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09 juin 2007
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L’été est là — pas depuis très longtemps : là où je réside, c’est depuis vingt-quatre heures…
Le ministre de l’Education s’échine rue de Grenelle (il a la chance de ne pas se présenter aux législatives, le voici assuré de rester en place), et multiplie les déclarations plus ou moins opportunes — j’avoue avoir un peu de mal sur l’autorisation donnée aux mères de famille voilées d’encadrer des sorties scolaires… Ma tolérance s’arrête à la porte des intolérances d’autrui.
Passons donc à des choses plus frivoles : que lire cet été pour ne pas bronzer idiot, comme on disait jadis à Tabarka ?
Voici mes suggestions du moment — non pas en fonction de ce qui est aujourd’hui aux devantures des libraires (parce que nous craindrions le rationnement, voire la disette), mais selon mes lectures-loisir des derniers mois, des dernières années.
Le salaire des enseignants français étant encore le plus bas d’Europe, Italiens exceptés, et les autres blogueurs ici présents n’étant pas nécessairement plus fortunés, j’en reste à des choses accessibles en Poche.
Or donc, après un coup d’œil dans les strates géologiques récentes de ma bibliothèque, je retiens et suggère de (re)lire :
- Agotha Kristof, « le Gand cahier » — et la suite, « la Preuve » et « le troisième mensonge »… Sans doute la fable la plus étonnante sur l’Europe centrale de l’ère communiste… Et un style au scalpel.
- Tom Sharpe, « la Grande poursuite » : le plus hilarant des romans de l’invraisemblable auteur de la série des « Wilt »…
- Carlos Ruiz Zafon, « l’Ombre du vent » — un pur chef d’œuvre de littérature noire, dans la lignée hispanisante (pardon : catalanisante) du « Tableau du maître flamand », de Perez Riverte (incontournable, mais déjà lu et relu mille fois, j’imagine…)
- Jonathan Coe, « Testament à l’anglaise » : le plus grand roman politique (au sens où je l’entends) des vingt dernières années — mais d’aucuns rectifieront certainement ce jugement péremptoire avec des propositions auxquelles je n’ai pas songé.
- Arto Paasilinna, « la Forêt des renards pendus » : le meilleur, me semble-t-il, des romans si décalés de ce romancier finlandais (ou finnois ?) qui vient de faire irruption dans le Petit Larousse — gloire à celui qui l’y a fait entrer…
- Norman Maclean, « la Rivière du sixième jour » : un roman qui commence par : « Dans notre famille, nous ne faisions pas clairement le partage entre la religion et la pêche à la mouche », ne peut être tout à fait mauvais (pour les amateurs, c’est ce texte — récit unique d’un vieil enseignant américain — que Redford a adapté dans « Et au milieu coule une rivière »).
- David Lodge, « Jeu de société » — le dernier-lu de l’auteur d’« Un tout petit monde », ce roman si exclusivement universitaire où l’on apprenait que « tout décodage est un nouvel encodage » — de mouches, probablement…
- N’importe quoi d’Yôko Ogawa, par exemple « Parfum de glace » ou « Hôtel Iris » — ou l’un quelconque de ses recueils de nouvelles… Cette Japonaise est étincelante de cruauté à petits mots.
- Arnaldur Indridason (« la Femme en vert », par exemple, ou « la Cité des jarres »). Un romancier noir islandais, avec un héros désabusé, cabossé, flic fatigué, en proie à des problèmes familiaux excessifs (c’est le nouveau topos de la littérature policière), dans un pays de brumes et de cauchemars — plus fort, dans le même genre, que Hening Mankell, son homologue suédois…
Je m’avise que tout cela est un petit peu systématiquement étranger. Mais si rien n’a paru en français depuis l’étonnant « Waltenberg » d’Hedi Kaddour, ce n’est pas ma faute (cette dernière phrase pour rappeler aux uns et aux autres que s’ils ne l’ont plus en tête, ils peuvent toujours se mettre à la relecture des « Liaisons dangereuses »).
À vous désormais de compléter cette liste squelettique. J’attends vos suggestions tout aussi partisanes que les miennes — et si d’autres titres me reviennent en mémoire, je les ajouterai, l’air de rien, avec la mauvaise foi qui me caractérise…
Last but not least. Vous pouvez bien sûr bronzer tranquille en bouquinant. Vous pouvez aussi laisser votre progéniture passée ou à venir se souiller aux bactéries de la plage, et rester chez vous à écrire — tout manuscrit intéressant pourra être expédié dès aujourd’hui aux éditions Balland, 17 rue de Buci, 75006…
Tiens, je vais m’y (re)mettre, dès que la période des examens et concours sera finie…
Jean-Paul Brighelli
(1) Tout le monde aura remarqué que le titre de cette note correspond aux deux parties des "Mots" de l'inusable Sartre. Je viens de le relire, dans le cadre du programme des Prépas sur "Puissances de l'imagination", et franchement, quarante et quelques années plus tard, ça tient remarquablement le coup. Pour mémoire, cette phrase lapidaire de la première partie : "Etait-ce lire ? Non, c'était mourir d'extase". C'est cela que nous devons faire passer en classe — la tentation de l'extase.
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Commentaires
A côté de « classiques », et de Bousquet pour les nuits d’insomnie, E. Flaiano , « la solitude du satyre », pour quelques notations savoureuses : « J-P Sartre : il passe sa vie à entrer et sortir du parti communiste. C’est le petit homme au parapluie de certains baromètres, qui indiquent ainsi la pluie et beau temps »
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
Notations qui retrouvent parfois la forme et la structure de la fable :
« l’enfant qui joue toute la journée au ballon sous mes fenêtres , et que je suis souvent tenté d’étrangler, me rencontre et me salue. Comme c’est la première que je le vois sans ballon mais avec un paquet de livres, je m’informe de ses études. Il est en cours moyen première année, et aujourd’hui il avait rédaction en classe. Le sujet était : si j’étais magicien. Voici l’idée directrice de son devoir : si j’étais magicien, je commanderais le monde. Presque tous ses camarades ont manifesté la même aspiration à la domination du monde, aujourd’hui possible grâce à ces opérations magiques que les enfants découvrent dans les livres de science-fiction et que les savants s’efforcent de réaliser. Nous nous préparons, me semble-t-il, une belle vieillesse. «
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
‘Ma tolérance s’arrête à la porte des intolérances d’autrui.’
Il faudrait lui demander si elle accepterait une nudiste pour faire la sortie avec elle, avant :) .
Toutes les femmes voilées ne sont pas des abruties. (et le voile a des charmes que le string n'a pas :) , tout dépend de qui le porte ... le voile )
"Etait-ce lire ? Non, c'était mourir d'extase". C'est cela que nous devons faire passer en classe — la tentation de l'extase.
Vrai, k'sè bô.
Ecrit par : toto | 09 juin 2007
Ah oui, et je recommande également, d’un auteur assez peu connu :
-L'école ou la guerre civile
-L'école, mode d'emploi - des "méthodes actives" à la pédagogie différenciée L'école, mode d'emploi - des "méthodes actives" à la pédagogie différenciée
-Frankenstein pédagogue
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
Je suggère deux excellents romans de José Saramago, "L'Aveuglement", en points Seuil, et sa lointaine suite "La Lucidité", -- pas encore en édition bon marché je le crains : une étrange fable sur le vote blanc, particulièrement d'actualité...
Question au maître de céans : si on envoie un manuscrit chez Balland, on se recommande de vous, naturellement ?
Ecrit par : FGuichard | 09 juin 2007
Tiens un compatriote de Saramago, Lobo Antunes, pour la description de la guerre et pour son style, parfois un peu fatigant ( voire grotesque) à force de recherches, mais qui ménage parfois quelques belles surprises et quelques rapprochements imprévus :
-Le cul de judas
-Connaissance de l’enfer
et bien sûr, un livre facile mais indispensable : « demande à la poussière (Ask to the dust) » de J. Fante bientôt adapté au cinéma je crois.
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
Merci JPB d'ouvrir ce fil ,je crois que nous y moissonnerons à défaut d'y glaner qui n'est pas de saison,quelques belles idées de lectures. Pour ceux qui ne connaissent pas la littérature Hongroise je leur conseille de lire "Capillaria, le pays des femmes" de Frigyes Karinthy auteur du non moins célèbre "voyage autour de mon crâne" et pourquoi pas de continuer par la lecture de "Le cerf-volant d'or" de Dezsö Kostolányi...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 09 juin 2007
Merci JPB d'ouvrir ce fil ,je crois que nous y moissonnerons à défaut d'y glaner qui n'est pas de saison,quelques belles idées de lectures. Pour ceux qui ne connaissent pas la littérature Hongroise je leur conseille de lire "Capillaria, le pays des femmes" de Frigyes Karinthy auteur du non moins célèbre "voyage autour de mon crâne" et pourquoi pas de continuer par la lecture de "Le cerf-volant d'or" de Dezsö Kostolányi...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 09 juin 2007
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 09 juin 2007
ESSAI;J'ai un bUG
Ecrit par : Montaigneàcheval | 09 juin 2007
"j’avoue avoir un peu de mal sur l’autorisation donnée aux mères de famille voilées d’encadrer des sorties scolaires…"
L'année dernière, dans les jardins de Giverny,nous croisons un groupe scolaire GS ou CP, petite fille avec le voile couvrant la face.
Que des instits permettent cela me dépasse.
Ecrit par : Guillaume | 09 juin 2007
Peut-être que les instits aussi se voilaient la face ?
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
Le fameux "descriptif des textes étudiés en classe" pour le bac de français de Première, avec ce méli-mélo d'"objets d'étude", de "perspectives secondaires" et de "problématiques associées", ou l'inverse... Et ces "séquences"...! C'est à gerber! Pauvres gosses qui ont à essayer de voir clair dans cette usine à gaz!
Tant qu'on n'interdira pas les "séquences" au collège et au lycée, il n'y aura aucune amélioration du niveau à attendre.
Les élèves sauront encore moins la grammaire, le latin, l'anglais, l'allemand et détesteront encore plus l'école...
Monsieur Darcos, par pitié, remettez un peu de bon sens dans la boutique!
Pour ceux qui veulent voir ce que c'est qu'une "séquence", allez voir sur www.sauv.net, dans les "Contributions": "Un exemple de "séquence didactique": le presse-purée".
Et pour ceux qui, séduits, veulent savoir et s'y mettre aussi:
"On appelle séquence un mode d'organisation des activités qui rassemble des contenus d'ordre différent autour d'un objectif sur plusieurs séances." (Programmes de français pour la classe de 6ème, 1996)
- Que dites-vous, Acis? Comment? Vous plairait-il de recommencer? J'y suis encore moins!" (La Bruyère, Les Caractères)
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?
C'est vrai que la "séquence", ça pose son "pédagogue", ça fait technique, ça inspire confiance! Et surtout ça fait moderne! Même les latinistes s'y sont mis! La CNARELA a ployé l'échine avec bonheur! Et les élèves pataugent en latin...
Ecrit par : Jean | 09 juin 2007
"pour ceux qui veulent découvrir..."
Ecrit par : Jean | 09 juin 2007
Je veux bien concéder qu’il y ait un problème avec les descriptifs : soit l’objectif est absent et on se débrouille sans savoir ce qu’ont fait prof et élève, soit l’objectif/problématique retenu par le prof, qui veut être original, ne semble pas très pertinent, voire obscur et pis encore : inexploitable pour celui qui prépare les questions. Mais le problème est ailleurs, dans la nouvelle forme de l’épreuve :
- inégalité entre élèves qui peuvent tirer un sujet plus ou moins dur
- incurie de certains qui proposent un sujet sans rapport avec la séquence
- question passe-partout : pour l’autobiographie par exemple : en quoi cette scène est fondamentale pour l’auteur ; ou question réductrice (sur un poème) : en quoi est-ce un texte argumentatif. Ainsi avec « la stratégie argumentative de l’auteur » vous avez une question pour tous les groupements sur les lumières.
ps : et puis tendance à interroger sur des textes connus . C’est normal. Elèves, ne travaillez pas « la douleur » on vous interrogera sur Molière. Ce qui est défendable d’ailleurs.
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
Peut-être que les instits aussi se voilaient la face ?
Cela m'a fait en tout cas forte impression.
Ecrit par : Guillaume | 09 juin 2007
Il y a six ou sept Pamuk traduits en français, et un Livaneli (Délivrance) dont je ne vous dis que ça!
Ecrit par : outis | 09 juin 2007
Si vous aimez la guerre (pour B., et pour toto et christophe), lisez "De purs désastres", de François Salvaing.
De pures merveilles.
