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24 juin 2007

Repenser l'Histoire

Repenser l’Histoire

Au programme de Lettres des classes prépas scientifiques cette année (2007-2008) : penser l’Histoire. Avec, comme textes d’appui, l’Horace de Corneille, les livres IX à XII des Mémoires d’outre-tombe — consacrés aux aventures du vicomte pendant la Révolution —, et le 18 Brumaire de Louis-Bonaparte, où Marx analyse avec férocité le coup d’Etat par lequel le premier président élu de la Seconde République renversa icelle, et se proclama Napoléon III.

J’avais cette année des élèves de Première année, qui auront donc ledit programme aux concours l’année prochaine. Et juste avant les grandes vacances, j’ai commencé à débroussailler la question — et à leur donner une bibliographie aussi démesurée que possible, parce que s’il ne faut pas désespérer Billancourt, comme disait Sartre, il n’est pas interdit de déprimer un peu des prépas — ils n’en rebondiront que plus haut.
Et de leur conseiller de lire Tite-Live, la Révolution française de Michelet (pour commencer…), et l’ensemble des écrits de Marx consacrés au 2 décembre 1851 — ça tombe bien, tout est rassemblé dans un gros volume chez Folio sous le titre les Luttes de classe en France.

Je leur ai aussi transmis quelques cadres de réflexion, afin qu’ils aillent tout de suite, dès la première lecture, au plus efficace — et surtout qu’ils mesurent l’abîme de leur ignorance, un jeu que l’on pratique ad nauseam dans ces classes.
(« Comment ? Ils n’ont pas encore construit eux-mêmes leur propre savoir ? » « Eh non ! mon bon monsieur Lionel… »).
Nous commençâmes donc par Horace.
Présupposés de lecture : l’élève doit connaître Tite-Live et les légendes romaines (éventuellement, Denys d’Halicarnasse en sus, mais ne soyons pas trop chien…), le livre que Dumézil a consacré au mythe spécifique d’Horace et des Curiace (introuvable, sauf en bibliothèque — et encore, pas toutes, je me demande comment feront les « prépas rurales », selon le mot d’un ancien directeur de l’ENS, c’est-à-dire celles qui végètent hors Paris). Et il doit avoir lu parallèlement deux ou trois brimborions sur Corneille, l’édition-Pléiade du théâtre, due à Georges Couton, ou le livre de Doubrovsky (Corneille et la dialectique du héros, opportunément réédité en collection Tel-Gallimard).
Entre autres…

Et à propos de héros, justement…
La thèse de Couton est que Horace peut être lu comme une attestation d’allégeance de Corneille à Richelieu (à qui est dédiée la pièce) et à cette nouvelle conception de l’Etat qui émerge dans cette première moitié du XVIIème siècle (1), qui est à la morale ce que le poisson est à la bicyclette. Ce qui suppose que les élèves connaissent :
- l’histoire romaine
- l’histoire du XVIIe siècle (c’est tout l’intérêt d’un tel programme : toute lecture de l’Histoire est en soi aussi de l’histoire — construction d’une fiction seconde à partir d’une fiction première).
- Et, éventuellement, l’histoire du néo-classicisme, afin de percevoir au mieux le discours d’escorte d’une toile comme le Serment des Horace — qu’ils ne manqueront pas d’aller contempler au Louvre pendant les vacances.

Inutile de dire que les programmes d’Histoire (et de Lettres) des collèges et lycées sont ainsi faits qu’ils ignorent tout de ces trois points. C’est dire que la métaphore de Camille, assassinée par son frère, non sans raison disent Corneille et l’Histoire, comme illustration des rapports compliqués de Richelieu et d’Anne d’Autriche via Louis XIII et le chancelier Séguier (voir les Trois mousquetaires, chapitre XVI) dans la construction d’une raison d’Etat indépendante des bonnes manières, leur passe très largement au-dessus de la tête.
La faute à des institutionnels qui ont assassiné l’Histoire événementielle au profit d’une « réflexion » sur l’Histoire d’une prétention inouïe, concernant des gosses de 12 à 16 ans… Une Histoire qui a annihilé, pour des raisons idéologiques évidentes, la notion même de héros (2).
La génération qui a autour de vingt ans aujourd’hui est la première à avoir vécu intégralement dans un monde sans héros. La première à laquelle on n’a pas fourni d’« exemples » (au sens classique du terme), en prétendant que chacun se construirait en modèle. Louis XIV enfant lisait Quinte-Curce racontant Alexandre — et il en est sorti le Roi-Soleil. Les révolutionnaires de 1789 avaient la tête farcie d’exemples latins (3). Et les défenseurs d’Alamo se sont sacrifiés à l’exemple de Léonidas — mais allez donc suggérer aux jeunes d’aujourd’hui de mourir pour la patrie — ou, plus abstraitement encore, pour l’Etat.
Mais quand on leur explique que John Wayne, nationaliste s’il en fut, se met en scène crucifié d’un coup de baïonnette sur la porte de la poudrière d’Alamo, ils en frémissent d’horreur : les fictions auxquelles on les a habitués montrent des héros gagnants — et vivants, ce qui est quelque peu contradictoire avec le statut même de héros.
La génération du baby-boom a été la dernière à être abreuvée, via la Résistance, encore toute proche (on baptisait des rues à tour de bras dans les années 50-60) de modèles héroïques. Et une bonne part du décalage avec les générations actuelles tient peut-être à la distorsion de valeurs née d’un regard qui se prétend moderne sur l’Histoire, et qui n’est jamais que stérilisant.

JPB

(1) Voir Etienne Thuau, Raison d’Etat et pensée politique à l’époque de Richelieu, Albin Michel (disponible sur Amazon, http://www.amazon.fr/gp/offer-listing/2226116656/ref=dp_olp_2/171-1821406-5011405)
(2) Disons qu’en gros, l’Histoire a mis quelques siècles à se dégager des mythes, quelques millénaires à s’extirper des légendes, et qu’elle a tenté de substituer à la geste des héros des lois fondamentales — la lutte des classes, par exemple, ou le glissement progressif du plaisir vers le libéralisme… Que ce mouvement soit un progrès dans notre conception de l’Histoire n’est pas forcément une évidence… « On veut des légendes », chantent en ce moment les deux plus vieux rockers français en activité. Ils n’ont pas tort.
(3) Je me suis amusé à fournir à mes élèves, sachant qu’ils omettraient, malgré mes conseils, de monter au Louvre pendant les vacances, les diverses versions de l’Enlèvement des Sabines par Poussin, Sebastiano Ricci et David — en confrontant le Léonidas de ce dernier avec une image des « 300 » de Frank Miller et Lynn Varley (4). Parce que penser l’Histoire, c’est aussi la donner à voir, et que toute image reconstruit une fiction sur une fiction sur une fiction — ad libitum…
(4) Je vais m'offrir le ridicule de mettre une note dans la note. Les "300", le film tiré de la BD de Miller, a été interprété quasi unanimement par les critiques américains comme une fable transparente sur les rapports entre un pays héroïque et démocratique (les Etats-Unis) luttant jusqu'à la mort contre un axe du Mal qui est probablement l'Iran. À quoi s'ajoute, ce qui n'a pas manqué de faire réagir les dirigeants iraniens, toujours à la pointe de l'humour, des sous-entendus sexuels — la lutte de vrais guerriers virils contre des barbares ambigus percés du nez au nombril et ttoués comme des arbres de Noël. Rien que du soft… Quelqu'un oserait-il prétendre que l'Histoire n'est pas, comme le susurrait Valéry, "le produit le plus dangereux que la chimie de l'intellect ait élaboré" ? Tiens, ça va leur plaire, en prépas TPC…

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Commentaires

Mais si, ils ont des héros, Jean-Paul! Zinédine Zidane, Diam's, et le dernier (ou la dernière) gagnant(e) de la star-ac, dont je me flatte de ne pas même connaître le nom!
Je suis d'accord avec vous sur le fait de proposer un programme le plus riche possible, et avec une vraie mise en perspective des différentes périodes (qui implique une compréhension de l'histoire de l'homme, et de celle des hommes), mais, dans votre message, on sent une pointe de satisfaction à en mettre "plein la tronche" à vos classes de prépa... Pour des raisons d'efficacité à long terme, semblez-vous sous-entendre? Je suis assez sceptique sur ce plan!

Ecrit par : christophe sibille | 24 juin 2007

Pas "qui implique", mais "qui entraînent"... Gasp!

Ecrit par : christophe sibille | 24 juin 2007

Je suis de bonne humeur et je veux bien expliquer…
Pascal explique quelque part que plus on en sait, mieux on mesure l'étendue de son ignorance. Je ne me permettrais pas d'en mettre "plein la tête", comme vous dites, à de pauvres mômes tout à fait incompétents — que ce soit ou non de leur faute. Mais dès que vous avez face à vous des petits cracks (ou supposés tels) auxquels on serine depuis l'enfance qu'ils sont extraordinaires, la moindre des politesses pédagogiques est d'utiliser justement ce qu'ils ont de savoir pour leur faire toucher l'immense sphère connexe du non-savoir. Ils s'y prêtent en général de bonne grâce — ils sont en fait assez disposés à se faire traiter de cancres, pourvu qu'ils aient le sentiment d'en retirer quelque chose. Pour rester dans la musique, que disait à votre avis Amphion (capable d'élever au seul son de sa lyre les murs de Thèbes, parce que les blocs charmés se rangeaient tout seuls) à ses éventuels élèves ? Bande de nuls — ou de nullos, restons en Grèce… Quant à ce que ses élèves pensaient d'eux-mêmes…
Et quitte à prendre des héros grecs, je préfère Amphion à la rappeuse chypriote dodue sus-mentionnée…
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 juin 2007

"...Bravo,Jean-Paul,je vous ai vu à la télé et je salue l'effort considérable que vous faites pour l'Educ.Nat...je suis tout-de-go avec vous ,et la "fabrique du crétin" restera un monument incontournable en la matière...Gràce à vous,heureusement qu'il existe cet autre "son-de-cloche!..c'est avec sensibilité et non avec des "théories"que vous avez abordé le problème de la déculturation et votre humilité vous fait hommage...Cet hiver,je me suis "permis" un essai pamphlétaire intitulé LES PARADIGMES ARTIFICIELS,ou j'aborde également,en partie,des thématiques identiques.j'aimerai avoir votre avis là-dessus.Vous pouvez le télécharger gratuitement sur mon blog,ne vous en privez pas!...ne vous inquiétez pas pour vos détracteurs,laissez-les croupir dans le jus noirâtre de leur ignorance...REMBRANDT disait:"Je dégorge patiemment une source de lumière...".Bon courage et bonnes continuations.Vous n'êtes plus tout seul,et nous sommes à un tournant de l'histoire où l'obscurantisme reprend le dessus.A bientôt,total respect pour votre acharnement.

Ecrit par : michel REYES | 24 juin 2007

Bonjour JPB,

Totalement en phase avec votre propos (et je ne parle pas seulement de cette note).
C'est bien l'exigence qui devrait être la règle ! D'ailleurs, au final, les élèves ne s'y trompent pas.

Une petite nuance pour ma part sur votre jugement concernant l'enseignement de l'histoire. Je trouve que les programmes ne sont pas si nuls que ça, que l'événementiel n'est pas mort (pas totalement en tout cas).
La manière dont ces programmes sont compris par les différents acteurs de la formation des futurs collègues, c'est autre chose. Je me souviens avoir intitulé une leçon d'histoire "la Grande guerre : 1914-1918" et m'être fait critiqué sur ce point par ma formatrice...
Peu de temps après, j'avais- avec un collègue-dit tout le bien que je pensais des IUFM dans une tribune au Monde qui avait suscité une belle polémique en 2003 ! Vous imaginez donc tout le plaisir que j'ai à vous lire !
Cordialement

Ecrit par : Thalamos | 24 juin 2007

"m'être fait critiquer", faute de frappe, sans doute.

"Les acteurs de la formation"? J'ai de la peine à me faire à cet emploi (importé?) du mot "acteur"!
Les différents "acteurs" du système éducatif... Non, vraiment, rien à faire! Et pourtant c'est étymologique!

Ecrit par : Jean | 24 juin 2007

Vous savez comment on me procède au primaire ? en gros on demande aux gamins de faire l'analyse des documents qui leur sont soumis comme je devais le faire en DEUG. Puis bien sûr les élèves doivent construire la trace écrite et le maître ne doit que les guider.
Je crois que c'est parlant.

