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31 juillet 2007

À venir

La dernière séquence

Une amie trop timide pour s’exprimer ici à la première personne (bonjour, Véronique M***) m’écrit sur la « séquence pédagogique », cet objet non identifié mais apparemment incontournable de la pédagogie à la mode, quelques réflexions que je propose à votre sagacité :

« Excédant largement leur cadre légitime, les programmes actuels imposent les séquences comme unique méthode pédagogique valide. Tout professeur qui a essayé d'y déroger et qui a été inspecté a appris à ses dépens qu'il ne s'agit pas là de vaines recommandations.
Pourtant, ce modèle a des inconvénients énormes. Toute l'énergie du professeur, toute son attention, sont absorbées par l'objectif de faire coïncider autour d'un même thème des points de langue et des points d'analyse littéraire.
« La programmation des séquences est organisée, la plupart du temps, et conformément aux instructions officielles, de façon à respecter une progression dans l'approche des différentes formes de discours, "enjeu neuf et crucial des nouveaux programmes", lit-on dans ces textes.
"Les contraintes posées par la mise en adéquation de l'étude de la langue et de celle des textes conduit par trop souvent à faire voler en éclats toute progression sérieuse en langue. Non que celle-ci soit totalement arbitraire, ne caricaturons pas - nous serions alors trop aisément contredits. Mais on va étudier le COD (pardon, "les compléments essentiels du verbe" en début d'année, avec le récit, par exemple, et l'attribut beaucoup plus tard, avec le discours descriptif ; avec un peu de chance, l'attribut sera étudié avec les expansions du nom, ce qui est une faute grammaticale, mais les manuels actuels nous montrent que la séquence s'embarrasse peu de rigueur et de précision. Pourtant, l'attribut se comprend infiniment mieux en opposition au COD, autour de la notion de transitivité, si essentielle (je vous mets au défi de trouver un seul manuel actuel qui évoque seulement cette notion). Mais avec la séquence, la langue n'est plus abordée comme un système cohérent : sous prétexte de décloisonner entre les matières, on a érigé des cloisons à l'intérieur d'un domaine, qui empêchent son intelligence par la mise en relation de ses éléments constitutifs (mise en relation du CO et de l'attribut, par exemple). »



Les ignorants de la chose pédagogique — attention, on pourrait bien glisser sur cette chose-là — peuvent se reporter à la Vulgate séquentielle (par exemple sur http://www.ac-poitiers.fr/tpi/formanet/formatio/sequence.htm,). Ils peuvent aussi lire la célèbre nouvelle de Mérimée (1), « Mateo Falcone », puis se reporter à http://perso.orange.fr/hypopolo/didac/falcone.htm a&fin d’y examiner le traitement qu’un pédagogue, un vrai, fait subir à ce texte : on remarquera que jamais, au grand jamais, la « séquence » ne suppose que l’on parle de la Corse (2) et des codes qui y régiss(ai)ent l’honneur, ou de Mérimée — qui y fera un séjour très important après la rédaction de sa nouvelle, et avant d’écrire Colomba (de cette honorable dame, d’ailleurs, pas de nouvelle dans cette séquence forcé »ment limitée aux instances narratives — ça, ça doit passionner des mômes de collège…).

Quand je pense aux heures perdues par des enseignants trop nombreux à inventer une séquence qui plaise à l’IPR de passage… Quand ils devraient se soucier d’accrocher leurs élèves à la littérature — et tout y est bon, l’évocation du maquis au dessus de Portoi-Vecchio, le souvenir d’un camp de voile à Rondinara ou les pins se mirant dans la mer à Santa Giulia, l’économie de la châtaigne et le projet de ce général français, au XVIIIème siècle, d’incendier tous les châtaigniers de l’île pour affamer les Corses rebelles — pléonasme ! —, et Mérimée embrassé sur la bouche par la vraie Colomba, et pas content, le bougre, ou déchirant son habit — lui, le dandy habillé en plein maquis comme au faubourg Saint-Germain — aux ronces qui défendaient le dolmen de Fontanaccia, et son hôte de Sartène abattu après la parution de Comba par quelqu’un qui avait lu la nouvelle et enfin compris qui avait tué qui…
Je me souviens d’avoir travaillé sur les deux premiers tiers de cette nouvelle vers 1980, au collège du Neubourg, de leur avoir raconté tout ce que dessus, et d’avoir ensuite demandé aux élèves d’en écrire la fin, selon leur inspiration. Et ma stupéfaction de voir ces dignes petits Normands racontant l’histoire d’un père qui reprend la montre, l’objet transactionnel maléfique, et l’empoche – ou va la vendre pour son compte… Ah, avarice pécuniaire du Nord contre prodigalité sanglante du Sud…

Il est urgentissime d’en finir avec ces pratique stérilisantes. La littérature, ce sont avant tout des hommes (et des femmes) et des histoires, des lieux et des actes. C’est sur cela qu’il faut mettre l’accent, et non sur des schémas actanciels et autres merveilles de la sous-langue pédagogique.

Allez, c’était pour lancer les vacances : si vous êtes, si vous allez en Corse, lisez donc ce qui s’est écrit de mieux — les bonnes librairies de l’île, à Bastia, Ajaccio, Corte ou Ile-Rousse, vous fourniront tout ce que vous pouvez désirer pour vous distraire. Et si vous êtes enseignant, inutile d’imaginer, sur la plage, les séquences à venir : contentez-vous de fermer les yeux et de vous faire votre cinéma — c'est encore le plus sûr moyen d'embrasser Colomba.

Jean-Paul Brighelli


(1) Xavier Darcos est spécialiste de Mérimée, sur lequel il a écrit une excellente étude / biographie aujourd’hui reprise en Poche. Les internautes pressés peuvent consulter une conférence qu’il fit sur son auteur favori, surhttp://www.asmp.fr/travaux/communications/2005/darcos.htm .

(2) Il se trouve que la Corse a une étonnante présence en littérature entre la fin du XVIIIème siècle et le journal de voyage de Boswell et les articles à sensation du Petit journal à la fin du XIXème à propos des « bandits » : voir Pierrette Jeoffroy-Faggianelli, l’Image de la Corse dans la littérature romantique française, PUF, 1979. Mais qui le dira aux élèves, dans le cadre d’une « séquence pédagogique » ? Qui même le dira aux élèves corses ? Et on voudrait qu’ils réussissent mieux au Bac ? Allons donc !

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Commentaires

c'est du psittacisme?

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 31 juillet 2007

"leur avoir raconté tout ce que dessus"
"leur avoir raconté tout ce que je savais dessus"

2 mots !
Dingue, non ?
Je suis certain que tu t'es vu en train de les écrire .
C'est comme ça avec les hyperactifs lol :o))))))))

Ecrit par : toto | 31 juillet 2007

Qui a fait buguer le site de brighelli ?!

Ecrit par : Jérémy | 31 juillet 2007

On écrit buguer ou bugger?

Ecrit par : dobolino | 31 juillet 2007

On écrit boguer.
http://www.amba.fr/definition-000147.html

Oui, moi aussi je trouve ça horrible.

Ecrit par : Loki | 31 juillet 2007

On écrit boguer.
http://www.amba.fr/definition-000147.html

Oui, moi aussi je trouve ça horrible.

Ecrit par : Loki | 31 juillet 2007

Moi, je ne trouve ça ni horrible ni bien! Ainsi va la vie et, surtout, assumons-la, mon cher Loki!
J'écrirai donc je bogue, tu bogues et réfléchirai néanmoins à mon choix de livres à emporter sur l'île déserte où aucun bug, aucun bog?, ne sera plus possible à compter de ce jour et pour l'éternité des siècles, étant entendu qu'y étant seule et ne bu(o?)g(u?)ant pas avec moi-même, ce qui reste à prouver, tout ira pour le mieux à ma cervelle de femelle dérangée et néanmoins rangée des vélos.

Ecrit par : dobolino | 31 juillet 2007

Big bug on ze blog. Encore un coup des pédagos, leurs pompes et leurs zoeuvres ? Zapotache !

Ecrit par : FGuichard | 01 août 2007

Je sais que mes commentaires ne sont que très rarement considérés ici, mais je me permettrais d'avancer l'argument selon lequel un cours bien fichu et d'un bon niveau, même s'il outrepasse scandaleusement les limites imparties par les impératifs séquentiels déterminés dans les IUFM, peut être salué par l'inspecteur. J'en veux pour preuve ma propre expérience (au mois de mai dernier) : inspection avec une classe de 1S sur les deux scènes finales de Dom Juan et sur leurs adaptations au théâtre (Mesguich) et à l'écran (Bluwal), dans le cadre de l'objet d'étude : le théâtre, texte et représentation. Ni trop classique, ni trop innovant. L'inspecteur ne me pose aucune question sur la structuration de ma "séquence" présentée dans le cahier de textes (en fait un cours, découpé selon l'étude progressive des scènes et la présentation du contexte : querelle des faux dévots, interdiction du Tartuffe, libertins d'esprit, de moeurs, caractère paradoxal des personnages et de la pièce en général, etc.), et trouve que le texte est plus fouillé que d'habitude pour un cours du second degré, que la prise en compte du contexte demande un effort intellectuel peu courant dans les classes de lycée et tout à fait stimulant, etc., et m'en félicite. Comme quoi... Pas de pessimisme. Néanmoins, une amie normalienne et agrégée de lettres classiques, d'un niveau meilleur que le mien (qui suis passé par la fac), s'est fait allumer et humilier lors d'une inspection en collège ! Les inspecteurs ne seraient-ils pas un peu anti-normaliens ?

Ecrit par : Rodrigue du Gers | 01 août 2007

"Je sais que mes commentaires ne sont que très rarement considérés ici…"
écrit Rodrigue du Gers (ah, le Gers, pays sublime, je vais finir par y finir ma vie — y a-t-il encore de la place que les Anglais n'auraient pas achetée ?).

Quelle idée ! Simplement, je ne réponds pas à tout le monde — je préfère la pratique du tir groupé, et chaque post n'attire pas forcément de commentaires.
Vous confondez deux choses, les séquences, qui sont de l'avis général — et je le partage — un artifice sclérosant, et les diverses pratiques de l'Inspection.
Non, je ne crois pas qu'il y ait chez les Inspecteurs (Généraux, au moins) de tendance anti-ENS. Au passage, conseillez donc à votre collègue de le prendre d'un peu haut — je n'accepte de critique que de mes égaux, pas de gens qui ont trouvé leurs diplômes dans des pochettes-surprise (et il y en a, parmi les inspecteurs, y compris généraux…).
Qu'un inspecteur intelligent (mais non, ce n'est pas un oxymore !) vous félicite d'un cours de littérature, rien de scandaleux. La plupart de ceux que je connais, IPR compris, aiment ça. Dans une Première S, vous ne devez guère avoir de problèmes ni de discipline, ni de compréhension : on peut donc briller assez facilement, et faire un cours debon niveau.
Ce n'est pas sur les "bonnes" classes que les pédagos ont le plus sévi, c'est sur les plus "mauvaises". C'est pour moi d'ailleurs l'objet d'un scandale permanent : la "nouvelle opédagogie" a bien plus que l'ancienne entériné cette culture d'"héritiers" que dénonçait en son temps Bourdieu. Ce sont les plus défavorisés qui sont laissés en rade par cette pédagogie imbécile dont la séquence est l'instrument de mort. Les "Premières S" s'en tirent toujours, dans l'ensemble — et leurs classes, curieusement, sont toujours homogènes, alors que la diversité chère à la réforme Haby et à tous ces salopards ne concerne jamais que les plus humbles, soit socialement, soit intellectuellement. Essayez donc Dom Juan ou Tartuffe avec des STG ou des STI — majoritairement musulmans, par exemple, en leur expliquant la mise en scène d'Ariane Mnouchkine (j'en parle dans Une école sous influence). Et vous verrez bien ce que dit l'Inspecteur.
JPB

Ecrit par : brighelli | 01 août 2007

Merci pour ces précieux conseils de fin de post. Malheureusement, il y a quelques années, quelques délégués du SNES (gens de gauche s'il en est) ont refusé au CA qu'une filière STG soit créée dans mon établissement (trop de "mauvais éléments" à encadrer, sans doute...), le lycée d'Artagnan, à Nogaro, où j'officie depuis 3 ans (hé oui, "d'Artagnan"... et il y a aussi, à Auch, le lycée "Pardailhan"... que de ferraillement d'épées, encore, dans la Gascogne et l'Armagnac...). Donc pas de cours en vue en ST ; mais j'en prends bonne note. Pour ce qui concerne les 1S, oui, classe facile évidemment, curieuse et entreprenante (12,9 de moyenne à l'oral du bac de français cette année ! le méninges tournent rond en zone rurale !) ; je ne travaille pas pour les plus démunis exclusivement (même si, à la campagne, on en a aussi), mais les chiffres sont obsédants : 25% de fils d'ouvriers dans les GE il y a 30 ans, pour seulement 5% aujourd'hui... J'y pense chaque matin, c'est mon leitmotiv... Il faut se battre ! En attendant, je lirai Ecole sous influence pour en savoir plus sur les réactions de vos élèves. Et me replonge dans Gracq (Un Balcon en forêt, agrégation oblige...). Encore merci pour le post.

