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12 septembre 2007

Sauver les Lettres ter

UNIVERSITÉ D’ÉTÉ SLL 2007
8 et 9 septembre, ENS Ulm.

Françoise Guichard, qui est plus attentive que moi en classe, a bien voulu me prêter le compte-rendu qu'elle a fait, à partir de ses notes, de l'université d'été de Sauver les Lettres, le week-end dernier. J'y ai rajouté deux ou trois inconvenances, pour ne pas perdre la main, mais l'ensemble est remarquablement exact — fidèle aux débats, au ton près.
Ceux qui y étaient voudront bien rectifier, commenter, rajouter — ou médire.



Oui, on sauvait les lettres, avec du monde et du beau monde, les 8 et 9 septembre à l’ENS-Ulm, qui ouvrait ses locaux au Collectif, à ses membres, mais aussi à celles et ceux qui se sentent concernés peu ou prou par la défense de l’Ecole et des humanités. À partir d’interventions riches et variées (de « l’enseignement de la langue » aux « perspectives pour un nouvel enseignement des lettres », en passant par une « réflexion sur le socle commun au vu des directives européennes sur l’Ecole »), on peut dire que le tour des questions a été fait, et avec talent, au terme de débats passionnés, parfois contradictoires, toujours nourris — et amenés à déboucher sur de vraies propositions quant à l’enseignement des lettres.
On commença très fort, dans la « salle des Résistants » (vaste programme…), avec une table ronde sur « l’enseignement de la langue, entre grammaire et linguistique », confrontant Éric Pellet (qui enseigne la stylistique et la linguistique à l’Université Paris XII) et J.-Louis Chiss, professeur en sciences du langage et didactique du français à Paris III — qui vint courageusement, il faut le reconnaître, se jeter dans la gueule du loup SLLien, qui l’attendait au tournant avec le bon sourire frisé du chat du Cheshire.
Et de ce point de vue, nos espoirs les plus fous ne furent pas déçus : sans se renier (ce qui est tout à son honneur en ces temps où les pédagos découvrent brusquement les vertus de la transmission exigeante des savoirs), J.-L. Chiss (animateur du « Français aujourd’hui », revue de l’AFEF, qui a beaucoup donné lors des réformes de 1998) reprit, sur le ton assuré qui est la marque des âmes pures, tous les poncifs du genre. Donc, « la « crise du français », qu’il s‘agisse du fonctionnement ou de l’enseignement de la langue, remonte aux années 30 (cf. l’ouvrage éponyme de Ch. Bailly, récemment réédité chez Droz) et même aux années 1880, celles de lois Jules Ferry : « nihil novi sub sole », en somme ». Quant au diagnostic sur la crise, J.-L. Chiss n’hésita pas à affirmer que « les sentiments des collègues, le vécu du « terrain », n’étaient pas forcément pertinents » ; cette captatio benevolentiae pour le moins suicidaire obtint, on l’imagine, le succès qu’elle méritait.
Cela dit, les éléments de contextualisation apportés par l’intervenant (réformes depuis les années 70, crises de l’allemand, de l’anglais…) n’étaient pas inintéressants, même s’ils visaient trop souvent à minimiser les problèmes ou à les contourner. Retenons avant tout — même si de mauvais esprits virent dans son exposé une tendance contestable à faire subir aux diptères des sévices sexuels raffinés — les points positifs du propos, en particulier la nécessité de ne pas confondre le savoir des enseignants, dans sa complexité et ses terminologies parfois absconses, et le savoir enseigné. Notons aussi l’accent mis par J.-L. Chiss sur la question du formalisme, « qui ne doit pas être paralysant » : « Il faut aller des formes au sens et du sens aux formes », déclara-t-il, sans opposer grammaire de phrase et grammaire de texte. Certes, l’orateur eut du mal à convaincre la totalité de l’assistance quand il expliqua que « les linguistiques nouvelles ne sont pas plus difficiles, cognitivement parlant, que la grammaire traditionnelle, mais simplement plus déconcertantes ». Retenons plutôt, pour nous en réjouir, qu’il affirma sans ambiguïté la nécessité des cours de grammaire à l’école, ce qui, pour un ancien rédacteur du Français aujourd’hui, constitue déjà un grand pas.
Éric Pellet est un praticien, professeur d’Université et auteur de manuels scolaires (chez Belin), plus proche du « terrain » si décrié par son collègue, et bien plus pondéré dans son intervention. Il a posé clairement le problème des conflits dans lesquels se trouve prise la grammaire, entre modernistes et antimodernistes, entre « grammaire scolaire » et linguistique, entre tradition et modernité. D’une manière peut-être trop optimiste, il a affirmé qu’aujourd’hui nous sommes entrés dans une phase syncrétique où les antagonismes s’apaisent peu à peu. De toute façon, a-t-il expliqué, « la grammaire a toujours puisé, quelle que soit l’époque, dans les sciences du langage, — y compris notre grammaire scolaire, elle-même formation syncrétique du XIXeme siècle, mêlant la grammaire latine, celle de Port-Royal, celle des Encyclopédistes ».
La question est donc de savoir aujourd’hui comment et à quel niveau cette grammaire scolaire doit intégrer la linguistique, ce qui pose fatalement le problème du « jargon » : déictiques, connecteurs, discours… Certes, É. Pellet ironisa quelque peu sur le rapport Orsenna-Bentolila, selon lequel la grand-mère doit comprendre la grammaire (c’est lacanien, comme le montrèrent les succulents lapsus contrôlés de Mme M.-Ch. Bellosta sur ce sujet) qu’on enseigne à son petit-fils. Est-il vraiment si grave d’utiliser « déterminant » à la place d’ « adjectif » ? La notion de « déictique » mérite-t-elle d ‘être acquise ? Même si on ne partage pas le point de vue d’Éric Pellet, on ne peut que se satisfaire de le voir s’interroger sur le point essentiel : quelle est la validité de ces changements dans la terminologie ? Constituent-ils un progrès pédagogique ? Quelles sont les modalités et le rythme de ces modifications ? Et au fond, QUI décide ?
É. Pellet nous expliqua qu’entre les commissions, les conseillers, les spécialistes, les inspecteurs généraux… se jouent des jeux d’influences aboutissant dans la pratique à des « compromis monstrueux » (par exemple sur la notion de « discours ») et à un empilement de terminologies qui ne pouvait conduire qu’à la plus vaste confusion, d’autant qu’elle fut accompagnée, à partir de 1996, par la disparition de cours spécifiques consacrés à la grammaire, -- une erreur fatale selon l’orateur. Bref, si changement il y a, il doit se faire « selon des principes de raison et de rationalité ». L’alternative ne doit pas être entre l’ancien et le nouveau, mais entre ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas. On ne peut que se féliciter de la justesse des conclusions d’É. Pellet : plus qu’une « chanson douce », la grammaire est « une discipline qui, avec les mathématiques, donne très tôt aux enfants l’accès à l’abstraction », et constitue dans ce sens « l’un des premiers outils de la conscience de soi ».

Puis vint le tour de Christian Laval, docteur en sociologie, membre du GEODE (groupe d’études et d’observation de la démocratie, Paris X-CNRS), auteur notamment de L’École n’est pas une entreprise (La Découverte, 2004) et L’Homme économique (Gallimard, 2007). Son exposé, « Socle commun des compétences et directives européennes, les enjeux libéraux sur l’école », a priori rebutant, s’est avéré passionnant, même s’il a plongé l’assistance dans un certain accablement.
Pour comprendre les transformations de notre système éducatif, a expliqué Ch. Laval, on ne peut plus se contenter du cadre national. Il faut aussi se rapporter à l’influence des grands organismes financiers commerciaux et économiques : OMC, FMI, Banque Mondiale, -- et aussi de la Communauté Européenne, dont le groupe « Éducation et formation 2010 » constitue le think tank : quelques centaines de technocrates y travaillent, dans une opacité complète et hors de tout contrôle démocratique. Or, la logique de transformation des systèmes éducatifs européens est subordonnée de plus en plus étroitement à la démarche économique ; l’éducation est soumise à l’économie, dont elle est même devenue l’atout (« société de la connaissance »), vu l’importance pour les sociétés de la capacité à innover : la matière grise et les ressources humaines sont évidemment un « plus » : pourquoi pas, après tout, pourrait-on objecter. Mais les gouvernements sont pris en tenaille entre la nécessité d’élever la dépense éducative tout en « serrant » la dépense publique : tout ceci ne peut se résoudre que par le report sur des ressources privées (hausse des coûts pour les familles), en clair la privatisation et la mise en marché.
Le problème de fond, selon Ch. Laval, c’est que l’Europe d’après-guerre ne s’est pas construite sur des bases humanistes et culturelles, mais, dès le départ, sur la logique économique du « marché commun ». L’éducation n’était pas mentionnée dans le traité de Rome, sauf au titre de la formation professionnelle – et elle lui restera liée, pour ne pas dire qu’elle va se réduire à la formation professionnelle. Et, au fur et à mesure que les crises financières se succèdent, que se précise le décrochage avec les USA et les pays émergents, la question de l’innovation se fait cruciale : l’éducation entre alors dans le traité de Maastricht, et dans le TCE de 2005, mais toujours en termes de compétitivité, de croissance et d’emploi (rapport Delors) et de « société cognitive », visant à construire un nouveau modèle fondé sur la connaissance, la compétence et la communication, garants de la compétitivité.
Le moment essentiel de cette politique éducative européenne est le Conseil de Lisbonne (2000) qui définit une stratégie ambitieuse, dite « stratégie de Lisbonne », visant à construire une politique de la connaissance, pour une nouvelle économie fondée sur de nouveaux ressorts. Ce grand dessein échoue dès 2005, et, constate avec mélancolie Ch. Laval, on accélère le processus, vu qu’il n’a pas marché… Pourquoi cela ? Dès 2002, s’était mise en place une politique de réalisation des objectifs, dite « MOC » (« méthode ouverte de coordination »), pilotée par un groupe d’experts définissant et chiffrant des objectifs, repérant les bons indicateurs et comparant les niveaux de référence : tel pourcentage d’élèves lit mal ou ne sait pas lire, tel pourcentage de filles étudie les sciences, dans tel pays l’enseignement secondaire coûte plus cher que dans tel autre… Les systèmes éducatifs européens ne s’harmonisent plus que selon l’argument statistique, et jamais selon l’argument culturel, car on ne raisonne plus qu’en termes de « moyenne européenne » : par exemple, il y a trop d’enseignants en France, par rapport à tel autre pays. Où sont les considérations humanistes ou pédagogiques ? Car cette méthode technocratique et managériale ne pose jamais la question de l’enseignement en termes de culture. C’est une logique cohérente qui touche l’Europe, libérale, mais aussi mondiale, au sens où l’UE transpose ce qui se fait de pire aux USA.
Comment résister à cette transformation ? Comment aller contre l’idée que la question des compétences va « du berceau au tombeau », et qu’on est apprenant « tout au long de la vie » ? Ch. Laval semble d’un optimisme modéré : la marge de manœuvre des gouvernements nationaux, à supposer qu’une véritable volonté politique s’y fasse jour, est extrêmement réduite. Ce qui est en question, c’est une conception de l’homme, qui devient avant tout un capital humain, une « ressource humaine » pour l’économie, ce qui ne donne guère d’espoir quant au destin de l’humanisme et des valeurs républicaines auxquelles sont attachés les défenseurs de l’Ecole.
L’intervention de Ch. Laval laisse les assistants songeurs … et on peut regretter que le Collectif n’ait pas prévu de proposer quelques rouges gouleyants pour remonter le moral d’un public quelque peu abasourdi !

Heureusement, le lendemain, dans la salle Dussanne, les « trois ténors », Michel Jarrety (Sorbonne IV), Henri Mitterand (Sorbonne III) et T. Todorov, qu’on ne présente plus, ont redonné du baume au cœur des défenseurs des lettres — même si le combat s’annonce difficile.

Chargé de présenter « l ’enseignement des lettres dans le cadre du socle (sic) », Michel Jarrety — membre de la « commission Fumaroli » sur l’enseignement des Lettres, dont on attend avec impatience le rapport, s’il échappe un jour au pataquès des intérêts corporatistes — nous fit pénétrer dans les arcanes des commissions disciplinaires et commissions humanités, et des péripéties qui se succédèrent lors de la réflexion sur cet enseignement, où étaient prévus par exemple une demi-heure de débat hebdomadaire, la systématisation de la transversalité, l’usage de textes non littéraires et autres pratiques culturellement sans grand intérêt. Il n’est peut-être pas utile d’entrer dans le détail des querelles mérovingiennes qui opposèrent et opposent encore universitaires et inspecteurs généraux (par exemple sur les catégories grammaticales), sauf à noter la pesanteur d’un système qui ne parvient pas à remettre en cause les programmes qu’il a définis antérieurement. Où en est-on aujourd’hui ? Que veut le ministre ? Que peut le ministre ? À en croire Michel Jarrety, tout cela ne semble pas très clair.

Henri Mitterand, spécialiste bien connu de Zola et auteur de (bons) manuels de lycée, intitule hardiment son intervention « Un peu d’airs et de lumières », au pluriel, et fait passer sur la salle, effectivement, le souffle et la lueur qui font du bien à tous ! Il n’a jamais participé à quelque commission que ce soit, explique-t-il avec humour, mais il a LU les programmes, avec tout son bon sens, et son diagnostic est sévère : les programmes 2000-2001, dits « programmes Viala », sont ceux de l’obscurité, de l’étouffement, du desséchement. « Ils manquent d’air(s), de respiration ». Car les Instructions Officielles ignorent toute la relation sensible du lecteur à l’œuvre, étouffant tout bonheur de lecture sous les seules considérations génériques et rhétoriques. Tout travail de prise de conscience est étouffé par le corset conceptuel de la linguistique et de la rhétorique, comme si ces programmes avaient oublié qu’ « interpréter c’est comprendre le sens et entendre l’air ». Quant à la terminologie, poursuit Henri Mitterand décidément très en verve, elle est bien galvaudée : Benveniste et Jakobson y sont fort mal digérés. Pour ce qui est de la rhétorique, elle est limitée à la « rhétorique restreinte », sans dispositio ni compositio. Jamais de poétique de l’écho sonore des textes : Meschonnic semble le grand inconnu de ces programmes-là.
Bref, toute pensée de l’art, de la beauté, de la valeur disparaît, explique Henri Mitterand sans mâcher ses mots. Plus de distinction, aucune place n’est faite à « la respiration singulière des grands textes ». Les élèves sont privés de toute réflexion sur l’art, donc sur la vérité et sur le monde, par cet étouffement de l’usage de l’analyse et des lumières de la raison, par l’ignorance des contenus et de tout ce qui nourrit l’œuvre (histoire, société, corps..). Tout se passe comme si les textes, pris comme prétextes, visaient à priver l’enseignement des lettres de tout pouvoir humaniste et éducatif. En somme, déclare M. Mitterand, se présentant lui-même en « franc-tireur irresponsable », UN CHANGEMENT RADICAL S’IMPOSE, car s’il y a eu des progrès avec le retour du roman dans les nouveaux programmes de Première, ce n’est pas suffisant. Il faut « rendre à l’œuvre en soi toute sa place », « donner à l’écrivain la priorité sur le genre et le groupe », « respecter les œuvres au lieu de les triturer ou de les châtrer », sans pour autant négliger « l’apport des instruments précieux que sont la linguistique, la sémiotique, la narratologie », -- mais utilisés « comme des outils, qui ne doivent servir qu’à l’analyse du sens et de la valeur d’art de l’œuvre ». Henri Mitterand est clair sur ce point : la tâche du collectif « Sauver les lettres » doit être d’élaborer des contre-programmes et des contre-propositions ; car rien ne sera possible tant que n’aura pas sauté le verrou des programmes 2001. Mais tout se passe comme si l’idée d’une réforme de fond effrayait le ministre, qui partage pourtant nombre de nos constats, conclut Henri Mitterand en appelant les politiques au courage.

Enfin Todorov vint : directeur honoraire du centre de recherche sur les arts et le langage, membre du conseil national des programmes de 1994 à 2002, il a dénoncé dès 2005, dans la revue Le Débat, et encore cette année avec La Littérature en péril, le danger des dérives formalistes et technicistes dans l’enseignement des lettres. Aujourd’hui, T. Todorov ne participe plus à aucune commission, et jette sur l’enseignement des lettres « le regard éloigné de l’ethnologue ». Le point de départ de sa réflexion, c’est « l’insatisfaction » devant ce qui se passe au collège comme au lycée, devant la conception de la littérature régnant dans notre société, devant la presse littéraire et ce qui s‘y écrit.
Pour ce qui est de l’enseignement, l’état des lieux n’est pas bon : les filières littéraires et l’enseignement des lettres se portent bien mal. À qui attribuer ces difficultés ?
« L’ennemi est diffus », et ne se résume pas à tel ou tel individu au ministère ou ailleurs. Du reste, il n’y a pas, ou pas seulement, une volonté de nuire, de la part de gens qui pour la plupart sont venus de l’enseignement. En fait, « le ministère est à l’image de la société contemporaine »... Au lieu de le déplorer, « ce qui serait aussi inutile que de déplorer la pluie en Irlande », il nous faut « faire avec », c’est le seul moyen d‘avancer, et faire des propositions.
La question qui se pose aujourd’hui est à la fois de savoir comment enseigner la littérature et quoi enseigner.
Comment enseigner ? Il faut avant tout « éviter le technicisme, le formalisme, la rhétorique » : l’enseignement de la littérature a été évincé par celui des méthodes littéraires, qui est devenu le but même de cet enseignement, alors que « ce ne sont que des moyens, sur lesquels, surtout au collège, il ne faut pas outre mesure s’attarder ». Car la faute n’incombe pas aux méthodes d’analyse structurale en elles-mêmes, mais au fait qu’on les a transformées en matières à étudier, quand « ce ne sont que des outils pour accéder au sens des textes ». La matière qui est le cadre même où nous nous situons, poursuit T. Todorov, c’est l’histoire ; or, on ne peut imaginer que les historiens enseignent les méthodes de l’analyse historique avant d’avoir enseigné les événements.
Ce qu’on doit étudier, c’est le sens des œuvres, « de quoi elles parlent » — et l’auteur de « Littérature et signification » sait ce qu’il veut dire (un Bulgare qui se consacre aux « Liaisons dangereuses » ne peut être tout à fait mauvais). « La littérature, dit-il, est la toute première science humaine », proposant une réflexion sur l’humain, l’intériorité, les rapports humains, le monde humain, les réalités humaines, martèle l’orateur. À travers les textes, l’élève apprend à mieux penser l’humain : connaissance de soi, connaissance d’autrui, dimension de vérité, voilà tout ce qu’ils offrent, et « c’est pour cela que nous continuons à lire les textes du passé ». T. Todorov ménage alors une petite parenthèse en évoquant (sans commentaire, mais les yeux au ciel et le sourire en coin), un débat qu’il a récemment eu avec un jeune romancier contemporain spécialiste du langage SMS en collège (tout le monde a reconnu l’inénarrable Bégaudeau), et qui lui expliqua sans ciller que, Corneille étant devenu illisible par les élèves, il convenait de les intéresser avec des schémas actanciels… Puis, revenant aux choses sérieuses, Todorov affirme que « les professeurs de lettres sont à la fois des spécialistes de l’analyse littéraire et de la condition humaine ». Voilà pourquoi « les élèves des séries L devraient être les meilleurs en droit, psychologie, médecine, travail social ». Mais actuellement le sens général des études littéraires est très différent. Il faut donc « renouer avec cette fonction noble et irremplaçable de la littérature, voie royale de la connaissance du monde humain ». La première exigence serait donc de coordonner l’enseignement de l’histoire, de la philosophie, des lettres, de l’histoire de l’art, car l’objectif ultime est le sens.
Qu’enseigner ? La littérature — même si c’est un concept poreux et historiquement situé. Qui est littérature, et qui ne l’est pas ? Littérature française, ou étrangère ? S’ouvrir aux textes littéraires non francophones, européens, mondiaux, est fondamental, explique le mari de Nancy Huston : « Se mettre à la place de l’autre, voilà la littérature ». Et ce sont « les grandes œuvres » que l’on doit étudier, les plus aptes à faire comprendre la condition humaine : on peut évidemment partir de textes plus faciles ou plus proches, mais plus on avance dans les études, plus il est impératif d’avoir lu les grands textes de la littérature française et mondiale.
Comment enseigner ? Il ne devrait y avoir « aucune restriction particulière quant aux méthodes pour lire les textes » : historique, structurale, peu importe ! L’essentiel est, qu’à l’arrivée, les élèves réagissent à la richesse de ce qu’ils ont perçu.

