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09 avril 2007

La faute à Rousseau ?

À propos de Rousseau : pour une fois que je suis à peu près d’accord avec ce qu’écrit Cadichon (même si je n’en tire pas les mêmes conclusions)… ce doit être le miracle de Pâques, Robin ;-)

Quelques précisions sur Jean-Jacques, ou plutôt sur la manière dont le rousseauisme est devenu, volens nolens, l’un des fondements du pédagogisme.

Au  commencement, chacun le sait, est la Révolution française, et très précisément le débat qui oppose deux conceptions de l'École, celle de Condorcet et celle de Lepelletier de St Fargeau, celle des Girondins et celle des Jacobins pour aller vite. Même si aucun de ces deux projets ne fut appliqué réellement faute de temps et de moyens, les termes du débat  méritent d'être rappelés :

Condorcet, tenant de "l'instruction publique", veut avant tout instruire ;  il affirme que l'instruction est à la base de l'éducation et constitue son seul fondement. Auteur des célèbres Cinq mémoires sur l'instruction publique, récemment ressortis en collection de poche Garnier-Flammarion, il est également rapporteur du projet de décret sur la réorganisation de l'enseignement public qu'il présente devant l'assemblée législative en 1792. Il s'agit pour lui d'armer les enfants, filles et garçons, (instruere = munir) par les savoirs fondamentaux, pour leur permettre de se soustraire à la dépendance, c.à.d. de s'émanciper par l'usage de leur raison.

C'est pour la puissance publique un devoir imposé par l'intérêt commun de la société, par celui de l'humanité entière. (...) Nous avons pensé (…) qu'il fallait donner à tous également l'instruction qu'il est possible d'étendre sur tous, mais ne refuser à aucune portion de citoyens l'instruction plus élevée, qu'il est impossible de faire partager à la masse entière des individus ; établir l'une, parce qu'elle est utile à ceux qui la reçoivent ; et l'autre, parce qu'elle l'est à ceux même qui ne la reçoivent pas. La première condition de toute instruction étant de n'enseigner que des vérités, les établissements que la puissance publique y consacre doivent être aussi indépendants qu'il est possible de toute autorité politique. (« Les principes de l'instruction publique », discours à l'Assemblée législative du 2 avril 1792)

 

Cela ne veut pas dire pour autant que Condorcet  néglige l'éducation. Pour lui l'école doit se préoccuper de l'éducation morale, qu'il appelle naturelle, et qu'il ne faut pas confondre avec la bien-pensance, la « moraline » ou le « politiquement correct » de l'époque : cette éducation morale fait partie de l'instruction, parce qu'elle est fondée sur l'expérience et la raison. Tout ce qui relève des opinions, des croyances, des manières de vivre, relève de la sphère privée et ne doit pas en sortir. Certes, bien sûr, l'école socialise, apprend la discipline et la maîtrise de soi,  sans lesquelles la situation d'apprentissage est impossible, mais c'est l'instruction qui est le fondement de tout, et c'est par elle que l'enfant s'éduque.

Comme l'écrivent Catherine Kintzler et Charles Coutel dans leur présentation des Cinq mémoires de Condorcet en GF :

Pour la première fois, l'idée philosophique de l'institution scolaire est pensée dans sa complexité et en rapport avec la souveraineté populaire : protéger les savoirs contre les pouvoirs, considérer l'excellence comme la forme la plus haute de l'égalité, voir en chaque enfant un sujet rationnel de droit, se garder d'assujettir l'instruction publique aux volontés particulières et à l'utilité immédiate, telles sont quelques-unes des thèses majeures proposées par Condorcet. Ce faisant, il soutient qu'instruire n'est ni informer ni conformer, et que c'est peut-être trop en faire que d'instaurer une "éducation nationale".

 

 

Robespierre,  J.-Paul Rabaut St-Étienne et Lepelletier de St Fargeau considèrent, quant à eux, qu'il faut commencer par l'éducation, et ne pas trop instruire :

L'enfant est parvenu à douze ans ; à cet âge finit pour lui l'institution publique : il est temps de le rendre aux divers travaux de l'industrie. L'en séparer davantage, ce serait nuire à la société (Texte sur  http://s.huet.free.fr/paideia/paidogonos/lpsf1.htm... )

On reconnaît ici l'influence contestable de Jean-Jacques Rousseau, qui dans l'Émile ou l'éducation veut pour son élève des apprentissages limités, centrés sur l'observation et le travail manuel – ce même Rousseau pour qui les  sciences  et les arts rendent l'homme mauvais ;  je renvoie à l'inénarrable Prosopopée de Fabricius dans le Discours sur les sciences et les arts, où Jean-Jacques met en branle toute sa vaste culture, et Dieu (?) sait s'il en a, pour montrer que la culture est nuisible, et je ne sache pas que ce jour-là il se soit laissé aller sur le Fendant ou quelque autre excellent vin suisse. J'irai même jusqu'à dire qu'il se révèle ici le père tutélaire des ces intellectuels renégats, apostats, architraîtres,  qui ont été formés par les Humanités pour mieux cracher sur elles et interdire à leurs descendants de profiter des savoirs qui les ont nourris. Bref, oui, quelque part, c'est la faute à Rousseau, et aux rousseauistes que sont ici les Jacobins, obnubilés de moralisme, de vertu, et de chasse aux « fripons ». Moralité : toujours se méfier des « purs ».

Pour eux donc, la puissance publique doit instituer une « éducation nationale ». Voici un extrait de l'argumentaire de Lepelletier (Projet d'éducation nationale) :

L’instruction publique demande des lycées, des collèges, des académies, des livres, des instruments des calculs, des méthodes, elle s’enferme dans des murs ; l’éducation nationale demande des cirques, des gymnases, des armes, des jeux publics, des fêtes nationales, le concours fraternel de tous les âges et de tous les sexes, et le spectacle imposant et doux de la société humaine assemblée. Elle veut un grand espace, le spectacle des champs et de la nature ; l’éducation nationale est l’aliment nécessaire à tous, l’instruction, le partage de quelques-uns. Elles sont sœurs mais l’éducation nationale est l’aînée. Que dis-je ! c’est la mère commune de tous les citoyens, qui leur donne à tous le même lait, qui les élèves et les traite en frères, et qui, par la communauté de ses soins leur donne un air de ressemblance et de famille qui distingue un peuple ainsi élevé de tous les autres. Toute sa doctrine consiste donc à s’emparer de l’homme dès le berceau, et même avant sa naissance ; car l’enfant qui n’est pas né appartient déjà à la patrie. Elle s’empare de tout homme sans le quitter jamais, en sorte que l’éducation nationale n’est pas une institution pour l’enfant, mais pour la vie tout entière.

 

Même en contextualisant la citation (la patrie en danger, l'Europe entière coalisée contre la République, les contre-révolutionnaires vendéens en insurrection, l'Église catholique en tête), même quand, comme moi – mais peut-être ai-je trop lu Albert Soboul --  on a  de la sympathie pour les Jacobins, on a le droit d'être un peu terrorisé, sans jeu de mots  ça va de soi, par ce « modèle spartiate » qui nous évoque plutôt l'État totalitaire que la Liberté guidant le peuple… Et quand bien  même admettrions-nous que la notion d'individu a quelque chose de petit-bourgeois voire de réactionnaire, que les valeurs collectives  de dévouement à l'État et d'amour de la patrie sont fondamentales, il reste que l'idée de s’emparer de l’homme dès le berceau, et même avant sa naissance nous met plutôt mal à l'aise.

 

Et quand je parle de « modèle spartiate », je ne plaisante pas – et  Lepelletier non plus : pour aboutir à une société égalitaire, il propose que tous les enfants sans exception, riches ou pauvres, filles et garçons, soient retirés de leurs familles et placés dans des internats à la dure, où le sport est prioritaire, avec travail manuel pour tous (sur les routes, dans les champs, à la production dans les ateliers). L'encadrement est assuré par un conseil de 52 "pères", chacun résidant là une semaine par an. L'objectif est, je cite, de form(er) une race renouvelée, forte, laborieuse, réglée, disciplinée, et qu'une barrière impénétrable aura séparée du contact impur des préjugés avec notre espèce vieillie. (Plan d'éducation nationale, texte intégral sur http://s.huet.free.fr/paideia/paidogonos/lpsf1.htm...)

 

Former l'homme nouveau… Évidemment, pour nous, cette éducation d'État  évoque surtout les jeunesses hitlériennes ou les Khmers rouges, et je ne pense pas, malgré le peu de sympathie que je porte aux disciples de saint Philippe Meirieu, que leur objectif soit de transformer ainsi les enfants.

Pas de les transformer ainsi, mais de les transformer …

 

Former l'homme nouveau, oui, certainement, comme on va le voir, et faire table rase du passé, certainement. De même, cette exaltation des valeurs collectives et du « vivre ensemble », même si elle se fait  à présent  dans la novlangue adoucie et euphémistique des sciences de l'éduc. et de la psychologie compassionnelle, n'est pas sans écho de nos jours.

Bref : l'école doit-elle instruire, transmettre des savoirs, et permettre à l'enfant, par l'usage de ces savoirs, de s'émanciper des préjugés, d'user de sa raison, et par là même de s'éduquer et de se construire par rapport à ce qu'il a appris, -- en continuité ou en rupture peu importe ?

Ou doit-elle d'abord éduquer, inculquer des savoir-faire et des savoir-être plus que des « savoirs savants » comme disent les khuistres, pour faire en sorte que l'enfant, constructeur de ses propres savoirs, se construise -- j'ai failli dire s'auto-construise – en retrouvant sa nature profonde et son être authentique (quand je vous dis que c'est aussi la faute à Rousseau…) ? Bien sûr, les valeurs collectives ne sont plus inculquées à la dure comme dans le projet spartiate de Robespierre,  J.-Paul Rabaut St-Étienne et Lepelletier de St Fargeau, mais à grandes injections de moraline citoyenne, d'ECJS et de « vivre ensemble », un enrobage pseudo psy et « chrétien de gauche » pour faire passer le médicament. Mais le résultat est là, calamiteux :  renoncer à instruire, c'est renoncer quelque part à la République. On va voir en effet que tous les pays à régime totalitaire ont cherché d'abord à éduquer.

 

C'est en 1932, sous le "cartel des gauches" (Édouard Herriot, qui était pourtant Libre Penseur, à qui se fier, je vous le demande ma pov’dame ???) que le ministère de l'Instruction publique est devenu celui de l'Éducation nationale. Et ce changement d'appellation est loin d'être un détail anodin : on substitue dès  lors au désir de donner un savoir, des outils (in-struere en latin équiper, outiller, munir) la volonté d'imposer un modèle (de educare, tirer à soi ; éduquer a au XVIIeme siècle le sens de "former le caractère", "apprendre les usages de la société") : bref, socialisation et apprentissage de la citoyenneté, dont on verra bientôt que c'est la meilleure et la pire des choses, puisque cela revient le plus souvent à adapter l'élève aux normes sociales en vigueur, ce qui, dans une société de classes inégalitaire et ultralibérale, revient à formater les enfants aux normes de l'ultralibéralisme en vigueur. 