Ecrit par : Ronin | 24 juin 2007

on procède

Ecrit par : Ronin | 24 juin 2007

"C'est parlant".
C'est en effet déraisonnable. J'ai l'exemple d'une petite fille de CM2 qui a dû faire un exposé fort détaillé sur l'arrestation du Roi à Varennes. Trois mois après, quand on lui demande ce que représente la date de 1789, rien!

Ecrit par : Jean | 24 juin 2007

"Pascal explique quelque part que plus on en sait, mieux on mesure l'étendue de son ignorance."
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 juin 2007

Oui, Socrate a dit ça également, ou à peu près. Je suis assez d'accord avec vous, sur le fait de cadrer un peu des "mômes rois" qui croient tout savoir, (j'ai été confronté à ce problème avec la préparation à l'option musique du bac), et j'ai éprouvé un plaisir malsain à en mettre un ou deux "minables", (ce n'a pas été très difficile, point n'est besoin d'être Jean-François Zygel!) Mais, au milieu de ces "profils", il y en a vraisemblablement qui sont fragiles, sympas, et non prétentieux... Sans pousser dans la "pédagogie différenciée", leur renvoyer de manière assez abrupte leur ignorance ne risque t-il pas d'avoir sur eux l'effet inverse de celui escompté?

Ecrit par : christophe sibille | 24 juin 2007

"Pascal explique quelque part que plus on en sait, mieux on mesure l'étendue de son ignorance."
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 juin 2007

Oui, Socrate a dit ça également, ou à peu près. Je suis assez d'accord avec vous, sur le fait de cadrer un peu des "mômes rois" qui croient tout savoir, (j'ai été confronté à ce problème avec la préparation à l'option musique du bac), et j'ai éprouvé un plaisir malsain à en mettre un ou deux "minables", (ce n'a pas été très difficile, point n'est besoin d'être Jean-François Zygel!) Mais, au milieu de ces "profils", il y en a vraisemblablement qui sont fragiles, sympas, et non prétentieux... Sans pousser dans la "pédagogie différenciée", leur renvoyer de manière assez abrupte leur ignorance ne risque t-il pas d'avoir sur eux l'effet inverse de celui escompté?

Ecrit par : christophe sibille | 24 juin 2007

post-it

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 24 juin 2007

Pour Robin qui aime les romans policiers, et sans quitter le domaine de l'Histoire: la précieuse collection 10 18 offre quelques merveilles du genre: le célèbre Juge Ti de Robert van Gulik, et Sir John Fielding, de Bruce Alexander. Au premier la Chine médiévale et ses meurtres fort subtils, au second (frère supposé de Henry Fielding) le Londres du XVIII°, où l'on croise Samuel Johnson, Haendel et force catins... Je ne garantis pas qu'il n'y ait point quelques tripes sur le pavé, mais raisonnablement , et le dépaysement est garanti.

Ecrit par : Cunégonde | 24 juin 2007

Cher JPB,
Je vous félicite pour votre combat qui sera long mais qui est grand parce qu'il est difficile et peut-être perdu d'avance... Je suis quant à moi très pessimiste. Je viens d'enseigner trois ans dans des collèges de France après avoir passé trois années à enseigner dans un lycée français, au Koweit. Le constat est accablant. Les seuls enfants qui ne connaissaient pas leur langue étaient les Français ayant effectué leur scolarité primaire en métropole. Les meilleurs venaient du Sénégal (pour le primaire, chez les soeurs) ou du Liban (pour le secondaire, chez les frères). Heureusement, l'année prochaine, je serai muté dans un lycée. Je vais ainsi pouvoir respirer un peu et sinon sortir du chaos abyssal de crétinisme et de fanatisme démagogiques et pédagogiques, du moins rencontrer quelques élèves sachant lire et écouter. C'est terrifiant, le collège. Il faut être d'une force psychologique incroyable pour résister à tant de violences, tant de désordres, tant de barbarie. C’est un problème de société, d’époque et plus encore, de civilisation. Et je suis étonné qu'il y ait tant de profs à tenir le coup...
Pour finir, une petite coquille, sans doute mille fois signalée par vos nombreux lecteurs. Dans la fabrique du crétin, p. 143, la citation de Cyrano, ce n'est pas "lorsque c'est difficile", mais "lorsque c'est inutile".
Amitiés,
Ch. Carrère

Ecrit par : Christophe Carrère | 24 juin 2007

Si je comprends bien, JPB, vous faites de "l'interdisciplinarité" comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

Il y a deux idées distintes dans votre post : l'enseignement de l'Histoire proprement dit et l'enseignement du français en rapport avec l'Histoire.

En ce qui concene la liaison Français/Histoire, entièrement d'accord avec vous, c'est fondamental, surtout avec des élèves même brillants auxquels on n'a pas suffisamment donné de repères chronologiques.

Je me souviens par exemple d'avoir modestement essayé de le faire avec une classe de 4ème au moment de la sortie du film "Le colonel Chabert" avec l'incontournale Gérard Depardieu dans le rôle titre, Fanny Ardant dans le rôle de la comtesse Feraud et Fabrice Luchini dans celui du notaire.

Le roman est absolument incompréhensible si on n'explique pas le contexte historique, L'Empire, la bataille d'Elau, le passage de l'Empire à la Restauration...

Nous avions passé une séance de deux heures à le faire après avoir vu le film et avant d'étudier le roman. Une collègue avait entrepris de faire la même chose pour son inspection, mais plus succintement, avec "Le Bourgeois Gentilhomme" en évoquant le contexte social de la pièce (les trois ordres de l'Ancien Régime)...

Mal lui en avait pris. L'inspecteur le lui avait reproché en lui disant qu'il ne fallait pas "mélanger le Français et l'Histoire", ce qui est, à mon avis, complètement stupide.

En ce qui concerne l'enseignement de l'Histoire proprement dit et pour avoir essayé d'aider cette année mon plus jeune fils dans un devoir de préparation au brevet, je trouve les programmes trop difficiles et trop ambitieux ; on demande à un élève de 3ème ou de 4ème un niveau de réflexion qui est au-dessus de son âge et j'ai bien peur qu'il n'en reste pas grand chose.

Ecrit par : Robin | 24 juin 2007

C'est terrifiant, le collège. Il faut être d'une force psychologique incroyable pour résister à tant de violences, tant de désordres, tant de barbarie. C’est un problème de société, d’époque et plus encore, de civilisation. Et je suis étonné qu'il y ait tant de profs à tenir le coup... (Christophe Carrère)

Ca ne résoud pas les problèmes, mais ça fait du bien de ne pas se sentir tout seul.

Ecrit par : Robin | 24 juin 2007

Pour Robin qui aime les romans policiers, et sans quitter le domaine de l'Histoire: la précieuse collection 10 18 offre quelques merveilles du genre: le célèbre Juge Ti de Robert van Gulik, et Sir John Fielding, de Bruce Alexander. Au premier la Chine médiévale et ses meurtres fort subtils, au second (frère supposé de Henry Fielding) le Londres du XVIII°, où l'on croise Samuel Johnson, Haendel et force catins... Je ne garantis pas qu'il n'y ait point quelques tripes sur le pavé, mais raisonnablement , et le dépaysement est garanti.

Ecrit par : Cunégonde | 24 juin 2007

J'aime bien les romans policiers "historiques".

Je recommande les romans d'Eliette Abécassis, professeur agrégée de philosophie, parus aux éditions Livres de poche : "L'or et la cendre", "Qumran", "La répudiée", "La dernière tribu"...

Les romans "victoriens" d'Anne Perry dans la collection "grands détectives" (10/18)

...Et un excellent auteur français : Guillaume Prévot : "Le mystère de la chambre obscure" qui se déroule au XIXème et où l'inspecteur est un certain Jules Verne et "L'assassin et le prophète" qui se déroule à Jérusalem, du temps du Christ (l'inspecteur s'appelle Philon d'Alexandrie).

Ecrit par : Robin | 24 juin 2007

Oui, faute de frappe. Maudits claviers, petits caractères, myopie prononcée. Mea maxima culpa.

Sur le fond, encore une fois, votre propos me conduit à quelques remarques :

D’abord, je vous trouve injuste : l’histoire événementielle est bien présente dans les programmes et les enseignements de nos lycées. L’analyse des événements aussi. L’une ne va pas sans l’autre.
Une liste d’événements ânonnés n’a pas beaucoup d’intérêt. Pour combien de gens (hier comme aujourd’hui) « 1515 – Marignan » signifie vraiment quelque chose ? D’un autre côté, maîtriser sa chronologie et les événements est un support indispensable à une bonne étude historique.
Je viens de corriger des copies sur « La Véme République garantit-elle la stabilité politique ? ». Deux types de réponses, en gros : les candidats récitant une chronique des présidents et de leurs actions principales ; et ceux qui tentent de répondre au sujet, suivant les règles de l’art de la composition. Ces derniers s’appuient bien sûr sur les mêmes matériaux. Mais ils les utilisent pour servir une pensée.

Les programmes, et la liberté pédagogique, permettent réellement de travailler l’événement. L’histoire savante s’est remise du structuralisme, fort heureusement. Les enseignements scolaires aussi.
Pour n’évoquer que les classes de Terminales, l’enseignant sera amené à traiter par exemple le 13 mai 1958, la Toussaint rouge de 1954, la chute de Dien Bien Phu, la crise des missiles de Cuba, la chute du mur de Berlin, l’élection présidentielle de 1965 ou celle de 1981, l’exposition coloniale de 1931, la guerre du Rif, la crise de Suez, etc.

Quant à fabriquer des héros… Le projet me semble fort dangereux. (je songe à vous dénoncer auprès du Comité de Vigilance sur les Usages Publics de l’Histoire…).
Utiliser un personnage du passé relativement lointain pour servir un discours était, il est vrai, l’usage pratique de l’histoire pendant fort longtemps. Notre chère République ne s’en est pas privée non plus : Etienne Marcel ou même Philippe Auguste en ont fait les frais. Créer des modèles n’est sans doute pas une mauvaise idée. Mais l’on joue alors tout de même un peu aux apprentis sorciers. Je ne suis pas totalement opposé à l’idée par principe, mais je m’en méfie beaucoup, car elle recoupe finalement le bon vieux débat entre l’histoire et la mémoire (cf. par exemple les très bonnes pages d’Antoine Prost sur ce sujet dans la Revue XXe siècle). La fureur commémorative existe toujours. Est-ce à l’école de la relayer ?
D’ailleurs, votre façon de commenter et de comparer les différentes figures de Léonidas me donne à penser que vous aussi, vous préférez déconstruire le héros, mettre en contexte les différentes utilisations de la figure, plutôt que de raconter une belle légende sans broncher.

Sur les héros plus proches de nous : c’est vrai, notre génération, post Baby Boom, n’a pas de héros. Mais le héros ne surgit-il pas en période de catastrophe ? Le héros n’est-il pas le sauveur ? Autrement dit, ne faut-il pas s’en prendre à une époque qui est, pour ce qui est de la France, pour le moins apaisée depuis un demi siècle ? En ce sens, pour une société, ne plus produire de héros serait finalement le signe d’une bonne santé.


A mon sens, l’événement est présent dans l’enseignement de l’histoire. Les héros un peu moins, mais leur usage pose problème.
Ce qui manque dans l’histoire, ce que vous semblez regretter, c’est l’érudition. Je ne puis qu’approuver, mais n’est-ce pas, pour reprendre votre formule, d’une prétention inouïe concernant des gosses de 12 à 16 ans ?

Toujours cordialement

Ecrit par : Thalamos | 24 juin 2007

"il y en a vraisemblablement qui sont fragiles, sympas, et non prétentieux..."


oui, il y en a !!

Quel est le programme de 1ère année pour 2007/2008 ?

Ecrit par : Marielle L. | 24 juin 2007

arrêtez tout !! faites comme si je n'avais rien dit :o)

Ecrit par : Marielle L. | 24 juin 2007

Il y a, Christophe Carrère, collège et collège. Un petit nombre d'entre eux, surtout en zone rurale, sont vivables.

