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04 juillet 2007

Langues anciennes

Langues anciennes (Spécial Hypokhâgne)


La filière L va mal, la filière L se meurt… Je l’évoquais il y a quelques mois dans une note (http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/02/02/sauver-les-lettres.html), à la suite d’un rapport alarmant de l’Inspection générale. Et les Langues anciennes (LA — grec ou latin) sont vraiment, pour le coup, langues mortes.
Qu’y faire ?
Bien sûr, le retard à l’allumage dans les apprentissages fondamentaux, dès la grande section de Maternelle, les 17% (chiffre officiel…) d’analphabètes en Sixième, et le mépris dans lequel les « programmes Viala » tiennent la littérature n’est pas pour rien dans la désaffection des séries littéraires. Divers intervenants évoquaient en juin sur ce blog les choix drastiques auxquels sont obligés les administrations et les enseignants lorsqu’ils veulent maintenir une section de Langue Ancienne dans les collèges et les lycées.
Et la rue de Grenelle, constatant qu’il n’y a parfois que quelques élèves dans les classes, hésite à maintenir ce qui paraît être un privilège hors de prix, en ces temps de disette…
Tout cela, c’est l’amont — les causes diverses de la disparition du Latin et du grec.
Quelques bons esprits — il en est — ont toutefois pensé que la réponse pourrait venir de l’aval — de l’enseignement dispensé dans les classes préparatoires littéraires, Hypokhâgne et Khâgne.
On sait que les Khâgnes avaient, à l’origine, des débouchés particulièrement… bouchés. Les ENS ne constituent pas un vivier quantitativement prometteur, et les chances d’insuccès à un concours hyper-sélectif sont nombreuses. D’où la seconde voie, qui s’est ouverte depuis quelques années, de préparation aux Instituts d’Etudes Politiques (IEP), les Sciences-Pô de Paris et de Province, ou certaines écoles commerciales ouvertes aux littéraires.
La réforme tout récemment lancée — à la hussarde, juste avant les élections, mais c’est qu’il y avait urgence — visait à instituer un concours unique, une sorte de banque d’épreuves regroupant les ENS et les écoles susdites. Cela permettait d’évacuer la formation (et les heures) strictement IEP, et de revaloriser les LA, imposées à tout le monde, puisqu’une Langue ancienne est obligatoire à l’entrée d’Ulm.
Bien sûr, tout un tas d’organismes forcément indispensables se sont insurgés, par principe, de ce que l’on ne les avait pas consultés. La LA pour tous a créé des réactions de rejet très violentes de la part des philosophes, des historiens,des collègues enseignant en option IEP, et surtout des profs de LV2, craignant de se voir définitivement marginalisés, d'autant qu'il avait été décidé, voici quelques semaines, de faire en sorte que les étudiants puissent arrêter la LV2 à la fin du premier semestre pour ne pas être submergés au niveau des horaires.
Incapacité à suivre, souci des corporatismes ou haine fondamentale de tout ce qui ressemble à des études classiques, le SNES-CPGE a toujours été opposé à la réforme ; il est tenu par un nommé J. Hervé Cohen (« un garçon peu au fait du problème », me dit avec un sens très personnel de l'euphémisme Françoise Guichard, qui est à la fois prof de CPGE et militante du SNES) un physicien qui ne comprend rien aux problèmes des prépas littéraires et décide à peu près tout seul, — ou manipulé par un lobby anti-langues anciennes (géographes, linguistes) et pro-heures IEP (ah, les positions établies… Ah, les fromages !). Il doit bien s’entendre avec l’artisan de la réforme, un autre physicien, Boichot, doyen de l’Inspection générale de Physique… Il fallait un danseur, ce fut un calculateur qui l’obtint…
Après avoir menacé d'un recours contre la réforme (comme le SNALC, que l’on a connu plus intelligent, mais qui n'a pas insisté vu le tollé de la base), cette conjurtion des imbéciles a changé de tactique, et proposé un "petit" amendement selon lequel les étudiants peuvent AUSSI abandonner la LA au bout d'un semestre. Ce qui ramène les HK Lyon au statu quo ante, aligne les HK Ulm sur Lyon — Ulm perdant ainsi l'obligation de la LA — et dynamite le principe intelligent de la banque d'épreuves — et la volonté de revalorisation de la série L en amont.
C’est qu’il faut bien comprendre qu’imposer une Langue Ancienne à ce niveau, c’est inciter fortement les parents, ou les enseignants, à la proposer aux enfants dès le collège, et à la maintenir au lycée. On entre trop souvent aujourd’hui en série littéraire par défaut — faute d’être admis ailleurs. On doit à nouveau y aller par goût des Belles-Lettres, et selon une ambition. Des parents poussent aujourd’hui eurs enfants à faire des maths à tout prix, quitte à les dégoûter des sciences. Il est bon qu’ils sachent que l’on peut orienter un élève vers les Lettres et qu’il y a au bout de possibles orientations prestigieuses.
Et je ne reviendrai pas sur tout ce que l’apprentissage des Langues anciennes apporte non seulement à la culture, mais à la maîtrise de la grammaire et de l’orthographe, à la rigueur de la pensée, à la structuration grammaticale — toutes conséquences dont peuvent profiter toutes les autres matières.

J’ai interviewé Emanuele Blanc, présidente de l’APFLA-CPL (Association des Professeurs de Français et de Langues Anciennes, http://www.apfla-cpl.com/), qui vient d’écrire à Xavier Darcos pour l’informer d’une situation qui lui a peut-être échappé. « Le SNES, dit-elle, profite de la rivalité Pécresse -Darcos pour faire capoter la réforme » — et prétend que l’on procède à un nouvel examen de l’arrêté, pourtant approuvé par le CNESER, qui a la haute main sur tout ce qui est université / recherche — et publié au BO. Une réunion préparatoire du CSE, ce machin dont j’ai déjà parlé il y a un mois ou deux dans une note intitulé « Apparatchiks » — http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/03/04/apparatchiks.html), se tenait le 3 juillet — en attendant une grand-messe d’enterrement dans une semaine.
La position du SNES, sous couleur de défendre je ne sais quelle spécificité, prétend condamner à court terme les Prépas littéraires, en les empêchant, via la banque d’épreuves, d’ouvrir sur plusieurs concours.
En fait, comme le fait remarquer l’un des rares Inspecteurs généraux à soutenir la réforme — les autres comptent les coups —, la volonté d’obstruction des révisionnistes ne devrait pas tenir face à la réalité juridique d’un arrêté pris et publié en bonne et due forme. Mais seul le pire est sûr — loi de Murphy.

Rivalité Darcos-Pécresse, disais-je… Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’une rivalité de personnes, mais de cabinets, peut-être : les classes préparatoires sont installées dans les lycées (Darcos), mais appartiennent à l’enseignement supérieur (Pécresse), et viennent d’ailleurs d’être rattachées aux universités, avec lesquelles elles passent en ce moment des contrats de bonne entente.
Détruire les Lettres Sup, c’est détruire aussi le dernier lieu où l’on fait sérieusement de la littérature, l’ultime vivier de profs de Lettres dominant leur savoir — mais sur ce point précis de la formation des maîtres en Lettres, je reviendrai prochainement : j’ai trop d’amis en ce moment et une petite cure de haine me fera le plus grand bien.

Jean-Paul Brighelli

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Commentaires

t'as trop d'amis, allez 5, 4 , 3 , 2 , 1 : heu espèce d'instit va !

Ecrit par : pierrot le zygo | 04 juillet 2007

Il y a vraiment urgences!
étudier le grec est devenu extrèmement difficile .
Pourquoi n'est-il enseigné qu'en 3ème du moins c'est le cas au Cned?
Pourquoi le latin et le grec ne serait-ils pas proposés en option dés la 6ème?
à quoi sert cette année 0PTIONNELLE d'initiation au latin qu'on sert en 5ème aux élèves? ma mémoire me fait peut-être défaut mais il me semble que fin des années 70 cette année d'initiation concernait tous les élèves de 5ème afin de leur donner la possibilité d"'y goûter" et de faire le choix de l'option en 4ème.

C'est toute l'image que l'on renvoie de l'étude de ces deux langues qu'il faut revoir. Je ne sais pourquoi mais j'ai la désagréable impression que la disparition de ces deux langues n'est pas du fait du dsésintéressement des élèves mais relève plutôt d'une volonté plus politique et économique...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 04 juillet 2007

Lire les articles ayant propos sur la réforme des universités est édifiant - de quelles matières parle-t-on? Des sciences dures, ou molles, mais des sciences: comment s'attacher tel ou tel enseignant-chercheur de haut niveau, etc.

Bref, par le haut ou pas le bas, c'est fort mal barré pour la littérature ancienne, moderne, contemporaine.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3224,36-930875@51-917472,0.html

Ecrit par : Pendariès | 04 juillet 2007

Le lien ne fonctionnant pas:

Les facs bricolent

Les chercheurs s'arrachent à prix d'or. De Princeton à Cambridge, de la Sapientia à Utrecht, l'internationalisation des équipes est devenue un des critères majeurs de la compétition internationale. Et, dans cette course aux meilleurs, les universités françaises partent avec un handicap. Les finances peu reluisantes des établissements français et les statuts corsetés dans lesquels les candidats étrangers sont contraints de se glisser obligent à pas mal d'imagination et de montages.



En attendant que le projet de loi sur l'autonomie des universités, qui devrait offrir des libertés nouvelles aux établissements, notamment en matière de recrutement, ne fasse sauter quelques-uns de ces verrous, les débauchages s'apparentent à un parcours du combattant. "Nous sommes obligés de bricoler des situations administratives bancales. Et encore, Paris-VI bénéficie d'une bonne réputation dans le monde", résume Jean-Charles Pomerol, président de l'université de sciences et de médecine Pierre-et-Marie-Curie, premier établissement français à figurer dans plusieurs disciplines dans le palmarès mondial établi par l'université de Shanghaï.

Le premier obstacle est celui du salaire. "Les rémunérations des seniors sur les campus américains et japonais sont au minimum trois fois plus élevées que les nôtres", assure Alain Boudou, président de l'université de sciences et de technologie Bordeaux-I. "Nous voulions recruter un Britannique. C'est impossible. A 35 ans, sa rémunération avoisinait déjà les 130 000 euros par an. On ne peut pas suivre. Princeton nous les pique en les payant quatre fois plus", renchérit Anita Bersellini, présidente de l'université Paris-XI, dont dépend le campus d'Orsay (27 000 étudiants, 3 000 enseignants-chercheurs et chercheurs, 120 laboratoires).

"Les salaires français, il faut donc les compléter", résume le directeur de l'Institut d'études politiques de Paris, Richard Descoings, qui, lui, a la possibilité d'accorder à ses professeurs étrangers un autre revenu au titre de la Fondation nationale des sciences politiques.

Tout le monde n'a pas cette flexibilité. Et avec une grille qui oscille entre 2 500 euros pour un professeur de 2e classe et 3 100 euros en 1re classe, les comparaisons sont défavorables à la France. Encore faut-il que les universités parviennent à décrocher un poste de 1re classe, ce qui n'est pas toujours le cas. Les reconstitutions de carrière sont problématiques. "A un collègue de 45 ans, on a proposé un poste au 1er échelon de la 2e classe, parce que ses années de recherche à l'étranger n'ont pas été prises en compte ; c'est indécent", assène Bernard Carrière, président de l'université Louis-Pasteur de Strasbourg.

Ces misères administratives dévorent l'emploi du temps des présidents d'université. Paris-V, et particulièrement son laboratoire de la perception, qui jouit d'une excellente réputation scientifique, en sait quelque chose, qui vient, après bien des peines, de parachever le recrutement d'un ténor de la psychologie expérimentale, le professeur Patrick Cavanagh. A Harvard, où il effectuait ses recherches, "l'université lui avait trouvé une maison sur le lac, son laboratoire, bien équipé, tournait avec des techniciens, et il avait disposé, à son arrivée, de 100 000 dollars pour l'aider à démarrer", raconte Kevin O'Regan, le directeur du laboratoire.

Cette pratique, courante outre-Atlantique, consiste à octroyer au chercheur une somme coquette afin qu'il puisse commencer ses recherches dans de bonnes conditions et sans justifier chaque dépense. Pour rivaliser avec de telles conditions de vie et de travail, Paris-V a durement bataillé. "Harvard a fait monter les enchères : ils étaient prêts à augmenter son salaire de 75 % !", raconte le président de Paris-V, Jean-François Dhainaut. Le contrat finira tout de même par être conclu.