Des esprits mal pensants pourraient faire remarquer que cette rupture fut initiée dès les années 20 par l'Italie mussolinienne :

La transformation de l'instruction publique en éducation nationale est la plus fasciste de mes réformes (Mussolini)

Elle a cependant été copiée par la plupart des pays européens, comme si la gauche, dans une espèce d'aveuglement qu'il faudrait étudier de plus près, avait repris à son compte les initiatives d'extrême-droite qui visaient à remettre en cause l'héritage des Lumières .La notion d'égalité des chances, opposée à l'égalité formelle, apparaît pour la première fois dans un discours du maréchal Pétain (… Mais, là encore, n'épiloguons pas, nous y serions encore à minuit.)

 

 

Revenons à notre "éducation nationale" du cartel des gauches puis du Front Populaire : elle a la volonté d'imposer un modèle, républicain bien sûr.  Longtemps "l'éducation populaire" avait fait partie des revendications du syndicalisme révolutionnaire et du mouvement ouvrier en général, parce que l'ouvrier doit s'instruire pour se révolter. Notons qu'il s'agissait bien d'une instruction : par exemple, en 1832, le "mouvement des polytechniciens" organisait des cours du soir pour permettre au peuple de s'instruire.

 

Mais le pétainisme des années 1940 a bondi sur l'occasion : pourquoi ne pas "formater" de bons petits Français conformes à l'idéal de Laval ? Il ne s'agit alors plus d'instruire l'ouvrier pour qu'il se révolte, mais de l'éduquer pour qu'il reste à sa place -- et les vaches seront bien gardées. Et surtout, pas trop de savoirs, c'est nuisible.

Je ne résiste pas au plaisir pervers de vous lire un extrait d'un livre de Pétain, L'Éducation  nationale (1940, texte intégral sur http://michel.delord.free.fr/pp-ecole.pdf), avec quelques commentaires de ma part : on verra que, à quelques horreurs idéologiques près, ces propositions vont nous rappeler bien des choses

 

 Il y avait à la base de notre système éducatif une illusion profonde : c'était de croire qu'il suffit d'instruire les esprits pour former les cœurs et pour tremper les caractères. Il n'y a rien de plus faux et de plus dangereux que cette idée ... [OK, contre Condorcet l'homme des Lumières, c'est logique.]

Fidèle à notre pensée décentralisatrice, nous décongestionnerons l'Université de Paris pour faire de nos universités provinciales de puissants foyers de recherche… Nous favoriserons entre nos savants et nos industriels une coopération féconde… et nous nous efforcerons d'orienter dans un sens plus réaliste la formation de nos ingénieurs, de nos médecins, de nos magistrats, de nos professeurs eux-mêmes [Oui, c'est de Pétain, ni de Claude Allègre ni de Gilles de Robien… Nous savons donc à présent d'où vient ce "réalisme" que l'on nous sert à tout propos : c'est celui du kolossal bon sens kollabo.]

Nous nous attacherons à détruire le funeste prestige d'une pseudo-culture purement livresque, conseillère de paresse et génératrice d'inutilités… [Rousseau, le moins "Lumières" des Lumières,  ne disait pas autre chose, hélas. ]

C'est dans cet esprit que nous réorganiserons l'école primaire. Elle continuera comme par le passé, cela va sans dire, à enseigner le français, les éléments des mathématiques, de l'histoire, de la géographie, mais selon des programmes simplifiés, dépouillés du caractère encyclopédique et théorique qui les détournait de leur objet véritable." [C'est beau comme le socle commun de connaissances de M.  de Robien, dites donc…]

 

On voit bien la logique du projet : peu d'instruction, beaucoup d'éducation, et des enfants soumis, privés des moyens de penser, de vivre et d'être libres. Est-ce un hasard si c'est de l'école d'Uriage, école des cadres du pétainisme, influencée par les personnalistes chrétiens (attention, ne me faites pas dire que tous les personnalistes chrétiens étaient collabos, certains même ont résisté) que sont sortis les théoriciens français de l'éducation populaire, comme l'un des  plus connus, Joffre Dumazedier ?

Soixante ans plus tard, le débat ne se pose pas de façon radicalement différente, mais il est faussé par tout le discours sociologique et psychologique, plus ou moins idoine,  dont on enrobe l'école et sur lequel je vais développer un peu. 

 

Revenons-en donc  à l'an quarante ;-)))

…ou plutôt peu après :  on peut se demander pourquoi, à la Libération, le programme du C.N.R. n'a pas rétabli l'instruction publique : j'ai envie de dire, mais cette interprétation n'engage que moi, que le plan Langevin-Wallon, pétri de bonnes intentions, a mis en place toutes les conditions pour que "l'éducation nationale" reste l'éducation nationale ad uitam … ou ad nauseam.

Quand je dis que le plan Langevin-Wallon était pétri de bonnes intentions (dont l’Enfer est pavé) , je n'oublie pas que ces deux hommes étaient de vrais savants, pas des imposteurs, membres des "Compagnons de l'université nouvelle", une association créée en 1918 par des universitaires qui sortaient des tranchées et voulaient prolonger dans la vie de tous les jours et dans leur pratique professionnelle les valeurs de partage et de fraternité qu'ils avaient connues en combattant là-bas sur le front de l'armée. Ils lancent l'idée généreuse de l'école unique, contre laquelle il n'y a évidemment a priori rien à dire.

Mais le congrès du Havre de 1936, rassemble plusieurs associations d'éducation nouvelle comme le GFEN (Groupe Français d'Éducation Nouvelle, inspiré des travaux du pédagogue suisse Ferrière, et qui tend à respecter l'individualité de l'enfant en libérant son potentiel créatif, son énergie spirituelle (?!), et en s'appuyant sur ses intérêts innés (??), dans une optique de coopération et de coéducation, la discipline personnelle et collective étant organisée par les enfants eux-mêmes en collaboration avec le maître (« classe coopérative »). Pour ce GFEN,  l'instruction n'est qu'une partie de l'éducation, l'objectif général étant de donner une base minimum de culture générale et de développer au maximum la personnalité de l'enfant : alléger les programmes, promouvoir l'étude du milieu, collaborer avec les parents, recourir aux méthodes actives. Les réformes de l'enseignement de Jean Zay (Front Populaire) en 1937, le plan Langevin-Wallon de1947, et même les réformes Haby et Jospin de 1975 et 1989, s'inspireront largement de ce congrès.

 

Quand on voit le résultat et la "catastrophe culturelle nationale", -- pour reprendre la formule employée dans la résolution finale du congrès de la Libre Pensée consacré l'École --, il est facile de se lamenter et de critiquer l'irresponsabilité de toutes ces mesures ; mais rappelons que dans le contexte de l'entre-deux guerres ce n'était pas si simple, que beaucoup d'enfants arrêtaient l'école au "certif" et même avant, et qu'il y avait chez les gens du GFEN ou de l'Université nouvelle, même influencés par des idéologies cléricales plus ou moins déclarées (en particulier le personnalisme chrétien, le protestantisme et le scoutisme), une forme de générosité qu'il ne faut pas mépriser si nous voulons comprendre comment tout ce gâchis s'est mis en place au nom de la gauche.

Les idées qui sous-tendent tout cela, c'est que dans une société de classes l'école est aussi de classes – difficile de dire le contraire : on ne voit pas par quel miracle la division en classes s'arrêterait au portail des établissements. Mais les conclusions de ce constat ont été contre-productives : en allégeant l'apport culturel donné aux enfants, on a « enfoncé » les plus défavorisés, et l'épanouissement des personnalités n'a profité qu'à ceux qui étaient déjà épanouis. Les activités d'éveil n'éveillent le plus souvent  que les  enfants déjà  éveillés.

L'autre implicite, qui découle directement du précédent, c'est que dans une société de classes la culture dominante est de classe, donc bourgeoise. Là encore, il est bien difficile de le nier !  Le sociologue Pierre Bourdieu, dans Les Héritiers, explique de manière très juste comment ce sont les élèves à fort capital culturel qui réussissent le mieux à l'école. Le problème, c'est qu'une école qui privilégie l'éducation sur l'instruction favorise encore davantage les enfants issus des milieux cultivés, interdisant de fait la réussite  à ceux qui n'ont chez eux ni bibliothèque ni parents pour donner des explications si nécessaire – ou pour payer des cours à Acadomia.

 

Mais revenons à ces théories prétendument marxistes qui consistent à discréditer la culture pour crime de bourgeoisie : il y avait avant-guerre, et même avant les "Trente Glorieuses", une authentique culture ouvrière, et une non moins authentique culture paysanne (voir les romans de Giono sans chercher plus loin), sur laquelle le maître pouvait s'appuyer pour faire progresser ses élèves vers la "culture savante" : c'est ce qu'a fait Freinet, qui vaut beaucoup mieux que ses thuriféraires. C'est ce qu'a fait M. Germain, l'instituteur de Camus à Alger – Camus qui lui dédia son discours de réception au Nobel. Aujourd'hui où les cultures populaires ont été remplacées par la sous-culture télévisuelle, la loi de la "cité" ou l'intégrisme religieux le plus sommaire, prétendre qu'il ne faut plus faire accéder les  enfants à la « grande » culture sous prétexte que c'est « bourgeois » est carrément une infamie et un crime. C'est d'abord les priver de langage c.à.d. de tout espoir de s'intégrer de quelque manière que ce soit. Que penser d'un agrégé de lettres  (Bégaudeau…)  qui se pâme sur l'inventivité du langage SMS utilisé par ses collégiens dans leurs devoirs ? Bêtise, démagogie, paresse, capitulation : quand on en vient ainsi à théoriser le renoncement à instruire sous des prétextes soi-disant esthétiques, on est vraiment tombé bien bas.

Quant à l'idée selon laquelle l'école doit combattre les inégalités sociales, c'est une généreuse illusion de plus. Le combat contre les inégalités se livre dans le cadre du syndicat, du parti politique, de l'association, du comité de lutte, du comité de grève, dans la manif,  dans la rue. L'inégalité se combat socialement dans d'autres structures que l'école, -- qui peut seulement, et c'est déjà beaucoup,  par les savoirs qu'elle inculque, donner à l'enfant les connaissances universelles et fondées en raison, nécessaires à sa propre construction.

 

Tout ceci est encore aggravé par les ravages de ce que j’appellerais la psychologie compassionnelle (ou freudisme mal compris) selon laquelle l'instruction porte atteinte aux droits de l'enfant, et qui repose, elle aussi, sur l’idée rousseauiste de l’enfant naturellement bon et que la société pervertit.

Les "militants de l'éducation" – comme s'autoproclame, par exemple, Gabriel Cohn-Bendit, qui doit trouver  que le "pédagogue" cher à Ph. Meirieu fait encore trop ringard – c'est par l'éducation que l'enfant va apprendre à penser par lui-même et non recevoir (s)on opinion d'une opinion étrangère comme disait Condorcet. « Un enfant n'est pas un entonnoir dans lequel on déverse des savoirs », etc., etc. Air connu.

Tout le problème est là. Pour les « militants de l'éducation », les savoirs sont des opinions, et non pas fondés en raison. Voilà pourquoi, selon ces personnes,  instruire est une violence faite à l'enfant. Voilà pourquoi "l'apprenant" doit « construire son savoir » – et nous savons bien que le constructivisme pédagogique est à la base de tout notre système éducatif et de la formation des maîtres dans les IUFM. En revanche, pour ces mêmes personnes, l'éducation n'est pas violente, ça va de soi : cherchez l'erreur et expliquez-moi en quoi formater idéologiquement un  enfant n'est pas une atteinte violente/violeuse à sa personnalité profonde...

 

-          L'instruction est une violence faite à l'enfant, vous exagérez.

