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09 avril 2007
La faute à Rousseau ?
À propos de Rousseau : pour une fois que je suis à peu près d’accord avec ce qu’écrit Cadichon (même si je n’en tire pas les mêmes conclusions)… ce doit être le miracle de Pâques, Robin ;-)
Quelques précisions sur Jean-Jacques, ou plutôt sur la manière dont le rousseauisme est devenu, volens nolens, l’un des fondements du pédagogisme.
Au commencement, chacun le sait, est la Révolution française, et très précisément le débat qui oppose deux conceptions de l'École, celle de Condorcet et celle de Lepelletier de St Fargeau, celle des Girondins et celle des Jacobins pour aller vite. Même si aucun de ces deux projets ne fut appliqué réellement faute de temps et de moyens, les termes du débat méritent d'être rappelés :
Condorcet, tenant de "l'instruction publique", veut avant tout instruire ; il affirme que l'instruction est à la base de l'éducation et constitue son seul fondement. Auteur des célèbres Cinq mémoires sur l'instruction publique, récemment ressortis en collection de poche Garnier-Flammarion, il est également rapporteur du projet de décret sur la réorganisation de l'enseignement public qu'il présente devant l'assemblée législative en 1792. Il s'agit pour lui d'armer les enfants, filles et garçons, (instruere = munir) par les savoirs fondamentaux, pour leur permettre de se soustraire à la dépendance, c.à.d. de s'émanciper par l'usage de leur raison.
C'est pour la puissance publique un devoir imposé par l'intérêt commun de la société, par celui de l'humanité entière. (...) Nous avons pensé (…) qu'il fallait donner à tous également l'instruction qu'il est possible d'étendre sur tous, mais ne refuser à aucune portion de citoyens l'instruction plus élevée, qu'il est impossible de faire partager à la masse entière des individus ; établir l'une, parce qu'elle est utile à ceux qui la reçoivent ; et l'autre, parce qu'elle l'est à ceux même qui ne la reçoivent pas. La première condition de toute instruction étant de n'enseigner que des vérités, les établissements que la puissance publique y consacre doivent être aussi indépendants qu'il est possible de toute autorité politique. (« Les principes de l'instruction publique », discours à l'Assemblée législative du 2 avril 1792)
Cela ne veut pas dire pour autant que Condorcet néglige l'éducation. Pour lui l'école doit se préoccuper de l'éducation morale, qu'il appelle naturelle, et qu'il ne faut pas confondre avec la bien-pensance, la « moraline » ou le « politiquement correct » de l'époque : cette éducation morale fait partie de l'instruction, parce qu'elle est fondée sur l'expérience et la raison. Tout ce qui relève des opinions, des croyances, des manières de vivre, relève de la sphère privée et ne doit pas en sortir. Certes, bien sûr, l'école socialise, apprend la discipline et la maîtrise de soi, sans lesquelles la situation d'apprentissage est impossible, mais c'est l'instruction qui est le fondement de tout, et c'est par elle que l'enfant s'éduque.
Comme l'écrivent Catherine Kintzler et Charles Coutel dans leur présentation des Cinq mémoires de Condorcet en GF :
Pour la première fois, l'idée philosophique de l'institution scolaire est pensée dans sa complexité et en rapport avec la souveraineté populaire : protéger les savoirs contre les pouvoirs, considérer l'excellence comme la forme la plus haute de l'égalité, voir en chaque enfant un sujet rationnel de droit, se garder d'assujettir l'instruction publique aux volontés particulières et à l'utilité immédiate, telles sont quelques-unes des thèses majeures proposées par Condorcet. Ce faisant, il soutient qu'instruire n'est ni informer ni conformer, et que c'est peut-être trop en faire que d'instaurer une "éducation nationale".
Robespierre, J.-Paul Rabaut St-Étienne et Lepelletier de St Fargeau considèrent, quant à eux, qu'il faut commencer par l'éducation, et ne pas trop instruire :
L'enfant est parvenu à douze ans ; à cet âge finit pour lui l'institution publique : il est temps de le rendre aux divers travaux de l'industrie. L'en séparer davantage, ce serait nuire à la société (Texte sur http://s.huet.free.fr/paideia/paidogonos/lpsf1.htm... )
On reconnaît ici l'influence contestable de Jean-Jacques Rousseau, qui dans l'Émile ou l'éducation veut pour son élève des apprentissages limités, centrés sur l'observation et le travail manuel – ce même Rousseau pour qui les sciences et les arts rendent l'homme mauvais ; je renvoie à l'inénarrable Prosopopée de Fabricius dans le Discours sur les sciences et les arts, où Jean-Jacques met en branle toute sa vaste culture, et Dieu (?) sait s'il en a, pour montrer que la culture est nuisible, et je ne sache pas que ce jour-là il se soit laissé aller sur le Fendant ou quelque autre excellent vin suisse. J'irai même jusqu'à dire qu'il se révèle ici le père tutélaire des ces intellectuels renégats, apostats, architraîtres, qui ont été formés par les Humanités pour mieux cracher sur elles et interdire à leurs descendants de profiter des savoirs qui les ont nourris. Bref, oui, quelque part, c'est la faute à Rousseau, et aux rousseauistes que sont ici les Jacobins, obnubilés de moralisme, de vertu, et de chasse aux « fripons ». Moralité : toujours se méfier des « purs ».
Pour eux donc, la puissance publique doit instituer une « éducation nationale ». Voici un extrait de l'argumentaire de Lepelletier (Projet d'éducation nationale) :
L’instruction publique demande des lycées, des collèges, des académies, des livres, des instruments des calculs, des méthodes, elle s’enferme dans des murs ; l’éducation nationale demande des cirques, des gymnases, des armes, des jeux publics, des fêtes nationales, le concours fraternel de tous les âges et de tous les sexes, et le spectacle imposant et doux de la société humaine assemblée. Elle veut un grand espace, le spectacle des champs et de la nature ; l’éducation nationale est l’aliment nécessaire à tous, l’instruction, le partage de quelques-uns. Elles sont sœurs mais l’éducation nationale est l’aînée. Que dis-je ! c’est la mère commune de tous les citoyens, qui leur donne à tous le même lait, qui les élèves et les traite en frères, et qui, par la communauté de ses soins leur donne un air de ressemblance et de famille qui distingue un peuple ainsi élevé de tous les autres. Toute sa doctrine consiste donc à s’emparer de l’homme dès le berceau, et même avant sa naissance ; car l’enfant qui n’est pas né appartient déjà à la patrie. Elle s’empare de tout homme sans le quitter jamais, en sorte que l’éducation nationale n’est pas une institution pour l’enfant, mais pour la vie tout entière.Même en contextualisant la citation (la patrie en danger, l'Europe entière coalisée contre la République, les contre-révolutionnaires vendéens en insurrection, l'Église catholique en tête), même quand, comme moi – mais peut-être ai-je trop lu Albert Soboul -- on a de la sympathie pour les Jacobins, on a le droit d'être un peu terrorisé, sans jeu de mots ça va de soi, par ce « modèle spartiate » qui nous évoque plutôt l'État totalitaire que la Liberté guidant le peuple… Et quand bien même admettrions-nous que la notion d'individu a quelque chose de petit-bourgeois voire de réactionnaire, que les valeurs collectives de dévouement à l'État et d'amour de la patrie sont fondamentales, il reste que l'idée de s’emparer de l’homme dès le berceau, et même avant sa naissance nous met plutôt mal à l'aise.
Et quand je parle de « modèle spartiate », je ne plaisante pas – et Lepelletier non plus : pour aboutir à une société égalitaire, il propose que tous les enfants sans exception, riches ou pauvres, filles et garçons, soient retirés de leurs familles et placés dans des internats à la dure, où le sport est prioritaire, avec travail manuel pour tous (sur les routes, dans les champs, à la production dans les ateliers). L'encadrement est assuré par un conseil de 52 "pères", chacun résidant là une semaine par an. L'objectif est, je cite, de form(er) une race renouvelée, forte, laborieuse, réglée, disciplinée, et qu'une barrière impénétrable aura séparée du contact impur des préjugés avec notre espèce vieillie. (Plan d'éducation nationale, texte intégral sur http://s.huet.free.fr/paideia/paidogonos/lpsf1.htm...)
Former l'homme nouveau… Évidemment, pour nous, cette éducation d'État évoque surtout les jeunesses hitlériennes ou les Khmers rouges, et je ne pense pas, malgré le peu de sympathie que je porte aux disciples de saint Philippe Meirieu, que leur objectif soit de transformer ainsi les enfants.
Pas de les transformer ainsi, mais de les transformer …
Former l'homme nouveau, oui, certainement, comme on va le voir, et faire table rase du passé, certainement. De même, cette exaltation des valeurs collectives et du « vivre ensemble », même si elle se fait à présent dans la novlangue adoucie et euphémistique des sciences de l'éduc. et de la psychologie compassionnelle, n'est pas sans écho de nos jours.
Bref : l'école doit-elle instruire, transmettre des savoirs, et permettre à l'enfant, par l'usage de ces savoirs, de s'émanciper des préjugés, d'user de sa raison, et par là même de s'éduquer et de se construire par rapport à ce qu'il a appris, -- en continuité ou en rupture peu importe ?
Ou doit-elle d'abord éduquer, inculquer des savoir-faire et des savoir-être plus que des « savoirs savants » comme disent les khuistres, pour faire en sorte que l'enfant, constructeur de ses propres savoirs, se construise -- j'ai failli dire s'auto-construise – en retrouvant sa nature profonde et son être authentique (quand je vous dis que c'est aussi la faute à Rousseau…) ? Bien sûr, les valeurs collectives ne sont plus inculquées à la dure comme dans le projet spartiate de Robespierre, J.-Paul Rabaut St-Étienne et Lepelletier de St Fargeau, mais à grandes injections de moraline citoyenne, d'ECJS et de « vivre ensemble », un enrobage pseudo psy et « chrétien de gauche » pour faire passer le médicament. Mais le résultat est là, calamiteux : renoncer à instruire, c'est renoncer quelque part à la République. On va voir en effet que tous les pays à régime totalitaire ont cherché d'abord à éduquer.
C'est en 1932, sous le "cartel des gauches" (Édouard Herriot, qui était pourtant Libre Penseur, à qui se fier, je vous le demande ma pov’dame ???) que le ministère de l'Instruction publique est devenu celui de l'Éducation nationale. Et ce changement d'appellation est loin d'être un détail anodin : on substitue dès lors au désir de donner un savoir, des outils (in-struere en latin équiper, outiller, munir) la volonté d'imposer un modèle (de educare, tirer à soi ; éduquer a au XVIIeme siècle le sens de "former le caractère", "apprendre les usages de la société") : bref, socialisation et apprentissage de la citoyenneté, dont on verra bientôt que c'est la meilleure et la pire des choses, puisque cela revient le plus souvent à adapter l'élève aux normes sociales en vigueur, ce qui, dans une société de classes inégalitaire et ultralibérale, revient à formater les enfants aux normes de l'ultralibéralisme en vigueur.
Des esprits mal pensants pourraient faire remarquer que cette rupture fut initiée dès les années 20 par l'Italie mussolinienne :
La transformation de l'instruction publique en éducation nationale est la plus fasciste de mes réformes (Mussolini)
Elle a cependant été copiée par la plupart des pays européens, comme si la gauche, dans une espèce d'aveuglement qu'il faudrait étudier de plus près, avait repris à son compte les initiatives d'extrême-droite qui visaient à remettre en cause l'héritage des Lumières .La notion d'égalité des chances, opposée à l'égalité formelle, apparaît pour la première fois dans un discours du maréchal Pétain (… Mais, là encore, n'épiloguons pas, nous y serions encore à minuit.)
Revenons à notre "éducation nationale" du cartel des gauches puis du Front Populaire : elle a la volonté d'imposer un modèle, républicain bien sûr. Longtemps "l'éducation populaire" avait fait partie des revendications du syndicalisme révolutionnaire et du mouvement ouvrier en général, parce que l'ouvrier doit s'instruire pour se révolter. Notons qu'il s'agissait bien d'une instruction : par exemple, en 1832, le "mouvement des polytechniciens" organisait des cours du soir pour permettre au peuple de s'instruire.
Mais le pétainisme des années 1940 a bondi sur l'occasion : pourquoi ne pas "formater" de bons petits Français conformes à l'idéal de Laval ? Il ne s'agit alors plus d'instruire l'ouvrier pour qu'il se révolte, mais de l'éduquer pour qu'il reste à sa place -- et les vaches seront bien gardées. Et surtout, pas trop de savoirs, c'est nuisible.
Je ne résiste pas au plaisir pervers de vous lire un extrait d'un livre de Pétain, L'Éducation nationale (1940, texte intégral sur http://michel.delord.free.fr/pp-ecole.pdf), avec quelques commentaires de ma part : on verra que, à quelques horreurs idéologiques près, ces propositions vont nous rappeler bien des choses
Il y avait à la base de notre système éducatif une illusion profonde : c'était de croire qu'il suffit d'instruire les esprits pour former les cœurs et pour tremper les caractères. Il n'y a rien de plus faux et de plus dangereux que cette idée ... [OK, contre Condorcet l'homme des Lumières, c'est logique.]
Fidèle à notre pensée décentralisatrice, nous décongestionnerons l'Université de Paris pour faire de nos universités provinciales de puissants foyers de recherche… Nous favoriserons entre nos savants et nos industriels une coopération féconde… et nous nous efforcerons d'orienter dans un sens plus réaliste la formation de nos ingénieurs, de nos médecins, de nos magistrats, de nos professeurs eux-mêmes… [Oui, c'est de Pétain, ni de Claude Allègre ni de Gilles de Robien… Nous savons donc à présent d'où vient ce "réalisme" que l'on nous sert à tout propos : c'est celui du kolossal bon sens kollabo.]
Nous nous attacherons à détruire le funeste prestige d'une pseudo-culture purement livresque, conseillère de paresse et génératrice d'inutilités… [Rousseau, le moins "Lumières" des Lumières, ne disait pas autre chose, hélas. ]
C'est dans cet esprit que nous réorganiserons l'école primaire. Elle continuera comme par le passé, cela va sans dire, à enseigner le français, les éléments des mathématiques, de l'histoire, de la géographie, mais selon des programmes simplifiés, dépouillés du caractère encyclopédique et théorique qui les détournait de leur objet véritable." [C'est beau comme le socle commun de connaissances de M. de Robien, dites donc…]
On voit bien la logique du projet : peu d'instruction, beaucoup d'éducation, et des enfants soumis, privés des moyens de penser, de vivre et d'être libres. Est-ce un hasard si c'est de l'école d'Uriage, école des cadres du pétainisme, influencée par les personnalistes chrétiens (attention, ne me faites pas dire que tous les personnalistes chrétiens étaient collabos, certains même ont résisté) que sont sortis les théoriciens français de l'éducation populaire, comme l'un des plus connus, Joffre Dumazedier ?
Soixante ans plus tard, le débat ne se pose pas de façon radicalement différente, mais il est faussé par tout le discours sociologique et psychologique, plus ou moins idoine, dont on enrobe l'école et sur lequel je vais développer un peu.
Revenons-en donc à l'an quarante ;-)))
…ou plutôt peu après : on peut se demander pourquoi, à la Libération, le programme du C.N.R. n'a pas rétabli l'instruction publique : j'ai envie de dire, mais cette interprétation n'engage que moi, que le plan Langevin-Wallon, pétri de bonnes intentions, a mis en place toutes les conditions pour que "l'éducation nationale" reste l'éducation nationale ad uitam … ou ad nauseam.
Quand je dis que le plan Langevin-Wallon était pétri de bonnes intentions (dont l’Enfer est pavé) , je n'oublie pas que ces deux hommes étaient de vrais savants, pas des imposteurs, membres des "Compagnons de l'université nouvelle", une association créée en 1918 par des universitaires qui sortaient des tranchées et voulaient prolonger dans la vie de tous les jours et dans leur pratique professionnelle les valeurs de partage et de fraternité qu'ils avaient connues en combattant là-bas sur le front de l'armée. Ils lancent l'idée généreuse de l'école unique, contre laquelle il n'y a évidemment a priori rien à dire.
Mais le congrès du Havre de 1936, rassemble plusieurs associations d'éducation nouvelle comme le GFEN (Groupe Français d'Éducation Nouvelle, inspiré des travaux du pédagogue suisse Ferrière, et qui tend à respecter l'individualité de l'enfant en libérant son potentiel créatif, son énergie spirituelle (?!), et en s'appuyant sur ses intérêts innés (??), dans une optique de coopération et de coéducation, la discipline personnelle et collective étant organisée par les enfants eux-mêmes en collaboration avec le maître (« classe coopérative »). Pour ce GFEN, l'instruction n'est qu'une partie de l'éducation, l'objectif général étant de donner une base minimum de culture générale et de développer au maximum la personnalité de l'enfant : alléger les programmes, promouvoir l'étude du milieu, collaborer avec les parents, recourir aux méthodes actives. Les réformes de l'enseignement de Jean Zay (Front Populaire) en 1937, le plan Langevin-Wallon de1947, et même les réformes Haby et Jospin de 1975 et 1989, s'inspireront largement de ce congrès.
Quand on voit le résultat et la "catastrophe culturelle nationale", -- pour reprendre la formule employée dans la résolution finale du congrès de la Libre Pensée consacré l'École --, il est facile de se lamenter et de critiquer l'irresponsabilité de toutes ces mesures ; mais rappelons que dans le contexte de l'entre-deux guerres ce n'était pas si simple, que beaucoup d'enfants arrêtaient l'école au "certif" et même avant, et qu'il y avait chez les gens du GFEN ou de l'Université nouvelle, même influencés par des idéologies cléricales plus ou moins déclarées (en particulier le personnalisme chrétien, le protestantisme et le scoutisme), une forme de générosité qu'il ne faut pas mépriser si nous voulons comprendre comment tout ce gâchis s'est mis en place au nom de la gauche.
Les idées qui sous-tendent tout cela, c'est que dans une société de classes l'école est aussi de classes – difficile de dire le contraire : on ne voit pas par quel miracle la division en classes s'arrêterait au portail des établissements. Mais les conclusions de ce constat ont été contre-productives : en allégeant l'apport culturel donné aux enfants, on a « enfoncé » les plus défavorisés, et l'épanouissement des personnalités n'a profité qu'à ceux qui étaient déjà épanouis. Les activités d'éveil n'éveillent le plus souvent que les enfants déjà éveillés.
L'autre implicite, qui découle directement du précédent, c'est que dans une société de classes la culture dominante est de classe, donc bourgeoise. Là encore, il est bien difficile de le nier ! Le sociologue Pierre Bourdieu, dans Les Héritiers, explique de manière très juste comment ce sont les élèves à fort capital culturel qui réussissent le mieux à l'école. Le problème, c'est qu'une école qui privilégie l'éducation sur l'instruction favorise encore davantage les enfants issus des milieux cultivés, interdisant de fait la réussite à ceux qui n'ont chez eux ni bibliothèque ni parents pour donner des explications si nécessaire – ou pour payer des cours à Acadomia.
Mais revenons à ces théories prétendument marxistes qui consistent à discréditer la culture pour crime de bourgeoisie : il y avait avant-guerre, et même avant les "Trente Glorieuses", une authentique culture ouvrière, et une non moins authentique culture paysanne (voir les romans de Giono sans chercher plus loin), sur laquelle le maître pouvait s'appuyer pour faire progresser ses élèves vers la "culture savante" : c'est ce qu'a fait Freinet, qui vaut beaucoup mieux que ses thuriféraires. C'est ce qu'a fait M. Germain, l'instituteur de Camus à Alger – Camus qui lui dédia son discours de réception au Nobel. Aujourd'hui où les cultures populaires ont été remplacées par la sous-culture télévisuelle, la loi de la "cité" ou l'intégrisme religieux le plus sommaire, prétendre qu'il ne faut plus faire accéder les enfants à la « grande » culture sous prétexte que c'est « bourgeois » est carrément une infamie et un crime. C'est d'abord les priver de langage c.à.d. de tout espoir de s'intégrer de quelque manière que ce soit. Que penser d'un agrégé de lettres (Bégaudeau…) qui se pâme sur l'inventivité du langage SMS utilisé par ses collégiens dans leurs devoirs ? Bêtise, démagogie, paresse, capitulation : quand on en vient ainsi à théoriser le renoncement à instruire sous des prétextes soi-disant esthétiques, on est vraiment tombé bien bas.
Quant à l'idée selon laquelle l'école doit combattre les inégalités sociales, c'est une généreuse illusion de plus. Le combat contre les inégalités se livre dans le cadre du syndicat, du parti politique, de l'association, du comité de lutte, du comité de grève, dans la manif, dans la rue. L'inégalité se combat socialement dans d'autres structures que l'école, -- qui peut seulement, et c'est déjà beaucoup, par les savoirs qu'elle inculque, donner à l'enfant les connaissances universelles et fondées en raison, nécessaires à sa propre construction.
Tout ceci est encore aggravé par les ravages de ce que j’appellerais la psychologie compassionnelle (ou freudisme mal compris) selon laquelle l'instruction porte atteinte aux droits de l'enfant, et qui repose, elle aussi, sur l’idée rousseauiste de l’enfant naturellement bon et que la société pervertit.
Les "militants de l'éducation" – comme s'autoproclame, par exemple, Gabriel Cohn-Bendit, qui doit trouver que le "pédagogue" cher à Ph. Meirieu fait encore trop ringard – c'est par l'éducation que l'enfant va apprendre à penser par lui-même et non recevoir (s)on opinion d'une opinion étrangère comme disait Condorcet. « Un enfant n'est pas un entonnoir dans lequel on déverse des savoirs », etc., etc. Air connu.
Tout le problème est là. Pour les « militants de l'éducation », les savoirs sont des opinions, et non pas fondés en raison. Voilà pourquoi, selon ces personnes, instruire est une violence faite à l'enfant. Voilà pourquoi "l'apprenant" doit « construire son savoir » – et nous savons bien que le constructivisme pédagogique est à la base de tout notre système éducatif et de la formation des maîtres dans les IUFM. En revanche, pour ces mêmes personnes, l'éducation n'est pas violente, ça va de soi : cherchez l'erreur et expliquez-moi en quoi formater idéologiquement un enfant n'est pas une atteinte violente/violeuse à sa personnalité profonde...
- L'instruction est une violence faite à l'enfant, vous exagérez.
Ce n'est pas moi qui exagère, hélas. Le savoir est à présent sommé de « faire sens », comme s'il n'était pas, précisément, ce qui est porteur de sens, ce qui donne du sens. Dans cet esprit, sous le règne de Claude Allègre, socialiste, le questionnaire Meirieu, socialiste, avait pris soin d'interroger les élèves sur leurs préférences quant à « l'utilité » des enseignements dispensés au lycée, ce qui avait permis à certains de répondre, la main sur le cœur, qu'il valait mieux étudier la cuisine ou la mécanique auto que les mathématiques ou la littérature… Notez bien que le même Meirieu, que rien ne fait douter, explique sans frémir qu'il vaut mieux connaître la différence entre le civil et le pénal qu'une troisième langue vivante. Bref, tout ce qui est connaissance « gratuite », culture en somme, est rejeté du côté de l'opinion.
L'instruction est donc présentée par les tenants de la pédagogie officielle comme une oppression, quelque chose que l'on impose à l'enfant, qui, ipso facto, se retrouve dans la peau d'une victime des adultes et du système éducatif, opprimé par d'infâmes enseignants acharnés à broyer sa spontanéité profonde en lui bourrant le crâne avec des « savoirs savants » (horrible expression… comme s'il y avait des savoirs non savants…quoique… les sciences de l'éducation, peut-être ?).
J'exagère, dites-vous. Bien. Je laisse donc la parole à un nommé Philippe Perrenoud, dans un des derniers numéros d’Animation et éducation (OCCE), -- il n'y a pas "instruction" dans le titre, ça va de soi… -- gazette traînant dans toutes les bonnes salles des profs. Extrait de Les sciences de l'éducation face aux interrogations du public, Genève 1995, cahiers de la section des sciences de l'éducation. Vous voyez, c'est du sérieux – et même du brutal. Il s'agit donc des "droits imprescriptibles de l'élève".
* Le droit de ne pas être constamment attentif
* le droit à son for intérieur
* le droit de n'apprendre que ce qui a du sens
* le droit de ne pas obéir six à huit heures par jour
* le droit de bouger
* le droit de ne pas tenir toutes ses promesses
* le droit de ne pas aimer l'école et de le dire
* le droit de choisir avec qui l'on veut travailler
* le droit de ne pas coopérer à son propre procès
* le droit d'exister comme personne.
On ne saurait mieux dire à quel point l'élève est une victime : obligé d'être " constamment attentif" et à " obéir six à huit heures par jour", contraint à ne pas " bouger", dans l'impossibilité de "choisir avec qui (il) veut travailler", il est interdit d'expression ("le droit à son for intérieur"), et contraint à faire semblant d'aimer l'école ("le droit de ne pas aimer l'école et de le dire"). Mais que fait donc la DDASS ?
C'est dire à quel point la situation d'élève, littéralement colonisé par les adultes et le système scolaire, est une des déclinaisons de l'esclavage. Les savoirs ne sont que du bourrage de mou, puisque ce malheureux apprenant revendique " le droit de n'apprendre que ce qui a du sens" -- au nom de quoi déciderait-il de ce qui a ou non du sens, mystère --. Bref, on est chez Pinochet, contraint de "coopérer à son propre procès" -- là c'est carrément Kafka, ou Arthur London --, comme si l'École était un tribunal, et finalement nié en tant que personne ("le droit d'exister comme personne"). Bien sûr, l'enfant a aussi le droit de ne pas travailler, élégamment reformulé sous l'euphémistique "droit de ne pas tenir toutes ses promesses". L'astuce, c'est de défendre des droits naturels ("for intérieur") ou les goûts subjectifs ("ne pas aimer") avec de la démagogie ("choisir avec qui on veut travailler", en clair choisir son professeur -- et pourquoi pas l'élire tant qu'on y est ?). Vieille technique pour forcer l'adhésion des jeunes nigauds! Toujours est-il qu'il y a eu des gens pour penser cela, pour l'écrire, et d'autres pour trouver cette lamentable charte assez valable pour la reproduire dans une revue professionnelle.
Bref, récapitulons : pour les pédagogistes qui nous gouvernent, le savoir est une violence, et l'école qui instruit, un système opprimant l'élève, qui est une personne naturellement bonne, en l'empêchant de s'exprimer et de s'épanouir. Bref, instruire un enfant, ce n'est pas le respecter.
Le savoir n'est plus émancipateur. Il nous faudrait, réactionnaires que nous sommes, faire le deuil d'une école conçue comme un lieu d'engagement à la réflexion qui permette véritablement comme fin première l'établissement d'un mode de pensée rationnel, critique et autonome. Tout ceci, nous chantent les éducateurs et les pédagogues, est une mystification qui ne fonctionne plus. L'École de Jules Ferry est morte, comme disait le regrettable Allègre. À la place de l'élève, cet esclave passif gavé de connaissances prétendument fossilisées, on va avoir un "apprenant" qui construit ses savoirs, et – c'est la même chose --, un sujet politique citoyen, pour ne pas dire "citoyennisé".
C'est là que nous touchons du doigt le tour de passe-passe idéologique qui nous fait passer la réforme actuelle – et toutes celles qui l'ont précédée depuis une bonne quarantaine d'années -- pour quelque chose de progressiste, et ceux qui s'y opposent pour d'affreux réacs, des fachos, des Marine Le Pen : quel parent d'élève, quel enseignant, quel lycéen, ne rêverait pas d'être un sujet actif, engagé dans une démarche de création de sa propre liberté ? Mais, sous un vernis libertaire, c'est une « arnaque » totale. Le citoyen que l'on veut former, ce n'est plus l'homme prêt à se révolter contre l'injustice, le système, les institutions, au nom d'un idéal généreux, universaliste et altruiste : c'est un brave petit soldat au comportement normalisé, bref un « crétin » de la plus belle eau, comme l’écrit JPB.
FGuichard




Commentaires
prem's
Ecrit par : arnaud toussaint | 09 avril 2007
De la philosophie, de l'ironie et une brillante démonstration par ces temps?
JPB a au moins trouvé enfin à qui "léguer" son blog après les élections...
Ecrit par : Alkaide | 09 avril 2007
Pareil .
Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007
Cette synthèse chronologique ("diachronique" comme diraient les cuistres ...) montre fort bien que depuis Robespierre, J.-Paul Rabaut St-Étienne et Lepelletier de St-Fargeau, leurs épigones, tyranniques pleurnichards, semblent aujourd'hui l'emporter. Les citations sont vraiment étonnantes. Y compris celle du préségolinien Maréchal ...
A la décharge des ancêtres de la pensée prima-éducative : les circonstances historiques. Le monde utilitariste de la marchandise et de la finance est maintenant, pour leurs hypocrites successeurs, un allié décisif, d'une puissance terrible. Pour ceux qui veulent un retour au primat condorcien de l'instruction, les épreuves relèvent plus du parcours du combattant que du 110 mètres haies. Il ne serait "pas nécessaire d'espérer pour entreprendre" ? Une devise rebattue qui s'impose ici.
Ecrit par : JPL | 09 avril 2007
Au fait, pourquoi veut-il fourguer son blog, ce paresseux ? Il veut pouvoir profiter pleinement de ses royalties ? Ca mérite une remédiation, à mon avis.
Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007
Ce Perceval-là est à la chevalerie ce qu'un goujat petit bourge est au savoir-vivre universel : moins que rien !
Ecrit par : JPL | 09 avril 2007
Cher JPL, cela ne se voulait qu'une bête boutade... Autant pour moi.
Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007
Au demeurant, le goujat petit bourge salue bien ceux qui tirent avant de comprendre.
Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007
Moi j'ai cru jusqu'à la fin que c'était de JPB !
C'est précis, c'est clair, c'est instructif... FGuichard, je suis admiratif, et reconnaissant !
Une remarque cependant : le "regrettable" Claude Allègre n'est psa si "regrettable" que ça : il a contribué à transformer les établissments scolaires en "lieux de vie", et à faire de l'instruction un marché du "vivre ensemble" dans les valeurs "humanistes et citoyennes". Il faut lire L'enseignement mis à mort par Adrien Barrot, qui s'en prend à Allègre et rappelle à quel point le ministre voulait faire de l'éducation une colonie de vacances. Je rappelle par ailleurs qu'Allègre, entre autres inepties, a déclaré que grâce à lui, et à sa réforme des programmes, "on ne pourra plus faire étudier La Princesse de Clèves en troisième". Or, on a jamais fait étudier La Princesse en troisième, puisque ça n'est pas du programme, et ca ne l'a jamais été. Ne tombons pas dans la nostalgie des ministres tombés pour l'Education, quels qu'ils soient...
Ecrit par : Jeremy | 09 avril 2007
Jérémy, elle a écrit "regretteable", et non pas "regretté". Elle est bien sûr d'accord avec toi ...
Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007
regrettable
Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007
Si Volcano le Socialo n'aimait pas "La Pricesse de Clèves", il a au moins un émule, le petit Napoléon éructant de Neuilly. Une rencontre.
Ecrit par : JPL | 09 avril 2007
A propos du cher Allègre, j'aurais dû taper "déplorable", ç'eût été plus clair. Et s'il y en a bien un qu'on ne regrettera pas, c'est bien lui...
Ecrit par : FGuichard | 09 avril 2007
juste un petit "post-it" pour retrouver dans ma boite vos commentaires...pas le temps de tout lire ce soir et Rousseau en livre de chevet très peu pour moi, je préfère regarder un Lubitsch avant de faire dodo
bonne nuit à tous
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 09 avril 2007
juste un petit "post-it" pour retrouver dans ma boite vos commentaires...pas le temps de tout lire ce soir et Rousseau en livre de chevet très peu pour moi, je préfère regarder un Lubitsch avant de faire dodo
bonne nuit à tous
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 09 avril 2007
mauvaise manip veuillez m'en excuser
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 09 avril 2007
Moi aussi, j'ai cru que c'était du JPB jusqu'au bout. ;)
Ecrit par : Christine | 09 avril 2007
C'est limpide, il faut spamer ce texte à tous les profs de Fance et à tous les parents d'élèves de France et de Navarre.
Et peut être aussi aux divers candidats qui briguent les suffrages de citoyens désespérés par l'état de l'école.
Ecrit par : pasprof | 09 avril 2007
Vous savez, sous le masque de l'éducation c'est la formation de l'être humain qui est en jeu, or tout tient dans l'idéologie ou le postulat sur lequel repose la conception de ce qu'est ou doit être un homme dans la société.
Quelle est la conception la plus haute, celle qui exhausse l'homme sans réductionnisme?
Quelle est la vocation de l'homme?
Sommes-nous à hauteur d'homme?
Que signifie "l'âge d'homme"?
Qu'est ce qu'une éducation qui censure la mort?
Eduquer: faire croître. Magnifique! Rôle des parents, certes, mais le pédagogue peut, lui aussi, être Père ou Mère (spirituel, philosophe...): faire naître, amener à la conscience de.
Education spartiate: certaine rigueur n'est pas cruauté ni sadisme, souffrir l'effort, passer les épreuves de la fatigue et trouver l'énergie plus profonde, ignorée, cela forge un être, un vertébré et non pas une limace consommatrice.
Passer par la forge de la vie n'est pas facile, évidemment, c'est exactement le contraire de tous ceux qui veulent préserver les élèves de l'échec humiliant, de la dureté, de l'épreuve .
Jusqu'à quel âge?
Plus tard! plus tard! Et naissent les frustrés qui ont cru que. La sélection: quel vilain mot. Comme si on prônait le darwinisme social. Procès d'intention de pseudo humaniste.
Mais la société des hommes tels qu'ils sont n'est pas tendre. Alors, on attend 18 ans ? 16 ans? 21 ans?
Changer la société: bien sûr! Façon Lénine? Trotsky? Staline? Humanisme coco mortifère? Robespierre, ce n'est pas mieux! La faute à Rousseau?
On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs: combien de millions de victimes ont été sacrifiées dans la cuisinne infernale des "penseurs" de la société idéale?
J'aime d'une grande tendresse le Jean-Jacques des Confessions, du Promeneur solitaire, de l'errance en basse et moyenne montagne, herborisant avec cette sensibilité qui sera si bien comprise par ceux de son temps, un Ramond de Carbonnière, par exemple. Mais cet idéal d'un homme bien fait, conforme à une idée préconçue, s'il ne veut pas y adhérer, on le tue? Qui ne veut pas se tenir sur la voie sera flingué?
Oubli d'Hercule à la croisée des chemins.
Oui, un choix, des choix doivent être accomplis dans la vie mais vers quoi? Pour quoi?
Le sens: obsédant tant que l'on ne sait si sens il y a et comment vivre en conformité.
Rôle du pédagogue là dedans? Ne pas prétendre à tout: donner et imposer (ensemble) la culture vaste et haute qui sera reçue pour devenir et être. Parabole du grain ... si le grain ne meurt. Temps pascal... Onfray, aveugle, ne comprend rien ou déforme tout pour critiquer plus facilement.
Se pose la question de la réception de l'enseignement. On la pose bien pour l'art! Alors, pour l'enseignement ? Non?
La pédagogie est un art. Question de sa réception. N'est-ce pas JPB?
Mois aussi je vais me coucher: demain élèves en chair et en os, pas des ectoplasmes! Encore que... Façon Capitaine Haddock.
Pas vrai Milou?
OUAH! OUAH! OUHOUHOUH!!!!!
Ecrit par : Lenny | 09 avril 2007
Que Rousseau ait écrit nombre d'âneries sur l'éducation, d'accord.
Que ses écrits aient pu conduire des hommes sincères sur des voies sans issue, voire néfastes, d'accord.
Qu'en ce début du XXIème siècle, alors que la légitimité de celle que l'on appelait encore la Gueuse jusque dans les années 40 est acquise et que nous avons l'expérience du nazisme et du stalinisme, les concepts d'éducation nationale et d'homme nouveau éveillent notre suspicion, d'accord.
De là à porter des jugements hâtifs sur les choix auxquels ont été confrontés les hommes de l'an II et à mettre dans le même panier Robespierre, les dictateurs du XXème siècle et les pédagogistes...
Furet, peu suspect de sympathie pour le personnage, écrivait : "il est absurde de faire de l'avocat d'Arras un monstre d'usurpation, de cet homme de cabinet un démagogue, de ce modéré un sanguinaire, de ce démocrate un dictateur."
Quant au grand Jaurès, il déclara : "Ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe notre âpre bataille, Républicains, je suis avec Robespierre, et c'est à côté de lui que je vais m'asseoir aux Jacobins..."
Ecrit par : Un hussard | 09 avril 2007
Ce que "Lenny" dit mieux que moi : instruire c'est éduquer, puisque c'est sortir un enfant d'un monde matériel immédiat qu'il croit le seul possible et lui faire entrevoir l'épaisseur infinie de la réalité, et de ses représentations. C'est un chemin vers une libération.
Les Dubet et les Meirieu veulent enfermer cet enfant dans son monde, où l'économie - qui commande tout -veut qu'il s'y adapte, qu'il y consente, à ce monde si petit.
C'est là, je crois, la collusion des "li-li" ...
Ecrit par : JPL | 10 avril 2007
Divine surprise en ce lundi pascal! Tout arrive à point à qui sait attendre. Merci donc à madame Guichard pour cette reconnaissance tacite mais non moins éclatante qui me comble de joie. Sauf l'amalgame entre Condorcet et Lepeltier ( un l) de St Fargeau, je ne peux qu'acquiescer à un texte où j'ai pu même parfois lire verbatim certains passages que j'ai postés ici, ces derniers mois, et ainsi faciles à identifier. Avec la bonne foi, le bon sens retrouve ses droits et triomphe des aveuglements idéologiques.
J'ai moi aussi cru que cette note émanait de JPB et me félicitai au fur et à mesure de ma lecture que l'argument central de ma thèse ait trouvé pareille consécration.
J'allais envoyer lui un message de remerciement, mais aux dernières lignes je compris qu’il ne pouvait pas avoir écrit ce qui précédait puisque j’avais sous les yeux ce que Lecherbonnier appelle, dans sa préface de la Fabrique ( page 10), "le faux-pas, le contresens attendu"…En effet, quiconque a lu ce livre aura compris que pour JP Brighelli «Le crétin dont il s'agit n'est pas le produit de la Fabrique, mais son ingénieur, son patron, ... crétin de bureau,...crétin grenellien » ( page 11) .
C'est seulement alors que je parvins in fine à la signature de FGuichard, que je remercie donc chaleureusement car elle confirme, en reconnaissant la pertinence intemporelle du dernier philosophe des Lumières ( d'où l'impossible amalgame avec Lepeltier de St Fargeau), celle du libéralisme dont Condorcet s’est fait le champion au prix de sa vie. Ici c'est effectivement Rousseau contre Condorcet, et ..y'a pas photo!
Seule une école conforme à la remarquable architecture qu’il a conçue autour de cinq principes solidaires, (donc tout aussi nécessaires les uns que les autres sous peine d’échec) peut sauver l'avenir de nos enfants. Elle n'a jamais vu le jour, ferry n'ayant respecté ni le principe de l'égalité d'instruction, ni celui de la laïcité scolaire lui préférant le cathéchisme républicain et laïciste, et ouvrant la voie au scientisme pédagogiste qui succéda à celui des Positivistes.
La France est le seul pays occidental où une ignorance héréditaire de ses fondamentaux et l'aveuglement idéologique vouent le libéralisme aux gémonies, et où, en conséquence, personne n'a jamais osé reconnaître Condorcet pour ce qu'il est: un vrai libéral ( comme Revel).
Il subordonnait au principe de la liberté, à la fois le principe de l'égalité d'instruction ( et non d'éducation comme l'interpréta Ferry, une distinction essentielle) et celui de la laïcité scolaire, prise dans le sens d’une neutralisation des opinions, qui emporte l’interdiction de toute politisation de l’école. C’est seulement dans ces conditions que tout savoir enseigné ( selon un autre principe, celui de l’élémentarisation) devient émancipateur et que l’école demeure à la fois l’instrument de la mobilité sociale et celui de la préservation du processus démocratique. Elle a cessé ces fonctions, et Revel nous explique en long en large et en travers pourquoi et comment un raisonnement aussi limpide a tant de mal à devenir une évidence. A lire pour s'en convaincre, « La Grande parade », « La Connaissance inutile » (Prix Jean-Jacques Rousseau..sic!) et « Comment les démocraties périssent ».
À propos de la dénomination mussolinienne d'éducation nationale que nos socialistes ont adoptée sous la houlette du sénateur A. de Montzie en 1932, et dont j'ai parlé plusieurs fois, j'avais auussi ajouté que l'Italie, elle, avait dès la fin de la guerre repris celle d'Instruction publique, pour bien se démarquer de cette connotation idéologique. Celle-ci confirme, par ailleurs, les connivences intellectuelles ( matrices) entre tous les totalitarismes, de droite et de gauche.
Dans le couple Langevin-Wallon, L. Lurçat qui a bien connu le second explique de façon convaincante que l'idéologie égalitariste et le militantisme émanaient du premier.
L'heure n'est plus tant à identifier les coupables mais à sauver ce qui peut l'être encore, en rassemblant toutes les bonnes volontés. De toutes façons on sait que les collabos vont comme toujours se recycler impunément en défenseurs de l'école qu'ils ont essayé de détruire...
So what else is new?
Ecrit par : Cadichon | 10 avril 2007
Cadichon, très vite avant de partir travailler : où je ne vous suis plus, mais alors plus du tout, c'est quand vous glissez du libéralisme de Condorcet au libéralisme au sens le plus actuel du terme, à l'ultra-libéralisme économique si vous préférez, dont le pédagogisme est de facto l'allié objectif. Et je vous suis d'autant moins que, comme l'écrit JPL supra , "le monde utilitariste de la marchandise et de la finance est maintenant, pour les hypocrites successeurs (de Rousseau) , un allié décisif, d'une puissance terrible". Ne pas instruire les gens et dévaloriser les diplômes, c'est encore ce qu'on a trouvé de mieux pour ne pas payer une main d'oeuvre qui sera d'autant plus exploitable qu'elle ne dispose pas des outils de réflexion qui l'amèneraient à se défendre. Quant au contresens final sur le crétin, je l'ai commis volontairement, afin de clore en fanfare ;-)
Au fait : avez-vous lu "La prédominance du crétin" de Fruttero et Luccentini, au Seuil ? Ce petit livre n'a pas pris une ride.
Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007
"De là à porter des jugements hâtifs sur les choix auxquels ont été confrontés les hommes de l'an II et à mettre dans le même panier Robespierre, les dictateurs du XXème siècle et les pédagogistes..."
Cher hussard, si vous me lisez bien , je parle de ma sympathie pour les Jacobins, je contextualise la citation, je fais référence à Soboul... Bref, j'essaie de ne pas amalgamer, justement. Mais avouez qu'il y a dans ces textes "spartiates" un parfum d'utopie quasi totalitaire, et que c'est à partir de cela que se produisent les dérapages idéologiques. Pour en revenir aux Jacobins, je crois que c'est la question de la pureté et de la "vertu", qui les obnubilait et qui leur a brouillé l'esprit. Pas assez libertins -- et même pas du tout ! L'Ecole n'a pas à former des gens à la "vertu", pas plus vertu citoyenne que vertu des moeurs, pas plus vertu au sens chrétien que vertu au sens de "virtus". Il y a d'autres espaces pour cela, je crois.
Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007
A FGuichard
Ce n'est pas tant à votre texte dans sa ligne générale, auquel vous avez pris soin d'apporter des nuances, qu'à certains posts que je réagissais. Et j'avais bien noté votre sympathie pour les Jacobins !
Mais quand vous dites : "je crois que c'est la question de la pureté et de la "vertu", qui les obnubilait et qui leur a brouillé l'esprit", il me semble que vous faites erreur.
Ce qui obnubilait les Jacobins -outre la défense de la Révolution de toutes parts attaquée- c'était avant tout de mettre en oeuvre les principes énoncés dans la déclaration des droits de l'homme, de leur donner une réalité bien tangible pour chaque habitant de ce pays, de répondre aux préoccupations exprimées quotidiennement par les sections. Et non de considérer que leur mandat était rempli dès lors que les principes fondateurs avaient été posés (contrairement aux Girondins).
C'était de considérer le peuple non comme une simple entité abstraite mais comme l'ensemble des humains de chair et de sang qui le constituent, et de faire en sorte que chacun de ces humains puisse, de manière bien concrète, tirer bénéfice de cette révolution.
La différence fondamentale entre Condorcet et les Jacobins, à mon humble avis, c'est avant tout celle qui existe entre le philosophe et l'homme politique, entre des principes et leur mise en oeuvre, avec toutes les difficultés et les contradictions qui peuvent en découler... et parfois les erreurs.
Ne retrouve-t-on pas -toutes proportions gardées- une différence du même ordre entre les didacticiens, philosophes de l'éducation...d'une part, et les enseignants sur le terrain d'autre part ? Entre les apprenants virtuels des premiers et les élèves bien réels dont nous avons la responsabilité bien concrète dans nos classes ?
Ecrit par : Un hussard | 10 avril 2007
Précision: il ne s'agit pas de faire de l'école le Lieu par excellence de la vertu mais un lieu sans doute où elle se goûte et s'apprécie d'autant mieux pour vivre en société. Point de délire de Pureté ici. C'est cette obsession de pureté, bonne pour la Cité de Dieu, travestie en morale profane, écrasante et même destructrice, qu'il faut écarter sous tous ses masques. Le XX° s. fut bien celui de la religion travestie et de sa subversion: on connaît la suite!
Que la Gauche dans certains discours garde encore la pose "morale humaniste" est tout simplement dérisoire. Il y a encore des gens en France qui vibrent au son de "communisme"?
C'est consternant.
Que l'on se souvienne aussi de ces programmes politiques autour de "l'homme nouveau." Avec le "sens de l'histoire" en prime. Qui ne veut pas se conformer est un ennemi du peuple, de la révolution, etc, un poison, un parasite, un obstacle: à mort! à mort!
Que d'autels de sacrifices sanglants érigés durant ce siècle! La faute à Rousseau? La faute au christianisme?
Quand le désir d'absolu se replie sur l'horizon du monde et ne peut plus s'élever, ce n'est pas le ciel qui descend sur la terre , c'est l'enfer remonté à la surface qui étend son empire .
On ne cesse de parler d'homme mais celui -ci n'est pas encore fait. L'âge d'homme : rare sont ceux qui le vivent.
On ne peut pas davantage exiger que les pédagogues soient des "parfaits", mais l'exigence éthique est bien étrangère à la plupart d'entre eux et cela se voit jusque dans l'allure, le comportement... Etre porteur de valeurs, même si l'on ne les incarne pas vraiment est aussi important que les Saints Programmes officiels.
Transmettre une visée, ouvrir des perspectives, ouvrir le champ de l'épanouissement humain, tel est, je pense, le rôle du pédagogue.
Ecrit par : Lenny | 10 avril 2007
Mais avouez qu'il y a dans ces textes "spartiates" un parfum d'utopie quasi totalitaire, et que c'est à partir de cela que se produisent les dérapages idéologiques.
"spartiates"...Et même "athéniens". l'idée principale développée par Lepeletier de Saint Fargeau se trouve noir sur blanc dans le Livre X de La République de Platon : retirer l'enfant à la famille pour le donner à l'Etat.
La précision et la minutie du "projet", jusque dans les "moindres détails (vêtements, nourriture...) est aussi typique d'un genre bien connu depuis Platon, l'utopie, on retrouve cette même minutie chez Thomas More et surtout chez Fourier.
La critique radicale de l'institution de la famille se retrouve également chez Marx et Engels ("La sainte famille").
Il faut se remettre dans le contexte de la Révolution avec cette perpétuelle référence aux Grecs et aux Romains que l'on trouvera jusque dans les toges des membres du Directoire avant que les soldats de Bonaparte ne les culbutent dans les jardins de Saint-Cloud.
j'entends encore Vladimir Jankélévitch nous mettre en garde contre les ferments totalitaires de La République, ce texte issu du désespoir de la mort de Socrate...Volonté de perfection et de pureté IMPOSEE A TOUS dans un monde impur et imparfait...La pureté dangereuse comme disait l'autre. Souvenons-nous du surnom de Saint-Just : "l'archange de la Révolution" (la beauté du diable ?)
Peut-être Condorcet se situe-t-il dans une conception moins "utopique" et plus "romaine", c'est-à-dire plus juridique que philosophique et spéculative. Je pense que c'est dans ce sens qu'il faut entendre, en ce qui le concerne, le mot "libéral".
Les termes en effet sont importants. Un "ministère de l'éducation nationale", ce n'est pas du tout la même chose qu'un "ministère de l'instruction publique".
Et si être "révolutionnaire" aujourd'hui, c'était de restreindre le pouvoir de l'utopie et de l'assigner définitivement à résidence au royaume de l'imaginaire, du plaisir, du rêve et de la littérature ?
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Quel texte ! Quele maestria ! FG serait-elle le nègre de JPB - ou inversement, car il s'y connaît en négritude, le bougre !
Pour ce qui est des jacobins, meirieuistes et autres pédagogues de gauche, c'est bien la vertu qui les tripotait du côté du vécu - et, pour pas mal d'entre eux, du pas-vécu. Ecoutez les discours de Sainte Ségo aujourd'hui : l'ordre moral doit régner, et ce n'est pas par hasard si tout ce que la France compte d'écrivains érotiques - à commencer par ces dames - appelle à voter contre la maréchale Pétain (j'allais écrire : la maréchale Putain, mais je me suis retenu - justement, on n'en est pas là.
A se demander si le libertinage n'est pas, obstinément, de droite...
Abraxas
Ecrit par : Abraxas | 10 avril 2007
"Quand le désir d'absolu se replie sur l'horizon du monde et ne peut plus s'élever, ce n'est pas le ciel qui descend sur la terre , c'est l'enfer remonté à la surface qui étend son empire ."
Ce Lenny! Je ne m'attendais pas à lire des phrases pareilles sur ce blog.
De bien bonnes lectures. Merci à tous.
Ecrit par : Alain | 10 avril 2007
Quant au libéralisme des Girondins... qu'avait-il de si différent du libéralisme que nous connaissons à notre époque ?
Ce sont bien les Girondins, bellicistes forcenés, qui entraînèrent en 1791 notre pays dans la guerre contre les autres pays européens, afin d'annexer des territoires économiquement juteux. Et les Jacobins, minoritaires à l'assemblée à ce moment là, combattirent en vain ce funeste choix.
Ce sont bien les Girondins aussi qui, en dépit de leurs beaux discours, continuèrent à s'accommoder tranquillement du commerce triangulaire, conservant leurs actions dans les compagnies qui commerçaient dans les colonies et huant ceux qui voulaient dès 1789 abolir l'esclavage...
Ecrit par : Un hussard | 10 avril 2007
A Abraxas
Faut-il en déduire que vous jugez de l'action d'un homme politique à la qualité de ses érections ?
C'est déployer un joli tapis rouge pour l'entrée en politique des délicats chérubins passés maîtres dans le domaine des "tournantes" !
Quant à confondre la vertu au sens d'éthique avec la vertu des "demoiselles"...
Ecrit par : Un hussard | 10 avril 2007
Zut ! On ne va pas encore délirer sur Ségo tout de même!
Libertinage de gauche ou de droite? Vous parlez de la main?
Vous voyez à quoi ça mène. C'est malin!
STOP!
Ecrit par : Lenny | 10 avril 2007
Pardon pour la méprise sur "regrettable" !
Les récentes déclarations d'Allègre sur l'éducation étaient plutôt positives, alors j'avais peur qu'on en oubliât le reste...
Ecrit par : Jérémy | 10 avril 2007
A propos de Louis-Michel Le Pelletier de Saint Fargeau (1760-1793)
Cet aristocrate acquis aux idées révolutionnaires, ami de Robespierre et auteur d'un projet de réforme de l'éducation nationale qui fut voté mais jamais appliqué (cf. supra) vota la mort de Louis XVI et fut assassiné dans un restaurant du Palais-Royal par un garde du roi le 20 janvier 1793, la veille de l'exécution du roi.
Vous connaissez certainement Jean d'Ormesson, l'auteur de " Au Plaisir de Dieu " (et non de la chanson paillarde "Au plaisir des dieux" à faire rougir un bataillon de "révolutionnaires vertueux"...JPB doit connaître !)
Ce fils d'ambassadeur du gouvernement du Front populaire, "aristocrate de gauche" (chrétien libéral et philosémite, si si ça existe, même si ça n'était pas le cas de toute la famille !), ami de Léon Blum, est le lointain descendant par sa mère de Le Pelletier de Saint Frageau.
Le château de Saint Fargeau qui appartenait aux d'Ormesson a servi de décor au roman "Au plaisir de Dieu".
C'était la minute d'Histoire !
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
"et non de la chanson paillarde "Au plaisir des dieux" à faire rougir un bataillon de "révolutionnaires vertueux"...JPB doit connaître !"
Et Abraxas aussi, alors ?
