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21 mars 2007

Violences

Violences


Une chaîne de télévision prépare pour début avril une grande émission sur la violence scolaire, et cherche des témoignages. Alors, enseignants insultés, agressés, personnels bafoués, n’hésitez pas : ce blog peut être, en pour quinze jours, le défouloir de l’indicible.

Cependant…
Quelques réflexions s’imposent.
On ne parle jamais que de la violence des jeunes — et au fait, ce n’est peut-être pas un phénomène si nouveau que cela : des voyous et des caractériels, il y en a toujours eu — même si par les temps présents, on semble singulièrement les encourager à s’« exprimer » (il ne faudrait pas qu’une insulte informulée leur reste sur le cœur).
Par ailleurs, comme l’a montré une enquête du point au premier trimestre, les établissements vertueux, qui renseignent scrupuleusement l’ordinateur qui, au ministère, recense les diverses impolitesses, de l’injure pure au coup de couteau, sont stigmatisés — et leurs personnels de direction montrés du doigt —, alors que les gros menteurs, les dissimulateurs, sont encensés, et promus — morale démocratique, aux antipodes de ce que devrait être une morale républicaine.
Enfin, personne ne parle de la violence que l’on fait aux jeunes.
Oh non, pas la violence que l’on exercerait en leur apprenant des savoirs complexes ! Même si j’en connais qui jugent qu’enseigner est, a priori, faire violence. La semaine dernière, il a suffi qu’un linguiste bien intentionné suggère que l’on apprenne des mots nouveaux, chaque jour, aux élèves de Maternelle et de CP (une pratique usuelle, par ailleurs), pour qu’on assiste à une levée de bouliers — les plus tarés des pédagogues affirmant qu’il suffit de donner du sens aux mots que possède déjà l’enfant, sans lui gaver la tête de signifiants inédits, et de signifiés « bourgeois »…
Non : la vraie violence, elle consiste justement à ne pas gaver cet enfant — alors qu’il ne demande que ça. Elle consiste à ne pas lui enseigner ce qu’il devrait savoir pour sortir de son tout petit cercle, pour oser entrer dans la collectivité, pour se coltiner cette culture française qui est tout de même assez complexe. La violence, elle commence à ce pseudo-respect des croyances, qui bâtit autour de chaque élève une aire de silence, et transforme une classe en juxtaposition de « cultures » antagonistes.
La vraie violence, c’est aussi d’obliger un gosse à passer dans la classe supérieure, alors qu’il ne maîtrise aucun des fondamentaux de l’année écoulée, — une classe où il sera largué, isolé, contraint de se réfugier dans cet autisme provoqué qui mène tout droit à la violence. Qu’il l’exerce sur lui (on n’a jamais vu autant de scarifications que ces temps-ci, et le taux de suicides parmi les jeunes, en France, est l’un des plus élevés au monde, paraît-il) ou sur les autres : quand on n’a pas les mots pour communiquer, on choisit les signes non linguistiques — le pain dans la gueule, ou l’allumette.

Alors, à vos récits ! J’intégrerai demain une adresse où vous pourrez témoigner directement, si le cœur vous en dit, et si l’anonymat du blog vous pèse. Que ceux qui ont des témoignages saisissants lèvent le doigt !

Jean-Paul Brighelli

PS. Je rentre de voyage et je trouve une note du réalisateur de l'émission à laquelle faisait allusion ma Note ci-dessus :

"J'aimerais aussi élargir ma recherche de témoins vers les agressions des élèves entre eux, l'auto-agression, les dégradations de matériel et de locaux, les “happy slappings“, l'influence socio-religieuse dans l'attitude des jeunes, les liens entre les cités et les établissements, les faits d'incivilités ou de violence en milieux ruraux...
Ces témoignages peuvent être adressés directement sur mon mail :

frederic.gilbert@sep.tv

Merci…"

Merci pour lui… / JPB

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Commentaires

Bonjour,
j'ai de la chance, je sais, de ne pas avoir de témoignage de violence à relater, mais je vouslais juste dire à JPB qu'il y a en effet cette "autre violence", mais peut être faudrait il l'appeler autrement, je ne sais pas ?
Bon, je réfléchis; je souhaite une bonne journée à tout le monde en attendant!

Ecrit par : nathalie | 21 mars 2007

Il faut gaver les enfants? Comme vous y allez, Jean-Paul! Et qui disait: "tête bien faite vaut mieux que tête bien pleine"? Il ne me semble pas qu'on puisse imputer cette parole fort juste à Meirieu ou Frackowiack.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 mars 2007

La fameuse phrase "Une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine" visait les ENSEIGNANTS et non les élèves à une époque où le "savoir" reconnu jouait plus sur l'accumulation que sur la réflexion… À l'heure actuelle pour les élèves, et peut-être pour certains maîtres, c'est le manque de réflexions… par manque de matériel… Encore une violence !
R.F.

Ecrit par : Roger FELTS | 21 mars 2007

La vraie violence, c’est aussi d’obliger un gosse à passer dans la classe supérieure, alors qu’il ne maîtrise aucun des fondamentaux de l’année écoulée

trés trés juste !

Ecrit par : pierrot le zygo | 21 mars 2007

Vous n'avez pas compris, Christophe, ce que voulait dire Jean-Paul Brighelli!
"Il faut gaver les enfants"...
C'est-à-dire que c'est un devoir, c'est un impératif ("catégorique", dirait Kant) de répondre à leur insatiable appétit de connaître et de comprendre. Ce sont les enfants eux-mêmes qui, en ce sens, ne demandent que ça, à être "gavés", et pour eux , ce n'est pas une souffrance, mais la source d'un plaisir infini, celui de connaître. C'est donc leur faire une violence coupable et scandaleuse que de ne pas répondre à cette immense faim de connaissances.
Les "pédagogues" qui ont décrété que l'école n'avait pas à transmettre des connaissances ont donc tout faux sur toute la ligne. Au lieu de se préoccuper de l'enfant, c'est leur petit ego idéologique qu'ils dorlotent. C'est flagrant lorsque l'on parcourt la galerie de m'as-tu-vu à laquelle Jean-Paul Brighelli nous renvoyait à la fin du sujet précédent. L'un d'eux, un des plus vieux briscards du "pédagogisme" abruti, un grand ami de Meirieu, écrit textuellement que l'école ne doit "certainement pas transmettre des connaissances", mais bien plutôt favoriser le rapport personnel entre le maître et l'élève. Pour le dire en un mot, les "pédagogistes" ne respectent pas les enfants, tout simplement, puisque la pire des violences que l'on puisse faire à ceux-ci, c'est de ne pas leur transmettre de connaissances.
La formule que vous nous ressortez, cher Christophe, qu'il vaut mieux "une tête bien faite qu'une tête bien pleine" n'a rien à voir ici. C'est une problématique d'adultes: en effet, quand on est adulte, cela n'a aucun sens de se bourrer de connaissances si l'on ne sait pas les exploiter pour se forger une sagesse, c'est-à-dire la recherche du "summum bonum" pour soi et pour la société qui nous entoure.
Pour les enfants, le problème n'est pas celui-là: il est d'acquérir les connaissances de base sans lesquelles ils n' auront jamais aucune chance d'avoir une tête bien faite. Ces connaissances de base, c'est la "culture" que donnent l'école primaire, le collège et le lycée, ou plutôt qu'ils donnaient avant que les "pédagogistes" n'aient déclaré la guerre à la transmission des connaissances.
En réalité,les "pédagogistes" méconnaissent les enfants. Ils les prennent pour des adultes. Le grand absent des théories "pédagogistes", c'est l'enfant!

Ecrit par : Jean | 21 mars 2007

Il y a la violence faite par la hierarchie aux enseignants qui ne rentrent pas dans le rang. Erwan Redon à Aix Marseille par exemple ou bien un directeur ,toujours à Marseille , qui s'est vu son emploi retiré pour avoir envoyer un mail de protestation un peu virulent à l'IA.

Ecrit par : elgrieco | 21 mars 2007

La violence, c'est aussi le sort fait aux gosses souffrant de handicaps psychiques, psychologiques, de troubles sérieux du comportement... que l'on balance systématiquement dans le grand bain des classes ordinaires, le plus souvent sans qu'ils puissent bénéficier d'aucun soin !

Tout ça parce que les petites structures à faible effectif, où ils pourraient bénéficier des compétences -coordonnées- de maîtres spécialisés et de professionnels (psychomot., pédopsy., éduc. spé...), coûtent à court terme beaucoup plus cher.

La violence, c'est aussi de mentir aux familles de ces enfants, en leur faisant croire qu'il suffit de placer leur enfant dans une classe "normale", pour que tout redevienne "normal"...

La violence, c'est aussi de considérer comme parfaitement normal que ces enfants en grande souffrance perturbent quotidiennement le fonctionnement de la classe et monopolisent l'attention de l'enseignant au détriment des autres élèves.

La violence, c'est aussi celle que subissent les autres élèves -c'est-à-dire l'immense majorité- qui sont privés non seulement de la sérénité indispensable à leurs apprentissages, mais aussi d'une partie des savoirs qui auraient pu leur être transmis dans d'autres conditions.

Tout ça au nom du politiquement correct et des pseudo-beaux sentiments (Enseignement spécialisé = camp de concentration et ségrégation !), bien pratiques pour "justifier" ou dissimuler des choix politiques et budgétaires cyniques, bien conformes aux directives de l'Union européenne et de l'OCDE.

Ecrit par : Un hussard | 21 mars 2007

Bonjour à toutes et à tous,

"L'EDUCATION, ENCORE L'EDUCATION, TOUJOURS L'EDUCATION"

Extraits :

Ni François Bayrou, ni Nicolas Sarkozy ne proposent à ce jour de solutions précises pour faire mieux fonctionner l’école et améliorer le sort des professionnels de l’éducation.

François Bayrou se drape dans des déclarations électoralistes, mais ne propose aucune solution concrète pour améliorer le sort des enseignants.

Nicolas Sarkozy prolonge sa vision autoritaire de la société àl’école. Il défend une conception de l’école profondément réactionnaire à toute idée de progrès social et culturel

Ségolène Royal fait des propositions concrètes et novatrices pour l’école

Lire la suite :
http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2007/03/21/«-l’education-encore-l’education-toujours-l’education-».html

Excellente journée à vous.

Les lolo's 34

Ecrit par : Les lolo's 34 | 21 mars 2007

Tiens, encore un tract électoral des lolos 34 qui encombre ma boite à lettres, à côté des prospectus commerciaux.
Hop, poubelle !

Ecrit par : yann | 21 mars 2007

"Ségolène Royal fait des propositions novatrices pour école"...
De qui vous moquez-vous?
Il y a autour d'elle tous les chevaux de retour du "pédagogisme" le plus sectaire et le plus archaïque, tous ceux qui, depuis vingt ans, se sont acharnés à mettre l'école républicaine à genoux, tous ceux qui n'ont d'une idée en tête, faire carrière, et qu'une obsessiion, en finir avec l'école qui transmet des connaissances.
On sait bien ce que cache le sempiternel sourire de cire - inexpressif, véritablement effrayant - de Madame Royal: un blanc-seing donné aux démolisseurs. Si par malheur elle était élue, ce serait la liquidation de l'école.
Alors dispensez-nous de votre propagande.
Ce sont les socialistes qui ont détruit l'école. Il serait plus convenable qu'ils se fissent discrets.

Ecrit par : Jean | 21 mars 2007

Lolos 34,

Ma journée sera excellente si je reçois aujourd'hui l'assurance que l'Education nationale ne tombera pas dans les pattes de votre icône et de ses sbires.

Sainte Ségo a déjà beaucoup fait pour l'Ecole, pour les élèves et pour nous, à l'époque d'Allègre.

Elle a beaucoup fait, entre autres -puisque nous parlons ici de violence- pour préserver les élèves du primaire et du secondaire des vilains enseignants de sexe masculin, qui comme chacun le sait, sont tous des pédophiles potentiels ou des sadiques se complaisant dans la maltraitance à enfant.

Combien de collègues lui doivent-ils d'avoir goûter aux joies de la diffamation, de la garde à vue, de la mutation dans l'intérêt du service, de la dépression, des petites pilules roses...?

Sainte Ségo est très forte : elle est parvenue à substituer la présomption de culpabilité à celle d'innocence qui prévaut normalement dans une démocratie.

Sainte Ségo est une grande démocrate !

Ecrit par : Un hussard | 21 mars 2007

humour du jour...

A nos déTRACTeurs,

PUBLICITE COMMERCIALE ?

