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10 octobre 2007

Eloge de la transmission

Eloge de la transmission


Une fois n’est pas coutume : je voudrais aujourd’hui parler d’un livre qui n’est pas l’un des miens.
(Déjà certain(e)s s’offusquent de cet égocentrisme déguisé en altruisme… Mais peut-être fallait-il voir malice dans la phrase précédente…)
Je viens, avec un certain retard (1), de terminer "Eloge de la transmission", un dialogue entre George Steiner (2) et Cécile Ladjali (3). C’est un grand petit livre tout à fait remarquable, et j’aimerais m’effacer derrière quelques phrases, quelques idées, pour donner une idée de sa force et de son contenu.
Situons cependant. Cécile Ladjali avait au l’idée de confronter des élèves de Première au mythe de la Chute, dans un premier temps en les abreuvant de textes, dans un second en leur demandant d’écrire des sonnets (si !) sur ce même thème. On reconnaît là ce que pourrait être un traitement cohérent du « sujet d’invention » du Bac que condamne si fort Sauver les Lettres — ou plutôt, ce qu’aurait pu être un traitement cohérent de l’Invention, si quelques pédagogues ne se l’étaient annexée en la spécialisant dans le « texte argumentatif », sous-mouture d’un « J’accuse » devenu au fil du temps le texte-phare des imbéciles (4). Les sonnets réalisés avaient été édités sous le titre "Murmures" (5), et George Steiner, contacté, a bien voulu donner une préface (6) à ce recueil d’exercices qui confinaient justement à la poésie. À la vérité, Ladjali précise, dans l’entretien, que le premier jet de ses élèves était d’une médiocrité accablante — ou plutôt inévitable —, qu’il faut être crétin pour croire que des adolescents acculturés peuvent produire une œuvre forte avec de bonnes intentions, et que, comme dit Valéry à propos du Cimetière marin, une fois défini le but, « un assez long travail s’ensuivit… ».
Cécile Ladjali ne dit pas autre chose : « Nous avons tous énormément travaillé. Il faut perdre cet angélisme à l’égard de la valeur et des promesses du premier jet. Le premier jet est catastrophique. Le plus souvent, des écrins de poncifs, des platitudes à pleurer. »
On dirait qu’elle parle d’une première fois — et c’en était une. « L’écriture de l’adolescent, lorsqu’il s’épanche un peu, est très décevante. La difficulté pour moi a été de le dire aux élèves sans les vexer. Ils étaient d’accord pour entrer dans l’aventure poétique, mais ils se mettaient à nu. Croyez-moi, un adolescent qui se met à nu est un spectacle peu attrayant… » La métaphore est si bien filée que mon hypothèse de lecture, somme toute, doit se tenir : les « premières fois », si nous sommes honnêtes, n’ont que des charmes relatifs. Pour se mettre vraiment à nu sans être grotesque, il faut être costumé de technique, caparaçonné de références — il faut, pour oser le palimpseste, se risquer à l’imitation, avoir bien digéré une ou deux cultures. « Rien de plus soi que de se nourrir d’autrui. Le lion est fait de mouton assimilé » (Valéry, encore).
A l’arrivée « des textes presque miraculeux », dit Steiner. « C’est un recueil époustouflant, si l’on songe à la route qui a mené vos élèves jusque là ». Et d’évoquer des origines sociales ou linguistiques très mêlées, et le devoir du prof de Lettres d’amener les enfants, quels qu’ils soient, à ce que la littérature peut offrir de plus haut, de plus rare. Que pense Steiner de ces enseignants qui, à bout de démagogie, étudient le rap pour atteindre leurs élèves — et, en fait, les éloignent à jamais de la beauté ? Ou de ce leader syndical (7) qui précisait, dans « Education Nationale : Un grand corps malade », que la langue du XVIIème siècle étant pour eux inatteignable, il fallait se résoudre à ne plus « faire » que des textes contemporains…

J’en reviens à « l’invention », l’un des thèmes récurrents de ce livre, qui analyse jusqu’à l’os les concepts les plus ardus. Savoir écrire, c’est d’abord lire — et mémoriser. Gérard Genette ne disait pas autre chose dans Palimpsestes (Seuil, 1982).
Steiner se lance dans un bel éloge du « par cœur », cette hantise des pédagogues, qui ne seront jamais des écrivains. « Oui, je crois profondément que lorsqu’on abandonne l’apprentissage par cœur — et l’enfant peut apprendre très vite,, admirablement —, si on néglige la mémoire, si on ne l’entretient pas à la manière de l’athlète qui exerce ses muscles, alors elle dépérit. Notre scolarité, aujourd’hui, c’est de l’amnésie planifiée. »
Steiner a de quoi comparer : cet Autrichien de naissance, aujourd’hui Américain enseignant en Angleterre, a fait ses études à Paris — à Jeanson-de-Sailly.
Et d’expliquer que ce que les « pédagogues » estiment une grande victoire — la fin du « par cœur » — est en fait tout le contraire : ils deviennent des voyageurs sans bagages. « Barbarie de l’innovation creuse » — je suis jaloux d’une telle formule.

Je ne veux pas déflorer tout le livre — achetez-le (8). Analysant successivement la Grammaire, le Professeur, les Maîtres, les Classiques et le travail dans la classe, Steiner et sa complice en idées fortes explorent, défrichent, et ensemencent le champ entier de la vraie pédagogie. Une splendide leçon.

Jean-Paul Brighelli


(1) L’édition originale remonte à 2003 (Albin Michel), et m’avait échappé. J’ai entre les mains aujourd’hui la reprise de "l’Eloge" en poche, collection Pluriel, Hachette, février 2007.

(2) Qui ignore tout de Steiner peut consulter http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Steiner, ou, plus révélateur, http://passouline.blog.lemonde.fr/?name=2005_06_une_salle_archi. Ou lire ses œuvres — « Après Babel » (Albin Michel, 1975) est la plus connue, mais j’ai une tendresse particulière pour « Dans le château de Barbe-Bleue », Gallimard, 1991.

(3) Cécile Ladjali est enseignante, au lycée Evariste Galois de Drancy. Elle a publié (chez Actes-Sud) quelques romans que je n’ai pas lus, faute de les avoir trouvés chez mon libraire habituel (et pourtant, hein, Sauramps…), et « Mauvaise langue » (Seuil, 2007), un essai qui traite au fond de l’un des sujets que j’évoquais moi-même au début d’« Une école sous influence » — cette fiction de la « langue des banlieues » dont on voudrait nous faire croire qu’elle constitue, qu’elle peut constituer je ne sais quelle « contre-culture ».

(4) Pourquoi ne pas « faire » « J’accuse » en classe ? Oui — mais faites donc parallèlement des extraits significatifs de « l’Argent », et vous éviterez de répéter de grosses bêtises sur le philosétisme supposé de Zola et l’antisémitisme fantasmé de Maupassant — entre autres. Les catégories simples sont toujours simplistes. Steiner, peu suspect d’antisémitisme, note que Lucien Rebatet est un sublime écrivain pour les Deux étendards — et que le même a écrit les Décombres. Ou que Sartre, dans les derniers temps, prédisait que le seul écrivain du XXème siècle qui restera, ce sera Céline — Mort à crédit dans la main droite, et Bagatelles pour un massacre dans la gauche. Qui a jamais dit que les choses étaient simples, et que tous les salauds allaient en enfer ?

(5) L’Esprit des péninsules, 2000.

(6) Reprise dans la préface d’Eloge de la transmission.

(7) Gérard Aschieri, pour ne pas le nommer.

(8) Sur la FNAC (mais si vous préférez Amazon, ou votre libraire…) : http://www3.fnac.com/search/quick.do?text=eloge+de+la+transmission&category=book&SID=eb6186de-3337-e9c6-b887-3e0f6fdae6c6&UID=146A71F85-C018-E22D-6702-1AD3EB1E84FA&AID=&Origin=FnacAff&OrderInSession=1&TTL=111020071604&bl=HGACrera&submitbtn=Ok

Commentaires

"cette fiction de la « langue des banlieues » dont on voudrait nous faire croire qu’elle constitue, qu’elle peut constituer je ne sais quelle « contre-culture »"....

C'est pour cela que l'article cité hier par un de vos correspondants, "Le linguiste et les frolos" était strictement consternant (je suis plus polie que Tiger Lily), et décevant de la part d'un homme aussi savant qu'Alain Rey, qui, sans doute pour "faire progressiste" (comme si on avait encore besoin, à son âge, de donner des preuves de son engagement, que personne ne consteste par ailleurs), est allé recevoir des leçons d'argot des rappeurs de banlieue.
C'est une chose que de s'intéresser en linguiste aux langages cryptiques comme l'argot, le verlan, ou le louchebem, c'en est une autre d'y voir une quelconque rénovation de la langue française, sauf à se déconsidérer. Certes, la langue évolue avec l'usage, c'est bien connu : mais est-ce une raison pour aller plus vite que la musique et donner une dignité à des sabirs dont la moitié sont des effets de mode qui ne tiendront pas plus que quelques mois, et qui n'apportent rien à l'expression de la pensée...
Je voudrais aussi redire à ceux avec qui je me suis un peu accrochée il y a quelques jours à propos des copies en patois de mes petits bocains, que notre boulot, à nous professeurs de lettres, est d'apprendre le français aux élèves, en passant par les grands textes du patrimoine, à les faire lire et écrire dans ce français-là -- ce que réussit magnifiquement C. Ladjali -- et pas de les flatter dans le sens du poil en trouvant dans leur charabia plus ou moins inarticulé une quelconque valeur poétique.
Je suis méprisante ? Hé bien j'assume. On ne peut mépriser que ce qui est méprisable.

Ecrit par : FGuichard | 10 octobre 2007

Merci FG! Quand j'ai mis ce texte effrayant à mes yeux, je m'attendais à plus de réactions. Vous me rassurez.

Ecrit par : Thalie- Thalie | 10 octobre 2007

Traiter du rap pour se faire bien voir de ses élèves est inintéressant et, de plus, stupide! A vouloir se les attacher, on ne fait que s'en faire mépriser, c'est un fait. Par contre, il faut arriver à convaincre que l'attachement à la culture du passé ne s'accompagne pas, dans l'esprit de ceux que vous voulez convaincre, de pratiques passéistes. Je dis simplement ça parce que, même si je pense que vous avez raison sur le fond, la forme est parfois "rugueuse". (On me reprochait de "trop lisser" dans le fil précédent, je crois que j'ai compris ce que voulait dire Philippe). Je pense que la "rugosité", si elle est satisfaisante dans le moment pour celui qui la pratique, n'est pas d'une utilité infinie pour convaincre ceux que nous voulons convaincre.
En outre, il y avait eu, en Seine saint-Denis, je crois, une initiative visant à faire jouer un opéra en latin extrêmement ambitieux à des élèves de ZEP, initiative qui avait été extrêmement encouragée par les syndicats, et la FSU en particulier. Je crois qu'il faut, comme vous le dites, Jean-Paul, se méfier du simplisme.

Ecrit par : Christophe Sibille | 10 octobre 2007

Bonjour, bonjour!
ainsi font les petites marionnettes, trois petits tours et puis s'en vont ...
mais elle reviendra la petite marionnette...

Saperlotte j'ai encore égaré mes lunettes

Ecrit par : Saperlipopette | 10 octobre 2007

Enseignant en école élémentaire dans une école très moyenne d'une banlieue très moyenne ( pas ZEP, mais "presque ZEP" ), j'ai pris le difficile parti, souvent méprisé par certains enseignants peu ambitieux pour leurs élèves, de proposer aux miens ( des CM2 ) un univers intellectuel et littéraire très éloigné du leur. Fables, poésie, extraits de livrets d'opéra, romans de Jules Verne, mythologie grecque...
Le résultat est sans appel: des élèves motivés, des parents enchantés, un niveau d'orthographe et de syntaxe en nette amélioration, une meilleure compréhension des textes historiques, de la syntaxe anglaise, une indiscipline presque inexistante....
Mais on se sent seul parfois...

Ecrit par : Fred | 10 octobre 2007

Bonjour JPB,

J'ai lu "éloge de la transmission" il y a déjà deux ans et bien que je ne sois pas prof de lettres, j'ai été très émue en lisant ce livre.
J'ai eu l'occasion de rencontrer Cécile Ladjali à un salon et cette rencontre m'a beaucoup marquée aussi, elle m'a dédicacé son livre, je le garde comme un petit trésor!!!
Je conseille vivement aux collègues de lettres de l'acheter mais aux autres aussi. En fait, ce livre s'adresse à tous les professeurs.
A bientôt,
Maria

Ecrit par : maria | 10 octobre 2007

....

La méthode du par coeur est excellente pour nos élèves, du moment qu'ils arrivent a comprendre et a visionner ce qu'ils apprennent. En effet mes anciens élèves qui ont utilisé cette méthode, ont obtenus la moyenne au baccalauréat de francais avec cette méthode. (Et on dit merci à notre prof de lettres.)

....Et vive l'infidélité pour laquelle je serai ravie de vous faire l'éloge !! ....

Ecrit par : Ewilanne | 10 octobre 2007

Dobolino, c'était sérieux, votre question ?
Un champ lexical, au sens propre, est l'enseble de smots appartenant à un même lexème (une racine commune : commun, communauté, communisme, etc.).
À distinguer du champ sémantique, l'ensemble des mots apaprtenant au même sème / signification : amour, passion, brûler, etc.
Je crois cependant que près de 80% des profs emploient champ lexical dans le sens de champ sémantique (les mêmes sans doute qui parlent de "pieds" en poésie française : ce n'est pas absolument damnable, mais c'est parfois agaçant).
Donc, nantie de tous ces beaux renseignements, vous savez désormais qu'une métaphore filée joue sur un champ sémantique, et qu'une fiche de vocabulaire sur les dérivés d'une racine commune rassemble un champ lexical. Suis-je clair ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 10 octobre 2007

Dites donc, Jean-Paul, c'est vous qui confondez champ lexical et champ dérivé !!!

Je vous donne la définition du "champ lexical" dans le Thesaurus de la Langue française :

"Champ lexical. Ensemble formé par les unités lexicales couvrant une aire de signification. On note (...) une tendance à spécialiser les termes de champ lexical et champ sémantique. Dans cet esprit, le terme de champ lexical est réservé pour désigner l'ensemble des mots désignant les aspects divers d'une technique, d'une relation, d'une idée, etc. On a ainsi un champ lexical des relations de parenté orienté par un certain nombre de dimensions structurelles, variables selon les langues (génération, latéralité, sexe, âge relatif, etc.) (Ling. 1972)."

"Commun, communauté, communisme", c'est un champ dérivé.

Ecrit par : Jérémy | 10 octobre 2007

"décevant de la part d'un homme aussi savant qu'Alain Rey"

Il est peut-être savant, mais c'est déjà lui qui était un fervent partisan, avec sa femme Josette Rey-Debove, de la réforme de l'orthographe avortée en 1991...
Donc pas de quoi être vraiment étonné, il a toujours surfé sur ce genre d'idées. Les IUFM glorifient Alain Rey dès qu"il est question d'ORL (la fameuse Observation Réfléchie de la Langue).

Ecrit par : Jérémy | 10 octobre 2007

"Mais on se sent seul parfois..."
Ecrit par : Fred | 10 octobre 2007

Au début, c'est vrai. Mais au bout de quelque temps, quand vos collègues auront constaté ce qui se produit dans votre classe nourrie de belle culture, vous verrez que certains qui n'auraient jamais osé se lancer dans cette aventure vont commencer à se poser des questions puis se laisser tenter.

Il suffit parfois que l'un d'entre nous ait le courage d'oser et, peu à peu, les murs de l'impossible dressés par les pédagogos se fissurent et tombent. Et si certains collègues -les phénix de la pédagogie- n'accepteront jamais de remettre en cause leurs dogmes, d'autres en revanche ne demandent qu'à retrouver des horizons plus exaltants.

Petit à petit, l'oiseau fait son nid...

Ecrit par : Un hussard | 10 octobre 2007

"Suis-je clair ?
JPB"

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Je retourne picoler fissa !

Ecrit par : toto | 10 octobre 2007

Dobolino, c'était sérieux, votre question ?
Un champ lexical, au sens propre, est l'enseble de smots appartenant à un même lexème (une racine commune : commun, communauté, communisme, etc.).
À distinguer du champ sémantique, l'ensemble des mots apaprtenant au même sème / signification : amour, passion, brûler, etc.
Je crois cependant que près de 80% des profs emploient champ lexical dans le sens de champ sémantique (les mêmes sans doute qui parlent de "pieds" en poésie française : ce n'est pas absolument damnable, mais c'est parfois agaçant).
Donc, nantie de tous ces beaux renseignements, vous savez désormais qu'une métaphore filée joue sur un champ sémantique, et qu'une fiche de vocabulaire sur les dérivés d'une racine commune rassemble un champ lexical. Suis-je clair ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 10 octobre 2007

C'était vachement sérieux! Je demanderai demain en MP à Thalie-Thalie pasqu'aujourd'hui ma messagerie ne marche pas... Elle, au moins, elle m'aidera à décrypter, que vous (avec Jérémy), là, vous nous enfoncez! ("J'ai dix ans, je sais que c'est pas vrai mais j'ai dix ans...")
Bon, alors, c'était Silbermann quand il arrive dans sa nouvelle classe. "Quel est le champ lexical de la vue?"
Moi, j'aurais préféré: "Quel est le champ lexical de l'antisémitisme?" Bon, après, on a les origines qu'on peut.

Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2007

Je vous donne la définition du "champ lexical" dans le Thesaurus de la Langue française :

"Champ lexical. Ensemble formé par les unités lexicales couvrant une aire de signification. On note (...) une tendance à spécialiser les termes de champ lexical et champ sémantique. Dans cet esprit, le terme de champ lexical est réservé pour désigner l'ensemble des mots désignant les aspects divers d'une technique, d'une relation, d'une idée, etc. On a ainsi un champ lexical des relations de parenté orienté par un certain nombre de dimensions structurelles, variables selon les langues (génération, latéralité, sexe, âge relatif, etc.) (Ling. 1972)."


Ecrit par : Jérémy | 10 octobre 2007

En quatrième, la notion doit être maîtrisée, je vous signale! Avec ça, on est vachement aidée! Vous me voyez en train d'expliquer ça à une gamine de treize ans dans un mois???????????????
Tiens, sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, je préfère lui expliquer l'histiocytose maligne du Bouvier Bernois ou l'adénocarcinome intestinal du chat Siamois, même si c'est dur à admettre.

Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2007

Dobolino, j'arrive "aux champs" "sur le tard" !
Pour les élèves de collège ne vous compliquez pas la vie. Ce que demande probablement le prof de votre fille c'est la définition du champ lexical tel qu'elle est donnée pour le brevet. C'est à dire une série de mots qui se rapportent à un même thème. Cela suffira. Champ lexical de la mer: bateau, mouette, phare, ressac...
Après il y a des tas de querelles de spécialistes pour différencier champ lexical et champ sémantique. On trouve un peu de tout et partout. On trouve même des gens très bien qui parlent de champ lexico-sémantique parce que l'un serait l'élargissement de l'autre... Je veux bien vous faire un petit résumé mais pas ce soir. Trop fatiguée. Pour le collège pas la peine de compliquer la vie. Elle l'est déjà assez comme ça. Après on peut toujours faire son cuistre... Bonne soirée à vous.

Ecrit par : Thalie- Thalie | 10 octobre 2007

"la définition telle" pardon; fatiguée, vraiemnt

Ecrit par : Thalie- Thalie | 10 octobre 2007

Dobolino, la citation du TLF, c'était pour Jean-Paul, pas pour votre fille !

Pour votre fille : ben, le champ lexical de "vacances" c'est plage, soleil, mer, hamac, repos, farniente, etc. et le champ lexical de "mer" c'est poisson, vague, bateau, algue, sable, etc. En gros, c'est tout ce qui se rapporte à un mot, une notion, un lieu, etc.
C'est plus clair que ma citation du TLF, qui ne lui était pas destinée ?

Et les spécialistes, ne me reprenez pas sur la définition donnée pour la fille de dobolino, hein !
Sinon pour les champs lexicaux j'ai toujours parlé d'isotopie en fac, ca évitait de se faire reprendre.

Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007

De toute façon les élèves qui sortent du lycée ne savent trouver que ça, des champs lexicaux... Pas de raison que votre fille échappe à la règle, ne vous faites pas de souci !

Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007

"Cuistre", dit Thalie…
J'adore.
Dobolino, cessez donc de donner aux maladies des chiens de snoms compliqués. Ne dites plus : "Votre bouvier bernois, il développe une histiocythose maligne", dites : "Va crever, votre clebs" — ce sera plus simple.
Faut savoir : soit on parle des textes en utilisant des termes compliqués, on s'en gargarise, on en sature les gosses, mais autant les employer dans un sens exact. Soit on fait de l'explication de textes autrement — par exemple en n'utilisant pas un mot que Fontanier (1765-1844, l'immortel auteur des Figures du discours…) n'ait pu utiliser.
Et encore, c'est très technique, Fontanier — mais moins que Bernard Dupriez : Thalie est une… — eh bien, c'est une aposiopèse : ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein !
Plaisanterie à part, tous les métiers ont leur vocabulaire spécialisé, et c'est très bien. Et si c'est être cuistre que d'apprendre aux enfants qu'il y a d'autres mots dans la vie que "truc" ou "machin"… Evidemment, il ne faut pas en rester là : le vocabulaire spécialisé de l'ébénisterie ne permet pas de comprendre ce qui fait le caractère unique d'une commode Boulle. Mais c'est bien commode (ouarf !) pour la restaurer.
JPB

Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007

Grâce à JPB j'ai relu ce soir cet opuscule (141pages, table des matières et bibliographie incluses) et c'est vrai que Steiner et Ladjali remettent Rey à sa vraie place, celle d'un raccoleur qui fait l'éloge de la facilité quand nos duettistes font celui de la difficulté, dans cette transposition écrite de l'entretien qu'ils ont eu devant le micro de Laure Adler, pour parler de cette aventure vécue à Drancy- "ghetto lingusitique"- et qui vient contredire le "plus de poésie après Auchwitz", d'Adorno.
Cela se lit comme on grignote une boite de chocolats ou de marrons glacés, avec gourmandise, jusqu'au bout.

"Que pense Steiner de ces enseignants qui, à bout de démagogie, étudient le rap pour atteindre leurs élèves — et, en fait, les éloignent à jamais de la beauté ?...."

Qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, sans doute.
Et il fait aussi l'éloge du silence, mais en signalant qu'il est un privilège de la bourgeoisie dominante, et en donnant au bruit ( qui n'est pas de la musique) la fonction de créer une identité collective...


"...Ou de ce leader syndical (7) qui précisait, dans « Education Nationale : Un grand corps malade », que la langue du XVIIème siècle étant pour eux inatteignable, il fallait se résoudre à ne plus « faire » que des textes contemporains…""
Ecrit JPB.

(Mais où est donc passé.. non pas Ornicar, mais l'"inaccessible"?)

Quand Cécile Ladjali dénonce les pédagogistes qui ont voulu "affranchir les élèves du par coeur" au motif que "la récitation serait le contraire de la réflexion"", elle ajoute " la dépossession du peu de singularité que l'on est fier d'avoir à 15 ans, l'idée de n'être qu'un truchement leur sont odieuses",
Steiner n'a alors qu'un cri: "Mais c'est le contraire. Vous les videz en leur enlevant ce qu'on porte, le bagage intérieur. Vous leur prenez le lest du bonheur pour la grande traversée de la mer qu'est la vie" .( page 62).

JPB a souligné cet autre passage où Steiner définit l'identité d'une langue comme tout ce qu'elle nous lègue de que qu'elle a aimé du passé et que perdre cet héritage c'est courir "le danger d'une barbarie de l'innovation creuse : ça se dessine à tous nos horizons." ( p 75) Il est évident qu'Alain Rey est de ces horizons-là et ... fits the description.

Autre point intéressant, GS demande à CL s'il y a une distinction entre filles et garçons quant à leur intérêt pour le projet.
Cécile : Oui, ça a marché avec les filles, mais c'était très difficile avec les garçons. La honte peut-être, ce côté anti-viril de la poésie. ...différence presque ontologique."

Alors est-ce un argument contre la mixité?

Pour finir, Steiner rive leur clou aux pédagogos en invoquant, Goethe : Celui qui sait faire fait ( He who can does) celui qui ne sait pas faire , enseigne, ( he who cannot, teaches: je connaissais cet aphorisme en anglais, attribué à Bernard Shaw qui a dû ...le lui emprunter).

Mais surtout Steiner ajoute: "Celui qui ne sait pas enseigner écrit des manuels de pédagogie". ( 93), avant de conclure sur la vocation au martyr de l'enseignant qui n'a d'autre recours pour être écouté que de maintenir le cap de sa passion, de sa folie.
"Si l'étudiant sent qu'on est un peu fou, qu'on est posseedé par ce qu'on enseigne, c'est déjà le premier pas. C'est le moment miraculeux où le dialogue commence à s'établir avec une passion. Il ne faut jamais essayer de se justifier".

Ce moment-là, je l'ai vécu, avec tous ceux qui ont eu ce privilège de suivre un semestre d'automne ses "Charles Eliot Norton Lectures" , il y a déjà 5 ans. Elles furent publiées l'année suivante sous le titre : "Lessons of the Masters", ou en français, Maîtres et disciples.
Comme c'est souvent l'usage ici, on a aussi pu ensuite aller bavarder avec lui encore une heure au coin du feu, un verre à la main...

Son collègue, écrivain et professeur de littérature à Northwestern, Joseph Epstein fut bien inspiré quand il l'a surnommé "Curious George", malin petit singe de la littérature enfantine...

Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007

If yo can do it, do it !
If you cant do it, teach it !
If you cant teach it, teach how to teach it !

Ce "joke" pour congressistes n'est pas très digne de Steiner : c'est une formule un peu facile. D'ailleurs certains pédagols savent enseigner. Comment et avec quelle efficacité, c'est autre chose. Certains aiment aussi vraiment les enfants.

En revanche, ce qu'il dit du silence et du bruit est profond. On pourrait prolonger cela avec l'ennui et l'activité.

Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007

Un champ lexical, au sens propre, est l'ensemble des mots appartenant à un même lexème (une racine commune : commun, communauté, communisme, etc.).

Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007

Question de bon sens: vous avez dit, "sens propre"? Les mots viendraient-ils au monde avec un sens tout fait, naturel, inné, inscrit en quelque sorte dans leur ADN? Un sens, qui s'opposerait à d'autres, acquis, artificiels,poétiques, "figurés"?

Justement dans "L'éloge de la transmission" (Livre dont j'ai signalé la parution il y a 6 mois) au chapitre 4, Le professeur, cette citation de Pascal:
Deux erreurs: 1. prendre tout littéralement; 2. prendre tout spirituellement.

Ecrit par : buntovchik | 11 octobre 2007

""Suis-je clair ?
JPB"

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Je retourne picoler fissa !"

Ecrit par : toto | 10 octobre 2007

Mais non, toto! Faites donc comme moi, instruisez-vous de ce qui se dit ici en ce moment! Et profitez-en donc pour élargir vos champs syntaxique et lexical, cela vous permettra (peut-être) de commencer à écrire des messages sensés! Ne baissez donc pas les bras si facilement, mon vieux!

"Que pense Steiner de ces enseignants qui, à bout de démagogie, étudient le rap pour atteindre leurs élèves — et, en fait, les éloignent à jamais de la beauté ?...."

Qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, sans doute."

Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007

Cette déduction me parait impossible. On n'a aucune chance de "vaincre" en procédant ainsi. Au contraire, on perd toute crédibilité, et on se fait mépriser du "public" qu'on cherche à s'acquérir, (à tort, d'ailleurs). A coup sûr.



"Pour finir, Steiner rive leur clou aux pédagogos en invoquant, Goethe : Celui qui sait faire fait ( He who can does) celui qui ne sait pas faire , enseigne, ( he who cannot, teaches: je connaissais cet aphorisme en anglais, attribué à Bernard Shaw qui a dû ...le lui emprunter).

Mais surtout Steiner ajoute: "Celui qui ne sait pas enseigner écrit des manuels de pédagogie". ( 93), avant de conclure sur la vocation au martyr de l'enseignant qui n'a d'autre recours pour être écouté que de maintenir le cap de sa passion, de sa folie."

Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007

Je connaissais cette version, pour le troisième volet du tryptique: "celui qui ne sait pas enseigner devient inspecteur".

Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007

"Plaisanterie à part, tous les métiers ont leur vocabulaire spécialisé, et c'est très bien. "
JPB

Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007

Attention, Jean-Paul! On commence comme ça, et on finit par justifier le recours aux sciences de l'éducation! :-)

Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007

Mais je n'ai rien contre les sciences de l'éducation, tant qu'elles se cantonnent au seul champ indiscutable — mais que l'on peut et doit donc discuter infiniment —, celui de leur histoire. J'ai d'excellents amis spécialistes de Ferdinand Buisson — et comme il a beaucoup écrit, on peut à peu près tout lui faire dire, à ce garçon. Même chose pour Freinet ou qui vous voulez — c'est de l'histoire, et c'et souvent passionnant. De là à en tirer des règles actuelles, et à prétendre qu'elles sont "scientifiques", il y a une marge infranchissable, à mon sens.
JPB

Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007

Je crois que ce débat a déjà eu lieu. Et le mot "sciences" peut effectivement prêter à confusion. Je pense que certaines pratiques, (celles de Freinet, par exemple) peuvent donner lieu à une certaine ouverture, ou orientation, pour permettre à des enfants qui ne seraient pas "entrés dans les apprentissages" autrement; (ça y est, je vais me faire entrer dans le lard pour avoir employé cette expression!) Mais il est effectivement clair que Freinet ne peut revêtir tout son sens que pratiqué par Freinet, et que toute tentative de reproduction "à l'identique" de cette pédagogie par qui que ce soit d'autre n'a pas vraiment de sens. Encore une fois, il y a autant de pédagogies que d'enseignants.

Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007

Sciences de l'éducation et instruction.
Psychothérapies et psychologie .
Astrologie et astronomie.

Les sciences , ont toutes leurs failles , par lesquelles se glissent ceux , qui , estimant que les théories étant sans cesses renouvellées , la science , comme le reste , mérite contribution de quelques structures stabilisantes de par leur manque de remise en question .

Ecrit par : oui-oui | 11 octobre 2007

Cher Monsieur,
Quel sens donnez-vous aux noms "acculturé" et "acculturation" ? Vous utilisez fréquemment ces termes dans vos livres (et le mot "acculturés" apparaît dans le présent article). Dans les dictionnaires, le mot d'"acculturé" n'a pas exactement le sens que le contexte où vous l'insérez semble lui conférer, celui de "victime d'un processus de déculturation, d'effacement de la culture familiale ou nationale". Ne faudrait-il pas parler de "déculturé" et de "déculturation" plutôt que d'"acculturé" et d'"acculturation" ?
Pourriez-vous m'apporter quelques éclaircissements à ce sujet ?
Je suis un lecteur fidèle de vos livres et un fervent partisan du combat que vous menez.
Veuillez croire à l'expression de mes plus cordiales salutations,

NoctéMédia

Ecrit par : NoctéMédia | 11 octobre 2007

Faut savoir : soit on parle des textes en utilisant des termes compliqués, on s'en gargarise, on en sature les gosses, mais autant les employer dans un sens exact. Soit on fait de l'explication de textes autrement — par exemple en n'utilisant pas un mot que Fontanier (1765-1844, l'immortel auteur des Figures du discours…) n'ait pu utiliser.
Et encore, c'est très technique, Fontanier — mais moins que Bernard Dupriez : Thalie est une… — eh bien, c'est une aposiopèse : ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein !
Ecrit par JPB.

J'ai parlé de cuistrerie( d'ailleurs fort peu relevée) car lorsqu'une mère d'élève demande pour sa fille de 4ème ce qu'on entend par champ lexical au collège et que vous lui répondez en lui donnant deux définitions qui sont d'abord discutables et ensuite inutiles pour la gamine, je trouve cela dommage.
Jérémy a donné la même définition que la mienne pour les besoins de l'élève en question.
On peut toujours ensuite discuter ces notions. Cela peut être intéressant mais cela ne servait à rien pour la fille de Dobolino qui devait avoir un devoir tout simple à rendre.
Maintenant ,moi aussi je peux faire le même genre de choses pour être aussi agréable que vous l'êtes. Brighelli est un... eh bien, c'est une abruption: ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein!

Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007

Dobolino, cessez donc de donner aux maladies des chiens de snoms compliqués. Ne dites plus : "Votre bouvier bernois, il développe une histiocythose maligne", dites : "Va crever, votre clebs" — ce sera plus simple.

Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007

Si on veut faire les choses bien, d'abord on dit la première phrase, ça justifie les honoraires, et ensuite la deuxième, et on explique.
Enfin, moi, je fais comme ça. Et je perd souvent beaucoup de temps à expliquer. C'est vrai que pas mal de confrères n'ont pas trop ce souci ...

Ecrit par : yann | 11 octobre 2007

Non, je ne boude pas le blog (allitération!)...Un "oui" malencontreux à une offre de dégroupage me prive de téléphone et d'Internet depuis un mois.

Je souscris à tout ce que vous dites du superficiel Alain Rey et du sublime George Steiner.

Une question à ceux qui exercent en collège. Que pensez-vous du "Programme personnalisé de réussite éducative" (PPRE) et du livret personnel de compétences ? (en liaison avec le fameux "socle commun" et les directives européennes en matière d'éducation)

Je note "L'éloge de la transmission" de Steiner sur mes tablettes et je vous conseille à mon tour "La tyrannie du plaisir" et "La refondation du monde" de Jean-Claude Guillebaud.

J'aimerais avoir votre avis sur ces deux livres, surtout le deuxième. Je n'ai rien lu d'aussi profond depuis longtemps.

Ecrit par : Robin Guilloux | 11 octobre 2007

Thalie est une… — eh bien, c'est une aposiopèse : ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein !

Ecrit par : brighelli

À vos souhaits !

Ecrit par : Moot | 11 octobre 2007

Brighelli est un... eh bien, c'est une abruption: ça va bien mieux maintenant que c'est dit, hein!

Ecrit par : Thalie- Thalie

Eh bien, décidément, c'est contagieux. Mouchez-vous, bon sang !

Ecrit par : Moot | 11 octobre 2007

On m'avait enseigné que dans un discours scientifique, une grande variété de mots signifie à coup sûr une déficience conceptuelle.

J'ai bon ?

Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007

Ne vous bagarrez pas pour une histoire de champs lexicaux...
Par contre, je ne vois pas l'intérêt de recourir à Dupriez pour les champs lexicaux : il suffit de lire Jacqueline Picoche, qui est à la lexicologie ce que Frédéric Calas est à la grammaire.
Des pontes, quoi.
JPB, vous êtes bien d'accord que commun / communauté / communiste c'est un champ dérivé, et non un champ lexical ? Vous n'en avez pas reparlé.
Sinon, sur l'utilité des mots techniues dans l'analyse de textes, je pense qu'on est tous d'accord : il vaut mieux savoir ce que c'est qu'une hyperbole ou une métaphore APRES avoir appris l'orthographe correcte d' "exagération" et "image". Or, aujourd'hui, c'est l'inverse. Les gamins savent écrire "champ lexical" mais ils écrivent "mes parent son gentil"...

Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007

Robin, heureux de vous retrouver !

C'est Free qui vous pose des problèmes ?

Le PPRE, c'est des conneries : c'est l'extension au secondaire d'un concept qui a déjà échoué dans le primaire...

Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007

Sinon, sur l'utilité des mots techniues dans l'analyse de textes, je pense qu'on est tous d'accord : il vaut mieux savoir ce que c'est qu'une hyperbole ou une métaphore APRES avoir appris l'orthographe correcte d' "exagération" et "image". Or, aujourd'hui, c'est l'inverse. Les gamins savent écrire "champ lexical" mais ils écrivent "mes parent son gentil"...

Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007

Nous sommes bien d'accord, Jérémy. D'accord aussi sur le fait que ces notions sont très diversement définies et que pour les élèves de collège, il faut bien adopter un langage commun ( pour une fois que c'est le cas!). Même si on peut trouver matière à discussion intéressante à redéfinir ces notions entre nous. Même si les définitions retenues pour les élèves ne sont pas toujours satisfaisantes intellectuellement et rigoureuses. Mais n'avons-nous pas le même problème avec la grammaire traditionnelle que nous enseignons chaque jour en constatant des incohérences?
Une terminologie efficace au collège. Après on discute. Et moi, les champs de toutes sortes, j'utilise fort peu mais quand un élève en a besoin...

Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007

J'aimerais déjà que les mots les plus courants soient prononcés correctement même sur les antennes des médias.

Est-ce trop demander à messieurs les instituteurs et autres professeurs de donner des cours de diction ou d'élocution française ?

Ecrit par : iPidiblue à cheval sur les voyelles et les consonnes | 11 octobre 2007

A propos de pédagogisme, voici de nouveau Bentolila telles qu'en ses (bonnes????) oeuvres.

La Montagne 02 09 2007

Illettrisme. La Caisse d'Epargne Auvergne Limousin dans la lutte.

« Savoirs pour réussir » en mission.

"Les journées d'appel et de participation à la Défense (JAPD) permettent, depuis plusieurs années maintenant, de détecter les jeunes filles et garçons, âgés de 16 à 25 ans et se trouvant en situation d'illettrisme. La règle communément admise stipule qu'est considérée comme illettrée une personne ne pouvant pas lire et comprendre un texte simple d'une dizaine de lignes et le résumer par écrit en trois ou quatre lignes.

« Le taux d'illettrisme en France est de 11 % et 6 % des salariés sont concernés », affirme Alain Bentolila, linguiste réputé, professeur à la Sorbonne et vice président de la Fondation Caisses d'Epargne pour la Solidarité. Il inaugurait hier les locaux de l'association « Savoirs pour Réussir »à Limoges.

Cette association, qui s'est fixé pour objectif l'accompagnement tutoré des jeunes jusqu'à l'emploi, peut déjà compter sur une douzaine de tuteurs formés et une dizaine d'autres sont en attente d'une formation : « Il n'y a pas de profil type, explique Catherine Duchez, chargée de mission. Nos tuteurs, qui ont entre 22 et 65 ans, doivent avoir des dispositions, en termes de qualités humaines notamment.

Un accompagnement individualisé et des ateliers divers doivent permettre aux jeunes de retrouver le goût d'apprendre, de les réconcilier avec les fondamentaux, de faciliter leur entrée dans un organisme de formation et jusqu'à l'obtention d'un emploi, le but ultime de l'association.

« En aucun cas, ajoute-t-elle, nous ne les formerons directement à la lecture et à l'écriture. »

Dix jeunes ont déjà été reçus par l'association et elle pourrait en accompagner une trentaine en 2008.


Questions à Alain Bentolila.

Auteur de nombreux ouvrages sur la langue, ses difficultés et son apprentissage, Alain Bentolila est l'un des meilleurs spécialistes de ce domaine.

- L'association « Savoirs pour Réussir » a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

- Depuis six ou sept ans, nous avons déjà constitué un réseau puisque l'association est présente dans une dizaine de régions de France et nous souhaitons qu'elle le soit dans toutes à l'horizon de 2010. A ce moment-là, lorsque l'association tournera à plein régime, nous espérons que nous aurons déjà touché entre 7.000 et 10.000 jeunes.C'est peu, en comparaison des quelques 65.000 jeunes en situation d'illettrisme repérés chaque année, mais ce sera un bon début.

- De quoi provient cette hausse constante et inquiétante du nombre de jeunes touchés par l'illettrisme ?

- Osons le dire, pour une bonne part de l'école, qui n'a pas su s'adapter. La situation de plus en plus compliquée exigeait que l'école change, mais l'école ne change pas ! Rappelons qu'en 1960, trois-quarts des élèves n'entraient pas en sixième !

- Est-il plus compliqué d'être illettré aujourd'hui qu'il y a cinquante ans ?

- Forcément, et particulièrement dans le travail, puisque la paperasse, la documentation, les bons de commande, les notices sont partout. Ce n'était pas aussi évident, loin de là, il y a cinquante ans. Travailler en étant illettré relève aujourd'hui de la gageure, de l'exploit. Certains y parviennent au prix de quels efforts ? "

Quelle chance, s'occuper de dix jeunes sur 65.000, qui ne savent ni lire ni écrire, en ne leur apprenant "en aucun cas...à lire et à écrire "!!! Je signale que Catherine Duchez est professeur de lettres.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 11 octobre 2007

L'expression "champ lexical" est utilisée par la quasi totalité des professeurs de français en collège pour désigner un ensemble de mots appartenant au même domaine de signification (Noël, sapin, guirlandes, cadeaux, dinde aux marrons, crèche, messe de minuit...) et champ sémantique pour désigner les mots de la même famille, ayant une racine commune (commun, commune, communauté, communisme...)

Alors que c'est l'inverse, comme le souligne le maître de maison. Mais comment aller contre cette (mauvaise) habitude sans désavouer les collègues...Et les manuels scolaires !

Ecrit par : Robin Guilloux | 11 octobre 2007

Avez-vous remarqué que, partout, tout le monde parle trop vite, même les acteurs de cinéma ou de théâtre.
Je pense que c'est une des conséquences supplémentaires de :
- la suppression de la lecture à haute voix. (certains excellents enseignants de SLECC préconisent même la lecture en "choeur" : les enfants très bons lecteurs qui ont tendance à lire trop vite ralentissent, les moins bons accélèrent)
- la suppression de l'apprentissage de récitations. En y mettant le ton, la bonne ponctuation... Ce dernier point me semble absolument catastrophique.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 11 octobre 2007

J'aimerais déjà que les mots les plus courants soient prononcés correctement même sur les antennes des médias.

Ecrit par : iPidiblue à cheval sur les voyelles et les consonnes

Je contresigne ! On a d'une part le tic du [-e] superfétatoire (bonjoureuh, au revoireuh), d'autre part les métaplasmes systématiques (la plouz, les csriz, les d'voirs, les l'çons), et, le top du top, les élisions mal-t-à propos : feu le 1er ministre Jeanpierraffarin, Jakessler (M. météo de france-Inter), les laboratoires cosmétiques Pierricaud ... Les [-en] que l'on prononce [-on], de peur de sembler avoir l'accent sudiste, les [-in] qui deviennent [-un] et vice versa ( un empreint à tant pour cent, pardon à tont pour çont) ... Pouvez pas articuler un peu, les gars ?

Ecrit par : FGuichard | 11 octobre 2007

Je précise ma pensée, on peut se référer à Alfred Tomatis, pour parler correctement une langue il faut éduquer l'oreille, bon nombre de problèmes de lecture et écriture sont évités si déjà on fait faire un bon apprentissage à l'oreille humaine - et particulièrement de l'oreille d'un français dont la langue est peu sonore - d'où résultera une bonne élocution, les deux vont de pair.

Dans un IUFM bien entendu au lieu de faire de la théorie bétassonne qui touche à l'amplification métaphysique, on ferait mieux de faire étudier les bases de l'orthophonie aux futurs enseignants.

Ecrit par : iPidiblue pense-bête | 11 octobre 2007

Ce "joke" pour congressistes n'est pas très digne de Steiner : c'est une formule un peu facile. D'ailleurs certains pédagols savent enseigner. Comment et avec quelle efficacité, c'est autre chose. Certains aiment aussi vraiment les enfants.
(dugong)

La France se distingue par bien des aspects. En voici un des plus curieux. Elle a embrassé le relativisme ( juste derrière l'égalitarisme) avec la ferveur des premiers Chrétiens ( je ne vais pas citer encore une fois Peyrefitte disséquant les symptômes du "mal francais") mais on y trouve une propension inégalée, elle aussi, aux jugements à l'emporte-pièce, au refus de la nuance.

Il paraît clair pourtant que qui dit péda- gogistes, -gogols ou toute autre dénomination, désigne EXCLUSIVEMENT les membres de la secte constructiviste, un terme péjoratif, et sans la moindre équivoque vue l'étendue de la débâcle dont nous leur sommes redevables. Est donc exclue toute confusion possible avec les "pédagogues", dont la première vertu est effectivement qu'ils"savent enseigner"!!

L'égalitarisme est une perversion de l'égalité, le pédagogisme la perversion de la pédagogie, le pacifisme ("les SS20 sont à l'Est, les pacifistes à l'Ouest" disait-on dans ma jeunesse, mais pas en France...) la perversion de la paix. C'est le sectatisme, le dogmatisme, you name it, qui fait la différence.

La pédagogie, un art qui peut s'apprendre comme le dessin, exige à la base du talent et une forme particulière de personnalité, (vaut mieux s'intéresser aux enfants et ne pas être d'un naturel taiseux, ronchon ou défaitiste) et c'est bien ce que Steiner confirme dans chacun de ses livres. Le pédagogisme en est donc un avatar, mais perverti par plusieurs facteurs, au premier rang desquels l'idéologie, laquelle a plusieurs facettes, notamment le scientisme, lui-même perversion de la science, et tout cela vient habilement compenser l'absence de talent et de prédispositions à l'art d'enseigner.

Là aussi il faut nuancer. Il a bien évidemment des "pédagogistes" talentueux, qui "savent enseigner [et] aiment les enfants": ceux-là sont les plus dangereux...

Jean, il y a quelques mois, signalait l'importance de ne pas oublier de mettre ce mot entre guillemets; dugong confirme.

Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007

Est-ce trop demander à messieurs les instituteurs et autres professeurs de donner des cours de diction ou d'élocution française ?

Ecrit par : iPidiblue à cheval sur les voyelles et les consonnes | 11 octobre 2007

Pour quoi faire ?
L'élocution requiert une connaissance du mot écrit .
Inutile de s'affoler , l'essentiel est que tout cela soit homogène .
Au pire , il y aura un conflit de générations , opposant , pour une fois, de vrais vieux cons à de vrais jeunes arrogants !

Ecrit par : oui-oui | 11 octobre 2007

Etonnant cette convergence d'éloges sur le Steiner-Ladjali. Lu en son temps, il m'avait semblé superficiel, creux, avec Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire ....
Alors? Relire, pour confirmer ou infirmer?
Oui, relire, ce sera plus honnête. J'essaierai d'y revenir.
Mais au premier "rabord", c'était fort mauvais.

Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007

Ah mais Robin, vous n'allez pas vous y mettre aussi !
C'est un champ dérivé, votre truc : "commun", "communuauté", "communisme". Pas un champ lexical !

Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007

Tiens, à propos de Rey et de la nouvelle langue. Je ne suis pas responsable dece que dit cet article, hein !

http://www.fabula.org/actualites/article20407.php

Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007

Ah mais Robin, vous n'allez pas vous y mettre aussi !
C'est un champ dérivé, votre truc : "commun", "communuauté", "communisme". Pas un champ lexical !

Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007

Don't act et d'où l'intérêt de s'entendre sur les définitions (ô mânes de Socrate!). Comment voulez-vous que les élèves s'y retrouvent si les enseignants n'en sont pas capables !

Alors un "champ lexical", c'est quoi exactement ?

Ecrit par : Robin Guilloux | 11 octobre 2007

champ lexical
champ dérivé
champ sémantique...

Et puis il y a les champs de céréales qui sont aujourd'hui cultivés pour faire rouler les voitures et qui provoquent une flambée des cours mondiaux. Et qui seront les premières victimes ? Les enfants, comme toujours, mais pas ceux de chez nous qui ne s'occupent plus des champs de blé et de maïs, mais ceux de loin là bas où l'école apprend encore à lire et compter, mais où on peut mourir avant 5 ans d'une dysenterie ou d'une pneumonie.

C'est quand même bien de vivre dans un pays où on peut discuter longtemps de choses secondaires... mais pas inutiles :-)

Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007

Désolée du hors sujet mais c'est à la suite d'une information entendue à la radio sur les prix qui augmentent !!

Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007

Il y a eu télescopage... de champs !

Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007

"'Etonnant cette convergence d'éloges sur le Steiner-Ladjali. Lu en son temps, il m'avait semblé superficiel, creux, avec Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire ..
Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007.

En remettre une louche...
cette convergence d'éloges sur l'Éloge doit être relativisée par son contexte, celui de la réponse de JPB aux errements de Rey.

Un petit tour sur l'alteréducationnisme du signataire éclaire sa remarque.

Ecrit par : Cadichon | 11 octobre 2007

C'est une chose que de s'intéresser en linguiste aux langages cryptiques comme l'argot, le verlan, ou le louchebem, c'en est une autre d'y voir une quelconque rénovation de la langue française, sauf à se déconsidérer. Certes, la langue évolue avec l'usage, c'est bien connu : mais est-ce une raison pour aller plus vite que la musique et donner une dignité à des sabirs dont la moitié sont des effets de mode qui ne tiendront pas plus que quelques mois, et qui n'apportent rien à l'expression de la pensée...

Parce que, bien entendu, vous Guichard, vous apportez quelque chose à la pensée...... Votre observation sent la bourgeoise héllénisto-tubarde, habitant à St François-Xavier à peu près aussi drôle qu'un texte de Meirieu.....
Et vous vous gourrationnez, permettez-moi de vous le dire. Jamais les expressions des rappeursne "contamineront" "la belle langue". Ce Sidi, immédiate ou non, rapide ou non, cette "pollution" de la langue de Malherbe par les pue-du-cul des caboulots, des rouliers, des barrières, est infiniment plus fertile pour l'avenir que" la chefdepreuduiasation" de cette même langue.

Ecrit par : montaigneàcheval | 11 octobre 2007

Alors un "champ lexical", c'est quoi exactement ?

Ecrit par : Robin Guilloux | 11 octobre 2007

Un truc dans lequel on s'embourbe et qui finit par vous coller aux semelles...
Quelle polémique vous déclenchâtes, Dobolino! Vivement mercredi prochain, "la" prof de français aura sûrement une autre question à nous soumettre pour qu'on se tape dessus:-)

Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007

Anne-Marie Valette a écrit : "Avez-vous remarqué que, partout, tout le monde parle trop vite, même les acteurs de cinéma ou de théâtre."

Et même les "journalistes" de France Culture. Je me souviens (merci Perec) de la brave Cécile de Kervasdoué, débitant sa revue de presse sur un tempo de championnat du Monde parlant du roi Léar...

Plus récemment, Ali Baddou nous le faisait Roi Lion...

A quand les filles Mégane, Connerie et Cécilia ?

Au moins, la "vieille" Véronique Pellerin, semblant en permanence sous Tranxen, fourche mais ne rompt pas.

Halte au dopage culturel !

Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007

Ce Sidi, immédiate ou non, rapide ou non, cette "pollution" de la langue de Malherbe par les pue-du-cul des caboulots, des rouliers, des barrières, est infiniment plus fertile pour l'avenir que" la chefdepreuduiasation" de cette même langue.

Ecrit par : montaigneàcheval | 11 octobre 2007

Plus fertile, à voir. Il en restera un petit quelque chose sûrement. La naïveté de leur part est de vouloir fixer tout cela dans un dictionnaire et de le rigidifier. Les "codes "momentanés passent et disparaissent comme l'argot connu du monde ouvrier est en passe de disparaître. Les jeunes l'ignorent ou presque.
Cela me fait penser, de loin et toutes proportions gardées,vraiment, aux universitaires métropolitains en poste outre-mer qui inventaient des grammaires du créole et des dictionnaires de créole qui fixaient ce qui était mouvant et qui devait le rester. Cela faisait bien rire les gens du coin et cela faisait des thèses...Humm! pour le moins discutables. Mais avec des postes à la clé...de vrais fromages de Hollande. Le tout mêlé à un petit peu d'indépendantisme politique et le tour était joué! Enfin! mais je m'éloigne...

Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007

Tout va très bien, tout va très bien...Catmano, juste un peu d'anglais en maternelle...


Ecole : les parents satisfaits mais qui demandent un retour de la discipline.

Une majorité de Français sont satisfaits de l'école mais souhaitent une meilleure attention aux besoins des élèves dans leur diversité ainsi qu'un retour à certaines formes de discipline perdues, selon un sondage TNS-Sofres pour Le Figaro-France 2-RTL, publié mardi 8 octobre.

D'après cette enquête d'opinion, 56 % des Français (57 % des parents d'élèves) jugent la qualité de l'école satisfaisante (52 assez satisfaisante, 4 très satisfaisante). Sont notamment plébiscitées la qualité de l'enseignement (65 %), la mixité sociale dans les établissements (61 %) et l'utilisation des nouvelles technologies (59 %). Une courte majorité juge satisfaisants la charge de travail des élèves (51 %) et le niveau de sécurité (49 % contre 45).

En revanche, sont sévèrement considérés (en taux de personnes non satisfaites) le nombre d'élèves par classe (61 %), l'accueil des élèves handicapés (65 %), le respect de la discipline par les élèves (74 %), la préparation au monde du travail (72 %) et le soutien aux élèves en difficulté (57 %). Les attentes sont à la mesure : 89 % souhaitent l'accueil d'au moins un élève handicapé dans chaque classe, 87 % sont favorables à la mise en place dans chaque établissement d'un système d'étude encadré jusqu'à 18 h 30 ; 79 % demandent que les élèves aient obligation de se lever à l'entrée du professeur en classe, 78 % que le téléphone portable soit interdit pour les élèves dans les établissements scolaires, et 77 % qu'un service minimum en cas de grève soit institué pour les professeurs.

Favorables à 70 % à la suppression des cours le samedi, les Français souhaitent par ailleurs l'instauration d'une après-midi consacrée uniquement aux activités artistiques et sportives (70 %), ainsi que l'introduction de l'enseignement de l'anglais dès la maternelle (69 %).

Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007

et 64% veulent qu'on donne du lait aux enfants dans les écoles
mais 78 % refusent que les enfants puissent s'y salir
54 % préferent que le lait soit administré sous forme de boursin (au mérite)
97% refusent l'ail et les fines herbes

Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007

Si on veut faire les choses bien, d'abord on dit la première phrase, ça justifie les honoraires, et ensuite la deuxième, et on explique.
Enfin, moi, je fais comme ça. Et je perd souvent beaucoup de temps à expliquer. C'est vrai que pas mal de confrères n'ont pas trop ce souci ...

Ecrit par : yann | 11 octobre 2007

On a eu ce souci, ce matin avec un gars sénile. "Votre Chien a un cancer du foie avec métastases, espérance de vie trois à six jours". Réponse du type, après mûre réflexion: "Et le cœur, docteur, il est bon?" A deux vétos plus un échographe plus 400 euros d'honoraires plus trois quarts d'heure d'explications... Je ne suis pas certaine qu'il ait compris!
Qui saurait nous conseiller sur le champ lexical de l'euthanasie raisonnée?
Je suis cassée, ce soir! Pauvre chien!

Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2007

Merci pour les champs lexicaux appliqués aux élèves de quatrième! Donc, j'avais bien pigé: ça veut dire le vocabulaire se rapportant à...
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Parce que ça fait plus riche!

Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2007

les Français souhaitent par ailleurs ... l'introduction de l'enseignement de l'anglais dès la maternelle (69 %),
dit ce sondage...

Et pourquoi pas à la crèche pendant qu'on y est : faire écouter de l'anglais pendant la sieste pour qu'ils apprennent sans effort !
La France remonterait dans les classements internationaux !

Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007

Quelle polémique vous déclenchâtes, Dobolino! Vivement mercredi prochain, "la" prof de français aura sûrement une autre question à nous soumettre pour qu'on se tape dessus:-)

Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007

Le! C'est un jeune capessien, frais émoulu... Ma fille en fait la collection.

Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2007

Et pourquoi pas à la crèche pendant qu'on y est : faire écouter de l'anglais pendant la sieste pour qu'ils apprennent sans effort !
La France remonterait dans les classements internationaux !

Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007

Avant la naissance ! Un casque posé sur le ventre de la mère, des leçons d'anglais, du Mozart, les tables de multiplication, et des enregistrements de conversation de dauphins, il parait que ça éveille l'esprit du foetus.
Dès 12 semaines de gestation (pardon, de grossesse). Remboursé par la sécu.

Ecrit par : yann | 11 octobre 2007

Tiens, c'est bizarre, j'ai toujours cru que le champ lexical, c'était simplement le vocabulaire relatif à un thème (la mer - toujours recommencée -, la boulangerie, la pêche à la mouche, etc...) et le champ sémantique l'ensemble des significations d'un mot avec leurs connotations...
De toute façon, cette métaphore du "champ" est pompante et je n'en parle jamais à mes élèves. Faire relever le vocabulaire de la mer dans un texte qui parle de la mer est en effet hautement instructif! Mais Jeremy a raison: la seule chose que les lycéens ont retenu du cours de français au collège, c'est qu' un texte a été écrit par son auteur uniquement pour qu'on y relève les champs lexicaux!

Ecrit par : Jean | 11 octobre 2007

Avant la naissance ! Un casque posé sur le ventre de la mère, des leçons d'anglais, du Mozart, les tables de multiplication, et des enregistrements de conversation de dauphins, il parait que ça éveille l'esprit du foetus.
Dès 12 semaines de gestation (pardon, de grossesse). Remboursé par la sécu.

Ecrit par : yann | 11 octobre 2007

Ce serait le meilleur des mondes !

Ecrit par : lucile | 11 octobre 2007

"la seule chose que les lycéens ont retenu du cours de français au collège, c'est qu' un texte a été écrit par son auteur uniquement pour qu'on y relève les champs lexicaux!"

Ecrit par : Jean | 11 octobre 2007

Du reste, "les plus désespérés sont les champs lexicaux", non ? ...

Ecrit par : FGuichard | 11 octobre 2007

"Du reste, "les plus désespérés sont les champs lexicaux", non ? ..."

Les champs de la terre, que du malheur !

Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007

Sans parler du scandale des champs lexicaux contaminés par des OGM (Organisation de la Grammaire Meirieutiste).

Ah, la vision bucolique de José Bové fauchant un champ lexical !!

Ecrit par : yann | 11 octobre 2007

ou Ouvroir de Grammaire Mercantile.

Ecrit par : yann | 11 octobre 2007

"Ah, la vision bucolique de José Bové fauchant un champ lexical !!"

C'est pas grave : ça n'est pas encore illégal et ça repousse

Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007

Todorov alias OeildeVelours ne compte fleurette à ses conquêtes qu'au sein d'un champ lexical clôturé.

PS : Ce n'est pas une contrepèterie.

Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007

"ils deviennent des voyageurs sans bagages. « Barbarie de l’innovation creuse » — je suis jaloux d’une telle formule."
(J P Brighelli )

Lorsque j'ai débuté dans la fonction d'instit spécialisé, j'ai bien connu ces classes transformées en supermarchés .Les murs étaient couverts « d'écrits sociaux » et de prospectus en tout genre ( recettes, publicité, modes d'emploi, emballages, boîtes de conserve...). Il était également fortement conseillé aux instits de faire venir en classe des hommes de lettres; ce cocktail mystique, alliant « bain d’écrit »et fréquentation « des belles lettres », devait, à lui seul, pouvoir suffire à faire entrer les gamins dans " l'écrit" ( par une porte magique ?).La crédulité humaine ( Dans ce cas précis, on peut dire la connerie ) est sans limite; comment une institution a-t-elle pu sombrer dans cette pensée magique indigne d’un pays civilisé ?
A Roncq, j’ai plaisanté à propos de ces classes qui faisaient l'admiration des conseillers pédagogiques et des inspecteurs. La plupart du temps, le niveau en lecture y était, bien évidemment, totalement nul ( Comment aurait-il pu en être autrement !) mais la forme primait toujours sur le fond ( Pendant ce temps là, Marc et les autres se faisaient casser par leur hiérarchie ).Pour justifier le niveau lamentable de leurs élèves ( Quand ils en avaient conscience), les enseignants, adeptes de cette secte, prétendaient qu'il fallait donner du temps au temps pour que les enfants s'approprient " l'écrit"( ??) . Les initiés n’étaient probablement pas encore prêts pour recevoir la révélation ; ils devaient encore patienter ( parfois très longtemps !) avant de devenir des élus !.Les parents n’osaient pas intervenir, ils étaient complexés face à cette science nouvelle qui les dépassait. Quand j’ouvrais ma gueule dans la cours de récréation, tout le monde se dispersait sans faire de commentaires… « l’omerta » était la règle !

Thierry Venot

Ecrit par : thierry Venot | 11 octobre 2007

"Avez-vous remarqué que, partout, tout le monde parle trop vite, même les acteurs de cinéma ou de théâtre.
Je pense que c'est une des conséquences supplémentaires de :
- la suppression de la lecture à haute voix. (certains excellents enseignants de SLECC préconisent même la lecture en "choeur" : les enfants très bons lecteurs qui ont tendance à lire trop vite ralentissent, les moins bons accélèrent)
- la suppression de l'apprentissage de récitations. En y mettant le ton, la bonne ponctuation... Ce dernier point me semble absolument catastrophique.

Anne-Marie."

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 11 octobre 2007

Ah oui? Et vous avez remarqué aussi, comme les changements de plans s'enchaînent plus vite dans les concerts filmés, par exemple? Au plus une seconde et demie sur une image. A quelle tare incombant à l'école d'aujourd'hui allez-vous attribuer cet état de fait, Anne-Marie?
Mais non! Les gens parlent plus vite parce que la civilisation d'aujourd'hui exige la vitesse, le rendement à court terme. Etat de fait que nous promet de manière encore plus implacable le libéralisme prôné par Cadichon, soit-dit entre parenthèses.

Ceci-dit, dans les interventions consacrées aux créations de spectacles que j'ai menées dans les classes, j'ai pratiqué plusieurs fois la lecture, (et le travail) en choeur parlé. Très intéressant, effectivement.

Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007

"Je précise ma pensée, on peut se référer à Alfred Tomatis, pour parler correctement une langue il faut éduquer l'oreille, bon nombre de problèmes de lecture et écriture sont évités si déjà on fait faire un bon apprentissage à l'oreille humaine - et particulièrement de l'oreille d'un français dont la langue est peu sonore - d'où résultera une bonne élocution, les deux vont de pair.

Dans un IUFM bien entendu au lieu de faire de la théorie bétassonne qui touche à l'amplification métaphysique, on ferait mieux de faire étudier les bases de l'orthophonie aux futurs enseignants."

Ecrit par : iPidiblue pense-bête | 11 octobre 2007

Vous vilipendez les "charlatans pédagogistes" des IUFM et vous rendez louange à Tomatis? On voit que vous n'avez pas eu ses cassettes sur les oreilles! Un gourou. Un vrai.

Ecrit par : Christophe Sibille | 11 octobre 2007

D'après cette enquête d'opinion, 56 % des Français (57 % des parents d'élèves) jugent la qualité de l'école satisfaisante (52 assez satisfaisante, 4 très satisfaisante).

Ecrit par : Thalie- Thalie | 11 octobre 2007

Finalement le ministre de l'EN aurait bien tort de changer la politique scolaire de ses prédécesseurs puisque 65% des parents sont satisfaits de la qualité de l'enseignement.
De tels sondages, nul n'est dupe, ne sont rien d'autres que des mises en condition de l'opinion voire même une manière de légiférer et de normaliser en douce.
En tout cas pour en avoir discuté ce soir avec les nouveaux élus au CE de mon collège, personne n'attend rien de bon du nouveau ministre en matière de restauration de la dignité ou de la fonction des enseignants pas plus qu'en matière d'acculturation des élèves.

Ecrit par : buntovchik | 11 octobre 2007

"Ah, la vision bucolique de José Bové fauchant un champ lexical!!"

Qu'il ne se gêne pas!

Ecrit par : Jean | 11 octobre 2007

La clé des champs

On a perdu la clé des champs!
Les arbres, libres, se promènent,
Le chêne marche en trébuchant,
Le sapin boit à la fontaine.

Les buissons jouent à chat perché,
Les vaches dans les airs s'envolent,
La rivière monte au clocher
Et les collines cabriolent.

J'ai retrouvé la clé des champs
Volée par la pie qui jacasse.
Et ce soir au soleil couchant
J'aurai tout remis à sa place.

Jacques CHARPENTREAU

Ecrit par : Maminou | 11 octobre 2007

" J'ai toujours cru que le champ lexical, c'était simplement le vocabulaire relatif à un thème (la mer - toujours recommencée -, la boulangerie, la pêche à la mouche, etc...) et le champ sémantique l'ensemble des significations d'un mot avec leurs connotations (et dénotations) "

Ben oui : Jean a bien résumé tout ça. Et champdérivé j'ai dit plus haut ce que c'était. Ben en tout cas on est trois à être d'accord, qui a dit qu'il était si difficile de s'accorder en lexicologie ?

Ecrit par : Jérémy | 11 octobre 2007

"Un champ sémantique doit être un espace connexe car on ne peut penser qu'une seule chose à la fois. Or c’est là l’un des paradoxes mis en jeu par les copules « ou », « et » : qu’elles nous obligent à penser simultanément au moins deux objets. Ces copules posent donc, fondamentalement, le même problème que celui de la prédication : par quel processus l’esprit arrive-t-il à lier en une forme unique
une agrégation d’objets distincts ? C’est là le problème classique des mixtes – c f. le Sophiste de Platon – que la logique moderne a cru pouvoir écarter à la faveur d’une reconstruction ensembliste de l’univers."

René Thom in Apologie du logos Flammarion 1990 p570

suivent des considérations qui mènent au résultat foudroyant qu'on peut passer continûment du mixte X ou Y au mixte X et Y.

René Thom a lu Jakobson et Hjelmslev, mais ce n'était pas un trissotin. Il est d'aileurs à l'origine d'une des premières réactions contre les outrances des mathématiques modernes :

"... Dans l’esprit de la plupart de nos contemporains, les mathématiques dites «modernes » jouissent d’un grand prestige : elles figurent, entre la cybernétique et l’informatique, dans l’armoire aux jouets prônés par une publicité de mauvais aloi comme l’acquis essentiel de la technique actuelle, l’outil indispensable au développement futur de toute science. Mais il y a plus : depuis la modernisation des programmes, les mathématiques «modernes » ont fait leur entrée dans la vie familiale. Bien des parents – devenus incapables d’aider leur
progéniture – s’en sont inquiétés : ne reconnaissant plus dans le vocabulaire de leurs enfants les vieilles notions familières, ils se sont sentis égarés par cette nouvelle terminologie. Perplexes, certains y ont vu un nouveau symptôme
de l’abîme qui s’ouvre entre les générations ; ils ont alors adopté une attitude d’obstruction systématique à l’égard des nouveautés. D’autres au contraire – et le cas est fréquent chez les enseignants – ont accepté avec enthousiasme les
nouveaux programmes, les nouvelles notions, les nouveaux symboles."

...

"Si dans les années l965-1967, j’avais suivi avec une certaine sympathie les débuts du mouvement, je ne tardai pas à être ulcéré par ses excès : on convoquait à l’université les vieux instituteurs de campagne, blanchis sous le harnois par une vie d’expérience, et là, de jeunes freluquets, à peine sortis de leurs études de licence, leur assénaient des propos arrogants du type : «Messieurs, vous prétendez savoir ce qu’est un nombre et vous croyez l’avoir enseigné à vos élèves. Détrompez-vous ! Vous ne connaissez pas Cantor et sa théorie des ensembles : on ne compte pas un ensemble, on établit des correspondances bijectives entre ensembles, etc. etc. ». C’est devant cette évolution que j’ai cru nécessaire de réagir"


Etranges résonances !

Ecrit par : dugong | 11 octobre 2007

'Etonnant cette convergence d'éloges sur le Steiner-Ladjali. Lu en son temps, il m'avait semblé superficiel, creux, avec Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire ..
Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007.

Etonnant, en effet, à moins que la demoiselle ne soit pressentie pour une future mission. Qui sait?

Ecrit par : oups | 11 octobre 2007

Tous nos agrégés de ce blog qui détiennent le vrai savoir et la vraie culture se perdent et se mélangent les pattes dans les définitions des champs (lexical, sémantique...). C'est quand même un peu étonnant, non?

Ecrit par : LouBlan | 11 octobre 2007

Personnellement je me contrefiche de tous ces champs qui ne servent à personne...

Les champs de tulipes pour les bouquets ou les champs de pommes de terre pour faire des frites je ne dis pas mais les prés lexichoses, semanmachins ou déritrucs dont personne d'ailleurs n' a la même définition non merci! Plutôt un Ricard tout bien réfléchi, avec un glacon!

Ecrit par : LouBlan | 11 octobre 2007

89 % souhaitent l'accueil d'au moins un élève handicapé dans chaque classe

Ecrit par : Thalie- Thalie

Je serais curieux de savoir quel pourcentage souhaiterait accueillir un enfant handicapé dans sa famille. Ah oui, c'est comme l'autoroute : c'est vachement bien, à condition que ce soit chez les autres.

Ecrit par : Moot | 11 octobre 2007

"Tous nos agrégés de ce blog qui détiennent le vrai savoir et la vraie culture"

Qu'est-ce que c'est con comme remarque... Buvez votre Ricard avec votre glacon et parlez des tulipes, ca suffira.

Dugong, j'ai rien compris à votre texte !

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

"'Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire .."'Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007, ce bel esprit supérieur qui cire ses propres pompes en crachant sur ceux qui ne lui arrivent pas à la cheville.

Puis, bien sûr, un autre de renchérir:
"Etonnant, en effet, à moins que la demoiselle ne soit pressentie pour une future mission. Qui sait?"
Ecrit par : oups | 11 octobre 2007

Au fait, vous deux , on peut connaître le titre de vos oeuvres, sans nul doute impérissables...?

A propos du dernier livre de Ladjali, "Mauvaise langue" (tiens il irait comme un gant à nos deux compères, ou.... commères),
voici ce qu'en disait Luc Cédelle - (Le Monde du 31 aout 2007)

"Peut-on sérieusement avancer que "le barbarisme mène à la barbarie" ? C'est ce que fait Cécile Ladjali, professeur et écrivain. (*) La thèse n'est pas nouvelle dans les débats sur l'éducation. Barbara Lefebvre, coauteur des Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002), l'a déjà affirmé dans un texte intitulé, précisément, "Du barbarisme à la barbarie". De l'un à l'autre "il n'y a qu'un pas", répète lui aussi Jean-Paul Brighelli, le pamphlétaire de La Fabrique du crétin (éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2005)... Cécile Ladjali affirme qu'une "syntaxe que l'on malmène, un mot que l'on écorche est une violence que l'on impose à soi et aux autres". Elle ajoute que "l'approximation et la familiarité sont les manifestations premières d'un glissement progressif vers l'anomie, l'absence de code, c'est-à-dire la négation même de toute civilisation, fondée sur les règles de la vie en société".

(*) et non écrivaine-euh


J'en remets encore une louche, pour faire bonne mesure.
"Entre journal de bord d'une prof de banlieue et réflexion humaniste, "Mauvaise langue" tire le signal d'alarme, s'en prend aux attitudes démagogiques et affirme qu'un jeune qui parle mal est en danger, qu'une société qui laisse sa langue se déliter court le risque de la barbarie.
L'auteur (*) part d'un constat fait sur le terrain, dans les classes où elle enseigne : la langue des jeunes s'appauvrit de jour en jour, tant sur le plan du vocabulaire que de la grammaire. Pour un nouveau mot qui rentre dans le dictionnaire (par exemple le verbe « kiffer »), c'est douze verbes qui sont condamnés à ne plus être prononcés par les adolescents, douze nuances qui passent par pertes et profit. Car, la grammaire est un système de lois et de règles et qui les ignore, les malmène, les recompose au petit bonheur, menace le socle commun qui permet aux êtres humains de communiquer et de se comprendre. Le barbarisme est toujours une menace de barbarie. Encouragés par la « mode banlieue » et des supports de communication qui demande rapidité et laconisme (emails, SMS, MSN...), les adolescents parlent une langue appauvrie doublée d'une orthographe minée par la transcription phonétique et s'en vantent car « mal parler fait bien ». Mais c'est si inventif, disent certains, écoutez leurs néologismes, entendez leur musique ! Certes, on peut apprécier, encore faut-il être « bilingue », connaître les règles pour pouvoir s'en écarter, s'évader, inventer à partir d'elles.
Mauvaise langue est donc une invitation polémique et constructive au bilinguisme, à ce bilinguisme des jeunes qui ne peuvent pas faire l'économie de la syntaxe et du vocabulaire, sous peine de le payer très cher. Nourri d'anecdotes et de réflexion, ce texte dénonce la démagogie ambiante qui consiste à voir dans toute initiative et dans toute rébellion un acte créatif. Attention, prévient Cécile Ladjali, certaines rébellions ne sont que poses et duperies"

(*) et non auteure-euh-euh...
Pouah! bis

[Cécile Ladjali a 36 ans. Agrégée de lettres modernes, elle enseigne dans un lycée de la Seine Saint-Denis et à l'université de Paris III (Sorbonne Nouvelle). Elle a publié trois romans chez Actes Sud (Louis et la jeune fille en 2006, La Chapelle Ajax en 2005 et Les Souffleurs en 2001) et un essai avec George Steiner paru chez Hachette Littératures en mars 2007, Eloge de la transmission. ]

Alors si Cécile était "pressentie" pour quelque mission, comme le persiffle l'un de nos deux experts en "mémérages", elle ferait certainement moins de dégâts que Gaby l'adipeux... qu'en dit ben d'trop pour être honnête ( à lire avec l'accent de Charlebois, ou de Charlevoix....)

Ecrit par : Cadichon | 12 octobre 2007

"Gaby l'adipeux... qu'en dit ben d'trop pour être honnête"

Oh Cadichon ! Enfin !! Comme quoi on peut être (ultra ?)libérale et être drôle.

Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007

On aurait pu dire cela autrement les champs sémantiques du libéralisme et de la drôlerie ont une intersection non vide même si la distance sémantique entre ces deux concepts est quand même assez grande.

Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007

Merci, Cadichon, de ce texte sur Cécile Ladjali.
Ce qu'elle dit me fait penser au livre de Natacha Polony, "Nos enfants gâchés". Elle aussi analyse la situation catastrophique où nous sommes arrivés, et que je mesure chaque jour en voyant la nullité abyssale de l'enseignement que subissent mes petits-enfants.

Quand trois fillettes de cinquième me disent calmement : notre professeur de français est fou, on n'apprend rien avec lui. Aidez-nous.
Je suis nulle en anglais, on n'y comprend rien. Je déteste l'anglais.
Les maths, je n'y comprends rien.

Je vais donc leur préparer des fiches d'anglais, de maths, de français. Qu'elles sachent au moins conjuguer le verbe être et le verbe avoir au présent, que "a" veut dire "un, une", "the" "le, la, les" etc.

On leur apprend des phrases globales, sans connaître ni la signification des mots, ni leur construction grammaticale. Un nouveau livre d'anglais vient de sortir. Encore plus nul que les précédents.

Ex : mettre à la forme interrogative
John 's got a grey and black cat.

ça n'a pas loupé : elles ont toutes les trois écrit :
Is John got a grey and black cat ?

On en découvre chaque jour un peu plus sur l'effondrement de l'instruction. C'est terrifiant, qui peut lutter contre cette marée noire?

(L'apprentissage de l'allemand est définitivement mort en Limousin : il y a quatre élèves à la faculté des sciences.)

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 12 octobre 2007

"L'apprentissage de l'allemand est définitivement mort en Limousin : il y a quatre élèves à la faculté des sciences"

Ils pourraient quand même éviter de lire Einstein dans le texte en 1ère année de maths - physique !

Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007

L'apprentissage de l'allemand est définitivement mort en Limousin

Ecrit par : Anne-Marie Valette

S'il n'y avait qu'en Limousin ! Dans mon lycée, on est passé de trois professeurs d'allemand à deux, et encore, le deuxième, c'est un miracle qu'elle soit là, le poste supprimé par un départ à la retraite a été maintenu in extremis.
Les classes sont regroupées de façon aberrante, ce qui constitue un casse-tête épouvantable pour les professeurs, lesquels ont à s'occuper simultanément de sections générales et technologiques, de littéraires et de scientifiques, de ceux qui l'ont pris en première langue et de ceux qui le pratiquent en deuxième langue.
Sur 200 élèves de seconde, il y en aurait moins d'une dizaine qui suivent les cours de cette langue.

Un vrai naufrage, et un naufrage organisé. Et quand on pense que l'on nous gargarise avec "l'Europe", "le couple franco-allemand" !

L'espagnol se porte bien, parce que dans l'esprit des gogos, ça évoque le soleil, la fête, et c'est censé être plus facile (je ne pense pas que ceux qui l'enseignent y croient dur comme fer).

Ecrit par : Moot | 12 octobre 2007

Dans la série, "en face, ils se les bougent sans geindre" voyez http://www.cafepedagogique.net/communautes/Collegeexperimentaux/default.aspx

A quand des collèges / lycées exprérimentaux dans l'esprit GRIP ?

Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007

De toute façon, l'enseignement de l'anglais était déjà réputé inefficace au début des années 70. L'allemand a été contaminé un peu plus tard. Et le russe? Comment c'est fait, un livre de classe de russe à présent? Est-ce que c'est aussi contaminé? Enfin... s'il reste des classes de russe!

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

"Dans l’esprit de la plupart de nos contemporains, les mathématiques dites «modernes » jouissent d’un grand prestige" (Dugong)

Pour information, les maths modernes étaient "vues" comme une curiosité à l'école polytechnique.

Les fameuses "patates" règnent encore dans l'apprentissage des "mathématiques" en primaire, et remplacent l'apprentissage de la multiplication, de la division, et de la soustraction "posées" dans les petites classes.
Un bon enseignement du calcul, posé et mental, n'a jamais été rétabli. Les exercices qui exigeaient un raisonnement rigoureux ne sont jamais donnés. La règle de trois rarement enseignée avant le lycée.
C'est ainsi que la division n'est enseignée qu'en CM1, et de façon si confuse que de nombreux enfants ne savent l'utiliser en sixième. (Les tables de multiplication rarement apprises, sauf si la famille s'en occupe.)

D'où le cri d'alarme des mathématiciens du GRIP : qui va enseigner les mathématiques aux nouvelles générations?
(Moins de 10 % d'étudiants dans les branches scientifiques !)

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 12 octobre 2007

Quelques précisions :

L'article de René Thom dont j'ai reproduit certains passages date de 1970.

Je dis que sa transposition à 2007 se fait par simple substitution de quelques mots : les pédagogistes tiennent le même genre de discours en 2007 que les "progressistes" de 1970 pour justifier la mise en place des mathématiques dites "modernes" à TOUS les niveaux d'enseignement.

PS : Ce qui était pédagol à l'époque c'était la transcription au collège et au primaire des outils des mathématiciens chercheurs. J'ai eu droit, comme lycéen à l'époque, aux premières années de la mise en oeuvre des programmmes de maths "modernes". C'était assez rigolo : on apprenait en seconde (par coeur !!) des listes d'axiomes définissant les structures (groupes, anneaux, corps, espaces vectoriels) et on passait notre temps à vérifier, dans des exercices quasi tautologiques que ces axiomes étaient ou non satisfaits dans tel ou tel contexte.

C'était (déjà) très ludique et pas très plein !

Par contre, en terminale C, ça déménageait sévère et l'enseignement était méchamment structuré... Je suis encore capable de débiter par coeur la définition de la continuité d'une fonction réelle ("quel que soit epsilon positif, ...") et cela date de la 1èreC.

Qu'on enseigne la notion de champ sémantique en linguistique en université ne me choque pas (à condition qu'on la mathématise un peu mais là, il n'y a plus grand monde !). Ce qui me choque c'est la transposition de ces "jouets" conceptuels dans l'enseignement de base...

Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007

Je viens de lire le projet de Cohn-Bendit. Pour les banlieues difficiles, les ZEP, pour ne pas les nommer, cela va faire de l'"expérimentation pédagogique" supplémentaire, avec les "cobayes" n'ayant pas eu la possibilité de se délocaliser pour échapper aux docteurs Folamour qui y sévissent, et que de nombreux volontaires s'apprêtent à rejoindre.

Bonjour les dégâts, quand on connaît les orientations du "Café pédagogique",( qui patronne le projet), où règnent des voyous comme Goigoux, Jean-François Launay, Grandserre, tous ennemis jurés de la transmission du savoir et de l'instruction.

Bon moyen d'intégrer les enfants d'immigrés, il ne faudra pas s'étonner si on a de temps en temps des"crises" de banlieues.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 12 octobre 2007

Dans la page de Cohn-Bendit et de sa bande, on lit :

"On sait qu'aucun des établissements retenus ne sera totalement vide d'enseignants. On n'a pas réglé la question du chef d'établissement et de ses rapports avec l'équipe. Il faut pourtant aller vite."

Autrement dit, il restera toujours un ou deux ahuris qui n'auront pas compris ce qui les attendait (style : ils travaillaient à la cave pendant que c'est arrivé). L'idéal pol-potien de la bande est de vider les établissements d'abord : on les comprend ! Mutations d'office aux champs (glébeux et très peu sémantiques ?)

Quant au chef d'établissement, GCB a dépassé la limite d'âge (né en 1936 le vieux birbe !). Il sera peut-être compol d'honneur ?

Quant aux futurs "apprenants" : alertez les bébés !

Ecrit par : dugong | 12 octobre 2007

Comment c'est fait, un livre de classe de russe à présent? Est-ce que c'est aussi contaminé? Enfin... s'il reste des classes de russe!

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Препадавание русского языка в плохом состоянии! (L'enseignement du russe est dans un état déplorable). On s'en serait douté!
Il faut savoir que le corps des professeurs de russe doit comprendre environ 250 membres éparpillés sur le territoire national et que chaque année partent une vingtaine de collègues non remplacés. Le recrutement est tari.
L'enseignement de cette langue la plus parlée en Europe ne subsiste en partie et à l'image de l'allemand que par l'artifice des classes "bilangues". Les effectifs des classes sont faibles. Le nombre d'heures par exemple en LV2 en lycée est de 2 heures par semaine.
Il n' y aurait guère qu'en fac et en particulier dans certaines villes que la situation reste acceptable.
Il y a une réelle politique (budgétaire) ministérielle d'en finir avec les langues dites "rares" et "mortes". Ce n'est pas un scoop!
Cela n'empêche pas de trouver des gens pour continuer à rêver et à croire en des lendemains pédagogiques enchantés!

Ecrit par : buntovchik | 12 octobre 2007

A propos du par cœur. Comme réponse à l’un des commentaires qui insistait sur le fait de la nécessité de comprendre ce que l’on apprend... Non, cela n’est pas toujours obligatoire. Avons, nous-mêmes pratiqué et pratiquons du reste toujours cet exercice, et de fait connaissons, entre autres, de nombreuses poésies de Mallarmé. Pour bon nombre d’entre elles, ne saisissions pas le sens dans notre jeune âge, ou du moins celui de quelques vers. Le plaisir était présent cependant, car nous en savourions le son, la singularité rythmique, l’harmonie sonore, le mystère… Mais quelle merveille, quel incommensurable bonheur, lors d’une promenade, un moment de solitude, des années plus tard, vous remémorant quelque poésie du maître, quand le sens vous apparaît, vibratoire, dans sa densité phénoménologique, existentielle. Si vous ne l’avez pas en bouche, immédiatement saisissable par le fait de la mémoire, cette volupté profonde vous évite et ce plaisir vous ne le connaîtrez jamais. Le par cœur donc, sans rien comprendre, contient aussi cette vertu, vous rapprochant des grâces comme du simple plaisir de vivre, quand votre monde prend du sens, s’éclaire de cet inattendu.

Ecrit par : Le Pilier | 12 octobre 2007

"dites : "Va crever, votre clebs" — ce sera plus simple."
J'en pleurs :o)))

Ps: merci Cad, ma chuis en CE2, so keep cool ;)


Message subliminal
LIBéREZ MARIE-JEANNE
ENFERMEZ Eveline

Moins de cibile
Plus de Paradie/s (?) géniale la meuf !

Ecrit par : toto | 12 octobre 2007

Etonnant cette convergence d'éloges sur le Steiner-Ladjali. Lu en son temps, il m'avait semblé superficiel, creux, avec Ladjali servant la soupe au grand homme, aucun des deux n'ayant, passées les banalités d'usage, rien à dire ....
Alors? Relire, pour confirmer ou infirmer?
Oui, relire, ce sera plus honnête. J'essaierai d'y revenir.
Mais au premier "rabord", c'était fort mauvais.

Ecrit par : sejan | 11 octobre 2007

Si je puis me permettre, j'ai trouvé Ladjali pompière... dit autement: imbue. J'ai bcp lu Steiner, mais sur ce coup-là, je n'ai pas fini l'opuscule autocongratulant (du côté de la dame, du genre: moi, j'ai vu et connais le grand homme). Je préfère quand G. S. parle de ces sujets - seul.

Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007

J'apprends ce matin que mon LP est le plus mal vu de France, peut-être, du Rectorat sans doute parce qu'il y a trop de démissions, d'élèves qui ne viennent pas en cours, de renvois, etc. Et comment resumer les relations entre l'établissement, le rectorat et la région? "C'est politique", m'a glissé un collègue de compta (faut garder jusqu'au bac!).

Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007

A propos des langues, pour témoigner du désastre :

en Première, en allemand, groupe des "moins mauvais élèves" de S, dans une région où le nombre d'élèves étudiant l'allemand reste élevé : étude d'une chanson des Beatles en... anglais puis en allemand qui débouche sur une étude des ressemblances entre l'anglais et l'allemand en prenant par exemple les noms des pièces de la maison.

Euh Goethe c'est qui ?

En anglais même niveau, étude du fossé des générations avec une rédaction intitulée "fais le portrait de ton meilleur ami" (chaque année depuis la 5e, le même travail écrit)

Euh Shakespeare, c'est qui ?

Ecrit par : lucile | 12 octobre 2007

Comme réponse à l’un des commentaires qui insistait sur le fait de la nécessité de comprendre ce que l’on apprend... Non, cela n’est pas toujours obligatoire.

Ecrit par : Le Pilier | 12 octobre 2007

S'il s'agit de ce que j'ai écrit il y a déjà un bail, je parlais de la physique... pas de la poésie symboliste !

Maintenant, on peut aussi apprendre les formules par coeur, sans comprendre, et les appliquer, et ce jusqu'à un assez bon niveau. Mais pas au-delà...

Ecrit par : yann | 12 octobre 2007

"Pour le russe, il n' y aurait guère qu'en fac et en particulier dans certaines villes que la situation reste acceptable."

J'ai fait un an de russe à raison de 4h par semaine à la fac...
On travaillait sur les photocopies d'un vieux manuel soviétique non réédité, avec deux profs différentes qui ne se coordonnaient pas (et ne s'aimaient pas), à des horaires farfelus (12-14h et 18h-20h) et sur un mode idiot (2h de CM à 50, 2h de TD à 25).

Je n'en ai pas retenu grand chose !

Alors les langues en fac, merci bien. Je peux en dire beaucoup à leur sujet - d'ailleurs, où en est la structure "langues" que souhaitait Pedro Cordoba ? Si on s'attelle à la rénovation de l'enseignement des langues comme à celle de l'enseignement du français, on en a pour 20 ans de travail !

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

"De toute façon, l'enseignement de l'anglais était déjà réputé inefficace au début des années 70. L'allemand a été contaminé un peu plus tard."
Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Peut-être mais les bases données jusqu'au bac en anglais dans les années 80 étaient parfois suffisantes pour être capables au bout de quelques jours "d'immersion" de comprendre des conférences en anglais.
Est-ce encore le cas aujourd'hui ?
A l'époque la qualité des enseignants faisait surement aussi la différence, mais au moins les contenus des programmes (au lycée au moins) étaient un peu plus denses.

Ecrit par : lucile | 12 octobre 2007

Le problème des langues me semble revêtir une gravité extrème. En effet, on vit en France sur un meurtrier malentendu quant à non pas l'apprentissage des langues elles-même mais sur la place qu'elles jouent dans la civilisation. L'Allemand, par exemple, est devenu à peu près aussi rare que le Russe il y a 20 ans. En première comme en seconde langue.
Et cela ne concerne pas que les quartiers pue-la-sueur.

Dans mon collège, par exemple, on est passé de 23 à 14 élèves prenant allemand en Sixième. Et pour remplacer ces langues "rares" (italien ,russe, allemand, kabardino-balkare, gagaouze et mordve) par l'anglais. Mais pardon, quel anglais. l'Anglais pour prolos. Une sous-langue destinée aux petits pauvres. Aucun élève ne parle ni ne parlera jamais véritablement anglais. Cette langue, innombrable et houleuse comme la mer grise qui bat les falaises du Devon...Non les gosses sont victimes 'une sorte de fast-food linguistique. Les pauvres collègues de langues sont des saints.
Ballottés bien plus que les autres matière entre les délires pédagomaniaques et les circulaires, ils ne parviennent plus à transmettre "l'âme de la langue". Cet élégant rapport entre une langue et tout un arrière-plan immense, gigantesque, fait de civilisation, de littérature, etc...
De toutes façons j'ai toujours été frappé par le fossé qui existe entre la connaissance des langues chez les élèves de l'étraner, en Allemagne, en Suède, et même en Angleterre, et quelque soit la langue.
Et puis, pour être allé souvent en tant qu'accompagnateur en Angleterre, avec une collègue d'anglais, pour voir la région des Lacs et le Mur d'hadrien, je fus plus qu'une fois stupéfait par la nullité deladite collègue. Attention. Ne me tirez pas dessus: je m'explique:
On a en France ce fait incroyable que pas mal de profs de langues ne maîtrisent pas vraiment la "conversation normale". On a l'impression d'un formidable verrouillage mental, d'une immense frustration. Cela vient du mépris le plus total dans lequel les pouvoirs publics ont toujours tenus ( de droite et de gauche, oui Cadichon, oui, oh le bon toutou,il fait le beau,warf, warf...) envers les profs en général et les profs de langue en particulier. Des tonnes de circulaires pédagofascistes, des ordres, des contre-ordres. Je me souviens -j'étais en Terminale- des délires des Méthodes Zehnacker et surtout Holderith, qui prônaient l'abolition de cette paratique barbare de l'APPRENTISSAGE DU VOCABULAIRE. Ben tiens, c'te bonne paire, chacun sait qu'un môme, au bout de quatre ans d'Allemand sera capable d'écrire comme Hôlderlin!!!!! Pauvres connards d'inspecteurs. C'est de tous ces déliria trementa que vient la prodigieuse déconfiture de l'enseignement des langues.

Et d'autre chose aussi: la langue est une ouverture démocratique ver le monde. Tout le monde sait ce que signifia d'apprendre l'allemand entre 1950 et 1980. il y avait derrière cela, le prodigieux souffle de De Gaulle, et son voyage à Bonn en 1963. Je l'ai vue cette scène ,où à Cologne, sur le Neumarkt, De Gaulle parlant en allemand, presque parfait, lui qui ne voyait déjà presque plus rien. ("Es lebe Köln!!! Es lebe Deutschland! Es lebe die deutsch-französisiche Fraundschaft!") (Vive Cologne, vive l'Allemagne, vive l'amitié franco-allemande). Urlement de joie dans les 200000 à 300000 personnes massées alors.

Rebelote en Pologne, au Mexique...et même en 1969, à Quimper, en breton....alors que le référendum était déjà perdu.
Voilà sans doute la clé du problème : l'inculture crasse en matière de langue de nos cloportes dirigeants. Je crois qu'on a délibérément squizzé les langues parce qu'elles sont libératrices. Donc, je tire un grand coup de chapeau (un EDEN de chez Berteuil, Boulevard Haussmann) à nos collègues linguistes, plus entubés que les autres depuis trente ans de délires pédagomaniaques et de crachats politiciens.

Ecrit par : montaigneàcheval | 12 octobre 2007

"Quelques correspondants m'envoient, sous la protection de pseudo ininterprétables, "momo", "marie", "loki", voire "anticharme" (sic !!), des commentaires très polémiques "
Põ GENTILS !

MAc, sans pipicaca, c'est po mac :sol: .

Alors ? ça fait quoi?

Ecrit par : toto | 12 octobre 2007

ça vous manquerait, par hasard, le Syndrome Gilles de la Tourrette???

Non, je blague.
Mais, je vous signale, mon cher, que pipicaca, ça fait partie de la langue, au même titre qu'hendyadin ou synecdoque. Et que, puisque vous me tendez une sacrée gaule, c'est par les gros mots qu'on apprend une langue. Un gosse normal n'est pas peu fier de pouvoir dire Scheisse, comme ça, poum, au repas du soir, et que personne ne comprenne. Curieusement apprendre les gros mots est une "invitation à la familiarité linguistique". En apprenant le mot cul en allemand, Arsch, ou en Anglais Ass, on perçoit bien "la tombure du r" de l'une à l'autre langue. Tombure qu'on retrouve dans sprechen et speak.

Ecrit par : montaigneàcheval | 12 octobre 2007

Mes élèves ont appris Arschloch. Pas par moi, mais ils l'ont appris, c'est dejà pas mal.

MàC, c'est juste ce que vous dites sur les langues.

"Et puis, pour être allé souvent en tant qu'accompagnateur en Angleterre, avec une collègue d'anglais, pour voir la région des Lacs et le Mur d'hadrien, je fus plus qu'une fois stupéfait par la nullité deladite collègue."

Le nombre de renseignements en anglais que j'ai demandés à des collègues certifiés, et pour lesquels je n'ai pas eu de réponse, est impressionant. Juste une toute fière qui m'a ressorti trois fois ce qu'elle savait sur le roman gothique, en me parlant d'un ton docte comme si, forcément, je ne pouvais pas savoir ce que c'est tellement c'est compliqué et savant. Tout ça parce qu'avec mes classes, je traduisais un texte tiré d'amazon.com pour étudier des comptes-rendus d'ouvrages...

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

Tiens Jérémy, il me revient autre chose. Pendant les trajets en bus, avec mon collègue de français, un type tout petit , profil de gerfaut et grosses lunettes MGEN, sympa comme tout, nous passions notre temps à parler de l'Anglais. Au Musée d'York, existe une prodigieuse collection d'objets quotidiens de 1800 à 2000. Fabuleusement interessant. Soudain, je vois sur un mur une admirable exposition de matraques. Et comme je ne parle pas un mot d'engliche, je regard la notice, et je vis le mot "truncheon". Et clac.Illumination!!! du français "tronçon". Avec une modification du mot français comme "surgeon". Ou alors le superbe mot Orchard. Facile. "orch" comme le français verger avec tombure du v et yard, "jardin.
C'est ça qui est le génie des langues, ces "appuie-tête" d'une langue par rapport aux autres. Eh ben ma collègue d'anglais, elle s'en tapait, mais à un point.....Et je suis pourtant sûr que c'est ça qui marcherait avec les mômes.

Récemment devant des 5ème germanistes, j'ai évoqué Ferdinand de Saussure (à son pied) et son explication géniale du mot Himalaya. Hima, en sanskrit, le froid, la neige. Même mot en latin "hiems" l'hiver. "-laya" suffixe pour "le lieu où se trouve"....comme liegen en allemand.

Ha, je m'arrête, parce que vous devez en avoir plein le dos et que j'en parlerais des heures......

Ecrit par : montaigneàcheval | 12 octobre 2007

Tiens, je croyais que Cohn-Bendit, c'était juste un os à ronger, donné à l'ennemi de manière très sratégique... et qu'il ne fallait pas s'inquiéter, et qu'il fallait avoir confiance et patati et patata...C'est bien ce qui a été dit, non? Ah! c'est plus grave que cela?

Ecrit par : Thalie-Thalie | 12 octobre 2007

Ah non moi j'aime bien, et j'apprends des choses en plus.

Pis ca me remonte le moral : je venais poster ici l'agenda du ministre.

http://www.education.gouv.fr/pid94/l-agenda-du-ministre.html

Dire qu'il a vu Henri Joyeux (beurk !), qu'il va revoir Bentolila, qu'il va interroger Nadine Morano, Dominique Baudis, Laurence Parisot et (le meilleur pour la fin de semaine) : "M. Ladreit de Lacharrière, président de Fimalac, groupe international de services financiers".
Ca m'écoeure (oui, je sais, il reçoit qui il veut, mais Joyeux, Morano et Ladreit de Lacharrière, ça me fait vomir).

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

Morceaux choisis de l'agenda de Fadela Amara :

Lundi 8 octobre
Les blogueurs du Skyblog de la ministre : cocktail déjeunatoire 12h40

Mardi 9 octobre
E. Cresson, ancienne Premier ministre et présidente de la Fondation des écoles de la 2e chance 15h

Mercredi 10 octobre
D. Beghoura, producteur délégué de l’émission "Islam" de France 2 11h30

Jeudi 11 octobre
France 2 : invitée de "Thé ou café" 13h30

Que des gens bien, et que de grandes occupations.

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

(le "ah non moi j'aime bien", c'est pour MàC, hein, pas pour Gaby)

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

Plutôt d'accord avec vous Pendariès. La lecture du bouquin, à l'époque, de Ladjali/Steiner m'avait laissé un goût bizarre. Mais je n'aime pas trop les gens qui donnent dans l'ostentation donc... Le côté: "regardez comme je fais des choses géniales avec mes élèves", me laisse rêveuse en pensant aux Catmano instits et profs qui font la même chose, discrètement sans avoir besoin de la presse. Donc je vous rejoins:" imbue", oui.
Très vrai, MàC, ce que vous dites sur les langues.

Ecrit par : Thalie-Thalie | 12 octobre 2007

Anne-Marie Valette, vous nous avez caché le meilleur !!!

"Gabriel Cohn-Bendit réunira les volontaires franciliens le 17 octobre à 18 heures pour faire le point du projet avec eux, recueillir leurs réactions et les associer aux étapes suivantes. [...] D'autres réunions seront organisées dans les autres académies."

Dépêchons-nous, c'est mercredi prochain !

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

Dire qu'il a vu Henri Joyeux (beurk !), qu'il va revoir Bentolila, qu'il va interroger Nadine Morano, Dominique Baudis, Laurence Parisot et (le meilleur pour la fin de semaine) : "M. Ladreit de Lacharrière, président de Fimalac, groupe international de services financiers".
Ca m'écoeure (oui, je sais, il reçoit qui il veut, mais Joyeux, Morano et Ladreit de Lacharrière, ça me fait vomir).

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007


Tarata... Tout cela est stratégique. Dites donc, le petit Jérémy au fond là, vous allez cesser de remettre en cause de saintes évidences comme cela?
A propos, je vous ai envoyé un mail perso sur Perceval et point de réponse. Depuis quelques jours, mon cher Monsieur! Alors, quid de ce message?

Ecrit par : Thalie-Thalie | 12 octobre 2007

Thalie, les grands esprits se rencontrent : je viens de le lire !

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

Peut-on penser que Darcos se soit dit :

1) Si l'entreprise de GCB échoue, cela sonnera le glas des pédagogols, car on aura appliqué leurs conneries jusqu'à l'extrême

2) Si l'entreprise de GCB réussit, j'aurai résolu le problème posé par la rénovation de la carte scolaire, le problème des colleges difficiles, et j'aurai montré mon ouverture ?

Si c'est le pari de Darcos, c'est effectivement de la belle stratégie.

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

[montrer son ouverture, ce n'est peut-être pas très heureux comme expression...]

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

tout dépend de la géométie de ladycte ouverture. Si elle est horizontale, ma foi, n'y pensons plus. Par contre, la verticalité de l'ouverture, là ,'fectivement y a problème.
Pour illustrer ce propos je vous cite un vers d'un poète perse médiéval, traduit par René Khawam

Mon dieu, toi qui est la Lumière du monde, pourquoi as-tu placé le pertuis des félicités si près du trou punais....

Ecrit par : montaigneàcheval | 12 octobre 2007

Je vois que Pendaries est par là! Pendaries, je n'ai pas pu répondre à votre message parce que ça ne passe pas. J'ai essayé au moins vingt fois puis j'ai laissé tomber.

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Je vois que Pendaries est par là! Pendaries, je n'ai pas pu répondre à votre message parce que ça ne passe pas. J'ai essayé au moins vingt fois puis j'ai laissé tomber.

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Deviendrais-je inabordable?

Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007

Je viens d'avoir sur mon mail une publicité, que je n'avais pas demandée, pour "Le plus beau métier du monde -Guide du jeune enseignant", par Fabrice Hervieu Wane, en collaboration avec Vincent Troger, maître de conférences à l'IUFM de Nantes, 265 pages.
"Ouvrage publié avec le soutien de la MAIF". Ben tiens donc!
Dix thèmes, dont le premier précise d'emblée la coloration:
"L'autorité par le professionnalisme".
Toujours leur "professionnalisme"! Alibi pour la rééducation forcée des stagiaires!
Le dixième thème s'intitule
"Le plaisir d'enseigner".
Il ne doit pas en rester grand-chose après la rééducation "professionnalisante" estampillée IUFM! A moins de la balancer par-dessus bord et de n'écouter que sa conscience!

Qui sont ces deux ahuris? Quelqu'un a-t-il reçu la même pub?
J'ajoute que l'apocope familière "profs" figure quatre fois sur la page. Mais le respect pour ce métier ne commence-t-il pas par donner aux enseignants leur titre complet de "professeurs"? Que diraient les policiers si un "guide à l'usage du jeune policier" parlait sans cesse de "flics"?

Ecrit par : Jean | 12 octobre 2007

"Quelques correspondants m'envoient, sous la protection de pseudo ininterprétables, "momo", "marie", "loki", voire "anticharme" (sic !!), des commentaires très polémiques "
Põ GENTILS !

MAc, sans pipicaca, c'est po mac :sol: .

Alors ? ça fait quoi?

Ecrit par : toto


Oui, j'en avais marre de ces conneries à l'amie Molette et de la censure exercée sur son site... ca fait du bien de se lâcher!

Ecrit par : Loki | 12 octobre 2007

Mais je n'ai rien contre les sciences de l'éducation, tant qu'elles se cantonnent au seul champ indiscutable — mais que l'on peut et doit donc discuter infiniment —, celui de leur histoire. J'ai d'excellents amis spécialistes de Ferdinand Buisson — et comme il a beaucoup écrit, on peut à peu près tout lui faire dire, à ce garçon. Même chose pour Freinet ou qui vous voulez — c'est de l'histoire, et c'et souvent passionnant. De là à en tirer des règles actuelles, et à prétendre qu'elles sont "scientifiques", il y a une marge infranchissable, à mon sens.
JPB
Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2007

Je ne sais pas à qui pense Jean-Paul Brighelli quand il parle de ses "excellents amis spécialistes de Buisson". Toutefois comme Michel Delord et moi venons de passer pas mal de temps ces dernières années à introduire et commenter un Choix d'articles du Dictionnaire pédagogique (édition 1887) toujours en panne d'éditeur, comme en outre nous ne croyons pas avoir démérité de l'amitié du fougueux pourfendeur de mâchoires d’ânes pédago, il se pourrait bien, à la réflexion, qu'il s'agisse de nous.
Donc, à tout hasard, quelques remarques sur l’œuvre de celui qui fut le Directeur de l’enseignement primaire de Jules Ferry, et surtout sur les leçons – pas les règles ! cher Jean-Paul – que Michel et moi-même, qui ne sommes pas cantonnés pas au champ de l’histoire, croyons utile d’en tirer aujourd’hui.
Ce que nous retenons de Buisson tient en peu de mots : une volonté d’Instruction publique, c’est-à-dire d’élévation du niveau culturel général, l’importance prééminente donnée, pour atteindre ce but, à la conception des programmes, un pragmatisme éclairé en matière de méthodes.
Reprenons dans l’ordre :
1- La volonté d’Instruction publique s’exprime dans l’objectif maintes fois réaffirmé d’assurer une véritable éducation intellectuelle et non une formation utilitariste (les compétences, dirait-on aujourd’hui).
2- La place centrale des programmes dans l’éducation intellectuelle ne se comprend que si l’on veut bien considérer que, selon Buisson, ceux-ci doivent être construits, d’une part selon la logique propre à chaque matière (les contenus), d’autre part selon des progressions adaptées au degré de maturité des enfants. Pas d’abstraction prématurée ( les maths modernes), pas de retard dans l’accès à l’abstraction (l’idéovisuelle, l’ORL).
3- Quant au pragmatisme, il conduit Buisson à recenser, sans préjugé idéologique ( les auteurs du premier Dictionnaire, dont le patron flirte avec la 1ère Internationale, appartiennent à toutes les familles de pensée) les procédés les plus efficaces d’enseignement : l’écriture-lecture, le calcul intuitif (voir le site de Michel), la leçon de choses.

Pas de leçon à tirer pour notre époque ? tu veux rire cher Jean-Paul. Quant à ce nid d’oestres que sont devenues les SE rien à dire, sinon, qu’il ne dépend pas de nous qu’il continue à nuire ou que l’on coupe le ailes – et les crédits – à ces grasses mouches.
Bien à tous.
Guy Morel

Ecrit par : guy morel | 12 octobre 2007

" J'ajoute que l'apocope familière "profs" figure quatre fois sur la page. Mais le respect pour ce métier ne commence-t-il pas par donner aux enseignants leur titre complet de "professeurs"? Que diraient les policiers si un "guide à l'usage du jeune policier" parlait sans cesse de "flics"? "

Très bien dit. Tout le monde dit le prof maintenant, comme on dirait le flic, le toubib, la meuf ou le beur.

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

" "Quelques correspondants m'envoient, sous la protection de pseudo ininterprétables, "momo", "marie", "loki", voire "anticharme" (sic !!), des commentaires très polémiques "
Põ GENTILS !

MAc, sans pipicaca, c'est po mac :sol: .

Alors ? ça fait quoi?

Ecrit par : toto


Oui, j'en avais marre de ces conneries à l'amie Molette et de la censure exercée sur son site... ca fait du bien de se lâcher! "

Ecrit par : Loki | 12 octobre 2007




Je suis plus, là. C'est qui l'amie Molette qui censure ?

Ecrit par : Kap | 12 octobre 2007

Je vois que Pendaries est par là! Pendaries, je n'ai pas pu répondre à votre message parce que ça ne passe pas. J'ai essayé au moins vingt fois puis j'ai laissé tomber.

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Deviendrais-je inabordable?

Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007

Ça peut être quelque chose du genre! Ou alors, par crainte d'être harcelé par une paranoïaque notoire, vous avez fermé l'adresse...

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Je suis plus, là. C'est qui l'amie Molette qui censure ?

Ecrit par : Kap |

L'amie Molette, c'est mon surnom pour Mme Eveline Charmeux, dont je squatte le site. Je lui envoie régulièrement des messages la mettant au pied du mur. Elle n'a rien trouvé de mieux que de censurer tous mes messages.
Bravo l'ouverture d'esprit!

