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10 octobre 2007
Eloge de la transmission
Eloge de la transmission
Une fois n’est pas coutume : je voudrais aujourd’hui parler d’un livre qui n’est pas l’un des miens.
(Déjà certain(e)s s’offusquent de cet égocentrisme déguisé en altruisme… Mais peut-être fallait-il voir malice dans la phrase précédente…)
Je viens, avec un certain retard (1), de terminer "Eloge de la transmission", un dialogue entre George Steiner (2) et Cécile Ladjali (3). C’est un grand petit livre tout à fait remarquable, et j’aimerais m’effacer derrière quelques phrases, quelques idées, pour donner une idée de sa force et de son contenu.
Situons cependant. Cécile Ladjali avait au l’idée de confronter des élèves de Première au mythe de la Chute, dans un premier temps en les abreuvant de textes, dans un second en leur demandant d’écrire des sonnets (si !) sur ce même thème. On reconnaît là ce que pourrait être un traitement cohérent du « sujet d’invention » du Bac que condamne si fort Sauver les Lettres — ou plutôt, ce qu’aurait pu être un traitement cohérent de l’Invention, si quelques pédagogues ne se l’étaient annexée en la spécialisant dans le « texte argumentatif », sous-mouture d’un « J’accuse » devenu au fil du temps le texte-phare des imbéciles (4). Les sonnets réalisés avaient été édités sous le titre "Murmures" (5), et George Steiner, contacté, a bien voulu donner une préface (6) à ce recueil d’exercices qui confinaient justement à la poésie. À la vérité, Ladjali précise, dans l’entretien, que le premier jet de ses élèves était d’une médiocrité accablante — ou plutôt inévitable —, qu’il faut être crétin pour croire que des adolescents acculturés peuvent produire une œuvre forte avec de bonnes intentions, et que, comme dit Valéry à propos du Cimetière marin, une fois défini le but, « un assez long travail s’ensuivit… ».
Cécile Ladjali ne dit pas autre chose : « Nous avons tous énormément travaillé. Il faut perdre cet angélisme à l’égard de la valeur et des promesses du premier jet. Le premier jet est catastrophique. Le plus souvent, des écrins de poncifs, des platitudes à pleurer. »
On dirait qu’elle parle d’une première fois — et c’en était une. « L’écriture de l’adolescent, lorsqu’il s’épanche un peu, est très décevante. La difficulté pour moi a été de le dire aux élèves sans les vexer. Ils étaient d’accord pour entrer dans l’aventure poétique, mais ils se mettaient à nu. Croyez-moi, un adolescent qui se met à nu est un spectacle peu attrayant… » La métaphore est si bien filée que mon hypothèse de lecture, somme toute, doit se tenir : les « premières fois », si nous sommes honnêtes, n’ont que des charmes relatifs. Pour se mettre vraiment à nu sans être grotesque, il faut être costumé de technique, caparaçonné de références — il faut, pour oser le palimpseste, se risquer à l’imitation, avoir bien digéré une ou deux cultures. « Rien de plus soi que de se nourrir d’autrui. Le lion est fait de mouton assimilé » (Valéry, encore).
A l’arrivée « des textes presque miraculeux », dit Steiner. « C’est un recueil époustouflant, si l’on songe à la route qui a mené vos élèves jusque là ». Et d’évoquer des origines sociales ou linguistiques très mêlées, et le devoir du prof de Lettres d’amener les enfants, quels qu’ils soient, à ce que la littérature peut offrir de plus haut, de plus rare. Que pense Steiner de ces enseignants qui, à bout de démagogie, étudient le rap pour atteindre leurs élèves — et, en fait, les éloignent à jamais de la beauté ? Ou de ce leader syndical (7) qui précisait, dans « Education Nationale : Un grand corps malade », que la langue du XVIIème siècle étant pour eux inatteignable, il fallait se résoudre à ne plus « faire » que des textes contemporains…
J’en reviens à « l’invention », l’un des thèmes récurrents de ce livre, qui analyse jusqu’à l’os les concepts les plus ardus. Savoir écrire, c’est d’abord lire — et mémoriser. Gérard Genette ne disait pas autre chose dans Palimpsestes (Seuil, 1982).
Steiner se lance dans un bel éloge du « par cœur », cette hantise des pédagogues, qui ne seront jamais des écrivains. « Oui, je crois profondément que lorsqu’on abandonne l’apprentissage par cœur — et l’enfant peut apprendre très vite,, admirablement —, si on néglige la mémoire, si on ne l’entretient pas à la manière de l’athlète qui exerce ses muscles, alors elle dépérit. Notre scolarité, aujourd’hui, c’est de l’amnésie planifiée. »
Steiner a de quoi comparer : cet Autrichien de naissance, aujourd’hui Américain enseignant en Angleterre, a fait ses études à Paris — à Jeanson-de-Sailly.
Et d’expliquer que ce que les « pédagogues » estiment une grande victoire — la fin du « par cœur » — est en fait tout le contraire : ils deviennent des voyageurs sans bagages. « Barbarie de l’innovation creuse » — je suis jaloux d’une telle formule.
Je ne veux pas déflorer tout le livre — achetez-le (8). Analysant successivement la Grammaire, le Professeur, les Maîtres, les Classiques et le travail dans la classe, Steiner et sa complice en idées fortes explorent, défrichent, et ensemencent le champ entier de la vraie pédagogie. Une splendide leçon.
Jean-Paul Brighelli
(1) L’édition originale remonte à 2003 (Albin Michel), et m’avait échappé. J’ai entre les mains aujourd’hui la reprise de "l’Eloge" en poche, collection Pluriel, Hachette, février 2007.
(2) Qui ignore tout de Steiner peut consulter http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Steiner, ou, plus révélateur, http://passouline.blog.lemonde.fr/?name=2005_06_une_salle_archi. Ou lire ses œuvres — « Après Babel » (Albin Michel, 1975) est la plus connue, mais j’ai une tendresse particulière pour « Dans le château de Barbe-Bleue », Gallimard, 1991.
(3) Cécile Ladjali est enseignante, au lycée Evariste Galois de Drancy. Elle a publié (chez Actes-Sud) quelques romans que je n’ai pas lus, faute de les avoir trouvés chez mon libraire habituel (et pourtant, hein, Sauramps…), et « Mauvaise langue » (Seuil, 2007), un essai qui traite au fond de l’un des sujets que j’évoquais moi-même au début d’« Une école sous influence » — cette fiction de la « langue des banlieues » dont on voudrait nous faire croire qu’elle constitue, qu’elle peut constituer je ne sais quelle « contre-culture ».
(4) Pourquoi ne pas « faire » « J’accuse » en classe ? Oui — mais faites donc parallèlement des extraits significatifs de « l’Argent », et vous éviterez de répéter de grosses bêtises sur le philosétisme supposé de Zola et l’antisémitisme fantasmé de Maupassant — entre autres. Les catégories simples sont toujours simplistes. Steiner, peu suspect d’antisémitisme, note que Lucien Rebatet est un sublime écrivain pour les Deux étendards — et que le même a écrit les Décombres. Ou que Sartre, dans les derniers temps, prédisait que le seul écrivain du XXème siècle qui restera, ce sera Céline — Mort à crédit dans la main droite, et Bagatelles pour un massacre dans la gauche. Qui a jamais dit que les choses étaient simples, et que tous les salauds allaient en enfer ?
(5) L’Esprit des péninsules, 2000.
(6) Reprise dans la préface d’Eloge de la transmission.
(7) Gérard Aschieri, pour ne pas le nommer.
(8) Sur la FNAC (mais si vous préférez Amazon, ou votre libraire…) : http://www3.fnac.com/search/quick.do?text=eloge+de+la+transmission&category=book&SID=eb6186de-3337-e9c6-b887-3e0f6fdae6c6&UID=146A71F85-C018-E22D-6702-1AD3EB1E84FA&AID=&Origin=FnacAff&OrderInSession=1&TTL=111020071604&bl=HGACrera&submitbtn=Ok
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Commentaires
"cette fiction de la « langue des banlieues » dont on voudrait nous faire croire qu’elle constitue, qu’elle peut constituer je ne sais quelle « contre-culture »"....
C'est pour cela que l'article cité hier par un de vos correspondants, "Le linguiste et les frolos" était strictement consternant (je suis plus polie que Tiger Lily), et décevant de la part d'un homme aussi savant qu'Alain Rey, qui, sans doute pour "faire progressiste" (comme si on avait encore besoin, à son âge, de donner des preuves de son engagement, que personne ne consteste par ailleurs), est allé recevoir des leçons d'argot des rappeurs de banlieue.
C'est une chose que de s'intéresser en linguiste aux langages cryptiques comme l'argot, le verlan, ou le louchebem, c'en est une autre d'y voir une quelconque rénovation de la langue française, sauf à se déconsidérer. Certes, la langue évolue avec l'usage, c'est bien connu : mais est-ce une raison pour aller plus vite que la musique et donner une dignité à des sabirs dont la moitié sont des effets de mode qui ne tiendront pas plus que quelques mois, et qui n'apportent rien à l'expression de la pensée...
Je voudrais aussi redire à ceux avec qui je me suis un peu accrochée il y a quelques jours à propos des copies en patois de mes petits bocains, que notre boulot, à nous professeurs de lettres, est d'apprendre le français aux élèves, en passant par les grands textes du patrimoine, à les faire lire et écrire dans ce français-là -- ce que réussit magnifiquement C. Ladjali -- et pas de les flatter dans le sens du poil en trouvant dans leur charabia plus ou moins inarticulé une quelconque valeur poétique.
Je suis méprisante ? Hé bien j'assume. On ne peut mépriser que ce qui est méprisable.
Ecrit par : FGuichard | 10 octobre 2007
Merci FG! Quand j'ai mis ce texte effrayant à mes yeux, je m'attendais à plus de réactions. Vous me rassurez.
Ecrit par : Thalie- Thalie | 10 octobre 2007
Traiter du rap pour se faire bien voir de ses élèves est inintéressant et, de plus, stupide! A vouloir se les attacher, on ne fait que s'en faire mépriser, c'est un fait. Par contre, il faut arriver à convaincre que l'attachement à la culture du passé ne s'accompagne pas, dans l'esprit de ceux que vous voulez convaincre, de pratiques passéistes. Je dis simplement ça parce que, même si je pense que vous avez raison sur le fond, la forme est parfois "rugueuse". (On me reprochait de "trop lisser" dans le fil précédent, je crois que j'ai compris ce que voulait dire Philippe). Je pense que la "rugosité", si elle est satisfaisante dans le moment pour celui qui la pratique, n'est pas d'une utilité infinie pour convaincre ceux que nous voulons convaincre.
En outre, il y avait eu, en Seine saint-Denis, je crois, une initiative visant à faire jouer un opéra en latin extrêmement ambitieux à des élèves de ZEP, initiative qui avait été extrêmement encouragée par les syndicats, et la FSU en particulier. Je crois qu'il faut, comme vous le dites, Jean-Paul, se méfier du simplisme.
Ecrit par : Christophe Sibille | 10 octobre 2007
Bonjour, bonjour!
ainsi font les petites marionnettes, trois petits tours et puis s'en vont ...
mais elle reviendra la petite marionnette...
Saperlotte j'ai encore égaré mes lunettes
Ecrit par : Saperlipopette | 10 octobre 2007
Enseignant en école élémentaire dans une école très moyenne d'une banlieue très moyenne ( pas ZEP, mais "presque ZEP" ), j'ai pris le difficile parti, souvent méprisé par certains enseignants peu ambitieux pour leurs élèves, de proposer aux miens ( des CM2 ) un univers intellectuel et littéraire très éloigné du leur. Fables, poésie, extraits de livrets d'opéra, romans de Jules Verne, mythologie grecque...
Le résultat est sans appel: des élèves motivés, des parents enchantés, un niveau d'orthographe et de syntaxe en nette amélioration, une meilleure compréhension des textes historiques, de la syntaxe anglaise, une indiscipline presque inexistante....
Mais on se sent seul parfois...
Ecrit par : Fred | 10 octobre 2007
Bonjour JPB,
J'ai lu "éloge de la transmission" il y a déjà deux ans et bien que je ne sois pas prof de lettres, j'ai été très émue en lisant ce livre.