Non, INFORMATION PEDAGOGIQUE !

Neurones à l'estive...
Sujet : Les études, ça sert à quoi ?

"La fabrique du crétin est ce jour à bonne école" à l'antenne de France Inter, ce matin 7 août 2006 (12h04).
dans l'émission : CA VOUS DERANGE
de Nicolas STOUFFLET
Réalisation : Cathy ROSIER, Xavier PESTUGGIA

Les invités : Jean-Paul BRIGHELLI, Philippe MERIEUX, et les auditeurs.

Ecouter : ( enregistrement réalisé bénévolement pour vous par les lolo's 34).
http://www.dailymotion.com/rag34/video/x9uhd_cavousderange

http://lrassemblezagauche.midiblogs.com
contact : rag34@laposte.net

Bonne écoute à toutes et tous !

Lolo34.

Ecrit par : Les lolo's 34 | 21 mars 2007

Ce matin, j'essaye de faire la synthèse de trois réflexions :
La meilleure école du monde pour 50 % d'élèves (Ancien professeur et haut cadre du ministère, Christian Forestier)
Certainement un bon cadre de parti, qui crache pas dans la soupe et qui est fier d’annoncer pour l’école de la république, que un déchets de 50%.
Dans le privé, l’on se serait passé très rapidement de ses services, mais il fait parti de l’appareil ou le seul moyen de se débarrassé de ce type de personnage, c’est de lui donné un titre honorifique, dans un lieu ou il ne pourra plus nuire à un nombre important d’adolescents (ce type de poste ne doit pas manquer pas dans la fonction publique, para-publique ou Européenne - Ils sont bien payé et ils ne servent à rien).

Le Blog de Jean-Paul Brighelli. Professeur agrégé de Lettres , qui essaye de recadré avec une belle plume les vrais disfonctionnements.
Une de ses réflexions : En définitive, les instituteurs auraient, à la sortie de leur formation, un niveau Bac + 5 qui leur permettrait de revendiquer une rémunération égale à celle de leurs collègues certifiés. Et un profil de carrière comparable. Mais surtout, on pourrait mettre ainsi un terme à ces expérimentations pédagogiques qui opèrent sur du vivant — nos enfants —, pour la plus grande gloire de théoriciens fumeux.

Ma réflexion : Ne serait-il pas souhaitable de mettre ce type de recherche, dès les plus petites classes (Maternelle la sélection devrait être plus fine)
Une des questions que je me pose : Existe-t-il dans la sélection des Enseignants, une réflexion sur l’aspect psy de leur personnalité (exemple aiment-ils leurs prochains et surtout aiment-ils les enfants, non pas au sens pédagothèque du terme, mais au sens humain) – Sans tomber dans la chasse aux sourcières.
Je rencontre malheureusement beaucoup trop d’enseignants, qui n’aiment pas ces petits monstres, mais ne s’aiment pas tout cour (sans pour cela tomber dans le narcissisme).
Teste-t-on réellement les motivations des futurs enseignant (il y en a qui cherchent une sécurité relative, des vacances et du temps libre et se retrouvent devant « des sauvageons »).

Plaidoyer contre la «constante macabre»
Quand la note «tue»
Pour André Antibi, notre système de notation est à l’origine même de l’échec scolaire. La mission première de l’enseignant est de former, non de sélectionner.
Pour n’avoir lu que de grands extraits de ce livre, l’approche me semble honorable, mais ce qui me semblerait une réflexion plus globale serait de former à la vie et d’apprendre à donner du sens même à l’échec, car l’échec fait parti de la vie et peut aider à grandir l’être, cela s’appelle parfois la résilience.

Ma conclusion ne peut se trouver que dans une réflexion sur le sens que veut donner une société à l’éducation de ses enfants, car à mon humble avis l’instruction sans l’éducation humaniste ne donnera que des dictatures Idéologiques, monétaires, religieuses ou plus grave culturelles.(Suite des réflexions sur http://www.vision-globale.eu)

Ecrit par : DOUSSAN | 21 mars 2007

La pire chose qui pourrait arriver pour l'Ecole, hélas, ce serait de tomber aux mains de Big Mother. Je ne ferai confiance à cette personne que le jour où elle se sera clairement exprimée sur l'ardent impératif de renoncer au constructivisme, ses pompes et ses oeuvres ; -)))
Je crois qu'on en est loin.
Sur l'importance de "nourrir" les élèves : je voudrais parler de deux étudiantes que j'ai eues naguère en lettres supérieures, deux gazelles venues de ZEP (originaires du Maghreb pour l'une, du Sénégal pour l'autre), et que nous avions recrutées en lett. sup., non parce qu'à prononcer leurs noms sont difficiles, mais parce qu'elles avaient un dossier qui nous avait paru intéressant (l'équipe est opposée à la discrimination positive). Elles ont commencé l'année dans les plus grandes difficultés, et travaillé toutes deux comme des folles : tout était bon pour elles, toujours contentes, curieuses, avides de découvrir, boulimiques, oui, boulimiques d'apprendre, portées par leurs professeurs, épaulées par les khâgneux qui avaient établi une sorte de "tutorat" sauvage. L'une a intégré à l'IEP d'Aix, l'autre à celui de Grenoble, et donc par la grande porte, en passant le concours, pas par charité condescendante envers les "pauvres méritants".
Je ne me vante en rien de cette histoire, j'ai simplement fait mon travail qui est de transmettre des savoirs. Pourquoi empêche-t-on trop souvent les enseignants d'instruire ? La violence est aussi là : sur des élèves intelligents que l'on ne nourrit pas, sur des collègues que l'on empêche de travailler efficacement.
P.S. en écho à El Grieco : une pensée amicale à Erwann Redon, instituteur persécuté par sa hiérarchie.

Ecrit par : FGuichard | 21 mars 2007

"Ce sont les socialistes qui ont détruit l'école. Il serait plus convenable qu'ils se fissent discrets."

Remarque :
Ce sont aussi des hommes et des femmes de gauche(Cordoba, Brighelli, Le Bris, Voltaire, Delord, Morel...) qui tentent de la reconstruire...

Ecrit par : Guillaume | 21 mars 2007

Attention les lolos avec Yann, je crois que vous avez à faire à "un crétin violent" mort de rire !

Ecrit par : Iznobad | 21 mars 2007

"Ce sont les socialistes qui ont détruit l'école. Il serait plus convenable qu'ils se fissent discrets."

Quelqu'un ici est-il en mesure de démontrer que Jospin, Allègre, Royal et autres éléphants sont socialistes ?

Oui, je sais, ils se disent socialistes. Mais quand le grand méchant loup du conte de Perrault se présente comme étant "Mère-grand", est-il pour autant "Mère-grand" ?

Ecrit par : Un hussard | 21 mars 2007

Merci Jean. Merci Patricia. Je retrouve dans vos propos les valeurs qui m'ont aidée à grandir en protégeant les trésors de l'enfance . Pas d'argent à la maison mais le savoir" capital du pauvre" pour citer Jean-Paul brighelli était jalousement protégé et entretenu . Quand nous posions une question à nos parents - sauf sur la sexualité évidemment - nos parents répondaient de leur mieux, cherchaient avec nous dans le dictionnaire à portée de main sur la cheminée, ou nous conseillaient de demander des ouvrages plus documentés au bibliobus , cette bibliothèque départementale ambulante organisant des dépôts de livres à l'école. Vieille école poussièreuse ai-je lu un jour sur ce blog ! Et alors ? C'est pourtant là que j'ai été gavée de lecture orale, grammaire, vocabulaire, dictées, suivies de questions, récitations, dates d'histoire, tables, formules de surface et volume, règle de trois, opérations, etc, etc . Vieille école dont on peut se gausser pour mieux séduire , mentir et détruire.
Bon je rabàche mais la violence c'est de vouloir m' obliger à renier ceux à qui je dois tant . Désolée, ça ne marche pas.

La violence, c'est d'avoir été le témoin d'une famille brisée qui n'avait vraiment rien à se reprocher, là , tout près de chez moi à Montmirail dans la Marne, avec le suicide de Bernard Hanse. Je préfère me taire car les mots qui me viennent seraient justement trop violents. On ne peut pas oublier ce massacre .

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 21 mars 2007

J'oubliais Mitterrand dans ma demande de démonstration.

Merci à celui ou celle qui s'y risquera de déployer des trésors de pédagogie, car mon Q.I. n'a rien d'exceptionnel.

Ecrit par : Un hussard | 21 mars 2007

J'oubliais Mitterrand dans ma demande de démonstration.

Merci à celui ou celle qui s'y risquera de déployer des trésors de pédagogie, car mon Q.I. n'a rien d'exceptionnel.

Ecrit par : Un hussard | 21 mars 2007

Monsieur Hussard

Je comprends votre ressentiment à l'égard de Madame Royal.
Toutefois votre ressentiment vous fait vous égarer dans une caricature inadmissible et indécente de la candidate socialiste qui selon vous verrait des pédophiles partout. Ne refaisons pas encore et sans cesse Outreaux. Espérons plutôt que de cette affaire, le fruit de l'expérience ait muri dans nos têtes et surtout dans celles chargées d'enseigner à nos enfants.

Le sujet du jour est la violence faite aux profs bien réelle et vivement condamnable. Je ne témoignerai donc pas de ma rencontre "à la hussarde" avec un enseignant pédophile dont je n'oublierai jamais le nom (les faits sont malheureusement prescrits) .

Lolo34

Ecrit par : Lolo34 | 21 mars 2007

La violence est "exogène", mais aussi "endogène", autrement dit le collège unique et l'idéologie pédagogiste (le collège " lieu de vie " ouvert à toutes les sollicitations extérieures, l'élève "au centre", à la place du savoir, l'absence d'exigence, l'indifférenciation des parcours...) renforcent et accroissent la violence au lieu de l'apaiser et de la canaliser.

Ecrit par : Robin | 21 mars 2007

Lolo 34,

Votre lecture hâtive de mon post conduirait Toto à suspecter les effets d'une méthode globale vite fait-mal fait !

1) Personne ici n'a jamais justifié ou banalisé des actes de pédophilie avérés au terme d'une instruction menée dans le respect des principes définis dans la Déclaration des Droits de l'Homme figurant dans le préambule de notre Constitution.

2) Mes propos ne concernent pas uniquement les accusations de pédophilie, mais aussi les accusations de maltraitance.

3) Je vous invite à recenser le nombre de collègues de sexe masculin qui se sont trouvés plongés dans des situations cauchemardesques et kafkaïennes pour avoir tout simplement tenter de contenir physiquement, dans l'urgence, des élèves qui étaient en train d'agresser d'autres élèves (au couteau par exemple) voire de s'auto-mutiler. Ces collègues n'auraient-ils pas subi en l'affaire quelque infinitésimale violence ?

Ecrit par : Un hussard | 21 mars 2007

A l'attention de lolo34

Bernard Hanse, ça vous dit quelque chose ? Vous peut-être pas. Nous oui. renseignez-vous.

Ecrit par : Robin | 21 mars 2007

Quant à voter Ségolène Royal après tout ce qu'elle nous a fait, elle et son complice Allègre qui en dit aujourd'hui pis que pendre, , il faudrait souffrir d'une Alzheimer avancée doublée d'une psychose masochiste incurable.

Ecrit par : Robin | 21 mars 2007

Lolo 34,

Si le 34 se réfère à votre département, vous trouverez aisément un exemple chez vous de prof d'EPS qui a fait les frais des circulaires de Sainte Ségo il y a quelques années.

Ecrit par : Un hussard | 21 mars 2007

Erratum

Le prof d'EPS, c'était dans le 30. Dans le 34, c'était un PLP Lettres-Histoire !

Ecrit par : Un hussard | 21 mars 2007

Allez, promis, c'est la dernière, mais je crois que ce lien pourrait intéresser de nombreux participant à ce blog :

http://membres.lycos.fr/grvegard/systemeeducatif/profsaccuses.htm

Ecrit par : Un hussard | 21 mars 2007

les lolos le sujet n'est pas la violence FAITE AUX PROFS mais la violence dans le système scolaire ; j'attends l'adresse pour parler de la violence faite aux enfants doués mais sur le site precoces.org il y a qq exemples édifiants...

Ecrit par : fabienne | 21 mars 2007

"Une caricature inadmissible et indécente de la candidate socialiste"... écrit Lolo34.