Je ne voudrais pas émousser votre enthousiasme, mais les lycéens que vous allez rencontrer sortent d'un collège où, dans la majorité des cas, ils n'ont rien appris. "C'est une chance, me direz-vous, je vais pouvoir me rendre utile." L'ennui, c'est que, si vous enseignez le français, vous serez tenu d'appliquer les consignes officielles qui, précisément, interdisent - EAF oblige - d'enseigner d'une manière raisonnable et efficace. En effet, vous allez devoir composer avec les genres", les "registres", les "séquences", les "objets d'étude", toute une usine à gaz qui livre des bacheliers incultes et, ce qui est plus grave, l'esprit déformé par le recrachage de lectures analytiques auxquelles ils n'ont rien compris. Vous verrez, c'est jouissif.

Mais c'est vrai qu'il vaut encore mieux ça qu'un collège-foutoir où l'on passe trois quarts d'heure à faire de la discipline - en vain, d'ailleurs.

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Christophe Carrere, ne vous faites pas trop d'illusions sur le lycée !

Vos secondes ne seront que les troisièmes qui étaient au college l'an dernier ! Quant à la crétinerie pédagogique, elle sévit aussi en lycée. D'ailleurs on va rigoler car je serai vraisemblablement inspecté cette année, ça va être quelque chose.

Pour JPB : il y a "repenser l'Histoire" en CPGE TPC, mais il y a aussi "L'action" en CPGE ECE ! Dites, vous mettriez quoi comme grands textes littéraires sur l'action ? Evidemment, j'ai deja fait mon anthologie personnelle sur le thème (car je m'y colle l'année prochaine avec les élèves), mais j'aimerais bien savoir les oeuvres et références qui vous viennent spontanément à l'esprit (j'ai sans doute mis un bon nombre de vos grands textes favoris dans ma liste !).

Ecrit par : Jeremy | 25 juin 2007

Jean, s'il est vrai que les épreuves de l'EAF sont stupides, rien ne vous empêche de vous affranchir du cadre du programme de lycée pour enseigner façon 70's. Tous les grands auteurs y ont leur place, y compris dans l'ordre chronologique, et leur étude ne gêne en rien la préparation aux écrits, qui, si j'ai bien compris les sujets des deux dernières années, se résument à réciter qu'une-thèse-se-défend-mieux-quand-elle-est-présentée-sous-forme-d'histoire-parce-que-sinon-zyva-on-comprend-rien.

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

Rires, Christophe, très bien résumé.
Deux ans de suite le meme sujet pour les S-ES, qui était déjà tombé en 2002. En gros, la littérature permet-elle d'argumenter ? Et pourquoi, et comment ?
C'est vraiment désespérant.

Ecrit par : Jeremy | 25 juin 2007

Merci chers collègues, tous plus illustres et plus expérimentés que moi, pour vos commentaires qui font plaisir à voir. Oui, malheureusement, j'enseigne le français, du moins j'essaie, c'est-à-dire que je n'y arrive pas, bien sûr. Et les collèges où j'ai sévi étaient tous des collèges ruraux, évidemment. Ailleurs, il ne s'agit plus de barbarie. On est carrément dans l'indicible... Et il vaut mieux alors, de beaucoup, passer le concours de la RATP : primes, vacances, billets d'avion et de train gratuits, 13eme mois, retraite à 50 ans, pas d'élèves, pas de parents, pas d'inspecteur, pas de copies, pas de conseils, pas de CA... et un simple brevet des collèges suffit pour devenir formateur.

Ecrit par : Christophe Carrère | 25 juin 2007

Merci chers collègues, tous plus illustres et plus expérimentés que moi, pour vos commentaires qui font plaisir à voir. Oui, malheureusement, j'enseigne le français, du moins j'essaie, c'est-à-dire que je n'y arrive pas, bien sûr. Et les collèges où j'ai sévi étaient tous des collèges ruraux,

Bingo. Décidément, Christophe, je sens avec vous un compagnonnage de vieux guerrier.

Ce que vous dites des collèges ruraux est parfaitement exact. Encore une fois la réalité "rugueuse à étreindre" comme disait Rimbaud fait exploser les idéologies vagues.

Mais les mythes ont la vie dure...sur la campagne par exemple, ses joies et ses bienfaits. Ah ! Jean-Jacques, quand tu nous tiens !

C'est oublier qu'en face de nous, il n'y plus aucun(e) fils (fille) de "paysans" et presque aucun d'agriculteur. Les campagnes françaises sont bien souvent des régions sinistrées, désertifiées...avec toutes les conséquences morales (alcoolisme, violence, désagrégation du lien social...).

Le sympathique et lucide (mais oui) candidat néo trotskyste Gérard Schivardi a très bien parlé de tout cela.

La culture rurale, celle des enfants et des jeunes, c'est exactement la même que celle des banlieues, mesdames et messieurs les partisans du "retour à la terre" : rap, langage jeune, bierre, shit, tournantes et la détresse.

Je n'exagère pas et je parle d'expérience, comme vous Christophe, mais comme chantait l'autre "le premier qui dit la vérité..."

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Dont acte, messieurs, pour les collèges ruraux. Mais j'avais quand même dit "un petit nombre d'entre eux", ce qui ne fait pas beaucoup!
En tout cas , le mien est vivable. Semi-rural, à vrai dire. J'ai bien conscience que c'est une exception. On y a même eu du grec pendant une vingtaine d'années, jusqu'à l'arrivée d'une principale spectaculairement inculte.

Quant à contourner, Christophe, les instructions officielles en lycée, je m'y suis escrimé, croyez-moi. L'ennui, c'est que j'avais dans mon conseil de classe de Première S un abruti de la FCPE qui a ameuté tout le lycée quand il s'est aperçu que je ne faisais pas de "séquences". Le proviseur, qui avait dû recevoir cinquante coup de fil des parents, m'a fait la tête dès ce moment-là. J'étais "mauvais", voyons! Et quand je pesais ( en grammes!) les trois manuels de français qu'avaient mes élèves (860 pages en tout!), je défaillais pour eux. Le dénommé Jordy, IG, s'est brillamment illustré dans la confection de ce genre de pensums pédants et... lacunaires.

Autre chose.
Sur RTL, ce matin, les parents demandent à Xavier Darcos la suppression du brevet des collèges. Excellente idée, car le brevet ne sert à rien et ne vérifie rien, pour la raison qu'il n'y a rien à vérifier (bon, je sais, la logique est un peu bizarre). Je veux dire que les élèves ne sachant rien en sortant de 3ème, on peut supprimer cet examen. "Examen" est d'ailleurs ici un abus de langage.
Voilà en tout cas de quoi faire des économies substantielles.

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Zut, je viens de relire votre post, Christophe, et je découvre que le brevet des collèges sert à devenir formateur à la RATP.
Donc il ne sert pas à rien...

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Dont acte, messieurs, pour les collèges ruraux. Mais j'avais quand même dit "un petit nombre d'entre eux", ce qui ne fait pas beaucoup!

Il doit bien, en effet il y en avoir quelques uns, Jean, du moins je l'espère, mais ceux que je connais dans ma région ont de gros problèmes ; le collège le plus agréable que j'aie connu n'était ni vraiment rural, ni vraiment urbain. Il n'était pas non plus particulièrement "huppé". C'était dans la région parisienne dans les Yvelines dans les années 90 ; les enfants étaient généralement agréables et on pouvait travailler. Six années consécutives dont je garde un assez bon souvenir. Je ne savais pas alors que je mangeais mon pain blanc.

"Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous?"

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

En ce qui concerne la possibilité de "penser l'Histoire", il est évident également que les deux années de CPGE Lettres, la favorisent particulièrement, que le professeur ait le souci, comme JPB de "faire le lien" entre sa discipline et les autres, l'Histoire en particulier, ou que l'élève (je dis bien l'élève, pas "l'étudiant" ou "l'apprenant"!) le fasse lui-même, mais tout le contexte dans lequel il est plongé l'invite à le faire.

Une spécialisation trop hâtive, immédiatement après le bac en université ne permet pas cette approche, autrement dit (je vais peut-être en faire bondir certains), je ne pense pas, pour avoir connu les deux systèmes CPGE et université, que le système universitaire français favorise l'acquisition d'une "culture historique" et même, hélàs, d'une culture tout court.

Conclusion : battons-nous en toute connaissance de cause, pour sauvegarder nos classes préparatoires aux grandes écoles.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Voici un exemple de la culture IUFMesque.

Que peut-on espérer des élèves qui ont eu un tel "professeur des écoles" ?

Je suppose qu'il n'est pas le seul, bien qu'il en soit la caricature absolue.

"Au sujet de la production de l'écrit ,enseignants et apprenants doivent s'atteler à un véritable taureau pour réussir le pari.

Ce qu'on constate dans les classes c'est que les activités de l'écrit sont enclavées du fait qu'elles n'ont pas de points d'ancrage sur le quotidien des élèves,ce qui les prive de toute saveur ou motivations pour nos malheureux apprenants qui subissent un véritable calvaire.

Partons de là, le processus de l'écrit doir se concevoir et se construire comme étant un projet négocié,partant de la lecture,de l'oral en embrayant sur le lexique,l'orthographe,la conjugaison et autres.Tous ces domaines d'apprentissage doivent intéragir constamment pour une consolidation véritable des acquis.

C'est ainsi qu'on outille les élèves en tablant sur différents aspects de l'écrit,car l'entrée ds l'écrit commence dés les premiers jours de prise de contact avec la lecture.Donc plus les élèves progressent et avancent dans leur cursus plus les outils deviennent plus consistants et s'adaptent aux exigences et contraintes de nouvelles situations d'écrits. "

Il parle "d'embrayage" : il est peut-être un fidèle disciple de Charmeux, qui prétend que les enfants comprennent très bien qu'on remplace les pronoms personnels sujets par "embrayeurs de conjugaison".

Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 25 juin 2007

Au sujet de la production de l'écrit ,enseignants et apprenants doivent s'atteler à un véritable taureau pour réussir le pari


Je croyais qu'il convenait plutôt de le prendre par les cornes... S'atteler à lui... Hmmm, ça va mal finir, je sens.

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

Jean,
d'abord, on ne dit pas "un crétin de la FCPE", car 1°) c'est un pléonasme, 2°) il y a aussi plein de crétins à la PEEP ; on dit "un représentant des parents".
Ensuite, voir le dossier du SNALC cette quinzaine, qui rappelle de salutaires textes officiels : le conseil de classe n'est pas le lieu pour parler de la démarche des enseignants ; il y a des IPR pour cela, et le proviseur doit faire respecter l'ordre du jour.
Enfin, faire des séquences, c'est un petit exercice tout bête, qui consiste seulement à remplir le cahier de textes. Dans votre séquence, vous fourguez ce que vous voulez fourguer, seul compte l'habillage pour la galerie. Les IO disent bien qu'une séquence ne doit pas se limiter à un seul objet d'étude (ah ! cette terminologie !!). Vous pouvez donc faire ce que vous voulez, dans l'ordre que vous voulez.
Je m'aperçois en vous écrivant que sur ma liste de Bac (que je me refuse à appeler "descriptif"), j'ai écrit "1ère partie", "2ème partie", et non "séquence" !! Acte manqué !

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

« Et je suis étonné qu'il y ait tant de profs de collège à tenir le coup... » Christophe Carrère

C’est parce que les profs sont, dans leur grande majorité, cons (ils participent joyeusement), lâches, (ils font participer les élèves, surtout pas leur progéniture) ou plus rarement invisibles, dans une résistance individuelle très discrète et fataliste, ayant renoncé à tout espoir que le système s’améliore un jour.
Ils m’écœurent.
Quant à ceux qui ne tiennent pas le coup, ils me font pitié.