J'ai eu l'occasion de rencontrer Cécile Ladjali à un salon et cette rencontre m'a beaucoup marquée aussi, elle m'a dédicacé son livre, je le garde comme un petit trésor!!!
Je conseille vivement aux collègues de lettres de l'acheter mais aux autres aussi. En fait, ce livre s'adresse à tous les professeurs.
A bientôt,
Maria
Ecrit par : maria | 10 octobre 2007
....
La méthode du par coeur est excellente pour nos élèves, du moment qu'ils arrivent a comprendre et a visionner ce qu'ils apprennent. En effet mes anciens élèves qui ont utilisé cette méthode, ont obtenus la moyenne au baccalauréat de francais avec cette méthode. (Et on dit merci à notre prof de lettres.)
....Et vive l'infidélité pour laquelle je serai ravie de vous faire l'éloge !! ....
Ecrit par : Ewilanne | 10 octobre 2007
Dobolino, c'était sérieux, votre question ?
Un champ lexical, au sens propre, est l'enseble de smots appartenant à un même lexème (une racine commune : commun, communauté, communisme, etc.).
À distinguer du champ sémantique, l'ensemble des mots apaprtenant au même sème / signification : amour, passion, brûler, etc.
Je crois cependant que près de 80% des profs emploient champ lexical dans le sens de champ sémantique (les mêmes sans doute qui parlent de "pieds" en poésie française : ce n'est pas absolument damnable, mais c'est parfois agaçant).
Donc, nantie de tous ces beaux renseignements, vous savez désormais qu'une métaphore filée joue sur un champ sémantique, et qu'une fiche de vocabulaire sur les dérivés d'une racine commune rassemble un champ lexical. Suis-je clair ?
JPB
Ecrit par : brighelli | 10 octobre 2007
Dites donc, Jean-Paul, c'est vous qui confondez champ lexical et champ dérivé !!!
Je vous donne la définition du "champ lexical" dans le Thesaurus de la Langue française :
"Champ lexical. Ensemble formé par les unités lexicales couvrant une aire de signification. On note (...) une tendance à spécialiser les termes de champ lexical et champ sémantique. Dans cet esprit, le terme de champ lexical est réservé pour désigner l'ensemble des mots désignant les aspects divers d'une technique, d'une relation, d'une idée, etc. On a ainsi un champ lexical des relations de parenté orienté par un certain nombre de dimensions structurelles, variables selon les langues (génération, latéralité, sexe, âge relatif, etc.) (Ling. 1972)."
"Commun, communauté, communisme", c'est un champ dérivé.
Ecrit par : Jérémy | 10 octobre 2007
"décevant de la part d'un homme aussi savant qu'Alain Rey"
Il est peut-être savant, mais c'est déjà lui qui était un fervent partisan, avec sa femme Josette Rey-Debove, de la réforme de l'orthographe avortée en 1991...
Donc pas de quoi être vraiment étonné, il a toujours surfé sur ce genre d'idées. Les IUFM glorifient Alain Rey dès qu"il est question d'ORL (la fameuse Observation Réfléchie de la Langue).
Ecrit par : Jérémy | 10 octobre 2007
"Mais on se sent seul parfois..."
Ecrit par : Fred | 10 octobre 2007
Au début, c'est vrai. Mais au bout de quelque temps, quand vos collègues auront constaté ce qui se produit dans votre classe nourrie de belle culture, vous verrez que certains qui n'auraient jamais osé se lancer dans cette aventure vont commencer à se poser des questions puis se laisser tenter.
Il suffit parfois que l'un d'entre nous ait le courage d'oser et, peu à peu, les murs de l'impossible dressés par les pédagogos se fissurent et tombent. Et si certains collègues -les phénix de la pédagogie- n'accepteront jamais de remettre en cause leurs dogmes, d'autres en revanche ne demandent qu'à retrouver des horizons plus exaltants.
Petit à petit, l'oiseau fait son nid...
Ecrit par : Un hussard | 10 octobre 2007
"Suis-je clair ?
JPB"
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Je retourne picoler fissa !
Ecrit par : toto | 10 octobre 2007
Dobolino, c'était sérieux, votre question ?
Un champ lexical, au sens propre, est l'enseble de smots appartenant à un même lexème (une racine commune : commun, communauté, communisme, etc.).
À distinguer du champ sémantique, l'ensemble des mots apaprtenant au même sème / signification : amour, passion, brûler, etc.
Je crois cependant que près de 80% des profs emploient champ lexical dans le sens de champ sémantique (les mêmes sans doute qui parlent de "pieds" en poésie française : ce n'est pas absolument damnable, mais c'est parfois agaçant).
Donc, nantie de tous ces beaux renseignements, vous savez désormais qu'une métaphore filée joue sur un champ sémantique, et qu'une fiche de vocabulaire sur les dérivés d'une racine commune rassemble un champ lexical. Suis-je clair ?
JPB
Ecrit par : brighelli | 10 octobre 2007
C'était vachement sérieux! Je demanderai demain en MP à Thalie-Thalie pasqu'aujourd'hui ma messagerie ne marche pas... Elle, au moins, elle m'aidera à décrypter, que vous (avec Jérémy), là, vous nous enfoncez! ("J'ai dix ans, je sais que c'est pas vrai mais j'ai dix ans...")
Bon, alors, c'était Silbermann quand il arrive dans sa nouvelle classe. "Quel est le champ lexical de la vue?"
Moi, j'aurais préféré: "Quel est le champ lexical de l'antisémitisme?" Bon, après, on a les origines qu'on peut.
Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2007
Je vous donne la définition du "champ lexical" dans le Thesaurus de la Langue française :
"Champ lexical. Ensemble formé par les unités lexicales couvrant une aire de signification. On note (...) une tendance à spécialiser les termes de champ lexical et champ sémantique. Dans cet esprit, le terme de champ lexical est réservé pour désigner l'ensemble des mots désignant les aspects divers d'une technique, d'une relation, d'une idée, etc. On a ainsi un champ lexical des relations de parenté orienté par un certain nombre de dimensions structurelles, variables selon les langues (génération, latéralité, sexe, âge relatif, etc.) (Ling. 1972)."
Ecrit par : Jérémy | 10 octobre 2007
En quatrième, la notion doit être maîtrisée, je vous signale! Avec ça, on est vachement aidée! Vous me voyez en train d'expliquer ça à une gamine de treize ans dans un mois???????????????
Tiens, sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, je préfère lui expliquer l'histiocytose maligne du Bouvier Bernois ou l'adénocarcinome intestinal du chat Siamois, même si c'est dur à admettre.
Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2007
Dobolino, j'arrive "aux champs" "sur le tard" !
Pour les élèves de collège ne vous compliquez pas la vie. Ce que demande probablement le prof de votre fille c'est la définition du champ lexical tel qu'elle est donnée pour le brevet. C'est à dire une série de mots qui se rapportent à un même thème. Cela suffira. Champ lexical de la mer: bateau, mouette, phare, ressac...
Après il y a des tas de querelles de spécialistes pour différencier champ lexical et champ sémantique. On trouve un peu de tout et partout. On trouve même des gens très bien qui parlent de champ lexico-sémantique parce que l'un serait l'élargissement de l'autre... Je veux bien vous faire un petit résumé mais pas ce soir. Trop fatiguée. Pour le collège pas la peine de compliquer la vie. Elle l'est déjà assez comme ça. Après on peut toujours faire son cuistre... Bonne soirée à vous.
Ecrit par : Thalie- Thalie | 10 octobre 2007
"la définition telle" pardon; fatiguée, vraiemnt
Ecrit par : Thalie- Thalie | 10 octobre 2007
Dobolino, la citation du TLF, c'était pour Jean-Paul, pas pour votre fille !
Pour votre fille : ben, le champ lexical de "vacances" c'est plage, soleil, mer, hamac, repos, farniente, etc. et le champ lexical de "mer" c'est poisson, vague, bateau, algue, sable, etc. En gros, c'est tout ce qui se rapporte à un mot, une notion, un lieu, etc.
C'est plus clair que ma citation du TLF, qui ne lui était pas destinée ?
Et les spécialistes, ne me reprenez pas sur la définition donnée pour la fille de dobolino, hein !
Sinon pour les champs lexicaux j'ai toujours parlé d'isotopie en fac, ca évitait de se faire reprendre.
Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007
De toute façon les élèves qui sortent du lycée ne savent trouver que ça, des champs lexicaux... Pas de raison que votre fille échappe à la règle, ne vous faites pas de souci !
Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007
"Cuistre", dit Thalie…
J'adore.
Dobolino, cessez donc de donner aux maladies des chiens de snoms compliqués. Ne dites plus : "Votre bouvier bernois, il développe une histiocythose maligne", dites : "Va crever, votre clebs" — ce sera plus simple.
Faut savoir : soit on parle des textes en utilisant des termes compliqués, on s'en gargarise, on en sature les gosses, mais autant les employer dans un sens exact. Soit on fait de l'explication de textes autrement — par exemple en n'utilisant pas un mot que Fontanier (1765-1844, l'immortel auteur des Figures du discours…) n'ait pu utiliser.
Et encore, c'est très technique, Fontanier — mais moins que Bernard Dupriez : Thalie est une… — eh bien, c'est une aposiopèse : ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein !
Plaisanterie à part, tous les métiers ont leur vocabulaire spécialisé, et c'est très bien. Et si c'est être cuistre que d'apprendre aux enfants qu'il y a d'autres mots dans la vie que "truc" ou "machin"… Evidemment, il ne faut pas en rester là : le vocabulaire spécialisé de l'ébénisterie ne permet pas de comprendre ce qui fait le caractère unique d'une commode Boulle. Mais c'est bien commode (ouarf !) pour la restaurer.
JPB
Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007
Grâce à JPB j'ai relu ce soir cet opuscule (141pages, table des matières et bibliographie incluses) et c'est vrai que Steiner et Ladjali remettent Rey à sa vraie place, celle d'un raccoleur qui fait l'éloge de la facilité quand nos duettistes font celui de la difficulté, dans cette transposition écrite de l'entretien qu'ils ont eu devant le micro de Laure Adler, pour parler de cette aventure vécue à Drancy- "ghetto lingusitique"- et qui vient contredire le "plus de poésie après Auchwitz", d'Adorno.
Cela se lit comme on grignote une boite de chocolats ou de marrons glacés, avec gourmandise, jusqu'au bout.
"Que pense Steiner de ces enseignants qui, à bout de démagogie, étudient le rap pour atteindre leurs élèves — et, en fait, les éloignent à jamais de la beauté ?...."
Qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, sans doute.
Et il fait aussi l'éloge du silence, mais en signalant qu'il est un privilège de la bourgeoisie dominante, et en donnant au bruit ( qui n'est pas de la musique) la fonction de créer une identité collective...
"...Ou de ce leader syndical (7) qui précisait, dans « Education Nationale : Un grand corps malade », que la langue du XVIIème siècle étant pour eux inatteignable, il fallait se résoudre à ne plus « faire » que des textes contemporains…""
Ecrit JPB.
(Mais où est donc passé.. non pas Ornicar, mais l'"inaccessible"?)
Quand Cécile Ladjali dénonce les pédagogistes qui ont voulu "affranchir les élèves du par coeur" au motif que "la récitation serait le contraire de la réflexion"", elle ajoute " la dépossession du peu de singularité que l'on est fier d'avoir à 15 ans, l'idée de n'être qu'un truchement leur sont odieuses",
Steiner n'a alors qu'un cri: "Mais c'est le contraire. Vous les videz en leur enlevant ce qu'on porte, le bagage intérieur. Vous leur prenez le lest du bonheur pour la grande traversée de la mer qu'est la vie" .( page 62).
JPB a souligné cet autre passage où Steiner définit l'identité d'une langue comme tout ce qu'elle nous lègue de que qu'elle a aimé du passé et que perdre cet héritage c'est courir "le danger d'une barbarie de l'innovation creuse : ça se dessine à tous nos horizons." ( p 75) Il est évident qu'Alain Rey est de ces horizons-là et ... fits the description.
Autre point intéressant, GS demande à CL s'il y a une distinction entre filles et garçons quant à leur intérêt pour le projet.
Cécile : Oui, ça a marché avec les filles, mais c'était très difficile avec les garçons. La honte peut-être, ce côté anti-viril de la poésie. ...différence presque ontologique."
Alors est-ce un argument contre la mixité?
