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20 mai 2007

Crise des vocations

Crise des vocations


Mercredi dernier, je surveillais l’épreuve de Français du BTS d’Assistante de direction — je le mets au féminin parce qu’à peu de choses près, il n’y a que des filles, dans cette spécialité autrefois appelée « Secrétariat »…
Comme il se doit, j’ai accompagné l’une des candidates aux toilettes (qu’on n’y voie aucune intention perverse : il faut tout savoir faire dans l’administration, et depuis qu’il n’y a plus de surveillants, on doit savoir aussi faire « dame pipi »).
J’avais remarqué, en jetant un coup d’œil sur les bordereaux que doivent signer les étudiants, que dans la salle où j’officiais avec une collègue (et pendant ce temps-là, ni elle ni moi ne faisons cours…) les candidates, dans leur quasi-totalité, avaient largement dépassé les 20-22 ans canoniques. Comme la jeune fille, quelque peu dévorée d’une envie de fumer forcément illicite, s’attardait sur la mezzanine qui surplombe la cour, je lui demandai quel avait été son cursus.
Elle était là, m’expliqua-t-elle, grâce à la préparation du GRETA. Par ailleurs, elle avait une maîtrise de Lettres…
« Mais, ajouta-t-elle, pas question de passer un concours d’enseignement ! Rien qu’à l’idée d’être prof… »
Le geste qui accompagna la phrase inachevée était éloquent — le haut-le-cœur au bord des lèvres…

Qu’est-il arrivé à ce métier — « le plus beau métier du monde », comme le rappelait non sans ironie le titre d’un film il y a quelques années (1) — pour qu’une jeune fille pas idiote, qui n’écrivait pas mal, comme je m’en suis aperçu lorsqu’elle a rendu sa copie, préfère un emploi somme toute subalterne à ce qui fut jadis un métier de seigneurs ? Quelle image dégradée de l’enseignant s’est imposée dans les jeunes cervelles ? Et comment rendre à la fonction une part de cet attrait qui m’a jadis poussé — moi et tant d’autres — à me faire « prof » en dépit d’un salaire notoirement bas ?

L’une des solutions, en amont, serait de rétablir l’IPES, ce concours qui se passait (entre 1954 et 1975) en première ou deuxième année de Fac, et qui, en échange d’une bourse presque égale au SMIC, permettait à l’étudiant qui l’avait réussi d’entreprendre ses études d’enseignant dans un relatif confort. Mais il est tout aussi important, en aval, de réformer urgemment l’Education, pour que le respect de l’enseignant soit une nouvelle réalité, à travers des programmes débarrassés de ce fatras idéologique qui permet aujourd’hui aux élèves de ne rien apprendre tout en se pensant maîtres du monde. Il faut remettre les savoirs au cœur des programmes ¬— et donner aux futurs enseignants les moyens de dominer largement leur discipline, et non d’user leurs fonds de culottes ou de jupes sur les bancs d’un IUFM face aux spécialistes de la vacuité intellectuelle.
Parce que le respect de l’enseignant (qui est au fond pour l’élève une autre face du respect de soi-même) ne peut naître que d’une admiration, d’une soif de connaissances que seule peut provoquer la maîtrise du Savoir.
Aux Universités de former les futurs enseignants — non pas en les obligeant à suivre des cours correspondant aux sujets de thèse des Maîtres de conférence, mais en instituant un cursus spécifique qui mène aux métiers de l’enseignement. À cette heure, la formation qui prépare le mieux à ces métiers, ce sont les Classes préparatoires — que tant de gens, dans l’université, voudraient voir disparaître. Eh bien, qu’ils en fassent autant, de leur côté — qu’ils dispensent un enseignement rigoureux, précis et encyclopédique — car on ne fait pas longtemps illusion, en classe, si les élèves ne sentent pas que l’on en sait dix fois plus que les programmes mêmes n’exigent. Et peut-être redonnera-t-on aux titulaires d’une Maîtrise l’envie d’être à nouveau profs — et non dactylos porteuses de café.

Jean-Paul Brighelli

(1) De Gérard Lauzier (1996). Un ramassis de clichés pesants, auxquels Depardieu, avec sa grâce habituelle, ajoute quelques tonnes.

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Commentaires

porteuses de café et plus si patron enfoiré ou affinités

Ecrit par : pierrot le zygo | 20 mai 2007

Vocation! Vous ne pouvez pas parler le français moderne, comme tout le monde! Par exemple: meilleure répartition travail loisirs.
Si vous commencez à employer des mots aussi orduriers, vous feriez mieux de céder votre blog à MàC, il excelle en ce domaine.
Vocation est un mot qui relève au choix:
-du vieux français
- de la psychiatrie.
Les gens qui ont une vocation sont des poisons, des êtres odieux, incapables de travailler en groupe, de dangereux psychopathes. Ils feraient mieux de s'occuper de leurs enfants...
Aux chiottes, les vocations. Laissez-ce mot aux pays sous-développés et aux mystiques.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Les profs qui ont la vocation font chier les parents d'élèves. Ils ne comprennent même pas qu'un enfant a le droit de faire le pont en famille ou de fêter l'élection de son papa.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

La vocation, c'est tragique, c'est une souffrance perpétuelle pour soi, une dictature pour l'entourage.
"Vocation est morte pendue" devrait être inscrit en lettres d'or dans toutes les salles de classe, à l'entrée de toutes les entreprises, de tous les hopitaux...
En plus, je suis certaine que vous avez écrit ce maudit texte pour me persécuter...
Vocation, piège à cons!
La vocation c'est la ruine assurée.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

(je ne sais pas si elle a déjà été signalée, à tout hasard...)

Pourquoi je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet

Par Michel Ségal, Professeur de collège en ZEP.

Je suis enseignant de collège et je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet à mes élèves.

Je ne leur lirai pas parce qu'ils seraient bien incapables d'en comprendre le sens profond, et même d'en comprendre les mots qui la composent ; parce que notre école demande aux enfants de réinventer eux-mêmes les règles d'écriture ou de syntaxe. Je ne la lirai pas parce que depuis une trentaine d'années, l'école leur apprend le mépris du patrimoine et la méfiance du passé. Je ne la lirai pas parce que cette lettre me fait honte, honte de la maturité d'un adolescent il y a plus de soixante ans face à l'infantilisation construite par notre école de ceux du même âge aujourd'hui. Je ne la lirai pas parce que nos enfants ignorent les événements auxquels elle se réfère ; parce que notre école préfère par exemple demander à des enfants d'analyser des « documents » plutôt que de leur enseigner des dates et des événements. Je ne la lirai pas parce qu'il y a longtemps que l'école refuse de transmettre aucun modèle ; parce que notre école n'envisage plus les textes d'auteurs comme des exemples mais comme des thèmes d'entraînement à la critique. Je ne la lirai pas tout simplement parce que notre école a délibérément détruit l'autorité qui pourrait permettre une lecture et une écoute attentives.

Je ne la lirai pas parce que, même âgés de 16 ans, mes élèves ne sont que de petits enfants bien incapables d'appréhender son contenu et resteront sans doute ainsi toute leur vie : ainsi en a décidé notre école. Peut-être ne me croyez-vous pas car l'école que connaissent vos enfants ne ressemble en rien à celle que j'évoque ? En effet, j'ai peut-être oublié de vous préciser l'essentiel : je travaille dans une ZEP, c'est-à-dire là où peuvent être appliquées à la lettre et sans risque de plainte toutes les directives ministérielles, là où se préfigurent l'horreur et la misère du monde construit par notre école.

Non, Monsieur le Président, je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet tant que n'auront pas été engagées les réformes structurelles du ministère de l'Éducation nationale qui mettront fin à la démence toute puissante des instances coupables des mesures les plus destructrices de tout espoir de justice sociale, tant que n'auront pas été engagées les réformes pour que l'école cesse de conforter les enfants dans leur nature d'enfants, pour que l'école accepte enfin de remplir sa seule mission : instruire.

Ecrit par : Guillaume | 20 mai 2007

Ce polémiste, autodidacte, céramiste, potier, écrivain apprendra la technique de cuisson des glaçures à partir de 1530. De 1536 à 1556, il consacrera vingt ans de sa vie à découvrir le secret des émaux. Qui ne connaît l'histoire de Palissy ruiné, brûlant ses derniers meubles pour y parvenir ?

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

D'ailleurs vocation ne rime pas avec flexibilité.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Jean-Paul, j'ai affaire à des étudiants, (ou à des stagiaires, en deuxième année) qui ont suivi des enseignements dispensés par des universitaires pendant (au moins) trois ans. A les entendre, (et à la suite d'observations personnelles concernant les licenciés dans "ma" discipline), il s'y sont pas mal enquiquinés.... Et vraisemblablementy a t-il beaucoup à dire aussi sur la vocation qui anime les dispensateurs de ces mêmes enseignements. Vous "cognez" beaucoup, quelquefois à juste titre, souvent sans discernement, sur ce qui se passe dans les IUFM. Il serait peut-être de bon ton, effectivement, de remettre "les pendules à leur place", comme dit l'autre, en ce qui concerne l'enseignement universitaire! Mais, surtout, arrêter de voir les choses sous l'angle d'un complot organisé, et d'un conflit permanent.*
*Cela me rappelle une discussion, il y a deux ans, en unité de coordinnation, (qui réunissait tous les profs de disciplines artistiques d'IUFM de l'académie, et les IPR des deux disciplines. A un moment de la conversation, l'IPR de musique se tourne vers nous, et nous dit: "de toutes façons, les professeurs de collège trouvent que les élèves qui sortent de l'école élémentaire ne savent rien en musique". J'ai failli lui répondre, étant en charge d'une option musique au lycée à l'époque, qu'ils ne savaient pas grand-chose quand ils arrivaient en seconde. J'ai regretté, à l'époque, de ne pas l'avoir fait. Quand j'y repense maintenant, je me dis: "à quoi bon"?

Rétablir l'IPES, et créer des licences pluridisciplinaires... Pourquoi pas? Mais ce qui serait nécessaire, par la "pédagogie de l'exemple", c'est que les cours dispensés soient majoritairement des "TD", et non des cours en amphi devant plusieurs centaines d'étudiants. Ceux-ci ne servent quasiment à RIEN, dans le cadre d'un enseignement où il s'agit de dispenser des contenus solides, certes, mais aussi de donner envie à des étudiants de ne pas rester vissé sur une chaise toute la journée.

Ecrit par : christophe sibille | 20 mai 2007

JPB parle dans sa noe d'image de l'enseignant.
Ne devrait-on pas parler d'image de l'enseignement ?
Un de mes collègues a une fille préparant Capes-Agrég de lettres (j'ignore si c'est classiques ou modernes) et plaisantait
en disant qu'il avait plutôt suggéré à sa fille de s'engager dans la légion étrangère. Nous avons ri (pour ne pas pleurer)
mais cette anecdote parle de l'image de l'enseignement : un métier qui consiste à larguer dans une cage aux fauves un dompteur sans armes et sans fouet.

Ecrit par : Japhet | 20 mai 2007

Je ne la lirai pas parce que cette lettre me fait honte, honte de la maturité d'un adolescent il y a plus de soixante ans face à l'infantilisation construite par notre école de ceux du même âge aujourd'hui.

Ecrit par : Guillaume | 20 mai 2007

Peut-être seriez-vous surpris de la maturité des adolescents d'aujourd'hui s'ils se trouvaient dans la situation d'il y a soixante ans. Peut-on d'ailleurs parler de maturité dans le cas de Guy Moquet? N'est-ce pas justement typiquement adolescent de se sacrifier? De se jeter, le corps ceint d'explosifs, à la terrasse d'un bar ou dans le hall d'un grand hôtel.
Ne méprisez pas ainsi ceux à qui vous enseignez! Ils le sentent ce mépris qui ne les valorise guère.
J'ai deux enfants de douze et seize ans dont je m'occupe à l'occasion quand ma vocation m'en laisse le loisir et je sais qu'ils souffrent au quotidien de ce mépris dans lequel on les tient. Ils assument la tête haute leur nullité, en bons adolescents, en rajoutent et se sabordent à qui mieux mieux.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Guillaume, splendide texte que vous nous avez fait parvenir là. Mes remerciements bien bas à ce Michel Ségal si vous le connaissez…
JPB
PS. Dobolino, j'avais bien conscience de ce que ce mot de "vocation" allait remuer en vous… Mais grâce au Ciel il y a à présent des vétérinaires qui font ce boulot strictement pour le fric.
Ils ont au moins ce privilège. Un enseignant qui dirait qu'il fait ce job pour l'argent aurait droit à un aller simple pour le HP le plus proche. Nous n'avons que la vocation, nous.
Ou le masochime ?