Ecrit par : georges | 25 juin 2007

Cher JPB,
Je vous remercie vivement pour ce post d’actualité. Je sais que vous savez que je suis le seul intervenant ici à revendiquer la paternité d’une petite taupe, et si vous avez un peu pensé à moi en écrivant, je vous en remercie chaleureusement. ( Sinon, je ne vous en remercie pas moins).
Bon, assez remercié !
Je comprends bien votre souci de montrer à vos élèves la profondeur abyssale de leur ignorance, mais croyez vous vraiment qu’ils liront tout çà ? En plus de la lecture des trois œuvres au programme, ils vont devoir revoir tout leur programme de maths, physique, chimie, sans compter la sortie du dernier Harry Potter le 21 juillet !
( J’en profite pour prendre la défense du malheureux garçon, il a tiré ma seconde fille de son aversion pour la lecture, et la lecture des trois derniers tomes en anglais, outre le plaisir de connaître la fin avant les autres, leur a fait faire des progrès considérables en anglais).
Bref, comme je ne vais pas pouvoir lui faire ingurgiter vos conseils en intégralité, plus, pendant que j’y suis, La révolution de Furet, L’histoire de l’empire romain de Mommsen et Das Kapital, que conseilleriez-vous de pratique à quelqu’un dont les journées n’ont que 24 heures ? Qui a sauté la sixième, donc qui n’a pas la moindre idée de l’histoire de Rome ? Et qui a subi, bon an, mal an, les programmes bordéliques de notre belle et moderne école, donc qui mélange allègrement Robespierre et l’abbé Pierre, Marignan et Verdun, De Gaulle et Vercingétorix ? (j’exagère un peu, mais vous devez avoir l’habitude maintenant).
Merci d’avance. Ce n’est pas que pour moi. Je suis sûr qu’avec le titre de votre post, grâce à Google, des hordes de préparationnaires vont être à l’affût de vos précieux conseils.

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Merci, Christophe Carrère pour vos remarques de bon sens sur le collège.
Je pense comme vous qu'on respire globalement mieux dans les lycées puisque les élèves les plus en difficulté en 3ème n'arrivent jamais au lycée et que les projets pédagos y sont moins pesants.
Pour avoir enseigné hors-métropole, j'ai fait le même constat que vous sur la qualité du primaire hors hexagone.
Je suis aussi pessimiste que vous pour l'école. Il y a quelques bonnes volontés qui se sont émues et qui ont tenté de faire quelque chose. Mais la masse des enseignants est inerte et maintenant souvent inepte avec les formations nouvelles qu'elle connait et les quelques velléités de résistance viennent de la partie vieillissante du corps enseignant.
Je crois qu'au delà de cela , l'éducation des parents n'est pas de nature a aidé nos résistances. Il y a quelques mois sur RE un instit disait très justement qu'on pourrait bien remettre sur pieds une école d'excellence, tant que les familles ne changeraient pas fondamentalement d'attitude vis-à-vis du savoir, de l'apprentissage et des devoirs de leurs enfants, on ne s'en sortirait pas. Et je crois qu'il avait bien raison.

Ecrit par : Thalie | 25 juin 2007

Il parle "d'embrayage" : il est peut-être un fidèle disciple de Charmeux, qui prétend que les enfants comprennent très bien qu'on remplace les pronoms personnels sujets par "embrayeurs de conjugaison".

Anne-Marie.

Elle n'en rate pas une celle-là ; allez, après cela, expliquer aux élèves que le pro - nom s'appelle tout bêtement ainsi parce qu'il peut remplacer un nom.

Eveline Charmeux s'en prend à la grammaire. Elle (pronom personnel de rappel ou anaphorique) nous fait braire avec ses embrayeurs.

Quant à l'histoire du taureau, je n'y ai strictement rien compris. Je sais bien que nous ne vivons plus dans une civilisation rurale, mais enfin on pourrait se souvenir que nos ancêtres attelaient la charrue à des boeufs, d'où l'expression "il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs" et non à des taureaux.

Les taureaux sont destinés à un autre usage.

J'imagine que le formateur IUFMesque a voulu dire "Il faut prendre le taureau par les cornes", expression populaire très courante qui signifie : "aborder un problème de front et sans atermoiements".

...De plus en plus jobastres !

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

« Et je suis étonné qu'il y ait tant de profs de collège à tenir le coup... » Christophe Carrère

C’est parce que les profs sont, dans leur grande majorité, cons (ils participent joyeusement), lâches, (ils font participer les élèves, surtout pas leur progéniture) ou plus rarement invisibles, dans une résistance individuelle très discrète et fataliste, ayant renoncé à tout espoir que le système s’améliore un jour.
Ils m’écœurent.
Quant à ceux qui ne tiennent pas le coup, ils me font pitié.

Ecrit par : georges | 25 juin 2007

Je n'aurais pas formulé les choses tout à fait ainsi, mais je dois avouer que vous avez globalement raison Georges.

Je fais partie cependant des gens qui n'ont pas tenu le coup, comme vous dites, mais je n'ai nul besoin de votre pitié.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Oui, Georges, votre analyse des profs de collèges est parfaite, absolument. Mais chutttt... il est interdit de le dire haut et fort sur ce blog car sinon vous allez vous retrouver en deux temps trois mouvements, par les 2 ou 3 terroristes dudit blog, étiqueté de" méprisant, de connard" et autres joyeusetés du genre, déclinées sur le mode scatologique de préférence et approuvées par le silence complice des uns et les gloussements d'une partie du public féminin vaguement bovarysé. Alors méfiance.... Il est de bon ton de dire ici que tout peut se dire. C'est vrai , si et seulement si l'on est apte à supporter la violence ouverte et l'acharnement de 2 ou 3 cinglés et la violence larvée des autres qui ressortent leur tête au bout d'un moment pour donner les bons points aux maîtres -ès violence du coin.

Ecrit par : Thalie | 25 juin 2007

C'est vrai, Christophe, "crétin de la FCPE" ou" de la PEEP", c'est un pléonasme. Où avais-je la tête?
Il y a des textes officiels sur le conseil de classe, je le veux bien, mais quand le "représentant des parents d'élèves" vous a dénoncé devant tout le monde, le mal est fait.
"Pour la galerie", disiez-vous? Je ne me sens même, pas cette force-là, tellement le terme de "séquence" me donne la nausée par tout l'arrière-plan "pédago" qu'il sous-entend. C'est un vrai blocage! Je suis allergique à la pensée unique!

Le texte qui nous est rapporté par Anne-Marie est de la plus pure veine "pédago". Il est très drôle, en vérité. Surtout l'histoire du taureau auquel il faut s'atteler. Une métaphore hardie! Comment "s'atteler à un taureau" peut-il faire "gagner un pari"?

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Je comprends bien votre souci de montrer à vos élèves la profondeur abyssale de leur ignorance, mais croyez vous vraiment qu’ils liront tout çà ? En plus de la lecture des trois œuvres au programme, ils vont devoir revoir tout leur programme de maths, physique, chimie,


Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Oui...
Que penseriez-vous, Brighelli, d'un enseignement complet de mécanique ondulatoire ou de chimie organique en Khâgne ou même, pour être moins hors sujet, de géologie, de climatologie et de statistiques, puisque nos futurs géographes peuvent (ont intérêt à?) passer par ces CPGE?
Nous sortions de TC avec un niveau maths/physique/chimie largement supérieur à celui du bac S actuel et nos nuits et nos jours étaient bien remplis.

Ecrit par : dobolino | 25 juin 2007

Comment "s'atteler à un taureau" peut-il faire "gagner un pari"?

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Peut-être d'égaler, dans une autre catégorie, le record du juge dans la chanson de Brassens : "Gare au gorille".

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Comment "s'atteler à un taureau" peut-il faire "gagner un pari"?

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007


Sûrement le sujet d'un prochain mémoire de fin de stage IUFM...

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

Mais là, nous sommes en pleine mythologie et le minotaure n'est pas loin !

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Mémoire de fin de stage de l'IUFM de Maison-Alfort :

"s'atteler à un taureau"

Après avoir formulé des hypothèses herméneutiques à propos de cette métaphore inusitée, vous essayerez, dans une perpective résolument constructiviste, d'en montrer la fécondité pédagogique en vue de la socialisation des apprenants.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Merci à Robin, le Jusiticier, et à Thalie, la Muse.
Pour commenter la chronique de M. Brighelli "repenser l'Histoire", à mon modeste niveau car je ne suis ni normalien, ni même agrégé (j'ai donc des chances de devenir un jour président de la république), je crois (et suis même assez certain, les profs d'histoire développeront) que nous vivons l'aboutissement nauséabond mais stimulant d'un conflit idéologique vieux de plusieurs siècles. Or l'Histoire et les Lettres sont les deux disciplines les plus fortement marquées par les idéologies, voilà pourquoi elles sont le champ de bataille des empoignades les plus velues. La crise nauséeuse que nous traversons est essentiellement, Malraux l'a dit avant moi, et d'autres avant lui, comme le grand Castillan Ortega Y Gasset (étrangement ses oeuvres sont quasiment introuvables en français), une crise spirituelle, pour ne pas dire, osons le mot, morale. Et la destruction de l'enseignement, à tous ses niveaux, du primaire à l'université, où nous sommes allés très loin, n'est qu'une conséquence parmi d'autres de cet anéantissement, de cet abêtissement, de cette pesanteur, comme dirait Simone (Weil). Nous ne devrions pas passer notre temps à dire des évidences et à répéter de tels topoï (quelle pédanterie). Oui, on doit apprendre à lire syllabiquement (d'autres méthodes peuvent fonctionner, mais après tout, on peut survivre à la peste, au choléra et au typhus) ; oui, il faut pratiquer des exercices systématiques ; oui, il faut aller du plus simple au plus complexe ; oui, il faut pratiquer la chronologie ; oui, l'enseignement ne se résume pas à la pédagogie : ce métier n'en est pas un, c'est encore une grave erreur que commettent volontiers les parents d'élèves, nous ne sommes pas des fonctionnaires, c'est une vocation, une mission, un devoir sacré de transmission et d'élévation humaine... Incline-toi devant l'enseignant, disent les Musulmans, car il a failli être prophète. Nous ne devrions même pas avoir à dire et à répéter cela. Nous devrions réfléchir à autre chose, être ailleurs, qui sait, peut-être ensemble...
Amitiés à tous,
Ch. Carrère

Ecrit par : Christophe Carrère | 25 juin 2007

Trouver Schivardi sympathique risque de vous attirer quelque pitié,Robin.A part ça,vos pastiches sont épatants.

Ecrit par : rocardo | 25 juin 2007

La dernière qui se soit attelée à un taureau, c'est la bienheureuse Pasiphaé, avec les causes que l'on connaît (la vengeance de Vénus), et les conséquences que l'on sait — le Minotaure et une dilatation permanente que certains manuels d'anatomie décrivent dans la rubrique "phénomènes" ou "catastrophes"… Tout cela procède d'une fantasmatique intéressante — la construction d'une chimère, puisque le Minotaure en est bien une, que je sache…

Dobolino, je déplore le manque de formation scientifique des prétendus "littéraires". Je me suis abonné des années durant à "Pour la recherche", afin de compenser des manques flagrants dans ma formation. C'est même ainsi que j'ai découvert Hervé This, qui dirigeait cette honorable publication (léditon française de Scientific American, pour ceux qui ne savent pas), et qui a commis depuis, avec les Secrets de la casserole et autres titres alléchants, les livres de chimie culinaire dont rêvait le littéraire que je suis, capable désormais de disserter sur la réaction de Maillard et autres injections d'ananas frais dans le rôti de porc…

Je voyais plus haut Robin recommander divers polars "historiques", et m'étonne de ne pas avoir lu le nom de Jean-François Parot, dont je ne saurais trop recommander toute la série (en 10/18) des aventures du commissaire Le Floc'h, dans le Paris de grenouille et de Diderot.
JPB

Ecrit par : brighelli | 25 juin 2007

Ce que je voulais souligner, c'est que les journées ne sont pas extensibles à l'infini et que, quand on prépare des concours, on a l'oeil plus sur les coef des différentes matières que sur sa culture générale. D'autant plus que la vie ne s'arrête pas à l'année de prépa dont le but est d'intégrer et non de s'épanouir.
Maintenant, si vous leur donner des pistes de recherches et d'approfondissements, c'est un bien pour ceux d'entre eux qui en profiteront. De là à les inonder d'informations et à leur enfoncer la tête sous l'eau, c'est un peu crade!

Ecrit par : dobolino | 25 juin 2007

JPB,les livres de Parot sont il est vrai très divertissant et assure une bonne lecture en cet été, mais les aventures de Nicolas Le Floch, finissent par être un peu trop délayées et épaissies avec de la farine comme les mauvaises sauces, le dernier tome le "sang des farines" est très loin d'être de la qualité du premier tome mais le fond historique est particulièrement enrichissant et le style n'est pas égal au fil des tomes au point que je me suis demandé s'il s'agissait du même auteur...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juin 2007

divertissantS assurENT...toujours aussi fatiguée veuillez m'en excuser... ceci dit mes deux plus grandes filles me les ont empruntés les trouvent très intéressants et plein de suspens

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juin 2007

Merci, Dobolino, d'abonder dans mon sens, et de souligner le côté parfois sadique des profs de prépas ...

