est sinistré en France, celui de l'histoire aussi.
Ecrit par : Cadichon | 28 décembre 2007
"Il n'y a pas que l'enseignement de la littérature qui est sinistré en France, celui de l'histoire aussi."
Et en histoire, ça n'a d'ailleurs l'air de choquer personne ! Allez donc voir les documents d'accompagnement des programmes d'histoire du primaire, du college et des lycées...
Il y a également le dédain pour la géographie physique et la localisation dans l'espace, auquel personne ne trouve à redire - trouvez-moi un lycéen capable de placer correctement Minsk, Sao Paulo, Djakarta, San Francisco et Khartoum !
Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007
Il y a également le dédain pour la géographie physique et la localisation dans l'espace, AUXQUELS personne ne trouve à redire - trouvez-moi un lycéen capable de placer correctement Minsk, Sao Paulo, Djakarta, San Francisco et Khartoum !
(correction orthographique)
Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007
Nous sommes à deux pas de la nouvelle année, et je vous trouve bien sombres… Si encore vous aviez des raisons personnelles de l'être…
Allons, relevez un peu la tête ! L'avenir sera ce que vous le ferez. L'idée de concocter une anthologie pour les petits me paraît excellente — de Charles d'Orléans à aujourd'hui (et pourquoi pas quelques Grecs et Latins, au passage…). On y butinerait à son gré — mais oeut-être les instits sont-ils attachés à leurs propres textes préférés… N'empêche que ça rendrait de grands services à la prochaine génération, dont il y a fort à penser qu'elle connaîtra mieux Zakhartchouk-tchouk-nougat que Rimbaud — allons bon, voilà que je me mets moi aussi à imaginer le pire…
Je m'absente deux ou trois jours à partir de demain : buvez bien, d'ici la nouvelle année…
JPB
Ecrit par : brighelli | 28 décembre 2007
ex prof en reconversion, je constate autour de moi que beaucoup de brillants littéraires ont préféré choisir une autre profession. Mais la profession elle-même attire de plus en plus d'étudiants au profil aide éducateur qui, comme l'a dit quelqu'un sur le fil, soutiennent que finalement ils s'en sortent aussi bien que ceux qui sont passés par les concours. Je pense qu'on va avec le gouvernement actuel vers la casse définitive des concours et que c'est très grave. Avec 90 postes en LM même un brillant khâgneux risque d'être obligé de se rabattre sur l'interne ; or à l'interne il peut se faire griller en didactique par le premier inculte venu et son latin ne lui servira à rien. Il régnait déjà une espèce d'anarchie décourageante dans les établissements, une confusion provoquée particulièrement à mon sens par les concours internes, et on va vers quelque chose de bien pire.
Pour Dobolino :
Par ailleurs je suis actuellement une formation paramédicale et je voudrais souligner qu'en dépit de tous les dysfonctionnements qu'on peut reprocher au système médical il me semble que si celui-ci fonctionne encore c'est justement parce que la sélection et la hiérarchisation n'y ont jamais été remises en question. Quand j'étais stagiaire IUFM la formatrice nous méprisait ouvertement car nous avions un CAPES externe (et pas elle) ; et elle nous démontrait par A+B que nos connaissances nous empêchaient de comprendre les besoins des élèves! Je le vois cette année en stage en hôpital, dans le milieu médical chacun a sa place et ce genre d'absurdité est impossible (peut-être parce qu'il y va de la vie des patients?). L'éducation nationale est complètement minée de l'intérieur à cause de tous ceux qui ont été recrutés sans discernement lors des recrutements massifs (on est passé d'un extrême à l'autre ) ou par les concours internes et qui soutiennent dès lors les absurdités iufmesques. Et j'ai l'impression que malgré tout ce que vous avez remarqué (dont ont été parfois victimes vos enfants d'ailleurs) vous ne voyez pas que les mesures prises ne vont faire qu'empirer les choses.
Ecrit par : Courtin | 28 décembre 2007
Et j'ai l'impression que malgré tout ce que vous avez remarqué (dont ont été parfois victimes vos enfants d'ailleurs) vous ne voyez pas que les mesures prises ne vont faire qu'empirer les choses.
Ecrit par : Courtin | 28 décembre 2007
Ce n'est pas tant telle ou telle mesure précise (après tout, nous n'en sommes pas encore à la suppression pure et simple du CAPES) que l'évolution générale des choses.
La fascination retrouvée pour les romans de Julien Gracq tient peut-être à cette isotopie de l'attente qui est au coeur de son oeuvre, comme de celle des surréalistes et de notre imaginaire politique actuel.
Le problème (et c'est bien ce que montre Gracq dans "Le rivage des Syrthes") à propos de la "drôle de guerre", c'est que l'attente peut se prolonger et déboucher aussi bien sur le salut que sur la catastrophe.
C'est ainsi que le désir s'extrait de l'indifférente immobilité des paysages et se précipite dans le tragique.
Car la tragédie est encore préférable au vide.
Mais encore une fois, nous n'en sommes plus là.
Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007
Car la tragédie est encore préférable au vide.
Mais encore une fois, nous n'en sommes plus là.
Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007
"Celui, qui vivant, ne vient pas à bout de la vie, a besoin d'une main pour écarter un peu le désespoir que lui cause son destin (...) mais de l'autre main, il peut écrire ce qu'il voit sous les décombres, car il voit autrement et plus de choses que les autres, n'est-il pas mort de son vivant, n'est-il pas l'authentique survivant?"
Ftantz Kafka, Journal.
Cité par Hannah Arendt dans "Walter Benjamin 1892-1940"
Ecrit par : buntovchik | 28 décembre 2007
"Celui, qui vivant, ne vient pas à bout de la vie, a besoin d'une main pour écarter un peu le désespoir que lui cause son destin (...)
Kafka n'est jamais venu à bout de son destin, mais s'est remarquablement acquitté de sa tâche, et je ne parle pas seulement de ses livres, je parle aussi de son travail dans sa compagnie d'assurances, de la manière dont il prenait son travail à coeur, avec les ouvriers accidentés notamment.
L'anecdote du poète aveugle racontée par Max Brod en dit long sur sa délicatesse. "Il s'inclina devant lui de manière à ce que ses cheveux l'effleurassent légèrement..." Comme nous sommes loin de la "société du spectacle".
Même s'il faut de tout pour faire un monde, le monde n'a pas vraiment besoin de gens comme Kafka.
Et pourtant...
Et il nous fait bien comprendre aujourd'hui qu'il n'a pas besoin de gens comme nous...
Et pourtant...
Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007
Oyez, oyez: Miss France 2008 conserve son écharde, heu, son écharpe! Champagne!!!!
Quant à Mister France 2008, pour qui voudra, c'est lui: http://homactu.com/mister-france/
Joie, joie, joie!
Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007
Tiens Fillon envisage la suppression de la durée légale du travail... soit dit en passant.
Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007
Ah non, il dit, non pas "améliorer", mais "compléter"....
Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007
Oh, je glane des choses instructives en ce jour; tiens, à présent, c'est Raffarin (l'UMP donc) qui veut "améliorer" la loi de 1905...
http://www.lefigaro.fr/politique/2007/12/27/01002-20071227ARTFIG00400-raffarin-il-faudra-completer-la-loi-de-.php
Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007
Moi, j'ai trouvé ça. En espérant que ça ne désespérera personne :
-Monsieur veuillez excuser l'absence de mon fils, je l'ai utilisé pour mes besoins.
