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29 juin 2007

Urgences

Urgences

Qu’en sera-t-il des premières mesures à la rentrée, au ministère de l’Education ?
Une interview récente de Darcos indique quelques pistes (BFM TV, 26 juin). Après avoir annoncé que le nombre de suppressions de postes, dans l’enseignement, tournerait probablement autour de 10 000 (soit un quart de ce qu’il est prévu d’économiser dans l’ensemble de la fonction publique — ou, si l’on préfère, 0,9 % du nombre total d’enseignants), le ministre a ajouté : "Si nous obtenons que des professeurs, dans le cadre de la réflexion sur leur métier, acceptent d’être moins nombreux mais d’avoir un temps de travail différent, volontaire, évidemment, grâce à des volants d’heures supplémentaires importants, nous pouvons sans doute trouver des ajustements". Précisant aussitôt : “Cela exige des aménagements de ce qu’on appelle l’offre scolaire". Et de poser aussitôt les bonnes questions : "Comment organise-t-on le travail ? Comment organise-t-on les partenariats ? Qui peut concourir à l’action éducative si les professeurs sont moins nombreux ? Comment peut-on regrouper les options ? Comment peut-on changer les programmes ?"

En fait, ces questions présentées comme une énumération analytique de problèmes distincts sont toutes liées. Et je commencerais volontiers par la fin.
Imaginons une refonte des programmes, de la maternelle au Bac — à commencer par un recentrage sur des matières fondamentales (je crois véritablement que l’on n’a guère besoin de tant options a priori (1) : l’industrie même demande des jeunes disposant d’une vraie formation générale, qui leur donnera la souplesse mentale et la capacité d’adaptation — à charge aux entreprises de les former, et plusieurs fois au cours de leur vie, à des métiers spécifiques, et dont à l’heure actuelle nous en connaissons pas grand-chose). Il faut en finir avec les programmes pléthoriques, démesurément ambitieux, qui gâchent toute chance d’apprendre des choses sûres. Moins de théorie de la communication — pourquoi faire, on a le Corbeau et le renard si l’on veut apprendre à communiquer, c’est-à-dire séduire et prendre le pouvoir —, et plus de grammaire pure et dure. Moins d’instruction civique, et plus d’Histoire. Moins de diététique, sensibilisation au code de la route, apprentissages de la citoyenneté et autres carabistouilles, et nous dégagerons des dizaines d’heures où se glisseront de vraies ambitions sur l’apprentissage et la pratique de la langue et des sciences (2).
Tout part des programmes : avec plus d’ambition pour les élèves et moins de rodomontades, on peut dégager des plages horaires précieuses pour le soutien — ou le sport ou les arts plastiques, aujourd’hui parents déshérités de l’enseignement français. De même, pour reprendre des propositions que je faisais ici même il y a dix jours, un Bac délivré de ce mois de juin fatal qui ferme les établissements et mobilise massivement les enseignants permettrait de travailler quatre semaines de plus — autant d’heures à verser au total / élève, et ça ne déplaira pas aux parents, qui déplorent depuis des années que leurs rejetons vaquent, désœuvrés, à partir de la fin mai — et tout le monde n’a pas forcément la plage sur le palier.
Que faut-il pour apprendre le français aux enfants ? Disons, au niveau du collège, quatre heures hebdomadaires, si on les gère correctement — et autant au lycée, toutes sections confondues, à panacher diversement : trois heures de langue pour une heure de littérature en collège, et l’inverse en lycée — je suis a priori favorable à l’enseignement de la grammaire et d l’orthographe jusqu’en Terminale, ça évitera aux Facs, aux IUT ou aux Ecoles d’ingénieur de former leurs étudiants à ces disciplines primaires. Que faut-il pour apprendre l’Histoire / Géographie ? Moins qu’aujourd’hui, au fond, si on supprime l’Instruction civique, un boulet que les profs d’HG traînent avec vaillance et résignation, et si on en revient à une Histoire chronologique — parce que les gosses adorent les belles histoires.
Le reste à l’avenant. Les cours d’économie au lycée ont été stigmatisés non sans raison, pour leur prétention encyclopédique et leur manque d’insertion dans le réel. J’ai participé récemment à une émission (sur i-télé) avec François Dufour, le fondateur des éditions Play Bac, qui s’est amusé à repasser son Bac à quarante ans, et a raconté cette expérience dans « Comment ne pas rater son Bac » (Librio) : il me racontait comment, tout chef d’entreprise expérimenté qu’il soit, il avait été sous-noté en économie, parce qu’il était parti d’exemples concrets et non de grandes théories générales (il a demandé le détail des corrections pour toutes les matières). On l’avait suspecté d’être un suppôt du libéralisme, et non un petit Karl Marx en puissance.
Nous vivons sur des schémas intellectuels hérités de la Libération (Langevin-Wallon) et de la guerre froide. La Droite n’a jamais osé contrarier les hommes de gauche qui péroraient très haut sur l’Ecole — ce qui a amené Haby et Giscard d’Estaing, deux gauchistes réputés, à expérimenter cette horreur pédagogique qu’est le collège unique. Et la Gauche dans son ensemble à croire que le libéralisme, c'est le capitalisme du XIXe siècle, qui avait besoin d'une foule de bras obéissants et d'intellects à mobilité réduite. L'actualité du libéralisme, c'est la course aux cerveaux.

Quand on aura déblayé les programmes, il sera temps de chercher des enseignants pour transmettre des savoirs généraux ciblés. On peut regrouper les options, comme dit le ministre. On peut aussi les supprimer : combien d’enseignements à vocation technique sont obsolètes au moment même où ils sont dispensés ? Combien de technologies sont désuètes avant même que l’encre des manuels ait séché ?
D’où sortent les barons d’industrie, les grands entrepreneurs anglais ? D’Oxford et de Cambridge, qui se soucient assez peu de coller aux réalités de terrain : j’expliquais jadis, dans ma défense et illustration des études littéraires (http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/02/02/sauver-les-lettres.html), que Xénophon ou Cicéron en disent plus sur la résistance à l’oppression qu’une énième lecture du plus mauvais Zola, du gangsta rap ou du journal du jour. Rien de plus moderne que la culture classique, et si le XVIIe siècle a accueilli Tacite avec intérêt, c’est qu’il savait comment utiliser l’historien romain pour faire l’apologie de Richelieu : il n’attendait pas les articles de Théophraste Renaudot dans la Gazette.
Quant à l’organisation du travail… Donner une vraie compétence aux équipes en place, qui seules connaissent l’état réel des élèves du cru… Donner des objectifs, en laissant libre choix des méthodes — mais en supprimant, par exemple, un pan de la « réforme Fillon » qui institue des cycles au Primaire et autorise un gosse qui ne sait pas lire à passer en CE1 — et à garder son handicap initial intact jusqu’à la Sixième (17% d’illettrés, chiffres officiels !) et au-delà (160 000 enfants sortant sans rien en main fin Troisième…). Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre — que nul n’entre ici s’il est encore analphabète — et plutôt que de faire redoubler, ce qui entérine toujours un échec global, suggérer aux enseignants de terrain d’utiliser les facilités nées de la nouvelle gestion des heures sup’ pour créer un soutien parallèle, qui ne laisse personne vraiment en rade — sauf exception. Des enseignants moins nombreux peuvent, si les programmes sont resserrés autour d’objectifs fondamentaux, et si les établissements disposent d’une vraie souplesse budgétaire, faire mieux et plus vite qu’aujourd’hui — de toute manière, on ne peut pas faire pire, n’est-ce pas…
À vous désormais de critiquer cette organisation, nécessairement ramassée et d’autant plus provocante — mais qui pourrait bien être efficace…

Jean-Paul Brighelli

(1) Je rappelle pour mémoire que dans un ouvrage récent évoqué ici même, Allègre dénonçait l’entrisme des syndicats au ministère de l’Education, et la façon dont ils avaient imposé des myriades d’options, simplement parce qu’ils y voyaient de futures recrues…

(2) Dans le même ordre d’idées, je ne crois pas que els élèves aient besoin de cours spécifiques d’informatique pour apprendre à manier une souris pour aller sur Meetic ou Grosnichons.com.

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Commentaires

j’expliquais jadis, dans ma défense et illustration des études littéraires (http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2007/02/02/sauver-les-lettres.html), que Xénophon ou Cicéron en disent plus sur la résistance à l’oppression qu’une énième lecture du plus mauvais Zola, du gangsta rap ou du journal du jour. Rien de plus moderne que la culture classique, et si le XVIIe siècle a accueilli Tacite avec intérêt, c’est qu’il savait comment utiliser l’historien romain pour faire l’apologie de Richelieu : il n’attendait pas les articles de Théophraste Renaudot dans la Gazette.
Ecrit par JPB.
Décidément Leconte de Lsile, ça devrait vous plaire. Voilà une pensée qui lui aurait plu et qu'il aurait pu faire sienne.

Ecrit par : Christophe C. | 29 juin 2007

Quatre heures de français, oui, si nos élèves nous arrivent "en état", c'est-à -dire si on peut faire autre chose avec eux que le travail de primaire qui n'a pas été fait ou mal fait.
Et oui encore à tout ce que vous dites si vous trouvez encore des instits type "Catmano" qui savent faire leur boulot (il est vrai qu'avec elle on tape dans "l'aristocratie" des instits, mais bon). Ce qu'on me dit autour de moi des instits en place laisse à penser qu'il faudrait aussi leur redonner des bases essentielles!

Ecrit par : Thalie | 29 juin 2007

Jean-Paul, je vous ai lu avec intérêt, et à certains moments de votre développement, vous arriveriez presque à me débarrasser de mon grand scepticisme quant à la volonté et à la capacité de la droite d'améliorer la situation de l'école, mais je ne pense pas que vous y parveniez.

Le point de départ est comptable. On va supprimer des postes de professeurs, non pas parce qu'on pense que c'est bien, mais en raison de nécessités économiques. Et après tout, il le faut peut-être, nous ne pouvons pas nous abstraire totalement des nécessités économiques.

Et c'est là que commence votre tour de force : montrer qu'on fera plus en étant moins mais en travaillant plus. Pourquoi pas ? On est presque séduit.

Sauf que jusque là, à chaque réforme, on est toujours allé vers le moins ambitieux tout en prétendant aller vers le plus ambitieux. C'est l'exemple du socle commun de connaissances.

Jean-Paul, j'aimerais vous croire quand vous dites qu'on recentrera sur la littérature et la culture, et qu'on supprimera l'informatique et l'éducation civique. J'ai bien peur que ce ne soit le contraire, et que les jeunes certifiés de Lettres classiques auront d'ici une dizaine d'années assuré moins d'heures de latin ou de grec que d'éducation civique, d'informatique, ou d'histoire-géographie.

Vous voulez que l'école se recentre sur quelques missions essentielles, le gouvernement et le Président aussi : je ne suis pas sûr que vous parlez des mêmes ("La guichetière, qu'est-ce qu'elle en a à faire de "La Princesse de Clèves" ?")

Il y a cependant un point où je vous donne raison : la réorganisation du temps scolaire doit se faire annuellement : je pense qu'on peut supprimer la grand-messe du bac, et il faut même aller à mon avis un peu plus loin : ne laisser que 5 à 6 semaines de vacances l'été, et rajouter une semaine ici ou là dans l'année, pour équilibrer un peu l'ensemble, tout en augmentant sensiblement le temps de travail annuel des professeurs, sans augmenter leur temps de travail hebdomadaire.

Mais je crains plutôt qu'on aille vers un allongement du temps de travail hebdomadaire, avec des professeurs, disons de lettres (à l'origine) qui assureront des "prestations diverses" (8 heures de français, 4 heures d'histoire-géo, 1 heure d'éducation civique, 6 heures d'étude surveillée, et 2 heures d'initiation à l'informatique).

Jean-Paul, j'aimerais avoir tort et que vous ayez raison. Mais je me demande si vous ne faites pas beaucoup de mal à la cause que vous croyez servir en disant : "de toute façon, c'est tellement mauvais maintenant que ça ne pourra pas être pire, même avec moins de professeurs". Voilà un avis d'expert qui risque de ne pas tomber dans l'oreille d'un sourd et sera traduite ainsi : "Si on peut faire des économies substantielles sans détériorer la situation, on va les faire." Il ne reste plus qu'à espérer que ce ne sera pas pire que maintenant.

