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19 février 2007

Formation des maitres

Formation des maîtres

Le point le plus discuté de la Charte de l’Education proposée sur ce blog ces dernières semaines est la formation des instituteurs. Chacun a son idée sur la question, chacun propose des solutions. Afin de nous y retrouver, je propose ce nouveau fil qui sera consacré à la question.

Je suggérais il y a déjà un an, dans « À bonne école », la création de CPEP — des Classes Préparatoires à l’Enseignement Primaire. Soumises au même type de recrutement (féroce et efficace) que les actuelles Classes préparatoires aux grandes écoles — un recrutement fondé sur un numerus clausus sérieux, fruit de la projection des besoins à venir à cinq ans —, ces CPEP formeraient à toutes les disciplines utiles dans le Primaire, et déboucheraient sur un vrai concours. La formation des reçus se continuerait en université sur trois ans, en alternance avec des stages dont chacun reconnaît qu’ils sont la clé de tous les apprentissages, en pédagogie.

L’un des avantages par rapport à ce qui se passe actuellement serait bien sûr de donner une vraie formation, une vraie expertise des savoirs, à celles et ceux qui, leur vie durant, apprendront aux autres. Un autre avantage serait d’en finir avec l’autarcie des IUFM, et les absurdes prétentions des « sciences de l’éducation ». Enfin, cela permettrait d’éliminer tous ceux qui se présentent aujourd’hui en « candidats libres », et réussissent au moins aussi bien que ceux qui sont passés par l’IUFM — signe infaillible d’une faillite de la formation : quel est le pourcentage de reçus, dans les grandes écoles, de ceux qui se présentent en candidats libres ? Il est très faible, parce qu’il est très difficile de rivaliser avec la formation très pointue des Classes préparatoires. Le tri se ferait donc en amont (juste après le Bac, sur dossier), et en aval — fruit d’un concours un peu plus relevé que celui qui existe aujourd’hui.

Bien sûr, on peut tout imaginer — y compris la création d’un « concours-bis » réservé aux plus de trente ans, à l’âge où, aujourd’hui, tant de mères de familles, tant de déçus du privé, retournent à l’école dans l’espoir d’y trouver leur place comme formateurs. Je rappelle qu’un tel concours existe aujourd’hui, — pour les mères de trois enfants ou plus, et pour les salariés du privé (pourquoi seulement du privé ?) qui peuvent justifier de cinq années d’exercice en entreprise.

Bien sûr, on doit pré-rémunérer, comme des élèves d’Ecole Normale Supérieure, les titulaires d’un concours exigeant — d’autant que je ne suis pas sûr que le seul amour du métier suffise, par les temps qui courent, à motiver des candidats pour transpirer sérieusement dans des classes sélectives. Je ne crois pas que la charge financière soit disproportionnée par rapport à ce que coûtent actuellement les IUFM — on sait que le coût par étudiant y est près de six fois supérieur à celui d’un étudiant ordinaire… Un audit général de ces structures inventées jadis par Philippe Meirieu pour la satisfaction d’une idéologie constructiviste qui a très vite affiché ses limites, et dont le marasme actuel de l’Education dépose le constat de faillite, permettrait d’évaluer exactement ce que coûte à l’Etat la pédagogie du vide… Je l’appelais déjà de mes vœux dans « À bonne école ».

En définitive, les instituteurs auraient, à la sortie de leur formation, un niveau Bac + 5 qui leur permettrait de revendiquer une rémunération égale à celle de leurs collègues certifiés. Et un profil de carrière comparable. Mais surtout, on pourrait mettre ainsi un terme à ces expérimentations pédagogiques qui opèrent sur du vivant — nos enfants —, pour la plus grande gloire de théoriciens fumeux.

J’attends les objections et les contre-propositions. Ce blog est une usine à idées, et les miennes ne sont pas plus qualifiées que celles des autres.

Jean-Paul Brighelli

Commentaires

Je mets donc sur ce nouveau fil la réponse que je voulais faire à Dobolino. Pour la clarté de la discussion, je recopie d’abord le sien in extenso.
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Vous parlez maintenant d'un "vrai concours" pour entrer en IUFM. Mais à quel type de concours pensez-vous?

Ecrit par : Pedro Cordoba | 18 février 2007

Des épreuves écrites et orales qui permettraient de sélectionner des gens ayant un minimum de connaissances dignes de ce nom en tout ce qui doit être enseigné en primaire. Fautes de grammaire éliminatoires et épreuve de grammaire. Maths, histoire, géo, SVT, etc... C'est pour cela que je pensais que deux ans après le bac étaient suffisants pour l'approfondissemet et le perfectionnement.
Reçus qu'on formerait ensuite à enseigner des connaissances qu'ils maîtrisent, mais seulement ensuite.
Combien sommes-nous à corriger dans les cahiers de nos enfants des fautes énormes que l'instit n'a pas vu ou (bénéfice du doute) jugé inutile de corriger?

Ecrit par : dobolino | 18 février 2007

Écrit par : Pedro Cordoba | 19 février 2007

Chère Dobolino,
Le concours que vous proposez est excellent. C’est aussi celui que nous préconisons à RE lorsque nous parlons d’un « concours profondément rénové ». Mais vous vous trompez de concours. Il ne s’agit pas du pseudo-concours d’entrée à l’IUFM mais du concours de recrutement lui-même. C’est seulement à cette condition que nous aurons à nouveau des instituteurs sachant écrire un français à peu près correct ou faire une division sans se planter dans les retenues : lorsque TOUS les enseignants du primaire auront réussi à ce concours-là.

Je n’arrive apparemment pas à me faire comprendre pour le problème général. Cela ne m’étonne guère puisqu’il m’avait fallu plusieurs échanges il y a six ans avec des responsables d’IUFM et autres sommités du pédagogisme. J’avais en effet publié un petit billet sur le site de la Société Mathématique de France à propos de ces questions et tout ce beau monde l’avait pris de très haut. Il faut dire que c’était écrit au vitriol. Qui est ce « littéraire » qui se permet d’avancer des chiffres que nous ne connaissons pas ? D’où les sort-il ? Comment un simple hispaniste ose-t-il remettre en cause toute notre stratégie, patiemment élaborée au fil des ans ? J’avais eu droit entre autres à un message doucereux (en fait plein de fiel) de Bernard Cornu, président de la CDIUFM avant d’être en charge du dossier dans le cabinet Lang ; à un autre de Gérard Mary, directeur de l’IUFM de Reims (j’étais moi-même en poste à l’Université de Reims). Or Cornu est Professeur des Universités en statistiques, Mary idem mais en physique. Ils me sommaient de justifier mes conclusions, m’accusaient de mentir quand j’affirmais que j’avais fait une étude de cinquante pages sur le sujet. Une étude de cinquante pages !, m’avait même écrit sarcastique Mary : vous pouvez me l’envoyer ? Je la leur envoyai bien sûr. Cornu ne me répondit plus rien mais il fut obligé de me recevoir quelques mois plus tard au Ministère avec une délégation d’universitaires. Mary me répondit au bout de quelques jours pour me dire qu’il transmettait tout ça à son sous-directeur, statisticien, qui allait se pencher sur le dossier. Plus de nouvelles. En fait, ils avaient fini par comprendre et en étaient restés cois. Cela se répéta un peu plus tard avec Lozi, mathématicien et directeur de l’IUFM de Nice. Les choses se passèrent un peu mieux car j’avais eu la bonne idée de me réclamer de René Thom (pour ses positions sur l’enseignement des mathématiques) et qu’il avait eu Thom à son jury de thèse. Lozi semble être un vrai mathématicien mais on m’a dit par la suite que Cornu est nul en maths et qu’il a eu son titre par la grâce de Sainte Magouille. Or c’est lui qui, en réponse au rapport du Comité National d’Evaluation sur l’IUFM de Grenoble qu’il dirigeait à l’époque, avait déclaré (c’était en 1996) que « grâce à une sélection de plus en plus sévère » un avenir radieux se présentait pour les IUFM.

C’est justement là que se trouve l’erreur et c’est la même que commet JPB quand il évoque une sélection de 1 sur 10 ou vous-même lorsque vous parlez d’un « vrai concours » d’entrée en IUFM et que vous en déclinez les modalités. Si la sélection dans ces classes, instituts ou quoi que ce soit d’autre, est ultra-sévère, on finit certes par avoir de meilleurs candidats au concours de recrutement. Mais ils sont automatiquement de moins en moins nombreux. Et, tout aussi automatiquement, l’autre groupe, celui des candidats libres devient pléthorique : ils ont statistiquement de plus en plus de chances de réussir au seul concours qui compte : le concours de recrutement. En fait vous vous trompez de jeu, au sens mathématique du terme, celui que ce mot a en « théorie des jeux ». Vous ne voyez pas la différence entre un jeu de performances individuelles du type « seul contre tous » (comme le 100 mètres) et un jeu d’équipes comme le foot ou le rugby. Un concours de recrutement est, par définition, un jeu de performances individuelles. Lorsque tous les candidats qui le souhaitent sont admis en année de préparation, le nombre des candidats libres est marginal et leurs résultats ne changent pas la donne. Si, en revanche, vous présélectionnez très durement les candidats, le nombre des candidats libres augmente vertigineusement. C’est ce qui se passe aujourd’hui pour le concours de professeur des écoles où les candidats libres représentent 80% du total. Vous avez alors fabriqué un jeu d’équipes : candidats labellisés contre candidats libres. Et la masse de l’équipe adverse est telle que leurs joueurs finissent par vous écraser de leur poids : il s’est produit une interférence entre deux types de jeux incompatibles.

Pedro Cordoba, qui ne regrette pas d’avoir fait des maths avant d’obliquer vers les lettres et de continuer à s’y intéresser après avoir opéré, il y a bien longtemps, ce virage en chapeau de roues.

Écrit par : Pedro Cordoba | 19 février 2007

Pedro, tu sais toute l'estime que je te porte, et ça m'autorise (un peu) à ne pas être d'accord avec toi.
Dobolino, qui est véto, pense de toute évidence à un concours de recrutement du même type — et moi aussi. Quelle chance ont les "candidats libres" de réussir un concours comme celui de Maisons-Alfort ou celui de l'ENS ? À peu près aucune, tu le sais bien. Parce que contrairement à ce que tu avances, ces concours sont du travail d'équipe — c'est une prépa, ou un petit groupe dans la prépa, contre tout le monde. J'ai passé l'ENS en 72, à Marseille, et nous avons travaillé ensemble, à quelques-uns — et nous l'avons tous eu, moi, Jean-Luc Rispail, Irène Théry — pour citer des noms que d'aucuns peuvent connaître. Ce n'était pas une cuvée exceptionnelle : c'était le fruit d'un travail d'équipe, où nous ne nous faisions, entre nous, aucune concession. Enfin ! Tu sais bien comment fonctionnent les trinômes des colles !
Quand j'ai passé l'agrèg, trois ans plus tard, rebelote. L'ENS Saint-Cloud présentait 25 candidats, et je crois qu'il n'y a eu qu'un seul échec — pour cinquante postes au niveau national en tout : une seule école, parce qu'elle avait fonctionné comme un commando (nous avions envoyé des auditeurs libres espionner dans tous les cours, sur toute la région parisienne, où il y avait des infos intéressantes à gratter, nous les tapions à la machine avant de les redistribuer à notre groupe — et idem pour l'imposante biblio du concours), raflait la moitié des places mises au concours nationalement. Ce qui laissait aux facs une portion extrêmement congrue…
Bien sûr que rien n'empêche des candidats libres de se présenter, mais très vite, si tu mets la barre assez haut, le bruit se répandra que c'est inatteignable si l'on ne passe pas par une préparation sérieuse. Et tu sais ce qu'il en est des facs : combien sont capables, en sciences comme en Lettres, de préparer sérieusement des concours de ce type ? Quels enseignants de fac sont disposés à livrer le genre de travail de sprofs de prépas ? Et très vite, les "bons" élèves motivés iront vers une prépa de qualité.
Quant au nombre d'entrants (et donc de sortants), il n'est pas difficile à calculer : nous savons à peu de choses près chaque année ce que seront les besoins — en fonction de la pyramide des âges des enfants, d'un côté, et de celle des enseignants qui glissent doucement vers la retraite, de l'autre. Alors, qu'est-ce qui empêche, pour calculer un peu large et créer une saine émulation, de recruter post-Bac un tiers de plus que les places qui seront proposées ?
Et si nous descendons même au niveau des BTS, combien de candidats libres (ou formés par des boîtes privées) réussissent ce genre d'examen ? Bien peu — parce qu'ils ne sont pas dans les cadres des épreuves.
JPB

Écrit par : brighelli | 19 février 2007

Il y a des fois où je me demande quels sont les véritables enjeux de ce débat sur la formation des maîtres de primaire?
N'ayant jamais eu l'ambition du pouvoir, je crains de ne pas être à même de comprendre... Probablement trop d'intérêts sont en jeu.

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

"mais très vite, si tu mets la barre assez haut, le bruit se répandra que c'est inatteignable si l'on ne passe pas par une préparation sérieuse. JPB"

Et cela permettre de gagner encore du temps (donc, de l'argent). Lorsque j'étais au Lycée, les filles qui avaient décidé de passer le concours de l'Ecole Normale à l'issue de la Terminale "bûchaient" énormément les fondamentaux car elles savaient que ce serait là-dessus qu'elles seraient sélectionnées.
De plus, ce mode de pré-recrutement "précoce" permettrait à des étudiants issus de milieux dits "difficiles" de pouvoir entamer des études qui débouchent réellement sur une profession. Ce qui pourrait être une chance de plus que leurs "petits frères" comprennent que l'horizon n'est pas aussi bouché que ce qu'on leur laisse croire.

Écrit par : catmano | 19 février 2007

Bonjour à tous

cette idée de concours sélectif me laisse perplexe. En effet, pourquoi un concours ferait-il monter soudainement le niveau des candidats? La seule manière d'etre sélectif c'est de ne pas etre obligé d'accepter des milliers de candidats. L'ENS prend 200 élèves par an, de combien d'instits a-t-on besoin?

Or actuellement, une collègue jury de concours m'a expliqué que les connaissances exigées en mathématiques sont de l'ordre de la 6ème améliorée, et qu'elle est moins exigente avec les candidats PE au niveau de la rédaction qu'avec ses élèves de 4ème de ZEP. L'impression que ça couterait très cher de changer cela, et sans résultats miraculeux. Si les instits avaient un niveau BAC dans toutes les matières, ce ne serait déjà pas si mal...

Sans compter que j'ai l'impression que meme après un concours difficile, sauf si on se remet à jour régulièrement, le niveau des connaissances redescend à celles dont on a directement besoin en classe. C'est hélas très vrai en maths.

D'où ma proposition simple: demander à tous les PE de repasser tous les 5 ans le brevet des collèges (oui, c'est bien cela, soyons modestes). Et ne permettre des avancements de carrière qu'à ceux qui le réussissent. Cette mesure ne couterait pas cher, et permettrait de garder tout le monde dans une dynamique d'apprentissage. Parce que si on demande à quelqu'un qui n'a pas passé d'examen depuis 20 ans de repasser le brevet, je ne suis pas sur des résultats...

Voilà, c'est une petite idée, mais elle présente l'avantage d'etre réalisable sans tout révolutionner, ce que personne ne fera, et avec peu de crédits supplémentaires. Les seuls qui pourraient s'y opposer, ce sont les syndicats.

Qu'en pensez-vous?

Écrit par : Francesco C. | 19 février 2007

Hors-sujet par rapport à la formation des maîtres, mais très important : un prof bloggeur vient d'être obligé de fermer son blog, suite à une procédure disciplinaire engagée par son principal.
Voyez son dernier message : http://www.blogprof.fr/
Ce prof de maths, qui a d'ailleurs posté quelques messages sur ce blog sous le pseudonyme "Un prof", racontait son quotidien.
Cela n'a pas plu à l'administration du collège - qui n'était pourtant pas identifiable - et ce prof est désormais passible d'un blâme et d'une mutation d'office.
Il est possible de le soutenir en laissant des commentaires sur son ultime article : http://www.blogprof.fr/ .

Écrit par : Pat | 19 février 2007

Pour vous donner du grain à moudre, vous vous suovenez certainement, sur Arte, i ly a des lustres, du reportage montrant le grand, l’immense Fernand Braudel, oui, j’ai bien écrit Fernand Braudel….en 1984, juste avant sa disparition ,qui avait confié à un journaliste que son souhait le plus ardent était, lui que les mains de la gloire avaient si souvent effleuré, de retourner à Toulon, sa ville natale, pour refaire un cours de Quatrième. Tout simple. Tout con. Et voici que Braudel chenu s’avance jusqu’à l’estrade (un bahut intelligent qui n’avait pas supprimé les estrades!!!!)……à l’arrière-plan les cloportes sudoripares de l’Administration, gênés aux entournures, on le conçoit, devant une telle Lumière, eux qui vivaient jsuqu’alors dans la moiteur confortable des ongles sales, le protal dudyct collège, rouge, suant. Et Braudel s’avançant- je n’oublierai jamais cette démarche fragile de vieil homme, et les enfants quasiment tétanisés par on ne sait quel sortilège du génie. Alors Braudel commence. Il fait un cours de Quatrième sur BOnaparte en 1793 au siège de Toulon. Il est assis, tassé sur sa chaise, derrière ses énormes lunettes. Il parle. Et le miracle se produit. Les élèves de Quatreième Professionnelle, les pires, ne bougent plus, ne respirent plus. Au premier rang, la caméra fixe une élève un peu grasse, cheveux laids, mâchant chouinegomme. Rinnafouttr. Alors Braudel, en grand artiste, se lève, passe près d’elle. Et lui parle. comme jamais sans doute personne ne lui avait parlé ni ne lui parlerait jamais. Il la regarde. Elle ne mâche plus. Elle a eu l’illumination de sa vie, elle que tous les cloportes de l’Education Nationale avaient déjà catalogué rombière de Rombas…. Et Braudel raconte. Raconte la feinte stratégique de Bonaparte. Pas un murmure.
Dernier plan, on voit Braudel, veste en pied-de-poule, littéralement cerné par les élèves. Tous. La caméra ne ment pas. L’un d’entre eux, un fils de pauvre (pouah!!!!!!!!!) demande à Braudel: “M’sieu, vous r’venez en Septembbbb??????” Braudel le prend par le poignet et l’on entend très distinctement sa voix douce et balancée “tu sais, je ne suis pas sûr….mais je te promets d’essayer…” C’était en Juin. Il mourut un mois plus tard.
Voilà, c’est ça, l’alchimie merveilleuse de l’enseignement. Et qu’on vit, à une échelle beaucoup plus modeste, tous les jours que Dieu fait. Je sais que Braudel est parmi les étoiles. Et que les gosses de Toulon lèvent les yeux dans la nuit.
Alors quand on s'offre de gentils petits rassis en pédagogisant de frais, on ferait bien de revoir de docu sur le Braudel prof d'acier et pas velleitaire dégueulis lâche et sommaira, trop châtré pour affirmer que les IUFM sont fascistes et totalitaires.
Dame, faut plaire. or enseigner c'est tout sauf plaire. C'est séduire. C'est plus profond,plus radical aussi, plus difficile. N'est pas Braudel, n'est pas Bachelard, ne fut pas Vernant qui voulait. Et pourtant, c'est des gens de ce CALIBRE dont on aurait besoin pour refaire marcher le gros mammouth.

Alors, chez les IUFm, c'est l'inverse de la chanson de Brassens:
"Rien est bon chez elle
Y a tout à jeter
Sur l'île déserte
Il faut rien emporter.


Salut amicaux à tous depuis Kankabdzonot (yucatan). En el cibercafe.....

Écrit par : montaigneàcheval | 19 février 2007

Pat, j'ai envoyé un soutien au collègue sur Blogoprof. Eh bein, paf, "your comment is awaiting moderation".....à mourir d'ennui ou à se la couper et s'en faire des pendentifs....même Courteline n'y eût pas pensé....

Écrit par : montaigneàcheval | 19 février 2007

MàC : cela signifie que le prof de Blogprof valide les commentaires avant publication, ce qui est compréhensible, vu sa situation.
Cela ne veut même pas dire que votre commentaire en manquait, de modération.
Et quand son blog était en activité, les commentaires étaient publiés sans "modération" (à tous les sens du terme) : tout le monde pouvait s'exprimer librement.

Écrit par : Pat | 19 février 2007

Pat, j'ai envoyé un soutien au collègue sur Blogoprof. Eh bein, paf, "your comment is awaiting moderation".....à mourir d'ennui ou à se la couper et s'en faire des pendentifs....même Courteline n'y eût pas pensé....

Ecrit par : montaigneàcheval | 19 février 2007

Montaigne,

Je viens d'envoyer un message de soutien sur Blogoprof, après celui de....Devinez qui ? Eveline Charmeux !

Notre collègue pourra se targuer de soutiens "venus de tous les horizons" !

Écrit par : Robin | 19 février 2007

Montaigne,
J'ai oublié de vous dire que j'avais trouvé magnifique votre message sur Braudel et le siège de Toulon par Bonaparte. Quel sublime testament !

J'aimerais avoir quelques années de moins (je ne précise pas) et vous avoir comme prof., en ZEP ou ailleurs ! Patience dans l'azur !

Votre message est passé !

L'histoire de l'affiche, c'est pas possible ! Mais quelle bande de c...

Écrit par : Robin | 19 février 2007

D'où ma proposition simple: demander à tous les PE de repasser tous les 5 ans le brevet des collèges (oui, c'est bien cela, soyons modestes). Et ne permettre des avancements de carrière qu'à ceux qui le réussissent. Cette mesure ne couterait pas cher, et permettrait de garder tout le monde dans une dynamique d'apprentissage. Parce que si on demande à quelqu'un qui n'a pas passé d'examen depuis 20 ans de repasser le brevet, je ne suis pas sur des résultats...

Qu'en pensez-vous?

Ecrit par : Francesco C. | 19 février 2007

Je trouve certains enseignants de primaire pas trop au point mais alors là, vous les insultez! Le brevet des collèges, il faut être quasi-analphabète et, en plus tête de mule, pour y échouer. Pythagore Thalès et les identités remarquables en mathématiques, une dizaine de dates historiques et une vague épreuve de français, le tout noté sur cinquante pour une note sur vingt... même mon fils (sphère privée!) a réussi à le décrocher.
Non, pour échouer au brevet des collèges, il faut vraiment s'en donner la peine.

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

En ce qui concerne la formation des instituteurs, je pense comme JPB qu'il faudrait remettre en place une solide formation pluridisciplaire (avec des cours de rattrapage intensifs en orthographe et en grammaire) après le bac, après sélection sur dossier scolaire et en finir avec le recrutement au niveau de la licence.

Du temps d'Alain-Fournier l'entrée à l'école normale se faisait après le certificat d'études...

Il est vrai que le "certif.", dans ce temps-là, ça valait de l'or (je n'ose pas écrire le bac d'aujourd'hui, mais je ne suis pas loin de le penser)

Écrit par : Robin | 19 février 2007

Ma vieille Maman , 88 ans, (sphère privée, pardon) avait passé le brevet supérieur qui lui avait donné le droit de se présenter au concours de l'école normale...

Ce brevet supérieur devait avoir un niveau certain quand je considère l'étendue de ses connaissances en littérature, histoire, biologie, maths, etc... etc...

Écrit par : Maminou | 19 février 2007

"au niveau de la licence."...Ais-je besoin d'expliciter ?

qui ne valide les compétences que pour une seule discipline, alors que l'instituteur (trice) doit être "multicompétent(e)"...

Ca va sans dire, mais ça va mieux en le disant.

Écrit par : Robin | 19 février 2007

L'histoire de l'affiche, c'est pas possible ! Mais quelle bande de c...

Ecrit par : Robin | 19 février 2007

Je ne voudrais pas vous attirer d'ennuis, Montaigne. Je m'empresse de remplacer cette formule quelque peu abrupte : "ces respectables personnes manquent un peu d'ouverture d'esprit."

Nous avons eu une belle exposition Rouault ici (décidémment, je donne tous les indices pour me faire repérer) et j'ai fait un article que je peux vous envoyer.

En volià un qui s'y connaissait en matière de souffrance...et de bêtise (pardon, de manque d'ouverture d'esprit !)

Vous savez qu'il était né dans une cave sous les bombardements pendant la Commune de Paris.

Je vous mets le début de l'article...Il commence par une citation de Rouault : "J'ai le défaut de ne laisser à personne son habit pailleté. L'homme que j'ai devant moi, c'est son âme que je veux voir, et plus il est grand, plus on le glorifie et plus je crains pour son âme."

Ecorché vif, Georges Rouault ne s'accomodait pas du monde "comme il va". Il suffit, pour s'en convaincre, de regarder ses oeuvres : ses pierrots innocents, ses filles déchues, ses clowns vaincus ou triomphants, son squelette en uniforme, ses civils imbéciles, serviteurs de l'apocalypse, son Christ solitaire et bafoué...et son regard à lui, dans cet autoportrait de la désolation...

Les marchands de mort, le pharisaïsme, l'indifférence des riches, l'accablement des pauvres, l'arrogance des puissants, l'humiliation des petits, la niaiserie satisfaite de ceux qui s'accomodent de tout..."Tout cela ne nous regarde pas !"...Tout cela le rendait malade.

Oui, il suffit de regarder ses oeuvres. Mais à vouloir les regarder, l'on s'aperçoit bientôt que ce sont elles qui nous regardent.

Écrit par : Robin | 19 février 2007

Je suis nouveau sur ce forum. Une petite blague pour commencer(avant de me prononcer sur la charte). Quelqu’un, ici, a-t-il déjà fait remarquer que le sigle C. R. A. P., pour Cercle de Recherche et d’Action Pédagogiques, signifiait en anglais : nul, chier, connerie ? Si oui, je m’excuse de cette intervention de toute façon hors de propos.

Écrit par : Burlador | 19 février 2007

Que l'on en arrive à suggérer que des maîtres du Primaire refassent leurs preuves tous les cinq ans, cela donne la mesure de l'effondrement d ela confiance.
Bien sûr, il n'en est pas question. Même le permis de conduire ne se repasse pas — et je connais pourtant pas mal de personnes âgées qui auraient besoin d'une remise à niveau…
Le plus urgent, c'est d'imaginer une formation initiale qui débarrasse absolument de tout souci les parents et les collègues — quelque chose de très solide, et violemment pluri-disciplinaire (comment peut-on tolérer que des instits aujourd'hui accèdent à l'IUFM avec une licence de psycho ?!)

Autre chose.
Pendant que nous tentons d'imaginer des prépas nouveau genre, la CPU (Conférence des Présidents d'Université), noyautée par un Sne-sup de gauche, pense de son côté aux meilleurs moyens de casser les dernières machines qui marchent :

"Colloque de Metz: la CPU fait 20 propositions aux candidats à la présidentielle

La CPU (Conférence des présidents d'université) est réunie à Metz pour son colloque annuel. Elle a fait 20 propositions qu'elle va adresser aux candidats à l'élection présidentielle. Celles-ci s'articulent, selon la CPU, autour de la réussite, de la recomposition du paysage universitaire, de l'autonomie, la gouvernance et la responsabilité des universités et de la question des moyens.

Pour la CPU, la licence doit être "le vecteur premier de la réussite à l'université". Elle doit avoir des "volumes horaires augmentés pour les étudiants" et un "encadrement renforcé". Elle doit préparer, par des "parcours modulaires différenciés", aux concours, à la poursuite d'études longues et à l'insertion professionnelle. "La licence deviendra la référence d'un post-bac réorganisé assurant une réelle égalité des chances."
La CPU souhaite que les classes préparatoires soient "placées au sein du système universitaire, de manière à permettre une évolution de la nature des concours d'entrée aux grandes écoles favorisant une véritable diversification des cultures et des compétences".
Avec cette licence rénovée, "les prépas n'auront plus lieu d'être", précise Michel Lussault, 3e vice-président. Et pour Thierry Coulhon, 2ème vice-président de la CPU, "l'appartenance des prépas aux lycées n'est plus efficace et ce sont des formations qui ne sont plus adaptées aux enjeux".

La CPU prone également une augmentation du financement des universités par l'état, les collectivités territoriales et les familles afin d'assurer une dépense moyenne de 12000 euros par étudiant (actuellement 7500 pour un étudiant d'université).
Les autres propositions concernent la gouvernance, l'orientation, les missions de l'université, son développement sur le territoire, etc. "

Le détail sur http://www.cpu.fr

JPB

Écrit par : brighelli | 19 février 2007

Mon principal problème avec les programmes actuels :

L’écriture d’invention qui à terme donne des résultats catastrophiques. Au bout de deux ans les élèves peuvent prendre à volonté le ton lyrique, élégiaque…mais en négligeant complètement la dimension argumentative. Dès lors, en quittant la première, et donc pour une bonne partie l’apprentissage du français , il conserve de la littérature l’image d’un exercice vain, un peu creux, exclusivement formel, où il suffit d’inclure des ô vocatifs, des exclamations et des interjections.
Il en va de même lorsque, en seconde, on essaye de déguiser la dissertation sous la forme d’une lettre par exemple. On obtient 2 pas de délayage, formules de politesses, digressions épistolaires et deux idées.

Écrit par : Burlador | 19 février 2007

On obtient 2 pages de délayage, formules de politesse, digressions épistolaires diverses, et deux idées.

Écrit par : Burlador | 19 février 2007

Vos propositions sur la formation des mâtres méconnaissent énormément la formation en IUFM et le niveau actuel très élevé des PE2.
Les PE2 qui sont issus du concours ont un niveau de connaissances très élevé. En effet ce concours est très difficile et sélectif, surtout ici en Bretagne. Tous ceux qui jadis ( il y a entre 20 et 30 ans) ont eu leur concours d'entrée à l'ex EN l'ont eu sans avoir à le préparer. Durant leur formation ils n'avaient quasi pas de travail à produire le soir en rentrant. A présent les PE2 doivent prolonger leur parcours du combattant en rédigeant des dossiers, des analyses qui si ils sont très formateurs pour leur entrée dans le métier nécessitent beaucoup de temps et génèrent du stress.
Il est égalemnt totalement faux de prétendre que la formation en PE1 à l'IUFM ne donne pas des avantages. Si les candidats au concours issus de cette PE1 représentent 20 % des inscrits ils forment au final au moins 65 % des reçus. (sur une année sans compter celles et ceux qui le retenteraient pour une seconde fois tout en bénéficiant d'une année de PE1 à n-1) Ceci suffit à prouver la valeur ajoutée de cette formation . C'est pourquoi ils sont très nombreux à briguer une préparation en IUFM. Mais ceci vous semblez l'ignorer.
Tout ce qui est proposé dans votre charte contribbue à renouveler les castes entre 1er et second degré . Et comme par hasard cette dissymétrie est défendue par des agrégés. Allez vous aussi proposer un salaire plus élevé pour les détenteurs du savoir suprème que vous êtes?

Écrit par : Yves | 19 février 2007

" une solide formation pluridisciplaire (avec des cours de rattrapage intensifs en orthographe et en grammaire)"


Le recrutement au niveau de la licence pose en effet un problème de formation, notamment en langue. De manière générale, la formation linguistique dispensée durant la licence, y compris pour ceux qui choisissent les cours de langue à profil concours , est tout à fait insuffisante. Et , en vertu du jeu des compensations, on ne peut charger le concours d’opérer un écrémage .

Écrit par : burlador | 19 février 2007

Bonjour,
J'ai déjà raconté que mon père né en 1895 avait passé le certificat d'études en 19O7 avec un an d'avance.
Contraint d'attendre l'âge de treize ans pour quitter l'école et travailler sur la modeste exploitation familiale, l'instituteur lui donna des livres et encore des livres à dévorer. Et c'est ainsi que nous avons tous deux, parlé de Rabelais, Molière, Rousseau, Hugo, Renan , Zola, Malot, Erckman et chatriann et chatrian, Dumas père et Dumas fils, Daudet père et Daudet fils ... C'est ainsi qu'il surveillait de près "je chanterai et je chanterais, je chantai et je chantais" ( en prononçant correctement) sans oublier l'imparfait et le plus que parfait du subjonctif bien entendu et tous ces petits détails , ces nuances que j'aimais bien. Quand j'entends le mot "paysan" prononcé comme une injure je ne comprends pas ce mépris pour ceux qui travaillent et manifestent la volonté de s'instrure et de se dépasser malgré des difficultés que l'on n'imagine pas ou si mal.
J'ai raconté aussi que j'étais entrée à l'Ecole normale inférieure à l'issue d'une troisième spéciale intensive sans être une élève brillante mais simplement studieuse et régulière dans l'effort.
A part ça, j'appartiens à la génération des sacrifiés paraît-il, qui a gagné sa vie de son mieux sans coûter trop cher ni à sa famille ni à la société
Ce nouveau retour sur la nostalgie me fait penser à "la bûche de Noël " que recherchait Anne-marie .Je n'ai encore rien trouvé . Du côté de la Provence , cela pourrait-être du Jean Aicard. A voir.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 19 février 2007

J'ai regardé les 20 propositions. Les bras m'en tombent. Les prépas, s'ils y touchent... Cela donne envie de poser des bombes.
Le CA restreint qui s'octroie le droit de véto absolu sur le recrutement des enseignants-chercheurs... Imaginons un CA aux mains des ex-IUFM...
Le vocabulaire qui est le même absolument le même que celui qui est utilisé dans les collèges pour la mise en place de tous leurs projets mortifères. Les "équipes pédagogiques" des universités!!! Mais ma parole les présidents d'université sont tous "vendus" à l'idéologie de gauche, iufmesque?
La fac qui doit être "le guichet unique de l'aide sociale"! Mais où sommes-nous? C'est ahurissant.
Pauvre Pedro Cordoba, il y a de quoi devenir fou.