- Si vous ne croyez pas les mots d'excuses que je fais pour mon fils, vous n'avez qu'à demander à son père puisque c'est lui qui les fait !
- Mon fils n'aime pas sa maîtresse et mon mari non plus...
- C'est mon fils à moi et je n'ai pas à vous donner des raisons valables de pourquoi il a manqué la classe !
- Ce n'est pas moi le professeur, c'est vous ! Alors ne reprochez pas à mon fils de ne rien foutre à la maison ! Chacun son boulot !
- Demain mon fils sera absent car je pense qu'il sera malade vu que c'est l'examen...
- Vous employez toujours des grands mots ronflants, éducation physique par exemple, alors que c'est jamais que de la gym...
- Mon fils est intelligent comme sa mère et moi, c'est de famille chez nous...
- Excusez mon fils, il a des excuses.
- Ma fille ne sait toujours pas compter et on ne peut pas compter sur vous...
- Ma fille à passé l'oral par écrit...
- Ayant des diffilcutés à retenir, je suis entièrement d'accord pour que Delphine travaille aux heures de classe.
- Excusez mon fils qui a dû venir avec moi à mon enterrement...
- Je refuse de vous payer l'assurance scolaire pour les petits car moi j'élève mes enfants à la dure et si ils leurs arrivent quelque chose c'est
comme ça qu'ils apprendront que la vie c'est pas une partie de plaisir.
- 2 et 2 ça fait 4 et toutes vos réformes de l'enseignement n'y changeront rien !
- Les calculettes c'est des inventions de feignants qui ne savent même plus compter leurs tables de multiplication sur les doigts...
- Si Eric a écrit au lieu de dans la dictée, remarquez d'abord qu'il l'a écrit sans faire de faute, ce qui est normal puisque son oncle est
viticulteur dans le midi.
- Non mais regardez-vous, vous vous dites professeur et vous ne savez même pas prendre ma fille dans le bon sens !
- N'hésitez pas à taper sur mon fils s'il est trop discipliné...
- Mon fils se plaint qu'il n'a pas le droit d'aller faire ses besoins pendant les cours. N'allez pas vous plaindre après ça s'il vous inonde sa
culotte !
- Votre exercice était tellement évident que personne n'a jamais rien compris.
- Moi j'y comprends rien à vos nouvelles notes : Quand j'étais petite, ça allait de 0 à 10 et maintenant c'est des lettres de l'alphabet...A, B, C,
D, pour moi c'est du charabia et je n'arrive pas à savoir si la petite est une cancre ou une bonne élève.
- Paul est tombé hier soir de bicyclette ; il a eu le front ouvert et le pantalon déchiré. Le docteur l'a recousu et je vous le renverrai quand il sera
repassé. Mes respects.
- Irène sait déchirer la jambe a un fil de ronce. Je lui ai mit de l'alcool et une bande vieille peau autour. Je vous demanderai qu'elle ne joue pas à
la récréation. Merci
- Ma fille ne peut pas aller à l'école. Elle va du haut et du bas. Quand elle ira plus elle ira.
- Je n'est pas comprit que Gérard aille un zéro en composition d'orthographe alor qu'ici il a pas de fotes dans les dictés qu'ont lui fé fer a la
maison. Veuillé revoir sa copie. remerciement.
- Ses notes à Bernard descende tout les mois. C'est vous qui devené plus sévère ou c'est lui qui deviens paresseux. Dites le nous pour qu'on
ces vice vite.
- Vu que Léon a le ver solitaire, veuillez l'autoriser à manger son cent d'ouiches à la récréation. Merci.
- Paulette a manqué hier pour cause qu'on déménagai. Rendai lui son mot car ji ai marquer les comission derriere pour ce soir. Elle s'en
rapelera pas sans ca. Merci.
- Mireille est restée à la maison ces derniers jours car elle n'est pas dans son assiette. Je crois que c'est l'agin gras qui commence...
- Joseph ma porter les fotos. elle sont toute noire. Tacher de tirer ca au clair sinon jan veu pas. (NB : Il s'agissait de négatifs en vue d'un tirage
groupé)
- Louis a été empoisoné par de la creme au oeufs pas frais et moi aussi ainsi que mon mari. Je ne vous envoie donc qu'Isabelle aujourd'hui.
Elle na rien parce qu'elle a eu la chance d'etre puni et privé de dessert. Vous êtes toujours invité à la maison avec madame. Je vous diré le jour
quand ca ira mieux pour nous.
Ecrit par : catmano | 28 décembre 2007
On en trouve, des témoignages intéressants, sur le "Cahier pédagogol" : http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=1505
Une petite mise en bouche :
"PS As-tu constaté des différences dans la façon de travailler en classe, dans l’enseignement ou dans ce qui était demandé aux élèves ? En langues vivantes par exemple ?
EG Bon, pour les langues, ce qui me vient à l’esprit, c’est que les élèves passaient beaucoup de temps devant la télé et regardaient surtout les séries américaines sans intérêt. C’est tout bête, mais si au moins ces séries n’avaient pas été doublées, ils auraient pu entendre anglais et apprendre un peu. En fait, ma prof d’anglais était sympathique et motivante, très intéressée elle-même. Elle essayait de nous faire parler, mais ça ne marchait pas très bien...
Dans pratiquement toutes les matières, ce qui m’a frappée, c’est qu’on ne faisait que recopier, tout le temps. Les profs dictaient un texte qu’on devait noter tel quel, et c’était tout le cours ! Parfois on avait un exercice qu’on devait faire tout seul ou par paire. Si non, par exemple en histoire, la prof ne nous racontait rien, n’expliquait rien, ne commentait rien, elle nous faisait recopier un petit texte, c’est tout. Ça me paraissait absolument délirant, on ne parlait de rien, il n’y avait aucune réflexion ! Et c’était la même chose dans les autres cours : on recopiait, on recopiait, comme si ça suffisait pour apprendre. Même en dessin, on commençait par recopier un texte sur un peintre - bon, ce n’est peut-être pas inutile de savoir quelque chose sur un peintre..."
Ecrit par : Kap | 28 décembre 2007
Patrickinstit, j'ai parcouru tout votre blog pour vous écrire, mais je n'ai trouvé aucune adresse-mail !
Où vous envoyer les textes que je vous ai promis ?
Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007
Je signale la parution d'un entretien avec Jean-Pierre Demailly (GRIP) (GRIP = Groupe de réflexion interdisciplinaire sur les programmes)), Pascal Dupré (SLECC) (SLECC = Savoir Lire Ecrire Compter et Calculer), Jean-Paul Brighelli (SNALC), Christian Lage (SNETAA-eil) et Anne-Marie Le Gallo (SNALC) dans Temps futur, organe de la confédération syndicale de l'Education nationale d'oct., nov. déc. 2007
site du GRIP : http://grip.ujf-grenoble.fr
site du SLEEC : http://www.snetaa.org
site du SNETAA-eil (enseignement technique et professionnel) : http://www.snetaa.org
Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007
ERRATA :
SLECC : http://www.slecc.fr
Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007
"- Excusez mon fils qui a dû venir avec moi à mon enterrement..." : ah oui mais ça c'est encore un coup de Jean-Edern...
Ecrit par : Sergio | 28 décembre 2007
Jérémy
voici mon mail :
patrickinstit@aol.com
Je vous remercie
Ecrit par : Patrick | 28 décembre 2007
Lagarde & Michard
Ces livres étaient tellement épais que les pauvres lycéens que nous étions, en étaient impressionnés.