Ecrit par : Pat | 29 juin 2007

Je souscris quasiment intégralement au message de Pat; en outre, les options qui risquent d'être supprimées (ou regroupées", ce qui ne vaut guère mieux) sont celles qui concernent l'enseignement artistique. Il me semble que défendre le socle commun ne fera que leur mettre un peu plus la tête sous l'eau, ce qui arrangera bien les "sages" qui nous gouvernent.

Ecrit par : christophe sibille | 29 juin 2007

Jean-Paul, que d'optimisme pour un (ex ? )adepte de la loi de Murphy.
Je rejoins Pat sur la polyvalence accrue du métier. Dans mon établissement (collège de l'Eure, pas Le neubourg, mais pas loin !) une collègue de français s'est vue dire que son temps partiel ne serait pas accepté parce que le professeur d'histoire-géo ne voulait pas prendre ses heures. LOLF quand tu nous tient !
Pour avoir enseigné dans le système britannique, on se dirige vers un copié-collé de leur système, qui n'est tout de même pas si réputé (à l'exception des 'independants schools') pour son efficacité. Il est à craindre que le français ou plutôt la communication (ça fait plus moderne), devienne optionnel après la ........seconde. Alors la littérature.............En option peut-être. Au niveau du Latin ou du Grec............

Ecrit par : peyo | 29 juin 2007

oups.
LOLF quand tu nous tiens

Ecrit par : peyo | 29 juin 2007

JPB...

Une heure langue/Trois heures littérature, à Henri IV c'est trop de langue.

Une heure langue/Trois heures littérature, dans mon lycée ce n'est pas assez de langue.

Il faudrait laisser les profs moduler leurs quatre heures en fonction des classes.

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Et si on apprenait aux élèves dès la seconde à se chercher un métier ? Si on leur faisait faire les P.P.P. recommandés par le rapport Hetzel ? (On se demande bien pourquoi il a fait un rapport, celui-là, puisque personne n'en tient compte, comme tous les rapports).
Ce serait déjà pas mal qu'on leur fasse rencontrer des artisans, découvrir des entreprises, connaître des métiers...

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Allonger le temps de travail annuel des professeurs, pour faire ce que l'on fait, avec l'utilité que ça a (en seconde en particulier, parce qu'en premiere-terminale pourquoi pas ?), ce serait vraiment une aberration.
Si on remet du contenu dans le programme, je veux bien travailler plus longtemps, notamment au mois de juin.
Mais si c'est pour encore remplir des heures en me disant "comment vais-je les occuper puisque j'ai fini telle et telle partie du programme?", ce n'est pas la peine !

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Je n'ai rien contre Leconte de Lisle — même si je juge sa trado archaïsante de l'Odyssée un tantinet précieuse : j'ai été interrogé à l'un des deux bacs de FDrançais que j'ai passés la même année sur "le rêve du jaguar". Et on lui doit l'une des répliques les plus fameuses d el'Académie. À un Immortel qui voulait supprimer le o du mot paon, arguant qu'on ne saurait le confondre avec le pan de mur, Lecont-e de Lisle répliqua : "Sans son o, je ne le verrai plus jamais faire la roue" — et on garda la lettre imprononcée.

À Michel Reyes… J'adore les hommages. Les injures me grandissent, mais les hommages me rehaussent…
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 juin 2007

Comme d'hab pas le temps de m'attarder..post-it.... bonne journée à tous

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 29 juin 2007

Et si le "socle commun " n'était pas simplement la conséquence de la dégradation pédagogique du système, une manière de réaffirmer contre les pédagogistes responsables de l'écroulement de l'école, mais sans les prendre de front et sans jeter aussitôt dans la rue le SNES et le SGEN, que l'école doit dispenser un minimum de connaissances de base, ce qui ne se faisait plus correctement?
Nos nombreux collègues qui ont donné tête baissé dans toutes les dérives pédagogistes peuvent s'en mordre les doigts: on avait un système qui donnait à chacun le maximum possible, mais qui a été consciencieusement détruit par une bonne partie des enseignants eux-mêmes; dorénavant on en aura un qui donnera le minimum: ce sera au moins ça!
De toute façon, devant le misérable niveau des bacheliers formés par cette école-là, il devenait absurde et scandaleux de continuer la gabegie actuelle, il fallait faire quelque chose. Pour éviter la levée de bouclier du lobby "pédago" encore tellement en place partout, toujours sur le pied de guerre et toujours prêt à dénoncer la transmission des connaissances comme une violence élitiste faite aux enfants, il n'y avait pas d'autre solution que celle-là.

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

"tête baissée"

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

Je n'ai rien contre Leconte de Lisle — même si je juge sa trado archaïsante de l'Odyssée un tantinet précieuse : j'ai été interrogé à l'un des deux bacs de FDrançais que j'ai passés la même année sur "le rêve du jaguar". Et on lui doit l'une des répliques les plus fameuses d el'Académie. À un Immortel qui voulait supprimer le o du mot paon, arguant qu'on ne saurait le confondre avec le pan de mur, Lecont-e de Lisle répliqua : "Sans son o, je ne le verrai plus jamais faire la roue" — et on garda la lettre imprononcée.
Ecrit par : brighelli | 29 juin 2007

Je connaissais l'anecdote. Mais elle n'est pas dans mon livre. Trop connue... Je vous l'enverrai avec plaisir (chez votre éditeur par exemple, qui transmettra). Leconte de Lisle connaissait mal le grec (tout est relatif) et ces travaux étaient alimentaires. On l'accusa beaucoup d'utiliser des traductions latines, sans vraiment pouvoir jamais le prouver. Batailles d'érudits et d'esthètes qui paraissent un peu loin de nous aujourd'hui. Je pense que M. Emile Egger, inspecteur général et directeur de l’enseignement du grec à la Sorbonne, et qui l'a beaucoup critiqué, était plus compétent. Ce fut le maître de Renan. Lequel Renan est très proche de Leconte de Lisle, à bien des égards.

Au sujet de votre article:
Il faut BIEN SUR commencer par le primaire là où l'idéologie est la plus forte, la plus virulente (les instits sont TRES régulièrement inspectés) et la plus dévastatrice. Je serai toujours à vos côtés dans cette bataille-là et suis heureux que vous ayez le grand courage de vous dresser, vous, le Jacobin, contre ces moulins de terreur qui broient les os et les cervelles innocentes de nos millions d'enfants.

Amitiés.

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

PS : J'ai essayé Grosnichons.com et ça n'a rien donné... Vous êtes sûr de vos sources ?

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

PS : J'ai essayé Grosnichons.com et ça n'a rien donné... Vous êtes sûr de vos sources ?

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

Les sources du lait ?

(excusez-moi, je n'ai pas pu m'en empêcher!)

Ecrit par : Robin | 29 juin 2007

Plutôt que d'allonger indéfiniment l'année scolaire et la scolarité obligatoire, il vaudrait bien mieux que les enseignants puissent enseigner pendant les heures de cours et que les élèves apprennent. Quand on voit ce qu'un bon élève assimile. Comme dans d'autres domaines, ce n'est pas la taille qui compte mais la qualité !

Cela plutôt que de perdre un temps fou passé à faire asseoir et rasseoir les chers petits, leur prendre de quoi écrire ou leur livre, à ce qu'ils fassent leurs exos, etc.

La réalité de trop nombreuses classes, ce sont des gosses qui ne devraient pas être là vu qu'ils ne savent pas bien lire ou qu'ils n'ont jamais bossé auparavant ! Je me mets à leur place : habitués à ne rien foutre, quand ils tombent sur une brute qui veut les faire bosser, ça fait mal...

En cette période d'examens je ferai remarquer que, pour beaucoup d'élèves, c'est le seul moment de l'année où ils auront fait les travaux demandés (ou essayé au moins) ! Et pendant des heures, donc c'est possible !

Assez avec la pédagogie extensive !

Ecrit par : Lariba | 29 juin 2007

"Il vaudrait bien mieux que les enseignants puissent enseigner pendant les heures de cours et que les élèves apprennent",
écrit Lariba…

Certes, sur une heure de 55 mn, on en perd 10 à faire régner l'ordre, attendre que les retardataires arrivent — toujours avec un bon motif : à quand des établissements où ce sont les profs qui se déplacent, hors labos scientifiques ou de langues… On pourrait aussi statuer qu'il est interdit d'amener les élèves en sortie plus de deux fois par an : j'ai une collègue qui, à peu de choses près, passe ses cours de Seconde au cinéma… J'avais déjà dans la Fabrique du crétin fait un chapitre entier sur la "sortie pédagogique", ce must de l'enseignement moderne, où rien n'est bon sauf ce qui se passe à l'extérieur de l'établissement.
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 juin 2007

Horaires en vigueur à partir de l' année 1945, pour les classes de sixième et cinquième, alors que les éèves étaient sélectionnés et avaient eu un enseignement primaire correct:
4 heures de français en classe entière et 2 heures en demi -groupe, soit 6 heures, par semaine.

Seuls les latinistes n'avaient que 4 heures de français; mais les 4 heures de latin, ou même 5, compensaient largement les 2 heures de français de moins que les modernes.
sources: horaires et programmes de l'enseignement du second degré 29 ° édition VUIBERT, 1967.



Collèges, programmes et instructions CNDP

Préface de JP Chevènement, le chantre du français(!), ministre de l'E.N. 1985

diminution progressive des heures de français pour aboutir à 4,5 heures de la sixième à la troisième en 1989-1990.
Depuis, on est descendu dans la réalité à 4 heures, avec des variations locales!

Il ne faut pas rêver: avec une telle indigence, on renonce à rendre la grande majorité des élèves aptes à maîtriser le français. Passons de suite à l'anglais; ne perdons pas de temps sur l'orthographe .... rendons le français optionnel, comme le latin. Après tout, une société peut survivre avec seules quelques personnes instruites.
Nous avons renoncé à instruire le peuple dans son ensemble. Autant le dire.

Trêve de plaisanterie. Ce n'est pas supprimer les examens qu'il faudrait, mais les multiplier, parce qu'on ne travaille avec plaisir que si l'on a un but, une échéance, un obstacle à franchir et un accomplissement dont on peut être fier.

Ecrit par : edith | 29 juin 2007

La réalité de trop nombreuses classes, ce sont des gosses qui ne devraient pas être là vu qu'ils ne savent pas bien lire ou qu'ils n'ont jamais bossé auparavant ! Je me mets à leur place : habitués à ne rien foutre, quand ils tombent sur une brute qui veut les faire bosser, ça fait mal...
Assez avec la pédagogie extensive !
Ecrit par : Lariba | 29 juin 2007

Voilà exactement ce que me dit un gamin de 5ème que j'essaie de faire travailler en soutien scolaire.
Il ne sait pas bien lire et tout petit travail lui demande un effort surhumain.
Il me dit :
"Tu comprends, je n'ai jamais eu l'habitude de travailler, c'est trop dur..."
Il n'avait jamais de devoirs à l'école primaire... et il très peu travaillé en classe...

Un bon petit gamin, bien inoffensif... mais dont l'avenir me semble bien compromis.

Ecrit par : Maminou | 29 juin 2007

PS : J'ai essayé Grosnichons.com et ça n'a rien donné... Vous êtes sûr de vos sources ?
Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007
Les sources du lait ?(excusez-moi, je n'ai pas pu m'en empêcher!)
Ecrit par : Robin | 29 juin 2007
Menteur ! Remarque, moi aussi. En fait, ça donne quelque chose... Mais quelqu'un qui a publié sur Sade ne devrait pas s'en offusquer !...

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

La dernière fois que je suis allé chez mon 'dentiste', il y avait là une jeune fille (29 ans) mère d'un gamin de 12 ans, je lui ai demandé comment ça ce passait pour son gamin, après qq minutes de discution je lui conseillais de se renseigner un peu sur la méthode de lecture Léo&Léa, que cela pourrait aider son gamin...

Elle me disait qu'elle ne comprennait pas pourquoi depuis que son gamin est rentré en 6ème, il n'avait jamais de devoir à faire à la maison...

Ecrit par : toto | 29 juin 2007

C'est bien ce que je disais, Maminou et toto, ce sont nos collègues qui fichent par terre le système, par incompétence ou par manque total d'idéal.

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

Voici un extrait de La Prédominance du crétin de Fruttero et Lucentini qui pose bien un aspect du problème de la sortie scolaire, excellent bouquin ironique dont je ne sais pas s’il est encore édité.


