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30 août 2007
Demain
Demain
Un économiste interviewé par Télérama (http://television.telerama.fr/television/M0708271200355.html) à propos du film diffusé lundi 3 septembre sur Canal affirme des choses si convenues (le mot n’est-il pas un peu long ?) que j’ai été tenté de ne pas réagir, en laissant chacun se faire une idée.
Mais en toute fin d’interview, cette sommité a recours au seul argument dont on peut effectivement discuter la pertinence — un argument qui a été souvent invoqué, ici et ailleurs, comme source de bien des problèmes : l’argument économique.
Que dit ce spécialiste auto-proclamé ?
« On sait que la capacité à bien apprendre à lire et à écrire dépend surtout d’une bonne pratique du langage, de la syntaxe et du vocabulaire. Et cette acquisition se joue d’abord en maternelle. C’est en grande section que l’on constate les plus grandes disparités entre élèves, souvent liées à leurs origines sociales. Les 15 % qui peinent à lire en sixième ne souffrent donc pas de telle ou telle méthode d’apprentissage de la lecture, mais de difficultés antérieures, liées à la pauvreté effroyable dans laquelle grandissent aujourd’hui 15 % des tout-petits en France. »
Loin de moi l’idée de nier cette misère, qui éclate autant dans les murs lépreux des cités, le taux de chômage, l’errance des jeunes, que dans l’empilement, dans ces mêmes cités, des télés grand format, des paraboles accrochées aux fenêtres, tout un bric-à-brac technologique accumulé comme si l’avoir pouvait compenser l’être. Mais puisqu’on m’accuse de faire dans la nostalgie (c’est le grand argument de ceux qui n’ont rien d’autre à me rétorquer), je vais faire une petite plongée dans les années 50-60.J’en ai parlé dans la Fabrique du créin : mon enfance, l’enfance de toute la génération du baby-boom, ce furent les restrictions jusqu’en 1955, les distributions de lait (Mendès France, me semble-t-il) dans les écoles pour compenser les carences alimentaires, la tuberculose qui reculait bien lentement (j’en sais quelque chose, moi qui ai passé une demi-année, vers six ans, dans un sanatorium de Savoie). C’était l’Indochine, puis l’Algérie — la guerre permanente, où nos pères allaient se battre, et mourir parfois. Puis ce furent les grands ensembles, déjà (Sarcelles est mis en chantier en 59, achevé en 63), les cités-dortoirs sans centres commerciaux, et s’il y avait peu de chômage, on bossait 45 heures par semaine, et on se regardait, le dimanche, épuisés, hagards.
Et la guerre froide, les pupitres de l’ONU martelé de chaussures, les missiles à Cuba ou à la frontière turque, la perspective d’un Holocauste définitif et nucléaire. On n’avait encore rien vu, à Hiroshima…
Les Trente "Glorieuses", vraiment ?
Et l’école de la République, depuis les origines, n’a jamais été beaucoup mieux lotie. Les lois Ferry, c’était au milieu d’une France découpée par la Prusse, ruinée par Panama. La méthode Boscher, juste à la fin de l’affaire Dreyfus, qui déchirait le pays depuis dix ans. Et je passe sur l’entrain que l’on mettait à se rendre à l’école en 14-18 (sauf Radiguet, qui a vu dans cette guerre des grandes vacances et l’occasion de se taper les épouses des Poilus, voir le Diable au corps). Les fameux programmes de 1923 ont été conçus pendant l’érection d’une foule de monuments aux morts, où les enfants apprenaient à lire en y déchiffrant le nom de leurs pères.
Et il ne venait à l’idée de personne, à l’époque, d’invoquer la situation économique née de la crise de 29 pour expliquer l’échec scolaire…
Alors, les mauvais prétextes, ça suffit. Qu’il y ait dans la France d’aujourd’hui des disparités de fortune, des familles désunies et décomposées, du chômage à revendre, si je puis dire, j’en conviens. Mais il y a aussi un climat de démission, d’excuse généralisée, de défaite de l’impensé. Il n’est pas nécessaire de péter dans la soir pour être un bon élève, et j’ai connu nombre de fils ou filles de bourgeois qui étaient plus malheureux que des enfants de prolétaires — le sentiment de son malheur n’est pas proportionnel à sa situation sociale.
Qu’en déduire ? Que notre école doit s’organiser (les programmes, les programmes, vous dis-je !) pour redonner le goût de l’étude — lente, patiente, obstinée. On ne travaille pas — certainement pas à six ans — en fonction d’une perspective de carrière. On travaille parce qu’on vous en donne le goût, pour des satisfactions très immédiates — nous bataillions ferme pour des « bons points » qui ne représentaient jamais que la satisfaction du travail bien accompli. L’humanité a toujours été souffrante, cela ne date pas d’hier, et c’est parfois dans des pays qui souffrent bien plus que nous — l’Afrique noire par exemple — que les écoliers sont les plus attentifs, les plus scrupuleux, sans moyens, à cent par classes. Nous sommes devenus champions du monde de l’excuse, alors que nous étions les spécialistes de la volonté. Ce n’est pas faire de la déclinologie que de constater que l’ambition, l’acharnement au travail, le goût de l’effort, reculent sans cesse.
Et pour restaurer ce climat essentiel aux études, il faut certainement aider ceux qui ont moins, mais ne pas jouer les dames patronnesses en se penchant sans cesse avec une sollicitude visqueuse sur leurs problèmes. Le sursaut ne se décrète point, il s’organise. Une carte scolaire moins ségrégationniste, un panachage social plus réel, peuvent jouer dans le bon sens : les Zones d’Exclusion Programmée, inventées par le PS un jour de beuverie, doivent être démantelées — transportées à la campagne, aurait dit Alphonse Allais. Et il faut mettre au point, en ce qui concerne l’Education Nationale, des programmes qui ne laissent aucun répit, sans pour autant assommer les élèves. Inventer des progressions régulières, conforter ceux qui décrochent, faire de l’élève studieux la norme, et non plus l’exception. Et c’est faisable — d’ailleurs, c’est déjà fait, ici ou là : ce que propose le GRIP est une réponse pratique au malaise de la civilisation dont l’Ecole de ces dernières années retranscrit les symptômes — en les amplifiant.
Jean-Paul Brighelli
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Commentaires
j'applaudis! Allez, je me laisse même emporter:je vous embrasse! ;)
Ecrit par : Saperlipopette | 30 août 2007
Répondre à un argument économique par des souvenirs d'enfance, ça va vite et ça fait peut-être de l'effet à la télé, mais ce n'est pas sérieux et pas convaincant.
Ecrit par : Tennessee | 30 août 2007
Brillantissime réfutation!
C'est exactement comme cela que les choses se présentent. Dubet, Meirieu et leurs affidés allèguent constamment les problèmes sociaux et empêchent de toutes leurs forces que les vraies questions soient posées. Car la vérité, c'est que c'est la pédagogie "nouvelle", la leur, et rien d'autre, qui a naufragé l'école.
Il faut en effet "faire de l'élève studieux la norme, et non plus l'exception", et cela dès l'école primaire. Actuellement, dans les par les autres d'"intello", au point que certains bons élèves font exprès d'avoir de mauvaises notes pour échapper aux quolibets et à la réprobation de la classe. Cela fait des années que je tanne, en pure perte, l'administration de mon collège ( qui s'est tout de suite illustrée par un premier fait glorieux en supprimant dès l'année de son arrivée une section de grec qui marchait merveilleusement bien depuis vingt ans) pour que soit rétablie une distribution des prix de fin d'année. Il faut que l'institution manifeste clairement qu'elle soutient les élèves sérieux en honorant publiquement le travail bien fait. C'est aussi une simple question de justice - les enfants sont sensibles à la justice. La réussite scolaire doit compenser le malheur social. Actuellement, le système a honte des bons élèves, sauf en éducation physique, où l'idée que l'on classe les élèves selon leurs performances ne fait hurler personne.
"Jouer les dames patronnesses en se penchant avec une sollicitude visqueuse sur leurs problèmes." Dubet et Meirieu se reconnaîtront!
Ecrit par : Jean | 30 août 2007
Ce qu'il faut voir c'est surtout le parallèle qui est mis avec une situation critique d'une époque en France, et une situation critique actuelle en d'autres pays. Et constater que la crise mène à la studiosité.
Ce qu'il faut comprendre, c'est chercher les moyens de créer la studiosité, sans être en crise.
Bien sûr pour voir et comprendre, il faut un peu réfléchir, et faire davantage que critiquer.
Je n'ai pas connu de crise, pourtant je dois bien admettre que la corrélation décrite par JPB est exacte.
Ecrit par : DePassage | 30 août 2007
Facétie de mon ordinateur!
Je rétablis la phrase complète.
"Actuellement, dans les collèges, les élèves sérieux se font traiter d'"intellos" par leur camarades. Pour certains, c'est véritable souffrance.""
Ecrit par : Jean | 30 août 2007
Monsieur Brighelli je vous remercie de parler si haut et si clair !
J'ai "halluciné" quand j'ai suivi les modules PPME (Pré- Professionnalisation aux métiers de l'Enseignement) lors de la préparation de mon DEUG. Par bonheur, j'ai échappé à l'IUFM, j'ai jeté l'éponge avant, mais j'imagine aisément !
Formatrice en français, j'utilise régulièrement la bonne vieille méthode du B.A. ba, et je peux vous dire qu'on m'en fait souvent le reproche et que j'ai essuyé plus d'une raillerie. Mes collègues ont l'habitude de mettre des analphabètes devant un texte, et ils sont très satisfaits d'eux... Mais quand il m'arrive de prendre en charge leurs élèves, ces derniers n'ont pas assez de mots pour me remercier de leur avoir expliqué que la lecture est un code, et que B et A ça fait "ba"... tout d'un coup leurs yeux brillent et ils reprennent confiance !
Moi aussi, quand je vous entends parler, Monsieur Brighelli, je reprends confiance.
Merci encore.
Julie
Ecrit par : julie | 30 août 2007
Répondre à un argument économique par des souvenirs d'enfance, ça va vite et ça fait peut-être de l'effet à la télé, mais ce n'est pas sérieux et pas convaincant.
Ecrit par : Tennessee | 30 août 2007
Ben si, l'argument de la démission fait mouche. Mosca, quoi !
Autant que le G.R.I.P., qui par son action, tendrait à minimiser les sorties de cette sorte de G.R.I.M.P que sont parfois les Z.E.P.
Ecrit par : Miss Souris | 30 août 2007
Julie, bravo! c'est vous qui êtes dans le vrai. C'est Jeremy, je crois, qui disait plus haut que parmi les formateurs qu'il avait subis, la moitié étaient "des fous" et l'autre "des cons". Donc ne vous fiez qu'à vous-même!
Ecrit par : Jean | 30 août 2007
Voilà, cher J-P B, une mise au point roborative en cette veille de rentrée!
Le compassionnel des pleureuses de service me hérisse, tout autant que les dégâts provoqués par les pratiques mérieuticoles et iufemesques.
Sauvons l'enseignement, redonnons-lui ses contenus et faisons la nique aux oukases des inspecteurs !
M.Darcos, méfiez-vous du dinosaure Rocard.
Ecrit par : Francine | 30 août 2007
Merci pour ce sublime argumentaire !!
On vous embrasserait.!!
Je viens aussi de cette France difficile, d'une famile modeste, j'ai tout appris à l'école publique et je remercie chaque fois que je le peux mon instituteur.
C'était pourtant lui qui me faisait réciter les poèmes des grands auteurs, j'étais devant lui comme en apné pour les réciter.
Lui aussi qui me faisait copier des verbes, recopier 3 fois les mots que j'avais mal orthographiés.
Je me souviens de ses envolés d'Amour qu'il avait pour Hugo, Flaubert et les autres mais aussi pour Pasteur.
Je ne pense pas que je lirais encore sans ces souvenirs.
Rien ne gagne sans effort sous le soleil !!
Ecrit par : Olivier | 30 août 2007
Une lecture qui fait du bien:
Servitude et simulacre, de Jordi Vidal. Ed.Allia, 6Euros10
Ecrit par : Loki | 30 août 2007
Bravo monsieur Brighelli pour la finesse de cette analyse .
N 'oublions pas non plus les enfants de Pieds-Noirs parqués dans ces mêmes cités ainsi que ceux des réfugiés asiatiques et la réussite exceptionnelle de certains dûe principalement à l' éducation familiale et au travail .
C ' est toujours un réel plaisir de vous lire .
Odile
Ecrit par : ODILE RULLIAT | 30 août 2007
Tennessee dit : "Répondre à un argument économique par des souvenirs d'enfance, ça va vite et ça fait peut-être de l'effet à la télé, mais ce n'est pas sérieux et pas convaincant."
Croire et faire croire que le maître des lieux était enfant lors de la crise économique de 1929, voire lors du lancement de la méthode Boscher et de l'affaire Dreyfus, c'est la preuve que certains ont des difficultés de lecture et de calcul, ou c'est la dernière riposte des pédagogos ?