Ecrit par : catmano | 10 avril 2007
Mon très cher Robin, il faudrait que je pââârle de vouuus dans le Figâââââârôôôô.
C'était la minute d'imitation !
(à l'écrit, c'est pas fastoche)
Ecrit par : Jérémy | 10 avril 2007
Retour aux libertins - ça ne peut que faire du bien à certain(e)s, sur ce blog - bien sûr, je ne parle pas pour l'impeccable Françoise G...
La ligne de partage des eaux, si je puis dire, se situe entre ceux qui font (même relativement) confiance à l'homme, et ceux qui ne lui font pas crédit.
Le libertinage sait que, comme disait Saint-John Perse, "un grand principe de violence régit nos moeurs". Sade, par exemple, bâtit toute son oeuvre sur le fait que c'est le principe de mort, et non l'aspiration à la vie, qui régit les rapports humains.
D'où le sous-titre de la Philosophie dans le boudoir, "les Instituteurs immoraux".
Passez par les Jésuites. Ils savent fort bien que l'on ne peut agir sur les hommes qu'en jouant sur leurs vices - dans l'enseignement principalement, et Dieu (Dieu !) sait que les Jésuites s'y connaissaient en enseignement.
Pourquoi diable ferions-nous confiance à la nature humaine - sinon dans ses aspects destructeurs ? L'Education telle que la conçoivent les Pédagogues part de l'enfant - idée aberrante : les enseignants sont là pour contraindre la nature humaine.
Tenez, à ce propos, l'un des prochains numéros de l'ineffable émission de Stéphane Bern, l'Arène de France, portera sur la violence scolaire. Ce mercredi, ou mercredi prochain - la programmation est une chose très aléatoire. Notre JPB national y a participé (un vice, chez lui) - et y souligne, contre les pédagogos de service (un certain et abominable Defrance, et le Cohn-Bendit de Saint-Nazaire), que l'Instruction a pour but de contrarier la nature. D'ailleurs, dans l'un de ses livres, il parlait de la réflexion que lui avait adressée l'année dernière Aimé Césaire, disant que la nature, c'est la violence, c'est la religion, c'est le désordre, et que l'école est là pour instaurer l'ordre (inutile qu'il soit "nouveau"), combattre le spréjugés, contrarier la nature.
Il y a donc dans le libertinage l'observation fidèle de ce qu veut la nature (en gros et en détail, jouir), et de ce que peut l'instruction - apprendre à séduire, apprendre à mieux jouir. C'est une autre manière de contrarier la nature...
Ecrit par : Abraxas | 10 avril 2007
Le plus fidèle disciple de Louis-Michel de Saint-Fargeau, celui qui appliqua effectivement ses idées (travail manuel, "vie à la dure", redressement des "mauvais instincts") fut le soviétique Anton Sémonovitch Makarenko (1888-1939), fondateur de la colonie Gorki en Ukraine qui "rééduquait" des enfants et des adolescents délinquants, souvent orphelins, victimes de la Guerre civile.
Les utopies finissent toujours pas s'incarner...hélàs)
Je dis "hélàs", mais dans le contexte terrible de l'époque, c'était un "moindre mal".
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Absolument d'accord avec Abraxas sur le rôle de l'éducation.
On ne peut rien construire de bon sur l'idée de "bonté naturelle". C'est se méprendre que de faire purement et simplement de Sade un jouisseur et un libertin; Sade est avant tout un moraliste...
...Et un moraliste bien plus profond que Jean-Jacques Rousseau qu'il "prend au mot" en tirant toutes les conséquences (absurdes) de son anthropologie : "Vous dites que la nature est bonne, mais les tigres, les éruptions volcaniques, les raz-de-marée, le désir de tuer et de dominer sont naturels...Donc...etc.
C'est imparable.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Lepelletier, je ne connaissais pas.
Khôllossale Khônnerie !!!!
Nom de Dieu, qu'est ce qu'on a pu dire, écrire (et faire) comme conneries pendant cette révolution.
Merci , Mme Guichard, pour ce cours éclairant sur l'histoire de l'éducation en France. Je n'ai pas le temps de tout lire aujourd'hui, mais je l'enregistre.
Ecrit par : yann | 10 avril 2007
Le château de Saint Fargeau qui appartenait aux d'Ormesson a servi de décor au roman "Au plaisir de Dieu".
aux Ormessons pour les puristes (sans d apostrophe).
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
"et je ne sache pas que ce jour-là il se soit laissé aller sur le Fendant ou quelque autre excellent vin suisse."
écrit par JPB
Merci pour le Fendant, si jamais vous êtes de passage en Valais faites-moi signe.
Eddie
Ecrit par : mabiche | 10 avril 2007
Mon très cher Robin, il faudrait que je pââârle de vouuus dans le Figâââââârôôôô.
C'était la minute d'imitation !
(à l'écrit, c'est pas fastoche)
Ecrit par : Jérémy | 10 avril 2007
Mais alors, cher Jean d'Ormesson, vous cesseriez de parler de vous-même ? A Dieu ne plaise !
Ne vous infligez pas un devoir si contraire à votre nature !
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
F. Guichard, votre texte est brillantissime, comme d'habitude! Mais le fait qu'on puisse penser: "il ne suffit plus d'instruire" équivaut-il à prétendre qu'il ne faille plus instruire? J'ai, personnellement, quelques souvenirs de profs mortellement ennuyeux pendant mes années de lycée, et pour lesquels pourtant la conception de l'école était purement "instructrice". Je suis, personnellement, intimement convaincu qu'on peut avoir vocation à instruire en tentant de passer le balai à poussière sur certaines conceptions concernant la manière d'exercer son métier de professeur. Et qui n'excluent nullement l'exigence, ni par rapport à soi-même, ni par rapport à ses élèves.
J'adhère par ailleurs totalement à votre discours concernant l'absurdité dangereuse de cette phrase de Rousseau, (l'homme naît bon, etc), et je n'ai que très peu de sympathie pour Robespierre. Mais affirmer qu'il y a, en droite ligne de ces points de vue, un complot pédagogiste visant à former des sous hommes formatés en supprimant les contenus de l'école qui instruit, gasp! D'ailleurs la FSU, qui a tendance à souvent défendre ceux que vous appelez "les pédagogistes", ferraille extrêmement durement contre le socle commun! Je persiste à être convaincu que les choses ne sont pas autant "en noir et blanc" que vous nous le dites!
Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007
"les ferments totalitaires de La République"...
Fais gaffe, Robin, tu vas te faire engueuler par ceux qui lisent trop vite...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Bonjour à toutes et à tous,
2/2 Nicolas Sarkozy est-il eugéniste ?
Les dernières déclarations quasi eugénistes et "glaçantes" de Nicolas Sarkozy lors d'un entretien avec Michel Onfray pour Philosophie Magazine, nous ont rappelé le siècle dernier où l'on croyait pouvoir améliorer une hypothétique race aryenne et plus "souriant" avant l'ére de la génétique, à l'héridité de l'alcoolisme. Lire ou relire L'assomoir d'Emile Zola.
Ces dernières déclarations nous assomment et nous font plus que jamais prendre conscience de la vraie nature et de la dangerosité du candidat de l'UMP, si il devait demain nous présider.
Au delà, nous avons choisi de vous proposer quelques extraits tirés de l'encyclopédie libre Wikipédia qui explique ce qu'est l'eugénisme.
Bonne lecture !
http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2007/04/10/nicolas-sarkozy-est-il-eugeniste.html
Les lolo's 34. Rassembler à Gauche 34 (Hérault).
Ecrit par : Les lolo's 34 | 10 avril 2007
"Ces dernières déclarations nous assomment et nous font plus que jamais prendre conscience de la vraie nature et de la dangerosité du candidat de l'UMP, si il devait demain nous présider."
Pauvre minet de gôche! A mal à son crâne la cervelle plate?
L'amalgame, ça marche toujours et surtout l'allusion Sarko-nazi. Hummmm! ça sent bon ça Madame.
Pas le temps de poursuivre. Vais en cours, pratiquer la sélection dans mon cheptel.
Ecrit par : Lenny | 10 avril 2007
Je sais que beaucoup d'entre vous goûtent François Bégaudeau (ironie). J'avais adoré son bouquin mais je n'avais pas suivi ce qui vous amène à le vouer aux gémonies, jusqu'à la lecture de son article mensuel dans le monde de l'Educ d'avril sur le tournage du film tiré de son livre: à une élève qui, en substance, lui disait qu'elle supposait de pas mériter de tourner parce qu'elle avait un comportement complètement délinquant, il lui a répondu, toujours en substance : "c'est ta vie, ça ne me regarde pas, ce qui m'intéresse, c'est que tu joues bien la "sauvageonne" ". Mais c'est comme les blagues, je raconte mal, lisez-le, moi, je l'ai paumé dans mon b...azar.
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Pour une fois, je suis assez d'accord avec Yves (et accessoirement avec les lolo's 34, en espérant qu'ils ont rangé leurs crans d'arrêt au magasin des accessoires !).
Les hommes (et les femmes) politiques devraient parfois apprendre à se taire avant de parler (étape incontournable de toute initiation digne de ce nom des bouddhistes aux trappistes (et éventuellement aussi aux trapézistes !), en passant par les francs-maçons.
La part de l'inné et de l'acquis dans la genèse de la personne humaine, le problème de la liberté, vaste sujet de débat entre biologistes, psychologues, moralistes, philosophes...qu'aucune autorité politique ne peut et ne doit trancher de l'extérieur.
...Et encore moins un (ex) ministre de l'intérieur.
Ceci dit, les lolos, balayez aussi les marches du palais Royal.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Lenny, moquerie de bon aloi mise à part (on imagine en effet les bonnes âmes d'indigner la main sur le coeur), les déclarations de Sarko en cause sont tout de même particulièrement nauséabondes....
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Je viens de lire l'intégralité du dialogue entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy. Onfray aussi a perdu
une belle occasion de se taire.
A la place d'un dialogue de sourds, on aurait eu un dialogue de muets...
...Et pas l'article de Philosophie magazine dont on se serait fort bien passé.
P.S. (hum !) D'où les lolos 34 tirent-ils d'un échange aussi platement superficiel sur des sujets aussi graves l'idée que Nicolas Sarkozy serait un partisan de l'eugénisme ? J'ai du mal à suivre...
...Et à sortir mémé des orties !
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
C'est d'ailleurs une constante chez Sarko, de flatter, en feignant le candide qui pose des "vraies questions", la pire beaufferie, que ce soit l'arrivisme sous couvert d'amour du travail, le racisme sous couvert d'ordre public, la fraude fiscale, sous couvert de mérite-pas-reconnu-dans-ce-pays-de-m... (salut Cadichon), etc.
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Ne jamais oublier que les artisans de la destruction de l'école sont tous agglutinés autour de Madame Royal et achèveront le saccage si par malheur la gourde du Poitou était élue.
Quand à Bayrou, qui paraît plus rassurant, il est membre de la Trilatérale, sorte de club européen, semble-t-il, d'industriels et d'hommes politiques.
Quelqu'un en sait-il plus?
Ecrit par : Jean | 10 avril 2007
Sarko flatte tous les instincts qui, de près où de loin, pourraient amener le gogo d'électeur qui en serait le possesseur à glisser un bulletin où serait écrit: "Nicolas Sarkozy" dans l'urne. Nul autre que lui n'a poussé cet art à ce point!
Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007
Belle coquille!
"Quant à...", évidemment.
Du latin "quantum" = "en ce qui concerne"!
Ecrit par : Jean | 10 avril 2007
Quelque chose revient souvent sur ce blog, c'est l'ironique "saint-quelquechose" (saints programmes, saint Mérieu, etc. Je ne sais pas si vous en avez déjà débattu en profondeur, mais la religiosité qui imprègne la pédagogie est quelque chose qui m'a frappé d'emblée en découvrant notre beau métier et qui fut pour moi particulièrement difficile à surmonter. Je pense à cela à propos de l'esprit libertin évoqué plus haut. Combien de fois, face à un (plus souvent une) formateur(trice) m'enjoignant de me référer pieusement aux écritures plutôt que de réfléchir, sans même réfléchir au fait que ces mêmes écritures étaient mortelles, ai-je eu l'impression d'être en face d'une bonne soeur bornée... Ayant médité la question, je me demande si ce n'est pas la conjonction malencontreuse de la notion d'obéissance aux ordres héritée de la tradition un peu militaire de l'institution et de l'inspiration américaine, donc formaliste, de la pédagogie.
Ca mériterait une analyse plus approfondie, mais cette religiosité latente intempestive me semble en tout cas à l'origine de bien des problèmes dénoncés ici. Vous en parlerez sans doute mieux que moi.
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
En direct le spot radio de (Sainte-) Ségolène. A mon avis, un agent d'un de ses adversaires s'est glissé dans son équipe de communication pour l'inciter à se caricaturer à ses dépends....
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
"les ferments totalitaires de La République"...
Fais gaffe, Robin, tu vas te faire engueuler par ceux qui lisent trop vite...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Pour lever toute ambiguité, j'aurais du donner le titre en grec (et en caractères latins, je n'en ai pas d'autres sur mon clavier) : "Peri Politéias", ce qui veut dire "Du Gouvernement" ou "De la Constitution"...(ou tout simplement "Politéia")...de Polis = la Cité.
République, comme chacun sait, vient du latin Respublica (res publica = littéralement "la chose publique")
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Aux causes suggérées plus haut de la "pollution" dévote, il faudrait peut-être ajouter l'inspiration "stalinienne", ou encore (là, je prends un risque) le nombre proportionellement élevé dans le 1er degré de dames qu'en se laissant un peu aller, on qualifierait de mal b...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Ou encore la posture sectaire de certains post-soixante-huitards en mal d'illumination...
Tout cela s'agrège en tout cas en une pâte molle qui colle au cerveau.
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Aux causes suggérées plus haut de la "pollution" dévote, il faudrait peut-être ajouter l'inspiration "stalinienne", ou encore (là, je prends un risque) le nombre proportionellement élevé dans le 1er degré de dames qu'en se laissant un peu aller, on qualifierait de mal b...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Question : Puisque l'enfant est naturellement bon, ne peut-on en déduire que, a contrario, le prof est naturellement méchant ? (voir exemple ci-dessus).
;o))))
Ecrit par : yann | 10 avril 2007
Tout cela s'agrège en tout cas en une pâte molle qui colle au cerveau.
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Cà doit être çà , la main à la pâte ...
Ecrit par : yann | 10 avril 2007
"le nombre proportionnellement élevé dans le 1er degré de dames qu'en se laissant un peu aller, on qualifierait de mal b..." Ecrit par : Perceval
Là, Perceval, vous nous décevez. Je pourrais vous rétorquer que s'il existe des mal baisées c'est à cause des mal baisants, mais n'épiloguons pas, n'est-ce pas et laissons à ce blog une tenue respectable et correcte. Et puis, pourquoi "dans le premier degré"?? Et dans les autres ???
P.S. Eddie ma biche, le fendant et les excellents vins suisses, ce n'est pas JPB qui y fait allusion mais l'intérimaire -- une vraie vocation pour ce rôle de doublure, et pour les seconds rôles en général d'ailleurs, mais certainement pas pour reprendre ce blog, qu'on se le dise...
Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007
ambiguïté avec un tréma sur le deuxième i (c'est tout au début de la dictée de Prosper Mérimée : " Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Saint-Adresse près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier...")
...et j'aurais dû (conditionnel passé 1ère forme) avec un accent chapeau sur le u.
Je n'aurais pas dû !
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
FGuichard, je confirme! J'ai la chance d'être descendant direct, (arrière petit fils) d'un vigneron vaudois ayant "engendré" une appellation assez réputée sur les côtes du Léman. Et mon cousin (oenologue) a été un des premiers à implanter en ces lieux des cépages qui n'y étaient pas du tout présents à l'origine de l'appellation surtout axée sur le chasselas, (pinot noir, Riesling-Sylvaner et Pinot gris), et les résultats sont assez probants!
Perceval, FGuichard a raison! Pourquoi spécifiquement dans le premier degré? Et pourquoi, "mal b..."? Allons-y pour: "pas b... du tout"!
Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007
Et dit aux élèves, ça donne quoi???
Ecrit par : Pendariès | 10 avril 2007
Là, Perceval, vous nous décevez. Je pourrais vous rétorquer que s'il existe des mal baisées c'est à cause des mal baisants, mais n'épiloguons pas,
Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007
"95 fois sur 100,
La femme s'emmerde en baisant,
Qu'elle le taise ou le confesse,
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
etc."
Ecrit par : yann | 10 avril 2007
« Les déclarations de Sarko en cause sont tout de même particulièrement nauséabondes », comme l’écrit Perceval … et plus que mollement réfutées par Big Mother, qui envoie au charbon Ch. Taubira afin d’en parler. Il faut dire que la candidate socialiste-sic est bien mal placée pour dire quoi que ce soit de convenable à propos de la pédophilie, s’étant distinguée, du temps de son passage à l’Éducation Nle, par une chasse obsessionnelle, aveugle et démagogique , à de pseudo- abuseurs d’enfants, des collègues la plupart du temps injustement accusés, arrêtés devant leurs propres élèves, traînés dans la boue, et dont certains ne se sont jamais remis de ces histoires, quand ils n’en sont pas morts. Je redonne à tous ceux qui ne l’ont pas lu la référence de l’ouvrage très complet de Marie-Monique Robin, « L’école du soupçon, Les dérives de la lutte contre la pédophilie », aux éditions de La Découverte, qu’on ne peut pas vraiment soupçonner d’être de droite. Et pour en finir avec les déclarations de M. Sarkozy, je me permets de vous renvoyer à une excellente réponse, parce que scientifiquement argumentée, du Pr Alex Kahn, le généticien bien connu, dans le dernier numéro de « Marianne », et qui prouve que le petit Nicolas s’est fichu dedans comme un grand en abordant de manière si légère les rapports de l’inné et de l’acquis.
Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007
1er degré parce que je parle de ce que je connais; j'avais pris la précaution d'enrober mon dérapage d'un "en se laissant un peu aller" mais puisque ça ne passe tout de même pas, je retire bien volontiers cette formule à l'emporte-pièce que je ne serais pas permise si elle ne m'avait pas été maintes fois soufflée par mes collègues féminines pour désigner un type de tempérament raide et aigri que vous avez tous à l'esprit et qui me semble sur-représenté parmi les gens qui nous chaperonnent. Et il va de soi que s'il y a des mal b.ées, c'est parce qu'il y a des mal b.ants
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Je finis de m'enfoncer en croyant constater que les personnes en question semblent priser dans le carcan pédagogique sa dimension castratrice comme pour brimer la vitalité des gens de tous sexes sur lesquelles elles ont un petit pouvoir...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Mais je suis sans doute influencé dans mon jugement par le souvenir encore frais des gens qui m'ont copieusement brisé tout ce que vous voulez sous divers prétextes "pédagogistes".
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Bonjour à toutes et à tous,
LA FAUTE A SARKO ?
Nicolas sarkozy philosophe sur l'inné et l'acquis . Moment d'anthologie garanti : à vos cassettes!
Après ses propos très critiqués à droite comme à gauche concernant sa vision presque "eugéniste" de la société, Nicolas Sarkozy signe et persiste dans ses déclarations, refusant ainsi d'admettre la parfaite absurdité de ses ânonnements de dernier de la classe.
Nous tenons là enfin, le digne successeur de celui qui, n'ayant jamais su murmurer à l'oreille des chevaux, savait in petto flatter le cul des vaches...
De quoi s'inquièter vraiment !
Ecouter ses "réflexions" sur France 2 ce matin :
http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2007/04/10/nicolas-sarkozy-philosophe-sur-l-inne-et-l-acquis-moment-d-a.html
Notes sur le même sujet :
1/2 Nicolas Sarkozy et Michel Onfray - CONFIDENCES ENTRE ENNEMIS
2/2 Nicolas Sarkozy est-il eugéniste ?
Cordialement.
RAG 34. Les lolo's 34
Ecrit par : Les lolo's 34 | 10 avril 2007
Mais je suis sans doute influencé dans mon jugement par le souvenir encore frais des gens qui m'ont copieusement brisé tout ce que vous voulez sous divers prétextes "pédagogistes".
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
doit-on en conclure que vous n'êtes plus désormais un mâle b..sant?
la tentation était trop forte et n'y voyez que malice
Ecrit par : de-pas-sage | 10 avril 2007
Ben voilà, c'est un cercle vicieux... :-)
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Concernant le fendant et étant par mes origines, comme Jean-Jacques, tombé dans la fondue quand j'étais petit, je conseille l'Yvorne.
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Je présume que ces délectables vins suisses vieillissent très leenteement. Pas de priimeueurs ... ?
Ecrit par : JPL | 10 avril 2007
"Je finis de m'enfoncer en croyant constater que les personnes en question semblent priser dans le carcan pédagogique sa dimension castratrice comme pour brimer la vitalité des gens de tous sexes sur lesquelles elles ont un petit pouvoir..." écrit Perceval
Alors là, vous ne vous enfoncez pas du tout ! L'obsession techniciste de certains formateurs camoufle mal une phobie du corps de l'enseignant dans sa classe et de tout ce qui circule dans la relation entre le profeseur et l'élève. Dans sa leçon inaugurale au collège de France (neuf euros dans toutes les bonnes librairies), Antoine Compagnon -- qu’il vive mille ans ! -- glose le proverbe chinois «quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt » ; il explique en substance que cet aphorisme est inopérant. Il faut regarder le doigt, et la personne à qui il appartient, parce que c’est elle le medium entre l’ « imbécile » (enfin, façon de parler) et la lune. Ce qui compte, c’est ce qui se passe entre moi enseignant et cet astre, la passion que j’éprouve pour lui, la manière dont je me le suis approprié, bref la façon dont je le montre (avec amour), et dont, ipso facto, mon corps le montre aussi.
Je sais parfaitement que je m’avance en terrain glissant, celui du charme et de la séduction y compris physique, (aie aie aie la dame blanche me regaaaarde) que peut exercer un professeur sur ses étudiants (voir Barthes, qui mettait tout le monde dans sa poche, ou l’incroyable Jankélévitch, grand séducteur jouant parfaitement de son œil bleu et de sa mèche blanche). C’est toute cette dimension qui fait peur et que l’on castre -- alors qu’il faudrait plutôt apprendre à la gérer, ou pourquoi pas à en jouer, en tout bien tout honneur ça va de soi.
Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007
Eugénisme…
Rappelons-nous ce discours sur l’autisme, maladie psychiatrique. Dans les années 70, deux écoles s’affrontaient sur l’origine de cette maladie .
L’une privilégiant le somatique ou physiopathologique comme le disait à l’époque le professeur Debray-Ritzen . On parlerait maintenant de génétique.
L’autre hypothèse d’origine éducationnelle avait comme mentor Bruno Bettelheim pourfendeurs de mauvais parents. Une vraie guerre idéologique, ce débat de l’inné et de l’acquis ! Derrière cette maladie s’engouffraient des débats sans fin sur la place de l’innée et de l’acquis.
La nouvelle droite tenant de la sociobiologie et la gauche marxiste se saisirent de ce débat qui aurait dû rester du domaine strictement médical.
La médecine actuelle a éclairci le débat. L’autisme est une pathologie d’origine génétique ayant comme siège des atteintes de zones corticales. Et le rapport mère enfant tant décrié par Bettelheim n’a aucune influence.
Aussi à la lumière de ce passé , Il est bon de laisser ce domaine aux scientifiques (en l’occurrence des généticiens comme Axel Kahn ou des criminologues et des psychiatres) . Il est toujours malsain que le politique se charge d’animer de tels débats.
Ecrit par : patrickinstit | 10 avril 2007
"Là, Perceval, vous nous décevez."
Françoise, ne vous méprenez pas : je m'amuse parfois à faire le béotien juste pour agiter des idées et me délecter des réactions toujours brillantes des piliers de ce bistrot...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Ou plutôt "...à révéler la part de béotien qui est en moi..." mais qui se soigne en vous lisant les uns et les autres.
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Et puis vu que Toto brille par son absence, il faut bien que quelqu'un se charge de dire n'importe quoi... (sans rancune, Toto, j'espère...)
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Un petit témoignage : la semaine dernière, bref remplacement en petite section de maternelle. A la fin de la journée, distribution des petits paniers d'oeufs de Pâques amoureusement composés pour papa et maman. Retour au bercail moyennant un trajet à pied où je croise une petite élève à l'instant où elle tend son chef d'oeuvre à sa maman. Celle-là, dans un soupir agacé: "mais non, où tu veux que je le mette !". La petite ne se démonte pas et se tourne vers son père : "Qu'est-ce tu veux que j'en foute, de ton truc !" Authentique au mot près, ou pourquoi on n'a pas fini de ramer pour lutter contre l'inappétance pour l'école...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
A propos de la déclaration de Nicolas Sarkozy sur la prédominance des facteurs héréditaires.
Il a éprouvé le besoin de revenir sur ses déclarations sur France 2 : (je transcris) : Il parle de la pédophilie, du suicide des jeunes et du tabagisme en suggérant le caractère inné de ces conduites.
Et il ajoute : "J'ai avancé ces idées pour en débattre. Bayrou a dit "glaçant", mais s'il ne veut débattre de rien, alors ne débattons de rien, mais aux Français, il n'y a qu'à leur dire : 'Dormez bien. Il n'y qu'à acheter des somnifères et puis on ne s'occupe plus de rien et puis on ne résoud aucun des problèmes de la société française. C'est quand même extravagant."
C'est la phrase "on ne résoud aucun des problèmes de la société française." qui m'a personnellement glacé. Si le dialogue avec Onfray en est resté à un débat purement théorique et très superficiel sur la prédominance de l'inné sur de l'acquis ou inversement, la déclaration sur France 2 pointe en direction de l'eugénisme.
Et c'est évidemment inacceptable et très inquiétant. J'attends personnellement une seconde mise au point sur les conséquence politiques que Nicolas Sarkozy tire éventuellement de ses "prémisses" pour pouvoir me déterminer en toute connaissance de cause. Je ne pense pas être le seul.
J'appartiens à une génération suffisamment proche de la guerre pour savoir jusqu'où ces idées peuvent mener. Elles étaient encore "acceptables" ( à condtion de ne pas trop réfléchir) de la part d'un Alexis Carell (l'auteur de "L'homme, cet inconnu") parce qu'il ne s'était pas encore passé ce qui s'est passé, mais aujourd'hui, c'est inacceptable.
Je ne veux pas croire que Nicolas Sarkozy soit réellement partisan de l'eugénisme, mais sur ce coup-là, je ne lâcherai pas le morceau.
Je comprends la réaction indignée de Bernard-Henri Lévy, mais je ne comprends pas pourquoi il en tire la conclusion qu'il faut voter pour Ségolène Royal. Décidément, il n'y a pas que les hommes politiques qui ont des problèmes de raisonnement.
Je trouve que cette campagne électorale prend une tournure de plus en plus bizarre.
Voici ce qu'écrivait Alexis Carell en 1936 :
« Pourquoi la société ne disposerait-elle pas des criminels et des aliénés d’une façon plus économique? [...] Peut-être faudrait-il supprimer les prisons. Elles pourraient être remplacées par des institutions plus petites et moins coûteuses. Le conditionnement des criminels les moins dangereux par le fouet, ou par quelque autre moyen plus scientifique, suivi d’un court séjour à l’hôpital, suffirait probablement à assurer l’ordre.
Quant aux autres, ceux qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, qui ont gravement trompé la confiance du public, un établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés, permettrait d’en disposer de façon humaine et économique. »
(Dr Alexis CARELL, L’Homme, cet inconnu, 1936)
Note : Alexis Carrel, prix Nobel de médecine et de physiologie 1912, a longtemps été considéré comme un citoyen honorable et de nombreuses rues portent encore son nom. Celle du XVème arrondissement de Paris a été rebaptisée en 2003, par Bertrand Delanoë, rue Jean-Pierre Bloch.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Quelles suggestions pour disposer de l'arrière-train du petit Nicolas de façon humaine et économique ?
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Pauvre petite, n'est-ce pas, Perceval, qui s'attendait à être admirée de ses parents, qu'elle aime, et se fait envoyer sur les roses par deux abrutis.
A leur décharge, on peut supposer qu'ils sont peut-être déchirés par des problèmes de couple et que c'est l'enfant qui en fait les frais.
Mais quels dégâts!
Il y a les enfants qu'on admire et qu'on encourage à la maison, et les autres...
Pour ces "autres", peut-être faudrait-il rétablir des récompenses à l'école, une forme de reconnaissance publique du mérite scolaire, bref, des distributions solennelles des prix.
Ecrit par : Jean | 10 avril 2007
La croyance en la prédominace des caractères innés est une position philosophiquement "tenable", mais il faut savoir qu'elle va à l'encontre aussi bien de la philosophie des Lumières (croyance en la perfectibilité de l'Humanité, par exemple chez Emmanuel Kant) que de la tradition augustinienne (doctrine de la liberté et de la grâce).
Elle me pose un problème particulier en tant qu'éducateur (enseignant et père de famille) : A quoi bon "éduquer" les enfants et les instruire si les jeux sont déjà faits au départ ?
...Et à quoi bon chercher à s'améliorer soi-même ?
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Eh bien, quand ça ne jacasse pas sur la pédagomiamiamia, c'est foutrement intéresssant.
Alexis Carrel......un disciple d'Arthur de Gobineau, vous savez le fameux???? auteur de l'inoubliable "Essai sur l'inégalité des Races", datant de la même époque que le "Manifeste" de Papa
Marx. Non, je rigole, parce que tous les franchouilleux qui sont convaincus-persuadés, jambe de bois, paille de fer, si je mens je vais en enfer, que le nazisme est une spécificité boche, l'ont complètement dans le cigare. Il suffit, en effet, de creuser un peu pour se rendre compte que tout le pus, toute la sanie raciste, eugéniste, détermino-biologique est française. D'ailleurs, même dans Pasteur ou Charcot, on sent qu'on est jamais très loin de la "pensée" de Carrel. Alors?? Hitler simple exécutant (c'est le cacas de le dire) d'une folie française??? Sans aucun doute. D'abord parce qu'Hitler étit bien incapable d'avoir une quelconque pensée digne de ce nom. Ensuite parce que, du fait du colonialisme, la France, aussi bien que l'Angleterre avaient une certaine expérience en matière de racisme ou d'eugénisme. A la même époque qu'Alexis Carrel, n'oublions pas ce nazi fanatique de Neville Chamberlain, qui avait fait ses armes en Inde et influencé ce mouvement nazi indien, sur lequel, curieusement, personne ne parle jamais. L'Allemagne nazie n'ayant aucune colonne vertébrale intellectuelle, elle a puisé dans la sanie de la pensée française ou anglaise et la moisson fut bonne.
On parle d'Alexis Carrel - à ce propos, je ne sais plus trop qui , à l'Ecole Vétérinaire d'Alfort avait baptisé deux porcs jumeaux Alexis et Carrel !!!!!- mais savez-vous que Juls Guesde parlait ainsi de la France , déchirée par l'Affaire Deryfus "Ainsi, c'en est fait.La France sera donc dvisé entre ceux qui ont un prépuce t ceux qui n'en ont plus". Quel raffinement! Quelle subtilité!!!
Enfin, on disserterait ad perpetuum sur le nazisme intellectuel franco-anglais. (Dont l'un des plus récents avatars, à part Sarkozy, est Raymond Barre...et Mitterrand avec sa gerbe à Philippe...Pétain, pas l'autre....)
Alors Sarkonazi, c'est l'héritier de cette franchouillardise gaillardement raciste. Ni plus ni moins. Pour ceux qui vont voter pour ce Mussolini de basse-cour, bon appétit!!!
Merci, Robin ,de cette citation de Carrel-Le-Porc. Terrible et prémonitoire. Et puis, Sarko a tort......Imaginez les parents de Meirieu si on leur avait qdit que leur fils Philippe était programmé pour être un con.....horresco referens!!!!
Ecrit par : montaigneàcheval | 10 avril 2007
Je ne veux pas croire que Nicolas Sarkozy soit réellement partisan de l'eugénisme, mais sur ce coup-là, je ne lâcherai pas le morceau.
Tout ce que tente de faire Sarkozi dans cette histoire est de chasser sur les terres de LePen en s'adressant à une partie de l'electorat sensible et obnubilé par ces thèmes de l'insécurité, de la pédophilie, des violeurs de vieilles dames etc...Le but est de parvenir en tête du premier tour et de se trouver au second en face de Royal. Tout le reste est vaine polémique qui permet ce faisant de masquer, voire d'enterrer les grandes questions. Comme celle de la grave crise de l'éducation que connaît notre pays.
Ecrit par : buntovchik | 10 avril 2007
Pour poursuivre sur le thème de la campagne dans la foulée de Robin : comme lui, je trouve la campagne bizarre, comme si les candidats patinaient pour accrocher les électeurs et qu'ils ne parvenaient pas à surmonter le dégoût de l'opinion pour l'oligarchie qui prétend s'exprimer en son nom. Les dernières élections ont souvent été des bras d'honneur des électeurs à son endroit avec des verdicts des urnes les plus embarrassants possibles pour le "microcosme" (cf. le referendum). Si on prend le même chemin, il ne serait pas étonnant que Bayrou réussisse sa percée juste pour la zizanie que cela promet pour les appareils traditionnels...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
"Castrer", dit-elle (F Guichard, quelques commentaires plus haut).
C'est bien vrai que l'on voudrait un corps professoral d'eunuques des deux sexes. Et quand nous serons partis, ma chère, quand vous et moi n'exercerons plus sur nos étudiants cette aura salvatrice, qui nous remplacera ?
Quand je pense qu'il y a deux millénaires et quelques, Socrate inculquait la pédagogie à Alcibiade, et que nos pédagogues modernes (qui pourtant sont aussi fascistoïdes que le Platon de la République et des Lois) veulent nous faire croire que c'est avec de la distance et des sciences de l'éducation que l'on peut instruire le petit d'homme...
Après nous le déluge. Nous revoilà au XVIIIe siècle - un vice, chez moi - ou une vertu.
Ecrit par : Abraxas | 10 avril 2007
DE TOUTES FAçONS.....vous êtes tous à côté de la plaque.
L'Eugénisme ,c'est le fait d'admirer Eugénie de Montijo.
D'Où Badinguet. D'où Iznogoud
Voilà. J'ai pondu ma connerie vespérale et bonchouar bédbouazelle, bonchouar bédabes, bonchoaur béchieux.
Ecrit par : montaigneàcheval | 10 avril 2007
La petite ne se démonte pas et se tourne vers son père : "Qu'est-ce tu veux que j'en foute, de ton truc !" Authentique au mot près, ou pourquoi on n'a pas fini de ramer pour lutter contre l'inappétance pour l'école...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Perceval, votre "anecdote" m'a serré le coeur à moi aussi. Quelle muflerie de la part de ces parents ! Encore un témoignage à verser en faveur de l'importance de l'environnement.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
"Pour ces "autres", peut-être faudrait-il rétablir des récompenses à l'école, une forme de reconnaissance publique du mérite scolaire, bref, des distributions solennelles des prix."
Le problème, c'est que ça n'encouragerait que ceux qu'on n'a pas découragé. Je ne sais pas si je suis clair...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
L'égalitarisme de l'Educ est souvent dénoncé ici, mais n'est-il pas consubstanciel de notre mission, tout au moins pour l'attention et l'énergie que l'on doit aux élèves ? Un peu comme un parent normalement constitué ne conçoit pas de découper son palpitant en portions inégales pour ses enfants diversement lottis par la nature ou la naissance...
J'enfonce une porte ouverte, là, non ?
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Robin, Perceval, ce n'est pas de la muflerie. Je n'arrive même pas à trouver de qualificatif. J'en ai presque chialé. Ca donne envie de donner des grands coups de pieds dans les c... du "père", (si tant est qu'il lui en reste), et pour la mère, je ne sais pas... La tonsure? Bien sûr, ça ne résoudra rien mais, quelquefois, on a vraiment l'impression qu'il y en a qui ne pondent que pour avoir les allocs.
Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007
Entièrement d'accord avec vous cher Robin, je pense que le propos de Sarko est trop bref et le problème de la liberté est trop profond pour balancer quelques vagues idées. Mais les "Lolottes",bon!...
Revenons à Rousseau et à la Révolution: j'ai du grain à vous offrir chers lecteurs:
Alors voilà, nous avons reçu la " Missive", lettre d'info en Histoire Géographie Education civique émanant de l'IUFM d'Orléans -Tours.
Sommaire: enseigner la Révolution française au collège et au lycée.
Je cite l'intro: " Pour en finir, provisoirement, avec la fadeur réactionnaire des essayistes libéraux, le livre de Domenico Losurdo,...."
Suit une liste d'ouvrages plus ou moins récents dont Vovelle et Soboul pour finir. Du beau linge, hein? Rouge? Oui!
Fadeur? Réac? Libéraux? Passons sur l'absence de neutralité du propos, on sait pour qui on vote là-dedans.
Mais pourquoi vouloir en finir? En finir? Achevons les... "Provisoirement": le mal, on le sait, n'en finit pas de se reconstituer? Vigilance antifasciste obligatoire et tout le toutim! dans les IUFM on ne plaisante pas avec ça!
Réac et liberal est ce la même chose?
A lire cette feuille qui pue l'IUFM cautionné par les IPR , être libéral est une honte. Dommage, la guillotine est remisée. On peut couper les têtes autrement, c'est bien connu dans nombre d'IUFM , autres fabriques de Crétins.
Le camp antilibéral: Ségobuffetbesancenotbauvé.... Aron et Revel pour vous soigner, bande de reptiles!
Réac: quand je lis ces références je me trouve bien avec Joseph de Maistre. Difficile de ne pas réagir, vraiment.
Un ouvrage de T. Tackett "montre que la Terreur ne peut être comprise que par rapport à la trahison de Louis XVI (Le roi s'enfuit. Varennes et l'origine de la Terreur,La Découverte, 2004)"
On attend l'explication de la Terreur en URSS, en Chine, au Tibet, en Corée du Nord... avec des études "épicées progressistes d'essayistes socialites" peut-être?
Mais l'impardonnable, la saloperie intellectuelle de ces gens qui signent ça, c'est l'oubli forcément volontaire de François FURET!
Pas une allusion à ses livres, ni à ceux de Mona Ozouf! Ces brutes agrégées ou non qui viennent pérorer devant les futurs professeurs, qui en ont plein la bouche de la didactique et de la rigueur scientifique dans les documents proposés aux élèves, ne connaissent pas FURET. Leur mémoire est atteinte, gravement!
Gallimard (Quarto) vient de publier les Oeuvres de F. Furet , Flammarion a publié le Dictionnaire critique de la Révolution française écrit avec Mona Ozouf en 4 volumes... . Le crétin qui a pondu la Missive ne connait que le Dictionnaire historique de la révolution française de Soboul.
Restons marxistes et ... minables.
A signaler un essai ( fade? Réac? )de Ran Halévi, L'Expérience du passé. François Furet dans l'atelier de l'Histoire, Gallimard.
"Le passé d'une illusion" leur reste en travers de la gorge à ces gens là, c'est sûr. Tant que les IUFM serviront de planque à ce genre "d'équipe du groupe opérationnel Histoire Géographie", on comprendra pourquoi nombre de jeunes collègues sont un peu timorés sur certaines questions historiques et pourquoi ces mêmes questions ne sont toujours pas traitées correctement dans les manuels. Prudence: les vigiles de la réaction sont là!
Si l'on est pas avec eux, c'est que l'on est contre eux. Attention à l'inspection: ne citez pas Furet, ils confondent avec la Fouine.
Ecrit par : Lenny | 10 avril 2007
Apparemment, le citoyen nouveau travaille dans l'édition :
L'éditeur de manuels scolaires Belin a confirmé, jeudi 5 avril, une information divulguée par Charlie Hebdo : le visage de Mahomet a été flouté dans des manuels d'histoire géographie destinés à des classes de 5e. Le dessin dont il est question est une miniature du XIIIe siècle, intitulée “Mohammed prêchant à Médine devant ses disciples”.
L'hebdomadaire satirique, qui s'est vu intenté un procès pour la publication de caricatures de Mahomet en février 2007, a reproduit l'œuvre en question, ainsi qu'une lettre explicative de l'éditeur.
Ecrit par : Lariba | 10 avril 2007
Aussi à la lumière de ce passé , Il est bon de laisser ce domaine aux scientifiques (en l’occurrence des généticiens comme Axel Kahn ou des criminologues et des psychiatres) . Il est toujours malsain que le politique se charge d’animer de tels débats.
Ecrit par : patrickinstit | 10 avril 2007
Tout à fait d'accord avec vous Patrick...Et d'accord aussi concernant le diagnostic qui prévaut actuellement sur l'autisme (étiologie génétique plutôt que psychanalytique)
Mais peut-on mettre sur le même plan la pédophilie, les tendances suicidaires et le tabagisme et parler également d'une étiologie génétique de ces comportements-là ?
Par ailleurs, j'ai moi aussi été trop vite en parlant d'eugénisme. Carell ne parle pas d'eugénisme dans ce texte, mais de quelque chose de baucoup plus sinistre ; il parle d'élimination.
Je repose ma question un peu autrement. De la théorie (en fait il ne s'agit que d'une hypothèse) selon laquelle certaines conduites déviantes seraient innées, doit-on en conclure à la nécessité d'un dépistage précoce des personnes déviantes et/ou à leur élimination ?
Je ne dis pas que c'est ce que fait Sarkozy. ce serait lui faire un procès d'intention. Mais je trouve ses déclaration un peu légères par rapport à un problème qui peut avoir des conséquences politiques et humaines aussi graves, surtout à la lumière des enseignements de l'Histoire récente : pour les nazis, et pas seulement pour eux, comme l'a bien expliqué Mà C, les Juifs, les Tziganes, les homosexuels, les handicapés physiques, les malades mentaux entraient dans la catégorie des "déviants" et des catégories nouvelles étaient crées presque de jour en jour.
"Exonérer les parents d'une culpabilité insupportable" dit Sarkozy en parlant du suicide d'un enfant. Culpabilité, peut-être pas, mais responsabilité, au moins partielle, oui.
J'ai bien peur que N.S. n'ait pas beaucoup réfléchi au problème de la liberté humaine et à celui de la responsabilité qui va avec.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Je cite l'intro: " Pour en finir, provisoirement, avec la fadeur réactionnaire des essayistes libéraux, le livre de Domenico Losurdo,...."
Lenny,
Prétendre que la Terreur est uniquement liée à la fuite à Varennes...Ce n'est pas de l'Histoire, c'est du formatage.
Quant à François Furet, peut-on demander à cette poignée d'intellectuels de supermarché de s'incliner devant l'une des belles intelligences de notre époque ?
Ils n'en parlent même pas ! Ce silence sur Furet, au fond, c'est peut-être un hommage "éloquent" que la médiocrité rend à la grandeur.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Tout est triste ce soir et conspire ici à me nuire : les parents peinent leur petite fille en la rabrouant lorsqu'elle leur offre un oeuf en chocolat, amoureusement confectionné rien que pour eux (c'est plus pire que Cosette et les Thénardiers) et les pédophiles violent ... les vieilles dames. Là c'est "trop" : je vais faire une dépression (héréditaire bien-sûr).
Ecrit par : JPL | 10 avril 2007
Encore merci Robin,
je serais content de lire d'autres commentaires sur cette pitoyable feuille IUFM. C'est un document témoin accablant. Comme s'il en manquait! Il mérite quelques réflexions. Non?
En attendant, les médiocres sévissent et les faibles rampent.
Libéral: après "capitaliste" ou "bourgeois", voilà l'ennemi à flinguer. Furet à écrit à ce sujet. Les petits bourgeois envieux de gauche, les prolètaires de carnaval, ne lui pardonnent pas d'avoir tourné le miroir sur leurs grimaces simiesques. Et leur appétit sanglant.
Salut montaigneàcheval!
Ecrit par : Lenny | 10 avril 2007
missive-hist-geo@orleans-tours.iufm.fr
Missive histoire-géographie
Si le haut-le-coeur vous en dit...
Tourangeau Lenny Libéral en colère.
Ecrit par : Lenny | 10 avril 2007
FGuichard
Je m'aperçois que j'ai oublié de vous adresser, à mon tour, l'expression de ma gratitude pour "incipit" que je relis avec le même ravissement que la première fois...Une grande et belle source d'inspiration qui montre bien la "généalogie du désastre".
Il est temps de recracher l' héritage empoisonné de Rousseau et de Saint-Fargeau pour nous tourner vers Condorcet.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
errata : pour votre " incipit "
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
"Apparemment, le citoyen nouveau travaille dans l'édition :
L'éditeur de manuels scolaires Belin a confirmé, jeudi 5 avril, une information divulguée par Charlie Hebdo : le visage de Mahomet a été flouté dans des manuels d'histoire géographie destinés à des classes de 5e. Le dessin dont il est question est une miniature du XIIIe siècle, intitulée “Mohammed prêchant à Médine devant ses disciples”.
L'hebdomadaire satirique, qui s'est vu intenter un procès pour la publication de caricatures de Mahomet en février 2007, a reproduit l'œuvre en question, ainsi qu'une lettre explicative de l'éditeur."
Ecrit par : Lariba | 10 avril 2007
Merci, Lariba, de rappeler cette info, que j'ai déjà donnée ici il y a quelques jours...
Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007
et les pédophiles violent ... les vieilles dames. Là c'est "trop" : je vais faire une dépression (héréditaire bien-sûr).
Haut les coeurs JPL, ça n'en vaut pas la peine, c'est bien la preuve que l'on peut lutter contre l'hérédité...et que N.S. s'est fourré le doigt dans l'oeil.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
"J'ai bien peur que N.S. n'ait pas beaucoup réfléchi au problème de la liberté humaine et à celui de la responsabilité qui va avec."
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Robin, pourquoi vous obstinez-vous donc à chercher une once d'humanisme chez Nicolas Sarkozy?
Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007
Robin, je crains que JPL ne nous raillât ...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
et les pédophiles violent ... les vieilles dames. Là c'est "trop" : je vais faire une dépression (héréditaire bien-sûr).
Haut les coeurs JPL, ça n'en vaut pas la peine, c'est bien la preuve que l'on peut lutter contre l'hérédité...et que N.S. s'est fourré le doigt dans l'oeil.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Ceci dit, n'abusez pas trop du "fondant" !
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Le vent tourne sur ce blog! On peut désormais, avec Lenny, y tresser des couronnes à Revel et Aron sans provoquer de cris d'orfraie et fustiger impunément le ramassis de minables qui vomissent Furet depuis près de 20 ans parce qu'il a osé braver l'oukase des marxistes par son interprétation blasphématoire de la Révolution et en évoquant la collusion intellectuelle des totalitarismes. Il y a des mois que j'en prend plein la figure pour vous en dire autant. On progresse.
La route est encore longue cependant sur le chemin de la prise de conscience que, dans cette campagne, un seul candidat peut démontrer sans peine qu'il a mis sa vie au service d'une haute idée de la responsabilité "humaine", précisément, et de la liberté de l'homme. C'est là un critère de choix tout à fait pertinent pour désigner un locataire pour l'Elysée, mais je crains fort que les partisans de Bayrou ne doivent se préparer à une solide déconvenue. Dans ce registre-là, comment penser une seconde que remplit ces critères l'homme qui s'est couché devant les syndicats et qui n'a d'autre ambition ( d'autre programme) que d'être calife à la place du calife? Faut aussi être peu au fait de la politique allemande pour gober ce parallèle dont se réclame le Béarnais en assimilant sa position d"arbitre" auto-proclamé à la cohabitation actuelle outre-Rhin, qui n'a rien d'un choix conscient mais fut le résultat malencontreux des circonstances. En outre, il n'est pas Merkel, loin de là, le "paysan" éleveur pouliches de course, mais il saura ménager la chèvre et le chou pour maintenir la "société bloquée" dans l'immobilisme. Il vient d'ailleurs de déclarer dans une interview à l'Internaute:" Je ne sais pas ce que la gauche et la droite veulent dire à la vérité parce que pour moi tout se tient" Bonnet blanc et blanc bonnet, j'vous dit, madame Michu, c'est
kif-kif...
Quand Robin affirme:"J'ai bien peur que N.S. n'ait pas beaucoup réfléchi au problème de la liberté humaine et à celui de la responsabilité qui va avec."", il me laisse dans un abyme de perplexité car je vois mal la logique de son intention de vote pour celui qui justement ne remplit pas ces critères-là,
Les armes traditionnelles du terrorisme intellectuel, le procès d'intention, la désinformation et la caricature, sont à l'oeuvre contre Sarkozy, aux mains de ceux qui font maintenant de lui, avec leur dernière trouvaille, un chantre de l'eugénisme. C'est une absurdité aussi abyssale que de se polariser sur ces mots de racaille et de Kärcher, qui n'ont absolument aucun autre sens que d'être depuis 2 ans les outils d'une diabolisation en manque de munitions, alors on se rabat sur celles-ci qui sont vraiment indigentes, intellectuellement. La nature ayant horreur du vide, il ne faut pas avoir peur du ridicule pour oser encore, en se complaisant dans ce simulacre de débat, en souligner ainsi la vacuité.
Les invectives cependant ne remplacent pas les idées.
Il faut enfin n'avoir jamais lu une ligne de Sarkozy pour se laisser piéger par des ficelles aussi énormes. Pourtant il n'est pas avare de ses idées et cela fait surtout un bail qu'il met ses actes au diapason. Humaniste, défenseur des libertés Bayrou ? Avec quels moyens ? Quant à Royal, son discours (pour les actes, oualou) est frachement illibéral donc nécessairement liberticide. Comme je le faisais remarquer hier à propos de sa lettre aux expats, elle s'est faite la championne de l'assistanat et de l'irresponsabilité en soutenant, notamment, un tabasseur d'agent RATP , 22 fois récidiviste et frappé d'expulsion.
Tiens, cela me rappelle les pleureuses de Battisti!
Elle est dans quel camp, alors, la responsabilité humaine?
Ecrit par : Cadichon | 10 avril 2007
Robin, je crains que JPL ne nous raillât ...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Encore un "sans coeur" à l'hérédité chargée qui finira sur l'échafaud. Il faudrait faire un signalement préventif !
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Ce qui est admirable avec Cadichon, c'est le ton sur lequel elle dénonce le terrorisme intellectuel, et son refus de l'outrance, soit dit en toute camaraderie.
Voicà donc Sarko hissé au rang de quasi martyr de la liberté menacée par les centristes vociférants...
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Voilà
Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
Cadichon,
Je n'accuse pas N.S. d'être "eugéniste" ; j'ai dit au contraire qu'on ne pouvait pas inférer de son dialogue avec Onfray une prise de position en faveur de l'eugénisme.
Ce qui m'inquiète c'est la "mise au point" sur FR2 dirigée contre Bayrou : " Ce n'est pas comme cela qu'on résoudra les problèmes de la société française ". Qu'a-t-il voulu dire ? Quel est le rapport avec la thèse de la prédominance de l'hérédité ? Une simple mise au point suffirait.
Ecrit par : Robin | 10 avril 2007
Je viens de réécouter l'interview de NS sur FR2 ce matin et j'ai vraiment le sentiment que c'est un dialogue de sourds. La " mise au point" n'est pas pas seulement contre Bayrou mais plutot vers ceux qui crient à l"eugénisme et voient en Sarko la réicarnation de Mengele. Il faut toujours replacer les mots dans leur contexte. La discussion ( déjà avec Onfray) me semble influencée par ces affaires qui viennent ces jours-ci aux assises, (le tueur multi-récidiviste condamné à 2O ans qui sort au bout de 7 et tue à nouveau sauvagement trois femmes, une autre lapidée par un garcon de 17 ans pour refus de ses avances,) et l'incapacité pour notre société d'empêcher ces tragédies. Il y a un système judiciaire totalement inefficace, perverti( Outreau) et par ailleurs laxiste, par conviction ou par encombrement des rôles, et des prisons, et d'autre part, en amont, une incapacité dans tous ces cas à prévenir les crimes par des dépistages d'ordre psychiatrique ou médical appropriés. le multi-reecidiviste n'aurait jamais du sortir si les psys avaient fait leur boulot, mais aussi si les lois le leur permettaient...
Hurler à l'eugénisme, ce n'est pas une caricature abjecte?
En tout cas cela n'a aucun rapport et je ne vois pas ce qui interdit à NS d'affirmer que quiconque torture un enfant de 3 trois ans pour satisfaire ses pulsions sexuelles est un malade mental, et que la société devrait s'occuper de lui en amont pour empêcher ce crime. C'est dans ce cadre que s'inscrit le débat sur l'inné et l'acquis que Sarko ne prétend pas régler, loin s'en faut. Mais on lui interdit même de poser les données de l'équation. Oh c'est sûr, ni Bayrou, ni Ségolène ne s'avantureraient à débattre avec un Michel Onfray!!!
C'est quand même incroyable de se bouffer le nez sur une question pareille qui relève de la science et non pas de la politique et cela montre à quel niveau d'indigence le débat politique est tombé dans cette campagne.
Ecrit par : Cadichon | 11 avril 2007
Le thème de l'hérédité mériterait le reproche de Sartre à "l'inconscient" de Freud : l'excuse de la "mauvaise foi".