La Sortie scolaire
« Voilà que s’impose, comme un Must de Cartier, la Sortie scolaire. Elle est justifiée par deux sortes de motivations qui se nient l’une l’autre…

Tout le mécanisme, valable pour de nombreuses contradictions analogues, repose sur le fait que la Sortie scolaire entre dans la catégorie des initiatives “sociales”. Ce terme d’une élasticité prodigieuse est de ceux devant lesquels il faut mettre chapeau bas, comme au passage de François-Joseph (dont il est d’ailleurs contemporain) ; on le prononce et on l’écrit avec une sorte de gravité triste et solennelle, en hochant imperceptiblement la tête, et il a le pouvoir de mettre en marche aussitôt trente-six chaînes sémantiques en couleur.

Il suscite avant tout des images à briser le cœur le plus aride ; en arrière-plan, subsistent le Londres de Booth et de Jack London, les mines d’Orwell, le Midi des Bourbons ; on entrevoit des femmes dépenaillées ivres de gin, des fantômes de mineurs de fond, des paysans dévorés par la malaria, des spectres d’ouvriers devant les portails d’usines sombres et fermées. Au premier plan, de jeunes enfants, garçons et filles, en haillons, sauvages, yeux énormes dévorant un maigre visage, bouches qui réclament du pain, bien sûr, mais surtout des ouvertures culturelles.

Non seulement ils sont analphabètes, en effet, mais ils n’ont jamais vu un coucher de soleil sur la mer, une cathédrale, un tableau, il ne sont jamais sortis de leur ruelle, de la cour (pleine d’ordures) de leur maison. Que peut-on, ou plutôt, que doit-on faire de ces déshérités, parmi lesquels se cachent Dieu sait combien de critiques d’art de la taille d’un Berenson. Dieu sait combien de grands poètes, peintres, sculpteurs en puissance ?

Souvent, c’est de notoriété publique, il suffit de la vue d’une fenêtre géminée à onze heures du matin pour déchaîner une vocation, pour amorcer un talent. Qu’attend-on pour traîner chaque marmot devant sa fenêtre géminée ?

Cette suggestive série d’implications… est donc de caractère sentimentalo-évocatif, elle a pour fonction, d’une part, de situer la Sortie scolaire dans le climat à la fois ménager et allégorique de la fin du dix-neuvième siècle, parmi les petites institutrices, les engelures, les monuments aux Lumières et les associations de bienfaisance. Mais d’autre part, la Sortie scolaire implique une “socialité” diamétralement opposée, c’est-à-dire efficace, dynamique, hardie, moderne, à la hauteur de l’ère des ordinateurs et des fusées spatiales. Alors, profiter des savoureuses facilités offertes par le progrès, les autoroutes, les “self” des stations-service, les tarifs spéciaux pour les groupes, le réseau hôtelier international, devient un “acte social” ; regrouper trente, quarante, deux cents mini-Berenson, bien nourris, vêtus de jeans et de K-ways “sociaux”, les faire monter dans un car “social”», jaune ou bleu, et les accompagner en de vertigineux périples d’une fenêtre géminée à l’autre devient un “acte social”…

L’impression dernière est qu’ils ne voient rien ; que pour eux ce serait exactement la même chose si, dehors, au lieu des palais, nefs, crucifixions, il y avait le désert absolu. Ce qui passe à l’intérieur du troupeau est la seule chose qui les intéresse vraiment. Glaces, Coca-Cola, goûters, grimaces, chansons à la mode, Luc qui a donné un coup de poing à Françoise. Et, pour ceux qui sont un peu plus grands, cette débile de Françoise qui se mange tout cru ce benêt de Luc, et puis les glaces, orangeades, marques de vélomoteurs, cigarettes, transistors, etc. »

Ecrit par : Lariba | 29 juin 2007

Cher JPB,
je suis heureux qu'en dépit du CAPES vous ayez pris le temps de mettre en place ce nouveau fil, histoire de sortir vos fidèles des ruminations moroses. La question qui se pose, la seule, et qu'il faut poser à Darcos, c'est celle-ci : "Qu'allez-vous FAIRE ?"
Car j'ai toujours en mémoire l'un de vos messages pré-électoraux, et qui m'avait donné beaucoup à sourire, vu que j'ai été il y a longtemps dans la politique, et que je connais ces animaux-là : c'est le message qui ressemblait à du Stendhal évoquant une conspiration carbonari à la brune sous les remparts du Capitole, vu qu'avec des tas de circonlocutions et d'allusions mégacryptées vous nous résumiez une entrevue ultra-secrète que vous veniez d'avoir avec un éminent et grand personnage, dont il était capital de respecter l'anonymat (mon oeil ! chacun comprenait illico presto qu'il ne pouvait s'agir que de XD). Or que vous confiait sous le manteau cet éminent et mystérieux personnage ? Tout simplement que la SUPPRESSION PURE ET SIMPLE DES IUFM permettrait de remettre en route LE SYSTÈME DES IPES. C'était Byzance, quoi ! Avec en prime, peut-être, envoyer Mérieux faire prof de Français dans un collège du Val Fourré, ou diriger une Université du quatrième âge aux îles Galapagos, on peut rêver. Sur le moment je me suis gardé de réagir : mais n'avez-vous pas le sentiment que vous avez été roulé dans la farine, ou pigeonné ou victime d'une intox ou instrumentalisé par quelqu'un qui, sous son manteau couleur de muraille, savait très bien que vous vous empresseriez de répercuter tous ces évangiles (sens grec premier : bonnes nouvelles ) sur votre blog ? Accessoirement, avez-vous eu le temps de vous poser la question de savoir dans quelle mesure votre susdit blog était devenu le lieu de beaucoup d'entrismes et de provocations et de manipulations électorales ? Mais passons : si vous avez été victime, consentante ou non, de votre honnêteté et de votre bonne foi, c'est tout à votre honneur. Mais depuis le mois de mai, est-ce que XD ou la belle Valérie Pécresse (miam ! miam ! Est-elle sur Grosnichons.com ?) vous ont contacté d'une manière ou d'une autre ? Car enfin, la question m'intéresse au premier chef : va t-on supprimer les IUFM et employer une partie des sommes ainsi économisées à remettre en place ces IPES auxquels nombre d'entre nous doivent tant, et qui n'ont été supprimés qu'à la suite d'une longue campagne de dénigrement de la part des fumiers de la FEN et du SNI-PEGC ?
Mais tout cela n'est que du baratin, je l'admets : la seule question, c'est de savoir si la droite a ou non l'intention de restaurer un enseignement public que la gauche la plus salope du monde, la nôtre, a eu l'obligeance de lui démolir pierre sur pierre sans rien lui demander en échange. Et là, je crois qu'il ne faut pas ajouter, concernant la réponse, la niaiserie à l'angélisme.
Cher JPB, si vous êtes toujours à l'oral du CAPES, et si vous rencontrez l'un ou l'autre des étrons qui ont essayé naguère de vous faire virer de ce concours, ou plutôt de ce qu'il en reste, n'oubliez pas de leur coller votre poing dans la g.. (à des étrons ? Mettez des gants en latex !) de ma part. Merci d'avance, et croyez bien, en dépit des apparences, à toute mon estime et tout mon respect. MIAOU !
Post scriptum (et non pas PS, pitié !) : Je n'ai pas l'habitude d'être grossier, encore moins ordurier. Mais il est des cas, vraiment, dans lesquels "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement".

Ecrit par : grosmatou | 29 juin 2007

Meirieu je crois a publié un livre qui s'appelait L'école ou la guerre civile. Je me demande si nous allons pouvoir l'éviter, la guerre civile... S'il va falloir la faire. Si l'on va pouvoir faire sans....

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

C'est vrai, grosmatou, la nomination de Mark Sherringham, ancien directeur de l'IUFM de Strasbourg, comme conseiller du ministre Darcos chargé des "questions pédagogiques", n'est-elle pas la plus belle claque que nous pouvions prendre?

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

Coupons-lui la tête !

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

Grosmatou — mes préférés —, je ne suis pas d'oraux du CAPES, à ma demande, pour des raisons familiales qui ne concernent que moi. J'ai corrigé l'écrit, où j'ai appris, et à de nombreux exemplaires, que "désir" était un verbe du deuxième groupe — sur le modèle de "finir". Dont acte. Il va falloir s'occuper un jour d ela formation de ces jeunes gens.

"Carbonaro", vous êtes sûr ? C'est possible : en Corse et entre stendhaliens, nous voyons des conspirations partout.
Pour parler franchement, je ne suis pas sûr que pour le moment les ministres puissent faire ce qu'ils veulent — pas même ce qui est nécessaire. Voyez Pécresse, une femme de qualité que je connais un peu (nous avons tenu une réunion commune sur l'éducation l'année dernière à Versailles), et qui connaît assez bien l'enseignement : eh bien, elle compose, elle sourti au lieu de mordre, elle serre la main de Bruno Julliard, qu'en d'autres temps elle enverrait pendre, elle n'a aucune marge parce que l'Elysée, pour le moment, a tous les pouvoirs réels.
Le Sherringham en question, je ne le connais pas, et j'attendrais avant de lui faire un procès d'intention — ce n'est pas mon genre. La conversation que je rapportais était réelle, mais la division en deux ministères est un sérieux problème, à qui voudrait réformer sérieusement la question — parce que les IUFM ne dépendent pas de Darcos, c'est aussi simple que ça. Les classes prépas non plus — c'est l'Inspection générale qui doit être ravie de faire le grand écart entre deux ministres. Les intentions de l'un ne sont pas forcément partagées par l'autre — et je crois que le conseiller Education de Sarkozy est un troisième type qu'il me faut rencontrer à brève échéance (j'espère que le jeu de mot sur le film de Spielberg tint la route — sinon, excusez-moi, c'est la faute à la chaleur, écrasante cet après-midi).
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 juin 2007

Tiens, moi aussi j'ai essayé grosnichons.com tout à l'heure.
On tombe sur un truc bizarre qui nous renvoie vers d'autres sites, de la chirurgie plastique au monde du X.

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Merci, Jean-Paul, pour ces indications. C'étaient exactement les questions que je me posais (que nous nous posions).

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

J'ai tout de même le sentiment que tous ces ministres ou ces conseillers sont des gens dont le pouvoir de compréhension est très grand et le pouvoir d'action très faible (pour des raisons diverses et variées, et pas toujours idiotes)...
Dans le même registre, l'investissement du politique dans l'Education Nationale, au-delà des mots et des formules, se heurte sans doute au fait que les "résultats" d'une "réforme" se mesurent sur des échelles de temps qui vont bien au-delà des échéances électorales...
Désolé pour le pessimisme...

Ecrit par : Thalamos | 29 juin 2007

10000 postes d'ENSEIGNANTS en moins, mazette. Voilà qui sans aucun doute plaira à cette innombrable marée de beaufs, attisée par la vérole meirieuiste ,qui nous haïssent- la tourbe et la vérole- voir ces cochons de profs ENFIN travailler. Parce que ça fait desm ois que je fréquente ce trsè bon blog, et que j'en vois des profs, des instits décrire leur boulot et bien peu ont un regard lucide sur l'immense tromperie dont nous sommes les victimes.
C'est d'ailleurs le mérite de Sarkozy: la franchise. Je vous la met profonde, sans vaseline, mais je ne vous dis pas que c'est des carottes râpées...ce que faisait la gauche.
Vérité, donc, franchise. Mais nous sommes grosjean comme devant. Car à part une Cadichon ou un Guillaume quelconques ,sorte de thuriféraires pitoyables, à peine enrôlables dans quelqu'improbable système totalitaire, qui croira que, travaillant plus, mais alors VRAIMENT PLUS, nous serons PAYES en conséquence....
Car nous serons donc le seul corps de métier à larmoyer et à bénévoler???? Avons-nous donc honte du juste fruit auquel nous avons le droit de prétendre et qui nous a toujorus été nié??

J'accuse le SNES, le SGEN ,FO, le SNALC, la FSU, le SNETAA d'avoir, au cours de ces deux dernières décennies ,au moins, systématiquement DETOURNE les enseignants de leurs légitimes revendications sociales. En les culpabilisant à mort.

J'accuse les CPR de jadis, les IUFM ensuite d'avois en toute connaissance de cause servi une purée pédagopestilentielle en lieu et place de soutien matériel, d'avoir, comme les syndicats cités plus haut, tenté- et réussi- de faire passer les revendications matérielles et pas seulement les salires au second plan derrière une fallacieuse nécessité de réflexion à la con sur le "sens de notre mission".

J'accuse le PS, le PCF, la LCR, LO? sans parler des cinglés du PT d'avoir toujours tourné le dos à des augmentations MASSIVES DE SALAIRE pour les profs français, qui, avec les Italiens sont désormais LES PLUS MAL PAYES DE LA ZONE EURO....