Ecrit par : Jeremy | 30 août 2007
La riche école de mon enfance.
En 1966,grâce à l'école, mes camarades et moi-même, du quartier populaire de Belleville dans le onzième arrondissement de Paris, enfants d'immigrés espagnols, portugais, italiens, rapatriés d'Algérie, tous très pauvres, avions la chance de recevoir un enseignement réel.
Avec quelle facilité nous savions lire, écrire, résoudre des problèmes, déclamer avec passion et émerveillement la langue de Villon, Hugo, Daudet, et ce, dès le CP!
Quelle marque de volonté ce fut, d'avoir eu le sentiment d'être en dessous de nos propres capacités en pensant avoir "seulement" 9,36 de moyenne sur 10 et d'être la onzième au classement sur 20 élèves!
Quel bonheur d'avoir pu partager nos pauvretés en nous invitant à dormir chez les uns et les autres et discuter de nos espiègleries autour d'un bout de chorizo et d'un verre de limonade, dans un 17m2, à cinq, d'un petit hôtel biscornu sans étoile...empli de fous-rire!
Quelle preuve de réussite enfin,quand on a 10 ans, d'avoir pu réapprendre les gestes de l'écriture à sa propre mère (quand celle-ci avait été chassée de son école en 1939) ,et qu'elle vous faisait à son tour ...des dictées.
Que de forts souvenirs, à la lecture des belles paroles de JPB.
Ecrit par : Guigui Brigitte | 30 août 2007
Bonne réfutation !
Derrière ce que les pédagogistes mettent en avant sous le nom de "handicaps socioculturels", il y a aussi une bonne part de racisme non avoué. Les enfants des Arabes et des Noirs ne pourraient pas apprendre ! Il suffit donc de les occuper par des "activités" et faire de "l'aural" (sic) comme le rappellent excellemment Pedro et Lecherbonnier, pour "vivrensemble".
Alors que les enfants des années soixante qui n'avaient ni frigo ni télé dans la chambre, ni chambre d'ailleurs (comme beaucoup peuvent en témoigner), réussissaient à apprendre. Beurk !
Ecrit par : P. Azimont | 30 août 2007
La riche école de mon enfance.
En 1966,grâce à l'école, mes camarades et moi-même, du quartier populaire de Belleville dans le onzième arrondissement de Paris, enfants d'immigrés espagnols, portugais, italiens, rapatriés d'Algérie, tous très pauvres, avions la chance de recevoir un enseignement réel.
Avec quelle facilité nous savions lire, écrire, résoudre des problèmes, déclamer avec passion et émerveillement la langue de Villon, Hugo, Daudet, et ce, dès le CP!
Quelle marque de volonté ce fut, d'avoir eu le sentiment d'être en dessous de nos propres capacités en pensant avoir "seulement" 9,36 de moyenne sur 10 et d'être la onzième au classement sur 20 élèves!
Quel bonheur d'avoir pu partager nos pauvretés en nous invitant à dormir chez les uns et les autres et discuter de nos espiègleries autour d'un bout de chorizo et d'un verre de limonade, dans un 17m2, à cinq, d'un petit hôtel biscornu sans étoile...empli de fous-rire!
Quelle preuve de réussite enfin,quand on a 10 ans, d'avoir pu réapprendre les gestes de l'écriture à sa propre mère (quand celle-ci avait été chassée de son école en 1939) ,et qu'elle vous faisait à son tour ...des dictées.
Que de forts souvenirs, à la lecture des belles paroles de JPB.
Ecrit par : Guigui Brigitte | 30 août 2007
Je viens de relire "La maison des petits bonheurs" de Colette Vivier, pour l'offrir à une petite africaine qui fréquente une école d'excellence comme la décrit JPB...
Madame Guigui, si vous ne connaissez pas ce livre, il faut le lire...
Vous y retrouverez les souvenirs de beaucoup d'entre nous, enfants pauvres, mais tellement riches de cette vie de famille et d'école qui étaient les nôtres.
Pourquoi "les enfants de maintenant" n'y auraient-ils plus droit?
Pourquoi l'offrir à une petite africaine pauvre mais excellente à l'école?
Parce qu'elle est riche de cette chaleur humaine dont vous parlez et que l'on retrouve dans ce livres...
Riche de tous ces petits bonheurs...
Ecrit par : Maminou | 30 août 2007
Prétendre qu'il faut une autre organisation du temps scolaire sous prétexte qu'on est en ZEP, c'est-à-dire que les enfants des ZEP ne méritent pas des vrais cours, c'est en effet du racisme. Je n'osais pas le dire. Vous l'avez fait, P.Azimont.
Ecrit par : Jean | 30 août 2007
Demain:
"La Juridiction administrative : une arme syndicale moderne
L'action des groupes constitués, pour être efficace, doit assimiler la judiciarisation de la vie sociale et économique. Désormais, il est plus réaliste, pour faire valoir ses droits, de s'adresser aux magistrats plutôt qu'aux politiques ou aux fonctionnaires d'autorité.../...
Le SNVEL entend désormais utiliser le recours à cette juridiction, comme une épée de Damoclès, suspendue au dessus des rédacteurs de textes si défavorables à notre Profession que nous mettrons tout en œuvre pour faire démontrer qu'ils sont contraires au Droit."
Pas demain! Reçu aujourd'hui...
Il me semble avoir tenté de vous en toucher deux mots il y a quelques semaines.
Ceci dit, la vraie misère, je l'ai croisée aujourd'hui sur le torse d'un enfant de cinq ans qui portait un tee-shirt où étaient inscrits ces mots: "il est interdit de me gronder!".
Contre cette petite phrase, vous ne pourrez pas grand chose.
Ecrit par : dobolino | 30 août 2007
Dans cette lettre syndicale, il y avait aussi ces phrases:
"
Là encore, quoiqu'en dise la sagesse populaire, il n'est pas incongru de mordre la main qui vous nourrit, si elle vous nourrit mal.
.../...
Quelle que soit la décision du Conseil d'Etat, ce dernier ne manquera pas de fournir des motifs qui représenteront un guide de lecture, impartial et éclairé, de ce décret."
Vous me direz que ça n'a rien à voir... Ce sont pourtant des techniques modernes de combat que n'hésiteraient ou n'hésiteront pas à employer les Associations de parents d'élèves.
Ecrit par : dobolino | 30 août 2007
A lire, dans le Charlie-Hebdo de cette semaine, un excellent(comme souvent) édito de Philippe Val, "pour aller à gauche, c'est par où", dont j'extrais une phrase:
"Le travail ne peut en aucun cas être la même valeur pour la droite et pour la gauche. Pour la droite, il est un élément disciplinaire qui, de surcroît, procure ce qui est nécessaire à la survie. La droite ne voit aucun inconvénient à ce que la survie occupe toute la vie, elle le conçoit comme le plus long possible. La gauche refuse cette conception et se bat pour que le temps consacré à la survie soit le plus court possible. Le reste de l'activité humaine relève du choix et de l'enthousiasme".
Bonne lecture, et bonne fin de journée.
Ecrit par : Christophe Sibille | 30 août 2007
Le texte de Jean-Paul est superbe et très émouvant.
Pour tous ceux qui travaillent en ZEP, il est évident que les petits Noirs et Maghrébins qui y sont demandent à être instruits comme les autres enfants : ils ont des capacités intellectuelles identiques. Honte à ceux qui disent le contraire.
Pour rompre un peu le sérieux du propos, j'ai retrouvé ce texte qui montre où on en est arrivé.
Il montre que les pédagos ont bien couvé "l'oeuf de serpent du constructivisme". (Tous les adeptes de "la main à la pâte" feront je l'espère leur mea culpa.)
J'ai appris le théorème de la poussée d'Archimède il y a bien longtemps, mais je m'en souviens comme si c'était hier.
Voici ce que les évidents progrès du constructivisme sauce Charmeux donnent, en clochardisant ce pauvre Archimède. A pleurer de rire, malgré le tragique de la situation.
Amitiés.
Anne-Marie.
André Vaschalde, I.P.R. de physique dans l'Académie d'Aix-Marseille, en inspection dans une classe de 3e, a relevé fidèlement les réponses des élèves à qui l'on demandait d'interpréter l'expérience classique mettant en évidence la poussée d'Archimède.
Stéphane ( 14 ans) : Si on met un objet dans liquide le poids diminue car l'objet prend de la place le liquide est récupérer et est remis dans un vase donc le poids redevient pareil
Sandy (16 ans) : Cette expérience montre que l'eau afaibli de volume du poids puisque nous pouvons nous apercevoir que l'objet sans eau est plus lourd que le même objet avec de l'eau par contre si on enlève le même pourcentage d'eau pour la mètre dans un ver, l'eau est plus lourd de 0,1 N. L'archimède est egale aux poids de l'eau
Benoit (14ans) : Lorsqu'on met un poids dans l'eau le niveau monte et s'écoule dans un récipient. Le poids a diminué (pas en vrai) si l'on reprend le liquide et qu'on le reverse au dessus du poids cela revient au poids initial
Julien( 14 ans) : le poids de l'objet en l'air est égal au poids de l'objet dans l'eau +le liquide déplacé.
Christelle (13 ans) : L'eau transportée dans le verre est égale à la poussée d'Archimède.
Amélie (14 ans) : aucune réponse
Sébastien (14 ans) : une force peut agire sur l'eau ou les liquides. Cette force est la poussée d'Archimède. (En rajoutant au poid plongé dans l'eau l'écoulement qu'il a exercé hors du récipient)
Christelle (14 ans) : lorsque l'on met l'objet dans l'eau, celle-ci que l'on récupère et que l'on rajoute dans le gobelet et comme si on n'avait pas mit l'objet dans l'eau
Céline ( 14 ans) : L'eau déplacée fait le même poids danc lorsque on pèse avec l'objet, il fait toujours le même poids. C'est comme si on avait pesé l'objet sans eau.
Élodie ( 14 ans) : le poids joue un rôle important dans la poussée d'Archimède
Audrey (14 ans) : Cette expérience montre que si l'on met un objet lourd dans de l'eau, l'objet va prendre la place du liquide et il sera plus léger mais si l'on remet du liquide l'objet retrouvera son poids normal.
Jefferson (14 ans) : le poids de départ que l'on met dans l'eau est le même quand on a retranvider l'eau qui est sorti du bec verseur grace à l'emertion de l'objet
Laetitia (14 ans) : On peut voir que lorsque l'objet est dans l'eau celui-ci est soulevé. l'eau qu'il l'entoure perd de son volume. Lorsque l'on remet le volume d'eau perdu à l'objet on remarque que celui-ci reprend son poids initiale
Martial (15 ans) : un corps plongé dans un liquide en déplace autant que son propre volume
Sébastien ( 15 ans) : l'eau allège l'objet qui y est plongé et que si on rajoute de l'eau dans ce récipient, selon la quantité on retrouve ce poids initial
Laetitia (15 ans) : lorsque l'on rajoute un objet dans une masse d'eau celui-ci fait augmenter son volume et fait déborder l'eau. On recueil l'eau débordée et qu'on rajoute ensuite dans un autre objet on constate que l'intensité est la même qu'avant.
Émeline (14 ans) : lorsque l'on place un objet dans un pot à verseur rempli d'eau le dinamomètre indique 1,4 alors qu'il était à 1,5 et que lorsque l'on rajoute de l'eau coulée il revient à 1,5
Marjorie ( 15 ans) : lorsqu'on immerge l'objet dans l'eau celui-ci devient plus léger. Et l'on recueille l'eau déversée par le bec et qu'on la rajoute à l'objet : Il retrouve son poids du début
Élodie (14 ans) : l'objet fait toujours le même poids (qu'il soit dans l'eau ou pas)
Sandy (14 ans) : quand on récupère l'eau tombée du récipient à cause du poid de l'objet et qu'on la rajoute (dans une autre expérience) avec l'objet, on s'aperçoit que l'eau ne déborde plus donc que le poids n'augmente plus
Sandrine ( 14 ans) : Quand on immerge un objet, le niveau de l'eau augmente et que le poids de l'objet diminue
Cédric (16 ans) : Quand on met un objet dans l'eau. Le poids de l'objet fait augmenter l'eau qui sort par le bec la quantité d'eau et égale au volume de l'objet. le poids de l'objet diminue.
Naïla ( 14 ans) : la force de la poussée d'Archimède est pareille que quand le liquide a été déplacé
Christelle( 14 ans) : le poid de l'objet change légèrement quand on le plonge dans l'eau mais redevient le même quand on y ajoute le liquide déplacé par l'immersion de l'objet.
Fabien (15 ans) : le force avant que l'objet ne soit immergé est la même que lorsqu'il est immergé mais alourdi
Christophe (14 ans) : Un objet d'un poids donné (sans être immergé) a un poids inférieur quand il est immergé. Dans un récipient rempli d'eau, quand on plonge un objet, il prend de la place ; si ce volume d'eau est replacé sur l'objet, ce dernier a le même poids qu'à l'air libre.