On est libre de la rejeter : la culture contre la nature, ligne traditionnelle de partage entre la gauche et la droite, n'en déplaise à Cadichon.
Si Sarco relance sur Fr2 c'est parce que sa tactique est simple : lancer régulièrement des thèmes bidons pour qu'on ne parle pas des questions qui fâchent : le social et l'économie, la redistribution, la santé, l'instruction publique, la précarité et le volant de "sans emplois" qui maintient la pression sur le salariat face au CAC 40 qui prospère.
Il fait du "divertissement" ! Et Ségo le suit ...
Revenons à Rousseau : l'homme n'est pas bon ! Il faudrait qu'il essaie seulement de devenir un peu meilleur. Condorcet pensait que les savoirs (la culture) était un bon remède à la nature. Meirieu, Dubet et les autres veulent enfermer l'enfant dans la nature : la vérité est en lui ; il peut se dispenser de subir les apprentissages ...
Ecrit par : JPL | 11 avril 2007
Cadichon, franchement, essayer de légitimer Sarko au nom de l'humanisme me semble friser le tour de passe-passe! Quand je pense à vos commentaires pour le moins désobligeants sur mon honnêteté intellectuelle! Dites simplement et uniquement: "je souhaite que Nicolas Sarkozy soit élu parce qu'il est le seul qui appliquera au pied de la lettre le programme ultra-libéral que je vénère".
Et le monnayage de l'effacement de l'ardoise judiciaire de Jacques Chirac, nouvel avatar de la campagne, ne surprendra, je pense, personne. C'est d'ailleurs un secret de polichinelle qui est révélé!
Ecrit par : Christophe Sibille | 11 avril 2007
Une remarque très vite avant de partir travailler : Sarkozy n’est pas un nazi, même pour la rime. Il est tout bonnement réactionnaire, ce qui n’est pas une découverte tout de même ! Il s’inscrit dans la continuité d’une pensée bien française (Montaigne a absolument raison là-dessus) et qui remonte entre autres à Alexis Carrel. Le « gag », c’est que Sarko intervient à contresens par rapport au thème majeur de sa propre campagne, qui est la responsabilisation, l’appel à l’initiative des gens, et le « tout est possible ». Si le suicide des jeunes (pourquoi des jeunes seulement, d’ailleurs ???), la pédophilie, la violence, « c’est génétique » comme la myopathie de Duchesne, alors RIEN n’est possible, sauf à proposer la thérapie génique pour résoudre les problèmes comportementaux ! Quel est l’intérêt de dépister – et sur quels critères scientifiques ? – si « c’est génétique » ? On ne va pas éliminer physiquement le pédophile virtuel, mais l’enfermer à titre préventif (quelle autre solution ?), puisque « génétiquement » ce n’est pas curable. Finalement, si je suis bien M. Sarkozy et ses porte-encens ultra-libéraux, il y a deux fatalités : la loi du marché et la génétique. La politique au sens noble du mot, LA VOLONTÉ politique, c’est pipeau et flûtiau. Dans ces conditions, je me demande pourquoi il y a encore des élections.
Ecrit par : FGuichard | 11 avril 2007
A propos de Mme Royal et de la pédophilie, n’oublions pas qu’il y a eu des morts, notamment un collègue d’EPS de Reims, arrêté suite aux accusations calomnieuses d’un élève, et se suicida (c’était génétique, sans doute …). Le procureur de la république, peu de temps après, devait poursuivre le gamin pour dénonciation mensongère. Et Big Mother avançait l’idée que le gosse s’était sans doute rétracté sous la contrainte (bien sûr, les enfants ne mentant jamais puisqu’ils sont naturellement bons et gnangnangnan, on accuse les professionnels de la justice d’avoir exercé des pressions...). Il faudra attendre 2003 pour que la mémoire de l’enseignant soit réhabilitée. Pour ceux qui auraient oublié toute cette affaire, vous trouverez toute information utile au lien suivant http://bernardhanse.canalblog.com
Ecrit par : FGuichard | 11 avril 2007
Comme je le faisais remarquer hier à propos de sa lettre aux expats, elle s'est faite la championne de l'assistanat et de l'irresponsabilité en soutenant, notamment, un tabasseur d'agent RATP , 22 fois récidiviste et frappé d'expulsion.
Tiens, cela me rappelle les pleureuses de Battisti!
Elle est dans quel camp, alors, la responsabilité humaine?
Ecrit par : Cadichon | 10 avril 2007
Cadichon, au lieu de répéter honteusement les erreurs ou plutôt horreurs que dis je de ce cher Baroin, alors qu'il est ministre de l'intérieur, vérifiez ses propos ! Cela vous évitera de vous apercevoir qu'il n'est pas récidiviste, ni entré de manière irrégulière sur le territoire. Il a été certes condamné 7 fois pour des larcins, mais cela ne fait pas de lui un monstre expulsable. Evidemment frapper des agents de la RATP ou des polioiers, ça ne l'aidera pas et c'est évidemment condamnable !
Un petit tour sur l'émission "Arrêt sur image" et vous verrez par vous-même à quel point les médias peuvent nous prendre des cons :
http://www.france5.fr/asi/008182/28/
Si Sarko s'amuse à mettre de l'huile sur le feu, c'est qu'il n'est probablement plus capable de mener un débat de fond tant il doit être à court d'idées !
Il faut bien passer le temps !
Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 avril 2007
Je ne sais absolument pas si la pédophilie est innée ou acquise. Je propose cependant la question suivante :
Pourrait-on, par une thérapie, transformer quelqu'un de sain (vous, moi, JPB, etc.) en un pédophile ? Je pense que non. D'où le problème suivant : comment l'inverse pourrait-il être vrai ? :/
Ca ne répond pas vraiment à la question inné/acquis, mais ça la rend secondaire : c'est en tous les cas apparemment indéracinable.
Sinon, pour la controverse Sarkozy/Royal là-dessus, ils sont effectivement à renvoyer dos à dos, vu l'action de Royal en son temps.
Ecrit par : Jeremy | 11 avril 2007
J'ai cru comprendre qu'en matière de pédophilie, il s'agirait toujours de reproduction des sévices reçus soi-même... Le débat serait donc nul et non avenu. Mais cela suppose d'admettre que le pédophile est plus un grand malade qu'un monstre incompréhensible. Or, M. Sarko aime bien les idées simples où il peut répondre par yaka.
Sandra, condamné sept fois pour vol, ce n'est pas être récidiviste ? Et ne peut-on pas considérer légitimement que la personne en question serait bien inspirée d'aller se faire pendre ailleurs ? En minimisant certains problèmes, la gauche se discrédite auprès de ceux qui les vivent de près...
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Sandra, quand vous dites "Il a été certes condamné 7 fois pour des larcins, mais...", je trouve ça gênant... Sept larcins pour lesquels il a été condamné (et vous savez ce que ces chiffres sous-entendent) , c'est quand même déjà pas mal...
Ecrit par : Jeremy | 11 avril 2007
Je préfère réserver ma sympathie aux élèves arrachés de leurs classes et de leurs lieu de vie de toujours pour amalgame avec ce genre de crapule.
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
lieux
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
"Pourrait-on, par une thérapie, transformer quelqu'un de sain (vous, moi, JPB, etc.) en un pédophile ? Je pense que non."
Et toto ?
(je vais encore me faire incendier par ceux qui, à bon droit, réprouvent les blagues stupides...)
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Je ne suis pas de gauche et je ne minimise en aucune façon les faits, je dis simplement que le mnisitre de l'intérieur l'a transformé en un monstre absolument sordide alors qu'il a été condamné pour vols d'ustensiles de cuisine ou de nourriture dans un supermarché.
Je dis que ça ne fait pas de lui un grand criminel pour autant. Mais évidemment qu'il doit être condamné pour ses faits et actes. La question ne se pose même pas !
Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 avril 2007
ministre je corrige.
Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 avril 2007
En effet, vus les larcins, le mot de "crapule" est à réserver aux délinquants d'une autre eau. Autant pour moi.
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
"Je ne suis pas de gauche"
Ca, ça peut se soigner ... :-)
C'était ma petite provoc' du matin.
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
D'ailleurs pour en revenir à ces émeutes, je ne sais vraiment pas comment interpréter ces évènements.
Il y a des choses qui m'échappent littéralement : comment peut-on en arriver à un tel tohu bohu parce qu'un individu n'a pas payé son ticket ??
Comment peut-on piller et casser des magasins à partir d'une infraction (le non paiement d'un ticket de transport) qui malheureusement doit se répéter à mon sens tous les jours ??
Cette dernière est certes répréhensible mais ce n'est rien de nouveau....
Comment peut-on parvenir à un tel niveau de violences et d'affrontements houleux ???
Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 avril 2007
Le prétexte importe peu pour des groupuscules d'activistes en guerre contre la société ou pour des nihilistes qui n'ont que la nuisance comme moyen d'accomplissement...
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Ou encore pour des jeunes décervelés qui ne pensent-là qu'à déconner...
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
C'est sans doute un cocktail des trois...
Pour les activistes, j'en connais un, un anar militant, qui participe régulièrement à des "actions". Ca peut être, par exemple, de taguer le maximum d'affiches... J'ai cru comprendre à son contact que ces actions sont institutionnalisées, organisées notamment sur internet, avec des techniques de rapidité pour se rassembler et fuir la police, etc. Il y a même des "festivals", où ces petits groupes se rassemblent. L'année dernière, il paraît que c'était Copenhague. C'est une micro-société, avec ses règles et ceux qui les transgressent malgré la réprobation des autres, par exemple en agressant les gens.
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Des nihilistes, vous etes gentil avec eux, il faudrait encore qu'ils aient un minimum de système de pensée cohérent. Décervelés leur va mieux.
Ecrit par : Jeremy | 11 avril 2007
Des nihilistes, vous etes gentil avec eux, il faudrait encore qu'ils aient un minimum de système de pensée cohérent. Décervelés leur va mieux.
Ecrit par : Jeremy | 11 avril 2007
Si je vous dis qu'il est instit, et apparemment un bon, et qu'il utilise la pause du déjeûner pour prendre en petits groupes ses élèves en difficulté, vous me croyez ?
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
En tout cas, moi, je vous crois sans problème, j'ai aussi un collègue du même genre.
Ecrit par : catmano | 11 avril 2007
Toujours un plaisir de voir passer Abraxas pour une petite leçon de philosophie de boudoir... :)
"Finalement, si je suis bien M. Sarkozy et ses porte-encens ultra-libéraux, il y a deux fatalités : la loi du marché et la génétique. La politique au sens noble du mot, LA VOLONTÉ politique, c’est pipeau et flûtiau. Dans ces conditions, je me demande pourquoi il y a encore des élections."
F.Guichard
Eh bien oui, et non ! Il y a deux fatalités, la paix et la guerre, et la volonté politique, du peuple, est de dire jusqu'où l'on souhaite aller.
Ecrit par : D'Enguell | 11 avril 2007
Les émeutes de la gare du Nord étaient spontanées ou préméditées, alors ?
Si spontanées, ce sont des décervelés. Si préméditées, c'est plus compliqué, effectivement.
Ecrit par : Jeremy | 11 avril 2007
"Le vent tourne sur ce blog! On peut désormais, avec Lenny, y tresser des couronnes à Revel et Aron sans provoquer de cris d'orfraie et fustiger impunément le ramassis de minables qui vomissent Furet depuis près de 20 ans parce qu'il a osé braver l'oukase des marxistes par son interprétation blasphématoire de la Révolution et en évoquant la collusion intellectuelle des totalitarismes. Il y a des mois que j'en prend plein la figure pour vous en dire autant. On progresse."
Cadichon, je ne sais pas si l'on progresse mais le blog fonctionne et l'on peut faire passer bien des messages même s'ils sont souvent trop brefs et sans nuances. Je ne tresse pas de couronnes à Aron et Revel , je les cite comme modèles de pensée libre, Libérale, et non pas confortablement installée dans la doxa marxiste léniniste qui sévit encore beaucoup trop chez nous, y compris dans un IUFM.
Quant à F. Furet je suis heureux de le citer , c'est vrai, pour son courage intellectuel, sa probité même. Les larves qui l'ignorent se démasquent: au moins on est fixé. Si certains avaient encore quelques illusions....
Peut-on être libéral et eugéniste? dans un sens , oui. Mais le déterminisme génétique est -il compatible avec la liberté? Pas beaucoup. Sommes -nous libre? Je ne le pense pas, mais la grandeur tragique de l'homme dans ce monde est d'être libéré de toute servitude, y compris celle de l'égo. Sauvé, voire guéri , en termes chrétiens; libéré, libéré -vivant, en termes plutôt hindous. Nous sommes appelés à être libre. La connaissance de tout ce qui nous en empêche est une étape nécessaire.
Le confort des esclaves est grand face aux risques pour la liberté. Tout le monde n'a pas le sens d'une morale pour les forts et ...l'effort. Quand on attend toujours plus des autres et de l'Etat providence, du parti, du chef etc... on ne se situe plus dans la direction de la liberté. On y renonce et l'on veut que tout le monde vive selon ce modèle qui est un échec.
Non à la loi du plus fort et à la loi de la jungle, non au darwinisme social, mais cette opposition n'est pas la propriété de la gauche! Tous les pays socialistes , avec PC du Peuple! aux commandes, on donné dans ce genre de délire mortifère.: mais avec une mise en scène, des dispositifs , des discours bien ficelés pour faire avaler la potion de l'homme nouveau.
Ecrit par : Lenny | 11 avril 2007
On se croirait en 84 (pas chez Orwell mais en France, dans l'année "reaganomics"). Ici, de vieux néo-libéraux français, contredits par de plus en plus d'économistes, à commencer par des Américains, avec toujours un train de retard, comme souvent dans ce ("cher et vieux") pays, confisquent un blog primitivement consacré à l'école, à leur "évangélisme du marché" !
C'est la barbe. Ces gens ont du temps libre ! Ce qui leur permet de nous avoir à l'usure ...
Adios et Vive Cadichon ! Vive le Libéralisme, fin dernière de l'humanité, le plus beau et grand "truc" depuis le big bang ! Ils nous emm............. avec cette religion : ils phagocytent tout.
Ces partisans du "travailler plus pour gagner plus" ont vraiment beaucoup de temps libre.
Ecrit par : JPL | 11 avril 2007
Pour ma part, je décroche du site: c'est abscons, et j'ai l'impression que la majorité se fait plaisir à elle-même par trop de mots, trop de blabla, trop d'alinéas et de notes de bas de page... Mal français: causer, et attendre voir si les autres vont agir. Glose de la glose; et dire que Panurge avait fait quinaud l'Anglois...
Ecrit par : Pendariès | 11 avril 2007
Des récompenses scolaires sous forme de "prix", " ça n'encouragearait, écrit Perceval, que ceux qu'on n'a pas d'abord découragés".
Vous ne pensez pas, Perceval, que ça ré-encouragerait plutôt tout le monde?
L'émulation est naturelle aux écoliers. Ils adorent ça et ils savent reconnaître les mérites de leurs camarades, car ils ont le sens de la justice. En bannissant de l'école l'émulation et la sanction publique du mérite individuel, Meirieu a tout simplement méconnul a nature de l'enfant. L'enfant est le grand abvsent des théories "pédagogistes"!
Rétablissons les distributions de prix de fin d'année, avec des récompenses pour les meilleurs dans chaque matière, et nous verrons les collèges redevenir des établissements scolaires dignes de ce nom, en lieu et place des garderies anrchiques et déboussolées qu'ils sont devenus. Quand il n'y a plus de hiérarchie explicite des valeurs dans un étabissement scolaire, il devient une pétaudière.
Bien évidemment, le SNES et la FCPE seraient contre! Trop "réac", voyons! Il vaut mieux... "enseigner autrement"!
Ecrit par : Jean | 11 avril 2007
A propos de l'inné et de l'acquis, les pédagos refusent farouchement de suivre les directives de Robien, fondées sur des recherches neurologiques, de revenir aux méthodes alphabétiques, et pour cela de renoncer aux méthodes globales et apparentées (mixtes).
Les tenants de la "dyslexie" , maladie qu'ils prétendent induite par certains chromosomes (18, 15, 1, et dernièrement, 6) encore que cela reste très hypothétique, élucubrent moult méthodes pour y remédier; en particulier, les services hospitaliers CORIDYS, tenus par des pédopsychiatres renommés, glosent sur des enfants dont le diagnostic a été souvent fait à 12 ou 13 ans, ce qui est beaucoup trop tard pour réapprendre à lire et écrire à un enfant.
L'un de ces médecins, qui a trouvé que les enfants "dyslexiques" présentent dans le cerveau des "ectopies" (amas de cellules dont la présence est anormale), interrogé sur l'effet que pourrait avoir une chirurgie sur ces amas de cellules, pour supprimer la "dyslexie", a (heureusement) répondu qu'il n'en ferait rien.
"Et si cet enfant était un petit Léonard de Vinci en puissance ??"
Roland Goigoux transforme bien ses classes de CP en petits chercheurs Champollion.
Je crois beaucoup plus à ce que dit Colette Ouzilou : la "dyslexie" génétique est extrêmement rare, et tous ces brillants chercheurs s'interrogent rarement sur les causes réelles de cet effondrement de l'apprentissage de la lecture.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 11 avril 2007
Mercredi 11 Avril 2007
Instruction et éducation
Je recommande à tous la lecture de l'article de F. Guichard sur le blog de J.P. Brighelli, sur la distinction entre éducation nationale et instruction publique. Ce qui pourrait passer pour une simple nuance reflète en réalité une opposition entre deux conceptions philosophiques. Cette opposition s'est exprimée en 1792 entre les partisans de Robespierre, largement inspirés par Rousseau, et ceux de Condorcet lors des débats à l'assemblée législative relatifs à l'organisation de l'enseignement public. F. Guichard montre bien comment les deux conceptions s'affrontent toujours aujourd'hui. Un point me semble particulièrement important : "Tout le problème est là. Pour les « militants de l'éducation », les savoirs sont des opinions, et non pas fondés en raison. Voilà pourquoi, selon ces personnes, instruire est une violence faite à l'enfant.". Ici ce n'est pas "la faute à Rousseau", mais plutôt aux philosophies post-modernes et au relativisme cognitif qui ont impregné une bonne partie de l'intelligentsia et des "sciences" de l'éducation.
Pour finir, évitons de tomber dans le manichéisme (comme certains commentateurs du blog de JPB) : Rousseau était un grand philosophe, et l'on peut, avec Condorcet, admirer "Du contrat social" tout en étant en profond désaccord avec ses vues sur l'éducation.
Ecrit par : Fabien Besnard | 11 avril 2007
Je te prends les fesses quand tu veux Val percé.
Ecrit par : toto | 11 avril 2007
"Si je vous dis qu'il est instit, et apparemment un bon, et qu'il utilise la pause du déjeûner pour prendre en petits groupes ses élèves en difficulté, vous me croyez "
Il apprend à lire 'monsieur' à des gamins qui ne savent pas lire 'suffisamment' ?
Ecrit par : toto | 11 avril 2007
Concernant Sarko, ne pas oublier qu'avant sa sortie sur "l'inné", il avait décidé qu'il serait bien de ficher les futurs criminels dès le berceau, il a dit: "il faut se lever tôt et travailler dur", etc, etc... Grand humaniste s'il en est, (lire l'excellent édito de Plilippe Val à lui consacré dans le "Charlie-hebdo" de cette semaine... Avec une interview (moyenne) de Ségolène Royal en page 2-3... Mais cela n'est que moyennement surprenant également.
Ecrit par : Christophe Sibille | 11 avril 2007
Il y avait un débat passionnant sur Rousseau, et nous voici dérapant sur des tergiversations sans intérêt sur l'inné ou l'acquis des pédophiles des deux sexes (vous êtes éventuellement priée de ne pas oublier, Madame Royal, que près de 15% des cas de pédophilie sont le fait de femmes...).
Le problème avec ces candidats, c'est qu'ils finissent par se croire universels. NS parle de pédophilie et de détection précoce ,(et Axel Khan le reprend assez vertement dans Marianne, comme le signalait FG), SR s'est autrefois lancée dans une campagne anti-pédophile que le livre de Marie-Monique Robin, cité plus haut et souventes fois signalé sur ce blog, a justement épinglée, et Bayrou est investi d'une mission sacrée (ça lui va bien !) qui a fait des émules ici même - n'est-ce pas Sandra, n'est-ce pas Robin ?
Tous spécialistes... Au moins, JPB ne parle que d'école et de libertinage - les deux seuls domaines dans lesquels il a une réelle compétence - apparemment...
Une anecdote sur la pédophilie.
Sur la côte orientale de Corse fonctionne le pénitencier de Casabianda, le seul établissement carcéral français qui fasse des bénéfices (c'est une sorte de ferme modèle, où les détenus travaillent dans les champs de vignes ou de clémentines). Mais conformément à cette tendance très française qui consiste à casser ce qui marche, on veut le fermer depuis des années. La vraie raison est, bien entendu, la juteuse affaire immobilière que l'on pourrait faire sur des milliers d'hectares au milieu de la côte la plus touristique de l'île, mais le prétexte, c'est le taux de récidive des condamnés, après leur libération - le plus élevé de France, parce qu'il s'agit le plus souvent de détraqués sexuels, que la loi ne permet pas de soigner, ou de prendre en charge.
Rien d'étonnant dès lors à ce qu'un ancien ministre de l'Intérieur, qui doit lire les rapports d'une oreille distraite, si je puis dire, pense que c'est génétique...
En fait, il y a dans la pédophilie parfois un dysfonctionnement physique (hormonal, souvent), et souvent des dysfonctionnements psychiques, qu'une thérapie lourde guérirait peut-être - et je n'en sais rien : qu'en pense Roger F. ?
A dix jours du premier tour, nous avons franchement autre chose à faire, ici et ailleurs, que de débattre de l'inné et de l'acquis des pédophiles. J'aimerais beaucoup, par exemple, qu'avant que JPB revienne de villégiature et ne nous gonfle à nouveau avec l'Ecole, FG, qui a une vraie tête politique, elle, fasse le point sur la conduite la plus ingénieuse à tenir quand on est de gauche - n'en déplaise aux Lolos de tout poil, qu'ils soient 34 ou non.
Abraxas
PS. Màc, j'abonde dans votre sens : l'antisémitisme XIXe a été majoritairement français. Lisez ou relisez l'Argent, vous vous demanderez si c'est bien le même Zola qui fut dreyfusard dix ans plus tard. Et les Protocoles des Sages de Sion, cet infâme torchon de la propagande tsarine, ont été rédigés par des faussaires français.
Ecrit par : Abraxas | 11 avril 2007
Je ne sais si je suis la bonne personne à la bonne place, mais puisque le cher Abraxas l’a demandé si gentiment, je vais tenter d’expliquer pourquoi la femme de gauche que je suis va voter François Bayrou dès le premier tour, -- et non pas, ce qui est pourtant plus proche de sa sensibilité, pour le facteur de Neuilly voire pour le brave et bourru G. Schivardi (dont les positions sur l’Ecole sont exactement les nôtres, entre nous soit dit).
Primo, calculette à la main et additions refaites plusieurs fois : dans l’état actuel des sondages, le Bayrou est le seul capable de battre Nicolas Sarkozy. C’est là que se trouve le « vote utile ». En cas de Ségo-Sarko, Big Mother se fera pulvériser, et, en cas de Sarko-Le Pen, on votera encore pour sauver ce qui reste de la République.
Bref, tant qu’à être gouvernés au centre, autant que ce soit par un vrai centriste. Du reste, Bayrou n’est guère plus à droite que Mme Royal, mais plus flexible, moins rigide, -- et il n’est pas entouré de gens aussi dangereux que P. Frackowiack.
Secundo, -- utile dulci --, en cas de défaite de S. Royal dès le premier tour, le P.S. exploserait en plein vol et il ne s'en relèverait pas. Deux fois de suite absent en finale, c'est définitif. Les sociaux-libéraux feraient alliance avec les centristes, et les autres seraient bien obligés de prendre part à une refondation de la gauche, d’autant que la pulvérisation actuelle de l'extrême-gauche ne mène à rien. On peut en revanche rêver d'une recomposition à laquelle participeraient les Fabiusiens, Lienemann, Mélenchon et surtout d'autres dont nous ne connaissons pas encore le nom. Quelque chose qui prendrait la place laissée vide par le PCF et qui ne traînerait pas, pour ceux qui s’en souviennent encore, le boulet de l'URSS.
Quod erat demonstrandum…
Post scriptum : débat sur la violence à l'école ce soir chez Stéphane Bern, avec entre autres JPB et Gaby Cohn Bendit.
Ecrit par : FGuichard | 11 avril 2007
"On se croirait en 84 (pas chez Orwell mais en France, dans l'année "reaganomics"). Ici, de vieux néo-libéraux français, contredits par de plus en plus d'économistes, à commencer par des Américains, avec toujours un train de retard, comme souvent dans ce ("cher et vieux") pays, confisquent un blog primitivement consacré à l'école, à leur "évangélisme du marché" !
C'est la barbe. Ces gens ont du temps libre ! Ce qui leur permet de nous avoir à l'usure "
JPL
Quant on défend ici certain libéralisme, ce n'est pas de "l'évangélisme de marché", c'est véritablement une manière de vivre qui , aussi critiquable qu'elle soit, est et demeure la moins liberticide. Maintenant si on veut procéder à l'amalgame Sarko libéral Bush Reagan OGM exploitation des PVD pollution eugénisme anti immigré raciste et , pourquoi pas? le télévangélisme, le KKK et le beurre de cacahouettes alors on ne discute plus.
Ok pour recentrer sur l'école mais on ne peut nier l'évidence: les questions sur l'école sont liées aux questions sociétales et philosophiques. L'école n'est pas un lieu sacré, séparé du monde.
Et puis , pour l"'usure", je vous propose un taux à 4,52%... ou bien un stage de remise en forme pour tenir bon face aux ringards libéraux. Pire que vos élèves? Pas de chance!
Ecrit par : Lenny | 11 avril 2007
Plusieurs remarques et questions, pour les chanceux qui auraient les réponses :
1) Sur les questions sociétales, Bayrou est bien plus à droite que Royal (quand elle suit le programme du PS). Il a fallu cinq ans à Bayrou rien que pour accepter le Pacs (c'est Sarnez qui l'a convaincu).
2) C'est qui, Roger F. ? (pour Abraxas)
3) Que va faire JPB chez Stephane Bern ? J'espère que c'est parce qu'il n'est pas invité dans de meilleures émissions pour le moment, et qu'il n'a que celle-là à se mettre sous le dent. Car il est quand meme mieux chez Chabot que chez Bern... (c'est dire).
Ecrit par : Jeremy | 11 avril 2007
A propos d'école, justement:
Pédagogue j'essaie d'être, mais face à certaine vague de givrés débarqués cette année je me trouve plutôt "pédophobe". Est-ce inscrit dans les gênes, docteur?
Non, c'est un processus en cours de formation.
C'est acquis?
Oui
Alors je peux me soigner?
Oui
Où?
A L'IUFM!
Là, ça ne va pas du tout, je deviendrai misanthrope. Au revoir docteur.
Ecrit par : Lenny | 11 avril 2007
Roger Felts, habitué de ce blog, animateur du sien, et psychiatre.
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Une remarque débile : Ségolène est très belle sur ses affiches. Si je me résouds à voter pour elle, j'ai enfin une raison...
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Je vais me faire incendier par les blogueuses...
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
L'émission de Stéphane Bern? Non, merci, très peu pour moi... Avec pléthore d'invités, quelquefois intéressants, mais beaucoup trop nombreux et à qui, de plus, Bern coupe systématiquement la parole pour sortir quelques banalités politiquement correctes dignes tout au plus du café du commerce... Très peu pour moi! A chaque fois que j'en ai regardé quelques extraits, je n'y ai vu que l'art de produire de la pire "beauferie" avec du "matos" pourtant digne de produire une vraie et riche émission... Pire que tout. Démago et vulgaire.
Ecrit par : Christophe Sibille | 11 avril 2007
Je vais quand même guetter la trombine de JP que je connais peu (avant bronzage)...
P'têt qu'il parle de nous !? On serait des vedettes !
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Ben mince, je viens d'entendre Bayrou, y paraît qu'on nous avait tout pêté la France, et qu'il va la reconstruire avec ses petits bras musclés. Et moi qui ne m'étais rendu compte de rien ...
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Avant de voter , Perceval, allez consulter Roger Felts.
Cette perversion de la raison est acquise, cela doit pouvoir se soigner.
Thérapie comportementaliste? Faut voir.
Mais attention aux images!
Ecrit par : Lenny | 11 avril 2007
Pas grand monde... C'est la faute à Pangloss ?
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
et Bayrou est investi d'une mission sacrée (ça lui va bien !) qui a fait des émules ici même - n'est-ce pas Sandra, n'est-ce pas Robin ?
Tous spécialistes...
Abraxas,
Les Français qui vont bientôt voter ne sont pas plus que moi, dans leur grande majorité, des "spécialistes" de la politique.
Pourquoi l'idée de voter pour Bayrou serait-elle ridicule et "disqualifiante" ?
Et puis, je ne sais pas si vous avez remarqué, mis ce blog est libre (c'est d'ailleurs un des seuls sur Internet) et c'est la raison pour laquelle j'aime bien y venir (un peu moins récemment)
Parler de l'école, de l'école et encore de l'école, c'est bien, mais ça devient parfois lassant. Mais si on est obligé maintenant de ne plus parler que de cela, je crois que je vais faire comme Pendariès.
Je n'avais rien contre Sarkozy et j'avais même au départ envie de voter pour lui figurez-vous, mais je trouve qu'il les accumule :
1°) Les mensonges sur les deux jeunes électrocutés dans les générateurs.
2°) Les déclarations sur le caractère inné de la pédophilie associée au tabagisme et aux tendances suicidaires (quel est le rapport ?) ...Et pourquoi se vante-t-il de ne jamais avoir mis les pieds chez un psy. ? Quelle honte y-a-t-il à cela ? Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est justement qu'il ne l'ait pas fait ou qu'il prétende ne pas l'avoir fait (le rapport au père "absent" est un problème grave, j'en sais quelque chose... et ça n'est pas "inné", ça se soigne, à condition d'avoir le courage de ne pas se mentir à soi-même ! )
Pourquoi serit-il fait d'une autre étoffe que les autres hommes ? C'est ce que prétendait aussi Napoléon Bonaparte..Vous savez où cela nous a menés. Je n'ai aucune fascination pour ce genre de comédiens.
3°) Son attitude inqualifiable vis-à-vis d'Azouz Begad. (oui, je sais, on a dit du mal de son livre, mais ça n'empêche pas de respecter les personnes.
Je trouve que ça commence à faire beaucoup.
Mais c'est vrai que je ne suis pas un "spécialiste".
Ecrit par : Robin | 11 avril 2007
Ah oui François Bayrou l'homme qui comme Nicolas Sarkozy soutenait Baladur en 1995 avant de vite, très vite faire allégeance à Chirac pour garder son poste de Ministre.
Le même Bayrou fervent supporter de la hiérarchie catholique (souvenez-vous de 1994) et qui de ce fait en 2004 n'a pas voté la "Loi contre le voile à l'école".
Ce centriste dont les soutiens se nomment Jean Arthuis, Charles De Courson ou Rudy Salles, des hommes modernes et d'une sensibilité sociale exarcerbée.
Oui FGUICHARD votez pour Bayrou il faut bien voter à droite un jour et comme vous n'en avez pas conscience vous verrez que cela ne fait même pas mal.
Ecrit par : Merlemocoeur | 11 avril 2007
Bon, si je comprends bien, le choix reste mince concernant le bulletin à glisser dans l'urne...
Ecrit par : Christophe Sibille | 11 avril 2007
Qu'allait-il faire dans cette galère ?
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Un extrait du café péda d'aujourd'hui qui va vous plaire :
Le 3 avril, le Snuipp a dénoncé "les conceptions passéistes" du ministre et en donne des exemples. "La maîtrise du « code alphabétique doit faire l’objet d’un apprentissage systématique dès le début du CP ». Les orientations propres du Ministre sont ainsi réintroduites à savoir privilégier le déchiffrage. A nouveau une phrase est introduite sur la lecture… Dans la partie vocabulaire, l’apparition du vocable « leçon de mots » traduit une conception cumulative des apprentissages. Les modifications concernant les opérations vont dans le même sens : on privilégie les techniques à la compréhension (ex : la maîtrise de la soustraction posée est exigible pour tous les élèves dès la fin du cycle 2, comme la multiplication des produits par 2 ou par 5".
Je reviens tout de suite avec le lien vers la modif' des programmes du primaire annoncée aujourd'hui sur ce même site...
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
Et le fait que "sarkochi" s'engage à couvrir "Chichi" en échange de son soutien ça ne vous dérange pas Robin?
En effet ,Perceval, vous avez une raison, ,mais c'est peut-être la seule recevable, pour voter Ségolène . Au moins par ses affiches, elle réussira sans doute à séduire quelques indécis...
En ce qui me concerne , j'aurais plutôt tendance à partager en partie l'avis de F. Guichard...
Mais qui sait, peut-être vais-je craquée devant une belle affiche en me rendant au bureau de vote quoiqu'il me semble, à priori, qu'aucun des candidats n'est une plastique à la hauteur de celle d'un bel éphèbe sculpté par Praxitèle...
Rassurez vous je blague...à moitié...
Le pourcentage du nombre d'indécis n'a jamais été aussi élevé...L'indécision est source de bien d'égarements et les jeux sont sans doute très loin d'être joués alors qu'on essaie de nous faire croire que les dés sont déjà jetés...
les Fables sont encore d'actualités d'ailleurs celle du" Lièvre et la tortue" est très complémentaire du "Corbeau et du Renard" en cette période pré-électorale.
Christophe , croyez vous vraiment que le choix soit si mince? combien y a-t-il de candidats déjà? douze non?
quel chiffre en ces temps "post-pascal" ! il n'y a pas que Judas, Thomas,Pierre ou Marie-Madeleine du moins me semble-t-il! c'était quoi votre pari déjà?
je crois avoir lu sur le blog ce matin, l'auteur se reconnaîtra et m'excusera de reprendre ses mots:
" Il y a deux fatalités, la paix et la guerre, et la volonté politique, du peuple, est de dire jusqu'où l'on souhaite aller"
le peuple est exaspéré alors j'ai envie de retrouver mon âme d'"anar" d'oublier le vote utile auquel j'ai jusqu'à présent refuser de souscrire et de souhaiter un second tour Le Pen / Bezancenot ou Bové...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 11 avril 2007
Mais d'abord, le lien vers cet extrait :
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/11042007--Accueil.aspx
Ecrit par : Perceval | 11 avril 2007
j'ai jusqu'à présent refusé un é pas er........grrr il faut vraiment que je fasse un stage intensif de relecture
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 avril 2007
Voici :
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENE0750379A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENE0750381A
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Désolé, il va falloir quelques minutes, mes liens vers la modification fraîche d'aujourd'hui des programmes du primaire doit passer à la censure ...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Ah ben non ...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
"elle réussira sans doute à séduire quelques indécis..."
Indécile toi-même, non mais sans blague...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
"Christophe , croyez vous vraiment que le choix soit si mince? combien y a-t-il de candidats déjà? douze non?
quel chiffre en ces temps "post-pascal" ! il n'y a pas que Judas, Thomas,Pierre ou Marie-Madeleine du moins me semble-t-il! c'était quoi votre pari déjà?"
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 11 avril 2007
J'ai déjà dit comment je résolvais ce problème de choix, il y a un bon moment déjà... En me bouchant à moitié le nez!
Concernant mon pari, c'était un pronostic, énoncé il y a quelques semaines également... Pas un souhait.
Ecrit par : Christophe Sibille | 12 avril 2007
J'avais oublié les caméras cachées dans l'émission de Bern... Parfaitement honteux... Enfin, Jean-Paul a été bon sur son intransigeance concernant le principe de laïcité.
Ecrit par : Christophe Sibille | 12 avril 2007
Et j'ai appris ce soir, (de la bouche de l'ex instit Kevin André, dans l'émission de Bern toujours), que l'enseignement de l'IUFM était exclusivement centré sur les savoirs, et non sur la pédagogie...
Ecrit par : Christophe Sibille | 12 avril 2007
Or donc, les changements sont les suivants :
En cycle 2 (GS, CP, CE1) :
- le français a 9 à 11 h hebdo en CP plutôt que 9 à 10;
- les maths ont 5 à 6 h plutôt que 5 à 5h 30.
En cycle 3 (CE2, CM1, CM2) :
- L' "observation réfléchie de la langue" est remplacée par l' "étude de la langue (grammaire)";
- son horaire passe d' 1h 30 à 2h hebdo à 2h 30 à 3h 30, au détriment de la littérature qui passe de 4h 30 à 5h 30 hebdo à 3h 30 à 4h 30, et des langues qui sont fixées à 1h 30 perdant la demi-heure supplémentaire auparavant possible.
Enfin, il est imposé 15 minutes de calcul mental quotidien.
A vos commentaires. Personnellement, je ne trouve rien à redire, sinon que ça aurait pu aller plus loin : 2h 30 minimum pour la grammaire, la conjugaison, l'orthographe et le vocabulaire, ça ne fait toujours pas très lourd, ni 15 minutes de calcul mental...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Tout cela confirme une orientation, mais ne va strictement rien changer en pratique, où l'on ne passe pas son temps avec un chronomètre et dont les changements ne font que se rapprocher.
En fait, en pratique, il y a beaucoup moins d'éducation artistique et d'EPS, ainsi que de sciences, d'histoire-géo et de langues que les programmes n'en imposent.
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Bonjour,
Je tenais à vous féliciter pour votre prestation ce soir à l'émission "l'arene de France" et à votre courage pour dénoncer les nombreuses difficultés de nos ecoles. Moi même, j'ai fait une école d'ingénieur après une prépa et ai été surpris du faible niveau rencontré. J'ai pu constaté les problèmes suivants:
- Ouverture aux BTS, IUTs, quartiers en difficultés...mais ceux ci ne possedent bien souvent pas les compétences nécessaires qu'un ingénieur devrait avoir (Lacunes enormes en mathematiques, expression orale...). La tendance à l'ouverture dans toutes nos écoles est à mon avis un grand danger car le niveau ne monte pas: ça: c'est sur..A Ces éleves devrait leur être proposée une formation de rattrapage.
- Des professeurs chercheurs mais bien plus chercheurs que professeurs. Pour la plupart, enseigner est une contrainte car une obligation mais n'ont bien souvent aucune pédagogie.
Quant aux moyens, à mon avis, ils y sont, mais la gestion n'est pas bonne, les investissements sont souvent mauvais et les priorités sont mal perçues...
Bref, une grosse inquiétude sur le niveau de nos ecoles qui s'empire.
Cordialement
Armand, 23ans, Master IAE, Gestion & Management
Ecrit par : Armand | 12 avril 2007
Cette phrase du café péda du 11/04 :
"Le rectorat avait souhaité remplacer les enseignants contractuels mais cooptés et aux compétences rares de l'équipe par des titulaires nommés directement. "
Si c'est pas de la belle langue bien tournée, ça ...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Et le fait que "sarkochi" s'engage à couvrir "Chichi" en échange de son soutien ça ne vous dérange pas Robin?
Bien sûr que oui ça me dérange. Quand j'ai dit qu'il les "accumulait", ça voulait dire aussi que je n'arrivais plus à les compter.
Je dirais même que cette raison-là fait définitivement pencher la balance. Marre et plus que marre de leur magouilles. C'est vrai que si j'avais trente ans de moins je voterais pour Bové ou pour Besancenot...
Et je me demande si je ne vais pas les retrouver...mes 20 ans.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
J'ai regardé l'émission "Arènes de France" sur France 2 sur la violence scolaire.
J'avais crains le pire (que l'arène ne se transforme en cirque) et ça n'a pas été le cas.
JPB a pu dire des choses importantes sur les savoirs (la plus grande des violences est de ne pas transmettre les connaissances auxquelles les élèves ont droit) , les ghettos scolaires et le respect de la laïcité et j'ai eu l'impression que les gens étaient réceptifs.
Stéphane Berne a été plutôt à la hauteur en tant que "régulateur", ce qui n'est pas toujours le cas. Il est tout ce que l'on veut, mais il est loin d'être bête.
Quant à la "gamine" du syndicat lycéen...Patience ! Patience !
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Les années passent, mais je ne me lasse pas du constat : jusqu'à hier, à l'école élémentaire, on pouvait consacrer moins de temps à l'étude spécifique des grammaire, conjugaison, orthographe et vocabulaire qu'à l'anglais ou au basque et être conforme aux programmes; on pouvait n'y consacrer qu'une heure trente hebdomadaire, soit 18 minutes par jour d'école, y compris le temps perdu en intendance et le temps de récré au prorata, et passer par ailleurs 5h 30 hebdomadaire à bavarder autour d'un album souvent insipide, voire débilitant en passant un temps non négligeable à commenter les images, et espérer "légitimement" les félicitations de l'inspecteur.
Dire qu'on débat sans fin pour savoir pourquoi les jeunes ne maîtrisent plus la langue...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Bonjour Monsieur BRIGHELLI, je me présente, Monsieur Patrice TATIN 45 ans, je suis aide soignant de nuit dans un service d'urgences à TOULON dans le Var. J'ai suivi avec attention l'émission l'arène de France présenté par Monsieur stéphane BERN. Je vous avoue qu'il y'a longtemps que je n'avais pas étais émus et je pèse mes mots, en écoutant vos propos Monsieur BRIGHELLI. Je ne veux pas vous faire enflé les chevilles, mais pour moi, vous faite parti des ces rares professeurs qui savent faire aimé le gout d'apprendre et surtout le sens du mot " RESPECT " J'aurais aimé avoir un Prof comme vous. Je suis d'une génération ou le maitre d'école comme le médecin faisait parti intégrante de la famille, et étaient respecté. Oh Monsieur à mon grand regret, je n'est pas étais loin dans les études, je préféré le parfum des colinnes que celui des livres. en résumé mon père rentrant très tard dans la nuit de son travail et ma mère ne contrôlant aucunement si j'avais fait mes devoirs, j'étais en quelques sorte le roi de la récréation. Je regrette toutefois le temps de l'enfance car celle ci rythme oh combien avec insouciance. J'ai quitté l'école à l'âge de 16 ans pour effectué un apprentissage dans la boucherie avec au résultat des courses un C A P. ensuite après avoir fait 6 ans de sapeur pompier volontaire, je suis rentré dans la Légion étrangère. C'est la que je veux en venir, et c'est un peut pour cela que je me permet de vous écrire. Nous étions donc dans la légion étrangère de toutes Nationalités, de toutes religions, de tout milieux sociaux culturels. Et tout cela nous le laissions au vestiaire pour ne faire qu'un face à nos instructeurs que nous respections, car eux aussi avaient une grande expérience, et savaient faire régné le RESPECT sans brutalité comme souvent des gens bien pensants veulent le faire croire. En résumé, en vous écoutant, je me suis retrouvé face à un véritable Professeur vous savez faire émaner le sens du travail bien fait. comme je vous le dis plus haut lors de ma présentation, je travaille de nuit ( aide soignant ) dans un service d'urgences. Malgrès des conditions de travail qui sont très éprouvantes, j'aime mon djob, car je me sens comme mes collègues aussi, face à la vie qui ne fait pas toujours des cadeaux. Chez nous c'est pas la Star academy mais l'école de la vie à l'état brut. Désolé Monsieur si je fais beaucoup de fautes d'ortographe, cela est un peut les séquelles de mes pitreries durant ma scolarisation. bien sure il est jamais trop tard pour bien faire ! Si seulement on pouvais revenir en arrière.......... Je vous souhaite Monsieur BRIGHELLI une bonne continuation dans votre profession, je pense que vos élèves peuvent vous dirent MERCI. Qu'il n'attendent pas comme moi, quand on est jeune on est souvent C............ Bien qu'il existe aussi de vieux C....... Je pense à une chanson de Georges BRASSENS. Si des maitres et professeurs d'école me reconnaissent dans ce petit message bourré je le sais de faute d'orthographe, je leurs demande PARDON, pardon de ne pas avoir écouté et ne pas avoir compris qu'apprendre est une NOBLE CHOSE. Mais à aucun moment je ne leur manqué de respect ça c'est sure. Je vous prie de croire Monsieur BRIGHELLI en ma plus sincère et respectueuse considération. Un ane plein de regrets. Patrice TATIN ( TOULON 83 )
Ecrit par : TATIN | 12 avril 2007
Oh Monsieur à mon grand regret, je n'est pas étais loin dans les études, je préféré le parfum des colinnes que celui des livres. en résumé mon père rentrant très tard dans la nuit de son travail et ma mère ne contrôlant aucunement si j'avais fait mes devoirs, j'étais en quelques sorte le roi de la récréation. Je regrette toutefois le temps de l'enfance car celle ci rythme oh combien avec insouciance.
Magnifique. C'est aussi beau que du Pagnol ! Patrice Tatin (de Toulon) fait penser à l'ami du narrateur dans la Gloire de mon père.
Je pense que JPB lui pardonnera de tout coeur et lui donnera de surcroît sa bénédiction (...laïque !)
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Bonjour à Tatin, qui comme dit Robin est loin d'être tarte (pardon à lui, à qui on a dû la faire quelquefois et un peu plus, et aux autres, mais le calembour, c'est ma soupape, comme disait Lucrèce Borgia...)
Je ne sais pas si JPB a été bon chez Bern, parce qu'il ne m'appartient pas d'en juger, pour diverses raisons, mais ce Defrance, en face, était rigoureusement insupportable. C'est vraiment ça, un prof de philo ? Quelqu'un qui a toujours n'importe quoi à dire de façon à ce que les autres se taisent ?
Je vois qu'encore une fois, Merlemocoeur (je ne me ferai jamais à cette dysorthographie-là, même si elle se veut pleine de sens...) n'a rien compris au propos de FG. Il s'agit (reprenez-moi, Françoise, si j'erre) de recomposer la gauche (une vraie gauche, débarrassée des menchéviks) sur les ruines du PS, auquel, après 2002 et 2005, il faut définitivement enfoncer le clou dans la tête. Le passage à droite est le détour obligatoire pour tous les vraiis républicains qui trainent sur ce blog.
Quant à savoir si ce détour doit plutôt passer par une droite molle, à qui on arrachera des concessions, ou par une droite dure - et alors ça se passera dans la rue -, c'est une autre histoire.
Mais imaginons l'un ou l'autre des leaders de droite élu (personnellement, je continue à penser que seul le pire est sûr, et que la Jeanne d'Arc favorite des crypto-croyants risque fort de passer, dans un grand sursaut d'irrationnel), que se passera-t-il ? Soit il est capable d'avoir des idées nouvelles, de demander leur avis aux bonnes volontés de tous bords, et la France se remet en selle. Soit il se bloque dans ses certitudes, et une vraie gauche, pas la caricature qui se prétend aujourd'hui la gauche, émerge du désordre. Dans les deux cas, carton plein.
SI je ne m'abuse, et pour peu que je le connaisse, ce doit être à peu près ça que JPB doit penser aujourd'hui - à condition que l'une des "bonnes volontés" consultés, ce soit sa pomme, parce qu'il a de l'ambition pour l'école, et aussi des comptes à régler, le bougre... Et en politique, ce n'est jamais mauvais de recruter des gens qui font leurs petites affaires tout en faisant celles du pays.
Ecrit par : Abraxas | 12 avril 2007
En tous cas, ça doit avoir fait plaisir à Jean-Paul, qui en semblait tout ému, de se voir adouber par un rappeur mal élevé! J'imagine que ce dernier ignorait tout de ce que pense Jean-Paul, (à juste titre) de sa musique! Mais, ceci-dit, ce rappeur-là est quand même plein de ce gros bon sens que le monde entier nous envie!
Jean-Paul, quand même, trente mille personnes sur votre blog! D'où tirez-vous donc ces chiffres?
Bernard Defrance ne me semble pas très sympathique, (difficile de juger quelqu'un en ce contexte! Jean-Paul nous assurait bien en ces lieux e Marc le Bris est quelqu'un de jovial et avenant!), mais que dire de son voisin dans l'émission, celui qui est professeur de lettres au Mans?
Et cette caméra cachée... Vraiment limite facho.
Ecrit par : Christophe Sibille | 12 avril 2007
Si Monsieur Abraxas j'ai très bien compris ce que disait FGUICHARD.
Mais si vous croyez que pour recomposer la gauche il faut en passer par 5 ou 10 ans de Présidence Bayrou ou Sarkozy vous faites fausse route.
Vous aurez une gauche recomposée dans une France que vous ne reconnaîtrez plus.
Regardez les soutiens de Bayrou, analysez son programme économique et vous verrez qu'il n'y a pas de différence majeure avec M. Sarkozy.
Mais ici les inégalités sociales qui ne font que se creuser n'intéressent plus personne (ou presque).
Exemple : avec le droite dans dix ans si rien n'est fait pour sensibiliser les Français il n'y aura plus de caissières et de caissiers dans les grandes surfaces et comptez sur Sarkozy et Bayrou pour empêcher cela.
Oui je sais Royal ne pourra pas l'empêcher non plus ( à moins que la mobilisation soit telle que nos Hypers reculent) mais au moins elle ne l'approuvera pas au nom du Saint Profit qui justifie tous les abandons
Alors oui, nos chômeurs de demain pourront compter mentalement tout l'argent qu'ils ne toucheront plus, quel progrès !
L'enfer est pavé de bonnes intentions (recomposer la gauche) mais le pavé Sarkozy risque d'être dur à avaler à moins que votre estomac y soit génétiquement préparé (à votre corps défendant).
Bon appétit.
Ecrit par : Merlemocoeur | 12 avril 2007
Exemple : avec le droite dans dix ans si rien n'est fait pour sensibiliser les Français il n'y aura plus de caissières et de caissiers dans les grandes surfaces et comptez sur Sarkozy et Bayrou pour empêcher cela.
Oui je sais Royal ne pourra pas l'empêcher non plus ( à moins que la mobilisation soit telle que nos Hypers reculent) mais au moins elle ne l'approuvera pas au nom du Saint Profit qui justifie tous les abandons
Pour une fois d'accord avec vous Merlemocoeur. C'est une logique "devenue folle". Et quand il n'y aura plus de caissières et de caissiers et de moins en moins de gens à pouvoir les acheter tous leurs "trucs", ils auront l'air malin !
Mais vous avez raison de dire que les hommes et les femmes politiques n'y pourront rien et qu'il faudra se mobiliser (le boycott ça peut être efficace)
J'ai parlé de la station essence entièrement automatisée près de chez moi (y compris les produits d'épicerie). je n'ai pas l'impression qu'ils font leurs affaires. En tout cas moi, je n'y vais plus.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Superbe et ô combien émouvant message de Tatin, qui fait un noble métier.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 12 avril 2007
Oui FGUICHARD votez pour Bayrou il faut bien voter à droite un jour et comme vous n'en avez pas conscience vous verrez que cela ne fait même pas mal" écrit par : Merlemocoeur
Cher Merlemocœur au joli pseudonyme "temps des cerises", ne me prenez pas pour une idiote, s'il vous plaît. En choisissant F. Bayrou, de manière purement tactique, je sais parfaitement pour qui je vote : un homme de centre droit, catho, pro-européen et régionaliste, c.à.d. absolument pas ma sensibilité. Et je ne crois pas me tromper de combat : qu'on le veuille ou non, seul Bayrou peut au deuxième tour battre Sarkozy, et il faut que Sarko soit battu -- parce qu'avec le petit Nicolas et toute sa chouette bande d’ultralibéraux, ce serait encore plus dur pour tous ceux qui souffrent, je suis bien d'accord avec vous. Autre avantage de l’opération, comme l’a parfaitement compris Abraxas, il s'agit, en recalant Big Mother dès le premier tour, de faire exploser le P.S. et de, je le cite, « recomposer la gauche (une vraie gauche, débarrassée des mencheviks) sur les ruines du PS, auquel, après 2002 et 2005, il faut définitivement enfoncer le clou dans la tête ». On ne peut mieux dire. Et pour le reste, bien sûr qu'il faudra se battre, et se mobiliser sur le terrain s'il le faut. Quand le gouvernement est de gauche, les syndicats ne font pas grand-chose, de peur de le "gêner", et c'est là qu'on se prend les mauvais coups sans réagir. Face à un président de centre droit, les choses seront plus claires, d'autant que le Bayrou, qui a fait descendre dans la rue la France laïque au moment de sa tentative de remise en cause de la loi Falloux, sait bien que le passage en force n'est pas la solution. Quod erat demonstrandum derechef :-)
Ecrit par : FGuichard | 12 avril 2007
Je ne savais pas comment vous joindre, cher monsieur. Il me fallait absolument vous faire part de mon sentiment. J'ai été particulièrement choquée ce mercredi 11 avril par votre agressivité envers les autres invités de l'emission de Stéphane Bern. Alors que vous attaquez les hostilités dès votre première intervention, vous faites de ce débat, avec d'autres de votre camp, un champs de bataille télévisuel. Comment osez-vous dès-lors parler de violence à l'école, alors que vous renvoyez vous-même l'image d'un homme incapable de discuter, de débattre calmement, dans l'unique but d'avancer. Alors je n'ai pas résisté, il fallait que je vous le dise : votre présence sur le plateau a pour moi été une agression médiatique, me dégoutant du débat même et me donnant très mauvais espoir quant à l'avenir que vous, chers adultes, êtes en train de construire.