J'accuse la raclure intello universitaro-parisiêtre, les Deleuze, les Guattari, les Finkelkraut, les Glücksmann, les Ferry et tant d'autre d'avoir lentement remué la pâte de l'opinion dans le sens de l'équation ENSEIGNEMENT= SACERDOCE HUMAIN. Or, qui dit sacerdoce, ça sert à rien d'autre que d'os, justement ,à ronger.....

Je NOUS accuse d'avoir laissé pourrir notre statut social, en nous perdant dans de petits débats corporatistes stériles et sans le moindre intérêt, de n'avoir pour beaucoup d'entre nous pas DEUX SOUS DE SENS POLITIQUE, d'être pusillanimes, peureux, dindes au lieu d'aigles.. besogneux CAMIF au lieu de brillants voltairiens ou humanistes comme il sied que nous le soyons

J'accuse enfin les médias, TFI, FRANCE 2, FRANCE 3? LIBERATION, LE MONDE DE L'EDUCATION etc, d'avoir par veulerie, par lâcheté, par lècheculisme, laissé courir la rumeur de la nullité et de la fainéantise des profs... et de les avoir copieusement ridiculisés (je pense, en particulier à une défunte émission "la classe" d'un dénommé Fabrice, qui a trîné dans la boue notrte métier et l'a cassé à jamais sans avoir suscité d'ailleurs la moindre indignation)


Alors je n'en veux pas à la Droite Bonapartiste actuellement au pouvoir de parachever notre enculage social en préconisant une substantielle augmentation de nos services SANS CONTREPARTIE. Pour quelle raison agirait-elle autrement? Elle est la Droite, donc l'antithèse de TOUT ce qui va dans le sens du Progrès humain. Elle fait ce pour quoi on l'a élue : niquer le peuple.

Donc fermons nos sales gueules de couards, et courbéchinons un peu plus. Continuons à bloblotter sur Léo et Léa, sur la Méthode Couille pour les paragraphes de synthèse , sur la méthode Bite pour l'apprentissage de la lecture.....

Malraux disait , répondant à Mitterrand, pendans la campagne de 1965, "Un pays a l'enseignement qu'il mérite". On ne saurait mieux dire.

Pour le reste, si une guerre civile peut nous débarrasser de Meirieu, de Charmeux ou de Frakowiak, qui ne le sont guère, civils, tant mieux.


Bonchoaur bébabes, bonchouar bédbouazelles, boncouar béchieux.

JEAN-PHILIPPE GOLDSCHMIDT, "alias MONTAIGNEACHEVAL, EN VOITURE, A PIEDS......

Ecrit par : montaigneàcheval | 29 juin 2007

Si l'on en croit le site de l'Elysée, le conseiller actuel, c'est encore... Alain Saban ! Ils ne sont pas à jour sur le site de l'Elysée...
Bon sinon, c'est Bernard de Froment le nouveau, qui vient de la Creuse et des Hauts de Seine. qui est passé par l'IGN, et dont la biographie est dans le who's who (mais c'est 6 euros alors non, hein).
Il préside ou a présidé plein de choses : l'ANAZORR, l'UNCG-GPE... Au moins, il aura déjà l'habitude des sigles, et considérera sans crainte les TPE, PPP, PPRE et autres IDD.
C'est enfin un député qui a remporté une élection sur trois dans sa circonscription, ca ne fait pas beaucoup.

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Vous voulez faire du Pagnol ? Très bien : procurez-vous (c'est difficile, ce n'est pas réédité, mais ça se trouve) une pièce du jeune Pagnol intitulée "les Marchands de gloire" — sur la marchandisation, comme on ne disait pas encore, de la gloire des Poilus morts par des profiteurs sans scrupule… Un pur sucre anar. Parce que la trilogie, moi…
Ou Topaze — quel prof osera se mettre ainsi en abyme, et vivre par personnage interposé la carrière d'aigrefin dont il a peut-être rêvé depuis toujours ? Et le film avec Jouvet et Edwige Feuillère vaut mieux que tous les nanars où d'aucuns traînent des élèves qui ne leur ont rien fait.
Et l'apostrophe de Raimu à la Pomponnette, dans la Femme du Boulanger, ça, c'est du grand art… Mieux que l'accent faussement marseillais d'un jeune Strasbourgeois pour jouer Marius — pitoyable…
Pour les amateurs, j'ai rédigé il y a jolie lurette une bio complète de Pagnol pour je ne sais quelle encyclopédie larousse en ligne. Je peux le mettre ici, mais ça va prendre de la place; Sinon, s'adresser directement à moi — ceux qui ont mon mail…
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 juin 2007

Il est juste, le post de MàC.
Quand on voit ce qu'on gagne, et la façon dont on est traité, il vaut mieux être fonctionnaire dans un autre ministère.
Les syndicats de transport et d'énergie parlent de leurs salaires, eux.
Nous, jamais. Et ce n'est pas l'épouvantail Ashieri qui le fera.
C'est mal vu dans l'éducation de dire qu'on gagne trop peu par rapport aux autres ministeres.

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Vos accusations sont justes, Màc mais cela fait un bout de temps qu'on les a déjà faites. Rien de bien neuf, donc. Et depuis qu'on les a faites, rien n'a avancé non plus, je vous l'accorde.

Ecrit par : Thalie | 29 juin 2007

Thalie, je ne veux pas faire neuf. Je ne veux d'ailleurs rien faire. Il n' y a plus rien à faire. La preuve.

Ecrit par : montaigneàcheval | 29 juin 2007

La pièce Les marchands de gloire va être rééditée chez de Fallois. Ca tombe bien. Par contre, ils ne disent pas quand.

Ecrit par : Jeremy | 29 juin 2007

Il ne faut pas faire de procès d'intention au sieur Sherringham, je vous l'accorde, Jean-Paul, mais tout de même un ancien directeur d'IUFM conseiller de Darcos, ce n'est peut-être pas ce que nous souhaitions... Le "nettoyage au karcher" des couloirs de la rue de Grenelle est bien mal engagé!

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

Le "nettoyage au karcher" des couloirs de la rue de Grenelle est bien mal engagé!

Ecrit par : Jean | 29 juin 2007

Enfin, Jean, vous faites preuve d'un peu plus de lucidité, ou d'un peu moins de naïveté?
Merci a MàC pour son papier après avoir fait ce jour et pendant 6 heures la garderie au collège avec des fragments de classe.

Ecrit par : buntovchik | 29 juin 2007

Je NOUS accuse (...) d'être pusillanimes, peureux, dindes au lieu d'aigles.. besogneux CAMIF au lieu de brillants voltairiens ou humanistes comme il sied que nous le soyons.
Ecrit par : montaigneàcheval | 29 juin 2007
Mais bien sûr. Toute l'EN nationale repose là-dessus. Et peut-être même toute notre société. Qu'est-ce qu'on risque à ne pas respecter les directives ministérielles ? Passer à l'ancienneté ? C'est énorme comme danger... C'est sûr qu'il vaut bien mieux flinguer des générations entières ! Mais le problème aussi c'est qu'on ne sait même plus comment travailler et être efficaces. Et quand on sait, les classes sont tellement hétérogènes, volontairement, tellement flinguées, qu'on ne peut faire que des progrès minimes, ce qui nous oblige à remettre en question notre bonne méthode. Il faut une force de conviction et de caractère extrêmement rare. Et on ne peut pas demander à tout le monde de l'avoir. Ce sera toujours réservé à une élite que d'avoir du caractère. Seulement il faut que ce soit cette élite-là qui dirige. Et pour cela, il faut très probablement faire le ménage. Peut-être violemment.

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

Bonjour,
"Les marchands de gloire", je vais chercher .
Au décès de mes parents,nous avons retrouvé dissimulés sous un pile de draps tout au fond de la grande armoire ,la croix de guerre, la médaille militaire et la plaque émaillée avec la photo de mon oncle paternel disparu dans le bois de la Gruerie . Ce bois du massif de l'Argonne est aussi appelé bois de la tuerie. Mon père quant à lui avait été réformé en raison de son dos voûté et sa constitution chétive. Que pensait-il quand , sortant de la mairie se dressait devant lui le cadeau de cette république qui lui avait arraché un frère,des cousins et la plupart de ses camarades d'enfance ? Je ne le sais que trop. Echanger une jambe contre une croix d'honneur ( chanson " Le chat de la voisine") quelle gloire en effet ! Tout autour de moi dans ma chère Varoce s'étendent les champs de croix. La guerre, encore et toujours et ça rapporte, oh que oui , et je le vis dans ma tête et dans mes tripes.
" Les marchands de gloire ", je vais chercher. Merci.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 29 juin 2007

Un pur sucre anar.
Ecrit par : brighelli | 29 juin 2007
Leconte de Lisle était abonné aux journaux anarchistes et surveillé par la police pour cela. (Allez j'arrête avec LdeL, promis.)

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

................ ;):)

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 29 juin 2007

L'urgence est une notion à relativiser. Yann ne me contredira certainement pas.
Le caniche qui a une merde collée aux poils du cul est une urgence absolue et la brebis qui a fait les eaux le samedi soir attend le lundi neuf heures...

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

Très important ce que j'ai écrit: l'urgence est uniquement question de fric.

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

Merci Hélène CHARPENTIER, ça c'est de l'HUMAIN.....ça me remue les tripes. Je vous dédie la "CHANSON DE CRAONNE".....

Merci.

Ecrit par : montaigneàcheval | 29 juin 2007

Bonchoaur bébabes, bonchouar bédbouazelles, boncouar béchieux.

JEAN-PHILIPPE GOLDSCHMIDT, "alias MONTAIGNEACHEVAL, EN VOITURE, A PIEDS......
Ecrit par : montaigneàcheval | 29 juin 2007

Quand votre nom apparaît, ainsi, à côté de votre pseudo, je me pose des tas de questions...
Comment est-il ce GOLDSCHMIDT-là qui porte le même nom que nous?
Ici, il y a "une maison mère" GOLDSCHMIDT...
Et les collatéraux et les descendants GOLDSCHMIDT sont en Suisse, au Canada, en Afrique et un peu partout en France.

Alors pour rassasier ma curiosité, je lis un des livres de votre père.........

Ecrit par : Maminou | 29 juin 2007

Jean-Philippe GOLDSCHMIDT,
18 pAssage Roche PANTIN,
Numéro de SECU/ 157057512079
Taille de chemises 46
Baises hebdomadaires 3 fois ?
Pour les fans de ce monsieur :
http://passouline.blog.lemonde.fr

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

Je prépare des antisèches (un article à paraître samedi prochain) sur le procès des insurrectionnels de la journée du 15 mai 1848 pour les élèves de JPB (ne pas utiliser pendant les contrôles), avec un paragraphe sur Marx (Le 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte et la lutte des classes en France en 48).

Dites-donc, c'était quand même quelque chose d'être de gauche à cette époque-là quand on voit des gens comme Barbès,Raspail, Blanqui (33 ans de prison pour ses convictions...près de la moitié de sa vie !), Arago, Ledru-Rollin, Louis Blanc, Schoelcher...Sans parler de George Sand et de sa "Cause du Peuple".

je m'arrête, je sais que je ne suis pas dans le bon "fil", quoique : "Urgence"...S'il y a quelque chose qui est toujours d'actualité, c'est l'urgence du courage.

MàC ne me démentira pas.

Ecrit par : Robin | 29 juin 2007

Carrère, je vous emmerde. (en fait pas du tout, c'est por vous faire regimber)

Maminou, je suis effectivement le fils de Georges-Arthutr Goldschmidt et j'en susi fier. Maintenant, si ça vous pose un problème, on peut touojoursen discuter autour d'un saucisson de Lyon pistaché tiède, avec des tranches de brioche et un Mâcon blanc 1989 de chez Gumier, c'est moi qui régale....

BâV

Ecrit par : montaigneàcheval | 29 juin 2007

Enfin, j'ai n'ai pas dit que j'étais fan ou non, ni que ça posait un problème...
J'ai simplement dit que nous portions le même nom...

Je peux rajouter que j'aime beaucoup vous lire parce que j'aime beaucoup rire...

Ecrit par : Maminou | 29 juin 2007

http://ddeeas.free.fr/autruche.jpg

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

Màc pourquoi signez-vous encore avec votre pseudo?
En tout cas, on va pouvoir vous offrir des chemises maintenant; on pourra même vous les envoyer :-)))

Ecrit par : Thalie | 29 juin 2007

Carrère, je vous emmerde.
Ecrit par : montaigneàcheval | 29 juin 2007
Je regimbe ! Je regimbe ! Amitiés.