"Le futur immédiat de la science se joue en Europe, non plus aux Etats-Unis, où les grands labos disposent de moins en moins d'argent. Le coût des aventures militaires américaines désavantage la science", estime Patrick Cavanagh, Canadien de 60 ans, francophile et francophone qui, en franchissant l'Atlantique, a vu son salaire divisé par cinq. Pour compenser partiellement cette baisse, l'université lui a trouvé un luxueux appartement de fonction et obtenu que son "service" d'enseignement annuel soit réduit à 60 heures au lieu des 192 heures réglementaires.

Voilà un autre handicap : en France, l'enseignant-chercheur enseigne. Il ne peut, comme dans de nombreux pays, adapter son temps de travail entre les deux activités. Comme au Canada, par exemple. "Là-bas, explique Henri Cohen, professeur canadien recruté par Paris-V, il est possible de moduler les tâches : si on effectue beaucoup de recherche, on enseigne moins ou inversement." Il ne peut pas non plus, comme aux Etats-Unis, payer un assistant pour enseigner à sa place, selon une pratique courante prévue dans les contrats. De surcroît, l'enseignement n'est, dans l'Hexagone, ni valorisé ni évalué. Suivre les étudiants de master équivaut à quatre heures d'enseignement sur l'année quand, de l'avis général, c'est plutôt quatre heures par semaine qu'il faudrait retrancher.

Avant même de batailler sur les salaires et les heures d'enseignement, les présidents d'université doivent faire passer à leurs candidats étrangers l'étape de la validation par la Commission nationale universitaire (CNU). Qu'il soit espagnol ou américain. Un exercice "désagréable pour tout le monde", selon Richard Descoings, qui a mis cinq ans à titulariser un économiste français ayant fait toutes ses études à Harvard et qui n'est pas agrégé... A Strasbourg,

Bernard Carrière, président de l'université, a éprouvé une mésaventure du même type pour un professeur espagnol : "La CNU a considéré qu'il n'avait pas le niveau requis alors qu'il avait été qualifié en Espagne." Unanimement, les présidents d'université réclament au moins une harmonisation européenne.

A défaut d'offrir des salaires mirobolants, les présidents d'université s'emploient à créer un environnement favorable de manière à ce que ces "pointures" trouvent tout de même avantage à se délocaliser. Strasbourg figure parmi ces universités qui ont établi une politique dite "d'attractivité" à destination des professeurs de haut niveau. "L'idée est d'arriver à faire venir les profils que nous cherchons et de nous donner les moyens de les intégrer au poste de professeur 1re classe, doté de moyens de recherche", explique Bernard Carrière.

Ceux-là se voient doter de 150 000 euros, avec un maître de conférences et un post-doc (chargé de cours). "Bon an, mal an, nous recrutons à ce titre deux ou trois collègues, comme récemment le Suisse Bernard Doudin, spécialiste de nanophysique qui a effectué une partie de sa carrière aux Etats-Unis", raconte Bernard Carrière. Strasbourg peut ainsi se targuer d'un corps professoral internationalisé à 25 % dans certaines disciplines-phares pour l'université comme les sciences de la Terre, la chimie, les mathématiques, la physique ou les sciences de la vie.

Un tel standard reste malgré tout très en deçà de ce qu'offrent les universités allemandes, capables de proposer la même somme de 150 000 euros mais sur trois ou quatre ans. Sur le modèle des chaires d'excellence mises en place par l'Agence nationale de la recherche, Bordeaux-I veut pouvoir offrir aux professeurs convoités "deux ou trois post-doc, un logement, un travail pour le conjoint", précise Alain Boudou.

Bordeaux-I, où 11 % du corps professoral est étranger, espère ainsi, avec l'aide du conseil régional et d'entreprises partenaires, multiplier ses chances de décrocher de grands professeurs dans les domaines où, d'ores et déjà, le campus bénéficie d'une certaine avance, comme les matériaux ou le laser.

Sélection des candidats, temps d'enseignement, voire primes : le projet de loi qui sera examiné à l'Assemblée nationale pourrait faire sauter ces verrous. Au risque de créer une difficulté nouvelle pour les présidents d'université, celle de devoir gérer les disparités entre universitaires français et étrangers.

Brigitte Perucca

Ecrit par : Pendariès | 04 juillet 2007

Textes officiels!

1) Arrêté du 2 juillet 2004 (JO du 6 juillet 2004):

"Horaires des enseignements applicables aux élèves de la classe de troisième.
Enseignements facultatifs:
- Découverte professionnelle, 3 heures
- Langue vivante 2 (régionale ou étrangère), 3 heures
- langue ancienne (latin, grec), 3 heures
Dans la mesure des possibilités des collèges, certains élèves peuvent suivre à la fois un enseignement de latin et de grec."

2) Tract d'information conçu par l'ONISEP de 4 pages en couleurs sur l'option de Découverte professionnelle imprimé en avril 2007 et distribué en mai-juin 2007 à tous les élèves des collèges (plusieurs centaines de milliers):

"Les horaires hebdomadaires de la classe de troisième.
Enseignements facultatifs de 3 heures:
Langue ancienne: latin ou grec 3 h
Langue vivante (étrangère ou régionale) 3 h
Découverte professionnelle 3 h
Dans la mesure des possibilités des collèges, certains élèves peuvent suivre à la fois un enseignement de latin et de grec."

On voit que le latin ET LE GREC sont proposés au choix de centaines de milliers de familles, aussi bien par l'arrêté du 2 juillet 2004 que par le dépliant ONISEP.
C'est donc qu'ils sont EFFECTIVEMENT ENSEIGNES DANS LES COLLEGES, pour la raison évidente qu' il est impensable d'imaginer une seule seconde que le ministère cite dans la liste diffusée auprès de centaines de milliers d'élèves (j'insiste!) des options qui n'existent pas dans la réalité!

Donc, puisque le grec est EFFECTIVEMENT OFFERT au choix des élèves, c'est que tout élève de France peut prendre cette option. C'est donc qu'il existe!

On va me répondre que, certes, le grec existe, mais dans quelques collèges seulement.
"A quoi respondeo" que CE N'EST PAS CE QUE DISENT LES TEXTES, puisque cette réserve n'est exprimée ni dans l'arrêté du 2 juillet 2004, ni dans le dépliant ONISEP.

Ainsi, la meilleure défense de l'option de l'option grec au collège (d'où elle a pratiquement disparu ), ce ne sont pas des tonnes de plaidoyers vibrants et nostalgiques, ou furibards, adressés aux hommes politiques sur la "beauté" et la "nécessité" de la culture antiques et autres lieux communs - tout cela, ils le savent -, c'est tout simplement le texte de la loi!

Ecrit par : Jean | 04 juillet 2007

Vu d'en bas, l'enseignement du latin se heurte au même problème que la littérature. Les parents n'en veulent plus car on leur dit et répète à souhait que cela ne sert à rien. Les 3èmes veulent tous passer en seconde et rêvent tous d'un bac S même quand ils ont 1O de moyenne en maths; ils veulent des débouchés et donc des maths. Le français est quasi ramené au niveau du dessin ou presque. Alors le latin!
D'autant que les profs de latin se sont tirés une balle dans le pied en acceptant de ne plus apprendre à leurs élèves à traduire. Donc au bout de 3ans de cette plaisanterie, les élèves ne veulent plus le garder au lycée, ou alors ils le gardent pour être dans une bonne classe et après basta, ils laissent tomber pour faire un peu plus de maths. A l'arrivée, en prépa, il reste comme bons latinistes, les quelques élèves de bons lycées parisiens ou de province ou d'établissements cathos qui ont compris qu'il y avait un créneau.
Tant qu'on n'aura pas démontré aux parents et aux élèves qu'ils peuvent s'en sortir avec un bac littéraire, ni le français ni les langues anciennes ne retrouveront de vitalité et ils sont voués à la mort rapide. Et pour cela, plus qu'une réforme des concours des ENS (avec laquelle je suis entièrement d'accord, bien entendu,) c'est une réforme de la fac qu'il faut, des départements de lettres. Car les parents et les élèves ne connaissent pas vraiment les prépas et cela touche une infime minorité de notre public scolaire. Par contre ils voient tous les jours, que des étudiants en lettres à la fac se retrouvent in fine vendeurs à Géant. C'est donc V.Pécresse qui détient à mon avis, autant qu'elle le peut, le pouvoir de sauver les lettres et les langues anciennes. C'est lorsque les parents verront que des étudiants s'en sortent à la fac avec des diplômes de lettres que l'on sauvera lettres et latin et grec; mais pour cela, il faudrait une révolution des mentalités: sélection ouverte et claire à la fac, ouverture de concours actuellement interdits à des littéraires, reconnaissance des diplômes littéraires par des chefs d'entreprise ( aux USA, c'est le cas), secouer les universitaires pour qu'ils s'interrogent un peu sur les formations et les cours et le temps qu'il réserve à leurs étudiants... Bref, il y a du travail...

Ecrit par : Thalie | 04 juillet 2007

Et je constate que ceux qui s'émeuvent de cette disparition du latin/grec et des lettres sont des profs de prépa et du secondaire.Ils sont inquiets les universitaires????

Ecrit par : Thalie | 04 juillet 2007

Par déformation professionnelle, j'aime chercher sur internet des documents pour approfondir la réflexion. En navigant sur la toile à la recherche de sites pour la promotion des langues anciennes, je me suis de nouveau retrouvée surtout sur des pages en anglais.
En cherchant des livres pour apprendre le grec, je me suis aperçue que la plupart des livres que j'avais utilisés dans les années 80 et qui étaient déjà "vieux" sont non seulement disponibles, mais indispensables puisqu'il y a très peu de nouveautés publiées.
Y a-t-il si peu de place pour les langues anciennes en France ? Comment peuvent-elles être défendues dans ces circonstances ?

Ecrit par : lucile | 04 juillet 2007

"Les profs de latin se sont tiré une balle dans le pied en acceptant de ne plus apprendre à leurs élèves à traduire".
Je suis mille fois d'accord avec vous, Thalie, le premier plaisir qu'il y a à faire du latin, c'est... de faire effectivement du latin, et pas de faire semblant de traduire des "textes authentiques"!

La CNARELA ( vous connaissez?), qui prétend défendre les langues anciennes, porte une responsabilité écrasante à cet égard: elle a donné tête baissée, par crainte de ne pas passer pour assez moderne, dans tous les gadgets pédagogiques mortifères (les "séquences", évidemment!) et dans toutes les erreurs (les "textes authentiques", la pédagogie globalisante, le mépris des "petites phrases").
Et il y a un petit côté pleurnichard et nostalgique dans les déclarations de la CNARELA qui est insupportable, et stérile, comme cette lettre agacée, presque discourtoise, de sa présidente à Nicolas Sarkozy.

Pour restaurer l'image des langues anciennes, il y a, Thalie, comme vous le dites, l'action auprès des parents au sujet des débouchés qu'offent les études de Lettres.

Mais il y a aussi, dans les collèges, le retour impératif à un enseignement effectif du latin qui consisterait à donner aux élèves suffisamment de bases simples et solides pour qu'ils éprouvent du plaisir à utiliser ces connaissances pour traduire de petites phrases de version et de petits textes adaptés et de petites phrases de thème. J'ai bien dit "petits"! En langues anciennes, au collège, il faut que les professeurs réapprennent à limiter leurs ambitions et retrouvent le chemin du réalisme pédagogique. Le seul intérêt que les élèves peuvent trouver au cours de latin (le reste ils l'ont à profusion par les "médias") , c'est un intérêt purement "intellectuel", c'est le plaisir de faire fonctionner leur intelligence sur les règles de la grammaire latine qu'ils appliquent et reconnaissent, c'est de découvrir par eux-mêmes le sens des phrases dans des textes adaptés à leur niveau de connaissances.

Actuellement, on les barbouille vaguement de latin, on ne le leur apprend pas. Comme vous le dites très justement, "au bout de trois ans de cette plaisanterie", ils prennent la fuite dès qu'ils le peuvent... et ils ont bien raison!

J'ai repris, pour ma part, avec mes 4èmes et mes 3èmes (il couvre largement les deux années, en allant à un rythme raisonnable) le vieux Gerald Bloch Latin Classe de 6ème édité par Bordas en... 1962! Une merveille de limpidité! Résultat: sur 6 élèves de latin de 3ème, 3 continuent en seconde, et 1 a choisi le grec (que je leur avais présenté avec leur accord une semaine sur deux depuis février). Alors...