Karine
Ecrit par : Karine | 12 avril 2007
Bonjour TATIN,
si tu veux tu peux réapprendre à écrire (presque) correctement, il te faut pour cela acheter la méthode de lecture 'Lire avec Léo & Léa ' 18€ édition Belin, en 3 semaines tu vas corriger ton 'petit' défaut de lecture, et dans 3 mois tu ne feras quasiment plus une seule faute (et si tu en fais, tu les verras très vite à la première relecture)...
Bon il ne faut pas être ni alcoolique , ni drogué , ni fatigué ni énervé.... Sinon ce sera un chtit peu plus long (compte le double en temps ;) )
Peux tu me dire ce que tu as eu comme méthode de lecture quand tu étais au CP ?
Cordialement
toto
Ecrit par : toto | 12 avril 2007
Je dirais même que cette raison-là fait définitivement pencher la balance. Marre et plus que marre de leur magouilles. C'est vrai que si j'avais trente ans de moins je voterais pour Bové ou pour Besancenot...
Et je me demande si je ne vais pas les retrouver...mes 20 ans.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Attention Robin vous allez être classer parmis les indéciles!;)
Perceval vous gouterez surement la boutade :"il n'y a que les indéciles qui ne changent pas d'avis";)
Mais que ne ferait-on pour retrouver un peu de nos 20 ans! Françoise Guichard souhaite l'implosion au sein du PS , je partage son souhait , Bayrou en est peut-être l'amorce mais je me demande si elle n'est pas un peu trop "humide" ...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 avril 2007
" il ne faut pas être ni alcoolique , ni drogué , ni fatigué ni énervé.... Sinon ce sera un chtit peu plus long"
t'es pas sorti de l'auberge, Toto...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
bonjour à tous,
est-ce que quelqu'un pourrait m'indiquer le lien pour écouter l'émission de Stéphane Bern d'hier soir, merci.
mabiche
Ecrit par : mabiche | 12 avril 2007
Impeccable Brighelli hier soir, en face de ce braillard de Cohn-Bendit et de ce gommeux phraseur de Defrance!
Personne, donc, n'en sait plus sur la "Trilatérale", sorte de club auquel appartiendrait Bayrou?
Peu de réactions, non plus, au rétablissement de distributions des prix!
Ecrit par : Jean | 12 avril 2007
Merci Monsieur Tatin pour votre témoignage. Je ne doute pas que les valeurs humaines que vous défendez font de vous un professionnel de santé qui fait honneur à son métier !
Ne soyez pas si humble ! Il est, hélas, bien des étudiants qui maîtrisent plus mal l'orthographe que vous ... Vous avez, en outre, un talent que beaucoup peuvent vous envier pour transmettre de l’émotion dans vos propos. En d’autres temps, la « leçon de vie » que vous donnez aurait mérité d’être mise en exergue en début de matinée durant un des cours de morale qui faisait la fierté de la Laïque.
Vous n’avez pas à exprimer de regrets ou à demander pardon à vos maîtres : ils ont réussi à faire du gosse des collines un homme honorable et c’est bien aussi précieux que tous les savoirs livresques ! S’ils vous lisent, c’est avec une fierté légitime et sans doute un peu de nostalgie qu’ils retrouveront l’odeur des salles de classes de leur jeunesse.
PS :
Comme vous, j’utiliserai désormais l’orthographe « djob », c’est bien plus beau.
Ecrit par : Zorglub | 12 avril 2007
Je découvre avec plaisir ce blog , mais le commentaire (12 avril) d'Armand, 23 ans, me laisse perplexe.
Il affirme que le niveau des écoles d'ingénieurs l'a déçu (profs, organisation, école...tout y passe..)
Je lui laisse la responsabilité de son opinion, mais je l'invite à relire son texte:
A lui seul, il contribue largement à" faire baisser" le "niveau"!!
Que de fautes de syntaxe et d'orthographe!!!
Mais je suppose que, dans son emploi d'ingénieur, sa secrétaire remplit sa mission...
Ecrit par : Nicole | 12 avril 2007
"Bayrou en est peut-être l'amorce mais je me demande si elle n'est pas un peu trop "humide" "
Un pêtard mouillé, c'est en effet ce qu'on risque d'avoir en guise de feu d'artifice.
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Bonjour Perceval et merci de me permettre d’envoyer ma modeste contribution à ce blog, les horaires du primaire et ce qu’en font les instits, ça, c’est un sujet où je peux ajouter mon témoignage.
Ah, bien sûr, ça va retomber dans la pédagognagnagna. Que ceux que cela gêne veuillent bien m’en excuser.
Ne croyez pas que je n’ai pas d’opinion sur les autres sujets abordés.
L’élection présidentielle, promis, je lis tout le monde. Si au moins l’un d’entre vous pouvait réussir à me convaincre, voilà qui me retirerait une belle épine du pied ! J’en suis à échafauder un projet de barème que j’appliquerais aux différentes « professions de foi » (en en éliminant toutefois certaines que je juge a priori inacceptables) afin de mettre dans l’urne le bulletin qui correspondrait le mieux à mes aspirations pour la France.
La génétique appliquée aux problèmes sociaux... « Mes gènes me l’interdisent ! ». On ne survit pas neuf mois dans le ventre de quelqu’un qui a entendu à l’âge de cinq ans : « Ces gosses d’étrangers, ça a du venin dans le ventre ! » sans en garder des séquelles. Les tours de tête, les mesures de nez et d’oreilles, l’élimination systématique des « déviants », merci, très peu pour moi.
Quant au superbe texte de F Guichard qui ouvre ce thème de discussion, je l’ai trouvé si intéressant que je l’ai copié et fait lire à une connaissance qui a une bien meilleure formation que la mienne (Bac D 1974 + rien) en lui demandant de bien vouloir me dire ce qu’il en pensait. Il l’a lu avec grand intérêt et m’a demandé de transmettre à F. Guichard les félicitations de M. ..., Docteur ès Lettres, ancien président du jury d’agrégation de ..., ancien directeur de l’UER de... de l’université ... et de l’..., ancien conseiller technique au ministère de l’Education Nationale (mais là, il n’est vraiment pas resté longtemps, il a horreur des compromis).
Pour en finir avec les petits messages personnels, j’aimerais dire à Abraxas qu’il n’a toujours pas répondu à mon message privé sur le forum éducation de France 2. Je comprends très bien que la « hauteur » des débats de ce forum ne lui ait pas convenu, mais bon, voilà...
Donc, la pédagognagnagna. En m’excusant toutefois auprès de Perceval d’être peut-être un peu trop âgée et « chevronnée ».
Quand j’ai débuté, en 1975, c’étaient les horaires de 1969 semble-t-il qui étaient à l’honneur (français : 10 h, mathématiques : 5 h, disciplines d’éveil : 6 h, éducation physique : 6 h). Les conseillers pédagogiques (à l’époque, ils passaient souvent pour encadrer les jeunes débutants et leur donner trucs et ficelles) nous enjoignaient de pratiquer français et mathématiques le matin et les disciplines d’éveil (histoire, géographie, sciences, musique, dessin et travail manuel) et sportives l’après-midi, nous avions encore 27 heures de classe par semaine et on nous conseillait de garder un emploi du temps « rituel » à la journée afin de donner de bonnes habitudes aux élèves.
C’était simple, la journée débutait par deux heures de français (lecture à voix haute, leçon (active, quand même) de grammaire le lundi, de conjugaison le mardi, etc., puis exercices d’application) coupées pour les plus jeunes (CE1, CE2) par une récréation de dix minutes ; puis une heure de mathématiques après la deuxième (première pour les CM) récréation de dix minutes. En début d’après-midi, nous finissions souvent les exercices d’application de mathématiques pendant une petite demi-heure.
En 1977, pour le CP, 1978, pour le CE et 1980 pour le CM, deux petits changements, l’horaire de français et celui d’EPS étaient amputés d’une heure et ceux de mathématiques et d’activités d’éveil récupéraient chacun l’une de ces heures. Cela ne changea pas grand-chose. Matin, activités « fondamentales », après-midi, éveil fourre-tout et EPS. Nous avions encore classe 27 heures par semaine, toutes les semaines se ressemblaient donc et il était facile de prévoir un temps pour chaque chose sans avoir la culpabilité de défavoriser nos élèves par rapport à ceux des autres écoles. D’ailleurs quand un petit nouveau arrivait en cours d’année, nous nous rendions compte qu’il avait étudié sensiblement les mêmes points des programmes de Français et de Mathématiques aux mêmes moments de l’année.
En 1985, réforme Chevènement, abandon des activités d’éveil au profit d’horaires fixes et précis en Histoire, Géographie, Education Civique, Sciences et Technologie, Musique et Arts Plastiques (exit le dessin et les activités manuelles). Premiers hurlements au scandale des collègues : « Quelle horreur ! Un enfant est global, la quantité de « savoirs savants » est énorme, c’est du fascisme ! » et première incompréhension de ma part, encore bien timide : « Pourquoi disent-ils cela, voilà enfin des pistes de travail qui permettront à tous les enfants de France et de Navarre d’aborder le secondaire avec un bagage commun en Eveil ? ».
Là où j’ai vraiment commencé à me désolidariser de mes collègues, ce fut lorsque en 1990 (réforme Jospin), les horaires devinrent « indicatifs ». Je n’arrive toujours pas à comprendre qu’au nom de l’égalité des chances, certaines classes puissent ne travailler telle matière que tant d’heures par semaine et que d’autres en fassent une heure de plus (soit 36 dans l’année, quand même !). Il faudrait qu’on m’explique.
Par ailleurs, les élèves perdaient une heure par semaine, les rythmes changeaient d’une école et même d’une année à l’autre : classe un samedi sur trois (casse-tête de l’emploi du temps équilibré, disparition des petits rites du samedi : poésie, dictée, géométrie ou résolution de problèmes), choix des parents (école le mercredi matin ! Non, le samedi ! Non le mercredi ! Non...) ; la semaine de quatre jours ; dates de rentrée échelonnées du 25 août au 6 septembre ; petites vacances tronquées, non rallongées, non tronquées. Allez faire comprendre aux parents après cela que l’école, c’est important et ce n’est pas une garderie à la carte !
En 1995, la réforme Bayrou nous imposa deux heures d’études dirigées prises sur les horaires de français et de mathématiques. Cela m’a permis de découvrir que les CP se trouvaient très bien d’un petit moment de lecture l’après-midi, juste avant la sortie et qu’il était possible et même intéressant au point de vue de l’équilibre chrono biologique de faire travailler les élèves par écrit et de façon autonome en français ou en mathématiques l’après-midi, ce qui permettait en plus de couper la matinée ou de la démarrer par une activité moins « cérébrale » (EPS, musique) qui permettait aux enfants de vider leur cerveau de l’heure (ou plus) de télévision qu’ils venaient d’ingurgiter à la maison. Les « horaires flottants » avaient disparu (merci M’sieur pour l’ « égalité des chances »).
Enfin, 2002, à nouveau les horaires flottants, re re l’étude d’une langue étrangère dès la GS - mais pas les moyens qui vont avec- dont les horaires sont pris sur ceux de Français - tant pis pour tous les gosses qui s’expriment mal dans leur langue maternelle, pour ceux qui ont eu la chance de bénéficier d’une instit de cycle 2 qui considère que la lecture, ça s’apprend tout au long de la vie et qu’un élève peut sortir du CP sans savoir déchiffrer un seul mot et pour ceux dont l’enseignant considère qu’on peut aussi compter dans l’horaire de français « les bavardages autour d’un album souvent insipide, voire débilitant en passant un temps non négligeable à commenter les images ».
Un horaire minimum fixe, cependant en « lecture-écriture » du CP au CM2, le français partout, transversal (cela m’a au moins permis de réaliser que je pouvais faire lire et copier des textes, parfois un peu longs, à mes petits CP/CE1 au cours de la leçon d’histoire, pardon de Temps..., de géographie, euh... d’Espace, de biologie ou de technologie).
Vous nous demandez donc ce que nous pensons de cette nouvelle circulaire et je vous répondrai :
- de 9 heures à 11 heures de français au CP, cela fait 76 heures de décalage entre les « moins bien lotis » et les « mieux lotis », sachant que, comme vous l’avez si bien dit, dans certaines classes, les 76 heures ne seront pas forcément employées à bon escient et que l’on peut faire la même remarque au sujet des horaires flottants de mathématiques (il faudrait d’ailleurs à ce sujet revoir le programme de CP, j’ai toute la deuxième moitié du mois de mai, celui de juin et les six jours de juillet à « remplir », mes élèves finiront leur « J’apprends les maths avec Picbille » au plus tard le 14/05/07...) ;
- pour ce qui en est des changements du cycle 3, j’ai bien peur que ceux-ci ayant été mis en place par un ministre qui par ailleurs a pénalisé les directeurs en grève, imposé les EVS, prôné la bivalence, réduit ceci, supprimé cela, il n’en soit absolument pas tenu compte dans de très nombreuses classes. Je ne sais pas si vous vous intéressez aux catalogues des grandes maisons d’édition scolaire, mais si cela est le cas, vous avez dû constater comme moi que l’ « interdiction du départ global » et l’ « apprentissage de la combinatoire » n’ont vraiment pas touché ces éditeurs... Alors, j’ai bien peur de continuer à recevoir dans ma classe des petits nouveaux qui n’ont jamais entendu parler ni du verbe, ni du nom commun, ni de la conjugaison, ni de quoi que ce soit d’autre, mais qui savent (et encore !) trouver le nom de l’éditeur sur la première de couverture et qui croient que « lire un album », c’est « tirer du sens de l’environnement non-textuel »...
Ecrit par : catmano | 12 avril 2007
FGuichard,
Permettez-moi de formuler deux objections à votre brillante démonstration :
- Si l'on suit votre raisonnement jusqu'au bout, il faut résolument voter Sarkosy dès le premier tour, surtout si l'on est de gauche : ainsi sa présidence hâtera la décomposition sociale de notre pays, entraînant sans nul doute d'énormes mobilisations qui feront vraiment bouger les choses. Pour ce qui est de l'Educ Nat, il est évident que les profs préfèreront manifester contre un Sarkosy plutôt que contre un Bayrou ! De bien belles luttes en perspective, donc... Si vous êtes révolutionnaire, votez Sarko !
- Si l'on veut faire comprendre à la gauche (socialiste) qu'elle n'est pas assez à gauche, ce qui semble être votre cas, il me paraît pour le moins hasardeux de voter Bayrou, puisque vous faites certes "exploser le PS", mais en votant à droite ! Vous vous placez DE FAIT parmi les "sociaux-libéraux", et toute la subtilité de votre stratégie n'apparaîtra pas, hélas, sur votre bulletin de vote. Comment voulez-vous ensuite que le PS pense qu'il a perdu parce qu'il n'était pas assez à gauche ? Demonstratum alambicum !
Ecrit par : OGM | 12 avril 2007
Merci, Catmano.
"En m’excusant toutefois auprès de Perceval d’être peut-être un peu trop âgée et « chevronnée »"
... ????
Toto dirait que c'est la faute à Daniel et Valérie, mais j'ai pô compris pourquoi il faudrait s'en excuser...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
"t'es pas sorti de l'auberge, Toto..."
Tu as un souci.
Ecrit par : toto | 12 avril 2007
Puisqu'on parle de Rousseau, je vous recommande la lecture d'un livre de Christian Combaz intitulé "Les Sabots d'Emile". L'auteur, romancier, n'a pourtant rien d'un rousseauiste, et il tient les "pédagogues" en horreur, mais il a voulu imiter Rousseau pour pouvoir parler de l'enfance. Il a donc "chaussé les sabots d'Emile", c'est-à-dire qu'il a décidé de s'exprimer non pas comme le parent qu'il n'était pas (encore), mais comme l'enfant qu'il avait été. Et il s'est plongé dans ses propres souvenirs d'enfant né en 1954 et "ayant grandi à l'abri de la modernité", comme il dit souvent.
Un extrait de l'introduction se trouve sur son site : http://pros.orange.fr/combaz/sab.html
Pour les amateurs de coïncidences, ce livre a été publié en 1989.
Ecrit par : Shane Fenton | 12 avril 2007
"Toto dirait que c'est la faute à Daniel et Valérie, mais j'ai pô compris pourquoi il faudrait s'en excuser..."
Ca m'étonne pas !
Ecrit par : toto | 12 avril 2007
http://www.ecoleperceval.com/
Ecrit par : toto | 12 avril 2007
M..., je suis démasqué !
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
"Merci, Catmano.
"En m’excusant toutefois auprès de Perceval d’être peut-être un peu trop âgée et « chevronnée »" "
Ne vous affolez pas, je suis très susceptible, voire un tantinet "parano". Encore les gènes, peut-être ????
Ecrit par : catmano | 12 avril 2007
Puisqu'on parle de Rousseau, je vous recommande la lecture d'un livre de Christian Combaz intitulé "Les Sabots d'Emile". L'auteur, romancier, n'a pourtant rien d'un rousseauiste, et il tient les "pédagogues" en horreur...
Merci Shane Fenton, pour cette recommandation.
Personnellement et dans le même registre je ne saurais trop recommander de lire ou de relire, comme je suis en train de le faire l'essai de Jean Starobinski , intitulé "L'oeil vivant" (Le Chemin Gallimard nrf) consacré entre autres auteurs à J.J Rousseau. Un essai d'une grande intelligence et très loin des clichés journalistiques dans lesquels même ici on voudrait enfermer l'auteur de l'Emile.
Ecrit par : buntovchik | 12 avril 2007
Aurais-je laissé entendre quoi que ce soit qui titille votre parano ? Alors, c'est forcément un malentendu....
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
"Alors, c'est forcément un malentendu...."
Non seulement tu ne comprends pas ce que tu lis, mais en plus tu ne comprends pas ce que tu écris .....
t méga grave !
Ecrit par : toto | 12 avril 2007
Mais non, mais non. Une toute petite allusion, il y a quelques jours, aux instits chevronnés qui m'a rappelé que j'allais sur mes 50 ans... Et comme c'est fait depuis hier, je suis un petit peu sensible de ce côté-là, en ce moment. Rien de bien grave, je vous assure.
Un "p'tit jeune" qui n'a pas gobé tout cru ce qu'on lui a seriné à l'IUFM, rassurez-vous, je lui pardonnerai beaucoup. Puissiez-vous ne pas changer et continuer à analyser toutes les réformes que vous subirez tout au long de votre carrière en essayant de les adapter à votre sensibilité tout en gardant présent à l'esprit que nous sommes là pour permettre à chacun de nos élèves d'aller aussi "loin" qu'il le pourra sans jamais lui mettre des bâtons dans les roues au nom de quelque idéologie que ce soit.
Ecrit par : catmano | 12 avril 2007
J'ai retrouvé mon Monde de l'Educ et la chronique de Bégaudeau. Extrait :
" Alors on repère celui-là qu'a tapé un d'nous et on l'tape."
Soudain, elle se fige et se tourne franchement vers moi.
"Mais m'sieur ça va maintenant, c'est terminé, j'vous jure j'suis calme et tout."
Elle doit s'imaginer qu'à se présenter sous ce jour elle compromet sa participation au tournage. Je la rassure : "Mais tu fais ce que tu veux, c'est ta vie."
Si elle savait à quel point me réconforte de pouvoir compter dans le lot des individus aussi incontrôlables qu'elle, meilleure antidote à l'émolliente harmonie que je redoute.
C'est ça le souci : des profs qui ont perdu de vue qu'ils avaient à faire à des candidats à la réussite, et pas à des cobayes...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
affaire
C'est bien ce que je dis, un malentendu. Je ne vois même pas où j'aurais pu railler les profs chevronnés. Ce serait un comble... Bon anniversaire, en tout cas.
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Ou alors peut-être ma sortie douteuse sur les mal-je-ne-sais-quoi ? Mais c'était une parole d'expert !
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Ah non, celle-là, je ne l'ai pas prise pour moi, ou alors, pas longtemps.
Ecrit par : catmano | 12 avril 2007
Cher Monsieur Tatin,
J'ai relu votre lettre 2 fois, je vais la faire lire à d'autres...
J'ai connu tout au long de mes années d'enseignement "des champions de récréation" et "des coureurs de colline", et si un jour l'un d'entre eux écrivait une lettre comme la vôtre, je serais heureuse d'avoir eu la chance de croiser un jour sa route.
En vous lisant, on est assuré que dans la pratique de votre profession, vous ne faites pas de "fautes de coeur."
Ecrit par : Maminou | 12 avril 2007
Et puis, puisque je vous dis que c'est oublié, arrêtez de vous torturer les méninges, vous allez finir par vous enfoncer.
Ecrit par : catmano | 12 avril 2007
C'est déjà fait...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Bon anniversaire Catmano!
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 avril 2007
Bon, repartons sur des bases saines.
Si toutefois vous le souhaitez, vous pouvez demander mon adresse mail à JPB, il l'a, il vous la transmettra.
Cela pourrait nous permettre de discuter de nos petits problèmes d'école primaire sans faire suer tout le monde.
Amicalement, Catmano.
Ecrit par : catmano | 12 avril 2007
Merci, Patricia !
Ecrit par : catmano | 12 avril 2007
Les petits problèmes d'école primaire ne sont pas que les nôtres et ont à mon sens plus leur place ici que l'apologie du néolibéralisme...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
J'aime pas les anniversaires ....
"sans faire suer tout le monde"
Quenon Quenon ... Ce serait pas sympa du tout ça ....
Ecrit par : toto | 12 avril 2007
Chère Catmano,
Une de mes amies a coutume de dire:
"Ce sont les dizaines qui sont difficiles à passer, mais entre les dizaines, ça va tout seul !!!"
Bon anniversaire.
Ecrit par : Maminou | 12 avril 2007
Premières réactions de collègues aux nouveaux horaires. A suivre, ça va s'étoffer (où l'on constate que j'ai dit une sonnerie de plus à propos des inspecteurs qui n'auraient plus le ridicule de reprocher de dépasser l'horaire de feue l'ORL...) :
http://edp.ipbhost.com/index.php?showtopic=112135
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Eh ! J'vous l'avais dit.
Ecrit par : catmano | 12 avril 2007
Bonjour Monsieur Jean-Paul Brighelli.
Je vous félicite pour votre intervention dans l’émission l’Arène de France de France 2 du 11 avril 2007.
Vous étiez très intéressant, vous avez d’excellentes idées pour l’éducation ... Et en effet, quel charisme !
Cordialement,
Quentin. 19 ans. Toulouse
Ecrit par : ESPITALIER Quentin | 12 avril 2007
Catmano, la dernière fois que je vous ai vue, vous paraissiez la quarantaine fringante... Vous êtes d'un coup passée à cinquante ? Ce qui compte, vous le savez bien, c'est l'appât rance (enfin, aussi peu rance que possible...)
Et je ne me souviens pas du tout de la question que vous me posâtes sur le forum de France 2 - quel foutoir ! Reformulez-la donc ici...
Je réponds à une récrimination d'une qui trouvait JPB trop agressif, hier soir. Dans quel pays politiquement correct sommes-nous pour que de la saine polémique passe pour de la violence ? Enfin, Catmano, vous qui le connaissez, avouez que JPB n'a rien d'agressif - à la rigueur, disons qu'il peut avoir la dent dure...
Et si vous voulez de la polémique, de la vraie, relisez les horreurs que Voltaire écrivait sur Rousseau - façon de recentrer sur la note initiale...
OGM, je serais assez d'accord avec vous - contre FG, et il m'en coûte, étant donné la qualité de ses interventions : le seul remède de gauche au PS actuel, c'est à droite (vraiment à droite) qu'il se trouve. Je sais bien qu'on appelle cela la politique du pire - mais je crois que je préfère encore l'alcool (Sarkozy) au Canada dry de Bayrou - le goût et la couleur de l'alcool, mais ce n'est pas de l'alcool...
Ecrit par : Abraxas | 12 avril 2007
Les petits problèmes d'école primaire ne sont pas que les nôtres et ont à mon sens plus leur place ici que l'apologie du néolibéralisme...
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Oui, Perceval.
Cela dit si vous lisez très attentivement , comme je l'ai fait et comme je le fais toujours, le post de Catmano, vous remarquerez que sa "diachronie" intègre à la fois des variables techniques et des variables politiques, ceux-ci variant étroitement avec ceux-là.
J'y ai puisé aussi la confimation, au niveau du primaire, des raisons pour lesquelles, je ne fais plus confiance à la Gauche en matière d'enseignement et d'éducation (Chevènement mis à part, mais hélàs...)
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Abraxas, le message privé sur le forum de France 2 n'avait strictement aucun intérêt. Il vous disait seulement que je vous avais reconnu (la veille, vous vous demandiez combien de temps mettraient les transfuges d'un blog à l'autre à vous reconnaître).
Ceci dit, lorsque j'ai rencontré JPB (aux dernières nouvelles, cela fait environ dix ans...), celui-ci ne m'a en effet pas paru agressif. Il faut dire que nous étions d'accord sur de nombreux points. Il m'a envoyé une seule "bâche", celle de me présenter comme quelqu'un qui a frôlé de peu le pédagogisme, mais bon, peut-être n'a-t-il pas vraiment tort ?
En revanche, j'avoue n'avoir pas apprécié l'Arène de France lors de son premier passage où j'avais trouvé qu'il aurait peut-être eu avantage à jouer la bête et à laisser ses "adversaires" s'enferrer tout seul au lieu de les titiller, et je ne regrette pas d'avoir été indisponible hier soir et de ne pas avoir pu visionner sa prestation.
Robin, je vous remercie de me lire avec attention. De tous les programmes qui ont été rédigés depuis le début de ma longue carrière, j'avoue que ce sont ceux de Chevènement qui m'ont le plus convenu (en élémentaire, du moins, en maternelle, c'est "très bof" comme disent les gamins), que je continue d'ailleurs à me baser sur ceux-ci pour préparer mes progressions de Français et que je m'en suis beaucoup servi pour mettre au point mes "leçons" d'histoire, géographie et sciences, depuis que j'ai abandonné l'étude de documents et la Main à la Pâte.
Ils sont néanmoins beaucoup trop "courts" en mathématiques CP/CE1, on sortait juste des "maths modernes" et tout le monde semblait avoir oublié qu'un gosse de 6 ans peut parfaitement soustraire de petites quantités et même se préparer à multiplier et diviser, si ses enseignants de maternelle ne se sont pas contentés de les emm... avec les pinces à linge sur la file numérique.
Ecrit par : catmano | 12 avril 2007
mais je crois que je préfère encore l'alcool (Sarkozy) au Canada dry de Bayrou - le goût et la couleur de l'alcool, mais ce n'est pas de l'alcool...
Ecrit par : Abraxas | 12 avril 2007
Moi, ça ne m'enivre pas...Mais ça doit être "génétique".
Je trouve notre "dialogue" finalement assez amusant : on se croirait dans une BD de Wolinski.
Je dois être sensiblement plus âgé que vous et je n'arrive pas à voter plus à droite que Bayrou (je pense même parfois à José et au petit facteur qui disent des choses, à mon sens,souvent très justes l'un et l'autre).
Que voulez-vous, on n'a pas eu impunément 18 ans en mai 68 (là j'ai lâché le morceau et , avec ou sans calculette, je suis cuit et archi cuit !)
Bien sûr que l'eau a coulé sous les ponts (Solidarnösc, Léonid Plioutch, Alexandre Bukowsy, la poignée de main entre Sartre et Aron) ...Le cerveau est allé à droite, mais le coeur est resté à gauche.
Je me suis même surpris à regarder avec un amusement attendri ce grand enfant de Cohn Bendit (le frère aîné) de " Dany le rouge ", avec son lycée "autogéré" pendant le débat d'hier.
Ceux qui se repassaient en boucle "Imagine " de John Lenon me comprendront peut-être !
" La nostalgie n'est plus ce qu'elle était."
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Pour la jeune fille qui a trouvé JPB "agressif" une petite leçon "frontale" de vocabulaire être "agressif" et être "incisif", ce n'est pas du tout la même chose...Surtout quand on opère le malade pour son bien.
...Encore faut-il avoir l'esprit assez "aiguisé" pour le comprendre.
Que voulez-vous
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Que voulez-vous
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Des mots en trop et sans point d'interrogation. Une faute de frappe ou un lapsus ?
" - Que voulez-vous ?
- Tout ! "
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Pour la jeune fille qui a trouvé JPB "agressif" une petite leçon "frontale" de vocabulaire être "agressif" et être "incisif", ce n'est pas du tout la même chose...Surtout quand on opère le malade pour son bien.
...Encore faut-il avoir l'esprit assez "aiguisé" pour le comprendre.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
L'art du sabre est un privilège de l'age mon cher Robin et sous le regard amusé et particulièrement "acéré" de JPB(ceux qui le connaissent de visu comprendront) cette jeune fille avait le fleuret qui tremblait...on ne peut guère l'en blamer et espérons qu'elle saura en tirer profit,car en matière d'escrime "verbale" elle faisait face à un maître d'armes hors pair , gageons qu'elle deviendra une bonne tireuse à l'épée et prendra le fer en maitrisant stratégiquement le coup droit, le dégagé et le coupé...surtout si, en plus, elle passe ici vous lire.
alors en garde! :)
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 12 avril 2007
Alors, c'est avec la petite gourde que JPB aurait été méchant ? La fliquesse convoquée - elle avait une réelle personnalité, elle, et JPB en sortant (hors antenne) s'est empressé de le lui dire, le vieux satyre - ne lui a pas fait dire qu'elle était "formatée" (ce fut son mot, si j'ai bonne mémoire). Encore une qui, après avoir fait ses armes à la FIDL, se retrouvera quelque jour sur la liste du PS, aux européennes ou ailleurs - là où le scrutin à la poerportionnelle leur donnera encore une chance d'avoir des élus...
Ecrit par : Abraxas | 12 avril 2007
Sandra Wagner,
Vous ne comprenez par que les gens en ont marre de ces pleurnicheries sur le sort des voyous.
Ces raisonnements et une démission pareils nous ont amené Le Pen au second tour en 2002 et cette année vont nous le mettre 3eme derrière Sarko et Bayrou.
Le voyou-racaille récidiviste de la gare du Nord a bel et bien été coffré 22 fois et c'est bien la preuve que notre système judiciaire est pourri qui emprisonne pendant des années des innocents (Outreau) et laisse courir des fumiers pareils. Assommer un agent de la RATP d'un coup de boule est-ce même seulement pour vous une " incivilité "? puisque les délits sont dans votre échelle de valeurs des larcins.
L'agent RATP n'avait qu'à le laisser frauder et 7 vols qui ont valu condamnations sur 22 ne motivent pas un arrêté d'expusion pour un étranger récidiviste. Dans n'importe quelle autre démocratie, après le premier il aurait été renvoyé du territoire.
Eh bien moi je ne vois dans ces euphémismes qu'une démission indigne et revendique haut et fort la défense d'autres valeurs, qui me font me retrouver avec Roger Hanin, communiste dans l'âme, mais qui vote pour Sarko au nom de ces mêmes valeurs que trahissent la gauche dans son ensemble et Bayrou qui l'a rejointe dans cette déviance.
La mansuétude n'est alors rien d'autre qu'une lâcheté même pas déguisée tant est éclatante cette mauvaise foi chevillée au corps en forme de bandeau occulaire .
Une chose est sûre: c'est avec la déliquescence de ces valeurs que la gauche va dans le mur, en s'arcboutant avec l'énergie du désespoir sur une idéologie ringarde, rejetée dans le monde entier. Cela pourrait aussi être sa chance comme en 94, en Angleterre, quand Blair a fait son OPA sur un Parti travailliste pourri jusqu'à l'os et l'a débarrassé de ses oripeaux.
Seulement il est où le Blair francais? C'est quand même pas la candidate PS qui n'a jamais un seul jour de sa vie travaillé hors des ors de la République. Le 22 avril au soir, elle va pouvoir renfiler des charentaises qu'elle n'aurait jamais dû quitter.
Heureusement, ce n'est pas l'opinion publique qui fabrique l' homme ou la femme d'État.
Tout parti a le candidat qu'il mérite mais je souhaite pour la survie de notre démocratie que madame Royal soit enfin la goutte qui fera déborder le vase et que la gauche française fasse enfin son aggiornamento.
Vieux moutard que jamais.
Ecrit par : Cadichon | 12 avril 2007
Madame Guichard, puisque vous êtes comme moi lectrice (et donc groupie) d'A.Compagnon, comment ne pas l'être tant il est lumineux, sa vision du "démon de la théorie" indique clairement la voie dans laquelle se sont fourvoyés nos Diafoirus grenellins et quel fut ce terreau fertile qu'il ont pu si facilement ensemencer.
Je vous ai préparé une réponse pour tenter d'éclairer justement par ce démon de la théorie certaine confusion qui motive bien légitimement votre incompréhension mais peut facilement se dissiper.
Puis-je vous la faire parvenir par gawsewitch interposé?
Ecrit par : Cadichon | 12 avril 2007
"Je vous ai préparé une réponse pour tenter d'éclairer justement par ce démon de la théorie certaine confusion qui motive bien légitimement votre incompréhension mais peut facilement se dissiper.
Puis-je vous la faire parvenir par Gawsewitch interposé?"
No problemo, Cadichon, je pense que JPB aura la gentillesse de transmettre. Et sur ce, je cours réunionner, car une éducation nationale sans réunion, c'est un repas sans vin, une journée sans écrire, la nuit sans étoile, bref, un baiser sans moustache...
Ecrit par : Fguichard | 12 avril 2007
M..., je suis démasqué !
Ecrit par : Perceval | 12 avril 2007
Il se trouve, Perceval que je connais cette école signalée par toto (elle se trouve à Chatou, dans la région parisienne) et que j'avais même songé à y inscrire notre plus jeune fils.
J'avais fait un mémoire
en "sciences de l'éducation" (!!!) du temps des "unités de valeur" quand j'étais en DEUG de philo. à Nanterre Paris X. dans les année 70 précisément sur cette école et je m'étais fait un ami du professeur "interrogé".
Ca avait un peu énervé les "camarades" de la LCR...Mais que voulez-vous, j'ai horreur de "m'enfermer" où que ce soit.
Quite à enseigner "autrement", autant y aller carrément ! Très intéressant ceci dit l'école Perceval et son fondateur, Rudolph Steiner.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Ce Steiner, est-ce que c'est le même que le gourou de l'anthroposophie, secte présente dans de nombreux pays ?
Ecrit par : Lariba | 12 avril 2007
Ce n'est pas en discutant avec la lycéenne syndicaliste de la FIDL que Jean-Paul a été agressif hier soir. Elle, il l'a laissée s'enferrer bel et bien, (et il a vraisemblablement eu raison). Il y a un autre moment, (je ne sais plus lequel), si quelqu'un sait comment mettre ici le lien de l'émission...Par contre, incisif, oui, il l'a été, dans son argumentaire sur la laïcité. Et efficace. Mais je me demande où il a vu trente mille participants à son blog... Il faudrait peut-être amputer ce nombre de deux zéros, non?
Ecrit par : Christophe Sibille | 12 avril 2007
Bonjour,
Je me suis permis de recopier ce texte et la charte de l'éducation sur le site que je viens d'ouvrir.
Les Amis de l’ABC
http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/
Ecrit par : Henri Grégoire | 12 avril 2007
Last but not least.
Abraxas écrit:
"Il s'agit le plus souvent de détraqués sexuels, que la loi ne permet pas de soigner, ou de prendre en charge".
C’est bien sûr sur ce plan-là que la question se place: celui de la prophylaxie, de la prévention, et celui de la défaillance dans la gestion intra-ou extra-pénitencière.
Après les procès d'intention et les caricatures qui conservent le devant de la scène, depuis 18mois et faute de mieux, avec ces Leitmotive débiles de « racaille » et autres Kärcher… voici un prétendu eugénisme du candidat que les medias étrangers appellent "The man the opinion polls say will be the next president of France" en brocardant à bon compte ces dérives sémantiques picrocholines.
http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/6546069.stm.
Ce dernier pataquès illustre une fois de plus le vide conceptuel du débat, qui exacerbe le besoin pour ses adversaires de maquiller par ces vains artifices (ça ne trompe que qui veut bien l'être) la vacuité de leur discours ( Royal) ou de leur programme ( Bayrou) .
Hors des frontières hexagonales, cependant, le constat est sans appel : Lire par exemple le Herald Tribune d’hier qui avait fait aussi la une de la revue de presse de Télé-matin et le tour des rédactions anglo-saxones. Pas de quoi pavoiser.
http://www.iht.com/articles/2007/04/10/europe/france.php
Le reporter de la BBC dans le lien précédent décrit un paysage politique conforme à la réalité ( hélas!) qui ne fait pas honneur au grand pays démocratique que la France pourrait être mais qu'elle n'est pas en ce moment. Et la sixième République est encore un coup foireux de Montebourg. On a les conseilers qu'on mérite.
Au lieu de contempler leur nombril, mes compatriotes feraient bien de s'intéresser justement à l'image qu'ils projettent au-delà de leur hexagone microcosmique. Ils apprendraient ce que l'école ne leur enseigne plus depuis longtemps.
Ils ne le feront cependant pas (verité en deçà et mensonge au-delà) et continueront à ronronner d' auto-satisfaction avec la certitude d'être les meilleurs. Ils sont bien les seuls à s'imaginer que le monde entier leur envie un modèle à bout de souffle. Pendant ce temps-là les humoristes de ce monde-là trouvent dans notre campagne une manne inespérée.
C'est tragique, l'école est le reflet de ces dérives, nos propres enfants en pâtissent déjà et l'avenir des leurs est lui-aussi plombé. Vraiment pas de quoi rire.
Seulement la France est aussi le pays de l'irresponsabilité institutionnalisée, et nous revoila à la case départ et aux chialeries sur le salopard resquilleur de la gare du Nord et autres Battisti
Ecrit par : Cadichon | 12 avril 2007
http://www.steiner-waldorf.org/
L'anthroposophie ? Oui, il y a un rapport, bien sûr. C'est très lié au romantisme allemand (Novalis et les conceptions de jeunesse de Hegel en particulier) et il y a une part "d'ésotérisme", mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'un mouvement sectaire.
L'école de Chatou est sous contrat d'association avec l'Etat. Je vous ai mis le lien si ça vous intéresse. Je pense que quelqu'un comme Christophe par exemple serait très intéressé par la notion "d'eurythmie".
Rassurez-vous, je ne suis pas là pour vous "embrigader".
D'ailleurs nous l'avions finalement inscrit dans une école Montessori à Marly-le-Roi, le petit.
Misère de misère, on va se faire taxer de "bobos" !
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Christophe, le serveur qui héberge un blog fournit automatiquement le nombre de visiteurs.
Bonnetdane en est à un peu moins de 8000 visiteurs par semaine (chiffre que peut confirmer Françoise G. qui avait les clés du blog en mon absence).
D'ailleurs, je ne suis pas vraiment de retour... Pas avant samedi soir. Il fait très beau dans la moitié nord de la France, et très vilain dans le Midi - alors, je fais durer.
JPB
Ecrit par : JPB | 12 avril 2007
Bonjour, merci à toutes et à tous du fond du coeur, pour vos messages de soutien ( post scolaire ) à mon égard lors de mes commentaires concernant l'émission l'arène de France du 11 avril 2007, présentée par Monsieur Stéphane BERN. En effet l'intervention de Monsieur BRIGHELLI ne m'a pas laissé de marbre. Je le trouve passionnant car je pense qu'il est passionné par sa profession. J'ai toujours trouvé les gens passionnés, passionnant. Bref encore une fois je me répète, mais vos messages m'ont donné du baume coeur. Sans vouloir me rabaissé j'ai eu la magique sensation de joué dans la cour des grands. Je vous souhaite bon courage et bonne continuation. Avec toute ma considération. Encore > P S : Désolé pour les fautes d'orthographe, je ne veux nullement vous faire effectuer des heures sup ( rire ) Patrice TATIN . TOULON ( 83 )
Ecrit par : TATIN | 12 avril 2007
Bonjour,
Je me suis permis de recopier ce texte et la charte de l'éducation sur le site que je viens d'ouvrir.
Les Amis de l’ABC
http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip
Ecrit par : Henri Grégoire | 12 avril 2007
Merci à vous. Unique en son genre, la charte est faite pour être largement diffusée et pour être lue par un grand nombre de personnes.
Rien ne peut nous faire plus plaisir que de voir que ce travail de "Bénédictins" (de bene dicere ?), fruit d'une réflexion collective et d'une longue expérience de terrain, sert à quelque chose.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Sans vouloir me rabaissé j'ai eu la magique sensation de joué dans la cour des grands
Il est décidément merveilleux ce Tatin. Ce sont les "petits" comme lui qui sont les plus "grands".
"Rester fidèle à l'enfant que l'on a été", disait Georges Bernanos...
Et moi qui n'ai grandi qu'en apparence, puisque "le drame de la vieillesse c'est que l'on reste jeune", je ne rêve que de rejouer dans la cour des petits !
Ma jeunesse étincelle au feu des oiseaux qui passent et l'instant sans retour s'enfuit dans le crépuscule d'or pourpre, parmi les jeux et les cris. Le soir est tendrement penché sur ton visage, douce douleur, flèche-hirondelle dans l'espace bleu. Je dormirai longtemps...Et quand je m'éveillerai, il n'y aura plus que la Beauté...Partout.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Bonjour,
Je crois que benédictin vient de Benoît...
Le site que je viens d'ouvrir, en référence à Victor Hugo,Les Amis de l'ABC , Les Amis de l'Abaissé, est un blog coopératif sous SPIP.
Il me reste à affiner le plan du site mais d'ores et déjà on peut s'y inscrire et publier des articles.
http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/
Ecrit par : Henri Grégoire | 12 avril 2007
Bonjour,
Je n'ai pas encore lu votre ouvrage mais je vous ai vu hier soir cher Bern et je viens de lire votre essai cultivé en guise de page d'accueil. Je suis formateur d'adulte et quelque peu nourri aux pédagogues pour être passé par un cursus en Sciences de l'éducation après avoir passé mon bac (daeu à 40 ans). Je suis aussi père de six enfants et j'ai pu constater ces dernières années que, contrairement à ce que vous prétendez, les pédagogues n'ont pas le pouvoir sur l'institution que vous prétendez. Les théories sont certes professées mais les pratiques elles n'ont guère évoluées de manière générale. D'autre part votre propos est une caricature. La démarche pédagogique ne dénigre pas le savoir. Elle se souci, au contraire de son appropriation par l'apprenant. La critique que vous faites de l'éducation populaire et de la filiation d'Uriage est malhonnête, Joffre Dumazedier ayant très tôt passé dans la résistance pour former ses cadres à l'aide d'une méthode de formation à l'analyse de situation qui est encore utilisée par de nombreux formateurs. Cette méthode permet de développer des capacités d'analyse rationnelle et se fonde sur les fondements de la démarche de recherche scientifique. J'ai soupé de l'enseignement magistral dans un collège et lycée catho dans les années 60/70. Il y a deux choses qui m'ont marqué (en dehors des mauvais traitements infligés par des prêtres musclés): La première c'est la joie éprouvée lors de la seule sortie sur le terrain effectuée par une prof de SVT en troisième dans le cadre d'un cours de géologie. On pouvait apprendre en bougeant. Oh merveille! Ce fut hélas la seule expérience de ce type de toute ma scolarité. La deuxième et qui ne cesse de m'interpeller c'est le souvenir de ma classe de quatrième. J'étais assis près de celui qui deviendra mon beau frère. Nous ne nous sommes pas parlé de toute l'année. Certes il était dans le rôle du bon élève et moi dans celui du cancre. Mais le fait est structurel, mon fils de 17 ans à quitté de brillantes études pour faire un apprentissage chez les compagnons. Ces arguments ont été les suivants pour quitter le lycée : "Je n'en peux plus d'écouter les profs toute la journée sans rien dire et sans pouvoir bouger." Le web, les blogs, les wikis démontrent comme le dit Pierre Lévy que le savoir est collectif. Il se construit en réseau et se renouvelle sans cesse. Les pédagogues ne sont pas les ennemis du savoir. Mais dans le savoir il y a comme dirait un certain Morin, "des archipels de certitudes parmi des océans d'incertitude". Je vois beaucoup d'étudiants qui n'ont effectivement pas appris à penser par eux-même, même si on ne pense jamais tout seul. On apprend avec, contre ou sans l'institution. Jean-Marie Déguignet, dans ses Mémoires d'un paysan bas breton en témoigne: "à 11 ans j'avais appris à lire tout seul". Oui aujourd'hui les jeunes apprennent, écrivent et communiquent comme jamais sans doute dans l'histoire. Ne passons pas à côté de la vague. Ah, autre chose, vraiment vous faites des raccourcis, Freud dit tout le contraire de Rousseau et même les éducateurs peu formés à la psychanalyse que je connais ont entendu parler de la notion de "pervers polymorphe". Revoyez vos références, ce n'est pas Freud mal compris qui a pu induire une vision rousseauiste mais plutôt Carl Rogers et sa notion de croissance (growth). Les psychanalystes ne cessent de constater la carence de la fonction paternelle, et même les moins pédagogues d'entre eux. Par contre vous avez raison lorsque vous citez l'exemple de Camus et de son instituteur. Mais qu'est-ce qui peut bien faire que le fils d'une femme de ménage illettrée, orphelin de père devienne prix Nobel de littérature?
Ecrit par : Philippe Moussa | 12 avril 2007
Cela fait longtemps que je recherche un blog comme celui ci!!
Enfin des personnes qui partagent le même point de vue que moi sur l'éducation...ouf! je commencais à desespérer!
MERCI
Ecrit par : adhera | 12 avril 2007
Je crois que benédictin vient de Benoît...
Oui, je sais, je faisais de l'étymologie sauvage.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
ah! autre chose, on vous félicite et vous adule pour votre charisme sur ce blog. Qu'en pense le rationaliste?
Ecrit par : Philippe Moussa | 12 avril 2007
Ne passons pas à côté de la vague. Ah, autre chose, vraiment vous faites des raccourcis, Freud dit tout le contraire de Rousseau et même les éducateurs peu formés à la psychanalyse que je connais ont entendu parler de la notion de "pervers polymorphe".
D'accord, mais il ne me semble pas que nous ayions dit autre chose : Freud, antithèse de Rousseau.
Par ailleurs, il y a du vrai dans ce quevous dites. Vous parlez de votre expérience et une expérience personelle, par définition, c'est irréfutable.
Mais dans quelle triste colège étiez-vous donc ? (Je ne vous demande pas forcément de réponse précise, c'est une question rhétorique)
Cest vrai qu'on ne rigolait pas tous les jours chez les "bons" pères, mais j'ai personnellement des souvenirs plus joyeux.
Le problème est celui des savoirs et de leur transmission. C'est cela et uniquement cela qui nous "oppose" aux pédagogistes...pas la pédagogie.
On est passé d'un extrême à l'autre et on a trop cédé sur les savoirs, Philippe, vous vous en rendez-bien compte ?
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
errata : personnelle avec deux "n" et collège avec deux "l"
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Oh là là! je sens qu'avec ce Monsieur Moussa, le débat va VRAIMENT avoir lieu. S'il n'avait pas existé-et si toutefois il existe, on ne sait jamais! - il aurait quand même fallu l'inventer."L'océan d'incertitudes", j'aime bien comme formule. Alors que je commençais à croire, avec tout ce qui est dit dans ce blog, que c'était plutôt le contraire, tant les certitudes aussi doctement assénées, commençaient à m'éblouir.
Ecrit par : pierrot | 12 avril 2007
"Les pédagogues ne sont pas les ennemis du savoir"
Il ne doit pas connaître FraKK ni Charmeuse . ;)
Ecrit par : toto | 12 avril 2007
Non Toto, je ne les connais pas par contre je connais Jean Houssaye, qui me paraît être quelqu'un qui a fort bien théorisé la problématique du savoir et de la relation enseignant - apprenant sous forme d'un triangle - voir là:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Formation
Pierrot, désolé de devoir ternir la lumineuse clarté qui commençait à te sortir de la caverne. Mais bon que les plus grands savants insistent sur l'incertitude, ça va dans le sens du tâtonnement de Freinet non?
Ecrit par : Philippe Moussa | 12 avril 2007
"''Le web, les blogs, les wikis démontrent comme le dit Pierre Lévy que le savoir est collectif. Il se construit en réseau et se renouvelle sans cesse. Les pédagogues ne sont pas les ennemis du savoir."""
Le discours de Monsieur Moussa n'appelle que ce commentaire
Le scientisme est une religion, les sciences de l'éducation sont une des nombreuses sectes qui la pratiquent et les pédagogistes en sont les grands Prêtres.
Je viens de regarder sur TV5 Monde un beau documentaire made in Italy sur la naissance de l'Inquisition à Rome au 16eme s. Moi je vois le rapport, évidemment pas les émules des Diafoirus grenelliens, et autres IUFuMistes.
I rest my case
Ecrit par : Cadichon | 12 avril 2007
Bonsoir,
Je viens seulement de prendre connaissance de l'exposé de Françoise Guichard . Moi aussi j'ai cru que le maître de maison en était l'auteur . Bon ,je le relirai en prenant des notes. Cet exposé m'a rassurée. Oui , j'ai eu la chance d'avoir des maître de l'étoffe d'un Célestin Freinet ou d'un Louis Germain et je ne l'oublie pas. Ils ont fait le maximum avec le minimum : ils y croyaient.
D'autres passages de cet exposé ont réveillé des souvenirs que je croyais enfouis , comme ces mots jetés au visage de mon père surnommé l'intello du village : "Ah, tu es peut-être instruit mais cela ne te sert à rien puisque tu es pauvre ! Tu as bonne mine , va ! " Je sais , il ya de cela cinquante ans.
Je connais cependant un jeune garçon me confiant les souffrances endurées dans un lycée viticole, dépendant du Ministère de l'Agriculture il est vrai, mais dans lequel dès le jour de la rentrée, certains professeurs demandent aux élèves de décliner à voix haute, le nom, le prénom, l'adresse, et - la profession allant de soi - la superficie de la propriété des parents. Les parents de ce garçon n'étant pas propriétaires mais ouvriers, le gamin a enduré les humiliations verbales et physiques durant deux ans. Il n'avait qu'à rester à sa place lui aussi.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 12 avril 2007
il y a - des maîtres .
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 12 avril 2007
pour Robin,
J'étais dans un ancien séminaire du côté d'Angers. Avec préfet de discipline, père supérieur, chaire d'étude haute comme un mirador, dortoir de 200 lits. C'est vrai j'ai pas beaucoup rigolé. Un peu plus chez les bonnes soeurs de La Flèche par la suite. Je ne sais pas si on a cédé sur les savoirs. J'essaie d'être dans des démarches actives mais je suis parfois perçu comme trop intello en ce moment par les jeunes artisans avec qui j'interviens à la chambre des métiers. Je me souviens de la tête de certains quand je leur ai parlé de sciences cognitivo-comportementales. Face à l'ahurissement de certains, j'ai répondu qu'on était là pour apprendre des mots nouveaux. Que la formation ça passe par l'apprentissage de mots nouveaux. Ils ne pouvaient pas contredire ça. Ils savent dans leur expérience d'électriciens, de boulangers ou de coiffeuses que leurs formation leur a fait accéder à un langage spécifique. OK l'expérience est irréfutable et je crois avec Jako que la vérité est du côté du sujet. Mais on se cogne contre le réel et nos pauvres mots ont bien du mal à l'atteindre et à l'épuiser.
Ecrit par : Philippe Moussa | 12 avril 2007
"Non Toto, je ne les connais pas "
Donc, comme moi qui me faisais taper sur les doigts quand je parlais des profs (en général... maintenant je dis CERTAINS profs) .... S'il te plait parle uniquement de CERTAINS pédagogos ;)
Merci philippe ;)
ps: tu peux remercier tes 'curetons' somewhere ;) c'est un âne qui te le dis .
Ecrit par : toto | 12 avril 2007
Philippe,
Je vais vous faire un aveu. Moi aussi j'ai souffert de l'éducation traditionnelle (rester assis, écouter, se taire...) parce qu'au fond je préférais apprivoiser les oiseaux, regarder par la fenêtre, écrire des poèmes et inventer des histoires policières (genre "Disparus de saint Agill") avec les copains.
Je n'étais pas le cancre de Jacques Prévert, non, je me maintenais dans une honnête moyenne mais il m'arrivait d'être collé parce que je n'étais très fort en thème latin.
Et moi non plus, je n'aimais pas trop l'école.
Mais moi aussi, maintenant, comme le dit toto, je remercie "somewhere" les "curetons" et les autres de "la laïque" qui n'étaient guère plus tendres...
Que dire de plus ? Je sais maintenant qu'ils m'ont donné, peut être sans le savoir, les clés d'un trésor inestimable.