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Merci, Dobolino, d'abonder dans mon sens, et de souligner le côté parfois sadique des profs de prépas ...

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Oui, mais c'est ça qu'on aime en eux trente ans après...

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

"Cet heureux temps n'est plus, tout a changé de face
Depuis que sur ces bords les dieux ont envoyé
La fille de Minos et de Pasiphaé "

(Phèdre de Racine, Acte I, scène 1)

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Oui, mais c'est ça qu'on aime en eux trente ans après...

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007

Ou même, à la fin de l'année, quand ils vous disent un mot d'encouragement après vous avoir traité comme une m.. toute l'année !
C'est une race à part, voyez-vous ...

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Vous êtes sûr que tout va bien , Robin ?

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Trouver Schivardi sympathique risque de vous attirer quelque pitié,Robin.A part ça,vos pastiches sont épatants.

Ecrit par : rocardo | 25 juin 2007

J'ai employé le mot "sympathique" (sun pathein) dans le sens étymologique, présumant que le camarade Gérard ressentait sincèrement la "souffrance des campagnes".

J'accepte donc en rougissant les compliments,mais pas la pitié, d'autant que - nous avons été quelques uns à le faire remarquer - ses positions sur l'école étaient étonnamment proches des nôtres.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Vous êtes sûr que tout va bien , Robin ?

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Yann, vous ne suivez pas. Vous allez vous faire punir par Monsieur Brighelli au tarif habituel : reproduire très exactement à la gouache, en format 21/27 "Le serment des Horaces" et recopier l'intégralité de la pièce de Corneille à la plume sergent major en pleins et en déliés.

Nous sommes partis de la pédagogie par objectifs ( s'ateler à un taureau) pour aboutir à Phèdre en passant par le Minotaure.

...Rien que de très classique en somme.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

"Je pense comme vous qu'on respire globalement mieux dans les lycées puisque les élèves les plus en difficulté en 3ème n'arrivent jamais au lycée et que les projets pédagos y sont moins pesants."

Thalie, sincèrement, c'est parce que vous vous sentez incapable de les aider, ces "élèves les plus en difficulté", ou bien parce que vous vous dites "ils ne me méritent pas" (votre talent se dissipant avec la médiocrité du collège) que vous désirez les fuir?...

Je devine très bien le sentiment d'un enseignant qui se dit: Merde, dans quel piège suis-je tombé(e)?...

Tant que vous ne serez pas mutée, il va bien falloir que vous (re)donniez, malgré l'ambiance, malgré vos réticences, le meilleur de ce que l'université, vos enseignants (qui se sont dit peut-être aussi quand vous étiez au collège: mais qu'ils sont nuls...) vous ont transmis. Sinon, c'est plus que la galère qui vous attend... A un moment, il faut assumer ce que l'on a (même si l'on pense que, etc.).

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Thalie, maso? Vous prenez des coups et revenez??? ;-)

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Vous souvenez-vous Patricia?

6) En attendant, mon cher ami, je prépare mes vacances à Vienne et en Toscane et le reste je m'en fiche totalement.
Vivent les concours nationaux, les ENS, l'agrégation, l'élite, la hiérarchie, les dossiers brillants, la reconnaissance du MERITE PERSONNEL!!!!
Ecrit par : Thalie | 22 juin 2007 s, Patricia?

Ecrit par : Maminou | 25 juin 2007

Vous souvenez-vous aussi de votre réponse?


"Parce que l'école n'assure plus son rôle j'ai fait le choix il y a 8 ans renoncer à ma carrière professionnelle aux dépends de certains conforts matériels pour ma famille et aux dépends des vacances...8 ans que je n'ai pas pu m'évader ne serait -ce qu'une journée et voilà de nouveau l'été et la sensation d'étouffement qui revient alors Mà C une journée à Rome ou même à trifouillis les oies me comblerait car franchement j'ai envie de respirer et j'en serais ressourcée pour entamer une nouvelle année scolaire."

Ecrit par : Maminou | 25 juin 2007

Aviez-vous vu passer mpon message?
Je vous le remets...

"Chère Patricia,
Notre petit coin de paradis à nous, ce n'est pas Rome, ni la Toscane.....
ça s'apparenterait plutôt à Trifouillis les oies, et encore c'est à 3 km de Trifouillis les Oies....
Il y a de la place, un endroit indépendant pour loger, une nature généreuse pour se ressourcer...
Si ça vous dit, nous vous invitons à venir pour le temps qu'il vous plaira de rester.
Demandez mon adresse e-mail à Catmano ou Dobolino.
Ecrit par : Maminou | 23 juin 2007"

Ecrit par : Maminou | 25 juin 2007

Acheté ce matin un Th. de Quincey, "Le Vengeur" au Seuil (collec. Baleine Noire); la 1ere fiction écrite avec un "céréales killer" dedans. Bon, c'est Monsieur-je-fais-des-fiches-sur-tous-les-salauds-qui-sont-des-fascistes-à-mes-yeux Didier Daeninckx qui fait la présentation de l'opuscule 108 pages (très petit format), mais de Quincey, j'adore.hez

Et, autre hasard, un Odön von Horvath (j'ai pas les accents pour le "a"): "Jeunesse sans dieu" (1938) qui "vise directement le régime nazi [...]. Un professeur de lycée se voit soudain confronté, dans sa classe, à l'idéologie nazie montante et se décide de se ranger de ce côté-là, pour voir. Pour conserver son gagne-pain aussi. L'un des élèves est tué au cours d'un camp pascal d'entraînement militaire... Un meurtre qui sera le révélateur implacable d'une société tout entière. Il ne trouve qu'une seule issue: accepter un poste dans uen mission catholique en Afrique, aller chez les "nègres", lui que ses élèves surnomment justement 'le nègre' ".

Christian Bourgeois éditeur.

Si ça ça ne pose pas question! ah ah!

Bon je vais lire!

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Thalie, dites-vous que, peut-être, il y a dans votre classe une / un Thalie en devenir, et votre boulot c'est pour elle / lui.

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Nous sommes partis de la pédagogie par objectifs ( s'ateler à un taureau) pour aboutir à Phèdre en passant par le Minotaure.

...Rien que de très classique en somme.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

OK. S'atteler au taureau. Je remarque que j'ai zappé un message.
Ma punition : bistourner un taureau sauvage sans anesthésie.
Bien fait !

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Bonjour Maminou,
je vous prie de m'excusez mais je n'avais pas vu votre post car j'ai un peu zappé le blog ce we et n'ai pas pris le temps encore de lire toutes les interventions. Votre proposition me touche très sincèrement et démontre ce que Christophe Sibille écrivait il y a peu et disait que des personnes de qualité et digne de toute confiance fréquentent ce blog...Je vous remercie du fond du cœur mais je n'oserai jamais accepter dans la mesure où je vis avec ce complexe terrible d'avoir le sentiment de toujours déranger et à mon age le plis est pris... mais nous pouvons communiquer via mail privé avec grand plaisir car je sais par expérience qu'on rencontre ici des personnes charmantes avec lesquelles c'est un plaisir d'échanger des mails, je recevrai avec joie des bouffées d'air de votre campagne qui je n'en doute pas doit être un petit coin de bonheur dans le pré car en effet le rêve d'horizons lointains et exotiques nous fait parfois oublier ce que nous avons parfois à quelques kilomètres de chez nous.Dobolino à mon adresse vous pouvez la lui demander.
Petit coucou en passant à ceux qui sont au delà du blog de relations très agréables et amicales:)

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juin 2007

Christian Bourgeois éditeur.

Si ça ça ne pose pas question! ah ah!

Bon je vais lire!

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

permettez -moi juste de de rectifier, c'est Christian Bourgois sans e...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juin 2007

Merci, Dobolino, d'abonder dans mon sens, et de souligner le côté parfois sadique des profs de prépas ...

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Oui, mais c'est ça qu'on aime en eux trente ans après...

Ecrit par : Christophe | 25 juin 2007
Tout le monde n'a pas vos mœurs, Christophe!

Ecrit par : dobolino | 25 juin 2007

Ce que je suis geourde!! Merci Patricia!

Ecrit par : Pendariès | 25 juin 2007

Patricia,
Ici ce sont les oiseaux qui dérangent les gens...
Enfin, c'était le reproche de jeunes qui avaient été réveillés à 6 heures du matin par leurs chants...

Si vous n'avez pas peur des chants d' oiseaux et du silence...

Et je vous assure que vous, vous ne pouvez absolument déranger personne, même en y mettant beaucoup de bonne volonté...

Ecrit par : Maminou | 25 juin 2007

Pendariès, vous vous méprenez totalement. C'est si compliqué ces communications par internet qui faussent tout. Cela fait un certain temps que je "donne" pour le collège. Pour des raisons d'ordre personnel, j'ai dû bouger beaucoup et dans l'EN ceux qui ont ce qui veulent en terme de mutation sont ceux qui restent dans le même endroit, dans le même établissement des années durant. Quand on bouge dans l'EN, on vous le fait payer. La gestion des ressources humaines est inexistante et ringarde.
J'ai des amis dans la ville où je suis revenue qui ont fait leurs études dans un lycée et qui ont passé leur carrière entière de prof dans ce lycée exception faite de quelques années de stage et de quelques années hors de leur région "en début de carrière. Je vous laisse imaginer l'ouverture d'esprit à certains problèmes...
Quant au collège dans lequel je suis, il y a une certaine forme de reconnaissance émanant des élèves. Et j'ai toujours connu cela sauf dans mon expérience pure ZEP où ils étaient tous déjantés.
J'ai eu cette année une classe à 90 pour cent black/ beur/ largués, signalés à la police et tout ce que vous vous voulez, quasi-primo arrivants...
Ils sont arrivés avec un plat de gâteaux marocains faits par leurs mères pour me remercier. Une autre classe a pris un tee-shirt blanc et tous ont signé et m'ont demandé de le porter le dernier jour. Je n'aime pas raconter ce genre de choses. Je n'ai pas besoin de crier comme d'aucuns le font que "j'aime" mes élèves. Evidemment. Mais je le fais là puisqu'on semble me prendre pour un prof qui ne supporte pas ses élèves.
Ce que j'ai voulu dire, Pendariès, c'est qu'on pourrait regarder les services rendus dans la carrière d'un prof. Et gérer les mutations en fonction de cela et des diplômes obtenus. Il vient un moment où en ayant l'agreg et 47 ans, avec des années de service rendus en collège et ailleurs, on pourrait être en droit de " décrocher" un peu et d'obtenir un lycée. Non?
Vous voyez, je ne renonce pas à donner le meilleur de ce que je peux à mes élèves et je continuerai de le faire encore quelque temps, même avec des élèves durs. Mais je vais quand même essayer une porte de sortie, car l'absence de reconnaissance, la pesanteur administrative dans ce métier et la bêtise de certains collègues finit par user.

Ecrit par : Thalie | 25 juin 2007

Thalie, c'est triste à dire mais le but de l'Educnat n'est pas de nous proposer une quelconque évolution de carrière, c'est de gérer les flux et les stocks.
Un adulte devant les élèves et la garderie est assurée, point.

Bientôt, comme à l'époque de Courteline, un administratif entrera dans la salle des profs en criant "y a quelqu'un qui a fait de l'anglais ?" et le couillon qui répondra se verra attribuer une classe pour le reste de la journée...

Ecrit par : Lariba | 25 juin 2007

Pendariès

Votre procès d’intention à Thalie me fait penser au jugement de Stéphane Beaud -80 % et après ?- sur Mara Goyet -Collèges de France- dans les Inrocks (Beaurk !).
Article intitulé
- Une prof "d’en haut" dans un collège "d’en bas"-
Ce sociologue estimable malgré tout est moins intelligent que le “jeune de cité“ avec lequel il s’est entretenu dans -Pays de malheur !- où le jeune de cité en question a compris que le problème vient en grande partie des socialistes et sera réglé principalement par une reconstruction de l’Ecole.
Jugement que l’enseignant chercheur ne peut s’empêcher de recueillir avec honnêteté mais condescendance…
Il évoque dans le même livre son épouse, prof dans le secondaire, qui aime bien les “projets“.