Ecrit par : Loki | 12 octobre 2007

Pas de leçon à tirer pour notre époque ? tu veux rire cher Jean-Paul. Quant à ce nid d’oestres que sont devenues les SE rien à dire, sinon, qu’il ne dépend pas de nous qu’il continue à nuire ou que l’on coupe le ailes – et les crédits – à ces grasses mouches.
Bien à tous.
Guy Morel

Ecrit par : guy morel | 12 octobre 2007

Les SE, c'est quoi? Les sinus ectopiques?
Ouarf! C'est à cause des oestres...

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Très bien dit. Tout le monde dit le prof maintenant, comme on dirait le flic, le toubib, la meuf ou le beur.

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

On dit bien le véto et en plus, ici, on lui conseille d'annoncer froidement: " Prof, votre klebs va crever!" au lieu d'user des ménagements qu'offrent un langage châtié. Où allons-nous?

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

qu'offre!!!!

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

"L'amie Molette, c'est mon surnom pour Mme Eveline Charmeux, dont je squatte le site. Je lui envoie régulièrement des messages la mettant au pied du mur. Elle n'a rien trouvé de mieux que de censurer tous mes messages.
Bravo l'ouverture d'esprit!"

Ecrit par : Loki | 12 octobre 2007

Ok, merci pour la réponse, Loki.

Ecrit par : Kap | 12 octobre 2007

Oui mais on écrit pas des livres techniques avec le mot "veto".

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

Sauf en droit international, je sais.

Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

"Gabriel Cohn-Bendit réunira les volontaires franciliens le 17 octobre à 18 heures pour faire le point du projet avec eux, recueillir leurs réactions et les associer aux étapes suivantes. [...] D'autres réunions seront organisées dans les autres académies."

Dépêchons-nous, c'est mercredi prochain !
Ecrit par : Jérémy | 12 octobre 2007

Dépêchez-vous en effet, Jérémy.
Il semble qu'il y ait là une opportunité.
Pourquoi ne pas réunir des volontaires et concevoir l'établissements de vos rêves, dans une zone très difficile ?
Votre réussite nous montrera que vous aviez raison.
Ne me dites pas que vous préférez un poste dans un établissement confortable ! Ne me dites pas que vous n'êtes bon qu'à donner des leçons, à ceux qui se proposent pour des missions délicates !
Vous attendez quoi ?

Ecrit par : Tika | 12 octobre 2007

Je vois que Pendaries est par là! Pendaries, je n'ai pas pu répondre à votre message parce que ça ne passe pas. J'ai essayé au moins vingt fois puis j'ai laissé tomber.

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Deviendrais-je inabordable?

Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007

Ça peut être quelque chose du genre! Ou alors, par crainte d'être harcelé par une paranoïaque notoire, vous avez fermé l'adresse...

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Les paranoïaques avec de la terre (y compris gaste - ou peut-être surtout) sont mes amies potentielles.

Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007

Je reçois pourtant des messages sur mon mèl, ma'âme Dobolino. Y a 1 hiatus dans les ondes?

Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007

""Gabriel Cohn-Bendit réunira les volontaires franciliens le 17 octobre à 18 heures pour faire le point du projet avec eux, recueillir leurs réactions et les associer aux étapes suivantes. [...] D'autres réunions seront organisées dans les autres académies."

Ce n'est plus un os à ronger, c'est carrément l'ossuaire de Douaumont ;-(((((

Ecrit par : FGuichard | 12 octobre 2007

Gabriel Cohn-Bendit réunira les volontaires franciliens le 17 octobre à 18 heures pour faire le point du projet avec eux, [...] D'autres réunions seront organisées dans les autres académies."
Tarata... Tout cela est stratégique.
Ecrit par : Thalie-Thalie | 12 octobre 2007

Ouais. En clair, on l'a dans l'os.

Ecrit par : Tiger Lilith | 12 octobre 2007

Je reçois pourtant des messages sur mon mèl, ma'âme Dobolino. Y a 1 hiatus dans les ondes?

Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007

Ah! Ben, moi, j'peux pas! Ça me dit des trucs incompréhensibles...

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Je reçois pourtant des messages sur mon mèl, ma'âme Dobolino. Y a 1 hiatus dans les ondes?

Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2007

Ah! Ben, moi, j'peux pas! Ça me dit des trucs incompréhensibles...

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007



Un truc du genre:

This is the SMTP Server program at host orange.fr.

I'm sorry to have to inform you that your message could not be
be delivered to one or more recipients. It's attached below.

For further assistance, please send mail to

If you do so, please include this problem report. You can
delete your own text from the attached returned message.

The SMTP Server program

: host mx2.hotmail.com[65.54.245.40] said: 550 Your
e-mail was rejected for policy reasons on this gateway. Reasons for
rejection may be related to content with spam-like characteristics or
IP/domain reputation problems. If you are not an e-mail/network admin
please contact your E-mail/Internet Service Provider for help. For e-mail
delivery information, please go to http://postmaster.live.com (in reply to
MAIL FROM command)

Allez comprendre....

Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2007

Dépêchez-vous en effet, Jérémy.
Il semble qu'il y ait là une opportunité.
Pourquoi ne pas réunir des volontaires et concevoir l'établissements de vos rêves, dans une zone très difficile ?
Vous attendez quoi ?

Ecrit par : Tika | 12 octobre 2007

1) Vous me donnez combien pour faire l'établissement de mes rêves ?
2) J'attends votre financement, et l'aval de l'Education Nationale. Car Cohn-Bendit a les deux, lui pour la création de ses boîtes à magie où tout se passe bien : financement et bénédiction.

Ecrit par : Jérémy | 13 octobre 2007

Dépêchez-vous en effet, Jérémy.
Il semble qu'il y ait là une opportunité.
Pourquoi ne pas réunir des volontaires et concevoir l'établissements de vos rêves, dans une zone très difficile ?
Vous attendez quoi ?

Ecrit par : Tika | 12 octobre 2007

1) Vous me donnez combien pour faire l'établissement de mes rêves ?
2) J'attends votre financement, et l'aval de l'Education Nationale. Car Cohn-Bendit a les deux, lui pour la création de ses boîtes à magie où tout se passe bien : financement et bénédiction ministérielle.

Ecrit par : Jérémy | 13 octobre 2007

Au fait, Tika, vous êtes peut-être un volontaire francilien ?
Racontez-nous vite en revenant !

Ecrit par : Jérémy | 13 octobre 2007

1) Vous me donnez combien pour faire l'établissement de mes rêves ?
2) J'attends votre financement, et l'aval de l'Education Nationale. Car Cohn-Bendit a les deux, lui pour la création de ses boîtes à magie où tout se passe bien : financement et bénédiction.

Ecrit par : Jérémy

Vous savez, pour faire un bon établissement, c'est simple: on garde exactement ceux qu'on a en ce moment, mais on rétablit l'instruction ("la transmission verticale des savoirs"); du papier, quelques crayons, et pas mal de matière grise: c'est pas si impossible que ça.

Ecrit par : Couac | 13 octobre 2007

Allez comprendre....

Ecrit par : dobolino

This is the SMTP Server program at host orange.fr, you are French, I am French but I speak English, because everybody must speak English today, even in France.

Je pensais benoîtement que la langue française était obligatoire dans tous les rapports entre une entreprise française et un client français. Voire même si l'entreprise n'est pas française. Plus personne n'est capable de traduire ? Comment ne pas comprendre que certains soient allergiques à l'informatique, quand elle vous impose de renier votre langue ? Si vous vous hasardez à lire la composition de n'importe quel produit (cosmétique, shampooing, etc.), vous constaterez que c'est preque toujours écrit en anglais. C'est trop cher, un traducteur ?

Merdre et remerdre !

Ecrit par : Moot | 13 octobre 2007

Au fait, Tika, vous êtes peut-être un volontaire francilien ?
Racontez-nous vite en revenant !

Ecrit par : Jérémy | 13 octobre 2007

Désolé, ni francilien, ni volontaire. Du coup, j'évite de la ramener sur ceux qui y vont.

Ecrit par : Tika | 13 octobre 2007

Vous savez, pour faire un bon établissement, c'est simple: on garde exactement ceux qu'on a en ce moment, mais on rétablit l'instruction ("la transmission verticale des savoirs"); du papier, quelques crayons, et pas mal de matière grise: c'est pas si impossible que ça.
Ecrit par : Couac | 13 octobre 2007

Mais qu'attendez-vous ?
GCB a vu son projet accepté, pourquoi pas le votre ?
Allez voir le ministre, dites lui que vous relevez le défi, montrez-nous comment, dans une zone où (presque) aucun professeur ne veut aller, vous réussissez, avec du papier, des crayons et en rétablissant l'instruction.
Que vous lamentez-vous ?
Je ne comprends pas votre démarche.

Ecrit par : Tika | 13 octobre 2007

"Au fait, Tika, vous êtes peut-être un volontaire francilien ?
Racontez-nous vite en revenant !
Ecrit par : Jérémy | 13 octobre 2007
Désolé, ni francilien, ni volontaire. Du coup, j'évite de la ramener sur ceux qui y vont."

Avec ce genre d'arguments, on ne doit la ramener sur rien ou quasiment.

Bienvenue dans le monde soigneusement cloisonné des experts qui savent et font et qui, seuls, ont le DROIT de la ramener.

C'est de la petite "morale" d'extrême gauche-droite qui suinte par tous les orifices d'évacuation.

La démocratie c'est aussi lutter pour un monde où chacun pourrait co-décider (le vote !!!) en relative (mé)connaissance de cause (libre adaptation d'une formule de JM Lévy-Leblond)

Du coup, pour revenir sur les "gens qui vont chez GCB", il m'importe peu de deviner leurs motivations. Par contre, il importe que les élèves et leur parents soient le plus informés possible avant d'y aller ou pas en relative (mé)connaissance de cause. Quant aux enseignants (adultes et cultivés ?), s'ils y vont, ils doivent savoir ce qu'ils font et ne pas la ramener après...

Que chacun soit responsable de ce qu'il fait de sa liberté !

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

Docteur Cadichon ! Suis je en train de virer "libéral" ?

Je lutte en me rappelant que tout le monde doit aussi être libre de choisir son aliénation.

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

Ça, Tika, c'est une idée — peut-être faudrait-il, avant d'aller voir le ministre, monter l'équipe, choisir le lieu (et le prendre bien désolé, déshérité, marginalisé), et avoir un projet cohérent.
Du coup, exposez donc le projet ici même — de la discussion peuvent sortir des affinages intéressants, comme on dit à Roquefort.

Quelqu'un, beaucoup plus haut (je n'ai pas le courage de chercher, je suis rentré hier et il y avait une grosse centaines d'interventions sur le Blog) me demandait ce que j'entendais par "acculturé" et "acculturation".
C'est une bonne question, parce qu'elle est au centre de tout mon combat.
Il n'y a pas deux cultures simultanées — relisez Marx : la notion de "culture dominante" n'implique en rien — bien au contraire — qu'il existe une "contre-culture". Dans un pays donné, à un moment donné, il n'y a qu'une culture.
Et les immigrés, me direz-vous ? Eh bien, ils ont le plus grand intérêt à maîtriser au plus vite les codes du pays dans lequel ils s'installent. La langue, les mœurs, le système référentiel (l'Histoire, la littérature, les arts, etc.). Qu'ils persistent chez eux à parler une autre langue, et à entretenir le souvenir d'une autre culture, aucun problème : la nostalgie n'est pas un sentiment forcément négatif. Cavanna raconte très bien qu'il s'engueulait en italien chez lui, descendait l'escalier et continuait son explication en français dès qu'il touchait le trottoir.
Mais une poignées d'esprits creux, peut-être animés des meilleures intentions, sans compter une bonne dose de culpabilité post-coloniale (je constate, je ne comprends pas), se sont mis à vouloir à toute force privilégier, voire ressusciter les cultures d'ailleurs, les cultures "parallèles", etc. Gaston Kelman, homme de gauche atypique, en son temps avait fait un sort à ces tentatives paternalistes et à vrai dire presque racistes (lire absolument Je suis noir et je n'aime pas le manioc).
Puis, par extension, puisqu'on refusait d'inculquer la langue et l'Histoire de France à certains, on a fini par ne plus l'enseigner aux autres. Regardez donc sur le "journaldecole" de l'autre enfoiré : il se prétend historien, et explique à qui veut l'entendre qu'il a le devoir de ne pas enseigner l'histoire de France aux gamins — juste de leur expliquer combien l'armée française a été méchante à tel ou tel endroit.
"Acculturation", j'entends par là ce mécanisme qui prive un individu de toute chance d'intégrer la langue et la culture de son pays. Le "a" est vraiment privatif : que reste-t-il à un individu que l'on a installé entre deux langues, entre deux cultures, sinon la violence ? Le barbare, celui qui bafouille la langue, cherche à faire passer le mesage avec ses poings. Il ne peut s'intégrer ici, et déjà il n'appartient plus à l'ailleurs. C'est aussi grave pour ces petits Français de souche auxquels on refuse une solide pitance intellectuelle : peut-être causent-ils mieux le français (et j'en doute, vu les lauriers qu'on leur tresse dès qu'ils s'aventurent sur les terres du rap et du graf', ils auraient tort d ene pas s'en tenir là), mais une langue sans arrière-plan est une langue morte.
C'ets ce qui se passe dailleurs dans l'apprentissage des langues vivantes (et c'est vrai que je suis un peu déconfit du tout petit nombre de linguistes ici présents). Apprendre l'anglais sans apprendre Shakespeare est insensé (il y a quinze jours, aucun élève de prépas, sur 80, ne savait pourquoi il y a en anglais un sacré paquet de mots d'origine française — Guillaume le conquérant était passé aux oubliettes — un joli lieu symbolique de l'école moderne). Et même si on veut en rester à la langue d'aujourd'hui (Shakespeare, c'est assez dur dans l'original — quoique… Je raconte dans À bonne école comment une prof d'anglais dynamique avait travaillé avec des Troisièmes de ZEP bordelaise sur Roméo et Juliette, avec des résultats inespérés — et logiques), il serait bien plus intéressant d'expliquer le thatchérisme via Jonathan Coe (qui n'a pas lu "Testament à l'anglaise" ?) que par des articles de journaux décontextualisés. L'"acculturation" a pour effet de bloquer la parole qu'on prétendait libérer, et légitime ces plaintes des DRH qui vous expliquent que les malheureux, sortis de "oui", "non" et "meuh" sont incapables d'articuler une phrase, encore moins de soutenir une conversation : le culte de l'oral a tué l'oral, c'est une évidence, parce qu'un registre de langue un peu soutenu passe par le code écrit, c'est tout aussi évident, — et qui fait encore de l'écrit ?

Cela dit, je tiens de source bien informée qu'une réunion au sommet des associations de défense et illustration de l'école, auxquelles se joindront toutes sortes de personnalités significatives, se tiendra début novembre au ministère. Ça ne signifie pas qu'elles seront forcément entendues, peut-être le processus sera-t-il long et compliqué, mais ça bouge parfois dans le bon sens, voyez-vous…
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 octobre 2007

JPB a écrit : "Mais une poignées d'esprits creux, peut-être animés des meilleures intentions, sans compter une bonne dose de culpabilité post-coloniale (je constate, je ne comprends pas), se sont mis à vouloir à toute force privilégier, voire ressusciter les cultures d'ailleurs, les cultures "parallèles", etc. Gaston Kelman, homme de gauche atypique, en son temps avait fait un sort à ces tentatives paternalistes et à vrai dire presque racistes (lire absolument Je suis noir et je n'aime pas le manioc)."

Tout à fait d'accord. Cette activité exclusive de grattage d'orifices personnels génère une vraie pseudo "culture" de merde (diams et consorts). C'est une forme de racisme du second degré.

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

De ma petite classe maternelle , je confirme : oui le par coeur est un bien fait...nos petits élèves qui s'approprient à force d'écouter les mêmes histoires : ils adorent ça !!!!, ils en connaissent les textes par coeur, finissent les phrases...à votre place et finissent par integrer le vocabulaire et les tournures syntaxiques! et quand vous retrouver dans leurs propos des mots ou structures de livres ... Il faut dire que je ne me prive pas d'utiliser moi même des tirades pour les mettre en contexte vécu...
je sais que la maternelle est peu représentée ici et que vous pratiquez l'entre soi... je ne suis sans doute pas capable de faire votre classe ... Seriezvous capable de faire la mienne?
Je retrouve parfois ici l'ambiance d'une salle de prof quand j'etais pionne : on ne mélange pas ls torchons et les serviettes : pions , auxiliaires , titulaires et agrégés se cotoyaient en se dédaignant.... nul n'est parfait ...
pas même moi!
j'entendais ce matin PENNAC et les souffrances du cancre...
mere d'une gande fille de 24 ans avec laquelle j'ai souffert les 4 ans de collège : difficultés dyscalculie en mathematiques , et pas de domaine d'excellence , elle brille dans son domaine professionnel et gagne plus qu'un prof d'école sorti depuis 4 ans d'IUFM;
j'aimerais bien le faire savoir à certains prof...
a de grandes perspective d'évolution!:
l'education familiale , son energie son sérieux ont fait le reste..

souffrance du cancre monsieur Pennac j'ajouterais la souffrance des parents!

Ecrit par : pirouette | 13 octobre 2007

Un peu d'humour pour rompre un peu la tristesse des messages de ce blog.

Un élève, faisant un devoir sur les lois de Mendel, l'a terminé en écrivant : " A vrai dire, Mendel est surtout connu par l'oeuvre musicale de son génial fils, Mendelsohn."
Eh bien, le croirez-vous, il a eu zéro. Pas trace d'humour chez son correcteur.

J'en ai fait rire, des gens, Jean-Paul, avec ta superbe histoire sur le scaphandrier en difficulté, car le bateau qui lui envoie son oxygène est en train de couler!

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 octobre 2007

"(ma fille) difficultés dyscalculie en mathematiques , et pas de domaine d'excellence , elle brille dans son domaine professionnel et gagne plus qu'un prof d'école sorti depuis 4 ans d'IUFM;
j'aimerais bien le faire savoir à certains profs..."

Ecrit par : pirouette | 13 octobre 2007

Vous savez, Pirouette, il n'est pas très difficile de gagner davantage que nos jeunes collègues, je le vois en parlant avec mes anciens étudiants. Etre mieux payé qu'un enseignant en début de carrière, cela n'a rien d'exceptionnel.
Il faut seulement se réjouir, dans l'intérêt des enfants, que votre fille n'ait pas eu l'idée saugrenue de vouloir devenir prof des écoles ;-)

Ecrit par : FGuichard | 13 octobre 2007

"Apprendre l'anglais sans apprendre Shakespeare est insensé (il y a quinze jours, aucun élève de prépas, sur 80, ne savait pourquoi il y a en anglais un sacré paquet de mots d'origine française — Guillaume le conquérant était passé aux oubliettes — un joli lieu symbolique de l'école moderne). "

1066, ce n'est pourtant pas difficile à retenir.
A la bataille d'Hastings, le malheureux prince Harold a reçu plusieurs flèches, dont l'une en plein front, et est mort après se l'être arrachée, lors de l'invasion de l'Angleterre par Guillaume et son armée.
Toute cette histoire est magnifiquement représentée sur la broderie (appelée tapisserie) de Bayeux, de la reine Mathilde.
(A signaler sur cette broderie les nombreuses scènes érotiques dont il est rarement fait état, je sens que nombreux sont ceux qui vont se précipiter à Bayeux, ou à défaut à la salle érotique de l'exposition Courbet)

L'histoire des faits passionnait les enfants. Remplacée uniquement par le point de vue économique, démographique, politique, elle a été complètement vidée de son attrait et les jeunes la subissent comme une purge, de même que la géographie, et ils deviennent d'une inculture abyssale.

Quant à leur donner des notions sur Shakespeare, il faudrait qu'on leur enseigne au préalable un minimum ...d'anglais !
Les langues vivantes sont maintenant enseignées comme le français, globalement, avec ORL, en répétant dix fois la même phrase sans expliquer quoi que ce soit, en se fondant sur l'espoir que l'enfant va en déduire tout seul les règles de grammaire.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 octobre 2007

"Les langues vivantes sont maintenant enseignées comme le français, globalement, avec ORL, en répétant dix fois la même phrase sans expliquer quoi que ce soit, en se fondant sur l'espoir que l'enfant va en déduire tout seul les règles de grammaire."

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 octobre 2007

Et parfois même le latin, ce qui nous permet parfois de voir venir à nous de fort honnêtes bacheliers qui ne savent ni leurs conjugaisons, ni leurs déclinaisons, ni leur syntaxe, ce qui les met évidemment dans une configuration idéale pour aborder une prépa...

Ecrit par : FGuichard | 13 octobre 2007

"Je sais que la maternelle est peu représentée ici et que vous pratiquez l'entre soi... je ne suis sans doute pas capable de faire votre classe ... Seriezvous capable de faire la mienne? "

Ecrit par : pirouette | 13 octobre 2007

Non seulement ça, Pirouette, mais malgré les interventions riches de Catmano, très peu d'intervenants de ce blog savent réellement ce qui se passe dans une classe de maternelle.

Ecrit par : Christophe Sibille | 13 octobre 2007

S'il vous plaît, Christophe, ne me découragez pas. J'aimerais au contraire garder l'impression que mes interventions ont servi à quelque chose et qu'au moins certains des lecteurs de ce blog ont compris les enjeux de l'école maternelle.
Il me semble qu'il est normal, et peut-être même heureux, que des professeurs de collège, de lycée, de CPGE ou d'université n'aient pas les capacités de prendre en main une classe de tout-petits, pas plus que nous, enseignants du primaire, n'avons la capacité de faire étudier leurs élèves.
En revanche, de même que je hurle intérieurement contre les collègues qui ont choisi une fois pour toutes d'enseigner en classes maternelles sans s'occuper une seule seconde de ce que deviendront leurs élèves au moins au CP et au CE1 ou contre les collègues qui "font le CM2" et ne jettent jamais un coup d'œil en arrière pour savoir comment se sont déroulés les CE2 et CM1 de leurs élèves, je trouve important que, de temps en temps, un professeur de collège sache quelles difficultés nous avons éprouvées à faire passer telle ou telle notion et que l'on peut continuer ainsi jusqu'à la fin de la chaîne.
Dans le sujet précédent, JPB nous assurait qu'en haut lieu on réfléchissait sur les dérives qui amenaient des enseignants de CP à envoyer au CE1 des élèves tout juste déchiffreurs ou même moins. Si cela était vrai, cela permettrait d'espérer que l'on va dans le bon sens (pour CE point-là des réformes que l'on nous concocte).

Ecrit par : catmano | 13 octobre 2007

Gaston Kelman, homme de gauche atypique, en son temps avait fait un sort à ces tentatives paternalistes et à vrai dire presque racistes (lire absolument Je suis noir et je n'aime pas le manioc).

JPB

Gaston Kelman qui, dans un récent "Riposte" (sur France5), sur les flux migratoires et la France, terre d'accueil, a déclaré qu'il ne voulait pas voir un descendant de Chinois devenir président de la République de son pays. (Chinois, pourquoi? Parce qu'il y a une forte immigration asiatique, du pays de Tsin en l'occurance, - tiens, des Africains racistes? En Afrique? Oh!!!!!!!!).

Ecrit par : Pendariès | 13 octobre 2007

racistes - non , je module: xénophobes, ... j'affine: réticents (est-ce mieux?)?

Ecrit par : Pendariès | 13 octobre 2007

occu occu occu n'hésitation
occu occu occu rence c'est mieux que rance, quoi que peut-être le propos de Gaston a joué sur mon inconscient. Je ne vois pas pourquoi un(e) enfant d'étranger, intégré(e), aussi culturellement camerounais ou français qu'un de souche, ne pourrait pas être élu aux plus hautes fonctions.

Ecrit par : Pendariès | 13 octobre 2007

"Et parfois même le latin, "

Faux (et heureusement) en ce qui concerne mon fils en 5°qui en est déjà à la troisième déclinaison (leur professeur a juste "supprimé le vocatif car dit-il il sert pour parler pas pour les textes écrits: ce n'est pas difficile à compléter).

Ecrit par : Hervé | 13 octobre 2007

"une vraie pseudo "culture" de merde (diams et consorts)"

Pas plus sous culture de merde que Johnny Halliday, Louis de Funès, etc

Ecrit par : Hervé | 13 octobre 2007

Quant à leur donner des notions sur Shakespeare, il faudrait qu'on leur enseigne au préalable un minimum ...d'anglais !


Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 octobre 2007
Et un minimum d'histoire. L'Angleterre du XVII° siècle est un pays protestant d'après le cours d'histoire de quatrième de ma fille sur la configuration de l'Europe. C'est tout et rien de plus sur le sujet jusqu'au bac, si j'ai bien compris?

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

Réponse à Pirouette. Quand j'étais en année de formation professionnelle à l'Ecole Normale d'Institutrices je me sentais gauche et empotée lors des stages en école maternelle. En dépit de mes efforts et des marques de compréhension destinées à m'encourager, je ne me sentais pas dans mon élément. Quarante plus tard, en dépit de la naissance de mes enfants et de mes petits enfants, il me faut admettre que je serais toujours pas capable d'enseigner en maternelle et je me pose cette question : pourquoi l'estime et le respect dûs à un enseignant sont-ils proportionnels à l'âge des élèves ? Je n'ignore pas que cette remarque en soulève d'autres.

Je n'ai pas été autorisée à être pionne pour financer mes études et me suis débrouillée de mon mieux. ( Cette possibilité étant refusée aux institutrices en congé sans traitement pour études, sauf dans une Ecole Normale d'Institutrices, ce qui me fut précisé lors de ma réintégration et il n'était plus temps.) Mais la fonction de documentaliste, profession sans statut partagée entre les besoins et exigences de l'administration, des collègues, de la surveillance des élèves et des tâches documentaires - tout de même - constituait un poste d'observation remarquable pour tout voir , tout entendre. et savoir se taire souvent. Je fus stupéfaite de découvrir - 68 n'était pas si loin après tout - l'organisation de la salle à manger des professeurs : table pour les professeurs du lycée d'enseignement général, table pour les professeurs du collège d'enseignement technique et table des surveillants. Où aller ? Je rendais service à tout le monde. Je décidai de naviguer d'une table à l'autre pour faire connaissance.

Je consulte ce blog pour m'instruire parce que ça rend la vie plus intéressante tout simplement. Alors merci pour toutes les références qui sont signalées au fil des échanges. Pour ma part, je viens de parcourir " Maths en Bulles : Thalès, Pythagore, Euclide , Archimède." de Stéphane FAVRE-BULLE chez Ellipses 2004. J'ai noté dans ce petit ouvrage ces quelques mots placés dans la bouche de Thalès:" La science mathématique ne peut-être réduite à un ensemble d'applications pratiques, de calculs ou de mesures, ni à un simple terrain de jeu pour exercer son raisonnement. Elle dérive d'un besoin d'absolu ! Penser, réfléchir, comprendre." ( p. 21) Ces propos font suite à ceux d'un professeur précisant que les mathématiques ne s'opposent pas aux domaines littéraires et artistiques, elles les complètent. ( page 8.) Rien de nouveau sous le soleil bien sûr, sauf que le soleil voudrait bien sortir de ce brouillard tenace.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 13 octobre 2007

Thierry Venot est un enseignant de maternelle que j'admire.

Personnellement, je sais ce qui se passe en maternelle.
Dans certaines écoles, les jeunes enseignantes, parfaitement formatées par l'IUFM, affichent les noms des enfants sur leur porte-manteau avec les fameuses "silhouettes", et ce dès la petite section.
Le global continue ainsi, en MS et GS. Les enfants "entrent dans la lecture" (livre infâme signé par 80 enseignants sous la direction de Mireille Brigaudiot, IUFM de Versailles, "Apprentissages progressifs de l'écrit à l'école maternelle", oeuvre collective de l'INRP, mais qui l'a lu??
Livres non moins infâmes d'Alain Prinsaud, "Apprentissage de la lecture à partir de l'album", "Où vas-tu petite souris"?
"Océan de bêtise et d'escroquerie intellectuelle", dirait Simon Leys.
Les enfants, au lieu de travailler les sons, l'alphabet, apprennent à "reconnaître d'un seul coup d'oeil" leur prénom, les prénoms de la classe, les noms de jours de la semaine, du mois, les" cinquante petits mots " les plus utilisés.
Encore heureux quand ils apprennent à tenir correctement leur "outil scripteur", ce qui devient de plus en plus rare.

Si bien que quand ils ont la malchance en CP d'avoir une jeune enseignante frais émoulue de l'IUFM, cerveau bien lavé de tout sens critique : du passé faisons table rase, l'expérience des générations précédentes, c'est de la c., etc, et qu'ils ont une bonne méthode mixte, avec des semaines ou des mois, ou "le moins possible d'apprentissage du décodage, puisqu'on ne peut y échapper", a dit la maîtresse de mon petit-fils, il faut tout reprendre à la base.
Vive les 100.000 Boscher vendus annuellement pour "les nostalgiques du temps passé, de cet âge d'or qui n'a jamais existé", et autres foutaises proclamées par les pédagos.
La plupart des enfants sont donc mis en difficulté dès la maternelle, et si les parents ne veillent pas, ils s'enfoncent dans un échec de plus en plus difficile à réparer, et dans la souffrance (et la violence parfois) qui va avec.
Comme la plupart, hélas ne sont pas des petits Champollion, ils ne peuvent "construire leur savoir" (Goigoux).

Voilà ce que cela donne, la maternelle.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 octobre 2007

Pirouette, je n'ai jamais compris pourquoi le respect et la considération dûs aux enseignants étaient proportionnels à l'âge des élèves et à leur origine sociale.
Quand j'étais en formation professionnelle à L"Ecole Normale d'Institutrices ,je me sentais gauche et empotée lors des stages en maternelle. Quarante ans plus tard, malgré la naissance de mes enfants et de mes petits enfants, je sais que ce n'est pas ma vocation et je respecte les réussites de la maternelle.
Quand j'ai été documentaliste dans un Lycée d'Enseignement Général et Technique, j'ai été stupéfaite de découvrir la salle à manger des professeurs où les profs de lycée avaient leur table et les profs du CET la leur, les surveillants étant à une troisième . Comme je rendais service à tout le monde je naviguais d'une table à l'autre.
Passionnée par le patrimoine littéraire local, une expostion sur Cazotte en 1983 m'attira quelques remarques. Ah bon, on fait de la littérature dans le technique ? Mais pourquoi ne demandez- vous pas votre mutation pour un lycée classique ?
Je suis restée fidèle à mon lycée. Pas rose tous les jours, c'est vrai, mais on se serrait les coudes et on aimait notre travail.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 13 octobre 2007

veuillez- m'excuser mais j'étais persuadée que le premier message était disparu. j'ai donc recommencé en plus court.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 13 octobre 2007

La lecture en maternelle, cela peut aussi s'envisager comme ça :
Pour ce qui est de l'organisation du démarrage de cet apprentissage, voici comment je procéderais si je n'avais que des GS (j'ai une classe de GS/CP/CE, et les CP servent de moteurs aux GS) :
- Lecture magistrale d'ouvrages de la littérature enfantine quotidienne (albums, contes, documentaires), où l'on fait acquérir aux enfants le sens et l'utilité de l'écrit, les différents types d'écrits et la compréhension (vocabulaire, tournures spécifiques à l'écrit, enchaînement des idées, etc.),
- Communications écrites par l'enseignante aux parents, aux amis (correspondants par exemple), journal d'école devant les enfants (tableau, ordinateur, simple feuille de papier) aussi souvent que nécessaire, où l'enfant étudie la nécessité de l'écrit en tant qu'outil de communication,
- Dictée à l'adulte individuelle quotidienne, du mot à la phrase, sur le dessin du jour (libre ou nécessaire au projet : synthèse de la découverte du monde, résumé de l'épisode du conte lu, etc.). A Toussaint tous les enfants doivent être capables de produire une phrase orale correcte et de suivre des yeux l'écriture de l'enseignant qui ralentit au maximum son débit oral afin qu'il corresponde exactement à la lettre ou au groupe de lettres qu'il est en train d'écrire afin que l'enfant acquière les premiers réflexes de correction syntaxique de ses futurs écrits, la différence qui existe entre la communication orale et celle écrite et qu'il prenne peu à peu l'habitude d'écouter finement chacun des mots pour être capable de les transcrire en lettres,
- Apprentissage de l'écriture liée concomitante à la lecture de la lettre étudiée (si l'on étudie le tracé du e en cursive, on présente la lettre e minuscule et majuscule en script, on "écoute aussi le bruit du e" et on le recherche dans des mots oraux), afin de préparer les élèves au travail qui sera mené plus à fond en CP. Cet apprentissage doit être quotidien dès que les gestes de l'écriture liée sont acquis.

Ecrit par : catmano | 13 octobre 2007

Petit décodeur pour ceux qui veulent éviter de se farcir les messages un peu longuets d'Anne-Marie Valette.
-IUFM = cacaprout berk. D'ailleurs, il suffit de passer à moins de cinquante mètres d'un IUFM pour être pollué à jamais.
-Il y a trois bons enseignants de primaire en France: Marc Le Bris, Rachel Boutonnet et ma fille. Mais c'est elle qui est de loin la meilleure. Pourquoi? Mais parce que, grâce à sa sainte maman, elle a bien chié sur tous ses formateurs IUFM, ce qui lui a garanti un état d'esprit assez sain pour enseigner.
-Je copie-colle les fonds de poubelle des sciences de l'éducation pour en inonder le blog: "vous voyez ce que je vous disais".
-J'adopte, pour convaincre méchamment les blogueurs, un ton un peu pleurnichard et méprisant tout à la fois.

A noter, Catmano, qu'une des idées, en créant les IUFM, était justement de créer des ponts allant des enseignants de maternelle aux profs de lycée. Idée noble s'il en fut. Et certaines formations en commun ont été plébiscitées par beaucoup de stagiaires, parce qu'ils y découvraient entre autres choses, par ce biais, ce qui se faisait dans les autres niveaux scolaires.

Ecrit par : Christophe Sibille | 13 octobre 2007

Cet apprentissage doit être quotidien dès que les gestes de l'écriture liée sont acquis.

Ecrit par : catmano | 13 octobre 2007

JPBrighelli a fait part plus haut d'une remarque essentielle (et tragique): le culte de l'oral a tué l'oral, c'est une évidence, parce qu'un registre de langue un peu soutenu passe par le code écrit, c'est tout aussi évident, — et qui fait encore de l'écrit ?

Je n'ai pas le temps de développer ma pensée à ce sujet. Mais il apparaît que nous ne saisissons plus les uns et les autres en quoi les apprentissages du " lire et de l'écrire", ainsi que de la grammaire participent, comme dit Cécilia Ladjali de l'ontologie, de la structuration de l'expérience humaine. (page 82 et la réponse de Steiner)
D'abord c'est une erreur de réduire cette question de la structuration du psychisme aux seuls apprentissages du "lire et de l'écrire" par le ductus. Il est d'autres techniques anthropologiques comme celles que je transmets en tant que prof d' EPS.
Bien sûr, si je dis que la gymnastique artistique , la danse, la GRS sont des techniques d'écriture ou si je dis que le joueur de rugby doit lire, interpréter, décoder des situations de jeu avant de réaliser ses figures de style, je fais s'étrangler de rire mes collègues.
Et pourtant, il y a entre ces actes un fond commun. Un enfant qui apprend à lire et écrire ne fait pas seulement que se doter d'un outillage pour s'exprimer et communiquer avec ses congénères. Il fait avant tout l'expérience d'une différenciation d'avec lui-même. L'éducation par la transmission et soumission à l'ordre des écritures profanes (dont la gymnastique et les chorégraphies) signifie exactement la séparation d'avec le gouffre ou le néant du quel nous sommes issus et générés.
Faut-il rappeler que dans la scène d'apprentissage de l'écriture et de la grammaire (écriture du ductus comme celle du corps tout entier) l'enfant apprend à se séparer de sa parole par la trace inscrite, fugitivement dans le cas de la danse, sur une surface blanche (la chôra). Et que cette séparation entraîne un effet en retour: l'écrit, le texte, la prestation se détachent de son auteur et reçoivent la marque de l'écoute, de la lecture, voire du sceau officiel de certification. Apprendre à écrire et lire c'est entrer dans le monde fictif des formes, s'ouvrir à la possibilité comme nous le faisons ici d'échanger nos idée, en echangeant nos écrits, bref d'exister peu ou prou.

Qu'une institution (ce vocable signifie: une technique d'écriture faisant loi ) chargée comme l'école de séparer les individus de leur sujet (de leur revendications fantasmatiques et pulsionnelles) se charge expressément, quasi officiellement de ne plus transmettre les techniques de fabrication de l'homme est proprement ahurrissant.

Ecrit par : buntovchik | 13 octobre 2007

"Et parfois même le latin.
Faux en ce qui concerne mon fils en 5ème, qui en est déjà à la troisième déclinaison...", écrit Hervé.

Déjà à la troisième déclinaison alors qu'on n'est que le 13 octobre? Cela me paraît vraiment très rapide et je me demande si les élèves ont compris! Et surtout, ont-ils compris le fonctionnement grammatical du latin, avec ces cas qui expriment des fonctions? Sans cette clarification, le professeur peut courir aussi vite qu'il veut, rien n'en restera, en tout cas pas le goût du latin
Quant au vocatif, je ne vois pas pour quelle raison on le supprimerait de la déclinaison. D'abord il est faux que ce soit un cas exclusivement réservé à l'oral et d'autre part, c'est, la plupart du temps, la même chose que le nominatif.

Encore une fois, je ne saurais assez recommander le "Latin Classe de 6ème" de la collection Gerald Bloch, qui est à mon humble avis ce qu'on fait de plus clair et de plus sympathique pour commencer soi-même en latin, ou pour faire commencer des élèves de 5ème ou de 4ème en latin.
Paru chez Bordas en ... 1962!

Ecrit par : Jean | 13 octobre 2007

"et qui fait encore de l'écrit ?"

Moi, je ! Ce n'est pas ce qu'on me demande mais je le fais quand même...

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

"qu'une des idées, en créant les IUFM, était justement de créer des ponts allant des enseignants de maternelle aux profs de lycée. Idée noble s'il en fut. Et certaines formations en commun ont été plébiscitées par beaucoup de stagiaires, parce qu'ils y découvraient entre autres choses, par ce biais, ce qui se faisait dans les autres niveaux scolaires."

C'est vrai même si la pratique de la chose vire souvent aux séances de pipologie du docteur Schmürtz. Il faut dire malheureusement aussi que certain(e)s agrégé(e)s en IUFM refusent qu'on leur parle d'autres choses qu'eux-mêmes.

Mais, au fond, peut-on reconnaître autre chose que soi-même ?

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

Merci, Buntovchik, pour ce texte plein de justesse et d'intelligence.

"L'expérience d'une différenciation d'avec lui-même" est effectivement l'une des grandes affaires de l'Ecole, et plus encore pour l'enfant-roi.

Quant au lien que vous faites entre lecture-écriture et danse, GRS, rugby... dommage qu'il fasse s'étrangler de rire certains !

Nous pourrions d'ailleurs "rebondir" sur un constat fait par certains intervenants, il y a quelques jours, sur la précipitation caractéristique de l'élocution de nos contemporains.

De même que pour exécuter avec aisance une chorégraphie ou un enchaînement, il faut être passé par un travail d'entraînement rigoureux et astreignant, au cours duquel on décompose certains mouvements que l'on reprend et répète inlassablement jusqu'à parfaite maîtrise, de même est-il nécessaire en lecture-écriture d'apprendre à faire lentement, de manière réfléchie, consciente et rigoureuse afin d'accéder à la fluidité.

Rien de moins spontané et inné, en quelque sorte, que l'apparente facilité ou que l'évidence !

Ecrit par : Un hussard | 13 octobre 2007

J'allais dire la même chose que le Hussard — et comme il l'a très bien dit…
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 octobre 2007

Et moi aussi.

Ecrit par : catmano | 13 octobre 2007

A propos de rugby, rendez-vous ce soir à 21 h pour une belle chorégraphie à la Béjart. Allez les petits ! Et offrez-nous quelques superbes essais plein champ !

Ecrit par : Un hussard | 13 octobre 2007

""Et parfois même le latin.
Faux en ce qui concerne mon fils en 5ème, qui en est déjà à la troisième déclinaison...", écrit Hervé.

Déjà à la troisième déclinaison alors qu'on n'est que le 13 octobre? Cela me paraît vraiment très rapide et je me demande si les élèves ont compris! Et surtout, ont-ils compris le fonctionnement grammatical du latin, avec ces cas qui expriment des fonctions? Sans cette clarification, le professeur peut courir aussi vite qu'il veut, rien n'en restera, en tout cas pas le goût du latin
Quant au vocatif, je ne vois pas pour quelle raison on le supprimerait de la déclinaison. D'abord il est faux que ce soit un cas exclusivement réservé à l'oral et d'autre part, c'est, la plupart du temps, la même chose que le nominatif.

Encore une fois, je ne saurais assez recommander le "Latin Classe de 6ème" de la collection Gerald Bloch, qui est à mon humble avis ce qu'on fait de plus clair et de plus sympathique pour commencer soi-même en latin, ou pour faire commencer des élèves de 5ème ou de 4ème en latin.
Paru chez Bordas en ... 1962!"

Si,si la grammaire, les cas sont bien expliqués. De toutes façons, à partir du moment où la prof de latin semble partir dans le bon sens je ne vais pas chipoter sur certains détails (moi je n'aurais pas supprimé le vocatif, mais je ne suis pas prof de latin); c'est aux élèves de bosser pas aux parents.

Ecrit par : Hervé | 13 octobre 2007

La 3e déclinaison est super dure : s'ils n'ont qu'un mois de latin derrière eux, je ne vois pas comment ils vont surnager.
Ils n'appliquerait pas l'idée selon laquelle il faut d'abord montrer aux élèves TOUTES les déclinaisons, pour les apprendre ensuite une par une ? Ca se fait, ça.

Ecrit par : Jérémy | 13 octobre 2007

Jean-Paul, gardez en tête que vous avez les meilleurs étudiants, en prépa scientifique 2eme année. Et qu'aucun ne sait, pour Guillaume le Conquérant. Vous en déduisez aisément ce qu'il en est pour les autres, ceux qu'on se récupère...

Ecrit par : Jérémy | 13 octobre 2007

" C'est vrai même si la pratique de la chose vire souvent aux séances de pipologie du docteur Schmürtz. Il faut dire malheureusement aussi que certain(e)s agrégé(e)s en IUFM refusent qu'on leur parle d'autres choses qu'eux-mêmes. "

Ecrit pas Dugong.

Mais c'est complètement con comme remarque ! Etre agrégé, c'est forcément être imbu de soi. Quelles conneries.

Ecrit par : Jérémy | 13 octobre 2007

Jean, ce Vincent Troger dont vous parlez est un ancien PLP devenu maître de conf en IUFM comme tant d'autres : auteur de "travaux" qui passeraient inaperçus dans une fac...

Il sévit également à Sciences Humaines où il nous fait profiter de sa science digne des sophismes d'un Forrestier.
Selon Troger, si un enseignant expérimenté dit que le niveau de ses élèves baisse, c'est que l'enseignant en sait plus qu'en début de carrière et donc il y a un écart plus grand entre ses élèves et lui : sic !
Inclinons-nous, frappés de stupeur, devant cette transmission frontale du Savoir pédagogique...

Donc, si nos élèves de 2de ne sont fichus de faire des exos de 4e d'il y a quelques années, c'est qu'ils sont en progrès. C'est sans doute ce qu'on appelle de la logique floue ;)

Pour ceux qui ne connaitraient pas, Sciences Humaines est une revue bouffie de suffisance qui distille une idéologie malsaine, mélange de propagande du management moderne et de préchi précha politiquement correct. Cf. la rubrique Education.

Ecrit par : P. Azimont | 13 octobre 2007

Jérémy a écrit : "Mais c'est complètement con comme remarque ! Etre agrégé, c'est forcément être imbu de soi. Quelles conneries."

Pour les mal comprenants, je reprends : j'affirme qu'il existe de petit(e)s con(ne)s en IUFM qui abusent de leur statut d'agrégé pour refuser systématiquement tout contact avec d'autres qu'eux mêmes. Ce n'est pas une opinion c'est un fait.

Pour le dire autrement, il existe une certaine distance sémantique entre "certains" et "tous".

Capicce ?

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

Ben y a des certifiés cons, des agrégés cons, des PLP cons, des élèves cons... C'est un marronnier, ce sujet, ca ressort au moins tous les deux mois.
Il y a des agrégés que j'étriperais volontiers sur place, d'autres que j'adore, idem pour les certifiés, etc.
Voilà voilà...

Ecrit par : Jérémy | 13 octobre 2007

P. Azimont à écrit : "Jean, ce Vincent Troger dont vous parlez est un ancien PLP devenu maître de conf en IUFM comme tant d'autres : auteur de "travaux" qui passeraient inaperçus dans une fac... "

C'est un peu trop facile ! Maître de conf est un statut universitaire donné par des universitaires. Dire qu'un maître de conf est l'auteur de travaux qui passeraient inaperçus dans une fac c'est EXONERER LES UNIVERSITAIRES DE LEUR PART DE RESPONSABILITE DANS LE DESASTRE ACTUEL.

Il y a quelques temps, j'avais écrit sur ce blog :

"Pas beaucoup d'universitaires sur ce blog (?).

BEAUCOUP d'entre eux se plaignent de voir des bacheliers échouer lamentablement dans les deux premières années.

TOUS les présidents de jurys de bac (sauf accident) sont des universitaires.

AUCUN ne propose (bien avant le mois de juin) de refuser de siéger.

Les aurait-on molles dans le sup ?"

La question, sans réponse reste ouverte (et permettra peut-être à certains de réviser la différence entre tous, certains et aucun)

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

"La 3e déclinaison est super dure : s'ils n'ont qu'un mois de latin derrière eux, je ne vois pas comment ils vont surnager."

écrit par Jérémy

Tout à fait d'accord. Pour ma part, j'en suis encore aux cas, aux fonctions, et j'ai dû faire trois heures de cours de grammaire française pour bien leur faire comprendre la différence entre fonction et nature (ou classe) et pour essayer de leur faire saisir le fonctionnement de la phrase latine en partant du français (ils font l'analyse fonctionnelle de petites phrases françaises toutes simples et associent les fonctions trouvées à chaque cas correspondant). C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour faire comprendre à des élèves incultes en grammaire (et généralement assez feignasses) les prémisses du fonctionnement de la langue latine (j'enseigne dans une zone culturellement sinistrée). On a vu la conjugaison d'"esse" et de quelques uns de ses composés, fait quelques exercices d'étymologie, fait un peu de civi (Hercule, OEdipe). C'est facile et pas traumatisant. La semaine prochaine, on passe aux choses sérieuses avec la première déclinaison. Je ne vois que les trois premières en 5e (et encore, la troisième, seulement le modèle masculin/féminin des parisyllabiques, sinon c'est panique à bord). Je vois le présent, le parfait, l'imparfait et le futur de l'indicatif, l'infinitif et le participe passé. Ils apprennent aussi certains des pronoms-adjectifs démonstratifs, les interrogatifs et relatifs, la proposition infinitive en syntaxe, la relative, l'ablatif absolu (l'horreur, généralement, pour leur faire comprendre, vu qu'ils ne savent pas trop reconnaître un participe en français et qu'ils ne savent pas ce qu'est une subordonnée conjonctive à valeur circonstancielle). Je leur fais surtout apprendre beaucoup de vocabulaire qu'ils réutilisent lors de la rédaction de petites phrases de thème ou lors de petits exercices de trad concoctés par mes soins. Je leur fais revoir tout ça en 4e et je m'efforce de voir ce qui reste d'essentiel à voir en grammaire latine pour un passage au lycée lors des années de 4e et 3e (ils ont alors appris (disons plutôt que je me suis efforcée de leur faire apprendre, mais comme ils ne bossent généralement pas...) toutes les déclinaisons, toutes les conjugaisons, les règles fondamentales de syntaxe).

En 5e j'essaie d'insister sur les bases de la traduction (le rapport cas/fonction). Je ne crois pas qu'il soit si important que ça qu'ils aient vu les cinq déclinaisons des noms dès la 5e. Certains collègues le pensent : très bien. Pour ma part, je ne vois pas quel problème il y a à attendre la 4e pour leur présenter les décminaisons de manus, cornu, et res, et des exceptions comme domus ou vis, d'autant plus que chaque année , je me fais emmerder comme pas possible par des parents qui trouvent que je demande trop de travail à leurs pauvres chéris, que vraiment, ils ne devraient pas passer dexu heures à apprendre leur latin avant un devoir (s'ils avaient revu au fur et à mesure, ça ne serait pas le cas, soit dit en passant), que les déclinaisons, c'est trop dur et ça sert à quoi, hein ? Et cette année, j'ai même eu le cas de parents se plaignant à mon principal que je faisais faire de la grammaire latine à mes 5e et que, hein, j'avais pas le droit, parce que c'est de l'initiation, et que, initiation, ça veut dire qu'on demande pas d'apprendre, surtout pas de la grammaire, hein !

Je crois me souvenir de quelqu'un racontant qu'il avait mis ses enfants dans le privé parce qu'il en avait marre des cours pipeau en allemand ou en latin (c'est-à-dire, des cours sans apprentissage des déclinaisons, entre autres) et que plusieurs parents d'élèves du clg public où ses enfants allaient avant de partir dans le privé s'étaient plaints par courrier au rectorat à cause du manque de sérieux des cours. Chez moi, les parents se plaignent pour le motif opposé : mes cours sont TROP sérieux. Je demande aux élèves d'apprendre. De la grammaire, en plus ! Que fait la police ? Prévenez Frackowiak !

Ecrit par : Kap | 13 octobre 2007

C'est de la petite "morale" d'extrême gauche-droite qui suinte par tous les orifices d'évacuation.

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

Oui, voilà, mince, c'est pas possible, je suis démasqué !
Je suis un nazi, mais comment pouvez-vous être aussi perspicace ? Quel régal vous devez être pour vos élèves...

Ecrit par : Tika | 13 octobre 2007

Monsieur Dugong, je retire tout ce que j'ai dit et je demande pardon à M. Troger, aux universitaires, aux IUFM.

J'espère que mon manque de discernement sera excusé. Je ne suis qu'un modeste fonctionnaire de basse extraction et à peine instruit, je comprends mon erreur. Je renouvelle mes humbles et nécessaires excuses en espérant qu'elles seront acceptées.

Ecrit par : P. Azimont | 13 octobre 2007

Et puis quoi 1 2 3 4 5 déclinaisons, z'avez raison Kap, on va quand même pas emmerder les mômes avec une langue que des mecs en jupes courtes (rien que ça, déjà...) bavouillaient il y a 2000 ans. Non mais sans blague.
Et de toutes façons les parents d'élèves étant des abrutis, soit vous êtes sérieux et on vous le reproche, soit vous faite de la pipoterie et on met ses élèves dans le privé où d'ailleurs règne la même pipoterie.

Oh tempura! Oh Mauresque!

Ecrit par : montaigneàcheval | 13 octobre 2007

"Monsieur Dugong, je retire tout ce que j'ai dit et je demande pardon à M. Troger, aux universitaires, aux IUFM. "

Je ne vous demande précisément pas tant d'amalgames (ni d'auto dévalorisation) cher Monsieur Azimont !

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

J'avais écrit plus haut : "AUCUN universitaire ne propose (bien avant le mois de juin) de refuser de siéger."

il y a probablement des façons plus efficaces de réagir. Lesquelles ? Un refus de siéger n'empêchera malheureusement pas de trouver un remplaçant.

Quelqu'un a-t-il déjà vu un maître de conf ou un professeur d'université en "sciences de l'éducation" présider un jury de bac ?

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

Merci, P.Azimont, pour ces renseignements sur le "pédagogiste" Troger ( il s'est donc fait sa carrière, ce triste sire, tout comme Meirieu, sur du néant, et , comme Meirieu, il n'a évidemment ni CAPES ni agrég).
Je me demande bien pourquoi la publicité pour ce livre est arrivée sur mon mail! Pourquoi à moi?!

Kap, je vous suis entièrement: en latin en 5ème, il faut surtout ne pas aller trop vite, d'autant plus que, la grammaire ayant été quasiment interdite en français (comme ailleurs), les élèves ont tout à apprendre en grammaire française d'abord. C'est pour ça que je reste sceptique devant les prouesses du professeur de latin du fils d'Hervé (en être déjà à la 3ème déclinaison début octobre...). Peut-être fait-elle une présentation de toutes les déclinaisons avant d'y revenir en détail.
Etes-vous sûre que le latin en 5ème soit de l'"initiation"? Moi, je ne crois pas. Il me semble que c'est déjà un "cours" au sens plein, choisi en tant qu'"option". L'"initiation" doit se faire pendant l'année de 6ème. Qu'un parent soit allé, dans votre dos, se plaindre auprès du principal que vous faisiez trop de grammaire est infect, mais c'est sans doute par ignorance sur le statut exact du cours de latin. Peut-être tient-il tellement à ce que son rejeton, qui n'est sans doute pas un fin intellectuel, garde le latin en 4ème, qu'il éprouve une espèce de hantise à l'idée que la grammaire pourrait l'écoeurer. Supposition.

Ecrit par : Jean | 13 octobre 2007

Pas d'ambiguité : je ne cherche pas à défendre le ci-devant Troger.

Un type capable de dire

cf http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=100

est clairement un ennemi ... de classe !

Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007

Je suggérerais quelques pistes :
offrir davantage une institution cohérente, avec des équipes pédagogiques adoptant des attitudes communes au niveau de l’établissement,
redéfinir les services des enseignants afin de développer la concertation d’une part, des possibilités de rencontres avec les jeunes (tutorat, etc.) d’autre part,
quitter la défense crispée des territoires disciplinaires, pour s’ouvrir à de nouveaux contenus (savoir négocier, s’exprimer à l’oral, prendre en compte davantage les problèmes d’actualité). Il faut cesser de penser les savoirs en fonction des disciplines universitaires.

C'est ça votre tuc, Dugong. C'est confondant de connerie et en effet digne d'un ennemi...des classes.
Bonchouar.

Ecrit par : montaigneàcheval | 13 octobre 2007

Merci, P.Azimont, pour ces renseignements sur le "pédagogiste" Troger ( il s'est donc fait sa carrière, ce triste sire, tout comme Meirieu, sur du néant, et , comme Meirieu, il n'a évidemment ni CAPES ni agrég).

Jean

Si ce monsieur est PLP, il est certifié. Je m'en vexe presque de penser que certains pensent que le concours que j'ai eu n'est rien à leurs yeux. :-)

Ecrit par : Pendariès | 13 octobre 2007

Si ce monsieur est PLP, il est certifié. Je m'en vexe presque de penser que certains pensent que le concours que j'ai eu n'est rien à leurs yeux. :-)

Ecrit par : Pendariès |

Tout le monde sait que le PLP est un sous-CAPES rien de plus, mais beaucoup moins...

Ecrit par : Nextmosthatedperson | 13 octobre 2007

Est-ce que c'est : civis civis civem civis civi cive
cives cives cives civium civibus civibus, la troisième conjugaison?
ou dies???
Que de bons souvenirs! Et quand on trouvait une "truffe" dans le Gafiot?
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 octobre 2007

Latin en cinquième, toutes les déclinaisons d'un seul coup, d'un seul! J'ai vu aussi... Sans exercices d'application ou à peine. Et, au mois de juin, ils en sont encore à ne pas savoir ce qu'est un COD ou à peu près...
Tant qu'on y est, on rajoute les cinq conjugaisons, présent, imparfait et parfait et vazydonc! J'ai vu aussi. Toujours sans exercices d'application...
C'est pas grave, en quatrième, on recommence à zéro et en troisième itou.
Ce qui est rigolo, c'est qu'en fin de troisième, y'en a des qui n'ont toujours pas pigé la différence entre conjugaisons et déclinaisons.

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

AUCUN ne propose (bien avant le mois de juin) de refuser de siéger.

Les aurait-on molles dans le sup ?"

Ecrit par : dugong

Vous plaisantez, j'espère. Être président d'un jury de Bac, ça rapporte quelques pépettes pour un effort minime. Et puis de toute façon, je ne vois pas quelle influence un président de jury peut avoir sur l'admission ou non des candidats : ce n'est pas lui qui fait les sujets trop faciles, ce n'est pas lui qui donne les consignes démagogiques de correction, ce n'est pas lui qui corrige les copies. Il est juste là pour que l'on puisse prétendre que l'Université s'en est mêlée, et encore, il en est de même s'il se fait porter pâle, ce qu'il fait en général pour l'oral où ont lieu les pires entorses à la rigueur de l'examen.

Une chose est certaine, c'est que si on voulait que le Bac représente quelque chose, il faudrait commencer par supprimer le "deuxième groupe", où l'on voit miraculeusement des 3/20 passer à 16/20, où certains examinateurs (j'en ai vu, et c'était en S, en mathématiques, je pouvais toujours râler en tant que vice-président, "chef" en l'absence du titulaire, ça n'y faisait rien !) mettent 10/20 à n'importe quel candidat qui a pris la peine de bouger ses fesses pour passer l'oral.

Ecrit par : Moot | 13 octobre 2007

Le livre de sixième de mon pauvre époux, élève de sixième en 1964/65, passait les quatre premiers chapitres pour aborder les cas et la première déclinaison (30 pages denses en exo version et thème). La troisième déclinaison (parisyllabiques) apparaît au chapitre VIII qui doit se situer à la fin du deuxième trimestre puisque les élèves ne commençaient le latin qu'au deuxième trimestre, une fois repérés ceux qui avaient des chances de suivre convenablement cet enseignement.
Vous voyez bien que le niveau monte!

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

"Tout le monde sait que le PLP est un sous-CAPES rien de plus, mais beaucoup moins..."

Et le CAPES c'est quoi? Et le CAPES avec 6/20 c'est quoi? Et l'agrégation c'est quoi?
[Pardon j'ai oublié la Mâjuscule de Agrégation!]

Si vous avez besoin en permanence de vous raccrocher à des titres que vous considérez comme prestigieux il y a un petit problème car finalement on n'a quand même pas le Savoir universel.
On peut être agrégé en histoire par exemple et être quasiment au niveau d'un élève de collège sur certaines périodes...

Allons mes très chers collègues un peu de réalisme .. et de modestie...

Ecrit par : LouBlan | 13 octobre 2007

Est-ce que c'est : civis civis civem civis civi cive
cives cives cives civium civibus civibus, la troisième conjugaison? ou dies???

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 octobre 2007

La 3eme, c'est effectivement "ciuis", mais aussi "consul", (qui fait "consulum" au génitif pluriel, souvenez-vous...) et toute une tripotée comme "mens, mentis", ou "animal, animalis", l'essentiel étant que le gen. sg. soit en -is.
"dies, diei", c'est la 5eme...
Quant à la truffe du Gaffiot, c'est un des "je me souviens" de Perec qui enchante le plus régulièrement mes louveteaux. Le genre de pépite qui illumine votre journée, en somme.

Ecrit par : FGuichard | 13 octobre 2007

Je suggérerais quelques pistes :

s’ouvrir à de nouveaux contenus (savoir négocier, s’exprimer à l’oral, prendre en compte davantage les problèmes d’actualité).

Cité par : montaigneàcheval

Savoir négocier ? Quand je pense qu'il m'arrive d'avoir de véritables discussions de marchand de tapis pour le résultat d'un calcul ! Dans le moins mauvais des cas, c'est "le juste prix".

Ecrit par : Moot | 13 octobre 2007

Est-ce que c'est : civis civis civem civis civi cive
cives cives cives civium civibus civibus, la troisième conjugaison?
ou dies???

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 octobre 2007
C'est la troisième DECLINAISON (attention, les noms se déclinent, les verbes se conjuguent (sauf quand ils sont participes ou adjectifs verbaux) ;). Vous vous en souvenez très bien, bien mieux que mes 3e qui revoient cette déclinaison pour la 10e fois en trois ans, mais comme ils n'en ont pas branlé une, pourquoi s'étonner : c'est ça aussi, le problème, Dobolino. Je fais autant d'exercices d'application que je peux, je fais des cours de grammaire française, autant que je peux aussi, mais je n'ai que 3 heures par semaines (ou 2) et je ne peux pas faire de miracle, surtout quand les deux tiers de la classe n'en foutent pas une ramée et haussent les épaules quand ils se mangent leur dixième note frôlant le zéro de l'année. Je suis sûre que certains de mes collègues sont eux-aussi dans ce cas.

"dies" est un nom de la cinquième déclinaison, comme "res".


"Etes-vous sûre que le latin en 5ème soit de l'"initiation"? Moi, je ne crois pas"

écrit pas Jean.

Non, ce n'est pas de l'initiation, je suis d'accord avec vous. Ce n'est pas moi qui ai employé ce terme, mais la mère d'élève. Et ce n'est pas UN parent qui est venu se plaindre parce que je donnais du travail, c'est plusieurs. Ils ont même dit que puisque c'était comme ça, leurs enfants allaient arrêter le latin illico. J'ai reçu deux mères d'élèves qui m'ont tannée pour que leurs filles arrêtent après même pas deux semaines de cours parce qu'elles bossaient soi-disant une heure tous les soirs pour leur latin. Vu que le seul truc qu'on avait fait jusque-là, c'était de remplir un tableau avec les noms, attributs et fonctions des dieux de l'Olympe et de parler des cas latins, ça me semblait plus qu'un tantinet exagéré. L'une des filles m'a même dit pendant l'entrevue : "Je veux arrêter parce que j'ai toujours de mauvaises notes en latin". Elle n'en avait eu qu'une, en effet mauvaise, parce qu'elle n'avait rien appris à sa leçon et avait été infoutue de me dire que le nom romain de Zeus était Jupiter. Et sa mère la soutenait à fond. Jusqu'à ce que je dise que , d'accord, elle allait arrêter, mais que dans ce cas-là, elle ne serait dans aucune des deux classes de quatrièmes latinistes (ces deux classes étant les moins mauvaises du collège). Le discours de la mère a alors radicalement changé. Sa fille, soudain, DEVAIT faire du latin. Voyez la mentalité ?

Quant à mon principal : aucun soutien, au contraire. Il a dit aux parents qu'il fallait aller me voir pour arrêter le latin, que c'était moi qui m'en chargeais (alors que c'est lui, bien sûr, pour les non profs qui lisent ce blogue). Il a par ailleurs fait des commentaires sur les cours de latin lors d'une réunion pédagogique à laquelle je n'assistais pas (toujours cette élégance et ce courage qui le caractérisent) en disant qu'il ne voyais pas pourquoi je faisais de la grammaire si ce n'était pas au programme (Oo), que je devais faire de la civilisation uniquement... Certains de mes camarades m'ont tout raconté et j'ai débarqué dans son bureau avec un tirage des programmes de latin au clg. Il n'a plus eu qu'à fermer son grand claque-merde, ce gros naze...

Ecrit par : Kap | 13 octobre 2007

"il ne voyait"

J'ai la flemme de corriger le reste

Ecrit par : Kap | 13 octobre 2007

On peut être agrégé en histoire par exemple et être quasiment au niveau d'un élève de collège sur certaines périodes...

Allons mes très chers collègues un peu de réalisme .. et de modestie...

Ecrit par : LouBlan

OUais vous surement!
Vous m'avze l'air d'etre un sacré rigolard! et un sacré con aussi

Ecrit par : Nextmosthatedperson | 13 octobre 2007

Je m'amuse un peu à vous voir parler de latin et tout ça, quand j'apprends qu'une municipalité, lasse de voir des "sauvageons" dégrader les halls d'immeuble, leur en ont construit une fausse !

Et après vous croyez qu'il y en a encore beaucoup, qui cherchent à permettre aux gosses de s'élever, de sortir un peu d'eux-même ?

Je vous envie pour votre foi, moi je n'y crois plus : deux générations flinguées, le pays est foutu...

Cliquez sur l'URL sous mon nom, pour voir ça

Ecrit par : Boulot | 13 octobre 2007

Chère Anne-Marie Valette,
merci de votre intéressante précision sur Mendel et sur son fils Felix Mendelssohn (avec deux "s", pardonnez ma cuistrerie).
Sachant que Johann Gregor était moine, on ne peut qu'admirer la performance.
Dans le même ordre de mérite, saviez-vous que Donald Duck a un fils, Simon Donaldson, qui a obtenu en 1986 la médaille Fields, la plus prestigieuse des récompenses en Mathématiques ( notre ami Lafforgue en fut récipiendaire en 2002)?
Je salue ces péres admirables et vous envoie, ainsi qu'aux autres participants au site, mes plus cordiaux sentiments.

Ecrit par : Attila Smith | 13 octobre 2007

Vous plaisantez, j'espère. Être président d'un jury de Bac, ça rapporte quelques pépettes pour un effort minime.
Ecrit par Moot.

Aux dernières journées de SLL, j'ai appris avec étonnement qu'il n'y avait plus beaucoup de profs de la fac qui allaient aux jurys de bac car ils avaient le sentiment de ne servir à rien. L'info émanait de Michel Jarrety.

Ecrit par : Thalie-Thalie | 13 octobre 2007

Pendant qu'on est à corriger les ptitt phôtt d'Anne-Marie, je crois que "Gaffiot" prend deux "t".

Ecrit par : Christophe Sibille | 13 octobre 2007

"Tout le monde sait que le PLP est un sous-CAPES rien de plus, mais beaucoup moins...

Ecrit par : Nextmosthatedperson | 13 octobre 2007 "

C'est qui le petit monsieur Nextmosthatedperson qui arrive et qui doit avoir lui le capes au moins???

Ecrit par : Hervé | 13 octobre 2007

Il a par ailleurs fait des commentaires sur les cours de latin lors d'une réunion pédagogique à laquelle je n'assistais pas (toujours cette élégance et ce courage qui le caractérisent) en disant qu'il ne voyais pas pourquoi je faisais de la grammaire si ce n'était pas au programme (Oo), que je devais faire de la civilisation uniquement...
Ecrit par : Kap | 13 octobre 2007

Y'a un blême! Moi, j'envoie justement mes mômes en latin pour qu'ils fassent un peu de grammaire. Contes et légendes de la Rome Antique, j'peux leur faire lire sans vous. Merde à la fin! Ce n'est pas pour faire "de la civilisation" que je vous paie et que j'ai certainement payé une partie de vos études de latin.

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

Pour remonter le moral des troupes pour le week-end que je vous souhaite bon:



"Congrès national du SNALC à Dijon du 22 au 26 octobre 2007.

Interview accordé par Geneviève WINTER, auteur du livre "Le mammouth
se trompe énormément, Paroles d'inspecteur", pour Temps Futur n° 91
(avril-mai-juin 2007)


Les nombreux ouvrages publiés récemment sur l'Ecole émanaient le plus
souvent de professeurs. Manquait le point de vue d'un autre membre de
cette institution : celui d'un inspecteur. Geneviève Winter,
désormais libérée de son devoir de réserve, comble cette lacune dans
son dernier livre paru aux éditions du Palio, Le mammouth se trompe
énormément, Paroles d'inspecteur.

Agrégée de lettres classiques en collège, lycée, classes
préparatoires, avant de devenir inspectrice pédagogique régionale,
formatrice et conseillère auprès de deux recteurs, elle ajoute à sa
qualité d'expert, un franc-parler réconfortant pour les professeurs.

Vous dressez un tableau ubuesque de l'Ecole, dont les pouvoirs
publics n'ont eu de cesse d'entraver le bon fonctionnement : empêcher
les professeurs d'enseigner, les inspecteurs d'inspecter, les IUFM de
former, les chefs d'établissement de diriger ... Pouvez-vous nous
rappeler les conditions qui ont conduit à une telle situation ?

Les professeurs n'ont pas été victimes d'un "complot" – ce serait un
peu facile et réducteur de l'affirmer – mais d'une succession de
choix politiques hâtifs et ignorants les uns des autres. On a voulu
d'abord, pour des raisons économiques, élever le niveau de formation
général de la population dans les années 60 : c'était nécessaire.
L'instauration du collège unique, présentée exclusivement comme une
mesure de justice sociale, répondait en fait à des impératifs moins
nobles : simplifier la gestion et le fonctionnement du système
scolaire et en réduire le coût, comme dans d'autres pays européens,
en arasant les différences pour adapter l'enseignement secondaire par
le bas. Cette option, non débattue alors, pèse sur notre présent. En
retenant les solutions de facilité – comme l'abandon de toute
sélection et la fuite en avant dans des mesures floues, démagogiques
et contradictoires – on a rendu illisible le cahier des charges,
installé l'ambition scolaire dans le relativisme et les solutions
locales. La défiance à l'égard de l'autorité qui s'est installée
partout dans la société, mais particulièrement chez les enseignants,
s'est nourrie de ces opacités et de ces incohérences.
L'individualisme qu'on reproche beaucoup aux professeurs me semble
avoir représenté une réaction de défense : pour qu'un élan collectif
renaisse et que les enseignants retrouvent confiance dans
l'institution et acceptent – c'est indispensable – son autorité, il
faut que le contrat de refondation de l'école soit clair, précis et
correctement négocié.

Le titre de votre premier chapitre, "Comment a-t-on sacrifié les
professeurs ?", est éloquent : alors que le service public
d'éducation, bien mis à mal, doit sa survie aux efforts individuels
de nombre de professeurs, la circulaire de 1997, leur assigne un
nombre excessif et incohérent de missions, non hiérarchisées entre
elles, avec l'effet démobilisateur inévitable ressenti par eux, niés
dans leur fonction première, la transmission des savoirs. Comment
expliquez-vous ce mépris, renforcé dans le même temps par l'absence
d'une véritable reconnaissance de leur valeur professionnelle ?

Bien que, pour tirer efficacement la sonnette d'alarme, j'aie
insisté sur la gravité des problèmes, ce livre a été écrit pour
rappeler que les meilleurs professeurs qui sont aussi les moins
bavards, assurent, chaque jour et malgré tout, la réussite de
milliers d'élèves. Je suis heureuse et fière d'avoir pu accompagner,
trop modestement, un trop petit nombre d'entre eux sur ce chemin. En
ce qui concerne la dilution des missions, l'erreur permanente de
l'administration centrale tient à la fabrication sur le papier d'une
sorte d'enseignant idéal, purement théorique, né du fatras
idéologique qui a instauré une contradiction inutile et inepte entre
éducation et instruction. L'accueil de nouveaux publics scolaires,
accompagné de paliers d'évaluation et de sélection honnêtes et
clairs, devait être préparé en interne, avec les enseignants eux-
mêmes et dans le cadre d'une vraie politique de recrutement. On a
fait tout le contraire : le système a absorbé massivement, dans
l'urgence et sans concours, des personnels très variés. Au lieu de
leur assurer, dans l'établissement scolaire même une formation
solide, elle s'est laissée envahir par le discours "d'experts"
totalement étrangers à la réalité scolaire, pourvoyeurs de solutions
fumeuses ou laxistes qu'ils seraient bien incapables de mettre en
œuvre eux-mêmes. Je note qu'on n'a pas imposé à ces
gourous "d'obligation de résultats". Mais je suis sûre que
l'enseignant compétent qui transmet un savoir avec autorité et
confiance, dans le respect de tous ses élèves, est naturellement un
éducateur : la solution de bon sens était de faire appel à ces
maîtres de valeur pour un tutorat bien organisé et bien encadré des
nouveaux. La réflexion et l'échange pédagogiques y auraient trouvé
une place naturelle et légitime au lieu d'être disqualifiés par le
discours d'idéologues suffisants, avides de régler des comptes avec
l'institution passée. Ce qui rend insupportable le mépris de leur
employeur à l'égard des enseignants, c'est son caractère implicite :
on n'en fait pas des boucs émissaires parce qu'on évite de les
évaluer, mais on laisse entendre que l'échec d'une succession de
mauvaises politiques leur incombe, finalement. Il faut sortir de
là.

Parallèlement, comment expliquez-vous que le corps inspectoral,
veilleur et éveilleur de talents, et seule instance véritablement à
l'écoute des professeurs selon vous, se soit transformé en
auxiliaire du pédagogisme institutionnalisé ?

Je ne crois pas, même si je souligne leur rôle majeur, parce qu'ils
sont les seuls à comprendre complètement ce qui se passe en classe,
que seuls les inspecteurs soient véritablement à l'écoute des
professeurs. Les chefs d'établissement, lorsqu'ils sont – pas
toujours – à la hauteur intellectuelle et déontologique de leur
fonction, sont des interlocuteurs privilégiés, efficaces et engagés :
je l'ai souvent constaté. Certains inspecteurs, pas tous, sont
tombés, c'est vrai, dans le piège du pédagogisme. Ils y ont été
exposés par la dérive de l'institution quand leur statut a été
modifié (1990) au moment de la création des IUFM. Les textes
fondateurs de cette instance "indépendante" lui attribuent la
plupart des missions de formation et de conseil dévolues jusque là
aux inspections générales et régionales. Dans un flou dangereux, ni
les inspecteurs généraux ni les IA-IPR ne sont juridiquement en
mesure de contrôler, au nom du ministre et des recteurs, les
contenus et les méthodes du nouvel organisme, associé pourtant à la
rédaction et au suivi des programmes. Pour les IPR – et les débats
entre eux ont été très vifs alors – il n' y avait pas de demi-mesure
possible : ou bien abandonner totalement la formation et le suivi des
jeunes diplômés à l'IUFM, ou entrer, comme cela s'est généralisé,
dans une collaboration parfois soumise, mais le plus souvent
conflictuelle, avec une instance opaque soutenue par un lobby très
puissant. La collusion opportuniste de certaines inspections
générales avec les IUFM, la pusillanimité de nombreux recteurs, le
poids du lobby au ministère ont accéléré le processus. Faut-il
ajouter qu'à partir de 1998 environ, la nomination massive de
recteurs, d'IA-IPR et d'inspecteurs généraux eux-mêmes issus des IUFM
n'a rien arrangé ? Mais bien peu de responsables le reconnaissent. En
2002, chargé par le ministère d'une mission sur l'enseignement de
l'histoire des religions, Régis Debray me confie sa stupéfaction :
il a constaté que les IUFM constituaient un état dans l'État et qu'on
ne pouvait leur imposer aucune mission. Je suis d'ailleurs
consternée de constater, dans le contexte de la campagne électorale,
qu'aucun candidat à la présidence n'avait osé clairement envisager
leur suppression. Leur rattachement aux universités est purement
symbolique : ils refuseront l'autorité des présidents d'université
comme ils ont ignoré celle des recteurs. Ceci dit, j'établis une
distinction très nette entre le pédagogisme idéologique de la
structure et le travail remarquable de certains professeurs du second
degré, souvent agrégés, qui rendent, comme formateurs associés aux
IUFM, dans des conditions très difficiles, de vrais services à nos
jeunes collègues. A souligner par ailleurs : toute refondation de
l'école passe par une refondation de l'inspection pédagogique :
suppression du "tour extérieur" et impartialité politique dans le
recrutement des inspecteurs généraux, exigences plus fortes dans le
recrutement des IA-IPR et retour de tous à leur mission prioritaire.

Quel diagnostic établissez-vous du collège unique et du
lycée "light" ?

Je veux d'abord dire que, dès les années 80, la majorité des IA-IPR
a signalé, par l'intermédiaire des inspections générales, que le
système ne fonctionnait pas bien, pénalisait les bons élèves et se
retournait contre les plus fragiles. Par ailleurs, si nous avons été
engagés dans la politique d'évaluation destinée à tester des
compétences fractionnées chez les élèves, nous avons alerté le
ministère sur la nécessité de procéder, à chaque palier
d'orientation – entrée en sixième, fin de collège, niveau
baccalauréat – à une évaluation globale des connaissances. Non
seulement nous n'avons pas été entendus mais encore nous avons été
institutionnellement mis à distance de la politique des ZEP. L'échec
du collège unique tient à des choix politiques persistants : le flou
du cahier des charges et la dilution des fondamentaux dans des
programmes verbeux traités à la carte ; la primauté accordée, sans
aucune régulation nationale, à une approche territoriale et locale de
la réussite scolaire ; l'accumulation de dispositifs
transdisciplinaires trop complexes pour être efficaces ; la
revalorisation manquée des voies de formation courte avec la
généralisation, comme modèle unique de réussite, de l'entrée en
seconde générale et du bac S ; le renoncement à toute demande de
travail personnel aux élèves ; le refus démagogique de sanctionner la
paresse et de procéder, tout en ménageant des passerelles, à une
sélection régulière et franche. Au lycée, le caractère erratique de
l'accès en seconde, l'échec du lycée polyvalent qui devait faciliter
la définition de profils généraux, techniques ou professionnels, la
technique du saupoudrage, le marketing scolaire et la compétition
entre les établissements qui multiplie les enseignements optionnels
sans pouvoir en assurer l'acquisition solide, la complexité grotesque
du baccalauréat brouillent les repères dans une situation sinon moins
grave, du moins plus facile à redresser.

Vous soulignez les effets pernicieux d'une politique
irresponsable, menée alternativement par la droite comme par la
gauche, qui a développé, dans le cadre d'une décentralisation et
déconcentration, de nombreux dispositifs coûteux en hommes et en
moyens, véritables "coquilles vides". Les exemples, à tous les
niveaux, ne manquent pas. Pourriez-vous nous éclairer ?

C'est très clair : la déconcentration qui délègue certaines
compétences aux académies fonctionne mal parce qu'elle incite chaque
académie à fabriquer sa propre politique. La nécessité d'une
régulation centrale aboutit à un doublement des réseaux de décision.
Un exemple que je trouve presque tragique : la
prétendue "harmonisation" de la notation des enseignants que j'ai
observée successivement dans deux académies. Ce sont des
gestionnaires locaux qui, chacun avec leurs méthodes et leurs
calculettes, ont déterminé, en feignant de consulter les pédagogues
la reconnaissance chiffrée du mérite des enseignants ! Quant à la
décentralisation, elle devait se fonder sur un partage précis des
compétences : en réalité, tout le monde se mêle de tout, c'est la
cacophonie. Les pressions exercées par les régions dans le cadre de
la politique des langues pour peser sur la carte des formations
définie par le recteur sont inquiétantes, surtout quand le président
du Conseil général est aussi proviseur d'un grand lycée, ce qui est
inadmissible. L'incursion des collectivités territoriales dans le
domaine pédagogique est incohérente et malsaine : je crois qu'un
président de Conseil régional peut trouver un meilleur usage des
deniers publics que l'achat de "charentaises" pour les élèves
internes de son académie. Je mets à part la question du partenariat
artistique qui est important mais très mal organisé et suivi.

Le "socle de connaissances commun à tous les élèves" apparaît comme
le dernier avatar d'une politique éducative dont les caractéristiques
se déclinent sur le mode ternaire : "les politiques communiquent, les
gestionnaires tranchent, les professeurs et les élèves trinquent".
Pouvez-vous développer ?

Je n'admets pas qu'on présente comme des avancées pédagogiques des
outils de pure gestion. On trompe les parents, les professeurs et les
élèves en présentant le socle commun comme un projet de formation
susceptible d'assurer un vrai savoir, puis la réussite scolaire ou
l'insertion sociale et professionnelle de nos enfants. Le but de
l'opération est de définir des objectifs mesurables en termes de
gestion, de faciliter l'effacement des frontières entre les
disciplines scolaires et la mise en place d'une bivalence boiteuse.
Je précise : j'ai été trivalente français latin grec parce que
j'avais été formée conjointement dans ces trois disciplines connexes
pendant mes études et que, comme tous mes collègues, j'actualisais
mes connaissances en fonction de mon service d'enseignement. Or le
système des "mentions complémentaires" – sauf dans les domaines non
encore enseignés comme le théâtre – improvisé actuellement pour
introduire la bivalence suppose que l'enseignant soit formé – à peu
près – dans une des deux valences et n'ait qu'une vague teinture de
l'autre. Un échec comparable à celui qu'a connu le corps des PEGC est
tout à fait prévisible.

S'il en est encore temps, que proposez-vous pour sauver cette Ecole
républicaine ainsi mise à mal ?

Il est toujours temps quand on le veut vraiment. Je propose que l'on
cesse de fabriquer des structures pour mettre en valeur le
professionnalisme et la valeur des personnes ; qu'on mise sur le bon
sens et la responsabilité des équipes et de leurs chefs en cessant
d'inventer des usines à gaz imposées à tous ; que les obligations de
chacun soient clarifiées ; que le contrat de travail national soit
réduit, sans réforme, à une formulation simple et précise contenue
dans un document court ; que l'horaire des enseignements fondamentaux
soit obligatoire et stable partout et non annualisé ; qu'on évalue
avant de les exposer à l'échec les capacités des enfants avant
l'entrée en sixième, en seconde et à l'université ; qu'on rende leur
dignité et leur responsabilité aux parents démunis en les formant au
lieu de les assister et que les aides soient conditionnées par un
minimum d'effort et de réussite. Je propose aussi – je le développe
dans mon livre – l'individualisation des carrières enseignantes ainsi
qu'un principe de mobilité, plutôt bien accueilli par les collègues.
Le scepticisme des journalistes qui m'ont interrogée et l'image de
conservatisme et de corporatisme qu'ils collent parfois sur "les
enseignants" me scandalisent. Oui, quelques-uns sont des parasites
incompétents, mais la plupart ne sont pas seulement "dévoués" comme
on le dit avec condescendance : ils sont solides, compétents,
brillants, inventifs et généreux, ils travaillent tous les
dimanches, ils méritent confiance, admiration et récompense pour leur
professionnalisme.


Vous dénoncez la cogestion du ministère par les syndicats. Avez-vous
des pistes à proposer pour rénover le dialogue social à l'Education
nationale ?

Je vois dans cette cogestion avec les grandes centrales plus une
solution de facilité et une habitude un peu paresseuse qu'un choix
délibéré entre les partenaires sociaux. Elle aboutit à l'achat par
les pouvoirs publics d'une paix sociale très coûteuse pour les
enseignants. Je tiens à préciser que je ne critique absolument pas la
bonne foi des personnes. Je relève que la négociation au jour le jour
maintient le statu quo et impose les choix de grandes organisations
qui croient tout régler en obtenant des moyens et en refusant une
approche sérieuse des buts de l'Ecole et de ses ressources humaines.
Cette lecture myope explique, à mon avis, le lourd échec des actions
sur des enjeux importants comme les retraites. Tout récemment,
c'est la base qui a tenté en vain de lutter contre le décret Robien
sur le service des enseignants, vexant et maladroit ou auparavant
contre la réduction du taux des heures supplémentaires et
l'impossible revalorisation du corps des agrégés. Je n'ai pas de
solution-miracle, mais il me semble que si l'information sur les
différentes organisations était dispensée impartialement à
l'intérieur de l'institution et non à sa porte, afin que les
enseignants soient incités à se syndiquer et que le vote avant toute
action soit obligatoire et secret, on aboutirait à une meilleure
représentativité : c'est un préalable absolu à toute rénovation du
dialogue social. Par ailleurs, je crois que l'action syndicale, au
lieu de se disperser dans de multiples instances consultatives,
devrait se concentrer sur les enjeux majeurs qui engagent le sens et
les conditions du travail des professeurs. Dans ces conditions, les
pouvoirs publics seraient contraints de concevoir leurs projets en
concertation préalable avec des organisations vraiment
représentatives plutôt que de leur demander un avis, au coup par
coup, sur des textes déjà ficelés. Je dis tout cela avec prudence,
mais je l'affirme : la situation actuelle bloque tout le monde et
participe au découragement des professeurs."

Ecrit par : Thalie-Thalie | 13 octobre 2007

Je m'amuse un peu à vous voir parler de latin et tout ça, quand j'apprends qu'une municipalité, lasse de voir des "sauvageons" dégrader les halls d'immeuble, leur en ont construit une fausse !

Ecrit par : Boulot | 13 octobre 2007

Ben oui! Mais, ici, j'ai l'impresion qu'il y a plein de gens que, sans le latin, la messe emmerde... Voilà! Ça existe encore et ça a encore des convulsions pré-agoniques, cette sale race indétectable par test ADN.

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

Non, mais! Vous avez vu comment ils se papouillent, englishs et franchaillouds? C'est quoi, le rôle de la femme, dans cette immonde mêlée?
Ah, la chaude fraternité des vestiaires!

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

mais je l'affirme : la situation actuelle bloque tout le monde et
participe au découragement des professeurs."

Ecrit par : Thalie-Thalie | 13 octobre 2007
On nous fait un petit copié-collé en regardant Chabal?

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

Eh oui, Dobolino, c'est cette réforme du latin, il y a 10 ans à peu près, je ne suis pas sûre de la date ( les profs de latin doivent savoir) qui a fichu l'enseignement du latin par terre. Et depuis, dans la majorité des collèges on apprend à traduire en devinant c'est -à-dire qu'on ne traduit plus grand-chose. Vous avez raison de râler mais trop peu de parents râlent car pour beaucoup le latin en collège est juste un moyen de mettre leurs petits dans les bonnes classes...et si on peut ne aps trop leur en demander...Il n'y a pas beaucoup de parents comme vous, qui exigent que leurs gamins bossent vraiment. Et c'est aussi pour cela que les réformes pédagos sont passées et restent en place...

Ecrit par : Thalie-Thalie | 13 octobre 2007

C'est qui le petit monsieur Nextmosthatedperson qui arrive et qui doit avoir lui le capes au moins???

Ecrit par : Hervé

oué je l'ai le CAPES oué, ça t'en bouche un, hein?

Ecrit par : Nextmosthatedperson | 13 octobre 2007

On nous fait un petit copié-collé en regardant Chabal?

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

Dobolino, je viens de demander à mon mari qui était Chabal.
La tv ne marche pas; c'est un vieux machin pourri que je n'allume que rarement. Et là, non, je suis dans mon bureau avec mon "dog" à mes pieds et un bouquin d'histoire de l'art ouvert devant moi. Le rugby, je m'en f....comme de toutes ces messes de toutes sortes. Bonne soirée...

Ecrit par : Thalie-Thalie | 13 octobre 2007

Et ben, voilà! Zon perdu. Ça qui va nous relancer la consommation!
Vous en avez rien à battre, vous êtes salariés? Vous avez bien raison.

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

Le rugby, je m'en f....comme de toutes ces messes de toutes sortes. Bonne soirée...

Ecrit par : Thalie-Thalie | 13 octobre 2007
Ben, moi, personnellement, j'm'en fous aussi largement, à titre purement privé. mais pas à titre professionel! J'appartiens à un secteur aussi sensible que celui des coifeurs ou des marchands de bibine.

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

Vous avez raison de râler mais trop peu de parents râlent car pour beaucoup le latin en collège est juste un moyen de mettre leurs petits dans les bonnes classes......

Ecrit par : Thalie-Thalie | 13 octobre 2007

Une bonne classe n'est bonne que si on y met de bons élèves, non? Quel intérêt de mettre son glandu en classe latin s'il fait inéluctablement descencre le niveau dans le trou?
Moi, j'ai surtoutr entendu des parents dire qu'ils mettaient leurs enfants en latin pour "l'étymologie"!!!! Ils en ont tellement plein la bouche qu'on se demande s'ils savent à quoi ça correspond?

Ecrit par : dobolino | 13 octobre 2007

"Y'a un blême! Moi, j'envoie justement mes mômes en latin pour qu'ils fassent un peu de grammaire. Contes et légendes de la Rome Antique, j'peux leur faire lire sans vous. Merde à la fin! Ce n'est pas pour faire "de la civilisation" que je vous paie et que j'ai certainement payé une partie de vos études de latin."
Mais ai-je dit le contraire, Madame Dobolino ? Je ne faisais que rapporter les paroles de mon cher principal. Je n'ai par ailleurs jamais dit que j'avais, à cause de sa bêtise crasse et de sa lâcheté devant les parents, renoncé à faire de la grammaire. Il pourrait me convoquer dans son bureau tous les jours si ça lui chantait, je continuerais à faire de la grammaire.

Vous êtes bien énervée ce soir. Vous avez bu un vin qui pique les chaussettes, pour être aussi à cran ? :p

Ecrit par : Kap | 13 octobre 2007

Ce qui est certain, c'est que si l'on apprend le latin comme le préconiserait le principal de Kap, alors on peut dire que je parle couramment le russe et le japonais. Quelle découverte éblouissante !

Ecrit par : Moot | 13 octobre 2007

"Ce qui est certain, c'est que si l'on apprend le latin comme le préconiserait le principal de Kap, alors on peut dire que je parle couramment le russe et le japonais. Quelle découverte éblouissante !"

écrit par Moot.

Vous, vous enseignez l'histoire, je parie.

Ecrit par : Kap | 13 octobre 2007

Que chacun soit responsable de ce qu'il fait de sa liberté !
Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007
Docteur Cadichon ! Suis je en train de virer "libéral" ?
Je lutte en me rappelant que tout le monde doit aussi être libre de choisir son aliénation.
Ecrit par : dugong | 13 octobre 2007


Pas de panique, cela se soigne très bien.

Ordonnance du Dr. Cadichon:
Prendre soir et matin une bonne grosse cuiller de miel mandevillien: plus efficace et coûte moins cher que la (dé)gelée.... royale.

C'est sur le site d'Ulm que j'ai trouvé la meilleure traduction.
Z'ont ben du talent, ces p'tits gars-là, à c't'heure.

http://www.eleves.ens.fr/home/ientile/mandevil.pdf.

Ecrit par : Cadichon | 14 octobre 2007

"Nextmosthatedperson", tout l'inventif programme est dans le pseudo, pourquoi s'en préoccuper, ni même porter intérêt à ses piques désirées? Voyons, voyons, la trappe est ouverte et quelques-uns veulent moucheter, quand même, avec le "prochain individu le plus détesté"...

Il fait tout gris, ce matin.

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

LA VIEILLE – il est heureux celui qui dort ; et plus encore celui qui est mort, et mieux encore celui qui ne naquit jamais.
Pourquoi naître ?.... Quand chaque jour apporte un malheur nouveau, lorsque demain n’a qu’un visage : celui de la souffrance et du mal. Quand toute une vie n’est qu’un monceau de malheurs, de douleurs, de crimes. A quoi bon vieillir ? La soif aveugle de la chair, une fois rassasiée, que reste-t-il ? La patience d’endurer, celle de mourir, celle de se dessécher, herbe, plante ou arbre, qui a vu ses fruits s’évanouir.

« Un temps. Elle se tourne vers la couverture et à ce qu’on devine derrière. »

Elle dort. Puisse le ciel lui garder le long sommeil, le sommeil lourd aussi épais que les ténèbres, muet comme une dalle, sans regards et sans oreilles. Pitié pour elle, dieux de là-haut, cachés dans les nuages et muets comme des poissons. Grands poissons affamés, glissant dans le vivier du ciel. Pitié pour elle. Pitié pour les enfants.
Quels peuple sommes-nous ! Peuple maudit. Il doit être inscrit quelque part que nous ne devons jamais nous arrêter. C’est le destin de ma race. Les chardons secs, roues lancées dans l’espace du désert, le vent d’hiver les emporte sans pitié, sans relâche, sous la pluie et le gel. Nous ne sommes rien de plus qu’un chardon arraché à sa terre et qui roule à tout vent et se déchire à chaque pierre. Sans repos, nous qui ne saurons jamais où est la dalle où reposer notre tête à l’heure de fermer les yeux ! (Un temps.)
Elle a vu tourner les constellations lentes de la nuit… sans craindre en rien le froid mortel qui descend des étoiles, sans la moindre peur devant les ombres et le bruissement des ténèbres. L’aube l’a clouée dans le sommeil.
Avec ses yeux terribles qui voient à trois lieues au plus profond de la nuit… ses yeux qui cillaient pour avoir tant fixé le chemin de la ville. (Un temps.)
( Bas.) Il ne reviendra jamais, il ne reviendra jamais ! C’est évident. Trois fois Créon le fit appeler. Et il y a trois jours qu’il est allé chez Créon. Et il y a trois jours que, sans relâche, dressées comme un serpent furieux, l’œil de glace, plus vert que le fond de l’eau, elle regarde, de loin, les murs ennemis de la cité. Sans ciller, jusqu’à ce que l’aube lui noie les paupières, de brûlure plus que de sommeil.
AH ! du fond du temps sans bornes, j’entends se lever un vent de malheur ; comme on devine le temps aux élancements, dans les reins, d’une vieille douleur.

Max Rouquette, « Médée », Scène 1, Editions Espace34.

Aux enseignants de Français et de bon goût: Les éditions scolaires Mignard vont publier cette pièce de théâtre l'an prochain.
Il y a déjà chez Gallimard Jeunesse: "Le hautbois de neige" (avec appareil critique, je crois).

Plus je lis et relis Max Rouquette, plus s'infusent en moi ses textes, et plus je m'énerve contre les cons qui ont tout fait pour étouffer, éditorialement, cette immense voix de la culture française et occitane. Heureusement que Max Rouquette a su en prendre son parti et qu'il n'a jamais cessé d'écrire.

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

Je peux même dire de la littérature mondiale.

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

Remarquable texte que celui auquel renvoie Cadichon. Que j'ignorais, et qui renforce ma conviction profonde : le vice seul est porteur de vertus. Si bien qu'il pourrait bien en perdre sa dénomination de vice — que nous gardons, la plupart du temps, seulement parce que l'idée nous paraît excitante. Sans vouloir jouer sur les radicaux latins, le libertinage — les "affranchis", disaient selon un sens inné de l'étymologie les voyous des années 20 — est forcément libéral, et la vertu est le vice des "caves". L'illustration sublime de ce principe — que j'appelerai Principe d'Abraxas, du nom d'un ami qui me l'a enseigné —, c'est "Ninotchka", le film de Lubitsch (Billy Wilder était co-scénaiste, ce n'est pas rien) où Garbo, commissaire politique soviétique, lancée dans le "Gay Paris" dans années 30, se perd — et se trouve — dans les vices faciles d'un viveur quelque peu libertin — et apprend à rire : "Garbo laughs", disait la pub — et ce fut son dernier film, comme un pied-de-nez définitif aux ligues de vertu.
SI je vais un instant plus loin… Je réfléchis, à temps perdu, sur la fonction de l'Etat, telle qu'elle a émergé avec Richelieu (en fait, avec Louis XI, ce grand anticipateur), puis Mazarin, Colbert, Napoléon I et III, De Gaulle — reste à vérifier quelle est la conception du pouvoir du président actuel, mais tout m'incline à penser qu'il est dans la même ligne (l'exploitation jusqu'à la corde des possibilités offertes par la constitution de la Cinquième république) — la question du talent est encore autre chose… L'Etat, dit Gabriel Naudé (Considérations sur les coups d'Etat, 1640) a bien le droit de procéder à des "coups" qui défient même la morale religieuse, parce qu'il œuvre pour son intérêt, sa survie (Hobbes gardera quelque chose de ces analyses dans le Léviathan). Appliquez le raisonnement aux individus, et vous avez exactement ce que Cadichon appelle le libéralisme (ai-je bien interprété votre pensée, ma chère ?), avec cette composante "mandevillesque" : beaucoup de vices privés font le bonheur de tous, alors que l'obligation de vertu concourt à un commun désastre. Ainsi, la communion des appétits incite au développement économique, alors que la restriction vertueuse provoque une inappétence, une incpacité à désirer qui à terme entraîne un pays dans une spirale de décroissance continue.

Autre chose. Je suis sidéré de voir tel ou tel se dresser sur ses ergots et ses diplômes. Je coyais avoir été très clair sur le sujet : chaque concours a son esthétique particulière, et son champ d'application. Les compétences exigées pour un PLP sont très au-dessus de ma capacité — je le dis comme je le pense. Chaque concours provoque, par le type et le stuyle de travail qu'il implique, un saut qualitatif de l'esprit — différent chaque fois. Reste par la suite, en fonction du coefficient personnel, à en tirer — ou non — quelque chose de positif, pour soi et pour les élèves. L'idéal d'un sysème utopique serait de qualifier chacun en fonction de ce qu'il sait le mieux faire — que l'on soit enseignant ou élève.
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007

Les compétences exigées pour un PLP sont très au-dessus de ma capacité — je le dis comme je le pense.

JPB

Sincèrement que vous écriviez ceci me touche énormément, et je pense une bonne partie des PLP qui viennent sur ce blog, s'ils y viennent! Une main sur l'épaule, ça fait du bien.

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

Entendu Axel Kahn, ce matin, sur France inter, chez Paoli, à propos de l'amendement Mariani. Définitif autant que brillant.
A propos:

Grande première sur le web !

"Un grand concert-meeting de SOS Racisme en « direct live »

Vous n'avez pas eu vos places ? Vivez en direct sur Internet l'événement du Zénith de Paris ce dimanche !

« Touche pas à mon ADN »

organisé par SOS Racisme, Charlie-Hebdo et Libération dimanche 14 octobre à partir de 18H sur l'un de ces trois sites :

live.sos-racisme.org www.liberation.fr www.arte.tv


TOUCHE PAS A MON ADN

OPPOSITION A L'AMENDEMENT MARIANI

Dimanche 14 octobre au Zénith de Paris à partir de 18 h

De plus en plus de personnalités s'associent à ce concert / meeting organisé par SOS RACISME, CHARLIE HEBDO et LIBERATION.

En effet, Isabelle Adjani, Josiane Balasko, Bénabar, Emmanuelle Béart, Carla Bruni, Stomy Bugsy, Phil Darwin, Fellag, Julie Gayet, Claude Leroy, Mélissa, Michel Piccoli, Renaud, Sanseverino, Soprano, Niels Tavernier, Les têtes raides, Tiken Jah Fakolly, Philippe Torreton, Youssoupha ont d'ores et déjà répondu présents.


Se joindront eux Clémentine Autain, François Bayrou, Laurent Fabius, René Frydman, François Goulard, Bernard-Henri Lévy, François Hollande, Axel Khan, Valérie Lang, François Léotard, Corinne Lepage, Aurélie Philipetti.

L'événement sera présenté par Serge Moati avec les organisateurs : Dominique SOPO, SOS Racisme, Philippe VAL, Charlie Hebdo, Laurent JOFFRIN, Libération.


Par pur esprit de la loi républicaine, SOS RACISME en partenariat avec CHARLIE HEBDO et LIBERATION ira jusqu'au bout pour que l'amendement Mariani ne passe pas. Nous ne faiblirons pas jusqu'à son retrait.

L'objectif de ce concert / Meeting prévu ce dimanche est de fédérer les fervents défenseurs de l'égalité républicaine qui fait la fierté de notre pays autour de l'idée d'une nation soudée par une communauté de destin et non pas par une communauté génétique.

Nous ne laisserons pas la génétique entrer dans le domaine du contrôle étatique, contraire à notre idée de la civilisation et de la liberté.

Nous ne manquerons pas non plus de rappeler qu'en plus de faire partie d'une longue série de mesures et de déclarations qui jettent une suspicion généralisée et récurrente sur les étrangers, cet amendement introduit en plus des changements profondément négatifs sur les plans éthiques, scientifiques et du vivre ensemble.

Entrée gratuite. Retrait des places dans les magasins FNAC dans la limite des places disponibles ou à SOS RACISME : 51 avenue de Flandre, 75019 Paris ou à vivre en direct live sur l'un de ces trois sites web

live.sos-racisme.org www.liberation.fr www.arte.tv "

Ecrit par : Christophe Sibille | 14 octobre 2007

Je n'avais pas l'intention de commenter cette histoire d'ADN, qui me semble aussi intelligente que les contrats d'embauche de Villepin l'année dernière : quand on a une idée, soit on la soutient jusqu'au bout, parce qu'on est sûr de son utilité (et quelle que soit son impopularité), soit on la répute mauvaise et on la retire : Dobolino, qui est l'une des rares scientifiques à passer par ici, avait bien résumé ce que l'on pouvait attendre d'un usage intelligent des tests ADN (les positions de principe sur le sujet sont sans grand intérêt). Les amendements successifs ont vidé la proposition initiale de tout mérite, et s'accrocher à une ultime version onéreuse et sans efficacité me paraît d'une bêtise invraisemblable — mais je me suis fait tout jeune à l'idée que bien des politiques ne sont pas très futés.
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007

"(les positions de principe sur le sujet sont sans grand intérêt). "

Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007

C'est votre opinion, Jean-Paul. Je conçois que vous pensiez que, sur votre blog, il y ait des choses plus importantes à défendre. Mais écoutez quand même l'opinion d'un homme (Axel Kahn) qui, sauf le respect que je dois à Dobolino, connaît un peu mieux le sujet qu'elle. Et le simple fait que des gens comme Charles Pasqua, avec la sympathie naturelle qu'on lui connait pour les immigrés, ait émis plus que des réserves sur ce texte, (il a dit: "je me suis battu à quinze ans contre des gens qui voulaient ramener l'être humain à ses données génétiques) devrait nous faire voir un tout petit peu plus loin que la coquille, effectivement vide, mais ayant ouvert une brèche "de principe", comme vous dites, extrêmement dangereuse.

Ecrit par : Christophe Sibille | 14 octobre 2007

Par ailleurs, c'est à peu près le contraire de ce que vous dites; cette mesure est mauvaise, mais les sondages, (avec la méfiance légitime qu'on peut éprouver à leur sujet) auraient tendance à la montrer comme populaire.

Ecrit par : Christophe Sibille | 14 octobre 2007

"Entrée gratuite. Retrait des places dans les magasins FNAC dans la limite des places disponibles ou à SOS RACISME"

Est ce qu'on peut gagner un cd de Stomy Bugsy ?

C'est pour le principe !

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

Stomy Bugsy : Un seul être de trop et toute la gauche se dépeuple !

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

Vous êtes bien énervée ce soir. Vous avez bu un vin qui pique les chaussettes, pour être aussi à cran ? :p

Ecrit par : Kap | 13 octobre 2007

Je n'étais nullement énervée! Je contribue régulièrement à l'entretien ds services publics et, en échange, j'en attends des services efficients et correspondant à ma demande. C'est comme quand j'achète un Coulommiers: s'il a le goût du Camembert, je suis insatisfaite et je le dis au fromager.
C'est marrant comme certains fonctionnaires croient immédiatement à l'insulte et à la colère dès qu'on parle d'argent!
Face ce genre de réflexe épidermique, on se pose sérieusement la question du bien-fondé évident d'une privatisation claire, nette et très libérale de l'enseignement. Vous seriez alors des prestataires de service du secteur tertiaire comme les autres et nos rapports seraient plus simples et plus constructifs.

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

"Remarquable texte que celui auquel renvoie Cadichon. Que j'ignorais, et qui renforce ma conviction profonde : le vice seul est porteur de vertus. "
JPB

Vous êtes donc bien un libéral, à la fois dans le domaine économique et politique. Pas étonnant que vous admiriez autant Cadichon. Pour ma part, je considère cette théorie de la vertu par le vice et de l'homme uniquement (et naturellement) poussé par son intérêt propre comme extrêmement naïve et, à terme, mortifère. C'est encore échaffauder un modèle de société en partant d'une conception "idéale" de l'homme (ici, c'est l'homme naturellement et exclusivement égoïste et non l'homme nouveau voulu par les communistes) et non de l'homme tel qu'il est. Si la doctrine libérale, adoptée par la plupart des dirigeants européens dès le XVIIe, a permis de rétablir la paix civile, il semblerait bien qu'à terme elle devienne la guerre de tous contre tous, soumettant chaque pays au culte de la Croissance (seule capable désormais, selon nos bons politiques, journalistes, managers et grands patrons, de régir les peuples) et incitant chaque individu à saper les bases issues de la tradition pour défendre chacune de leurs libertés privées - les problèmes commençant, bien sûr, et c'est déjà le cas depuis un moment, lorsque les exigences de liberté d'untel interfèrent avec celles de tel autre.

Je précise que je ne suis pas "rousseauiste", je ne vois pas l'homme comme naturellement bon, mais ce n'est pas pour autant que je considère que tout ce dont les êtres humains sont capables, c'est d'agir dans leur intérêt propre. A mon humble avis, le libéral vrai est tout aussi caricatural que le communiste convaincu - et il a des oeillères tout aussi larges.

Je sais , je ne suis qu'une sale socialiste (et même si c'est un socialisme à l'anglaise façon Orwell, c'est tout de même très mal).

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Intéressant le texte de Mandeville, Cadichon, mais il faut une bonne dose de naïveté pour croire qu'on peut en tirer un enseignement à notre époque. L'idée d'une croissance infinie au XVIIIème siècle pouvait se comprendre. De nos jours...cela ne va pas sans poser de problèmes. A moins d'avoir une foi absolue dans les progrès de la science et de la technique et de se dire qu'on pourra ne vivre qu'avec du vieux en recyclant en permanence... Auquel cas il faudrait commencer déjà par booster la recherche fondamentale et arrêter de ne prévoir que sur du court terme, pour faire du fric facile et rapide.
M'enfin, moi, je ne suis pas économiste, alors, mes petites réflexions ne valent peut-être pas grand-chose!

Ecrit par : Thalie-Thalie | 14 octobre 2007

Il fait tout gris, ce matin.

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

Pas du tout! Le ciel est bleu comme un ballon, tout doux, avec une luminosité dorée, celle que nous réserve l'automne si bienvenu à nos cœurs. Une petite ondée épanouirait pinets et grisets.

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Quand toute une vie n’est qu’un monceau de malheurs, de douleurs, de crimes. A quoi bon vieillir ?

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

Vieillir? Mais enfin, pour flâner à loisir dans les allées du parc Monceau!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

et non de l'homme tel qu'il est.
Kap

Bonjour Kap,
Mais l'homme tel qu'il est , c'est quoi?
Moi, je le vois plutôt égoïste et bien individualiste, non? Plutôt naturellement vicieux que vertueux, non?

Ecrit par : Thalie-Thalie | 14 octobre 2007

Pas du tout! Le ciel est bleu comme un ballon, tout doux, avec une luminosité dorée, celle que nous réserve l'automne si bienvenu à nos cœurs. Une petite ondée épanouirait pinets et grisets.

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Ma chère Dobolino, c'est bien joli, comme une réminiscence d'Eluard ce que vous nous dites. J'aime bien cela. Je le garde pour mes 5èmes.

Ecrit par : Thalie-Thalie | 14 octobre 2007

"C'est marrant comme certains fonctionnaires croient immédiatement à l'insulte et à la colère dès qu'on parle d'argent!"
Ce n'est pas l'allusion à l'argent, c'est le "vous", qui m'a fait penser que ça m'était destiné. Par ailleurs, comme le "j'vous rappelle que c'est mes impôts qui vous paient " est un leitmotiv chez les parents d'élèves en colère et que je l'entends assez régulièrement, je pouvais légitimement prendre votre réflexion comme légèrement agressive.