Ecrit par : yann | 09 juin 2007
Carlos Ruiz Zafon, L'ombre du vent : c'est un extrait de ce roman qui est tombé au Capes d'espagnol l'an dernier en version :)
Ecrit par : Mademoiselle | 09 juin 2007
Ce que je veux dire, c'est que toute cette usine à gaz de bac de français est d'une complexité effarante pour l'élève et la meilleure façon de le dégoûter de la lecture.
Ecrit par : Jean | 09 juin 2007
Pour ceux qui n'aiment pas Darcos, méditez sur l'exemple du sinistre de l'inéducation en Pologne :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3214,36-921023@51-912894,0.html
Notamment, l'idée d'accorder le bac aux 53 000 recalé(e)s de la session 2006 parce qu'il avait jugé l'épreuve trop difficile. Les sinistres prédecesseurs des années 1940 ne recalaient déjà personne dans les convois de trains qui arrivaient tous à l'heure.
Ecrit par : dugong | 09 juin 2007
"Aux frais de la princesse" d'Yvan Stefanovitch
Où l'on apprend qu'un chauffeur du sénat se fait 6 000 € après 5 ans d'ancienneté (un gardien du jardin du Luxembourg ne touchant lui, que...3 000 €).
Imaginez le reste...
A noter, un chapitre sur "L'école des Privilèges".
Ecrit par : Guillaume | 09 juin 2007
Guillaume, vous savez quoi ? J’ai cité ces chiffres à certaines connaissances en pensant les étonner. Ils n’ont pas été le moins du monde surpris. « Eh bien quoi, s’ils font bien leur travail ? Jardinier quand même c’est dur. »
Ecrit par : J.A. | 09 juin 2007
Tiens,à la veille du bac, la 1 du Point « Education, enquête sur un désastre national »
A côté de « à quoi sert encore le bac/Pourquoi l’école fabrique tant de chômeurs » on peut lire « 32 000 enseignants sans élèves » tout de même.
Très sains rappels sur les chiffres , sur la teneur de l’EAF etc (choses qu’on peut lire ici).
Des solutions acceptables : frais d’inscription
D’autres critiquables : la suppression de la carte scolaire améliorera le système en créant de la concurrence entre établissement. Certains établissements partent avec du retard tout de même.
D’autres complètement irréalistes : DOUBLER LE SALAIRE des profs en zone sensible ! On se moque de qui là ? Comment est-ce possible ? Evidemment l’auteur de l’article a une solution : en ne remplaçant qu’un départ sur 2. C’est mathématique : 2 x moins de poste = 2 x plus d’argent à se partager.
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
Tiens je sors des volumes en poche : les libertins du 17e en Pléiade histoire de cultiver sexe et cerveau.
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
Je commence tout juste à émerger après avoir passé un mois de mai et un mois d'avril enfouie sous les copies (deux brevets blancs à corriger dont un à préparer, le tout sur un mois, ça fait un peu trop).
Concernant les lectures d'été enrichissantes, je n'y suis pas encore puisque je suis obligée de m'enfourner de la littérature de jeunesse (|8() depuis plusieurs semaines , étant donné que je dois, avec mes collègues, proposer des titres à commander pour enrichir le fonds "littéraire" du collège destiné à la "lecture cursive" *soupir*. Vu que les trois quarts de mes cinquièmes sont infoutus de lire les 100 pages (écrites très, très gros, et ornées de dessins) d'un recueil de nouvelles (somme toute excellent) de ce cher Roald Dahl, je ne vois pas pourquoi on s'oblige à s'avaler puis commander des nullités estampillées "de jeunesse" comme "Samantha la sorcière" ou "Panique au collège" sous prétexte que "c'est à la portée des élèves, ça leur fera aimer la lecture et gnagnagna"... Ils ne les lisent pas plus. Autant commander un bon Dumas ou un Mac Orlan ("Les Clients du Bon Chien Jaune", par exemple, en livre de poche jeunesse, édition mise au point par un certain Brighelli). On peut être sûr que seuls 5-10 élèves sur 28 liront le bouquin, ce sera donc comme d'habitude, si ce n'est que ceux qui auront fait l"effort de lire auront un peu enrichi leur vocabulaire et leur culture générale, une fois n'est pas coutume.
Enfin bon, je vous rassure, parfois, on trouve des ouvrages pour la jeunesse pas mal du tout. Une remarque : ils ne sont quasiment jamais le fait d'auteurs francophones.
- "Le Grand Livre des Gnomes", de Terry Pratchett (Castor poche) , est très distrayant, et plein d'esprit. Cet ouvrage raconte la vie d'une famille de gnomes "sauvages" débarquant dans un grand magasin colonisé par d'autres gnomes qui se sont parfaitement adaptés au mode de vie humain. Ils vivent au rythme des différentes saisons : la Saison du Blanc, le Grand Noël, etc. La panique survient lorsque les banderoles annoncent l'arrivée d'une saison inconnue jusqu'alors :"Tout doit disparaître".
- La trilogie des "Arthur" de Kevin Crossley-Holland (Livre de poche jeunesse), qui conte les aventures d'un jeune noble anglais vivant au XIIIe siècle et regardant se dérouler, dans une pierre magique, les aventures d'un autre Arthur, Roi de Bretagne, est extrêmement bien documentée (Crossley-Holland, ancien d'Oxford, a été professeur de littérature anglaise à l'université de Londres) et très agréable à lire.
Voilà pour ceux qui ont des enfants.
Ecrit par : Kapellmeister | 09 juin 2007
Kapellmeister, que pensez vous de la politique des albums ? Et des trucs à la mode comme « la bibliothécaire » ? Sinon, pour les jeunes, y’ a les deux volumes de l’ inspecteur J. Jordy « bonnes nouvelles » avec du Cortázar, du Bradbury etc. Vous savez, les fameuses « nouvelles à chute ».
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
« Eh bien quoi, s’ils font bien leur travail ? Jardinier quand même c’est dur. »
Vous ne pensez pas si bien dire...
Un extrait :
"Eté 1983. Cette année-là, Alain Poher, le président du Sénat, confie une tâche insolite et très secrète aux gardes républicains et surveillants du jardin du Luxembourg. Votre mission, leur confie-t-il : capturer des chats ! Chut! Des chats ! Une soixantaine au total. Votre champ de bataille : les 24 hectares du plus grand parc parisien, le Luxembourg."
En fait il s'agissait de l'une des conditions fixées par l'épouse (85 ans) d'un premier questeur qui venait de décéder pour quitter l'hôtel particulier du XVIème siècle de fonction.
Ecrit par : Guillaume | 09 juin 2007
La page citée ayant changé d'adresse, bis repetita :
Pour ceux qui n'aiment pas Darcos, méditez sur l'exemple du sinistre de l'inéducation en Pologne :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3214,36-921023@51-912894,0.html
Notamment, rayer Goethe, Dostoïevski, Kafka, Gombrowicz et Conrad de la liste des lectures obligatoires dans les lycées.
Voir aussi la belle idée d'accorder le bac aux 53 000 recalé(e)s de la session 2006 parce qu'il avait jugé l'épreuve trop difficile. Les sinistres prédecesseurs des années 1940 ne recalaient déjà personne dans les convois de trains qui arrivaient tous à l'heure.
Ecrit par : dugong | 09 juin 2007
l'arobase dans l'adresse joue des tours :
"http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3214,36-921023@51-912894,0.html"
Ecrit par : dugong | 09 juin 2007
J'ai réservé "Les 2 étendards" de Rebatet suite à une visite du blog de Pierre Assouline. Le livre vient d'^tre réédité chez Gallimard. Assouline en parle comme d'un chef d'oeuvre.
Qu'en pensent ceux qui l'ont déjà lu ?
Ce n'est pas récent mais je conseille Michel Folco (Dieu et nous seuls pouvons, Un loup est un loup, En avant comme avant) et Jacques Perret (Bande à part, Le caporal épinglé) pour ceux qui veulent à la fois rire et lire du beau français.
Ecrit par : Japhet | 09 juin 2007
Histoire de ne pas passer pour une quasi débile, je vais tout de même rajouter quelques titres pour grands.
- "La Maison du sommeil" (Folio), de Jonathan Coe, dont JPB a vanté "Testament a l'anglaise" (cela fait plusieurs années que je me dis qu'il faut que je lise ce dernier). C'est un livre très bien fait, sans ambition littéraire démesurée, mais aux personnages extrêmement bien écrits et au développement très bien mené. Un divertissement intelligent, comme on n'en trouve plus si souvent dans la littérature française actuelle, malheureusement.
- "La Bible de Néon" (10/18), premier roman de John Kennedy Toole, l'auteur de "la Conjuration des imbéciles". JKT n'avait que 16 ans quand il l'a écrit , et ça ne se voit absolument pas. C'est un roman très sombre, dont l'action se situe dans l'Amérique des années 30, si je me souviens bien, et qui raconte le long et douloureux naufrage d'une famille modeste. L'histoire est contée du point de vue du fils de la famille. Ce roman n'est pas sans évoquer ceux de Carson McCullers. Terence Davies, le réalisateur de "The House of Mirth", en avait tiré un film dont Gena Rowlands était l'actrice principale, il y a quelques années. L'affiche française évoquait un Hopper.
- "Le Livre Noir" (Folio), d'Orhan Pamuk. Le commentaire d'outis m'a rappelé que ce livre était l'un des meilleurs que j'eusse lus ces dix dernières années. Au fait, outis : j'ai "Le Château blanc" sous le coude, je ne vais pas tarder à m'y plonger. L'avez-vous lu et qu'en avez-vous pensé, si tel est le cas ? Quel autre Pamuk me conseilleriez-vous en priorité, par ailleurs ?
- "Le Pays des eaux" (Folio), de Graham Swift. Magnifique roman, portrait d'un professeur d'Histoire désespéré qui, alors qu'il enseigne déjà depuis des années et que sa femme vient d'être internée, fait un retour sur sa vie et celle de sa famille, ainsi que sur la région où ont vécu les siens depuis des générations : le Fenland. Le tout en plein cours.
Et puis, parce qu'il ne faut pas négliger les auteurs français :
- "Horowitz et mon père" (Livre de Poche), d'Alexis Salatko. Très bon petit roman qui conte la vie mouvementée d'un ancien Russe Blanc, rival malgré lui du génie du piano Vladimir Horowitz. Bien que le grand Vladimir soit un peu trop ridiculisé à mon goût dans ce roman, le récit est, dans l'ensemble, bien enlevé, les personnages (en particulier celui de la terrible grand-mère), bien plantés, et certains passages sont carrément hilarants.
- "Nouvelles orientales" (Gallimard, L'imaginaire), de Yourcenar. Je suis en train de les relire. Cela faisait 15 ans que je ne m'y étais pas replongée. C'est toujours aussi magnifique.
- "L'oeuvre posthume de Thomas Pilaster" (Minuit), d'Eric Chevillard. Je l'ai lu il y a quelques années, et je dois dire que je me suis tapé une bonne tranche de rire - mais je ne suis pas sûre que ce type d'humour soit du goût de tout le monde.
Et puis dans la série essais, pour les socialistes tendance Orwell :
- "La culture du narcissisme", du grand penseur américain Christopher Lasch. L'ouvrage, traduit par Jean-Claude Michéa, qui est un spécialiste de Lasch, est sorti il y a quelques mois en "Champs/Flammarion". C'est extrêmement édifiant. Il y a tout un chapitre consacré à l'éducation. Même si l'ouvrage date du début des années 80, beaucoup des réflexions qui y sont faites sont encore d'actualité.
B. a écrit :
"et bien sûr, un livre facile mais indispensable : « demande à la poussière (Ask to the dust) » de J. Fante bientôt adapté au cinéma je crois."
Il y a en effet une adaptation ("Demande à la poussière") qui est sortie l'année dernière, avec Colin Farrell et Salma Hayek. Je ne l'ai pas vue mais j'ai lu les critiques, qui disaient plutôt "bof". Etant donné que c'est Robert Towne, réalisateur de deux films franchement médiocres ("Personal Best" et "Tequila Sunrise") qui était aux commandes, j'ai en effet tendance à penser que ça ne doit pas être terrible. A vérifier sur DVD : http://www.amazon.fr/Demande-%C3%A0-poussi%C3%A8re-Colin-Farrell/dp/B000MZGSH2/ref=pd_bbs_sr_1/402-2439094-1792113?ie=UTF8&s=dvd&qid=1181409694&sr=8-1
Ecrit par : Kapellmeister | 09 juin 2007
"Kapellmeister, que pensez vous de la politique des albums ? Et des trucs à la mode comme « la bibliothécaire » ? Sinon, pour les jeunes, y’ a les deux volumes de l’ inspecteur J. Jordy « bonnes nouvelles » avec du Cortázar, du Bradbury etc. Vous savez, les fameuses « nouvelles à chute »."