Écrit par : Thalie | 19 février 2007

correction : s'instruire.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 19 février 2007

Bonjour,
Je circule à droite à gauche autour de ces questions, j'ai aussi lu le bouquin de JPB, on ne peut pas dire que je sois d'accord sur tout (litote), ce genre d'ouvrage relevant pour partie de l'exercice de style (on ne retient que ce qui est à charge).

Je réagis sur deux points: premièrement, il faut reconnaitre aux contributions de ce blog de ne pas faire table rase des IUFM sans rien proposer d'autre, infantile travers dans lequel tomebent nombre de ces stagiaires que vous citez en guise de soutien... Quant aux IUFM en eux-mêmes mon opinion sera plus partagée bien que j'en sorte (oui c'est rare mais de grâce qu'on ne me taxe pas de collaborationnisme ou que sais-je encore!). Néanmoins je ne suis pas certain que ce soit ici le lieu de développer outre mesure ce point...

Le second point sur lequel j'aimerai revenir est celui de l'écriture d'invention (EdI) Je trouve assez abracabrantesque de prétendre que cet exercice couronne l'hégémonie du style creux sur le fond argumentatif quand c'est précisément tout le contraire qui se produit.
Alors que les IO affirment avec un culot rare que l'EdI n'est nullement inféodée à l'argumentation on constate que depuis l'introduction de l'edI au bac TOUS les sujets sont rattachés à cet objet d'étude (IO", "objet d'étude", je sais, je dis des gros mots par ici...)
J'attends qu'on me donne un seul exemple de sujet d'EdI flirtant avec le pastiche ou la parodie, exercices dont personne ici ne contesterait, je pense, la dimension littéraire ni l'intérêt...

Tang

Un prof de lettres modernes néotitulaire, tout juste certifié, pas encore désagrégé (je ne cite pas la référence que certains reconnaitront, nulle visée polémique dans ce clin d'oeil, plutôt une certaine déférence pour les sortants à ce concours exigeant..)

PS: Merci de ne pas se focaliser sur d'éventuelles fautes de frappe pour glisser ad hominem je trouverais cela déplacé et déplaisant...

PS2: Le pastiche de Montesquieu adressé à Viala est un bel exemple d'argumentation contreproductive tant elle pourrait légitimer l'introduction de cette edI qu'elle prétend contester!

Écrit par : Tang | 19 février 2007

Avec cette licence rénovée, "les prépas n'auront plus lieu d'être", précise Michel Lussault, 3e vice-président. Et pour Thierry Coulhon, 2ème vice-président de la CPU, "l'appartenance des prépas aux lycées n'est plus efficace et ce sont des formations qui ne sont plus adaptées aux enjeux".

Les cons !...Excusez-moi, mais il n'y a pas d'autre mot...et c'est celui que Sartre, qui était pourtant lui aussi un "homme de gauche" aurait employé.

...Ce sont eux qui "n'ont plus lieu d'être", mais, hélàs, ils se croient indispensables.

Ressentiment de minables...

"Vous êtes pédagogue et moralisateur, vous n'êtes fait ni pour le simple, ni pour le vrai." (Henri de Montherlant)

Oui, je sais, c'était un homme de droite...Et je n'en ai rien à faire. Je préfère mourir de droite et en haut de l'Everest que de partager un marécage de gauche avec les grenouilles du bénétier de Mgr Meirieu.

Écrit par : Robin | 19 février 2007

Soit Yves est un grand humoriste, décidé à expliquer aux indécrottables Français que nous sommes le sens exact de cette expression anglaise intraduisible, "tongue in cheek", soit c'est un crétin abyssal.

Pour la CPU, demandez-vous qui sont ces gens-là. Quelle ambition agite Michel Lussault, qui truste les présidences de ceci et de cela. Ou quelle frustration démange Thierry Coulhon, qui changerait bien Cergy-Pontoise pour quelque poste plus prestigieux…
Des p'tits mecs…
Et peut-être ne sont-ils passés par les prépas ni l'un, ni l'autre. Je me suis toujours demandé quelle était la part de la frustration d'avoir échoué Normale-Sup et l'agrèg, dans la carrière d'un Philippe Meirieu.

Quant à ce même Yves qui me reprochait, apparemment, de défendre encore une fois la sélection et l'élite, je lui dirai que mon projet n'est jamais que de proposer à chacun, à chaque niveau de spécialisation, la meilleure formation possible — l'excellence à la portée de tous.

Tiens, je viens de rencontrer Catmano — elle existe !
JPB

Écrit par : brighelli | 19 février 2007

Depuis le temps qu'on tire à boulets rouges sur les prépas, exception française, ragnagna et blablabla... Mais, bon, il y a pas mal de gens aux commandes qui sont passés par. Ils les préservent...au moins (surtout) pour leurs enfants. Il y a quelques années, il était prévu que le recrutement de l'Ecole Polytechnique se fasse sur dossier et entretien et le concours anonyme est toujours là, même s'il reste, semble-t-il, quasi-impossible d'être juif et major du fait de l'encadrement militaire.
pour en revenir à la politique, ça ne vous inquiète pas les suppressions de postes (ou non renouvellements) effectuées par la droite? Les collèges de ZEP avec encore moins de surveillants et tout et tout? C'est juste une question, pas du prosélytisme. Par pitié, ne frappez pas!

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

N'en déplaise à Vous Mr Brighelli je connais d'excellents PE qui ont eu une licence de psycho, de socio, de sciences de l'éducation, de STAPS, etc ... . Certains ayant même des DEA.
Et ils sont reconnus excellents par leurs élèves, les parents d'élèves, les élus des communes, les CPC, les inspecteurs.
Est-ce seulement vous et votre projet de cloisonnement qui avez le droit d'accréditer un niveau?
J'espère bien que cela ne verra jamais le jour.

Écrit par : yves | 19 février 2007

Petit aparté :

Allez voir sur les pages "Horizons" du Monde. C'est un reportage réjouissant qui apporte de l'eau au moulin des brighelliens (une redite d'un des chapitres de la "Fabrique du crétin").

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3230,36-867847,0.html

Japhet

Écrit par : Japhet | 19 février 2007

N'en déplaise à Vous Mr Brighelli je connais d'excellents PE qui ont eu une licence de psycho, de socio, de sciences de l'éducation, de STAPS, etc ... . Certains ayant même des DEA.
Et ils sont reconnus excellents par leurs élèves, les parents d'élèves, les élus des communes, les CPC, les inspecteurs.
Est-ce seulement vous et votre projet de cloisonnement qui avez le droit d'accréditer un niveau?
J'espère bien que cela ne verra jamais le jour.

Ecrit par : yves | 19 février 2007

Je connais d'excellent instit qui n'a que le BAC et qui existe pour de vrai!

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

N'en déplaise à Vous Mr Brighelli je connais d'excellents PE qui ont eu une licence de psycho, de socio, de sciences de l'éducation, de STAPS, etc ... . Certains ayant même des DEA.


Je vous trouve bien sélectif...Vous oubliez les diplômés de l'école de cirque.

Écrit par : Robin | 19 février 2007

Jean Paul BRIGELLI,

Vous nous avez écrit , je reprends donc votre texte en y apportant quelques contributions.

****

FORMATION des MAÎ TRES

Le point le plus discuté de la Charte de l’Education proposée sur ce blog ces dernières semaines est la formation des instituteurs.

******
Cette formation est primordiale. On s’appuie sur ce qui résiste. Ayons une bonne formation de nos futurs instituteurs, résistante aux modes et à la démagogie et le collège s’y appuiera

******
Chacun a son idée sur la question, chacun propose des solutions. Afin de nous y retrouver, je propose ce nouveau fil qui sera consacré à la question.

Merci de votre proposition. Il est sain de s’exprimer. Je sais que la démocratie participative est à l’honneur. Non pas comme la madone, pour combler un vide politique mais pour faire « avancer » une réflexion qui a au moins le mérite d’exister….

Je suggérais il y a déjà un an, dans « À bonne école », la création de CPEP — des Classes Préparatoires à l’Enseignement Primaire. Soumises au même type de recrutement (féroce et efficace) que les actuelles Classes préparatoires aux grandes écoles — un recrutement fondé sur un numerus clausus sérieux,

******
Numerus clausus sérieux….
Délicat quand on sait que la fonction publique ne connaît déjà pas le nombre de ses fonctionnaires. Alors quel type de numerus clausus ?
Numerus clausus sur l’académie, le département, la région, le pays entier ?
Comment projeter les besoins à 5 ans. Un exemple : Un stagiaire …. qui a séjourné dans mon école ….. 72 ème sur la liste complémentaire depuis le résultat du concours 2006. Il vient d’apprendre ces jours- ci sa nomination au bout de plusieurs mois de stress pendu à son portable. Et les gens qui l’ont devancé n’ont pas tous démissionné ou choisi une autre voie comme peut offrir les concours communs aux écoles d’ingénieurs. L’EN est incapable de prévoir ses besoins (INEA EXEA etc..)
Autre exemple : en 1980 on a établi des NC en médecine (PCEM1) on s’est totalement plantés sur les 25 ans etaujourd’ui on manque de toubibs d’où l’ouverture des vannes l’an dernier.


******
fruit de la projection des besoins à venir à cinq ans , ces CPEP formeraient à toutes les disciplines utiles dans le Primaire, et déboucheraient sur un vrai concours.


******

Oui, mais pour ceux en échec de ce concours ? Comparons avec les prépas : Il y a une multitude d’écoles d’ingénieurs et tout étudiant de maths spé peut se rabattre sur une école d’ingénieur de second choix …. ou au pire choisir l’université avec des équivalences. Pour ces recalés des CPEP , quels nouveaux choix ? ….

******
La formation des reçus se continuerait en université sur trois ans, en alternance avec des stages dont chacun reconnaît qu’ils sont la clé de tous les apprentissages, en pédagogie
.
******
L’étudiant instituteur devra valider une action à caractère social d'une durée minimale d'un mois pendant les vacances scolaires au cours de chacune des 3 dernières années .(Compensation civique vu qu’ils seront rétribués et confrontation à la jeunesse et à la « gestion « de groupes)

Car combien voit-on de jeunes stagiaires perdus et n’ayant aucune autorité voire tout simplement présence en face de petits groupes scolaires !

Cette action se fera auprès de jeunes dans les quartiers dits sensibles en collaboration avec les associations déjà en place et dépendant de divers ministères. (La ville, jeunesse et sport, éducation nationale etc. )

Lors de la deuxième et troisième année seront dispensés des cours de psychologie de l’enfant et des conférences de praticiens : juge pour enfants, orthophonistes, personnel de santé

Plusieurs stages sur les deux années dernières, en observation puis en semi-responsabilité la quatrième année et en responsabilité totale au cours de la cinquième année. La classe de CP sera privilégiée. Un tuteur suivra chaque étudiant.
Ces instituteurs parrainant les étudiants instituteurs seraient recrutés sur un entretien de motivation et dossier professionnel et rétribués en conséquence.

Tout retour de stage serait véritablement l’objet d’un débriefing professionnel et l’objet de confrontation sur sa pratique. Ces stages seront notés par les tuteurs

Ces deux dernières années seront validées à partir des stages et des cours.
.
Le mémoire à « problématique pédagogique » tel que nous le connaissons actuellement serait abandonné car il n’est d’aucun intérêt et dans l’esprit de la maison, il ne sert qu’à justifier la mainmise de la chapelle pédagogiste et ses sacristains. Il sera remplacé pourquoi pas ? peut être un véritable mémoire de ses stages où seront notifiées quelques expériences vécues . ?????


******


L’un des avantages par rapport à ce qui se passe actuellement serait bien sûr de donner une vraie formation, une vraie expertise des savoirs, à celles et ceux qui, leur vie durant, apprendront aux autres. Un autre avantage serait d’en finir avec l’autarcie des IUFM, et les absurdes prétentions des « sciences de l’éducation ».


*****************

Les sciences de l’éducation seront enseignées à leur juste intérêt pratique c’est à dire à pas grand-chose.

*
**********************


Enfin, cela permettrait d’éliminer tous ceux qui se présentent aujourd’hui en « candidats libres », et réussissent au moins aussi bien que ceux qui sont passés par l’IUFM — signe infaillible d’une faillite de la formation : quel est le pourcentage de reçus, dans les grandes écoles, de ceux qui se présentent en candidats libres ?

******
Ne pas interdire. Le programme des deux années étant accessibles par tous, pourquoi interdire toute candidature libre. Je ne suis pas en accord avec ce point. Les annales des épreuves sont accessibles à tous.

Aux responsables universitaires de fixer des épreuves justifiant la nécessité de ces CPEP. Si actuellement, on a des candidatures libres ou payant les services d’une pléthore de centres de préparation privée ou publics (CNED, FORPROF …. etc) c’est que le contenu des IUFM n’est pas à la hauteur et qu’il est irrationnellement sélectif donc fortement concurrentiel.

Anecdote personnelle : Mon épouse qui a un doctorat a passé le concours en candidate libre, en suivant mes cours d’IUFM tout en continuant à travailler.


******


Il est très faible, parce qu’il est très difficile de rivaliser avec la formation très pointue des Classes préparatoires. Le tri se ferait donc en amont (juste après le Bac, sur dossier), et en aval — fruit d’un concours un peu plus relevé que celui qui existe aujourd’hui.

Bien sûr, on peut tout imaginer — y compris la création d’un « concours-bis » réservé aux plus de trente ans, à l’âge où, aujourd’hui, tant de mères de familles, tant de déçus du privé, retournent à l’école dans l’espoir d’y trouver leur place comme formateurs.

******
Une proposition pour concilier à la fois les candidatures libres et celles émanant des CPEP :

Majorité des places réservée aux élèves des CPEP (Concours direct) avec limite d’âge fixé à 23 ans comme en prépa pour école d’ingénieur. Possibilité de repasser ce concours une seule fois. Tout étudiant repassant ce concours verra son total de points minoré (comme grandes écoles !)

Minorité des places pour Candidatures libres ayant au minimum une licence (Concours indirect) sans limites d’âge. Pas de possibilité de repasser ce concours

Le pourcentage de places attribué aux concours directs et indirects sera défini selon ….. difficile à déterminer ?

La société actuelle et à venir prévoit pour nos enfants plusieurs vies professionnelles au cours d’une vie active. Alors pourquoi pas enseigner après avoir travaillé en entreprise ou dans d’autres secteurs de la fonction publique ?

******


Je rappelle qu’un tel concours existe aujourd’hui, — pour les mères de trois enfants ou plus, et pour les salariés du privé (pourquoi seulement du privé ?) qui peuvent justifier de cinq années d’exercice en entreprise.

******
Petite anecdote personnelle.
Mon épouse et moi avons travaillé en entreprise pendant près de 10 ans . Bac + 6 tous les deux , nous avons retrouvé une seconde jeunesse dans cette profession !

Dans l’autre école de ma ville, une amie a fait l’INSA de Lyon, a travaillé des années en entreprise … puis exerce comme PE depuis 8ans. Quelle battante ! Elle réveille ses collègues qui ronronnent !


Erreur de JP BRIGHELLI : être mère de 3 enfants ou cadre justifiant de plus de 5 années d’activité professionnelle (possédant un BTS par exemple ): cela permet tout simplement d’être exonéré de la licence universitaire (bac +3) donc de pouvoir rentrer actuellement en IUFM mais pour préparer l'année suivante le concours qui est COMMUN à tous .

******


Bien sûr, on doit pré-rémunérer, comme des élèves d’Ecole Normale Supérieure, les titulaires d’un concours exigeant — d’autant que je ne suis pas sûr que le seul amour du métier suffise, par les temps qui courent, à motiver des candidats pour transpirer sérieusement dans des classes sélectives.

******

Je pense qu’il est sain que des gens venus d’horizons différents intègrent l’E.N. Il vaut mieux sans doute quelqu’un qui vient de l’entreprise, qui se découvre une motivation véritable à 30 ou 35 ans que de voir des enseignants de 35 ans déjà blasés par 10 ans d’enseignement !

*************

Je ne crois pas que la charge financière soit disproportionnée par rapport à ce que coûtent actuellement les IUFM — on sait que le coût par étudiant y est près de six fois supérieur à celui d’un étudiant ordinaire…
Un audit général de ces structures inventées jadis par Philippe Meirieu pour la satisfaction d’une idéologie constructiviste qui a très vite affiché ses limites, et dont le marasme actuel de l’Education dépose le constat de faillite, permettrait d’évaluer exactement ce que coûte à l’Etat la pédagogie du vide… Je l’appelais déjà de mes vœux dans « À bonne école ».

***************
Vite un audit ! Idée Géniale sur gestion, compétences , activités des formateurs etc….

Interdiction aux enseignants des CPEC et des Ecoles d’Applications de faire des « ménages » dans les organismes de formation concurrentiels

******



En définitive, les instituteurs auraient, à la sortie de leur formation, un niveau Bac + 5 qui leur permettrait de revendiquer une rémunération égale à celle de leurs collègues certifiés.

******
Donc catégorie A de la fonction publique

******

Et un profil de carrière comparable. Mais surtout, on pourrait mettre ainsi un terme à ces expérimentations pédagogiques qui opèrent sur du vivant — nos enfants —, pour la plus grande gloire de théoriciens fumeux.
J’attends les objections et les contre-propositions. Ce blog est une usine à idées, et les miennes ne sont pas plus qualifiées que celles des autres.

Jean-Paul Brighelli

*************

Quelques idées Patrick

Écrit par : patrick(instit) | 19 février 2007

Décidement les attaques ad hominem remplacent bien volontiers les arguments et le débat d'idées...

J'avoue peiner à saisir le besoin que ressentent certains à s'abaisser par de tels procédés...

Le parcours de Meirieu, et sa frustration concomitante: de la psychologie de magazine féminin, rien qui soit à l'honneur de ceux qui les emploient...

Écrit par : Tang | 19 février 2007

Robin
Les diplomés de l'école de cirque sont des artistes qui savent véhiculer des sentiments et des émotions. Cela vous semble étranger.
Un défaut majeur relevé chez les nouveaux PLC est le manque de théâtralisation. Un petit stage de cirque leur ferait le plus grand bien afin de capter l'attention d'un auditoire et d'éviter de reléguer les sprectateurs lassés en perm avec les ASEN ou les CPE que votre projet de formation des maîtres ignore.

Écrit par : yves | 19 février 2007

Mesdames et messieurs,
permettez-moi de revenir vers vous pour dire un peu crûment que vos projets, aussi intéressants soient-ils, manquent d'ampleur.
Il faudrait que j'arrive à comprendre le sens de votre démarche:1) présenter, au prochain ministre, un projet susceptible d'être accueilli avec bienveillance et tenter de retarder l'agonie de l'école. 2) présenter un programme complet de refondation.
Il me semble qu'en vos parages, on soit tenté par le premier terme de l'alternative. Que d'idées pour rafistoler ce qui prend l'eau de toutes parts.
PREMIERE CHOSE A AVOIR EN TETE:
( mille excuses pour ne pas arriver à faire paraître l'accentuation sur les majuscules d'imprimerie)
La performance dans l'apprentissage, si elle dépend de la qualité de la formation des maîtres, tient surtout à l'émulation entre élèves. Apprendre, même les choses les plus simples, suppose toujours de se faire violence, de faire un gros effort sur soi-même. Il est toujours plus doux de ne rien faire, de se laisser aller à la belle indolence que de s'escrimer à comprendre quelque chose d'étrange.
Pour instruire une jeunesse, il n'y a pas d'autres moyens que de magnifiquement récompenser les quelques vaillants qui se lanceront à l'abordage du savoir. Dans chaque classe, et dès la première année du primaire, des récompenses et des prix à faire rougir d'envie la paresse native. L'effet est immédiat.
Comment se fait-il que l'on ne me comprenne pas ?
C'est pourtant simple! Imaginez qu'en fait de football, on supprime non seulement la première division mais toutes les divisions inférieures, toute idée de compétition; Dans 30 ans, il n' y aura plus de football en France alors même que nos entraineurs n'auraient rien perdu de leurs qualités.
La compétition, l'émulation, voilà ce que l'on doit poser d'abord.
Ensuite, et seulement ensuite, la formation des maîtres.
(Oui, mesdames et messieurs, Fidel Castro a appris à lire et à écrire à tout un peuple en quelques mois en 1960 avec pour instructeur des gens qui n'avaient pas la moindre formation pédagogique)
Pour apprendre à écrire à quelqu'un, le mieux est de savoir parfaitement écrire soi-même.
Recrutons nos instituteurs parmi nos bacheliers qui savent le mieux notre langue et ses difficultés.
D'abord, la formation des lettres en ses différents caractères.
La première épreuve du concours doit être celle de calligraphie. Ensuite la dictée puis l'épreuve de grammaire et de conjugaison.
L'enseignement doit toujours aller du simple au plus compliqué. Le cycle propédeutique de l'enseignement primaire a pour but de faire acquérir aux élèves la lecture et l'écriture. Les instituteurs doivent donc avoir une parfaite maîtrise de la lecture et de l'écriture. C'est sur cette maîtrise qu'ils doivent être recrutés. La formation des maîtres n'a pas besoin alors de parfaire quoique ce soit en ces domaines puisque la sélectivité du recrutement offre toutes les garanties. Par contre, la formation leur apprendra comment en classe arriver à créer les conditions de l'émulation, source de tous les progrès.
Mesdames et messieurs, remettre sur pied l'école française, suppose de se séparer de la totalité de ceux qui, par carriérisme, ignorance ou lâcheté ont contribué depuis 40 ans à la détruire. Autrement dit, la totalité ou quasi totalité des corps d'encadrement et la majorité des professeurs. Ne nous berçons pas d'illusions, aucune majorité politique ne prendra le risque social de privé d'emploi 600 000 fonctionnaires et de tenir le cap pendant une période transitoire d'une dizaine d'années.
La seule voie réaliste qui s'offre à nous, est de montrer que l'école du pédagogisme et l'école de la connaissance participent de deux manières d'envisager la transmission rigoureusement incompatibles. Nous n'attendons pas de Nicolas Sarkosy ou de François Bayrou qu'ils nous remettent les clés de l'école,objectif irréaliste, mais qu'ils prennent une décision de grande audace en nous permettant sur fonds publics d'organiser une école de la connaissance.
En somme, une nouvelle loi Falloux. En 1850, l'Etat a permis à l'Eglise d'utiliser ses fonds pour financer l'école catholique. Il doit permettre aujourd'hui à l'école de la connaissance de vivre sur un pied d'égalité avec l'école du pédagogisme, étant entendu qu'aucune communauté d'intérêt ne peut les rapprocher.

Écrit par : emh | 19 février 2007

Jean Paul BRIGELLI,

Vous nous avez écrit et je reprends votre texte en y apportant quelques contributions.
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FORMATION des MAÎ TRES

Le point le plus discuté de la Charte de l’Education proposée sur ce blog ces dernières semaines est la formation des instituteurs.
******
Cette formation est primordiale. On s’appuie sur ce qui résiste. Ayons une bonne formation de nos futurs instituteurs, résistante aux modes et à la démagogie et le collège s’y appuiera
******
Chacun a son idée sur la question, chacun propose des solutions. Afin de nous y retrouver, je propose ce nouveau fil qui sera consacré à la question.

Merci de votre proposition. Il est sain de s’exprimer. Je sais que la démocratie participative est à l’honneur. Non pas comme la madone, pour combler un vide politique mais pour faire « avancer » une réflexion qui a au moins le mérite d’exister….

Je suggérais il y a déjà un an, dans « À bonne école », la création de CPEP — des Classes Préparatoires à l’Enseignement Primaire. Soumises au même type de recrutement (féroce et efficace) que les actuelles Classes préparatoires aux grandes écoles — un recrutement fondé sur un numerus clausus sérieux,
******
Numerus clausus sérieux….
Délicat quand on sait que la fonction publique ne connaît déjà pas le nombre de ses fonctionnaires. Alors quel type de numerus clausus ?
Numerus clausus sur l’académie, le département, la région, le pays entier ?
Comment projeter les besoins à 5 ans. Un exemple : Un stagiaire …. qui a séjourné dans mon école ….. 72 ème sur la liste complémentaire depuis le résultat du concours 2006. Il vient d’apprendre ces jours- ci sa nomination au bout de plusieurs mois de stress pendu à son portable. Et les gens qui l’ont devancé n’ont pas tous démissionné ou choisi une autre voie comme peut offrir les concours communs aux écoles d’ingénieurs. L’EN est incapable de prévoir ses besoins (INEA EXEA etc..)
Autre exemple : en 1980 on a établi des NC en médecine (PCEM1) on s’est totalement plantés sur les 25 ans etaujourd’ui on manque de toubibs d’où l’ouverture des vannes l’an dernier.


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fruit de la projection des besoins à venir à cinq ans , ces CPEP formeraient à toutes les disciplines utiles dans le Primaire, et déboucheraient sur un vrai concours.
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Oui, mais pour ceux en échec de ce concours ? Comparons avec les prépas : Il y a une multitude d’écoles d’ingénieurs et tout étudiant de maths spé peut se rabattre sur une école d’ingénieur de second choix …. ou au pire choisir l’université avec des équivalences. Pour ces recalés des CPEP , quels nouveaux choix ? ….

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La formation des reçus se continuerait en université sur trois ans, en alternance avec des stages dont chacun reconnaît qu’ils sont la clé de tous les apprentissages, en pédagogie
.
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L’étudiant instituteur devra valider une action à caractère social d'une durée minimale d'un mois pendant les vacances scolaires au cours de chacune des 3 dernières années .(Compensation civique vu qu’ils seront rétribués et confrontation à la jeunesse et à la « gestion « de groupes)

Car combien voit-on de jeunes stagiaires perdus et n’ayant aucune autorité voire tout simplement présence en face de petits groupes scolaires !

Cette action se fera auprès de jeunes dans les quartiers dits sensibles en collaboration avec les associations déjà en place et dépendant de divers ministères. (La ville, jeunesse et sport, éducation nationale etc. )

Lors de la deuxième et troisième année seront dispensés des cours de psychologie de l’enfant et des conférences de praticiens : juge pour enfants, orthophonistes, personnel de santé

Plusieurs stages sur les deux années dernières, en observation puis en semi-responsabilité la quatrième année et en responsabilité totale au cours de la cinquième année. La classe de CP sera privilégiée. Un tuteur suivra chaque étudiant.
Ces instituteurs parrainant les étudiants instituteurs seraient recrutés sur un entretien de motivation et dossier professionnel et rétribués en conséquence.

Tout retour de stage serait véritablement l’objet d’un débriefing professionnel et l’objet de confrontation sur sa pratique. Ces stages seront notés par les tuteurs

Ces deux dernières années seront validées à partir des stages et des cours.
.
Le mémoire à « problématique pédagogique » tel que nous le connaissons actuellement serait abandonné car il n’est d’aucun intérêt et dans l’esprit de la maison, il ne sert qu’à justifier la mainmise de la chapelle pédagogiste et ses sacristains. Il sera remplacé pourquoi pas ? peut être un véritable mémoire de ses stages où seront notifiées quelques expériences vécues . ?????
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L’un des avantages par rapport à ce qui se passe actuellement serait bien sûr de donner une vraie formation, une vraie expertise des savoirs, à celles et ceux qui, leur vie durant, apprendront aux autres. Un autre avantage serait d’en finir avec l’autarcie des IUFM, et les absurdes prétentions des « sciences de l’éducation ».
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Les sciences de l’éducation seront enseignées à leur juste intérêt pratique c’est à dire à pas grand-chose.

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Enfin, cela permettrait d’éliminer tous ceux qui se présentent aujourd’hui en « candidats libres », et réussissent au moins aussi bien que ceux qui sont passés par l’IUFM — signe infaillible d’une faillite de la formation : quel est le pourcentage de reçus, dans les grandes écoles, de ceux qui se présentent en candidats libres ?

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Ne pas interdire. Le programme des deux années étant accessibles par tous, pourquoi interdire toute candidature libre. Je ne suis pas en accord avec ce point. Les annales des épreuves sont accessibles à tous.

Aux responsables universitaires de fixer des épreuves justifiant la nécessité de ces CPEP. Si actuellement, on a des candidatures libres ou payant les services d’une pléthore de centres de préparation privée ou publics (CNED, FORPROF …. etc) c’est que le contenu des IUFM n’est pas à la hauteur et qu’il est irrationnellement sélectif donc fortement concurrentiel.

Anecdote personnelle : Mon épouse qui a un doctorat a passé le concours en candidate libre, en suivant mes cours d’IUFM tout en continuant à travailler.

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Il est très faible, parce qu’il est très difficile de rivaliser avec la formation très pointue des Classes préparatoires. Le tri se ferait donc en amont (juste après le Bac, sur dossier), et en aval — fruit d’un concours un peu plus relevé que celui qui existe aujourd’hui.

Bien sûr, on peut tout imaginer — y compris la création d’un « concours-bis » réservé aux plus de trente ans, à l’âge où, aujourd’hui, tant de mères de familles, tant de déçus du privé, retournent à l’école dans l’espoir d’y trouver leur place comme formateurs.
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Une proposition pour concilier à la fois les candidatures libres et celles émanant des CPEP :

Majorité des places réservée aux élèves des CPEP (Concours direct) avec limite d’âge fixé à 23 ans comme en prépa pour école d’ingénieur. Possibilité de repasser ce concours une seule fois. Tout étudiant repassant ce concours verra son total de points minoré (comme grandes écoles !)

Minorité des places pour Candidatures libres ayant au minimum une licence (Concours indirect) sans limites d’âge. Pas de possibilité de repasser ce concours

Le pourcentage de places attribué aux concours directs et indirects sera défini selon ….. difficile à déterminer ?

La société actuelle et à venir prévoit pour nos enfants plusieurs vies professionnelles au cours d’une vie active. Alors pourquoi pas enseigner après avoir travaillé en entreprise ou dans d’autres secteurs de la fonction publique ?
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Je rappelle qu’un tel concours existe aujourd’hui, — pour les mères de trois enfants ou plus, et pour les salariés du privé (pourquoi seulement du privé ?) qui peuvent justifier de cinq années d’exercice en entreprise.

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Petite anecdote personnelle.
Mon épouse et moi avons travaillé en entreprise pendant près de 10 ans . Bac + 6 tous les deux , nous avons retrouvé une seconde jeunesse dans cette profession !

Dans l’autre école de ma ville, une amie a fait l’INSA de Lyon, a travaillé des années en entreprise … puis exerce comme PE depuis 8ans. Quelle battante ! Elle réveille ses collègues qui ronronnent !


Erreur de JP BRIGHELLI : être mère de 3 enfants ou cadre justifiant de plus de 5 années d’activité professionnelle (comme un BTS ): cela permet tout simplement d’être exonéré de la licence universitaire (bac +3) donc de rentrer actuellement en IUFM mais pour préparer le concours qui est COMMUN à tous .

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Bien sûr, on doit pré-rémunérer, comme des élèves d’Ecole Normale Supérieure, les titulaires d’un concours exigeant — d’autant que je ne suis pas sûr que le seul amour du métier suffise, par les temps qui courent, à motiver des candidats pour transpirer sérieusement dans des classes sélectives.
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Je pense qu’il est sain que des gens venus d’horizons différents intègrent l’E.N. Il vaut mieux sans doute quelqu’un qui vient de l’entreprise, qui se découvre une motivation véritable à 30 ou 35 ans que de voir des enseignants de 35 ans déjà blasés par 10 ans d’enseignement !

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Je ne crois pas que la charge financière soit disproportionnée par rapport à ce que coûtent actuellement les IUFM — on sait que le coût par étudiant y est près de six fois supérieur à celui d’un étudiant ordinaire…
Un audit général de ces structures inventées jadis par Philippe Meirieu pour la satisfaction d’une idéologie constructiviste qui a très vite affiché ses limites, et dont le marasme actuel de l’Education dépose le constat de faillite, permettrait d’évaluer exactement ce que coûte à l’Etat la pédagogie du vide… Je l’appelais déjà de mes vœux dans « À bonne école ».

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Vite un audit ! Idée Géniale sur gestion, compétences , activités des formateurs etc….

Interdiction aux enseignants des CPEC et des Ecoles d’Applications de faire des « ménages » dans les organismes de formation concurrentiels

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En définitive, les instituteurs auraient, à la sortie de leur formation, un niveau Bac + 5 qui leur permettrait de revendiquer une rémunération égale à celle de leurs collègues certifiés.

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Donc catégorie A de la fonction publique


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Et un profil de carrière comparable. Mais surtout, on pourrait mettre ainsi un terme à ces expérimentations pédagogiques qui opèrent sur du vivant — nos enfants —, pour la plus grande gloire de théoriciens fumeux.
J’attends les objections et les contre-propositions. Ce blog est une usine à idées, et les miennes ne sont pas plus qualifiées que celles des autres.

Jean-Paul Brighelli
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Quelques idées Patrick

Écrit par : patrick(instit) | 19 février 2007

Il y a des fois où je me demande quels sont les véritables enjeux de ce débat sur la formation des maîtres de primaire?
N'ayant jamais eu l'ambition du pouvoir, je crains de ne pas être à même de comprendre... Probablement trop d'intérêts sont en jeu.

Ecrit par : dobolino | 19 février 2007
"Probablement trop d'intérêts sont en jeu." celui des enfants quant à lui, est visiblement totalement "hors jeu".
Hors c'est l'intérêt des enfants qui doit , à mon sens , primer! c'est notre rôle fondamental de parent que d'y veiller?La question de leur instruction est traitée par dessus la jambe.
Quel point commun avons nous, tous:profs, parents, politiques ? celui d'être parent( ou d'en être un potentiel) et nous avons le devoir de le rester avant tout! grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

zéro pointé, hors sujet mais basta!

la manière dont les enseignants étaient recrutés avant l'iufm était-elle si discutable pour qu'on lui substitue ces instituts /fabriques d'illusionnistes-prestidigitateurs qui transforment nos charmants bambins en génies? pourquoi vouloir toujours réformer ? revenir à ce mode de recrutement est-il rédhibitoire?

en ce qui concerne la formation des instits il me semble que les écoles normales d'instits répondaient à la spécificité de cette formation...

mais c'est trop réac ,sans doute, dans une société où il faut faire moderne, être à la pointe de la mode...le relooking des formations c'est très tendance et il faut croire que la création des iufm se voulait très avant gardiste ...Quant on voit le résultat on se dit que privilégier le vernis qui brille tout de suite aux sous-couches( qui lui aurait donner un fini et un brillant plus profond),il aurait peut-être été plus raisonnable d'envisager une "restauration". Aujourd'hui ça ne craquelle plus, ça se délite....