Voulez-vous dire, cher Lolo34, qu'il est interdit de caricaturer quelqu'un? Ce serait une curieuse conception de la liberté d'expression!
Par ailleurs, où avez-vous vu qu'une caricature devait être "décente"? Une caricature a, au contraire, pour finalité d'être indécente. Elle doit choquer et par là même amener à réfléchir. C'est le principe de l'exercice!
La caricature essaie de mettre en évidence, en appuyant le trait, les faiblesses d'un personnage public.

D'ailleurs, les posts que vous incriminez se contentent de rappeler des faits et n'ont donc rien de caricatural.

Doussan,
Antibi, professeur de sciences de l'éducation à Clermont-Ferrand, je crois, est un bon exemple de ces "chercheurs en pédagogie" qui "cherchent" pendant que les professeurs professent, de ces inutiles qui essaient de faire parler d'eux à tous prix. Et quel meilleur moyen de faire parler de soi que de dire du mal des enseignants? Voyez comment Meirieu a bâti toute sa carrière sur le dénigrement des professeurs!
M.Antibi a donc eu la révélation , sans doute un jour de déprime où il se demandait plus fort qu'un autre à quoi il servait, que les enseignants mettent exprès, quelle que soit la classe, un tiers de mauvaises notes. D'après lui, ils "cassent" donc volontairement un tiers des élèves. C'est ce qu'il appelle la "constante macabre". Bien sûr, une telle affirmation ne correspond à aucune réalité, car la simple déontologie fait que les enseignants notent les travaux qu'ils corrigent en fonction de leur qualité effective et non en fonction d'une proportion de bonnes, de moyennes et de mauvaises notes fixe et préétablie.
D'ailleurs, qui parle encore de M.Antibi? Dispensez-vous de perdre votre temps sur un tel auteur, vous vous sentirez mieux!

Au fait, Doussan, avez-vous signé l'Appel pour la refondation de l'école (www.refondation-ecole.net)?

Ecrit par : Jean | 21 mars 2007

La première violence faite aux élèves, c’est de mettre en face d’eux des enseignants qui n’ont pas les savoirs nécessaires à leur éducation.

Commençons par les élèves de maternelle, les tout-petits qui arrivent pour la première fois à l’école et qui se retrouvent en face d’une maîtresse (c’est quand même la plupart du temps une femme) qui n’a qu’une très vague idée de ce qu’elle est en droit d’attendre ou d’exiger d’eux.

Dans certaines classes, le petit nouveau n’est même pas accueilli. Il va devoir comprendre seul qu’il est censé suivre le troupeau, personne ne jugeant bon de l’aider à conscientiser que le bruit de la sonnette ou des mains frappées veut dire : « Coucou, c’est l’heure, tu dois venir te mettre en rang devant moi avec tes petits camarades. »
S’il ne vient pas (comment pourrait-il venir ?), il sera au mieux attrapé par une main qui le conduira vers le rang dans lequel il aurait dû venir s’intégrer seul et au pire, l’accompagnement sera accompagné d’une semonce prononcée du haut des 1,65 m (taille moyenne...) de la maîtresse sans que celle-ci n’essaie de s’adapter ni à la taille ni aux aptitudes langagières de l’enfant.

Cela continuera dans le vestiaire où, selon la sensibilité de la maîtresse et de l’ATSEM, il sera peut-être complètement assisté sans que ni l’une, ni l’autre n’essaie de le faire progresser dans l’acquisition d’une motricité fine (pourtant essentielle à sa future qualité d’apprenant de l’écriture liée et des tracés géométriques), de la chronologie des événements (qui conditionnera pourtant plus tard sa capacité à comprendre le sens de la lecture, la décomposition d’un problème complexe en une succession de tâches simples) ou tout simplement de vocabulaire nouveau (qui pourrait enclencher chez lui un processus d’enrichissement de la langue très favorable lors de la poursuite de ses études).

Il pourra aussi malheureusement être livré à lui-même, censé se dépatouiller tout seul pour se déboutonner, tirer comme il peut sur ses manches, déposer où il peut son vêtement au milieu des cris et des bousculades, bien content encore s’il ne se fait pas traiter de mauviette parce qu’il n’a pas su se défendre contre Kevin ou Samantha et pleure à chaudes larmes.

La journée n’est pas finie.
Le petit passage rituel aux toilettes a disparu, il paraît qu’il était traumatisant pour les enfants, c’est donc à lui de sentir venir l’envie pressante, de trouver seul l’ « adulte-ressource » qui l’accompagnera dans la salle de propreté et l’y laissera peut-être car « il a droit à son intimité » mais qui ne manquera pas de le gronder s’il a mouillé sa culotte, s’il a fait pipi à côté ou s’il a transformé la salle d’eau en piscine en se lavant les mains.

Pendant ce temps, la maîtresse a regroupé son petit monde au « coin-langage », sa séquence d’apprentissage de la langue est prête, ses rituels ont commencé. Edouard et Marie-Charlotte sont aux anges, ils interviennent de façon pertinente, tout va donc pour le mieux. Le reste de la bande agit selon ses sensibilités, les uns s’agitent, bousculent, crient, les autres sucent leur pouce, tournent une mèche de cheveux d’un index négligeant, se recroquevillent sur eux-mêmes, laissent errer un regard hagard dans un vide sidéral.
Toujours selon sa sensibilité et sa résistance au bruit, la maîtresse navigue à vue. L’important, c’est sa « fiche de prép’ », sa séquence, l’album sur lequel elle a choisi de « les faire travailler », sa progression dans la réalisation du projet d’école ou de son projet ponctuel.
Son seul bagage sont deux ou trois idées bien ancrées : « l’enfant crée tout seul ses savoirs », « il faut attendre le déclic », « on ne peut pas leur demander d’avancer tous au même rythme ».
Le temps d’attention d’un enfant de trois ans, de quatre ans, de cinq ans ? Son besoin de mouvement ou de calme, ses facultés de récupération, d’écoute, de concentration ? Ses capacités langagières, la façon de les faire progresser, les incontournables et le superflu ? Jamais entendu parler.

La journée continue. On passe aux ateliers d’expression. Là, je me contenterais de renvoyer les lecteurs à « Tout pour l’école » d’A. Bentolila, (« Au plaisir d’apprendre » p. 206) : « Elles ont un mal fou à construire une démarche en sachant qu’au bout on aura vraiment mis en place quelque chose dans leur tête. Là, c’est une chose après l’autre ; elles vont pêcher des fiches d’activités, ici ou là, et si ça leur semble plutôt attrayant et facile à organiser, elles y vont. Dans les meilleurs des cas, les enfants passent un moment agréable ; dans les plus mauvais, c’est du n’importe quoi et la moitié des enfants décrochent et ne font rien. Mais je vois très rarement des maîtresses lucides, qui construisent, étape après étape, une démarche en sachant ce qu’elles veulent mettre dans la tête de leurs élèves. »

Les instituteurs de cycle 2 récupèrent ensuite le bébé dans l’état (de nature) où ses deux ou trois années de cycle 1 l’ont conduit, à eux de construire seuls leurs savoirs s’ils veulent instruire correctement leurs petits apprenants...

Ecrit par : catmano | 21 mars 2007

"Vous n'avez pas compris, Christophe, ce que voulait dire Jean-Paul Brighelli!"

Etonnant, non ?
Comment voulez vous que cet âne comprenne qq 'chose ?

Et surtout le ton, remarquez bien le ton de son poste de merde !

Ecrit par : toto | 21 mars 2007

Attention les lolos avec Yann, je crois que vous avez à faire à "un crétin violent" mort de rire !

Ecrit par : Iznobad | 21 mars 2007

On se connait ?
Sinon, je vous serai gré de bien vouloir remballer vos insultes.

Je ne faisais que protester à haute voix contre les messages réguliers de vierge effarouchée de lolo34 qui viennent polluer ce site en faisant l'apologie de sainte Ségo, toujours à contretemps du sujet ou des conversations en cours.
Je pense pour ma part que ces messages sont générés automatiquement par quelque ordinateur solférinesque , et envoyés sur tous les blogs et sites qui ne vénèrent pas la Maldonne.
Cà s'appelle des spams.
Et çà gonfle.
C'est tout.
Comme ils sont plus courts (et moins argumentés, il faut bien le dire) que les posts de Cadichon, on est obligés de les lire presque jusqu'au bout avant de se rendre compte de l'auteur et de zapper.

A propos, cher hussard, je crois que 34, c'est un QI ...

Ecrit par : yann | 21 mars 2007

Et la violence du crétinisme avéré de quelques uns sur ce blog qui s'écoutent écrire juste pour le plaisir de lustrer leur nombril si nous en parlions...

Fin de mes commentaires sur ce sujet. Bonne continuation.

Courtoisement.

Lolo34.

Ecrit par : Lolo34 | 21 mars 2007

Je rappelle à tout le monde la définition du dictionnaire du terme: "gaver":
-Alimenter de force
-Faire manger avec excès, gorger.
Quiconque peut utiliser ce terme pour définir une philosophie de l'enseignement me paraît légèrement suspect.


"Comment voulez vous que cet âne comprenne qq 'chose ?

Et surtout le ton, remarquez bien le ton de son poste de merde !"

Ecrit par : toto | 21 mars 2007

Je laisse chacun juge de ce que peut être le ton d'un post à la lecture de ceux de ce charmant personnage qu'est toto.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 mars 2007

"Je ne faisais que protester à haute voix contre les messages réguliers de vierge effarouchée de lolo34 qui viennent polluer ce site en faisant l'apologie de sainte Ségo,"

Ecrit par : yann | 21 mars 2007

Plutôt moins gênant que cet éloge en boucle de la méthode "de lecture" "leo et lea" par le charmant personnage évoqué ci-dessus.

Ecrit par : Christophe Sibille | 21 mars 2007

pour lolo34

Puisque vous voulez de la violence, en voilà : http://bernardhanse.canalblog.com/

Ecrit par : yann | 21 mars 2007

Merci à JPB pour avoir soulevé la question de la violence faite aux élèves. Plus les enfants sont jeunes, plus ils sont fragiles et il arrive que les enseignants adultes l'oublient. La confiance de l'élève envers son maître (n'ayons pas peur des mots) peut se détruire en quelques secondes alors qu'il faut du temps pour la construire.
Merci à Jean d'intervenir avec intelligence et dignité.
C'est en travaillant sur la précocité intellectuelle que j'ai découvert que cette soif d'apprendre est parfois tellement déçue que le petit e.i.p. en est révolté. Il sombre alors soit dans la déprime soit dans une violence qu'il renvoie vers l'école (vandalisme, insolence, brutalité etc..).
Je fais partie de ces principaux qui ont rempli l'enquête SIGMA systématiquement et ont découvert, à la fin de l'été, le collège dont ils sont responsables au Hit parade du Point. Je sais pourtant qu'il y a des collèges bien plus touchés mais ou l'enquête n'était renseignée qu'en cas d'appel à la police, aux pompiers ou au Samu.
J'ai assez de reproches à faire à ma hiérarchie par ailleurs pour dire que sur ce cas là on ne m'a pas fait les gros yeux. C'est FR3 qui pour la première fois s'est intéressée à l'établissement pour me demander mes impressions. Tout ce qui s'est fait de bien dans le collège auparavant avait laissé les journalistes de marbre.
donc petit clin d'oeil à fabienne qui peut aller voir aussi le site
www.surdoues.canalblog.com
Et enfin (excusez, pour une fois je suis un peu trop long) je voudrais dire à lolo34 que ce qui gêne le plus chez la ravissante Ségo c'est qu'on ne puisse pas croire un seul instant à ce qu'elle dit. Tout n'est qu'apparence.
Lors d'un colloque national à ROUEN sur les ZEP, lorsqu'elle était Secrétaire d'Etat, elle avait à la dernière minute affolé l'équipe du Rectorat pour avoir assis à sa table à côté d'elle ("pour la photo des journalistes") un jeune garçon d'un collège de zep.
Il n'a eu droit ni à un mot, ni à un regard de sa voisine, pendant tout le repas.
N'était-ce pas là aussi une forme de violence?

Ecrit par : dj | 21 mars 2007

dj je te rejoins parfaitement !
quelle différence entre le péremptoire "on n'apprend pas à lire à la maternelle !" de sa maîtresse à mon dernier et le "ça lui fait tellement plaisir" de la maîtresse de son frère après un "exposé" sur la préhistoire en GS, documents à l'appui, passé (un peu) au dessus de la tête des copains néanmoins fascinés !
Catmano je ne parle pas des réunions de début d'année quand on vous annonce en TPS que l'objectif de l'ANNEE c'est la reconnaissance des 4 couleurs primaires...j'ai appris à faire le dos rond et le profil bas et à "nourrir" mes gamins à la maison...et j'oublie cet autre objectif de toutesles années OBEIR AUX CONSIGNES rêveurs, anarchistes DEHORS !!!