Ecrit par : Christophe Carrère | 29 juin 2007

Et puis regardez les autres salariés, tous des aigles, tous des courageux?? Vous ne faites qu'ajouter un peu de sentiment de culpabilité en plus dans un corps enseignant qui est déjà traité par sa hiérarchie avec le mépris humain le plus total.
Tiens, moi qui ne regarde quasi-jamais la TV, je viens de revoir les adieux de Brel. Cela fait du bien,non?

Ecrit par : Thalie | 29 juin 2007

"que "désir" était un verbe du deuxième groupe — sur le modèle de "finir". "

Je l'ai appris cette année.... à faire la différence. C'est niveau CE1. L'année prochaine j'va "déchir/é/" en CE2 :o))))

Ecrit par : toto | 29 juin 2007

"que "désir" était un verbe du deuxième groupe

Tout est "obscur" dans le désir, surtout le complément d'objet.

Ecrit par : Robin | 29 juin 2007

"que "désir" était un verbe du deuxième groupe

Tout est "obscur" dans le désir, surtout le complément d'objet.

Ecrit par : Robin | 29 juin 2007

et encore faut-il que le participe passé s'accorde! même s'il est souhaitable , préférable et plus agréable que cela se conjugue au présent et au futur....

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 29 juin 2007

Alors, 1+1 ?

La réponse ci-dessous :

http://jeanclaudevandame.free.fr/video/chiffres.mpeg

Ecrit par : Kap | 30 juin 2007

http://ddeeas.free.fr/autruche.jpg

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

Ma gueule, qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? Tu veux ma photo ?

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

J'ai mangé ce soir avec une de mes anciennes profs de fac - l'avenir qu'elle m'a dressé du futur de l'université et des humanités est terrifiant (à Paul-Valéry, Montpellier III, entre autres) avec la réforme (des filières qui servent à quelque chose!) qui pointe son nez - à court terme: disparition des Lettres modernes en tant que telles noyées parmi les Info, les médiations culturelles - tronc commun en vue, puisqu'il n'y a plus de Lettreux et que les salles de cours se vident); elle m'a clairement fait entendre qu'il vaut mieux que je pense à autre chose qu'à aller bosser à la fac... Les enseignants-chercheurs vont devoir être des stakhanovistes des articles et des colloques (histoire de montrer qu'ils servent à quelque chose...). Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

Ecrit par : Pendariès | 30 juin 2007

Pendariès, au lieu de vous lamenter (une occupation commune à trop d'enseignants), lisez donc Un tout petit monde, de David Lodge, et imaginez-vous en brillant universitaire parcourant les congrès (comme on dit dans les Kama-soutra) pour culbuter un nombre toujours plus grand de créatures…

Robin, je vous sens tenté par le lacanisme. Alors qu'il n'y a rien d'obscur dans le désir — c'est même l'un des mots les plus lumineux de la langue. Alors que phonétiquement, "amoour" sonne lourd, un peu pâteux — et laisse dans la bouche, après remâchage, un arrière-goût de temps perdu et de souci.
JPB

Ecrit par : brighelli | 30 juin 2007

Robin, je vous sens tenté par le lacanisme. Alors qu'il n'y a rien d'obscur dans le désir — c'est même l'un des mots les plus lumineux de la langue. Alors que phonétiquement, "amoour" sonne lourd, un peu pâteux — et laisse dans la bouche, après remâchage, un arrière-goût de temps perdu et de souci.
Ecrit par : brighelli | 30 juin 2007
Moi je trouve plutôt que désir accroche au palatum avec son RRR et son ZZZ, qu'on dirait le vol d'un insecte malfaisant prêt à venir vous piquer, tandis qu'amour est plus doux, c'est le miel qui panse la plaie, non la ruche et son venin. Ce que peuvent évoquer les mots par leur sonorité est trop subjectif pour valoir quelque chose. La vérité c'est que vous préférez l'hédonisme de Michel Onfray (beurk) à l'amour chrétien de saint François d'Assise qui écrase la concupiscence. C'est vrai, le Kama-Sutra, c'est tellement plus marrant. Je devrais essayer tiens, au lycée, en oeuvre complète...

Ecrit par : Christophe Carrère | 30 juin 2007

Encore qui essaie d'enfiler les habits (visiblement trop grands) d'Emile et de prendre le blog de Brighelli pour l'Aurore.
Pompeux ou pompier ?

Ecrit par : Guillaume | 30 juin 2007

Encore qui essaie d'enfiler les habits (visiblement trop grands) d'Emile et de prendre le blog de Brighelli pour l'Aurore.
Ecrit par : Guillaume | 30 juin 2007
Je t'emmerde Guiillaume. (Je reprends les propos de mon ami MàC qui décidément sait trouver les mots justes)

Ecrit par : Christophe Carrère | 30 juin 2007

"Le penchant de l'instinct est indéterminé. Un sexe est attiré vers l'autre, voilà le mouvement de la nature. Le choix, les préférences, l'attachement personnel sont l'ouvrage des lumières, des préjugés, de l'habitude ; il faut du temps et des connaissances pour nous rendre capables d'amour, on n'aime qu'après avoir jugé, on ne préfère qu'après avoir comparé. Ces jugements se font sans qu'on s'en aperçoive, mais ils n'en sont pas moins réels. Le véritable amour, quoi qu'on en dise, sera toujours honoré des hommes ; car, bien que ses emportements nous égarent, bien qu'il n'exclue pas du coeur qui le sent des qualités odieuses et même qu'il en produise, il en suppose pourtant toujours d'estimables sans lesquelles on serait hors d'état de le sentir. Ce choix qu'on met en opposition avec la raison nous vient d'elle ; on a fait l'amour aveugle parce qu'il a de meilleurs yeux que nous, et qu'il voit des rapports que nous ne pouvons apercevoir. Pour qui n'aurait nulle idée de mérite ni de beauté, toute femme serait également bonne, et la première venue serait toujours la plus aimable. Loin que l'amour vienne de la nature, il est la règle et le frein de ses penchants".
Jean-Jacques ROUSSEAU, Emile, livre IV, in Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Bibl. de la Pléiade, pp. 493-494.

Ecrit par : Christophe Carrère | 30 juin 2007

Robin, je vous sens tenté par le lacanisme. Alors qu'il n'y a rien d'obscur dans le désir

C'est peut-être une question d'éducation à moins que ce ne soit l'expérience !

Vous savez que le frère de Lacan était moine et qu'il a sans doute influencé (silencieusement, mais efficacement) sa pensée, surtout vers la fin.

En "articulant un interdit sur un impossible", le judéo-chrétien met du sel, mais contrairement à ce que dit Nietzsche sur "l'empoisonnement d'éros" et Onfray qui lui emboite le pas, les païens n' étaient guère optimistes sur le chapitre de l'amour.

Y a-t-il un équivalent au "Cantique des Cantiques" ?

Virgile ? Ovide ? Apulée ?

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

C'est ce qui fait la supériorité — ou tout au moins la plus grande rigueur conceptuelle — de Sade par rapport à Rousseau. Il n'y a que la Nature, dit le Marquis (après La Mettrie et quelques bons esprits des décennies précédentes). Et la règle d ela nature, c'est la mort — l'instinct de pillage et de destruction. Vous savez bien que les troubadours ont inventé l'amour courtois pour brider les désirs des chevaliers — qui erraient d'une belle à l'autre, et les traitaient de Turc à Maure, comme on dit couramment.

Ce serait intéressant d'établir un corpus de textes sur l'amour, à faire en classe (et quelles classes…), des textes qui les déniaisent de toutes les sentimentaleries sirupeuses des téléfilms dont les Bovary modernes se gobergent. À commencer par les Liaisons, ou les Egarements du cœur et de l'esprit. Il y a toute une littérature XVIIIe que l'on n'exploite pas — pas assez. Pas forcément Thérèse philosophe ou l'Education de Laure, mais Point de lendemain, par exemple (1) — et son adaptation superbe par Louis Malle…
JPB

PS. L'incipit le plus sublime de toute cette littérature libertine :
"J'aimais éperdument la Comtesse de *** ; j'avais vingt ans, et j'étais ingénu ; elle me trompa, je me fâchai, elle me quitta. J'étais ingénu, je la regrettai ; j'avais vingt ans, elle me pardonna ; et comme j'avais vingt ans, que j'étais ingénu, toujours trompé mais plus quitté, je me croyais l'amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes."

Ecrit par : brighelli | 30 juin 2007

"Y a-t-il un équivalent au "Cantique des Cantiques" ?"

demande ingénument Robin…

Essayez donc Lucrèce et le De natura rerum, pariculièrement le livre IV :

"Quod petiere, premunt arte faciuntque dolorem
corporis, et dentes inlidunt saepe labellis
osculaque adfligunt…"

Bien entendu, je n'ai pas besoin de traduire…
JPB

Ecrit par : brighelli | 30 juin 2007

"J'aimais éperdument la Comtesse de *** ; j'avais vingt ans, et j'étais ingénu ; elle me trompa, je me fâchai, elle me quitta. J'étais ingénu, je la regrettai ; j'avais vingt ans, elle me pardonna ; et comme j'avais vingt ans, que j'étais ingénu, toujours trompé mais plus quitté, je me croyais l'amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes."

Ce n'est sans doute pas obscur...Mais ce n'est pas simple !
...Même chez les libertins.

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

Bonjour,
Oui, facile de trouver "Les marchands de gloire ". J'attends. Par la même occasion je m'offre pour mon anniversaire " La Passion selon Saint- Matthieu" et je me rends compte que ces deux achats me trahissent. Le livre représente mon père, et le cd c'est ma mère. Et alors " y'a pas d'mal à s'faire du bien" non ?
Comme j'ai un peu honte d'ignorer cet ouvrage de Pagnol, je signale, histoire de montrer que je possède quelque culture littéraire, quelques pages fort caustiques de " Clochemerle " De Gabriel Chevalier. Un clerc de notaire revient de la la Grande Guerre sérieusement mutilé; Si mes souvenirs sont bons, il a perdu une jambe et un bras. Dans un immense élan de générosité, le notaire qui l'emploie consent à le réemployer en le rémunérant à proportion du travail qu'il pourra effectuer. L'employé décline cette offre car une pension militaire d'invalidité lui a été attribuée au titre du droit à réparation. Quand le notaire découvre le montant de cette pension il est jaloux et furieux. il se lance dans une série de multiplications pour en conclure que ces rescapés coûtent scandaleusement bien cher au pays et qu'il eût été préférable , tout compte fait... Ce notaire tient à jour sa propre comptabilité avec tout le soin que l'on peut imaginer. Son carnet de" charités secrètes" tient à jour les dépenses effectuées lors d'escapades coquines, escapades qui portent elles aussi le germe sournois de la défaite et de la mort. Sa famille l'abandonne et il meurt de maldie vénérienne.
" La chanson de Craonne " est fredonnée par André Dussolier dans l'admirable téléfilm " La dette" d'E. Orsenna.
A voir absolument et je signale au passage que le film "Indigènes" par son impact médiatique a étrangement contribué à réparer une injustice oubliée ( pourtant dénoncée depuis bon nombre d'années et avec insistance par plusiieurs associations d'anciens combattants ) à savoir la revalorisation des pensions versées aux combattants issus des anciennes colonies françaises. Ces combattants ayant servi la France du temps des colonies étaient français pour aller au front . Après l'indépendance il convenait de reconsidérer leur droits en fonction de nouveaux paramètres et bla bla bla...
Mais je glisse dans le hors -sujet . Le thème de réflexion étant l'urgence. Urgence de faire des économies sur le dos de ceux qui ne produisent pas et sont payés avec nos impôts. Oui, oui, je radote; Pas de ma faute, je ne digère toujours pas cette réflexion et j'ai eu des renvois car j'ai eu connaissance récemment du détail de toutes les indemnités versées durant 60 mois et à vie aux députés non réélus. Eux au moins ils produisent. Quoi ? Des lois , des règlements , des circulaires, des décrets, que j'ai eu l'occasion de classer et diffuser auprès des chers collègues quand j'étais documentaliste, obscure colleuse d'étiquettes. Ah c'était chouette le BO et le RLR, c'était ma jeunesse ... Bon WE à tous.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 30 juin 2007

Pourtant, quel art de l'asyndète ! Quelle maîtrise de la parataxe !
Sans compter une morale tout à fait sublime : elle le trompe, et c'est lui le coupable — parce que la jalousie est toujours manque d'esprit. Et tout ce qui compte en amour, c'st l'illusion de la fidélité. Ces gens-là étaient déjà à des années-lumières des féministes modernes — écoutez Merteuil : "Née pour venger mon sexe…" (lettre 81 des Liaisons — un chef d'œuvre de déclaration de guerre, à mettre en parallèle avec le Premier discours — à l'Académie de Châlons — sur le meilleur moyen de perfectionner l'éducation des femmes). Ou Clairwil dans l'Histoire de Juliette. Ça laisse Kate Millett assez loin derrière.

Ecrit par : brighelli | 30 juin 2007

Je me demande, naïvement sans doute, si le libertinage serait aussi délectable sans les interdits judéo-chrétiens.

"Les liaisons dangereuses" et même "Les infortunes de la vertu"...oeuvres incompréhensible en dehors du judéo-christianisme.

Une éthique sans rédemption chez Sade qui maintient les catégories du bien et du mal et les inversant...tandis que chez Laclos, c'est l'inverse..."Au-delà du bien et du mal" ...La fin des Liaisons est aussi "édifiante" qu'un sermon de Bossuet.

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

Le caniche qui a une merde collée aux poils du cul est une urgence absolue et la brebis qui a fait les eaux le samedi soir attend le lundi neuf heures...

Ecrit par : dobolino | 29 juin 2007

Urgentissime, même, la merde au cul !!
Ce que veut dire Dobolino, c'est que, dans notre pratique, l'urgence réelle n'est quasiment jamais en adéquation avec l'urgence ressentie (à l'exception notable, mais rare, du chien dont on a tronçonné la patte par inadvertance).
Il en est de même pour vous (nous), qui jugeons unanimement urgente une refonte des programmes, du primaire jusqu'à l'université, alors que les politiques semblent avoir d'autres priorités. C'est toujours frustrant pour tout le monde (y compris pour eux, qui croient sincèrement faire le mieux possible).

Ecrit par : yann | 30 juin 2007

Quelle solution ?
Faites comme nous : mentez aux fausses urgences pour les rassurer, et gueulez pour les vraies.

Ecrit par : yann | 30 juin 2007

L'été au bord de la piscine, les vacances : on vous laisse une journée, et vous recommencez à parler foufoune !

Vivement septembre !

Ecrit par : yann | 30 juin 2007

Oui, messieurs, j’y insiste. Un mal moral, un mal moral profond nous travaille et nous tourmente. Ce mal moral, cela est étrange à dire, n’est autre chose que l’excès des tendances matérielles. Eh bien, comment combattre le développement des tendances matérielles ? Par le développement des tendances intellectuelles ; il faut ôter au corps et donner à l’âme.

Quand je dis : il faut ôter au corps et donner à l’âme, vous ne vous méprenez pas sur mon sentiment. Vous me comprenez tous ; je souhaite passionnément, comme chacun de vous, l’amélioration du sort matériel des classes souffrantes ; c’est là, selon moi, le grand, l’excellent progrès auquel nous devons tous tendre de tous nos vœux comme hommes et de tous nos efforts comme législateurs.

Eh bien, la grande erreur de notre temps, ç’a été de pencher, je dis plus, de courber l’esprit des hommes vers la recherche du bien-être matériel, et de le détourner par conséquent du bien-être religieux et du bien-être intellectuel. La faute est d’autant plus grande que le bien-être matériel, quoi qu’on fasse, quand même tous les progrès qu’on rêve, et que je rêve aussi, moi, seraient réalisés, le bien-être matériel ne peut et ne pourra jamais être que le partage de quelques-uns, tandis que le bien-être religieux, c’est-à-dire la croyance, le bien-être intellectuel, c’est-à-dire l’éducation, peuvent être donnés à tous.

D’ailleurs le bien-être matériel ne pourrait être le but suprême de l’homme en ce monde qu’autant qu’il n’y aurait pas d’autre vie, et c’est là une affirmation désolante : c’est là un mensonge affreux qui ne doit pas sortir des institutions sociales.

Il importe de remédier au mal ; il faut redresser, pour ainsi dire, l’esprit de l’homme ; il faut, et c’est là la grande mission, la mission spéciale du ministère de l’instruction publique, il faut relever l’esprit de l’homme, le tourner vers Dieu, vers la conscience, vers le beau, le juste et le vrai, vers le désintéressé et le grand.

C’est là, et seulement là, que vous trouverez la paix de l’homme avec lui-même, et par conséquent la paix de l’homme avec la société.

Pour arriver à ce but, messieurs, que faudrait-il faire ? Précisément tout le contraire de ce qu’ont fait les précédents gouvernements ; précisément tout le contraire de ce que vous propose votre comité des finances. Outre l’enseignement religieux qui tient le premier rang parmi les instructions libérales, il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies.

Il faudrait multiplier les maisons d’études pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes, tous les établissements, tous les asiles où l’on médite, où l’on instruit, où l’on se recueille, où l’on apprend quelque chose, où l’on devient meilleur ; en un mot, il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l’esprit du peuple ; car c’est par les ténèbres qu’on le perd. Ce résultat, vous l’aurez quand vous voudrez. Quand vous le voudrez, vous aurez en France un magnifique mouvement intellectuel ; ce mouvement, vous l’avez déjà ; il ne s’agit que de l’utiliser et de le diriger ; il ne s’agit que de bien cultiver le sol.

Victor Hugo, Discussion budgétaire du 10 novembre 1848.

Ecrit par : Christophe Carrère | 30 juin 2007

"Quod petiere, premunt arte faciuntque dolorem
corporis, et dentes inlidunt saepe labellis
osculaque adfligunt…"
Bien entendu, je n'ai pas besoin de traduire…
JPB
Ecrit par : brighelli | 30 juin 2007

Je vous trouve bien arrogant. Quand bien même vous sauriez traduire ce texte en hébreux, la tête à l'envers en déclamant du La Mettrie (en latin), vous n'en auriez pas raison pour autant. Voyez-vous, le monde n'est pas une vaste salle de classe prépa. Il faut savoir adapter son discours...

Ecrit par : Christophe Carrère | 30 juin 2007

"Il en est de même pour vous (nous), qui jugeons unanimement urgente une refonte des programmes, du primaire jusqu'à l'université, alors que les politiques semblent avoir d'autres priorités."
Ecrit par : yann | 30 juin 2007

La vraie "urgence" pour beaucoup : acheter le dernier truc-machin qui fait presque tout mais pas encore la cuisine, le ménage et la lessive !

Lu ce matin :
"Les yeux clignant de sommeil, Greg Packer, après cinq jours assis dans la rue, brandit triomphalement sous les vivats de la foule ses deux petits sacs noirs, contenant chacun un iPhone, le nouveau téléphone-baladeur d'Apple. "C'est merveilleux", crie-t-il d'une voix rauque, avant d'ajouter: "Maintenant, je rentre me coucher".
Arrivé lundi à l'aube, Greg était le premier de la file d'attente qui n'a cessé de s'allonger au fil des jours devant l'Apple Store de la Cinquième Avenue à New York, où les ventes de l'iPhone ont débuté vendredi à 18 heures.
"Et puis en cinq minutes on pouvait l'acheter, sans devoir attendre une demi-heure pour signer un contrat", ajoute ce mordu.
Selon des analystes, Apple pourrait vendre jusqu'a 200.000 iPhone ce week-end, comme aux premiers jours des consoles Wii et Playstation 3 à Noël.
Le groupe pense en vendre 10 millions d'ici à fin 2008. Les analystes, plus optimistes, tablent sur 13 à 20 millions."

Ca sert à quelque chose d'écrire le français de belle manière pour envoyer des SMS et prendre des photos de Pétaouchnock et Trifouillis les Oies (bonjour Maminou !) en les envoyant instantanément à Mamie qui bronze aux Bahamas ?

L'urgence pour nos hommes politiques, c'est la croissance et la croissance ne laisse pas le temps de la maturation, de la lente formation des esprits.

"Vite et bien" : cette devise laisse beaucoup de monde sur le côté !

Ecrit par : lucile | 30 juin 2007

Sans compter une morale tout à fait sublime : elle le trompe, et c'est lui le coupable — parce que la jalousie est toujours manque d'esprit

Etonnement des élèves quand ils découvrent que les histoires d'amour ne s'écrivent pas exactement toujours et partout de la même façon et que l'amour universel et éternel, a une histoire.

Entrer dans l'oeuvre en s'oubliant soi-même pour s'imbiber de la logique des personnages et de leur temps...Essayer de comprendre ce qu'il y a de plus incompréhensible au monde : les passions des autres...Décentrement : l'essence de la culture est là.

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

Pour qui roule vraiment M. Brighelli ?

Le voilà qui veut supprimer le baccalauréat pour que l’école joue son rôle de garderie jusqu’au 4 juillet, et bientôt peut-être jusqu’au 20 juillet. Je suis absolument sidéré de lire des propos pareils sous sa plume. Je suis probablement déjà un vieux con, mais il me semble que de mon temps – il y a 15 ans – je passais un bac C qui valait un peu quelque chose. Pourquoi ne pas y revenir, tout simplement ?

Nous finissions au plus tard le 28 juin, et quand les cours sautaient en fin d’année pour cause d’examen, ni mes parents ni les forces de l’ordre ne craignaient que nous ne cassions tout à la maison ou dans la rue.

M. Brighelli se range – c’est fort inquiétant – du côté de préoccupations gestionnaires étriquées, alors que dans la Fabrique du crétin, il les dénonçaient. Il semble, à le lire, qu’il se satisferait de professeurs qui, pour accumuler les heures supplémentaires, enchaîneraient les cours comme des perles sur un collier – finalement on rejoint la pensée de Sainte-Nitouche, mais en payant les 35 heures de présence qui y seront obligés du fait du coût de la vie. On se demande quand les professeurs ayant un minimum de passion pour leur discipline vont pouvoir lire suffisamment, publier des articles, rédiger éventuellement des thèses, fréquenter bibliothèques et universités. Car c’est là la vraie question de l’organisation du temps de travail des professeurs, et finalement je ne suis pas sûr du tout que cela préoccupe M. Brighelli.

Tout cela me rend nauséeux. Je ne sais pas ce que vaut M. Darcos, pourtant ancien président de la Société des Agrégés, mais a priori pas grand-chose, à en juger par un article du Libération du 27 janvier 2003. Mme Geneviève Zehringer m’a juré ses grand Dieu et sur Napoléon que c’était de la désinformation, et je n’ai jamais pu savoir ce qui se cachait dans les « (…) » coupant le texte… pourtant, cela a bien été écrit :

« (...)On ne peut garantir à personne de n'être exposé à aucun risque, dès lors qu'il pratique un métier public. (...)Être enseignant, c'est accepter d'affronter les élèves tels qu'ils sont, ou alors il faut changer de métier. (...) ( En Angleterre), les personnes qui travaillent dans les établissements scolaires sont tour à tour enseignent, assistante sociale, orientateur, travailleur social, intermédiaire vis à vis des familles ou du quartier. (...) Les enseignants passent 32 heures et demi dans leur établissement.(...) Quand je parle de rouvrir le dossier du métier d'enseignent, je pense à ce genre de questions. »

Je ne sais plus qu’en penser. La suppression des décrets du griffonneur d’assurances Robien me semblait présager du bon… mais est-ce de la vaseline pour mieux imposer – en juillet-août avec toutes les autres lois de merde qui vont sortir – ce que désirait Sainte-Nitouche dans une cassette clandestine ? A en juger votre dernière intervention, M. Brighelli, j’ai de raisons de le croire. Et j’ai des raisons de croire qu’en adhérant à la Société des Agrégés, je me suis bien fait baiser.

Ecrit par : Rodolphe Dumouch | 30 juin 2007

Vouloir guérir l'EN du mal qui la ronge en prêchant La Mettrie, le plaisir, le bien-être, le matérialisme, le sensualisme, l'épicurisme, que sais-je, c'est mon avis tenter d'éteindre le feu avec de l'essence. C'est n'avoir rien compris au mal qui nous ronge.

Ecrit par : Christophe Carrère | 30 juin 2007

"Quod petiere, premunt arte faciuntque dolorem
corporis, et dentes inlidunt saepe labellis
osculaque adfligunt…"
Bien entendu, je n'ai pas besoin de traduire…
JPB
Ecrit par : brighelli | 30 juin 2007

J'hésite entre Lucrèce et Horace.