Écrit par : Patricia Mesnigé | 19 février 2007

Le parcours de Meirieu, et sa frustration concomitante: de la psychologie de magazine féminin, rien qui soit à l'honneur de ceux qui les emploient...

Ecrit par : Tang | 19 février 2007

Robin

Les diplomés de l'école de cirque sont des artistes qui savent véhiculer des sentiments et des émotions. Cela vous semble étranger.
Un défaut majeur relevé chez les nouveaux PLC est le manque de théâtralisation. Un petit stage de cirque leur ferait le plus grand bien afin de capter l'attention d'un auditoire et d'éviter de reléguer les sprectateurs lassés en perm avec les ASEN ou les CPE que votre projet de formation des maîtres ignore.

Ecrit par : yves | 19 février 2007

A Yves (et à Tang)

D'abord à Tang : ce n'est pas nous qui écrivons dans les magazines féminins, mais Monsieur Philippe Meirieu, Tang. Quant à sa frustration, elle est bel et bien réelle, hélàs. Si vous n'osez pas lire la "Généalogie de la morale" de Niezsche, lisez au moins "L'homme du ressentiment" de Max Sheler. Il y a un chapitre entier qui s'applique point par point à lui et ses semblables.

yves, J'espère que vous plaisantez ! Non ? Sinon, je veux bien faire un effort par considération pour votre saint patron, un breton pur beurre qui aimait vraiment les pauvres et qui n'avait rien d'un idéologue.

Je trouve que vous manquez un peu de "légèreté" (pas l'insoutenable de Kundera, mais celle de Mozart et de Beaumarchais;voire de Voltaire dans ses meilleurs moments...Vous savez le XVIIIème siècle, juste avant le XIXème et Monsieur Homais, si vous avez lu Madame Bovary)

Je suis bien placé pour apprécier les mérites des écoles de cirque et j'ai une grande estime pour les gens qui y exercent. Notre fils cadet était un véritable mordu et il arrivait à faire du diabolo sur une double couche de rouleaux américains...

Mais ses professeurs (un couple connu dans le monde entier, à commencer par les Etats-Unis) n'ont jamais confondu, comme vous le faites, leur rôle avec celui d'un instituteur.

Par ailleurs, sans vouloir jouer bêtement sur l'expression "faire le clown",(J'ai le plus grand respect pour les clowns,), il me semble que vous confondez le cirque avec le théâtre.

L'histoire du manque de "théâtralisation" est une tarte à la crème de la pédagogie. On peut être un excellent professeur sans avoir jamais fait de théâtre.

essayez donc de sortir un peu de la secte de Monsieur Meyrieu et de vous livrer à des activités plus "diversifiées"...comme le cirque, le théâtre ou l'enseignement. Mais comme je le disais souvent à mes élèves : "Soyez dans ce que vous faites !"

Écrit par : Robin | 19 février 2007

Robin je ne suis pas un zélateur de Meirieu mais sincèrement l'attaquer ad hominem dessert le reste de votre argumentation à mon humble avis...
Dans un ouvragre polémique comme celui de JPB cela se comprendrait aisément, ici en commentaire d'une charte qiu se veut sérieuse c'est modéremment judicieux je trouve...

Je prends note de vos suggestions de lecture, je me vois mal effrayé par un livre... Mais n'utilisez pas ces auteurs comme caution pour des attaques ad hominem comme toujours plus dégradantes pour celui qui les emploie que pour leur cible...

Sur la forme la référence aux magasines féminins était de pure provocation j'en conviens...

Écrit par : Tang | 19 février 2007

le blog me semble brutalement déserté en ce lundi soir.
Rassurez-moi! Je n'ose croire que vous soyez installés devant vos téléviseurs pour passer la soirée avec celle que nous devons vouer aux gémonies!
Son puritanisme fascisant curieusement mêlé à une déification idolâtre de l'enfance font de cette femme un monstre. Nous serions bien inspirés de la tenir le plus loin possible des cercles de pouvoir et de commencer par la laisser déblatérer seule sur le plateau de TF1 ce soir.
Fermez la télé et revenons nous tenir compagnie pour travailler à la mise en forme d'un projet d'organisation de l'école de la connaissance.

Écrit par : emh | 19 février 2007

nan nan pas de tele moi je vous lis. Je suis d'accord avec 90 % de ce qui a été écrit. En tant qu'instit je vote à 200 % pour la rénovation de la formation, j'ai déjà raconté mon expérience perso de l'iufm. Un avantage tout de même au passage des pe par les facs : la découverte d'un univers intellectuel enrichissant et peut-être pour certains la possibilité de passer dans le secondaire.

Écrit par : Ronin | 19 février 2007

La fac enrichissante intellectuellement, ca dépend des rencontres... En fac de lettres de tte façon la faune observable se retrouvera en IUFM (côté étudiants)...
Quant aux profs, le pire cotoie le meilleurs aussi bien qu'ailleurs il me semble...

Écrit par : Tang | 19 février 2007

La fac enrichissante intellectuellement, ca dépend des rencontres... En fac de lettres de tte façon la faune observable se retrouvera en IUFM (côté étudiants)...
Quant aux profs, le pire cotoie le meilleurs aussi bien qu'ailleurs il me semble...

Écrit par : Tang | 19 février 2007

Désolé pour le doublon (nullement savant pour le coup): je vais arrêter de boire promis...

Écrit par : Tang | 19 février 2007

Tang

Je vous assure que je ne fais pas de fixation sur Meirieu, mais chaque fois que j'essaye de l'oublier, l'un de ses amis se rappelle à mon bon souvenir...Comme les deux Chevalier et Laspalès de l'université dont nous a parlé JPB, qui veulent supprimer les classes préparatoires à l'Ecole normale supérieure (et l'ENS dans la foulée, j'imagine !). Je maintiens que leur motivation relève de la jalousie et du ressentiment pur et simple.

Écrit par : Robin | 19 février 2007

Je comprends mal ce qui pourrait motiver la suppression des prépa... Ces filières présentent l'intérêt d'offrir une formation généraliste à tout prendre.
Pour ce qiu est de leur excellence (l'élite comme ils disent eux même) j'ai pu constater que très souvent elle n'était que théorique en province...
Pas de quoi en faire un fromage même pour quelque recalé aigri!

Écrit par : Tang | 19 février 2007

d'accord avec Robin. Tang j'ai dû avoir de la chance mais mes profs étaient bons et surtoutintéressants (fo dire que ça me plaisait ).

Écrit par : Ronin | 19 février 2007

Pour Tang :

« J'attends qu'on me donne un seul exemple de sujet d'EdI flirtant avec le pastiche ou la parodie, exercices dont personne ici ne contesterait, je pense, la dimension littéraire ni l'intérêt... »
1. En effet, l’imitation est tout à fait littéraire. Cf. à ce sujet Violaine Houdart-Merot, Réécriture et. écriture d’invention au lycée

« second point sur lequel j'aimerai revenir est celui de l'écriture d'invention (EdI) Je trouve assez abracabrantesque de prétendre que cet exercice couronne l'hégémonie du style creux sur le fond argumentatif quand c'est précisément tout le contraire qui se produit. »


2. Dans l’esprit, il s’agit , bien souvent , d’un exercice d’argumentation. Dans les faits, je souligne que beaucoup d’ élèves se méprennent sur le sens et la portée de l’exercice. Je pourrais vous montrer quelques copies, y compris de bons élèves, qui se sont concentrées sur la seule forme ou sur les contraintes énonciatives.

« Le mémoire à « problématique pédagogique » tel que nous le connaissons actuellement serait abandonné car il n’est d’aucun intérêt et dans l’esprit de la maison, il ne sert qu’à justifier la mainmise de la chapelle pédagogiste et ses sacristains. Il sera remplacé pourquoi pas ? peut être un véritable mémoire de ses stages où seront notifiées quelques expériences vécues . »

il faut être honnête . Le vécu est déjà une des exigences du mémoire pro. Toutefois, on peut se poser la question de l’intérêt d’un tel mémoire . S’il s’agit de réfléchir (à) sa pratique , c’est inutile. Les « heures de concertation » suffisent. S’il s’agit d’inciter à la recherche , même conclusion : on peut légitimement penser qu’un étudiant qui a passé quatre ans à la fac a acquis quelques réflexes. Reste effectivement la dernière hypothèse : forcer à la lecture de littérature pédagogique.

Une anecdote. En une certaine ville, il est devenu très difficile pour les étudiants de l’université voisine, inscrits en candidats libres au Capes et généralement agrégatifs, d’assister en auditeurs libres aux cours de didactique dispensés par l’IUFM. Pourquoi ? Car les stats de l’IUFM commencent sérieusement à baisser.

Écrit par : Burlador | 19 février 2007

Salut Burlador,
je connais l'ouvrage de Houdart-Mérot: pour être tt à fait honnête mon mémoire pro portait sur l'Edi au lycée (niveau 2nde donc).

Effectivement s'il s'ait des élèves je suis partiellement d'accord mais j'aurai tendance à dire que quand ils prennent en compte les critères formels c'ets déjà bien, hin hin hin... (j'exagère un peu mais bon parfois on n'en est pas loin)

En ce qui concerne le Mémoire pro en lui-même je trouve l'avis de JPB encore caricatural... On pourrait même dire que cet exercice permet l'évaluation des compétences du futur prof à l'écrit... (mouarf j'en rajoute un peu)

Il y a moyen de faire quelque chose d'intéressant dans le cadre du mémoire professionnel... il y a aussi moyen de bidonner 30 pages artificielles...

Quant aux lectures pédagogiques: ne devrait on pas laisser le futur enseignant aiguiser son esprit critique sur ces ouvrages? Depuis quand une lecture est a priori mauvaise???

Il me semble que pousser la liberté pédagogique à son plus haut point requiert de n'interdire la fréquentation d'aucun auteur fut-il de la chapelle pédago (oui même Meirieu!)

Écrit par : Tang | 19 février 2007

Bonsoir,
" L'homme que j'ai devant moi, c'est son âme que je veux voir,et plus il est grand, plus on le glorifie et plus je crains pour son âme." ROUAULT.

Merci à vous Robin pour ces informations sur ce peintre écorché vif et dont les préoccupations ne sont pas si éloignées de celles qui sont exprimées sur ce blog.
Bonnet d'âne. Cette expression n'est pas forcément péjorative et l'âne n'est pas toujours cet animal stupide et borné comme on le croit si souvent. Il est prudent m'a t-on affirmé. Je viens d'achever la lecture de "Voyage avec un âne dans les Cévennes" de Stevenson, un autre écorché vif, et je reproduis ici quelques lignes de la fin. Le voyage est terminé et Stevenson a dû se séparer de son ânesse Modestine, prénom qu'il est superflu de commenter.

" Ce ne fut qu'après être bien installé auprès du conducteur et roulant à travers un vallon rocailleux aux oliviers rabougris que j'eus conscience qu'il me manquait quelquechose.J'avais perdu Modestine. Jusqu'à cet instant, j'avais cru la détester; mais à présent qu'elle était partie"Ah! Quel changement pour moi !"
Pendant douze jours nous avions été d'inséparables compagnons : nous avions parcouru sur les hauteurs plus de cent vingt kilomètres, traversé plusieurs chaînes de montagnes considérables, fait ensemble notre petit bonhomme de chemin avec nos six jambes par plus d'une route rocailleuse et plus d'une piste marécageuse. Après le premier jour, quoique je fusse souvent choqué et hautain dans mes façons, j'avais cessé de m'énerver. Pour elle, la pauvre âme, elle en était venue à me considérer comme une providence. Elle aimait manger dans ma main. elle était patiente,élégante de formes et couleur d'une souris idéale, inimitablement menue."

La pauvre âme: âne et âme. Ces deux mots se ressemblent. Je me souviens avoir lu , voici trente ans au moins " L'âne d'or" d Apulée dans la collection folio, et j'avais été intéressée par la préface de Jean-Louis Bory expliquant que l'apparence est illusoire. Le malheureux Lucius transformé en âne redevient homme après avoir compris que seules comptent l'unité fondamentale de l'être et le permanence de l'âme. La métamorphose a été formatrice.
Stevenson, quant à lui, entreprend un voyage éprouvant pour y voir plus clair et prendre une décision engageant une vie nouvelle. S'il recherche la solitude des grands espaces, il demeure ouvert aux diverses rencontres et les plus enrichissantes ne sont pas toujours celles que l'on peut supposer.

Que cherchons - nous sur " Bonnet d'âne" dans la confrontation de nos échanges ? L'âme perdue de notre métier peut - être, même si nous ne l'exerçons plus.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 19 février 2007

"Majorité des places réservée aux élèves des CPEP (Concours direct) avec limite d’âge fixé à 23 ans comme en prépa pour école d’ingénieur. Possibilité de repasser ce concours une seule fois. Tout étudiant repassant ce concours verra son total de points minoré (comme grandes écoles !)"
Ouais! ouais! Cette mesure fut le moyen de générer des économies de formation et non de sélectionner les gens les plus aptes. Favoriser les bizuths, c'est économiser une année de prépa, quitte à prendre un gars non opérationnel à la place d'une tronche qui a une année de prépa supplémentaire. Faut avoir de la m... dans les yeux ou n'avoir jamais passer un concours pour ne pas voir la vraie raison qui est qu'un bizuth coûte moins cher qu'un carré et qu'un 3/2 coûte moins cher qu'un 5/2. Début de la démolition programmée des prépas. Un candidat est un candidat anonyme et aucun handicap ne peut tenir, que le meilleur gagne.
Vous vous voyez à mettre des handicaps à ceux qui passent le CAPES ou l'Agreg pour la deuxième fois et d'interdire l'accès à une troisième présentation à ces concours?
N.B.: je précise que j'ai intégré en bizuth sans handicap, pour ceux qui penseraient que j'ai intégré en cube et que je défends mon steack.

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

A ce compte là, je demande l'interdiction de présenter l'agreg à ceux qui ont échoué ou qui ont plus de 23 ans. Allez, au rendement! Moins de cours d'agreg, ça nous fera des économies! Vous savez combien ça se paye un cours d'agreg? Et vous savez comment est calculée la retraite des profs de fac, y compris de ceux qui vomissent le PS et Jospin?
Mon papa qui est apolitique, atrabilaire et misanthrope et ne vote plus qu'aux municipales est allé voter pour lui en 2002 "par reconnaissance du ventre".

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

le blog me semble brutalement déserté en ce lundi soir.
Rassurez-moi! Je n'ose croire que vous soyez installés devant vos téléviseurs pour passer la soirée avec celle que nous devons vouer aux gémonies!

Ecrit par : emh | 19 février 2007

Non seulement je vote pour elle mais en plus je suis suffisamment intelligente pour ET l'écouter Et vous répondre.
Pour moi, c'est pas la Madonne, c'est une femme qui en a dans le ventre et qui est d'un pragmatisme loin des théories fumeuses de ceux qui ont appris Barthes par cœur, croyant ainsi impressionner les masses laborieuses.
Il est vrai que le Coq Gaulois tente de la pousser à la gamelle, même le Coq de gauche. Pour quelques sous-marins, un néologisme et une vidéo...
Vous n'êtes pas prêts à quitter la langue de bois et vous me fatiguez grandement parfois.
Votez Sarko, grand bien vous fasse, mais ne venez pas pleurnicher après.

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

Que cherchons - nous sur " Bonnet d'âne" dans la confrontation de nos échanges ? L'âme perdue de notre métier peut - être, même si nous ne l'exerçons plus.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 19 février 2007

"Animula vagula blandula
Hospes comesque corporis
Quae nunc abibis in loca
Pallidula rigida nudula
nec ut soles dabis iocos."

Hadrien (l'empereur) cité par Marguerite Yourcenar dans ses Mémoires imaginaires, mais le poème, lui, ne l'est pas.

"Amelette vaguelette mignonnette
Très chère hôtesse de mon corps
Et qui mantenant descend seulette
Dans les lieux livides des morts
Où jamais ne seras guilllerette !"

(à faire lire à tous ceux qui, comme Michel Onfray pensent que les païens étaient des gens joyeux.)

Vous connaissez sans doute aussi , Hélène, le poème de Francis Jammes :

J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.

Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles ;

et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.

Il va, près des fossés,
d’un petit pas cassé.

Mon amie le croit bête
parce qu’il est poète.

Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours.

Jeune fille au doux cœur,
tu n’as pas sa douceur :

car il est devant Dieu
l’âne doux du ciel bleu.

Et il reste à l’étable,
fatigué, misérable,

ayant bien fatigué
ses pauvres petits pieds.

Il a fait son devoir
du matin jusqu’au soir.

Qu’as-tu fait jeune fille ?
Tu as tiré l’aiguille...

Mais l’âne s’est blessé :
la mouche l’a piqué.

Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.

Qu’as-tu mangé petite ?
— T’as mangé des cerises.

L’âne n’a pas eu d’orge,
car le maître est trop pauvre.

Il a sucé la corde,
puis a dormi dans l’ombre...

La corde de ton cœur
n’a pas cette douceur.

Il est l’âne si doux
marchant le long des houx.

J’ai le cœur ulcéré :
ce mot-là te plairait.

Dis-moi donc, ma chérie,
si je pleure ou je ris ?

Va trouver le vieil âne,
et dis-lui que mon âme

est sur les grands chemins,
comme lui le matin.

Demande-lui, chérie,
si je pleure ou je ris ?

Je doute qu’il réponde :
il marchera dans l’ombre,

crevé par la douceur,
sur le chemin en fleurs.

Écrit par : Robin | 19 février 2007

Celle-ci, on peut même la chanter...

Aufray

Le petit âne gris

Ecoutez cette histoire
Que l'on m'a racontée.
Du fond de ma mémoire,
Je vais vous la chanter.
Elle se passe en Provence,
Au milieu des moutons,
Dans le sud de la France,
Au pays des santons.

Quand il vint au domaine,
Y avait un beau troupeau.
Les étables étaient pleines
De brebis et d'agneaux.
Marchant toujours en tête
Aux premières lueurs,
Pour tirer sa charrette,
Il mettait tout son cœur.

Au temps des transhumances,
Il s'en allait heureux,
Remontant la Durance,
Honnête et courageux
Mais un jour, de Marseille,
Des messieurs sont venus.
La ferme était bien vieille,
Alors on l'a vendue.

Il resta au village.
Tout le monde l'aimait bien,
Vaillant, malgré son âge
Et malgré son chagrin.
Image d'évangile,
Vivant d'humilité,
Il se rendait utile
Auprés du cantonnier.

Cette vie honorable,
Un soir, s'est terminée.
Dans le fond d'une étable,
Tout seul il s'est couché.
Pauvre bête de somme,
Il a fermé les yeux.
Abandonne des hommes,
Il est mort sans adieux.

Mm mm mmm mm...
Cette chanson sans gloire
Vous racontait la vie,
Vous racontait l'histoire
D'un petit âne gris...

Écrit par : Maminou | 19 février 2007

Dobolino, je suis entièrement d'accord avec vous: on peut même faire trois choses en même temps étant donné le niveau du discours: l'écouter et penser à Poujade et à tous les populistes , vous répondre et discuter de Barthes en même temps. Notez que seul Barthes occupe mon cerveau.

Écrit par : Thalie | 19 février 2007

Pour Yves
Qu'est un PE ? merci de sortir de votre sphère et de penser aux non-enseignants
A bientôt"
anne

Écrit par : Anne (parente d'élève uniquement) | 19 février 2007

Et celui-là :

Lorsqu ' il faudra aller vers Vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller,
comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au paradis,
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui,
d'un brusque mouvement d'oreille,
chassez les mouches plates, les coups
et les abeilles...
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
Que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits
pieds
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,
suivis de ceux qui portèrent au flanc
des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas
cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en rond.

Mon Dieu faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous
conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent
des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur Vos divines eaux je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.

Francis Jammes

Écrit par : Robin | 19 février 2007

PE=professeur des écoles=instituteur anciennement...

Désolé l'échange prend parfois l'apparence d'un débat d'initiés...

Écrit par : Tang | 19 février 2007

Dobolino, je suis entièrement d'accord avec vous: on peut même faire trois choses en même temps étant donné le niveau du discours: l'écouter et penser à Poujade et à tous les populistes , vous répondre et discuter de Barthes en même temps. Notez que seul Barthes occupe mon cerveau.

Ecrit par : Thalie | 19 février 2007
désolée pour vous si vous vous arrêtez à votre salle de classe ! J'ai entendu du bon sur le logement, l'agriculture et la chasse et je continue à écouter. La France ne se résume pas à son école... A votre école et au petit bout de votre nez. Si vous lisiez un peu des collections Harlequin?

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

Soirée poésie:
"Loin dans l'âme les solitudes s'étendent sous le soleil mort de l'amour de soi. A l'aube, on voit monter dans la torpeur des marais des bancs de brouillard immense qu'emploient les poètes pour donner le vague à l'âme et la peur"

...

De Patrice de la Tour du Pin

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

A Yves, qui écrit :
« Il est également totalement faux de prétendre que la formation en PE1 à l'IUFM ne donne pas des avantages. Si les candidats au concours issus de cette PE1 représentent 20 % des inscrits ils forment au final au moins 65 % des reçus. (sur une année sans compter celles et ceux qui le retenteraient pour une seconde fois tout en bénéficiant d'une année de PE1 à n-1) Ceci suffit à prouver la valeur ajoutée de cette formation. C'est pourquoi ils sont très nombreux à briguer une préparation en IUFM. Mais ceci vous semblez l'ignorer. »

Bien sûr que cette formation en PE1 donne des avantages et que beaucoup de candidats « briguent » une telle préparation ! Je ne l’ignore pas du tout, bien au contraire. Ce qui est assez drôle pour des partisans de la non-sélection et de la réussite pour tous, c’est qu’ils prônent leur idéal pour les autres tout en faisant exactement le contraire dans leur propre boutique. Et que, conformément à la stratégie dite de « régulation des flux » (ah, qu’en termes galants…), les IUFM sont de plus en plus sélectifs : les candidats au concours ayant fait une année de PE1 étaient 36% du total en 1992 et ne sont plus que 18,7% en 2005 (dernier chiffre disponible). Vous n’avez donc pas une pensée un peu émue pour les 81,3% de licenciés exclus qui doivent se démerder par eux-mêmes ou avoir recours à une officine privée ? Elles prolifèrent en ce moment : Supdecours, Cours Galien, Cours de France, Formathèmes ou Forprof (qui revendique à elle seule 80 lieux de cours en France et 3400 inscrits en 2004-2005). Le comble est que la plupart de ces entreprises privées se targuent, dans leur publicité, de compter au nombre de leurs enseignants des formateurs en IUFM, qui arrondissent ainsi leurs fins de mois en faisant casquer les candidats qu’ils ont eux-mêmes exclus de la préparation publique. Le prix d’une formation privée complète oscille entre 3000 et 3600 euros. Parmi ces âmes charitables : le professeur d’IUFM à la retraite Eveline Charmeux qui, après avoir partagé les délires du sieur Foucambert, est récemment partie faire la guerre aux pronoms tout en recevant les émoluments d’une boite privée.

Autre chose : les résultats de cette politique sélective. Les lauréats issus des IUFM étaient 71% en 1992, ils sont aujourd’hui 56,6% ! (Le chiffre que vous donnez de 65% est totalement faux). Quelle victoire ! Depuis le début de leur étrange carrière, les IUFM ont perdu plus de 14 points en parts de marché.

J’ai donné ces chiffres il y a déjà plusieurs années et ce qui s’est passé depuis n’a fait que confirmer une évolution prévisible : c’est justement ce que je voudrais éviter si nous présentons un projet alternatif, mais lui aussi fondé sur une présélection des candidats. D’abord estomaqués, les responsables des IUFM ont eu ensuite le temps de trouver la parade – du moins l’ont-ils cru. « Vos chiffres sont faux », c’est ainsi que m’accueillit au Ministère le sieur Sheringam, ci-devant vice président de la CDIUFM puis chargé du dossier au cabinet Fillon (ces gens-là s’infiltrent comme des couleuvres dans toute place qui leur permet de veiller au grain). – Ah, bon ! répondis-je. – Oui, car vous ne tenez pas compte des redoublants : ceux qui après une première année d’IUFM réussissent ensuite le concours en candidats libres. Cet argument s’est répandu dans les hautes sphères. Une dame du Ministère me le ressortit quelque temps après : si on compte les doublants, c’est 80% des lauréats qui sortent des IUFM… Et vous reprenez tout cela à votre compte quand vous vantez les mérites du « PE1 à n-1 ». Ce que cela prouve d’abord, c’est que sélectionneurs des IUFM ont eu tort de leur interdire de redoubler puisqu’ils ont fini par réussir. Ce que cela prouve ensuite, c’est que tous ces pseudo-experts ne savent pas compter. Car si on compte les redoublants, pourquoi ne pas enlever aux IUFM ceux qui ont d’abord passé le concours en candidats libres et ont ensuite réussi sous le label IUFM ? Si j’ai bien compris, vous êtes breton. Connaissez-vous les chiffres de l’IUFM de Rennes ? Il accepte 5% de redoublants IUFM et 16% de redoublants qui avaient été candidats libres l’année précédente (à n-1 comme vous dites). Ces 16%, évidemment admissibles à n-1, sont ensuite mis à l’actif des IUFM s’ils réussissent. Au résultat, si on compte les redoublants les IUFM ont bien 80% des lauréats. Mais les candidats libres ont alors 55 ou 60 % et le total dépasse largement les 100%. Tout comme dans ces sondages à choix multiples où il y a plus de 100% de réponses. Bref, tout cela n’est que foutaise et poudre aux yeux. La seule vérité est que les IUFM sont totalement incapables d’assumer la mission qu’ils se sont attribués à eux-mêmes et à laquelle ils tiennent comme la prunelle de leurs yeux : continuer à monopoliser la préparation aux concours même s’ils laissent plus de 80% des candidats sur le carreau.

Dernier point. Vous dites en réponse à JPB : « N'en déplaise à Vous Mr Brighelli je connais d'excellents PE qui ont eu une licence de psycho, de socio, de sciences de l'éducation, de STAPS, etc ... . Certains ayant même des DEA ». Encore une fois, connaissez-vous les chiffres ? Voici ceux de 2004 : les licenciés en sciences de l’éducation sont surreprésentés parmi les candidats au concours (6669) alors que les licenciés de lettres arrivent au deuxième rang avec 4308 candidats. Des chiffres qui ne reflètent pas du tout la répartition des étudiants à l’Université. Or il se trouve que ces diplômés en sciences de l’éducation ont l’un des trois taux de réussite les plus bas : 16,7%, juste devant les titulaires d’un diplôme de psychologie (16,2%) et de sociologie – qui sont les bons derniers avec 13,2%. De quoi rire jaune pour les promoteurs des IUFM qui avaient pensé que le professorat des écoles serait le débouché naturel des études en sciences de l’éducation. De quoi frémir aussi quand on pense que la préprofessionnalisation « en amont » préconisée par les IUFM pour les années de licence s’appuie précisément sur les trois disciplines qui composent ce « brelan des nuls » et qui, au lieu d’augmenter les chances au concours, ne font que couler les candidats. Aux antipodes de ce trio de queue, on trouve les titulaires d’une licence pluridisciplinaire. Fort peu nombreux à faire acte de candidature, ils ne représentent que 779 admis (7,7% du total) mais ils ont un taux de réussite de 33,6%, très loin devant les seconds, les licenciés en biologie-géologie qui ont 26%.

En conclusion, je souhaite aux IUFM le sort de la ville d’Ys : être submergée par des milliards de mètres cubes d’eau. Et que les Charmeux and Co s’en aillent au Diable rejoindre la princesse Dahut.

Écrit par : Pedro Cordoba | 19 février 2007

Cette vie honorable,
Un soir, s'est terminée.
Dans le fond d'une étable,
Tout seul il s'est couché.
Pauvre bête de somme,
Il a fermé les yeux.
Abandonne des hommes,
Il est mort sans adieux.

Mm mm mmm mm...
Cette chanson sans gloire
Vous racontait la vie,
Vous racontait l'histoire
D'un petit âne gris...

Ecrit par : Maminou | 19 février 2007

Merci maminou! Sphère privée: ma fille nous l'a chantée avec ses camarades à la fête de l'école pour son CP. Je la connais par cœur tellement elle nous en a emplie la tête!

Écrit par : dobolino | 19 février 2007

Cher Jean-Paul,
Ce qui nous sépare a l’épaisseur d’une feuille de papier (de cigarette). Il y a dans ce que tu dis des choses justes, d’autres moins. Ce que je souhaite : avant de présenter un projet alternatif aux IUFM, examiner dans les moindres détails les conséquences prévisibles de nos propositions. Pour éviter le sort des promoteurs des IUFM qui ont obtenu le contraire de ce qu’ils souhaitaient. Cela arrive très souvent en politique. Tirons les leçons de l’expérience.
Il est tard, je répondrai à tes arguments une autre fois.

Écrit par : Pedro Cordoba | 19 février 2007

Ah, la chasse ! Quel grand moment! l Dodolino, pouvez-vous immédiatement mettre l'extrait sur daylimotion.
Elle, s'adressant à un chasseur: " Les chasseurs, il faut les laisser tranquilles" et du même souffle, se souvenant qu'il existe des défenseurs des oiseaux: " les oiseaux, aussi".
J'en ris encore! L'art de caresser dans le sens du poil est entrain de lui donner une dimension granguignolesque!

Écrit par : emh | 19 février 2007

En conclusion, je souhaite aux IUFM le sort de la ville d’Ys : être submergée par des milliards de mètres cubes d’eau. Et que les Charmeux and Co s’en aillent au Diable rejoindre la princesse Dahut.

Ecrit par : Pedro Cordoba | 19 février 2007

Que saint Guénolé vous entende Pedro !

Gwelas-te morverc'h, pesketour
O kriban en bleo melen aour
Dre an heol splann, e ribl an dour ?
Gwelous a ris ar morverc'h venn,
M'he c'hlevis o kanann zoken
Klemvanus tonn ha kanaouenn.

As-tu vu, pecheur, la fille de la mer,
peignant ses cheveux blonds dores
au grand soleil sur le bord de l'eau ?
J'ai vu la blanche fille de la mer,
je l'ai meme entendu chanter,
plaintifs etaient l'air et la chanson.

Écrit par : Robin | 19 février 2007

"""Pour moi, c'est pas la Madonne, c'est une femme qui en a dans le ventre et qui est d'un pragmatisme"....


chabadabada...pincez- moi, qui croyais qu'il y avait un âge où on s'arrêtait de croire au Père Noel.

Ce panégyrique échauffe mes grandes oreilles. Chanter ses louanges va faire avancer la réflexion sur la charte de l'éducation, peut-être? ou nous éclairer sur le maintien ou non des CPGE? Alors, par souci d'équilibre et de vérité, il me faut encore une fois apporter la contradiction, mais cette fois-ci je ne me contenterai pas de viser les seconds couteaux( DSK). Il est temps de briser l'omertà de toute la gent politico-médiatique sur les pantalonnades en Ségolande, qui rappellent les grandes heures de la mazarinade, au milieu des années 70. Il y a juste trente ans...

Alors voilà: Celle qui a eu vraiment quelque chose dans le ventre, puisqu'on en parle, c'est l'attachée parlementaire de Fafan la Tulipe. On comprend que la maldonne du PS n'ait eu ni envie de pouponner ayant déjà donné, ni apprécié le coup de canif de son "compagnon" à leur contrat verbal.
On comprend aussi qu'elle soit allée "''pragmatiser """ et chercher un peu de réconfort, pour cette intolérable discrimination, à la Halde: Merci, Dr. Schweitzer.

La tranparence dont on se gargarise au PS est une notion à géométrie variable et à laquelle s'applique l'adage :faites comme je dis, pas comme je fais. La vie privée des hommes publics est une contradiction dans les termes quand ils aspirent aux plus hautes fonctions de l'état. Elle est surtout un baromètre utile pour estimer leur propension à les déshonorer. On a été servis depuis 74, et en ce jour qui a vu la fin de l'immunité présidentielle, l'ouverture de ce placard était de rigueur.

Après Giscard d'epuispeu, on a eu un Mitterrand, polygame et père de famille nombreuse aux frais du contribuable, puis un Chichi-15-minutes-douche-et frais-de-bouche-compris. Il faut reconnaître que la cour de l'Élysée est pleine.

Quelqu'en soit le futur occupant, il lui faudra mettre fin au désastre scolaire, et une seule chose est sûre, la candidate du PS, avec ou sans andouillers, en est incapable. Inutile donc de faire l'article.

Écrit par : Cadichon | 20 février 2007

Mr Brighelli

L'école primaire n'intéresse guère de monde ici. Et quelque idée que l'on émette , elle est immédiatement objet de moquerie voire de mépris .

J'en suis un peu chagriné

C'est pourquoi je n'entre pas dans la polémique, très caractéristique de notre civilisation qui veut qu'on s'épuise sans se rencontrer.

Salut !