Quant au : "finalement à l'école on apprend des choses" stupéfait du même petit conférencier arrivé en CM2 après avoir sauté le CM1 (merci le maître de CE2, très mal vu des parents mais tellement à l'écoute), ça n'a duré qu'un an ; depuis il est entré au collège et il parle de fugue et de suicide parce que les jours sont tellement longs entre le rien des cours et les commentaires acerbes voire insultants des profs...
Pour finir sur une note souriante, j'ai constaté en arrivant dans notre région (gironde) qu'un des mots favoris des ados pour dire "beaucoup, très, énormément" c'est...gavé ! j'ai cru à une analogie grassement hépatique vue la région mais c'est peut-être un appel du pied finalement !

Ecrit par : fabienne | 21 mars 2007

Violence, de ceux qui ont tout, faite à ceux qui n’ont rien, l'émission "du grain à moudre" aujourd'hui sur l'orthographe :

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/index.php

Avec Vincent Cespedès en « guest star ».
Qui c’est ce beauf branché abonné à Télérama qui dit que « lortograf sa ser a ri1 k fair chié lé élev » ? Que les « djeun’s » i’s’comprennent avec leur propre langage et qu’c’est ça qui compte ! Les vieux cons sont en retard d’une révolution, n’ont qu’à s’acheter la méthode à Mimile : "les sms en dix leçons", ou crever. Il doit souvent déjeuner avec Bégaudeau celui-la.
C’est un peu comme les nantis qui disent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur.
Pendant que les autres s’acharnent à rester cons – ce qui est synonyme de pauvre pour Coluche parce que « s’ils étaient pas cons, ils seraient pas pauvres ! » –, ce Vincent Cespedès brille sans trop se fouler pour vendre sa soupe - il débite des conneries plus rapidement qu’une mitraillette à arguments conçue par un pédagogue - il est véhément, c’est tout, et c’est la meilleur façon d'imposer une non pensée.
Philippe

Ecrit par : Philippe | 21 mars 2007

@fabienne

4 couleurs primaires?

Soit je ne comprend pas le sujet, soit on m'a cache une nouvelle publication scientifique qui acte l'invention d'un nouveau systeme colorimetrique.

sam

Ecrit par : sam | 21 mars 2007

Voici ci dessous une autre approche possible du traitement de la violence et ne vous en déplaise ça marche en concernant les maîtres et pour les élèves

Estime de soi comme prévention de la violence

Pour les enseignants, la notion d’estime de soi est une donnée intervenant dans le processus pédagogique par leurs regards personnels sur l’évolution de la conception même de l’enfant et de leurs pratiques de classe.
Aujourd’hui, avec l’éducation des enfants qui est nourrie, dès le départ, de motivations, d’intérêts multiples et de stimulations personnelles, l’estime de soi ne peut être ignorée et constitue une partie déterminante pour une qualité de la relation éducative.
Le modèle que les enfants intègrent dans la culture médiatisée ou sportive devient celui de personnes qui gagnent à tout prix, qui sont orientées vers le bonheur et la réussite personnelle, affichant de la confiance en soi. Tout cela serait prometteur à la condition de s’inscrire dans une vraie réflexion partagée avec tous les intéressés, car on pourrait facilement détourner l’idée d’estime de soi vers celle d’arrogance, de vedettariat. A défaut de réussites, on vend le succès.

La pédagogie sait depuis longtemps que l’enfant qui a une bonne estime de soi sera enclin à la réussite scolaire, à l’ouverture aux apprentissages, à la construction de soi à travers des relations positives avec les autres, les enseignants et la société.

La coopération en classe nous oblige à penser le climat de classe et nous permet de les observer en interactions. Un aspect important de la réflexion à développer me semble être l’idée que l’estime de soi participe fortement à une prévention intéressante des comportements violents ou de décrochage. Voici dix points de vue qui soulignent l’influence positive de l’estime de soi sur la prévention de la violence :
1) L’estime de soi nourrit notre besoin d’être reconnu et notre besoin d’estime et de respect, cela évite d’extorquer une reconnaissance par la négative. C’est l’aspect principal sur lequel nous pouvons agir en classe. Nous pouvons cultiver une approche positive de chacun, renvoyer souvent du feedback positif et reconnaître les efforts. Nous pouvons aussi distinguer la personne de son comportement ou de ses capacités pour, dans un respect profond de chacun, travailler à l’amélioration des apprentissages sans juger la personne de l’enfant ou sans prendre personnellement ombrage des maladresses du jeune apprenant.

2) Si l’enfant se sent important, s’il vaut quelque chose à ses yeux, il aura davantage de confiance pour être constructif et d’assurance dans la vie, dans les projets, dans les autres.

3) La blessure d’amour propre (le regard des autres) se soigne par l’estime de soi et non pas par la revanche ou la compétition qui n’aident pas à s’en sortir, bien au contraire.

4) Si l’enfant se vit comme important, s’il vaut la peine, il va plutôt parier sur la vie, ne pas se mettre en danger ou se détruire en entrant soit dans la violence qui est destructrice, soit dans les retombées ou conséquences de la violence qui sont du côté de l’exclusion sociale.

5) Si l’enfant a confiance en soi, il aura davantage confiance dans les autres, pairs et adultes et prendra le risque de l’ouverture aux autres, de la coopération.

6) Quand l’enfant s’estime, il peut aussi estimer les autres et construire des relations égalitaires, le contraire étant très très difficile.

7) Les vieilles colères et rancoeurs que l’enfant recycle au présent disparaissent proportionnellement à l’estime de soi.

8) L’estime de soi nous donne la force de sortir des schémas prédéterminés dans notre scénario de vie, de notre histoire, d’une certaine fatalité qui nourrit la violence.

9) Une estime de soi suffisamment bâtie permet à l’enfant de développer son libre esprit critique et une force personnelle pour ne pas suivre l’influence du groupe dominant quand celui-ci se définit par une culture violente ou un rejet du bon élève ou de celui qui est différent.

10) L’estime de soi permet à l’enfant d’être en contact avec toutes ses émotions, pas seulement celles qui sont liées à la colère et à son agressivité, ce qui le conduit à développer de l’empathie, à pouvoir considérer l’autre comme un sujet et non, comme dans la violence, comme un objet.
Christian Staquet,
Formateur en accueil et pédagogie coopérative,
Auteur de « Accueillir les élèves » et « Le livre du Moi »,
Ed. Chronique Sociale.

Ecrit par : Yves | 21 mars 2007

Quelques remarques en passant:
La violence se banalise et l'autorité vacille: une génération se lève comme l'aube d'un temps mauvais. Un aplomb formidable susceptible de destabiliser les plus expérimentés parmi les professeurs-dompteurs. Avec souvent la bénédiction des parents: "il faut les comprendre...", les mioches et leurs parents embourbés.

Formidable aussi l'aveuglement de certains inspecteurs qui prétendent que cela est excessivement grossi. Je pense à un con d'IEN ou faisant fonction de, à égratigner sur place,- oui moi aussi je deviens agressif et révolté, mais pas violent, nuance!- et devant lequel les professeurs du primaire font des courbettes.
La violence est réelle et si elle n'est pas un phénomène nouveau- on a tous des souvenirs de bagarre et de cercle autour des boxeurs- elle prend une ampleur et, parfois, une intensité consternante. Bien sûr on ( on = les spécialistes , comme l'imbécile qui fut invitée il y a quelques mois, je ne sais plus sur quelle chaîne, parée du titre de professeur en science de l'éducation dans une fac de la région parisienne) minimise et même on estime qu'il y a quelques vertus formatrices dans cette brutalité qui est le reflet de notre société. Entendons que si nous voulons que ça change, il faut changer la société... Avec le PS, le PCF au nom qui suinte de la mémoire du Goulag, la LCR qui sent mauvais comme le précédent, le FN brun noir déguisé en bon vieux arrondi par la vie et les coups ...les lendemains chanteront!

La violence devient un mode de relation quasi normal:langage, gestes, ... pourquoi cette dérive affolante? C'est vrai que nous vivons dans une société du tout tout de suite qui n'accepte pas d'obstacles au plaisir -satisfaction immédiats. Quand les adultes , les représentant de valeurs morales ( beurk!)baissent la garde par lassitude ou dégoût - il y a de quoi avec les ministres du MEN qui ne veulent pas ou ne peuvent pas mettre une muselière aux idiots de leur propre administration- les bambins restent des morveux mais dont les exigences deviennent des ordres.
Un exemple concret? Un élève de 4° qui répond au professeur qui le sanctionne pour ses bavardages répétés: "je m'en bat les couilles!" ... Oui, M. ou Md l'Inspecteur, il faut se remettre en question. Ben voyons!
Nous avons affaire à une génération désensibilisée devant certaine violence dans la mesure où celle-ci, à titre de jeu virtuel, ne fait pas de mal à celui qui joue avec. Des heures passées devant des consoles ou l'ordinos, à tuer, à égorger, flinguer..... Fuck!
Violence enfin pour ces gamins qui se trainent au collège sans aucune base ou presque, victimes de la saleté morale des agents de l'EN, Recteurs et IA, petits soldats aux ordres dont la carrière..etc.
Exemple concret? Cette année, il ne faut pas que les conseils de disciplines soient aussi nombreux que l'an passé dans le département: les cas de violence seront prioritaires (Propos du chef d'établissement après réunion avec l'IA: porte parole de qui?).
Et les exclusions conditionnées par le jeu des chaises musicales? L'IA a manqué de nous envoyer un gamin très dangereux - impossible ici de préciser- contre une exclusion. Le Chef d'établissement a assez de bouteille pour résister. Ouf!
M. le ministre - avec un petit "m"- sait-il cela ? on lui cache?
Vous savez, on va devenir violent, nous aussi.
Pour survivre!

Ecrit par : Lenny | 21 mars 2007

h

Ecrit par : Grogne | 21 mars 2007

"Une école sous influence" avait choqué les belles âmes ...
Ce matin, en conseil des ministres, le recteur Morvan, pour s'être opposé à la création d'une "madrassa" locale, a été viré, purement et simplement. Quel exemple probant ! L'école (et la République donc) EST "sous influence".
Que dit-elle, notre gauche laïque ? Plus fort : j'entends rien ... Je dois être un peu dur d'oreille. La VIème république de Sainte Ségolène conservera-t-elle la séparation des églises et de l'État ?
Une nouvelle violence à laquelle il est désormais interdit de s'opposer : le retour de la dictature des religions. Sur un fond de lâcheté générale : la république "voilée" ...

Ecrit par : JPL | 22 mars 2007

"Une caricature inadmissible et indécente nianiania..." On se croirait sur EDP... Les instits y ont tôt fait de dégainer leurs "inadmissible" et leurs "indécent" en guise de substitut au raisonnement (s'étant laissés manger le cerveau en formation). L'argument d'autorité, la censure, le refus de penser plus loin que le bout de son nez, l'autoconditionnement, la menace, l'intimidation, pour moi, tout cela (et bien plus encore) est contenu dans cet "inadmissible", que je déteste. J'y vois un lien direct, par la mesquine (in)suffisance intellectuelle qu'il dénote, avec ce que dénonce Catmano dans sa très touchante intervention.

Ecrit par : Perceval | 22 mars 2007

"La VIème république de Sainte Ségolène conservera-t-elle la séparation des églises et de l'État ? "
Tu parles ! Je l'entends encore marteler, il y a bien 15 ans, un dimanche matin, sur une émission de Michèle Cotta, que la solution à la crise sociale était le com-mu-nau-ta-risme. Etant réputée être une piqueuse d'idées, ayons l'indulgence de croire que, sans même savoir qu'il était connoté péjorativement, elle s'était entichée de ce mot qui faisait genre "j'y ai beaucoup pensé" et qui résonnait comme ils ont l'habitude de dire dans les séries américaines, mais je crains qu'elle ne soit (un peu) moins bête que ça.
J' ai eu l'occasion de pas mal me pencher sur la laïcité à l'école et notamment sur l'absurde et scandaleux "enseignement du fait religieux" et je suis pessimiste : la loi de 1905 est mal vue des "pédagogistes". Elle sent trop son Jules Ferry, sa République une et indivisible. Ils trouveront les moyens de mettre en oeuvre leurs funestes intentions dans ce domaine, "vers une autre laïcité". Quant à les en empêcher, entre deux communautaristes et un callotin, on est mal barrés pour le prochain quinquennat...

