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19 juin 2007
Monument en péril
Le Bac, monument en péril
J’ai trouvé sur le site de Sauver les Lettres (http://www.sauv.net/ctrc.php?id=842), qui rassemble en ce moment les témoignages les plus divers sur l’Epreuve Anticipée de Français (EAF, en jargon de l’Education), le témoignage suivant, signé « Y.Z. » :
« Je suis allé à la réunion d’harmonisation pour l’écrit de l’EAF avec un paquet de 90 copies, comme plusieurs collègues de l’académie de Lille dont je suis. Evidemment, j’ai aussi 70 candidats à l’oral, et j’ai eu des surveillances à faire après réception des copies et des descriptifs. C’est donc fatigué mais désireux de faire au mieux pour les élèves que je suis allé à cette réunion, dont je tiens absolument à publier les moments les plus significatifs.
« Les collègues chargées de l’animer (1) ont ouvert le bal en précisant qu’on leur avait demandé de bien insister sur le fait que l’orthographe n’était qu’un critère d’évaluation parmi d’autres. Le document académique d’aide à la correction commence lui aussi par cette idée que « l’orthographe n’est qu’une composante de la correction de l’expression ». Quelques collègues osent rappeler qu’il s’agit d’un écrit de français. On sort alors l’artillerie lourde : notre matière, nous rétorque-t-on, est en danger (j’en conviens aisément), comme le latin ou l’allemand. Un collègue ironise, demandant si le français va devenir une langue facultative.
« On nous explique que c’est parce que nous ne savons pas valoriser le travail des élèves. Ainsi nous explique-t-on comment corriger cette épreuve écrite : les professeurs chargées de préparer l’harmonisation ont demandé à des collègues pendant leur réunion de préparation de leur lire des copies à voix haute. Dans ce cas, on est beaucoup plus attentif aux qualités de la copie, on se rend compte qu’il y a des idées, des raisonnements parfaitement logiques… Certains collègues protestent, disent qu’il est ubuesque pour une épreuve écrite de faire abstraction précisément de l’écrit, et qu’on peut alors utiliser une écriture phonétique... Rien n’y fait, notre matière est en danger, par notre faute.
« On nous rappelle encore que pour le commentaire littéraire, il est hors de question de s’attendre à ce qu’il soit composé, cela ne concernant que les concours d’entrée aux ENS. Il y a bien longtemps, nous dit-on d’un air triomphant, que cela n’existe plus, et on devrait le savoir.
« La dissertation peut quant à elle se présenter sous la forme d’un catalogue de genres littéraires, sans réflexion.
« Quant à l’écriture d’invention, elle ne doit pas nécessairement comporter d’arguments.
« Les copies soumises à l’évaluation de tous sont abordées. Evidemment, les notes qu’on nous propose sont toujours au-dessus de la moyenne, et c’est le commentaire qui va déclencher le pugilat. On nous propose tout simplement 20/20. Des collègues avaient noté ce commentaire à 6/16, moi à 7/16. Les collègues sont priés de se justifier sur le champ, vraiment on ne comprend pas. Sauf que si le texte est compris, le commentaire consiste en un montage de citations qui ne sont pas intégrées dans des phrases, et pas toujours commentées. Il y a bien sûr plusieurs fautes, mais on nous a déjà dit de faire lire les copies par un collègue pour ne pas les voir.
« C’en est trop, je prends la parole, je dis qu’il en est du bac comme du brevet, que c’est la même fumisterie, que les directives de correction sont là pour faire monter les notes sans aucun discernement, et que dans ce cas-là on ferait mieux de s’épargner les corrections et de donner le bac à tout le monde sans le faire passer. Je précise que si notre matière est en danger, c’est bien à cause des méthodes qu’elles proposent, et parce que le français se dissout dans l’appréciation d’idées, ou d’une culture vague alors que nous ne sommes ni sociologues, ni historiens des idées. On essaie de m’interrompre, on n’est pas d’accord du tout (mais les collègues présents approuvent pour la plupart, le disent ou le font bien sentir). Le ton monte, et l’on conclut ainsi « on n’est quand même pas des constipés de la note ! » Cette copie devrait susciter notre « jubilation », et les copies qu’on va trouver dans nos paquets devraient nous le faire comprendre.
« Je ne dis plus rien, je rentre écoeuré, et je passe la nuit sans dormir. Je me console en pensant qu’on nous a promis à l’oral que les IPR passeraient, bien décidés à ce qu’on procède par « écoute active, évaluation positive » ! Qu’on se le tienne pour dit, sinon gare… »
Pourquoi tant de colère, mon cher Y.Z. ? Le Bac — qu’il s’agisse des épreuves anticipées de Première ou de celles de Terminale — a été entraîné ces dernières années, par excès de pédagogie constructiviste, dans une spirale de déconstruction avancée. Et vous avez parfaitement raison lorsque vous dites qu’« il en est du bac comme du Brevet » : encore faudrait-il en tirer les conséquences, et faire passer le Bac comme on fait passer le Brevet. Puisqu’après tout, l’un comme l’autre ne valent plus grand’chose.
Le Bac est l’étalon le plus sûr de la sempiternelle « baisse de niveau », dont il est vrai qu’elle est invoquée depuis l’âge des cavernes. Je ne sais pas ce qu’est un niveau qui baisse, parce qu’il est vrai que l’on arguera toujours, avec la meilleur mauvaise foi du monde, que les lycéens d’aujourd’hui ont d’autres compétences que ceux d’hier, patati-patata (2). Mais je sais ce que vaut un examen, parce que c’est le marché qui nous le dit.
Avec le Brevet des années 60, on entrait — sur concours — dans une Ecole Normale, où en trois ans, on vous apprenait le métier d’instituteur, tout en vous amenant au Bac : on se retrouvait donc à enseigner le b-a-ba — sauf quelques illuminés qui commençait déjà à détruire les gosses avec la méthode globale — à 18 ans.
Aujourd’hui, on passe le Bac, puis la Licence, on entre — sur concours — dans un IUFM, où, en deux ans (Bac + 5 !) on vous apprend à devenir « professeur des écoles » — sauf que la plupart (demandez à Rachel Boutonnet !) ne connaissent rien au b-a-ba (3)…
Je suis donc fondé à dire qu’en termes de marché, un Bac 1965 vaut un Bac + 5 actuel — en admettant, même si c'est une fiction, que les compétences finales soient les mêmes. Le Bac est un examen aujourd’hui totalement dévalué — et il permettrait systématiquement d’entrer en université ? Mais des universités enfin autonomes vont y regarder à deux fois avant de combler leurs amphis avec des élèves d'un niveau Cinquième 1965 !
D’autant que plus de 50% des formations post-Bac ne recrutent pas sur le Bac, mais sur le livret scolaire : demandez donc aux BTS, IUT, ou aux classes préparatoires comment ça se passe !
Serait-il donc si scandaleux d’entériner le fait que le Bac n’est plus qu’un examen de fin d’études, bien plus qu’un passeport vers la vie professionnelle ? Serait-il donc si scandaleux d’intégrer une part de contrôle continu dans cet examen aujourd’hui bradé — en multipliant, comme on le fait déjà dès la Seconde, et avec la bénédiction des parents, des « devoirs communs », des « Bacs blancs » — en fait, des compositions trimestrielles qui n’osent pas dire leur nom : chassez le passé, il revient au galop.
Ne passeraient alors d’épreuves finales que ceux qui ne seraient pas parvenus à une moyenne calculée sur deux ou trois ans — un moyen comme un autre d’obtenir trois ans durant de la motivation, du sérieux dans les classes, et du silence dans les rangs !
Je ne parle que pour mémoire de à-côtés pratiques : le Bac coûte aujourd’hui, selon les estimations, entre 40 et 200 millions d’euros. Surtout, il mobilise les enseignants, ferme les lycées, et envoie les élèves dans la rue — ou à la plage — au grand dam des familles. J’ai toujours trouvé que la semaine d’un lycéen était considérable, et les temps de récupération, ou d’activités annexes, ridiculement courts. En calculant une année scolaire sur huit mois réels, et non plus sept comme aujourd’hui (compte tenu des diverses vacances, et de ce mois de juin passé aux pertes plus qu'aux profits), on pourrait sans doute alléger considérablement la charge de travail hebdomadaire, ou mieux répartir les programmes — des programmes qu’il est par ailleurs urgent de modifier de fond en comble, mais c’est une autre histoire.
Jean-Paul Brighelli
PS. Un réalisateur ami cherche des témoignages immédiats sur les pressions exercées sur les correcteurs pour le Bac. Si vous êtes prêt(e) à témoigner devant une caméra, contactez donc Emmanuel Amara, emanamara@hotmail.com
(1) Les enseignants qui transmettent ainsi à leurs collègues les consignes rectorales et / ou ministérielles sont désormais assurés d’avancer « au grand choix », et sont bien placés pour passer à la « hors-classe », Graal de tout fonctionnaire, qui se décroche dorénavant en fonction de « l’investissement administratif », et non plus selon ses mérites pédagogiques… C’est dire à quel point ils font du zèle.
(2) L'université de Québec, confrontée comme les universités françaises à un niveau orthographique catastrophique, a décidé d'enlever un point par faute pour tout travail réalisé chez soi. En deux semaines, nos cousins canadiens ont éradiqué les scories que les étudiants laissaient traîner sur leurs devoirs. La carotte, certes, mais le bâton, pourquoi pas ?
(3) Rachel Boutonnet, Journal d’une institutrice clandestine, Ramsay, 2003.
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Commentaires
c'est marrant, je ne sais pas pourquoi cette histoire me fait penser à un truc raconté par un de mes collègues ( nous sommes prof de sciences physiques en lycée, enfin on essaye...), inspecté il y a 2 mois: devant ses remarques sur les compétances de nos élèves, l'inspecteur lui a tout bonnement indiqué que c'était un fait acquis à présent que les notes en TS en sciences étaient de 14,5/20 en moyenne au bac... ( à vérifier cette année, mais exact pour l'an passé! ).
Tout ça avec la merveilleuse volonté de "valoriser" les carrières scientifiques ... qui sont désertées depuis 1995 - années du premier bac des TS mouture "loi Jospin"... bizarre non ??
allez un aveu: je suis de ceux qui, si ils en ont la possibilité, changera volontier de métier, puisque l'école à été detruite ( avec les meilleures intentions du monde en plus).
Ecrit par : fcamb | 19 juin 2007
Je n'ai pas l'historique précis en tête, mais il me semble que ce sont les mêmes qui réclamaient le contrôle continu en 68 qui ont manifesté contre la loi Fillon en 2005, qui proposait ... le contrôle continu !
Faudrait savoir ! S'opposer pour s'opposer ne sert à rien.
Bien sûr que le bac ne vaut plus rien. Et que le contrôle continu existe déjà, puisque de plus en plus de filières recrutent sur dossier.
Qui aura le courage de réformer cette usine à gaz ?
Ecrit par : yann | 19 juin 2007
Petite parenthèse hors sujet, mais vous voudrez bien me pardonner :
Bernard Laporte ministre des sports !
"le pilier" va nous en faire une jaunisse !!!! (s'il n'en a pas déjà une suite à une overdose de Ricard...)
Ecrit par : yann | 19 juin 2007
petit marque page, pas le temps de m'attarder en ce moment...bonjour à tous
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 19 juin 2007
Consigne de correction officieuse pour le sujet de TERMINALE LITTERAIRE :
PAS PLUS DE 1 à 3 POINTS MAXIMUM POUR L'EXPRESSION ET L'ORTHOGRAPHE !
Ecrit par : Jeremy | 19 juin 2007
Moi je suis pret à témoigner, mais pas devant une camera !
Je suis déjà mal vu par l'équipe et par le pro, il ne me reste plus grand monde !
Ecrit par : Jeremy | 19 juin 2007
tiens, puisqu'on parle de proviseur et d'adjoint : cette année l'équipe de maths puis de français de mon lycée ont étées reçu par l'adjoint: c'est un scandale de mettre des notes si basses aux bac blanc, "vous notez comme il, y a 50 ans"... et oui ! qu'on se le dise, pour etre moderne, il faut avoir une moyenne de 15/20, sinon on est ( attention l'insulte suprème arrive : ) "réactionnaire"...
que ne faut il pas faire pour dissimuler l'ampleur de cette catastrophe culturelle ...