Pour finir, Steiner rive leur clou aux pédagogos en invoquant, Goethe : Celui qui sait faire fait ( He who can does) celui qui ne sait pas faire , enseigne, ( he who cannot, teaches: je connaissais cet aphorisme en anglais, attribué à Bernard Shaw qui a dû ...le lui emprunter).
Mais surtout Steiner ajoute: "Celui qui ne sait pas enseigner écrit des manuels de pédagogie". ( 93), avant de conclure sur la vocation au martyr de l'enseignant qui n'a d'autre recours pour être écouté que de maintenir le cap de sa passion, de sa folie.
"Si l'étudiant sent qu'on est un peu fou, qu'on est posseedé par ce qu'on enseigne, c'est déjà le premier pas. C'est le moment miraculeux où le dialogue commence à s'établir avec une passion. Il ne faut jamais essayer de se justifier".
Ce moment-là, je l'ai vécu, avec tous ceux qui ont eu ce privilège de suivre un semestre d'automne ses "Charles Eliot Norton Lectures" , il y a déjà 5 ans. Elles furent publiées l'année suivante sous le titre : "Lessons of the Masters", ou en français, Maîtres et disciples.
Comme c'est souvent l'usage ici, on a aussi pu ensuite aller bavarder avec lui encore une heure au coin du feu, un verre à la main...
Son collègue, écrivain et professeur de littérature à Northwestern, Joseph Epstein fut bien inspiré quand il l'a surnommé "Curious George", malin petit singe de la littérature enfantine...
Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007
If yo can do it, do it !
If you cant do it, teach it !
If you cant teach it, teach how to teach it !
Ce "joke" pour congressistes n'est pas très digne de Steiner : c'est une formule un peu facile. D'ailleurs certains pédagols savent enseigner. Comment et avec quelle efficacité, c'est autre chose. Certains aiment aussi vraiment les enfants.
En revanche, ce qu'il dit du silence et du bruit est profond. On pourrait prolonger cela avec l'ennui et l'activité.
Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007
Un champ lexical, au sens propre, est l'ensemble des mots appartenant à un même lexème (une racine commune : commun, communauté, communisme, etc.).
Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007
Question de bon sens: vous avez dit, "sens propre"? Les mots viendraient-ils au monde avec un sens tout fait, naturel, inné, inscrit en quelque sorte dans leur ADN? Un sens, qui s'opposerait à d'autres, acquis, artificiels,poétiques, "figurés"?
Justement dans "L'éloge de la transmission" (Livre dont j'ai signalé la parution il y a 6 mois) au chapitre 4, Le professeur, cette citation de Pascal:
Deux erreurs: 1. prendre tout littéralement; 2. prendre tout spirituellement.
Ecrit par : buntovchik | 11 octobre 2007
""Suis-je clair ?
JPB"
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Je retourne picoler fissa !"
Ecrit par : toto | 10 octobre 2007
Mais non, toto! Faites donc comme moi, instruisez-vous de ce qui se dit ici en ce moment! Et profitez-en donc pour élargir vos champs syntaxique et lexical, cela vous permettra (peut-être) de commencer à écrire des messages sensés! Ne baissez donc pas les bras si facilement, mon vieux!
"Que pense Steiner de ces enseignants qui, à bout de démagogie, étudient le rap pour atteindre leurs élèves — et, en fait, les éloignent à jamais de la beauté ?...."
Qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, sans doute."
Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007
Cette déduction me parait impossible. On n'a aucune chance de "vaincre" en procédant ainsi. Au contraire, on perd toute crédibilité, et on se fait mépriser du "public" qu'on cherche à s'acquérir, (à tort, d'ailleurs). A coup sûr.
"Pour finir, Steiner rive leur clou aux pédagogos en invoquant, Goethe : Celui qui sait faire fait ( He who can does) celui qui ne sait pas faire , enseigne, ( he who cannot, teaches: je connaissais cet aphorisme en anglais, attribué à Bernard Shaw qui a dû ...le lui emprunter).
Mais surtout Steiner ajoute: "Celui qui ne sait pas enseigner écrit des manuels de pédagogie". ( 93), avant de conclure sur la vocation au martyr de l'enseignant qui n'a d'autre recours pour être écouté que de maintenir le cap de sa passion, de sa folie."
Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007
Je connaissais cette version, pour le troisième volet du tryptique: "celui qui ne sait pas enseigner devient inspecteur".
Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007
"Plaisanterie à part, tous les métiers ont leur vocabulaire spécialisé, et c'est très bien. "
JPB
Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007
Attention, Jean-Paul! On commence comme ça, et on finit par justifier le recours aux sciences de l'éducation! :-)
Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007
Mais je n'ai rien contre les sciences de l'éducation, tant qu'elles se cantonnent au seul champ indiscutable — mais que l'on peut et doit donc discuter infiniment —, celui de leur histoire. J'ai d'excellents amis spécialistes de Ferdinand Buisson — et comme il a beaucoup écrit, on peut à peu près tout lui faire dire, à ce garçon. Même chose pour Freinet ou qui vous voulez — c'est de l'histoire, et c'et souvent passionnant. De là à en tirer des règles actuelles, et à prétendre qu'elles sont "scientifiques", il y a une marge infranchissable, à mon sens.
JPB
Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007
Je crois que ce débat a déjà eu lieu. Et le mot "sciences" peut effectivement prêter à confusion. Je pense que certaines pratiques, (celles de Freinet, par exemple) peuvent donner lieu à une certaine ouverture, ou orientation, pour permettre à des enfants qui ne seraient pas "entrés dans les apprentissages" autrement; (ça y est, je vais me faire entrer dans le lard pour avoir employé cette expression!) Mais il est effectivement clair que Freinet ne peut revêtir tout son sens que pratiqué par Freinet, et que toute tentative de reproduction "à l'identique" de cette pédagogie par qui que ce soit d'autre n'a pas vraiment de sens. Encore une fois, il y a autant de pédagogies que d'enseignants.
Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007
Sciences de l'éducation et instruction.
Psychothérapies et psychologie .
Astrologie et astronomie.
Les sciences , ont toutes leurs failles , par lesquelles se glissent ceux , qui , estimant que les théories étant sans cesses renouvellées , la science , comme le reste , mérite contribution de quelques structures stabilisantes de par leur manque de remise en question .
Ecrit par : oui-oui | 11 octobre 2007
Cher Monsieur,
Quel sens donnez-vous aux noms "acculturé" et "acculturation" ? Vous utilisez fréquemment ces termes dans vos livres (et le mot "acculturés" apparaît dans le présent article). Dans les dictionnaires, le mot d'"acculturé" n'a pas exactement le sens que le contexte où vous l'insérez semble lui conférer, celui de "victime d'un processus de déculturation, d'effacement de la culture familiale ou nationale". Ne faudrait-il pas parler de "déculturé" et de "déculturation" plutôt que d'"acculturé" et d'"acculturation" ?
Pourriez-vous m'apporter quelques éclaircissements à ce sujet ?
Je suis un lecteur fidèle de vos livres et un fervent partisan du combat que vous menez.
Veuillez croire à l'expression de mes plus cordiales salutations,
NoctéMédia
Ecrit par : NoctéMédia | 11 octobre 2007
Faut savoir : soit on parle des textes en utilisant des termes compliqués, on s'en gargarise, on en sature les gosses, mais autant les employer dans un sens exact. Soit on fait de l'explication de textes autrement — par exemple en n'utilisant pas un mot que Fontanier (1765-1844, l'immortel auteur des Figures du discours…) n'ait pu utiliser.
Et encore, c'est très technique, Fontanier — mais moins que Bernard Dupriez : Thalie est une… — eh bien, c'est une aposiopèse : ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein !
Ecrit par JPB.
J'ai parlé de cuistrerie( d'ailleurs fort peu relevée) car lorsqu'une mère d'élève demande pour sa fille de 4ème ce qu'on entend par champ lexical au collège et que vous lui répondez en lui donnant deux définitions qui sont d'abord discutables et ensuite inutiles pour la gamine, je trouve cela dommage.
Jérémy a donné la même définition que la mienne pour les besoins de l'élève en question.
On peut toujours ensuite discuter ces notions. Cela peut être intéressant mais cela ne servait à rien pour la fille de Dobolino qui devait avoir un devoir tout simple à rendre.
Maintenant ,moi aussi je peux faire le même genre de choses pour être aussi agréable que vous l'êtes. Brighelli est un... eh bien, c'est une abruption: ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein!
Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007
Dobolino, cessez donc de donner aux maladies des chiens de snoms compliqués. Ne dites plus : "Votre bouvier bernois, il développe une histiocythose maligne", dites : "Va crever, votre clebs" — ce sera plus simple.
Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007
Si on veut faire les choses bien, d'abord on dit la première phrase, ça justifie les honoraires, et ensuite la deuxième, et on explique.
Enfin, moi, je fais comme ça. Et je perd souvent beaucoup de temps à expliquer. C'est vrai que pas mal de confrères n'ont pas trop ce souci ...
Ecrit par : yann | 11 octobre 2007
Non, je ne boude pas le blog (allitération!)...Un "oui" malencontreux à une offre de dégroupage me prive de téléphone et d'Internet depuis un mois.
Je souscris à tout ce que vous dites du superficiel Alain Rey et du sublime George Steiner.
Une question à ceux qui exercent en collège. Que pensez-vous du "Programme personnalisé de réussite éducative" (PPRE) et du livret personnel de compétences ? (en liaison avec le fameux "socle commun" et les directives européennes en matière d'éducation)
Je note "L'éloge de la transmission" de Steiner sur mes tablettes et je vous conseille à mon tour "La tyrannie du plaisir" et "La refondation du monde" de Jean-Claude Guillebaud.
J'aimerais avoir votre avis sur ces deux livres, surtout le deuxième. Je n'ai rien lu d'aussi profond depuis longtemps.
Ecrit par : Robin Guilloux | 11 octobre 2007
Thalie est une… — eh bien, c'est une aposiopèse : ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein !
Ecrit par : brighelli
À vos souhaits !
Ecrit par : Moot | 11 octobre 2007
Brighelli est un... eh bien, c'est une abruption: ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein!
Ecrit par : Thalie- Thalie
Eh bien, décidément, c'est contagieux. Mouchez-vous, bon sang !
Ecrit par : Moot | 11 octobre 2007
On m'avait enseigné que dans un discours scientifique, une grande variété de mots signifie à coup sûr une déficience conceptuelle.
J'ai bon ?
Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007
Ne vous bagarrez pas pour une histoire de champs lexicaux...
Par contre, je ne vois pas l'intérêt de recourir à Dupriez pour les champs lexicaux : il suffit de lire Jacqueline Picoche, qui est à la lexicologie ce que Frédéric Calas est à la grammaire.
Des pontes, quoi.
JPB, vous êtes bien d'accord que commun / communauté / communiste c'est un champ dérivé, et non un champ lexical ? Vous n'en avez pas reparlé.
Sinon, sur l'utilité des mots techniues dans l'analyse de textes, je pense qu'on est tous d'accord : il vaut mieux savoir ce que c'est qu'une hyperbole ou une métaphore APRES avoir appris l'orthographe correcte d' "exagération" et "image". Or, aujourd'hui, c'est l'inverse. Les gamins savent écrire "champ lexical" mais ils écrivent "mes parent son gentil"...
Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007
Robin, heureux de vous retrouver !
C'est Free qui vous pose des problèmes ?
Le PPRE, c'est des conneries : c'est l'extension au secondaire d'un concept qui a déjà échoué dans le primaire...
Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007
Sinon, sur l'utilité des mots techniues dans l'analyse de textes, je pense qu'on est tous d'accord : il vaut mieux savoir ce que c'est qu'une hyperbole ou une métaphore APRES avoir appris l'orthographe correcte d' "exagération" et "image". Or, aujourd'hui, c'est l'inverse. Les gamins savent écrire "champ lexical" mais ils écrivent "mes parent son gentil"...
Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007
Nous sommes bien d'accord, Jérémy. D'accord aussi sur le fait que ces notions sont très diversement définies et que pour les élèves de collège, il faut bien adopter un langage commun ( pour une fois que c'est le cas!). Même si on peut trouver matière à discussion intéressante à redéfinir ces notions entre nous. Même si les définitions retenues pour les élèves ne sont pas toujours satisfaisantes intellectuellement et rigoureuses. Mais n'avons-nous pas le même problème avec la grammaire traditionnelle que nous enseignons chaque jour en constatant des incohérences?