Ecrit par : Perceval | 22 mars 2007

Le seul réconfort est que, lors du débat parlementaire sur l'introduction de l'enseignement du fait religieux, ce soit un socialiste qui ait manqué à l'unanimité, et pour de bonnes raisons. Tous les autres sont de tragiques benêts paveurs d'enfer.
Mon petite contribution au thème du jour : la "violence" de la liste des postes à pourvoir au deuxième mouvement, c'est-à-dire ceux dont personne n'a voulu au premier : que de la ZEP et de l'enseignement spécialisé. Nous autres instits sommes -globalement - une armée d'embusqués hypocrites qui récitent de vaines paroles sur l'égalité des chances tout en visant le confort, laissant tous les défis aux débutants. C'est un scandale qui perdure silencieusement, et que je n'ai pas de mérite de ne pas aggraver, me sentant plus à ma place dans des contextes difficiles.

Ecrit par : Perceval | 22 mars 2007

A propos de caricatures, à suivre aujourd'hui, le jugement rendu dans le procès de Charlie-Hebdo versus UOIF.

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 mars 2007

CS a écrit: "Je rappelle à tout le monde la définition du dictionnaire du terme: "gaver":
-Alimenter de force
-Faire manger avec excès, gorger.
Quiconque peut utiliser ce terme pour définir une philosophie de l'enseignement me paraît légèrement suspect."

Contre exemple: "Je me suis gavé de musique et de lectures tout l'été et ce furent les plus belles vacances de ma vie."
Il ne faut pas se laisser enfermer dans le sens du dictionnaire...
Mais si on veut être compris il vaut mieux éviter les termes équivoques (surtout à l'écrit où les éléments de communication non verbale manquent).
De plus le Larousse de poche 2005 donne (en plus des autres sens) comme sens figuré :"absorber une grande quantité de..." et comme exemple: se gaver de films [donc sans connotation péjorative]

Ecrit par : Hervé | 22 mars 2007

A propos du mot "gaver" :

"Il dépend de celui qui passe que je sois tombe ou trésor, ami, n'entre ici sans désir." : aphorisme de Paul Valéry gravé au fronton du palais du Trocadéro à Paris.

Valéry a écrit "désir",..pas "besoin".

La connaissance, la culture sont de l'ordre du désir, pas du besoin.

On peut combler un besoin.On ne peut pas combler un désir...C'est la tragédie du désir. Et pourtant, il faut rendre le savoir désirable.

C'est peut-être ça la "pédagogie". C'est peut-être pour cela que Freud, citait l'enseignement parmi les "métiers impossibles".

Et si plutôt que "gaver", enseigner, c'était redonner, dans ce monde "gavé" sa place au désir. Et si enseigner, c'était "donner faim" ?

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007

Dernière minute :

La Maison des écrivains donne rendez-vous à tous les signataires de l’appel : Études littéraires, une mort annoncée ?, le vendredi 23 mars de 14h à 15h sur le stand du Ministère de la culture (stand L158 N159)

En vous remerciant encore du soutien que vous avez bien voulu apporter à cette démarche.

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007

Autres remarques en passant:

"La violence émane de victimes": c'est cela qui ressort des réactions d'élèves ou de parents d'élèves face à leurs paroles ou leurs gestes.
Ils ont violent parce que ils y ont été poussés: consignes, contraintes, discipline, trop de travail, prof chiant avec ses cours, punitions jamais justifiées: c'est pas moi c'est les autres ou bien y avait pas que moi alors pourquoi moi? le prof est raciste: c'est toujours Rachid qui prend ( oui, c'est lui qui provoque tout le temps mais il ne faut pas le dire...) et quand on sanctione Jean -Paul , là, personne ne dit que le prof "raciste" est juste, et les parents qui s'en mêlent ( le ministre et les associations chantent en choeur) et qu menacent des collègues à la sortie! "t'ar ta gueule à la sortie!"
saleté de profs!


Tant que l'on ne cassera pas les fondements de ce discours de pseudo-victimes on ne s'en sortira pas.
Assumer , s'assumer, avoir une conscience morale, apprendre la maîtrise de soi....: au programme du primaire et du secondaire après une vraie réforme des programmes?
Et puis, j'y reviendrais, il y a des enseignants qui n'ont pas leur place dans la situation actuelle des établissements!

En attendant... soyons forts: course, yoga, natation, méditation.

Ecrit par : Lenny | 22 mars 2007

Gaver: on ne peut pas forcer des gens qui n'ont pas faim à manger.
Enseigner= donner faim? envie de savoir? Devant certaines classes, il faudrait peut-être faire un strip-tease ou je ne sais quoi pour les intéresser.

Ecrit par : Lenny | 22 mars 2007

"On peut combler un besoin.On ne peut pas combler un désir...C'est la tragédie du désir. Et pourtant, il faut rendre le savoir désirable.
Et si plutôt que "gaver", enseigner, c'était redonner, dans ce monde "gavé" sa place au désir. Et si enseigner, c'était "donner faim" ?"

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007
Complètement d'accord avec vous, Robin!

Quant à la remarque faite un peu plus haut sur l'acception "djeun's" du mot "gavé", quand les jeunes disent: "ça me gave", on ne peut pas dire que ce soit une expression méliorative!

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 mars 2007

Robin, j'ai 60 ans et j'ai encore faim... C'est grave ?

Gros titre en première page de mon quotidien régional ce matin . Instits agressées : un 2° procès le 3 avril.

Comparons ce qui est comparable.
Je ne peux cependant m'empêcher de penser à cette institutrice rescapée des camps venue témoigner et répondre aux questions de mes grands de première en 98 ou 99. Elle avait assisté à la mort d'une fillette coupable de ne plus tenir debout et achevée à coup de talons par la SS. Hors sujet ?

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 22 mars 2007

Gaver: on ne peut pas forcer des gens qui n'ont pas faim à manger.
Enseigner= donner faim? envie de savoir? Devant certaines classes, il faudrait peut-être faire un strip-tease ou je ne sais quoi pour les intéresser.

Ecrit par : Lenny | 22 mars 2007

Oui, je sais Lenny. J'ai éprouvé cela moi aussi. Ca peut faire très mal. L'un de nos vieux maîtres disait aussi : "Il est inutile de donner à boire à des ânes qui n'ont pas soif." quand ça nous arrivait à nous aussi de ne pas avoir soif...Mais il disait cela gentiment.

On ne peut pas dire pourtant qu'ils ne s'intéressent à rien, les élèves d'aujourd'hui : télévision, ordinateur, jeux vidéos......Rares sont ceux qui pensent sérieusement : " I hate myself and I want to die."

"Il n'y a rien de plus incompréhensible que les passions des autres." disait Proust. Il faut peut-être aussi que nous comprenions qu'ils soient un peu moins passionnés par ce qui nous passionne, mais sans renoncer pour autant.

Je pense que les choses vont mieux quand, préalablement on a établi une relation et qu'on leur parle d'autre chose le jour où ils n'ont pas soif.

Mes propos paraîtront quelque peu sybillins à ceux qui enseignent dans de "bonnes classes" (s'il en reste encore) où le goût et le sens du savoir sont à peu près acquis...Je parle des établissements moyens ou difficiles où j'ai enseigné.

C'est aussi une réponse à Perceval qui me demandait s'il pouvait y avoir un terrain d'entente avec les "pédagogues honnêtes" . Réponse : oui sur les moyens; non sur les finalités.

JPB dit aussi quelque part : "Là où le Gascon ne peut y aller..."

On aura évidemment reconnu dans mes propos le vieux thème tant rebattu de la "motivation", tarte à la crème de la pédagogie, mais vrai problème.

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007

Hélène,

La culture a coexisté avec la barbarie; c'est un grand mystère et un scandale au sens biblique du terme que George Steiner a bien mis en lumière.(la préservation par les nazis du bosquet où Goethe aimait à se promener au milieu de ce camp de concentration en Allemagne.)

...Mais elle a aussi aidé à lutter. Je pense au rôle de cette reproduction de la toile de Georges de la Tour dont parle René Char et à ce que dit Geneviève Anthonioz de Gaulle de la poésie ce pain béni de sa mémoire d'écolière qu'elle grignotait à Ravensbrück en attendant l'aurore.

Une culture sans éthique ne vaut rien...C'est peut-être cela qu'il faudrait dire aux élèves.

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007

Je ne vois pas vraiment l'intéret, Christophe, de pousser des cris d'orfraie, d'ergoter sur l'emploi du mot "gaver" dans la phrase en question et de faire semblant de ne pas avoir compris ce que voulait dire Jean-Paul Brighelli, qui était pourtant clair et ne pouvait se prendre en mauvaise part d'aucune manière.
Il y a une vraie fringale de connaissances chez les enfants et ce sont eux qui demandent à être "gavés" de connaissances. Le terme convient parfaitement. Comme lorsqu'on dit :"Je me suis gavé de chocolat."C'est ce plaisir que Jean-Paul Brighelli évoquait.
C'est ce plaisir de connaître que les "pédagogistes" interdisent aux enfants, sous prétexte qu'eux-mêmes sont revenus de tout et estiment qu'ils ont été eux-mêmes bourrés de connaissances. Mais c'est un point de vue rétrospectif d'adultes blasés. Car les enfants pensent autrement. Mais l'enfant est le grand absent de la pensée des "pédagogistes", qui ne voient en lui que l'instrument de l'avènement de la société idéale. Les "pédagogistes" instrumentalisent l'enfant. Ce ne sont pas des humanistes.
Certes, l'appétit de savoir est plus évident à l'école primaire qu'au collège. Mais qui est-ce qui a eu l'idée saugrenue de maintenir à l'école jusqu'à 16 ans, contre leur gré, des adolescents qui brûlent d'entrer dans la vie "active"? Qui est-ce qui tempête contre toutes les solutions raisonnables? Encore les pédagos!

Ecrit par : Jean | 22 mars 2007

Mais on peut parfaitement satisfaire cet appétit réel et justifié de connaissances sans gaver qui que ce soit, Jean! Je suis comme vous, je m'y emploie, (ou du moins, j'essaie de m'y employer) tous les jours.

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 mars 2007

Vous continuez à voir dans le terme "gaver", Christophe, une connotation négative qui n'y est absolument pas dans ce contexte!
D'ailleurs, même les "pédagogistes" ne l'emploient jamais. Ils disent que nous "enfournons les connaissances dans la tête des élèves comme dans un entonnoir", ou bien que nous les y "empilons". Si le terme "gaver" avait été à ce point chargé de connotations négatives, ne se seraient-ils pas jetés dessus?

Ecrit par : Jean | 22 mars 2007

Certes, l'appétit de savoir est plus évident à l'école primaire qu'au collège. Mais qui est-ce qui a eu l'idée saugrenue de maintenir à l'école jusqu'à 16 ans, contre leur gré, des adolescents qui brûlent d'entrer dans la vie "active"? Qui est-ce qui tempête contre toutes les solutions raisonnables? Encore les pédagos!

Ecrit par : Jean | 22 mars 2007

Entièrement d'accord.

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007

Oui Robin je suis d'accord: à tel point que je pratique le hors piste en allant chercher une réaction d'élève qui sert de levier pour discuter et , finalement, ouvrir des perspectives, tourner autour de la question initiale, etc... Mais il faut aussi se dire que , dans ce cas, boucler les programmes, c'est secondaire!
Pédagogue mais pas inhibé par le Saint Programme : ce n'est pas pour parler de mes vacances, de la dernière chanson de Charlotte G., etc...

Motiver, faire émerger le désir: oui, à condition, aussi, que l'enseignant soit motivé, animé par la passion de ce qu'il a à transmettre, qu'il le "transpire".

Quant à la violence, je la sens aussi dans les rapports de force de plus en plus prégnants avec l'administration: IA, Rectorat, Conseil Général, ...

Violence: expression d'une retenue qui lache: pourquoi?

Ecrit par : Lenny | 22 mars 2007

Certes, l'appétit de savoir est plus évident à l'école primaire qu'au collège. Mais qui est-ce qui a eu l'idée saugrenue de maintenir à l'école jusqu'à 16 ans, contre leur gré, des adolescents qui brûlent d'entrer dans la vie "active"? Qui est-ce qui tempête contre toutes les solutions raisonnables? Encore les pédagos!

Ecrit par : Jean | 22 mars 2007

Entièrement d'accord.

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007

...Surtout quand " les ânes qui n'ont pas soif " empêchent les autres de boire.