Ecrit par : georges | 25 juin 2007

OK. S'atteler au taureau. Je remarque que j'ai zappé un message.
Ma punition : bistourner un taureau sauvage sans anesthésie.
Bien fait !

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Je devine ce que ça que ça veut dire, yann, mais à votre place, je me contenterais de recopier Horace. On vous aime bien, vous savez et vous nous manqueriez. Laissez les "bistournages" sans anesthésie aux formateurs.

Ecrit par : Robin | 25 juin 2007

Quand même, ces "pédagos", ils sont gonflés! "S'atteler à un véritable taureau"!
Pas à un faux taureau, à un taureau de carton-pâte, à un simulacre de taureau, à un "véritable" taureau!
Pour le vaincre ( la bêtise à front de taureau...) ou pour s'en servir pour piétiner ce qui restait debout dans l'école?
Meirieu en Mithra...

Ecrit par : Jean | 25 juin 2007

Désolée si j'arrive comme un cheveu sur la soupe, je change de sujet mais je vous invite à écouter ce morceau musical de Beethoven, d'une pure beauté :

http://www.yousendit.com/transfer.php?action=download&ufid=959E0994687E452A

Ecrit par : Sandra WAGNER | 25 juin 2007

Et il n'avait que trente ans quand il a composé cette musique extraordinaire!
Hé oui, Lariba, vous avez (tristement) raison... Nous sommes des pions.

Ecrit par : christophe sibille | 25 juin 2007

Merci, Sandra, des "changements de sujet" comme celui-là font beaucoup de bien... C'est quand vous voulez!

Ecrit par : christophe sibille | 25 juin 2007

"Bientôt, comme à l'époque de Courteline, un administratif entrera dans la salle des profs en criant "y a quelqu'un qui a fait de l'anglais ?" et le couillon qui répondra se verra attribuer une classe pour le reste de la journée..."

C'est déjà comme ça dans le primaire, sauf que le couillon en prend pour un an minimum.

Ecrit par : Perceval | 25 juin 2007

"Nous sommes des pions"... si nous le voulons bien.
Car si tous les professeurs de français, par exemple, refusaient de faire des "séquences",ou enseignaient les natures et les fonctions, il faudrait bien changer les instructions officielles, à moins d'envoyer tout le monde au bagne.

Ecrit par : Jean | 26 juin 2007

Je parlais sur le plan administratif, Jean, pas sur le plan pédagogique! Et vous le savez très bien.

Ecrit par : christophe sibille | 26 juin 2007

Merci Sandra pour le morceau musical.
Que ceux qui n'ont pas été convaincus par le post de JPB regardent un peu le sujet d'Histoire-Géographie du brevet donné hier. Je pense qu'un bon élève de CM2, sans connaissances historiques particulières mais sachant lire, pourrait avoir la moyenne.
C'est affligeant et conforte les élèves dans l'idée qu'il ne faut surtout pas travailler pour avoir le brevet!

Ecrit par : Ilana-Davita | 26 juin 2007

Enseigner, penser et vivre l'Histoire et la Géographie que les Français pour une fois bien inspirés, ont fait quasiment fusionner dans l'esprit des élèves, c'est atteindre, bien souvent , quelque chose de sublime. L'Histoire, en effet , porte en elle à la fois la subversion, puisqu'elle met au grand jour ce que les pouvoirs auraient tant aimé cacher, et l'émerveillement.
Cela fait 26 ans que j'enseigne les "Sciences Humaines", belle expression, au demeurant, et jamais, au grand jamais , je n'ai éprouvé la moindre lassitude. Qui saura dire la fascination des élèves devant un récit?

Braudel, lui, le savait. Et ,n'en déplaise à je ne sais plus quel cloporte cy-deffus, il a magnifiquement défini l'acte d'enseignement de l'histoire: comment faire partager quelque chose qui appartient à tous mais n'est discernable par personne??? Comment, au fond, à l'instar de Pascal, faire comprendre que l'Histoire est à la fois un hasard, une accumulation prodigieuse de hasards et de secousses imprévisibles et une longue construction rationnelle, un mécanisme, presque métaphysique d'une organisation du temps.
Bref, en terminant mon croissant au beurre, je suis en train de m'apercevoir que je vous emmerde sec. L'Histoire, celel de Braudel ,de Ferro, de Paxton , de Vernant , de la regrettée Nicole Loraux, etc....vit en nous, avec nous, de nous ,pour nous.
Et puis, l'acte d'enseigner l'Histoire-Géographie est fondamentalement politique: ce qui me fait me tordre de rire, c'est ce fameux "devoir de réserve". Ainsi, à entendre nos crânes de piaf ministériels, un professeur d'HG devrait parler , comme Chamberlain (le si bien nommé!!) de "Herr Hitler"???On devrait rester EVASIFS à propos de l'Algérie, ne pas parler d'Alleg ou de Audin??? Ne pas évoquer le Front Populaire pour ne pas donner des idées antithatchériennes aux mômes ce qui ferait exploser les hémorroïdes de Guillaume!?? Ne pas parler de la Saint-Barthélémy , parce que, comem chacun sait, seul l'Islam commet des massacres religieux.Etc....
Et puis chanter avec les élèves "Gloire aux soldats du 17ème", "La Chanson de Craonne" "Le Chant des Marais"....Je le fais tous les ans et ça marche. A fond. Monter sur le bureau et gueuler un discours de Jaurès contre la guerre, de Clémenceau contre Ferry à propos de la colonsiation, que sais-je????
Mouiller sa chemise et avoir la satisfaction que les mômes, entendant la sonnerie, vous disent "Déjà??" Pauvres profs de maths, ça doit pas leur arriver souvent......Allez je suis sûr qui Stella Baruch venait dans un collège, ça aurait l'effet Sainte Thérèse (celle qui , bon bref...) des conversions massives.
Je pars corriger le Brevet( la chute du communisme, eh Cadichon et Guillaume, ne bavez pas, couchés!!!, la papatte!!! là , c'st bien!!!) , à Maurice Utrillo, Porte de Clignancourt (Les parents Delaporte sont convoqués par La Principale.Motif; leur fils Delaporte cligne en cours...ahahahahah). C'est marrant . Je suis Prof à Georges Rouault. J'ai été faire passer un Capes pratique ou pas à Sonia Delaunay et je vais corriger à Maurice Utrillo...la peinture à l'huile, c'est bien difficile
et c'est bien plus beau que les croûtes d'Utrillo....

Jean, moi les instructions officielles, je les coupe format A6 et je m'en sers comme faf à train.
Bonne journée.

Ecrit par : montaigneàcheval | 26 juin 2007

Acheté ce matin un Th. de Quincey, "Le Vengeur" au Seuil (collec. Baleine Noire); la 1ere fiction écrite avec un "céréales killer" dedans. Bon, c'est Monsieur-je-fais-des-fiches-sur-tous-les-salauds-qui-sont-des-fascistes-à-mes-yeux Didier Daeninckx qui fait la présentation de l'opuscule 108 pages (très petit format), mais de Quincey, j'adore.hez

S'agit-il du Thomas de Quincey que Charles Baudelaire admirait presque autant qu'Edgar Poe, et qu'il également a fait connaître en France, l'auteur des "Confessions d'un mangeur d'opium" ?

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Ce que j'ai voulu dire, Pendariès, c'est qu'on pourrait regarder les services rendus dans la carrière d'un prof. Et gérer les mutations en fonction de cela et des diplômes obtenus. Il vient un moment où en ayant l'agreg et 47 ans, avec des années de service rendus en collège et ailleurs, on pourrait être en droit de " décrocher" un peu et d'obtenir un lycée. Non?

Thalie

Dis comme cela OUI je suis d'accord avec vous, Thalie. Façon de remettre une médaille pour bons et loyaux services. De reconnaître le boulot bien fait. Sans aucun doute. La question est: comment l'EN peut-elle assouvir les desiderata des enseignants en fin de carrière?
Pour ma part, j'ai commencé ma "carrière" à 26/27 ans, je sais que j'en aurai jusqu'à 69/70 ans. Ma génération (et la suivante) est celle pour qui tous les beaux jouets des baby boomers, des quadras, quinquas, ont été enlevés derrière la vitrine. Sans être remplacés par autre chose. Pour dire que: nous nous attendons à tout, et à avoir de moins en moins surtout (avec le discours ambiant surinnant: il ne reste plus rien de toute façon, les enfants - cir-cu-lez).

Habitués à ne plus demander? à savoir seulement que même les plus gros efforts (les concours, les chemins tracés au stabilo, l'université...) peuvent (généralement?) ne mener à rien, certainement pas à ce que / dont nous rêvions? etc. Je suis certain qu'il y en aura de moins en moins qui vont pouvoir respirer et atteindre effectivement leurs objectifs (moi-même, et, pour la raison de mon agacement envers un de vos messages, je paradai: le poste à la fac, gniagniagnia; mais bon, hein, il ne faut pas se leurrer non plus: le fric manque, les places sont chères, etc.): nous répondrons aux exigences et aux calculs de l'Etat, parce que nous sommes cons.

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

Acheté ce matin un Th. de Quincey, "Le Vengeur" au Seuil (collec. Baleine Noire); la 1ere fiction écrite avec un "céréales killer" dedans. Bon, c'est Monsieur-je-fais-des-fiches-sur-tous-les-salauds-qui-sont-des-fascistes-à-mes-yeux Didier Daeninckx qui fait la présentation de l'opuscule 108 pages (très petit format), mais de Quincey, j'adore.hez

S'agit-il du Thomas de Quincey que Charles Baudelaire admirait presque autant qu'Edgar Poe, et qu'il également a fait connaître en France, l'auteur des "Confessions d'un mangeur d'opium" ?

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Oui Monsieur!!!!

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

Chère Thalie (réaction au post du 25 juin 2007)
Je compatis largement à votre souffrance et suis tout à fait sur la même longueur d'onde que vous. 47 ans, une agreg et toujours en collège... voilà qui me fait arrêter tout net de me plaindre pour la prochaine décennie. Pourquoi n'essayez-vous pas de faire un petit tour à l'étranger, dans une civilisation qui n'est pas encore tout à fait morte, comme la nôtre, c'est évident, où les élèves respectent leurs professeurs, où les parents vous font des cadeaux quand les élèves se sont mal comportés avec vous, où le savoir est encore estimé, reconnu, envié, où la France est un trésor universel et non la poubelle d'élle-même, une ombre, un vestige antique ? Postulez à l'AEFE (http://www.aefe.diplomatie.fr/) ou à la mission laïque (http://www.mission-laique.asso.fr/) en constituant un dossier expat. Faites des demandes de postes spontanées auprès des chefs d'établissements en consultant les sites et en envoyant des dossiers que vous y aurez préalablement téléchargés, passez des entretiens si on vous sollicite, n'hésitez pas non plus, selon l'urgence, à accepter un poste en contrat local. Certains pays payent très bien et le bénéfice humain que vous en retirerez n'aura lui pas de prix. L'Inde, l'Afrique, l'Amérique du Sud sont des terres bien plus riches qu'on ne pense, et un voyage guérit bien des blessures. Un voyage, un vrai, pas un déplacement de vacances. Vivre ailleurs, aimer ailleurs, souffrir ailleurs, parler ailleurs, autrement, loin, longtemps, pour survivre ici.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

christophe sibille, votre distinction entre le plan administratif et le plan pédagogique me paraît artificielle ou malhonnête. Les 2 plans sont intimement liés. Et vous le savez très bien.

Si le système se donnait comme objectif d’ ‘’Instruire’’ et non de ‘’Gérer les stocks’’, les conséquences seraient différentes, aussi bien dans les méthodes pédagogiques prônées par les inspecteurs, que dans la façon de gérer le personnel, pour ajuster au mieux le niveau des enseignants aux postes où les élèves sont le plus à même d’en tirer pleinement profit. Comme on se fout de ce que les élèves auront pu retenir à la fin d’une année, on se fout de mettre tel prof plutôt qu’un autre devant eux
A chaque prof de différencier sa pédagogie, et à chaque élève de comprendre l'année suivante si on a pas respcecté son rythme.
Où est le problème ?

Ecrit par : georges | 26 juin 2007

Enseigner, penser et vivre l'Histoire et la Géographie que les Français pour une fois bien inspirés, ont fait quasiment fusionner dans l'esprit des élèves, c'est atteindre, bien souvent , quelque chose de sublime.