Ecrit par : Jean | 04 juillet 2007

La bi-chronique du matin (Formation des maîtres / Langues ancienne), intéressante, soulève plus de questions que de réponses brièvement possibles.
Celle en tout cas (question) des classes préparatoires est itérativement pendante. Le risque reste entier qu'elles persistent à s'installer dans la position de "Fabrique du crétin ... surdiplômé"!
Peut-on être ou devenir "cultivé" sans passer par là? Qu'est-ce qu'une culture au forceps? Comme il y a un combat de trop, il peut y avoir là le syndrome d'un niveau de trop, lié à la volonté têtue de s'affronter (sur le principe de Peters: bac brillant donc ...) à un défi culturel excessif. Y a-t-il là des espaces d'équilibre? La fascination française pour les "orientations prestigieuses" me semble destructrice.
Accessoirement et à propos de "l'ultime vivier des profs de Lettres dominant leur savoir", je m'interroge sur la définition du concept: Qu'est-ce donc qu'un prof de Lettres dominant son savoir? Qui domine son savoir? Et Pic de la Mirandole était-il bien dans ce cas?
Sur l'effondrement des humanités et le déficit de culture au sein même du corps enseignant, il n'en reste pas moins que le constat est effectivement de probable évidence. L'insuffisante maîtrise du français y est sans doute la notable et principale faille. Et j'en suis bien d'accord, il serait essentiel que dans tous les concours de recrutement, de quelque discipline qu'il s'agisse, un certain niveau de non-maîtrise de la langue vaille élimination directe. Le filtrage préalable des candidats sur la base d'ailleurs d'un corpus élargi d'épreuves de culture générale et d'expression écrite paraît nécessaire.
Mais la difficulté est bien de concilier tout cela. Davantage d'exigence en termes d'assise des moyens d'expression, en termes de champ culturel acquis (ou "dominé"), en termes de connaissances générales mobilisables et simultanément, la mise en place de grilles de formation qui y puissent conduire sans emprunter la voie obsessionnelle de la CPGE. Difficile. Possible me semble-t-il, mais difficile. Et qui reste à définir!

Ecrit par : sejan | 04 juillet 2007

Oui, Jean, il faut aussi "reconstruire" au collège mais la plupart des collègues que je connais continue de foncer tête baissée dans la délatinisation se cachant derrière les instructions officielles et la frousse de l'inspection. On le sait. J'ai enseigné en 4è et 3è le latin dans un collège où la collègue de lettres classiques avait des problèmes et avait besoin d'un coup de main, il y a plusieurs années. J'ai fait de la grammaire à haute dose. Très peu de civilisation, traduction non stop. Interro à chaque cours.J'y croyais dur. Et j'étais "lettres modernes"! , il fallait que ça marche!Les élèves ont pesté un peu puis se sont pris au jeu et en deux ans , ils ont eu le niveau ad hoc. Début seconde, ils sont revenus me dire qu'ils se "baladaient" sur les textes au lycée. Ce n'est pas moi qui suis en cause mais le fait que j'y croyais vraiment et puis cela ne pardonne pas le latin: on voit clairement si les gamins traduisent et comprennent; efficacité, efficacité...

Ecrit par : Thalie | 04 juillet 2007

Excellent édito de Philippe Val, dans le "Charlie hebdo" du 13 décembre 2006. Intitulé: "filière L, filière poubelle".
La conclusion de cette article, (je n'ai pas le courage de le retaper en entier!), je cite: "que le réchauffement climatique devienne un enjeu du débat présidentiel mais que la disparition programmée de la classe de philo et le discrédit des études littéraires passent inaperçus prouve précisément qu'est déjà à l'oeuvre cette inculture qui consiste à ne s'intéresser qu'aux conséquences tout en ignorant superbement les causes".

Sur ce, bonnes vacances à tous! Et à bientôt.

Ecrit par : christophe sibille | 04 juillet 2007

Lu dernièrement sur un bulletin de 3° trimestre d'un élève de seconde :

Orientation en 1°STG refusée, Orientation en 1°L recommendée.

Aucun commentaire, j'attend avec impatience la chanson de Sardou sur le BAC L ...

Ecrit par : Sylvain | 04 juillet 2007

Victorien Sardou est issu d'une famille provençale qui possédait une oliveraie au Cannet, près de Cannes. Lors d'un hiver particulièrement rigoureux, le gel tua tous les oliviers et ruina la famille. Le père de Victorien, Antoine Léandre Sardou, s'installa à Paris où il fut successivement comptable, professeur de comptabilité, directeur d'école et précepteur, tout en publiant des manuels de grammaire, des dictionnaires et des traités sur divers sujets. Comme il gagnait très insuffisamment sa vie, Victorien dut se débrouiller seul et fut contraint, par manque d'argent, d'interrompre les études de médecine qu'il avait entreprises.

Il survécut en enseignant le français à des élèves étrangers, en donnant des leçons de latin, d'histoire et de mathématiques et en écrivant des articles pour des encyclopédies populaires.

Victorien Sardou, sans doute, mais il n'est plus de ce monde. Quant à Michel, ça m'étonnerait. C'est le sarkozisme culturel
"allégé" (Johnny, Mireille, Enrico...)

Le paquebot France est une vieille poubelle bourrée d'amiante, mais le latin et le grec, c'est l'enfance du monde. un monde qui se croit jeune alors qu'il prend la rouille de partout, faute de s'abreuver à ses sources vives.

Ecrit par : Robin | 04 juillet 2007

Par déformation professionnelle, j'aime chercher sur internet des documents pour approfondir la réflexion. En navigant sur la toile à la recherche de sites pour la promotion des langues anciennes, je me suis de nouveau retrouvée surtout sur des pages en anglais.

Les Anglais ne sont pas fous et contrairement à une opinion fort répandue, ils tiennent à leur racines gréco-romaines. J'ai assisté en Angleterre à un cours de latin au cours duquel les élèves traduisaient du Jules César "libro aperto".

On connaît leur pragmatisme légendaire qui énervait tant Frédéric Nietzsche.

Si c'était aussi inutile que les Français le pensent, ils auraient arrêté depuis longtemps...

Ecrit par : Robin | 04 juillet 2007

J'ai oublié de préciser dans mon avant dernier post que je répondais à un post qui invoquait Michel Sardou et sa chanson "Ne m'appelez plus jamais France" à propos de la disparition de l'enseignement du latin et du grec.

Ecrit par : Robin | 04 juillet 2007

Robin, le Telegraph a publié un article sur le "boom" du latin en Angleterre.

Parmi les commentaires, j'ai trouvé celui-ci très beau. Elle n'est peut-être pas représentative d'une majorité d'écoliers et on peut sans doute rencontrer de ses semblables en France, mais au moins elle semble avoir étudié VRAIMENT le latin et pas la bouillie servie à nos enfants.

"J'ai 14 ans et j'apprends le latin depuis maintenant à peu près 6 ans. (...) Je trouve qu'il est magnifique d'apprendre le latin, non seulement cela vous permet de comprendre les langues modernes, mais (...) cela donne la possibilité d'étudier de la poésie et de l'histoire extraordinaire.
Oui, il est possible de lire Catulle, Virgile, Martial et autres en anglais mais il est beaucoup plus satisfaisant de les lire dans leur langue d'origine.
J'aime aussi traduire vers le latin qui, bien que beaucoup plus difficile, est tout aussi amusant, sinon davantage. Je pense que le latin devrait être mis à l'honneur et jamais oublié."
Bonnie

http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=
/news/2007/05/14/nlatin14.xml

Ecrit par : lucile | 04 juillet 2007

Désolée pour la traduction "basique", je n'ai pas vos talents, Robin.

Ecrit par : lucile | 04 juillet 2007

Et bien sur, Leon Schwarzenberg, eminent cancerologue, a dit: « Un pays dans lequel n'existe plus, le soir, une chambre dans laquelle un enfant apprend le grec ou le violon est un pays perdu. »

Interessant le debat sur les debouches des facs de lettres, peut-etre faudrait-il que nos grands professeurs cessent de vouloir former des academiciens. Je suis moi-meme un ignare issu d'une ecole de commerce (bien qu'ayant courageusement suivi le grec de la 4e a la terminale, comme quoi tout le monde peut mal tourner), mais je peux vous dire que nombre d'entreprises s'en porteraient mieux si elles acceptaient dans leur rang des profils plus creatifs.
Je me souviens de cours de marketing ou l'imaginaire de mes camarades etait digne de la moyenne section de classe maternelle, ne parlons pas de leur elocution et de leur strategie argumentative.
D'un autre cote, il faudrait veiller a reintroduire une dose de maths et de culture scientifique dans les filieres litteraires (meme si les BL font des maths de haut niveau)...et aussi redorer l'image de l'entreprise aupres des jeunes. Je ne vous raconte pas la tete des quelques khagnes quand on a aborde le langragien en statistiques et optimisation. C'est tout de meme absurde de laisser des gamins dans l'ignorance de millenaires de savoirs mathematiques. Encore une fois n'ecrivons nous pas sur ce forum grace aux mathematiques et la physique?

Merci pour les rencards sur les manuels de LA, je commence la lecture du Latin Mystique de Remy de Gourmont, plus je lis et plus je me sens con.

Ecrit par : Romain | 04 juillet 2007

Désolée pour la traduction "basique", je n'ai pas vos talents, Robin.

Ecrit par : lucile | 04 juillet 2007

Ce n'est pas mon avis Lucile ; vous surestimez mes talents et vous sous-estimez les vôtres.

Votre prénom ou votre pseudo ravive en moi la fiévreuse lecture des premières pages des Mémoires d'Outre-Tombe. vous savez de quel amour Chateaubriand aimait sa soeur, aussi géniale que lui, mais hélàs...

En tout cas, merci d'avoir pris la peine de traduire le témoignage de cette jeune fille.

Je vais encore me faire envoyer sur les roses avec l'Angleterre "travailliste libérale" de Tony Blair, mais il me souvient que la première mesure qu'ait prise l'ancien premier ministre de sa majesté avait été de redorer le blason des écoles britanniques en rétablissant des principes que nous sommes un certain nombre à préconiser sur ce blog (respect de soi-même et des autres, des enseignants, revalorisation des savoirs, des langues anciennes, etc.)

Il faut être de bien mauvaise foi ou ignorer l'histoire récente de la Grande-Bretagne, et particulier, mais oui, cher Renaud, la situation avant Margaret Thatcher et celle d'aujourd'hui pour nier le "bond en avant" de ce pays.

Je pense que les réformes du gouvernement de Tony Blair en matière d'éducation y sont pour quelque chose.

Mais les socialistes français ont ceci en commun avec Jacques Chirac qui traitait Tony Blair en privé de "pompeux imbécile" d'en être restés à la "perfide Albion"...

Et de ne pas aimer les comparaisons, surtout quand elles sont à leur désavantage.

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

En khagne, on enseigne la culture, mais les maths, les sciences et l'éco font aussi partie de la culture. Et un khagneux n'a droit à aucun cours là-dedans (sauf qques-uns, en filiere très specifique).
MAIS les scientifiques et les commerciaux ont des cours de culture littéraire et philosophique.
Il faudrait rétablir l'équilibre. Pourquoi refuser aux uns ce qu'on donne aux autres ???



D'autre part, déjà de mon temps on critiquait le lobby des geographes, qui s'est imposé pour Fontenay/Lyon, alors que les latinistes n'étaient que facultatifs pour le meme concours, meme en spé lettres !

Je revais d'une prepa qui fît : histoire - lettres - LV1 - LV2 - latin - grec - maths.

A la place, j'ai eu : histoire - lettres - LV1 - philo - géographie



C'est frustrant, pour un littéraire qui aime les maths, de se taper quatre heures de cours hebodomadaires sur la culture des poivriers, et sur l'incidence de la fermeture d'un poste de douane à Hendaye, en long, en large et en travers.


Résultat : maintenant, je ne sais meme plus faire une intégrale ; j'ai tout oublié des champs gravitationnels et je ne sais plus rien en immunologie. Et le latin, il a fallu une sacrée dose de devoirs rendus en volontaire pour que je me maintienne à niveau.
Mais je sais qu'il fait sept ans pour qu'un poivrier pousse, et que la ville d'Hendaye a souffert du passage à l'Europe. Il y a des priorités surprenantes dans l'ordre des savoirs.