Au cours du débat qui suit, on souligne dans le public le rôle néfaste du lobby des sciences de l’éducation, et de certains inspecteurs qui, selon l’un des orateurs, sont « de véritables adjudants ».
Quand le sage T. Todorov prône la politique des « petits pas », H. Mitterand, en bon spécialiste de Zola, insiste sur la nécessité de CRÉER UN FORT MOUVEMENT D’OPINION PUBLIQUE, sans se décourager et en n’oubliant pas que le capitaine Dreyfus n’a pas été réhabilité en un jour ! Michel Jarrety suggère quant à lui de confier la réflexion sur les programmes à des groupes d’experts indépendants de ceux que Laurent Laforgue appelait naguère les « Khmers rouges » de l’éducation. À quelqu’un, radical, qui suggère de « faire le ménage » à l’Inspection Générale, Michel Jarrety affirme la nécessité de maintenir ce corps — ne serait-ce qu’afin d’éviter que l’inspection devienne une prérogative des chefs d’établissement, ce qui serait évidemment la pire des solutions.

Agnès Joste (SLL canal historique) prend enfin la parole pour proposer une analyse du rapport de l’IG sur la filière littéraire (décembre 2006), qui propose une « évaluation des mesures prises pour revaloriser la filière littéraire ». Nous passerons assez rapidement sur ce point, en vous renvoyant à son analyse sur http://www.sauv.net/filiereLcr.php. Disons pour synthétiser que si le rapport constate la crise de la filière L, il a tendance à la justifier et même à entériner à moyen terme sa disparition : parmi trois scénarios possibles (dont l’un visait purement et simplement à faire fusionner les L et les ES), il semble que l’on s‘achemine vers la solution d’une filière quasi technologisée, avec cinq options (arts et culture, littérature et civilisation, sciences humaines, droit et institutions, maîtrise de la langue et communication). Un tronc commun proposerait des mathématiques de type S, et maintiendrait français et philosophie afin de répondre aux compétences européennes du type « argumenter, dialectiser, débattre » (nombreux soupirs dans l’assistance). Aucun programme, ni pour les dominantes ni pour une partie du tronc commun, mais un « cahier des charges » bien évasif. Bref, on peut craindre que le français disparaisse en tant que tel, sauf dans l’option « littérature et civilisation ». Enfin — ce qui inquiète fort les professeurs de philosophie —, la philo serait coupée en deux entre première et terminale, avec un contrôle continu en première, et des modalités d’évaluation non définies en terminale.
Et il semblerait que l’on projette de laisser à l’élève choisir ses coefficients au baccalauréat…

Lors du débat qui clôt la séance, M.-Ch. Bellosta souligne la nécessité d’agir d’urgence pour une filière L qui meurt, et donc de faire des propositions. Michel Jarrety intervient quant à lui sur l’importance des langues anciennes, qui furent longtemps l’élément d’identification de la filière littéraire, — suivi en cela par notre amie Isabelle Voltaire (le second pilier, avec Pedro Cordoba, qui était là lui aussi, de « Reconstruire l’Ecole ») qui rappelle que la prééminence des mathématiques sur les lettres remonte à la loi Edgar Faure de 1969, pour qui « la marque d’excellence du latin (devait) passer aux mathématiques » pour des raisons déjà économiques et liées aux injonctions de l’OCDE. Un professeur de lettres en CPGE fait observer que si les programmes de lettres sont mauvais, ils sont aussi mal enseignés, avec des méthodes inductives stériles, qui font perdre un temps fou, et des séquences didactiques qui paralysent élèves et enseignants. La nécessité d’une refonte de l’enseignement en IUFM dans le sens d’une ouverture sur d’autres approches que le constructivisme est alors rappelée.
Et c’est à un collègue venu du « terrain » cher à J.-L. Chiss que revient le mot de la fin : si on part du bilan lucide dressé par nos quatre intervenants, force est de constater que les « petits pas » dont parle T. Todorov sont sympathiques, certes, mais insuffisants vu la gravité de la situation, et qu’il nous faudra tous redoubler d’efforts, agir et proposer — et nous entendre, y compris avec nos pires amis.

Françoise Guichard / Jean-Paul Brighelli

Commentaires

" Pour comprendre les transformations de notre système éducatif, a expliqué Ch. Laval, on ne peut plus se contenter du cadre national. Il faut aussi se rapporter à l’influence des grands organismes financiers commerciaux et économiques : OMC, FMI, Banque Mondiale, -- et aussi de la Communauté Européenne, dont le groupe « Éducation et formation 2010 » constitue le think tank : quelques centaines de technocrates y travaillent, dans une opacité complète et hors de tout contrôle démocratique. Or, la logique de transformation des systèmes éducatifs européens est subordonnée de plus en plus étroitement à la démarche économique...
... L’intervention de Ch. Laval laisse les assistants songeurs … et on peut regretter que le Collectif n’ait pas prévu de proposer quelques rouges gouleyants pour remonter le moral d’un public quelque peu abasourdi ! "
Et dire que ça fait plus d'un an que je m'escagasse à vous le répéter...

Écrit par : catmano | 12 septembre 2007

Imprimatur, nihil obstat.

Écrit par : FGuichard | 12 septembre 2007

"Et dire que ça fait plus d'un an que je m'escagasse à vous le répéter..."

Ecrit par : catmano | 12 septembre 2007

C'est une chose de savoir que la stratégie de Lisbonne existe -- ce qui était tout de même mon cas -- , c'en est une autre que d'entrer dans le détail de cette usine à gaz européenne, illisible, technocratique, aussi enténébrée qu'un château de roman gothique, et in fine aussi peu rassurante !

Écrit par : FGuichard | 12 septembre 2007

Bravo pour ce compte rendu exhaustif et passionnant! Merci à Françoise pour sa plume... et merci aussi à l'amoureux des diptères qui a si bien su résumer l'action des sciences du langage et de la didactique du français... Ce fut un moment jouissif...

Écrit par : aspirine rose | 12 septembre 2007

Françoise Guichard nous a livré la substantifique moelle des journées SLL dans une prose enlevée qui fait de sa lecture une telle gourmandise qu’à la dernière ligne on reste sur sa faim. Un grand merci.

Seule ombre au tableau, ce nouvel exemple de la maestria, que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer avant l’été, avec laquelle Todorov a viré de bord à 180º, sans se prendre la baume en pleine tronche ni faire tomber à l’eau Kristeva et Sollers, les deux autres membres de cet équipage-ménage à trois sémio-structuraliste, dont les élucubrations ont grandement contribué à la destruction de l’enseignement de la littérature. Brûlant à tout petit feu et du bout des lèvres ce qu’il a adoré, TT nous conseille maintenant de faire marche-arrière avec des “baby steps” tout comme Richard Dreyfuss, le charlatan-psychiatre du film « All about Bob », le recommandait à son patient-pot-de-colle, Bill Murray.

L’entreprise sournoise de démolition des lettres françaises est donc devenue aux mains du trio infernal susnommé une sorte de parapluie bulgare ( par alliance pour Sollers) de la discipline. Cette saga pourrait être hilarante si elle n'avait pas fait tant de victimes.

Ci-dessous une analyse qui vous changera du plaidoyer pro-domo auquel il semble que nous allons devoir nous habituer, cependant, en raison de la nette accélération du rythme des retournements de vestes. Pour Sollers, qui se fit passer pour schyzo afin de se faire réformer, et fut coco pur jus jusqu'en 71, quand il se fit maoïste, l' exercice est une seconde nature.

http://www.sdv.fr/pages/adamantine/trappe.htm

"Les vérités désagréables

"Le sémio-structuralisme et la trappe à littérature

"Comment une bande de minus a réussi, dans le dernier tiers du 20e siècle, à disqualifier le projet littéraire

« La pensée littéraire n'est pas seulement digne d'être accueillie parmi les discours de connaissance ; elle a aussi des mérites particuliers. Ce qui s'exprime à travers des histoires ou des formules poétiques échappe aux stéréotypes qui dominent la pensée de notre temps ou à la vigilance de notre propre censure morale, qui s'exerce avant tout sur les assertions que nous parvenons à formuler explicitement ; les vérités désagréables - pour le genre humain auquel nous appartenons ou pour nous mêmes - ont plus de chances d'atteindre à l'expression dans une oeuvre littéraire que dans un ouvrage philosophique ou scientifique. »

Todorov, La Vie commune, essai d'anthropologie générale, Seuil, 1995, p. 12.

"La seconde moitié du 20e siècle a vu un assaut contre la littérature, mené par des théoriciens persuadés de détenir une science supérieure, qui leur permettait de percer les secrets des oeuvres, et dont les bases étaient la linguistique (sémio-structuralisme), l'hégelianisme et le marxisme (matérialisme dialectique), à quoi il faut rajouter le courant sociologique.

"Vue à travers ces prismes, la littérature possède trois caractères. Elle est : 1. Transparente, c'est-à-dire entièrement et définitivement interprétable. (Mais il faut noter le revirement de ce qu'on appelle parfois le post-structuralisme, qui postule au contraire qu'on n'a jamais fini d'interpréter.) 2. Suspecte idéologiquement (le récit est foncièrement réactionnaire, non dans son contenu, mais dans son principe même). 3. Historiquement datée. En 1969, Gérard Genette (Figures II) annonce carrément que le récit est, comme l'art pour Hegel, une chose du passé.

"Cette mise en accusation de la littérature n'est pas toujours explicite. Todorov, Kristeva, sont remplis de propos emphatiques et transis sur la notion de littérature, l'essence de la poésie, etc. Mais cette littérature est devenue un concept à peu près abstrait, elle n'est analysable que comme discours, elle résulte du travail de la langue, et seul un sémiologue, armé de la linguistique, et accessoirement de la psychanalyse et du marxisme, peut la définir et énoncer ses propriétés. L'auteur n'intervient pas activement dans ce travail de production, qui le traverse.

"En conséquence, le projet romanesque lui-même a été mis en cause, et les romanciers se sont trouvés devant les options suivantes : 1. Abandonner les formes traditionnelles au profit d'une forme « libre ». 2. Créer une forme nouvelle, expérimentale (Nouveau Roman ou recherches du « premier Sollers »). 3. Sur-systématiser les formes traditionnelles, par l'imposition de « contraintes » (Pérec), ce qui dote l'œuvre d'une structure selon les vues des sémiologues (elle à la fois cachée et contraignante).

"Pour le public cultivé, il a découlé de cet assaut théorique un divorce entre ses opinions et ses pratiques, les gens continuant naturellement à lire des romans bien écrits et bien composés, mais jugeant cette forme désuète et craignant de passer pour des nigauds. Ceci explique en partie le succès auprès du « grand public cultivé » de genres comme le roman policier, réserve, chasse gardée (mais l'image est ici insuffisante, il faudrait plutôt parler de maison close de bonne tenue).

"Cinq tendances de la critique contemporaine, toutes cinq amenées par le courant sémio-structuraliste, permettent de faire passer la littérature à la trappe ou de la dépouiller d'elle-même:"

Pour lire la suite, cliquer sur le lien posté ci-dessus.

Écrit par : Cadichon | 13 septembre 2007

" Pour comprendre les transformations de notre système éducatif, a expliqué Ch. Laval, on ne peut plus se contenter du cadre national. Il faut aussi se rapporter à l’influence des grands organismes financiers commerciaux et économiques : OMC, FMI, Banque Mondiale, -- et aussi de la Communauté Européenne, dont le groupe « Éducation et formation 2010 » constitue le think tank : quelques centaines de technocrates y travaillent, dans une opacité complète et hors de tout contrôle démocratique. Or, la logique de transformation des systèmes éducatifs européens est subordonnée de plus en plus étroitement à la démarche économique...
... L’intervention de Ch. Laval laisse les assistants songeurs … et on peut regretter que le Collectif n’ait pas prévu de proposer quelques rouges gouleyants pour remonter le moral d’un public quelque peu abasourdi ! "
Et dire que ça fait plus d'un an que je m'escagasse à vous le répéter...

Ecrit par : catmano | 12 septembre 2007 "

Oui, nous étions d'ailleurs quelques-un à le faire en ces lieux, au milieu de la Sarkolâtrerie ambiante, ^Sarkolâtrie furieusement remise au goût du jour ces derniers temps avec la réapparition de Cadichon.
A propos, avez-vous remarqué, dans les colonnes de la presse régionale, (chère au même Sarko), il y a une quinzaine de jours, la mise en parallèle des résultats apparemment désastreux de l'école publique, et la santé insolente de l'enseignement privé? Avec un message subliminal qui annonce, vraisemblablement de manière inexorable, la volonté à peine cachée de not'bon président de sabrer totalement le service public d'éducation? Les souhaits de Cadichon risquent, hélas, de se transformer assez vite en prévisions assez justes. Et personne, (du moins ici), sauf peut-être elle-même n'a à y gagner.

Écrit par : Christophe Sibille | 13 septembre 2007

La bôme, Cadichon, la bôme !! Et LE baume.

Quand on veut étaler son immense culture, on évite les fôtes d'orthographe ridicules ...

Écrit par : yann | 13 septembre 2007

Christophe, ce n'est peut-être pas si manichéen ...
Constater une évidence ne signifie pas OBLIGATOIREMENT avoir des pensées secrètes perverses et préparer le pire !

Je suis un vieux laïcard, viscéralement anticlérical, néanmoins force est de reconnaître les succès de l'enseignement confessionnel.

Un ami turc, me demandait quelle école choisir pour sa gamine afin qu'elle soit suivie et échappe au bordel de l'école publique de son quartier. La mort dans l'âme, je lui ai conseillé celle des radis noirs ...

Oui, les écoles privées ont des moyens financiers supplémentaires puisqu'ils cumulent les dotations régionales, les frais de scolarité acquittés par les parents et diverses oboles provenant de l'opus dei et autre ...
Oui, ils peuvent "sélectionner" les élèves à l'entrée.

Il me semble néanmoins (hélas !) juste de constater que ce n'est pas la seule raison de leurs succès ...
Ils n'ont pas (ou peu) cédé aux délires pédagogiques, et ont largement maintenu un enseignement frontal.
Ils n'ont pas été intoxiqués par l'esprit post soixanthuitard (tout le monde est beau, égaux et plein de bravitude) mais ont maintenu (exigé) des relations de respect entre adultes et élèves, persisté à valoriser le travail et les exigences comme des valeurs intrinsèques à la situation d'apprentissage etc.
Ils ont continué à créer des groupes de niveau permettant de remonter les plus faibles et de proposer aux meilleurs d'atteindre une forme d'excellence (plutôt que d'apprendre à ne rien foutre tant les exigences étaient faibles).

Y'a peut-être quelques idées à prendre plutôt que de se lamenter sur les présupposées mauvaises intentions des uns ou des autres ... Au moins, aller voir et tenter de comprendre ce qui est transposable dans un autre contexte.

J'en suis malade d'avoir à faire ce constat mais à nouveau ne pas regarder la réalité en face ne l'a jamais modifié ...

Écrit par : Zorglub | 13 septembre 2007

Oups, "modifiéE" ...

Écrit par : Zorglub | 13 septembre 2007

"Ils n'ont pas (ou peu) cédé aux délires pédagogiques, et ont largement maintenu un enseignement frontal.
Ils n'ont pas été intoxiqués par l'esprit post soixanthuitard (tout le monde est beau, égaux et plein de bravitude) mais ont maintenu (exigé) des relations de respect entre adultes et élèves, persisté à valoriser le travail et les exigences comme des valeurs intrinsèques à la situation d'apprentissage" etc.


Je ne suis pas tout à fait d'accord. Les délires pédagogiques existent aussi bien dans les écoles privées que publiques. La grande différence tient au fait que les écoles privées ne sont pas obligées d'accueillir tous les enfants et qu'elles ne se privent pas de sélectionner, et même au sein de cette sélection, de re-sélectionner en vidant les moins "capables". Quels enfants restent donc dans ces établissements? Les 20% environ d'une classe d'âge qui sont capables de réussir, quelles que soient les méthodes pédagogiques utilisées, car ces enfants sont à la fois doués d'une intelligence certaine et s'adaptent facilement à ce qui leur est demandé. Le privé peut se permettre de tirer la barre vers le haut et d'être très exigeant avec ses élèves, mais croyez-moi, il ne leur donne jamais les outils pour parvenir à ce niveau d'exigence. C'est aux enfants à les trouver tous seuls. Ceux qui y parviennent, on les garde. Les autres, on les jette.
Ayant approché de près le privé et le public, je voudrais démythifier le privé, et vous dire que les raisons de son succès tiennent dans: la sélection (donc la garantie de ne pas avoir trop de gosses qui empêchent une classe de se dérouler normalement, et le cas échéant, le renvoi de gosses perturbateurs), l'encadrement de surveillance (et non pas scolaire) qui est bien sûr payé par les frais de scolarité, et surtout, la souveraineté du conseil de classe: la parole d'un professeur est souveraine et ne saurait être remise en question par la direction, les parents, etc. etc.

Le public doit faire face à une toute autre problématique: il est obligé par la loi de scolariser des enfants dont aucun établissement privé ne voudrait... La seule réponse qui vaille est de revoir de fond en comble l'école primaire (programmes et méthodes) afin de s'assurer que 99% des enfants apprennent les fondamentaux pour ne plus être largués dans la poursuite de leurs études.

Écrit par : aspirine rose | 13 septembre 2007

Merci à F. Guichard pour son compte-rendu rondement mené.

Je retiens notamment deux choses :

- si on veut comprendre au fond ce qui se passe lors d'un changement de programme, il faut se livrer à une herméneutique très serrée des documents d'accompagnement. Si, de plus, on dispose de quelques clés sur les membres influents des GTD (groupes techniques disciplinaires), on reconnaît les luttes d'influence entre les lignes. Si, de plus, on suit la mise en oeuvre avec les discours de l'IGEN, des "spécialistes", des enseignants eux- mêmes, on arrive à commencer à comprendre comment réaliser ce programme (en en prenant et en n'en prenant pas) dans de vraies classes avec de vrais élèves tout en conservant jalousement la hiérarchie de valeurs qui nous est propre.
Autant dire qu'il faut de la motivation et du temps joints à une souplesse intellectuelle entraînée (risque de torsion schizophrénique : maladie professionnelle fréquente bien que non encore reconnue). Chacun son asbestose !

- le cadre européen est celui dans lequel évolueront de plus en plus les "experts". Pas ou très peu de contrôle, culture de l'impunité moins tenable qu'avant aux niveaux nationaux.
Je suis prêt à parier que nos pédagogistes - reconnaissons-le, véritables experts dans l'art de s'organiser en coteries - se retrouveront bientôt en masse à Bruxelles. Pas Meirieu qui est trop vieux mais une bonne partie de sa descendance.