Ce n'est pas moi qui exagère, hélas. Le savoir est à présent sommé de « faire sens », comme s'il n'était pas, précisément, ce qui est porteur de sens, ce qui donne du sens. Dans cet esprit, sous le règne de Claude Allègre, socialiste, le questionnaire Meirieu, socialiste,  avait pris soin d'interroger les élèves sur leurs préférences quant à « l'utilité » des enseignements dispensés au lycée, ce qui avait permis  à certains de répondre, la main sur le cœur,  qu'il valait mieux étudier la cuisine ou la mécanique auto que les mathématiques ou la littérature… Notez bien que le même Meirieu, que rien ne fait douter, explique sans frémir qu'il vaut mieux connaître la différence entre le civil et le pénal qu'une troisième langue vivante. Bref, tout ce qui est connaissance « gratuite », culture en somme, est rejeté du côté de l'opinion.

 L'instruction est donc présentée par les tenants de la pédagogie officielle comme une oppression, quelque chose que l'on impose à l'enfant, qui, ipso facto, se  retrouve dans la peau d'une victime des adultes et du système éducatif, opprimé par d'infâmes enseignants acharnés à broyer sa spontanéité profonde en lui bourrant le crâne avec des « savoirs savants » (horrible expression… comme s'il y avait des savoirs non savants…quoique… les sciences de l'éducation, peut-être ?).

J'exagère, dites-vous. Bien. Je laisse donc la parole à un nommé Philippe Perrenoud, dans un des derniers numéros d’Animation et éducation (OCCE), -- il n'y a pas "instruction" dans le titre, ça va de soi… -- gazette traînant dans toutes les bonnes salles des profs. Extrait de Les sciences de l'éducation face aux interrogations du public, Genève 1995, cahiers de la section des sciences de l'éducation. Vous voyez, c'est du sérieux – et même du brutal. Il s'agit donc des "droits imprescriptibles de l'élève".

* Le droit de ne pas être constamment attentif
* le droit à son for intérieur
* le droit de n'apprendre que ce qui a du sens
* le droit de ne pas obéir six à huit heures par jour
* le droit de bouger
* le droit de ne pas tenir toutes ses promesses
* le droit de ne pas aimer l'école et de le dire
* le droit de choisir avec qui l'on veut travailler
* le droit de ne pas coopérer à son propre procès
* le droit d'exister comme personne.

On ne saurait mieux dire à quel point l'élève est une victime : obligé d'être " constamment attentif" et à " obéir six à huit heures par jour", contraint à ne pas " bouger", dans l'impossibilité de "choisir avec qui (il)  veut travailler", il est interdit d'expression ("le droit à son for intérieur"), et contraint à faire semblant d'aimer l'école ("le droit de ne pas aimer l'école et de le dire"). Mais que fait donc la DDASS ?

C'est dire à quel point la situation d'élève, littéralement colonisé par les adultes et le système scolaire,  est une des déclinaisons de l'esclavage. Les savoirs ne sont que du bourrage de mou, puisque ce malheureux apprenant  revendique " le droit de n'apprendre que ce qui a du sens" -- au nom de quoi déciderait-il de ce qui a ou non du sens, mystère --. Bref, on est chez  Pinochet, contraint de "coopérer à son propre procès" -- là c'est carrément Kafka, ou Arthur London --, comme si l'École était un tribunal, et finalement nié en tant que personne ("le droit d'exister comme personne"). Bien sûr, l'enfant a aussi le droit de ne pas travailler, élégamment reformulé sous l'euphémistique "droit de ne pas tenir toutes ses promesses". L'astuce, c'est de défendre des droits naturels ("for intérieur") ou les goûts subjectifs  ("ne pas aimer") avec de la démagogie ("choisir avec qui on veut travailler", en clair choisir son professeur --  et  pourquoi pas l'élire tant qu'on y est ?). Vieille technique pour forcer l'adhésion des jeunes nigauds! Toujours est-il qu'il  y a eu des gens pour penser cela, pour l'écrire, et d'autres pour trouver cette lamentable charte assez valable pour la reproduire dans une revue professionnelle.

 

Bref, récapitulons : pour les pédagogistes qui nous gouvernent, le savoir est une violence, et l'école qui instruit, un système opprimant l'élève, qui est une personne naturellement bonne, en l'empêchant de s'exprimer et de s'épanouir. Bref, instruire un enfant, ce n'est pas le respecter.

Le savoir n'est plus émancipateur. Il nous faudrait, réactionnaires que nous sommes,  faire le deuil d'une école conçue comme un lieu d'engagement à la réflexion qui permette véritablement comme fin première l'établissement d'un mode de pensée rationnel, critique et autonome. Tout ceci, nous chantent les éducateurs et les pédagogues, est une mystification qui ne fonctionne plus. L'École de Jules Ferry est morte, comme disait le regrettable Allègre. À la place de l'élève, cet esclave passif gavé de connaissances prétendument fossilisées, on va avoir un "apprenant" qui construit ses savoirs, et – c'est la même chose --, un sujet politique citoyen,  pour ne pas dire "citoyennisé".

C'est là que nous touchons du doigt le tour de passe-passe idéologique qui nous fait passer la réforme actuelle – et toutes celles qui l'ont précédée depuis une bonne quarantaine d'années -- pour quelque chose de progressiste, et ceux qui s'y opposent pour d'affreux réacs, des fachos, des Marine Le Pen : quel parent d'élève, quel enseignant, quel lycéen, ne rêverait pas d'être un sujet actif, engagé dans une démarche de création de sa propre liberté ? Mais, sous un vernis libertaire, c'est une « arnaque » totale. Le citoyen que l'on veut former, ce n'est plus l'homme prêt à se révolter contre l'injustice, le système, les institutions, au nom d'un idéal généreux, universaliste et altruiste : c'est un brave petit soldat au comportement normalisé, bref un « crétin » de la plus belle eau, comme l’écrit JPB.

FGuichard

 

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Commentaires

prem's

Ecrit par : arnaud toussaint | 09 avril 2007

De la philosophie, de l'ironie et une brillante démonstration par ces temps?
JPB a au moins trouvé enfin à qui "léguer" son blog après les élections...

Ecrit par : Alkaide | 09 avril 2007

Pareil .

Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007

Cette synthèse chronologique ("diachronique" comme diraient les cuistres ...) montre fort bien que depuis Robespierre, J.-Paul Rabaut St-Étienne et Lepelletier de St-Fargeau, leurs épigones, tyranniques pleurnichards, semblent aujourd'hui l'emporter. Les citations sont vraiment étonnantes. Y compris celle du préségolinien Maréchal ...
A la décharge des ancêtres de la pensée prima-éducative : les circonstances historiques. Le monde utilitariste de la marchandise et de la finance est maintenant, pour leurs hypocrites successeurs, un allié décisif, d'une puissance terrible. Pour ceux qui veulent un retour au primat condorcien de l'instruction, les épreuves relèvent plus du parcours du combattant que du 110 mètres haies. Il ne serait "pas nécessaire d'espérer pour entreprendre" ? Une devise rebattue qui s'impose ici.

Ecrit par : JPL | 09 avril 2007

Au fait, pourquoi veut-il fourguer son blog, ce paresseux ? Il veut pouvoir profiter pleinement de ses royalties ? Ca mérite une remédiation, à mon avis.

Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007

Ce Perceval-là est à la chevalerie ce qu'un goujat petit bourge est au savoir-vivre universel : moins que rien !

Ecrit par : JPL | 09 avril 2007

Cher JPL, cela ne se voulait qu'une bête boutade... Autant pour moi.

Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007

Au demeurant, le goujat petit bourge salue bien ceux qui tirent avant de comprendre.

Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007

Moi j'ai cru jusqu'à la fin que c'était de JPB !
C'est précis, c'est clair, c'est instructif... FGuichard, je suis admiratif, et reconnaissant !
Une remarque cependant : le "regrettable" Claude Allègre n'est psa si "regrettable" que ça : il a contribué à transformer les établissments scolaires en "lieux de vie", et à faire de l'instruction un marché du "vivre ensemble" dans les valeurs "humanistes et citoyennes". Il faut lire L'enseignement mis à mort par Adrien Barrot, qui s'en prend à Allègre et rappelle à quel point le ministre voulait faire de l'éducation une colonie de vacances. Je rappelle par ailleurs qu'Allègre, entre autres inepties, a déclaré que grâce à lui, et à sa réforme des programmes, "on ne pourra plus faire étudier La Princesse de Clèves en troisième". Or, on a jamais fait étudier La Princesse en troisième, puisque ça n'est pas du programme, et ca ne l'a jamais été. Ne tombons pas dans la nostalgie des ministres tombés pour l'Education, quels qu'ils soient...

Ecrit par : Jeremy | 09 avril 2007

Jérémy, elle a écrit "regretteable", et non pas "regretté". Elle est bien sûr d'accord avec toi ...

Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007

regrettable

Ecrit par : Perceval | 09 avril 2007

Si Volcano le Socialo n'aimait pas "La Pricesse de Clèves", il a au moins un émule, le petit Napoléon éructant de Neuilly. Une rencontre.

Ecrit par : JPL | 09 avril 2007

A propos du cher Allègre, j'aurais dû taper "déplorable", ç'eût été plus clair. Et s'il y en a bien un qu'on ne regrettera pas, c'est bien lui...

Ecrit par : FGuichard | 09 avril 2007

juste un petit "post-it" pour retrouver dans ma boite vos commentaires...pas le temps de tout lire ce soir et Rousseau en livre de chevet très peu pour moi, je préfère regarder un Lubitsch avant de faire dodo
bonne nuit à tous

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 09 avril 2007

juste un petit "post-it" pour retrouver dans ma boite vos commentaires...pas le temps de tout lire ce soir et Rousseau en livre de chevet très peu pour moi, je préfère regarder un Lubitsch avant de faire dodo
bonne nuit à tous

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 09 avril 2007

mauvaise manip veuillez m'en excuser

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 09 avril 2007

Moi aussi, j'ai cru que c'était du JPB jusqu'au bout. ;)

Ecrit par : Christine | 09 avril 2007

C'est limpide, il faut spamer ce texte à tous les profs de Fance et à tous les parents d'élèves de France et de Navarre.
Et peut être aussi aux divers candidats qui briguent les suffrages de citoyens désespérés par l'état de l'école.

Ecrit par : pasprof | 09 avril 2007

Vous savez, sous le masque de l'éducation c'est la formation de l'être humain qui est en jeu, or tout tient dans l'idéologie ou le postulat sur lequel repose la conception de ce qu'est ou doit être un homme dans la société.

Quelle est la conception la plus haute, celle qui exhausse l'homme sans réductionnisme?
Quelle est la vocation de l'homme?
Sommes-nous à hauteur d'homme?
Que signifie "l'âge d'homme"?

Qu'est ce qu'une éducation qui censure la mort?

Eduquer: faire croître. Magnifique! Rôle des parents, certes, mais le pédagogue peut, lui aussi, être Père ou Mère (spirituel, philosophe...): faire naître, amener à la conscience de.

Education spartiate: certaine rigueur n'est pas cruauté ni sadisme, souffrir l'effort, passer les épreuves de la fatigue et trouver l'énergie plus profonde, ignorée, cela forge un être, un vertébré et non pas une limace consommatrice.