Ecrit par : fcamb | 19 juin 2007
Moi je suis pret à témoigner, mais pas devant une camera !
Je suis déjà mal vu par l'équipe et par le pro, il ne me reste plus grand monde !
Ecrit par : Jeremy | 19 juin 2007
Jérémy vous pouvez le faire tout aussi anonymement , en restant dans l'ombre devant une caméra que sur un blog.Franchement si personne n'a le courage de faire ce type de témoignage même anonymement comment faire cesser cet état de fait? Il y a quinze ans, j'étais surveillante d'externat, et je sais pour l'avoir entendu en salle de profs que ce type de consignes existait déjà,officieusement...est-ce le fruit de mon imagination?
Allez Jérémy envoyez un petit mail et agissez en accord avec vos convictions, s'il vous plait... on ne peut pas accepter ce bac au rabais. La polémique renaît chaque année à la même saison, seules les voix qui se regrouperont de plus en plus nombreuses crédibiliseront votre révolte devant une telle tartufferie alors autant utiliser les moyens qui s'offrent à nous et la télé a du poids !
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 19 juin 2007
J'ai le souvenir qu'une camarade de maths sup venant du Maroc m'avait raconté comment ils passaient le bac là-bas (à confirmer bien sur...je n'ai pas vérifié mais je trouve que l'idée est pas mal).
Voilà, elle me disait qu'ils passaient des preuves communes tous les six mois depuis la seconde.C'est à dire six examens en tout sur 3 ans et qu'ils obtenaient le bac (ou un équivalent je ne sais plus exactement) s'ils avaient la moyenne sur les trois ans. Dans ce principe il y a donc moins de stresse car plus de chance de se rattraper aux futures épreuves. Les résultats sont plus représentatifs du niveau qu'en controle continu (ces examens plus surveillés qu'une simple interro). Et puis ça fait un bon compromis entre le controle continu et l'epreuve terminale du bac. Enfin, et surtout, les élèves travaillent sérieusement (ou presque) de la seconde à la terminale au lieu de demander systématiquement le passage en classe supérieure en rien faisant pour passer trois fois le bac en terminale.
Je trouve le fonctionnement pas mal (un peu comme en fac) qui permettrait peut etre d'essayer de relever un peu le niveau de notre baccalauréat!
Ecrit par : dim | 19 juin 2007
Consignes pour l’oral de première du bac STI en histoire-géographie.
On s’adresse par écrit à l’examinateur comme si c’était forcément un débile et un horrible bourreau d’enfants. Les sous-entendus dans toutes ces instructions nous font voir ce qu’il y a dans un cerveau de pédagogo.
« Un accueil bienveillant doit atténuer le trac, bien compréhensible d’un adolescent qui affronte pour la première fois un examen oral public. On se gardera bien de désarçonner le candidat par une intervention trop vive ou ironique que de le laisser s’enferrer. Il va de soi qu’on s’interdira tout propos étranger à l’interrogation qui pourrait donner suite à penser que l’on juge autre chose que ses réponses… Écoute attentive et absence de remarques, gestes… pouvant être interprétés par les candidats. »
Pour les neuneus complets :
« La note est globale pour l’ensemble de l’épreuve et doit utiliser tout l’éventail des notes de 0 à 20. » Ouf ! je craignais de devoir mettre des notes négatives ou de noter sur 25 comme en maths. Note globale, en français courant, ça signifie moyennes plus élevées. Ce qui n’empêche pas de nous fournir deux grigrilles avec cases à cocher. Y peuvent vivre sans grilles, les pauvres !
Et à la fin, une sorte d’envoi qui n’est pas neutre et qui n'est pas une banalité : « Nous savons pouvoir compter sur le sérieux et le professionnalisme de chacun. »
Nous qui connaissons la maison, savons bien ce que ce genre de blabla veut dire en réalité : infantilisme, flicage et surtout trouille de bureaucrates qui font dans les flux et les stocks.
Ecrit par : Lariba | 19 juin 2007
Les collègues chargées de l’animer (1)
(1) Les enseignants qui transmettent ainsi à leurs collègues les consignes rectorales et / ou ministérielles sont désormais assurés d’avancer « au grand choix », et sont bien placés pour passer à la « hors-classe », Graal de tout fonctionnaire, qui se décroche dorénavant en fonction de « l’investissement administratif », et non plus selon ses mérites pédagogiques… C’est dire à quel point ils font du zèle.
Permettez moi mon cher ami de nuancer vos propos. Il y a des IPR, certes trop peu nombreux,qui n'évaluent pas les enseignants en fonction de leur servilité aux dogmes officiels mais de leurs mérites pédagogiques et de leur capacité à faire face aux situations inextricables dans lesquelles l'administration nous met.
Cette années les collègues "animateurs d'harmonisation" (encore une expression de langue de bois secretée par notre administration championne du monde en la matière!) se sont contentés dans ma discipline et dans mon académie de transmettre le barême établi avec l'IPR. On sentait bien leur désaccord avec le barême.Exactement le contraire de ce qui s'est passé à Lilles en Français!
Que voulez vous faire?
A quand une consigne d'un syndicat pour mettre 20/20 à tout le monde et d'embarrasser l'administration de 20% de plus de bacheliers non prévus dont elle ne serait que faire?
Je serai le premier à la suivre.Le paquet serait vite corrigé
A jouer au con autant le jouer encore plus franchement qu'eux!
Dans la sphère professionnelle, à part l'inertie qu'on peut opposer à cette administration devenue folle je ne vois vraiment pas ce qu'on peut faire.
Tout doit se jouer dans la sphère publique et politique :"seules les voix qui se regrouperont de plus en plus nombreuses crédibiliseront votre révolte devant une telle tartufferie alors autant utiliser les moyens qui s'offrent à nous et la télé a du poids !"
D'autant plus ,qu'en plus du prix humain, elle coûte 200 millions d'euros soit deux fois plus que les retraites des politiques qui encaissent six fois plus qu'ils ne cotisent.
Ce qui n'est pas grand chose sur le budget de la France aux dires de Juppé.Une telle indécence est à mes yeux largement suffisante pour me réjouir de sa défaite!
Ecrit par : JO | 19 juin 2007
Le Julliard du PS promet une rentrée difficile si le texte sur l'autonomie des universités passe. Ce crétin s'offusque que l'on parle de sélection pour les masters. C'est pourtant déjà le cas actuellement. Les bons masters actuels sont sélectifs.
Pourra-t-on jamais changer quelque chose dans ce triste pays?
Ecrit par : Thalie | 19 juin 2007
Autre témoignage sur la grande braderie :
Education. Pour stabiliser les taux de réussite, les correcteurs ont été invités à relever leurs appréciations.
Bac : le grand marchandage des notes avant les résultats. (Le Figaro Lundi 4 juillet 2005) Marie-Estelle Pech.
Alors que les élèves de terminale s’apprêtent aujourd’hui, le ventre noué, à découvrir leurs résultats au bac, savent-ils que les correcteurs ont parfois « modifié » des notes selon d’autres appréciations que celles de leur copies ? Tous les ans, dès la fin des épreuves écrites, une négociation entre correcteurs et inspecteurs régionaux se met en place lors de "deux commissions d'harmonisation "successives, académie par académie. Les enseignants que nous avons interrogés divergent sur l’objet de cette intervention. Les uns disent qu’elle a pour but d’aider les candidats à obtenir le bac, tandis que les autres affirment qu’elle sert à lisser les notes et éviter les injustices.
Une chose est sûre : la note finale n’est pratiquement jamais la note initiale. Selon un professeur d’histoire-géographie, « dans ma discipline, cette année, 30 à 40 % des copies ont vu leur note relevée ».
Concrètement, une première commission de correcteurs établit un barème à la vue des premiers devoirs. Ce système permet d’éviter un taux de réussite trop bas si un exercice a été raté par une majorité d’élèves. « Une deuxième commission se réunit pour que 80 % obtiennent le bac », résume, lapidaire, ce même professeur qui dénonce un « vaste tripatouillage ».
Comme nombre de ses collègues, il décrit les pressions « feutrées »des inspecteurs pédagogiques qui encouragent les enseignants à mettre de bonnes notes. Les écarts entre les académies – parfois jusqu’à 10 % -peuvent agacer les rectorats. « L’an dernier, nous avons été parmi les pires dans cette matière, soyez indulgents ! », entendent-ils parfois. Les appréciations peuvent varier du tout u tout : en 2002, par exemple, un recteur a fit corriger une même copie de bac S en mathématiques par 100 correcteurs et obtenu des notes variant de 8 à 16 !
Depuis vingt ans, le ministère insiste sur la stabilité des taux de réussite. Ancien président de l’association des professeurs de mathématiques, Jean-Paul Bardoulat se souvient d’une commission où l’inspecteur avait carrément dit que les taux trop faibles faisaient exploser les lycées et les taux trop forts faisaient imploser l’université !
« Je ne suis pas contre le fait de gérer les flux mais il faut cesser de le dissimuler », s’agace cet enseignant. « On nous met la pression pour élever les moyennes, mais tout le monde se contrefiche que les élèves aillent à la décapitation dans les études supérieures », confirme un professeur d’économie. Les brebis galeuses sont écartées au passage.
Les rectorats choisissent les professeurs qui mettent les notes les plus élevées en terminale et qui obtiennent la meilleure moyenne au bac, reconnaît Pierre Merle, sociologue et professeur à l’université de Rennes, spécialiste de l’évaluation scolaire.
Et les plus sévères sont parfois…privés de correction. En 1996, une examinatrice d’anglais a même été relevée pendant l’examen pour « notation trop sévère ». La moyenne des premières notes qu’elle avait attribuées à l’oral d’anglais s’élevait à 8. Evidemment, cette technique permet d’éliminer des enseignants exagérément sévères, comme ce professeur de philosophie qui avait mis 60 zéros sur 120 copies de S, sous prétexte qu’elles « n’étaient pas philosophiques ».
Lorsqu’un incident survient, les élèves n’ont rien à craindre. En 2003 comme en 1995, l’épreuve de maths de série S avait été jugée trop difficile. En notant les copies sur 22, voire 33 points dans certaines académies, tous les candidats avaient été sauvés. Pis, selon l’association des professeurs de mathématiques, la moyenne des maths cette année –là n’a jamais été aussi bonne ! « L’aubaine a profité aux mauvais élèves », regrette Jean-Paul Bardoulat.
Pierre Merle, sociologue professeur à l’université de Rennes, réfute cependant le reproche d’indulgence excessive.
« Les tests de niveau dans l’armée donnent les mêmes résultats depuis trente ans », argue-t-il. La seule année où le bac a été bradé, assure-t-il, c’était en 1968. Certes, l’orthographe s’est fortement détériorée depuis quelques années, reconnaît-il, confirmant une plainte récurrente des correcteurs. « Par contre, les élèves sont bien meilleurs à l’oral ou en informatique. » Surtout, le pouvoir des services d’inspection varie selon les professeurs, nuance-t-il.
Certains « intégristes » considèrent que leur travail n’est pas discutable et refusent toute intervention. Et les commissions d’harmonisation permettent, selon lui, de « maîtriser les aléas de la correction même si le système est imparfait. »
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 19 juin 2007
Ah ! Julliard : ce gars de lettres ou de droit, syndicaliste étudiant qui bénéficie d'arrangements universitaires ( pour fonction syndicale : faut commencer jeune ! ), fils d'enseignant comme le facteur de Neuilly qui s'est attardé en fac d'histoire jusqu'à 27 ans ...Ah! la France qui gagne, qui se lève tôt . On la voit déjà émerger sur les bancs de la fac !
Ecrit par : Mengo | 19 juin 2007
@Jérémy,
je réalise en le relisant que mon post pourrait vous blesser , je n'ai pas choisi je crois les bons mots. Je voulais juste vous insuffler ce petit quelque chose (sans dute de pouvoir conserver l'anonymat...)qui pourrait vous conduire à l'action de dénoncer haut et fort ce qui vous exaspère dans ces consignes de solderie du Bac, le mois juin est un mois de soldes , tout y passe il faut croire à l'exception du loyer, de la facture edf/gdf, de l'alimentaire...
Merci en tout cas d'avoir exprimer votre envie de témoigner, c'est le début d'un espoir de changement...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 19 juin 2007
Ah oui, le fameux coup des "nouvelles compétences en informatique"!!!
Non mais sans blague, de quoi parle-t-on?