Ecrit par : Jacques | 05 juillet 2007

Je n'ai fait que développer ce qu'a dit Romain :

" il faudrait veiller a reintroduire une dose de maths et de culture scientifique dans les filieres litteraires (meme si les BL font des maths de haut niveau)...et aussi redorer l'image de l'entreprise aupres des jeunes. " (en plus d'un vrai enseignement du latin et du grec, bien sûr)

Ecrit par : Jacques | 05 juillet 2007

Emmanuele Blanc, qui dirige l'APFLA et se trouve au cœur du débat sur les langues anciennes en hypokhâgne et ailleurs, a adressé il y a deux jours à Xavier Darcos, via son directeur de cabinet, la lettre suivante, qui met les choses au point quant aux magouilles malodorantes de certains :

" Monsieur le Directeur,

Je me permets de vous envoyer cette lettre parce que j'ai appris que dans quelques jours allait se tenir un CSE où le SNES avait demandé que soit organisé un débat à propos des horaires de l'hypokhâgne (qu'un arrêté pourtant paru au B.O. en mai dernier avait déjà fixé).
Or, je voudrais que vous sachiez que les horaires proposés par le SNES sont un retour pur et simple au statu quo ante, qui ignore délibérément et les problèmes auxquels l'horaire fixé par l'arrêté apporte une solution, et les changements intervenus au niveau des Ecoles Normales comme des Instituts d'études politiques.
En effet, la finalité première de cette hypokhâgne « non-déterminante » est de rétablir une égalité qui jusque-là n'était pas appliquée, (dans des hypokhâgnes pourtant dites « indifférenciées »), en permettant aux étudiants d’accéder aussi bien à une khâgne Ulm qui prépare à l’ENS Ulm, dont le concours comporte une épreuve obligatoire de langue ancienne, qu’à une khâgne Lyon qui prépare à l’ENSLSH Lyon (où la langue ancienne n’est qu’optionnelle). A ce titre, et pour que les étudiants puissent ne se décider qu’à la fin de l’année pour l’une ou l’autre de ces préparations, il est nécessaire que soient présentes dans le tronc commun de l’hypokhâgne les disciplines figurant dans les épreuves obligatoires de ces deux écoles : à savoir le français, l’histoire, la philosophie et la langue vivante (disciplines communes à Ulm et à Lyon), la langue ancienne (obligatoire à Ulm) et la géographie (obligatoire à Lyon). (du reste, l’arrêté met sans raison la deuxième langue vivante dans le tronc commun, on pourrait profiter de ce réexamen en CSE pour rectifier l’anomalie, et la mettre en discipline optionnelle). Ainsi, en proposant qu’il y ait un choix entre la langue ancienne ou la deuxième langue vivante, le SNES ne fait que proposer que soit reconduite la situation préjudiciable antérieure.
D’autre part, en demandant à ce que les hypokhâgnes continuent d’assurer la préparation aux IEP, le SNES semble ignorer que le recrutement des IEP sur le modèle de l’IEP de Paris va se faire soit à bac+ 0, soit à bac + 3 ; demander que soit maintenu un horaire qui n’aura plus lieu d’être et qui d’autre part est la véritable cause de l’alourdissement des emplois du temps des élèves semble vraiment friser l’absurdité, sans parler du coût de ces 6 heures hebdomadaires de préparation spécifique.
Enfin, en proposant, de fait, que l’on revienne à des hypokhâgnes « différenciées » le SNES rend impossible l’existence de la Banque d’Epreuves Littéraires que les ENS s’emploient à mettre en place, pour élargir les débouchés et, grâce à des programmes communs et unifiés dès l’hypokhâgne, permettre aux candidats de se présenter à toutes les ENS, comme aux Ecoles de Commerce.
Les propositions du SNES constituent donc une fâcheuse régression, j’espère que ma lettre vous aura permis de le comprendre, et j’espère que vous voudrez bien la transmettre au Représentant du Ministre au CSE, afin qu’il soit informé du danger de ces propositions pour l’avenir de nos classes. Les Classes préparatoires Littéraires restent le seul lieu, dans cette France qui fut « mère des arts, des armes et des lois », où se dispensent les Humanités. Sachons le préserver pour les préserver.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de toute ma considération.

Emmanuèle Blanc"

Quant au jeu auquel se livre tel syndicat, je laisse chacun libre de conclure. Mais il est évident que ce n'est pas l'amour des langues, anciennes ou modernes, qui est au cœur de leurs préoccupations… Qu'un ministre, peut-être pour marquer son territoire vis-à-vis d'un autre (mais pourquoi, bon sang ?) flatte l'encolure de Gérard Aschieri et consorts (un joli mot lacanien, tiens…) dépasse mon entendement.
JPB

Ecrit par : brighelli | 05 juillet 2007

Cela dit, il est effectivement un peu déplorable que l'enseignement à haut niveau entérine cette division absurde entre "littéraires" et "scientifiques". Les Prépas scientifiques ont un programme de Lettres, il serait logique que des Littéraires aient une teinture rélle de sciences — que ce soit en maths, ou dans quelque autre science plus expérimentale est une autre question. Mais enfin, lire Phèdre ("Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue") sans connaître la responsabilité de l'hypothalamus dans les coups de foudre est un peu dommage (parcourez donc, sur ce sujet et quelques autres connexes — encore un joli mot lacanien… — le remarquable ouvrage de Jean-Didier Vincent, Biologie des passions).
JPB

Ecrit par : brighelli | 05 juillet 2007

Bien que de formation scientifique, je suis stupéfait que l’enseignement des langues anciennes en filière littéraire puisse faire débat.
J’ai suivi un enseignement de latin jusqu’en seconde et j’ai souvenir que ce fut pour moi un pensum. Néanmoins, a posteriori, je constate que c’est encore un atout précieux pour ma compréhension de la langue.

Je n’imagine juste pas qu’on puisse prétendre enseigner le français et la littérature sans posséder un pré-requis minimum en latin (voire en grec). C’est un peu comme espérer faire de la physique sans maîtriser les outils mathématiques.
Une filière littéraire d’excellence me semble donc devoir obligatoirement comporter deux (ou trois) langues vivantes et une langue ancienne.

J’y ajouterais une formation scientifique dont les contours précis restent à formaliser. Sans doute un enseignement qui ressemblerait plus à de la vulgarisation en biologie, physique, astrophysique etc. sans viser la maîtrise d’outils ou de savoir faire opératifs.

Je constate avec effroi que bien des collègues de lettre (par ailleurs normalement cultivés et intelligents) n’ont pas la moindre idée sur la structure de la matière et de l’univers, la génétique, les théories quantiques, la relativité restreinte et générale, etc. Ceci les exclut de fait d’une partie de débats de société dans lesquels l’éclairage des lettres pourrait être précieux. Ne parlons même pas de ceux qui espèrent faire de la philosophie !

Pour peu qu’on sache couramment lire et écrire, il me semble possible d’acquérir en autodidacte une vague culture littéraire et artistique. Je renvoie au débat précédent sur la lecture.
Il est sans doute beaucoup plus difficile d’accéder à la science si on n’y est pas (ou si peu) préparé à l’école.
JPB faisait allusion à l’excellente revue de vulgarisation « Pour la science », notons que la lecture de la plupart de ses articles nécessite un niveau scientifique bac +2 mini !

En filière S, les exigences en lettre sont assez élevées : les copies d’EAF, d’histoire-géo ou de philo sont loin d’être calamiteuses si j’en crois les collègues.

Comme la science, la littérature et la poésie sont des modèles du réel. Un honnête homme se doit de marcher sur deux pieds !

Ecrit par : Zorglub | 05 juillet 2007

Très bon croisement de post Jacques !

Ecrit par : Zorglub | 05 juillet 2007

et JPB

Ecrit par : Zorglub | 05 juillet 2007

En filière S, les exigences en lettre sont assez élevées : les copies d’EAF, d’histoire-géo ou de philo sont loin d’être calamiteuses si j’en crois les collègues.

écrit Zorglub. Je suis du même avis. Quand j'enseignais la philo., les meilleurs éléments étaient les Terminales C (les S d'aujourd'hui).

Je rappelle également l'existence d'une "épistémologie des sciences" qu'illustrèrent entre autres Gaston Bachelard, Jean Toussaint Dessanti..., branche essentielle de la philosophie.Du temps de Descartes, la physique et les mathématiques en sont le tronc et la médecine et la mécanique font partie des branches principales. Cela donne en partant du bas : racines : métaphysique - tronc : physique/mathématiques - branches : morale, médecine, mécanique.

La tradition de la philosophie comme réflexion sur l'ensemble du savoir humain remonte loin jusqu'à Platon et Aristote et n'aurait jamais dû s'interrompre après Hegel, surtout sur le plan "pédagogique".

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

"Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences". (Descartes; Principes; Préface).

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

Le matérialisme et l'athéisme
Ces doctrines qui ont changé le monde 6/8

N° 486 Semaine du 12 août 2006 au 18 août 2006

Non, nous ne sommes pas les enfants d'Epicure: la consommation n'est qu'un fétichisme, autrement dit un ersatz de religion. Précisément ce qu'honnissait le père du matérialisme...


Auteur : Redeker Robert




Contrairement à ce qui est souvent affirmé péremptoirement, notre société ne ressemble pas du tout à une société matérialiste. Elle cultive une adoration sans bornes pour les biens de consommation. Les logos et les marques comblent le vide laissé par la mort de Dieu. Cela n'a rien à voir avec le matérialisme, qui est une doctrine qui affirme la liberté et nous délivre des attachements douteux. Dans ce geste de détachement gît la grande leçon d'Epicure, le père de tous les matérialismes. Le goût de notre époque pour le clinquant et l'éphémère prouve que le matérialisme n'a pas triomphé. Mais alors qu'est-ce que le matérialisme, si étranger à notre société? N'offre-t-il pas une issue pour s'extirper des maux dont souffre l'humanité?

Athéisme et matérialisme sont en fait frères jumeaux, naissant d'un même refus, d'une même insurrection de l'esprit - vivre debout, dans la fierté d'être un homme. L'athéisme n'a rien de spontané. L'être humain est d'abord croyant, ou du moins crédule, l'imagination, faculté qui le détache des autres animaux, lui montrant des forces occultes et des dieux partout Le plus grand des philosophes anglais, le matérialiste Thomas Hobbes (1588-1679), renverse, dans son Léviathan, le caractère inné de la raison: «La raison ne naît pas avec nous... on l'atteint par industrie.» Or, dans l'histoire de l'espèce humaine, l'imagination, fàbricatrice de dieux, précède la raison, dont le matérialisme et l'athéisme sont des résultats. A l'image de la liberté, l'athéisme est le fruit d'un travail, il représente un arrachement. Sommes-nous, hommes et femmes de l'Occident prospère, athées? La désertion relative des cultes et la liberté des moeurs ne prouvent rien. La situation sociologique de notre époque, pointée par Nietzsche comme celle de la «mort de Dieu», n'est donc pas un athéisme; c'est une indifférence, qui a fait glisser la crédulité vers d'autres objets (ceux de la consommation), et qui n'exclut pas un retour des formes anciennes de la religion. Certains hommes politiques continuent de présenter la religion comme une consolation devant les duretés de l'existence. La croyance en un au-delà ne sert-elle pas, dans ce cas de figure, à plier sans broncher devant les ravages de l'ultracapitalisme?

Le bonheur est une conquête de la Révolution française. Il n'est pas un acquis social mais un acquis politique que l'on doit à l'athéisme. Le retour du spiritualisme dans la politique risque de mettre en péril cet acquis. L'athéisme vrai ne doit pas être confondu avec l'indifférence à Dieu, si fréquente dans les sociétés développées, qui s'accommodent de la paresse intellectuelle. Ce n'est pas seulement un point de vue philosophique. L'athéisme entraîne une conséquence politique aujourd'hui menacée: le bonheur comme but de la société.

Le matérialisme non plus n'a rien de spontané. Tout commença par l'audace d'un homme: un jour, sous le ciel peuplé de dieux et de temples de la Grèce antique, un mortel se dressa, osant s'opposer à la religion: l'Athénien Epicure, qui vécut entre 341 et 270 av. J.-C. Quelques siècles plus tard à Rome, Lucrèce, autre figure tutélaire du matérialisme, tisse l'éloge de ce moment fondateur: «Alors que, affreusement, sur Terre, l'humaine vie gisait écrasée sous le poids de la religion (...) pour la première fois un Grec, homme, mortel, leva les yeux contre elle.» Lucrèce voit dans Epicure le premier homme libre, le premier qui, ayant triomphé par la raison de la religion, la «religion ayant eu le dessous» doit «être foulée aux pieds» -, montrait à tous les autres le chemin.