Ecrit par : Rodrigue du Gers | 01 août 2007

Pour étayer le débat sur la séquence, voici le cours d'un professeur émérite de l'IUFM de Grenoble (attention, ça pique les yeux) :

1. Les principes de la séquence didactique

Un ensemble de séances fédérées autour d'un objectif commun et fonctionnant selon le principe du décloisonnement des activités (lecture-écriture-langue-oral-image)

Quelles relations entre les activités ?
- Lire des textes pour mieux lire (s'informer, rêver former son jugement, etc.)
- Lire pour écrire
- Ecrire pour mieux lire
- Réécrire et se relire
- Utiliser les outils de la langue pour lire, écrire, parler
- Ecrire pour mieux apprendre, pour mieux penser
- Lire l'image (s'informer, rêver, former son jugement, etc.)

Quelle conception du texte "d'auteur" ?
- Le résultat d'un processus de production : objet observable dont on peut expliquer le fonctionnement

Quelle conception du texte de l'élève ?
- Le résultat d'un processus de production : objet observable dont on peut expliquer le fonctionnement

Quelle conception des apprentissages ?
- démarche inductive (position d'enquête)
- approche constructiviste (savoir antérieur / situation-problème / questionnement du savoir / hypothèse / recherche (socialisée) / nouveau savoir )
- acquisition des compétences liée à la production/compréhension du sens

Quelle conception de l'évaluation ?
- Evaluation formative (élaboration de critères avec/par les élèves)

Quel ordre des séances ?
- des entrées différentes (lecture du texte, lecture de l'image, production écrite, orale), à l'exception de l'entrée par la langue (envisagée comme un ensemble d'outils)
- l'ordre n'affecte pas les relations entre les différentes activités

Voilà ce qu'on apprend aux jeunes professeurs... J'ai parfois l'impression d'être le résultat d'une expérience ratée.

Ecrit par : Anaelle Perret | 01 août 2007

Voilà ce qu'on apprend aux jeunes professeurs... J'ai parfois l'impression d'être le résultat d'une expérience ratée.

Ecrit par : Anaelle Perret | 01 août 2007

Votre message m'a fait penser à " Z comme Zorglub", vous connaissez ?

Fantasio est le seul à ne pas avoir réagi positivement au conditionnement des Zorglhommes par la Zorglonde, et donc à ne pas être capable d'obéir au doigt et à l'oeil, ni de parler la Zorglangue !!! :-)

Tout pareil à l'IUFM !!!

Ecrit par : Cornélie | 01 août 2007

Anaelle Perret,
Merci pour votre témoignage qui illustre les horreurs que je n'arrête pas de dénoncer.
Cette usine à gaz est d'une abstraction à faire frémir, d'un manque total de sensibilité, et d'une sécheresse d'âme incommensurable. Voilà ce que c'est que de devenir un spécialiste en pédagogie. Pour ne pas se rendre compte du ridicule, ce condensé de Diafoirus et de Trissotin doit avoir un problème.
Vous prétendez toujours, Milady, qu'on peut mettre "ce qu'on veut" dans les "séquences"?

Ecrit par : Jean | 01 août 2007

Mais oui! C'est du fatras pour ne rien dire - il n'y a pas de structuration de cours là-dedans, que dalle, pas plus que dans les manuels, parce que c'est super-difficile à faire ( je viens de 'faire' un stage-adolescent, mon vocabulaire s'en ressent ! ) _
Je pratique la tecnhique du découpage de problème complexe en problèmes simples - il y a la structure des cours : les séquences; il y a les contenus : l'ORL pour la grammaire, le 'français moderne' pour le reste ; il y a l'approche 'constructiviste' qui n'a rien à faire dans les cours ; il y a les types d'évaluation et les formes de notation.

Maintenant, raisonnez à l'envers, vous enlevez la séquence, - tout le reste reste. Vous enlevez l'ORL , le machin commence à s'écrouler. Vous rendez le français moderne à la fac, la tour-prend-garde gît, et peu à peu, on enterre.
Franchement, enseigner les mêmes âneries dans une forme différente, ça ne nous mènera à rien du tout du tout.

Là où il ne faut pas lâcher, c'est sur les contenus qu'on donne : on doit faire lire nos élèves, on doit leur apprendre à trouver un sujet, un verbe, les compléments, on doit travailler les CO et l'attribut en même temps, on doit leur donner une orthographe décente, et ça, c'est nous et nous seuls.
Ne me dites pas que quelqu'un se soucie vraiment d'arriver en classe en sortant des âneries ronflantes du genre de celles que nous expose Armelle.
Vous vous voyez arriver en cours comme ça? Aujourd'hui nous travaillons le résultat d'un processus de production, prout prout, on peut aussi roucouler tant qu'on y est !
Les rares fois où j'utilise le manuel, le cours commence par :
Bon, Machin, lisez.
Le petit ( ! ) lit.
Ils me regardent tous, perdus dans le Sahel.
Et j'enchaîne sur : Traduction.
Et nous traduisons en français clair et compréhensible.

Regardez bien le texte posté par Armelle - on pourrait le sous-titrer : Les boursouflures du vent, ou l'art d'enfoncer les portes ouvertes.

"Lire des textes pour mieux lire (s'informer, rêver former son jugement, etc.)
- Lire pour écrire
- Ecrire pour mieux lire
- Réécrire et se relire
- Utiliser les outils de la langue pour lire, écrire, parler
- Ecrire pour mieux apprendre, pour mieux penser
- Lire l'image (s'informer, rêver, former son jugement, etc.)"

Vous parlez d'une nouveauté ! A part une grande lapalissade, qu'est-ce ?

"Quelle conception du texte "d'auteur" ?
- Le résultat d'un processus de production : objet observable dont on peut expliquer le fonctionnement

Quelle conception du texte de l'élève ?
- Le résultat d'un processus de production : objet observable dont on peut expliquer le fonctionnement"
... ou comment dire qu'un texte est construit. Bientôt nous découvrirons l'eau chaude !

"Quelle conception des apprentissages ?
- démarche inductive (position d'enquête)
- approche constructiviste (savoir antérieur / situation-problème / questionnement du savoir / hypothèse / recherche (socialisée) / nouveau savoir )
- acquisition des compétences liée à la production/compréhension du sens"
Là aussi, du vent, du jargon -
Traduisons :
Position d'enquête = lire le texte
- situation-problème : hum! comprendre le texte. Alors, normalement, je connais tous les mots ( ce sont mes savoirs antérieurs ) mais j'y comprends rien quand même !!!!
> questions ???? ( ce seront les hypothèses .... )
- recherche socialisée : toute la classe, toute la classe, toute, embarquée à expliquer le texte.
- Nous comprenons, merveille, nous avons atteint le nouveau savoir...
Maintenant, nous parvenons à lire un texte : du 17°, ironique, de Balzac, etc etc... : nous avons appris un truc, on dit une compétence, ça fait plus joli!

"Quel ordre des séances ?
- des entrées différentes (lecture du texte, lecture de l'image, production écrite, orale), à l'exception de l'entrée par la langue (envisagée comme un ensemble d'outils)
- l'ordre n'affecte pas les relations entre les différentes activités"
Ca, c'est la preuve par neuf que ces séquences sont trop compliquées pour les crétins décérébrés dont je parlais la fois d'avant. Un gars qui ne comprend pas que l'ordre affecte les activités est un abruti à fusiller sans sommation.

Tout le reste, du vent, du new wave pour décrire des choses que tout le monde fait depuis des lustres.

Ecrit par : Milady | 01 août 2007

Voilà ce qu'on apprend aux jeunes professeurs... J'ai parfois l'impression d'être le résultat d'une expérience ratée.

Ecrit par : Anaelle Perret | 01 août 2007
C'était vachement beau! Je n'ai rien compris mais c'était beau.

Ecrit par : dobolino | 01 août 2007

"Ce n'est pas sur les "bonnes" classes que les pédagos ont le plus sévi, c'est sur les plus "mauvaises". C'est pour moi d'ailleurs l'objet d'un scandale permanent : la "nouvelle opédagogie" a bien plus que l'ancienne entériné cette culture d'"héritiers" que dénonçait en son temps Bourdieu. Ce sont les plus défavorisés qui sont laissés en rade par cette pédagogie imbécile dont la séquence est l'instrument de mort. Les "Premières S" s'en tirent toujours, dans l'ensemble — et leurs classes, curieusement, sont toujours homogènes, alors que la diversité chère à la réforme Haby et à tous ces salopards ne concerne jamais que les plus humbles, soit socialement, soit intellectuellement. Essayez donc Dom Juan ou Tartuffe avec des STG ou des STI — majoritairement musulmans, par exemple, en leur expliquant la mise en scène d'Ariane Mnouchkine (j'en parle dans Une école sous influence). Et vous verrez bien ce que dit l'Inspecteur."

Bravo!!!!

Ecrit par : Milady | 01 août 2007

Ah! Milady, vous lire est un régal !!!

Une passion comme la vôtre donne envie de déplacer les montagnes...

Je vais de ce pas continuer à apprendre à lire à cette petite Célina qui entre au CP dans un mois, pour qu'un jour elle puisse profiter de l'enseignement d'un professseur comme vous !!!

Chacun sa petite pierre à l'édifice...

Ecrit par : Maminou | 01 août 2007

C'était vachement beau! Je n'ai rien compris mais c'était beau.

Ecrit par : dobolino | 01 août 2007

Eh ben, voilà. Tu as éventé leur secret : il faut que ça soit beau mais qu'on n'y comprenne rien.

Ecrit par : catmano | 01 août 2007

Mais puisque Milady nous fait un travail "de vulgarisation", maintenent l'énigme des séquences devient accessible et nous naviguerons moins dans le brouillard.
Cest beau...

Ecrit par : Maminou | 01 août 2007

Je sais plus qui a sorti ça mais voilà la blague:

Comment reconnaitre un texte écrit par un pédagogo?

Réponse:
Vous savez que ça parle vaguement d'éducation, mais vous ne savez exactement de quoi il en retourne.

Belle définition, non?

Ecrit par : Loki | 01 août 2007

Y a -t-il des collègues de LP Histoire-Géo/Français pour avancer quelque idée sur l'organisation des cours? Dois-je me transformer en prof de collège? Une chose aussi qui m'agace ce sont les redites - je veux dire: dans les programmes du LP, il y a du copier-coller par rapport à celui du collège - mêmes choses vues et revues (en Histoire, la 2de guerre mondiale par exemple); comment apporter du sang neuf, une nouvelle inspiration, un angle d'attaque, à un programme sur lequel, plus rapidement que pour les lycées techniques ou généraux, les élèves seront "sanctionnés" deux ans plus tard (pour le CAP, le BEP et le Bac pro... tiens, un de mes inspecteurs nous a annoncé avant les vacances qu'il allait y avoir sous peu des CAP en 2 ans et 3 ans - pour les mêmes filières -, idem pour les autres examens, histoire de, si je me souviens bien, aider les élèves en difficulté. Donc nous, profs de LP, nous allons avoir 2 programmes pour chaque matière enseignée... s'per!)?

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007

copié-collé

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007

Saviez-vous que Harry Potter est traduit en Grec ancien et en Latin???

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007

Saviez-vous que Harry Potter est traduit en Grec ancien et en Latin???