Passer par la forge de la vie n'est pas facile, évidemment, c'est exactement le contraire de tous ceux qui veulent préserver les élèves de l'échec humiliant, de la dureté, de l'épreuve .
Jusqu'à quel âge?
Plus tard! plus tard! Et naissent les frustrés qui ont cru que. La sélection: quel vilain mot. Comme si on prônait le darwinisme social. Procès d'intention de pseudo humaniste.
Mais la société des hommes tels qu'ils sont n'est pas tendre. Alors, on attend 18 ans ? 16 ans? 21 ans?
Changer la société: bien sûr! Façon Lénine? Trotsky? Staline? Humanisme coco mortifère? Robespierre, ce n'est pas mieux! La faute à Rousseau?
On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs: combien de millions de victimes ont été sacrifiées dans la cuisinne infernale des "penseurs" de la société idéale?

J'aime d'une grande tendresse le Jean-Jacques des Confessions, du Promeneur solitaire, de l'errance en basse et moyenne montagne, herborisant avec cette sensibilité qui sera si bien comprise par ceux de son temps, un Ramond de Carbonnière, par exemple. Mais cet idéal d'un homme bien fait, conforme à une idée préconçue, s'il ne veut pas y adhérer, on le tue? Qui ne veut pas se tenir sur la voie sera flingué?

Oubli d'Hercule à la croisée des chemins.
Oui, un choix, des choix doivent être accomplis dans la vie mais vers quoi? Pour quoi?

Le sens: obsédant tant que l'on ne sait si sens il y a et comment vivre en conformité.
Rôle du pédagogue là dedans? Ne pas prétendre à tout: donner et imposer (ensemble) la culture vaste et haute qui sera reçue pour devenir et être. Parabole du grain ... si le grain ne meurt. Temps pascal... Onfray, aveugle, ne comprend rien ou déforme tout pour critiquer plus facilement.


Se pose la question de la réception de l'enseignement. On la pose bien pour l'art! Alors, pour l'enseignement ? Non?
La pédagogie est un art. Question de sa réception. N'est-ce pas JPB?

Mois aussi je vais me coucher: demain élèves en chair et en os, pas des ectoplasmes! Encore que... Façon Capitaine Haddock.
Pas vrai Milou?
OUAH! OUAH! OUHOUHOUH!!!!!

Ecrit par : Lenny | 09 avril 2007

Que Rousseau ait écrit nombre d'âneries sur l'éducation, d'accord.

Que ses écrits aient pu conduire des hommes sincères sur des voies sans issue, voire néfastes, d'accord.

Qu'en ce début du XXIème siècle, alors que la légitimité de celle que l'on appelait encore la Gueuse jusque dans les années 40 est acquise et que nous avons l'expérience du nazisme et du stalinisme, les concepts d'éducation nationale et d'homme nouveau éveillent notre suspicion, d'accord.

De là à porter des jugements hâtifs sur les choix auxquels ont été confrontés les hommes de l'an II et à mettre dans le même panier Robespierre, les dictateurs du XXème siècle et les pédagogistes...

Furet, peu suspect de sympathie pour le personnage, écrivait : "il est absurde de faire de l'avocat d'Arras un monstre d'usurpation, de cet homme de cabinet un démagogue, de ce modéré un sanguinaire, de ce démocrate un dictateur."

Quant au grand Jaurès, il déclara : "Ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe notre âpre bataille, Républicains, je suis avec Robespierre, et c'est à côté de lui que je vais m'asseoir aux Jacobins..."

Ecrit par : Un hussard | 09 avril 2007

Ce que "Lenny" dit mieux que moi : instruire c'est éduquer, puisque c'est sortir un enfant d'un monde matériel immédiat qu'il croit le seul possible et lui faire entrevoir l'épaisseur infinie de la réalité, et de ses représentations. C'est un chemin vers une libération.
Les Dubet et les Meirieu veulent enfermer cet enfant dans son monde, où l'économie - qui commande tout -veut qu'il s'y adapte, qu'il y consente, à ce monde si petit.
C'est là, je crois, la collusion des "li-li" ...

Ecrit par : JPL | 10 avril 2007

Divine surprise en ce lundi pascal! Tout arrive à point à qui sait attendre. Merci donc à madame Guichard pour cette reconnaissance tacite mais non moins éclatante qui me comble de joie. Sauf l'amalgame entre Condorcet et Lepeltier ( un l) de St Fargeau, je ne peux qu'acquiescer à un texte où j'ai pu même parfois lire verbatim certains passages que j'ai postés ici, ces derniers mois, et ainsi faciles à identifier. Avec la bonne foi, le bon sens retrouve ses droits et triomphe des aveuglements idéologiques.

J'ai moi aussi cru que cette note émanait de JPB et me félicitai au fur et à mesure de ma lecture que l'argument central de ma thèse ait trouvé pareille consécration.
J'allais envoyer lui un message de remerciement, mais aux dernières lignes je compris qu’il ne pouvait pas avoir écrit ce qui précédait puisque j’avais sous les yeux ce que Lecherbonnier appelle, dans sa préface de la Fabrique ( page 10), "le faux-pas, le contresens attendu"…En effet, quiconque a lu ce livre aura compris que pour JP Brighelli «Le crétin dont il s'agit n'est pas le produit de la Fabrique, mais son ingénieur, son patron, ... crétin de bureau,...crétin grenellien » ( page 11) .

C'est seulement alors que je parvins in fine à la signature de FGuichard, que je remercie donc chaleureusement car elle confirme, en reconnaissant la pertinence intemporelle du dernier philosophe des Lumières ( d'où l'impossible amalgame avec Lepeltier de St Fargeau), celle du libéralisme dont Condorcet s’est fait le champion au prix de sa vie. Ici c'est effectivement Rousseau contre Condorcet, et ..y'a pas photo!

Seule une école conforme à la remarquable architecture qu’il a conçue autour de cinq principes solidaires, (donc tout aussi nécessaires les uns que les autres sous peine d’échec) peut sauver l'avenir de nos enfants. Elle n'a jamais vu le jour, ferry n'ayant respecté ni le principe de l'égalité d'instruction, ni celui de la laïcité scolaire lui préférant le cathéchisme républicain et laïciste, et ouvrant la voie au scientisme pédagogiste qui succéda à celui des Positivistes.

La France est le seul pays occidental où une ignorance héréditaire de ses fondamentaux et l'aveuglement idéologique vouent le libéralisme aux gémonies, et où, en conséquence, personne n'a jamais osé reconnaître Condorcet pour ce qu'il est: un vrai libéral ( comme Revel).

Il subordonnait au principe de la liberté, à la fois le principe de l'égalité d'instruction ( et non d'éducation comme l'interpréta Ferry, une distinction essentielle) et celui de la laïcité scolaire, prise dans le sens d’une neutralisation des opinions, qui emporte l’interdiction de toute politisation de l’école. C’est seulement dans ces conditions que tout savoir enseigné ( selon un autre principe, celui de l’élémentarisation) devient émancipateur et que l’école demeure à la fois l’instrument de la mobilité sociale et celui de la préservation du processus démocratique. Elle a cessé ces fonctions, et Revel nous explique en long en large et en travers pourquoi et comment un raisonnement aussi limpide a tant de mal à devenir une évidence. A lire pour s'en convaincre, « La Grande parade », « La Connaissance inutile » (Prix Jean-Jacques Rousseau..sic!) et « Comment les démocraties périssent ».


À propos de la dénomination mussolinienne d'éducation nationale que nos socialistes ont adoptée sous la houlette du sénateur A. de Montzie en 1932, et dont j'ai parlé plusieurs fois, j'avais auussi ajouté que l'Italie, elle, avait dès la fin de la guerre repris celle d'Instruction publique, pour bien se démarquer de cette connotation idéologique. Celle-ci confirme, par ailleurs, les connivences intellectuelles ( matrices) entre tous les totalitarismes, de droite et de gauche.

Dans le couple Langevin-Wallon, L. Lurçat qui a bien connu le second explique de façon convaincante que l'idéologie égalitariste et le militantisme émanaient du premier.

L'heure n'est plus tant à identifier les coupables mais à sauver ce qui peut l'être encore, en rassemblant toutes les bonnes volontés. De toutes façons on sait que les collabos vont comme toujours se recycler impunément en défenseurs de l'école qu'ils ont essayé de détruire...

So what else is new?

Ecrit par : Cadichon | 10 avril 2007

Cadichon, très vite avant de partir travailler : où je ne vous suis plus, mais alors plus du tout, c'est quand vous glissez du libéralisme de Condorcet au libéralisme au sens le plus actuel du terme, à l'ultra-libéralisme économique si vous préférez, dont le pédagogisme est de facto l'allié objectif. Et je vous suis d'autant moins que, comme l'écrit JPL supra , "le monde utilitariste de la marchandise et de la finance est maintenant, pour les hypocrites successeurs (de Rousseau) , un allié décisif, d'une puissance terrible". Ne pas instruire les gens et dévaloriser les diplômes, c'est encore ce qu'on a trouvé de mieux pour ne pas payer une main d'oeuvre qui sera d'autant plus exploitable qu'elle ne dispose pas des outils de réflexion qui l'amèneraient à se défendre. Quant au contresens final sur le crétin, je l'ai commis volontairement, afin de clore en fanfare ;-)
Au fait : avez-vous lu "La prédominance du crétin" de Fruttero et Luccentini, au Seuil ? Ce petit livre n'a pas pris une ride.

Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007

"De là à porter des jugements hâtifs sur les choix auxquels ont été confrontés les hommes de l'an II et à mettre dans le même panier Robespierre, les dictateurs du XXème siècle et les pédagogistes..."
Cher hussard, si vous me lisez bien , je parle de ma sympathie pour les Jacobins, je contextualise la citation, je fais référence à Soboul... Bref, j'essaie de ne pas amalgamer, justement. Mais avouez qu'il y a dans ces textes "spartiates" un parfum d'utopie quasi totalitaire, et que c'est à partir de cela que se produisent les dérapages idéologiques. Pour en revenir aux Jacobins, je crois que c'est la question de la pureté et de la "vertu", qui les obnubilait et qui leur a brouillé l'esprit. Pas assez libertins -- et même pas du tout ! L'Ecole n'a pas à former des gens à la "vertu", pas plus vertu citoyenne que vertu des moeurs, pas plus vertu au sens chrétien que vertu au sens de "virtus". Il y a d'autres espaces pour cela, je crois.

Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007

A FGuichard

Ce n'est pas tant à votre texte dans sa ligne générale, auquel vous avez pris soin d'apporter des nuances, qu'à certains posts que je réagissais. Et j'avais bien noté votre sympathie pour les Jacobins !

Mais quand vous dites : "je crois que c'est la question de la pureté et de la "vertu", qui les obnubilait et qui leur a brouillé l'esprit", il me semble que vous faites erreur.

Ce qui obnubilait les Jacobins -outre la défense de la Révolution de toutes parts attaquée- c'était avant tout de mettre en oeuvre les principes énoncés dans la déclaration des droits de l'homme, de leur donner une réalité bien tangible pour chaque habitant de ce pays, de répondre aux préoccupations exprimées quotidiennement par les sections. Et non de considérer que leur mandat était rempli dès lors que les principes fondateurs avaient été posés (contrairement aux Girondins).

C'était de considérer le peuple non comme une simple entité abstraite mais comme l'ensemble des humains de chair et de sang qui le constituent, et de faire en sorte que chacun de ces humains puisse, de manière bien concrète, tirer bénéfice de cette révolution.