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007

Certes, l'appétit de savoir est plus évident à l'école primaire qu'au collège. Mais qui est-ce qui a eu l'idée saugrenue de maintenir à l'école jusqu'à 16 ans, contre leur gré, des adolescents qui brûlent d'entrer dans la vie "active"? Qui est-ce qui tempête contre toutes les solutions raisonnables? Encore les pédagos!

Ecrit par : Jean | 22 mars 2007

Entièrement d'accord.

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007

...Surtout quand " les ânes qui n'ont pas soif " empêchent les autres de boire.

Ecrit par : Robin | 22 mars 2007

Bravo Jean!
Quel tabou! Mais n'oublions pas que nous sommes des "réacs fachos."

Ecrit par : Lenny | 22 mars 2007

"Bravo Jean!
Quel tabou! Mais n'oublions pas que nous sommes des "réacs fachos."


Chtit témoignage....
"Un petit bonjour,
mon fils sait lire et à du plaisir à aller à l'ecole,

///////////////////////////////////////////////////////////////////
je me demande quel aurait été le résultat si je n'avais pas pris en main avec léo et léa son apprentissage vu le départ catastrophique des premiers mois d'ecole septembre - octobre !
///////////////////////////////////////////////////////////////////

il s'amuse et il commence à comprendre les premières règles et est ai es :) ... mbp ... voilà ... pour vous tenir au courant et encoureager les parents a utiliser une autre méthode de lecture pour soutenir leurs enfants "


Posez-vous les bonnes questions SVP...
Pourquoi ils n'ont pas/plus soif ???????????

Merci pour eux .





"Je ne vois pas vraiment l'intéret, Christophe, de pousser des cris d'orfraie, d'ergoter sur l'emploi du mot "gaver" "

Moi je ne vois pas l'intérêt du "dialogue" avec ce petit trouducul?

Ecrit par : toto | 22 mars 2007

VIOLENCE ?

Bonjour à toutes et à tous,

Non à la violence gratuite exprimée à notre égard par quelques blogueurs d'ici qui préconisent entre autre choses de nous mettre direct à la poubelle ! (après le karsher, décidémment cela semble être dans l'esprit de quelques unsl'ordre naturel des choses).


Ceci n'est pas un spam, c'est juste de l'info venant de la part des socialistes de RAG 34 qui défendent leur candidate. Personne ne vous oblige à en prendre connaissance.Présidentielle oblige : laissez-nous, au moins le droit d'informer au nom du débat démocratique !

La lettre de Ségolène Royal aux enseignants

L´Etat sera demain le garant de la reconnaissance que vous attendez.

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Si je peux aujourd´hui m´adresser à vous, c´est à mes professeurs que je le dois, car c´est à l´école que j´ai été soutenue, encouragée, valorisée et que j´ai reçu le bagage qui m´a permis d´être une femme libre.

Lire la suite :

http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2007/03/22/la-lettre-de-segolene-royal-aux-enseignants.html


Forum associé : Lettre de Ségolène Royal aux enseignants :

"http://www.desirsdavenir.org/debats/list.php?260"

Nous vous respectons, respectez-nous !

Bien cordialement.

Les lolo's 34

Ecrit par : Les lolo's 34 | 22 mars 2007

Bijour Lolo, fraKK est-il toujours PS ?
est-il toujours le bras gauche de Ségo ?
est-il toujours dans L'EN ?

+ chtit témoignage, toujours valetsteph .

"Je viens vous donner des nouvelles de mon fiston :) alors quelques mois apres avoir suivi vos conseil ! Mon fils sait lire correctement, il aime l'école !

//////////////////////////////////////////////////////////////////////
son attitude a vraiment changé !
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nous continuons léo et léa et le livre d'exercice régulierement, il a des habitudes de travail de 20 minutes tous les soirs, et surtout il a confiance en lui ( il avait perdu enormement a cause de sa situation d'echec )
MERCI A VOUS "

Merci pour eux ...

Ecrit par : toto | 22 mars 2007

Charlie a gagné. Relaxé. Nous sommes encore en démocratie. Pour combien de temps?

Les lolo's 34, vous demandez pas un minimum de civilité de la part de certains des intervenants de ce blog? Je crains que ça ne soit au dessus de leur force.

""Je ne vois pas vraiment l'intéret, Christophe, de pousser des cris d'orfraie, d'ergoter sur l'emploi du mot "gaver" "

Moi je ne vois pas l'intérêt du "dialogue" avec ce petit trouducul?"

Ecrit par : toto | 22 mars 2007

Allons, toto, vous baissez! Ressaisissez-vous, que diable! Vous pouvez être beaucoup plus vulgaire et grossier que dans ce dernier message! Je trouve ça un peu décevant.

Ecrit par : Christophe Sibille | 22 mars 2007

Merci, les lolo's 34, de nous avoir communiqué les premières lignes de la lettre de Madame Royal aux enseignants.

Cela nous permet de constater que Madame Royal est aussi nulle à l'écrit qu'à l'oral. On a autant de mal à continuer à la lire qu'on en a à continuer à l'écouter parler.
Les quatre lignes que vous nous proposez sont incohérentes: en quoi en effet , ses professeurs ont-ils "encouragé, soutenu, valorisé" Madame Royal quand elle était élève pour qu'elle s'adresse à nous maintenant? Avaient-ils la prémonition miraculeuse d'un putatif destin national? Et puis elle n'a pas dit trois mots que son discours est déjà idéologique. Car l'école doit "encourager, soutenir, valoriser", ce que, évidemment, chers collègues, nous ne faisons pas! C'est à croire que cette lettre aux enseignants a été rédigée par Frackowiak! Remarquons aussi que l'école lui a donné, non pas l'instruction, la culture, mais le "bagage nécessaire pour être une femme libre" [ici, trémolos obligatoires!]. Ce "bagage", c'est la "citoyenneté", celle de "L'Ecole ou la Guerre civile". On est d'emblée dans le "politiquement -pédagogistement correct"!
Continuez donc, les lolo's34, à nous communiquer les textes de Madame Royal. Mais permettez-nous, puisqu'il y a bataille pour la présidentielle, de donner notre avis et de combattre, si c'est notre avis, cette candidature.
Ce qu'il y a d'ailleurs de bien pratique pour ceux qui ne souhaitent pas la victoire de Madame Royal, c'est qu'il suffit de la laisser parler pour qu'elle perde des voix.

Ecrit par : Jean | 22 mars 2007

Je rentre de voyage et je trouve une note du réalisateur de l'émission à laquelle faisait allusion ma Note ci-dessus.

"J'aimerais aussi élargir ma recherche de témoins vers les agressions des élèves entre eux, l'auto-agression, les dégradations de matériel et de locaux, les “happy slappings“, l'influence socio-religieuse dans l'attitude des jeunes, les liens entre les cités et les établissements, les faits d'incivilités ou de violence en milieux ruraux...
Ces témoignages peuvent être adressés directement sur mon mail :
frederic.gilbert@sep.tv

Merci pour lui…
JPB

Ecrit par : brighelli | 22 mars 2007

Bonjour à tous,

Je lis assez régulièrement et avec le plus grand intérêt votre blog depuis plus d’un an. Je ne suis qu’un obscur certifié de construction mécanique (en bref pour les littéraires : dessin technique par ordinateur et mécanique théorique) et j’enseigne en lycée technique après diverses expériences professionnelles à l’étranger et en entreprise.
Je n’ai jamais pris la parole dans vos colonnes, je n’ai ni votre culture, ni vos références littéraires, ni vos connaissances théoriques des diverses méthodes pédagogiques. Mon modeste savoir-faire s’est forgé expérimentalement sur le terrain. J’ai été formé à l’ENSET dans les années 80, le cursus y était totalement universitaire (en dehors d’un stage de 3 mois à temps très partiel en lycée). Je n’ai donc reçu aucune formation pédagogique.

A ma grande honte (bof, je vis pas trop mal avec ...), j’ai choisi ce métier non par vocation mais seulement parce que la scolarité est salariée à l’ENS ... Je suis enseignant pour gagner honnêtement ma vie et faute, hélas, de fortune de famille ! Au total, je n’ai pas le sentiment de réussir moins bien (ni de travailler moins ...) que bien de mes collègues qui prétendent être au service d’une grande cause.

Par avance, je vous prie de m’excuser si je suis un peu hors sujet par rapport au fil de la semaine et si je suis un peu long, mais les sans-grades lorsqu’ils prennent la parole ont des années de rancoeur à évacuer !
(A la relecture ça été encore plus long que prévu donc double dose d’excuses.)

C’est par un clin d’oeil que je débute : j’ai écouté l’entretien radiophonique entre M. Brighelli et M. Mérieux. J’ai eu à subir les délires bien-pensants et angéliques de ce dernier lors de conférences (qui m’étaient ... imposées) à Vénissieux dans les années où les Minguettes et Vaux en Velin brûlaient. Je me permets de corriger un des premiers propos de M. Brighelli. La probabilité d’assister à un débat entre des hommes du néolithique sur l’avenir de la sigillée est par essence faible puisque celle-ci a été découverte en Grèce au 3ème siècle avant JC et introduite par la suite dans le monde romain. L’étymologie du mot fait référence au latin sigillum (je renvoie les lecteurs à Tintin et au fameux sigillographe du Sceptre d’Ottokar) puisque les potiers signaient souvent de leur nom (ou de leur poinçon) leur production.

Plus sérieusement, je regrette que dans vos colonnes on évoque si peu la situation de l’enseignement technique (à ne surtout pas confondre avec l’enseignement professionnel) : il est en déconfiture avancée !
Ce type de scolarité (pour lequel je n’avais que mépris lorsque, adolescent, je suivais la voie royale C qui m’était présentée comme la seule qui vaille) aurait pu continuer à servir de système de promotion sociale s’il n’avait été détruit par une combinaison durable de malédictions.

Pour ceux d’entre-vous qui fréquentent les lycées classiques, la filière technologique comprend les bacs STI (filières industrielles très anciennement F) et STG (filière tertiaires anciennement STT et il y a très longtemps G). Ces bacs ne sont pas professionnalisant et doivent être suivis d’un BTS ou d’un DUT pour s’intégrer au marché de l’emploi. Je ne parlerai que des STI faute de bien connaître les STG (mais c’est semble-t-il encore pire).

1 De l’image du lycée technique :

En fin de collège les « copsy » et autre CIO véhiculent un message clair : c’est pour les nuls (les super nuls vont en BEP). Ils sont largement encouragés dans cette démarche par les chefs d’établissement des lycées classiques (de centre ville) qui veulent trier leur clientèle en seconde. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à se séparer en fin de seconde de moult brebis égarées et à nous les envoyer : « T’es vraiment trop mauvais pour rester ici, mais y’a de la place en STI chez nos voisins ». Le fait de n’avoir pas suivi les options de détermination en rapport n’est, dans ce cas, pas jugé comme un handicap.

Les médias et l’inconscient collectif (pas celui de Jung, celui de la rumeur) amplifient le phénomène de manière récurrente. Le monde technologique, c’est sale, ça pue, on est en bleu de travail, c’est pour les ouvriers, de toute façon y’aura bientôt plus d’usines en France, en plus au lycée technique, c’est là qu’on met les arabes ! S’il faut arbitrer la rénovation d’un établissement, les régions choisissent en général un lycée classique, le plus souvent sans mauvaise intention, seulement parce que c’est beaucoup moins coûteux (pas d’ateliers et de labos) et aussi (mais là peut-être suis-je perfide ?) parce qu’il y a plus de voix à gagner chez les bobos que dans les milieux modestes.

La conséquence est simple : la qualité et la quantité du recrutement baisse de manière irrémédiable au cours du temps et donc l’attractivité de la filière. C’est un cercle vicieux classique.
Dans un passé pas si lointain, sans doute les années 90, après un bac STI et un BTS on avait accès à un emploi réellement qualifié avec de vraies possibilités d’évolution dans l’entreprise en fonction de son mérite et de sa valeur personnelle (mais là je me lâche et deviens vulgaire ...). Ces diplômes ont été dramatiquement déqualifiés par la baisse continue du niveau. Certains avancent le rôle du chômage dans cette évolution, il était déjà aux environs de 10 % à cette époque, ce me semble donc peu déterminant.

2 De la notation et du processus d’orientation :

Nous avons été bien involontairement complices de la dégradation de notre image par un effet pervers. Pour tenter de rétablir l’attractivité de la filière, et sous l’aimable pression de nos supérieurs, l’évaluation des élèves en cours d’année est devenue de plus en plus laxiste au cours du temps.