Les indices d'explication en marge des textes accentuaient encore plus la grandeur.
Comment pourrai-je avaler tout ca ?
Je dois l'avouer, j'étais content de les lâcher à un moment donné.
Seulement voilà 3 ans sur ebay, j'ai tout racheté pour les relire et piocher à loisir des textes.
Comment as t-on pu ?
Ecrit par : Olivier | 28 décembre 2007
A Jérémy
Pourriez-vous également m'envoyer les textes ? Merci d'avance.
magister_75@yahoo.fr
Ecrit par : Magister | 28 décembre 2007
S'il est vrai que la beauté sauvera le monde, voici encore un peu de Gracq, un extrait de "Liberté grande " consacré à l'Aubrac :
" A mi-pente, la journée respire. De cette galerie ample et couverte où glisse la route de gravier rose au-dessus du Causse gris-perdrix, on voit mûrir très bas les ombres longues dans la lumière couleur de prune. Tout commande de faire halte à ce reposoir encore tempéré où la terre penche, pour respirer l'air luxueux de parc arrosé, la journée qui s'engrange dans les rais du miel et la chaleur de l'ambre, jusqu'à ce que l'oeil gorgé revienne à la route rose qui monte sous le soleil avant de tourner dans l'ombre d'un bois de sapins, et que ta main déjà fraîchisse avec le soir - ta main qui laisse filtrer le bruit plus clair du torrent, ta main qui me rend les colchiques de l'automne."
Ecrit par : Sylvie Huguet | 28 décembre 2007
Horreur !
En ce moment, sur la page d'accueil du site de la mgen (www.mgen.fr), Philippe Mérieu vous agresse directement dans un film qui s'exécute obligatoirement ! Est-ce le début du recyclage de notre grand penseur ?
Ecrit par : Michel | 28 décembre 2007
Remarquez, on n'est pas obligé de mettre le son.
Ecrit par : catmano | 28 décembre 2007
Je viens de visiter le site de la MGEN. Si dans les prochains temps, la mutuelle connaît une révolution sémantique, nous saurons d'où elle vient... Peut-être le médicament sera-t-il débaptisé "produit de remédiation au déficit sanitaire" et le patient "guérissant potentiel"... Hahaha !
Ecrit par : Magister | 28 décembre 2007
deux raisons de rester optimiste :
ma fille tient à sa section L pour l'an prochain; objectif : devenir anthropologue....en résistant aux sirènes/harpies de la section S (je sais je sais huit ans d'études et le RMI au bout tant pis)
un entretien de Frédéric Taddei avec René Girard à propos de "Achever Clausewitz" sur une radio grand public, un véritable feu d'artifice intellectuel...
bonne année !
Ecrit par : fabienne | 28 décembre 2007
Est-ce le début du recyclage de notre grand penseur ?
Ecrit par : Michel | 28 décembre 2007
Il ne manquait plus que notre grand penseur nous privât de ses lumières dans "l'art des choix" (ainsi définit-il l'orientation scolaire).
Ecrit par : buntovchik | 28 décembre 2007
Quant à Mister France 2008, pour qui voudra, c'est lui: http://homactu.com/mister-france/
Joie, joie, joie!
Ecrit par : Pendariès | 28 décembre 2007
Passionnant! J'ai trouvé grâce à vous un site de chemises sur mesures... Merci, Pendariès.
Ecrit par : dobolino | 28 décembre 2007
Remarquez, on n'est pas obligé de mettre le son.
Ecrit par : catmano | 28 décembre 2007
Pour faire avancer l'âne ardéchois, c'est plutôt mal conseillé.
Ecrit par : buntovchik | 28 décembre 2007
Julien Gracq a aussi merveilleusement parlé de la Bretagne où il vécut et enseigna (à Quimper et à Nantes où il retrouva les traces de son cher Jules Verne). Il se trouve que c'est aussi ma patrie d'élection (Quimper surtout et le Finistère).
Il y a une merveilleuse géographie imaginaire chez Gracq, une "géographie du coeur" :
" Pour ceux qu’elle aura choisis, c’est peu de visiter la Bretagne ; il faut la quitter en souhaitant d’y vivre, l’oreille contre ce profond coquillage en rumeur, et son appel est celui d’un cloître au mur défoncé vers le large : la mer, le vent, le ciel, la terre nue, et rien : c’est ici une province de l’âme. "Les Celtes, écrit Flaubert dans Salammbô, regrettaient trois pierres brutes, sous un ciel toujours pluvieux, au fond d’un golfe rempli d’îlots."
Lettrines, extrait de Tableau de Bretagne, p.217 et suivantes.
Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007
Remarquez, on n'est pas obligé de mettre le son.
Ecrit par : catmano | 28 décembre 2007
Pour faire avancer l'âne ardéchois, c'est plutôt mal conseillé.
Ecrit par : buntovchik | 28 décembre 2007
On reconnaît les lecteurs de Stevenson ! Mais ses ânes ardéchois sont plus symptahiques que l'âne art des choix.
Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007
L'anar déchoit ? Bonne nouvelle !
Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007
En tout cas, l'anar déçoit.
Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007
Philippe Meirieu sur la page d'accueil de la MGEN! Cela veut bien dire où vont les sympathies de la MGEN.
Sans le son, on n'a que les mimiques du personnage, toutes les mimiques, la panoplie complète. Un poseur de première! Pas sérieux, le sire! Aussi insignifiant à l'oral qu'à lécrit! Mais combien d'imbéciles l'ont considéré comme un penseur...!
Ecrit par : Jean | 28 décembre 2007
un entretien de Frédéric Taddei avec René Girard à propos de "Achever Clausewitz" sur une radio grand public, un véritable feu d'artifice intellectuel...
bonne année !
Ecrit par : fabienne | 28 décembre 2007
Bienvenue au club des "mordus" !
C'est Pandariès qui est le premier, s'il m'en souvient, à avoir parlé d' " Achever Clausewitz" , le "testament philosophique" de René Girard, sur ce blog.
Girard est un merveilleux dévoileur d'énigmes, un déchiffreur hors pair des "signes des temps" : son interprétation du célèbre passage de Nietzsche sur "Le Dernier homme" (le meurtrier de Dieu) dans "Ainsi parlait Zarathoustra" et maintenant l'impensé ou l'impensable de Clausewitz : la politique courant derrière la guerre, le duel à mort, la montée aux extrêmes, les premiers grondements de l'Apocalypse (anéantissement ou révélation ?)
Ecrit par : Robin | 28 décembre 2007
Bonjour,
Dans quel livre Girard évoque-t-il le dernier homme de Nietzsche ? Cela m'intéresse beaucoup.
Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 28 décembre 2007
"Philippe Meirieu sur la page d'accueil de la MGEN! Cela veut bien dire où vont les sympathies de la MGEN."
Jean, vous ne savez donc pas que dans les IUFM, on nous enjoint de souscrire à la sécu MGEN (ca c'est logique), mais aussi à la complémentaire MGEN ?
Et qu'on nous distribue en meme temps que les papiers administratifs des formulaires pour adhérer à la MAIF ???
Je pensais que c'était de notoriété publique...
Ecrit par : Jeremy | 28 décembre 2007
Dans le Monde ce matin, sous la plume de Luc Cédelle ce scoop: " L'apprentissage de l'histoire et de la géographie dépend étroitement de la maîtrise de la langue"!