B.
Qu'entendez-vous par exactement par "politique des albums" ? Vous voulez parler de l'utilisation des albums en lecture cursive ? Je sais que cela se fait dans certains établissements mais, chez nous, ce serait difficile, puisqu'il nous est demandé de ne pas dépasser les 5 euros par livres (ce qui, grâce soit rendu à Dieu, élimine quasi d'office la collection "L'Ecole des loisirs", qui compte encore plus de petites bouses que les autres collections pour la jeunesse). Mais peut-être faites-vous tout simplement allusion aux albums commandés par les CDI ? Dans ce cas, par albums, vous entendez illustrés pour la jeunesse ou bandes dessinées ?
En ce qui concerne "La Bibliothécaire", très à la mode, en effet, et qui fait partie de notre fonds, c'est le genre de bouquins sur lesquelles j'ai d'énormes préjugés (peut-être à tort), je ne l'ai donc pas encore lu. Si je pouvais ne faire lire et étudier que Stevenson, Kipling, London, Verne et même Pagnol (si démodé, n'est-ce pas ?), ce serait le bonheur. Que pensez-vous, quant à vous, de "La Bibliothécaire" et de ces autres livres de jeunesse à la mode ? Votre avis m'intéresse beaucoup.
Et merci pour les tuyaux. Les "Bonnes nouvelles" m'ont l'air parfait (très bons auteurs , très bon marché). Mais je pense que certains risquent de trouver que Bradbury et Cortazar, c'est trop compliqué pour nos pauvres petits. J'avais pourtant adoré "Chroniques Martiennes", quand je l'avais étudié, en quatrième.
Ecrit par : Kapellmeister | 09 juin 2007
Last but not least. Vous pouvez bien sûr bronzer tranquille en bouquinant. Vous pouvez aussi laisser votre progéniture passée ou à venir se souiller aux bactéries de la plage, et rester chez vous à écrire — tout manuscrit intéressant pourra être expédié dès aujourd’hui aux éditions Balland, 17 rue de Buci, 75006…
Tiens, je vais m’y (re)mettre, dès que la période des examens et concours sera finie…
Jean-Paul Brighelli
Ecrire, écrire, la tentation tenace des enseignants de province... ou d'ailleurs.
Une petite visite dans les salles de lecture des maisons d'édition suffit à glacer les vélléités: chez Actes-sud par exemple: un lecteur à temps plein et entre 400 et 500 manuscrits reçus par moi. C'était assez marrant de voir ce bénédictin entouré par tous les romans refusés (toutes les étagères de sa pièce de labeur).
Là, je lis avec passion Pierre Lepape: "Le pays de la littérature: des serments de Strasbourg à l'enterrement de Sartre". Mise en perpestive d'événements historiques avec la créations d'oeuvres littéraires.
Et aussi Angelus Silesius: "Le voyageur chérubinique".
Ecrit par : Pendariès | 09 juin 2007
Mon dernier achat : Dr Tissot "L'onanisme, Dissertation sur les maladies produites par la masturbation". (en édition de 1775, superbe état mais hélas broché)
J'ai été frappé de constater que la vision du corps (circulation des humeurs) et les thérapies proposées (principe d'analogie ou d'opposition) sont assez (!) éloignés des principes scientifiques contemporains.
Par contre elles rejoignent étrangement les théories homéopathiques qui sont ... encore enseignées aujourd'hui !
J'attends les coups de la part des adeptes des médecines alternatives.
Ecrit par : Zorglub | 09 juin 2007
A propos du voile; une candidate au CAP (femme la trentaine) arrive encapachunée (les surveillants qui faisaient entrer dans les classes les impétrants n'avaient rien dit, alors que dans leur vie scolaire se trouve une affiche sur la laïcité dans les établissements scolaires... bref). Je lui demande d'enlever son voile. Elle me regarde surprise (pensant: encore un con) et me demande: "Ca vous gêne?
- Non, mais ôtez-le s'il vous plaît".
Genre d'anecdote qui me fait passer pour un buveur de vinaigre à la place du Nesquick...????
Ecrit par : Pendariès | 09 juin 2007
On a aussi le droit pendant l'été de lire ou relire Philip K. Dick.
Le plus connu "Substance mort" est un chef d'oeuvre et le film qui en a été tiré "A scanner darkly" mérite d'être vu.
De très nombreux livres de Dick mériteraient d'être étudiés en cours, par exemple "Les dieux venus du Centaure".
Le style est parfois un peu négligé. Mais la structure des romans est souvent diabolique, avec des systèmes de matriochkas étonnants, et les thèmes abordés restent tout à fait actuels.
Ecrit par : Zorglub | 09 juin 2007
400 et 500 manuscrits reçus par moiS
Ecrit par : Pendariès | 09 juin 2007
Passons donc à des choses plus frivoles : que lire cet été pour ne pas bronzer idiot, comme on disait jadis à Tabarka ?
Jean-Paul Brighelli
Que lire cet été si on entre en première L l'an prochain? SVP. Merci.
Ecrit par : dobolino | 09 juin 2007
Zorglub évoque plus haut le célébrisime ouvrage de Tissot sur la masturbation : pour bien apprécier l'angoisse qui a saisi la france des années 1750-1900 à ce sujet, il faut savoir que dans la grande encycopédie de pierre larousse, l'article "masturbation" occupe huit colonnes — et qu'il n'y est question que de masturbation masculine…
Et le livre de Tissot est longuement épinglé (comme le caporal du même nom, un joli livre encore effectivement) par Rosemonde Pujol, qui vient de sortir chez Jean-Claude Gawsewitch "Un petit bout de bonheur", éloge en 189 pages du clitoris — des origines à nos jours. Où, entre autres, l'on rappelle aux admirateurs / trices de Freud que Marie Bonaparte, qui finda la première Société de psychanalyse française, pour se conformer aux théories du grand homme, s'est fait exciser deux fis — il en restait un bout après la premlière intervention, c'est que c'est coriace, ces petites bêtes…
JPB
PS. Pendariès, vous n'avez pas le droit de refuser une femme libérée à la mode islamiste à un examen. Un lycée, lors d'un examen, cesse d'être un établissement scolaire et devient espace public. J'ai expliqué tout ça dans Une école sous influence…
Ecrit par : brighelli | 09 juin 2007
Le plus connu "Substance mort" est un chef d'oeuvre et le film qui en a été tiré "A scanner darkly" mérite d'être vu.
Ecrit par : Zorglub | 09 juin 2007
Bon, c'est le cadeau d'anniv pour les seize ans de mon fils, demain matin!
Ecrit par : dobolino | 09 juin 2007
Eveils par Gaïto Gazdanov
Pas mal! Un libraire d'Apt en a fait l'enseigne de sa librairie.
Ecrit par : dobolino | 09 juin 2007
"On a aussi le droit pendant l'été de lire ou relire Philip K. Dick.
Le plus connu "Substance mort" est un chef d'oeuvre et le film qui en a été tiré "A scanner darkly" mérite d'être vu.
De très nombreux livres de Dick mériteraient d'être étudiés en cours, par exemple "Les dieux venus du Centaure"."
J'avais adoré "Le Dieu venu du Centaure" quand je l'avais lu (un jour de vacances, pour me détendre, alors que j'étais en Lettres Sup). Le titre anglais, "Les trois stigmates de Palmer Eldritch", est encore meilleur, à mon avis. Ce livre m'avait plongée dans un abîme de réflexions. "Ubik", du même auteur, m'a aussi pas mal marquée.
"Que lire cet été si on entre en première L l'an prochain? SVP. Merci."
Dobolino
Laissez-moi deviner : c'est pour votre chérubin ?
Etant donné que la tarte à la crème du programme de 1ère est le biographique, il serait bon de lire "Les Mots" de Sartre, "Les Confessions", de Rousseau (au moins en partie), "Enfance" , de Sarraute, "L'Age d'homme" de Leiris. Si l'élève est très courageux, il ira jeter un oeil chez Chateaubriand ("Mémoires d'outre-tombe"). Les Vies écrites par Zweig, Plutarque ou Suétone ne sont pas non plus dénuées d'intérêt. Sans parler des Mémoires du cardinal de Retz. "L'Enfant", "Le Bachelier" et "L'Insurgé" de Vallès sont aussi intéressants, dans la mesure où cette trilogie est une autobiographie romancée.
Ecrit par : Kapellmeister | 09 juin 2007
Laissez-moi deviner : c'est pour votre chérubin ?
Etant donné que la tarte à la crème du programme de 1ère est le biographique, il serait bon de lire "Les Mots" de Sartre, "Les Confessions", de Rousseau (au moins en partie), "Enfance" , de Sarraute, "L'Age d'homme" de Leiris. Si l'élève est très courageux, il ira jeter un oeil chez Chateaubriand ("Mémoires d'outre-tombe"). Les Vies écrites par Zweig, Plutarque ou Suétone ne sont pas non plus dénuées d'intérêt. Sans parler des Mémoires du cardinal de Retz. "L'Enfant", "Le Bachelier" et "L'Insurgé" de Vallès sont aussi intéressants, dans la mesure où cette trilogie est une autobiographie romancée.
Ecrit par : Kapellmeister | 09 juin 2007
OK mais il a dit "Sarraute, seulement sous hallucinogènes", le reste étant déblayé, que dois-je faire, Docteur? Quelques plants de cannabis dans le jardin?
Ecrit par : dobolino | 09 juin 2007
Leo Perutz
Le Cavalier suédois.
"Admiré par Borges, qui voyait en lui une sorte de Kafka aventureux, Perutz considérait Le cavalier suédois comme son roman le plus parfait. Le plus angoissant en tout cas dans la mesure où il traite le thème, "cinématographique entre tous, de la substitution d'identité."
Perutz fait partie de ce genre d'auteurs comme Philip K. Dick dont on se demande si l'on a vraiment compris son histoire après l'avoir lue, la construction joue un grand rôle.
Ecrit par : Lariba | 09 juin 2007
"OK mais il a dit "Sarraute, seulement sous hallucinogènes", le reste étant déblayé, que dois-je faire, Docteur? Quelques plants de cannabis dans le jardin?"
Dobolino
Non, j'ai mieux : "Souvenirs d'un pas grand-chose" et "Journal d'un vieux dégueulasse", de Bukowski. C'est du biographique et l'auteur fumera et picolera pour votre fils.
http://www.amazon.fr/Souvenirs-dun-grand-chose-Charles-Bukowski/dp/2253041033/ref=sr_1_1/402-2439094-1792113?ie=UTF8&s=books&qid=1181415319&sr=1-1
http://www.amazon.fr/Journal-dun-vieux-d%C3%A9gueulasse-Bukowski/dp/2253143847/ref=sr_1_1/402-2439094-1792113?ie=UTF8&s=books&qid=1181415435&sr=1-1
Ecrit par : Kapellmeister | 09 juin 2007
http://fboizard.blogspot.com/index.html
A lire aussi cette biographie de Margaret Thatcher par un Français.
"Margaret Thatcher : de l'épicerie à la chambre des Lords" par Jean Louis Thierot
Je mets en bleu les passages portant des leçons encore actuelles pour la France. Elles le sont presque toutes, mais j'ai fait un tri.
Né dans un milieu très croyant, elle en garda toute sa vie une morale très ferme : l'homme est libre et responsable. Toutes les formes d'irresponsabilité, dont l'assistanat, lui faisaient horreur.
Du fait d'être née dans une épicerie bourgeoise, elle a gardé la notion que le commerce est une chose utile et honorable (1), ou, comme écrivait Adam Smith, "le boulanger ne fait pas le pain pour faire plaisir à ses concitoyens, il le fait pour son profit, et pourtant, ce faisant, il leur rend service." Elle n'avait pas cette répulsion de nos élites pour le commerce, qui en fait un mal nécessaire, nécessaire mais mal tout de même.
Son passage comme ministre de l'éducation (hé oui), de 1970 à 1974, mérite qu'on s'y arrête. Il n'a pas donné beaucoup de résultats mais elle en a tiré d'importantes leçons pour l'avenir.
Jeune ministre, elle est peu soutenue par le gouvernement conservateur.
En effet, elle essaie de préserver l'élitisme des meilleurs établissements publics, qui l'ont formée, mais les dirigeants conservateurs, tous formés dans des écoles privées, s'en contrefoutent et font de la démagogie à bon compte en cédant à l'égalitarisme niveleur.
Cela me rappelle tous ces socialistes français de 2007 qui tempêtent contre toute sélection et tout élitisme, voire toute exigence, à l'école publique et mettent leurs enfants à l'école alsacienne.