Une terminologie efficace au collège. Après on discute. Et moi, les champs de toutes sortes, j'utilise fort peu mais quand un élève en a besoin...
Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007
J'aimerais déjà que les mots les plus courants soient prononcés correctement même sur les antennes des médias.
Est-ce trop demander à messieurs les instituteurs et autres professeurs de donner des cours de diction ou d'élocution française ?
Ecrit par : iPidiblue à cheval sur les voyelles et les consonnes | 11 octobre 2007
A propos de pédagogisme, voici de nouveau Bentolila telles qu'en ses (bonnes????) oeuvres.
La Montagne 02 09 2007
Illettrisme. La Caisse d'Epargne Auvergne Limousin dans la lutte.
« Savoirs pour réussir » en mission.
"Les journées d'appel et de participation à la Défense (JAPD) permettent, depuis plusieurs années maintenant, de détecter les jeunes filles et garçons, âgés de 16 à 25 ans et se trouvant en situation d'illettrisme. La règle communément admise stipule qu'est considérée comme illettrée une personne ne pouvant pas lire et comprendre un texte simple d'une dizaine de lignes et le résumer par écrit en trois ou quatre lignes.
« Le taux d'illettrisme en France est de 11 % et 6 % des salariés sont concernés », affirme Alain Bentolila, linguiste réputé, professeur à la Sorbonne et vice président de la Fondation Caisses d'Epargne pour la Solidarité. Il inaugurait hier les locaux de l'association « Savoirs pour Réussir »à Limoges.
Cette association, qui s'est fixé pour objectif l'accompagnement tutoré des jeunes jusqu'à l'emploi, peut déjà compter sur une douzaine de tuteurs formés et une dizaine d'autres sont en attente d'une formation : « Il n'y a pas de profil type, explique Catherine Duchez, chargée de mission. Nos tuteurs, qui ont entre 22 et 65 ans, doivent avoir des dispositions, en termes de qualités humaines notamment.
Un accompagnement individualisé et des ateliers divers doivent permettre aux jeunes de retrouver le goût d'apprendre, de les réconcilier avec les fondamentaux, de faciliter leur entrée dans un organisme de formation et jusqu'à l'obtention d'un emploi, le but ultime de l'association.
« En aucun cas, ajoute-t-elle, nous ne les formerons directement à la lecture et à l'écriture. »
Dix jeunes ont déjà été reçus par l'association et elle pourrait en accompagner une trentaine en 2008.
Questions à Alain Bentolila.
Auteur de nombreux ouvrages sur la langue, ses difficultés et son apprentissage, Alain Bentolila est l'un des meilleurs spécialistes de ce domaine.
- L'association « Savoirs pour Réussir » a-t-elle les moyens de ses ambitions ?
- Depuis six ou sept ans, nous avons déjà constitué un réseau puisque l'association est présente dans une dizaine de régions de France et nous souhaitons qu'elle le soit dans toutes à l'horizon de 2010. A ce moment-là, lorsque l'association tournera à plein régime, nous espérons que nous aurons déjà touché entre 7.000 et 10.000 jeunes.C'est peu, en comparaison des quelques 65.000 jeunes en situation d'illettrisme repérés chaque année, mais ce sera un bon début.
- De quoi provient cette hausse constante et inquiétante du nombre de jeunes touchés par l'illettrisme ?
- Osons le dire, pour une bonne part de l'école, qui n'a pas su s'adapter. La situation de plus en plus compliquée exigeait que l'école change, mais l'école ne change pas ! Rappelons qu'en 1960, trois-quarts des élèves n'entraient pas en sixième !
- Est-il plus compliqué d'être illettré aujourd'hui qu'il y a cinquante ans ?
- Forcément, et particulièrement dans le travail, puisque la paperasse, la documentation, les bons de commande, les notices sont partout. Ce n'était pas aussi évident, loin de là, il y a cinquante ans. Travailler en étant illettré relève aujourd'hui de la gageure, de l'exploit. Certains y parviennent au prix de quels efforts ? "
Quelle chance, s'occuper de dix jeunes sur 65.000, qui ne savent ni lire ni écrire, en ne leur apprenant "en aucun cas...à lire et à écrire "!!! Je signale que Catherine Duchez est professeur de lettres.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 11 octobre 2007
L'expression "champ lexical" est utilisée par la quasi totalité des professeurs de français en collège pour désigner un ensemble de mots appartenant au même domaine de signification (Noël, sapin, guirlandes, cadeaux, dinde aux marrons, crèche, messe de minuit...) et champ sémantique pour désigner les mots de la même famille, ayant une racine commune (commun, commune, communauté, communisme...)
Alors que c'est l'inverse, comme le souligne le maître de maison. Mais comment aller contre cette (mauvaise) habitude sans désavouer les collègues...Et les manuels scolaires !
Ecrit par : Robin Guilloux | 11 octobre 2007
Avez-vous remarqué que, partout, tout le monde parle trop vite, même les acteurs de cinéma ou de théâtre.
Je pense que c'est une des conséquences supplémentaires de :
- la suppression de la lecture à haute voix. (certains excellents enseignants de SLECC préconisent même la lecture en "choeur" : les enfants très bons lecteurs qui ont tendance à lire trop vite ralentissent, les moins bons accélèrent)
- la suppression de l'apprentissage de récitations. En y mettant le ton, la bonne ponctuation... Ce dernier point me semble absolument catastrophique.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 11 octobre 2007
J'aimerais déjà que les mots les plus courants soient prononcés correctement même sur les antennes des médias.
Ecrit par : iPidiblue à cheval sur les voyelles et les consonnes
Je contresigne ! On a d'une part le tic du [-e] superfétatoire (bonjoureuh, au revoireuh), d'autre part les métaplasmes systématiques (la plouz, les csriz, les d'voirs, les l'çons), et, le top du top, les élisions mal-t-à propos : feu le 1er ministre Jeanpierraffarin, Jakessler (M. météo de france-Inter), les laboratoires cosmétiques Pierricaud ... Les [-en] que l'on prononce [-on], de peur de sembler avoir l'accent sudiste, les [-in] qui deviennent [-un] et vice versa ( un empreint à tant pour cent, pardon à tont pour çont) ... Pouvez pas articuler un peu, les gars ?
Ecrit par : FGuichard | 11 octobre 2007
Je précise ma pensée, on peut se référer à Alfred Tomatis, pour parler correctement une langue il faut éduquer l'oreille, bon nombre de problèmes de lecture et écriture sont évités si déjà on fait faire un bon apprentissage à l'oreille humaine - et particulièrement de l'oreille d'un français dont la langue est peu sonore - d'où résultera une bonne élocution, les deux vont de pair.
Dans un IUFM bien entendu au lieu de faire de la théorie bétassonne qui touche à l'amplification métaphysique, on ferait mieux de faire étudier les bases de l'orthophonie aux futurs enseignants.
Ecrit par : iPidiblue pense-bête | 11 octobre 2007
Ce "joke" pour congressistes n'est pas très digne de Steiner : c'est une formule un peu facile. D'ailleurs certains pédagols savent enseigner. Comment et avec quelle efficacité, c'est autre chose. Certains aiment aussi vraiment les enfants.
(dugong)
La France se distingue par bien des aspects. En voici un des plus curieux. Elle a embrassé le relativisme ( juste derrière l'égalitarisme) avec la ferveur des premiers Chrétiens ( je ne vais pas citer encore une fois Peyrefitte disséquant les symptômes du "mal francais") mais on y trouve une propension inégalée, elle aussi, aux jugements à l'emporte-pièce, au refus de la nuance.
Il paraît clair pourtant que qui dit péda- gogistes, -gogols ou toute autre dénomination, désigne EXCLUSIVEMENT les membres de la secte constructiviste, un terme péjoratif, et sans la moindre équivoque vue l'étendue de la débâcle dont nous leur sommes redevables. Est donc exclue toute confusion possible avec les "pédagogues", dont la première vertu est effectivement qu'ils"savent enseigner"!!
L'égalitarisme est une perversion de l'égalité, le pédagogisme la perversion de la pédagogie, le pacifisme ("les SS20 sont à l'Est, les pacifistes à l'Ouest" disait-on dans ma jeunesse, mais pas en France...) la perversion de la paix. C'est le sectatisme, le dogmatisme, you name it, qui fait la différence.
La pédagogie, un art qui peut s'apprendre comme le dessin, exige à la base du talent et une forme particulière de personnalité, (vaut mieux s'intéresser aux enfants et ne pas être d'un naturel taiseux, ronchon ou défaitiste) et c'est bien ce que Steiner confirme dans chacun de ses livres. Le pédagogisme en est donc un avatar, mais perverti par plusieurs facteurs, au premier rang desquels l'idéologie, laquelle a plusieurs facettes, notamment le scientisme, lui-même perversion de la science, et tout cela vient habilement compenser l'absence de talent et de prédispositions à l'art d'enseigner.
Là aussi il faut nuancer. Il a bien évidemment des "pédagogistes" talentueux, qui "savent enseigner [et] aiment les enfants": ceux-là sont les plus dangereux...
Jean, il y a quelques mois, signalait l'importance de ne pas oublier de mettre ce mot entre guillemets; dugong confirme.
Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007
Est-ce trop demander à messieurs les instituteurs et autres professeurs de donner des cours de diction ou d'élocution française ?
Ecrit par : iPidiblue à cheval sur les voyelles et les consonnes | 11 octobre 2007
Pour quoi faire ?
L'élocution requiert une connaissance du mot écrit .
Inutile de s'affoler , l'essentiel est que tout cela soit homogène .
Au pire , il y aura un conflit de générations , opposant , pour une fois, de vrais vieux cons à de vrais jeunes arrogants !
Ecrit par : oui-oui | 11 octobre 2007
Etonnant cette convergence d'éloges sur le Steiner-Ladjali. Lu en son temps, il m'avait semblé superficiel, creux, avec Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire ....
Alors? Relire, pour confirmer ou infirmer?
Oui, relire, ce sera plus honnête. J'essaierai d'y revenir.
Mais au premier "rabord", c'était fort mauvais.
Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007
Ah mais Robin, vous n'allez pas vous y mettre aussi !
C'est un champ dérivé, votre truc : "commun", "communuauté", "communisme". Pas un champ lexical !
Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007
Tiens, à propos de Rey et de la nouvelle langue. Je ne suis pas responsable dece que dit cet article, hein !
http://www.fabula.org/actualites/article20407.php
Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007
Ah mais Robin, vous n'allez pas vous y mettre aussi !
C'est un champ dérivé, votre truc : "commun", "communuauté", "communisme". Pas un champ lexical !
Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007
Don't act et d'où l'intérêt de s'entendre sur les définitions (ô mânes de Socrate!). Comment voulez-vous que les élèves s'y retrouvent si les enseignants n'en sont pas capables !
Alors un "champ lexical", c'est quoi exactement ?
Ecrit par : Robin Guilloux | 11 octobre 2007
champ lexical
champ dérivé
champ sémantique...
Et puis il y a les champs de céréales qui sont aujourd'hui cultivés pour faire rouler les voitures et qui provoquent une flambée des cours mondiaux. Et qui seront les premières victimes ? Les enfants, comme toujours, mais pas ceux de chez nous qui ne s'occupent plus des champs de blé et de maïs, mais ceux de loin là bas où l'école apprend encore à lire et compter, mais où on peut mourir avant 5 ans d'une dysenterie ou d'une pneumonie.
C'est quand même bien de vivre dans un pays où on peut discuter longtemps de choses secondaires... mais pas inutiles :-)
Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007
Désolée du hors sujet mais c'est à la suite d'une information entendue à la radio sur les prix qui augmentent !!
Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007
Il y a eu télescopage... de champs !
Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007
"'Etonnant cette convergence d'éloges sur le Steiner-Ladjali. Lu en son temps, il m'avait semblé superficiel, creux, avec Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire ..
Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007.
En remettre une louche...
cette convergence d'éloges sur l'Éloge doit être relativisée par son contexte, celui de la réponse de JPB aux errements de Rey.
Un petit tour sur l'alteréducationnisme du signataire éclaire sa remarque.
Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007
C'est une chose que de s'intéresser en linguiste aux langages cryptiques comme l'argot, le verlan, ou le louchebem, c'en est une autre d'y voir une quelconque rénovation de la langue française, sauf à se déconsidérer. Certes, la langue évolue avec l'usage, c'est bien connu : mais est-ce une raison pour aller plus vite que la musique et donner une dignité à des sabirs dont la moitié sont des effets de mode qui ne tiendront pas plus que quelques mois, et qui n'apportent rien à l'expression de la pensée...
Parce que, bien entendu, vous Guichard, vous apportez quelque chose à la pensée...... Votre observation sent la bourgeoise héllénisto-tubarde, habitant à St François-Xavier à peu près aussi drôle qu'un texte de Meirieu.....
Et vous vous gourrationnez, permettez-moi de vous le dire. Jamais les expressions des rappeursne "contamineront" "la belle langue". Ce Sidi, immédiate ou non, rapide ou non, cette "pollution" de la langue de Malherbe par les pue-du-cul des caboulots, des rouliers, des barrières, est infiniment plus fertile pour l'avenir que" la chefdepreuduiasation" de cette même langue.
Ecrit par : montaigneàcheval | 11 octobre 2007
Alors un "champ lexical", c'est quoi exactement ?
Ecrit par : Robin Guilloux | 11 octobre 2007
Un truc dans lequel on s'embourbe et qui finit par vous coller aux semelles...
Quelle polémique vous déclenchâtes, Dobolino! Vivement mercredi prochain, "la" prof de français aura sûrement une autre question à nous soumettre pour qu'on se tape dessus:-)
Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007
Anne-Marie Valette a écrit : "Avez-vous remarqué que, partout, tout le monde parle trop vite, même les acteurs de cinéma ou de théâtre."
Et même les "journalistes" de France Culture. Je me souviens (merci Perec) de la brave Cécile de Kervasdoué, débitant sa revue de presse sur un tempo de championnat du Monde parlant du roi Léar...
Plus récemment, Ali Baddou nous le faisait Roi Lion...
A quand les filles Mégane, Connerie et Cécilia ?
Au moins, la "vieille" Véronique Pellerin, semblant en permanence sous Tranxen, fourche mais ne rompt pas.
Halte au dopage culturel !
Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007
Ce Sidi, immédiate ou non, rapide ou non, cette "pollution" de la langue de Malherbe par les pue-du-cul des caboulots, des rouliers, des barrières, est infiniment plus fertile pour l'avenir que" la chefdepreuduiasation" de cette même langue.
Ecrit par : montaigneàcheval | 11 octobre 2007
Plus fertile, à voir. Il en restera un petit quelque chose sûrement. La naïveté de leur part est de vouloir fixer tout cela dans un dictionnaire et de le rigidifier. Les "codes "momentanés passent et disparaissent comme l'argot connu du monde ouvrier est en passe de disparaître. Les jeunes l'ignorent ou presque.
Cela me fait penser, de loin et toutes proportions gardées,vraiment, aux universitaires métropolitains en poste outre-mer qui inventaient des grammaires du créole et des dictionnaires de créole qui fixaient ce qui était mouvant et qui devait le rester. Cela faisait bien rire les gens du coin et cela faisait des thèses...Humm! pour le moins discutables. Mais avec des postes à la clé...de vrais fromages de Hollande. Le tout mêlé à un petit peu d'indépendantisme politique et le tour était joué! Enfin! mais je m'éloigne...
Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007
Tout va très bien, tout va très bien...Catmano, juste un peu d'anglais en maternelle...
Ecole : les parents satisfaits mais qui demandent un retour de la discipline.
Une majorité de Français sont satisfaits de l'école mais souhaitent une meilleure attention aux besoins des élèves dans leur diversité ainsi qu'un retour à certaines formes de discipline perdues, selon un sondage TNS-Sofres pour Le Figaro-France 2-RTL, publié mardi 8 octobre.
D'après cette enquête d'opinion, 56 % des Français (57 % des parents d'élèves) jugent la qualité de l'école satisfaisante (52 assez satisfaisante, 4 très satisfaisante). Sont notamment plébiscitées la qualité de l'enseignement (65 %), la mixité sociale dans les établissements (61 %) et l'utilisation des nouvelles technologies (59 %). Une courte majorité juge satisfaisants la charge de travail des élèves (51 %) et le niveau de sécurité (49 % contre 45).
En revanche, sont sévèrement considérés (en taux de personnes non satisfaites) le nombre d'élèves par classe (61 %), l'accueil des élèves handicapés (65 %), le respect de la discipline par les élèves (74 %), la préparation au monde du travail (72 %) et le soutien aux élèves en difficulté (57 %). Les attentes sont à la mesure : 89 % souhaitent l'accueil d'au moins un élève handicapé dans chaque classe, 87 % sont favorables à la mise en place dans chaque établissement d'un système d'étude encadré jusqu'à 18 h 30 ; 79 % demandent que les élèves aient obligation de se lever à l'entrée du professeur en classe, 78 % que le téléphone portable soit interdit pour les élèves dans les établissements scolaires, et 77 % qu'un service minimum en cas de grève soit institué pour les professeurs.
Favorables à 70 % à la suppression des cours le samedi, les Français souhaitent par ailleurs l'instauration d'une après-midi consacrée uniquement aux activités artistiques et sportives (70 %), ainsi que l'introduction de l'enseignement de l'anglais dès la maternelle (69 %).
Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007
et 64% veulent qu'on donne du lait aux enfants dans les écoles
mais 78 % refusent que les enfants puissent s'y salir
54 % préferent que le lait soit administré sous forme de boursin (au mérite)
97% refusent l'ail et les fines herbes
Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007
Si on veut faire les choses bien, d'abord on dit la première phrase, ça justifie les honoraires, et ensuite la deuxième, et on explique.
Enfin, moi, je fais comme ça. Et je perd souvent beaucoup de temps à expliquer. C'est vrai que pas mal de confrères n'ont pas trop ce souci ...
Ecrit par : yann | 11 octobre 2007
On a eu ce souci, ce matin avec un gars sénile. "Votre Chien a un cancer du foie avec métastases, espérance de vie trois à six jours". Réponse du type, après mûre réflexion: "Et le cœur, docteur, il est bon?" A deux vétos plus un échographe plus 400 euros d'honoraires plus trois quarts d'heure d'explications... Je ne suis pas certaine qu'il ait compris!
Qui saurait nous conseiller sur le champ lexical de l'euthanasie raisonnée?
Je suis cassée, ce soir! Pauvre chien!
Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2007
Merci pour les champs lexicaux appliqués aux élèves de quatrième! Donc, j'avais bien pigé: ça veut dire le vocabulaire se rapportant à...
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Parce que ça fait plus riche!
Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2007
les Français souhaitent par ailleurs ... l'introduction de l'enseignement de l'anglais dès la maternelle (69 %),
dit ce sondage...
Et pourquoi pas à la crèche pendant qu'on y est : faire écouter de l'anglais pendant la sieste pour qu'ils apprennent sans effort !
La France remonterait dans les classements internationaux !
Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007
Quelle polémique vous déclenchâtes, Dobolino! Vivement mercredi prochain, "la" prof de français aura sûrement une autre question à nous soumettre pour qu'on se tape dessus:-)
Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007
Le! C'est un jeune capessien, frais émoulu... Ma fille en fait la collection.
Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2007
Et pourquoi pas à la crèche pendant qu'on y est : faire écouter de l'anglais pendant la sieste pour qu'ils apprennent sans effort !
La France remonterait dans les classements internationaux !
Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007
Avant la naissance ! Un casque posé sur le ventre de la mère, des leçons d'anglais, du Mozart, les tables de multiplication, et des enregistrements de conversation de dauphins, il parait que ça éveille l'esprit du foetus.
Dès 12 semaines de gestation (pardon, de grossesse). Remboursé par la sécu.
Ecrit par : yann | 11 octobre 2007
Tiens, c'est bizarre, j'ai toujours cru que le champ lexical, c'était simplement le vocabulaire relatif à un thème (la mer - toujours recommencée -, la boulangerie, la pêche à la mouche, etc...) et le champ sémantique l'ensemble des significations d'un mot avec leurs connotations...
De toute façon, cette métaphore du "champ" est pompante et je n'en parle jamais à mes élèves. Faire relever le vocabulaire de la mer dans un texte qui parle de la mer est en effet hautement instructif! Mais Jeremy a raison: la seule chose que les lycéens ont retenu du cours de français au collège, c'est qu' un texte a été écrit par son auteur uniquement pour qu'on y relève les champs lexicaux!
Ecrit par : Jean | 11 octobre 2007
Avant la naissance ! Un casque posé sur le ventre de la mère, des leçons d'anglais, du Mozart, les tables de multiplication, et des enregistrements de conversation de dauphins, il parait que ça éveille l'esprit du foetus.
Dès 12 semaines de gestation (pardon, de grossesse). Remboursé par la sécu.
Ecrit par : yann | 11 octobre 2007
Ce serait le meilleur des mondes !
Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007
"la seule chose que les lycéens ont retenu du cours de français au collège, c'est qu' un texte a été écrit par son auteur uniquement pour qu'on y relève les champs lexicaux!"
Ecrit par : Jean | 11 octobre 2007
Du reste, "les plus désespérés sont les champs lexicaux", non ? ...
Ecrit par : FGuichard | 11 octobre 2007
"Du reste, "les plus désespérés sont les champs lexicaux", non ? ..."
Les champs de la terre, que du malheur !
Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007
Sans parler du scandale des champs lexicaux contaminés par des OGM (Organisation de la Grammaire Meirieutiste).
Ah, la vision bucolique de José Bové fauchant un champ lexical !!
Ecrit par : yann | 11 octobre 2007
ou Ouvroir de Grammaire Mercantile.
Ecrit par : yann | 11 octobre 2007
"Ah, la vision bucolique de José Bové fauchant un champ lexical !!"
C'est pas grave : ça n'est pas encore illégal et ça repousse
Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007
Todorov alias OeildeVelours ne compte fleurette à ses conquêtes qu'au sein d'un champ lexical clôturé.
PS : Ce n'est pas une contrepèterie.
Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007
"ils deviennent des voyageurs sans bagages. « Barbarie de l’innovation creuse » — je suis jaloux d’une telle formule."
(J P Brighelli )
Lorsque j'ai débuté dans la fonction d'instit spécialisé, j'ai bien connu ces classes transformées en supermarchés .Les murs étaient couverts « d'écrits sociaux » et de prospectus en tout genre ( recettes, publicité, modes d'emploi, emballages, boîtes de conserve...). Il était également fortement conseillé aux instits de faire venir en classe des hommes de lettres; ce cocktail mystique, alliant « bain d’écrit »et fréquentation « des belles lettres », devait, à lui seul, pouvoir suffire à faire entrer les gamins dans " l'écrit" ( par une porte magique ?).La crédulité humaine ( Dans ce cas précis, on peut dire la connerie ) est sans limite; comment une institution a-t-elle pu sombrer dans cette pensée magique indigne d’un pays civilisé ?
A Roncq, j’ai plaisanté à propos de ces classes qui faisaient l'admiration des conseillers pédagogiques et des inspecteurs. La plupart du temps, le niveau en lecture y était, bien évidemment, totalement nul ( Comment aurait-il pu en être autrement !) mais la forme primait toujours sur le fond ( Pendant ce temps là, Marc et les autres se faisaient casser par leur hiérarchie ).Pour justifier le niveau lamentable de leurs élèves ( Quand ils en avaient conscience), les enseignants, adeptes de cette secte, prétendaient qu'il fallait donner du temps au temps pour que les enfants s'approprient " l'écrit"( ??) . Les initiés n’étaient probablement pas encore prêts pour recevoir la révélation ; ils devaient encore patienter ( parfois très longtemps !) avant de devenir des élus !.Les parents n’osaient pas intervenir, ils étaient complexés face à cette science nouvelle qui les dépassait. Quand j’ouvrais ma gueule dans la cours de récréation, tout le monde se dispersait sans faire de commentaires… « l’omerta » était la règle !
Thierry Venot
Ecrit par : thierry Venot | 11 octobre 2007
"Avez-vous remarqué que, partout, tout le monde parle trop vite, même les acteurs de cinéma ou de théâtre.