Écrit par : dugong | 13 septembre 2007

L'école privée n'est pas aussi idyllique que vous le dites, Zorglub. J'en connais où je ne mettrais mes petits-enfants pour rien au monde, quoique la plupart se soient mises dans ma région au B-A BA, les enfants apprennent au moins à lire en CP. (Dans le public, pour ce que j'en sais, jusqu'à maintenant, seule ma fille utilise une méthode syllabique, en ZEP, ...sur 25 maîtres de CP !! Encore a-t-elle été menacée par son inspectrice. )

Pour avoir fait du soutien dans un de ces établissements, je puis vous affirmer qu'il y a peu ou pas de sélection à l'entrée. Quant à l'instruction religieuse, il y a belle lurette que les enfants ne sont absolument pas obligés d'y participer.

Les établissements sous contrat sont aussi nuls que l'EN, en Limousin en tout cas, et il vaut mieux aller dans un bon lycée (il y en a encore au moins un)
Anne-Marie.

PS Pour le primaire, il faut signaler que l'IUFM étant particulièrement néfaste, (pas plus qu'ailleurs il est vrai) cela ira à "petits pas" pour revenir en arrière et améliorer les choses. On est bien loin de SLECC.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 13 septembre 2007

... Et il fallait voir la tronche de mes parents, gauchistes bon teint, lorsque mon petit frère, de 15 ans plus jeune que moi, a réclamé non seulement d'aller dans un lycée privé et catholique, mais en plus d'y être pensionnaire !

Écrit par : Blugu | 13 septembre 2007

"en Limousin en tout cas, et il vaut mieux aller dans un bon lycée (il y en a encore au moins un)"

Darnet à St Yrieix ?

Écrit par : dugong | 13 septembre 2007

"Les pédagogistes se retrouveront bientôt à Bruxelles..."
Eh oui! Il y a des prébendes douillettes à se mettre sous la canine!
Frackowiak se pavanant, nanti d'un chauffeur personnel...!

Écrit par : Jean | 13 septembre 2007

Bravo et merci pour ce compte-rendu exhaustif et vivant ! Je l'attendais avec impatience depuis quelques semaines... et l'ai lu avec passion. A bientôt !

Écrit par : Rodrigue du Gers | 13 septembre 2007

Merci à F.Guichard pour son compte-rendu.
Allez, Cadichon, ne critiquez pas nos structuralistes éminents. Ce ne sont pas eux les responsables! C'est l'utilisation bêtasse qui a été faite de leurs écrits, après et par de petits esprits, qui est critiquable. Il y a de fort belles pages de Barthes sur la littérature et tous ces critiques restent pour moi des maîtres qui dessillent nos yeux et dessinent des chemins pour nous emmener plus loin dans les oeuvres littéraires. Le tout est de se servir de cette critique au bon moment et devant un public ad hoc, ce qui n'est pas le cas actuellement.
Et puis, tiens, je vais donner dans le rôle midinette ( pour une fois!) si vous aviez vu les yeux remplis de malice de Todorov!
Eussiez-vous résisté?

Écrit par : Thalie- Thalie | 13 septembre 2007

quitte à surenchérir sur Thalie, je dirais du struturalisme (j'ai été un an l'élève de Barthes, et ce fut une expérience incroyablement enrichissante, face à un homme d'une culture exquise, et qui avait l'art de s'en servir) ce que le lobby pro-gun et la NRA disent aux Etats-Unis des armes à feu : ce n'est pas le structuralisme qui tue, ce sont les mauvais tireurs, les obsédés du formalisme, les petits maîtres de la rhétorique, — les demi-habiles de la gâchette et de l'explication de texte.
JPB

Écrit par : brighelli | 13 septembre 2007

Et puis, tiens, je vais donner dans le rôle midinette ( pour une fois!) si vous aviez vu les yeux remplis de malice de Todorov !
Eussiez-vous résisté?

Ecrit par : Thalie- Thalie | 13 septembre 2007

Ah, je confirme ! Un délice !
Merci également à Thalie-Thalie et à JPB de rendre un hommage affectueux au cher Roland Barthes, homme de culture s'il en fut, et qui n'est pas responsable de sa postérité. Marx le disait déjà : "Je ne suis pas marxiste" !
Par ailleurs, pour ce qui est de ceux que l'on soupçonne de retourner leur veste et de brûler ce qu'ils ont adoré : c'est tant mieux s'ils le font, et notre coeur est assez grand ! Si nous voulons créer le "mouvement de fond " dans l'opinion publique dont parle H Mitterand, ne rêvons pas, il nous faudra travailler avec des gens qui n'ont pas toujours été de notre avis,qui reconnaissent qu'ils se sont trompés, ou qu'ils sont allés trop loin. C'est avec ses ennemis que l'on fait la paix, pas avec ses amis, du moins en général... Et l'ouvrier de la dernière heure se voit aussi ouvrir les portes du paradis, si je puis oser le raccourci.

Écrit par : FGuichard | 13 septembre 2007

oui oui Yann la Bôme et le Baume, merci
ou avais-je la tête??? Non, pas pitié, ne répondez pas à cette question ..Je n'ai même pas l'excuse d'un coup de bôme, et en plus que je me suis relue...



Je reposte ici ce que j'ai mis sur SLL bis

Voilà Vraiment de quoi s'inquiéter et c'est pour cela que comme en 40 il faudrait faire front commun et laisser dissentions et procès d'intention de côté.

Jugez plutôt.


Ouest-France 12/09/07

UNE ECOLE PHILIPPE MEIRIEU DANS LE MORBIHAN

La première école Philippe Meirieu a été inaugurée à Plougoumelen (Morbihan), samedi dernier. Pédagogue progressiste et controversé, inspirateur des IUFM, P. Meirieu a un temps hésité mais a fini par accepter, car il s'agissait pour lui "de la reconnaissance des acteurs de
terrain, dont personne ne peut mettre en doute la bonne volonté".

Écrit par : Cadichon | 13 septembre 2007

Seraient-ils devenus complètement fous à Plougoumelen?

Écrit par : Jean | 13 septembre 2007

Un structuralisme légèrement humide ne dessèche pas les textes.

C'était pourtant marqué dans la notice !

Paradoxalement, ce sont les transports qui se dessèchent par excès de structuralisme et non pas l'inverse.

L'oeil de Todorov était-il humide ?

Écrit par : dugong | 13 septembre 2007

Encore cliqué trop vite, "comme en 40" méritait les guillemets du sarcasme, au vu de ce que je viens d'écrire sur SLL bis

Écrit par : Cadichon | 13 septembre 2007

"UNE ECOLE PHILIPPE MEIRIEU DANS LE MORBIHAN"

C'est l'esprit premiers chrétiens qui l'anime (?)

La Bretagne s'y prête bien hélas.

A quand la fosse aux lions ? la mise en produit en croix ? L'écartèlement en place de grève ? et pour finir la canonisation ?

Écrit par : dugong | 13 septembre 2007

Le commentaire de Meirieu, ci-dessus: l'individu est toujours aussi oraculaire, alambiqué, tordu, d'une logique aléatoire, impénétrable, mais, c'est sûr et c'est la seule chose claire qui ressorte de ce texte, explosant de vanité.

Écrit par : Jean | 13 septembre 2007

Jean-Paul, je suis d'accord avec vous sur Barthes, (qui ne le serait pas), mais la mise en parallèle avec le lobby "pro gun", (et les quasi fachos qui en sont à la tête) me fait bondir!

Écrit par : Christophe Sibille | 13 septembre 2007

"UNE ECOLE PHILIPPE MEIRIEU DANS LE MORBIHAN"

Ca y est ! Il nous fait une crise mystique ! Expert à l'ADEME ne lui suffisait pas : Le Christ s'est arrêté à Plougoumelen !

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2007/Plougoumelen08092007.aspx

Écrit par : dugong | 13 septembre 2007

"UNE ECOLE PHILIPPE MEIRIEU DANS LE MORBIHAN"

Les pédagogistes préparent-ils leur exfiltration vers l'Amérique du sud via le golfe du Morbihan (de nuit, par petits groupes) ?

Écrit par : dugong | 13 septembre 2007

Allez lire l'interview de Meirieu sur le lien indiqué par Dugong. C'est dégoulinant de nigauderie, de bonhomie feinte et de tartufferie. Le couplet sur "l'avis demandé à Darcos, cet homme si humain", rappelle une certaine "Lettre au ministre dont la veulerie avait frappé tous les observateurs.
Et ce pauvre maire, professeur d'histoire qui a "changé ses pratiques" au lendemain d'une "formation donnée par Meirieu"! Frappé de meiriolite!
Lamentable!

Écrit par : Jean | 13 septembre 2007

Allez, Cadichon, je vous concède que la Société des agrégés est peut-être montée au créneau un peu vite à la lecture de la phrase incriminée. Mais vous savez, chat échaudé craint l'eau froide!
Et puis quand même il ne faudrait pas que la bande à Meirieu saute sur ladite phrase pour y trouver un encouragement à continuer à "changer le métier d'enseignant", comme s'y emploient l'infâme Frackowiak et sa bande.

Écrit par : Jean | 13 septembre 2007

et consorts (plutôt).

Écrit par : Jean | 13 septembre 2007

Ca y est ! Il nous fait une crise mystique ! Expert à l'ADEME ne lui suffisait pas : Le Christ s'est arrêté à Plougoumelen !

Ecrit par : dugong | 13 septembre 2007

D'un autre côté en Bretagne tout est possible ...
http://www.liberation.fr/actualite/societe/218112.FR.php

Écrit par : Zorglub | 13 septembre 2007

L'oeil de Todorov était-il humide ?

Ecrit par : dugong | 13 septembre 2007

Jaloux!!!!!:-)

Écrit par : Thalie- Thalie | 13 septembre 2007

Cadichon, c'est un gag, non? à Plougoumelen!
C'est loin de l'autre Plou.....? ou pas?
On va faire " une descente"!!:-)

Écrit par : Thalie- Thalie | 13 septembre 2007

L'oeil de Todorov était-il humide ?
Ecrit par : dugong | 13 septembre 2007

Non, malicieux, et pétillant d'intelligence !

Écrit par : FGuichard | 13 septembre 2007

Je sens qu'on va encore dire du mal des bretons !

Attention ! Je signe de mon vai prénom ...

Écrit par : yann | 13 septembre 2007

"Aujourd’hui, T. Todorov ne participe plus à aucune commission, et jette sur l’enseignement des lettres « le regard éloigné de l’ethnologue ».

Todorov le doux, à l'oeil de velours deviendrait-il le pluton du système scolaire ? Ce détachement guerrier est un oxymore exhorbitant.

Écrit par : dugong | 13 septembre 2007

Meirieu a la légion d'honneur, une école à son nom.
Il est donc mort !

On est dans la société de l’oxymore avec tous ces “rebelles” couverts d’honneurs...

Je vais demander que mon bahut s’appelle lycée Philippe-Meirieu. Je suis bon pour les palmes académiques.
Il y a tellement de collèges Walt-Disney, alors pourquoi pas un nom de clown !

Écrit par : Lariba | 13 septembre 2007

Meirieu a la légion d'honneur, une école à son nom.
Il est donc mort !
Ecrit par : Lariba

:D mdr
si c'était vrai...

Écrit par : Hel | 13 septembre 2007

"Meirieu a la légion d'honneur, une école à son nom.
Il est donc mort !"

Mais il bouge encore (il se reproduit par scissiparité en commissions si-si-paritaires) !

Écrit par : dugong | 13 septembre 2007

Quand on est fier d'être Breton, Yann, on y met une majuscule...et même quand on ne l'est pas.
Paille et poutre sont dans le même bateau....
Merci de m'avoir signalé, mais Jean l'avait fait plus tôt et courtoisement, question de nature.
Je sais maintenant que le Pferde Balsam dont j'enduis ma cheville, depuis quelques jours, me porte au cerveau.

J'aurais aussi pu écrire "un coup de Beaumes" mais le Toto-to- to-dorov ne me semble pas être du genre à boire de ce tonneau-là.


Thalie, non, c'est dans le Morbihan.
Mon Plou à moi, c'est plutôt le village d'Astérix avec la sublime Mme Le Sire qui a toute sa carrière maintenu le cap de la syllabique et vit maintenant une heureuse retraite: elle peut se regarder dans le miroir sans avoir la nausée.

Écrit par : Cadichon | 13 septembre 2007

C'est une bonne idée, tiens. Je vais la proposer à ma collègue qui aimerait bien que notre école ait un nom : "École Jean-Paul II et Meirieu réunis", comme en Bretagne.
Jusqu'à présent, j'avais toujours résisté à cette idée de baptême, je trouvais que "École Publique", ça avait un certain charme.

Écrit par : catmano | 13 septembre 2007

La première école Philippe Meirieu a été inaugurée à Plougoumelen (Morbihan), samedi dernier. Pédagogue progressiste et controversé, inspirateur des IUFM, P. Meirieu a un temps hésité mais a fini par accepter, car il s'agissait pour lui "de la reconnaissance des acteurs de
terrain, dont personne ne peut mettre en doute la bonne volonté".

De toute manière, comme dit J.-Louis Chiss (voir compte rendu SLL), le vécu et le ressenti du "terrain", on s'en tape et ce n'est pas pertinent. Doit-on déduire que pour les pédagos, il y a des terrains plus égaux que les autres ?

Écrit par : Dulcamara | 13 septembre 2007

Le dernier refuge du bon FRANCAIS devrait se trouver dans les facs de droit. Le mot juste, la définition précise, la sémantique rigoureuse n'existent plus depuis longtemps en droit public.
Tout ce qui a trait à la domanialité publique est une honte pour nos juristes et nos élus. Les confusions et incohérences dans l'emploi du mot "propriétaire" et du verbe "appartenir"sont inadmissibles de la part de ceux qui nous dirigent.
Voyez aussi comment la trituration du mot cession permet aux services fiscaux d'imposer les pertes avec l'acccrd de la justice administrative, jusqu'au Conseil d'Etat

Écrit par : TATARD | 14 septembre 2007

Le dernier refuge du bon FRANCAIS devrait se trouver dans les facs de droit. Le mot juste, la définition précise, la sémantique rigoureuse n'existent plus depuis longtemps en droit public.
Tout ce qui a trait à la domanialité publique est une honte pour nos juristes et nos élus. Les confusions et incohérences dans l'emploi du mot "propriétaire" et du verbe "appartenir"sont inadmissibles de la part de ceux qui nous dirigent.
Voyez aussi comment la trituration du mot cession permet aux services fiscaux d'imposer les pertes avec l'acccrd de la justice administrative, jusqu'au Conseil d'Etat

Écrit par : TATARD | 14 septembre 2007

Le dernier refuge du bon FRANCAIS devrait se trouver dans les facs de droit. Le mot juste, la définition précise, la sémantique rigoureuse n'existent plus depuis longtemps en droit public.
Tout ce qui a trait à la domanialité publique est une honte pour nos juristes et nos élus. Les confusions et incohérences dans l'emploi du mot "propriétaire" et du verbe "appartenir"sont inadmissibles de la part de ceux qui nous dirigent.
Voyez aussi comment la trituration du mot cession permet aux services fiscaux d'imposer les pertes avec l'acccrd de la justice administrative, jusqu'au Conseil d'Etat

Écrit par : TATARD | 14 septembre 2007

Le dernier refuge du bon FRANCAIS devrait se trouver dans les facs de droit. Le mot juste, la définition précise, la sémantique rigoureuse n'existent plus depuis longtemps en droit public.
Tout ce qui a trait à la domanialité publique est une honte pour nos juristes et nos élus. Les confusions et incohérences dans l'emploi du mot "propriétaire" et du verbe "appartenir"sont inadmissibles de la part de ceux qui nous dirigent.
Voyez aussi comment la trituration du mot cession permet aux services fiscaux d'imposer les pertes avec l'acccrd de la justice administrative, jusqu'au Conseil d'Etat

Écrit par : TATARD | 14 septembre 2007

DARCOS envisage de réformer le bac général. Voir

http://www.lefigaro.fr/france/20070914.FIG000000017_darcos_envisage_de_reformer_le_bac_general.html
ou
http://www.liberation.fr/actualite/societe/278430.FR.php
selon ses croyances.

Moi, je veux bien mais il faudra qu'on m'explique comment alors empêcher la mise en place d'un" socle commun" à toutes les sections de lycée c'est à dire une daubasse infâme qui signera l'effondrement quasi total des exigences au collège (déjà fait) et au lycée (en voie active).

Décidément, on manque encore et toujours d'oxygène dans les hauteurs du ministère et il faudrait peut-être suggérer à Darcos de se raffermir les neurones en venant plus souvent en Périgord.

Écrit par : dugong | 14 septembre 2007

Tout dépend de la hauteur du socle. Mais je n'ai rien contre un Bac unique qui regrouperait l'essentiel des maths de S, les langues de ES et les Lettres de L — sans compter un petit bout de grammaire / maîtrise de la langue qu'il me paraît judicieux d'introduire en Seconde / première. Bien sûr qu'il y a dans la tête du ministre — dont on commence apparemment à s'apercevoir qu'il a un plan en tête, ce que je me suis évertué à expliquer ici depuis trois mois, mais le blogueur est méfiant, et le prof encore plus — l'idée de réserver pour les options certaines disciplines trop spécifiques pour être généralisées (éco, par exemple, "communication", etc.), et qui de surcroît ne sont pas traitées de façon très experte au lycée (alors, les réserver aux facs ou aux BTS / IUT ? Il y a bien des options ouvertes par cette proposition).
Sans compter que ça rendrait le Bac plus universel, d'un côté, et moins compliqué à organiser. Quand on peut faire mieux pour moins cher…
JPB

Écrit par : brighelli | 14 septembre 2007

Attention JPB ! Je vois deux profs de SES courir derrière vous avec des couteaux. Est ce normal ?

Evidemment, on peut faire miroiter à certains qu'on les recasera en BTS / IUT (?)

Où est l'ANPE la plus proche pour une reconversion ?

Écrit par : dugong | 14 septembre 2007

"''Le public doit faire face à une toute autre problématique: il est obligé par la loi de scolariser des enfants dont aucun établissement privé ne voudrait..."''

Il y a quarante ans, c'était l'inverse, le privé accueillait les cancres dont le public ne voulait pas. On ne trouvait alors dans le premier ( bien-sûr je ne parle pas des établissements d'élite du privé qui sélectionnaient eux aussi) que des gosses de riches car pour les autres, comme leurs parents ne pouvaient pas payer le privé, ils n'avaient pas le choix et devaient travailler correctement pour ne pas se faire virer.
Les parents y veillaient.

Mais bien-sûr, plutôt que d'identifier l'égalitarisme comme pierre d'achoppement de la destruction du système on préfère se bercer de la fable: "C'est la faute des libéraux si l'école creuse les inégalités" Par ce moyen on sauve la face, mais pas l'école, du moins tant que cette ineptie continuera à être prise pour parole d'évangille.


Et Meirieu est au premier rang des fabulistes, cela seul devrait faire dresser l'oreille sur la valeur de l'argument.

""Philippe Meirieu, professeur des universités en sciences de l’éducation, dresse un état des lieux de l’école et de son environnement. Il met en garde contre la dérive libérale amorcée par le gouvernement et propose des pistes pour y résister.

"Comme chaque année,la rentrée scolaire est l’occasion de dresser l’état des lieux de l’éducation nationale. Un bilan souvent présenté comme catastrophique: niveau en baisse, recrudescence des violences… Qu’en est-il réellement?