I made a dream :

J'ai 14 ans, je n'ai pas encore mal au dos, j'ai encore toute ma tignasse, le printemps est rempli d'oiseaux qui chantent à tue-tête, (j'avais écrit puis biffé "d'oiseaux et de feuilles qui chantent à tue-tête"...mais les feuilles, ça chante !), je découvre Rimbaud : "On n'est pas sérieux(proncer sé-ri-eux) quand on a dix-sept ans...", je n'ai pas encore avalé ma première arête, je suis follement amoureux (et payé de retour !)

...Et j'écoute, fasciné, " Montaigne à cheval " (c'est comme ça qu'on le surnomme), mon professeur d'Histoire, grimpé sur son bureau, déclamer la diatribe de Clemenceau contre Jules Ferry.

Retrouver le cercle des poètes disparus ?

"Il suffit, pour ça...d'un peu d'imagination"

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Je n'arrive pas à "romantiser", sentimentaliser mon taff moi! (sentimentaliser son éducation, dans son sens Flaubertien - il faut voir comme cela donne des eunuques...) :-)

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

Pourquoi n'essayez-vous pas de faire un petit tour à l'étranger, dans une civilisation qui n'est pas encore tout à fait morte, comme la nôtre, c'est évident, où les élèves respectent leurs professeurs, où les parents vous font des cadeaux quand les élèves se sont mal comportés avec vous, où le savoir est encore estimé, reconnu, envié, où la France est un trésor universel et non la poubelle d'élle-même, une ombre, un vestige antique ?

Christophe a raison Thalie, même s'il faut faire la part des choses et "raison garder".

Nous sommes très sérieusement en train de préparer notre expatriation pour finir en beauté les quelques années d'enseignement qui nous restent.

C'est vrai que l'on tourne en rond ici et qu'il y a des moments où il faut changer d'air.

Il ne faut pas persévérer dans une situation intenable.

Il y a un très beau texte là-dessus de René Char qui commence par "Tu as eu raison de partir Arthur Rimbaud", texte que j'avais étudié avec des élèves de seconde il y a bien longtemps (en complément du célèbre texte de Michel de Montaigne sur le voyage)

J'aurais dû en prendre de la graine !

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud!

Fureur et mystère, 1962


Tes dix-huit ans réfractaires à l'amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu'au ronronnement d'abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d'abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l'enfer des bêtes, pour le commerce des rusés et le bonjour des simples.


Cet élan absurde du corps et de l'âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c'est bien là la vie d'un homme! On ne peut pas, au sortir de l'enfance, indéfiniment étrangler son prochain. Si les volcans changent peu de place, leur lave parcourt le grand vide du monde et lui apporte des vertus qui chantent dans ses plaies.


Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.


René Char

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Un conseil: baisez plus, baisez mieux...

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

soyez amoureux-se avant tout

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

Un conseil: baisez plus, baisez mieux...

Ecrit par : Pendariès | 26 juin 2007

L'un n'empêche pas l'autre, mais il y a des lieux où plus agréables que d'autres...Me trompé-je ou m'illusionné-je ?

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.


René Char

Ecrit par : Christophe Carrère

Merci Christophe pour ce texte magnifique que je me prends dans la tronche (ou le plexus solaire) comme un boulet de canon, exactement comme la première fois.

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

'un n'empêche pas l'autre, mais il y a des lieux où plus agréables que d'autres...Me trompé-je ou m'illusionné-je ?

Bonjour la "sainte axe" ; le où est en trop !

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Il n'est pas bien difficile de rabaisser, voire d'écraser par ses connaissances et des bibliographies impressionnantes des élèves de lycée ou de classe préparatoire. Il n'y a aucun mérité à cela, surtout quand on a 50 ans, une agrégation, que l'on est un ancien élève de l'ENS et que de nombreux livres savants portent notre saint seing. Où est la gloire ? Où est la grandeur ? Nulle part. Et ce n'est justement pas sur ce plan que se place M. Grighelli me semble-t-il. Il se situe, et en ceci nous retrouvons mon analyse faite plus haut et à laquelle étrangement personne n'a réagi..., dans le registre de la morale. Il cherche à rabaisser l'orgueil, à faire taire la superbe indécente et ridicule de ces jeunes loups qui se croient les rois du monde pour avoir décroché une mention TB au baccalauréat et trôné pendant plusieurs années en tête des classes de bons lycées du centre-ville. Parce que le maître doit être respecté pour son savoir, l'élève doit comprendre qu'il a encore à comprendre, c'est-à-dire réaliser qu'il ne sait pas tout, qu'il ne saura jamais tout et qu'il ne pourra jamais comprendre qu'une partie infime de l'univers et de la vie. M. Brughelli rappelle à ses élèves que le monde est infiniment plus vaste et plus complexe qu'eux-mêmes, qu'ils n'en feront jamais le tour et qu'ils doivent donc en respecter la nature profonde. Parce que derrière l'idéologie de "l'élève au centre du système", il y a l'erreur spirituelle de "l'homme au centre du monde", dont nous mourons à petits feux, noyés dans le flot sans cesse recommencé de notre insupportable vanité et de notre incommensurable inanité.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Merci Christophe Carrère pour vos remarques chaleureuses. Je songe, entre autres choses, à l'étranger mais cela ne s'improvise pas et il n'y a pas que moi, ici. Merci de votre gentillesse.
Et puis, il est temps de passer à autre chose. Non? Je crois que le problème des collègues qui sont dans la même situation que moi a été suffisamment exposé... Il faut donc passer à l'Histoire. Je viens seulement de lire le fil de JPB. Un beau programme. Ambitieux. Tiens, j'aimerais bien aller écouter vos cours, sur Horace surtout. Et vous allez leur demander de lire Forestier qui n'a pas encore "délogé" Couton dans La Pléiade pour l'oeuvre de Corneille?

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007

Cela fait plaisir d'être compris, M'sieur Carrère…
Au pasage, c'est Brighelli — et non les barbarismes incongrus dont vous aprsemez votre message. C'est un joli nom, fort rare, hérité de la Commedia dell'arte (1), et j'y tiens.
JPB
(1) Il y a un personnage du nom de Brighella (le "i" est le pluriel des noms de famille), valet fripon, larron, blasphémateur, grand buveur des vins de ses maîtres, et insatiable trousseur de donzelles. Donc, ce n'est pas par ressemblance que nous en avons hérité — et je me perds en conjectures : par antiphrase peut-être, moi qui ne bois que de l'eau — et le reste à lavement, comme disait Béru…

Ecrit par : brighelli | 26 juin 2007

Forestier fut mon collègue à Paris-III, dans une autre galaxie, et quelle que fût sion érudition, je ne suis jamais parvenu à comprendre un spécialiste de théâtre qui clamait très haut qu'il n'y allait jamais, et que la représentation en soi ne l'intéressait pas…
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 juin 2007

Forestier fut mon collègue à Paris-III, dans une autre galaxie, et quelle que fût son érudition, je ne suis jamais parvenu à comprendre un spécialiste de théâtre qui clamait très haut qu'il n'y allait jamais, et que la représentation en soi ne l'intéressait pas…
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 juin 2007

"s'atteler à un taureau"

Après avoir formulé des hypothèses heuristiques sur cette métaphore inusitée, vous en montrerez dans une perspective résolument constructiviste, la fécondité pédagogique au bénéfice de la socialisation des apprenants.

Mémoire de fin de stage de l'IUFM de Maison-Alfort par Marcel Le Fol, futur professeur des Ecoles :

"S'atteler à un taureau".

Avec mes chaleureux remerciements pour la partie pratique au professeur Le Boeuf, directeur de l'Ecole vétérinaire de Maison-Alfort (plainte déposée le 26/06/07 pour tentative d'assassinat avec préméditation)

"S'atteler à un taureau" :

Il est indispensable pour un apprenant, futur formateur d'apprenants, de renoncer provisoirement aux innombrables bénéfices de la théorisation des processus socio-cognitifs en faveur de ceux de la praxis, dont Karl Marx et Friedrich Engels, disaient qu'elle était destinée à détrôner la philosophie : "Jusqu'à présent les philosophes se sont contentés de penser le monde, il s'agit à présent de le changer." (cités par Monsieur Philippe Meirieu, page 2009, Introduction au court Traité des sciences pédagogiques)

La suite au prochain numéro...

Ecrit par : Robin | 26 juin 2007

Ne pas parler de la Saint-Barthélémy , parce que, comem chacun sait, seul l'Islam commet des massacres religieux.Etc....

Guerres de religion ou guerre féodale (avec des nobles qui abjurent selon les circonstances ? ou dégâts collatéraux du siècle d'or (Coligny qui baisse son froc pour recouvrer la liberté après sa piteuse à Cateau-Cambrésis alors que le brave François reprenait Calais?
Guerres de religion ? Vision simpliste du simplet.

Et puis, à côté du bilan des colonnes infernales de Turreau ou des méthodes expéditives d'un Westerman, la Saint Barth c'était plutôt gentillet (c'est simplement une Nuit des longs couteaux qui a foiré suite à un attentat perpétré sans doute par l'Espagne because touche pas mes Provinces Unies).

Ecrit par : Guillaume | 26 juin 2007

"christophe sibille, votre distinction entre le plan administratif et le plan pédagogique me paraît artificielle ou malhonnête. Les 2 plans sont intimement liés. Et vous le savez très bien."


Ecrit par : georges | 26 juin 2007

Que vous vous décarcassiez ou pas, que vous soyez un prof(esseur) efficace ou un gros naze, que vous soyez un prof(esseur) intéressé par votre job ou que vous n'en ayez pas grand chose à faire, la reconnaissance que vous pourrez en avoir de la part de l'administration ne sera, au bout du compte, pas très différente. Et vous le savez parfaitement également. Soyez donc honnête vous-même!

Ecrit par : christophe sibille | 26 juin 2007

Pardon cher Monsieur Brighelli d'avoir écorché votre joli petit nom italien sonore et poétique. Je me suis pourtant relu... Carrère est un nom beaucoup plus modeste et fréquent parce qu'il signifie la rue en catalan. Cette rue peut-être sur laquelle roulèrent les fiacres de vadé et les charriots de Thespis, emportant avec eux, valse mélancolique et langoureux vertige, les farces des Arlecchino et les rires des Brighella.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

oups ! pas Provinces Unies mais bien Pays Bas espagnols

Ecrit par : Guillaume | 26 juin 2007

Chariot (un r) , Vadé (majuscule). Là encore je m'étais relu...

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

@ Thalie : Pourquoi ne tenteriez-vous pas d'obtenir un poste en classe prépa ? Vous êtes agrégée et vous avez 47 ans, ça devrait être faisable. Ces postes sont des postes spécifiques et sont hors mouvement, si je ne m'abuse. Je crois que ce sont les IG qui se chargent du recrutement (JPB, pouvez-vous confirmer?).

Au fait, Thalie : vous êtes bien agrégée d'anglais, ou je me trompe ?

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

"Je comprends bien votre souci de montrer à vos élèves la profondeur abyssale de leur ignorance, mais croyez vous vraiment qu’ils liront tout çà ? En plus de la lecture des trois œuvres au programme, ils vont devoir revoir tout leur programme de maths, physique, chimie, sans compter la sortie du dernier Harry Potter le 21 juillet ! "

Ecrit par : yann | 25 juin 2007

Même si les étudiants ne lisent pas tout, ou si la liste des ouvrages est éloignée du programme de l'année suivante, on prend peu le temps de lire en prépa scientifique, et bouquiner pendant les vacances est une aération de l'esprit nécessaire avant d'attaquer l'année suivante. Cela dépoussière les recoins du cerveau que les équations et les théorèmes ont tendance à envahir.
Je me souviens pour ma part avoir découvert avec bonheur et sur les conseils de nos profs de lettres, pendant les vacances entre sup et spé, Dostoïevski, Faulkner, Henry James, Gracq...

Ecrit par : Japhet | 26 juin 2007

D'autant plus que la vie ne s'arrête pas à l'année de prépa dont le but est d'intégrer et non de s'épanouir.
Ecrit par : dobolino | 25 juin 2007

Chère Dobolino, il me semble que de nos jours, toutes les prépas se font en deux ans, les dernières à être passées sous ce régime étant les HEC et les Vétos (qui sont confondues avec les prépas bios maintenant).