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

"Quod petiere, premunt arte faciuntque dolorem
corporis, et dentes inlidunt saepe labellis
osculaque adfligun

Très significatif et très juste cette métaphore de la jouissance en douleur

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

Xavier Darcos, c'est toujours mieux, Buntovchik, que Meirieu ou Frackowiak!
C'est moins de bêtise crasse, mille fois plus d'intelligence et de subtilité, - avec le risque que cette intelligence se retourne contre nous , je vous l'accorde! C'est Bayrou qui confiait à qui voulait l'entendre que ledit Darcos, alors son Directeur de Cabinet, n'hésitait pas à affirmer que l'enseignement des Langues anciennes, c'était du passé - ce n'était pas un jeu de mots!

Sa conversation avec JPB pouvait laisser espérer pourtant, selon le sentiment même de notre hôte, un changement de cap au ministère de l'Education nationale - oui, je sais, changement de cap improbable parce que la politique éducative de la France est asservie à l'European Round Table (club des cinquante plus gros industriels européens qui supplante en réalité les Etats, etc. etc.) et que tout vient de là, socle commun, livret de compétences, économies drastiques, suppression des enseignements "inutiles" comme le latin et le grec, conseil pédagogique pour neutraliser les récalcitrants, hors-classe au "mérite" pour récompenser les carpettes, les traîtres et les valets du système, etc. etc..

Pourtant, dans une intervention toute récente, ci-dessus, JPB semblait trouver au ministre et à la ministresse des excuses et donc continuer à espérer...
Mais je suis bien d'accord avec vous, Buntovchik, le moins qu'on puisse dire, c'est que pour le moment personne ne sait sur quel pied danser.

Même Darcos paraissait mal à l'aise - il y avait de quoi! -et réciter mécaniquement une leçon apprise en faisant hier cete déclaration ubuesque: "Si les professeurs acceptent d'être moins nombreux et de travailler plus, les études surveillées se mettront facilement en place." Hallucinant quand on sait combien la plupart des professeurs en bavent déjà comme des cochons dans ce qui est devenu une garderie et une gestion des flux! Ils auront sûrement une envie folle de retrouver les mêmes perturbateurs incultes en cours particuliers gratuits le soir, c'est évident! "Sur la base du volontariat bien entendu et rémunérés en heures supplémentaires." Ouf! Seul petit problème: lesdites heures supplémentaires compteront-elles pour la retraite? Si c'est non, ce sera d'un attractif!

Le plus simple, ce serait que JPB re-rencontre l'excellent Darcos et recueille de lui quelques confidences de nature à nous éclairer sur la suite putative des événements.

Sinon, il n'y aura plus qu'une solution: continuer à enseigner selon notre conscience, en fermant la porte de la salle sur nous, en nous foutant complètement de la hors-classe, de la progression à l'ancienneté, du conseil pédagogique, de notre salaire minable, en ayant pour seule gratification la seule, finalement, qui vaille, les témoignages de reconnaissance de nos anciens élèves.

Ecrit par : Jean | 30 juin 2007

"Quod petiere, premunt arte faciuntque dolorem
corporis, et dentes inlidunt saepe labellis
osculaque adfligunt."

"Leurs corps se cherchent, ils se pressent passionnément l'un contre l'autre, se mordillent les lèvres et s'accablent de baisers."

Ou quelque chose comme ça !


Et dire que j'ai fait mon éducation sexuelle dans le Gaffiot qui pousse l'obligeance jusqu'à traduire "dentes inlidunt" et "osculaque adfligunt"....Tout juste s'ils ne mettent pas une illustration !

..Si les bons pères savaient (je me demande...)

Il faut évidemment traduire "dolor" par passion.

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

Pour qui JPB roule-t-il, demande Rodolphe? Pour lui. Il faut être aveugle pour ne pas l'avoir vu depuis le début; cela n'empêche pas que de temps en temps cela puisse servir à d'autres.
Pendariès se plaint, oui, JPB, normal, tous les enseigants ne sont pas au chaud en classe en prépa. Et encore ceux qui râlent sont ceux qui ont encore de l'énergie, pensez à tous ceux qui "écrasent" dans un silence terrifiant d'acceptation et de soumission.
Le plaisir, le matérialisme à outrance comme "remède" aux maux des élèves et des autres... Mais c'est ce dont on crève ... Cette énorme publicité mensongère et permanente dans nos sociétés autour du Plaisir et de l'Avoir. Les élèves ne sont pas du tout englués dans une idéologie mièvre de l'Amour comme vous le prétendez, pas du tout. On aimerait bien parfois. C'est le désir que vous portez aux nues ( snobisme d'intellectuel blasé qui s'ennuie et qui s'aime par dessus tout) dans ce qu'il a de plus dénudé et de plus mécanique qui fait courir nos élèves. Je ne parle de nos chers petits qu'on a élevés à l'abri de tout, je parle des élèves qui remplissent les classes de bahuts moyens.

Ecrit par : Thalie | 30 juin 2007

Sinon, il n'y aura plus qu'une solution: continuer à enseigner selon notre conscience, en fermant la porte de la salle sur nous, en nous foutant complètement de la hors-classe, de la progression à l'ancienneté, du conseil pédagogique, de notre salaire minable, en ayant pour seule gratification la seule, finalement, qui vaille, les témoignages de reconnaissance de nos anciens élèves.

Ecrit par : Jean | 30 juin 2007

Ah, mais Jean : ça c'était avant !
Vous pouviez ne pas faire de séquences et ne pas parler de schéma actanciel, tout en hurlant à la dictature, vous pouviez tout de même enseigne comme vous le souhaitiez.
Vous pouviez expliquer le Cid scène par scène alors que les Instructions Officielles l'interdisaient.
Mais quand vous devrez assurerun quart de votre service en histoire-géo, ce sera plus difficile.


Xavier Darcos, c'est toujours mieux, Buntovchik, que Meirieu ou Frackowiak!
C'est moins de bêtise crasse, mille fois plus d'intelligence et de subtilité, - avec le risque que cette intelligence se retourne contre nous , je vous l'accorde! C'est Bayrou qui confiait à qui voulait l'entendre que ledit Darcos, alors son Directeur de Cabinet, n'hésitait pas à affirmer que l'enseignement des Langues anciennes, c'était du passé - ce n'était pas un jeu de mots!

Ecrit par : Jean | 30 juin 2007


Les Grenouilles qui demandent un Roi

Les grenouilles se lassant
De l'état démocratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique:
Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant,
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S'alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, les roseaux,
Dans les trous du marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau.
Or c'était un soliveau,
De qui la gravité fit peur à la première
Qui, de le voir s'aventurant,
Osa bien quitter sa tanière.
Elle approcha, mais en tremblant;
Une autre la suivit, une autre en fit autant:
Il en vint une fourmilière;
Et leur troupe à la fin se rendit familière
Jusqu'à sauter sur l'épaule du roi.
Le bon sire le souffre et se tient toujours coi.
Jupin en a bientôt la cervelle rompue:
«Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue.»
Le monarque des dieux leur envoie une grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir;
Et grenouilles de se plaindre.
Et Jupin de leur dire:« Eh quoi? votre désir
A ses lois croit-il nous astreindre?
Vous avez dû premièrement
Garder votre gouvernement;
Mais, ne l'ayant pas fait, il vous devait suffire
Que votre premier roi fut débonnaire et doux
De celui-ci contentez-vous,
De peur d'en rencontrer un pire.»

Libre à vous de préférer l'intelligence et la subtilité de quelqu'un qui vous nuit à la bêtise crasse de ceux qui ne vous avaient jamais empêcher de travailler.
Il serait vain de nous envoyer continuellement à la figure notre vote de mai dernier, mais je ne vous cache pas que je suis loin de regretter mon vote, qui allait à contre-courant de celui qui prédominait ici.
Jean, je me souviens d'un jour où vous railliez ici ma candeur ; à mon tour : comment pouvez-vous demander à ce "que JPB re-rencontre l'excellent Darcos et recueille de lui quelques confidences de nature à nous éclairer sur la suite putative des événements" : vous avez des éléments de réponse dans ce que vous avez dit vous-même : qu'attendre de quelqu'un pour qui l'enseignement du latin et du grec appartiennent au passé ? Certainement pas qu'il aille dans la direction idyllique pronée par JPB.

Ecrit par : Pat | 30 juin 2007

REPANSER L'HISTOIRE:

"...Les paradigmes artificiels.
Traité pamphlétaire du hasard et des raisons contrôlées.

«… et dans le ciel,il y eut un silence d’environ une demi-heure… »
-APOCALYPSE SELON ST-JEAN-

CHAPITRE I

Ce qu’il ne faut pas…

D’où nous vient ce sentiment frustre et amer à la croisée des consciences,véritables appels de pieds aux controverses et polémiques abordées à longueur de journaux, « talk-show » et autres métastases médiatiques concertées,rencardées puis finalement foutues au panier sans autres formes de procès.Les fameux « paradigmes »,instables évènements circonstanciés de la mise en exemplarité d’une compréhension globale au travers de textes, «gueules télévisuelles» où bien l’absence d’images radiophoniques servants de «vomitorium» et de tremplins propagandistes à l’instar d’appariteurs masqués tirants les ficelles de ruines et d’effets d’annonces sous la bienveillance de l’hallucinante « vérité ».Léviathan lyrique plénipotentiaire constamment sous-alimenté,et entropisme de l’intox et de révisionnismes concertés….Que de fragments plus où moins parcellaires arrivent à nos oreilles malades et yeux fatigués en ce début de millénaire qui méritait bien sa propre fin de siècle précédente...Un autre écrivain,talentueux et critique,nous parvenait au paradoxe de la « théorie du complot»,en,ce qu’il faut bien l’admettre un «complot des théories»..Justes regards des choses et pièces rapportées pour y voir clair dans le bordel ambiant…De là où quelques maquereaux de lobbies postmodernes manoeuvrent habillement les quelques prostitué(e)s qui s’y font prendre – «victimes» serait un peu faible à mon goût..Juteuse mise en œuvre de parlements autoproclamés ainsi que les nouveaux « cultes de personnalités » qui s’en dédient - cochons aussi…,la foireuse mondialisation alimente tous les tuyaux possibles de cette nouvelle Tour de Babel,médiocratie-panacée de l’eau et gaz à tous les étages – vue sur la daube aussi…Celle que d’autres bouffent à la petite cuillère tous les jours que le Christ-Roi,Champion du Verbe, nous gratifie dans son Eternelle Bonté…Je me fais le pourfendeur suprême,tout en sachant que l’exposition aux rayons n’épargnera pas les quelques lettrés qui subsistent dans ce pays où la crasse d’idées polluantes est arrivée à son point d’orgue… Pourfendons, Pourfendons,…Il en restera bien quelques choses…La vérité ,c’est quoi ?...De fragmentaire,d’irréelle – voire d’insupportable,elle nous toise du haut de nos jugements et de nos décisions,et je ne vous apprends rien,…à moins de ne rien vouloir savoir…Ce qui,dans le nihilisme,est une option intéressante – des créneaux révélateurs s’en chargent…Et il sont parfaitement organisés,rétribués,pignon sur rue – et n’entachent pas les respectabilités…De responsables,certains organes assument son quotidien sans coup férir – ils montent au « créneau » et sur tout ce qui peut dépasser de la roche informative…le côté sensationnaliste de la presse «trash» et aussi quelques quotidiens respectables avouent des penchants aussi visqueux que les premiers.. le fameux « droit-de-savoir » passe avant les leçons que l’Histoire nous a assénée - mémoires de l’oubli,certainement…Dans le non-dit et le non-évènement ,la navrance arrive par vagues successives…L’élection de miss-PS a explosée le cadre de nos téléviseurs,journaux et conversations,et tout ceci jusqu’à l’écoeurement final du rabiotage de l’ « actualité »…
Raccrocher à l’image,maître-mot de l’acrobatie journaleuse,ennuyeuse,perverse et symbiotique…Les futurs cocus de la « dame-en-blanc » se sont aiguisés les cornes avant que la corrida ne commence…Servi chaud et en pleine gueule,le pâté en croûte « présidentiel » laisse les cornichons dans le bocal avant que le vinaigre ne prenne…Entendez par là que de