Pratiquement aucun lycéen ou jeune étudiant ne sais programmer quoi que ce soit.
Et même en confondant informatique et bureautique ce n'est guère mieux, avez-vous déjà vu un de ces jeunes se débattre avec un tableur ou un traitement de texte?
Et pour ce qui est d'internet, combien savent que ce qu'on lit sur le premier site venu n'est pas forcément vrai?
Ecrit par : Ancien prof | 19 juin 2007
salut J-P
Ecrit par : pierrot le zygo | 19 juin 2007
lire: doute...mois de juin...avoir exprimé!
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 juin 2007
Bonsoir,
Je n'ai pas lu tous les commentaires mais je réagis au quart de tour.
-Sur les pressions sur les correcteurs mais aussi sur les Jurys:
En juin 1986, j'ai été désigné par l'Inspecteur d'Académie d' un Département d'Outre-mer.pour assurer la présidence d'une des commissions du Brevet des Collèges rénové è l'initiative de Jean -Pierre Chevénement .
L'inspecteur d'Acasémie nous a transmis les instructions du Recteur: les résultats "bruts" , 25 % de réussite, n'étaient pas "politiquement acceptables" il fallait relever les notes pour obtenir au moins 50% .
Pour cela nous avons dû reprendre toutes les copies de français et, sans bien entendu les relire, avons portés systématiquement à 10 toutes les copies à partir de 8.
Les correcteurs avait du reste reçu pour instruction de porter leur note au "crayon" donc effaçable...
Bien sûr, j'ai vivement protesté faisant valoir que cette "instruction" était pour le moins peu respectueuses du travail des correcteurs.mais on m'a remis à ma place en me rappelant que j'étais fonctionnaire qui plus est stagiaire dand un corps d'encadrement et que "la première qualité d'un fonctionnaire, c'est d'obéir aux ordres "(sic)
Sauf erreur de ma part, le Ministre de l'Éducation Nationale était René Monory...
-la Hors-classe.
À tous les niveaux , Enseignants, Cadres, Personnel d'Inspection et de Direction l'introduction de la Hors-Classe, le "pyramidage " de corps antérieurement "cylindrique" a servi à une "mise au pas" sans précédent et totalement inconnue du public même cultivé.
Lionel Jospin et ses conseillers, Pierre Moscovici et Claude Allègre, savaient ce qu'ils faisaient. Les Syndicats ont protesté" pour la forme" . O,n ne comprend rien à la "montée" du pédagogisme depuis 1989 si l'on ne prend pas en compte cette "innovation" qui paraît au non-initiés relever du simple bon sens.
Le chantage à la Hors-classe favorise la cuture de la soumission tant chez les enseignants que chez les Personnels d'Inspection et de Direction car comme un collègue a coutume de dire "Il n'y a qu'une carotte mais les ânes sont nombreux."
Totalement hors-sujet, pour ceux à qui le "foulard" donne des boutons, j'ai reproduit l'Avis de la Halde sur "Les Amis de l'ABC"
Dura lex sed lex.
La Halde, le foulard "islamique" et les mères d’élèves...
Délibération n° 2007 - 117 du 14 mai 2007
mardi 19 juin 2007.
http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/article.php3?id_article=297
Ecrit par : Henri Grégoire | 20 juin 2007
Pour ce qui est de l'organisation du bac, un exemple qui fonctionne depuis plus de trente ans: celui du bac franco-allemand (lycées de Buc, Fribourg-en-Brisgau et Sarrebruck): le tiers de la note est constitué du contrôle continu sur deux ans (première et terminale), étant entendu que l'étude du français se poursuit obligatoirement jusqu'en terminale et que celle de la philosophie commence dès la première.; les 2/3 restants sont obtenus grâce à l'examen final.
Par ailleurs, pour rentrer dans ces établissements publics bi-nationaux, il faut se soumettre à des examens d'entrée, et les conditions de passage d'une classe à l'autre sont assez draconiennes. Visiblement, cela attire du monde: à Buc a même été créée récemment une section...anglophone (avec allemand LV 2 obligatoire, sans doute à destination des expatriés anglophones résidant en région parisienne).
Pour ceux que cela intéresse, deux sites:
http://www.dfglfa.net/dfg/
http://www.lfa-buc.com/
Ecrit par : Meles | 20 juin 2007
A propos de Hollande et de Gouda,
A propos de cornes, comme dirait le regrettissime Bobby Lapointe, ayons une pense émue pour les électeurs de la circonscription de Drancy. Le maire, JC LAGARDE s’était présenté à la députation sous l’étiquette MODEM. Boum, élu. Et à peine 24 heures après, il sort de son atelier son superbe doigt d’honneur en acajou, superbe,bien raide,à l’intention de ses meuuuuuuuh d’électeurs et trahit le François la Bafouille pour aller rejoindre le marigot des centristes sarkomachins. On avait, j’avais crée le néologisme bessonner pour trahir. En fait, Besson n’a trahi que le PS, et c’est parfait. là, il s’agit, ni plus ni moins d’un déni de démocratie.
On me dira, c’t'anecdotique votre truc. Aucun intérêt. Si. Cela en dit long sur le respect des élus pour leurs électeurs.
Pendant que j’écrivais à propos de ce cocufiage en règle, , voilà-t-y pas que Fadela Groseille se maque avec Christine Duquesnoy…..L’alliance de la carpe et du lapin, de la pute et de la soumise…..Boutin……un personnage pour “le Miraculé”. Presque irréelle tant elle est cathograve. Amara….attirée naïvement par ce qu’elle crit être l’ouverture. Beurettissime.Sorte d'Azouz Begag femelle. Seulement voilà, tous, ils ne savent pas que le petit Nicolas a reçu de son papa et de sa maman un coffret “Combines politiques 2000″ jeu éducatif, édité par Fernand Nathan.
Des expériences faciles à réaliser et qui raviront la famille:
a) enculer son électorat.
b) faire mariner dans le même hôtel XVIIIème une carpe et iun lapin
c) faire un élevage de traîtres hors sol
et 234 autres expériences amusantes.
Faire exploser Aschiéri, le con de la FSU en lui glissant une cigarette de nitroglycérine dans la poche de son veston CAMIF….boum!!! éclat de rire général.
Accrocher une bouse de zébu dans le dos de Roselyne Bachelot et se panquer derrière les tentures de l’Elysée en se tapant des barres avec Fillon….
Téléphoner aux FARC en leur annonçant la mort d’Uribe….et mettre un coussin pêteur sur le siège de Kouchner pendant qu’il téléphone.
Annoncer à Jean-Marie Bockel qu’il est au koufernement et le convoquer à Matignon. Lui dire “Entre” et Vladaboum, il se prend un seau de choucroute sur la tronche. Bidonnage garanti.
C’est ça le quinquennat Sarko. Bizutageland.
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
Montaigneàcheval, ne croyez-vous pas que, pour la sodomisation qu'ils sont en train de subir, les françois commencent à bien sentir la moutarde et les gravillons utilisés en sus par not' bon président, et en viennent à se dire que, finalement, ça commence à faire beaucoup en si peu de temps, surtout si on y ajoute son sourire narquois?
Ecrit par : christophe sibille | 20 juin 2007
Etant donné ce que (euphémisme!) les élèves peuvent apprendre en français entre le CP et la classe terminale avec les méthodes pédagogiques en vigueur, n'est-il pas ridicule de vouloir un baccalauréat de français "exigeant"?
J'ai l'exemple d'un élève de 1ère S d'un lycée illustre de province. Le pauvre ne comprend strictement rien à ce que lui raconte son professeur, une brave intellectuelle qui s'imagine qu'elle prépare ses élèves au CAPES de Lettres modernes. Personne, dans cette classe , ne comprend rien à ce qu'elle dit. Pour le bac, il va donc apprendre par coeur le tas de "lectures analytiques" qui fait exploser son classeur. Bilan, un psittacisme effréné, et conjointement l'incapacité radicale à exprimer une pensée personnelle simple et claire.
Oui, on peut supprimer ce bac-là, ou réformer la pédagogie du français en profondeur, car il est vain de vouloir exiger des élèves ce qu'ils sont incapables de donner, et le remplacer par du contrôle continu.
Ecrit par : Jean | 20 juin 2007
Cher Messyre Sibille, ie croyst vous avez rayson. Les preux subjects du Roy de France ont été célères à sentyr objet contondant et royde entrer en leur cul.
Je suis absolument de votre avis, a propos de la moutarde et des gravillons auxquels vous me permettrez d'ajouter un clystère de harissa.
Le Hongrois en fait trop. C'est indubitable. Non seulement il en fait trop mais avec ce sourire dont vous parlez. Fausse ouverture, faux passage en force, fausse rénvaton de la politique européenne, tout sonne faux dans ce piteux attelage.Et le plus scandaleux est que le spectacle de la gauche qui devrait pourtant se dire qu'elle revient de loin, est proprement atterrant....
Alors wait and see????
ou moving our asses????
petite parenthèse, j'ai lu , hier un artile féroce de la Süddeutschezeitung intitulé "Anstandspersonalien in Sarkozys Regierung??" "Personnalités-alibi dans le gouvernement Sarkozy??" en faisant allusion aux "gadgets" comme Rama Yade, Fadela Amara, Jean-Louis Borloo.....
Nous sommes, comme toujours , la risée de l'Europe.
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
Wait and see. Qu'on rigole un peu !
Ecrit par : catmano | 20 juin 2007
A propos du bachot -voyez, moi aussi, ça m'arrive de causer épicerie, ma collègue d'espagnol m'a montré l'épreuve de ladycte langue au Bac. Un texte sur les immigrés clandestins qui traversent le Estrecho de Gibraltar..... même moi, qui suis à peu près aussi calé en Espagnol qu'en Kabardinobalkare, j'aurais réussi à le traduire. A peu près.
Puis des questions. Le narrateur est un certain José (comme c'est original. Johann-Peter eût été plus zamuzant).
Question 1 (quand même rédigée en espagnol)
De quel pays vient José??
D'Espagne
Du Maroc
De Cuba
D'un pays d'Amerique Latne.....
et tout à lavement....un petit QCM miteux , qui dénote un sacré mépris pour les mômes.......Là encore contamination par la peste purulente de la gauche et des IUFM. Ohlala ,le savoir traumatise. Rassurons. Et faisons des QCM pour les grands flandrins de 18 berges sur Oui-Oui....ou le Manège Enchanté.... Affligeant.
tournicotant....
Exemple de Question en Français
Voici 4 personnages. Un seul est humain, lequel
PIERRE FRAKOWIAK
EVELYNE CHARMEUX
GUSTAVE FLAUBERT
PHILIPPE MEIRIEU
Coefficient 4
Voici 4 abréviations. Une seule indique une officine criminelle. laquelle??
SNCF
IUFM
RFF
RTT
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
Wait and see. Qu'on rigole un peu !
Ecrit par : catmano | 20 juin 2007
Bonjour Catmano,
Va-t-on vraiment rigoler? nerveusement sans doute...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 juin 2007
"Va-t-on vraiment rigoler? nerveusement sans doute...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 juin 2007 "
Et alors ? C'est mieux que rien, non ?
Ecrit par : catmano | 20 juin 2007
...: cette année l'équipe de maths puis de français de mon lycée ont étées reçu par l'adjoint: ...
Ecrit par : fcamb | 19 juin 2007
L'accord du participe, dites-moi que c'est exprès ...
Ecrit par : yann | 20 juin 2007
Voici 4 abréviations. Une seule indique une officine criminelle. laquelle??
SNCF
IUFM
RFF
RTT
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
Il y a une erreur. C'est "non-criminelle" qu'il faut lire ?
RFF a bien été créé longtemps après la guerre ?
Ecrit par : yann | 20 juin 2007
"Va-t-on vraiment rigoler? nerveusement sans doute...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 juin 2007 "
Et alors ? C'est mieux que rien, non ?
Ecrit par : catmano | 20 juin 2007
Assurément:)
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 juin 2007
Et encore, RFF, vu l'état de certaines voies ....
Ecrit par : yann | 20 juin 2007
Et les voies des IUFM , elles sont carrément impraticables!!!!!!!!
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
Tiens: quel est le livre préféré d'André d'Hôtel????
LE GUIDE MICHELIN.......Oui, je sais c'est pas fin....tournicotin
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
"ont étées reçu"
C'est ce qe j'appellerais un accord décalé.