J'ai eu un professeur de mathématiques en 4 ème, chez les frères. Il était d'origine corse comme JPB et c'était un pédagogue de génie. Pourtant il n'employait jamais de grands mots et il n'appartenait à aucun courant pédagogique. Il était passionné et parce qu'il était passionné, il était passionnant.
L'éducation nationale n'a pas besoin de théoriciens, elle a besoin de gens convaincus qui aiment passionnément leur discipline et qui cherchent à transmettre leur passion.
Maintenant la façon dont ils s'y prennent est secondaire, ce qui compte, c'est le feu.
Je crois que c'est vrai pour tout dans la vie.
Mais à tout prendre, et comme hélàs ce genre d'enseignant est une exception, je préfère le grincheux très savant et pas très "sympa" qui m'a appris l'alphabet grec au pédago "sympa" qui ne m'aurait rien appris du tout parce qu'il aurait pensé que les langues "mortes", ça ne sert à rien dans la vie.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Cadichon,
tout en finesse, en nuances, j'hésite entre l'impressionnisme ou le clair/obscur des flamands pour qualifier cette édifiante pensée. Sérieusement, la science n'est pas le scientisme; la religion n'est pas l'intégrisme et le caramel n'est pas le charisme. Quand aux "prêtres pédagogistes" j'en connais beaucoup qui sont "défroqués" et ont tourné libertins.
Ecrit par : Philippe Moussa | 12 avril 2007
Les méfaits de l’instruction obligatoire
De nos jours surtout, la plupart des êtres humains ne valent pas grand-chose sur les plans intellectuel et moral. D’ailleurs, oser le dire en société suscite les plus vives protestations, voire des accès de fureur. Quand on se sent morveux, on se mouche, et seule la vérité blesse, comme dit la « sagesse populaire ».
La décision de Jules Ferry de rendre l’école obligatoire pour tous les enfants est contemporaine de l’expansion coloniale et de l’illusion d’accomplir une « mission civilisatrice ». Il faut même faire remarquer que ce même Jules Ferry était un fervent partisan du colonialisme et de sa fameuse
« mission ». Par ailleurs, c’est à cette même époque que la révolution industrielle se poursuit, la voiture a essence et l’avion faisant leur apparition quelques années plus tard.*
L’école n’est d’abord obligatoire que jusqu’à l’âge de treize ans, puis quatorze. Elle ne le deviendra jusqu’à seize ans qu’en 1967, soit environ quatre vingt cinq ans plus tard. On se fera une assez bonne idée de ce que pouvait être la qualité de l’instruction reçue alors par le plus grand nombre si l’on songe au nombre minime d’années d’études imposé ainsi qu’à l’inégalité naturelle des capacités intellectuelles chez les êtres humains.
J’ai fait la connaissance un jour d’un homme qui avait poursuivi ses études jusqu’à obtenir une licence d’économie et dont la maîtrise du français était encore assez loin d’être parfaite. De même, j’ai rencontré un bachelier de français qui ignorait le sens du mot « concupiscence ».
À quoi sert-il de forcer des enfants à aller à l’école jusqu’à leur majorité pour les voir voter en faveur de partis d’extrême droite une fois devenus adultes ? On voit bien par là que leurs leçons d’histoire ne les ont pas rendu plus perspicaces. En fait, l’organisation des sociétés occidentales (organisation qu’on a tenté d’exporter un peu partout avec plus ou moins de succès), exige des individus qui y vivent la possession de quelques rudiments de lecture, d’écriture et de calcul. Mais les autres connaissances qui leur ont été enseignées sont généralement oubliées par la suite, ou encore mal assimilées dès le départ, car peu utiles aux métiers qu’ils doivent exercer et ne suscitant pas réellement leur intérêt. Et pourtant, ceux-là sont presque aussi bavards que les « érudits » et autres « intellectuels », lorsqu’il s’agit d’aborder les sujets qui nécessitent parfois bien davantage d’instruction qu’ils n’en ont reçu ou qu’ils se sont montrés capables d’assimiler.
Comme le disait très justement Jiddu Krishnamurti (dont, par ailleurs, nous n’apprécions pas beaucoup les idées sur beaucoup d’autres sujets), il est absurde de n’étudier que pour obtenir un diplôme alors que l’acquisition du savoir peut occuper une vie entière. C’est pourtant ce que la plupart des gens font : ils apprennent leurs leçons pour passer un examen, puis ils cessent de s’instruire pour se concentrer presque exclusivement sur leur profession, leurs loisirs et leurs tâches domestiques. J’ai même entendu une personne instruite et même plutôt cultivée me dire que l’érudition pouvait nuire à l’intelligence ! Or, s’il est vrai que l’instruction ne saurait en aucune manière remplacer la sagacité et la pénétration d’esprit, nous ne voyons nullement en quoi elle pourrait gêner ces qualités chez ceux qui les possèdent, bien au contraire. Du reste, on pourrait épiloguer longuement sur la valeur de la plupart des « érudits » occidentaux. Nous en avons vu un affirmer que les musulmans croyaient que Jésus était enterré au Cachemire, un autre assurer que l’histoire de l’islam n’avait retenu le nom d’aucune sainte musulmane et comprendre que le mot islam lui-même, dans la bouche de Mahommet, signifiait systématiquement l’observance de la loi coranique ; nous ne citons que ces deux exemples, sans quoi nous devrions consacrer plusieurs ouvrages à ce sujet. Nous ne pouvons qu’adhérer à cette citation de Paul Léautaud d’après laquelle « un savant est un homme qui sait beaucoup de choses qu'il faudrait connaître mieux que lui pour savoir s'il n'est pas un âne. » Mais nous approuvons également celle, du même auteur, qui garantit qu’ « il n'y a pas que le pédantisme des savants. Il y a aussi celui des ignorants, chez les gens sans instruction, qui n'ont lu que deux ou trois livres d'école communale, et qui ne ratent pas une occasion de s'en souvenir, au sujet de n'importe quoi. »
Tous ces graves inconvénients de l’instruction publique obligatoire n’ont au fond qu’une seule origine, à savoir la superstition moderne de l’égalitarisme. En effet, ce brave Jules Ferry n’hésitait pas à proclamer que « l’égalité, c’est la loi même du progrès humain ! C’est plus qu’une théorie : c’est un fait social, c’est l’essence même et la légitimité de la société à laquelle nous appartenons. » En d’autres temps, tant de « lucidité » aurait eu de quoi laisser pantois ! Ce qu’une observation même superficielle du monde qui nous entoure suffirait à démentir catégoriquement se trouve érigé au rang de dogme. Mais de nos jours, peut-on s’étonner de telles inepties de la part d’hommes politiques lorsque même un pape prétend que « l’évolution est plus qu’une hypothèse », voulant parler des sottises néo-darwinistes ?
Il nous faut maintenant évoquer brièvement la véritable déformation intellectuelle que doivent subir même les élèves les plus doués en suivant une scolarité imposée à tous sans distinction. Malgré les efforts de certains pour nous convaincre que l’enseignement public ne sert qu’à développer l’esprit critique et donner les moyens de faire ses propres choix intellectuels et culturels, nous avons bien remarqué qu’une certaine forme de propagande était pratiquée activement par les enseignants, aidés en cela par les manuels scolaires eux-mêmes. Nous voulons parler de la vulgarisation de théories scientifiques présentées comme des faits ainsi que de la restriction du nombre d’opinions considérées comme admissibles par l’Occident moderne, mais aussi de la manière imparfaite d’inculquer des vérités qui pourtant pourraient être démontrées aisément. Ce n’est pas à dire que ces éducateurs soient conscients de cette déformation qu’ils imposent – de leur plein gré et avec la plus profonde conviction de bien agir – à leurs pupilles, ils sont au contraire les premières dupes de l’endoctrinement dont ils sont à la fois les victimes et les instruments. Comme exemple de la première déformation dont nous venons de parler, il y a le fait qu’on présente aux enfants comme des vérités irréfutables les tentatives d’explication des résultats d’expériences menées relativement récemment. Qui n’a pas déjà vu sur des manuels scolaires des images de cerveaux dont on comparait la taille pour étayer l’idée selon laquelle l’espèce humaine serait devenue de plus en plus intelligente à mesure que le temps s’est écoulé ? Alors même que les véritables spécialistes de la question savent bien qu’un cerveau d’Auvergnat moyen mesure le même volume que celui d’un australopithèque ! Pour prendre un exemple du second phénomène évoqué, qui n’a jamais entendu dire au cours d’une leçon d’histoire que « la démocratie était le meilleur des systèmes de gouvernement » ? Alors que cette opinion, qui est présentée comme un fait, est contredite par un penseur de l’envergure de Platon. On prétend volontiers – et de bonne foi – que l’expérience aurait prouvé la supériorité de la démocratie sur les autres formes de pouvoir, sans que l’on songe à s’interroger sur le fait que c’est le mode de gouvernement qui prédomine là où l’on se trouve. Les théories du fondateur de l’Académie sont ainsi démenties sans autre forme de procès. Un examen plus attentif, prenant en compte la brièveté des expériences démocratiques dans l’histoire ainsi que les événements récents, pourraient pourtant nous faire douter de la prétendue supériorité de cette doctrine politique. Quant à la troisième forme d’altération produite sur les esprits, dont nous ne sommes pas en mesure de décider si elle est plus ou moins grave et sournoise que les autres, il s’agit, comme nous l’avons dit, de défendre des vérités avec des moyens dérisoires. Nous disons que ces vérités font l’objet d’une apologie, voire d’un éloge, et non d’un véritable enseignement. Car en effet, pour enseigner une vérité, il suffit de la démontrer, ce qui dans certains cas n’est pas fait. Le meilleur exemple de cette dangereuse anomalie est sans doute le dénigrement du racisme, qui ne fait quasiment jamais l’objet d’un argumentaire rationnel ; c’est comme s’il suffisait de donner une connotation péjorative au mots « racisme » et « raciste » pour convaincre qu’il s’agit d’une erreur. D’ailleurs, toutes les campagnes publicitaires contre le racisme ne visent qu’à le dévaloriser en faisant l’éloge de l’attitude contraire, sans jamais apporter le moindre contre argumentaire aux racistes (qui, eux, développent des arguments, même s’ils sont fallacieux). Dans ce domaine comme dans bien d’autres aujourd’hui, l’émotionnel remplace le rationnel (et celui-ci évince totalement le spirituel, que la plupart de nos contemporains assimilent à une superstition). Des enfants souriants de différentes races placés côte à côte sur des photos sont censées suffire à nous persuader que la xénophobie et la ségrégation raciale sont de mauvaises choses, alors qu’il serait bien plus efficace de faire remarquer que chaque race humaine comporte des membres dont la conduite morale et les aptitudes intellectuelles sont comparables à celles de membres des autres races humaines. Il faut d’ailleurs bien voir que cet anti-racisme purement sentimental n’a pas eu beaucoup d’effet sur les mentalités puisque des partis politiques quasi-ouvertement racistes remportent de plus en plus de suffrages au détriment de formations plus modérées. Ce résultat et la nature des efforts déployés pour l’éviter sont le signe indubitable d’un affaiblissement généralisé de l’intelligence chez ceux qui croient être les artisans et les bénéficiaires d’un « progrès » auquel ils se refusent à reconnaître des limites. La méditation de ce qui est à leur portée dans les choses du passé ou dans celles d’autres peuples ne leur est d’aucune utilité car ils se sont convaincus que celles de leurs idées qui font consensus sont supérieures à toutes les autres et que ces idées, qui ne sont bien souvent que des préjugés ou des superstitions modernes, les empêchent de comprendre les autres civilisations.
(* Citations de Jules Ferry : « La politique coloniale est fille de la politique industrielle », « Les colonies sont les soupapes de sécurité de notre économie », et encore : « Les peuples supérieurs ont le droit et même le devoir de civiliser les peuples inférieurs ».)
Ecrit par : Nabu | 12 avril 2007
Les disparus de St Agil avec un seul l.
Il s'agit de l'excellent film de Christian Jaque, sorti en 1938, avec Erich Von Stroheim, Michel Simon et Armand Bernard d'après le roman de Pierre Véry et des dialogues de Jacques Prévert qui raconte une aventure policière dans un pensionnat de garçons entre les deux guerres.
"Trois élèves du collège de Saint-Agil qui préparent en secret leur départ en Amérique, disparaissent mystérieusement les uns après les autres après avoir surpris une nuit, un homme louche dans l'établissement. Un professeur (Michel Simon) est assassiné après une dispute avec un de ses collègues (Erich Von Stroheim).
Je viens de l'emprunter à la médiathèque pour le revoir. L'ambiance du film est assez semblable à celle que j'ai connue dans les années 60.
Il ne s'agit pas d'idéaliser l'école d'antan qui avait bien des défauts, mais il faut reconnaître qu'avec tous ses rituels et malgré ses pesanteurs (ou peut-être à cause d'elles), c'était une magnifique "machine symbolique" à fabriquer des rêves et à former des esprits.
Et il n'est pas vrai qu'elle brisait les volontés. Comme disait de Gaulle : "On ne s'appuie que sur ce qui résiste."
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Chère Hélène Ch. vous dites:
"Je connais un jeune garçon me confiant les souffrances endurées dans un lycée viticole parce que ses parents étaient ouvriers agricoles..."
Puis-je vous relater un souvenir vécu par mes jumeaux, en fin d'année scolaire de la classe de 5ème?
Le professeur d'anglais demandait aux jeunes comment ils allaient meubler leurs journées de vacances.
Et se tournant vers mes garçons, il enchaîna:
"Et vous, vous allez retourner dans votre ferme?
Faites attention de ne pas marcher dans les bouses de vaches !"
Ce fut à la fois une humiliation et un moteur puissants.
Et en classe de 4ème, ils n'eurent plus une seule note en dessous de 16, le but étant de montrer aux fils et filles de médecins, d'avocats et autres ce que des fils de paysans étaient capables de faire.
Ils en ont tiré une certaine fierté, de l'orgueil et un peu de suffisance...
Ecrit par : Maminou | 12 avril 2007
(* Citations de Jules Ferry : « La politique coloniale est fille de la politique industrielle », « Les colonies sont les soupapes de sécurité de notre économie », et encore : « Les peuples supérieurs ont le droit et même le devoir de civiliser les peuples inférieurs ».)
Ecrit par : Nabu | 12 avril 2007
Oui, c'est vrai.
Mais cette école de Jules Ferry qui était figé dans ses certitudes et qui n'était, je vous l'accorde, guère critique vis-à-vis d'elle-même, vous a pourtant fourni, comme le prouve votre réflexion, de bons outils pour la critiquer.
On peut accepter ou ne pas accepter un héritage, ou accepter un héritage "sous bénéfice d'inventaire"...On appelle cela la liberté. Mais encore faut-il avoir reçu quelque chose en héritage.
Ecrit par : Robin | 12 avril 2007
Robin,
Vous avez sans doute raison en ce qui concerne la passion. Encore que, l'obligation de rester passionné pendant 20 ans ou plus ça engendre beaucoup de... dépressifs. Mais qu'est-ce qui fait l'objet de la passion? Le savoir pour certains, la relation pédagogique ou les deux pour d'autres. Attribuer l'échec de l'école aux sciences de l'éducation n'est pas honnête intellectuellement. Les causes sont profondes, sociétales, culturelles etc. Pour moi le pédagogue n'est pas forcément sympa, il est plutôt stratège et il sait confronter autant qu'accompagner. Ce que vous dites illustre bien le proverbe tibétain: "Même un mauvais maître peut faire un bon disciple." Oui on s'en sort malgré tout, heureusement (et surtout quand on dispose du capital culturel de départ). Nous nous en sommes sortis, mais combien de jeunes restent sur le chemin car il n'ont pas partagé la passion de leur enseignant. Vous savez comment on s'en tire aujourd'hui quand on sort du système scolaire sans aucun diplôme? Vous savez à quels types d'emploi on est contraint et dans quels conditions ces jeunes travaillent quand ils travaillent? Je suis d'accord avec vous, il s'agit d'aimer ce que l'on fait et de rester passionné. Alors que les enseignants blasés aient le courage de changer de métier. Nous en connaissons vous et moi un certain nombre et nous en avons rencontré qui font des dégâts sans que personne ne bronche dans l'institution. C'est beau l'esprit de corps. Là, je suis votre logique, la logique de la discipline. La vérité c'est que je sais effectivement que beaucoup d'enseignants "morflent", que le métier est très dur et je suis convaincu qu'il faut des espaces de parole et de rencontre pour que ces difficultés se disent et s'élaborent. Le mythe de l'enseignant passionné qui dialogue avec son savoir ça tient un temps. Il faut pouvoir aussi parler des difficultés qu'on rencontre et construire des réponses collectives.
Figurez vous que j'anime des stages sur la question des conflits avec des enseignants. Vous croyez que j'y apporte beaucoup de savoir? Disons, allez! un cinquième du temps je le consacre à des apports. Ensuite nous partons des pratiques, des expériences. Le dialogue, la rencontre, les échanges, la confrontation, le questionnement, la réflexion, la recherche, ça me passionne en effet. Le savoir bien sûr à un rôle à jouer dans tout ça, mais pas plus que l'expérience. Et sans doute l'expérience, pas plus que le savoir. On est toujours dans un va et vient entre ses deux pôles. Ce n'est pas de la théorisation, c'est de la l'analyse de pratique. Effectivement nos pratiques valent sans doute plus que nos théories. Mais nos théories sous-tendent constamment nos pratiques... Alors nous avons intérêt à les rendre un peu explicites sinon elles risquent de se réduire à du "repli disciplinaire". Quand aux langues mortes, elles servent peut-être à l'enseignant, au médecin ou à l'avocat (voir au chimiste) mais ça c'est eux qui peuvent nous le dire... Pour ma part j'ai un goût pour ce qui est vivant mais j'adooore mon dico historique de la langue française. SAPERE AUDE!!!
Ecrit par : Philippe Moussa | 12 avril 2007
"Le scientisme est une religion, les sciences de l'éducation sont une des nombreuses sectes qui la pratiquent et les pédagogistes en sont les grands Prêtres."
Ecrit par : Cadichon | 12 avril 2007
Allons, allons, on se calme! Il ne faut pas que les derniers commentaires contradictoires avec la doxa de ce blog vous fassent perdre votre sang froid! Et j'ai l'impression, Cadichon, que votre gourou à vous perd un peu de son aura sur ce blog, à lire les derniers commentaires, (de Robin, entre autres).
Dont acte, Jean-Paul, pour le nombre de visiteurs du blog... Il m'a semblé percevoir, hier soir, une ambiguité, dans ce que vous avez dit, entre "visiteurs" et "participants". Et, en tout état de cause, il est dommage qu'un si faible pourcentage de ces visiteurs laisse une trace écrite de son passage...
Ecrit par : Christophe Sibille | 12 avril 2007
Mais que de fantastiques apparitions avec ce M.Nabu, le tout premier je pense à évoquer Krishnamurti dans l' "océan de certitudes" de ce blog. Est-ce que tous ces respectables savants, lecteurs , penseurs et autres Pic de la Mirandole, connaissaient l'existence et la pensée de ce grand Monsieur qu'est Krishnalurti ? Pensée qu'on peut d'ailleurs retrouver sur un blog voisin.....Merci M.Nabu et osez continuer à citer cette référence, surtout à propos d'éducation, d'enseignement et d'instruction, cadre de bien des enseignements de sa part qui devraient(pourraient?) être au moins plus souvent cités ici...Mais évidemment, Platon, Rousseau et consorts, c'est plus....."classiquement correct"!
Ecrit par : pierrot | 12 avril 2007
Allez, juste une dernière pour aller dans le sens de disons, les "disciplinaires". Oui il faut que chacun accède à la richesse du langage. Car c'est être aliéné à soi même que de ne pas pouvoir dire ce qu'on ressent, ce qu'on vit intérieurement parcequ'on n'a pas les mots. Et quand on n'a pas les mots, on a recours aux actes. "Pouvoir exprimer ses intentions au plus près de sa pensée" disait une chercheuse l'autre jour sur France Cul. J'ai bien aimé cette formule. Non, il ne faut pas lacher sur l'apprentissage du langage. Je suis pour un gouvernement de coalition entre les pédagogos et les disciplinaires pour sortir du clivage.... bonne nuit
Ecrit par : Philippe Moussa | 12 avril 2007
Robin a écrit :
"Mais cette école de Jules Ferry qui était figé dans ses certitudes et qui n'était, je vous l'accorde, guère critique vis-à-vis d'elle-même, vous a pourtant fourni, comme le prouve votre réflexion, de bons outils pour la critiquer."
Ces moyens, et même de bien meilleurs, auraient pu m'être fournis par une autre institution que cette école de Jules Ferry. Cet idiot a inventé l' "instruction publique obligatoire et gratuite", mais il n'a pas inventé l'instruction elle-même, que je sache. Il ne l'a pas pour autant rendue plus accessible qu'elle ne l'était déjà, contrairement à une opinion très répandue et pourtant évidemment fausse.
à pierrot :
Comme je l'ai précisé dans mon post précédent, je ne partage absolument pas l'essentiel des idées de ce Krishnamurti, à qui il est arrivé de dire quelques choses justes parmi une foule d'inepties. Ce guru, qui se défendait en vain d'en être un, possédait un certain bon sens qui lui a permis d'attraper de nombreux nigauds avec des truismes, mais il ne valait guère mieux que cela.
Ecrit par : Nabu | 13 avril 2007
Erratum :
J'aurais du écrire : "Ces moyens, et même de bien meilleurs, auraient pu m'être "fournis" par D'AUTRES institutions que celle de Jules Ferry."
Ecrit par : Nabu | 13 avril 2007
Faites vous une idée par vous même. écoutez cette vidéo de Joffre Dumazedier:
http://www.oasis-tv.net/jsp/fiche_video.jsp?STNAV=&RUBNAV=&CODE=1064496722640&LANGUE=0
Ecrit par : Philippe Moussa | 13 avril 2007
je ne dors pas!! faites moi penser à développer ces travaux intéressants sur l'école mutuelle.
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_mutuelle
Ecrit par : Philippe Moussa | 13 avril 2007
Robin,
Steiner, Montessori, vous n'auriez pas eu quelques soucis avec la précocité..............?
Ecrit par : Carole | 13 avril 2007
Cadichon
Après quelques semaines de zapping, toujours autant de plaisir à vous lire.
Ecrit par : Carole | 13 avril 2007
"Pouvoir exprimer ses intentions au plus près de sa pensée" disait une chercheuse l'autre jour sur France Cul...
citée par Philippe Moussa.
Nous voici revenus au bon vieux temps des polémiques entre Platon et Gorgias (et personne ne s'étonnera de me voir préférer Gorgias - etCalliclès - aux a priori idéalistes de Socrate / Platon). On ne peut pas penser en dehors du langage. Ce qu'exprime le jeune (ou le moins jeune, méfions-nous des topoï, comme dirait... Platon) qui vous file un coup de boule, c'est qu'il ne parvient pas non à exprimer mais même à formuler cet informel pâteux qui lui sert de pensée. Hors du savoir, point de salut - sinon le salut hitlérien.
Et certes, savoir ne suffit pas pour ne pas voter FN : Pascal a merveilleusement expliqué que plus on en sait, plus on en ignore, parce que le point de contact avec le nopn-savoir s'accroît à chaque connaissance nouvelle. Apprendre à lire à un enfant, cela consiste non seulement à lui apprendre à déchiffrer, mais à l'inciter à poursuivre le dialogue avec les livres durant toute sa vie.
Et la bibliothèque est grande - relisez Borgès ("l'univers, que d'autres appellent la bibliothèque", écrit-il au début de "la Bibliothèque de Babel").
La question des profs qui nous ont marqués a été traitée sur ce blog il y a quelques mois : voir
http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/08/index.html
Sibille, laissez-vous une trace de vous sur tous les sites où vous pouvez passer ? Pas moi - pas même sous l'un ou l'autre des pseudos qu'il m'arrive d'utiliser. C'est déjà très beau que tant de gens pensent si bien et si fort sur celui-ci.
Quant à Jules Ferry et à ses principes coloniaux, ils étaient cités et analysés dans un manuel scolaire du début des années 80 - la dernière époque où l'on a eu vraiment, dans les programmes et les livres, de l'ambition pour les élèves. C'était aux éditions Magnard, la collecion s'appelait "Textes et Contextes", et les auteurs en étaient Biet, Rispail... et Brighelli.
Qu a entendu parler de ces trois lascars ?
Unn dernier point sur cette question du savoir - et le fait que tant de gens cultivés, à commencer par Le Pen soi-même, pensent si mal. C'est que l'on confond raison et passion -voir l'analyse superbe de Sartre dans "Réflexions sur la question juive". Le raciste n'est pas être de raison - pas par son aspect raciste. Tout comme l'amoureux - quelqu'un ici prétend-il aimer de façon rationnelle ? Etre prof, c'est justement faire de l'équilibrisme entre raison et passion, et peser sur celle-ci pour développer celle-là. C'est bien pour ça que ça ne s'apprend guère, sinon avec le temps (quelqu'un prétenbd-il pouvoir donner des cours de passion ? Don Juan a-t-il des élèves ? Vous l'imaginez, "enseignant référent" - ou ressource, je ne sais plus quel est le jargon en usage à ce jour et à cette heure - c'est bien pour ça que je n'ai jamais eu de stagiaire). Un prof qui manque de passion ne transmettra jamais à ses élèves la passion de la raison. Convaincre des élèves, cela consiste à les séduire. Comme dit à peu près Merteuil dans les Liaisons : "Pensez-vous la convaincre de coucher avec vous ?" Ou si l'on préfère : Pensez-vous convaincre des élèves en parlant juste à leur tête ? C'est comme ça que l'on n'apprend, en classe, qu'à s'ennuyer.
Même si je pense qu'un minimum d'ennui est formateur : qu'est-ce que c'est que ce système où il faudrait en permanence "intéresser" les élèves, quitte à recourir au ludique pur, aux sorties systématiques (comme si l'Ecole était par définition le lieu de l'Ennui), au zapping perpétuel ?
JPB
Ecrit par : JPB | 13 avril 2007
Sans aucun rapport avec tout ce qui précède, naturellement, (les joies du blog), j'entends ce matin aux infos de 6 heures que l'université de Lyon II met en place pour la rentrée 2008 une licence professionnelle de CLOWN, oui vous avez bien lu (non, elle n'est pas animée par Ph. Meirieu, mauvais esprits que vous êtes !). Suit une interviouve d'un monsieur extrrrrêmement sérieux, qui explique d'un ton pontifiant toute l'utilité sociale de cette formation, et les nombreux débouchés qu'elle propose, en particulier pour ce qui est de l'aide à la personne. Comme on n'est pas le 1er avril, ce n'est pas un khanular... Je m'étrangle de rire jaune et d'indignation dans mon thé amer. "Ris donc, Paillasse". Une centaine d'étudiants sont attendus à l'automne prochain. Ceci signifie qu'on a trouvé, en cette période de vaches maigres et de misère noire pour l'Université, des crédits pour "ça". Faut dire que le ridicule ne tue plus... Mais pendant ce temps, les Chinois et les Indiens travaillent, EUX. Quo non descendamus ?
Ecrit par : FGuichard | 13 avril 2007
Robin,
Steiner, Montessori, vous n'auriez pas eu quelques soucis avec la précocité..............?
Ecrit par : Carole | 13 avril 2007
Ne m'en parlez pas Carole...
Et ça n'est pas fini ; il a 14 ans maintenant et je vous assure qu'il faut "s'accrocher aux branches" pour "rester à la hauteur" !
Ecrit par : Robin | 13 avril 2007
Ceux qui connaissent Krishnamurti, des "nigauds"! Oui, je m'en doutais un peu. Je m'y attendais.C'est le qualificatif minimum, généralement employé pour parler de ceux qui apprécient sa manière de penser - et non ses idées, puisqu'il n'en a justement pas, contrairement à tous les autres. C'est dommage de mettre ainsi -avec quels arguments convaincants?- au ban de la pensée de tels hommes. Il y a de grands esprits ainsi ostracisés par ceux qui savent. Ah oui, M.Ibsen, répétez donc:"The majority is never right. She rules the lies".
Ecrit par : pierrot | 13 avril 2007
"Sibille, laissez-vous une trace de vous sur tous les sites où vous pouvez passer ? Pas moi - pas même sous l'un ou l'autre des pseudos qu'il m'arrive d'utiliser."
Ecrit par : JPB | 13 avril 2007
Absolument. Quand les propos qui y sont échangés m'intéressent. Et, votre modestie devrait-elle en souffrir, il n'y a que le vôtre qui soit dans ce cas en ce moment. Je ne suis pas un cinglé naturel des forums. Et, (est-ce un tort), je n'utilise jamais de pseudo.
Ecrit par : Christophe Sibille | 13 avril 2007
L'université de Lyon II met en place pour la rentrée 2008 une licence professionnelle de CLOWN, oui vous avez bien lu!
FGuichard, n'existe-t-il pas des formations universitaires pointues dans d'autres arts, musique, arts plastiques, danse, théâtre etc?
Pourquoi cet ostracisme vis à vis d'un des arts les plus populaires? Cela me rappelle ce mot prêté à Euripide s'adressant au peuple qui voulait changer une scène: " Hé là, nigauds, idiots, crétins, abrutis, mes pièces servent à vous instruire et ce n'est pas vous qui m'instruisez." ( S. Thérault, la Commedia dell'Arte)
Ecrit par : buntovchik | 13 avril 2007
"Sans aucun rapport avec tout ce qui précède, naturellement, (les joies du blog), j'entends ce matin aux infos de 6 heures que l'université de Lyon II met en place pour la rentrée 2008 une licence professionnelle de CLOWN, oui vous avez bien lu (non, elle n'est pas animée par Ph. Meirieu, mauvais esprits que vous êtes !). Suit une interviouve d'un monsieur extrrrrêmement sérieux, qui explique d'un ton pontifiant toute l'utilité sociale de cette formation, et les nombreux débouchés qu'elle propose, en particulier pour ce qui est de l'aide à la personne. Comme on n'est pas le 1er avril, ce n'est pas un khanular... Je m'étrangle de rire jaune et d'indignation dans mon thé amer. "Ris donc, Paillasse". Une centaine d'étudiants sont attendus à l'automne prochain. Ceci signifie qu'on a trouvé, en cette période de vaches maigres et de misère noire pour l'Université, des crédits pour "ça". Faut dire que le ridicule ne tue plus... Mais pendant ce temps, les Chinois et les Indiens travaillent, EUX. Quo non descendamus ?"
Ecrit par : FGuichard | 13 avril 2007
J'avoue que je ne comprends pas très bien votre animosité! Cette information mérite, au moins, quelques éclaircissements!
Ecrit par : Christophe Sibille | 13 avril 2007
On s'est "croisé", Buntchovik... Mille excuses pour mon message, qui fait redondance au vôtre...
Ecrit par : Christophe Sibille | 13 avril 2007
Il y a bien un BTS de toilettage pour chiens .
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 avril 2007
Lu les articles signalés par Philippe Moussa sur "l'école mutuelle" et la méthodes d'apprentissages actives en Allemagne "Lernen durch Lehren" (surtout des langues étrangères et au départ du français).
Il faut faire attention aux anachronisme et ne pas penser que les écoles mutuelles telles qu'elles fonctionnaient vers 1830 étaient des écoles où régnait une pédagogie active.
Elles avaient été crées principalement pour pallier le manque de professeurs et pour lutter contre l'influence des écoles "confessionnelles". L'apprentissage par coeur y prédominait largement.
Je relève quelques remarques intéressantes, notamment la conclusion de l'article sur la méthode "Lernen durch Lehren". Il faut remarquer qu'il s'agit d'une méthode particulièrement exigeante qui demande aux "apprenants" du travail, de l'investissement, de la concentration et du silence et qui ne sacrifie pas la méthode aux "contenus".
Le Dom Juan de Molière" n'est pas sa pièce la plus facile, surtout pour des élèves allemands pour lesquels le français est une langue étrangère.
" Dans la domaine de la psychologie de l'éducation en Allemagne, A. Renkl a effectué quelques recherches sur " Lernen durch Lehren " en évitant de faire référence à Martin. Dans sa thèse de doctorat d'État parue en 1997 il cite rapidement Martin, mais dans son article paru dans le dictionnaire de la psychologie de l'éducation en 2006 il se contente de citer des auteurs de langue anglaise[10]. Il conclut son article en constatant que dans la recherche "on trouve des jugements en partie euphoriques sur Lernen durch Lehren (...). Si on étudie les résultats, il faut cependant considérer cette euphorie avec prudence. Lernen durch Lehren peut conduire au succès, mais cela n'est pas automatique." Plus loin: "Les recherches futures devront étudier théoriquement et pratiquement sous quelles conditions Lernen durch Lehren peut mener à de bons résultats.
" Enfin elle est particulièrement recommandée dans les établissement spécialisés dans l'enseignement des élèves à haut quotient intellectuel (Hochbegabte)."
D'une manière générale, il faut se méfier de la manière parfois un peu trop "euphorique" dont les choses sont présentées. Par exemple ce tableau à deux entrées où l'on compare les méthodes "actives" aux méthodes "traditionnelles" en montrant systématiquement le côté négatif des méthodes traditionnelles et la supériorité des méthodes dites "actives".
La réalité sur le terrain est assez différente : diversité des "apprenants", motivation, contexte socio-culturel, prérequis...
Ecrit par : Robin | 13 avril 2007
y a bien un BTS de toilettage pour chiens .
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 avril 2007
Et il y bien l'ENA, Sciences-po, HEC qui fabriquent nos apparatchiki en séries, je veux dire les clowns de l' Etat féodal centraliste français qu'on voit chaque jour défiler sur nos écrans. Sans nous faire rire!
Ecrit par : buntovchik | 13 avril 2007
Oui buntovchik, mais un clown "licencié en clownerie", c'est un peu la même chose, non ?
Vous connaissez l'opéra "Paillasse" de Léoncavalo ?
Paillasse (en italien : I Pagliacci, c'est-à-dire « Les clowns ») est un opéra en deux actes écrit et composé par Ruggero Leoncavallo, créé le 21 mai 1892 au Teatro Dal Verme à Milan.
L'argument est inspiré d'un fait divers dont l'auteur avait lui-même été témoin dans son enfance : au cours d'une représentation de commedia dell'arte donnée dans un village de Calabre par une troupe de théâtre ambulant, le comédien Canio, mélangeant l'action de la pièce et la vie réelle, tue sa femme Nedda et l'amant de celle-ci, sous les applaudissements des spectateurs qui ne comprennent que trop tard le télescopage entre le jeu et la réalité.
I Pagliacci s'est rendu célèbre par la magistrale mise en abyme de son action dramatique, ainsi que par son manifeste - exposé par l'un des personnages lors d'un Prologue à la manière Baroque - dans lequel l'auteur appelle à rapprocher fiction et réalité, jusqu'à ne plus savoir distinguer l'une de l'autre. Servi par une musique passionnée et un sens aigu du drame, il annonce en cela le Vérisme et ouvre la voie à Puccini.
Réactualisant la question du Paradoxe sur le comédien (qu'illustre le fameux air « Ridi, Pagliaccio » (« Ris donc, Paillasse ») dans lequel Canio, en plein désarroi juste avant la représentation fatale, exhorte son propre personnage à paraître joyeux sur scène), le rôle a été particulièrement prisé par de célèbres interprètes, dont un des plus marquants fut au début du XXe siècle le ténor Enrico Caruso.
J'ai bien peur que notre époque ne perde un peu du sel de l'existence en ignorant sa dimension tragique et en oubliant que comédie et tragédie sont inséparables.
Ecrit par : Robin | 13 avril 2007
"L'université de Lyon II met en place pour la rentrée 2008 une licence professionnelle de CLOWN, oui vous avez bien lu!"...
"Il y a bien un BTS de toilettage pour chiens .
Anne-Marie."
Il y a bien des profs pour dire à une jeune collégienne; "Quoi tu veux être coiffeuse mais pourtant tu es intelligente."
Sans doute que le mépris vaut bien mieux que l'humour. "Allons ce sont des experts comptables qu'il nous faut, laissons les clowns se former dans la rue comme il se doit."
Ecrit par : Philippe Moussa | 13 avril 2007
Bonjour et merci Maminou. Eh oui, les imbéciles et les prétentieux sont partout , même là où on les attend le moins ! Entre ce que l'on veut paraître et ce que l'on est vraiment il y a de quoi méditer.
Dans " Marie-Claire " Marguerite Audoux décrit son enfance dans un orphelinat où une religieuse attentive lui apporte la tendresse maternelle dont elle abesoin. La mère supérieure jalouse refuse alors que la jeune Marie-Claire poursuive d'autres études et envoie celle-ci dans une ferme où elle sera bergère. Marie-Claire accepte sans broncher . Déçue, la mère supérieure lui demande : " Vous n'êtes donc pas fière ? " Et l'enfant lui répond simplement : Non ma Mère.
J'ai lu et relu ce roman , captivée par sa fraîcheur, sa sincérité, et sa vision poétique des choses pour affronter les duretés de la vie.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 13 avril 2007
Chère Hélène,
Il y aurait bien à dire à propos du manque de communication entre les enseignants et nombre de corps de métiers .... et réciproquement.
Chacun vit dans sa bulle et "voit midi à sa porte"...
On se prive ainsi de beaucoup de richesses.
Ecrit par : Maminou | 13 avril 2007
"La démarche pédagogique ne dénigre pas le savoir. Elle se soucie de son appropriation par l'apprenant."
Quel vain charabia!
Et quand Meirieu écrit que les professeurs dispensent des connaissances "fossilisées", il ne dénigre pas le savoir, par hasard?
"Aujourd'hui les jeunes écrivent comme jamais sans doute dans l'histoire." Ah! ça, c'est sûr! Ils n'ont jamais ignoré et massacré leur propre langue comme aujourd'hui!
Un bon conseil, Cher Monsieur Moussa, arrêtez donc de vous repaître sans l'ombre d'un soupçon d'esprit critique de toutes les billevesées que vous rencontrez dans la littérature que vous croyez "pédagogique"!
Le "pédagogisme", contrefaçon de la "pédagogie"! Comme le rappelait très justement Jean-Paul Brighelli chez Bern, l'enseignement se "fait", il ne se "raconte" pas!
A quoi servent à cet égard, Cher Monsieur Moussa, les vingt mille pages commises par Meirieu aux frais de la République?
Car pendant que Meirieu en est encore à chercher comment il faut enseigner, nous, les professeurs - mais Meirieu n'est pas professeur - nous enseignons. C'est drôle, n'est-ce pas?
Ecrit par : Jean | 13 avril 2007
"Les plus grands savants insistent sur l'incertitude"...
Quand on est devant une classe et qu'on a à lui apprendre la grammaire, l'orthographe, le vocabulaire, l'histoire (littéraire et événementielle), la géographie, les mathématiques, la physique, les sciences naturelles, l'anglais, l'allemand, l'italien, et lui faire des explications de textes, expliquez-moi, Monsieur Moussa, ce que viennnent faire les glorieux doutes des "pédagogistes" là-dedans!
Ecrit par : Jean | 13 avril 2007
Je persiste à considérer qu'il est positivement lamentable, dans un contexte de pénurie terrible pour l'Université, de gaspiller du fric à former des clowns licenciés en clownerie ("Pour une clownerie, c'est une belle clownerie, ponpon", comme le chantait le regretté Bobby Lapointe), -- d'autant qu'il y a déjà l'ENA et Sces-Po pour cela, fait justement remarquer Buntovchik.
Parce que j'aime beaucoup les "vrais" clowns, justement, méchants et poétiques, les clowns chaplinesques, les clowns felliniens, les clowns aux grands souliers, j'ai la faiblesse de préférer que l'Université se contente d'enseigner les "savoirs savants", comme disent les khuistres, et qu'on laisse les clowns se former dans les cirques ou dans les classes de burlesque des conservatoires. "Sans blaaaaague" (Grock).
Toujours à propos de l'Université : "Université: la grande illusion", tel est le titre du dernier livre paru aux éditions "l'Esprit des péninsules", sous la direction de Pierre Jourde, par ailleurs spécialiste du grand et méconnu Alexandre Vialatte, et auteur de plusieurs très bons romans publiés chez le même éditeur.
Voici les titres des articles réunis dans cet ouvrage :
Avant-propos, par Olivier Beaud et Pierre Jourde.
Contre l'instrumentalisation de l'université ,par Olivier Beaud, André Guyaux, Philippe Portier.
Pourquoi la France n'a pas d'université, par Antoine Compagnon
La destruction organisée du savoir, par Pierre Jourde: (méfaits de la bureaucratie, faiblesse insigne des étudiants : il devient impossible d'enseigner la littérature même dans les filières qui devraient lui être consacrées).
Les trois misères de l'universitaire ordinaire, par Jean-Fabien Spitz
N'oubliez pas l'université, par Jean-Fabien Spitz
Université: cote d'alarme, par Claudia Moatti
La grande pitié des universités françaises, par Grégoire Bigot
L'université malade: l'échec programmé d'une réforme, par Bernard Kalaora
Le tiers d'amour ou la "préférence locale", du "darwinisme à l'italienne" au 46-3 à la française, par Claudio Galderisi
Contre la professionnalisation des universités, par Paolo Toronese
L'université au coeur de la formation des enseignants, par Pierre Schapira
Valeur littéraire des thèses de médecine, par Yvon Houdas
Le carnet de notes de Sigismond Pnine.
Il n'y a pas de véritable jovialité dans cet ouvrage.
Moralité : un homme spécialiste d'Alexandre Vialatte ne peut pas être absolument mauvais.
Grandeur consécutive d'Allah (les vialattiens me recevront cinq sur cinq...).
Ecrit par : FGuichard | 13 avril 2007
réponse à Jean
"Et quand Meirieu écrit que les professeurs dispensent des connaissances "fossilisées", il ne dénigre pas le savoir, par hasard?"
Non, il fait référence à la paléontologie, c'est une science il me semble. Mais il fait la distinction entre diverses sortes de connaissances je suppose.
"Le "pédagogisme", contrefaçon de la "pédagogie"! Comme le rappelait très justement Jean-Paul Brighelli chez Bern, l'enseignement se "fait", il ne se "raconte" pas!"
Donc on ne peut pas produire de savoir sur l'acte d'enseigner." ça c'est dénigrer le savoir monsieur Jean.
Enseigner c'est d'ailleurs bien souvent raconter quelque chose qui se fait ou qui s'est fait. Et tout praticien de la chose que vous enseignez peut vous faire ce reproche.
A vous lire, je constate une chose vous êtes pour le savoir et contre la pensée. C'est ça une connaissance fossilisée. C'est une connaissance qui n'a pas beaucoup de pouvoir pour éclairer le réel de nos pratiques.
Je vois beaucoup de positions de principes et d'aigreur et finalement assez peu de réflexions constructives dans certains propos de ce blog.
"Enseigner ça se fait, ça ne se raconte pas." Oui, qu'est-ce qui ne peut pas se dire dans l'acte d'enseigner?
Ecrit par : Philippe Moussa | 13 avril 2007
Mais pendant ce temps, les Chinois et les Indiens travaillent, EUX. Quo non descendamus ?"
Ecrit par : FGuichard | 13 avril 2007
si je suis d'accord avec vous, permettez d'ajouter un bémol. La politique "répressive"(même si elle peut s'expliquer,elle l'est par les frustrations qu'elle engendre ) génère une véritable bombe à retardement car les petits chinois enfant-unique sont de véritables petits empereurs...no more comment
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 avril 2007
ramené à l'acte d'enseigner, sans doute que le doute épistémologique des chercheurs renvoie à la place de l'erreur. "L'erreur, un outil pour enseigner / Jean-Pierre Astolfi". Parce que, que vous le vouliez ou non, il y a celui qui enseigne et il y a celui qui apprend. Cela nous fait deux logiques, une de l'enseignement et une de l'apprentissage. Pour s'intéresser à l'acte d'apprendre, il faut se décentrer un peu de sa place. ça à l'air difficile pour vous de faire ça quand je vous lis. Mais dites moi, Jean, vous ne faites qu'enseignez, vous n'apprenez jamais plus. Cette époque est révolue pour vous, enfouit dans une mémoire qu'il ne faut pas titiller.
Le doute n'a pas la prétention d'être glorieux, il est bien au contraire l'humble nécessité de celui qui cherche à appréhender la complexité du monde, des choses, des êtres vivants et qui se méfie des réponses trop rapides et toutes faites, des catégorisations à priori, des généralités enfermantes. Tiens lisez donc Gaston Bachelard: "La formation de l'esprit scientifique". Bachelard explique merveilleusement bien ce que peut être une connaissance fossilisée à la différence d'un esprit en veille, en recherche.
Ecrit par : Philippe Moussa | 13 avril 2007
"Je persiste à considérer qu'il est positivement lamentable, dans un contexte de pénurie terrible pour l'Université, de gaspiller du fric à former des clowns licenciés en clownerie ("Pour une clownerie, c'est une belle clownerie, ponpon", comme le chantait le regretté Bobby Lapointe), -- d'autant qu'il y a déjà l'ENA et Sces-Po pour cela, fait justement remarquer Buntovchik."
Là je vous le concède un clown licencié, ça peut craindre. Surtout s'il ne retrouve pas de boulot. Non, ce qu'il nous faut c'est des doctorat en rigolade pour former sérieusement les comiques.
Ecrit par : Philippe Moussa | 13 avril 2007
Merci, Robin, pour ce rappel... Je trouve, personnellement, l'argument et les apports dramatiques de cet opéra beaucoup plus riches que sa musique... C'est vraiment une question de goût!
Philippe, Anne-Marie est une mélomane de très grand goût, mais je ne suis pas sûr que le sens de l'humour soit sa vertu la plus cardinale!
Ecrit par : Christophe Sibille | 13 avril 2007
Il y a deux sortes de discours sur l'enseignement:
l'un privilégie le commentaire pseudo-savant et s'acharne à imaginer des difficultés qui n'existent pas pour imposer des solutions qui n'en sont pas: c'est le discours tapageur, ampoulé et pédant des "pédagogistes", vraies Mouches du Coche, imbues d'elles-mêmes.
L'autre est le discours des professeurs sur leur propre pratique: il est discret, sobre, clair. Et pour cause: les professeurs privilégient l'"action" sur le "commentaire de l'action". Ils savent que l'essentiel, c'est d'"enseigner", pas de bavarder à perte de vue sur l'enseignement.
C'est en ce sens que l'on peut dire que l'enseignement se "fait" et ne se "raconte" pas. Une telle assertion dérange, évidemment, tous ceux qui se sont lovés dans les niches "pédagogistes" douillettement prébendées d'où ils se permettent de pérorer en toute irresponsabilité. Comme le dirait Molière: avec un titre de "chercheur en sciences de l'éducation", "tout galimatias devient savant et toute sottise devient raison."
Ecrit par : Jean | 13 avril 2007
Pierre Moussa
Votre fils chez les compagnons... Bonne formation , bien évidemment. J'en connais plusieurs dans mon entourage.
Les fidèles d'Agricol Perdiguier, l'Avignonais la vertu, ne me semblent pas être des partisans de P . Meirieu dans les apprentissages quotidiens des apprenants , pardon des apprentis face à leurs maîtres.
Rigueur, humilité, travail, obéïssance, savoirs ... voilà quelques éléments dont devrait s'inspirer notre EN .
Cordialement
Ecrit par : patrickinstit | 13 avril 2007
Faire une si large place à la "passion" ne peut être que le fait d'une société à la sentimentalité exacerbée. Comme je le faisais remarquer, le sentimental usurpe de nos jours la place du rationnel, et le rationnel prétend limiter la connaissance (Kant). S'il est vrai que le sentiment et la raison doivent s'équilibrer, il faut ajouter que cet équilibre, pour être réel et non fantasmé, doit reposer sur une subordination radicale de la sentimentalité au rationnel, qui lui-même doit être subordonné au spirituel.
Hors ces questions de principes, JPB a fait remarquer que les élèves s'ennuyaient en classe si on ne faisait pas un tant soit peu appel à leurs sentiments. Or, cela n'est vrai que pour la majorité des élèves et ne conduit pas, dans bien des cas, à former des imbéciles.
Ce qui est clair dans mon premier commentaire, ce qui en constitue la substance, c'est que j'affirme que les masses ne sont point faites pour être instruites. L'instruction sans l'intelligence n'est rien et elle a même les effets les plus pervers lorsqu'elle est imposée à tous sans distinction.
Pour beacoup de jeunes, travailler et gagner de l'argent est bien préférable à aller "se faire chier à l'école" (Cavanna), ils sont pourtant contraints de suivre un enseignement qu'ils n'ont aucune envie d'assimiler et qui leur donnera pourtant l'agréable illusion d'un "savoir" acquis à peu de frais.
Mais il n'y a pas que l'envie, le désir, qui compte, il y a aussi et surtout la capacité. Comme l'a écrit Guénon "il est impossible d'admettre que tous les hommes soient également capables de comprendre n'importe quoi ; ce n'est pas une question d'instruction plus ou moins étendue, c'est une question d' "horizon intellectuel", et c'est là quelque chose qui ne peut se modifier, qui est inhérent à la nature même de chaque individu humain." Et il ajoute : "le préjugé chimérique de l'égalité va à l'encontre des faits les mieux établis, dans l'ordre intellectuel aussi bien que dans l'ordre physique..."
"Instruction obligatoire", expression dénuée de sens si l'on considère qu'il est impossible d'instruire quelqu'un malgré lui, seulement à assister à des leçons. Ces leçons ne se font d'ailleurs pas sans menaces ("tu finiras balayeur", phrase maint fois entendue dans les salles de classe et absolument scandaleuse, notamment pour ceux qui exercent la profession en question et dont je sais que certains possèdent une culture et une perspicacité enviables pour beaucoup).
La vérité, c'est que, comme l'écrivait Guénon, "la constitution d'une élite quelconque est incompatible avec l'idéal démocratique ; ce qu'exige celui-ci, c'est la distribution d'un enseignement rigoureusement identique aux individus les plus inégalement doués, les plus différents d'aptitudes et de tempérament ; malgré tout, on ne peut empêcher cet enseignement de produire des résultats très variables encore, mais cela est contraire aux intentions de ceux qui l'ont institué. En tout cas, un tel système d'instruction est assurément le plus imparfait de tous, et la diffusion inconsidérée de connaissances quelconques est toujours plus nuisible qu'utile, car elle ne peut amener, d'une manière générale, qu'à un état de désordre et d'anarchie."
Il n'y a pas que les sympathisants des partis politiques extrémistes, qu'ils soient de droite ou de gauche, qui montrent les inconvénients des chimères égalitaristes. Il y a aussi tous ceux qui votent pour des formations modérées sans savoir vraiment pourquoi mais qui, par simple bon sens, comprennent qu'ils doivent "traverser dans les clous". Ceux-là n'en sont pas moins persuadés que leurs opinions valent celles de n'importe quel autre, et cela parce qu'ils sont capables de lire avec difficulté un article de France Dimanche ou d'écrire des cartes de voeux bourrées de fautes de français. Le principe de Peter, aussi, auquel JPB voudrait "tordre le cou", est une illustration de l'irrationalité de ce système égalitariste, donc anarchique, au sens étymologique du terme.
"Les connaissances que le public peut avoir à sa disposition ont beau n'avoir rien de transcendant, elles sont encore amoindries dans les ouvrages de vulgarisation, qui n'en exposent que les aspects les plus inférieurs, et en les faussant encore pour les simplifier ; et ces ouvrages insistent complaisamment sur les hypothèses les plus fantaisistes, les donnant audacieusement pour des vérités démontrées, et les accompagnant de ces ineptes déclamations qui plaisent tant à la foule. Une demi-science acquise par de telles lectures, ou par un enseignement dont tous les éléments sont puisés dans des manuels de même valeur, est autrement néfaste que l'ignorance pure et simple ; mieux vaut ne rien connaître du tout que d'avoir l'esprit encombré d'idées fausses, souvent indéracinables, surtout lorsqu'elles ont été inculquées dès le plus jeune âge. L'ignorant garde du moins la possibilité d'apprendre s'il en trouve l'occasion ; il peut posséder un certain "bon sens" naturel, qui, joint à la conscience qu'il a généralement de son incompétence, suffit à lui éviter bien des sottises. L'homme qui a reçu une demi-instruction, au contraire, a presque toujours une mentalité déformée, et ce qu'il croit savoir lui donne une telle suffisance qu'il s'imagine pouvoir parler de tout indistinctement ; il le fait à tort et à travers, mais d'autant plus facilement qu'il est plus incompétent : toutes choses paraissent si simples à celui qui ne connaît rien !"
Je suis convaincu que les néopédagogues ne sont pas responsables à eux seuls des résultats déastreux d'un système qui, à la base même, est le fruit d'une idéologie faite de superstitions.
Ecrit par : Nabu | 13 avril 2007
"Pour s'intéresser à l'acte d'apprendre, il faut se décentrer un peu de sa place"
C'est un peu le problème avec les pédagogues : c'est que pour eux, ils faudrait s'intéresser sans cesse et à vide à l'acte d'apprendre. Nous serions tous censés être des chercheurs avec qui l'on sait pour cobayes. Or, les journées de classe n'ont que six heures... Et mener une vraie recherche ne s'improvise pas. Je crains que l'appel implicite à nous comporter en chercheurs sauvages et dérisoires n'engendre bien des dégats.