Je pense que c'est une des conséquences supplémentaires de :
- la suppression de la lecture à haute voix. (certains excellents enseignants de SLECC préconisent même la lecture en "choeur" : les enfants très bons lecteurs qui ont tendance à lire trop vite ralentissent, les moins bons accélèrent)
- la suppression de l'apprentissage de récitations. En y mettant le ton, la bonne ponctuation... Ce dernier point me semble absolument catastrophique.
Anne-Marie."
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 11 octobre 2007
Ah oui? Et vous avez remarqué aussi, comme les changements de plans s'enchaînent plus vite dans les concerts filmés, par exemple? Au plus une seconde et demie sur une image. A quelle tare incombant à l'école d'aujourd'hui allez-vous attribuer cet état de fait, Anne-Marie?
Mais non! Les gens parlent plus vite parce que la civilisation d'aujourd'hui exige la vitesse, le rendement à court terme. Etat de fait que nous promet de manière encore plus implacable le libéralisme prôné par Cadichon, soit-dit entre parenthèses.
Ceci-dit, dans les interventions consacrées aux créations de spectacles que j'ai menées dans les classes, j'ai pratiqué plusieurs fois la lecture, (et le travail) en choeur parlé. Très intéressant, effectivement.
Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007
"Je précise ma pensée, on peut se référer à Alfred Tomatis, pour parler correctement une langue il faut éduquer l'oreille, bon nombre de problèmes de lecture et écriture sont évités si déjà on fait faire un bon apprentissage à l'oreille humaine - et particulièrement de l'oreille d'un français dont la langue est peu sonore - d'où résultera une bonne élocution, les deux vont de pair.
Dans un IUFM bien entendu au lieu de faire de la théorie bétassonne qui touche à l'amplification métaphysique, on ferait mieux de faire étudier les bases de l'orthophonie aux futurs enseignants."
Ecrit par : iPidiblue pense-bête | 11 octobre 2007
Vous vilipendez les "charlatans pédagogistes" des IUFM et vous rendez louange à Tomatis? On voit que vous n'avez pas eu ses cassettes sur les oreilles! Un gourou. Un vrai.
Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007
D'après cette enquête d'opinion, 56 % des Français (57 % des parents d'élèves) jugent la qualité de l'école satisfaisante (52 assez satisfaisante, 4 très satisfaisante).
Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007
Finalement le ministre de l'EN aurait bien tort de changer la politique scolaire de ses prédécesseurs puisque 65% des parents sont satisfaits de la qualité de l'enseignement.
De tels sondages, nul n'est dupe, ne sont rien d'autres que des mises en condition de l'opinion voire même une manière de légiférer et de normaliser en douce.
En tout cas pour en avoir discuté ce soir avec les nouveaux élus au CE de mon collège, personne n'attend rien de bon du nouveau ministre en matière de restauration de la dignité ou de la fonction des enseignants pas plus qu'en matière d'acculturation des élèves.
Ecrit par : buntovchik | 11 octobre 2007
"Ah, la vision bucolique de José Bové fauchant un champ lexical!!"
Qu'il ne se gêne pas!
Ecrit par : Jean | 11 octobre 2007
La clé des champs
On a perdu la clé des champs!
Les arbres, libres, se promènent,
Le chêne marche en trébuchant,
Le sapin boit à la fontaine.
Les buissons jouent à chat perché,
Les vaches dans les airs s'envolent,
La rivière monte au clocher
Et les collines cabriolent.
J'ai retrouvé la clé des champs
Volée par la pie qui jacasse.
Et ce soir au soleil couchant
J'aurai tout remis à sa place.
Jacques CHARPENTREAU
Ecrit par : Maminou | 11 octobre 2007
" J'ai toujours cru que le champ lexical, c'était simplement le vocabulaire relatif à un thème (la mer - toujours recommencée -, la boulangerie, la pêche à la mouche, etc...) et le champ sémantique l'ensemble des significations d'un mot avec leurs connotations (et dénotations) "
Ben oui : Jean a bien résumé tout ça. Et champdérivé j'ai dit plus haut ce que c'était. Ben en tout cas on est trois à être d'accord, qui a dit qu'il était si difficile de s'accorder en lexicologie ?
Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007
"Un champ sémantique doit être un espace connexe car on ne peut penser qu'une seule chose à la fois. Or c’est là l’un des paradoxes mis en jeu par les copules « ou », « et » : qu’elles nous obligent à penser simultanément au moins deux objets. Ces copules posent donc, fondamentalement, le même problème que celui de la prédication : par quel processus l’esprit arrive-t-il à lier en une forme unique
une agrégation d’objets distincts ? C’est là le problème classique des mixtes – c f. le Sophiste de Platon – que la logique moderne a cru pouvoir écarter à la faveur d’une reconstruction ensembliste de l’univers."
René Thom in Apologie du logos Flammarion 1990 p570
suivent des considérations qui mènent au résultat foudroyant qu'on peut passer continûment du mixte X ou Y au mixte X et Y.
René Thom a lu Jakobson et Hjelmslev, mais ce n'était pas un trissotin. Il est d'aileurs à l'origine d'une des premières réactions contre les outrances des mathématiques modernes :
"... Dans l’esprit de la plupart de nos contemporains, les mathématiques dites «modernes » jouissent d’un grand prestige : elles figurent, entre la cybernétique et l’informatique, dans l’armoire aux jouets prônés par une publicité de mauvais aloi comme l’acquis essentiel de la technique actuelle, l’outil indispensable au développement futur de toute science. Mais il y a plus : depuis la modernisation des programmes, les mathématiques «modernes » ont fait leur entrée dans la vie familiale. Bien des parents – devenus incapables d’aider leur
progéniture – s’en sont inquiétés : ne reconnaissant plus dans le vocabulaire de leurs enfants les vieilles notions familières, ils se sont sentis égarés par cette nouvelle terminologie. Perplexes, certains y ont vu un nouveau symptôme
de l’abîme qui s’ouvre entre les générations ; ils ont alors adopté une attitude d’obstruction systématique à l’égard des nouveautés. D’autres au contraire – et le cas est fréquent chez les enseignants – ont accepté avec enthousiasme les
nouveaux programmes, les nouvelles notions, les nouveaux symboles."
...
"Si dans les années l965-1967, j’avais suivi avec une certaine sympathie les débuts du mouvement, je ne tardai pas à être ulcéré par ses excès : on convoquait à l’université les vieux instituteurs de campagne, blanchis sous le harnois par une vie d’expérience, et là, de jeunes freluquets, à peine sortis de leurs études de licence, leur assénaient des propos arrogants du type : «Messieurs, vous prétendez savoir ce qu’est un nombre et vous croyez l’avoir enseigné à vos élèves. Détrompez-vous ! Vous ne connaissez pas Cantor et sa théorie des ensembles : on ne compte pas un ensemble, on établit des correspondances bijectives entre ensembles, etc. etc. ». C’est devant cette évolution que j’ai cru nécessaire de réagir"
Etranges résonances !
Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007
'Etonnant cette convergence d'éloges sur le Steiner-Ladjali. Lu en son temps, il m'avait semblé superficiel, creux, avec Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire ..
Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007.
Etonnant, en effet, à moins que la demoiselle ne soit pressentie pour une future mission. Qui sait?
Ecrit par : oups | 11 octobre 2007
Tous nos agrégés de ce blog qui détiennent le vrai savoir et la vraie culture se perdent et se mélangent les pattes dans les définitions des champs (lexical, sémantique...). C'est quand même un peu étonnant, non?
Ecrit par : LouBlan | 11 octobre 2007
Personnellement je me contrefiche de tous ces champs qui ne servent à personne...
Les champs de tulipes pour les bouquets ou les champs de pommes de terre pour faire des frites je ne dis pas mais les prés lexichoses, semanmachins ou déritrucs dont personne d'ailleurs n' a la même définition non merci! Plutôt un Ricard tout bien réfléchi, avec un glacon!
Ecrit par : LouBlan | 11 octobre 2007
89 % souhaitent l'accueil d'au moins un élève handicapé dans chaque classe
Ecrit par : Thalie- Thalie
Je serais curieux de savoir quel pourcentage souhaiterait accueillir un enfant handicapé dans sa famille. Ah oui, c'est comme l'autoroute : c'est vachement bien, à condition que ce soit chez les autres.
Ecrit par : Moot | 11 octobre 2007
"Tous nos agrégés de ce blog qui détiennent le vrai savoir et la vraie culture"
Qu'est-ce que c'est con comme remarque... Buvez votre Ricard avec votre glacon et parlez des tulipes, ca suffira.
Dugong, j'ai rien compris à votre texte !
Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007
"'Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire .."'Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007, ce bel esprit supérieur qui cire ses propres pompes en crachant sur ceux qui ne lui arrivent pas à la cheville.
Puis, bien sûr, un autre de renchérir:
"Etonnant, en effet, à moins que la demoiselle ne soit pressentie pour une future mission. Qui sait?"
Ecrit par : oups | 11 octobre 2007
Au fait, vous deux , on peut connaître le titre de vos oeuvres, sans nul doute impérissables...?
A propos du dernier livre de Ladjali, "Mauvaise langue" (tiens il irait comme un gant à nos deux compères, ou.... commères),
voici ce qu'en disait Luc Cédelle - (Le Monde du 31 aout 2007)
"Peut-on sérieusement avancer que "le barbarisme mène à la barbarie" ? C'est ce que fait Cécile Ladjali, professeur et écrivain. (*) La thèse n'est pas nouvelle dans les débats sur l'éducation. Barbara Lefebvre, coauteur des Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002), l'a déjà affirmé dans un texte intitulé, précisément, "Du barbarisme à la barbarie". De l'un à l'autre "il n'y a qu'un pas", répète lui aussi Jean-Paul Brighelli, le pamphlétaire de La Fabrique du crétin (éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2005)... Cécile Ladjali affirme qu'une "syntaxe que l'on malmène, un mot que l'on écorche est une violence que l'on impose à soi et aux autres". Elle ajoute que "l'approximation et la familiarité sont les manifestations premières d'un glissement progressif vers l'anomie, l'absence de code, c'est-à-dire la négation même de toute civilisation, fondée sur les règles de la vie en société".
(*) et non écrivaine-euh
J'en remets encore une louche, pour faire bonne mesure.
"Entre journal de bord d'une prof de banlieue et réflexion humaniste, "Mauvaise langue" tire le signal d'alarme, s'en prend aux attitudes démagogiques et affirme qu'un jeune qui parle mal est en danger, qu'une société qui laisse sa langue se déliter court le risque de la barbarie.
L'auteur (*) part d'un constat fait sur le terrain, dans les classes où elle enseigne : la langue des jeunes s'appauvrit de jour en jour, tant sur le plan du vocabulaire que de la grammaire. Pour un nouveau mot qui rentre dans le dictionnaire (par exemple le verbe « kiffer »), c'est douze verbes qui sont condamnés à ne plus être prononcés par les adolescents, douze nuances qui passent par pertes et profit. Car, la grammaire est un système de lois et de règles et qui les ignore, les malmène, les recompose au petit bonheur, menace le socle commun qui permet aux êtres humains de communiquer et de se comprendre. Le barbarisme est toujours une menace de barbarie. Encouragés par la « mode banlieue » et des supports de communication qui demande rapidité et laconisme (emails, SMS, MSN...), les adolescents parlent une langue appauvrie doublée d'une orthographe minée par la transcription phonétique et s'en vantent car « mal parler fait bien ». Mais c'est si inventif, disent certains, écoutez leurs néologismes, entendez leur musique ! Certes, on peut apprécier, encore faut-il être « bilingue », connaître les règles pour pouvoir s'en écarter, s'évader, inventer à partir d'elles.
Mauvaise langue est donc une invitation polémique et constructive au bilinguisme, à ce bilinguisme des jeunes qui ne peuvent pas faire l'économie de la syntaxe et du vocabulaire, sous peine de le payer très cher. Nourri d'anecdotes et de réflexion, ce texte dénonce la démagogie ambiante qui consiste à voir dans toute initiative et dans toute rébellion un acte créatif. Attention, prévient Cécile Ladjali, certaines rébellions ne sont que poses et duperies"
(*) et non auteure-euh-euh...