Meirieu:
D’après toutes les enquêtes, l’école française a réalisé, jusqu’en 1995, des progrès considérables dans l’accès au savoir. Mais depuis 1995, l’école peine de plus en plus à rectifier les inégalités. L’échec scolaire de 15 % à 20 % des élèves en est la preuve la plus accablante. C’est comme si, après une phase d’expansion extraordinaire, le système avait atteint une sorte de plafond. Différentes mesures ont été prises sans jamais se révéler convaincantes. Pour autant, l’école n’a pas démérité. Depuis les années 1950, elle a relevé des défis extraordinaires en termes de démocratisation et de scolarisation. Le problème est que l’institution scolaire a parfaitement réussi la démocratisation de l’accès à l’école mais pas celle de la réussite dans l’école"


Je n'inflige pas la suite que les masos peuvent aller consulter
http://hebdo.parti-socialiste.fr/2007/09/12/895

Ce qui me turlupine c'est que les anti-libéraux ne se posent jamais les questions suivantes:
Ne faudrait-il pas donner enfin et pour une fois sa chance à la solution libérale puisqu'elle n'a jamais eu droit de cité et que l'école s'est effondrée avec le système inverse, monopolistique et centralisé? Pourquoi avoir si peur? Parceque si elle peut faire mieux, puisqu'on peut difficilement faire pire, ce serait la preuve qu'en croyant mordicus aux bienfaits de l'illibéralisme, on s'est foutu le doigt dans l'oeil?

Peu réconfortant pour l'avenir de penser qu'on a laissé se propager pendant des décennies cette catastrophe humanitaire... par peur du libéralisme, et pour ne pas froisser des égos.

"Français, n'ayez pas peur du libéralisme", écrit Pascal Salin, Odile Jacob ( pp 274-275), en reprenant à son compte la célèbre injonction de Jean Paul II aux Polonais, alors piétinés par la botte soviétique.

"Il n'est plus temps de bricoler des réformettes, .... il est temps d'affirmer que les maux de notre époque sont la conséquence d'un effondrement de la liberté individuelle. ...
Nous ne devons pas accepter qu'on considère comme utopiste ou extrémiste le retour à la normalité, c'est-à-dire le retour à la liberté.....Les véritables extrémistes sont ceux qui ont confisqué notre liberté."

Écrit par : Cadichon | 14 septembre 2007

Je viens de retrouver un commentaire
Ecrit par : Louis Barthas | 18 mars 2007.

"Les pédagogistes sont comme les fascistes et les communistes: les enfants représentent une force révolutionnaire qu'ils se proposent de mener à une refonte de la société"
J'avais alors illustré cette observation en rapportant une anecdote qui se passe un peu avant 81 et que raconte Maurice Druon dans « La France aux ordres d'un cadavre » (pages102-116)

Christian Beullac, Ministre de l'EN le convoque avec Alain Decaux et d'autres "personnes dont il pensait qu'elles avaient quelques vues sur l'enseignement du français".
J'eus l'impudence d'avancer, à un moment, poursuit Druon, qu'il était souhaitable qu'on donnât aux écoliers et collégiens de bons modèles classiques.
-Vous ne voulez tout de même pas qu'ils copient! s'écria un personnage ...aux yeux emplis d'une brume haineuse.
-J'entends modèle au sens d'exemple, lui répondis-je. De bons exemples. Il me semble que pour guider les débutants, mieux vaut La Fontaine que Boris Vian.
-Cela dépend du type de société auquel on veut les préparer, dit fermement mon interlocuteur. Visiblement la nôtre n'était pas de son goût.

Je m'enquis des fonctions de cet homme péremptoire. ... C'était le secrétaire du syndicat des professeurs de lettres. Je me sentis édifié sur la conception de la laïcité dans l'enseignement de service public""

Druon poursuit en affirmant, quoique le chômage héréditaire puisse lui disputer la première place, que " l’enseignement est le grand échec de la Vème République. Il faut dire qu'il était l'héritage de la IVème, où tous les ferments de désagrégation avaient été mis en place. ...L'instruction, l'éducation, la culture sont les moyens les plus sûrs de prendre le pouvoir. Les plus lents aussi. Il y faut attention, patience, persévérance. Ce sont là des vertus qu'on peut reconnaître aux communistes....Il faut désapprendre les principes de l'ancienne société pour les remplacer par les principes d'une autre, quitte à laisser les jeunes esprits vides pendant quelques temps. Tout au long de la IVe, et de la Ve, République, les marxistes français s'y sont employés avec succès. Ils ont commencé par constituer les syndicats les plus forts, et d'abord les syndicats d'instituteurs, ... les plus revendicatifs, les plus véhéments...derrière ce front de revendications professionnelles progressait l'endoctrinement idéologique. La lutte des classes en était le fondement. Il fallait supprimer les différences entre les enfants dits de milieux privilégiés et les autres, pour les préparer tous à une « société sans classes » et donc ne pas transmettre les valeurs, les références de la société aristocratique ou bourgeoise; désapprendre...le passé simple, instrument sans égal du récit est proscrit. ...Au nom de l'égalité des chances, on a établi l'égalité des malchances.

Désapprendre le patriotisme et les devoirs du citoyen...Et désapprendre l'histoire qui pourrait donner prétexte à la fierté française. Pourquoi parler des grands évènements, puisque l'Histoire, vue par les marxistes, n'est que le rapport des forces économiques? Pourquoi parler des grands hommes puisqu'ils furent tous des tyrans, des exploiteurs du peuple, et puisqu'en fait ils ne commandaient rien

…Ne mésestimons pas le renfort puissant que les marxistes ont reçu de la part des adeptes de l’existentialisme sartrien et de la psychologie freudienne.

Alors que l’homme, par sa condition même est soumis à quantité de contraintes naturelles, génétiques, sociales, que ses aptitudes sont fonction de sa carte chromosomique, et qu’il doit réfréner ses désirs de voler le bien d’autrui ou d’occire son prochain, l’idée s’est répandue, comme se répand la peste, qu’il ne fallait faire peser sur l’enfance aucune pression ou interdit, afin de ne pas créer en lui de blocages, de frustrations de refoulements. Moyennant quoi on a supprimé notations, classements, prix de fin d’année. N’ai-je pas lu dans un rapport…qu’on ne devait éviter de stresser les enfants devant le savoir ? Donc ne stressons pas les derniers de la classe en encourageant les premiers. »

( note: Druon évoque ici cette exception française inspirée de sa funeste passion pour l’égalité que De Gaulle résumait ainsi : "La France brime ses cracks pour faire gagner ses tocards ".)

...." Comment les communistes, alors qu’ils posaient en modèle de société soviétique, qui fut la plus contraignante et la plus exigeante qui ait jamais existé, ont-ils laissé leurs syndicats soutenir cette pédagogie absurde, sinon pour affaiblir la société bourgeoise ?

Pour si bien « déformer » la jeunesse il fallait aussi « déformer » les maîtres. On s’y est employé en supprimant les bonnes vieilles Écoles normales qui avaient produit des générations d’éducateurs exemplaires, pour les remplacer par des IUFM, o`u l’on inculque, les trouvailles de l’INRP, Institut national de recherches Pédagogiques- qui est le lieu de tous les délires.
Pourquoi les avoir d’ailleurs qualifiés de pédagogiques puisque la pédagogie y a perdu droit de cité au profit d’une nouvelle science, la « didactique » ? Celle-ci se communique par un vocabulaire particulier, qui, en bon français, s’appelle un jargon de cuistres.
..Et c’est cette bouillie-là que de futurs instituteurs doivent se nourrir pour finalement donner aux gamins comme modèle de conversation : T’habites où, tu fais quoi ?

…Alors que tout dans l’univers, de la galaxie à l’atome, est hiérarchisé, et que tout dans la nature est sélectif, on a tourné le dos, dans l’éducation, à la sélection et à la hiérarchie. La récolte est abondante en fruits secs. »

Suit une citation de Thierry de Montbrial, « Pour combattre les pensées uniques, ( 2000) : « Au 20ème siècle, la France aura été un haut lieu du marxisme, dans ses universités. Mais également à travers la manière très soviétique d’organiser l’Éducation nationale, et la Recherche, à la Libération, et plus généralement à travers le statut de la fonction publique » ,

ll semble toujours utile de rappeler que ledit statut fut rédigé par Maurice Thorez, ministre de la fonction publique, sous la dictée de son grand ami Staline. Il avait fait une guerre courageuse et éprouvante, dans une villa de son protecteur sur la Mer Noire. Faire donner le droit de grève aux fonctionnaires français était un trait de génie du Petit père des peuples: cela plombe la France depuis soixante ans.

Druon précise : « Il vaut d’être rappelé que le porte parole du parti socialiste qui le suivit à la tribune qualifia de totalitaire l’esprit du statut » (page 56).

Dont acte

Écrit par : Cadichon | 14 septembre 2007

Sélection : je regarde un annuaire du XIXème siècle, 9 candidats à la licence es-lettres en 1860 pour l'académie de Toulouse et un seul reçu ...

(cf Google Print "horresco referens" comme on dit à la BNF)

Écrit par : iPidiblue lecteur sur le Net | 14 septembre 2007

DARCOS envisage de réformer le bac général. Moi, je veux bien mais il faudra qu'on m'explique comment alors empêcher la mise en place d'un" socle commun" à toutes les sections de lycée c'est à dire une daubasse infâme qui signera l'effondrement quasi total des exigences au collège (déjà fait) et au lycée (en voie active).
Ecrit par : dugong | 14 septembre 2007

Effectivement, il faudra que tous les collègues soient vigilants et ne se laissent pas confisquer la réforme par les gestionnaires et/ou les pédagos , (traditionnellement alliés objectifs), afin que l'alignement du tronc commun se fasse PAR LE HAUT : des maths de type S, du français avec des programmes et de horaires corrects, des LV qui en soient. Si le but de la manoeuvre consiste à prolonger au lycée le brouet clair du socle commun, avec un chouia d'options pour aider la médecine à couler, non merci ! Au niveau du bac, on a besoin de gens complets, pas précocement "spécialisés" (en fait spécialisés en clopinettes, fichaises et coquecigrues, comprendre leurs propres "goûts", càd leurs "caprices" la plupart du temps). Ne laissons pas saboter, pour des raisons comptables, une bonne idée de départ.

Écrit par : FGuichard | 14 septembre 2007

Communiqué :

UNE ECOLE PHILIPPE MEIRIEU DANS LE MORBIHAN

La première école Philippe Meirieu a été inaugurée à Plougoumelen (Morbihan), samedi dernier. Pédagogue progressiste et controversé, inspirateur des IUFM, P. Meirieu a un temps hésité mais a fini par accepter, car il s'agissait pour lui "de la reconnaissance des acteurs de terrain, dont personne ne peut mettre en doute la bonne volonté".

(source : Ouest-France du 12/09/07)



UNE ECOLE J.P. BRIGHELLI A SOLENZARA

La première école Jean-Paul Brighelli a été ouverte à Solenzara (Corse), dès le jeudi suivant, en guise de premières mesures de rétorsion. Professeur réactionnaire et maudit, contempteur acharné des IUFM, J.P. Brighelli n'a pas trop longtemps hésité tant la hargne le tenait : il s'agissait en effet pour lui "de la rédemption des acteurs de terrain, dont personne ne peut mettre en doute les égarements les plus pernicieux."

( source : Le Petit Caporal du 14/09/07

Écrit par : JPL | 14 septembre 2007

Donc selon Cadichon, c'est un complot crypto-marxiste qui a détruit le système français...
Vous avez pensé devenir auteur comique?

Écrit par : Loki | 14 septembre 2007

Tout dépend de la hauteur du socle. Mais je n'ai rien contre un Bac unique qui regrouperait l'essentiel des maths de S, les langues de ES et les Lettres de L
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 septembre 2007

Moi, ça m'embête un peu. Passéisme probablement. Attachement viscéral aux valeurs qui m'ont faite? Ou, plus simplement crainte que ce ne soit l'occasion de baisser encore le niveau de cet examen? Un peu de tout ça.

Écrit par : dobolino | 14 septembre 2007

Ca dépend. Ce Bac unique pourrait être en fait une sorte de sauvetage du Bac, si tant est que le but soit réellement de monter le niveau, et de refaire du Bac l'examen d'entrée à l'Université.

On peut encore rêver!

Écrit par : Loki | 14 septembre 2007

Effectivement, on peut rêver. Moi, ça fait six ans que je rêve et que je me bats pour un rêve. alors maintenant... Je peux vous dire que la chute est dure
faites bien ce que vous jugez bon, faudra bien manger la soupe qui sera servie.

Écrit par : dobolino | 14 septembre 2007

Je partage plutôt le désabusement sceptique de Dobolino (ça fait huit ans que je me bats pour un rêve – mais pour quoi d’autre pourrait-on se battre ?).

Ce qui est sûr néanmoins, c’est qu’il faut une réforme en profondeur du Lycée : suppression des lycées professionnels, refonte des séries techno et refonte des séries générales. La série S ne prépare pas aux études scientifiques, la série ES ne prépare pas aux études d’économie (il n’y a qu’à voir les manuels et le marxisme de pacotille de la plupart des profs). Quant à la série L, elle ne prépare à rien du tout et ne sera pas sauvée toute seule. Un « socle commun » et des options exigeantes, ce n’est pas en soi une idée délirante. A condition que les options soient vraiment exigeantes – ce qui est loin d’être sûr : car cela supposerait une baisse drastique du nombre de bacheliers (surtout si on supprimait les bacs pro, mais je rêve encore…) et ça, aucun Ministre ne peut se le permettre.

Écrit par : Pedro Cordoba | 14 septembre 2007

Donc selon Cadichon, c'est un complot crypto-marxiste qui a détruit le système français...
Ecrit par : Loki | 14 septembre 2007

Non, Loki, Cadichon s'auto-caricature. C'est d'l'humououour ! Elle plaisante, galèje, ne pense pas ce qu'elle écrit : comment voulez-vous que quelqu'un de sérieux comme elle puisse soutenir des sottises pareilles ?

Écrit par : Dulcamara | 14 septembre 2007

Face à Guy Morel sur RFI, Meirieu a joué la surenchère : il est pour l'écriture-lecture, les 4 opérations au CP... il voit même plus loin que les "vieux râleurs" du GRIP, il ne se réfère pas à Buisson mais à Pestalozzi. Vous ne connaissez pas ? C'est celui qui a écrit ça :
"Je parle avec mon fils de fort peu de choses. Je l'habitue à regarder et à écouter en toute simplicité ce qui l'entoure ; je l'introduis, sans autre explication, dans l'ordre où toutes les choses au milieu desquelles il vit sont placées par le bon Dieu, qui — c'est ma croyance — est l'auteur de cet ordre. Il n'est pas encore question de jugements et de conclusions à tirer. Dans son enfance, il ne doit que voir et entendre : lorsque ensuite il aura l'esprit plein de telle ou telle chose, le raisonnement viendra de lui-même. A mes yeux, le fondement de l'éducation de notre siècle, l'enseignement prématuré de la lecture et de l'écriture, qui a pour conséquence d'exciter trop tôt la faculté du jugement, est bien loin d'avoir les heureuses conséquences qu'on lui attribue ordinairement. Mon garçon aura douze ans dans quelques jours et ne sait ni lire ni écrire, et je suis tout à fait tranquille à cet égard. Je reconnais, a la vérité, que le brave garçon, avec mon système, ne saurait briller en aucune façon, et que dans tous les examens il resterait bien loin en arrière de tous les enfants de son âge, mais cela ne m'inquiète pas : je ne lui fais passer aucun examen, parce que je désire qu'il vive sans souci, et il m'est absolument indifférent qu'on le trouve ignorant ou qu'on déclare que ce qu'il sait n'est rien. "

Écrit par : Pascal Dupré | 14 septembre 2007

Séance de lecture, aujourd'hui, classe de CM1 :
"C'est un tissu d'une beauté INCROYABLE..." IL fallait lire "incomparable"... Toute l'inanité des méthodes mixtes et globales se révèle à travers cet exemple. Et c'est tous les jours pareil.
Merci Grindelire !
Je dois réapprendre à lire à une bonne part d'une classe de CM et j'ai honte pour ces pauvres enfants. Lundi, j'aurai la réunion de classe avec les parents et j'aurai également honte devant eux.
Mais ça n'a pas l'air d'en troubler certains...

Écrit par : Louis Barthas | 14 septembre 2007

"Grindelire"...!
Ils n'ont pas pu trouver plus stupide comme titre?

Un livre de français de 6ème s'appelle "Fleurs d'encre"!
C'est intelligent, ça aussi! A l'image du contenu - en "séquences", évidemment, pour bien brouiller la cervelle des élèves!
"Livre de français, Classe de 6ème" faisait dépassé, sans doute.

Pourquoi aurez-vous "honte devant les parents", Louis Barthas? Ne pouvez-vous pas leur expliquer pourquoi leurs enfants ne savent pas lire?

Écrit par : Jean | 14 septembre 2007

Aller-retour au Groenland pour Jean-Louis Borloo selon le Monde.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3244,36-953740@51-853716,0.html

Mes questions :
- orignal as tu froid aux miches ?
- orimiches as tu froid aux gnâles ?
- pourquoi un aller-retour ?

Écrit par : dugong | 14 septembre 2007

SUR PESTALOZZI (pour compléter le message de Pascal Dupré)

Ce bonhomme a toujours été la référence majeure de la pensée-Meirieu (comme on disait autrefois la pensée-Mao Tsé Toung). Il fait aussi l’objet d’un chapitre élogieux dans le Dictionnaire de Buisson. Je le tiens personnellement pour un taré.

Dates : 1746-1827 : et dire qu’on nous reproche d’être passéistes ! « Chrétien de gauche » avant l’heure et protestant (comme Buisson), c’est un zurichois, disciple de Rousseau mais effrayé par la Révolution française. Riche bourgeois, il a toujours tout raté dans sa vie, dilapidant sa fortune initiale dans des entreprises agricoles, textiles et éducatives toutes plus stupides les unes que les autres et bien évidemment marquées par des échecs répétés. Il y a donc l’histoire de son fils Jakob, que nous rappelle en partie Pascal. Avec une éducation commencée sous de tels auspices, le résultat ne se fit guère attendre : incapable d’apprendre quoi que ce soit, Jakob fut placé en apprentissage et échoua même dans un métier manuel. Il devint bientôt fou furieux et survécut péniblement de crise en crise jusqu’à l’âge de 31 ans. On avait pourtant tout mis en œuvre pour le sauver : la prière intense, bien sûr, mais aussi le magnétisme de Messmer, la physiognomonie de Lavater et la sorcellerie de Cagliostro. Face aux cris de détresse de cet adolescent, des cris épouvantables d’animal d’après le témoignage de Pestalozzi lui-même, le père-éducateur finit par prendre conscience sa propre responsabilité dans ce dénouement tragique : au moment de cette mort prématurée, il écrivit un poème très émouvant. Il y a aussi l’histoire de l’école de Neuhof, qui le mena une première fois à la ruine. Pour expérimenter ses théories pédagogiques, il se mit à ramasser les enfants abandonnés qui vagabondaient sur les routes et à les recueillir dans son école-entreprise : pour rentabiliser l’affaire, il les mit au travail tout en pratiquant avec eux la même "éducation naturelle et chrétienne" qu’avec son fils Jakob. C’est ce qu’il appelait "l’amour de l’humanité". Peu reconnaissants, ses élèves-forçats ne l’entendaient pas de cette oreille et s’échappaient de ce bagne dès qu’ils en avaient l’occasion. D’où la ruine. Par la suite et malgré le soutien des nouvelles autorités "révolutionnaires", toutes les écoles qu’il essaya de monter se terminèrent par des catastrophes : les parents s’insurgeaient, les professeurs s’enfuyaient, dénonçant le "caporalisme" du Grand Educateur de l’Humanité. Il passa les dernières années de sa vie à fignoler ses Œuvres Complètes. Telle est, rapidement résumée, la vie de ce merveilleux "philanthrope", maître à penser de toute la pédagogie progressiste, de Buisson à Meirieu.