De ce fait, le lycée technologique a subi avec une plus grande force, vu son public, la mesure confiant aux familles le choix du passage de première en terminale quelque soit l’avis du conseil de classe. De très nombreux élèves (qui sont tout sauf des abrutis) ont parfaitement compris que la 1ère n’était plus une propédeutique au bac mais un lieu de villégiature plaisant. Régulièrement ils accèdent en terminale avec des moyennes inférieures à 6 ou 7 sur 20 alors que la notation est plus que généreuses. Les prérequis élémentaires ne sont pas acquis, et c’est fort dépourvus que ceux-ci se présentent au bac après avoir regardé passer les trains en terminale.

Qu’à cela ne tienne, à toute difficulté notre système sait répondre. Et là, l’affichage du taux de 80% de réussite a joué son rôle. Ce n’est plus « l’amicale incitation » que j’évoquais précédemment, mais une injonction forte de nos IPR qui a résolu le problème : ils se déplacent régulièrement pour vérifier notre zèle lors de la correction des copies de bac. Gare aux fauteurs de troubles, il suffit en général d’évoquer incidemment une future visite de courtoisie l’année suivante pour que tous rentrent dans le rang !

En complément le discours louable, mais lénifiant lorsqu’il est mal compris, « plus un élève ne doit sortir du système sans un diplôme » a conduit les jurys à donner le bac à tous les redoublants. Je me répète, nos élèves ont parfaitement analysé les failles du système et savent en jouer mieux que quiconque ! Ils viennent pour la plupart de milieux défavorisés et connaissent la musique sociale pour la voir pratiquer par leur famille dans le maquis des dispositifs d’aide et d’insertion, d’association d’assistance etc.

Dans ce contexte, j’ai un peu déraillé avant-hier en conseil de classe de première. On y a prononcé 5 exclusions temporaires, 12 avertissements pour travail insuffisant ou comportement intolérable, un conseil de discipline et je sais que tous ces élèves passeront en terminale. Je me suis un peu (!) fâché parce que les élèves « normaux » venant pour la plupart de milieux modestes ne sont plus en situation d’étudier dans des conditions décentes et que ça, c’est la pire des injustices !

On pourrait aussi parler des trop fameuses commissions d’appel en fin de seconde. Des parents éplorés, soutenus par des associations bienveillantes et deux ou trois profs idéologues encartés plaident la cause de leur rejeton. « Bien sûr qu’il est nul, et en plus odieux. Mais d’un autre côté c’est à cause de la misère sociale (ce qui est souvent vrai). Donc pourquoi ne pourrait-il pas passer en classe supérieure puisque son niveau déplorable n’est que la conséquence de faits externes à lui-même ? ». Naturellement, ils obtiennent satisfaction.

Juste pour vous détendre : l’épreuve théorique de construction au bac STI dure 6 heures (comme à l’agreg) et le sujet fait en général 30 pages (authentique à télécharger sur www.cnr-cmao.ens-cachan.fr). L’honneur est sauf, l’illusion parfaite pour les naïfs.

Bon, nous voilà donc tous titulaires du précieux sésame, à nous les études supérieures !

3 De nos réflexes corporatistes et de leurs conséquences :

Un a parte : pour la première fois de ma carrière, j’enseigne aussi en BTS cette année. Insigne honneur pour le vilain petit canard qui a fait son coming-out depuis bien longtemps et osé assumer un vote au centre droit subissant ainsi l’opprobre généralisée d’une salle des profs scandalisée ... Faut être honnête, sur ce sujet non plus, c’est plus ce que c’était, les temps changent même chez les profs ! Je le regrette un peu c’est moins distrayant.

Revenons à la situation en STS. Je passerai sous un silence pudique la situation des 5 ou 6 étudiants (sur 26) qui semblent venir d’une planète lointaine, ne maîtrisent pas les connaissances élémentaires et plafonnent, par charité, aux environs de 5/20 dans la plupart des matières. Je ne me complaindrai pas sur le gâchis de ressources publiques (aye mes impôts) que représente ce séjour durant 3 ans dans nos murs (et oui, ils redoublent !) et ne pourrai que louer la raison qui veut que, finalement, on ne leur donne pas le BTS. Je ne regretterai pas que ces étudiants n’apprennent finalement à peu près rien faute de comprendre de quoi il retourne.

Mais j’affirme que je suis un peu responsable (et ... pas fier) de ne me pas m’être insurgé et d’avoir laissé s’ouvrir sans protester tant de BTS qu’il y a aujourd’hui plus de places dans ces sections que d’élèves en situation d’y aller. La prétendue sélection sur dossier n’existe plus depuis longtemps. Il faut bien éviter la fermeture de sections faute d’effectifs et ce pour « sauver les postes ». Souvent c’est pour des raisons idéologiques ou bien parce qu’on a un bon pote qui sera touché par la carte scolaire. D’ailleurs, tout est réglé, on accueille désormais en STS les titulaires d’un bac professionnel qui, s’ils ont en général un bon niveau de pratique professionnelle, sont totalement démunis en enseignement scientifique et général. C’est dénaturer ce diplôme qui a été créé pour être terminal et proposer au marché de l’emploi de vrais professionnels, compagnons qualifiés. Il va de soi que les meilleurs ont leur place en STS mais pour la plupart c’est les conduire à la désillusion et à l’échec alors qu’ils ont un métier en main ! Il arrive même qu’en désespoir de cause des élèves NON titulaires du bac soient reçus. Lorsque les collègues font la fine bouche, tout s’arrange en septembre le rectorat impose de nouveaux étudiants : « Votre potentiel d’accueil est de 24, votre effectif de 22, vous ne pouvez pas refuser ces nouveaux arrivants quelque soit leur niveau ».

Je vous laisse juge de ma perplexité lorsqu’hier le conseil de classe de terminale glosait longuement afin de décider s’il fallait attribuer à tel ou tel l’avis « réservé » ou « assez favorable » pour son dossier de demande de STS sachant que tous seraient finalement intégrés ici ou là !

La situation est encore plus odieuse en IUT. A nouveau pour préserver les effectifs, on y reçoit désormais tout élève de STI quelque soit son niveau (ou presque). Afin de maintenir un niveau décent, la pratique consiste à virer les plus mauvais en fin (voire en cours) de première année, libre à eux, après avoir perdu un an, de trouver une STS qui les récupère !

4 De la dérive d’une société qui a laissé faire :

Oui, je suis un peu vieux con moralisateur et j’assume ! Je ne m’habitue pas à voir arriver des ados qui ont un niveau de compréhension de la langue extraordinairement bas. Je vous rassure, dans ces lignes, je fais de mon mieux, dans mes classes j’ai depuis longtemps banni les propositions circonstancielles et les mots de plus de deux syllabes !
Je sais que vous, instits ou profs de collèges, vous n’êtes pas entièrement responsables (en tout cas pas plus que moi …). Mais depuis un ou deux ans c’est vraiment devenu critique, pour certains, ils comprennent moins bien le français que ma nièce de 6 ans. Les mots « donc » et « parce que » n’évoquent rien de particulier, si ce n’est qu’ils font partie du vocabulaire des profs et qu’il est de bon ton de les employer de temps en temps.

N’étant pas irréprochable sur le sujet, je n’aborderai pas le thème de l’orthographe. D’ailleurs dans le contexte, c’est devenu le cadet de mes soucis depuis de nombreuses années.

J’ai surveillé le bac blanc de français et suis resté perplexe sur le sujet « Expliquez la différence entre le je narratif et le moi autobiographique ». Juste, je ne me moquerai pas de mes collèges prof de lettre qui doivent aussi avoir des IPR …Évidemment la littérature c’est utile, c’est bien (au sens moral !) et tout et tout. Mais moi, j’aimerais juste que vous leur appreniez d’abord à parler vaguement français. Pas pour le plaisir, mais parce que j’en ai besoin pour leur apprendre la méca, et qu’accessoirement ça peut être utile dans la vie.

Je ne sais pas d’où est venu le rayon de la mort. En tout cas de très nombreux élèves de 16 à 20 ans sont dans l’incapacité physique (biologique ?) de se concentrer durant plus d’une minute. Il arrive à certains de poser une question et de retourner vaquer à leurs occupations sans écouter la réponse, sans doute ont-ils déjà oublié qu’ils avaient une attente. Beaucoup ressentent une réelle gène s’ils doivent rester assis plus de trente minutes.

Globalement, mes élèves sont plutôt sympas et courtois avec moi. Lorsque je les interroge sur leur absence totale de travail, ils la reconnaissent bien volontiers. Leur niveau d’expression étant pour le moins limité il m’est difficile de saisir les raisons de leur totale démotivation. On ne peut même pas dire qu’ils soient dans un « no future » néo punk. Ils continuent d’avoir des rêves, des aspirations mais espèrent qu’un deus ex machina interviendra au moment fatidique pour les faire aboutir. Ils sont là, posés, en attendant Godot.

Longtemps, j’ai utilisé la pression de relations affectives pour les amener à produire le super minimum syndical. Cette année, ça ne marche même plus, ils me répondent (… en substance naturellement) qu’ils sont désolés de me décevoir, qu’ils comprennent bien ma souffrance de les voir dériver sans réagir, qu’ils perçoivent mon empathie à leur égard et m’en remercient mais que travailler c’est trop dur, la méca c’est trop chiant (faut dire …). Parfois, ils décident de travailler et après dix minutes ils abandonnent. De toute façon, ils sont dépassés par l’ampleur de la tâche, la nécessité de retrouver leurs cours au milieu du foutoir qui leur sert de cartable. C’est même pas une bonne dépression nerveuse au sens pathologique du terme juste un laisser aller permanent érigé en mode de fonctionnement. On ne peut pas dire qu’ils soient tristes, ils se marrent bien et à travers onomatopées et borborygmes semblent même communiquer dans une novlangue qui m’échappe …

On ajoute à ce tableau clinique une consommation considérable de stupéfiants et d’alcool. Je suis haineux à l’endroit de ce petit milieu très Canal + qui présente le shit comme une drogue douce un mode de vie sans lequel on ne saurait être qu’un ringard. Évidemment, lorsqu’on est adulte, intégré socialement, normalement équilibré, un pétard de temps en temps est aussi indifférent qu’un verre de bon vin ou un whisky single malt. Mais ce discours est trop sophistiqué pour mes clients, ils n’en retiennent qu’une chose : t’es trop tarte si tu ne fumes pas et ne picoles pas. Comme c’est plutôt agréable d’être défoncé ou bourré inutile de vous dire dans quel état ils se pointent en cours. Dans mon établissement j’estime à 20 ou 25 % les élèves en SURconsommation. Bouillie de star’ac ou de jeux vidéo dans une tête embrumée de psychotropes …mauvaise limonade.

Pour tout arranger, l'absentéisme sait être parfois extraordinaire : 60 heures en un trimestre hors raisons médicales n’est pas rare. Et bien entendu aucun moyen de pression sur quiconque.

5 Des méthodes pédagogiques :

Ah ! là, je sais que ça risque de vous plaire. Vous vous plaignez sur ce blog, instit, profs de lettre ou de maths du pédagogisme roi. Vous et votre hiérarchie êtes pourtant dans la rubrique « amateurs » sur le sujet. Venez assister à nos grand messes animées par les IPR ou leurs fidèles zélateurs (et porteurs de serviette), vous découvrirez que de grands pas en avant vers l’abîme sont encore possibles dans vos disciplines ! M. Brighelli vous moquez souvent M. Mérieux pour n’avoir jamais réussi l’agreg. Là non plus, nous ne jouons pas dans la même catégorie, mon IPR n’a pas le bac ... Le précèdent s’est fait jeter de l’IUT à la suite d’une grève étudiante contre lui menée ... Je ne parle même pas de ceux qui écorchent allègrement (c’est marrant, mais quand j’écris ce mot je pense à quelqu’un ?) l’orthographe ou la syntaxe dans leurs rapports.

Bon, tout ça, détails. Abordons, un peu le règne de « la pédagogie inductive », la seule à avoir droit de cité chez nous. Pour les plus ignares, c’est très simple : il s’agit juste de procéder tout à l’envers. Dans un premier temps, interdit de faire un cours, on commence tout enseignement par un TP. Les élèves en groupes de 3 à 5 suivent un document (en général ultra long parce qu’il faut bien donner toutes les consignes) et réalisent une expérience en autonomie (dans le vocabulaire consacré une « activité », sur ce coup j’pense toujours à la MJC de mon enfance). A partir des résultats, ils pressentent des conclusions théoriques générales qui peuvent être extrapolées sous la forme de lois ou de théorèmes : une connaissance découverte « s’approprie » aisément (en tout cas ... on le dit). En général, il ne s’agit rien moins que de redécouvrir vite fait la théorie de la gravitation, le principe fondamental de la dynamique, ou les équations de la cinématique du point : les scientifiques du XVIII et XIXème étaient des nains. Par la suite, le prof fait une « synthèse » des illuminations de nos futurs génies en culotte pas si courtes (en moyenne 2 ans de retard).