Ecrit par : brighelli | 20 mai 2007

Qui peut savoir ce que feraient nos ados s'ils étaient sous le joug nazi?
Vous nous faites chier à la fin, avec votre passé glorieux!
Voulez-vous donc qu'ils s'immolent par le feu dans vos salles de classe pour protester contre la guimauve actuelle?

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

A JPB: Un enseignant fait son boulot pour la meilleure répartition travail-loisirs. C'est un choix comme un autre et fort honorable. Je sais même un véto qui a préféré l'IUFM aux dégueulis et diarrhées fétides du dimanche, après s'être goinfré six ans d'études.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

"Nous n'avons que la vocation, nous.
Ou le masochime ?

Ecrit par : brighelli | 20 mai 2007"

Il y a les vacances... et la sécurité de l'emploi.
J'ai eu des profs qui disaient faire ce métier (bien, dans mon souvenir) pour cette raison. J'ai des copains de collège, lycée, qui font ce métier parce qu'ils ont toujours voulu faire ça. J'en connais d'autres, au chômage avec un diplôme d'ingénieur, qui ont passé Capès-Agrèg pour pouvoir croûter. Est-ce si nécessaire d'avoir "la vocation" pour bien faire ce métier ? Un certain talent, une bonne dose de conscience professionnelle et la compétence dans la matière enseignée suffisent. S'il n'y avait pas les problèmes de violence, les candidats aux concours ne manqueraient pas...

Ecrit par : Japhet | 20 mai 2007

Il était où, le Michel Ségal qui couvre ses élèves de tant de mépris, il était où en 1942?
Est-ce qu'il accepterait de prendre trois heures de son temps pour apprendre la Marseillaise à ses élèves et de sacrifier un onze novembre pour les emmener à la cérémonie commémorative de leur commune?
Qui, parmi vous, à part Catmano, sacrifie une demi-journée de congés pour emmener ses jeunes disciples répondre à l'Appel aux Morts du 11/11 et du 08/05, voire du Souvenir des Déportés le cas échéant et selon la configuration de la municipalité et l'histoire de la commune ou du canton?

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Qui, parmi vous, à part Catmano, sacrifie une demi-journée de congés pour emmener ses jeunes disciples répondre à l'Appel aux Morts du 11/11 et du 08/05, voire du Souvenir des Déportés le cas échéant et selon la configuration de la municipalité et l'histoire de la commune ou du canton?

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Mon pote Pantocrator le fait; c'est aussi un exigence du Proviseur du lycée dans lequel il se trouve. Dans l'enceinte de l'établissement est érigée une stèle à la gloire des lycéens/Résistants tués pendant la Seconde guerre mondiale. Tiens, je vais lui demander de revenir pour vous décrire l'ambiance de son LP.

Le Savoir, certes, mais la défense de la sérénité pour écouter et travailler aussi. L'un ne peut pas aller sans l'autre. Je ne crois plus depuis quelques temps à la "magie" de la parole de culutre ainsi qu'on pouvait l'imaginer dans les Universités du Moyen-Âge: transformer l'être par le mot seulement?...

J'attends avec impatience que le débat sur les sanctions contre les "éléments perturbateurs" soit posé ici. Enseignant à des adolescents qui, pour la majorité, ont plus de 16 ans, je m'interroge sur le sérieux de l'EN quand elle laisse sciemment bouffer le Savoir et la sérénité dans le travail par un tout petit groupe d'huluberlus par classe qui mine l'atmosphère, l'envie de bosser (pour les élèves et pour moi aussi, j'ose l'avouer), et qui donne une image de son métier aussi reluisant que le cul d'un âne.

Comme pour votre vent, chez vous, monsieur Brighelli, il faut bien une main pour l'arrêter (private joke).

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

J'ai "sacrifié" comme vous dites une journée (un dimanche) 50 € de train, métro, sandwich pour me rendre aux réunions d'un groupe essayant de sauver ce qui peut encore être sauvé de l'E.N, comme je consacrerai 3 journées cet été au même groupe.
Maintenant je reconnais bien volontiers que je n'ai pas le talent de Catmano mais on fait ce qu'on peut.

Le propos de Michel Ségal concerne moins le courage des jeunes d'aujourd'hui que leur inculture liée aux expériences pédagogistes des trente dernières années. Vous semblez être tombé dans le même panneau que les pédagos à la lecture du titre du livre de Brighelli. Ce ne sont pas les "crétins" qui sont visés mais ceux qui les ont "fabriqués".

Ecrit par : Guillaume | 20 mai 2007

Pourquoi je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet par Michel Ségal, professeur de collège en ZEP
A lire dans le Figaro du 19/05 en page 20.

Ecrit par : Guillaume | 20 mai 2007

Le Savoir, certes, mais la défense de la sérénité pour écouter et travailler aussi. L'un ne peut pas aller sans l'autre. Je ne crois plus depuis quelques temps à la "magie" de la parole de culutre ainsi qu'on pouvait l'imaginer dans les Universités du Moyen-Âge: transformer l'être par le mot seulement?...


Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

Hélas! mais qui allait à l'Université en 1400?
Bon, moi, j'écoute Thiéfaine, des chansons que nous (nous tous!) écoutions quand vous étiez un petit enfant, cher nouveau Pendariès.
Quoiqu'il en soit, courage à vous! Persistez et créez de nouvelles sirènes pour vos disciples.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Le propos de Michel Ségal concerne moins le courage des jeunes d'aujourd'hui que leur inculture liée aux expériences pédagogistes des trente dernières années. Vous semblez être tombé dans le même panneau que les pédagos à la lecture du titre du livre de Brighelli. Ce ne sont pas les "crétins" qui sont visés mais ceux qui les ont "fabriqués".

Ecrit par : Guillaume | 20 mai 2007

Je ne tombe pas dans le panneau! Je pense que "c'est un autre avenir qu'il faut qu'on réinvente..." et que cet avenir, ce ne sont pas des vieux cons comme vous ou moi qui le réinventerons, qu'ils se vautrent dans le Figaro ou dans le Nouvel Obs.
Je déteste le fait qu'on méprise mes enfants ou les votres à un point si extrême. Ils ont autant d'énergie que Guy Môquet, au même pourcentage d'une tranche d'âge, et plaise à Dieu qu'ils n'aient point à vous le prouver. Je n'aimerais guère voir mon fils ou ma fille tomber sous les balles pour satisfaire Clérembault.
(JPB: ce que j'aime sur votre blog, c'est que certains me rendent des points en matière de libido en berne... ça me revalorise).

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

petit passage éclair par le blog qui n'est pas "muet" comme ma boite mail me le laissait supposer...
juste un marque page en passant.
Bonjour particulier à Dobolino. et je n'oublie évidemment pas les autres...;):)
bon après midi

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 mai 2007

JPB, je suis attachée de direction mais que vous osiez presque tous les considérer comme des dactylos porteuses de café, vous m'exaspérez au plus haut point !

Je suis loin de porter le café et je m'occupe de toute la partie évènementiels, relations publiques, communication interne et externe ! En gros ce que réalise un chargé de com à bac+5 !!!

Je perçois 1400 euros tout autant qu'un prof ! Alors je ne vois pas en quoi le métier de "dactylo porte café" est plus déshonorant que le métier d'enseignant, surtout lorsque l'on risque sa peau devant des adulescents gâtés pourris qui se prennent pour Dieu le Père !

Je reprends certes aujourd'hui des études de droit pour aller plus loin et surtout être mieux payé mais il n'empêche que sans ce job je n'aurai pas la possibilité financière de l'envisager, même si je m'amuse à colmater les brêches au cours des fins de mois.....

Comme chacun d'entre nous ou d'entre vous...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 20 mai 2007

Qui, parmi vous, à part Catmano, sacrifie une demi-journée de congés pour emmener ses jeunes disciples répondre à l'Appel aux Morts du 11/11 et du 08/05, voire du Souvenir des Déportés le cas échéant et selon la configuration de la municipalité et l'histoire de la commune ou du canton? (Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007)

J'ai "sacrifié" comme vous dites une journée (un dimanche) 50 € de train, métro, sandwich pour me rendre aux réunions d'un groupe essayant de sauver ce qui peut encore être sauvé de l'E.N, comme je consacrerai 3 journées cet été au même groupe.
Maintenant je reconnais bien volontiers que je n'ai pas le talent de Catmano mais on fait ce qu'on peut. (Ecrit par : Guillaume | 20 mai 2007)

Catmano ne sacrifie rien du tout et ne trouve rien d’extraordinaire à son « talent ». Manquerait plus que ça !

Je suis arrivée dans l'école où j'exerce en septembre 1986 nommée sur un poste de « chargée d’école » (c’est le terme officiel pour une directrice d’école à classe unique) qui s’est transformé dès la rentrée en poste de « directrice 2 à 4 classes » (poste pour lequel la « formation » de directeur n’était pas requise) par le fait de la création de la classe maternelle. Le maire m’a demandé d’encadrer les enfants des écoles pour la cérémonie du 11 novembre...

Ça ne m’amusait pas du tout, et, à l’époque, il était de bon ton de cracher sur tout ce qui pouvait exalter un quelconque sentiment national. J’ai donc demandé à mon IEN si j’étais « obligée » d’y participer et celui-ci m’a répondu qu’ « en rural, ça se faisait et que si je tenais à avoir de bons rapports avec la Mairie, j’avais tout intérêt à m’y rendre. »

Je m’y suis donc rendue, avec les élèves présents (enfants et petits enfants de conseillers municipaux, ou de pompiers, essentiellement). Je n’y ai jamais emmené mes propres enfants à l’époque où ils étaient scolarisés dans l’école et je leur expliquais que je ne voulais pas que mes enfants participent à une manifestation « patriotique » que je trouvais « franchouillarde ».

En revanche, j’ai toujours expliqué scrupuleusement à mes élèves, quel que soit leur niveau (Attention, je vais faire de la « pédagomiamiamia... J’suis qu’une pauv’primaire, moi ! Un simple petit dindonneau terrifié !), la raison pour laquelle tel ou tel jour était férié en France en me référant toujours à la phrase de J. Ferry dans sa lettre aux instituteurs du 17 novembre 1883 : « Demandez-vous toujours si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. »
Encore que, exerçant dans un village dont la coloration politique a viré au brun depuis longtemps, je ne sais pas si mes propos sur la liberté, l’égalité et la fraternité ne choqueraient pas certains de mes parents d’élèves, hélas !

Merci, Guillaume, pour cette allusion à ce que vous appelez mon « talent ». Bravo pour votre engagement à sauver ou à restaurer les quelques meubles qui restent « sauvables » à l’EN. J’espère un jour avoir votre courage et sortir de ma petite classe pour construire quelque chose au lieu de « rester dans le confortable bavassage de l’entre-soi ». Mais, que voulez-vous, comme vous le dites si bien : « on fait ce qu’on peut » !

Ecrit par : catmano | 20 mai 2007

J'ai beau lire et relire le texte de Ségal, je n'y trouve pas la moindre once de mépris pour ses élèves.

Ecrit par : Guillaume | 20 mai 2007

Je ne voudrais pas gâcher votre soif de "refondation et rupture" , JPB mais voici les priorités que fixe François Fillon à son gouvernement:


"La première de nos priorités est de gagner les élections législatives, parce que si nous n'avons pas de majorité à l'Assemblée nationale nous ne pourrons rien faire des engagements que le président de la République a pris".

Après quoi, les "3 grandes priorités" de son gouvernement seront :

* La "sécurité", avec 2 textes "déjà prêts". L'un sur les récidivistes, l'autre sur la majorité pénale à 16 ans.
* La "réhabilitation du travail", avec tout d'abord la détaxation des heures supplémentaires.
* La "révolution fiscale", avec 2 mesures que François Fillon a annoncées comme "immédiates" : la suppression des droits succession pour "95% des Français, sauf pour les très grandes fortunes" et "permettre aux Français de devenir propriétaires de leur logements".


Si gagner les Législatives est effectivement une priorité pour tout gouvernement nommé par un Président de la République nouvellement élu, je n'y vois pas la Refondation de l'École...

Ecrit par : Henri Grégoire | 20 mai 2007

François Fillon a consacré deux pages à Marc Le Bris dans son récent bouquin (La France peut supporter la vérité). La refondation de l'école n'est peut-être pas une de ses priorités mais il a entendu le message d'une personne bien informée.

Ecrit par : Guillaume | 20 mai 2007

Le Savoir, certes, mais la défense de la sérénité pour écouter et travailler aussi. L'un ne peut pas aller sans l'autre. Je ne crois plus depuis quelques temps à la "magie" de la parole de culutre ainsi qu'on pouvait l'imaginer dans les Universités du Moyen-Âge: transformer l'être par le mot seulement?...


Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

Hélas! mais qui allait à l'Université en 1400?
Bon, moi, j'écoute Thiéfaine, des chansons que nous (nous tous!) écoutions quand vous étiez un petit enfant, cher nouveau Pendariès.
Quoiqu'il en soit, courage à vous! Persistez et créez de nouvelles sirènes pour vos disciples.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Ce n'est pas qui allait à l'Université en 1400 qui est important dans mon propos (et vous seriez surprise de savoir qui fréquentait aussi les cours: remember Villon, par exemple, pas connu pour être un "fils de", même si Guillaume de Villon, chanoine et chapelain l'a envoyé à Paris étudier), ce qui me semble édifiant c'est que cette utopie baignait une grande partie de la société. Grâce aux vases communicants, à la contagion de la culture passant de strate en strate, tout le peuple était infusé (assister à une messe, entendre le prêche, la confession, etc.) par cette conception (chrétienne pour le coup, mais laïque aussi) de la parole salvatrice, fondatrice, réformatrice.
Aujourd'hui, c'est le néant. Edifier une société par le Savoir seul me paraît... irréalisable. Quand le savoir n'a pas de valeur pour la masse, quand la parole est étouffée.

JE M'INTERROGE: EST-CE UN SUJET TABOU DE PARLER DES SANCTIONS CONTRE LES ELEVES?
On a tous voulu à un moment ou à un autre que l'administration nous suive pour renvoyer définitivement un élève qui n'a pas sa place en classe.

Tant qu'il n'y aura vraiment aucune VRAIE solution apportée pour éliminer (et le mot ne me fait pas peur) celles et ceux qui, après 16 ans, sont en classe, juste ce qu'il faut pour recevoir les bourses et faire capoter un cours destiné à aider celles et ceux qui veulent s'en sortir, je ne vois pas ce qui ne me fera pas devenir juste un type qui vient poser ses fesses derrière un bureau, qui donne des feuilles en guise de leçon, et qui a ses we, ses vacances et qui attend sa paye à la fin du mois. Ce qui est une façon de faire que pratiquent pas mal les collègues de mon LP.

Tout métier a ses emmerdes. J'ai envie de hurler: "I'm (not) a celebrity... Get me out of here!" Je me sens de plus en plus en désamour vis à vis du boulot qui n'est pas celui qui m'a fait rêver durant ma scolarité.

Il m'a fallu plusieurs cours pour ne pas arriver à faire comprendre à des Terminales Bac pro qu'en Poésie, singulièrement, la forme, la structure, le choix des mots, etc. est lié au sens (du moins dans les poèmes étudiés).

S'il y a ici des anciens enseignants qui ont changé de boulot, dites-moi ce que vous avez fait, je serai très attentif à votre expérience.

Comme un sportif qui ne s'entraîne plus, nous perdons nos réflexes, nous régressons. Il y a à peine 3 ans, j'aurais eu honte des cours que je suis obligé de faire juste pour me faire comprendre.

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

Les gens qui ont une vocation sont des poisons, des êtres odieux, incapables de travailler en groupe, de dangereux psychopathes. Ils feraient mieux de s'occuper de leurs enfants...
Aux chiottes, les vocations. Laissez-ce mot aux pays sous-développés et aux mystiques.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Vocation, piège à cons!
La vocation c'est la ruine assurée.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Je vois en rigolant que dobolino et moi sommes tombés connement dans la même marmite quand nous étions petits ! Et dans le même piège.
Et comme maintenant, on ne sait guère faire que çà (torcher des chiens, écouiller des chats, et j'en passe), on va continuer vaille que vaille jusqu'au bout.
Vocation, piège à cons ! C'est pas faux.
D'un autre côté, c'est peut-être pour çà qu'on s'intéresse à autre chose qu'à notre portefeuille boursier (vide !!) et qu'on traine par ici...

Le mot de vocation a fait péter les plombs à Dobolino. Moi, çà fait longtemps que j'en rigole. Mais en cherchant quand même de temps en temps une porte de sortie ...

Ecrit par : yann | 20 mai 2007

Par Michel Ségal, Professeur de collège en ZEP.

Je suis enseignant de collège et je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet à mes élèves.

Je ne leur lirai pas parce qu'ils seraient bien incapables d'en comprendre le sens profond, et même d'en comprendre les mots qui la composent etc.

Message à Mr Ségal :
C'est peut-être le moment d'en profiter pour se sortir les pouces du cul !!! (excusez moi, j'ai trop lu MàC ces temps ci).
Pour expliquer comment qu'on cause français.
Pour raconter l'histoire de France autrement qu'en hachis parmentier.

Je suis d'accord avec Dobolino (pur réflexe corporatiste, direz vous. Mais non). Il ne faut pas prendre les ados pour des mollusques. Et l'émotion pure de ce genre de texte, pour peu qu'on prenne cinq minutes pour sortir du sacro-saint programme et leur expliquer le contexte, a de quoi les prendre aux tripes, et les faire réfléchir.

Ma fille vient de se prendre une engueulade parce qu'elle doit se taper "Horace" (Corneille, pour les non lettrés) l'année prochaine en prépa, que je lui ai proposé de la mettre au niveau en histoire antique pendant les vacances et qu'elle m'a envoyé aux fraises. Mais elle n'y coupera pas (et elle le sait, c'est pour çà qu'elle roumègue !!!)

Donc, quand il faut, on se sort les pouces etc.

Ecrit par : yann | 20 mai 2007

C'est joli "roumèguer" ... et j'ai tout bien compris ce que ça veut dire.
Pas dans le Robert, régionalisme ? bribe de patois ? Eclairez moi Yann !

Je ne suis pas non plus un fan du concept de vocation. Trop de connotations mystiques ... Je manque de temps pour développer, demain peut-être !

PS : étranges pratiques, Yann, avec les pouces ??? ...

Ecrit par : Zorglub | 20 mai 2007

On forme une génération qui va avoir à règler des problèmes incommensurables, comme jamais encore l'humanité n'en avait connus !!!

Ecrit par : montaigneàcheval | 20 mai 2007

Former? Quel verbe étrange.

J'ai vraiment plus que l'impression que vous (en général ici) n'avez aucune idée de ce qui se passe en LP: 1400 élèves dans mon bahut, qui sont majoritairement dans le refus, l'absence de travail, qui pour certains (mais qui ajoutés les uns aux autres, sur un total de 1400, proportionnellement, c'est énorme) sont agressifs, qui vous "jettent", vous parlent comme à une méduse échouée sur une plage crétoise, qui n'apprennent pas - bonjour la mémoire dans quelques années! -, ce n'est pas rien.

Considérez le nombre d'élèves en LP en France; et prenez vraiment peur.

Sisyphe... Sisyphe... Pour lui, son rocher et sa montée, c'était une punition.

Alors, MàC, tout comme vous, je peux être terrifié par l'avenir qui attend mes élèves, mais je sais aussi que leur attitude générale face à mes efforts pour être à la hauteur de ma professeur de Français de 3eme qui m'a ouvert les yeux sur le sens de la responsabilité quand on a certains talents ou capacités.

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

j'ai un mauvais style. allez, au boulot!

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

rouméguer : je pense que c'est un régionalisme occitan.

Et c'est assez explicite pour ne pas nécessiter de dictionnaire !

Ecrit par : yann | 20 mai 2007

Vocation ou pas, je crois que ces métiers exigent de l'abnégation. Il faut pouvoir supporter, voire trouver du charme, à ne pas recevoir de récompense directe à l'énergie dispensée. Je ne vois pas dans l'air du temps quoi que ce soit qui tende à la favoriser.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

J'ai obtenu mon CAPES de Lettres Modernes il y a deux ans. Les gros problèmes de discipline que j'ai rencontrés lors de mon année de stage m'ont contrainte au redoublement... j'ai démissionné en mars dernier et compte me réorienter vers un IUT métiers du livre, pour tenter les concours de bibliothécaire, catégories A et B confondues.
Je croyais avoir la vocation ; en tout cas, j'avais l'envie de transmettre depuis longtemps, mais je n'ai pas le talent nécessaire à ce métier. Quant à la formation... je ne demandais pas mieux que d'apprendre ; mais je n'ai pas été spécialement épaulée.

Ecrit par : Carabas | 20 mai 2007

Yann, si votre fille rouspète à l'idée se taper Tite-Live (qui ne demanderait pas mieux, j'en suis sûr…), qu'est-ce qu'elle dira quand vous lui annoncerez, de ma part, qu'avoir au programme les livres IX à XII des Mémoirtes d'Outre-Tombe suppose impérativement qu'elle lise le reste… Et ça fait long, le reste, ça a de quoi occuper, sur la plage…
Et en l'annotant, encore… Parce qu'une première lecture ("ciel ! il y en aura d'autres ?") doit être immédiatement effciace : elle doit cocher tout ce qui pourra lui servir à agrémenter les futures dissertations (en gros, une par mois, en prépas scientifiques) d'exemples adéquats.
En Poche, c'est encore la meilleure édition…
Et ça suppose qu'elle connaisse à fond la Révolution, l'Empire et la Restauration… C'est un autre morceau qu'un petit bout de l'Histoire romaine plus ou moins mythifié…
Quant au troisième texte (celui de Marx), il est disponible en format pdf sur le Net (classiques.chez-alice.fr/marx/brumaire.pdf -). Avec des notes.
Bonne chance à elle…
JPB, qui est prof même le dimanche…

Ecrit par : brighelli | 20 mai 2007

Vous en dites trop peu, Carabas. Des détails ! Que diable vous est-il arrivé ?
Il est sans doute plus que temps que j'ouvre un fil spécifique sur les questions de discipline…
JPB

Ecrit par : brighelli | 20 mai 2007

J'ai eu très vite des problèmes de discipline avec ma classe de collégiens. C'était un collège de centre-ville et une classe sans problèmes. J'ai été la seule à avoir des problèmes. Par ma faute, bien sûr. Je ne savais pas faire un cours ; je pense que ça a dû se voir... et je manquais de fermeté.
La situation n'a fait qu'empirer...
Cette année, je recommence ; le contact passe bien... au début. En une dizaine de jours le climat s'est considérablement dégradé et j'ai jeté l'éponge.
Je ne suis décidément pas faite pour ce métier.

Mais... j'ai quelques circonstances atténuantes. L'an dernier, j'ai eu une tutrice qui ne désirait pas l'être et qui ne m'a pas spécialement soutenue. L'IUFM ne m'a pas plus aidée.
Cette année, ma tutrice était bien, mais cela n'a pas suffi.

Ai-je besoin de préciser que je n'ai bénificié d'aucune aide, que ce soit de la part du rectorat ou de celle de l'IUFM? Le stagiaire qui démissionne ne peut compter que sur lui...

Ecrit par : Carabas | 20 mai 2007

Je me souviens de la minute de silence à la mémoire des victimes de l'attentat du 11 septembre. Il y en avait un qui s'amusait à péter pour amuser la galerie.

La lettre de Guy Môquet...Ca sera un test puisque je reprends l'année prochaine.

Mais s'il y en a un qui fait la même chose, il faudra que je m'agrippe au bureau pour ne pas lui balancer ma main dans la tronche.

Oui, je sais...Je ne devrais pas " reprendre ".

Ecrit par : Robin | 20 mai 2007

Attends, JP, je regarde dans ma boule de cristal : déjà, elle dit des gros mots (transmettre), donc elle n'est pas faite pour ce métier, elle l'a dit elle-même. On lui a assez dit à l'IUFM pour qu'elle l'ait retenu.
Trêve de blague, je connais un paquet de découragés comme elle qu'on a persuadé qu'ils "n'étaient-pas-faits-pour-ce-métier".
Carabas, pour ton ego, ce n'est pas parce qu'on te l'a dit que c'est vrai. Au contraire ?

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

Robin, au risque de me faire marave, la minute de silence du 11 septembre m'avait énervé. Pourquoi ces victimes-là et pas les autres, sinon parce que c'étaient des américains, donc que c'était plus grave, et parce que c'était en direct ?

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

Perceval, mon ego en a pris plein la figure...
Mais pas seulement à cause de l'IUFM. Franchement, se faire traiter de ''connasse" par un de ses élèves et être la cible de projectiles, faire péniblement cours dans un brouhaha permanent... je ne peux plus. Je n'ai pas la "carrure" nécessaire.
Je ne sais pas à quoi tient "l'autorité" (je n'ai pas trouvé d'autre mot) mais j'ai bien compris que je n'en avais pas.

Ecrit par : Carabas | 20 mai 2007

Robin, au risque de me faire marave, la minute de silence du 11 septembre m'avait énervé. Pourquoi ces victimes-là et pas les autres, sinon parce que c'étaient des américains, donc que c'était plus grave, et parce que c'était en direct ?

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

en effet Perceval 1 minute de silence , on peut l'envisager tous les jours ...les morts en Irak, au Darfour...etc la liste est longue...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 mai 2007

Ce qui m'interpelle, c'est le constat que parmi mes collègues stagiaires, les très nombreux incultes satisfaits qui ne maîtrisent pas la langue n'étaient pas embêtés, et qu'on stigmatisait le manque d'autorité qui à mon avis est moins rédhibitoire parce qu'avec une formation appropriée et un peu d'expérience, c'est plus "curable" que les défaillances ignorées des évaluateurs.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

"Rouméguer" : Maugréer, ronchonner.
-Qu'est ce que tu as à rouméguer comme ça? T'es pas content?
-Qu'est-ce que tu roumègues.
De l'occitan "romegar" (prononcer "roumégà) : couper des ronces.
B. Vavassori, Dictionnaire des mots et expressions du Sud-Ouest

Ecrit par : Louis Barthas | 20 mai 2007

Ce qui me chagrine un peu, dans ce que dit Carabas — et on sent qu'elle en a lourd sur la patate —, c'est l'absence des collègues. Que diable ! Comme si c'était si exceptionnel que ça, d'être un peu chahuté ! Et personne pour lui tendre la main ? Une fois fermée la pote de la classe, nous sommes donc tous des chiens ?

Quant à l'autorité… Ça doit pouvoir s'apprendre — contrairement au charisme, qui est de l'ordre de l'impalpable. Chiche ! Si je demandais des stagiaires, en aurais-je ? Je vais contacter mes excellents amis IPR de l'académie de Montpellier…

Pendariès, personne n'est à l'abir des tracas. Un homoncule administratif m'a récemment cherché un pou sur un œuf. Comme s'il était en mission télé-commandée.
Il faut parler haut et fort. Etre un bloc. C'est vrai au karaté comme dans les relations inhumaines…
JPB

Ecrit par : brighelli | 20 mai 2007

Je ne sais pas à quoi tient "l'autorité" (je n'ai pas trouvé d'autre mot) mais j'ai bien compris que je n'en avais pas.

Ecrit par : Carabas | 20 mai 2007

Ce qui est capital, selon moi, pour aider à l'apaisement dans les classes, c'est que les CPE et les chefs d'établissement aient l'entière liberté pour virer celles et ceux qui le méritent, sans craindre que les parents ne viennent avec leur avocat durant le conseil de discipline (c'est-à-dire, sans craindre pour leur notation auprès du Rectorat, pour les chefs de bureau qui s'en préoccupent avant tout le reste).

Ma 1ere année de stage en LP a été intense (classes agitées, mais pas méchantes: des bruits dans la classe, du bavardage, mais qui ne se sont pas amusées durant mon inspection; ce qui ne veut pas dire que les élèves ont bossé pendant celle-ci non plus...); ma 2de année, je l'ai passé chez les fous, de véritables dangers humains: des Islamistes de 16 ans, des Racistes blonds antisémites, des carnassiers qui se mettent à 20 autour de votre bureau pour vous en imposer, des bêtes (dans tous les sens du terme). C'est une année où j'ai craqué (après que l'un de mes chers adolescents se soit amusé à casser ma voiture à coups de pierre): arrêt de travail (pour ma santé mentale et je ne me sentais pas très en sécurité quand j'allais là-bas, à Pierrelatte). Bien sûr: aucun aide de la part du Proviseur (qui était alors secrétaire départemental du syndicat des chefs d'établissement...): il a fallu que les collègues débrayent (à plusieurs reprises durant l'année, pour cause aussi d'agressions d'élèves envers un collègue et d'autres jeunes) pour avoir un geste: une journée de réunions; et la rentrée suivante des classes dédoublées.

Cette année-là, j'ai eu peur, et quelque chose s'est définitivement brisé dans ma confiance dans le métier d'enseignant et cette partie de la jeunesse qui ne veut qu'une chose: le bordel.

Aujourd'hui, j'ai une certaine nonchalance (une prise de distance) que mon chef de bureau me fait payer dans sa notation administrative à mon égard. Depuis 2 ans, ma note ne monte pas.

On ne peut être courageux seul. Un de mes collègues d'espagnol m'a dit: "Moi, quand je rentre en classe, je pense d'abord à sauver ma peau"...

An eta missa est?

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

"rouméguer" est bien un verbe occitan francisé. iIl signifie "rouspèter", "râler".

http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=913



Je continue mon travail de "bénédictin "et publie une interview , non datée du Maître de ces lieux ainsi qu'une Note de lecture élogieuse.

Interview de Jean-Paul BRIGHELLI
Propos recueillis par Frédéric Ciriez .
http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/article.php3?id_article=198

Ferry (Jules), reviens ! Ils sont devenus fous !
Maximilien Lehugueur

http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/article.php3?id_article=203
J'avais antérieurement publié:

’Le Crétin caractérise le système éducatif actuel’
Jean-Paul Brighelli

http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/article.php3?id_article=29

J'ai pu constater au cours de cette tentative de recension sur la Toile que JPB est ses lecteurs, vous et moi, étions des "nostalgiques de l'Ordre moral de la blouse grise et des coups de règle sur les doigts...bref des crypto-pétainistes.

Instructif, non?

Ecrit par : Henri Grégoire | 20 mai 2007

C'est bien, ce blog, parce que ça rappelle qu'une classe de CM2 bien chaude, c'est quand même le club Med.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

"un peu chahuté"? N'ayons pas peur des mots : j'étais complétement dépassée, carrément "bordélisée".

En effet, les collègues n'étaient pas spécialement présents. Je crois que le prof qui a des problèmes de discipline n'est pas fréquentable. Il fournit un sujet de conversation quand il est absent, et est totalement transparent quand il est présent.

Effectivement, je ne pensais pas une telle solitude solitude en exerçant le métier d'enseignante.

Mes collègues de cette année étaient plus agréables, plus humains.

Mais enseigner, c'est d'abord un rapport à la classe. Quand ce rapport est mauvais, ma foi...

Bref, je m'en vais grossir les rangs des titulaires d'une maitrise de lettres sur les bancs d'un IUT.

Ecrit par : Carabas | 20 mai 2007

Je voulais écrire "je ne pensais pas connaître une telle solitude", dans mon post précédent. Désolée...

Ecrit par : Carabas | 20 mai 2007

Il faut parler haut et fort. Etre un bloc. C'est vrai au karaté comme dans les relations inhumaines…
JPB

Ecrit par : brighelli | 20 mai 2007

D'accord avec vous Jean-Paul, mais aucun professeur n'a un génie de la communication avec lui pour faire croire aux élèves que vous êtes en super forme tous les jours, assez solide pour prendre des claques à décoiffer un géants (quand vous êtes crevés, la plus petites broutilles vous semble une atteinte à votre intimité ou votre sécurité).

Je ne veux pas passer pour quelqu'un qui ne parle que de lui. J'en ai entendu de belles ici ou là poussant, pour les raisons que nous évoquons chacun depuis des mois ici, les uns et les autres à "baisser les bras", à n'être plus que des pourvoyeurs de savoir-faires qui se félicitent de ne pas être au chomdu et de savoir qu'un salaire tombe à la fin de tous les mois.

Ce que je crains, pour ma part, c'est la lassitude qui gagne le corps enseignant (du moins le bout que je côtoie): mes collègues de 45 ans et plus font à peu près les je-m'en-fous, à quoi bon s'épuiser à cet âge?

L'EN doit avoir de grandes ambitions pour ceux qu'elle enseigne et ceux qu'elle paye. A jouer petit, on émousse.

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

Yann, si votre fille rouspète à l'idée se taper Tite-Live (qui ne demanderait pas mieux, j'en suis sûr…), qu'est-ce qu'elle dira quand vous lui annoncerez, de ma part, qu'avoir au programme les livres IX à XII des Mémoirtes d'Outre-Tombe suppose impérativement qu'elle lise le reste… Et ça fait long, le reste, ça a de quoi occuper, sur la plage…
Et en l'annotant, encore… Parce qu'une première lecture ("ciel ! il y en aura d'autres ?") doit être immédiatement effciace : elle doit cocher tout ce qui pourra lui servir à agrémenter les futures dissertations (en gros, une par mois, en prépas scientifiques) d'exemples adéquats.
En Poche, c'est encore la meilleure édition…
Et ça suppose qu'elle connaisse à fond la Révolution, l'Empire et la Restauration… C'est un autre morceau qu'un petit bout de l'Histoire romaine plus ou moins mythifié…
Quant au troisième texte (celui de Marx), il est disponible en format pdf sur le Net (classiques.chez-alice.fr/marx/brumaire.pdf -). Avec des notes.
Bonne chance à elle…
JPB, qui est prof même le dimanche…

Ecrit par : brighelli | 20 mai 2007

Merci mille fois pour vos conseils.
Je n'avais pas encore abordé avec elle le sujet de la révolution. Chaque chose en son temps !

Ecrit par : yann | 20 mai 2007

un géant
la plus petite broutille

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

"Pendariès, personne n'est à l'abir des tracas. Un homoncule administratif m'a récemment cherché un pou sur un œuf. Comme s'il était en mission télé-commandée.
Il faut parler haut et fort. Etre un bloc. C'est vrai au karaté comme dans les relations inhumaines…"

JPB

Quand ça veut plus, ça veut plus, et c'est justement la volonté qui est atteinte. Les "fais comme moi, secoue-toi" pour rappeler au découragé ce qu'il est le premier à se reprocher ne sont d'aucun secours...
N'y voyez aucune agressivité, maître de céans, mais je trouve honorable l'humilité et la franchise de Pendariès.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

quand vous êtes crevé

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

Qu'est-il arrivé à ce métier ?
J'ai quitté le navire et cette question me préoccupe toujours alors que je ferais peut-être mieux d'oublier mais ce n'est pas possible. Cette soif de Savoir qui habitait mes parents, mes maîtres d'école et bon nombre de mes professeurs m'a aidée à grandir, à vaincre la maladie en pleine adolescence puis à construire ma vie. C'est encore elle qui m'invite à partager la curiosité de mes petits fils. L'aîné ne veut surtout pas manquer l'école, maternelle, moyenne section.
Ce métier est lié à des valeurs qui n'en sont plus. Dans ma vallée natale - et ailleurs - devenue prospère en quelques décennies la richesse s'affiche . Le paraître l'emporte sur l'être, l'apparence , voire l'imposture, sur la vérité. Vous pouvez être instruit, dévoué , compétent, intéresser vos élèves, les respecter tout en étant exigeant et obtenir des résultats cela demeure secondaire. Mieux vaut posséder des vignes, une maison illuminée, une voiture luxueuse, et tout et tout... Représentant du Savoir , travailleur discret et consciencieux on vous salue et on vous laisse tranquille mais de temps à autre ,dans certaines circonstances , un mot par ci, un geste par là vous invitent à vous effacer.
la semaine passée, un viel ami fidèle, me parlait des réactions des uns et des autres devant l'adversité quand elle touche l'un de nos proches. " Là, il s'agit de patience, de persévérance voire d'abnégation, toutes "vertus" dont la vie trépidante et stressante actuelle ne favorise pas la culture.
Beau, jeune, dynamique , battant, sinon..."
Ces "vertus" s'étaient révélées nécessaires pour lui plus que pour n'importe qui : il est aveugle depuis l'âge de 6 ans et en a 65. A ses côtés, mon mari , paraplégique depuis l'âge de 22 ans -il en a 68- l'écoutait attentivement . Et moi, entre les deux j'ai pensé à ma mère dont la scolarité avait été perturbée par des problèmes de surdité mais qui était capable de me réciter " L'aveugle et le paralytique" de Florian parmi tant d'autres textes. Nous étions bien tous les trois à réfléchir tout en plaisantant. j'ai repris courage.
Qu'est-il arrivé à ce métier ? D'avoir perdu de vue ce qui rend la vie possible et passionnante à condtion de s'en donner la peine au lieu de se leurrer. Je peux me tromper. Au moins j'aurai fait de mon mieux.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 20 mai 2007

Roumeguer. Dans mes Vosges natales, l'équivalent c'est "raminer"; prononcer en traînant sur le a. Rââminer. Je suppose, peut-être à tort, que cela vient du grognement que fait le chat mécontent (je pense peut-être cela à cause de Raminagrobis?).
Pendariès, je sais, non par expérience, mais parce que j'ai de la famille et des amis qui y travaillent, quel enfer c'est d'enseigner en LEP. Là aussi, cela s'est dégradé, et certains établissements sont l'antichambre, voire l'annexe de la prison. Dans ma classe de 3ème, j'ai toute une charretée d'emmerdeurs (pardon pour les gros mots) défoncés au hasch et imbibés d'alcool qui vont s'y retrouver en septembre. Ils m'ont pourri toute la classe, les élèves sérieux n'osant se plaindre, de peur de représailles, et l'administration faisant mine de ne pas entendre les récriminations des collègues. Tout baigne, paraît-il.
Heureusement qu'à mon âge, presque 60 ans, j'ai connu le bonheur d'enseigner, et que d'anciens élèves me témoignent leur gratitude quand je les rencontre. Sinon, je serais persuadée d'être une nullité incapable de faire cours. En une heure, 15 mn de travail effectif, et encore, il n'en reste pas grand chose le lendemain.
J'ai par chance, des primo-arrivants, et à quelques exceptions près, ils sont adorables, polis, et savent écouter les cours. Mais que de jeunes étudiants refusent d'être profs, je le comprends. Ce qui m'étonne, c'est qu'on trouve encore des candidats. J'espère que ce n'est pas "faute de mieux"! Je suis consternée, en tout cas, par les fautes d'orthographe qu'ils "déposent" sur les bulletins et sur les copies. Finalement, une bonne dictée assortie de questions de grammaire et de conjugaison devrait être proposée avant toute autre épreuve au CAPES et à l'AGREG. Seuls ceux qui s'en sortiraient pourraient passer le concours. Cela faciliterait le travail des correcteurs. Je blague, mais pas complètement. J'ai autrefois fait passer le concours d'entrée à l'E.N., en fin de 1ère , alors. J'ai eu des explications de texte formidables, des candidats cultivés, qui ont dû faire d'excellents instits. Cela fait vieux con, vieille conne nostalgique, mais je l'affirme, enseigner a été un bonheur jusque dans les années 80.

Ecrit par : mouron rouge | 20 mai 2007

enseigner a été un bonheur jusque dans les années 80.

Ecrit par : mouron rouge | 20 mai 2007

Etre un élève aussi, quand votre appétit pour le savoir ne se cognait pas à la rigueur d'un enseignant qui ne voulait suivre que le programme...! et à dire vrai, dans mon établissement semi-privé, ce ne fut pas trop exagérément le cas. YOUPI!

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

Le paysan roumègue parce que sa chèvre broge. Une chèvre qui broge, c'est pas beau à voir!
Recherches sur le verbe broger!

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Pendariès, vous m'avez vu en cours. Et j'ai posté quelque part dans les mois précédentsq une note d'une journaliste (Marie-Sandrine Sgherri, du Point) qui était venue voir comment ça se passait dans mes classes — en Première STG, pas en Prépas…
Un bloc, vous dis-je…
Chacun a ses problèmes. On doit les laisser à la porte : comment demander aux gosses d'en faire autant, si nous exhibons nos failles ou nos lézardes ? Ils s'y vautrent immédiatement, pour nous punir d'avoir trahi le pacte pédagogique : la distance, aux autres et à soi. Et le rapprochement "joué". On est sur scène, enfin, vous le savez bien. Le Savoir ne se transmet que mis en scène. C'est à ça, entre autres, que servaent les estrades qu'une fausse idée de la démocratie et de la pédagogie a fait disparaître après 68. Militons pour le rétablissement des estrades, ça donnera du boulot aux charpentiers.
JPB

Ecrit par : brighelli | 20 mai 2007

Dobolino broge, Pendariès broge, la chèvre broge.
Dobolino est surmené
Pendariès est en plein écœurement et peut-être bien aussi surmené
La chèvre a la paratub
La chèvre va crever inéluctablement, Dobolino et Pendariès trouveront bien un second souffle. Enfin, on peut l'espérer pour eux.
Courage, Pendariès! Vous n'êtes pas une chèvre paratuberculeuse et vous avez sur moi un énorme avantage: vous avez eu jusqu'à présent le bon sens de ne point procréer.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Je regrette qu'en IUFM , il ne soit pas dispensé de stages de gestion de groupes ou de classes comme on peut le faire en entreprise où j'ai travaillé avant d'enseigner

Je pense que savoir gérer une classe , un groupe cela tient autant de sa personnalité que d'un apprentissage spécifique, de l'expérience . ... et de l'appui de son adminsitration.

Dans la discusssion sur la charte de l'éducation , j'avais évoqué cettte idée (pas nouvelle ) :

L’étudiant instituteur ou prof devrait valider au cours de ses années préparatoires un encadrement de jeunes pendant les vacances scolaires dans les quartiers dits sensibles en collaboration avec les associations déjà en place et dépendant de divers ministères. (La ville, jeunesse et sport)

Ecrit par : patrickinstit | 20 mai 2007

Rapport Darcos : Voire point 7.

**************

Pourtant, la sélectivité des concours de recrutement des enseignants est très élevée :

Il convient de comparer le taux de sélectivité des concours enseignants : 5,5 % ,
à celui des concours hors enseignement, qui est de 32,4 %.

*******************

C'est sans doute aussi une raison de la " crise des vocations"

Ecrit par : patrickinstit | 20 mai 2007

Lille, c'est chez Frakk, non ?

:)

Ecrit par : toto | 20 mai 2007

Sujet glissant : n'est-on pas conduit, si l'on veut mener à bien sa mission, à vexer (en prenant garde de ne pas humilier), ou alors, à humilier positivement ? Le fait que l'élève au centre et tout ce qui s'ensuit ait évidemment rendu taboue cette idée n'explique-t-il pas une bonne partie de nos difficultés ?
Je m'explique : je me souviens comme si c'était hier, des occasions où un prof m'a vexé, et je lui en suis reconnaissant, car ça m'a aiguillonné et servi de boussole pour toujours, sorte de surmoi à défaut duquel on se laisse aller à être la proie du marketting "parce que je le vaux bien".

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

Je fais bien sûr la différence avec les profs qui m'auraient humilié, mais, étant plutôt bon élève, genre bête et discipliné, il a fallu que j'attende l'IUFM pour y avoir droit.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

(JPB va encore se réjouir un peu vite d'un nouveau converti à droite, nouvelle démonstration que les notions de gauche et droite ne sont plus guère utiles pour lire le monde actuel).

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

Excusez-moi, je débarque et n'ai pas eu le temps de lire ce qui précède.

C'était simplement pour dire que j'attends maintenant avec impatience le nettoyage "au karcher s'il le faut" promis par Xavier Darcos des couloirs de la rue de Grenelle et des programmes.
Dans son intervention du 24 avril à la Sorbonne, Laurent Lafforgue exprimait sa conviction que presque tous les "hauts fonctionnaires qui dirigent de fait l'Education nationale, responsables de formation en IUFM, inspecteurs généraux, etc." (voyez le texte complet sur son site www.ihes.fr/%7ellaforgue: ça vaut le détour!) étaient "incapables d'entendre raison".
La situation est exactement celle-ci: il n'y a pas d'autre solution que d'envoyer à la retraite anticipée toute cette piétaille d'esprits faux et de faux-culs, et ces incisives qui raient les moquettes (dont Bentolila, évidemment!).
Il m'étonnerait, d'ailleurs, que Nicolas Sarkozy ne soit pas conscient du ménage énergique qui est nécessaire rue de Grenelle s'il veut restaurer "l'école de l'excellence et du mérite", et qu'il n'encourage pas son ministre de l'Education à l'entreprendre en priorité.

J'ai cru comprendre que JPB avait toutes les chances de se retrouver conseiller au cabinet de Xavier Darcos. Je souhaite que cette nomination se fasse.
Deux agrégés de Lettres classiques travaillant ensemble, c'est une perspective sympathique! Surtout que, disons le mot, au collège,la pédagogie actuelle des langues anciennes est à la dérive. Celle du français complètement ruinée. Au détriment de ce formidable appétit de savoir qui est le naturel de la plupart des collégiens si on ne s'emploie pas à le neutraliser (merci, Meirieu!). C'est cela le grand scandale!

Je viens de lire la première scène du Cid avec une classe de 4ème. Pas pour en faire de l'entomologie, des schémas actantiels - je me fous du schéma actantiel -, des registres, de l'argumentatif, du descriptif, du narratif - je me contrefiche de l'argumentatif, du descriptif, du narratif - , mais simplement pour laisser chanter les alexandrins, pour laisser les élèves s'imprégner de la sublime beauté de cete langue, pour "expliquer" le texte, au fil du texte, en prenant notre temps. Je les ai sentis étonnés, admiratifs, même, pour certains.

Une chose encore, il est peu banal qu'un ministre de l'Education nationale se fende d'un livre sur... l'historien latin Tacite. Cela mérite d'être souligné!

Ecrit par : Jean | 20 mai 2007

JPB est un chic bonhomme et un bonhomme chic. Ce qui m'épate chez lui c'est que, boulot par dessus la mèche de cheveux, il soit encore à l'écoute via son blog.

"On est sur scène, enfin, vous le savez bien. Le Savoir ne se transmet que mis en scène."

JPB

Hey, je fais une thèse sur le théâtre! ;-)

La plupart de mes collègues ne veulent pas emmener leurs classes au théâtre de peur d'en avoir honte (de retrouver les petits cris, l'impolitesse, etc. des salles de cours). Militons pour les estrades, en effet. Et l'attitude péripapéticienne. A la fin de chaque année (donc en comités réduits, c'est obligé), je fais des séances de lecture expliquée au soleil.

La question que je me pose est: faut-il qu'ils retiennent tout immédiatement pour leur proche examen?


"Dobolino broge, Pendariès broge, la chèvre broge.
Dobolino est surmené
Pendariès est en plein écœurement et peut-être bien aussi surmené
La chèvre a la paratub
La chèvre va crever inéluctablement, Dobolino et Pendariès trouveront bien un second souffle. Enfin, on peut l'espérer pour eux.
Courage, Pendariès! Vous n'êtes pas une chèvre paratuberculeuse et vous avez sur moi un énorme avantage: vous avez eu jusqu'à présent le bon sens de ne point procréer.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007"

Madame Dobolino, je ne sais même pas si mes gamètes sont de bonne qualité, au cas où la trasmission de mes gènes/gênes m'intéresse un jour...

Bien cordialement,

Pendariès

Ecrit par : Pendariès | 20 mai 2007

J'ai lu il y a quelques mois un article dans le Monde sur des séances organisées à l'IUFM de Bordeaux (non, tapez pas, je ne fais que répéter ce que j'ai lu), durant lesquelles des comédiens jouaient à l'élève perturbateur voire à l'émeutier
face à de jeunes stagiaires. Peut-être ce genre de module devrait-il être généralisé ? Pour une fois qu'une bonne ide sort d'un IUFM (désolé Christophe - au fait, vous avez reçu et goûté le Gevrey-Chambertin ?).
Je suis malheureusement incapable de retrouver le lien.

Ecrit par : Japhet | 20 mai 2007

Qu'on mette aux poubelles de l'histoire toutes les tendances mérieuticoles, et les IUFM en tête!

Qu'on passe par la fenêtre , les séquences et les divers saucissonnages pseudo-pédagogiques!

Qu'on envoie ad patres ou se faire voir chez les Grecs(cochez la case de votre choix...) , les objets d'étude en français au lycée! C'est d'une infinie oncquerie (verlan en vue!)

Qu'on passe au karcher ,et pas qu'un p'tit chouïa, le sujet d'invention : pas plus débilitant et moins formateur que ce genre de sujet!

Qu'on revienne à une approche historique des mouvements littéraires; qu'on nous laisse étudier des oeuvres intégrales au lieu de nous faire suer avec une énième étude du discours.

Qu'on installe une estrade dans chaque salle de cours et qu'on ne craigne pas de se montrer autoritaire; l'immense majorité des mômes n'attendent que cela de nous.

Ecrit par : Zadig | 20 mai 2007

broger, brouger v. intr.

Réfléchir, méditer, être taciturne.
"Toujours à brouger et à se ronger les sangs !" (Almanach)

Patois : brogi, burgonde : brudgian : tomber en extase.
+ + +
Synonymie: marubler, reflexionner.

J'ai bon, là, Dobolino ?

Ecrit par : yann | 20 mai 2007

chez nous il y a eu des instits depuis mon arrière grand mère (née en 1878) ; après il y a eu ma mémé (de 1902) et sa soeur (de 1918) ; après, deux de mes tantes, toujours sur la même lignée de femmes et enfin ma soeur (née en 1960), qui faisait la classe à ses poupées, corrigeait leur cahier et m'empruntait les miennes pour étoffer sa "classe". Elle a passé le concours en 1982, l'a raté et est devenue remplaçante direct en classe parce qu'elle était 29ème pour 27 admis (pas compris la logique du truc mais bon). Elle a suivi quelques formations à l'Ecole normale, qui l'ont laissée songeuse et ricaneuse ; pour le reste elle se débrouille : elle est instit en GS (je sais, rien à voir avec les collèges ou les lycées), directrice d'école depuis quelques années ; chaque année elle emmène ses gamins en vadrouille dans qq coins de France, ça lui prend six mois de préparation, en comptant la kermesse, le char de carnaval et les tombolas diverses pour financer ; ça lui prend aussi une semaine loin de chez elle, et une semaine pour récupérer de l'épuisement mais les gosses sont ravis c'est le principal. Les gamins qui veulent apprendre savent lire en sortant de chez elle ; aujourd'hui elle commence à avoir en classe les petits de ses anciens petits et elle adore ça ; on peut dire vocation là non ?

autre sujet : la discipline ; nous avons eu une grande première au dernier conseil de classe où je suis parent élu ; des courriels de parents excédés que la classe et les cours soient pourris par trois trublions parfaitement identifiés depuis la deuxième semaine de l'année scolaire. Aux arguments de la principale, qui justifiait l'absence de réaction et surtout de soutien aux profs débordés par le risque que les parents s'opposent à toute sanction, j'ai affirmé que les parents s'abstiendraient en conseil de discipline ; résultat : trois exclus/inclus une semaine ; des profs qui virent les élèves au bout de trois minutes de cours et une classe qui, enfin, va mieux. Où étions arrivés pour que toute une structure craigne des parents qui n'ont guère qu'un pouvoir consultatif en conseil ?

Une des mes amies prof de physique en collège a décidé de serrer la vis ; dissertation à tout gêneur sur le thème de "pourquoi je dois me taire en classe" ; elle est stupéfaite, les TP roulent, les cours se passent bien ; elle a mon âge donc 20 ans de bouteille ; "pourquoi j'ai pas commencé plus tôt ?" oui pourquoi ?

Ecrit par : fabienne | 20 mai 2007

Une chèvre qui broge, c'est une chèvre qui est tout emmourounnée et qui a plus le goût de rien, peuchère !

J'ai bon là, Dobolino ?

Ecrit par : catmano | 20 mai 2007

La chèvre qui broge, des fois, Yann, elle a le goulot.
Et, la vache a péri. Croyez-vous qu'elle soit morte?

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Qu'on installe une estrade dans chaque salle de cours et qu'on ne craigne pas de se montrer autoritaire; l'immense majorité des mômes n'attendent que cela de nous.

Ecrit par : Zadig | 20 mai 2007

Ils en rêvent, c'est leur seule planche de salut, à condition qu'elle n'arrive pas trop tard.

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Cette année-là, j'ai eu peur, et quelque chose s'est définitivement brisé dans ma confiance dans le métier d'enseignant et cette partie de la jeunesse qui ne veut qu'une chose: le bordel.

Comme je vous comprends, Pendariès. Ne vous inquiétez pas, vous n'êtes nullement une exception et ce pas vous qui "n'êtes pas à la hauteur", c'est le système qui est fou, un mélange inouï de folie et de lâcheté. Personne ne peut comprendre, sauf à être sur le terrain. C'est comme une guerre.

Ecrit par : Robin | 20 mai 2007

La discipline et le chahut ne sont pas des problèmes nouveaux dans l'enseignement. Pour une fois , il convient d'en dicsulper, partiellement, les pédagogistes.


Il suffit de relire "Le Petit Chose" d'Alphonse Daudet pour s'en convaincre?

Autre témoignage littéraire autobiographique "La Gloire de mon père "de Marcel Pagnol qui évoque quelque part un collègue de son père , nommé dans un quartier populaire de Marseille, qui s'estimait heuteux d'avoir pu éviter la guillotine à quelques-uns de ces élèves, mais pas à tous .


Ce qui a changé , c'est que , par opposition au "chahut" traditionnel que nous avons tous connu en tant qu'élèves, et qui visait un ou deux profs par lycée , c'est ce que Testanière appelle le "chahut anomique" sur lequel il existe de nombreux reprtages de télévision.

On commence à voir apparaîte sur la Toile des "reportages sur le vif" tournés par des élèves à l'aide de téléphones portables ce qui ne peut que déstabiliser un peu plus le professeur ainsi stigmatisé et humilié publiquement.



L’indiscipline scolaire aujourd’hui : éléments de description
dimanche 29 avril 2007.



En quelques années, les interrogations sur le désordre et les perturbations scolaires ont mis en retrait les questions psychologiques et didactiques qui avaient jusque-là suscité l’essentiel des discours et des recherches en éducation.

. Question brûlante qui exige déjà de ne pas confondre violence et indiscipline(1). Dans une première approximation, nous pourrions définir l’indiscipline comme un rapport relâché, flottant, distendu aux normes, aux règles et aux rituels constitutifs de l’ordre scolaire. Nous voudrions, dans cet article, rendre compte des formes de l’indiscipline moderne, en présenter les caractéristiques, d’un mot la décrire. (...)

http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/article.php3?id_article=69



Ce qui est grave dans cette dérive qui affecte prioritairement les LEP, c'est qu'elle lèse avant tout les élèves qui se voient privés à la fois d'une ambiance calme et studieuse et surtout d'une dégradation de la qualité des Cours car même si le Professeur arrive à ne pas se laisser trop déborder, le temps perdu a ramener le calme et/ou à anticiper les comportements déviants est du temps perdu pour le Savoir.

Quant à l'énergie...


Ce qui est grave aussi c'est l'incapacité de la hiérarchie à affronter le problème qui , lorsqu'il est aussi massif ne se résume évidemment pas à une somme de défaillances individuelles et est donc de l'ordre du systémique.

L'affaire du logiciel Signa est, à cet égard, révélatrice.


Ceux qui , "en interne" avaient cru devoir attirer l'attention des Recteurs et des IA sur les risques d'un tel mode de recueil de données qui reposait uniquement sur la loyauté et l'honnêteté professionnelles des Chefs d'Établissement ont été , une fois de plus, ridiculisés devant leurs collègues, ravis de voir ainsi épinglé ubn concurrent pour la Hors-Classe...


"Inutile Cassandre..."

Ecrit par : Henri Grégoire | 20 mai 2007

Une chèvre qui broge, c'est une chèvre qui est tout emmourounnée et qui a plus le goût de rien, peuchère !

J'ai bon là, Dobolino ?

Ecrit par : catmano | 20 mai 2007

C'est assez proche de la vérité.
Broger, c'est, en quelque sorte, broyer du noir. C'est courant chez l'être humain, il n'y a qu'à lire ce blog pour s'en convaincre. Chez la chèvre, par contre, animal optimiste et facétieux par nature, c'est très proche de la convention obsèques.
Vous noterez tous que rares sont les chèvres qui interviennent sur ce blog. C'est fort dommage...

Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Dobolino, tu es vache...

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

Chez la chèvre, par contre, animal optimiste et facétieux par nature, c'est très proche de la convention obsèques.
Ecrit par : dobolino | 20 mai 2007

Dobolino,auriez-vous une entreprise funéraire à me conseiller pour que je file y en signer une (après avoir passer l'après-midi à répondre aux offres d'emplois de la semaine je suis d'humeur)?

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 mai 2007

"J'ai lu il y a quelques mois un article dans le Monde sur des séances organisées à l'IUFM de Bordeaux (non, tapez pas, je ne fais que répéter ce que j'ai lu), durant lesquelles des comédiens jouaient à l'élève perturbateur voire à l'émeutier
face à de jeunes stagiaires. Peut-être ce genre de module devrait-il être généralisé ? Pour une fois qu'une bonne ide sort d'un IUFM (désolé Christophe - au fait, vous avez reçu et goûté le Gevrey-Chambertin ?).
Je suis malheureusement incapable de retrouver le lien.

Ecrit par : Japhet | 20 mai 2007 "

Il y avait un article dans le monde de l'Educ d'avril.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

Qui peut m'expliquer schématiquement en quoi consiste la querelle entre not' bon maître et Laurent Lafforgue ? J'en ignorais tout.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

"Guillaume, splendide texte que vous nous avez fait parvenir là. Mes remerciements bien bas à ce Michel Ségal si vous le connaissez…" JPB


Oui, avec un petit bémol tout de même sur cette société dont l'école est le produit et où tout est marchandise... L'école - le pédagogisme - n'est pas seule responsable du désastre.

Par contre, j'y ajouterais bien un paragraphe :

"Je ne la lirai pas cette lettre parce que cette école devient de plus en plus celle de l'individualisme, celle de la compétition la plus nocive, celle de l'arrivisme, celle de la compromission, celle de la lâcheté, celle de la soumission, celle de la démission. La plupart des adultes qui y travaillent - enseigner serait trop dire, excepté pour quelques "résistants" - ont depuis longtemps abandonné leur noble misson, par aveuglement, dans le meilleur des cas ; mais le plus souvent parce qu'ils ont baissé les bras, plié l'échine, pour quelques illusoires plats de lentilles ou par simple veulerie. La plupart de ceux qui l'administrent y confondent trop souvent autoritarisme et autorité, usant de la carotte ou du bâton, sans souci des véritables compétences, sans volonté d'aider ou d'accompagner, oubliant que l'école devrait être un lieu de dialogue, d'écoute, d'échange, de sérénité et de respect de l'autre. Lire cette lettre pleine de dignité et d'amour de la justice ne serait dans ces conditions qu'une insulte à la mémoire de ceux qui sont tombés pour ces nobles causes aujourd'hui quotidiennement foulées au pied par la bêtise au front de taureau, la petitesse, la méchanceté."

En souhaitant que le grand nettoyage dont quelqu'un a parlé à propos des "experts" de la rue de grenelle et d'ailleurs descende jusque dans les IUFM et les directions de nos établissements ...

Qu'on laisse les enseignants enseigner et que les administrations, IPR, IG soient à leur côté et non sur leur dos !

(en pensant au livre de Maschimo dont on parle si peu...)

Ecrit par : Hervé | 20 mai 2007

À propos de discipline, il est quand même consternant que quand des stagiaires posent des questions sur le sujet aux prétendus formateurs IUFM, la réponse standard c'est “on ne peut répondre aux cas particuliers, il n’y a pas de recettes, blablabla, etc.”

Et si on disait ça à des apprentis ingénieurs ou médecins ?
Heureusement qu’il y en a des recettes, sinon peu de gens survivraient. Le problème est qu’on apprend la discipline surtout sur le tas. Les débutants seraient bien plus tranquilles si quelqu’un osait leur enseigner un minimum de choses vitales dans ce domaine et dès leurs premier pas dans un IUFM : en particulier les choses à éviter, qu’aucun novice ne devrait ignorer avant d’aller au casse-pipe.
Mais qui voudrait assurer des “cours de discipline” ? Passer pour une chemise noire ou un néo-nazi qui veut du mal aux zaprenans… Dire que les Américains, pragmatiques, font même des manuels sur la discipline.

Maintenant, il ne faut surtout pas confondre les problèmes quotidiens de discipline, dont 95 % sont causés par 5 % d’élèves, avec la situation dans certains bahuts dangereux qui ressemblent plus aux Deadwood et Tombstone du Far West qu’à des établissements d’enseignement. Dans ces bahuts, on voit bien ce que trente ans de “politique de prévention”, “d’autonomie” et de “citoyenneté” ont donné !

Ecrit par : Lariba | 20 mai 2007

"À propos de discipline, il est quand même consternant que quand des stagiaires posent des questions sur le sujet aux prétendus formateurs IUFM, la réponse standard c'est “on ne peut répondre aux cas particuliers, il n’y a pas de recettes, blablabla, etc.”

Et si on disait ça à des apprentis ingénieurs ou médecins ?
Heureusement qu’il y en a des recettes, sinon peu de gens survivraient. Le problème est qu’on apprend la discipline surtout sur le tas. Les débutants seraient bien plus tranquilles si quelqu’un osait leur enseigner un minimum de choses vitales dans ce domaine et dès leurs premier pas dans un IUFM : en particulier les choses à éviter, qu’aucun novice ne devrait ignorer avant d’aller au casse-pipe. "

Ecrit par : Lariba | 20 mai 2007

Je suis bien d'accord avec vous...
Je trouve aussi qu'il faudrait que la "formation" précède le parachutage en cours. Qu'on nous apprenne à faire un cours standard, déjà, puisqu'on est évalué dessus, qu'on nous apprenne quelques "ficelles". Qu'on nous épargne les séances de "profs anonymes" (vous voyez de quoi je veux parler?) et cie...
Je compare la "formation IUFM" à l'expérience des bébés nageurs : on nous jette à l'eau pour voir si on sait nager. Et si vous coulez, on ne vous envoie pas de bouée...
Bon, pour ma part, j'ai coulé.

Ecrit par : Carabas | 20 mai 2007

Du haut de ma toute petite expérience, il me semble qu'il n'y a guère de rapport entre l'autoritarisme des maîtres et leur ambition pour leurs élèves.
Trop souvent, je vois des classes bien conditionnées, mais avec pour but essentiel d'avoir la paix. Or, aller un peu au fond des choses, intéresser vraiment les élèves, susciter leurs réactions, etc. suscite un peu de remue-ménage, et j'ai cru remarquer que ce n'était pas toujours souhaité.
Par exemple, j'ai eu pendant deux semaines une classe de petite section. Des élèves sages comme des images, bien dressés à accomplir mécaniquement des rituels bien rodés. Une élève complètement mutique : "oh, celle-là, de toute façon, elle ne parle pas". Au bout de trois jours, ils remuaient tous un peu trop, m'obligeant à des recadrages réguliers, mais l'autre était devenue un vrai moulin à parole.
Sans parler de leur plaisir inédit de se faire lire des histoires et chanter des chansons.
Eh bien aux yeux de l'extérieur de la classe, je suis trop cool, je tiens mal ma classe. C'est un peu vrai, mais plus ça va, plus je l'assume, à force de voir des classes bien sages d'élèves mort-vivants (qui se mettent à faire n'importe quoi dès qu'on relâche la pression). Du moment que l'ambiance est au travail et que je peux obtenir le silence complet et l'attention quand c'est nécessaire...

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

Qui peut m'expliquer schématiquement en quoi consiste la querelle entre not' bon maître et Laurent Lafforgue ? J'en ignorais tout.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007


13 novembre 2006
Lafforgue versus Brighelli.

Une guerre picrocholine de plus …

Je navigue assez régulièrement, d’un site l’autre, pour voir où en sont les valeureux héros du combat de titans éducatifs qui oppose les «républicains» et les «pédagogues», en ces empoignades où brillent, s’il ne fallait que deux preux à citer, Brighelli en Achille des premiers et Meirieu en Hector des seconds.

Mais ces jours-ci, Achille, le bouillant Achille, s’est découvert , au sein même de son camp, un farouche adversaire, outré de ses outrances et meurtri par ses anathèmes anti-chrétiens. Car Brighelli, dans son dernier opus, pourfendant l’Islam, a étendu le champ de ses imprécations à quelques monothéismes annexes et du coup, fait perdre son sang-froid jusqu’au Christ sur sa croix.
De là, Laurent Lafforgue, l’homme par qui les mathématiques arrivent, l’homme qui nous enchantait déjà il y a dix ans par sa façon de nous narrer les « Chtoucas de Drinfeld » et la « Conjecture de Ramanujan-Petersson », l’homme qui a su nous passionner pour la « Correspondance de Langlands » et nous présenter sans nous choquer les aspects les plus ‘’gore’’ de la « Chirurgie des grassmanniennes », Laurent Lafforgue, donc, entre deux remarques sur « Le principe de fonctorialité » (à propos, on l’aura évidemment deviné, du transfert automorphe entre groupes linéaires sur les corps de fonctions), ayant feuilleté Une école sous influence ou Tartuffe-roi, a sauté à la gorge de l’auteur.

L’échange de coups est sur le site internet du matheux guerroyant : www.ihes.fr/ ~lafforgue . Malgré ses quinze pages, le voyage vaut le détour. Etonnant.
Sacré Laurent Lafforgue (voir la micro-biographie instructive de Michel Alberganti (Le Monde du 02/09/05 – http:// iml.univ-mrs.fr/actualites/files/2005_art.Lafforgue.pdf)), qui s’affirme (pour moi absurdement … mais nous entrerions là dans la querelle théologique) mathématicien-chrétien et flamboie de colère dans la défense de sa foi comme dans sa défense de la foi. Etonnant.

À le lire, on pense bizarrement à la chanson de Dalida où femme mure, elle est émue par un « gamin » : Il venait d'avoir dix-huit ans / Il était beau comme un enfant / Fort comme un homme. Personnage «oxymorien », Lafforgue trimballe son éternelle jeunesse d’aspect et son inaltérable fraîcheur d’âme dans le ravissement éthéré de concepts d’une difficulté pour nous insurmontable et que même des siècles d’étude ne nous permettraient pas d’approcher. Il me paraît « hors-champ », flottant dans des idéaux vaguement obsolètes avec un fond d’honnêteté intellectuelle admirable et des foucades d’expression immaîtrisées qui en font un zombie lunaire et attendrissant. Ce qu’il dit, ce qu’il pense, dans le domaine de l’enseignement, n’est nullement à négliger et moins encore à écarter en bloc, mais ses enthousiasmes et ses fidélités, qui le jettent hors de lui, obscurcissent sa prise en compte du réel qui l’entoure et pervertissent une vraie volonté de défense de l’intelligence qui s’égare trop du côté des «Mozart(s) qu’on assassine».

Et puis il y a la chair ! Ah!, la chair, que d’autres trouvaient triste… Si ce n’était lui faire injure, on le verrait assez, épouvanté par la susdite, contemplant atterré l’effondrement de notre transcendance dans les luxures de l’époque et regrettant le temps où Blaise Pascal soignait ses migraines à la « nuitée mathématique ». Car il a, notre Lafforgue, aux marges du débat, des théories étonnantes, qui lient l’indigence de la pensée à la pratique «d’une sexualité débridée, dangereuse (…) parce qu’elle exerce sur l’esprit une action aussi forte qu’une drogue et rend désespéré et bête», ce qui pour lui explique d’une part la médiocrité ( ?) des philosophes français du XVIII° siècle, terriblement handicapés (!) par leur honteux libertinage et d’autre part, par extension, la faiblesse numérique des prix Nobel estampillés France. Ma foi, je n’y avais pas pensé mais finalement, c’est peut-être bien faute de trouver à s’employer auprès des multiples scientifiques américains honorés par l’Académie suédoise et donc – théorème de Lafforgue oblige – peu portés sur la galipette, que Monica Lewinski a dû se contenter de Bill Clinton…… On savait déjà que la masturbation rendait sourd. Voilà que l’amour rend con ! Non, là, quand même, ça dérape ….

Brighelli, dans la polémique, cible dès lors plutôt bien l’affaire en écrivant: «… sans doute y a-t-il une part d’enfance en vous (vos remarques attendrissantes sur la sexualité le prouvent assez) qui tout à la fois génère votre génie scientifique et vous maintient dans un stade magique, en lisière de la Raison. Vous planez dans un monde mathématique qui n’entretient avec le réel que des rapports métaphoriques et chaque fois que vous revenez sur terre, vos ailes de géant - comme disait Baudelaire – vous empêchent de marcher». Oui, c’est assez ça, je crois.

Mais revenons-y ou venons-y, justement, à Brighelli, homme de contraste, lui aussi, mais d’un autre ordre. Décidément, je ne parviens pas à trouver ce type entièrement antipathique. Il est grande gueule, sanguin, excessif, auto-satisfait, facilement pédant, soit, soit. Mais au bout du compte ? Et puis il enseigne à Montpellier. On le voit sans doute traîner de temps à autre chez Sauramps, baguenauder place de la Comédie et, qui sait, prendre le soleil et des bains de mer du côté de Palavas …. Cette simple évocation attendrit mon optique…. Montpellier … J’avais, au printemps (le 11/04/06) «chroniqué» À bonne école, son deuxième bouquin, celui justement qu’avait préfacé Lafforgue, qui s’en mord maintenant les doigts. Et je suis récemment revenu sur le polémiste à propos d’un article du Monde de l’Éducation (le 3/10/06). Le livre ne m’avait pas enthousiasmé, mais pour des raisons qui sont récurrentes concernant les contempteurs de l’École d’aujourd’hui (et à ma façon, j’en suis… cf. Journal Berlioz (www.jobohebo.canalblog.com)) : une analyse souvent fondée des dysfonctionnements, et puis le sentiment d’un manque dès qu’il s’agit de passer aux remèdes. Il faut dire aussi que Brighelli (cf. son site : bonnetdane.midiblogs.com) me semble trop manichéen et que la haine pédagogique farouche qu’il voue à Meirieu est probablement excessive. Aucun des deux ne dit que des sottises… Et on pourrait sans doute trouver mieux à faire qu’à s’écharper, trouver comme une esquisse de terrain d’entente en convergeant vers l’autonomie des établissements et l’impulsion-guidage d’équipes locales à constituer. Il y a certes sur le site de Meirieu (www.meirieu.com) à boire et à manger mais aussi, qu’il signe, des propositions dont plusieurs méritent l’attention. Malheureusement, quand les épées sont déjà sorties du fourreau, la conciliation est plus difficile….

Restons-en au combat du jour, à l’empoignade avec Lafforgue. Ce dernier, pour avoir assez sottement enjoint au bruyant montpelliérain qu’on croyait occupé à ne croiser le fer qu’avec Mahomet, de cesser ses attaques christianophobes et de retirer ses bouquins de la vente (!) au motif qu’il s’en trouvait offusqué dans sa foi (!) , se voit par retour menacé de foudres médiatiques disproportionnées qui ne m’ont pas semblé les mieux venues et qui relèvent plus d’une prétention de fier-à-bras que d’une polémique d’intellectuels. Dommage, car sur le fond, l’analyse que fait Brighelli des réactions de son tout récent adversaire est plutôt convaincante. Il aurait pu s’en tenir là et s’éviter, je crois, des déclarations de guerre tonitruantes qui sentent surtout, autant que celles de son attaquant, la cour de récréation. Mais il y faut aller voir, car si d’aventure ils sont compères et ne veulent là que nous amuser, c’est parfaitement réussi. S’ils sont sincères … c’est un peu dérisoire.
Mais aussi, pourquoi diable Lafforgue s’obstine-t-il à tout mélanger ? Et qu’est-ce que le carré de l’hypoténuse a à voir avec la crucifixion ? Mystère…. de la foi ?

http://ednat.canalblog.com/archives/2006/11/13/3153742.html

Ecrit par : Henri Grégoire | 20 mai 2007

Permettez que je me pince pour être sûr que je ne rêve pas, puis que là dessus je chante un alleluia tout vibrant de ferveur : toute une journée de blog Brighelli sans Cadichon !!! Oui, quand il le veut, Dieu est bon. Je me demandais pourquoi ce fil-ci était plus construvtif et plus amical que les précédents ; ne cherchez pas, Cadichon broutait ses chardons sans penser à autre chose. Miaou !

Ecrit par : grosmatou | 20 mai 2007

Autant faire du point de croix...

la verve satirique s'accommode bien de certains excès. Vérité à Montpellier, erreur au-delà...

Ecrit par : Crôa-Zadig | 20 mai 2007

"Bon, pour ma part, j'ai coulé.

Ecrit par : Carabas | 20 mai 2007 "

On te l'a dit et répété, "il faut fufer" !
Ah, c'est Frakk ton chif !

Alors je comprends :o)))))

ps:désolé....

Ecrit par : toto | 20 mai 2007

J'ai commis le crime d'Ubris, et Zeus me foudroie : à peine avais-je expédié mon alleluia cadichonnolytique qu'en retour je tombe sur la diatribe un rien détestable de M. Grégoire. je lui signale qu'en tout cas, ses moustaches de géant n'empêchent pas Brighelli de marcher.
PS : quant à prétendre renvoyer dos à dos, question mérite et questions sottises, notre moustachu brighellittzschéen et le petit marquis chrétien de gauche (ce sont les pires) et f...teur de m...e qu'est m. M...ieu, alors là,je dis MERDRE !!!

Ecrit par : grosmatou | 20 mai 2007

Merci beaucoup, Henri, auto-promu à raison documentaliste de ce blog.
Je crois avoir tout compris, suis fort aise d'être de ce côté-ci de la querelle, et suis déçu de ce que je viens d'apprendre de Laurent Lafforge.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

Grosmatou, lis complètement avant de griffer : Henri ne faisait que citer.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

"Du haut de ma toute petite expérience, il me semble qu'il n'y a guère de rapport entre l'autoritarisme des maîtres et leur ambition pour leurs élèves.
Trop souvent, je vois des classes bien conditionnées, mais avec pour but essentiel d'avoir la paix. Or, aller un peu au fond des choses, intéresser vraiment les élèves, susciter leurs réactions, etc. suscite un peu de remue-ménage, et j'ai cru remarquer que ce n'était pas toujours souhaité." Ecrit par Perceval

Je ne recopie pas tout, mais j'adhère parfaitement à la théorie.

Ecrit par : catmano | 20 mai 2007

Ca me touche beaucoup venant de vous.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

"J'ai lu il y a quelques mois un article dans le Monde sur des séances organisées à l'IUFM de Bordeaux (non, tapez pas, je ne fais que répéter ce que j'ai lu), durant lesquelles des comédiens jouaient à l'élève perturbateur voire à l'émeutier
face à de jeunes stagiaires. Peut-être ce genre de module devrait-il être généralisé ? Pour une fois qu'une bonne ide sort d'un IUFM (désolé Christophe - au fait, vous avez reçu et goûté le Gevrey-Chambertin ?).
Je suis malheureusement incapable de retrouver le lien."

Ecrit par : Japhet | 20 mai 2007

Alors là, pour le coup, Japhet, je vais m'inscrire en faux contre le bien-fondé des jeux de rôle, vilipendés, (et quelquefois à juste titre) par d'ex-stagiaires IUFM. Ils peuvent effectivement assez facilement être assimilés à des "psychodrames" soft. Je suis, par contre, et depuis longtemps, un fervent partisan de l'intégration de la pratique du théâtre, (et également des arts martiaux) dans la formation des futurs enseignants. Théâtre, (même abordé par le biais de l'improvisation) et jeux de rôle n'ont absolument rien à voir! J'ai d'ailleurs, à ce titre, passé l'épreuve de la "certification". Ce n'était pas gagné d'avance, tant il est vrai que le fait "d'officier" à l'IUFM, aux yeux de certains, ne constitue pas vraiment un avantage.

Ceci-dit, Japhet, j'ai bien reçu votre bouteille de Gevrey-Chambertin, et vous en remercie infiniment... Et vous fais mes plus plates excuses de ne pas vous en avoir accusé reception!

Ecrit par : christophe sibille | 20 mai 2007

J'ai commis le crime d'Ubris, et Zeus me foudroie : à peine avais-je expédié mon alleluia cadichonnolytique qu'en retour je tombe sur la diatribe un rien détestable de M. Grégoire. je lui signale qu'en tout cas, ses moustaches de géant n'empêchent pas Brighelli de marcher.
PS : quant à prétendre renvoyer dos à dos, question mérite et questions sottises, notre moustachu brighellittzschéen et le petit marquis chrétien de gauche (ce sont les pires) et f...teur de m...e qu'est m. M...ieu, alors là,je dis MERDRE !!!

Ecrit par : grosmatou | 20 mai 2007




Et je vous réponds: LISEZ grosmatou!

Je ne suis pas l'auteur de ce texte !

C'est un copié-collé dont j'ai donné l'origine et qui répondait à une question de Perceval sur une querelle entre Laurent Lafforgue et Jean-Paul Brighelli.


Or cette querelle entre Super-Catho et Super-Laïcard ne m'intéresse absolument pas. tout au plus elle m'attriste car elle ne peut que réjouir nos adversaires;


Par fatigue, après une recherche sur Google, je suis allé au plus facile.


13 novembre 2006
Lafforgue versus Brighelli.

Une guerre picrocholine de plus …

Posté par Sejan à 10:54 - Humeur - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


http://ednat.canalblog.com/archives/2006/11/13/3153742.html

Ecrit par : Henri Grégoire | 20 mai 2007

Je suis, par contre, et depuis longtemps, un fervent partisan de l'intégration de la pratique du théâtre, (et également des arts martiaux) dans la formation des futurs enseignants. Théâtre, (même abordé par le biais de l'improvisation) et jeux de rôle n'ont absolument rien à voir!
Ecrit par : christophe sibille | 20 mai 2007

il n'y a donc pas d'atelier théâtre à l'IUFM? n'est-ce pas complémentaire de la musique et du chant? Mince , je pensais justement m'orienter vers une "reconversion "professionnelle dans l'EN, puisqu'à 40 ans , "plombée" par quatre enfants une femme ne peut plus prétendre reprendre son poste quand elle a été cadre sup et surtout qu'elle a interrompu cinq ans sa carrière professionnelle... Rien de mieux que l'enseignement dixit ma conseillère ANPE comme ça vous avez toutes les vacances scolaires , le mercredi et vous finissez en même temps qu'eux! sauf que... je veux pouvoir offrir le meilleur des établissements à mes enfants si je ne dois plus assurer leur instruction
Bon puisqu'il est sujet de vocation, y-at-il quelqu'un sur le blog qui puisse me donner une véritable raison qui pourrait m'amener à avoir une passion subite pour l'enseignement!
oh grand dieu du blog envoyez-moi la lumière!
quant aux arts martiaux , en effet c'est une solution pour permettre à ceux qu'on livre dans l'arène d'avoir une armure!

Pour une fois je suis sincèrement et parfaitement en accord avec vous Christophe:)
j'ai du trop abuser du bourgogne ...

et je vous prie de m'excuser pour la référence à la sphère privée
Bonne nuit

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 mai 2007

Monsieur Henri Grégoire, je vous présente toutes mes excuses. Mais quand vous aurez mon âge, vous comprendrez que l'on a des circonstances atténuantes. Très sincèrement, j'avoue que ces propos de votre part me surprenaient un peu. Donc je bats ma cou(l)pe, mais je la vide d'abord à votre santé.

Ecrit par : grosmatou | 20 mai 2007

"Or cette querelle entre Super-Catho et Super-Laïcard ne m'intéresse absolument pas. tout au plus elle m'attriste car elle ne peut que réjouir nos adversaires".

Là, pour le coup, je ne suis pas d'accord. Ce qui réjouirait nos "adversaires" (en la matière, je suis très sélectif, car je crois que c'est affaire de système), ce serait de laisser les thèmes qui nous rassemblent ici être récupérés par la droite, à fortiori ultra-réactionnaire, alors que si je m'attarde ici, c'est parce qu'il me semble qu'il s'agit au fond de combats "de gauche", même si c'est la droite qui, conjoncturellement, semble s'en emparer sérieusement.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

Mon Dieu, protégez-nous des cathos ! :-)

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

J'y pense : les croyants ne doivent pas se sentir agressés par mes taquineries. J'essaie juste de contribuer à rééquilibrer l'air du temps où il est bienvenu d'afficher sa foi, et grossier d'en afficher l'absence.

Ecrit par : Perceval | 20 mai 2007

je suis etudiant en DUT GEII (electronique). Chose qui n'est pas en soit exceptionel.

Pour m'expliquer rapidement ainsi que pour me présenter concernant la raison à laquel je lis ce forum, j'ai réalisé depuis que je suis en 4 eme que nous, eleves, sommes menés en bateau (ou en rafiot). Et pourtant je n'etais pas en ZEP ou ailleur, mais bel et bien dans un lycée semi-privé (sans forcément en être tres fier).

Mon idée a l'époque fut que je considérais l'éducation actuel au même niveau que celle instauré par Napoléon Bonaparte avec les lycées et ... les Bibliotheques.
La je peut dire merci a mes professeurs d'histoir qui m'ont fait comprendre sans le vouloir que ce contrôle (scandaleu selon eux) de l'education de l'époque ... est bel et bien présent aujourd'hui.

L'idée ( que l'on m'a enseigné) de Napoléon fut de pouvoir controler toutes les bibliotheques des lycées, n'y autoriser que les livres qu'il approuvait pour garder un control sur le contenu de l'éducation des jeunes. Et ce dans l'idée d'éviter une instruction trop élevée.... En gros, restez con, on vous en demmande pas plus. Le reste, c'est notre affaires.

peut être que certains y voient une ressemblance avec aujourd'hui ...

M. Brighelli parle de temps en temps de son souhait d'introduire une dose de travail manuel, pour succiter des interets (vocations ?) de la part des élèves, dans l'artisanat...
Si je me souvient du college, niveau choix d'etudes futures, nous ne parlions que de bac S : " Avec le S au moins tu peut tout faire"... j'y ai vu au bout d'un moment une sorte de formatage.
Exit donc toutes les vocations artisanales... On va en S sans du tout savoir ce qu'on aime, et on se retrouve en licence pour une tres grande partie sans du tout avoir avancé sur la question. Et comme certains diraient, on se retrouve enfin en fac de psycho, ou en Staps.

En tout cas quand je voi ce que sont devenus la majorités de mes conaissances qui ont fait leur collège et lycée dans cet établissement, la chose est approuvé : La fac avec changement de cursus au bout d'un ans.

Donc j'ai découvert l'éducation national ,a l'époque comme un formatage, ou, pour reussir il suffisait simplement d'apprendre ce qu'on nous demandai d'apprendre. Ne pas chercher a réfléchire.

Une chance pour moi, cet institut ( appelons la comme elle se nome : institut stanislas à Cannes) m'a vivement conseillé d'aller en technologiques. Et je les en remmercieraient toujour. J'etais qualifié à l'époque de ... trop Extra-scollaire.

Pour terminer sur mon cursur, bien que M. Brighelli ne dis pas vraiment du bien de toute cette multitude de bac. Pour moi cela m'a vraiment donné la passion d'un domaine qui etait l'electronique. C'est c'est justement ca qui m'a motivié pour passer de "A fait signe de présence" à "Mention TB".
Lorsqu'on fait un enseignement ou il y a une majoritée orienté dans un dommaine passionant, cela redonne gout aux études.

Ainsi donc je me mit à m'intérésser à ce sujet, surtout apres un passage dans les médias du livre concernant la fabrique a/de/du crétin.

Donc pour en venir au sujet, il me trône depuis quelques temps l'envie d'enseigner. C'est une chose qui me passione, cette envie d'instruire "de tout et de rien", a partir du moment où le sujet m'a lui intéréssé.
Cette envie d'être enseignant me tarode donc l'esprit.

A vrai dire, je change d'envi de metier environ 3 à 4 fois par semaines. (Haa si seulement je pouvais à la fois être prof, cheminot, ingénieur, acteur, réalisateur, pilote de ligne, couturrier, président ou bien ... Chercheur ... à l'ANPE)

Mais à y réfléchire ... lorsque je voi , depuis que j'ai lus les livres de Brighelli ainsi que son blog en intégral, la manière dont sont traités les aspirants "institutrices", je me demande vraiment si cela en vaut la peine alors que je pourrai me debrouiller pour trouver d'autres metiers (dans la fonction publique entre autre) bien plus confortables (mais tout aussi interessant).

La passion ou la raison ?

Pour continuer sur le sujet, j'ai pour souvenir de mon professeur de littérature, de seconde et de premiere. S' il y a bien un auteur qu'elle m'a fait détester, ce fut Baudelaire. Je ne sais pas pourquoi, mais j'en ai "bouffé" pendant 2 années.
Mais elle l'enseignait avec tellement de passion. Qu'a force j'ai finalement jetté les armes et abandonné les commentaires de textes ou je détournais le sujet en : "En quoi ce texte n'est d'un interet pour le lecteur", pour des etudes un peut plus approfondis sur les sens cachés de ses ecrits ( Haaa charles ... )

A force de le détester, à force de sa hargne fulgurante pour sa passion envers Baudelaire (je me suis demandé si ce n'etait pas finalement la personne plustot que ses ecrits), elle arrivat a nous (me) faire aimer l'auteur.
Et quand on a des professeurs de la sorte, on s'en souvient pendant longtemps et nous donne finallement cette passion de vouloir enseigner.

L'envi d'enseigner pour moi, viens de l'enseignement du professeur directement.
Seulement, en général, on commence toujour par ne pas aimer un professeur. Partant de préjugés, il nous faut du temps avant de l'accepter et d'y i