Qui était donc ce héros de la raison qui pense, de la raison qui ose renverser les idoles, le premier philosophe matérialiste, Epicure? Quelles étaient ses idées? Le coup de force initial dont découle tout le matérialisme se réduit à une proposition première aux conséquences vertigineuses: il n'existe pas d'autre réalité que la matière. Autrement dit, il n'y a rien d'autre dans l'univers que des atomes et du vide. S'il y a des dieux, ils sont de nature matérielle - énoncé qui ruine définitivement toute croyance en l'existence d'êtres surnaturels. Adieu, anges, démons, esprits, revenants et divinités de toute texture! Le premier matérialisme, celui d'Epicure, ne se déclare pas explicitement athée; mais définir les dieux par leur nature matérielle revient à affirmer que ce que le langage ordinaire appelle dieux n'existe pas. Le matérialisme d'Epicure est un athéisme implicite.

On appelle l'épicurisme «l'école du Jardin», du nom du lieu où Epicure enseignait et vivait au milieu de ses disciples. Loin de se limiter à une théorie, une représentation du monde, le matérialisme s'offre, dès le début, comme une sagesse et un art de vivre. Qui pense en matérialiste vit en matérialiste - autrement dit: le matérialisme implique une morale. Le Jardin se signalait par deux traits pacifiquement subversifs, eu égard aux opinions du monde grec: la reconnaissance des femmes, l'éloignement de la politique. Epicure, premier philosophe non misogyne, accueillait des femmes dans son école. «Pour vivre heureux, vivons cachés», les Epicuriens furent les premiers philosophes apolitiques, snobant les affaires de la cité pour se consacrer à la recherche du bonheur.

Pourquoi philosopher? Pourquoi vivre et penser en matérialiste? Pour être heureux. Pour toucher au bonheur. Non pour sauver son âme dans un au-delà illusoire, ni pour apporter ses lumières à la cité, à la façon d'un philosophe retournant dans la caverne. On n'atteint le bonheur qu'après avoir chassé les illusions: illusions sur les dieux, sur la nature, sur la mort. Contrairement à ce que croient les autruches qui veulent détourner les yeux de la mortelle condition humaine, l'incompatibilité est radicale entre le bonheur et l'illusion. Le bonheur ne s'offre qu'aux yeux ouverts.

Turbulent La Mettrie
Guérir de la peur de la mort est la condition du bonheur. Le matérialisme prétend délivrer l'homme de cette peur aussi ancestrale qu'universelle. Le mot d'Epicure est connu: «La mort n'est rien pour nous.» Se convaincre - effet de la connaissance de la nature, la physique que la mort n'est rien dissipe la peur. Les religions, sous couvert de consolation, transforment cette peur en angoisse dans la mesure où elles accompagnent la promesse de la survie après la mon de la menace de sanctions aussi terribles qu'éternelles. Epicure nous révèle que la nature n'est pas magique, qu'il n'y a en elle ni intention ni finalité.

La nature ne peut pas nous vouloir du mal parce qu'elle ne peut rien vouloir du tout! En dissipant les peurs, la philosophie pacifie le coeur. La philosophie est la vraie doctrine de la paix, à la différence de la religion, qui ne cesse de passer du sel sur nos plaies et de souffler sur les braises dans le monde. La philosophie apporte paix, sérénité, elle est doctrine de la sagesse et non du salut La paix épicurienne est bien différente de la paix religieuse: cette dernière est source d'angoisses, de terreurs. Quel sera mon sort après le jugement, post mortem? Ai-je bien ou mal agi? Tout cela n'est-il pas mensonge? Cette maladie est-elle signe du divin et cette guérison n'est-elle pas miraculeuse? Foutaises! La paix d'Epicure efface toutes les peurs, assurant le règne de la sérénité sur le coeur.

L'oubli, si ce n'est le mépris, dans lequel est tombé Julien Offray delà Mettrie (1709-1751), le turbulent auteur de l'Homme-machine, est bien injuste. Malouin, il se fit médecin et philosophe, ravagea la république des lettres, et fut contraint pour échapper à la haine des dévots et des jaloux de se réfugier à Berlin. Au début du XVIIe siècle, des penseurs soupçonnés de matérialisme sont jetés au bûcher par l'Eglise catholique: Bruno et Vanini, entre autres. Longtemps réprimé dans le sang, le matérialisme redresse la tête au XVIIIe siècle, à la faveur des Lumières. C'est dans ce contexte de résurgence que se dresse la figure irréductible de La Mettrie. Il est celui qui pousse le matérialisme jusqu'à l'inconvenance.

Aux yeux de ce compagnon de table de Frédéric II, le roi-philosophe, «écrire en philosophe, c'est enseigner le matérialisme». L'écriture toujours à l'attaque, à la manière de Sartre, La Mettrie pense et écrit comme un escrimeur, avec des bottes imparables. Touchée, la morale: «La morale tire son origine de la politique, comme les lois et les bourreaux.» Piquée, l'illusion: «Ils ont cru qu'un peu de boue organisée pouvait être immortelle.» Embrochés, les théologiens, «esprits turbulents, qui font la guerre aux hommes pour servir un dieu de paix». Passés au fil de l'épée, les idéaux ascétiques: «Ceux donc qui cherchent le bonheur dans leur réflexion, ou dans la recherche de la vérité, le cherchent où il n'est pas. A vrai dire, le bonheur dépend de causes corporelles... procurées par l'action de corps étrangers sur le nôtre. » Transpercé, l'orgueil anthropocentrique: «Il n'y a point d'animal, si chétif et si vil en apparence, dont la vue ne diminue l'amour-propre d'un philosophe.» Poussée au fossé, la métaphysique: «L'âme n'est qu'un vain mot dont on n'a point idée.» Mot sans objet et sans idée, «âme» est, comme la chose qu'il croit désigner, moins que du vent. L'estocade finale arrive, après laquelle rien ne pourra se relever: La Mettrie insiste sur l'importance du ventre comme source de la philosophie, il s'extasie devant la puissance d'un repas, «on dirait en certains moments que l'âme habite dans l'estomac». Comme les états d'âme - la gaieté, la joie, la tristesse, la colère - tirent leur origine des aliments digérés, les pensées des philosophes, leurs systèmes naissent de cette digestion.

La Mettrie est un philosophe contre. Le matérialisme permet de saper les fondements de tout édifice social. Une sorte d'éternité de la contestation devient possible à partir de La Mettrie: ce n'est pas tel ou tel édifice social - par exemple l'absolutisme - qui tremble sous ses arguments, c'est tout édifice social, quel qu'il soit La Mettrie porte à son maximum la puissance de destruction du matérialisme. Symbolisant l'hybris (la démesure) matérialiste, il meurt, à 42 ans, à cause d'un pâté avarié, après avoir dîné avec Frédéric II, qui, en retour, composa pour les funérailles un Eloge de La Mettrie. Hybris: la sagesse d'Epicure, art de la modération, se retourne chez La Mettrie en vie d'excès. Non un excès glouton, mais l'excès comme philosophie. L'excès: la posture qui déchire le voile de l'idéalisme, du spiritualisme, de la métaphysique et de la religion sous toutes leurs formes, passées et avenir. Avec La Mettrie, auteur également d'un Art de jouir, d'une Vénus métaphysique, de l'Homme-plante, de l'Homme plus que machine, et d'un Système d'Epicune, l'excès devient le lieu habité par la philosophie, sa forteresse.

Le meilleur de Marx
La philosophie de Karl Marx (1818-1883) n'est pas aussi matérialiste qu'on le croit généralement Certes, l'audace rapproche Marx d'Epicure - il se dresse pour s'attaquer au nouveau Titan, le Capital, comme Epicure jadis défia la religion grecque! Mais Marx a trahi le matérialisme. Dans son oeuvre, le matérialisme guerroie sans cesse avec une philosophie de l'histoire, une vision orientée de la destinée humaine dont le modèle gît dans l'Apocalypse de saint Jean. Rien de plus paradoxal que Marx: sa méthode (dans le Capital) est matérialiste, sa philosophie est une métaphysique de l'histoire. De fait, Karl Marx ne s'est pas vraiment libéré de la théologie - sa philosophie sécularise des éléments religieux. Ainsi l'histoire remplace Dieu comme deus ex machina du monde humain. Marx subordonne le matérialisme aune sorte de religion de l'histoire, source des déboires des idées de justice et d'égalité au XXe siècle. Chez lui, sans qu'il s'en rende compte, la métaphysique de l'histoire est première, enchâssant le matérialisme. Cependant, quoique subordonné à un idéalisme, la partie matérialiste du marxisme produit des effets importants. Tout ce qu'il y a de dévoilant, de démystificateur et de libérateur chez Marx est issu de sa face matérialiste. Les conquêtes sociales arrachées au capitalisme ont trouvé à s'appuyer sur les analyses minutieuses de l'exploitation des hommes proposées par Marx tout au long du Capital - des analyses méthodologiquement matérialistes.

Inversement, les nombreuses politiques totalitaires d'inspiration marxiste, comprenant la dictature du prolétariat et les camps, de même que le dogmatisme de fer des partis communistes, se sont enracinées dans le versant idéaliste de Karl Marx, sa philosophie de l'histoire. Le meilleur du marxisme provient de son matérialisme, le pire de son idéalisme (les crimes du communisme sont analogues aux crimes de la religion, de «l'odieuse théologie», déjà dénoncés par Lucrèce et La Mettrie).

Le matérialisme est avant tout une sagesse; à ce titre il n'a rien à voir avec ce que ses calomniateurs nomment «matérialisme de notre société», et qui n'est en vérité qu'un idéalisme superstitieux des objets marchands. Le matérialisme aspire même à nous libérer de cet idéalisme des objets de consommation. Confondre le matérialisme avec cet idéalisme (proche du fétichisme de la marchandise indexé par Marx) revient à recommencer l'erreur toujours faite sur Epicure («Quel pourceau!» ne cesse de clamer la bonne conscience métaphysique). Antimatérialiste, la consommation est à la fois un fétichisme de la marchandise et une aliénation de l'existence; bref, elle est une religion. Comme tous les matérialistes, Karl Marx fournit les munitions pour se déprendre de cette religion.

Comment expliquer la persistance du rejet de l'athéisme et du matérialisme véritables?

Pourquoi cette malédiction pesant sur la sagesse d'Epicure, l'hybris de La Mettrie, la lucidité de Marx? Parce que le matérialisme est toujours libérateur. Il l'est dans l'élément de la critique sociale, en ce qu'il met en déroute certains pouvoirs assis sur les fictions théologiques (ainsi le matérialisme radical au siècle des Lumières, celui de La Mettrie), ou en ce qu'il révèle la réalité des rapports sociaux (Marx). Les impératifs économiques ne sont-ils pas les fictions théologiques d'aujourd'hui? Parce qu'il est dangereux pour les puissances, en incitant les hommes à déserter les illusions qui assurent leur malheur, sur lesquelles pourtant reposent la richesse et le pouvoir.

Bref, le secret de la malédiction frappant cette philosophie, qui la rend aussi insupportable à la métaphysique grecque qu'à l'idéalisme économique et consumériste contemporain, tient à son essence: le matérialisme (qui admet l'athéisme comme une suite inévitable) est une pensée incurablement réfractaire. Pourquoi l'athéisme est-il maudit? Parce qu'il empêche de solder le bonheur tenu comme un acquis politique

La semaine prochaine, l'évolutionnisme

Bibliographie

- Lettres, d'Epicure.

- De la nature, de Lucrèce.

- Léviatham, de Thomas Hobbes.

- L'Ethique, de Baruch Spinoza.

- L'Homme-machine, de Julien Offray de la Mettrie.

- OEuvres philosophiques, de Julien Offray de la Mettrie, deux tomes, «Corpus des oeuvres philosophiques de langue française», Fayard.

- Le Ventre îles philosophes, de Michel Onfray.

- Epicure et son école, de Geneviève Rodis-lewis.

Ecrit par : Christophe Carrère | 05 juillet 2007

Education: 17.000 postes supprimés, selon "Les Echos"

Le gouvernement supprimerait 17.000 postes dans l'Education nationale en 2008, un chiffre plus élevé que les 10.000 annoncés par Xavier Darcos, selon "Les Echos" de jeudi qui cite des sources gouvernementales.

"La contribution de l'Education nationale au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera forcément très forte", souligne le quotidien économique qui avance que "l'arbitrage sera proche de 17.000".

"Les chiffres définitifs seront confirmés au moment des lettres plafonds qui partiront de Matignon au lendemain du débat d'orientation budgétaire, inscrit le 16 juillet à l'agenda de l'Assemblée nationale", précise "Les Echos".

Le ministre de l'Education Xavier Darcos avait annoncé vendredi la suppression de 10.000 postes dans l'Education nationale, un chiffre qu'il qualifiait de "raisonnable". Il avait précisé que "le chiffre que nous indiquons n'est pas arbitré".