Écrit par : Pedro Cordoba | 14 septembre 2007

"Séance de lecture, aujourd'hui, classe de CM1 :
"C'est un tissu d'une beauté INCROYABLE..." IL fallait lire "incomparable"... Toute l'inanité des méthodes mixtes et globales se révèle à travers cet exemple. Et c'est tous les jours pareil.
Merci Grindelire !
Je dois réapprendre à lire à une bonne part d'une classe de CM"

Ecrit par : Louis Barthas | 14 septembre 2007


Même constat de mon côté. Et je dois même leur apprendre à écrire. Il m'a fallu 3/4 d'heure mardi pour obtenir une ligne de cannes qui ressemble à quelque chose (pour les non-initiés, cela relève normalement de la moyenne section !).
Pour mes CM1, c'est à Mika et Abradalire que je dis merci.

Objectifs pour fin septembre, à ajouter au programme de CM1 :
- la barre sur les t
- le point sur les i et les j
- l'accent aigu sur les é et l'accent grave sur les è
- le point à la fin des phrases
- savoir attacher les lettres
- savoir sortir un cahier de son casier en moins de 45 secondes
- savoir rester immobile pendant une minute entière
- savoir se taire pendant une minute entière
- savoir écouter pendant une minute entière
- savoir copier 2 phrases d'affilée sans aucune erreur
- savoir écrire avec un crayon à papier sans déposer sur le cahier une couche de graphite supérieure à un millimètre
- ne plus mettre "ent" à la fin des noms au pluriel
- ne plus mettre "s" à la fin des verbes à la 3ème pers. du pluriel

Et pour les vacances de Toussaint, un objectif d'une audace folle :
- lire les mots qui sont VRAIMENT écrits dans le texte !

Écrit par : Un hussard | 14 septembre 2007

P.S. Le premier ici qui se moque sera condamné à corriger les cahiers de mes zapprenants pendant quinze jours !

Écrit par : Un hussard | 14 septembre 2007

Merci à Pedro pour cet éloquent résumé de la vie de Pestalozzi que je n'aurais pas eu le courage (ni le talent) de rédiger.
Dans la lignée Pestalozzi-Buisson-Meirieu on doit quand même reconnaître que l'oeuvre de celui du milieu a porté plus de fruit que celle de ses condisciples. Comme on baigne dans le mysticisme chrétien, on pourrait d'ailleurs se demander lequel des deux autres est le bon larron, s'il y en a un ...

Écrit par : Pascal Dupré | 14 septembre 2007

Bon courage le Hussard ! rude tâche que vous vous donnez là et beau défi...Mais bien rassurant pour les pauvres parents que nous sommes, en perspective:une trentaine de gamins sauvés sans que leurs parents aient à y consacrer leurs soirées et leurs we. Souhaitons que les enseignants qui vous succèderont dans leur scolarité profiteront de leurs bases consolidées pour leur donner de bons os à rogner sans qu'ils s'y cassent les dents mais en savourent la substantifique moëlle...

Écrit par : personanongrata | 15 septembre 2007

Je comprends bien que Jérémy, qui a peut-être un tendre attachement pour le tout beau cas dont il nous parle depuis quelques jours, conçoive de l'humeur de certaines réponses…
De là à accuser Milady d'indifférence, ou de brutalité…
Je la connais un peu, et je sais qu'elle en a vu de rudes, et de raides. Il en est de l'enseignement comme des hôpitaux : à se frotter au pire, on finit par acquérir une carapace, et un apparent mépris pour ceux qui se laissent entamer. Parce qu'il faut bien y aller quand même, — et nous avons tous connu des matins où nous avions la tentation de nous faire porter pâles… Y aller, et faire avec : je n'ai pas d'autre solution, face à des classes difficiles, que l'acharnement, la patience (au sens le plus étymologique du terme).
C'est une référence qui vaut ce qu'elle vaut, mais le problème n'est pas d'hier. Rappelez-vous le très beau film de Richard Brooks, Blackboard jungle (en français : Graine de violence). Glenn Ford prof d'anglais dans une école new-yorkaise peuplée de délinquants primaires (Sidney Poitier dans l'un de ses premiers rôles). Le prof de maths qui tente d'intéresser les voyous en leur faisant comprendre les lois mathématiques qui réissent le jazz — et lesdits voyous fracassant contre les murs sa collection de 78 tours historiques, ne sauvant dans leur rage que Bill Haley et les débuts du rock'n'roll. Peu de différences avec ce que l'on peut connaître aujourd'hui — sinon que le film de Brooks se passe tout entier dans un monde d'hommes, et que la mixité des classes et des enseignants a ajouté une dimension supplémentaire. Qu'on n'en déduise pas pour autant que le muscle seul est une solution (Glenn Ford dans le film, si je me souviens bien, est un ancien "marine" — la guerre n'était pas loin) : j'ai connu tant de profs femmes qui avaient des armes bien plus efficaces — le regard d'omelette norvégienne, moitié chaleureux, moitié glacé, ou l'humour, et, dans tous les cas, le Savoir.
Quant à savoir pourquoi une classe vous prend en grippe… C'est parfois une affaire de leader auquel on a déplu, une chose dite par hasard, à laquelle on n'aura pas même prêté attention, et qui vous fait une réputation de raciste, ou, pire, de bourgeois… Comment rater les vingt premières minutes du premier cours de l'année — ou comment les réussir : ce serait intéressant de savoir, ici, quels sont vos trucs, M'sieurs-Dames, pour capter l'attention de votre auditoire lors de la première séance. Combien sacrifient au rituel de la petite fiche parfaitement inutile (je n'ai jamais fait remplir de fiche à mes élèves : leurs identités je les ai, le nombre de frères et sœurs, je m'en tape, et je ne crois pas avoir besoin de ces phrases ritualisées ("prenez un quart de feuille…") pour m'installer face à eux.
Il fut un temps, en BTS, où, sans un mot, j'inscrivais au tableau : "Voi qu'entrate, lasciate onni speranza" — ce qui est écrit au-dessus de l'entrée dans l'Enfer de Dante. Enchaînant par l'explication : "Désolé pour vous, vous ne pouviez pas tomber plus mal, je serai, pendant un an, votre pire cauchemar". Bouche impitoyable, pendant que l'œil raconte autre chose — l'œil rigole doucement. Contraste, rires incertains, partie gagnée. Et, tut de suite, uun cours aussi complexe que possible : un élève qui transpire ne proteste pas.
Mais j'ai abandonné cette présentation il y a déjà longtemps : le bon théâtre n'a pas besoin d'effets trop appuyés. Et puis il faut varier, de crainte que le truc ne soit annoncé, de bouche à oreille, et que votre procédé tombe à plat. Il faut sans cesse se renouveler.
Je dis théâtre, et c'est peut-être une solutiuon — il faudrait vraiment que les stagiaires enseignants se lancent sur les planches, se mettent un peu en danger, acceptent d'être ridicules, parce que c'est parfois avec du ridicule assumé que l'on emporte le morceau.
JPB

Écrit par : brighelli | 15 septembre 2007

Au risque de déplaire aux nombreux admirateurs de Rousseau, il convient de distinguer l'homme de lettres, le philosophe et le romancier du piètre éducateur qu'il fut, au point d'être containt par manque de savoir faire de rédiger une oeuvre de pure fiction philosophique pour parler d'éducation. Il l'a dit lui même, Émile est un roman et quiconque suit ses préceptes le fait à ses risques et périls. Ses quelques conseils de pur bon sens (libérer les membres des nouveaux-nés ou encourager l'allaitement maternel) ne doivent pas cacher les préceptes ineptes qui n'ont cessé de ravir un public de groupies trop zélées. Peztalozzi n'est qu'un parmi tant d'autres, de Fröbel à Freinet, et Meirieu ne sera hélas pas le dernier.

Outre le pauvre Jakob, cette interprétation à la lettre de l'Émile coûta la vie au fameux Dr. Bichat dont le père était un des premiers disciples de J-Jacques, tous aussi mal inspirés qu'inconditionnels. Il a plongé son fils de quelques jours dans le bassin d'une source dont les eaux étaient glacées, car c'était en novembre. Il l'éleva à la dure: Bichat mourut à 30 ans de la tuberculose.

"L'esprit vivifie disait St Paul mais la lettre tue" commente le biographe de Rousseau, Raymond Trousson ( p.444) qui évoque aussi une anectote racontée par son ami Frédéric- Melchior Grimm. Ce dernier se promenait en compagnie de Rousseau, à Strasbourg, en novembre 1765, quand un Mr. Angar se présenta à eux comme "un homme qui a élevé son fils suivant les préceptes qu'il eut le bonheur de puiser dans votre Émile"
Réponse de JJ Rousseau: "Tant pis Monsieur, pour vous et pour votre fils, tant pis." ( ibid)

Écrit par : Cadichon | 15 septembre 2007

contRaint,
mais est-ce bien la peine de rectifier? Et pour qui?

Écrit par : Cadichon | 15 septembre 2007

"Il fut un temps, en BTS, où, sans un mot, j'inscrivais au tableau : "Voi qu'entrate, lasciate onni speranza" — ce qui est écrit au-dessus de l'entrée dans l'Enfer de Dante. Enchaînant par l'explication : "Désolé pour vous, vous ne pouviez pas tomber plus mal, je serai, pendant un an, votre pire cauchemar".

Ecrit par : brighelli

Dans un style plus abrupt, il y a aussi : "Bonjour ! Je m'appelle Butor... Je sais : au début, on rit" Célèbre introduction de Francis Blanche, incarnant un contrôleur fiscal dans Erotissimo (film par ailleurs presque totalement nul). La transposition pour enseignant et classe donne de bons résultats si elle n'est pas surjouée.

Écrit par : dugong | 15 septembre 2007

Il a plongé son fils de quelques jours dans le bassin d'une source dont les eaux étaient glacées, car c'était en novembre. Il l'éleva à la dure: Bichat mourut à 30 ans de la tuberculose.


Ecrit par : Cadichon | 15 septembre 2007

?? Quel beau raccourci sur l'étio-pathogénie de la tuberculose!

Écrit par : dobolino | 15 septembre 2007

Je rassure notre ami Pascal Dupré. Quand je m’en prends à Buisson, c’est toujours un peu une blague. On ne peut pas vraiment le mettre sur le même plan que Pestalozzi ou Meirieu. Dans les œuvres complètes de ces deux derniers, il y a beaucoup, beaucoup de phrases mais elles ne signifient à peu près rien du tout. Buisson, c’est autre chose. Mais blague à part, si je mentionne son nom, c’est aussi pour dire que, lorsqu’on fait l’archéologie du pédagogisme, on a parfois des surprises. Et dans une certaine mesure, Meirieu était déjà dans Buisson. Ce qui lui permet de s’en réclamer – et nous déstabilise. Il vaut mieux connaître l’histoire mais ne pas en conclure qu’on trouvera des solutions pour les problèmes d’aujourd’hui si on va les chercher dans le passé. C'est d'ailleurs ce qu'a toujours fait le pédagogisme malgré sa litanie des "méthodes innovantes". Il n'y a que les ignorants et les journalistes (le deuxième ensemble est inclus dans le premier) pour croire qu'ils sont à la pointe du progrès.

Écrit par : Pedro Cordoba | 15 septembre 2007

Reprenant le travail pour ma dernière année d'enseignement, après un an d'interruption, je suis replongée , interloquée , dans la "fosse aux lions".

J'avais oublié le bruit, les mouvements de foule , les bagarres, bousculades, l'irrespect de certains élèves. J'hallucine, comme ils disent .

Et je me retrouve, dans un petit collège breton aux apparences sereines, en butte à l'hostilité de deux classes de quatrième, qui, chose curieuse , ne comportent que 9 ou 10 filles pour 17 ou 16 garçons.

J'ai asssisté, hier, à un festival de deux heures, cris, chutes, tables renversées, papiers jetés par la fenêtre ouverte, donné par un élève que l'établissement a bien voulu reprendre, l'année dernière en cours d'année, après son renvoi d'un établissement privé.

"Mea culpa, mea maxima culpa".
Après avoir attendu qu'il se calme, ainsi que le reste de la classe dont quelques uns suivaient le spectcle avec un plaisir non dissimulé, j'ai essayé de faire cours, calmement, avec un certain nombre d'élèves de bonne
volonté.

J'ai déjà eu une fois ce cas, mais peut-être pas à ce point.
L'élève avait déjà une "fiche de suivi", parade trouvée depuis quelques années dans ce cas de figure.

J'ai lu les messages de ce blog concernant l' amie de Jérémy.

Les interventions de Milady me culpabilisent; je sais que je ne pourrai appliquer ses conseils. C'est une question de personnalité.
Je trouve injuste de pénaliser les autres élèves en préparant des cours forcément moins exigeants , adaptés aux plus incapables de travail et d'attention.

J'entends d'ici l'argument selon lequel une situation qui laisse le champ libre à des trublions est aussi pénalisante pour les autres élèves. Quid agam?

Affaire à suivre. Pour l'instant, après une année de repos, j'ai encore des forces; mais nul ne peut préjuger de l'avenir.

Alors pourquoi je reste?

pour quelques cours de latin, pendant lesquels j'arrive à distiller un peu de langue et de réflexion " philosophique" au milieu du fatras de la "civilisation",
et parce que je vois le bout du tunnel.

Mais je suis de tout coeur avec les plus jeunes qui nous remettront tout cela en état de marche d'ici trente ans.

Merci à vous de vos témoignages qui montrent que d'autres souffrent avec nous, ce qui fait du bien dans la solitude où je suis , n'ayant plus la sympathie naturelle des collègues du même âge partis en retraite.

Écrit par : edith | 15 septembre 2007

Pas de culpabilisation, Edith, c'est grâce à ce sentiment entretenu chez les profs que la société peut fermer les yeux sur les problèmes d'éducation...
Si l'on refusait de prendre en charge leurs sauvages de gamins:
1) les parents se remettraient enfin à "éduquer" leurs gamins.
2) la société se mettrait enfin à faire quelque chose!
Mais c'est tellement plus facile "d'expulser" des profs dans les couloirs de l'horreur! On se met un mouchoir sur les yeux et on tourne la page. Il y a une lâcheté réelle des gens à accepter ce qui se passe dans ces bahuts. Car accepter d'y enseigner, c'est cautionner cette horreur.
On plaint le prof poignardé comme on se lamente sur le document" l'île eux fleurs". Et puis? on se sent mieux, on a compati...

Écrit par : Thalie- Thalie | 15 septembre 2007

J'avais alors illustré cette observation en rapportant une anecdote qui se passe un peu avant 81 et que raconte Maurice Druon dans « La France aux ordres d'un cadavre » (pages102-116)

Christian Beullac, Ministre de l'EN le convoque avec Alain Decaux et d'autres "personnes dont il pensait qu'elles avaient quelques vues sur l'enseignement du français".
J'eus l'impudence d'avancer, à un moment, poursuit Druon, qu'il était souhaitable qu'on donnât aux écoliers et collégiens de bons modèles classiques.
-Vous ne voulez tout de même pas qu'ils copient! s'écria un personnage ...aux yeux emplis d'une brume haineuse.
-J'entends modèle au sens d'exemple, lui répondis-je. De bons exemples. Il me semble que pour guider les débutants, mieux vaut La Fontaine que Boris Vian.
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Druon précise : « Il vaut d’être rappelé que le porte parole du parti socialiste qui le suivit à la tribune qualifia de totalitaire l’esprit du statut » (page 56).

Dont acte

Ecrit par : Cadichon | 14 septembre 2007

Personnellement, entre Druon et Vian, mon choix est fait depuis longtemps, et pas uniquement pour des raisons politiques!

Écrit par : Christophe Sibille | 15 septembre 2007

Il y a une lâcheté réelle des gens à accepter ce qui se passe dans ces bahuts. Car accepter d'y enseigner, c'est cautionner cette horreur.

Ecrit par : Thalie- Thalie | 15 septembre 2007

Tous vos problèmes, mesdames, viennent de ce que vous voulez encore enseigner vos savoirs désuets, de ce que vous voulez instruire les nouvelles générations. Contentez-vous de faire ce qu'on vous demande: vos établissements étant des lieux de vie et de bon plaisir, contentez-vous de relationner convivialement, organiser des sorties et des voyages, ne punissez que les quelques élèves qui manifestent un intérêt feint pour vos cours ringards.
Je vous assure c'est ainsi que procèdent nombre de vos plus jeunes collègues et tout se passe admirablement bien pour eux et leurs élèves futurs bacheliers de l'Université! De cette manière, vous ferez faire au gouvernement l'économie de nouvelle réformes et soulagerez la dette publique!

Écrit par : marigot | 15 septembre 2007

"Dans les oeuvres complètes de Meirieu, il y a beaucoup , beaucoup de phrases, mais elles ne signifient à peu près rien du tout.", écrit Pedro.
Bravo, Pedro, c'est exactement cela! Vingt mille pages pour ne rien dire! Meirieu anéantit tout ce à quoi il touche.

Il paraît, d'après Ouest France ( référence ci-dessus!) qu'il aurait demandé à Darcos - c'est quand même un comble! - si ce "n'était pas risqué" pour lui d' accepter que cette école porte son nom. Darcos a dû être ahuri de la question.
Insupportable, aussi, cette façon faussement modeste d'affirmer que de nombreux pédagogues illustres auraient mieux mérité cet honneur... tout en s'inscrivant dans leur lignée!

Alors, Maria, ces cours de français en 6ème? Sympa, n'est-ce pas? A condition de leur faire des choses simples et claires (par exemple quelques bases de grammaire des natures et des fonctions), donc, déjà, de ne pas utiliser leur livre de français de 6ème.
Mes Quatrièmes latinistes, qui n'ont jamais fait de grammaire de leur vie - appelons un chat un chat et Rolet un fripon! - ignorent évidemment, entre autres, le complément du nom, et donc le sens du génitif, l'attribut du sujet et donc le sens du nominatif, le complément circonstanciel de moyen et donc le sens de l'ablatif. Avec ça, ils peuvent aller loin, pour sûr, et trouver du plaisir au latin! Il paraît qu'ils ont fait du latin l'an dernier en 5ème. Du latin CNARELISE, sans aucun doute (CNARELA: principale association de professeurs de Langues anciennes, a donné tête baissée, servilement et sans la moindre réserve, dans les "séquences", d'où l'effondrement de cet enseignement)!

Écrit par : Jean | 15 septembre 2007

Je ne pensai pas déclencher une telle ire populaire en signalant bêtement que le métier d'enseignant s'apprend, comme tous les autres, et que ce qui marche avec les uns ne marche pas avec les autres, et que c'est ça aussi le fond du métier et je ne vois pas ce que cela a d'humiliant ?
Mais comme cela se transforme en questions de dignité personnelle, passons.

Oublions donc ces sauvages, réservez-leur des abrutis en mal d' héroïsme à mépriser grandement, à qualifier de zorro et zette, ma foi Don Quichotte et ses combats perdus, c'est bien trop noble pour toute cette bourbe. Et surtout, surtout, n'allons pas voir si ça marche, quand même, un peu, d'enseigner aux sauvages. Pas de question, pas de vague, l'empire des certitudes et les malheurs de la vertu.