On a vu pire : le pluriel renforcé , ex : ils mangents
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 20 juin 2007
Orthographe :
J'ai reçu un courrier d'une dame cherchant une chienne pour son toutou (je fais aussi proxo, à mes heures perdues).
Elle écrit le mot "saillie" " saï " !!!!!!!
(on ne voit pas bien à l'écran, mais il y a un tréma).
Les cancres font parfois preuve de trésors d'inventivité ...
Ecrit par : yann | 20 juin 2007
Moi dans la présentation : « bac à lauréat » : trait d’humour ? Vu la copie peut-être pas.
J’ai eu aussi « bacaloréa » : dès la présentation, ça vous met dans de bonnes dispositions pour noter la suite.
Ecrit par : B. | 20 juin 2007
Pour les camifeux bientôt en goguette, vous qu'êtes si firands de vous foutre de la gueule des bacheliers, voilà de quoi rassasier votre cuistrerie
Illustration: Sous haute escorte le Maharadjah de Rawhajpoutalah dut se rendre et poser les armes aux pieds de ses ennemis de toujours l'Ordre des Fakirs Cénobites. (in Les Cigares du Pharaon de Hergé) Citation: « Las de la délphinologie , le cénobite, grand buveur de zythum, avait fini par souffrir d'aboulie risquant l' hébéphrénie, il se lança dans l'étude d'animaux moins mobiles, l' yponomeute , le bostryche , les kamptazoaires et le thysanoptère xylophage devinrent ses spécialités, hélas le cénobite s'enticha d'une oréade qui fricotait avec un quimboiseur qui ne vit pas la chose d'un bon oeil et ne manqua pas d'avoir recours à moult jettatura , fin connaisseur en rôlage , le quimboiseur serra de la poudre de sanforisage dans un ennéagone fudibuliforme de sa confection duquel il tira une décoction pestilentielle dont il ne manqua pas d'éclabousser le cénobite, passer la wassingue n'y fit rien, le cénobite pourtant ubiquiste emportait avec lui sa puanteur, véritable impedimenta de ses transports ubiquistes: voilà sans ambage et sans neume la véritable histoire du cénobite puant, une verbigération gongorique sans commune mesure avec la lallation coutumière des moujingues.»
Moi, cénobites, j'aime bien. V'z'entrez en classe:" BJR!!!!¨Prnz vs cahiers...Je vais vous parler aujourd'hui des cénobites".
"M'sieu, M'sieu , c'est pas les notres"
Toc toc....."Mossieur Golchmiteu, pvez vnir une minue?"
"Voui?"
Ohlala, j'ai les parents de l'ANPE...euh, non, du CNPF, euh ,merde, de la SNCF et puis merde, qui protestent. Prqwa z'avez parlé de nos bites aux zélèves??" Enfin qwa!!!
Kcétéra, Kcétéra
Cénobites, parfois concupiscents, confondants, confondus, confessés, concassés......
J'aime la langue française.
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
Notre métier, ça sert d'os, à défaut de cartilage.....Salut à tous et surtout ne vous chopez pas de hernie hyatale à force de rigoler. Z'vez pas l'habitude.
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
Quand j’ai commencé à lire le message de MàC j’ai cru que le pilier était revenu.
Ecrit par : B. | 20 juin 2007
« Pour les camifeux bientôt en goguette, vous qu'êtes si firands de vous foutre de la gueule des bacheliers, voilà de quoi rassasier votre cuistrerie »
vous êtes sévère MàC mais j’ai bien ri. Sinon, je peux savoir d’où vient ce mouvement d’humeur à l’endroit des « camifeux » ainsi que ces velléités de désolidarisation ?
Ecrit par : B. | 20 juin 2007
ou d'où viennent
Ecrit par : B. | 20 juin 2007
Cher MàC, vous qui citez souvent la CAMIF, connaissez-vous par hasard le GCU?
Ecrit par : Maminou | 20 juin 2007
Ouarf, ouarf , c’est moi le pilier. Alors bande de mous, de gauchos , bientôt les vacances. Des vacances pour quoi d’ailleurs ? Pour aller exposer vos corps mous du bide sur les plages ? Tiens, laissez-moi rire. Allez, salut les mous, les camifeux, les cénobites , je retourne sur la plage attendre la vague bleue. Ouarf, ouarf et venez sur mon blog mater des beaux mecs.
Ecrit par : le plié | 20 juin 2007
Ouhais, mais la présentation de la camif, ça en jette :
« CAMIF agit en faveur du développement durable en se positionnant comme :
• une entreprise solidaire impliquée dans l’éthique sociale et le commerce éthique. Elle est solidaire dans l’action
• une entreprise responsable dans la sélection et la distribution de produits sûrs et de qualité.
• une entreprise impliquée dans son environnement économique et social.
Elle est citoyenne dans l’engagement. Elle prend en compte notamment les problèmes d’Environnement. «
avec un tel engagement, Sartre peut aller se rhabiller.
Ecrit par : b. | 20 juin 2007
Nabu, j’suis allé sur votre blog. Y a pas à dire, la photo c’est la classe et la phrase de présentation est amusante. En revanche, attention, y a des titres dans votre bibliothèque qui font pas sérieux du tout.
Ecrit par : b. | 20 juin 2007
Je relance, parce que c'est important, et que personne n'a bougé...
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=georges+marchais+vitry&num_notice=3&total_notices=3
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=georges+marchais+vitry&num_notice=2&total_notices=3
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=themes&code=C0524221640&num_notice=1&total_notices=14
Ecrit par : Pendariès | 20 juin 2007
B, je me mets dans le lot, comme on dit à Cahors et ne me désolidarise nullement. Mais quand j'étaie jeune prof, et jeune tout court, vers 1984, dans les bahut ousqu'on effectuait des remplacementrs, y avait toujours un correspondant, souvent polograsdubide pegc blanchi sous le harnois qui te prenait le petit nouveau,, deux coups les gros, emballarès ,le jeunot, il se retrouvé assuré MAIF, suppositoiré MGEN, fringué CAMIF, crédité CASDEN et bureauté UGAP, sans compter Comité d'Accueil VVf et autres joyeusetés sinistres néon purée saucisses de Toulouse compote e pommes excursion au Lac de Daube des profs sans grisbi....
En fait, en loucedé, une vaste arnaque. la Casden milliardaire.
Et les catalogues de la CAMIF......ceux de Manufrance ,ou de la Redoute , des répertoires artistiques en comparaison. Et puis la CAMIF, chère, très chère, plus chère qu'ailleurs.
Mocassins pleine peau, pour prof d'anglais rance, du 40 au 58, deux coloris, gris souris ou gris poussière. Ref 45T Y 345
Bref, je suis à la Dresdner Bank. J'ai montré mon cul à mon agence BRED-CASDEN. Je suis aux MMA Xétéra. Mais je veux dire aux jeunes, NE VOUS LAISSEZ PAS CAMIFISER.....La CAMIF , c'est les IUFM des chaussures....
Bon maintenant je file voir le truc de Pendariès et je reviens.
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
"Le Hongrois en fait trop."
Et moi qui croyais que notre Président était Français !
Merci, montaigneàcheval, de continuer à débusquer les étrangers.
Ecrit par : Zyszytrakyczywsz-Sekrâwszkiwcz | 20 juin 2007
« sans compter Comité d'Accueil VVf et autres joyeusetés sinistres néon purée saucisses de Toulouse compote e pommes excursion au Lac de Daube des profs sans grisbi.... »
Bravo, MàC , bel exercice de style : la poésie triste du catalogue. On dirait du Bukowski mélangé à du Rabelais.
Ecrit par : b. | 20 juin 2007
C'est surprenant n'est-ce pas, le communisme des années 1981 en France, hein, MàC? Marchais, Hue... vous avez vu comme ils désignaient les étrangers comme les salauds qui tuent la jeunesse de France, comme les fauteurs de trouble... Ca remet bien en place!
Ecrit par : Pendariès | 20 juin 2007
Trop d'immigration! dit Marchais... Vive les archives!!!!
Ecrit par : Pendariès | 20 juin 2007
Un cadeau pour vous Monsieur Brighelli!
http://www.youtube.com/watch?v=lpoT7W5-66c
Ecrit par : Pendariès | 20 juin 2007
Allez, pour vous récompenser, ce chef d'oeuvre des années 30............
L' fils du maire de mon pays - oui, oui, oui, oui.
N'est pas l' plus bête du canton - non, non, non, non
Seules les mauvaise langues dit-on
Prétendent qu'il a l'air d'un, ouvre la fenêtre qu'on respire un peu
Qu'il a l'air d'un orgueilleux
Toutes les filles en pincent pour lui...
Mais il n'est pas polisson...
Et sans un être un cénobite
Il n'a rien qu'un' tout' petit' ouvre la fenêtre qu'on respire un peu
Qu'une petit ' môme aux yeux bleus
Il paraît même qu'aujourd'hui...
Sans qu'elle rougisse d'émotion...
A la lisière du village
Il lui ravi son plus ouvre la fenêtre qu'on respire un peu
Son plus innocent aveu.
Elle lui dit ; "c'est inouï"...
Mais je crains ton abandon...
J'ai peur qu'notr' amour se perde
Il lui répondit j' t' em... ouvre la fenêtre qu'on respire un peu
J'emmène chez moi si tu veux.
Sitôt arrivés chez lui...
Ils n'eurent plus d'hésitation...
Comm' il l'embrassait dans l' cou
Elle lui tirons un.. ouvre la fenêtre fait d' plus en plus chaud
Tirons un peu les rideaux.
Aussitôt il obéit...
Il pensa ce n' s'ra plus long...
L'ayant prise sur une chaise
Il lui dit faut que j'te... ouvre la fenêtre fait d' plus en plus lourd
Que je te prouve mon amour.
Mais la p'tite soudain compris...
N'continue pas d' cette façon...
Il dit je suis convaincu
Qu' tu vas me montrer ton... ouvre la fenêtre, on respire du feu
Ton contentement d'ici peu.
Elle cria :"J' m'évanouis"...
Je n' me sens pas bien d'aplomb...
Redress'-toi v'la qu' tu t'affaisses
Dit-il écarte donc les... ouvre la fenêtre je suis tout en eau
Les scrupules de ton cerveau.
Bientôt l' cœur épanoui...
Elle avoua je n' dis plus non...
De joie mes paupières se mouillent
J' voudrais t'embrasser les... ouvre la fenêtre on étouffe ici
Les deux mains et te dire Merci.
Ecrit par : montaigneàcheval | 20 juin 2007
Et mes remerciements alors????
Ecrit par : Pendariès | 20 juin 2007
Merci, Pendariès !!!
Ecrit par : yann | 21 juin 2007
En revanche, attention, y a des titres dans votre bibliothèque qui font pas sérieux du tout.
Ecrit par : b. | 20 juin 2007
En effet. "Réponse à tout" et "la philosophie pour les nuls", çà vous pose un homme !!
Ecrit par : yann | 21 juin 2007
Je crois me souvenir qu'il existe un poème de ce vieux coquin d'Apollinaire qui s'intitule "Les cénobites tranquilles."
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
Allez rions...
"Le jury du prix "Press club, humour et politique" a procédé à une ultime sélection de cinq "petites phrases" pour son Prix 2007, qui sera remis le 3 juillet, a indiqué mercredi le jury.
Composé de 18 membres, ce jury est présidé par Jean Miot, ex-président de l'AFP. Il récompense la phrase la plus hilarante -humour volontaire ou involontaire- prononcée au cours de l'année écoulée dans le monde politique.
Voici les cinq dernières phrases retenues :
- François Bayrou : " Si je suis élu, rien ne changera en France".
- Jean-Pierre Chevènement : "Hollande propose des Assises de la Gauche. Pourquoi des Assises ? La correctionnelle suffirait".
- Patrick Devedjian : "Je suis pour un gouvernement d'ouverture, y compris aux Sarkozistes, c'est tout dire".
- Arno Klarsfeld : " Je ne suis pas un expert du 12ème arrondissement, mais je l'ai traversé quand j'ai couru le marathon de Paris".
- Philippe de Villiers : "Quand on va m'entendre et que l'on va me voir, ça va se voir et ça va s'entendre".
Au total, le jury a retenu quinze déclarations au cours des douze derniers mois. Le nom du lauréat sera annoncé lors de la remise du prix le 3 juillet.