"Face ce genre de réflexe épidermique, on se pose sérieusement la question du bien-fondé évident d'une privatisation claire, nette et très libérale de l'enseignement. Vous seriez alors des prestataires de service du secteur tertiaire comme les autres et nos rapports seraient plus simples et plus constructifs."
Vous croyez ? Je connais relativement bien le système anglais (je laisse le système américain à Cadichon) , largement privatisé, et je peux vous dire que j'en doute. Enfin , bon, ça dépend ce que vous entendez par "simples et constructifs". De toute façon, dans un système très libéral, mon principal serait chef de l'entreprise collège machin et, effrayé par les quatre à cinq plaintes anti-grammaire et anti-notes en dessous de 10 , il m'aurait convoquée dans son bureau et remerciée, et j'aurais été tout aussi rapidement remplacée par un collègue pratiquant le 18 de moyenne et l 'atelier "mosaïques par collage de gommettes", ce qui aurait mis un terme à tout rapport , "simple et constructif" ou pas, avec les parents d'élèves. Vous allez me dire : "Il aurait alors reçu des plaintes des parents pro-grammaire !". J'en doute. Mon prédécesseur n'en branlait pas une avec les élèves, si bien que quand j'ai récupéré ses classes, les troisièmes ne savaient même pas ce qu'était un cas. Les déclinaisons : grand mystère. Une petite était désepérée car elle voulait faire hypokhâgne plus tard (une sorte d'ovni, dans mon clg) et ne connaissait rien en latin. Il n'était pourtant jamais venu à l'idée des parents de se plaindre : pensez , tous les gosses avaient plus de 15 de moyenne ! Le collègue à qui je succédais (homme charmant, par ailleurs), avait été excellemment noté par ses inspecteurs et demanda une mute pour un lycée français à l'étranger, qu'il obtint. Quant à moi, je vais demander une inspection cette année (jamais été inspectée), juste pour voir : je suis sûre que je vais me faire descendre en flamme.

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

"mais ayant ouvert une brèche "de principe", comme vous dites, extrêmement dangereuse."

Certains s'engouffrent dans d'autres brèches sans que cela n'émeuve notre brave Sibille, grande conscience et donneur de leçons...(nous avons notre petit BHL chez bonnet d'âne).
Mais c'est sans doute un détail (aïe je vais me faire attraper comme Fillon, "détail" est un mot tabou désormais).

http://www.dailymotion.com/group/2364/featured/video/x2j6hi_il-faut-eduquer-les-souschiens-les_news

Houria Bouteldja, porte-parole du Mouvement des Indigènes de la République, dans l'émission "Ce soir (ou jamais !)" de Frédéric Taddeï. 21/6/2007.

"Il faut rééduquer le reste de la société, la société occidentale. Nous, on les appelle les sous-chiens, puisqu'il faut bien leur donner un nom : les Blancs !"

Jeux de mots raciste antiblanc avec un mot inventé par Houria Boutelja : "souchiens" sur la base de "de souche".
Souschiens est d'autant plus fort que "chien" chez les musulmans est une des pires insultes : exemple "chiens de mécréants".

Pendant l'émission personne n'a réagit à cette insulte raciste antiblanc. Il y avait pourtant du monde, Frédéric Mitterrand, François Rollin, Edgar Morin, Fernando Arrabal, Caroline Fourest, le chanteur Abd Al Malik, le cinéaste J-J Beineix, etc.
Les jours suivants, dans les grands médias, très peu de réactions.

Imaginons le tintamarre et les condamnations qu'il y aurait eu sur le plateau et dans les grands médias, si un européen avait utilisé ce terme pour désigner les algériens ou les sénégalais par exemple. D'autant plus que Houria Bouteldja précise qu'il ne s'agit pas des Français "de souche" mais des blancs en général, donc par exemple un polonais immigré est lui aussi un sous-chien.
Cette absence de réaction n'a rien d'étonnant, le racisme anti-blanc est le plus courant en France et le seul autorisé. Ceci joint à la discrimination positive de Nicolas Sarkozy (et d'autres), fait qu'en France les Européens deviennent des sous-citoyens sur leur propre sol.

Ecrit par : Guillaume | 14 octobre 2007

Dobolino, qui est l'une des rares scientifiques à passer par ici, avait bien résumé ce que l'on pouvait attendre d'un usage intelligent des tests ADN (les positions de principe sur le sujet sont sans grand intérêt).
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007
Le problème qui se pose est l'ignorance totale de ce qu'est ce test ADN. On peut donc considérer que ceux qui le plébiscitent croient dur comme fer qu'il a la puissance que lui attribuent ceux qui le rejettent. Et, là, l'heure est grave car ceux qui le trouvent bien-fondé seraient donc des partisans de l'eugénisme????
Je le trouve bien-fondé pour les raisons que j'ai exposées plus haut et pour lutter contre la fraude aux alloc mais je suis absolument contre l'eugénisme, passé les limites d'une amniocentèse pour recherche de maladie génétique abomiable et avortement thérapeutique avant la fin du ciquième mois.
Je suis également à fond pour la régularisation des sans-papiers, immédiate et sans délai, meilleure façon à mon goût de lutter contre l'esclavage moderne et la fraude aux cotisations sociales.

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

"et non de l'homme tel qu'il est. Kap Bonjour Kap, Mais l'homme tel qu'il est , c'est quoi? Moi, je le vois plutôt égoïste et bien individualiste, non? Plutôt naturellement vicieux que vertueux, non?" écrit par Thalie.

Je pense que l'homme est capable d'être très égoïste, mais qu'il est aussi capable d'une grande générosité. Ces deux capacités étant inégalement réparties chez chaque individu pour des raisons diverses et variées. Illustration : j'ai regardé, il y a quelque temps, un doc anglais , expédié par mon conjoint, sur la mise en place du libéralisme en Angleterre. Il y était fait référence aux expériences menées par des chercheurs sur des théories scientifiques façon "dilemme du prisonnier" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dilemme_du_prisonnier). Les résultats était loin de correspondre aux attentes de l'équipe Thatcher : les gens participant aux expériences (gens qui ne se connaissaient pas) avaient trop tendance à collaborer pour obtenir de bons résultats, même quand ça n'allait pas dans le sens de leur intérêt privé - pour résumer rapidement.

Ce type d'expérience et d'autres raisons me poussent à penser que l'homme est capable d'être une ordure mais qu'il est aussi capable d'une grande générosité. Bref, et sans rentrer dans les détails, je considère que l'être humain est plus compliqué que ce que les libéraux de droite comme de gauche, croient.

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Je lis tout ces propos et, parfois trop assurée dans la critique, l'envie me prend d'offrir à tous, avec mention spéciale à Cadichon et JPB, ce "petit" texte.
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Citation :


La langue collatérale
Noam Chomsky (Massachusetts Institute of Technology)

La langue est le moyen par lequel nous sommes en interaction et en communication donc, forcément, les moyens de communication et, ce qui est plus important encore, le fondement conceptuel qui le sous-tend, sont utilisés afin d'essayer de modeler les attitudes et les opinions et induire ainsi conformité et subordination. Il n'est guère surprenant qu'il ait été mis en place dans les sociétés les plus démocratiques.
Le premier ministère de la propagande, appelé ministère de l'information, a vu le jour en Angleterre durant la Première Guerre Mondiale. La tâche qui lui fut assignée fut de contrôler l'esprit dans le monde entier. Ce qui les intéressait particulièrement c'était l'esprit des Américains et, plus exactement, l'esprit des intellectuels américains. Ils pensaient que s'ils arrivaient à convaincre les intellectuels américains de la noblesse de l'effort de guerre britannique alors les intellectuels américains pourraient réussir à entraîner la population essentiellement pacifiste de Etats-Unis, qui ne voulait rien avoir à faire avec les guerres des Européens, dans un élan de fanatisme et d'hystérie qui finirait par la décider à entrer en guerre. La Grande Bretagne avait besoin du soutien américain c'est pourquoi l'objectif de son Ministère de l'information fut d'atteindre l'opinion publique américaine et les leaders de l'opinion. L'administration Wilson a réagi en implantant ici la première agence d'Etat de la propagande, appelée Comité de l'information publique.
Le succès fut brillant ; surtout auprès des intellectuels américains libéraux, des gens du cercle de John Dewey, qui furent très fiers du fait que, pour la première fois dans l'Histoire, selon leurs vues, un fanatisme guerrier fut créé non pas par des leaders militaires ou politiques mais par les membres les plus responsables et les plus sérieux de la communauté, à savoir des intellectuels pleins d'idées. Et ils organisèrent une campagne de propagande qui, en quelques mois, a réussi à transformer une population relativement pacifiste en fanatiques enragés anti-allemands, prêts à détruire tout ce qui était allemand. Cela en arriva jusqu'au point où l'Orchestre philharmonique de Boston se trouva incapable de jouer du Bach. Le pays entier était entraîné en pleine hystérie.
Les membres de l'agence de propagande de Wilson comprenaient des gens comme Edward Bernays, qui allait devenir le gourou de l'industrie des Relations publiques et Walter Lippmann, le leader public intellectuel du XXe siècle, la figure médiatique la plus respectée. De façon explicite, ils ont profité de cette expérience. Si vous considérez leurs écrits des années 20, voici ce qu'ils disaient : Cela nous a appris que l'on pouvait contrôler l'esprit public, les attitudes et les opinions. C'est là que Lippmann a dit : « Nous pouvons fabriquer un consentement au moyen de la propagande. » Et Bernays d'affirmer : « Les membres les plus intelligents de la communauté sont capables d'entraîner la population où ils veulent. » Au moyen de ce qu'il appelle « l'ingénierie du consentement ». C'est là « l'essence de la démocratie », disait-il.
Cela a aussi mené à la promotion de l'industrie des relations publiques. Il est intéressant de jeter un coup d'œil sur les idées des années 20, à ses débuts. C'était l'époque du taylorisme en industrie, lorsqu'on formait les ouvriers pour en faire des robots avec chaque mouvement contrôlé. Les Bolchéviques aussi en furent impressionnés. Ils ont voulu copier le système. Mais ils l'ont essayé à l'échelle mondiale. Or, les experts en contrôle de la pensée ont très vite réalisé qu'on ne pouvait pas seulement l'appliquer pendant le travail mais aussi en dehors du travail. Tel était leur slogan. Contrôler hors du travail en introduisant une philosophie de la futilité, concentrant leur attention sur les choses superficielles de la vie, telle la consommation liée à la mode et ainsi les tenir occupés. Laisser les dirigeants faire ce qu'ils voulaient sans l'ingérence de la masse de la population qui n'a rien à voir dans l'arène publique. A partir de là sont nées d'énormes industries allant de la publicité aux universités, toutes soucieuses de mettre en pratique l'idée selon laquelle il faut contrôler les opinions et les attitudes parce que le peuple est trop dangereux.
Ce qui est particulièrement frappant, c'est que cette conception se soit développée dans les démocraties. On a essayé de la copier en Allemagne, en Russie bolchévique, en Afrique du Sud et ailleurs. Mais il s'agissait toujours d'un modèle foncièrement américain. Or ; il y a une raison à cela. Si vous contrôlez le peuple par la force, ce qu'il pense et ce qu'il ressent n'a pas d'importance. Mais si vous avez perdu la capacité de contrôler le peuple par la force, alors il devient extrêmement important de pouvoir contrôler les opinions et les attitudes.
Ceci nous amène au temps présent. Le public actuel n'accepte plus les agences de propagande d'Etat, c'est ainsi que le Bureau de la diplomatie publique de Reagan fut déclaré illégal et dut arrondir ses angles. Il fut remplacé par des tyrannies privées, des systèmes fondamentalement en corporation, dont le rôle était de contrôler les opinions et les attitudes sans recevoir d'ordres du gouvernement mais étroitement liées à lui, évidemment. Tel est notre système actuel. Très sûr de lui. Vous n'avez pas à chercher à savoir ce qu'on y fait, parce qu'ils sont assez aimables pour vous le dire dans les publications industrielles et académiques.
Voyons à présent, disons, les années 30, à la naissance d'une grande part des sciences politiques. Harold Lasswell, un wilsonien libéral, a écrit en 1933 un article intitulé « Propagande » dans L'encyclopédie des sciences sociales, une publication importante, dans laquelle il faisait passer le message suivant : « Nous ne devrions pas tomber dans le dogmatisme démocratique selon lequel les hommes sont les meilleurs juges de leurs propres intérêts [il s'agit de citations] ». Ils ne le sont pas, c'est nous qui le sommes. Or ; comme les gens sont trop stupides et ignares pour être conscients de ce qui est leur avantage, dans leur intérêt - nous, parce que nous sommes de grands humanitaires -, nous devons les marginaliser et les tenir sous contrôle. Et le meilleur moyen, c'est la propagande. La propagande n'a rien de négatif, assure-t-il. Elle est aussi neutre que le manche d'une pompe. Elle peut être utilisée à des fins bonnes ou mauvaises. Et comme nous sommes des gens nobles et merveilleux, nous l'utiliserons pour le bien, pour être sûrs que les masses stupides et ignorantes restent marginalisées et éloignées de toute capacité de prendre des décisions.
Les doctrines léninistes sont à peu près pareilles. Leurs ressemblances sont frappantes. Les Nazis les ont adoptées. Si vous lisez Mein Kampf, vous serez étonnés à quel point Hitler a été impressionné par la propagande anglo-américaine. Il prétendait, non sans raison, que c'est ce qui a fait gagner la Première Guerre Mondiale et il espérait que les Allemands seraient prêts aussi à la prochaine occasion et il a développé leur propre système de propagande, calqué sur les démocraties. Les Russes l'ont essayé, mais il était trop grossier pour être efficace. L'Afrique du Sud l'a employé, d'autres aussi et jusqu'à maintenant. Mais au vrai premier plan se trouvent les Etats-Unis, étant la société la plus libre et la plus démocratique, où il est d'autant plus important de contrôler les opinions et les attitudes.
Vous pouvez le lire dans le New York Times. Ils ont publié un article intéressant au sujet de Karl Rove, le manager du président - celui qui lui indique ce qu'il faut faire et ce qu'il faut dire. On y décrit ce que Karl Rove fait actuellement. Il n'était pas directement impliqué dans les plans de guerre, ni Bush d'ailleurs. Ce sujet était aux mains d'autres personnes. Il y dit que son but est de présenter le président comme un leader puissant en temps de guerre, visant les prochaines élections présidentielles de sorte que les Républicains puissent faire passer leurs décisions de politique intérieure sur lesquelles il se concentre, entre autres les réductions des impôts - ils prétendent que c'est pour l'économie mais en fait c'est pour les riches -, réduction d'impôts et autres programmes qu'il n'énumère pas pour ne pas lasser le lecteur, mais qui sont destinés à ne profiter qu'à un tout petit secteur d'ultra-riches et de privilégiés et à nuire à la grande masse de la population. Mais il y a quelque chose de bien plus significatif - non relevé dans l'article, à savoir le fait d'essayer de saper les bases institutionnelles des systèmes de soutien social ; d'essayer d'éliminer des choses comme les écoles et la Sécurité sociale et tout ce qui sert de base à la conception selon laquelle les gens doivent se sentir concernés les uns par les autres. Voilà une idée horrible qu'il faut arracher du cerveau des humains. L'idée qu'il faut faire preuve de sympathie et de solidarité, l'idée de venir en aide à la veuve infirme à l'autre bout de la ville qui ne trouve pas de quoi se nourrir, voilà ce qu'on veut maintenant supprimer du cerveau des gens
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Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Et, hélas, je continue... Incorrigible Dobolino!


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Citation :


De la propagande par Noam Chomsky

En introduction de cette question pour un petit brin de discussion, permettez-moi de commencer par opposer contradictoirement deux conceptions différentes de la démocratie. Une conception de la démocratie, est qu’il n'y a qu'une société démocratique dans laquelle le public a les moyens de participer d'une manière significative dans la gestion de ses propres affaires et des moyens d'information libres et ouverts. Si vous recherchez « démocratie » dans le dictionnaire, vous obtiendrez une définition de quelque chose comme ça.

Une conception alternative de la démocratie est que le public doit être exclu de la gestion de ses propres affaires et que les moyens d’information doivent être conservés de façon rigide et étroitement contrôlés. Cela peut ressembler à une étrange conception de la démocratie, mais il est important de comprendre que c'est le concept qui prévaut. En fait, cela fait longtemps, et pas seulement dans les faits, mais même en théorie. Il y a une longue histoire qui remonte aux premières révolutions démocratiques modernes dans l'Angleterre du XVIIe siècle, qui exprime en grande partie ce point de vue. Je vais juste m'en tenir à la période moderne et dire quelques mots sur la manière dont cette notion de la démocratie se développe et pourquoi et comment le problème des media et de la désinformation entre dans ce contexte.

DEBUT DE L'HISTOIRE DE LA PROPAGANDE
Permettez-moi de commencer par la première opération de propagande gouvernementale moderne. C'était sous l'administration de Woodrow Wilson. Woodrow Wilson a été élu président en 1916 sur la plateforme « paix sans victoire. » C'était au milieu de la Première Guerre mondiale. La population était extrêmement pacifiste et ne voyait aucune raison de s'impliquer dans une guerre européenne. L'Administration Wilson était effectivement engagée à faire la guerre et a dû faire quelque chose. Ils ont créé une commission de propagande gouvernementale, appelée la Commission Creel, qui a réussi, dans un délai de six mois, à transformer une population pacifiste, en population hystérique et belliciste qui voulait détruire tout ce qui était allemand, arracher les membres des Allemands uns à uns, aller à la guerre et sauver le monde.

Cela a été un grand succès, et cela a conduit à une nouvelle réalisation. Juste à cette époque et après la guerre, les mêmes techniques ont été utilisées pour exalter jusqu'à l'hystérie « la chasse aux Rouges », comme elle a été appelée, qui a réussi à peu près à détruire les syndicats et éliminer des problèmes aussi dangereux que la liberté de la presse et la liberté de la pensée politique. Il y eut un très fort soutien de la part des médias, des entreprises commerciales, qui, en fait, ont organisé – et soutenu en grande partie ce travail -- et ce fut en général un grand succès.

Parmi ceux qui y ont participé activement et ont fait l'enthousiasme des intellectuels progressistes, les gens du cercle John Dewey, qui en ont acquis une grande fierté, comme vous pouvez le voir à partir de leurs propres écrits à l'époque, en ayant montré que ce qu'ils appelaient les « plus intelligents membres de la Communauté » -- à savoir eux-mêmes -- ont été en mesure de conduire une population réticente dans une guerre terrifiante pour eux et obtenir un fanatisme chauviniste. Les moyens qui ont été utilisés étaient étendus. Par exemple, il y avait une bonne partie de la fabrication des atrocités commises par les Huns; les bébés belges avec leurs bras arrachés, toutes sortes de choses horribles que vous avez encore pu lire dans les livres d'histoire. Ils ont tous été inventés par le ministère de la propagande britannique, dont le propre engagement à l'époque, comme ils le notaient dans leurs délibérations secrètes, était « de contrôler la pensée de tout le monde. » Mais, plus fondamentalement ils voulaient contrôler la pensée des plus intelligents des membres de la communauté aux États-Unis, qui auraient alors diffusé la propagande qu'ils avaient concocté et converti un pays pacifique à l’hystérie du temps de guerre. Cela a fonctionné. Cela a très bien fonctionné. Et cela a enseigné une leçon : la propagande d'État, lorsqu’elle est prise en charge par les classes éduquées et quand aucune dérogation ne lui est autorisée, peut avoir un grand effet. Il s'agissait d'une leçon apprise par Hitler et beaucoup d'autres, et cela a été poursuivi jusqu’à ce jour.

LA DÉMOCRATIE DU SPECTATEUR
Un autre groupe qui a été impressionné par ces succès ont été les théoriciens démocrates libéraux et des personnalités des médias, comme, par exemple, Walter Lippmann, qui était le doyen des journalistes américains, un important critique de politique intérieure et extérieure et également l'un des principaux théoricien de la démocratie libérale. Si vous jetez un coup d'œil à ses essais recueillis, vous verrez qu'ils auraient pu être sous-titrés de quelque chose comme « Une Théorie progressive de la pensée démocratique libérale. » Lippmann a été impliqué dans la propagande de ces commissions et a reconnu leurs réalisations. Il a fait valoir que ce qu'il a appelé une « révolution dans l'art de la démocratie », pourrait être utilisé pour la fabrication du consentement, qui est de parvenir à un accord de la part du public pour des choses qu'elles ne voulaient pas voir par des nouvelles techniques de propagande. Il a aussi pensé que c'était une bonne idée, en fait, nécessaire. Elle était nécessaire parce que, comme il l'a dit, « les intérêts communs échappent entièrement à l'opinion publique » et ne peuvent seulement être compris et contrôlés que par une classe spécialisée d’hommes responsables qui sont assez futés pour résoudre ces choses.

Cette théorie affirme que seule une petite élite, la communauté intellectuelle dont les Deweyistes parlaient, peuvent comprendre les intérêts communs, dont chacun d'entre nous se soucie, et que ces choses « échappent au grand public. » C'est une opinion qui remonte à des centaines d'années. En fait, c’est très proche de la conception léniniste d'une avant-garde révolutionnaire d’intellectuels prenant le pouvoir de l'Etat, en utilisant des révolutions populaires comme la force qui leur apporte le pouvoir, et ensuite de conduire des masses stupides vers un avenir qu'elles sont trop bêtes et incompétentes pour l’envisager elles-mêmes.

La théorie démocratique libérale et le marxisme-léninisme sont très proches dans leurs hypothèses idéologiques communes. Je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles les gens ont constaté qu'il était très facile au cours des années à la dérive d'une position à une autre sans changer de sens particulier. C'est juste une question d'évaluation, d’où le pouvoir est situé. Peut-être y aura-t-il une révolution populaire, qui nous mettra au pouvoir de l'Etat ; ou bien il n'y en aura pas, et dans ce cas, nous allons simplement travailler pour les personnes ayant un pouvoir réel : la communauté des affaires. Mais nous ferons la même chose : Nous allons conduire les masses stupides vers un monde qu'ils sont trop bêtes pour comprendre par eux-mêmes.

Lippmann soutenait ceci par une théorie assez élaborée de démocratie progressive. Il a fait valoir que, dans une démocratie qui fonctionne correctement, il y a des classes de citoyens. Il y a tout d'abord la classe des citoyens qui doivent prendre un certain rôle actif dans la gestion des affaires générales. C'est la classe spécialisée. Ce sont les gens qui analysent, exécutent, prennent des décisions, et font tourner les choses dans les domaines politique, économique et idéologique. C'est un petit pourcentage de la population. Naturellement, quiconque met en avant ces idées est toujours partie de ce groupe restreint, et ils parlent de ce qu'il faut faire au sujet des autres.

Les autres, qui sont hors du groupe restreint, la grande majorité de la population, sont ce que Lippmann a appelé « le troupeau désorienté. » Nous devons nous protéger de la rage et du piétinement du troupeau désorienté. Maintenant, il y a deux fonctions dans une démocratie : La classe spécialisée, des hommes responsables, menant à bien la fonction exécutive, ce qui signifie qu'ils assurent la pensée et la planification et comprennent les intérêts communs. Ensuite, il y a le troupeau désorienté, et ils ont une fonction dans la démocratie. Leur fonction dans une démocratie, a-t-il dit, est d'être des spectateurs, et non pas des participants à l'action.

Mais ils ont une fonction en plus de cela, parce que c'est une démocratie. Parfois, ils sont autorisés à apporter leur poids à l'un ou l'autre membre de la classe spécialisée. En d'autres termes, ils sont autorisés à dire : « Nous voulons que vous soyez notre chef » ou « Nous voulons que vous soyez notre chef. » C'est parce que c'est une démocratie et non un État totalitaire. Mais une fois qu'ils ont prêté leur poids à l'un ou l'autre membre de la classe spécialisée ils sont censés revenir à s’abaisser et à devenir spectateurs de l'action, mais pas des participants. Et il y a une logique derrière ceci. Il y a même une sorte de principe moral impérieux derrière ceci. Le principe moral impérieux est que la masse du public est trop stupide pour être en mesure de comprendre les choses. Si elle essaie de participer à la gestion de leurs propres affaires, elle va juste causer des problèmes. Par conséquent, il serait immoral et inapproprié de leur permettre de le faire. Nous devons apprivoiser le troupeau désorienté, et non pas permettre au troupeau désorienté la rage et de piétiner et de détruire les choses. C'est à peu près la même logique qui dit qu'il serait inapproprié de laisser un enfant de trois ans, traverser la rue.

Vous ne donnez pas à un enfant de trois ans, ce genre de liberté parce que les enfants de trois ans ne savent pas comment gérer cette liberté. De ce fait, vous ne permettez pas au troupeau désorienté de devenir des participants à l'action. Ils causeraient juste des ennuis.

Ainsi nous avons besoin de quelque chose pour apprivoiser le troupeau désorienté, et ce quelque chose est cette nouvelle révolution dans l'art de la démocratie : la fabrication du consentement. Les médias, les écoles, et la culture populaire doivent être divisés. Pour la classe politique et les décideurs on doit leur donner quelques sens tolérable de la réalité, mais ils ont aussi à leur inculquer des croyances appropriées.

Il suffit de rappeler, qu’il y a un postulat tacite ici. Les prémisses non-dites -- et même les hommes responsables doivent se le déguiser pour eux-mêmes -- a à voir avec la question de la façon dont ils entreront dans la position où ils auront le pouvoir de prendre des décisions.

La manière dont ils le font, bien entendu, est de servir les personnes ayant un réel pouvoir. Les personnes avec le pouvoir réel de ceux qui sont propriétaires de la société, ce qui représente un très petit groupe. Si les classes spécialisées peuvent venir et dire, je peux servir vos intérêts, ils seront alors partie du groupe exécutif. Vous avez intérêt à maintenir ce calme. Cela signifie qu'ils doivent avoir pour eux des croyances et des doctrines qui serviront les intérêts du pouvoir privé. À moins qu'ils puissent maîtriser cette compétence, ils ne seront pas une partie de la classe spécialisée. Ainsi, nous aurons une sorte de système éducatif dirigé vers les hommes responsables, les classes spécialisées. Ils doivent être profondément endoctrinés dans les valeurs et les intérêts privés du pouvoir et de l'état des entreprises publiques qui représentent ceci. S'ils peuvent parvenir à ceci, alors ils peuvent faire partie de la classe spécialisée.

Le reste du troupeau désorienté doit juste être essentiellement distrait. Détournez leur attention vers autre chose. Gardez-les hors de danger. Veillez à ce qu'ils restent pour la plupart des spectateurs de l'action, de temps en temps en prêtant leur poids à l’un ou l’autre des vrais dirigeants, parmi lesquels ils peuvent choisir.

Ce point de vue a été développé par beaucoup d'autres personnes. En fait, il est assez conventionnel. Par exemple, un chef de file contemporain théologien critique de la politique étrangère Reinhold Niebuhr, parfois appelé « le théologien de l'établissement, » le gourou de George Kennan et des intellectuels Kennedy et autres, a exprimé l'avis que « la rationalité est très sévèrement limitée. » Seulement un petit nombre de personnes la possèdent. La plupart des gens sont juste guidés par l'émotion et l’impulsion.

Ceux d’entre nous qui ont la rationalité doivent créer des illusions nécessaires et des simplifications exagérées avec des émotions efficaces pour garder les simplets naïfs plus ou moins sur la bonne voie. Ceci est devenu une partie substantielle de la science politique contemporaine. Dans les années 1920 et au début des années 1930, Harold Lasswell, le fondateur du domaine des communications modernes et l'un des principaux scientifiques politiques américains, a expliqué que nous ne devons pas succomber aux « dogmatismes démocratiques » sur les hommes étant les meilleurs juges de leur propres intérêts. Parce qu’eux non. Nous sommes les meilleurs juges de l'intérêt public. Par conséquent, juste en dehors de la morale ordinaire, nous devons faire en sorte qu'ils n'aient pas la possibilité d'agir sur la base de leurs mésestimations.

Dans ce qui est appelé aujourd'hui un État totalitaire, puis un état militaire, ceci est facile. Vous tenez juste une matraque au-dessus de leur tête, et si elles sortent de la ligne, vous leur défoncez le dessus de la tête. Mais comme la société est devenue plus libre et plus démocratique, vous perdez cette capacité. Pour cela, vous devez vous tourner vers les techniques de la propagande. La logique est claire. La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à un État totalitaire. C'est sage et bien parce que, encore une fois, les intérêts communs consistent à éluder le troupeau désorienté. Ils ne peuvent pas les résoudre eux-mêmes.

******************************
Pardonnez-moi, Cadichon, car je ne sais pas ce que je fais...

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

C'est marrant comme certains fonctionnaires croient immédiatement à l'insulte et à la colère dès qu'on parle d'argent!"
Ce n'est pas l'allusion à l'argent, c'est le "vous", qui m'a fait penser que ça m'était destiné. Par ailleurs, comme le "j'vous rappelle que c'est mes impôts qui vous paient " est un leitmotiv chez les parents d'élèves en colère et que je l'entends assez régulièrement, je pouvais légitimement prendre votre réflexion comme légèrement agressive.


Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

C'était un vous collectif!
Ici, je ne tutoie que raremant (Catmano par habitude et Yann par tradition corporatiste, gniark!) mais, si vous le désirez, je vous tutoierai à compter de ce jour pour éviter tout malentendu...
Mon agressivité était plutôt tournée contre ces abrutis de parents d'élèves qui viennent en plus de plaindre que je jette illico à la poubelle leurs bulletins de vote.

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Personnellement, je vosu paye volontiers 2250 euros nets par moisen début de carrière pour que vous forciez mes gamins à apprendre vraiment leurs déclinaisons latines. Vous pouvez les forcer à faire du thème latin, allemand ou russe jusqu'à 21H30. J'applaudirai si vous me laissez faire mon travail pendant que mes gosses font le leur grâce à vos enseignements et si j'avais pu bénéficier aussi de ce" régime, déjà obsolète à mon époque scolaire, j'en aurais été ravie. Comme j'ai pu baver d'envie sur les souvenirs de collège de tous nos auteurs de souvenirs d'enfance et d'adolescence, même Vallès!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Vous, vous enseignez l'histoire, je parie.

Ecrit par : Kap

Non, je lis parfois de la littérature russe ou japonaise. Traduite en français, bien sûr.

Ecrit par : Moot | 14 octobre 2007

Dobolino, on peut résumer cela d'une manière courte et percutante : la plus belle victoire du diable c'est de vous persuader qu'il n'existe pas !

Ecrit par : iPidiblue avec une queue fourchue | 14 octobre 2007

Chère docteur Cadichon,

le texte de Mandeville m'a éclairé.

Je réfléchis au montage d'un racket (forcément asymétrique !)de notes et d'appréciations pour les élèves (et leurs parents).

Attention ! Pas de méprises : ce ne serait pas un petit racket racket mais un vrai racket avec recherche agressive de prospects, tarifs progressifs, paiement en trois fois possible (sous conditions), serveur et paiement sécurisé aux îles Caïman (c'est facile pour un dugong de s'y rendre). On peut même y adjoindre un volet social (bourses de racket) voire un volet d'insertion (ancien délinquant bénéficiant d'une formation commerciale pour les recouvrements et l'information dans les établissements).

Une activité économique supplémentaire génératrice d'emplois, une valorisation du commerce international...

Que du bonheur.

Merci docteur Cadichon, mon horizon s'éclaire.

PS : abeilles, caïmans, dugongs et ânes... Quel bestiaire ce blog !

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

Je suis tout à fait d'accord avec Noam Chomsky, Madame Dobolino. 100 %. J'aime particulièrement ce passage :

"Mais il y a quelque chose de bien plus significatif, à savoir le fait d'essayer de saper (...) tout ce qui sert de base à la conception selon laquelle les gens doivent se sentir concernés les uns par les autres. Voilà une idée horrible qu'il faut arracher du cerveau des humains. L'idée qu'il faut faire preuve de sympathie et de solidarité, l'idée de venir en aide à la veuve infirme à l'autre bout de la ville qui ne trouve pas de quoi se nourrir, voilà ce qu'on veut maintenant supprimer du cerveau des gens."

Et vive James Buchanan ! (http://fr.wikipedia.org/wiki/James_M._Buchanan)


Mais je sens que quelqu'un (je vous laisse deviner qui) va bientôt poster pour nous expliquer que Chomsky est un dinosaure gauchiste, une caricature de marxiste, un type qui a défendu le droit à s'exprimer (pas les thèses, hein ) de ce gignolo dangereux de Faurisson (attitude très libérale, par ailleurs, il faut le pointer du doigt), etc, etc.

Je signale, au passage, pour éviter toute confusion, que je considère bien Faurisson comme très dangereux (même si je le considère aussi comme un gignolo).

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Kap a écrit : "Mais je sens que quelqu'un (je vous laisse deviner qui) va bientôt poster pour nous expliquer que Chomsky est un dinosaure gauchiste, une caricature de marxiste, un type qui a défendu le droit à s'exprimer (pas les thèses, hein ) de ce gignolo dangereux de Faurisson (attitude très libérale, par ailleurs, il faut le pointer du doigt), etc, etc."

Attention nous prévient Kap, c'est subtil ! Chomsky préface la merde feuilletée de Faurisson, lui taille une pipe au nom de la liberté d'expression et ne trouve pas que sa bite a un goût qui sent le brûlé.

Plus loin, Kap nous précise qu'il "considère bien Faurisson comme très dangereux (même si je le considère aussi comme un gignolo)". C'est quoi être "très dangereux" plutôt que "dangereux" ? Hitler était-il aussi tout simplement un guignolo très dangereux" ?

Ca me fait gerber. Cette "gauche" là peut et doit crever. Beaucoup ne reviendront pas de sitôt dans une maison aussi mal fréquentée ! J'en fais partie.

J'ai beaucoup de mal à écrire calmement dans ce cadre. D'autres l'ont déjà fait bien mieux que je ne pourrai jamais :

http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

Merci, Dugong! Vous m'avez brûlé la politesse en ce qui concerne Chomsky. (D'ailleurs "explosé en vol" par Philippe Val sur France Inter, ce qui n'a pas eu l'heur de plaire aux islamo-gauchistes de l'Acrimed.)

"Cette absence de réaction n'a rien d'étonnant, le racisme anti-blanc est le plus courant en France et le seul autorisé. Ceci joint à la discrimination positive de Nicolas Sarkozy (et d'autres), fait qu'en France les Européens deviennent des sous-citoyens sur leur propre sol."

Ecrit par : Guillaume | 14 octobre 2007

Vous avez mille fois raison, Guillaume! C'est d'ailleurs ce que m'expliquait récemment un ami d'origine maghrébine, qui avait eu un accord de principe pour la location d'un appartement, et à qui l'agent immobilier, (un bon souchien) lui a dit que, finalement, il venait d'être loué, juste après qu'il ait donné son nom.

Ecrit par : Christophe Sibille | 14 octobre 2007

Bien, Dugong, je vois que vous caricaturez mes propos. Ce n'est pas votre réaction à vous que j'attendais, d'ailleurs, c'était celle de Cadichon - qui viendra sans doute plus tard.

Pour ce qui est de Chomsky, je considère qu'il a eu tort d'aller préfacer Faurisson et de prendre sa défense au nom de la sacro-sainte "liberté d'expression". Faurisson raconte n'importe quoi, c'est un manipulateur, de talent, de surcroît, car il sait donner à ses manipulations une allure scientifique qui peut convaincre les ignorants et les imbéciles. C'est en quoi il est très dangereux. Le fait que je parle de "gignolo" renvoie au fait que ses thèses ne sont aucunement scientifiquement prouvées - bien au contraire - contrairement à ce qu'il assène continuellement.

Quoi qu'il en soit, ce que je voulais suggérer, c'est que si Chomsky a pu parfois faire et dire n'importe quoi - et sa position très "libéral-de-gauche" pour une liberté d'expression absolue qui l'a poussé à défendre la liberté à s'exprimer de n'importe qui me paraît dangereuse, ce n'est pas une raison pour disqualifier tout ce qu'il a dit - et à mon sens, le premier texte cité par Dobolino contient des choses très justes. C'est tout.

Soit sit en passant, cette histoire de Chomsky défendant le droit à s'exprimer du révisionniste Faurisson au nom d'une liberté d'expression à laquelle il ne faudrait mettre aucun frein, voilà qui montre bien jusqu'où peut conduire le libéralisme (quand il est moral).

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

La vie est trop courte : il y a tant de choses à lire dans une vie d'homme qu'il est nécessaire de choisir.

J'ai choisi de ne plus rien lire de Chomsky qui soit ultérieur aux structures syntaxiques. Certains diront que "c'est dommage, parce que malgré tout, etc."

TANT PIS !

DEFINITIVEMENT !

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

Plus loin, Kap nous précise qu'il "considère bien Faurisson comme très dangereux (même si je le considère aussi comme un gignolo)".
Ecrit par Dugong.

Par ailleurs, Dugong, c'est "elle" et pas "il".

Et évitez de me faire la leçon sur Faurisson et le révisionnisme, je ne suis pas révisionniste, je considère que ce que Faurisson raconte est un ramassi de n'importe quoi et , même s'il y a un côté guignolo dans le n'importe quoi pseudo-scientifique d'Hitler, non, je ne considère pas Hitler comme un guignolo, pour des tas de raisons historiques que vous connaissez vous-même. "Guignolo" renvoyait à la nullité scientifique des thèses de Faurisson. Maintenant, si vous avez envie de vous énerver sur quelqu'un, allez par exemple chez l'abruti Lapinos (entre autres) qui, lui, défend réellement la liberté d'expression de Faurisson : http://lapinos.hautetfort.com/archive/2005/01/27/carre_blanc.html

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

"Par ailleurs, Dugong, c'est "elle" et pas "il"."

Désolé Kap de vous avoir pris pour ce que vous n'êtes pas.

En ce qui concerne les abrutis que vous citez, et pour les raisons exposées précedemment, "il y a des choses que c'est pas la peine" (Valery Larbaud).

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

"J'ai choisi de ne plus rien lire de Chomsky qui soit ultérieur aux structures syntaxiques. Certains diront que "c'est dommage, parce que malgré tout, etc."

TANT PIS !

DEFINITIVEMENT !"
Ecrit par Dugong.

Ah mais vous faites ce que vous voulez. Pour ma part, je dois avouer que je ne lis pas beaucoup Chomsky non plus (pas le temps non plus et pas plus envie que ça), sauf quand Dobolino poste un article fort intéressant de ce dernier.

Au fait, Dobolino, vous pouvez me tutoyer si vous avez envie, ça ne me gène pas. Pour le versement des 2250 euros net, demandez mes coordonnées à JPB. :=)

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

JPB a les coordonnées de Kap ?
Redonnez-les lui, pour voir… Il transmettra.

Sur la question du tutoiement, l'habitude de ce blog est d'éviter de singer celui des autres. Donc "vous", sauf liens de famille. J'ai les idées larges, mais les pronoms étroits. Même dans l'intimité.

Le texte de Chomsky posté par Dobolino est tout à fait remarquable (que les intentions qui ont présidé à sa conception ne soient pas les miennes me laisse indifférent : l'intelligence est l'intelligence). En particulier, l'analyse du transfert de moyens pour maintenir en obéissance un peuple dangereux et souvent stupide. L'Etat actuellement maîtrise admirablement les médias — et il ne suffit pas de ne pas avoir la télé pour s'y soustraire. C'est une forme de pouvoir qui mériterait un vrai analyste, un peu plus froid que Chomsky — mais dans la même veine — e tplus doué que moi. Et "société du spectacle", qui est vraiment devenu la tarte à la crème des sous-cultivés, ne suffit pas, loin de là, à expliquer ce qui se passe. Régulièrement, l'Etat pratique la mise en abyme — il est une société du double spectacle — et lui seul sait qui a le pouvoir de régie.
JPB, qui rentre d'une longue balade dans les vignes roussissantes, le ciel se couvre, "le vent se lève, il faut tenter de vivre"… Vous voyez, Pendariès, il y a d'autres poètes du Languedoc que Rouquette.

Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007

"JPB a les coordonnées de Kap ?
Redonnez-les lui, pour voir… Il transmettra."
JPB

Ben vous devez voir mon email, quelque part, vu qu'il faut le donner au blog pour pouvoir poster. C'est un type de coordonnée, non ? :=)

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

"avoir" pas "voir".

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Au fait, Dobolino, vous pouvez me tutoyer si vous avez envie, ça ne me gène pas. Pour le versement des 2250 euros net, demandez mes coordonnées à JPB. :=)

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

1) je ne suis pas révisionniste bien sûr, ça tombe sous le sens! Y'a que MàC pour s'imaginer le contraire à force de thérapie de ses prétendus chromosomes sur divan tenu par un x... stein ou x...man.
2) Tatata, on se calme!
2250*3/(18*25)
je m'explique 3/18 c'est le nombre d'heure de latin que vous dispenserez à ma fille par rapport au nombre d'heures rémunérées
1/25 parce qu'un seul des 25 élèves de la classe sera de ma responsabilité. Ce qui nous fait 25 euros par mois pour environ 14 heures de travail! Pas chir, dirait Toto! Je vous octroie en sus une retraite complémentaire de cadre supérieur et un treizième mois.
Si mon calcul est faux, n'hésitez pas à alerter le syndicat. Je suis disposée à toute négociation sensée.
un bémol: pour l'instant il n'y a que deux heures de latin au lieu de trois et, pour mon lycéen, c'est à l'heure du repas et regroupé avec toutes les secondes...

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Kap, je suis responsable du blog, mais je n'en suis pas l'administrateur. La petite fenêtre où l'on colle son mail n'est donc pas pour moi, mais pour le gestionnaire électronique : c'est juste au cas (et c'est arrivé ici même) où il prendrait à quelqu'un la fantaisie de déverser sa bile au delà des limites de la loi — et de ma patience.
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007

"2) Tatata, on se calme!
2250*3/(18*25)
je m'explique 3/18 c'est le nombre d'heure de latin que vous dispenserez à ma fille par rapport au nombre d'heures rémunérées
1/25 parce qu'un seul des 25 élèves de la classe sera de ma responsabilité. Ce qui nous fait 25 euros par mois pour environ 14 heures de travail! Pas chir, dirait Toto! Je vous octroie en sus une retraite complémentaire de cadre supérieur et un treizième mois.
Si mon calcul est faux, n'hésitez pas à alerter le syndicat. Je suis disposée à toute négociation sensée.
un bémol: pour l'instant il n'y a que deux heures de latin au lieu de trois et, pour mon lycéen, c'est à l'heure du repas et regroupé avec toutes les secondes..."

Ecrit par Dobolino.

Ah oui, du coup c'est vachement moins avantageux que ce que je m'imaginais. Et moi qui pensais m'être trouvé une petite place de préceptrice, pépère... C'est raté.

Je viens aussi de me rendre compte que j'ai été incapable d'écrire correctement "guignolo", dans mes messages précédents. Soit c'est freudien, soit c'est ma crève.


Au fait, à Pendariès : merci pour cet extrait de "Médée" de Rouquette. C'est presque aussi beau qu'Euripide et Corneille, et c'est plus à mon goût que Sénèque. Je vais tâcher de mettre la main dessus quand le livre sortira.

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Kap, je suis responsable du blog, mais je n'en suis pas l'administrateur. La petite fenêtre où l'on colle son mail n'est donc pas pour moi, mais pour le gestionnaire électronique : c'est juste au cas (et c'est arrivé ici même) où il prendrait à quelqu'un la fantaisie de déverser sa bile au delà des limites de la loi — et de ma patience.
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007
De toute façon, je n'ai pas besoin de son mail mais de son RIB!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Je viens aussi de me rendre compte que j'ai été incapable d'écrire correctement "guignolo", dans mes messages précédents. Soit c'est freudien, soit c'est ma crève.


Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

J'avais pensé que c'était freudien: 2250 euros pour un gigolo, ça fait pas chir!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

"Kap, je suis responsable du blog, mais je n'en suis pas l'administrateur. La petite fenêtre où l'on colle son mail n'est donc pas pour moi, mais pour le gestionnaire électronique : c'est juste au cas (et c'est arrivé ici même) où il prendrait à quelqu'un la fantaisie de déverser sa bile au delà des limites de la loi — et de ma patience. "
JPB

Je sais, mais je me disais que vous n'auriez pas trop de mal à mettre la main sur un email, si vous en aviez vraiment besoin. Enfin, de toute façon, le plan "précepteur" n'étant pas aussi rémunérateur que je l'avais cru, c'est pas bien grave si vous n'avez pas mes coordonnées.

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

De toute façon, je n'ai pas besoin de son mail mais de son RIB!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007
En plus, il parait que c'est hyper fastoche pour quelqu'un qui se débrouille d'extraire nos mails sur ce blog. Un ami versé en informatique m'a repérée ici très facilement. il m'a conseillé d'en mettre un faux, ce qui marche aussi!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

"De toute façon, je n'ai pas besoin de son mail mais de son RIB!"
Dobolino

Que je comptais bien vous communiquer par email.


"J'avais pensé que c'était freudien: 2250 euros pour un gigolo, ça fait pas chir!"
Dobolino

Tout dépend de la qualité du service et de la durée de location.

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

A noter, Catmano, qu'une des idées, en créant les IUFM, était justement de créer des ponts allant des enseignants de maternelle aux profs de lycée. Idée noble s'il en fut. Et certaines formations en commun ont été plébiscitées par beaucoup de stagiaires, parce qu'ils y découvraient entre autres choses, par ce biais, ce qui se faisait dans les autres niveaux scolaires.

Ecrit par : Christophe Sibille | 13 octobre 2007

Idée noble en effet ! En réalité, la transparence et l'harmonisation des programmes ainsi que la cohérence des pratiques entre deux classes successives (et ce, dans une même école !) seraient déjà une grande victoire. A part cas particuliers, on en est vraiment très loin ! C'est tout et n'importe quoi !
"Mais, Monsieur Venot, respectez la liberté pédagogique ! "
Pour les gamins, elle est où la liberté ?
Thierry Venot

Ecrit par : Thierry Venot | 14 octobre 2007

"le vent se lève, il faut tenter de vivre"

Paul Valéry, poète finalement parisien, même avec son "Cimetière marin"!

Pour Kap, Corneille - trop barbare, rentre-dedans et tape à l'oeil
Euripide, oui - Rouquette, sans aucun doute son égal, voire plus. Lisez sa "Médée" en entier.

Je vous dirai quel iconoclaste, vénéré par les Latinistes et les Hellénistes, a lui aussi dit cela.

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

"Pour Kap, Corneille - trop barbare, rentre-dedans et tape à l'oeil"
Pëndariès

Ah mais c'est très beau quand les vers sont bien dits. Et puis, des vers barbares, pour une colchidienne.. Enfin bon, je suis d'accord pour admettre que "Médée" n'est pas ma pièce préférée de Corneille.

"Euripide, oui - Rouquette, sans aucun doute son égal, voire plus"
Pendariès

Zêtes sûr que vous ne vous laissez pas emporter par l'enthousiasme, là ? Parce que quand même, la "Médée" d'Euripide, c'est du très, très grand Euripide.

"Lisez sa "Médée" en entier."
Pendariès

Ok, je fais ça et on en rediscute.

"Je vous dirai quel iconoclaste, vénéré par les Latinistes et les Hellénistes, a lui aussi dit cela."

Il est lui-même latiniste ou helléniste ?

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Max Rouquette : arrive après la bagarre et pas plus musicien que les braillards que j'entendais hier soir dans le métro parisien chanter faux la Marseillaise !

Au fait y aurait-il dans l'assistance un aimable professeur qui pourrait prendre le soin de faire chanter juste à la jeunesse française, au moins son hymne national ?

Ecrit par : iPidiblue a l'oreille | 14 octobre 2007

Pour TV et les autres.
La question de la liberté pédagogique mérite mieux qu'une motule, et je m'y mettrai un de ces jours. Ce qui est sûr, c'est que l'alibi de la liberté pédagogique a permis aux barbares, malgré tous les arrêtés Robien sur la lecture, de continuer à faire du global and co.
Ce n'était donc pas la bonne méthode pour changer de méthode.
Je ne voudrais pas avoir l'air de deviner les intentions du ministre, mais je parierai qu'il va opérer autrement.
Par exemple…
Il pourrait décréter une totale liberté pédagogique (ainsi, les instits qui pratiquent du b-a-ba ne seraient plus inquiétés.
En même temps, on pourrait — je parle au hasard, bien sûr — supprimer les cycles, en redonnant à chaque classe des objectifs clairs. Ainsi, il suffit d'un arrêté pour décréter qu'on saura lire et écrire à la fin du CP — et qu'on maîtrisera de surcroît les quatre opérations.
À charge à l'inspection de veiller au résultat (la culture du résultat est à mettre en place, mais je parierais volontiers qu'elle intéressera les parents, et même les dirigeants de la FCPE).
Je sens d'ici l'angoisse de certains — en fait, de la majorité. Comment faire ?
Eh bien, dans un second temps, on leur expliquera que le SLECC tient à leur disposition des programmes tout écrits qui parviennent à réaliser ces objectifs sans laisser personne derrière - sinon les bébés-lune.
Imaginons pendant qu'on y est que le ministre, un matin où il ne saurait que faire, aille sans tambour ni trompette, mais avec quelques journalistes spécialisés, visiter une classe animée par l'un des militants du GRIP.
Qui veut parier qu'en deux ans, ces programmes deviendront la norme, et qu'ils envahiront par voie de conséquence ce qui restera alors des IUFM ?
C'est cela, je crois, la méthode Darcos — peu de bruit et des actes.
JPB
PS. Bien sûr, c'est de la fiction… Tout le monde sait que j'écris pour ne rien dire.

Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007

"Ainsi, il suffit d'un arrêté pour décréter qu'on saura lire et écrire à la fin du CP — et qu'on maîtrisera de surcroît les quatre opérations."
Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007

Correction pour que les "sourds" entendent bien ce qu'il faut entendre :

"on maîtrisera l'intégralité des graphèmes du français et on saura lire tout mot inconnu" !

Ecrit par : Un hussard | 14 octobre 2007

Autre correction pour que les "aveugles" lisent bien ce qu'il faut lire :

"on saura écrire tout seul comme un grand, avec sa main personnelle, sans l'aide d'un nègre, une phrase cohérente et décryptable par quiconque, y compris non enseignant" !

Ecrit par : Un hussard | 14 octobre 2007

"Qui veut parier qu'en deux ans, ces programmes deviendront la norme, et qu'ils envahiront par voie de conséquence ce qui restera alors des IUFM ?"

Pas moi.

Je n'aime pas les jeux de hasard qui se présentent comme déterministes ("gagnant - gagnant"). Le "par voie de conséquence" me semble très hasardeux. Notamment à cause de l'existence d'un grand nombre d'IEN pédagogistes.
Vous voyez Frakoviack, bessif, se sentir contraint de lâcher les "connaissance en cours d'acquisition" ?

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

Dernière correction pour ce soir :

"on maîtrisera au plus tard en février l'intégralité des graphèmes du français et on saura lire tout mot inconnu" !

Car si les ânes ont de grandes oreilles, c'est pour mieux ne rien entendre du tout.

Sanction à opposer à tout âne qui persistera à ne rien entendre : recopier l'intégrale de Meirieu en belle cursive, avec les pleins et le déliés !

Ecrit par : Un hussard | 14 octobre 2007

L'école, soignée à coup de prises massives d'antipedago programmées sur 2 ans ?

Si j'ai bien compris un antipedago est un médicament qui empêche l'agent infectieux de sévir en réduisant sa durée d'action ?

Dommage que le prix Nobel de médecine ait déjà été attribué pour cette année !

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

Non seulement ça, Pirouette, mais malgré les interventions riches de Catmano, très peu d'intervenants de ce blog savent réellement ce qui se passe dans une classe de maternelle.

Ecrit par : Christophe Sibille | 13 octobre 2007

A l'intention des petits curieux, voilà ce qui se passe avec moi en maternelle. Je vous livre ci-dessous l'introduction de ma méthode intitulée " De l'écoute des sons à la lecture " qui présente la progression que j'utilise en GS ( Catmano connait ce document). Je travaille en collaboration étroite avec les instits de CP qui utilisent une méthode alphabétique ( j'ai bataillé ferme pour les convaincre !).
Résultat: En utilisant un apprentissage explicite et une progression cohérente entre la maternelle et le CP, la totalité des élèves lisent à la Toussaint ( sauf problème cognitif éventuel ou "véritable" dyslexie). Les instits de CP nagent dans le bonheur ( fait suffisamment rare pour être mentionné).
Les résultats sont indéniables. Il faut à tout prix que la grande section de maternelle et le CP constituent le noyau dur de l'apprentissage de la lecture; cet apprentissage ne s'improvise pas; il doit être confié à des maîtres spécialement formés. C'est, à mon avis, la réforme la plus urgente.
Pourquoi cette méthode

Constats

La majorité des enfants de cycle 2 qui peinent ou qui sont en échec dans l’apprentissage de la lecture présentent un retard de langage ( syntaxe incorrecte, lexique pauvre, problèmes de compréhension de l’oral… ).
Les élèves en échec ont presque tous des difficultés conceptuelles dans la connaissance des différents éléments constitutifs de la langue (le mot dans la phrase, la syllabe, le phonème dans le mot) ; ils ont également une connaissance très approximative du code grapho-phonétique.
Dans la majorité des cas, le type d’enseignement proposé au cours préparatoire s’appuie sur des compétences langagières supposées installées ; or, celles-ci sont souvent bien éloignées des compétences réelles.
En proposant de traiter en même temps la syntaxe, la reconnaissance visuelle des mots, le code grapho-phonétique et le sens, les méthodes de lecture les plus souvent employées noient les enfants les plus fragiles dans un trop plein d’informations. Seuls les enfants les plus structurés, au langage bien développé, sont à même de trouver les repères dont ils ont besoin pour devenir de bons lecteurs. Les autres sont prématurément découragés par ce flot d’informations à traiter.
Pour expliquer ces nombreux échecs, on parle souvent d’immaturité, de difficultés au sein du milieu familial, de problèmes psychologiques ou orthophoniques, de retard intellectuel. Si ces causes sont parfois réelles, elles ne peuvent à elles seules servir de modèle explicatif (voire de justification) aux difficultés rencontrées dans l’apprentissage de la lecture.
Alors que les textes officiels préconisent un apprentissage de la lecture étalé sur l'ensemble du cycle 2, en grande section de maternelle, le travail effectué sur l'écrit est presque exclusivement global : reconnaissance visuelle de graphèmes et de mots (prénoms, jours de la semaine, mémorisation de petites phrases). Le travail de phonologie est encore très marginal ; lorsqu'il existe, il ne s'inscrit pas dans une progression réfléchie.
Dans une société où l’image et le plaisir immédiat prennent une place de plus en plus importante, la qualité du langage des enfants a tendance à s’appauvrir. Le langage reste malgré tout l’outil de communication majeur ; sa richesse est un facteur indispensable à l’élaboration du raisonnement logique et de la pensée complexe.