La différence fondamentale entre Condorcet et les Jacobins, à mon humble avis, c'est avant tout celle qui existe entre le philosophe et l'homme politique, entre des principes et leur mise en oeuvre, avec toutes les difficultés et les contradictions qui peuvent en découler... et parfois les erreurs.

Ne retrouve-t-on pas -toutes proportions gardées- une différence du même ordre entre les didacticiens, philosophes de l'éducation...d'une part, et les enseignants sur le terrain d'autre part ? Entre les apprenants virtuels des premiers et les élèves bien réels dont nous avons la responsabilité bien concrète dans nos classes ?

Ecrit par : Un hussard | 10 avril 2007

Précision: il ne s'agit pas de faire de l'école le Lieu par excellence de la vertu mais un lieu sans doute où elle se goûte et s'apprécie d'autant mieux pour vivre en société. Point de délire de Pureté ici. C'est cette obsession de pureté, bonne pour la Cité de Dieu, travestie en morale profane, écrasante et même destructrice, qu'il faut écarter sous tous ses masques. Le XX° s. fut bien celui de la religion travestie et de sa subversion: on connaît la suite!

Que la Gauche dans certains discours garde encore la pose "morale humaniste" est tout simplement dérisoire. Il y a encore des gens en France qui vibrent au son de "communisme"?
C'est consternant.
Que l'on se souvienne aussi de ces programmes politiques autour de "l'homme nouveau." Avec le "sens de l'histoire" en prime. Qui ne veut pas se conformer est un ennemi du peuple, de la révolution, etc, un poison, un parasite, un obstacle: à mort! à mort!
Que d'autels de sacrifices sanglants érigés durant ce siècle! La faute à Rousseau? La faute au christianisme?

Quand le désir d'absolu se replie sur l'horizon du monde et ne peut plus s'élever, ce n'est pas le ciel qui descend sur la terre , c'est l'enfer remonté à la surface qui étend son empire .

On ne cesse de parler d'homme mais celui -ci n'est pas encore fait. L'âge d'homme : rare sont ceux qui le vivent.

On ne peut pas davantage exiger que les pédagogues soient des "parfaits", mais l'exigence éthique est bien étrangère à la plupart d'entre eux et cela se voit jusque dans l'allure, le comportement... Etre porteur de valeurs, même si l'on ne les incarne pas vraiment est aussi important que les Saints Programmes officiels.

Transmettre une visée, ouvrir des perspectives, ouvrir le champ de l'épanouissement humain, tel est, je pense, le rôle du pédagogue.

Ecrit par : Lenny | 10 avril 2007

Mais avouez qu'il y a dans ces textes "spartiates" un parfum d'utopie quasi totalitaire, et que c'est à partir de cela que se produisent les dérapages idéologiques.

"spartiates"...Et même "athéniens". l'idée principale développée par Lepeletier de Saint Fargeau se trouve noir sur blanc dans le Livre X de La République de Platon : retirer l'enfant à la famille pour le donner à l'Etat.

La précision et la minutie du "projet", jusque dans les "moindres détails (vêtements, nourriture...) est aussi typique d'un genre bien connu depuis Platon, l'utopie, on retrouve cette même minutie chez Thomas More et surtout chez Fourier.

La critique radicale de l'institution de la famille se retrouve également chez Marx et Engels ("La sainte famille").

Il faut se remettre dans le contexte de la Révolution avec cette perpétuelle référence aux Grecs et aux Romains que l'on trouvera jusque dans les toges des membres du Directoire avant que les soldats de Bonaparte ne les culbutent dans les jardins de Saint-Cloud.

j'entends encore Vladimir Jankélévitch nous mettre en garde contre les ferments totalitaires de La République, ce texte issu du désespoir de la mort de Socrate...Volonté de perfection et de pureté IMPOSEE A TOUS dans un monde impur et imparfait...La pureté dangereuse comme disait l'autre. Souvenons-nous du surnom de Saint-Just : "l'archange de la Révolution" (la beauté du diable ?)

Peut-être Condorcet se situe-t-il dans une conception moins "utopique" et plus "romaine", c'est-à-dire plus juridique que philosophique et spéculative. Je pense que c'est dans ce sens qu'il faut entendre, en ce qui le concerne, le mot "libéral".

Les termes en effet sont importants. Un "ministère de l'éducation nationale", ce n'est pas du tout la même chose qu'un "ministère de l'instruction publique".

Et si être "révolutionnaire" aujourd'hui, c'était de restreindre le pouvoir de l'utopie et de l'assigner définitivement à résidence au royaume de l'imaginaire, du plaisir, du rêve et de la littérature ?

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

Quel texte ! Quele maestria ! FG serait-elle le nègre de JPB - ou inversement, car il s'y connaît en négritude, le bougre !

Pour ce qui est des jacobins, meirieuistes et autres pédagogues de gauche, c'est bien la vertu qui les tripotait du côté du vécu - et, pour pas mal d'entre eux, du pas-vécu. Ecoutez les discours de Sainte Ségo aujourd'hui : l'ordre moral doit régner, et ce n'est pas par hasard si tout ce que la France compte d'écrivains érotiques - à commencer par ces dames - appelle à voter contre la maréchale Pétain (j'allais écrire : la maréchale Putain, mais je me suis retenu - justement, on n'en est pas là.
A se demander si le libertinage n'est pas, obstinément, de droite...
Abraxas

Ecrit par : Abraxas | 10 avril 2007

"Quand le désir d'absolu se replie sur l'horizon du monde et ne peut plus s'élever, ce n'est pas le ciel qui descend sur la terre , c'est l'enfer remonté à la surface qui étend son empire ."

Ce Lenny! Je ne m'attendais pas à lire des phrases pareilles sur ce blog.

De bien bonnes lectures. Merci à tous.

Ecrit par : Alain | 10 avril 2007

Quant au libéralisme des Girondins... qu'avait-il de si différent du libéralisme que nous connaissons à notre époque ?

Ce sont bien les Girondins, bellicistes forcenés, qui entraînèrent en 1791 notre pays dans la guerre contre les autres pays européens, afin d'annexer des territoires économiquement juteux. Et les Jacobins, minoritaires à l'assemblée à ce moment là, combattirent en vain ce funeste choix.

Ce sont bien les Girondins aussi qui, en dépit de leurs beaux discours, continuèrent à s'accommoder tranquillement du commerce triangulaire, conservant leurs actions dans les compagnies qui commerçaient dans les colonies et huant ceux qui voulaient dès 1789 abolir l'esclavage...

Ecrit par : Un hussard | 10 avril 2007

A Abraxas

Faut-il en déduire que vous jugez de l'action d'un homme politique à la qualité de ses érections ?

C'est déployer un joli tapis rouge pour l'entrée en politique des délicats chérubins passés maîtres dans le domaine des "tournantes" !

Quant à confondre la vertu au sens d'éthique avec la vertu des "demoiselles"...

Ecrit par : Un hussard | 10 avril 2007

Zut ! On ne va pas encore délirer sur Ségo tout de même!

Libertinage de gauche ou de droite? Vous parlez de la main?

Vous voyez à quoi ça mène. C'est malin!
STOP!

Ecrit par : Lenny | 10 avril 2007

Pardon pour la méprise sur "regrettable" !
Les récentes déclarations d'Allègre sur l'éducation étaient plutôt positives, alors j'avais peur qu'on en oubliât le reste...

Ecrit par : Jérémy | 10 avril 2007

A propos de Louis-Michel Le Pelletier de Saint Fargeau (1760-1793)

Cet aristocrate acquis aux idées révolutionnaires, ami de Robespierre et auteur d'un projet de réforme de l'éducation nationale qui fut voté mais jamais appliqué (cf. supra) vota la mort de Louis XVI et fut assassiné dans un restaurant du Palais-Royal par un garde du roi le 20 janvier 1793, la veille de l'exécution du roi.

Vous connaissez certainement Jean d'Ormesson, l'auteur de " Au Plaisir de Dieu " (et non de la chanson paillarde "Au plaisir des dieux" à faire rougir un bataillon de "révolutionnaires vertueux"...JPB doit connaître !)

Ce fils d'ambassadeur du gouvernement du Front populaire, "aristocrate de gauche" (chrétien libéral et philosémite, si si ça existe, même si ça n'était pas le cas de toute la famille !), ami de Léon Blum, est le lointain descendant par sa mère de Le Pelletier de Saint Frageau.

Le château de Saint Fargeau qui appartenait aux d'Ormesson a servi de décor au roman "Au plaisir de Dieu".

C'était la minute d'Histoire !

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

"et non de la chanson paillarde "Au plaisir des dieux" à faire rougir un bataillon de "révolutionnaires vertueux"...JPB doit connaître !"
Et Abraxas aussi, alors ?

Ecrit par : catmano | 10 avril 2007

Mon très cher Robin, il faudrait que je pââârle de vouuus dans le Figâââââârôôôô.

C'était la minute d'imitation !
(à l'écrit, c'est pas fastoche)

Ecrit par : Jérémy | 10 avril 2007

Retour aux libertins - ça ne peut que faire du bien à certain(e)s, sur ce blog - bien sûr, je ne parle pas pour l'impeccable Françoise G...
La ligne de partage des eaux, si je puis dire, se situe entre ceux qui font (même relativement) confiance à l'homme, et ceux qui ne lui font pas crédit.
Le libertinage sait que, comme disait Saint-John Perse, "un grand principe de violence régit nos moeurs". Sade, par exemple, bâtit toute son oeuvre sur le fait que c'est le principe de mort, et non l'aspiration à la vie, qui régit les rapports humains.
D'où le sous-titre de la Philosophie dans le boudoir, "les Instituteurs immoraux".
Passez par les Jésuites. Ils savent fort bien que l'on ne peut agir sur les hommes qu'en jouant sur leurs vices - dans l'enseignement principalement, et Dieu (Dieu !) sait que les Jésuites s'y connaissaient en enseignement.
Pourquoi diable ferions-nous confiance à la nature humaine - sinon dans ses aspects destructeurs ? L'Education telle que la conçoivent les Pédagogues part de l'enfant - idée aberrante : les enseignants sont là pour contraindre la nature humaine.

Tenez, à ce propos, l'un des prochains numéros de l'ineffable émission de Stéphane Bern, l'Arène de France, portera sur la violence scolaire. Ce mercredi, ou mercredi prochain - la programmation est une chose très aléatoire. Notre JPB national y a participé (un vice, chez lui) - et y souligne, contre les pédagogos de service (un certain et abominable Defrance, et le Cohn-Bendit de Saint-Nazaire), que l'Instruction a pour but de contrarier la nature. D'ailleurs, dans l'un de ses livres, il parlait de la réflexion que lui avait adressée l'année dernière Aimé Césaire, disant que la nature, c'est la violence, c'est la religion, c'est le désordre, et que l'école est là pour instaurer l'ordre (inutile qu'il soit "nouveau"), combattre le spréjugés, contrarier la nature.
Il y a donc dans le libertinage l'observation fidèle de ce qu veut la nature (en gros et en détail, jouir), et de ce que peut l'instruction - apprendre à séduire, apprendre à mieux jouir. C'est une autre manière de contrarier la nature...

Ecrit par : Abraxas | 10 avril 2007

Le plus fidèle disciple de Louis-Michel de Saint-Fargeau, celui qui appliqua effectivement ses idées (travail manuel, "vie à la dure", redressement des "mauvais instincts") fut le soviétique Anton Sémonovitch Makarenko (1888-1939), fondateur de la colonie Gorki en Ukraine qui "rééduquait" des enfants et des adolescents délinquants, souvent orphelins, victimes de la Guerre civile.