Et cette découverte fabuleuse des rapporteurs du ministère de la Castration nationale: "entre ces deux groupes, un peu plus de la moitié des élèves (54,3%) ne maîtrisent certainement pas les compétences attendues, mais devraient pouvoir profiter de l'enseignement du collège".
Chacun jugera l'un des sens de cette découverte de nos technocrates évaluateurs des évaluations du ministère. Ne sonne t-elle pas aussi comme la véritable maxime juridique de l'école: quand bien même vous n'enseignerez rien, les élèves en tireront du profit. On ne peut pas être plus explicite et plus cynique.
Ecrit par : buntovchik | 29 décembre 2007
Bonjour,
Dans quel livre Girard évoque-t-il le dernier homme de Nietzsche ? Cela m'intéresse beaucoup.
Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 28 décembre 2007
A la fin de "Violence et Vérité, colloque de Cerisy autour de René Girard, sous la direction de Paul Dumouchel (1985) aux éditions Fasquelle.
Girard a crée la stupeur avec cette "explication de texte" qui montre pas à pas et mot à mot que Nietzsche interprètait "la mort de Dieu" en termes de sacrifice et non en termes de "révolte romantique-athée".
Ce texte de Girard est un très grand moment du colloque, son point culminant.
Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007
Bonjour,
Dans quel livre Girard évoque-t-il le dernier homme de Nietzsche ? Cela m'intéresse beaucoup.
Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 28 décembre 2007
Le recueil des actes du coilloque a été également publié chez Grasset.
J'ai l'ouvrage sous les yeux (pas facile, je suis en plein déménagement et c'est un des seuls livres de philo. à ne pas être en caisse.)
Le commentaire de Nietzsche porte en fait sur l'aphorisme 125 du "Gai savoir" qui commence ainsi :
"N'avez-vous pas entendu parler de cet homme insensé qui, ayant allumé une lanterne en plein midi, courait sur la place du marché et criait sans cesse : "Je cherche Dieu ! Je cherche Dieu !" Et comme là-bas se trouvaient précisément rassemblés beaucoup de ceux qui ne croyaient pas en Dieu, il suscita une grande hilarité (...)
Girard s'attarde sur la phrase suivante : "Nous l'avons tué - vous et moi ! Nous sommes tous ses meurtriers !" "Wir haben ihn getotet - ihr und ich ! Wir alle sind seine Morder."
Eternel retour du "meurtre fondateur" !
Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007
Le commentaire de Nietzsche porte en fait sur l'aphorisme 125 du "Gai savoir" qui commence ainsi :
J'ai tapé trop vite. Lire :
Le commentaire de R. Girard porte en fait sur l'aphorisme 125 du "Gai Savoir" de Nietzsche qui commence ainsi :
Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007
Oui, mais vous évoquiez le "dernier homme" . Je pensais à ceux qui disent : "Wir haben das Glück erfunden..." dans le Zarathoustra. Girard parle-t-il d'eux ? En effet, ce qui me semble ne pas apparaître chez Girard, c'est l'analyse de ce qui est tout à fait nouveau dans la modernité, telle qu'elle me semble assez justement annoncée par Nietzsche.
Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 29 décembre 2007
Oui, mais vous évoquiez le "dernier homme" . Je pensais à ceux qui disent : "Wir haben das Glück erfunden..." dans le Zarathoustra. Girard parle-t-il d'eux ? En effet, ce qui me semble ne pas apparaître chez Girard, c'est l'analyse de ce qui est tout à fait nouveau dans la modernité, telle qu'elle me semble assez justement annoncée par Nietzsche.
Ecrit par : Nicolas Lakshmanan-Minet | 29 décembre 2007
Girard s'attache à analyser le fragment 125 du "Gai savoir" et il fait le lien avec le Zarathoustra; il est tout à fait conscient de la dualité de Nietzsche qui est au coeur de son génie et il faut bien le dire aussi de sa folie :
"L'aphorisme 125 ne relève pas d'une conception simple. Il a dû se transformer en cours d'élaboration. Je supposerais volontiers que Nietzsche est parti de la situation moderne. C'est d'abord à la mort du Dieu chrétien qu'il songe, en un sens encore banal, analogue à celui des exégètes de l'aphorisme.
En cours de route, cette mort devient meurtre en vertu de la passion chrétienne, véritable "refoulé" qui opère son retour. Tout à l'heure, j'ai signalé une anomalie. La première mort de Dieu ne débouche pas sur la restauration du sacré et de l'ordre rituel, mais sur une décomposition du sens tellement radicale et irrémédiable qu'un abîme sans fond s'ouvre sous les pas de l'homme moderne.
Cet abîme, on a l'impression, dans l'aphorisme, qu'il se referme enfin, quand la deuxième annonce débouche, cette fois sur l'ordre du surhomme et de Zarathoustra. L'aphorisme affirme l'éternel retour. Mais il en révèle le moteur, le meurtre collectif de victimes arbitraires. Il va trop loin dans la révélation. Il détruit son propre fondement.
Le moteur des cycles, c'est la victime émissaire bien entendu, dont l'innocence une fois révélée nous empêche de croire au bien-fondé de la souffrance des autres et, brisant de ce fait le ressort de l'éternel retour, nous fait déboucher cette fois sur l'idée d'une fin sans commencement..."
(Violence et Vérité, page 612-613)
Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007
Retour de la littérature???? caisseàdire??? Aussi loin que l'on remonte dans la Vème république et, à fortiori avant, force est de constater que la littérature, la vraie, pas Guy des Gares, Bourget, Ohnet, Pixérécout, et aujourd'hui, des lévy, Darrieussecq, Beigbeder etc, la "grande littérature" n'a jamais été universelle. Jamais. C'est d'ailleurs ce qui fait l'essence même de la littérature, ne pas se dévoiler. Sinon, c'est du batelage de foire. Cependant, par la grâce des anthologies ET du Lagarde et Michard, le moindre gosse de pue-la-sueur avait un accès inouï et irremplaçable (d'ailllerus irremplacé) à cette littérature. Alors les fins esprits aussi superficiels que germanopratins, ceux ,en particulier de la bande d'Assouline, dont je fais partie ou ce dingue d'Asensio sur "Stalker" pourront bien cracher tout leur mépris, toutes leurs hémorroïdes contre Lagarde et Michard, je maintiendrai contre vents et marées que ce fut un sommet de la pédagogie littéraire. Pour ma part, j'y ai découvert un je ne sais quoi de sublime, dans ces courtes et allusives "sa vie son oeuvre", comme par exemple, je ne sais pourquoi ,celle d'Agrippa d'Aubigné, qui évoque irrésistiblement ,par la magie de simples mots, les pluies d'été sur les cuirasses et les Monts du Forez enveloppés de brume. Et,plus tard, y passant, entre Boên et Montbrison, je me souvins de cet Agrippa d'Aubigné et de la pluie ruisselant sur sa cuirasse de métal noir, mouillant la crinière de son cheval roux.....
Alors qu'une pédagoladygo de mes deux "vienne à Canossa" comme vous le dites, c'est plutôt bon signe, non...signe que
1) l'avenir sourira grâce aux femmes, ce que j'ai toujours pensé, et ce que ne pense ppas, manifestement ce vieux nazi de Perwez Musharraf qui a laissé tuer Benazir Butée...
2) les années Meirieu toucheraient-elles à leur fin??? Hallelujah!!! Jouez hautbois, résonnez musettes!!!! On pourra donc aller pisser sur la moquette des IUFM, démolir les CRDP.....je n'ose y croire.