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007

c'est une blague? en tout cas je trouve l'idée géniale!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 01 août 2007

"Saviez-vous que Harry Potter est traduit en Grec ancien et en Latin???"

Oui.

Dites, JPB, on ne sait toujours pas ce qui a fait buguer/boguer votre blog !

Ecrit par : Jérémy | 01 août 2007

Saviez-vous que Harry Potter est traduit en Grec ancien et en Latin???

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007

c'est une blague? en tout cas je trouve l'idée géniale!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 01 août 2007

Non Patricia, les 2 premiers tomes sont traduits dans ces langues!

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007

Saviez-vous que Harry Potter est traduit en Grec ancien et en Latin???

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007

c'est une blague? en tout cas je trouve l'idée géniale!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 01 août 2007

Non Patricia, les 2 premiers tomes sont traduits dans ces langues!

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007

on les trouve où?

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 01 août 2007

Voici pour vous Patricia: http://librarius.net/boutique_librarius/product.php?productid=9927

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007

Bonjour,
Il y a des mois que je lis ce blog, mais je ne suis jamais encore intervenue.
J'ai toujours enseigné en première et terminale, et dans un "bon lycée". pourtant, je puis vous assurer que ces dernières années, même en S, la dégradation était très sensible : ignorance abyssale, difficultés de concentration orthographe ahurissante...En ce qui concerne les séquences, je m'en suis toujours dispensée. Il faut dire que j'étais alors tout à fait en fin de carrière, sans avoir rien à redouter d'une inspection. J'ai continué à centrer mon enseignement sur l'étude exclusive des auteurs et des oeuvres, par exemple Montaigne et Pascal pour l'argumentation, une pièce de Molière ou de Racine pour le théâtre... Mais j'avais l'impression de construire sur du sable, les élèves n'ayant que très peu d'acquis antérieurs.

Ecrit par : Sylvie Huguet | 01 août 2007

"pourtant, je puis vous assurer que ces dernières années, même en S, la dégradation était très sensible : ignorance abyssale, difficultés de concentration orthographe ahurissante..." Sylvie Huguet

Oui, il y a un problème de toute manière, même dans les bonnes classes. Il y aurait long à dire... Même l'orientation des élèves en S devient discutable : certains gamins y sont envoyés par dépit comme jadis les expulsés en classes littéraires, qu'on appelait les fumistes... On se demande à quel saint se vouer ! Mais j'ai 30 ans, je suis prof depuis 5 ans, je bosse l'agrégation pour progresser, on a monté des tas de projets pour remonter la filière L dans mon lycée (projets dont je parlerai pê à l'occasion sur ce blog), et je garde espoir en me disant qu'un jour, le système va bien devoir lâcher prise et s'en remettre pour de bon aux acteurs de terrain, je veux dire les profs eux-mêmes, épaulés par l'administration de leurs bahuts. A condition, il est vrai, et comme il est souvent rappelé sur ce blog, que : 1. la formation des profs soit revue à la hausse ; 2. que le contenu des programmes des gamins soit réformé ; 3. que le quota d'heures des disciplines fondamentales soit réévalué (*). Trois "peu de" choses qu'il faut rappeler à tout le monde en permanence. Combien d'apéros mouvementés avec des gens plus ou moins proches qui ne sont pas de la fonction publique pour leur faire comprendre que nous ne portons pas le chapeau si le niveau baisse (ou du moins s'égare), et qu'un "serrage de vis destiné à remettre les profs au pas" n'y changera rien ! "Oh mais toi, c'est pas pareil, disent-ils à chaque fois, toi, tu bosses !" Ca me rappelle quand j'étais déménageur saisonnier pour payer mes études. Dans l'équipe, il y avait un jeune type plutôt sympa, d'origine marocaine, qui s'appelait Aziz ; et tous les gars, tous les permanents de la boîte, critiquaient les arabes, à tout bout de champ, avec le lot habituel de clichés racistes : "feignants, baiseurs, faux-jetons, etc." Mais pas Aziz, tiens tiens. Et quand on leur demandait pourquoi, tous ils répondaient :"Oui mais Aziz, lui, il bosse !" Bonne idée finalement que celle d'un service civique obligatoire dans l'Education Nationale : les Aziz que nous sommes devenus y seraient peut-être enfin compris !

(*) je n'ose pas mentionner la 4e condition qui est celle de la hausse des salaires, encore lourde en conséquences polémiques en milieu apéritif...

Ecrit par : Rodrigue du Gers | 01 août 2007

Je ne souhaite pas prendre part à ce sujet n'y donner aucun commentaires, simplement saluer Mr Brighelli et lui demander si il devrait refaire une apparition télévisé durant le moi d'août ce qui donnera un avant goût des cours de français avant la reprise en septembre !
salutation

Ecrit par : éléve de BTS au lycée J-mermoz | 01 août 2007

Relever le niveau de la formation, vous dites ? Pourquoi ? Il est très bien, le niveau !
Un petit exemple, pris sur un forum de professeurs des écoles ?

"Pour ma part j'aurais préféré qu'il n'y ait plus de passé simple. Nous courâmes, vous courâtes... On l'utilise vachement hein . Par contre, le conditionnel out ça me laisse un peu perplexe quand même parce que c'est le temps du rêve et de l'imagination pour moi. Dommage quoi "
J'exige des smilies ! Le type qui se tape la tête sur son clavier, par exemple.

Ecrit par : catmano | 01 août 2007

Ben oui, ben oui, mais enfin Catmano, où avez-vous mis tout ce que vous apprenâtes (! ) l'an dernier ? Et votre capacité à valoriser vos locuteurs, humm????? Cette jeune professeur des écoles a tout à fait raison : personne ne dit 'vous courâtes' - Il faudrait former un club de défense des formes inusitées - > rendons à courir le droit au - A, nom d'un chien !

Enfin, tout ceci pour vous dire que j'espère que vous avez salué l'oeil de lynx de cette enseignante, à qui faut pas la faire, jamais qu'elle l'a lu, ça, vous courâmes. Vous courîtes peut-être? Déjà lu, sûr, vous courîtes vers la sortie !

Ecrit par : Milady | 01 août 2007

Au fait, c'est quoi cette nouvelle bête : le conditionnelloute????
On ne nous dit rien, à nous les vieux ! Scandale ! C'est un scandale !

Ecrit par : Milady | 01 août 2007

Ben, non quoi, Catmano, je trouve ça bien, moi. D'accord, leur langue n'est pas très bonne à tes collègues, c'est vrai, et puis le contenu a l'air bien discutable mais il faut de tout, quoi, des profs bien formés et des profs un peu moins bons; pour se détendre un peu, quoi, pas se prendre la tête. Un peu comme en littérature, en fait, un peu de tout. Ouais, c'est ça comme en littérature, des classiques et puis de la littérature de gare aussi celle qui vous détend, quoi. Consensuel, ouais, pas de vague, pas de principe ( y'a que les coincés surtout les coincées, ( les pires)qui défendent des principes). Tu vois, tu leur fais étudier un peu de grands textes, pour qu'ils voient ce que c'est que la souffrance, l'humain en fait, c'est ça, ouais,pour qu'ils deviennent plus humains et après un coup de San Antonio pour les déniaiser, pour se détendre quoi. Et comme ça tout le monde y trouve son compte et puis comme ça on est cool, large d'esprit, ouvert, quoi. Ben pareil pour les collègues, faut se détendre. Leur niveau, il est pas si mal et il va bien avec la littérature de gare, y'a pas de raison d'embêter les mômes avec des connards qui se regardent écrire.

Ecrit par : Thalie | 01 août 2007

Rodrigue, ce n'est pas pour avoir l'air dramatiquement mauvais esprit, mais en une année, j'ai déjà appris :
Que j'étais réactionnaire, fasciste, facho, umpiste, trotskyste, gauchiste, aliénée ( ça je savais déjà, na! ), perverse, sadique, poussiéreuse, haineuse, lamentable, privilégiée, dansmabullée, démantibulée, syndicaliste, incapable, inapte, gréviste, lampiste, fumiste, même pas fidéliste au parti socialiste.
Alors je crois que je vais attendre encore un petit mois pour ajouter Aziz à ma liste.
Ce qui n'empêche qu'il sera tout à fait bienvenu dans la cohorte des nouveaux qualificatifs dus aux enseignants de notre beau pays, qu'aime tant tellement son école, sa culture et son passé. Et qu'aime aussi quelques professeurs, oui madame, certainement monsieur, bon pas trop, trois ovnis par ci, deux autres par là, qui sont très bien, eux. Parce que eux ne sont pas : ( reprenez la liste, dans l'autre sens, trois pas sur l'côté, deux pas d'l'aut' côté, deux pas en avant, quatre pas en arrière... ) ...

Ecrit par : Milady | 01 août 2007

Milady, en moins de cinq ans, le collier de perles (pour ne pas dire le ferret...) de mes qualificatifs a presque valu le vôtre en incohérente et malhonnête diversité. Mais je tiens bon. Et vous aussi avec moi, je n'en doute pas. Car souvenez-vous (comme moi) : "nous partîmes cinq cents, mais..."

Ecrit par : Rodrigue du Gers | 01 août 2007

Vous êtes sûr que ce n'est pas plutôt "nous partâmes" ?

Ecrit par : catmano | 01 août 2007

Saviez-vous que Harry Potter est traduit en Grec ancien et en Latin???

Ecrit par : Pendariès | 01 août 2007


Et vous savez qu'on peut même le trouver en anglais? Incroyable.

En tout cas, c'est vachement super de l'avoir traduit en latin et en grec, ça permettra aux profs de langues mortes de faire des séquences Harry Potter en latin & grec, histoire de pas trop faire chier les apprenants avec Ovide, Tacite & Cicéron.

"La défaite de la pensée", d'Alain Finkielkraut. A emporter sur l'ïle déserte, enfin peut-être pas, ça me rappellerait trop ce blog par moments...

Ecrit par : Loki | 02 août 2007

Vous êtes sûr que ce n'est pas plutôt "nous partâmes" ?

Ecrit par : catmano | 01 août 2007

Mais non, c'est pas "nous partâmes cinq cents", c'est : "nous tracîmes à cinq cents" ! Pfff... c'qui faut pas faire pour remettre les pendules à l'heure...

Ecrit par : Rodrigue du Gers | 02 août 2007

"En une année, j'ai déjà appris que j'étais réactionnaire, fasciste, facho, umpiste, trotskyste, gauchiste, aliénée ( ça je savais déjà, na! ), perverse, sadique, poussiéreuse, haineuse, lamentable, privilégiée, dansmabullée, démantibulée, syndicaliste, incapable, inapte, gréviste, lampiste, fumiste, même pas fidéliste au parti socialiste",

écrit Milady.

Cela vous fait de nombreuses qualités, ma chère. Je sens que je vais vous proposer une alliance, dussé-je vous livrer au bourreau de Béthune un peu plus tard — ce serait bien mon genre, surtout si c'est moi le bourreau.

Ecrit par : D'Artagnan | 02 août 2007

"En tout cas, c'est vachement super de l'avoir traduit en latin et en grec, ça permettra aux profs de langues mortes de faire des séquences Harry Potter en latin & grec, histoire de pas trop faire chier les apprenants avec Ovide, Tacite & Cicéron", écrit Loki.
ça permet aussi de faire du "petit latin" avec des grands commençants en post-bac, -- en alternant avec le "De viris" et "Epitome". Et ça marche très bien.
P.S. "Qui donc a fait bugguer le blog de Brighelli ?" exercice : étudier les sonorités du vers.

Ecrit par : FGuichard | 02 août 2007

Cela vous fait de nombreuses qualités, ma chère. Je sens que je vais vous proposer une alliance, dussé-je vous livrer au bourreau de Béthune un peu plus tard — ce serait bien mon genre, surtout si c'est moi le bourreau.

Ecrit par : D'Artagnan | 02 août 2007



En garde faux mousquetaire! Voilà que vous usurpez mon nom, qui êtes vous donc pour oser ainsi signer à ma place?
je vais de ce pas prévenir le bourreau de Béthune , il aura deux têtes à trancher.
Sachez monsieur qu'on ne s'octroie pas ainsi le nom d'un gascon!
Quant à Milady , elle est à moi!