Mercredi soir, le Premier ministre a confirmé que ce chiffre n'était pas "aujourd'hui arbitré" et "n'a jamais fait l'objet d'une décision du gouvernement".

L'Education nationale "avec 1,217 millions d'équivalent temps plein travaillé, représente une grosse moitié des bataillons de départ prévus l'an prochain, lesquels s'établiront à environ 35.000 au total".

Après l'Education, "c'est la Défense qui fournira le plus gros effort, avec la suppression de quelque 6.000 postes", devant les Finances et l'Economie.

"En année pleine, ce dispositif doit permettre de dégager un milliard d'euros d'économies, dont la moitié sera restituée aux fonctionnaires", ajoute le quotidien économique.

Voilà, alors toutes vos petites macérations pour Leader-Price sur le sens ,le contenu, le con tenant de l'enseignement , tout cela ne vaut pas un pet de benouasèze face au PRINCIPE DE REALITE.
Puisqu'il y a de "grands" enseignants ici, qu'ils m'expliquent donc comment la boutique va fonctionner, à part en obligeant les personnels à faire environ dix heures sup par semaine....ce qui est l'objectif clairement avoué de notre Nouveau Badinguet.

Bonnes vacances à tous (ou presque). Salut à Pandariès. La semaine prochaine ,je suis à Anduze.

Ecrit par : montaigneàcheval | 05 juillet 2007

Je confirme que l'initiation au latin en 5ème concernait bien tous les élèves et présentait au minimum le système des déclinaisons et la conjugaison de l'indicatif. De plus c'était à l'époque (1978) où l'initiation était un souci des IPR puisque j'avais été chargé de former les PEGC qui n'avaient jamais fait de latin, pour qu'ils puissent assurer cette initiation.

Pour ce qui concerne l'enseignement du grec, il n'existe plus de manuel digne de ce nom si ce n'est en terminale. J'ai recours à un vieux manuel Magnard qui n'est plus disponible chez l'éditeur.
En voici les références: Le grec par les textes 4e/3e de jean Louis Gravil et Claude Mauroy. Il comporte leçons et exercices de langue avec de petits textes. Il n'empêche pas d'aborder les textes du "programme" dément pour des grands débutants.On peut choisir des passages en bâtissant des exercices de reconnaissance de formes, des exercices faisant ressortir la structure du texte à l'aide des mots-liens. Un bémol cependant: il faut que les élèves apprennent les leçons , ce qui n'est pas un mince affaire.
Puisque l'on est dans les vieux manuels, je voudrais signaler une "vieille" grammaire parue aussi aux éditions Magnard du temps où c'était une maison sérieuse:
A la découverte de notre langue en 2 volumes 6e/5e et 4e/3e Nouvelle collection Le Lay Hinard Idray

Quant à la survie des langues anciennes, il y a de quoi être pessimiste : tout ce qui n'est pas "utile" est ,semble-t-il, voué à la disparition. Il est symptomatique qu'au lycée les latinistes et hellénistes sont dans les classes de S et qu'il n'y a pas ou peu de L ,puisque c'est désormais la filière des "linguistes". De plus quand on interroge en première L les élèves sur leur choix ils (ou plutôt elles) répondent que dans les autres filières il y a trop de maths ou que les horaires sont trop copieux en série STT !!

Enfin la disparition des profs de Lettres Classiques permettra aux Proviseurs de bâtir des emplois du temps merveilleux et aux collègues de Lettres Modernes de cesser de nous jalouser pour nos faibles effectifs.

Et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes possible

Ecrit par : Ponocratès | 05 juillet 2007

Bonnes vacances à tous (ou presque). Salut à Pandariès. La semaine prochaine ,je suis à Anduze.

Ecrit par : montaigneàcheval | 05 juillet 2007

Salutations à vous aussi, monsieur MàC. Ah vous les jeunes teutones, bataves et autres nordiques! Ayez une pensée émue pour LA "bite" d'Anduze taggée sur la façade du Temple (repeinte par un imbécile des services de la mairie, en blanc, pour la masquer a priori, mais dont le coup de pinceau suit les courbes de la bête érectile...). Saluez bien pour moi ce cher Gardon d'Anduze (puisque qu'il y en a plusieurs de Gardons dans le département du Gard qui donnent la rivière Gard qui se jette dans le Rhône qui se jette dans la mer Méditerranée...). Y restez vous quelques temps? Car je pense venir sur Alès voir ma famille bientôt.

Ecrit par : Pendariès | 05 juillet 2007

[A] vous les jeunes teutones, bataves et autres nordiques!

Ecrit par : Pendariès | 05 juillet 2007

Très joli, Anduze, je confirme — j'y ai quelques souvenirs… attachants. Pour les teutones forcément tétonesques, je ne sais pas, en revanche.
Le spostes supprimés le seront probablement en grande partie par jeu d'écriture, en calculant des quarts ou demi-postes ramenés à 1, et autres joyeusetés administratives. Quelques départs à la retraite non compensés — mais il faudrait s'entendre : avons-nous besoin de tout le monde, dans toutes les matières ? Voilà quelques jours que nous dissertons (intelligemment) sur le nécessaire recentrage sur les fondamentaux. Alors, quels postes seront supprimés ? Combien le seront fictivement, en passant sous la coupe des régions ? Ne tombez pas dans les effets d'annonce, même s'i faut rester vigilant. Et combien de postes au ministère mériteraient d'être supprimés ?…
JPB

Ecrit par : brighelli | 05 juillet 2007

Et combien de postes au ministère mériteraient d'être supprimés ?…

Voilà une question qu'elle est bonne ! et la signification cachée de l'expression "dégraisser le mamouth" de Claude Allègre : s'attaquer aux effectifs pléthoriques de la rue de Grenelle. Est-il vraiment nécessaire qu'il y ait autant de monde et que font-ils au juste ?

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

C'est marginal mais dans les matières techniques, de très nombreux TZR sont sans poste et sans travail. Ce fut mon cas pendant 5 ans ... !

La gestion de RH est par ailleurs assez délirante pour que je sois blindé d'HS alors qu'un TZR de ma discipline est resté toute l'année à glander.

Enfin, on vient de recruter dans mon établissement un prof technique dans une filière où les effectifs par classe sont entre 4 et 6 élèves !

Donc des économies seraient possibles sans qu'elles soient nécessairement douloureuses. On peut cependant craindre le pire : incompétence et/ou mauvaise volonté semblent être un des critères de recrutement dans les DPE ...

Ecrit par : Zorglub | 05 juillet 2007

"Est-il vraiment nécessaire qu'il y ait autant de monde et que font-ils au juste ?"

En passant, à propos du ministère, en consultant son organigramme (je n'ai vraiment pas grand chose à faire !), j'ai trouvé une commission qui m'a laissée perplexe : "La Commission spécialisée de terminologie et de néologie de l'éducation et de l'enseignement supérieur"
Si, si ça existe. Il y en a même une dans d'autres ministères et il y a à leur tête une Commission générale.
Ce sont les "chiens de garde" de la langue française.
Alors oui, peut-être est-il utile de défendre notre langue contre les assauts étrangers et il faut bien que quelqu'un trouve les mots appropriés pour les nouveaux objets et concepts, mais est-ce vraiment utile d'avoir autant de commissions ? N'y aurait-il pas là des économies possibles ?
On peut peut-être en trouver bien d'autres comme ça !

En exemple une des recommandations :
"La commission spécialisée de terminologie et de néologie de l’éducation et de l’enseignement supérieur ayant constaté, dans le cadre de l’expérimentation d’épreuves d’examens ou de concours, l’émergence des termes “cobayer”, “cobayeur”, “cobayage,” recommande d’en éviter l’emploi en raison de leur signification équivoque et de leur connotation négative.
Elle conseille d’utiliser des termes d’usage courant tels que “test”, “expérimentation”, “essai” et leurs dérivés."

Si au moins elle nous délivrait du jargon "pédagogiste" !

Mais au fait une de vous en fait-il partie ? Ou est-ce un placard à remiser des "indésirables" ?

Ecrit par : lucile | 05 juillet 2007

Mais au fait UN ou UNE de vous en fait-il partie ?

Pas d'a priori sexiste !

Ecrit par : lucile | 05 juillet 2007

Enfin la disparition des profs de Lettres Classiques permettra aux Proviseurs de bâtir des emplois du temps merveilleux et aux collègues de Lettres Modernes de cesser de nous jalouser pour nos faibles effectifs.

Et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes possible

Ponocratès. Cela me fait beaucoup de peine ce que vous écrivez là... Pour les enfants, pour l'école, pour ce pauvre pays... et pour vous.

Peut-être que dans cent ans, quand on aura bien tout foutu par terre, on se rendra compte.

Les livres que vous citez sont excellents (le Gravil en particulier).

Je suis en train de relire "Les Choses" de Georges Perec, hallucinante évocation du monde "spirituel" dans lequel nous vivons et dont l'un d'entre nous a raison de dire qu'il n'a rien de "matérialiste" (au sens de Lucrèce et de La Mettrie)...Il faudrait plutôt parler de fétichisme de la marchandise et d'idôlatrie envers les objets et les images...L'ère du vide...Et le vide appelle le vide.

"Le désert croît. Malheur à ceux qui accroissent le désert !" (Frédéric Nietzsche)

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

Puisque l'on est dans les vieux manuels, je voudrais signaler une "vieille" grammaire parue aussi aux éditions Magnard du temps où c'était une maison sérieuse:
A la découverte de notre langue en 2 volumes 6e/5e et 4e/3e Nouvelle collection Le Lay Hinard Idray

Le Bordas en deux volumes (rose pour les 6ème-5ème et vert pour les 4ème-3ème) n'était pas trop mal non plus.

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

Mais au fait une de vous en fait-il partie ? Ou est-ce un placard à remiser des "indésirables" ?

Ecrit par : lucile | 05 juillet 2007

Lucile,

En tant que membre de cette commission, je suis vexé que vous puissiez mettre en doute son utilité et la compétence de ses membres.

(Je blague!)

Au fait, comment fait-on, en tant "qu'indésirable" pour se faire désirer par ce genre de commission.

On touche des jetons de présence (ou d'absence) ? C'est bien payé ? On peut lire "Le Château" pendant les délibérations ?

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

13 de mes élèves sur une classe de 24 BEP "Technique installation sanitaires et thermiques" (des plombiers) ont réussi leur examen - je suis content pour ceux qui ont réussi, et effaré par le pourcentage des échecs...

La classe, généralement, ne voulait pas bosser (j'avais eu le nez creux, le dernier devoir sur lequel j'ai travaillé avec les présents (c'est-à-dire moins de 10 élèves) eut le même thème que le sujet d'examen, en géographie: le pont de Millau)- et les 2des BEP de cette année (qui passent en Terminale) sont pires encore, paraît-il (l'un deux s'est volontairement coincé la tête dans un étau... pour rire...).

J'attends pour mes Bac pro... un peu anxieux

Ecrit par : Pendariès | 05 juillet 2007

Pendariès, je ressortirai votre post le jour où je ferai une note sur l'Inspection.
J'avais proposé dans "À bonne école" que les inspections se passent toujours, partout, en deux temps : quelque part en début d'année, pour évaluer les élèves, et en fin d'année, pour évaluer ce que le prof a fait de ces élèves. Parce que c'est un peu facile d'officier à Louis-le-Grand, d'avoir des filles et fils de famille gorgés de culture jusqu'aux oreilles, prêts à aprticiper de façon constructive, et qui donnent forcément, en une ou deux heures, au visiteur de passage, l'impression que l'enseignant est un génie. Pendant ce temps, dans les zones les plus déshérités où l'on a concentré les indésirables, il y en a qui rament, qui obtiennent des succès relatifs — et qui sont en fait époustouflants, quand on inclut les paramètres de départ (et d'environnement).
JPB, qui prend ses vacances chz lui tout l'été…

Ecrit par : brighelli | 05 juillet 2007

13 de mes élèves sur une classe de 24 BEP "Technique installation sanitaires et thermiques" (des plombiers) ont réussi leur examen - je suis content pour ceux qui ont réussi, et effaré par le pourcentage des échecs...


Pendariès, il y avait dans le temps (peut-être cela existe-t'il toujours) une partie professionnelle et une partie générale pour les examens de CAP-BEP. Les résultats sont-ils meilleurs dans les matières professionnelles ou générales ?
Et que disent vos collègues des ateliers du niveau des élèves dans les matières professionnelles ? Car si ces élèves sont bons "en atelier", ils trouveront facilement du boulot.
Mais dans mon activité professionnelle, j'ai parfois eu affaire à des soudeurs diplômés qui ne savaient pas souder...
L'obtention du BEP est-elle la garantie que ces élèves sont compétents en plomberie, à défaut d'être bons en français, maths, compta (ce qui pourrait à terme les empêcher de se mettre à leur compte) ?