Les précédents lauréats ont été en 2003 Renaud Muselier, alors secrétaire d'État aux Affaires étrangères, pour : "Villepin fait tout, moi je fais le reste ", en 2004 Jean-Louis Debré, alors président de l'Assemblée nationale, parlant de la Corse : "Je n'imagine pas un instant cette île séparée du continent ", en 2005 Nicolas Sarkozy pour la phrase "Je ne suis candidat à rien" et en 2006 Ségolène Royal qui avait déclaré : "Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit"."
http://news.fr.msn.com/media/Article.aspx?cp-documentid=5301164
Ecrit par : Pendariès | 21 juin 2007
Oui Robin , et dans le même genre le vers bien connu de Corneille :
« Et le désir s'accroît quand l'effet se recule »
Ecrit par : b. | 21 juin 2007
Du même Corneille, en moins grivois :
"Il sortit de sa tente comme un vieillard en sort."
"Que ne suis-je Romaine puisque mon époux l'est ?"
"Et dans son sein trois fois le fer a repassé."
"Prends un siège Cinna et assieds-toi par terre ;
Avant que de parler, commence par te taire" (ces deux-là c'était de nous, pas de lui)
En grec et en latin il y avait :
l'inusable "Cicéron c'est Pointcarré"
"Ta zoa trekein" (les oies tricotent)... à moins que ce ne soient les animaux qui courent.
"Caesar mangeavit legatos alacrem eorum."
et celle-ci qui est vraiment du grec, malgré les apparences: "Ouk elabon Polin, Elpis, ephe, kaka." (ils n'ont pas pris la ville, l'espoir, dit-il (ou elle), n'est pas bon."
On s'amusait comme on pouvait dans ce temps-là !
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
Ma mère rit de mon treuil , soupira le grutier.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 21 juin 2007
il faut prononcer "élabonne" et "Pauline"
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
ephe se prononce "éphé".
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
Encore un qu'on ne reverra pas de si tôt, soupir l'Abbé en voyant partir Saint-Bernard.....
Et celle-ci, délicieuse, de mon très regretté grand-père:
LA FORMULE DE L'ACIDE GENDARMIQUE
100 HO7 + LHO + L 100
Ou bien celle-ci, genre fin de repas dimanche, avec le tonton pasteur parpaillot qui se dévergonde huhuhuhu:
Jean-Philippe, tu connais la différence entre le roi de Perse et toi??? Non , tonton.
-Eh bien c'est lui ton frère...
-Ah? Pourquoi?
-Parce que Cyrus, six Slaves. Si s'lave, i s'nettoie. S'i s'nettoie c'est donc ton frère.....
Ah les Dimanches de Juin avec Tonton André, j'ai toujours eu de l'affection pour les parpaillots français: pas un sou, faisant tout pour être rigolos, sans y parvenir. Et les seuls cloportes de Dieu à être authentiquement démocratiques et inoffensifs. Les seuls.
Ecrit par : montaigneàcheval | 21 juin 2007
Ta phulla phuetai, Le staphylo se taille....
Ecrit par : montaigneàcheval | 21 juin 2007
Ne serait-ce point plutôt, Robin: "helpis kakê"?
Mais bon...
Mais où sont donc les professeurs de Lettres classiques? Aucun n'a répondu à ma demande de renseignements sur l'état du grec et du latin en les collèges! En existe-t-il encore? Ou sont-ils tous Cnarelisés, c'est-à-dire résignés?
Ecrit par : Jean | 21 juin 2007
Et en l’honneur de M. Pagnol, n’oublions pas le « Poete non dolet »
Ecrit par : b. | 21 juin 2007
Et la correspondance bien connu :
Correspondance acrostiche entre Alfred de Musset et George Sand
Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un cœur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots :
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.
Alfred de Musset
réponse:
Cette insigne faveur que votre cœur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.
Ecrit par : b. | 21 juin 2007
connue
Ecrit par : b. | 21 juin 2007
dans le même genre :
Lettre de George Sand à Alfred de Musset
(Attention, ce texte est peut-être un canular datant de la fin du XIXe siècle)
Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon ou je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Votre poupée
Maintenant, relisez la lettre à partir de «Je suis toute émue» et passez une ligne sur deux...
Ecrit par : b. | 21 juin 2007
Et un lien vers ce site excellent
http://pages.infinit.net/plotin11/monchef.htm
(lien vers autres textes sur la gauche)
Ecrit par : b. | 21 juin 2007
Intervention de "ma pomme", dans l'émission: "service public", sur France-Inter, ce matin, aux alentours de 9h45. Au sujet de l'enseignement de la musique.
Ecrit par : christophe sibille | 21 juin 2007
Un lien vers l’émission :
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/servicepublic/archives.php
Ecrit par : b. | 21 juin 2007
Tiens, un truc qui m'a fait drôle. Un ami rentre il y a 2 jours du travail en bus dans la" bonne" ville de gauche que j'habite. Il s'installe sur un siège et ouvre le livre qu'il est en train de lire en ce moment: " Jérusalem libérée". En descendant du bus, un beur s'approche de lui et lui jette en plein visage: " Sale chrétien!"
Quite charming! Il va falloir lire Le Tasse en cachette, sous peu!
Ecrit par : Thalie | 21 juin 2007
On s'amusait comme on pouvait dans ce temps-là !
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
En effet !!! Vous n'aviez pas encore Tarzan !
Ecrit par : yann | 21 juin 2007
Ah les Dimanches de Juin avec Tonton André, j'ai toujours eu de l'affection pour les parpaillots français: pas un sou, faisant tout pour être rigolos, sans y parvenir. Et les seuls cloportes de Dieu à être authentiquement démocratiques et inoffensifs. Les seuls.
Ecrit par : montaigneàcheval | 21 juin 2007
D'accord avec vous, MàC, moi qui viens d'une famille très catho et qui ai beaucoup fréquenté les parpaillots. A ma grande surprise, et également ma grande joie, cela m'avait valu des critiques très virulentes de la part des grenouilles de bénitier et ravets d'église de mon entourage.
Changement de sujet : je signale un bon article de Redeker dans Marianne cette semaine sur le langage de la gauche bobo.
En plus Meirieu en prend pour son grade.
Ecrit par : Japhet | 21 juin 2007
Ne serait-ce point plutôt, Robin: "helpis kakê"?
Mais bon...
Vous avez raison, Jean " elpis, elpidos" (espoir) est du féminin ; on dit : é (éta) elpis et donc "elpis kakê" (je n'ai pas de caractères grecs sur mon clavier). C'était du grec d'escholiers...Honte sur nous !
Mais sans le solécisme la blague (pas très fine) tombe à l'eau.
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
Une petite douceur pour commencer:
La jeune fille du métro
C’était un’ jeun’ fill’ chaste et bonne
Qui ne r’fusait rien à personne
Un jour dans l’ métro y avait presse,
Un jeune homme osa, je l’ confesse,
Lui passer la main dans les…ch’veux
Comme elle avait bon coeur
Ell’ s’approcha un peu
L’ jeune homm’ vit l’ mouv’ment d’ la d’moiselle
Il se rapprocha de plus belle;
Mais comme en chaque homm’ tout de suite
S’éveill’ le cochon qui l’habite,
Sans tarder il sortit sa…carte,
Lui dit qu’il s’app’lait Jules
Et d’meurait rue Descartes.
L’ métro continuait son voyage
Ell’ dit: ” Ce jeune homm’ n’est pas sage
Je sens quelque chos’ de pointu,
Qui, d’un air ferme et convaincu,
Cherche à pénétrer dans mon…coeur
Ah qu’il est doux d’aimer,
Doux frisson du bonheur! ”
Comme elle avait peur pour sa robe,
A cette attaque ell’ se dérobe;
Voulant savoir c’ qui la chatouille,
Derrièr’ son dos ell’ tripatouille,
Et tomb’ sur un’ bell’ pair’ de…gants,
Que l’ jeune homme, à la main,
Tenait négligemment
Ainsi à Paris quand on s’aime,
On peut se le dire sans problème
Peu importe le véhicule,
N’ayons pas peur du ridicule,
Dit’s-lui simplement “Je t’en…prie
Viens donc à la maison
Manger des spaghetti.
Ecrit par : μηδεις | 21 juin 2007
Mais où sont donc les professeurs de Lettres classiques? Aucun n'a répondu à ma demande de renseignements sur l'état du grec et du latin en les collèges! En existe-t-il encore? Ou sont-ils tous Cnarelisés, c'est-à-dire résignés?
Ecrit par : Jean | 21 juin 2007
Je n'enseigne plus le latin, Jean et j'ai peu enseigné le grec, mais j'en ai fait jusqu'en faculté (le "De natura rerum" de Lucrèce et "Les Ennéades" de Plotin en année de maîtrise de philo.)...Le pied ! (mais oui !)
Peut-être ceux qui le font vous répondraient-ils comme Enée à Didon : "Infandum regina renovare dolorem." (Virgile, l'Enéide)
Moi aussi ça me rend triste.
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
Pub: Pour ceux qui habitent dans la région, (Châteauroux) l'ensemble vocal (une soixantaine de personnes) dont je m'occupe interprétera ce soir, en sus de nombreuses autres chansons arrangées spécialement pour 3 et 4 voix mixtes, "la fille du métro", citée un peu au dessus, que l'on connait surtout dans la version de Renaud..
Ecrit par : christophe sibille | 21 juin 2007
Quelques corrections ensuite, concernant un message précédent:
IL SORTIT DE LA VIE comme un vieillard en sort.
JE SUIS ROMAINE HELAS puisque mon époux l'est.
(Et vous connaissez, nobles blogueurs, l'acrostiche que l'on trouve dans l'Horace de Corneille...)
Quant à "Et dans son sein trois fois ce fer a repassé", il s'agit d'un pastiche de Reboux et Muller dans "Al a manière de ".
Caesar APPORTAVIT legato alacrem eorum.
Ουκ ελαβον πολιν, ελπις εφη κακα: ils ne prirent pas de cité; l'espoir disait des choses mauvaises.
Τα ζωα τρέχει (simple règle grammaticale grecque: sujet au pluriel neutre, verbe au singulier)
Un helléniste anonyme, qui aurait beaucoup à dire sur ce qu'est devenu l'enseignement du grec ancien et du latin...
Ecrit par : μηδεις | 21 juin 2007
Mille sabords! Je ne savais point que Renaud...Merci, Christophe Sibille.
Ecrit par : μηδεις | 21 juin 2007
"Elpis" ne prend évidemment pas d'esprit rude. Je me demande où je suis allé chercher ça! "Oui, mon esprit s'était déçu", comme dit l'autre!
Mêdeis, dites donc ce que vous avez à dire sur l'enseignement du grec et du latin. Moi, j'estime que la pédagogie actuelle de ces langues (méthode globalisante, civilisation à gogo, "textes authentiques" auxquels les élèves ne comprennent rien, séquences) fait que les élèves n'apprennent pas (bien) le latin - et s'en détournent souvent pour cette raison.
Ecrit par : Jean | 21 juin 2007
Robin et μηδεις , j'ai deux éditions d'Horace, et, vérification faite, je ne trouve pas le vers tel que vous le citez.
Le vers d'origine est :
"Je suis Romaine, hélas ! puisque Horace est Romain;"
Dans les deux versions (différentes ?).
Votre vers est-il celui d'origine qu'on aurait expurgé, ou plutôt une farce de potaches qui serait passée à la postérité ?
A noter que Wikipédia donne votre version. Sauf si vous avez des arguments précis, j'ai bien envie de me risquer à porter pour la première fois ma modeste contribution à ce travail.
Vous me direz : "Qui donc lit Horace de nos jours ?".
Eh bien , des milliers de préparationnaires s'apprètent à le faire cette année.
Il faudra que je signale l'acrostiche à ma fille (acte II, scène III).
Ecrit par : yann | 21 juin 2007
A Jean: je le dirai sous peu. Mais je tiens à soigner la forme de ce que j'ai à dire.
Ecrit par : μηδεις | 21 juin 2007
Yann, "Je suis romaine, hélas, puisqu'Horace est romain" est une correction de Corneille — qui était assez loustic pour maintenir, en revanche, "et le désir s'accroît quand l'effet se recule", l'exemple le plus célèbre de kakemphaton (on en avait parlé ici même il y aquelques mois pour l'éducation d'une blogueuse…) — et dans une "tragédie chrétienne" de surcroît…
JPB
Ecrit par : brighelli | 21 juin 2007
A Yann: on est en effet dans le domaine de la rumeur, à propos du "puisque mon époux l'est". Je trouve ceci sur Internet:
"Kakemphaton:
Rencontre involontaire de sons d'où résulte un énoncé incongru, équivoque, ridicule ou déplaisant. Du grec kakemphatos, malsonnant.