Ecrit par : D'Artagnan | 02 août 2007

"Pour ma part j'aurais préféré qu'il n'y ait plus de passé simple. Nous courâmes, vous courâtes... On l'utilise vachement hein . "

Ecrit par : catmano | 01 août 2007

Vous fréquentez des gens intéressants Catmano...
Dans les lectures de mon enfance , on disait "nous courûmes" et moi j'aimais cela.
Vous pouvez dire à cette jeune personne qu'on n'a pas le droit de toucher ainsi aux souvenirs d'enfance de millions de lecteurs qui ont tous survécus au passé simple....

Ecrit par : Maminou | 02 août 2007

"La défaite de la pensée", d'Alain Finkielkraut. A emporter sur l'ïle déserte, enfin peut-être pas, ça me rappellerait trop ce blog par moments...

Ecrit par : Loki | 02 août 2007

Bien d'accord avec vous, Loki, mais Finkielkraut n'est pas en odeur de sainteté ici. J'ai souvent dit mon admiration totale, intégrale pour lui, mais... Quant à la défaite de la pensée, sur ce blog, elle se porte bien, comme vous voyez. On en vient même à se réjouir de la traduction de machin Potter en latin!
Le petit latin cela se fait avec le "De Amicitia" au moins, me semble-t-il, c'est moins injurieux pour les latinistes même grands débutants mais forcément, Potin Potter c'est" plus tendance" comme les romans de gare, plus rive gauche, plus bobo quoi.
Nous sommes "trop" Loki, "de trop" même peut-être... Une fin de quelque chose... Et franchement plus nombreux...
Enfin, cela ne me gêne pas trop. On s'habitue...
Et puis je pars bientôt en Toscane, là où c'est beau, classiquement beau avec des tonnes de classiques sous le bras. Oui, bien sûr pour être "bonnet d'ânement correct", il faudrait partir en Calabre ou dans les Pouilles avec des tonnes de romans de gare sous le bras...
Et je doute qu'il y ait une connection internet. Quelle paix royale, vous allez avoir...
En tout cas, merci à vous, Loki, pour cette petite remarque qui fait du bien.

Ecrit par : Thalie | 02 août 2007

Pour info, mes deux aînées passent de temps en temps lire ce que vous écrivez et ma grande vient de venir me demander sur un ton angoissé si elle ne devait pas abandonner le passé simple dans ses productions d'écrits. je reprends ses termes: " tu imagines maman, si au bac , le prof qui corrige ma copie, croit qu'au passé simple c'est nous courâmes et nous chantîmes , je risque de pas l'avoir mon bac... et s'ils en sont là, imagine pour le reste!"
je vous rassure elle a compris que c'était de la blague mais j'ai quand même senti qu'elle gardait une pointe d'inquiétude... il va falloir que je censure le blog dans l'accès internet de mes enfants:( ;)
Mais Maminou , dans mes souvenirs c'était nous courîmes! ;):) c'est vrai que ça manque de smilies!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 02 août 2007

Mais Maminou , dans mes souvenirs c'était nous courîmes! ;):) c'est vrai que ça manque de smilies!
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 02 août 2007

Méfions-nous de nos souvenirs, le temps les a quelque peu "édulcorés" pour les auréoler jusqu'à en faire des nébuleuses qui s'éloignent toujours plus de la réalité...

Ecrit par : Maminou | 02 août 2007

Je ne souhaite pas prendre part à ce sujet n'y donner aucun commentaires, simplement saluer Mr Brighelli et lui demander si il devrait refaire une apparition télévisé durant le moi d'août ce qui donnera un avant goût des cours de français avant la reprise en septembre !
salutation

Ecrit par : éléve de BTS au lycée J-mermoz | 01 août 2007

Et voilà comment on rend les élèves drogués, ah c'est du joli !

lol :o)))))

ps:
"ajouter Aziz à ma liste."
spice d'Aziza :)

Ecrit par : toto | 02 août 2007

A condition, il est vrai, et comme il est souvent rappelé sur ce blog, que :
1. la formation des profs soit revue à la hausse ;
2. que le contenu des programmes des gamins soit réformé ;
3. que le quota d'heures des disciplines fondamentales soit réévalué.
4. hausse des salaires

Quatre "peu de" choses qu'il faut rappeler à tout le monde en permanence.



Là où il y a d'la gêne yapa d'plaisir ;)

Ecrit par : toto | 02 août 2007

Vous fréquentez des gens intéressants Catmano...
Dans les lectures de mon enfance , on disait "nous courûmes" et moi j'aimais cela.
Vous pouvez dire à cette jeune personne qu'on n'a pas le droit de toucher ainsi aux souvenirs d'enfance de millions de lecteurs qui ont tous survécus au passé simple....

Ecrit par : Maminou | 02 août 2007

Survécu! Survécu! Facile à dire! Allez savoir si ce n'est pas le traumatisme fondateur de nos addictions et de nos blocages... En plus, ce temps est peut-être cancérigène, il est peut-être le facteur déclenchant de l'Alzheimer.

Ecrit par : dobolino | 02 août 2007

ma grande vient de venir me demander sur un ton angoissé si elle ne devait pas abandonner le passé simple dans ses productions d'écrits. je reprends ses termes: " tu imagines maman, si au bac , le prof qui corrige ma copie, croit qu'au passé simple c'est nous courâmes et nous chantîmes , je risque de pas l'avoir mon bac... et s'ils en sont là, imagine pour le reste!"


Ecrit par : Patricia Mesnigé | 02 août 2007
Meuh non! Les correcteurs ne tenant déjà plus trop compte de l'orthographe, vous ne vous imaginez tout de même pas qu'ils vont tenir compte de la conjugaison du passé simple.
De toute façon, ce n'est pas un blog à faire lire aux élèves. Mes enfants le fuient, ça leur casse trop le moral! Il faut bien qu'ils assument l'école qu'on leur propose, alors...
Pourquoi, Thalie, dites-vous que Finkielkraut n'est pas ici en odeur de sainteté? J'ai lu ici sur son compte dix fois plus de jugements positifs que négatifs.

Ecrit par : dobolino | 02 août 2007

Dobolino, je ne leur fais pas lire le blog, elles y vont par curiosité sachant que je m'y rend régulièrement:) Mais là je vais le faire lire à ma grande , elle va être rassurée:)

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 02 août 2007

Mes enfants le fuient, ça leur casse trop le moral! Il faut bien qu'ils assument l'école qu'on leur propose, alors...
Pourquoi, Thalie, dites-vous que Finkielkraut n'est pas ici en odeur de sainteté? J'ai lu ici sur son compte dix fois plus de jugements positifs que négatifs.

Ecrit par : dobolino | 02 août 2007

Vous avez raison, Dobolino, même si un prof ou un instit n'est pas à la hauteur ou même si l'école elle-même ne l'est pas, il me semble, d'expérience, qu'il faut éviter de faire douter les gamins. C'est très pernicieux ( surtout au long cours) et cela fait plus de dégâts que de bien. Beaucoup de doigté dans ce genre de choses parce que ça vous revient en boomerang dans la figure un jour où vous étiez persuadés avoir bien fait en informant les chers petits des défaillances du système.
Pour Finki., il faudrait faire des stats:-), j'ai l'impression inverse...
Quand passerez-vous en Bretagne voir votre copain des Côtes d'Armor pour faire aussi un petit crochet à la maison? Je vous ai déjà invitée une fois! Et j'ai un setter irlandais- qui a pour nom Thalie- qui adore les vétos ( surtout pendant les week-ends quand le prix est majoré) et un chat aussi qui lui n'aime personne. Un sage, en fait...

Ecrit par : Thalie | 02 août 2007

Je viens de faire un tour sur le site qui expose la séquence sur Mateo Falcone...

LA VACHE! C'est trop sexy!

"connexion entre le référent géographique et le lecteur"

"les interventions du narrateur ne sont pas seulement narratives : elles sont aussi expositives ( situation du bandit, "heureuses dispositions" de l'enfant )"

" Il est possible de faire produire ici un graphique où les élèves produisent 2 courbes (une pour chaque protagoniste) figurant la position "DOMINANT", "DOMINE", "EQUILIBRE"

De la géographie, des interventions expositives et un graphique pour les protagonistes. C'est trop d' l' balle!

Ecrit par : Ordrade | 02 août 2007

Quand passerez-vous en Bretagne voir votre copain des Côtes d'Armor pour faire aussi un petit crochet à la maison?

Ecrit par : Thalie | 02 août 2007

Quand je serai à la retraite d'ici une vingtaine d'années. soignez bien votre Setter d'ici là...
En fait, si nous ne critiquons plus ou le moins possible l'école, c'est par décision conjointe de nos enfants et de nous-même. Les sommets furent atteints de toute façon en primaire: à présent, le vin est tiré, il faut le boire.
Je viens me défouler ici. C'est de la hargne que j'épanche et qui ne rejaillit ainsi pas sur la confiance et le respect que mes enfants doivent porter au corps enseignant.
Le mot d'ordre pour eux, c'est "la critique est facile mais l'art est difficile".

Ecrit par : dobolino | 02 août 2007

Pour Pendariès, Dobolino et ceux qui veulent, un petit texte ( littéraire, évidemment):-) allez le premier qui trouve ( c'est pas dur, il est connu) gagne ...un roman de gare.


Un jour
Un jour, bientôt peut-être.
Un jour j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers.

Avec la sorte de courage qu'il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m'être indissolublement proche.
Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.
D'un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînements de " fil en aiguille".
Vidé de l'abscès d'être quelqu'un, je boirai à nouveau l'espace nourricier.
A coups de ridicules, de déchéances ( qu'est-ce que la déchéance?), par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j'expulserai de moi la forme qu'on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables.
Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une immense trouille.
Ramené au dessous de toute mesure à mon rang réel, rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m'avait fait déserter.
Anéanti quant à la hauteur , quant à l'estime.
Perdu en un endroit lointain ( ou même pas), sans nom, sans identité.
CLOWN, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l'esclaffement, le sens que contre toute lumière je m'étais fait de mon importance.
Je plongerai.
Sans bourse dans l'infini sous-jacent, ouvert à tous
ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée
à force d'être nul
et ras...
et risible...

Ecrit par : Thalie | 02 août 2007

Henri Michaux?
mais il est nul, il n'a jamais écrit de roman de gare.

Ecrit par : dobolino | 02 août 2007

Pas le temps de lire en ce moment Thalie pas même un roman de gare mais ce ne serait pas du henri Michaux?

Dites moi Thalie est-il judicieux de charger votre valise de livres pour partir en Toscane, vous devriez profiter de votre séjour là bas et vous laisser aller à la flanerie...Je n'apprécie pas particulièrement Rousseau mais ses "rêveries d'un promeneur solitaire" sont remarquables...adonnez-vous aux promenades sous le soleil italien et venez nous en faire le récit à votre retour , personnellement j'en serai enchantée et j'aurai ainsi le sentiment de recevoir quelques cartes postales qui me sortiront de la tristesse de cet été...

Par ailleurs les beaux éphèbes ne manquent pas en Italie ...apprendre ou perfectionner son italien on the pillow-talk peut accentuer les couleurs de votre voyage:);)

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 02 août 2007

devancée au poteau par Dobolino! zut!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 02 août 2007

Thalie, moi aussi j'admire Finkielkraut...

Ecrit par : Sylvie Huguet | 02 août 2007

Pour partir en Toscane? Vous devriez...ma touche maj n'a pas fonctionné d'où la virgule et la majuscule qui manque

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 02 août 2007

manquENT grrrrrrr

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 02 août 2007

Sur la Toscane, une seule référence : Malaparte, "Ces sacrés Toscans" — indispensable et suffisant.
Dans quel coin des Côtes d'Armor sévissez-vous ? J'y étais encore en avril, et vous ne savez pas sans doute que je suis l'un des grands experts français du Mont Saint-Michel :-))…
JPB

Ecrit par : brighelli | 02 août 2007

Pas dans les Côtes d'Armor, mais à côté, en Ille- et- Vilaine.
Dobolino, comme vous avez gagné avec Patricia, je vous ramène quoi, un roman de gare en italien ou du Chianti?
Allez, ciao, ciao.

Ecrit par : Thalie | 02 août 2007

Dobolino, comme vous avez gagné avec Patricia, je vous ramène quoi, un roman de gare en italien ou du Chianti?
Allez, ciao, ciao.