Écrit par : patrick(instit) | 20 février 2007

Je tombe aujourd'hui sur une critique d'un ouvrage paru il y a un certain temps (http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=6&srid=424&ida=7902)
J'en retiens une phrase, qui me paraît stimulante. Elle est signée François Dubet, qui est en train de prendre — il était temps — un virage à 180°, comme tant de ses petits camarades pédagos : "L'école injuste et inégalitaire d'hier avait au moins cet avantage que l'injustice sociale y était si manifeste qu'elle préservait paradoxalement l'individu du risque de perdre l'estime de soi".
C'est dire (le style des sociologues a toujours un côté entortillé) que l'école d'aujourd'hui, à grands coups d'idéologie de "l'égalité des chances", a généré non seulement des inégalités encore plus fortes qu'autrefois, mais que ceux qui étaient autrefois rejetés comme cancres — une identification qui en vaut bien une autre — sont aujourd'hui confinés dans le non-être, cette zone grise où l'on vous gère à vie, à grands coups de stages, de minima sociaux, de beaux discours et de bonnes intentions. L'ancien "mauvais élève" (qui d'ailleurs ne l'était pas forcément à jamais — je n'en veux pour preuve que tous ces "mauvais élèves" des années 50-60 qui ont fait de brillantes carrières et se targuent aujourd'hui de leur bonnet d'âne passé) appartenait encore à une hiérarchie — à charge à lui d'en monter les échelons. Depuis qu'il n'y plus de mauvais élèves, mais des apprenants en remédiation, on les a installés dans l'assistanat à vie, dans la béquille obligatoire — et le dégoût de soi. Et on s'étonne encore qu'ils finissent par brûler vos voitures — ou leurs cervelles ?
JPB

Écrit par : brighelli | 20 février 2007

Mais non, Patrick, nous mettons tous l'école primaire, au premier rang de nos préoccupations.
La preuve, nous avons tous (je suppose) signé l'Appel pour la refondation de l'école.
S'il y a juste un tout petit problème avec l'école primaire, c'est que les instituteurs sont presque tous, comme le disait emhs, complices des pédagos. - Non?

Écrit par : Jean | 20 février 2007

non, justement pas.

Écrit par : Ronin | 20 février 2007

"Presque tous", Ronin, était certes une hyperbole.
Mais dans le secteur de Haguenau, où Marc Le Bris a fait une conférence en janvier dernier à l'invitation de l'UMP, ils appliquent tous comme un seul homme et la bouche en coeur la méthode Patati et Patata, notoirement globale et dont la préface avait été refaite de toute urgence pour expliquer aux parents, avec un cynisme absolu, qu'elle était conforme aux directives du ministre.

Écrit par : Jean | 20 février 2007

Bonjour,
Je m'excuse d'avance auprès des intervenants, car je n'ai pas tout lu, et que qqun d'autre aura sûrement déjà fait cette remarque concernant la note de M. Brighelli; les "professeurs des écoles" ont déjà la même grille de salaire que les certifiés. D'où d'ailleurs, la création de cette terminologie pompeuse. Les instituteurs, sont devenus, par la magie de la décision politique, des "professeurs" comme les autres. Sans que le concours devienne en quoi que ce soit plus sélectif, pour autant que je sache.

Écrit par : petiteprof | 20 février 2007

« S'il y a juste un tout petit problème avec l'école primaire, c'est que les instituteurs sont presque tous, comme le disait emhs, complices des pédagos. - Non?
Ecrit par : Jean | 20 février 2007 »

Non, pas tous, mais beaucoup quand même.

En fait, comme dirait notre ami Maurice, on peut les diviser en trois tiers à la Pagnol : un tout petit tiers de convaincus durs comme fer des bienfaits du pédagogisme, un très gros tiers de suivistes qui ne font qu’appliquer a minima les directives administratives avec derrière la tête quelques vieilles idées datant de leur formation ou de la dernière animation pédagogique (12 heures obligatoires par année scolaire ; dans notre département ces animations sont soit obligatoires pour le niveau dans lequel on exerce, soit laissées au libre choix parmi une douzaine de thèmes proposés) et à nouveau un petit (tout petit) tiers de je-m’en-foutistes convaincus qui arrivent le matin les mains dans les poches, foncent sur le photocopieur pour tirer quelques feuilles qu’ils ont choisies à la va-vite parmi les spécimens de méthodes qu’ils ont dans leur classe et enfin un très petit tiers de gens qui travaillent, chacun avec sa sensibilité propre, à faire réussir leurs élèves coûte que coûte, même si cela implique d’être en totale contradiction avec les instructions officielles.

Le premier tiers fait le bonheur des maisons d’édition, des sociétés de cars et des représentants en matériel d’arts visuels, confondant le plus souvent les moyens avec le but. Ses membres se couchent tous les soirs très tard après des heures de rédaction de « fiches de prép »’, de conception d’exercices d’observation réfléchie de la langue, de fabrication d’enveloppes et d’enveloppes d’enveloppes pour installer le concept de la numération décimale chez leurs petits CE2 (allez compter le contenu de 10 boîtes de plus de mille trombones pour faire travailler vos élèves en binômes sur la suite des nombres de 1000 à 2000, vous verrez comme cela occupe bien les longues soirées d’hiver). Ils consacrent tout ou partie de leurs vacances scolaires à fouiller les librairies pour trouver l’ŒUVRE de la littérature jeunesse qui correspondra exactement aux intérêts de leur classe ou mieux du PROJET d’ECOLE amoureusement concocté tous les trois ans à grand renforts de réunions de cycle, d’école, de secteur puis ils scannent le livre, corrigent les erreurs que cet imbécile de logiciel a rajoutées à celles de l’édition initiale, l’impriment, courent à l’école le photocopier, bâtissent des exercices de compréhension de texte ou d’ORL, ou d’un peu tout ça, cela dépend de leur degré de maîtrise du sujet.

Le deuxième tiers se partage à nouveau en deux ou trois sous-groupes selon leur degré d’implication, leur immobilisme ou leur côté girouette (les uns restent fidèles à un manuel dont ils disent tout et son contraire selon les directives du moment, allant jusqu’à vous prouver que Ribambelle ou Abracadalire, c’est « presque du syllabique » ou que Ratus, c’est « vraiment une méthode intégrative » ; les autres tournent à tout vent, commençant l’année dans « La Classe Maternelle » puis virant « Lire avec des Albums » pour tout à coup se passionner pour « La Main à la Pâte » ou les coloriages de mandalas). Ceux-là font moins sortir leurs classes, s’investissent moins dans de magnifiques projets style « une année de moyenne section à l’Opéra » ou « L’apprentissage de citoyenneté au CP à travers le thème de l’enfance en difficulté », ils aimeraient bien mais « c’est très lourd à gérer et puis, tu sais, avec les problèmes que j’ai pour la construction de la maison, je culpabilise un peu, mais je ne suis pas assez disponible. »

Le troisième tiers est évidemment indescriptible, ce sont des « cas », certains laissent ronronner leur classe de septembre à juillet, de fiche en fiche, de la page 1 à la page 150 (ils arrivent quand même rarement à la fin du fichier ou du manuel), d’autres sont plus fantaisistes et piochent à droite à gauche au gré de leurs humeurs. Généralement, ils n’aiment pas trop donner du travail écrit quand même, puisqu’il faut le corriger et que leur règle d’or est « six heures par jour (récréations comprises, et elles peuvent être très longues) et pas une minute de plus ».

Quant au quatrième tiers, j’en ai déjà parlé, je n’y reviendrai donc pas aujourd’hui.

Une dernière petite précision : les deux premiers tiers ont un point commun, même si des membres du deuxième tiers arrivent parfois (et même de plus en plus souvent) à se poser des questions sur les théories pédagogiques en vigueur, un point commun important et dont il faudrait tenir compte dans une éventuelle refondation de l’école et ce point commun, c’est « On ne dit pas de mal de M. Meirieu », il est intouchable. Je sais, c’est dur, mais c’est comme ça.

Écrit par : catmano | 20 février 2007

- Je n'ai jamais fait de dictées
- Je n'ai jamais fait de grammaire
- Je n'ai jamais fait de rédaction
- Je n'ai jamais fait de travail écrit
- Je n'ai jamais eu de travail à faire à la maison
- Je n'ai jamais appris de poésie
- Je n'ai pas appris les 4 opérations
- etc.

Mais...

- J'ai appris à lire avec la méthode globale
- J'ai fait un peu d'ORL
- J'ai compté des trombones
- J'ai dessiné des mandalas
- J'ai fait des sorties
- J'ai appris la citoyenneté à travers le thème de l'enfance en difficulté.

- Je suis entrée en 6ème et je me suis cassé(e)la gueule.

Merci Monsieur Meirieu !

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Eh oui !

Mais "ils" vous diront que c'est "parce que le collège ne sait pas s'adapter à son public" et "parce que les professeurs sont trop attachés à leur discipline et ne savent pas accepter l'enfant dans sa globalité".

Écrit par : catmano | 20 février 2007

...Mais c'est pas grave, on est tous comme ça...On fait de la "remédiation" sur les ordinateurs du CDI !

Écrit par : Robin | 20 février 2007

"Vous découvriez ? J'en suis fort aise :
Ah bien ! Remédiez, maintenant !"

Écrit par : catmano | 20 février 2007

Bonjour à tous
Il m’a fallu un peu de temps pour décortiquer les arguments des uns et des autres, en particulier ceux de Pedro Cordoba, qui semblent bien étayés.
En fait, ils sont viciés à la base par plusieurs présupposés apparemment inébranlables.
Tout d’abord, pourquoi faut-il absolument que tous les concours de la fonction publique soient ouverts sans quotas aux candidats libres ? Cela peut se comprendre lorsque dix postes de facteurs sont mis en jeu : mille, ou dix mille, candidats se présentent, les dix meilleurs gagnent ( petite parenthèse, çà coûterait peut-être moins cher d’organiser une loterie ;o)) ), et commencent à travailler le lendemain, avec une formation sur le tas.
Mais on ne va pas envoyer « sur le tas » les instits dans les écoles. D’où la nécessité de les former, de les encadrer, et pourquoi ne pas le faire le plus tôt possible, dès le bac, par une sélection préalable dans des prépas ?
Autre présupposé : une fois « recrutés », il faut les payer. Paye-t-on les étudiants en médecine, qui deviendront pourtant dix ans après des fonctionnaires à l’hôpital, ou des quasi-fonctionnaires en médecine « libérale » (payée par la sécu), pendant leurs études ? Non.
Accéder à une qualification, à un emploi, qui plus est protégé, se mérite et souvent se paye. Pour les moins fortunés, les bourses existent.
Dernier écueil : le temps. Deux ans de prépas, plus deux ans de formation spécifique et de stages, çà fait quatre ans, pas assez pour je ne sais plus quel échelon. Et alors ? A métier spécifique, échelon, grade, titre spécifique. J’ai un bac + 5, et malgré cela, le privilège de pouvoir jouir du titre de docteur. Personne ne voit où est le problème.
Je propose comme JPB un système de prépa ( n’évoquons même pas les minables de la CPU qui veulent supprimer le seul système d’excellence qui fonctionne dans ce pays !!), mais pas forcément aussi spécifique. Je m’explique : les prépas actuelles sont plutôt spécialisées. Très pour les prépas scientifiques et littéraires, un poil moins pour commerce et bio. Je propose la création de prépas pluridisciplinaires, maths, physique, chimie, français, philo, histoire, géo, bio (un peu de sport pour aérer les étudiants, mais pas de formation spécifique là-dessus, pas plus qu’en arts, des profs spécialisés devant , à mon avis, intervenir en primaire dans ces domaines). Ces prépas, sur deux ans, conduiraient majoritairement au concours d’instit, mais bénéficieraient des mêmes passerelles que les autres prépas vers l’université, vers des licences ou maîtrises spécialisées. Elles pourraient également se voir octroyer des quotas de places vers des concours de grandes écoles, qui, j ‘en suis sûr, apprécieraient d’intégrer des têtes bien faites plutôt que des autistes matheux (je connais un prof de maths de prépa issu de l’X qui fait une faute de français par ligne !). Les grandes écoles généralistes, les écoles de commerce, les écoles vétérinaires, pourraient intégrer un certain nombre de ces préparationnaires-là. Ce n’est pas plus bête que d’y intégrer des BTS ou des DUT qui, justement, ne s’y intègrent que très partiellement par manque d’une culture générale approfondie
Ainsi, ces prépas ne seraient pas des CPEP, avec un côté restrictif, retour en arrière avec sélection des instits après bac, mais des CPP (pluridisciplinaires) offrant de nombreuses ouvertures aux étudiants, et la possibilité de changer d’orientation en cours de route.
Je pense que nombre de préparationnaires « spécialisés » apprécieraient cette filière pour ma part, rien que d’y penser, j’en ai des regrets, je crois que j’aurai aimé), en faisant à terme la filière d’excellence majoritaire, ce qui influerait sur tout le système des grandes écoles françaises.
S’il faut absolument laisser des places aux candidats libres, il faut instituer des quotas ou rendre le concours plus difficile. ( personnellement, j’en tiens pour les quotas, n’en déplaise au libéraux. Il y en a dans TOUS les concours des grandes et des moins grandes écoles ). La VAE a aussi sa place dans ce système, bien sûr, mais à la marge.

Écrit par : yann | 20 février 2007

Eh oui !

Mais "ils" vous diront que c'est "parce que le collège ne sait pas s'adapter à son public" et "parce que les professeurs sont trop attachés à leur discipline et ne savent pas accepter l'enfant dans sa globalité".

Ecrit par : catmano | 20 février 2007

Oui, oui, je sais, on s'est dépéchés de mettre tout ça dans le "projet d'établissement" ...En collège non plus, il ne faut pas dire de mal de Monsieur Meirieu.

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Une proposition pour concilier à la fois les candidatures libres et celles émanant des CPEP :

Majorité des places réservée aux élèves des CPEP (Concours direct) avec limite d’âge fixé à 23 ans comme en prépa pour école d’ingénieur. Possibilité de repasser ce concours une seule fois. Tout étudiant repassant ce concours verra son total de points minoré (comme grandes écoles !)

Minorité des places pour Candidatures libres ayant au minimum une licence (Concours indirect) sans limites d’âge. Pas de possibilité de repasser ce concours

Le pourcentage de places attribué aux concours directs et indirects sera défini selon ….. difficile à déterminer ?

Ecrit par : patrick(instit) | 19 février 2007

Très bien, une bonne application pratique de mes propositions (voir plus haut, ou plus bas, car je suis encore retombé sur le petit rébus à déchiffrer, et je ne sais pas si mon texte est passé)

Écrit par : yann | 20 février 2007

"un peu de sport pour aérer les étudiants, mais pas de formation spécifique là-dessus, pas plus qu’en arts, des profs spécialisés devant , à mon avis, intervenir en primaire dans ces domaines"
QUi paierait ces professeurs spécialisés. L'Etat ou les communes ? Attention aux inégalités d'accès.

Écrit par : catmano | 20 février 2007

Oups !
Mais pas d'accord avec le nombre de points minorés.

Écrit par : yann | 20 février 2007

QUi paierait ces professeurs spécialisés. L'Etat ou les communes ? Attention aux inégalités d'accès.

Ecrit par : catmano | 20 février 2007

Je n'en sais rien. Pour l'art, on peut laisser les choses en l'état, continuer à faire peindre les enfants avec leurs doigts ou avec leurs pieds, casser les oreilles de leurs parents avec un flûtiau, mais c'est un peu dommage de ne pas plus les sensibiliser.
Pour le sport, j'ai personnellement subi les effets de l'incompétence d'une instit en la matière, on doit vraiment pouvoir faire quelque chose avec les profs d'EPS du collège voisin, ou, s'il le faut vraiment, des interventions de BEES des différentes associations sportives du coin déjà subventionnées par la mairie, le département, la région, le FNDS (qui ne s'appelle plus comme çà ,mais on s'en fout).
Les inégalités d'accès, elles sont partout, dans tous les domaines. Je suppose qu'il n'y a pas de maternité dans votre village ?

Écrit par : yann | 20 février 2007

Patrick et Yann

Je comprends votre souci des modalités de recrutement et de la mise en place de la meilleure formation possible, mais ne faudrait-il pas parler aussi du contenu ?

Si c'est pour gaver les futurs "professeurs des écoles" de sciences de l'éducation, leur apprendre à "s'adapter au public", à "laisser tomber les disciplines" et à "accepter l'enfant dans sa globalité", autant conserver les IUFM.

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Je viens de m'aviser d'une comparaison par très politiquement correcte, mais qui me semble assez juste. L'école de Jules Ferry, c'était une maison que l'on construisait étage par étage, à partir de fondations solides (l'école primaire)...L'école d'aujourd'hui, c'est une tour qui s'effondre sur elle-même.

Écrit par : Robin | 20 février 2007

C'est bien ce qu'il me semblait, Catmano.

Écrit par : Jean | 20 février 2007

On la commence par le toit, Robin!

Écrit par : Jean | 20 février 2007

Si c'est pour gaver les futurs "professeurs des écoles" de sciences de l'éducation, leur apprendre à "s'adapter au public", à "laisser tomber les disciplines" et à "accepter l'enfant dans sa globalité", autant conserver les IUFM.

Ecrit par : Robin | 20 février 2007

Je suis vexé ! Ai-je dit cela à un moment quelconque ?

Je me cite : "Je propose la création de prépas pluridisciplinaires, maths, physique, chimie, français, philo, histoire, géo, bio ." Pas de sciences de l'éducation.
Après le concours, juste ce qu'il faut de pédagogie. Je ne crois pas qu'il suffise de savoir lire pour savoir enseigner la lecture, ni compter pour enseigner les maths.
Mais pas de baratin pédagogogique, pas de jargon, nous sommes bien d'accord.

Écrit par : yann | 20 février 2007

Patrick

Personne ne peut se f... de l'école primaire, et surtout pas les professeurs de collège (mais même les professeurs du 3ème et du 4ème étage commencent à se faire du souci pour les fondations)

...Je parle de ceux qui s'arrachent les cheveux en les voyant arriver en 6ème, en 2nde et en première année d'université et qui ont encore le souci de leur apprendre quelque chose.

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Je me cite : "Je propose la création de prépas pluridisciplinaires, maths, physique, chimie, français, philo, histoire, géo, bio ." Pas de sciences de l'éducation.
Après le concours, juste ce qu'il faut de pédagogie. Je ne crois pas qu'il suffise de savoir lire pour savoir enseigner la lecture, ni compter pour enseigner les maths.
Mais pas de baratin pédagogogique, pas de jargon, nous sommes bien d'accord.

Ecrit par : yann | 20 février 2007

OK Yann, à la bonne heure ! Désolé de vous avoir vexé...Les vieux matous échaudés...

Écrit par : Robin | 20 février 2007

On la commence par le toit, Robin!

Ecrit par : Jean | 20 février 2007

Oui, Jean, vous ne croyez pas si bien dire...Les trois quarts ne maîtrisent pas vraiment la lecture et l'écriture, mais il faut "faire" le point de vue narratif, la focalisation, le schéma actanciel, la double énonciation théâtrale, le champ lexical, j'en passe et des meilleurs...c'est-à-dire injecter du savoir universitaire.

Je n'ai rien contre, mais n'est-ce pas exactement ce qui s'appelle "construire une maison en commençant par le toit" ?

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Tout à fait d'accord avec Robin !

Écrit par : Jérémy | 20 février 2007

- J'ai appris à lire avec la méthode globale
- J'ai fait un peu d'ORL
- J'ai compté des trombones
- J'ai dessiné des mandalas
- J'ai fait des sorties
- J'ai appris la citoyenneté à travers le thème de l'enfance en difficulté.

- Je suis entrée en 6ème et je me suis cassé(e)la gueule.

Merci Monsieur Meirieu !

Ecrit par : Robin | 20 février 2007


-J'ai appris avec la globale (c'était nouveau, ça venait de sortir)
-je ne savais pas lire à 8 ans, je sautais un mot sur deux

mais
-j'ai fait beaucoup de grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire
-j'ai fait beaucoup de dictées
-j'ai appris beaucoup de leçons de géographie, histoire et sciences
-j'ai appris beaucoup de poésies
-j'ai rédigé beaucoup de rédactions
-et j'ai lu des montagnes de livres, malgré tout.

En arrivant en 6ème, on faisait encore quelques fautes

mais
personne n'aurait écrit comme ceci:

"deux main, il l'heure ofris rat un guas tôt."

Que s'est-il passé durant toutes ces années qui a vu l'avênement du 21ème siècle?

Écrit par : Maminou | 20 février 2007

la quasi totalité de vos propositions prend exclusivement appui sur les connaissances. OUI c'est important et fondamental qu'un Professeur des Ecoles maîtrise la langue et les disciplines à enseigner. c'est d'ailleurs ce que prévoit le nouveau cahier des charges de la formation des maîtres ( où maîtres = PE PLC agrégé)
MAIS où et quand prévoyez vous d'approfondir tout ce qui tout aussi fondamental? la manière dont on apprend étant par expérience tout aussi importante que ce qui est enseigné.
Où seront tratés: la construction de rapport à la loi - la relation maître élèves - la coopération - la citoyenneté en actes - organiser le travail de la classe - prendre en compte la diversité des élèves - évaluer les élèves -travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école
ET que comptez vous faire des élèves en difficulté? VOUS semblez privilégier des classes de niveau. QUi ira prendre en charge les classes de second ou troisième ou ... niveau ? Des agrégés?
ET encore qui s'intéresse dans vos projets à l'intégration des élèves en situation de handicap?

Écrit par : yves | 20 février 2007

flûte...
toutes ces années qui ont vu

Écrit par : Maminou | 20 février 2007

C'est marrant, je n'entends jamais parler de Meirieu, ne lis jamais rien de lui... Sauf quand je viens ici! Pourtant, je suis censé enseigner dans un lieu où sa pensée est toute puissante!
Evacuer l'éducation artistique de la formation des enseignants du premier degré me semble un peu risqué. Et profondément anti-démocratique. Cela sous-entend qu'on laisserait les prérogatives de cette éducation aux collectivités locales, par le biais d'intervenants extérieurs... Ou au privé!
Je crois d'ailleurs que ce n'est le propos ni de Pedro, ni de Jean-Paul, bien au contraire!

Écrit par : Christophe Sibille | 20 février 2007

C'est vrai qu'on a l'impression que vous parlez de classes idéales... Un peu comme dans les bouquins "pédago" que vous honnissez... (je n'aime pas trop la généralisation du reste: certans ouvrage pédagogiques s'appuient très clairement sur ces savoirs uinversitaires que vous semblez élever au pinnacle)
Un peu comme les formateurs IUFM qui nous expliquent ce qu'l faut faire pour être un bon prof (séquence and co) sans jamais s'interroger sur les élèves que l'on a en face de nous...

Bref cela reste bien sbstrait... Il ne suffit pas d'améliorer la formation disciplinaire des maitres pour faire de leur elèves des génies... Il est bcp question du travail à la maison mais précisemment tous les élèves n'ont pas les memes conditions de travail maison, ni le même suivi parental...

Il y a de spistes explorées dans votre charte (etude surveillée) mais elles sont déjà mises en place dans certains établissements (en fonction de leur fameduxprojet hin hin hin) et peu ou prou ts les candidats envisagent cette mesure...

Problème: d'où viendront les financements à l'heure où l'EN dégraisse à tt va???

Écrit par : Tang | 20 février 2007

MAIS où et quand prévoyez vous d'approfondir tout ce qui tout aussi fondamental? la manière dont on apprend étant par expérience tout aussi importante que ce qui est enseigné.
Où seront tratés: la construction de rapport à la loi - la relation maître élèves - la coopération - la citoyenneté en actes - organiser le travail de la classe - prendre en compte la diversité des élèves - évaluer les élèves -travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école
ET que comptez vous faire des élèves en difficulté? VOUS semblez privilégier des classes de niveau. QUi ira prendre en charge les classes de second ou troisième ou ... niveau ? Des agrégés?
Et encore qui s'intéresse dans vos projets à l'intégration des élèves en situation de handicap?

"La citoyenneté en actes" : je ne comprends pas ce que ça veut dire. On ne peut pas être un citoyen si l'on n'est pas un homme éduqué et instruit (Condorcet)....donc a) être éduqué b) être instruit c) être un citoyen. Les pédagogues mettent la charrue avant les boeufs.

La manière dont on apprend, c'est important, mais pas "aussi important". Il faut faire de la méthodologie en fonction des besoins : apprendre à faire son cartable, à apprendre ses leçons, à répartir son travail sur la semaine, etc. Les élèves de 3ème n'ont pas besoin des mêmes conseils, il faut s'adapter et surtout rester simples !

La construction du rapport à la Loi : il faut prendre les choses avec plus de pragmatisme et de bon sens en intervenant systématiquement dans les situations quotidiennes, comme les font les parents à la maison quand "ça ne va pas"...il faut arrêter de confondre l'instruction civique avec la morale.

"prendre en compte le travail de la classe" : je ne comprends pas très bien. Ce n'est pas aux élèves d'en décider (autogestion ?)...Ce sont des recettes ou des tours de mains qui se transmettent de collègue à collègue, de maître à apprenti, en situation de "responsablité encadrée" quand on débute. J'ai fait une synthèse de deux pages que j'ai mise sur ce blog, que je transmets à mon tour, si du moins ça intéresse quelqu'un (je ne me fais pas d'illusion à ce sujet, il n'y a aucun mot incompréhensible et ça n'est pas signé "Meirieu l'Enchanteur".

"prendre en compte la diversité des élèves : classes de niveau avec passerelles. Si vous avez vu l'émission hier avec Ségolène Royal, vous l'avez entendu dire "oui à l'apprentisage à 14 ans, mais avec maintien dans la structure scolaire"...De mon temps, on appelait ça des 4èmes CPPN. Ce sont les socialistes qui les ont abolies.

"travailler en équipe" : oui et non...Ce sera surtout nécessaire pour les classes de niveau avec les élèves les plus en difficulté.

Qui acceptera ? : il y a toujours des profs qui ont une vocation pour s'occuper de ce genre d'élèves. Quand il y avait les 3 èmes et les 4èmes technos (ne soyons pas hypocrites, ils étaient en difficulté, voire en grosses difficultés), j'acceptais toujours de les prendre en français...Je l'ai fait pendant 6 ans...Avant que les socialistes ne les suppriment au nom de l'égalité des chances. Vous voyez aujourd'hui où toutes ces belles idées ont mené. Même eux parlent de les rétablir sous une forme ou sous une autre.

Intégration des élèves handicapés : Oui. J'ai vu de très belles choses par ici en ZEP, mais attention au contexte. Le petit Karl au collège Albert Camus à Meaux, c'était un enfant handicapé, Je n'ai pas besoin de vous rappeler, je pense, ce qui lui est arrivé.

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Pour Yves, qui écrit :
" Où seront tratiés: la construction de rapport à la loi - la relation maître élèves - la coopération - la citoyenneté en actes - organiser le travail de la classe - prendre en compte la diversité des élèves - évaluer les élèves -travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école "
J'ose espérer que toutes ces inepties ne seront plus bêtement enseignées comme c'est le cas dans les IUFM où j'ai passé des journées entières sur ces thèmes pompeux sans RIEN apprendre du tout. Evidemment, ca fait très beau dit comme ça, mais en réalité on n'y a strictement rien appris, il faut être confronté à des situations où il est difficile d'évaluer, de travailler en équipe, de coopérer, etc. pour trouver des solutions, la réflexion pendant 6, 12 ou 18 heures sur l'un de ces thèmes qui font bien sur le papier n'apporte strictement RIEN, je l'ai vécu pendant un an. Donc il faut plus d'exprérience, moins de blabla, et plus d'efficacité.

Écrit par : Jérémy | 20 février 2007

il faut arrêter de confondre l'instruction civique avec la morale.

ou plutôt "la morale avec l'instruction civique".

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Le petit Karl ? J'ai la mémoire qui flanche / je m'souviens plus tèrs bien…

Pour ce qui est de l'intégration des handicapés, ça peut être la pire et la meilleure des choses. Quand ca marche, tant mieux pour eux. Mais quand ça ne marche pas, c'est nous qui prenons des risques invraisemblables — et on en fait courir autant aux autres enfants. Je trouve que l'administration a beau jeu de se décharger sur nous de l'intégration de pathologies lourdes. Quand un malheureux schizophrène aura fait de notre collège ou de notre lycée un Columbine-bis, qui sera à blâmer ?
JPB

Écrit par : brighelli | 20 février 2007

Il y a divers type de handicap... Certains sont moins problématiques que d'autres en terme d'intégration...

Dans mon bahut ils intègrent des aveugles et des mal-voyants... A priori ce n'est pas une mauvaise idée mais comme le bahut est merdique (climat délétère)...

De ttes façons il y a déjà des dispositifs...

Écrit par : Tang | 20 février 2007

Bon, reprenons sur l'art (et l'EPS).

Si les interventions extérieures au primaire (profs de collège, dans mon esprit) sont trop lourdes à gérer, va pour tout faire faire à l'instit.

Mais pas de formation spécifique dans les deux ans de prépa pluridisciplinaire que je propose. Cà ferait vraiment trop au programme. Surtout si ces prépas se veulent polyvalentes, et pas seulement le portail vers le seul concours d'instit.

Après, dans les années de formation spécifiques des instits, je vous laisse le choix , j'imagine moins ce qui y est nécessaire.

Écrit par : yann | 20 février 2007

OK Yann, à la bonne heure ! Désolé de vous avoir vexé...Les vieux matous échaudés...

Ecrit par : Robin | 20 février 2007

Ne me parlez pas de vieux matous !!!

Sérieusement, moi aussi, j'ai été échaudé. Je ne suis pas du sérail, et la première fois que j'ai été confronté au jargon educ nat, çà a été pour passer un BEES.
Gràce à ma formation finalement plutôt polyvalente, et à une bonne dose d'hypocrisie, j'ai réussi à faire semblant pour le tronc commun, mais quand j'ai vu que les "documents pédagogiques" de la fédération de judo étaient infestés de pédagogisme et de jargon intraduisible, j'ai tout mis de côté.
Résultat, une séance de judo avec un jury "à l'ancienne" (à la japonaise), et la meilleure note du groupe, et une séance d'EPS en école avec un jury "pédagogue", et la plus mauvaise note !
Quand on vous dit que les pédagogistes sévissent partout !

Écrit par : yann | 20 février 2007

"La manière dont on apprend" est précisément, Yves, ce qui ne peut pas s'enseigner!
C'est la raison pour laquelle la charte n'en dit rien.
Bien sûr , on peut bavarder à perte de vue sur les thèmes que vous mentionnez, mais c'est du "bavardage" totalement vain, c'est du vent - et c'est ce qu'on fait à l'IUFM.
"La construction du rapport à la loi"? Bien ampoulé, du reste, comme style! Eh bien, vous rappelez la règle une fois ou deux et vous punissez aussitôt celui qui ne la respecte pas. Vous verrez, les élèves auront vite compris "le rapport à la loi"! Pas besoin de cinquante séances d'IUFM!
"La relation maître-élève"? Ah oui? Cela doit s'apprendre, ça? Votre bon sens et l'exemple de vos anciens ne vous suffisent pas? C'est pourtant simple: vous êtes le "professeur", et eux sont les "élèves" . Vous êtes là pour enseigner, exclusivement. Soyez-le pleinement (pas avec la mauvaise conscience de l'être que veut absolument vous flanquer Meirieu!) et eux seront pleinement "élèves ", et heureux de l'être. Donc, question réglée!
"La ccopération"? Cékoiça?
"La citoyenneté en actes"? Quel verbiage! Cela ne vous donne pas mal à la tête, tous ces grands mots pour désigner des choses toutes simples? Etre bon élève et bon camarade, c'est bien ça? "Que ne disiez-vous, Acis..."
"Organiser le travail de la classe"? N'en faites pas une montagne! Suivez les programmes nationaux... et votre instinct! Chaque maître s'organise à sa façon. C'est précisément un des aspects sympathiques du métier: "fonctionnaires libéraux", comme disait je ne sais plus qui!
"Prendre en compte la diversité des élèves"? Voilà une formule qui plaît bien aux pédagos parce qu'elle est complètement obscure. Mais qu'est-ce que cela veut dire , "prendre en compte"! (Ce doit être encore une ttraduction!) "S"apercevoir que les élèves en face de soi sont tous différents"? Mais il faudrait être un demeuré pour ne pas s'en être rendu compte. "Faire un cours particulier pour chacun""? Impossible, ce n'est pas prévu pour. "S'arracher les cheveux en se faisant une mauvaise conscience crasse parce que l'on ne peut pas y parvenir?" Oui, c'est ça, et cela plaît bien à Meirieu! Conclusion: "Prendre en compte la diversité des élèves", c'est très exactement en arriver à la conclusion qu'il est impossible d'enseigner. Or c'est démenti par les faits, donc évitons de perdre notre temps sur cette formule inventée par des cinglés!
"Evaluer les élèves"? Non, cher Yves, on n'évalue pas les élèves, mais leur travail ou leur niveau. Soyons précis, du coup cela redevient raisonnable.
"Travailler en équipe"? J'ai bien lu? Vous voulez qu'on vous "apprenne" à travailler en équipe? C'est-à-dire qu'on vous "force" à travailler en équipe ou qu'on vous "laisse" travailler en équipe au gré des affinités qui vous rapprocheront de certains de vos collègues? Ce n'est pas la même chose! Et pour la façon de travailler en équipe, votre bon sens ne vous suffit pas? Etrange!
"Coopérer avec les parents", dites-vous? Et depuis quand les parents sont-ils vos collègues? Qu'ont-ils à se mêler de votre travail, sauf pour faire avec vous le bilan du travail de leur propre enfant? A cela se limitent vos conversations avec eux. Là s'arrêtent leurs prérogatives. Vous n'avez absolument pas à "coopérer" avec les parents! Votre métier, c'est d'instruire leurs enfants, un point c'est tout.
"Les partenaires de l'école"? Cékoaça? Fermez-leur la porte au nez!
Ouf! Vous respirez, n'est-ce pas?
Maintenant que vous avez fait à toutes ces formules creuses estampillées IUFM le sort qu'elles méritaient, c'est-à-dire la poubelle, vous pouvez commencer à enseigner!

Écrit par : Jean | 20 février 2007

Bien vu, Jean !

La "relation maître-élèves", la façon d'enseigner, çà ne s'apprend pas, pas plus que le sens clinique, ou l'art de maitriser un vieux matou rétif. C'est pour çà qu'on ne nous donne pas de cours là dessus en école véto.
Enfin, on n'en donnait pas à l'époque.
Quand une de mes condisciples a réclamé un "TD de contention" (en gros, comment on fait pour tenir un chien), tout le monde a été mort de rire.
Aujourd'hui, elle occupe peut-être la chaire de contention ....

O tempora, O mores !
("Astérix le gaulois")

Écrit par : yann | 20 février 2007

Vous voyez, Yves, que nous sommes plusieurs à avoir réagi au quart de tour en vous voyant victime du vain charabia des IUFM et à voler à votre secours!
Laissez toutes ces "inepties", comme les appelle Jeremy à juste titre, aux cuistres et aux pédants qui en ont fait leur quotidien - les pauvres! - et n'ayez qu'une préoccupation: rendre vos élèves plus instruits à la fin de l'année qu'au début.
Tout le reste n'est que temps perdu!
C'est pour cela que nous demandons la fermeture immédiate des IUFM.

Écrit par : Jean | 20 février 2007

"Coopérer avec les parents", dites-vous? Et depuis quand les parents sont-ils vos collègues? Qu'ont-ils à se mêler de votre travail, sauf pour faire avec vous le bilan du travail de leur propre enfant? A cela se limitent vos conversations avec eux. Là s'arrêtent leurs prérogatives. Vous n'avez absolument pas à "coopérer" avec les parents! Votre métier, c'est d'instruire leurs enfants, un point c'est tout.
"Les partenaires de l'école"? Cékoaça? Fermez-leur la porte au nez!


Ecrit par : Jean | 20 février 2007

Très belle phrase qui pourrait faire l'objet d'un sujet à part entière et être ainsi commentée par tous. Je lis: " Parents,la porte est là, alors prenez-là et sortez! " Puis: "Ah bon? nos élèves exerceront plus tard une profession? Mais enfin, ce n'est pas notre affaire! Nous n'avons pas à coopérer avec le monde réel."
Phrase de Jean à dédier "à tous ceux qui nourris de grec et de latin sont morts de faim".

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Quelques points de repères incontournables à suivre.

Un postulat pour le maître
J’ai confiance en l’intelligence de chacun de mes élèves
Chacun de mes élèves peut apprendre et progresser
Mes élèves peuvent m’enseigner sur la façon dont s’élaborent les concepts, sur la façon dont l’intelligence se met en action, sur l’articulation des savoirs entre eux, sur le savoir lui même…
Etre présent à tous, être présent auprès de celui qui rencontre des difficultés. Voilà notre obligation absolue. On ne peut abandonner un élève en le renvoyant à sa propre personnalité, à sa condition ou à l'incompétence des maîtres qu'il a eu avant…
L'urgence à aider celui qui patauge est bien notre mission première et doit s'assurer au sein de la classe.
Le projet de l’enseignant n’est pas d’enseigner mais de permettre à l’enfant d’apprendreL La réussite pour tous et pour chacun

Écrit par : Yves | 20 février 2007

Etre présent à tous, être présent auprès de celui qui rencontre des difficultés. Voilà notre obligation absolue. On ne peut abandonner un élève en le renvoyant à sa propre personnalité, à sa condition ou à l'incompétence des maîtres qu'il a eu avant…

Ecrit par : Yves | 20 février 2007

Vous avez oublié les parents, Yves, inéluctablement incompétents dès qu'ils s'opposent à peine! Dès qu'une de leurs questions n'est pas conforme...

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Yves parle seul, sans répondre à ce qu'on lui dit, il débite des phrases qu'on dirait tout droit sorties su Meirieutron (machine qui marche formidablement bien, je vous la recommande).

" La réussite pour tous et pour chacun "

C'est encore plus beau quand ça ne veut rien dire. En tout cas c'est tellement vague que ca perd tout son sens.

Écrit par : Jérémy | 20 février 2007

"La manière dont on apprend" est précisément, Yves, ce qui ne peut pas s'enseigner!"
C'est ce qu'on appelle un axiome... ...
Et il y a mille et une manières de travailler sur soi pour améliorer sa tenue devant une classe, qu'on ne peut pas considérer comme "des savoirs" à proprement parler... Alors? Dans quelle catégorie place t-on ceci? Cest une question!

Écrit par : Christophe Sibille | 20 février 2007

Pas mal, votre dernière diatribe, Jean! Peut-être un peu caricatural dans le propos, mais vous y êtes meilleur que d'habitude!
Concernant les parents, les partenaires? "Discuter avec", "échanger", ne veut évidemment pas dire que l'on accepte tout d'eux. Mais une chose est certaine, on n'arrivera à rien en rejetant les parents. Ni qui que ce soit, d'ailleurs. Les professeurs, comme les parents, sont quelquefois victimes d'un délire de persécution réciproque, qui pourrait aisément être combattu par de simples rencontres en début d'année.

Écrit par : Christophe Sibille | 20 février 2007

Yann, j'ai eu des TD de contention du bétail et c'est drôlement utile la première fois qu'on doit faire avaler un aimant à une vache, passer une sonde pour décoincer une pomme, remettre une matrice en place sur vache couchée etc.. Quant à la pose du tord-nez chez le cheval, ce n'est pas si évident, pas plus que l'art de bien enseigner la division ou de calmer un élève agité. Il y a des situations surprenantes face à un chien comme face à un enfant et il n'est pas mauvais d'y être formé. Pour les chiens et chats, nous en voyions assez en cliniques à l'école pour apprendre sur le tas avec les profs et les assistants. La formation des maîtres n'a rien à voir avec la nôtre qui se perfectionne pendant nos années d'assistanat et on ne peut, pendant leur formation, les confronter à toutes les situations. Autant déblayer le terrain en leur présentant au cours de leurs études les situations difficiles et les divers moyens de s'en débrouiller. On met plus facilement un chat qu'un élève dans une cage à contention ! Au pire, tu peux toujours mettre le panier du chat dans un sac plastique et balancer de l'isoflurane. On ne va pas équiper les écoles en gaz anesthésique à tous les étages!

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Dobolino,
Je comprends votre émoi, mais ce n'est pas moi qui en suis cause, ce sont les enragés des IUFM... Je m'explique, si vous me le permettez.
Il faut défnir ce que l'on entend pas "coopérer".
Si vous voulez dire que le professeur a le devoir impératif de s'entretenir avec les parents, aussi souvent que ceux-ci en éprouvent le besoin, des problèmes que rencontre leur enfant, pour essayer de trouver avec eux les moyens de les résoudre, alors là, je vous suis à 100%. C'est même une exigence déontologique.
Mais je crains fort que ce ne soit pas cela que veulent dire les penseurs fous des IUFM, surtout pas dans le contexte litanique "d'inepties", pour parler comme Jeremy, dans lequel Yves a placé cette expression!
En effet, il faut savoir - vous le savez certainement! - que les IUFM sont en relations très étroites avec les grandes fédérations de parents d'élèves, en particulier avec la FCPE, laquelle fait partie du lobby IUFM. Avec la FCPE, vous ne "coopérez" pas, vous vous faites assommer de slogans ("Enseigner autrement", "L'élève au centre", "Vivent les séquences! Quoi, vous n'enseignez pas en séquences, mais vous êtes mauvais prof!", "Vive la méthode globale, vive le déclic, faites confiance... et empressez-vous de consulter et vivent les orthophonistes s'il ne se produit pas!", etc).
Je n'ai rien pu faire, par exemple, contre la fermeture du grec dans mon petit collège rural, alors que la section y marchait magnifiquement bien depuis quinze ans, parce que les "parents d'élèves", c'est-à-dire les associations, étaient subitement toutes d'accord pour le faire passer à la trappe: "Voyons! Trois heures de perdues pour si peu d'élèves! Quel gaspillage!". Alors, vous comprenez, Dobolino, la "coopération" avec les parents façon IUFM, non merci, pas ça!

Écrit par : Jean | 20 février 2007

Mais pourquoi diable faites-vous avaler un aimant à une vache?

Écrit par : Maminou | 20 février 2007

Dobolino,
je parlais de contention en canine (et même pour les NAC). La pauvre chérie mesurant 1,12 m n'était pas trop concernée par la rurale !
Soit.
Mais vous ne me contredirez pas, je pense, sur le parallèle entre sens clinique et sens pédagogique.

Écrit par : yann | 20 février 2007

Pour retrouver une aiguille dans une botte de foin, Maminou !

Écrit par : yann | 20 février 2007

Mais vous ne me contredirez pas, je pense, sur le parallèle entre sens clinique et sens pédagogique.

Ecrit par : yann | 20 février 2007

Tout à fait d'accord, mon cher confrère.
Si elle mesurait 1.12m, je conçois qu'elle ait eu besoin d'une formation spécifique pour la contention du Bouvier Bernois! Ou c'était une sur-douée qui avait intégré à huit ans et demi peut-être?
Excusez-moi, monsieur et néanmoins cher confrère, pour mon tutoiement incongru. J'ignorais que vous étiez un éminent cardiologue vendéen et aristocrate.

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Bon ,Dobolino doit être occupée, et ce n'est pas gentil de se moquer :
Pour piéger les corps étrangers métalliques que ces animaux "bouffe-tout" ne manquent pas d'avaler un jour ou l'autre.

Écrit par : yann | 20 février 2007

Le "vous" m'a échappé, j'ai eu une éducation très vieille France, et jai parfois du mal avec le tutoiement confraternel (il faut reconnaitre que, parfois, je le retiens exprès afin de marquer une distance avec un con-frère).
Mais ce n'est évidemment pas le cas entre nous.
Désolé, je te promets de ne pas recommencer.

PS : je ne suis ni vendéen , ni cardiologue, mais breton et basque, et je crois que mes ancètres ont dû bouffer vite fait bien fait leur particule à la révolution.

Écrit par : yann | 20 février 2007

Bon ,Dobolino doit être occupée, et ce n'est pas gentil de se moquer :
Pour piéger les corps étrangers métalliques que ces animaux "bouffe-tout" ne manquent pas d'avaler un jour ou l'autre.

Ecrit par : yann | 20 février 2007

Non, ça déconnecte toutes les deux minutes. Qui se moque de qui? Faites gaffe, j'aime mordre les cardiologues.

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Et puis pour une fois qu'on peut s'exprimer sur un blog où tout le monde (ou presque) se vouvoie et fait assaut de courtoisie et d'érudition, c'est contagieux !

Écrit par : yann | 20 février 2007

PS : je ne suis ni vendéen , ni cardiologue, mais breton et basque, et je crois que mes ancètres ont dû bouffer vite fait bien fait leur particule à la révolution.

Ecrit par : yann | 20 février 2007

Non, mais comme ce site est réputé vendu à De Villiers, j'avais pensé que...

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

bon , faut arrêter.
C'est moi qui me moquais gentiment de Maminou, car sa remarque m'a bien fait rire.
Ensuite on se tutoie ou on se vouvoie ?
Pour finir, rétrospectivement, moi aussi, j'aurai bien aimé mordre les vétos cardiologues que j'ai eu l'occasion de rencontrer.

Écrit par : yann | 20 février 2007

Comment ??!!

Ce site est villiériste, et personne ne m'a prévenu !?

Adieu...

Écrit par : yann | 20 février 2007

J'avais compris "du premier coup" grâce à l'aiguille dans la botte de foin.

Ici on voit tant de choses étranges... par exemple des vétos originaux, un pendule à la main pour poser leur diagnostique...
et qui présentent des factures en Francs Suisses qui mettraient à mal l'économie du Mali ...

Alors on se pose des questions...
Et ainsi on ne perd pas une occasion de s'instruire...

Écrit par : Maminou | 20 février 2007

La lecture continue de ce blog apporte, comme d'habitude son lot de surprises...On se croirait revenu au temps de Robert Desnos et des "cadavres exquis"..On passe on ne sait trop comment de la critique du pédagogisme aux aimants dans l'estomac des vaches.
Yves va bien nous resservir un peu de Meirieu pour nous aider à les extraire.

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Non, mais comme ce site est réputé vendu à De Villiers, j'avais pensé que...

Ecrit par : dobolino | 20 février 2007

Alors ça, c'est la meilleure. Non, ce site n'est vendu à personne et on y trouve de tout : des profs, des vétos, des pédagos, des antipédagos, des matous, des pédagosaures, des vaches, des aimants, des tout ce qu'on veut et des anti tout ce qu'on veut..et même des socialistes et des ratons-laveurs ! Mais à votre place Yann, je me méfierais...C'est une vraie maison de fous.

Écrit par : Robin | 20 février 2007

C'est sans doute pour çà que je m'y trouve à l'aise !

Il faut que je pense à ressortir mon pendule de mes cartons, très bonne idée, Maminou ...

Écrit par : yann | 20 février 2007

Eh bien, ça se déchaîne, dites-moi… Ce n'est plus "bonnet d'âne", c'est "Meetic"…
À part ça, Monsieur Yann, je suis, selon les jours et les humeurs des suppôts de Meirieu, villiériste, lepéniste, faciste, nazi, Doriot ressuscité, Laval revenu d'entre les morts, etc. Vous petes ici dans le dernier cercle de l'enfer.
C'est le destin ordinaire des anciens maoïstes. Nous avons jeté par dessus le smoulins ces divisions archaïques entre droite et gauche, et chacun nous voue à ses propres gémonies — dans un article récent rendant compte de mon dernier livre, le Figaro-Magazine expliquait ainsi que j'étais un gauchiste sans dieu — ni maître !
Bah, comme dit le Grand, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre…
JPB, qui ne déteste pas une petite touche vulgaire, pour effrayer les dames, de temps en temps.
PS. C'est vrai que l'on se vouvoie, ici, très volontiers. C'est parce qu'on s'aime. Comme chantait Catherine Le Forestier dans des temps très anciens : "Les mots d'amour, quand on quitte le "vous", n'ont plus rien dans la tête…"

Écrit par : brighelli | 20 février 2007

Mais non, Jean-Paul! Il y a même des anciens maoïstes qui soutiennent Sarko, c'est vous dire! Ca s'appelle la longue route!
Je ne connais pas cette chanson de Catherine le Forestier, mais la citation me plaît bien! Ceci-dit, il n'y a pas que des "voussoyeurs" sur le forum!
Au fait, Jean, (et pardonnez-moi ce petit écart compte tenu du thème du forum mais, après tout, je ne serai pas le seul!), si vous me dites quelles chansons vous intéressent, (pour votre minot ou votre minote, je ne sais plus), je peux éventuellement vous en arranger une ou deux pendant mes vacances qui arrivent, pour "piano simple à deux mains".

Écrit par : Christophe Sibille | 20 février 2007

Non, mais comme ce site est réputé vendu à De Villiers, j'avais pensé que...

Ecrit par : dobolino | 20 février 2007

Oui! Il est de notoriété publique, enfin sur le Forum Education de france2, que Brighelli est l'âme damnée de De Villiers et nous, des vilains réac caca-boudins. Enfin, moi, je suis social-traitre donc je serais dans la purge suivante ou précédente. Quand à Le Bris, il est vendu à Sarkozy. Meirieu est un incompris que personne n'écoute et qui persiste, pleurant des larmes de sang, mais fendant l'air de son panache blanc. Si les enseignants et gouvernants voulaient l'écouter enfin, ce serait le paradis sur terre.
Y'a-t-il un s à boudin dans caca-boudin au pluriel?

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

C'est très gentil à vous, Christophe. Mais il faudrait que ce soit vraiment archi-simple. C'est bien volontiers, en tout cas.
Je vous passe commande sous peu.
Je cherche d'ailleurs pour ma propre gouverne la grille d' "Au pays de ton corps", de Catherine Le Forestier. Si vous avez cela dans vos réserves...

Écrit par : Jean | 20 février 2007

Pour finir, rétrospectivement, moi aussi, j'aurai bien aimé mordre les vétos cardiologues que j'ai eu l'occasion de rencontrer.

Ecrit par : yann | 20 février 2007

Si t"es beau gosse, attaque-toi aux cardiologue-es parce qu'avec le chouan tu n'as aucune chance à moins qu'il est viré sa cuti..;
Puis, ceux-là, je peux te dire que l'enseignement primaire laïque, ce n'est pas leur problème. On doit être deux vétos en France à avoir du goût pour les humanités? pourtant, ça développe le sens clinique et quoi de plus plaisant que de se réciter de la poésie en opérant. A mon avis, Yann, tu es une erreur de sélection comme moi. Y'a toujours des ratés. Déjà intégré en bizuth sans handicap, c'est suspect. T'as fait ta prépa où?
Pas sphère privée, question d'informer le public sur l'existence de classes prépa en lycée parce que figurez-vous qu'il y a des tas de gens qui ne savent pas que ça existe.

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

C'est une vraie maison de fous.

Ecrit par : Robin | 20 février 2007

Une citation, Robin, se met entre guillemets, même si elle est traduite du russe.

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

La posture d'"incompris" est merveilleusement pratique: on se dédouane de tout!
Quelle habileté, ce Meirieu!

Écrit par : Jean | 20 février 2007

Travailler en équipe ?
Toujours la même rengaine… Voilà une idée qui peut bien figurer dans les lieux communs des pédagogistes aux côtés d’autres mantras comme “projet”, “hétérogénéité”, “enseigner autrement”, etc., qui deviennent des valeurs quasi théologiques ou pseudo philosophiques qui n’ont de sens que pour les membres de la secte !

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire dans un métier où on est seul face à ses élèves ? Où a-t-on vu des “cours collectifs” ? Je veux bien être mis au parfum, ce doit être kekchoze un kolkhoze de profs. Enfin, on nous a déjà fourgué la “communauté éducative”, “l’accompagnement” et tout ce vocabulaire “Scouts de France” cher à Meirieu et au Café pédagogique qui cache l’autoritarisme sous le mielleux.

À quoi ça peut bien servir le “travail en équipe” comme ils l’entendent ? À part la volonté de contrôler au maximum les enseignants pour les obliger au conformisme recommandé par tous les frackowiaks (oui, j’en fais un substantif). Ces frackowiaks ne peuvent être présents dans nos classes à la fois parce qu’ils sont forcément moins nombreux que nous et aussi parce qu’ils tout fait pour fuir la salle de classe !

Alors, ils veulent aboutir à un contrôle à distance sur les enseignants, voir le Conseil pédagogique, usine à gaz qui n’a pas d’autre but. Remarquons que les organisations de type horizontal (les enseignants s’organisant uniquement entre eux sans qu’il soit question d’une quelconque hiérarchie) n’ont pas du tout la côte dans le monde merveilleux des pédago-citoyennistes… L’autonomie tant psalmodiée a des limites ! Je rappelle pour exemple que tout conseil de classe doit être précédé d’un “conseil des professeurs” : qui a vu cette disposition appliquée ?
Des soviets partout !

Écrit par : Lariba | 20 février 2007

Mesdames et messieurs,
je tire mon chapeau à Jean!
Yves, dépêchez-vous d'imprimer la réponse que vous fait Jean et ranger là précieusement dans votre cartable.
Vous la relirez régulièrement et vous verrez comme vous vous porterez bien.
Pour finir: l'école de la réussite pour tous est un méchant slogan. Il n'a pas d'autre signification que l'ignorance pour chacun.
Si vous tenez absolument aux slogans, préférez celui de l'élitisme équitable. Chacun au meilleur... de ses possibilités.
Là, oui, d'accord.

Écrit par : emh | 20 février 2007

Comme chantait Catherine Le Forestier dans des temps très anciens : "Les mots d'amour, quand on quitte le "vous", n'ont plus rien dans la tête…"

Ecrit par : brighelli | 20 février 2007

Nous avons donc les mêmes références. Catmano a le disque et il est chez moi depuis quelques mois. Il parait qu'il est devenu rarissime.
Temps très anciens, vous êtes vache avec nous. Bon, on n'est plus de la première jeunesse mais tout de même...

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Par le sarcasme qui indique que l' auteur pense exactement le contraire, cette phrase ""Nous n'avons pas à coopérer avec le monde réel", met le doigt sur une des causes premières de la tragédie scolaire, et sous-entend par ailleurs que le monde des enseignants est fantasmatique, chimérique, alors que justement, on le voit bien ici, ils ont le plus souvent les mains dans le cambouis...

L'ennui c'est que ceux qui nous ont infligé l'irruption du réel dans les classes sont précisément ceux qui sont inféodés à une idéologie qui, par définition, les met en congé du réel, et les conduit en cas d'échec à dire: ce sont les faits qui ont tort....

Les parents, eux, "coopèrent" avec l'école, au mieux en laissant tout le monde faire son boulot, en ne la dévalorisant et en respectant le partage des tâches, se contentant d'éduquer leurs enfants, laissant aux enseignants celle de les instruire. C'est la beauté de leur métier qui me rappelle un sondage où les instits viennent juste derrière les prêtres parmi ceux qui disent qu'ils "aiment" leur métier.

Pas besoin d'être sociologue ( ni de lire leurs statistiques qui réinventent le fil à couper le beurre) pour savoir que les familles qui valorisent l'école ont les enfants qui réussissent le mieux et que plus le milieu est défavorisé plus le rôle des parents est crucial, tout comme la nécessité d'une coupure avec l'extérieur.

Le fatal contresens de nos idéologues fut de vouloir démocratiser la société ( et leur but était d'instaurer par l'école cette démocratie populaire que les urnes refusaient obstinément à leur donner) en y instaurant les principes régissant la démocratie, oubliant qu’un établissement scolaire n'est en rien une société en miniature, ne serait-ce que par sa caractéristique principale d'être le lieu du passage entre l'état d'enfant et celui d'adulte. Il est alors évident que les principes, qui fonctionnent dans une société d'adultes (arrivés à maturité en théorie du moins) et caractérisée par la finitude de ses constituants principaux, ne peuvent pas sans conséquences désastreuses être ainsi plaqués sur une institution transitoire par essence. Ce n'est quand même pas compliqué à comprendre et pourtant...
Depuis que les forcenés de l'égalitarisme ont ouvert l'école sur le "réel", ils ont volé aux enfants les moins favorisés ce qu'ils avaient de plus précieux pour se construire: un hâvre.
Faire entrer la société et sa "démocratie" à l'école c'est effacer la relation verticale d'autorité entre le maître et l'élève, entre celui qui sait et celui qui veut apprendre, clé de voûte de toute institution vouée à la transmission des savoirs. C'est aussi livrer les enfants sans défense à la barbarie des leurs, à la tyrannie de la majorité, d'autant plus redoutable que c'est en même temps les priver de la protection naturelle des adultes, relégués au rang de spectateurs. L'état actuel de l'école m'épargne le besoin de commenter plus avant ces quelques vérités premières. Vous les trouverez exprimées en détail, dans un opuscule d'une trentaine de pages "The Crisis in Education" écrit par Hannah Ahrendt en 1953 et qui reprenait, en les appliquant à l'Amérique de l'immédiate après-guerre, certains Propos sur l'éducation qu'Alain avait écrits vingt ans plus tôt.
Ahrendt stigmatisait notamment le viol de l' intimité de l'enfant : "the merciless glare of the public realm, which floods everything in the private lives of those concerned, so that the children can no longer have a place of security where they can grow. [...] That modern education, insofar as it attempts to establish a world of children, destroys the necessary conditions for vital development and growth, seems obvious."
On ne saurait être plus clair, mais apparemment ceci n'est pas évident pas pour tout le monde. Merci donc sociologues/psychologues et autres experts auto-proclamés en sciences de l'éducations pour cette monstrueuse foutaise :faire entrer la "société" dans l'école. Cela a marqué le début de la fin, puisque la porte fut ainsi ouverte à toutes ses dérives et on a enlevé à ceux qui en avaient le plus besoin la possibilité de s'évader, au moins pendant le temps de leur présence en classe, de ce que leur réel avait de plus glauque.

Écrit par : Cadichon | 20 février 2007

Cela ne tient pas debout, en effet, leur obsession du "travail en équipe"!
"Qu'est- ce que cela peut bien vouloir dire dans un métier où l'on est seul face à ses élèves?"
Excellemment dit!

Écrit par : Jean | 20 février 2007

pardon: que les urnes "se" refusaient obstinément à...

Écrit par : Cadichon | 20 février 2007

Je vois que vous êtes en majorité malheureusement à des années lumière de cette citation d'Antoine de Peretti:
"Apprendre avec les autres, pour les autres , par les autres et non pas seul contre les autres"
Pour celui qui ignorait ce qu'était la coopération en voici une belle définition qui s'oppose à la compétition que vous chérissez tant.

Écrit par : Yves | 20 février 2007

Nous avons donc les mêmes références. Catmano a le disque et il est chez moi depuis quelques mois. Il parait qu'il est devenu rarissime.
Temps très anciens, vous êtes vache avec nous. Bon, on n'est plus de la première jeunesse mais tout de même...

Ecrit par : dobolino | 20 février 2007

Ahhh ! Ouf !

Écrit par : catmano | 20 février 2007

Vous nous jetez triomphalement à la figure, Yves, une "citation" d'Antoine de Peretti qui vous transporte au septième ciel.
Moi, je la trouve plutôt faiblarde.
Car que signifie "apprendre seul contre les autres"? Et à condition qu'on veuille bien lui trouver un sens (car comment comprendre ce "contre"?), est-ce même possible? Bien sûr que non!
Donc on n'apprend jamais "contre les autres".
Par conséquent, c'est toujours "avec les autres, pour les autres et par les autres", et Monsieur de Peretti, qui croyait épater la galerie avec sa rhétorique rudimentaire, enfonce des portes ouvertes, donne tête baissée dans la tautologie et "dans le pléonasme" (et presque "dans la cacophonie").
Il a perdu, comme on dit, une occasion de se taire.

Écrit par : Jean | 20 février 2007

"C'est une vraie maison de fous."

Ecrit par : Robin | 20 février 2007


Et on y retrouve même ses disques...
Elle est pas belle, la vie?

Écrit par : Maminou | 20 février 2007

Jean et Robin,

je vous laisse. J'ai apprécié vos propos tout au long de ces semaines

J'ai les Feuillets d'Hypnos sous les yeux :


"J'écris brièvement . Je ne puis guère m'absenter longtemps. S'étaler conduirait à l'obsession. L'adoration des bergers n'est plus utile à la planète. "


Jean Paul Brighelli.

Merci
pour vos ouvrages.

"Le monde ne se maintient que par le souffle des enfants qui étudient. " pensée juive.


Bye

Écrit par : patrick(instit) | 20 février 2007

"Coopérer avec les parents", dites-vous? Et depuis quand les parents sont-ils vos collègues? Qu'ont-ils à se mêler de votre travail, sauf pour faire avec vous le bilan du travail de leur propre enfant? A cela se limitent vos conversations avec eux. Là s'arrêtent leurs prérogatives. Vous n'avez absolument pas à "coopérer" avec les parents! Votre métier, c'est d'instruire leurs enfants, un point c'est tout.
"Les partenaires de l'école"? Cékoaça? Fermez-leur la porte au nez!


Ecrit par : Jean | 20 février 2007

Entièrement d'accord avec vous Jean MAIS car il y a un MAIS, beaucoup de parents sont devenus malgré eux et MALHEUREUSEMENT vos collègues! Aujourd'hui il serait peut-être de bon ton de "collaborer" avec ceux qui sont perdus le we et se demandent comment aider leurs enfants pour qu'ils ne sombrent pas dans le gouffre d'ignorance vers lequel les pousse l'école et je vous parlerais aussi de la petite minorité de ceux qui préfèrent sous couvert du cned prendre eux même en charge la scolarité de leurs enfants , je les estime à un peu près un tiers de l'ensemble des effectifs des enfants qui résident sur le territoire français. Pour affirmer, cela je me base sur le fait que tous les amis "cnediens" de mes enfants qui résident en France sont scolarisés au cned pour les mêmes motifs que ceux qui ont motivés notre choix et ont eux même d'autres contacts dans le même , officiellement les parents contournent en mettant en avant des motifs médicaux tels la dyslexie et dyscalculie , détectées en "présenciel" en début de ce1 (comme par hasard!!!)où inscrivent leurs enfants dans des activités sportives en groupe de compétition , ou en conservatoire de musique , bref les parents croyez moi ne manquent pas d'imaginationpour trouver un motif officiel alors qu'officieusement ils le font parce que l'école ne assure plus l'instruction pour leurs enfants.Je n'oublierai pas non plus ceux qui scolarisent à domicile en ayant recours à des cours privés où en mettant la main à la pâte. Alors imaginez le nombre de ceux qui ne franchissent pas ce pas mais s'inquiètent et dépensent pour des cours particuliers et prennent sur leur we pour assurer eux même le soutien scolaire. Imaginez les tensions et conflits que cela génèrent dans les familles...
Oui, dans l'absolu idéal, vous avez raison mais sortez aujourd'hui de votre bulle!
Je l'ai déjà écrit naïvement plus haut n'oubliez pas que nous sommes TOUS des parents et arrêtez de croire que les parents sont des incapables qui ne comprennent rien ...claquez une porte au nez, on peut le faire quand on est absolument sûr que tout va bien et que les parents n'ont aucune raison de vouloir s'en mêler. mais ce n'est pas le cas! il me semble au contraire qu'en tant que parent nous pourrions demander des comptes si on se base sur le fait que l'école échoue dans son rôle premier puisqu'un pourcentage non négligeable d'élèves accèdent en 6ème sans savoir lire ni écrire.
Mais je ne fais que répéter des lieux communs maintes et maintes fois cités ici. Je m'en excuse, je ne pouvais pas vous laisser nous mépriser par vos termes même si, je me répète ,dans un absolu idéal vous auriez raison de les écrire.
cordialement

Écrit par : Patricia Mesnigé | 20 février 2007

"Le monde ne se maintient que par le souffle des enfants qui étudient. " pensée juive.

Ecrit par : patrick(instit) | 20 février 2007

Merci Patrick(instit)
que ce souffle s'amplifie , il est si faible en ce moment!

Écrit par : Patricia Mesnigé | 20 février 2007

quoi ça peut bien servir le “travail en équipe” comme ils l’entendent ?

Ecrit par : Lariba | 20 février 2007
Moi, je vois des trucs tout bêtes du genre l'Empire Carolingien en histoire avec La Chanson de Roland en français... C'est le travail d'équipe qu'appliquent les enseignants de ma fille. Avec une obstination à leur enseigner le français, travail partagé par maths, français, histoire et latin.
C'est comme: pas de sortie, l'abbaye de Sénanque à deux pas du collège et, galère des règlements et des budgets serrés, pas moyen d'emmener les deux cinquièmes visiter Sénanque avec les profs d'Histoire et de Français. Les privilégiés (3/42) iront avec Papa-Maman.
Supposons que je concocte un plan: mobiliser suffisamment de parents pour co-voiturer, à titre personnel, la majorité des enfants à Sénanque en dehors des heures scolaires, ai-je une chance que la professeur d'histoire accepte de se trouver là comme par hasard à la même heure que nous tous et que, comme elle sait mieux que nous, elle guide les élèves pendant que nous gérons la responsabilité civile de nos enfants? Acceptera-t-elle les heures sup.? Oserai-je lui proposer? Sans être certaine que ma fille ne paie pas cette impudence jusqu'à la fin de l'année?

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Pas sphère privée, question d'informer le public sur l'existence de classes prépa en lycée parce que figurez-vous qu'il y a des tas de gens qui ne savent pas que ça existe.

Ecrit par : dobolino | 20 février 2007

C'est une vraie maison de fous.

Ecrit par : Robin | 20 février 2007

Une citation, Robin, se met entre guillemets, même si elle est traduite du russe.

Ecrit par : dobolino | 20 février 2007

J'étais interne au lycée Hoche à Versailles quand j'ai fait ma prépa Lettres à La Bruyère en 69. Nous étions trois Lettres sup. perdus au milieu d'un dortoir de vétos...Alors les prépas vétos en lycée, je connais (eux ils la faisaient à Hoche)...

C'est depuis cette époque que j'ai appris à m'accommoder du pire (je plaisante, en fait, ça se passait plutôt bien)

Excusez mon inculture, pour la "maison de fous", je connais les "souvenirs de la maison des morts" de Dostoïevski où il raconte son expérience du bagne, mais la "maison de fous", c'est de qui ? Gogol a écrit "Le journal d'un fou"...Il y a beaucoup de fous dans la littérature russe du XIXème siècle.

Mais ces personnages ne sont pas vraiment fous... juste un peu tourmentés...Les vrais fous sont venus après, dans la réalité.

...Et le pire, c'est qu'ils se croyaient raisonnables !

"Un fou, c'est quelqu'un qui a tout perdu, sauf la raison."

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Je n'ai pas les mots et le niveau de culture de Cadichon, mais je crois qu'elle a mal interprété mon propos. Il y a des enfants pour qui l'école est facile à partir du moment où les parents se contentent de soutenir les maîtres. Mais il y a nombre d'enfants pour qui elle est un calvaire quelle que soit l'attitude des parents. Lorsque l'école était obligatoire jusqu'à douze ans, ou même quatorze, ces enfants finissaient leur formation entre les mains d'autres maîtres qui les traitaient ou bien ou mal mais l'instituteur avait rempli son contrat comme il avait pu: lire, écrire, compter, calculer.
A présent, ça ne peut plus être. Ces enfants, souvent en perdition au collège, il faut les aider, les guider et on n'est pas trop d'être ensembles enseignants, parents, entreprises à les aider, à leur trouver un chemin viable. Pour eux, l'école ne peut être une sphère fermée où on transmet des savoirs.
Il me semble qu'ici ce n'est pas moi qui récite le catéchisme des génômes tous égaux, des enfants tous pareils etc...

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Robin, c'est bien du Dostoievski! L'Idiot...
Le Prince Muichkine dit à Nastasia Philipovna: " c'est une véritable maison de fous". Enfin, la traduction que nous conseillait notre prof de russe. Vous avez du subir le pire si vous avez partagé la vie des Prépas Vétos! Ils étaient ignobles.

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Chère Dobolino, le travail en équipe comme vous en donnez des exemples, je pratique depuis toujours. Je rejette le slogan et surtout la pratique qu'en voudraient faire appliquer les pédagogistes, càd un bidule de plus pour brimer l'enseignant de base.
En tant que magnanophile je lis “Ma Provence d'heureuse rencontre” qui m'avait échappé.
Adessias !

Écrit par : Lariba | 20 février 2007

Pour ceux qui ne connaissent pas André de Peretti, c’est un de ceux qui sont à l’origine des IUFM ! Il s’agit d’un catho à la Meirieu, non, ce n’est pas une coïncidence…
Exemple de sa prose à propos du travail en équipe, où les mots ronflants mêlés à la réinvention de la roue sont censés provoquer l’extase du disciple mais où on cherchera en vain un argument rationnel :

« On peut définir cinq pôles de compétences : l’enseignant est organisateur de relations, personne-ressources, utilisateur, évaluateur et chercheur.
De toutes les façons, ces compétences se comprennent dans le cadre d’un travail en équipe.
Oublier le travail en équipe, c’est faire face à trois dangers :
D’abord, vous ne vous donnez pas le maximum de chances face aux problèmes de violence. La réponse est collective ; ensuite, vous êtes isolé, confronté à la masse de la classe ; enfin, vous trahissez l’expression et la représentation de la laïcité (sic) : compatibilité, travailler avec les autres. Ce serait démentir les valeurs de citoyenneté. C’est le mythe des Horaces et des Curiaces. De quel côté se trouve l’enseignant ?
En fait, montrer des adultes qui se maîtrisent vaut la peine face à des adolescents en pleine déconstruction-reconstruction, plongés dans un monde fait de violences externes. Ils se sentent impliqués dans la confiance manifestée par l’échange de l’équipe des enseignants. »

Avec ça on doit obtenir le concours de PE !

Écrit par : Lariba | 20 février 2007

Il ne s'agit nullement d'un point de vue catho ni strictement IUFM. C'est une devise reprise par l'OCCE. L'office central de la coopération à l'école. Un mouvement complémentaire de l'école.

Qu'est-ce qu'un
apprentissage coopératif ?

Aujourd'hui encore, les classes coopératives, les foyers coopératifs continuent à être de véritables laboratoires d'un "apprentissage autrement".
L'apprentissage coopératif, c'est un apprentissage construit ensemble, en interaction, un apprentissage qui se construit au travers d'une expérience active, qui implique la confrontation des points de vue, la justification des démarches, la validation des hypothèses.
Un apprentissage qui permet la construction active de connaissances, la découverte de l'autre et l'apprentissage du débat démocratique. S'il fallait synthétiser la Coopération à l'Ecole, cela serait: Apprendre et vivre en Coopération, c'est apprendre et vivre avec les autres, par les autres, pour les autres et non pas seul, contre les autres.

Écrit par : Yves | 20 février 2007

Mais je ne fais que répéter des lieux communs maintes et maintes fois cités ici. Je m'en excuse, je ne pouvais pas vous laisser nous mépriser par vos termes même si, je me répète ,dans un absolu idéal vous auriez raison de les écrire.
cordialement

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 février 2007

Un absolu idéal qui sous-entendrait que tous les enfants soient égaux face aux apprentissages scolaires, ou qu'on euthanasie tous ceux qui sont inaptes.
Que tous aient des parents qui les conduisent à Sénanque et à la basilique de Saint Denis, tous des parents qui les conduisent dans une bibliothèque, dans une vraie librairie(pas Cultura!), au Musée, dans une forêt d'arbres à feuilles caduques, sur terrain marneux, calcaire ou cristallin, qui soient capables de leur montrer un silex ou un granit, les marées et les phases de la lune... ne serait-ce que de trier un programme télé.
L'école ne résolvait pas les inégalités, sauf pour une poignée de mordants à QI élévé. Elle en a pris conscience puis s'est fourvoyée. De là à jeter le bébé avec l'eau du bain, je trouve que vous charriez dans les bégonias.
Et vous me comprenez très bien, aussi bien que P. Meirieu comprend ceux qui lui disent que la grammaire ne doit pas être enseignée en ORL mais à l'état pur. Vous campez sur vos positions, vous faites traiter de réacs et persistez...
C'est parfois pénible.
Alors, pour moi, oui, il faut ouvrir l'école sur le monde, oui, il faut des sorties mais oui, il faut enseigner la grammaire, l'orthographe, l'histoire et les humanités.
Est-ce incompatible?
Des parents qui ont peur de cette école où ils ont échoué il y a vingt ans ou trente ans, faut-il les prier de fermer leur gueule et d'obtempérer? Ne le font-ils pas déjà assez tous seuls? Ne vaut-il pas mieux leur demander d'avoir la gentillesse de co-voiturer les enfants à Sénanque? Car, ils le feront et découvriront eux aussi un monde qu'ils ignorent.
Il faudrait peut-être réaliser qu'en ce monde occidental, nous n'avons qu'un besoin minime de tâcherons sous-instruits et que le monde entier frappe à notre porte pour se servir à notre corne d'abondance.
Personne ne pourra ici m'accuser de parler de sphère privée!

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Où avez-vous vu, Patricia Mesnigé, qu'il y ait de ma part du "mépris" pour les parents?
J'explique dans ma réponse à Dobolino, si vous voulez bien remonter un peu ci-dessus, qu'il est dans les attributions du professeur de rencontrer les parents aussi souvent qu'ils en éprouvent le besoin lorsque l'intérêt de l'enfant est en jeu.
De même, il est tout à fait normal que des parents qui le souhaitent s'associent à des manifestations scolaires, à des sorties culturelles ou autres et apportent une contribution qui peut être précieuse et qui les rapproche des professeurs. Ainsi il 'est arrivé d'emmener à Rome et à Naples quatre collègues et quatre parents!
Ce dont je me méfie, c'est la "coopération" avec les parents telle que la voit le lobby pédagogiste qui semble avoir touites les faveurs d'Yves. Cette "coopération"-là me paraît plutôt une "intrusion" qui cache autre chose que l'intérêt des enfants. Par exemple, sous prétexte que les langues anciennes sont "élitistes" - une antienne pédagogiste! - les associations de parents - du moins certaines! - vont faire pression pour que telle ou telle option disparaisse. Si un principal-adjoint énergique fait régner l'ordre dans les couloirs et dans les escaliers et fait faire quelques tours de cour aux classes qui n'auraient pas compris, des "associations de parents" vont hurler qu'on brime les enfants. Si un principal décide de passer dans les classes à la fin de chaque trimestre pour féliciter publiquement les meilleurs élèves et admonester les négligents et les perturbateurs, les mêmes vont crier au scandale et obtenir que cessent ces bilans publics de fin de trimestre pourtant bien utiles. Je vous parle, Patricia, de choses que j'ai vues. En revanche, je n'ai pas encore vu que des associations de parents suggèrent de rétablir une distribution des prix de fin d'année, ce qui serait pourtant d'une urgence absolue et d'un intérêt pédagogique majeur!
Les "partenaires de l'école", Patricia, c'est encore autre chose que les parents: ce sont des institutions et des organismes variés. Je voulais dire que l'enseignement est spécifiquement la mission des enseignants (et bien sûr des parents qui, comme vous, décident de l'assumer pour leurs enfants) et que le recours à de tels "partenaires de l'école" ne doit pas un passage obligé.
"Demander des comptes", dites-vous, sur l'état de l'école? Très bonne idée! Il faut s'adresser au Ministre de l'Education,
car améliorer l'école relève d'une décision politique.

Écrit par : Jean | 20 février 2007

En tant que magnanophile je lis “Ma Provence d'heureuse rencontre” qui m'avait échappé.
Adessias !

Ecrit par : Lariba | 20 février 2007
Magnan, c'est une vieille bique suceptible et rusée. Ecrivez-lui vos commentaires, il sera "fier" qu'un professeur soit magnanophile... Il se drape dans sa dignité de type qui n'a même pas le certificat d'études. Il est un peu testard.
Pierre Magnan
BP 48
04300 Forcalquier
On vient de s'engueuler comme des pattiers! Il est infect. Moi aussi, ça tombe bien!

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Yves nous fait l'article pour le socio-constructivisme!

Écrit par : Jean | 20 février 2007

Mais enfin, Jean! Les assoc de Parents, c'est une plaie... Nous en sommes tous d'accord. Les parents en difficulté ne sont pas dans les assoc! Des fois, ils payent la cotisation parce que, dans leur naïveté, ils croient que c'est obligatoire comme ils payent l'assurance MAE qui arrive avec les renseignements médicaux au début de l'année scolaireen primaire. Et boum, crache trente euro alors que ta RC habitation couvre le risque.
Les parents, ils se disent: "moi, j'étais nul! C'est normal que mes gosses soient nuls..." Et passez muscade, RMI à 25 ans.
Pas sphère privée mais j'en vois pas mal autour de moi.

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

J'écris brièvement . Je ne puis guère m'absenter longtemps. S'étaler conduirait à l'obsession. L'adoration des bergers n'est plus utile à la planète. "


Bye

Ecrit par : patrick(instit) | 20 février 2007

Je ne serais que de vous, je ferais une pause, sans paroles d'adieu définitives. Ce serait dommage de...

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

"Demander des comptes", dites-vous, sur l'état de l'école? Très bonne idée! Il faut s'adresser au Ministre de l'Education,
car améliorer l'école relève d'une décision politique.

Ecrit par : Jean | 20 février 2007

c'est chose faite Jean!

Écrit par : Patricia Mesnigé | 20 février 2007

Jean, j'oubliais, Dobolino ayant parfaitement répondu à ma place vous saurez ce que je pense des assos de parents d'élèves trop souvent noyautées par la "nomenklatura" locale...

Petite parenthèse perso,
Robin , la mixité au lycée La Bruyère comme au lycée Hoche est arrivée trop tardivement , dommage pour vous, l'internat du lycée La Bruyère (qui n'a d'ailleurs jamais pu être mixte car il a fermé quasiment au moment où le lycée est devenu mixte) était un endroit idyllique au sein du domaine de Madame Elisabeth...mais vous avez du connaitre...

Écrit par : Patricia Mesnigé | 20 février 2007

"Qu'est-ce qu'un
apprentissage coopératif ?

Aujourd'hui encore, les classes coopératives, les foyers coopératifs continuent à être de véritables laboratoires d'un "apprentissage autrement".
L'apprentissage coopératif, c'est un apprentissage construit ensemble, en interaction, un apprentissage qui se construit au travers d'une expérience active, qui implique la confrontation des points de vue, la justification des démarches, la validation des hypothèses.
Un apprentissage qui permet la construction active de connaissances, la découverte de l'autre et l'apprentissage du débat démocratique. S'il fallait synthétiser la Coopération à l'Ecole, cela serait: Apprendre et vivre en Coopération, c'est apprendre et vivre avec les autres, par les autres, pour les autres et non pas seul, contre les autres."

Ecrit par : Yves | 20 février 2007

Il est vrai, que le succès des kolkhozes a été ébouriffant!
Mais bon sang, allez faire vos communautés d'apprentissage coopératif où vous voulez mais ne les imposez pas à l'éducation nationale!
"Apprendre autrement"!! "Autrement, autrement! c'est devenu l'adverbe"incontournable", on voyage "autrement", on gouverne" autrement"( ça c'était Jospin et c'est repris par qui l'on sait) on achète autrement, on apprend "autrement", on enseigne "autrement"...
Quelle présomption de se dire que chaque élève est en mesure de réinventer à soi seul ce que l'humanité a mis 2500 ans à construire.
Et par ailleurs, Cadichon a raison, un élève devrait pouvoir être instruit à l'école comme une belle plante précieuse qu'on garde à l'abri, pour avoir ainsi plus de force quand il sort chaque jour pour affronter l'extérieur.

Écrit par : Thalie | 20 février 2007

Le Prince Muichkine dit à Nastasia Philipovna...
Доболино...Князь Лев Николаевич Мышкин и Настасья Филипповна. Prince Mychkine et Nastassia Filippovna...
La censure tsariste veille!

Écrit par : buntovchik | 20 février 2007

Si si Patricia, j'ai connu la mixité à La Bruyère (nous étions cinq garçons dans la classe)...En échange à Hoche, évidemment à l'internat il n'y avait que des garçons. Oui je me souviens du domaine et de la salle à manger..."Infandum regina, renovare dolorem." Quel chien fou j'étais à cette époque-là !

" On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans
Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
On va sous les tilleuls verts de la promenade."

(Arthur)

Écrit par : Robin | 20 février 2007

S'il fallait synthétiser la Coopération à l'Ecole, cela serait: Apprendre et vivre en Coopération, c'est apprendre et vivre avec les autres, par les autres, pour les autres et non pas seul, contre les autres."

Ecrit par : Yves | 20 février 2007

Et ça ne vous pèse jamais ?

Écrit par : Robin | 20 février 2007

Pour coller à la réalité des classes dans les collèges et lycées, il serait bon que les profs aient eux aussi "des TD de contention du bétail"... Surtout pour le cours du vendredi à 16h30, celui qui suit les deux heures d'EPS, qui précède le week-end et qui a lieu dans une salle surchauffée où on a le choix entre être dans le noir, volets fermés, ou en plein soleil.

Sinon, Yves me fait peur, très peur. Outre sa mauvaise foi et son discours borné, il incarne à merveille le discours redondant et autojustifié des afficionados de l'IUFM : répétons en boucle la même idée dans des termes ronflants pour affirmer que nous avons raison.

Pour André Peretti, il n'a effectivement rien d'un catholique pur souche ; il vient seulement de publier aux éditions du Cerf un Essai sur l'humour du Christ dans les Evangiles. Alors bien sûr, un catholique a bien le droit de se mêler d'éducation, mais voici la belle biographie que lui fait un site populaire de vente sur internet :

" Polytechnicien, docteur ès lettres et sciences humaines, André de Peretti a exercé de multiples responsabilités : d'ingénieur, de professeur, de parlementaire, de psychosociologue, de formateur, de chercheur, d'écrivain, de poète. Il a été le conseiller, en France et à l'étranger, de plusieurs ministres de l'Éducation, et a présidé une commission ministérielle sur la formation des personnels de l'Éducation nationale (1981-1982). Il est l'auteur d'oratorios, de pièces de théâtre et de spectacles (notamment à Lourdes, Lisieux et Chartres). "

Alors quand on fait des spectacles à Lourdes, Lisieux et Chartres, et qu'on publie au Cerf, on peut à bon droit être taxé d'incarner la morale et les principes judéo-chrétiens, dans l'éducation comme ailleurs.

Écrit par : Jérémy | 20 février 2007

Robin , oui les classes de lettres sup étaient mixtes mais pas le lycée . Le chien fou pouvait s'en donner à coeur joie dans cet immense domaine!

Écrit par : Patricia Mesnigé | 20 février 2007

Le Prince Muichkine dit à Nastasia Philipovna...
Доболино...Князь Лев Николаевич Мышкин и Настасья Филипповна. Prince Mychkine et Nastassia Filippovna...
La censure tsariste veille!

Ecrit par : buntovchik | 20 février 2007
Oh, ça va! j'essayais d'aider à la prononciation. Acceptez-vous la traduction de ma professeur de russe (agrégée): "c'est une véritable maison de fous"?
D'ailleurs, je vous répondrai ce qu'une P... dit à mon père qui repoussait ses avances: "Y'a des érudits qui sont des cons!". C'est valable pour tout le monde ici.

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

est vrai, que le succès des kolkhozes a été ébouriffant!


Ecrit par : Thalie | 20 février 2007

Dans un kolkhoze, on a un espace personnel! Vous voulez parler de sovkhozes?

Écrit par : dobolino | 20 février 2007

Oh, ça va! j'essayais d'aider à la prononciation. Acceptez-vous la traduction de ma professeur de russe (agrégée): "c'est une véritable maison de fous"?

Dobolino, ce n'était de ma part qu'un petit clin d'oeil. Pour le coup je vais paraître maintenant à vos yeux un véritable homme ridicule et pédant ( я смешной человек...vous connaissez sans doute ce début d'un récit de Dostoïevski) si je vous rappelle que cette célèbre réplique: "Сумасшедший дом настоящий" est du général Epantchine et peut se traduire aussi par: "un vrai asile de fous".

Écrit par : buntovchik | 21 février 2007

si je vous rappelle que cette célèbre réplique: "Сумасшедший дом настоящий" est du général Epantchine et peut se traduire aussi par: "un vrai asile de fous".

Ecrit par : buntovchik | 21 février 2007

Non, non, toutes mes confuses, vous avez raison! Je viens quand même de vérifier...

Écrit par : dobolino | 21 février 2007

Bonjour,
Ce qu'ecrit Cadichon, dans un autre fil est exact, ou presque: a Berkeley, il est etudie comme un penseur de son temps, c'est a dire des annees 70 - un souvenir (date) pour lire Rousseau. Pardon, il n'y a pas d'accent sur ces fichus qwerty...

En pensant: demain, je prends le the chez Rene Girard! Moi, un petit PLP de rien du tout, mis sur la selette par son Inspecteur et sa direction, je vais rencontrer Girard! You know ehat? Je suios fou de joie! M'ssieur Brighelli, je penserai a vous et au cours au cours que j'ai suivi a Joffre!

Écrit par : Pendaries | 21 février 2007

Vous avez beaucoup de chance Pendaries, je vous envie de pouvoir rencontrer Girard. La lecture de son oeuvre a littéralement changé ma vie. Je me souviens encore avec quel émerveillement et quelle fièvre j'ai lu (je pense au mot latin "manducare" à la place de "lire") "Vérité romanesque et mensonge romantique"...Et tout le reste : "Des choses cachées" et son livre sur Shakespeare...."Les feux de l'envie"... Je dois avoir toute son oeuvre dans ma bibliothèque. Ce doit être un crève-coeur pour lui de constater qu'il n'est pas vraiment reconu dans son propre pays où on lui préfère des intellectuels de troisième ordre, quand ce ne sont pas des charlatans dans ce pays où il suffit souvent d'être obscur pour être réputé génial...

Écrit par : Robin | 21 février 2007

errata : reconnu avec deux "n"

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Robin , oui les classes de lettres sup étaient mixtes mais pas le lycée . Le chien fou pouvait s'en donner à coeur joie dans cet immense domaine!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 février 2007

Oui, et la vie était encore belle et légère.

Écrit par : Robin | 21 février 2007

dobolino

A propos des prépas vétos" : disons qu'il manquaient parfois un peu de raffinement (euphémisme !), mais ils avaient une certaine considération pour nous et nous arrivions à "communiquer".

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Jean et Robin,

je vous laisse. J'ai apprécié vos propos tout au long de ces semaines

J'ai les Feuillets d'Hypnos sous les yeux :


"J'écris brièvement . Je ne puis guère m'absenter longtemps. S'étaler conduirait à l'obsession. L'adoration des bergers n'est plus utile à la planète. "


Jean Paul Brighelli.

Merci
pour vos ouvrages.

"Le monde ne se maintient que par le souffle des enfants qui étudient. " pensée juive.


Bye

Ecrit par : patrick(instit) | 20 février 2007

Ne nous laissez pas trop longtemps, Patrick...Vous nous êtes plus utile que "l'adoration des bergers" !

Et merci pour la belle citation sur le souffle des enfants ("Ruah" en hébreu)

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Bonjour,
Merci aux amis des ânes. Comment vivre sans poésie, sans rêve et sans chanson ? Ah oui, j'oubliais, ça ne PRODUIT pas. Et ceux qui fabriquent des armes ou toute cochonnerie qui ronge et détruit à petit feu en nous grisant de belles paroles et de poudre aux yeux, ils produisent eux. Produire pour détruire les humains, ça au moins ça fait marcher le commerce. On n'a pas idée de rêver un peu, de baisser les armes et d'être heureux d'un rien. Il faut être fou pour avoir des idées pareilles !
Patrick, je ne suis pas à la hauteur pour rédiger la charte mais j'ai exprimé deux idées toutes simples : former des êtres humains dignes de ce nom et faire en sorte que les connaissances élémentaires transmises à l'école primaire soient solides, très solides puisque ce sont les fondations dans notre patient travail de construction. ( "Pour faire un homme , mon dieu que c'est long" chante Hughes Aufray .)
Je déserte un peu le blog pour deux raisons . D'abord je surveille l'apparition des pissenlits dans les terrains où il y a eu des foins. Mon mari a mis au point une recette avec pommes de terre à l'eau écraées, échalottes et filet de vinaigre ajouté en fin de cuisson. Faire cuire dans un cocotte à feu doux en surveillant. Un régal. Ensuite, je poursuis mes recherches sur François Boyer et il me reste encore neuf films à dénicher,sans compter les trois séries télévisées. Un propos de Cadichon a retenu mon attention . Dans la dernière phrase de son message elle affirme que l'école enlève aux enfants tout ce que leur réel a de glauque. GlAUQUE. je cite mal. C'est exactement l'impression qui se dégage des films où François Boyer met en scène des enfants confrontés à l'insuffisance des adultes pas toujours exemplaires. Dans "Les fruits sauvages" par exemple ( d'Hervé Bromberger, réalisateur, 1953 , F. Boyer étant dialoguiste) on voit l'aînée d'un famille travailler en usine et fuir le domicile familial pour protéger sa soeur cadette de la prostitution. Le père, veuf et alcoolique a tous les droits. L'héroïne donc a cette phrase terrible : " C'est pire que la guerre ! "
Pour les nostalgiques de la distribution des prix, je signale que l'association marnaise des palmes académiques organise des concours d'écriture dans les établissements scolaires du primaire au lycée. Les lauréats, leurs professeurs et leurs parents sont invités à la remise des prix , lesquels prix sont bien ordinaires, mais tout le monde est content. Et quand le texte d'un élève est lu au micro, tout le monde écoute. Mes élèves de seconde et première ont été récompensés à plusieurs reprises mais je dois formuler une réserve : comme ils étaient les seuls à partciper en tant que lycéens, vous devinez la suite ...Qu'importe après tout . Dix ans plus plus tard quand vous les rencontrez au supermarché ou ailleurs, ils se déplacent pour vous rappeler l'événement.
J'ai appris que cette même association était intervenue auprès de Monsieur le Recteur pour demander une augmentation du nombre des promus parmi les enseignants de maternelle, primaire et collège, histoire de ne pas oublier ceux qui sont au charbon. La réponse donnée est facile à deviner. L'idée de la gidouille finalement...

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 21 février 2007

corrections : participer et GLAUQUE.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 21 février 2007

Pour les pissenlits, ne pas oublier les lardons fumés bien sûr.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 21 février 2007

A propos des prépas vétos" : disons qu'il manquaient parfois un peu de raffinement (euphémisme !), mais ils avaient une certaine considération pour nous et nous arrivions à "communiquer".

Ecrit par : Robin | 21 février 2007

Pour un euphémisme, c'est un bel euphémisme !
Mais c'est vrai que nous étions plus communicatifs que les taupins.

Dobolino, j'étais en prépa à Saint Louis, externe, ce qui me laissait tout le loisir de goûter aux joies du Quartier Latin, et ce qui a fait de moi un rat de bouquinistes. Oups, sphère privée !

Écrit par : yann | 21 février 2007

Mais bon sang, allez faire vos communautés d'apprentissage coopératif où vous voulez mais ne les imposez pas à l'éducation nationale!

Ecrit par : Thalie | 20 février 2007

Pour parler "apprentissage autrement", "communautés", etc., un petit exemple perso :
Un mien parent, ancien instit et touche à tout, expérimenta pendant longtemps la vie en communauté dans un lointain pays. Au début, tout nouveau, tout libre, pas d'école, les enfants livrés à eux-mêmes, ils apprendront la vie au contact de la Nature (avec une majuscule), patati, patata.
Assez vite, ceux qui avaient un peu de souci éducatif ont commencé à donner quelques cours, au grand dam des babas cools purs et durs opposés à toute contrainte.
Donc, par compromis, l'éducation s'est "organisée" de façon très libertaire (beaucoup avaient dû lire "libres enfants de Sumerhill", je gage). Les enfants venaient quand ils voulaient, partaient quand ils voulaient, apprenaient ce qu'ils pouvaient.
Et puis un jour, les gosses ont fait une assemblée, et sont venus voir les grands, en particulier ceux qui auraient bien fait quelque chose de plus structuré, et ont réclamé des profs, des heures de cours obligatoires, des salles de classe (fermées !), des cahiers et même des examens de niveau !
Aujourd'hui, la communauté en question existe toujours, elle a plusieurs écoles, présente les enfants avec succès aux examens de leurs pays d'origine, et beaucoup font des études supérieures qui aux USA, qui en Europe, avec bonheur.
Moralité : l'anarchie éducative, çà marche sûrement avec des adultes, mais je ne suis pas sûr que les enfants sont capables d'y prendre leurs marques et de s'y épanouir réellement.

Écrit par : yann | 21 février 2007

'ai appris que cette même association était intervenue auprès de Monsieur le Recteur pour demander une augmentation du nombre des promus parmi les enseignants de maternelle, primaire et collège, histoire de ne pas oublier ceux qui sont au charbon. La réponse donnée est facile à deviner. L'idée de la gidouille finalement...

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 21 février 2007

La gidouille, ça a un rapport avec Ubu roi, d'Alfred Jarry, non ?
Quoi qu'il en soit, ce sont rarement ceux qui les méritent qui les ont, Hélène...Et quand je vois qui les a...Petite anecdote. J'ai connu un chef d'établissement plus que douteux qui les avait demandées et obtenues pour sa secrétaire afin de les obtenir lui-même...et qui les obtint ! (ça doit porter un nom ce genre de coup au bilard)

Je m'aperçois que l'intervention toujours remarquée de notre enthousiaste camarade de sofkhoze, Yves (ou Yvan ?) n'a toujours pas fait sortir l'aimant (et l'objet aimanté) de l'estomac de la vache...private joke pour les "happy few" qui suivent...mais aussi que je n'ai pas répondu au sujet des parents d'élèves.

J'y retourne après avoir préparé le fricot (le mercredi, c'est moi qui m'y colle)

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Je m'aperçois aussi que vous avez évité de répondre sur le statut du Professeur des écoles (PE)comparé à celui des professeurs de lycée collège (PLC) .
Votre projet de formation très très spécifique (brrrrrrrrr!!!!) débouchera t-elle sur le maintien de l'égalité de traitement en début de carrière? J'ose espérer que oui. Car un PE à statut de recrutement égal, une licence, et passant au travers d'un concours très très sélectif doit avoir le même indice en début de carrière. Sans compter que lui doit assumer 26 heures de cours par semaine, des surveillances de récré, et j'en passe Et que lui aussi prépare très sérieusement ses cours et corrige également conscieusement les productions de ses élèves.

Écrit par : Yves | 21 février 2007

Je m'aperçois que l'intervention toujours remarquée de notre enthousiaste camarade de sofkhoze, Yves (ou Yvan ?) n'a toujours pas fait sortir l'aimant (et l'objet aimanté) de l'estomac de la vache.

Ecrit par : Robin | 21 février 2007

Je ne voudrais pas passée pour pédante... mais si vous écrivez sofkhoze, le terme perd tout son sel et tout son message politique = sov khoze
Ceci dit, j'ai de gros problèmes à résoudre concernant ce qui se dit ici. J'ai parfois l'impression de discuter avec mon père et ne croyez pas que, quand je dis ceci, je suis dans la sphère privée, car je parle d'un homme qui fut très public et très actif au sein de l'Université Française. Trente ans de débats parfois sanglants autour du gigot dominical...
J'ai aussi parfois l'impression de me retrouver au débat participatif de l'autre soir: "fermer les frontières, jeter les immigrés à la mer et remettre en place l'apprentissage à douze ans"- nous proposent les plus de soixante-dix ans..
Ma question lancinante revient: quelles solutions l'école peut-elle proposer à ceux qui patouillent inéluctablement dès la quatrième avec le meilleur enseignement possible?
Y-a-t'il des solutions pour les aider à concevoir x? Y'a-t-il une place pour eux?
Les solutions de Catmano, non pas parce qu'elle est ma sœur, sont à écouter pour pré-élémentaire et élémentaire, mais après???????????????
Du latin en sixième pour tous et le monde sera sauvé?
Autour de l'école, qui doit certes rester un lieu d'enseignement des savoirs, quels aménagements?
Le Collège et le Lycée peuvent-ils re-devenir des sanctuaires?
J'ai priée une enseignante de SEGPA de venir ici faire part de son expérience personnelle. Elle a pointé son nez et est vite repartie. Pas pour elle...
Et puis, n'allez pas encore me dire que je viens ici pour faire de la propagande. Si je récapitule la totalités des insultes visant bas (très bas) sur la candidate PS ou DSK, je douterai...
Vous ai-je jamais fait du Closer's ou du Gala sur Sarkozy?

Écrit par : dobolino | 21 février 2007

Yves

Il faut, bien entendu travailler "la mano en la mano" comme disait le grand Charles avec les parents d'élèves...Mais chacun doit rester à sa place...Comme ça les vaches bien gardées n'avalent pas de feraille et dobolino n'a pas besoin de se fatiguer à les sortir.

L'idéal, ce serait que chaque professeur lors de cette fastidieuse réunion de début d'année où "l'équipe pédagogique" se fatigue à expliquer à tour de rôle ce qu'ils font en classe, ils en disent un peu moins et qu'ils distribuent aux parents un document écrit dans lequel ils expliquent a) ce qu'ils font b) ce qu'ils demandent à leur progéniture de faire c) ce que eux, les géniteurs peuvent faire pour pour les aider à progresser...On appelle ça dans l'entrerprise un "cahier des charges"...

Ne pas hésiter à les rencontrer aussi souvent que possible, bien entendu quand il y a un problème et sans attendre que le problème s'aggrave.

Nous avons demandé dans la Charte un code de déontologie eu égard à certaines dérives (copinage, parents ulcérés qui font sauter les punitions amplement méritées,..je n'ai pas besoin de faire un dessin à ceux qui sont dans le bain...)

Il faudrait professionnaliser le rôle de parent délégué; j'avais suggéré en particulier qu'un parent ne puisse pas être délégué dans le conseil de classe où ils ont un enfant...Vous comprenez pourquoi ?

Les parents n'ont pas à se mêler de pédagogie, mais ils peuvent demander et obtenir des explications.

ce qui me fait un peu peur dans les idées dont vous nous faites part, c'est la confusion des rôles et aussi un certain angélisme la vision de la "nature humaine".

Pour finir, je vous suggère de suivre le conseil du borgne (comme dit JPB) au sujet du marquis de Villiers pour lequel, comme chacun sait, n'est-ce pas Madame la duchesse de Dobolino, nous roulons sur ce blog : "Il faut toujours préférer le modèle à l'original" et de vous documenter sur un certain Anton Sémionovitch Makarenko.

Mais à condition évidemment d'évitez de lire immédiatement après le calomnieux roman d'Alexandre Soljénitsyne envers notre glorieuse patrie soviétique : "L'archipel du goulag".

Écrit par : Robin | 21 février 2007

A l'usage des soviétologues distingués de ce site, je conseille la lecture du livre d'Anton Ciliga : " au pays du mensonge déconcertant" (1925, à une vache près !), qui prouve que çà ne sert à rien de dénoncer même les pires atrocités du moment que le monde n'est pas près à vous écouter.

Écrit par : yann | 21 février 2007

pas prêt, pardon ...

Écrit par : yann | 21 février 2007

Robin, ce que j'aimerais que vous compreniez, et les autres avec, c'est que vous n'empêcherez jamais une vache d'avaler une ferraille... à moins de supprimer toute ferraille!
Vous êtes tous des altermondalistes pas mûrs.

Écrit par : dobolino | 21 février 2007

A l'usage des soviétologues distingués de ce site, je conseille la lecture du livre d'Anton Ciliga : " au pays du mensonge déconcertant" (1925, à une vache près !), qui prouve que çà ne sert à rien de dénoncer même les pires atrocités du moment que le monde n'est pas près à vous écouter.

Ecrit par : yann | 21 février 2007

Rien qu'avec La Ligne Générale d'Eisenstein, ça va!

Écrit par : dobolino | 21 février 2007

"Mais à condition évidemment d'éviter de lire immédiatement après le calomnieux roman d'Alexandre Soljénitsyne envers notre glorieuse patrie soviétique : "L'archipel du goulag"."
Robin

Je crois bien, d'après les cercles (j'oserai polaires eu égard au degré zéro d'innovation) de la "sinistra" que ce personnage est un faux, un météore propulsé par Gaulle avant sa fin pour décrédibiliser la glorieuse patrie... :)

Écrit par : D'Enguell | 21 février 2007

Votre projet de formation très très spécifique (brrrrrrrrr!!!!) débouchera t-elle sur le maintien de l'égalité de traitement en début de carrière? J'ose espérer que oui.

Mais Yves, qui parle de faire une discrimination entre les PE et les profs de collège ? Même salaire, comme c'est actuellement le cas, non ?...ET augmenté, s'il vous plaît !

C'est la statut des profs de collège qui s'est dégradé, mais il faut être en collège pour ça.

La formation est spécifique parce que le boulot est spécifique (demandez à Patrick et allez faire un tour sur son superbe site)

Et maintenant je vais vous faire une confidence : si c'était à refaire, j'aurais passé le concours d'instituteur au lieu de passer la CAPES. Les gamins, c'est comme les bourgeois de Jacques Brel, plus ils deviennent vieux et plus ils deviennent... bêtes.

Écrit par : Robin | 21 février 2007

C'est la statut des profs de collège qui s'est dégradé, mais il faut être en collège pour ça.

...pour comprendre ça ...Je tape trop vite !

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Robin, ce que j'aimerais que vous compreniez, et les autres avec, c'est que vous n'empêcherez jamais une vache d'avaler une ferraille... à moins de supprimer toute ferraille!
Vous êtes tous des altermondalistes pas mûrs.

Ecrit par : dobolino | 21 février 2007

Mais le gars sur la photo au début du blog...c'est bien José Bové, non ?

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Mince !
Moi qui l'ai pris pour le camarade Staline !
Bojomoï !!

Écrit par : yann | 21 février 2007

"'Demain, je prends le the chez Rene Girard! Moi, un petit PLP de rien du tout, mis sur la selette par son Inspecteur et sa direction, je vais rencontrer Girard! You know what? Je suis fou de joie! ""

Ecrit par : Pendaries

All the best! et je partage d'autant mieux votre enthousiasme que moi aussi je marche on cloud 9, quand cela m'arrive. Ici c'est Elie Wiesel ou George Steiner, avec qui on peut bavarder... au coin du feu. À part quelques exceptions à Harvard ou Boston College ( Pierre Manent) nos grandes pointures préfèrent, on les comprend, le climat de la Californie... encore que Fumaroli est à Chicago.

Pendaries confirme deux choses, au moins:

1. Que le monde universitaire américain est à l'image du reste du pays: pas de barrière sociale entre les sommités et les autres. Un exemple: envoyez-un email à l'un d'entre eux, vous aurez une réponse le plus souvent dans les 24 heures, enfin là je ne parle pas de nos compatriotes, car un petit nombre, dans ce domaine, et même ici, conservent encore quelques morceaux de glèbe aux semelles.

2. Et la deuxième, et c'est très grave, que nos plus grands cerveaux ne trouvent la liberté que dans la fuite...
et même les tout tout petits, comme votre serviteur.

On nous accueille à bras ouverts et il faut savoir que les doctorants sont tous boursiers. Si vous êtes acceptés dans un programme de doctorat c'est que vos travaux intéressent l'université qui paie vos frais d'inscription et vous donne une bourse, couvrant au moins votre logement, et plus si affinités... Elle vous confie aussi quelques cours allonger la sauce. Cela vaut vraiment le coup de ne pas avoir trop roupillé en cours d'anglais à l'école.

Écrit par : Cadichon | 21 février 2007

Il y a 83 ans, un instituteur russe lançait un projet qui ressemblait, à première vue, à une école bagne. Anton Makarenko voulait redresser des enfants que la société condamnait à la prison ou à la rue. Comment ? En leur imposant une avalanche de travail manuel et scolaire. Des centaines d’enfants délinquants lui ont été confiés dès 1920. C’est en Ukraine que Makarenko dirigeait son centre, la « Colonie Gorki ». Mais pourquoi parle-t-on encore aujourd’hui, avec respect, de cet homme qui exigeait de ses pupilles une discipline militaire ? Makarenko était un pédagogue enthousiaste, juste et joyeux, moins dur qu’exigeant. Il voulait « aborder chaque être humain de manière optimiste, quitte à se tromper ». Il demandait ainsi aux enfants de participer à l’organisation de l’école et savait les écouter. Ses élèves ont vite compris qu’ils avaient de la chance de le rencontrer. Ils ont reconstruit un domaine en ruine pour en faire un lieu de séjour, de travail et d’études et ont défriché les terres tout autour. La plupart de ces filles et de ces garçons sont devenus de parfaits petits Soviétiques, travailleurs et sociables. Voilà pourquoi la « Colonie Gorki » est devenue un modèle qui a inspiré les fondateurs d’écoles actives. Et pourquoi « Gorki » ? Alexis Maximovitch Pechkov dit Gorki (du russe « amer ») était le parrain de la colonie. Avant de devenir un écrivain célèbre, il a lui-même connu des débuts au goût amer qu’il a décrits dans son livre Enfance

Yves...Vous voyez que j'ai été un peu vte en parlant des parents. Il n'y avait pas de parents dans la "communaut éducative" du camarade Makarenko, pour la bonne et simple raison que les enfants (garçons et filles) qu'il recueillait étaient soit orphelins, soit abandonnés...Et vous voyez, pas question de se tourner les pouces ou de faire des "sorties éducatives" : tout le monde au boulot et pas du macramé, du boulot productif (des postes de radio renommés dans toute la Russie et au-delà)...C'était le bon temps, le temps où il y avait une "classe ouvrière" et où le héros s'appelait le "Travailleur" ("robotnicki" ?)..."Arbeiter" en allemand...Lire l'ouvrage d'Ernst Jûnger qui avait beaucoup impressionné Martin Heidegger "Die Arbeiter"... figure archétypiale inaugurée par la "guerre totale" de 14-18.

Il faut savoir que Célestin Freinet et les adeptes de "l'éducation active" se sont inspirés de Makarenko et surtout resituer l'un et l'autre (Makarenko et Freinet) dans leurs époques respectives avant de vouloir les copier bêtement...l'imprimerie en clase à l'époque de 'ordinateur., moi, je veux bien...Et c'est moi qu'on traite de vieux réac. !

Il me semble que Freinet recueillait des petits réfugiés Espagnols eux aussi victimes d'une guerre civile...mais en Espagne, celle-là. De toutes façons, il avait aussi un public spécifique auquel il s'est adapté avec pragmatisme. Malheureusement, les pédagogues lui ont fait prendre position pour la méthode globale et ont transformé son action en "idées".

A chaque époque et à chaque situation ses défis. Ceux d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'hier et les "attardés" ne sont pas ceux que l'on croit.

Écrit par : Robin | 21 février 2007

All the best! et je partage d'autant mieux votre enthousiasme que moi aussi je marche on cloud 9, quand cela m'arrive. Ici c'est Elie Wiesel ou George Steiner, avec qui on peut bavarder... au coin du feu

George Steiner : Nous avons eu la chance de l'entendre ici en France dans la ville moyenne où je réside à l'occasion d'un colloque sur Alain-Fournier et Jacques Rivière. Il a parlé de l'amitié pendant une demi heure...Eblouissant !

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Je me rends compte à la relecture que je n'ai pas précisé l'essentiel, tant cela va de soit, ici:les e-mails , avec les "office hours", sont sur le site de l'université, donc accessibles à tous. En France il y en a trop peu, et les réponses sont encore plus rares.

"" Quelles solutions l'école peut-elle proposer à ceux qui patouillent inéluctablement dès la quatrième avec le meilleur enseignement possible?Y-a-t'il des solutions pour les aider à concevoir x? Y'a-t-il une place pour eux?"''
Dobilono pose toujours de très bonnes questions, dommage que nous divergions si souvent sur les réponses.

En l'occurrence il me semble que nous avons déjà abordé ce problème lors d'une discussion sur les systèmes scolaires allemands ( Fachschule) ou même italiens, qui laissent la part beaucoup plus belle aux élèves attirés par les activités manuelles.

La différence s'est manifestée dès les années 50 avec la montée en puissance du design industriel, domaine dans lequel nous sommes restés à la traîne, et pour cause.

L'intellectualisme français est une facette de cette propension à se mettre en congé du réel, comme disait Alain Peyrefitte, vers la quelle il nous faut toujours revenir pour comprendre comment on a pu tomber si bas. Et ce pays sinistré où la sinistra a dominé la scène intellectuelle fut aussi celui où tous les dissidents soviétiques furent systématiquements diabolisés, dès les années 20 et jusquà Soljenytsine!


Une des illustrations les moins honorables de cette morgue suicidaire est que cette France qui a besoin de plombiers polonais se croit toujours le peuple le plus intelligent du monde, alors qu'elle devient un véritable Musée Grévin.

Écrit par : Cadichon | 21 février 2007

Une des illustrations les moins honorables de cette morgue suicidaire est que cette France qui a besoin de plombiers polonais se croit toujours le peuple le plus intelligent du monde, alors qu'elle devient un véritable Musée Grévin.

Ecrit par : Cadichon | 21 février 2007

Exact, il faut "changer de point de vue" et être à l'étranger pour s'en apercevoir. Le problème aussi en France, c'est la paupérisation des classes moyennes qui explique en grande partie la montée de Le Pen en 2002 et des extrêmes gauches et droites aujourd'hui...Quand vous pensez que 17 ans après la chute du mur de Berin, il y a encore un parti communiste et des gens qui se réclament de Trotski !

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Berlin pas Berin ! mais enfin, c'est abberin !

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Yves

Peut-être vous demandez-vous pourquoi je vous dis tout ça...C'est pour que vous compreniez que les mots ne sont pas neutres, qu'il faut analyser "ce qu'il y a derrière"...surtout les plus séduisants comme "socialialisation", partcipation active à un projet", "travail en groupe" "pédagogie par objectifs" et tout ce qu'on vous apprend dans les IUFM...La propagande a ceci de commun avec la publicité qu'elle présente les choses de façon appétissante et qu'elle joue avec mots...Mais gare aux désillusions et aux "maux" qui suivent les mots !

La pierre de touche, c'est la confrontation des mots avec avec le réel.

Écrit par : Robin | 21 février 2007

Un cas de censure dans l'éducation nationale? voir
http://www.blogprof.fr/

Écrit par : LB | 21 février 2007

LB oui, on était au courant...J'ai mis un mot de soutien en citant ce blog


Liberté

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom


Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom


Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom


Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom


Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom


Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom


Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom


Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom


Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom


Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom


Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom


Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunis
J'écris ton nom


Sur le fruit coupé en deux
Dur miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom


Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom


Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom


Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom


Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom


Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom


Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom


Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom


Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer


Liberté.
Paul Eluard
in Poésies et vérités 1942
Ed. de Minuit, 1942

Écrit par : Robin | 21 février 2007

PENDARIES, je suis ravie pour vous. Ces "grands" vous font avancer de plusieurs années dans votre recherche en quelques heures seulement et puis humainement...
Profitez bien des "States"! C'est génial pour vous!
Vous nous raconterez, j'espère...

Écrit par : Thalie | 21 février 2007

Quand vous pensez que 17 ans après la chute du mur de Berin, il y a encore un parti communiste et des gens qui se réclament de Trotski !

Ecrit par : Robin | 21 février 2007

Et quand vous pensez qu'il y a des gens qui se plaignent que le PS français ne tient pas un discours de gauche, qu'il est vendu au libéralisme etc... Impossible de redéfinir un paysage politique cohérent dans ce pays. Je vais finir par voter pour Johnny Halliday. Je verrais bien Serrault en ministre des finances. J'ai entendu un jour François Léotard dire que son frère aurait été un bien meilleur homme politique que lui.
C'est une véritable maison de fous ce pays.
Ceci dit, Cadichon, il faudrait d'abord estimer quel est le besoin en artisans et, d'autre part, penser à ceux qui, tout en étant peu doués aux études, ne sont absolument pas manuels. Je n'approuve pas l'idée d'une main d'œuvre facile et malléable car retenue au bord de la pauvreté par des petits boulots alternés avec des périodes d'aide sociale. Je sais que c'est l'avenir et ça m'ennuie.Comme on m'a dit si justement il y a six mois sur ce blog, on n'a pas besoin de 15 000 tailleurs de pierre.

Écrit par : dobolino | 21 février 2007

Il y a 80 ans, on a saigné la campagne de toute sa fleur intellectuelle en envoyant aux études tous les ruraux brillants. Heureusement, quelques têtus ont reiné des quatre sabots et refusé de partir au cours complémentaire pour de venir Normalien.
Etre artisan n'est pas un métier pour sous-doué: il faut se former régulièrement aux techniques nouvelles, savoir innover, savoir gérer, être DRH et secrétaire, tenir sa compta et son carnet de rendez-vous
Etre agriculteur n'est pas un métier pour sous-doué. L'orientation en fin de collège oublie souvent l'existence d'une filière agricole riche en formations diverses et en emplois variés; Des centres de formation qui sont de haute qualité, à l'écart des cités à l'ambiance délétère. Des passerelles multiples pour repartir vers l'enseignement supérieur.
Il est regrettable que seuls les parents ruraux en connaissent l'existence mais sans maîtriser malgré tout la multitude des possibilités.
Gros travail à faire sur l'orientation.

Écrit par : dobolino | 21 février 2007

Une des illustrations les moins honorables de cette morgue suicidaire est que cette France qui a besoin de plombiers polonais se croit toujours le peuple le plus intelligent du monde, alors qu'elle devient un véritable Musée Grévin.

Ecrit par : Cadichon | 21 février 2007

Exact, il faut "changer de point de vue" et être à l'étranger pour s'en apercevoir. Le problème aussi en France, c'est la paupérisation des classes moyennes qui explique en grande partie la montée de Le Pen en 2002 et des extrêmes gauches et droites aujourd'hui...

Ecrit par : Robin | 21 février 2007

L'analyse est que le français moyen ne s'endette pas assez donc ne consomme pas assez. Si je ne me trompe pas sur les chiffres, c'est du genre: crédit moyen à la consommation du français 2500 euros contre 4500 euros chez nos voisins.
donc, empruntez et consommez. Ce n'est pas un problème d'intelligence du Coq Gaulois mais de radinerie endémique et de peur du lendemain.

Écrit par : dobolino | 21 février 2007

Cadichon, oui, partir pour son doctorat dans les universites, en effet, mais il faut etre celibataire, du moins pouvoir quitter momentanement ses attaches, et quand je vois le prix des logements, de la nourriture, des transports, etc. (Les professeurs de Stanford se plaignent de la hausse vertigineuse des prix pour le housing... Et pourtant leur salaire, c'est quelque chose), il faut etre un etudiant fort aide. Pour ma part, j'ai fait le choix d'enseigner et de preparer ma these, histoire de ne pas tomber, si j'y arrive, dans un cours a donner a la fac en etant completement a cote des realites de ce que sont les etudiants (des anciens lyceens donc) aujourd'hui; et puis mon salaire me paye mes voyages...

Rene Girard: confondant de simplicite et de gentillesse. Ha, les grands!

Écrit par : Pendaries | 22 février 2007

"Reçus qu'on formerait ensuite à enseigner des connaissances qu'ils maîtrisent, mais seulement ensuite.
Combien sommes-nous à corriger dans les cahiers de nos enfants des fautes énormes que l'instit n'a pas vu ou (bénéfice du doute) jugé inutile de corriger?" , écrit quelqu'un au début de ces commentaires. Oui! Mais moi, j'écrirais "...n'a pas vues..."
Mais soyons indulgent(s): le clavier va parfois plus vite que l'analyse!

Écrit par : outis | 22 février 2007

Mais soyons indulgent(s): le clavier va parfois plus vite que l'analyse!

Ecrit par : outis | 22 février 2007

Ici, impossible de corriger un message déjà edité à moins d'envahir le fil de discussion de notes successives qui gênent la lecture. Pas la même chose qu'un cahier d'écolier qu'on corrige à tête "reposée" dans le but de lui endeigner les rudiments de la langue écrite.
A chaque fois que quelqu'un fait ce genre de remarque, la loi du retour de baton fait que, quelques lignes plus tard, il commet bourde sur bourde. Demandez à Cadichon qui laissa passer une révocation de l'édit de Nantes antérieure à la Fronde et des fautes de grammaire auquelles elle ne nous avait jusqu'alors pas habitués. Justice divine?

Écrit par : dobolino | 22 février 2007

et boum! endeigner à la place d'enseigner.
Dans la charte, pourriez-vous mettre un article sur l'enseignement obligatoire de la dactylographie et du traitement de texte en collège. Pratique et économique pour les thésards, entre autres.

Écrit par : dobolino | 22 février 2007

Allez donc voir ce que dit Brissiaud sur l'apprentissage du calcul, et étonnez-vous qu'on ait besoin de plombiers polonais.

(Il est extrêmement nocif pour les enfants de compter sur leurs dix doigts, entre autres conneries.) Quel malfaisant, celui-là ! Il a bien fait sa pelote avec ses fichiers qui envahissent le primaire et qui ne valent pas grand-chose.

Le café pédagogique.
Première rubrique.
A droite, quliquez sur " maths au primaire".

Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 22 février 2007

Pourquoi dit-il cela alors que tout le fichier CP qu'il édite est justement basé sur le calcul utilisant les "repères 5 et 10" à l'aide des doigts des deux mains (commentaires pour l'enseignant en bas des pages du fichier CP : représentation des nombres par des doigts levés ou coloriés ; analogie de structure entre la boîte et les deux mains ; retour aux 5 pour les calculs dépassant 10, etc.) ?

Écrit par : catmano | 22 février 2007

Bonjour,
Il faut attendre quelques jours pour la cueillette des pissenlits. Autrefois dans les vignes nous en récoltions d'excellents qui présentaient une partie blanche ayant pu se développer dans la butte de terre recachant à la fois le pied de la vigne et les pissenlits. Crus ou cuits leur saveur et leur tendreté sont gravés dans notre mémoire. Les désherbants sont arrivés, les pissenlits s'en sont allés... (La production a atteint des records et aujourd'hui conformément à une réglementation draconienne et surveillée de près on laisse des raisins sur les chais. )
Il existe une chanson, hongroise ou tchèque, du pissenlit entendue un jour à la radio et que je n'ai jamais retrouvée.
D'accord avec vous Dobolino mais si je suis allée au Cours complémentaire c'est qu'il n'y avait pas de place pour moi dans la minuscule exploitation familiale : 2 hectares de terre en location, 37 ares de vigne, un grand jardin, quelques poules et lapins,un cochon, un cheval et une vache quand j'ai eu 18 ou 19 ans. Nous étions 6 enfants, et mon gabarit ne me prédisposait pas aux durs travaux. Je n'ai jamais renié mes racines et j'ai toujours admiré le courage , la droiture et l' ouverture d'esprit des miens qui continuent de me guider.
dans les moments de doute. Rien de glauque à la maison, je peux l'affirmer.

Je n'ai pas cherché, en tant qu'enseignante à pousser mes enfants vers des études prestigieuses dont on se vante dans les conversations. Avec mon mari nous avons surtout voulu qu'ils soient capables de construire leur vie tout en étant bien dans leur peau. Mon fils a donc étudié la mécanique agriclole et effectué des stages dans des garages et des fermes. Des problèmes d'allergie l'ont contraint à une reconversion et il a préparé en candidat libre un bac informatique de gestion tout en étant travailleur intérimaire dans divers domaines ( usine de moquette, plaquiste,saisonnier, magasinier en grande surface...) Je l'ai aidé dans quelques matières comme je pouvais, moments de dialogues et d'échanges que Patricia Mesningé comprendra. Ce fut laborieux, ( terminale en deux ans ) et nous avons constaté que le monde enseignant se laisse lui aussi aller aux idées reçues et aux jugements hâtifs. Notre fils a rencontré des examinateurs méprisants le cataloguant d'office dans la catégorie des plaisantins qui lambinent, et d'autres au contraire agréablement surpris par sa détermination prompts à l'encourager. Apprentissage de la vie. Finalement, le voici pompier. Une vocation dont nous découvrons de près les réelles difficultés.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 22 février 2007

URGENCE SOCIALE ! URGENCE A GAUCHE !

Bonjour cher JPB,

Et puisqu'il faut tout faire contre la réaction droitière que vous instillez dans le corps enseignant qui voudrait punir la Gauche de ses manquements en votant Sarkozy ou Bayrou :

Usons donc de la caricature, pour disqualifier votre candidat.

Gérad Filoche, inspecteur du travail (FMDS) s'en charge.

Sarkozy en tête ? La France avait peur. Sursaut ?

Après 23 sondages favorables à Sarkozy, la France commençait à avoir peur : à juste raison ! Un nouveau sondage indique une volonté de faire barrage à celui qui incendierait nos droits sociaux au karcher.

Un premier nouveau sondage vient de redonner Ségolène Royal en tête au premier tour, et un score très serré au second. Il est trop tôt pour conclure quoi que ce soit : mais une chose est certaine, plus il apparaissait que Sarkozy pouvait gagner, plus il parlait, plus la peur grandissait parmi les salariés, le peuple travailleur de France.

Il y a en effet de quoi craindre la « menace Sarkozy » : il passerait nos droits sociaux au Karcher, et prendrait tout gréviste pour une racaille... Les sans-papiers seraient pourchassés davantage, et les immigrés accusés de « tuer les moutons dans leur appartement »...

C’est pourquoi il est sain que Ségolène Royal ait obtenu un million de téléspectateurs de plus que lui sur TF1 lundi 19 février au soir. Il est bon que son meeting à Rennes ait été un grand succès mardi 20 février au soir. Il est heureux qu’un sondage lui donne 29 % des voix au premier tour, un point devant Sarkozy.

Il faut que Ségolène Royal soit la mieux placée possible au premier tour pour passer la barre des 50 % au deuxième tour.

Cela ne dépend pas d’une émission de télévision comme essaient déjà de le dire les commentateurs de droite, mais d’un ensemble : éléments de programmes certes, mais surtout mobilisation sociale en profondeur contre la menace de Sarkozy le sortant, l’agité anti-social au karcher.

Les sondages disent que le total des voix de droite serait de 60 % et celui de gauche de 40 %, mais c’est trompeur : le total Le Pen-Sarkozy-Bayrou, c’est le « plein », actuel, exprimé, photographiquement, des voix de droite, en effet.

Mais 40 % : ce n’est pas le plein des voix de gauche : aujourd’hui, sur les 15 à 17 % potentielles de voix de gauche hors Ps, il y a énormément de déçus, de passifs, d’inquiets, qui ne se retrouvent dans aucun des 4 candidats « anti libéraux », Buffet, Bové, Besancenot, Laguillier. Même si ce n’est pas un concours de « nains de jardin » comme l’a ironiquement dit Olivier Besancenot, chacun sent qu’il y a division, inefficacité, et risque, sans grand enjeu direct pour le second tour. Cela se traduit sûrement par des « creux » dans les réponses aux sondages. 79 % des français estimaient que l’élection n’était pas jouée en dépit des sondages pro Sarkozy. Une majorité hésitait encore ou ne se prononçait pas.

Les réserves de voix sont à gauche.

Et Ségolène Royal est maltraitée (comme prévisible) par les grands médias qui tentent de la discréditer avec le contraire des arguments qu’ils ont auparavant utilisé pour la promouvoir au sein du Ps.

Pas un jour sans attaque contre son « équipe », contre « sa campagne enlisée », contre ses « ratés », contre son » chiffrage », etc... alors qu’ils passent tout à Sarkozy dont le "chiffrage" a pourtant « explosé en vol » de façon inouïe, ses propres amis ayant annulé l’essentiel des promesses qu’il faisait sur les baisses de prélèvement obligatoire, sur le bouclier fiscal, sur l’allocation premier enfant, sur les baisses d’impôt, ils taisent ses variations, silences et mensonges sur le Cne, le Code du travail, etc.

Par contre, nous le savons aussi, si les grands médias, à 90 % sont pour Sarkozy, cela ne suffira pas, car on a pu voir que le « non » du 29 mai 2005 l’avait emporté en dépit de 90 % des grands médias qui étaient pour le « oui »...

Et ce qui va compter, c’est la prise de conscience progressive de l’immense masse de la population du « risque » que fait courir Sarkozy le sortant, l’agité au karcher.

Une fois cassé le décorum médiatique puissant qu’il a essayé d’installer avec ses caméras et images privées, sa « machine » Ump, du 15 janvier au 15 février, le débat de fond va s’installer et on va voir, à nu, ce qu’il propose comme une « horreur sociale » pour l’avenir. En dépit de la prévention (justifiée à nos yeux) d’une large partie de la gauche non-socialiste (et socialiste !) contre certains aspects des discours et du ton général de la candidate, peu à peu le principe de réalité va s’imposer : c’est elle ou lui.

Si plus de 10% d’électeurs se sont inscrits, fait exceptionnel, avant fin décembre 2006, sur les listes électorales, c’est pour faire barrage à Sarkozy, ils se souviennent de tous les mouvements sociaux de 2003 à 2006 en passant par « l’état d’urgence » et la répression dans les banlieues en novembre 2005. Les sondages ne reflètent pas encore ça (embarras, hésitations, mécontentements, attentismes, divisions, irritations à gauche) mais vont refléter progressivement cette lame de fond sociale depuis quatre ans.

On le sait, nombre d’électeurs trompés qui votent Le Pen et nombre de ceux qui ont cru répondre que Bayrou les attirait, devront « atterrir » et ce, surtout, au second tour.

Bayrou, qui paraît, provisoirement, occuper 14 à 18 % des réponses aux sondages, est de droite, c’est un « clone » de Sarkozy qui a voté toutes les lois scélérates de la droite depuis cinq ans et qui, sur des points essentiels, (retraite, baisse des impôts) est encore plus anti social. Cela aussi, ça va se voir.

Justement, Sarkozy vient d’en rajouter ce 20 février : une de ses premières décisions serait de limiter le droit de grève, dit-il !

Pas surprenant, vu ce qu’il ambitionne de faire ensuite, il lui faut infliger une défaite au mouvement social français comme Thatcher en a infligé au mouvement syndical britannique. (En Angleterre, non seulement les salariés doivent voter à bulletins secrets à 51 %, sinon la grève est illégale, mais ils ne peuvent faire grève sur des sujets généraux. Une grève « sur les retraites » par exemple, est illégale, une « grève de solidarité » est illégale, 650 salariés de British Airways ont été licenciés parce qu’ils avaient fait grève par solidarité avec les salariés grévistes de Servair... ) C’est le modèle anglo-saxon si cher à Sarkozy : s’il n’annonce pas tout tout de suite, c’est qu’il essaie de "rôtir les travailleurs à petits feux sans qu’ils s’en aperçoivent". Ainsi François Fillon a t il expliqué que pour la « suppression de toute durée légale du travail, les esprits n’étaient pas encore mûrs, il faudrait attendre la législature suivante » ! Ils laissent donc provisoirement la durée légale à 35 h mais permettent tous les dépassements sans coûts salariaux pour les employeurs...

Va t il, avec Larcher et Villepin modifier le Code du travail dans un Conseil des ministres en mars ?

Où va t il attendre d’être élu comme il l’espère pour l’imposer à marche forcée sans débat en juillet ? (les habilitations des ordonnances d’août 2005, reconduites discrètement, par une loi le 31 décembre 2006, donnent un délai de « 9 mois » pour cela...)

Ils viennent aussi, hier et ce jour, ces mêmes sortants, Sarkozy-Larcher-Vllepin-Chirac, de se vanter, (mais mal) du bilan du « Cne » : il apparaît que le Cne n’a créé aucun emploi supplémentaire avéré en contre-partie de la suppression du droit fondamental d’avoir un licenciement motivé. Un contrat sur deux est rompu avant un an et un sur deux l’est par les salariés eux-mêmes qui refusent le sort que leur font les employeurs - malsains - qui ont choisi ce type de contrat sans droit ... (car oui, un employeur qui choisit un Cne au lieu d’un Cdd ou d’un Cdi, il faut s’en méfier, ses motivations sont forcément malsaines pour le salarié !)

Si par malheur Sarkozy gagnait : pour la première fois depuis longtemps, ce serait un « sortant » qui serait reconduit. Il se vanterait d’avoir déjà mis à mal nos retraites (2003), la Sécu (2004) d’avoir défendu le « oui » (29 mai 2005) d’avoir voté le Cne, (2005 et 2006) et d’avoir annoncé pire : extension du Cne, aggravation de la destruction des retraites, fin des régimes spéciaux, destruction du code du travail, heures supplémentaires non majorées, Smic bloqué, droits syndicaux réduits, forfaits de 50 à 100 eur sur les prestations médicales, suppression des impôts pour les riches, il se déclarerait légitime pour faire passer sans référendum un « mini traité » de type Tce, au Parlement. En cinq ans, nous perdrions tous nos acquis sociaux encore existants depuis 1945.

Quand tout cela va vraiment se savoir (et aussi lorsque Ségolène Royal développera davantage sur les 35 h, la retraite, l’emploi, le code du travail, la sécu, les salaires) normalement la gauche devrait se préparer a la victoire les 22 avril et le 6 mai !

Gérard Filoche, le 21 février 2007

GAUCHE Réveille-toi, le Peuple a besoin de toi !

SARKOZY il ne passera pas par moi, je vote socialiste !

Bien à vous cordialement.

RAG 34. Lolo34

Ps : j'ai bien lu votre dernier mail. Merci.

Écrit par : Rassembler à Gauche 34 | 22 février 2007

"Si par malheur Sarkozy gagnait..."
Et si par malheur Royal gagnait,
Frackowiak serait ministre de l'Education nationale, Goigoux Inspecteur général, Bégaudeau ministre de la culture, la méthode globale serait obligatoire au CP, l'agrégation serait supprimée, les professeurs seraient recrutés sur entretien par les IUFM, la grammaire des natures et des fonctions serait immédiatement interdite, Molière et La Fontaine seraient interdits, les dictées interdites aussi, "Entre les murs" serait mis au programme de toutes les classes du CP à la terminale, il serait interdit à un professeur d'expliquer quelque chose pendant plus de trois minutes de suite, d'ailleurs les professeurs seraient désormais appelés "animateurs", Meirieu serait canonisé...

Écrit par : Jean | 22 février 2007

SARKOZY il ne passera pas par moi, je vote socialiste !

Moi non plus !

Écrit par : Robin | 22 février 2007

Gérard Filoche, le 21 février 2007

GAUCHE Réveille-toi, le Peuple a besoin de toi !

SARKOZY il ne passera pas par moi, je vote socialiste !


J'ai eu l'occasion de comparer ce blog à une maison de fous, mais la folie a ses limites...Etre prof et voter socialiste après tout ce qu'ils nous ont fait, ça va pas la tête ?

Tout-à-fait d'accord avec Jean, ce serait la cerise sur le gâteau et le cyanure dedans et une catastrophe pour l'école de la République qui est déjà bien mal en point et qui, cette fois-ci, ne s'en remettrait jamais...

Ce serait Meirieu, Charmeux, Fracowiack...et toute la joyeuse bande au pouvoir et les gens comme nous serons priés de la fermer. On sait ce qu'ils pensent de la "liberté pédagogique" ; ils ont même eu le cynisme de l'écrire noir sur blanc.

J'hésite encore entre deux candidats, mais Ségolène, non merci et ce n'est pas cette poussée d'acné qui me fera changer d'avis.

Écrit par : Robin | 22 février 2007

Pour moi jeune prof certifié en mathématiques (8 ans déjà et dans le 93) ce sera Ségo sans moi. La gauche a réussi une seule chose: massacrer un système qui jusqu'en 1981 et les 80% au bac, fonctionnait bien. A coups de dogmes , les râtés du système (Meirieu at autres inspecteurs revenchards) ont pris leur revenche et régler leur compte avec leur médiocrité scolaire en inventant toute sorte de théorie fumeuse pour expliquer leur echec.
Pour moi ce sera Sarko

Écrit par : julien | 22 février 2007

Pour moi jeune prof certifié en mathématiques (8 ans déjà et dans le 93) ce sera Ségo sans moi. La gauche a réussi une seule chose: massacrer un système qui jusqu'en 1981 et les 80% au bac, fonctionnait bien. A coups de dogmes , les râtés du système (Meirieu at autres inspecteurs revenchards) ont pris leur revenche et régler leur compte avec leur médiocrité scolaire en inventant toute sorte de théories fumeuses pour expliquer leurs echecs.
Pour moi ce sera Sarko

Écrit par : julien | 22 février 2007

Grotesque Lolo 34, tel un mort de faim vous sautez sur le premier sondage qui semble donner gagnate Royal et badaboum ce matin, la "maldone des sondages " se retrouve à son vrai niveau 26 % loin derrière Sarko 32% (BVA 22/02/07) et oui fainéants de tout bord préparez vous à en baver: Sarko arrive!!!

Écrit par : Marc | 22 février 2007

Autre chose : la restriction du droit de grève, je suis entièrement pour.

Le signataire du manifeste n'a sans doute jamais eu besoin de prendre les transports en commun pour aller travailler.

Les voitures brûlées dans les banlieues, les grèves à répétition à la SNCF et à la RATP, ce ne sont pas "les riches" qui en pâtissent.

Écrit par : Robin | 22 février 2007

"Les ratés du système (Meirieu et autres...)".
Bien vu, Julien! Encore que ces "ratés", le système les ait, depuis 1981, honorés et grassement stipendiés - du moins jusqu'à l'arrivée de François Fillon et de Gilles de Robien, où leur étoile a commencé, un petit peu, à pâlir.
Meirieu n'a ni CAPES ni agrégation, et il s'arroge pourtant le culot éhonté de nous expliquer comment il faut faire cours! Ou plutôt surtout ne pas "faire cours".
Ces gens-là attendent, crispés et sur le qui-vive, l'élection de Royal comme un soulagement. Leur incisives raient les moquettes de la rue de Solférino...

Écrit par : Jean | 22 février 2007

"la Maldonne des sondages"...
Marrant, même si c'est involontaire!

Écrit par : Jean | 22 février 2007

Julien, dites plutôt "jeune prof certifié en mathématiques, qui enseignera bientôt joyeusement la physique-chimie, et à plus long terme la biologie, lors de la réélection de Sarko en 2012" (pourquoi s'arrêter à la bivalence ?).
Il n'y aura plus besoin de théorie fumeuse pour expliquer la médiocrité.