Elle en profite pour bousculer le mammouth. Ses hauts fonctionnaires la piègent en lui présentant comme une mesure de saine économie de supprimer la distribution gratuite de lait dans les écoles, puisque celui-ci part pour les trois quarts à la poubelle. Aussitôt, une campagne médiatique la présente comme une affameuse d'enfants.
Elle en retiendra deux leçons :
> les hauts fonctionnaires ont leur propre programme et leurs propres objectifs (et les autres fonctionnaires, pas seulement hauts, également d'ailleurs). Il faut absolument ne leur accorder aucune confiance et ne pas prendre pour argent comptant leurs dossiers et leurs suggestions. Il faut toujours être en position de force dans la connaissance des dossiers vis-à-vis d'eux, ce qu'une Thatcher bourreau de travail arrivait à faire, ce qu'un ministre français cumulard n'a absolument pas le temps de faire.
Notamment, elle constate que les hauts fonctionnaires ont une technique très efficace pour arrêter les réformes qui leur déplaisent : ils ne s'opposent pas, ils disent au ministre ce qu'il veut entendre, mais multiplient les questions techniques détaillées, de manière à présenter une réforme simple comme un monstre de complexité qu'il vaut mieux abandonné. Si cela ne suffit plus, ils préconisent de préférence des mesures douloureuses, susceptibles de cristalliser les oppositions, de préférence à des mesures plus indolores, qu'ils gardent sous le coude.
> Tant qu'à subir des attaques, que ça soit sur des points essentiels et non accessoires.
Elle a eu quelques bonnes intuitions, sur le nivellement par le bas, sur les méthodes pédagogistes, sur les grands ensembles, mais, en politique avisée et soucieuse de sa carrière, elle a compris que, sans le soutien du premier ministre, elle n'arriverait à rien.
Elle est donc devenue un ministre comme les aiment les syndicats d'enseignants, bonne pour les profs, mauvaise pour l'éducation, privilégiant la quantité et les dépenses, à la qualité et au travail pédagogique. Elle a même été acclamée dans des congrès de profs.
Mais, jurant qu'on ne la reprendrait pas à agir contre ses convictions, elle en a conclu la nécessité d'avoir un gouvernement avec une politique claire et qu'une politique consensuelle est souvent aussi mal avisée que facile.
Enfin, lorsque le gouvernement Heath est tombé après avoir tout céder à ses adversaires suite à une grève de mineurs minoritaires mais très violents (situation qui n'est pas sans rappeler les grèves de 1995 en France), elle a décidé que, vraiment, ça ne rapportait rien aux conservateurs de céder aux socialistes.
Elle apprit une leçon décisive sur les élites : toujours prêtes à en découdre dans les discours, toujours prêtes à transiger dans l'épreuve (c'est un portrait de Chirac ?).
Il fallait aux tories un chef convaincu, prêt à se battre, et non à jouer les membres de club avec les travaillistes à la buvette du parlement.
Ce chef, évidemment, ce fut elle.
Un de ses cotés sympathiques est qu'elle remplaça petit à petit les vieux lords conservateurs qui se croyaient un talent inné à gouverner par des techniciens travailleurs.
Les premiers budgets qu'elle présenta, impôts indirects augmentés, impôts directs et dépenses publiques baissés, soulevèrent une tempête jusqu'à dans son propre camp. Les usines fermaient, chômage augmentait, c'était un drame, même si elle pensait probablement que les chômeurs, anesthésiés par l'assistanat, ne se battaient pas pour retrouver un emploi autant qu'ils auraient du. Mais elle tint bon, quasi seule contre tous, et y gagna un surnom TINA : "There is no alternative" et aussi, moins aimable, de TBW : That Bloody Woman (cette satanée bonne femme).
La Guerre des Malouines rendit la fierté à son peuple et à elle la popularité et le temps nécessaire aux réformes.
Mais voilà : elle avait raison, de 13 % en 1982, le chômage était de 5,8 % en 1990.
Pourtant, une pétition de 364 universitaires et anciens ministres expliquait en 1981 que cette politique ne pouvait pas marcher, qu'elle était dépourvue de base théorique et idiote, voire criminelle. Ceci ne fit que renforcer la méfiance de Maggie vis-à-vis des intellectuels.
Elle a eu la sagesse, contrairement à une légende française, de préserver l'assurance chômage et l'assurance maladie collectivistes, même si ce fut peut-être contre ses convictions morales.
Pour son célèbre bras de fer avec le syndicat des mineurs (un peu l'équivalent de notre SNCF), elle s'est préparée plusieurs années à l'avance, jusque dans les détails.
Elle a fait voter des lois qui n'avaient l'air de rien mais qui permettaient de mettre fin aux actions illégales des syndicats. Ella a veillé à ce qu'il y ait des stocks de charbon près des consommateurs et loin des mineurs, à ce que les dockers ne gênent pas l'importation de charbon par solidarité, etc ...
D'un point de vue plus anecdotique, mais bien révélateur de sa fibre morale, elle pouvait se montrer très dure avec les puissants, mais était toujours d'une grande attention vis-à-vis du personnel.
Elle avait demandé à ne pas avoir quelqu'un à son service en permanence, de manière à ne pas imposer à un employé ses horaires. Ainsi, elle préparait elle-même son petit-déjeuner et son dîner, ce qu'un préfet chez nous n'envisagerait pas. Cela explique peut-être que le 10 downing Street n'employait qu'une centaine de personnes tandis que Matignon en emploie cinq fois plus.
Il lui arrivait aussi de faire des oeufs (brouillés, sur le plat, ...) à ses ministres lors des réunions tardives.
La monarchie n'est pas du coté de la Manche que l'on croit.
Elle manquait d'humour, mais à propos de la gauche huppée, elle écrivit, ce qui irait si bien à nos bobos : "Ils avaient des remords d'avoir reçu trop d'argent et s'en guérissaient en payant des impôts."
Enfin concluons : elle a eu une de la chance (une guerre qui relance sa popularité, des oppositions caricaturales, etc ...) mais elle a su en profiter, saisir les bonnes occasions par les cheveux.
Elle a été aussi d'une patience et d'une ténacité admirables, n'hésitant pas à avaler des couleuvres quand elle ne se sentait pas en position de force quitte à vaincre d'un coup plus tard.
Elle ne fut pas en manque de courage, y compris physique vis-à-vis de l'IRA. Si elle sut ne pas céder au chantage (2), elle ouvrit aussi les négociations qui finirent par aboutir à la situation pacifiée actuelle (elle n'était pas que dureté, elle savait manoeuvrer).
Pour résumer, elle fut un chef de gouvernement exceptionnel.
Au fond, je suis d'accord avec les socialistes français : le blairisme n'est qu'une forme abatardie de thatcherisme. Pour eux, c'est une insulte ; pour moi, c'est un compliment.
Pas convaincus ? Le niveau de vie moyen des Anglais était de 30 % inférieur au nôtre en1978, il est aujourd'hui, plus élevé de 10 %. Bien sûr, tout le monde n'en a a pas profité également, les 10 % les plus pauvres en ont moins profité que les autres, mais 90 % de la population en a bien profité, c'est tout de même remarquable.
Que voulez vous ? Je préfère l'inégalité dans la prospérité à l'égalité dans la pauvreté. C'est un intéressant sujet de réflexion pour nos archéo-socialistes.
(1) : le fait d'être né dans une famille commerçante qui a su s'adapter sans rien demander à la collectivité, passant de la vente de charbon à la vente de fuel, de la vente de fuel aux déménagements et au transport de marchandises n'est probablement pas pour rien dans mon libéralisme.
(2) concernant la grève de la faim fatale de Bobby Sands : "Je fais mon devoir, on lui présente trois repas par jour." A noter qu'elle avait laissé à la famille de Bobby Sands la possibilité de demander l'alimentation forcée et que celle-ci ne l'a pas utilisée
Ecrit par : Guillaume | 09 juin 2007
Il y a aussi l'"épistolaire", au programme de 1ère (mon Dieu mais qu'il est nul, ce programme !). A lire impérativement, mais ça doit déjà être fait :"Les Liaisons dangereuses". "Lettres à un jeune poète", de Rilke est aussi une bonne idée.
Par ailleurs, j'avais lu, il y a bien longtemps (j'avais l'âge de votre fils, madame Dobolino), un roman épistolaire fort coquin de Théophile Gauthier qui m'avait bien amusée :"Mademoiselle de Maupin", roman inspiré de la vie d'une cantatrice et escrimeuse du XVIIe siècle qui avait la particularité d'être à voile et à vapeur, comme on dit. Ca devrait le changer d'"Inconnu à cette adresse": http://www.amazon.fr/Mademoiselle-Maupin-Th%C3%A9ophile-Gautier/dp/2070363961/ref=sr_1_1/402-2439094-1792113?ie=UTF8&s=books&qid=1181415981&sr=1-1
Pour Bukowski, je ne plaisante pas. Votre fils devrait vraiment aimer "Souvenirs d'un pas grand-chose".
Autre lecture qui devrait lui plaire, pour le biographique : "Le Roman de Monsieur Molière", du grand écrivain russe Boulgakov. En plus, ça lui servira pour le théâtre. D'une pierre deux coups. Vous le trouverez facilement en Folio.
Ecrit par : Kapellmeister | 09 juin 2007
C'est Théophile Gautier, bien sûr. A force de parler de hash...
Ecrit par : Kapellmeister | 09 juin 2007
Bonsoir Kapellmeister,
il faut que tu nous expliques comment tu fais pour faire des liens aussi long qui fonctionnent .
Ecrit par : toto | 09 juin 2007
Ah oui, et je recommande également, d’un auteur assez peu connu :
-L'école ou la guerre civile
-L'école, mode d'emploi - des "méthodes actives" à la pédagogie différenciée L'école, mode d'emploi - des "méthodes actives" à la pédagogie différenciée
-Frankenstein pédagogue
Ecrit par : B. | 09 juin 2007
Beurk.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 09 juin 2007
"Au dessous du volcan", de Malcolm Lowry, "le sang noir", de Louis Guilloux dont on a beaucoup parlé il y a quelque temps et, dans un tout autre registre, (quoique!) , "matin brun", de Franck Pavloff. Mais celui-là est vraiment tendance gauche, alors je ne pense pas qu'il plaise à beaucoup ici...
Ecrit par : christophe sibille | 09 juin 2007
Ben dis-donc, Cadichon, je ne sais pas si vous avez lu le message énamouré de Guillaume à destination de Margaret Thatcher! A côté de lui, vous faites figure de José Bové!
Ecrit par : christophe sibille | 09 juin 2007
Si vous n'avez pas lu "Mon Nom est rouge" ou "Neige", de Pamuk, je vous les recommande.
Sortis aussi il y a longtemps, chez Phébus lLbretto, "le Destin de Mr Crump", de Ludwig Lewisohn, ou "Crime passionnel", du même. Toute la collection est d'ailleurs à recommander, on y trouve aussi Meyer Levin, "Crime", dont a été tiré un film, "Consuelo" de George Sand, et nombre de W. Wilkie Collins.
Dans la collection Métailé, beaucoup d'excellents polars.
Je suis en train de lire le dernier Montalban, qui s'annonce captivant.
Et, pour marier les plaisirs culinaires à ceux de la lecture, pourrait-on me redonner la recette de l'anchoïade, que je n'ai pas notée quand elle a été donnée, et que je ne retrouve pas?
Ecrit par : mouron rouge | 09 juin 2007
Un journal de résistance "Le cahier rouge du maquis", écrit au jour le jour de février à août 1944 par le lieutenant Vallier, chef du maquis du même nom (maquis AS du Var).
Le livre est publié aux éditions Parole domiciliées à Artignosc sur Verdon. On peut aussi le lire sous forme de blog recopié au jour le jour l'année dernière (le plus vieux blog du monde)
http://www.maquis-vallier.fr
Voici ce qu'en a dit François Marcot, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Besançon
"Un ouvrage est tiré de ce journal, sortie annoncée le 21 avril.
Que tous ceux qui attendent fébrilement le 22 avril à 20 heures soient assurés que la visite de ce site leur procurera détente et enrichissement intellectuel.
Que ceux qui s'en moquent trouvent dans la visite de ce site de quoi combler le vide de l'actualité!"
Ecrit par : Claude Roddier | 09 juin 2007
Toutes les nouvelles fantastiques de Théophile Gautier sont à découvrir ou à redécouvrir : Avatar, Arria Marcella, La Morte amoureuse, Jettatura et bien d'autres sont rassemblées dans deux volumes de La Pléiade. Idéal pour voyager, s'évader, et certaines sont pleines d'humour...
En Folio, j'aime bien L'Homme qui voulut être roi, de Rudyard Kipling. Un récit d'aventures qui a inspiré des générations de jeunes gens rêveurs, qui se sont mis en tête d'atteindre le Kafiristan. Il y a aussi l'adaptation cinématographique (avec le même titre) réalisée par John Huston, en 1975. Dans les rôles principaux : Sean Connery et Michael Caine, tout deux prodigieux. Le film est trop rarement diffusé sur les chaînes françaises (et de ce fait injustement méconnu), mais existe en DVD.