Je suis romaine hélas, puisque mon époux l'est.
(Corneille, Horace, première version).
Le vers devint par la suite:
Je suis romaine hélas, puisqu'Horace est romain.
Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle,
Et le désir s'accroît quand l'effet se recule.
(Pierre Corneille, Polyeucte).
Je sortirai du camp, mais quel que soit mon sort,
J'aurai montré du moins comme un vieillard en sort.
(Adolphe Dumas, Le camp des Croisés).
L'attribution à Victor Hugo ou à Alexandre Dumas est erronée.
Il y a un kakemphaton dans le commentaire du premier exemple. Il s'est produit spontanément, comme à l'insu du gardien, pendant la rédaction du présent billet. Fruit d'un hasard heureux, c'est un exemple de sérendipité...
***
(Et j'apprends par la même occasion le sens de ce mot "sérendipité"...)
***
Y aurait-il parmi les blogueurs du bonnet d'âne quelque spécialiste des manuscrits et corrections cornéliens?
Ecrit par : μηδεις | 21 juin 2007
Dans ce cas, sont-ce des kakemphatons (désolé pour le pluriel en grec, que je ne connais pas) ?
Corneille a bien dû faire exprès.
Cela me fait souvenir d'un beau pataquès d'Aragon, dans un poème mineur dont le titre m'échappe :
"Qu'importe hier"
Une horreur !
Ecrit par : yann | 21 juin 2007
Non, Yann ce n’est pas une légende , vous pouvez le vérifier vous-même dans l’éd. De 41
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72709x/f13.chemindefer
( p. 2 de l’œuvre)
Ecrit par : b. | 21 juin 2007
Merveilleux !!
Avec tous mes remerciements aux érudits du blog.
Ecrit par : yann | 21 juin 2007
J'ai retrouvé le poème d'Aragon !
J'arrive où je suis étranger
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
etc.
Chanté par Ferrat, le mot portière saute aux oreilles !
Ecrit par : yann | 21 juin 2007
Jean,
L'enseignement du latin et du grec, enfin ce qu'il en reste, n'a rien à voir avec ce qui se faisait de notre temps : versions, thèmes, grammaire, apprentissage par coeur des règles, conjugaisons et déclinaisons...et tient plus de l'ORL (observation raisonnée de la langue chère à Eveline Charmeux).
Le résultat, n'est pas probant, c'est le moins que l'on puisse dire.
Ravi d'avoir lancé un petit débat sur Corneille et les jeux de mots. Excusez-moi d'avoir cité de mémoire et pas toujours exactement.
"Médeis" (personne), c'est bien la réponse d'Ulysse au cyclope quand il lui demande son nom ?
Eborgné par Ulysse et ses compagnons, il se plaint à Neptune, son père :
"Qui t'as fait cela ?
Personne ! "
Terrible ! La supériorité d'Ulysse réside dans sa plus grande maîtrise du langage.
Toujours cette idée grecque (Athénienne plus précisément) de la supériorité de l'intelligence sur la force.
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
"Eborgné" par Ulysse et ses compagnons, il se plaint à Neptune, son père
Pas "éborgné" ! puisqu'il n'a qu'un oeil ! Ah! les mots, les mots, les maux !
"Aveuglé" plutôt.
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
Comme je suis professeur de lettres classiques, je vais répondre à Jean.
J'enseigne dans une zone sinistrée sur tous les plans, y compris sur le plan culturel, puisque j'exerce dans le bassin minier du Pas-de-Calais. Le collège où j'enseigne est un petit collège minable, comme on en trouve beaucoup. Il va sans dire que dans pas mal de régions, il aurait été classé ZEP sans problème, mais vu que notre public n'est pas trop violent, comparé à celui de la quasi totalité des collèges (publics) des environs, on nous regarde comme des privilégiés.
Je suis le seul professeur de latin-grec du collège. Mes collègues de lettres modernes sont au nombre de cinq. Néanmoins, mon principal (qui est un ancien PEGC de maths relativement inculte) espère bien pouvoir transformer le poste de lettres classiques en demi-poste dès que j'aurai muté (ce qui, je l'espère, ne saurait tarder). Il trouve que ça ne sert à rien d'avoir un poste complet en latin-grec puisque je ne fais "que 8 heures de latin" et que pour le reste, j'enseigne le français, c'est-à-dire : un matière qui n'est pas la mienne, selon ses dires (je ne plaisante pas, il m'a vraiment sorti ça à deux ou trois reprises, si bien que j'ai fini par exploser et l'envoyer bouler en lui précisant qu'il serait peut-être temps qu'il se renseigne sur ce qu'est un enseignant de lettres classiques, ce gros pignouf inculte).
En ce qui concerne le recrutement, vu le peu d'intérêt que suscite le latin dans la zone où j'enseigne, aussi bien chez les élèves que chez leurs parents (les parents ont tendance à regarder le latin comme une charge de travail supplémentaire pour leurs pauvres chéris, et une charge inutile, de surcroît), je dois, chaque année, me farcir 5 heures sups (non rémunérées, il va sans dire) pour aller faire de la pub dans les classes de 6e (je leur fais, à l'occasion, un petit cours de présentation), pendant les heures de mes collègues de français. Cette heure d'initiation se passe toujours bien, les élèves sont presque toujours intéressés, mais ce n'est pas pour autant que ça les incite à prendre l'option (ils veulent bien en faire une petite heure comme ça, mais pas question d'avoir deux à trois heures de cours supplémentaires dans la semaine et un surcroît de travail à la maison). Certaines années, je recrute bien : mes troisièmes étaient 20 cette année, mes cinquièmes 22 (et je vais en récupérer un de plus). Mais mes quatrièmes ne sont que 8.
Vu que n'importe qui peut prendre latin, j'ai des élèves de niveaux très divers. Mes quatrièmes sont, par exemple, particulièrement faibles. L'une des élèves ne sait même pas lire et relève, à mon sens, de SEGPA (elle m'a quand même demandé s'il y avait encore des gens qui vivaient à Rome, aujourd'hui, et s'ils parlaient encore latin, et non, ce n'était pas une blague).Comme je ne suis de toute façon pas responsable de la sélection des élèves de sixième (ce sont les professeurs principaux de sixième qui s'en chargent), et que je peux difficilement exercer un contrôle, vu que je n'ai pas de sixièmes, je ne peux pas véritablement m'assurer de la qualité des "lots" qui me sont envoyés, si je puis m'exprimer ainsi. Et c'est comme ça que je me retrouve avec des classes souvent délirantes, composées des meilleurs éléments du collège, mais aussi d'élèves extrêmement limités, voire "légèrement débiles" (il faut ici donner son sens médical à l'expression).
En ce qui concerne ma façon de faire cours, c'est bien simple, je ne procède pas en séquences, sauf en cinquième, parce que mes chapitres sont très cours pour ce niveaux, et que j'y fait moins de grammaire qu'en quatrième et troisième, et que je reprends toute la grammaire vue en cinquième au début de la quatrième. Le classeur des élèves comporte les parties suivantes : 1) Littérature et civilisation, 2) Morphologie, 3) Syntaxe, 4) Vocabulaire, 5) Exercices, 6) DS. Je m'efforce de voir une bonne grosse partie du programme de grammaire en 4e/5e, histoire de ne pas me retrouver coincée par le temps en 3e (ce qui arrive tout le temps, néanmoins). Je fais de la traduction au moins une fois par semaine. J'utilise les manuels Hatier/Belles Lettres pour les 5e/4e, mais j'ai intégralement construit mes cours de 3e (même le Belles Lettres ne me convenait pas). Je refais la plupart des textes proposés par les manuels. Il m'arrive aussi, très souvent, de réécrire certains textes que je juge trop durs pour mes élèves (comme quoi, ça sert d'avoir passé son année de prep d'agreg à traduire du Racine et du Montaigne en latin). Je donne pas mal d'interrogations de vocabulaire, de grammaire , je mélange toujours civilisation et grammaire pour les devoirs de fins de chapitres, parce que certains élèves n'entravent décidément rien à la grammaire latine (ils ne maîtrisent pas la grammaire française, il faut dire). Je donne deux à trois versions sur table par trimestre à mes troisièmes. je leur donne alors toujours la liste du vocabulaire du texte qu'ils vont avoir (ainsi que les points de grammaire à revoir) à apprendre une semaine avant : j'ai remarqué que ce vocabulaire-là, ils le retenaient quand ils l'avaient appris (alors qu'ils ne retiennent pas le vocabulaire qu'ils "apprennent" pour les interrogations de vocabulaire).
Voilà pour la façon dont je travaille. Oui, elle est très traditionelle. Pour autant, les résultats de la majorité des élèves sont médiocres, voire très mauvais. Plusieurs raisons à cela (auxquelles vous pouvez rajouter mon incompétence, si ça vous chante). La première est qu'ils ne travaillent pas. Pour la plupart, ils n'apprennent rien. Ils ne le font déjà pas dans les matières obligatoires, ils ne vont certainement pas le faire en latin. Ils persistent à me dire que "les déclinaisons, c'est dur" (ils veulent dire que c'est dur à apprendre, pas à utiliser : beaucoup n'arrivent jamais au stade de l'utilisation). L'année dernière, la plupart de mes troisièmes étaient infoutus de me réciter "rosa" alors que c'était probablement la dixième fois qu'ils avaient à réviser les trois premières déclinaisons depuis la cinquième (avec interrogation écrite à la clef à chaque fois). L'autre gros problème vient du fait qu'ils sont d'une nullité crasse en grammaire française. La plupart ne savent pas différencier un verbe d'un nom. En français. Alors en latin... Même les élèves de cinquième latinistes que j'ai en français sont incapables de comprendre le principe de la subordonnée relative quand je l'aborde en latin, alors qu'on a auparavant passé 10 heures sur la relative en français. Pourquoi ? 95 % de la classe n'a pas suivi pendant le cours de français et n'a rien appris à la maison (et n'a évidemment jamais fait un seul des exercices donnés) . Il faut savoir que quand je contrôle le travail, c'est généralement plus du tiers de la classe que je sanctionne, que ce soit en français ou en latin. En outre, j'ai des élèves qui, pour la plupart, ne font preuve d'aucune curiosité intellectuelle. Les cinquièmes ne sont pas trop mal, en début d'année : on étudie des récits mythologiques, on commence à découvrir la façon dont fonctionne la langue, il n'y a vraiment pas grand chose à apprendre. Ca les amuse. Mais au fur et à mesure que l'année progresse, que la partie grammaire s'accroît, que les exercices se compliquent (on traduit de petites phrases latines en français, ou l'inverse), ils se plaignent de la charge de travail (hénaurme ! Pensez : 3 pages à apprendre sur 15 jours, en moyenne), des heures en plus. Ils veulent arrêter. A cette fin, une tactique : ne plus rien foutre en vue de n'avoir que 4 ou 3 de moyenne et prétendre, auprès des enseignants et de ses parents, que c'est parce que c'est trop dur et qu'on ne comprend rien. Rajouter, éventuellement, que le latin, ça sert à rien et que ça fait en plus perdre du temps qu'on pourrait consacrer à l'étude des autres matières - les vraies, celles qui sont obligatoires. Je suis toujours sidérée de voir à quel point ils se contrefoutent des savoirs que je m'efforce de leur tranmettre, que ce soit en grammaire (beaucoup sont infoutus de réciter tous les cas, et quand ils y arrivent, c'est dans le désordre : c'est pourtant un truc que je leur fais voir et revoir). J'ai demandé à mes quatrièmes, ce matin, de me donner le nom de l'un des rois de Rome. J'ai précisé : autre que Romulus. L'une de mes élèves, pourtant considérée comme une bonne élève du collège (elle est au-dessus du lot, mais vu que le lot est très, très bas, ça n'en fait pas une bonne élève dans l'absolu : elle est tout juste moyenne. Mais elle a une très haute opinion d'elle-même), cette élève, donc, a répondu : "Rémus". Et les autres ont fait : "Ah oui, c'est vrai !" avant que j'aie eu le temps de réagir. Misère. Quand je pense qu'on a passé un trimestre sur les origines de Rome en cinquième et qu'on a revu la royauté en début d'année de quatrième... Autre anecdote, qui concerne le français, cette fois : lors de cette même heure, j'ai demandé à mes élèves de me dire comment on formait le plus-que-parfait en français (pour traduire le PQP latin). Aucun n'a été capable de me le dire. Il a fallu que je leur donne la réponse. Et après ça, ils ont encore eu bien du mal à me conjuguer "apporter" au PQP (français).