La méthode

Pour prévenir efficacement les difficultés à venir ou avérées, il faut proposer aux enfants, et ce dès la grande section de maternelle, un travail sur le langage oral et écrit qui soit systématique, progressif et structurant.
La méthode qui vous est proposée a pour ambition d’améliorer les aptitudes linguistiques des enfants à travers le développement de leur conscience syntaxique et de leur conscience phonologique. Ces deux compétences sont essentielles pour aborder le monde de l’écrit de façon logique et structurée. Cet ouvrage est composé d'un livret d'activités et d'un fichier d'exercices à réaliser « sur table ».
Le contenu de cette méthode peut paraître ambitieux ; il a pourtant a été expérimenté avec succès auprès d'une centaine d'enfants de grande section scolarisés dans cinq établissements scolaires rattachés au secteur du R.A.S.E.D de Château-Renard (Loiret). Je précise que ce secteur est, socio-culturellement, plutôt défavorisé.
. Le nombre d’enfants des groupes concernés par ce projet variait de 10 à 14. La prise en charge a duré toute l’année scolaire à raison d’une séance hebdomadaire d’une durée d’environ 40 minutes. Les deux instituteurs spécialisés du secteur se sont associés pour conduire cette activité ; cela a permis à celui qui s’est positionné en observateur, d’une part d’évaluer individuellement l’impact de ce travail sur les enfants et d’autre part d’apporter son regard critique sur le déroulement et le contenu des séances.
Les exercices proposés dans le fichier sont destinés à renforcer et à évaluer les notions étudiées pendant les séances. Le fichier propose également une progression rigoureuse en écriture ; en effet, dès que l’étude systématique des lettres de l’alphabet est entamée, il est impératif que la progression en écriture se fasse de façon simultanée. Chaque lettre doit donc pouvoir être reconnue visuellement et auditivement, prononcée correctement mais également écrite. La multiplication des « entrées » sensorielles va conduire l’enfant à une véritable intimité avec les lettres. La pratique conjointe de l’écriture joue un rôle majeur dans l’apprentissage de la lecture car elle ancre la mémorisation par un acte moteur et une trace concrète.
L’objectif de cette méthode n’est pas de proposer un apprentissage prématuré ou un « forçage » (forcément voué à l’échec) à des enfants qui ont, dans cette section, des degrés de maturité intellectuelle et psychologique très variables. Il y a parfois une année d’écart entre les plus jeunes et les plus âgés, ce qui à cet âge constitue une différence énorme de maturation individuelle. Ne pas tenir compte de cette réalité, en proposant d’emblée un apprentissage trop complexe, serait une attitude anti-pédagogique: Les meilleurs progresseraient rapidement ; les plus faibles, découragés par des activités hors d’atteinte, ne tireraient aucun profit du travail proposé.
Le pari de cette méthode est d’amener tous les élèves au meilleur de leurs possibilités et ce quelles que soient leurs aptitudes de départ. Il faut pour cela proposer, à tous, une pédagogie adaptée et vivante qui aille de la simplicité vers la complexité. Cette règle (du simple vers le complexe) doit bien évidemment être respectée dans la progression annuelle mais également dans le déroulement de chaque séance. En procédant de cette manière, chaque enfant peut, en fonction de ces capacités, tirer profit des activités proposées. Il faut, bien sûr, accorder plus de temps aux enfants qui peinent et qui ne peuvent compter que sur l’école pour combler des inégalités socio-culturelles importantes. Il faut par contre, offrir aux enfants les plus matures des connaissances qui soient en rapport avec leurs capacités intellectuelles. Si en cours d’année le niveau des groupes devient trop hétérogène, il ne faut pas hésiter à les remanier afin que chaque enfant s’enrichisse au mieux de l’apprentissage proposé. Les enfants de cet âge adorent apprendre ; il faut s’appuyer sur cette envie pour les faire entrer avec bonheur dans le savoir.
Cette méthode composée de jeux et d'exercices interactifs propose aux enseignant(e)s de nombreuses pistes de travail. Pour que ces activités, qui demandent aux enfants beaucoup de concentration, soient efficaces et bénéfiques pour le plus grand nombre, il est souhaitable qu'elles s'adressent à des groupes ne dépassant pas dix élèves ( par exemple dans le cadre d'un fonctionnement par ateliers). Les enseignant(e)s spécialisés peuvent également utiliser cet ouvrage dans un projet de prévention.
Dans cette méthode le nombre de séances autour d'un thème n'est pas spécifié ; par contre,les activités s'enchaînent de façon logique ; donc, pour que ce travail soit structurant, il est souhaitable que la progression soit respectée ( voir le tableau : progression annuelle).
Pendant les séances, l'exigence quant à la qualité du langage est de tous les instants. Pour favoriser la mémorisation, la répétition est utilisée sans modération. La démarche pédagogique utilisée dans cet ouvrage s'oppose aux théories constructivistes ; elle s'appuie sur la transmission des connaissances. Cet apprentissage se veut précis, logique, progressif, cohérent, explicite et structurant ; il s'échafaude de semaine en semaine en strates successives.
Le but de cet ouvrage est de préparer idéalement les élèves de grande section à l'apprentissage de la lecture par la voie alphabétique. Vous n'y trouverez donc aucun exercice de reconnaissance globale (de mots ou de phrases) ni de plongée prématurée et obscurantiste dans l'écrit.
En fin d'année scolaire, les enfants auront amélioré la correction et la précision de leur langage. Ils auront pour la plupart compris le principe alphabétique (fusion phonémique, succession syllabique) et acquis de nombreuses connaissances relatives à l'écrit. Les élèves pourront lire et écrire des mots et des phrases simples (sans sons complexes) sur lesquels ils mettront du sens. Ils seront (à des degrés divers) tous préparés à entrer au cours préparatoire.
Au delà de ces objectifs pédagogiques, le but de cette méthode est d'apprendre aux enfants à réfléchir.
En posant des questions, en établissant un rapport logique entre cause et effet, en s'entraînant à prouver, à analyser, à synthétiser, à raisonner et bien sûr à douter, l'enfant structure son langage, sa pensée et par conséquent son intelligence.


Pourquoi vouloir développer la conscience phonologique et la conscience syntaxique

De nombreux travaux font clairement apparaître que l’entraînement phonologique améliore de façon très importante les performances en lecture. Un rapport étroit entre le niveau de conscience phonologique et l’aptitude à entrer dans l’écrit a été mis en évidence. Cette compétence, parmi d’autres, conditionne l’apprentissage de la lecture. Elle semble être le meilleur indicateur pour la réussite future. Le développement de cette conscience permet d’aborder avec plus d’aisance le décodage et le passage à l’écrit ; il apporte un éclairage sur le rapport entre la parole et sa transcription graphique.
Dans l’entraînement phonologique les mots sont l’objet d’une véritable investigation ; ils sont analysés, synthétisés, décomposés parfois même déstructurés ou « mutilés » .Dans le travail de conscience syntaxique, c’est la phrase qui est l’objet de toutes ces «attentions» et plus particulièrement les mots qui en sont les composants. Le travail de conscience syntaxique a pour but d’améliorer la qualité du langage en amenant les enfants à enrichir leur discours sur le plan de la rigueur, de la logique et de la précision.

Les grandes étapes de cette méthode

I - Les préalables spatio - temporels
Avant d’entamer tout travail sur la syntaxe et la phonologie, il faut avoir développé un certain nombre de compétences préalables. Le développement de ces compétences constitue la première partie de cette méthode. L’apprentissage de la langue écrite demande à l’enfant des aptitudes de traitement séquentiel. L’enfant doit apprendre à maîtriser les termes « avant » et « après », « juste avant » et « juste après », « premier » et « dernier ». Il doit comprendre que ces informations peuvent s’exprimer sur le plan auditif et sur le plan spatial. Il doit également, en établissant une correspondance entre la « chaîne parlée » et la « chaîne écrite », apprendre à jongler aisément entre ces deux plans. Il doit enfin, dans des activités d'analyse et de synthèse, pouvoir dénombrer les éléments d'une suite, leur donner un ordre et pouvoir les identifier en fonction de cet ordre. L’entraînement phonologique et syntaxique ne peut commencer que lorsque la notion de séquence est bien installée. Pendant cette première étape, les enfants effectueront les exercices de graphisme préparatoires à l’écriture.
L’ensemble de ce projet demande beaucoup de concentration et une « écoute » attentive. Ce travail d’écoute constitue donc une compétence qui doit être développée préalablement.

II - La conscience syntaxique
Les activités proposées dans ce chapitre sont principalement orales. Dans les parties qui utilisent un support écrit la représentation des mots de la phrase est symbolique (pictogrammes puis étiquettes cartonnées blanches), en effet, la présence de mots écrits (exclue dans ce chapitre) transformerait un travail de traitement organisationnel en un simple exercice de reconnaissance visuelle sans rapport avec les objectifs visés.
Dans cette méthode les mots écrits ne sont introduits que lorsque les enfants ont les connaissances nécessaires pour les analyser et les synthétiser.
Les séances de ce chapitre ont pour objectif d'améliorer la qualité du langage en s'appuyant sur des activités relatives à son organisation. Elles permettent aux enfants de développer un regard critique sur la structure des énoncés qui leur sont proposés ainsi que sur leur propre production langagière. Cette méthode propose un travail d'analyse de l'oral et amène les enfants à comprendre que l'écrit est la transcription symbolique de la parole ou de la pensée.
En partant de la représentation idéographique de la « chaîne parlée », l'objectif affiché est de définir les notions de phrase et de mot.
Un entraînement spécifique qui s'appuie sur les compétences développées dans la première partie vient clore ce chapitre:
• Compter le nombre de mots d'une phrase.
• Identifier un mot en fonction de son rang dans la phrase.
• Identifier une phrase en fonction du nombre de mots qui la composent.
En apprenant aux enfants à analyser le « langage parlé », ces activités permettent également de prévenir les problèmes de segmentation de la « chaîne écrite » souvent rencontrés au cours préparatoire.

III - Les syllabes
Ce chapitre à pour objectif de développer la perception auditive des syllabes ; celles-ci sont mises en évidence par la prise de conscience du phénomène articulatoire (ouverture et fermeture de la bouche, émission d’un souffle, mouvement de la bouche et des lèvres). Afin de mettre en évidence les dernières consonnes de certains mots, le découpage syllabique est fait en tenant compte des « e muets » ( ex : 3 syllabes dans le mot « pirate » pi - ra – te) . Cette décomposition maximale des mots apporte une aide précieuse lors du passage à l’écrit. Les activités proposées dans cette partie entraîneront les enfants à…
• Compter le nombre de syllabes des mots.
• Rythmer la succession des syllabes
• Classer les mots en fonction de leur nombre de syllabes
• Repérer une syllabe dans un mot.
• Repérer une syllabe en fonction de son rang dans le mot.
• Trouver un mot dont les syllabes sont proposées dans le désordre.
IV - Les voyelles
Dans le système alphabétique, les unités de langage que sont les phonèmes sont représentées à l'écrit par les graphèmes (lettres). L'enfant doit non seulement distinguer les sons les uns des autres mais il doit également apprendre à faire correspondre chaque phonème à un graphème.
Parmi les phonèmes qui composent notre langue, ceux qui sont les mieux perçus par l'oreille humaine sont les voyelles ; c'est pourquoi, avec le souci permanent d'aller de la simplicité vers la complexité, elles sont les premières lettres étudiées. Pour favoriser la mémorisation, les activités d'écriture doivent bien entendu suivre une progression parallèle. Toujours avec la volonté de respecter une progression naturelle, les exercices de reconnaissance auditive se feront en trois étapes: perception au début du mot, perception à la fin du mot et enfin perception dans l'ensemble du mot avec le respect de la notion d'ordre.
Les voyelles étudiées sont (a – i – o – u – é – e).La lettre e, souvent muette dans les syllabes orales ne fait pas l'objet d'une étude aussi systématique que les autres. Elle reprendra toute son importance dans le chapitre consacré à l'étude des syllabes écrites (dans ce cas le e est rendu sonore pour mettre en évidence les dernières consonnes).Le y, phonétiquement semblable au i, ne sera pas étudié. Après des exercices de graphisme préparatoires, les enfants doivent être entraînés à écrire les voyelles (voir fichier).
V - Les consonnes
Comme pour les voyelles, les enfants sont entraînés à percevoir les consonnes grâce à l'analyse phonologique. La mise en évidence des phonèmes étudiés se fait par substitution ou élision de la première consonne des mots proposés. Les lettres sont ensuite reconnues visuellement puis écrites. Comme pour les voyelles, la détermination de l'ordre des consonnes dans les mots se fait en plusieurs étapes. La distinction entre le nom et le son des lettres fait l'objet d'un travail systématique de mémorisation avec en appui la méthode gestuelle « Borel- Maisonny ».Cette cinquième partie propose de nombreux exercices de tri, de choix et de classement.
Les consonnes et phonèmes étudiés sont dans l'ordre: R – M – B – S– L – P – V – T –D C – N- CH et F ( cette liste représente un maximum qu’il n’est pas nécessaire d’atteindre ).

VI - Les consonnes, les syllabes écrites et les premiers mots
Les compétences phonologiques développées dans les chapitres précédents ainsi que la connaissance du code alphabétique permettent aux enfants de synthétiser sans difficulté les différentes familles de syllabes simples.
Exemple, famille du « rrr... »: ra – ri – ro – ru – ré – re
L'enseignant(e) amène les enfants à constater que la synthétisation des syllabes simples répond à un mécanisme associatif entre les consonnes et les voyelles et que ce mécanisme est directement lié au phénomène articulatoire. L'analyse et la synthèse de mots simples correctement orthographiés, mettent en évidence les lettres muettes.
Pour renforcer tous ces acquis, l'apprentissage de l'écriture doit suivre une progression parallèle. Ces syllabes peuvent donc être écrites et lues De nombreuses activités de reconnaissance auditive et visuelle sont proposées aux enfants. Les exercices « sur table » du fichier sont destinés à renforcer et à évaluer individuellement les compétences étudiées en petits groupes. Des mots simples composés de syllabes connues sont analysés, écrits puis lus.
VII – Les premières lectures
En fin d'année scolaire les enfants peuvent analyser, synthétiser et écrire des dizaines de mots composés de syllabes simples. Ils peuvent également lire et écrire de petites phrases même quand celles-ci contiennent des mots nouveaux (synthétisables en fonction des connaissances acquises). Ils connaissent de nombreuses notions ainsi que le vocabulaire de base relatif au langage oral et écrit ( phrase, mot, syllabe, lettre, voyelle, consonne ). Au début du cours préparatoire, l'enseignant(e) qui utilise une méthode alphabétique peut rapidement proposer des textes riches et variés en s'appuyant sur le travail effectué en grande section de maternelle.

Ecrit par : Thierry Venot | 14 octobre 2007

Appliquez le raisonnement aux individus, et vous avez exactement ce que Cadichon appelle le libéralisme (ai-je bien interprété votre pensée, ma chère ?)
JPB

Je ne sais pas s'il y a une définition du libéralisme proprement cadichonnesque, ce serait me faire bien trop d'honneur..
La "fable" de Mandeville a simplement comme toute fable une morale.

Comme les romans de Ayn Rand ( on en reparle ici beaucoup ces jours-ci car son "Atlas Shrugged" a juste 50 ans) sont des paraboles pro-capitalistes, sur fond d' idéal inaccessible, lumière qui guide dans la nuit, telle la paix éternelle de Kant, cette clarté au dessus de la forêt qui fait pousser vers elle les branches des arbres...
---------------

"'Vous êtes donc bien un libéral, à la fois dans le domaine économique et politique. Pas étonnant que vous admiriez autant Cadichon. Pour ma part, je considère cette théorie de la vertu par le vice et de l'homme uniquement (et naturellement) poussé par son intérêt propre comme extrêmement naïve et, à terme, mortifère.
Je sais , je ne suis qu'une sale socialiste (et même si c'est un socialisme à l'anglaise façon Orwell, c'est tout de même très mal).
Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007


Encore une fois ma modestie naturelle ne peut le permettre: pas ""d'admiration""; écoute et dialogue, ce qui déjà est énorme vu la diabolisation et l'autisme ambiants: il n'y a qu'en France, je le martèle, qu'être libéral est une insulte.. la preuve.


Pour le côté mortifère et auto-destructeur: pour saisir la morale de la fable, (peut-être est-ce dû à ce qui précède) le Road to serfdom de Hayek vous éclairerait.

Dans la même veine:
"""la mise en place du libéralisme en Angleterre""
(Kap)
Pour écrire cela il faut ignorer que la différence essentielle, du point de vue libéral, of course, entre socialisme et libéralisme, c'est que seul le premier nécéssite une "mise en place", ce qui implique l'impossibilité de mesurer, donc de réparer, l'échec, d'où l'attirail coercitif et répressif, que subissent les électeurs car c'est le jeu de la démocratie.

Le socialisme, tel que la France le conçoit encore est guidé par l'égalitarisme, un de ses principes fondateurs, donc place l'égalité en tête, dans la hiérarchie des valeurs, devant la liberté, qui par définition n'a pas besoin qu'on la force.

D'où pas de "mise en place", top to bottom, mais une mise en oeuvre avec correction permanente, from the bottom up.
C'est la différence entre démocratie libérale et démocratie populaire.


Et rebelote:
"'je considère que l'être humain est plus compliqué que ce que les libéraux de droite comme de gauche, croient"".
(Kap) encore une fois: l'angélisme est le monopole de la gauche ""illibérale"'.
Il y a bien une Gauche libérale , présente dans les autres pays, mais c'est elle qu'une certaine Gauche française a du mal à avaler.

La musaraigne frisottée et fanfreluchée de l'ENS a bien tenté de raccrocher le socialisme aux branches du libéralisme, dans deux ouvrages méritoires,instructifs, bien écrits. Voyez ce qui lui arrive, la traîtresse...Bon, d'accord, ce n'est pas à cause de cela mais...pas de fumée...Elle aurait dû rester le faire-valoir d'Elkabbot.


Alors quand je lis:
La tâche qui lui fut assignée ( là propagande Made in England) fut de contrôler l'esprit dans le monde entier. (Chomski)

I rest my case!!!

Non, en fait, je développe un peu pour préciser que cette interprétation fantaisiste, pour ne pas dire totalement bidon de Chomski ( so what else is new?) fait l'impasse sur deux détails:

1) Boston était en 1941 (et elle l'est toujours, j'en sais quelque chose) une petite sous-préfecture qui se prend, comme lui, pour le nombril du monde.
2) c'est PEARL HARBOUR, à 8.000kms de Boston et des intellos de la People's Republic of Massachusetts, qui a fait entrer les US dans la guerre, et pas une sourde machination orwello-anglaise dans le microcosme cantabrigien( habitants de Cambridge, Mass & UK)

à la lueur de ces deux précisions ...
J'ai déjà amplement dit ici le crédit qu'on peut accorder aux délires chomskiens, ( voir ""Intellectual Morons""')

"Et ils organisèrent une campagne de propagande qui, en quelques mois, a réussi à transformer une population relativement pacifiste en fanatiques enragés anti-allemands, prêts à détruire tout ce qui était allemand. Cela en arriva jusqu'au point où l'Orchestre philharmonique de Boston se trouva incapable de jouer du Bach. Le pays entier était entraîné en pleine hystérie.""

Ben oui, et c'est vachement contagieux...Il faut croire que la linguistique sémiotico--- par-ci, tico-tico par là, est une grave maladie qui attaque irrémédiablement les neurones mais booste les égos.

Merci, dobolino, de m'avoir donné l'occasion, en savourant mon petit déjeuner du dimanche, d'une franche rigolade à ce morceau d'anthologie, que je ne connaissais pas, mais qui ne dépare pas la production de cet olibrius, icône du gauchisme made in USA.

Ecrit par : Cadichon | 14 octobre 2007

Merci, Thierry…

Cadichon, vous savez déjà, parce qsue je l'ai déjà dit, que le bouquin de Ayn Rand est introuvable ici… Chiche que vous proposiez à un éditeur de le traduire ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007

"Sanction à tout âne qui persistera à ne rien entendre: recopier l'intégrale de Meirieu", écrit Un hussard.

Je propose qu'on corse l'exercice en supprimant tous les "e". Cela ne changera au néant du texte.

Ecrit par : Jean | 14 octobre 2007

Mais il fait près de 1000 pages!! et ce n'est pas le Bienveillantes...il est bien trop inconoclaste..
Vous connaissez un éditeur assez fou pour miser deux sous sur une prose pareille?
Je vous envoie l'article du WSJ d'hier.

Ecrit par : Cadichon | 14 octobre 2007

Thierry, je suis bien en train de lire votre méthode et je vous envoie mes commentaires dès que j'ai fini.
J'ai arrêté momentanément pour lire le bouquin de D. Dumont sur l'apprentissage de l'écriture. Qu'en pensez-vous ?
Je profite de ce petit mot pour dire qu'il y a de plus en plus de "petits jeunes" qui craquent sur le forum EDP.
S'il y avait des instits prêts à venir m'assister dans mon rôle d'IMF autoproclamée, ça pourrait être utile.

Ecrit par : catmano | 14 octobre 2007

Cadichon, vous savez déjà, parce qsue je l'ai déjà dit, que le bouquin de Ayn Rand est introuvable ici… Chiche que vous proposiez à un éditeur de le traduire
Ecrit par : brighelli | 14 octobre 2007

Et si elle se le traduisait herself, la Cadichonne ? Primo ça l'occuperait, secundo pendant ce temps-là elle nous lâcherait un peu les escarpins avec son libéralisme obsessionnel, itératif et nauséeux, tertio elle ferait peut-être quelque chose de bien dans sa vie. Important, de laisser une trace autrement que pour ressasser dans le vide des théories bien léchées dont la plupart des lecteurs de ce blog se tamponnent résolument le pourtour -- parce que le libéralisme, on en voit les dégâts tous les jours, chère dame, suffit de regarder et de descendre un peu de son nuage doré.

Ecrit par : Tiger Lilith | 14 octobre 2007

(...) Corneille - trop barbare, rentre-dedans et tape à l'oeil (...)

Ecrit par : Pendariès

Pffff......... mais qu'est-ce qu'il faut pas lire quand même. Et personne ne réagit??? Thalie, où êtes-vous?

Ecrit par : Loki | 14 octobre 2007

"Corneille - trop barbare, rentre-dedans et tape à l'oeil "

Pendariès voulait peut-être parler du chanteur ?

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

Loki, je n'avais pas lu, je passe vite, souvent et puis ce doit être de la provoc. de la part de Pendariès. Et puis j'ai un faible pour lui:-)). Et puis Corneille se défend si bien tout seul. Et puis pas besoin de moi de ma prose pour ça ...Mais je pense avec vous bien sûr que Corneille...

Ecrit par : Thalie-Thalie | 14 octobre 2007

Pendariès, puisque vous êtes dans les parages, pourriez-vous me donner un livre à lire de votre Rouquette préféré, un seul? Pas le temps de plus. Ne râlez pas, oui, je sais vous avez donné déjà beaucoup de ses références. Mais j'ai la flemme de rechercher. Alors j'ai un petit peu de temps là, en ce moment. Donc, un, le meilleur bien sûr, s'il est édité et si on peut le trouver facilement. Merci à vous.

Ecrit par : Thalie-Thalie | 14 octobre 2007

Parce que le libéralisme, on en voit les dégâts tous les jours, chère dame, suffit de regarder et de descendre un peu de son nuage doré.

Ecrit par : Tiger Lilith | 14 octobre 2007

Il ne faut pas trop se polariser sur cette question du libéralisme, qui est au fond en France plus un état d'esprit qu'une politique délibérée contraire au principe même du libéralisme.
Cadichon a quand même signalé ici l'essai remarquable de JC Michéa intitulé "L'empire du moindre mal".
De loin je préfère le concept avancé et étayé par Pierre Legendre "d'Empire du Management". Je signale à ce propos la diffusion sur ARTE, lundi 22 octobre, hélas à 23:30 de l'essai documentaire qu'il a réalisé avec le cinéaste Gérald Caillat.
"Le Management dit P. Legendre est un Empire mou; c'est là sa force. Des myriades de pouvoirs en réseaux volatilisent les formes inaptes à la compétition (comme par exemple notre système public d'enseignement).
La Globalisation-Mondialisation a semblé l'ultime étape de l'occidentalisation de la planète. Avec à la clé, la folklorisation des cultures qui résistent encore (y compris à l'intérieur la culture littéraire ou le culte des grands auteurs) et l'alignement des individus sur la maquette euro-américaine. Mais, ajoute Pierre Legendre, quelque chose se durcit dans les rapports mondiaux, quelque chose de guerrier, qui déborde la techno-science-économie et touche aux ressources généalogiques, à la terre intérieure de l'homme".
A voir absolument.

Ecrit par : buntovchik | 14 octobre 2007

"Pour le côté mortifère et auto-destructeur: pour saisir la morale de la fable, (peut-être est-ce dû à ce qui précède) le Road to serfdom de Hayek vous éclairerait."
Cadichon

Bon, alors écoutez, je vais faire comme vous : pou saisir ce qu'il y a de mortifère dans le libéralisme, lisez, au choix : Christopher Lasch, Philippe Muray, J-C Michéa , ou relisez-les en essayant de laisser tomber les oeillères, ça vous éclairerait. Et désolée, j'ai déjà lu bien des auteurs libéraux (économiques ou politiques, ou les deux - les plus cohérents), et, c'est bizarre, mais j'adhère pas. Comme disait Juppé, "je dois être con".


"""la mise en place du libéralisme en Angleterre""
(Kap)
Pour écrire cela il faut ignorer que la différence essentielle, du point de vue libéral, of course, entre socialisme et libéralisme, c'est que seul le premier nécéssite une "mise en place", ce qui implique l'impossibilité de mesurer, donc de réparer, l'échec, d'où l'attirail coercitif et répressif, que subissent les électeurs car c'est le jeu de la démocratie.
Cadichon

Quel talent dans la sodomie des diptères ! Voyez-vous, je considère que lorsque, dans un pays, la décision est prise aux plus hautes sphère de l'Etat de faire en sorte que ce même Etat renonce à son rôle interventionniste et qu'il ne s'incarne plus que dans le Droit qui veillerait à l'épanouissement du marché et des libertés individuelles, on peut largement parler de mise en place. Vous préférez "mise en oeuvre"? Comme il vous plaira, comme dirait l'autre.

"'je considère que l'être humain est plus compliqué que ce que les libéraux de droite comme de gauche, croient"".
(Kap) encore une fois: l'angélisme est le monopole de la gauche ""illibérale"'.
Mais qui a dit que je parlais d'angélisme, ici ? J'avais justement dit auparavant que la vision libérale de l'homme me paraissait naïve non parce qu'elle était angélique, mais parce qu'elle était , au contraire, cynique. Considérer que l'homme ne peut être poussé à agir que par son intérêt propre, c'est un peu réducteur, à mon sens.

De toutes façons, VOUS avez raison, vous avez vu Dieu et il avait la gueule de Milton Friedmann, et ceux qui ne sont pas d'accord avec vous ou qui pensent que vos thèses seraient à nuancer ne sont que de pauvres cons qui regardent les ombres chinoises qui s'agitent sur la paroi de leur caverne. Toute discussion étant impossible (puisque en gros, la réponse est toujours, à peu de choses près : "pauvre andouille, t'a rien compris"), je vais m'arrêter là.

Quant à Ayn Rand... Ah oui, "Le Rebelle", de King Vidor (adapté par Rand elle-même de son bouquin, "La Source Vive"). Gary Cooper, beau, mais beau ! Patricia Neal (qui était sa maîtresse, à l'époque). J'avais été tout d'abord fascinée par ce personnage d'architecte qui préfère au départ renoncer à toute carrière parce que personne ne comprend son travail (visionnaire, le travail, bien sûr). Et puis je me suis retrouvée beaucoup moins fascinée, à la fin, par ce même architecte qui va, avec l'aide de sa compagne dont il met la vie en danger, par la même occasion, faire péter le building dont il a fait les plans parce qu'on a justement modifié SES plans, si je me souviens bien; pour en faire, du coup, un ouvrage vachement moins visionnaire. Et le procès final (très américain, tout ça) où on voit le beau Gary Cooper expliquer aux juges qu'il avait tous les droits de faire péter ce building puisque la firme qui l'avait embauché avait nié sa liberté de créateur, qu'on était au pays de l'individualisme, et blablabla. Et là, les juges sont émus, et l'architecte l'emporte. Applaudissements. J'avais été, quant à moi, nettement moins convaincue que les juges.

Voici la citation que Michéa donne d'Ayn Rand dans son dernier bouquin ("L'Empire du moindre mal"):

"La méthode appropriée pour déterminée quand et si on devrait aider une autre personne s'appuie sur notre propre intérêt personnel et notre propre hiérarchie de valeurs : le temps, l'argent, l'effort que l'on donne ou le risque que l'on prend devraient être proportionnels à la valeur que cette personne représente POUR NOTRE PROPRE BONHEUR. Illustrons cela au moyen de l'exemple favori des altruistes : le sauvetage de quelqu'un en train de se noyer. S'il s'agit d'un étranger, il est normalement approprié de le sauver seulement lorsque le danger pour sa propre vie est minime; lorsque le danger est plus grand, il serait immoral de le faire, puisque SEUL UN MANQUE D'ESTIME DE SOI pourrait donner plus de valeur à la vie d'un étranger qu'à notre propre vie. Et, réciproquement, si l'on est en train de se noyer, on ne peut s'attendre à ce qu'un étranger risque sa vie pour nous, puisque sa vie est plus importante pour lui que la nôtre". C'est Michéa qui souligne et il tire cet extrait de "La Vertu d'égoïsme", d'Ayn Rand. Il ajoute en commentaire à ce bel extrait : "La philosophie d'Ayn Rand ne permet peut-être pas de comprendre les motivations de Jean Moulin".

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Moi de toute façon je suis du côté de Racine. Alors on peut assassiner Corneille, même si je l'aime bien, je ne lèverai pas le petit doigt...

Ecrit par : Jérémy | 14 octobre 2007

"(...) Corneille - trop barbare, rentre-dedans et tape à l'oeil (...)

Ecrit par : Pendariès

Pffff......... mais qu'est-ce qu'il faut pas lire quand même. Et personne ne réagit??? Thalie, où êtes-vous?"
Loki

Je crois que Pendariès faisait uniquement référence à la "Médée" de Corneille. D'accord, ce n'est sans doute pas une excuse. :p


""Corneille - trop barbare, rentre-dedans et tape à l'oeil "

Pendariès voulait peut-être parler du chanteur ?

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007"

Dans ce cas-là, "tape à l'oeil" convient, mais "barbare" et "rentre-dedans" ?


"Et si elle se le traduisait herself, la Cadichonne ? Primo ça l'occuperait, secundo pendant ce temps-là elle nous lâcherait un peu les escarpins avec son libéralisme obsessionnel, itératif et nauséeux, tertio elle ferait peut-être quelque chose de bien dans sa vie."
Tiger-Lilith

T-L, vous aussi vous vous mettez à parler le Jean-Claude (Van Damme)? Mis à part ça, je crois que vous tenez quelque chose, là...

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Thalie, je pense que Pendariès vous conseillera de lire Médée de Max Rouquette, ou, plus cher, La quête de Pendaries.

Par contre, peut-on lire ces deux ouvrages si on ne sait pas lire l'Occitan ?

Question annexe : puisqu'on est dans le Sud, certains ici connaissent Tristan Cabral ?

Ecrit par : Jérémy | 14 octobre 2007

Euh, pour "Le Rebelle", je voulais dire les "jurés" , pas "les juges". Bon, je vérifie pas pour les autres coquilles, je retourne laisser une marque indélébile sur les copies de mes élèves.

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Prochain hymne de l'Education ?

http://www.youtube.com/watch?v=Z93c07f2hmk

Ecrit par : Jérémy | 14 octobre 2007

Kap , faites gaffe quand meme avec les marques indélébiles , y'a des bétisiers qui circulent quand meme ...

Le Petit Nicolas (mais en Plus Grand)
http://www.grandnicolas.com

Ecrit par : Le Plus Nico | 14 octobre 2007

Bien vu Jérémy pour Annie Cordy, c'est la chanson préférée de Darcos, parait-il.

Une source m'informe à l'instant qu'on aurait même entendu JPB la chanter sous sa douche...

Je tiens d'ailleurs à dire que je trouve que l'oeuvre d'Annie Cordy vaut cent fois celle de Rabelais, Hugo et Corneille (le chanteur bien sûr) - cultural studies, quand tu nous tiens...

Ecrit par : LOki | 14 octobre 2007

Pendariès, puisque vous êtes dans les parages, pourriez-vous me donner un livre à lire de votre Rouquette préféré, un seul? Pas le temps de plus. Ne râlez pas, oui, je sais vous avez donné déjà beaucoup de ses références. Mais j'ai la flemme de rechercher. Alors j'ai un petit peu de temps là, en ce moment. Donc, un, le meilleur bien sûr, s'il est édité et si on peut le trouver facilement. Merci à vous.

Ecrit par : Thalie-Thalie | 14 octobre 2007

Pour l'instant, j'ai lu Vert paradis et Tout le sable de la Mer... Pas un seul, Thalie, vous vous priveriez du reste! Je ne vais pas vpus dire que ça se lit facilement car chaque phrase se savoure longuement. Itaque je n'en ai lu que ça pour l'instant. Quand j'ai eu deux cancers du foie dans la journée(comment dire élégamment: votre klebs ou votre greffier va crever la semaine prochaine dans d'atroces souffrances au gars qui vient parce que ce matin minou ou toutou ne veut plus se lever?) et trois chiens fracassés par les sangliers, deux pages de Rouquette me suffisent largement mais me comblent.
Donc, j'ai la ferme intention de continuer à savourer lentement entre chien et chat. Pendariès nous expliquera à nouveau, j'espère, comment choisir les bonnes éditions en langue française. Tout le sable de la mer, éditions du Trabucaïre, collection "novel.la", traduit par l'auteur. Un régal... Oserai-je vous dire que, pour moi, ça vaut Proust?

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Jérémy, ces deux œuvres de Rouquette sont traduites en français.

Ecrit par : P. Azimont | 14 octobre 2007

Loki, je n'avais pas lu, je passe vite, souvent et puis ce doit être de la provoc. de la part de Pendariès. Et puis j'ai un faible pour lui:-)). Et puis Corneille se défend si bien tout seul. Et puis pas besoin de moi de ma prose pour ça ...Mais je pense avec vous bien sûr que Corneille...

Ecrit par : Thalie-Thalie | 14 octobre 2007

Je parlais du "Médée" de Corneille. Je m'étais donné le plaisir de lire la plupart des Médées écrites depuis Euripide jusqu'aux textes (romanesques, poétiques, dramatiques, français et étrangers) contemporains.
Je n'ai fait, à partir de ce moment-là, qu'un peu de comparaison (selon mon goût), et le Corneille sanglant, démonstratif, toutes tripes dehors, m'emballait moins que le reste - et celle de Jean Anouilh est, à l'opposé, d'un léché gniangnian qui ne me laisse aucune aigreur de sorcière colchidienne dans la bouche.

Quelqu'un, comme mon petit défi de gosse, ici a-t-il fait pareil? Monsieur Loki, n'est encore resté que dans le déjà-dit et déjà-vénéré, avant d'avoir été lu et mis en parallèle avec d'autres oeuvres au thème même, j'en suis certain. Et il cherche une alliée...

Thalie, Merci pour votre tendresse à mon égard, vous avez la mienne aussi, - car vous défendez bien l'amour du métier et de la conscience.

Quel genre préférez-vous, pour entrer dans l'oeuvre de Max Rouquette? Le théâtre, la poésie, les nouvelles, l'autobiographie?

Bien à vous.

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

L'école, soignée à coup de prises massives d'antipedago programmées sur 2 ans ?

Si j'ai bien compris un antipedago est un médicament qui empêche l'agent infectieux de sévir en réduisant sa durée d'action ?

Dommage que le prix Nobel de médecine ait déjà été attribué pour cette année !

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007
Le tout est de savoir si le médicament est un pédagoguicide ou un pédagostatique... A défaut des autres, Yann, au moins, me comprendra.

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Humm, le théâtre et les nouvelles, siou plaît m'sieur! La poésie, je verrai après , quand j'aurai un petit creux... Merci d'avance.

Ecrit par : Thalie-Thalie | 14 octobre 2007

"Le tout est de savoir si le médicament est un pédagoguicide ou un pédagostatique... A défaut des autres, Yann, au moins, me comprendra."

Je suis soulagé dans mon ignorance car je craignais d'avoir à prendre des antiretropedagos

Ecrit par : dugong | 14 octobre 2007

Moi aussi je dis merci à Thierry, son programme est lumineux! Je viens de le lire à ma mère( 90 ans aux prunes)
et l'ai envoyé à une petite maman de CP de l'école francaise qui n'arrive pas à croire que c'est ce qui se passe...ici !!
Vous le décrivez mot pour mot!

En ce moment je suis plongée dans le Plan Langevin-Wallon pondu, entre autres, par de savants pédo-psys, co-fondateurs de l'École nouvelle, avec l'ambition de réformer un enseignement qui « n’est plus adapté aux conditions économiques et sociales, [et] n’a pas tiré profit du progrès scientifique. L’empirisme et la tradition commandent ses méthodes alors qu’une pédagogie nouvelle, fondée sur les sciences de l’éducation, devrait inspirer et renouveler ses pratiques ». ( Préface du texte)

Ce qui en dit long sur la matrice idéologique du processus catastrophique que vous décrivez si bien:


"'En proposant de traiter en même temps la syntaxe, la reconnaissance visuelle des mots, le code grapho-phonétique et le sens, les méthodes de lecture les plus souvent employées noient les enfants les plus fragiles dans un trop plein d’informations. Seuls les enfants les plus structurés, au langage bien développé, sont à même de trouver les repères dont ils ont besoin pour devenir de bons lecteurs. Les autres sont prématurément découragés par ce flot d’informations à traiter"'

Les théories éducatives sorties du chaudron des pseudo-sciences de l'éducation ( les vraies, leurs théories sont falsifiables) ne sont pas toutes conçues, comme dans le cas du Plan, par 5 professeurs au Collège de France, mais quand même par d'ex- "bons élèves", incapables de se mettre dans la peau d'enfants moins doués qu'eux, mais qui se donnent bonne conscience en prétendant n'agir que dans le but d'aider ces derniers, lesquels s'en seraient mieux tirés si on leur avait fichu la paix.

Or, nos bonzapôtres accentuent leurs problèmes, les laissant pour finir sur le carreau, puisque ce n'est jamais cette fausse science qui est en cause, c'est la "société", ou l'autre méthode, ou encore la leur qui n'a jamais été vraiment appliquée comme-y- faut, (comme le socialisme réel), la télé, le divorce des parents, la couleur des murs de la classe.

Ecrit par : Cadichon | 14 octobre 2007

@KAP:
Milton Friedman, un seul N, (comme à Cadichon)
et comme cela on pourra croire que vous avez, au moins, un jour, vu son nom sur la couverture d'un de ses livres.

Ecrit par : Cadichon | 14 octobre 2007

"@KAP:
Milton Friedman, un seul N, (comme à Cadichon)
et comme cela on pourra croire que vous avez, au moins, un jour, vu son nom sur la couverture d'un de ses livres."

Oui, j'ai fait une fôôôôte, j'ai tapé trop vite, je m'excuse d'avoir écorché le nom de votre chéri - dont j'ai déjà vu le nom sur la couverture de l'un de ses livres, croyez m'en. Merci de continuer à prendre tous vos contradicteurs pour des cons incultes, vous êtes si charmante, madame, vous êtes si culllltivée, vous êtes d'ailleurs la seule à avoir jamais rien lu d'intéressant parmi les participants à ce blogue et vous êtes encore la seule qui ne fassiez jamais une seule fôôôte de frappe, bien sûr (soit dit en passant, Chomski s'écrit Chomsky, si je ne m'abuse, juste en passant, histoire qu'on croie que vous avez vu son nom sur l'un de ses livres). Vous êtes définitivement une pub à vous toute seule pour le libéralisme.
Sur ce, en bonne latiniste, je retourne à mes lapsus. Oh, pardon, je voulais dire : mes "lapsi".

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

Je lis Thierry Venot ici. j'écoute Catmano depuis plus de trente ans... Avec leurs fifiches, comme dirait MàC!
Et, je me demande s'ils sont les deux seuls citoyens français à avoir conscience du rôle fondamental de la maternelle, dépassant largement celui de garderie et moule à veaux?

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

j'écoute Catmano depuis plus de trente ans... Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

N'oublie pas de leur rappeler que j'ai commencé très jeune. Merci.

Ecrit par : catmano | 14 octobre 2007

Vous noterez que je n'ai pas dit "ce gignolo" de MàC, même si je le pensais très fort, même si, pour parler de la Birmanie à des troisièmes, y'a intérêt à ce qu'ils aient fait auparavant, en GS ou CP, des "fifiches" avec Catmano ou Venot.

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

"Vous noterez que je n'ai pas dit "ce gignolo" de MàC"
Dobolino

"gignolo" me semble être une faute de frappe beaucoup plus marquante que Friedmannnnnnnn, soit dit en passant.

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007

j'écoute Catmano depuis plus de trente ans... Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

N'oublie pas de leur rappeler que j'ai commencé très jeune. Merci.

Ecrit par : catmano | 14 octobre 2007

Excessivement jeune! A peine quarante fêtes-tu!
Et n'oublie pas de leur dire que je suis ta cadette... toute coquetterie mise à part!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

"gignolo" me semble être une faute de frappe beaucoup plus marquante que Friedmannnnnnnn, soit dit en passant.

Ecrit par : Kap | 14 octobre 2007
C'est d'une équivoque plus passionante car, peu chaut aux gens bien nés qui ont tout piogé du test ADN que Fiedman soit Friedmann ou Friedmann Friedman, car nous sommes tous Fried Man(n) ou Fried Mann.
Quand MàC l'aura compris, il lira Chomsky...

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Je confirme, selon les moments de l'année elle a soit deux ans, soit trois ans de moins que moi.
Quand j'étais en primaire, ça me mettait minable à chacun de ses anniversaires. Il faut dire que je n'ai jamais été matheuse, moi.

Ecrit par : catmano | 14 octobre 2007

Merci, dobolino, de m'avoir donné l'occasion, en savourant mon petit déjeuner du dimanche, d'une franche rigolade à ce morceau d'anthologie, que je ne connaissais pas, mais qui ne dépare pas la production de cet olibrius, icône du gauchisme made in USA.

Ecrit par : Cadichon | 14 octobre 2007
Bonne argumentation, Cadichon! Sauf que... dans l'argumentation de Chomsky, c'est de la guerre de 14/18 qu'il s'agissait! Alors, Pearl Harbour???? Ah, bon...

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Je confirme, selon les moments de l'année elle a soit deux ans, soit trois ans de moins que moi.
Quand j'étais en primaire, ça me mettait minable à chacun de ses anniversaires. Il faut dire que je n'ai jamais été matheuse, moi.

Ecrit par : catmano | 14 octobre 2007
Et pourquoi donc l'apprends-je aujourd'hui, par l'intermédiaire de ce blog hautement divanesque? J't'aurais expliqué, moi!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Or, nos bonzapôtres accentuent leurs problèmes, les laissant pour finir sur le carreau, puisque ce n'est jamais cette fausse science qui est en cause, c'est la "société", ou l'autre méthode, ou encore la leur qui n'a jamais été vraiment appliquée comme-y- faut, (comme le socialisme réel), la télé, le divorce des parents, la couleur des murs de la classe.

Ecrit par : Cadichon | 14 octobre 2007

Parfois , la fausse science peut encore être améliorée dans sa transmission de la confusion en y ajoutant une petite touche personnelle :

Vocabulaire d'anglais à apprendre, classe de primaire , pour lundi :

To come : venir.
Hi ! : salut !
Chips : les frites.
The fist : le poisson.
A conter : un ordinateur.
A rom : une pièce.
A libay : une bliothèque.

Ceci n'est pas un canulard , et ne concerne que la matière ( et non substance ) anglais.
Reste à savoir si tous les parents ont eu un oeil de lynx , ou les connaissances suffisantes , pour remedier à ce petit désagrément .

Ecrit par : oui-oui | 14 octobre 2007

Vocabulaire d'anglais à apprendre, classe de primaire , pour lundi :

To come : venir.
Hi ! : salut !
Chips : les frites.
The fist : le poisson.
A conter : un ordinateur.
A rom : une pièce.
A libay : une bliothèque.

Ceci n'est pas un canulard , et ne concerne que la matière ( et non substance ) anglais.
Reste à savoir si tous les parents ont eu un oeil de lynx , ou les connaissances suffisantes , pour remedier à ce petit désagrément .

Ecrit par : oui-oui | 14 octobre 2007

Moi, je vous crois! On a déjà donné... C'est pas trop grave, c'est tellement mal fait que tout est repris à zéro en sixième. Les cerveaux sont encore tellement malléables que ça roule... Ouf!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Vocabulaire d'anglais à apprendre, classe de primaire , pour lundi (...)
Ecrit par : oui-oui | 14 octobre 2007

C'est la méthode "apleuh" du regretté Jacques Baudoin ?
("Y standuppe of mi plasse, Y go tau te blaqueboharde, Y put cette putain de craie, Y vritte on te blaqueboharde...")

Ecrit par : FGuichard | 14 octobre 2007

"Congrès national du SNALC à Dijon du 22 au 26 octobre 2007.

Interview accordé par Geneviève WINTER, auteur du livre "Le mammouth se trompe énormément, Paroles d'inspecteur", pour Temps Futur n° 91
(avril-mai-juin 2007)

Les nombreux ouvrages publiés récemment sur l'Ecole émanaient le plus souvent de professeurs. Manquait le point de vue d'un autre membre de cette institution : celui d'un inspecteur. Geneviève Winter, désormais libérée de son devoir de réserve, comble cette lacune dans son dernier livre paru aux éditions du Palio, Le mammouth se trompe énormément, Paroles d'inspecteur.

Agrégée de lettres classiques en collège, lycée, classes préparatoires, avant de devenir inspectrice pédagogique régionale, formatrice et conseillère auprès de deux recteurs, elle ajoute à sa qualité d'expert, un franc-parler réconfortant pour les professeurs.

Vous dressez un tableau ubuesque de l'Ecole, dont les pouvoirs publics n'ont eu de cesse d'entraver le bon fonctionnement : empêcher les professeurs d'enseigner, les inspecteurs d'inspecter, les IUFM de former, les chefs d'établissement de diriger ... Pouvez-vous nous rappeler les conditions qui ont conduit à une telle situation ?

Les professeurs n'ont pas été victimes d'un "complot" – ce serait un peu facile et réducteur de l'affirmer – mais d'une succession de choix politiques hâtifs et ignorants les uns des autres. On a voulu d'abord, pour des raisons économiques, élever le niveau de formation général de la population dans les années 60 : c'était nécessaire.
L'instauration du collège unique, présentée exclusivement comme une mesure de justice sociale, répondait en fait àdes impératifs moins nobles : simplifier la gestion et le fonctionnement du système scolaire et en réduire le coût, comme dans d'autres pays européens, en arasant les différences pour adapter l'enseignement secondaire par le bas. Cette option, non débattue alors, pèse sur notre présent.
En retenant les solutions de facilité – comme l'abandon de toute sélection et la fuite en avant dans des mesures floues, démagogiques et contradictoires – on a rendu illisible le cahier des charges, installé l'ambition scolaire dans le relativisme et les solutions locales. La défiance à l'égard de l'autorité qui s'est installée partout dans la société, mais particulièrement chez les enseignants, s'est nourrie de ces opacités et de ces incohérences.
L'individualisme qu'on reproche beaucoup aux professeurs me semble avoir représenté une réaction de défense : pour qu'un élan collectif renaisse et que les enseignants retrouvent confiance dans l'institution et acceptent – c'est indispensable – son autorité, il faut que le contrat de refondation de l'école soit clair, précis et correctement négocié.

Le titre de votre premier chapitre, "Comment a-t-on sacrifié les professeurs ?", est éloquent : alors que le service public
d'éducation, bien mis à mal, doit sa survie aux efforts individuels de nombre de professeurs, la circulaire de 1997, leur assigne un nombre excessif et incohérent de missions, non hiérarchisées entre elles, avec l'effet démobilisateur inévitable ressenti par eux, niés dans leur fonction première, la transmission des savoirs. Comment expliquez-vous ce mépris, renforcé dans le même temps par l'absence d'une véritable reconnaissance de leur valeur professionnelle ?

Bien que, pour tirer efficacement la sonnette d'alarme, j'aie insisté sur la gravité des problèmes, ce livre a été écrit pour rappeler que les meilleurs professeurs qui sont aussi les moins bavards, assurent, chaque jour et malgré tout, la réussite de milliers d'élèves. Je suis heureuse et fière d'avoir pu accompagner, trop modestement, un trop petit nombre d'entre eux sur ce chemin. En ce qui concerne la dilution des missions, l'erreur permanente de l'administration centrale tient à la fabrication sur le papier d'une sorte d'enseignant idéal, purement théorique, né du fatras idéologique qui a instauré une contradiction inutile et inepte entre éducation et instruction. L'accueil de nouveaux publics scolaires, accompagné de paliers d'évaluation et de sélection honnêtes et clairs, devait être préparé en interne, avec les enseignants eux-mêmes et dans le cadre d'une vraie politique de recrutement.
On a fait tout le contraire : le système a absorbé massivement, dans l'urgence et sans concours, des personnels très variés. Au lieu de leur assurer, dans l'établissement scolaire même une formation solide, elle s'est laissée envahir par le discours "d'experts" totalement étrangers à la réalité scolaire, pourvoyeurs de solutions fumeuses ou laxistes qu'ils seraient bien incapables de mettre en œuvre eux-mêmes.
Je note qu'on n'a pas imposé à ces gourous "d'obligation de résultats". Mais je suis sûre que l'enseignant compétent qui transmet un savoir avec autorité et confiance, dans le respect de tous ses élèves, est naturellement un éducateur : la solution de bon sens était de faire appel à ces maîtres de valeur pour un tutorat bien organisé et bien encadré des nouveaux.
La réflexion et l'échange pédagogiques y auraient trouvé une place naturelle et légitime au lieu d'être disqualifiés par le discours d'idéologues suffisants, avides de régler des comptes avec l'institution passée. Ce qui rend insupportable le mépris de leur employeur à l'égard des enseignants, c'est son caractère implicite :
on n'en fait pas des boucs émissaires parce qu'on évite de les évaluer, mais on laisse entendre que l'échec d'une succession de mauvaises politiques leur incombe, finalement. Il faut sortir de là.

Parallèlement, comment expliquez-vous que le corps inspectoral, veilleur et éveilleur de talents, et seule instance véritablement à l'écoute des professeurs selon vous, se soit transformé en auxiliaire du pédagogisme institutionnalisé ?