Dans la pratique, c’est un peu différent. Le matériel de TP est coûteux (et contrairement à la légende, nous sommes assez bien pourvus). Il n’est donc pas possible que les élèves travaillent simultanément sur le même TP. Dans une même séance, 3 ou 4 groupes réalisent donc des travaux sur des thèmes et des matériels distincts. Dans les semaines qui suivent, on tourne.
Au regard de mes propos précédents sur la clientèle (et son état) je vous laisse deviner l’ambiance. Admettons que par un charisme éblouissant (ou au choix : des cris, des menaces de sanctions, ou des exclusions de cours) le niveau sonore reste acceptable, vous imaginez aisément la portée et l’ambition de la réflexion de nos élèves. Dans un bon cas, ils réalisent le TP : pas de souci, il suffit de suivre le mode d’emploi : tourne le bouton 4, recopie les lignes 12 à 15 dans la case ad’hoc, clique ici ou là sur le PC.
Question induction ... faut voir. On fait tracer une courbe qui s’avère être une droite, ils ne savent pas que ça annonce une relation de proportionnalité entre des grandeurs et d’ailleurs ne connaissent que la grande magie du « produit en croix ». Quant à calculer le coefficient directeur afin de le mettre en rapport avec une autre grandeur expérimentale pas besoin de vous expliquer ! Si tout va bien, dans chaque groupe, on en trouve toujours un qui se dévoue et bricole gentiment, les autres recopient une réponse par ci par là et rêvassent ou planent sagement en attendant la sonnerie. Pour ce qui est des conclusions faut en général repasser ! Notons qu’il est interdit de noter les TP pour motiver les troupes puisque « c’est une phase d’acquisition de connaissances et qu’on n’évalue pas un athlète à l’entraînement » !

Vous connaissez tous bien le niveau de lecture et d’expression de nos bambins. Vous pouvez donc mesurer la pertinence d’une méthode qui consiste à leur donner 15 pages à feuilleter pour y trouver l’info permettant d’avancer. Compte tenu de leur extrême motivation vous pouvez facilement imaginer avec quel empressement ils s’y livrent. Concrètement, si on veut que ça tourne vaguement, il faut une doc à suivre linéairement avec un mode d’emploi type recette de cuisine. J’encourage les élèves (même en BTS ...) à cocher en rouge la ligne de consigne qu’ils sont en train de lire. Sinon régulièrement, ils sautent une page ou reviennent une page en arrière et du coup, la manip ou le logiciel fonctionnent souvent moins bien !

Nos IPR ont perçus (récemment d’ailleurs) une difficulté : du fait de la rotation des TP, les séances salvatrices de synthèses sont parfois très éloignées dans le temps de la pratique expérimentales (surtout en cas de vacances scolaires en cours de cycle). La solution est simple : il suffit que tous les élèves travaillent sur le même thème (nommé pompeusement centre d’intérêt, t’imagine ce que ça les intéresse, déjà moi ...) à partir de matériels distincts. La synthèse pourra être réalisée directement derrière le TP. Seul léger handicap (mais que pour le prof donc ...) il faut juste multiplier par 4 ou 5 le nombre de préparations sur chaque sujet. Pour info une doc de TP c’est en général 10 ou 12 pages de papier. Pour tout arranger pas de bouquins dans nos matières et des matériels différents d’un lycée à l’autre donc pas (ou très peu) de possibilité de mutualisation des ressources.

L’injonction la plus récente est l’utilisation de « l’hypermedia ». Il s’agit d’un logiciel (développé par des copains de nos IG et à format propriétaire) qui permet d’intégrer toute la doc, les infos, les consignes, les fichiers, les documents réponses etc. dans un gros truc. A coup de liens internes « l’élève navigue librement, dans une démarche individuelle d’autoformation » qui a, de plus, le mérite d’être « no paper » et donc écologiquement correcte.
Lorsque j’évoquai (à mi mots, je ne suis pas suicidaire) qu’il était délicat de zaper d’une page écran à l’autre en mémorisant les contenus, ou de suivre le mode d’emploi d’un logiciel en basculant d’un écran à l’autre on m’a renvoyé jouer aux billes. Pris d’un accès de courage je demande alors à mon IPR et à un de ses thuriféraires si lorsqu’ils ont pris connaissance du dernier référentiel du BTS Elec après la réforme ils ont lu le document à l’écran ou l’ont imprimé avant usage. Faut dire que je mets la barre très haut sur le coup : 80 pages de délire, il a fallu que je m’y reprenne à deux fois pour découvrir comment s’appelait désormais ma matière donc quels étaient les points qui me concernaient. La réponse laconique et condescendante m’a ramené à une triviale réalité : « Nous l’avons imprimé ! Mais vous et moi ne sommes pas né à l’époque de l’Internet et du PC. Pour les jeunes tout est facile, ils ont grandi avec ! » Cette fois rien à répondre : je suis vieux et tout espoir est vain. Accessoirement, j’ai passé 10 h par jour pendant des années devant un PC pour faire du développement mais j’ai commencé trop tard ça ne m’a pas vacciné. Dans les faits, les mômes se servent du logiciel intégrateur comme d’une console de jeu passent d’un écran à l’autre en regardant vaguement une belle image ou une vidéo. Les clics frénétiques les mènent ici ou là aléatoirement et le temps passe gentiment circulez, y’a rien à voir.

Est-il besoin de dire qu’aucune évaluation sérieuse de ces méthodes pédagogiques n’a jamais été réalisée ? Sans craindre la vindicte hiérarchique, j’ai longtemps résisté. J’ai le souvenir, d’une inspection à la fin de laquelle il m’a été reproché de « tirer les élèves vers le haut » et d’avoir une lecture trop ambitieuse, trop théorique du référentiel. « Le pire c’est qu’ils semblent vous suivre et réussir dans cette démarche. Vous n’êtes pas face à des élèves de S mais de STI. Ils sont destinés à des études sup courtes et vous leur donnez de faux espoirs en leur laissant croire par votre formation qu’ils seront un jour autre chose que des ouvriers …». J’ai bu (vite fait) ma honte (avec une petite cote au comptoir) ! Un été passe et je suis convoqué par le même IPR à une réunion de debriefing après le bac. Sont présentées et commentées les moyennes des notes obtenues par les candidats et ce par établissement. Quelques bons points sont distribués, quelques remarques désobligeantes sur notre excessive sévérité dispensées. Notre conférencier se fige quelques instants et me regarde avant de me foudroyer : « Je le dis pour tous, ces résultats sont à examiner avec circonspection. Certains enseignants obtiennent avec leur classe des résultats largement supérieurs à la moyenne, mais on ne doit pas en tenir compte : ils n’utilisent pas les méthodes pédagogiques recommandées ! ». Et oui, dans ce cas y’a triche … mes élèves avaient obtenus 3 points de plus que la moyenne académique !

Au total, en laissant se liquéfier l’enseignement technique on a privé une partie de la population d’une formation qui permettait d’accéder à un boulot de technicien c'est-à-dire à une profession intermédiaire. Tous ces gens étaient généralement issus de milieux qui ne prédisposent a priori pas à suivre des études longues, conceptuelles et théoriques. Une école fonctionnant idéalement (et c’est loin d’être le cas) ne peut pas tout rattraper. Même si c’est terriblement injuste rien ne remplace une culture familiale qui vous fait vivre au milieu des livres, de la musique, du cinéma d’auteurs, de conversations ne tournant pas exclusivement autour du foot ou du tiercé. Marginalement, les plus forts peuvent franchir cette barrière, mais j’ai, face au réel, remballé mes utopies. Il restait une voie, celle de la filière technologique, celle qui en deux générations pouvait faire passer des quartiers aux beaux quartiers ! Elle a été assassinée par négligence, excès de bons sentiments, slogans remplaçant l’action, idéologie sectaire et poussiéreuse etc. Je suis exaspéré parce que c’était la voie des humbles mais qu’elle représentait un réel espoir pour des personnes mais aussi pour une société !

Un jour je vous parlerai de la violence parce que c’était le sujet du jour mais j’ai plus le goût d’écrire et je ne veux pas plomber l’ambiance plus que je ne l’ai déjà fait si vous avez eu le courage de me lire jusqu’au bout !

Je suis tout vide, je n’ai plus de certitudes, ni même d’idées pour que notre système scolaire (notre pays ?) revienne à la raison. Ne me dénoncez pas, après les élections je ne veux en aucun cas devenir ministre de l’EN, je ne saurais pas par quel bout on attrape un mammouth avant de le ficeler … La seule chose qui me reste à proposer, c’est un slogan de campagne valable pour la plupart de nos candidats : « La farce tranquille ».

Ecrit par : Zorglub | 22 mars 2007

Amis brighelliens,

Pour votre connaissance dans le Monde à paraître, demain vendredi 23 mars 2007 .

L'article de JP BRIGHELLI évoque les violences scolaires.

Ici P . Meirieu, celles de la télévision .

Quelques idées que je partage ...pour le reste !



L'école face à la barbarie consommatrice, par Philippe Meirieu

En France, les débats éducatifs sont trop souvent réduits aux débats sur l'école. Certes, notre histoire y invite : aucun pays plus que le nôtre ne s'est construit avec et sur son système scolaire. Et si nous ne restaurons pas l'espérance dans une institution aujourd'hui largement réduite à une gare de triage, nous devrons faire face, en même temps, à l'explosion de la jeunesse et à la dépression des professeurs.

Quand le fatalisme triomphe et que le découragement s'impose chez ceux qui incarnent l'avenir, il y a de quoi s'inquiéter... Réjouissons-nous donc que la campagne électorale fasse une place aux problèmes scolaires.

Pour autant, nous n'en sommes pas quittes. Le symptôme est là qui insiste et bégaye : inquiétudes sur la baisse de niveau, interrogations sur l'autorité, polémiques sur les responsabilités réciproques des professeurs et des parents, épouvante devant des actes de violence qui échappent à l'entendement. C'est que la question scolaire ne peut être pensée indépendamment de l'organisation même de notre société et, plus précisément, du statut que cette société donne à l'enfance.

Nous sommes face à un phénomène complètement inédit : le caprice, qui n'était qu'une étape du développement individuel de l'enfant, est devenu le principe organisateur de notre développement collectif. Nous savons, en effet, que l'enfant passe toujours par une phase où, installé dans la toute-puissance, il croit pouvoir commander aux êtres et aux choses. Qu'on parle de narcissisme initial ou d'égocentrisme infantile, on souligne toujours le même phénomène : l'enfant, empêtré dans des désirs qu'il ne sait encore ni nommer ni inscrire dans une rencontre avec autrui, est tenté par le passage à l'acte.

L'éducateur devra donc l'accompagner, lui apprendre à ne pas réagir tout de suite par la violence ou la fuite en avant... Pour prendre le temps de s'interroger, d'anticiper, de réfléchir, de métaboliser ses pulsions, de construire sa volonté.

Affaire de pédagogie.

On ne sort pas de l'infantile tout seul : on a besoin de s'inscrire dans des configurations sociales qui donnent sens à l'attente et permettent d'entrevoir, dans les frustrations inévitables, des promesses de satisfactions futures. Affaire jamais bouclée : l'infantile nous talonne dans la maturité et la tentation reste grande, à tous les âges de la vie, d'abolir l'altérité pour se réinstaller, ne serait-ce qu'un moment, sur le trône du tyran.

Aujourd'hui, la machinerie sociale tout entière, loin de fournir des points d'appui à l'enfant pour se dégager de l'infantile, répercute à l'infini le principe dont l'éducation doit justement lui apprendre à se dégager : "Tes pulsions sont des ordres."

Ainsi "la pulsion d'achat" devient-elle le moteur de notre développement économique. La publicité court-circuite toute réflexion et exalte le passage à l'acte immédiat. La télévision zappe plus vite que les téléspectateurs pour les scotcher à l'écran et les empêcher de passer sur une autre chaîne. Le téléphone portable réduit les relations humaines à la gestion de l'injonction immédiate. Tout susurre à l