Sinon, tout le toutim de voeux en vrac (tiens, j'avais écrit veaux) pour tous.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 29 décembre 2007
Avec Bentolila conseiller de Darcos, ce n'est pas gagné.
Ayez le courage de lire ses 40 pages de pathos sur les Maternelles, ce n'est pas triste.
En voici un petit passage typique de ses envolées lyriques, qui n'ont pas grand-chose à envier à celles de Meirieu.
"Ce sont aussi les enfants du malentendu, (les enfants qui entrent dans l'Ecole de la République en état de grande insécurité linguistique. A.M.V.)c'est-à-dire ayant noué avec le langage un malentendu fondamental : ils n’ont aucune idée de ce qui légitime et justifie l’effort et le soin de la mise en mot ; la volonté de laisser une trace d’eux-mêmes sur l’intelligence d’un autre leur est totalement étrangère.
Ils arrivent donc à l'école déjà résignés à n'avoir aucune prise sur le monde, à ne revendiquer aucun pouvoir linguistique et intellectuel sur les autres ; ils ont déjà renoncé à la conquête collective du sens pour ne plus s'occuper que de se protéger individuellement d'un monde où les menaces leur paraissent l'emporter largement sur les promesses. "
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 29 décembre 2007
Un autre extrait :
"Par la suite, dès la GS, on complètera ces ateliers par une réflexion sur le passage du faire à l’appris, c’est-à-dire tenter de trouver au-delà de la tâche la compétence travaillée.
Ce travail sur le transfert pourra aller jusqu’à essayer de faire découvrir le lien entre certains apprentissages et des actes de la vie quotidienne : on a classé des mots, on a découvert qu’on peut utiliser un principe : l’ordre alphabétique.
Si l’on connaît cet ordre, on peut facilement trouver un mot
sans le lire dans le dictionnaire.
Un début de transfert pourra se faire quand un élève constatera que c’est le même ordre qui régit l’annuaire téléphonique, ce transfert sera total quand un autre proposera d’utiliser ce principe pour classer les recettes de sa mère ou ses vignettes de footballeurs."
Voici le lien:
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/docsjoints/Bento-mater.pdf
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 29 décembre 2007
Cela confirme ce que j'écrivais par ailleurs : prenez un homme de bon sens et faites-en un ministre... On ne refait pas les hommes !
Cela dit, soyons certains que ce texte a été ourdi par les habituels gratte-papiers de cabinet qui usent à merveille de la novlangue... qui revient au galop après deux campagnes électorales marquées d'un relatif franc-parler dont nous savons qu'il fut simplement stratégique.
Ecrit par : Magister | 29 décembre 2007
Merci, Montaigneàcheval, pour ce bel hommage au Lagarde et Michard. C'est lui qui m'a formée, et je lui suis toujours restée fidèle. Elève, je lisais les textes de A è Z et je me précipitais ensuite pour découvrir les oeuvres complètes dont les extraits m'avaient fascinée. En tant que professeur, j'ai continué à l'utiliser à une époque -les années soixante-dix- où mes collègues conspuaient à qui mieux mieux ce concentré de "culture bourgeoise". Ces dernières années encore, il m'arrivait d'en photocopier des pages pour les distribuer à mes élèves, puisqu'il était interdit de faire acheter une collection par siècles . Je ne me suis jamais servie de l'épouvantable manuel construit par séquences que j'étais censée utiliser.
Ecrit par : Sylvie Huguet | 29 décembre 2007
Dans le rapport de Bentolila, on peut aussi relever cette belle contradiction :
« L’organisation et la rotation du travail en petits groupes, qui sont une nécessité pédagogique, ont souvent des conséquences très inquiétantes sur les temps réels d’apprentissage à l’école maternelle. Les séquences où l’apprentissage s’effectue sous le contrôle attentif et lucide de l’enseignant sont en fait extrêmement réduites.
Dans une journée d’école maternelle se succèdent en effet des temps d’activités bien différents.
On constate une alternance entre des moments où tout le groupe classe est réuni autour de l’enseignant pour une activité éducative orale et collective (rituels, chants et comptines, motricité et souvent expression libre), et des temps de travaux en petits groupes, les ateliers. [...]On pourrait espérer que les élèves fassent au cours de la journée au moins deux ateliers par rotation mais, la plupart du temps, les groupes tournent sur les 4 jours de la semaine. Un élève fera donc chaque jour un seul atelier avec une fiche ou exercice écrit, et sur la semaine, il ne sera qu’une seule fois dans le groupe contrôlé par l’enseignante. On admettra qu’une demi-heure par semaine d’apprentissage directement accompagnée par la maîtresse apparaît plus qu’insuffisant. »
et :
« Il faut bien reconnaître qu'en matière de communication orale, les démarches pédagogiques ne sont pas faciles à mettre en œuvre : elles supposent en effet des moyens et une formation dont peu de maîtres disposent. Ne l'oublions pas ! Les paroles s'envolent ; de ce fait, il est délicat de travailler sur une matière aussi volatile et éphémère que l'oral ; ajoutons à cela que l'on a affaire à une trentaine d'élèves dont les capacités de parole et d'écoute sont extrêmement inégales, et l'on comprendra pourquoi il n'est pas simple de programmer et de vérifier des avancées significatives en communication orale. De ce point de vue, il conviendra de chercher les moyens qui permettront aux enseignants de pouvoir travailler efficacement en ateliers de sept ou huit élèves sans avoir à se demander ce qu’ils vont faire des autres. »
Alors, groupes ou pas, ateliers tournants ou pas ?
Ecrit par : catmano | 29 décembre 2007
bonjour à tous!
une question pratique , très simple,et très éloignée de Canossa.....:quelle position d'écriture doit avoir(doit-il en avoir une de préférence?) un enfant gaucher?Pourrais-je avoir un avis compétent?
Je précise les raisons de ma demande:je suis surprise que sa maîtresse conseille au petit-fils de mon mari de pencher considérablement sa feuille (presque à l'horizontale)"pour qu'il voie ce qu'il écrit".
J'ajoute qu'enseignant en lycée(et complètement ignare des pratiques en grande section de maternelle et au CP,je suis toutefois frappée de voir d'année en année de plus en plus d'élèves(droitiers ou gauchers)qui tiennent leurs feuilles de façon bizarre et forment leurs lettres de manière très "personnelle":y a-t-il une évolution des pratiques vers plus de liberté ou ....simplement négligence?
Ps:je garde moi aussi une tendresse reconnaissante à Lagardémichard et je me souviens du jour où le sieur Michard a inspecté mon professeur d'hypokhâgne,qui avait décidé(c'était à Nice,"sous" l'ère Médecin-et juste avant les élections qui ont amené Giscard à l'Elysée)de nous faire un cours magistral(dans le grand sens du terme),,sur un extrait de Lucien Leuwen ,démontant les basses manoeuvres électorales de province...Culture bourgeoise,peut-être,mais art savoureux....Tout le monde avait le sourire en sortant de classe...
Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007
Je vous copie un extrait d'un livre édité par une rééducatrice en écriture (Le geste d'écriture, D. Dumont) récemment (2006) :
"L'apprentissage de l'écriture est le même pour les gauchers que pour les droitiers à cette nuance près que leur feuille doit être inclinée vers la droite et non vers la gauche de sorte qu'ils voient la ligne déjà écrite, l'angle d'inclinaison étant un peu plus grand que pour les droitiers."