Ecrit par : Thalie | 02 août 2007

Plutôt du Chianti, si ça vous va. Bonnes vacances!

Ecrit par : dobolino | 02 août 2007

Bonnes vacances Thalie! je dois avouer qu'entre chianti et roman de gare en italien il n'y a pas photo...chianti assurément:);)
profitez au maximum du bon air toscan...La pluie est de retour:(

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 02 août 2007

Saint-john perse?

Cela me rappelle de vieux souvenirs de fac des lettres. Aurions-nous eu les mêmes professeurs?

Edith

Ecrit par : edith | 02 août 2007

vous ne savez pas sans doute que je suis l'un des grands experts français du Mont Saint-Michel :-))…
JPB

Ecrit par : brighelli | 02 août 2007
Un expert en quoi? Théologie, architecture, vie monastique, marées et ensablement, gastronomie?
Près du Mont Saint Michel, avec le Doyen de Balleroy(paix à l'âme de ce saint homme s'il en fut), en 1981, je me suis régalée d'une poularde à la crème dans un petit restaurant très confidentiel.
J'ai vu la mer un 22 septembre se ruer à l'assaut du Mont Saint Michel, et, grâce à l'entremise du sus-nommé doyen, j'ai visité les parties non-ouvertes au public du monastère. Hélas, c'est loin, j'étais une abominable gamine (je suis à présent une abominable vieille peau) et le doyen de Balleroy est décédé.

Ecrit par : dobolino | 02 août 2007

"Vivre entre les
étoiles comme
entre les mots,

dans l'espace
noir de l'absence,
dans la sombre
matière du silence

que dis-je, du
silence? vivre de
l'abîme en soi,

avec la vision
d'un lointain
inaccessible dont
les scintillements

confondraient le
hasard de vivre avec
celui de mourir".

Richard Rognet, Le Promeneur et ses ombres, Gallimard


J'ai déjà évoqué ailleurs sur ce blog ce poète, que j'ai la chance de connaître, et que j'aimerais faire découvrir à ceux qui n'ont pas entendu parler de lui.

Ecrit par : mouron rouge | 02 août 2007

"Un expert en quoi? Théologie, architecture, vie monastique, marées et ensablement, gastronomie?"

demande Dobolino…

EN tout cela, ma chère. J'ai écrit sur le Mont des ouvrages qui traitent d'Histoire, d'architecture, d'élaboration des mythes (et l'omelette de la mère Poulard est un mythe moderne), j'ai visité — avec le conservateur de l'époque, qui y est revenu après un crochet par Rennes — les zones les plus inaccessibles du Mont, j'y ai vécu sous les voûtes et entre les murailles de granit quelques histoires qui convenaient bien à ma perception carcérale de l'érotisme, et j'ai réactualisé mon premier livre il y a deux ans en fonction des projets de désensablement.
C'est-à-dire que je suis capable de parler dix minutes à la radio de n'importe lequel de ces sujets — c'est tout ce que l'on demande à un "spécialiste", à l'ère médiatique… Il y a de vrais savants, et puis il y a les experts auto-proclamés — j'espère en avoir donné ci-dessus la caricature…

"j'étais une abominable gamine (je suis à présent une abominable vieille peau)"
ajoute-t-elle…
Allons, il reste toujours quelque chose de la gamine…
JPB

Ecrit par : brighelli | 03 août 2007

"Au passage, conseillez donc à votre collègue de le prendre d'un peu haut — je n'accepte de critique que de mes égaux, pas de gens qui ont trouvé leurs diplômes dans des pochettes-surprise (et il y en a, parmi les inspecteurs, y compris généraux…)."

Ecrit par : brighelli | 01 août 2007

NON, Jean-Paul. Prendre les gens de haut n'a jamais été ni constructif, ni très bon sur le plan "tactique". Ne pas se laisser bouffer, oui.

"Pour ma part j'aurais préféré qu'il n'y ait plus de passé simple. Nous courâmes, vous courâtes... On l'utilise vachement hein . "

Ecrit par : catmano | 01 août 2007

Eh oui! Les médiocres reviendûtes, mais les as partâmes!

Ecrit par : Christophe Sibille | 03 août 2007

Lu dans Le Monde ce matin, au sujet des suppressions de postes : [Pour la droite, les enseignants ne sont jamais contents, coûtent cher, sont toujours en grève. Xavier Darcos, qui connaît bien l'éducation et se bat pour son budget, a joué la limitation des dégâts, mais ça fait tout de même beaucoup ! La baisse d'une ampleur inégalée ne laisse aucune marge de manoeuvre, sauf à toucher aux heures d'enseignement des élèves". Sur ce point, le syndicaliste (G.Aschieri) n'a pas rêvé : la lettre de mission du ministre lui enjoint d'ouvrir "une réflexion sur la manière de réduire le volume horaire imposé aux enfants".]

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3224,36-941280@51-934350,0.html

"Réduire le volume horaire imposé aux enfants". "imposé" ! Alors on va supprimer quoi ? la diététique, le code de la route, les sorties marketting aux forums des métiers et du livre ? Ou bien va-t-on encore avoir droit à une théorie selon laquelle il y a trop de maths et de français ? J'espère que Darcos sait ce qu'il fait... mais j'imagine qu'il sait aussi ce qu'il ne peut pas faire...

Autre article sur la fonction publique et les salaires : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3224,36-940949@51-934350,0.html

Ecrit par : Rodrigue du Gers | 03 août 2007

Allons, il reste toujours quelque chose de la gamine…
JPB

Ecrit par : brighelli | 03 août 2007

On va essayer de prendre ça pour un compliment... au lieu de prendre la mouche. C'est un entrainement à une mission de pacification.

Ecrit par : dobolino | 03 août 2007

C'est-à-dire que je suis capable de parler dix minutes à la radio de n'importe lequel de ces sujets — c'est tout ce que l'on demande à un "spécialiste", à l'ère médiatique… Il y a de vrais savants, et puis il y a les experts auto-proclamés — j'espère en avoir donné ci-dessus la caricature…


JPB

Ecrit par : brighelli | 03 août 2007
Je crois bien que vous nous donnez là une description assez fidèle de bon nombre de journalistes de bon niveau.
Je dis de bon niveau car on peut lire et entendre bien pire de la part de certains d'entre eux lorsqu'on se penche sur un reportage de presse généraliste se rapportant à un sujet qu'on maîtrise. Nous avons tous fait une fois ou l'autre cette expérience et jeté au loin un journal en nous exclamant: "quel tissu de conneries!". C'est dire ce qu'on peut apprendre par les médias sur un sujet nouveau pour nous.

Aux journalistes qui passeraient par là: je suis certaine que vous, vous n'êtes nullement concernés par mes propos et que vous êtes très sérieux. Donc, veuillez par avance recevoir mes excuses pour cette généralisation abusive.

Ecrit par : dobolino | 03 août 2007

Un journaliste débutant, qui a accompli un cursus normal :
-Sciences-Po
-Ecole de journalisme
peut dire: "j'ai une incompétence large"
"je peux parler de tout sans rien connaître."

Ecrit par : Maminou | 03 août 2007

Oui!
Alors que je disais à mon grand-père journaliste mes inquiétudes sur les colles orales en début de prépa, cette crainte de n'avoir pas assez à dire pour tenir vingt minutes sur un sujet précis, il éclata de rire: "l'essentiel est de parler, tu peux dire n'importe quoi, ça n'a pas d'importance!".

Ecrit par : dobolino | 03 août 2007

Thalie, que je vous crusse plus avisée, concernant la chose culturelle, fut peut-être une erreur de ma part. Mais j'ai encore quelque espoir.
Que l'on se délecte à se baigner uniquement dans la liqueur de l'esprit et que l'on s'en gargarise, pourquoi pas; mais qu'il ne soit pas à votre portée ne serait-ce d'imaginer une seconde qu'il est possible, voire probable que des lecteurs puissent lire TOUT, y prendre plaisir et y trouver valeur cela me dépasse - me laisse perplexe et m'interroge (avec une certaine colère): je connais personnellement un quasi-ministre (ayant fréquenté les grandes écoles, ayant participé à la fondation de l'OMC - culture immense, mais pas bégueule ni méprisant) qui lit Harry Potter avec délectation et qui se demande comment est traduit "chocogrenouille" en grec ancien.
La Reine Victoria n'avait même pas l'espace neuronal nécessaire pour deviner que les femmes pouvaient se gamahucher entre elles (l'homosexualité masculine étant seule punie par la loi... Pauvre Wilde "posing as a sodomite") -parce que cela était inenvisageable pour elle. Pauvre impératrice des Indes enfermée dans son carcan intellectuel.

Vous n'êtes pas la seule ici à regarder de haut ce que porte des millions de personnes qui ne pensent pas que cela soit "mal", que cela ouvre vers la fin du monde et de la civilisation, et des valeurs chrétiennes.

Votre risque est de vous vitrifier sur place - je me demande sérieusement comment une agrégée n'a ni la curiosité, ni l'ouverture d'esprit ni les outils nécessaires pour utiliser ce qui fascine ses élèves et qui interroge la société afin d'aborder au fur et à mesure les grands textes (mettre en relation le contemporain avec l'ancien).

Ce que vous faites, et que d'autres ont fait avant vous (regardez ne serait-ce que la couleur dominante des cheveux de celles et ceux qui vont généralement au théâtre, applaudir des pièces convenues), c'est rendre puante la culture, c'est détourner les "petites gens" des grands textes, des arts: "ça c'est pour les intellos" (l'anti-intellectualisme nait ainsi, par le mépris de celles et ceux qui savent envers celles et ceux qui, pour eux, n'ont pas les clefs, ne sont pas allés conquérir la Toison d'or du savoir. Ces personnes sont des salauds pour moi; et ce n'est pas être enseignant qu'être cela.). Entre les aspirations culturelles d'une certaine gauche (à mort la pensée bourgoise) et d'une certaine droite (vive ce qui sauve la France), il n'y a pas l'espace d'un ongle ou d'un pet.

Nous vivons dans un temps du rhapsode, comme l'écrit Sarrazac dans son "Avenir du drame", du désir et du festivisme, comme nouvelle utopie, qui a remplacé celle du destin ouvrier d'avant 68 - le monde est opaque à celles et ceux qui ne se rendent pas compte de cela; et s'ils veulent faire évoluer les choses, faites comme Jean Genêt qui a utilisé la langue des "bourreaux" pour renverser les valeurs: maîtriser ce qu'est notre époque pour, grâce à votre culture (qui ne doit pas être votre tour d'ivoire) et investissant le savoir des élèves le faire changer de l'intérieur. Mais pour cela encore faut-il ne pas se décomposer vivant.

FGuichard, vous êtes dans mon coeur.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

ce que porteNT des millions de personnes

Pour ma part, je me tiendrai toujours du côté de Garcia Lorca.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

N'oubliez pas que les ailes de géant vous font une drôle de démarche...

Alors, Thalie, je ne fait aucune attaque contre votre personne, que je respecte. Je pense que vous le savez maintenant. Nous sommes dans les idées ici.

Quant à l'auteur du poème, j'ai l'honneur de ne savoir pas tout.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Comment peut-on aimer ses classes, aimer enseigner sa matière quand on répugne à jouer avec leurs références culturelles - et donc quand il est impossible de trouver un espace commun où pouvoir commencer, alimenter le cours entre le professeur et les élèves?

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Tout ce que nous pourrons proposer alors ne pourra être que sabir.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

et les ados le font assez chèrement payer.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Ha, j'ai fini Harry Potter hier matin à 5 heures!

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

C'est emmerdant d'avoir l'esprit en escalier.
Julien Gracq dans ses entretiens édités chez Corti parle de son admiration pour Tolkien et son "Seigneur des Anneaux", disant que c'était un des plus grands romans du XXième siècle, des livres de Cooper encore, etc. Par la Vierge, des romans de gare!!!!! Le maître de st-Florent salue ces machins infââââââmes sur lesquels certains ici ne voudraient même pas posé un clin d'oeil. Sans aucun doute, il serait facile de retrouver les auteurs favoris des grands que nous aimons (mais qui ne jouent pas aux hypocrites). Bonnefoy parle dans "L'Arrière-pays d'un livre pour enfants "Les Nuages rouges" qui ont participé à l'invention de son esthétique. J'imagine les lectures de Villon et de Rabelais. Bref, les très grands sont vraiment moins snobs, conventionnels, que les petits marquis.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Entend-on le retour des Sorbonnards?...