Concernant la licence de clown, au niveau primaire, j'ai constaté la pléthore de littérature officielle ou semi-officielle sur le cirque. Je ne sais pas trop comment l'interpréter, sinon comme une sorte d'idéal "pédagogique", à ce titre promu : rester en enfance, le plaisir au centre, pas de "prise de tête", art populaire accessible à tous spontanément, beaucoup de jambes et peu de tête, recherche de l'épanouissement, prime aux costauds au détriment des intellos fluets, etc.
J'ajouterais que clown licencié, c'est à peu près aussi propice à l'éclosion de talents originaux et indépendants que peintre salarié ou sculpteur subventionné...
Ecrit par : Perceval | 13 avril 2007
Les idées qui sous-tendent les interventions de Nabu me mettent mal-à-l'aise, pour rester correct : or donc, le peuple est trop con pour qu'on se fatigue à l'instruire. C'est beau, le progrès. Comme disait ma grand-mère, c'est bien la peine d'être aussi intelligent si c'est pour être aussi c... Combien de gens brillants ne le sont devenus que sur le tard après avoir passé leur enfance à faire les zouaves et à penser à tout sauf à s'instruire. Si on les avait pris au mot comme vous le faites, il ne seraient allés nulle part, tandis que leurs maîtres ont eu assez de discernement pour les instruire malgré eux (ça ne veut pas dire de façon nécessairement ennuyeuse) le temps qu'ils en saisissent le prix...
Ecrit par : Perceval | 13 avril 2007
Moi j'aimerais vous poser une question, du moins à l'ensemble des intervenants de ce blog.
Hier soir à l'UDF nous avons organisé un débat sur l'école à mon initiative pour entreprendre une réflexion sur ce sujet.
A un moment donné nous avons débattu de l'efficacité du redoublement et certains sont contre le redoublement sous prétexte que c'est une humiliation soit-disant.
Je suis contre ce propos et je l'ai fait savoir et je suis même parvenue à la confrontation ardue avec certaines personnes. Je pense qu'il est plus violent et humiliant de se retrouver dans une classe avancée alors que l'on ne maîtrise les fondamentaux pour suivre en classe.
Et vous personnellement, qu'en pensez-vous ? J'ai besoin, n'étant pas enseignante, de vos arguments respectifs pour encore mieux convaincre.
Lors de ce débat j'avais repris les idées de JPB et les vôtres.
Ecrit par : Sandra WAGNER | 13 avril 2007
Alors, il est temps de mettre ma quatrième histoire de "redoublement réussi" :
1) Nils
Encore une histoire de jumeaux. Nils et son jumeau Charles sont dans l’école depuis le début de leur scolarité. Nous avons déjà eu la sœur aînée, puis le frère et l’autre sœur. Les parents sont très impliqués dans la vie de l’école, le papa a repris des études par correspondance car il ambitionne de devenir enseignant, pour l’instant il fait des petits boulots dans le social et le péri scolaire, la maman est travailleuse familiale et elle utilise « ma » méthode de lecture ainsi qu’un vieux livre de grammaire des années 50 que je lui ai trouvé dans le fond de la cave de l’école avec les « primo arrivants » dont elle suit les familles. C’est une famille très sympathique mais très « décontractée ». Les enfants sont remarquablement débrouillards, très autonomes, d’ailleurs ils ont intérêt parce que papa et maman, toujours très optimistes, ne sont pas toujours très disponibles. Nous avons déjà eu des petits problèmes avec le second qui avait énormément manqué au CP et qui a dû être suivi par une orthophoniste pendant deux ans pour combler les trous.
Quand les jumeaux sont entrés en maternelle, à 2 ans et demi, ils savaient déjà s’habiller seuls, se chausser seuls, manger seuls. La première année, ils ont eu une IUFMienne qui était « contre la scolarisation des 2 ans parce qu’à cet âge-là, ils ne savent rien faire. » Elle faisait « l’accueil en classe parce qu’à cet âge-là, c’est plus sécurisant », Nils et Charles, mes petits Robinsons suisses, avaient donc droit à 10 minutes de classe en plus que Wolfgang et Isabelle, leurs frère et sœur qui , n’ayant plus besoin d’être sécurisés, pouvaient jouer dans la cour. Quant à l’ATSEM qui les avait accueillis en garderie, elle devait leur courir après tous les matins dans la cour de récré et ils étaient futés... Charles trouvait toujours une bonne cachette où il pouvait se fourrer avec son Nils à la remorque... Après, c’était le moment de langage, 45 à 60 minutes assis sur un banc, à compter les présents, les absents et à mettre les pinces à linge sur la file numérique, à comparer tout ce que les parents avaient collé sur les cahiers de vie (je ne sais pas si le papa et la maman des jumeaux avaient collé beaucoup d’étiquettes de supermarché entre les notices de médicaments surtout que chez eux les supermarchés et les antibiotiques, ce n’est pas vraiment le style (relisez Foucambert si vous ne comprenez pas) mais je pense que Nils et Charles avaient dû faire pas mal de beaux gribouillages, et Isabelle et Wolfgang aussi...). Puis après la demi-heure de goûter ritualisée (c’est là que nos Vendredis découvrirent la joie du BN et du Nutella) et quelques instants de séance de motricité (mais souvent le goûter avait duré plus longtemps que prévu et ça sautait), c’était l’heure des ateliers et des évaluations au moment où nous, les classes primaires, nous sortions en récréation. Parfois, Charles, son Nils en remorque, parvenait à s’échapper, histoire de rejoindre Wolfgang et Isabelle qui prenaient l’air. Nous avions bien essayé de convaincre leur maîtresse que « ça leur faisait long de 9 h moins 10 à 11 h 30 enfermés dans leur classe » mais elle nous expliquait doctement (elle avait fait l’IUFM, elle) que « à cet âge-là, ils ne savaient pas s’habiller tout seuls et que ça faisait trop de travail à l’ATSEM d’habiller et de déshabiller les enfants deux fois dans la matinée et que donc la récréation de sa classe aurait lieu de 11 h 30 à 12 h, heure à laquelle elle accueillerait les parents dans la cour (et tant pis pour les ATSEM qui couraient après les bambins qui mangeaient à la cantine et qui avaient toujours tendance à profiter d’un parent qui entrait ou qui sortait pour aller voir s’il n’y avait pas la voiture de maman sur le parking.). » (Je ne sais pas si dans vos écoles c’est pareil, mais chez nous, les IUFMiennes n’aident pas les ATSEM ni aux toilettes, ni aux vestiaires.)
Je ne sais pas si ça vient de cette prise de contact avec le monde scolaire, mais toujours est-il que Nils semblait vraiment en avoir déduit que les adultes dans les écoles n’étaient que des empêcheurs de tourner en rond. Il ne leur parlait pas, communiquait par l’intermédiaire de Charles, se défilait discrètement aussi souvent que possible et ce, jusqu’à sa dernière année de maternelle, où la troisième maîtresse de maternelle fut la bonne (chez nous, les maîtresses, ça bouge pas mal, parce que « les cours multiples », ça donne beaucoup de travail de préparation aux IUFMiennes – jusqu’aux 2/3 des vacances scolaires + tous les soirs jusqu’à 23 h pour l’une d’entre elles). Elle avertit les parents du très gros retard de langage de Nils, les convainquit de consulter un orthophoniste, s’évertua à lui apprendre quelques rudiments pour son entrée au CP. Charles, lui, s’en sortait bien.
Nils entra au CP sans savoir énoncer une phrase simple, sans savoir dessiner ne serait-ce qu’un bonhomme têtard, sans avoir pris l’habitude d’écouter une consigne ou une histoire, sa phrase préférée était : « y sait pas, moi ! ».
Comme pour Amélie, comme pour Sophie, « Bien lire et aimer lire » a fait des miracles. A la fin du CP, il déchiffrait tout assez rapidement ; il comprenait les phrases très simples que ce livre contient. Le reste ne suivait pas. Avec ses parents, nous avons décidé qu’il ferait ce qu’il pourrait au CE1, mais que déjà nous envisagions un redoublement du CE1. Coup de chance, parmi mes CP, j’ai eu une petite fille qui a appris à lire en deux mois ; à la rentrée de Toussaint, j’ai donc fait pour eux deux un niveau intermédiaire entre le CP et le CE1 en lecture, grâce à un livre édité par l’Ecole des Loisirs dans les années 70 et basé uniquement sur des contes plus ou moins connus (L’Oiseau Lyre CP-CE1). La petite Sabine a pris notre Nils sous son aile, lui ré expliquant avec ses mots à elle des contes vieux comme le monde.
Cette année, Nils refait son CE1 à égalité avec ses copains. Charles est aussi dans notre classe au CE2. Tout semble très bien se passer. Aucun de mes 5 élèves de CE2 ne se moque de Nils qui lui est heureux comme un poisson dans l’eau avec ses CE1. Il prend la parole (c’est toujours un peu léger au niveau des pronoms mais il s’accroche), fait des remarques très pertinentes (la dernière en date, au sujet des hommes préhistoriques : « Ils inventent un outil, ils l’essaient, ça marche bien, ils le gardent ; ça marche pas bien, ça fait rien, ils le jettent et ils cherchent autre chose qui marche mieux. Faut essayer beaucoup pour trouver un truc. » ou encore « Maintenant, en plus de faire des choses, ils cherchent des idées dans leur tête, alors c’est sûr, ils vont être plus forts ! »), aide et soutient les plus faibles.
Ses parents trouvent aussi qu’il a changé. Sa maman me disait récemment que maintenant il réfléchit avec force mimiques et participe aux conversations familiales alors qu’avant il semblait toujours dans la lune...
En élémentaire, un enfant qui redouble est un enfant en grande difficulté à qui l’on donne une seconde chance de démarrer sur des bases saines là où tous les PPRE (projet personnalisé de réussite éducative) et autres joyeusetés qui les coupent de la classe à grands coups de soutien individualisé et ne sont destinées toutes autant les unes que les autres qu’à masquer la seule et unique raison de ce dénigrement du redoublement : «Un élève qui redouble coûte à l’Etat la somme de ..... € du fait de la prolongation d’un an de sa scolarité. »
Ecrit par : catmano | 13 avril 2007
Et vous personnellement, qu'en pensez-vous ? J'ai besoin, n'étant pas enseignante, de vos arguments respectifs pour encore mieux convaincre.
Lors de ce débat j'avais repris les idées de JPB et les vôtres.
Ecrit par : Sandra WAGNER | 13 avril 2007
La tendance actuelle est à la suppression des redoublements, pour des raisons plus économiques que pédagogiques (cela coûte cher !)
Vous savez que la décision du conseil de classe n'est "souveraine" que pour certains paliers et qu'il y a les fameuses "commissions d'appel".
Mon avis personnel est que le redoublement pour "servir à quelque chose" doit être accepté, non seulement pas les parents, mais par l'élève lui-même.
Donc oui, mais à doses homéopathiques.
Je ne suis pas meilleur que les collègues et j'ai laissé passer des élèves en classe supérieure alors "qu'ils n'avaient pas acquis les compétences" (ou qu'ils n'avaient pas le niveau)
...Pour des raisons essentiellement comportementales.
C'est le système du "tapis roulant" maintes fois dénoncé par des syndicats comme le SNALC.
Je suis bien d'accord, dans l'absolu, mais nous sommes dans un système très imparfait et il faut se contenter le plus souvent de "limiter les dégâts".
Je pense que la meilleure solution (elle est indiquée dans la charte) serait de créer des classes de remise à niveau par petits effectifs avec des enseignants volontaires et motivés et des programmes adaptés.
Cette solution n'est pas très prisée (c'est le moins que l'on puisse dire !) des tenants du pédagogisme, qui y voient un rétablissement subreptice des anciennes "filières" et donc une atteinte à l'intégrité du sacro-saint "collège unique", , mais ça n'a rien à voir, puisque les élèves poursuivent leur scolarité jusqu'en troisième avec les autres.
La solution meirieusienne de gestion de l'hétérogénéité à travers la pédagogie différenciée (adapter son enseignement aux difficultés spécifiques de chaque élève) me paraît relever d'un "grand écart" impraticable.
Comment voulez-vous par exemple en 6ème apprendre à lire et à écrire aux fameux 17% sans abandonner les autres qui ont le droit eux aussi à un "enseignement personnalisé" ?
Cette solution me paraît une solution de bon sens et je pense qu'elle peut contribuer à améliorer le climat des établissements en diminuant les souffrances de certains enfants qui sont complètement dépassés et dont personne ne s'occupe.
Il serait bon que nos candidats (et candidates) y réfléchissent.
Ecrit par : Robin | 13 avril 2007
Moi, je serais favorable au maintien d'objectifs de cycle identiques avec des temps adpatés pour les atteindre : 2 ans pour le fils de Robin, trois pour la majorité, quatre pour les poussifs, particulièrement bien encadrés et stimulés...
Ecrit par : Perceval | 13 avril 2007
"L'homme qui a reçu une demi-instruction, au contraire, a presque toujours une mentalité déformée, et ce qu'il croit savoir lui donne une telle suffisance qu'il s'imagine pouvoir parler de tout indistinctement ", écrit Nabu.
Un bel autoportrait !
Ecrit par : OGM | 13 avril 2007
Mme Guichard nous propose une réflexion intéressante mais qui s'apparente d'avantage à une généalogie du "crime" pédagogique, qu'à un véritable effort de synthèse historique. En particulier, je pense que son analyse de l'oeuvre majeure de Bourdieu, Les Héritiers, navigue dans les eaux troubles du contresens. Ainsi, on pourrait lui opposer deux choses:
D'abord, elle semble vouloir limiter la portée des Héritiers à celle du simple constat de la reproduction. L'école, c'est effectivement ce que dit Bourdieu, est un des champs où se manifeste la reproduction sociale et culturelle; c'en est même l'instrument privilégié. Il va même plus loin, en affirmant que l'enseignement, dès lors qu'il se veut républicain, donc fondé sur le principe de l'accès égalitaire au savoir et sur la sélection par le mérite et le talent, l'est d'autant moins qu'il n'effectue pas de retour critique sur les postulats qui le fondent. Le républicanisme de l'institution scolaire va de soi. Cette prétention selon Bourdieu, dissimule le fait que l'Ecole est en réalité un instrument de reproduction au service de ceux qui possèdent le capital économique aussi bien que le capital culturel. Cependant, Bourdieu ne préconise pas, pour remédier à cette situation, les solutions que ses disciples pédagogues autoproclamés, expérimentent aujourd'hui. Loin de condamner, en soi le principe de haute culture ou de culture bourgeoise, Bourdieu prétend rendre explicites les règles implicites de la reproduction. Autrement dit, comme il assimile le savoir scolaire à une extension du savoir-vivre bourgeois, atténuer les formes de la reproduction consisterait à objectiver les critères scolaires de sélection. Ce faisant, il parvient à la conclusion inverse de celle des pédagogistes: lutter contre la reproduction, ce n'est pas vouloir abolir la culture bourgeoise, au contraire, c'est la rendre véritablement accessible. D'ailleurs, il affirme qu'il n'est de culture que bourgeoise; penser l'inverse ne faisant à ses yeux que favoriser les phénomènes de reproduction.
Ensuite, son ouvrage s'intéresse d'avantage à l'enseignement supérieur qu'au secondaire. L'étude fait la part belle aux classes préparatoires dont il était issu, et notamment à l'hypokhâgne. Il montre bien la superposition des normes d'évalution scolaires et sociales. Ainsi, lorsqu'il analyse les appréciations portées sur les copies, il constate qu'on reproche plus souvent aux élèves méritants, issus de milieux populaires ou petit-bourgeois, le caractère "scolaire" de leur devoir. A l'inverse, les élèves issus des franges les plus favorisées de la population, qui ont intégré l'habitus scolaire depuis l'enfance car celui-ci n'est jamais qu'un décalque de l' habitus de classe, voient leurs compositions qualifiées de "brillante". On voit bien ici que le niveau scolaire s'évalue en fonction de l'aisance sociale.
Les Héritiers de Bourdieu ressortissent d'avantage à une sociologie des élites, à une réflexion sur les mécanismes de reproduction et de cooptation en leur sein, et portent donc plutôt sur l'enseignement supérieur, et en particulier les classes préparatoires. Si l'auteur considère l'enseignement comme une violence symbolique des dominants sur les dominés, il ne remet pas en cause véritablement l'exigence de transmission d'une haute culture par l'institution scolaire, mais les mécanismes insidieux de reproduction qui encodent cette transmission et qui contribuent à la pérénisation des mêmes élites économiques.
Ecrit par : ABOU DJIHAD | 13 avril 2007
"C'est un peu le problème avec les pédagogues : c'est que pour eux, ils faudrait s'intéresser sans cesse et à vide à l'acte d'apprendre."
J'ai une question à vous poser Jean. Pensez vous qu'un dialogue soit possible entre celui qui apprend et celui qui enseigne?
et une précision à faire, je ne suis pas chercheur en sciences de l'éducation mais "intermitant de la formation continue". Mes revenus me rapprochent des travailleurs pauvres. On parle d'intellectuels précaires et quelque part et j'en fait partie. Mais mes "Saints patrons" sont Diogène et Cyrano, pour ne citer qu'eux. Mes propos, je ne les tire pas de la "secte des pédagogistes" dixit Cadichon. Mais de mon expérience que j'essaie d'interroger le plus souvent possible et d'enrichir de mes réflexions et de mes rencontres.
Je travaille le plus souvent avec des adultes, voir avec des enseignants et là je vous assure que je ne peux pas faire l'économie d'une approche pédagogique. Je ne vous dit pas comment sont perçus ces "experts disciplinaires" qui débarquent en formation d'adulte avec leur fichiers powerpoint et leur vidéo-projecteurs. Non que je sois à priori contre la technique. Mais allez former des professionnels sur le terrain et vous verrez si vous pouvez tenir la posture de l'enseignant pendant très longtemps face par exemple à des enseignants malmenés par: les parents, l'institution, les élèves...
Non ce n'est pas du galimatia et du pédantisme que de dire qu'il faut prendre en compte la parole et le vécu des gens. S'il vous plait, je vous en prie, considérez cette question. Des gens se suicident au travail en ce moment parce que leur vécu, leur parole n'est pas prise en compte en qu'on veut leur faire subir des logiques qui leur sont tellement étrangères qu'ils préfèrent se donner la mort. Ce qui se passe chez Renault ou à Chinon, ce n'est pas un épiphénomène, c'est la résultante d'une société malade du clivage entre ceux qui savent et ceux qui n'ont qu'à exécuter.
Les pédagogues que je fréquente sont tous des gens de terrain, engagés auprès des professionnels ou auprès de jeunes en difficultés ou de population en grande difficulté sociale. Beaucoup d'entre eux vivent eux-même des situations précaires. Face à Brighelli chez Stéphane Bern, il y avait Jean Marie Petitclerc. Renseignez vous sur cet homme, sur son parcours et reconsidérez votre préjugés sur les pédagogues pédants.
Quelle parole tient-on ici sur ce blog pour celui qui échoue, pour celui qui se sent étranger à la science qu'on déverse sur lui?
Effectivement certains propos tenus sont ceux de nantis. Une idéologie sous-jacente et qu'il faudrait dire ici c'est celle du "seul mérite", du "seul jugement moral" issu du bon élément qui a bien appris son métier d'élève soumis. (ce doit être ça qui paralyse la réflexion) Forcément le nanti doit mériter sa place, sinon la culpabilité est insupportable.
A part ça, des collègues pédagogues, j'en connais qui oeuvrent aussi chez les compagnons.
Ecrit par : Philippe Moussa | 13 avril 2007
ABOU DJIHAD, merci pour cette analyse, elle élève le débat.
Ecrit par : Philippe Moussa | 13 avril 2007
à "Perceval" (un tel pseudonyme ne m'étonne plus de la part de ceux qui défendent les mêmes inepties que lui) :
Mes interventions ne sont "sous-tendues" par aucune autre idée que celles que j'exprime et qui sont explicites.
Le prétendu "progrès" dont vous estimez qu'il est "beau" (alors que ce mot de progrès ne sert qu'à dissimuler une foule d'absurdités modernes, à embellir la laideur) fait partie de ces superstitions qui conditionnent l'écrasante majorité des mentalités en Occident et ailleurs, et qui sont à l'origine de tous les désordres croissants que l'on peut observer aisément avec suffisamment de lucidité.
Quant au "gens brillants" dont vous parlez, je me demande si ce sont l' "ignorance savante" et la "connerie" de la plupart de leurs contemporains qui les fait briller avec tant d'éclat, ou bien si c'est leur compétence réelle. Il est plus que probable que l'une et l'autre de ces possibilités se manifestent actuellement, même si la première est sans aucun doute beaucoup plus importante, quantitativement parlant, que la seconde.*
Quoi qu'il en soit, et comme je l'ai déjà dit, il n'est pas nécessaire de contraindre les individus à assister à des cours dès leur plus jeune âge pour en faire des gens instruits. D'ailleurs, l'instruction ne peut se faire malgré ceux qu'on tente d'instruire. Non seulement la plupart des personnes qui subissent cette contrainte n'en retirent que très peu de bénéfices, mais encore ceux qui sont capables d'en tirer profit n'ont généralement pas besoin qu'on les contraigne à quoi que ce soit de ce genre.
J'ai fait référence dans ma première intervention au colonialisme et à sa fameuse croyance en une "mission civilisatrice" parce que l'enseignement moderne repose sur le même "principe" mégalomane. Ce qui sous-tend aussi bien le colonialisme "naïf" que la volonté d'obliger tout le monde à recevoir une instruction identique, c'est une hypertrophie du sentiment qui conduit au prosélytisme le plus agressif qui soit. Ce besoin de propagande est une véritable maladie, et ne repose que sur le désir d'imposer aux autres ce que l'on considère comme bon pous soi, au mépris de la volonté et des aspirations de ceux qui doivent subir ce prosélytisme, ainsi qu'au mépris des impossibilités qu'impose la réalité.
(* la majorité des gens "brillants" auxquels vous faites allusion sont pétris d'idées reçues et ne peuvent éviter les erreurs factuelles, voire les paralogismes, lorsqu'ils se mettent à écrire des choses qui se veulent sérieuses (Eco Umberto, Godin Christian, Vallet Odon, Adler Alexandre, Ferry Luc, Gallo Max... pour n'en citer que quelques uns) ; par aileurs il n'est pas dit que ces gens s'ennuyaient à l'école.
Ecrit par : Nabu | 13 avril 2007
Une licence de clown ? Est-ce qu'il y a un féminin ? Moi j'aime bien les vamps , capables de retenir le public en peine rue. Je me sens assez proche de Lucienne ... Avec ma fille , on s'amuse à les imiter. Et alors ? on a le droit de rigoler un peu non ? Salvador l'a recommandé et puis Rabelais aussi, sans compter Pendariès qui apprécie une salle des profs où l'on plaisante avec les collègues.
Le réalisateur de "La chambre des officiers" confiait que son grand- père l'invitait aux retrouvailles des gueules cassées quand il était enfant et qu'il y allait volontiers parce que ça rigolait bien.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 13 avril 2007
OGM a écrit :
"L'homme qui a reçu une demi-instruction, au contraire, a presque toujours une mentalité déformée, et ce qu'il croit savoir lui donne une telle suffisance qu'il s'imagine pouvoir parler de tout indistinctement ", écrit Nabu.
Un bel autoportrait !"
C'est peut-être un portrait, mais ce n'est pas un autoportrait. La phrase que vous citez fait partie d'un extrait de texte que j'ai placé entre des guillements pour signifier qu'il n'était pas de moi. Son auteur n'a pas souhaité intégrer l'école polytechnique bien qu'il en avait la possibilité, cela ne l'a pas empêché d'être tour à tour professeur de philosophie, de mathématiques et de latin, ce qui représente plus qu'une demi-instruction si l'on considère le niveau d'études de la plupart de ses contemporains.
Ecrit par : Nabu | 13 avril 2007
Réponse pour Sandra, sur le redoublement; je peux vous répondre en une "extension" de mon cas personnel.
En quatrième, avec un an d'avance, j'étais un "ancien bon élève de primaire". Mais j'avais une très nette tendance à "vivre sur mes acquis", en bref, je travaillais peu et mal. Un tout petit peu en dessous de la moyenne nécessaire, on m'a fait redoubler, pensant que cela constituerait une "motivation", et me donnerait un coup de fouet supplémentaire. Résultat, un savon de mes parents, (à l'époque, ils faisaient une confiance aveugle et sans aucun discernement à tout ce qui pouvait être parole d'adultes, et a fortiori d'enseignants. Maintenant, on est vraiment de toute évidence tombé complètement dans l'excès inverse), et pas plus de courage au boulot, même encore moins, (aucun mal pour refaire le programme) et un passage en troisième, puis en seconde, fort peu glorieux. De nouveau, redoublement, (nécessaire pour moi pour passer en "seconde C", voie scientifique choisie pour moi par mes parents).
Ces deux redoublements n'ont servi strictement à rien. Par contre, si j'avais compris pourquoi il valait mieux que je bosse à l'école, (sens des apprentissages?), je pense que les problèmes à l'origine de ces redoublements auraient beaucoup moins eu lieu d'être. Mais, en ce domaine, (comme en celui des enseignants, bons ou mauvais au delà des méthodes), n'y a t-il pas que des cas particuliers?
Ecrit par : Christophe Sibille | 13 avril 2007
"à "Perceval" (un tel pseudonyme ne m'étonne plus de la part de ceux qui défendent les mêmes inepties que lui)"
Si nous n'avons pas les mêmes idées, nous avons les mêmes hautes références intellectuelles. Le pseudo d'abou djihad est drôle aussi, et j'adhère à 100 % à son intervention, à l'inverse de "l'aristocratisme intellectuel" de Nabu que je ne traitais de c... que pour placer la boutade de mère-grand.
Ecrit par : Perceval | 13 avril 2007
Concernant la défense méritoire et intéressante des pédagogues par Moussa, je distinguerais leurs travaux, auxquels je m'intéresse et dont il serait stupide de nier l'intéret et la sincérité et leurs diverses instrumentalisations, et notamment, je le répète, à la prétention que tout enseignant se prétende un chercheur au petit pied. Ce qui ne veut bien sûr pas dire qu'il doive se désintéresser au sens des apprentissages, à la motivation, aux facteurs d'échecs, etc., mais sans jamais perdre de vue la mission première de tâcher à égalité de faire réussir tous les élèves, moyennant des résultats bien sûr variés... (Réussir, c'est-à-dire amener chacun le plus près possible du maximum de ses capacités).
Ecrit par : Perceval | 13 avril 2007
Je crois que vous ne pouvez pas rapprocher une seule seconde, Philippe Moussa, la formation d'adultes et l'enseignement à des "élèves". Ce sont deux mondes totalement différents. Les adultes ont un regard critique spontané et légitime sur les méthodes pédagogiques qu'on applique pour les instruire. Il est hors de question que les "élèves" aient ce droit: ils sont là pour acquérir les connaissances dont l'Etat a jugé qu'elles leur étaient nécessaires. En ce sens, vous avez raison, c'est plus difficile de s'adresser à un public d'adultes et cela vous amène à vous interroger beaucoup plus sur la pertinence de vos méthodes.
J'ai une haine particulière, vous l'avez compris, pour le charabia technique, surtout en pédagogie , où l'on a affaire, comme le rappelait Brighelli chez Bern, à du vivant.
Toute idée, aussi profonde fût-elle, peut s'exprimer en termes simples et compréhensibles par tout le monde. Souvent, le jargon des "pédagogistes", leurs formulations prétentieuses masquent le vide de leur pensée. Cela rappelle Molière: "L'opium fait dormir parce qu'il... a en lui une vertu dormitive."
Ecrit par : Jean | 13 avril 2007
Chère Catmano, un enfant qui redouble avec les mêmes mauvaises méthodes que celles qui l'ont mis en grande difficulté n'en tirera aucun bénéfice, c'est sûr et certain.
Ma fille a l'intention de faire redoubler 2 ou 3 CE1 de ses élèves : ils ont fait un CP cette année, avec ses 10 CP nouveaux arrivants, (méthode alphabétique), n'ayant pas appris à lire en CP ( Mika ou autre Justine et compagnie) et elle ne se voit pas les larguer en CE2 !
Ce n'est pas uniquement une question de finances.
A quand des inspections portant sur les résultats obtenus sur les élèves, et non sur le respect de l'idéologie par les maîtres ?
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 13 avril 2007
Hélas Anne-Marie ! Je ne parlais pas de "ces enfants-là"... Je parlais de ceux qui, pour des raisons x ou y, ont besoin de plus de temps.
Ceux dont vous parlez, il y en a aussi dans l'école où j'exerce... Nous en faisons redoubler certains, nous en envoyons d'autres chez un orthophoniste, nous "galérons" avec le petit Bidule qui, en plus, nous dit les yeux dans les yeux : "Moi, j'm'en fous, je préférais l'école de ... parce que là-bas, au moins, y t'emm... pas, quand tu veux pas travailler, y s'en foutent !".
Cette année, j'ai prêté "Bien lire et aimer lire" à la maman de la petite L..., CE2, qui met bien plus de temps que ses camarades de classe à déchiffrer les consignes, lire le texte, copier, répondre par écrit.
Je l'ai fait un peu tard (après les vacances de février), alors que nous avions constaté le déficit dès les évaluations nationales. Oh, ce n'était pas mauvais, 75,3 % en Français et 70,2 % en Mathématiques, mais c'était quand même plus de 20 % de moins que les autres. Et puis, l'enseignant doit presque tout leur lire, donc elle ne s'en était pas trop mal tirée...
Seulement, nous avons attendu, après tout, plus de 70 %, c'est honorable. Et L... a peiné pendant un trimestre et demi avant que la "machine" ne se débloque : rendez-vous chez le médecin, ordonnance de bilan orthophonique, place pour ce bilan, résultats, conseils de l'orthophoniste : "Beaucoup de trous dans l'apprentissage de la lecture, reprise d'une méthode alphabétique au départ."
De toute façon, pour cette élève-là, le redoublement du CE1 n'aurait pas été profitable. Un redoublement, c'est du "coup par coup". Comme dirait Jean, "ça se sent, ça ne s'explique pas."
Quant à une évaluation des enseignants et de leur "réussite" avec telle ou telle méthode, je ne suis pas inspectrice et j'en suis ravie. Quand on voit le tollé que provoquent chez les enseignants du primaire quinze malheureuses minutes de calcul mental par jour, j'ai bien peur que ce ne soit pas gagné.
Ecrit par : catmano | 13 avril 2007
"Quand on voit le tollé que provoquent chez les enseignants du primaire quinze malheureuses minutes de calcul mental par jour, j'ai bien peur que ce ne soit pas gagné."
Pas besoin d'évaluation, vous me virez tous ceux qui râlent parce qu'ils trouvent que 15minutes/jour de calcul mental c'est trop.
C'est les même que ceux décrit par le chtit gars:
""Moi, j'm'en fous, je préférais l'école de ... parce que là-bas, au moins, y t'emm... pas, quand tu veux pas travailler, y s'en foutent !"."
Franchement ils sont facile à repérer . (j'ai des noms, sibil grandcon frakk charmeux ....)
Ecrit par : toto | 13 avril 2007
"J'ai une haine particulière, vous l'avez compris, pour le charabia technique, surtout en pédagogie , où l'on a affaire, comme le rappelait Brighelli chez Bern, à du vivant."
Alors peut-être pouvez vous espérer un jour comprendre la haine de certains "élèves" pour ce qu'ils peuvent, de leur point de vue juger comme charabia technique de certains enseignants qui ne se donnent pas la peine de le leur rendre accessible.
"Les adultes ont un regard critique spontané et légitime sur les méthodes pédagogiques qu'on applique pour les instruire. Il est hors de question que les "élèves" aient ce droit: ils sont là pour acquérir les connaissances dont l'Etat a jugé qu'elles leur étaient nécessaires."
Donc pour vous le savoir, ça se résume au fond à une question de droit.
A la haine que vous vouez aux pédagogues, je crois que vous pouvez ajouter le mépris dans lequel vous tenez les "élèves" comme vous dites.
Bien je vais allez voir ailleurs sur la blogosphère s'il ne souffle pas un peu d'air humaniste. Ici on étouffe, ça sent le moisi.
Ecrit par : Philippe Moussa | 13 avril 2007
Moi, je serais favorable au maintien d'objectifs de cycles identiques avec des temps adaptés pour les atteindre : 2 ans pour le fils de Robin, trois pour la majorité, quatre pour les poussifs, particulièrement bien encadrés et stimulés...
Ecrit par : Perceval | 13 avril 2007
Oui, Perceval, mais est-ce que vous mettez les "poussifs" ensemble ou pas ? (Legrand employait une expression plus correcte politiquement : les "rapides", les "moyens" et les "lents")
Je trouve qu'on a été un peu injuste avec lui ; c'est vrai que son histoire de "tutorat" n'était pas recevable, mais le constat de la "tripartition", (oui, c'est la fameuse "constante macabre",
Mais contrairement à ce que prétend l'inventeur de l'expression, ça n'est pas de la faute des enseignants qui ne font que noter la réalité.
"Lents", "moyens" "rapides" . l'expérience prouve qu'il ne faut pas faire une classe uniquement composée de "moyens" : elle stagne ; il faut les mélanger avec les "rapides"
...Et l'expérience montre aussi qu'il ne faut pas mélanger avec les "lents" parce qu'ils perdent pied et que l'on n'arrive pas à s'en occuper.
Ce que je vous dis là est le fruit d'une réflexion à partir d'une expérience mise en place en 1988.
D'accord pour les objectifs de cycle modulables. Mais comment s'y prendre de façon concrète ?
En ce qui concerne le fiston, le problème c'est qu'il a double charge de travail en tant que musicien (il est pris tous les soirs après la classe) et qu'il n'y a pas de classes à horaires aménagés en collège ici.
Nous nous étions battus pour que ce soit crée. Mais le recteur a dit niet. Résultat beaucoup d'enfants (des copains des classes CHAM de l'école primaire) ont abandonné la musique.
J'ai dit sur ce blog tout le mal que je pensais des "pédagos en chambre" et des partisans de la globale, mais j'ai du respect pour les vrais pédagogues comme Montessory, Steiner ou Freinet et queques autres.
Je pense aussi que certains enfants (peut-être pas tous, je ne sais pas) auraient besoin d'un autre type d'enseignement. Je pense que c'est son cas.
L'enseignement "traditionnel" est trop abstrait et trop cérébral, trop axé sur la "raison raisonnante". Il ne tient pas suffisamment compte du "cerveau droit".
Ecrit par : Robin | 13 avril 2007
Pathétique cette attitude des pédagogos qui prétendent fonder leur "science" sur des considérations psychologiques et qui méconnaissent à ce point la mentalité enfantine.
Comme le disait Henry Fielding, « Un repas équilibré, du point de vue d’un petit garçon, c’est une part de gâteau dans chaque main. » à votre avis, qu'est-ce qu'une bonne pédagogie du point de vue d'un petit garçon ?
Ecrit par : Nabu | 13 avril 2007
Wooooow ! Deux jours de vacances, et soixante pages de commentaires à lire ! Quelle animation !
Quelqu'un a-t-il relevé le côté un peu bizarre des copiers-collés de Mr Nabu ? J'y reconnais, habilement déguisée, la prose que, par masochisme et par curiosité, j'ai pu lire sur certains sites à tendance religieuse.
exemples : "Mais de nos jours, peut-on s’étonner de telles inepties de la part d’hommes politiques lorsque même un pape prétend que « l’évolution est plus qu’une hypothèse », voulant parler des sottises néo-darwinistes ? " ou bien : "nous avons bien remarqué qu’une certaine forme de propagande était pratiquée activement par les enseignants, aidés en cela par les manuels scolaires eux-mêmes. Nous voulons parler de la vulgarisation de théories scientifiques présentées comme des faits ainsi que de la restriction du nombre d’opinions considérées comme admissibles par l’Occident moderne, mais aussi de la manière imparfaite d’inculquer des vérités qui pourtant pourraient être démontrées aisément. " (au fait, c'est un "nous" de majesté, ou vous êtes plusieurs , comme les lolos 34, à qui je fais un petit bonjour ?).
Jean, c'est vous qui avez raison, enseigner peut à la rigueur se raconter, mais pas se théoriser sans être ridicule et jargonneur. En médecine, dieu sait si des tombereaux d'âneries ont été dites et écrites, mais on ne trouve pas (encore ?) de traité d'apprentissage du sens clinique. C'est comparable.
Ensuite je cite Mr Moussa :
"réponse à Jean
"Et quand Meirieu écrit que les professeurs dispensent des connaissances "fossilisées", il ne dénigre pas le savoir, par hasard?"
Non, il fait référence à la paléontologie, c'est une science il me semble. Mais il fait la distinction entre diverses sortes de connaissances je suppose."
Ou c'est de l'humour, ou c'est vraiment de la mauvaise foi. Quid ?
Ecrit par : yann | 13 avril 2007
Mais pendant ce temps, les Chinois et les Indiens travaillent, EUX. Quo non descendamus ?"
Ecrit par : FGuichard | 13 avril 2007
si je suis d'accord avec vous, permettez d'ajouter un bémol. La politique "répressive"(même si elle peut s'expliquer,elle l'est par les frustrations qu'elle engendre ) génère une véritable bombe à retardement car les petits chinois enfant-unique sont de véritables petits empereurs...no more comment
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 avril 2007
Et bien , comme çà, c'est l'Inde qui dominera le monde dans quelques années, et çà me remplit de joie !!
Ecrit par : yann | 13 avril 2007
Rien à voir :
lu dans la newletter de courrier international :
" The Economist vote Sarkozy ".
Cà donne envie, non ?
Ecrit par : yann | 13 avril 2007
Ca vous étonne vraiment, yann!
Lu le message de toto, juste avant celui de Philippe Moussa, un peu plus haut... Ca fait un drôle d'effet, un peu comme de marcher dans un caca juste avant d'entrer dans un super restaurant... Mais, comme j'ai lu ce premier message de l'oeil gauche, ça porte bonheur...
Ecrit par : Christophe Sibille | 13 avril 2007
Les Héritiers de Bourdieu ressortissent d'avantage à une sociologie des élites, à une réflexion sur les mécanismes de reproduction et de cooptation en leur sein, et portent donc plutôt sur l'enseignement supérieur, et en particulier les classes préparatoires. Si l'auteur considère l'enseignement comme une violence symbolique des dominants sur les dominés, il ne remet pas en cause véritablement l'exigence de transmission d'une haute culture par l'institution scolaire, mais les mécanismes insidieux de reproduction qui encodent cette transmission et qui contribuent à la pérénisation des mêmes élites économiques.
Ecrit par : ABOU DJIHAD | 13 avril 2007
"Autrement dit, comme il assimile le savoir scolaire à une extension du savoir-vivre bourgeois, atténuer les formes de la reproduction consisterait à objectiver les critères scolaires de sélection..."
Merci à ABOU DJIHAD pour cette remarquable mise au point sur Bourdieu, souvent interprété de travers par certains de ses disciples.
Le problème est de savoir si le savoir scolaire est vraiment une extension du savoir-vivre bourgeois.
Là, j'ai des doutes et je pense au "Dictionnaire des idées reçues" de Flaubert et aux gens qui ont un piano dans leur salon et des mètres carrés de Pléiades qu'ils ne lisent jamais "pour faire cultivé".
Le savoir scolaire est une invitation à "faire des synthèses en profondeur" et à aller bien au-delà du vernis bourgeois.
C'est une mise à l'épreuve de la volonté de paraître qui caractérise la bourgeoisie en tant que classe sociale.
Dans ce sens, l'école et ses exigences (et à condition qu'elle ait encore des exigences) ne favorise personne, elle met tout le monde à l'épreuve.
C'est l'école actuelle qui a cédé sur les savoirs réels qui favorise ceux qui possèdent le règles du savoir-vivre bourgeois.
..D'où son caractère profondément inégalitaire, alors même qu'elle a été voulue par la Gauche (Loi d'orientation de 89)
..C'est le paradoxe qui constitue le pivot de l'argumentation de la "Fabrique du crétin".
Je crois qu'elle est irréfutable et que Bourdieu, défenseur de la "haute culture" serait d'accord avec le constat.
Ecrit par : Robin | 13 avril 2007
"Un super restaurant"...
Je dirais plutôt "l'Auberge de Diafoirus"! Je n'arrive pas à digérer "la réappropriation des connaissances par l'apprenant"!
Ecrit par : Jean | 13 avril 2007
Décidément, Philippe Moussa, je n'avais pas pris le temps de découvrir toutes les perles que contient votre post. Vous êtes encore plus imbibé de "pédagogisme" dur que je ne pensais.
"Vos préjugés sur les pédagogues pédants"...
Ce n'est pas un préjugé, mais un constat. Apprenez le sens exact des mots! Il ne suffit pas d'aligner quelques termes à l'apparence savante pour être un penseur.
"La science qu'on déverse sur lui"...
Encore une formule typiquement "pédago", et stupide. La science éclaire, Cher Monsieur Moussa, les intelligences! Nous ne sommes plus au Moyen Age! La scolastique, c'est fini. Notre science, c'est celle des Lumières. En revanche, la scolastique, ce "ténébreux butin" juste bon à polluer les cervelles, comme dirait Molière, c'est vous et vos maîtres à ne-pas-penser, ce sont les vingt mille pages de vide prétentieux de Meirieu, ce sont les considérations vaseuses et sententieuses de Dubet, ce sont les anathèmes et les oukases de Frackowiak!
"Le bon élément qui a bien appris son métier d'élève soumis"...
Encore une expression bien "pédago"! Le "pédagogiste" ne supporte pas l'idée qu'il puisse exister de bons élèves. Car, disent les "pédagogistes", être bon élève, c'est faire du tort aux autres. Quand les bons élèves se font traiter d'"intellos" ou de "bouffons", c''est avec la complicité secrète des "pédagogistes". C'est avec des idées aussi folles qu'ils ont mis l'école à genoux.
Je vous le répète, vous confondez deux domaines qui n'ont rien à voir: la formation d'adultes et l'enseignement à des élèves. Vous ne pouvez rien strictement rien tirer de votre expérience de la première pour l'appliquer au deuxième.
Peut-être votre tort est-il de vous mêler d'un domaine, l'enseignement à des élèves, qui vous est étranger, et à propos duquel vous répétez des leçons apprises!
Ecrit par : Jean | 13 avril 2007
à yann :
Nous vous remercions pour votre compliment au sujet de notre "habileté", mais il n'est pas mérité dans la mesure où nous ne déguisons rien ; nos références à ce que vous appelez à tort des "tendances religieuses" sont assez claires, nous bemble t-il, et nous n'avons aucune raison d'en rougir, bien au contraire. Toutefois, ce que vous identifiez comme de la rhétorique religieuse, ce que vous qualifiez ainsi, dépasse en réalité le cadre purement confessionnel, cela dépasse même le cadre cultuel.
Nous ne nous attendons évidemment pas à ce que les contributeurs de ce blog connaissent les oeuvres de Guénon, et nous devons donc préciser que pour nous, le spirituel n'est pas synonyme de religieux, même s'il est assez évident que nous ne tenons pas le sentimentalisme en aussi haute estime que l'écrasante majorité de nos contemporains.
Nous rappelons que les idées que nous exposons ne sont "sous-tendues" par rien d'autre que ce qu'elles expriment de façon explicite. Nous ne sous-entendons rien et il serait parfaitement vain de "chercher à découvrir, derrière ce que nous disons, nous ne savons quelle pensée dissimulée ou déguisée, qui est parfaitement imaginaire."
En ce qui concerne le "nous", il n'est pas de majesté, mais de pastiche, comprenne qui pourra... Il peut aussi être interprété comme étant collectif, ce ne serait pas gênant, mais au contraire plus proche de la réalité qu'il n'y paraît, l'individualisme moderne ne faisant pas plus partie des superstitions dont nous sommes victimes que l'égalitarisme et la croyance au "progrès". à vrai dire, nous ne sommes pas le moins du monde superstitieux, contrairement à beaucoup de croyants et de non-croyants qui s'illusionnent énormément sur leur propre compte.
Ecrit par : Nabu | 13 avril 2007
Je lis :
" Nous ne nous attendons évidemment pas à ce que les contributeurs de ce blog connaissent les oeuvres de Guénon, et nous devons donc préciser que pour nous, le spirituel n'est pas synonyme de religieux, même s'il est assez évident que nous ne tenons pas le sentimentalisme en aussi haute estime que l'écrasante majorité de nos contemporains. "
Cette introduction me gêne. Pas vous ? Les humbles participants de ce blog ....Gurdjieff, Guenon ... des gourous parmi d'autres. Non ? On aime dans certains milieux dits spiritualistes se gausser de leur fréquentation livresque. On tourne en rond. On est entre nous... Les lire entre es lignes certes mais mégarde !
Ecrit par : patrickinstit | 13 avril 2007
Bonjour à tous ,
Je souhaiterais apporter mon modeste témoignage , ayant passé le concours de professeur des écoles en alsace l'été dernier ; je fais du soutien scolaire (toutes matières+anglais jusqu'à la seconde générale , matières littéraires+anglais jusqu'à la terminale), j'avais donc pensé avoir quelques chances d'être reconnu capable de transmettre quelques connaissances à des élèves du primaire.
J'ai donc obtenu de bonnes notes aux épreuves écrites, portant sur des connaissances dans diverses disciplines ; ensuite j'ai obtenu 17/20 à l'oral d'anglais.
Tout s'annonçait bien , malheureusement c'était sans compter sur une mauvaise note dans la matière principale : le sport!
ensuite il a fallu passer le célèbre oral idéologique final.
Sujet de l'oral : pédagogie du projet ou projet pédagogique.
Le but étant pour le candidat de présenter la classe comme une chance pour l'élève de fabriquer SON programme scolaire, de déterminer ce qu'IL souhaite apprendre sans aucune imposition de la part du maître ; celui-ci étant un "animateur" de groupe .
Malheureusement les choses ont mal tourné pendant l'oral.
A la question : "pourquoi souhaitez-vous devenir professeur des écoles ? "
j'ai répondu que je pratiquais le soutien scolaire depuis 25 ans et que j'avais constaté que de plus en plus d'élèves de 3e étaient incapables d'écrire une phrase en bon français ; d'autre part le manuel du ministère de l'Education Nationale "qu'apprend-t-on à l'école élementaire?" qui est une sorte de guide spirituel officiel pour futur instituteur, stipule bien : Nous devons mettre l'accent au primaire sur l'apprentissage du français et du calcul .
Hélas, mes examinateurs ont failli m'étrangler ; en effet vouloir enseigner le français et les mathématiques dès le primaire est le plus sûr moyen de créer de la discrimination entre bons et mauvais élèves ;or chacun doit être l'égal de chacun, et tout le monde l'égal de tout le monde dans notre société ultra-égalitaire , donc hors de question de risquer de créer une élite ; l'effort de solidarité nationale nous poussera donc plutôt à stimuler la classe par la pratique de l'éducation physique et sportive , des arts plastiques, du théâtre ,de la musique multiculturelle (la rappeuse diam's étant très prisée)
ma note à l'oral fut de 04/20 ; j'aurais donc été un piètre maître d'école à vouloir imposer à mes élèves l'apprentissage du français, de l'anglais et des maths alors que les idoles de l'école ne sont plus victor hugo ou lavoisier, mais zidane et diam's
En même temps j'ai compris pourquoi autant d'élèves que je suis dans leur scolarité , ne savent toujours pas lire et écrire en classe de 5e .
Ayant voyagé dans 51 pays et parlant parfaitement l'anglais, pouvant enseigner dans quasiment toutes les matières jusqu'au lycée, on se demande bien comment je peux obtenir un 04/20 à un oral de concours de professeur des écoles ; j'aurais pu faire découvrir la géographie , le goût des voyages et des langues étrangères à tant d'enfants...
bref, les jeunes sportifs qui courent le 400m en moins de 9 minutes auront probablement été reçus , ce sont eux les futurs instituteurs.
Fabrice HUET
Ecrit par : fabrice HUET | 13 avril 2007
L'éducation, c'est simple : « Voyez ce que font les enfants et empêchez-les de le faire. » Alan Patrick Herbert
Ecrit par : Tartine | 13 avril 2007
Robin,
Pourquoi dites-vous "il faut s'accrocher aux branches pour rester à la hauteur"?
Je trouve délicieuse cette vie partagée avec des enfants précoces.
Le seul point négatif, c'est l'EN. Il suffit de choisir la bonne école, où l'instruction n'est pas au rabais, où la méthode de travail est enseignée dès le plus jeune âge.
Vous êtes dans les Yvelines. Il y a d'excellentes écoles qui auraient pu vous apporter beaucoup.
Lorsque je vivais à Versailles (je suis maintenant à l'étranger), j'ai eu cette chance de trouver les bonnes écoles (eh oui privées Oups) qui ont pu accueillir mes enfants en tenant compte de leur précocité.
Aujourd'hui à l'étranger (je peste) car public, nivellement par le bas. Programme en dépit du bon sens, pas de respect, pas de méthodologie, rien.......
Pour celui qui est en secondaire, j'ai la chance d'avoir d'excellents profs de maths, de physique.
Pour celui qui est en primaire, catastrophe. Je fais les cours pratiquement tous les jours. Et encore, je ne me plains pas, il apprend rapidement (3/4 h par jour). Je connais beaucoup de parents désespérés qui mettent 3 h par jour à récupérer les inepties de l'école, sans compter les cours de soutien.
L'école est déstabilisée par la différence, elle a du mal à l'accepter. Moi, je trouve que la différence enrichit et construit.
Ecrit par : Carole | 13 avril 2007
Si tous les nouveaux instits fraîchement reçus campent sur les positions qu'on leur enseigne à l'iufm et que vous décrivez, F. Huet, on n'a pas encore touché le fond!
Catmano, quand vous lisez des choses comme cela, cela ne vous pousse toujours pas à publier? Votre réticence va finir par ressembler à de la non assistance à personne en danger:-)
Ecrit par : Thalie | 13 avril 2007
Par François Guerriéri, doctorant en philosophie :
Dans un article publié dans Le Monde, le 22 mars 2007, intitulé « L'Ecole face à la barbarie consommatrice », Philippe Meirieu, pédagogue renommé, critique l'influence de la société de consommation sur les élèves et sur l'Ecole. Après un recensement anxiogène de la souffrance des professionnels, de la baisse de niveau des élèves, de l'explosion des violences à l'école et des diverses polémiques électorales actuelles, Philippe Meirieu engage à penser l'organisation scolaire conjointement à celle de la société.
Nous ne soulèverons pas la question de savoir si le pédagogue militant, créateur des IUFM et auteur de livres inscrits aux programmes de ces instituts de formation des enseignants (en argot on appelle ce processus « noyauter »...) a sa part de responsabilité dans ce bilan qu'il esquisse en début de son article. Il est cependant amusant de se laisser bercer par la logorrhée puissante du pédagogue, où le jargon fait ½uvre de rutilance. Car le langage des sciences de l'éducation, lointainement inspiré de la langue française, ajoute un étage supplémentaire « baroque » à la grande Babel des sciences humaines contemporaines. Notre objectif sera ici de critiquer, derrière le vernis technique, le propos politique de l'auteur : il ne nous parle pas d'école, il nous parle de société.
Effectivement, on demande à l'école de faire tout, du pédagogique, de l'éducatif, de l'apprentissage de la citoyenneté, de la découverte des métiers. A charge pour les professeurs de faire aimer les savoirs, car aux yeux du pédagologue, ce n'est pas l'élève qui échoue, l'élève n'est pas un sujet, c'est le professeur qui doit se demander pourquoi il n'arrive pas à susciter l'intérêt et faire surgir la connaissance de l'intellect enfantin qu'il éduque.
En réponse aux difficultés croissantes qu'ont les enseignants à faire leur travail, le « pédagogisme » dénigre les fondamentaux sans lesquels aucune tête ne peut fonctionner correctement (allez donc faire de la métaphysique ou de l'analyse politique, si vous confondez « et » et « est » dans une dictée), pour fustiger le libéralisme individualiste et le matraquage publicitaire.
Mais la sélection et la séduction sont des mots qui effraient Monsieur Meirieu. Il voudrait que l'enfant puisse aller à une école qui vise à « déverrouiller les destins en faisant circuler de la parole, (...) et de rencontrer des occasions de s'impliquer et de fabriquer du collectif. »
L'Ecole est-elle le lieu rêvé pour la circulation de la libre parole ? Aujourd'hui, au fin fonds de la plus noire des tyrannies, un homme équipé d'Internet peut blogger... L'Ecole se devrait d'être le lieu de la circulation de la libre parole ? Mais cela va être la foire du bavardage, pire ennemi des professeurs en classe. Des occasions de s'impliquer, de créer du collectif, de faire circuler leur parole hors de tout contrôle, les enfants en ont plus que de raison aujourd'hui. Aux parents d'aider à discerner, à l'Ecole de donner les moyens d'évaluer, penser, mais surtout pas d'encadrer ces espaces. On n'inscrit pas la liberté dans les murs de l'école, ou de la Cité, sauf à Callipolis, éventuellement.