J'ai fouillé un peu dans le bouquin, mais je n'ai pas trouvé quel angle d'inclinaison cette dame conseillait pour les droitiers.
Pour répondre à votre question sur l'apprentissage de l'écriture en GS et CP, je dirais que les deux raisons que vous évoquez sont toutes aussi valables l'une que l'autre, on pourrait même en ajouter une troisième, issue du grand courant constructiviste, chaque enfant construisant lui-même un "dessin" qui lui semble logique et lui permet d'obtenir un tracé du mot qui "ressemble" le plus possible, selon lui, à celui que le maître lui fournit. C'est ainsi qu'il produira par exemple un "o" différent, selon les lettres auquel celui-ci est relié.
Ecrit par : catmano | 29 décembre 2007
bonjour à tous!
une question pratique , très simple, et très éloignée de Canossa.....:quelle position d'écriture doit avoir(doit-il en avoir une de préférence?) un enfant gaucher? Pourrais-je avoir un avis compétent?
Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007
Ceci n'est pas un avis compétent, mais une réflexion de M Bertrand Poirot Delpech dans sa réponse au discours de réception à l'Institut de Michel Serres, en 1991 je crois bien.
" Il n’y aurait de saisie profonde des choses et des idées que chez les gauchers sommés de vaincre leur tare !
Allons bon ! Moi qui croyais que de tels dressages rendaient les enfants bègues ou pervers ! Pervers, comment en jurer ? Bègue, il n’y paraît guère. Encore une réforme que les éducateurs vont devoir assimiler, les pauvres ! Mais chut ! Je me suis juré que, de réforme, il ne serait pas question aujourd’hui. Nous sortons d’en prendre..."
Ecrit par : buntovchik | 29 décembre 2007
A Wacongne
Bonjour,
Je ne sais pas si mon avis peut être considéré comme compétent ou pas ! Disons que je vous réponds en tant qu'instit qui accorde beaucoup d'importance à la tenue des cahiers ainsi qu'à l'écriture -avec une attention toute particulière pour ses gauchers- et en tant que gauchère dotée paraît-il d'une jolie écriture.
Pour ce qui concerne la position du cahier, je vous dirai qu'il n'y a aucune raison pour qu'elle soit foncièrement différente de celle des droitiers. Il s'agit de placer le cahier (ou la feuille) verticalement, en le décalant légèrement sur la gauche par rapport au corps, afin que le bras ne soit pas gêné par le thorax quand la main arrive en bout de ligne. Dans certains cas -notamment pour écrire sur des grands formats- il peut être utile d'incliner très légèrement le cahier en suivant le sens des aiguilles d'une montre, mais alors très légèrement !
La position horizontale du cahier, bien qu'elle soit de plus en plus répandue, est à mon sens une aberration non seulement pour l'ergonomie mais également pour la correction orthographique et syntaxique (bonjour la relecture !).
Pour ce qui concerne la position de la main, là aussi, il n'y a aucune raison pour laisser ces malheureux élèves adopter des postures tarabiscotées voire torturées. Je pense en particulier à une posture très répandue dans laquelle la main se trouve au dessus de la ligne d'écriture et forme un angle droit avec l'avant-bras. Non seulement cela rend quasiment impossible l'usage d'un stylo-plume mais de plus c'est épuisant au bout de quelques heures. Donc, même posture que pour un droitier.
La seule réelle différence, à mon avis, se situe dans le traçage de lignes, que ce soit à main levée ou avec un règle. Pour un gaucher, le geste est plus aisé, plus assuré et le rendu plus précis quand il trace de droite à gauche.
Enfin, apprendre à écrire à un jeune gaucher au CP ne pose pas de problème majeur et demande seulement un peu plus d'attention, en particulier quand de mauvaises habitudes ont été prises en maternelle. En revanche, pour récupérer les plus grands, au CM par exemple, c'est beaucoup plus difficile mais je peux vous dire par expérience que c'est possible et que le jeu en vaut la chandelle.
Ecrit par : Un hussard | 29 décembre 2007
A propos des "Lagarde et Michard", c'est comme pour les "Tintin" : on peut les dévorer de 7 à 77 ans ! D'autant que leur iconographie attrayante est propice à la capture des lecteurs, quel que soit leur âge, en particulier quand ils s'intéressent également à l'Histoire.
Il suffit juste... d'avoir appris à lire !
Ecrit par : Un hussard | 29 décembre 2007
Catmano et Un hussard,
grand merci pour vos explications!J'y vois plus clair...
Mais en tant que gauchère qui écrit à droite,(sans souvenir de dressage), je reste perplexe devant la remarque de Buntovchik....dans quel état j'erre ...?
Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007
je reste perplexe devant la remarque de Buntovchik....dans quel état j'erre ...?
Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007
Rassurez-vous wacongne, l'Etat gère parfaitement cette difficile question comme Un hussard et catmano (nos maîtresses expertes en la matière d'écriture graphique) viennent de nous le montrer.
Ecrit par : buntovchik | 29 décembre 2007
Exactement, un hussard ,et si vos saviez à quel poinnt vous avez mis dans le mille mimile!!! Parce que ,voyez, moi, je double fils d'agrégés brillantissimes , Ou fils de doubles agrégés brillantissimes. Mon paternel , traducteur célèbrissime et gnagnagni....seulement moi,, petit prof de Sciences humaines (permettez que je me marre!!") perdu devant l'immense bouse métaphysique, tous les frissons que j'eus, littéraires s'entend, ce fut aux gogues en lisant des heures entières les extraits de La Bruyère, de La Rochefoucauld ou -t, sais plus, rien à branler, ou bien comme le Lagarde et Michard explique le jansénisme. Sans cela, je n'aurais JAMAIS rien compris à rien......et puis, et puis, ça nous donneait envie de briser la subtile censure organisée justement pour qu'on la brisât.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 29 décembre 2007
Il faut dire que, quand nous étions mômes, les livres "pour enfants" étaient lus si vite que c'était une sacrée chance de pouvoir se jeter dans les Lagarde et Michard pendant les longs week-ends pluvieux. Au moins, il y avait de quoi s'évader pour un bon moment !
Les petits classiques Larousse à couverture violette étaient sympas aussi : "Les trois contes" de Flaubert, "La légende des siècles", "Les discours des orateurs de la Révolution française"... "Le Cid" et "Cinna" aussi. Même si on ne comprenait pas tout, les vers de Corneille, ça avait vraiment de la gueule. Et puis les petits classiques étaient si pratiques pour la lecture en clandestin, avec la lampe de poche sous les couvertures, après l'extinction des feux !!!
Ecrit par : Un hussard | 29 décembre 2007
Oui, mais vous évoquiez le "dernier homme" . Je pensais à ceux qui disent : "Wir haben das Glück erfunden..." dans le Zarathoustra. Girard parle-t-il d'eux ? En effet, ce qui me semble ne pas apparaître chez Girard, c'est l'analyse de ce qui est tout à fait nouveau dans la modernité, telle qu'elle me semble assez justement annoncée par Nietzsche.
Je n'aurais pas dû parler du "dernier homme" qui n'est pas l'homme à la lanterne de l'aphorisme 125 du "Gai Savoir".