Bon je me calme, je suis en train de monologuer!!!!! mordarir!

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Votre monologue me rappelle une petite jeune, qui ayant étudié le piano classique, et ayant obtenu le Capes de musique, s'est vue confier des classes de collèges de "banlieues chaudes"...
Elle demandait, à intervalles réguliers, qu'un élève ou un groupe d'élèves fassent un exposé pour faire connaître et aimer à toute la classe un morceau de musique d'un musicien (qui était toujours un chanteur...) qu'ils aimaient écouter, avec argumentation écrite et travaillée bien entendu ...

Ces séances ne lui avaient pas forcément fait aimer tout ce que ces jeunes présentaient, mais lui avaient ouvert des horizons insoupçonnés et vastes...
Et elle disait volontiers :
"J'en ai appris des choses !"

Ecrit par : Maminou | 03 août 2007

houla maminou, vous allez vous attirer les foudres des dieux zéthérés... Vous risquez gros; mais heureusement vous avez précisé que cette jeune prof n'avait pas tout aimer de ce qu'aiment ses élèves!...

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Je veux bien que Pendariès pousse une sainte colère — qui l'amène parfois aux confins de la dysorthographie, c'est dire son intensité — mais son objet me paraît fort étrange.
On peut lire ce qu'on veut, et un vrai grand esprit fera son miel parfois avec des choses fort étranges. Sartre raconte fort bien qu'il n'aurait pas été lui-même sans Verne et Zévaco : dans sa tendance à ferrailler contre des montagnes à 80 piges, qui ne lirait l'influence de Pardailhan ? Rostand n'est peut-être pas Racine, ni Dumas Hugo, mais j'en connais qui ne seraient pas eux-mêmes sans les Trois mousquetaires ni Cyrano. Et j'ai le plus grand respect pour un spécialiste des antiquités égyptiennes, qui a donné son nom à l'un des pavillons du Louvre, et qui est l'auteur d'un splendide petit livre que Pendariès n'a pas lu, et pas grand-monde ici — à mes yeux, tout au moins.
Je regardais ces jours-ci, sur la Deux ou la Trois, l'une ou l'autre des sublimes adaptations avec David Suchet des aventures d'Hercule Poirot — franchement, quel talent, la mémé Agatha !
Il n'y a pas de petite littérature, il n'y a que de petits esprits — je rappelle qu'un livre n'existe pas en soi, il n'est que ce que nous en lisons. On a le droit d'aimer ou de ne pas aimer, mais pas celui de mépriser — sinon, c'est sur nous-mêmes, lecteurs, que nous jetons l'opprobre.
JPB

Ecrit par : brighelli | 03 août 2007

Pendariès,

Je partage votre vision des choses, même si je ne goûte pas particulièrement Harry Potter...

Vous évoquez Villon et Rabelais. On peut aussi penser à Shakespeare ou à Molière, qui ne crachaient pas, me semble-t-il, sur la culture populaire.

Ecrit par : OGM | 03 août 2007

Pendariès, vous ne comprenez rien à rien, et vous le prouvez régulièrement sur ce blog.
Vous écrivez à Thalie votre effarement à ce "qu'il ne soit pas à [sa] portée ne serait-ce d'imaginer une seconde qu'il est possible, voire probable que des lecteurs puissent lire TOUT", mais a-t-elle jamais dit le contraire?
Ai-je dit le contraire? Me suis-je positionné de telle façon à décréter une oukase sur tous les livres de l'industrie culturelle? Non. J'ai simplement fait une distinction, entre la grande littérature et le littérature de masse. Mais je conçois parfaitement que l'on puisse éprouver du plaisir à lire Harry Potter, Stephen King etc. Je l'ai d'ailleurs dit dans un précédent post, en soulignant l'aspect positif des livres de J.K. Rowling, qui donneraient le gout de lire aux gamins et les pousseraient plus tard à découvrir d'autres oeuvres. En revanche, je me pose totalement contre votre conception molle de la littérature qui accepte sous cette dénomination a peu près tout ce qui est écrit, pour peu que l'intrigue se tienne et surtout n'ennuie pas (car nous vivons dans cette époque d'immédiateté que dénonce Finkielkraut, pourquoi s'embêter à lire un roman du XIXe, forcément chiant, alors que les aventures du petit sorcier sont si passionnantes?).

M. Brighelli nous annonce qu' "il n'y a pas de petite littérature, il n'y a que de petits esprits", car le mépris d'une oeuvre, si modeste soit-elle, revient à mépriser le lecteur, c'est-à-dire dans une certaine mesure, soi-même. Outre le rapide raccourci logique, voire le syllogisme - nous sommes tous lecteurs, tous humains, donc identiques (je croyais que nous étions seulement égaux, pas identiques), si l'un de nous "méprise" (au fait, comment identifier et quantifier le mépris?)- un livre, il "méprise" en même temps toute la communauté des lecteurs, et lui-même! Outre ce raccourci, donc, comment qualifiez-vous cette expression "petits esprits", qui m'a tout l'air assez méprisante... Le serpent se mord-il la queue ici? Comment peut-on appeler à un relativisme pour le moins tiédasse ("On a le droit d'aimer ou de ne pas aimer") tout en méprisant soi-même d'autres personnes?

Mais je m'échauffe. C'est le double effet Penda.

Ecrit par : Loki | 03 août 2007

Ma "sainte colère" (attention... J'avais eu des ambitions de Moïse quand j'étais à l'écolette protestante) est venue surtout du fait qu'il y a des enseignants de littérature qui se barricadent d'être la culture dite "classique" et seulement elle. Et qui dressent des murs électrifiés, avec des miradors: gardiens de je ne sais quel Temple.

La question que je (me) pose c'est: comment être vraiment enseignant lorsque l'on "méprise" la culture des élèves que nous devons faire progresser (les gosses le sentent quand qui est face à eux les regardent de haut - nous lançons plein de petits signaux inconsciemment)? Comment ne pas en arriver à dire: tous des nuls, ils ne sont que de la m... ignorante, etc. Quand le dédain est toujours déjà là, que peut bien faire le professeur sinon s'enferrer dans ses certitudes?

C'est l'idée que je me fais d'un certain monde professoral (en tant qu'ancien élève et comme "soldat" de la Maison EN) - le goût pour la littérature, et vous le dites clairement, JPB (merci), s'il est la conséquence d'une hiérarchisation de toutes les valeurs (Hegel le dit quelque part: la forme du texte a à voir avec l'idéologie que l'écrivain veut faire passer plus ou moins consciemment), montre qui l'on peut être: coincé ou pas, obtus ou pas, enserré dans un temps (c'es-à-dire une vision du monde) qui n'est plus ou pas.

Comment enseigner quand on n'a pas un minimum les clefs "spirituelles" / culturelles du public que nous devons faire s'épanouir, "dégrossir" comme vous l'avez écrit dans un autre post.

Pour ma part, j'ai trouvé quelques réponses en m'intéressant aux cultural studies, en lisant des auteurs réfléchissant sur le post-modernisme, l'hyper-modernisme, tout en continuant ma lecture des penseurs plus anciens.

Vous m'aviez dit qu'on apporte ce que l'on est dans une classe. Mais, n'est-ce pas le rôle de l'enseignant d'être, à la fois, décalé et en osmose par rapport à la culture des élèves, pour dresser des ponts? Shakira, Shakira (private joke)!

Ha ha, quel est cet homme du Livre et son livre? Christian Jacq m'a laissé sur ma faim!!!

PS: je n'ai jamais eu le temps de me plonger dans du Jacq... je dis rapidement la vérité pour que je n'aie pas sur la conscience l'étouffement de quelques-uns scandalisés.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Pendariès,

Je partage votre vision des choses, même si je ne goûte pas particulièrement Harry Potter...

Vous évoquez Villon et Rabelais. On peut aussi penser à Shakespeare ou à Molière, qui ne crachaient pas, me semble-t-il, sur la culture populaire.

Ecrit par : OGM | 03 août 2007

Personne n'a dit qu'il fallait bruler les livres de la 'culture populaire' - ce serait une absurdité sans nom. C'est seulement Penda qui déconne dans ses postes; il a été vexé sur les trucs à propos de Potter...

Ecrit par : Loki | 03 août 2007

Pendariès,

Je partage votre vision des choses, même si je ne goûte pas particulièrement Harry Potter...

Vous évoquez Villon et Rabelais. On peut aussi penser à Shakespeare ou à Molière, qui ne crachaient pas, me semble-t-il, sur la culture populaire.

Ecrit par : OGM | 03 août 2007

Bien sûr que l'on peut ne pas aimer Harry Potter!

Heureusement; mais plastronner en écrivant que cela n'est pas de la littérature, là ça me gonfle.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

PS: je n'ai jamais eu le temps de me plonger dans du Jacq... je dis rapidement la vérité pour que je n'aie pas sur la conscience l'étouffement de quelques-uns scandalisés.

Quelle horreur, j'ai écrit ça comme ça????

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Mais, n'est-ce pas le rôle de l'enseignant d'être, à la fois, décalé et en osmose par rapport à la culture des élèves, pour dresser des ponts?

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Bientôt vous allez nous dire que vous avez découvert l'eau chande. C'est bien, Penda, continuez...

Ecrit par : Loki | 03 août 2007

cet homme du Livre

Oh oh, lapsus: je pensais à "homme du Louvre"!!

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

chaude*

Ecrit par : Loki | 03 août 2007

Pauvre Loki qui pense que j'ai un ego assez faible (c'est-à-dire démesuré) pour me vexer par rapport à son avis...

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Vous n'avez pas pigé Loki/Christophe, qu'on ne s'engueule pas ici par rapport à nos goûts, mais plutôt sur ce que cela implique quant à la façon d'enseigner, à notre présence face à une classe.

C'est ici un blog sur l'instruction / l'éducation et je ne l'ai jamais oublié. L'ego, on le laisse sur notre bureau quand on vient s'exprimer dans un blog.

Il y en a qui pensent que dire: "j'aime pas" ou "je ne suis pas d'accord" à propos de ce qu'ils écrivent, c'est les attaquer dans leur être même, les remettre en question... ben dis donc... Quelle haute opinion d'eux-mêmes...

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Personne n'a dit qu'il fallait bruler les livres de la 'culture populaire' - ce serait une absurdité sans nom. C'est seulement Penda qui déconne dans ses postes; il a été vexé sur les trucs à propos de Potter...

Ecrit par : Loki | 03 août 2007

Dire, comme vous le fîtes, "de la littérature?... vous voulez rire", c'est foutre le feu mon garçon. Ca y est il se fait miel le loki; il fout une bombe et puis il dit: ha ben non, ha ben non, ha ben non... Ridicule et malhonnête.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Et les livres de "la culture pôpulaire" (c'est déjà de l'apartheid et du terrorisme intellectuels"), les professeurs ont le droit de les utiliser dans leurs cours, de les marier aux "grandes" réflexions.

Mon prof de philo commençait tjs ses leçons par du Brassens pour développer ensuite avec Heidegger, Platon, Descartes, Thoreau, etc. C'est ça que je salue et que j'applaudis - car c'est bien plus ardu que d'entrer dans les sentiers battus et rebattus de la culture sanctionnée par les Sorbonnards.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Dire, comme vous le fîtes, "de la littérature?... vous voulez rire", c'est foutre le feu mon garçon. Ca y est il se fait miel le loki; il fout une bombe et puis il dit: ha ben non, ha ben non, ha ben non... Ridicule et malhonnête.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Non, je signe et re-signe, Harry Potter ce n'est pas de la littérature. C'est sympa pour les gamins boutonneux de 12 ans, mais c'est à peu près tout.. Allez, pour vous aussi Penda, étant donné que notre société est une société d'infantilisation permanente, je comprends complètement que vous ayez besoin de votre équivalent "littéraire" à la sucette de bébé. Cela dit, j'aime beaucoup Agatha Christie, je prends beaucoup de plaisir à lire les aventures de Poirot, Miss Marple, et aussi Tuppence (ma préférée) mais Christie ne vaut pas Shakespeare...