Les utopies finissent toujours pas s'incarner...hélàs)

Je dis "hélàs", mais dans le contexte terrible de l'époque, c'était un "moindre mal".

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

Absolument d'accord avec Abraxas sur le rôle de l'éducation.

On ne peut rien construire de bon sur l'idée de "bonté naturelle". C'est se méprendre que de faire purement et simplement de Sade un jouisseur et un libertin; Sade est avant tout un moraliste...

...Et un moraliste bien plus profond que Jean-Jacques Rousseau qu'il "prend au mot" en tirant toutes les conséquences (absurdes) de son anthropologie : "Vous dites que la nature est bonne, mais les tigres, les éruptions volcaniques, les raz-de-marée, le désir de tuer et de dominer sont naturels...Donc...etc.

C'est imparable.

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

Lepelletier, je ne connaissais pas.
Khôllossale Khônnerie !!!!
Nom de Dieu, qu'est ce qu'on a pu dire, écrire (et faire) comme conneries pendant cette révolution.

Merci , Mme Guichard, pour ce cours éclairant sur l'histoire de l'éducation en France. Je n'ai pas le temps de tout lire aujourd'hui, mais je l'enregistre.

Ecrit par : yann | 10 avril 2007

Le château de Saint Fargeau qui appartenait aux d'Ormesson a servi de décor au roman "Au plaisir de Dieu".

aux Ormessons pour les puristes (sans d apostrophe).

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

"et je ne sache pas que ce jour-là il se soit laissé aller sur le Fendant ou quelque autre excellent vin suisse."

écrit par JPB

Merci pour le Fendant, si jamais vous êtes de passage en Valais faites-moi signe.

Eddie

Ecrit par : mabiche | 10 avril 2007

Mon très cher Robin, il faudrait que je pââârle de vouuus dans le Figâââââârôôôô.

C'était la minute d'imitation !
(à l'écrit, c'est pas fastoche)

Ecrit par : Jérémy | 10 avril 2007

Mais alors, cher Jean d'Ormesson, vous cesseriez de parler de vous-même ? A Dieu ne plaise !
Ne vous infligez pas un devoir si contraire à votre nature !

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

F. Guichard, votre texte est brillantissime, comme d'habitude! Mais le fait qu'on puisse penser: "il ne suffit plus d'instruire" équivaut-il à prétendre qu'il ne faille plus instruire? J'ai, personnellement, quelques souvenirs de profs mortellement ennuyeux pendant mes années de lycée, et pour lesquels pourtant la conception de l'école était purement "instructrice". Je suis, personnellement, intimement convaincu qu'on peut avoir vocation à instruire en tentant de passer le balai à poussière sur certaines conceptions concernant la manière d'exercer son métier de professeur. Et qui n'excluent nullement l'exigence, ni par rapport à soi-même, ni par rapport à ses élèves.
J'adhère par ailleurs totalement à votre discours concernant l'absurdité dangereuse de cette phrase de Rousseau, (l'homme naît bon, etc), et je n'ai que très peu de sympathie pour Robespierre. Mais affirmer qu'il y a, en droite ligne de ces points de vue, un complot pédagogiste visant à former des sous hommes formatés en supprimant les contenus de l'école qui instruit, gasp! D'ailleurs la FSU, qui a tendance à souvent défendre ceux que vous appelez "les pédagogistes", ferraille extrêmement durement contre le socle commun! Je persiste à être convaincu que les choses ne sont pas autant "en noir et blanc" que vous nous le dites!

Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007

"les ferments totalitaires de La République"...

Fais gaffe, Robin, tu vas te faire engueuler par ceux qui lisent trop vite...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Bonjour à toutes et à tous,

2/2 Nicolas Sarkozy est-il eugéniste ?

Les dernières déclarations quasi eugénistes et "glaçantes" de Nicolas Sarkozy lors d'un entretien avec Michel Onfray pour Philosophie Magazine, nous ont rappelé le siècle dernier où l'on croyait pouvoir améliorer une hypothétique race aryenne et plus "souriant" avant l'ére de la génétique, à l'héridité de l'alcoolisme. Lire ou relire L'assomoir d'Emile Zola.
Ces dernières déclarations nous assomment et nous font plus que jamais prendre conscience de la vraie nature et de la dangerosité du candidat de l'UMP, si il devait demain nous présider.

Au delà, nous avons choisi de vous proposer quelques extraits tirés de l'encyclopédie libre Wikipédia qui explique ce qu'est l'eugénisme.

Bonne lecture !

http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2007/04/10/nicolas-sarkozy-est-il-eugeniste.html



Les lolo's 34. Rassembler à Gauche 34 (Hérault).

Ecrit par : Les lolo's 34 | 10 avril 2007

"Ces dernières déclarations nous assomment et nous font plus que jamais prendre conscience de la vraie nature et de la dangerosité du candidat de l'UMP, si il devait demain nous présider."

Pauvre minet de gôche! A mal à son crâne la cervelle plate?
L'amalgame, ça marche toujours et surtout l'allusion Sarko-nazi. Hummmm! ça sent bon ça Madame.

Pas le temps de poursuivre. Vais en cours, pratiquer la sélection dans mon cheptel.

Ecrit par : Lenny | 10 avril 2007

Je sais que beaucoup d'entre vous goûtent François Bégaudeau (ironie). J'avais adoré son bouquin mais je n'avais pas suivi ce qui vous amène à le vouer aux gémonies, jusqu'à la lecture de son article mensuel dans le monde de l'Educ d'avril sur le tournage du film tiré de son livre: à une élève qui, en substance, lui disait qu'elle supposait de pas mériter de tourner parce qu'elle avait un comportement complètement délinquant, il lui a répondu, toujours en substance : "c'est ta vie, ça ne me regarde pas, ce qui m'intéresse, c'est que tu joues bien la "sauvageonne" ". Mais c'est comme les blagues, je raconte mal, lisez-le, moi, je l'ai paumé dans mon b...azar.

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Pour une fois, je suis assez d'accord avec Yves (et accessoirement avec les lolo's 34, en espérant qu'ils ont rangé leurs crans d'arrêt au magasin des accessoires !).

Les hommes (et les femmes) politiques devraient parfois apprendre à se taire avant de parler (étape incontournable de toute initiation digne de ce nom des bouddhistes aux trappistes (et éventuellement aussi aux trapézistes !), en passant par les francs-maçons.

La part de l'inné et de l'acquis dans la genèse de la personne humaine, le problème de la liberté, vaste sujet de débat entre biologistes, psychologues, moralistes, philosophes...qu'aucune autorité politique ne peut et ne doit trancher de l'extérieur.

...Et encore moins un (ex) ministre de l'intérieur.

Ceci dit, les lolos, balayez aussi les marches du palais Royal.

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

Lenny, moquerie de bon aloi mise à part (on imagine en effet les bonnes âmes d'indigner la main sur le coeur), les déclarations de Sarko en cause sont tout de même particulièrement nauséabondes....

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Je viens de lire l'intégralité du dialogue entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy. Onfray aussi a perdu
une belle occasion de se taire.

A la place d'un dialogue de sourds, on aurait eu un dialogue de muets...

...Et pas l'article de Philosophie magazine dont on se serait fort bien passé.

P.S. (hum !) D'où les lolos 34 tirent-ils d'un échange aussi platement superficiel sur des sujets aussi graves l'idée que Nicolas Sarkozy serait un partisan de l'eugénisme ? J'ai du mal à suivre...

...Et à sortir mémé des orties !

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

C'est d'ailleurs une constante chez Sarko, de flatter, en feignant le candide qui pose des "vraies questions", la pire beaufferie, que ce soit l'arrivisme sous couvert d'amour du travail, le racisme sous couvert d'ordre public, la fraude fiscale, sous couvert de mérite-pas-reconnu-dans-ce-pays-de-m... (salut Cadichon), etc.

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Ne jamais oublier que les artisans de la destruction de l'école sont tous agglutinés autour de Madame Royal et achèveront le saccage si par malheur la gourde du Poitou était élue.

Quand à Bayrou, qui paraît plus rassurant, il est membre de la Trilatérale, sorte de club européen, semble-t-il, d'industriels et d'hommes politiques.
Quelqu'un en sait-il plus?

Ecrit par : Jean | 10 avril 2007

Sarko flatte tous les instincts qui, de près où de loin, pourraient amener le gogo d'électeur qui en serait le possesseur à glisser un bulletin où serait écrit: "Nicolas Sarkozy" dans l'urne. Nul autre que lui n'a poussé cet art à ce point!

Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007

Belle coquille!
"Quant à...", évidemment.
Du latin "quantum" = "en ce qui concerne"!

Ecrit par : Jean | 10 avril 2007

Quelque chose revient souvent sur ce blog, c'est l'ironique "saint-quelquechose" (saints programmes, saint Mérieu, etc. Je ne sais pas si vous en avez déjà débattu en profondeur, mais la religiosité qui imprègne la pédagogie est quelque chose qui m'a frappé d'emblée en découvrant notre beau métier et qui fut pour moi particulièrement difficile à surmonter. Je pense à cela à propos de l'esprit libertin évoqué plus haut. Combien de fois, face à un (plus souvent une) formateur(trice) m'enjoignant de me référer pieusement aux écritures plutôt que de réfléchir, sans même réfléchir au fait que ces mêmes écritures étaient mortelles, ai-je eu l'impression d'être en face d'une bonne soeur bornée... Ayant médité la question, je me demande si ce n'est pas la conjonction malencontreuse de la notion d'obéissance aux ordres héritée de la tradition un peu militaire de l'institution et de l'inspiration américaine, donc formaliste, de la pédagogie.
Ca mériterait une analyse plus approfondie, mais cette religiosité latente intempestive me semble en tout cas à l'origine de bien des problèmes dénoncés ici. Vous en parlerez sans doute mieux que moi.

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

En direct le spot radio de (Sainte-) Ségolène. A mon avis, un agent d'un de ses adversaires s'est glissé dans son équipe de communication pour l'inciter à se caricaturer à ses dépends....

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

"les ferments totalitaires de La République"...

Fais gaffe, Robin, tu vas te faire engueuler par ceux qui lisent trop vite...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Pour lever toute ambiguité, j'aurais du donner le titre en grec (et en caractères latins, je n'en ai pas d'autres sur mon clavier) : "Peri Politéias", ce qui veut dire "Du Gouvernement" ou "De la Constitution"...(ou tout simplement "Politéia")...de Polis = la Cité.

République, comme chacun sait, vient du latin Respublica (res publica = littéralement "la chose publique")

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

Aux causes suggérées plus haut de la "pollution" dévote, il faudrait peut-être ajouter l'inspiration "stalinienne", ou encore (là, je prends un risque) le nombre proportionellement élevé dans le 1er degré de dames qu'en se laissant un peu aller, on qualifierait de mal b...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Ou encore la posture sectaire de certains post-soixante-huitards en mal d'illumination...
Tout cela s'agrège en tout cas en une pâte molle qui colle au cerveau.

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Aux causes suggérées plus haut de la "pollution" dévote, il faudrait peut-être ajouter l'inspiration "stalinienne", ou encore (là, je prends un risque) le nombre proportionellement élevé dans le 1er degré de dames qu'en se laissant un peu aller, on qualifierait de mal b...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Question : Puisque l'enfant est naturellement bon, ne peut-on en déduire que, a contrario, le prof est naturellement méchant ? (voir exemple ci-dessus).
;o))))

Ecrit par : yann | 10 avril 2007

Tout cela s'agrège en tout cas en une pâte molle qui colle au cerveau.