Le "dernier homme" pour Nietzsche, si j'ai bien compris, est l'athée vulgaire qui ne tire aucune conséquence de "la mort de Dieu". C'est celui qui se moque de l'homme à la lanterne qui, comme Diogène, "cherche un homme"
la troisième figure est évidemment celle du "surhomme" qui surmonte la mort de Dieu pour prendre en quelque sorte la place du Dieu mort.
Mais ce qui est absolument fascinant dans l'aphorisme 125, c'est que Nietzsche affirme, contrairement aux Lumières et à toute la postérité philosophique moderne (Heidegger en particulier) que cette mort n'a rien de naturelle, qu'il s'agit en fait d'un meurtre rituel.
Ce qui est fascinant aussi et Girard l'explique très bien, c'est l'aveuglement de l'herméneutique moderne à propos de ce fragment où chacun répète que Nietzsche ne parle que de la mort naturelle de Dieu (la fin de la superstition et la nécessité de passer d'un athéisme vulgaire à un athéisme "raffiné"), alors que Nietzsche parle de toute autre chose.
Nietzsche est trop averti des soubassements religieux de la pensée grecque pour ne pas se contenter come Heidegger de ne remonter qu'aux présocratiques. Il sait très bien de quoi il est question quand il parle de Dionysos.
Son drame, si l'on peut dire, c'est qu'il n'a jamais réussi à choisir entre Dyonisos et le Christ.
C'est sa grandeur et c'est pourquoi l'Ange de la compassion le veillait dans l'extrême enfance de sa raison dévastée.
Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007
Son drame, si l'on peut dire, c'est qu'il n'a jamais réussi à choisir entre Dyonisos et le Christ.
Drame qui préfigure hélàs aussi le destin historique du peuple allemand.
A partir du moment où l'on renonce délibérément aux valeurs antisacrificielles du judéo-chistianisme, on ne revient pas en-deçà vers une sorte d'innocence païenne "équilibrée" car le judéo-chistianisme a rendu le sacrifice inopérant en dévoilant l'innocence des victimes (en ne prenant pas partie pour Caïn comme tout Romain l'aurait fait - après tout, Abel n'est jamais que le "frère jumeau" de Rémus - à travers tout le mouvement prophétique... Isaïe : "Tu n'as voulu ni sacrifice, ni holocauste, alors j'ai dit : "Voici, je viens"...jusqu'à ce point culminant que constitue la Passion du Christ, sans oublier le sourire désarmé (et désarmant pour "les hommes de bonne volonté") de l'enfant de Noël, puisque nous y étions.
Il faut de plus en plus de victimes sacrificielles, toujours sacrifiées en vain. C'est l'essence même du "nihilisme" moderne.
Nietzsche le pressent puis rêve à nouveau d'une impossible innocence "aurorale" en-deçà, puis au-delà avec son "surhomme".
C'est encore une fois sa grandeur, cette oscillation tragique et il en a payé le prix fort. On ne peut pas en dire autant de tous ses émules.
Ecrit par : Robin | 29 décembre 2007
Ils arrivent donc à l'école déjà résignés à n'avoir aucune prise sur le monde, à ne revendiquer aucun pouvoir linguistique et intellectuel sur les autres ; ils ont déjà renoncé à la conquête collective du sens pour ne plus s'occuper que de se protéger individuellement d'un monde où les menaces leur paraissent l'emporter largement sur les promesses. "
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 29 décembre 2007
Ce texte d'Alain Bentolila est symptomatique de l'évolution actuelle du pédagogisme; on le voit aussi chez P. Meirieu qui incrimine désormais lui aussi l'environnement (médias, contexte socio-culturel, politque, etc.) dans son dernier livre et ses dernières positions médiatiques.
Cette position est commode ; elle contient une partie de vérité (en partie seulement) ; mais elle permet surtout de relativiser la question des méthodes et des contenus et finalement de dénouaner le pédagogisme.
Ce n'est pas faire de P. Meirieu et de ses émules des "boucs émissaires" que de souligner leur responsabilité historique de dans la situation actuelle. Mais il ne faut évidemment pas en rester là. Nous avons des choses plus importantes à faire.
Le pédagogisme, comme on disait en mai 68, appartient désormais aux poubelles de l'Histoire.
Des gens comme Meirieu et Bentolila savent très bien que leurs idées ont échoué, mais ils tiennent à conserver l'influence quil leur reste. Cette influence s'amenuise et c'est tant mieux si un Bentolila se rapproche mine de rien de nos positions.
En tant qu'enseignants, nous n'avons pas de prise directe sur "l'environnement", mais il nous appartient d'agir sur les contenus et les méthodes.
J'ai cité l'autre fois le congrès national du SNALC à Dijon et le dernier numéro de "Temps futurs". Il me semble qu'après la phase de dénonciation et de critique, nous entrons actuellement dans une phase de "reconstruction qualitative", (SLEEC, GRIP, mouvement de pédagogie explicite de B. Appy)
Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007
Pour Wacongne
Sur 25 élèves de CP ; deux sont gauchers. Aucune différence dans la tenue du cahier au bout de 3 mois de classe. Il faut le vouloir et l’exiger des élèves. *
J’attache beaucoup d’importance à la belle écriture. On me rétorquera que l’écriture est l’intelligence des sots ! Il me semble qu’ exiger en petites classes le bien écrire est une porte d’entrée à une meilleure rigueur personnelle.
Ayant eu pendant 15 ans des CM, je ne pouvais que constater un laisser aller : accents inexistants ou non francs, majuscules approximatives …gestuelle à rebours etc
Donc pour moi cette année, ayant de nouveau un CP j’insiste pour obtenir une écriture conforme : une dizaine de lignes chaque jour , avec paragraphes , ponctuation, mise en page.
Cela peut paraître excessif mais ils en sont capables...
.
La gestuelle était travaillée en début d’année sur un classeur porte vues où figurent sur des feuilles des lettres minuscules et majuscules , cursives . L’élève y calquait avec son Weleda pour apprendre la continuité du geste avant tout. Certains y reviennent quand la gestuelle ne me convient pas.
Les CP prennent plaisir à ces arabesques folles !
La précision ne s’affinant que dans la répétition des lettres et mots sur un lignage progressivement diminué : 3,5 mm puis 3mn et enfin 2,5 mm . Le changement de cahier n’étant réservé qu’à l’élève qui progresse.
J’ai la même exigence sur l’ardoise Weleda et nous en faisons beaucoup au cours de la journée !
Pour le maintien du cahier je souscris à ce qui a été précédemment dit .
L’écriture ainsi valorisée satisfait les enfants d’autant plus que le texte d’écriture du matin reprend toujours un fait de classe ou d’école. : Maman apporte de la rhubarbe , un tel nous parle de sa sortie du Week end en Camargue, l’autre de sa venue des cousins parisiens…
C'est un gaucher contrarié qui vous écrit :-)
J'écris de la main droite mais en sport tous mes appuis se font à gauche :-)
Ecrit par : Patrick | 30 décembre 2007
En effet, ce qui me semble ne pas apparaître chez Girard, c'est l'analyse de ce qui est tout à fait nouveau dans la modernité, telle qu'elle me semble assez justement annoncée par Nietzsche.
Il me semble que ce dernier homme qui ne croit plus à rien et qui cligne de l'oeil en disant : "Nous avons inventé le bonheur", préfiguration du consommateur satisfait (et jamais satisfait), relève de l'analyse du désir mimétique (on ne désire les objets, les êtres...que dans la mesure où ils sont désirés par d'autres).
L'athée "vulgaire" de Nietzsche ne croit plus en Dieu, certes, mais à d'innombrables "idoles" (les objets et surtout "les autres").