Daniel (14 ans) : si on met un objet dans de l'eau et que on rajoute au poids de l'objet et le poids redevient le même qu'au début
Francky (15 ans) : C'est expérience montre qu'il y est un objet ou pas le nombre N est toujours pareil et sauf que le volume augmente.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 30 août 2007
De quand date cette merveille, Anne-Marie?
De toute façon, je vous trouve bien négative, car ces enfants, certes, ne savent strictement rien, même pas réfléchir, mais, pour reprendre un mot impérissable de Madame Weiland, "ils n'ont pas fini leurs études"!
Je tiens "La main à la Pâte", personnellement, pour une sombre idiotie.
Ecrit par : Jean | 30 août 2007
Avez-vous entendu parler de l'homme qui a mal au genou, et qui s'essaie à communiquer sa douleur ? - je fuis, oui je sais que vous connaissez.
On peut dire aujourd'hui comment c'était hier, cela changera-t-il grand'chose ?
Il y a quelque chose de changé dans le Royaume, force est de le constater et d'en tenir compte, si on veut pouvoir agir sur.
Pas une chose, toute une constellation de faits qui se mettent bout à bout et qui transforment et l'école et les enfants qu'on y reçoit, qui transforment les parents et les professeurs, les entrepreneurs et les Au bon beurre.
Même les vétérinaires ne sont plus comme dans le temps, même eux sont là les premiers à vous engager à castrer, piquouiller, tatouager, prendre soin de, et attention madame, songez à la psychologie de la bête, chatte bien apprise pas plus de trois choses ne retiendra et tout ci et tout ça. Vrai ou pas, Dobo, Yann? Les vétos de ma maman à moi ne lui causèrent jamais de la psychologie de ses ... bêtes.
Et dans ce qui a changé, on peut relever la notable entrée en force de la culpabilisation à tous niveaux, et allez qu'elle commence au berceau, oh vilain bébé qu'abîma le joli ventre de sa maman, oh vilain moutard qui voulait boire au sein, et on enchaîne sur cet infâme petit être de trois ans qui prétend être roi, et on poursuit sur le plus grand qu'a la faiblesse insigne de vouloir être Napoléon ou rien.... et quand vous arrivez, éreinté, à l'âge où vous espérez que cela se tassera, revoyez donc vos espoirs à la baisse : maman ne boira ni ne fumera - prendra garde à prendre du plaisir, bébé intra aime parait-il son papa là, prendra soin de ne pas le maudire, 'il' sent tout. N'oubliera pas de consulter pédiatres et psychologues, ne saura pas qui appeler à l'aide, bah les mamans devenues mamies n'assurent guère ce nouveau rôle, et et et... suffit d'aller dans une maison de la presse pour la trouver triomphante l'entreprise culpabilisante généralisée...
Et ça, mon dieu ça, c'est nouveau.
Ca, ça fait des parents qui iront faire suer les enseignants supposés inaptes.
Des parents terrifiés à l'idée de mal aimer leurs enfants - coupables jusqu'au fond de l'âme de les avoir traumatisés -
dépendants jusqu'à la mort des traumatismes légués par leurs parents,
coupables de polluer la planète juste pour pouvoir exister,
coupables de laisser tomber et jeter l'éponge, trop lourde la charge consistant à ne jamais traumatiser qui que ce soit,
De quoi diable ne sont-ils pas coupables, les parents de nos élèves? Et leurs professeurs?
Alors, n'est-ce pas, c'est humain vous comprenez bien, on compense - on court ici là pour échapper au grand mal moral inavoué - on tape sur les autres, ces cons, au moins ça fait du bien de faire un peu de mal - et on accumule excuses et compassion, tout ça, au fond, est bien normal et nous empêchera durablement d'utiliser les leçons de notre passé - de vos passés.
J'aimerais assez qu'on parvienne à compenser en mettant ces culpabilités à distance, en les assumant, en les assimilant, qu'on parvienne à dépasser cela les uns et les autres, qu'on ne tape que sur les gens qui le veulent bien et pas sur les autres, tant qu'à faire, qu'on rende obligatoires les leçons de boxe s'il le faut, mais qu'on parvienne, en acceptant notre époque, à faire évoluer cette époque. Et qu'on utilise le passé comme guide, comme référent ( ah! l'iufm ineffable lexique !) , qui permet de trouver les particularités de notre présent.
Ecrit par : Milady | 30 août 2007
Dans le genre interprétations pré-scientifiques, on peut relire Bachelard et Freud.
Ecrit par : Milady | 30 août 2007
Dans le genre interprétations pré-scientifiques, on peut relire Bachelard et Freud.
Ecrit par : Milady | 30 août 2007
J'ai appris le théorème de la poussée d'Archimède il y a bien longtemps, mais je m'en souviens comme si c'était hier.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 30 août 2007
Allons-y! tenez, pour occuper quelques minutes de votre après-midi, Anne-Marie...
I Pesée d'un bêcher contenant de l'eau : masse m1. On suspend un solide S de masse m à un ressort de constante de raideur k. Celui-ci s'allonge d'une longueur x1 à l'équilibre. On plonge le solide S dans le bêcher (masse d'eau déplacée me ). On observe un nouvel équilibre avec un nouvel allongement x2 du ressort et une nouvelle lecture de masse m2.
1)Établir l'expression de l'allongement x1 en fonction de m, g et k ( g =9,8ms-2)
2)Établir l'expression de l'allongement x2 en fonction de ms, me, g et k. Comparer à x1
3)En étudiant le système " eau + bêcher " exprimer la différence de pesée m2 - m1.
II Déterminer le poids d'une sphère en bois de rayon r = 20cm. Faire de même pour une sphère creuse en acier, de rayon r = 20cm et d'épaisseur e = 8mm. Masse volumique en kg m-3 bois :700 ; eau : 1000 ; acier :7800 Déterminer la poussée d'Archimède qui s'exercerait sur chacune de ces sphères si elles étaient totalement immergées dans l'eau. Ces sphères pourraient-elles flotter à la surface de l'eau ? si oui quelle est la fraction du volume immergé ?
III
Un iceberg a un volume émergé Ve,= 600 m3 . Sa masse volumique est r1 = 910 kg.m-3 celle de l'eau de mer est r2 = 1024 kg.m-3 .
Schématiser l'iceberg flottant et préciser les forces auxquelles il est soumis lorsqu'il est à l' équilibre.
Trouver une relation entre le Volume émergé Ve, volume total Vt et les masses volumiques
Calculer le volume Vt et la masse de l'iceberg.
On voit là la dégradation de l'enseignement depuis cinquante ans, car, j'avoue que contrairement à Anne-Marie qui a tenu Rocard bébé dans ses bras avec son compère JPB, je suis bien incapable de résoudre là tout de suite ces exercices sans une petite remise à niveau que je n'ai guère envie de faire.
Ecrit par : dobolino | 30 août 2007
Très belle description en effet : je m’y reconnais puisque nous sommes de la même génération.
Il y a quand même aujourd’hui une misère qui n’existait pas autrefois : la misère politique. Et elle n’est pas sans effet sur le problème de l’école. Pas le temps de développer.
L’ « économiste de Télérama » est Eric Maurin. C’est un strauss-khanien, spécialisé dans les questions scolaires. Autrement dit un social-libéral (comme Dubet, qui est aussi strauss-khanien). Thomas Piketty et Eric Maurin sont les « nouveaux économistes » du PS. Symptôme entre autres de cette misère politique que j’évoquais plus haut.
Ecrit par : Pedro Cordoba | 30 août 2007
Je rectifie humblement : je ne me souviens que de la définition, et serais bien incapable de résoudre ces problèmes ! Chère Dobolino, vous me mettez au pied du mur...Mais je ments...le moins possible.
Par contre, je serais capable d'aider des enfants même du collège en maths : ils sortent du primaire en sachant si peu de choses qu'un livre de calcul élémentaire datant de 1923 ferait d'eux les meilleurs de leur classe.
Cherchant si le projet SLECC était répertorié par l'Education nationale, j'ai eu la surprise écoeurée de trouver ceci, qui va faire s'étrangler Michel Delord.
[L'Education nationale reçoit ses conseils de la ] "Comission mathématique rattachée au Groupe d'Experts pour les programmes de l'école primmaire.
Pilotée par Roland Charnay, composée de Mmes Luce Dossat, Catherine Houdement, Nicole Matulik, Mrs Jean Fromentin, Guy Pigot, et Paul Planchette.
Ce qui peut être attendu en fin d'école primaire :
7805 : 27 (division avec "potence", mais avec les soustractions sous le dividende)
27 X 9 27 X 8
La technique "dépouillée" (je suppose que cela veut dire sans poser les soustractions sous le dividende ?? ) de la division n'est pas une compétence visée, ni à l'école primaire, ni au collège."
Le "café pédagogique " figure aussi en bonne place.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 30 août 2007
PS : je n'étais pas née à la guerre de 14-18
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 30 août 2007
"Le sursaut ne se décrète point, il s’organise. "
Ecrit par JPB.
Bien d'accord. Mais il faut une vraie volonté politique sinon on risque fort d'en rester à l'échelle de l'expérimentation, à "des îlots de survie". Et je doute que cette volonté politique soit là parce qu'économiquement, dans la logique dans laquelle nous sommes embarqués, on n'a pas besoin d'une masse cultivée.
Notre système économique est en train de se construire fort bien sans.
Misère du politique qui est pris en ôtage. Cordoba a raison, comme d'habitude ( sauf quand il parle des femmes :-))
Ecrit par : Thalie | 30 août 2007
Superbe et émouvant ton texte Jean-Paul!
Je travaille avec des élèves de grande section dans un secteur de campagne plutôt socio- culturellement défavorisé. En fin d'année, 80 pour cent d'entre eux sont lecteurs et les autres le seront dans les deux premiers mois du CP car ils sont solidement préparés; si tu voyais leur soif d'apprendre et leur enthousiasme ! pas de bonnet d'âne , pas de coups de règle sur les doigts mais le plaisir de travailler en groupe avec une méthode active ( même quand on est au GRIP!). La plupart du temps les gamins s'emmerdent à l'école, lorsqu'on leur propose une véritable nourriture intellectuelle, ils deviennent voraces et vous offrent tout naturellement le respect. Y'en a mare de cette attitude compassionnelle généralisée qui est bien souvent l'alibi du renoncement. Le respect que l'on doit aux élèves ( même petits) passent par la transmission des savoirs. Les gamins de maternelle sont évalués( hé oui, c'est malgré tout possible!) dans un livret de "compétences" ( une vingtaine minimun!), ces compétences sont plus inutiles et débiles les unes que les autres; elles sont, de plus, souvent des jugements psycho- affectifs absolument inadmissibles. Les adultes sont perdus,ils ne savent plus ce qu'est un enfant, ils le jaugent et le jugent sans rien lui offrir hormis des satisfactions immédiates et des coloriages codés.
Collègues de maternelle, arrêtez d'évaluer du vide, proposez à vos élèves une progression cohérente servie par une pédagogie explicite et active! Aux chiottes les évaluations bidons!
Encore bravo pour ton texte!
Thierry Venot
Ecrit par : venot thierry | 30 août 2007
"L’ « économiste de Télérama » est Eric Maurin. C’est un strauss-khanien, spécialisé dans les questions scolaires. Autrement dit un social-libéral (comme Dubet, qui est aussi strauss-khanien)."
Eh m****, moi qui croyais que Strauss-Kahn valait mieux que les autres...
Ecrit par : Jeremy | 30 août 2007
Archimède :
"Tout corps plongé dans un liquide en ressort mouillé."
ou
"Tout corps plongé dans un liquide, s'il n'est pas remonté à la surface au bout d'une demi-heure, doit être considéré comme perdu."
Les anciens auront reconnu "la foire aux cancres".
Ecrit par : yann | 30 août 2007
Oui ! Ça y est, ça repart ! Et dans le bon sens ! Vous m'en voyez ravie !
Et dans ma classe de GS/CP/CE1, c'est comme dans celle de Thierry, tout le monde est heureux d'apprendre et apprend réellement. Et les petits "habitués du compassionnel" oublient bien vite qu'ils avaient toutes les excuses pour renoncer et échouer.
Ecrit par : catmano | 30 août 2007
"Tout corps plongé dans un liquide finit par avouer" (Elena Ceaucescu, Carnets secrets, Flammarion, 1990) (1)
(1) En fait, splendide pastiche dû à Patrick Rambaud et Francis Szpiner, spécialistes de la chose. — Rambaud, surtout. Le livre est très rare, la jaquette prodiait la Pléiade et la NRF, mauvaise joueuse, l'a fait retirer du commerce pour contrefaçon. Ah, l'humour rue Sébastien-Bottin…
Ecrit par : Abraxas | 30 août 2007
bravo ! quelle démonstration !
un petit souvenir personnel de cet été :
comme toute mère brimante et indigne j'ai fait faire des dictées à mes enfants cet été ; ma mère (née en 1937, cinq frères et soeur, exode, enfance dans une ville rasée par les bombardements, une orange à Noël, certificat d'études c'est tout parce que pas de sous pour aller plus loin, bref une gamine comme il y en avait des milliers) ma mère donc, tend l'oreille au mot "dictée" et vient tranquillement s'asseoir avec nous avec feuille et crayon, pour "faire la dictée" ; à ses petits enfants stupéfaits (le mot est faible !!!) qui demandent "mais pourquoi tu fais la dictée mamie ?" elle répond avec des étoiles dans les yeux "pour le plaisir !" !!! après ça je n'ai plus eu de mal pour mettre la jeune génération au boulot...et le petit dernier trouvant la sienne "trop courte" m'en a redemandé !
Ecrit par : fabienne | 30 août 2007
Merci JPB pour ce beau texte -- avec une nuance cependant : nous vivions petitement, mais nous ne le savions pas. Il n'y avait pas la télévision, avec ses milliers de chaînes que proposent les satellites, ni le ouèbe, ni la presse djûnn, ni le pipeul ( "Points de vue-images du monde", l'actualité des rois et reines, ce n'était pas Paris Hilton). Dans mes Basses-Alpes natales, nous ne savions pas ce qu'étaient les riches, car nous n'en avions jamais vu, et nous n'étions tentés par rien parce qu'il n'y avait pas de médias pour nous faire miroiter tout le soi-disant désirable et nous persuader que nous manquions de l'essentiel, càd du superflu. Mutatis mutandis, nous étions encore comme le jeune Camus dans les années 30 : environnés d'une nature sublime, avec du soleil dix mois par an, des villages enneigés l'hiver comme des crèches, des reines-claudes à aller chiper au cabanon de la mère Miane, les marchands de brousse ou de pogne qui criaient sous les fenêtres, et le passage annuel des moutons qui traversaient la petite ville pour gagner les alpages : c'étaient les grands événements de nos enfances compactes et immobiles. Nous nous trouvions même à l'aise, pour ne pas dire nantis, en voyant les petits copains pieds-noirs ou harkis, tremblants de froid dans leurs vêtements trop légers, complètement traumatisés, dépaysés, perdus. C'était il y a plus de quarante ans, ne l'oublions pas. La pauvreté était alors la norme dans ces campagnes des Alpes du sud. Le problème aujourd'hui, c'est le fric qui s'exhibe, la vulgarité, le mauvais goût gling-gling, les fortunes vite faites ( jet-set, spéculation, vedettes à la flan, sportifs, star-académie, loft et j'en oublie) : aujourd'hui les pauvres voient bien qu'ils sont pauvres -- et que d'autres ne savent plus quoi faire de leurs sous. Comme l'écrivait pertinemment le maître des lieux dans "La Fabrique du crétin" : pourquoi bosser en classe, quand on peut gagner le SMIC par jour en dealant ? Et je rajoute : pourquoi étudier, quand la star-ac, la nouvelle star, l'île de la tentation, montrent la voie à suivre ? Comme l'écrit très bien P. Cordoba, la misère politique est la pire de toutes : plus de parti, plus de syndicats, plus d'Eglise même, pour créer de la conscience et du "lien", comme disent les khuistres. Au pire, l'imam intégriste de service, ou les petits caïds du quartier, y compris à la campagne d'ailleurs. Seuls de nouveaux hussards de la République pourraient , et ce n'est même pas sûr, inverser la tendance. Voilà où est le défi.
Ecrit par : FGuichard | 30 août 2007
"plus de parti, plus de syndicats, plus d'Eglise même, pour créer de la conscience et du "lien", comme disent les khuistres."
Je n'ai aucun attachement ni pour les partis, ni pour l'Eglise, ni même pour les syndicats (en tout cas pas pour ce qu'ils sont actuellement). La conscience et le "lien" doivent bien pouvoir passer par autre chose (je propose : la culture, le savoir ?)
Ecrit par : Jérémy | 30 août 2007
Ce que vous dites, Fabienne, est émouvant.
Très jolies aussi, FGuichard, ces quelques lignes sur votre enfance.
Ecrit par : Jean | 30 août 2007
La conscience et le "lien" doivent bien pouvoir passer par autre chose (je propose : la culture, le savoir ?)
Ecrit par : Jérémy | 30 août 2007
Alors là, risque d'être lâche, ce lien.
La joie d'être ensemble se fait rare, c'est un constat amer, tant pis !
Ecrit par : D'Enguell | 30 août 2007
"La joie d'être ensemble se fait rare" : c'est une citation d'un militant socialiste à l'Université d'été du Parti ?
Ecrit par : Jérémy | 30 août 2007
Au fait, personne n'a réagi à cette histoire d'une heure de sport en plus à l'école primaire ?
C'est bien (QUI pourrait dire le contraire ??), d'autant que les instits actuelles sont meilleures en crawl qu'en histoire de France, mais alors dans la rubrique "j'aime le consensus", Darcos va voler la palme à Jack Lang !
Du sport en plus, de nouvelles commissions, la revalorisation "morale" des profs, le maintien des prix des fournitures quand tout le monde les a déjà achetées... Dites donc, pour l'instant, la rue de Grenelle n'est pas dépaysée. Y a des cocktails onéreux et des colloques inutiles de prévus, j'espère ? La rupture, ce sera peut-être le changement du fournisseur de petits fours.
Ecrit par : Jérémy | 30 août 2007
Très idylliquement Rousseauiste, F.Guichard votre tableau pastoral des pauvres pas si pauvres. Mais il y a 40 ans, allez 50, l'hiver 1954, des gens qui meurent de froid, qui dorment dans des cartons, les bidonvilles encore existants. Et puis les cités HLM où il faisait moins bon vivre que dans un petit village des Alpes.
Il y a toujours eu des pauvres, F. Guichard, et je ne crois pas qu'il y ait eu d'époque où cela a été agréable.
Ecrit par : Thalie | 30 août 2007
"Très idylliquement Rousseauiste, F.Guichard votre tableau pastoral des pauvres pas si pauvres" écrit Thalie.
Moi, rousseauiste ? Certainement pas. Je vous renvoie à ce que j'ai écrit ici même il y a qq mois sur le cher Jean-Jacques ( "la faute à Rousseau ?) . Et rien d'idyllique dans ce que je raconte : on vivait petitement dans les Basses-Alpes, très petitement même, voilà tout. Je n'ai jamais insinué qu'il n'y ait pas eu de bidonvilles à Marseille ou Paris, ni des gens pour crever de froid pendant l'hiver 54 (j'avais 6 mois, en ce temps-là), encore moins que la pauvreté ait pu être agréable à qui que ce soit . J'ai simplement fait remarquer qu'on ne la ressentait pas de la même façon, parce qu'elle n'était pas aggravée par l'exhibition obscène du fric et des paillettes, des cours de la Bourse et de TF1. Pour parler vulgairement, on était des pégreleux, habillés comme des "piacampi" ( en provençal dans le texte) et nourris de manière fort peu diététique, on n'allait pas chez le pédiatre parce qu'il n'y avait pas de pédiatre, mais comme on ne se doutait pas que cela puisse exister...
Ecrit par : FGuichard | 30 août 2007
Aaaaah, nom d'un chien, ça fait du bien de lire votre papier, JPB !
Merci aussi à Brigitte Guigui pour son texte plein d'émotion.
Bien sûr, les temps ont changé. Notamment sur un point : les enfants d'après-guerre n'avaient pas encore été définis comme des cibles de choix par les experts du marketing.
Pourtant, à notre époque aussi, l'immense majorité des élèves de ZEP -en tout cas dans les écoles primaires- n'hésite pas longtemps entre un poème de Verlaine, Ronsard, Hugo, Vigny, Rimbaud... et une ineptie du genre "Charlotte aime la compote, Sabrina aime le chocolat, Fahade aime la moutarde, etc." !
Pire, ils en demandent et en redemandent. Il faut les voir quand ils découvrent qu'un pied peut être autre chose qu'un appendice qui sert à latter les autres ou à taper dans un ballon... Et ne parlons pas des alexandrins : fascination et délectation garantie !
N'en déplaise aux cloportes, ces élèves n'attendent qu'une chose quand ils franchissent les portes de l'école : faire ripaille de maths, grammaire, conjugaison... et croquer à pleines dents notre patrimoine littéraire et artistique.
Le fait est qu'ils se montrent particulièrement reconnaissants, ainsi que leur famille, envers ceux qui leur permettent de recevoir les mêmes nourritures que les "bourges" comme ils disent !
Ecrit par : Un hussard | 30 août 2007
"La joie d'être ensemble se fait rare" : c'est une citation d'un militant socialiste à l'Université d'été du Parti ?
Ecrit par : Jérémy | 30 août 2007
Vous êtes sûrement mieux placé que moi pour le savoir, mon ami. Ce que dit FG de l'existence d'un lien n'a rien de partisan, c'est tout au plus politique. Ce lien n'est certainement plus le foutebole, mais à l'échelle nationale, ce ne sera certainement pas la culture ou le savoir.
Vous pouvez le vouloir très fort, ça ne changera rien.
Ecrit par : D'Enguell | 30 août 2007
J'ai bien dit "je propose".
Et si vous avez qqch de mieux, dites quoi, du moment que ce n'est pas l'Eglise, les partis ou les syndicats (d'autres syndicats peut-être ? là, je veux bien...)
Ecrit par : Jérémy | 30 août 2007
quel est ce fier hussard qui ose parler à nos têtes blondes destinées à remplacer Nougaret de pieds et non de syllabes? adieu le grand choix pour ce fétichiste du pied
Ecrit par : Quintilien | 30 août 2007
ou quelque partouzeur de l'hémistiche comme le chantait autrefois Léo... Mais qui écoute encore Léo ?
Ecrit par : quintilien | 30 août 2007
nonobstant notre vaillant hussard
dit vrai: des gamins des quartiers nord marseillais chers à notre hôte me remerciaient en disant "on vous a l'an prochain? parce qu'avec vous au moins on travaille". Etonnant non?
Ecrit par : quintilien | 30 août 2007
C'est la plus mauvaise instit de son département selon sa hiérarchie : 10/20 pour douze années dans le métier !
Ecrit par : Un hussard | 30 août 2007
relevée dans les Echos du 23/08 et à méditer:
déclaration de Nicolas Sarkozy à propos de la suppression de 11000 postes:
" Il ne s'agit pas de créer de la pénurie en supprimant des postes, mais dans l'Education je souhaite que les enfants effectuent moins d'heures"
et Darcos il en pense quoi?
Ecrit par : anonymusnongrata | 30 août 2007
Remarquez, cette histoire de pieds, c'est épatant pour réconcilier les zapprenants ribambellisés (ou mikaïsés, ou abradalirisés...) avec les E muets. Un ch'ti coup de syllabique façon Boscher là-dessus et, hop, emballé c'est pesé !
Ecrit par : Un hussard | 30 août 2007
"Remarquez, cette histoire de pieds, c'est épatant pour réconcilier les zapprenants ribambellisés (ou mikaïsés, ou abradalirisés...) avec les E muets", écrit Un Hussard.
Mon pauvre monsieur, s'il n'y avait que les zapprenants ribambellisés pour massacrer les alexandrins -- qui, entre parenthèses, se comptent en syllabes et non en pieds, un "pied" étant, stricto sensu, un ensemble de plusieurs syllabes obéissant à une structure rythmique fixe, par exemple le dactyle qui fait longue brève brève, ou le spondé qui fait longue longue. Si cela peut vous consoler ( ???) les candidats aux concours de recrutement de l'Ed Nat, qui ont plus de 20 ans et parfois davantage encore, sont tout aussi incapables de lire correctement des vers, parce qu'ils ne savent pas ar-ti-cu-ler, et que leur référence à l'oral est J.-Pierre Pernaud (dans le meilleur des cas) et les animateurs de radios-djûnns dans le pire, (ceux dont le regretté Desproges, qui nous manque plus que jamais, disait que leur QI était inférieur à leur température anale).
Revenons à la lecture à haute voix. Exemple, "L'jour n'est pas plus pur qu'le fond d'mon coeur", où l'alexandrin racinien devient un vers de neuf syllabes sans que cela trouble en quelque façon le candidat, pardon, l'candidat. Pas mal aussi, "L'vierg', l'vivac', et l'bel aujourd'hui", octosyllabe ça va de soi. Ou, inversement , en diction TF1 : "Le joureuh n'est pas plus pureuh que le fond de mon coeureuh", ce qui nous met à quinze. Un carnage. Précisons de surcroît que beaucoup de ces jeunes gens écrivent comme ils parlent, ce qui nous donne dans les copies "boulverser", échappatoir", "Rablais" (l'auteur de "Gargantwa" ?), "Didrot", mais "Prouste", allez savoir pourquoi. Enfin, par un intéressant jeu de métathèse, mon préféré, qui est en passe de devenir la norme , "omnibuler". Bref les copains, ya du boulot sur la planche. Heureusement qu'avec moins d'heures de cours et 11.000 postes en moins, on va réussir ça ze fingers in ze nose :-)))
Ecrit par : FGuichard | 31 août 2007
Stultissima sum ! Merci pour le rappel sur les pieds. Il est épatant ce blog : on peut même y rafraîchir ses connaissances et y rectifier ses erreurs !
Ecrit par : Un hussard | 31 août 2007
J’ai vu hier soir dans le Monde des Livres (double page sur l’école) qu’Eric Maurin publiait un bouquin (en vente le 6 septembre). Le collège unique a été une réussite, la démocratisation avance, l’avenir est radieux. Il n’y a même pas eu de dévalorisation des diplômes. Il s’oppose sur ce point à Dubet et Duru-Bellat qui avaient fini par reconnaître le phénomène l’an dernier – phénomène d’ailleurs connu depuis les études faites à la fin des années 50 aux Etats-Unis et en Allemagne : mieux vaut tard que jamais. Maurin est l’inventeur d’une nouvelle discipline, « l’économie empirique de l’éducation ». Dubet, pour sa part avait inventé la « sociologie de l’expérience ». Deux très grands savants donc, qui ne se contentent pas de suivre les chemins battus de la recherche mais en bouleversent le champ. Dans un cas comme dans l’autre, cet appel aux « faits » (empirique, expérience) semble surtout destiné à évacuer les mathématiques. C’est d’ailleurs une tendance dominante en France parmi les économistes et les sociologues de gauche : l’économie mathématique et la sociologie du choix rationnel sont de droite. Comme ça, les littéraires qui ne sont pas très bons en lettres peuvent devenir de grands économistes et de brillants sociologues, régulièrement consultés par les journalistes et les politiques à titre d’experts : au moins on comprend ce qu’ils disent puisqu’il s’expriment en langue naturelle, celle de « l’expérience ». Maurin est à mon avis un économiste très médiocre. Il ne devrait pas être très difficile de démolir son bouquin. J’oubliais de donner le titre : « La Nouvelle Question Scolaire : les bénéfices de la démocratisation ».
Ecrit par : Pedro Cordoba | 31 août 2007
" Il ne s'agit pas de créer de la pénurie en supprimant des postes, mais dans l'Education je souhaite que les enfants effectuent moins d'heures"
et Darcos il en pense quoi?"
Ecrit par : anonymusnongrata | 30 août 2007
Intéressante, cette citation, anonymusnongrata... Quelle en est la source? En tous cas, si elle est réelle, ceux qui ont placé Nicolas Sarkozy où il est pour mener une politique scolaire ambitieuse risquent de déchanter assez rapidement.
Ecrit par : Cristophe Sibille | 31 août 2007
"Et Darcos il en pense quoi?"
Sûrement que pour les gâcher à faire de la garderie épuisante, les yeux rivés sur sa montre en espérant arriver au bout (ou à bout) de l'heure sans trop de casse, et pour faire perdre leur temps aux gosses avec des méthlodes inventées par des fous, ce n'est effectivement pas la peine d'en faire tellement, des heures.
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
J'ose espérer que Nicolas Sarkozy aura compris que la seule chose intéressante, dans le rapport du HCE, c'est la proportion hallucinante d'illetttrés (40%) que l'école primaire déverse dans le secondaire, et que tout ce que les Haut-Conseillers préconisent pour remédier à ce désastre n'est qu'un tissu d'âneries.
Pour restaurer "l'école de l'excellence et du mérite", il faut commencer par donner un énergique coup de balai dans les couloirs de la rue de Grenelle - n'était-ce pas aussi e projet de Xavier Darcos avant l'élection présidentielle? Première mesure: envoyer en retraite - anticipée, s'il le faut - les apparatchiks qui, en stoppant cyniquement l'ascenseur social, ont fait leur carrière et leur beurre sur le malheur des enfants de France et de leurs familles.
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
@ Christophe Sibille ,
la source je l'ai donnée: "les Echos" du 23/08 , petite phrase reprise d'ailleurs par "le Canard Enchainé" de cette semaine.
A lire tout ce qui a été écrit ces derniers temps sur ce blog, j'ai plutôt l'impression que ceux qui ont voté Sarkozy, l'ont fait dans l'espoir de raser les IUFM. Il semblerait que beaucoup aient des comptes à régler mais plus pour qu'on oublie qu'ils sortent d'une vieille école surannée et non pas d'un de ces instituts d'exception en matière de formation. Les nostalgiques du shout à la poussière de craie (c'est blanc ça fait illusion) et d'effluves d'encre n'ont pas encore été tous victimes d'overdose. Les anciens alias les sages s'échauffent mais leur vengeance est un plat qu'ils mangeront froid...Les vieilles querelles intestines de ce "grand corps malade" se transposent hystériquement...Les traitements proposés pour l'instant se trompent de cible et les formateurs en IUFM ,placés en première ligne sont les boucs émissaires...On sait tous comment Napoléon a sacrifié sa courageuse armée de grognards...
l'éternel recommencement...
M.... ,pour plagier Cambronne,des IUFM sortent aussi d'excellents enseignants! Alors pourquoi tant de haine?
Et que de fatuité!
Ecrit par : anonymusnongrata | 31 août 2007
Ceux qui ont voté Sarkozy , anonymusnongratus, l'ont fait parce que son idée de restaurer "l'école de l'excellence et du mérite" leur plaisait. La Sublime Pimbêche ne se cachait pas, au contraire, de vouloir transformer les professeurs en animateurs, et on savait qu'il y avait dans ses bagages Meirieu, Dubet, Frackowiak, Goigoux, toute cette faune qui, à vous lire, a toute votre admiration, ce qui est d'ailleurs votre droit. Donc le choix était vite fait.
Sur les IUFM, "instituts d'exception en matière de formation", vous ne croyiez pas si bien dire, car les dégâts qu'ils font sur la formation des jeunes professeurs sont en effet d'une gravité exceptionnelle.
Que les formateurs en IUFM en prennnent plein la figure vous attriste, ce qui est bien compréhensible, mais après tout ils ont choisi de participer à l'entreprise de destruction du système. On ne se retrouve pas formateur en IUFM par hasard, mais parce qu'on a fait allégeance et soumission aux dogmes les plus absurdes (la "pédagogie différenciée" en est un) et qu'on s'est assis, par ambition, sur sa conscience. Ils jouent un sale rôle, en effet, mais ils sont un peu comme Meirieu, ils ne comprennent pas pourquoi on leur en veut!
Enfin, il n'y a aucune haine dans tout cela. Simplement, cela fait vingt ou trente ans que vos amis sévissaient en despotes sur la pédagogie: après ces années de plomb, dont on voit les effets, une embellie se profile enfin. Permettez-nous de laisser éclater notre joie, même si nous avons tendance à croire, dans notre enthousiasme, que c'est déjà arrivé.
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
M.... ,pour plagier Cambronne,des IUFM sortent aussi d'excellents enseignants! Alors pourquoi tant de haine?
Et que de fatuité!
Ecrit par : anonymusnongrata | 31 août 2007
S'ils sont excellents en sortant de là, ils le seraient sans doute en sortant de n'importe où.
Et si les formateurs servent un peu de tête de turc ici, même si certains ne le méritent pas, Jean a raison, ils ne se sont pas réveillés formateurs un beau matin.
Dans au moins deux autres domaines que l'IUFM, je connais des formateurs qui sont de vrais incapables, sauf pour gérer les ambitions et leur carrière. Et ça marche !
Ecrit par : yann | 31 août 2007
Jean,
tout votre post transpire la haine gratuite...vous êtes pathétique dans votre orgueil! Mais qui êtes vous donc pour juger ainsi vos confrères qui ont choisi une autre voie dans l'enseignement? Leur êtes-vous donc tant supérieur?
Etes-vous tellement suffisant que vous vous êtes offert le luxe de refuser de mettre vos compétences aux services des futurs enseignants?
Puisque VOUS SAVEZ , que ne vous proposez vous donc pas pour réformer ces instituts que vous réprouvez tant! En salle des profs, avez-vous au moins le courage de dire à vos collègues, formés en IUFM, qu'ils l'ont été par des pleutres ignares , asservis à une idéologie abêtissante et abrutissante?
que suggérez-vous, que l'on plante les poteaux d'exécution ou qu'on rouvre les mines ou Cayenne pour y caser tous ces incapables?
Que Merieu, con-soeurs et con-frères aient pondu des inepties personne ne le nie ici!
Je n'ai qu'un souhait que Xavier Darcos passe vous lire et vous propose de diriger une commission d'enquête sur la réalité de l'enseignement en IUFM . Que vous y soyez plongé plusieurs mois , votre mauvaise foi y résisterait-elle?
Que de préjugés !
Ecrit par : anonymusnongrata | 31 août 2007
Yann ,
nous avons tous le souvenir , dans notre scolarité d'au moins un prof que nous trouvions nul et qui nous barbait avec des théories vaseuses,compte tenu de nos âges respectifs, il ne sortait pas de l'IUFM!
De surccroît votre dernier argument d'une certaine manière,apporte de l'eau à mon moulin...
Allez tout le monde dans le même sac et on fait la course...vous me donnerez le tiercé gagnant?
Ecrit par : anonymusnongrata | 31 août 2007
Oui, bien sûr ... mais ces dizaines de milliers de suppression de postes dans l'éducation nationale, vous croyez que c'est comme ça qu'on va y arriver?
Et cette télévision privatisée sur la promesse d'un mieux-disant culturel, on s'est bien foutu du monde, non?
Sur mon blog un pastiche de Céline « Tu ne seras pas déçu du Voyage », ou le président Sarkozy vu par Céline, si ça vous dit ...
Ecrit par : Frontere | 31 août 2007
Ce que je suggère, anonymusnongratus? C'est évidemment que l'on ferme immédiatement les IUFM et qu'on limite la formation des futurs professeurs à une série de stages pratiques dans les classes comme cela se faisait avant que vos amis décrètent que la pédagogie était une science (la "scientopédagologie", comme disait un autre visiteur de ce blog!) et qu'à ce titre nul n'était capable d'enseigner s'il ne s'était pas farci cinquante mille conférences diafoiresques et les vingt mille pages fumeuses de Meirieu.
Ce que je suggère, anonymusgratus? C'est qu'on expurge tous les textes officiels et tous les documents d'accompagnement des termes "séquence" et "pédagogie différenciée" ( et de leurs référents!) étant donné que c'est avec ces inventions que vos amis ont fait d'une école qui faisait la fierté de la France et l'admiration du monde un champ de ruines.
J'ajoute, anonymusgratus, que la suppression immédiate des IUFM entraînera logiquement celle de la Conférence des Directeurs d'IUFM, dont vous savez que l'objectif est la suppression des concours de recrutement et en particulier de l'agrégation (c'est vrai que dans les IUFM, les agrégés, on a du mal à les mater!). Je vous rappelle que l'agrégation, que vos amis ont en point de mire, fait l'admiration du monde entier et qu'au moment même où certains , en France, voudraient sa disparition, on nous conjure, à l'étranger, de surtout la conserver.
Quant à une "évaluation" des IUFM, cela fait longtemps qu'elle est réclamée, mais elle a toujours été refusée par vos amis. L'endoctrinement stupide pratiqué dans les IUFM est connu de tous. Il faut être sourd, ou avoir quelque intérêt à la pérennité du système, pour ne pas entendre les cris de colère et de désespoir de ceux qui ont subi cette rééducation forcée.
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
Jean vous êtes décidément étroit!et imbu-vable!
Où ai-je prétendu défendre des amis?
Je m'insurge simplement contre vos propos "ostracistes".
Vous n'avez donc qu'une solution radicale à proposer? Je plains sincèrement votre entourage, tant vous faites preuve d'un esprit borné et petit, monsieur" c'est moi qui a raison ,taisez-vous les autres"
Arrêtez une bonne fois pour toute de vous poser en donneur de leçons! le débat ne s'en portera que mieux!
Ecrit par : anonymusnongrata | 31 août 2007
Arrêtez une bonne fois pour toute de vous poser en donneur de leçons! le débat ne s'en portera que mieux!
Ecrit par : anonymusnongrata | 31 août 2007
A propos de "débat" Libération et Le Monde rivalisent aujourd'hui à 15 heures sur la toile. Le premier invite le pape Meirieu et le second Darkozi!
Nul doute la vérité va sortir du puits en attendant les conclusions de la commission Rocard!
Ecrit par : buntovchik | 31 août 2007
L'endoctrinement stupide pratiqué dans les IUFM est connu de tous. Il faut être sourd, ou avoir quelque intérêt à la pérennité du système, pour ne pas entendre les cris de colère et de désespoir de ceux qui ont subi cette rééducation forcée.
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
C'est la raison pour laquelle, cher Jean, le 1er ministre (si si...il existe et se répand en déclarations) Fillon s'est rendu ce matin à l'IUFM de Créteil et a adressé son message de réconfort aux jeunes professeurs. Ce n'est pas devant un parterre de vieux cons comme nous qu'il se serait risqué! Ils préfèrent nous envoyer l'arrière garde rocardienne!
Ecrit par : buntovchik | 31 août 2007
Cela vous agace visiblement, anonymusgratus, ou plutôt anonymegrate, que l'on rappelle des vérités gênantes sur les IUFM!
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
...les IUFM, "ces instituts d'exception en matière de formation" (anonymusnongratus)
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
C'est vrai que qualifier les IUFM d' "instituts d'exception en matière de formation" c'est soit ne pas être du tout au courant de ce qui s'y trame, ou être d'une mauvaise foi extraordinaire.
Ou être soi-même formateur IUFM (et défendre sa chapelle).
Est-ce le cas Anonymusnongrata?
Ecrit par : Loki | 31 août 2007
Le problème aujourd'hui, c'est le fric qui s'exhibe, la vulgarité, le mauvais goût gling-gling, les fortunes vite faites ( jet-set, spéculation, vedettes à la flan, sportifs, star-académie, loft et j'en oublie) : aujourd'hui les pauvres voient bien qu'ils sont pauvres --
Ecrit par : FGuichard | 30 août 2007
Le problème aujourd'hui, ce ne sont pas les fortunes vite faites car il y en a toujours eu! Ce sont les médias qui diffusent l'information, ce sont les éducateurs qui apprennent aux enfants à être revendicateurs car critiques, ce sont les revendications syndicales etc... j'en passe vous épiloguerez vous-même car je vous sais à peu près intelligents.
La conclusion pourrait être: muselons les médias, apprenons aux enfants à se taire et à obéir à l'autorité supérieure etc...
Allons, il est vrai que si notre brave peuple avait un peu moins accès à toute forme de revendication, suffisamment faim pour être motivé au travail, suffisament écrasé d'heures de travail pour être fatigué le soir, il empoisonnerait moins la vie de la Nation.
Ecrit par : dobolino | 31 août 2007
La conclusion pourrait être: muselons les médias, apprenons aux enfants à se taire et à obéir à l'autorité supérieure etc...
Ecrit par : dobolino |
Bien sûr. Dans le même genre, lire J. Swift, "A Modest Proposal" - un jeune auteur irlandais - essai dans lequel l'auteur nous explique logiquement qu'afin de mettre un terme à la famine en Irlande, il suffirait que les Irlandais mangent leurs propres enfants.
Le pédagogisme, c'est pareil. Ca tient de la même logique. Vos enfants ne réussissent pas à l'école? Détruisons l'école. Ils réussiront, du coup.
Vous trouvez que les professeurs en savent un peu trop sur tout? Vous les trouvez pédants, voire désagréables? Ne vous inquiétez pas, dorénavant on formera les profs en IUFM, et ils n'en sauront pas plus sur Montesquieu que votre boulanger.
Welcome to dystopia...
Ecrit par : Fenrir | 31 août 2007
"Ce que je suggère, anonymusnongratus? C'est évidemment que l'on ferme immédiatement les IUFM et qu'on limite la formation des futurs professeurs à une série de stages pratiques dans les classes comme cela se faisait avant que vos amis décrètent que la pédagogie était une science (la "scientopédagologie", comme disait un autre visiteur de ce blog!) et qu'à ce titre nul n'était capable d'enseigner s'il ne s'était pas farci cinquante mille conférences diafoiresques et les vingt mille pages fumeuses de Meirieu."
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
Sérieusement, Jean, y avez-vous déjà mis les pieds?
Je suis formateur en IUFM. Et n'ai fait allégeance à rien du tout. Et je suis très loin d'être le seul. Mais j'ai déjà dit cela un bon nombre de fois! Et, encore une fois également, je suis issu des CPR, et n'en garde pas un bon souvenir.
Je peux vous faire parvenir, (ou vous suggérer de lire, si vous le trouvez), "l'éditorial" du recueil de canons que j'ai publié aux éditions Fuzeau au milieu des années 90. Vous n'y verrez pas franchement un panégyrique de ce que vous appelez le "pédagogisme".
Je vous signale par ailleurs qu'avant la création des IUFM, la formation ne consistait pas qu'en une "série de stages", comme vous semblez le penser. Cette phrase prouve votre méconnaissance totale du dossier et, du coup, fragilise (c'est un euphémisme) votre brillante démonstration.
"C'est vrai que qualifier les IUFM d' "instituts d'exception en matière de formation" c'est soit ne pas être du tout au courant de ce qui s'y trame, ou être d'une mauvaise foi extraordinaire.
Ou être soi-même formateur IUFM (et défendre sa chapelle).
Est-ce le cas Anonymusnongrata?
Ecrit par : Loki | 31 août 2007 "
Quel argument scientifique imparable, Loki! On me l'a également servi bon nombre de fois. Et aussi aux malheureux PE2 égarés sur "Lire et écrire", et même ici, quand ils avaient le malheur de trouver quelques avantages à la formation qu'ils avaient eus: "vous êtes formatés, vous subissez un chantage à l'évaluation" ou, pour les autres que formés, "ce n'est pas possible que vous y trouviez quelque chose de bien si vous n'êtes pas juge et partie, donc si vous n'y exercez pas". Ce dit évidemment, surtout sur "Lire et écrire", en des termes nettement moins civils. Pourquoi, donc, ne pas rester honnête intellectuellement et, surtout, pourquoi vouloir absolument adopter systématiquement ce ton guerrier?
Et, encore une fois, je suis le premier à en stigmatiser les défauts, de ces IUFM, (j'ai passé un bon moment à m'agacer, hier, à la réunion de rentrée, à propos de la nouvelle maquette de formation des PE2).
Bien à vous.
Ecrit par : Christophe Sibille | 31 août 2007
Alors que le blog "tournait" avec un nombre relativement stable d'intervenants depuis assez longtemps, il y a quand même un paquet de nouveux pseudos, d'un seul coup... Et à un moment stratégique! Vraisemblablement un intervenant mystérieux assez doué, ma foi, dans les "exercices de style". Une petite vérification des adresses IP ne serait-elle pas souhaitable?
Ecrit par : Christophe Sibille | 31 août 2007
Vous trouvez que les professeurs en savent un peu trop sur tout? Vous les trouvez pédants, voire désagréables? Ne vous inquiétez pas, dorénavant on formera les profs en IUFM, et ils n'en sauront pas plus sur Montesquieu que votre boulanger.
Welcome to dystopia...
Ecrit par : Fenrir | 31 août 2007
Ouais! même que! Faut mieux en rire...
Ecrit par : dobolino | 31 août 2007
"Allons, il est vrai que si notre brave peuple avait un peu moins accès à toute forme de revendication, suffisamment faim pour être motivé au travail, suffisament écrasé d'heures de travail pour être fatigué le soir, il empoisonnerait moins la vie de la Nation", écrit Dobolino.
Mais enfin, je n'ai jamais dit ça !!! j'ai même écrit qu'il n'y avait plus ni partis ni syndicats pour créer de la conscience et du lien, et je le regrette pour ce qui me concerne. Les "petites gens" des années 60, comme on disait alors, étaient, par exemple lors de la guerre d 'Algérie, bien plus conscients syndicalement et politiquement que la moyenne de mes étudiants, croyez-moi. Quant au peuple, hélas, voici qq. mois, il a majoritairement voté Sarkozy après avoir plébiscité le Pen, -- ce qui montre que le travail d'éveil critique des éducateurs, suscité entre autres par le formatage citoyennisant en général et les cours d'ECJS en particulier, ne vaut pas grand chose face au bourrage de crâne médiatique de TF1 et consorts. Si nous voulons une école qui instruise, c'est justement pour que le "brave peuple", pour reprendre votre expression, ait les outils de son émancipation, (vieux mot qui fait rigoler les bons esprits mais qui est plus que jamais d'actualité) intellectuelle et politique.
Ecrit par : FGuichard | 31 août 2007
Si nous voulons une école qui instruise, c'est justement pour que le "brave peuple", pour reprendre votre expression, ait les outils de son émancipation, (vieux mot qui fait rigoler les bons esprits mais qui est plus que jamais d'actualité) intellectuelle et politique.
Ecrit par : FGuichard | 31 août 2007
Je ne doute pas une minute du fait que c'est ce que vous voulez, VOUS ou JPB ou Guy Morel ou les APPY ou autres électrons libres comme Catmano ou même moi, pauvre petite. C'était aussi l'honnête souhait exprimé par Gérard Schivardi et je l'ai cru. Pour les autres, qu'ils soutiennent Meirieu ou le retour aux valeurs traditionnelles...
Ecrit par : dobolino | 31 août 2007
Bienvenue donc au nouveau bloggeur qui a choisi un pseudo en latin de cuisine, celui qu’on enseignerait dans les IUFM si on y enseignait le latin.
Les IUFM : 50% de fous, 50% de cons, 50% d’arrivistes, 2 ou 3% de gens qui font leur boulot correctement et qui, en règle générale, sont soumis aux pires avanies.
Oui, je sais : ma façon de compter est un peu bizarre mais je donnerai l’explication dans un prochain post.
A part ça, depuis le printemps dernier et l’intégration dans l’Université, les fous donnent libre cours à leur délire. Les cons les soutiennent pas connerie et les arrivistes par arrivisme. Les 2 ou 3% restants commencent à s’inquiéter sérieusement. Comme Christophe, qui a fait allusion à plusieurs reprises à cette crise de folie aiguë et qui devrait développer son point de vue : ce serait très instructif pour tout le monde parce que très peu de gens sont au courant. Sinon on peut lire, sur le site de Reconstruire l’Ecole, le témoignage d’un formateur obligé de garder l’anonymat : peur de représailles.
http://www.re2.freesurf.fr/iufm/portf.html
En suivant les liens on trouve par exemple ceci:
http://www.eife-l.org/publications/eportfolio/
documentation/epservices/attachment_download/file
Ecrit par : Pedro Cordoba | 31 août 2007
J'ai oublié de vous répondre, Christophe, sur les CPR. Si, si, je suis passé par le CPR (Centre pédagogique régional), et cette année dite "pratique" a consisté très exactement en trois stages de six ou neuf semaines, je ne sais plus - deux en lycée et un en collège -, plus deux conférences organisées par l'IPR de Lettres dont j'ai oublié le sujet. Les stages consistaient à assister au cours d'un professeur réputé chevronné, à en discuter avec lui un peu ensuite, et à faire quelques cours nous-mêmes quand il nous sentait prêts. C'était amplement suffisant.
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
Je confirme ce que dit Jean. Et le fait que pour les professeurs du secondaire, c’est amplement suffisant.
Le problème est très différent à l’école primaire. Une formation spécifique s’avère en ce cas indispensable. Ce que les IUFM semblent avoir oublié, c’est qu’ils l’ont eux-mêmes, du seul fait de leur mise en place, rendue IMPOSSIBLE :
- d’abord en obligeant les futurs enseignants du primaire à passer une licence universitaire qui n’a strictement RIEN à voir avec les exigences de leur futur métier
- ensuite en concoctant un concours de recrutement (le CRPE) qui ne permet même pas d’empêcher les candidats nuls en grammaire ou en calcul de devenir titulaires
- enfin en organisant une année de stage délirante et, comme je le disais plus haut, de plus en plus délirante.
On trouve aussi dans les IUFM les 2 ou 3% que je signalais aussi plus haut : certains essaient vainement de combler des lacunes rédhibitoires, d’autres de donner quelques conseils pratiques. Goutte d’eau dans un océan de merditude.
Ecrit par : Pedro Cordoba | 31 août 2007
J'aurais tendance, au risque de vous rejoindre, Pedro, à considérer qu'une vraie licence pluridisciplinaire serait effectivement une solution tout à fait intéressante. Sauf à, évidemment, compléter celle dont ils sont actuellement titulaires par une vraie formation pluridisciplinaire, ce qui nécessiterait au moins bac+6, vu les lacunes à combler dans beaucoup de disciplines. Maintenant, je vous assure que votre proportion: "50% de fous, 50% de cons, 50% d'arrivistes", outre le fait qu'elle soit un peu problématique à expliquer sur le plan mathématique, est légèrement outrancière!:)... Et dire que des candidats nuls en calcul ou en grammaire peuvent devenir titulaires.... Je n'en ai encore vu aucun en quinze ans de visites pédagogiques.
Maintenant, je vous concède aisément que l'année de PE2 est délirante cette année. J'en fais d'autant moins mystère que je me suis un peu énervé hier lors de la réunion de pré-rentrée... Et je développerai volontiers le sujet quand j'aurai vraiment compris de quoi il retourne. Je peux, par contre, vous dire la formule que j'ai employée au cours de cette réunion à propos de l'évaluation de cette année de stage: "c'est comme si, pour savoir combien de vaches paissaient dans un champ, on en comptait le nombre de pattes et on divisait par quatre". Sans commentaire sur "l'usine à gaz".
Bonne soirée à vous.
Ecrit par : Christophe Sibille | 31 août 2007
"J'aurais tendance à considérer..."
Voilà Christophe qui se met à parler comme Meirieu, maintenant!
"Quinze ans de visites pédagogiques"? Assez douillet, comme travail, en fin de compte! Du moins dit comme ça!
Au fait, ils ont compris votre comparaison avec les pattes qu'on compte?
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
. Maintenant, je vous assure que votre proportion: "50% de fous, 50% de cons, 50% d'arrivistes", outre le fait qu'elle soit un peu problématique à expliquer sur le plan mathématique,
Ecrit par : Christophe Sibille | 31 août 2007
Aucun problème! On peut être con, arriviste et fou à la fois, ou con et arriviste ou fou et con ou etc... on retombe sans problème à 100%
Ecrit par : dobolino | 31 août 2007
Disons que cette proposition, associée avec celle qui dit: "2 ou 3% de gens qui font leur boulot correctement", est légèrement :) outrancière, dobolino!
Ecrit par : Christophe Sibille | 31 août 2007
"J'aurais tendance à considérer..."
Voilà Christophe qui se met à parler comme Meirieu, maintenant!"
Vous n'avez trouvé que ça, comme argument d'attaque? Un peu léger!
"Quinze ans de visites pédagogiques"? Assez douillet, comme travail, en fin de compte! Du moins dit comme ça!"
Oh, Jean! Vous savez aussi peu de choses sur le cahier des charges d'un professeur d'IUFM? Cela relativise la crédibilité de votre rejet!
"Au fait, ils ont compris votre comparaison avec les pattes qu'on compte?"
L'avenir nous le dira... ... ...
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
Ecrit par : Christophe Sibille | 31 août 2007
Le calcul n'était pas à prendre au pied de la lettre, Christophe, car , vous avez tout à fait raison, 50%+50%+50%+3%= 153%, ce qui n'a pas de sens.
Et pourtant, la formule de Pedro - un oxymore? une hyperbole? un oxymore, plutôt - du grec "intelligent-fou" - en a beaucoup, du sens.
Car en disant qu'il y a dans les IUFM 150% de fous, de cons et d'arrvistes - si vous globalisez, ça prend un sens! -, Pedro veut dire que les IUFM regorgent de fous, de cons et d'arrivistes, ce qui ne peut être constesté par personne.
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
Oh, il n'y avait pas d'"attaque", Christophe, juste un peu d'humour. Pas très bien placé, je le reconnais, car le rapprochement avec Meirieu n'a rien de flatteur. Désolé!
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
"contesté" par personne...
Pour que personne n'y voie un début de "lapsus révélateur"!
Ecrit par : Jean | 31 août 2007
Maintenant, je vous assure que votre proportion: "50% de fous, 50% de cons, 50% d'arrivistes", outre le fait qu'elle soit un peu problématique à expliquer sur le plan mathématique,
Ecrit par : Christophe Sibille | 31 août 2007
Aucun problème! On peut être con, arriviste et fou à la fois, ou con et arriviste ou fou et con ou etc... on retombe sans problème à 100%
Ecrit par : dobolino | 31 août 2007
Dobolino donne une solution trop rationnelle à l’énigme. Il n’y a pas d’intersection entre ces trois ensembles (je néglige, comme elle, la goutte d’eau). L’interprétation de Jean n’est pas la bonne non plus ; en tout cas, ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce genre de proposition, en effet assez problématique, vient tout droit des plus hauts responsables des IUFM. Ce sont des établissements où l’on pratique à la fois le latin de cuisine et les comptes d’apothicaire.
Certains d’entre vous se souviennent peut-être qu’il y a fort longtemps (en 1999) j’avais mis en lumière un phénomène qui avait échappé à la sagacité des Directeurs d’IUFM et même à celle des statisticiens de la DEP, pourtant payés pour ça. J’avais donc constaté après avoir mis à bout des centaines de chiffres que personne n’avait pensé à rassembler que les rendements des IUFM étaient décroissants. Autrement dit, leur part dans le marché de la réussite au concours diminuait régulièrement : de 70% en 1992 à un peu plus de 50% en 2005 (car la suite a confirmé mon analyse de 1999). Je ne reviens pas sur l’explication qui importe peu ici. Après m’avoir accusé pendant des mois de dire n’importe qui ou de manipuler les chiffres, les IUFM furent bien obligés de constater la réalité de la chose. Ils mirent fort longtemps (plusieurs années) à trouver ce qu’ils imaginèrent être une parade. C’est ainsi qu’un vice-président de la CDIUFM me reçut un jour de façon assez peu courtoise au cours d’une entrevue pourtant très officielle. « Vos chiffres sont faux ! » me lança-t-il au visage avant même de me dire bonjour. Et comme je lui demandai de quels chiffres il s’agissait, il reprit sur un ton triomphant : « Oui, vous dites que seule la moitié des PE2 a préparé le concours dans un IUFM mais vous oubliez les redoublants ! Il y a des candidats qui réussissent en candidats libres mais qui ont d’abord fait une première année en IUFM. Si on les ajoute, ce n’est pas 50% mais 80% qui ont préparé le concours en IUFM ». Outre qu’il n’est pas très élégant du point de vue éthique de s’attribuer la réussite de candidats qu’on a soi-même virés en leur refusant une seconde chance, cette addition des doublants est mathématiquement aberrante. Car on dépasse alors le total de 100%, comme dans ces sondages où l’on peut donner plusieurs réponses à la même question. D’autant plus qu’on ne voit pas pourquoi on tiendrait compte des redoublants ayant préparé une première fois le concours en IUFM et pas des autres. Il y a par exemple, le cas de figure suivant : un licencié n’est pas admis à préparer le concours en IUFM, il s’adresse à une boîte privée, il est admissible, on l’accepte alors en IUFM et il réussit. Pourquoi ne pas attribuer cette réussite à la boîte privée où il prépara le concours pour la première fois ? Deux poids, deux mesures : comme dirait anonymus, les IUFM c’est vraiment « l’exception » !
Le pire, c’est que cette aberration a été acceptée comme vérité d’Evangile par les experts du Ministère. On me l’a ressorti à plusieurs reprises : oui, bien sûr, mais il faut compter les doublants… On réfléchit peu en haut lieu. Et même avec ce faux calcul, on n’explique toujours pas pourquoi les rendements sont décroissants. Car des redoublants, il y en a à peu près la même proportion d’une année sur l’autre. Bref, il n’y a pas plus aveugle que celui qui ferme volontairement les yeux.
Ecrit par : Pedro Cordoba | 31 août 2007
Ben moi en tant qu'instit ayant quitté l'iufm il y a seulement deux ans, je confirme que l'on peut être nul en frnaçais sans que personne ne le remarque et moi qui croyait bêtement que c'est ce qui allait me poser priblème à l'iufm...
Pour ce qui est du faible taux de réussite au concours, il faudrait peut-être dire que les pe1 ont souvent assez peu la "rage" nécessaire. En même temps vu la qualité de la majorité des cours...
Moi petit étudiant de rien passé rapidement à la Sorbonne sans y laisser grand souvenir, j'avais l'impression d'être monstrueusement cultivé à l'ioufm.
Et je confirme que je me sers plus de mes souvenirs d élèves et des discussions avec mes collègues que des deux années d'ioufm.
Ecrit par : Ronin | 31 août 2007
C. Sibille,
Je me permets de parler des IUFM car je connais de l'intérieur.
Et je ne peux que me ranger du côté des critiques - tout comme il y a des tue-l'amour, les IUFM sont des 'tue-l'éducation'.
Reconnaissez-le une bonne fois pour toutes, et passons à autre chose.
Ecrit par : Loki | 01 septembre 2007
Monsieur Cordoba,
comme vous ne semblez pas apprécier le latin de cuisine permettez moi de vous en servir un plus gastronomique, le mauvais jeu de mots en boite de conserve , je le conçois,peut être indigeste et susciter des aigreurs d'estomac...
Avant de répondre à Loki et Jean, je tiens à vous remercier de bien vouloir souligner l'existence de ces 2 ou 3 % de personnes qui ne méritent pas de recevoir les foudres que la simple étiquette IUFM déclenche. Quelle saleté cette étiquette,méfiez-vous et regardez où vous mettez les pieds où la main ;):), c'est pire que le sparadrap du capitaine Haddock!
mais 2 ou 3% ce n'est pas un peu exagéré là..."dites monsieur vous pourriez pas m'en donner un tout petit peu plus" , après le latin de cuisine, la culture publicitaire, il me semble que c'est enseigné en IUFM non?;)
Monsieur Cordoba , vous êtes la voix de la sagesse et je vous présente mes respects
Jean , vous déclarez faire preuve d'humour? A laquelle de vos remarques humoristiques devait-on rire? Vous savez combien une personne qui "prend partie" pour les IUFM-iens est aussi stupide et inculte qu'eux et par conséquent incapable de comprendre l'humour au dela du degré moins 1 qu'est le votre. Orgueil et préjugés!
Loki pour assouvir votre curiosité , sachez que je ne suis pas enseignant en iufm ni enseignant du tout...futur peut-être mais...chut...
je n'intervenais que pour rappeler que ce discours "hystérique"(des anti IUFM), tenu à l'encontre du premier blogueur osant tenir des propos pondérés et éclairés sur les IUFM ne faisait pas avancer le schmilblick et surtout empoisonnait le débat...Je pense vous l'avoir démontré compte tenu de la réaction qu'a suscitée mon premier post. Vous ,Loki, qui êtes dans le secret des dieux d'un magnifique panthéon, vous savez qu'il y a les tue-l'amour (à ce propos et hors-sujet je suis très curieux de savoir ce que vous définiriez être un ou des tue-l'amour?) qu'il y a aussi, semble-t-il, les tue-l'éducation mais assurément vous ignorez qu'il y a les tue-l'humour puisque selon vous, écrire au sujet des IUFM que ce sont des instituts d'exception en matière de formation signifie soit être de mauvaise foi soit y être formateur.N' avez-vous donc point vu tout simplement du sarcasme dans cette pointe d'humour cinglante? Que Jean ne l'ait pas relevé n'est pas surprenant, il est malheureusement aveuglé par ses certitudes, ce qui est bien dommage car lorsqu'il ne nous sert pas en plat de résistance ses sempiternelles régurgitations au sujet des séquences et de la pédagogie différenciée, il nous offre, même si c'est très rare, soyons juste, quelques reflexions fines et intelligentes .
Mais vous Loki, charmant troll sur ce blog ,vous n' êtes pas dépourvu de cet humour acéré ce me semble !
Pour conclure, je dois reconnaitre que vous avez raison , passons à autre chose mais cela n'implique pas d'approuver totalement votre point de vue concernant la qualificatif que vous donnez aux IUFM. Pour faire bref, soyons constructeur et non destructeur(n'est-ce pas Jean?). Cependant,construire sans risque de monter des échafaudages branlants signifie n'ignorer AUCUNE pièce du puzzle ...chaque avis qui s'exprime ici et surtout ailleurs, entre autre, dans tous ces mouvements groupusculaires (GRIP, SLEC,SLL etc) mérite considération et attention afin , mais je dois rêver, qu'il en sorte un véritable consensus en ce qui concerne l'avenir de notre école.
Ecrit par : personanongrata | 01 septembre 2007
Loki, charmant troll sur ce blog
Ecrit par : personanongrata
Non mais, je ne vous permets pas!
Un dieu, pas un troll...
Ecrit par : Loki | 01 septembre 2007
"C’est parfois dans des pays qui souffrent bien plus que nous — l’Afrique noire par exemple — que les écoliers sont les plus attentifs, les plus scrupuleux, sans moyens, à cent par classes." (Jean-Paul Brighelli)
Ah! enfin. Quelqu'un qui s'en est aperçu.
On pourrait ajouter que dans ces pays, les enfants marchent parfois plusieurs heures pour aller à l'école.
Dans une émission à France Info, il y a quelques années, on interviewait un professeur français détaché dans une école égyptienne.
Un peu gênée des énormités qu'elle savait prononcer, elle disait:
1) Que les effectifs de 40 ou 50 élèves par classe ne nuisaient pas vraiment à l'efficacité de l'enseignement.
2) Que les châtiments corporels (quelques coups de canne de temps à autre) renforçaient cette efficacité.
3) Que le maître était là pour enseigner et les élèves pour apprendre, et que ça marchait.
On pouvait entendre la dame rougir à l'antenne.
Evidemment, les petits Egyptiens, ils ne sont pas comme nous, pas comme nos enfants. Eux, ce sont un peu des nègres, hein, donc, comme d'hab: on ne peut pas comparer; ce n'est pas transposable; bref, personne ne se demandera pourquoi on peut apprendre à écrire aux Egyptiens avec 50 élèves par classe, alors qu'en France, avec 28 élèves, les syndicats pleurent après les "moyens".
Ecrit par : Robert Marchenoir | 01 septembre 2007
Marchenoir, nos élèves ont des mentalités de pourris-gâtés y compris ceux qui ne le sont pas objectivement.
L'école ne représente plus aucune VALEUR pour la majorité des parents. Pourquoi en aurait-elle pour leurs enfants?
C'est toute la différence avec des gamins d'Afrique.
L'école est un lieu où les gamins doivent être bien d'abord ( c'est leur premier souci) et où on l'on doit leur donner des diplômes sans que cela les fatigue et sans les faire travailler vraiment. Il suffit d' assister à des réunions parents-profs pour se rendre compte que je ne caricature pas pour la majorité des familles.
Ecrit par : Thalie | 01 septembre 2007
Mon épouse est d'origine africaine; elle a , comme la plupart de ses camarades, appris à lire en une année dans une école de brousse qui se trouvait à une heure de marche de chez elle. A la maison, personne ne parlait le français. L'enseignant ne disposait que d'un seul manuel pour toute la classe ( syllabique ,bien sûr!).Elle est totalement effarée par ce qu'elle constate ici!
Les adultes sont-ils devenus fous pour abandonner de la sorte les jeunes générations?
Thierry Venot
Ecrit par : venot thierry | 01 septembre 2007
Oui, on en revient toujours à un défaut d'éducation au départ, et à un problème de société. Alors, n'en parlons plus!
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 septembre 2007
C. Sibille,
Je me permets de parler des IUFM car je connais de l'intérieur.
"Et je ne peux que me ranger du côté des critiques - tout comme il y a des tue-l'amour, les IUFM sont des 'tue-l'éducation'.
Reconnaissez-le une bonne fois pour toutes, et passons à autre chose."
Ecrit par : Loki | 01 septembre 2007
C'est présisément parce que je les connais assez bien que j'en critique certains dysfonctionnements, Loki... Comme vous avez pu le lire si vous n'avez pas zappé mes messages!
Ecrit par : Christophe Sibille | 01 septembre 2007
Dans une autre vie, j’ai participé à la création d’une cellule de formateurs de professeurs de l’enseignement technique au Mali. Un jour je vous raconterai peut-être comment, jeune normalien naïf je suis devenu combattant civil de la guerre froide (mais c’est une autre histoire ...).
Pour compléter votre note Robert, j'ai le souvenir de dizaines d'enfants et d'ados luttant contre les moustiques un cahier à la main pour réviser leurs leçons sous les lampadaires des hôtels dans la chaleur de la nuit de Bamako.
J'ajoute que s'ils n'étaient pas spécialistes en registres, oxyboldine et autres figures de style, ils récitaient des poèmes et même des textes en prose des plus grands auteurs français (ceci explique d'ailleurs sans doute le style oral assez ampoulé des intellectuels africains). De ce fait ils avaient une remarquable maîtrise du vocabulaire soutenu.
Les effectifs par classe étaient en général supérieurs à 45 en lycée ce qui, je confirme, ne posait aucun problème. Les conditions matérielles étaient pourtant cruelles : salles exiguës, mobilier insuffisant et inadapté, chaleur étouffante etc. On pouvait parfois confondre le respect (exagéré) des élèves envers le maître avec de la passivité.
Dans les familles, comme en France, les enfants jouaient à l’école. Sauf que c’était pour de vrai, pas avec des poupées, mais avec ses jeunes frères et soeur, et encore en utilisant des ardoises et des morceaux de chaux comme craie, le papier étant rare et cher ...
Il ne serait venu à l’idée de personne « d’accompagner » la scolarité des chérubins le soir à la maison, et d’ailleurs la plupart des adultes en aurait été bien incapable. La « remédiation », la « construction des savoir », les « méthodes inductives d’appropriation » étaient largement méconnues dans ces pays. Sans doute le sont-elles restées ?
Si c’est le cas, on pourrait peut-être leur envoyer nos excédents de pédagogues et, par là même, s’en débarrasser. C’est pas très charitable de ma part, je le reconnais. Cependant l’Afrique survit au sida, aux criquets et la sécheresse, ils pourraient y ajouter Mérieu sans que ça fasse grande différence.
Dans ce pays ruiné par la dictature de Moussa Traoré, l’école n’était pourtant pas (et loin de là !) un gage d’intégration professionnelle. Juste les jeunes maliens affichaient avec fierté leur volonté de « devenir éduqué ». C’était une fin en soi ...
Il est donc candide de prétendre que les difficultés sociales de nos actuels djeuns sont la source principale de leur désintérêt pour l’école.
Le problème est bien plus culturel, et sans doute lié à cette débauche de consommation dont, pour beaucoup, nous pressentions les effets pervers dans les années 70. Le débordement des vitrines, le matraquage publicitaire, la tyrannie de la mode donne l’illusion que tous ces biens à portée de main sont facilement accessibles. Ce sentiment évolue rapidement vers la conviction que c’est une absolue nécessitée de les posséder. Il finit par sembler légitime que la société vous les fournisse sans contre partie.
Le discours politique récurrent sur le pouvoir d’achat conforte cette perception. Il excuse par avance le renoncement : à quoi bon travailler si même la télé nous explique que nous serons toujours pauvres !
Je ne ferai pas l’éloge de la pauvreté, pour en avoir trop souffert dans mon enfance ! Il est cependant juste de constater que, même avec un smic (et les aides sociales), une famille de quatre personnes a un potentiel de consommation largement supérieur à celui des années 80. La plupart des produits de nécessité sont moins coûteux (en heure de salaire minimum) aujourd’hui que jamais.
Je partage assez l’analyse de l’un(e) d’entre vous sur l’effet dévastateur du marketing et des medias. La seule voie d’épanouissement proposée et valorisée est celle de la consommation.
Il serait sot de nier qu’une partie de la population vit dans des conditions précaires mais les élèves « turbulent » ne proviennent hélas pas seulement de ces milieux sinon ils seraient largement moins nombreux !
L’éducation à la gestion du budget familial pourrait être une nouvelle matière à introduire dans les programmes. C’est peut-être un des rôles de l’école d’apprendre à lutter contre les sirènes. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’une télé de 1,5 m n’est pas indispensable, qu’on peut vivre sans posséder un téléphone cellulaire par personne, qu’une voiture est un objet servant à se déplacer et pas un signe ostentatoire de pseudo réussite, qu’un vêtement peut se porter plus de deux mois etc.
Cette simple hygiène de vie permettrait à beaucoup d’éviter le surendettement, de se payer de super vacances ou d’avoir accès à la culture !
Les enseignants ne sont pas épargnés par cette dérive, il n’est qu’à constater les discussions affligeantes sur l’état des comptes bancaires des collègues dans l’usine à déprime (traduire : la salle des profs).
PS : Pour éviter des commentaires malintentionnés (ou taquins), je ne propose pas d’adopter le mode (et le niveau) de vie de l’Afrique ... Un stage en brousse serait cependant le bienvenu pour quelques uns de nos trublions (et en Iran pour ceux qui ont d’autres tentations) !
Ecrit par : Zorglub | 01 septembre 2007
PS : Pour éviter des commentaires malintentionnés (ou taquins), je ne propose pas d’adopter le mode (et le niveau) de vie de l’Afrique ... Un stage en brousse serait cependant le bienvenu pour quelques uns de nos trublions
Ecrit par : Zorglub | 01 septembre 2007
Je l'ai fait , le stage, j'en ai même fait 3...
Dans une petite école où on apprend à lire avec une méthode syllabique...
Et où on recherche l'excellence pour tous... avec cours de rattrapage avec le directeur, pendant les vacances d'été, si la moyenne est insuffisante pour passer dans la classe supérieure...
Ecrit par : Maminou | 01 septembre 2007
Maminou, ça ne m'étonne pas de votre part !
La qualité et la grande humanité de vos intervention montre que vous avez VU !
Ecrit par : Zorglub | 01 septembre 2007
Zorglub, vous êtes un révolutionnaire dangereux : remettre en cause à l'école les fondements de l'économie de marché, aider les enfants à prendre du recul par rapport au matraquage publicitaire, mais c'est scandaleux !
Comment les multinationales pourraient continuer leur croissance annuelle à deux chiffres si on incite le enfants à consommer moins ! Notre pays ne s'en remettra pas !
Non, vous avez raison, il faut des lieux de résistance, il y en a déjà, mais l'école a l'avantage de toucher toute une génération. Et même si les causes les plus profondes du mal dont elle souffre viennent de la société (Christophe Sibille a raison), je crois qu'il faut ne pas baisser les bras pour autant.
Un enseignant peut être un modèle, un "passeur" de savoirs qui aidera un enfant à relever la tête, comprendre qu'il y a autre chose que ce qu'il voit et entend à la maison.
Et si dans votre carrière vous aidez ne serait-ce qu'un enfant chaque année à retrouver le plaisir d'apprendre, la confiance en lui, le désir de donner le meilleur de lui-même, ça vaut la peine ! Mais pour cela la classe ne doit pas ressembler à la société !
Ecrit par : lucile | 01 septembre 2007
J'ai VU la grande exigence des enseignants...
J'ai été estomaquée lorsqu'on m'a dit qu'un enfant parrainé perdrait son parrainage s'il devait redoubler...
Ecrit par : Maminou | 01 septembre 2007
Lucile, ne vous méprenez pas !
Il ne me semble pas avoir remis en cause l'économie de marché mais la société de consommation, ce qui n'est pas tout à fait pareil ! Les autres systèmes ont fait leurs preuves ...
Je suis un affreux réactionnaire libéral, ce qui n'empèche pas d'être idéaliste à l'échelle de l'individu tout en restant désabusé sur la nature humaine.
Mes classes ressemblent à la société, c'est un lieu d'injustice, d'inéquité, de violence sociale, d'autorité, de manipulation des élèves par le maître ! Certains sont beaux, riches, ont des facilités intellectuelles (assez peu !) d'autres ...
Nier le réel ne l'a jamais modifié. Mon but est de donner des outils (des armes ?) à chacun suivant son potentiel pour s'intégrer dans la société et avoir le désir de progresser, de s'élever.
Ecrit par : Zorglub | 01 septembre 2007
"Mon but est de donner des outils (des armes ?) à chacun suivant son potentiel pour s'intégrer dans la société et avoir le désir de progresser, de s'élever",
dit Zorglub.
C'est un bel objectif — presque suffisant pour occuper une vie d'enseignant. Je dis "presque", parce que dans les faits, il faut tenter d'en donner plus à ceux dont le potentiel est faible — et là, il s'agit forcément d'armes : la culture dominante (dois-je rappeler à ceux qui ont peu pratiqué Lénine qu'il n'existe pas de "culture dominée", ni de "contre-culture" et autres fariboles jacklanguiennes ?) est une culture bourgeoise, certains la tètent au berceau, d'autres doivent en avoir de larges infusions : et nous sommes là pour ça.
JPB
Ecrit par : brighelli | 01 septembre 2007
Désolée d'avoir déformée votre pensée et d'avoir mal exprimé la mienne.
"Il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’une télé de 1,5 m n’est pas indispensable, qu’on peut vivre sans posséder un téléphone cellulaire par personne, qu’une voiture est un objet servant à se déplacer et pas un signe ostentatoire de pseudo réussite, qu’un vêtement peut se porter plus de deux mois etc." disiez-vous : ce n'est pas politiquement correct dans une société où la santé de l'économie dépend de la consommation des ménages !
Comme souvent mes mots manquent de précision par rapport à ma pensée : j'ai utilisé mal à propos le terme économie de marché, mais c'est parce qu'en ce moment je trouve qu'on en voit surtout les excès. Je vous renvoie au constat amer d'un professeur d'économie suisse par rapport aux dérives actuelles. Et je suis assez pessimiste sur le devenir de nos sociétés.
http://www2.unil.ch/unicom/allez_savoir/as29/029/int.html
"Il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’une télé de 1,5 m n’est pas indispensable, qu’on peut vivre sans posséder un téléphone cellulaire par personne, qu’une voiture est un objet servant à se déplacer et pas un signe ostentatoire de pseudo réussite, qu’un vêtement peut se porter plus de deux mois etc." disiez-vous
J'ai rebondi sur cette phrase : ne la trouvez-pas politiquement incorrecte dans une société où la santé de l'économie dépend de la consommation des ménages !
Pour ce qui est de la classe je disais qu'elle ne devait pas ressembler à la société, dans le sens où elle peut apporter d'autres valeurs que celles de la société de consommation : apprendre, progresser demande parfois du temps, demande de l'humilité (mon professeur sait et ce qu'il a m'apprendre a peut m'aider à construire ma personnalité, à devenir adulte).
Les jeunes qui pratiquent