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Cà doit être çà , la main à la pâte ...

Ecrit par : yann | 10 avril 2007

"le nombre proportionnellement élevé dans le 1er degré de dames qu'en se laissant un peu aller, on qualifierait de mal b..." Ecrit par : Perceval
Là, Perceval, vous nous décevez. Je pourrais vous rétorquer que s'il existe des mal baisées c'est à cause des mal baisants, mais n'épiloguons pas, n'est-ce pas et laissons à ce blog une tenue respectable et correcte. Et puis, pourquoi "dans le premier degré"?? Et dans les autres ???
P.S. Eddie ma biche, le fendant et les excellents vins suisses, ce n'est pas JPB qui y fait allusion mais l'intérimaire -- une vraie vocation pour ce rôle de doublure, et pour les seconds rôles en général d'ailleurs, mais certainement pas pour reprendre ce blog, qu'on se le dise...

Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007

ambiguïté avec un tréma sur le deuxième i (c'est tout au début de la dictée de Prosper Mérimée : " Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Saint-Adresse près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier...")

...et j'aurais dû (conditionnel passé 1ère forme) avec un accent chapeau sur le u.

Je n'aurais pas dû !

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

FGuichard, je confirme! J'ai la chance d'être descendant direct, (arrière petit fils) d'un vigneron vaudois ayant "engendré" une appellation assez réputée sur les côtes du Léman. Et mon cousin (oenologue) a été un des premiers à implanter en ces lieux des cépages qui n'y étaient pas du tout présents à l'origine de l'appellation surtout axée sur le chasselas, (pinot noir, Riesling-Sylvaner et Pinot gris), et les résultats sont assez probants!

Perceval, FGuichard a raison! Pourquoi spécifiquement dans le premier degré? Et pourquoi, "mal b..."? Allons-y pour: "pas b... du tout"!

Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007

Et dit aux élèves, ça donne quoi???

Ecrit par : Pendariès | 10 avril 2007

Là, Perceval, vous nous décevez. Je pourrais vous rétorquer que s'il existe des mal baisées c'est à cause des mal baisants, mais n'épiloguons pas,

Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007

"95 fois sur 100,
La femme s'emmerde en baisant,
Qu'elle le taise ou le confesse,
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
etc."

Ecrit par : yann | 10 avril 2007

« Les déclarations de Sarko en cause sont tout de même particulièrement nauséabondes », comme l’écrit Perceval … et plus que mollement réfutées par Big Mother, qui envoie au charbon Ch. Taubira afin d’en parler. Il faut dire que la candidate socialiste-sic est bien mal placée pour dire quoi que ce soit de convenable à propos de la pédophilie, s’étant distinguée, du temps de son passage à l’Éducation Nle, par une chasse obsessionnelle, aveugle et démagogique , à de pseudo- abuseurs d’enfants, des collègues la plupart du temps injustement accusés, arrêtés devant leurs propres élèves, traînés dans la boue, et dont certains ne se sont jamais remis de ces histoires, quand ils n’en sont pas morts. Je redonne à tous ceux qui ne l’ont pas lu la référence de l’ouvrage très complet de Marie-Monique Robin, « L’école du soupçon, Les dérives de la lutte contre la pédophilie », aux éditions de La Découverte, qu’on ne peut pas vraiment soupçonner d’être de droite. Et pour en finir avec les déclarations de M. Sarkozy, je me permets de vous renvoyer à une excellente réponse, parce que scientifiquement argumentée, du Pr Alex Kahn, le généticien bien connu, dans le dernier numéro de « Marianne », et qui prouve que le petit Nicolas s’est fichu dedans comme un grand en abordant de manière si légère les rapports de l’inné et de l’acquis.

Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007

1er degré parce que je parle de ce que je connais; j'avais pris la précaution d'enrober mon dérapage d'un "en se laissant un peu aller" mais puisque ça ne passe tout de même pas, je retire bien volontiers cette formule à l'emporte-pièce que je ne serais pas permise si elle ne m'avait pas été maintes fois soufflée par mes collègues féminines pour désigner un type de tempérament raide et aigri que vous avez tous à l'esprit et qui me semble sur-représenté parmi les gens qui nous chaperonnent. Et il va de soi que s'il y a des mal b.ées, c'est parce qu'il y a des mal b.ants

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Je finis de m'enfoncer en croyant constater que les personnes en question semblent priser dans le carcan pédagogique sa dimension castratrice comme pour brimer la vitalité des gens de tous sexes sur lesquelles elles ont un petit pouvoir...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Mais je suis sans doute influencé dans mon jugement par le souvenir encore frais des gens qui m'ont copieusement brisé tout ce que vous voulez sous divers prétextes "pédagogistes".

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Bonjour à toutes et à tous,

LA FAUTE A SARKO ?

Nicolas sarkozy philosophe sur l'inné et l'acquis . Moment d'anthologie garanti : à vos cassettes!

Après ses propos très critiqués à droite comme à gauche concernant sa vision presque "eugéniste" de la société, Nicolas Sarkozy signe et persiste dans ses déclarations, refusant ainsi d'admettre la parfaite absurdité de ses ânonnements de dernier de la classe.

Nous tenons là enfin, le digne successeur de celui qui, n'ayant jamais su murmurer à l'oreille des chevaux, savait in petto flatter le cul des vaches...

De quoi s'inquièter vraiment !

Ecouter ses "réflexions" sur France 2 ce matin :
http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2007/04/10/nicolas-sarkozy-philosophe-sur-l-inne-et-l-acquis-moment-d-a.html

Notes sur le même sujet :

1/2 Nicolas Sarkozy et Michel Onfray - CONFIDENCES ENTRE ENNEMIS

2/2 Nicolas Sarkozy est-il eugéniste ?

Cordialement.

RAG 34. Les lolo's 34

Ecrit par : Les lolo's 34 | 10 avril 2007

Mais je suis sans doute influencé dans mon jugement par le souvenir encore frais des gens qui m'ont copieusement brisé tout ce que vous voulez sous divers prétextes "pédagogistes".

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007
doit-on en conclure que vous n'êtes plus désormais un mâle b..sant?
la tentation était trop forte et n'y voyez que malice

Ecrit par : de-pas-sage | 10 avril 2007

Ben voilà, c'est un cercle vicieux... :-)

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Concernant le fendant et étant par mes origines, comme Jean-Jacques, tombé dans la fondue quand j'étais petit, je conseille l'Yvorne.

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Je présume que ces délectables vins suisses vieillissent très leenteement. Pas de priimeueurs ... ?

Ecrit par : JPL | 10 avril 2007

"Je finis de m'enfoncer en croyant constater que les personnes en question semblent priser dans le carcan pédagogique sa dimension castratrice comme pour brimer la vitalité des gens de tous sexes sur lesquelles elles ont un petit pouvoir..." écrit Perceval
Alors là, vous ne vous enfoncez pas du tout ! L'obsession techniciste de certains formateurs camoufle mal une phobie du corps de l'enseignant dans sa classe et de tout ce qui circule dans la relation entre le profeseur et l'élève. Dans sa leçon inaugurale au collège de France (neuf euros dans toutes les bonnes librairies), Antoine Compagnon -- qu’il vive mille ans ! -- glose le proverbe chinois «quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt » ; il explique en substance que cet aphorisme est inopérant. Il faut regarder le doigt, et la personne à qui il appartient, parce que c’est elle le medium entre l’ « imbécile » (enfin, façon de parler) et la lune. Ce qui compte, c’est ce qui se passe entre moi enseignant et cet astre, la passion que j’éprouve pour lui, la manière dont je me le suis approprié, bref la façon dont je le montre (avec amour), et dont, ipso facto, mon corps le montre aussi.
Je sais parfaitement que je m’avance en terrain glissant, celui du charme et de la séduction y compris physique, (aie aie aie la dame blanche me regaaaarde) que peut exercer un professeur sur ses étudiants (voir Barthes, qui mettait tout le monde dans sa poche, ou l’incroyable Jankélévitch, grand séducteur jouant parfaitement de son œil bleu et de sa mèche blanche). C’est toute cette dimension qui fait peur et que l’on castre -- alors qu’il faudrait plutôt apprendre à la gérer, ou pourquoi pas à en jouer, en tout bien tout honneur ça va de soi.

Ecrit par : FGuichard | 10 avril 2007

Eugénisme…


Rappelons-nous ce discours sur l’autisme, maladie psychiatrique. Dans les années 70, deux écoles s’affrontaient sur l’origine de cette maladie .

L’une privilégiant le somatique ou physiopathologique comme le disait à l’époque le professeur Debray-Ritzen . On parlerait maintenant de génétique.

L’autre hypothèse d’origine éducationnelle avait comme mentor Bruno Bettelheim pourfendeurs de mauvais parents. Une vraie guerre idéologique, ce débat de l’inné et de l’acquis ! Derrière cette maladie s’engouffraient des débats sans fin sur la place de l’innée et de l’acquis.

La nouvelle droite tenant de la sociobiologie et la gauche marxiste se saisirent de ce débat qui aurait dû rester du domaine strictement médical.

La médecine actuelle a éclairci le débat. L’autisme est une pathologie d’origine génétique ayant comme siège des atteintes de zones corticales. Et le rapport mère enfant tant décrié par Bettelheim n’a aucune influence.

Aussi à la lumière de ce passé , Il est bon de laisser ce domaine aux scientifiques (en l’occurrence des généticiens comme Axel Kahn ou des criminologues et des psychiatres) . Il est toujours malsain que le politique se charge d’animer de tels débats.

Ecrit par : patrickinstit | 10 avril 2007

"Là, Perceval, vous nous décevez."
Françoise, ne vous méprenez pas : je m'amuse parfois à faire le béotien juste pour agiter des idées et me délecter des réactions toujours brillantes des piliers de ce bistrot...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Ou plutôt "...à révéler la part de béotien qui est en moi..." mais qui se soigne en vous lisant les uns et les autres.

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Et puis vu que Toto brille par son absence, il faut bien que quelqu'un se charge de dire n'importe quoi... (sans rancune, Toto, j'espère...)

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Un petit témoignage : la semaine dernière, bref remplacement en petite section de maternelle. A la fin de la journée, distribution des petits paniers d'oeufs de Pâques amoureusement composés pour papa et maman. Retour au bercail moyennant un trajet à pied où je croise une petite élève à l'instant où elle tend son chef d'oeuvre à sa maman. Celle-là, dans un soupir agacé: "mais non, où tu veux que je le mette !". La petite ne se démonte pas et se tourne vers son père : "Qu'est-ce tu veux que j'en foute, de ton truc !" Authentique au mot près, ou pourquoi on n'a pas fini de ramer pour lutter contre l'inappétance pour l'école...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

A propos de la déclaration de Nicolas Sarkozy sur la prédominance des facteurs héréditaires.

Il a éprouvé le besoin de revenir sur ses déclarations sur France 2 : (je transcris) : Il parle de la pédophilie, du suicide des jeunes et du tabagisme en suggérant le caractère inné de ces conduites.

Et il ajoute : "J'ai avancé ces idées pour en débattre. Bayrou a dit "glaçant", mais s'il ne veut débattre de rien, alors ne débattons de rien, mais aux Français, il n'y a qu'à leur dire : 'Dormez bien. Il n'y qu'à acheter des somnifères et puis on ne s'occupe plus de rien et puis on ne résoud aucun des problèmes de la société française. C'est quand même extravagant."

