« charte pour l'education III | Page d'accueil | Feminisme ou ordre moral ? »
19 février 2007
Formation des maitres
Formation des maîtres
Le point le plus discuté de la Charte de l’Education proposée sur ce blog ces dernières semaines est la formation des instituteurs. Chacun a son idée sur la question, chacun propose des solutions. Afin de nous y retrouver, je propose ce nouveau fil qui sera consacré à la question.
Je suggérais il y a déjà un an, dans « À bonne école », la création de CPEP — des Classes Préparatoires à l’Enseignement Primaire. Soumises au même type de recrutement (féroce et efficace) que les actuelles Classes préparatoires aux grandes écoles — un recrutement fondé sur un numerus clausus sérieux, fruit de la projection des besoins à venir à cinq ans —, ces CPEP formeraient à toutes les disciplines utiles dans le Primaire, et déboucheraient sur un vrai concours. La formation des reçus se continuerait en université sur trois ans, en alternance avec des stages dont chacun reconnaît qu’ils sont la clé de tous les apprentissages, en pédagogie.
L’un des avantages par rapport à ce qui se passe actuellement serait bien sûr de donner une vraie formation, une vraie expertise des savoirs, à celles et ceux qui, leur vie durant, apprendront aux autres. Un autre avantage serait d’en finir avec l’autarcie des IUFM, et les absurdes prétentions des « sciences de l’éducation ». Enfin, cela permettrait d’éliminer tous ceux qui se présentent aujourd’hui en « candidats libres », et réussissent au moins aussi bien que ceux qui sont passés par l’IUFM — signe infaillible d’une faillite de la formation : quel est le pourcentage de reçus, dans les grandes écoles, de ceux qui se présentent en candidats libres ? Il est très faible, parce qu’il est très difficile de rivaliser avec la formation très pointue des Classes préparatoires. Le tri se ferait donc en amont (juste après le Bac, sur dossier), et en aval — fruit d’un concours un peu plus relevé que celui qui existe aujourd’hui.
Bien sûr, on peut tout imaginer — y compris la création d’un « concours-bis » réservé aux plus de trente ans, à l’âge où, aujourd’hui, tant de mères de familles, tant de déçus du privé, retournent à l’école dans l’espoir d’y trouver leur place comme formateurs. Je rappelle qu’un tel concours existe aujourd’hui, — pour les mères de trois enfants ou plus, et pour les salariés du privé (pourquoi seulement du privé ?) qui peuvent justifier de cinq années d’exercice en entreprise.
Bien sûr, on doit pré-rémunérer, comme des élèves d’Ecole Normale Supérieure, les titulaires d’un concours exigeant — d’autant que je ne suis pas sûr que le seul amour du métier suffise, par les temps qui courent, à motiver des candidats pour transpirer sérieusement dans des classes sélectives. Je ne crois pas que la charge financière soit disproportionnée par rapport à ce que coûtent actuellement les IUFM — on sait que le coût par étudiant y est près de six fois supérieur à celui d’un étudiant ordinaire… Un audit général de ces structures inventées jadis par Philippe Meirieu pour la satisfaction d’une idéologie constructiviste qui a très vite affiché ses limites, et dont le marasme actuel de l’Education dépose le constat de faillite, permettrait d’évaluer exactement ce que coûte à l’Etat la pédagogie du vide… Je l’appelais déjà de mes vœux dans « À bonne école ».
En définitive, les instituteurs auraient, à la sortie de leur formation, un niveau Bac + 5 qui leur permettrait de revendiquer une rémunération égale à celle de leurs collègues certifiés. Et un profil de carrière comparable. Mais surtout, on pourrait mettre ainsi un terme à ces expérimentations pédagogiques qui opèrent sur du vivant — nos enfants —, pour la plus grande gloire de théoriciens fumeux.
J’attends les objections et les contre-propositions. Ce blog est une usine à idées, et les miennes ne sont pas plus qualifiées que celles des autres.
Jean-Paul Brighelli
06:50 Lien permanent | Commentaires (308) | Envoyer cette note
Commentaires
Je mets donc sur ce nouveau fil la réponse que je voulais faire à Dobolino. Pour la clarté de la discussion, je recopie d’abord le sien in extenso.
---------
Vous parlez maintenant d'un "vrai concours" pour entrer en IUFM. Mais à quel type de concours pensez-vous?
Ecrit par : Pedro Cordoba | 18 février 2007
Des épreuves écrites et orales qui permettraient de sélectionner des gens ayant un minimum de connaissances dignes de ce nom en tout ce qui doit être enseigné en primaire. Fautes de grammaire éliminatoires et épreuve de grammaire. Maths, histoire, géo, SVT, etc... C'est pour cela que je pensais que deux ans après le bac étaient suffisants pour l'approfondissemet et le perfectionnement.
Reçus qu'on formerait ensuite à enseigner des connaissances qu'ils maîtrisent, mais seulement ensuite.
Combien sommes-nous à corriger dans les cahiers de nos enfants des fautes énormes que l'instit n'a pas vu ou (bénéfice du doute) jugé inutile de corriger?
Ecrit par : dobolino | 18 février 2007
Ecrit par : Pedro Cordoba | 19 février 2007
Chère Dobolino,
Le concours que vous proposez est excellent. C’est aussi celui que nous préconisons à RE lorsque nous parlons d’un « concours profondément rénové ». Mais vous vous trompez de concours. Il ne s’agit pas du pseudo-concours d’entrée à l’IUFM mais du concours de recrutement lui-même. C’est seulement à cette condition que nous aurons à nouveau des instituteurs sachant écrire un français à peu près correct ou faire une division sans se planter dans les retenues : lorsque TOUS les enseignants du primaire auront réussi à ce concours-là.
Je n’arrive apparemment pas à me faire comprendre pour le problème général. Cela ne m’étonne guère puisqu’il m’avait fallu plusieurs échanges il y a six ans avec des responsables d’IUFM et autres sommités du pédagogisme. J’avais en effet publié un petit billet sur le site de la Société Mathématique de France à propos de ces questions et tout ce beau monde l’avait pris de très haut. Il faut dire que c’était écrit au vitriol. Qui est ce « littéraire » qui se permet d’avancer des chiffres que nous ne connaissons pas ? D’où les sort-il ? Comment un simple hispaniste ose-t-il remettre en cause toute notre stratégie, patiemment élaborée au fil des ans ? J’avais eu droit entre autres à un message doucereux (en fait plein de fiel) de Bernard Cornu, président de la CDIUFM avant d’être en charge du dossier dans le cabinet Lang ; à un autre de Gérard Mary, directeur de l’IUFM de Reims (j’étais moi-même en poste à l’Université de Reims). Or Cornu est Professeur des Universités en statistiques, Mary idem mais en physique. Ils me sommaient de justifier mes conclusions, m’accusaient de mentir quand j’affirmais que j’avais fait une étude de cinquante pages sur le sujet. Une étude de cinquante pages !, m’avait même écrit sarcastique Mary : vous pouvez me l’envoyer ? Je la leur envoyai bien sûr. Cornu ne me répondit plus rien mais il fut obligé de me recevoir quelques mois plus tard au Ministère avec une délégation d’universitaires. Mary me répondit au bout de quelques jours pour me dire qu’il transmettait tout ça à son sous-directeur, statisticien, qui allait se pencher sur le dossier. Plus de nouvelles. En fait, ils avaient fini par comprendre et en étaient restés cois. Cela se répéta un peu plus tard avec Lozi, mathématicien et directeur de l’IUFM de Nice. Les choses se passèrent un peu mieux car j’avais eu la bonne idée de me réclamer de René Thom (pour ses positions sur l’enseignement des mathématiques) et qu’il avait eu Thom à son jury de thèse. Lozi semble être un vrai mathématicien mais on m’a dit par la suite que Cornu est nul en maths et qu’il a eu son titre par la grâce de Sainte Magouille. Or c’est lui qui, en réponse au rapport du Comité National d’Evaluation sur l’IUFM de Grenoble qu’il dirigeait à l’époque, avait déclaré (c’était en 1996) que « grâce à une sélection de plus en plus sévère » un avenir radieux se présentait pour les IUFM.
C’est justement là que se trouve l’erreur et c’est la même que commet JPB quand il évoque une sélection de 1 sur 10 ou vous-même lorsque vous parlez d’un « vrai concours » d’entrée en IUFM et que vous en déclinez les modalités. Si la sélection dans ces classes, instituts ou quoi que ce soit d’autre, est ultra-sévère, on finit certes par avoir de meilleurs candidats au concours de recrutement. Mais ils sont automatiquement de moins en moins nombreux. Et, tout aussi automatiquement, l’autre groupe, celui des candidats libres devient pléthorique : ils ont statistiquement de plus en plus de chances de réussir au seul concours qui compte : le concours de recrutement. En fait vous vous trompez de jeu, au sens mathématique du terme, celui que ce mot a en « théorie des jeux ». Vous ne voyez pas la différence entre un jeu de performances individuelles du type « seul contre tous » (comme le 100 mètres) et un jeu d’équipes comme le foot ou le rugby. Un concours de recrutement est, par définition, un jeu de performances individuelles. Lorsque tous les candidats qui le souhaitent sont admis en année de préparation, le nombre des candidats libres est marginal et leurs résultats ne changent pas la donne. Si, en revanche, vous présélectionnez très durement les candidats, le nombre des candidats libres augmente vertigineusement. C’est ce qui se passe aujourd’hui pour le concours de professeur des écoles où les candidats libres représentent 80% du total. Vous avez alors fabriqué un jeu d’équipes : candidats labellisés contre candidats libres. Et la masse de l’équipe adverse est telle que leurs joueurs finissent par vous écraser de leur poids : il s’est produit une interférence entre deux types de jeux incompatibles.
Pedro Cordoba, qui ne regrette pas d’avoir fait des maths avant d’obliquer vers les lettres et de continuer à s’y intéresser après avoir opéré, il y a bien longtemps, ce virage en chapeau de roues.
Ecrit par : Pedro Cordoba | 19 février 2007
Pedro, tu sais toute l'estime que je te porte, et ça m'autorise (un peu) à ne pas être d'accord avec toi.
Dobolino, qui est véto, pense de toute évidence à un concours de recrutement du même type — et moi aussi. Quelle chance ont les "candidats libres" de réussir un concours comme celui de Maisons-Alfort ou celui de l'ENS ? À peu près aucune, tu le sais bien. Parce que contrairement à ce que tu avances, ces concours sont du travail d'équipe — c'est une prépa, ou un petit groupe dans la prépa, contre tout le monde. J'ai passé l'ENS en 72, à Marseille, et nous avons travaillé ensemble, à quelques-uns — et nous l'avons tous eu, moi, Jean-Luc Rispail, Irène Théry — pour citer des noms que d'aucuns peuvent connaître. Ce n'était pas une cuvée exceptionnelle : c'était le fruit d'un travail d'équipe, où nous ne nous faisions, entre nous, aucune concession. Enfin ! Tu sais bien comment fonctionnent les trinômes des colles !
Quand j'ai passé l'agrèg, trois ans plus tard, rebelote. L'ENS Saint-Cloud présentait 25 candidats, et je crois qu'il n'y a eu qu'un seul échec — pour cinquante postes au niveau national en tout : une seule école, parce qu'elle avait fonctionné comme un commando (nous avions envoyé des auditeurs libres espionner dans tous les cours, sur toute la région parisienne, où il y avait des infos intéressantes à gratter, nous les tapions à la machine avant de les redistribuer à notre groupe — et idem pour l'imposante biblio du concours), raflait la moitié des places mises au concours nationalement. Ce qui laissait aux facs une portion extrêmement congrue…
Bien sûr que rien n'empêche des candidats libres de se présenter, mais très vite, si tu mets la barre assez haut, le bruit se répandra que c'est inatteignable si l'on ne passe pas par une préparation sérieuse. Et tu sais ce qu'il en est des facs : combien sont capables, en sciences comme en Lettres, de préparer sérieusement des concours de ce type ? Quels enseignants de fac sont disposés à livrer le genre de travail de sprofs de prépas ? Et très vite, les "bons" élèves motivés iront vers une prépa de qualité.
Quant au nombre d'entrants (et donc de sortants), il n'est pas difficile à calculer : nous savons à peu de choses près chaque année ce que seront les besoins — en fonction de la pyramide des âges des enfants, d'un côté, et de celle des enseignants qui glissent doucement vers la retraite, de l'autre. Alors, qu'est-ce qui empêche, pour calculer un peu large et créer une saine émulation, de recruter post-Bac un tiers de plus que les places qui seront proposées ?
Et si nous descendons même au niveau des BTS, combien de candidats libres (ou formés par des boîtes privées) réussissent ce genre d'examen ? Bien peu — parce qu'ils ne sont pas dans les cadres des épreuves.
JPB
Ecrit par : brighelli | 19 février 2007
Il y a des fois où je me demande quels sont les véritables enjeux de ce débat sur la formation des maîtres de primaire?
N'ayant jamais eu l'ambition du pouvoir, je crains de ne pas être à même de comprendre... Probablement trop d'intérêts sont en jeu.
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
"mais très vite, si tu mets la barre assez haut, le bruit se répandra que c'est inatteignable si l'on ne passe pas par une préparation sérieuse. JPB"
Et cela permettre de gagner encore du temps (donc, de l'argent). Lorsque j'étais au Lycée, les filles qui avaient décidé de passer le concours de l'Ecole Normale à l'issue de la Terminale "bûchaient" énormément les fondamentaux car elles savaient que ce serait là-dessus qu'elles seraient sélectionnées.
De plus, ce mode de pré-recrutement "précoce" permettrait à des étudiants issus de milieux dits "difficiles" de pouvoir entamer des études qui débouchent réellement sur une profession. Ce qui pourrait être une chance de plus que leurs "petits frères" comprennent que l'horizon n'est pas aussi bouché que ce qu'on leur laisse croire.
Ecrit par : catmano | 19 février 2007
Bonjour à tous
cette idée de concours sélectif me laisse perplexe. En effet, pourquoi un concours ferait-il monter soudainement le niveau des candidats? La seule manière d'etre sélectif c'est de ne pas etre obligé d'accepter des milliers de candidats. L'ENS prend 200 élèves par an, de combien d'instits a-t-on besoin?
Or actuellement, une collègue jury de concours m'a expliqué que les connaissances exigées en mathématiques sont de l'ordre de la 6ème améliorée, et qu'elle est moins exigente avec les candidats PE au niveau de la rédaction qu'avec ses élèves de 4ème de ZEP. L'impression que ça couterait très cher de changer cela, et sans résultats miraculeux. Si les instits avaient un niveau BAC dans toutes les matières, ce ne serait déjà pas si mal...
Sans compter que j'ai l'impression que meme après un concours difficile, sauf si on se remet à jour régulièrement, le niveau des connaissances redescend à celles dont on a directement besoin en classe. C'est hélas très vrai en maths.
D'où ma proposition simple: demander à tous les PE de repasser tous les 5 ans le brevet des collèges (oui, c'est bien cela, soyons modestes). Et ne permettre des avancements de carrière qu'à ceux qui le réussissent. Cette mesure ne couterait pas cher, et permettrait de garder tout le monde dans une dynamique d'apprentissage. Parce que si on demande à quelqu'un qui n'a pas passé d'examen depuis 20 ans de repasser le brevet, je ne suis pas sur des résultats...
Voilà, c'est une petite idée, mais elle présente l'avantage d'etre réalisable sans tout révolutionner, ce que personne ne fera, et avec peu de crédits supplémentaires. Les seuls qui pourraient s'y opposer, ce sont les syndicats.
Qu'en pensez-vous?
Ecrit par : Francesco C. | 19 février 2007
Hors-sujet par rapport à la formation des maîtres, mais très important : un prof bloggeur vient d'être obligé de fermer son blog, suite à une procédure disciplinaire engagée par son principal.
Voyez son dernier message : http://www.blogprof.fr/
Ce prof de maths, qui a d'ailleurs posté quelques messages sur ce blog sous le pseudonyme "Un prof", racontait son quotidien.
Cela n'a pas plu à l'administration du collège - qui n'était pourtant pas identifiable - et ce prof est désormais passible d'un blâme et d'une mutation d'office.
Il est possible de le soutenir en laissant des commentaires sur son ultime article : http://www.blogprof.fr/ .
Ecrit par : Pat | 19 février 2007
Pour vous donner du grain à moudre, vous vous suovenez certainement, sur Arte, i ly a des lustres, du reportage montrant le grand, l’immense Fernand Braudel, oui, j’ai bien écrit Fernand Braudel….en 1984, juste avant sa disparition ,qui avait confié à un journaliste que son souhait le plus ardent était, lui que les mains de la gloire avaient si souvent effleuré, de retourner à Toulon, sa ville natale, pour refaire un cours de Quatrième. Tout simple. Tout con. Et voici que Braudel chenu s’avance jusqu’à l’estrade (un bahut intelligent qui n’avait pas supprimé les estrades!!!!)……à l’arrière-plan les cloportes sudoripares de l’Administration, gênés aux entournures, on le conçoit, devant une telle Lumière, eux qui vivaient jsuqu’alors dans la moiteur confortable des ongles sales, le protal dudyct collège, rouge, suant. Et Braudel s’avançant- je n’oublierai jamais cette démarche fragile de vieil homme, et les enfants quasiment tétanisés par on ne sait quel sortilège du génie. Alors Braudel commence. Il fait un cours de Quatrième sur BOnaparte en 1793 au siège de Toulon. Il est assis, tassé sur sa chaise, derrière ses énormes lunettes. Il parle. Et le miracle se produit. Les élèves de Quatreième Professionnelle, les pires, ne bougent plus, ne respirent plus. Au premier rang, la caméra fixe une élève un peu grasse, cheveux laids, mâchant chouinegomme. Rinnafouttr. Alors Braudel, en grand artiste, se lève, passe près d’elle. Et lui parle. comme jamais sans doute personne ne lui avait parlé ni ne lui parlerait jamais. Il la regarde. Elle ne mâche plus. Elle a eu l’illumination de sa vie, elle que tous les cloportes de l’Education Nationale avaient déjà catalogué rombière de Rombas…. Et Braudel raconte. Raconte la feinte stratégique de Bonaparte. Pas un murmure.
Dernier plan, on voit Braudel, veste en pied-de-poule, littéralement cerné par les élèves. Tous. La caméra ne ment pas. L’un d’entre eux, un fils de pauvre (pouah!!!!!!!!!) demande à Braudel: “M’sieu, vous r’venez en Septembbbb??????” Braudel le prend par le poignet et l’on entend très distinctement sa voix douce et balancée “tu sais, je ne suis pas sûr….mais je te promets d’essayer…” C’était en Juin. Il mourut un mois plus tard.
Voilà, c’est ça, l’alchimie merveilleuse de l’enseignement. Et qu’on vit, à une échelle beaucoup plus modeste, tous les jours que Dieu fait. Je sais que Braudel est parmi les étoiles. Et que les gosses de Toulon lèvent les yeux dans la nuit.
Alors quand on s'offre de gentils petits rassis en pédagogisant de frais, on ferait bien de revoir de docu sur le Braudel prof d'acier et pas velleitaire dégueulis lâche et sommaira, trop châtré pour affirmer que les IUFM sont fascistes et totalitaires.
Dame, faut plaire. or enseigner c'est tout sauf plaire. C'est séduire. C'est plus profond,plus radical aussi, plus difficile. N'est pas Braudel, n'est pas Bachelard, ne fut pas Vernant qui voulait. Et pourtant, c'est des gens de ce CALIBRE dont on aurait besoin pour refaire marcher le gros mammouth.
Alors, chez les IUFm, c'est l'inverse de la chanson de Brassens:
"Rien est bon chez elle
Y a tout à jeter
Sur l'île déserte
Il faut rien emporter.
Salut amicaux à tous depuis Kankabdzonot (yucatan). En el cibercafe.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 19 février 2007
Pat, j'ai envoyé un soutien au collègue sur Blogoprof. Eh bein, paf, "your comment is awaiting moderation".....à mourir d'ennui ou à se la couper et s'en faire des pendentifs....même Courteline n'y eût pas pensé....
Ecrit par : montaigneàcheval | 19 février 2007
MàC : cela signifie que le prof de Blogprof valide les commentaires avant publication, ce qui est compréhensible, vu sa situation.
Cela ne veut même pas dire que votre commentaire en manquait, de modération.
Et quand son blog était en activité, les commentaires étaient publiés sans "modération" (à tous les sens du terme) : tout le monde pouvait s'exprimer librement.
Ecrit par : Pat | 19 février 2007
Pat, j'ai envoyé un soutien au collègue sur Blogoprof. Eh bein, paf, "your comment is awaiting moderation".....à mourir d'ennui ou à se la couper et s'en faire des pendentifs....même Courteline n'y eût pas pensé....
Ecrit par : montaigneàcheval | 19 février 2007
Montaigne,
Je viens d'envoyer un message de soutien sur Blogoprof, après celui de....Devinez qui ? Eveline Charmeux !
Notre collègue pourra se targuer de soutiens "venus de tous les horizons" !
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
Montaigne,
J'ai oublié de vous dire que j'avais trouvé magnifique votre message sur Braudel et le siège de Toulon par Bonaparte. Quel sublime testament !
J'aimerais avoir quelques années de moins (je ne précise pas) et vous avoir comme prof., en ZEP ou ailleurs ! Patience dans l'azur !
Votre message est passé !
L'histoire de l'affiche, c'est pas possible ! Mais quelle bande de c...
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
D'où ma proposition simple: demander à tous les PE de repasser tous les 5 ans le brevet des collèges (oui, c'est bien cela, soyons modestes). Et ne permettre des avancements de carrière qu'à ceux qui le réussissent. Cette mesure ne couterait pas cher, et permettrait de garder tout le monde dans une dynamique d'apprentissage. Parce que si on demande à quelqu'un qui n'a pas passé d'examen depuis 20 ans de repasser le brevet, je ne suis pas sur des résultats...
Qu'en pensez-vous?
Ecrit par : Francesco C. | 19 février 2007
Je trouve certains enseignants de primaire pas trop au point mais alors là, vous les insultez! Le brevet des collèges, il faut être quasi-analphabète et, en plus tête de mule, pour y échouer. Pythagore Thalès et les identités remarquables en mathématiques, une dizaine de dates historiques et une vague épreuve de français, le tout noté sur cinquante pour une note sur vingt... même mon fils (sphère privée!) a réussi à le décrocher.
Non, pour échouer au brevet des collèges, il faut vraiment s'en donner la peine.
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
En ce qui concerne la formation des instituteurs, je pense comme JPB qu'il faudrait remettre en place une solide formation pluridisciplaire (avec des cours de rattrapage intensifs en orthographe et en grammaire) après le bac, après sélection sur dossier scolaire et en finir avec le recrutement au niveau de la licence.
Du temps d'Alain-Fournier l'entrée à l'école normale se faisait après le certificat d'études...
Il est vrai que le "certif.", dans ce temps-là, ça valait de l'or (je n'ose pas écrire le bac d'aujourd'hui, mais je ne suis pas loin de le penser)
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
"au niveau de la licence."...Ais-je besoin d'expliciter ?
qui ne valide les compétences que pour une seule discipline, alors que l'instituteur (trice) doit être "multicompétent(e)"...
Ca va sans dire, mais ça va mieux en le disant.
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
L'histoire de l'affiche, c'est pas possible ! Mais quelle bande de c...
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
Je ne voudrais pas vous attirer d'ennuis, Montaigne. Je m'empresse de remplacer cette formule quelque peu abrupte : "ces respectables personnes manquent un peu d'ouverture d'esprit."
Nous avons eu une belle exposition Rouault ici (décidémment, je donne tous les indices pour me faire repérer) et j'ai fait un article que je peux vous envoyer.
En volià un qui s'y connaissait en matière de souffrance...et de bêtise (pardon, de manque d'ouverture d'esprit !)
Vous savez qu'il était né dans une cave sous les bombardements pendant la Commune de Paris.
Je vous mets le début de l'article...Il commence par une citation de Rouault : "J'ai le défaut de ne laisser à personne son habit pailleté. L'homme que j'ai devant moi, c'est son âme que je veux voir, et plus il est grand, plus on le glorifie et plus je crains pour son âme."
Ecorché vif, Georges Rouault ne s'accomodait pas du monde "comme il va". Il suffit, pour s'en convaincre, de regarder ses oeuvres : ses pierrots innocents, ses filles déchues, ses clowns vaincus ou triomphants, son squelette en uniforme, ses civils imbéciles, serviteurs de l'apocalypse, son Christ solitaire et bafoué...et son regard à lui, dans cet autoportrait de la désolation...
Les marchands de mort, le pharisaïsme, l'indifférence des riches, l'accablement des pauvres, l'arrogance des puissants, l'humiliation des petits, la niaiserie satisfaite de ceux qui s'accomodent de tout..."Tout cela ne nous regarde pas !"...Tout cela le rendait malade.
Oui, il suffit de regarder ses oeuvres. Mais à vouloir les regarder, l'on s'aperçoit bientôt que ce sont elles qui nous regardent.
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
Ma vieille Maman , 88 ans, (sphère privée, pardon) avait passé le brevet supérieur qui lui avait donné le droit de se présenter au concours de l'école normale...
Ce brevet supérieur devait avoir un niveau certain quand je considère l'étendue de ses connaissances en littérature, histoire, biologie, maths, etc... etc...
Ecrit par : Maminou | 19 février 2007
Je suis nouveau sur ce forum. Une petite blague pour commencer(avant de me prononcer sur la charte). Quelqu’un, ici, a-t-il déjà fait remarquer que le sigle C. R. A. P., pour Cercle de Recherche et d’Action Pédagogiques, signifiait en anglais : nul, chier, connerie ? Si oui, je m’excuse de cette intervention de toute façon hors de propos.
Ecrit par : Burlador | 19 février 2007
Que l'on en arrive à suggérer que des maîtres du Primaire refassent leurs preuves tous les cinq ans, cela donne la mesure de l'effondrement d ela confiance.
Bien sûr, il n'en est pas question. Même le permis de conduire ne se repasse pas — et je connais pourtant pas mal de personnes âgées qui auraient besoin d'une remise à niveau…
Le plus urgent, c'est d'imaginer une formation initiale qui débarrasse absolument de tout souci les parents et les collègues — quelque chose de très solide, et violemment pluri-disciplinaire (comment peut-on tolérer que des instits aujourd'hui accèdent à l'IUFM avec une licence de psycho ?!)
Autre chose.
Pendant que nous tentons d'imaginer des prépas nouveau genre, la CPU (Conférence des Présidents d'Université), noyautée par un Sne-sup de gauche, pense de son côté aux meilleurs moyens de casser les dernières machines qui marchent :
"Colloque de Metz: la CPU fait 20 propositions aux candidats à la présidentielle
La CPU (Conférence des présidents d'université) est réunie à Metz pour son colloque annuel. Elle a fait 20 propositions qu'elle va adresser aux candidats à l'élection présidentielle. Celles-ci s'articulent, selon la CPU, autour de la réussite, de la recomposition du paysage universitaire, de l'autonomie, la gouvernance et la responsabilité des universités et de la question des moyens.
Pour la CPU, la licence doit être "le vecteur premier de la réussite à l'université". Elle doit avoir des "volumes horaires augmentés pour les étudiants" et un "encadrement renforcé". Elle doit préparer, par des "parcours modulaires différenciés", aux concours, à la poursuite d'études longues et à l'insertion professionnelle. "La licence deviendra la référence d'un post-bac réorganisé assurant une réelle égalité des chances."
La CPU souhaite que les classes préparatoires soient "placées au sein du système universitaire, de manière à permettre une évolution de la nature des concours d'entrée aux grandes écoles favorisant une véritable diversification des cultures et des compétences".
Avec cette licence rénovée, "les prépas n'auront plus lieu d'être", précise Michel Lussault, 3e vice-président. Et pour Thierry Coulhon, 2ème vice-président de la CPU, "l'appartenance des prépas aux lycées n'est plus efficace et ce sont des formations qui ne sont plus adaptées aux enjeux".
La CPU prone également une augmentation du financement des universités par l'état, les collectivités territoriales et les familles afin d'assurer une dépense moyenne de 12000 euros par étudiant (actuellement 7500 pour un étudiant d'université).
Les autres propositions concernent la gouvernance, l'orientation, les missions de l'université, son développement sur le territoire, etc. "
Le détail sur http://www.cpu.fr
JPB
Ecrit par : brighelli | 19 février 2007
Mon principal problème avec les programmes actuels :
L’écriture d’invention qui à terme donne des résultats catastrophiques. Au bout de deux ans les élèves peuvent prendre à volonté le ton lyrique, élégiaque…mais en négligeant complètement la dimension argumentative. Dès lors, en quittant la première, et donc pour une bonne partie l’apprentissage du français , il conserve de la littérature l’image d’un exercice vain, un peu creux, exclusivement formel, où il suffit d’inclure des ô vocatifs, des exclamations et des interjections.
Il en va de même lorsque, en seconde, on essaye de déguiser la dissertation sous la forme d’une lettre par exemple. On obtient 2 pas de délayage, formules de politesses, digressions épistolaires et deux idées.
Ecrit par : Burlador | 19 février 2007
On obtient 2 pages de délayage, formules de politesse, digressions épistolaires diverses, et deux idées.
Ecrit par : Burlador | 19 février 2007
Vos propositions sur la formation des mâtres méconnaissent énormément la formation en IUFM et le niveau actuel très élevé des PE2.
Les PE2 qui sont issus du concours ont un niveau de connaissances très élevé. En effet ce concours est très difficile et sélectif, surtout ici en Bretagne. Tous ceux qui jadis ( il y a entre 20 et 30 ans) ont eu leur concours d'entrée à l'ex EN l'ont eu sans avoir à le préparer. Durant leur formation ils n'avaient quasi pas de travail à produire le soir en rentrant. A présent les PE2 doivent prolonger leur parcours du combattant en rédigeant des dossiers, des analyses qui si ils sont très formateurs pour leur entrée dans le métier nécessitent beaucoup de temps et génèrent du stress.
Il est égalemnt totalement faux de prétendre que la formation en PE1 à l'IUFM ne donne pas des avantages. Si les candidats au concours issus de cette PE1 représentent 20 % des inscrits ils forment au final au moins 65 % des reçus. (sur une année sans compter celles et ceux qui le retenteraient pour une seconde fois tout en bénéficiant d'une année de PE1 à n-1) Ceci suffit à prouver la valeur ajoutée de cette formation . C'est pourquoi ils sont très nombreux à briguer une préparation en IUFM. Mais ceci vous semblez l'ignorer.
Tout ce qui est proposé dans votre charte contribbue à renouveler les castes entre 1er et second degré . Et comme par hasard cette dissymétrie est défendue par des agrégés. Allez vous aussi proposer un salaire plus élevé pour les détenteurs du savoir suprème que vous êtes?
Ecrit par : Yves | 19 février 2007
" une solide formation pluridisciplaire (avec des cours de rattrapage intensifs en orthographe et en grammaire)"
Le recrutement au niveau de la licence pose en effet un problème de formation, notamment en langue. De manière générale, la formation linguistique dispensée durant la licence, y compris pour ceux qui choisissent les cours de langue à profil concours , est tout à fait insuffisante. Et , en vertu du jeu des compensations, on ne peut charger le concours d’opérer un écrémage .
Ecrit par : burlador | 19 février 2007
Bonjour,
J'ai déjà raconté que mon père né en 1895 avait passé le certificat d'études en 19O7 avec un an d'avance.
Contraint d'attendre l'âge de treize ans pour quitter l'école et travailler sur la modeste exploitation familiale, l'instituteur lui donna des livres et encore des livres à dévorer. Et c'est ainsi que nous avons tous deux, parlé de Rabelais, Molière, Rousseau, Hugo, Renan , Zola, Malot, Erckman et chatriann et chatrian, Dumas père et Dumas fils, Daudet père et Daudet fils ... C'est ainsi qu'il surveillait de près "je chanterai et je chanterais, je chantai et je chantais" ( en prononçant correctement) sans oublier l'imparfait et le plus que parfait du subjonctif bien entendu et tous ces petits détails , ces nuances que j'aimais bien. Quand j'entends le mot "paysan" prononcé comme une injure je ne comprends pas ce mépris pour ceux qui travaillent et manifestent la volonté de s'instrure et de se dépasser malgré des difficultés que l'on n'imagine pas ou si mal.
J'ai raconté aussi que j'étais entrée à l'Ecole normale inférieure à l'issue d'une troisième spéciale intensive sans être une élève brillante mais simplement studieuse et régulière dans l'effort.
A part ça, j'appartiens à la génération des sacrifiés paraît-il, qui a gagné sa vie de son mieux sans coûter trop cher ni à sa famille ni à la société
Ce nouveau retour sur la nostalgie me fait penser à "la bûche de Noël " que recherchait Anne-marie .Je n'ai encore rien trouvé . Du côté de la Provence , cela pourrait-être du Jean Aicard. A voir.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 19 février 2007
J'ai regardé les 20 propositions. Les bras m'en tombent. Les prépas, s'ils y touchent... Cela donne envie de poser des bombes.
Le CA restreint qui s'octroie le droit de véto absolu sur le recrutement des enseignants-chercheurs... Imaginons un CA aux mains des ex-IUFM...
Le vocabulaire qui est le même absolument le même que celui qui est utilisé dans les collèges pour la mise en place de tous leurs projets mortifères. Les "équipes pédagogiques" des universités!!! Mais ma parole les présidents d'université sont tous "vendus" à l'idéologie de gauche, iufmesque?
La fac qui doit être "le guichet unique de l'aide sociale"! Mais où sommes-nous? C'est ahurissant.
Pauvre Pedro Cordoba, il y a de quoi devenir fou.
Ecrit par : Thalie | 19 février 2007
correction : s'instruire.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 19 février 2007
Bonjour,
Je circule à droite à gauche autour de ces questions, j'ai aussi lu le bouquin de JPB, on ne peut pas dire que je sois d'accord sur tout (litote), ce genre d'ouvrage relevant pour partie de l'exercice de style (on ne retient que ce qui est à charge).
Je réagis sur deux points: premièrement, il faut reconnaitre aux contributions de ce blog de ne pas faire table rase des IUFM sans rien proposer d'autre, infantile travers dans lequel tomebent nombre de ces stagiaires que vous citez en guise de soutien... Quant aux IUFM en eux-mêmes mon opinion sera plus partagée bien que j'en sorte (oui c'est rare mais de grâce qu'on ne me taxe pas de collaborationnisme ou que sais-je encore!). Néanmoins je ne suis pas certain que ce soit ici le lieu de développer outre mesure ce point...
Le second point sur lequel j'aimerai revenir est celui de l'écriture d'invention (EdI) Je trouve assez abracabrantesque de prétendre que cet exercice couronne l'hégémonie du style creux sur le fond argumentatif quand c'est précisément tout le contraire qui se produit.
Alors que les IO affirment avec un culot rare que l'EdI n'est nullement inféodée à l'argumentation on constate que depuis l'introduction de l'edI au bac TOUS les sujets sont rattachés à cet objet d'étude (IO", "objet d'étude", je sais, je dis des gros mots par ici...)
J'attends qu'on me donne un seul exemple de sujet d'EdI flirtant avec le pastiche ou la parodie, exercices dont personne ici ne contesterait, je pense, la dimension littéraire ni l'intérêt...
Tang
Un prof de lettres modernes néotitulaire, tout juste certifié, pas encore désagrégé (je ne cite pas la référence que certains reconnaitront, nulle visée polémique dans ce clin d'oeil, plutôt une certaine déférence pour les sortants à ce concours exigeant..)
PS: Merci de ne pas se focaliser sur d'éventuelles fautes de frappe pour glisser ad hominem je trouverais cela déplacé et déplaisant...
PS2: Le pastiche de Montesquieu adressé à Viala est un bel exemple d'argumentation contreproductive tant elle pourrait légitimer l'introduction de cette edI qu'elle prétend contester!
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
Avec cette licence rénovée, "les prépas n'auront plus lieu d'être", précise Michel Lussault, 3e vice-président. Et pour Thierry Coulhon, 2ème vice-président de la CPU, "l'appartenance des prépas aux lycées n'est plus efficace et ce sont des formations qui ne sont plus adaptées aux enjeux".
Les cons !...Excusez-moi, mais il n'y a pas d'autre mot...et c'est celui que Sartre, qui était pourtant lui aussi un "homme de gauche" aurait employé.
...Ce sont eux qui "n'ont plus lieu d'être", mais, hélàs, ils se croient indispensables.
Ressentiment de minables...
"Vous êtes pédagogue et moralisateur, vous n'êtes fait ni pour le simple, ni pour le vrai." (Henri de Montherlant)
Oui, je sais, c'était un homme de droite...Et je n'en ai rien à faire. Je préfère mourir de droite et en haut de l'Everest que de partager un marécage de gauche avec les grenouilles du bénétier de Mgr Meirieu.
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
Soit Yves est un grand humoriste, décidé à expliquer aux indécrottables Français que nous sommes le sens exact de cette expression anglaise intraduisible, "tongue in cheek", soit c'est un crétin abyssal.
Pour la CPU, demandez-vous qui sont ces gens-là. Quelle ambition agite Michel Lussault, qui truste les présidences de ceci et de cela. Ou quelle frustration démange Thierry Coulhon, qui changerait bien Cergy-Pontoise pour quelque poste plus prestigieux…
Des p'tits mecs…
Et peut-être ne sont-ils passés par les prépas ni l'un, ni l'autre. Je me suis toujours demandé quelle était la part de la frustration d'avoir échoué Normale-Sup et l'agrèg, dans la carrière d'un Philippe Meirieu.
Quant à ce même Yves qui me reprochait, apparemment, de défendre encore une fois la sélection et l'élite, je lui dirai que mon projet n'est jamais que de proposer à chacun, à chaque niveau de spécialisation, la meilleure formation possible — l'excellence à la portée de tous.
Tiens, je viens de rencontrer Catmano — elle existe !
JPB
Ecrit par : brighelli | 19 février 2007
Depuis le temps qu'on tire à boulets rouges sur les prépas, exception française, ragnagna et blablabla... Mais, bon, il y a pas mal de gens aux commandes qui sont passés par. Ils les préservent...au moins (surtout) pour leurs enfants. Il y a quelques années, il était prévu que le recrutement de l'Ecole Polytechnique se fasse sur dossier et entretien et le concours anonyme est toujours là, même s'il reste, semble-t-il, quasi-impossible d'être juif et major du fait de l'encadrement militaire.
pour en revenir à la politique, ça ne vous inquiète pas les suppressions de postes (ou non renouvellements) effectuées par la droite? Les collèges de ZEP avec encore moins de surveillants et tout et tout? C'est juste une question, pas du prosélytisme. Par pitié, ne frappez pas!
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
N'en déplaise à Vous Mr Brighelli je connais d'excellents PE qui ont eu une licence de psycho, de socio, de sciences de l'éducation, de STAPS, etc ... . Certains ayant même des DEA.
Et ils sont reconnus excellents par leurs élèves, les parents d'élèves, les élus des communes, les CPC, les inspecteurs.
Est-ce seulement vous et votre projet de cloisonnement qui avez le droit d'accréditer un niveau?
J'espère bien que cela ne verra jamais le jour.
Ecrit par : yves | 19 février 2007
Petit aparté :
Allez voir sur les pages "Horizons" du Monde. C'est un reportage réjouissant qui apporte de l'eau au moulin des brighelliens (une redite d'un des chapitres de la "Fabrique du crétin").
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3230,36-867847,0.html
Japhet
Ecrit par : Japhet | 19 février 2007
N'en déplaise à Vous Mr Brighelli je connais d'excellents PE qui ont eu une licence de psycho, de socio, de sciences de l'éducation, de STAPS, etc ... . Certains ayant même des DEA.
Et ils sont reconnus excellents par leurs élèves, les parents d'élèves, les élus des communes, les CPC, les inspecteurs.
Est-ce seulement vous et votre projet de cloisonnement qui avez le droit d'accréditer un niveau?
J'espère bien que cela ne verra jamais le jour.
Ecrit par : yves | 19 février 2007
Je connais d'excellent instit qui n'a que le BAC et qui existe pour de vrai!
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
N'en déplaise à Vous Mr Brighelli je connais d'excellents PE qui ont eu une licence de psycho, de socio, de sciences de l'éducation, de STAPS, etc ... . Certains ayant même des DEA.
Je vous trouve bien sélectif...Vous oubliez les diplômés de l'école de cirque.
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
Décidement les attaques ad hominem remplacent bien volontiers les arguments et le débat d'idées...
J'avoue peiner à saisir le besoin que ressentent certains à s'abaisser par de tels procédés...
Le parcours de Meirieu, et sa frustration concomitante: de la psychologie de magazine féminin, rien qui soit à l'honneur de ceux qui les emploient...
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
Robin
Les diplomés de l'école de cirque sont des artistes qui savent véhiculer des sentiments et des émotions. Cela vous semble étranger.
Un défaut majeur relevé chez les nouveaux PLC est le manque de théâtralisation. Un petit stage de cirque leur ferait le plus grand bien afin de capter l'attention d'un auditoire et d'éviter de reléguer les sprectateurs lassés en perm avec les ASEN ou les CPE que votre projet de formation des maîtres ignore.
Ecrit par : yves | 19 février 2007
Mesdames et messieurs,
permettez-moi de revenir vers vous pour dire un peu crûment que vos projets, aussi intéressants soient-ils, manquent d'ampleur.
Il faudrait que j'arrive à comprendre le sens de votre démarche:1) présenter, au prochain ministre, un projet susceptible d'être accueilli avec bienveillance et tenter de retarder l'agonie de l'école. 2) présenter un programme complet de refondation.
Il me semble qu'en vos parages, on soit tenté par le premier terme de l'alternative. Que d'idées pour rafistoler ce qui prend l'eau de toutes parts.
PREMIERE CHOSE A AVOIR EN TETE:
( mille excuses pour ne pas arriver à faire paraître l'accentuation sur les majuscules d'imprimerie)
La performance dans l'apprentissage, si elle dépend de la qualité de la formation des maîtres, tient surtout à l'émulation entre élèves. Apprendre, même les choses les plus simples, suppose toujours de se faire violence, de faire un gros effort sur soi-même. Il est toujours plus doux de ne rien faire, de se laisser aller à la belle indolence que de s'escrimer à comprendre quelque chose d'étrange.
Pour instruire une jeunesse, il n'y a pas d'autres moyens que de magnifiquement récompenser les quelques vaillants qui se lanceront à l'abordage du savoir. Dans chaque classe, et dès la première année du primaire, des récompenses et des prix à faire rougir d'envie la paresse native. L'effet est immédiat.
Comment se fait-il que l'on ne me comprenne pas ?
C'est pourtant simple! Imaginez qu'en fait de football, on supprime non seulement la première division mais toutes les divisions inférieures, toute idée de compétition; Dans 30 ans, il n' y aura plus de football en France alors même que nos entraineurs n'auraient rien perdu de leurs qualités.
La compétition, l'émulation, voilà ce que l'on doit poser d'abord.
Ensuite, et seulement ensuite, la formation des maîtres.
(Oui, mesdames et messieurs, Fidel Castro a appris à lire et à écrire à tout un peuple en quelques mois en 1960 avec pour instructeur des gens qui n'avaient pas la moindre formation pédagogique)
Pour apprendre à écrire à quelqu'un, le mieux est de savoir parfaitement écrire soi-même.
Recrutons nos instituteurs parmi nos bacheliers qui savent le mieux notre langue et ses difficultés.
D'abord, la formation des lettres en ses différents caractères.
La première épreuve du concours doit être celle de calligraphie. Ensuite la dictée puis l'épreuve de grammaire et de conjugaison.
L'enseignement doit toujours aller du simple au plus compliqué. Le cycle propédeutique de l'enseignement primaire a pour but de faire acquérir aux élèves la lecture et l'écriture. Les instituteurs doivent donc avoir une parfaite maîtrise de la lecture et de l'écriture. C'est sur cette maîtrise qu'ils doivent être recrutés. La formation des maîtres n'a pas besoin alors de parfaire quoique ce soit en ces domaines puisque la sélectivité du recrutement offre toutes les garanties. Par contre, la formation leur apprendra comment en classe arriver à créer les conditions de l'émulation, source de tous les progrès.
Mesdames et messieurs, remettre sur pied l'école française, suppose de se séparer de la totalité de ceux qui, par carriérisme, ignorance ou lâcheté ont contribué depuis 40 ans à la détruire. Autrement dit, la totalité ou quasi totalité des corps d'encadrement et la majorité des professeurs. Ne nous berçons pas d'illusions, aucune majorité politique ne prendra le risque social de privé d'emploi 600 000 fonctionnaires et de tenir le cap pendant une période transitoire d'une dizaine d'années.
La seule voie réaliste qui s'offre à nous, est de montrer que l'école du pédagogisme et l'école de la connaissance participent de deux manières d'envisager la transmission rigoureusement incompatibles. Nous n'attendons pas de Nicolas Sarkosy ou de François Bayrou qu'ils nous remettent les clés de l'école,objectif irréaliste, mais qu'ils prennent une décision de grande audace en nous permettant sur fonds publics d'organiser une école de la connaissance.
En somme, une nouvelle loi Falloux. En 1850, l'Etat a permis à l'Eglise d'utiliser ses fonds pour financer l'école catholique. Il doit permettre aujourd'hui à l'école de la connaissance de vivre sur un pied d'égalité avec l'école du pédagogisme, étant entendu qu'aucune communauté d'intérêt ne peut les rapprocher.
Ecrit par : emh | 19 février 2007
Jean Paul BRIGELLI,
Vous nous avez écrit , je reprends donc votre texte en y apportant quelques contributions.
****
FORMATION des MAÎ TRES
Le point le plus discuté de la Charte de l’Education proposée sur ce blog ces dernières semaines est la formation des instituteurs.
******
Cette formation est primordiale. On s’appuie sur ce qui résiste. Ayons une bonne formation de nos futurs instituteurs, résistante aux modes et à la démagogie et le collège s’y appuiera
******
Chacun a son idée sur la question, chacun propose des solutions. Afin de nous y retrouver, je propose ce nouveau fil qui sera consacré à la question.
Merci de votre proposition. Il est sain de s’exprimer. Je sais que la démocratie participative est à l’honneur. Non pas comme la madone, pour combler un vide politique mais pour faire « avancer » une réflexion qui a au moins le mérite d’exister….
Je suggérais il y a déjà un an, dans « À bonne école », la création de CPEP — des Classes Préparatoires à l’Enseignement Primaire. Soumises au même type de recrutement (féroce et efficace) que les actuelles Classes préparatoires aux grandes écoles — un recrutement fondé sur un numerus clausus sérieux,
******
Numerus clausus sérieux….
Délicat quand on sait que la fonction publique ne connaît déjà pas le nombre de ses fonctionnaires. Alors quel type de numerus clausus ?
Numerus clausus sur l’académie, le département, la région, le pays entier ?
Comment projeter les besoins à 5 ans. Un exemple : Un stagiaire …. qui a séjourné dans mon école ….. 72 ème sur la liste complémentaire depuis le résultat du concours 2006. Il vient d’apprendre ces jours- ci sa nomination au bout de plusieurs mois de stress pendu à son portable. Et les gens qui l’ont devancé n’ont pas tous démissionné ou choisi une autre voie comme peut offrir les concours communs aux écoles d’ingénieurs. L’EN est incapable de prévoir ses besoins (INEA EXEA etc..)
Autre exemple : en 1980 on a établi des NC en médecine (PCEM1) on s’est totalement plantés sur les 25 ans etaujourd’ui on manque de toubibs d’où l’ouverture des vannes l’an dernier.
******
fruit de la projection des besoins à venir à cinq ans , ces CPEP formeraient à toutes les disciplines utiles dans le Primaire, et déboucheraient sur un vrai concours.
******
Oui, mais pour ceux en échec de ce concours ? Comparons avec les prépas : Il y a une multitude d’écoles d’ingénieurs et tout étudiant de maths spé peut se rabattre sur une école d’ingénieur de second choix …. ou au pire choisir l’université avec des équivalences. Pour ces recalés des CPEP , quels nouveaux choix ? ….
******
La formation des reçus se continuerait en université sur trois ans, en alternance avec des stages dont chacun reconnaît qu’ils sont la clé de tous les apprentissages, en pédagogie
.
******
L’étudiant instituteur devra valider une action à caractère social d'une durée minimale d'un mois pendant les vacances scolaires au cours de chacune des 3 dernières années .(Compensation civique vu qu’ils seront rétribués et confrontation à la jeunesse et à la « gestion « de groupes)
Car combien voit-on de jeunes stagiaires perdus et n’ayant aucune autorité voire tout simplement présence en face de petits groupes scolaires !
Cette action se fera auprès de jeunes dans les quartiers dits sensibles en collaboration avec les associations déjà en place et dépendant de divers ministères. (La ville, jeunesse et sport, éducation nationale etc. )
Lors de la deuxième et troisième année seront dispensés des cours de psychologie de l’enfant et des conférences de praticiens : juge pour enfants, orthophonistes, personnel de santé
Plusieurs stages sur les deux années dernières, en observation puis en semi-responsabilité la quatrième année et en responsabilité totale au cours de la cinquième année. La classe de CP sera privilégiée. Un tuteur suivra chaque étudiant.
Ces instituteurs parrainant les étudiants instituteurs seraient recrutés sur un entretien de motivation et dossier professionnel et rétribués en conséquence.
Tout retour de stage serait véritablement l’objet d’un débriefing professionnel et l’objet de confrontation sur sa pratique. Ces stages seront notés par les tuteurs
Ces deux dernières années seront validées à partir des stages et des cours.
.
Le mémoire à « problématique pédagogique » tel que nous le connaissons actuellement serait abandonné car il n’est d’aucun intérêt et dans l’esprit de la maison, il ne sert qu’à justifier la mainmise de la chapelle pédagogiste et ses sacristains. Il sera remplacé pourquoi pas ? peut être un véritable mémoire de ses stages où seront notifiées quelques expériences vécues . ?????
******
L’un des avantages par rapport à ce qui se passe actuellement serait bien sûr de donner une vraie formation, une vraie expertise des savoirs, à celles et ceux qui, leur vie durant, apprendront aux autres. Un autre avantage serait d’en finir avec l’autarcie des IUFM, et les absurdes prétentions des « sciences de l’éducation ».
*****************
Les sciences de l’éducation seront enseignées à leur juste intérêt pratique c’est à dire à pas grand-chose.
*
**********************
Enfin, cela permettrait d’éliminer tous ceux qui se présentent aujourd’hui en « candidats libres », et réussissent au moins aussi bien que ceux qui sont passés par l’IUFM — signe infaillible d’une faillite de la formation : quel est le pourcentage de reçus, dans les grandes écoles, de ceux qui se présentent en candidats libres ?
******
Ne pas interdire. Le programme des deux années étant accessibles par tous, pourquoi interdire toute candidature libre. Je ne suis pas en accord avec ce point. Les annales des épreuves sont accessibles à tous.
Aux responsables universitaires de fixer des épreuves justifiant la nécessité de ces CPEP. Si actuellement, on a des candidatures libres ou payant les services d’une pléthore de centres de préparation privée ou publics (CNED, FORPROF …. etc) c’est que le contenu des IUFM n’est pas à la hauteur et qu’il est irrationnellement sélectif donc fortement concurrentiel.
Anecdote personnelle : Mon épouse qui a un doctorat a passé le concours en candidate libre, en suivant mes cours d’IUFM tout en continuant à travailler.
******
Il est très faible, parce qu’il est très difficile de rivaliser avec la formation très pointue des Classes préparatoires. Le tri se ferait donc en amont (juste après le Bac, sur dossier), et en aval — fruit d’un concours un peu plus relevé que celui qui existe aujourd’hui.
Bien sûr, on peut tout imaginer — y compris la création d’un « concours-bis » réservé aux plus de trente ans, à l’âge où, aujourd’hui, tant de mères de familles, tant de déçus du privé, retournent à l’école dans l’espoir d’y trouver leur place comme formateurs.
******
Une proposition pour concilier à la fois les candidatures libres et celles émanant des CPEP :
Majorité des places réservée aux élèves des CPEP (Concours direct) avec limite d’âge fixé à 23 ans comme en prépa pour école d’ingénieur. Possibilité de repasser ce concours une seule fois. Tout étudiant repassant ce concours verra son total de points minoré (comme grandes écoles !)
Minorité des places pour Candidatures libres ayant au minimum une licence (Concours indirect) sans limites d’âge. Pas de possibilité de repasser ce concours
Le pourcentage de places attribué aux concours directs et indirects sera défini selon ….. difficile à déterminer ?
La société actuelle et à venir prévoit pour nos enfants plusieurs vies professionnelles au cours d’une vie active. Alors pourquoi pas enseigner après avoir travaillé en entreprise ou dans d’autres secteurs de la fonction publique ?
******
Je rappelle qu’un tel concours existe aujourd’hui, — pour les mères de trois enfants ou plus, et pour les salariés du privé (pourquoi seulement du privé ?) qui peuvent justifier de cinq années d’exercice en entreprise.
******
Petite anecdote personnelle.
Mon épouse et moi avons travaillé en entreprise pendant près de 10 ans . Bac + 6 tous les deux , nous avons retrouvé une seconde jeunesse dans cette profession !
Dans l’autre école de ma ville, une amie a fait l’INSA de Lyon, a travaillé des années en entreprise … puis exerce comme PE depuis 8ans. Quelle battante ! Elle réveille ses collègues qui ronronnent !
Erreur de JP BRIGHELLI : être mère de 3 enfants ou cadre justifiant de plus de 5 années d’activité professionnelle (possédant un BTS par exemple ): cela permet tout simplement d’être exonéré de la licence universitaire (bac +3) donc de pouvoir rentrer actuellement en IUFM mais pour préparer l'année suivante le concours qui est COMMUN à tous .
******
Bien sûr, on doit pré-rémunérer, comme des élèves d’Ecole Normale Supérieure, les titulaires d’un concours exigeant — d’autant que je ne suis pas sûr que le seul amour du métier suffise, par les temps qui courent, à motiver des candidats pour transpirer sérieusement dans des classes sélectives.
******
Je pense qu’il est sain que des gens venus d’horizons différents intègrent l’E.N. Il vaut mieux sans doute quelqu’un qui vient de l’entreprise, qui se découvre une motivation véritable à 30 ou 35 ans que de voir des enseignants de 35 ans déjà blasés par 10 ans d’enseignement !
*************
Je ne crois pas que la charge financière soit disproportionnée par rapport à ce que coûtent actuellement les IUFM — on sait que le coût par étudiant y est près de six fois supérieur à celui d’un étudiant ordinaire…
Un audit général de ces structures inventées jadis par Philippe Meirieu pour la satisfaction d’une idéologie constructiviste qui a très vite affiché ses limites, et dont le marasme actuel de l’Education dépose le constat de faillite, permettrait d’évaluer exactement ce que coûte à l’Etat la pédagogie du vide… Je l’appelais déjà de mes vœux dans « À bonne école ».
***************
Vite un audit ! Idée Géniale sur gestion, compétences , activités des formateurs etc….
Interdiction aux enseignants des CPEC et des Ecoles d’Applications de faire des « ménages » dans les organismes de formation concurrentiels
******
En définitive, les instituteurs auraient, à la sortie de leur formation, un niveau Bac + 5 qui leur permettrait de revendiquer une rémunération égale à celle de leurs collègues certifiés.
******
Donc catégorie A de la fonction publique
******
Et un profil de carrière comparable. Mais surtout, on pourrait mettre ainsi un terme à ces expérimentations pédagogiques qui opèrent sur du vivant — nos enfants —, pour la plus grande gloire de théoriciens fumeux.
J’attends les objections et les contre-propositions. Ce blog est une usine à idées, et les miennes ne sont pas plus qualifiées que celles des autres.
Jean-Paul Brighelli
*************
Quelques idées Patrick
Ecrit par : patrick(instit) | 19 février 2007
Jean Paul BRIGELLI,
Vous nous avez écrit et je reprends votre texte en y apportant quelques contributions.
****
FORMATION des MAÎ TRES
Le point le plus discuté de la Charte de l’Education proposée sur ce blog ces dernières semaines est la formation des instituteurs.
******
Cette formation est primordiale. On s’appuie sur ce qui résiste. Ayons une bonne formation de nos futurs instituteurs, résistante aux modes et à la démagogie et le collège s’y appuiera
******
Chacun a son idée sur la question, chacun propose des solutions. Afin de nous y retrouver, je propose ce nouveau fil qui sera consacré à la question.
Merci de votre proposition. Il est sain de s’exprimer. Je sais que la démocratie participative est à l’honneur. Non pas comme la madone, pour combler un vide politique mais pour faire « avancer » une réflexion qui a au moins le mérite d’exister….
Je suggérais il y a déjà un an, dans « À bonne école », la création de CPEP — des Classes Préparatoires à l’Enseignement Primaire. Soumises au même type de recrutement (féroce et efficace) que les actuelles Classes préparatoires aux grandes écoles — un recrutement fondé sur un numerus clausus sérieux,
******
Numerus clausus sérieux….
Délicat quand on sait que la fonction publique ne connaît déjà pas le nombre de ses fonctionnaires. Alors quel type de numerus clausus ?
Numerus clausus sur l’académie, le département, la région, le pays entier ?
Comment projeter les besoins à 5 ans. Un exemple : Un stagiaire …. qui a séjourné dans mon école ….. 72 ème sur la liste complémentaire depuis le résultat du concours 2006. Il vient d’apprendre ces jours- ci sa nomination au bout de plusieurs mois de stress pendu à son portable. Et les gens qui l’ont devancé n’ont pas tous démissionné ou choisi une autre voie comme peut offrir les concours communs aux écoles d’ingénieurs. L’EN est incapable de prévoir ses besoins (INEA EXEA etc..)
Autre exemple : en 1980 on a établi des NC en médecine (PCEM1) on s’est totalement plantés sur les 25 ans etaujourd’ui on manque de toubibs d’où l’ouverture des vannes l’an dernier.
******
fruit de la projection des besoins à venir à cinq ans , ces CPEP formeraient à toutes les disciplines utiles dans le Primaire, et déboucheraient sur un vrai concours.
******
Oui, mais pour ceux en échec de ce concours ? Comparons avec les prépas : Il y a une multitude d’écoles d’ingénieurs et tout étudiant de maths spé peut se rabattre sur une école d’ingénieur de second choix …. ou au pire choisir l’université avec des équivalences. Pour ces recalés des CPEP , quels nouveaux choix ? ….
******
La formation des reçus se continuerait en université sur trois ans, en alternance avec des stages dont chacun reconnaît qu’ils sont la clé de tous les apprentissages, en pédagogie
.
******
L’étudiant instituteur devra valider une action à caractère social d'une durée minimale d'un mois pendant les vacances scolaires au cours de chacune des 3 dernières années .(Compensation civique vu qu’ils seront rétribués et confrontation à la jeunesse et à la « gestion « de groupes)
Car combien voit-on de jeunes stagiaires perdus et n’ayant aucune autorité voire tout simplement présence en face de petits groupes scolaires !
Cette action se fera auprès de jeunes dans les quartiers dits sensibles en collaboration avec les associations déjà en place et dépendant de divers ministères. (La ville, jeunesse et sport, éducation nationale etc. )
Lors de la deuxième et troisième année seront dispensés des cours de psychologie de l’enfant et des conférences de praticiens : juge pour enfants, orthophonistes, personnel de santé
Plusieurs stages sur les deux années dernières, en observation puis en semi-responsabilité la quatrième année et en responsabilité totale au cours de la cinquième année. La classe de CP sera privilégiée. Un tuteur suivra chaque étudiant.
Ces instituteurs parrainant les étudiants instituteurs seraient recrutés sur un entretien de motivation et dossier professionnel et rétribués en conséquence.
Tout retour de stage serait véritablement l’objet d’un débriefing professionnel et l’objet de confrontation sur sa pratique. Ces stages seront notés par les tuteurs
Ces deux dernières années seront validées à partir des stages et des cours.
.
Le mémoire à « problématique pédagogique » tel que nous le connaissons actuellement serait abandonné car il n’est d’aucun intérêt et dans l’esprit de la maison, il ne sert qu’à justifier la mainmise de la chapelle pédagogiste et ses sacristains. Il sera remplacé pourquoi pas ? peut être un véritable mémoire de ses stages où seront notifiées quelques expériences vécues . ?????
******
L’un des avantages par rapport à ce qui se passe actuellement serait bien sûr de donner une vraie formation, une vraie expertise des savoirs, à celles et ceux qui, leur vie durant, apprendront aux autres. Un autre avantage serait d’en finir avec l’autarcie des IUFM, et les absurdes prétentions des « sciences de l’éducation ».
*****************
Les sciences de l’éducation seront enseignées à leur juste intérêt pratique c’est à dire à pas grand-chose.
***********************
Enfin, cela permettrait d’éliminer tous ceux qui se présentent aujourd’hui en « candidats libres », et réussissent au moins aussi bien que ceux qui sont passés par l’IUFM — signe infaillible d’une faillite de la formation : quel est le pourcentage de reçus, dans les grandes écoles, de ceux qui se présentent en candidats libres ?
******
Ne pas interdire. Le programme des deux années étant accessibles par tous, pourquoi interdire toute candidature libre. Je ne suis pas en accord avec ce point. Les annales des épreuves sont accessibles à tous.
Aux responsables universitaires de fixer des épreuves justifiant la nécessité de ces CPEP. Si actuellement, on a des candidatures libres ou payant les services d’une pléthore de centres de préparation privée ou publics (CNED, FORPROF …. etc) c’est que le contenu des IUFM n’est pas à la hauteur et qu’il est irrationnellement sélectif donc fortement concurrentiel.
Anecdote personnelle : Mon épouse qui a un doctorat a passé le concours en candidate libre, en suivant mes cours d’IUFM tout en continuant à travailler.
******
Il est très faible, parce qu’il est très difficile de rivaliser avec la formation très pointue des Classes préparatoires. Le tri se ferait donc en amont (juste après le Bac, sur dossier), et en aval — fruit d’un concours un peu plus relevé que celui qui existe aujourd’hui.
Bien sûr, on peut tout imaginer — y compris la création d’un « concours-bis » réservé aux plus de trente ans, à l’âge où, aujourd’hui, tant de mères de familles, tant de déçus du privé, retournent à l’école dans l’espoir d’y trouver leur place comme formateurs.
******
Une proposition pour concilier à la fois les candidatures libres et celles émanant des CPEP :
Majorité des places réservée aux élèves des CPEP (Concours direct) avec limite d’âge fixé à 23 ans comme en prépa pour école d’ingénieur. Possibilité de repasser ce concours une seule fois. Tout étudiant repassant ce concours verra son total de points minoré (comme grandes écoles !)
Minorité des places pour Candidatures libres ayant au minimum une licence (Concours indirect) sans limites d’âge. Pas de possibilité de repasser ce concours
Le pourcentage de places attribué aux concours directs et indirects sera défini selon ….. difficile à déterminer ?
La société actuelle et à venir prévoit pour nos enfants plusieurs vies professionnelles au cours d’une vie active. Alors pourquoi pas enseigner après avoir travaillé en entreprise ou dans d’autres secteurs de la fonction publique ?
******
Je rappelle qu’un tel concours existe aujourd’hui, — pour les mères de trois enfants ou plus, et pour les salariés du privé (pourquoi seulement du privé ?) qui peuvent justifier de cinq années d’exercice en entreprise.
******
Petite anecdote personnelle.
Mon épouse et moi avons travaillé en entreprise pendant près de 10 ans . Bac + 6 tous les deux , nous avons retrouvé une seconde jeunesse dans cette profession !
Dans l’autre école de ma ville, une amie a fait l’INSA de Lyon, a travaillé des années en entreprise … puis exerce comme PE depuis 8ans. Quelle battante ! Elle réveille ses collègues qui ronronnent !
Erreur de JP BRIGHELLI : être mère de 3 enfants ou cadre justifiant de plus de 5 années d’activité professionnelle (comme un BTS ): cela permet tout simplement d’être exonéré de la licence universitaire (bac +3) donc de rentrer actuellement en IUFM mais pour préparer le concours qui est COMMUN à tous .
******
Bien sûr, on doit pré-rémunérer, comme des élèves d’Ecole Normale Supérieure, les titulaires d’un concours exigeant — d’autant que je ne suis pas sûr que le seul amour du métier suffise, par les temps qui courent, à motiver des candidats pour transpirer sérieusement dans des classes sélectives.
******
Je pense qu’il est sain que des gens venus d’horizons différents intègrent l’E.N. Il vaut mieux sans doute quelqu’un qui vient de l’entreprise, qui se découvre une motivation véritable à 30 ou 35 ans que de voir des enseignants de 35 ans déjà blasés par 10 ans d’enseignement !
*************
Je ne crois pas que la charge financière soit disproportionnée par rapport à ce que coûtent actuellement les IUFM — on sait que le coût par étudiant y est près de six fois supérieur à celui d’un étudiant ordinaire…
Un audit général de ces structures inventées jadis par Philippe Meirieu pour la satisfaction d’une idéologie constructiviste qui a très vite affiché ses limites, et dont le marasme actuel de l’Education dépose le constat de faillite, permettrait d’évaluer exactement ce que coûte à l’Etat la pédagogie du vide… Je l’appelais déjà de mes vœux dans « À bonne école ».
******
Vite un audit ! Idée Géniale sur gestion, compétences , activités des formateurs etc….
Interdiction aux enseignants des CPEC et des Ecoles d’Applications de faire des « ménages » dans les organismes de formation concurrentiels
******
En définitive, les instituteurs auraient, à la sortie de leur formation, un niveau Bac + 5 qui leur permettrait de revendiquer une rémunération égale à celle de leurs collègues certifiés.
******
Donc catégorie A de la fonction publique
******
Et un profil de carrière comparable. Mais surtout, on pourrait mettre ainsi un terme à ces expérimentations pédagogiques qui opèrent sur du vivant — nos enfants —, pour la plus grande gloire de théoriciens fumeux.
J’attends les objections et les contre-propositions. Ce blog est une usine à idées, et les miennes ne sont pas plus qualifiées que celles des autres.
Jean-Paul Brighelli
*************
Quelques idées Patrick
Ecrit par : patrick(instit) | 19 février 2007
Il y a des fois où je me demande quels sont les véritables enjeux de ce débat sur la formation des maîtres de primaire?
N'ayant jamais eu l'ambition du pouvoir, je crains de ne pas être à même de comprendre... Probablement trop d'intérêts sont en jeu.
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
"Probablement trop d'intérêts sont en jeu." celui des enfants quant à lui, est visiblement totalement "hors jeu".
Hors c'est l'intérêt des enfants qui doit , à mon sens , primer! c'est notre rôle fondamental de parent que d'y veiller?La question de leur instruction est traitée par dessus la jambe.
Quel point commun avons nous, tous:profs, parents, politiques ? celui d'être parent( ou d'en être un potentiel) et nous avons le devoir de le rester avant tout! grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
zéro pointé, hors sujet mais basta!
la manière dont les enseignants étaient recrutés avant l'iufm était-elle si discutable pour qu'on lui substitue ces instituts /fabriques d'illusionnistes-prestidigitateurs qui transforment nos charmants bambins en génies? pourquoi vouloir toujours réformer ? revenir à ce mode de recrutement est-il rédhibitoire?
en ce qui concerne la formation des instits il me semble que les écoles normales d'instits répondaient à la spécificité de cette formation...
mais c'est trop réac ,sans doute, dans une société où il faut faire moderne, être à la pointe de la mode...le relooking des formations c'est très tendance et il faut croire que la création des iufm se voulait très avant gardiste ...Quant on voit le résultat on se dit que privilégier le vernis qui brille tout de suite aux sous-couches( qui lui aurait donner un fini et un brillant plus profond),il aurait peut-être été plus raisonnable d'envisager une "restauration". Aujourd'hui ça ne craquelle plus, ça se délite....
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 19 février 2007
Le parcours de Meirieu, et sa frustration concomitante: de la psychologie de magazine féminin, rien qui soit à l'honneur de ceux qui les emploient...
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
Robin
Les diplomés de l'école de cirque sont des artistes qui savent véhiculer des sentiments et des émotions. Cela vous semble étranger.
Un défaut majeur relevé chez les nouveaux PLC est le manque de théâtralisation. Un petit stage de cirque leur ferait le plus grand bien afin de capter l'attention d'un auditoire et d'éviter de reléguer les sprectateurs lassés en perm avec les ASEN ou les CPE que votre projet de formation des maîtres ignore.
Ecrit par : yves | 19 février 2007
A Yves (et à Tang)
D'abord à Tang : ce n'est pas nous qui écrivons dans les magazines féminins, mais Monsieur Philippe Meirieu, Tang. Quant à sa frustration, elle est bel et bien réelle, hélàs. Si vous n'osez pas lire la "Généalogie de la morale" de Niezsche, lisez au moins "L'homme du ressentiment" de Max Sheler. Il y a un chapitre entier qui s'applique point par point à lui et ses semblables.
yves, J'espère que vous plaisantez ! Non ? Sinon, je veux bien faire un effort par considération pour votre saint patron, un breton pur beurre qui aimait vraiment les pauvres et qui n'avait rien d'un idéologue.
Je trouve que vous manquez un peu de "légèreté" (pas l'insoutenable de Kundera, mais celle de Mozart et de Beaumarchais;voire de Voltaire dans ses meilleurs moments...Vous savez le XVIIIème siècle, juste avant le XIXème et Monsieur Homais, si vous avez lu Madame Bovary)
Je suis bien placé pour apprécier les mérites des écoles de cirque et j'ai une grande estime pour les gens qui y exercent. Notre fils cadet était un véritable mordu et il arrivait à faire du diabolo sur une double couche de rouleaux américains...
Mais ses professeurs (un couple connu dans le monde entier, à commencer par les Etats-Unis) n'ont jamais confondu, comme vous le faites, leur rôle avec celui d'un instituteur.
Par ailleurs, sans vouloir jouer bêtement sur l'expression "faire le clown",(J'ai le plus grand respect pour les clowns,), il me semble que vous confondez le cirque avec le théâtre.
L'histoire du manque de "théâtralisation" est une tarte à la crème de la pédagogie. On peut être un excellent professeur sans avoir jamais fait de théâtre.
essayez donc de sortir un peu de la secte de Monsieur Meyrieu et de vous livrer à des activités plus "diversifiées"...comme le cirque, le théâtre ou l'enseignement. Mais comme je le disais souvent à mes élèves : "Soyez dans ce que vous faites !"
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
Robin je ne suis pas un zélateur de Meirieu mais sincèrement l'attaquer ad hominem dessert le reste de votre argumentation à mon humble avis...
Dans un ouvragre polémique comme celui de JPB cela se comprendrait aisément, ici en commentaire d'une charte qiu se veut sérieuse c'est modéremment judicieux je trouve...
Je prends note de vos suggestions de lecture, je me vois mal effrayé par un livre... Mais n'utilisez pas ces auteurs comme caution pour des attaques ad hominem comme toujours plus dégradantes pour celui qui les emploie que pour leur cible...
Sur la forme la référence aux magasines féminins était de pure provocation j'en conviens...
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
le blog me semble brutalement déserté en ce lundi soir.
Rassurez-moi! Je n'ose croire que vous soyez installés devant vos téléviseurs pour passer la soirée avec celle que nous devons vouer aux gémonies!
Son puritanisme fascisant curieusement mêlé à une déification idolâtre de l'enfance font de cette femme un monstre. Nous serions bien inspirés de la tenir le plus loin possible des cercles de pouvoir et de commencer par la laisser déblatérer seule sur le plateau de TF1 ce soir.
Fermez la télé et revenons nous tenir compagnie pour travailler à la mise en forme d'un projet d'organisation de l'école de la connaissance.
Ecrit par : emh | 19 février 2007
nan nan pas de tele moi je vous lis. Je suis d'accord avec 90 % de ce qui a été écrit. En tant qu'instit je vote à 200 % pour la rénovation de la formation, j'ai déjà raconté mon expérience perso de l'iufm. Un avantage tout de même au passage des pe par les facs : la découverte d'un univers intellectuel enrichissant et peut-être pour certains la possibilité de passer dans le secondaire.
Ecrit par : Ronin | 19 février 2007
La fac enrichissante intellectuellement, ca dépend des rencontres... En fac de lettres de tte façon la faune observable se retrouvera en IUFM (côté étudiants)...
Quant aux profs, le pire cotoie le meilleurs aussi bien qu'ailleurs il me semble...
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
La fac enrichissante intellectuellement, ca dépend des rencontres... En fac de lettres de tte façon la faune observable se retrouvera en IUFM (côté étudiants)...
Quant aux profs, le pire cotoie le meilleurs aussi bien qu'ailleurs il me semble...
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
Désolé pour le doublon (nullement savant pour le coup): je vais arrêter de boire promis...
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
Tang
Je vous assure que je ne fais pas de fixation sur Meirieu, mais chaque fois que j'essaye de l'oublier, l'un de ses amis se rappelle à mon bon souvenir...Comme les deux Chevalier et Laspalès de l'université dont nous a parlé JPB, qui veulent supprimer les classes préparatoires à l'Ecole normale supérieure (et l'ENS dans la foulée, j'imagine !). Je maintiens que leur motivation relève de la jalousie et du ressentiment pur et simple.
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
Je comprends mal ce qui pourrait motiver la suppression des prépa... Ces filières présentent l'intérêt d'offrir une formation généraliste à tout prendre.
Pour ce qiu est de leur excellence (l'élite comme ils disent eux même) j'ai pu constater que très souvent elle n'était que théorique en province...
Pas de quoi en faire un fromage même pour quelque recalé aigri!
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
d'accord avec Robin. Tang j'ai dû avoir de la chance mais mes profs étaient bons et surtoutintéressants (fo dire que ça me plaisait ).
Ecrit par : Ronin | 19 février 2007
Pour Tang :
« J'attends qu'on me donne un seul exemple de sujet d'EdI flirtant avec le pastiche ou la parodie, exercices dont personne ici ne contesterait, je pense, la dimension littéraire ni l'intérêt... »
1. En effet, l’imitation est tout à fait littéraire. Cf. à ce sujet Violaine Houdart-Merot, Réécriture et. écriture d’invention au lycée
« second point sur lequel j'aimerai revenir est celui de l'écriture d'invention (EdI) Je trouve assez abracabrantesque de prétendre que cet exercice couronne l'hégémonie du style creux sur le fond argumentatif quand c'est précisément tout le contraire qui se produit. »
2. Dans l’esprit, il s’agit , bien souvent , d’un exercice d’argumentation. Dans les faits, je souligne que beaucoup d’ élèves se méprennent sur le sens et la portée de l’exercice. Je pourrais vous montrer quelques copies, y compris de bons élèves, qui se sont concentrées sur la seule forme ou sur les contraintes énonciatives.
« Le mémoire à « problématique pédagogique » tel que nous le connaissons actuellement serait abandonné car il n’est d’aucun intérêt et dans l’esprit de la maison, il ne sert qu’à justifier la mainmise de la chapelle pédagogiste et ses sacristains. Il sera remplacé pourquoi pas ? peut être un véritable mémoire de ses stages où seront notifiées quelques expériences vécues . »
il faut être honnête . Le vécu est déjà une des exigences du mémoire pro. Toutefois, on peut se poser la question de l’intérêt d’un tel mémoire . S’il s’agit de réfléchir (à) sa pratique , c’est inutile. Les « heures de concertation » suffisent. S’il s’agit d’inciter à la recherche , même conclusion : on peut légitimement penser qu’un étudiant qui a passé quatre ans à la fac a acquis quelques réflexes. Reste effectivement la dernière hypothèse : forcer à la lecture de littérature pédagogique.
Une anecdote. En une certaine ville, il est devenu très difficile pour les étudiants de l’université voisine, inscrits en candidats libres au Capes et généralement agrégatifs, d’assister en auditeurs libres aux cours de didactique dispensés par l’IUFM. Pourquoi ? Car les stats de l’IUFM commencent sérieusement à baisser.
Ecrit par : Burlador | 19 février 2007
Salut Burlador,
je connais l'ouvrage de Houdart-Mérot: pour être tt à fait honnête mon mémoire pro portait sur l'Edi au lycée (niveau 2nde donc).
Effectivement s'il s'ait des élèves je suis partiellement d'accord mais j'aurai tendance à dire que quand ils prennent en compte les critères formels c'ets déjà bien, hin hin hin... (j'exagère un peu mais bon parfois on n'en est pas loin)
En ce qui concerne le Mémoire pro en lui-même je trouve l'avis de JPB encore caricatural... On pourrait même dire que cet exercice permet l'évaluation des compétences du futur prof à l'écrit... (mouarf j'en rajoute un peu)
Il y a moyen de faire quelque chose d'intéressant dans le cadre du mémoire professionnel... il y a aussi moyen de bidonner 30 pages artificielles...
Quant aux lectures pédagogiques: ne devrait on pas laisser le futur enseignant aiguiser son esprit critique sur ces ouvrages? Depuis quand une lecture est a priori mauvaise???
Il me semble que pousser la liberté pédagogique à son plus haut point requiert de n'interdire la fréquentation d'aucun auteur fut-il de la chapelle pédago (oui même Meirieu!)
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
Bonsoir,
" L'homme que j'ai devant moi, c'est son âme que je veux voir,et plus il est grand, plus on le glorifie et plus je crains pour son âme." ROUAULT.
Merci à vous Robin pour ces informations sur ce peintre écorché vif et dont les préoccupations ne sont pas si éloignées de celles qui sont exprimées sur ce blog.
Bonnet d'âne. Cette expression n'est pas forcément péjorative et l'âne n'est pas toujours cet animal stupide et borné comme on le croit si souvent. Il est prudent m'a t-on affirmé. Je viens d'achever la lecture de "Voyage avec un âne dans les Cévennes" de Stevenson, un autre écorché vif, et je reproduis ici quelques lignes de la fin. Le voyage est terminé et Stevenson a dû se séparer de son ânesse Modestine, prénom qu'il est superflu de commenter.
" Ce ne fut qu'après être bien installé auprès du conducteur et roulant à travers un vallon rocailleux aux oliviers rabougris que j'eus conscience qu'il me manquait quelquechose.J'avais perdu Modestine. Jusqu'à cet instant, j'avais cru la détester; mais à présent qu'elle était partie"Ah! Quel changement pour moi !"
Pendant douze jours nous avions été d'inséparables compagnons : nous avions parcouru sur les hauteurs plus de cent vingt kilomètres, traversé plusieurs chaînes de montagnes considérables, fait ensemble notre petit bonhomme de chemin avec nos six jambes par plus d'une route rocailleuse et plus d'une piste marécageuse. Après le premier jour, quoique je fusse souvent choqué et hautain dans mes façons, j'avais cessé de m'énerver. Pour elle, la pauvre âme, elle en était venue à me considérer comme une providence. Elle aimait manger dans ma main. elle était patiente,élégante de formes et couleur d'une souris idéale, inimitablement menue."
La pauvre âme: âne et âme. Ces deux mots se ressemblent. Je me souviens avoir lu , voici trente ans au moins " L'âne d'or" d Apulée dans la collection folio, et j'avais été intéressée par la préface de Jean-Louis Bory expliquant que l'apparence est illusoire. Le malheureux Lucius transformé en âne redevient homme après avoir compris que seules comptent l'unité fondamentale de l'être et le permanence de l'âme. La métamorphose a été formatrice.
Stevenson, quant à lui, entreprend un voyage éprouvant pour y voir plus clair et prendre une décision engageant une vie nouvelle. S'il recherche la solitude des grands espaces, il demeure ouvert aux diverses rencontres et les plus enrichissantes ne sont pas toujours celles que l'on peut supposer.
Que cherchons - nous sur " Bonnet d'âne" dans la confrontation de nos échanges ? L'âme perdue de notre métier peut - être, même si nous ne l'exerçons plus.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 19 février 2007
"Majorité des places réservée aux élèves des CPEP (Concours direct) avec limite d’âge fixé à 23 ans comme en prépa pour école d’ingénieur. Possibilité de repasser ce concours une seule fois. Tout étudiant repassant ce concours verra son total de points minoré (comme grandes écoles !)"
Ouais! ouais! Cette mesure fut le moyen de générer des économies de formation et non de sélectionner les gens les plus aptes. Favoriser les bizuths, c'est économiser une année de prépa, quitte à prendre un gars non opérationnel à la place d'une tronche qui a une année de prépa supplémentaire. Faut avoir de la m... dans les yeux ou n'avoir jamais passer un concours pour ne pas voir la vraie raison qui est qu'un bizuth coûte moins cher qu'un carré et qu'un 3/2 coûte moins cher qu'un 5/2. Début de la démolition programmée des prépas. Un candidat est un candidat anonyme et aucun handicap ne peut tenir, que le meilleur gagne.
Vous vous voyez à mettre des handicaps à ceux qui passent le CAPES ou l'Agreg pour la deuxième fois et d'interdire l'accès à une troisième présentation à ces concours?
N.B.: je précise que j'ai intégré en bizuth sans handicap, pour ceux qui penseraient que j'ai intégré en cube et que je défends mon steack.
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
A ce compte là, je demande l'interdiction de présenter l'agreg à ceux qui ont échoué ou qui ont plus de 23 ans. Allez, au rendement! Moins de cours d'agreg, ça nous fera des économies! Vous savez combien ça se paye un cours d'agreg? Et vous savez comment est calculée la retraite des profs de fac, y compris de ceux qui vomissent le PS et Jospin?
Mon papa qui est apolitique, atrabilaire et misanthrope et ne vote plus qu'aux municipales est allé voter pour lui en 2002 "par reconnaissance du ventre".
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
le blog me semble brutalement déserté en ce lundi soir.
Rassurez-moi! Je n'ose croire que vous soyez installés devant vos téléviseurs pour passer la soirée avec celle que nous devons vouer aux gémonies!
Ecrit par : emh | 19 février 2007
Non seulement je vote pour elle mais en plus je suis suffisamment intelligente pour ET l'écouter Et vous répondre.
Pour moi, c'est pas la Madonne, c'est une femme qui en a dans le ventre et qui est d'un pragmatisme loin des théories fumeuses de ceux qui ont appris Barthes par cœur, croyant ainsi impressionner les masses laborieuses.
Il est vrai que le Coq Gaulois tente de la pousser à la gamelle, même le Coq de gauche. Pour quelques sous-marins, un néologisme et une vidéo...
Vous n'êtes pas prêts à quitter la langue de bois et vous me fatiguez grandement parfois.
Votez Sarko, grand bien vous fasse, mais ne venez pas pleurnicher après.
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
Que cherchons - nous sur " Bonnet d'âne" dans la confrontation de nos échanges ? L'âme perdue de notre métier peut - être, même si nous ne l'exerçons plus.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 19 février 2007
"Animula vagula blandula
Hospes comesque corporis
Quae nunc abibis in loca
Pallidula rigida nudula
nec ut soles dabis iocos."
Hadrien (l'empereur) cité par Marguerite Yourcenar dans ses Mémoires imaginaires, mais le poème, lui, ne l'est pas.
"Amelette vaguelette mignonnette
Très chère hôtesse de mon corps
Et qui mantenant descend seulette
Dans les lieux livides des morts
Où jamais ne seras guilllerette !"
(à faire lire à tous ceux qui, comme Michel Onfray pensent que les païens étaient des gens joyeux.)
Vous connaissez sans doute aussi , Hélène, le poème de Francis Jammes :
J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.
Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles ;
et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.
Il va, près des fossés,
d’un petit pas cassé.
Mon amie le croit bête
parce qu’il est poète.
Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours.
Jeune fille au doux cœur,
tu n’as pas sa douceur :
car il est devant Dieu
l’âne doux du ciel bleu.
Et il reste à l’étable,
fatigué, misérable,
ayant bien fatigué
ses pauvres petits pieds.
Il a fait son devoir
du matin jusqu’au soir.
Qu’as-tu fait jeune fille ?
Tu as tiré l’aiguille...
Mais l’âne s’est blessé :
la mouche l’a piqué.
Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.
Qu’as-tu mangé petite ?
— T’as mangé des cerises.
L’âne n’a pas eu d’orge,
car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde,
puis a dormi dans l’ombre...
La corde de ton cœur
n’a pas cette douceur.
Il est l’âne si doux
marchant le long des houx.
J’ai le cœur ulcéré :
ce mot-là te plairait.
Dis-moi donc, ma chérie,
si je pleure ou je ris ?
Va trouver le vieil âne,
et dis-lui que mon âme
est sur les grands chemins,
comme lui le matin.
Demande-lui, chérie,
si je pleure ou je ris ?
Je doute qu’il réponde :
il marchera dans l’ombre,
crevé par la douceur,
sur le chemin en fleurs.
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
Dobolino, je suis entièrement d'accord avec vous: on peut même faire trois choses en même temps étant donné le niveau du discours: l'écouter et penser à Poujade et à tous les populistes , vous répondre et discuter de Barthes en même temps. Notez que seul Barthes occupe mon cerveau.
Ecrit par : Thalie | 19 février 2007
Pour Yves
Qu'est un PE ? merci de sortir de votre sphère et de penser aux non-enseignants
A bientôt"
anne
Ecrit par : Anne (parente d'élève uniquement) | 19 février 2007
Celle-ci, on peut même la chanter...
Aufray
Le petit âne gris
Ecoutez cette histoire
Que l'on m'a racontée.
Du fond de ma mémoire,
Je vais vous la chanter.
Elle se passe en Provence,
Au milieu des moutons,
Dans le sud de la France,
Au pays des santons.
Quand il vint au domaine,
Y avait un beau troupeau.
Les étables étaient pleines
De brebis et d'agneaux.
Marchant toujours en tête
Aux premières lueurs,
Pour tirer sa charrette,
Il mettait tout son cœur.
Au temps des transhumances,
Il s'en allait heureux,
Remontant la Durance,
Honnête et courageux
Mais un jour, de Marseille,
Des messieurs sont venus.
La ferme était bien vieille,
Alors on l'a vendue.
Il resta au village.
Tout le monde l'aimait bien,
Vaillant, malgré son âge
Et malgré son chagrin.
Image d'évangile,
Vivant d'humilité,
Il se rendait utile
Auprés du cantonnier.
Cette vie honorable,
Un soir, s'est terminée.
Dans le fond d'une étable,
Tout seul il s'est couché.
Pauvre bête de somme,
Il a fermé les yeux.
Abandonne des hommes,
Il est mort sans adieux.
Mm mm mmm mm...
Cette chanson sans gloire
Vous racontait la vie,
Vous racontait l'histoire
D'un petit âne gris...
Ecrit par : Maminou | 19 février 2007
Et celui-là :
Lorsqu ' il faudra aller vers Vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller,
comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au paradis,
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui,
d'un brusque mouvement d'oreille,
chassez les mouches plates, les coups
et les abeilles...
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
Que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits
pieds
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,
suivis de ceux qui portèrent au flanc
des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas
cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en rond.
Mon Dieu faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous
conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent
des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur Vos divines eaux je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.
Francis Jammes
Ecrit par : Robin | 19 février 2007
PE=professeur des écoles=instituteur anciennement...
Désolé l'échange prend parfois l'apparence d'un débat d'initiés...
Ecrit par : Tang | 19 février 2007
Dobolino, je suis entièrement d'accord avec vous: on peut même faire trois choses en même temps étant donné le niveau du discours: l'écouter et penser à Poujade et à tous les populistes , vous répondre et discuter de Barthes en même temps. Notez que seul Barthes occupe mon cerveau.
Ecrit par : Thalie | 19 février 2007
désolée pour vous si vous vous arrêtez à votre salle de classe ! J'ai entendu du bon sur le logement, l'agriculture et la chasse et je continue à écouter. La France ne se résume pas à son école... A votre école et au petit bout de votre nez. Si vous lisiez un peu des collections Harlequin?
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
Soirée poésie:
"Loin dans l'âme les solitudes s'étendent sous le soleil mort de l'amour de soi. A l'aube, on voit monter dans la torpeur des marais des bancs de brouillard immense qu'emploient les poètes pour donner le vague à l'âme et la peur"
...
De Patrice de la Tour du Pin
Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
A Yves, qui écrit :
« Il est également totalement faux de prétendre que la formation en PE1 à l'IUFM ne donne pas des avantages. Si les candidats au concours issus de cette PE1 représentent 20 % des inscrits ils forment au final au moins 65 % des reçus. (sur une année sans compter celles et ceux qui le retenteraient pour une seconde fois tout en bénéficiant d'une année de PE1 à n-1) Ceci suffit à prouver la valeur ajoutée de cette formation. C'est pourquoi ils sont très nombreux à briguer une préparation en IUFM. Mais ceci vous semblez l'ignorer. »
Bien sûr que cette formation en PE1 donne des avantages et que beaucoup de candidats « briguent » une telle préparation ! Je ne l’ignore pas du tout, bien au contraire. Ce qui est assez drôle pour des partisans de la non-sélection et de la réussite pour tous, c’est qu’ils prônent leur idéal pour les autres tout en faisant exactement le contraire dans leur propre boutique. Et que, conformément à la stratégie dite de « régulation des flux » (ah, qu’en termes galants…), les IUFM sont de plus en plus sélectifs : les candidats au concours ayant fait une année de PE1 étaient 36% du total en 1992 et ne sont plus que 18,7% en 2005 (dernier chiffre disponible). Vous n’avez donc pas une pensée un peu émue pour les 81,3% de licenciés exclus qui doivent se démerder par eux-mêmes ou avoir recours à une officine privée ? Elles prolifèrent en ce moment : Supdecours, Cours Galien, Cours de France, Formathèmes ou Forprof (qui revendique à elle seule 80 lieux de cours en France et 3400 inscrits en 2004-2005). Le comble est que la plupart de ces entreprises privées se targuent, dans leur publicité, de compter au nombre de leurs enseignants des formateurs en IUFM, qui arrondissent ainsi leurs fins de mois en faisant casquer les candidats qu’ils ont eux-mêmes exclus de la préparation publique. Le prix d’une formation privée complète oscille entre 3000 et 3600 euros. Parmi ces âmes charitables : le professeur d’IUFM à la retraite Eveline Charmeux qui, après avoir partagé les délires du sieur Foucambert, est récemment partie faire la guerre aux pronoms tout en recevant les émoluments d’une boite privée.
Autre chose : les résultats de cette politique sélective. Les lauréats issus des IUFM étaient 71% en 1992, ils sont aujourd’hui 56,6% ! (Le chiffre que vous donnez de 65% est totalement faux). Quelle victoire ! Depuis le début de leur étrange carrière, les IUFM ont perdu plus de 14 points en parts de marché.
J’ai donné ces chiffres il y a déjà plusieurs années et ce qui s’est passé depuis n’a fait que confirmer une évolution prévisible : c’est justement ce que je voudrais éviter si nous présentons un projet alternatif, mais lui aussi fondé sur une présélection des candidats. D’abord estomaqués, les responsables des IUFM ont eu ensuite le temps de trouver la parade – du moins l’ont-ils cru. « Vos chiffres sont faux », c’est ainsi que m’accueillit au Ministère le sieur Sheringam, ci-devant vice président de la CDIUFM puis chargé du dossier au cabinet Fillon (ces gens-là s’infiltrent comme des couleuvres dans toute place qui leur permet de veiller au grain). – Ah, bon ! répondis-je. – Oui, car vous ne tenez pas compte des redoublants : ceux qui après une première année d’IUFM réussissent ensuite le concours en candidats libres. Cet argument s’est répandu dans les hautes sphères. Une dame du Ministère me le ressortit quelque temps après : si on compte les doublants, c’est 80% des lauréats qui sortent des IUFM… Et vous reprenez tout cela à votre compte quand vous vantez les mérites du « PE1 à n-1 ». Ce que cela prouve d’abord, c’est que sélectionneurs des IUFM ont eu tort de leur interdire de redoubler puisqu’ils ont fini par réussir. Ce que cela prouve ensuite, c’est que tous ces pseudo-experts ne savent pas compter. Car si on compte les redoublants, pourquoi ne pas enlever aux IUFM ceux qui ont d’abord passé le concours en candidats libres et ont ensuite réussi sous le label IUFM ? Si j’ai bien compris, vous êtes bret