Conclusion : c'est la cata. Le latin est bien en train de crever. Parce que le français et les autres matières littéraires crèvent. Les cours pipeau ioufme sont une véritable horreur, bien sûr, mais il ne faut pas s'imaginer que les cours tradi fassent des miracles. Le latin demande du sérieux, de la rigueur, une capacité d'écoute et d'effort (comme la plupart des matières, me direz-vous). Mais il demande aussi, comme le grec, un amour du travail gratuit (vu qu'il n'est pas obligatoire). Parce que vous aurez beau raconter aux gosses que pour faire médecine et droit et trucmuche, c'est vachement mieux d'avoir fait latin, etpatatipatata, ça ne servira pas à grand chose. Les adolescents, pour la plupart, vivent dans l'immédiateté, c'est encore plus vrai de nos jours qu'il y a 15 ans. Ils ne se projettent pas dans l'avenir. Ils peuvent très bien prendre latin en 5e parce qu'ils veulent faire bio ou médecine et qu'on leur a dit que ça leur serait utile, mais si ce sont des feignasses (petites ou grosses) et si les parents ne serrent pas la vis, ils arrêteront dès qu'ils le pourront, parce que, décidément, c'est trop de travail, on n'a plus de temps pour la Playstation et msn, et puis la conseillère d'orientation, on lui a demandé, et elle a confirmé, latin, c'est franchement pas si utile pour faire médecine.
Certes, il reste des adolescents remarquables, ouverts d'esprits, curieux, travailleurs, (voir le fils de Dobolino), mais ce n'est vraiment pas la majorité. Notre société de consommation et d'abrutissement méprise le savoir, en particulier quand il est gratuit, c'est-à-dire : quand il ne vous sert pas à faire du blé (un max, de préférence). Il est normal qu'un tel environnement produise des êtres qui développent très tôt un cynisme effarant.
Voilà.
J'ai pas la pêche ce soir et je suis assez amère, pour ceux qui ne l'auraient pas compris.
Ecrit par : Kap | 21 juin 2007
Ben mince, j'ai fait long.
Désolée.
Ecrit par : Kap | 21 juin 2007
Ben mince, j'ai fait long.
Désolée.
Ecrit par : Kap | 21 juin 2007
Vous avez fait long, Kap, mais ô combien instructif! Votre récit en dit dix fois plus long sur l'état de notre enseignement (du latin comme du reste) qu'un rapport d'IG remis au ministre, pour l'enterrer!
Ecrit par : buntovchik | 21 juin 2007
Pour Robin:
Dans l'Odyssée (chant IX, vers 366) Ulysse prétend s'appeler Outis
Οὖτις ἐμοί γ᾽ ὄνομα·
Μηδεις a le même sens de "personne ne" mais est employé dans les propositions exprimant l'ordre, la crainte, en gros une subjectivité.
Pour Kap: Vous avez parfaitement raison; l'ignorance des élèves en matière de grammaire, c'est-à-dire de compréhension réelle et profonde du sens des textes, est véritablement abyssale et consternante. J'ai vu venir cela dès le début de ma "carrière", il y a près de 37 ans; et malgré mes efforts pour lutter contre cette déliquescence, malgré les efforts de bien d'autres pour former des esprits capables de s'y retrouver clairement dans les textes (et là je pense même au français), force est de constater que c'est la démagogie de la facilité qui l'a emporté...Et comme l'écrivait M.M***(Oeuvres anthumes inédites)
"C'est en vaincu, hélas, que je quitte l'arène"
Ecrit par : μηδεις | 21 juin 2007
Eh bien moi, j'ouvre des yeux ronds en vous lisant. Je suis professeur de lettres, je corrige le Bac (EAF en 1e ou littérature en TL) depuis 19 ans, "je" n'ai jamais eu plus de 8,7 de moyenne quelle que fût l'épreuve, et je n'ai jamais subi la moindre pression. Actuellement, après correction d'un tiers de mes 90 copies, j'en suis tout juste à 7/20, mais je n'ai aucune angoisse.
Autre chose. Les copies de cette année sont comme d'habitude pathétiques (je ne comprends rien à ce que ces pauvres gosses peuvent bien vouloir dire sur Bonnefoy ou Diderot, il n'y a pas de phrases, pas de plan, même pas un simple fil directeur), mais je sais très bien que les élèves n'y sont pour pas grand-chose : un certain nombre de collègues les laissent faire n'importe quoi "pourvu qu'il y ait des idées". "Des idées" !! Petits bouts de viande à moitié digérés dans du dégueulis d'ivrogne. Ils se sont adaptés à cette absence d'exigences qui les a dispensés d'exercer leur intelligence. Pour moi, ce sont des victimes. Et ce n'est pas mon frère, maître de conférences, qui vient de mettre la moyenne à 8 copies de 1e année sur 120, qui me contredira.
Ecrit par : Christophe | 21 juin 2007
Il y a une version grivoise dans les contes populaires. Un diable vient voir un agriculteur, trouve ses bœufs bien gras et lui bien maigre. Le paysan lui explique que c’est parce qu’ils sont castrés. Le diable demande le même traitement afin de grossir . Le paysan s’exécute et avant de partir le diable lui demande son nom. « moi-même » est la réponse . Le diable, de retour en Enfer, se plaint « oh là là , j’ai mal au cul ». Les autres diables l’interrogent. Il explique qu’il est castré.
-qui t’a fait cela ?
-moi-même
J’ai trois ou quatre variantes/versions de ce conte. Nos ancêtres avaient le rire facile.
Ecrit par : b. | 21 juin 2007
Bonsoir les fadas,
'just' un chtit mot pour fcamb:
Tu connais "lire avec Léo&Léa" édition Belin 18€ po chir ?
Essaie . :)
Ecrit par : toto | 21 juin 2007
Comme c'est triste, ce que vous dites, Christophe. C'est la fin d'une civilisation. J'en pleure, moi qu ai eu tant de bonheur dans mes études, qui ai tant aimé lire, je suis désespérée.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 21 juin 2007
Je sortirai du camp, mais quel que soit mon sort,
J'aurai montré du moins comme un vieillard en sort.
Heureusement qu'un peu d'humour atténue notre tristesse à tous.
"Viens sur mon sein doux pour y goûter la douceur d'une vie d'ange".
Je ne sais pas très bien traduire "serendipity??"
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 21 juin 2007
Kap, merci pour votre magnifique témoignage..Et chapeau bas !
Savoir qu'il existe encore des enseignants comme vous console un peu de l'évolution actuelle de l'école.
cette triste époque a donc aussi ses héros (et ses héroïnes).
Comme aurait dit William Blake : "A celle qui donne en silence, il est donné dans le silence, le silence bleu et profond où nagent les Invisibles qui intervèdent et consolent. Ils connaissent les trésors cachés et corrigent dans un Livre de Feu les jugements des hommes."
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
Eh bien pour ma part, j'ai besoin des lettres classiques. Dans le cadre de la thèse de philosophie politique que je prépare tout en enseignant, et qui s'intitule La République a-t-elle encore un sens?, je suis amené à rédiger une note sur le mot "république". Je me demande à cet égard pourquoi la Politéia de Platon est devenue La République, et pour quelle raison on ne l'a pas traduite par La Politique. J'aimerais aussi savoir à partir de quand (j'ai entendu parler d'une traduction du IXe siècle) on a préféré désigner cette oeuvre par le terme de République plutôt que par celui de Politique. Un lecteur serait-il en mesure de me renseigner?
Pour ceux qui en profitent, bonne fête de la musique...
Ecrit par : Scaramouche | 21 juin 2007
"ce gros pignouf inculte"
Bon j'ai pas trop l'temps de tout lire, mais gaffe Kap, parce qu'avec les infos que tu donnes tu es vite repéré ;)...
Bon si tu as besoin d'une "pince", pour arracher qq poils de q, tu m'Kalls :o)))
Ecrit par : toto | 21 juin 2007
Merci Scaramouche.
Ils sont en train de jouer du "heavy metal" sur le parvis de l'église gothique du XIIIème juste à côté et presque sous mes fenêtres.
On a les "Mystères" qu'on peut !
Sinon, j'emmène le fiston participer à un "boeuf" (trombone jazz beaucoup plus "civilisé")
Je sais, ce n'est pas politiquement correct je fais des "différences".
N'empêche, cette musique a peut-être, dans le meilleur des cas, des vertus "cathartiques"; il n'empêche qu'elle charrie beaucoup de violence et de désir de destruction.
Ecrit par : Robin | 21 juin 2007
Kap, dans mon collège de semi-zep, il se passe la même chose mais... pour le français et les quelques optimistes qui croient encore sur ce blog que l'enseignement traditionnel est la solution à tous les problèmes peuvent se permettre de le croire seulement parce qu'ils sont avec des élèves encore "potables", avec des parents qui ne leur disent pas que l'important est de "s'éclater" comme je l'entends dire par les parents d'élèves de mon établissement.
Mais bon, il faut adopter une politique de survie dans ce type de bahut sinon on y laisse sa peau.
Et attendre une hypothétique mutation à laquelle je ne crois plus beaucoup pour ma part. Sarko avait promis par écrit qu'il s'engageait à faire en sorte que les agrégés seraient nommés prioritairement en lycée. Et bien, rien n'a été fait... C'est une aumône qu'on nous file pas une priorité... Je suis bien écoeurée aussi ce soir.
Allez un petit coup de Mozart et cela devrait aller mieux...
Courage, Kap...
Ecrit par : Thalie | 21 juin 2007
Bon, c’est clair, Jean-Paul. Tout le monde s’en fout de votre bac !!!
Ecrit par : Philippe Brinon | 21 juin 2007
Pour Jean et Kap, le témoignage d'une autre rameuse sur la galère du latin.
Dans mon collège propret d'un quartier très convenable, le latin se maintient bien; les parents en ont fait et poussent leurs enfants, d'autres ont la vague intuition que cette matière les "aidera en français".
Il faut dire que l'école d'application voisine pratique le tout-ludique, l'éveil, la créativité, vous voyez! Donc bouillie dans des cervelles a priori intelligentes; bouillie sur le papier aussi. Avec les 5°, après l'étude d'un point de civilisation comme la vie à la campagne, je fais faire en classe une rédaction du genre: "Fatigué de la vie à Rome, l'avocat Caius vient se reposer dans la Villa de son ami Septimus; décrivez et racontez." Au début, c'est ahurissant: écriture illisible, orthographe hasardeuse, absence d'accords, de ponctuation et pourtant ils sont mignons et s'appliquent.
Forte dose de grammaire française pendant des mois: beaucoup d'exercices faciles et progressifs sur les fonctions. Le latin arrive peu à peu, gros travail de mémoire, réciter à l'endroit et à l'envers, combiner 2 mots (rosa dans le sens normal et puella en partant de la fin: rosa et puellis, rosa et puellis, rosam et puellarum...) Je leur explique très tôt que le latin met de l'ordre dans la cervelle, apprend à penser vite, à raisonner logiquement ce qui ouvre la porte à toutes sortes d'études; inlassablement répétés, ces arguments font leur chemin (eh oui, les Romains n'avaient pas d'écoles d'ingénieurs ni de X-Ponts, ils travaillaient la rhétorique, le grec, la poésie et on sait que pour les "nouvelles technologies" ils nous en remontrent encore!).
A force d'automatismes honnis par l'IUFM, beaucoup d'élèves trouvent quelques branches à quoi s'accrocher et acquièrent un peu de méthode et de réflexion. En 5°, le manuel ne sert que pour la civilisation et la lecture; les exercices, nombreux et répétitifs sont en général de mon cru. Pour chaque leçon de vocabulaire, ils ont d'abord droit aux devinettes: trouver un mot français issu d'un mot latin figurant dans la leçon. Pour fugio, trado,duco, il faut trouver :"doit rester sobre", "poursuivi par la police", transmise à travers les générations"; l'exercice plaît jusqu'en 3°. De loin en loin, je mets en jeu UN carambar et beaucoup s'évertuent à le gagner!! (ce qui prouve bien que les élucubrations IUFM sur l'évaluation, le traumatisme de la rivalité fonctionnent à propos d'élèves virtuels, les vrais adorent avoir des notes... et des Carambars!).