Ecrit par : Japhet | 05 juillet 2007

Japhet - les enseignants des matières professionnelles (pour les BEP cités) m'ont dit tout au long de l'année que les élèves étaient, généralement, plus que médiocres dans leur spécialité (à cause de bon nombre de facteurs: compréhension des consignes, analyse, mathématiques, leçons pas apprises, etc.).

Je suis d'accord avec l'idée qu'un BEP ne fait pas obligatoirement un bon ouvrier, un bon manuel, etc. - seulement, ces cocos qui n'ont pas eu leur sésame, ils vont aller où? - quand 24 élèves de 2de doivent passer en Terminale BEP... Ceux qui ne réussissent pas, quand il n'y a plus de place pour les recevoir dans le LP, ils vont ailleurs, ou ils n'y vont pas du tout (ils abandonnent). Je n'ai pas le panel des notes - j'ai juste les résultats définitifs de l'obtention.

Je file, je fais partie d'un jury pour le bac pro (dans 30 mn; j'habite à 15 mn à pied, ça va...).

Ecrit par : Pendariès | 05 juillet 2007

Lucile, ce n'est pas de cette commission que font partie Pierre Perret, Alain Rey et Bernard Pivot ?
Il me semble bien que si.

Ecrit par : Jeremy | 05 juillet 2007

Pour revenir à l'hypokhâgne, il me semble indispensable d'y faire deux langues mortes, deux langues vivantes, des lettres, de l'histoire, des maths, des sciences et de l'éco. Qui peut prétendre faire de la géo sans rien y connaître en eco-droit ??? J'ai pourtant fait ça pendant deux ans !

Si ces filieres se meurent, c'est parce que le trio histoire-philo-géo y mange la place des langues, des sciences, de l'éco et des maths. Mais apparemment, ces sciences humaines tiennent le haut du pavé, alors qu'elles gagneraient à être combinées à d'autres matières, qui seraient alors intégrées à l'étude des hypokhagneux.

Ecrit par : Jacques | 05 juillet 2007

Mais JPB, chez vous, ce sont les vacances toute l'année: le soleil, les cigales, la piscine. Alors...

Ecrit par : Thalie | 05 juillet 2007

Lucile, ce n'est pas de cette commission que font partie Pierre Perret, Alain Rey et Bernard Pivot ?
Il me semble bien que si.

Ecrit par : Jeremy | 05 juillet 2007

Alors, don't act !

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

Retour du Jury: sur 100 élèves, 20 devaient être évaluer à nouveau - 1 élève sur 13 de ma T. bac pro génie climatique n'a pas eu l'examen (la majorité des autres membres du jury n'a pas voulu le "sauver" - je suis renfrogné; certaines brutasses qui n'ont strictement rien foutu de l'année, qui pétaient, lançaient des boulettes, etc., ont leur papier... loi des examens d'un jour...); 7 ont réussi à obtenir la moyenne et plus en Français (4,5 pour la note la plus basse; 13 pour la plus haute); 3 en Histoire et Géographie (de 7,5 à 11,5) - schkrumpffff.

Le jury a donné le bac à un élève dont l'enseignant de Français, dans son dossier, avait écrit: "Ecrit et parle le Français comme s'il était une langue étrangère"...

La moyenne académique (Montpellier) pour la matière principale professionnelle est de 4,5 (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!).

J'ai causé avec une collègue d'Espagnol: la moyenne académique en BEP pour sa langue est de 6.
Elle m'a aussi révélé que pour la correction du bac pro, il était demandé, pour la version (4 lignes), de compter juste les traductions au présent d'un texte écrit aux temps du passé.

Voilà, voilà.

Ecrit par : Pendariès | 05 juillet 2007

Aucun commentaire, j'attend avec impatience la chanson de Sardou sur le BAC L ...

Ecrit par : Sylvain | 04 juillet 2007

J'attends ;)

ps:
Pourquoi deux "N" a "tyrannique" ?

Ecrit par : toto | 05 juillet 2007

devaient être évalu[és]

Ecrit par : Pendariès | 05 juillet 2007

Bon, comme je vois que ça devient très intéressant, que je suis à Barfleur, non loin de la patrie de Barbey d'Aurevilly, Saint-Sauveur Le Vicomte, dans cette Normandie verte, humide et flaubertienne, qu'il tombe des cordes d'une pluie étonnamment froide, il me vient des souvenirs de Maquet et Flutre, d'Allard et Feuillâtre, de Gaffiot et de Bailly sentant la cave. Et le vieux Quicherat de ma mère, qui, bitte schön, écrivait en latin à Chantereine, son prof.
Puis je me dis que Cart et Grimal c'était pas mal. Cicéron. Et primum, Marco Catoni, vitam ad certam normam dirigenti et diligentissime perpendenti de officio meo respondebo.Negat fuisse rectum Cato, me et consulem et ambitus legibus latorem, rationem factii mei probem.... On en apprenait par coeur du Cicéron.
Oh , bien sûr, on me dira...folklore, balivernes!!billevesées!!! Et pourtant , Catilina, on le voyait se défendre. On voyait le tribuanl, à Rome, dans de lointaines effluves de merde etr d'encens.
Et les langues anciennes, eh bien ce fut une sacrée corvée pendant quelques mois, un an. Comme le solfège. Puis, d'emblée, sans transition, quelque chose nous saisissait à la gorge.
Nous étions tous Champollion, et nous remontions nolus aussi, des Nils imaginaires, des Tibres...Quelle joie alors de parvenir à TRADUIRE. Conduire à travers. Les langues anciennes, j'en ai fait trois, du grec et du latin comme tout le monde, et , à la fac, comme j'étais en DEUG de géo et que je n'avais pas grand chose à foutre, j'ai fait de l'akkadien cunéïforme. Et quand vous traduisez une tablette et que vous lisez "kebere malki" vous pensez à l'arabe ou à l'hébreu (grand roi) et éprouvez une commotion incomparable. Ailleurs, "hamurapi sodek" Sodek en akkadien c'est tsedek en hébreu, le juste". Donc, Hammourabi le Juste. Imaginez alors, au Louvre, quand on se dit qu'on comprend ne fût ce que 5 % du code dudyct.... Merci donc à tous mes profs de langues anciennes. Merci à ma mère, agrégée de lettres classiques qui me fait aimer le grec. Merci à mes collègues qui continuent à enseigner ça. Et merci à mes enfants d'avoir choisi les langues anciennes.
Un pays s'honore d'être érudit et non d'être utile. Quand il peut être les deux, c'est magnifique. La RFA en fut un des rares exemples au monde.
Si l'autre, là , le Napoléon III des yachts veut faire oeuvre pie, il n'a qu'à faire voter une loi organique ACCORDANT AUX LANGUES ANCIENNES, AUX ARTS , et à toutes les matières "secondaires" qu'on regarde toujorus acec commisération lors des conseils de classe LE MEME POIDS QUE LES MATHS OU LE FRANCAIS OU LES LANGUES.
Cons de Français!!!!! D'où avez-vous pris que "S" est la voie royale et "L" pour les débiles profonds. Ma fille entre en 2de. Elle a 17 de moyenne. Dont 18 en maths et elle m'a dit" Moi, je veux écrire. De la poésie et du théâtre!!!! je ferai donc L . Et je les emmerde tous. Je suis fier d'avoir une fille pareille.

Car enfin le fascisme des maths, de la physique au demeurant bien mal enseignés, par des gens qui ne sont pas Stella Baruch ou Gilles de Gennes, voilà quel est la nécrose de notre EDUCNAT.
Vous croyez que ça fera des savants? Vous croyez que ça fera des labos de recherche pleins. Ouiche!!!! Quand on sait qu'un chercheur au CNRS en début de carrière (BAC+10,11,12.......) vivote avec 1800 Euros bruts par mois....je ne vois vraiment pas l'intérêt.

De la fenêtre de ma maison, dans le Val de Saire, je vois , au loin, la mer turquoise et déferlante sous un ciel de pluie. Je me suis mis à lire Maupassant, évidemment. En plus de Simenon. Pas gai tout ça.
Ah Byron......Hôlderlin....Das Land wo die Zitronbaüme blüten.....
Bon je vous lâche(ouf...diront-ils). Vais faire la bouffe. Tourte aux moules et coquilles saint-jacques, sauce au cidre, au calva ,à l'embeurrée d'oignon accompagnée d'une fricassée de blettes . Dessert: une glace maison. Et pour faire glisser: un Côtes-de Beaune Dubief 1999. Deux bouteilles, on est 4.
VALE MONTAGNUSCABALLICUS.

Ecrit par : montaigneàcheval | 05 juillet 2007

"Turannos" signifie en grec "maître absolu".
L'adjectif "turannikos", qui signifie "despotique", vient de ce mot.
En grec l'upsilon se lit "u". En français il se transcrit souvent par un "y".

Ecrit par : Jean | 05 juillet 2007

Pour faire écho au post de C.Carrère sur l'indifférence d'Epicure à l'égard des choses politiques,lire le petit mais excellent bouquin de Simon Leys:"George Orwell ou l'horreur de la politique".

Ecrit par : rocardo | 05 juillet 2007

Et pour faire glisser: un Côtes-de Beaune Dubief 1999. Deux bouteilles, on est 4.
VALE MONTAGNUSCABALLICUS.

Ecrit par : montaigneàcheval | 05 juillet 2007

On dirait que la Camif vous forunit de sacrés vins, MàC.
Et vous le payez cher ? Les bouteilles ne sont pas trop secouées quand elles arrivent ?

Ecrit par : Japhet | 05 juillet 2007

Vous êtes bien drôle avec votre petit cours de grec. Sachez avant tous que le grec que vous essayez de faire rentrer dans nos petites têtes est trés éloigné du grec moderne et qu'il a été plus conçu par l'imagination de quelques théoricien bien français que par la progression normale de la langue. Si en effet vous voulez enseignez le grec ancien aux élèves autant qu'il soit le plus proche possible de ce qu'il était, lorsqu'il était parlé. Quand j'entend aujourd'hui un prof de grec faire un cours je ne comprend même pas les mots qui sont les mêmes qu'en grec moderne, c'est à se demander ce que vous enseignez réellement.
Ainsi vous ne vous demandez pas pourquoi en français et en grec moderne le "upsilon" que vous transcrivez fort justement par le "y" se prononce comme le "i" français, alors que dans le grec ancienque vous enseignez on le prononce comme le "u" français. Il en est de même pour d'autres étrangetés.
Mais votre combat JPB est juste. Quand je vois les efforts de certains enseignants pour maintenir des classes de langues anciennes dans les lycées, je me demande parfois si vous y arriverait mais je vous soutient de tout coeur.
Bien à vous un PCSI.

Ecrit par : Paul | 05 juillet 2007

Et voilà, c'est reparti pour un été! MàC part en vacances...
On va avoir droit aux détails les plus infimes de son nouveau périple, y compris ce qu'il mange tous les jours. Et pas bidochon, non, conscient de son éminente supériorité... Il n'y a plus qu'à attendre les cris des fans et des fanettes du blog.
" Bravo, MàC, une tourte aux moules!!! (berk) et au cidre et aux oignons!( archi-berk) "Ah! n'en jetez plus les dames du blog vont se pâmer et tout ça dans le Val de Saire! AAAAAAAAHHHHHHHH!
Et les mâles du coin ( qui eux parlent de choses sérieuses)de rappliquer sous peu avec deux ou trois crus mieux adaptés à la dite tourte...
Vivement la suite, Màc:-)) Vous préparez une émission pour la télévision allemande?

Ecrit par : Thalie | 05 juillet 2007

Lucile, ce n'est pas de cette commission que font partie Pierre Perret, Alain Rey et Bernard Pivot ?
Il me semble bien que si.

Dans Le Château aussi il y a quelques "gentils", mais ça n'empêche pas l'histoire de finir mal !

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

Montaigne,

Si je puis me permettre, avec des fruits de mer, restez-en au cidre, puisque vous en mettez dans la tourte ou bien choisissez un petit muscadet.

Ce que vous dites sur les langues anciennes est superbe. Bonnes vacances à vous et saluez bien la mer, Flaubert et Simenon.

Ecrit par : Robin | 05 juillet 2007

"Pourquoi le upsilon se prononce en grec moderne comme le "i" français?"?
Bonne question, Paul. Si vous avez une réponse , je suis preneur car je ne connais pas le grec moderne. Plutôt que de penser que les Grecs avaient deux voyelles à la prononciation identique, le upsilon et le iota, sans doute vaut-il mieux supposer une modification de la prononciation de la voyelle "upsilon", mais laquelle et pourquoi? Les agrégés de grammaire savent cela puisque c'est exactement le programme de ce concours!