Nietzsche a bien vu à quel appauvrissement de la vie humaine et sans doute aussi à quel abîme de frustration le conformisme du désir conduisait l'homme contemporain et propose le "surhomme" et de la "volonté de puissance" qui ne sont malheureusement qu'une exhaltation démesurée (au sens grec du terme) du désir mimétique.
Girard va dans le sens d'une "déconstruction" (presque au sens de Derrida) du désir mimétique auquel aucun d'entre nous n'échappe jamais tout à fait, il faut en être conscient : "Qui veut faire l'ange fait la bête".
J'opterais, pour ma part, après la "déconstruction", en ces temps de consommation (vous savez ce que c'est si vous avez des enfants) pour une forme de lucidité ironique.
Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007
En tant que professeur, j'ai continué à l'utiliser à une époque -les années soixante-dix- où mes collègues conspuaient à qui mieux mieux ce concentré de "culture bourgeoise".
Ecrit par : Sylvie Huguet | 29 décembre 2007
Ah! Oui... C'est bien ce qu'on m'a dit en tant qu'élève de lycée, de septembre 1973 à juin 1975. J'ai baigné dans le stencil qui s'efface et dans l'œuvre complète, exclusivement d'auteurs de "gauche" des XIX° et XX° siècles. On m'a bien expliqué qu'en tant que polard matheux miteux, j'étais le summum de la nullité intellectuelle et on me l'a démontré jusqu'à obtenir de moi l'admiration béate devant ces professeurs évolués et impliqués dans la vie intellectuelle du pays, moi pauvre petite scientiste sans conscience et sans envergure, tout juste apte à un immonde bachotage et qui s'inquétais un peu de n'avoir jamais étudié Montaigne, Montesquieu ou Racine. Obstruée des méninges, j'étais...
Avec quelle joie ai-je applaudi à un emploi du temps de Terminale sans heures de Français! Quatre heures d'insultes et d'humiliations en moins!
Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007
J’attache beaucoup d’importance à la belle écriture. On me rétorquera que l’écriture est l’intelligence des sots ! Il me semble qu’ exiger en petites classes le bien écrire est une porte d’entrée à une meilleure rigueur personnelle.
Ecrit par : Patrick | 30 décembre 2007
Ma spécialité étant en quelque sorte la gymnastique et la chorégraphie, je trouve très dommage que des instituteurs se sentent un peu coupable (en regard de leur hiérachie?) de faire faire de la calligraphie à leurs élèves. Je me réjouis d'apprendre que ce n'est pas le cas de Patrick.
C'est pourtant un des moyens sûrs dont nous disposons pour faire entrer les enfants dans l'univers artistique des formes, des rites, des traditions toutes ces choses bien faites pour nous empêcher de mourir de la vérité, aurait dit Nietsche.
J'enseigne sans complexes l'EPS à une classe de musiciennes et danseuses (je suis aussi leur professeur principal) ce qui me donne à voir et à juger les effets d'une éducation qui ne considère pas simplement l'écriture comme une incrustation du dire dans des signes séparés du corps, mais à l'inverse transforme le corps en signe et écriture de signes. Roland Barthes avait écrit en son temps un fort beau livre à ce sujet: "l'Empire des signes", si je ne l'abuse.
Dans la plupart des grands conservatoires mondiaux (Moscou, Pékin, Tokyo, Paris...) les "petits rats" sont systématiquement initié(e)s aussi aux arts calligraphiques. Cela n'est pas sans raison.
Mais la faire comprendre à nos gestionnaires technocrates du ministère de l'EN relèverait du pari stupide. La cause étant entendue que l'écriture n'est rien d'autre qu'un moyen technique de brouetter de l'information. Alors peu importe comment les enfants y sont initiés!
Ecrit par : buntovchik | 30 décembre 2007
D'ailleurs, mon époux, en 1970/71, avait pris le français optionnel en terminale C. Ils étaient trois sur toutes les TC du lycée Alain Borne (Montélimar). Ils ont supporté un trimestre d'humiliations puis ont laissé tomber...
Quelle sale époque! J'en tombe d'accord avec Cadichon, presque...
Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007
sur un extrait de Lucien Leuwen ,démontant les basses manoeuvres électorales de province...Culture bourgeoise,peut-être,mais art savoureux....Tout le monde avait le sourire en sortant de classe...
Ecrit par : wacongne | 29 décembre 2007
Ouais! Faut reconnaître que c'est franchement savoureux quand on s'extraie du matérialisme de son compte en banque...
Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007
extrait!
Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007
Roland Barthes avait écrit en son temps un fort beau livre à ce sujet: "l'Empire des signes", si je ne l'abuse.
Dans la plupart des grands conservatoires mondiaux (Moscou, Pékin, Tokyo, Paris...) les "petits rats" sont systématiquement initié(e)s aussi aux arts calligraphiques. Cela n'est pas sans raison.
Mais la faire comprendre à nos gestionnaires technocrates du ministère de l'EN relèverait du pari stupide. La cause étant entendue que l'écriture n'est rien d'autre qu'un moyen technique de brouetter de l'information. Alors peu importe comment les enfants y sont initiés!
Ecrit par : buntovchik | 30 décembre 2007
Votre belle intervention, nourrie de votre expérience personnelle me fait penser à cet aphorisme d'Angelus Silesius :
” La rose est sans pourquoi ; elle fleurit parce qu’elle fleurit,
n’a garde à sa beauté, ne cherche pas si on la voit. "
Les signes, la Beauté, l'enfance, la Joie sont sans "pourquoi".
Vivre sans pourquoi :
Où se tient mon séjour ?
Où est ma fin ultime à quoi je dois atteindre ?
Où l'on n'en trouve point. Où dois-je tendre alors ?
Jusque dans un désert, au-delà de Dieu même.
Ecrit par : Robin | 30 décembre 2007
Parce que ,voyez, moi, je double fils d'agrégés brillantissimes , Ou fils de doubles agrégés brillantissimes. Mon paternel , traducteur célèbrissime et gnagnagni....seulement moi,, petit prof de Sciences humaines
Ecrit par : montaigneàcheval | 29 décembre 2007
gnagnagni! Personne ne les connait, tes agrégés, toi-tu, en dehors d'un petit panel d'initiés sans pouvoir.
Toi-tu, comme moi-je, il a fait autant de travail qu'eux-eux, que tu sois petit prof de "sciences humaines", petite sous-merde de véto de campagne, petite PE à fifiches, petit trou du'c de prof de solfège, minable ingénieur ou pauvre haut-fonctionnaire à Bruxelles. Arrêtez, par pitié, MàC... Vous me feriez mourrir de rire!
Ebrouez-vous comme un cheval en soufflant fort par les naseaux! Papa tombera et je vous promets qu'il n'aura même pas mal.
Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007
Quelle sale époque! J'en tombe d'accord avec Cadichon, presque...
Ecrit par : dobolino | 30 décembre 2007
De trois ans ton cadet, Dobolino, j'ai pourtant baigné dans le Lagardémichard, et j'en ai redemandé en TC en prenant aussi l'option français, comme la majorité de ma classe, avec un prof fantastique qui contre-balançait la nullité d'une prof de philo complètement branque !
Il faut dire aussi que c'était dans un haut lieu de la "culture bourgeoise", Lycée Pasteur, à Neuilly...
Ceci explique peut-être cela...
Ecrit par : yann | 30 d