Les contrôles bien préparés rapportent donc de bonnes notes et qui résiste à une bonne note? Donc en 5° il y a très peu d'abandons. Ensuite, évidemment, la paresse évoquée par Kap ralentit la progression (là encore, on peut ricaner des "nouveaux programmes" qui présupposent un élève assoiffé et curieux, chercheur inlassable; hi, hi, hi, on voit bien que les auteurs n'en voient jamais des vrais, d'élèves!)
Pour la 4°, j'ai, bien sûr, remisé tous les manuels nouveaux pour travailler à partir de livres Magnard bien fatigués, mais méthodiques; acquisitions grammaticales progressives, textes à la portée des élèves avec tous les débuts de l'histoire romaine, Romulus, Mucius Scaevola, Manlius...et on finit l'année dans les Alpes avec Hannibal et ses éléphants, c'est à dire au même endroit qu'il y a 20 ans ...mais avec l'année de 5° en plus. pas si mal finalement.
L'an prochain en 3°, j'aurai pour la première fois des élèves que j'ai entièrement formés; après abandons (quelques-uns avec ma bénédiction...) il restera 24 volontaires que je sais vraiment intéressés (il faut dire que nous sommes allés à Rome en avril par un temps idyllique et qu'ils ont vu le lien direct entre leurs bouquins et les splendeurs de l'Urbs).
Il en restera peut-être 2 ou 3 en seconde, et en général, ceux-là ramassent 15 de moyenne: ils n'ont pas balayé TOUTE la grammaire latine, ils n'ont pas lu un seul texte authentique, mais ils campent sur des bases saines et savent traduire.
Au prix d'un acharnement basco-breton, je trouve encore plaisir à enseigner le latin et grande satisfaction à le faire avec des méthodes ringardes et répétitives qui sortent bon nombre d'enfants des sables mouvants de la pédagogogie et les rendent, en fait, bien plus autonomes.
Mais il faudrait jeter aux lions les illuminés qui ont concocté tant de programmes absurdes et freiné l'envol de tant d'élèves qui n'atteindront jamais la solide familiarité avec l'univers romain dont nous avons bénéficié (et pourtant mes 4 grands-parents ont grandi les pieds dans la boue et sans un mot de latin)
Quo non descendemus !!! Collegis meis salutem do. Sursum corda!
Ecrit par : Cunégonde | 21 juin 2007
Je suis amené à rédiger une note sur le mot "république". Je me demande à cet égard pourquoi la Politéia de Platon est devenue La République, et pour quelle raison on ne l'a pas traduite par La Politique. J'aimerais aussi savoir à partir de quand (j'ai entendu parler d'une traduction du IXe siècle) on a préféré désigner cette oeuvre par le terme de République plutôt que par celui de Politique.
En effet, Scaramouche, "Polithéia" ne veut pas dire "République", mais vient de Polis, la Cité.
Le mot "République" est un mot d'origine latine (res publica = mot à mot : la chose publique) et est donc impropre à traduire "Polithéia".
Le mot "Politique" ne l'est, à mon avis, pas d'avantage (on n'entend plus guère le mot "Polis" sous le mot "politique" avec tout ce que ce mot signifiait pour un Athénien ou un Lacédémonien, parce que les "Cités-Etats" disparurent avec les conquêtes de Philippe de Macédoine (défaite d'Athènes à Chéronée)
...Pour réapparaître en Italie avec la République de Venise. Peut-être est-ce à cause de cela que l'on a traduit par "République".
Mais il vaudrait peut-être mieux traduire "Polithéia"par "Constitution" qui ne désigne pas un régime politique à proprement parler mais les fondements ou l'essence de ce régime (cf. la constitution de la 5ème République)
Ecrit par : Robin | 22 juin 2007
On pourrait éventuellement traduire "Polithéia" par "philosophie politique" ou mieux "La cité idéale" car "Polithéia" est à bien des égards une utopie (une volonté de réduction du décalage entre ce qui est et ce qui devrait être).
La clé du texte est la notion de Justice.
Ecrit par : Robin | 22 juin 2007
...Toujours à propos de la République de Platon :
Il faut bien comprendre aussi que ce texte a été écrit après la mort de Socrate et est issu du traumatisme, du désespoir causé par cette mort.
Socrate est la figure centrale de la République.
Le philosophe assassiné par ceux qu'il veut délivrer de leurs chaînes dans le Mythe de la caverne, c'est Socrate.
On ne peut rien comprendre à ce livre si on n'y voit qu'un Traité abstrait de philosophie politique, alors qu'il s'agit d'un texte de circonstances, à dimension fortement existentielle.
Je ne fais que vous transmettre ce que nous en disait Maurice de Gandillac, il y a plus de trente ans maintenant, qui en était l'un des meilleurs spécialistes.
je vais essayer de remettre la main sur mes cours.
Ecrit par : Robin | 22 juin 2007
L'Anlci ( l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme ) publie les résultats d'une enquête nationale qui permet pour la première fois de situer les illettrés.
Selon elle, 3 100 000 personnes sont en situation d'illettrisme, soit 9% de la population âgée de 18 à 65 ans vivant et ayant été scolarisée en France. Plus de la moitié ont plus de 45 ans. Ainsi si 4,5% des 18-25 ans sont illettrés, le pourcentage augmente avec l'âge : 6% des 26-35 ans, 13% des 46-55 ans et 14% des 56-65 ans. Une progression qui donne une idée de l'efficacité des méthodes traditionnelles et de l'école obligatoire des IIIème et IVème Républiques. "L'age d'or d'une certaine pédagogie fondée sur des programmes essentiels" et surtout la méthode qui était alors pratiquée par exemple entre 1947 et 1957 ont donc été plus mauvais ou néfastes que nos pratiques pédagogiques actuelles qui tentent de prende en compte la diversité, l'hétérogénéité.
Ecrit par : Yves | 22 juin 2007
Politeia, de Πολιτεια, donc sans "h" (qui laisserait penser qu'il y a du dieu là-dessous)
Pour Yves:
Il serait intéressant de savoir quel était le taux d'illettrisme des gens qui avaient 18-25 ans entre 1965 et 1975; car on sait qu'on devient illettré par manque de pratique; et les raisons de ne pas pratiquer ont crû depuis quarante ans, ce me semble.
Ecrit par : μηδεις | 22 juin 2007
Eternel débat de chiffres, entre partisans et ennemis de la massification, querelle dont on ne sortira pas, et bataille des méthodes, dont on ne sortira pas non plus. Il serait peut-être bon de prendre conscience du fait que l'école n'est pas une enclave dans la société, et que les lacunes culturelles et la perte de repères concernant le goût du travail sont encore plus imputables à des exemples véhiculés en dehors de cette même école, ainsi qu'à un dramatique défaut d'éducation. Une fois pour toutes, la société a changé en cinquante ans!
Ecrit par : christophe sibille | 22 juin 2007
Je m'aperçois avec un peu de honte que je n'ai pas encore abordé le thème proposé par JPB : le baccalauréat, ce qui n'est pas très sérieux.
Je pense qu'au point où nous en sommes, il faut considérer le bac comme un examen de fin de deuxième cycle du second degré et comme le strict équivalent du Brevet des Collèges pour le premier cycle et non comme un passeport pour l'université.
Dans ces conditions la question de l'introduction d'une plus ou moins grande part de contrôle continu devient secondaire.
Le problème n'est pas le bac mais le décalage entre ce qu'il est devenu et la représentation (fausse) que l'on continue à s'en faire et surtout le problème de la sélection à l'entrée de l'université que l'on sera bien obligé d'aborder de front un jour ou l'autre.
Ecrit par : Robin | 22 juin 2007
Thalie, vous avez tout à fait raison. Sarkozy avait effectivement dit qu'il s'engageait à ce que les agrégés soient nommés prioritairement en lycée. Il est à craindre que rien ne sera fait. On ne peut que déplorer l'absence dramatique de gestion des ressources humaines dans l'Education nationale. L'Etat a ainsi investi sur ma pauvre cervelle des sommes à faire s'évanouir le contribuable le plus zélé (4 années d'ENS pendant lesquelles j'ai reçu de l'Etat un traitement mensuel confortable pour faire mes études). Le bon sens le plus évident aurait été de m'exploiter en lycée. Mais non, je suis dans un collège en voie de décompoZEPtion accélérée (avec une peine de sûreté de 15 ans, au moins). Pourtant, je reste philosophe. Voir certains élèves progresser, assimiler (bouh ! le vilain mot !) savoirs et méthodes est ma seule satisfaction. Mes 15h hebdomadaires, qui me laissent certes les nerfs à vif et les neurones en jachère (Simone Weil-la philosophe, pas l'autre- a fort bien parlé de cet état d'hébétude propre au travail à la chaîne), me permettent au moins d'avoir du temps libre pour des activités de recherche.
Mes amis qui bossent dans le privé, n'en finissent pas d'écarquiller les yeux quand je leur décris le fonctionnement de la Grande Machine à Décerveler.
Ecrit par : myriam | 22 juin 2007
Myriam, je sortais de l'ENS et j'ai fait sept ans dans un collège campagnard — avant d'enchaîner, après deux ou trois divagations en banlieur pârisienne, avec 12 ans de ZEP — en lycée, certes, mais dans quel état…
Mes stats sur la génération ENS qui a suivi la mienne (j'ai intégré en 72) m'indiquent qu'il ne reste pour ainsi dire plus personne des promos 75-85 dans l'enseignement. Tous sont partis ailleurs — à l'ENA, entre autres.
Pour le moment, tut dépend du bon vouloir de l'IG local — adressez-vous à lui, ou, à défaut, au doyen de l'Inpection générale dans votre discipline (en Lettres, Philippe Le Guillou…) : demandez un RV rue de Grenelle, assiégez-les jusqu'à ce qu'ils trouvent une solution : je ne l'ai pas fait en mon temps, j'ai eu l'occasion de le regretter…
JPB
Ecrit par : brighelli | 22 juin 2007
Concernant le bac et son niveau à pleurer, il suffit de passer le moindre concours de la Fonction Publique Territoriale pour se rendre compte de l'étendue des dégâts : le concours d'Adjoint Administratif (avec lequel on est supposé, en gros, gagner royalement dans les 1 000€ par mois pour remplir de tableaux Excel et remplir des blancs dans des courriers-type), qui est supposé être de niveau 3ème, est tout simplement inaccessible à la très grande majorité des bacheliers d'aujourd'hui, de par sa trop grande exigence en français : orthographe et grammaire comptent autant -voire plus- que la qualité d'expression. Quant aux "idées" approximatives, elles n'ont tout simplement pas droit de cité (ou si peu).
PS pour Robin : votre message à propos du heavy metal n'est pas des plus heureux. Vous vous arrêtez à la forme brute, sans prêter attention à ce que ce mouvement sous-tend. Il y a derrière les décibels hargneux une réelle maîtrise technique des instruments (pas de quoi rougir face à un jazzeux, ça non), une rébellion de bon aloi et surtout, un esprit bon enfant que vous ne percevez qu'en cotoyant les métalleux de près. Il est toujours surprenant de voir la solidarité dans les concerts qui hurlent (voir 10 personnes en ramasser une qui est à terre, dans la fosse, en plein pogo, ça arrive tout le temps. On se rentre dedans, mais c'est du jeu, pas pour se faire mal. Et ceux qui veulent cogner pour de vrai se font gentiment raccompagner dehors par les pus costauds), la bonhommie placide (backstage) de cette montagne chevelue, tatouée et piercée qui l'instant d'avant grognait dans son micro. Il y a aussi toute une culture qui est loin d'être aussi trash qu'on le croit : Edgar Alan Poe y cotoie Baudelaire, on cite Lovecraft, vénère Beethoven, Bach et Mozart... Le heavy metal n'est qu'une violence de façade, il y a derrière ce masque bien plus de choses qu'on pourrait le croire. Mais trop de gens jugent les gens à leur soutane, malheureusement. La preuve. Ceci dit, jen n'ai rien de personnel à votre encontre. ;)
Ecrit par : Cédric | 22 juin 2007
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