C'est la phrase "on ne résoud aucun des problèmes de la société française." qui m'a personnellement glacé. Si le dialogue avec Onfray en est resté à un débat purement théorique et très superficiel sur la prédominance de l'inné sur de l'acquis ou inversement, la déclaration sur France 2 pointe en direction de l'eugénisme.

Et c'est évidemment inacceptable et très inquiétant. J'attends personnellement une seconde mise au point sur les conséquence politiques que Nicolas Sarkozy tire éventuellement de ses "prémisses" pour pouvoir me déterminer en toute connaissance de cause. Je ne pense pas être le seul.

J'appartiens à une génération suffisamment proche de la guerre pour savoir jusqu'où ces idées peuvent mener. Elles étaient encore "acceptables" ( à condtion de ne pas trop réfléchir) de la part d'un Alexis Carell (l'auteur de "L'homme, cet inconnu") parce qu'il ne s'était pas encore passé ce qui s'est passé, mais aujourd'hui, c'est inacceptable.

Je ne veux pas croire que Nicolas Sarkozy soit réellement partisan de l'eugénisme, mais sur ce coup-là, je ne lâcherai pas le morceau.

Je comprends la réaction indignée de Bernard-Henri Lévy, mais je ne comprends pas pourquoi il en tire la conclusion qu'il faut voter pour Ségolène Royal. Décidément, il n'y a pas que les hommes politiques qui ont des problèmes de raisonnement.

Je trouve que cette campagne électorale prend une tournure de plus en plus bizarre.

Voici ce qu'écrivait Alexis Carell en 1936 :

« Pourquoi la société ne disposerait-elle pas des criminels et des aliénés d’une façon plus économique? [...] Peut-être faudrait-il supprimer les prisons. Elles pourraient être remplacées par des institutions plus petites et moins coûteuses. Le conditionnement des criminels les moins dangereux par le fouet, ou par quelque autre moyen plus scientifique, suivi d’un court séjour à l’hôpital, suffirait probablement à assurer l’ordre.

Quant aux autres, ceux qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, qui ont gravement trompé la confiance du public, un établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés, permettrait d’en disposer de façon humaine et économique. »

(Dr Alexis CARELL, L’Homme, cet inconnu, 1936)

Note : Alexis Carrel, prix Nobel de médecine et de physiologie 1912, a longtemps été considéré comme un citoyen honorable et de nombreuses rues portent encore son nom. Celle du XVème arrondissement de Paris a été rebaptisée en 2003, par Bertrand Delanoë, rue Jean-Pierre Bloch.

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

Quelles suggestions pour disposer de l'arrière-train du petit Nicolas de façon humaine et économique ?

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Pauvre petite, n'est-ce pas, Perceval, qui s'attendait à être admirée de ses parents, qu'elle aime, et se fait envoyer sur les roses par deux abrutis.
A leur décharge, on peut supposer qu'ils sont peut-être déchirés par des problèmes de couple et que c'est l'enfant qui en fait les frais.
Mais quels dégâts!

Il y a les enfants qu'on admire et qu'on encourage à la maison, et les autres...
Pour ces "autres", peut-être faudrait-il rétablir des récompenses à l'école, une forme de reconnaissance publique du mérite scolaire, bref, des distributions solennelles des prix.

Ecrit par : Jean | 10 avril 2007

La croyance en la prédominace des caractères innés est une position philosophiquement "tenable", mais il faut savoir qu'elle va à l'encontre aussi bien de la philosophie des Lumières (croyance en la perfectibilité de l'Humanité, par exemple chez Emmanuel Kant) que de la tradition augustinienne (doctrine de la liberté et de la grâce).

Elle me pose un problème particulier en tant qu'éducateur (enseignant et père de famille) : A quoi bon "éduquer" les enfants et les instruire si les jeux sont déjà faits au départ ?

...Et à quoi bon chercher à s'améliorer soi-même ?

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

Eh bien, quand ça ne jacasse pas sur la pédagomiamiamia, c'est foutrement intéresssant.

Alexis Carrel......un disciple d'Arthur de Gobineau, vous savez le fameux???? auteur de l'inoubliable "Essai sur l'inégalité des Races", datant de la même époque que le "Manifeste" de Papa
Marx. Non, je rigole, parce que tous les franchouilleux qui sont convaincus-persuadés, jambe de bois, paille de fer, si je mens je vais en enfer, que le nazisme est une spécificité boche, l'ont complètement dans le cigare. Il suffit, en effet, de creuser un peu pour se rendre compte que tout le pus, toute la sanie raciste, eugéniste, détermino-biologique est française. D'ailleurs, même dans Pasteur ou Charcot, on sent qu'on est jamais très loin de la "pensée" de Carrel. Alors?? Hitler simple exécutant (c'est le cacas de le dire) d'une folie française??? Sans aucun doute. D'abord parce qu'Hitler étit bien incapable d'avoir une quelconque pensée digne de ce nom. Ensuite parce que, du fait du colonialisme, la France, aussi bien que l'Angleterre avaient une certaine expérience en matière de racisme ou d'eugénisme. A la même époque qu'Alexis Carrel, n'oublions pas ce nazi fanatique de Neville Chamberlain, qui avait fait ses armes en Inde et influencé ce mouvement nazi indien, sur lequel, curieusement, personne ne parle jamais. L'Allemagne nazie n'ayant aucune colonne vertébrale intellectuelle, elle a puisé dans la sanie de la pensée française ou anglaise et la moisson fut bonne.
On parle d'Alexis Carrel - à ce propos, je ne sais plus trop qui , à l'Ecole Vétérinaire d'Alfort avait baptisé deux porcs jumeaux Alexis et Carrel !!!!!- mais savez-vous que Juls Guesde parlait ainsi de la France , déchirée par l'Affaire Deryfus "Ainsi, c'en est fait.La France sera donc dvisé entre ceux qui ont un prépuce t ceux qui n'en ont plus". Quel raffinement! Quelle subtilité!!!
Enfin, on disserterait ad perpetuum sur le nazisme intellectuel franco-anglais. (Dont l'un des plus récents avatars, à part Sarkozy, est Raymond Barre...et Mitterrand avec sa gerbe à Philippe...Pétain, pas l'autre....)


Alors Sarkonazi, c'est l'héritier de cette franchouillardise gaillardement raciste. Ni plus ni moins. Pour ceux qui vont voter pour ce Mussolini de basse-cour, bon appétit!!!

Merci, Robin ,de cette citation de Carrel-Le-Porc. Terrible et prémonitoire. Et puis, Sarko a tort......Imaginez les parents de Meirieu si on leur avait qdit que leur fils Philippe était programmé pour être un con.....horresco referens!!!!

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 avril 2007

Je ne veux pas croire que Nicolas Sarkozy soit réellement partisan de l'eugénisme, mais sur ce coup-là, je ne lâcherai pas le morceau.


Tout ce que tente de faire Sarkozi dans cette histoire est de chasser sur les terres de LePen en s'adressant à une partie de l'electorat sensible et obnubilé par ces thèmes de l'insécurité, de la pédophilie, des violeurs de vieilles dames etc...Le but est de parvenir en tête du premier tour et de se trouver au second en face de Royal. Tout le reste est vaine polémique qui permet ce faisant de masquer, voire d'enterrer les grandes questions. Comme celle de la grave crise de l'éducation que connaît notre pays.

Ecrit par : buntovchik | 10 avril 2007

Pour poursuivre sur le thème de la campagne dans la foulée de Robin : comme lui, je trouve la campagne bizarre, comme si les candidats patinaient pour accrocher les électeurs et qu'ils ne parvenaient pas à surmonter le dégoût de l'opinion pour l'oligarchie qui prétend s'exprimer en son nom. Les dernières élections ont souvent été des bras d'honneur des électeurs à son endroit avec des verdicts des urnes les plus embarrassants possibles pour le "microcosme" (cf. le referendum). Si on prend le même chemin, il ne serait pas étonnant que Bayrou réussisse sa percée juste pour la zizanie que cela promet pour les appareils traditionnels...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

"Castrer", dit-elle (F Guichard, quelques commentaires plus haut).
C'est bien vrai que l'on voudrait un corps professoral d'eunuques des deux sexes. Et quand nous serons partis, ma chère, quand vous et moi n'exercerons plus sur nos étudiants cette aura salvatrice, qui nous remplacera ?
Quand je pense qu'il y a deux millénaires et quelques, Socrate inculquait la pédagogie à Alcibiade, et que nos pédagogues modernes (qui pourtant sont aussi fascistoïdes que le Platon de la République et des Lois) veulent nous faire croire que c'est avec de la distance et des sciences de l'éducation que l'on peut instruire le petit d'homme...
Après nous le déluge. Nous revoilà au XVIIIe siècle - un vice, chez moi - ou une vertu.

Ecrit par : Abraxas | 10 avril 2007

DE TOUTES FAçONS.....vous êtes tous à côté de la plaque.



L'Eugénisme ,c'est le fait d'admirer Eugénie de Montijo.
D'Où Badinguet. D'où Iznogoud


Voilà. J'ai pondu ma connerie vespérale et bonchouar bédbouazelle, bonchouar bédabes, bonchoaur béchieux.

Ecrit par : montaigneàcheval | 10 avril 2007

La petite ne se démonte pas et se tourne vers son père : "Qu'est-ce tu veux que j'en foute, de ton truc !" Authentique au mot près, ou pourquoi on n'a pas fini de ramer pour lutter contre l'inappétance pour l'école...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Perceval, votre "anecdote" m'a serré le coeur à moi aussi. Quelle muflerie de la part de ces parents ! Encore un témoignage à verser en faveur de l'importance de l'environnement.

Ecrit par : Robin | 10 avril 2007

"Pour ces "autres", peut-être faudrait-il rétablir des récompenses à l'école, une forme de reconnaissance publique du mérite scolaire, bref, des distributions solennelles des prix."
Le problème, c'est que ça n'encouragerait que ceux qu'on n'a pas découragé. Je ne sais pas si je suis clair...

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

L'égalitarisme de l'Educ est souvent dénoncé ici, mais n'est-il pas consubstanciel de notre mission, tout au moins pour l'attention et l'énergie que l'on doit aux élèves ? Un peu comme un parent normalement constitué ne conçoit pas de découper son palpitant en portions inégales pour ses enfants diversement lottis par la nature ou la naissance...
J'enfonce une porte ouverte, là, non ?

Ecrit par : Perceval | 10 avril 2007

Robin, Perceval, ce n'est pas de la muflerie. Je n'arrive même pas à trouver de qualificatif. J'en ai presque chialé. Ca donne envie de donner des grands coups de pieds dans les c... du "père", (si tant est qu'il lui en reste), et pour la mère, je ne sais pas... La tonsure? Bien sûr, ça ne résoudra rien mais, quelquefois, on a vraiment l'impression qu'il y en a qui ne pondent que pour avoir les allocs.

Ecrit par : Christophe Sibille | 10 avril 2007

Entièrement d'accord avec vous cher Robin, je pense que le propos de Sarko est trop bref et le problème de la liberté est trop profond pour balancer quelques vagues idées. Mais les "Lolottes",bon!...
Revenons à Rousseau et à la Révolution: j'ai du grain à vous offrir chers lecteurs: