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12 mai 2007

Manuels de litterature

Manuels de littérature

Je viens de recevoir douze kilos de manuels de Français / Lycées « conformes aux nouveaux programmes »…
Je ne m’étais pas avisé que lesdits programmes avaient changé — sans doute parce que je ne suis que de très loin les instructions officielles. Marie-Sandrine Sgherri, journaliste au Point, a raconté ici-même, il y a quelques mois, comment je travaillais, l'année dernière, sur des romans de Dumas, alors même que le roman n'était pas revenu en grâce…
Mais c’est vrai : nous avons à nouveau le droit (donc, l’obligation, en termes administratifs) de consacrer un peu de temps au Roman en classe de Première.
Les parents avaient-ils réalisé qu’il avait disparu ? Broutilles, probablement : un genre littéraire qui a vampirisé presque tous les autres, un genre littéraire qui occupe 95% des rayons des librairies, ne faisait plus partie, depuis la « réforme Viala », des programmes de Première… Et pourquoi donc ? Pour faire de la Communication, et autres joyeusetés qui permettent de faire croire aux élèves qu’ils savent sans avoir jamais appris.
Le roman est donc de retour, ce qui légitime la notion de "nouveaux programmes" et donne aux éditeurs scolaires l’occasion de moudre du grain et du papier. Douze kilos ! Mon casier était trop étroit pour tous les contenir — et encore, certains éditeurs sont en retard.
Douze kilos de quoi ?
Disons-le tout net à tous les profs de français qui viendraient patauger dans mon marigot : ne vous laissez pas abuser. Si vous avez des manuels encore fonctionnels, pas trop déchirés, pas trop recoloriés, utilisez-les jusqu’à la trame. Ressortez les photocopies de l'année dernière. Il est urgent d’attendre. Quoi ? De nouveaux programmes.
Pensez bien que ces livres de lycée sont gracieusement offerts (avec nos sous…) par les Conseils Régionaux. Qu’ils sont riches de notre argent, donc un peu à l’étroit, et qu’ils ne renouvelleront pas de sitôt les manuels obsolètes.
Inutile d’acheter ceux-ci : ils sont déjà obsolètes.
Revue de détail.

Un premier fait. Chaque maison d’édition a décidé de draguer large, et propose plusieurs manuels pour les mêmes classes. Plus on sème de navets, plus on a de chances de récolter des patates.
Le sommet, c’est Nathan. Trois manuels de textes, un manuel de techniques.
Par parenthèse, cette dissociation Textes / Méthodes fut inventée par trois auteurs (1) des Editions Magnard en 1987-88, cette préhistoire de la pédagogie où l’on apprenait encore des choses précises et contraignantes en Français au lycée. Magnard, qui sort comme les autres cette année un manuel unique qui restera dans l’histoire de l’infamie (2), comme aurait dit Borgès, aurait pu se contenter de rééditer ceux de la décennie 80 — ils n’étaient pas si mauvais que ça, à en croire ceux qui les photocopillent allègrement encore aujourd’hui — ils ont bien raison, on ne les trouve plus en librairie.

Revenons à Nathan. D’un côté, l’inévitable Dominique Rincé — dans le business du manuel scolaire depuis des lustres — produit un manuel archi-conforme, et même conformiste, divisé sagement en « séquences » — cette manière si naturelle d’appeler désormais un cours. Simultanément, une seconde équipe en produit un autre, tout à fait chronologique — la preuve même que les éditeurs sentent que quelque chose bouge. Dommage que les auteurs en restent à la France, comme si nos textes sortaient d’un contexte purement franco-français… Le Baroque sans Shakespeare ou Cervantès ? Le romantisme sans Goethe ou Byron ?
Audace très mesurée : le même éditeur a réorganisé les textes dans une optique plus purement conforme, cette fois, aux programmes, dans un second volume… Et complété le tout par deux épais volumes de «méthodes & techniques » — embarras du choix résultant probablement d’une gêne conceptuelle : que faut-il faire en définitive ? Quel produit — et il s’agit vraiment ici de produits maladroitement formatés — proposer, quand on sait qu’un changement radical de pédagogie et de programmes est déjà dans les cartons du prochain ministre — quel qu’il soit !

Je cite pour mémoire seulement le « tout en un » de Hachette : il est vrai qu’il est destiné aux« séries technologiques » qui, nous le savons bien, n’ont jamais droit qu’à la portion congrue en fait de culture… Des enseignants qui choisiraient ce volume auront gagné la double palme du mépris académique — celui qu’ils manifestent pour leurs élèves, et celui qu’ils méritent.
Quant au Bordas, il achève son étude des « mouvements littéraires et culturels » avec les Lumières. Du romantisme, du réalisme, du naturalisme ou du surréalisme, pas de nouvelles… Et il nous précise en note qu’il existe parallèlement un « Seconde / Première » en un volume — ça doit être quelque chose…

Soyons sérieux. Le souci du prochain ministre sera en même temps de repenser sérieusement les services, les statuts (avez-vous noté combien Darcos, dans un courrier « privé » qui ingénieusement ne l’est pas resté, est critique à l’égard de Gilles de Robien à ce sujet ?), la fonction même, et en même temps de reprendre au départ — au b-a-ba — des programmes qui étaient, ces dernières années, le fer de lance de l’impensé pédagogiste. Le souci d’enseignants conscients, ces prochaines semaines, doit être d’attendre et de voir — et de ne pas se précipiter, malgré les chantages éventuels (« vous ne retrouverez pas forcément l’année prochaine la ligne budgétaire pour les manuels que nous vous ouvrons cette année »). Si encore il y avait dans les manuels proposés un ouvrage qui se démarquât nettement des autres, et proposât une vision renouvelée de l’enseignement de la littérature ! Mais devant le trop-plein de vide qui nous accable, nous pouvons, raisonnablement, sourire, et nous abstenir.

Jean-Paul Brighelli


(1) Biet, Brighelli, et Rispail. Les trois mêmes lurons, trois ans auparavant, avaient concocté chez Magnard (mais c'était alors une grande maison dirigée par Louis Magnard, homme exceptionnel, et non l'étoile naine de la galaxie Albin Michel) une collection qui a fait date, Textes & Contextes. Qu’ils reposent en paix.

(2) Non content de respecter aveuglément des consignes — les « objets d’étude » — dont tout le monde sait qu’elles sont stupides et mortifères, ce manuel Magnard propose l’analyse (le terme est certainement excessif) de trois mouvements littéraires… Et entre autres le « Classicisme » dans lequel on retrouve pêle-mêle Racine et Boileau — pourquoi pas ? —, mais aussi bien Retz, qui est un héros baroque à lui tout seul, et le Corneille du Cid. Et, p. 6, dans une rubrique sur « la déconstruction du personnage » (Derrida, au secours, ils sont devenus fous !), on nous apprend que Proust aurait écrit un roman intitulé « Du côté du Swann »… Les auteurs sont-ils bien sûrs d’avoir fait des études ? Même Dave en sait plus long qu’eux sur le sujet…
Ou plutôt, ai-je tort de voir dans ces approximations très douteuses un témoignage du mépris, de cette culture de l’à-peu-près dont on accable des élèves qui ne nous ont rien fait ?

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Commentaires

Personnellement, je n'ai encore reçu AUCUN manuel, il faut croire que les petits lycées de province perdus en pleine campagne intéressent moins les éditeurs que d'autres lycées.
Par contre, j'ai déjà reçu la publicité de Bertrand-Lacoste pour le manuel dirigé par Jean Jordy, dont l'extrait publicitaire donne un extrait de Starobinski sur Montaigne.
Quand on sait qu'à l'oral du bac, tres peu d'élèves connaissent le siècle de Montaigne, ou savent même le rattacher de près ou de loin à l'humanisme, et que je défie quiconque de trouver dans mon lycée un seul élève de première qui connaisse trois extraits célèbres des Essais, je trouve l'Inspecteur Général et son éditeur touchants de candeur en essayant de nous appâter avec Starobinski.
D'ailleurs, je file corriger mon sujet type-bac sur Baudelaire, qui contient de très belles dissertations, acquises au prix de beaucoup d'efforts de la part des élèves (et de leur professeur!), mais les meilleurs élèves écrivent toujours "il c'est" au lieu de "il sait" ou "il a prix" au lieu de "il a pris", car je n'ai pas le temps de faire, en plus, des dictées et de la syntaxe.

Ecrit par : Jeremy | 12 mai 2007

sortie depuis peu du lycée, j'ai eu droit également à ces manuels en première qui séparaient Techniques et textes. Je crois en avoir lu 5 pages de chaque. Pas plus!
Et pourtant je suis bonne élève!
Ma prof n'a toujours pas compris comment j'ai eu 15 en français au bac à l'écrit. Oui parait-il que je prenais le sujet disent-ils "écriture d'invention" réputé le plus difficile!
Disons que je me suis jamais appuyée sur les manuels et encore moins sur les cours de la prof dépressive, quel dommage, alors que je n'avais eu que de super profs de français qui ont su me faire aimer toujours plus la lecture!
C'est seule que je me suis débrouillée pour étudier et pour gagner mon 16 à l'oral face à un mur de silence avec des textes catastrophiques que nous avez donné notre dépressive.
Ces manuels que vous détruisez, même les élèves les boudent!
Moi qui pensais que c'étaient les élèves qui ne faisaient plus leur travail...

Ecrit par : Adey | 12 mai 2007

bonjour...
post-it

Ecrit par : Patricia M. | 12 mai 2007

J'ai encore dans mes placards un ou deux manuels de français très mal faits, complètement neufs, car mes filles ne les ont pas ouverts, et invendables parce qu'il ont été obsolètes le temps de le dire.
Si quelqu'un est collectionneur ?

Ecrit par : yann | 12 mai 2007

Vous savez que je suis un dinosaure qui vénère encore le souvenir du" Lagarde et Michard".

Quand et comment l'enseignement du Français au Lycée a-t-il dérapé?

En Collège, j'ai utilisé "la Grammaire de texte" qui n'était pas encore à la mode." La peur" de Maupassant en 3ème, " La Vénus d'Ille" de Mérimée en 4ème se prête merveilleusement à l'analyse de Todorov. À l'époque, je passais pour un olibrius puis quand, appelé à d'autres fonctions, j'ai quitté le Collège, , mes chers collègues sont venus me demander mes "preps". Je n'en avais pas...Je griffonnais au crayon dans les marges, ou entre les lignes, du Manuel , très mauvais du reste.



Je ne comprends pas qu'après l'erreur monumentale des Maths Modernes, le Ministère ait recidivé.


Je viens dessayer d'aider un jeune voisin à faire un devoir sur une épreuve de Brevet. Il y est question d'énoncés "ancré" et "coupé."...Il ne m'a pas fallu longtemps pour y retrouver l'opposition Discours/ Commentaire vs HistoireL/ Récit d'Émile Benveniste et de Harald Weinrich qui est certes féconde, à condition de maîtriser la conjugaison, mais pourquoi ce "charabia"termlnologique?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Harald_Weinrich

Je crois qu'on retrouve le même mécanisme que celui décrit par Yves Chevallard pour les Maths modernes: l'mportation sans précaution par la "noosphère" de notions et de concepts, provisoires, dans le cadre de la recherche dans l'enseignement scolaire.

Déjà à l'époque du Plan Rouchette, le schéma provisoire de Jakobson sur les fonctions du langage était devenu un objet d'enseignement donc la base d'une nouvelle scolastique.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sch%C3%A9ma_de_Jakobson


La "noosphère" promet, bien entendu "Monts et merveilles" , voir l'interview de Viala dans la revue "Le Débat", et disqualifie les savoirs antérieurs rendant impossible la communication entre les générations.


Il s'agit là d'une des formes du pédagogisme qui privélégie la modification des contenus, des savoirs. C'est donc la facette "scientiste" du pédagogisme.

Or s'il est important que le Professeur ait une bonne culture disciplinaire por pouvoir jouer sur toutes les approches qui permettent de mieux appéhender, et donc de mieux comprendre les textes littéraires, est-il nécessaire d'élaborer une nouvelle scolastique formelle inassimilable par les élèves?

Mon jeune voisin était déjà incapable de lire correctement le texte, une page de Gide, est il besoin de le contraindre à se plier au "Lit de Procuste" des énoncé "ancrés" et "coupés"?




À propos des "séances" et des "séquences", c'est une innovation terminologique de Jack Lang, enfin de son entourage.

Leçon n'était sans doute pas assez "fun"!



Une école baignant dans le formol du formalisme.

Paul Villach

http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/article.php3?id_article=17

Ecrit par : Henri Grégoire | 12 mai 2007

Même si, heureusement et par chance, je ne suis plus directement intéressée par le contenu des manuels du secondaire, -- sauf pour me lamenter de ce que mes étudiants n'ont pas vu au lycée -- il me semble me souvenir qu'ils sont choisis par tous les enseignants concernés (j'ai failli taper "consternés" ) réunis en commission ad hoc, surtout lorsque c'est le Conseil Régional qui les paie. Donc, il vous faut convaincre vos collègues de ne pas acheter de manuel DU TOUT ( on peut très bien travailler avec des photocopies et des oeuvres intégrales). Et, au cas où vous seriez minoritaire dans l'équipe, examiner quel est le "moins pire" de ces bouquins, pour faire la soudure en attendant de nouveaux programmes. Le moins mauvais, si vous voulez mon avis, c'est celui qui ressemble le plus à une anthologie, avec le moins de discours d'escorte possible...
Post scriptum (on n'ose plus taper P.S., en cas de confusion...) : le manuel "culte" Biet Rispail Brighelli, -- ou son alter ego Darcos Tatayre et Boissinot -- , était un manuel de lycée. Actuellement, avec l'un ou l'autre de ces ouvrages, on va jusqu'au CAPES de lettres, sans problème. Quod erat demonstrandum. Mais le niveau monte, sspas ?

Ecrit par : FGuichard | 12 mai 2007

Sur le sujet des manuels et de leur simplification à l'extrême, voci ce qu'écrivait Charles Sykes, spécialiste des problèmes éducatifs aux E-U, dans "Dumbing down our kids: Why American children feel good about themselves but can't read, write or add" (chapitre 10: Dumbing down the texts) .
"Post World War II first grade ( CP) basals were re-written to a level below that at which a farmer talks to his cows" .
Plus sérieusement, il cite une étude faite à Cornell par deux chercheurs qui ont mis au point un instrument de mesure de la difficulté lexicale ( LEX), sorte de thermomètre, sur lequel un article de Times Magazine est à +7, un article d'une revue scientifique à +58 et un paysan qui parle à ses vaches à - 55.7. Tous les manuels scolaires analysés se situent en dessous du niveau du Times...et la grande majorité sont dans la fouchette négative autour du niveau de complexité dudit gardien de vaches. ( entre -45 et -65) Chaque génération étudie dans des manuels simplifiés par rapport à la génération précédente depuis 1940
Conclusion du rapport, une évidence: "Long term use of simplified texts produces a cumulative deficit in the breadth and depth of children's general knowledge and vocabulary".

Ce qui implique que toute réforme doit se faire graduellement en tenant compte que le handicap lexical d'une majorité d' élèves de lycée se double aussi, comme le note Jeremy, d'un handicap grammatical, et il est conséquent aux lacunes dans les apprentissages fondamentaux.

Le témoignage d'Adey est exemplaire et elle souligne un point fondamental: comme les enfants martyrs, les élèves se croient coupables.
Quelle abjection! Il est vraiment temps que la vérité sorte du trou où l'ont enfoncée la crainte, la honte, ou tout simplement le découragement des enseignants.

Ecrit par : Cadichon | 12 mai 2007

J'ai moi aussi un manuel culte - enfin, cinq manuels, en fait : ceux de la collection Henri Mitterand publiée chez Nathan dans les années 80. Je les trimballe depuis la seconde. Je lisais ceux de mon frère quand j'étais au collège. Visiblement, on les trouve encore :
http://www.amazon.fr/Litt%C3%A9rature-XIXe-si%C3%A8cle-Dominique-Rinc%C3%A9/dp/2091788619/ref=sr_1_4/171-8102083-7879435?ie=UTF8&s=books&qid=1178992076&sr=1-4

Je les conseille à tous ceux qui ne les connaissent pas. Le prix du neuf est élevé, mais je suis sûre qu'on peut les trouver à un prix tout à fait abordable chez les bouquinistes. Le classement y est très chronologique et plutôt fait par auteurs, avec des topos archi pointus sur l'histoire , les mouvements et les techniques littéraires. Je les consulte encore pour moi-même quand je veux faire une petite remise au point. Il y a vraiment de quoi y trouver à boire et à manger pour bâtir ses cours. Quelques photocopies sorties de ces livres valent bien mieux que les pavés formatés dont Jean-Paul nous a fait la triste peinture.

Ecrit par : Kap | 12 mai 2007

D'ailleurs, je file corriger mon sujet type-bac sur Baudelaire, qui contient de très belles dissertations, acquises au prix de beaucoup d'efforts de la part des élèves (et de leur professeur!), mais les meilleurs élèves écrivent toujours "il c'est" au lieu de "il sait" ou "il a prix" au lieu de "il a pris", car je n'ai pas le temps de faire, en plus, des dictées et de la syntaxe.

Ecrit par : Jeremy | 12 mai 2007
Taratata, voilà la sixième année que mon fils est dans le secondaire. Jamais, au grand jamais, un professeur de français ne l'a remercié, même succintement, de lui épargner fautes de grammaire ou d'orthographe. Jamais aucun ne l'a encouragé à améliorer encore sa syntaxe déjà solide à l'entrée en sixième. A contrario, sa jeune sœur est perpétuellement congratulée, portée aux nues, alors que son orthographe est cauchemardesque et sa syntaxe approximative (mots manquants à deviner, phrases bancales).
Alors, ne dites pas que les fautes de vos élèves vous gênent! Si tel était le cas, ils en feraient moins.

Ecrit par : dobolino | 12 mai 2007

Le Mitterand (avec un seul r, avis aux amateurs !) est efectivement un excellent manuel — de la fin des années 70, si je me rappelle bien : il était si pointu qu'il n'est pas parvenu à détrôner le Lagarde…
Ce que disait FG plus haut est tout à fait vrai : les manuels de Darcos, de Mitterand ou les miens (cum alii…) offrent aujourd'hui assez largement à un étudiant de CAPES tout ce qu'il a à savoir pour passer un concours d'enseignement dans de bonnes conditions. Ils servaient il y a trente ans à passer le Bac.
Je serais intéressé de savoir si c'est le cas dans d'autres matières. Les livres d'HG ou de maths ou de Langues des années 70-80 étaient-ils meilleurs que ceux d'aujourd'hui ? Si oui, on aurait là un outil intéressant pour mesurer non seulement la baisse de niveau, mais le procédé utilisé — sciemment — pour provoquer cette baisse. Parce que personne ne me fera jamais croire que les gosses d'aujourd'hui sont plus bêtes que ceux d'autrefois.
JPB

Ecrit par : brighelli | 12 mai 2007

"Je serais intéressé de savoir si c'est le cas dans d'autres matières. Les livres d'HG ou de maths ou de Langues des années 70-80 étaient-ils meilleurs que ceux d'aujourd'hui ? "

En primaire, sans aucun doute, en mathématiques, en histoire, en géographie, en sciences, en lecture et en grammaire : plus épais, plus fournis, plus utilisables pour les parents qui pouvaient reprendre facilement avec leur enfant à la maison un point mal acquis et pour les élèves (de classe à plusieurs niveaux, par exemple) qui s'y retrouvaient facilement et pouvaient travailler seuls, une fois la notion étudiée avec le maître ou la maîtresse. Tout ceci sans parler de tous les points des programmes qui ont disparu depuis.

Ecrit par : catmano | 12 mai 2007

"En primaire, sans aucun doute, en mathématiques, en histoire, en géographie, en sciences, en lecture et en grammaire : plus épais, plus fournis, plus utilisables pour les parents qui pouvaient reprendre facilement avec leur enfant à la maison "

http://www.collectionsrossignol.com/lecture.htm

Détrompe toi Cat, c'est faux 'au moins en ce qui me concerne.
CP 1970. Poucet de merde , comment veux tu que les parents comprennent ce qu'il faut faire ? Regarde bien c'est NUL à CHIER , pour les maths c'est en pleine réforme "maths moderne", je me souviens que mon père ne comprenait rien ...
Bon j'ai eu une copine excellente en math..., qui m'a bien récupéré :)

Ecrit par : toto | 12 mai 2007

Aujourd'hui, c'est juste PIRE .

Ecrit par : toto | 12 mai 2007

Niveau fin de CM2, c'était plus fourni, aucun doute. Les livres de "lecture courante" du CE1 au CM2 aussi.

Quant aux méthodes de lecture, tu sais ce que j'en pense, le déficit de ces dernières années est dû, à mon humble avis, à trois causes : suppression de la préparation à l'apprentissage de la lecture en maternelle (à l'époque on appelait ça les "prérequis"), manque criant de formation objective aux différentes méthodes d'apprentissage de la lecture en IUFM (les jeunes collègues m'ont toutes parlé de "quelques" cours très vite survolés dont elles ont retenu une seule chose : "Apprendre à lire à des enfants, c'est très difficile et très aléatoire.") et mise systématique de la charrue avant les boeufs de la PS à la fin du CP (ou mieux : charrue laissée seule dans le champ).

Ecrit par : catmano | 12 mai 2007

"Niveau fin de CM2, c'était plus fourni, aucun doute. Les livres de "lecture courante" du CE1 au CM2 aussi. "

Vi, moi je sais. :)

Maternelle, je n'ai strictement rien fait (de très vagues souvenirs) mais pas de souvenir de tenir un crayon, pinceau etc etc ??????????? bõ ? en tous cas, certainement pas de préparation à la lecture.

Ecrit par : toto | 12 mai 2007

Je serais intéressé de savoir si c'est le cas dans d'autres matières. Les livres d'HG ou de maths ou de Langues des années 70-80 étaient-ils meilleurs que ceux d'aujourd'hui ? Si oui, on aurait là un outil intéressant pour mesurer non seulement la baisse de niveau, mais le procédé utilisé — sciemment — pour provoquer cette baisse. Parce que personne ne me fera jamais croire que les gosses d'aujourd'hui sont plus bêtes que ceux d'autrefois.
JPB

Ecrit par : brighelli | 12 mai 2007


En ce qui concerner le Collège, il y a une rupture nette c'est la réforme Haby. Le cas le plus spectaculaire est celui de l'Histoire-Géographie où on est passé de deux forts manuels à un seul beaucoup plus mince.


Le moyen?

Les alibis pédagogistes habituels:


-L'intérêt des Élèves puisque le Ministère avait déclaré que les manuels antérieurs à la réforme étaient davantage faits pour les Professeurs que pour les Élèves et qu'il convenait donc de distinguer le Manuel destiné aux élèves contenant essntiellement des "documents" et le livre du Maître plus copieux.


-La justice sociale en rendant gratuit les manuels mais en fixant un crédit unitaire très bas.



Les protestations des Certifiès et Agrégés, deux ans de grèves et mouvements divers à l"inititiave du SNES furent qualifiés de "corporatisme élitiste".


Les PEGC et les Instituteurs Spécialisés n'avaient qu'à gagner à la Réforme et, si je me souviens bien, le SNI-PEGC fît le service syndical minimum. Son ambition était d'étendre son hégémonie du Primaire au Collège en prônant l'École Fondamentale.

« La gauche a mené une politique de droite en supprimant du collège tout ce qui n’est pas élitiste »
René Haby, ancien ministre de l’éducation de 1974 à 1978



http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/article.php3?id_article=118

Ecrit par : Henri Grégoire | 12 mai 2007

"Même si, heureusement et par chance, je ne suis plus directement intéressée par le contenu des manuels du secondaire, -- sauf pour me lamenter de ce que mes étudiants n'ont pas vu au lycée -"

Ecrit par : FGuichard | 12 mai 2007

je suis désolée F.Guichard malgré tout le respect et l'estime que vous m'inspirez à travers vos posts, ce que vous venez d'écrire me fait rugir. Il y en a assez des enseignants qui se lamentent du niveau de plus en plus bas de leurs élèves, ils en sont les premiers responsables! S'ils avaient "le courage" d'assumer leurs convictions quant à l'enseignement qu'ils souhaitent offrir à leur élèves nous n'en serions pas là! Ils ont pour la plupart accepté de courber l'échine et ont suivi la mouvance qui consiste à appliquer à la lettre les programmes de plus en plus réducteurs!
Alors ce soir je suis en colère ,j'espère que vous serez nombreux à entendre l'appel de JPB au boycottage de ces manuels stériles et que vous aurez l'audace de sortir de vos bibliothèques tous ces romans qui sont l'essence même de la culture...
cette chasse aux sorcières, ce "sus aux pédagogistes" n'est pas digne de personnes qui revendiquent le droit de transmettre le savoir et le goût du savoir.
"un gourou" qu'il soit pédagogiste ou non demeure un gourou et il ne vit et ne fait prospérer sa secte qu'avec l'aide de ceux qui l'écoute. Les enseignants sont suffisamment nombreux pour faire front et bloc face à ce qui leur paraît être à l'encontre de leur rôle et devoir...
l'école n'est plus ce qu'elle était il n'y a plus à le prouver, c'est à vous enseignants de changer cet état de fait et ne vous trompez pas "d'alliés", ils sont peut-être ceux que vous exécrez le plus, les parents! Mais eux ne font que constater les dégats et sont franchement démunis...Le discours sur la bonne méthode me semble entrainer beaucoup de perte d'énergie, j'ai la naïveté ( ce n'est pas nouveau) de croire qu'il n'y a pas une méthode mais autant ou presque de méthodes qu'il y a d'enseignant...j'arrête là, je ne vais pas me faire des amis mais qu'importe...

je finis sur un sourire aux quelques uns qui sur ce blog savent que je les apprécie et l'estime que j'ai d'eux ,qu'ils soient parents, enseignants ou même "pédagogiste" (franchement depuis plusieurs mois je m'interroge sur le bien fondé de vouloir établir un tel clivage).

Ps: je ne corrige pas les fautes d'orthographe aussi veuillez par avance m'en excuser

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 mai 2007

Je serais intéressé de savoir si c'est le cas dans d'autres matières. Les livres d'HG ou de maths ou de Langues des années 70-80 étaient-ils meilleurs que ceux d'aujourd'hui ? Si oui, on aurait là un outil intéressant pour mesurer non seulement la baisse de niveau, mais le procédé utilisé — sciemment — pour provoquer cette baisse. Parce que personne ne me fera jamais croire que les gosses d'aujourd'hui sont plus bêtes que ceux d'autrefois.
JPB

Ecrit par : brighelli | 12 mai 2007

Maths! j'ai le comparatif à la maison! Sixième programme 1965 et maths Seconde C, Première C, Terminale C ( Condamine-Vissio trois volumes) années 1973 à 1976: Rien à voir avec les livres actuels de section S. Ceci ne résolvant d'ailleurs rien, car, à l'époque, le monde n'était pas celui d'aujourd'hui, et n'allait pas en C qui le voulait mais qui le pouvait. Le problème reste donc entier d'un pays qui ne peut/veut(?) plus employer une main d'œuvre française sous qualifiée à salaire décent. Il faut donc pourtant mener au bac au moins 80% d'une classe d'âge et leur faire suivre des études supérieures pour faire d'eux une main d'œuvre qualifiée.
Alors, le niveau baisse, oui, certainement...le chômage augmente.
Et, déjà, à l'époque de mon bac 76 et avant, tous ceux qui passaient un bac C ne pouvaient prétendre au meilleur.

Ecrit par : dobolino | 12 mai 2007

Condamine et Vissio? Cela me rappelle quelque chose... Merci, Dobolino!
Jean-Paul, Dave chante des imbécillités, mais il est plutôt intelligent et cultivé... Comme quoi...

Ecrit par : christophe sibille | 12 mai 2007

'J'ai la naïveté, (ce n'est pas nouveau), de croire qu'il n'y a pas une méthode, mais autant ou presque de méthodes qu'il y
a d'enseignants".

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 mai 2007

Ce n'est pas de la naïveté, Patricia! C'est une évidence, et relève du simple bon sens, vertu souvent encensée en ces lieux!

Ecrit par : christophe sibille | 12 mai 2007

'J'ai la naïveté, (ce n'est pas nouveau), de croire qu'il n'y a pas une méthode, mais autant ou presque de méthodes qu'il y
a d'enseignants".

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 mai 200

Tu as raison, (comme le dit le naind'jardin) mais ce que vous oubliez, c'est que toutes/tous ne sont pas bonnes/bons ...

Donc, il faudra bien sélectionner.

Virer FraKK Charmeux r2d2 choconard abes etc etc et Ribambelle Ratus justine abracadada etc etc (au moins du CP) ou alors rééduquez moi tout ça ! (dans une rizière ? ;) )

Ecrit par : toto | 13 mai 2007

oups virez ;)

Ecrit par : toto | 13 mai 2007

Enseignant en primaire, classe de CE1, j’ai décidé d’abandonner les fiches de Français que j’avais longuement confectionnées à l’ordinateur, à partir du manuel très connu ’’La balle aux mots’’ (collection dirigée par H. Mitterand d’ailleurs). En effet, les résultats que j’obtenais, me semblaient bien médiocres.

Je ne me rendais pas compte à l’époque que la pédagogie constructiviste était néfaste (par exemple, titre du premier chapitre de grammaire : du texte à la phrase ! Tout est dit …)
Depuis quelques années, je me suis pris de passion pour les vieux manuels. D’abord pour la beauté des illustrations puis, petit à petit, pour le contenu.
(voir ce très beau site http://jeanmi.abcd.free.fr/index.htm)

Cette année, j’ai recommencé entièrement toutes mes fiches à partir de quelques uns de ces vieux livres trouvés dans les greniers ou dans les vide-greniers. Je l’ai fait par passion pour mon métier, en cohérence avec mes nouvelles convictions et par respect envers mes élèves. Mais je pense y avoir consacré entre 250 et 300 h. Je me dis, maintenant que l’année est presque écoulée, que c’était un travail de dingue et que j’aurais pu l’éviter s’il existait encore de bons manuels. Mais force est de constater que ce n’est pas le cas.

Je ne raconte pas cela pour me vanter mais juste pour souligner que certains enseignants travaillent. Ma récompense, c’est de voir mes élèves de l’année en cours avec un bien meilleur niveau que ceux que j’ai eus auparavant. Mais que de regrets pour mes anciens élèves et que de temps perdu à faire ces premières fiches ineptes…

Le comble, c’est que je suis plutôt bien noté car la pédagogie que j’utilisais, plaisait aux inspectrices (c’est toujours des femmes :). Mais cela risque de changer désormais. A moins que M. Sarkozy …

PS : L'année prochaine, je pense abandonner l'emploi des fichiers de calcul. Catmano pourrait peut-être me conseiller.

Ecrit par : Gaston Lavy | 13 mai 2007

Gaston, ce serait intéressant que vous nous fassiez profiter des deux versions de vos prépations sur un même sujet...

Ecrit par : Perceval | 13 mai 2007

...prépapararations..., exsez-moi.

Ecrit par : Perceval | 13 mai 2007

Pour Dobolino qui m'écrit :

" Taratata, voilà la sixième année que mon fils est dans le secondaire. Jamais, au grand jamais, un professeur de français ne l'a remercié, même succintement, de lui épargner fautes de grammaire ou d'orthographe. [...] A contrario, sa jeune sœur est perpétuellement congratulée, portée aux nues, alors que son orthographe est cauchemardesque [...]
Alors, ne dites pas que les fautes de vos élèves vous gênent! Si tel était le cas, ils en feraient moins. "

1) Je ne suis pas responsable de ce que disent les collègues à votre fils ou à votre fille. Si vous en êtes mécontente, dites-le leur directement, et ne passez pas si facilement d'eux à moi.
2) Les fautes des élèves me gênent, je le marque sur CHAQUE copie où l'expression pose problème, je souligne CHAQUE faute, des plus grossières aux plus minimes, et je suis l'un de ceux qui retirent le plus de points pour l'expression parmi mes collègues (et l'expression dans ce cadre, pour moi, c'est l'orthographe et la grammaire, pas la capacité à communiquer ou à employer des mots compliqués). Alors oui, ces fautes me gênent, je le dis, et je ne vois pas en quoi en PREMIERE je serais responsable des fautes que continuent à faire mes classes. Si nous parlons ici, c'est pour dire qu'il y a un problème dans TOUT le secondaire, et dans tout le primaire, avec l'enseignement de la langue française, et je pensais qu'il y avait consensus sur ce point. Il est trop tard, en premiere, pour apprendre aux élèves à écrire "il sait", "tu as" ou "il a pris" - il y a neuf ans d'apprentissage de la langue derrière, et quatre heures hebdomadaires seulement en première, avec un programme démesuré.
3) Des fautes grossières d'orthographe n'empèchent pas qu'une dissertation soit très bien réussie sur le plan des idées, évidemment la note s'en ressent, mais ca reste une "belle" dissertation quant à la structure et au raisonnement. J'évalue aussi mon travail en regardant les progrès des élèves, et je vois ce qui a réussi (la méthode de la dissert et la connaissance des auteurs), ce qui a raté (ils sont nuls en commentaire), et ce à quoi je n'ai PAS LE TEMPS de remédier en première, d'autant qu'ils ont déjà 16-17 ans (l'orhographe proche de la dyslexie, l'absence de ponctuation, l'ignorance crasse en syntaxe, etc.)

Donc dobolino, je tenais à vous répondre, d'autant que j'aime beaucoup vous lire par ailleurs (comme beaucoup ici sur ce blog). Votre jugment était particulièrement hâtif, ne correspondait pas à ce que je disais, et surtout vous me rendez responsable de choses auxquelles je ne peux plus remédier car le mal est trop profond et trop ancien, et vous m'associez à des cas personnels qui ne me concernent pas.

Enfin, sachez qu'en Seconde, je passe une heure par semaine sur l'orthographe, et mes elèves progressent, mais vous conviendrez que c'est le rôle du primaire et du collège que d'enseigner "il sait", "tu as" et "il a pris", et qu'autrefois, on aurait pas imaginé enseigner cela en lycée, ni en seconde, ni a fortiori en première.

Cordialement.

Ecrit par : Jeremy | 13 mai 2007

Enseignant en primaire, classe de CE1, j’ai décidé d’abandonner les fiches de Français que j’avais longuement confectionnées à l’ordinateur, à partir du manuel très connu ’’La balle aux mots’’ (collection dirigée par H. Mitterand d’ailleurs). En effet, les résultats que j’obtenais, me semblaient bien médiocres.


Ecrit par : Gaston Lavy | 13 mai 2007



"La balle aux mots" est un des pires manuels malheureusement très répandu dans les écoles élémentaires. Son succès réside essentiellement dans son caractère "rassurant" et son aspect moderniste pour des PE qui n'ont pas, de par leur formation, une grande culture grammaticale.


Merci pour le lien indiqué. Ce site est un vrai trésor.

En voici un autre.

http://www.collectionsrossignol.com/



En ce qui concerne les anciens manuels et en dehors de leur aspect esthétique les plus utilisables sont les recueils de "morceaux choisis" qui contraste par l'abondance des textes avec la maigreur anorexique des actuels Manuels.

J'ai sous les yeux un vieil exemplaire en très mauvais état de Belles Lectures ( Editions MDI) datant de 1974, ce qui n'est donc pas très ancien. C'est un fort volume (316 pages) abondamment illustré qui regroupe en 26 Centres d'Intérêt pas moins de 126 textes.

Destinés au deux années du CM, il s'agit fort vraisemblablement d'une réédition puisqu'il fait mention des classes de 8ème et 7éme de Lycée qui ont dû disparaitre aux alentours de 1960.

Les auteurs appartiennent , pour la plupart au patrimoine littéraire , même si ce sont des auteurs mineurs.

Les textes sur deux pages sont suivis d'un appareil" critique" rudimentaire :" Les mots "qui donne des explications sur les mots "difficiles" et "Les idées" qui pose des questions dites de compréhension.

Les illustrations sont pour la plupar des "oeuvres originales" de R. Bresson et P.Derambure qui renvoie aux années 50 du XXème siècle

Par ailleurs, ,la table des matières est suivi d'une "Table de Correspondance avec deux autres manuels "Le Français par l'usage", probablement consacré à la pratique de la langue orale et écrite, et "Orthographe et conjugaison".


Il n'existe plus de tels manuels dans les Écoles élémentaires.

Dans ceux que l'on trouve, les textes sont nettement moins nombreux et beaucoup plus courts. Par contre les illustrations sont abondantes ....

Ecrit par : Henri Grégoire | 13 mai 2007

Pour JPB :

Il suffit effectivement de comparer, par exemple, deux manuels de maths ou de physique-chimie de Terminale S aujourd'hui (même spé maths ou spé physique-chimie) avec des manuels de l'ancienne Terminale pour le Bac C. La comparaison est édifiante, et n'importe quel prof de maths vous le dira. Les concours-mêmes des écoles d'ingénieurs post-bac ont dû s'adapter, la comparaison des sujets sur 20 ans d'intervalle est là aussi accablante sur ce sujet.

En langues, j'ai les manuels de mes parents (collège-lycée). On faisait en allemand Goethe, Schiller, Eichendorff, Böll ou Kaschnitz. Regardez les programmes récents, ou l'on apprend à dire "téléchargez un logo gratuit pour votre portable" ou "accrochez les affiches pour l'exposition réalisée par la classe".
cf. http://www.education.gouv.fr/bo/2007/hs7/default.htm

La comparaison se fait en un coup d'oeil. Et surtout, on faisait de la grammaire et de la traduction !!! Aujourd'hui, on commente des images (cf. récente réforme de l'oral en STG) et on a le droit de faire des fautes à l'oral, ça n'a aucune importance selon les consignes officielles, le tout est de montrer son "aptitude à communiquer" avec l'examinateur.

Ecrit par : Jeremy | 13 mai 2007

Trouvé sur la Toile cet article écrit au moment de la crise du CPE et qui me semble poser de bonnes questions:


L’Education nationale prise entre deux feux (ou pourquoi rien ne change)

Depuis plus de trente ans, l’Education nationale est prise entre un discours "de gauche" plein de bons sentiments mais assez hypocrite et des vérités rationnelles malheureusement teintées d’une idéologie très "droitière". Autant dire que la nécessaire réforme de cette institution n’est pas pour demain. Elle n’en sera que plus rude, le moment venu...

...

On comprend sans peine qu’avec de tels avocats, la remise en cause de "la-filière-générale-pour-tous" n’est pas près d’aboutir. Pas à cause d’on ne sait quel complot gauchiste, mais parce qu’il est bien plus facile de mobiliser une majorité plus ou moins active autour de mots d’ordre (faussement) généreux qu’en tenant de tels propos à la limite du mépris. Si le dogme de l’université de masse est si prégnant, mieux vaudrait ne pas disperser ses forces dans des directions aventureuses. À moins que le but ne soit de rester entre soi, sûr de sa vérité. Dans ce cas, le système a encore de beaux jours devant lui... ou alors sa remise à plat risque d’être pour le moins mouvementée. Pas sûr qu’il soit nécessaire d’en rajouter à la révision d’une institution si lourde, et à terme inévitable.


http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=15422

Ecrit par : Henri Grégoire | 13 mai 2007

"Taratata, voilà la sixième année que mon fils est dans le secondaire. Jamais, au grand jamais, un professeur de français ne l'a remercié, même succintement, de lui épargner fautes de grammaire ou d'orthographe. Jamais aucun ne l'a encouragé à améliorer encore sa syntaxe déjà solide à l'entrée en sixième. A contrario, sa jeune sœur est perpétuellement congratulée, portée aux nues, alors que son orthographe est cauchemardesque et sa syntaxe approximative (mots manquants à deviner, phrases bancales).
Alors, ne dites pas que les fautes de vos élèves vous gênent! Si tel était le cas, ils en feraient moins."

Ecrit par : dobolino | 12 mai 2007

Bien sûr c'est connu! Il est tout-à-fait normal de généraliser à partir d'un cas particulier et d'expliquer à quelqu'un que vous savez mieux que lui ce qu'il pense....
Pas de chance pour votre fille mais quel jugement péremptoire sur les autres.

Ecrit par : Hervé | 13 mai 2007

Adley,
Je crois que presque tous les élèves procèdent comme vous l'avez fait !

Or donc, hier, pensum à la maison : mon fils, élève de seconde, doit rédiger le commentaire d'un texte de Chateaubriand tiré de René (dans son manuel).

En bon père, j'accompagne mon chérubin avec deux consignes (injonctions ?) complémentaires et préalables : c'est connu les profs sont des parents exemplaires ;-)
1 - Lire et apprendre la fiche méthodologique donnée par la prof (assez bien faite d'ailleurs).
2 - Lire avec attention dans son manuel tout sur Chateaubriand et sur le romantisme afin d'éviter des contresens trop grossiers.

Qu'advint-il ?

Pour le point 2, ce fut bref ! Rien ... Pas un mot sur l'auteur, pas une réflexion générale présentant le mouvement littéraire dans sa diversité, etc.

Que fit alors le bon père ?

Rendez-vous avec le Lagarde XIXe (dans une édition de 1971) ! Et là, mon cher ange en a bavé un peu ... Les pages 29 à 82 sont consacrées à Chateaubriand avec une alternance de commentaires et d'extraits replacés dans leur contexte.

Tout est dit ...
Certes, 53 pages sur cet auteur, on pourrait sans doute pu abréger. Je l'avoue, C. n'est pas ma tasse de thé, et je doute que ce puisse être celle d'un ado de 2007 !

Néanmoins, quel sens peut avoir le commentaire d'un extrait de roman lorsqu'on ne connaît ni l'auteur, ni son environnement ?

En vieux réac, j'aimerais que, dès le collège, on fasse APPRENDRE (ouh ! le gros mot) des synthèses sur les styles, thématiques et principaux auteurs de toutes les époques.

On ne me fera (hélas ...) pas croire qu'il est possible de faire lire avec plaisir Corneille, Plaute ou Duras à tous les élèves !
Il me semble pourtant concevable et souhaitable qu'ils puissent dire trois mots sensés de ces monuments de la littérature.
Ce serait peut-être là un des rôles de l'enseignement des lettres ?

PS :
1 - En complément à l'enseignement de la littérature, il me semblerait souhaitable (++) d'introduire une nouvelle matière : l'expression française ...
2 - Adley, je ne suis pas prof de lettres, pour les autres, ne voyez pas d'ostracisme dans mes propos, je sais que vous avez aussi des IPR !

Ecrit par : Zorglub | 13 mai 2007

'J'ai la naïveté, (ce n'est pas nouveau), de croire qu'il n'y a pas une méthode, mais autant ou presque de méthodes qu'il y
a d'enseignants".

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 mai 200

"Tu as raison, (comme le dit le naind'jardin) mais ce que vous oubliez, c'est que toutes/tous ne sont pas bonnes/bons ...

Donc, il faudra bien sélectionner.

Virer FraKK Charmeux r2d2 choconard abes etc etc et Ribambelle Ratus justine abracadada etc etc (au moins du CP) ou alors rééduquez moi tout ça ! (dans une rizière ? ;) )"

Ecrit par : toto | 13 mai 2007

Une suggestion: plébisciter toto tout à la fois comme inspecteur et "sélectionneur" d'enseignants du premier degré, mais également comme concepteur, réalisateur et éditeur de manuels de lecture; on résout de ce fait comme par enchantement tous les problèmes du primaire et, de plus, on tord le cou à tous les jugements péremptoires.

Ecrit par : christophe sibille | 13 mai 2007

A Gaston Lavy.
Hélas non, je ne peux pas vous conseiller sur un manuel de mathématiques. J'ai fait comme vous, reprise d'un manuel des années 30 du siècle dernier comme dit H. Grégoire, niveau Cours élémentaire, et j'ai sélectionné et réactualisé certaines données, catalogue de la Camif en mains, ne vous en déplaise, la Camif sert au moins à cela.
Pour les prix, cela pouvait aller, il suffisait la plupart du temps de remplacer francs par euros sans changer les nombres. Pour les objets vendus ou achetés, il a bien fallu remplacer les chapeaux des modistes, les fers à cheval des forgerons et les mètres de tissu des tailleurs par des produits et des fournisseurs plus actuels. Heureusement, j'exerce en rural et j'ai pu conserver les sacs de blé, les champs rectangulaires à clôturer et les tonneaux de vin (mais est-ce bien transversalement correct et cela ne contrarie-t-il pas le programme du "vivre ensemble" ? Ça, c'est une autre histoire.) Je teste cela dès la rentrée, avec ma bande de CP qui vient de finir son "J'apprends les maths" de Brissiaud, chez Retz, et qui est fin prête pour entamer le programme de CE1
Dans quel niveau travaillez-vous ? Les "Math et Calcul", de Eiller, chez Hachette étaient bien en CM1, CM2. En revanche en CP, CE1 et CE2, ils ne cassaient vraiment pas grand chose.

Ecrit par : catmano | 13 mai 2007

"Je l'avoue, Châteaubriand n'est pas ma tasse de thé, et je doute que ce puisse être celle d'un ado de 2007 !"
écrit Zorglub…

Hérésie ! "Levez-vous, orages désirés !" — c'est-y pas contemporain en diable ?
Un petit volume de la collection Découvertes, sur Châteaubriand, commence par une galerie de ses maîtresses — toutes plus belles les unes que les autres (essayez Delphine de Custine, ou Cordelia Greffulhe, comtesse de Castellane — l'essayer, c'est l'adopter), parce que ce grand mélancolique (c'était son principal mode de séduction…) adorait se faire consoler par des créatures de luxe — ça aussi, ça pourrait être, bien présenté, assez tentant, non ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 mai 2007

Excusez-moi, j'ai lu trop vite. CE1, non, si je connaissais, j'utiliserais aussi.
Je serais très heureuse aussi de bénéficier de vos petites "préps".
Pour l'année prochaine, j'utiliserai : L'oiseau lyre (cp/ce1 puis ce1) en lecture, la grammaire de Léo et Léa si le spécimen qui tarde à arriver me convient, "mon" bouquin de maths et mes petites leçons d'histoire, géographie, sciences et technologies fabriquées maison elles aussi à partir des encyclopédies Méga Poussin, Méga Junior et des livres "Les savoirs de l'école" cycle 3, chez Hachette.

Ecrit par : catmano | 13 mai 2007

Oui, oui, M. Brighelli !
Je me permets toutefois de tempérer votre enthousiasme ... Vous connaissez mes "clients" : leur mélancolie est d'une autre veine, bien plus triviale !

Pour le reste, même si je vous déçois un peu, je trouve un peu gnangnan cet apitoiement sur soi-même. Je préfère la grandeur épique de V. Hugo, la description d’une nature plus en rapport avec ses praticiens : les « vrais gens » pour reprendre cette formule drolatique utilisée durant la campagne.

Que pensez-vous de l’idée d’introduire au lycée l’enseignement (!) de « l’expression française » ?
C’est grave de devoir l’envisager, mais peut-on agir sans prendre en compte l’état (sinistre) du réel !

Ecrit par : Zorglub | 13 mai 2007

"Que pensez-vous de l’idée d’introduire au lycée l’enseignement (!) de « l’expression française » ?"
dit Zorglub…

Cher, j'avais suggéré dans "À bonne école" (indispensable !) de dédoubler les cours de "Français" du second cycle en cours de "Langue" — sans doute ce que vous appelez "expression française" — et "Littérature", suggérant même que les deux pourraient ne pas être traités par le même enseignant… Histoire de rattraper au plus vite ces années de retard accumulées depuis le Primaire…
Ou du moins, un établissement devrait avoir assez de latitude pour créer, ponctuellement, un tel type d'enseignement, en fonction des besoins. Inutile d'imposer à tous un horaire renforcé — mais il faut pouvoir le faire, quitte à mélanger des classes de plusieurs niveaux dans une même réappropriation de la langue — au moins de la langue écrite, très déficiente aujourd'hui.
Je sens qu'il y en a qui vont encore protester…
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 mai 2007

Je voudrais revenir sur la prise en compte de la qualité de l'expression écrite dans les devoirs. Formé par le même professeur de Khâgne que B.Lecherbonnier, (professeur qui arrêtait de corriger tout travail à partir de la cinquième faute d'orthographe), j'ai toujours cru bon de sanctionner l'incorrection de la langue.
Tout devoir en lycée est accompagné d'un décompte des erreurs de syntaxe, d'orthographe grammatical et lexical. Selon le nombre d'erreurs, selon que le devoir est fait à la maison ou en classe, un certain nombre de points (jusqu'à cinq) sont enlevés. En début d'année, je consacre une heure à un rappel des règles principales à partir d'une dictée ad hoc. En seconde les premières heures de module après le premier devoir sont consacrées à la correction des erreurs. Par la suite, tout élève capable de me présenter sa copie corrigée récupère la moitié des points enlevés. Cela demande un petit surcroît de travail mais les élèves soit acceptent d'être sanctionnés (le décompte est précis) soit font l'effort de relire et de corriger leur copie. Ils connaissent les règles mais peu habitués à être sanctionnés ne font pas les efforts nécessaires et tout surveillant d'examen a pu constater ce phénomène d'élèves qui ont tout le temps de relire leur copie, mais qui la rendent immédiatement après avoir écrit le dernier mot. Inutile de préciser que je suis traité de "réac" par certains de mes collègues ou accusé de gâcher le métier en passant tant de temps sur une copie pour un problème d'école primaire ou de collège. C'est cependant rendre avant tout service aux élèves et particulièrement en BTS : il suffit de lire les annonces d'emploi pour s'en persuader. Il faut reconnaître que l'atténuation de la valeur des fautes en "dictée" au BEPC n'aide pas à cette prise de conscience.
Ayant eu le privilège de corriger l'épreuve de dictée- questions du dernier concours de l'Ecole Normale en fin de troisième, je me souviens qu'une faute d'accord coûtait 4 pts et une faute d'usage 2pts. Comme avoir zéro à cette dictée était éliminatoire, on était au moins sûr d'avoir de futurs instituteurs ou institutrices connaissant l'orthographe. Je précise pour les plus jeunes que cette dictée servait aussi d'épreuve d'écriture. Il faut bien reconnaître que beaucoup d'enseignants ont privilégié le contenu à la forme. Qui ne se souvient pas de collègues donnant des sujets libres et s'extasiant sur la poésie d'un devoir qu'il faut déchiffrer ? Hélas, il me paraît difficile de revenir en arrière si j'en crois les lamentations de parents sur le niveau orthographique des professeurs des écoles qui s'occupent de leur progéniture !

Ecrit par : Ponocratès | 13 mai 2007

Catmano,
La grammaire Berthou et le Tavernier sciences CP-CE1 sont aussi d'excellents manuels de CE1.
Louis Barthas

Ecrit par : Louis Barthas | 13 mai 2007

Vous avez évoqué les langues. J'aurais une question naïve : pourquoi la doctrine est-elle autant axée sur la qualité de l'accent ? Dans le cas de l'anglais, notre propension à le massacrer est très appréciée par les autochtones qui trouvent ça charmant (moi, pas de bol, je me suis entendu attribuer l'accent néerlandais ! Ca marche moins bien avec les filles).

Ecrit par : Perceval | 13 mai 2007

Hors Sujet: Petite discussion hier au soir, dans l'Aude, lors d'un repas, où je fus le seul à voter Nicolas Sarkozy (parmi un vigneron, une institutrice, une aide scolaire fille d'un artiste/chanteur, et son compagnon, un futur aide-soignant, parents d'un garçonnet de 2 ans : donc plutôt des petits salaires): sensibilité politique tendance extrême-gauche libertaire (CNT).

1) L'hostilité très forte envers le nouveau Président (emploi des mots facho, LePen bis, liberticide, etc.) et les 53% des électeurs,
2) Une violence qui prend son origine dans le désespoir et les difficultés de la vie,
3) Volonté affichée de défier les Lois de la République considérées comme anti-humanistes (cacher des immigrés clandestins)...
4) ... jusqu'à l'assassinat des policiers ou gendarmes venant chercher les sans-papiers,
5) Un constat commum quant à l'état déplorable de l'enseignement. "J'ai eu le bac sans l'avoir mérité, je suis inculte".

Je ne sais pas quel est votre entourage; pour ma part, depuis les Présidentielles, je n'entends que haine, détestation, désir d'en découvre dès les premières mesures du prochain gouvernement. Je n'entrevois aucun appel au calme de la part de la Gauche, ou alors du bout des lèvres...

http://www.valeursactuelles.com/magazine/france/visu_france.php?num=3676&position=6&nb=7&affiche=

En tant qu'homme de culture, si je peux me qualifier ainsi, je suis très inquiet.

Lorsque l'enseignement ne dispense plus la culture et ne donne plus les moyens intellectuels de se retirer des émotions brutes pour penser une situation, la violence n'est pas loin, et le pire est inéluctable. Et, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, il y en a qui n'attendent que ça.

Alors, oui, pauvre professeur, que puis-je faire, quand je n'ai quasiment aucun moyen pour imposer à mes élèves qui se foutent des mauvaises notes, des punitions, des colles, l'étude, l'analyse et le travail, et que l'administration fait mine de s'inquiéter? Quand certaines classes ne permettent pas à une parole que j'espère nuancée de s'exprimer en cours et de commenter, pas plus d'une minute dans le silence, par des exemples et des références que n'ont pas et ne veulent pas celles-là?

J'ai appris qu'après la Révolution française, vinrent la Terreur, Bonaparte, puis Napoléon; j'ai la malchance d'être lecteur: je ne sais pas tout ce que ceci va donner; ce sont les classes les plus défavorisées qu'il faut enseigner prioritairement: non pas pour les domestiquer par des leçons et la culture bourgeoises, mais pour que l'instinct ne passe pas avant le raisonnement...

Je ne sais pas si je suis clair; mais à entendre et voir ce que je vois et entends, mes craintes s'amoncellent. Il est urgent de tenter de rattraper la catastrophe civilisationnelle dans laquelle nous sommes. Que les bonnes volontés se lèvent; pour ma part, du moins ce dimanche, je suis comme un lapin pris dans les phares d'une voiture.

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

les moyens intellectuels POUR se retirer

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

1) Grammaire pour les CP/CE1

La Berthou CE est bien sûr excellente, mais il y a encore mieux, à mon avis :

"Grammaire française - Premier livre". E. GRAMMONT et A. HAMON. Hachette. 1956. Excellente +++ !

Autre petit bijou pour disposer de batteries d'exercices, pour travailler le vocabulaire et trouver de petits textes parfaits pour la copie dirigée :

"Cours de langue française - Cours préparatoire". MAQUET, FLOT, ROY. Hachette. 1922.

2) Pour les maths

"L'arithmétique enfantine - CP et CE1". G. BOUCHENY et A. GUERINET. Larousse. 1932. Une merveille qui laisse admiratif devant l'intelligence et le savoir-faire de nos anciens.

"L'arithmétique en riant - Cours élémentaire". R. JOLLY. Fernand Nathan. 1934. Très intéressante pour l'initiation aux problèmes.

Ecrit par : Un hussard | 13 mai 2007

Dobolino part toujours du cas particulier car c'est ainsi qu'on avance dans son métier! Un jour, j'ai eu un cas particulier que j'ai signalé à un camarade de promo professeur agrégé de Médecine Canine qui a transformé ce cas particulier en une découverte scientifique majeure qui fit sa gloire. (Le salaud commit l'erreur de ne pas me remercier mais c'est une autre histoire...).
Le problème est que ce que je décrivais n'est en aucune manière un cas particulier. Le cas particulier, c'est vous, et c'est bien là le problème en ce qui concerne la baisse de qualité du français écrit ou parlé.
Pas de correction systématique d'orthographe ou grammaire. Dictées à thème du genre conjugaison du présent ou de l'imparfait de l'indicatif notées en points positifs. Pas de points otés pour les fautes dans les rédactions ou les dissertations et, surtout, ce qui me semble plus important que la note, correction rapide laissant les 3/4 des fautes non corrigées.
Deuxième point: il est exceptionnel , particulièrement en maternelle et primaire, qu'un enfant soit valorisé et renforcé sur ses compétences... innées (!). Un modèle unique et moyen doit être obtenu (Catmano développera ce point), ce qui est très paradoxal puisque l'idée de départ était, si j'ai bien compris mes profs gauchistes des années soixante dix, d'offrir plus de place aux créatifs, de ne laisser aucun futur Rimbaud sur le bord du chemin, de secouer les boutonneux forts en thème qui recouvraient de laine leur cœur déjà froid, de valoriser ceux qui cherchaient la plage sous les pavés etc...
Bon, j'espère que je me suis à peu près bien expliquée. Ne cognez pas trop fort.

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

J'ai appris qu'après la Révolution française, vinrent la Terreur, Bonaparte, puis Napoléon; j'ai la malchance d'être lecteur: je ne sais pas tout ce que ceci va donner; ce sont les classes les plus défavorisées qu'il faut enseigner prioritairement: non pas pour les domestiquer par des leçons et la culture bourgeoises, mais pour que l'instinct ne passe pas avant le raisonnement...

Je ne sais pas si je suis clair;

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

Très clair. Je ne sais pas pourquoi non plus... ni comment.
Enfin, pour ce culte obsolète d'une extrême-gauche en révolution permanente, l'endoctrinement massif dont nous fûmes victimes dans les années soixante-dix et, peut-être, quatre-vingt (?) et plus, est très difficile à secouer.
Français, Histoire, Géographie, langues vivantes, Ciné-Club du lycée, Philosophie... une chappe de plomb et des notations souvent très orientées. Il nous fallait être très violemment à gauche dans nos propos oraux et écrits pour avoir des notes convenables. D'où, le bienfait que fut à mon humble avis à cette époque la sélection par les maths.
Maintenant, le créationisme ou autres billevesées modernes sont-ils mieux?

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

Pendant qu'on y est -même si l'on sort du cadre des manuels- voici dans un tout autre domaine, celui de l'EPS, une ressource récente mais (!) très bien faite :

http://www.reunion.iufm.fr/Dep/EPS/

Ecrit par : Un hussard | 13 mai 2007

Maintenant, le créationisme ou autres billevesées modernes sont-ils mieux?

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

Certainement pas. Se battre contre tous les extrêmes et abrutissements, c'est crevant. J'ai la tentation de Des Esseintes: un pavillon (rien à voir avec ceux de nos immondes lotissements), une bibliothèque aux livres élus, une domestique; en évitant de finir comme sa tortue...

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

Je ne sais pas quel est votre entourage; pour ma part, depuis les Présidentielles, je n'entends que haine, détestation, désir d'en découvre dès les premières mesures du prochain gouvernement. Je n'entrevois aucun appel au calme de la part de la Gauche, ou alors du bout des lèvres...


Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

Mon entourage, cad ma clientèle, s'est remis à consommer sans peur. Personne ne parle du résultat des élections du 6/05.
J'ai l'impression que , mis à part quelques agités, cette élection massive oriente les uns et les autres vers les bonnes questions. Quant au votant de base , il a vu dans le discours de Nicolas Sarkozy l'espoir d'être l'hypothétique gagnant d'une sorte de grande loterie nationale ce qui avait pour lui meilleure saveur que d'espérer toucher un ou deux euro comme tous les autres.

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

J'ai la tentation de Des Esseintes: un pavillon (rien à voir avec ceux de nos immondes lotissements), une bibliothèque aux livres élus, une domestique; en évitant de finir comme sa tortue...

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

Mon rêve, c'est une borie à Lure..
Allons, courage, il reste Max Rouquette. Vous ne l'avez pas abandonné au moins?

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

il reste Max Rouquette. Vous ne l'avez pas abandonné au moins?

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

Non, certainement pas. C'est une bouffée d'oxygène, une issue de secours temporaire, quand je me sens abattu. Avec tous les livres (poésies, romans, théâtre, philosophie, mystique) de ma bibliothèque (une pièce lui est entièrement vouée... avec un lit encerclée par les étagères). Il se peut même que pour le centenaire de sa naissance vous puissiez lire son oeuvre théâtrale complète (en Français). J'y travaille en tout cas. Les textes sont en train d'être lus dans une maison d'édition que j'aime beaucoup. Un autre combat: déshabituer les uns et les autres à leur idée de la littérature écrite hors des canons parisiens. Il y a des personnes, même dans les grandes maisons d'édition, sensibles aux écritures d'exception malgré les a-priori.

Or, n'est-ce pas une forme de retrait que se donner à la littérature? Une réponse, peut-être, si je prends l'oeuvre invisible des moines et moniales: leurs prières, dit-on, agissent, pour le monde: l'intercession, c'est cela?

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

un lit encerclé

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

"J'ai l'impression que , mis à part quelques agités, cette élection massive oriente les uns et les autres vers les bonnes questions."

Des agités qui semblent prêts à tout, moi, ça me glace...

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

ou "un lit cerclé", oui, cela me plaît mieux

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

Florilège dobolinesque :
1. "Un modèle unique et moyen doit être obtenu (Catmano développera ce point), ce qui est très paradoxal puisque l'idée de départ était, si j'ai bien compris mes profs gauchistes des années soixante dix, d'offrir plus de place aux créatifs, de ne laisser aucun futur Rimbaud sur le bord du chemin, de secouer les boutonneux forts en thème qui recouvraient de laine leur cœur déjà froid, de valoriser ceux qui cherchaient la plage sous les pavés etc..."

2. "Enfin, pour ce culte obsolète d'une extrême-gauche en révolution permanente, l'endoctrinement massif dont nous fûmes victimes dans les années soixante-dix et, peut-être, quatre-vingt (?) et plus, est très difficile à secouer."

3. "Mon rêve, c'est une borie à Lure."

Ma parole, ma chère, mais vous êtes de droite ! Vous en avez toutes les caractéristiques : le culte de l'effort, le mépris pour les imbéciles, l'épicurisme qui guette à la porte… Encore un effort, ajoutez-y un certain libertinage (intellectuel, of course), afin d'envoyer par dessus les moulins ce qui vous reste de jupes et de convictions "morales", et vous serez sur mes positions…
D'ailleurs, nous le savions bien, tous tant que nous sommes : sinon, pourquoi seriez-vous l'un des intervenants les plus brillants de ce blog ?
JPB
PS. Pour ceux qui ne savent pas, Lure est un massif au-dessus de Forcalquier, en Haute-Provence…

Ecrit par : brighelli | 13 mai 2007

"Ce que tu gagneras par la violence, une violence plus grande te la fera perdre".

Gandhi

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

Il a tout compris de l'escalade de violence mimétique, Gandhi...

Ecrit par : Pendariès | 13 mai 2007

Le collège unique français, avec la pédagogie Meirieu, ne pourra jamais accoucher d’un talent pareil !

http://www.chezmaya.com/pps/bianca.htm

Philippe.

Ecrit par : Philippe | 13 mai 2007

"Ma parole, ma chère, mais vous êtes de droite ! Vous en avez toutes les caractéristiques : le culte de l'effort, le mépris pour les imbéciles, l'épicurisme qui guette à la porte… Encore un effort, ajoutez-y un certain libertinage (intellectuel, of course), afin d'envoyer par dessus les moulins ce qui vous reste de jupes et de convictions "morales", et vous serez sur mes positions…"

Ecrit par : brighelli | 13 mai 2007

Bien sûr, Jean-Paul! Quand on est de gauche, on passe son temps à flemmarder et à en être fier, on glorifie l'imbécillité, on est triste sire ou triste soeur, et pisse-froid jusqu'au bout du gland! C'est clair comme du gamay de l'année! Simplissime, finalement!

Ecrit par : christophe sibille | 13 mai 2007

Dobolino, bref, nous sommes d'accord (ce qui n'est pas une découverte, car sinon nous ne serions pas ici tous les deux).
Il fait sanctionner l'orthographe, et il faut que l'orthographe soit acquise parfaitement à la sortie de la troisième.
Je suis TRES sceptique quant aux cours de langue au lycée, car ils sont inutiles pour les plus en retard comme pour ceux qui savent déjà ce qu'on leur a enseigné au collège (ces derniers devraient être le cas général si le système marchait...). Je fais cette année de l'Aide Individualisée consacrée uniquement à l'orthographe, ca porte ses fruits, mais comme je le disais, je déplore d'avoir à apprendre la différence entre "tous" et "tout" à des élèves de 15-16 ans, ou à leur donner des exercices sur ou/où, et/est et à/a !!!
Le problème, Dobolino, c'est que je ne peux vous donner mon point de vue que sur le LYCEE (vous aurez compris que c'est là que je sévis), alors que c'est surtout le primaire et le collège qui devraient assumer la tâche de sanctionner et d'améliorer l'orthographe. Quand j'ai dit à mes Secondes que je ferais des dictées avec -2 pour les fautes de grammaire et -1 pour le vocabulaire, ils sont tombés des nues car ils n'avaient jamais fait ça au collège...

Ecrit par : Jeremy | 13 mai 2007

F.Guichard, j'ai regardé le BO à propos de la nouvelle mouture des HK; mais le texte reste vague sur le nouveau type d'épreuves communes qui sont prévues au concours ou aux concours? Un seul ou toujours les deux? Est-ce à dire que tout sera sur programme?
Merci pour vos lumières...

Ecrit par : Thalie | 13 mai 2007

Manuels scolaires (seconde, première, terminale) :

1°) Code du français courant

2°) Procédés annexes d'expression (stylistique, rhétorique, poétique)

3°) Exercices de langue française + le livre du professeur

de Henri Bonnard aux éditions Magnard

Des merveilles (à mon avis)

Peut-être quelqu'un en a-t-il déjà parlé. Si oui, don't act !

Puisque vous parliez de Chateaubriand cf. page 130 : La période.

Je recopie le début :

Quand la phrase complexe atteint sa perfection, on l'appelle période (du grec périodos, circuit)

La période peut être coordonnée ou enchaînée, elle marie ordinairement les deux procédés. Les caractères de la période sontla clarté, la logique, la continuité, l'équilibre des parties, surtout le rythme dont les effets sont comparables à ceux que les poètes obtiennent par l'harmonieusedisposition des accents et des pauses.

La période est un ornement presque indispensable du genre oratoire, elle résonne solennellement aux voûtes des églises. Bossuet en a prononcé d'admirables. Mais de purs écrivains en ont usé aussi, Chateaubriand pour décrire les merveilles du monde, Flaubert pour montrer la forêt de Fontainebleau.

Suit un exemple tiré de Chateaubriand justement :

" Le loriot siffle, l'hirondelle gazouille, le ramier gémit; le premier, perché sur la plus haute branche d'un ormeau, défie notre merle, qui ne le cède en rien à cet étranger; la seconde, sous un toit hospitalier, fait entendre son ramage confus ainsi qu'au temps d'Evandre; le troisième, caché dans les feuillages d'un chêne, prolonge ses roucoulements, semblables aux sons onduleux d'un cor dans les bois.

Lorsque lespremiers silences de la nuit et les derniers murmures du jour luttent sur les coteaux, au bord des fleuves, dans les bois et dans les vllées, lorsque les forêts se taisent par degrés, que pas une feuille, pas unemousse ne soupire, que le lune est dans le ciel, que l'oreille de l'homme est attentive, le premier chantre de la création entonne ses hymnes à l'éternel."

Suit une étude précise de ces deux périodes(forme ternaire, organisation par masses croissantes (cadence majeure), accents toniques, groupes rythmiques, forme ternaire...

Evidemment ça ne sert pas à envoyer des SMS

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

L'intérêt des dictées de jadis était de nous mettre ce genre de texte dans l'oreille.

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

à Gaston Lavy,

Etes-vous au courant de la réunion GRIP-SLECC de Roncq (59) du 22 au 24 août 2007 ?

Voici leur programme : http://grip.ujf-grenoble.fr/documents/affiche_journees_grip_roncq.pdf

Vous pourrez y rencontrer des gens qui tentent de travailler comme vous.

Vous y trouverez un autre moyen de rompre votre isolement et cela vous donnera des armes pour vous protéger contre vos inspecteurs… A propos d’arme, vous pouvez ranger votre pétoire à côté de celle de Barthas ;) et félicitations pour votre coup de crayon.

Ecrit par : ex-parent | 13 mai 2007

"Evidemment ça ne sert pas à envoyer des SMS"

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

Excellent, Robin!
Quand vous envoyez des sms, le faites-vous en langage éponyme, ou vous astreignez-vous à une vraie écriture? Je ne supporte tellement pas le langage "texto" que j'écris comme sur un courrier normal. Evidemment, ça prend un peu plus de temps...

Ecrit par : christophe sibille | 13 mai 2007

Pour notre part, nous possédons un manuel de composition française datant de l'année 1920 et qui est très complet. Il contient des leçons de logique élémentaire, de rhétorique, de littérature, et l'on y évoque des notions indispensables telles que la correction et l'élégance. Les manuels d'aujourd'hui sont des incitations à l'extrapolation.

Les personnes de notre connaissance qui ont obtenu leur certificat d'études primaires dans leur jeunesse ont une expression écrite bien meilleure que celle des actuels bacheliers, même si elle n'est pas parfaite. On rencontre aujourd'hui des licenciés incapables d'écrire avec une syntaxe correcte et sans grossières fautes d'orthographe. Mais cette évolution n'était-elle pas inévitable ? Les "pédagogistes" des IUFM en sont-ils entièrement responsables ? C'est une chose dont nous nous croyons autorisés de douter.

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Erratum :

Autorisés à...

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Autre erratum (décidément) :

... autorisé (sans "s")

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Peut-être eût-il été préférable que nous écrivâmes plutôt : "c'est une chose dont nous croyons qu'il nous est permis de douter."

Qu'en pensez-vous ?

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

"Les "pédagogistes" des IUFM en sont-ils entièrement responsables ? C'est une chose dont nous nous croyons autorisés de douter."

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007
Il me semble que la réponse soit contenue dans la question!

Ecrit par : christophe sibille | 13 mai 2007

Peut-être eût-il été préférable que nous écrivâmes plutôt : "c'est une chose dont nous croyons qu'il nous est permis de douter."

Qu'en pensez-vous ?

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Oui, mais : " que nous écrivassions " ?

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

Pardon : "que nous écrivissions"

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

Quand vous envoyez des sms, le faites-vous en langage éponyme, ou vous astreignez-vous à une vraie écriture? Je ne supporte tellement pas le langage "texto" que j'écris comme sur un courrier normal. Evidemment, ça prend un peu plus de temps...

Ecrit par : christophe sibille | 13 mai 2007

Je m'astreins à ne pas écrire en langage éponyme et je pense m'essayer bientôt à la "période"...à la manière de Bossuet car je trouve que notre vie quotidienne au XXIème siècle manque singulièrement de "décorum".

" Considérez, MESSIEURS, ces grandes puissances que nous regardons de si bas. Pendant que nous tremblons sous leur main, Dieu les frappe pour nous avertir. Leur élévation en est la cause ; et il les épargne si peu qu'il ne craint pas de les sacrifier à l'instruction des hommes. CHRÉTIENS, ne murmurez pas MADAME a été choisie pour nous donner une instruction. Il n'y a rien ici de rude pour elle, comme vous le verrez dans la suite, Dieu la sauve par le même coup qui nous instruit. Nous devrions être assez convaincus de notre néant ; mais s'il faut des coups de surprise à nos cœurs enchantés de l'amour du monde, celui-ci est assez grand et assez terrible. O nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : MADAME se meurt, MADAME est morte ! Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille ? Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts ; on trouve tout consterné, excepté le cœur de cette princesse. Partout on entend des cris, partout on voit la douleur et le désespoir, et l'image de la mort. Le roi, la reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré, et il me semble que je vois l'accomplissement de cette parole du prophète: Le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple, de douleur et d'étonnement..." (Bossuet, oraison funèbre d'Henriette d'Angletere)

N'est-ce pas un peu mieux que :

"La meuf a klamsé IR soir...dur, dur !" ?

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

Moi avec mes ce1-ce2 je fais dictée et expression écrite tous les lundis, plus dictée de mots tous les vendredis, et demain on fait la leçon a/à et on/ont.

Mais je le fais en douce sinon on me dira que je vais trop vite, qu'ils ont tout le cycle pour apprendre, que je suis un dangereux réactionnaire et autres conneries que j'ai entendu pendant deux ans d'IUFM sur deux sites différents.

Mais bon pour le primaire, relisez le bouquin de Le Bris, comme on est passé de 4h30 à 1h30 d'orthographe, grammaire, conjugaison par semaine... ah si avec de Robien on a le droit à 3 h par semaine, c'est mieux mais pas encore assez.

En formation dans la classe de CM1 où travaillait une IMF, donc qui suivait les directives au poil près, la dictée c'était trois fois par an juste pour les évaluations.

Moi je souligne leurs fautes ( oh le gros mot ) puis ils ont jusqu'au vendredi pour réécrire la dictée avec le dictionnaire et le cahier de leçons. ( ceux qui foutent rien ils doivent recopier plusieurs fois ).

Un épouvantable réactionnaire.

Ecrit par : Ronin | 13 mai 2007

>> "Les "pédagogistes" des IUFM en sont-ils entièrement responsables ? C'est une chose dont nous nous croyons autorisés de douter."

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007
Il me semble que la réponse soit contenue dans la question!

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Ça, Robin, c'était très drôle. Et très bien venu.
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 mai 2007

Ma parole, ma chère, mais vous êtes de droite ! Vous en avez toutes les caractéristiques : le culte de l'effort, le mépris pour les imbéciles, l'épicurisme qui guette à la porte… …

Ecrit par : brighelli | 13 mai 2007

Cher, je suis à droite pour moi, à gauche pour les autres. Je suis, disons, pour faire court, cœur à droite et portefeuille à gauche. Assez rare pour être signalé!

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

>> Peut-être eût-il été préférable que nous écrivâmes plutôt : "c'est une chose dont nous croyons qu'il nous est permis de douter."

Qu'en pensez-vous ?

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Oui, mais : " que nous écrivassions " ?

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

Pardon : "que nous écrivissions"

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

>> Peut-être eût-il été préférable que nous écrivâmes plutôt : "c'est une chose dont nous croyons qu'il nous est permis de douter."

Qu'en pensez-vous ?

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Oui, mais : " que nous écrivassions " ?

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

Pardon : "que nous écrivissions"

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

Merci beaucoup, Robin. Comme quoi, ce n'est pas si évident !

Au fait, avez-vous bien reçu mon courriel ?

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Pardon : "que nous écrivissions"

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

La vraie bonne maîtrise du français au lycée: c'est apprendre à tourner ses phrases de façon à ce qu'elles soient correctes en maîtrisant l'art d'éviter les maudits écueils souvent insurmontables de ces cochonneries de subjonctif et autres concordances des temps. Pour éviter les écueils, encore faut-il savoir qu'ils existent. Les dominer est une autre paire de manches, un travail de littéraire ou d'érudit.
Si vous voyez ce que je veux dire?

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

Je ne comprends pas bien ce qui se passe, mes messages ne sont pas toujours complets. Sans doute des erreurs de manipulation. Je recommence donc :

J'ai écrit que je doutais du fait que les "pédagogistes" soient entièrement responsables de la monumentale baisse de niveau des élèves. Christophe Sibille m'a fait une réponse signifiant, je crois, que lui n'en doutait pas.

Eh bien, je n'en suis pas si sûr. Comme chacun sait, les hirondelles ne font pas le printemps.

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Les manuels d’hist-géo de 2007 en lycée ressemblent de plus en plus aux manuels de collège d’il y a une dizaine d’années : un texte réduit au minimum qui souvent n’apportera pas beaucoup de choses à l’élève qui, par hasard, voudrait en savoir plus. En exagérant à peine, les manuels de lycée d’il y a vingt ans pourraient servir à faire des cours de fac !

Les « vieux » manuels Magnard de collège étaient très bien faits ! La qualité a effectivement baissé chez Magnard, comme chez les autres. On trouve de belles reproductions tout en couleur (grâce soient rendues aux progrès techniques) et malheureusement les inévitables « dossiers de documents » que les élèves devraient “s’approprier en travail de groupe”, etc ; on connaît la rengaine “socio-constructiviste”…

Il faut vendre à tout prix : les programmes n'ont pas changé mais les nouvelles éditions arrivent ! On ne peut être sur que d'une chose en histoire-géo : c'est du changement sans nécessité des programmes et que la plupart des collègues n'auront rien à en dire...

Ecrit par : Lariba | 13 mai 2007

Dobolino a écrit :

>> La vraie bonne maîtrise du français au lycée: c'est apprendre à tourner ses phrases de façon à ce qu'elles soient correctes en maîtrisant l'art d'éviter les maudits écueils souvent insurmontables de ces cochonneries de subjonctif et autres concordances des temps. Pour éviter les écueils, encore faut-il savoir qu'ils existent. Les dominer est une autre paire de manches, un travail de littéraire ou d'érudit.
Si vous voyez ce que je veux dire?

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

C'est pénible ! Bon, je recommence :

Je ne crois pas que la concordance des temps et les subjonctifs soient des "cochonneries", comme vous dites. Quant à savoir les éviter, il suffit juste de n'avoir qu'à exprimer des idées très (trop ?) simples. Et je crois pas non plus qu'il soit nécessaire d'être un "érudit" pour maîtriser ces subtilités de la langue. Il fut un temps (révolu ?) où les élèves savaient la manier aisément.

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Lariba, cela m'étonnerait fort que, dans la grande série "réapproprions-nous l'histoire de France", les programmes d'Histoire / Géo (il paraît qu'il n'y a pour ainsi dire plus de géographie, sinon humaine — vous confirmez ?) ne changent pas très vite… Je serais prof d'HG, et je recevrais de nouveaux manuels, je jugerais qu'il est urgent d'attendre…
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 mai 2007

"F. Guichard, j'ai regardé le BO à propos de la nouvelle mouture des HK ; mais le texte reste vague sur le nouveau type d'épreuves communes qui sont prévues au concours ou aux concours? Un seul ou toujours les deux? Est-ce à dire que tout sera sur programme? " écrit Thalie.
Pour aller vite, il y aura une banque d'épreuves (les deux ENS, Sces-po, les concours littéraires des écoles de commerce et de management, St-Cyr lettres) concernant l'histoire, la philo et la LV1 (les négociations pour le français sont toujours en cours), mais toujours des épreuves séparées dans les autres matières, -- et deux ENS, Ulm et Lyon, conservant leurs spécificités et leur "culture". L'objectif de la réforme des CPGE litt est d'offrir de vrais débouchés à la filière littéraire d'excellence que demeure, malgré tout, la CPGE litt.
La grande nouveauté en lettres sup, c'est la langue ancienne, latin ou grec, obligatoire pour tous, y compris en prépa Lyon : au minimum 3 h (une heure commune de langue et culture de l'Antiquité, 2 h de LA , latin ou grec, débutant ou confirmé) , plus 2h suppl. de spécialité pour tous ceux qui le souhaitent, les futurs optionnaires de lett class entre autres. Le programme enchantera JPB : c'est "amor-amicitia, eros-philia".
Autre nouveauté et de taille : la disparition des heures spécifiques de préparation IEP, puisque les instituts de sces po entrent dans la banque d'épreuves. Précisez-le bien à vos élèves de terminale.
Pour ne pas pas encombrer le blog et si vous voulez des précisions, contactez simoncorriol@aol.com

Ecrit par : FGuichard | 13 mai 2007

Au fait, avez-vous bien reçu mon courriel ?

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Oui, je vous en remercie. J'espère que ma connaissance très lacunaire de la pensée de René Guénon ne vous a pas trop déçu.

Ecrit par : Robin | 13 mai 2007

Nabu! M'enfin!....
Bon, blague à part, concernant l'enseignement de l'histoire, une chose me chagrine: le programme de classe de cinquième. Si un professeur juge que la naissance des deux grandes religions que sont le christianisme et l'islam doivent être enseignées à fond et que le Moyen Age est fondamental, il risque de ne pas pouvoir finir le programme, trop lourd et complexe, et, de ce fait, les élèves arrivent en quatrième en ayant survolé ou pas étudié du tout Renaissance et Réforme. En gros, ils étudient la révocation de l'Edit de Nantes sans savoir comment et pourquoi il y avait un Edit de Nantes.
Cas particulier: mes deux enfants et, donc, toute leur classe avec eux, ont "sauté" du Moyen Age à Louis XIV.
Est-il nécessaire de consacrer tant de temps aux Religions et à leurs règles dans le cadre d'un cours d'histoire?

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

Programme trop lourd par rapport au nombre d'heures de cours. D'autant plus que la Géographie est assez lourde aussi.

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

Peut-être eût-il été préférable que nous écrivâmes plutôt : "c'est une chose dont nous croyons qu'il nous est permis de douter."

Qu'en pensez-vous ?

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Il fut un temps (révolu ?) où les élèves savaient la manier aisément.

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007

Il est patent que ce n'est plus le cas...
Il fut un temps, heureusement révolu depuis longtemps, où bien rares étaient ceux qui fréquentaient l'école après l'âge de dix-onze ans.

Ecrit par : dobolino | 13 mai 2007

Mon rêve : un Lagarde et Michard version école primaire !!

si, si !!!! des oeuvres phares de la littérature française à la portée de Cycle 3 ( CE2 à CM2 ) où la chronologie ne serait pas uniquement liée à l'histoire mais aussi à celle des oeuvres des écrivains .

Avec intelligence , on pourrait je pense concevoir ce type d'ouvrages pour la littérature enfantine en milieu scolaire.

Ecrit par : patrickinstit | 13 mai 2007

"Mon rêve : un Lagarde et Michard version école primaire !!
si, si !!!! des oeuvres phares de la littérature française à la portée de Cycle 3 ( CE2 à CM2 ) où la chronologie ne serait pas uniquement liée à l'histoire mais aussi à celle des oeuvres des écrivains .
Avec intelligence , on pourrait je pense concevoir ce type d'ouvrages pour la littérature enfantine en milieu scolaire."

Just do it !
Le moment est peut être venu de moins bavasser sur les blogs et de faire !

Daniel KRAUSS

Ecrit par : DK | 13 mai 2007

En passant, vite , vite : le subjonctif, hummmm, tout sauf une cochonnerie, Dobolino. Et les élèves de collège adorent car ils ne l'ont jamais étudié vraiment et on peut les faire beaucoup rire avec l'imparfait.
Daniel Krauss, quand vous dites" just do it", c'est drôle mais les derniers manuels scolaires qui viennent de sortir et que j'ai reçus dans mon casier sont faits par les mêmes profs qu'il y a des lustres, chez Bordas par exemple... Un filon ( sans mauvais jeu de mot)...pour certains. Alors moi je veux bien faire, but the way to do it?
F.Guichard, merci pour votre réponse prompte. J'envoie un mail de " ce pas"!
Pour JPB, alorsssss? Je voudrais bien vous appeler" Monsieur le Ministre", moi. Même "Monsieur le secrétaire d'état", cela m'irait aussi, même, même et même encore "Monsieur le sous-secrétaire d'état";-)))

Ecrit par : Thalie | 13 mai 2007

Jean-Paul, la géographie “générale” en 2de c’est “Sauvons la planète” et la correctitude politique. Qui peut être contre le fait de sauver la planète ? On ne peut pas non plus “tonner contre” ! Quant à l’histoire, par exemple la 1re guerre mondiale doit se résumer à « les Français pendant la guerre » en série S, exit la crise de 1929 mais oui à l’étude des totalitarismes…

La démarche pédagogiste fait aussi que les programmes de lycée obligent à partir « d’études de cas ». Démarche inductive censée passionner les zaprenans et dépasser un regrettable encyclopédisme abstrait. D’où l’étude de la frontière États-Unis-Mexique, du fleuve Nil ou du cyclone Machin. Cela doit représenter la moitié de l’horaire d’un thème ! Ce n’est qu’après qu’il faudrait « contextualiser » càd apporter les connaissances générales après avoir mis les élèves “en autonomie” quatre heures sur la Révolution verte en Inde. Caricature de la recherche…

La géo scolaire souffre du fait que les géographes universitaires s’en foutent complètement. Ils ne se préoccupent que de leur petit monde plein de rivalités entre écoles. Quelqu’un connaît-il d’ailleurs un géographe français ? La géographie scolaire est aussi majoritairement enseignée par des historiens (80 % ?) à cause de ce désintérêt pour l’enseignement et de ces querelles de micro chapelles.

La géographie majoritaire fait dans le “systémique” et renonce à faire étudier explicitement le côté physique de cette bonne vieille planète. Le climat, le relief ne sont qu’à “évoquer” dans une démarche générale. Il faut être surtout moderne et faire de la sous-sociologie. Ou comment parler de réchauffement climatique sans savoir ce qu’est un climat.

Sur le terrain, on retombe de toute façon dans le discours pédagogiste bien connu du double bind : les IPR nous diront qu’il est possible “d’évoquer”, rien n’est interdit tout en l’étant de fait ! Ça rappelle la séquence en français, tout est dans tout et réciproquement. Ce qui revient à dire que ce qui n’est pas enseigné explicitement ne l’est pas, comme dans d’autres matières.

Ecrit par : Lariba | 13 mai 2007

"J'ai écrit que je doutais du fait que les "pédagogistes" soient entièrement responsables de la monumentale baisse de niveau des élèves. Christophe Sibille m'a fait une réponse signifiant, je crois, que lui n'en doutait pas.

Eh bien, je n'en suis pas si sûr. Comme chacun sait, les hirondelles ne font pas le printemps."

Ecrit par : Nabu | 13 mai 2007
Comme c'est difficile de se comprendre! Je voulais dire que la réponse était contenue dans la question que vous posiez, et dans la manière dont vous la posiez! Qui peut sérieusement croire que "les pédagogistes" soient entièrement responsables de la prétendue baisse de niveau des élèves?

Ecrit par : christophe sibille | 13 mai 2007

A Catmano :

Merci pour vos conseils avisés. Je pense faire comme vous pour le calcul.
On pourrait envisager un échange de bons procédés ;-)


A Ex-parent :

Roncq n’est pas tout près de chez moi mais cela paraît très intéressant et je me sens proche des idées du SLECC. Merci.


A un hussard :

Merci pour les références de livres.

Ecrit par : Gaston Lavy | 13 mai 2007

Pour Thalie: C'est vrai que si Sarkozy veut tellement consulter, il aurait mieux fait d'appeler Brighelli plutôt qu'Allègre...

Ecrit par : Jérémy | 14 mai 2007

Pour bien finir la semaine (ou commencer la nouvelle), voici ce qui se dit sur nous autres :

"Quand l’école de la république fait le lit de l’extrême-droite, on y arrive effectivement. Brighelli et ses fidèles, par ambition personnelle, par convictions, montrent leur vrai visage, une sinistre tronche."

C'est sur le blog de Lubin. Ca donne envie, non ?

Sinon, tout à fair d'accord avec Lariba, l'histoire-géographie au lycée est aussi délabrée que l'enseignement du français, et ça fait bien longtemps ! Le français vacillait à peine quand l'histoire-géo était déjà saccagée (les études de cas s'enchaînent les unes apres les autres sans qu'on y comprenne rien, ca va dans tous les autres et on passe du coq à l'âne sans souci).

D'ailleurs, dobolino, je ne sais pas si votre aîné est déjà en Seconde (celui qui a passé six ans dans le secondaire), ou s'il l'a passée, mais quand vous verrez le programme d'histoire en Seconde, vous regretterez amèrement celui de cinquième, même tronqué ! Je précise que je partage, là encore, votre opinion sur le fait que les programmes d'histoire devraient etre chronologiques et linéaires, car on ne peut pas expliquer la Révolution sans avoir fait l'Ancien Régime, ni la révocation de l'Edit de Nantes sans avoir vu Henri IV. Je vous l'annonce tout de go en tout cas : en Seconde, on passe de l'Antiquité au XIIe Siècle, puis du XVIe au XVIIIe Siècle sans AUCUNE transition. D'ailleurs, j'estime à 20% le nombre d'élèves de Seconde qui connaissent l'Edit de Nantes, et à 5% le nombre d'entre eux qui savent qu'il a été révoqué.........
Voulez-vous que je fasse le sondage dans mes classes ?

Ecrit par : Jérémy | 14 mai 2007

"Bien sûr, Jean-Paul! Quand on est de gauche, on passe son temps à flemmarder et à en être fier, on glorifie l'imbécillité, on est triste sire ou triste soeur, et pisse-froid jusqu'au bout du gland! C'est clair comme du gamay de l'année! Simplissime, finalement!"
Ecrit par : christophe sibille | 13 mai 2007

Pour une fois, entièrement d'accord avec votre réaction !!!

Ecrit par : Un hussard | 14 mai 2007

Encore qu'avec JPB, on ne puisse jamais exclure la possibilité qu'il s'agisse d'une antiphrase !

Ecrit par : Un hussard | 14 mai 2007

"Encore qu'avec JPB, on ne puisse jamais exclure la possibilité qu'il s'agisse d'une antiphrase !"

Ecrit par : Un hussard | 14 mai 2007

Oui, un hussard, je me suis posé la question! Mais quand on sait, de plus, que Jean-Paul a été de gauche, voire d'extrême-gauche, cela nous place sa phrase, potentiellement, au moins au quatrième degré!

Ecrit par : christophe sibille | 14 mai 2007

Au fait, un hussard, vous ne m'avez pas répondu, sur l'autre forum, concernant mon message-réaction au message bête de toto; (quoique: "message bête de toto" frise le pléonasme".)

Ecrit par : christophe sibille | 14 mai 2007

Mesdames et messieurs les professeurs de collège, vous avez "tout faux", un élève entrant en 6° ne sait pas obligatoirement lire de façon autonome. Pour preuve, ce petit extrait du BO Hors Série n° 5 du 12/04/2007, p 107, Programmes de l'école primaire, cycle des approfondissements :

"Inciter à la pratique d'une lecture autonome régulière :

Les enseignants engagent les élèves à la pratique d'une lecture autonome. La plupart d'entre eux parviennent à lire de manière autonome des textes de littérature de jeunesse, c'est-à-dire se montrent capables de les comprendre et d'en proposer une interprétation sans l'aide de l'adulte. Toutefois, les compétences de lecture restant à cet âge très variables, les enseignants veillent à suggérer des oeuvres appropriées à chacun, tant par l'intérêt qu'elles suscitent que par les difficultés qu'elles présentent. [...] Un livre par mois au moins devrait être considéré comme une base même si l'on sait que, pour certains élèves, les lectures personnelles passent encore beaucoup par la lecture à haute voix des adultes. L'objectif est de faire de chacun un lecteur assidu."

Sans commentaire, je n'ai pas le temps. Et puis, quels commentaires faire à cela ? A part : pourquoi on ne peut pas souligner sur ce blog, ni écrire en rouge ? Ça soulagerait !

Ecrit par : catmano | 14 mai 2007

Pour Thalie: C'est vrai que si Sarkozy veut tellement consulter, il aurait mieux fait d'appeler Brighelli plutôt qu'Allègre...

Ecrit par : Jérémy | 14 mai 2007

Allègre pourrait être utile comme ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur. Je ne connais pas les positions de Sarko là-dessus mais ça ne dérangeait pas Chirac de faire des économies sur le dos du budget de la recherche. CA défendrait au moins son budget bec et ongles, on peut en être sûr, et essaierait aussi d'obtenir des moyens pour les universités.

Ecrit par : Japhet | 14 mai 2007

"(il paraît qu'il n'y a pour ainsi dire plus de géographie, sinon humaine — vous confirmez ?)" JPB

Monsieur Brighelli, et les autres, oui il n'y a plus que de la géographie humaine.

Voici pour les LP: En ce qui concerne l'enseignement de la Géographie, l'inspecteur qui s'occupe de cette partie a flingué une collègue de mon bahut car elle avait, selon lui, perdu du temps (bêtator dixit) à expliquer, en introduction à sa leçon, le mouvement des plaques tectoniques. Son cours portait sur les zones naturelles à risques et les Hommes (car tous nos intitulés doivent comporter un "... et/pour/avec les Hommes"): elle travaillait sur les volcans et les foyers d'habitation.

Devant tous les enseignants de Lettres-Histoire et le Proviseur et son adjoint, lors d'une réunion ubuesque que j'ai décrite dans un autre post, l'Inspecteur a tiré une 2de balle dans la tête de la collègue, en disant: "On s'en fout du mouvement des plaques, des raisons de l'apparition des volcans. Ca n'a aucune valeur pour une leçon de géographie. vous n'avez aucune compétence pour parler de cela. Les enseignants de SVT (Science de la Vie et de la Terre) le sont. Vous ne devez vous occuper que des conséquences sur les Hommes et leurs activités".

Sans compter l'inélégance grossière (et humiliante) de l'attaque, le propos vient d'un imbécile (venant me visiter dans quelques mois) qui pense que les élèves se souviennent, bien sûr, que la terre est vivante, qui s'imagine que le lien est immédiatement fait dans leur tête entre ce qui se passe sur et sous la croûte terrestre, les paysages (mot à bannir du vocabulaire géographique) et les choix accomplis par les êtres humains.

PS: J'ai dû abandonner dictées, conjugaison, etc.
1) Ca plombait mon temps pour -tenter de) préparer (au mieux) les adolescents à leurs examens,
2) Les mauvaises habitudes sont profondément enracinées (les élèves ont oublié le PS, l'Imparfait, le Futur, le Présent, le PC, etc. étudiés, répétés, écrits pendant 2 mois au début de l'année; les mêmes fautes d'orthographes chez un même élève reviennent: il y eut un répit d'une ou deux semaines... ),
3) Il y a tellement à faire que les progrès ne peuvent apparaître qu'avec plusieurs mois d'exercices intensifs portant exclusivement sur la langue (leçons/écriture/lecture).

C'est un constat d'échec que je n'arrive même plus à me mettre sur le dos afin de me motiver à nouveau pour la rentrée prochaine.
Ce qui manque cruellement en LP, généralement? La volonté de réussir par le travail. Flaubert a toujours raison d'avoir relever que la Bêtise est constitutuve de la nature humaine.

Aujourd'hui, je sais que je ne peux m'appuyer que sur 1 ou 2 élèves par classe pour proposer autre chose que la m... qu'on veut bien leur donner en LP.

PS2: Je crois que je file un mauvais coton ces derniers jours!

Ecrit par : Pendariès | 14 mai 2007

Le post que je viens de mettre sur "Rapport Darcos" concernait évidemment la question des manuels de littérature. Erreur d'aiguillage!

Ecrit par : Jean | 14 mai 2007

La géographie majoritaire fait dans le “systémique” et renonce à faire étudier explicitement le côté physique de cette bonne vieille planète. Le climat, le relief ne sont qu’à “évoquer” dans une démarche générale. Il faut être surtout moderne et faire de la sous-sociologie. Ou comment parler de réchauffement climatique sans savoir ce qu’est un climat.


Ecrit par : Lariba | 13 mai 2007

C'est tout pareil chez nous en LP comme je viens de l'écrire, non pas en Géographe (ce que je ne suis pas, puisque je suis un Littéraire..). Oui, faire du "sous-quelque chose", tout le temps...

Ecrit par : Pendariès | 14 mai 2007

http://www.youtube.com/watch?v=LbgopL8a9-w
C'est très nul mais ça soulage...

Ecrit par : dobolino | 14 mai 2007

Comme c'est difficile de se comprendre! Je voulais dire que la réponse était contenue dans la question que vous posiez, et dans la manière dont vous la posiez! Qui peut sérieusement croire que "les pédagogistes" soient entièrement responsables de la prétendue baisse de niveau des élèves?

Ecrit par : christophe sibille | 13 mai 2007



Si cela continue sur cette pente, les pédagogistes vont bientôt être accusés du réchauffement planétaire...



Je me permets de rappeler aux "dextrobéats" que c'est Edgar Faure qui a contribué à la disparirion de l'Histoire Géographie à l'École Élémentaire, en la noyant dans le brouet indigeste des "diciplines d'éveil" dès 1969, et que c'est René Haby qui, au Collège, à supprimé ,en 1975, la Chronologie pour la remplacer par l'Histoire Thématique: le Costume ou les Moyens de transports à travers les Siècles....


La cure drastique d'amaigrissement qu'ont subi les Manuels scolaires ddu Collège date très précisément de cette époque.


J'ajoite que la Télévision d'État diffusait des spots publicitaires dont le leitmotive était "Les mêmes chances dans tousles cartables", slogan de Gauche ,s'il en est.


Assumez Messieurs!


Depuis 1969, le seul Ministre de l'Éducation Nationale qui ait agi concrètement est l'atypique Jean-Pierre Chevènement.


René Monory, qui lui a succédé, a eu la sagesse de conserver les Programmes et Instructions de son prédecesseur tant à l'École primaire qu'au Collège.

Il a de plus créé la DPE (Division de la Prospective et de l'Évaluation. Il est juste de le porter à son crédit.


C'est bien parce que la Gauche n'est pas voué génétiquement au pédagogisme- elle est historiquement instructionniste, justement parce qu'elle se place du point de vue des classes populaires et non d