M. Meirieu demande comment concurrencer, à l'Ecole, les espaces de liberté communicationnels de la modernité ? Il se demande comment donner plus de plaisir d'apprendre en classe que devant sa console de jeu High Tech ? Il faut être bien réactionnaire pour espérer éteindre ces flammes en faisant préférer le tableau noir...A moins qu'il ne s'agisse d'une nostalgique naïveté bercée d'idéologie. M. Meirieux devrait apprendre que Titeuf, a eu la peau du Petit Nicolas.
Quant à l'évaluation, le succès d'émissions telles que la « Star Académie », l'engagement de certains jeunes rêvant de sport de haut niveau, loin de l'école, laisse croire qu'ils ont soif de réussite, de victoire et de sélection, même âpre.
L'expérience pédagogique de terrain permet de constater combien il est important aux yeux d'un élève d'avoir de bonnes notes et de passer dans la classe supérieure. Respectons cette envie, exaltons cet engagement dans l'âpreté de l'existence et donnons à nos enfants les moyens de gagner plutôt que l'envie de ne pas participer à la course. Le sens et l'envie d'apprendre ne s'inventera pas, elle ne sera pas ailleurs que là où chacun de nous, comme nos aînés, l'avons trouvé.
Le projet d'un « monde scolaire », de M. Meirieu est inquiétant. Un monde circonscrit à une école où l'on cesse de vous évaluer mais où les exigences seraient renouvelées, où les agrégats de sujets seraient lourdement structurés pour que chacun ai sa place et n'ai plus besoin, donc ne puisse plus, sortir du lot est un système rigide entre tous : car « en structurant des groupes de travail exigeants où chacun ait une place et ne soit pas tenté de prendre toute la place... », on fait des castes , n'est-ce pas ?
Aussi à la question de M. Meirieux: « Ne faut-il pas prendre au sérieux la question des médias (...) en faisant valoir que (la) liberté d'expression s'exerce dans une démocratie et doit s'accompagner d'un devoir d'éducation ? » je répondrais que le jour où l'école de la République éduquera à la politique par une relance de l' « éducation populaire » dans les arts et dans les sports et que les médias devront se censurer afin de se mettre à « éduquer », ce jour là retentira dans mes oreilles le vieil échos des chants des gardes rouges faisant leur gymnastique matinale face au poster géant du grand timonier les invitant à s'unir dans un grand projet collectif où chacun a sa place déjà numérotée.
L'ordre que propose M. Meirieu, est totalitaire et figé, malgré ses atours bien-pensants et démagogiques. Je ne crois pas que la société soit réductible à son Ecole ni même que l'Ecole se doivent d'être absolument à l'image de sa société. Une salle de classe n'est pas une démocratie. Avant de devenir un citoyen, on a été écolier.
Le progrès est une valeur et il est le fruit du travail. Là est peut-être le « sens » que doit retrouver l'Ecole. A la différence de ce qu'affirme M. Meirieux, la meilleure arme contre le « caprice » est la frustration, comme le meilleur stimulant de l'effort est la récompense. Ce n'est pas en faisant croire à un enfant qu'il invente le théorème de Pythagore en discutant dans une classe-agora qu'on lui donnera un autre message que le « be yourself » des slogans pour sodas et autres chaussures de sport que diffusent les médias.
La première question qu'est sensé se poser un pédagogue est « pourquoi je ne parviens pas à mes fins ? » selon les théories dispensées dans les IUFM. Il serait temps pour M. Meirieu de s'appliquer cette interrogation...
Ecrit par : Nicolas | 13 avril 2007
Mais je...
Ecrit par : catmano | 13 avril 2007
L'école est déstabilisée par la différence, elle a du mal à l'accepter. Moi, je trouve que la différence enrichit et construit.
Ecrit par : Carole | 13 avril 2007
Bien sûr que la différence enrichit Carole,..Mais allez faire comprendre cela à l'éducation nationale publique, et même privée sous contrat...Même menu pour tout le monde...Vous n'aimez pas la soupe ? Reprenez-en ! Et je ne veux voir qu'une seule tête, sinon, je coupe celles qui dépassent !
Nous ne sommes plus dans les Yvelines, mais en province dans une ville moyenne...Donc pas le droit aux classes à horaires aménagées...Donc projets de déménagement quand il aura fini sa troisième dans une ville où il y a un lycée musical.
On est comme ça : les enfants d'abord ; ils nous précèdent et nous, on se débrouille pour suivre.
Sinon, je regrette d'avoir paru exagérer les difficultés. Je viens de l'entendre en concert pendant plus de deux heures. Il y a des moments qui compensent les soucis et où la vie reprend son sens.
Un orchestre, c'est le contraire de l'école : on s'écoute, on est concentré, sérieux mais pourtant détendu et heureux et on travaille dans le même but : créer du plaisir et de la beauté pour les autres.
Pourquoi est-ce qu'on ne fait pas la même chose à l'école ? Mystère. Les pédagogues n'apprécieraient sans doute pas. Ils ont horreur de l'harmonie.
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Ayant voyagé dans 51 pays et parlant parfaitement l'anglais, pouvant enseigner dans quasiment toutes les matières jusqu'au lycée, on se demande bien comment je peux obtenir un 04/20 à un oral de concours de professeur des écoles ; j'aurais pu faire découvrir la géographie , le goût des voyages et des langues étrangères à tant d'enfants...
bref, les jeunes sportifs qui courent le 400m en moins de 9 minutes auront probablement été reçus , ce sont eux les futurs instituteurs.
Fabrice HUET
Ecrit par : fabrice HUET | 13 avril 2007
Fabrice, j'ai failli m'étrangler de rage en lisant votre témoignage.
Et dire qu'il y a des gens qui viennent régulièrement sur ce blog pour nous expliquer benoïtement que nous exagérons, que les pédagogues n'ont pas de pouvoir, que nous n'avons aucune raison de nous inquiéter, que ce sont nous les méchants et les "agressifs" et que tout va très bien, Madame la marquise.
Représentez-vous et faites semblant de marcher dans leurs iidées à l'oral, lisez en diagonale un des tristes bouquins de Meirieu et ressortez leur quelques mots de jargon : "apprenant", "pédagogie différenciée", "remédiation" "construction des savoirs", que sais-je...Ils n'en
demandent pas plus...
On a besoin de gens comme vous. J'en sais quelque chose, j'ai enseigné pendant des années en 6ème et je sais bien dans quel état ils nous arrivent.
Non mais quelle bande de c...
Ecrit par : Robin | 13 avril 2007
j'ai répondu que je pratiquais le soutien scolaire depuis 25 ans et que j'avais constaté que de plus en plus d'élèves de 3e étaient incapables d'écrire une phrase en bon français ;
C'est l'exacte vérité.
Mais évidemment, je comprends que ça ne leur ai pas plu. Vous leur avez mis le nez dedans...Les grands mots ronflants et la brosse à reluire, ils apprécient, mais être mis en face de leurs responsabilités et entrevoir le "pandémonium" derrière les fils de leur tapisserie cousue de fils blancs....très peu pour eux.
De vieux gamins narcissiques englués dans des niaiseries.
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
Je suis particulièrement sensible au témoignage de Fabrice, parce qu'il aurait exactement pu être le mien si je n'avais pas été assez faux-derche pour appliquer à l'avance les conseils avisés de Robin. Comme lui, je vous dis : donnez le change, mais représentez-vous. Vous embrouillerez aisément les cons, et vous vous ferez comprendre à demi-mot par ceux qui aspirent secrètement à des gens comme vous. Moi, ça m'a valu 20/20 à ce que vous appelez à juste titre l'oral idéologique. En revanche, les déboires n'ont été reportés que de quelques mois, car en deuxième année, en situation, c'est plus dur de faire semblant. Mais là aussi, j'ai rencontré des gens qui vont au delà de la recherche du béni-oui-oui pré-formaté, éventuellement illettré (mais ça, ça n'a aucune importance), et je suis parvenu, à coup de dopage chimique par la force des choses, à rester politique jusqu'au bout et à enfumer tous ces salopards (je pèse mes mots, même si mes pensées sont sélectives).
Alors, tenez bon, vous n'êtes pas le premier, et vous nous devez d'y arriver, même s'il est clair que ce sera dur, d'autant plus que, comme moi, vous êtes moins jeune que la moyenne donc visiblement moins manipulable.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Mais au total, quel prix pour la santé... Moi, ça va , je suis un grand gaillard, mais combien de jeunes collègues plutôt brillantes, pleines d'énergie, et minées par des saloperies de rats d' IUFM malfaisants. Même s'il se sent à tort visé, je suis sûr que Christophe voit trop bien ce que je veux dire...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Merci à Nicolas pour ce qu'on aimerait être le coup de grâce pour le grand gourou autoproclamé à qui nous faisons ici comme ailleurs bien trop d'honneur par notre rancoeur là où il ne mériterait que le mépris..
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
J'l'avais loupée, celle-là... :
"No problemo, Cadichon, je pense que JPB aura la gentillesse de transmettre. Et sur ce, je cours réunionner, car une éducation nationale sans réunion, c'est un repas sans vin, une journée sans écrire, la nuit sans étoile, bref, UN BAISER SANS MOUSTACHE...
Ecrit par : Fguichard | 12 avril 2007
Après ça, comment voulez-vous qu'il ne vous assiège pas pour reprendre le flambeau ?
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Bien je vais allez voir ailleurs sur la blogosphère s'il ne souffle pas un peu d'air humaniste. Ici on étouffe, ça sent le moisi"""Ecrit par : Philippe Moussa
Comme quoi des gouts et des couleurs....et il faut de tout pour faire un monde.( excusez l'abscence d'accent, je tape sur l' ordi de ma fille et ne sais pas comment les faire)
Ce sont toujours les memes qui se gargarisent d'humanisme drappes dans cette bonne conscience qui doit cependant aussi servir d'etouffoir au bon sens.
S'il y a de la haine pour les "pedagogistes ", le isme etant le suffixe de l'ideologie, ( et certainement pas pour les pedagogues:l'amalgame est deja eloquent)c'est bien celle que tout etre normalement constitue ressent pour les criminels en serie, responsables de la catastrophe humanitaire qui a condamne nos enfants a l'illettrisme, a l'echec scolaire, les conduit au chomage et a detruit les espoirs de progres dont ils sont porteurs.
Le pedagogisme est une secte, avec ses dogmes, ses grands pretres et Son Eminence Moussa ne supporte pas mes blasphemes
Et il ne sait pas que les sciences de l'education sont du pipeau, c'est ca le scientisme.
Bon vent!
Ecrit par : Cadichon | 14 avril 2007
"Combien de jeunes collègues plutôt brillantes, pleines d'énergie, et minées par des saloperies de rats d' IUFM malfaisants", écrit Perceval.
A ce propos, des nouvelles (mauvaises) de la jeune stagiaire de CAPES dont JPB avait reproduit le témoignage il y a quelques mois : dépression nerveuse. Ne vous sentez pas attaqué, Christophe, ce n'est pas de gens comme vous que nous parlons, mais, effectivement, de rats malfaisants, destructeurs et jaloux.
Ecrit par : Dulcamara | 14 avril 2007
Le pedagogisme est une secte, avec ses dogmes, ses grands pretres et Son Eminence Moussa ne supporte pas mes blasphemes
...et ses grands prêtres (et prêtresses) inquisiteurs. Les uns se soutiennent des autres. Les sectes n'existeraient pas et ne survivraient pas longtemps si elles n'étaient pas combattues. L'histoire de toute société , est l'histoire des luttes entre sectes, dont quelques unes finissent par l'emporter sur les autres à mesure qu'elles sont sévèrement combattues. Nul besoin, Cadichon, d'être historien pour comprendre cette logique.
Ecrit par : buntovchik | 14 avril 2007
Quitte à me carboniser définitivement auprès de certains d'entre vous, je voudrais dire un mot en faveur de Ph. Moussa, qui ne me paraissait pas entièrement irrécupérable, et avec qui, me semble-t-il, nous aurions pu débattre de manière constructive sans en arriver à l'anathème et à l’exclusion -- parce que, soit dit en passant, c’est avec ses adversaires que l’on doit discuter, pas seulement avec les gens qui pensent comme nous, sous peine de tourner en rond. Si l’objectif de certains de nos intervenants est d’éliminer de facto toute approche pédagogique divergente de la nôtre, je crois que nous n’irons pas loin. Envoyer aux pelotes des individus hargneux, insultants et agressifs, certainement. Mais M. Moussa n’était pas de ceux-là, que je sache, et ce qu’il expliquait n’était pas toujours dénué d’intérêt. Pourquoi ne pas l’écouter, ne pas essayer d’entrer quelques minutes dans sa logique, ne serait-ce qu’afin de comprendre comment on devient pédago ? Proust pastichait les écrivains pour comprendre comment fonctionnaient leurs textes. Il faudrait essayer d’entrer « dans la peau » d’un pédagogiste, pour saisir ce qui a pu le conduire à penser de façon aussi aberrante, et mieux saisir ce qui peut conduire des collègues, souvent de bonne foi, à se lancer dans des pratiques dont le résultat objectif (crétinisation des masses potachiques) est à l’exact opposé du but recherché, démocratiser l’Ecole et « élever le niveau ».
Et ce qui est vrai sur « bonnet d’âne » l’est encore davantage sur le terrain. Là, je voudrais m'adresser aux collègues qui interviennent sur ce blog : nous ne vaincrons pas tout seuls dans nos établissements, en adoptant la posture solitaire du dissident ou du martyr, mais en discutant avec ceux qui n'ont pas les mêmes pratiques que nous, et en concluant, de fait, une alliance objective (comme on dit) avec les moins obtus des pédagos, parce qu'il y en a, justement, qui doutent. C'est aussi pour cela, Jean, que je ne comprends pas bien pourquoi, tout en reprochant à juste raison aux pédagos leur sectarisme, vous vous déclarez si peu sensible à ceux d’entre eux qui doutent. Je ne vois pas ce qu’il y a de nuisible à s’interroger sur ses pratiques. Alors, vous ne doutez jamais, vraiment ? Heureux homme. Voyez-vous, cela fait trente ans que j’enseigne ; je prépare mes cours à fond, je m’investis beaucoup, sans vouloir me vanter… et je doute tout le temps ! Je modifie, je perfectionne, je peaufine, cent fois sur le métier, etc., etc. C’est de l’hygiène intellectuelle, en somme, non ?
Ecrit par : FGuichard | 14 avril 2007
Fabrice, mon second instituteur avait souffert de la tuberculose des os dans son enfance. J'ai travaillé avec lui de 1956 à 1958.Il mesurait moins de 150 cm et marchait en passant la jambe gauche devant la jambe droite puis la droite devant la gauche , ou l'inverse, avec une détermination stupéfiante. Pour monter les marches accédant au logement de fonction, il devait se tenir à la rampe et procéder à une acrobatie que je n'ai jamais réussi à suivre. Il s'intéressait à tout , même au sport et jouait au ping-pong en changeant de main. Quand il est décédé sa famille m'a demandé de lire le célèbre poème de R. Kipling :" Si..." qui lui ressemblait tant. Allez j'arrête car je recommence mon roman.
Je voudrais dire à Nabu que l'école de Jules Ferry n'était pas obligatoire et gratuite mais GRATUITE et obligatoire . Il fallait qu'elle soit d'abord gratuite afin de pouvoir devenir obligatoire. Pour les pauvres , c'est capital, et comme dit JPB, le savoir c'est le capital du pauvre. Malgré ses imperfections je n'ai pas envie de cracher dans la soupe. " Maintenant que tu as le ventre plein ,tu dis que c'était trop salé " dit un proverbe arabe.
On peut objecter à juste titre que cette école a procédé à l'endoctrinement patriotique qui envoya toute une génération au champ d'honneur, là où on échange une jambe contre une croix de guerre. ( On passe l'adaptation du "Sang noir" de louis Guiiloux , ce soir à la télé. ) Mon père avait rangé celle de son frère aîné sous une pile de draps dans l'armoire. Les champs d'honneur, ils sont là tout près, partout, dans ma chère vallée. En même temps cette école a fourni les armes du désir de savoir, de comprendre , de réfléchir et de s'exprimer comme le répètait encore il n' y a pas si longtemps Jacqueline de Romilly. Les pauvres, ils vous surprennent parfois par leur volonté de s'en sortir et de se dépasser. Je pense à Alain qui préférait regarder les hommes au menton plutôt qu'au front . L'instruction s'ajoute alors à la force de caractère , aux qualités humaines et à l'intelligence du coeur. Alors la vie vaut la peine d'être vécue, envers et contre tout.
Aujourd'hui on veut faire croire aux pauvres que le bonheur est dans la consommation de biens matériels mais aussi pseudo-cukturels et que l'effort sous toutes ses formes, c'est ringard . Si je raconte des" âneries" qu'on m'arrête tout de suite. Ce n'est pas nécessaire : il fait beau et j'attends des invités. Je me tais et je m'en vais. Le bonheur est dans le pré et j'y cours. Bon week-end à tous.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 14 avril 2007
Bravo, chère collègue!
Vous touchez du doigt le fond du problème.
Je me pemettrai d'y ajouter que la source de la confusion est dans l'instrumentalisation par la Droite UMP et la Gauche PS d'une polémique strictement professionnelle.
La Droite a récupéré la critique du pédagogisme venu de la Gauche républicaine dont Maurice Maschino est un excellent exemple pour en faire une machine de guerre contre la gauche.
Il est indispensable de lire "De l'école" de Jean-Claude Milner ainsi que les ouvrages d'Hélène Huot qui, dès les années 85 du siècle dernier, posaient déjà le problème.
Celà brouille complétement les enjeux car nombre de pédagogistes confondent leur engagement à gauche et leur choix pédagogiques.
L'apprentissage de la lecture où les fumisteries idéo-visuelles de Jean Foucambert seraient de gauche et la "Méthode Boscher" de droite est le lieu privilégié de cette confusion.
Or il faut clairement distinguer la politique éducative, où le clivage Droite/ Gauche garde globalement toute sa pertinentce-Service public versus Chèque éducation- des choix pédagogiques et /ou didactiques qui relèvent eux du pragmatisme.
"Peu importe qu'un chat soit blanc ou noir, l'important est qu'il attrape les souris" avait coitume de dire feu Deng Tsiao Ping.
Ferdinand Buisson et alli l'avaient bien compris qui n'hésitaient pas à recycler, au seul regard de leur efficacité, les innovations pédagogiques des Frères des Écoles chrétiennes pour l'enseignement primaire ou des Jésuites pour l'enseignement secondaire...
Je suis en train de rédiger un article sur ce thème. En attendant , j'essaie de sélectionner sur la Toile, et notamment sur "Bonnet d'äne" des textes argumentés suceptibles de nourrir cette réflexion.
http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/
Ecrit par : Henri Grégoire | 14 avril 2007
"Bien je vais allez voir ailleurs sur la blogosphère s'il ne souffle pas un peu d'air humaniste."
Le souci du père moussa, c'est qu'il n'a aucunne idée de ce qu'il se passe dans les maternelles et dans le primaire, le petit homme ne s'occupe que des "conflits" (mort de rire je suis, pôve petite chose.... )
"j'ai répondu que je pratiquais le soutien scolaire depuis 25 ans et que j'avais constaté que de plus en plus d'élèves de 3e étaient incapables d'écrire une phrase en bon français ;"
Mais maiasmais ... tu es fou ???? Il ne faut jamais dire ce genre de choses à des péédagogols, sûr que là tu es grillé :o))))))))
"Hélas, mes examinateurs ont failli m'étrangler"
Etonnant non ?
Pôve France !
"Votre réticence va finir par ressembler à de la non assistance à personne en danger:-)"
On fait une pétition ? :o))))))))
Ecrit par : toto | 14 avril 2007
FGuichard
Tout à fait d'accord avec vous. C'est la raison pour laquelle je n'étais pas d'accord pour renvoyer des gens modérés comme Christophe dans les cordes.
Mais avouez que nos "interlocuteurs" sont du genre insaisissables : tantôt on nous explique qu'ils n'existent pas, tantôt des témoignages comme celui de Fabrice nous indiquent au contraire qu'ils n'existent que trop.
On peut toujours discuter, mais à condition que l'interlocuteur ait un minimum de bonne volonté et, sans forcément adopter notre point de vue; en reconnaisse, au moins en partie, la légitimité.
Je suis évidemment d'accord avec ce que vous dites sur le doute. Mais en ce qui me concerne, et je pense que c'est également votre cas, j'ai énormément douté sur la forme, mais je n'ai jamais douté sur le fond.
Ce qu'il faudrait arriver à "leur" faire comprendre, c'est la différence entre les finalités et les moyens.
On peut discuter avec ceux qui sont d'accord sur la finalité, mais j'ai bien peur que "les autres" (ceux qui ont saqué Fabrice) n'aient aucune envie de discuter avec nous.
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
"c’est avec ses adversaires que l’on doit discuter"
Si il y a respect mutuel pourquoi pas ... Il ne me semble pas que cela soit le cas (?) .
"ne serait-ce qu’afin de comprendre comment on devient (mauvais*) pédago ?"
(*) Je rajoute "mauvais", parce que ici nous n'avons rien contre les bons :o))))
C'est risqué... :)
Ecrit par : toto | 14 avril 2007
"On peut discuter avec ceux qui sont d'accord sur la finalité, mais j'ai bien peur que "les autres" (ceux qui ont saqué Fabrice) n'aient aucune envie de discuter avec nous."
Raison de plus pour argumenter avec ceux qui acceptent le dialogue...
Ecrit par : catmano | 14 avril 2007
"mais à condition que l'interlocuteur ait un minimum de bonne volonté "
On l'a pensé très fort en même temps :o)))))))))))
Mort de rire ;)
Ecrit par : toto | 14 avril 2007
'J'ai bien peur que "les autres" (ceux qui ont saqué Fabrice) n'aient aucune envie de discuter avec nous."(catmano )
Il est très délicat de savoir sur quels critères Fabrice a été sacqué.
Sachez que que les Jury d'IUFM ont fait l'objet d'une authentique "chasse aux sorcières" que l'on connaït peu pour éliminer les "hérétiques" qui refusaient en tant que fonctionnaires ayant gardé quelques scrupules déontlogiques de sélectionner les futurs professeurs des Écoles sur des critères de conformisme idéologique..
La participation à ces Jurys et Commissions étant un véritable "fromage", cette "chasse aux sorcières" a eu son lot de délateurs intéressés....
Ecrit par : Henri Grégoire | 14 avril 2007
Nous ne nous attendons évidemment pas à ce que les contributeurs de ce blog connaissent les oeuvres de Guénon,
Ecrit par : Nabu | 13 avril 2007
Mais que de fantastiques apparitions avec ce M.Nabu, le tout premier je pense à évoquer Krishnamurti dans l' "océan de certitudes" de ce blog. Est-ce que tous ces respectables savants, lecteurs , penseurs et autres Pic de la Mirandole, connaissaient l'existence et la pensée de ce grand Monsieur qu'est Krishnalurti ?
Ecrit par : pierrot | 12 avril 2007
Allons, Robin, Jean, et les autres, rendons nous à l'évidence, nous ne sommes qu'une bande d'infâmes rationalistes bornés tout juste bons à déchiffrer Condorcet et Voltaire.
Je veux bien discuter avec des contradicteurs, mais est-ce possible quand ceux-ci planent si haut au-dessus de nous, dans les vertigineuses splendeurs de la spiritualité ?
Faut-il pour vous plaire, Mr Nabu, que j'exhibe mon exemplaire de "On teachings", de Krishnamurti, relié pleine peau de yogi, acheté in situ dans une petite librairie de Cochin (Kerala). Ou celui des écrits spirituels d'Abd El Kader (celui de la smala,oui,oui) ?
Soyons sérieux. Le mépris ne tient pas lieu d'argument.
Pouvez vous plutôt expliquer le sens de ces phrases : "Nous voulons parler de la vulgarisation de théories scientifiques présentées comme des faits ainsi que de la restriction du nombre d’opinions considérées comme admissibles par l’Occident moderne" et "peut-on s’étonner de telles inepties de la part d’hommes politiques lorsque même un pape prétend que « l’évolution est plus qu’une hypothèse », voulant parler des sottises néo-darwinistes ?" ?
Auriez vous lu récemment le merveilleux ouvrage distribué gratuitement dans bien des écoles, "l'atlas de la création" ?
Vous me faites songer au chien du "génie des alpages", mais nous ne nous attendons évidemment pas à ce que Mr Nabu connaisse les oeuvres de F'murr ....
Ecrit par : yann | 14 avril 2007
Vous me faites songer au chien du "génie des alpages", mais nous ne nous attendons évidemment pas à ce que Mr Nabu connaisse les oeuvres de F'murr ....
Je ne sais pas si M. Nabu a lu cette excellente série de bandes dessinées, mais je vois que nous avons des références communes.
C'est vrai que ce chien touchant de bonne volonté toujours déçue et pétri d'idéaux métaphysiques parfois difficiles à suivre a quelque chose d'un pédago, mais plutôt du genre Mister Bean. Heureusement que c'est pour de rire,
Voilà au moins une bonne raison pour demander à Monsieur Nabu de revenir sur ce blog nous expliquer comment l'on doit garder les moutons. (si j'ai bien compris, il ne veut plus qu'on les garde...ou qu'on les garde "autrement"..Mais j'ai sans doute mal compris)
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
Voilà au moins une bonne raison pour demander à Monsieur Nabu de revenir sur ce blog nous expliquer comment l'on doit garder les moutons. (si j'ai bien compris, il ne veut plus qu'on les garde...ou qu'on les garde "autrement"..Mais j'ai sans doute mal compris)
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
J'ai peur d'avoir compris chez Mr Nabu la volonté de séparer les populations entre ceux qui auraient le droit d'étudier, mais bien sûr les "bonnes" matières, et ceux qui, pour toutes sortes de raisons, n'en auraient pas le droit, parce que pas les capacités, ou la nécessité, ou je ne sais trop.
Cette séparation se ferait selon des critères de sexe, ou de classe sociale, ou de familles, bref, on est loin de la démocratie, et très près de l'école révée de certains régimes féodaux.
Ce qui n'empêche pas forcément de discuter. Comme disent nos brebis : "moi aussi, je veux serrer la main du louf !" ;o)))
Ecrit par : yann | 14 avril 2007
Juste un mot - je n'ai eu le temps que de parcourir à toute allure les derniers posts - pour dire que les imbéciles prébendés de l'IUFM qui ont interdit à Fabrice Huet de faire la carrière qu'il avait choisie sont précisément ceux que Monsieur Moussa admire, ceux dont il parle l'insupportable langue de bois.
C'est la raison pour laquelle peu me chaut que Monsieur Moussa s'étrangle de rage en nous lisant. Il faut qu'il sache qu'on ne dit pas n'importe quoi impunément et que s'il s'est imaginé pouvoir faire la leçon, dans un style, au surplus, qui permet quelques doutes sur la solidité de sa culture, à des professeurs chevronnés, il s'est trompé d'adresse!
Qu'il s'occupe de sa formation d'adultes, et qu'il nous fiche la paix.
Ecrit par : Jean | 14 avril 2007
Pour Yann,
petit rappel du post car en ce qui me concerne je n'ai jamais de vacances ni de we d'ailleurs et je n'ai pas le loisir de passer mes journées sur le blog,aussi je reviens avec plus d'une centaine de posts de retard parfois....
"Mais pendant ce temps, les Chinois et les Indiens travaillent, EUX. Quo non descendamus ?"
Ecrit par : FGuichard | 13 avril 2007
si je suis d'accord avec vous, permettez d'ajouter un bémol. La politique "répressive"(même si elle peut s'expliquer,elle l'est par les frustrations qu'elle engendre ) génère une véritable bombe à retardement car les petits chinois enfant-unique sont de véritables petits empereurs...no more comment
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 avril 2007
Et bien , comme çà, c'est l'Inde qui dominera le monde dans quelques années, et çà me remplit de joie !!
Ecrit par : yann | 13 avril 2007
L'Inde aussi a sa bombe à retardement et sociologiquement c'est un tsunami qui va passer sur eux , je pense que vous voyez à quoi je fais allusion...bref... je voulais répondre à F.Guichard que ce n'est pas en regardant ce que fait le voisin qu'on avance surtout dans les deux cas cités c'est perdre du temps ...la peur n'a jamais écarté le danger, que les chinois ou les indiens travaillent grand bien leur fasse ça ne fait pas avancer le smilmachinchose
nous nous devons de réagir pour nos enfants et je suis de plus en plus déçue par ce blog où n'interviennent quasiment plus que des profs! je croyais que tout le monde avait la possibilité de s'exprimer , mais beaucoup n'osent plus et fuient intimidés, le post de Patrice Tatin l'illustre d'ailleurs, il a eu l'impression de jouer dans la cours des "grands" alors que c'était peut-être l'inverse...Il faut dire à tous les "Patrice Tatin" qui passent par le blog de ne pas avoir peur de s'exprimer sur la question peu importe la forme, ce qu'ils ont à dire est important pour le débat car ils représentent la majorité des parents des élèves...
Les querelles intestines , la dysentrie qui ronge le corps enseignant, certains jours, est plutôt nauséabonde et de surccroît, contagieuse pour les élèves.Il ne s'agit plus de savoir qui a raison ou tort,mais bien de vouloir une école dont on est sûr que les enfants en sortiront INSTRUITS donc CONSTRUITS.
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 avril 2007
Fabrice, votre expérience lamentable me rappelle celle de François Vermorel, auteur de "La ferme aux professeurs", journal d'un stagiaire" .
Bien qu'ayant le CAPES de lettres classiques, il a été retoqué au concours de l'IUFM.
Son livre vaut la peine d'être lu.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 14 avril 2007
Un oubli : je voulais adresser un grand bonjour à Mr Tatin dont la lettre m'a ému.
Bravo pour ce bel esprit !
Ecrit par : yann | 14 avril 2007
Or donc, Perceval, votre pseudo vous viendrait d'une école que je ne connaissais pas.
Je suis soulagé, je pensais que vous l'aviez choisi en référence à un personnage d'une série télévisée moyenageuse de M6 (pardon pour cette référence un peu popu ...)
Ecrit par : yann | 14 avril 2007
Personne, évidemment, ne song à exclure de ce blog le sieur Philippe Moussa.
Simplement, s'il vient nous ressortir pour la énnième fois le catéchisme "pédago" que nous connaissons déjà par coeur et dont nous voyons les effets dévastateurs chaque jour dans nos collèges, il faut bien qu'il s'attende à une volée de bois vert!
Ecrit par : Jean | 14 avril 2007
"Il ne s'agit plus de savoir qui a raison ou tort,mais bien de vouloir une école dont on est sûr que les enfants en sortiront INSTRUITS donc CONSTRUITS.
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 avril 2007 "
Restez Patricia, nous sommes au moins deux, mais sans aucun doute beaucoup plus.
Ecrit par : catmano | 14 avril 2007
Bon, je continue à "discuter" avec Monsieur Nabu, "le génie des alpages" come si c'était avec Zénon, qu'il revienne ou pas. ; Sa conception "asymptotique" du savoir est très intéressante et tout à fait pertinente..
Socrate : "Ce que je sais bien, c'est que je ne sais rien. Hamlet : "Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horacio que dans tous tes livres de philosophie", etc.
Il en déduit, si j'ai bien compris qu'on ne pas enseigner de "savoirs" (par définition limités et imparfaits).
Une anecdote à ce sujet.
Quand j'étais en classe de 7ème (CM2) dans les années 60, notre instituteur, un homme remarquable pour lequel nous avions le plus grand respect et qui nous faisait de merveilleux "cours de morale" qui nous émouvaient d'autant plus que nous savions qu'il avait un enfant handicapé, s'arrêta soudain au beau milieu d'un cours sur les fractions et posa sur le tableau devant nos yeux émerveillés une équation. "Il y a encore une autre manière de s'y prendre, voyez-vous, vous apprendrez cela plus tard quand vous serez au collège."
Je pense que cette phrase "magique" résume à elle seule la légitimité de l'enseignement des "rudiments" : "Je vous dis cela maintenant, c'est une façon de s'y prendre, mais il y en a d'autres que vous apprendrez plus tard."
Et un autre jour, à propos d'Euclide : "Je vous explique cela maintenant, mais sachez que plus tard, quand vous serez au lycée ou en faculté (on en rougissait de plaisir d'entendre ça), vous apprendrez que ça dépend du "système de référence", suivait une explication passionnante sur la géométrie euclidienne et les nécesités de "l'arpentage".
Vous voyez, Nabu, que l'on peut apprendre quelque chose aux enfants, tout en leur montrant les limites du savoir et l'envie de les dépasser sans cesse.
Ainsi Zénon d'Elée (Zénon, cruel Zénon, pourquoi m'as-tu percé de cette flèche ailée?") voulut-il en vain démontrer l'impossibilité pour Achille de dépasser la tortue.
A propos de la théorie de l'évolution (là, je ne vais pas me faire des amis), tant que l'on n'aura pas retrouvé les "chaînons manquants", elle demeure une hypothèse. Darwin ne l'a d'ailleurs jamais présentée autrement. Il ne faut pas la présenter comme un dogme (pas plus évidemment que le dogme inverse).
Je n'ai pas très bien compris votre phrase sur le pape, Nabu, mais je vous signale que l'archevêque de Vienne qui semble avoir fait des études scientifiques ,a affirmé récemment que l'interprétation fondamentaliste de la Bible était absurde. Il semble qu'il soit le porte-parole officiel du Saint-Siège sur ces questions et il n'a ni été démenti ni été relevé de ses fonctions.
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
"Il ne s'agit plus de savoir qui a raison ou tort,mais bien de vouloir une école dont on est sûr que les enfants en sortiront INSTRUITS donc CONSTRUITS.
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 avril 2007 "
Restez Patricia, nous sommes au moins deux, mais sans aucun doute beaucoup plus.
Ecrit par : catmano | 14 avril 2007
Trois!
Je passe régulièrement, mais vous laisse disserter.
En attendant, je mens toujours dans mon cahier de textes.( ça me prends un temps fou ce truc)
Ecrit par : Ordrade | 14 avril 2007
"crétinisation des masses potachiques" : géniale, la formule.
"Or donc, Perceval, votre pseudo vous viendrait d'une école que je ne connaissais pas.
Je suis soulagé, je pensais que vous l'aviez choisi en référence à un personnage d'une série télévisée moyenageuse de M6 (pardon pour cette référence un peu popu ...)
Ecrit par : yann | 14 avril 2007 "
Yann, désolé de vous décevoir, vous êtes soulagé à tort. Je ne me lasse pas de cet ovni télévisuel.
Pardon pour mes termes peu choisis d'hier soir à propos des IUFM. Il faut dire que le petit rhum ramené des Antilles par la copine était vraiment gouleyant.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Je suis bien d'accord avec vous, Robin, la théorie de l'évolution n'est qu'une théorie, et non un dogme. Je suis bien placé pour savoir qu'en biologie rien n'est gravé dans le marbre.
Cependant, en général, ceux qui tiennent le type de langage de Mr Nabu sont plutôt créationnistes, et je refuse catégoriquement de me laisser bourrer le mou par les foutaises de la génèse et du coran. Et je pense qu'il faut se battre pour que les enfants ne se laissent pas endoctriner, à l'école ou ailleurs, par l'activisme des sectes de tout poil qui tentent en permanence d'enfoncer leurs petits clous (de la sainte croix ?) un peu partout.
Cà vaut pour l'islam, les évangélistes et tous les "relativistes" pas forcément religieux pour qui il n'y a plus de hiérarchie des savoirs.
Bon, sur ce, bon appétit à tous !
Ecrit par : yann | 14 avril 2007
"Il ne s'agit, plus de savoir qui a raison ou tort"...
C'est vrai! A la limite, on s'en fiche!
Il s'agit d'essayer d'empêcher de nuire les nuisibles. Et ces nuisibles sont encore bien en place et entendent y rester (voyez le témoignage de Fabrice).
Ces gens-là essaient de nous anéantir par la mauvaise conscience: "Comment? Vous n'êtes pas travaillés par le doute vingt-quatre heures sur quatre et trois-cent-soixante-cinq jours par an? Mais vous êtes un mauvais professeur, Cher Monsieur! Vous êtes sclérosé, vous ne remettez pas en question vos pratiques! Vous déversez un savoir en attendant la retraite!"
F.Guichard, ne tombez pas dans ce piège!
Et à propos des "hésitations" du professeur, de tout professeur, n'enfoncez pas des portes ouvertes!
Ecrit par : Jean | 14 avril 2007
Je ne suis pas déçu du tout, Perceval, au contraire !
Et n'oubliez surtout pas que ce qui compte, c'est les valeurs !!!!
Ecrit par : yann | 14 avril 2007
Bien d'accord avec Yann, mais pas facile de faire l'emporter ce qui est ringardisé et austère face au miroir aux allouettes souvent complaisamment valorisé.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
"leurs petits clous (de la sainte croix)"
Yann, aucun risque: ceux-là je les ai jetés, ils étaient rouillés... (comprenne qui pourra...)
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Le site semi-officiel de la laïcité à l'école, promu comme le machin de référence :
http://freeweb.1901.net/laicite-educateurs/article.php3?id_article=17
Les laïcards purs et durs vont en concevoir de l'agacement : il y est beaucoup question de "nous inviter à réfléchir gnagnagna", bref de relativiser.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Exemple :
"C’est dans ce cadre commun à tous qu’il faut réfléchir aux questions, actuellement passionnelles, soulevées par l’attribution d’horaires spécifiques aux femmes par des piscines municipales. Les risques de ségrégation ou de dérives communautaristes, avancés par certaines critiques sont bien évidemment à prendre en compte. Mais, il faut aussi considérer qu’il peut s’agir d’un premier pas permettant de sortir d’une ségrégation de fait et donnant la possibilité à des femmes, qui pour des raisons personnelles, notamment de pudeur, ne vont pas à la piscine de pouvoir pratiquer la natation."
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Les paradoxes de Zénon forment un ensemble de paradoxes imaginés par Zénon d'Élée pour soutenir la doctrine de Parménide, selon laquelle toute évidence des sens est fallacieuse, et le mouvement est impossible.
Plusieurs des huit paradoxes de Zénon ont traversé le temps (rapportés par Aristote dans la Physique et par Simplicius de Cilicie dans un commentaire à ce sujet) et sont fondamentalement équivalents l'un à l'autre. Certains ont été considérés, même dans des périodes antiques, comme très faciles à réfuter. Trois des plus célèbres et difficiles sont le paradoxe d'Achille et la tortue, celui de la pierre lancée vers un arbre, et celui d'une flèche en vol.
Les paradoxes de Zénon représentaient un problème important pour les philosophes antiques et médiévaux, qui n'ont trouvé aucune solution satisfaisante jusqu'au XVIIe siècle, avec le développement en mathématiques de résultats sur les suites infinies et de l'analyse.
On sait depuis que ce paradoxe n'est que de construction, parce qu'il choisit de décrire une réalité finie par une suite infinie d'étapes - ce qui ne lui permet donc plus de sortir du domaine où il s'enferme alors que rien ne l'y contraignait. Ainsi, par cette description, tout temps postérieur au moment d'impact est gommé de la figure, ce qui montre que la carte n'est pas isomorphe au territoire qu'elle prétend décrire.
"La carte n'est pas isomorphe au territoire qu'elle prétend décrire."
Le raisonnement (par ailleurs loin d'être dénué d'intérêt) de Nabu m'a fait penser au paradoxe de Zénon d'Elée dont je rappelle ci-dessus les grandes lignes (merci à Wilkipedia ! )
J
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
Autant pour moi, le lien vers l'accueil du site :
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Je colle la partie manquante sur Achille et la tortue. Paul Valéry a écrit sur le sujet un beau poème dans lequel il parle d'un "Achille immobile à grands pas".
Dans le paradoxe d'Achille et de la tortue, il est dit qu'un jour, le héros grec Achille a disputé une course à pied avec le lent reptile. Comme Achille était réputé être un coureur très rapide, il avait accordé gracieusement à la tortue une avance de cent mètres. Zénon affirme alors que le rapide Achille n'a jamais pu rattraper la tortue. « En effet, supposons pour simplifier le raisonnement que chaque concurrent court à vitesse constante, l'un très rapidement, et l'autre très lentement ; au bout d'un certain temps, Achille aura comblé ses cent mètres de retard et atteint le point de départ de la tortue ; mais pendant ce temps, la tortue aura parcouru une certaine distance, certes beaucoup plus courte, mais non nulle, disons un mètre. Cela demandera alors à Achille un temps supplémentaire pour parcourir cette distance, pendant lequel la tortue avancera encore plus loin ; et puis une autre durée avant d'atteindre ce troisième point, alors que la tortue aura encore progressé. Ainsi, toutes les fois où Achille atteint l'endroit où la tortue se trouvait, elle se retrouve encore plus loin. Par conséquent, le rapide Achille n'a jamais pu et ne pourra jamais rattraper la tortue ».
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
http://freeweb.1901.net/laicite-educateurs/index.php3
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Merci, Robin. Je la connaissais avec la flêche qui n'atteint jamais sa cible. Ce genre de problèmes m'a réconcilié avec les maths lors de la préparation du concours, où il en était souvent question.
Le rhum était vraiment très bon, pardon pour le cafouillage, le lien arrive, s'il n'est déjà là...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Je vais me faire appeler Arthur...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
En poussant à peine la logique, le voile est un facteur d'émancipation des femmes, car il leur permet de sortir de chez elles. C'est d'ailleurs à peu près ce qu'avait déclaré sans rire Dominique Voynet il y a quelques années à propos d'une énième polémique sur la question.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Ce site fourmille de pépites. Extrait de la position de l'UNSA :
“La loi ne concerne pas les parents”, en effet, dès lors que ceux-ci se
rendent à l’école pour accompagner, chercher leur enfant, rencontrer
l’enseignant de la classe, participer à des réunions d’information sous
le préau de l’école ou dans la salle de classe de leur enfant, à l’initiative
des enseignants ou des associations de parents d’élèves. Pour
reprendre l’éclairante “distinction du privé et du public”, telle
qu’elle est explicitée par Elisabeth Badinter dans sa contribution au
Guide républicain, diffusé dans l’ensemble des établissements scolaires(
1), ici les parents disent “je”. Ainsi, que des pères ou des mères
d’élèves arborent en ces occasions des signes ostensibles d’appartenance
religieuse ne doit pas leur interdire d’accéder à l’école ou de
participer à ces réunions, au demeurant essentielles à une bonne compréhension
mutuelle des attentes respectives des enseignants et des
parents, et à la bonne marche de l’école(2).
“La loi ne concerne pas les parents” non plus dans le cas où
ceux-ci sollicitent le suffrage de leurs pairs pour les représenter
dans les conseils d’école ou les conseils d’administration des collèges
et lycées. Certes, on peut comprendre les réticences de
nombre d’enseignants et de parents d’élèves à voir siéger dans ces
instances, pour peu qu’ils soient élus, des parents porteurs de
“signes ou tenues par lesquels ils manifestent ostensiblement une
appartenance religieuse”, selon les termes de la loi qui s’applique
aux élèves. Mais on ne voit guère ce qui permettrait de remettre en
cause la décision des électeurs."
Autrement dit, on est soutenu comme la corde soutient le pendu...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Où il nous est donc expliqué que l'école, la classe, etc., ressortissent de la sphère privée...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
J'aime bien celle-là :
"Mais ils doivent être reconnaissables lorsqu’ils viennent chercher leurs enfants, car c’est une question de sécurité".
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Voir aussi la position de la FCPE, qui n'hésite pas à traiter les maîtres attachés à la laïcité de délinquants :
http://freeweb.1901.net/laicite-educateurs/IMG/FCPE__signes.pdf
Pardon de m'étendre, mais là, ça m'énerve...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Très concrètement, tout cela me vaut de partager ma classe, lors d'un remplacement, avec une maman venue aider avec son voile, non pas comme un attribut vestimentaire issu de sa culture d'origine, ce qui pourrait être très joli et auquel on ne trouverait guère à redire, mais comme un harnachement militant, et c'est toute la différence.
Au demeurant, elle était très agréable...
Ce qui me dérange, c'est qu'avec tout ça, et le site cité y contribue, la laïcité finit par apparaître comme une excentricité.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
DEMANDEZ LE PROGRAMME !
Du bon miam-miam tout frais pour vos neurones et votre esprit critique : les nouveaux programmes du primaire, en remplacement de ceux de 2002 (rien que ça) :
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2007/hs5/hs5_vol1a.pdf
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2007/hs5/hs5_vol1b.pdf
Pour l'exégèse, désolé, pas le temps, je fais mes valoches. Catmano ou quelqu'un d'autre s'en chargera mieux que moi.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
A une semaine des élections, et pendant les vacances, ça fait mauvais genre...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
"bref, les jeunes sportifs qui courent le 400m en moins de 9 minutes auront probablement été reçus , ce sont eux les futurs instituteurs."
Fabrice HUET
Moi non plus, je n'ai toujours pas compris pourquoi il fallait courir vite au concours. Pour échapper aux inspecteurs ou aux parents d'élèves ? D'autant que, bien qu'étant tenu d'assurer la classe de natation, il ne nous était pas demandé de savoir nager ... (si!)
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Cela dit, "400m en moins de 9 minutes", même hier soir, j'y arrivais. Fabrice voulait dire 2000 m sans doute...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Je prends a libeté de copier le
message posté sur "règlements de compte" ce samedi 14 avril, pour que tout le monde ait l'occasin de le lire :
Monsieur Brighelli,
Je viens de finir de lire "la fabrique du crétin" et je trouve que ce livre est édifiant.
Je suis fils d'ouvrier, je suis passé par un bac pro, puis par une licence et aujourd'hui, je suis à l'iufm. Alors, imaginez mon état après lecture de ce bouquin.
Dans 3 semaines, je passe le concours et je dois être CONFORME à la pédagogie (que l'on nous enseigne).
J'ai donc moi-même été formaté par les pensées ,ou plutôt les non-pensées, de Meirieu, Perrenoud (avec les droits imprescriptibles des élèves...), Develay...j'en passe et des moins bons!!!
Et puis, il y a quelque temps, un formateur a évoqué votre livre, après nous avoir démontré que la pédagogie n'était qu'un cache-misère via une approche de Platon, Aristote, Spinoza... , j'en passe et des meilleurs cette fois-ci!!!
Certes, les iufm produisent de l'aculture (et non de la culture), mais je voudrais tout de même remercier ce formateur, qui comme vous, lutte contre les abattoirs du savoir.
Merci pour vos lumières, et continuez le combat.
J'entamerai le mien lorsque je serai titularisé, si un jour je le suis (c'est rageant)...
Ecrit par : séverin | 14 avril 2007
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
errata : liberté et occasion
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
Merci, Robin.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
C'est peut-être Christophe, le formateur !?
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
C'est normal, perceval . J'ai failli passerà côté. Comme le dit pudiquement Severin : "C'est rageant"...Oui, c'est vraiment rageant !"
Mais il semble avoir choisi la tactique "Zelig" (allusion à un excellent film de Woody Allen)... tactique qui peut s'avérer payante, à condition que le "caméléon" reprenne après le concours sa couleur d'origine (bleu, blanc, rouge ?)
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
Payante, je confirme, mais il n'a pas fini de serrer les dents.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
A propos de Zelig :
Synopsis :
Leonard Zelig est un homme-caméléon : en présence de gros, il devient gros ; à côté d'un noir, son teint se fonce ; parmi les médecins, il soutient avoir travaillé à Vienne avec Freud, etc. Bien sûr, les médecins s'intéressent à son cas sans en percer le secret, jusqu'au jour où le Dr. Fletcher s'isole avec Zelig et arrive à le soigner sous hypnose. Malheureusement pour Zelig, on lui attribue aux quatre coins du pays un rôle d'époux différent et condamné par la société, Zelig replonge... C'est en Allemagne et dans le rôle de nazillon qu'Eudora Fletcher, amoureuse, le retrouve finalement.
Fiche technique :
Musique : Dick Hyman
Durée : 79 minutes (dont près de 7 minutes de générique final)
Genre : comédie (faux documentaire).
Film en noir et blanc
Distribution :
Woody Allen : Leonard Zelig
Mia Farrow : Dr. Eudora Nesbitt Fletcher
John Buckwalter : Dr. Sindell
Patrick Horgan : le narrateur
Marvin Chatinover : l'endocrinologue
Stanley Swerdlow : un médecin
Paul Nevens : Dr. Birsky
Moments savoureux :
Tous les placages de la tête de Zelig dans des documentaires d'époques.
Les produits dérivés Zelig sur fond de la chanson des années 30, Chameleon Man
Autour du film :
Bien avant la numérisation, Woody Allen réalisait ici un film dans lequel son personnage était inclu dans des séquences d'images historiques, avec des techniques quasiment indécelables.
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
Dans Meurtre mystérieux à Manhattan, le même Woody fuit Wagner, parce que ça lui donne envie d'envahir la Pologne.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Vous savez sans doute que les changement chromatiques du caméléons font partie d'un système de défense.
La dimension symbolique du film sur laquelle les critiques n'ont pas assez insisté est bien entendu liée au judaïsme du réalisateur et au destin tragique "d'Israël parmi les nations".
Il faut savoir également que les Juifs américains se considèrent tous "métaphysiquement parlant" comme des "rescapés"...Voir à ce sujet le film "Golden door" du réalisateur de "Respiro" (Lion d'argent au festival de Venise) avec Charlotte Gainsbourg.
Vous savez, par exemple, que sur les deux millions d'hommes, de femmes et d'enfant de la communauté juive de Russie, principalement concentrée dans la région de Minsk en Biélorussie (ou Russie dite "blanche" qui signifie "franche" = affranchie du joug mongol), de sa culture, de ses lieux de culte, de ses écoles, de ses ateliers...Il ne reste que les descendants de ceux qui ont émigré, principalement aux Etats-Unis, quelques uns en France, mais ce n'était pas une très bonne idée. après les pogroms de 1905, quelques photographies et les tableaux de Chagall.
Le rapport avec les témoignages de nos amis ? Je ne sais pas au juste. Je pense qu'il y en a un mais, j'ai du mal à expliciter.
Pascal aurait parle de ces choses qui sont "de l'ordre de l'esprit".
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
Je cros que c'tait plutôt trois millions, mais comme disait l'autre, ce n'est qu'un détail.
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
"j'ai du mal à expliciter"
Fais gaffe, Robin, ça doit être le rosé de midi, mais tu parles pédagol...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
"les Juifs américains se considèrent tous "métaphysiquement parlant" comme des "rescapés" " : mouais, tous, à vérifier. C'est surtout commode de le décréter pour ceux qui prétendent l'exploiter politiquement. Un rescapé vrai de vrai, j'ai eu la chance d'en côtoyer un de très près, et s'il vivait dans la hantise, il ne la portait pas en bandoulière, quand il pouvait y échapper un moment, il était bien content.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Le lien vers Séverin, rendu introuvable par mes bavardages... :
http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/05/10/reglements-de-comptes.html
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Juste comme ça, le souvenir assez récent d'une collègue qui se vantait de tancer vertement une petite trop douée à son goût, fiérote de manier le paradoxe en la trouvant plus perturbatrice pour le "groupe-classe" que l'affreux-jojo de service...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Sachez que que les Jury d'IUFM ont fait l'objet d'une authentique "chasse aux sorcières" que l'on connaït peu pour éliminer les "hérétiques" qui refusaient en tant que fonctionnaires ayant gardé quelques scrupules déontologiques de sélectionner les futurs professeurs des Écoles sur des critères de conformisme idéologique..
La participation à ces Jurys et Commissions étant un véritable "fromage", cette "chasse aux sorcières" a eu son lot de délateurs intéressés....
Ecrit par : Henri Grégoire | 14 avril 2007
Moi qui pensais naïvement qu'ils avaient des "convictions"...Et ce n'était que pour cela. Décisément, je serais toujours en retard d'une illusion.
...Et le ministre n'a pas son mot à dire ?
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
décidément pas décisément !
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
"j'ai du mal à expliciter"
Fais gaffe, Robin, ça doit être le rosé de midi, mais tu parles pédagol...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Mea culpa ! Non, ce n'est pas le vin, je bois plutôt du cidre (et plutôt du doux à cause du "petit")...Ca doit être "l'effet caméléon"...Outre un "épiderme" un peu trop sensible aux injustices.
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
Avant de re-passer le flambeau à JPB, je signale à tous ce soir sur France 2 un téléfilm d’après le roman de Louis Guilloux, l’histoire de « Cripure », le professeur de philo «mal pensant », une belle figure de l’enseignant dans toute la force de ce terme. Voir ce qu’en écrit Pierre Assouline sur son blog :
http://passouline.blog.lemonde.fr/2007/04/14/guilloux-ce-soir-sans-faute/
Si jamais elle me lit, merci encore à madame Ayme, qui fut jadis mon charismatique professeur de Philosophie en khâgne, et qui demeure mon modèle.