Ecrit par : Japhet | 26 juin 2007

JPB, mon allusion à Forestier était juste pour voir ce que vous pensiez de lui. Je m'attendais un peu à votre réaction. Vous savez évidemment qu'il a été le must "incontournable" sur Corneille, il y a quelques années et j'ai des amis qui passant un certain concours m'ont dit avoir sué sur ses écrits; sué parce que les candidats n'étaient plus autorisés à penser en dehors de ses écrits et à citer les autres critiques. J'ai vu par ailleurs qu'il "investissait" toutes les comédies et tragédies du 17ème via les étudiants qu'il a en master et en doctorat.
J'ai toujours trouvé bizarre dans nos études de lettres à l'université ces "effets de mode critique" qui plongent les étudiants dans une doxa temporaire, due à la recherche ponctuelle d'un prof ou d'un groupe de chercheurs. Des lectures nouvelles, c'est bien mais quand elles prennent l'allure d'une "obligation", c'est étrange. Enfin, ce n'est pas le cas sur tous les auteurs, c'est vrai.
Quand je disais que j'aimerais bien entendre vos cours sur le programme de prépas, je pensais aussi qu'on ferait peut-être "respirer" les collègues du secondaire si on leur permettait d'avoir une vraie formation continue. Celle qui nous permettrait d'aller écouter les universitaires et voir où ils en sont dans notre propre matière. Car peu de collègues le font par eux-mêmes.

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007

Moi j'étais en prépa bio à Lakanal en 1990. J'y ai découvert Ronsard et Pascal en autodidacte, pour m'aérer les méninges, comme on dit. Depuis, je suis prof de lettres... Et malgré l'état de délabrement extrêmement avancé de l'enseignement en France, et de celui des humanités tout particulièrement, je ne le regrette ABSOLUMENT pas. L'année prochaine je publierai même une biographie de Leconte de Lisle chez fayard, dans la grosse collection des universitaires qui en jettent. Parfois, ce qui semble accessoire devient essentiel, et lycée de Versailles. (de Sceaux, en ce qui me concerne, mais c'est moins drôle.)

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

J'ai toujours trouvé bizarre dans nos études de lettres à l'université ces "effets de mode critique" qui plongent les étudiants dans une doxa temporaire, due à la recherche ponctuelle d'un prof ou d'un groupe de chercheurs. Des lectures nouvelles, c'est bien mais quand elles prennent l'allure d'une "obligation", c'est étrange. Enfin, ce n'est pas le cas sur tous les auteurs, c'est vrai.
Quand je disais que j'aimerais bien entendre vos cours sur le programme de prépas, je pensais aussi qu'on ferait peut-être "respirer" les collègues du secondaire si on leur permettait d'avoir une vraie formation continue. Celle qui nous permettrait d'aller écouter les universitaires et voir où ils en sont dans notre propre matière. Car peu de collègues le font par eux-mêmes.

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007


Les effets de modes universitaires me semblaient justement tempérés par la scolarité en prépa. J'ai passé ma licence et ma maîtrise en "candidat libre", sans aller à la fac, mais en continuant à fréquenter les cours de mes profs de khâgne, justement parce qu'ils était plus éclectiques.

Ecrit par : Christophe | 26 juin 2007

Kap, non de lettres modernes. Et dans la ville où je suis qui n'est pas si loin de Paris , les prépas sont très courues. Et il y a des jeunots beaucoup plus doués que moi,normaliens, bardés de thèse achevée et d'articles en tous genres à qui on donne ce genre de postes et c'est tout-à- fait justifié, normal et souhaitable. Dans une prépa archi-"rurale" comme dirait notre hôte, ce serait peut-être jouable et encore...Vous savez il n'y a aps beaucoup de postes de ce type qui se libèrent; quand les collègues en ont un...On ferait bien pareil.
Merci quand même, Kap.

Ecrit par : Thalie | 26 juin 2007

"Vous savez il n'y a pas beaucoup de postes de ce type qui se libèrent; quand les collègues en ont un...On ferait bien pareil."
Je le sais, mais si vous saviez ce qui est en train d'arriver au poste de ma mère, enseignante en classes préparatoires, vous ne seriez peut-être pas si pessimiste quant à vos chances d'obtenir un poste.

Quant aux normaliens : j'ai beaucoup d'amis normaliens. Ils fuient le secondaire comme la peste. Aucun de mes copains de prépa entrés à Normale n'enseigne au lycée (impossible donc pour eux de postuler en prépa - normalement). Ils ont tous préféré partir à l'étranger, pour bosser à la fac, plutôt que d'entrer dans le secondaire. Certains, désespérés parce que cela fait bientôt 6/7 ans qu'ils espèrent un poste à la fac (poste qui ne vient jamais), ont décidé de quitter l'enseignement. Je serais curieuse de savoir quel est le pourcentage de membres des promos de Normale d'il y a 5/10 ans qui enseignent dans le secondaire. Je pense que c'est minime. Je me souviens avoir tuyauté une connaissance normalienne sur un poste de prépa qui se libérait dans le lycée de mes parents (il ne trouvait rien à la fac). Il n'était que vaguement intéressé et, surtout, ça l'emmerdait de se retrouver dans le secondaire. Il a finalement renoncer au dernier moment pour un poste d'ATER dans la toute petite fac qui se trouvait à coté du lycée en question.

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

"Merci quand même, Kap."

Mais de rien, Thalie. :)

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

"il a renoncé", bien sur.

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

"sûr"

C'est pas vrai...

Ecrit par : Kap | 26 juin 2007

Chère Thalie, il existe aussi le ministère des affaires étrangères : conseiller culturel ou attaché d'ambassade... On voyage, on est très bien payés, et pour peu que vous teniez le brandy, le reste ne vous posera aucun problème. Mais là, comme pour certains postes en prépas (je suppose, mais je me trompe sûrement), le copinage, les relations, les loges en tous genres et un bon coup de piston peuvent aider, voire carrément suffire... Pierre R., un agrégé d'anglais franc-maçon (je n'ai rien contre les maçons, moi-même je suis très franc), le mari d'une ministre sous Mitterrand, ex-maire de Lisieux, sans doute pour de pieuses raisons, était prof en Khâgne à Louis le Grand. Je l'ai rencontré, je le connais (et même le déteste), et je puis vous assurer qu'il n'est certainement pas meilleur que vous. Seulement, il naviguait dans une certaine sphère, un univers, un microcosme où vous ne naviguez pas et connaissais des gens que vous ne connaissez pas... Amitiés.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Chère Dobolino, il me semble que de nos jours, toutes les prépas se font en deux ans, les dernières à être passées sous ce régime étant les HEC et les Vétos (qui sont confondues avec les prépas bios maintenant).

Ecrit par : Japhet | 26 juin 2007
Oui... prépa véto LLK 1976/77, intégrée en bizuth car c'est un plat dont on évite de demander du rab quand on a pour objectif de mettre la main au cul de la vache et de tirer sur le veau. trente après, on a parfois la bêtise de regretter cette époque "bénie". Il est toujours joli le temps passé... Fruit de l'endoctrinement d'une famille d'universitaires pour qui le monde s'arrête à l'obtention d'un diplome de grande école comme si c'était une fin en soi et non un moyen.

Ecrit par : dobolino | 26 juin 2007

Les examens et concours tiennent en France, comme dans la Chine des mandarins, une place exorbitante. Le temps de cuire un oeuf se jouent des vies entières. Beaucoup d'oraux de concours consistent en une question tirée au sort. - " Le concours, stipulait un règlement en forme de canular, sera passé sur des sujets tirés au sort " -, suivie d'une conversation d'une longueur et d'un intérêt très variables. La légende prétendait qu'au concours de l'ENA, parmi les thèmes jetés en vrac à une candidate qui devait plus tard faire une grande carrière, figurait cette question qui relevait sans doute du droit fiscal : " Quelle est la différence entre un mari et un amant ? - Oh Monsieur, répond la candidate, c'est le jour et la nuit. " Jean d'Ormesson, Le rapport Gabriel, éd. Gallimard, 1995, p. 120.

Ecrit par : Christophe Carrère | 26 juin 2007

Un exemple dans l'histoire récente pour montrer que les règles administratives ne sont pas toujours rigides.

C'était quand Jospin s'était parachuté dans la Haute-Garonne. Il y avait les “mutations Jospin” : certain(e)s au sortir de leur concours (donc barème zéro), ne partaient pas de la région et miraculeusement des postes étaient libres pour ces pistonné(e)s. Pour les autres : Pétaouchnoque-les-bains et le purgatoire.

Je n’ai pas la naïveté de croire que la droite a des pratiques différentes.

Ecrit par : Lariba | 26 juin 2007

Je reviens de correction de Brevet.....Affligeant, pas les copies. La fabrication même des sujets:
En histoire, un connard quelconque (un prof, forcément) a mis, pour illustrer la Chute du Mur de Berlin, une photo où l'on voit, l'été suivant, le 13 Juin 1990 (pourquoi 13 et pas 14 ,ça seul Adenauer le sait) des bulls démolir le mur. Du coup, boum les trois quart des mômes nous racontent que la chute du mur de Berlin c'est le 13 Juin 1990.....
Et puis, on nous fait mariner à 20 profs dans une salle, en attendant mystérieusement un "harmonisateur". Comme je fus déçu quand je vis arriver une belle plante, style Corinne D'Epeautre De Croissy, et pas un lapin en peluche bleu et blanc arrivant avec un énorme diapason en gueulant "la la la harmonica............".
Et cette Corinne d'Epeautre De Croissy qui doit s'appeler en fait Nathalie Bouchetroux, arrive, jambes en dedans, un peu piteuse, la pauvre...elle nosu annonce tout de go qu'elel a été désigné par je ne sais plus quel cloporte rectal pour être harmonisatrice....laaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
Elle se met à nous débiter les connerie habituels des meurtriers des IUFM, sur la souplesse qui gnagnagni doit caractériser l'appréciation gnagnagnon des barèmes...
Elle se fait copieusement engueuler de façon injuste, par moi aussi, d'ailleurs. Comme le rectorat est trop couard pour envoyer un des ses Roussanov, un de ses Freisler au feu, il biaise en confiant la patate chaude à des profs, un peu niais, d'ailleurs d'accepter ce job, dont en plus la pauvre nous dit qu'elle ne touche pas un fifrelin.

Bref, personne n'écoute, ne tient compte de ce qu'elle dit, elle non plus.L'ambiance habituelle. Survient l'inévitable proviseur adjoint, sorte de Renaud Dutreil un peu trop pâteux qui nous apporte des thermos de caoua et des madeleines en sachet Guillou, la marque des commissariats, des hostos, des zonzons, de l'ENat. Le café......Même des porcs n'en eussent pas voulu...une honte. Une insulte au Brésil. Un affront à Mocambo. Une claque dans la tronche à Clooney...hein, les filles ,what else????
Voilà, une tranche de vie de prof, agrégé ou certifiés, même café, même mépris, même désinvolture, même tarif (0, 34euros par copie). Alors Thalie, heureuse????
Quand je lie (pardon ma plume a fourché mais était-ce vraiment un fourchage de langue) ce qui a été écrit ici depuis ce matin , y a de quoi faire une pièce.....Le fantasme du Lycée parisien..à se rouler en boule de rire....Pas mieux payés, considérés comme des merdes par des parents qui gegnent cinq à dix fois plus que nous, et des mômes qui jaugent nos fringues, des copies meumeu pour des bons petits ouikandes à écouter Pendereki, Ligety ou Jeanseb à fond la caisse pour faire cultivé, montrer qu'on est agrégés,NOUS, qu'on est sérieux, NOUS ,qu'on est profs à Jonquieres D'ORIOLA, NOUS, qu'on a 800 copies par ouikande, NOUS, que notre femme dé ménache ptouguèche elle dit qué la madame elle travaille dans lencheignement.......et puis la retraite venant doucement, che dire que ma foi, ces gros nuls de chertigfiés en collèges cornet de frites, ils en sont au même point que nous et n'ont pas branlé grand chose. En plus, l'administrachion nous traite pas mieux qu'eux NOUS.

Ecrit par : montaigneàcheval | 26 juin 2007

conneries habituelles..... THalie vzavez raison, me fréquentez pas....

Ecrit par : montaigneàcheval | 26 juin 2007

Mac, une réflexion de proviseur qui vous fera plaisir :
« Les secondes seront de bons élèves cette année, ils ont tous le brevet. »

Ecrit par : Lariba | 26 juin