Je ne crois pas, même si je souligne leur rôle majeur, parce qu'ils sont les seuls à comprendre complètement ce qui se passe en classe, que seuls les inspecteurs soient véritablement à l'écoute des professeurs. Les chefs d'établissement, lorsqu'ils sont – pas toujours – à la hauteur intellectuelle et déontologique de leur fonction, sont des interlocuteurs privilégiés, efficaces et engagés : je l'ai souvent constaté. Certains inspecteurs, pas tous, sont
tombés, c'est vrai, dans le piège du pédagogisme. Ils y ont été exposés par la dérive de l'institution quand leur statut a été modifié (1990) au moment de la création des IUFM. Les textes fondateurs de cette instance "indépendante" lui attribuent la plupart des missions de formation et de conseil dévolues jusque là aux inspections générales et régionales. Dans un flou dangereux, ni les inspecteurs généraux ni les IA-IPR ne sont juridiquement en mesure de contrôler, au nom du ministre et des recteurs, les contenus et les méthodes du nouvel organisme, associé pourtant à la rédaction et au suivi des programmes.
Pour les IPR – et les débats entre eux ont été très vifs alors – il n' y avait pas de demi-mesure possible : ou bien abandonner totalement la formation et le suivi des jeunes diplômés à l'IUFM, ou entrer, comme cela s'est généralisé, dans une collaboration parfois soumise, mais le plus souvent conflictuelle, avec une instance opaque soutenue par un lobby très puissant.
La collusion opportuniste de certaines inspections générales avec les IUFM, la pusillanimité de nombreux recteurs, le poids du lobby au ministère ont accéléré le processus. Faut-il ajouter qu'à partir de 1998 environ, la nomination massive de
recteurs, d'IA-IPR et d'inspecteurs généraux eux-mêmes issus des IUFM n'a rien arrangé ? Mais bien peu de responsables le reconnaissent. En 2002, chargé par le ministère d'une mission sur l'enseignement de l'histoire des religions, Régis Debray me confie sa stupéfaction : il a constaté que les IUFM constituaient un état dans l'État et qu'on ne pouvait leur imposer aucune mission.
Je suis d'ailleurs consternée de constater, dans le contexte de la campagne électorale, qu'aucun candidat à la présidence n'avait osé clairement envisager leur suppression. Leur rattachement aux universités est purement symbolique : ils refuseront l'autorité des présidents d'université comme ils ont ignoré celle des recteurs.
Ceci dit, j'établis une distinction très nette entre le pédagogisme idéologique de la structure et le travail remarquable de certains professeurs du second degré, souvent agrégés, qui rendent, comme formateurs associés aux IUFM, dans des conditions très difficiles, de vrais services à nos jeunes collègues.
A souligner par ailleurs : toute refondation de l'école passe par une refondation de l'inspection pédagogique :
suppression du "tour extérieur" et impartialité politique dans le recrutement des inspecteurs généraux, exigences plus fortes dans le recrutement des IA-IPR et retour de tous à leur mission prioritaire.

Quel diagnostic établissez-vous du collège unique et du lycée "light" ?

Je veux d'abord dire que, dès les années 80, la majorité des IA-IPR a signalé, par l'intermédiaire des inspections générales, que le système ne fonctionnait pas bien, pénalisait les bons élèves et se retournait contre les plus fragiles. Par ailleurs, si nous avons été engagés dans la politique d'évaluation destinée à tester des compétences fractionnées chez les élèves, nous avons alerté le ministère sur la nécessité de procéder, à chaque palier d'orientation – entrée en sixième, fin de collège, niveau baccalauréat – à une évaluation globale des connaissances. Non seulement nous n'avons pas été entendus mais encore nous avons été institutionnellement mis à distance de la politique des ZEP. L'échec du collège unique tient à des choix politiques persistants : le flou du cahier des charges et la dilution des fondamentaux dans des programmes verbeux traités à la carte ; la primauté accordée, sans aucune régulation nationale, à une approche territoriale et locale de la réussite scolaire ; l'accumulation de dispositifs transdisciplinaires trop complexes pour être efficaces ; la revalorisation manquée des voies de formation courte avec la généralisation, comme modèle unique de réussite, de l'entrée en seconde générale et du bac S ; le renoncement à toute demande de travail personnel aux élèves ; le refus démagogique de sanctionner la paresse et de procéder, tout en ménageant des passerelles, à une sélection régulière et franche. Au lycée, le caractère erratique de l'accès en seconde, l'échec du lycée polyvalent qui devait faciliter la définition de profils généraux, techniques ou professionnels, la technique du saupoudrage, le marketing scolaire et la compétition entre les établissements qui multiplie les enseignements optionnels sans pouvoir en assurer l'acquisition solide, la complexité grotesque du baccalauréat brouillent les repères dans une situation sinon moins grave, du moins plus facile à redresser.

Vous soulignez les effets pernicieux d'une politique irresponsable, menée alternativement par la droite comme par la gauche, qui a développé, dans le cadre d'une décentralisation et déconcentration, de nombreux dispositifs coûteux en hommes et en moyens, véritables "coquilles vides". Les exemples, à tous les niveaux, ne manquent pas. Pourriez-vous nous éclairer ?

C'est très clair : la déconcentration qui délègue certaines compétences aux académies fonctionne mal parce qu'elle incite chaque académie à fabriquer sa propre politique. La nécessité d'une régulation centrale aboutit à un doublement des réseaux de décision.
Un exemple que je trouve presque tragique : la prétendue "harmonisation" de la notation des enseignants que j'ai observée successivement dans deux académies. Ce sont des gestionnaires locaux qui, chacun avec leurs méthodes et leurs calculettes, ont déterminé, en feignant de consulter les pédagogues la reconnaissance chiffrée du mérite des enseignants ! Quant à la décentralisation, elle devait se fonder sur un partage précis des compétences : en réalité, tout le monde se mêle de tout, c'est la cacophonie. Les pressions exercées par les régions dans le cadre de la politique des langues pour peser sur la carte des formations définie par le recteur sont inquiétantes, surtout quand le président du Conseil général est aussi proviseur d'un grand lycée, ce qui est inadmissible. L'incursion des collectivités territoriales dans le domaine pédagogique est incohérente et malsaine : je crois qu'un président de Conseil régional peut trouver un meilleur usagedes deniers publics que l'achat de "charentaises" pour les élèves internes de son académie. Je mets à part la question du partenariat artistique qui est important mais très mal organisé et suivi.

Le "socle de connaissances commun à tous les élèves" apparaît comme le dernier avatar d'une politique éducative dont les caractéristiques se déclinent sur le mode ternaire : "les politiques communiquent, les gestionnaires tranchent, les professeurs et les élèves trinquent". Pouvez-vous développer ?

Je n'admets pas qu'on présente comme des avancées pédagogiques des outils de pure gestion. On trompe les parents, les professeurs et les élèves en présentant le socle commun comme un projet de formation susceptible d'assurer un vrai savoir, puis la réussite scolaire ou l'insertion sociale et professionnelle de nos enfants. Le but de l'opération est de définir des objectifs mesurables en termes de gestion, de faciliter l'effacement des frontières entre les disciplines scolaires et la mise en place d'une bivalence boiteuse.
Je précise : j'ai été trivalente français latin grec parce que j'avais été formée conjointement dans ces trois disciplines connexes pendant mes études et que, comme tous mes collègues, j'actualisais mes connaissances en fonction de mon service d'enseignement. Or le système des "mentions complémentaires" – sauf dans les domaines non encore enseignés comme le théâtre – improvisé actuellement pour introduire la bivalence suppose que l'enseignant soit formé – à peu près – dans une des deux valences et n'ait qu'une vague teinture de l'autre. Un échec comparable à celui qu'a connu le corps des PEGC est tout à fait prévisible.

S'il en est encore temps, que proposez-vous pour sauver cette Ecole républicaine ainsi mise à mal ?

Il est toujours temps quand on le veut vraiment. Je propose que l'on cesse de fabriquer des structures pour mettre en valeur le professionnalisme et la valeur des personnes ; qu'on mise sur le bon sens et la responsabilité des équipes et de leurs chefs en cessant d'inventer des usines à gaz imposées à tous ; que les obligations de chacun soient clarifiées ; que le contrat de travail national soit réduit, sans réforme, à une formulation simple et précise contenue dans un document court ; que l'horaire des enseignements fondamentaux soit obligatoire et stable partout et non annualisé ; qu'on évalue avant de les exposer à l'échec les capacités des enfants avant l'entrée en sixième, en seconde et à l'université ; qu'on rende leur dignité et leur responsabilité aux parents démunis en les formant au lieu de les assister et que les aides soient conditionnées par un
minimum d'effort et de réussite. Je propose aussi – je le développe dans mon livre – l'individualisation des carrières enseignantes ainsi qu'un principe de mobilité, plutôt bien accueilli par les collègues.
Le scepticisme des journalistes qui m'ont interrogée et l'image de conservatisme et de corporatisme qu'ils collent parfois sur "les enseignants" me scandalisent. Oui, quelques-uns sont des parasites incompétents, mais la plupart ne sont pas seulement "dévoués" comme on le dit avec condescendance : ils sont solides, compétents, brillants, inventifs et généreux, ils travaillent tous les dimanches, ils méritent confiance, admiration et récompense pour leur professionnalisme.

Vous dénoncez la cogestion du ministère par les syndicats. Avez-vous des pistes à proposer pour rénover le dialogue social à l'Education nationale ?

Je vois dans cette cogestion avec les grandes centrales plus une solution de facilité et une habitude un peu paresseuse qu'un choix délibéré entre les partenaires sociaux. Elle aboutit à l'achat par les pouvoirs publics d'une paix sociale très coûteuse pour les enseignants. Je tiens à préciser que je ne critique absolument pas la bonne foi des personnes. Je relève que la négociation au jour le jour maintient le statu quo et impose les choix de grandes organisations qui croient tout régler en obtenant des moyens et en refusant une approche sérieuse des buts de l'Ecole et de ses ressources humaines.
Cette lecture myope explique, à mon avis, le lourd échec des actions sur des enjeux importants comme les retraites. Tout récemment, c'est la base qui a tenté en vain de lutter contre le décret Robien sur le service des enseignants, vexant et maladroit ou auparavant contre la réduction du taux des heures supplémentaires et l'impossible revalorisation du corps des agrégés. Je n'ai pas de solution-miracle, mais il me semble que si l'information sur les différentes organisations était dispensée impartialement à l'intérieur de l'institution et non à sa porte, afin que les enseignants soient incités à se syndiquer et que le vote avant toute action soit obligatoire et secret, on aboutirait à une meilleure représentativité : c'est un préalable absolu à toute rénovation du dialogue social.
Par ailleurs, je crois que l'action syndicale, au lieu de se disperser dans de multiples instances consultatives, devrait se concentrer sur les enjeux majeurs qui engagent le sens et les conditions du travail des professeurs.
Dans ces conditions, les pouvoirs publics seraient contraints de concevoir leurs projets en concertation préalable avec des organisations vraiment représentatives plutôt que de leur demander un avis, au coup par coup, sur des textes déjà ficelés. Je dis tout cela avec prudence, mais je l'affirme : la situation actuelle bloque tout le monde et participe au découragement des professeurs."

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 14 octobre 2007

"Congrès national du SNALC à Dijon du 22 au 26 octobre 2007.
Interview accordé par Geneviève WINTER, auteur du livre "Le mammouth se trompe énormément, Paroles d'inspecteur", pour Temps Futur n° 91 (avril-mai-juin 2007)
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 14 octobre 2007

Vous n'êtes pas assez attentive, Anne-Marie Valette, car on l'a déjà eue hier, la repentante tardive, (postée par Thalie-Thalie), la pécheresse repentie Marie-Madeleine Winter. Lui manque que la tête de mort (celle que Gaby Cohn Bendit n'a pas eue à ronger ?)
"Une inspectrice sort de sa réserve et attaque..."
J'aime beaucoup cet intitulé : ça m'évoque "Un tigre s'échappe de sa cage", "Les fauves sont lâchés" ou même "Un pitt-bull agresse une paisible retraitée" ;-)
Mais je ne sache pas que Mme Winter ait déjà mordu quelqu'un -- ou ses doigts, de remords ?

Ecrit par : Tiger Lilith | 14 octobre 2007

Or, nos bonzapôtres accentuent leurs problèmes, les laissant pour finir sur le carreau, puisque ce n'est jamais cette fausse science qui est en cause, c'est la "société", ou l'autre méthode, ou encore la leur qui n'a jamais été vraiment appliquée comme-y- faut, (comme le socialisme réel), la télé, le divorce des parents, la couleur des murs de la classe.

Ecrit par : Cadichon | 14 octobre 2007

Cette fausse science n'est en effet jamais mise en cause; pour cela, elle s'appuie sur trois piliers qui lui permettent de se dédouaner de toute responsabilité en centrant l'origine des difficultés sur l'enfant "lui-même". Ces trois alibis suprêmes ont pour noms: " Constructivisme", " Psychologisme" et " Sociologisme"
Thierry Venot

Ecrit par : Thierry Venot | 15 octobre 2007

Tiger Lilith, vous lisez encore les copiés-collés interminables d'Anne-Marie Valette? Je vous ai pourtant servi ici l'antidote sur un plateau pour vous éviter ce pensum!
Les "gentlemen qui pratiquent un sport de sauvages" se sont illustrés, hier soir, en fin du match de rugby Afrique du sud- Argentine. Jolis coups de poings dans le dos, sympathiques paires de claques, adorables beignes! Bel exemple pour la jeunesse! Je ne savais pas que ces joueurs, eux aussi, avaient été victimes, dans leur pays respectifs, d'une école appliquant les doctrines "pédagogistes"!

Ecrit par : Christophe Sibille | 15 octobre 2007

Bel exemple pour la jeunesse!

Ecrit par : Christophe Sibille

Mais taisez vous un instant, petit Pangloss!

Ecrit par : LOki | 15 octobre 2007

Interview accordé par Geneviève WINTER, auteur du livre "Le mammouth se trompe énormément, Paroles d'inspecteur",
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 14 octobre 2007

G. Winter attaque, certes, et ne dit pas que des sottises ; mais elle semble ignorer beaucoup de choses quant aux choix politiques qui pèsent sur la gestion du ministère. Un exemple au hasard : à partir de sa remarque (fort pertinente) sur l'envahissement de l’Educ par les pouvoirs régionaux, il ne lui vient pas à l'idée que ceci n'est pas un dérapage isolé, mais le résultat d'une volonté politique, camouflée sous l‘alléchant terme de « décentralisation », et qui vise à détruire le cadre national de l'État et de l'Éducation, -- de moins en moins nationale, de plus en plus soumise aux féodalités locales, aux caprices des chefs d’établissement, et bientôt, sous prétexte d’une nécessaire adaptation, aux expérimentations hasardeuses de tel ou tel adipeux G. Cohn-Bendit (Cadichon, je dois reconnaître que sur ce coup-là vous ne l’avez pas loupé, l’ébobé de saint Naze !)
Revenons à notre « pentita » : puisque cet empiétement lui déplaît, elle pourrait se demander pourquoi la loi de décentralisation qui le permet, (loi Defferre, donc de « goche », hi hi hi) , a si bien arrangé l'affaire de la droite que J.- P. Raffarin en a rajouté une couche en 2003 : à qui le crime profite-t-il, sinon à nos « libéraux » d’aujourd’hui, quels qu’ils soient, à ceux qui cherchent, pour notre bien évidemment, à officialiser la concurrence entre les établissements, et qui, au nom de l’autonomie, du droit à l’expérimentation, de l’adaptation aux réalités locales, aux bassins d’emploi, et j’en passe, vont nous organiser un de ces b…azars où aucune mère chatte ne retrouvera ses petits : plus de programmes nationaux mais un vague cahier des charges, plus d’examens nationaux mais des bacs à la carte (surtout si on choisit le contrôle continu), plus de concours nationaux mais des recrutements à la tête du client…, bref, la fin de ce qui fait l’Ecole de la République.
Conseillons à Mme Winter, qui, puisqu'elle est à la retraite, a maintenant le temps de lire, de se rapporter au projet de TCE Giscard, celui qui a été rejeté par referendum, ou aux documents européens sur l’éducation et la formation (par exemple, le « pacte de Lisbonne ») : tout y est.

Ecrit par : FGuichard | 15 octobre 2007

Bonjour,

Je rebondis sur la séance d'anglais à l'école primaire.
Dans l'école de ma fille, c'est le même topo. Ils n'apprennent que des choses fausses (quand ils apprennent!).
Elle est en CE1, je pense que l'anglais n'est pas indispensable à son âge.
A ce propos, je viens de lire le témoignage d'Yvonne Cloarec dans "la débâcle de l'école", j'en reparlerai plus tard car je suis crevée. Je n'ai pas eu de vrai week-end puisque j'ai dû aller samedi à une séance de didactique pour l'agreg interne, bref j'ai fait 4hoo de route pour entendre des horreurs.
hasta pronto,
Maria

Ecrit par : maria | 15 octobre 2007

Je vous l'avais dit, maria ( enfin, je crois!), présentez-vous à l'agrégation externe, c'est mille fois plus sûr.

Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

Je crains un truc, là, d'un coup...
G. Winter, elle ne surferait pas sur la vague du "critiquons l'école, ca fait vendre" ?
Je ne dis ça qu'à tout hasard, hein. Mais ca me semble louche, son revirement...

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

"Vous n'êtes pas assez attentive, Anne-Marie Valette, car on l'a déjà eue hier,"(F.Guichard)

J'ai passé un quart d'heure à le "reformater", car je le trouve malgré tout interessant bien qu'il y manque comme vous le dites beaucoup de choses. (Excusez-moi, Thalie, je le trouvais difficilement lisible dans sa forme première.)
Il faudrait lire son livre, pour se faire une idée complète de sa critique.

Je suis allée samedi chez mon libraire, et comme chaque fois,
j'ai consulté les livres sur l'éducation.
Nouveau livre de Meirieu : "Le devoir de Résister".
Livre de ce voyou de Sylvain Grandserre (auteur du "Hussard Bleu") , préfacé par Meirieu : "L'école, droit de réponses".

Livre de Gérard de Vecchi, constructiviste pur et dur (il a écrit en collaboration avec Giordan, cette espèce de malade mental auteur du "Faunographe",pour apprende à lire aux enfants!) auteur de "Construction des savoirs scientifiques dans le cadre des nouveaux programmes de SVT en classe de seconde" : à faire pâlir "La main à la pâte" ! Délire absolu !

J'ai acheté "De l'élève à l'apprenant et autres pamphlets ", de Michel Leroux, dont j'avais beaucoup apprécié "La destruction programmée de l'enseignement des lettres"
(trois articles en collaboration avec Mireille Grange, que peut-être certains d'entre vous connaissent?)

Dès la page 19, je retrouve tous les termes trouvés dans la leçon de mes petites élèves de cinquième, "les schémas narratifs et actanciels". Je ne pensais pas que ce charabia s'appliquait déjà à des élèves si jeunes.

Anne-Marie.

PS : Thierry, je compte faire bon usage de votre enseignement en maternelle GS, je connais plusieurs maîtresses de CP, qui font du b-a ba, et dont la première tâche est de "faire oublier" (sic) à leurs petits élèves tout le "global" qu'ils ont vu en GS.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 15 octobre 2007

Vous voulez avoir peur, tous autant que vous êtes ?

Ta Da : voilà de quoi faire frémir les plus aguerris.

Frissons garantis : on est dans la formation de formateurs ; en gros : l'ultime lavage de cerveaux pour les plus formatés, avant de désigner ceux qu'aura choisis le Maître Vador.

http://www.paris.iufm.fr/formationformateurs/Plan2007_2010/PlanFormationFormateur2007-2010.pdf

Allez, pour s'en remettre, on reprend tous en choeur :

http://youtube.com/watch?v=Z93c07f2hmk

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

Thalie, je pense que Pendariès vous conseillera de lire Médée de Max Rouquette, ou, plus cher, La quête de Pendaries.

Par contre, peut-on lire ces deux ouvrages si on ne sait pas lire l'Occitan ?

Question annexe : puisqu'on est dans le Sud, certains ici connaissent Tristan Cabral ?

Ecrit par : Jérémy | 14 octobre 2007

Humm, le théâtre et les nouvelles, siou plaît m'sieur! La poésie, je verrai après , quand j'aurai un petit creux... Merci d'avance.

Ecrit par : Thalie-Thalie | 14 octobre 2007

Pour l'instant, j'ai lu Vert paradis et Tout le sable de la Mer... Pas un seul, Thalie, vous vous priveriez du reste! Je ne vais pas vpus dire que ça se lit facilement car chaque phrase se savoure longuement. Itaque je n'en ai lu que ça pour l'instant. Quand j'ai eu deux cancers du foie dans la journée(comment dire élégamment: votre klebs ou votre greffier va crever la semaine prochaine dans d'atroces souffrances au gars qui vient parce que ce matin minou ou toutou ne veut plus se lever?) et trois chiens fracassés par les sangliers, deux pages de Rouquette me suffisent largement mais me comblent.
Donc, j'ai la ferme intention de continuer à savourer lentement entre chien et chat. Pendariès nous expliquera à nouveau, j'espère, comment choisir les bonnes éditions en langue française. Tout le sable de la mer, éditions du Trabucaïre, collection "novel.la", traduit par l'auteur. Un régal... Oserai-je vous dire que, pour moi, ça vaut Proust?

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007


Jérémy, P. Azimont vous a répondu: tous les textes occitans de M. Rouquette (sauf les manuscrits inédits) sont traduits par leur auteur en Français.
Ce qu'à cause de la fatigue M.R. n'a pu traduire de ses poèmes, depuis sa mort, un poète très proche (Philippe Gardy qui connaît M.R. depuis ses 16-17 ans) le fait.

[Concernant Tristan Cabral, je surfe sur le net pour en savoir plus, mais pourriez-vous nous dire déjà un peu plus sur votre sentiment à propos de ce poète?]

Ecrit par : Pendariès | 15 octobre 2007

Pour vous, Thalie:

Le cycle de nouvelles appelé "Vert Paradis" (5 tomes en trad. française) a changé d'éditeur, passant de Max Chaleil, les éd. de Paris à Anatolia. Les anciens volumes, par contrat, ont été retirés de la vente. L'an dernier a vu la réédition du 1er tome, "Vert Paradis", traduit par Alem Surre-Garcia. Cette traduction a poussé M. R. a prendre en main ce délicat travail. Non pas qu'elle soit mauvaise (les beautés rouquettiennes demeurent; je pense qu'il est difficile d'avilir les textes à haute charge poétique), mais elle choisissait des mots ou des formulations trop intellectualisées. Par exemple: "en son for intérieur" pour "en lui" / "en elle".

Je vous donne la table des matières:

La mort de Costasolana. Première phrase: "Costasolana attendait les perdreaux, et c'est la mort qui vint."

Le hautbois de neige. "Voici le Larzac, la terre abandonnée."

Les Pas de Dieu.

Dans les greniers. " Dans les greniers de la mémoire, ceux qu'on visite de jour, et ceux, plus beaux encore, qu'on visite de nuit tandis que le corps reste oublié sur un lit, il demeure d'étranges images qui vont et viennent, fulgurent un instant dans un reflet avant de s'estomper pour réapparaître au détour des sentiers imprévus du songe."

Le Millepertuis.

Le Renard dans le bassin. "'Roi dans son territoire, c'est la loi..." (agonie d'un renard tombé dans le bassin du Mas de Gardie, près d'Argelliers, commune de naissance de M.R. Le mas, qui faisait travailler et logeait 60 personnes, est aujourd'hui en ruines).

Le champ de Sauvaire. [Sauvaire, confronté au dépérissement de son champ, parce que ses forces lui manquent au fur et à mesure de sa vieillesse et de sa solitude.]

Plume qui vole.

D'un pendu.

D'un bréviaire. "Ce soir j'ai refermé l'église où vivait seule dans les ténèbres, la flamme jaune d'un lumignon, devant la pierre froide où Dieu repose."

Le Spectre de la lune pleine.

Le Château de Don Quichotte.

Le Jardin de Dieu.

Affût d'été.

Jironi ou les chemins du ciel.

Le Secret de l'herbe. "Les premiers pas du souvenir avancent dans l'herbe rase qui désire vivre au plein soleil et se gorger des rêves humides de la nuit. L'herbe était notre compagne." [1ere nouvelle publiée dans une revue occitane. M.R. avait une trentaine d'années.]

Après-midi de ce grenier... "Après-midi de ce grenier d'où je contemplais le monde assoupi dans la tiède transpiration de la mi-journée."

Le grand fleuve. "Il était une fois un grand fleuve, si large que l'image du ciel s'y perdait dans le ciel."

Les sept bonheurs de Jean de l'âne.

Cendre morte. "Par un matin d'hiver, je fus appelé pour un malade qui habitait un mas perdu du Causse. Je suivis longuement la vallée de l'Hérault, mais finalement, je dus laisser ma voiture dans une sablière et prendre à pied le chemin de la montagne." [M.R. était médecin. Ici, l'agonie d'un jeune homme et la douleur de sa mère.]

Marionassa. "De la vigne où elle liait des sarments, la vieille Marionassa vit passer sur le chemin du haut, Monsieur Belin qui conduisait sa mule".

Catarina.

Gannocha."La vieille Gannocha a soixante-dix-huit ans. Elle doit compter dans sa parenté Sicorax, l'horrible mère de Caliban, ou une des trois sorcières de Macbeth."

La vieille T.

Le Roi cruel. "Il était une fois un Roi cruel, si cruel et d'une telle méfiance qu'il voulut faire de tous ses sujets un peuple de bossus."

Le dernier lièvre. [Ou le péché d'un curé fou de chasse... hé hé. Un petit bijou d'humour religieux.]

L'orange. "Je le sentais heureux d'être avec moi." [Un dernier moment d'intimité partagé entre un vieux père et son fils. Monsieur Rouquette père partageant une orange avec son fils, Max, lors d'une ultime promenade commune.]

Un figuier pour Caçola. [On se pend souvent dans "Vert paradis". Les paysans meurent ainsi, quand ils sont au désespoir amoureux ou économique.]

Discours aux Polhacres. "Depuis qu'ils avaient perdu chacun 2 millions d'hommes dans la guerre qui les avait opposés en Mongolie intérieure, le Roi et les Polhacres avaient appris à s'estimer."

La petite fontaine.

Source de Guisard.

Source morte.

Fontaine du forgeron.

La Nuit du rouge-gorge, Conte de Noël pour les petits d'hommes. "Voici presque deux mille ans que Jésus naquit à Bethléem, dans une pauvre étable, entre l'âne et le bœuf. Depuis, il est revenu chez son Père, dans la gloire du paradis, dans la lumière des astres et des archanges, dans la musique des séraphins".

Le sanglier.

Le Tombeau de Jean-Henri Fabre. "Quand un espace aride ne connaît aux quatre vents d'autre limite que l'horizon du ciel, on le nomme désert." [Texte extraordinaire du combat entre la guêpe Pepsis et la tarentule. Immense sensualité - combat amoureux, de survie et de mort, l'une voulant pondre son œuf dans la chair de l'autre; l'autre dévorée de l'intérieur par la larve pondue...] "Et puis vint le moment où quelque chose d'étrange se produisit. Elle ne remarqua pas comment ni quand cela commença. Une vague sensation de changement. Rien de douloureux, mais quelque chose qui n’existait pas auparavant. Et aussitôt, comme une sorte de trouble inquiétude, de langueur, de menace aveugle. Tout cela aussi lent que la nuit où elle reposait, nuit privée d’aube et de crépuscule. Eternité noire pour une ermite livrée à la contemplation. A l’affût d’une croissance en elle, inconnue, secrète et patiente. Qu’est-ce qui croît d’étranger au plus intime de son être ? Qu’est-ce qui naît pour vivre de son anéantissement ?

Songe capturé (I, II et III)

La Bonté de la nuit. [Cruauté définitive des enfants]

Ecrit par : Pendariès | 15 octobre 2007

Romans, chez éditions du Trabucaïre:

"Tout le sable de la mer", l'histoire de la Sybille de Cumes, traversant les âges, perdue dans le vieillissement de sa chair, pour, après la seconde grâce apollinienne, passer de corps en corps animaux, de matières en matières (végétales, minérales, stellaires...), rejoignant, on ne sait quand, le destin des dieux.

"La Quête de Pendariès": au siècle de la Peste en Languedoc, avec Rondelet, Rabelais, Nostradamus. Pendariès, médecin, et défiant l'Eglise, pour, alors que l'Amérique est découverte par Christophe C., révéler les territoires inconnus du corps - oeuvre de dissection. Sa femme, enceinte, meurt du grand mal. Pendariès continue sa quête d'amour et de mort, avec elle, et le foetus, sur sa table.

Théâtre: "Médée", "Le Glossaire, ou l'étrange univers du savant môssieur Pluche" (drôlatique!) - éditions espace34.

Ecrit par : Pendariès | 15 octobre 2007

Je suis allé voir, Jérémy, sur www.paris.iufm.fr.
C'est terrifiant.
Ce qui saute aux yeux, c'est que tout ce charabia insane a pour unique fin d'installer au pouvoir pédagogique une nomenklatura d'habile coquins qui se font ainsi une carrière ronflante de "formateurs" à la place du poste modeste, anonyme et ingrat d'enseignant qui aurait été leur lot s'ils avaient eu deux doigts d'honnêteté intellectuelle.
Le problème pour nous et pour les élèves, c'est que ces bavards bouffis d'eux-mêmes trouvent hélas assez de naïfs , ou de miteux mâtinés de crasse ambition, pour les croire.

Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

Le cycle "Vert paradis" s'est attaqué à tous les genres de la nouvelle: conte, études de moeurs, mystique, guerre, découverte des pensées des jeunes filles séduites par le mâle, et des vieilles jalouses des jeunes filles, la perte de soi, la perte du monde qui lui-même change, etc. etc.

Ecrit par : Pendariès | 15 octobre 2007

mais malgré les interventions riches de Catmano, très peu d'intervenants de ce blog savent réellement ce qui se passe dans une classe de maternelle.

Ecrit par : Christophe Sibille | 13 octobre 2007

Quelques uns tout de même et depuis un certain temps, cher Christophe Sibille, à qui cela permet d'apprécier les interventions de Catmano et de Thierry Venot.
Guy Morel

http://www.slecc.fr/sources-slecc/documents/reflexion/ulm/lecture_morel_ulm.pdf

Ecrit par : guy morel | 15 octobre 2007

Pour Maria.

Madame Cloarec m'a conseillé d'acheter pour mes petites élèves le "Speak English" sixième et cinquième, qu'un ami enseignant va m'envoyer.
Je vais donc m'improviser professeur d'anglais : au point où en est tombée l'instruction, je me rends compte qu'il n'est plus nécessaire d'avoir une formation quelconque pour aider ces malheureux "apprenants". Un peu d'ancienne culture (et de lucidité ! ce qui n'est pas donné à tout le monde) suffit.

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 15 octobre 2007

Merci de vos conseils, Pendariès, je vais me procurer cela et m'y mettre. Bien à vous.

Ecrit par : Thalie-Thalie | 15 octobre 2007

Un petit texte de Kintzler, toujours aussi impressionnante par sa culture et son intelligence et ses réflexions sur la liberté "déborde" même le problème évoqué:



" La laïcité face au communautarisme et à l’ultra-laïcisme
par Catherine Kintzler

en ligne le 14 octobre 2007
Deux dérives symétriques menacent la laïcité. L'une, qui cautionne le communautarisme, consiste à vouloir étendre à la sphère publique le régime de la société civile : elle a été désavouée et bloquée par le vote de la loi de mars 2004 interdisant le port des signes religieux à l'école publique. L'autre, où l'on reconnaît l'ultra-laïcisme qui est une forme du dogmatisme anti-religieux, consiste inversement à vouloir durcir l'espace civil en exigeant qu'il se soumette à l'absention qui règne dans la sphère publique ; elle a marqué une partie de l'histoire de la IIIe République, et refait surface avec la déplorable affaire d'Epinal.

En novembre 1989, lors de la « première affaire du voile » à Creil, je me suis jointe à Elisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut et Elisabeth de Fontenay pour écrire un Appel – publié dans Le Nouvel Observateur – réclamant l’interdiction du port de signes religieux à l’école publique. En mai 2003, j’ai été co-auteur d’un second appel collectif, publié dans Libération, en faveur d’une loi sur cette question.

L’un des enjeux de ces textes était d’exposer en quoi l’école publique primaire et secondaire doit être soustraite à l’espace civil ordinaire : parce qu’elle fait partie des dispositifs constitutifs de la liberté, parce qu’elle accueille des libertés en voie de constitution, elle ne peut être confondue avec un lieu de simple jouissance des droits qu’elle contribue à rendre possibles. Il ne s’agit ni de la rue, ni d’un simple « service » au sens ordinaire du mot : on n’y vient pas seulement pour jouir de sa liberté, mais pour la construire, pour s’autoconstituer comme sujet. Aussi la laïcité, qui réclame l’abstention en matière de croyance et d’incroyance, s’applique à l’école comme à l’ensemble de la sphère publique. A l’école, on se soumet à cette abstention pour les mêmes raisons qu’on doit la respecter lorsqu’on exerce l’autorité politique, lorsqu’on fait des lois, qu’on parle en leur nom ou lorsqu’on est chargé de les appliquer.
Le combat mené visait entre autres à dissocier le régime de constitution du droit et des libertés (sphère de l’autorité publique rendant les droits possibles) d’avec celui de leur exercice (espace civil ouvert au public et espace privé). Sans cette distinction, le principe de laïcité perd son sens : c’est précisément parce que la puissance publique et la sphère qui lui est associée s’astreignent à la réserve en matière de croyance et d’incroyance que les libertés d’expression, d’opinion, etc. peuvent, dans le respect du droit commun, se déployer dans la société civile sous le regard d’autrui (par exemple : la rue, le métro, une boutique, un hall de gare, une bibliothèque, un musée, une piscine, un club de gym, un hôtel..) et dans l’espace de la vie privée à l’abri du regard d’autrui. C’est précisément parce que la sphère publique fondatrice des libertés est rigoureusement laïque que l’espace civil ouvert au public et l’espace privé, où elles s’exercent, n’ont pas à être laïques, mais simplement tolérants. La tolérance qui règne dans la société civile a pour condition et pour garantie la laïcité à laquelle se soumet la sphère publique (1).

On voit alors que deux confusions symétriques peuvent ruiner cet édifice.
La première consiste à dissoudre le principe de laïcité dans le principe de tolérance, à étendre à la sphère publique le régime de la société civile : à accepter que la production du droit s’effectue en fonction des appartenances et que celles-ci soient légitimées en tant qu’autorités politiques. Voilà pourquoi « l’affaire du voile » était décisive : s’y jouait la question de la reconnaissance ès qualités d’appartenances dans un lieu qui par principe doit les suspendre. Ce mouvement de dissolution – que la loi du 15 mars 2004 a opportunément désavoué et bloqué – conduit au mieux à une juxtaposition paisible de communautés, au pire à un affrontement de celles-ci en l’absence de principe qui les transcende et rende possible leur coexistence pacifique, tout en rendant possible celle des individus qui ne se réclament d’aucune appartenance.
La seconde consiste à durcir l’espace civil en prétendant le soumettre au régime qui gouverne la sphère de l’autorité publique, en prétendant y substituer le principe de laïcité au principe de tolérance. Mais si l’on exige que le principe d’abstention qui règne dans la sphère publique s’applique aussi dans la société civile, on prive tout simplement celle-ci d’une de ses libertés fondamentales, la liberté d’expression (que pourtant la sphère publique doit fonder, constituer et garantir). Cela conduit inévitablement, par exemple, à interdire toute manifestation religieuse dans la rue ou dans un lieu accessible au public et à la cloîtrer dans l’espace strictement privé. Position qui ruine non seulement la tolérance mais aussi la laïcité, dont l’un des objets est précisément de rendre possible une large jouissance du droit de manifester ses opinions. Position qui en outre contredit la laïcité puisqu’elle consiste pour la puissance publique à professer une doctrine anti-religieuse.
Dans la première dérive, on reconnaît le communautarisme encouragé naguère par une « laïcité ouverte » qui proposait, au nom du « droit à la différence », d’entériner la différence des droits : même un fascisme, pourvu qu’il se présente au nom des « pauvres » et d’une conscience religieuse, pouvait être non seulement toléré mais soutenu…
Dans la seconde, qui a marqué une partie de l’histoire de la IIIe République et qui refait surface actuellement avec la déplorable affaire du gîte d’Epinal, on reconnaît le dogmatisme anti-religieux, l’ultra-laïcisme (et cette fois le suffixe -isme qui désigne une doctrine est pertinent) au nom duquel il faudrait, par exemple, interdire le port d’une soutane, celui d’une croix, d’une kippa ou d’un voile islamique dans tout lieu accessible au public.

Les laïques ont combattu et combattent le communautarisme sous la forme de la première dérive. Mais ils doivent aussi avoir le courage de combattre, y compris en leur propre sein, l’ultra-laïcisme dogmatique. Celui-ci non seulement ruine la laïcité en la vidant de son sens, mais, en pourchassant dans la société civile les manifestations religieuses ou d’appartenance, il encourage le communautarisme et coalise autour des appartenances ainsi menacées des solidarités inespérées. C’est pourquoi la dérive « laïciste » est symétrique de la dérive communautariste : en stigmatisant les manifestations civiles d’appartenance, elle les transforme en étendard, ce qui cautionne leurs prétentions politiques. Soyons encore plus clair, à l’aide d’un exemple : pour donner raison à l’intégrisme musulman, un bon moyen est de réclamer l’interdiction du voile dans un hôtel, et bientôt dans le métro, dans la rue (2)…

Ceci nous amène à l’affaire d’Epinal : la propriétaire d’un gîte, ayant demandé à deux clientes d’ôter leur voile dans les parties publiques de son établissement, a été traînée devant la justice et lourdement condamnée. On pouvait évidemment s’y attendre et ceux qui ont apporté leur « soutien » à Mme Truchelut en instrumentalisant son combat auraient mieux fait de lui éviter cette déplorable issue par de judicieux conseils.
Cependant, il faut examiner un aspect particulier à cette affaire. Un point fortement souligné par les ultra-laïcistes est que la demande de la propriétaire a été faite notamment au nom de la dignité des femmes : le voile est signe d’infériorité et d’aliénation. Mais si le patron musulman d’un hôtel refusait de me servir un cognac au bar sous prétexte que la consommation d’alcool manifeste une forme d’aliénation qui n’a pas à être rendue publique (ce qui n’est pas complètement faux), je le traînerais en justice… et j’aurais bien sûr gain de cause. Ma liberté, lorsqu’elle s’exerce dans la société civile et pourvu qu’elle respecte le droit commun, comprend bien entendu le droit de dénier la liberté et d’afficher ma propre aliénation : à quoi bon la liberté, s’il faut en priver a priori les ennemis de la liberté ? La loi doit-elle prendre soin de mon âme et de mon corps au point de m’interdire tout ce qu’elle juge leur être nuisible alors que je ne nuis à personne d’autre ? Pour paraphraser Locke (3) : si je suis malade, et à moins que cette maladie ne soit dangereusement contagieuse ou qu’elle m’amène à mettre autrui en danger, a-t-elle le droit de m’obliger à me soigner ?

La distinction entre d’une part la laïcité de la sphère publique et de l’autre la tolérance dans la société civile, entre d’une part le domaine constitutif des droits et de l’autre celui de leur exercice, ne suppose en aucune manière qu’on dépose les armes. Le combat idéologique est possible, il est permis par l’exercice même des libertés : il peut donc être requis. Si une femme croit bon de porter le voile dans la société civile, je ne suis pas obligée de me taire et je peux chercher à lui faire entendre pourquoi je considère qu’elle brandit une aliénation. Accepter, en tant que commerçant, de servir une femme voilée, ce n’est pas pour autant adopter sa position : je peux comme commerçant me plier à cette obligation légale et comme citoyen afficher mon désaccord y compris en m’adressant à elle et en menant un combat idéologique sans concession. Pour paraphraser encore Locke : j’ai le droit et le devoir d’user de persuasion et d’exhortation pour conseiller à autrui de prendre soin de son âme, de son corps et de ses biens, mais je n’ai pas à lui imposer mes convictions par la contrainte.
De même qu’il ne faut pas confondre le principe de laïcité qui vise la constitution même des droits et le principe de tolérance qui en est le résultat dans l’exercice des droits, ne confondons pas combat politique et combat idéologique : vouloir imposer ses convictions morales par la loi, c’est exposer la liberté à un grand danger.

Osons combattre le communautarisme et l’ultra-laïcisme, deux dérives symétriques et complices qui menacent la laïcité !"

Ecrit par : Thalie-Thalie | 15 octobre 2007

Flagrant délit!
Anne-Marie Valette vient ici pourfendre à coup de copié-collés interminables et indigestes les méthodes pédagogistes et voilà qu'elle avoue les utiliser!
"speak english" vous êtes sûre de vouloir enseigner l'anglais ? pov gamins! vous allez les dégouter à vie de la langue de shake ès pire...

Hamlet vite reviens ne laisse pas ce crime se perpétrer!

Quant à Jean, son masochisme n'a plus de limite , dés le lundi matin il se prend une bonne rasade sur le site de l'IUFM de Paris... Z'avez pas mieux à faire? faut être tordu quand même...

Ecrit par : Serpent à plumes | 15 octobre 2007

Pour que vous puissiez vous faire une idée, je vous fais un rapide compte-rendu de ce qui s'est dit lors de la réunion de rentrée sur le "socle commun" :

Il s'inscrit dans un cadre européen d'harmonisation des apprentissages scolaires.

On part du constat suivant :

150 000 élèves sortent du système éducatif sans aucune qualification.

15% ont un niveau insuffisant en fin de 3ème.

30% ont des difficultés importantes

De 20 à 30% entrent en 6ème sans maîtriser la lecture et l'écriture.

Montée de la violence et des incivilités

Loin de réduire les inégalités, le collège unique les a aggravées.

Le socle commun est présenté comme la solution à tous ces problèmes : la scolarité obligatoire ne doit plus se contenter d' "assurer la transmission des savoirs scolaires", mais "intégrer dans la société."On ne parle plus de connaissances mais de "compétences" ("capacité de mobiliser les acquis dans des situations concrètes").

Compétences = connaissances + capacités + attitudes

On va vers la mise en place d'une nouvelle culture de l'évaluation.

On reparle de réévaluer le "statut de l'erreur", de "transversalité", de "contextualisation", de "décontextualistation"

Réaffirmation de la place de l'oral

Les compétences sont avant tout sociales et civiques, voire pratiques "savoir nager" (!), travailler en groupe, se préparer à sa vie de citoyen...

On parle "d'apprentissage tout au long de la vie".

Le B2i (brevet informatique et Internet) et le Brevet de sécurité routière sont intégrés dans le socle commun.

Un avenir radieux s'ouvre à nous !

Ecrit par : Robin | 15 octobre 2007

Pas du tout, Serpent à plumes, j'écoute les conseils de Jérémy. Il faut se faire une idée personnelle des choses, vous ne trouvez pas? Et là, il faut reconnaître que c'est gratiné.
Ce qui me sidère, c'est que de telles prétendues formations, qui suintent par tous les pores l'artifice, le bla-bla et le vide trouvent des gogos pour s'y inscrire et des politiques pour les financer!

Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

Robin, n'est-ce pas exactement le programe qu'il faut pour rendre idiots les futurs citoyens de l'Europe?
Mais après tout, qu'est-ce que nous en avons à faire? Il est hors de question que nous changions d'un iota nos objectifs et nos pratiques. Au pire, on fera semblant. Alors, ils peuvent toujours s'agiter là Bruxelles...

Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

Réaffirmation de la place de l'oral

Les compétences sont avant tout sociales et civiques, voire pratiques "savoir nager" (!), travailler en groupe, se préparer à sa vie de citoyen...

On parle "d'apprentissage tout au long de la vie".

Le B2i (brevet informatique et Internet) et le Brevet de sécurité routière sont intégrés dans le socle commun.

Un avenir radieux s'ouvre à nous !

Ecrit par : Robin | 15 octobre 2007

Bof! Ça ne va pas changer grand chose, au point où ça en est... Y'aura toujours des professeurs pour faire proprement et dicrètement leur travail à fond.

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Robin, n'est-ce pas exactement le programe qu'il faut pour rendre idiots les futurs citoyens de l'Europe?


Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

Les rendre idiots???
Encore une fois, ça ne changera pas grand chose par rapport au statut actuel.

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

"Robin, n'est-ce pas exactement le programe qu'il faut pour rendre idiots les futurs citoyens de l'Europe?
Mais après tout, qu'est-ce que nous en avons à faire? Il est hors de question que nous changions d'un iota nos objectifs et nos pratiques. Au pire, on fera semblant. Alors, ils peuvent toujours s'agiter là Bruxelles..."
Jean

Ce que vous avez à en faire Jean , eh bien voici : une amie à moi à elle aussi été convoquée à la journée d'info "socle commun". Elle était animée par deux enseignants, lesquels ont sans doute l'habitude de lécher particulièrement profond le corps d'inspection , d'où ce yoyo à l'allure de promotion qui leur a été confié. Ces deux charettes à bren ont donc commencé par reprocher à mon amie et à ses collègues de ne pas être au courant, en détail, de ce qui avait été dit dans le B.O. ( ce fut formulé ainsi : "Vous êtes fonctionnaires, vous avez le devoir de connaître les instructions officielles et de les appliquer"). Après un exposé détaillé de la "nouvelle" façon d'évaluer qui sera bientôt mise en place et qui, comme l'indique Robin, est purement et simplement une resucée de délires pédagos jamais réellement mis en pratique (en gros, attendez-vous à devoir noter tous vos devoirs en cochant désormais des petites cases, comme pour les évaluations de 6e, ce qui signifie que vous mettrez MOINS de temps à corriger et que vous aurez donc PLUS de temps à passer au collège). Cerise sur le gâteau (et c'est ce qui répond à votre question), mon amie dit alors aux deux pignoufs venus vendre leur bouse :"C'est bien joli, tout ça, mais j'ai pour ma part des collègues qui ne font pas de séquences et qui ont une méthode de travail plus que traditionnelle, je ne vois pas comment ils pourront évaluer leurs élèves avec un système pareil !" A cela, l'un des valets de l'inspection lui rétorque : "Mais, madame, vous savez bien que les chefs d'établissement sont destinés à devenir des chefs d'entreprise et que vous êtes destinés à devenir des employés comme les autres. Si les enseignants qu'ils ont sous leur responsabilité ne veulent pas se plier aux nouvelles méthodes, il seront tout bonnement licenciés". Petit sourire en coin pour clore l'échange.

Voilà, Jean, vous savez maintenant ce que à quoi vous devez vous préparer à l'avenir. Quant à moi, je pense que je vais commencer à sérieusement songer à une reconversion, étant donné que, vu la nature" traditionnelle" , voire "rétrograde" de mon enseignement, il est clair et net que je vais avoir bien du mal à me faire embaucher.

Allez, je retourne au boulot.

Ecrit par : Kap | 15 octobre 2007

"a elle aussi été convoquée", et pas "à", bien sûr.

Ecrit par : Kap | 15 octobre 2007

Voilà, Jean, vous savez maintenant ce que à quoi vous devez vous préparer à l'avenir. Quant à moi, je pense que je vais commencer à sérieusement songer à une reconversion, étant donné que, vu la nature" traditionnelle" , voire "rétrograde" de mon enseignement, il est clair et net que je vais avoir bien du mal à me faire embaucher.

Allez, je retourne au boulot.

Ecrit par : Kap | 15 octobre 2007

Il ne vous reste qu'à créer un corps de professeurs libéraux! Après, vous vous associez en SEL avec des bâtiments en SCI. Des sortes de cabinets professoraux avec consultations de groupe.

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Bof! Ça ne va pas changer grand chose, au point où ça en est... Y'aura toujours des professeurs pour faire proprement et dicrètement leur travail à fond.

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Vous n' y êtes pas Dobolino. Car même quand vous êtes animé des meilleures intentions pédagogiques du monde et outillé de la pédagogie la plus rigoureuse, vous êtes quasi impuissant devant des élèves, de plus en plus nombreux, qui ne disposent pas des compétences minimales et des codes pour jouer le jeu de l'apprentissage.
Nos élèves dans leur grande majorité subissent l'effort qu'ils doivent produire en classe pour suivre le cours (y compris en EPS, croyez moi) avec un minimum de concentration et d'efficacité comme un impossible sacrifice. La rentabilité d'un cours en collège est désastreusement insignifiante.
Cette situation résulte de la déritualisation des apprentissages et de leur remplacement par cette monstrueuse invention qu'est la techno-science éducative.

Ecrit par : buntovchik | 15 octobre 2007

Dites donc, serpent à plumes, vous feriez bien d'aller y faire un tour, sur cette adresse :

http://www.paris.iufm.fr/formationformateurs/Plan2007_2010/PlanFormationFormateur2007-2010.pdf

Vous y découvririez ce qui est prévu dans l'Education jusqu'en 2010 (!), qui dure depuis au moins 1989, et qui n'est pas près de s'arrêter.

Et pour varier un peu, je recommande à ceux que tout cela déprime de prendre de rendez-vous aupres de :
http://www.youtube.com/watch?v=oNcHM6YbD7M

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

"Bof! Ça ne va pas changer grand chose, au point où ça en est... Y'aura toujours des professeurs pour faire proprement et dicrètement leur travail à fond."

Eh bien dobolino, détrompez-vous !
J'ai préparé des sujets de devoirs que mes premières sont incapables de faire car ils sont passés sans aucune base, "pour remplir des classes", comme disent les profs de l'année derniere.
J'ai voulu monter un projet pédagogique (un vrai, celui-là, au sujet d'Alexandre Dumas), on m'a répondu qu'il n'y avait pas l'argent, alors qu'on dépense des fortunes pour montrer des pièces débiles, soi disant absurdes, à des classes qui n'en ont pas envie.

Alors je vais vous dire que ça ne durera pas longtemps. Quitte à se faire avoir, autant ne rien faire.

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

buntovchik, je vous rejoins tout à fait.
Pensez que lorsque vous dites : "La rentabilité d'un cours en collège est désastreusement insignifiante.", les gamins ayant l'habitude de ce désastre, ne sont plus capables non plus de se concentrer en lycée...

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

Je vous livre une des meileures pages, puisqu'on parlait sport ces derniers temps :

07A0010404 FORMER EN EPS
Objectif général : Permettre aux formateurs en EPS d'acquérir les compétences et connaissances utiles à la formation des pairs.
07A0010404 – 14149 ACTIVITÉ ATHLÉTIQUE ET COURSE DE DURÉE :
Objectif : Proposer aux élèves du collège des modalités de pratique attrayantes et diversifiées garantissant la continuité des apprentissages et des motivations.
Contenu : Apports techniques et législatifs.
Public : Enseignant d'EPS désignés par l’inspecteur
Durée : 18 heures
Responsable pédagogique : Jean-Michel BARBETTE, Formateur 2nd degré

07A0010404 - 14151 FORMER EN ASDEP
Objectif : Permettre aux formateurs d'acquérir des connaissances et des compétences dans la formation aux activités de développement et d'entretien physique.
Contenu : apports de contenus pédagogiques.
Public : enseignants d’EPS désigné par l’inspection.
Durée : 18h
Responsable pédagogique : Béatrice FLANDRIN enseignant 2nd degré.

14153 FORMER EN APSA
Objectif : proposer une pédagogie du détour en croisant les arts du cirque, la danse contemporaine, l’acrosport.
Contenu : Apports de connaissances pédagogiques.
Public : enseignants d’EPS désignés par l’inspection
Durée : 18h
Responsable pédagogique : Marielle BRUN assistante sociale

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

Le B2i (brevet informatique et Internet) et le Brevet de sécurité routière sont intégrés dans le socle commun.

"Un avenir radieux s'ouvre à nous !
Ecrit par : Robin | 15 octobre 2007

Bof! Ça ne va pas changer grand chose, au point où ça en est... Y'aura toujours des professeurs pour faire proprement et dicrètement leur travail à fond.

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007"

Il y en aura encore plus pour valider servilement les items du B2i que voudront bien présenter les élèves.

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

D'ailleurs, comment peut-on former "ses pairs" ?
C'est dément : soit on forme et on vaut (un peu) mieux, soit on est l'égal et dans ce cas on ne peut pas former.
L'IUFM réinvente le primus inter pares, si j'ai bien compris.

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

"Cette situation résulte de la déritualisation des apprentissages...", écrit Buntovchik.

Je me demande si la solution ne serait pas de prendre exactement le contre-pied de tout ce qui se fait ou est censé se faire aujourd'hui dans les classes. Je veux dire qu'il faudrait peut-être refaire des cours exclusivement "magistraux", dictés d'un bout à l'autre de l'heure, et ne faire que ça pendant une assez longue période, deux ou trois mois par exemple, avec régulièrement des interrogations écrites qui ne font appel qu'au "par coeur", et cela jusqu'à ce que les élèves se soient bien fourrés dans le crâne qu'ignorants comme ils sont, ils sont d'abord là pour la boucler et pour faire ce qu'on leur dit. En français, on peut très bien dicter une explication de texte, et au moins les élèves sont tous occupés et apprennent quelque chose "à l'insu de leur plein gré".

Kap, je me rends bien compte que la chape de plomb qui va s'abattre sur le système éducatif va y étouffer toute forme d'intelligence. Ce sera le règne du Crétin absolu. Meirieu aura triomphé, car il est évident que les pédagogistes sont les alliés objectifs des gestionnaires. Et il faut reconnaître que la mafia pédagogiste se porte actuellement comme un charme. Les attaques que nous lui portons ne sont pour elle que de ridicules coups d'épingle.
Malgré tout, j'ai peine à imaginer que l'investissement du système par de tels démolisseurs se fasse sans que la résistance ne lance ses dernières forces dans la bataille. Il y a quand même les espoirs que nous avons mis en Darcos, dont je n'arrive pas à imaginer qu'il puisse laisser un jour la Bêtise au front de taureau, qu'il exècre, prendre le pouvoir. Mais pour l'instant, Darcos, c'est vrai, c'est le Sphynx. Pourtant Jean-Paul Brighelli nous dit et nous redit de ne pas nous affoler. Soit!
Je poserai aussi la question très bientôt de vive voix au Président de la Société des agrégés Jean-Michel Léost. La Société des agrégés n'est pas du genre à laisser passer tout et n'importe quoi et elle est relativement écoutée au Ministère. On verra bien.
Je pense d'ailleurs, Kap, que tous nos collègues qui subissent ce genre de séances d'information-formatage devraient décrocher aussitôt leur téléphone et appeler le Président de la Société des agrégés Jean-Michel Léost au 01 46 33 00 79. Cela vaut mieux que de ronger son frein et de cuver son amertume en silence

Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

se soient fourrré dans la tête...

Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

Merci à Jean et à Kapp de leurs réponses qui confirment mes propres impressions au sujet du "socle commun".

J'ai effectivement ressenti ce mélange de technocratie managériale, d'imprécation magique, de pédagogisme "constructiviste" et de coércition en sous-main.

Le" packaging" socle commun est à prendre ou à laisser, y compris le livret d'évaluation soi-disant expérimental dans lequel il n'y a plus qu'à cocher les cases.

Je note aussi vos intéressantes remarques sur notre ministre de tutelle.

Comment concilier la médiocrité de ces "critères de con-vergence" avec les ambitions affichées : la place accordée à la culture et aux arts, l'acquisition de connaissances approfondies, la formation de l'esprit critique...

Malaise.

Ecrit par : Robin | 15 octobre 2007

Ce que je voulais dire c'est que c'est déjà tellement comme prévu par le socle commun, un peu partout, que bon, voilà, nous autres ne pouvont compter que sur les bonnes volontés individuelles et ça, y'en a aussi parmi les profs. Vous verriez comment ma fille, élève de quatrième, vient d'apprendre en un mois à rédiger impeccablement un devoir de maths. J'en suis restée ébahie! Ce type de rédaction mathématique, je crois bien qu'on ne l'a exigé de moi qu'à compter de la seconde C.
[Je vous remets en mémoire le fait que l'élève en question est entrée en sixième en étant incapable de rédiger à l'écrit une phrase du langage courant complète, cohérente et bien orthographiée dès qu'elle dépassait quatre mots, malgré un niveau de langage oral convenable.]
La lire à présent rédigeant, avec sûreté et entièrement seule, pour un devoir de maths, les explications nécessaires sur le théorème de Pythagore, c'est digne de Lourdes. Je vais écrire au Vatican pour demander la béatification d'urgence de ce professeur de mathématiques.

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Jérémy a écrit : "D'ailleurs, comment peut-on former "ses pairs" ?
C'est dément : soit on forme et on vaut (un peu) mieux, soit on est l'égal et dans ce cas on ne peut pas former."

Quand on est reçu à un concours de l'éducation nationale, on n'est pas pour autant un pair ni un égal des titulaires déjà en place.

La rhétorique traditionnelle a fait quelques dégâts et les pédagogistes se sont engouffrés dans la brèche : professionnalisme truqué et diktats idéologiques culpabilisants...

Qu'on doive apprendre deux ou trois choses après ses études disciplinaires de gens qui ont déjà bossé devant des élèves me parait assez raisonnable.

J'ai quelques anecdotes personnelles si vous voulez.

PS : je ne travaille pas en IUFM.

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

Propos entendus par une collègue qui avait eu l'imprudence de se réjouir des nouvelles orientations, de la part d'un inspecteur manifestement inféodé à l'idéologie pédagogiste : "Les directives du ministres n'entreront en vigueur qu'à partir de 2009, vous n'avez pas à en ternir compte."

Le temps, les directives européennes et les échelons intermédiaires. Puissante coalition !

Ecrit par : Robin | 15 octobre 2007

"Je vais écrire au Vatican pour demander la béatification d'urgence de ce professeur de mathématiques."

Ca lui fera une belle jambe !

Je propose aussi pêle-mêle :

- une cage d'honneur dans le grand zoo pédagogiste.
- une mutation d'office en ZEP chaude avec doublement du salaire.
- la possibilité de rejoindre d'autres collègues de la même trempe dans un établissement pilote (après, bien sûr, leur avoir reniflé le trou de balle pour tester les affinités).
- une momification immédiate mais tous frais payés puis exposition au musée de l'Homme.

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

"Deux dérives symétriques menacent la laïcité."
Citée par un participant à ce blog cette proposition indépendante de C. Kintzler par un participant me plonge aussitôt lue dans un sommeil profond. À coup sûr elle annonce un plan en deux parties : primo la tolérance à l'égard du "communautarisme", deuzzzioo l'intégrisme laïcard...Il paraît que c'est "brillant intellectuellement", ce genre de laïus. Ben moi ça me fatigue, comme dit Raimu. Des bavards comme ça, on en a des floppées.
Guy Morel

Ecrit par : guy morel | 15 octobre 2007

"vous n'avez pas à en ternir compte."

Pour ces gens là, ternir compte autant que tenir coûte que coûte

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

"Je vais écrire au Vatican pour demander la béatification d'urgence de ce professeur de mathématiques."

Ca lui fera une belle jambe !


Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

A qui? Au Vatican ou au professeur?

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

"Quand on est reçu à un concours de l'éducation nationale, on n'est pas pour autant un pair ni un égal des titulaires déjà en place."

Dugong, je ne remettrai plus explicitement au début de mes messages que chacune de vos réponses est idiote, mais considérez que cette remarque, même en son absence, va de soi.

Ce n'est pas moi qui dit que les formatés sont les pairs des formateurs, c'est l'IUFM de Paris qui le dit. Si la formuation vous déplaît, écrivez-leur, ça leur fera du brouillon :
IUFM site Molitor
10, rue Molitor
75016 Paris


Je pointe juste le paradoxe de la formulation niaise : "la formation de ses pairs", qui résume bien le problème des IUFM : mettre des gens intelligents (ou non) à la merci de gens qui ne valent pas mieux qu'eux, bien loin de là.

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

Guy Morel a écrit : "Deux dérives symétriques menacent la laïcité."
Citée par un participant à ce blog cette proposition indépendante de C. Kintzler par un participant me plonge aussitôt lue dans un sommeil profond. À coup sûr elle annonce un plan en deux parties : primo la tolérance à l'égard du "communautarisme", deuzzzioo l'intégrisme laïcard...Il paraît que c'est "brillant intellectuellement", ce genre de laïus. Ben moi ça me fatigue, comme dit Raimu. Des bavards comme ça, on en a des floppées."

Bien d'accord : c'est de la "critique ni-ni"

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

Suite de précédent message...
Je n'avais pas lu la fin qui mérite de figurer dans une anthologie des formules à ne jamais employer :
"Osons combattre le communautarisme et l’ultra-laïcisme, deux dérives symétriques et complices qui menacent la laïcité !"
C'est cela : "Osons !"
Guy Morel

Ecrit par : guy morel | 15 octobre 2007

"nous autres ne pouvont compter que sur les bonnes volontés individuelles et ça, y'en a aussi parmi les profs."

Oué, ben y en aura bientôt une de moins.

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

Pour Jérémy : c'est en effet plus clair ainsi !

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

Pour Jérémy : Etes vous malgré tout d'accord avec ce que j'écrivais ?

Quand on est reçu à un concours de l'éducation nationale, on n'est pas pour autant un pair ni un égal des titulaires déjà en place.

La rhétorique traditionnelle a fait quelques dégâts et les pédagogistes se sont engouffrés dans la brèche : professionnalisme truqué et diktats idéologiques culpabilisants...

Qu'on doive apprendre deux ou trois choses après ses études disciplinaires de gens qui ont déjà bossé devant des élèves me parait assez raisonnable.

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

"nous autres ne pouvont compter que sur les bonnes volontés individuelles et ça, y'en a aussi parmi les profs."

Oué, ben y en aura bientôt une de moins.

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

Bonne reconversion... Nous avons aussi besoin de bonnes volontés au Centre des Impots ou à l'URSSAF. Chez EADS aussi, d'ailleurs.

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Je vais écrire au Vatican pour demander la béatification d'urgence de ce professeur de mathématiques.

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Lecteur occasionnel de ce blog, nous accédons bien volontiers à votre requête mais nous souhaiterions vous voir un peu plus souvent à la messe, ma fille.

S.S. Papus Benedictus XVI

Ecrit par : Robin | 15 octobre 2007

Dans l'absolu, oui.
Et je retire le coup des remarques idiotes, je me suis un peu emporté, mais je vais corriger des copies affreuses de Première où je demande juste pourquoi Feydeau, c'est comique.
Quand je leur ai demandé de lire Beaumarchais, ils m'ont répondu : "on n'est pas des robots" (Beaumarchais, c'est trop long, évidemment...)
Bref, je suis un brin irritable, à cause d'eux.
Sinon, effectivement, le problème de l'expérience existe effecitvement, mais les pédagogos ont fait de tout M.A. un peu flagorneur un maître à penser supérieur à tout autre.

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

Si Benoît 16 va chez Brighelli alors Lafforgue 1 ira aussi !

Dieu est grand

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

"Bref, je suis un brin irritable, à cause d'eux."

Je comprends très bien. Un truc personnel : après quelques copies, je coupe en écrivant quelques conneries sur le bonnet...

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

"Dans l'absolu oui", c'est pour répondre à la question de Dugong.

"Bonne reconversion... Nous avons aussi besoin de bonnes volontés au Centre des Impots ou à l'URSSAF."

Ben, dobolino, l'URSSAF ou les impots ne veulent pas de moi !

Pensez donc, un agrégé de lettres avec un double cursus, ca leur servirait à quoi ? Sans mégalomanie, je me sens un peu Colonel Chabert, moi. La gloire en moins.

Ecrit par : Jérémy | 15 octobre 2007

Qui veut corriger mes copies???????

Ecrit par : Pendariès | 15 octobre 2007

"Nous avons aussi besoin de bonnes volontés au Centre des Impots ou à l'URSSAF"

Ne sont ce pas précisément des administrations où des déflations seraient (hic et ninc) justifiées par les "gains de productivité" ?

Je regrette de ne pas pouvoir écire cela en copie codée car Cadichon va l'utiliser amauvaisessian (c'est de l'arménien).

A propos, connaissez vous une langue inconnue d'elle ?

Le tibétain classique peut-être ? J'en bredouille quelques mots mais la syntaxe !!

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

Vous pourrez critiquer Gaby Cohn-Bendit tant que vous voudrez: il y a aussi des inspecteurs qui soutiennent son projet. Et ceux-là ne sont pas de serviles valets du ministre, quand il brime la liberté pédagogique.

Ecrit par : Partisan | 15 octobre 2007

"Pensez donc, un agrégé de lettres avec un double cursus, ca leur servirait à quoi ? Sans mégalomanie, je me sens un peu Colonel Chabert, moi. La gloire en moins"

Un double cursus et un bras en moins quel misère !

Une confidence : j'ai parfois l'impression d'être un pluton du système scolaire : encore en orbite mais très désaxé !

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

Partisan a écrit : "Vous pourrez critiquer Gaby Cohn-Bendit tant que vous voudrez: il y a aussi des inspecteurs qui soutiennent son projet. Et ceux-là ne sont pas de serviles valets du ministre, quand il brime la liberté pédagogique."

Même pas mal s'écrie Partisan ! Si des inspecteurs veulent aussi venir travailler (enseigner ?) dans les réserves à GCB, qu'ils y aillent ! Ils n'iront pas sévir ailleurs ! Je suis pour !

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

Dugong, "un pluton du système scolaire" ???

Je me compare à un héros littéraire, vous vous prenez pour un Dieu ET une planète, mazette, on va nous traiter tous deux de mythomanes. Mais c'est vrai, ça, vous n'avez jamais parlé de vous, dugong. Pourquoi un pluton du système scolaire ?

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Dugong, votre parcours m'intéresse : pouvez-vous me joindre ?
(jeanpaulbrighelli@wanadoo.fr)
JPB

Ecrit par : brighelli | 15 octobre 2007

pluton oui mais au petit p (mais pas au petit pied !)

Je fais partie de l'Institution mais je me sens de moins en moins attirée par Elle. Je lutte en quelque sorte contre la loi de l'action et de la réaction : Elle veut m'attirer mais plus que je ne le voudrais !

PS : être enseignant implique une dose (si possible auto-contrôlée !) de mégalomanie et de mythomanie. Sinon, comment faire, à certains moments, du théâtre en cours ?

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

Eh oh, c'est moi qui ai demandé à Dugong pourquoi il se considérait comme un pluton dans le système scolaire.
J'ai le droit d'avoir la réponse.

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Les messages s'entrecroisent, ici. C'est pas très pratique.

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Bel exemple pour la jeunesse!

Ecrit par : Christophe Sibille

"Mais taisez vous un instant, petit Pangloss!"

Ecrit par : LOki | 15 octobre 2007

La lamentation de Loki, je cite: "Ma che sciagura d'essere senza coglioni".

Le hold-up sémantique du siècle; le mot "libéral", un des plus beaux de la langue française, récupéré par ces escrocs qu'ont été Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Condorcet, reviens, ils sont devenus fous!

Ecrit par : Christophe Sibille | 15 octobre 2007

Là où j'ai pas compris : dugong, vous avez parlé de votre parcours ??? Parce que s'il intéresse Brighelli, forcément, c'est que vous en avez parlé. Et moi je n'ai rien lu dessus, j'en suis encore à vous le demander.

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

"dugong, vous avez parlé de votre parcours ???"

Non jamais directement mais à l'occasion je lâche deux trois choses. Si on veut savoir qui je suis ce n'est pas très dur. Je maintiens l'anonymat sur ce blog car je ne veux pas de mélange de genres style : "Ah Monsieur! On a lu ce que vous écriviez sur le blog à Brighelli". Au lycée j'enseigne toujours, sur ce blog j'en saigne parfois.

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

Même pas mal s'écrie Partisan ! Si des inspecteurs veulent aussi venir travailler (enseigner ?) dans les réserves à GCB, qu'ils y aillent ! Ils n'iront pas sévir ailleurs ! Je suis pour !

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

Et Jeremy pourrait faire gardien de réserve, il leur apporterait à manger et il entretiendrait les enclos. Moi, je serais Dr Daktari, un rêve d'enfance enfin réalisé...

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

dobolino, vous songez vraiment à m reconversion, c'est gentil, mais faites gaffe, vous allez finir par vous faire embaucher comme DRH chez Action Conseil Formation.

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Dugong, je peux vous demander une adresse mail ? J'ai un truc à vous demander à propos de tout ça.
Si vous préférez m'écrire directement sans rendre votre adresse publique, j'ai laissé la mienne il y a quelque temps sur ce forum, vous la retrouverez facilement en théorie.

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Dugong, ca fait un peu jeu de piste mais ce n'est pas grave :

Si vous ne voulez pas mettre votre adresse pour tout le monde, vous allez là : http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/07/23/programme.html#comments

Vous cherchez "will" : le premier résultat trouvé est mon adresse mail, vous m'envoyez vite un petit mot (gentil de préférence) pour que je puisse vous envoyer ma/mes question(s).

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Heureusement que Max Rouquette a su en prendre son parti et qu'il n'a jamais cessé d'écrire.

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

Max Rouquette...Est-ce lui que j'ai entendu parler l'autre jour de René Char à Noirlac, aux "Futurs de l'Ecrit"...comme personne n'en parle. Ce fut comme la lanterne de Diogène avait enfin trouvé l'homme qu'elle cherchait.

Et il se trouve que cet homme en chair et en os est aussi, coïncidence rarissime, un écrivain.

Il a dit deux ou trois choses sur la poésie et la reconnaissance ("Dans mon pays, on remercie.") d'une simplicité et d'une profondeur poignantes.

Et dire que je ne croyais plus aux miracles...

Et que le miracle est venu de cet homme éloigné de toute religiosité, mais manifestement habité par la grâce.

Ecrit par : Robin | 15 octobre 2007

dobolino, vous songez vraiment à m reconversion, c'est gentil, mais faites gaffe, vous allez finir par vous faire embaucher comme DRH chez Action Conseil Formation.

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Certains jours, il m'arrive, voyez-vous, aussi de rêver de changer de crèmerie. Alors, c'est pure et sainte compassion humaine. J'essaye de voir à quel autre métier on peut prétendre quand on est gardien de zoo, pardon professeur...

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

dobolino,
5 clous sur une marche, (je me mets à l'anglais version pédagogo)pour ce rappel à l'ordre chronologique.
Pan sur le bec..
Mortalité, faut pas chomskier à jeun ou même en avalant son
p'tit déj'...sinon on loupe un virage et on sort vite de la piste.
Le texte, au demeurant fort intéressant, était pourtant bien clair, en toutes lettres, avec références à Wilson, Dewey, etc...

et, à la réflexion, l'argument tient pour WWI comme pour WWII.
Lusitania, Pearl Harbour, même combat: Touche pas à mes p'tits bateaux, dit l'oncle Sam, sinon...
Et dans les deux, la grenouille cantabrienne s'explosait la baudruche ( se la pétait, dirait Alain Rey).Et ça continue

La prétendue "propagande" de la perfide Albion à la sauce Chom' me semble tenir encore moins pour 14-18 :elle aurait été deux fois moins efficace puisqu'elle aurait mis le double de temps pour parvenir à ses fins.
==========
"'Je regrette de ne pas pouvoir écire cela en copie codée car Cadichon va l'utiliser amauvaisessian (c'est de l'arménien)."
dugong, pas de panique, et dans le cas présent, vaut mieux s'en tenir à l'italien et n'en user qu'avec Parsimoni
(accent sur la 3eme syllabe.)

Ecrit par : Cadichon | 15 octobre 2007

Le tout est de savoir si le médicament est un pédagoguicide ou un pédagostatique... A défaut des autres, Yann, au moins, me comprendra.

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Avec tous les latinistes et héllenistes distingués qui circulent ici, tu vas en vexer beaucoup !

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007

En plus, il parait que c'est hyper fastoche pour quelqu'un qui se débrouille d'extraire nos mails sur ce blog. Un ami versé en informatique m'a repérée ici très facilement. il m'a conseillé d'en mettre un faux, ce qui marche aussi!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Avec tous les indices que tu laisses traîner, même sans bidouillage informatique, je t'ai repérée depuis longtemps ;p

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007

Et si on changeait tous de crèmerie pour ouvrir une école expérimentale ?
Je suis sûr qu'on pourrait faire quelque chose de sympa et de performant.

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007

Et si on changeait tous de crèmerie pour ouvrir une école expérimentale ?
Je suis sûr qu'on pourrait faire quelque chose de sympa et de performant.

Faudrait qu'on connaisse quelqu'un qui irait demander l'aval du ministre.
Vous en voyez, vous ?
Moi, pas. Des gens comme Meirieu, Aschieri, Cohn-Bendit, ou Henri Joyeux, ils rencontrent le ministre facilement. Nous on a personne de ce statut. C'est bête.

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Et JPB, y peut pas aller voir son pote Darcos, et lui dire :
"écoute, j'aimerai bien parler d'Horace et de Malebranche à des petits sixièmes, pendant que Catmano leur apprendra à lire, que Dobolino leur fera des leçons de choses, que Buntovchik et Yann leur feront piquer des suées viriles et que Cadichon les bercera, le soir, à l'internat, en leur racontant le libéralisme."
Ca doit pouvoir se faire ?

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007

Pas vraiment dans le fil de la discussion mais de portée générale, voici quelques citations que j'ai relevées en
étudiant le désaccord sur les Lois de 1880, entre deux Jules républicains, Ferry et Simon.

J. Simon, (ministre de l'instruction publique du gouvernement provisoire au lendemain du 4 septembre 1870, mais aussi député de mes (ex) Côtes du Nord, puis sénateur et académicien) a écrit:

« Il n'y a pas d'école neutre parce qu'il n'y a pas d'instituteur qui n'ait une opinion religieuse ou philosophique ».

« Le peuple qui a les meilleurs écoles est le premier peuple. S'il ne l'est pas aujourd'hui, il le sera demain. »

« L’esprit public, si nécessaire à la liberté, ne peut pas se fonder sur un pays où, sur 12 citoyens, il y a un fonctionnaire, un fils de fonctionnaire, et trois ou quatre aspirants fonctionnaires ». (celle-ci est dans Le mal français de Peyrefitte , ch 33)
130 ans plus tard, on en est à combien ?

Ecrit par : Cadichon | 15 octobre 2007

Robin fera la philo, et Pendariès déclamera de la poésie tout nu dans la cour.
Elle est pas chouette, l'école expérimentale ?

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007

Pas si compliqué de créer une école. Pas besoin de ministre. N'importe qui peut se lancer. Il suffit d'avoir au moins trois enfants issus de deux familles différentes. Ceux qui cherchent les difficultés ne sont pas assez motivés pour se lancer, c'est tout. Quantité de groupes, familles, associations en France ont leur école. Faut un peu d'argent quand même mais on peut se lancer facilement, en acceptant bien sûr les contrôles (une fois l'an) de l'E.N. Un exemple parmi tant d'autres:la ferme des Enfants en Ardèche.

Ecrit par : tousaucontact | 15 octobre 2007

The fist : le poisson.

Ecrit par : oui-oui

Bon, ben, maintenant, traduisez-nous : "fist-fucking" !

Ecrit par : Moot | 15 octobre 2007

Yann, ben moi vous ne me casez nulle part !

J'en conclus que vous m'avez réservé pour le seul poste que vous n'avez pas encore indiqué : directeur, ou agent comptable.

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Nouveau livre de Meirieu : "Le devoir de Résister".

Ecrit par : Anne-Marie Valette

Très drôle ! Pour résister, ne lisez pas Meirieu et ses fadaises. Pour savoir comment faire pour résister, lisez ce livre. On peut formaliser tout ça sous forme mathématique : A = non(A). À partir de là, tout est possible. Ou plus rien n'est possible. Les horizons logiques sont infinis et font tourner la tête. Meirieu se prendrait-il pour Georges Perec ?

Ecrit par : Moot | 15 octobre 2007

Je signale sur www.lire-ecrire.org l'admirable étude de Guy Morel, "Apprentissage de la lecture: les dégâts du révisionnisme."
L'auteur y explique en détail comment le constructivisme inspiré par Foucambert sur fond de politique s'est progressivement imposé dans le système éducatif entre 1978 et 1989.
J'y relève cette forte phrase : "Chacun des membres de ce clan [les constructivistes] sait que la négation des faits est le prix à payer pour conserver cette position dominante."
Et cette déclaraton du frétillant Bentolila (frétillant et japant dès qu'il y a des honneurs à prendre):
"Je me bats pour que l'apprentissage de la lecture se poursuive jusqu'au CM2." Pourquoi pas jusqu'au bac?
Guy Morel confirme le sentiment que nous avions que c'est une véritable mafia de coquins qui a fait main basse sur la pédagogie à l'école (au collège aussi, d'ailleurs).
Vraiment très intéressant.

J'ajoute que ce sont ces mafieux qui ont brouillé l'arrêté sur la lecture de Gilles de Robien, qui avait bien compris qu'il fallait de toute urgence interdire la méthode globale.
Dans un nombre infini d'écoles (d'après www.lire-ecrire.org), les enfants subissent aujourd'hui encore les "étiquettes" et le départ global en lecture. On ne leur apprend pas à lire, on les "prépare à entrer dans la lecture" - c'est-à-dire à l'ignorance.
Mais enfin qu'attend donc Xavier Darcos pour taper du poing sur la table?

Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

Je ne connais pas les compétences de chacun, et puis il y a trop de profs de français.
Chacun sera libre de faire selon son goût, c'est ça la vrai expérience : choisissez !

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007

la vraiE expérience !
Finalement, il n'y aura peut-être pas trop de profs de français dans cette école ;p

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007

vous vous prenez pour un Dieu ET une planète, mazette, on va nous traiter tous deux de mythomanes. Mais c'est vrai, ça, vous n'avez jamais parlé de vous, dugong. Pourquoi un pluton du système scolaire ?

Ecrit par : Jeremy

Ah non, Pluton n'est plus une planète depuis août 2006. C'est une "naine" !

Ecrit par : Moot | 15 octobre 2007

"Pluton n'est plus une planète depuis août 2006. C'est une "naine" !"

Est ce que quelqu'un s'est avisé de lui demander son avis à cette froide éloignée ?

Heureusement elle tourne encore et se fout complètement des banquetteurs désoeuvrés qui l'ont dégradée.

Ecrit par : dugong | 15 octobre 2007

En plus, il parait que c'est hyper fastoche pour quelqu'un qui se débrouille d'extraire nos mails sur ce blog. Un ami versé en informatique m'a repérée ici très facilement. il m'a conseillé d'en mettre un faux, ce qui marche aussi!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Avec tous les indices que tu laisses traîner, même sans bidouillage informatique, je t'ai repérée depuis longtemps ;p

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007
Ben, toi aussi, je sais parfaitement qui tu es! Tu sais bien que nous sommes une grande famille, aussi exécrable que peut l'être une famille....

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Mais enfin qu'attend donc Xavier Darcos pour taper du poing sur la table?

Ecrit par : Jean

Il ne le fera jamais. Il parait qu'il travaille tel un peintre, petite touche par petite touche, attendant que le tableau prenne forme... ou alors, comme je l'écrivais je ne sais plus où, c'est un doreur de pilule, qui ne veut pas faire de vagues. Dans ce cas là, les pédagogos peuvent déjà se frotter les mains...

A l'intention de Cricri Sibille:
L'insulte n'étant que le dernier recours de ceux qui n'ont rien à dire, je ne commenterai pas votre denier post à mon sujet.

Ecrit par : Loki | 15 octobre 2007

Yann, ben moi vous ne me casez nulle part !

J'en conclus que vous m'avez réservé pour le seul poste que vous n'avez pas encore indiqué : directeur, ou agent comptable.

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

Ah! Non! L'agent comptable, c'est moi. je suis réputée pour mes détournements de fonds...

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

La prétendue "propagande" de la perfide Albion à la sauce Chom' me semble tenir encore moins pour 14-18 :elle aurait été deux fois moins efficace puisqu'elle aurait mis le double de temps pour parvenir à ses fins.

Ecrit par : Cadichon | 15 octobre 2007

Normal! C'était un galop d'essai et en 1940, hop, ils étaient entraînés... Bon, enfin, là, j'outrepasse parce que Pearl Harbour, c'était amplement suffisant sans propagande extérieure, je vous le concède volontiers. Honnêtement, la moutarde me serait aussi montée au nez sans l'aide d'une propagande extérieure.

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Pendariès déclamera de la poésie tout nu dans la cour.

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007

Déjà fait, mais j'étais jeune, naïf et j'avais faim. Ne diffusez pas les photos, par pitié!

Ecrit par : Pendariès | 15 octobre 2007

The fist : le poisson.
Bon, ben, maintenant, traduisez-nous : "fist-fucking" !

Ecrit par : Moot | 15 octobre 2007

Pauv' bête !
A moins que l'on ne songe à une variante de l'homme aux rats :-(

Ecrit par : Dulcamara | 15 octobre 2007

The fist : le poisson.
Bon, ben, maintenant, traduisez-nous : "fist-fucking" !

Ecrit par : Moot | 15 octobre 2007

Ben bravo, Moot. Vous savez que je me suis retenue très fort de la faire, celle-là !

Ecrit par : Kap | 15 octobre 2007

The fist : le poisson.
Bon, ben, maintenant, traduisez-nous : "fist-fucking" !

Ecrit par : Moot | 15 octobre 2007

Ben bravo, Moot. Vous savez que je me suis retenue très fort de la faire, celle-là !

Ecrit par : Kap | 15 octobre 2007

Je traduirais par "Laisse pisser le mérinos". Ai-je tort ou raison?

Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Dire que ça parlait poésie et astronomie.

M'étonne pas que les poissons soient pollués, en tout cas, vu ce qu'on leur fait subir. Je ne vous félicite pas !

Ecrit par : Jeremy | 15 octobre 2007

"A l'intention de Cricri Sibille:
L'insulte n'étant que le dernier recours de ceux qui n'ont rien à dire, je ne commenterai pas votre denier post à mon sujet."

Ecrit par : Loki | 15 octobre 2007


Allons allons, Lokiki, trop tard, vous l'avez commenté! Et puis, on se calme! C'était juste une citation de "Candide", puisque vous me parliez de Pangloss... Vous l'avez lu, ce livre, oui ou non?

Ecrit par : Christophe Sibille | 15 octobre 2007

"Il ne le fera jamais", écrit Loki.
Ouais...
En tout cas, le moins qu'on puisse dire, c'est que Darcos est énigmatique et n'a encore donné aucun signe qui nous permette d'espérer, alors que les mesures qui nous désespèrent continuent de se mettre en place.

Le livret de compétences représente une invraisemblable mécanisation de l'enseignement et la réduction de celui-ci à des cascades d'items qui ne laissera plus aucun espace respirable à la pensée. Ce sera la fin du "professeur", réduit désormais à l'état de machine à cocher des cases et surveillé par une police de la [non] pensée très orwellienne.

Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

Rubrique tant attendue : que fait notre ministre ?

La réponse ci-dessous (morceaux choisis)

Lundi 15 octobre
Mgr A. Vingt-Trois, archevêque de Paris : petit déjeuner 8h30
Déjeuner avec les éditeurs scolaires 13h
F. Angoulvant, professeure certifiée retraitée : remise des insignes de chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur (ancienne présidente du Snalc) 19h

Mardi 16 octobre
Union nationale du sport scolaire (UNSS) : ouverture de l’assemblée générale 9h30
Colloque de l’association "Jeunesse et entreprise" : clôture (Sorbonne) 18h
J. Mounet, président du Syntec Informatique 19h15

34e Conférence générale de l’Unesco : intervention 17h
Le ministre de l’Education nationale de Tunisie : signature d’un accord de coopération éducative 18h30
34e Conférence générale de l’Unesco : réception (Quai d’Orsay) 19h30
Dîner à l’ambassade des Etats-Unis en l’honneur de M. Spelling, secrétaire de l’Education 20h30

Jeudi 18 octobre
Vichy (Allier) : déplacement sur le thème de la Semaine du goût 9h
A. Bouvier, membre du Haut Conseil de l’éducation, N. Machure, principale de collège, et R-F. Gauthier, inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche 16h30
M. Zver, ministre de l’Education et des Sports de Slovénie 17h
H. Hassan, ministre de l’Education des Emirats arabes unis 17h30
Salon du chocolat : inauguration (Paris) 19h

Vendredi 19 octobre
N. Minh Hien, ministre de l’Education et de la Formation du Vietnam 14h30
Table ronde à l’Unesco 14h45
B. Haarder, ministre de l’Education et des Cultes du Danemark 15h45

Dimanche 21 octobre
France 5 : invité de "Ripostes" 18h

Voilà voilà...

Ecrit par : Jeremy | 16 octobre 2007

Rubrique tant attendue : que fait notre ministre ?
La réponse ci-dessous (morceaux choisis)
Jeudi 18 octobre Salon du chocolat : inauguration (Paris) 19h
Ecrit par : Jeremy | 16 octobre 2007

Ce doit être meilleur que d'inaugurer les chrysanthèmes. Vous croyez qu'on peut obtenir nous aussi une invitation ?

Ecrit par : FGuichard | 16 octobre 2007

"Le livret de compétences représente une invraisemblable mécanisation de l'enseignement et la réduction de celui-ci à des cascades d'items qui ne laissera plus aucun espace respirable à la pensée. Ce sera la fin du "professeur", réduit désormais à l'état de machine à cocher des cases et surveillé par une police de la [non] pensée très orwellienne."

Ecrit par : Jean | 15 octobre 2007

Je trouve, personnellement, ce livret de compétences plus stupide que méchant. Vous allez me dire, ce n'est pas mieux, et je serai complètement d'accord avec vous. Je ne pense pas que cela relève du complot contre les professeurs, mais d'une volonté de tout maîtriser complètement illusoire. Vouloir conpter les pattes des moutons et diviser par quatre pour obtenir le nombre de moutons, (ce que j'avais dit en réunion de concertation à l'IUFM) pour arriver, évidemment, au même résultat, n'est assurément pas très malin.

Ecrit par : Christophe Sibille | 16 octobre 2007

Jeudi 18 octobre Salon du chocolat : inauguration (Paris) 19h
Ecrit par : Jeremy | 16 octobre 2007

Je suis en train d'apprendre "Dame Tartine" à mes élèves, cela me donne-t-il droit à des entrées gratuites, Monsieur le Ministre ?

Ecrit par : catmano | 16 octobre 2007

Jean a écrit : "Le livret de compétences représente une invraisemblable mécanisation de l'enseignement et la réduction de celui-ci à des cascades d'items qui ne laissera plus aucun espace respirable à la pensée."

Christophe Sibille a écrit : "Je trouve, personnellement, ce livret de compétences plus stupide que méchant.

D'accord avec vous deux ! Pour l'instant, une seule chose à faire, clamer dans nos établissements qu'on ne tiendra pas ce carnet de con à jour ! Qu'au moins, que par l'inertie de tous, il rejoigne le vaste cimetière des inepties.

A propos, à quand une Direction de la Gestion et de l'Archivage des Inepties au MEN ? Il est vrai qu'il y faudrait pléthore de fonctionnaires et que ce n'est pas d'actualité ...

Ecrit par : dugong | 16 octobre 2007

Robin fera la philo, et Pendariès déclamera de la poésie tout nu dans la cour.

Elle est pas chouette, l'école expérimentale ?

Ecrit par : yann | 15 octobre 2007

D'accord, à condition de pouvoir remplacer Pendariès une fois sur deux ; je ne suis pas contre la bivalence.

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Quand toute une vie n’est qu’un monceau de malheurs, de douleurs, de crimes. A quoi bon vieillir ?

Ecrit par : Pendariès | 14 octobre 2007

Vieillir? Mais enfin, pour flâner à loisir dans les allées du parc Monceau!

Ecrit par : dobolino | 14 octobre 2007

Tombé hier soir sur cette phrase sublime de Châteaubriand, cité par l'abbé Mugnier dans son Journal (25 mai 1911, volume 2, Mercure de France, page 215)

Elle fait écho au texte de Max Rouquette cité par Pendariès et à la belle réponse de catmano sur le parc Monceau.

Elle exprime à la perfection mon état d'esprit à certains moments, par exemple à la sortie de la réunion sur le socle commun :

"L'idée de ne plus être me saisissait le coeur à la façon d'une joie subite."

Ca n'a rien à voir avec le désespoir. Comprenne qui voudra !

Ecrit par : Robin | 16 octobre 2007

Pas d'accent chapeau sur le a de Chateaubriand !

Ecrit par : Robin | 16 octobre 2007

Allez Robin, un petit zest de Damme Tartine avec Catmano pour rester optimiste malgré tout.....

Dame Tartine

Il était une dame tartine,
Dans un beau palais de beurr' frais,
Les muraill's étaient de farine,
Le parquet était de croquet,
La chambre à coucher
Était d'échaudés
Le lit de biscuits
Les rideaux d'anis.

Quand elle s'en allait à la ville,
Elle avait un petit bonnet,
Les rubans étaient de pastille,
Le fond était de raisiné.
Sa petit' carriol'
Était d'croquignol'
Ses petits chevaux
Étaient d'pâté chaud.

Elle épousa Monsieur Gimblette,
Coiffé d'un beau fromage blanc,
Dont les bords étaient de galette,
Culotte en nougat,
Gilet d'chocolat,
Bas de caramel,
Et souliers de miel.

Leur fille, la belle Charlotte,
Avait un nez de massepain,
Ses superbes dents de compote,
Des oreilles de craquelin.
Je la vois garnir,
Sa rob' de plaisir
Avec un rouleau
De pât' d'abricot.

Le joli prince limonade,
Bien frisé, vient faire sa cour,
Cheveux garnis de marmelade
Et de pommes cuites au four.
Son royal bandeau
De petits gâteaux
Et des raisins secs
Portait au respect.

On frémit en voyant sa garde
De câpres et de cornichons,
Armés de fusils de moutarde
Et de sabr' en pelur' d'oignon
Pralin's et fondants
S'avancent en rang
Et les petits fours
Battent le tambour.

Sur un grand trône de brioches
Charlotte et le roi vont s'asseoir
Les bonbons sortent de leurs poches
Depuis le matin jusqu'au soir.
Les petits enfants
Avant tout gourmands
Se montrent ravis
D'être ainsi servis.

Voici la fée Carabosse,
Jalouse et de mauvaise humeur,
Renversa d'un coup de sa brosse
Le palais sucré du bonheur.
Pour le rebâtir,
Donnez à loisir,
Donnez bons parents,
Du sucre aux enfants !

Ecrit par : Maminou | 16 octobre 2007

Pour en mettre un peu dans la rondelle des universitaires, ce récit très intéressant.
Je ne partage pas tout, loin de là : notamment l'absence totale d'analyse de la médiocrité étudiante intrinsèque)

http://coulmont.com/blog/2007/09/30/la-demission-de-xavier-dunezat/
et
http://www.liens-socio.org/IMG/pdf/dossiers_liens_socio_06_dunezat.pdf

voir, notamment, le passage sur la légalité des délibérations page 20 du dernier document. Aie Aie !

Ecrit par : dugong | 16 octobre 2007

Bon sang, c'est dame, bien sûr.....

Ecrit par : Maminou | 16 octobre 2007

Rubrique tant attendue : que fait notre ministre ?
La réponse ci-dessous (morceaux choisis)
Jeudi 18 octobre Salon du chocolat : inauguration (Paris) 19h
Ecrit par : Jeremy | 16 octobre 2007

Ce doit être meilleur que d'inaugurer les chrysanthèmes. Vous croyez qu'on peut obtenir nous aussi une invitation ?

Ecrit par : FGuichard | 16 octobre 2007

Non! C'est nul, le Salon du Chocolat! J'y suis allée une fois, faut tout payer, le moindre petit carreau, et cher, en plus. Très décevant

Ecrit par : dobolino | 16 octobre 2007

Voici la fée Carabosse,
Jalouse et de mauvaise humeur,
Renversa d'un coup de sa brosse
Le palais sucré du bonheur.
Pour le rebâtir,
Donnez à loisir,
Donnez bons parents,
Du sucre aux enfants !

Ecrit par : Maminou | 16 octobre 2007

De sa brosse??? J'avais toujours cru que c'était de sa bosse.

Robin, j'ai estime et affection pour ma sœur Catmano mais merci de ne pas nous confondre, c'est vexant.

Ecrit par : dobolino | 16 octobre 2007

Non! C'est nul, le Salon du Chocolat! J'y suis allée une fois, faut tout payer, le moindre petit carreau, et cher, en plus. Très décevant

Ecrit par : dobolino | 16 octobre 2007

Nous étions tombés sur une journée faste au salon du chocolat, car nous avions pu goûter "gratuitement" une quantité si impressionnante de divers échantillons qu'il nous est surtout resté un souvenir d'écoeurement sucré et collant......

Ecrit par : Maminou | 16 octobre 2007

"de sa brosse" ... à dents ?

Elle était peut-être dentiste la fée Carabosse ! C'est la soeur de la fée Colgate."

Pour le rebâtir,
Donnez à loisir,
Donnez bons parents,
Du sucre aux enfants !"

Une chanson comme ça, ça doit faire plaisir aux dentistes ! ;-)

Ecrit par : lucile | 16 octobre 2007

Vous avez sans doute raison, Dobolino, les 2 autres versions de "Dame Tartine" parlent de sa "bosse"...

Il est sûr que cette chanson doit faire bondir les dentistes et les nutritionnistes....
mais quel plaisir de "manger" à contre-courant, au moins en chanson ! ! !

Ecrit par : Maminou | 16 octobre 2007

J'espère que Catmano ne sera pas envoyée en "rééducation" pour apprendre à ses élèves des chansons si "incorrectes".

Fabriquer des élèves avec du temps de cerveau disponible pour C...-C..., oui.
Encourager les élèves à boire des boissons sucrées, non ! Ce n'est pas "citoyen". (mais on peut toujours leur suggérer que C...-C... a une version "sans sucres", il faut que le commerce marche quand même)

Interprétation libre de ce que Robin écrivait hier :

"La scolarité obligatoire ne doit plus se contenter d' "assurer la transmission des savoirs scolaires", mais 'intégrer dans la société'"

Ecrit par : lucile | 16 octobre 2007

Robin, je sais que vous retransmettiez l'esprit du socle commun, que ce n'est pas votre pensée! :-)

Ecrit par : lucile | 16 octobre 2007

Ah! Non! L'agent comptable, c'est moi. je suis réputée pour mes détournements de fonds...
Ecrit par : dobolino | 15 octobre 2007

Gaffe, l'inspecteur des impôts lit aussi ce blog, et il sait aussi qui nous sommes ;o)

Ecrit par : yann | 16 octobre 2007

Ben bravo, Moot. Vous savez que je me suis retenue très fort de la faire, celle-là !
Ecrit par : Kap | 15 octobre 2007

Moi aussi !

Ecrit par : yann | 16 octobre 2007

D'accord, à condition de pouvoir remplacer Pendariès une fois sur deux ; je ne suis pas contre la bivalence.

Ecrit par : Robin | 16 octobre 2007

Vous n'aurez qu'à chanter en duo.

Avouez que avez eu envie de le faire à l'abbaye-école. Il faut dire que les lieux s'y prêtent admirablement.

Ecrit par : yann | 16 octobre 2007

l'abbaye-école ?

Encore une métaphore apicole ? Une glorification de la division du travail ?

PS : Je n'ai pas dit que les Appy trinquent !

Ecrit par : dugong | 16 octobre 2007

J'ai 5 minutes de battement alors j'en profite pour vous communiquer ce lien :

http://www.forums.gouv.fr/article.php3?id_article=255

Il porte sur l'évolution du métier d'enseignant, n'hésitez pas à donner votre avis !!!!

A bientôt

SW

Ecrit par : Sandra WAGNER | 16 octobre 2007

Robin, j'ai estime et affection pour ma sœur Catmano mais merci de ne pas nous confondre, c'est vexant.

Ecrit par : dobolino | 16 octobre 2007

Mille excuses à dobolino...

Mes remerciements à maminou pour ses réconfortantes (et savoureuses) chansons...

Socle commun : en effet, Lucile, je ne partage pas, je rends compte (du moins, j'essaye)

Yann : en ce qui concerne "l'abbaye école" (private joke), j'y ai plutôt déchanté que chanté...

...Ouf !

Ecrit par : Robin | 16 octobre 2007

J'ai fait un tour sur le forum signalé par sandra Wagner.

Pour l'instant 18 "contributions" faites de lieux communs ou de préjugés plus ou moins idéologisés.

Ca me rappelle "le grand débat sur l'école".

Grosse fatigue et toujours le même dilemme : on agit ou on méprise ?

Ecrit par : dugong | 16 octobre 2007

Auteur : Praline
Date : 16-10-2007 à 12:12:00

Ma fille est actuellement en grande section d'une classe unique de maternelle (ie de la toute petite section à la grande section). depuis la fin de la moyenne section elle lit les mots simplement composés (salade, malade, valide, ..). Son institutrice qui s'en est rendue compte m'a dit qu'elle avait appris cela l'an passé avec la grande section et qu'elle allait travailler en particulier avec elle la lecture car sinon elle allait s'ennuyer. Elle n'est pas capable de lire les livres même de bébé car elle bloque sur certains mots et se décourage. J'ai donc acheter la méthode "Léo et Léa" car elle déchiffrait (B et A ça fait BA), suite à plusieurs message lus sur ce site. Quelle n'a pas été ma surprise de la voir prendre le livre et tout de suite me lire les 6 premières leçons d'un seul trait et toute seule. Elle avait les larmes aux yeux quand elle m'a dit "Maman je sais lire toute seule ce livre" (et moi aussi les larmes me sont montées aux yeux). Elle était si heureuse de voir qu'elle y arrivait seule. je ne sais pas encore si je vais en parler à sa maîtresse, mais tout ce qu'elle aura appris avec Léo et Léa ce sra ça en moins à ingurgiter en CP et en plus elle aura moins de difficultés à mémoriser les mots puisqu'elle saura les lire (sauf les plus difficiles).

Elle a 5 ans et demi et il lui tarde déjà ce soir pour pouvoir reprendre Léo et Léa et aller plus loin.


Merci pour vos commentaires.

Ecrit par : toto | 16 octobre 2007

Comme y'en a ici qui bredouillent les comptines, comme je la connais ,je me fais un plaisr de vous la communiquer.

Comme cela, j'illustre un continuum de réflexitude pédagoludique. Oh oui!!! OH Oui!!!!


Il était un' dame Tartine
Dans un beau palais de beurr' frais
La muraille était de praline
La chambre à coucher
De crème de lait,
Le lit de biscuits,
Les rideaux d'anis.
Quand elle s'en allait à la ville
Elle avait un petit bonnet
Les rubans étaient de pastilles
Et le fond de bon raisiné;
Sa petit' carriole
Était d'croquignoles,
Ses petits chevaux
Étaient d'pâtés chauds
Elle épousa monsieur Gimblette
Coiffé d'un beau fromage blanc
Son chapeau était de galette
Son habit était d'vol-au-vent
Culotte en nougat
Gilet d'chocolat,
Bas de caramel
Et souliers de miel.
Leur fille, la belle Charlotte
Avait un nez de massepain,
De très belles dents de compote,
Des oreilles de craquelin
Je la vois garnir
Sa rob' de plaisirs
Avec un rouleau
De pâte d'abricots
Le puissant prince Limonade
Bien frisé, vient lui faire sa cour
Ses longs cheveux de marmelade
Ornés de pomm' cuites au four
Son royal bandeau
De petits gâteaux
Et de raisins secs
Portait au respect.
On frémit en voyant sa garde
De câpres et de cornichons
Armés de fusils de moutarde
Et de sabr's en pelur's d'oignons
"Sur l'trône de br de bell's brioches
Charlott' vient s'asseoir ;
Les bonbons d'ses poches
Sortent jusqu'au soir
Voici que la fée Carabosse
Jalouse et de mauvaise humeur
Renversa d'un coup de sa bosse
Le palais sucré du bonheur
MORALITE
Pour le rebâtir
Donnez à loisir,
Donnez, bons parents
Du sucre aux enfants !

Ecrit par : montaigneàcheval | 16 octobre 2007

Je viens de donner un sujet de rédaction, et j'ai rappelé à mes élèves que l'introduction n'est rien d'autre qu'une manière astucieuse et logique de commencer, et la conclusion rien d'autre qu'une manière astucieuse et logique de terminer.
Question de ceux-ci: "Monsieur, c'est quoi une introduction? Parce qu'avec Mme N. en 6ème et avec Mme D. en 5ème on n'a jamais écrit de textes."
Donc, si je comprends bien, en 6ème et en 5ème, ils n'ont jamais fait de grammaire, jamais d'orthographe, ils n'ont jamais lu une ligne de Molière ni de La Fontaine, ils n'ont jamais fait de rédaction.
Mais alors QU'EST-CE QU'ILS ONT FAIT?

Ecrit par : Jean | 16 octobre 2007

Mais alors QU'EST-CE QU'ILS ONT FAIT?

Ecrit par : Jean | 16 octobre 2007

Toute la question est là, Jean.

L'autre jour, à la fameuse réunion sur le socle commun, mes nouveaux collègues m'ont confié en soupirant qu'ils avaient rencontré des instituteurs/trices (pardon professeurs et professeures des zécoles) et que ces derniers leur avaient péremptoirement affirmé que les élèves qu'ils leur envoyaient étaient "autonomes".

Il faut se contenter de ce mot magique, digne des aventures d'Harry Potter. Ils n'ont pas fait grand chose, Jean, mais ils sont "AUTONOMES". N'est-ce pas merveilleux ?

Il n'y a plus qu'à remplir le vide !

...Mais ce n'est qu'un détail !

Ecrit par : Robin | 16 octobre 2007

Harry Potter ou Frederic Pottecher

Ecrit par : montaigneàcheval | 16 octobre 2007

Mais alors QU'EST-CE QU'ILS ONT FAIT?

Ecrit par : Jean | 16 octobre 2007

Toute la question est là, Jean.

L'autre jour, à la fameuse réunion sur le socle commun, mes nouveaux collègues m'ont confié en soupirant qu'ils avaient rencontré des instituteurs/trices (pardon professeurs et professeures des zécoles) et que ces derniers leur avaient péremptoirement affirmé que les élèves qu'ils leur envoyaient étaient "autonomes".

Il faut se contenter de ce mot magique, digne des aventures d'Harry Potter. Ils n'ont pas fait grand chose, Jean, mais ils sont "AUTONOMES". N'est-ce pas merveilleux ?

Il n'y a plus qu'à remplir le vide !

...Mais ce n'est qu'un détail !

Ecrit par : Robin | 16 octobre 2007

Pour en mettre un peu dans la rondelle des universitaires, ce récit très intéressant.
http://www.liens-socio.org/IMG/pdf/dossiers_liens_socio_06_dunezat.pdf

voir, notamment, le passage sur la légalité des délibérations page 20 du dernier document. Aie Aie !

Ecrit par : dugong | 16 octobre 2007

Ledit Dunezat ne semble pas très bien gérer sa virilité.

C’est quoi cette obsession récurrente à se défendre de toute forme de sexisme en ajoutant le suffixe « es » derrière tous les mots susceptibles d’être féminisés ?
Il complète le tableau clinique de sa névrose par des références permanentes au féminisme et aux diverses associations y afférent (par exple le CLACHE : Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement dans l’Enseignement Supérieur, tout un programme …).

Je crains que se faisant porte parole autoproclamé des Victimes (… les femmes) il n’ait fini par se « victimiser » lui-même. En tout cas sa prose me laisse présumer d’une personnalité tout sauf sereine.

On dirait de l’agitprop des années 70 (avec les mêmes relents marxistes et antilibéraux primaires) !

De là à en tirer des conclusions sur son analyse et ses mésaventures …
Sa démission n'est peut-être pas une si grande perte pour l’université …

Ecrit par : Zorglu | 16 octobre 2007

Mais alors QU'EST-CE QU'ILS ONT FAIT?

Ecrit par : Jean | 16 octobre 2007

Plein de choses, beaucoup d'activités! Parents, méfiez-vous des professeurs dont on vous dit que dans leur classe, c'est bien, "on fait beaucoup d'activités".
Je vais créer la ligue de protection des diptères.

Ecrit par : dobolino | 16 octobre 2007

Je crains que se faisant porte parole autoproclamé des Victimes (… les femmes) il n’ait fini par se « victimiser » lui-même. En tout cas sa prose me laisse présumer d’une personnalité tout sauf sereine.


Ecrit par : Zorglu | 16 octobre 2007

Il se prend peut-être pour un diptère? Ce sont les nouveaux martyrs de l'école.

Ecrit par : dobolino | 16 octobre 2007

Allons allons, Lokiki, trop tard, vous l'avez commenté! Et puis, on se calme! C'était juste une citation de "Candide", puisque vous me parliez de Pangloss... Vous l'avez lu, ce livre, oui ou non?

Ecrit par : Christophe Sibille |

Il n'y a définitivement rien à garder chez vous, Cricri. Oui, j'ai lu Candide (sic) mais je répondais sur la signification de la phrase. C'est ce qui nous sépare: je me préoccupe du fond, et vous de la forme. Rien d'étonnant.

Ecrit par : Loki | 16 octobre 2007

lol

Ecrit par : toto | 16 octobre 2007

Je suis en train de lire le "témoignage" de Xavier Machin, ancien maitre de conf' à Lille 1: c'est absolument hilarant!
Voyons comment il se définit:
"homme hétérosexuel blanc d'origine plutôt favorisée (parents profs en lycée public) - mais féministo-anarcho-communisto-libertaro-socialo-sansfrontièresmondialo-etc...
et anti-âgiste."
J'ai éclaté de rire à cette définition que l'auteur lui-même, dans un instant de lucidité (c'est-à-dire dans la phrase qui suit) nous prévient du fait que cette définition est "un peu con à lire" (sic).
Il nous dit également rêver d'une "société sans école", mais pourquoi diable est-il professeur? Euh, pardon je veux dire 'prof'?

Bref, je me rends compte que je ne vais pas lire cette lettre en entier, j'ai d'autres choses plus importantes à faire. Je vous laisse le plaisir..

Ecrit par : Loki | 16 octobre 2007

Mais alors, QU'EST-CE QU'ILS ONT FAIT???


Une réponse dans le message que m'envoie la maman de G (CE2) que je fais travailler le mercredi et le samedi en soutien scolaire...

"La maîtresse est venue, tout sourire, vers moi .

« Je pense qu’il y a assez à faire demain (avec Maminou). Les compléments à 100 (46 + …. = 100) et compter par cœur (ajouter 20,50, etc à un nombre).
G. amènera aussi son fichier de calcul à la maison, il y aura des choses à finir de la page 20 à la page 26. »

Toute gentille qu’elle était….



Programme début de semaine prochaine :(A l'école.)

- lundi visite des correspondants allemands – ils vont aller au parcours botanique à Raedersdorf avec eux toute la journée et prendre des photos (exercice : apprendre à prendre des photos avec un appareil numérique)

- mardi matin piscine, ensuite le restant de la journée sera consacré à mettre ces photos sur le net et à élaborer un résumé de la journée de lundi (les enfants seront filmés)..."

Ecrit par : Maminou | 16 octobre 2007

Ah ! Dobolino, vous me laissez envisager la situation sous un autre angle (?).
Ce Xavier D. se prendrait-il pour un diptère et accomplirait-il l'exploit de se livrer aux pires (enfin, ... faut voir) outrages sur lui-même ?

Ecrit par : Zorglub | 16 octobre 2007

Maminou, j'espère que l'instit a pris la précaution de faire signer tous les documents nécessaires afin que le droit à l'image de ces chérubins soit respecté ;-))

J'ai le souvenir de mon patron faisant un sketch à ce sujet parce que je projetais un Power Point de pub comprotant des photos d’élèves en TP durant la journée portes ouvertes du lycée : "Avez-vous au moins l'