Ecrit par : FGuichard | 14 avril 2007
Merci à Françoise d'avoir si bien tenu le manche.
A mon avis, ça mérite un bisou moustachu.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Merci aussi pour le lien. Y'a Montaigne, qui semble y avoir ses habitudes.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Moi qui pensais naïvement qu'ils avaient des "convictions"...Et ce n'était que pour cela. Décisément, je serais toujours en retard d'une illusion.
...Et le ministre n'a pas son mot à dire ?
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
Le fonctionnement de la bureaucratie de l'EN est très mal connu.
Un Ministre quel qu'il soit ,même Jean-Pierre Chevénement, a très peu de réels pouvoirs.
On connaît peu la "mise au pas" des Corps d'Inspection sous Lionel Jospin qui a ,notamment, remplacé les épreuves d'admissibilté écrites et anonymes par des recrutements sur "dossiers";
En ce qui concerne les IEN du Premier degré ex-IDEN, qui sont dans les Commissions et dans les Jury de recrutement des IUFM, ils ont été totalement formatés.
Les instits, pardon les professeurs des Écoles, ne se rendent pas du tout compte que, tout compte-fait cela se retourne contre eux et contre les élèves.
En effet, tout IEN qui, depuis Lionel Jospin, a tenté de faire usage de son esprit critique a été systématiquement marginalisé.
Le MEN est entièrement sous la coupe de l'UNSA..Le Recteur .Forestier est un cas exemplaire de la pérennité de cette mafia syndicalo-politique.
Ces gens-là n'ont aucune conviction. C'est sur cette absence de convictions qu'un Philippe Meirieu qui leur fournit un "prêt à penser" à bâti sa carrière.
Désolé de vous enlever vos denières illusions.
http://www.lesamisdelabc.levillage.org/spip/
Ecrit par : Henri Grégoire | 14 avril 2007
Autre chose (quoi que...)
Harcèlement moral
La Quinzaine universitaire n°1272 du 9 avri 2007 - SNALC CSEN
"Enfin la circulaire!"
Dans un précédent numéro de La Quinzaine Universitaire, nous avons annoncé la préparation d'une circulaire d'application de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 relative aux droits et obligations des fonctionnaires portant sur la notion de harcèlement moral qui, jusque là, était le propre du code du travail.
Nous avions accueilli avec satisfaction cette nouvelle , tant il est vrai que le harcèlement moral est pratiqué sous toutes ses formes dans l'éducation nationale. Nous avions en particulier salué la volonté de sanctionner non seulement le harcèlement moral de supérieur hiérarchique à subordonné, mais aussi d'égal à égal et même de subordonné à supérieur.
Toutefois, nous avions critiqué la complication de la prise en charge d'un cas de harcèlement au travail qui risquait de rendre sans efficacité la protestation et la réaction du harcelé.
La circulaire définitive vient enfin de paraître au B.O. de l'E.N. n°10 du 8 mars. Nous avons, semble-t-il été entendus : caractérisée désormais par sa clarté, elle tient compte
partiellement de nos remarques. Mais elle s'appuie essentiellement sur l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 que nous avions citée.
CE QUE DIT LA LOI :
Il importe de rappeler le texte légal :
"Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération :
1°) Le fait qu'elle ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa;
2°) Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ;
3°) ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés.
Ets passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus.
Les dispositions du présent article sont applicables aux agents non titulaires de droit public."
IDENTIFICATION DU HARCELEMENT MORAL :
La circulaire prend soin d'identifier le harcèlement moral :
"Il s'agit d'une conduite abusive résultant de propos, d'agissements répétés ou d'écrits hostiles sur une relativement longue période se traduisant à l'égard de la victime, par une mise en cause de sa personne soit directement soit à travers son travail. Ces pratiques peuvent se traduire par un isolement professionnel. La conjonction et la répétition de tels faits ont pour objet ou pour effet la dégradation des conditions de travail qui peut aboutir à une altération de la santé physique ou mentale de l'agent (anxiété, troubles du sommeil, conduites addictives, atteintes somatiques, dépression, etc.) compromettre son avenir professionnel ou porter atteinte à se droits et à sa dignité."
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
"Les instits, pardon les professeurs des Écoles, ne se rendent pas du tout compte que, tout compte-fait cela se retourne contre eux et contre les élèves."
Moi, pas de bol, j'ai eu l'occasion de m'en rendre compte, et il m'en a cuit. Et l'inspecteur qui m'a en quelque sorte pris sous son aile l'a fait en catimini, ce dont je ne lui suis pas moins reconnaissant.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Robin, ta dernière contrib', je vais l'encadrer... Autre chose ? Tu rigoles ! On est dans le vif.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Tiens, tous, laissez-là le Père Brighelli. Et zou, devant vos télés. LE SANG NOIR de Guilloux.....avec Rufus en Cripure(ça vous dit quelque chose??? 1917, Saint_Brieuc....cripure de la raison tique....)
Le Sang Noir, un livre à faire interdire par les autorits rectales. un livre puissant, cruel, antimilitariste acharné d'un des plus grand anglicistes du XXème siècle, traducteur de Steinbeck ou Chesterton...mazette.
Oublié des escadrons.
On va se régaler.
Allez JPB, faites pas la gueule, quoi.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 14 avril 2007
Viens de m'inscrire chez Henri Grégoire. Ca vous fera des vacances (un peu...)
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Montaigne, on a changé d'heure !
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
M..., je voulais faire une vanne, et je me suis trompé de sens...
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Perceval, j'ai rien compris. Scusi.
Ecrit par : montaigneàcheval | 14 avril 2007
Je voulais dire qu'il n'était que 19h30. Mais ça ne mérite vraiment pas d'encombrer le blog. C'est moi qui me scuse.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Merci pour l'info, pour "le sang noir", d'après Louis Guilloux... Mais le roman est tellement fabuleux, (un des plus grands que j'aie pu lire, en ce qui me concerne, je suis d'accord avec vous, Montaigneàcheval), que j'ai peur d'être déçu par le film...
Ecrit par : Christophe Sibille | 14 avril 2007
CADICHON à son meilleur quand elle parle de salopard resquilleur de la Gare du Nord mais à mon avis je la vois bien soutenir la thèse que plagier un livre ce n'est pas frauder bien sûr ( je rappelle que Nicolas Sarkozy a plagié le travail du bâtonnier Favreau quand il a écrit son Mandel) ou alors elle trouvera toutes les excuses à son candidat favori (plagiat inconscient génétique peut-être ?)
Ecrit par : Merlemocoeur | 14 avril 2007
Le beau texte de FGuichard porte en filligrane la sterilite de tout appel a un debat constructif avec les adeptes du pedagogisme. La voie mediane ( peut-on etre a moitie enceinte?) entre Rousseau et Condorcet, pour schematriser, apparait alors bien comme une impasse. Rien ne pourra stopper la catastrophe humanitaire que nous observons sans une identification incontestee de ses
sources et sans l'identification et l'attribution consequente des responsabilites.
Les "pedagogistes" nient toute derive sectaire en se disant pedagogues...
Identifier les sources intellectuelles et les responsabilites implique la prise en compte de la dimension irrationnelle de l'adhesion aux preceptes pedagogistes. Le suffixe -iste denote ici la perversion de la pedagogie par toute une famille d'ideologies (egalitarisme, relativisme, constructivisme, structuralisme, pacifisme) et de pathologies, qui partagent une matrice intellectuelle commune...et c'est ainsi que l'on remonte a un Rousseau qui fut si souvent caricature et trahi par ses epigones, tout comme Condorcet le fut par les Ferry,et autres Buisson, d'ailleurs, et meme Compayre, qui furent pourtant tous d' ardents defenseurs et l'acclamaient comme un prophete de leur ecole republicaine.
Ce terme est malheureux....
Une croyance inebranlable dans un certain nombre de dogmes se manifeste generalement par la negation de toute realite contraire ou ...contrariante, et la conviction que l'avenir radieux promis justifie les sacrifices.
Les ideologies qui ont inspire les regimes totalitaires ( communisme, nazisme, et aujourd'hui islamisme) justifient ainsi les genocides, meurtres et violations de tous ordres. Il en va ainsi de la destruction des apprentissages, qui n'apparait plus que (et elle est alors soit reconnue du bout des levres soit attribuee aux mecrants s'opposant au dogme) comme un simple dommage collateral, de la mission grandiose et si gratifiante d'egaliser la societe pour la rendre plus juste, blablabla . Entre la realite et le dogme le croyant prendra toujours ce dernier pour une verite et l'ideologue se sort de la contradiction en niant l'existence meme de toute verite, grace a la tarte a la creme du relativisme qui infuse la pensee occidentale et l'accule a l'autodestruction par autodenigrement.
Aron le disait il y a plus de 50 ans et Revel plus recemment, si le doute est sans conteste constructif, il ne doit pas se muer en dogme et il y a des cas ou il n'est plus permis, notamment quand la liberte se trouve dans un seul camp. Et de toute evidence, ce n'est pas celui de la secte pedagogiste, sinon ce blog n'existerait pas et la France jouirait encore du systeme educatif le plus performant du monde.
Ecrit par : Cadichon | 14 avril 2007
Tremblez, on vous défie sur le fil "Souvenir..." :
"bonjour
je veux juste vous dire que le bonnet d' âne appartient à celui qui peut se prétendre plus intelligent que les autres en proposant des critiques parfois fondées certes mais qui n'apportent pas de solutions concrètes . Je suis professeur des écoles et je suis en recherche constante justement pour améliorer mon enseignement et mes apprentissages ...bref des solutions nous en avons tous ( pour ceux qui s'en donnent la peine ...) par exemple avoir une vraie formation aux iufm avec de vrais profs praticiens pour apprendre concrètement à compter , à lire et écrire aux enfants ....
par exemple seriez vous capable vous d'apprendre à lire à 26 gamins ??
allez courage ! répondez moi !"
Ecrit par : giacone | 14 avril 2007
http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/08/05/souvenir-que-me-veux-tu.html
Catmano, Toto... ?
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
Pardon aux points de suspension.
Ecrit par : Perceval | 14 avril 2007
"nous nous devons de réagir pour nos enfants et je suis de plus en plus déçue par ce blog où n'interviennent quasiment plus que des profs!"
Patricia, je ne suis pas du tout prof ! Restez ! Ce que vous dites est toujours interessant.
Robin, ce que vous dites sur le harcèlement moral me paraît très important.
Je pense que ma fille rentre dans ce cadre : elle a reçu de son inspectrice la critique débile faite par la mère Charmeux de la méthode qu'elle utilise en ZEP, avec beaucoup de succès, malgré des enfants très difficiles à tenir ("Lire avec Léo et Léa", avec surligné en rouge :
"L'outil utilisé nuit gravement à la santé de l'apprenti lecteur. Qu'on se le dise ! "
On peur se reporter à ce texte en allant sur le forum de Meirieu, mais il faut avoir l'estomac bien accroché pour y lire les insanités qui y foisonnent.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 14 avril 2007
"par exemple seriez vous capable vous d'apprendre à lire à 26 gamins ??
allez courage ! répondez moi !"
Ecrit par : giacone | 14 avril 2007"
Depuis 1975, pensez donc, j'en suis à bien plus que 26.
Ecrit par : catmano | 14 avril 2007
Enfin une bonne nouvelle pour les profs de gym:
Nicolas Sarkozy lors d'une rencontre avec des sportifs à son QG a dit :" le sport.... c'est plus important que tout!
Il va y avoir encore des regards en coin plein de jalousie dans les salles de profs!
Ecrit par : Merlemocoeur | 14 avril 2007
Anne-Marie,
Le ministre de l'éducation nationale, Monsieur Gilles de Robien, a clairement indiqué qu'il était défavorable à l'utilisation de la méthode d'apprentissage de la lecture dite
" globale " et qu'en tout état de cause, un enseignant ne pouvait être inquiété s'il utilisait une autre méthode.
Si Madame Charmeux s'avise de continuer ses pressions, vous avez la Loi pour vous. ( Article 6 quinquies de la Loi du 13 juillet 1983 et circulaire parue dans le Bulletin officiel de l'Education nationale n°10 du 8 mars 2007)
Votre fille pourrait porter plainte pour harcèlement.
Pourquoi n'écrirait-elle pas à Gilles de Robien en lui expliquant ce qui lui est arrivé ?
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
"Le sang noir" avec Rufus sur FR3 : bien sûr, le film n'est pas à la hauteur du roman,mais c'était difficile.
Ca m'a quand même tordu le coeur et les tripes. Tout est dit sur 1917, "l'année terrible".
J'ai pensé à mon grand-père paternel qui porte le même nom que l'auteur du livre et qui en était assez proche politiquement (SFIO, mais contre la "scission", congrès de Tours, Front populaire, socialiste, non communiste, mais pour l'unité d'action avec le PCF, grèves de 36...) et qui ne parlait jamais de ce qu'il avait subi.
(mince, je suis grillé et JPB ne pourra plus dire qu'on se planque sous des pseudonymes).
Et puis je m'en fous...CRI PUR !!!!!!!!!!!
Ecrit par : Robin | 14 avril 2007
"si le doute est sans conteste constructif, il ne doit pas se muer en dogme et il y a des cas ou il n'est plus permis, notamment quand la liberte se trouve dans un seul camp. Et de toute evidence, ce n'est pas celui de la secte pedagogiste, sinon ce blog n'existerait pas et la France jouirait encore du systeme educatif le plus performant du monde."
Ecrit par : Cadichon | 14 avril 2007
Mais non, Cadichon! Personne n'en doute, car vous l'avez déjà dit! La vérité, l'humanisme, se trouvent intégralement dans le camp de Nicolas Sarkozy, dont les propos ainsi que le programme n'ont évidemment jamais rien d'idéologique, ni de sectaire!
Ecrit par : Christophe Sibille | 14 avril 2007
Oui, Robin, je suis d'accord avec vous. Mais le parti pris apparent de ne pas trop essayer de coller au roman est, de mon point de vue, excellent. L'inverse eût été voué à l'échec. Le film est autre chose que le livre, et c'est réussi entre autres pour cette raison. En outre, la distribution est somptueuse!
Bonnes vacances à vous.
Ecrit par : Christophe Sibille | 14 avril 2007
par exemple seriez vous capable vous d'apprendre à lire à 26 gamins ??
allez courage ! répondez moi !"
Ecrit par : giacone | 14 avril 2007
J'aimerais savoir combien il y a d'instituteurs comme vous qui font encore correctement leur travail.
En ce qui me concerne, je les ai eu en 6ème, 5ème, 4ème, 3ème pendant ue vingtaine d'années...je ne leur apprenais pas à lire et à écrire, ce n'était pas mon rôle, je constatais les dégâts et j'essayais de les réparer comme je pouvais.
Mais si j'en juge par les dégâts, j'ai bien peur qu'il n'y en ait plus beaucoup qui aient encore "le courage d'apprendre à lire à 26 gamins".
Oui, je sais, il y a la télévision et l'environnement socio-culturel, le chômage et tout le reste...
Mais le pédagogisme n'a pas donné sa part au chien : les sorties éducatives tous azimut, l'éducation à la citoyenneté, la globale, l'autoconstruction du savoir et surtout ne pas les traumatiser, les pauvres petits en faisant de la grammaire, de l'orthographe et du vocabulaire...
Voilà, je vais me faire très mal voir...c'est très incorrect politiquement, mais au moins j'aurais eu le courage (comme vous le dites si bien) de vous dire ce que j'ai sur le coeur.
Sans rancune, cher "collègue".
Un dernier mot : 17% (et sans doute en réalité près de 20%) entrant en 6ème sans savoir ni lire ni écrire convenablement, ça ne provoque en vous aucune interrogation sur l'efficacité des méthodes...et sur leurs "finalités" ?
Ecrit par : Robin | 15 avril 2007
Une petite citation de Louis Guilloux avant de s'endormir :
" On s'arrange toujours avec la mort, jamais avec la vie. "
(Coco perdu, p.112, Gallimard/nrf, 1978)
Ecrit par : Robin | 15 avril 2007
Sans parti-pris, mais juste pour nourrir la réflexion, je vous soumets ce lien, si vous avez un peu de temps pour y flâner (il y en a 151 pages). Moi, ça m'a interpellé quelque part au niveau du vécu. Je vous laisse découvrir de quoi il s'agit, rien de spectaculaire, mais quelque chose qui a à voir avec tout ce qui se dit ici...
http://edp.ipbhost.com/index.php?showtopic=22265
Ecrit par : Perceval | 15 avril 2007
à yann :
Vous m'obligez à me répéter, comme je m'y attendais. Il n'y a pas à chercher dans mes propos une quelconque pensée dissimulée, ils sont explicites et avoir de bonnes notions de français, comme c'est votre cas, est largement suffisant pour les comprendre. Il suffit de lire, toute autre attitude face à mes contributions sur ce blog ne peut qu'amener à extrapoler (notons au passage que le programme scolaire de français actuel, avec son cortège de mots "connotés", "dénotés", de "marqueurs subjectifs" et autres termes "polysémiques", encouragent assez fortement ce type d'attitude chez certains élèves à qui on apprend à interpréter un texte avec des méthodes aux noms barbares sans avoir pris la peine, préalablement, de leur enseigner la lecture).
Vos propos sont eux aussi explicites, et ils font apparaître une méprise de façon flagrante. Non seulement je considère que chacun à le droit de s'instruire s'il le désire (il y a une différence de taille entre le fait d'être contraint à quelque chose et celui de se voir interdire cette même chose), mais encore je n'ai jamais parlé de "droit" à l'instruction sur la base de discrimantions sexistes, sociales ou autres, et vous l'auriez aisément compris si vous n'aviez pas cherché des sous-entendus ou des intentions cachées dans mes textes. Il faut d'ailleurs dire que votre référence à mon prétendu désir d'écarter certaines personnes de l'enseignement en fonction de leur sexe est très caractéristique de ce que j'ai dit sur la "demi-culture" et les idées reçues de certains. J'imagine que vous pensiez aux femmes en écrivant cela, et je vous suggère de vous renseigner à propos de ce qu'enseignent les différentes traditions spirituelles, qu'elles soient ou non de forme religieuse, au sujet de l'accès au savoir de la gent féminine, cela vous évitera de parler à tort et à travers de ce que vous ne connaissez pas.
Il me semble utile ici de reproduire un passage de l'oeuvre de René Guénon, dont l'expression est bien meilleure que la mienne, et qui signifie exactement ce que je pense moi-même : "... mais il doit être bien bien entendu que supporter cette incompréhension n'implique aucunement qu'on doive lui faire des concessions quelconques, ni même s'abstenir de redresser les erreurs auxquelles elles donnent naissance et de faire tout ce qu'il est possible pour les empêcher de se répandre, ce qui du reste est bien souvent aussi une tâche fort déplaisante, surtout lorsqu'on se trouve obligé, en présence de l'obstination de certains, de répéter à maintes reprises des choses qu'il devrait normalement suffire d'avoir dites une fois pour toutes."
Je n'ai aucune envie de ressembler à Galilée face à ses juges, et quand je dis que les mots que j'emploie ne signifient pas autre chose que ce qu'ils veulent communément dire, j'entends qu'on me croie, car dans mon cas, c'est la stricte vérité. Et si les idées que j'avance n'ont pas l'heur de plaire à certains, ce que je comprends fort bien, il serait parfaitement vain de leur part de chercher à les "noircir" davantage, et ce quelqu'en soit la raison.
Je regrette d'avoir à employer un ton aussi sévère, mais vous devez comprendre que je ne saurai tolérer que vous me prêtiez des idées nauséabondes qui ne m'appartiennent nullement, et cela sous prétexte que le fond de mes écrits vous rappelle je ne sais quelle doctrine qui vous inspire de l'aversion et à laquelle je n'adhère probablement pas.
Vous pouvez aussi m'épargner vos épigrammes, qui m'inspirent davantage de dépit que d'admiration et d'hilarité ; vos résultats désolants en explication de texte éclipsant malheureusement vos talents littéraires.
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à Robin :
Il y a longtemps déjà que j'observe ce blog, et il ne m'a pas échappé que vous éprouviez une sorte d'admiration, sinon pour René Guénon, du moins pour ses écrits. Mais il ne m'a pas échappé non plus que vous étiez également assez prompt à approuver des choses qui sont pafaitement incompatibles avec les idées qu'il a exposées et sur lesquelles il a insisté, et s'agissant de René Guénon, vous devriez savoir que cela compromet irrémédiablement votre adhésion à tout ou partie des doctrines dont il s'est fait l'interprète avisé (je ne me rappelle plus exactement ce dont il s'agissait, mais cela m'a frappé, et si vous le désirez, je rechercherais les choses en question dans les commentaires précédents).
Ce phénomène est malheureusement assez courant, et il est encore bien plus regrettable lorsqu'il se manifeste par des tentatives de récupération politiques (souvent d'extrême-droite). Je sais bien que vous n'êtes pas dans ce dernier cas, et c'est heureux, mais j'aimerais tout de même essayer d'attirer votre attention sur ce qui oppose radicalement certaines idées modernes à celles qui se dégagent de l'oeuvre de Guénon. Peut-être aurons nous l'occasion d'en discuter de façon plus approfondie, bien que certaines mises au point de ma part, si nécessaires qu'elles soient, s'apparentent bel et bien à des trolls, et que je préfèrerais ne pas trop sortir du sujet de ce blog.
En ce qui concerne la théorie de l'évolution telle qu'elle se présente actuellement, je suis ravi de vous voir admettre qu'il ne s'agit que d'une hypothèse, ou plutôt, pour écarter d'emblée toute mésinterprétation de ma position, d'une tentative d'explication qui correspond bien au faits observés. Comme le disait Guénon (qui ne faisait que rappeler ce que d'autres, parmi les chercheurs et les scientifiques, avaient dit avant lui), les faits peuvent toujours être interprétés de diverses manières et ces interprétations peuvent toujours se modifier en fonction de découvertes nouvelles. Une théorie n'est donc jamais définitive, elle se base sur des faits mais n'est elle-même nullement un fait. Mais vous savez très bien que le vulgaire ignore généralement ces choses, et qu'elles seraient difficilement accessibles à des élèves de sixième à qui l'on commence à enseigner des rudiments de certaines théories. Je le répète, certains élèves, même motivés, n'ont pas le même niveau de capacités que d'autres, et ils sont relativement nombreux dans ce cas. La preuve en est que l'ambition d'amener 80 % d'élèves d'une classe d'âge au niveau du bac n'a abouti qu'à faire baisser la valeur de ce diplôme. J'ai assez vécu et observé le monde qui m'entoure pour savoir que les bacheliers d'aujourd'hui ont pour beaucoup bénéficié d'une certaine indulgence de la part des correcteurs, à moins que ces derniers soient eux mêmes assez médiocres, sans quoi on ne pourrait s'expliquer les lacunes ahurissantes que l'on constate souvent chez de nombreux étudiants (je sais bien qu'une anecdote n'établit pas une vérité d'ordre général, mais je ne résiste pas à l'envie de vous livrer celle-ci : je corrigeais un jour le texte, truffé de fautes de syntaxe et de grammaire, d'un licencié en économie. Comme il me disait qu'il comptait changer de voie et se diriger vers une maîtrise de sociologie et que je lui demandais dans quel but, il me répondit que la carrière de journaliste l'attirait beaucoup. Au vu de sa prose, il était évident que ce jeune homme - qui était déjà assez âgé, même pour un licencié - ne deviendrait jamais journaliste).
Reconnaissez par ailleurs que si vous arrêtez une personne d'âge mûr dans la rue pour lui demander si elle a jamais entendu parler de Karl Popper, il y a une chance sur deux, voire davantage, pour qu'elle vous demande si, par hasard, il ne s'agirait pas du chanteur d'un célèbre groupe de rock'n'roll.
Rappelons, à toutes fins utiles, ces quelques mots de René Guénon :
"Il ne saurait y avoir, à proprement parler, de vérification expérimentale d'une hypothèse, car il est toujours possible de trouver plusieurs théories par lesquelles les mêmes faits s'expliquent également bien ; on peut éliminer certaines hypothèses lorsqu'on s'aperçoit qu'elles sont en contradiction avec des faits, mais celles qui subsistent demeurent toujours de simples hypothèses et rien de plus ; ce n'est pas ainsi que l'on pourra jamais obtenir des certitudes. (...) et alors il n'y a plus que deux attitudes possibles : ou bien prendre son parti du caractère hypothétique des théories scientifiques... ou bien méconnaître ce caractère hypothétique et croire aveuglément à tout ce qui est enseigné au nom de la "science". La première attitude, assurément plus intelligente que la seconde... est celle de certains savants... remplaçant, comme chez Henri Poincaré, la considération de la vérité d'une hypothèse par sa commodité... Cependant, la seconde attitude, que l'on peut appeler dogmatique, est maintenue avec plus ou moins de sincérité par d'autres savants, mais surtout par ceux qui se croient obligés d'affirmer pour les besoins de l'enseignement ; paraître toujours sûr de soi et de ce que l'on dit, dissimuler les difficultés et les incertitudes, ne jamais rien énoncer sous forme dubitative, c'est en effet le moyen le plus facile de se faire prendre au sérieux et d'acquérir de l'autorité lorsqu'on a affaire à un public incompétent et incapable de discernement [mon expérience personnelle me permet de confirmer ; les élèves de sixième, dont certains n'iront pas jusqu'au bac, sont dans ce cas, ainsi que le public à qui s'adresse, par définition, les oeuvres de vulgarisation], soit qu'on s'adresse à des élèves, soit qu'on veuille faire oeuvre de vulgarisation. Cette même attitude est naturellement prise, et cette fois d'une façon incontestablement sincère, par ceux qui reçoivent un tel enseignement ; aussi est-elle communément celle que de ce qu'on appelle le "grand public", et l'esprit "scientiste" peut être observé dans toute sa plénitude, avec ce caractère de croyance aveugle, chez les hommes qui ne possèdent qu'une demi-instruction, dans les milieux où règne la mentalité que l'on qualifie souvent de "primaire", bien qu'elle ne soit pas l'apanage exclusif du degré d'enseignement qui porte cette désignation."
Pour finir, j'espère vous rassurer en vous disant que l'interprétation fondamentaliste de la Bible est évidemment absurde, mais cette remarque que vous faites semble supposer que vous croyiez à une mécompréhension de ma part des écrits de Guénon. En tout cas, pour qui l'a correctement lu, ce genre d'erreur d'interprétation est exclue. En revanche, il m'apparaît évident que certaines choses vous ont échappé dans l'oeuvre de celui-ci. Dans un post précédent situé sur une autre page que celle-ci, vous avez parfaitement exposé la position de l'Eglise catholique sur le sujet, et il se trouve qu'elle est en totale contradiction avec celle de la Tradition telle qu'exposée par Guénon et qui fait autorité, comme vous devriez le savoir. La théorie de l'évolution, sous sa forme actuelle et telle qu'elle est admise par l'Eglise, est parfaitement "anitmétaphysique" (au sens que Guénon donnait à ce mot), et l'oeuvre de Guénon n'a absolument pas d'autres buts que de nier tout ce qui s'oppose à la métaphysique vraie pour y opposer cette dernière. Le fait que l'Eglise catholique en soit réduite à approuver une théorie antimétaphysique - ce qui est une grave anomalie si l'on songe à ce que devrait normalement être sa fonction - ainsi qu'à mendier la reconnaissance de son rôle historique et providentiel en Occident auprès de l'Union européenne en dit bien long sur la déchéance de cette institution. Déchéance d'ailleurs bien repérée par Guénon qui la déplorait.
Ecrit par : Nabu | 15 avril 2007
Robin, j'envisage de voter Bayrou à peu près pour les mêmes raisons que vous. Il semble toutefois que vous ayiez oublié sa volte-face au sujet de l'attitude de Chirac concernant la guerre en Irak. Quoi qu'il en soit, il m'intéresse aussi en raison de ses options religieuses ; malgré tout ce que j'ai pu en dire, le catholicisme conserve tout de même un certain sens des convenances spirituelles, qui subsiste chez lui à la manière d'une sorte d'automatisme, et Bayrou est le genre d'homme qui n'aime pas transiger avec sa conscience. Mais pour ce qui est de la situation de l'enseignement, vous pouvez être assuré qu'il la laissera pourrir aux mains des néopédagogues, qu'il qualifie lui-même de "spécialistes de la question".
Ecrit par : Nabu | 15 avril 2007
"l'esprit "scientiste" peut être observé dans toute sa plénitude, avec ce caractère de croyance aveugle, chez les hommes qui ne possèdent qu'une demi-instruction, dans les milieux où règne la mentalité que l'on qualifie souvent de "primaire", bien qu'elle ne soit pas l'apanage exclusif du degré d'enseignement qui porte cette désignation."
Ecrit par : Nabu | 15 avril 2007
Cette description colle aux pedagogistes et autres experts autoproclames en "sciences de l'education" responsables de la faillite d'un des systemes educatifs les plus performants du monde il y a 30 ans.
Merci aussi pour votre commentaire sur Guenon et pour souligner que Popper est inconnu en France, mais il ne l'est pas plus que Hayek ou Bastiat.L'inculture economique se mesure au volume des ventes de Bernard Maris et de Vivane Forrester.
Ecrit par : Cadichon | 15 avril 2007
"Mais si vous croyez que pour recomposer la gauche il faut en passer par 5 ou 10 ans de Présidence Bayrou ou Sarkozy vous faites fausse route"
Ecrit par : Merlemoqueur
Je l'avais loupe ce commentaire mais il semble que celui qui se gourre est celui qui si visiblement ignore l'histoire recente des gauches europeennes, car c'est exactement cela qu'elle nous enseigne. Il faudra au moins un mandat ou meme deux pour refaire la gauche francaise et la debarasser de ses oripeaux
C'est quand meme bien ici qu'on ne sait meme pas qu'il y a 3 candidats trotskystes a la presidence de la France et qu'on ne trouve pas que cela denote une arrieration caracterisee.
Un seul scenario peut permettre a la gauche francaise de faire l'aggiornamento qui la fera enfin entrer dans le 21eme siecle et passer du stade de musee Grevin ou jurasssic parc d'un socialisme ecule a celui de force politique moderne: que Segolene ne soit pas au deuxieme tour. D'ailleurs c'est ce qu'escomptent Fabius, DSK et consorts qui sont en train de jouer a la Maldonne le tour qu'a joue Chirac a Giscard en 81 en faisant voter pour Mitterrand.
Voter Bayrou c'est le plus sur moyen de faire perdre Segolene mais c'est aussi celui de mettre la droite en France pour 10 ans car il n'y aura plus du tout de gauche.
Blair avait de la chance, il etait seul a pouvoir faire son OPA sur le parti travailliste. Au PS il y a deux pretendants qui vont plomber l'affaire au depart. en plus ils sont trop vieux et trop compromis avec la vielle garde.
Place aux jeunes. Il faut en trouver charismatique, genre Manuel Vals ( et surement pas Montebourg) .
Mais surtout ni en Angleterre ni en Italie, ni en Allemagne, ni en Espagne, ne s'est developpe cet anti-liberalisme visceral qui plombe non seulement la gauche mais la France entiere depuis la Liberation. Segolene est peut-etre le premier obstacle a franchir pour moderniser cette gauche moisie qui plombe la France, mais le second c'est d' enseigner enfin a ses enfants que la tradition liberale lui fut consubstantielle et qu'a se renier en la diabolisant aveuglement pour satisfaire les oukases d'une vulgate marxiste reniee partout ailleurs, elle ne fera que continuer a perdre son statut de puissance moyenne, ses forces vives dans le pire exode depuis 1685, et le peu qui lui reste de credibilite internationale.
Ecrit par : Cadichon | 15 avril 2007
"L'inculture economique se mesure au volume des ventes de Bernard Maris et de Vivane Forrester."
Ecrit par : Cadichon | 15 avril 2007
Et votre niveau d'idéologie se mesure à l'enthousiasme que vous mettez à vouloir préconiser le vote pour Nicolas Sarkozy;
deux solutions
- Soit vous êtes naïf, et n'avez pas très bien pris la mesure de ce que peut entraîner ce vote sur le plan des libertés, libertés que vous défendez tant pourtant.
-Soit vous-même y avez un intérêt direct, très direct.
Personnellement, je pencherai plutôt pour la deuxième hypothèse.
Par ailleurs, si vous pouviez vous offrir un clavier avec accents, vos messages seraient plus lisibles. Merci.
Ecrit par : Christophe Sibille | 15 avril 2007
CADICHON quand je vous vois vouloir me donner des leçons sur la reconstruction de la gauche ou sur l'inculture économiqe d'abord je manque de m'étrangler puis je ne peux m'empêcher de rire.
Contentez-vous de nous parler de votre plagiaire favori.
Ecrit par : Merlemocoeur | 15 avril 2007
j'ai fait l'économie du U mais vous aurez corrigé de vous -même
Ecrit par : Merlemocoeur | 15 avril 2007
« L'inculture économique se mesure au volume des ventes de Bernard Maris et de Viviane Forrester », écrit Cadichon.
« Et votre niveau d'idéologie se mesure à l'enthousiasme que vous mettez à vouloir préconiser le vote pour Nicolas Sarkozy », rétorque Christophe.
Christophe, vous savez bien que Cadichon ne se décourage jamais. C’est comme Caton l’Ancien : « delenda est Carthago » quel que soit le sujet du débat. Ici nous en avons la version 2007, « eligendus est Sarkozius », ad lib, ad vitam, pour ne pas dire ad nauseam. Cadichon a toujours raison, Cadichon est irréfutable, comme l’éléphant de Vialatte. Cadichon confond la science et l’idéologie, mais il ne faut pas le lui dire. Plus on le contrarie, plus il s’obstine. Et peu importe qu’il décourage ou qu’il lasse (voir l’intervention d’un nommé JPL il y a quelques jours), l’essentiel est qu’il se soit exprimé. Comme l’élève au centre du projet, finalement !
Je pense que tout le monde comprend à présent pourquoi je préférerais ne pas reprendre ce blog.
Ceux qui me connaissent savent pourtant que je suis trrrrès patiente, mais il y a tout de même des limites : et je dois dire que ce matin, entre les tirades sarkolâtres de l’un et les fumeux développements krishnamurto-guénonesques de l’autre, j’ai un peu de mal à digérer, moi qui ne suis qu’un pauvre prof de lettres classiques et que la prose de Meirieu a déjà sérieusement entamée.
Salut à tous, je retourne en coulisses, et je cède la place au maître de ces lieux…
Ecrit par : FGuichard | 15 avril 2007
Alors, merci et salut à vous, FGuichard, et à vous, Merlemocoeur, et à vous, Jean-Paul, et à vous, Robin, et à tous et, indépendamment du décalage des "zones", je vous souhaite de bonnes vacances.
Ecrit par : Christophe Sibille | 15 avril 2007
Bonjour,
L'adaptation du " Sang noir " ne m'a pas déçue . Au début on entend une voix off dire que Cripure ressemble à un clown et l'on voit Cripure déambuler sur son vélo et vêtu d'une vielle fourrure ressemblant à une descente de lit . Clown! J'ai pensé aux propos tenus sur ce blog au sujet de la licence de clown. Cette licence existe déjà puique le prof de philosophie est un clown. L'importance accordée aujourd'hui à cette discipline m'incline à penser qu'effectivement on lui accorde le stapontin des amuseurs publics bon marché. Cependant la suite de l'histoire met en scène d'autres clowns , arrogants, suffisants, esclaves du paraître et de la patrie à défendre . Tu parles, défendre son confort et ses privilèges en envoyant les pauvres types au front et en exhibant les mutilés ! La récupération, on connaissait déjà à l'époque.
Le clown Cripure malgré ses imperfections n'a pas besoin de paraître. Sa richesse humaine rayonne d'elle -même dans la grisaille des rues pavées noyées de pluie tandis que les imposteurs contraints d'ôter les masques s'écroulent comme des pantins .
Robin, ce que vous dites de votre grand-père ressemble d'assez près à l'itinéraire de mon père. Il se confiait assez peu , répondait brièvement à nos questions quand nous l'interrogions sur sa jeunesse : le frère disparu, le village anéanti, les ravages de la tuberculose et de la grippe espagnole, les espoirs déçus, la montée des idéologies conduisant à l'autre guerre ... Une vie de lutte à endurer les humiliations, les privations et les souffrances. Une vie d'espoir aussi et de dignité, représentée par l'amour de l'étude pour donner l'exemple à ses enfants. J'ai dévoré des livres pour découvrir ce qu'il taisait mais le silence me berce de ses secrets.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 15 avril 2007
Je trouve assez drôle de voir les gens de ce blog s'écharper pour la défense d'un des trois candidats favoris.
En ce qui concerne l'école, sujet qui nous rassemble ici, tous les trois la laisseront pourrir entre les mains des pédagos. Pas un d'entre eux n'a demandé clairement la suppression des IUFM ( seule l'extrême droite l'a fait), la seule nuance est dans le rétablissement théorique que la droite actuelle a fait de la méthode syllabique en primaire. Mais comme cela reste seulement théorique et que dans les écoles rien ne change avec la bénédiction de l'inspection, je ne vois pas vraiment la différence. Quant à la grammaire en collège, même poudre aux yeux: de la grammaire , oui, mais sans rétablissement des horaires de français, cela ne sert pas à grand-chose. Avec 4 h par semaine, on ne peut faire travailler les élèves correctement et aucun des 3 candidats ne propose une augmentation des heures de français ou de maths.
Globalement pour l'école, on aura la même soupe. Après si on envisage le point de vue des professeurs, il vaut certes mieux voter Sarkosy. Royal nous bloquera 26 ou 28 h au bahut, pour faire mousser ses actions de "soutien scolaire gratuit", quand on peut espérer que Sarkosy laissera libres les collègues de "soutenir" s'ils veulent arrondir leurs fins de mois. Les parents feront encore plus la loi dans l'école si Royal passe, un peu moins si la droite passe... Voilà, on est dans des nuances de ce type, mais globalement, aucun des candidats ne propose de faire cesser ce scandale que sont les IUFM et qui sont la matrice d'où sortent toutes les horreurs actuelles.
Et tant que les IUFM resteront la seule source de formation des enseignants, je ne vois pas comment les choses pourront changer. Surtout quand d'ici, 10 ou 15 ans "les vieux fossiles humanistes" seront partis à la retraite.
Bayrou dont j'espérais mieux en ce qui concerne l'école a clairement dit qu'il laisserait faire les "spécialistes", or on sait tous qui sont les spécialistes actuels...
Ecrit par : Thalie | 15 avril 2007
Nabu,
Je ne suis ni un spécialiste, ni un disciple de René Guénon. je m'intéresse à sa pensée, c'est tout, comme à tous les courants de pensée qui accordent une valeur aux symboles
(" Nous marchons à travers une forêt de symboles ", disait Baudelaire) J'ai lu deux livres de Guénon : Le symbolisme de la croix et Le règne de la quantité et le signe des temps, ce n'est pas suffisant pour comprendre "en profondeur".
Guénon prétendait "avoir trouvé" ; il s'est converti à l'Islam à la fin de sa vie...Je fais partie des gens qui cherchent toujours et qui n'ont pas trouvé.
Et qui adopterait volontiers la devise de Virgile : "On se lasse de tout, sauf de comprendre."
Je vous laisse mon adresse e-mail, au point où j'en suis...J'espère ne pas en subir de désagréments. Je ne suis pas certain que notre discussion intéresse tout le monde et on risque de nous reprocher d'être "hors sujet"
robin-guilloux@club-internet.fr
Bonnes vacances à tous.
Ecrit par : Robin | 15 avril 2007
"J'ai pensé à mon grand-père paternel "
:)
Mon arrière grand père était SFIO, j'ai une belle affiche où il se présente à une élection. Il ne supportait pas trop les communistes (son beau fils était communiste :o))))) ) .
Ecrit par : toto | 15 avril 2007
""("choisir avec qui on veut travailler", en clair choisir son professeur -- et pourquoi pas l'élire tant qu'on y est ?).""
J'ai ouï dire que ce genre d'aberration se pratiquait déjà en Grande Bretagne.
Ecrit par : Nabu | 15 avril 2007
"J'ai pensé à mon grand-père paternel "
:)
Mon arrière grand père était SFIO, j'ai une belle affiche où il se présente à une élection. Il ne supportait pas trop les communistes (son beau fils était communiste :o))))) ) .
Toto
Moi aussi ! :)
(Il fut élu...)
Ecrit par : D'Enguell | 15 avril 2007
A Thalie, (sans jeu de mots)
Sur la suppression des IUFM, une petite rectification : Schivardi ("Maires" ou "PT" ??) le réclame aussi...Je vous concède qu'il y a peu de chances ou risques selon les goûts de le voir appliquer une si saine mesure.
Ecrit par : victor | 15 avril 2007
""("choisir avec qui on veut travailler", en clair choisir son professeur -- et pourquoi pas l'élire tant qu'on y est ?).""
J'ai ouï dire que ce genre d'aberration se pratiquait déjà en Grande Bretagne.
Ecrit par : Nabu | 15 avril 2007
Et en France, à Lyon, dans un collège privé sous contrat de ma connaissance (je ne cite pas le nom, je connais personnellement l'ancien directeur), à l'instigation de Phililippe Meirieu ; il y a pas mal d'années de cela. Je ne sais pas si l'expérience a été évaluée et prolongée. Meirieu lui-même
reste extrêmement discret là-dessus, comme ,d'ailleurs, sur toute "évaluation" des retombées concrètes de ses conceptions éducatives.
Il y aurait beaucoup à dire. Les expériences négatives (y compris à l'école) que nous faisons dans la vie peuvent avoir un sens que nous ne comprenons pas sur le moment, mais que nous découvrons plus tard.
Le libre choix du professeur tend à abolir cette confrontation parfois désagréable avec l'autre (on va forcément choisir quelqu'un de "gentil", de "sympathique"...) et à renforcer le narcissisme, c'est à dire au fond le refus de grandir en se confrontant à la différence.
Je ne suis pas sûr que ce chemin soit très "éducatif".
Ecrit par : Robin | 15 avril 2007
"les oukases d'une vulgate marxiste reniee partout ailleurs, elle ne fera que continuer a perdre son statut de puissance moyenne, ses forces vives dans le pire exode depuis 1685, et le peu qui lui reste de credibilite internationale."
C'est quoi ce foutoir idéologique "Cadichon" ? Le modèle du "partout ailleurs" : très fort ! Quel critère !
"ses forces vives" : vous parlez de Johnny ?
La crédibilité internationale ? La France a en tellement qu'elle reste en termes d'investissement le deuxième pays le plus attractif derrière la Chine (autre temple du libéralisme).
Ecrit par : victor | 15 avril 2007
Sur la 5 en ce moment 13h40 , en redifusion, A. Finkielkraut et N. Polony face au télévangéliste T. Ramadan ou alors sur votre ordi :
http://www.france5.fr/STATIC/video/index-fr.php?titre=Chez%20FOG&url=mms://a533.v55778.c5577.e.vm.akamaistream.net/7/533/5577/42c40fe4/lacinq.download.akamai.com/5577/internet/chezfog/chezfog.wmv§ion=programmes_chezfog&rubrique=video&habillage=chezfog
F.O.G. pas très animateur de débat ce jour. Vous vous êtes fait avoir par Ramadan !
Ecrit par : patrickinstit | 15 avril 2007
A propos des clowns :
je viens de m'aviser d'une parenté possible entre le personnage de Cripure (sobriquet forgé sur Critique de la raison pure, mais aussi "Cri Pur") dans Le sang noir de Louis Guilloux et certaines toiles de Georges Rouault.
Il y a une identification très nette chez Rouault entre la figure du clown (plus particulièrement de l'"auguste" par opposition au "clown blanc") et la figure christique de l'innocent bafoué, comme chez Louis Guilloux.
Dans Le sang noir, on trouve aussi cette opposition entre l'auguste, l'individu en quête de vérité et de liberté et le clown blanc, le conformisme social.
Le téléfilm montrait bien cet aspect "clownesque" de l'existence et ces deux polarités.
Ecrit par : Robin | 15 avril 2007
Bonnes vacances à tous.
Ecrit par : Robin | 15 avril 2007
ouais, c'est bien ce qui m'importune...
Ecrit par : dobolino | 15 avril 2007
« L'inculture économique se mesure au volume des ventes de Bernard Maris et de Viviane Forrester », écrit Cadichon.
« Et votre niveau d'idéologie se mesure à l'enthousiasme que vous mettez à vouloir préconiser le vote pour Nicolas Sarkozy », rétorque Christophe.
Christophe, vous savez bien que Cadichon ne se décourage jamais. C’est comme Caton l’Ancien : « delenda est Carthago » quel que soit le sujet du débat. Ici nous en avons la version 2007, « eligendus est Sarkozius », ad lib, ad vitam, pour ne pas dire ad nauseam. Cadichon a toujours raison, Cadichon est irréfutable, comme l’éléphant de Vialatte. Cadichon confond la science et l’idéologie, mais il ne faut pas le lui dire. Plus on le contrarie, plus il s’obstine. Et peu importe qu’il décourage ou qu’il lasse (voir l’intervention d’un nommé JPL il y a quelques jours), l’essentiel est qu’il se soit exprimé. Comme l’élève au centre du projet, finalement !
Je pense que tout le monde comprend à présent pourquoi je préférerais ne pas reprendre ce blog.
Ceux qui me connaissent savent pourtant que je suis trrrrès patiente, mais il y a tout de même des limites : et je dois dire que ce matin, entre les tirades sarkolâtres de l’un et les fumeux développements krishnamurto-guénonesques de l’autre, j’ai un peu de mal à digérer, moi qui ne suis qu’un pauvre prof de lettres classiques et que la prose de Meirieu a déjà sérieusement entamée.
Salut à tous, je retourne en coulisses, et je cède la place au maître de ces lieux…
Ecrit par : FGuichard | 15 avril 2007
Aussi, et surtout... Un désaveu par le maître des lieux semblait urgent!
Ecrit par : dobolino | 15 avril 2007
Je viens de signer la "Pétition pour le maintien du vote papier", à cette adresse :
http://ordinateurs-de-vote.org/vp
J'en parle autour de moi parce qu'il y a urgence.
Ce printemps, plus d'un million d'électeurs voteront obligatoirement au moyen d'ordinateurs, parce que leur mairie en a décidé ainsi : dans une grande partie des Hauts de Seine, à Amiens, Brest, le Havre, Reims, Le Mans, Mulhouse, etc...
Une fraude pèserait sur le résultat des élections nationales.
L'urne transparente et le dépouillement public sont remplacés par un ordinateur dont le résultat est invérifiable et dont on ne peut rien savoir pour cause de secret industriel.
Vous n'êtes pas au courant ?
C'est normal, jusqu'à peu, il n'y avait aucune information sur ce sujet, aucun débat...
Une démonstration frappante (i-Télé, 6 min):
http://ordinateurs-de-vote.org/dn#itele
Merci de faire passer l'info aux amis, famille, voisins, etc... (dans votre messagerie, cliquez sur "Transférer", et ajoutez leurs adresses EN COPIE CACHEE).
Ecrit par : Robin | 15 avril 2007
Pour réfléchir sur l'immigration, sur le bien-fondé des théories "innéistes" et sur les conclusions que certains en tirent, allez voir "Golden Door" d'Emmanuele Crialese.
Il y a un rapport évident avec l'éducation et le système éducatif français puisque la situation actuelle, n'en déplaise aux pédagogistes (mais peut-être est-ce ce qu'ils ont voulu) est exactement celle des Etats-Unis : une école public et une éducation de masse pour la masse (autoconstruction des savoirs, pas ou peu de transmission des connaissances, activités ludiques...) et des écoles privées (généralement catholiques) pour "l'élite" où l'on transmet des connaissances et où il y a des exigences (écoute, travail, progression...)
" Le second acte de Golden Door est, dans ce sens, bien plus abouti mais à l'inverse plus classique : l'arrivée au Nouveau Monde démantèle le système eugéniste qui privilégie les personnes en bonne santé et intelligentes à celles qui ne savent pas faire de puzzle ou obéir aux consignes, aussi stupides soient-elles. Face à la logique incompréhensible par les nouveaux arrivants de cette sélection sur critères douteux, l'interrogation qui scande sans cesse cette deuxième partie est "Pourquoi ?". Emanuele Crialese procède à une critique acerbe d'une idéologie aussi inhumaine que nauséabonde, balançant son récit entre absurde (comique) des situations et fantasmagorie qui aide (ou condamne ?) les immigrants à s'illusionner sur cet Eden. A peine arrivés, on sent le désenchantement et la perte d’identité et des valeurs poindre. Golden Door ne fait que montrer comment le spirituel de la Sicile est peu à peu évacué par le matériel de l'Amérique. Le discours n'a rien de bien original, mais c'est son traitement esthétique qui est singulier. Certains y verront un chef-d'oeuvre audacieux, d'autres resteront perplexes devant ce long (très long) métrage aussi étrange que poétique. "
Ecrit par : Robin | 15 avril 2007
Le "Maître des lieux" est comme la tortue de la fable : il se hâte avec lenteur (tiens, encore un oxymore, Dobolino…).
J'arrive à l'instant, ou tout comme. Excellentes vacances : il faisait beau là où j'étais, et il a plu ici pendant que je n'étais pas là — que des bonnes nouvelles…
Je prends le temps de lire tout ce qui s'est écrit durant mon absence, et je vous trouve passablement énervé(e)s, les un(e)s et les autres. FG, c'est comme ça que vous êtes pédagogue ? Si on commence à s'énerver sur les citations bizarres des uns, les prises de position tranchées des autres… Cadichon est l'un(e) (vous êtes sûrs que c'est un homme, Cadicho ?) des deux sarkozystes déclarés qui interviennent ici, mais nous avons des bayrouistes en nombre, et même des royalistes — et je tolère les uns et les autres, non par largesse d'esprit (je ne suis jamais large d'esprit que pour les gens qui me donnent raison), mais parce que je suis persuadé que la vérité est le produit des antagonismes (et non la moyenne, idée bizarre qui a pour seul résultat d'ététer toutes les aspérités).
Je suis pour l'inlassable frottement des silex — et des peaux, maniées comme des pierres : au fond, faire l'amour, c'est faire la lumière.
Bon, je viens de voir sur la Cinq un mauvais Finkielkraut, mal secondé par Natacha Polony, ne pas se tirer des griffes de "Frère Tariq" (comme dit Caroline Fourest en son livre indispensable). Comme quoi, on peut aller "chez FOG" et mal se dépêtrer, tout en étant un garçon estimable. Dans toute cause, il faut des intellectuels, et des sabreurs.
J'ai plaisir à appartenir à la seconde espèce — et je laisse les intellectuels intellectualiser tout leur saoul.
Robin, c'est un peu paranoiaque, non ? Que les adresses soient cachées ou non, elles sont connues du serveur, et c'est là qu'éventeullement on irait les chercher. Enfin ! Vous ne recevez pas de junk mail, vous ? Il suffit que l'on passe sur tel ou tel site pour se voir offrir des Rolex copiées, des diplômes américains bidons, des requinquants inutiles et autres babioles. Sans rien avoir demandé. Vous pensez peut-être que quelque chose, dans une société informatisée comme la nôtre, reste confidentiel ? Mais quand vous sortez dans la rue, vous êtes filmé, à votre insu. On vous suit à la trace, minute par minute.
Au fond, je suis bien tranquille sur le vote par machine (aux USA, où ça a fait couler beaucoup d'encre, en Floride et aileurs, comme en France) : les partis au pouvoir ont largement de quoi se contrôler les uns les autres, et notre indépendance électorale n'est jamais que la somme de leurs appétits antagonistes.
L'huître et les plaideurs : Gauche et Droite se disputent nos suffrages, et c'est un troisième qui gobera le mollusque — ça lui sied au teint et aux opinions.
Comme quoi, on commence un commentaire avec La Fontaine, et on le finit de même : encore de la rhétorique !
JPB
PS. Pour qui que vous votiez, je suis à peu près sûr que ça ne changera rien. Et ça ne changera pas le goût des bouteilles de rouge que nous viderons à la fin du Blog, à la santé de tous ceux qui auront gagné — ou perdu.
PPS. Pour Sandra W.. Le redoublement est, paraît-il, une violence. Mais laisser passer dans la classe supérieure un malheureux qui se sentira largué dès les premières minutes, n'est-ce pas aussi lui faire violence ? Dans un système idéal, on passerait par matières, avec une remédiation sur deux mois, à l'essai, dans la ou les matières mal maîtrisées. Tiens, un copain vient de revenir de Finlande, où il était parti tourner un film sur le système éducatif. Pas de redoublement, là-bas, mais une moyenne de deux enseignants par classe en primaire, tous deux se partageant les retardataires. Très bien payés, par ailleurs. Et une quinzaine d'élèves par classe. Et à l'arrivée, Nokia.
Ecrit par : brighelli | 15 avril 2007
Bonjour,
Je viens de publier un texte
"Écrasons l’Infâme"
De l’École et du "pédagogisme"
C’est un topoï, un lieu commun, de l’analyse politique que d’utiliser le paradigme du religieux pour décrire les grandes idéologies meurtrières telles le fascisme, le national-socialisme et le stalinisme qui ont ensanglanté le XXème siècle.