Ecrit par : Jean | 05 juillet 2007

"Turannos"

Merci Jean,
j'ai vu qu'en Grec il y a 2 'n', mais c'est la langue Grec, quand ils (les céfrans) sont passés à "tyrannique", ne pouvaient-ils pas virer ce "N" de trop ?
Je dis que "tyrannique" doit s'écrire "tyranique", autant "dommage" je veux bien, malgrès que plus personne ne parle comme ça (Kerys, peut être ? ;) ) mais "tyrannique", ce n'est pas logique...

'Font suer ces "anciens" :)

Ecrit par : toto | 05 juillet 2007

Robin, je ne sais pas où classer Pivot, Perret et Rey.

Qui vous dit qu'ils ne sont pas grands défenseurs d'une reforme de l'orthographe qui nous ferait écrire "téatr", "elojieu" et "polikromi" ?

Cela dit, à quoi sert-il de savoir écrire "théâtre", si l'on sait pas POURQUOI cela s'écrit ainsi ? Et si l'on a pas fait de grec, on n'en sait rien. CQFD -> la mort des langues anciennes provoque la mort de l'orthographe.

Ecrit par : Jeremy | 05 juillet 2007

On appelle ça une orthographe "étymologique".
Comme le dit Jeremy, il n'est peut-être pas utile de briser tous les liens qui nous relient aux Anciens. Il y a là une tradition qui est sympathique. Et une sorte de dialogue avec ceux qui ont découvert les premiers les ressources de la pensée rationnelle. Cela vaut bien un petit effort!

Ecrit par : Jean | 05 juillet 2007

Les Grecs d'aujourd'hui sont persuadés de bien prononcer le grec ancien or ce n'est pas le cas.
Depuis 2 500 ans et l'époque classique : changements phonologiques et morphologiques, simplification des voyelles et diphtongues, upsilon est passé de ou à u puis à i, etc.

Bon, c'est vrai la pronociation restituée est hypothétique mais elle est plus proche de l'original.

Ecrit par : Lariba | 05 juillet 2007

Cela dit, à quoi sert-il de savoir écrire "théâtre", si l'on sait pas POURQUOI cela s'écrit ainsi ?
Ecrit par : Jeremy | 05 juillet 2007

Et surtout si on ne sait pas ce que c'est ...

Ecrit par : Zorglub | 05 juillet 2007

Anduze, pays des crève bachas, là où tous les couillons s’amusent, patrie de Clara d’Anduze, troubadouresse fictive ( il s’agissait sans doute d’un homme), près d’Alès, pays des mange-tripes ( à cause du volo biou dit-on) et capitale des Cévennes. Puisqu’on y est n’oublions pas Chamson, Chabrol… ET MERIEU qui ,dit-on, est natif de notre bonne ville d’Alès.

En greu esmai et en greu pessamen
An mes mon cor et en granda error
Li lauzengier e'l fals devinador

Ecrit par : b. | 05 juillet 2007

"Cela vaut bien un petit effort!"

Désolé, je ne suis pas informaticien pour rien. ;)

:o))))))))

Font 'suer' ces "anciens" !

Ecrit par : toto | 05 juillet 2007

L'orthographe française pourrait être plus simple si elle faisait disparaître certaines bizarreries comme les y, les consonnes doubles non prononcées, le i d'oignon. Après tout les autres langues latines ont des orthographes souvent “phonétiques” et les gens n'en meurent pas. (thèse).

Mais après tout ces conventions peuvent être mémorisées par les personnes disposant d'une intelligence normale et ce n'est pas ça qui fait que les fautes s'accumulent dans les copies, c'est plutôt à cause des méthodes ou de certains instits. Et puis pour l'orthographe il faut faire comme avec les langues étrangères : c'est comme ça et il est inutile de couper les cheveux en seize, il ne faut pas réfléchir ! (antithèse).

E tant que farem atal...

Ecrit par : Lariba | 05 juillet 2007

" il n'est peut-être pas utile de briser tous les liens qui nous relient aux Anciens"

Ok,

imagine que le 'con' qui a écrit la première fois ait eu la globolsyllmixtvitvitmalfait au CP. Imagine qu'il ait fait une faute, on se la traine depuis ...

Je demande que les deux orthographes soient acceptées.

(si on peut faire la même chose pour "dommage"/domage, je prends aussi, si on peut faire kèkchose pour le 'o' de 'so' dans 'solution', de façon à le" fermer" je suis aussi preneur)
Je pense que ces "choses" là (un peu comme pour les maths "if u c what i mean"? ) devraient être enseignées après le CE2, d'abord le simple/logique sans trop d'exceptions, une fois les bases biens "assisent" alors on rentre dans le concret (??? ce n'est qu'un post???)

Je n'ai pas mon Berthou, mais c'est un peu la même chose pour les conjugaisons, ils "doivent" tout "ingurgiter" premier deuxième troisième groupe, présent passé futur ... dans le Berthou, ils ne voient que le premier groupe ppf en ce1... je crois...

Ecrit par : toto | 05 juillet 2007

"Lucile, ce n'est pas de cette commission que font partie Pierre Perret, Alain Rey et Bernard Pivot ?
Il me semble bien que si."

Oui, ça c'est la Commission générale.
Mais, j'essaie d'imaginer les fonctionnaires des "commissions spécialisées" qui lisent des pages et des pages de documents administratifs à la recherche du mot mal utilisé, du néologisme trop... neuf ou du barbarisme à la sauce anglo-saxonne. Etre obligé de lire le jargon de l'administration française in extenso ! Peut-être seraient-ils contents de changer de commission, non ?

Ecrit par : lucile | 05 juillet 2007

"ce n'est pas ça qui fait que les fautes s'accumulent dans les copies, c'est plutôt à cause des méthodes ou de certains instits."

C'est l'histoire de l'oeuf ou de la poule ;)

Ecrit par : toto | 05 juillet 2007

C'est la poule qui philosophe.

Ecrit par : Lariba | 05 juillet 2007

Vous êtes d'Alès, b.?????

Ecrit par : Pendariès | 05 juillet 2007

MàC

N'oubliez dans votre périple la visite de la cave de l'épicerie fine Gosselin à St Vaast la Hougue, étape privilégiée des skippers anglais en goguette (ils en ont les moyens..non, je taquine).
Une petite pensée pour un grand amiral: Tourville (il y en a peu dans l'Histoire naval française).

Petit restaurant sympa à la Pernelle, avec en prime un magnifique panoramique sur Barfleur.

Et puis la brioche du Vaast (dans les terres) qui vaut et de loin les madeleines de Marcel, autre nom attaché à la terre normande.

Ecrit par : Guillaume | 05 juillet 2007

Thalie
Ne me rangez pas trop rapidement dans les fans, considérez plutôt que toute occasion est bonne pour moi, étant originaire de cette terre viking, d'en faire l'article.

Dex aïe

Ecrit par : Guillaume | 05 juillet 2007

Vivement la suite, Màc:-)) Vous préparez une émission pour la télévision allemande?

Si nous pensons à la même émission, je préfère la présentatrice au Màc, moins de poil aux pattes assurément quoique avec les Allemandes...

Ecrit par : Guillaume | 05 juillet 2007

Parce qu'on n'aura jamais l'idée de créer ça en France - hélas (et que ça vient des Etats-Unis, pays des ultra-prudes): n'ayez point peur!

http://www.dailymotion.com/relevance/search/south+park+tolerance/video/x1munm_south-park-le-camp-tolerance-part1

http://www.dailymotion.com/related/2745778/video/x1mvoq_south-park-le-camp-tolerance-part2/1

"La tolérance, la tolérance, il y a des maisons pour cela".

Ecrit par : Pendariès | 06 juillet 2007

Au fait, il est encore temps pour envoyer son manuscrit chez Balland ?

Je suis presque prêt pour leur envoyer, mais je l'enverrai peut être demain, si je ne fais que ça, ou alors à mon retour de vacances, le 16 juillet.

Ce sera trop tard, le 16 juillet ? Ils auront déjà fait le plein d'ouvrages et n'auront plus de temps pour les autres ?

JPB, dic, te quaeso, num nimium expectavi !

Ecrit par : Jérémy | 06 juillet 2007

JPB, dic, te quaeso, num nimium diu expectaverim !

Ecrit par : Jérémy | 06 juillet 2007

Jérémy, Balland vient de changer d'adresse (même si l'ancienne reste valide tout l'été, la Poste fera suivre…). Désormais, envoyer les manuscrits au 130, rue de Rivoli, 75001. Quatrième droite si vous choisissez d'y passer — et il n'y a pas de code-porte…
Ah, et si ces dames (ou des messieurs utilisant des pseudos de dames…) ont des dispositions pour l'érotisme (du vrai, du saignant, de l'explicite), Franck Spengler, qui dirige les Editions Blanche, prépare un recueil de nouvelles sur un thème commun, Noël : Editions Blanche, 38 rue La Condamine, 75017. À livrer avant la mi-août — mais je préfère prévenir, le comité de lecture est sévère, comme il se doit…
Vous ne direz pas que je ne vous gâte pas, de bon matin…
JPB

Ecrit par : brighelli | 06 juillet 2007

Et puis, j'oubliais plutôt que de lire Barbey d'Aurevilly qui est parfois chiant plongez-vous (pas dans la Manche, c'est pour les northmen) dans Tocqueville qui est souvent instructif.

Ecrit par : Guillaume | 06 juillet 2007

Jean-Paul voici le tout prochain chef d'oeuvre que vos petiots vont vous demander d'aller voir - enjoy (haaaa nostalgie pour les jeunes trentenaires comme moi; j'avais plusieurs robots transformables comme jouets quand j'avais 8-10 ans...):

http://ukpress.waytoblue.com/media/video/transformers_hi_def_480p_meta.mov

Ecrit par : Pendariès | 06 juillet 2007

Le crime approche, al facto????

Ecrit par : Pendariès | 06 juillet 2007

Nicolas Sarkozy veut donner "plus de souplesse et d'autonomie" aux établissements scolaires, pour qu'ils puissent avoir leur "propre projet pédagogique". C'est ce qu'a exprimé le président de la République, jeudi 5 juillet, dans une lettre de mission adressée à son ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos.

Cette initiative s'explique par sa volonté de supprimer la carte scolaire, déjà exprimée durant sa campagne électorale. "Notre objectif est de rendre la carte scolaire superflue par une égalisation du niveau des établissements" afin de permettre aux parents de choisir une école en fonction "du projet pédagogique mis en œuvre" et non en fonction de son niveau supposé, a expliqué M. Sarkozy. Selon ce dernier, donner à tous les établissements "plus de souplesse et d'autonomie, en particulier dans le domaine budgétaire" permettra d'atteindre cet objectif.

METTRE FIN AUX "GHETTOS SCOLAIRES"


Par ailleurs, il s'agit de "mettre fin à tous les ghettos scolaires". Le ministre de l'éducation nationale aura pour mission d'identifier "une trentaine d'établissements les plus en difficulté" afin de les soutenir et de les doter"d'équipes éducatives renforcées" et de"projets éducatifs innovants".

La création d'"internats de réussite éducative en zone urbaine", renforcer la place du sport et de l'enseignement culturel et artistique dans la vie scolaire ou encore "permettre aux 5 % des meilleurs élèves" de chaque lycée d'intégrer une classe préparatoire aux grandes écoles ou à une université technologique figurent également parmi les demandes du chef de l'Etat.


D'autre part, dans une lettre de mission séparée à la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pecresse, M. Sarkozy demande que "les moyens attribués aux établissements d'enseignement supérieur" dépendent "de leurs résultats en matière d'accès de leurs étudiants au diplôme et d'insertion de leurs diplômés sur le marché du travail". Il demande de mettre en place et de rendre publique "l'évaluation des établissements d'enseignement supérieur" en tenant compte "des caractéristiques de la population étudiante inscrite dans l'établissement".

"Le Monde" de ce jour.

Aie? Les universités littéraires vont avoir très mal...
Les établissements scolaires, je le sens, vont devenir de véritables girouettes avec leur projet pédagogique - ca va être: comment suivre la mode pour plaire aux parents et à Paris?

Ecrit par : Pendariès | 06 juillet 2007

L'analyse des épreuves de brevet est très drole également...

- Le sujet de Français était le meilleur. Assez classique, pas de surprise, à peu près honnete...

- Le sujet d'histoire était drole. Dé