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24 février 2007

Feminisme ou ordre moral ?

Féminisme ou ordre moral ?


Dans le Monde du 23 février, une certaine Anne Chemin donne un long article sur « Ségolène Royal, féministe revendiquée mais pas icône des militantes » (disponible sur http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-875047,0.html). La photo qui l’illustre nous montre une jeune Ségolène, chargée de mission à l’Elysée en 1983, à l’arrière-plan d’un cadrage de Simone de Beauvoir et d’Yvette Roudy — une manière assez crapuleuse de l’associer à un mouvement auquel, précise l’article, elle ne s’est jamais associée : « J’ai le même âge qu’elle et je ne l’ai jamais vue dans une manifestation sur l’avortement ou les violences, note Suzy Rojtman, la présidente du Collectif national pour les droits des femmes ». C’est tout simple, à l’époque, elle préparait l’ENA, nous explique-t-on…

Ségolène Royal et moi appartenons à la même génération — nous avons en fait 24 heures de différence. Et « à l’époque », je travaillais avec les militant(e)s du MLAC (le Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception, je précise cela pour les plus jeunes qui pourraient croire que la pilule leur est tombée du ciel), tout en préparant l’agrégation. Mais mettons le passé aux orties, ce qui compte, c’est le présent, et même le futur proche — l’échéance présidentielle d’avril-mai…
Quoique… Dans le cours de l’article, Anne Chemin cite Ségolène Royal : « Dans ma famille, le destin des filles était de se marier et de se consacrer à leur foyer… Pour y échapper, je n’avais pas d’autre possibilité que de mériter, par mes notes, le droit d’aller plus loin à chaque étape ». Et Fadela Amara, la présidente de Ni putes ni soumises, à qui on a dû promettre un maroquin (sans jeu de mots ! Après tout, elle est conseillère municipale socialiste à Clermont-Ferrand), d’abonder dans son sens : « Comme elle, beaucoup d’entre nous se sont construites contre l’autorité du père, grâce à l’école ».
Et c’est là que le bât blesse.

D’abord, Ségolène Royal n’a pas exactement grandi dans la cité d’urgence où Fadela Amara survivait avec ses trois sœurs et ses six frères. Mais peu importe : née en 1953, elle a bénéficié à plein d’un système scolaire qui lui a permis de s’en sortir la tête haute — à grand coups de bonnes et de mauvaises notes. À grands coups de par cœur, et de savoirs accumulés. Qui lui a permis de se trouver en mesure de passer l’ENA. Fadela Amara elle-même, qui voulait faire des études de Lettres, a été orientée vers un CAP d’employée de bureau — mais, née en 1964, à l’extrême fin du baby-boom, elle a elle aussi été élevée dans un système qui apprenait encore quelque chose aux enfants — elle a même échappé au collège unique. Que valait un CAP en 1975 ? Bien plus que ne vaut le Bac aujourd’hui, parce qu’un gosse titulaire d’un CAP savait effectivement lire et écrire, et connaissait pas mal de ces fondamentaux dont on nous rebat les oreilles aujourd’hui sous le nom de « socle » : le HCE vient d’inventer l’eau chaude, et suggère d’enseigner à l’école ce qui s’y est toujours enseigné, jusqu’à ce que les amis de Ségolène Royal finissent de casser la machine — et l’ascenseur social par le même coup.

Et elle a mis elle-même la main à la pâte… Elle a été sous-ministre de l’Education de 1997 à 2000, au moment où Philippe Meirieu était conseiller de Claude Allègre… Comme le rappelle l’article, sans un soupçon de distance, elle y a alors instauré la pire chasse aux profs de l’histoire, avec ce qu’il est convenu d’appeler la « circulaire Royal ». Voir le beau livre de Marie-Monique Robin, l’Ecole du soupçon (La Découverte, 2006), sur les dérives abominables de cette circulaire, qui autorisait l’administration, sans prévenir quiconque, à saisir les instances judiciaires sur simple suspicion d’un comportement déviant d’un enseignant — un joli coup qui a permis bien des règlements de comptes. On y apprend que le nombre de cas de pédophilie suspectée est passé d’un coup d’une moyenne de dix par an à plus de cent, sans que jamais le nombre de cas passant en justice ne dépasse cinq (source : l’Autonome de solidarité, cette structure juridique qui permet aux enseignants de se défendre dans tous les litiges). On y apprend que le directeur de cabinet de Mme Royal, à l’époque, était un juriste qui affirma sans rire « préférer voir neuf enseignants innocents en prison qu’un pédophile en liberté » — une conception toute nouvelle du droit. On y apprend enfin que nombre de carrières et de vies ont été brisées (voir http://bernardhanse.canalblog.com/). Quelques affaires d’Outreau plus tard, on se dit que l’ordre moral, quand il prend les allures de la dénonciation McCarthiste, ressemble furieusement à du populisme pétainiste (1).

Alors, quelle école nous donnera demain Ségolène Royal, si elle est élue — elle ou l’un quelconque des candidats qui réclament nos suffrages ? Qui osera reprendre en main l’école de la République, et en refaire une vraie machine à sortir les filles — et les garçons — de leur destin social ou culturel ? Qui, de Ségolène Royal, de Nicolas Sarkozy ou de François Bayrou, est prêt à s’engager à révoquer la loi Jospin de 1989, qui a autorisé les « grands frères », substituts de pères en faillite, à forcer leurs sœurs — et leurs mères — à se voiler ? Liberté d’expression, que de crimes on commet en ton nom !
Mais j’ai déjà parlé, ici même, de ces décrets qui ont permis de laisser voiler des jeunes filles (voir http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/07/index.html, « Pitié pour les filles »), avant qu’un autre gouvernement ne reprenne les choses en main — au grand dam des tous ces libertaires liberticides qui malheureusement s’agitent dans les rangs de la Gauche loukoum d’aujourd’hui.

Nous ne sortirons du marasme scolaire actuel que par le haut, et non par le bas. Ce n’est pas en récitant de façon incantatoire la même antienne, « égalité des chances », que nous produirons cette égalité : c’est en mettant en place l’égalité des droits — et prioritairement le droit à l’instruction. Ce n’est pas en vénérant l’immobilisme syndical (et en matière d’éducation, tout immobilisme est une régression) que nous améliorerons les performances des enfants, du CP au Bac. C’est en repensant les programmes, en comprenant enfin que les recettes qui marchaient il y a trente ans peuvent encore faire de l’usage, c’est en formant à nouveau des maîtres compétents (et non des titulaire de bivalences incertaines, ou des spécialistes de « sciences de l’éducation » qui ignorent tout, et le reste), c’est en remettant à l’honneur l’exigence et la discipline.

Jean-Paul Brighelli

(1) Et ce n’est pas un hasard si, parmi les femmes qui rejettent fortement la candidature de Mme Royal (voir http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/elysee_2007/20070208.OBS1385/100_femmes_jugentsegolene_royal.html), je compte bien des amies, en particulier dans l’édition, où les unes et les autres sentent venir un nouvel ordre moral : ce n’est pas pour rien que certaines notent que Ségolène Royal chasse sur les terres du FN… Téléchargez sur ce site le détail des réponses, ça vaut le coup d’œil. Vous y apprenez ainsi que cette femme qui défend si ardemment les épouses battues ne s’est jamais exprimée dans le débat parlementaire sur le sujet… Et qu’elle a refusé d’être confrontée sur ce sujet, à l’émission Ripostes, à Valérie Pécresse… C’est cela aussi soigner son image : éviter de parler, éviter de dire — éviter le débat quand il vous ferait prendre des risques. Quelle chaîne proposera avant le premier tour un vrai débat Royal / Sarkozy / Bayrou ? Et si elle le fait, qui des trois le refusera ?

Commentaires

Bonjour JPB,

La donne a changé, plutôt que d'enfoncer Ségolène ROYAL , nous nous sommes rassemblés autour de sa candidature. Pourquoi ? Parce-qu'il sera plus aisé de la combattre, à contrario de votre candidat Sarkozy. C'est important pour nous, les oubliés de votre mode privilégié d'existence : l'emploi à vie jusqu'à la retraite 37,5 annuités de cotisations. Nos existences précaires ne nous permettent pas d'attendre 2012 pour une "vraie gauche" toujours hypothétique. URGENCE SOCIALE, URGENCE A GAUCHE !

Quant au débat, nous sommes là, et nous serons avec S.ROYAL au moment où il faudra !

Si d'aventure en cours de campagne, vous fléchissiez votre position en faveur de BAYROU, nous vous adressons cette dépêche AFP.

Les syndicats ne sentent pas "d'effet Bayrou" chez les enseignants

PARIS (AP) - Alors que le candidat à l'élection présidentielle de l'UDF poursuit sa progression dans les sondages, les syndicats d'enseignants ne notent pas un "effet Bayrou" dans les salles de professeurs, mais soulignent que la campagne électorale 2007 passionne les personnels.

"Je ne sais pas s'il y a une entrée spécifique 'enseignants' sur le phénomène Bayrou qu'on peut observer dans l'ensemble de l'opinion publique", estime Gérard Aschieri, le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU, première fédération de l'Education) qui rencontrera le candidat UDF en début de soirée.

"François Bayrou tient des propos plutôt favorables vis-à-vis des enseignants, mais la réaction de ceux qui disent qu'ils pourraient voter pour lui semble surtout liée à la très grande réserve que suscite le côté sécuritaire et ultra-libéral de Nicolas Sarkozy, et au scepticisme vis-à-vis de Ségolène Royal", ajoute-t-il dans un entretien à l'Associated Press.

"On en parle dans les salles des professeurs et les cours de récréation", poursuit M. Aschieri. "Certains se disent: 'pourquoi pas Bayrou comme alternative en troisième homme?'. Mais je me demande si ce n'est pas la même chose dans l'ensemble de l'opinion".

M. Aschieri a été reçu pendant près d'une heure et demie mercredi par François Bayrou à son siège de campagne. "Il nous a redit son attachement à l'Education, sa volonté de la mettre au centre de son projet", a-t-il expliqué à l'AP, qualifiant la discussion "d'intéressante". Pour autant, il ne s'agissait pas "d'auditionner un candidat et de donner des bons points et des mauvais points". Les représentants de la FSU ont insisté, selon lui, sur la nécessité d'une "vraie rupture avec les politiques menées aujourd'hui, en termes de moyens et de réglementations".

La FSU doit être reçue jeudi par le candidat UMP Nicolas Sarkozy. Elle rencontrera par la suite Olivier Besancenot (Ligue communiste révolutionnaire), Dominique Voynet (Verts), José Bové, et Marie-George Buffet (PCF).

"Les enseignants se passionnent pour cette élection et en parlent beaucoup parce que le débat éducatif est présent", note Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUIpp, le principal syndicat des instituteurs.

Quant à un "effet Bayrou", "le fait qu'il ait été ministre de l'Education, enseignant, semble susciter l'intérêt. Mais on a l'impression que le phénomène est moindre dans le premier degré que dans le second, parce que la première initiative qu'il avait prise sur la loi Falloux avait suscité beaucoup plus d'émotion dans le primaire que dans le secondaire".

En 1994, M. Bayrou, alors ministre de l'Education, avait en effet dû faire face à la fronde des personnels de l'enseignement publique et des partisans de la laïcité, avec la réforme de la loi Falloux. Il souhaitait notamment intégrer les enseignants du privé dans l'Education nationale et faire supporter par les collectivités territoriales les investissements immobiliers des écoles privées. Le 24 janvier 1994, au terme de plusieurs journées de défilés, un million de personnes manifestaient à Paris pour défendre l'école publique.

Le secrétaire général de l'UNSA-Education Patrick Gonthier note ainsi une "différence entre ceux qui ont 40-50 ans", et qui gardent en mémoire "le 24 janvier 1994", et "les jeunes qui ne se reconnaissent pas dans les clivages politiques antérieurs et peuvent voir François Bayrou comme une alternative, mais pas plus que dans le reste de la population".

Le secrétaire général du SGEN-CFDT Jean-Luc Villeneuve se dit pour sa part "dubitatif" à propos d'un éventuel effet Bayrou. Pour lui, à part l'épisode de la loi Falloux, "il a été ministre de l'Education pendant de nombreuses années et s'est distingué pour l'essentiel en faisant du surplace, et en faisant du surplace, on ne traumatise pas les personnels. Donc, il n'a pas laissé un souvenir négatif".

Pour le reste, les enseignants parlent "surtout de trois candidats, on voit bien lesquels, mais pas plus ni moins que dans le reste de la population. J'ai surtout l'impression que les personnels se débattent dans des situations très difficiles, attendent des propositions concrètes et ne voient pas venir grand-chose pour le moment, quel que soit le candidat". AP

Bien à vous.

SARKOZY il ne passera pas par moi, je vote socialiste !

RAG 34. Lolo34

Écrit par : Lolo34 | 24 février 2007

Chjer Lolo 34, vous savez bien l'estime que je vous porte…
Mais je ne vois pas comment vous imaginez faire pression sur Ségolène Royal. C'est la plus psycho-rigide des trois.
Quant à Aschieri, il prend ses désirs piuyr des réalités — et je vous rappelle qu'il ne vote pas Ségolène parce qu'elle fera du bien à l'éducation, mais aprce qu'elle fera du bien à sobn syndicat. Dans les salles de profs, selon un récent sondage, 20% des profs voteraient Sarkozy directement (sur des paramètres qui n'ont aps grand-chose à voir avec l'Education stricto sensu), 40% sont actuellmeent tentés par Bayrou, et 25% sont des indéfectibles de Ségolène. Le reste est encore dans l'expectative.
Vous savez bien que les enseignants ont divorcé d'avec le PS à partir de 97-2000 — et le lui ont fait savoir, aussi bien en 2002 qu'en 2005. Je vous renvoie au dernier numéro de Respublica (http://www.gaucherepublicaine.org/?idPage=1&page=accueil&numPage=1&idArticle=935), qui analyse avec une grande finesse ce que peut être aujourd'hui un vote révolutionnaire…
Bien à vous…
JPB

Écrit par : brighelli | 24 février 2007

Vos propos en réponse à mon post ci-dessus ne sont pas contestables puiqu'ils disent les faits rien que les faits !

Toutefois, je suis en désaccord avec votre analyse qui personifie l'opposition droite gauche à une simple affaire de personnes (le syndrome Vème Rép y est pour beaucoup). Ségolène psychorigide, et pourquoi pas Sarkozy bonapartiste (au sens de René Rémond: Histoire des droites en France), apprenti dictateur...

C'est vrai, cela compte, mais juste pour le temps de la présidentielle.

N'oubliez pas : les 7 millions de travailleurs pauvres, les 3 millions de chômeurs, les milions de rmistes, etc, dont la plupart envoient leurs enfants àl'école publique. Je suis persuadé que la facture sociale s'aggravera avec votre candidat !

Permettez moi, cette provocation facile : Qui après tout vous empêche de renoncer à votre statut de fonctionnaire, pour enseigner dans le privé ?

Notre société n'est pas toute entière composée de profs, même si la cheville ouvrière du programme de la candidate socialiste, c'est l'éducation ! Pas comme Sarkozy !

Bref, si vous souhaitez des têtes bien pleines, pensez aussi à remplir les estomacs !

Bien à vous et bon w.e.

Lolo34.

Écrit par : Lolo34 | 24 février 2007

hé oui une élection ou le choix est animalier: une dinde, un requin ou un âne !
lequel choisir ?

Écrit par : pierrot le zygo | 24 février 2007

Pour continuer dans le registre animalier, la micro-société qui s'est ici constituée ne s'est-elle pas choisi un bouc-émissaire en la personne de Ségolène Royal? Comme vous êtes tous de fervents adeptes de René Girard, je livre cette proposition à votre réflexion sans commentaires superflus.

Écrit par : dobolino | 24 février 2007

Ma chère Dobolino, pour reprendre votre image, le bouc émissaire antique n'avait rien fait — c'est même pour ça qu'on pouvait le charger de tous les péchés de la société, puisque seuls les innocents ont bon dos…
Mais en ce qui concerne la Madone des foules, je ne suis pas sûr — voir ma note — que sa responsabilité soit clairement dégagée…
Cela d'ailleurs n'exonère personne, dans le personnel politique qui se présente à nos suffrages. Ils ont, les uns et les autres, un passé sulfureux. Alors, au lieu de ruminer sans cesse les mêmes choses sur le "bilan" (ça me rappelle certaines femmes qui ressortent des années plus tard des histoires dont aucun homme ne se souvient…), convenons de fonder notre vote sur les propositions — et j'attends encore celles de Mme Royal, comme j'attends celles de Bayrou — à venir prochainement, nous dit-on… Ce qui ne nous interdit pas de regarder avec une certaine suspicion le caractère des uns et des autres — parce que ça, ça ne change guère.
En attendant, bon dimanche et bon vin.
JPB

Écrit par : brighelli | 24 février 2007

Sa responsabilité est sa responsabilité mais de là à la charger de tous les maux passés et à venir de la France, à en faire la responsable N° 1 de la démolition de l'Education Nationale...de là à faire de sa non-élection, de son échec, la garantie d'une France merveilleuse et sauvée voguant vers un avenir radieux!
Quant à attendre ses propositions, le programme du PS est voté depuis avant les primaires internes et son Pacte Présidentiel contenant ses propositions sur l'Education Nationale est présenté depuis le 11/02/07 (je sais que la date vous a fait rire). Depuis, tous les jours, des arguments nouveaux viennent renforcer le projet. On peut être ou non en accord, juger le projet irréalisable, préférer celui de Nicolas Sarkozy... Une certitude, que l'un ou l'autre soit élu, nous resterons en démocratie et, encore et toujours, avec la constitution de la Cinquième République. Quant à la promesse faite par les socialistes de ne pas utiliser le 49-3 et le vote bloqué, on peut y croire avec une bonne dose de naïveté, une méconnaissance de la pulsion de pouvoir. Je n'ai plus aucune illusion sur ce sujet depuis 1982.
Pour le reste, étant en phase totale avec les arguments de vote énoncés notamment par Pat et Lolo34, je ne vais pas les répéter.

Écrit par : dobolino | 24 février 2007

Bonjour et bons appétits.
Ceci est un Hors sujet :
que pensez vous de ceci ?
http://www.commentonfait.fr/index.asp

Pour ma part je trouve l'initiative intéressante, très, et l'espère concluante.

Écrit par : Déparage | 24 février 2007

Formidable texte, Jean-Paul, qui rafraîchit la mémoire à ceux qui essaieraient de faire oublier la collusion Allègre-Royal-Meirieu!

Écrit par : Jean | 24 février 2007

"hé oui une élection ou le choix est animalier: une dinde, un requin ou un âne !
lequel choisir ?"

Ecrit par : pierrot le zygo | 24 février 2007

Ne pas oublier le quatrième, le pitt-bull! En tous cas, Sarkozy ne passera pas par moi! On pourrait résumer du même coup son programme électoral et le coût dans lequel il prétend le cantonner: "demain, je me rase gratis".

Écrit par : Christophe Sibille | 24 février 2007

Franchement, la Royale, elle me fait peur.

Le féminisme oui, le féminisme qui finit par émasculer et tremper dans le puritanisme, il en est hors de question. Je vais finir par trouver mon curé de paroisse violemment progressiste à ce train-là.

Pour Sarkosy, heu, j'ai du mal.


Je me demande si je ne vais pas me reconvertir.

Écrit par : Ordrade | 24 février 2007

Brighelli est un type bien.
Son travail est de salubrité publique.
Mais que de naïfs, ici. C'est pitié, cette crédulité bonasse, à la mode lolo 34, dobolino, sibille et tutti quanti, qui permet de croire que l'élection d'un socialiste aura quelques effets bénéfiques sur la situation des millions de travailleurs pauvres, des chômeurs, des bénéficiaires des minima sociaux,...
Je vais dessiller les yeux de quelques uns.
On parlera : 1) du parti socialiste
2) de Ségolène Royal

1) Le parti socialiste et ses apports à l'émancipation du peuple .

Un peu d'histoire. Foin de rhétorique et passons à l'essentiel.
Les grands malheurs collectifs que l'histoire avec sa grande hache a fait subir à notre peuple. On ne remonte pas à l'antédiluvien, mais au début du XX° siècle et à la naissance du parti socialiste.
Des grands malheurs, j'en vois quatre:
A. La 1° guerre mondiale
1,4 millions de morts en France, 10 °/° de la population active masculine. La France transformée en nation de veuves.
Et les socialistes dans tout ça, me direz-vous. Nous y voilà!
Le parti avait à peine 9 ans d'âge quand la guerre éclate, 2 ans de plus que l'âge de raison. On aurait pu croire qu'il fasse le choix de l'alliance fraternelle des peuples. Tu parles, il n'a pas fallu plus d'un mois pour opérer la volte-face et se ranger à l'union sacrée! Pire, toute la guerre a été conduite par eux et les radicaux.
B. Le fascisme en Europe.
Lever de rideau: Espagne 1936. L'aviation allemande à la manoeuvre. Il ne suffisait de pas grand chose pour tout stoper là. Un peu de DCA dans les pyrénnées. On pouvait y croire, Jules Guesdes avait passer le relais à Léon BLum.
Que croyez-vous qu'ilse passa ? Rien. On a regardé passer la Lutwafe comme s'il s'agissait de la patrouille de France à un e fête nationale. Le résultat: inutile de m'étendre . 20 millions de morts.
C. La crise algérienne.
Chouette, en 1956, Jules Guesde et Léon Blum ne sont plus là, mais le parti socialiste toujours avec le professeur Guy Mollet. On va voir ce qu'on va voir. l'occasion est trop bonne de montrer au monde ce qu'est une politique socialiste. L'Algérie fera l'affaire. Résultat: la France à deux doigts de la guerre civile ( merci Charles De Gaulle, sans vous, on y avait droit) et l'Algérie abandonné à l'islamisme.
D. La paupérisation du peuple et la destruction de l'école.
1981. Fini, les grand malheurs et le pays pris dans des évènements de dimension internationale. Les pauvres socialistes étaient dépassés, certes mais maintenant l'horizoon mondial est apaisé. On va pouvoir enfin CHANGE LA VIE. Notre homme sera François Mitterrand.
Résultat: toute une série de mesures concrètes comme la fin du contrôle d'Etat sur les prix du commerce et de l'industrie, la désindexation des salaires, la fin de l'échelle mobile, et j'en passe. Vaste mouvement de transfert des richesses nationales des revenus du travail vers les revenus du capital.
Ouverture aux marchés financiers de secteurs entiers qui jusque là y échappait: radio et télévision, en premier lieu.
Education nationale livrée pieds et main liés aux tenants de doctrine psychologisantes d'après lesquelles les enfants construisent eux-mêmes leur propre savoir.
Résultat: pauvreté et ignorance chez le peuple.

Conclusion générale de la partie 1 . Dans les quelques funestes rendez-vous que le pauvre peuple de France a avec le malheur, le parti socialiste est toujours là.
Ce parti est un oiseau de malheur. C'est congénital. Il est né de la lâcheté, dans la lâcheté et par la lâcheté. Son oeuvre et son apport à l'histoire de france est une suite d'abominations.
Voilà ce que tout homme ou femme de gauche doit savoir.
Je suis de gauche, de toute les fibres de mon cerveau, et il ne m'est jamais venu à l'esprit de voter socialiste, jamais!
Pour autant, naturellement, le vote de droite me semblait parfaitement incongrue.
Mesdames et messieurs, il faut maintenant évoquer Ségolène Royal. Je vais revenir à vous dans quelques instants pour parler d'elle.
D'ores et déjà, je peux vous dire qu'il n'y aura pas d'autres votes de GAUCHE possible que le vote Nicolas Sarkosy, François Bayrou ou Jean- Marie Le Pen car , sans diaboliser cette femme, il est possible d'envisager un terrifiant avenir si par malheur, le peuple français la choisissait. La catastrophe s'abattra d'abors sur l'école.
A tout à l'heure.

Écrit par : emh | 24 février 2007

Votre texte est une bonne piqûre de rappel, JPB.
Lorsque vous parlez de MacCarthisme et que S.Royal appelle de ses voeux des "jurys populaires", on se dit qu'il faudrait que les gens réfléchissent un peu avant de lui donner le pouvoir . Les "jurys populaires" en doublon de nos institutions ou pour mieux s'y substituer, en prétextant la démocratie directe pour mieux imposer la pensée dominante, me paraissent des trompe-l'oeil dangereux. Par moments, je me dis que d'avoir été en opposition pendant des années contre sa hiérarchie directe ou indirecte, contre les collègues faiseurs de projets ludiques, pour défendre la transmission des savoirs à une époque où ce n'était pas de mode, fait que n'importe quel projet démagogique qu'il soit pédagogique ou politique, qui joue de l'interaction et de la participation directe me paraît d'emblée devoir être examiné sous toutes les coutures et tenu à distance.
A quand une élection présidentielle au suffrage indirect qui nous éviterait les débat pathétiques où nous sommes embourbés? Rocard, ce matin, sur France-Culture , et à ce sujet, a reconnu ses erreurs passées avec beaucoup d'intelligence comme à son habitude. Mais me voilà partiellement hors-sujet. Le droit des femmes? Cela n'a pas l'air de l'occuper beaucoup, S.Royal, si, comme faux argument pour jouer les victimes d'un machisme qui l'empêcherait d'être élue.
Et c'est dommage car la condition des femmes en France n'est pas aussi bonne que cela. Bien des combats ont cessé. Et les élèves de nos classes sont un bon indicateur à mon avis. Depuis quelques années les jeunes filles qui rédigent des rédactions dans mes cours ne semblent plus avoir des aspirations d'autonomie aussi importantes qu'avant. Le rêve de "la fille à marier" n'a jamais été aussi vif dans les copies que je ramasse. Alors que dans le même temps, on n'a jamais vu autant de femmes se retrouvant seules pour élever leurs enfants dans des conditions matérielles difficiles.
Avec ou plutôt à partir de Molière, je fais ce que je peux pour développer leur esprit critique mais bon...

Écrit par : Thalie | 24 février 2007

emh a enjambé allègrement Pierre Mendès-France et l'Indochine. Un peu ennuyeux ce Mendès France...

Écrit par : dobolino | 24 février 2007

Essayons de poser calmement les enjeux de cette catastrophique alternative qui est devant nous : d'un côté le Sarkozy, dangereux pour le modèle social français, communautariste, bushiste, favorable à la discrimination positive et à une révision de la loi de 1905 : comme dirait Cyrano, non merci. D'un autre côté, Ségolène, dangereuse pour l'école et les humanités, favorable à l'encadrement militaire des délinquants et aux 35 h pour les profs, familialiste, décentralisatrice, nourrie de catholicisme social, obsédée par les petites culottes et les enseignants pédophiles, et dont les "jurys citoyens" ont de quoi faire frémir toute personne un tant soit peu attachée à la démocratie représentative. Non merci, itou.
Une fois éliminés les candidats racistes, xénophobes et homophobes (je ne vous fais pas de dessin), il me semble qu'il reste assez de gens honorables et intéressants pour qui voter au 1er tour, en fonction de sa sensibilité comme disaient jadis les camarades du PSU ;-)
Post scriptum (je préfère l'écrire en entier pour éviter les malentendus) : dans le dernier ELLE -- ben oui... -- une excellente ITW du psychanalyste et romancier Michel Schneider, qui analyse très finement en quoi le rêve de Mme Royal est celui d'une société asexuée, -- elle pour qui l'homme est toujours assimilé à un agresseur (pornographie,violences conjugales ou pas, prostitution, pédophilie...), ce qui pose sérieusement problème : pour Michel Schneider, le projet de SR vise inconsciemment à éliminer le masculin, donné a priori comme nuisible, pour "lisser" une société qui serait alors sans conflits, régie comme une grande famille, -- voire un grand gynécée, ou une grande patrouille de guidouilles, rajouterai-je malignement. Non merci !

Écrit par : FGuichard | 24 février 2007

En parlant de Mendes-France, emh, vous êtes certain de ne pas avoir un peu confondu socialiste et juif? D'habitude, ce sont ces derniers qui sont accusés d'être les grands responsables de tous les maux de la terre?

Écrit par : dobolino | 24 février 2007

Chère dobolino, j'espère que dans l'exercice de votre métier de vétérinaire, vous ne confondez jamais les carpes et les lapins.
Je ne vois pas pourquoi tout d'un coup vous me parlez de Mendes quand j'explique ce qu'est le parti socialiste.
Mendes-france n'a jamais , au grand jamais, ne serait-ce qu'une seule journée, été membre du parti socialiste.

Écrit par : emh | 24 février 2007

Chère dobolino, j'espère que dans l'exercice de votre métier de vétérinaire, vous ne confondez jamais les carpes et les lapins.
Je ne vois pas pourquoi tout d'un coup vous me parlez de Mendes quand j'explique ce qu'est le parti socialiste.
Mendes-france n'a jamais , au grand jamais, ne serait-ce qu'une seule journée, été membre du parti socialiste.

Ecrit par : emh | 24 février 2007

Il n'en a pas été membre mais les a régulièrement soutenu et a travaillé avec eux de nombreuses fois au cours de sa carrière. Il leur était franchement favorable face à De Gaulle notamment.
Quant à vos explications sur ce qu'est le PS, on pourrait les retourner pour les enfiler à quasi n'importe quel parti politique non-extrémiste.

Écrit par : dobolino | 24 février 2007

Chère dobolino,
vous me comprenez mal; je n'accuse pas les socialistes d'être les grands responsables des malheurs de la terre.
Je dis seulement qu'ils sont toujours là, et en bonne place, quand le malheur arrive. Naturellement, ils ne sont pas seuls.

Il est tout simplement d'une naïveté sidérente de penser, ne serait-ce qu'une seconde, que l'élection de Ségolène Royal ou de quelque socialiste que ce soit, pourra améliorer la condition des démunis dans ce pays.
Quand à son élection, elle amènera une terrible régression dans le champ de la liberté des moeurs et des politiques scolaires.

Écrit par : emh | 24 février 2007

Vous jugez que c'est d'une sidérante naïveté et c'est votre idée. Je suis, pour ma part, certaine que la situation sera moins pire (je ne dis pas meilleure car ce serait naïveté) pour les démunis. Après, jouent les préoccupations des électeurs et le suffrage universel.
Quoiqu'il en soit, la marge de manœuvre est extrêmement étroite.

Écrit par : dobolino | 24 février 2007

Question à LOLO:
Quell est la représentativité des syndicats cités?
Les syndicalistes prêchent toujours, et rien que, pour leur paroisse, or ils sont les premiers complices de cette catastrophe humanitaire qui condamne les enfants à l'échec scolaire, la société au déclin, nos arrières petits-enfants à l'endettement et la France à l'insignifiance.

Typiquement français, ça. La piétaille ne compte pas, les caciques parlent pour le peuple. C'est 1788, la caste qui usurpe le pouvoir a juste changé de nom: ENArcho-syndicaliste.


De toutes façons aucun n'étant de droite,comme le dit si bien emh (UMP est à la gauche du centre sur l'échiquier international des partis ), on va avoir un duel Bayrou-Sarko, au second tour et ce sera le tsunami que mérite une gauche irréformable et fossilisée dans son conservatisme. Cinquante ans apres Bad Goderberg!!! Waou! Quel engagement pour la modernité, avec Jospin le trotskyste et la Mère Emptoire des Trente-cinq heures.

Sarkou et Bayro doivent se frotter les mains.

Le PS et ses affidés, tous ces orphelins de la cause du peuple et de l'horizon insurpassable de l'humanité ( avec une minusule), qui s'empoignent pour être calife, mais sucent les mêmes mammelles idéologiques, auront enfin à rendre des comptes à une population qu'ils continuent depuis 89 à rouler dans la farine. C'est Marx, dans une lettre célèbre à Engels, qui a le premier parlé de ces idiots utiles que Lénine a repris à son compte. C'est ça la continuité!

Quant à l'obsession anti-américaine, elle est avec l'antisémitisme ce " socialisme des imbéciles" dont August Bebel parlait en connaissance de cause.
Ces deux pathologies elles-aussi se nourrissent aux mêmes mammelles: la bourgeoisophobie, la culture de la haine, du soupçon et du ressentiment, ( sounds familiar?),

mais certainement pas au .... milk of human kindness.

Écrit par : Cadichon | 24 février 2007

Je souscris presque intégralement à votre analyse, FGuichard... Je dirai: hélas. Et emh, qui me traite de "naïf", n'a pas dû très bien me lire jusqu'à présent.
J'ai eu l'occasion de monter au front contre Royal lors de l'affaire "Jean Zay", à Châteauroux, à l'occasion de laquelle un instit avait failli être viré et accusé de pédophilie. Cet évènement avait donné lieu à un reportage dans l'émission: "cas d'école", avec Elisabeth Martichoux, sur la 5è, au cours de laquelle j'avais pris position en direct, (assez violemment) contre l'action pernicieuse de celle qui était alors ministre déléguée.

Écrit par : Christophe Sibille | 24 février 2007

franchement favorable...face à De Gaulle!
Le seul homme politique français, je dis bien le seul, qui par la puissance de sa volonté a su changer le cours de l'histoire.
Le pire chez les lâches, c'est qu'ils accompagnent le mouvement, toujours dans le sens du vent.
Que voulez-vous, je n'y puis rien si le parti socialiste est un parti vélléitaire.
Imaginons que le PS soit un élève! Sur le bulletin trimestriel, j'écrirais à chaque fois: " Des vélléités. Aucune volonté "
Moi, homme de gauche, jusqu'au profond de ma moelle, reconnait au Général de Gaulle, la force de changer le cours de l'histoire et d'aimer son pays. J'imagine que vous faites allusion à 1958 et à toutes les lopettes qui, sans lui, nous menaient à la guerre civile.
c'est quand Mendes-France a soutenu les socialistes qu'il a déraillé. Et le meeting de Charletty, ah quelle incroyable farce! Ces révolutionnaires en peau de lapin qui auraient pris la poudre d'escampette au premier coup de fusil et qui s'imaginaient que le Pouvoir était à prendre. J'en ris encore.
Vous voulez que je vous dise pourquoi les pauvres seront encore plus pauvres après l'élection d'ujn socialiste. C'est simple , s'attaquer à la paupérisation en France aujourd'hui, c'est prendre de front le fonctionnement de l'économie capitaliste. Pour arriver à ne serait-ce que déplacer d'un iota les rouages de cette mécanique, il faut un courage politique que les hommes ont une fois tout les deux siècles. Depuis Lénine et octobre 17, rien de sérieux n'a été tenté dans cet ordre de chose.
Et ce n'est pas demain la veille, qu'un nouveau Lénine montrera le bout de son nez.
Et de grâce, ne venez pas me parler du SMIC à 1500 euros.
Rien de plus con que cette promesse. La lutte contre la paupérisation doit nécessairement être prise par deux bouts: les salaires et les prix.
Vous n'en avez pas eu assez de la création des allocations logements pour les étudiants décidés par Jospin. Quel salaud, celui-là. On donne une alloc aux étuduiants en leur disant que c'est toujours ça. Le lendemain, les propriétaires répercutent et augmentent les loyers d'autant.
SMIC à 1500 euros ET blocage immédiat des prix.
Là, oui, on commence à devenir sérieux. Le reste, c'est une vaste blague, un piège à gogos.
Je m'éloigne de Ségolène Royal, celle qui en plus d'être socialiste, se distingue de ces camarades par le sang qu'elle a sur les mains. Le sang des professeurs suicidés après avoir été accusés , à tort, de coucheries ou d'attouchements.
Ce sang, elle le portera longtemps, et je suis sûr que dans une cinquantaine d'années quand la société fera le bilan de ces années de folie, des voix s'élèveront pour faire juger Ségolène Royal comme principale instigatrice et responsable de ces souffrance et ses morts innombrables.
Il n'est pas impossible que les plus jeunes d'entre nous assistent à la compuration de la vieillarde Ségolène devant une cour d'assise pour qu'elle réponde de ses obsessions anti pédophiliques qui ont conduit des braves gens, par dizaines, à la mort

Écrit par : emh | 24 février 2007

Je continue dans le registre animalier, qui semble avoir plu à quelques -uns.

A propos de notre sainte Blandine, notre madone des sleepings (toujours aussi mal habillée, on a envie de se cotiser pour lui offrir des fringues un peu moins étriquées), dont les "cent questions " ont apparemment séduit les "couch potatoes", Yann Arthus-Bertrand a rappelé que "dans la nature, les éléphants sont toujours dirigés par une femelle."

Pour en rajouter une couche, il a ajouté : "Ils étaient un peu perdus, il est normal qu'ils aient retrouvé Ségolène Royal".

Il y a des éléphants à qui la reconnaissance si clairement évoquée de leur soumission à la matriarque n'a pas dû plaire ! D'ici à ce qu'il subisse le même sort qu'Arnaud Monteboug disant que le problème de Ségolène, c'est Hollande !
Yann me déçoit : il est meilleur fotografe que psychologue.

Qu'en pensez-vous, Dobolino ? Avez-vous eu l'occasion d'euthanasier des éléphants ?

Anne-Marie.

PS. Vous pouvez remarquer que je commence à me recycler pour un éventuel ministère de Frackowiak : il est sûr qu'il fera simplifier l'ortografe.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 24 février 2007

Lire Mme Valette fait peur
Ses propos sont humiliants, diffamants, blessants.
J'ose encore croire qu'elle ne parviendra jamais à influencer certains candidats ou décideurs et qu'au final elle parviendra à desservir ses prédicateurs ou gourous qui se reconnaîtront.
Comment peut-elle elle se permettre de déverser une telle haine?
Quelques leçons de civilité et de respect lui feraient le plus grand bien.

Écrit par : Yves | 24 février 2007

Yves , avec qui je ne suis jamais d'accord, je dois vous dire que là je suis d'accord, avec votre 1ère phrase uniquement.
C'est la grossièreté gratuite qui me choque tout comme le fait d'appeler "le nain" qui l'on sait ou d'user d'un bestiaire pour nommer les candidats. Aucun argument, de l'insulte.
C'est bien ce que je disais tout- à- l'heure. Il faudrait vraiment une élection présidentielle à suffrage indirect. Certains français qui vilipendent les médias sont exactement à leur image. Et malheureusement une partie des enseignants ne relève guère le niveau...

Écrit par : Thalie | 24 février 2007

Vous croyez, Yves? Anne-Marie Valette est pourtant un modèle pour beaucoup des participants à ce blog! Et son humour, aaaah, son humour! N'y a t-il pas de quoi se pâmer?

Écrit par : Christophe Sibille | 24 février 2007

Cher Jean-Paul,

J'ai l'impression qu'à l'instar de Max Gallo, vous être en train d'être mené en bateau...
J'espère pour vous que vous n'aurez pas trop la gueule de bois comme Emmanuel Todd un certain 26 novembre 1995.

Je crois que votre ami Marc Le Bris fait un meilleur choix.

Toute mon amitié.

Écrit par : David | 24 février 2007

En 36, il me semble que si Blum n'a rien fait officiellement pour soutenir les républicains espagnols, c'est parce que ses alliés radicaux s'y sont opposés. Et discrètement, avec son ministre de la guerre, Vincent Auriol, il a fait passer quelques armes, non ?

Quant à Schneider, pour avoir lu quelques "bonnes feuilles" de son livre, je ne suis pas sûr qu'il faille parler de finesse. Analyse proche de celle de Zemmour dans "Le Premier Sexe". Brillant. Nostalgique. C'était tellement mieux quand les femmes étaient à la maison.

Écrit par : Pat | 25 février 2007

"Je crois que votre ami Marc Le Bris fait un meilleur choix", dit David D.
Etes-vous bien certain du choix de Marc Le Bris, mon cher ? Ou du mien ?
Encore une fois (c'est une vraie malédiction dans ce pays) nous allons voter "contre". Pas "pour". Il n'y a personne de très enthousiasmant, non ?
Ces élections nous infantilisent. On en est à savoir ce que l'on n'aime pas, mais on paraît bien incapable de savoir ce que l'on aimerait.
Faisons le portrait du candidat idél : un individu qui ait des tripes, quelques convicions réellement républicaines, un sens affûté des urgences, un peu de charisme ne nuirait pas. Quelqu'un qui saurait faire passer le "blood, sweat and tears" que ne manquera pas de produire la période à venir, vu les questions en suspens, de la dette publique aux retraites impayables en passant par une éducation en déliquescence avancée. Un Churchill français, capable de parler aux futurs dirigeants mondiaux de demain, qu'ils soient russes ou chinois (je ne pense pas que les Américains seront encore un facteur décisif dans deux ans, avec la crise économique qu'ils se mijotent — et qu'ils nous donneront, en bons camarades atlantistes — ce sera même le dernier legs de la carrière mortifère de Bush…). Homme ou femme, je m'en tape — j'ai déjà dit que j'aurais voté des deux mains pour Elisabeth Ière, Christine de Suède ou la Grande Catherine.
Vous voyez, mon cher David, en l'état, je ne trouve pas mon bonheur… Alors, nous tâcherons, le suns et les autres, de voter pour le moins pire, ou le plus prévisible — parce que ce sera encore ceux avec lesquels nous arriverons à discuter…
Quant à Marc Le Bris, je me ferai un plaisir de vous mettre en contact avec lui, il vous expliquera deux ou trois choses…
JPB

Écrit par : brighelli | 25 février 2007

Non mais je rêve....C'est quoi le "modèle social français"? à part offir au monde le modèle du plus calamiteux échec, de tout ce qu'il ne faut pas faire, et placer la France en tête du palmarès pour le chômage, la dette publique, l'obésité de l'état , la fuite des cerveaux et des capitaux, les morts par canicule ou sur la route, ...et je ne vous parle pas de l'école.

Tiens, petit cadeau en prime:la canicule me rappelle une jolie formule du regretté Revel.
"Depuis le temps que la France "rayonne", je me demande, comment l'humanité tout entière n'est pas morte d'insolation".

Ou encore celle-ci:En 54, Sartre rentre d'URSS et publie une série d'articles où il vante les charmes de la liberté au paradis soviétique, admirable patrie du socialisme "réel". Pour faire passer la bourde quand même un peu Hénaurme (clin d'oeil à A-M Valette, je m'y mets) , ses thuriféraires ( et par charité je tairai leur nom) ont mis ses divagations sur le compte d'une santé chancelante.
Revel placide pose alors la question qui tue, et que nous rappelle Pierre Boncenne:(Pour JF Revel, Plon, page 125)
"Imagine-t-on Newton affirmant que la Terre est plate parce qu'il a une crise de foie?"

Je ris sous cape en imaginant ce qu'il écrirait sur Ste Nunuche et son troupeau de brontosaures et me console avec Nicolas Canteloup.

Écrit par : Cadichon | 25 février 2007

Oui, vous avez certainement raison, Cadichon, les imitateurs, en général, passent pour être extrêmement politisés!
Cadichon, (et Jean-Paul), que pensez-vous, puisqu'on parle beaucoup de crise économique et de dette publique, des 10% du PIB qui sont passés, en quelques années, des salaires au capital?

Écrit par : Christophe Sibille | 25 février 2007

Moi aussi, je rêve. Cher Yves, si je vous fais peur, c'est que vous êtes bien jeune, tant mieux pour vous, et que la vie vous a bien épargné.

Vous me prêtez un pouvoir qu'hélas je n'ai pas. Tout ce que j'ai pu faire, c'est persuader quelques dizaines de personnes d'apprendre à lire à leur enfant avant le CP, et d'apprendre à lire en parallèle au CP avec des méthodes alphabétiques. Et faire prendre conscience que le désastre de l'EN est un problème crucial pour l'avenir de notre pays. (Lisez la "fabrique")

Quant à ma "haine", je ne fais que répertorier quelques noms d'oiseaux que j'ai lu ou entendu ici et là.

"hé oui une élection ou le choix est animalier: une dinde, un requin ou un âne !"

Vous ne faites que survoler le blog, ce n'est pas moi qui ai mis celà.

Christophe ne fait que se venger à longueur de blog de s'être fait étriller sur le forum lire-ecrire, et aime me prendre comme bouc-émissaire, alors que je m'en prends rarement à lui sur ce blog.

Je reconnais que ces diatribes ne font pas avancer les choses, je ne le ferai plus.

Excusez-moi, Dobolino et Jean-Paul.

Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 25 février 2007

Vu d'Amérique Latine- centrale pour les Trissotins- ce débat est surréaliste. Tenez, au Chili, pays pourtant réputé pour son machisme poilumilitaire, Michelle Bachelet est en train de réformer lentement mais sûrement le société chilienne. Elle n'arbore pas de tenues grand couturier, elle a quelque chose d'Allemand sain, "Birkenstock-Deutsche" pour ceux qui savent.

Et en quoi le fait d'être une femme changerait quoi que ce soit, en France, qui de toutes façons est en train de devenir une des sociétés les plus rétrogrades du monde, au fait que les personnages politiques sont en total découplage avec le peuple, et que, encore une fois, Weimar n'est pas loin? Assurément rien.

Une femme peut être une lumière ou une conne. Comme un type. Point. Je voterai Bayrou, non que j'éprouve la moindre sympathie pour François la Bredouille, mais je veux plomber la gauche, pour laquelle je vote avec constance depuis des lustres. la plomber et qu'elle crève, tant elle a exsudé le mépris pour ses fidèles. Alors peu me chaut, comme on dit dans un frigo, qu'il s'agisse d'une femme, d'un homme, d'un phoque, d'une tourniquette à faire la vinaigrette qui représente la gauche. Le problème n'est pas le contenant, mais le contenu. Caramba!!!!!

Écrit par : montaigneàcheval | 25 février 2007

Cher Jean-Paul,

Effectivement, je ne suis sûr de rien. Mais tout de même, il y a quelques indices. Et le fait que vous vous disiez contraint de voter "contre" en donne un supplémentaire.... Mais c'est au deuxième tour qu'on élimine. Les discours de Nicolas Sarkozy, il m'arrive de les écouter sur internet. J'ai l'impression de les connaître par coeur. j'ai entendu les mêmes successivement dans les bouches de Philippe Séguin en 92, Jacques Chirac en 95, Charles Pasqua en 99. C'est normal, c'est à chaque fois le même personnage qui les écrit : Henri Guaino.
J'ai même écouté le discours d'Angers. Il y était d'autant plus brillant qu'on y comprenait qu'il avait lu de bons livres....
Mais le programme éducatif de l'UMP est assez différent du discours d'Angers. Tout comme les discours de Périgueux et d'Agen sur la République et la question sociale sont fort éloignés des programmes économiques et sociaux concoctés par François Fillon. Il y a le discours pour se faire élire à coup sûr : thémathique républicaine, sociale et nationale, et il y a le programme réellement appliqué, thématique pseudo-moderniste, malthusienne et européiste.

Quant à Marc le Bris, je serais heureux que vous me mettiez en contact avec lui. Mais certains indices me montrent que lui n'a pas seulement décidé d'éliminer au deuxième tour mais de choisir au premier. Si, toutefois, le système inique des parrainages publics lui en laisse le loisir.

Je ne pense pas que j'aie été trop vite en besogne puisque j'avais utilisé "j'ai l'impression" et "je crois" devant mes subordonnées conjonctives, mais si j'ai été trop imprudent je vous prie tout deux de bien vouloir m'en excuser.

Écrit par : David | 25 février 2007

Sondage et pronostic
Alors pour être tout à fait clair
Qui votera pour qui?
Ce n'est pas très clair. On arrive à percevoir ceux qui seront rejetés ou évincés mais les élus de l'isoloir c'est plus difficile.
Alors pour qui vont voter Brighelli, Le Bris, Sibille, Cadichon, Dodolino, Catmano, Valette etc .. ? Les paris sont ouverts
Moi ce sera pour Ségolène Royal

Écrit par : Yves | 25 février 2007

Sur les perspectives de la France, un article fort intéressant du Spiegel online, qui contredit plutôt les analyses pessimistes et qui, curieusement, n'a pas été repris, à ma connaissance, par la presse française (en allemand).

http://www.spiegel.de/wirtschaft/0,1518,467074,00.html

Écrit par : Meles | 25 février 2007

Alors pour qui vont voter Brighelli, Le Bris, Sibille, Cadichon, Dodolino, Catmano, Valette etc .. ? Les paris sont ouverts

Ecrit par : Yves | 25 février 2007

Alors là, Yves, vous avez du apprendre à lire par méthode globale! Vous devez bien être le seul ici à ne pas savoir pour qui je vote...

Écrit par : dobolino | 25 février 2007

Meles, je ne crois pas tellement à cette analyse optimiste : la natalité en France est certes plus importante que celle en Allemagne, mais dans les recensements, est-il tenu compte de l'apport de l'immigration ?

Tout racisme mis à part, la natalité chez nos immigrés est très importante, et j'ai du mal à croire que la France sera un pays prépondérant en Europe, surpassant la suprématie actuelle de l'Allemagne vers l'année 2035, surtout sur le plan économique.

Je crois plutôt à une émergence des pays asiatiques, Inde, Chine, Malaisie, où l'Europe n'aurait plus qu'un rôle secondaire. Surtout si elle s'aligne sur la France, par exemple pour l'Education nationale, en Allemagne, je crois savoir que ce n'est guère brillant.

Ainsi, les USA se tournent résolument vers l'Asie. Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent.

Peut-être Cadichon pourra-t-il dire si je dis des bêtises ?

Dobolino, je voterai pour quelqu'un qui fera un geste fort pour l'EN.
Bayrou me semble bien mou, quand sa seule phrase sur l'EN consiste à dire que les enfants en échec scolaire le sont "parce qu'ils sont mal dans leur vie." Qu'est-ce à dire ?

Quant à Ségolène, vous avez compris que je ne l'aime pas. Je n'aime pas les incantations qui flattent le peuple. Sarko en fait autant, certes, mais toute cette campagne est tirée vers le bas par l'absence de débat "frontal". Le "frontal" est d'ailleurs une notion mise à l'index par nos pédagogues et il faut reconnaître qu'elle a été adoptée par nos médias.

Au fait, de qui est cette lumineuse invention des 100 questions qui met le débat au ras des pâquerettes ?

Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 25 février 2007

"Cadichon, (et Jean-Paul), que pensez-vous, puisqu'on parle beaucoup de crise économique et de dette publique, des 10% du PIB qui sont passés, en quelques années, des salaires au capital?"

C'est probablement encore une de ces légendes qui traînent en salle des profs sur l'économie (abus du Monde Diplodocus ?), car la répartition du produit de la valeur ajoutée entre capital et travail est remarquablement stable en France sur les vingt dernières années.

De plus, il y a une erreur de raisonnement fondamentale : capital et travail sont liés, l'un ne va pas sans l'autre.

En France, nous ne démêlons d'ailleurs pas les deux : la France souffre-t-elle d'un manque de travail (35 h) ou d'un manque de capital (épargne siphonnée par les institutions collectivistes) ? Les deux, mon général.

Écrit par : fboizard | 25 février 2007

Anne Marie, je crois qu'il y a contresens, je n'ai demandé ni pour qui vous aviez l'intention de voter ni justifications...
Ceci dit, je suis en accord avec vous concernant le niveau déplorable de cette campagne. J'ai l'impression qu'elle n'a pour but que de rameuter les abstentionistes dont nos politiques semblent bien mal comprendre les motifs.
Ce style de campagne n'est souvent que l'expression d'un profond mépris pour les électeurs. Il faut reconnaître qu'ils tendent le bâton pour se faire battre. J'ai assisté à un débat participatif dont le prétendu sujet était éducation et emploi des jeunes. Aucun débat de fond, chacun parle de son petit problème du haut de son petit clocher. Les questions des futurs électeurs aux candidats sont égocentriques au possible. Chacun vit sur son île au milieu de la mer. Les candidats se prêtent à ce jeu et il est bien difficile de savoir quel sera leur programme de politique extérieure si on se limite aux simagrées télévisées actuelles.
Je ne voterais pas pour ma part pour un candidat qui promettrait de rendre la vaccination des chiens et des chats obligatoires.
En 1988, Jacques Toubon nous avait à tous(vétos) envoyé une photo de Chirac en train de se faire lécher la figure par son labrador. Il nous incitait à voter pour lui car "il aime les animaux" mais aussi à convaincre, à l'aide de ce support, nos clients de lui donner leur voix. Il y a bientôt 20 ans, nos hommes politiques prenaient déjà des anciens élèves de Grande Ecole pour des abrutis capables de voter pour un chien... Depuis, la situation ne s'est pas améliorée et les pompomgirls ne devraient pas tarder.
Après, on s'étonne du taux d'abstention.

Écrit par : dobolino | 25 février 2007

"Christophe ne fait que se venger à longueur de blog de s'être fait étriller sur le forum lire-ecrire, et aime me prendre comme bouc-émissaire, alors que je m'en prends rarement à lui sur ce blog."

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 25 février 2007

Je dois préciser que pour Mme Valette, "étriller" quelqu'un, (encore un mot qui prouve son élégance verbale... Ou son sens de l'humour?) consiste à l'insulter dès qu'il se présente, et qu'il défend des idées qui ne sont pas les siennes. J'ai effectivement, sur lire-écrire, commis l'irréparable bévue de dire d'entrée de jeu que j'enseignais à l'IUFM, (crime normalement inavouable), et de protester à ce titre parce qu'un des posts proposés par la susdite s'intitulait: "les formateurs d'IUFM: ces débiles mentaux". Textuellement.

Pour revenir à des choses un peu plus sérieuses, Jean-Paul a raison de dire qu'on pourra difficilement mettre un bulletin dans l'urne avec enthousiasme et que, en ce qui me concerne, je voterai par défaut. Et ce ne sera pas pour Sarkozy. Son art de défendre tout et son contraire dans la même phrase ne vous fait pas peur, à vous? A moi, si. Un digne élève de Chirac.

Écrit par : Christophe Sibille | 25 février 2007

J'ai lu, au cours des polémiques de l'époque, qu'elle avait mis en cause le contenu même (explicite ou implicite ?) de certains grands textes classiques français, parce qu'ils seraient "immoraux" (d'un point de vue sexuel", je suppose ! ). "
Quelqu'un aurait-il une référence ?

Écrit par : JPL | 25 février 2007

"Les formateurs d'IUFM débiles mentaux".

Je ne sais pourquoi vous prenez pour vous des insultes qui ne vous sont pas destinées.

1) Citation de Roland Goigoux, maître de conférence à l’IUFM de Clermont-Ferrand : « Nous montrons l’intérêt de prendre appui sur les textes mémorisés par cœur (comptines, titres d’ouvrages, extraits de récits, etc.) afin d’étudier l’organisation de la langue écrite.
Débarrassés du souci de comprendre le message écrit, puisque celui-ci est connu, les enfants peuvent se consacrer à l’étude du code écrit.
C’est une véritable aventure « à la Champollion » qu’ils entreprennent, lorsqu’ils sont placés, comme le déchiffreur des hiéroglyphes, devant un message aux règles internes obscures mais dont la signification est claire.
Comme Champollion, ils connaissent la signification du message, et cherchent, avec l’aide de la maîtresse et du groupe, à déduire le fonctionnement du système linguistique écrit. Tout au long de l’année, de texte en texte, l’exploration se poursuit, instituant la classe comme une communauté de chercheurs.
C’est ainsi que les enfants conservent des phases initiales de l’apprentissage une idée de conquête, d’appropriation de secrets, qui conforte leur confiance en eux-mêmes et qui crée, dès le début, une connivence avec le langage écrit. »

(Cahiers pédagogiques, n° 352, mars 1997. Texte donné au concours des IUFM en 2002.)

2 )Citation de Madame Eveline Charmeux, IUFM de Toulouse.
« En aucun cas on ne peut commencer une lecture par une activité de déchiffrage, mais par des prélèvements d'indices qui permettent de formuler des hypothèses sur ce qui doit être écrit.
Ces indices sont d'abord pris dans les détails matériels et non linguistiques (sic) du message : nature du support, format, gestion de la page, présence d'éléments iconiques (photos, dessins, schémas, graphiques, etc.), taille, forme et couleurs des caractères employés, etc. "

« L'activité de construction du sens étant une activité de raisonnement, activité intelligente dans laquelle il n'y a pas de mécanisme, le déchiffrage n'existe pas.
Il n'y a jamais eu de déchiffrage dans la lecture; personne n'a jamais construit du sens en déchiffrant. La mise en place d'un mécanisme de déchiffrage et d'oralisation dresse des obstacles sur la route des enfants qui apprennent à lire. »

Sans commentaire. A vous de juger.
Désolée, ce n'est pas très constructif.

Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 25 février 2007

à vous lire il n'y a que trois candidats!!! J'espère bien que nous aurons à choisir parmi plus de candidats que cela sinon j'aurais vraiment l'impression de vivre dans un état qui à perdu son qualificatif "démocratique"...Les jeux ne sont pas faits et pour ma part je refuse de me laisser manipuler par les médias qui dés le départ se sont emparés de cette campagne et font monter la mayonnaise (qui va tourner avec les ingrédients rances qu'on nous propose... ) autour du couple Sarko-Ségo et c'est de bonne guerre , on a jamais vendu autant de papier à l'heure où la presse est à l'agonie.

La France n'a jamais connu une telle paupérisation...Les français vont mal, car ce qui faisait son équilibre sur ces cinquantes dernières années c'était la classe moyenne qui est désormais en voie de disparition...14 ans de "mitterrandisme" et 12 de "chiraquie" on est nombreux à en avoir la nausée parce qu'on voit notre pouvoir d'achat en chute libre et nos endettements en ascension quadruplement inversement proportionnel...tout comme on assiste à la dégradation de toutes les institutions, l'EN en tête de liste.
2002 n'a été qu'un avertissement du ras le bol et le vote utile est encore en travers de la gorge de beaucoup... le 22 avril 20h on risque bien d'avaler notre salive à nous étouffer et c'est peut-être ce qu'on peut souhaiter pour notre pays qu'un violent et nouvel électrochoc, il est temps de prendre conscience que ce n'est pas dans ces vieux pots sans fond (dans tous les sens du terme)qu'on trouvera de quoi faire bouillir nos marmites...
Mais il est vrai que je suis, pour de multiples raisons, désabusée...
cependant je ne voterai jamais utile mais toujours en fonction de mes convictions et jamais je n'accepterai la manipulation pour voter utile...j'espère que le vote blanc pourra un jour être considéré comme contestataire et au delà d'un certain pourcentage, sera dénonciateur de l'élection.

petite intrusion dans la sphère privée , j'ai passé un an en URSS , un an complètement plongée dans le soviétisme croyez moi, quand vous avez eu la chance de naître au pays des "lumières" vous quittez Moscou avec des convictions ancrées et surtout blindée face à tous les extrémismes, et, surtout, avec la certitude que rien ne pourra vous obliger à accepter la résignation (comme celle, entre autre,qui se cache derrière un vote dit utile)...
malheureusement je crains qu'il n'y ait, à nouveau, un appel au vote utile le 22 avril à 20h.
Aujourd'hui,nous devons nous inquiéter d'avoir si peu de candidats à cette élection car comme le dit David le système inique des parrainages va sans doute en empêcher quelques uns de se présenter... et je le déplore, notre pays est riche de ses diversités en tout genre et les politiques l'animaient d'un souffle de liberté que je sens de plus en plus ténu.
je suis naïve ...merci de ne pas me le rappeler...

PS: mon coeur a toujours eu tendance à chavirer à gauche mais là je ne voterai pas S.R , surtout pas par solidarité féminine comme de nombreuses femmes sont prêtes à le faire et même si cela pourrait être une belle revanche car il me semble que les radicaux socialistes étaient farouchement et fermement opposés au droit de vote des femmes.Ironie de l'Histoire!

n'oublions surtout pas qu'au royaume des aveugles les borgnes sont rois...malheureusement...........

Écrit par : Patricia Mesnigé | 25 février 2007

M. Brighelli, vous êtes injuste la situation des femmes est devenue préoccupante, voire funeste. Mme Royal le sait!

http://www.dailymotion.com/video/x11apu_segolene-combat
-pour-les-femmes

Ainsi, si l'on considère qu'une femme sur deux vie en couple, elle a 66% de chance d'être tuée par son conjoint!
Ne trouvez - vous pas cela scandaleux?

Vive l'union libre!

Écrit par : Kaa | 26 février 2007

MàC écrit: "Je veux plomber la gauche...qu'elle crève tant elle a exsudé le mépris pour ses fidèles..."

Bon on compatit, condoléances, mais enfin cette indignation soudaine est quand même bien tardive et la France n'aurait pas aussi sûrement loupé le tournant de la modernité dans les années 80 si, au moment où les pays colonisés par l'URSS depuis 1945 s'éveillaient les uns après les autres à la liberté, elle n'avait pas régressé dans le socialo-trotskocommunisme,

Les électeurs de gauche ne seraient pas entrain de se lamenter sur leur infortune et nous sur le triste sort de notre pauvre pays s'ils avaient fait comme François Furet et reconnu il y a vingt ans qu'on ne peut pas passer sa vie à rêver en couleurs, à croire au père Noel et aux lendemains qui chantent, à avaler des couleuvres pointure boa-constricteur, sans en payer le prix et obérer l'avenir de ses petits-enfants.

Moi j'ai eu la chance de tomber dedans à la naissance comme Obélix. Vivre le paradis soviétique de l'intérieur, ça vous vaccine à jamais, puis j'ai rencontré Jack Lang, à 14 ans, le personnage puait déjà la gauche caviar avec sa poissarde de femme, puis rebelotte avec Fabius quelques années plus tard à Sc Po: facile de jauger ses convictions socialistes quand mon dentiste a son cabinet dans l'immeuble haussmanien où le père et l'oncle de Lolo ont leur magasin de "brocante". Et je ne parle pas du beauf, Roland Castro, une fine équipe.
Tous faux-jetons, menteurs, champions de la manipulation et de la mauvaise foi.

On peut venir d'une longue lignée Radsoc, issue d'un ancêtre conventionnel, ami de l'Abbé Grégoire, bref à gauche depuis 1789, cela ne vous fait pas tomber dans le panneau ni gober la mascarade mitterrandienne. Je ne parle pas de l'après- 81 mais de l'ignoble "affaire" de l'Observatoire, ce coup monté par un voyou qui dans n'importe quel autre pays aurait été radié à vie du barreau et de l'écran de radar de la politique. Au lieu de ça, la France l'a propulsé au sommet. Elle a les présidents qu'elle mérite, et il vaut mieux aujourd'hui ne pas "'oublier"" que Chirac, par dessus le marché, a fait voter pour Mitterrand contre Giscard en 81.
L'histoire a la manie de repasser les plats et Marx nous l'a bien dit: cette fois ce sera la première fois en farce la seconde en tragédie...
Avis aux amateurs, au moins vous êtes prévenus.

Donc pas d'empathie pour les pucelles effarouchées qui viennent de découvrir leur infortune. Elle était notoire sauf pour les principaux intéressés, dans la plus belle tradition du vaudeville.
Porcinet face à Elkabach aujourd'hui pendant une heure confirme la surface de la ramure et ensuite avec Anne St Clair chez Drucker on en a encore remis une couche...
(TV5 passe VVD avec 1 semaine de retard)

Les électeurs de gauche qui veulent voter Bayrou confirment ce qui précède: cocus, battus, contents.

Écrit par : Cadichon | 26 février 2007

Le vocabulaire et le style fleuris de Cadichon, et les insultes personnelles qu'il, (elle) profère rappellent des choses... Mais que propose t'il, (elle?), et pour qui votera t-il, (elle?)

Anne-Marie, je ne vous ferai pas l'injure de vous proposer un cours de grammaire niveau CE1; même en admettant, (ce qui n'est pas mon cas) que vous ayez raison, (en citant, ceci-dit, des phrases décontextualisées), si vous dites:"les formateurs d'IUFM sont des débiles mentaux", vous incluez de fait dans votre propos insultant tous mes collègues et moi-même. Sinon, vous auriez dit: "des formateurs d'IUFM". C'est toute la différence entre un article défini et un article indéfini. Pas très compliqué.

Écrit par : Christophe Sibille | 26 février 2007

Tiens, dobolino, vous avez entendu Royal sur France-Inter ce matin? Elle a dit: "je kiffe le film: "indigène".

Écrit par : Christophe Sibille | 26 février 2007

2 )Citation de Madame Eveline Charmeux, IUFM de Toulouse.
« En aucun cas on ne peut commencer une lecture par une activité de déchiffrage, mais par des prélèvements d'indices qui permettent de formuler des hypothèses sur ce qui doit être écrit.
Ces indices sont d'abord pris dans les détails matériels et non linguistiques (sic) du message : nature du support, format, gestion de la page, présence d'éléments iconiques (photos, dessins, schémas, graphiques, etc.), taille, forme et couleurs des caractères employés, etc. "

« L'activité de construction du sens étant une activité de raisonnement, activité intelligente dans laquelle il n'y a pas de mécanisme, le déchiffrage n'existe pas.
Il n'y a jamais eu de déchiffrage dans la lecture; personne n'a jamais construit du sens en déchiffrant. La mise en place d'un mécanisme de déchiffrage et d'oralisation dresse des obstacles sur la route des enfants qui apprennent à lire. »

Génial.....et merci Anne-Marie, pour ce qui vient à point corroborer ma conviction que les IUFM sont gangrenées par une pensée totalitaire et préfasciste. Ce texte de la charmeux en est une preuve délirante, ubuesque, comique même, mais passablement inquiétante. Car, cela révèle, qu'en sous-main, une pensée proche de celle décrite par Hanna Arendt ou Klemperer se met en place. En d'autre temps cela s'appelait la "Gleichschaltung", la mise au pas, la synchronisation de la société allemande.
Mais ce qui ici est prodigieux, digne de figurer dans un roman de Milan Kundera, de Pavel Kohout ou de Kafka c'est l'affirmation que pour apprendre à lire, il ne faut pas déchiffrer.....magnifique....surtout que ces recettes criminelles et scélérates ne sont destinées, on s'en doute, aux gosses de pue-la-sueur, à la racaille, comme dirait le petit facho.
La Charmeux, nouveau clown pédagogique!!!! ...mais qui ne fait plus rire personne.

Écrit par : montaigneàcheval | 26 février 2007

Oué, on n'est pas dans la panade!!!!

Je crois que la France possède une classe politique qui lui est tout à fait représentative.
Je n'ai qu'à regarder autour de moi les gens, pas bons du tout, mais plutôt habitués de petits égoïsmes étriqués, et quand ils parlent en altruistes, enfin, lorsqu'ils s'intéressent à l'autre, bien souvent c'est par mesquinerie petite.

Je me souviens lorsque j'étais plus jeune je m'étais une fois posé la question suivante : pourquoi les politiques ne proposent pas des solutions adaptées aux situations, mais au contraire parlent de paradis social (quelque soit le bord).
Mon observation des personnes qui peuplent les rues, en divers lieux, des personnes possédant divers revenus, répondit parfaitement à mon interrogation.

J'en avais conclu qu'il faudrait en fait une sorte de dictature, avec tous les dangers que cela implique, et finalement, aujourd'hui, je ne sais que penser, sinon au moins pire!

Et une révolution, bof, l'histoire montre qu'à chaque fois c'est récupéré, sinon un putsch déguisé, qui s'appuie sur les petits égoïsmes, chacun-e (en grande majorité) prêt à vendre pour se voir attribuer un petit privilège, ne serait-ce que celui de la bonne foi hypocrite.

Ce doit être culturel, et là les changements me paraissent quasi impossibles.

Écrit par : DéParage | 26 février 2007

Bonjour,
A propos du par coeur je crois que Semprun le préconise en exigeant la récitation expressive à voix haute; Ainsi nous posséderons quelquechose que personne ne pourra nous enlever. Je m'excuse de citer maladroitement car je n'ai pas pris la peine de noter ni de mémoriser...
Message à Anne -Marie : je cherche toujours l'auteur de "La bûche de Noël " et oriente mes recherches du côté de Maurice Bouchor. Bien entendu j'ai pensé à tous les auteurs dont nous nous avons recopié les poésies dans le cahier de récitations : Henri de Régnier, Jean Richepin, Emile Moselly, ( orthographe à vérifier) François Coppée, Rémy de Gourmont , Albert Samain et tous ceux de cette époque évoqués dans le Journal de Jules Renard. Une modeste recherche sur Maurice Bouchor vaut le détour : poète et musicien préoccupé par l'instruction du peuple ( nous aussi) il est l'auteur de "Conte provençal de Noël" de fables, de chants pour les écoles et d'un spectacle " Noël ou le mystère de la Nativité". Ce n'est pas la quête du Graal ni celle du domaine mystérieux mais c'est une quête enrichissante . Que faire de cette bûche quand nous l'aurons retrouvée ? Un pantin pour le brave Gepetto ?

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 26 février 2007

Pour faire suite à Me CHARPENTIER, les fameuses fables de La Fontaine, qu'à 6 ans je prenais comme des leçons de vie, tout en y voyant une malice jubilatoire accessible aux esprits puérils.
C'était un plaisir de les apprendre, il y avait des sens, du rythme, enfin tout ce qu'il faut pour que n'importe quel môme puisse y trouver un plaisir, d'une manière ou d'une autre, et finalement donc travailler volontairement.
Je retiendrai les auteurs sus-cités, merci bien :)

Écrit par : DesPasRages | 26 février 2007

Pour info au cas zou !

http://www.blogprof.fr/

Écrit par : toto | 26 février 2007

C'est un blog FN ? MPF ?

Écrit par : aliscan | 26 février 2007

Sur le pouvoir de nuisance culturelle et éducative du PS, il y a un article assez saignant à propos de la destruction intellectuelle de France Culture : lire http://ddfc.free.fr/inculture.htm

Écrit par : fred | 26 février 2007

J'adore ! Dès que l'on ne se répand pas en génuflexions devant la Maldonne des sondages, on est FN — c'est comme Meirieu quand il me compare à Doriot, ou tous ceux qui croient que je suis l'homme-lige de tel ou tel extrémisme…
Que l'on soit bien clair : les adversaires les plus résolus de Sainte Ségo sont recrutés à gauche…
Si tant est que la division gauche / droite ait encore un sens, ce dont je doute fort (mais là aussi, c'est certainement une pensée de droite !).
Finkielkraut, hier soir, chez Moati, tenbait exactement le smême spropos que moi — y compris, ça m'a bien faitrire, l'appel à un Churchill français que j'évoquais hier matin… Mais sans doute est-il lui aussi de droite — gageons même qu'il est antisémite…
JPB

Écrit par : brighelli | 26 février 2007

jpb, si Meirieu vous compare à Doriot, rassurez-vous, lui c'est Baldur Von Schirach.......

Écrit par : montaigneàcheval | 26 février 2007

J'adore ! Dès que l'on ne se répand pas en génuflexions devant la Maldonne des sondages, on est FN —

Ecrit par : brighelli | 26 février 2007

déconnez-pas! Moi, je n'ai jamais dit ça et je ne suis pas en génuflexions devant Ségolène Royal. Je la trouve jouable et je trouve quelques excuses à sa rigidité... suite à de vilaines expériences personnelles dans la sphère d'un autre pouvoir quasi-exclusivement masculin. La marge de manœuvre est très étroite. Son type vestimentaire, par exemple, est redoutablement bien choisi pour éviter la main au cul. Y'a mieux certes mais c'est risqué.

Écrit par : dobolino | 26 février 2007

Bonjour JPB,

Vous déclarez attendre les propositions du parti socialiste et donc de Ségolène ROYAL.
Seriez-vous définitivement bûté ou bien la presse ne vous informe pas ? A moins que sans vous en être aperçu, vous vivez désormais reclus au fond de votre grotte corporatiste et toute blogosphérique...

Il ya poutant un projet, un programme depuis JUIN 2006. Et depuis l'élection interne de Ségolène ROYAL comme candidate du PS, après "la phase d'écoute" il ya le
PACTE PRESIDENTIEL : 100 mesures, dont beaucoup destinées à l'éducation et la recherche. VRAI ou FAUX ?

Mais chez certains : quand ça veux pas, ça veux pas !

Bien cordialement.

Lolo34

Écrit par : Lolo34 | 26 février 2007

Entre-nous, Finkelkraukt devient de plus en plus indéchiffrable... Triste naufrage d'un esprit jadis brillant ! Le melon sans doute, et vous ?

Mais bon, patience, patience, nous vous écoutons...

Lolo34

Écrit par : Lolo34 | 26 février 2007

J'adore ! Dès que l'on ne se répand pas en génuflexions devant la Maldonne des sondages, on est FN — c'est comme Meirieu quand il me compare à Doriot, ou tous ceux qui croient que je suis l'homme-lige de tel ou tel extrémisme…
Que l'on soit bien clair : les adversaires les plus résolus de Sainte Ségo sont recrutés à gauche…
Si tant est que la division gauche / droite ait encore un sens, ce dont je doute fort (mais là aussi, c'est certainement une pensée de droite !).
Finkielkraut, hier soir, chez Moati, tenbait exactement le smême spropos que moi — y compris, ça m'a bien faitrire, l'appel à un Churchill français que j'évoquais hier matin… Mais sans doute est-il lui aussi de droite — gageons même qu'il est antisémite…
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 février 2007

A propos voici une émission avec Finkielkraut sur Marianne :

http://www.marianne2007.info/Alain-Finkielkraut-Il-faut-rompre-avec-l-idee-stupide-que-la-patrie-de-l-intellectuel-est-la-gauche-video-marianne2007_a706.html

Et celle de Ripostes :

http://www.france5.fr/ripostes/

Je dois bien avouer une chose c'est que j'admire Alain Finkielkraut toujours autant !

Sinon pour ce qui est de mes choix politiques, je ne cherche plus à voter contre. J'en ai fini avec ce clivage stérile, idiot et aberrant entre la gauche et la droite. Pour moi c'est du "kiff kiff" ni plus ni moins.

Perso je compte voter pour Bayrou. Le programme de Primprenelle ou Sainte Mère la Vertu ne m'a absolument pas convaincu et d'ailleurs dans le Figaro Jacqueline de Cromilly parle même de "creutitude" du pacte présidentiel de SR pour faire référence à la fameuse "bravitude" de notre Mater dévouée "Sainte Nitouche"......

Du côté d'Iznogoud ce n'est guère mieux...

Et puis je l'avoue, j'en ai marre que l'on me demande d'abord quel est votre camp ou votre maillot avant de poser un débat constructif qui peut ou pourrait avancer dans le bon sens..

Conclusion, comme Bayrou désire avant tout sortir de ces clivages digne du temps de la guerre froide, je voterai pour lui. Je suis même militante à l'UDF désormais.

Les propositions de Bayrou sur l'éducation sur le site UDF (non développées pour l'instant):

http://www.bayrou.fr/propositions/ecole.html

Écrit par : Sandra WAGNER | 26 février 2007

"Conclusion, comme Bayrou désire avant tout sortir de ces clivages digneS du temps de la guerre froide"

Je rectifie.

SW

Écrit par : Sandra WAGNER | 26 février 2007

Jean-Paul... Finkielkraut est assurément un esprit brillant, personne ne peut le nier, mais avouez qu'il est franchement à droite, même si il n'est évidemment pas antisémite! Ceci-dit, il a existé, (et il existe encore) des juifs qui sont "border line" en ce qui concerne l'antisémitisme.

Écrit par : Christophe Sibille | 26 février 2007

Sandra, ne serait-ce pas plutôt Jacqueline de Romilly à qui vous faites allusion dans votre message?

Écrit par : Christophe Sibille | 26 février 2007

Sandra,

Bayrou continuera à faire comme dans le passé. Il a été ministre 5 ans de l'EN. Binôme idéal (syndicats et l'homme qui croyait en lui) et qui a totalement occulté les élèves et l'instruction. Quelle utopie.

Écrit par : Carole | 26 février 2007

Oui c'est cela Christophe, il se trouve que je n'ai pas vu mon erreur.

Merci par avance pour la rectification.

Pour Carole : c'est effectivement ce qu'on dit. Mais ce qu'on en dit, je m'en moque.

A vrai dire entre Ségolène et Sarkozy je n'y crois pas du tout, quant aux extrêmes je n'en suis pas encore là.

Moi je vote Bayrou un point c'est tout.

SW

Écrit par : Sandra WAGNER | 26 février 2007

Jacqueline de Romilly parle même de "creutitude" du pacte présidentiel de SR pour faire référence à la fameuse "bravitude" de notre Mater dévouée "Sainte Nitouche"......

Voilà j'ai rectifié.

SW

Écrit par : Sandra WAGNER | 26 février 2007

Oui, les petits profaillons de dernier choix.....gaussez-vous donc des conneries verbales des candidats.......de gauche. Parce que bien entendu, côté Régent Horthy, pas de gaffes....alors c'est que, à l'instar de Bruel qui a perdu sa couille droite parce qu'il chante " qui a le droit, qui a le droit" vous êtes soruds d'une oreillitude.
Parce que votre copain Sarkonazi, il a déclaré que "Manon Lescaut, c'est de la littérature, ça....." quelle finesse!!!!!! quelle percutante analyse!!!!!!!!

Écrit par : montaigneàcheval | 26 février 2007

toujours le même humour Montaigneàcheval....

Écrit par : Sandra WAGNER | 26 février 2007

Bayrou parle beaucoup, mais on l'a vu à l'oeuvre quand il fut ministre de l'Education : nullissitude !!!

Ici http://education.blogs.liberation.fr/carnet/2005/04/credo.html , Marie Bellosta évoque les programmes de Bayrou :

"Je n’ai pas pu écouter cette émission entre J. Chirac et 83 jeunes et je m’en remets à votre témoignage sur ce jeune homme qui n’était “pas d’accord” avec la lecture du Conseil constitutionnel.

J’aurais tendance à dire que l’attitude de ce jeune homme est un résultat typique de la pédagogie prônée depuis les programmes de collège de 1995 (Bayrou) : prééminence donnée au débat oral où s’entrecroisent les “moi j’pense que”, consigne de partir de l’expérience des élèves, de leur vécu (dans l’espérance - généralement utopique - de leur faire “reconstruire” les savoirs objectifs). Le corollaire, c’est que la notion d’«autorité du savoir» est perdue (dans votre exemple, les savoirs du Conseil constitutionnel). L’idée qu’avant de juger, il faut savoir, l’idée fondamentale que l’opinion (la doxa, comme disait Socrate) doit être a priori considérée comme suspecte (car elle n’est faite que de préjugés), ce sont des idées que la pédagogie officielle actuelle a considérablement affaiblies.

Tous les profs de lettres et de philo savent depuis toujours que le “moi j’pense que” brutal, aveugle et souvent à côté du sujet est le premier réflexe des élèves. Seulement, les pédagogies officielles font plus ou moins obstacle à ce règne de l’opinion, elles autorisent plus ou moins la transformation de la classe en café du commerce. Regardez par exemple les transparents d’une conférence d’IUFM sur la pédagogie du projet : www.ac-versailles.fr/ppcp/fichiers/pedagogie.ppt
Dans le meilleur des mondes possibles, et si la nature humaine était autre chose que ce qu’elle est, on devrait ainsi pouvoir partir du débat des ignorants pour les amener au savoir. Dans la vie réelle, on sait qu’il n’y a guère que Socrate assez doué pour faire accoucher du vrai une cervelle engluée dans l’opinion. Et ça lui a demandé généralement, pour chaque préjugé de l’opinion, tout un dialogue de Platon sur le mode d’un cours particulier public...

A mon avis, on peut difficilement refuser l’idée d’une école fondée sur l’autorité du savoir et, en même temps, déplorer que la démocratie politique soit confisquée par la dictature de l’opinion. Mais ce n’est qu’une opinion personnelle et je lirai avec la plus grande curiosité tous les commentaires que suscitera votre message d’aujourd’hui. "

Écrit par : Nicolas | 26 février 2007

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape

Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés,
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.

Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

Nous sommes nés pour vous au bord de ce plateau,
Dans le recourbement de notre blonde Loire,
Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloire
N’est là que pour ***** votre auguste manteau.

Nous sommes nés au bord de ce vaste plateau,
Dans l’antique Orléans sévère et sérieuse,
Et la Loire coulante et souvent limoneuse
N’est là que pour laver les pieds de ce coteau.

Nous sommes nés au bord de votre plate Beauce
Et nous avons connu dès nos plus jeunes ans
Le portail de la ferme et les durs paysans
Et l’enclos dans le bourg et la bêche et la fosse.

Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate
Et nous avons connu dès nos premiers regrets
Ce que peut receler de désespoirs secrets
Un soleil qui descend dans un ciel écarlate

Et qui se couche au ras d’un sol inévitable
Dur comme une justice, égal comme une barre,
Juste comme une loi, fermé comme une mare,
Ouvert comme un beau socle et plan comme une table.

Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
A fait jaillir ici d’un seul enlèvement,
Et d’une seule source et d’un seul portement,
Vers votre assomption la flèche unique au monde.

Tour de David voici votre tour beauceronne.
C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté
Vers un ciel de clémence et de sérénité,
Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.

Un homme de chez nous a fait ici jaillir,
Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

C’est la gerbe et le blé qui ne périra point,
Qui ne fanera point au soleil de septembre,
Qui ne gèlera point aux rigueurs de décembre,
C’est votre serviteur et c’est votre témoin.

C’est la tige et le blé qui ne pourrira pas,
Qui ne flétrira point aux ardeurs de l’été,
Qui ne moisira point dans un hiver gâté,
Qui ne transira point dans le commun trépas.

C’est la pierre sans tache et la pierre sans faute,
La plus haute oraison qu’on ait jamais portée,
La plus droite raison qu’on ait jamais jetée,
Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.

Celle qui ne mourra le jour d’aucunes morts,
Le gage et le portrait de nos arrachements,
L’image et le tracé de nos redressements,
La laine et le fuseau des plus modestes sorts.

Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre-Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme.

Comme vous commandez un océan d’épis,
Là-bas vous commandez un océan de têtes,
Et la moisson des deuils et la moisson des fêtes
Se couche chaque soir devant votre parvis.

Nous arrivons vers vous du noble Hurepoix.
C’est un commencement de Beauce à notre usage,
Des fermes et des champs taillés à votre image,
Mais coupés plus souvent par des rideaux de bois,

Et coupés plus souvent par de creuses vallées
Pour l’Yvette et la Bièvre et leurs accroissements,
Et leurs savants détours et leurs dégagements,
Et par les beaux châteaux et les longues allées.

D’autres viendront vers vous du noble Vermandois,
Et des vallonnements de bouleaux et de saules.
D’autres viendront vers vous des palais et des geôles.
Et du pays picard et du vert Vendômois.

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande,
Le pays des beaux blés et des encadrements,
Le pays de la grappe et des ruissellements,
Le pays de genêts, de bruyère, de lande.

Nous arrivons vers vous du lointain Palaiseau
Et des faubourgs d’Orsay par Gometz-le-Châtel,
Autrement dit Saint-Clair ; ce n’est pas un castel ;
C’est un village au bord d’une route en biseau.

Nous avons débouché, montant de ce coteau,
Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-Ville
Au-dessus de Saint-Clair ; ce n’est pas une ville ;
C’est un village au bord d’une route en plateau.

Nous avons descendu la côte de Limours.
Nous avons rencontré trois ou quatre gendarmes.
Ils nous ont regardé, non sans quelques alarmes,
Consulter les poteaux aux coins des carrefours.

Nous avons pu coucher dans le calme Dourdan.
C’est un gros bourg très riche et qui sent sa province.
Fiers nous avons longé, regardés comme un prince,
Les fossés du château coupés comme un redan.

Dans la maison amie, hôtesse et fraternelle
On nous a fait coucher dans le lit du garçon.
Vingt ans de souvenirs étaient notre échanson.
Le pain nous fut coupé d’une main maternelle.

Toute notre jeunesse était là solennelle.
On prononça pour nous le Bénédicité.
Quatre siècles d’honneur et de fidélité
Faisaient des draps du lit une couche éternelle.

Nous avons fait semblant d’être un gai pèlerin
Et même un bon vivant et d’aimer les voyages,
Et d’avoir parcouru cent trente-et-un bailliages,
Et d’être accoutumés d’être sur le chemin.

La clarté de la lampe éblouissait la nappe.
On nous fit visiter le jardin potager.
Il donnait sur la treille et sur un beau verger.
Tel fut le premier gîte et la tête d’étape.

Le jardin était clos dans un coude de l’Orge.
Vers la droite il donnait sur un mur bocager
Surmonté de rameaux et d’un arceau léger.
En face un maréchal, et l’enclume, et la forge.

Nous nous sommes levés ce matin devant l’aube.
Nous nous sommes quittés après les beaux adieux.
Le temps s’annonçait bien. On nous a dit tant mieux.
On nous a fait goûter de quelque bœuf en daube,

Puisqu’il est entendu que le bon pèlerin
Est celui qui boit ferme et tient sa place à table,
Et qu’il n’a pas besoin de faire le comptable,
Et que c’est bien assez de se lever matin.

Le jour était en route et le soleil montait
Quand nous avons passé Sainte-Mesme et les autres.
Nous avancions déjà comme deux bons apôtres.
Et la gauche et la droite était ce qui comptait.

Nous sommes remontés par le Gué de Longroy.
C’en est fait désormais de nos atermoiements,
Et de l’iniquité des dénivellements :
Voici la juste plaine et le secret effroi

De nous trouver tout seuls et voici le charroi
Et la roue et les bœufs et le joug et la grange,
Et la poussière égale et l’équitable fange
Et la détresse égale et l’égal désarroi.

Nous voici parvenus sur la haute terrasse
Où rien ne cache plus l’homme de devant Dieu,
Où nul déguisement ni du temps ni du lieu
Ne pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse.

Voici la gerbe immense et l’immense liasse,
Et le grain sous la meule et nos écrasements,
Et la grêle javelle et nos renoncements,
Et l’immense horizon que le regard embrasse.

Et notre indignité cette immuable masse,
Et notre basse peur en un pareil moment,
Et la juste terreur et le secret tourment
De nous trouver tout seuls par devant votre face.

Mais voici que c’est vous, reine de majesté,
Comment avons-nous pu nous laisser décevoir,
Et marcher devant vous sans vous apercevoir.
Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté.

Ce pays est plus ras que la plus rase table.
À peine un creux du sol, à peine un léger pli.
C’est la table du juge et le fait accompli,
Et l’arrêt sans appel et l’ordre inéluctable.

Et c’est le prononcé du texte insurmontable,
Et la mesure comble et c’est le sort empli,
Et c’est la vie étale et l’homme enseveli,
Et c’est le héraut d’arme et le sceau redoutable.

Mais vous apparaissez, reine mystérieuse.
Cette pointe là-bas dans le moutonnement
Des moissons et des bois et dans le flottement
De l’extrême horizon ce n’est point une yeuse,

Ni le profil connu d’un arbre interchangeable.
C’est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute,
Ferme comme un espoir sur la dernière côte,
Sur le dernier coteau la flèche inimitable.

D’ici vers vous, ô reine, il n’est plus que la route.
Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d’autres.
Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres.
Nous l’avons entamée, on la mangera toute.

Nous savons ce que c’est qu’un tronçon qui s’ajoute
Au tronçon déjà fait et ce qu’un kilomètre
Demande de jarret et ce qu’il faut en mettre :
Nous passerons ce soir par le pont et la voûte

Et ce fossé profond qui cerne le rempart.
Nous marchons dans le vent coupés par les autos.
C’est ici la contrée imprenable en photos,
La route nue et grave allant de part en part.

Nous avons eu bon vent de partir dès le jour.
Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous,
Dans cette vieille auberge où pour quarante sous
Nous dormirons tout près de votre illustre tour.

Nous serons si fourbus que nous regarderons,
Assis sur une chaise auprès de la fenêtre,
Dans un écrasement du corps et de tout l’être,
Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts,
L’angle une fois trouvé par un seul homme au monde,
Et l’unique montée ascendante et profonde,
Et nous serons recrus et nous contemplerons.

Voici l’axe et la ligne et la géante fleur.
Voici la dure pente et le contentement.
Voici l’exactitude et le consentement.
Et la sévère larme, ô reine de douleur.

Voici la nudité, le reste est vêtement.
Voici le vêtement, tout le reste est parure.
Voici la pureté, tout le reste est souillure.
Voici la pauvreté, le reste est ornement.

Voici la seule force et le reste est faiblesse.
Voici l’arête unique et le reste est bavure.
Et la seule noblesse et le reste est ordure.
Et la seule grandeur et le reste est bassesse.

Voici la seule foi qui ne soit point parjure.
Voici le seul élan qui sache un peu monter.
Voici le seul instant qui vaille de compter.
Voici le seul propos qui s’achève et qui dure.

Voici le monument, tout le reste est doublure.
Et voici notre amour et notre entendement.
Et notre port de tête et notre apaisement.
Et le rien de dentelle et l’exacte moulure.

Voici le beau serment, le reste est forfaiture.
Voici l’unique prix de nos arrachements,
Le salaire payé de nos retranchements.
Voici la vérité, le reste est imposture.

Voici le firmament, le reste est procédure.
Et vers le tribunal voici l’ajustement.
Et vers le paradis voici l’achèvement.
Et la feuille de pierre et l’exacte nervure.

Nous resterons cloués sur la chaise de paille.
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
Le tumulte des voix, le tumulte des pas,
Et dans la salle en bas l’innocente ripaille.

Ni les rouliers venus pour le jour du marché.
Ni la feinte colère et l’éclat des jurons :
Car nous contemplerons et nous méditerons
D’un seul embrassement la flèche sans péché.

Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies,
Ni la faim ni la soif ni nos renoncements,
Ni nos raides genoux ni nos raisonnements,
Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies.

Perdus dans cette chambre et parmi tant d’hôtels,
Nous ne descendrons pas à l’heure du repas,
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
La ville prosternée au pied de vos autels.

Et quand se lèvera le soleil de demain,
Nous nous réveillerons dans une aube lustrale,
À l’ombre des deux bras de votre cathédrale,
Heureux et malheureux et perclus du chemin.

Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon
Qui mourut comme un sot au cours de cette année,
Presque dans la semaine et devers la journée
Où votre fils naquit dans la paille et le son.

Ô Vierge, il n’était pas le pire du troupeau.
Il n’avait qu’un défaut dans sa jeune cuirasse.
Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace
A passé par ce trou qu’il s’est fait dans la peau.

Il était né vers nous dans notre Gâtinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons.
Et pourtant c’était lui que tu te destinais,

Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau.
Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes.
Mais le seul manquement d’une seule des craintes
Laissa passer la mort par un chemin nouveau.

Le voici maintenant dedans votre régence.
Vous êtes reine et mère et saurez le montrer.
C’était un être pur. Vous le ferez rentrer
Dans votre patronage et dans votre indulgence.

Ô reine qui lisez dans le secret du cœur,
Vous savez ce que c’est que la vie ou la mort,
Et vous savez ainsi dans quel secret du sort
Se coud et se découd la ruse du traqueur.

Et vous savez ainsi sur quel accent du chœur
Se noue et se dénoue un accompagnement,
Et ce qu’il faut d’espace et de déboisement
Pour laisser débouler la meute du piqueur.

Et vous savez ainsi dans quel recreux du port
Se prépare et s’achève un noble enlèvement,
Et par quel jeu d’adresse et de gouvernement
Se dérobe ou se fixe un illustre support.

Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaive
Se joue et se déjoue un épouvantement,
Et par quel coup de pouce et quel balancement
L’un des plateaux descend pour que l’autre s’élève.

Et ce que peut coûter la lèvre du moqueur,
Et ce qu’il faut de force et de recroisement
Pour faire par le coup d’un seul retournement
D’un vaincu malheureux un malheureux vainqueur.

Mère le voici donc, il était notre race,
Et vingt ans après nous notre redoublement.
Reine recevez-le dans votre amendement.
Où la mort a passé, passera bien la grâce.

Nous, nous retournerons par ce même chemin.
Ce sera de nouveau la terre sans cachette,
Le château sans un coin et sans une oubliette,
Et ce sol mieux gravé qu’un parfait parchemin.

Et nunc et in hora, nous vous prions pour nous
Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin,
Et sans doute moins purs et moins dans votre main,
Et moins acheminés vers vos sacrés genoux.

Quand nous aurons joué nos derniers personnages,
Quand nous aurons posé la cape et le manteau,
Quand nous aurons jeté le masque et le couteau,
Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons en cette froide terre,
Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam,
Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan,
Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse,
Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe,
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde,
Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements,
Quand nous aurons raclé nos derniers raclements,
Veuillez vous rappelez votre miséricorde.

Nous ne demandons rien, refuge du pécheur,
Que la dernière place en votre Purgatoire,
Pour pleurer longuement notre tragique histoire,
Et contempler de loin votre jeune splendeur.

Écrit par : dobolino | 26 février 2007

Bayrou parle beaucoup, mais on l'a vu à l'oeuvre quand il fut ministre de l'Education : nullissitude !!!

Ici http://education.blogs.liberation.fr/carnet/2005/04/credo.html , Marie Bellosta évoque les programmes de Bayrou :

"Je n’ai pas pu écouter cette émission entre J. Chirac et 83 jeunes et je m’en remets à votre témoignage sur ce jeune homme qui n’était “pas d’accord” avec la lecture du Conseil constitutionnel.

J’aurais tendance à dire que l’attitude de ce jeune homme est un résultat typique de la pédagogie prônée depuis les programmes de collège de 1995 (Bayrou) : prééminence donnée au débat oral où s’entrecroisent les “moi j’pense que”, consigne de partir de l’expérience des élèves, de leur vécu (dans l’espérance - généralement utopique - de leur faire “reconstruire” les savoirs objectifs). Le corollaire, c’est que la notion d’«autorité du savoir» est perdue (dans votre exemple, les savoirs du Conseil constitutionnel). L’idée qu’avant de juger, il faut savoir, l’idée fondamentale que l’opinion (la doxa, comme disait Socrate) doit être a priori considérée comme suspecte (car elle n’est faite que de préjugés), ce sont des idées que la pédagogie officielle actuelle a considérablement affaiblies.

Tous les profs de lettres et de philo savent depuis toujours que le “moi j’pense que” brutal, aveugle et souvent à côté du sujet est le premier réflexe des élèves. Seulement, les pédagogies officielles font plus ou moins obstacle à ce règne de l’opinion, elles autorisent plus ou moins la transformation de la classe en café du commerce. Regardez par exemple les transparents d’une conférence d’IUFM sur la pédagogie du projet : www.ac-versailles.fr/ppcp/fichiers/pedagogie.ppt
Dans le meilleur des mondes possibles, et si la nature humaine était autre chose que ce qu’elle est, on devrait ainsi pouvoir partir du débat des ignorants pour les amener au savoir. Dans la vie réelle, on sait qu’il n’y a guère que Socrate assez doué pour faire accoucher du vrai une cervelle engluée dans l’opinion. Et ça lui a demandé généralement, pour chaque préjugé de l’opinion, tout un dialogue de Platon sur le mode d’un cours particulier public...

A mon avis, on peut difficilement refuser l’idée d’une école fondée sur l’autorité du savoir et, en même temps, déplorer que la démocratie politique soit confisquée par la dictature de l’opinion. Mais ce n’est qu’une opinion personnelle et je lirai avec la plus grande curiosité tous les commentaires que suscitera votre message d’aujourd’hui. "

Écrit par : Nicolas | 26 février 2007

Cadichon,
TA GUEULE ! Car quelle creutitude, t'es trop mortel de rire!
Avec tout mon respect momentanné.
Lio

Écrit par : Lio des lolo's 34 | 26 février 2007

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape

Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés,
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.

Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

Nous sommes nés pour vous au bord de ce plateau,
Dans le recourbement de notre blonde Loire,
Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloire
N’est là que pour ***** votre auguste manteau.

Nous sommes nés au bord de ce vaste plateau,
Dans l’antique Orléans sévère et sérieuse,
Et la Loire coulante et souvent limoneuse
N’est là que pour laver les pieds de ce coteau.

Nous sommes nés au bord de votre plate Beauce
Et nous avons connu dès nos plus jeunes ans
Le portail de la ferme et les durs paysans
Et l’enclos dans le bourg et la bêche et la fosse.

Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate
Et nous avons connu dès nos premiers regrets
Ce que peut receler de désespoirs secrets
Un soleil qui descend dans un ciel écarlate

Et qui se couche au ras d’un sol inévitable
Dur comme une justice, égal comme une barre,
Juste comme une loi, fermé comme une mare,
Ouvert comme un beau socle et plan comme une table.

Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
A fait jaillir ici d’un seul enlèvement,
Et d’une seule source et d’un seul portement,
Vers votre assomption la flèche unique au monde.

Tour de David voici votre tour beauceronne.
C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté
Vers un ciel de clémence et de sérénité,
Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.

Un homme de chez nous a fait ici jaillir,
Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

C’est la gerbe et le blé qui ne périra point,
Qui ne fanera point au soleil de septembre,
Qui ne gèlera point aux rigueurs de décembre,
C’est votre serviteur et c’est votre témoin.

C’est la tige et le blé qui ne pourrira pas,
Qui ne flétrira point aux ardeurs de l’été,
Qui ne moisira point dans un hiver gâté,
Qui ne transira point dans le commun trépas.

C’est la pierre sans tache et la pierre sans faute,
La plus haute oraison qu’on ait jamais portée,
La plus droite raison qu’on ait jamais jetée,
Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.

Celle qui ne mourra le jour d’aucunes morts,
Le gage et le portrait de nos arrachements,
L’image et le tracé de nos redressements,
La laine et le fuseau des plus modestes sorts.

Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre-Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme.

Comme vous commandez un océan d’épis,
Là-bas vous commandez un océan de têtes,
Et la moisson des deuils et la moisson des fêtes
Se couche chaque soir devant votre parvis.

Nous arrivons vers vous du noble Hurepoix.
C’est un commencement de Beauce à notre usage,
Des fermes et des champs taillés à votre image,
Mais coupés plus souvent par des rideaux de bois,

Et coupés plus souvent par de creuses vallées
Pour l’Yvette et la Bièvre et leurs accroissements,
Et leurs savants détours et leurs dégagements,
Et par les beaux châteaux et les longues allées.

D’autres viendront vers vous du noble Vermandois,
Et des vallonnements de bouleaux et de saules.
D’autres viendront vers vous des palais et des geôles.
Et du pays picard et du vert Vendômois.

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande,
Le pays des beaux blés et des encadrements,
Le pays de la grappe et des ruissellements,
Le pays de genêts, de bruyère, de lande.

Nous arrivons vers vous du lointain Palaiseau
Et des faubourgs d’Orsay par Gometz-le-Châtel,
Autrement dit Saint-Clair ; ce n’est pas un castel ;
C’est un village au bord d’une route en biseau.

Nous avons débouché, montant de ce coteau,
Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-Ville
Au-dessus de Saint-Clair ; ce n’est pas une ville ;
C’est un village au bord d’une route en plateau.

Nous avons descendu la côte de Limours.
Nous avons rencontré trois ou quatre gendarmes.
Ils nous ont regardé, non sans quelques alarmes,
Consulter les poteaux aux coins des carrefours.

Nous avons pu coucher dans le calme Dourdan.
C’est un gros bourg très riche et qui sent sa province.
Fiers nous avons longé, regardés comme un prince,
Les fossés du château coupés comme un redan.

Dans la maison amie, hôtesse et fraternelle
On nous a fait coucher dans le lit du garçon.
Vingt ans de souvenirs étaient notre échanson.
Le pain nous fut coupé d’une main maternelle.

Toute notre jeunesse était là solennelle.
On prononça pour nous le Bénédicité.
Quatre siècles d’honneur et de fidélité
Faisaient des draps du lit une couche éternelle.

Nous avons fait semblant d’être un gai pèlerin
Et même un bon vivant et d’aimer les voyages,
Et d’avoir parcouru cent trente-et-un bailliages,
Et d’être accoutumés d’être sur le chemin.

La clarté de la lampe éblouissait la nappe.
On nous fit visiter le jardin potager.
Il donnait sur la treille et sur un beau verger.
Tel fut le premier gîte et la tête d’étape.

Le jardin était clos dans un coude de l’Orge.
Vers la droite il donnait sur un mur bocager
Surmonté de rameaux et d’un arceau léger.
En face un maréchal, et l’enclume, et la forge.

Nous nous sommes levés ce matin devant l’aube.
Nous nous sommes quittés après les beaux adieux.
Le temps s’annonçait bien. On nous a dit tant mieux.
On nous a fait goûter de quelque bœuf en daube,

Puisqu’il est entendu que le bon pèlerin
Est celui qui boit ferme et tient sa place à table,
Et qu’il n’a pas besoin de faire le comptable,
Et que c’est bien assez de se lever matin.

Le jour était en route et le soleil montait
Quand nous avons passé Sainte-Mesme et les autres.
Nous avancions déjà comme deux bons apôtres.
Et la gauche et la droite était ce qui comptait.

Nous sommes remontés par le Gué de Longroy.
C’en est fait désormais de nos atermoiements,
Et de l’iniquité des dénivellements :
Voici la juste plaine et le secret effroi

De nous trouver tout seuls et voici le charroi
Et la roue et les bœufs et le joug et la grange,
Et la poussière égale et l’équitable fange
Et la détresse égale et l’égal désarroi.

Nous voici parvenus sur la haute terrasse
Où rien ne cache plus l’homme de devant Dieu,
Où nul déguisement ni du temps ni du lieu
Ne pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse.

Voici la gerbe immense et l’immense liasse,
Et le grain sous la meule et nos écrasements,
Et la grêle javelle et nos renoncements,
Et l’immense horizon que le regard embrasse.

Et notre indignité cette immuable masse,
Et notre basse peur en un pareil moment,
Et la juste terreur et le secret tourment
De nous trouver tout seuls par devant votre face.

Mais voici que c’est vous, reine de majesté,
Comment avons-nous pu nous laisser décevoir,
Et marcher devant vous sans vous apercevoir.
Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté.

Ce pays est plus ras que la plus rase table.
À peine un creux du sol, à peine un léger pli.
C’est la table du juge et le fait accompli,
Et l’arrêt sans appel et l’ordre inéluctable.

Et c’est le prononcé du texte insurmontable,
Et la mesure comble et c’est le sort empli,
Et c’est la vie étale et l’homme enseveli,
Et c’est le héraut d’arme et le sceau redoutable.

Mais vous apparaissez, reine mystérieuse.
Cette pointe là-bas dans le moutonnement
Des moissons et des bois et dans le flottement
De l’extrême horizon ce n’est point une yeuse,

Ni le profil connu d’un arbre interchangeable.
C’est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute,
Ferme comme un espoir sur la dernière côte,
Sur le dernier coteau la flèche inimitable.

D’ici vers vous, ô reine, il n’est plus que la route.
Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d’autres.
Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres.
Nous l’avons entamée, on la mangera toute.

Nous savons ce que c’est qu’un tronçon qui s’ajoute
Au tronçon déjà fait et ce qu’un kilomètre
Demande de jarret et ce qu’il faut en mettre :
Nous passerons ce soir par le pont et la voûte

Et ce fossé profond qui cerne le rempart.
Nous marchons dans le vent coupés par les autos.
C’est ici la contrée imprenable en photos,
La route nue et grave allant de part en part.

Nous avons eu bon vent de partir dès le jour.
Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous,
Dans cette vieille auberge où pour quarante sous
Nous dormirons tout près de votre illustre tour.

Nous serons si fourbus que nous regarderons,
Assis sur une chaise auprès de la fenêtre,
Dans un écrasement du corps et de tout l’être,
Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts,
L’angle une fois trouvé par un seul homme au monde,
Et l’unique montée ascendante et profonde,
Et nous serons recrus et nous contemplerons.

Voici l’axe et la ligne et la géante fleur.
Voici la dure pente et le contentement.
Voici l’exactitude et le consentement.
Et la sévère larme, ô reine de douleur.

Voici la nudité, le reste est vêtement.
Voici le vêtement, tout le reste est parure.
Voici la pureté, tout le reste est souillure.
Voici la pauvreté, le reste est ornement.

Voici la seule force et le reste est faiblesse.
Voici l’arête unique et le reste est bavure.
Et la seule noblesse et le reste est ordure.
Et la seule grandeur et le reste est bassesse.

Voici la seule foi qui ne soit point parjure.
Voici le seul élan qui sache un peu monter.
Voici le seul instant qui vaille de compter.
Voici le seul propos qui s’achève et qui dure.

Voici le monument, tout le reste est doublure.
Et voici notre amour et notre entendement.
Et notre port de tête et notre apaisement.
Et le rien de dentelle et l’exacte moulure.

Voici le beau serment, le reste est forfaiture.
Voici l’unique prix de nos arrachements,
Le salaire payé de nos retranchements.
Voici la vérité, le reste est imposture.

Voici le firmament, le reste est procédure.
Et vers le tribunal voici l’ajustement.
Et vers le paradis voici l’achèvement.
Et la feuille de pierre et l’exacte nervure.

Nous resterons cloués sur la chaise de paille.
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
Le tumulte des voix, le tumulte des pas,
Et dans la salle en bas l’innocente ripaille.

Ni les rouliers venus pour le jour du marché.
Ni la feinte colère et l’éclat des jurons :
Car nous contemplerons et nous méditerons
D’un seul embrassement la flèche sans péché.

Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies,
Ni la faim ni la soif ni nos renoncements,
Ni nos raides genoux ni nos raisonnements,
Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies.

Perdus dans cette chambre et parmi tant d’hôtels,
Nous ne descendrons pas à l’heure du repas,
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
La ville prosternée au pied de vos autels.

Et quand se lèvera le soleil de demain,
Nous nous réveillerons dans une aube lustrale,
À l’ombre des deux bras de votre cathédrale,
Heureux et malheureux et perclus du chemin.

Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon
Qui mourut comme un sot au cours de cette année,
Presque dans la semaine et devers la journée
Où votre fils naquit dans la paille et le son.

Ô Vierge, il n’était pas le pire du troupeau.
Il n’avait qu’un défaut dans sa jeune cuirasse.
Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace
A passé par ce trou qu’il s’est fait dans la peau.

Il était né vers nous dans notre Gâtinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons.
Et pourtant c’était lui que tu te destinais,

Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau.
Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes.
Mais le seul manquement d’une seule des craintes
Laissa passer la mort par un chemin nouveau.

Le voici maintenant dedans votre régence.
Vous êtes reine et mère et saurez le montrer.
C’était un être pur. Vous le ferez rentrer
Dans votre patronage et dans votre indulgence.

Ô reine qui lisez dans le secret du cœur,
Vous savez ce que c’est que la vie ou la mort,
Et vous savez ainsi dans quel secret du sort
Se coud et se découd la ruse du traqueur.

Et vous savez ainsi sur quel accent du chœur
Se noue et se dénoue un accompagnement,
Et ce qu’il faut d’espace et de déboisement
Pour laisser débouler la meute du piqueur.

Et vous savez ainsi dans quel recreux du port
Se prépare et s’achève un noble enlèvement,
Et par quel jeu d’adresse et de gouvernement
Se dérobe ou se fixe un illustre support.

Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaive
Se joue et se déjoue un épouvantement,
Et par quel coup de pouce et quel balancement
L’un des plateaux descend pour que l’autre s’élève.

Et ce que peut coûter la lèvre du moqueur,
Et ce qu’il faut de force et de recroisement
Pour faire par le coup d’un seul retournement
D’un vaincu malheureux un malheureux vainqueur.

Mère le voici donc, il était notre race,
Et vingt ans après nous notre redoublement.
Reine recevez-le dans votre amendement.
Où la mort a passé, passera bien la grâce.

Nous, nous retournerons par ce même chemin.
Ce sera de nouveau la terre sans cachette,
Le château sans un coin et sans une oubliette,
Et ce sol mieux gravé qu’un parfait parchemin.

Et nunc et in hora, nous vous prions pour nous
Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin,
Et sans doute moins purs et moins dans votre main,
Et moins acheminés vers vos sacrés genoux.

Quand nous aurons joué nos derniers personnages,
Quand nous aurons posé la cape et le manteau,
Quand nous aurons jeté le masque et le couteau,
Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons en cette froide terre,
Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam,
Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan,
Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse,
Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe,
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde,
Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements,
Quand nous aurons raclé nos derniers raclements,
Veuillez vous rappelez votre miséricorde.

Nous ne demandons rien, refuge du pécheur,
Que la dernière place en votre Purgatoire,
Pour pleurer longuement notre tragique histoire,
Et contempler de loin votre jeune splendeur.

Écrit par : dobolino | 26 février 2007

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape

Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés,
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.

Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

Nous sommes nés pour vous au bord de ce plateau,
Dans le recourbement de notre blonde Loire,
Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloire
N’est là que pour ***** votre auguste manteau.

Nous sommes nés au bord de ce vaste plateau,
Dans l’antique Orléans sévère et sérieuse,
Et la Loire coulante et souvent limoneuse
N’est là que pour laver les pieds de ce coteau.

Nous sommes nés au bord de votre plate Beauce
Et nous avons connu dès nos plus jeunes ans
Le portail de la ferme et les durs paysans
Et l’enclos dans le bourg et la bêche et la fosse.

Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate
Et nous avons connu dès nos premiers regrets
Ce que peut receler de désespoirs secrets
Un soleil qui descend dans un ciel écarlate

Et qui se couche au ras d’un sol inévitable
Dur comme une justice, égal comme une barre,
Juste comme une loi, fermé comme une mare,
Ouvert comme un beau socle et plan comme une table.

Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
A fait jaillir ici d’un seul enlèvement,
Et d’une seule source et d’un seul portement,
Vers votre assomption la flèche unique au monde.

Tour de David voici votre tour beauceronne.
C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté
Vers un ciel de clémence et de sérénité,
Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.

Un homme de chez nous a fait ici jaillir,
Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

C’est la gerbe et le blé qui ne périra point,
Qui ne fanera point au soleil de septembre,
Qui ne gèlera point aux rigueurs de décembre,
C’est votre serviteur et c’est votre témoin.

C’est la tige et le blé qui ne pourrira pas,
Qui ne flétrira point aux ardeurs de l’été,
Qui ne moisira point dans un hiver gâté,
Qui ne transira point dans le commun trépas.

C’est la pierre sans tache et la pierre sans faute,
La plus haute oraison qu’on ait jamais portée,
La plus droite raison qu’on ait jamais jetée,
Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.

Celle qui ne mourra le jour d’aucunes morts,
Le gage et le portrait de nos arrachements,
L’image et le tracé de nos redressements,
La laine et le fuseau des plus modestes sorts.

Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre-Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme.

Comme vous commandez un océan d’épis,
Là-bas vous commandez un océan de têtes,
Et la moisson des deuils et la moisson des fêtes
Se couche chaque soir devant votre parvis.

Nous arrivons vers vous du noble Hurepoix.
C’est un commencement de Beauce à notre usage,
Des fermes et des champs taillés à votre image,
Mais coupés plus souvent par des rideaux de bois,

Et coupés plus souvent par de creuses vallées
Pour l’Yvette et la Bièvre et leurs accroissements,
Et leurs savants détours et leurs dégagements,
Et par les beaux châteaux et les longues allées.

D’autres viendront vers vous du noble Vermandois,
Et des vallonnements de bouleaux et de saules.
D’autres viendront vers vous des palais et des geôles.
Et du pays picard et du vert Vendômois.

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande,
Le pays des beaux blés et des encadrements,
Le pays de la grappe et des ruissellements,
Le pays de genêts, de bruyère, de lande.

Nous arrivons vers vous du lointain Palaiseau
Et des faubourgs d’Orsay par Gometz-le-Châtel,
Autrement dit Saint-Clair ; ce n’est pas un castel ;
C’est un village au bord d’une route en biseau.

Nous avons débouché, montant de ce coteau,
Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-Ville
Au-dessus de Saint-Clair ; ce n’est pas une ville ;
C’est un village au bord d’une route en plateau.

Nous avons descendu la côte de Limours.
Nous avons rencontré trois ou quatre gendarmes.
Ils nous ont regardé, non sans quelques alarmes,
Consulter les poteaux aux coins des carrefours.

Nous avons pu coucher dans le calme Dourdan.
C’est un gros bourg très riche et qui sent sa province.
Fiers nous avons longé, regardés comme un prince,
Les fossés du château coupés comme un redan.

Dans la maison amie, hôtesse et fraternelle
On nous a fait coucher dans le lit du garçon.
Vingt ans de souvenirs étaient notre échanson.
Le pain nous fut coupé d’une main maternelle.

Toute notre jeunesse était là solennelle.
On prononça pour nous le Bénédicité.
Quatre siècles d’honneur et de fidélité
Faisaient des draps du lit une couche éternelle.

Nous avons fait semblant d’être un gai pèlerin
Et même un bon vivant et d’aimer les voyages,
Et d’avoir parcouru cent trente-et-un bailliages,
Et d’être accoutumés d’être sur le chemin.

La clarté de la lampe éblouissait la nappe.
On nous fit visiter le jardin potager.
Il donnait sur la treille et sur un beau verger.
Tel fut le premier gîte et la tête d’étape.

Le jardin était clos dans un coude de l’Orge.
Vers la droite il donnait sur un mur bocager
Surmonté de rameaux et d’un arceau léger.
En face un maréchal, et l’enclume, et la forge.

Nous nous sommes levés ce matin devant l’aube.
Nous nous sommes quittés après les beaux adieux.
Le temps s’annonçait bien. On nous a dit tant mieux.
On nous a fait goûter de quelque bœuf en daube,

Puisqu’il est entendu que le bon pèlerin
Est celui qui boit ferme et tient sa place à table,
Et qu’il n’a pas besoin de faire le comptable,
Et que c’est bien assez de se lever matin.

Le jour était en route et le soleil montait
Quand nous avons passé Sainte-Mesme et les autres.
Nous avancions déjà comme deux bons apôtres.
Et la gauche et la droite était ce qui comptait.

Nous sommes remontés par le Gué de Longroy.
C’en est fait désormais de nos atermoiements,
Et de l’iniquité des dénivellements :
Voici la juste plaine et le secret effroi

De nous trouver tout seuls et voici le charroi
Et la roue et les bœufs et le joug et la grange,
Et la poussière égale et l’équitable fange
Et la détresse égale et l’égal désarroi.

Nous voici parvenus sur la haute terrasse
Où rien ne cache plus l’homme de devant Dieu,
Où nul déguisement ni du temps ni du lieu
Ne pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse.

Voici la gerbe immense et l’immense liasse,
Et le grain sous la meule et nos écrasements,
Et la grêle javelle et nos renoncements,
Et l’immense horizon que le regard embrasse.

Et notre indignité cette immuable masse,
Et notre basse peur en un pareil moment,
Et la juste terreur et le secret tourment
De nous trouver tout seuls par devant votre face.

Mais voici que c’est vous, reine de majesté,
Comment avons-nous pu nous laisser décevoir,
Et marcher devant vous sans vous apercevoir.
Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté.

Ce pays est plus ras que la plus rase table.
À peine un creux du sol, à peine un léger pli.
C’est la table du juge et le fait accompli,
Et l’arrêt sans appel et l’ordre inéluctable.

Et c’est le prononcé du texte insurmontable,
Et la mesure comble et c’est le sort empli,
Et c’est la vie étale et l’homme enseveli,
Et c’est le héraut d’arme et le sceau redoutable.

Mais vous apparaissez, reine mystérieuse.
Cette pointe là-bas dans le moutonnement
Des moissons et des bois et dans le flottement
De l’extrême horizon ce n’est point une yeuse,

Ni le profil connu d’un arbre interchangeable.
C’est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute,
Ferme comme un espoir sur la dernière côte,
Sur le dernier coteau la flèche inimitable.

D’ici vers vous, ô reine, il n’est plus que la route.
Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d’autres.
Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres.
Nous l’avons entamée, on la mangera toute.

Nous savons ce que c’est qu’un tronçon qui s’ajoute
Au tronçon déjà fait et ce qu’un kilomètre
Demande de jarret et ce qu’il faut en mettre :
Nous passerons ce soir par le pont et la voûte

Et ce fossé profond qui cerne le rempart.
Nous marchons dans le vent coupés par les autos.
C’est ici la contrée imprenable en photos,
La route nue et grave allant de part en part.

Nous avons eu bon vent de partir dès le jour.
Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous,
Dans cette vieille auberge où pour quarante sous
Nous dormirons tout près de votre illustre tour.

Nous serons si fourbus que nous regarderons,
Assis sur une chaise auprès de la fenêtre,
Dans un écrasement du corps et de tout l’être,
Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts,
L’angle une fois trouvé par un seul homme au monde,
Et l’unique montée ascendante et profonde,
Et nous serons recrus et nous contemplerons.

Voici l’axe et la ligne et la géante fleur.
Voici la dure pente et le contentement.
Voici l’exactitude et le consentement.
Et la sévère larme, ô reine de douleur.

Voici la nudité, le reste est vêtement.
Voici le vêtement, tout le reste est parure.
Voici la pureté, tout le reste est souillure.
Voici la pauvreté, le reste est ornement.

Voici la seule force et le reste est faiblesse.
Voici l’arête unique et le reste est bavure.
Et la seule noblesse et le reste est ordure.
Et la seule grandeur et le reste est bassesse.

Voici la seule foi qui ne soit point parjure.
Voici le seul élan qui sache un peu monter.
Voici le seul instant qui vaille de compter.
Voici le seul propos qui s’achève et qui dure.

Voici le monument, tout le reste est doublure.
Et voici notre amour et notre entendement.
Et notre port de tête et notre apaisement.
Et le rien de dentelle et l’exacte moulure.

Voici le beau serment, le reste est forfaiture.
Voici l’unique prix de nos arrachements,
Le salaire payé de nos retranchements.
Voici la vérité, le reste est imposture.

Voici le firmament, le reste est procédure.
Et vers le tribunal voici l’ajustement.
Et vers le paradis voici l’achèvement.
Et la feuille de pierre et l’exacte nervure.

Nous resterons cloués sur la chaise de paille.
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
Le tumulte des voix, le tumulte des pas,
Et dans la salle en bas l’innocente ripaille.

Ni les rouliers venus pour le jour du marché.
Ni la feinte colère et l’éclat des jurons :
Car nous contemplerons et nous méditerons
D’un seul embrassement la flèche sans péché.

Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies,
Ni la faim ni la soif ni nos renoncements,
Ni nos raides genoux ni nos raisonnements,
Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies.

Perdus dans cette chambre et parmi tant d’hôtels,
Nous ne descendrons pas à l’heure du repas,
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
La ville prosternée au pied de vos autels.

Et quand se lèvera le soleil de demain,
Nous nous réveillerons dans une aube lustrale,
À l’ombre des deux bras de votre cathédrale,
Heureux et malheureux et perclus du chemin.

Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon
Qui mourut comme un sot au cours de cette année,
Presque dans la semaine et devers la journée
Où votre fils naquit dans la paille et le son.

Ô Vierge, il n’était pas le pire du troupeau.
Il n’avait qu’un défaut dans sa jeune cuirasse.
Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace
A passé par ce trou qu’il s’est fait dans la peau.

Il était né vers nous dans notre Gâtinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons.
Et pourtant c’était lui que tu te destinais,

Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau.
Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes.
Mais le seul manquement d’une seule des craintes
Laissa passer la mort par un chemin nouveau.

Le voici maintenant dedans votre régence.
Vous êtes reine et mère et saurez le montrer.
C’était un être pur. Vous le ferez rentrer
Dans votre patronage et dans votre indulgence.

Ô reine qui lisez dans le secret du cœur,
Vous savez ce que c’est que la vie ou la mort,
Et vous savez ainsi dans quel secret du sort
Se coud et se découd la ruse du traqueur.

Et vous savez ainsi sur quel accent du chœur
Se noue et se dénoue un accompagnement,
Et ce qu’il faut d’espace et de déboisement
Pour laisser débouler la meute du piqueur.

Et vous savez ainsi dans quel recreux du port
Se prépare et s’achève un noble enlèvement,
Et par quel jeu d’adresse et de gouvernement
Se dérobe ou se fixe un illustre support.

Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaive
Se joue et se déjoue un épouvantement,
Et par quel coup de pouce et quel balancement
L’un des plateaux descend pour que l’autre s’élève.

Et ce que peut coûter la lèvre du moqueur,
Et ce qu’il faut de force et de recroisement
Pour faire par le coup d’un seul retournement
D’un vaincu malheureux un malheureux vainqueur.

Mère le voici donc, il était notre race,
Et vingt ans après nous notre redoublement.
Reine recevez-le dans votre amendement.
Où la mort a passé, passera bien la grâce.

Nous, nous retournerons par ce même chemin.
Ce sera de nouveau la terre sans cachette,
Le château sans un coin et sans une oubliette,
Et ce sol mieux gravé qu’un parfait parchemin.

Et nunc et in hora, nous vous prions pour nous
Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin,
Et sans doute moins purs et moins dans votre main,
Et moins acheminés vers vos sacrés genoux.

Quand nous aurons joué nos derniers personnages,
Quand nous aurons posé la cape et le manteau,
Quand nous aurons jeté le masque et le couteau,
Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons en cette froide terre,
Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam,
Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan,
Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse,
Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe,
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde,
Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements,
Quand nous aurons raclé nos derniers raclements,
Veuillez vous rappelez votre miséricorde.

Nous ne demandons rien, refuge du pécheur,
Que la dernière place en votre Purgatoire,
Pour pleurer longuement notre tragique histoire,
Et contempler de loin votre jeune splendeur.

Écrit par : dobolino | 26 février 2007

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape

Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés,
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.

Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

Nous sommes nés pour vous au bord de ce plateau,
Dans le recourbement de notre blonde Loire,
Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloire
N’est là que pour ***** votre auguste manteau.

Nous sommes nés au bord de ce vaste plateau,
Dans l’antique Orléans sévère et sérieuse,
Et la Loire coulante et souvent limoneuse
N’est là que pour laver les pieds de ce coteau.

Nous sommes nés au bord de votre plate Beauce
Et nous avons connu dès nos plus jeunes ans
Le portail de la ferme et les durs paysans
Et l’enclos dans le bourg et la bêche et la fosse.

Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate
Et nous avons connu dès nos premiers regrets
Ce que peut receler de désespoirs secrets
Un soleil qui descend dans un ciel écarlate

Et qui se couche au ras d’un sol inévitable
Dur comme une justice, égal comme une barre,
Juste comme une loi, fermé comme une mare,
Ouvert comme un beau socle et plan comme une table.

Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
A fait jaillir ici d’un seul enlèvement,
Et d’une seule source et d’un seul portement,
Vers votre assomption la flèche unique au monde.

Tour de David voici votre tour beauceronne.
C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté
Vers un ciel de clémence et de sérénité,
Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.

Un homme de chez nous a fait ici jaillir,
Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

C’est la gerbe et le blé qui ne périra point,
Qui ne fanera point au soleil de septembre,
Qui ne gèlera point aux rigueurs de décembre,
C’est votre serviteur et c’est votre témoin.

C’est la tige et le blé qui ne pourrira pas,
Qui ne flétrira point aux ardeurs de l’été,
Qui ne moisira point dans un hiver gâté,
Qui ne transira point dans le commun trépas.

C’est la pierre sans tache et la pierre sans faute,
La plus haute oraison qu’on ait jamais portée,
La plus droite raison qu’on ait jamais jetée,
Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.

Celle qui ne mourra le jour d’aucunes morts,
Le gage et le portrait de nos arrachements,
L’image et le tracé de nos redressements,
La laine et le fuseau des plus modestes sorts.

Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre-Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme.

Comme vous commandez un océan d’épis,
Là-bas vous commandez un océan de têtes,
Et la moisson des deuils et la moisson des fêtes
Se couche chaque soir devant votre parvis.

Nous arrivons vers vous du noble Hurepoix.
C’est un commencement de Beauce à notre usage,
Des fermes et des champs taillés à votre image,
Mais coupés plus souvent par des rideaux de bois,

Et coupés plus souvent par de creuses vallées
Pour l’Yvette et la Bièvre et leurs accroissements,
Et leurs savants détours et leurs dégagements,
Et par les beaux châteaux et les longues allées.

D’autres viendront vers vous du noble Vermandois,
Et des vallonnements de bouleaux et de saules.
D’autres viendront vers vous des palais et des geôles.
Et du pays picard et du vert Vendômois.

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande,
Le pays des beaux blés et des encadrements,
Le pays de la grappe et des ruissellements,
Le pays de genêts, de bruyère, de lande.

Nous arrivons vers vous du lointain Palaiseau
Et des faubourgs d’Orsay par Gometz-le-Châtel,
Autrement dit Saint-Clair ; ce n’est pas un castel ;
C’est un village au bord d’une route en biseau.

Nous avons débouché, montant de ce coteau,
Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-Ville
Au-dessus de Saint-Clair ; ce n’est pas une ville ;
C’est un village au bord d’une route en plateau.

Nous avons descendu la côte de Limours.
Nous avons rencontré trois ou quatre gendarmes.
Ils nous ont regardé, non sans quelques alarmes,
Consulter les poteaux aux coins des carrefours.

Nous avons pu coucher dans le calme Dourdan.
C’est un gros bourg très riche et qui sent sa province.
Fiers nous avons longé, regardés comme un prince,
Les fossés du château coupés comme un redan.

Dans la maison amie, hôtesse et fraternelle
On nous a fait coucher dans le lit du garçon.
Vingt ans de souvenirs étaient notre échanson.
Le pain nous fut coupé d’une main maternelle.

Toute notre jeunesse était là solennelle.
On prononça pour nous le Bénédicité.
Quatre siècles d’honneur et de fidélité
Faisaient des draps du lit une couche éternelle.

Nous avons fait semblant d’être un gai pèlerin
Et même un bon vivant et d’aimer les voyages,
Et d’avoir parcouru cent trente-et-un bailliages,
Et d’être accoutumés d’être sur le chemin.

La clarté de la lampe éblouissait la nappe.
On nous fit visiter le jardin potager.
Il donnait sur la treille et sur un beau verger.
Tel fut le premier gîte et la tête d’étape.

Le jardin était clos dans un coude de l’Orge.
Vers la droite il donnait sur un mur bocager
Surmonté de rameaux et d’un arceau léger.
En face un maréchal, et l’enclume, et la forge.

Nous nous sommes levés ce matin devant l’aube.
Nous nous sommes quittés après les beaux adieux.
Le temps s’annonçait bien. On nous a dit tant mieux.
On nous a fait goûter de quelque bœuf en daube,

Puisqu’il est entendu que le bon pèlerin
Est celui qui boit ferme et tient sa place à table,
Et qu’il n’a pas besoin de faire le comptable,
Et que c’est bien assez de se lever matin.

Le jour était en route et le soleil montait
Quand nous avons passé Sainte-Mesme et les autres.
Nous avancions déjà comme deux bons apôtres.
Et la gauche et la droite était ce qui comptait.

Nous sommes remontés par le Gué de Longroy.
C’en est fait désormais de nos atermoiements,
Et de l’iniquité des dénivellements :
Voici la juste plaine et le secret effroi

De nous trouver tout seuls et voici le charroi
Et la roue et les bœufs et le joug et la grange,
Et la poussière égale et l’équitable fange
Et la détresse égale et l’égal désarroi.

Nous voici parvenus sur la haute terrasse
Où rien ne cache plus l’homme de devant Dieu,
Où nul déguisement ni du temps ni du lieu
Ne pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse.

Voici la gerbe immense et l’immense liasse,
Et le grain sous la meule et nos écrasements,
Et la grêle javelle et nos renoncements,
Et l’immense horizon que le regard embrasse.

Et notre indignité cette immuable masse,
Et notre basse peur en un pareil moment,
Et la juste terreur et le secret tourment
De nous trouver tout seuls par devant votre face.

Mais voici que c’est vous, reine de majesté,
Comment avons-nous pu nous laisser décevoir,
Et marcher devant vous sans vous apercevoir.
Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté.

Ce pays est plus ras que la plus rase table.
À peine un creux du sol, à peine un léger pli.
C’est la table du juge et le fait accompli,
Et l’arrêt sans appel et l’ordre inéluctable.

Et c’est le prononcé du texte insurmontable,
Et la mesure comble et c’est le sort empli,
Et c’est la vie étale et l’homme enseveli,
Et c’est le héraut d’arme et le sceau redoutable.

Mais vous apparaissez, reine mystérieuse.
Cette pointe là-bas dans le moutonnement
Des moissons et des bois et dans le flottement
De l’extrême horizon ce n’est point une yeuse,

Ni le profil connu d’un arbre interchangeable.
C’est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute,
Ferme comme un espoir sur la dernière côte,
Sur le dernier coteau la flèche inimitable.

D’ici vers vous, ô reine, il n’est plus que la route.
Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d’autres.
Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres.
Nous l’avons entamée, on la mangera toute.

Nous savons ce que c’est qu’un tronçon qui s’ajoute
Au tronçon déjà fait et ce qu’un kilomètre
Demande de jarret et ce qu’il faut en mettre :
Nous passerons ce soir par le pont et la voûte

Et ce fossé profond qui cerne le rempart.
Nous marchons dans le vent coupés par les autos.
C’est ici la contrée imprenable en photos,
La route nue et grave allant de part en part.

Nous avons eu bon vent de partir dès le jour.
Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous,
Dans cette vieille auberge où pour quarante sous
Nous dormirons tout près de votre illustre tour.

Nous serons si fourbus que nous regarderons,
Assis sur une chaise auprès de la fenêtre,
Dans un écrasement du corps et de tout l’être,
Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts,
L’angle une fois trouvé par un seul homme au monde,
Et l’unique montée ascendante et profonde,
Et nous serons recrus et nous contemplerons.

Voici l’axe et la ligne et la géante fleur.
Voici la dure pente et le contentement.
Voici l’exactitude et le consentement.
Et la sévère larme, ô reine de douleur.

Voici la nudité, le reste est vêtement.
Voici le vêtement, tout le reste est parure.
Voici la pureté, tout le reste est souillure.
Voici la pauvreté, le reste est ornement.

Voici la seule force et le reste est faiblesse.
Voici l’arête unique et le reste est bavure.
Et la seule noblesse et le reste est ordure.
Et la seule grandeur et le reste est bassesse.

Voici la seule foi qui ne soit point parjure.
Voici le seul élan qui sache un peu monter.
Voici le seul instant qui vaille de compter.
Voici le seul propos qui s’achève et qui dure.

Voici le monument, tout le reste est doublure.
Et voici notre amour et notre entendement.
Et notre port de tête et notre apaisement.
Et le rien de dentelle et l’exacte moulure.

Voici le beau serment, le reste est forfaiture.
Voici l’unique prix de nos arrachements,
Le salaire payé de nos retranchements.
Voici la vérité, le reste est imposture.

Voici le firmament, le reste est procédure.
Et vers le tribunal voici l’ajustement.
Et vers le paradis voici l’achèvement.
Et la feuille de pierre et l’exacte nervure.

Nous resterons cloués sur la chaise de paille.
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
Le tumulte des voix, le tumulte des pas,
Et dans la salle en bas l’innocente ripaille.

Ni les rouliers venus pour le jour du marché.
Ni la feinte colère et l’éclat des jurons :
Car nous contemplerons et nous méditerons
D’un seul embrassement la flèche sans péché.

Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies,
Ni la faim ni la soif ni nos renoncements,
Ni nos raides genoux ni nos raisonnements,
Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies.

Perdus dans cette chambre et parmi tant d’hôtels,
Nous ne descendrons pas à l’heure du repas,
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
La ville prosternée au pied de vos autels.

Et quand se lèvera le soleil de demain,
Nous nous réveillerons dans une aube lustrale,
À l’ombre des deux bras de votre cathédrale,
Heureux et malheureux et perclus du chemin.

Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon
Qui mourut comme un sot au cours de cette année,
Presque dans la semaine et devers la journée
Où votre fils naquit dans la paille et le son.

Ô Vierge, il n’était pas le pire du troupeau.
Il n’avait qu’un défaut dans sa jeune cuirasse.
Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace
A passé par ce trou qu’il s’est fait dans la peau.

Il était né vers nous dans notre Gâtinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons.
Et pourtant c’était lui que tu te destinais,

Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau.
Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes.
Mais le seul manquement d’une seule des craintes
Laissa passer la mort par un chemin nouveau.

Le voici maintenant dedans votre régence.
Vous êtes reine et mère et saurez le montrer.
C’était un être pur. Vous le ferez rentrer
Dans votre patronage et dans votre indulgence.

Ô reine qui lisez dans le secret du cœur,
Vous savez ce que c’est que la vie ou la mort,
Et vous savez ainsi dans quel secret du sort
Se coud et se découd la ruse du traqueur.

Et vous savez ainsi sur quel accent du chœur
Se noue et se dénoue un accompagnement,
Et ce qu’il faut d’espace et de déboisement
Pour laisser débouler la meute du piqueur.

Et vous savez ainsi dans quel recreux du port
Se prépare et s’achève un noble enlèvement,
Et par quel jeu d’adresse et de gouvernement
Se dérobe ou se fixe un illustre support.

Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaive
Se joue et se déjoue un épouvantement,
Et par quel coup de pouce et quel balancement
L’un des plateaux descend pour que l’autre s’élève.

Et ce que peut coûter la lèvre du moqueur,
Et ce qu’il faut de force et de recroisement
Pour faire par le coup d’un seul retournement
D’un vaincu malheureux un malheureux vainqueur.

Mère le voici donc, il était notre race,
Et vingt ans après nous notre redoublement.
Reine recevez-le dans votre amendement.
Où la mort a passé, passera bien la grâce.

Nous, nous retournerons par ce même chemin.
Ce sera de nouveau la terre sans cachette,
Le château sans un coin et sans une oubliette,
Et ce sol mieux gravé qu’un parfait parchemin.

Et nunc et in hora, nous vous prions pour nous
Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin,
Et sans doute moins purs et moins dans votre main,
Et moins acheminés vers vos sacrés genoux.

Quand nous aurons joué nos derniers personnages,
Quand nous aurons posé la cape et le manteau,
Quand nous aurons jeté le masque et le couteau,
Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons en cette froide terre,
Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam,
Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan,
Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse,
Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe,
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde,
Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements,
Quand nous aurons raclé nos derniers raclements,
Veuillez vous rappelez votre miséricorde.

Nous ne demandons rien, refuge du pécheur,
Que la dernière place en votre Purgatoire,
Pour pleurer longuement notre tragique histoire,
Et contempler de loin votre jeune splendeur.

Écrit par : kador | 26 février 2007

Bonjour Lolo34,

juste une chtit question,
FraKK est-il toujours socialiste ?

Merci d'avance pour ta réponse....

Sais-tu ? Je t'aimions bien ! vrai de vrai, juste, je ne comprend pas pourquoi, toi qui semble si intelligent (?) tu "votes" fafa/Ségo/Jospin/et tant d'autres ?

Perso je ne voterai (s) pas au premier tour (sauf si Taubira se présente ou Orsenna ou Jp :o)))))... Pourquoi passer par les ânes alors qu'il me parait, qu'il y ait des gens plutôt sympatoches (?) )

Rapport à l'âne cibil :

Tu peux être bougna ET anti-bougnavitch .... petite m... !

Écrit par : toto | 26 février 2007

Bonjour

L'homme que les Français ont besoin, ce n'est pas Bayrou. Il leur faut une tête brûlée et non une espèce d'apolitique. Comme dit si Bien Pedro Cordoba : "ceux qui sont au milieu prennent des balles des deux côtés". Bayrou est à l'origine de nombreuses dérives pédagogiques quand il fut ministre de l'Education. Je vous renvoie à ce message de Marie Bellosta : http://education.blogs.liberation.fr/carnet/2005/04/credo.html

"Je n’ai pas pu écouter cette émission entre J. Chirac et 83 jeunes et je m’en remets à votre témoignage sur ce jeune homme qui n’était “pas d’accord” avec la lecture du Conseil constitutionnel.

J’aurais tendance à dire que l’attitude de ce jeune homme est un résultat typique de la pédagogie prônée depuis les programmes de collège de 1995 (Bayrou) : prééminence donnée au débat oral où s’entrecroisent les “moi j’pense que”, consigne de partir de l’expérience des élèves, de leur vécu (dans l’espérance - généralement utopique - de leur faire “reconstruire” les savoirs objectifs). Le corollaire, c’est que la notion d’«autorité du savoir» est perdue (dans votre exemple, les savoirs du Conseil constitutionnel). L’idée qu’avant de juger, il faut savoir, l’idée fondamentale que l’opinion (la doxa, comme disait Socrate) doit être a priori considérée comme suspecte (car elle n’est faite que de préjugés), ce sont des idées que la pédagogie officielle actuelle a considérablement affaiblies.

Tous les profs de lettres et de philo savent depuis toujours que le “moi j’pense que” brutal, aveugle et souvent à côté du sujet est le premier réflexe des élèves. Seulement, les pédagogies officielles font plus ou moins obstacle à ce règne de l’opinion, elles autorisent plus ou moins la transformation de la classe en café du commerce. Regardez par exemple les transparents d’une conférence d’IUFM sur la pédagogie du projet : www.ac-versailles.fr/ppcp/fichiers/pedagogie.ppt
Dans le meilleur des mondes possibles, et si la nature humaine était autre chose que ce qu’elle est, on devrait ainsi pouvoir partir du débat des ignorants pour les amener au savoir. Dans la vie réelle, on sait qu’il n’y a guère que Socrate assez doué pour faire accoucher du vrai une cervelle engluée dans l’opinion. Et ça lui a demandé généralement, pour chaque préjugé de l’opinion, tout un dialogue de Platon sur le mode d’un cours particulier public...

A mon avis, on peut difficilement refuser l’idée d’une école fondée sur l’autorité du savoir et, en même temps, déplorer que la démocratie politique soit confisquée par la dictature de l’opinion. Mais ce n’est qu’une opinion personnelle et je lirai avec la plus grande curiosité tous les commentaires que suscitera votre message d’aujourd’hui".

Écrit par : Nicolas | 26 février 2007

La contradiction est très forte chez les candidats du PS et de l’UMP bien obligés de faire des promesses pour avoir des voix (promesses qui n’engagent que ceux qui veulent y croire rappelait JPB) alors que depuis des années il ont une rhétorique de l’impuissance : on peut rien faire, ma pôv’ dame, c’est la faute à l’Europe, à la mondialisation, à la Chine, à l’OMC, etc. Ils n’ont en outre que des actions « d’accompagnement » comme y disent dans leur langage hospitalier. Et c’est particulièrement écœurant de cynisme quand ils se prétendent de gauche, puisqu’ils seraient censés se soucier de ceux qui souffrent, paraît-il…

Leur “politique”, à ces “gens de gouvernement”, consiste finalement dans l’acceptation du monde tel qu’il est. C’est le contraire de ce que doit être la politique au sens noble, s’il n’y a rien que l’on puisse faire, que tout est aussi inéluctable que les tremblements de terre, vivons en dictature ou en oligarchie, pourquoi des citoyens, pourquoi voter ? Pour élire et réélire des élus perpétuels qui paient l’ISF grâce à des indemnités payées par le couillon de contribuable ?

Pour l’École, qui nous préoccupe ici, que ce soit Sarko ou Ségo, ce sera la continuation du désastre vers un démantèlement de l’Éducnat, privatisation ou régionalisation, bivalence ou bivalitude, réductions des horaires essentiels, des collèges Walt-Disney partout. Tout cela caché sous le fait qu’il y aura toujours un adulte pour assurer la garderie à tout moment ce qui rassurera beaucoup de parents…

Écrit par : Lariba | 26 février 2007

Bayrou...
Celui qui vient de dire sur TF1 qu'il était favorable à la bivalence, pourvu qu'on soit volontaire et récompensé !
La prime à l'incompétence !
Le candidat bivalent gauche-droite veut des profs bivalents !
Le centrisme appliqué à l'école, c'est un prof de lettres-histoire qui n'est compétent, ni en lettres, ni en histoire : arrêtons d'être sectaires !

En un mot : voter Bayrou, c'est voter pour la bivalence !


Donc maintenant c'est clair, voter Bayrou

Écrit par : Pat | 26 février 2007

Lariba,
MERCI!

Écrit par : Patricia Mesnigé | 26 février 2007

"Rapport à l'âne cibil :

Tu peux être bougna ET anti-bougnavitch .... petite m... !"

Ecrit par : toto | 26 février 2007
Ca me fait plaisir de vous revoir! Je vous croyais décédé.

Écrit par : Christophe Sibille | 26 février 2007

Moi, je vote Lariba.

Écrit par : catmano | 26 février 2007

Bayrou est de droite et le restera ! Au 2ème tour, il appelera à voter Sarko contre Ségo, comme il a appelé à voter UMP au 2ème tour des régionales d'il y a 2 ans où la gauche à tous raflé.

Écrit par : Fred de Metz | 26 février 2007

Pour l’École, qui nous préoccupe ici, que ce soit Sarko ou Ségo, ce sera la continuation du désastre vers un démantèlement de l’Éducnat, privatisation ou régionalisation, bivalence ou bivalitude, réductions des horaires essentiels, des collèges Walt-Disney partout. Tout cela caché sous le fait qu’il y aura toujours un adulte pour assurer la garderie à tout moment ce qui rassurera beaucoup de parents…

Ecrit par : Lariba | 26 février 2007

Exactitude... et le reste qui existe quand même, mes petits? Vous choisissez quoi?

Écrit par : dobolino | 26 février 2007

"Ca me fait plaisir de vous revoir! Je vous croyais décédé."
Marrant comment le ton de ton post te représente à merveille .
Tu es bien une râclure de chiotte!

Écrit par : toto | 27 février 2007

Sarko, qui prétend avoir changé, se comporte en fait exactement de la même manière que son mentor, (ou ex-mentor), Chirac. Ceux qui croient voter différent en votant pour lui sous prétexte qu'il déteste le futur ex se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'au coude! D'ailleurs, l'énarque qui lui fait ses fameux discours "de gauche", (limite alter-mondialiste, même; sur le droit au logement opposable, sur les patrons voyous, etc, etc), invité sur France-Inter ce matin, (j'ai déjà oublié son nom), est le même que celui qui avait fait le non moins fameux discours de Chichi sur la fracture sociale!

Écrit par : Christophe Sibille | 27 février 2007

A Fred de Metz :

Je me moque que Bayrou soit de droite ou de gauche, éperdument même ! Pour l'instant que je sache il est au centre et ne fait plus partie de l'UMP depuis 2002.

Et d'ailleurs je ne comprends pas pourquoi vous le PS ou la droite, vous diabolisez votre "adversaire" si je puis dire. On dirait que l'on retrouve d'un côté le bon Dieu ou ses disciples ou dans le cas présent l'Immaculée Conception et de l'autre le Diable personnifié par Sarkozy surnommé IZNOGOUD. Ce n'est pas encore Ahmadinejad que je sache...

Personnellement je constate une chose : c'est qu'il faut arrêter de suite de croire que Sainte Ségo ou Sarkozy ou même Bayrou détiennent la potion magique qui va chambouler votre vie du tout au tout. Ca ça ne fonctionne que dans les contes de fées !!!

La politique à mes yeux c'est une continuité. Bien sûr qu'il faut du changement, voire une rupture mais pensez vous que l'ensemble de la population française soit prête à endurer le changement et à faire des sacrifices quand bien même ils sont source d'impopularité ?

Avec la société de consommation où tout le monde veut tout tout de suite et surtout avec le confort qui va avec, j'en doute fort, je vous l'assure.....Il faudrait remettre tout le monde au travail, tout le monde l'admet mais tout le monde est-il prêt à le faire ???? Là encore j'en doute...

Et juste encore une chose, j'ai toujours été sympathisante de gauche mais pour la première fois de ma vie je ne voterai pas à gauche, et je dirais même que je ne voterai plus pour des camps mais pour des valeurs, des idées. Si ma vérité se trouve à droite je voterai à droite sinon à gauche ou au centre ou peu importe : mes convictions personnelles me guideront.

Bayrou prône peut-être la bivalence, Sarko ne propose pas mieux et pour Sainte Nitouche l'école c'est une garderie...

Alors on désire la bivalence soit mais dans ce cas que l'on forme nos professeurs du secondaire dans deux domaines en placant le niveau de connaissances à un degré d'expertise...

Est ce que ce sera envisagé, je n'en sais rien, ni vous ni personne. L'avenir seul nous le dira........

SW

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

Et d'ailleurs pour tout dire la bivalence comme la poudre aux yeux qu'on nous balance à tour de bras ne m'inspire guère.

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

"Il faudrait remettre tout le monde au travail"
Ecrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

Qu'entendez-vous par là, Sandra? Supposeriez-vous que les français sont un peuple de feignants, qui n'ont envie que d'une chose, profiter de leurs RTT? Et qui serait chargé, dans votre hypothèse, de remettre qui au travail?

Écrit par : Christophe Sibille | 27 février 2007

Et puis j'ajouterai encore ceci :

Avec Ségolène, nous rentrons dans une espèce de maternage, parce que parmi une bonne partie de la population française, on se refuse à un changement qui pourrait se faire dans la frustration ou dans la douleur. il ne faut surtout pas bousculer les habitudes de qui que ce soit.

Or au sens noble du terme, le changement consiste à basculer dans l'inconnu (et celui-là fait peur) mais en même temps ça suppose des compromis et une modification totale de sa vision des choses et de son mode de vie...

Et de toute évidence, à mes yeux, je suis convaincue que notre maison France a largement besoin d'autre chose. Que l'on cesse d'infantiliser tout le monde, il est plus que jamais nécessaire, fondamental, essentiel et vital de RESPONSABILISER.

Lorsque l'on s'aperçoit que 76 % des jeunes désirent être fonctionnaire, je suis effarée devant leur conservatisme et devant la peur d'affronter les difficultés de la vie. L'existence n'est pas rose, elle ne l'est pour personne, elle est même un éternel combat.

L'emploi à vie ça n'existe pas. Et encore heureux ! Vous vous voyez vous exercer 40 années et plus le même boulot ??? Quel ennui !!! Plutôt mourir....

Des amis de nationalité allemande me traduisaient un adage allemand : "Das Leben ist ein Kampf". En d'autres termes il faut savoir se battre. Desfois on peut être fatigué......mais si l'on baisse les bras, la fatalité et la résignation est proche. Et en politique cela devient dangeureux parce que si l'on se dit que la politique ne change plus rien, la dictature est proche...

En outre continuer à raisonner en camps comme vous le faites, c'est faire le lit de tous les extrêmes.

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

Ce n'est pas ce que je veux dire Christophe je me suis mal exprimée. Loin de moi l'idée de généraliser.

Mais ne croyez-vous pas qu'il faudrait remettre la valeur travail au gout du jour ???

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

Qu'entendez-vous par là, Sandra? Supposeriez-vous que les français sont un peuple de feignants, qui n'ont envie que d'une chose, profiter de leurs RTT?

Ecrit par : Christophe Sibille | 27 février 2007

Pour moi, la réponse est dans la question.
Mais bon, pas tout le monde, pas de généralisations.

J'aime bien l'idée de Bayrou des deux premiers emplois sans charges. Voilà qui pourrait m'inciter à embaucher. Et qui créerait de nombreux emplois en permettant à nombre d'artisans, commercants, etc., de souffler un peu.

Écrit par : yann | 27 février 2007

Et puisque le thème du post est le féminisme, je précise que je ne voterai pas pour Ségolène parce que c'est une femme et que c'est à leur tour de jouer.

Je voterai pour elle parce qu'elle a un programme cohérent, parce qu'elle ne fait pas de promesses à la légère, parce qu'elle est bien entourée, parce que ses propositions sur l'école sont bien construites, parce qu'elle est compétente en politique étrangère, parce qu'elle est bien habillée et qu'elle a un sourire naturel.

Quoi, j'ai dit une bétise ?

Je suis bien d'accord avec Sandra. Cà fait vingt ans que je vote à gauche, presque par réflexe, ou par atavisme, mais là, non. Je voterai pour des valeurs, des idées, intelligentes si possible, et surtout pour quelqu'un qui aura le courage d'arrêter de nous bourrer le mou avec des promesses intenables et utopiques. Si vous voulez de l'utopie, partez vivre en communauté, j'ai plein d'adresses à votre disposition.

Ah, pourquoi le PS n'a-t-il pas présenté la Martine ...?

Écrit par : yann | 27 février 2007

Sandra WAGNER nous dit "das Leben ist ein Kampf" oder "mein Kampf" ?
Cet éloge vibrant du libéralisme très combatif me rappelle une certaine époque ... Les fonctionnaires sont les "Untermenschen" d'aujourd'hui. Seul plus d'Arbeit nous rendra plus frei ..., sicher.

Zum Befehl, meine Führerin !

Écrit par : JPL | 27 février 2007

L'idéologie pour certains a de beaux jours devant elle....

Me comparer à Hitler est véritablement grossier....Je ne dénigre pas les fonctionnaires, je travaille avec eux tous les jours, alors vos insultes grotesques vous vous les gardez....

Seulement l'emploi à vie ça n'existe pas, point barre que vous le vouliez ou non. Si c'est votre choix, retournez en URSS, dans un régime communiste...et vous verrez par vous même le résultat.

Les patrons sont diaboliques, et les salariés sont les vaillants. Baliverne, il y a à boire et à manger partout, et de chaque côté.

Alors la dichotomie ou la vision manichéenne....

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

"Point barre que vous le vouliez ou non" !!! Fichtre ...

"retourner en URSS" : non je vais monter gentiment dans le wagon plombé de la ligne Drancy - Le Struthof, en baissant les yeux, mort de peur ...

PS : Le mur de Berlin est tombé il y a 18 ans et l'URSS n'existe plus depuis 16 ans.

Écrit par : JPL | 27 février 2007

Et qui plus est je viens de sortir du PS alors me cadrer de suite dans le FN, c'est bigrement ridicule..

Je rejoins d'ailleurs à ce propos JPB :

"J'adore ! Dès que l'on ne se répand pas en génuflexions devant la Maldonne des sondages, on est FN — c'est comme Meirieu quand il me compare à Doriot, ou tous ceux qui croient que je suis l'homme-lige de tel ou tel extrémisme…"

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

JPL pour vous le mur de Berlin ne doit pas encore être tombé...et puis si vous jouez sur les mots je ne dirai plus URSS, promis mais Russie !

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

Ramarque annexe: "l'idéologie", c'est la pensée des autres.

Ce qui "va de soi", ce qui est "naturel" : c'est l'idéologie dominante, dont on se fait le héraut paradoxalement polémiste.

Écrit par : JPL | 27 février 2007

Vous sortez du PS ?
Ça, je l'aurais parié !
CQFD

Écrit par : JPL | 27 février 2007

JPL si vous êtes pour Sainte Nitouche c'est votre droit. Je n'ai rien contre les socialistes et changerait pas de trottoir si j'en rencontre.

Cela dit je ne crois pas à leur pacte présidentiel et je n'ai aucune confiance en leur candidate.

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

"aucune confiance" dans le PS et en SR ?

Enfin un point d'accord entre nous !

Écrit par : JPL | 27 février 2007

JPL c'est vrai, mon Dieu, mon quelle infamie ai je commise en sortant du PS ?

Suis je Ahmadinejab désormais ?? A vous lire on le dirait bien.....

On dirait que je viens de signer un pacte avec le diable...

Vous devenez comique JPL ! A mourir de rire.........

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

Sandra:
- je ne pense pas que la valeur:"travail" soit vraiment passée de mode. Il n'y a pas de sot métier, pourvu qu'il soit choisi.
- Personne, sérieusement, à part quelques allumés, (ou membre de la LCR, ce qui revient vraisemblablement au même) ne veut pendre le dernier patron avec les tripes du
dernier banquier.
- C'est curieux comme le mot: "fonctionnaire" peut être péjoratif. Je vous rappelle que professeurs et infirmières, pour ne citer que ceux-là, sont fonctionnaires! Il y a là une dérive idéologique pour le moins inquiétante.

Écrit par : Christophe Sibille | 27 février 2007

IL FAUT ETRE COMIQUE.

Écrit par : JPL | 27 février 2007

Arrêtez de me faire dire ce que je n'ai pas dit Christophe ! Je ne rejette pas les fonctionnaires, je le redis je travaille tous les jours avec eux et je puis vous assurer que je rencontre des personnes formidables et d'autres que j'apprécie moins. Pour autant dois je les dénigrer ? Non, bien sûr que non !

Ce que je reproche aux jeunes notamment c'est l'idée même d'emploi à vie et qu'il n'existe pas d'autres alternatives...Je ne suis pas pour autant pour la précarité poussée comme l'accumulation de contrats temporaires ou CDD : je suis passée par là pendant 8 ans.

Désormais je suis en CDI et suis bien contente d'y être. Ceci dit : MON CDI ne durera pas 20 ans et DU MOINS DANS LA MEME ENTREPRISE...

Raison pour laquelle je dis que l'emploi à vie c'est fini !

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

Personne, sérieusement, à part quelques allumés, (ou membre de la LCR, ce qui revient vraisemblablement au même) ne veut pendre le dernier patron avec les tripes du
dernier banquier.

Ecrit par : Christophe Sibille | 27 février 2007

Je ne mets pas tout le monde dans le même panier. Seulement il y a des personnes dans mon entourage, qui dès que l'on parle d'heures supplémentaires à faire s'estiment systématiquement "exploitées".

Alors qu'on se le dise : j'ai connu durant ma période intérimaire bon nombre de personnes brillantes et des patrons tout à fait honorables comme d'autres et pour lesquels je n'offre aucune concession, je suis même allée défendre mes droits aux Prud'hommes.

Des patrons voyous ça existe certes mais tous ne sont pas ainsi. Et par ailleurs évidemment on ne va pas travailler pour les beaux yeux de la princesse.

Cela dit je ne vois pas en quoi le fait de réaliser des heures supp en cas de besoin (et seulement en cas de besoin) soit un pousse au crime ou de l'esclavage. Dieu sait que je ne les compte plus, je n'en serai ni à la dernière ni à la première et je n'en suis pas morte que je sache !

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

Tiens les amis de Sarkonazi:

-Il s'est autant emmêlé les pinceaux sur les sous-marins nucléaires que Chabichette.

-Il a dit et il faut le croire, hic!!!!!!, que l'alcool,oui, mais l'eau frugi..feru....genifru....non!!!!
Pauvre petite merde frankaouie: soutenir les marchands de bibine pourringue, et oser dire que c'est moins désatreux pour la snté de lichtronner que de s 'en rouler une ou de fumer un bon petit pétard. Crétin!!!!!!!!
Sauf que, mon con, primo le bon vin, désormais n'est plus produit en France, donc tu soutiens les marchands de jaja-sdf..... et secundo, ton soutien aux gros cons violeurs de saisonnières du Sancerrois est tellement piteuse qu'on a la honte qui rentre où je pense pour toi.
SW.....mon humour bien gras et bien fécal vaut bien votre sérieux boucheculdedinde.....

Écrit par : montaigneàcheval | 27 février 2007

piteux....

Écrit par : montaigneàcheval | 27 février 2007

Le tout étant une question de choix! Et l'indignation de certains politiques vis-à-vis des patrons-voyous, (mais tous les patrons ne sont évidemment pas voyous) est extrêmement récente! Les patrons qui exaltent le risque pour leurs salariés, mais partaient avec la caisse après avoir coulé leur boite! Pas de risques pour eux, deux poids, deux mesures. Le tout reste une question de choix, et certains n'en ont pas beaucoup! On n'a pas, hélas, que les choix que l'on se donne!

Écrit par : Christophe Sibille | 27 février 2007

montaigneàcheval, ne soyez pas exagérément décliniste! Il y a encore de très nombreux bons et grands vins en France, même s'il faut effectivement se battre pour que ça dure!

Écrit par : Christophe Sibille | 27 février 2007

Ca j'en conviens Christophe !

Comme dirait La Fontaine dans ce contexte "La raison du plus fort est malheureusement toujours la meilleure"

Écrit par : Sandra WAGNER | 27 février 2007

Le "Prince" de Machiavel ,vous devez tous l'avoir dans un coin de votre bibliothèque alors un petit conseil, relisez le bien avant de mettre votre bulletin dans l'urne....
"Celui qui trompe...trouvera toujours qui se laissera tromper..."

Écrit par : ami entends-tu? | 27 février 2007

(avant propos : je n'ai jamais vu Segolene Royal dans les manifestations feministes ...)


Ségolène Royal : « l’ordre juste » ... de la Charia

Vous vous demandiez tous d’où venait ce byzarre slogan de «l’ordre juste». En effet, une expression si voisine de «ordre moral » ou de « ordre symbolique » cela résonne drôlement dans la bouche d’une femme qui se réclame des droits des femmes, ( vous savez « ordre symbolique » : la notion structuralo-lacanienne qui fut si fort invoquée contre le contrat d’union civile, le PACS ...). La réponse se trouve dans l’arrêt du 31 juillet 2001 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui approuvait l’interdiction d’un parti islamiste en Turquie.

La Cour cite les propos de membres du Refah Partisi (Parti de la prospérité) :

« La Cour prend note en particulier des propos suivants des membres du R.P. dévoilant explicitement l’intention de mettre en place un régime inspiré de la Charia :

- Hasan Hüseyin Ceylan, député d’Ankara, lors d’une interview télévisée retransmise le 24 novembre 1996, qui estime que la Charia est la solution pour le pays ;
- İbrahim Halil Çelik, député du R.P., qui le 8 mai 1997 s’exprime ainsi : « je suis pour la Charia jusqu’au bout, je veux instaurer la Charia » (paragraphe 25 ci-dessus);

La Cour relève également les propos qui reflètent implicitement l’intention de leurs auteurs d’instaurer un régime fondé sur la Charia :

- Necmettin Erbakan le 13 avril 1994, annonce que « le Refah viendra au pouvoir, l’ordre juste (adil düzen) sera établi», et dans son discours du 7 mai 1996, loue « ceux qui contribuent, avec conviction, à la suprématie d’Allah »

– Ahmet Tekdal qui, lors d’un pèlerinage en 1993, a affirmé que si le peuple « ne déploie pas assez d’efforts pour l’avènement de « hak nizami » [l’ordre juste ou l’ordre de Dieu], (...) il sera tyrannisé par [des renégats] et finira par disparaître (...) il ne pourra pas rendre des comptes à Allah, puisqu’il n’aura pas œuvré pour l’instauration de «hak nizami».

Question suivante : où Ségolène Royal a t elle trouvé cette géniale inspiration ?

Elisseievna
militante féministe anti-totalitaire

Écrit par : elisseievna | 27 février 2007

Bizarre vous avez dit byzarre comme c'est byzantin!

Écrit par : Ami entends-tu? | 27 février 2007

Il est normal que la voix de la raison nous vienne de la Russie. It takes one to know one. Cette perspicacité ne peut avoir cours dans un pays qui n'est plus formé au sens critique et fonctionne par réflexes pavloviens, endoctriné par une dicature de la pensée, (dictature molle de la démocratie, dirait Tocqueville).
Comme je l'ai déjà dit ici il faut n'avoir jamais vécu dans un régime totalitaire, ni même réfléchi à la question, puisqu' il y a là-dessus une excellente et abondante littérature, pour conserver ses illusions sur le discours de la maldonne. La liberté ne se mégote pas, mais elle a un prix que les socialistes ne sont pas prêts à (faire) payer, car il commencerait par le renoncement aux mantras de leur doxa.

La démagogie n'a pas de place pour les mesures qui font mal.
Tant que les Français à nourriront cette passion pour le tout état et l' égalité, que Condorcet disait déjà "funeste", ils ne comprendront rien à la tentation totalitaire. Ils l'appellent même de leurs voeux car à la liberté ils préfèrent être enchaînés et vivre aux crochets de la collectivité;

J'avais un prof d'économie politique, Guitton, frère de l'autre, donc lui aussi un brin catho, qui commençait son cours d'introduction à l'économie politique par ces mots: "Hors l'acte divin il n'est pas d'acte gratuit.

Dans un pays où l'ignorance en économie tout particlièrement est devenue endémique, et qui n'est pas encore sorti de l'ère keynésienne, ( les deux sont liés) il est normal de ne pas vouloir accepter ce que tous les autres ont compris depuis longtemps: THERE IS NO FREE LUNCH. Mais qu' importe, la collectivité pour un collectiviste c'est pas nous-pas nous.
Et puisque l'illusion de vivre à l'oeil leur suffit, ils restent coincés au fond de la caverne de Platon.

Écrit par : Cadichon | 27 février 2007

l'homme DONT les français ont besoin ...

Bon, c'est qui la tête brulée ? Sarko ? José Bové ? Besancenot ?

Écrit par : yann | 27 février 2007

"Bonjour

L'homme que les Français ont besoin,"
Ecrit par : Nicolas | 26 février 2007

Ca commence bien mal... Et je regrette que Nicolas ait isolé le message cité du reste du forum dont ils est tiré. Encore un exemple de décontextualisation. Apparemment, l'analyse de Marie, concernant l'intervention de ce jeune homme, et si on lit l'intégralité des posts qui suivent, semble pour le moins sujette à caution! Ceci-dit, si je ne vote pas pour Bayrou, ce sera pour d'autres raisons!

Écrit par : Christophe Sibille | 27 février 2007

Oh là là, ça vole plus bas que terre !
Et l'instruction, où elle en est, brothel of shit?

Pour Hélène, merci.
Et la suite de ce poème, d'Albert Samain :

"Mon âme est une infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs glacés d'un vieil Escorial
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade".

J'aimerais l'avoir.

Merci à Christophe : votre avis ne diffère du mien que d'une lettre : "des", article indéfini, au lieu de "les" article défini. C'est peu de chose, convenez-en. Je fais donc amende honorable: "des malades mentaux " au lieu de "les malades mentaux".

Ceux qui veulent une école de qualité sont au FN, c'est bien connu. Une amie institutrice dans le Nord, pays de Frackowiak , a été saluée par le bras tendu et "Heil SLECC", dans sa salle de profs, car elle prétendait enseigner à ses élèves comment savoir lire écrire compter calculer. Quelle horreur ! Ces valeurs bourgeoises, au trou.

Pour Yann, je ne suis pas sûre que Martine Aubry aurait été une bonne présidente. "Heureusement, l'idéologie du travail est en train de disparaître dans ce pays", avait-elle dit avant d'imposer les 35 heures. Qu'on aime travailler ou pas, c'est un mal nécessaire, tout au moins pour les classes laborieuses.

Pour celui qui a dit que ce sont surtout les membres du PS qui démolissent la Sainte, Alain Minc a rappelé que Michel Rocard avait dit d'elle : On ne confie pas un camion de TNT à quelqu'un qui vient de passer son permis.

Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 27 février 2007

Pour Anne Marie :

Je ne dis pas que Martine Aubry aurait fait une bonne présidente (d'ailleurs, je serai aujord'hui bien en peine de dire qui ferait un(e) bon(ne) président(e) ).
Mais elle aurait cristallisé moins de rejet que Sainte Nitouche.
Du coup, les bons côtés du programme PS (y'en a, si, si !) n'en auraient pas souffert. Enfin, moins vite ...;o)))

Écrit par : yann | 27 février 2007

"'Avec Ségolène, nous ""rentrons"' dans une espèce de maternage"" écrit S.Wagner.
"entrons" n'était effectivement pas ici le mot approrié car nous y sommes déjà (et puis toutes façons le verbe entrer ayant disparu du vocabulaire des Français, il n'y a plus que les étrangers qui connaissent encore son existence)
"Rentrer " ne me semble pas plus juste, cependant: depuis quand en étions-nous sortis? Sainte Nunuche n’a pas inventé «l’état nounou».



Écrit par Nicolas: "On peut difficilement refuser l’idée d’une école fondée sur l’autorité du savoir et, en même temps, déplorer que la démocratie politique soit confisquée par la dictature de l’opinion".

Est-ce le prénom qui veut cela? :=>)))

Nicolas met ici le doigt sur le problème central de la philosophie de l'éducation. Pour qu'un savoir soit émancipateur, il faut qu'il soit enseigné par des hommes libres, et non par des doctrinaires enchaînés dans le carcan d’une pensée monolithique .

La dictature de l'opinion est l’enfant des démocraties molles ( voir + haut) et c'est pour cela que seules une véritable autonomie par rapport à la puissance publique et un pluralisme de l'offre d'éducation peuvent garantir la solidité des institutions républicaines. Avec les monarchies, la question ne se pose pas; personne ne peut-être calife à la place du calife....

Seule une école apolitique peut espérer répondre à la demande de toute démocratie, son poumon, en quelque sorte : forger la plus grande diversité d'opinions possible. C’est pourtant simple à comprendre que pour ne pas retrouver les préjugés, les dogmes, les superstitions, les manipulations à la sortie, il faut les neutraliser à l'entrée.

Seulement pour cela il faut changer de paradigme et passer de l'offre monolithique d'enseignement à la demande. Cela se passera en France quand les poules auront des dents, et on ne peut même plus dire "dans la semaine des quatre jeudis" puisqu’ avec les RTT on y est déjà.

L’histoire remettra à sa vraie place, celle du détenteur de la magistrature suprême le plus anti-démocrate depuis Pétain, le Florentin qui régna 14 ans sur la France, et Ségolène est bien du sérail. L’utilisation délibérée des syndicats lycéens par Julien Dray, exécuteur des basses œuvres, est exemplaire de cette dérive de la démocratie. Dans la même optique, Mitterrand avait également instauré la proportionnelle.

Si aucun autre pays démocratique n’a de syndicat lycéen, on ne répètera jamais assez que c’est parce que cette institution est la négation, et du syndicalisme et de la mission de l’école. Catherine Nay, dans son livre sur l’autre Nicolas, illustre cette perversion exemplaire devenue criminelle.

Rappel des faits: Le virage à gauche de 81-83 s’étant terminé dans un platane, la coalition socialo-communiste perdit le pouvoir en 85 et appliqua la recette habituelle depuis la Libération : ce que l’on ne peut pas faire par les urnes, faisons par le forcing, dans la rue, avec la complicité des syndicats et en parallèle et en douceur, par le travail de sape que fait l' endoctrinement dans une école politisée au maximum.

L’occasion de rattrappage fut offert par la Loi Devaquet sur l’ autonomie des Universités, une mesure de bon sens s’il en fût…puisqu'en 20 ans l’Université déjà bien malade en 86, est devenue moribonde. Pour organiser son boycott, il y eut une orchestration magistrale avec grands effets de manches et désinformation habituelle, par les outils de propagande made in Soviétie. Plus le chiffon rouge qu’on agite est gros plus il est efficace. Après la suppression de l’ISF il fut aisé de diaboliser « cette majorité qui n’aime que les riches » en lui prêtant l’intention de « faire monter[les droits [d’inscription en fac]à 10.000francs. La sélection par l’argent, donc. Rien de tel n’est écrit dans la loi, mais qui lit les textes ? Il est facile de manœuvrer de jeunes cervelles. L’UNEF, l’extrême gauche, des mouvements comme SOS-Racisme dont le père fondateur est Julien Dray, prennent une part active à ce bourrage de crâne.

« Pierre Mauroy rapporte une anecdote significative. En Août 86, il avait à plusieurs reprises croisé Julien Dray dans les couloirs du palais présidentiel. Et ce dernier l’avait apostrophé, joyeux : « la vraie force révolutionnaire de ce pays ce sont les lycéens ». « Je ne comprenais pas pourquoi il me disait cela. Quelque mois plus tard j’ai compris », avouera l’ancien Premier ministre à l’auteur. Les manifestations de l’automne avaient été organisées dès l’été à l’Élysée. La loi dite Devaquet est votée fin octobre au Sénat dans la plus totale indifférence. Un mois plus tard, quand le texte est présenté à l’Assemblée Nationale, les manifestations éclatent et se succèdent comme les graines d’un chapelet. Mêmes slogans, mêmes banderoles, d’un bout à l’autre de la France. Des milliers de jeunes lycéens, encadrés par leurs professeurs, dans la rue. La gauche, la Fédération de l’Éducation nationale leur emboîtent le pas ».

La suite fut un remake de mai 68, avec grenades lacrymogènes et casseurs au Quartier Latin, puis il y eut la mort, absurde, évitable, impardonnable, de Malek Oussekine, Sur la conscience de qui devrait-elle peser à part celle des deux policiers qui l’ont tabassé (il était diabétique) après plusieurs journées d’émeutes? Sur celle de Dray qui a ensuite instrumentalisé cette tragédie, à grands renforts de trémolos, ou de Mitterrand qui, poursuit Catherine Nay, « quelques semaines plus tôt avait omis d’aller saluer les familles de jeunes policiers, guère plus âgés que Malek Oussekine, tués au Pub Renault par l’explosion d’une bombe terroriste qu’ils avaient emportée pour préserver la vie de centaines de jeunes »?

La dissolution des syndicats lycéens est une des mesures de salubrité publique sans laquelle celle des IUFM ne sera qu’un cautère sur une jambe de bois.

Écrit par : Cadichon | 27 février 2007

AM Valette
J'ai lu l'article du Spiegel et ne suis pas non plus d'accord avec son pronostic qui place la France en locomotive de l'Europe en 2035. Une donnée essentielle n'apparait pas dans le modèle utliisé: La population musulmane aura atteint une proportion qui interdit toute étude de probailité et à ce moment là, l'analyse a encore plus de plomb dans l'aile si on intègre la variable éducation que vous soulignez si justement.


Peut-être Cadichon pourra-t-il dire si je dis des bêtises ?


Nous sommes bien d'accord, ce que je ne regrette pas mais si je dis hélas, c'est pour la France...

Écrit par : Cadichon | 27 février 2007

Je découvre que j'ai posté toute la journée alors que j'étais noire... de boulot!
N.B. ce n'était pas moi! Un troll quelconque du Forum de France2 qui venait ici me rendre la monnaie de ma pièce pour l'histoire du surréalisme...

Écrit par : dobolino | 27 février 2007

35 ans de fidélité obstinée à la gauche.

Voter Royal ou Bayrou pour que tout continue comme maintenant encore pendant cinq ans , encore un moment Monsieur le Bourreau NON

Voter blanc c'est pas mon genre de ne pas choisir NON

Voter Sarkozy ils ont des idées et moi je n'en ai plus OUI

20 % des enseignants vont faire comme moi
ce n'est qu'un début,continuons...
Ouf je l'ai dit.

Écrit par : bernard | 27 février 2007

D'après la dépèche AFP disponible à l'adresse ci-dessous, Ségolène Royal a déclaré être défavorable à la bivalence.
http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key=20070227&key2=070227172245.4dwo9wbj.xml

Allez Ségo, encore un effort...
Dis-nous que tu vas annuler les modifications Robien du décret de 1950 !
Je sens, Thalie, que mes fantasmes vont se réaliser !

Écrit par : Pat | 27 février 2007

Dans le lien de Pat, je lis ceci : Royal: soutien individualisé assuré "prioritairement" par les professeurs

Ca fait 25 ans qu'on nous bassine avec les soutiens scolaires version socialistes, et on a vu les résultats catastrophiques de l'instruction. Il n'y a pas si longtemps, j'ai été pion. J'ai observé (en faisant l'appel dans les classes) comment s'opèrent les soutiens scolaires. Les assistants pédagogiques, qui sont payés pour faire du soutien, ne soutiennent rien du tout. Ils font plutôt de la garderie et lisent les bouquins pour leur propre concours. Une autre observation intéressante : les profs demandent de plus en plus de moyen avec un nombre réduit d'élèves par classe. Figurez que pour les fêtes religieuses, beaucoup d'élèves s'absentent des cours et les profs se retrouvent avec souvent 5 élèves. Au lieu d'aider les élèves, ils ne font pas cours et les emmènent au CDI surfer sur internet. Qund un prof se retrouve avec une classe d'un élève, il panique et annule le cours de lui même. Mais ça ne l'empeche pas aux syndicats de demander plus de moyen après....

Écrit par : Nicolas | 28 février 2007

Il est temps de mettre quelques pendules à l'heure avec un petit cours d'économie élémentaire que je tire de la chronique d'un ami de Perpignan qui nous rappelle fort à propos que l'assistanat généralisé a pour alter-ego l'irresponsabilité et qu'ensemble ils engendrent et perpétuent la précarité, le chômage. N'importe quel économiste débutant apprend aussi qu'il en va de même du salaire minimum, mais en France on ne touche pas aux vaches sacrées.

L’assistanat, c’est le revenu accordé sans contrepartie, le « repas gratuit », le « droit à » qui est un détournement du « droit de », la subvention, l’aide, tous sont pareils à une drogue, car ils créent une dépendance insurmontable.

Autant on se renforce avec l’expérience et la compétence accumulée en gagnant de l’argent en travaillant, on s’ouvre dans le même temps à la réalité, on s’intègre et on se construit peu à peu, autant on s’affaiblit continuellement avec l’aide. Elle n’est jamais suffisante. Toujours plus... et l’on ne peut plus s’en passer. Si on la supprime du jour au lendemain, on condamne son bénéficiaire ; mais si on continue à lui verser, on le condamne aussi. Il n’aurait jamais dû y toucher. On n’aurait jamais dû lui proposer. Sans doute, il ne savait pas. Pourtant les économistes l'avaient prévenu. Mais reste-il des économistes au pays du mieux-disant social et du pacte démagogique ?
Pratiquement toute l'économie du pays est aujourd’hui sous perfusion : les entrepreneurs demandent des aides pour innover ou pour embaucher ; les familles sollicitent des allocations pour faire des enfants ; les étudiants demandent des bourses voire même un salaire-étudiant pour étudier ; les associations se tournent vers des subventions dont elles dépendent intégralement ; les agriculteurs vivent de l’aide européenne ; les intermittents du spectacle n’envisagent même plus l’art et la culture sans l’aide de l’Etat…
Ces aides sont illusoires car elles nous maintiennent dans la dépendance, faisant de chacun de nous un fardeau pour les autres (au nom d’une solidarité bradée) au lieu d’être un citoyen actif et un acteur de la vie économique et sociale.

La star-académisation du politique, qui rabaisse la fonction politique elle-même, conduit les responsables politiques à aller toujours plus loin (plus bas ?) dans la promesse démagogique, faisant des élus de véritables promoteurs de l’Etat-dealer. D’habitude, les hommes d’Etat se rencontrent à l’occasion de sommets ; mais sitôt plongés dans la campagne électorale, ils sondent les abysses les plus profonds.

Écrit par : Cadichon | 28 février 2007

Cadichon, il me semble que vous oubliiez les grands patrons "risquophiles" (risquophiles pour leurs employés) du CAC 40, drogués, eux, aux parachutes en or et aux stock-options, qui réussissent à couler une boîte comme EADS avant de revendiquer leur incompétence plutôt que leur malhonnêteté, (minable), laissant ainsi sur le carreau 10.000 personnes qui, elles, avaient bien bossé pour que l'entreprise marche, et sans rien demander à personne... Et qui seront vraisemblablement de ce fait, pour une bonne partie d'entre elles, obligées de compter sur la solidarité publique alors que les enfoirés, (il n'y a pas d'autres mots) qui les auront mises sur la paille pourront aller se faire construire une quatrième piscine. Qu'on aille chercher ces pourritures et qu'on leur somme de rendre gorge. Je vote pour celui qui promet ça.

Écrit par : Christophe Sibille | 28 février 2007

Bonjour à toutes et tous,

Présidentielle : Pour qui votent les enseignants

On le savait mais le sondage IFOP pour Le Monde de l'éducation et la Chaîne parlementaire-Assemblée nationale le confirme : entre la gauche et les profs, la mécanique est grippée. Surprise : le candidat centriste talonne la candidate socialiste qui paie son style direct de début de campagne. On l'ignorait mais on le découvre : Royal inquiète quand Bayrou rassure. Dans l'entretien qu'elle nous a accordé, Ségolène Royal adoucit son propos et fixe les règles d'un nouveau donnant, donnant : plus de moyens en échange de libertés nouvelles.

VOIR LE SONDAGE :
http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2007/02/28/presidentielle-pour-qui-votent-les-enseignants.html

RAG 34. Les lolo's 34

Écrit par : Les lolo's 34 | 28 février 2007

Christophe, pour EADS c'était tout autre chose : si le projet Airbus a capoté c'est surtout à cause d'un management impossible et surtout en raison des relations franco-allemandes intenables.

Je vous conseille d'écouter l'émission sur France Inter, "L'invité de Franceinter" dans le 7-9h30. Un ingénieur témoigne à ce sujet.

Écrit par : Sandra WAGNER | 28 février 2007

A Cadi(four)chon à propos de l'assistanat:
je trouve que tu mets tout dans le même panier.
Ayant vécu sous la plupart des casquettes que tu décris, je t'assure que sous certaines les aides ne sont pas de l'assistanat, notamment en tant qu'étudiant, quand t'as que dalle, juste ta tête, qui n'est pas assez bien faite pour tout faire en même temps mais suffisamment pour espérer mener les études à leur terme, pour cet innombrable profil, qu'on cotoie au McDo ou au Quick, ce n'est pas inutile, mais à revoir.
En ce qui concerne les Allocs, c'est dans le sens inverse, l'Etat promet les Allocations si enfants.
Enfin je peux dire que se sortir de l'assistanat, c'est beaucoup plus facile que se sortir du tabagisme, il suffit de faire preuve de regarder à moyen terme, chose que l'on ne nous apprend pas, quelque soit le lieu de vie.

Totu comme être responsable comme dirait Sandra WAGNER.

Qui à un moment parlait des jeunes qui veulent se fonctionnariser.
Mais c'est normal !
Quand on voit le niveau d'instruction qu'ils possèdent avec leur diplômes, ils doivent avoir du mal à avoir confiance en eux-même, ce qui est nécessaire pour affronter l'inconnu.
Comme quoi, on en revient toujours à l'éducation, quelque soit le fil que l'on tire.

Écrit par : DanseParAge | 28 février 2007

DanseParAge, vous avez parfaitement raison sur ce point. Cela dit ce que les jeunes oublient, c'est que pour rentrer en plus dans la fonction publique, ils doivent passer un concours éminemment sélectif et difficile, où il faut justement un bagage culturel conséquent et solide, alors que très peu d'entre eux l'ont....

Écrit par : Sandra WAGNER | 28 février 2007

"Je suis contre. Les enseignants ont été suffisamment accablés de réformes. Il faut arrêter de perturber le système."
"et valoriser toutes les initiatives qui naissent des savoir-faire des enseignants" et estime qu'il "faut aller très loin dans l'expérimentation".

Ségolène Royal dans le Monde du 28.

Question: est-ce qu'elle comprend ses discours prêts à parler?
Comment peut-on prétendre arrêter de perturber un système tout en prônant tout le contraire: pousser à la limite extrême l'expérimentation?
Nul n'est dupe, nous sommes bien en présence d'un discours politique non seulement de racolage en direction des profs échaudés, (jusque là rien à dire) mais aussi d'un discours technique lourd de menaces s'il venait à être suivi de décisions et d'expérimentations in vivo sur les enfants!
Qu'on médite ce discours délirant qui propose d'inventer les techniques nouvelles pour fabriquer l'homme nouveau!
On a déjà entendu et vu ailleurs ce que ça a donné!

Écrit par : buntovchik | 28 février 2007

« On ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. »

Georges Clemenceau

Écrit par : Lariba | 28 février 2007

« On ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. »

Georges Clemenceau

Ecrit par : Lariba | 28 février 2007

et il aurait aussi pu ajouter quand on est amoureux ... vraiment un félin ce Clémenceau!

Écrit par : Ami entends-tu | 28 février 2007

J'aurais même plutôt dit: "juste avant l'amour"!

Écrit par : Christophe Sibille | 28 février 2007

Ce que peut dire S. Royal (propos conçus pour les circonstances électorales actuelles par des collaborateurs chargés de "réparer les dégats") n'a de toute façon aucune importance. Il faut être très nigaud pour croire un instant à ce qu'elle dit (à ce que disent les autres aussi !). Seuls doivent pris en compte :
- ce qui a été fait dans un passé récent par elle et ses amis.
- le contexte extérieur : Bruxelles, OCDE ... avec ce qu'ils préconisent ; le PS y est très sensible.
Voter Bayrou, voire Sarcosy, me paraît témoigner d'un esprit de revanche à court terme et d'une autre forme de naïveté : c'est pour le moins, avec eux, le même contexte.
Ce que disent ces 3 favoris - à ce qu'indiqueraient les sondages - n'engagent que ceux qui les écoutent ...
La réponse vraie me paraît résider dans les rapports de force au sein des personnels de l'EN : ce que pensent certains groupes d'influence et la passivité de beaucoup, les plus jeunes en particulier. La faculté de consentement me semble hélas très grande. Le conformisme, pour parler gentiment, est immense.
Là est malheureusement la difficulté : les enseignants qui veulent regarder en face la réalité du désastre scolaire ne sont pas suffisamment nombreux : les syndicats et les IUFM (pour les jeunes) ont pour mission de nous intimider. Le combat ne peut-être qu'intérieur, au sein de l'Institution, ou de ce qu'il en reste.
Attendre quelque chose du politique relève d'une attitude d'évitement. Les élus appliquent des consignes internationales, qui visent à la médiocrité ( = nullité) des enfants les plus nombreux. Ceci pour des raisons économiques mondiales. Qui a intérêt à une remontée du niveau scolaire ?
Les profs doivent parler aux profs, et aux parents légitimement scandalisés.
Les politiques, de l'extrême gauche à l'extrême droite, n'ont aucunement l'intention de créer une école plus "sérieuse".
Une fois élus, leur projet est simple : les prochaines élections.

Écrit par : JPL | 28 février 2007

Certains gros mensonges n'assurèrent toutefois pas la réélection du chéquard Clémenceau...

Écrit par : Guillaume | 28 février 2007

"Dans l'entretien qu'elle nous a accordé, Ségolène Royal adoucit son propos et fixe les règles d'un nouveau donnant, donnant : plus de moyens en échange de libertés nouvelles"
écrivent les lolos 34, bien décidés à soutenir la Sainte qui désormais impose ses mains aux paralytiques (que ne s'est-il levé — j'attendais au moins cela d'une chaîne comme TF1)…

Parlons sérieusement.
Le principal conseiller du PS est absolument opposé à toute liberté pédagogique — voir
http://www.unsa-education.org/sien/sections/lille/libpedPF.htm
Ce qui augure mal de ces "libertés nouvelles" — sans compter que les "moyens nouveaux" ou supplémentaires ne sont pas un objectif en soi : une redistribution itelligente de smoyens permettrait d'opérer déjà des changements profonds sans gréver le budget de l'Etat, en cette veille de catastrophe financière mondiale et française…
Un exemple : demander moins d'élèves par classe et l'appliquer aveuglément au nom de je ne sais quel égaitarisme est d'une crétinerie absolue. On peut très bien gérer 40 bons élèves (j'ai des classes à 50, en ce moment), et concevoir en même temps qu'une classe d'élèves en difficulté ne doit pas dépasseer une quinzaine de personnes.
Tout repose sur l'idée du collège unique, et du brassage systématique des compétences, ce qui permet de les ététer soigneusment — coupons tout ce qui dépasse, décourageons les meilleurs, comme ça, tout le monde il sera aussi bête que nous, disent les pédagogues les plus bornés — et il y en a…
Alors, les "moyens nouveaux"… Et les "expérimentations" dont parle ailleurs la Sainte Vierge, j'ai très peur qu'elles soient surtout pédagogiques — je ne dois pas exprimenter selon leur cœur… Et quelques autres ici même non plus…
JPB

Écrit par : brighelli | 28 février 2007

Ces aides sont illusoires car elles nous maintiennent dans la dépendance, faisant de chacun de nous un fardeau pour les autres (au nom d’une solidarité bradée) au lieu d’être un citoyen actif et un acteur de la vie économique et sociale.
.

Ecrit par : Cadichon | 28 février 2007

Désolé Cadichon, mais il y a une tonne de gens dont je fais partie qui n'ont rien à voir avec ce nous. En tant que travailleur indépendant, je ne me sens pas pour autant pressurée et tondue par l'aide accordée aux personnes en difficultés. Je ne nie néanmoins pas le fait que cette forme d'assistanat est délétère pour les énergies. Par contre, elle me semble passablement indispensable. Il serait bon, tout en en maintenant ou augmentant le volume, de la distribuer différemment, ce qui parfois arrive.
Mon employée à 110% du SMIC à mi-temps depuis deux ans, mère de trois enfants, a pu conserver son RMI pendant presque un an après embauche et est toujours bénéficiaire de la CMU et d'une honorable alloc logement. C'est bien: ça lui laisse le temps de se former chez moi, tout en suivant par ailleurs une autre formation professionelle. Ca me laisse le temps d'augmenter progressivement ses heures jusqu'à un plein temps à 1600 euros brut sans qu'elle ne me claque entre les doigts parce que son revenu est insuffisant et qu'elle a une promesse d'embauche d'emploi non qualifié au SMIC et à plein temps.
En ce qui concerne cette embauche, je bénéficie de l'allègement de charges patronales "Loi Fillon" sur les bas salaires. Je pourrais m'en passer aux dépens d'équipements améliorant mon CA et notre efficience.
Je ne sais quel métier vous exercez, Cadichon, et combien vous employez d'anciens RMIstes. Vous avez l'air de bien maîtriser le sujet dans votre tête... mais, sur le terrain, quelles preuves?
N.B.: pour ma RMIste, j'ai refusé de profiter du RMA qui m'aurait contrainte à l'embaucher en CDD et non en CDI. J'ai pour principe de proposer le CDI qui est un engagement à long terme pour l'embauché et le contraint à bien réfléchir au préalable à son choix puis à s'investir dans son travail. Non aux petits boulots qui ne sont rémunérateurs ni pour l'embaucheur ni pour l'embauché.
Je peux développer mon idée au cas où vous seriez intéressés, elle vient de ma tête et non de l'école des militants PS.
Si je suis adhérente au PS, c'est aussi parce qu'ils (DSK en particulier) préfèrent accorder des aides aux CDI qu'aux CDD.

Écrit par : dobolino | 28 février 2007

En fait, il serait bon de créer un pool départemental ou régional de DRH "volants" qui réaliseraient, en connaissance parfaite des entreprises (TPE, PME, PMI) ou des collectivités et du profil des dirigeants qui leur auraient confié mission, les entretiens d'embauche pour les CDI. Bien des déboires seraient alors évités... et on économiserait CNE et CPE.
On ne peut se payer un DRH si on a entre 1 et 50 employés.

Écrit par : dobolino | 28 février 2007

Alors, les "moyens nouveaux"… Et les "expérimentations" dont parle ailleurs la Sainte Vierge, j'ai très peur qu'elles soient surtout pédagogiques — je ne dois pas exprimenter selon leur cœur… Et quelques autres ici même non plus…
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 février 2007

Il me semble qu'il s'agit de qualité de l'enseignant: j'ai vu, dans ma carrière d'élève (18 ans quand même!) et de parent d'élève ( 21 années scolaires), des expérimentateurs redoutablement efficaces... et des nouilles parfaites, ainsi que des traditionalistes lamentablement nuls ou extraordinaires. Donc, pour moi, Liberté Pédagogique et excellence de la sélection à l'entrée dans l'enseignement. Plus il y aura d'humains intelligents dans l'enseignement, plus les résultats seront efficaces. Donc, entre autre, revalorisation des salaires pour attirer les esprits efficients!

Écrit par : dobolino | 28 février 2007

Revaloriser les salaires ?
Mais ma chère, bien peu de profs — y compris les profs de génie… — font ce métier pour l'argent. Sinon, à quantité d'études égales, ils feraient autre chose. J'avais bien pensé passer l'ENA après l'ENS, mais je n'avais pas la vocation de larbin bien payé.
Du coup, une revalorisation de quelques points ne sert à rien — sinon à faire croire aux gogos que nous sommes bien payés. Il faudrait en arriver à des rémunérations libres pour attirer vraiment les meilleurs : le directeur de HEC me racontait fin août qu'il engage des conférenciers sur la base de 100 heures / année, pour 200 000 € / année — mais à ce prix, disait-il,n il a vraiment les meilleurs.
Je le crois sans peine. Le salaire devient un argument seulement lorsqu'il s'agit de très hauts salaires. Sinon, 2% de plus sur mes 3000 € mensuels — salaire d'agrégé au bout de trente-deux ans de carrière — ne me font ni chaud, ni froid. 60 € ! C'est ce que je coûte ma baby-sitter chaque fois que je trouve quelques heures pour aller au cinéma.
D'ailleurs, ces augmentations en pourcentage m'ont toujours paru idiotes. Les gros salaires touchent substantiellement plus, alors qu'ils n'en ont guère besoin. Il faut être con comme un syndicaliste pour d'accrocher à un système aussi inégalitaire — à force d'égalitarisme, comme d'habitude.
JPB

Écrit par : brighelli | 28 février 2007

Sommaire

HORAIRES ET PROGRAMMES D'ENSEIGNEMENT DE L'ECOLE PRIMAIRE

page 3 Arrêté fixant les horaires des écoles maternelles et élémentaires
A. du 25-1-2002. JO du 10-2-2002 (NOR : MENE0200180A)
page 5 Arrêté fixant les programmes d'enseignement de l'école primaire
A. du 25-1-2002. JO du 10-2-2002 (NOR : MENE0200181A)

page 6 Annexe
page 13 I - Préambule
page 16 II - École maternelle
page 40 III - Cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2)
page 64 IV - Cycle des approfondissements (cycle 3)
page 94 V - Annexe - Brevet informatique et internet - niveau 1



HORAIRES DES ÉCOLES MATERNELLES ET ÉLÉMENTAIRES
A. du 25-1-2002 . JO du 10-2-2002
NOR : MENE0200180A
RLR : 514-3
MEN - DESCO A4
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Vu code de l'éducation not. titres Ier et II du livre III ; D. n° 74-763 du 3-9-1974 mod. ; D. n° 90-788 du 6-9-1990 mod. par D. n° 91-383 du 22-4-1991 not. art. 10 ; avis du CSE du 10-1-2002
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Article 1 - La durée moyenne de la semaine scolaire des élèves à l'école maternelle et à l'école élémentaire est fixée à vingt-six heures. Les modifications d'horaires liées à l'aménagement de la semaine scolaire ne peuvent avoir pour effet de modifier ni l'équilibre entre les domaines disciplinaires, excepté dans les conditions particulières définies à l'article 3, ni la durée totale annuelle des horaires d'enseignement.
Article 2 - Sous réserve des dispositions prévues aux articles 3, 4, 5 et 6, les horaires d'enseignement à l'école élémentaire sont répartis par domaines disciplinaires comme suit :

Horaires de l'école élémentaire (semaine de 26 heures)

Cycle des apprentissages fondamentaux

DOMAINES HORAIRE MINIMUM HORAIRE MAXIMUM
Maîtrise du langage et de la langue française 9 h 10 h
Vivre ensemble 0 h 30 (débat hebdomadaire)
Mathématiques 5 h 5 h 30
Découvrir le monde 3 h 3 h 30
Langue étrangère ou régionale 1 h 2 h
Éducation artistique 3 h
Éducation physique et sportive 3 h

ACTIVITÉS QUOTIDIENNES (*) HORAIRE MINIMUM
Lecture et écriture (rédaction ou copie) 2 h 30
(*) les activités quotidiennes de lecture et d'écriture sont mises en œuvre dans les différents domaines disciplinaires ; le temps qui leur est consacré s'inclut donc dans la répartition horaire définie pour ceux-ci.

Cycle des approfondissements

DOMAINES CHAMPS DISCIPLINAIRES HORAIRE MINIMUM HORAIRE MAXIMUM HORAIRE DU DOMAINE
Langue française Éducation littéraire et humaine Littérature (dire, lire, écrire) 4 h 30 5 h 30 12 h
Observation réfléchie de la langue française (grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire) 1 h 30 2 h
Langue étrangère ou régionale 1 h 30 2 h
Histoire et géographie 3 h 3 h 30
Vie collective (débat réglé) 0 h 30 0 h 30
Éducation scientifique Mathématiques
Sciences expérimentales et technologie 5 h

2 h 30 5 h 30

3 h 8 h
Éducation artistique Éducation musicale
Arts visuels 3 h 3 h
Éducation physique et sportive 3 h 3 h

DOMAINES TRANSVERSAUX HORAIRE
Maîtrise du langage et de la langue française 13 h réparties dans tous les champs disciplinaires
dont 2 h quotidiennes pour des activités de lecture et d'écriture
Éducation civique 1 h répartie dans tous les champs disciplinaires
0 h 30 pour le débat hebdomadaire


Article 3 - La répartition des horaires par domaines disciplinaires sur plusieurs semaines et selon des rythmes différents est possible, sous réserve que l'on respecte quotidiennement le temps des activités de lecture et d'écriture et que l'on puisse vérifier périodiquement que l'horaire global par domaine disciplinaire est assuré.
Article 4 - L'horaire moyen consacré aux récréations est de 15 minutes par demi-journée à l'école élémentaire. Cet horaire doit s'imputer de manière équilibrée dans la semaine sur l'ensemble des domaines disciplinaires. À l'école maternelle, le temps des récréations est compris entre 15 et 30 minutes par demi-journée.
Article 5 - L'enseignement de la langue régionale peut être dispensé selon différentes modalités d'organisation définies par arrêté ; ces modalités sont précisées dans le projet d'école qui est soumis à la validation de l'inspecteur d'académie. Quelle que soit l'organisation adoptée, les horaires des domaines disciplinaires doivent être respectés.
Article 6 - L'enseignement de la langue et de la culture d'origine quand il est prévu par des accords internationaux est dispensé dans le cadre de l'horaire selon un aménagement décidé par l'inspecteur d'académie, après consultation du conseil d'école.
Article 7 - Les horaires des écoles élémentaires fixés à l'article 2 entrent en vigueur, à l'exception des dispositions concernant l'enseignement des langues vivantes étrangères ou régionales, selon le calendrier suivant :
- rentrée 2002 : première année du cycle des approfondissements ;
- rentrée 2003 : deuxième année du cycle des apprentissages fondamentaux (première année de l'école élémentaire), deuxième année du cycle des approfondissements ;
- rentrée 2004 : troisième année du cycle des apprentissages fondamentaux, troisième année du cycle des approfondissements.
Article 8 - Les dispositions prévues à l'article 2 et relatives à l'enseignement des langues vivantes étrangères ou régionales au cycle des apprentissages fondamentaux entreront en vigueur à partir de la rentrée 2005 en première année de ce cycle (grande section de l'école maternelle) puis, à compter de chaque rentrée scolaire suivante, dans les classes qui suivent.
Article 9 - Les dispositions de l'arrêté du 22 février 1995 fixant les horaires des écoles maternelles et élémentaires sont abrogées au fur et à mesure de l'entrée en vigueur du présent arrêté conformément au calendrier fixé à l'article 7 ci-dessus.
Article 10 - Le directeur de l'enseignement scolaire est chargé de l'exécution du présent arrêté qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 25 janvier 2002
Pour le ministre de l'éducation nationale
et par délégation,
Le directeur de l'enseignement scolaire
Jean-Paul de GAUDEMAR



PROGRAMMES PROGRAMMES D'ENSEIGNEMENT DE L'ÉCOLE PRIMAIRE
A. du 25-1-2002 . JO du 10-2-2002
NOR : MENE0200181A
RLR : 514-4
MEN - DESCO A4
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Vu code de l'éducation not. art. L. 311-2 ; D. n° 90-179 du 23-2-1990 ; D. n° 90-788 du 6-9-1990 modifié par D. n° 91-383 du 22-4-1991 not. art. 10 ; A. du xxxx ; avis du CNP du 4-12-2001 ; avis du CSE du 10-1-2002
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Article 1 - Les programmes d'enseignement de l'école primaire sont fixés en annexe du présent arrêté.
Article 2 - Les programmes de l'école primaire annexés au présent arrêté entrent en vigueur, à l'exception des dispositions concernant l'enseignement des langues vivantes étrangères ou régionales, selon le calendrier suivant :
- rentrée 2002 : première année du cycle des apprentissages premiers, première année du cycle des apprentissages fondamentaux (grande section de maternelle), première année du cycle des approfondissements ;
- rentrée 2003 : deuxième année du cycle des apprentissages premiers, deuxième année du cycle des apprentissages fondamentaux (première année de l'école élémentaire), deuxième année du cycle des approfondissements ;
- rentrée 2004 : troisième année du cycle des apprentissages fondamentaux, troisième année du cycle des approfondissements.
Article 3 - Les programmes de langues vivantes étrangères ou régionales à l'école élémentaire annexés au présent arrêté seront appliqués à la date d'entrée en vigueur de cet enseignement fixée à l'article 8 de l'arrêté du 25 janvier 2002 fixant les horaires des écoles maternelles et élémentaires susvisé. Le programme transitoire de l'enseignement des langues vivantes étrangères ou régionales au cycle des approfondissements sera précisé par un arrêté spécifique.
Article 4 - Les dispositions de l'arrêté du 22 février 1995 fixant les programmes pour chaque cycle de l'école primaire sont abrogées au fur et à mesure de l'entrée en vigueur du présent arrêté conformément aux calendriers fixés aux articles 2 et 3 ci-dessus.
Article 5 - Le directeur de l'enseignement scolaire est chargé de l'exécution du présent arrêté qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 25 janvier 2002
Pour le ministre de l'éducation nationale
et par délégation,
Le directeur de l'enseignement scolaire
Jean-Paul de GAUDEMAR

Sommaire B.O. hors série n° 1 du 14 février 2002

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© Ministère de l'Education nationale - Ministère de la Recherche http://www.education.gouv.fr/bo/2002/hs1/som.htm

Écrit par : toto | 28 février 2007

Revaloriser les salaires ?
Mais ma chère, bien peu de profs — y compris les profs de génie… — font ce métier pour l'argent. Sinon, à quantité d'études égales, ils feraient autre chose. J'avais bien pensé passer l'ENA après l'ENS, mais je n'avais pas la vocation de larbin bien payé.

Ecrit par : brighelli | 28 février 2007

Et voilà, tant pis pour vous, dirait Cadichon!
M'enfin, qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse!
Ceci dit, véto, par exemple, n'est plus une sinécure et tant d'autres métiers sont de même. Revaloriser les salaires des enseignants pourrait drainer des vocations de têtes performantes, aptes aussi à une activité de recherche?
Les revenus se tassent à grande vitesse. Pour un ou deux conférenciers fort bien payés, combien de tâcherons?
Quand un enfant apte aux études dit: "je veux être vétérinaire", papa et maman applaudissent encore, croyant à la manne céleste, mais pour combien de temps encore? Les parents informés les en dissuadent déjà...

Écrit par : dobolino | 28 février 2007

L'indice des agrégés n'a pas été revalorisé depuis 35 ans. Je ne trouve pas cela normal. Celui des certifiés l'a été, quant aux instituteurs passés professeurs des écoles, n'en parlons pas. C'est sûr, il vaut mieux pour eux qu'ils continuent de voter PS, ça paie.
La désindexation de nos salaires grâce à Mitterrand dans les années 80 paupérise les professeurs.
On ne choisit pas ce métier pour l'argent certes, mais on n'est pas obligé de se laisser "pomper" ainsi. Et si cela ne vous pose pas de problème, JPB, tant mieux pour vous. Ce n'est pas forcément le cas pour tout le monde, loin de là.
Mais tout le monde ne peut pas arrondir ses fins de mois avec des colles juteuses données en classe prépa...ou avec des jurys de concours qui mettent bien du beurre dans les épinards. J'ai des amis en prépa, je sais de quoi je parle.
Les autres professeurs, ceux qui ne sont pas en CPGE, verraient d'un bon oeil une augmentation substantielle de leurs revenus et ce n'est que cela qui permettrait d'attirer à nouveau des bons éléments vers l'enseignement.
Je déteste ces collègues qui font mine de ne pas courir après le fric, affichant leur salaire minimal, alors qu'ils ont mult moyens pour arrondir leurs fins de mois. D'ailleurs, c'est souvent les gens qui ont de l'argent qui affichent en apparence le plus grand mépris pour le dit argent...
Et puis le fait de payer aussi peu les professeurs est bien la marque du peu d'estime que la nation française a pour ses enseignants.
Alors, non, que les politiques le sachent s'ils lisent ce blog: les professeurs qui ne sont pas en CPGE sont trop mal payés.
Il FAUT augmenter nos salaires!

Écrit par : Thalie | 28 février 2007

Alors, non, que les politiques le sachent s'ils lisent ce blog: les professeurs qui ne sont pas en CPGE sont trop mal payés.
Il FAUT augmenter nos salaires!

Ecrit par : Thalie | 28 février 2007
Pour une fois que nous sommes d'accord, ça se fête, non?
Revaloriser le salaire des enseignants et appliquer, en contre partie, la sélection ad hoc, n'éviterait-il pas de se ramasser une foultitude d'abrutis juste bon à réciter leur catéchisme, enfin, n'importe quel catéchisme, de droite ou gauche, mais appris par cœur?

Écrit par : dobolino | 28 février 2007

D'accord avec Thalie et Dobolino : les gens savent bien qu'on est payés une misère par rapportà notre niveau d'études, et ça nous décrédibilise autant que ça nous pénalise dans la vie de tous les jours. Je connais plein de certifiés avec 10 ans d'ancienneté, qui plus est TZR, qui finissent chaque mois au bord du découvert. Et être agrégé ne met pas à l'abri du besoin non plus : JPB, vous faites l'erreur de beaucoup de gens : "JE n'ai pas vraiment besoin d'argent, donc personne n'en aurait vraiment besoin". 1800 euros net apres 6 ans d'ancienneté pour un certifié, vous trouvez vraiment ça normal ?

Écrit par : Jérémy | 01 mars 2007

Peut-être faudrait-il ouvrir une ligne de discussion strictement salariale…

Je ne suis pas prof en CPGE — j'y enseigne partiellement, ce qui est tout à fait différent.
Je n'y donne pas de colles — par le même principe qui m'a imposé de ne jamais accepter plus de deux heures sup' : c'est une question de solidarité, je trouve donc des colleurs / euses. Mais je connais effectivement des enseignants qui cumulent — ils ne sont pas nombreux.
Et ce n'est pas que je n'ai pas besoin de fric — j'ai toujours tiré le diable par la queue, et cela fait 25 ans que je fais de l'édition — pas forcément par passion, mais pour arrondir les fins de mois et payer mes 850 € mensuels de pension alimentaire à mes enfants passés, et élever mes enfants présents — un seul salaire, le mien : il y a eu des jours diablement raides, puisqu'en gros, une fois le loyer payé, il me restait le SMIC pour vivre — à quatre… J'ai écrit pour d'autres des dizaines et des dizaines de bouquins, pour survivre. J'adore écrire, mais il y a des jours où ce n'est pas drôle. Ni très rentable : nègre, c'est encore presque esclave.
La désindexation mitterrandienne, je n'étais pas au courant — je ne me tiens pas au courant. Quelqu'un peut raconter ?
JPB
PS. Je n'ai pas de complexe à parler d'argent — et je ne m'explique pas que tant de gens, entre autres dans le milieu professoral, en aient. Comme si c'était un peu sale… Une autre exception française…

Écrit par : brighelli | 01 mars 2007

Retour de San Francisco.

A propos de Berkeley : j’ai eu la chance de suivre deux cours de 3 heures en littérature française adressés aux premières années des « graduates » (une trentaine de doctorants en tout dans le Department of French). Il y avait moins de 10 étudiants par classe. L’ambiance est détendue, ouverte, absolument pas compassée. Pas de distance entre les uns et les autres.
Le premier cours portait sur une lecture de l’« Essai du l’origine des langues » de Rousseau. Les étudiants devaient avoir lu, en 1 semaine, le Starobinski « Jean-Jacques Rousseau, la transparence et l’obstacle » et le Derrida « De la grammatologie ».
Le second étudiait Yves Bonnefoy « Du mouvement et de l’immobilité de Douve », « Hier régnant désert ».

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Au début de chaque enseignement, un ou deux doctorants présentaient un essai personnel sur une question ouverte posée la semaine précédente par leur professeur. Celui-ci ne corrige pas ce que sa propre interprétation des textes pourrait trouver faux de la part de son étudiant (qui est donc pris au sérieux, et c’est selon moi CAPITAL !).
Les cours sont en Anglais : les étudiants, après en avoir parlé entre eux, ont décidé de ne pas employer le Français : langue de culture, pour ne pas être snobs ( !!!). Après avoir pris moi-même la parole en Français, le cours de poétique s’est poursuivi dans cette langue – et les américains ont trouvé du plaisir à utiliser la langue qu’ils ont apprise.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Les cours ne sont pas magistraux mais prennent la forme d’une discussion entre l’enseignant, qui ne déverse pas son savoir à coups d’enclume, et ses étudiants (le niveau est excellent).
Les cours prennent l’allure de la discussion et de la maïeutique (au final, pour quelqu’un habitué aux leçons organisées en grand A, grand B, petit a, petit b, etc., cela m’a paru brouillon, mais extrêmement motivant intellectuellement). Le professeur du premier cours, aux questions qui lui sont posées, répond : « What do you think ? », puis, après la réponse de l’étudiant, donne son avis.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Les cours ne sont pas magistraux mais prennent la forme d’une discussion entre l’enseignant, qui ne déverse pas son savoir à coups d’enclume, et ses étudiants (le niveau est excellent).
Les cours prennent l’allure de la discussion et de la maïeutique (au final, pour quelqu’un habitué aux leçons organisées en grand A, grand B, petit a, petit b, etc., cela m’a paru brouillon, mais extrêmement motivant intellectuellement). Le professeur du premier cours, aux questions qui lui sont posées, répond : « What do you think ? », puis, après la réponse de l’étudiant, donne son avis.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Les cours ne sont pas magistraux mais prennent la forme d’une discussion entre l’enseignant, qui ne déverse pas son savoir à coups d’enclume, et ses étudiants (le niveau est excellent).
Les cours prennent l’allure de la discussion et de la maïeutique (au final, pour quelqu’un habitué aux leçons organisées en grand A, grand B, petit a, petit b, etc., cela m’a paru brouillon, mais extrêmement motivant intellectuellement). Le professeur du premier cours, aux questions qui lui sont posées, répond : « What do you think ? », puis, après la réponse de l’étudiant, donne son avis.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Autres remarques: l'inscription, pour Berkeley, coûte 15000 à 20000 dollars. Les étudiants en Lettres reçoivent une bourse (jusqu'à 24000 dollars par an). Ils n'empruntent pas aux banques car, arrivés dans la vie active, ils ne pourront jamais le faire, à la différence des étudiants en médecine, par exemple.

Pour Stanford, c'est 24 000 dollars, l'inscription, et il faut le double pour vivre et se loger.

La somme de travail est immense. La vie est chère. Très chère (10 dollars pour quelques oranges...).

4000 étudiants (sur 20 000) par an vont voir le centre d'aide psychologique de l'Université de Berkeley, à cause de la pression. J'ai entendu dans les couloirs qu'un étudiante s'était suicidée dernièrement.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Un professeur passe 10 ans à faire ses preuves (plusieurs publications et colloques par an, etc.) avant d'être embauché définitivement; sinon, il est viré ("publish or perish") et cherche un poste dans une université privée dans un Etat du sud, dont personne n'a entendu parlée (la honte, quoi).

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Plus tard, la suite: Stanford, lycée privé français de San Francisco, Derrida, etc.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Bonne idée, de faire ça en feuilleton…
Pouir la petite histoire, et pour les érudits, c'est le doteur Véron, le fondateur de la Revue de Paris et, plus tard, patron du Consitutionnel, qui inventa la formule "la suite au prochain numéro" — et dans le prochain numéro, il y avait la suite du Juif errant, d'Eugène Sue.
Bravo pour le journal de vos errances, mon cher…
JPB

Écrit par : brighelli | 01 mars 2007

http://www.unsa-education.org/sien/sections/lille/libpedPF.htm

Pas un seul n'a parlé de cette profession de foi du conseiller de Ségo. L'avez-vous lu??? Moi, je l'ai imprimé et médité.

A quand l'école lieu de vie ? C'est pour bientôt, si Ségo est élue.

"L'école se meurt, l'école est morte", dites-vous, Jean-Paul.

Fracko dit : "Tous les historiens de l'éducation s'accordent sur cette évidence : l'école de Jules Ferry est morte avec les années 60 . Ils notent cependant que son agonie a été très longue...jusqu'en 1989 sur le plan institutionnel...et jusqu'aujourd'hui dans une très grande proportion de classes."

Et la conclusion : "Une nouvelle école, une autre école, pas celle d'hier et avant-hier".

Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 01 mars 2007

"Les cours ne sont pas magistraux mais prennent la forme d’une discussion entre l’enseignant, qui ne déverse pas son savoir à coups d’enclume, et ses étudiants (le niveau est excellent).
Les cours prennent l’allure de la discussion et de la maïeutique (au final, pour quelqu’un habitué aux leçons organisées en grand A, grand B, petit a, petit b, etc., cela m’a paru brouillon, mais extrêmement motivant intellectuellement). Le professeur du premier cours, aux questions qui lui sont posées, répond : « What do you think ? », puis, après la réponse de l’étudiant, donne son avis."

Ecrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Que ce mode de fonctionnement soit particulièrement enrichissant et intéressant ne m'étonne pas, personnellement. Mais il est bon de le rappeler, surtout ici!

Écrit par : Christophe Sibille | 01 mars 2007

JPB, dire que les profs de prépa sont peu nombreux à cumuler colles et salaire de base est étrange. Impossible de donner des noms ici mais je me permets de réinsister pour dire que la norme est plutôt du côté de la cumulation.
Je n'ai pas cherché à vous demander de rendre des comptes, loin de moi cette idée, mais il est dur d'entendre un collègue dire que nos salaires n'ont pas besoin d'être augmentés. Les professeurs vivent mal leur baisse de pouvoir d'achat énorme, il suffit de parler un peu avec eux. Bien sûr, il y a les plus âgés tout près de la retraite qui ont pu bénéficier des facilités des "trente glorieuses" et qui ont accumulé un patrimoine immobilier qui même modeste leur permet de ne pas être trop revendicatifs sur les salaires. Mais les autres!
En 1983, fin du "rattrapage" automatique des salaires en fonction de l'inflation, et politique du franc fort donc croissance des taux d'intérêts réels;la conséquence de cette politique monétariste est entre autres choses de renchérir le recours à l'emprunt et de revaloriser les patrimoines au détriment du travail. Ce sont donc les salariés qui font les frais de ce choix de modèle de croissance tout- à- fait discutable.

Écrit par : Thalie | 01 mars 2007

Mode de fonctionnement enrichissant au niveau du doctorat pas du secondaire!

Écrit par : Thalie | 01 mars 2007

Je ne voulais plus intervenir, mais je le fais pour témoigner car je pense que c'est très important.

Je suis professeur certifié de Lettres au 9ème échelon, titulaire d'une maîtrise d'enseignement en philosophie J'ai enseigné pendant plus de 10 ans en tant que maître auxiliaire avant de passer la CAPES, mais ça ne compte pas dans l'ancienneté (ou très peu)... actuellement en réadaptation pour dépression grave après 20 ans de collège public.Je ne peux dont plus faire d'heures supplémentaires ni toucher les ISO. Je gagne exactement 2144,06 euros par mois net + 1264 euros par an pour des articles dans un journal local (deux à trois par semaine dont certains me demandent une journée entière de travail) et me sont payés 10 euros l'article.Le dernier était un article de deux pages sur Ingrid Bétancourt et la situation en Colombie...Une journée de travail : 10 euros !

Moi, ce n'est pas à la fin du mois que je suis à découvert !

A méditer par les politiques qui nous lisent (j'en doute !)...Quand je vois le travail sur la Charte et le peu de retombées. Je crois qu'ils s'en foutent à peu près autant que d'Ingrid Bétancourt. La seule chose qui les intéresse, c'est le pouvoir et les privilèges qui vont avec.

Et surtout par les jeunes qui seraient attirés par ce métier.

Réfléchissez bien avant de vous engager. Le collège public, le collège unique, c'est l'enfer sur la terre !

...Et tout le monde s'en fout !

Voilà un pays qui, après 14 ans de mittérandisme et 12 ans de chiraquisme a réussi le coup double : l'appauvissement général de la nation (dette publique, 30% de petites et moyennes entreprises en moins qu'en Allemagne, déficit du commerce extérieur...) et la désintégration du statut de ses enseignants et de ses intellectuels.

Écrit par : Robin | 01 mars 2007

Thalie je suis d'accord avec vous : le professeur qui échange avec ses doctorants (c'est le modèle “rhénan” qui a influencé les Américains) c'est enrichissant et stimulant.

Transposer ce modèle dans le secondaire, c'est du “prépostérisme” comme l'a baptisé Jacques Barzun, Français installé aux States : mettre la charrue devant les bœufs ! Faire avant (pré) ce qu'on ne peut faire qu'après (post). Preposterous signifiant d'ailleurs absurde en anglais.

Un étudiant de doctorat est un adulte volontaire, instruit (!) et peut partir quand il veut. Un élève du secondaire est un enfant obligé d'être en cours, n'a que peu de connaissances et ne pense qu'à fuir pour s'installer devant son écran favori ou pour draguer Jessifer ou Brandon ...

Dans un cas un auditoire sélectionné, dans l'autre “l'obligation” scolaire, pas grand chose à voir. De même que ne sont que de peu d'utilité les penseurs comme Rousseau, Montaigne, etc. qui n'ont philosophé que sur l'élève et son précepteur, très peu de rapports avec mes classes de 35 zaprenans étérodjeunz !

Écrit par : Lariba | 01 mars 2007

je pense que ça pourrait vous intéresser mais j'ai transmis personnellement par mail les coordonnées de ce blog et donc en même le contenu de la charte à François Bayrou.

Je suis membre UDF e j'ai donc la possibilité de m'en charger.

Sinon voilà d'autres cafouillages de Sainte Nunuche évoqués par Eric Besson :

http://www.lexpress.fr/info/france/elysee_2007/actu.asp?id=9250

Écrit par : Sandra WAGNER | 01 mars 2007

Robin, je ne comprends pas la réticence des chers collègues à parler salaire : il suffit de connaître l'échelon de quelqu'un pour savoir ce qu'il touche.

Quant à ceux qui rampent, se tortillent ou vous piquent un projet ! pour gagner 200 € de plus, il me font pitié : se rabaisser pour grapiller des miettes, il faut vraiment être un pauvre type ou avoir des dettes écrasantes ! Mon banquier a rigolé la 1re fois qu'il a vu mon salaire : il croyait comme beaucoup que nous gagnions dans les 4 à 5 000 € par mois et sans rien faire, œuf corse.

Écrit par : Lariba | 01 mars 2007

Bonjour JPB,

Je vous trouve de plus en plus habité par une vilaine mauvaise foi voire un peu maladive. En témoigne votre dernier commentaire nous concernant.

Nous n'avons rien écrit, juste retransmis à l'attention de toutes et tous. l'article du Monde de l'éducation de Mars 2007 qui accompagne le sondage proposé par ladite revue. Juste pour nous, le soucis de rester objectifs dans les infos que nous produisons.

Encore une occasion pour vous, de vous illustrer par quelques mots sous la ceinture, et parfaitement inutiles. Avez-vous ces derniers temps des soucis ou probs de santé personnels pouvant expliquer votre agressivité ?

Pour un pédagogue, comme on le dit volontiers aujourd'hui : "ça le fait pas".

Amicalement.

Lolo34 et les lolo's 34 (des jeune très sérieux sous tout rapport, lol).

Écrit par : Lolo34 et les lolo's 34 | 01 mars 2007

Vous écrivez :

Coupons tout ce qui dépasse, décourageons les meilleurs, comme ça, tout le monde il sera aussi bête que nous, disent les pédagogues les plus bornés — et il y en a…

A titre personnel, dans ma scolarité, et maintenant dans ma vie professionnelle, je l'ai vécu et le vis au quotidien. Bizarre, toujours des réacs de droite ou de gauche pour décourager les initiatives...

Votre dernier commentaire nous concernant, (Monde de l'éducation : sondage mars 2007) illustre bien cet état de fait. Réfléchissez-y, merci.

Amicalement.

Lolo34.

Lolo34

Écrit par : Lolo34 | 01 mars 2007

Merci, Sandra Wagner, d'avoir envoyé à Monsieur Bayrou, l'adresse de ce blog et la charte. J'aurais bien voulu le faire mais je me suis abstenue ne sachant s'il est légitime de donner l'adresse d'un blog sans l'autorisation de son propriétaire.

Écrit par : Marie | 01 mars 2007

Voici le tube du printemps prochain :

http://www.lesgarsdelaroyal.com/share/audio/segolene_mix.mp3

Tous en choeur !

Écrit par : Fred de Metz | 01 mars 2007

Concernant la réticence à parler d'argent (et l'hypocrisie associée), ce n'est pas une exception française, mais un reste de mentalité catholique (les juifs et les protestants sont beaucoup plus libérés sur ce plan).
C'est un point que JPB a omis de mentionner dans "Une école sous influence".

Japhet

Écrit par : Japhet | 01 mars 2007

Bon.....Dilemne......voilà-t-y- pas que Madame Wagner est à l'UDF.....ET que je voulais voter Bayrou.....Bon, ben, raté. Fraudra que je trouve autre chose. Parce que comme à l'UDF on a l'air de rire chaque fois qu'on se brûle, c'est vraiment pas trop mon blot.

Écrit par : montaigneàcheval | 01 mars 2007

Je ne cherchais pas dernièrement à vous vexer et je ne comprends pas votre susceptibilité.

Comme si à moi toute seule je représentais l'UDF. Desfois je ne vous comprends plus du tout..

Tout cela devient foncièrement ridicule..et mal interprêté comme la première fois que nous avions débattu....

Il faudrait peut être que vous cessiez de lire en diagonale Montaigneàcheval.

Et je ne me suis pas encore brûlée que je sache, comme tout à chacun j'ai le droit d'avoir mes propres convictions. Qu'elles ne vous conviennent pas c'est une chose, mai ce n'est pas la peine de me casser sous prétexte d'avoir très mal compris ce que je dis.

Écrit par : Sandra WAGNER | 01 mars 2007

Entièrement d’accord avec vous Thalie et Lariba : cette méthode de type maïeutique ne convient qu’à des esprit qui maîtrisent le sujet, ou du moins qui ont un bagage culturel conséquent (la finesse d’analyse s’aiguise avec les connaissances, solides) – ce n’est pas rien d’être doctorant à Berkeley. Je parle ici d’un très haut niveau qui s’atteint par énormément de travail, de stress, d’émulation et de compétition (surtout dans les branches scientifiques, médicales et technologiques).

Merci m’sieur Brighelli pour votre remarque ! J’erre oui. Belle chose que cela : la vie est courte. Mais j’aimerais tellement, sur certains points, être émerveillé par mon pays… Alors voici la suite.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Je reviens sur Berkeley. Pour être choisi par cette université, tout impétrant doit écrire une dissertation dont le sujet est, à peu près : « Qu’est-ce que vos études à Berkeley vont pouvoir vous amener afin d’aider la Nation américaine ? » Je trouve cela magnifique. Ne pas oublier que Berkeley est (très) à gauche : pensée libérale (au sens américain du terme), ouverture, Chomsky y a enseigné, les révoltes estudiantines contre la guerre au VietNam ont débuté là.

Stanford – la plus riche université au monde à l’origine de la Silicon valley (elle a son hôpital, sa centrale électrique, etc.). Un mausolée aussi : l’université a été construite par les Stanford après la mort de leur fils de 15 ans. « Les enfants de Californie seront nos enfants ». Un musée superbe, gratuit, sur le campus passant des œuvres pré-colombiennes, à Rodin, jusqu’à l’art contemporain. Une exposition temporaire de photos d’Avedon et une autre, plus homoérotique, étaient présentées quand j’y suis allé. Ne pas oublier que les USA sont encore dans le siècle de la Renaissance : les riches soutiennent l’Art (confer toutes les fondations) !

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Les entreprises installées à Palo Alto, de l’autre côté de la route, mettent un pognon fou, des millions, dans les infrastructures et les projets technologiques de l’université. Elles créent ainsi de la valeur ajoutée à leurs futurs employés. Le progrès s’invente sur le campus même ! C’était passionnant de passer en fin de journée dans les laboratoires et de voir des mecs et des filles de 22-25 ans concevoir l’avenir.

Concernant le Département Théâtre : Stanford possède 3 théâtres ( !!!), elle paye des éclairagistes, des costumiers, des décorateurs pour les mettre au service des étudiants qui, m’a raconté un des professeurs, restent très passifs : ils montent peu de pièces (c’est un échec). Les études en théâtre font découvrir tous les métiers de la scène. J’en bavais. Toutes ces possibilités afin de créer et d’être innovant !!!!

Quant au Département de Français, d’après le même monsieur : « Nous n’avons pas besoin de la France et la France n’a pas besoin de nous. Nous sommes certainement le meilleur centre de recherche sur la littérature française au monde ». Ce n’est pas rien.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

A propos du Lycée La Pérouse (lycée privé français de San Francisco) : les parents y mettent leurs enfants afin de les confier à une institution qui fonde sa réussite (100% au bac) sur le travail et l’autorité. Hé bien, c’est une vitrine de ce que l’Education nationale n’est plus sur son territoire même… Le proviseur-adjoint m’a dit que les lycées privés français sont soumis à la pression, parfois, des parents : certains demandent à ce que les théories créationnistes soient enseignées en cours. Des proviseurs résistent. D’autres ne peuvent pas. Les lycées ont des conseils d’administration : les parents payent, et sont donc des clients.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Plus anecdotique, peut-être : les professeurs, quoi que très bien payés, peuvent de plus en plus difficilement louer (faire du housing) leur maison sur le campus de Stanford. Les prix deviennent extrêmement élevés. Autre exemple étrange : la maison appartenant à René Girard a été construite sur un terrain qui est possession de l’Université. Girard m’a dit que Bush avait tout fait pour ne pas faciliter la venue d’étudiants étrangers sur le sol américain. Ce contre quoi s’était élevé le président de Stanford.

Un dernier élément (j’écris comme cela vient) : les professeurs d’université étant obligés de produire des articles pour rester en place ou côté sur le marché du campus global (David Lodge) écrivent un peu sur n’importe quoi – et se dirigent vers le plus simple : c’est-à-dire des textes sur l’histoire littéraire.

Je ne fais que rapporter des faits.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Je peux aussi vous parler de ma visite à City lights, la librairie qui a vu passer et édité Kerouac et Ginsberg. De mes soirées: poésie et jazz, et performances, etc. etc. :-)

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Tout ceci mériterait un livre. Votre récit est passionnant.
Vous êtes bien plus intéressant que BHL et son American Vertigo.

Japhet

Écrit par : Japhet | 01 mars 2007

Stanford - De plus en plus d'Indiens y viennent pour y retirer les savoirs nécessaires, et ils en repartent afin de développer les technologies et industries informatiques de leur pays. Les filières comme les mathématiques, la physique intéressent de moins en moins les jeunes qui préfèrent se tourner vers l'ingéniérie. Pourquoi? Réponse: Palo Alto (la ville de Google, HP, etc.) est la cité dont le salaire moyen par habitant est de 54000 dollars par mois. Oui, on comprend ce qui attire les jeunes...

Merci pour votre post, Japhet. Je ne commente pas. Ainsi chacun fait son analyse.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Le constat irréfutable:""Voilà un pays qui, après 14 ans de mittérandisme et 12 ans de chiraquisme a réussi le coup double : l'appauvissement général de la nation (dette publique, 30% de petites et moyennes entreprises en moins qu'en Allemagne, déficit du commerce extérieur...) et la désintégration du statut de ses enseignants et de ses intellectuels."

Ce qui est tout aussi évident c'est que cela nous fait en tout 26 ans de socialisme, dans le seul pays illibéral de l'Union Européenne. Comme pour les cocus, le reste du monde le sait sauf les principaux intéressés mais cela je l'ai déjà dit tant de fois!

Et la déconfiture d'Airbus est la Nième manifestation de ce tropisme. Les participants à la rédaction des statuts du GIE Airbus Industrie ( j'en étais) en connaissaient dès le départ le talon d'Achille: Des cultures d'entreprises incompatibles rendent l'entité incapable de résister aux tempêtes, sauf à vivre en perfusion d'argent public, et une direction bicéphale accentue cette fragilité. Étatisme (assistanat) et libre entreprise make strange bedfellows, autrement dit ça ne couche pas ensemble.


"'Jacques Barzun, Français installé aux States"', oui un de plus, mais il est surtout un des auteurs les plus érudits qui foule encore le sol de notre planète en voie d'extinction. J'ignore si son oeuvre magistrale "From Dawn to Decadence" a été traduite en français. Cette ode magnifique à la culture occidentale contient la condamnation sans appel de la méthode globale, et rapplelle qu'elle fut inventée par deux Français, l'abbé Redonvillers de l'Académie française, avec "De la manière d'apprendre les langues" (1768) et par Nicolas Adam, qui publia sa "Vraie manière d'apprendre une langue quelconque en 1787. ( page 413 et note) "Both base their inspitation on the fallacy that resurfaces disastrously in our time: adults read whole words at a glance, therefore teach infants to do the same. The 20C application has been a long failure whenever tried and acknowledge only very recently"'

Écrit par : Cadichon | 01 mars 2007

Cadichon, vous êtes l'incarnation de quelque personnage de David Lodge.

Écrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Cadichon, vous êtes l'incarnation de quelque personnage de David Lodge.

Ecrit par : Pendariès | 01 mars 2007

Chut! Cadichon "pense"... au-dessus, très au-dessus de la mélée. Prosternons-nous, nous, médiocres!
"Incarnation, incarnation! Est-ce que j'ai une gueule d'incarnation?"

Écrit par : dobolino | 01 mars 2007

Tenez vous bien les amis, le siège de campagne de l'UDF a bien réceptionné mes mails et la charte commence à susciter des réactions...

Bien bien....Je vous tiendrai au courant de la suite...

SW

Écrit par : Sandra WAGNER | 01 mars 2007

Si la gauche n'est pas unie derrière son grand candidat, c'est que
C'est vrai Ségolène n'a rien pour elle mais bon, quand on lit les commentaires de ce blog, on connait la suite, c'est mort.
Sarkozy a déja gagné.

Maintenant, es-ce que ce serait si grave ?
Serait-ce vraiment pire qu'avec Ségolène ?
Je ne pense pas
Qu'en à Bayrou, il n'a aucune chance, tout le monde n'est pas Giscard.

Écrit par : Maxime | 01 mars 2007

Hum...J'espère bien que Bayrou aura toutes ses chances. En tout cas, pour l'instant, je compte dans mon entourage une personne nouvelle par jour qui me dit qu'elle votera Bayrou.
Et cela va de l'instit, du médecin, de l'ingénieur jusqu'au jeune cadre militaire...

Écrit par : Thalie | 01 mars 2007

"Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux. "

J. Supervielle.

Malaise...

Écrit par : dobolino | 01 mars 2007

Ah, le monde de l'EN !!
Une majorité de gens sérieux et compétents représentée par un syndicaliste qui parle avec un ton crèmeux contenant du verre pilé.
Un syndicalisme qui tente de détruire toute tentative de réforme pour défendre des intérêts corporatistes, le catalogue de la CAMIF, les planques syndicales, les petits arrangements pour les nominations, etc...
Faire réussir les Enfants de France, rien à cirer ou alors on sort le grand slogan : on n'a pas assez de moyens.
Des milliers d'illétrés : c'est la faute à la société libérale !
Ce syndicalisme qui est capable de faire avancer certains plus vite, plus en raison de leurs performances syndicales que du nombre d'enfants reçus à des examens !
Ce syndicalisme qui a participé à la nullitude des diplômes distribués comme des Kinder surprise "je ne trouve pas de boulot"
Ce syndicalisme qui est capable de faire jeter un livre sur la place publique.
Ce syndicalisme teinté d'un grand machisme marxisant.
Heureusement, la sociologie du monde enseignant change.
Une nouvelle génération arrive.
Encore quelques années et les dinosaures seront tous en retraite dans leurs camping-car au Maroc, la ou la liberté est "grande" et ou la vie n'est pas chère.
Ils étaient Cocos et sont devenus Bobos.

Écrit par : Blanc Cassis | 02 mars 2007

"Heureusement, la sociologie du monde enseignant change.
Une nouvelle génération arrive.
Encore quelques années et les dinosaures seront tous en retraite…"
écrit Blanc cassis (essayez plutôit le blanc de Cassis, un sommet avec la bouillabaisse…)

Devons-nous nous en féliciter ?
Le système marche encore un peu, malgré les programmes et malgré l'administrtation, parce que la génération du baby-boom, qui a été formée d'une façon décente, est encore là, dans les écoles, le slycées et les collèges (enfin, plus trop dans les écoles, il y en a beaucoup qui ont pris leur retraite par anticipation pendant qu'ils le pouvaient encore…).
Quand les élèves n'auront plus en face d'eux que des gens peut-être pétris de bonnes intentions mais formés comme ils le sont aujourd'hui, alors là, oui, on va pouvoir retirer l'échelle et se couvrir la tête de cendres.
JPB

Écrit par : brighelli | 02 mars 2007

il manquait un d à acknowledged...
Sorry!


Mmm... à la lecture du commentaire précédent, ma mémoire gustative réchauffe d'un coup les frimas ambiants . Clin d'oeil au bon chanoine et souvenir du blanc de Cassis, de sa finesse, mais cela m'évoque aussi le rouge...les arômes de garrigue, la Gineste et j'entens les cri-cri.....merci pour ce rayon de soleil.

Il faut reconnaître à Bayrou qu'il n'a rien d'une girouette, car même quand le vent tourne ou que la recherche médicale infirme ses convictions, il campe sur ses positions. Droit dans ses bottes, lui aussi, le Béarnais. Il a une grande constance puisqu'il a confirmé, lundi soir, ce qu'il avait démontré pendant les quatre ans de son ministère, à savoir:

-son soutien à la carte scolaire

-son soutien tout aussi indéfectible aux oukases des syndicats, offrant ainsi en prime un magnifique exemple du syndrome de Stockholm.

-son refus de prendre position CONTRE la méthode globale, ce qui revient à l'adouber, dans un contexte où va pouvoir continuer à régner l'intimidation, la manipulation et le bourrage de crâne IUFMesque. Sa proposition de "tester" 200 malheureux cobayes (100 pour la globale et 100 pour les semi- qui sont du pareil au même) pour leur faire encore perdre une année de plus ne va pas rassurer tous ceux qui tremblent assez devant les menaces hierarchiques et la pression des syndicats pour ne pas oser se conformer aux directives de Robien.

- sa cécité tout aussi volontaire, mais cohérente avec ce qui précède (ce qui en français se dit aussi: "conséquente") de l'effet de la globale sur la pandémie de dyslexie. (Voir l' article du prof. Israel dans Le Figaro de ce jour. )

Cela fait plus d'un demi-siècle que les neurosciences ont confirmé ce que le bon sens, lui, avait dicté, et depuis l'invention de la globale qui remonte comme je le signalais hier, au dernier tiers du 18e siècle, à quiconque refusa de se laisser abuser, envoûter, par le tropisme de la modernité, ou la fable de la démocratisation de l'école sous l’inspiration de l'idéologie égalitariste.

Frackowiak et Meirieu n'ont donc aucun souci à se faire et les profs qui se tordent les mains à l'idée de trahir leur fidélité au PS peuvent désormais avoir la conscience tranquille:Bayrou ou Sego c'est kifkif. Tout ce joli petit monde a donc intérêt à diaboliser Sarkozy...pardon! soyons précis, à le fasciser. C'est lui la vraie menace! Il va leur supprimer la globale et a clairement affirmé qu'il avait compris d'où venait le mal: cet égalitarisme criminogène qui plombe la France depuis deux siècles.
Donc si on se retrouve avec un duel Bayrou-Sarko, les défenseurs du pédagogisme pourront voter Bayrou en toute bonne conscience, comme tous ceux qui s'imaginent que ce dernier va vouloir changer quoi que ce soit à l'EN. Visiblement ils n'ont pas regardé la même émission que moi.


Je relis depuis hier "L'école en détresse" que J. de Romilly, écrivit en 84. Elle tirait la sonnette d'alarme sur cette catastrophe humanitaire qu'elle voyait de dessiner sous ses yeux, avec la mort programmée de l'enseignement de la lecture et des lettres. Cinq ans plus tard on a eu le coup de grâce avec la scélérate Loi Jospin. Mais voyons, on ne pouvait vraiment rien attendre de bon d'un troskyste même pas repenti doublé d'un menteur, et d'un lâche, qui se planque si courageusement derrière son frère.

Lui ce n'est pas la garrigue qu'il m'évoque. mais de Trotsky je passe tout naturellement à Lénine, qui s'est empressé de rejeter comme étant du pipeau les théories éducatives dites "progressistes", celles de l'école Nouvelle. Leurs inventeurs aient ont pourtant tous été de fidèles compagnons de route... Lénine voulait bien des idiots utiles, mais pas des ignorants complets. L'éducation est le seul domaine dans lequel le communisme n'a pas abjectement échoué.

Blanc Cassis a vu juste, on est passé des Cocos aux BoBohs et ce n'est pas vraiment une amélioration du genre humain. Passer des idéologies totalitaires à la dictature du relativisme et de son nihilisme, ce n'est pas vraiment un progrès non plus.

Encore une fois, il n'y en a qu'un qui a vu clair dans cette emprise destructrice, c'est Sarko. On peut vouloir voter pour Bayrou pour d'autres raisons mais certainement pas si on espère le voir changer quoi que ce soit à l'EN.

Écrit par : Cadichon | 02 mars 2007

JPB que le blanc de Cassis inspire autant que moi a relevé la méprise de Blanc Cassis. C'est bien la résistance de cette génération d'enseignants, la dernière à avoir encore eu la chance de pouvoir apprendre sans discrimination, qui a freiné jusqu'ici la catastrophe, mais le pire est à craindre car elle arrive à l'âge de la retraite et tant que la relève ne sera pas assurée il y aura encore plusieurs générations d'élèves et d'enseignants sacrifiés sur l'autel de l'ineptie, de l'ignorance et de l'aveuglement.

Écrit par : Cadichon | 02 mars 2007

Bayrou ne sera pas au second tour, et vous le savez parfaitement. Le risque, bien réel, de voir le borgne au second tour, (s'il obtient ses signatures... Mais combien pariez-vous qu'il les a déjà?) est au moins le même qu'il y a cinq ans. Mais, après tout, cela ne devrait pas décevoir certains participants à ce blog. Après tout, c'est le seul, (avec le fin de race bocagien) à s'être clairement prononcé pour la fermeture des IUFM. Et c'est aussi le plus libéral des candidats, finalement, Cadichon... (Suppression de l'impôt sur le revenu).

Écrit par : Christophe Sibille | 02 mars 2007

Petite théorie pour le présidentielle: Ségolène Royal a déjà perdu. Pour 2 raisons:
a) Bayrou ne passe pas au second tour mais demande à ses électeurs de voter pour le candidat de la Droite.
b) Les électeurs de Gauche devinent déjà que leur candidate ne peut pas gagner: le rempart contre Sarkozy devient donc Bayrou; et Bayrou l'emporte.

Écrit par : Pendariès | 02 mars 2007

Christophe,
Je vous parie une bouteille de Gevrey-Chambertin que Le Pen ne sera pas au second tour. Faible participation, dispersion des voix sur de multiples candidats à gauche, faiblesse du candidat centriste : tous ces facteurs favorables au FN ne semblent pas devoir se reproduire cette année.

Japhet

Écrit par : Japhet | 02 mars 2007

Quand les élèves n'auront plus en face d'eux que des gens peut-être pétris de bonnes intentions mais formés comme ils le sont aujourd'hui, alors là, oui, on va pouvoir retirer l'échelle et se couvrir la tête de cendres.
JPB

Ecrit par : brighelli | 02 mars 2007

Surtout si ces gens enseignent une 2ème matière dans laquelle ils sont encore moins compétents que dans la première.
Si c'est pas ça, le crétin devenu fabricant de crétin et la boucle bouclée, qu'est-ce que c'est ?
Tu acceptes d'apprendre aux élèves ce que tu n'as jamais appris, tu as une prime.
Travailler plus mal pour gagner plus !

Je ne vais pas vous faire l'injure de vous rappeler quel est le seul candidat à s'être prononcé contre la bivalence, n'est-ce pas ? (Indice : c'est une candidate.)

Écrit par : Pat | 02 mars 2007

Blanc Cassis a vu juste, on est passé des Cocos aux BoBohs et ce n'est pas vraiment une amélioration du genre humain
Ecrit par : Cadichon | 02 mars 2007

Que Blanc Cassis ait vu juste, c'est normal , c'est la même thèse, la même rhétorique, voire le même auteur individuel ou collectif que Danièle, Tatie Danièle, Cadichon...

L'éducation est le seul domaine dans lequel le communisme n'a pas abjectement échoué.

Ce constat est loin dêtre faux. C'est même une curiosité de l'histoire de l'Empire d'Eurasie, pour reprendre l'expression d'HC d'Encausse. (Cadichon, lisez son livre "Une histoire de l'Empire russe de 1552 à nos jours". Fayard).
Cependant l'école soviétique n'est plus. Elle connaît en mode différé et accéléré le même destin que celle, sa cousine, d'occident.
J'en prends pour signe funeste les apprentissages du lire et de l'écrire. Dans les écoles russes désormais livrées à elles- mêmes et malgrè la survivance d'un corps enseignant qui limite les dégats comme il peut (comme en France cette génération d'enseignants retarde le pire à venir) les apprentissages du noyau dur, celui de la littéralité sont de plus en plus bâclés.
L'enseignement traditionnel russe et par la suite, soviétique accordaient une très grande attention à la calligraphie, un mode esthétique d'entrée dans l'univers fictif des formes. On sait la passion des russes pour la chorégraphie, dont la calligraphie est un sous ensemble. D'ailleurs l'écriture cyrillique se prête merveilleusement à ce travail, à cette ritualité de la séparation en profondeur de l'individu de son sujet, de son narcissisme. (Les instituteurs formatés dans les IUFM sont-ils en mesure de comprendre le sens de ce travail de tissage des lettres, des mots, des phrases et ses effets symboliques dans la con-institution de chacun?)
Et comme en France les enseignants russes qui ne connaissent ni Meirieu, ni la FSU, ni la CAMIF assistent, impuissants au désastre de la symbolisation par l'écriture, au saccage de la science de l'écriture et consécutivement au sacrifice de l'enfance.
En Russie aussi, et là s'arrêtera la comparaison hasardeuse des sytèmes tellement dissemblables, les familles se débrouillent comme elles peuvent pour, néanmoins, assurer le plus précieux dans la vie, la succession, la transmission généalogique. En quelques années le système éducatif russe s'est divisé en deux: les familles les plus fortunées payent y compris dans les écoles publiques les enseignements. Le libéralisme sauvage a frappé à la porte de la Russie avec une violence inouie et c'est toute une génération, sinon le principe même de la reproduction de la société qui en est affecté.
A propos de "sacrifice de l'enfance" sur l'autel du matérialisme économique et du progrès forcé retournons-nous vers l'extraordinaire film d'Andrei Tarkovski "Le Sacrifice" et méditons sa parole: "Et pour acquérir cette espèce d'harmonie et d'autonomie morale où l'on cesse de considérer uniquement les valeurs matérielles où l'on échappe au statut d'objet d'expérimentation entre les mains de la société, une voie - parmi d'autres- est la capacité de s'offrir en sacrifice". (15Mars 1986)

Écrit par : buntovchik | 02 mars 2007

Je peux dire une ânerie ?

Parait qu'avec une licence d'histoire tu peux faire facteur ... Cool non ?

Écrit par : toto | 02 mars 2007

"Je peux dire une ânerie ? "

Ecrit par : toto | 02 mars 2007

Mais oui, toto! mais rappelez-vous que le verbe "pouvoir" est polysémique!

"Christophe,
Je vous parie une bouteille de Gevrey-Chambertin que Le Pen ne sera pas au second tour."
Ecrit par : Japhet | 02 mars 2007

Je n'irai pas jusqu'à parier, d'autant que, (paraît-il), il n'a pas encore ses signatures... Et, si je tiens ce pari, ce sera simplement pour exorciser. Mais il est vrai qu'aucune élection n'a jamais été aussi incertaine, et je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle.

Écrit par : Christophe Sibille | 02 mars 2007

"polysémique"
la culture c'est comme la confiture ....

Écrit par : toto | 02 mars 2007

Toto, il apparait une fois de plus que, pour ce qui est de dire des âneries, vous n'ayez pas vraiment le choix.

Écrit par : Christophe Sibille | 02 mars 2007

"Toto, il apparait..." gnagnagna gnangnan


Je te le laisse le choix ... dans la date ....

Écrit par : toto | 02 mars 2007

Se faire traiter par des crétins de" cocos devenus bobos", à la fin de la semaine après avoir supporté toute la semaine l'imbécilité crasse d'une administration qui vous empêche de faire votre travail correctement et des élèves détruits à coups de TV et de pub donnée à hautes doses pour nourrir le grand marché libéral...Tenez parfois, Cadichon, vous me donnez la nausée avec vos remarques de" grosse bourge" qui fait sa thèse tranquillement au chaud aux USA et qui se la joue grande libérale... Un peu de respect pour les professeurs qui font leur boulot. Il y a des jours où vos leçons systématiques de morale libérale et américaine deviennent franchement lourdes.

Écrit par : Thalie | 02 mars 2007

Et les bobos, ils ont du fric, pas nous, pas nous, pas nous, pas nous, pas nous.................................!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Écrit par : Thalie | 02 mars 2007

Et les bobos, ils ont du fric, pas nous, pas nous, pas nous, pas nous, pas nous.................................!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ecrit par : Thalie | 02 mars 2007

Cadichon vous expliquera que c'est votre goût pour l'assistanat chronique qui fait votre pauvreté et que si vous étiez intelligente comme elle, vous comprendriez son experte analyse.

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

A propos de "sacrifice de l'enfance" sur l'autel du matérialisme économique et du progrès forcé retournons-nous vers l'extraordinaire film d'Andrei Tarkovski "Le Sacrifice" et méditons sa parole: " Et pour acquérir cette espèce d'harmonie et d'autonomie morale où l'on cesse de considérer uniquement les valeurs matérielles où l'on échappe au statut d'objet d'expérimentation entre les mains de la société, une voie - parmi d'autres- est la capacité de s'offrir en sacrifice". (15 Mars 1986)

Ecrit par : buntovchik | 02 mars 2007

Très beau buntovchik...

"Quand chacun d'entre nous comprendra qu'il est coupable de tout devant tous, le monde sera sauvé et ce sera aussitôt le paradis." (Le staretz Zosime dans Les Frères Karamazov)

" Coulez, coulez, larmes amères, pleure, âme chrétienne ! Malheur, malheur Russie! Pleure, pleure, peuple russe, peuple affamé ! " (L'Innocent dans Boris Goudounov)

Un jour la Russie sera belle !

Écrit par : Robin | 02 mars 2007

A propos de la globale et de la dyslexie, cet article du prof Lucien Israel confirme en tout point ce que savent tous ceux qui veulent savoir.

Les difficultés que rencontre l'institution scolaire et, plus généralement, l'évolution des comportements des jeunes ont fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. Étonnamment, en dépit de l'importance des enjeux, ce sujet n'a pas vraiment été abordé jusqu'à maintenant par les candidats à l'élection présidentielle. L'ampleur de la tâche en effraie sans doute plus d'un ! Pour l'aborder, voyons sereinement les faits, les conséquences et les causes.

Je commencerai par le constat suivant : en décembre 2001, l'OCDE a mené une étude dans trente-deux pays sur la capacité de lecture et de compréhension à l'entrée en 6e. Pour la compréhension de l'écrit, la France était au 14e rang. Et ce n'était guère plus brillant dans les domaines techniques et scientifiques, domaines dans lesquels les pays anglo-saxons nous devancent largement.

Un niveau médiocre ou faible en lecture, écriture, grammaire, etc., compromet l'avenir des jeunes et de la société : il existe quelques dizaines de milliers de mots dans une langue qui servent à comprendre, à s'exprimer et à s'imprégner d'une culture. La richesse du vocabulaire et l'usage de la grammaire sont les principaux moyens d'acquérir le sentiment d'appartenance à un groupe culturel. Celui-ci est en effet basé sur son histoire mais aussi sur sa langue. Et cela concerne tous les enfants, et pas seulement les enfants d'immigrés.

Par ailleurs, nous ne cessons de nous parler à nous-mêmes. Un vocabulaire restreint, des significations imprécises, empêchent de se parler à soi-même : non seulement on ne lit pas, non seulement on ne communique pas correctement avec autrui, mais on ne communique pas non plus avec soi-même, donc on ne se connaît pas. Si on n'a pas de subjectivité soi-même, on n'a pas la notion de l'existence d'une subjectivité chez autrui. Par conséquent, en cas de désaccord avec autrui, on ne discute pas : on tape dessus !

La neurophysiologie est à cet égard très éclairante : elle permet de faire le lien entre les faits constatés plus hauts et leurs causes : le cerveau gauche est celui de l'analyse, en particulier de l'analyse des mots (cela est valable pour les droitiers et pour un certain nombre de gauchers. Pour les autres, c'est l'hémisphère droit qui remplit ce rôle). L'hémisphère gauche est celui de l'analyse des idées, de leur perception, de leur enregistrement, de leur comparaison à d'autres, de leur critique ; celui, aussi, de la mémorisation. L'hémisphère droit, au contraire, est celui de l'émotion - positive ou négative -, de la perception non analysable, du sentiment. Les enfants, par exemple, perçoivent par leur cerveau droit ce qu'ils regardent à la télévision. S'ils ont un cerveau gauche « en bon état », ils sont capables de comprendre et de critiquer ce que leur cerveau droit reçoit, car les deux hémisphères communiquent. Si au contraire le cerveau gauche a été « abandonné », ils sont entièrement livrés aux images qui leur sont montrées.

Il se trouve qu'une révolution pédagogique a eu lieu à la fin des années 1970, qui concernait l'ensemble des enseignements de l'école primaire. Si l'on prend le cas précis de la méthode d'apprentissage de la lecture et de l'écriture, on sait que la méthode utilisée aujourd'hui est celle de la méthode globale (la semi-globale revenant exactement au même). La méthode syllabique fait appel au cerveau gauche puisqu'elle consiste à décortiquer les mots en syllabes et en lettres. La méthode globale, qui consiste à reconnaître la forme des mots, s'appuie au contraire sur l'hémisphère droit puisqu'elle est basée sur l'intuition.

Les méthodes d'apprentissage actuelles laissent en friche l'hémisphère gauche. Il ne reçoit que peu d'informations et de sollicitations. Le registre lexical est pauvre et, par conséquent, la compréhension du monde, de soi-même et des autres bien moindre. Je prendrai l'exemple concret des Esquimaux : leur langue comporte une soixantaine de mots différents pour évoquer la neige : ils perçoivent, par conséquent, une foule de nuances que nous-mêmes ne voyons pas. Des conséquences sont déjà visibles et ne peuvent que s'aggraver : la place est libre pour l'impulsif, la violence et la capacité d'être dominé par autrui ou de se donner à lui sans réfléchir. De même, des quantités de choses échapperont à tout jamais à ceux qui n'ont pas accès à la grammaire. Qu'attendent les candidats à l'élection présidentielle pour annoncer une véritable réhabilitation de l'enseignement primaire ?

* Professeur émérite de cancérologie.

Écrit par : Cadichon | 02 mars 2007

Il se trouve que Lucien Israel est un ancien ami — nous nous sommes perdus de vue il y a quelques années, sans que nous y soyons trop pour quelque chose, ni l'un ni l'autre… Cet article ne m'étonne guère de lui : il a pour l'instruction — pour la culture, dirait-il — un respect fanatique — et il appartient à cette génération de médecins qui avait autant appris d'humanités que de science médicale. Les derniers qui appartiennent à cette esthétique ont mon âge. Après eux, le déluge — et vous serez soignés par des techniciens qui ne vous toucheront pas, pas même de leurs mains gantés, et vous expédieront aux frais de la Sécu faire des examens inutiles — non pas pour être sûrs, mais pour se défausser derrière l'avis du labo.
À vrai dire, vous ne serez pas soignés du tout : un recrutement ingénieux à la fin des années 80-début des années 90 a permis d elimiter drastiquement le nombre de toubibs, et vous allez crever à la porte de l'hôpital — qu'on se le dise…
J'ai souvenir d'immenses conversations littéraires avec Lucien Israel — auteur d'un recueil de poèmes, Face cachée, édité je crois au Centurion — sur la science-fiction, dont il était redoutable spécialiste. Et avec ça, cancérologue de réputation mondiale. Un homme complet — et pourquoi devrions-nous nous contenter d'individus partiels ? Pour complaire à quels pédagogues ?
EH bien, c'est en pensant à lui que je réformerais volontiers certains cursus, en médecine et ailleurs…
JPB

Écrit par : brighelli | 02 mars 2007

A propos de l'école soviétique.

Quelqufois nous avons comme élèves des jeunes russes, mais de nationalité allemande. Ils font presque toujours le plaisir des collègues. Ce sont des jeunes qui apprennent très vite la langue allemande, tout en conservant leur accent si agréable, ils sont souvent très doués en maths et en plus des grands lecteurs. Plusieurs d'entre eux m'ont montré avec fierté leurs carnets de notes russes souvent décorés d'un portrait de Lénine (même en 2003!). Le rapport avec eux est très agréable: ils font preuve d'un respect authentique, mais point flatteur vis à vis des enseignants. En somme: CELA DONNE A REFLECHIR - surtout sur le culte de l'ignorance dans un monde qui se dit libéral (et qui est le monde de gourous libéralistes totalitaires comme v. Hayek et Friedman et tutti quanti) où la culture n'est plus qu'une marchandise parmi mille autres, donc une propriété privée qu'on peut acheter sur le marché scolaire. Michéa a raison quand il évoque l'impasse Smith.

Mais comment sortir de cette impasse-là? Sûrement pas en votant pour l'une ou l'autre. Vous connaissez tous cette parole 68arde: Si les élections changeaient vraiment le monde, elles seraient interdites. Luttons donc pour que - comme quelqu'un a écrit sur ce blog (pour moi c'est une phrase géniale) - les estomacs de nos élèves soient aussi remplis que leurs têtes. Et pour arriver là - j'en suis sûr - il faut sortir de ce que Anderson appelle la "pensée tiède".

Écrit par : wolfgang | 02 mars 2007

Ce n'est pas le libéralisme qui est responsable des malheurs de la Russie, c'est l'état de corruption atavique dans lequel elle se trouvait à la chute du communisme et qui l'a fait basculer sans la moindre transition dans une anarchie orchestrée comme par hasard par les caciques de la Nomenklatura, immédiatement recyclés dans la plus gigantesque crapulerie de l'histoire.

C'est marrant quand même. Ceux qui raclent le sol de leurs sabots vengeurs, les naseaux fumants, restent claquemurés dans le tropisme antilibéral de la gauche la plus archaïque du monde, enfin derrière Cuba et la Corée du Nord.

Inutile alors d'expliquer que le libéralisme sauvage est une contradiction dans les termes, car pour le comprendre il faudrait quitter le registre du mantra caricatural inculqué dans les madrassas de la République.

La France a délibérément écarté depuis deux siècles ( sauf quelques trop brèves exceptions) le fondement de toute démocratie libérale : l'équilibre des pouvoirs ( checks and balances). Quiconque privilégie l'égalitarisme sur la liberté, n’est visiblement pas configuré pour comprendre que le libéralisme ne peut pas être "sauvage". Il est le contraire de l'anarchie, puisqu'il est toujours le résultat d'un équilibre.

En suçant ainsi la mamelle de l'antilibéralisme, qui va de pair, entre autres, avec celle de l'antiaméricanisme et de l'antimondialisme, cela obstrue la vue, occultant le fait qui dérange, à savoir que tous les pays occidentaux sont eux aussi confronté à la mondialisation, à une immigration débridée, et dans le cas de l'Allemagne, à la contrainte supplémentaire d’avaler 18 millions de bras cassés, mais ils parviennent à résorber le chômage et à se désendetter, justement parce qu'ils ont en commun d'avoir ont écarté cette forme archaïque du socialisme à laquelle la France, de Chirac à Besancenot se cramponne avec l'énergie du désespoir.

Ce conservatisme s'illustre ici sous des signatures individuelles, dans un braiment monomanique et monocorde qui les rend parfaitement interchangeables. Dupond et Dupont à la puissance N.

Écrit par : Cadichon | 02 mars 2007

Cadichon, cer art d el'invective !
Reprenons — parce que vous n'avez pas tout à fait tort, et je sais que certains déjà ont la fumée qui leur sort des naseaux.
Le libéralisme n'est pas ce que répète effectivement une certaine gauche qui se dit "anti-libérale" comme si c'était l'alpha et l'oméga de son programme — au fait, quel programme ? Le libéralisme, c'est Montesquieu ou Tocqueville — globalement, ces idéologues de la fin du XVIII -début du XIX dont s'est si fort inspiré le jeune Stendhal, quand il habitait Marseille avec Mélanie "the little gouine" (sic — dans ses carnets intimes : la seule fois où Stendhal a vécu avec une femme, c'était une actrice bisexuellle…) et voulait se lancer dans le commerce (qui a lu, ici, "D'un nouveau complot contre les industriels", qui doit remonter aux années 1820-25 ?). Le libéralisme, c'est Bastiat, et quelques autres — pour en rester aux Français et au XIXe siècle.
Et je rappelle que le mot a "libre", pour racine…
Et par ailleurs, quelle alternative, messeigneurs ? Quel capitalisme-socialisant-compatissant-crypto-catho proposez-vous ?
À moins que ce ne soit ce que l'on appelle déjà le "royalisme" ?
Et en ce qui nous concerne, ici sur ce blog, qui ne voit qu'une école qui donnerait une vraie instruction et de réelles compétences amènerait forcément, à terme, ce libéralisme bien tempéré — comme le clavecin du même nom — qui est la seule réponse, la seule réponse française cohérente, au bushisme ? Qui ne voit que l'école de la catastrophe va justement dans le sens du capitalisme le plus sauvage — qui est la fin d'un libéralisme bien compris ? Meirieu / Cheney, même combat.
Alors, il faut le dire : les pédagogues qui ont si bien abîmé l'école œuvrent, dans les faits, pour cette version barbare du capitalisme, qui est au vrai libéralisme ce que le borborygme est à Maria Callas. Si le libéralisme vise à dégager des élites — et pourquoi pas ? —, l'idéologie de l'égalité des chances a généré la plus grande perte de cerveaux — entre ceux qui ont fui et ceux que l'on n'a jamais laissé émerger — que l'Histoire ait jamais engendrée.
JPB

Écrit par : brighelli | 02 mars 2007

Très bien votre texte sur cerveaux droit et gauche, Cadichon, mais puisque vous avez, par définition, raison, expliquez moi-donc pourquoi les EIP, réputés tourner sur leur cerveau droit, se heurtent à de plus en plus grandes difficultés à l'école? Pour moi, l'école actuelle ne fait au contraire son évaluation que sur le cerveau gauche, tête bien faite et vide de sens, classeurs bien rangés, bavardages insipides ( moi, j'pense que euh...), apprentissages par cœur de notions vides de sens, en français particulièrement, lenteur méthodique d'enseignements formalistes et sans fond, sans vivacité, sans humour, sans plaisir et sans jeux de mots.

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

En fait, il ne faut pas confondre les discours des Sciences de l'Educ et ce qui se pratique en classe: la méthode globale est devenue du par cœur sans réflexion, ce qui n'était pas son objectif de départ autant que je me rappelle les savantes explications de mon honorable Catmano en 1976/77 et la description séduisante qu'elle me faisait de la progression de ses petits disciples... En fait, il me semble que les idéaux qui ont présidés à la création des nouvelles pédagogies étaient louables mais qu'elles se sont plantées faute de moyens intellectuels, de temps... qu'elles étaient trop idéalistes, trop éloignées du pragmatisme, de l'efficience rapide, de la rentabilité. Trop loin du terrain réel?

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

Les derniers qui appartiennent à cette esthétique ont mon âge. Après eux, le déluge — et vous serez soignés par des techniciens qui ne vous toucheront pas, pas même de leurs mains gantés, et vous expédieront aux frais de la Sécu faire des examens inutiles — non pas pour être sûrs, mais pour se défausser derrière l'avis du labo.


Ecrit par : brighelli | 02 mars 2007
Je vous trouve excessivement dur! Il y a encore des jeunes qui aiment soigner, ont de la culture et du sens clinique. C'est la liberté qui leur manque sous la menace procédurière: ils sont contraints "d'ouvrir le parapluie" même si leur flair leur a indiqué le diagnostic. Si, en Art Vétérinaire français, il nous reste encore quelque latitude d'agir, ce n'est pas encore pour très longtemps. Outre Atlantique, c'est fini, enfin en ce qui concerne l'Amérique du Nord. Parapluie grand ouvert obligatoire.

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

Une seule et unique raison de voter pour Ségolène Royal : le projet d'Arnaud Montebourg de traduire Chirac devant la Haute Cour de Justice pour tout ce qu'il a fait quand il était maire de Paris...L'histoire de la construction des lycées d'Ile de France, c'est pas triste non plus...Les salauds !

Mais il faudrait aussi le juger pour la situation catastrophique de l'école et de l'économie française, pour la dette publique en particulier qu'il nous laisse à nous et à nos enfants. Pour son complice Mitterand, c'est trop tard...

14 + 12 = 26 ans de médiocrité, de cynisme et d'incompétence.

Etonnez-vous qu'on reparle de Le Pen au second tour.

Chirac jugé...c'est bon pour les voleurs de scooters (test ADN à l'appui)...Peu de chances (ou de risques), je sais, mais je l'ai dit.

Écrit par : Robin | 02 mars 2007

Cher Brighelli, votre passion vous emporte et vous êtes en train de vous planter le doigt dans l'œil jusqu'au fémur! Vous le regretterez peut-être un jour.
En tous les cas, je me permets de vous en prévenir. Faites-en ce que vous voulez!
Chez nous, on appelle ça une ROPA (Réaction osillante post-agressive)
D'où l'expression "la ROPA, c'est ça!"

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

Ma chère D., on m'a averti de tous côtés — aussi bien du côté du PS que de celui de l'Educ. Nat. — que si la madame Royal elle passait, il y en a qui s'occuperaient de moi — et que ça allait barder pour mon matricule, et que je serais un exemple afin de faire marcher droit les générations à venir, que je pouvais toujours m'accrocher pour avoir telle ou telle classe, e que tout espoir de promotion m'était désormaius interdit… À part me menacer de mort ou de déportation, ils m'ont tout dit. Alors, quel risque voulez-vous que je prenne à dire que je ne voterai pas pour eux ? Provocateur peut-être, mais couillon, non. Je ne vais pas ménager la chèvre et le chou en espérant je ne sais quelle mansuétude de ces gens qui ont noyauté l'Educ. Nationale depuis vingt ans, qui sont aujourd'hui aux postes de commande, bien planqués dans les bureaux, et qui veulent m'apprendre à faire cours — ou ne plus en faire…
J'ai défendu dicrètement devant le ministre Pierre Frakowiack — et ici même, plus ostensiblement — quoique je pense qu'il est complètement con. Je n'attends pas la réciproque, les petits esprits aiment mordre, quand ils en ont l'occasion, les mollets de plus grand qu'eux.
Et ne me dites pas que je me prends pour plus que je ne suis — plus bas que Frakowiack, on ne peut pas faire. Et c'est lui, la tête pensante (ça, en ce qui le concerne, c'est un remarquable oxymore, ma chère) du PS en matière d'éducation ? Chapeau !
JPB

Écrit par : brighelli | 02 mars 2007

M. Brighelli...La lecture de votre dernier billet m'a laissé pantois.

Je ne connais pas votre passé mais à mon avis vous avez dû être quelque peu gauchiste dans une vie antérieure.... car vous en avez gardé tous les tics et tous les trucs, le mépris et l'invective en toile de fond .

La paille de Mme Royal je veux bien la reconnaître mais la poutre Sarkozienne, l'ami de ces chers médisants culturels, les héritiers Bouygues et Lagardère, les hommes sur lesquels le renouveau et la rupture peuvent s'appuyer, vous avez dû oublier jusqu'à leur existence.

Amnésie quand tu nous tiens

Je terminerai en affirmant que, contrairement à l'inspirateur caché de Royal et Bayrou, vous avez renié une part de votre passé et de votre jeunesse.

Relisez De Jean Coste

Écrit par : Merlemocoeur | 02 mars 2007

. Alors, quel risque voulez-vous que je prenne à dire que je ne voterai pas pour eux ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 02 mars 2007

Mais, aucun! Ce n'est pas ce problème que j'évoquais. Je pensais à des échéances bien plus vagues et lointaines. Votre vie ou la mienne ne s'arrêteront pas en mai 2007. Je ne crois pas que vous preniez de si grands risques. Mon papa n'a pas été dégommé par F. Mitterand et a fini titulaire de chaire à Paris IV sous sa présidence...
Ah! Vous êtes bien un homme... Demandez à votre compagne, elle vous expliquera.
Ce qui m'ennuie c'est que, aveuglé comme un taureau dans l'arène, vous favorisiez des options qui vous desserviront et, surtout, vous décevront. Me trompe-je, erre-je quand je vous crois dénué d'ambitions politiques et tout préoccupé de votre juste cause?
Je ne viens pas ici faire campagne pour la présidentielle 2007, vous vous leurrez si vous le croyez.
En 1974, j'avais un papa qui disait qu'il devrait quitter la France si la gauche passait! Ma foi, il est toujours en France et la gauche est passée. Son plus beau cadeau lui fut fait par Jospin: sa retraite de prof de fac!

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

... de ces gens qui ont noyauté l'Educ. Nationale depuis vingt ans, qui sont aujourd'hui aux postes de commande, bien planqués dans les bureaux, et qui veulent m'apprendre à faire cours
JPB

Ecrit par : brighelli | 02 mars 2007
Vingt ans????????, Vous étiez encore étudiant à brandir votre drapeau rouge et à louer les Khmers Rouges qu'ils y étaient déjà et que d'autres, que vous conspuiez certainement, disaient ce que vous dites aujourd'hui!
J'étais pré-ado et aux premières loges.
"Reviens Léon, j'ai le même à la maison!"

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

JPB, ce que vous dites à présent, ça fait près de quarante ans que je l'entends... Venir ici, c'est presque une forme d'affection filiale.

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

C'est trop cool yo!!!! pour du changement avec bécasségoléne et ses vieux copains on à eu du changement!!!!les éléphants comme on dit:

Au premier rang "j'ai un bon bilan" ou le retour du grand grisonnant tu revients ou tu revients pas??
suivit du grand chauve à la mine triste du style clown blanc avec son pote le gras du bide spécialiste du détournemment d'argent......et les autres le plus beaux de tous l'ancien, lui c'est plus un éléphant mais un mammouth, va eclater lui un jour c'est le pierrot le vieux pierrot de Lille.
vont peut être faire les hostices on sait jamais!!!
c'est du changement ça!Hein???

Écrit par : David | 02 mars 2007

La France se distingue de tous ses voisins et de ses partenaires pour avoir fait du libéralisme l'enfant pauvre de son histoire des idées, depuis la Révolution, et pour avoir laissé, surtout depuis la chute du mur de Berlin, sa diabolisation et sa caricature lui tenir lieu de carte d'identité. Elles servent aussi de substitut:
- de réflexion à un microcosme intellectuel de plus en plus frileux, et de moins en moins productif d'idées, et
-de remise en cause à une certaine gauche, celle qui ne peut faire le deuil de son idéologie fondatrice.

Cette originalité a bien sûr un prix: la perte de sa place dans le monde, le chômage héréditaire, le déclin de son industrie, les "fractures" scolaires et sociales dont les liens de parenté ne sont plus ici à démontrer.

Le réflexe antilibéral semble dès lors se situer au niveau de conscience de celui d'une grenouille décervelée qui continue encore quelque temps à répondre aux stimuli sur ses papattes.

Les mots racaille ou Kärcher, sortis de leur contexte et instrumentalisés avec la plus impudente mauvaise foi, sont du même ordre et traduisent, par delà le vide sidéral de la pensée, le besoin de trouver un bouc émissaire, victime expiatoire facilement diabolisée pour détourner l'attention des vrais coupables et alléger quelque peu des frustrations et une détresse bien réelles.

Une école politisée jusqu'à l'étouffement est infiniment plus pernicieuse que les médias qu'on incrimine, commodément encore une fois, pour détourner l'attention.
Mais alors que ceux-ci "s'adressent à des adultes, un enseignement engagé reporte cette influence en un domaine où elle est infiniment plus dangereuse et où aucune pluralité d'information ne peut même être imaginée. L'enseignement engagé passe pour vérité admise. Il règne seul" (Romilly, l'École en détresse, p. 105)

L'absence de pluralité met la formation d'une critique raisonnée aux abonnés absents, or c'est elle seule qui permet au savoir d'être émancipateur et de rendre effective une égalité des droits que l'égalitarisme militant rend incantatoire par sa dimension liberticide.

Comprendre ce qui est devenu une évidence dans toutes les autres démocraties..libérales, donne la mesure du chemin à parcourir pour que la France cesse de diaboliser le libéralisme.


Ce chemin passe aussi par la prise en compte de la politisation qui affecte l'école par divers moyens. On peut citer, outre l'enseignement militant en violation du devoir de réserve des fonctionnaires, le corporatisme syndical et l'abus de la démocratie "participative" qui inquiétait déjà Platon et que Le prof. Laurent Schwartz résuma ainsi dans son célèbre rapport" Le pilote d'un avion n'est pas élu par le personnel de bord et les passgers".
Ce rapport qui détaillait sans complaisance les nombreuses dérives de l'EN et les maux du pédagogisme avait été commandé par Mitterrand à un universitaire pourtant peu suspect de sympathies pour la droite. détail instructif: il a paru en même temps que celui commandé par Reagan: "A nation at risk". Près d'un quart de siècle plus tard, le premier n'est pas seulement resté lettre morte, sa méconnaissance a culminé cinq ans plus tard dans la Loi Jospin, quant au second il eut l'effet d'un "wake-up call" et a donné lieu à une lente transformation de l'école publique américaine, notamment dans les endroits où l'effet inégalitaire du pédagogisme avait le plus durement frappé, ces ghettos de centre-ville comme à Brooklyn, ou Queens, où lentement mais sûrement, la situation s'améliore, et malgré la farouche opposition des syndicats.
Pour ceux que la similitude des cas français et US intéresse, je signale, outre les livres désormais classiques de ED Hirsh et de Ravitch: celui d'un universitaire et syndicaliste enseignant, Myron Libermann, The Teacher Unions: How they sabotage educational reform and why(2000).

Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Écrit par : Cadichon | 02 mars 2007

Je serais curieuse de savoir combien de personnes, outre Thalie et moi-même, en ont par-dessus la tête de lire tous les jours le catéchisme de Cadichon, et combien ne viennent plus, ou très sporadiquement, depuis qu'elle est ici omniprésente, parole d'évangile et refusant de répondre autrement que par des insultes (assisté, raté, j'en passe...) à tous ceux qui la contredisent ou lui posent des questions auquelles elle ne daigne pas, le plus souvent, répondre?
Faut-il que nous vous laissions seuls, JPB et votre nouvelle égérie?
Cadichon, si la France vous écœure tant, si les français sont tous des abrutis, laissez-les tomber!
Vous ne ferez pas le bonheur des français malgré eux, Cadicholéon.

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

Juste un petit mot pour christophe et dobolino. Vous n'aimez pas les idées de Cadichon, vous lui reprochez de faire de l'invective, c'est votre droit. Mais vous lui faites aussi un procès d'intention parcequ'elle se dit libéral.
La vérité c'est que vous confondez encore et toujours libéralisme économique et politique ce qui n'est pas la même chose.

Pour ce qui est de l'art de la provocation ou de la banderille tout le monde pratique sur le blog ! alors pitié

Moi je partage un grand nombre d'idées de jpb, de robin, de jean, j'arrive à discuter avec christophe et pourtant je ne suis pas de gauche ! incroyable !

Et oui on peut ne pas être un électeur de gauche et se soucier d'instruction et d'éducation. Et arrêter de croire que tous les méchants patrons souhaitent la mort de l' Ecole. La plupart savent et ont tout intérêt à ce que les jeunes soient bien formés.

Maintenant Cadichon a raison sur un point: en France on attend tout de l'Etat, des politiques. Et ben on est les seuls dans ce cas là et comme par hasard notre pays part en sucette. Je ne dis pas qu'il faut tout vendre et tout libéraliser loin de là ( je vous entend déjà ) mais il faudrait peut-être arrêter de tout attendre de super-Etat le protecteur.

JPB a déjà démontré à quel point en prétendant rendre l'Ecole plus égalitaire et moins sélective on la rendait moins en fait plus inégalitaire. Et bien c'est la même chose pour l'Etat et l'économie. La grande majorité des français ignorent tout ou presque de l'économie et rêvent finalement que Maman les protège de tout risque ! si il n'y a pas là un manque de réflexion et d'intelligence dans tout cela !

Allez je sais que je vais être voué aux gémonies et accusé de soutenir le cac 40, mais partout ailleurs même les socialistes ont compris que la croissance d'un pays ne peut pas se faire sans les patrons et le commerce. Mais bien sûr nous qui sommes des "intellectuels" nous sommes au-dessus de tout cela n'est-ce-pas ce n'est pas assez noble. Peut-être que si les enseignants et les français se préoccupaient un peu plus d'économie il y aurait un peu moins de démagogie en politique et tout le monde serait un peu plus responsabilisé.

"L'intendance suivra " disait le Général et ben sur ce coup là on aurait bien fait de pas le suivre.

Écrit par : Ronin | 02 mars 2007

Ronin, vous vous trompez, tout au moins en ce qui me concerne. Ce qui m'exaspère chez Cadichon, c'est non pas son choix libéral mais ses imperturbables certitudes, sa suffisance et son mépris d'autrui.
Toutes nos questions à elle posées sont sans réponse à ce jour.
Le mépris que vous m'adressez, c'est à elle qu'il devrait revenir. Où avez-vous vu que je sois anti-libérale? Je ne suis pas à la LCR, je suis au PS et j'aurais goûté DSK comme candidat s'il avait eu une seule chance.
Suis-je anti-libérale primaire de ce fait?

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

On peut échapper aux interminables homélies cadichonesques à la gloire du libéralisme en lisant simplement les édito d'Eric Le Boucher dans "Le Monde" : ça gagne du temps !
Derrière le prétexte de l'école, ce partisan du capitalisme spéculatif le plus débridé, s'affole devant les turbulences actuelles (Guerre en Irak, mini crach boursier de Shangaï, bulle immoblière qui a crevé aux US ... ) Tout cela annonce l'implosion du système, genre 1929, et un renouveau de la contestation anticapitaliste.
Plus Saturne dévore ses enfants, plus ses partisans montent au créneau. Ce qui est fâcheux, c'est que ce blog, consacré à la situation catastrophique de l'enseignement, est de plus en plus détourné vers un thème purement "économiste": ça devient rasoir. Vraiment rasoir (je suis poli ...) !

Écrit par : JPL | 02 mars 2007

Maintenant Cadichon a raison sur un point: en France on attend tout de l'Etat, des politiques.

Ecrit par : Ronin | 02 mars 2007
Pour ma part, Ronin, et dans ma situation professionnelle, je n'attends rien de rien, ni de l'Etat Français, ni de l'Europe. Je n'en ai jamais rien reçu et ne m'en plains nullement. Alors, ça suffit, les insultes et le mépris.
Des fonctionnaires qui me font une leçon de libéralisme, on aura tout vu...

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

Je ne suis venue ici que parce que j'attendais de l'Etat Français une instruction de qualité pour mes enfants et que j'avais trouvé écho de mon attente dans les livres de Brighelli. J'avoue que les mensonges de Cadichon m'écœurent.

Écrit par : dobolino | 02 mars 2007

Au delà des mensonges, ce sont effectivement surtout le ton et le mépris affiché par Cadichon pour tous ceux qui semblent ne pas adhérer complètement à sa doctrine libérale, (libérale économique pure et dure, quoique elle affirme apparemment se réclamer de l'acception plus philosophique de ce terme) qui sont insupportables.


"C'est trop cool yo!!!! pour du changement avec bécasségoléne et ses vieux copains on à eu du changement!!!!les éléphants comme on dit:

Au premier rang "j'ai un bon bilan" ou le retour du grand grisonnant tu revients ou tu revients pas??
suivit du grand chauve à la mine triste du style clown blanc avec son pote le gras du bide spécialiste du détournemment d'argent......et les autres le plus beaux de tous l'ancien, lui c'est plus un éléphant mais un mammouth, va eclater lui un jour c'est le pierrot le vieux pierrot de Lille.
vont peut être faire les hostices on sait jamais!!!
c'est du changement ça!Hein???"

Ecrit par : David | 02 mars 2007

Quelle élégance dans l'argumentation! Et sur le fond, il faut avouer que Sarko, Devedjian, Alliot-Marie, Raffarin et la majeure partie du staff peuvent, eux, être considérés comme des perdreaux de l'année, totalement vierges sur le plan politique, et représentatifs d'une vision neuve et honnête en ce qui concerne la gestion des affaires!

Écrit par : Christophe Sibille | 02 mars 2007

Bien sûr, ce n'est pas le fait d'avoir en face de soi qqu'un comme Cadichon qui défend des idées libérales qui est pénible. C'est ce sentiment de supériorité qui dégouline de sa petite personne et le fait de mépriser en bloc les gens et les professeurs en particulier en les traitant de crétins à chaque mail sous prétexte qu'ils ne défendent pas comme elle un ultra-libéralisme débridé à l'américaine qui finit par être fatigant.
Je lui ai demandé une fois à la Thatcher du blog si cela ne la gênait pas trop que dans un pays comme les Etats-Unis, modèle absolu à suivre à la lettre selon elle, des hordes de gens soient laissés aussi sur les trottoirs... Je n'ai jamais eu de réponse... Sans doute, rien à foutre des saletés de pauvres qui encombrent les rues surtout quand ils sont noirs ou indiens...
Bref, je n'ai rien d'une anti-libérale à tout crin; je ne voterai pas à gauche à cette élection. Je n'ai jamais fait d'anti-américanisme primaire. Mais il y a probablement une alternative entre le western et le kolkhoze. Et l'admiration béate de la Thatcher du blog pour les USA fait preuve d'une grande étroitesse d'esprit et en ça elle n'a pas grand-chose à envier aux tenants du collectivisme.
Remplacer une "religion" par une autre, aussi libérale qu'elle se prétende me paraît grave surtout quand on se targue de faire une thèse sur le sujet ce qui laisserait espérer que la thésarde en question soit capable de nuances et de finesse...

Écrit par : Thalie | 03 mars 2007

Il existe un étrange écho historique à la déclaration du directeur de cabinet de Mme Royal à l'époque de son ministère déclarant qu'il valait mieux voir neuf innocents en prison qu'un coupable en liberté: c'est celle de Nicolaï Ejov, chef du NKVD lors de la Grande Terreur des années 1937-1938 en Union Soviétique:
"Il y aura quelques victimes innocentes dans cette lutte contre les agents fascistes. Nous lançons une attaque de grande ampleur contre l'ennemi. Il ne faudra pas nous en vouloir si certains coups se trompent de cible. Il vaut mieux que dix innocents souffrent plutôt qu'un seul espion en réchappe. Quand on abat une forêt, les copeaux volent."

1 575 000 personnes furent arrêtées et 681 692 exécutées (chiffres officiels bien évidemment à revoir à la hausse : une inspection de 1939 des autorités centrales au Turkménistan avait signalé des "exécutions non ratifiées par Moscou" de la part du NKVD local).

Sources:
Simon Sebag Montefiore: "Staline, la cour du tsar rouge" (édition des Syrtes, page 236)
Nicolas Werth:"Histoire de l'Union Soviétique" (PUF, page 277)

Écrit par : Louis Barthas | 03 mars 2007

Elle sort surtout du menu et nous sert son pudding indigeste pour inviter les convives à quitter la table. Comme-ça le plat principal passe à la trappe.

Écrit par : JPL | 03 mars 2007

"Remplacer une "religion" par une autre, aussi libérale qu'elle se prétende me paraît grave surtout quand on se targue de faire une thèse sur le sujet ce qui laisserait espérer que la thésarde en question soit capable de nuances et de finesse..."

Ecrit par : Thalie | 03 mars 2007
Je vais encore me faire insulter par toto, (mais ce n'est pas très grave) en disant que le mot thèse, lui aussi, frise la polysémie! Ici, Cadichon défend bel et bien la thèse du libéralisme comme panacée! Et du libéralisme, (polysémie aussi) dans son acception la moins noble.

Écrit par : Christophe Sibille | 03 mars 2007

Mauvaise lecture de mon post : j'ai attaqué le Syndicalisme et non les enseignants.
Fils d'instituteur, j'ai appris à lire très tôt grâce à la méthode syllabique dans une classe de la Tunisie profonde. Nous étions 35 environ. Ils ont tous eu leur certificat d'études primaires alors qu'ils n'avaient pas l'électricité, venaient pieds nus, avaient des parents illétrés.
Certains d'entre eux sont devenus instituteurs, ingénieurs, directeurs d'hôtels etc...
Adulte, j'ai vécu la vie de Maire Adjoint aux Affaires scolaires.
Je me suis battu pour mettre en place une bibliothèque dans chaque école.
J'ai introduit l'informatique à l'époque dun Pentium 3 malgré l'opposition de certains syndicalistes qui refusaient ce type d'outil pour des raisons idéologiques
En 6 années, j'ai subi 90 conseils d'école dans lesquels on parlait plus d'école Disney que de pédagogie !
J'ai lutté contre la discrimination car des syndicalistes refusaient que des enfants du public participent avec des élèves du privé à de mini jeux olympiques lors du passage de la flamme olympique. Les mêmes faisaient des pétitions contre l'apartheid en Afrique du Sud !
Je me suis fait insulter par le responsable syndical départemental car je me souciais de l'accueil et de la restauration des élèves lors des jours de grève.
etc.....
PS
Je me souviens du SNI qui venait organiser ses pince-fesses dans les plus beaux hôtels tunisiens !

Écrit par : Blanc Cassis | 03 mars 2007

Ce qui ressort le plus nettement des posts les plus récents, c'est que les contentieux sont extrêmemnt lourds. Je ne vais pas me demander à qui la faute : l'évidence, c'est que l'Education, au lieu de se dépassionner (l'un des buts de ce blog — mais si !) s'irrationnalise, si je puis ainsi m'exprimer.
Mais c'est aussi que les forces en présence sont tout, sauf rationnelles. C'est que les idéologies priment (et avec quelle force !) sur l'intérêt des élèves, des parents et des enseignants.
La seule question vraiment intéressante, c'est de savoir quel candidat, parmi ceux qui briguent nos suffrages, est le moins passionnel — ou le moins susceptible d'être influencé par du prêt-à-porter idéologique — ou, ce qui revient au même, du plus susceptible d'être influencé par des idées pragmatiques et cohérentes — les miennes, par exemple -:))) !
Je supplie les uns et les autres de se déterminer sur ce critère, qui en vaut bien un autre — et franchement, tout ce que nous pouvons souhaiter, c'est l'élection du moins pire. Après tout, je ne me présente pas — tant pis -:))) again !
JPB

Écrit par : brighelli | 03 mars 2007

La présidentielle 2007 sera ce qu'elle sera et, Bayrou, Sarkozy ou Royal auront à compter avec la deuxième échéance, celle qui suit immédiatement soit les législatives puis en 2008 avec municipales et cantonales. Ce sont ces trois échéances qui retiennent mon attention en priorité. Vivant en zone rurale, je compte plus sur mon député, mon "cantonnier" et mon (mes) maires pour améliorer notre tissu local.
Pour l'instruction publique, le mensonge permanent est tellement vaste, les laissés pour compte tellement nombreux que le sujet est un véritable casse-tête chinois, les solutions si multiples et le gruyère tellement truffé de rats au ventre rebondi qu'à part l'extermination des mercières, l'émasculation des architectes paysagistes et l'interdiction de se garer devant chez moi, je ne vois pas de solution d'ensemble. Et, de toute évidence, le modèle des Etats-Unis d'Amérique n'est guère brillant!

Écrit par : dobolino | 03 mars 2007

"Je lui ai demandé une fois à la Thatcher du blog si cela ne la gênait pas trop que dans un pays comme les Etats-Unis, modèle absolu à suivre à la lettre selon elle, des hordes de gens soient laissés aussi sur les trottoirs... Je n'ai jamais eu de réponse...", écrit Thalie.
Je vais vous faire un aveu, chère Thalie et les autres : pendant un bon petit moment, j'ai cru que "Cadichon" était un canular à la Montesquieu et parlait au 2eme degré (du genre "si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves...). Je trouvais donc ses diatribes fort drôles et plutôt bien troussées. Las, las, il me fallut déchanter : Cadichon ne plaisante pas. Quand je lis des âneries pareilles, c'est le cas de le dire, assénées sur le ton supérieur de celui-qui-sait-tout-et-vous-vous-êtes-de-pauvres-nases, la seule chose que je regrette, c'est que les Cadichons de service n'aient pas vécu dans la société ultralibérale de leurs rêves et qu'ils appellent de leurs voeux les plus fous. Ils y seraient déjà crevés plusieurs fois la gueule ouverte, de faim, de froid et de prétentieuse incompétence -- le principe de Peter en somme. Vous me permettrez de ne pas rêver de ce "paradis"-là.
Pour ce qui est des choix électoraux, comme l'écrit JPB, c'est pour le moins pire qu'il faudra se prononcer, sans enthousiasme donc, sans passion, mais avec lucidité. Et que l'on ne me dise pas qu'il ne faut pas voter seulement en tant que professeur et qu'il y a bien d'autres aspects dans les programmes des candidats, parce que tout se tient - et c'est dans ce sens que oui, l'instruction et l'éducation sont politiques, et même hautement politiques, au sens le plus fort et le plus étymologique qui soit. La question de savoir quels enfants nous allons laisser à notre planète fait le lien entre toutes les autres, les conditionne et les détermine.

Écrit par : FGuichard | 03 mars 2007

"Je vais encore me faire insulter par toto, "

Ce ne sont pas des insultes ... Juste des définitions ... Voire des médicaments ....

Pôve tâche !

Écrit par : toto | 03 mars 2007

Et que l'on ne me dise pas qu'il ne faut pas voter seulement en tant que professeur et qu'il y a bien d'autres aspects dans les programmes des candidats, parce que tout se tient - et c'est dans ce sens que oui, l'instruction et l'éducation sont politiques, et même hautement politiques, au sens le plus fort et le plus étymologique qui soit. La question de savoir quels enfants nous allons laisser à notre planète fait le lien entre toutes les autres, les conditionne et les détermine.

Ecrit par : FGuichard | 03 mars 2007

Le problème majeur du corps enseignant est de croire que toute la formation intellectuelle, toute l'éducation du jeune humain passe par elle. Que faites-vous des parents, des clubs sportifs, de l'école de la rue, des médiathèques, des cinémas, des journalistes, des théâtres, des écrivains, des peintres, des forêts, montagnes et océans, de la danse, des jeux, des premières rencontres amoureuses et amicales... la liste pourrait faire dix pages!

Écrit par : dobolino | 03 mars 2007

Les plus excessifs d'entre vous vont jusqu'à biffer d'un trait rageur une notion juste qu'ils n'ont pas enseignée, à faire taire un élève qui parlera, à tout hasard, de myocardite pendant un cours sur les pathologies cardiaques... Le suffixe -ite désigne le processus inflammatoire. Est-il normal que lors d'une révision d'un cours de SVT, un parent du milieu médical soit obligé de recommander à son enfant de surtout ne pas le dire en classe?
Cette histoire de prof qui apprend de l'élève est une vaste fumisterie, même les plus ardents défenseurs des Sciences de l'Education sont incapables de supporter d'apprendre quoique ce soit de leurs élèves, incapables de remettre en question leurs savoirs. Il est pourtant bien naturel qu'un fils d'éboueur, écoutant parler papa tous les jours de son boulot, en sache dix fois plus sur le tri sélectif des ordures qu'un professeur d'instruction civique, qu'un fils de chasseur ou de garde forestier connaisse la faune sauvage européenne, que la fille d'un routier transportant des réfrigérés en TIR sache expliquer la chaîne du froid.

Écrit par : dobolino | 03 mars 2007

"Ce qui ressort le plus nettement des posts les plus récents, c'est que les contentieux sont extrêmemnt lourds. Je ne vais pas me demander à qui la faute : l'évidence, c'est que l'Education, au lieu de se dépassionner (l'un des buts de ce blog — mais si !) s'irrationnalise, si je puis ainsi m'exprimer.
Mais c'est aussi que les forces en présence sont tout, sauf rationnelles. C'est que les idéologies priment (et avec quelle force !) sur l'intérêt des élèves, des parents et des enseignants. JPB"
Entièrement d'accord. A vous écoeurer d'intervenir, d'ailleurs.

Écrit par : catmano | 03 mars 2007

"Je vais encore me faire insulter par toto, "

Ce ne sont pas des insultes ... Juste des définitions ... Voire des médicaments ....

Pôve tâche !

Ecrit par : toto | 03 mars 2007

Attention, toto! "tache", dans le sens où vous semblez vouloir l'employer, ne prend pas d'accent circonflexe! Je dis cela pour vous! Ceci étant dit, je vois avec plaisir que vous faites encore une fois avancer le débat!

Écrit par : Christophe Sibille | 03 mars 2007

Encore hors sujet mais intéressant :

L’égalité dans l’enseignement ne peut consister qu’à créer des conditions d’accès aux études dans lesquelles chacun réussirait en fonction de ses seules facultés intellectuelles réelles, et non de son milieu social.
Cela ne signifie pas que tous les hommes ont les mêmes facultés intellectuelles réelles. L’enfant né dans un milieu porteur ne doit pas être favorisé s’il est médiocre – et pour cela nous avons besoin d’un enseignement sévère et sélectif. L’enfant né dans une famille sans moyens et sans culture ne doit pas être privé d’études de haut niveau s’il est intelligent.- et pour cela aussi nous avons besoin d’un enseignement sévère et sélectif, apte à détecter les dons, au lieu de les réprimer en les empêchant d’émerger et en les maintenant au niveau des plus mauvais élèves.
Cette dernière conception de l’égalité aboutit au pire tort que l’on puisse faire aux élèves défavorisés par leur milieu : leur infliger à l’école un second milieu défavorisant !
Sous prétexte qu’ils vivent dans un entourage qui asphyxie l’activité intellectuelle, on leur fournit en classe une cargaison supplémentaire d’éteignoirs ! Voilà qui est fortement pensé.

Ce système pédagogique anéantit la grande fonction historique de l’école, sa véritable vocation démocratique, qui est de corriger les inégalités sociales par les inégalités intellectuelles. L’idéologie qui l’anime postule l’égalité et l’identité de tous les êtres humains. Seules les inégalités sociales expliqueraient les inégalités de réussite dans les études. Comme l’expérience ne confirme pas ce postulat, il faut la contraindre à le faire, en organisant l’échec généralisé, qui fait office de purgatoire permettant d’atteindre le nirvàna de l’égalité intellectuelle totale.

Ce postulat antiscientifique engendre en fait l’école la plus réactionnaire qui soit, car seuls les enfants de milieux porteurs ont les moyens matériels et les relations nécessaires pour trouver, hors d’un enseignement stérile, la formation que cet enseignement ne leur fournit plus. La prétendue matrice de la justice accouche de la suprême injustice.

Jean-François Revel
La connaissance inutile (1988 – ed. Grasset) Chap. La trahison des profs. p.318

Écrit par : Guillaume | 03 mars 2007

Le problème majeur du corps enseignant est de croire que toute la formation intellectuelle, toute l'éducation du jeune humain passe par elle. Que faites-vous des parents, des clubs sportifs, de l'école de la rue, des médiathèques, des cinémas, des journalistes, des théâtres, des écrivains, des peintres, des forêts, montagnes et océans, de la danse, des jeux, des premières rencontres amoureuses et amicales... la liste pourrait faire dix pages!

Ecrit par : dobolino | 03 mars 2007

"Ce qui ressort le plus nettement des posts les plus récents, c'est que les contentieux sont extrêmemnt lourds. Je ne vais pas me demander à qui la faute : l'évidence, c'est que l'Education, au lieu de se dépassionner (l'un des buts de ce blog — mais si !) s'irrationnalise, si je puis ainsi m'exprimer.
Mais c'est aussi que les forces en présence sont tout, sauf rationnelles. C'est que les idéologies priment (et avec quelle force !) sur l'intérêt des élèves, des parents et des enseignants. JPB"
Entièrement d'accord. A vous écoeurer d'intervenir, d'ailleurs.

Ecrit par : catmano | 03 mars 2007

Merci, Dobolino et Catmano, vous me permettez d'économiser mon temps et mes forces car à lire toutes les interventions depuis quelques jours il me faut une forte dose de serum antirabique pour ne pas enrager...réveillez-moi, je dois faire un cauchemar!
tiens une question pourquoi n'y-a-t-il pas de "d "à la fin de cauchemar?
Mais où sommes nous? c'est devenu l'anti-blog ici... qui a dit que la politique rend fou?

bon we à tous

Écrit par : Patricia Mesnigé | 03 mars 2007

"Corriger les inégalités sociales par les inégalités intellectuelles", écrivait Jean-françois revel.
Splendide formule. Je la ressortirai, à l'occasion — parce que c'est justement ce que l'on ne peut plus faire, aujourd'hui, — et nous pensons corriger les inégalités sociales en nivelant les inégalités intellectuelles — en bas, toujours plus bas…
Pédagogie d'élagueurs !
JPB

Écrit par : brighelli | 03 mars 2007

Autant qu'Allègre, après avoir été si néfaste à l'Education, serve enfin à quelque chose…
J'ai reçu ça d'une internaute dévouée — que je salue au passage…

Allègre règle ses comptes avec Royal
CLAIRE BOMMELAER.
Le Figaro publié le 03 mars 2007

Le ministre de l'Éducation de Lionel Jospin estime que son ancien ministre délégué a plus d'"idées pratiques" que de "pensée politique".

ENTRE Claude Allègre, le ministre « grande gueule », et Ségolène Royal, son ministre délégué à l'Enseignement scolaire, la cohabitation fut plus que difficile. Quelques années plus tard, Claude Allègre profite d'un livre * pour régler ses comptes avec la candidate du PS. Et il y va fort. « C'est moi, dit-il, qu'il l'ait fait venir à mes côtés » : parce que c'était une femme, parce que c'était la compagne de son ami François Hollande et « qu'elle s'était bien débrouillée à l'Environnement ». Mais passée une période où il l'a « laissée faire à sa guise », les ennuis, dit-il, ont commencé : « J'ai été convoqué par le premier ministre et par DSK pour reprendre les choses en main. » Du coup, les relations se sont tendues entre les deux ministres et sont devenues « exécrables » entre Royal et le cabinet d'Allègre. « Plusieurs membres de son équipe ont déclaré forfait », affirme-t-il.

L'ambition ? « Son moteur »

À l'époque, Claude Allègre avait la réputation d'avoir une forme de mépris un brin machiste pour Royal. Mais il s'en défend aujourd'hui : « Je n'ai pas mesuré l'hypertrophie formidable de l'ego de cette femme ! J'étais absorbé par ma tâche. J'imagine qu'elle devait se sentir humiliée d'être considérée comme une adjointe », écrit-il. Loin d'être « absorbée » par sa tâche, Royal est décrite comme une femme dévorée d'ambition - « son moteur principal dans la vie » -, s'octroyant au ministère « les sujets de société pouvant contribuer à nourrir une image proche des gens ». Il est vrai qu'alors,
tandis que Claude Allègre fustigeait l'absentéisme des enseignants et faisait face à des manifestations, Ségolène Royal portait les dossiers de la lutte contre la pédophilie ou de la pilule à l'école.

Son caractère y est aussi brocardé. Elle est jugée « hautaine et distante ». « Son seul centre d'intérêt était la politique, les médias et ce que l'on y disait d'elle », jure Claude Allègre. « Elle n'a pas de pensée politique construite, mais des idées pratiques et des solutions aux petits problèmes des gens », lance-t-il. Dotée d'une « détermination de fer que n'altère jamais le doute », elle peut, regrette visiblement Claude Allègre, « fort
bien réussir ». Aujourd'hui retiré du jeu politique, mais toujours très proche de Lionel Jospin, celui qui se définit lui-même comme étant « de tradition républicaine et socialiste » l'affirme : son « sentiment dominant est l'inquiétude ».

* L'école, col. 10 +1 questions, 120 pages, Michalon, 10 euros.

Pub gratuite !

JPB

Écrit par : brighelli | 03 mars 2007

"Le problème majeur du corps enseignant est de croire que toute la formation intellectuelle, toute l'éducation du jeune humain passe par elle. Que faites-vous des parents, des clubs sportifs, de l'école de la rue ?"
Navrée Dobolino, mais pour ce qui est des parents, 30 ans d'enseignement dont 21 en zone défavorisée m'ont montré qu'ils ne sont pas forcément les mieux placés pour ce qui est de la "formation intellectuelle" de leurs enfants : les parents qui interviennent sur ce blog, très conscients de leurs responsabilités, ne sont hélas pas très représentatifs de la moyenne, vous le savez bien. En ce qui concerne les clubs sportifs, c'est le meilleur ou le pire, vous devriez le savoir aussi : certains sont d'excellentes écoles de "bourinisation" des gamins : on peut même y apprendre à tricher et à se doper, saines vertus sportives s'il en est... et je vous épargne les agressions sur les arbitres, y compris lors de rencontres opposant des benjamins ou des minimes. Quant à l'école de la rue, alors là, désolée, mais c'est niet. Comme l'écrit JPB dans "La Fabrique du crétin", la culture de la rue, c'est la friche. L'école buissonnière sur le plateau de St Michel l'Observatoire ou au prieuré de Carluc, là, en revanche, ça me rappelle des choses instructives, surtout à la saison des jonquilles du côté de Céreste ;-)
Pour le reste, je serais évidemment d'accord avec vous, à ceci près que pour aller à la médiathèque, au théâtre, au musée, ou pour entrer dans une pratique artistique, il faut soit avoir été élevé dans une famille qui vous en a donné l'envie, soit en avoir acquis le goût... grâce à ses enseignants ! Quant aux rencontres amoureuses, -- les premières comme les autres du reste -- , vous ne m'ôterez pas de l'idée que c'est aussi la littérature qui fait qu'elles existent, qu'elles nous construisent, et qu'elles prennent leur forme en nous, car "la vie finit toujours par ressembler à l'art". Sinon nous serions comme Perceval devant la procession du Graal : nous la laisserions passer faute de savoir ce que c'est. Ou alors nous nous jetterions les uns sur les autres comme le pithécanthrope des caricatures, armé de sa massue et traînant madame par les cheveux. On y revient, d'ailleurs, au fond des caves, et ça se filme sur le portable. Alors, les premières rencontres...
Par ailleurs, je ne pense pas oublier l'intérêt des enfants en disant que la question de l'Ecole prime toutes les autres, au contraire. Je ne voterai pas en fonction de MES problèmes perso : j'enseigne en CPGE, j'ai un poste en or et des étudiants motivés. Je voterai pour le candidat qui défendra le mieux l'école et les humanités, pas pour le meilleur économiste, le souverainiste les plus déclaré ou le plus fervent écologiste. Ceci ne veut pas dire que l'économie, la souveraineté et l'écologie comptent peu... mais simplement qu'un bon projet pour l'école conditionne tout le reste, environnement, justice sociale, lutte contre la pauvreté, égalité réelle, féminisme, santé, identité culturelle.
Quant aux parents, -- je ne veux vexer personne, mais je crois qu'il y a des points sur lesquels il faut être clair -- qu'ils commencent au minimum par éduquer correctement leurs enfants, ce qui éviterait à un corps enseignant épuisé et réduit à l'impuissance par les réglements qui font que l'enfant n'a jamais tort, d'avoir à subir des tyranneaux impolis, désocialisés et capricieux : ce serait déjà magnifique. Les assoces de parents, PEEP ou FCPE peu importe, ne seront crédibles qu'à ce prix... et les parents hors assoces également, bien sûr. Le principal point de friction entre parents et profs est là. Je vous renvoie à l'essai de M. Maschino , "Parents contre profs". Dernier point : je n'ai jamais adhéré à la FCPE ni à la PEEP, même lorsque j'étais parent d'élève. Pas de double casquette. Chacun son rôle.

Écrit par : FGuichard | 03 mars 2007

La question de savoir quels enfants nous allons laisser à notre planète fait le lien entre toutes les autres, les conditionne et les détermine.

Ecrit par : FGuichard | 03 mars 2007

On peut aussi poser la question de cette manière, bien qu' à mon avis la planète errante n'attend rien de nous en particulier.
Mais l'idée que l'enjeu de la politique est la question généalogique , c'est à dire, celle de la succession (avec succès si possible) des générations mérite toute notre attention.
Tocqueville, si souvent confisqué ici pour appuyer la thèse libérale a écrit ceci: "ainsi non seulement la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants et le sépare de ses contemporains; elle le ramène sans cesse vers lui seulement et menace de le renfermer enfin tout entier dans la solitude de son propre coeur".
Voilà peut-être le meilleur portrait en négatif que l'on puisse dessiner de l'homme en régime libéral, libéré de la contrainte d'avoir à prendre place dans une filiation, de quêter ses origines, d'interroger le pourquoi des choses, en un mot de trouver en l'écrivant la Raison.
Précisément c'est cette perte généalogique que les idéologues français fascinés par le modèle américain se donnent comme tâche de greffer sur nos institutions.
Quel message entre autres reçoivent nos jeunes par milliers d'incrustations quotidiennes? Il est celui-ci: "be yourself", "do it yourself". "you're your own owner","imagine your futur"!
L'école n'est pas en reste. Loin s'en faut. Sa mission première, désormais, n'est-elle pas d'inscrire officiellement et en chaque élève et par les mêmes méthodes efficaces du dressage que celles des propagandes politiques et de la "communication publicitaire" les oukazes suivants: fais-toi toi-même, ne rends compte qu'à toi-même, fonde-toi, forme-toi, prends-toi en charge, autogère tes apprentissages, gère ton corps-objet, donne-toi un projet personnalisé de pré-formation, la liste est longue des obscénités officielles proférées chaque jour à leur adresse et sans qu'ils puissent se défendre.
En d'autres termes l'école est devenue le théâtre de l'inscription forcée dans les élèves de cette idéologie libérale, libertaire et liberticide. (Liberticide en ce sens que le but de l'éducation, je cite Condorcet, "ne peut être de consacrer les opinions établies , mais au contraire de les soumettre à l'examen LIBRE des GENERATIONS SUCCESSIVES").
Les temps nouveaux s'avancent qui nous promettent des expérimentations in vivo sur nos gosses dans les établissements libérés , autonomisés, tombés sous la coupe de nouveaux théologiens, gestionnaires et idéologues. Le devoir de la République claironne la dame Royal sera "d' aider les membres de la communauté à inventer de nouvelles solutions, de rénover les pratiques, de généraliser les expériences, de faire de l'école un avant-goût de ce qui nous attend au paradis , un "endroit où il fera bon vivre".
Et que peuvent faire les enseignants,esclaves et pédagogues missionnés pour accomplir ces basses oeuvres du pouvoir d'un genre archi-nouveau . (En réalité une répétition d'anciennes techniques pour gouverner.)
Pour les plus lucides et éclairés d'entre eux certainement accomplir solitairement et courageusement (les pères séctaires et persécuteurs veilleront toujours à ce que l'ordre moral soit maintenu dans la maison) le difficile devoir généalogique. Transmettre et instruire. Tout faire en dépit des obstacles et de la bêtise règnante pour séparer les élèves de ces idéologies totalitaires en commençant par exiger d'eux un réel travail de symbolisation, d'apprentissage, de tissage de la raison. Que l'on ne s'y trompe pas, abusés que nous pourrions être par les "sciences humaines" et les discours sucrés et condescendants de la sociologie officielle, c'est là aussi la plus profonde des exigences du jeune sujet: faire que justice lui soit rendue et cela quels que soient son rang et sa condition.

Ecrit par : buntovchik | 03 mars 2007

Écrit par : buntovchik | 03 mars 2007

Splendide texte, Buntovchik (ça veut dire quelque chose, buntovchik ?).
On peut aller plus loin — et moins vite…
Je ne suis pas sûr que le libéralisme éclairé ne regarde pas, jsutement, vers les Lumières. Après tout, l'ancêtre du capitalisme français, c'est Voltaire — qui mourut fort riche, ce que l'on ignore souvent — l'une des toutes premières fortunes de France… D'ailleurs, les pédagogues le haïssent, forts de leur (mauvaise) lecture de Rousseau…
D'un autre côté, des programmes qui, en Lettres ou en Histoire, font fi du passé — en l'égalisant avec le présent sous l'étiquette "tout se vaut" (ou "tout est discours") ont participé à cette entreprise de destruction de la mémoire — et le pire, c'est qu'ils l'ont fait au nom d'une certaine idée du prolétariat, qui serait ce peuple sans origine en pure projection dans le futur. Alors qu'un peuple sans histoire ne risque pas de la faire. Un imbécile de la Révolution française aurait dit que "la République n'a pas besoin de savants" — c'était l'époque où l'on tranchait tous les jours la tête au passé. Les crétins d'aujourd'hui tranchent toujours — ils ététent avec obstination les intelligences plus vives que les leurs, ils "égalisent" afin de rester seuls à dominer — comme des suricates dressées obstinément sur leur petite queue. Et comme leurs homologues de 1793, ils s'appellent, entre eux, citoyens.
JPB

Écrit par : brighelli | 03 mars 2007

"Quant aux parents, -- je ne veux vexer personne, mais je crois qu'il y a des points sur lesquels il faut être clair -- qu'ils commencent au minimum par éduquer correctement leurs enfants, ce qui éviterait à un corps enseignant épuisé et réduit à l'impuissance par les réglements qui font que l'enfant n'a jamais tort, d'avoir à subir des tyranneaux impolis, désocialisés et capricieux "

Ecrit par : FGuichard | 03 mars 2007

Merci à vous! Je dis cela depuis que je suis arrivé sur ce blog, (et même, évidemment, depuis beaucoup plus longtemps que ça!) On m'a simplement accusé de déplacer les vrais problèmes. Mais je pense que, vous, on vous croira!

Buntchovik, (et Jean-Paul), en le fait d'être exigeant sur les richesses que l'enseignement doit apporter à l'élève nous dispenserait de croire en les sciences humaines? Je pense vraiment que les deux sont, (ou en tous cas, doivent pouvoir être) compatibles.

Écrit par : Christophe Sibille | 03 mars 2007

Un article intéressant dans Ouest France qui analyse la situation de l'école
http://www.ouest-france.fr/ofinfosgene.asp?idDOC=381761&idCLA=3636


Paru dans l'édition du samedi 3 mars 2007
« La meilleure école du monde pour 50 % d'élèves »


De professeur à haut cadre du ministère, Christian Forestier a effectué pratiquement tous les métiers de l'Éducation nationale... Il publie aujourd'hui les conclusions - parfois surprenantes - du Haut conseil de l'évaluation de l'école, qu'il a présidé de 2003 à 2005. Daniel Fouray
Et la pire pour l'autre moitié des jeunes Français ! On peut y remédier sans faire sauter le budget. Interview de Christian Forestier, fin connaisseur de l'Éducation nationale.
Vous avez la dent dure contre ces profs écrivains qui dénoncent la nullité de l'école...

Jeter un discrédit excessif, avec des titres racoleurs comme La Fabrique du crétin, est dévastateur. Surtout pour les plus modestes, pour lesquels faire des études ne va pas forcément de soi. En plus, c'est contraire à la réalité.

Le système français n'est donc pas si mauvais ?

C'est l'un des meilleurs du monde... Mais seulement pour la moitié des élèves ! L'étude internationale Pisa, qui compare le niveau des jeunes de 15 ans dans les 60 pays les plus développés, le montre bien. Nos petits Français y apparaissent comme, disons, un peu mieux que moyens... Mais si l'on n'étudie que les 50 % qui n'ont jamais redoublé, ils obtiennent des résultats extraordinairement élevés. A contrario, l'autre moitié obtient des résultats franchement mauvais. Donc, on a aussi l'un des systèmes les plus médiocres lorsqu'il s'agit d'aider les élèves en difficulté.

Vous en déduisez qu'il faut supprimer le redoublement. Ça ne ferait que «casser le thermomètre», non ?

Non. Toutes les évaluations montrent que le redoublement est inefficace ! Et même dangereux, lorsqu'il est pratiqué précocement, au début du primaire. Prenez des enfants en difficulté à la fin du CP. Faites passer une moitié de l'échantillon en CE1 et faites redoubler l'autre. Puis testez-les dès septembre : ceux que vous avez autorisés à passer ont progressé pendant les vacances. Les autres ont régressé. Et si vous les testez en décembre, l'écart s'est encore creusé ! C'est pourquoi les pays comme la Finlande ou la Norvège, mieux classés que nous, ont pratiquement supprimé le redoublement... Pour les très jeunes enfants, il est vécu comme une sanction démobilisante. Qu'on fasse pression sur un ado de 14 ans en le menaçant de redoubler, ça peut éventuellement lui faire du bien. Mais sur un môme de six ans, c'est une catastrophe.

Pas de pression sur un enfant ? C'est le genre de discours dénoncé aujourd'hui comme « laxiste »...

Peut-être, mais qu'est-ce qu'on observe ? Les redoublants des petites classes vont constituer plus de la moitié des 150 000 élèves qui sortent chaque année du système sans diplôme. C'est terrible. Ils étaient en difficulté à six ans et, dix ans plus tard, ils n'ont rien. En outre, le redoublement coûte 2 milliards d'euros par an, parce qu'il augmente les effectifs de façon artificielle de 20 à 30 %.

Mais que faire en CE2 d'un élève qui était déjà perdu en CE1 ?

Chez les Scandinaves, le même maître garde les mêmes élèves pendant plusieurs années. Et si un enfant décroche vraiment, il reste dans le groupe mais il peut avoir, sur certaines matières, un soutien particulier, hors de la classe. Pourquoi un élève qui aurait des difficultés en lecture serait interdit de jouer au foot avec ceux de son âge ?

Là, vous parlez de soutien individualisé. Tout le monde le prône. Les experts, les élus, le ministre actuel. Mais ça ne va jamais vraiment plus loin que du bricolage...

Parce que, au fond, la tendance depuis des décennies a été de diminuer le temps scolaire. Avec les encouragements des familles favorisées, comme en témoigne le débat sur l'école du samedi matin. Notons que ces mêmes familles, soucieuses de l'intérêt de leurs enfants, se sont rabattues sur le soutien scolaire privé. Avec des encouragements fiscaux. Pendant ce temps, que font les autres enfants ? Ils restent dans les cages d'escalier. Et voilà comment les inégalités se creusent. Maintenant, après divers aléas, tous les présidentiables prônent le soutien à l'intérieur de l'école. Une bonne chose. Comment ? Voilà le débat... Mon sentiment, c'est qu'il doit être gratuit pour les familles plus pauvres et payant pour les autres. Ce qui permettrait de rémunérer le prof, sans trop grever le budget de l'État.

À propos de budget, vous estimez que réduire le nombre d'élèves par classe est une mesure inutilement coûteuse.

Toutes les études le montrent et pas seulement en France, dès lors qu'on reste, bien sûr, dans une fourchette raisonnable de 20 à 30 élèves... Si on fait baisser l'effectif moyen par classe de collège de 23 élèves (aujourd'hui) à 22, ça ne changera strictement rien pour eux, parce que la pédagogie sera la même. Mais on devra payer 5 000 postes de professeurs en plus. On peut se demander si cela en vaut la peine.

Recueilli par François CHRÉTIEN

Écrit par : Yves | 03 mars 2007

Les crétins d'aujourd'hui tranchent toujours — ils ététent avec obstination les intelligences plus vives que les leurs, ils "égalisent" afin de rester seuls à dominer — comme des suricates dressées obstinément sur leur petite queue. Et comme leurs homologues de 1793, ils s'appellent, entre eux, citoyens.
JPB

Ecrit par : brighelli | 03 mars 2007

Je proteste! Que vous ont fait les pauvres suricates?
Ceci dit, pour étêter une intelligence vive... Bien des caporals chef "de carrière" s'y sont cassés les dents. On peut par contre les mener à la grande délinquance et pas en version soft Audiard-Gabin-Lino Ventura etc...

Écrit par : dobolino | 03 mars 2007

C'était choisi exprès les suricates? J'écris suricate sur mon moteur de recherche et je tombe sur:


"Suricate [syRikat] : subst.m. Petit animal du désert du Kalahari (Afrique du Sud), particulièrement solidaire, vivant en groupe et doué d’un talent particulier pour le rôle d’éclaireur.

Par ext. : association oeuvrant en Aquitaine pour qu’un regard différent soit porté sur la jeunesse. L’association Suricate se considère comme un outil pédagogique au service des structures Jeunesse d’Aquitaine (Maisons de quartiers, collectivités, centres sociaux..).

Moyens mis en œuvre : raid-aventures, découvertes, pratiques sportives et culturelles,...

Objectifs visés : favoriser l’échange, l’expression, la mobilité des jeunes de 14 à 18 ans, leur proposer un défi formateur, encourager les initiatives individuelles ou collectives...

Notre adresse :

SURICATE ORGANISATION 12 rue Edmond Besse Cidex 202 33083 BORDEAUX Cedex Tél. : 05.56.46.08.16 Fax : 05.56.45.84.12"

Écrit par : dobolino | 03 mars 2007

Au fait de De Jean Coste, M. Brighelli, vous en pensez quoi?
Mais peut-être que vous avez oublié le sens du mot fraternité?

Quant à sortir Allègre de la naphtaline .....euh...euh....et bien si La République une nouvelle fois n' avait pas besoin de savant et qu'il fallait mettre d'office une tête.... à la retraite, je sais bien celle que je choisirais !

Écrit par : Merlemocoeur | 03 mars 2007

dobolino pouvez citer les insultes dont j'aurais fait preuve à votre égard ?
Nous avons également déjà discuté du rôle des parents et je ne crois pas avoir dit qu'ils n'avaient aucun rôle à jouer.

Entièrement d'accord pour DSK il est d'une autre trempe que SR.

Je persiste et je signe, je ne vous donne pas de leçon de libéralisme et je m'attendais à une réaction épidermique, je pense simplement que nous sommes simplement civilisés pour discuter même si nous ne sommes pas d'accord.

Tant pis si vous preneez systématiquement la mouche.

Écrit par : Ronin | 03 mars 2007

J'admire votre texte, Buntovchik, il est très très bien.
Bon pour l'impression...

Écrit par : Thalie | 03 mars 2007

A regarder pour se dérider un peu en fin de soirée...

http://leshussardsnoirs.hautetfort.com/

Si on est allergique à l'humour des Inconnus, il y a toujours Finkielkraut.

Écrit par : Guillaume | 03 mars 2007

dobolino pouvez citer les insultes dont j'aurais fait preuve à votre égard ?


Ecrit par : Ronin | 03 mars 2007

Les insultes DE CADICHON qui vous vise largement plus que moi! Il est bien entendu que vous ne m'avez jamais insultée.
Marre des insultes de Cadichon envers l'électorat français dans son ensemble, pas marre de vous. Revenez!
PS:Mon fils a été félicité par les pions pour sa colle sur le respect. Il a commencé en citant Diderot. Il a un peu langui toute la semaine au lycée mais c'est bien fait pour lui!

Écrit par : dobolino | 03 mars 2007

"qui vous visent", évidemment. Encore pas relu et paf!

Écrit par : dobolino | 03 mars 2007

J'admire votre texte, Buntovchik, il est très très bien.
Bon pour l'impression...

Ecrit par : Thalie | 03 mars 2007

Tout pareil!

Écrit par : dobolino | 03 mars 2007

Monsieur Brighelli, savez vous que le recteur de Lyon est astreint au silence dans le dossier du lycée musulman ?

Interrogé sur son opposition à l'ouverture du collège-lycée musulman de Décines (Rhône), il avait fait état de pressions que le Ministère de l'intérieur aurait exercées sur lui pour qu'il assouplisse son attitude. Par courrier, le ministère de l'éducation nationale lui a demandé de ne plus s'exprimer sur ce dossier.

Et de ces pressions (n'est-on là pas en plein dans l'ordre moral dont vous nous rebattez les oreilles) venant du Ministère à l'Intérieur de l'Education , vous qui avez commis un si beau dernier livre , qu'en pensez vous?

Écrit par : Merlemocoeur | 03 mars 2007

Je n'ai pas lu tous les commentaires, mais je suis frappé par une chose : apparemment personne n' a entendu parler des directives européenns concernanr l'éductaion ! Et pourtant aussi bien Séglène que Sarko et Bayrou seront forcés de les appliquer... Pour parler vulgairement, tout sera une question de vaseline pour limiter la douleur...
Nous sommes arrivés dans une période où la démocratie libérale a atteint ses limites et où la socièté capitaliste entre dans une crise d'une violence inouïe Relisez donc Jaurès (un socialiste qui n'a pas trahi) et "l'impérialisme stade suprême du capitalisme" de Lénine et vous serez surpris de ce que ces gens écrivaient entre les années 1900 et 1917

Écrit par : Silvestre | 04 mars 2007

Buntovchik, félicitations pour ce beau texte. C'est un bonheur de commencer un dimanche ensoleillé en lisant des choses intelligentes !

Écrit par : FGuichard | 04 mars 2007

Petit sondage sur l'école si vous avez 2 minutes :

http://www.expression-publique.com/expression-publique/questionnaire.php?adresse=ecole6

Écrit par : Guillaume | 04 mars 2007

Réponses en vrac aux uns et aux autres.

Nous avons déjà longuement parlé ici des contraintes européennes sur l'Education — j'ai même consacré un chapitre entier à ce sujet dans la Fabrique du crétin. C'est un dossier très important, qu'un futur gouvernement a put intérêt à prendre au sérieux et à bras le corps. Nous ne pourrons pas remonter l'Ecole d ela République si nous laissons, en même temps, descendre le niveau européen. Nous avions un devoir de révolution à l'égard de l'Europe en 1789. Nous avons un devoir de résistance aujourd'hui.

Eh oui, Silvestre, j'ai pas mal pratiqué Lénine…

Le sondage signalé ci-dessus par Guillaume vaut bien que l'on prenne trois minutes de sa vie pour y répondre.

Et mes amis Françoise et Bernard Appy, inlassables partisans de la "troisième voie", racontent sur leur site leur participation / intervention à un congrès aux Etats-Unis sur ce thème (voir http://appy.ecole.free.fr/3evoie/washington01.htm)

Bon dimanche à tous, et bonne lecture…
JPB

Écrit par : brighelli | 04 mars 2007

http://www.audits.performance-publique.gouv.fr/bib_res/594.pdf

Menaces sur l'existence de l'INRP (perspective pas désagréable a priori ...) pour faire des UFR et des ... IUFM les nouveaux dépositaires des "sciences" de l'éducation et de la "recherche" pédago-gique/iste ("Oh non, mon Dieu" ! film gore où la jeune fille voit Dracula entrer par la fenêtre). Il s'agit d'économiser mais pas d'en rabattre sur l'idéologie ("noces barbares" habituelles du libéralisme et du pédagogisme) Autre "problématique" soulevée : une "école de formateurs de formateurs". Délices des compositions en abyme ...

Écrit par : JPL | 04 mars 2007

Merci d'exister ! J'ai affaire à des crétins tous les jours, et c'est d'autant plus dur qu'ils sont de bonne volonté.

Un exemple : j'achète des pâtes au kilo. La fille me dit qu'elle a besoin de sa calculette pour savoir combien coûtent 400 grammes pour un kilo à 6 Euros. Je réponds vieux con 2 Euros 40, moi qui ai obtenu 1 en maths au bac B en 1984. Je lui dit : "La règle de trois, c'est tout bête !". Elle me répond qu'étant étudiante à l'IUFM, on n'apprend pas ces choses compliquées, mais que, par ailleurs, elle est très bonne en synthèse... Je lui ai alors demandé de m'indiquer les établissements où elle risquait d'enseigner, pour éviter d'y envoyer mes mômes...

Au secours ! En attendant, je fais recopier cinq fois à mon môme en CP tous les mots qu'il ne connaît pas par coeur. Il fait ça sans rechigner. C'est pas la joie mais pas le bagne non plus. Et ça marche...
Au secours, donc...

Écrit par : Grosse FAtigue | 05 mars 2007

"moi qui ai obtenu 1 en maths au bac B en 1984"

J'ai passé le même, il était super trop facile, tu aurais dû avoir 20/20....

C'est celui où je suis allé trop vite pour l'étude de fonction
e/e = 0 :( bouhouhou quel con ...
tous les raisonnements étaient bons pourtant (il aurait pu me filer des points pour ça... l'enculé....j'aurai pu avoir au moins l'oral .... si j'avions pas été si speed...)

Je n'ai eu que 10/20 (10/10 en stat ;) )

Écrit par : toto | 05 mars 2007

Amusez-vous vous à demander à des élèves de fin de 3ème la racine carrée de 81, ou la racine cubique de 27, SANS calculette. Vous serez étonnés !

Écrit par : JPL | 05 mars 2007

voici une citation pour illustrer ce propos:
" lorsqu'on prétend capituler au nom de la justice, c'est presque toujours la justice qui capitule. "
Bernanos " La liberté pour quoi faire ? "

Le combat entre les lumiéres et la réaction n'a jamais cessé depuis trois siecles, même si cette dernière prend aujourd'hui des formes inattendues, et trompeuses.

http://pericles.midiblogs.com/

Écrit par : Péricles | 08 mars 2007

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