Ecrit par : Loki | 03 août 2007

pauvre Loki... aussi mystérieux et supérieur que le slip taché du gros dégueulasse de Reiser...

Bon, vilain que je suis: culpa maxima culpa...

Allez j'éteinds l'ordi - De Ghelderode m'attend.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

"apartheid et du terrorisme intellectuels"
"Sorbonnards"
"universitaires malhonnêtes"

Qu'avez-vous donc contre l'intelligence, Penda? On dirait que vous menez votre propre guerre contre les intellectuels (qu'on qualifiera forcément de 'Sorbonnards' ou de 'malhonnêtes'). C'est quoi? une revanche personnelle? Des mauvaises notes au collège? Trop d'envois au coin, avec le bonnet cher à M. Brighelli sur la tête? Une haine farouche de ce que vous ne pouvez comprendre?

Ecrit par : Loki | 03 août 2007

Eh bé! fan de chichorle, ça y va.
Le problème au juste c'est quoi? Savoir si Harry Potter est de la littéraure ou savoir s'il peut être utilisé en classe de collège pour donner goût à lire?
Ou c'est une querelle plus complexe?
Qui nous fera un résumé et tirera des conclusions?

Ecrit par : dobolino | 03 août 2007

Il me semble que la distinction entre "littérature populaire" et "grande littérature" n'est pas toujours pertinente. Tolkien est devenu populaire avec le temps, mais Le Seigneur des anneaux n'en est pas moins de la littérature tout court. Il y a les sommets - Gracq, justement, Yourcenar, Kundera, mais aussi Dumas et Tolkien. Et puis il y a les taupinières- tous les "littérateurs" qu'épingle le Jourde et Naulleau. Quant à Harry Potter, je n'en dirai rien puisque je ne l'ai pas lu, mais j'ai pris plaisir aux films, et je m'y plongerai peut-être un jour.

Ecrit par : Sylvie Huguet | 03 août 2007

"Vous n'avez pas pigé Loki/Christophe

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Que voulez-vous dire, Pendariès? Pensez-vous que Loki et moi soyons une seule et même personne?

Ecrit par : Christophe Sibille | 03 août 2007

En fait, j'ai trouvé un bon résumé de la situation, une devise des shadoks:
"il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes."

Ecrit par : dobolino | 03 août 2007

Ben, moi mes élèves ne sortent pas de chez Dentelles-Street, ils n'ont jamais appris nulle part qu'il fallait révérer Racine ou Shakespeare.
Ca ne les empêche pas de trouver Harry Potter à, à...., à utiliser si maux d'estomac ? Moi j'aime -, pas eux, càd pas ceux qu'aiment pas lire, point.
Ceux qui aiment , ils aiment aussi les textes que je leur propose. Et ils n'ont pas besoin de moi pour lire Harry Potter.

Et j'aime mieux les faire marrer en leur filant Aristophane, et en entendre un dire : ' Faut pas que j'montre ça à ma mère !'
Et ça, ça marche pareil avec ceux qu'aiment pas lire, peut-être mieux, parce qu'ils se mettent à dresser l'oreille quand on lit des extraits très prout-prout qui ne le sont pas du tout.


Tout cela ne les empêche pas de trouver fort malséant de recourir à une prétendue culture jeune, et tout ça pour les faire bosser en plus.
Ils n'ont pas besoin du tout de se lever le matin pour trouver de pauvres profs en train de leur causer des joies du lexique dans 'Harry', ou qu'ont rien trouvé de mieux que de prendre les 1000 et quelques pages du tome 3 pour les entraîner à trouver une structure narrative.

Ils n'ont pas besoin qu'un prof vienne mettre ses pattes de profs dans leurs trucs.
Qu'un prof conseille des lectures, oui.
Qu'il vienne faire du jeunisme, hé hé, ça marchera pas dans mes classes, par exemple.
Bon, enfin, ça c'est chez moi.
Pour ma part, je préfère donc lever les a-priori sur les BÔ textes, en leur faisant lire ces BÔ textes.

Ecrit par : Milady | 03 août 2007

pattes de prof,.... bon, ou alors on suppose un monstre-prof, un mix de plusieurs profs d'un coup - Bah, c'est l'effet Potter.

Ecrit par : Milady | 03 août 2007

Tiens, un truc rigolo sur la réalité de la relation jeune/vieil antique.

Il y a deux ans, en seconde, nous avions étudié Le Cid - je précise, pour tout le monde, dans une classe qui partirait au 3/4 en STG - un chouia en STI et deux égarés en ES, voilà pour le profil d'élèves.

Nous voilà arrivé dans la lecture des 'grands passages'... Ca marche, ils comprennent, j'apprends que Chimène est une chieuse au passage, à leur avis, on n'a pas idée de se lancer dans des plans pareil.
Bref. A la fin de l'heure, sans ruée vers l'or extérieur, un voilà un radieux qui me demande : Madame, ce qu'on a lu là, c'est culte ?
Ben j'ai dit oui. Et z'étaient bien content d'avoir lu un truc-culte. Ils sont pas si cons, nos élèves, tout ceci ne leur déplaît pas 'parce que ce serait trop bien'.
Ca ne leur déplaît que quand on les prend pour des brêles, quand on leur laisse penser que seuls, ils n'auraient rien compris, etc etc. Sinon, ça colle m'dame.

Ecrit par : Milady | 03 août 2007

???? bon, normalement, quand j'écris ici, et que j'envoie, je me retrouve avec une grande page, mon texte devenu lisible et un code. Ca me permet de me relire à mes aises. C'est fini, il n'y a plus???? Il y a des règles à trouver soi-même pour provoquer l'apparition de cette page confirmation/ relecture?????

Bon, du coup, eue encore une fois, je corrige :
- Nous voilà arrivés ( nous partûmes, pour notre part, guère plus de trente, et nous arrivîmes arrivistement et inopinémentement dans les ports espagnols ).

- en voilà un, radieux, qui me demande....

Ecrit par : Milady | 03 août 2007

"Vous n'avez pas pigé Loki/Christophe

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Que voulez-vous dire, Pendariès? Pensez-vous que Loki et moi soyons une seule et même personne?

Ecrit par : Christophe Sibille | 03 août 2007

non pas vous Christophe Sibille, mais le Christophe qui mélangeait fumeusement il y a un mois environ le Père avec l'Ecole - et qui s'est agavé les gencives quand les laïques du blog l'ont renvoyé dans ses cordes - un disciple de Lafforgues. Je soupçonne Loki d'en être un avatar... même hargne quand il est sur le grill comme saint Jérome qui, lui, envisageait plutôt ses réponses dans la douceur malgré le feu et l'huile et les fines herbes et l'ail et l'oignon.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

J'avoue JPB ,en tant qu'ancienne élève de l'école du Louvre,être très intriguée parles-tu du petit livre "point de lendemain"? de ce monsieur qui demeure si vivant dans la mémoire des égyptologues et des amoureux du Louvre et qui écrivit cette si jolie phrase qui devrait d'ailleurs plaire à Thalie:
"Il en est des baisers comme des confitures : ils s'attirent, ils s'accélèrent, ils s'échauffent les uns par les autres.»

où bien parles-tu des mémoires de Mariette?

merci de bien vouloir m'éclairer...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 03 août 2007

Milady, je suis certain que vous êtes un(e) professeur(e) exceptionnelle.

Ecrit par : Christophe Sibille | 03 août 2007

Qui parle de jeunisme Mylady? qui évoque l'étude des textes pour les jeunes dans les classes? pas moi... en tout cas, je ne l'ai écrit nulle part.

Tout dépend des classes - et surtout ne pas les prendre pour des cons. Vous avez de la chance qu'ils lisent: les miens (environ 100 élèves de LP) m'ont formellement avoué n'avoir jamais ouvert un seul bouquin depuis le primaire. Alors qu'importe le type de livre - ils s'en torcheraient le cul de la même façon.
J'interroge la manière dont ces gosses ont été amenés à refuser la lecture (ils me parlaient des pièces de Molière, de Racine, de Corneille, des romans du XIXième siècle qui les ont pourri d'ennui à écouter leur prof les "expliquer") et plus au-delà à se méfier de ce que nous, ses thuriféraires, appelont LA Culture.
N'être borné que par celle-ci (mépriser ce qui ne vient pas de la doxa et de la bibliothèque universitaire classique) rend sourds et borgnes (et chiants comme le pluie en Juillet) les enseignants selon ce que je peux entendre.
La "culture" a été confisquée, disqualifiée - aujourd'hui, elle paraît suspecte aux classes sociales et scolaires les plus faibles et démunies.

Une des questions sous-entendues dans mon énervement est: Alors quand on part de 0, on s'attaque immédiatement à Pouchkine quitte à l'enterrer définitivement aux yeux des élèves? Comment aiguiser leur appétit?

Aristophane, certes, je l'ai aussi fait étudier à des élèves de Pressing (aussi Rabelais: l'épisode de la bourgeoise parisienne conpissé par Panurge et poursuivie par des chiens en chaleur jusqu'à Notre-Dame; Adam de la Halle encore) - mais je n'ai pas oublié de leur parler de ces femmes en Colombie qui font la grève du sexe pour ne pas voir leur petit ami rester un ganster et risquer de se faire tuer; je leur ai apporté des romans photos pour qu'elle se marre deux fois plus avec l'acide Aristophane (ce qui fut compliqué - car elles ne comprenaient que rarement les mots traduits du grec: j'en suis là moi).

Prônez LA Culture, certes, mais vous vous démerdez comment ensuite avec les élèves quand ils vous rétorquent: ça ne sert à rien? Je préfère leur donner un tourbillon, ou un bouillon de culture, qu'aller les traiter d'imbéciles, de bons à rien et d'ignares qui ne s'en sortiront pas ou difficilement, socialement, dans la vie - la plupart d'entre eux le savent déjà, merci pour eux.

Alors, infuser des connaissances classiques qui les font grincer des dents ou bien, à pas de loup, leur faire découvrir et comprendre que la culture est mélanges?

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Milady, je suis certain que vous êtes un(e) professeur(e) exceptionnelle.
Ecrit par : Christophe Sibille | 03 août 2007

Et vous lire est un régal.....

Ecrit par : Maminou | 03 août 2007

Ils vous demandent si c'est "culte" vous leur dites que "oui" - fort bien. Sauront-ils, auront-ils compris pourquoi? Là, c'est le challenge.

Pour ma part, j'ai encore du mal à définir ce qu'est un chef-d'oeuvre et à me rendre à telle ou telle de ses définitions.

J'aurais aimé que durant mes études mes professeurs d'université m'expliquassent ce qu'est un chef-d'oeuvre et pourquoi tel texte en est un - tout m'a semblé subjectif ou devoir ce statut à la tradition. Donc à se tenir sur du sable mouvant.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

et n'être que de la fiction.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Comme quoi, tout dépend de l'établissement et du type d'élèves qu'on a dans les classes.
Il n'y a pas de méthode absolue.

Je suis bien content quand un élève met en mots sensés ce qu'il a compris du texte; et confondu de comprendre que les autres n'en ont pas la capacité ou l'envie - oui, l'envie.

N'oubliez pas ici, chers collègues, que je bosse en LP - dans un LP qui, cette année, a eu plus de la moitié de ses BEP qui n'ont pas réussi leur examen. Donc que mes problèmes en tant que prof de Français et littérature française ont d'autres perspectives; que mes conflits ne sont peut-être pas les mêmes que les vôtres: j'ai des enfants en echec, que l'ont a dit être en échec, à qui des collègues ont dit qu'ils ne valaient rien et qu'ils devraient plutôt penser à gagner vite leur vie (c'est-à-dire à zapper ou se détourner de la littérature et des matières générales en particulier). J'ai des élèves dont la bouées de survie s'appellent les matières professionnelles et pour qui math, histoire, langues, etc. sont un surplus, une charge.

Voici contre quoi je me bats. Au collège, ivous avez (profs et élèves) encore l'espoir - nous au LP, on bâtit très souvent sur des ruines sous lesquelles sont d'autres ruines.

Alors permettez-moi de gueuler contre la connerie des nez-pincés.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

non pas vous Christophe Sibille, mais le Christophe qui mélangeait fumeusement il y a un mois environ le Père avec l'Ecole

Penda, vous me ferez mourir de rire. J'ai découvert ce blog à la date de mon premier post, càd. quand je vous ai demandé si vous plaisantiez en disant que Potter c'était de la littérature.
En plus de tout mélanger, Penda, vous êtes parano!

Ecrit par : Loki | 03 août 2007

lES bouées

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Je m'en fous de vous Loki... soyez en certain. Ben première arrivée et première connerie alors, vous auriez mieux fait de rester dans votre benne ce jour-là.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

vous auriez mieux fait de rester dans votre benne ce jour-là.

Ecrit par : Pendariès | 03 août 2007

Oh that's so gentleman-like!

Ecrit par : Loki | 03 août 2007

Hé, Pendariès, vous valez mieux que cela! Cherchez-vous à singer toto? (avec la technique et le style en plus, quand même.)

Ecrit par : Christophe Sibille | 03 août 2007

"FGuichard, vous êtes dans mon coeur." écrit Pendariès.

Merci, Pendariès. Je crois que nous nous sommes compris cinq sur cinq, et je vous embrasse en soeur.
Je crois aussi que Thalie n'a pas voulu être blessante. Et, pour lui répondre techniquement : non, on ne peut pas faire du petit latin sur le "De Amicitia" avec des gens qui n'étudient la langue que depuis 5 ou 6 mois. Les I.O. nous ont cassé les pieds depuis des années avec les "textes authentiques" dès le début de l'apprentissage de la langue ancienne : c'est une vue de l'esprit. L'abbé Lhomond et Harrius Potter ne sont pas des textes authentiques, certes, mais "ça marche". Moi, je suis pour les pédagogies efficaces, simplement.

Ecrit par : FGuichard | 03 août 2007

Pendariès, dans un sens je comprends assez bien de quels élèves vous parlez - ne serait-ce que parce que j'ai eu l'honneur d'avoir en classe ceux qui iraient chez vous, et c'étaient les meilleurs.
Et que maintenant, les meilleurs de chez vous, je les retrouve en 1ere adapt -
Leur vrai problème du : à quoi ça sert, évidemment, je le retrouve. On le retrouve tous d'ailleurs plus ou moins, mais pour eux, il est vrai qu'il s'agit d'un véritable problème.

Pour mes cours les plus abscons a priori, je commence par noter en énorme : CA NE SERT A RIEN ( en particulier les cours de poésie pour les 1 STI GMA ... - eux je le fais chaque année ). Ils sont surpris que le prof le reconnaisse lui-même.
Ca fait déjà un peu mieux passer l'amertume du breuvage.
Ensuite, pour les cas un peu durs, dira-t-on sans figure aucune, il faut consacrer du temps à travailler sur ce que ça peut bien vouloir dire : ça sert/ ça ne sert pas. Passer un peu de temps aussi à leur demander comment il se fait qu'ils n'aient pas des résultats terrifiants d'excellence dans les matières qui 'leur servent' - bref, dégager le problème sans avoir peur d'aller dans les détails et les contradictions.

Ceci dit, pour les 3° d'ins ( je répète : on en sortait 1 ou 2 pour le LP ... les autres, niet que dalle, le succès c'était de leur trouver un apprentissage qui parte pas en vrille au bout de 3 semaines ), je crois l'avoir déjà dit ici, je partais exclusivement sur des textes utiles. Style remplir un constat d'accident, constater qu'ils sont tous en tort quelque que soit le cas d'accident proposé, se rendre compte qu'ils ignorent tout des abréviations courantes, leur expliquer ce que signifie Sté d'Ass, etc. Ensuite, tous types de textes du même genre. Et là, à la fin, c'est eux qui demandaient à lire des histoires, comme les autres.
Je n'en donnais pas tant qu'ils ne le demandaient pas. On commençait en général par des nouvelles contemporaines, puis tranquillou sans se gonfler, on allait vers plus 'classique' dans le temps. Le truc, c'est que je n'évaluais RIEN du tout - et quand j'avais à avoir des notes, on les travaillait ensemble, les devoirs. Bref, effectivement, total repartage de zéro, on change les règles et on regarde ce que ça donne. Le but pour moi étant d'abord de leur permettre de s'exprimer dans un français courant, ensuite de comprendre les paperasses dont ils seraient inondés leur vie durant, et pour finir aller chercher le divertissement, pa'ce que je ne suis pas sûre qu'on soit tous au niveau d'abstraction et d'austérité de Pascal.
Et avec eux, oui, j'amenais mes caisses de San-A, et ceux qu'avaient terminé avaient droit de jeter des yeux ( lire! vous n'y pensez pas, ils regardaient ) et je les voyais trouver ça 'mal écrit' et je me foutais d'eux, littéralement, puis j'amenais ensuite Chronique d'une mort annoncée, à peine mieux écrit à leur avis, et on allait voir la bio, et là ils étaient verts - presque un truc qu'ils auraient pu écrire !

Dernière chose - m'arrive ( peu souvent ) d'amener les élèves au théâtre. On m'a proposé une fois d'aller voir un spectacle qui reprenait des extraits de Guitry. J'y suis allée avec une classe de branleurs de base de troisième. Rien dit avant, pas de commentaire, rien. On regarde. C'était pire que pitoyable, nul à se taper la tête dans le mur, pas drôle, ronflant, creux - il y avait un silence de mort dans la salle.
On rentre au collège. Dans le bus, je les vois, consternés. Je leur demande si ça leur a plu. Ils se mettent à esquiver, tout ça. Quand j'ai dit ce que je pensais du spectacle, moi la prof intello, ben ça leur a fait du bien et on a convenu tous ensemble que c'était nullissime.
Ensuite on pu travailler sur des extraits de théâtre excellents, sur des extraits d'Hôtel du Nord, sur des extraits des cours de Jouvet, et on s'est rendu compte ce que ça voulait dire : être un bon acteur, - ce qui signifie donc qu'il y a des fatras de vieux chaussons là-dedans qui font simplement semblant d'être excellents et qui 'vous frime la tête'. Bref, l'intérêt est de les amener à juger, càd à se poser comme capables de pouvoir le faire, eux aussi, et pas juste aux tripes, aux sentiments, mais parce qu'on a des éléments de comparaison.

Je crois que notre honnêteté vis à vis de ce qu'on donne est l'essentiel de nos cours.

Je ne peux faire un cours sur les figures de style type-mode de maintenant sans faire remarquer à mes élèves que ça n'a fondamentalement aucun intérêt sauf si on parvient à expliquer à quoi elles servent. Si on n'y parvient pas, et parfois il n'y a rien à dire, on laisse tomber.
D'ailleurs, les nouvelles de Nous Deux sont formidables pour bosser sur les figures de style... Moi j'ai un succès net à chaque fois, toutes classes. Un silence de mort quand la belle court, volupteuse et court vêtue, vers cette mer qui embrassera son corps d'une divine nudité.... -

- au fait, jeunisme c'est moi qui le dis. Je suis perdue souvent dans le blog, je ne saurai dire exactement qui a dit quoi.

Ecrit par : Milady | 03 août 2007

- friment - scqqmiuizr=- j'ai donc perdu la voie vers la page correction ! !!! on m'a jeté un sort !

Ecrit par : Milady | 03 août 2007

Mme Mésnigé nous parle de "Point de lendemain" et il est heureux de voir que son auteur, grâce à une salle au Louvre, reste vivant, de nom (mais c'est déjà ça). Il fut le premier directeur du musée quand même, et il est difficilement concevable de ne point avoir lu son 'petit livre'... rien que pour notre culture littéraire (sont exonérés de ce jugement tous les fans de HP).











PS. HP Lovecraft bien sûr.

Ecrit par : Loki | 04 août 2007

Loki ce n'est pas une salle au Louvre mais tout une aile...
Quant à "Point de lendemain" c'est effectivement un petit livre délicieux pour ceux qui apprécient le libertinage...
et après tout libertinage et sorcellerie est-ce si incompatible?
Ils est des livres qui font l'unanimité et dont chacun s'accorde à dire ici qu'ils sont des chefs d'oeuvre pourquoi vouloir à tout prix décréter qu'il y a une Littérature "Absolue"...Le plaisir réside dans ses différentes facettes qu'elle développe suivant le libre arbitre et la sensibilité de chaque lecteur...
n'est ce pas un peu stérilisant que de vouloir imposer , en matière de littérature,une échelle de valeur aussi arbitraire?
Harry Potter sera le Philéas Fogg ou le capitaîne Nemo de demain et c'est comme-ça jusqu'au prochain héros qui le détronera...
Je ne suis pas fan et je ne crois pas que nous soyons sur ce blog pour débatre de la qualité littéraire de H.P mais plutôt de celle que l'école offre aujourd'hui à nos enfants...

F.Guichard le dit très bien et beaucoup mieux que je ne le ferai jamais!en effet même s'il ne s'agit pas d'un texte authentique (pour la version latine) "ça marche"! alors soyons pour ces pédagogies qui donnent du résultats!

c'est le dernier tome d'HP , en ce qui me concerne,je mets aussi un point final à cette discussion inutile...Mes grandes attendent avec impatience la sorite de la version française et je ne les empêcherai certainement pas de le lire et leur offrirai avec plaisir....Et quand je les entends raconter de mémoire des chapitres entiers des 6 premiers tomes à leur petit frère et soeur...Je n'ai pas l'impression que cela leur soit préjudiciable car ils s'amusent à imaginer d'autres histoires dans l'histoire. C'est peut-être cela la véritable magie de la lecture, ensorceller le lecteur...
Mais il est vrai qu'elles ne lisent pas qu'H.P
bonne nuit à tous

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 04 août 2007

il est des livres sans s à il ...et puis flûte je ne corrige plus... l'écriture au clavier est diabolique avec l'orthographe!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 04 août 2007

Nouveau : le blog d'Eveline Charmeux !
http://www.charmeux.fr/blog/index.php

Ecrit par : Tika | 04 août 2007

Voici ce que je viens de mettre sur le blog de Madame Charmeux !!!


EXPÉRIENCE D’INSTIT DE CP

par Jean-Gérard Dutoit, décembre 2005

Je n’ai pas compétence pour comparer des méthodes d’apprentissage de la lecture ; pour une telle évaluation, il faudrait un protocole précis, un échantillonnage d’enfants important et représentatif, voire une population témoin suivie pendant plusieurs années, comme cela s’est fait en Écosse.

Par ailleurs, je sais d’expérience qu’un manuel n’est qu’un outil ; c’est le support d’une pédagogie qui met en place, autour de lui, des activités variées, par exemple : un travail oral sur les contes, des textes différents de ceux proposés dans le livre, des activités, orales et/ou écrites sur des groupes de lettres, des mots en désordre à ordonner pour faire des phrases, des textes à trous à lire et/ou copier à compléter par des mots soit à choisir, soit à inventer, des inventaires, des inventions de phrases à partir d’un mot, etc.

Je pense aussi qu’une méthode ne fonctionne qu’à partir du moment où l’enseignant se l’est appropriée, et que la pratique de la classe est différente d’une année sur l’autre, d’une classe à l’autre. Je ne peux donc vous proposer qu’un témoignage.

1. Pour simplifier...

Commençons par expliquer très simplement les différences de principe entre les méthodes.

Si j’utilise une méthode « à départ global » (ou « mixte »), à partir d’une image sur laquelle la classe a travaillé oralement, je propose la phrase : « Léo est allé au marché ; il a acheté une salade. » On va chercher le mot « salade »… On l’observe, on fait des remarques… « Salade » commence comme « savon », « salé »… Il finit comme « camarade », « estrade »… Et si on remplace le esse du début par le emme de « marché » ?
On obtient le mot « malade ». Le mot « salade » devient un « mot clé », un mot du « répertoire » de la classe, qui aidera à lire d’autres mots.
L’élève doit savoir maintenant lire la phrase :
« Léo est malade ».

Avec une méthode syllabique ancienne (Méthode Boscher), pour lire le mot « salade » :
se et a, sa ; le et a, la ; de et e, de. Donc sa-la-de.
C’est-à-dire « salade ».


Avec une méthode synthétique moderne (Léo et Léa), pour lire « salade », je lis les lettres dans l’ordre où elles se présentent : sss sa sal sala salad, le e final est muet, donc « salade ».

2. Tâtonnements personnels

J’ai commencé à enseigner avec une méthode à d