l’infos politroniques vous allez en bouffer jusqu’à l’occlusion qui menace ;.tout est dans le subtil dosage du chaud et du froid - suivez les mortes paupières fermées de votre survie quotidienne…Bien,ceci-étant, la fin réelle des classes moyennes a donné sa chance à un autre débat,à savoir,raccrocher les wagons d’un train à la disparate illusion de l’ascenseur social qui s’est bel et bien casser la gueule au fond de la cage…A coups de «discrimination positive» et autres âneries billevesées dont il serait anodin d’en mesurer les astuces linguistiques… « Quand on ne peut (où ne veut) changer les choses,on leur donne un autre nom… »,clamait un champion de la «socialité»,Jean JAURÈS,pour ne pas le citer…Y en aura d’autres,mes escarcelles débordent…
On débaptise,on déboulonne et on couillonne à la volée,et à la trappe les vilaines pensées !...Faut vivre avec son temps,même quand le climat se réchauffe…Les tartuffes de l’écolo-shitstème ne me contrediront point…Les « hygiénies » mentales socialo-portées seront certainement les postes à pourvoir les plus invraisemblables de nos institutions politiques à venir– la coalition gauche-droite s’en pourlèche déjà l’inflation…Après les «observatoires» ,voici les «consultants» de l’air frais…Pour vous dire à quel point on marche sur le neuh-neuh…Si le ventre de la baleine abritait Jonas, les parlements de la « neuh-rope» donneraient asile à d’autres pléthoriques psychos-nihilos,qui eux ,n’auraient jamais du le quitter…l’asile.Mais ce n’est pas simple écart de conversations que de le constater…Pour finir le siècle à la bougie et au steak de graminées,je leur fais confiance,mais pour ce qui est d’avoir transformer nos placides vaches en intrinsèques carnivores,l’ESB et sa côte de popularité n’ont pas trouvé preneurs chez nos zamis-les-verts…Faut croire que les moustaches staliniennes de BOUVIER ne préfèrent s’hérisser qu’au contact d’ un agriculteur âgé,prêt de la retraite -cardiaque de surcroît- ,et dont le «crime» principal est de cultiver des plans de maïs OGM,dont la toxicité supposée reste encore à prouver…,mais ce n’est que « détails » pour la flicaille archéo-bionique,bien sûr…Restent les rafles qui iront avec les Super-Dupont de la Chéguévarice-National-Corporation,et nous chanterons le Chant des Pastisants autour de feux de camps au colza pur-porc…D’ailleurs,la gendarmerie à pris et laissé un malin plaisir au lynchage de ce pauvre vieux..Sans protection aucune - chapeau les chaussettes à clous -,votre réputation est à la hauteur de l’excellence !...La propriété privée bafouée,il ne vous reste plus qu’à éterniser les radars et la protection rapprochée des arnaqueurs-violeurs-tueurs pour redorer le blason de la corpo…A la vindicte popu,laissons le bandeau de la justice se serrait autour de la gorge des innocents.Et encore vive le bovidé nouveau !...inch’allah !.Après ce haut-fait de guerre et une garde-à-vue de 6H,l’aquilon gouailleur sortira vainqueur,sourire aux lèvres,l’air plus conquérant que jamais sous les yeux ébahis de ses « troupes » de rougeauds avides de tribunaux-popu et de pogroms ruraux…Un vide juridique,dîtes-vous ?...Parlez plus fort,on entend plus très bien !..."
vous en voulez un peu plus,ou - comme dirait VIAN -vous préférez m'envoyer des kilos de plastique?...

Ecrit par : michel REYES | 30 juin 2007

M. Brighelli se range – c’est fort inquiétant – du côté de préoccupations gestionnaires étriquées, alors que dans la Fabrique du crétin, il les dénonçaient.

Ecrit par : Rodolphe Dumouch | 30 juin 2007

Il est vrai que ce que je me rappelle avoir lu dans "La Fabrique du crétin" était plutôt l'oeuvre d'un gauchiste (ne voyez aucune appréciation dans l'emploi de ce terme) qui se félicitait du rejet du Traité constitutionnel européen et pourfendait le tout-économique.
L'évolution a effectivement de quoi surprendre.

Ecrit par : Pat | 30 juin 2007

Tout ça me fait découvrir avec délice :
http://philosophie.scola.ac-paris.fr/LecturesuivieLucr%C3%A8ce.htm

Ecrit par : Zorglub | 30 juin 2007

MàC

A propos du Gaffiot, il y a une allusion dans l'un des livres de votre père, "La traversée des fleuves" à une illustration du Gaffiot qui nous procurait un autre genre de trouble que les vers d'Horace ou de Lucrèce cités par JPB. J'ai immédiatement compris de quoi il parlait.

Vous avez raison, thalie, éros se perd dans les marécages sans la "vie intérieure" dont le marxisme voulaient nous débarrasser, tâche apparemment fort exhaltante à défaut d'être noble et dont la société libérale en décomposition avancée s'est obligeamment acquittée à sa place.

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

Merci à Zorglub ; cette traduction est meilleure que la mienne...C'était donc Lucrèce !

Fuir l’amour, ce n’est pas se priver de Vénus ;
c’est en prendre les fruits, bien plutôt, sans les peines.
Car de fait aux gens sains le plaisir est plus pur
qu’aux malheureux ; puisque au moment de posséder,
l’ardeur des amants flotte, errante, sans savoir
de quoi jouir d’abord des mains et du regard.
L’objet de leur visée, ils le serrent si fort
qu’ils lui font mal, mordant ses lèvres de baisers
agressifs, parce que leur plaisir n’est pas pur :
de secrets aiguillons les pressent de blesser
cet être, quel qu’il soit, d’où lève cette rage.

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

"L’objet de leur visée, ils le serrent si fort
qu’ils lui font mal, mordant ses lèvres de baisers
agressifs."

La douleur n'est donc pas une métaphore et j'avais raison de parler du pessimisme des Anciens en la matière. Aragon n'a rien inventé avec son "il n'y a pas d'amour heureux!"

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

«… et dans le ciel,il y eut un silence d’environ une demi-heure… »
-APOCALYPSE SELON ST-JEAN-

CHAPITRE I

Ayant assisté à l'éclipse complète de 99 sur l'archipel des Glénans, je sais ce qu'est un silence d'une minute.

On comprend ce que les Anciens appelaient "terreur sacrée" ! Alors un silence d'une demi-heure !

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

Pat, je ne regrette pas mon vote une seule seconde, moi non plus, car Xavier Darcos, au moins, est agrégé de Lettres classiques et il vient de publier un livre sur Tacite. C'est quand même autre chose que le gourou fumeux de la gauche bien pensante, ce Meirieu qui n'a jamais fait la preuve de rien, qui n'a aucun diplôme en-dehors de cette "thèse" de sciences de l'éducation, domaine où n'importe qui peut dire impunément n'importe quoi, et qui en est encore, vingt ans après , à essayer de saisir sa pensée qui le fuit.
Vous avez l'air d'oublier, Pat, que la loi d'orientation de 1989 , qui a sonné le début de la destruction-éclair du système éducatif, est l'oeuvre de vos amis politiques - puisque c'est vous qui ramenez les choses sur ce plan politique.
Alors que des nullités intellectuelles du genre de Meirieu, Frackowiak, Goigoux et autres complices se soient vu refuser l'accès au pouvoir - il n'aurait plus manqué que ça! - me plaît bien.

Maintenant, en ce qui concerne Darcos, j'ai marqué mon inquiétude de voir réapparaître dans son Cabinet le nommé Sherringham, qui, pour avoir été directeur d'IUFM, ne peut pas être des nôtres, c'est évident. Mais peut-être que Darcos n'a pas été libre de composer lui-même son Cabinet. JPB nous disait ci-dessus que les deux ministres avaient -pour l'instant -les mains liées. Je répondais aussi à Buntovchik que nous avions en effet plein de raisons d'être inquiets et de soupçonner tout le monde dès que ce tout le monde a une once de pouvoir. L'avenir peut en effet nous paraître sombre. Mais en même temps, je me plais à supposer que JPB dispose d'informations qui pourraient tempérer notre pessimisme, qu'en effet Darcos nourrit, in petto pour l'instant, des projets qui pourraient nous rassurer , voire nous plaire.
Le plus sûr, ce serait, comme je l'ai dit, que ledit JPB rencontrât ledit XD et s'enquît de ses intentions.

Peut-être aussi que XD doit être prudent, attendre un peu avant de proposer des mesures véritablement réformatrices, étant donné que la majorité de nos collègues - vos amis, Pat? - est systématiquement de gauche et assez bête pour étiqueter systématiquement comme "de droite" , comme "conservatrice", comme "archaïque", toute mesure qui va à l'encontre du laisser-aller , du laxisme, de la tolérance tous azimuts! Le SNES, le SGEN, l'UNSA veillent! Combien d'enseignants, en effet, pensent comme nous? Une poignée... Cela lui complique la tâche!

En mot, pour l'instant, personne ne sait, je le répète, sur quel pied danser. Tout le monde s'interroge.

Ecrit par : Jean | 30 juin 2007

Pendariès, au lieu de vous lamenter (une occupation commune à trop d'enseignants), lisez donc Un tout petit monde, de David Lodge, et imaginez-vous en brillant universitaire parcourant les congrès (comme on dit dans les Kama-soutra) pour culbuter un nombre toujours plus grand de créatures…

JPB

Oh non, Jean-Paul, ne vous méprenez pas, je ne me lamente pas - la discussion d'hier avec mon ancienne prof me permet au contraire d'y voir un peu plus clair: nous avons beaucoup parlé d'écriture (son enseignant d'hypokhâgne à Henri IV est le poète sur lequel j'ai travaillé pour ma maîtrise, Jean-Pierre Lemaire), et de temps disponible pour l'esprit afin de permettre à celui-ci de songer, de faire (une) oeuvre: Max Rouquette et quelques autres que j'ai connus sont mes exemples. J'ai, dans l'avenir publié ou pas (pas "d'ego d'auteur" chez moi), cette volonté. J'ai dans mes tiroirs des pièces de théâtre, des romans, des recueils de poésie (mon temps de thèse ne me permettant pas de penser à l'édition, aux troupes de théâtre); c'est une sente que je ne peux quitter, sinon cela serait, pour le coup, plainte contenue, mais surtout dessication.

Enseigner à l'Université est une ambition; écrire est ma façon de réaliser pleinement mon humanité. L'une n'est pas nécessaire; l'autre m'est indispensable (y compris durant mes périodes de "silence", lorsque je n'écris rien pendant des semaines ou des mois - un jour Bonnefoy avait répondu à cette question que je lui avais posée: le silence n'est pas le vide créateur - quelque chose s'établit toujours, se sédimente inconsciemment; vous savez cela, écrivain vous-même...).

Quant à David Lodge, si on lit bien ses romans, on se rend compte que la sexualité des universitaires, même si elle est quantitativement heureuse (des tonnes de chair à la Popeye des Bronzés), s'avère misérable et peu réjouissante. Et puis, je n'ai pas vraiment envie de devenir un expert, un spécialiste (souvent imbus d'eux-mêmes, et en définitive, eunuques de la création) - je considère qu'enseigner la littérature, c'est porter en soi les textes. Si, tel que cela s'annonce, les chargés de cours, maîtres de conférence, etc. vont devoir, pour survivre à la réforme des universités, pour être considérés, devoir passer leur vie à "chier" des articles de plus en plus nombreux, de plus en plus inutiles, de plus en plus simples descriptions, de moins en moins habités, cela ne m'intéresse que moyennement.

Ecrit par : Pendariès | 30 juin 2007

Et puis, ce que je pensais le plus important dans mon post, c'était que j'y parlais de la fin des Lettres Modernes. Les Info et Médiation culturelle allant peser de leur poids pour exiger que les cours servent à leur pratique professionnelle: de plus en plus de culture générale et de moins en moins de littérature, permettre aux uns et aux autres d'habiter le monde, la relation à soi et aux autres - bref: vider de sa substance la Littérature. Etre virtuose, sans aucun doute, mais après... Mozart n'était pas Mozart, ou n'importe quel autre artiste profond, parce qu'il possédait ses gammes, ses couleurs ou ses mots.

Ecrit par : Pendariès | 30 juin 2007

Les Grenouilles qui demandent un Roi

L'empereur Napoléon goûtait particulièrement cette fable et la faisait malignement réciter au roi de Rome pour humilier certains invités.

Ecrit par : Robin | 30 juin 2007

Thalie, oui, votre oeil est sacrément aiguisé. Nous nous sommes pris le bec; mais je n'ai pas oublié que vous êtes sensée - et honnête dans votre approche des choses.

Ecrit par : Pendariès | 30 juin 2007

P.S. Les grenouilles qui demandent un Roi...".

Nous ne dem