Pouah! bis
[Cécile Ladjali a 36 ans. Agrégée de lettres modernes, elle enseigne dans un lycée de la Seine Saint-Denis et à l'université de Paris III (Sorbonne Nouvelle). Elle a publié trois romans chez Actes Sud (Louis et la jeune fille en 2006, La Chapelle Ajax en 2005 et Les Souffleurs en 2001) et un essai avec George Steiner paru chez Hachette Littératures en mars 2007, Eloge de la transmission. ]
Alors si Cécile était "pressentie" pour quelque mission, comme le persiffle l'un de nos deux experts en "mémérages", elle ferait certainement moins de dégâts que Gaby l'adipeux... qu'en dit ben d'trop pour être honnête ( à lire avec l'accent de Charlebois, ou de Charlevoix....)
Ecrit par : Cadichon | 12 octobre 2007
"Gaby l'adipeux... qu'en dit ben d'trop pour être honnête"
Oh Cadichon ! Enfin !! Comme quoi on peut être (ultra ?)libérale et être drôle.
Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007
On aurait pu dire cela autrement les champs sémantiques du libéralisme et de la drôlerie ont une intersection non vide même si la distance sémantique entre ces deux concepts est quand même assez grande.
Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007
Merci, Cadichon, de ce texte sur Cécile Ladjali.
Ce qu'elle dit me fait penser au livre de Natacha Polony, "Nos enfants gâchés". Elle aussi analyse la situation catastrophique où nous sommes arrivés, et que je mesure chaque jour en voyant la nullité abyssale de l'enseignement que subissent mes petits-enfants.
Quand trois fillettes de cinquième me disent calmement : notre professeur de français est fou, on n'apprend rien avec lui. Aidez-nous.
Je suis nulle en anglais, on n'y comprend rien. Je déteste l'anglais.
Les maths, je n'y comprends rien.
Je vais donc leur préparer des fiches d'anglais, de maths, de français. Qu'elles sachent au moins conjuguer le verbe être et le verbe avoir au présent, que "a" veut dire "un, une", "the" "le, la, les" etc.
On leur apprend des phrases globales, sans connaître ni la signification des mots, ni leur construction grammaticale. Un nouveau livre d'anglais vient de sortir. Encore plus nul que les précédents.
Ex : mettre à la forme interrogative
John 's got a grey and black cat.
ça n'a pas loupé : elles ont toutes les trois écrit :
Is John got a grey and black cat ?
On en découvre chaque jour un peu plus sur l'effondrement de l'instruction. C'est terrifiant, qui peut lutter contre cette marée noire?
(L'apprentissage de l'allemand est définitivement mort en Limousin : il y a quatre élèves à la faculté des sciences.)
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 12 octobre 2007
"L'apprentissage de l'allemand est définitivement mort en Limousin : il y a quatre élèves à la faculté des sciences"
Ils pourraient quand même éviter de lire Einstein dans le texte en 1ère année de maths - physique !
Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007
L'apprentissage de l'allemand est définitivement mort en Limousin
Ecrit par : Anne-Marie Valette
S'il n'y avait qu'en Limousin ! Dans mon lycée, on est passé de trois professeurs d'allemand à deux, et encore, le deuxième, c'est un miracle qu'elle soit là, le poste supprimé par un départ à la retraite a été maintenu in extremis.
Les classes sont regroupées de façon aberrante, ce qui constitue un casse-tête épouvantable pour les professeurs, lesquels ont à s'occuper simultanément de sections générales et technologiques, de littéraires et de scientifiques, de ceux qui l'ont pris en première langue et de ceux qui le pratiquent en deuxième langue.
Sur 200 élèves de seconde, il y en aurait moins d'une dizaine qui suivent les cours de cette langue.
Un vrai naufrage, et un naufrage organisé. Et quand on pense que l'on nous gargarise avec "l'Europe", "le couple franco-allemand" !
L'espagnol se porte bien, parce que dans l'esprit des gogos, ça évoque le soleil, la fête, et c'est censé être plus facile (je ne pense pas que ceux qui l'enseignent y croient dur comme fer).
Ecrit par : Moot | 12 octobre 2007
Dans la série, "en face, ils se les bougent sans geindre" voyez http://www.cafepedagogique.net/communautes/Collegeexperimentaux/default.aspx
A quand des collèges / lycées exprérimentaux dans l'esprit GRIP ?
Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007
De toute façon, l'enseignement de l'anglais était déjà réputé inefficace au début des années 70. L'allemand a été contaminé un peu plus tard. Et le russe? Comment c'est fait, un livre de classe de russe à présent? Est-ce que c'est aussi contaminé? Enfin... s'il reste des classes de russe!
Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007
"Dans l’esprit de la plupart de nos contemporains, les mathématiques dites «modernes » jouissent d’un grand prestige" (Dugong)
Pour information, les maths modernes étaient "vues" comme une curiosité à l'école polytechnique.
Les fameuses "patates" règnent encore dans l'apprentissage des "mathématiques" en primaire, et remplacent l'apprentissage de la multiplication, de la division, et de la soustraction "posées" dans les petites classes.
Un bon enseignement du calcul, posé et mental, n'a jamais été rétabli. Les exercices qui exigeaient un raisonnement rigoureux ne sont jamais donnés. La règle de trois rarement enseignée avant le lycée.
C'est ainsi que la division n'est enseignée qu'en CM1, et de façon si confuse que de nombreux enfants ne savent l'utiliser en sixième. (Les tables de multiplication rarement apprises, sauf si la famille s'en occupe.)
D'où le cri d'alarme des mathématiciens du GRIP : qui va enseigner les mathématiques aux nouvelles générations?
(Moins de 10 % d'étudiants dans les branches scientifiques !)
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 12 octobre 2007
Quelques précisions :
L'article de René Thom dont j'ai reproduit certains passages date de 1970.
Je dis que sa transposition à 2007 se fait par simple substitution de quelques mots : les pédagogistes tiennent le même genre de discours en 2007 que les "progressistes" de 1970 pour justifier la mise en place des mathématiques dites "modernes" à TOUS les niveaux d'enseignement.
PS : Ce qui était pédagol à l'époque c'était la transcription au collège et au primaire des outils des mathématiciens chercheurs. J'ai eu droit, comme lycéen à l'époque, aux premières années de la mise en oeuvre des programmmes de maths "modernes". C'était assez rigolo : on apprenait en seconde (par coeur !!) des listes d'axiomes définissant les structures (groupes, anneaux, corps, espaces vectoriels) et on passait notre temps à vérifier, dans des exercices quasi tautologiques que ces axiomes étaient ou non satisfaits dans tel ou tel contexte.
C'était (déjà) très ludique et pas très plein !
Par contre, en terminale C, ça déménageait sévère et l'enseignement était méchamment structuré... Je suis encore capable de débiter par coeur la définition de la continuité d'une fonction réelle ("quel que soit epsilon positif, ...") et cela date de la 1èreC.
Qu'on enseigne la notion de champ sémantique en linguistique en université ne me choque pas (à condition qu'on la mathématise un peu mais là, il n'y a plus grand monde !). Ce qui me choque c'est la transposition de ces "jouets" conceptuels dans l'enseignement de base...
Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007
Je viens de lire le projet de Cohn-Bendit. Pour les banlieues difficiles, les ZEP, pour ne pas les nommer, cela va faire de l'"expérimentation pédagogique" supplémentaire, avec les "cobayes" n'ayant pas eu la possibilité de se délocaliser pour échapper aux docteurs Folamour qui y sévissent, et que de nombreux volontaires s'apprêtent à rejoindre.
Bonjour les dégâts, quand on connaît les orientations du "Café pédagogique",( qui patronne le projet), où règnent des voyous comme Goigoux, Jean-François Launay, Grandserre, tous ennemis jurés de la transmission du savoir et de l'instruction.
Bon moyen d'intégrer les enfants d'immigrés, il ne faudra pas s'étonner si on a de temps en temps des"crises" de banlieues.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 12 octobre 2007
Dans la page de Cohn-Bendit et de sa bande, on lit :
"On sait qu'aucun des établissements retenus ne sera totalement vide d'enseignants. On n'a pas réglé la question du chef d'établissement et de ses rapports avec l'équipe. Il faut pourtant aller vite."
Autrement dit, il restera toujours un ou deux ahuris qui n'auront pas compris ce qui les attendait (style : ils travaillaient à la cave pendant que c'est arrivé). L'idéal pol-potien de la bande est de vider les établissements d'abord : on les comprend ! Mutations d'office aux champs (glébeux et très peu sémantiques ?)
Quant au chef d'établissement, GCB a dépassé la limite d'âge (né en 1936 le vieux birbe !). Il sera peut-être compol d'honneur ?
Quant aux futurs "apprenants" : alertez les bébés !
Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007
Comment c'est fait, un livre de classe de russe à présent? Est-ce que c'est aussi contaminé? Enfin... s'il reste des classes de russe!
Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007
Препадавание русского языка в плохом состоянии! (L'enseignement du russe est dans un état déplorable). On s'en serait douté!
Il faut savoir que le corps des professeurs de russe doit comprendre environ 250 membres éparpillés sur le territoire national et que chaque année partent une vingtaine de collègues non remplacés. Le recrutement est tari.
L'enseignement de cette langue la plus parlée en Europe ne subsiste en partie et à l'image de l'allemand que par l'artifice des classes "bilangues". Les effectifs des classes sont faibles. Le nombre d'heures par exemple en LV2 en lycée est de 2 heures par semaine.
Il n' y aurait guère qu'en fac et en particulier dans certaines villes que la situation reste acceptable.
Il y a une réelle politique (budgétaire) ministérielle d'en finir avec les langues dites "rares" et "mortes". Ce n'est pas un scoop!
Cela n'empêche pas de trouver des gens pour continuer à rêver et à croire en des lendemains pédagogiques enchantés!
Ecrit par : buntovchik | 12 octobre 2007
A propos du par cœur. Comme réponse à l’un des commentaires qui insistait sur le fait de la nécessité de comprendre ce que l’on apprend... Non, cela n’est pas toujours obligatoire. Avons, nous-mêmes pratiqué et pratiquons du reste toujours cet exercice, et de fait connaissons, entre autres, de nombreuses poésies de Mallarmé. Pour bon nombre d’entre elles, ne saisissions pas le sens dans notre jeune âge, ou du moins celui de quelques vers. Le plaisir était présent cependant, car nous en savourions le son, la singularité rythmique, l’harmonie sonore, le mystère… Mais quelle merveille, quel incommensurable bonheur, lors d’une promenade, un moment de solitude, des années plus tard, vous remémorant quelque poésie du maître, quand le sens vous apparaît, vibratoire, dans sa densité phénoménologique, existentielle. Si vous ne l’avez pas en bouche, immédiatement saisissable par le fait de la mémoire, cette volupté profonde vous évite et ce plaisir vous ne le connaîtrez jamais. Le par cœur donc, sans rien comprendre, contient aussi cette vertu, vous rapprochant des grâces comme du simple plaisir de vivre, quand votre monde prend du sens, s’éclaire de cet inattendu.
Ecrit par : Le Pilier | 12 octobre 2007
"dites : "Va crever, votre clebs" — ce sera plus simple."
J'en pleurs :o)))
Ps: merci Cad, ma chuis en CE2, so keep cool ;)
Message subliminal
LIBéREZ MARIE-JEANNE
ENFERMEZ Eveline
Moins de cibile
Plus de Paradie/s (?) géniale la meuf !
Ecrit par : toto | 12 octobre 2007
Etonnant cette convergence d'éloges sur le Steiner-Ladjali. Lu en son temps, il m'avait semblé superficiel, creux, avec Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire ....
Alors? Relire, pour confirmer ou infirmer?
Oui, relire, ce sera plus honnête. J'essaierai d'y revenir.
Mais au premier "rabord", c'était fort mauvais.
Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007
Si je puis me permettre, j'ai trouvé Ladjali pompière... dit autement: imbue. J'ai bcp lu Steiner, mais sur ce coup-là, je n'ai pas fini l'opuscule autocongratulant (du côté de la dame, du genre: moi, j'ai vu et connais le grand homme). Je préfère quand G. S. parle de ces sujets - seul.
Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007
J'apprends ce matin que mon LP est le plus mal vu de France, peut-être, du Rectorat sans doute parce qu'il y a trop de démissions, d'élèves qui ne viennent pas en cours, de renvois, etc. Et comment resumer les relations entre l'établissement, le rectorat et la région? "C'est politique", m'a glissé un collègue de compta (faut garder jusqu'au bac!).
Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007
A propos des langues, pour témoigner du désastre :
en Première, en allemand, groupe des "moins mauvais élèves" de S, dans une région où le nombre d'élèves étudiant l'allemand reste élevé : étude d'une chanson des Beatles en... anglais puis en allemand qui débouche sur une étude des ressemblances entre l'anglais et l'allemand en prenant par exemple les noms des pièces de la maison.
Euh Goethe c'est qui ?
En anglais même niveau, étude du fossé des générations avec une rédaction intitulée "fais le portrait de ton meilleur ami" (chaque année depuis la 5e, le même travail écrit)
Euh Shakespeare, c'est qui ?
Ecrit par : lucile | 12 octobre 2007
Comme réponse à l’un des commentaires qui insistait sur le fait de la nécessité de comprendre ce que l’on apprend... Non, cela n’est pas toujours obligatoire.
Ecrit par : Le Pilier | 12 octobre 2007
S'il s'agit de ce que j'ai écrit il y a déjà un bail, je parlais de la physique... pas de la poésie symboliste !
Maintenant, on peut aussi apprendre les formules par coeur, sans comprendre, et les appliquer, et ce jusqu'à un assez bon niveau. Mais pas au-delà...
Ecrit par : yann | 12 octobre 2007
"Pour le russe, il n' y aurait guère qu'en fac et en particulier dans certaines villes que la situation reste acceptable."
J'ai fait un an de russe à raison de 4h par semaine à la fac...
On travaillait sur les photocopies d'un vieux manuel soviétique non réédité, avec deux profs différentes qui ne se coordonnaient pas (et ne s'aimaient pas), à des horaires farfelus (12-14h et 18h-20h) et sur un mode idiot (2h de CM à 50, 2h de TD à 25).
Je n'en ai pas retenu grand chose !
Alors les langues en fac, merci bien. Je peux en dire beaucoup à leur sujet - d'ailleurs, où en est la structure "langues" que souhaitait Pedro Cordoba ? Si on s'attelle à la rénovation de l'enseignement des langues comme à celle de l'enseignement du français, on en a pour 20 ans de travail !
Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007
"De toute façon, l'enseignement de l'anglais était déjà réputé inefficace au début des années 70. L'allemand a été contaminé un peu plus tard."
Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007
Peut-être mais les bases données jusqu'au bac en anglais dans les années 80 étaient parfois suffisantes pour être capables au bout de quelques jours "d'immersion" de comprendre des conférences en anglais.
Est-ce encore le cas aujourd'hui ?
A l'époque la qualité des enseignants faisait surement aussi la différence, mais au moins les contenus des programmes (au lycée au moins) étaient un peu plus denses.
Ecrit par : lucile | 12 octobre 2007
Le problème des langues me semble revêtir une gravité extrème. En effet, on vit en France sur un meurtrier malentendu quant à non pas l'apprentissage des langues elles-même mais sur la place qu'elles jouent dans la civilisation. L'Allemand, par exemple, est devenu à peu près aussi rare que le Russe il y a 20 ans. En première comme en seconde langue.
Et cela ne concerne pas que les quartiers pue-la-sueur.
Dans mon collège, par exemple, on est passé de 23 à 14 élèves prenant allemand en Sixième. Et pour remplacer ces langues "rares" (italien ,russe, allemand, kabardino-balkare, gagaouze et mordve) par l'anglais. Mais pardon, quel anglais. l'Anglais pour prolos. Une sous-langue destinée aux petits pauvres. Aucun élève ne parle ni ne parlera jamais véritablement anglais. Cette langue, innombrable et houleuse comme la mer grise qui bat les falaises du Devon...Non les gosses sont victimes 'une sorte de fast-food linguistique. Les pauvres collègues de langues sont des saints.
Ballottés bien plus que les autres matière entre les délires pédagomaniaques et les circulaires, ils ne parviennent plus à transmettre "l'âme de la langue". Cet élégant rapport entre une langue et tout un arrière-plan immense, gigantesque, fait de civilisation, de littérature, etc...
De toutes façons j'ai toujours été frappé par le fossé qui existe entre la connaissance des langues chez les élèves de l'étraner, en Allemagne, en Suède, et même en Angleterre, et quelque soit la langue.
Et puis, pour être allé souvent en tant qu'accompagnateur en Angleterre, avec une collègue d'anglais, pour voir la région des Lacs et le Mur d'hadrien, je fus plus qu'une fois stupéfait par la nullité deladite collègue. Attention. Ne me tirez pas dessus: je m'explique:
On a en France ce fait incroyable que pas mal de profs de langues ne maîtrisent pas vraiment la "conversation normale". On a l'impression d'un formidable verrouillage mental, d'une immense frustration. Cela vient du mépris le plus total dans lequel les pouvoirs publics ont toujours tenus ( de droite et de gauche, oui Cadichon, oui, oh le bon toutou,il fait le beau,warf, warf...) envers les profs en général et les profs de langue en particulier. Des tonnes de circulaires pédagofascistes, des ordres, des contre-ordres. Je me souviens -j'étais en Terminale- des délires des Méthodes Zehnacker et surtout Holderith, qui prônaient l'abolition de cette paratique barbare de l'APPRENTISSAGE DU VOCABULAIRE. Ben tiens, c'te bonne paire, chacun sait qu'un môme, au bout de quatre ans d'Allemand sera capable d'écrire comme Hôlderlin!!!!! Pauvres connards d'inspecteurs. C'est de tous ces déliria trementa que vient la prodigieuse déconfiture de l'enseignement des langues.
Et d'autre chose aussi: la langue est une ouverture démocratique ver le monde. Tout le monde sait ce que signifia d'apprendre l'allemand entre 1950 et 1980. il y avait derrière cela, le prodigieux souffle de De Gaulle, et son voyage à Bonn en 1963. Je l'ai vue cette scène ,où à Cologne, sur le Neumarkt, De Gaulle parlant en allemand, presque parfait, lui qui ne voyait déjà presque plus rien. ("Es lebe Köln!!! Es lebe Deutschland! Es lebe die deutsch-französisiche Fraundschaft!") (Vive Cologne, vive l'Allemagne, vive l'amitié franco-allemande). Urlement de joie dans les 200000 à 300000 personnes massées alors.
Rebelote en Pologne, au Mexique...et même en 1969, à Quimper, en breton....alors que le référendum était déjà perdu.
Voilà sans doute la clé du problème : l'inculture crasse en matière de langue de nos cloportes dirigeants. Je crois qu'on a délibérément squizzé les langues parce qu'elles sont libératrices. Donc, je tire un grand coup de chapeau (un EDEN de chez Berteuil, Boulevard Haussmann) à nos collègues linguistes, plus entubés que les autres depuis trente ans de délires pédagomaniaques et de crachats politiciens.
Ecrit par : montaigneàcheval | 12 octobre 2007
"Quelques correspondants m'envoient, sous la protection de pseudo ininterprétables, "momo", "marie", "loki", voire "anticharme" (sic !!), des commentaires très polémiques "
Põ GENTILS !
MAc, sans pipicaca, c'est po mac :sol: .
Alors ? ça fait quoi?
Ecrit par : toto | 12 octobre 2007
ça vous manquerait, par hasard, le Syndrome Gilles de la Tourrette???
Non, je blague.
Mais, je vous signale, mon cher, que pipicaca, ça fait partie de la langue, au même titre qu'hendyadin ou synecdoque. Et que, puisque vous me tendez une sacrée gaule, c'est par les gros mots qu'on apprend une langue. Un gosse normal n'est pas peu fier de pouvoir dire Scheisse, comme ça, poum, au repas du soir, et que personne ne comprenne. Curieusement apprendre les gros mots est une "invitation à la familiarité linguistique". En apprenant le mot cul en allemand, Arsch, ou en Anglais Ass, on perçoit bien "la tombure du r" de l'une à l'autre langue. Tombure qu'on retrouve dans sprechen et speak.
Ecrit par : montaigneàcheval | 12 octobre 2007
Mes élèves ont appris Arschloch. Pas par moi, mais ils l'ont appris, c'est dejà pas mal.
MàC, c'est juste ce que vous dites sur les langues.
"Et puis, pour être allé souvent en tant qu'accompagnateur en Angleterre, avec une collègue d'anglais, pour voir la région des Lacs et le Mur d'hadrien, je fus plus qu'une fois stupéfait par la nullité deladite collègue."
Le nombre de renseignements en anglais que j'ai demandés à des collègues certifiés, et pour lesquels je n'ai pas eu de réponse, est impressionant. Juste une toute fière qui m'a ressorti trois fois ce qu'elle savait sur le roman gothique, en me parlant d'un ton docte comme si, forcément, je ne pouvais pas savoir ce que c'est tellement c'est compliqué et savant. Tout ça parce qu'avec mes classes, je traduisais un texte tiré d'amazon.com pour étudier des comptes-rendus d'ouvrages...
Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007
Tiens Jérémy, il me revient autre chose. Pendant les trajets en bus, avec mon collègue de français, un type tout petit , profil de gerfaut et grosses lunettes MGEN, sympa comme tout, nous passions notre temps à parler de l'Anglais. Au Musée d'York, existe une prodigieuse collection d'objets quotidiens de 1800 à 2000. Fabuleusement interessant. Soudain, je vois sur un mur une admirable exposition de matraques. Et comme je ne parle pas un mot d'engliche, je regard la notice, et je vis le mot "truncheon". Et clac.Illumination!!! du français "tronçon". Avec une modification du mot français comme "surgeon". Ou alors le superbe mot Orchard. Facile. "orch" comme le français verger avec tombure du v et yard, "jardin.
C'est ça qui est le génie des langues, ces "appuie-tête" d'une langue par rapport aux autres. Eh ben ma collègue d'anglais, elle s'en tapait, mais à un point.....Et je suis pourtant sûr que c'est ça qui marcherait avec les mômes.
Récemment devant des 5ème germanistes, j'ai évoqué Ferdinand de Saussure (à son pied) et son explication géniale du mot Himalaya. Hima, en sanskrit, le froid, la neige. Même mot en latin "hiems" l'hiver. "-laya" suffixe pour "le lieu où se trouve"....comme liegen en allemand.
Ha, je m'arrête, parce que vous devez en avoir plein le dos et que j'en parlerais des heures......
Ecrit par : montaigneàcheval | 12 octobre 2007
Tiens, je croyais que Cohn-Bendit, c'était juste un os à ronger, donné à l'ennemi de manière très sratégique... et qu'il ne fallait pas s'inquiéter, et qu'il fallait avoir confiance et patati et patata...C'est bien ce qui a été dit, non? Ah! c'est plus grave que cela?
Ecrit par : Thalie-Thalie | 12 octobre 2007
Ah non moi j'aime bien, et j'apprends des choses en plus.
Pis ca me remonte le moral : je venais poster ici l'agenda du ministre.
http://www.education.gouv.fr/pid94/l-agenda-du-ministre.html
Dire qu'il a vu Henri Joyeux (beurk !), qu'il va revoir Bentolila, qu'il va interroger Nadine Morano, Dominique Baudis, Laurence Parisot et (le meilleur pour la fin de semaine) : "M. Ladreit de Lacharrière, président de Fimalac, groupe international de services financiers".
Ca m'écoeure (oui, je sais, il reçoit qui il veut, mais Joyeux, Morano et Ladreit de Lacharrière, ça me fait vomir).
Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007
Morceaux choisis de l'agenda de Fadela Amara :
Lundi 8 octobre
Les blogueurs du Skyblog de la ministre : cocktail déjeunatoire 12h40
Mardi 9 octobre
E. Cresson, ancienne Premier ministre et présidente de la Fondation des écoles de la 2e chance 15h
Mercredi 10 octobre
D. Beghoura, producteur délégué de l’émission "Islam" de France 2 11h30
Jeudi 11 octobre
France 2 : invitée de "Thé ou café" 13h30
Que des gens bien, et que de grandes occupations.
Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007
(le "ah non moi j'aime bien", c'est pour MàC, hein, pas pour Gaby)
Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007
Plutôt d'accord avec vous Pendariès. La lecture du bouquin, à l'époque, de Ladjali/Steiner m'avait laissé un goût bizarre. Mais je n'aime pas trop les gens qui donnent dans l'ostentation donc... Le côté: "regardez comme je fais des choses géniales avec mes élèves", me laisse rêveuse en pensant aux Catmano instits et profs