A part ça, je ne crois pas avoir quelque part signalé qu'il fallait baisser le niveau - je crois même avoir dit souvent que nous autres professeurs avions le devoir de faire lire 9 oeuvres intégrales par an à nos élèves, et qu'en matière de littérature jeunesse, on peut imposer Homère et La Fontaine, Le Petit Prince et la Chanson de Roland, tout ça tout ça, tout ça dépendant uniquement des professeurs de français, et pas de la société, des parents et des cons alentours.
Même chose pour la maîtrise de la langue - on peut pleurer sur leur ignorance ou on peut leur apprendre ce qu'ils ignorent. D'ailleurs, je me garderai bien de faire un seul groupe mêlant les sauvages et les faibles. Ce serait plutôt pour les faibles qu'on aurait tendance à 'baisser le niveau' ou plus exactement à faire ce qu'on peut pour remonter le leur.

Rassurez-vous, Edith, même les sauvages peuvent comprendre pourquoi ils sont là, même eux sont capables de dire en quoi la maîtrise du français peut leur servir, et une fois qu'ils ont compris et qu'ils vous font confiance, ils travaillent comme les autres. Mais oublions ces sauvages, laissons-les à leurs parents qui ne sont plus là depuis longtemps.

Au fait, tiens, moi je ne suis pas AS non plus, ni psy, ni éducateur de jeunes délinquants. Mais dans mon premier collège de Zep, il y avait des élèves regroupés dans un centre - centre de protection de la jeunesse, protection contre leurs parents, certains là-dedans n'avaient aucun contact avec leurs familles, par décision du juge. Ceux-là étaient les pires sauvages que j'aie jamais rencontrés. Rien à faire pour eux, à part peut-être les noyer, et savez-vous pas ça ? Il y en a des quantités des centres comme ça dans notre beau pays.

Écrit par : Milady | 15 septembre 2007

Question : que devienrait la philosophie pour ce nouveau bac unique ? Ne va-t-elle pas passer du statut de discipline majeure pour la filière L au statut d'option, donc de discipline mineure ?

Écrit par : EP | 15 septembre 2007

Merci de prendre de mes nouvelles Jean. Avec les petits 6èmes, tout s'est très bien passé mais ma collègue est revenue si vite!!! Je n'ai même pas pu les garder 10 jours et avec les évaluations de 6ème, j'ai juste eu le temps de revoir les conjugaisons au présent de l'ind. de faire des petites dictées tirées du BLED, un peu de lecture (La Fontaine notamment)+explication de texte et tout ça de manière très cloisonnée.

Visiblement, ils ont apprécié et je n'ai rien eu à leur dire en ce qui concerne leur comportement. Quand ils me croisent dans les couloirs, ils viennent me saluer et certains disent: "elle est aussi prof d'espagnol, l'ancienne prof de français, ouah !!!"

Cette expérience fut de trop courte durée, dommage, je commençais à m'attacher...J'ai eu aussi l'occasion de regarder les manuels de 6ème, c'est clair, on ne peut pas travailler avec, il y a beaucoup trop de BD, photos, dialogues à la c...Bref, c'est un peu comme ces manuels de langues qui ressemblent à des catalogues d'agences de voyage.

Cette année, les miens sont inutilisables, si je m'y mettais, ce serait le bord... dans mes cours: des photos de nanas bien foutues à toutes les pages, des jeux, des mots croisés, beaucoup de chapitres sur la nourriture, les loisirs, les vacances, les sorties et les anniversaires....sans oublier des pubs pour les portables et internet et le prix d'un coca dans plusieurs pays!!!
Il y aussi les thèmes très politically corrects du genre le développement durable, la protection des animaux, le réchauffement climatique etc. Grammaire et vocabulaire sont "saupoudrés" dans les différentes séquences de même que les conjugaisons (C'est tellement difficile de demander à des 4èmes d'apprendre par coeur le verbe s'appeler aux 6 personnes d'un coup, les pôvres!)

Alors, pour moi, les manuels, c'est à dose homéopathique, pour quelques exos et enregistrements, c'est tout!

Je vais devoir vous laisser car je file bosser mon agreg interne. Je souhaite beaucoup de courage à ceux qui ont des "sauvages" en face d'eux (moi, je ne suis pas vraiment dans ce cas alors je ne permettrai pas de juger ceux qui ont du mal car cela pourrait m'arriver aussi, il faut rester modeste)

A très bientôt,

Maria (prof d'une discipline déjà mineure).

Écrit par : maria | 15 septembre 2007

Merci de prendre de mes nouvelles Jean. Avec les petits 6èmes, tout s'est très bien passé mais ma collègue est revenue si vite!!! Je n'ai même pas pu les garder 10 jours et avec les évaluations de 6ème, j'ai juste eu le temps de revoir les conjugaisons au présent de l'ind. de faire des petites dictées tirées du BLED, un peu de lecture (La Fontaine notamment)+explication de texte et tout ça de manière très cloisonnée.

Visiblement, ils ont apprécié et je n'ai rien eu à leur dire en ce qui concerne leur comportement. Quand ils me croisent dans les couloirs, ils viennent me saluer et certains disent: "elle est aussi prof d'espagnol, l'ancienne prof de français, ouah !!!"

Cette expérience fut de trop courte durée, dommage, je commençais à m'attacher...J'ai eu aussi l'occasion de regarder les manuels de 6ème, c'est clair, on ne peut pas travailler avec, il y a beaucoup trop de BD, photos, dialogues à la c...Bref, c'est un peu comme ces manuels de langues qui ressemblent à des catalogues d'agences de voyage.

Cette année, les miens sont inutilisables, si je m'y mettais, ce serait le bord... dans mes cours: des photos de nanas bien foutues à toutes les pages, des jeux, des mots croisés, beaucoup de chapitres sur la nourriture, les loisirs, les vacances, les sorties et les anniversaires....sans oublier des pubs pour les portables et internet et le prix d'un coca dans plusieurs pays!!!
Il y aussi les thèmes très politically corrects du genre le développement durable, la protection des animaux, le réchauffement climatique etc. Grammaire et vocabulaire sont "saupoudrés" dans les différentes séquences de même que les conjugaisons (C'est tellement difficile de demander à des 4èmes d'apprendre par coeur le verbe s'appeler aux 6 personnes d'un coup, les pôvres!)

Alors, pour moi, les manuels, c'est à dose homéopathique, pour quelques exos et enregistrements, c'est tout!

Je vais devoir vous laisser car je file bosser mon agreg interne. Je souhaite beaucoup de courage à ceux qui ont des "sauvages" en face d'eux (moi, je ne suis pas vraiment dans ce cas alors je ne permettrai pas de juger ceux qui ont du mal car cela pourrait m'arriver aussi, il faut rester modeste)

A très bientôt,

Maria (prof d'une discipline déjà "mineure).

Écrit par : maria | 15 septembre 2007

Votre caricature est lourde Milady, des gamins" sans parents", oui, je connais. Pas des collèges entiers!
Je maintiens toutefois que c'est grâce à des profs comme vous qu'on nous impose petit à petit de devenir assistante sociale, infirmière et psy et tout ce qu'on veut.
A force de donner dans des projets de ce type, on finit par nous imposer ce qu'une poignée de profs a fait et qui ne correspond en rien au métier de prof. Alors, après comment pouvez-vous rester crédible lorsque vous dites qu'on doit transmettre des connaissances?
Soyons clair: s'il faut être éducateur de rue pour être dans un collège, inutile de recruter des agrégés ou des certifiés.
Que la société prenne ses responsabilités, enfin, face à ce type de collèges.
Mais bon, en attendant causons du bac jusqu'à la prochaine flambée de violence dans les cités, où l'on reparlera des collèges ghettos sans rien modifier...avec des collègues qui "tiennent" comme ils le peuvent, collectionnant leurs points en attendant la mutation salvatrice!
Le boulot génial qui est fait dans ces bahuts permet à combien de gamins de s'en sortir? Ils ne doivent pas être bien nombreux...ça se saurait, ça se verrait...

Écrit par : Thalie- Thalie | 15 septembre 2007

Tout à fait d'accord avec Thalie.

De plus Milady, je ne pense pas que l'éducation forcée serve à quelque chose pour certains gamins - ils seraient bien mieux en train de travailler quelque part plutôt que d'apprendre sur les bancs du LP du coin leur futur métier de glandeur: chômeur professionnel.

A part ça, faites-vous nonne, ça vous irait bien.

Écrit par : Loki | 15 septembre 2007

Ils ne doivent pas être bien nombreux...ça se saurait, ça se verrait...
Ecrit par : Thalie- Thalie | 15 septembre 2007

D'autant qu'à la sortie de l'école primaire, les excellents élèves de ZEP partent quasiment tous soit vers le privé, soit, pour les meilleurs d'entre eux, vers de bons collèges publics en choisissant la première langue vivante qui leur permettra d'obtenir la dérogation salvatrice.

Car la situation dans les ZEP s'est tellement dégradée au cours de ces dernières années que même les instits les plus opposés à ce principe n'ont plus à présent comme souci que de protéger ces élèves du triste sort et des sévices que réservent aux "traîtres" travailleurs (en particulier de sexe masculin) les caïds qui règnent dans la plupart des collèges de secteur.

Écrit par : Un hussard | 15 septembre 2007

Je pense que Milady veut dire que la vérité ne se tient pas intégralement d'un seul côté, (le professeur exclusivement transmetteur de savoir) ni, évidemment, de l'autre, (éducateur). (Qu'elle me pardonne d'ailleurs si je travestis sa pensée). Il est d'ailleurs extrêmement rare que le monde fonctionne en noir et blanc. Mais, Milady, prétendre que le métier de professeur peut s'apprendre, d'une manière ou d'une autre qui soit autre que l'expérience personnelle pure ou l'observation de collègues chevronnés, ne peut que vous attirer ici l'ire de la plupart des intervenants de ce blog. Sans discussion sereine possible.

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

N'importe quoi pourvu que ça mousse ?

Désolée Loki, j'aime trop les garçons pour être nonne, et je n'ai pas besoin de ce genre de perversion religieuse pour m'éclater au pieu, assez souvent, merci pour moi. D'ailleurs ça me détend, je ne me sens pas du tout en danger en classe, du coup. Pas du tout en danger parce qu'on ne m'aime pas, parce qu'on n'aime pas ma matière, la la la, je m'en fous, au fait, et non seulement je m'en fous, mais je le leur dis. Je ne leur demande pas d'aimer le français, ni moi - je leur demande de progresser, rien d'autre.

Par contre, votre remarque indique que vous ne savez pas du tout de quoi vous parlez. Alors n'en parlez pas, voulez-vous ? Ce sera plus constructif, finalement.
Une semaine de cours pour réduire des sauvages classiques. Un mois et demi, en classe, pour les sauvages délinquants réels. Début novembre,eux aussi ils ont leur feuille, leur stylo, et même leur livre, dites-voir. Et vous savez pas quoi ? Ils font des contrôles. En entier. C'est dingue non ? Mais vous préférez sûrement qu'on les vire, parce que ça ne marche pas, n'est-ce pas ? Ca ne marche pas, ce n'est pas possible, la la la, ce n'est pas imaginable, des sauvages pareils. Pas imaginable une classe de sauvages qui se taisent. Ah ben c'est con, parce que ça existe. C'est con, il y a des enseignants qu'écoutent les autres enseignants, et qu'essaient et ça marche. Et ils ne sont pas AS ni psy ni éducateurs, ils sont profs, juste profs, essentiellement profs, essentiellement soucieux de ne pas pisser dans des violons dans des classes en bordel. Je m'excuse bien bas, monseigneur, d'être arrivée en Zep un jour de septembre et d'avoir couru aux vieux connards qu'ont de la bouteille et leur avoir demandé comment ils faisaient. Et d'avoir piqué leurs trucs. Et d'avoir constaté qu'en Zep aussi on pouvait lire Homère et Le Cid, avec des élèves studieux - mais qui avaient besoin de rideaux pour les fenêtres qui donnaient sur le couloir. Voyez-vous, ils avaient une réputation à tenir. Les fenêtres, c'était pour protéger le prof des agressions. Les rideaux, c'était le prof qui laissait tomber la parano et faisait cours normalement.

Thalie, vous faites vraiment cours à 30 sauvages ? Moi pas. Dans une classe, il y en a deux, trois au max - les autres ne font que suivre. Même dans cette classe en extinction qu'était la troisième d'insertion. Que vous ne vous intéressiez pas au fait de savoir qui sont ces sauvages et pourquoi ils le sont, libre à vous. Libre à vous aussi de ne concevoir alors vos cours que comme d'épuisantes séances de combat que vous perdez à tous les coups. Je ne vois pas du tout où est le problème à accepter de passer du temps au début pour expliquer à quoi sert le français, puis accessoirement l'école. Sauf si on est incapable d'expliquer cela. Et je vous renvoie l'accusation de lourdeur dans la caricature - ne vous en faites pas, personne ne fait l'AS chez les enseignants. D'ailleurs, j'imagine que vous ne connaissez pas d'AS, sans quoi vous n'iriez pas lancer de telles remarques, qui montrent surtout que vous ne connaissez pas leur métier.

Je veux bien croire que vous n'aimiez pas faire cours en ZEP. Je veux bien comprendre que vous ne connaissez rien à ce milieu-là, qu'en a jamais rien eu à faire de l'école; je veux bien comprendre aussi que vous n'ayez aucune envie de chercher à connaître et comprendre ce milieu-là, des Kevin et des Cynthia, je veux bien admettre que vous n'ayez jamais entendu parler des 3/8 ni du coup, jamais envisagé comme la vie était facile et réglée lorsqu'elle est soumise aux 3/8, comprendre aussi que vous n'ayez pas plus entendu parler des familles monoparentales, si simples à gérer, comprendre toujours que les perspectives de l'école face aux perspectives du shit représentent un choix que vous n'avez jamais envisagé, comprendre encore que jamais vos frères ne sont allés en tôle, comprendre, voyez-vous les efforts ? , que vous ne sachiez pas quelle est l'ambiance des familles où règne le RMI, ni que vous n'envisagiez une seconde ce que c'est que de retrouver son père explosé d'alcool, etc etc...
... ça n'est pas votre milieu, et ça qui gêne, rien d'autre que ça. Vous voyez ça de chez vous, de votre très lointain chez vous, qui arrive et qui juge : "que les parents prennent leurs responsabilités; que la société prenne ses responsabilités" - N' attendez pas que ce milieu puisse un jour ressembler un peu au vôtre. La société prend ses responsabilités en envoyant ses profs, jusqu'à ses profs les plus qualifiés. Les 3/4 des parents font ce qu'ils peuvent. Mais non, pas selon vous ? Vos propos sont impitoyables. Comment pouvez-vous espérer que vos élèves ne soient pas impitoyables avec vous ?

Christophe, je sais bien ce qui ne se dit pas - n'empêche que je le redis : enseigner est un métier qui s'apprend.

Écrit par : Milady | 16 septembre 2007

Milady, votre manière de supposer, d'imaginer, d'inventer ce que je peux faire ou être en cours est parfaitement déplacé. Ce n'est que pure extrapolation de votre part.
Vous tombez dans la critique de bas étage avec des attaques "ad hominem"qui ne vous font pas honneur.

Écrit par : Thalie- Thalie | 16 septembre 2007

Je me permets d'intervenir sur ce blog que je fréquente depuis longtemps et sur lequel s'expriment essentiellement des habitués, à ce que je comprends... Je suis professeur de français, lettres et latin dans le secondaire et j'avoue que, depuis plusieurs années, "Sauver les Lettres" et les livres de JPB forment la bouée à laquelle se rattache mon optimisme.

C'est pourquoi je suis un peu déçu par le compte-rendu de cette université d'été... les perspectives s'assombrissent-elles à ce point ?

En ce qui me concerne, je vois bien à quel point la défense de nos idées est difficile : on est sans cesse renvoyé dans les cordes comme "nostalgique", partisan de l'ordre moral et du retour aux châtiments corporels et les dénégations ne servent à rien... Pour quelqu'un comme moi qui est syndiqué au SNES et qui vote communiste depuis vingt ans, c'est totalement surréaliste !

Que ce soit avec mes collègues ou avec les proviseurs, les inspecteurs, les parents même parfois, j'ai souvent en face de moi des partisans de la vulgate officielle : les TPE c'est bien, l'élève au centre, vive les séquences, pas de cours magistral, adieu commentaire et dissertation, etc... Et quand je tombe sur des collègues (en général proches de la retraite) qui sont d'accord avec moi sur les réserves à apporter à cette idéologie, ils préfèrent en général garder leurs idées pour eux-mêmes...

J'ai le sentiment de vivre la Révolution culturelle chinoise (en plus modeste, quand même) - la formule de Finkelkraut ("la révolution CUCULTURELLE à l'école") me paraît bien vue. On applaudit à toute réforme par principe, car "le mouvement c'est le bien et le passé c'est le mal" ; beaucoup de collègues se voient comme progressistes et réagissent aux idées que l'on émet selon ce seul critère : "suis-je dans le mouvement si j'accepte cette idée ?" On craint avant tout d'être catalogué comme réactionnaire.

Les inspecteurs et les responsables administratifs sont encore plus virulents : j'ai été confronté à un proviseur -adjoint éructant contre le latin : "on sait bien que ce ne sont pas les petits arabes des cités qui font du latin" - à quoi j'ai répondu que je les accueille volontiers, quand on ne les décourage pas avec des horaires merdiques et un discours démago...

Ma dernière inspection (février 07) a été le fait d'un véritable commissaire politique, venu seulement vérifier la conformité idéologique de mes cours... évidemment, il est sorti horrifié et son rapport ne souligne qu'une chose, la "frontalité" effarante de ma pédagogie... je devrais "laisser les élèves découvrir par eux-mêmes le sens" des phrases de Virgile, c'est là l'alpha et l'oméga, la martingale pédagogique... ce jour-là, nous avons cependant traduit ensemble (classe de terminale, 12 élèves) à peine 10 vers de l'Énéide en une heure... c'est dire que je ne les leur livrais pas tout cuits ! Mais un cours dialogué est un cours magistral, pour eux.

Mais il est bien connu que les masses sont spontanément révolutionnaires, et les élèves uniquement préoccupés d'apprendre. S'ils ne se lancent pas d'eux-même à l'assaut des Palais d'hiver du Savoir, c'est à cause du verrou stalinien que constitue le corps professoral, qui brade les intérêts de la classe ouvrière au profit de ses propres privilèges de nomenklatura... Rafraîchissez-moi la mémoire, les cabinets ministériels ne sont-ils pas pleins d'anciens maos ?

C'est plutôt ces marxistes en peau de lapin que je vois à l'œuvre, pour ma part, et je crois que les libéraux savent bien utiliser de tels "idiots utiles" qui anesthésient les profs à coup de surenchère boy-scoutiste...

Cela dit, je crois qu'une contre-offensive est possible : il y a des places à prendre dans les universités ou les IUFM, et pourquoi ne pas s'en préoccuper autant que les pédagogistes ? J'assure comme vacataire un cours sur les "métiers de l'enseignement" dans une petite université de province, et j'y distille mon contrepoison sans trop de soucis jusqu'à présent... dans mon lycée même, je suis investi dans des activités extra-scolaires qui sèment le doute dans certaines consciences : voyages en Grèce, soutien, activités diverses qui ne m'empêchent pas de réclamer qu'on fasse la part des choses : apprendre en cours, puis expérimenter, faire des projets À CÔTÉ des heures de cours...