Ecrit par : Scaramouche | 10 juin 2007
Ben dis-donc, Cadichon, je ne sais pas si vous avez lu le message énamouré de Guillaume à destination de Margaret Thatcher! A côté de lui, vous faites figure de José Bové!
Ecrit par : christophe sibille | 09 juin 2007
Bové, j'sais pas, et côté moustaches je pense que JPB est plus proche de lui que moi, mais voui, voui, j'ai lu en buvant du petit lait, comme vous l'imaginez bien, ce texte où je note en particulier que, dure avec les puissants et pleine de sollicitude pour les sans grade, Maggie est bien l'opposé de la Barbie du PS. C'est flagrant sur tous les plans, mais surtout sur celui de l'éthique personnelle, et les "travailleurs" anglais ne s'y sont pas trompés qui l'ont réélue pendant plus longtemps qu'aucun autre Premier Ministre avant elle.
Je n'ai pas lu la biographie en français dont parle Guillaume mais j'ai lu ses récits autobiographiques et son dernier ouvrage sur l'art de gouverner, où elle insiste sur les dangers pour la démocratie de la dérive démissionnaire des états-nations dans l'abandon excessif de leurs droits régaliens et la dévaluation de la fonction politique, par la faute des politiciens eux-mêmes qui prennent les électeurs pour des billes.
Je vais rechercher le site où se trouve un discours ( What's wrong with politics) qu'elle prononça en 1968, et où elle souligne que les politiciens sont responsables de la désaffection des électeurs pour la politique en commençant par une citation de King Lear:
‘Get thee glass eyes;
‘And, like a scurvy politician, seem
‘To see the things thou dost not.’
Ecrit par : Cadichon | 10 juin 2007
Le discours en question est ( avec bien d'autres) sur le site de sa fondation:
http://www.margaretthatcher.org/speeches/
Ecrit par : Cadichon | 10 juin 2007
Sibille, si vous voulez faire la comparaison des années Mitterand/Thatcher, on va bien rigoler.
En attendant...
Dans les années 80, Spitting Image (une émission de comédie avec des marionnettes en latex) La Thatcher était toujours représentée en homme, habillée en costumes style maffioso et qui faisait pipi debout dans les WC hommes…dans une scène qui rappelle ‘the cook, the thief, his wife & her lover’, elle est au restaurant entourée de ses ministres…
le serveur prend sa commande : ‘…bien sur, elle prend un steak cru…’
le serveur : ‘et pour les légumes, Madame ?’
Thatcher, regardant avec mépris ses ministres autour de la table :’…ils prendront la même chose’
Ecrit par : Guillaume | 10 juin 2007
Je reviens brièvement (!) sur le tout premier point de ma note.
Les associations féminines (féministes ?) se mobilisent contre la recommandation de la Halde (qu'a donc choisi de suivre Darcos) sur les mères voilées dans le système scolaire.
Voici ce qu'écrit Michèle Vianès au président de ladite commission, Louis Schweitzer — un homme qui aime (ou qui aimait…) la pintade…
Bonne lecture…
"Chères amies, chers amis,
La délibération de la halde concernant les "parents auxiliaires bénévoles de l'éducation nationale" est proprement scandaleuse.
Il est indispensable de réagir vivement et d'envoyer chacune et chacun directement une lettre de protestation à la halde, aux médias, au ministre de l'Education nationale, au Président, aux parlementaires, etc.
Notre lettre de réaction est ci dessous et en pièce jointe.
Vous pouvez utiliser notre courrier ou vous en inspirer.
A partir du site de la Halde, www.halde.fr, vous pouvez envoyer des courriels ou téléphoner au 08 1000 5000 du lundi au vendredi de 8h à 20h.
Sur notre site www.regardsdefemmes.fr vous trouverez les délibérations précédentes et notre échange de courrier.
Amicalement,
Michèle Vianès
Monsieur Louis Schweitzer
HALDE
11 rue Saint Georges
75009 Paris
LR/AR
Lyon, le 9 juin 2007
Délibération de la Halde n° 2007 du 14 mai 2007
Monsieur,
Notre association « Regards de Femmes » est habilitée à agir, devant les tribunaux notamment, pour l’égalité des femmes et des hommes et pour que, sur le territoire national, toutes les fillettes et femmes aient les mêmes droits, indépendamment de leur appartenance religieuse ou de celle de leur père, frère ou mari.
Nous sommes consternées par l’acharnement de la Halde à vouloir légitimer « le voile islamique » dans des lieux hautement symboliques de la République :
· dans les préfectures, lors de la cérémonie de remise des certificats de nationalité française, par votre délibération 2006-131 du 5 juin 2006 que nous avons dénoncé comme discriminante à l’égard des femmes, dans un courrier en date du 23 janvier 2007
· à l’école de la République, par la délibération citée en référence.
Nous relevons que votre instance, dite « Haute Autorité » prétend se substituer aux juridictions judiciaires ou administratives. Nous nous arrêtons sur quelques arguties dans le galimatias de votre délibération.
1-Vous annoncez avoir été saisi par une association de lutte contre « l’islamophobie ». Votre collège a-t-il examiné l’habilitation à agir de ceux qui vous ont saisi ? Le terme « d’islamophobie » est sans contenu. L’islam n’étant pas une personne, ce terme ne peut en aucun cas définir du racisme. A quel titre soutenez-vous l’interprétation de l’islam qui considère « le voile islamique » comme une obligation religieuse sexuée? Prétendez-vous trancher en matière d’interprétations religieuses, sur les croyances intimes des personnes ?
2-Des règlements intérieurs des écoles, dont les parents ont eu connaissance, l’avis des Inspecteurs d’Académie, un courrier du Ministre, dont « la portée au regard de la question expressément posée n’est pas explicite » de votre point de vue, rappellent clairement les règles de neutralité du service public. Mais comme ils ne partagent pas votre obsession de voiler les femmes, vous les réfutez en vous appuyant sur « une situation similaire ».
Il s’agit d’une jurisprudence concernant les établissements pénitentiaires (sic). L’école serait-elle une prison ? Les règlements concernant l’application de la laïcité dans les milieux fermés (détenus carcéraux ou militaires en opération) sont bien évidemment différents. On sait cela depuis 1905.
3- Vous citez un extrait de l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Mais vous savez que:
« L’article 9 ne protège toutefois pas n’importe quel acte motivé ou inspiré par une religion ou conviction et ne garantit pas toujours le droit de se comporter dans le domaine public d’une manière dictée par une conviction (voir, parmi plusieurs autres, Kalaç c. Turquie, arrêt du 1er juillet 1997, Recueil des arrêts et décisions 1997-IV, p. 1209, § 27, Arrowsmith c. Royaume-Uni, no 7050/75, décision de la Commission du 12 octobre 1978, Décisions et Rapports (DR) 19, p. 5, et C. c. Royaume-Uni, no 10358/83, décision de la Commission du 15 décembre 1983, DR 37, p. 142) » Arrêt de la Cour européenne des Droits de l’Homme, présidée par Sir Nicolas Bratza, du 29 juin 2004 concernant l’affaire Leyla Sahin c.Turquie.
Ce même arrêt « dit » :
«Il n’y a pas eu violation de l’article 9 de la Convention par la réglementation de l’université d’Istanbul, qui soumet le port du foulard islamique à des restrictions, et les mesures d’application y afférentes, étaient justifiées dans leur principe et proportionnées aux buts poursuivis et pouvaient donc être considérées comme « nécessaires dans une société démocratique ».
Vous connaissez également la résolution votée le 4 octobre 2005 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe exhortant tous les pays membres à : « Veiller à ce que la liberté de religion et le respect de la culture et de la tradition ne soient pas acceptés comme des prétextes à la justification des violations des droits des femmes, y compris lorsque des jeunes filles mineures sont contraintes de se soumettre à des codes religieux (y compris à des codes vestimentaires), … » (article 7.3) que nous vous avons déjà rappelé dans notre courrier du 23 janvier.
4- Vous avez décidé de considérer les parents des élèves participant « bénévolement au service public de l’Education Nationale comme des usagers, sans tenir compte de la spécificité de l’école de la République « lieu où s’opère la transmutation d’un petit humain réalisé à partir d’une dotation génétique en une personne rendue singulière par la pluralité de ses rencontres, capable de savoir être. ( …) Toutes les attitudes qui manifestent une soumission à des impératifs venus d'ailleurs, que ce soit la famille ou la religion, doivent donc être proscrites. »» (Albert Jacquard).
Cet espace de liberté est un sanctuaire, c’est-à-dire un lieu à l'abri des combats, à l'abri des luttes idéologiques, religieuses ou politiques, qui peuvent avoir lieu à l'extérieur.
Les auxiliaires de l'éducation, bénévoles ou non, doivent respecter tous les élèves et ne sont pas appelés pour s’occuper uniquement de leur(s) enfant(s). Il vous échappe que, dans le cas particulier, il s’agit de parents en uniforme, religieux ou politique, qui prétendent encadrer et influencer des mineurs, élèves de l’école publique.
Quelles représentations des rapports entre les femmes et les hommes, la présence d’une femme voilée « contribuant au service public de l’éducation » induit-elle chez les enfants ? Comment construire le principe d’égalité en droit entre les hommes et les femmes, si les femmes doivent se cacher dans l’espace public parce qu’elles représenteraient une source de désordre et si on considère les hommes comme des brutes incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles à la vue de la moindre mèche de cheveux? Comment tolérer l’endoctrinement des enfants ? Comment éduquer les enfants au principe constitutionnel d’égalité entre les hommes et les femmes ?
5- Vous relayez l’argument absurde de femmes qui se discriminent volontairement en portant un signe, un stigmate qui les séparent des autres personnes, femmes et hommes et qui s’offusquent d’être discriminées ! Elles font appel à la Halde lorsque les magistrats des tribunaux administratifs, qui jugent en fonction de la loi, déboutent leurs réclamations. Vous vous érigez en recours sans légitimité constitutionnelle et populaire. Or personne ne peut imposer son interprétation personnelle de sa religion comme supérieure aux lois communes de la République. La République, une et indivisible, ne saurait accorder de droits particuliers en fonction de convictions philosophiques ou croyances religieuses qui relèvent de l’intime.
Le présent courrier par lettre recommandée ouvre les voies et délais de recours selon la législation et n’exclut pas les recours que permet le cadre législatif dans la mesure où votre « délibération » porte atteinte et fait grief à l’objet social de « Regards de Femmes »
Nous vous demandons de réexaminer votre position et nous vous prions de croire, Monsieur, en l’expression de notre considération."
JPB
PS. Neige, de Pamuk, est un livre intense. Quant à Dick, j'avoue avoir un faible pour "Les Androïdes rêvent-ils d emoutons électriques" — que l'on doit trouver maintyenant sous le titre du film qu'en tira Ridley Scott, "Blade runner". Mais on peut aussi lire "We can Remember it for You Wholesale" dont Veroheven a tiré "Total recall"…
Dobolino, vous pouvez aussi bien faire directement lire à votre rejeton "le Pacte autobiographique" de Lejeune. Ça lui donnera une longueur d'avance sur tout le monde, et s'il est futé, il aura l'impression d'avoir lu tous les livres dont parle l'auteur — sans les lire. Voir à ce sujet le dernier livre de Pierre Bayard, dont je ne saurais trop recommander l'ensemble de l'œuvre.
Et si certains ont encore la tentation française, dans leurs lectures de cet été, qu'ils jettent donc un coup d'œil sur l'inévitable essai de Pierre Jourde, "La littérature sans estomac", qui doit être en poche à présent. Ça leur remettra leur Beigbeder favori à sa place.
Pardon à tous pour ce trop long post…
Ecrit par : brighelli | 10 juin 2007
Moi cet été, je vais relire les oeuvres de Marcel Béalu. Et peut--être Soljenitsyne.
La lettre de la Halde prouve en tous cas , mon cher JPB, que mes gueulades perpétuelles sont fondées. Nous avons franchi le point de non-retour de la pensée totalitaire.Et la HALDE a parfaitment raison. Ces brêches dans l'idée de la laïcité nous conduisent , dans un délai de 10 à 20 ans à une islamisation radicale de la société française...et qui trinquera??? les femmes ,comme toujours....
Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juin 2007
Et puis ce déculottage munichois des autorités, ce sourire niais et faussement tolérant devant ce qui est sans doute l'une des régressions culturelles, intellectuelles....et scintifiques de l'histoire, l'islamisme, et son avatar chrétien, le traditionnalisme catho et le puritanisme parpaillot, sans parler du succès du fondamentalisme des autres religions, est proprement stupéfiant.