J'aimerais que les pratiques de chacun aboutissent à des synthèses fortes, et je crains que la recherche de consensus entre divers acteurs n'aboutissent au même fiasco que celui des alter-mondialistes. Continuons d'enfoncer le clou des critiques d'un côté et de nos pratiques alternatives de l'autre...

(désolé d'avoir fait si long mais il y a longtemps que je voulais apporter ma contribution...)

Écrit par : sanjuro | 16 septembre 2007

"d'être arrivée en Zep un jour de septembre et d'avoir couru aux vieux connards qu'ont de la bouteille et leur avoir demandé comment ils faisaient. Et d'avoir piqué leurs trucs."

"enseigner est un métier qui s'apprend."

Ecrit par : Milady | 16 septembre 2007


Alors là, Milady, je vous rejoins totalement.

Enseigner est un métier qui s'apprend, et c'est le plus souvent auprès des "vieux connards qu'ont de la bouteille" que l'on apprend ce métier et que le débutant découvre tous ces outils et ces "trucs" (le tour de main) qui lui permettront de devenir un bon artisan, digne de ce nom... en attendant d'être à son tour en mesure de perfectionner ces outils et ces trucs ou d'en élaborer de nouveaux.

Ce qui est dramatique, c'est que non seulement -à quelques rares exceptions près- rien de tout cela ne nous est transmis lors de notre formation initiale, mais que de plus, l'immense majorité des formateurs à l'IUFM n'a de cesse, tout au long de l'année, que de répéter en substance :

"Vous êtes la fine fleur de la PPPPPPPédagogie, n'allez surtout jamais jamais jamais vous compromettre avec les vieux schnoks sclérosés que vous allez découvrir dans les écoles. Vade retro Satanas !"

Écrit par : Un hussard | 16 septembre 2007

Sanjuro…

Je vois qu'il y a des adeptes de Kurosawa dans nos rangs.

Tout n'est donc pas perdu.

Dobolino, vous m'avez été d'un grand secours. Votre suggestion d'aller à Lourdes me faire voir chez les Grecs était… miraculeuse.

Eh oui, le métier de prof s'apprend — au contact. Je notais il y a cinq ou six jours, au départ de cette diiscussion, que nous avns tort de rester enfermés dans nos classes, de ne pas demander, de ne pas dialoguer vraiment — et le Hussard n'a pas tort, lui, de noter que les p'tis djeunes se targuent de tout savoir. Milady, je vous salue, nous avons des divertissements décidément compatibles.
Mais Brassens avait déjà raconté ça dans une chanson célèbre au refrain inoubliable…
JPB

Écrit par : brighelli | 16 septembre 2007

""Vous êtes la fine fleur de la PPPPPPPédagogie, n'allez surtout jamais jamais jamais vous compromettre avec les vieux schnoks sclérosés que vous allez découvrir dans les écoles. Vade retro Satanas !""

Ecrit par : Un hussard | 16 septembre 2007

C'est une caricature, un amalgame, ou une blague, "un hussard"?

"Christophe, je sais bien ce qui ne se dit pas - n'empêche que je le redis : enseigner est un métier qui s'apprend."

Ecrit par : Milady | 16 septembre 2007

Je sais bien, Milady... Et les moyens pour y progresser sont assez divers et variés.

Et...Euh... Il me semble que dans le sens dans lequel vous sembliez avoir employé le mot, je crois qu'on écrit: "taule", et pas: "tôle"...

"Milady, votre manière de supposer, d'imaginer, d'inventer ce que je peux faire ou être en cours est parfaitement déplacé. Ce n'est que pure extrapolation de votre part.
Vous tombez dans la critique de bas étage avec des attaques "ad hominem"qui ne vous font pas honneur."

Ecrit par : Thalie- Thalie | 16 septembre 2007

Allons, Thalie, ne jouez pas les "vierges effarouchées"! Les attaques "ad hominem" sont une des raisons de vivre de ce blog, et s'en indigner seulement maintenant me semble limite "tartuffe"...

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

Milady, je vous salue, nous avons des divertissements décidément compatibles.
Mais Brassens avait déjà raconté ça dans une chanson célèbre au refrain inoubliable…
JPB

Ecrit par : brighelli | 16 septembre 2007

"Gare au gorille", "le blason" ou "hécatombe"?

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

ils seraient bien mieux en train de travailler quelque part plutôt que d'apprendre sur les bancs du LP du coin leur futur métier de glandeur: chômeur professionnel.

A part ça, faites-vous nonne, ça vous irait bien.

Ecrit par : Loki | 15 septembre 2007

Ah oui, de travailler sans diplôme... Ne vous inquiétez pas Loki, les patrons savent fort bien qui prendre et ne pas prendre comme salariés.

Écrit par : Pendariès | 16 septembre 2007

Mais Brassens avait déjà raconté ça dans une chanson célèbre au refrain inoubliable…
JPB

Ecrit par : brighelli | 16 septembre 2007

"Gare au gorille", "le blason" ou "hécatombe"?
Ecrit par : Christophe Sibille

Vous ruisselez d'humour, mon cher. Et vous avez oublié "la Fessée"…
Non, bien sûr, et vouss avez bien : "Quand ils sont tout neufs / Qu'ils sortent de 'lœuf / Du cocon…"
Ou de l'IUFM ?
Tit for tat, they say…
JPB

Écrit par : brighelli | 16 septembre 2007

C'est une caricature, un amalgame, ou une blague, "un hussard"?

Ecrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

Désolée, Christophe. Oui, ça devrait être une blague, mais ce n'en est pas une.

Une caricature ? Peut-être, et encore... Quand le trait est à peine forcé, peut-on parler de caricature ?

Je vous assure que c'est en substance le discours que j'ai entendu ainsi que mes petits camarades tout au long de notre année de stage. Et si j'en crois les nombreux collègues débutants avec qui j'ai l'occasion de discuter, dans mon académie ou dans d'autres, cela n'a guère changé.

Mais ne vous sentez pas concerné puisque, je le répète, les formateurs de musique constituent semble-t-il, dans de nombreux IUFM, une espèce à part, et généralement respectée. Incroyable mais vrai, les éléments de formation qu'ils apportent sont parmi les rares qui n'explosent pas à la gueule du stagiaire qui les met en oeuvre dans sa classe !

Écrit par : Un hussard | 16 septembre 2007

"Vous ruisselez d'humour, mon cher. Et vous avez oublié "la Fessée"…
Non, bien sûr, et vouss avez bien : "Quand ils sont tout neufs / Qu'ils sortent de 'lœuf / Du cocon…"
Ou de l'IUFM ?
Tit for tat, they say…
JPB"

Ecrit par : brighelli | 16 septembre 2007

Oui, et je vous en propose même une autre:
"Le petit joueur de flûteau,
On l'a reconnu, c'est Sarko...

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

Ceux qui parlent du LP sans y avoir enseigné ni savoir ce qui s'y trouve, c'est assez croquignolet.

MyLady - beau coup de torchon. La catastrophe est là: quand on pense qu'être enseignant, c'est d'abord pour soi.

Écrit par : Pendariès | 16 septembre 2007

Thalie, je ne différencie guère mon 'attaque' à votre encontre, des vôtres à mon égard, puisque vous vous amusez à dire que je fais partie des responsables de la situation-critique etc etc....
Comme je suis aussi professeur de lettres, j'ai également du mal à manquer des remarques perfides, des qualificatifs comme zorrette, et compagnie... Voyez-vous ? Je pense, en toute sincérité, que vous utilisez ce blog pour expulser tout ce qui ne va pas - mais n'attendez pas de moi que je subisse sans répondre quelques insultes bien senties, comme celles que vous aviez daigné m'envoyer.

Écrit par : Milady | 16 septembre 2007

"La catastrophe est là: quand on pense qu'être enseignant, c'est d'abord pour soi."

ça pourrait être du Meirieu.
Je me demande si vous êtes tous aussi cons ou si vous faites exprès.
On voit que ça vient du coeur, quand même, autant Penda que Milady - n'oublions pas comment elle a fini...
On pourrait sous-titrer vos interventions: "De la force du politiquement correct" - enseigner c'est être 'multitask' aujourd'hui, plus vraiment prof (mais de toute façon, transmettre, c'est secondaire) mais AS (comme dit l'autre), psychologue, dépressif...
Est-il vraiment déplacé aujourd'hui que de dire quand on ne peut plus enseigner à une classe, que peut-être certains éléments ne sont pas à leur place à l'école? Que le travail d'un professeur c'est avant tout de transmettre sa matière, pas d'être AS? Et que dites-vous à Robin, qui lui voit parfois dans les yeux de certains de ces gentils bambins qui ne souhaitent qu travailler et apprendre (*très ironique*), le Mal?

Écrit par : Loki | 16 septembre 2007

"MyLady - beau coup de torchon."

Je dirais plutôt:

Milady - beaucoup de conneries.

:D

Écrit par : Hel | 16 septembre 2007

Restez dans vos enfers, messieurs, vous y êtes si bien. Ca vous fait donc si mal partout de vous entendre dire que vous ne savez pas ce que vous dites ? Et pourtant c'est vrai. Vous bavassez, vous bavassez, sans rien savoir, sans rien connaître, vous bavassez, ça passe le temps, et puis c'est rigolo, on sort son fiel, sa hargne, sa petitesse, sa stupidité crasseuse, on s'amuse en somme, comme aux enfers. Amusez-vous donc.

Écrit par : Milady | 16 septembre 2007

Une dernière remarque avant de lâcher l'étrange bécane.

Je ne crois pas, quand on parle de reconstruire l'école, que la distinction entre "p'tits d'jeuns" et "vieux connards" ait beaucoup de sens. Pas plus qu'entre gens de droâââte et gens de gôôôche !

Certains anciens ont largement contribué à l'effondrement de l'école républicaine, que ce soit de manière active ou passive, tandis que d'autres résistaient et peuvent actuellement apporter toute leur expérience à la reconstruction.

Certains jeunes gobent tout, tandis que d'autres réagissent (en acceptant même d'être mal vus de la hiérarchie). C'est fou le nombre de jeunes collègues, par exemple, qui s'intéressent à la "3ème VOIE", et c'est plutôt encourageant.

Bref, écoutons Corneille et Brassens réunis :

"Qu'on ait vingt ans,
Qu'on soit grand-père,
Le temps ne fait rien à l'affaire.
Aux âmes bien nées,
La valeur n'attend pas
Le nombre des années.
Le temps ne fait rien à l'affaire.
Quand on est con, on est con."

Écrit par : Un hussard | 16 septembre 2007

On pourrait sous-titrer vos interventions: "De la force du politiquement correct" -

Venez enseigner où nous enseignons Loki, vous verrez si c'est du politiquement correct ou simplement faire ce qu'on peut le mieux possible. Si vous êtes vous même enseignant...

Le professeur d'il y a 20/30 ans est mort, pourquoi? parce que la société a évolué.

Le prof est mort. Vive le prof. (Enfin il faut savoir ce que cela signifie).

Écrit par : Pendariès | 16 septembre 2007

Dobolino, vous m'avez été d'un grand secours. Votre suggestion d'aller à Lourdes me faire voir chez les Grecs était… miraculeuse.


JPB

Ecrit par : brighelli | 16 septembre 2007

Vous aussi? Décidément! Les fantasmes des hommes se passent volontiers des femelles. Ah! La chaude fraternité des vestiaires de stade, y'a que ça de vrai.

Écrit par : dobolino | 16 septembre 2007

"Que le travail d'un professeur c'est avant tout de transmettre sa matière, pas d'être AS?"

Ecrit par : Loki | 16 septembre 2007

Vous êtes en progrès, Loki; pour vous, être prof, c'est maintenant "avant tout" transmettre sa matière. Pas uniquement, donc!

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

""MyLady - beau coup de torchon."

Je dirais plutôt:

Milady - beaucoup de conneries.

:D"

Ecrit par : Hel | 16 septembre 2007

Décidément, pour certain, l'insulte est vraiment la seule modalité d'argumentation!

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

Pour certains, même.

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

Oui pour certains. C'est mieux avec un 's' à la fin.

Mais comment il vous ont accepté à l'IUFM? Il faut avoir un certificat de fautes d'orthographes ou quoi?

Écrit par : Hel | 16 septembre 2007

Oui pour certains. C'est mieux avec un 's' à la fin.

Mais comment il vous ont accepté à l'IUFM? Il faut avoir un certificat de fautes d'orthographes ou quoi?

Ecrit par : Hel | 16 septembre 2007

...comment vous ont-ilS accepté - accord sujet-verbe, inversion du sujet.
fautes d'orthographe, - sans s.

Écrit par : Gilles | 16 septembre 2007

Je voudrais rappeler, (ou apprendre, peut-être) à "Hel" que "certain" peut s'employer au singulier...
Dans mon message "sans correction", j'avais considéré ce même Hel comme étant le seul à ne bâtir son argumentaire que sur des insultes. Mais je me suis ravisé assez vite, tant il est vrai qu'il y a d'autres blogueurs en ces lieux qui utilisent la même "stratégie", même s'ils semblent faire profil bas en ce moment...
Ne faites-vous pas, par ailleurs, une faute d'orthographe en écrivant votre propre pseudo? N'y oubliez-vous pas un "l" à la fin?

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

Ne faites-vous pas, par ailleurs, une faute d'orthographe en écrivant votre propre pseudo? N'y oubliez-vous pas un "l" à la fin?


Hel = déesse nordique de l'enfer, un seul L
faut avoir de la cuculture pour le savoir.
mais bon IUFM, tout ça, on comprend...

Écrit par : Hel | 16 septembre 2007

Gilles: Je m'mets au nivo du prof d'IUFM, p'tre qu'on m'engagera...

Écrit par : Hel | 16 septembre 2007

Voyez-vous ? Je pense, en toute sincérité, que vous utilisez ce blog pour expulser tout ce qui ne va pas - mais n'attendez pas de moi que je subisse sans répondre quelques insultes bien senties, comme celles que vous aviez daigné m'envoyer.

Ecrit par : Milady | 16 septembre 2007

Milady, encore du fantasme. J'ai parlé d'une expérience passée dans une ZEP difficile. J'ai dit que je trouvais inacceptable d'envoyer contre leur gré des enseignants dans ce type d'établissement, que notre rôle n'était pas celui d'un éducateur de rue et que nous n'étions pas formés pour cela, que par ailleurs la société ferme les yeux sur ces établissements et ne prend pas ses responsabilités à ce niveau-là. Et je maintiens.
Maintenant vous faites de vous un auto-portrait du prof en ZEP type "zorro", donc je me fonde sur ce que vous dites. Relisez-vous. Mais ne vous plaignez pas d'une étiquette que vous revendiquez vous même.
En ce qui concerne, ma situation actuelle sur laquelle vous dites tout et n'importe quoi alors que vous ne me connaissez pas le moins du monde, je vous rassure. Le collège dans lequel je suis n'est certes pas aussi tranquille que celui de notre ami Jean mais bien moins intenable qu'un vrai collège de ZEP qui ne fonctionne pas. Adonc, je ne viens pas sur ce blog pour "expulser ce qui ne va pas" comme vous le dites sans savoir de quoi vous parlez.
Je reproche au rectorat et au ministère de laisser les agrégés qui ne le veulent pas dans des collèges alors que leur place est au lycée. C'est tout. Le côté "bonne à tout faire " du prof de collège m'insupporte et je trouve déplorable de voir des collègues se jeter à plaisir dans ce genre de choses. Et je le dénonce vivement.
Vous voyez, rien de ce que vous imaginez à tort.
Je n'ai à aucun moment inventé quoi que ce soit sur votre compte et m'en suis tenue à vos propos. Vous nous avez relaté, il y a quelque temps comment vous alliez à la recherche des parents de vos élèves chez eux directement ( il serait facile de retouver votre post); moi, j'appelle cela du travail d'assistante sociale. Cela a sa raison d'être quand on est assistante sociale, pas prof. Je pense qu'avec ce type de comportement, justifié par la bonne conscience ( un peu zorro sur les bords), on mélange les fonctions et on ouvre le chemin à une transformation du métier de prof qui est néfaste pour les élèves et pour les profs. Et qui est une injure faite aux professions "sociales" pour faire vite.
Cette mise au point étant faite, je m'en tiendrai là, la discussion devenant difficile. Je vois que vous avez en la personne de notre hôte et en celle de C.Sibille un soutien indéfectible. Il n'est pas de bon ton de dire qu'un prof en collège n'est pas une bonne à tout faire. C'est peut-être ce que la commission de Rocard and co est en train de nous préparer, d'ailleurs.. J'espère me tromper. Mais quand je vois certaines réactions sur ce blog, je suis fort peu optimiste.

Écrit par : Thalie- Thalie | 16 septembre 2007

"Gilles: Je m'mets au nivo du prof d'IUFM, p'tre qu'on m'engagera..."

Ecrit par : Hel | 16 septembre 2007


Finalement, je garde le singulier pour "certain". En fait, toto a un nouveau pseudo.

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

"Cette mise au point étant faite, je m'en tiendrai là, la discussion devenant difficile. Je vois que vous avez en la personne de notre hôte et en celle de C.Sibille un soutien indéfectible. Il n'est pas de bon ton de dire qu'un prof en collège n'est pas une bonne à tout faire. C'est peut-être ce que la commission de Rocard and co est en train de nous préparer, d'ailleurs.. J'espère me tromper. Mais quand je vois certaines réactions sur ce blog, je suis fort peu optimiste."

Ecrit par : Thalie- Thalie | 16 septembre 2007

Pas de parano, Thalie! La discussion n'a jamais été très facile ici!

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

"J'ai dit que je trouvais inacceptable d'envoyer contre leur gré des enseignants dans ce type d'établissement, que notre rôle n'était pas celui d'un éducateur de rue et que nous n'étions pas formés pour cela, que par ailleurs la société ferme les yeux sur ces établissements et ne prend pas ses responsabilités à ce niveau-là. Et je maintiens."

Ecrit par : Thalie- Thalie | 16 septembre 2007

Là, par contre, j'ai l'impression que nous allons être très nombreux à être d'accord. C'est réellement un problème de société. Et je pense malheureusement comme vous; la commission initiée par Sarkozy et présidée par Rocard ne fera vraisemblablement que peu bouger les choses.

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

Hel = déesse nordique de l'enfer, un seul L
faut avoir de la cuculture pour le savoir.
mais bon IUFM, tout ça, on comprend...

Ecrit par : Hel | 16 septembre 2007


Hel est aussi la fille de Loki et soeur de Fenrir...le panthéon scandinave est au rendez-vous sur le blog, n'est-ce pas Loki?

Écrit par : personanongrata | 16 septembre 2007

Tiens tiens, et de ce panthéon nordique quelques humains ne survécurent-ils pas grâce à l'arbre-monde Yggdrasill, dont le diminutif reste Ygg, qu'un bloggeur crut bon d'endosser comme pseudo, à quelque voyelle près ?

Mauvaise pioche ?

Écrit par : D'Enguell | 16 septembre 2007

Milady, vous êtes drôlement sensible et agressive sur le sujet. J'ai lu beaucoup de messages pleins de bon sens ici (Thalie, Loki, sanjuro, un hussard, edith...) qui essaient de donner, de manière posée et mesurée, le point de vue opposé au vôtre .Mais soit vous les ignorez, soit vous les envoyez balader (je netrouve pas que Thalie ait mérité votre hargne, ni moi non plus d'ailleurs).

Alors, que ce sujet vous touche, soit, mais qu'il déclenche de telles réactions, c'est tout de meme exagéré. Mon amie n'a pas l'intention de se faire muter à Henri IV pour échapper aux conditions de prof, elle veut juste pouvoir faire cours dans son nouveau lycée, comme elle l'a déjà fait pendant HUIT ans en L.P. Il faudrait que cela ne vous échappe pas, avant de dégainer vos exclamations et vos grands mots de "gazer", "mépris" et "culpabilisation". Elle n'en est pas à son premier établissement, et elle a déjà fait ses preuves face à des gamins durs.

Quand vous reprochez à je ne sais qui de "bavasser, bavasser", je vous dis que c'est justement à cela qu'il faudrait mettre un terme ! Je ne me vois pas préconiser à une prof d'avoir un entretien en tête à tête avec un gamin pour exiger de lui son respect, alors que ce même gamin a commis deux tentatives de viol sur l'infirmière l'année dernière (et, pour toute sanction, a été exclu une journée...). Bavasser, c'est aussi donner des conseils en l'air et reprocher aux autres de ne pas réussir ce que personne ne réussirait.

Je ne comprends pas que vous ayez vécu tout ça, et que vous trouviez anormal que d'autres le vivent et y échouent. Dans le lycée en question, TOUS les profs ont le bordel dans leur cours, se reçoivent des trucs, hurlent en vain ou se font ridiculiser. La situation n'est pas normale - on ne peut tout de même pas simplement dire : "tout va bien, il suffit qu'ils trouvent un ou deux trucs" !

Enfin, vous ne le croirez pas, mais je suis d'accord avec vous sur l'analyse que vous faites des ambitions de Meirieu (faire à tous ce qui a marché avec ses "sauvages"). Je doute cependant qu'il sache vraiment ce qui se passe aujourd'hui dans un lycée pro ou dans un lycée lambda.

Bon, j'aimerais bien que la passe d'armes se termine et qu'on puisse retrouver un ton de discussion plus calme - je ne suis pas contre quelques engueulades bien senties, mais il y a quand même des motifs plus appropriés pour se taper dessus que la pédagogie différenciée ou les déficiences (réelles ou supposées) de l'administration. Ca évitera de s'entendre dire qu'on vient ici pour "se libérer de ce qui ne va pas", ou "pour bavasser".

Écrit par : Jérémy | 16 septembre 2007

"mais il y a quand même des motifs plus appropriés pour se taper dessus que la pédagogie différenciée ou les déficiences (réelles ou supposées) de l'administration. "

Ecrit par : Jérémy | 16 septembre 2007

Certes, Jérémy, mais ces deux là ont déjà donné lieu, si j'ai bonne mémoire, à quelques passes d'arme(s) bien senties, et parfaitement appropriées, sans qu'on s'en offusque le moins du monde précédemment!

Écrit par : Christophe Sibille | 16 septembre 2007

Oui mais enfin, quitte à taper, autant que ce soit que quelqu'un qui le mérite. C'est un peu le village des gaulois, ici : on donne des baffes et on s'en prend.
Sauf que je trouve les Romains particulièrement bien portants, et très peu inquiétés. Et leurs camps fortifiés (IUFM ayant remplacé SPQR sur leurs bannières) fonctionnent à plein régime.

Écrit par : Jérémy | 16 septembre 2007

Oui mais enfin, quitte à taper, autant que ce soit SUR quelqu'un qui le mérite. C'est un peu le village des gaulois, ici : on donne des baffes et on s'en prend.
Sauf que je trouve les Romains particulièrement bien portants, et très peu inquiétés. Et leurs camps fortifiés (IUFM ayant remplacé SPQR sur leurs bannières) fonctionnent à plein régime.

Écrit par : Jérémy | 16 septembre 2007

Mais, Jérémy, les IUFM ne seraient-ils pas, (aux dires de la plupart des blogueurs d'ici, qui ne sont pas tous des blagueurs), les temples abritant cette fameuse pédagogie différenciée? Quand aux dysfonctionnements administratifs, ils n'y sont pas moins nombreux ni moins agaçants qu'ailleurs, tranquillisez-vous!

Écrit par : Christophe Sibille | 17 septembre 2007

"Cette expérience fut de trop courte durée", écrit maria en évoquant son remplacement en français en 6ème alors qu'elle est professeur d'espagnol.

Eh bien, ne vous l'avais-je pas dit, maria, que c'était génial d'enseigner le français - à tous les niveaux, d'ailleurs - , à condition de flanquer à la décharge les manuels actuels, les "séquences", le décloisonnement, l'auto-construction du savoir par l'élève, les types de discours, la situation d'énonciation ancrée ou non ancrée, bref, tout ce fatras pédant didactico-pédago qui leur embue l'esprit, leur attriste l'âme et désespère leurs parents ( quand ils sont un peu avertis)?
Au fait, si vous les croisez dans les couloirs, ces petits élèves qui vous savent un gré infini du peu mais du solide que vous avez eu le temps de leur apprendre, et qui vont maintenant mourir d'ennui le reste de l'année sur des "séquences", rappelez-leur donc qu'en 5ème ils peuvent commencer le latin.
Bien à vous.

P.S. Pourquoi ne vous présentez-vous pas à l'agrégation externe plutôt qu'à l'agrégation interne? Vous échapperiez à la dangereuse épreuve de didactique, qui permet le tri idéologique des candidats.

Écrit par : Jean | 17 septembre 2007

Maria, vous me vexez beaucoup! Vous ne m'avez rien dit du petit "programme"que je vous ai donné...( joke!)

Écrit par : Thalie- Thalie | 17 septembre 2007

Désolée Thalie,

Heureusement que vous avez été là, votre mail m'a été d'une grande utilité. Je le garde précieusement au cas où ma collègue repartirait en congé maladie, on ne sait jamais!!!
Au pire, je me permettrai de vous recontacter si je constate que ces petits sont trop "bouffés" par les séquences.

Jean, c'est vrai qu'au départ, je ne m'étais pas posé la question de l'agreg externe car le programme me paraissait énorme et incompatible avec mon mi-temps mais après avoir subi la courte présentation de la formatrice en didactique, je me pose la question (un peu tard, je sais!).

J'ai lu avec attention les derniers rapports de jury de l'interne et les commentaires sur cette épreuve sont effrayants. Ils nous prennent pour des imbéciles, comment osent-ils nous faire gober tout ça?

La formatrice nous faisait remarquer que c'était l'épreuve où les résultats étaient les plus faibles alors que c'était, pour elle, l'épreuve qui "collait" le plus à notre expérience professionnelle. Elle avait l'air perplexe mais j'avais envie de lui dire:"les profs n'y arrivent pas parce qu'en classe, ils ne les font pas vos p...... de séquences!!!

Alors oui, je me pose beaucoup de questions mais en même temps, pour le reste des épreuves ça a l'air un tout petit plus abordable que l'externe alors je m'accroche et on verra l'année prochaine.

A bientôt,

Maria

PS. J'ai signé la pétition du SNALC moi aussi!

Écrit par : maria | 17 septembre 2007

"Bon, j'aimerais bien que la passe d'armes se termine et qu'on puisse retrouver un ton de discussion plus calme "
Ecrit par : Jérémy | 16 septembre 2007

Je suis d'accord - alors évitons les déformations de propos, ce qui évitera de relancer mille et une polémiques.

Pour mettre les choses au point : il existe, à côté de la fonction d'enseignant, la fonction de professeur principal. Celui-ci reçoit une prime destinée à lui payer le travail particulier qui lui est demandé. Ce travail consiste essentiellement à aider les familles à orienter leurs enfants, en leur donnant les avis et conseils des enseignants. Les familles ont des papiers à rendre impérativement avant les conseils de classe. D'où le fait d'avoir, parfois, à aller chercher ces papiers. Aucune assistante sociale n'a ce genre de tâche dans son métier - c'est du ressort express et payé ( mal ,sans doute ) du professeur principal.
Ignorer cela et mélanger les genres, cela ressort de la mauvaise foi, arme utilisée quand on cherche à polémiquer - or la polémique n'est pas un registre dans lequel on cherche à être juste et objectif, si je ne m'abuse. Passons.

Je ne trouve pas anormal d'échouer et de trouver dur d'exercer dans des établissements durs. Je trouve normal de chercher des moyens pour parvenir à travailler. Je trouve normal de juger un établissement après quelques mois d'exercice, je trouve normal de chercher à comprendre le pourquoi du comment des choses.
Votre amie tient, elle a du courage, et elle a tout mon respect, évidemment.
Mais ce n'était pas à elle que je m'adressais. C'était à ceux qui, se donnant pour 'gentils', ne sont, à mon sens, et sans le vouloir, qu'anxiogènes et sans aucune utilité pour votre amie. Imaginez votre tête, si, le jour où vous arrivez blessé à l'hôpital, tous les soignants, tous les patients, se mettaient à vous plaindre à grands cris, et à vous faire comprendre que vous n'alliez pas vous en sortir. Admettez que cela ne peut qu'augmenter votre inquiétude, voire votre douleur - et que cela ne permet en rien de résoudre votre problème.
Il me semblait, qu'à la rentrée, avant de commencer à pousser de hauts cris, il était possible de dire à un enseignant qu'il existe des moyens et qu'il peut être utile de les essayer avant de tout lâcher - voyez que je ne relève pas le mépris que vous professez pour ces trucs, je suis, sincèrement, bien heureuse de savoir que vous n'aurez jamais à les utiliser.
Mais, franchement, si vous ne voulez pas que les enseignants partagent leurs trucs, qu'ils se les passent, que voulez-vous qu'ils partagent ? Je ne prétends rien, en donnant mes trucs - parce que ce ne sont pas les miens, je ne les ai pas inventés, je les ai piqués à d'autres, testés, et j'ai constaté que ça marchait, voilà, c'est tout - et j'ai bien dû admettre que parfois, il fallait que moi, moi seule, moi personnellement, je m'abaisse à aller gagner le respect minimum de mes élèves - après on le fait ou pas. Si on le fait, on a plus de facilité à travailler avec les élèves en question. Et c'est tout. C'est un truc tout à fait pragmatique.

Comme vous n'avez pas répondu à ma question, qui était de savoir ce que vous souhaitiez pour les élèves vraiment durs auxquels votre amie est actuellement confrontée, je vous donne mon sentiment, qui n'a strictement rien à voir avec le cas particulier de votre amie :
Lire, ici, dans la bouche d'enseignants ou supposés tels, des propos qui relèvent de Ponce Pilate me fait effectivement bondir. Se laver les mains ne me semble pas être une solution acceptable.
Ca ne signifie pas que je trouve la situation actuelle parfaite - mais je trouve que c'est toujours mieux que l'abandon total. Je sais que des élèves s'en tirent, je sais que les profs servent à quelque chose - et si ça n'est pas pour tous, ce qui serait stupide à soutenir, du moins c'est pour un nombre certain, ce qui suffit à justifier l'obstination 'enseignante' à ces élèves. J'aime mieux un jeune homme qui deviendra maçon qu'un jeune homme qui deviendra dealer. Une jeune fille qui sera secrétaire médicale qu'une jeune fille qui travaillera la nuit, dans ma rue - Si l'école ne les sauve pas tous, elle en sauve, et pas mal, quoiqu'on en dise.
Cela justifie sa présence. Ses enseignants envoyés là. Mais effectivement, si on ne cherche pas à savoir la suite, on ne peut pas savoir en quoi l'école peut être utile.
Alors, soit on se moque de savoir à quoi sert l'école, et on ne dit rien sur le sujet.
Soit on ne s'en moque pas, et je ne vois pas comment on pourrait s'abstenir d'aller chercher la réalité plutôt que de balancer des lieux communs fondés sur rien - et, pour moi, je préfère lire Pendariès sur le sujet que d'autres, qui n'y connaissent manifestement rien et n'hésitent pas à prétendre qu'il faut supprimer la scolarité pour ces élèves-là. C'est tout.

Écrit par : Milady | 17 septembre 2007

et, pour moi, je préfère lire Pendariès sur le sujet que d'autres, qui n'y connaissent manifestement rien et n'hésitent pas à prétendre qu'il faut supprimer la scolarité pour ces élèves-là. C'est tout.

Ecrit par : Milady | 17 septembre 2007

Ne les lisez vous pas en diagonale? Comme vous avez envie de les lire, pour répondre ce que vous avez envie de répondre?
Quand ils disent qu'ils sont professeurs et non éducateurs ou assistantes sociales, disent-ils qu'il faut jeter ces jeunes gens à la rue ou qu'il faut payer un personnel d'encadrement, et bien plus tôt qu'avant le LEP et ne pas prendre les profs pour des bonnes à tout faire?

Écrit par : dobolino | 17 septembre 2007

Oué, Milady, vous avez une thèse à combattre et vous me mettez dedans. Ca revient à ça. J'aurai beau jurer mes grands dieux que, non, non, je ne veux pas "gazer" les élèves comme vous m'en soupçonnez, vous continuerez à me dire que je vous méprise, que je suis Ponce Pilate, et que je dédaigne vos "trucs". Mais l'amie en question les connaît déjà, vos trucs - le cas de son L.P. est bien au-delà de la simple recherche en soi des ressources qui permettent de maîtriser les élèves (c'est de la langue de bois, que vous le vouliez ou non).
Bref, vous avez décidé que je représente je ne sais pas trop quoi, et qu'il vous faut en convertir plus d'un parmi ceux qui s'expriment ici, alors que vous devriez avoir des cibles autrement plus importantes pour vos invectives.

Écrit par : Jérémy | 17 septembre 2007

jean,

J'oubliais de vous dire que pour le latin, j'ai eu le temps de faire un petit coup de pub à ces petits 6èmes. J'espère ne pas avoir prêché dans le désert. Pour les autres, je les incite toujours à continuer quand ils se découragent...mais j'avoue que parfois je les comprends, le latin en séquences et sans cours de grammaire, ça doit être dur à "digérer"...
Hasta luego!
Maria

Écrit par : maria | 17 septembre 2007

Ne les lisez vous pas en diagonale? Comme vous avez envie de les lire, pour répondre ce que vous avez envie de répondre?
Quand ils disent qu'ils sont professeurs et non éducateurs ou assistantes sociales, disent-ils qu'il faut jeter ces jeunes gens à la rue ou qu'il faut payer un personnel d'encadrement, et bien plus tôt qu'avant le LEP et ne pas prendre les profs pour des bonnes à tout faire?

Ecrit par : dobolino | 17 septembre 2007

MERCI Dobolino! Merci pour votre honnêteté.

Écrit par : Thalie- Thalie | 17 septembre 2007

On ne doit pas avoir la même notion du mot invective, Jérémy, je ne m'explique pas ce dialogue de sourd autrement. Ce que vous avez dit ici du LP de votre amie ne m'a pas paru extravagant, càd rien de nouveau sous le soleil, ( pour les établissements que je connais, achevons de clarifier de quoi on parle ) - si vous tenez à ce que tout le monde ( dont moi, ou Pendariès ) puisse comprendre de quoi vous parlez, dites-en plus. Si la situation s'en tient à ce que vous avez dit, des cas comme ce LP, il y en a des paquets de mille. Si c'est pire, je ne vois pas comment je peux le deviner à partir des faits que vous donnez.
A part ça, je sais où je suis, et je ne compte convertir personne à rien. Et j'aimerais sincèrement que vous répondiez à la question que je vous avais posée il y a quelques temps déjà : que voulez-vous faire pour ces élèves-là ?

Dobolino, je ne vais pas vous faire la reprise détaillée des différentes interventions - il y en a au moins une qui préconise l'envoi des sauvages en apprentissage - si le une ou un qui a écrit ça avait une seule fois rencontré ces sauvages, il n'aurait pas écrit cela. Parce que ça ne rime à rien - mais ce il/elle ? ne le sait pas, et ne veut pas le savoir, ce qui est un tantinet agaçant, en soi.

Pour l'AS, ne me faites plus rire - si vous voulez je vous mets en contact avec mes amies AS - elles expliqueront quel est leur métier, ce qui permettra à ceux qui pensent qu'on leur demande de faire l'AS de se rendre compte que personne ne leur demande rien de cela. Je ne parle même pas des éducateurs, personne ne fait leur travail chez les enseignants - pas plus moi qu'un autre. Et personne ne nous demande cela.
Maintenant, on peut toujours rêver à des tas de solutions mirifiques. L'enseignement fait partie des solutions mirifiques à proposer à certains, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus ? Que c'est pas facile ? Oui. Que c'est très mal payé ? Oui. Que ça ne marche pas ? Non.
J'aimerais, pour ma part, assez rencontrer des enseignants qui font un travail d'AS ou d'éduc. En attendant, nombre d'enseignants du privé font un travail de surveillant, et se tapent à surveiller les récréations et les cantines. J'en connais même qui vont avoir la joie et l'honneur de déménager leur établissement, pas de vacances avant le 20 juillet pour eux. Personne ne demande ça aux profs du public. Et si d'aventure, on demande à des professeurs d'être volontaires pour s'occuper en particulier des élèves d'une classe, ils sont payés pour cela. Je ne vois toujours pas où est le scandale en l'occurrence.

Il y a des tas de choses scandaleuses, à mon avis, dans l'EN. Mais donner des cours à tous ne pourra jamais m'apparaître comme un scandale. Et utiliser des professeurs volontaires pour suivre des élèves de plus près, je trouve ça très bien, surtout quand le-dit professeur volontaire effectue ce travail sérieusement - c'est comme parent d'élève aussi que j'interviens, - c'est bien d'être parent d'élève, ça permet d'être des deux côtés.

Écrit par : Milady | 17 septembre 2007

"En attendant, nombre d'enseignants du privé font un travail de surveillant, et se tapent à surveiller les récréations et les cantines." Ils se font exploiter : je connais AUSSI des enseignants du privé, et ils n'acepteraient jamais de faire ça.

Je suis partisan aussi que ce soient des profs volontaires qui s'occupent de ceux que vous appelez des "sauvages". Et qu'ils soient mieux payés, si le travail est plus dur. Ca répond à votre question ? Vous ne pensez plus que je veux gazer les élèves ?

Écrit par : Jérémy | 17 septembre 2007

Dobolino, je ne vais pas vous faire la reprise détaillée des différentes interventions - il y en a au moins une qui préconise l'envoi des sauvages en apprentissage - si le une ou un qui a écrit ça avait une seule fois rencontré ces sauvages, il n'aurait pas écrit cela. Parce que ça ne rime à rien - mais ce il/elle ? ne le sait pas, et ne veut pas le savoir, ce qui est un tantinet agaçant, en soi.


Ecrit par : Milady | 17 septembre 2007
Il ne le sait pas car il n'a pas d'artisan dévoué parmi ses amis. Celui que je connais et qui tente d'accueillir ces jeunes est un peu démoralisé par des échecs répétés d'intégration. Je crois bien qu'il persiste malgré tout.

Écrit par : dobolino | 18 septembre 2007

Au fait, milady, je connais aussi des AS et des éducateurs. Arrêtez de nous prendre tous pour des nouilles. je crois bien avoir déjà dit à plusieurs reprises être en contact régulier avec ces gars et ces filles quand ils en arrivent au stade sans toit ni loi, Et en contact par l'intermédiaire du seul élément affectif qu'il leur reste, soit leur chien.

Écrit par : dobolino | 18 septembre 2007

Maria, les propos de votre formatrice en disent long sur l'absurdité de l'épreuve "de didactique"! A votre place, je me jetterais sur le concours externe: au moins, là, les règles du jeu sont claires, et même si c'est pharaonique - le principe de l'agrégation , c'est justement que les programmes soient pharaoniques, sinon ce ne serait pas l'agrégation! -, au moins, on a affaire à des gens sains d'esprit, ce qui n'est pas le cas des didacticiens.

Écrit par : Jean | 18 septembre 2007

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