Il s'agit, en fait de la négation de ce qui fut , bel et bien , ne parenthèse lumineuse de 250 ans dans l'histoire de l'humanité.
D'autre part quand on lit des contributions aussi délirantes que celle de Guillaume, l'heureux propriétaire d'une poupée gonflable de Miss Thatcher,(veinard) on reste con fondu devant une telle stupidité. Et ce monsieur se garde bien de parler de la "poll tax" de cette même Thatcher.
Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juin 2007
A propos de Pamuk: Le Château blanc est sans doute celui qui m'a le moins passionné; en revanche je confirme que Neige (dont l'action se déroule à Kars, près de l'Arménie) est d'une grande force, ainsi que Mon Nom est Rouge - Benim Adım Kırmızı - , avec une réflexion sur la peinture occidentale et la peinture persane ; le traducteur, génial, s'est amusé à parsemer le texte de références littéraires qui réjouiront les amateurs...Mais le plus fort à mon sens, c'est La Maison du Silence: je n'en dis pas plus pour le moment. Les amateurs d'Istanbul (dont je suis) aimeront le dernier Pamuk, Souvenirs d'une ville, illustré abondamment de photos en noir et blanc qui montrent la dégradation d'une ancienne et brillante capitale et expliquent ce que Pamuk appelle "la mélancolie stambouliote". C'est aussi une autobiographie partielle de Pamuk (et là je pense aux Mots de JPS)
Ecrit par : outis | 10 juin 2007
"Sibille, si vous voulez faire la comparaison des années Mitterand/Thatcher, on va bien rigoler.
En attendant...
Dans les années 80, Spitting Image (une émission de comédie avec des marionnettes en latex) La Thatcher était toujours représentée en homme, habillée en costumes style maffioso et qui faisait pipi debout dans les WC hommes…dans une scène qui rappelle ‘the cook, the thief, his wife & her lover’, elle est au restaurant entourée de ses ministres…
le serveur prend sa commande : ‘…bien sur, elle prend un steak cru…’
le serveur : ‘et pour les légumes, Madame ?’
Thatcher, regardant avec mépris ses ministres autour de la table :’…ils prendront la même chose’"
Ecrit par : Guillaume | 10 juin 2007
Quoiqu'on pense de Mitterrand, il est curieux de voir à quel point ceux qui ont envie de le diminuer écorchent soit l'orthographe, soit la prononciation de son nom, (on ce rappelle des: "Monsieur Mitran", de Pasqua, ou autres).
Concernant la parenthèse sur l'émission humoristique anglaise, je trouve que l'esprit crypto-totalitaire et méprisant de la personne Thatcher y est rendu avec une relative justesse. Et cet humour me plait.
Ecrit par : christophe sibille | 10 juin 2007
D'ailleurs Outis, cette "mélancolie stambouliote" (moi aussi je suis un amoureux de la Turquie et d'istanbul en particulier!!!) rappelle le "fado" la mélancolie lisboête d'un Pessoa.
Ecrit par : montaigneàcheval | 10 juin 2007
MàC, vous faites bien de me parler de Pessoa, que je me propose depuis des années de lire, en particulier par gratitude: j'ai grâce à lui gagné le...Superbanco aux Jeu des 1000€ il y a quelques années!!! Par quel titre me conseilleriez-vous de commencer?
Ecrit par : outis | 10 juin 2007
Nous avions longuement discuté de la Révolution française l'année dernière sur le sujet "Pitié pour les filles" (curieux entre parenthèses que nous évoquions le sort des femmes à l'approche de l'été, les jupes de sortie sans doute).
Vous y aviez été plus policé mais visiblement une année de plus pèse chez certains gauchistes.
De par mes lointaines origines irlandaises, je n'ai jamais développé un amour débordant à l'égard de nos voisins anglais*. Le bilan Thatcher est certes loin d'être tout rose mais que vous rejoigniez Renaud et ses bobos dans l'anti-thatchérisme primaire et viscéral me laisse pantois.
Vous passez sans doute vos vacances d'été en Turquie parce qu'il n'y a plus de résidence secondaire en Dordogne qui n'ait été achetée par ces pauvres Anglais.
* Je conseille d'ailleurs en visionnage d'été : Le vent se lève de Ken Loach.
P.S La contribution n'est pas de moi mais de Franck Boizard dit la Lime qui a mis sur son site la devise suivante :
"Il faut limer et frotter sa cervelle à celle d'autrui"
Comme quoi Montaigne n'est pas réservé aux seuls vieux chevaux de retour...
Ecrit par : Guillaume | 10 juin 2007
Mon cher Outis, commencez et finissez Pessoa par "Le livre de l'intranquillité", qui est un chef d'œuvre absolu.
J'aime chez Pessoa le goût des pseudonymes — comme chez Stendhal : l'égotisme ne consiste-t-il pas à se prêter sans cesse des miroirs décalés ? L'identité simulée en dit plus sur soi que tous les "Je" des autobiographes patentés.
JPB
Ecrit par : brighelli | 10 juin 2007
pour Kapellmeister
Pas d’avis particulier (je ne suis pas en collège), mais celui de collègues : la bibliothécaire fait partie de ces ouvrages de jeunesse en fait destinés aux adultes. Comme ils disent, le prof se fait plaisir avec ce genre d’ouvrage mais pas l’élève qui ne voit pas l’intérêt de la démarche. Dès lors, certains conseillent de revenir aux fondamentaux (vieilles collections pour la jeunesse et abrégés).
Pour les albums : je voulais dire ne pensez-vous pas qu’ils ont tendance, actuellement, à prendre trop de place dans les démarches pédagogiques au détriment d’autres œuvres (celles que vous citez par exemple) ?
Ecrit par : B. | 10 juin 2007
De Guillaume : "Le bilan Thatcher est certes loin d'être tout rose mais que vous rejoigniez Renaud et ses bobos dans l'anti-thatchérisme primaire et viscéral me laisse pantois.
Vous passez sans doute vos vacances d'été en Turquie parce qu'il n'y a plus de résidence secondaire en Dordogne qui n'ait été achetée par ces pauvres Anglais."
Habitant la région voisine, le Quercy, je peux vous assurer, mon cher Guillaume, que la plus grande partie des Anglais qui y vivent à l'année ont fui le thatchérisme pour retrouver avec délectation une forme de "common decency" qui fait cruellement défaut à leur pays. Quelques-uns ont même choisi de pointer au RMI plutôt que de retourner vivre là-bas. Savez-vous que le Royaume-Uni est redevenu le principal foyer d'émigration de l'Europe occidentale, curieux paradis que ce pays de plus en plus déserté par ses ressortissants, remplacés par une immigration du sous-prolétariat planétaire ! Quant aux chiffres du chômage britannique, comment les prendre au sérieux ? Le nombre de chômeurs a été réduit par une augmentation corrélative des "handicapés" (sociaux, "inaptes" à la recherche d'emplois) et du travail à temps partiel. Vous remarquerez que nous prenons le même chemin : la prime à la radiation et non à l'emploi retrouvé est la principale motivation de notre chère ANPE.
Il vous faudra plus de patience pour découvrir le paradis libéral dont vous rêvez (au fait pourquoi n'allez-vous pas y vivre ?).
Comme le fil est consacré aux lectures d'été, je conseille à Guillaume l' "impasse Adam Smith" de Cl. Michea et le collectif "De la destruction du savoir en temps de paix".
Le n° de l'Expansion du mois de mars 2007 ("Attention, il y a trop d'argent! ") est également édifiant sur les dangers de l'utopie libérale
Ecrit par : victor | 10 juin 2007
Restif de La Bretonne et L. S. Mercier pour l’anthologie Paris le jour, Paris la nuit.
Un romancier français un peu oublié : E. Bove pour la simplicité et la netteté du style. Une simplicité telle qu’elle approche parfois de la vision mystique. Ça rappelle Kafka parfois, d’autres foi l’Etranger.
Rebatet ? Oui, j’ai parcouru un peu ça (Deux étendards et son Histoire de la musique), par curiosité, sans rien achever. Pas mal pour les notations satiriques,mais ce début, ce portrait de jeune homme au lycée avec ses enthousiasmes pour Baudelaire, cette ambiance de sexualité trouble(si je me souviens bien) etc. ça fait un peu vieille France. Sans doute , pour le peu que j’en ai lu, un auteur à redécouvrir, ne serait-ce que pour le style qui frappe parfois fort et au bon endroit. Toutefois, comme beaucoup, le pauvre pâtit de son passé (soutien au nazisme et antisémitisme non ?). Mais cela n’empêche pas d’être un bon écrivain. Il y a beaucoup à sauver par exemple chez L. Daudet : le style, les pointes satiriques etc. Quelques idées : Agamben par exemple se désole, dans « Stanze », qu’on n’utilise/connaisse pas assez sa théorie des images mentales.
Ecrit par : B. | 10 juin 2007
Savez-vous que le Royaume-Uni est redevenu le principal foyer d'émigration de l'Europe occidentale, curieux paradis que ce pays de plus en plus déserté par ses ressortissants, remplacés par une immigration du sous-prolétariat planétaire...
Ecrit par : victor | 10 juin 2007
J'ai entendu de la part d'un ami anglais professeur d'arts plastiques dans le nord de l'Angleterre exactement la même analyse. Il se prépare d'ailleurs lui même à aller enseigner et vivre en Ecosse. (Son rêve étant de venir vivre et travailler en France)
Dans son petit livre (Eloge de la transmission) écrit avec Cécile Ladjali , Georges Steiner affirme: "En Angleterre, il y a une grande vague de suicides chez les enseignants: ce n'est pas une blague."
Oui, le "Testament à l'anglaise" de Jonathan Coe que j'ai lu l'été dernier vaut vraiment la peine (ou la joie) dêtre lu.
Ecrit par : buntovchik | 10 juin 2007
Please, assez avec la mère Thatcher !
On va en plein dans l’effet Godwin, atteint lorsqu’un participant intègre le nazisme ou toute autre idéologie haineuse dans une discussion dont ce n’est pas le sujet. Les esprits s’échauffent.
Mise en pratique :
Si quelqu’un capable de traiter comme de la merde des mineurs désespérés (ah ! salauds de pauvres) et de laisser crever des grévistes de la faim est un modèle de « libéral », alors les mots ne veulent plus rien dire et Pol Pot était un humaniste.
Ecrit par : Lariba | 10 juin 2007
Certains aéroports provinciaux comme celui de Rodez par exemple mettent en place des lignes directes avec vol quotidien vers Londres.
La France serait donc la Terre Promise, l'Eden de l'Europe* ( plus que la fuite devant le tatchérisme avouez que les produits locaux y sont aussi pour beaucoup ) , curieux alors que d'autres ressortissants de Sa Gracieuse Majesté prennent quand même un billet-retour vers l'Enfer.
* Pourtant les chiffres sont cruels.
Amusant le fait d'évoquer Tatcher pour voir aussitôt les vieux réflexes binaires ressurgir. Comme disait Mitterrand (oups! faire à attention à l'orthographe, ses derniers grognards veillent), le monde n'est ni blanc, ni noir, il est gris".
Et la grisaille sied si bien à la perfide Albion.
P.S Merci pour le "De la destruction du savoir en temps de paix" mais je l'ai déjà, voyez, je ne manque pas "de frotter ma cervelle à celle d'autrui"
Ecrit par : Guillaume | 10 juin 2007
d'autres fois
Ecrit par : B. | 10 juin 2007
Un romancier noir islandais, avec un héros désabusé, cabossé, flic fatigué, en proie à des problèmes familiaux excessifs (c’est le nouveau topos de la littérature policière), dans un pays de brumes et de cauchemars — plus fort, dans le même genre, que Hening Mankell, son homologue suédois…
Chic ! Je suis enfin à la mode !
Ecrit par : Robin | 10 juin 2007
"Etait-ce lire ? Non, c'était mourir d'extase". C'est cela que nous devons faire passer en classe — la tentation de l'extase.
Ca m'est arrivé au moins une fois...avec un Borgès.
Ecrit par : Robin | 10 juin 2007
- Carlos Ruiz Zafon, « l’Ombre du vent » — un pur chef d’œuvre de littérature noire, dans la lignée hispanisante (pardon : catalanisante) du « Tableau du maître flamand », de Perez Riverte (incontournable, mais déjà lu et relu mille fois, j’imagine…)
Oui remarquable le "Tableau du maître flamand". Si vous aimez Dumas, Zevaco..., vous ne pouvez qu'aimer Reverte.
J'ai un faible pour les romans policiers... Quelques noms au hasard sur mes rayonages : Anne Perry, Patricia Wentworth, Paul Halter, Guillaume Prévost ("L'assassin et le prophète"), Jacques Neirinck (la trilogie : "Le manuscrit du saint sépulcre", "La révélation de l'ange" et "la prophétie du Vatican")...et bien sûr Mary Higgins Clark et Patricia MacDonald (pourquoi bouder un plaisir parfois facile ?)
Paul Halter ("Le roi du désordre", particulièrement avec son ambiance de Noël anglais à la Dickens et le "modus operandi" du crime sur le lac glacé, "La quatrième porte"...) est un jeune écrivain alsacien bourré de talent dans la lignée de John Dickson Carr : "Trois cercueils se refermeront" et "La chambre ardente"...
Je l'avais oublié, celui-là, c'est "l'empereur", comme lady Christie est l'impératrice du noir royaume...Je me souviens encore du frisson d'horreur délicieux qui me parcourut l'échine en lisant les dernières lignes du "Meurtre de Roger Akroyd". et en comprenant que...
...S.A. Steeman...Et Chesterton avec sa série des "Father Brown".
Je mets sir Arthur Conan Doyle hors catégorie, tout à fait au-dessus du panier.
Ce que je préfère par dessus tout, c'est le "crime impossible" aux apparences fantastiques genre "meurtre en chambre close", mais qui relève d'une explication totalement rationnelle.
Ecrit par : Robin | 10 juin 2007
Question au maître de céans : si on envoie un manuscrit chez Balland, on se recommande de vous, naturellement ?
Ecrit par : FGuichard | 09 juin 2007
Je vais envoyer les miens. JPB, je trouve que vous vivez dangereusement.
Ecrit par : Robin | 10 juin 2007
"La France serait donc la Terre Promise, l'Eden de l'Europe* = * Pourtant les chiffres sont cruels."
...croit savoir Guillaume !
La France se classe au 2° rang des pays développés pour les investissements directs étrangers. Je tiens la statistique d'un rapport très officiel de Mme Clara Gaymard, épouse d'un ex-ministre (du logement ?), sur "L'attractivité de la France".
"Le rang de la France s’est également amélioré en ce qui concerne l’attractivité fiscale pour les cadres étrangers de haut niveau qui bénéficient à la fois de la baisse générale des taux du barème de l’impôt sur le revenu et du nouveau régime d’imposition institué en faveur des salariés impatriés (deux indicateurs fiscaux)"... nous dit le même rapport. Cela explique aussi l'arrivée de quelques cadres sup britanniques, ceux qui prennent leur ticket retour sans doute.
Le problème avec le libéralisme c'est qu'il avance en partie masqué et prend souvent un malin plaisir à piétiner ses propres sectateurs. Vous avez raison Guillaume, le monde est gris !
Ecrit par : victor | 10 juin 2007
J'ai réservé "Les 2 étendards" de Rebatet suite à une visite du blog de Pierre Assouline. Le livre vient d'être réédité chez Gallimard. Assouline en parle comme d'un chef d'oeuvre.
Oui, hélàs...Vous savez, je pense, qui est Lucien Rebatet.
Georges Steiner en parle aussi comme d'un chef d'oeuvre et il chercha et réussit à rencontrer l'auteur, antisémite et pro allemand.
On peut lire l'évocation autobiographique de cette rencontre dans un chapitre du "Cahier de l'Herne" consacré à Steiner. Je n'ai pas besoin de vous rappeler, je pense qu'une partie de la famille de Steiner avait disparu dans les camps.
On admire le courage et le probité intellectuelle de Steiner faisant l'éloge des "Deux étendards" dans l'ambiance d'ostracisme (justifiée) de l'après guerre.
Ecrit par : Robin | 10 juin 2007
Amusant le fait d'évoquer Tatcher pour voir aussitôt les vieux réflexes binaires ressurgir. Comme disait Mitterrand (oups! faire à attention à l'orthographe, ses derniers grognards veillent), le monde n'est ni blanc, ni noir, il est gris".
Et la grisaille sied si bien à la perfide Albion.
Ecrit par : Guillaume | 10 juin 2007
Thatcher, Guillaume, Thatcher! Et je suis un de ses grognards qu'un de ceux de tonton, ( comme vous auriez pu lire, si vous n'y aviez pas ajouté votre sens, ce que j'ai écrit sur Mitterrand: "quoiqu'on puisse en penser"). C'est vous qui êtes très binaire, finalement. Mais je n'en suis pas autrement surpris.
Ecrit par : christophe sibille | 10 juin 2007
Pathétique le roquet qui traînaille derrière mes contradicteurs à la recherche de quelque os à ronger.
Ecrit par : Guillaume | 10 juin 2007
"mes contradicteurs"
Ecrit par : Guillaume | 10 juin 2007
Vous progressez dans l'humour, Guillaume!
Ecrit par : christophe sibille | 10 juin 2007
Non, j'ai mieux : "Souvenirs d'un pas grand-chose" et "Journal d'un vieux dégueulasse", de Bukowski. C'est du biographique et l'auteur fumera et picolera pour votre fils.
Ecrit par : Kapellmeister | 09 juin 2007
C'est lu depuis belle lurette!
Ecrit par : dobolino | 10 juin 2007
Moi, cet été, vu que je ne prends pas de vacances et que je suis claquée, je vais lire des collections Harlequin, c'est plein de belles histoires de monsieurs très riches et très beaux qui épousent des ratées. Ça prend pas la tête.
ou peut-être selon comment tourne le vent, Kafka et des films d'Hitchcock.
quoique, Souvenirs d'un pas grand chose/ L'Homme sans qualités de Musil/ Oblomov de Gontcharov....
Le Forçat Innocent de Supervielle ou Les Amis Inconnus, du même?
Ecrit par : dobolino | 10 juin 2007
En fait, cet été, je suis sensée lire Les Bienveillantes. Que vous en semble?
Ecrit par : dobolino | 10 juin 2007
et Miller, à lire ou relire, c’est passé de mode ?
Ecrit par : B. | 10 juin 2007
"pour Kapellmeister
Pas d’avis particulier (je ne suis pas en collège), mais celui de collègues : la bibliothécaire fait partie de ces ouvrages de jeunesse en fait destinés aux adultes. Comme ils disent, le prof se fait plaisir avec ce genre d’ouvrage mais pas l’élève qui ne voit pas l’intérêt de la démarche. Dès lors, certains conseillent de revenir aux fondamentaux (vieilles collections pour la jeunesse et abrégés). "
B.
Merci. Je prends note. Je vais ressentir encore moins de culpabilité à m'en tenir aux classiques. Au sujet des "lectures pour jeunes", quelqu'un aurait-il lu "Des Fleurs pour Algernon" de Keyes et l'aurait-il "testé" sur des élèves ? J'ai commencé le livre et j'aimerais avoir un avis.
"Pour les albums : je voulais dire ne pensez-vous pas qu’ils ont tendance, actuellement, à prendre trop de place dans les démarches pédagogiques au détriment d’autres œuvres (celles que vous citez par exemple) ?"
B.
Je n'enseigne que depuis cinq ans et je n'ai connu qu'un collège en tant que titulaire, je ne pense donc pas avoir l'expérience nécessaire pour vous donner une réponse satisfaisante. Je peux simplement vous parler de ce qui se fait dans mon collège. Je n'utilise pas moi-même d'albums, et je ne crois pas que mes collègues en utilisent, mais pour certains, c'est sans doute plus un problème de fonds "littéraire" (nous n'avons pas d'albums en séries). Je crois savoir que la plupart de mes collègues font une étude sur la BD, à partir de planches. Je n'en vois pas l'utilité. Je pense que c'est céder à une certaine démagogie : on choisit un support non pour sa qualité mais parce qu'on s'imagine que les élèves vont y être spontanément réceptifs sous prétexte que ce support appartiendrait à leur univers culturel. C'est une double erreur selon moi.
Tout d'abord, on ne choisit pas un objet d'étude pour faire plaisir aux élèves, mais pour sa qualité et pour enrichir leur culture (et celle de mes élèves est d'une maigreur effrayante). Ensuite, les planches proposées par les enseignants n'intéressent généralement pas les élèves. En effet, la plupart du temps, le enseignants utilisent des classiques de la bande dessinée : Tintin, Spirou, Calvin et Hobbes... Or, ces BD (de très grande qualité, je le reconnais) ne font pas partie de l'univers de nos élèves (pas de celui des miens, en tout cas). Mes élèves ne lisent que des mangas (très, très bas de gamme), Titeuf (belle couillonnerie, ça) et autres bouses. Ils ne connaissent pas Calvin et Hobbes et, pour eux, Tintin, c'est le summum du ringard (et il y a trop de mots à lire). J'ai encore pu le vérifier récemment quand notre doc (complètement déprimée par le manque de curiosité des élèves) a commandé, sur mes conseils, plusieurs BD de très grande qualité : "De Cape et de Crocs" (BD d'un très haut niveau littéraire, aux dessins magnifiques, pleine d'humour), Calvin et Hobbes et l'adaptation en BD par Michel Plessix du classique anglais "Le Vent dans le Saules" (d'une beauté incroyable, je recommande ces volumes à tous ceux qui ont de jeunes enfants qui commencent à lire, et pensez aussi à acheter le livre, dans ce cas-là)... Les élèves les ont à peine regardées. En revanche, ils se sont précipités sur les mangas bas de gamme que notre documentaliste a commandés récemment (vu que Mac Orlan, London, Stevenson, Potok Zweig etc. ne partent pas et que la BD de qualité, c'est pas la peine, elle a décidé d'être démago, pour une fois). Je crois que ma collègue était encore plus désespérée quand elle a vu que ça marchait. C'est la grosse déprime.
Quoi qu'il en soit, je pense que l'utilisation d'illustrés en classe devrait se limiter au petites classes de primaire. Elle ne devrait pas avoir sa place dans les classes de collège, pas plus que les BD. Nos élèves ne lisent rien (ceux de mon collège , en tout cas, mais j'enseigne dans une zone culturellement sinistrée), je ne suis même pas sûre qu'ils lisent tous les textes des BD qu'ils empruntent. Dès qu'on leur donne à lire un texte qui fait plus de 40 pages et qui est un peu littéraire, c'est la croix et la bannière, autant pour ceux qui prétendent à aller au lycée que pour les futurs CAP. Si nous, nous ne nous efforçons pas, autant que possible, de les faire lire, qui le fera ? Et comment feront ceux qui arriveront au lycée en n'ayant jamais eu le courage de finir "Boule de Suif" ou "Antigone" et à qui on demandera, en première, de lire "Les Confessions" ?
Voilà mon avis, B. A quels niveaux enseignez-vous et que pensez-vous vous-même des "supports de lecture" (comme on dit si bien désormais) utilisés à l'école ?
Je remercie aussi outis et tous les autres pour les conseils sur Pamuk. Je vais acheter "Neige".
A toto : Mon cher toto, je ne sais absolument pas pourquoi mes liens fonctionnent. Je me contente de les copier et de les coller. J'ai cependant cru constater que c'étaient généralement les liens vers Le Monde qui causaient des difficultés.
A Robin : Vous qui êtes un amateur de romans policiers et de thrillers, avez-vous lu "Le Maître des Illusions" de Donna Tartt ? J'avais dévoré ce livre , il y a quelques années, alors que j'étais une jeune étudiante en lettres classiques (j'ai réussi à le faire lire à l'un de mes 3e latinistes qui l'a adoré : victoire !). Je suis d'ailleurs étonnée qu'il n'ait jamais été adapté au cinéma : c'est typiquement le genre d'histoire dont les producteurs hollywoodiens sont friands.
http://www.amazon.fr/Ma%C3%AEtre-illusions-Donna-Tartt/dp/2266125338/ref=pd_bowtega_1/402-2439094-1792113?ie=UTF8&s=books&qid=1181472906&sr=1-1
Ecrit par : Kap | 10 juin 2007
"Et je suis ne suis pas plus un de ses grognards", evidemment!
Ecrit par : christophe sibille | 10 juin 2007
Ecrit par : christophe sibille | 10 juin 2007
Mais si, mais si , les chiffres sont cruels :
Je cite :
Pour une population comparable, la France compte désormais un million d'entreprises non agricoles en moins que le Royaume Uni (3,4 millions contre 2.4 millions) ce qui explique en large partie le contraste des marchés du travail (taux d'emploi de 72% et chômage à 4,9 % au Royaume-Uni, de 58% et de 9,3 % en France).
Le PIB de la France qui était de 25% supérieur à celui du Royaume dans les années 70 est désormais inférieur de 9 % (1520 milliards d'euros contre 1659 en 2002).
La France se classe en 2001 au 10e rang de l'Union, au 19e rang de l'OCDE pour le PIB par habitant (alors que le Royaume est le 3ème des sept grands), au 17e rang du PNUD pour le développement humain (alors qu'elle occupait la deuxième place au début des années 1990.
La croissance moyenne depuis 1990 ressortit à 1,8 %, soit le 25e rand sur les trente pays que compte l'OCDE dont l'activité a progressé de 2,8 % en moyenne.
Taux d'emploi marchand : 48 % contre 55 % au R.U
Taux de chômage des jeunes en France : 26 %
Taux de pauvreté en France : 17 %
Mais nous avons des services publics efficaces :
L'Education nationale (personne ne rit) Voir les classements internationaux
Les Chemins de fer (on se moque du rail anglais tout en oubliant les dettes abyssales de RFF qui s'élevaient fin 2002 à 50 milliards d’euros).
Etc.
Le monde est gris...Je ne suis pas un admirateur transi de la Dame de Fer, traitez-moi d'ultra-libéral si cela vous amuse. Le texte de Boizard me semblait intéressant à plus d'un titre.
Le chapitre sur l'éducation confirme la main-mise de la haute administration sur les décisions ainsi que la capitulation des politiques. Nous sommes revenus au temps des Maires du Palais, aux historiens du futur de définir qui de nos présidents fut le premier roi fainéant.
Ecrit par : Guillaume | 10 juin 2007
"traitez-moi d'ultra-libéral si cela vous amuse".
Ecrit par : Guillaume | 10 juin 2007
Je ne pense pas que ça amuse qui que ce soit! On peut, si on admet comme vous le dites que tout est gris, prendre cependant conscience du fait que tout n'est pas idyllique ici sans prendre pour modèle une idéologie largement plus détestable que celle que vous stigmatisez.
Ecrit par : christophe sibille | 10 juin 2007
Kap. Pour le lycée, une des pratiques courantes est de confronter un texte littéraire et son adaptation en BD (par exemple Maupassant). Sur une heure, quand il s’agit de mettre en lumière l’implicite, le tempo etc, cela peut sembler pertinent.
Sinon, il paraît qu’en collège, la récente adaptation de la « Recherche » en BD, au demeurant un bien bel album, marche très bien. Là encore, problème : Proust en BD est-ce démago ou mieux que rien ?
Pour le reste, du côté de la « pédagogie par l’image » quelques supports et quelques séquences dans le bouquin de J-L Dufays « Pour une lect. littéraire » : en gros, se servir de supports visuels pour faire appréhender l’implicite culturel/les clichés littéraires. Par exemple, la femme/rose, le carpe diem en poésie etc.
Cela reste utile. Les élèves ne sont pas tous sans culture. Ils ont une connaissance de certains clichés littéraires (via la forme dégradée de la culture populaire) mais ils ne parviennent pas à les mobiliser devant un texte littéraire. Alors, le grand truc de Dufays (son dada c’est le stéréotype dans les théories de la lecture) c’est de se servir de ce genre de support pour faire émerger ces connaissances.
Ecrit par : B. | 10 juin 2007
quoique, Souvenirs d'un pas grand chose/ L'Homme sans qualités de Musil/ Oblomov de Gontcharov....
Le Forçat Innocent de Supervielle ou Les Amis Inconnus, du même?
Ecrit par : dobolino | 10 juin 2007
L'Homme sans qualités...j'ai très envie depuis dix ans de relire cet épais roman. Dobolino, je vous conseille de vous procurer "l'Oblomov" en bilingue dans une traduction commentée de Joëlle Dublanchet.
Ecrit par : buntovchik | 10 juin 2007
"J'ai cependant cru constater que c'étaient généralement les liens vers Le Monde qui causaient des difficultés."
Okidoki, merci Kap. ;)
Ecrit par : toto | 10 juin 2007
Dobolino, vous êtes d'une part une personne sensée, et d'autre part censée lire Les Bienveillantes, non?
Ecrit par : XXX | 10 juin 2007
Sinon, il paraît qu’en collège, la récente adaptation de la « Recherche » en BD, au demeurant un bien bel album, marche très bien. Là encore, problème : Proust en BD est-ce démago ou mieux que rien ?
Une bande dessinée remarquable parue chez Delcourt, adaptation : Stanilas Brézet et Stéphane Heuet, dessins et couleurs de Stéphane Heuet.
Mon amie Nicole Dauxin, professeur agrégée de Lettres classiques à Aix-en-Provence, y a collaboré.
Une "amoureuse" (pas "spécialiste", c'est beaucoup mieux que ça) de l'oeuvre de Proust qu'elle connaît pratiquement par coeur et les auteurs ont eu la délicatesse de la remercier en faisant bien ressortir son nom.
Ecrit par : Robin | 10 juin 2007
PS. Pendariès, vous n'avez pas le droit de refuser une femme libérée à la mode islamiste à un examen. Un lycée, lors d'un examen, cesse d'être un établissement scolaire et devient espace public. J'ai expliqué tout ça dans Une école sous influence…
Ecrit par : brighelli | 09 juin 2007
Je n'ai pas refusé à la candidate de passer son oral; je lui ai seulement demandé de se dévoiler devant moi fonctionnaire de l'Etat; ce qu'elle a fait. Si elle avait refusé, j'aurais demandé à une/un collègue de prendre la candidate à ma place (il y aurait eu problème, car tous les enseignants ont dit que c'était scandaleux d'accepter une femme voilée lors d'un examen). Je ne peux pas aller contre mes convictions républicaines: je n'aurais pas pu garder mon sang froid pour la noter.
Ecrit par : Pendariès | 10 juin 2007
ca fait beaucoup de "demandé" dans mon message...
Ecrit par : Pendariès | 10 juin 2007
"Les Bienveillantes", franchement, on peut s'en passer.
JPB
Ecrit par : brighelli | 10 juin 2007
Appâter les élèves par la "modernité" de Proust (et d'Alain Fournier) ; Exemple :
"Et comme un aviateur qui a jusque-là péniblement roulé à terre, "décollant" brusquement, je m'élevais lentement vers les hauteurs silencieuses du souvenir."
C'est ce qui s'appelle, dans un certain sens "s'envoyer en l'air" !
Ecrit par : Robin | 10 juin 2007
"je vous demande de bien vouloir excuser mon retard dû à la longueur du dialogue que je viens d'avoir avec Monsieur Poutine" (Nicolaï Sarkozi)
Si quelqu'un ici cherche des références de bonnes Vodka, hic, pas de problème...hic.
(Visiblement le président de la République, hic, française était bien ivre lors de sa conférence, hic, de presse, au G8. Ca me le rend tout à coup sympa-t-hic!)
Ecrit par : buntovchik | 10 juin 2007
oui mais on trouve déjà chez Baudelaire
« Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain. »
il n’y a pas le plongeur chez Proust aussi ?
Ecrit par : B. | 10 juin 2007
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3220,36-921248@51-912509,0.html
J'espère au moins que c'était du vin français!!!
Ecrit par : Pendariès | 10 juin 2007
Dobolino, vous êtes d'une part une personne sensée, et d'autre part censée lire Les Bienveillantes, non?
Ecrit par : XXX | 10 juin 2007
C'est crade de se moquer de quelqu'un qui est très fatigué à force de travailler plus pour gagner plus. Je ne suis pas censée être sensée, je suis réputée insensée et je vous em...
Ecrit par : dobolino | 10 juin 2007
L'Homme sans qualités...j'ai très envie depuis dix ans de relire cet épais roman. Dobolino, je vous conseille de vous procurer "l'Oblomov" en bilingue dans une traduction commentée de Joëlle Dublanchet.
Ecrit par : buntovchik | 10 juin 2007
Le problème que pose la lecture de l'Homme sans qualité est le suivant: la traduction est réputée infaisable dixit un bon et compétent germaniste ce qui fait que si l'on maîtrise mal ou pas du tout l'allemand, comme moi-même, le livre est extrêmement pénible à lire. Le germaniste en question a salué mon courage pour l'avoir lu en traduction. Il a aussi salué le courage de celui qui avait tenté cette traduction somme toute aussi honorable que possible.
Ecrit par : dobolino | 10 juin 2007
traduction de Philippe Jacottet quand même mais il est regrettable que nous ne puissions bénéficier de celle bien meilleure d'XXX, génie méconnu.
Ecrit par : dobolino | 10 juin 2007
Le lien avec "le monde" ne marche apparemment pas...
Mais Sarko n'aime pas le vin, paraît-il... A moins qu'on ait effectivement subrepticement remplacé son verre d'eau par de la Vodka?
Ecrit par : christophe sibille | 10 juin 2007
"Les Bienveillantes", franchement, on peut s'en passer.
JPB
Ecrit par : brighelli | 10 juin 2007
Ouais? Ah, ben, ça m'arrange. J'alternerai donc Harlequin et SAS...
Ecrit par : dobolino | 10 juin 2007
des mangas au collège (même si tous ne sont pas mauvais)? Que voulez-vous ? Il y a parfois des consoles.
Ecrit par : B. | 10 juin 2007
Le lien avec "le monde" ne marche apparemment pas...
Mais Sarko n'aime pas le vin, paraît-il... A moins qu'on ait effectivement subrepticement remplacé son verre d'eau par de la Vodka?
Ecrit par : christophe sibille | 10 juin 2007
Il faut juste taper www.lemonde.fr et chercher l'article: "La vidéo controversée de Nicolas Sarkozy" et on se marre bien; surtout, à mon avis, avec les toutes dernières secondes du reportage...
Ecrit par : Pendariès | 10 juin 2007
À vous désormais de compléter cette liste squelettique. J’attends vos suggestions tout aussi partisanes que les miennes — et si d’autres titres me reviennent en mémoire, je les ajouterai, l’air de rien, avec la mauvaise foi qui me caractérise…
Jean Paul Brighelli 10 Juin 2007
Cette liste "squelettique" de romans m'inspire beaucoup en ce qui me concerne. Je note tout de même qu'il n'y a de bonne littérature... qu'étrangère!
Je ne sais si d'autres grands lecteurs ne sont pas comme moi pris de vertige à l'idée qu'il faudrait plusieurs vies pour lire les bons livres traduits qui se publient en France. (Je ne sais si dans d'autres pays les maisons d'édition accomplissent le même effort pour faire connaître la littérature mondiale).
Personnellement j'ai pris le parti après avoir exploré la littérature anglo-américaine (Faulkner me procure toujours un énorme plaisir), allemande, autrichienne, japonnaise, chinoise, turque, portugaise...de goûter dans le texte la littérature russe. (Cette littérature bénéficie en France d'excellents traducteurs). J'ai conscience se faisant de restreindre mon champ d'exploration...
Ecrit par : buntovchik | 10 juin 2007
les images du reportage sur Daily motion
http://www.dailymotion.com/relevance/search/sarkosy%2Bpoutine/video/x282ny_babaeaurhum
Ecrit par : B. | 10 juin 2007
En fait, cet été, je suis sensée lire Les Bienveillantes. Que vous en semble?
Ecrit par : dobolino | 10 juin 2007
Bon, JPB a déjà répondu et contrairement à xxx, je pense que "sensée" est en l'occurrence un freudian slip parfaitement adapté au contexte, qui augure que vous partagerez son opinion ...et la mienne, mais ne vous inquiétez pas, une fois n'est pas coutume.
Ce livre peut plaire, comme à mon mari qui me l'a passé en me disant que c'est "un chef d'oeuvre absolu" et l'a lu d'une traite.Pendant 8 jours il n'était pas "parlable". Il a dû adhérer au procédé du bouquin. Moi, pas. Il m'est tombé des mains vers la page 350...quand j'en ai eu soupé des fantasmes ( et des dégueulis) du gugusse amoureux de sa soeur à s'en rendre malade (et qui se venge de ce mauvais sort sur les petits garçons) et surtout des dialogues et digressions philosophico- musicoligico-historico-psycholo-psychanali--chiants. Si la plume est parfois admirable et la documentation encyclopédique, le fond de l'encrier m'a souvent agacée et rasée. Quand je commence à parcourir dix pages en diagonales, je ne continue pas surtout s'il en reste encore le double à lire.
1000 pages pour nous raconter qu'on peut être un bourreau sans la moindre sensibilité pour ses victimes et aimer la littérature et la musique, c'est pas mon truc et il me semble que cela a dejà été fait ...et en plus court.
Ecrit par : Cadichon | 10 juin 2007
Histoire de rire jaune en ce beau dimanche:
encore mieux que sur le site du monde, Eltsine va se retourner dans sa tombe d'être ainsi concurrencé...
http://img.youtube.com/vi/I4u3449L5VI/2.jpg
Bonne fin de journée à tous....
:);)
Bonjour particulier à Dobolino et par la même occasion à Catmano qui se fait rare ces derniers temps
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 10 juin