Jean, vous me faites bien rire. A l'heure actuelle, les pédagogistes sont-ils oui ou non au pouvoir (inspecteurs, formateurs, rédacteurs des programmes...) ? La réponse est oui.
Est-ce que ça vous empêche de faire votre travail comme vous l'entendez ? La réponse est non (vous avez dit vous-même que vous étudiez "La Malade imaginaire" scène par scène, ce qui n'est pas franchement en phase avec les recommandations actuelles).
Si Ségolène Royal est élue, qu'est-ce que ça va changer pour vous ? Rien.
Cela n'a aucun sens de dire que l'agrégation sera supprimée si Royal est élue. Par contre, force est de constater que le Capes est, de fait sinon de droit, déjà supprimé puisqu'on peut, grâce à la bivalence, enseigner le français sans aucune qualification pour ça. Est-ce que ce n'est pas déjà mettre des animateurs devant les élèves ? (voir cette vidéo sympathique : http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=42728
) Pourtant, ce n'est pas un Royaliste qui est au ministère de l'Éducation, mais bien un Sarkozyste.

Qu'on vote pour Sarkozy parce qu'on est de droite, et/ou libéral, c'est tout à fait respectable. Mais affirmer que c'est pour que la situation de l'éducation s'améliore, ça n'est vraiment pas crédible.

Écrit par : Pat | 22 février 2007

Vous posez , Pat, la question de savoir si le gouvernement actuel travaille pour l'"Europe de la connaissance", laquelle, on le sait depuis Nico Hirt, entend être "l'Europe de l'ignorance généralisée aux masses laborieuses" - "ceux qui ne constitueront jamais un marché rentable" (OCDE). Certes, certes....
La Nomenklatura socio-constructiviste déjà en place servirait donc "à l'insu de son plein gré" cette cause interlope. Pas improbable.
Il n'en reste pas moins que ce qu'a écrit un Frackowiak sur et contre la liberté pédagogique est terrifiant et qu'entre Gilles de Robien et ledit Frackowiak, je préfère encore le premier. Entre Glucksmann et Hamon, je préfère Glucksmann!

Écrit par : Jean | 22 février 2007

J’ai trouvé l’article dont parlait Anne-Marie Valette : « Souvent, c'est dès les premières années d'école maternelle que se manifeste cette mauvaise compréhension à travers un usage rituel du comptage, notamment sur les doigts. »

Et si c’était tout bêtement parce que c’était trop tôt ? Attention, pas trop tôt pour aller à l’école, trop tôt pour faire du « comptage ». Si un enfant de deux ou trois ans avait autre chose à apprendre avant de se livrer à ce genre d’apprentissage ?
Pour lui qui n’avait même pas encore l’idée que l’objet caché sous le chiffon existait encore il y a si peu de temps, n’est-ce pas tout simplement prématuré de lui demander d’associer un mot précis à une quantité de doigts ou d’autre chose ?
Lorsque j’ai débuté, le pendule oscillait vers l’excès inverse et nous n’avions le droit d’aborder le nombre (même et y compris de 0 à 5) qu’après toute une période de travail sur la correspondance terme à terme, l’égalité, les groupements, le symbole et nous n’arrivions à la désignation d’un nombre par un chiffre que vers novembre ou décembre du CP. Total, bien sûr, c’était à la maison que les enfants apprenaient la comptine et les chiffres.

Actuellement, il n’y a pas une classe de maternelle petite section où l’on ne réunit pas chaque matin (et même parfois chaque après-midi, avant ou après le moment de repos) les bambins sur les petits bancs autour du « coin langage » pour qu’ils se comptent et se recomptent ; ils comptent les absents, les présents, les filles, les garçons, les jours passés, les jours futurs.
Ensuite, ils se remémorent le dernier nombre dit, cela ne va pas sans mal, à trois ans, garder en mémoire un truc qui ne veut rien dire, ce n’est pas facile.
Donc, dans le meilleur des cas, si tout le monde est encore à peu près attentif, ils se remémorent le dernier « mot nombre » énoncé (sinon, Dylan recommence, ou Manon, pendant que les plus volatils s’agitent déjà sur les fameux petits bancs et que la maîtresse se demande s’il ne serait pas judicieux de demander autre chose que des bancs au prochain conseil d’école, des petits fauteuils individuels peut-être...).
Il s’agit maintenant de faire correspondre la comptine orale avec la file numérique. Théo passe au tableau pour mettre la pince à linge bleu ciel, celle des garçons. Pourvu qu’il se rappelle le mot nombre ! Il doit maintenant pointer un à un les nombres de la file et accrocher la pince à linge sous le bon. Il faut bien avouer que la seule chose qui intéresse Théo, c’est le maniement de la pince.
Sur les petits bancs, Loanna, bousculée par Deven, est tombée ; elle hurle et la maîtresse se demande si cette petite est réellement scolarisable, elle fait prononcer le mot magique à Deven et Loanna est sommée de se taire puisque Deven a dit pardon.
Pendant cette interruption, trois pouces se sont introduits dans trois bouches pendant que trois paires d’yeux se sont perdus dans le vide et que trois index se sont mis à faire machinalement tourner trois bouclettes blondes ou brunes, quatre bambins se sont levés pour aller jouer ailleurs, vite rattrapés par l’ATSEM, qui n’en pense pas moins, deux ou trois terribles ont commencé à se balancer de droite à gauche, histoire de provoquer un incident qui détournerait définitivement la maîtresse de son « activité ritualisée de découverte du nombre ».
Hélas non, la séance continue. Imperturbable, la maîtresse persiste et signe, malgré une toute petite dérogation à son devoir : puisque l’activité passionne Arthur et Marie-Charlotte, ce seront eux qui mettront les pinces à linge, s’intéresseront à la date du jour, à celles de la veille et du lendemain.
Que voulez-vous, on ne peut pas demander à tout le monde d’avancer au même rythme, si le déclic n’a pas eu lieu pour Théo, Manon, Loanna, Deven et tous les autres, il faut leur laisser le temps. Mais cette activité est trop importante pour être supprimée, et puis, finalement, l’imprégnation doit se faire quand même, même si cela ne transparaît pas clairement...

Écrit par : catmano | 22 février 2007

J'ai ici une feuille de signatures pour ce soi-disant appel pour la Refondation de l'école, celui au bas duquel était écrit "notre cause est transpartisane". Ah ouais? C'est ainsi que je l'ai présentée à des naïfs comme moi. Cause politique de toute évidence par des fonctionnaires qui ne voient pas de mal à interdire aux ouvriers le droit de grève, qui ne voient pas de mal à les faire travailler 48 heures par semaine payées 35, à accentuer la paupérisation des classes populaires...
Allez vous faire ... je déchire la feuille, ça m'économisera un timbre.

Écrit par : dobolino | 22 février 2007

NICOLAS SARKOZI: "Le débat présidentiel doit permettre de trancher les grandes options. Ensuite, je suis favorable à l'expérimentation. La réforme idéale, parfaite, tout de suite, je n'y crois pas. En revanche expérimenter et généraliser si c'est probant, c'est une autre méthode de gouvernement. Enfin, je pense que c'est par l'autonomie des établissements que nous obtiendrons des transformations dans l'Education nationale..."

SEGOLENE ROYAL: " Le devoir de la République est de vous aider à inventer de nouvelles solutions... Je veux une société qui reconnaisse l'expérimentation et qui vous laisse libre de vos méthodes pédagogiques...Je veux favoriser la rénovation des pratiques et du métier d'enseignant, favoriser la pédagogie sur mesure. Je veux que l'école soit ouverte et que soient généralisées les expériences..."

JEAN-PAUL BRIGHELLI: Mais surtout, on pourrait mettre ainsi un terme à ces expérimentations pédagogiques qui opèrent sur du vivant — nos enfants —, pour la plus grande gloire de théoriciens fumeux.

UNE EXPERIMENTATION PRATIQUE DANS UN COLLEGE.

La scène vécue se passe non pas dans un sovkhose mais dans un collège-centre dune ville champenoise.
Mardi dernier les 2 camarade principaux avaient convoqué le CP (pédagoguitchesky soviet)
Ce conseil pédagogique pour ceux qui ne le savent pas encore est un de ces nombreux dispositifs inventés par le Monstre pour en finir avec la division des pouvoirs administratif/pédagogique et faire de l'enseignant un membre à part entière de la communauté soviétique. Bref un pédagogue, un esclave au service total de l'idéal de l'élève nouveau, l'élève-Roi.
L'objet de cette réunion portait sur l'évaluation intermédiaire (sic) du dispositif PPRE mis en place en octobre.
Pour ceux qui ne savent rien de cet autre dispositif, sachez qu'il consiste à donner des heures de cours supplémentaires de maths et de français à des sixièmes signalés dès la rentrée en "grandes difficultés".
Mais attention ils n'ont rien à voir avec les UPI "déficients cognitifs", les "déficients sensoriels" ni même avec les sociétaires de la classe relais! Ce sont des élèves simplement en panne au bord de la route auxquels le Ministère promet une réparation dans les meilleurs délais en y envoyant ses meilleurs mécaniciens hors-classe.
Dans le collège 18 élèves font partie de ce programme (mais en réalité une trentaine d'élèves sur 170 devraient être concernés) qui s'ajoute aux heures d'étude obligatoire et aux heures de soutien.
Certains de ces élèves bénéficient ainsi de 8 heures supplémentaires de présence au collège. Bonjour la concentration en cours et en fin de journée!
Donc, il s'agissait d'évaluer l'efficacité de ce dispositif expérimental, de l'adapter éventuellement pour le rendre encore plus efficace et le généraliser le cas échéant. Les professeurs impliqués dans cette opération ont dit leur découragement et le peu de résultats obtenus malgrè tous leurs efforts.
Mais l'expérimentation étant lancée et devant être évaluée il est inconcevable qu'elle ne porte pas ses fruits!
Le plan quinquennal doit être impérativement achevé et les objectifs atteints. Quitte à tricher avec les statistiques.
Mais alors, que faire, si nos cadichons ne veulent ni avancer ni ne se nourrir des savoirs dont on cherche à les gaver?
C'est alors que le camarade chef-adjoint eu une idée de génie. Un peu comme dans le récit d'Ilf et Pétrov: "La création de Robinson". Pourquoi ne pas trouver, voire inventer des "compétences" en mathématiques et en français que ces malheureux pourraient alors faute de mieux s'approprier?
Les "compétences" c'est pas mal pour contourner la notion de savoir et se dispenser de transmettre des connaissances objectives.
Le professeur de maths (30 ans de carrière): " Mais qu'est-ce que vous voulez leur faire apprendre de plus que les 4 opérations? Vous n'allez tout de même pas dire que "savoir tirer un trait droit avec une règle" est une de ces compétences..."
Le directeur adjoint: "mais si , mais si c'est tout à fait çà! Il faut encourager ses élèves, leur faire voir qu'ils ont des compétences en mathématiques...Il faut cesser de penser que tous les élèves ont les mêmes facultés cognitives".
La réunion s'étirant longuement dans la soirée, mission a été confiée aux professeurs de français de trouver dans les meilleurs délais et dans leur discipline les "compétences" suceptibles objectivement d'être acquises avant le terme de l'expérimentation par ces élèves cobayes.
L'ordre éducatif juste ou le collège autonome expérimental s'auto-socio-construisent. Les architectes et les bâtisseurs sont dans la place, inamovibles et depuis des lustres.
Croyez-vous les uns et les autres que les futurs gouvernements de la République et quels que soient les apparatchiki au pouvoir seront en mesure de modifier ce cours des choses?
Une dernière citation: CONDORCET: "Combien n'y-at-il pas d'exemples de peuples qui se sont crus libres, lors même qu'ils gémissaient sous l'esclavage".
Pour gémir, on gémit!

Écrit par : buntovchik | 22 février 2007

Nico Hirtt, avec deux T comme dans triste.. sire, ou même trois comme dans totalitaire, bref qui chiale depuis plus de dix ans sur "l'école sacrifiée" par ses soins.

Les commentaires de catmano et d'Hélène Charpentier, infiniment plus réconfortants par leur justesse que le verbiage de ce cuistre m'ont fait penser à :"La motivation, son éveil, son développement" par Antoine de la Granderie.
Les dogmes pédagogistes (enfant au centre, construire ses savoirs) ces mantras incantatoires, pardon pour ce pléonasme, en mettant la barre ou trop haute ou trop basse ont engendré respectivement la perte de motivation et l'ennui.
La Garanderie ne fait qu'aborder ce que sait tout enseignant, digne de ce nom et de sa mission. L'art d'enseigner est celui de stimuler ce "ressort majeur de l'éveil intellectuel", aux antipodes du pédagogisme mécaniste qui transforme les enfants en robots, en singes savants, en cobayes... bref, l'horreur pédagogiste dans toute sa splendeur, mais quand on tombent sous le charme d'une V. Forrester et de ses foutaises ( l'horreur économique) on n'a visiblement pas les outils conceptuels pour comprendre ce qui se passe sous son nez. C'est pourquoi on gobe avec autant de candeur les élucubrations d'un Hirtt, d'un Hamon, et plus généralement de tous ceux qui mettrent la déblâcle scolaire sur le compte d'un complot capitaliste/libéral/libertaire...


C'est aussi ce que Royal cherche à vous faire avaler, et maintenant que Fabius et DSK sont allés à Canossa en échange d'un marocain, ceux qui on encore des doutes devraient se précipiter chez La Boétie...

Les couleuvres, la servitude volontaire et la dictature du prolétariat prônée par la gauche caviar, c'est pas ma tasse de thé.

Écrit par : Cadichon | 22 février 2007

ZUT !! on ""tombe"' , qui "mettent"

Écrit par : Cadichon | 22 février 2007

Excusez-moi, mais je n'ai pas bien le moral ce soir...Il est très difficile de s'expliquer, d'où les malentenus inévitables...Je n'ai pas dit que j'étais contre le droit de grève, mais contre l'abus du droit de grève. Mais n'en parlons plus.

Et la Charte ? Rien de nouveau ? Beaucoup de travail pour pas grand chose...J'ai l'habitude, ce n'est pas la première fois.

Las de la contemplation des bergers, Patrick est reparti avec les rois mages vers d'autres Béthléems...Je l'ai senti un peu déçu, lui aussi.

Le directeur de mon journal, fin observateur de la chose politique m'a expliqué pendant un quart d'heure pourquoi l'élection de S. Royal était inéluctable.

René Girard, l'une des personnes que j'admire le plus au monde est aux Etats-Unis. Nous avions essayé de le faire venir ici.

Le projet est tombé à l'eau. Girard est trop poli pour le dire, mais il y a longtemps qu'il a tiré un trait sur la France et sur ses "intellectuels"...Il a malheur de ne pas être de gauche et de dire des choses politiquement incorrectes. Les gens ici le critiquent sans même l'avoir lu...Il paraît que c'est la dernière mode dans les dîners mondains à Paris...Comment parler d'un livre qu'on n'a pas lu...Ca va bien avec le reste.

Je supporte de moins en moins ce pays qui a trahi tous ses idéaux et toutes ses valeurs, à commencer par sa culture. Et j'en ai plus que marre de la politique française. Tout est pipé.

Je vais me mettre un peu en congé moi aussi. Vous m'avez fait un peu rêver, ce n'est pas rien.

Écrit par : Robin | 22 février 2007

Je suis depuis quelques temps ce blogs et les commentaires qui y sont laissés.

Perso j'enseigne pour la troisième année en tant que professeur de Sciences de la Vie et de la Terre et j'avoue faire un constat amer de ce qu'est devenu l'école par laquelle je suis passée.

Mes parents n'étaient que simples ouvriers et j'ai bénéficié de l'ascenceur social qu'elle représentait (oui je dis bien représentait). J'ai pu aussi observer à la fac lorsque j'y étais que mes chances de réussir étaient bien différentes de celles de mes camarades plus aisés pas seulement par l'argent mais par le fait qu'ils avaient pu voyager physiquement, avec leur parent en France à l'étranger connaître les choses ou par l'esprit car il y'avait à la maison de nombreux livres.

J'ai pourtant réussi à avoir le CAPES en conservant tout de même l'idée que l'école peut permettre de changer de condition social, de s'élever par la connaissance et d'obtenir une certaine liberté.

A l'IUFM ---> Néant, j'ai eut l'impression de perdre mon temps alors que j'aurais pu apprendre mon métier!!J'ai d'ailleurs en tant que représentant insister sur le fait qu'on devrait commencer la formation avant de débuter l'année scolaire et qu'il aurait du être prévu des stages lorsqu'on était à la fac. Mais j'ai l'impression d'avoir parler à un mur!!

Ce que je constate depuis que je suis arrivé en région parisienne c'est premièrement les conditions déplorables dans lesquelles vivent les gens et leurs enfants (heureusement me direz vous ce n'est pas tous). Ils me semblent alors difficil de demander à des enfants d'être concentrés sur l'école quand c'est tellement dur à la maison.

Deuxièmement: il faut bien reconnaître que les élèves qui nous arrivent au collège sont en bien mauvaise posture face à la langue française, hors on sait que le langage structure la pensée et donc tout ce qui est processus d'abstraction. Hors je le vois bien le principal problème c'est l'abstraction c'est le sens des mots (différent en fonction de qui le prononce : le prof ou l'élève). Là encore les inégalités augmentent en fonction des familles.

Troisièmement: il y a le travail, la volonté de travailler, la volonté de savoir et là je dois bien admettre que je suis bien impuissant à insuffler cette envie qui moi m'a fait m'élever et continue à être mon moteur. J'ai certes un bon relationnel avec mes élèves mais le fait qu'ils travaillent pour me faire plaisir et pas pour se faire plaisir à eux, même pas dans la persective de leur avenir me gène un peu.

Quatrièmement et dernièrement: Je ne pense pas que les élèves que j'ai devant moi soient plus bêtes qu'avant ou plus fainéant (même s'ils le sont). J'en ai pour preuve certains blogs que je trouve artistiquement bien foutu et nourri de pensées riches. Il me semble juste que la société change, que leurs centres d'intérets sont autres et à voir ce qu'ils écrivent ils n'ont pas vraiment confiance dans la société qu'on leur propose et encore moins dans le futur qui se profil.

Pour tout cela je souhaite vraiment qu'on puisse trouver des solutions pour que de leur coté comme du notre nous puissions travailler au mieux à leur avenir.

Écrit par : Fremen10 | 22 février 2007

Bienvenue Fremen10. Quelqu'un qui parle de ce qu'il vit sans automatiquement essayer de démontrer que hors la droite libérale, point de salut, ça fait du bien.

Que les choses soient bien claires, "on" m'a dit que ce blog était beaucoup lu, par des gens importants et bien placés.
Je n'y parle que pédagogie à l'école primaire, étant donné que c'est la seule chose que je maîtrise un peu, espérant que ce que je pense être le bon sens sera lu et compris par ces « gens importants et bien placés » et surtout par ceux dont la tradition politique répond à mon désir de justice sociale.
Je ne tiens pas à ce que mes propos soient utilisés pour défendre une autre cause que celle des élèves, les Seven et les Loanna, les Théo et les Manon, les Arthur et les Marie-Charlotte, les Abdel et les Fatima que je n’avais pas intégrés dans mon histoire, échaudée par ce qui se passe sur d’autres forums où l’on accuse à tout va de racisme à la moindre parole maladroite. Je ne tiens pas à ce qu’on utilise mes propos pour démontrer que tel ou tel complot n’existe pas ou que tel candidat aidera la veuve et l’orphelin et bâtira des ponts d’or au fonctionnaire que je suis.
Mes convictions politiques, je les garde pour moi. Mes réactions parfois au bord de l’écoeurement à certains propos lus sur ce blog, aussi. Je finirai en parodiant le joli monsieur au volant de sa voiture de sport qui ressemblait tant à un couturier célèbre et qui m’a rendu mon tract en mai ou juin 2003 en me disant : « Madame, remballez votre propagande. », je crois que ce sont ces paroles méprisantes qui ont fait qu’un mois plus tard, j’étais sur le Larzac.

Écrit par : catmano | 22 février 2007

Merci Dobolino à propos de Magnan.

Quant au comptage sur les doigts, il faut rappeler aux élèves qu'il est inutile, au-delà de 10, de se faire greffer un doigt supplémentaire, il suffit d'enlever ses chaussettes.

Écrit par : Lariba | 22 février 2007

Pour René Girard, je ne sais pas...mais, si mon frère est aux Etats-Unis, c'est parce qu'il émarge mieux. Bon, au début, il tordait un peu du nez sur les restructurations d'entreprises et la misère ambiante mais, à présent, ça va, il est bien habitué. Puis, il n'est pas à l'abri dans une université, il est chef de labo, c'est plus dur.
Il n'aime pas trop venir chez moi car j'ai un jeune garçon de 15 ans qui connait les groupes de pop et rock américains des années 1960/70; Faulkner, Miller, qui a lu Bukowski et Orange Mécanique; qui a eu des cours d'histoire où on lui a parlé de Thomas Jefferson, d'Abraham Lincoln, de la Guerre d'Indépendance mais qui lit aussi Kafka ou Molière etc... Enfin, vous savez bien, c'est vous qui le lui avez enseigné!
Pendant que mon neveu ne comprend pas l'humour du film Les Visiteurs, regarde le baron d'agneau haricots verts comme une bête maléfique (heureusement, j'avais acheté des Chips et du soda...), compte sur ses doigts pour ajouter trois à cinq, j'en passe et des meilleures.
Mais, allez-y aux Etats-Unis! Faites nous de l'air!
Ah! Ils ne veulent pas de vous???? Tu m'étonnes, ils ont au moins l'avantage du bon sens. On ne donne pas la carte verte à un parasite.

Écrit par : dobolino | 22 février 2007

Mes convictions politiques, je les garde pour moi. Mes réactions parfois au bord de l’écoeurement à certains propos lus sur ce blog, aussi. Je finirai en parodiant le joli monsieur au volant de sa voiture de sport qui ressemblait tant à un couturier célèbre et qui m’a rendu mon tract en mai ou juin 2003 en me disant : « Madame, remballez votre propagande. », je crois que ce sont ces paroles méprisantes qui ont fait qu’un mois plus tard, j’étais sur le Larzac.

Ecrit par : catmano | 22 février 2007

Ouf! J'ai failli t'annuler le rendez-vous pour l'ovario de demain! Vous êtes bienvenues quand même toutes les trois.

Écrit par : dobolino | 22 février 2007

Ovariectomie vs orchiectomie=castration. Considérations de sphère privée avec ma fille de douze ans qui demandait "pourquoi toutes les trois?"
Du coup, m'est née l'idée d'un nom superbe pour votre prochain matou: "Orchys".

Écrit par : dobolino | 22 février 2007

Robin,
Le travail titanesque que vous avez accompli en mettant nos idées en forme de charte n'est certainement pas en pure perte. Il a provoqué de salutaires remises en cause, formulé des non-dits et tellement tapé dans le mille que ce blog s'est vu diabolisé, lepenisé, villlierisé, ce qui prouve à quel point furent ébranlées des certitudes, tandis que vous en avez conforté d'autres. Vous ne saurez jamais combien de lecteurs se sont sentis moins seuls et les quelques pisse-vinaigre qui viennent ici épancher leur fiel méritent ce qui leur arrive, et plus encore si la France devient Ségolande.

Cette charte, c'est le débat démocratique à son meilleur et non cette démocratie participative, foutoir du n'importe quoi dans une gigantesque escroquerie intellectuelle. Ce panurgisme fonctionne en nivelant par le bas et traduit surtout une crise catastrophique de l'intelligence qui fait son miel de la lâcheté humaine dans la plus parfaite bonne conscience.

Il y eut les lâches choisirent d'ignorer les réalités successives des goulags, des camps nazis, et autres laogaïs, aujourd'hui ils se dérobent encore, refusant de pointer le doigt sur les vrais coupables de la catastrophe humanitaire qui a fait de la France un pays sinistré, sous le prétexte de je ne sais quelle fidélité à des chimères éculées.

Un bel exemple de cette veulissime ( ça vient de veaux?) intelligentsia se trouve dans un article du Nouvel Obs de la semaine passée, sur le prétendu virage à droite des intellectuels... tellement pleurnichard et à côté de la plaque qu'il en est comique.
C'est le monde entier qui a viré sa cuti, et il n'a pas attendu 1989. Bad Godesberg c'était en 58!
Mais la France, admirative de son nombril, est la seule à ne pas s'en apercevoir. Elle est comme un gosse qui chiale et trépigne parce qu' "on" lui a cassé ce jouet qu'elle démolit avec un acharnement remarquable depuis cinquante ans...

Écrit par : Cadichon | 22 février 2007

Moi j'ai été un peu déçu aussi, c'est pourquoi je ne suis plus beaucoup intervenu.
Moi je suis également convaincu que notre abbé Sieyès n'a pas oeuvre en pure perte.
Courage à ceux qui sont de bonne volonté :-)

Écrit par : Jeremy | 22 février 2007

Même analyse que la vôtre Buntovchik, comme d'habitude...

Écrit par : Thalie | 22 février 2007

Je vous remercie. Je n'ai jamais pensé détenir la vérité à moi tout seul...Il faut que d'autres prennent le relais.

Vous avez raison dobolino, un pays jeune et dynamique comme les E.U. n'a que faire d'un type comme moi, un "parasite" comme vous dites si élégamment.

Et maintenant, je me tais.

Écrit par : Robin | 22 février 2007

dobolino, j'ai beau me faire mal aux yeux à force de relire les commentaires de bas en haut et de haut en bas, je n'ai pas compris après qui vous en aviez. Comme je parle assez peu et que je n'étais pas venu depuis quelque temps, j'ai l'impression de ne pas tout saisir... A part contre Yves qui disait des âneries mais qui ne dit plus rien, quelqu'un a une dent contre quelqu'un d'autre ici ???

Écrit par : Jeremy | 22 février 2007

Robin, la charte n'aurait pas vu le jour sans vous et sans vous seul.
La "tique", ce n'est pas vous! Et tout le monde le sait bien sur ce blog! Haut les coeurs!
Cordialement à vous.

Écrit par : Thalie | 22 février 2007

Robin, un grand merci !
Passez de bonnes vacances !
Vous n’aurez pas de mal à faire mieux que moi, je suis malade depuis trois semaines !

Écrit par : Lariba | 22 février 2007

Merci montaigneàcheval pour cette belle et émouvante relation du cours de Fernand Braudel dans une classe de collège.
Malheureusement, notre grand historien aurait été mal noté par son inspecteur: rapport frontal avec ses apprenants, cours magistral, aucune pédagogie...

Écrit par : Louis Barthas | 22 février 2007

Mais de quoi vous plaignez vous? Vous détenez pour l'instant la télécommande qui met notre ministre en action. Tout comme vous il pratique peu la concertation, l'écoute et le respect. Vivement que les piles s'usent ....
Autre question qui n'est pas une ânerie. Certains propos tenus sont d'un irrespect et d'un mépris tel que je serais curieux de connaître vos pratiques face à un élève perturbateur. Que faites vous? Que lui dites vous? Comment agissez vous? Le mettez vous à la porte? Le remettez vous à la CPE ou aux surveillants sans leur demander leur avis? Comment formeriez vous sur ce point un néo titualaire qui arriverait dans votre établissement ou école?


Lisez ci dessous la dépëche AFP:

Gilles de Robien prépare une modification des programmes primaire et collège


Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien prépare une modification des programmes, du primaire et du collège, qui doit permettre de les "relire à la lumière du socle" commun de connaissances et de compétences, a-t-on appris jeudi auprès du ministère.

Un conseil supérieur de l'Education (CSE) - instance représentative et consultative - doit examiner cette modification des programmes le 22 mars.

Dans un communiqué, le principal syndicat du primaire a rappelé que "le ministre est bien seul à demander le changement" des programmes de 2002, qui avaient, a-t-il expliqué, été "validés par plusieurs ministres, approuvés par le CSE, le conseil national des programmes, après une large consultation des enseignants".

Selon le ministère, il s'agit de "mettre en ordre l'ensemble des programmes du primaire", d'abord à partir des résultats des groupes de travail installés mi-octobre pour "adapter" les programmes existants aux exigences du socle commun de connaissances et de compétences, créé par la loi Fillon sur l'Ecole.

Ce socle, que tout élève doit maîtriser en fin de 3e, comporte sept piliers: maîtrise de la langue française, langue vivante, mathématique et culture scientifique, nouvelles technologies, culture humaniste, compétences sociales et civiques et autonomie et initiative.

Le ministre souhaite ensuite intégrer dans les programmes modifiés ses propres réformes de l'enseignement de la grammaire, du vocabulaire, de l'éducation civique, ainsi que du calcul, pour lequel une circulaire spécifique doit être publiée "courant mars".

Jugeant "inadmissible que de telles modifications soient préparées en catimini", le SNUipp-FSU, très opposé notamment aux "réformes Robien", a rappelé qu'"à ce jour, aucune proposition, aucune concertation, n'ont été présentées aux organisations syndicales et aux enseignants du 1e degré".

Il a exigé "une large consultation des personnels, des parents et des spécialistes" sur ce thème

Écrit par : Yves | 22 février 2007

Les syndicats dits "de gauche" s'opposent par principe à tout ce que fait Gilles de Robien — parfois avec raison, sur certains points de statut, et globalement à tort, dès qu'il s'ait de pédagogie.
À noter qu'ils réagissent contre le ministre, mais qu'ils se gardent bien de lancer un débat pédagogique interne — peut-être s'apercevraient-ils que leurs affidés ne sont pas unanimes sur les méthodes de lecture ou la grammaire, et qu'ils approuvnt largement les décisions, sur ces points particuliers, dudit ministre.
Leur réaction présage seulment de ce u'ils feront lorsqu'ils penseront avoir récupéré le pouvoir. Dois-)je rappeler que de son propre aveu, c'est Monique Vuaillat, qui dirigeait alors le SNES, qui a tenu la main de Jospin pour lé rdction de s aloi de 1989 ? Voir l'historique des récentes réformes sur http://www.r-lecole.freesurf.fr/collok/refgh.htm.
Laquelle Monique V. vient d'annoncer son soutien à la Maldonne des sondages, comme disait l'autre.

Gérard Filoche est presque un ami, et nous partgeons le même éditeur. Bien sûr que la situation des travailleurs est inquiétante. Mais celle de la France "royaliste" est encore plus menaçante. Voir http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070220.WWW000000419_ces_socialistes_attires_par_bayrou.html
J'ai reçu cette nuit la déclaration suivante dudit groupe Spartacus — que je livre à la communauté :

"Nous, socialistes et Français de gauche..."
Par SPARTACUS
QUOTIDIEN : jeudi 22 février 2007
Spartacus collectif de 30 hauts fonctionnaires en activité dans l'administration centrale.

"Nous, socialistes et Français de gauche, revendiquons hautement notr soutien à François Bayrou et aux idéaux de rassemblement et d redressement qu'il incarne. Notre détermination, déclarée dès l'automn 2006, s'est encore renforcée depuis les déclarations de candidature d Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal
Les annonces de programme des uns et des autres témoignent d'une erreur de jugement de la situation réelle de notre pays. La candidate du parti socialiste a formulé, le 11 février, 100 propositions en voulant sans doute imiter les 110 propositions de François Mitterrand. Mais la situation de la France en 2007 n'est pas la situation de la France en 1981. Notre pays est endetté et nous vivons déjà, sans nécessairement en être conscients, aux dépens de nos enfants et de nos petits-enfants : près de 1 200 milliards d'euros d'endettement de l'Etat ; 900 milliards d'euros de financement à prévoir pour les retraites ; enfin les collectivités locales elles aussi glissent peu à peu d'une situation saine vers un déficit chronique.
Madame Royal fait des chèques en blanc. Ces cent propositions sont autant de traites tirées sur le «compte France» déjà largement à découvert. Comment seront-elles financées ? Rien n'est précisé. Rien n'est indiqué non plus sur le réaménagement pourtant indispensable de la fiscalité ou sur la question cruciale des retraites. Rien enfin sur les moyens de relancer la croissance qui, seule, permettrait de réduire chômage et déficits publics et de financer l'ensemble de son programme. Mme Royal compte donc gérer la France comme on gère une région ou un département : en augmentant les prélèvements et en créant toujours plus de charges pour la collectivité. Ou bien elle ne s'intéresse guère au chiffrage de son projet donc à son réalisme. La démission d'Eric Besson, secrétaire national du parti socialiste à l'économie, en est une démonstration éclatante. Sa seule réponse consiste à dire que la croissance de l'économie fournira le carburant nécessaire dès son élection. Comme avec une baguette magique, alors même qu'aucune de ses propositions ne prévoit un soutien à la création et au développement des entreprises. Aucune. Cet oubli témoigne d'une méconnaissance vertigineuse de l'économie de notre pays. A moins que cela ne corresponde à une méfiance systématique vis-à-vis des centaines de milliers d'artisans, de professions libérales, de responsables d'entreprises agricoles et commerciales qui sont dans l'attente de mesures simples comme celle proposée par François Bayrou avec l'exonération de charges sociales pour la création de deux emplois par entreprise.
Que dire des propositions de Nicolas Sarkozy ? Sa prodigalité électoraliste vient d'être démentie et corrigée par ses propres amis de l'UMP qui n'en peuvent plus des promesses ciblées et sectorisées par catégories électorales avancées par le ministre-candidat.
Sa mesure phare qui consiste à baisser de quatre points les prélèvements obligatoires par rapport au PIB représente 78 milliards d'euros à financer. L'économiste Thomas Piketty a démontré que cela correspondait à la suppression conjointe de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur la fortune et de l'impôt sur les sociétés. M. Sarkozy nous prépare bien une France sans foi ni loi, une France ultralibérale. Nous constatons que ce programme, Nicolas Sarkozy l'étend maintenant sur dix ans.
Nous, socialistes et Français de gauche, croyons à la voie proposée par François Bayrou. Pourquoi ? Il a été le seul et le premier à poser les vraies questions pour l'avenir de notre pays et à apporter les bonnes réponses :
­ Notre dette publique nous engage vis-à-vis des générations futures. Il faut revoir le processus de la dépense publique pour plus d'efficacité et donc plus de justice. Et inscrire dans la Constitution le principe d'interdiction d'un déficit des dépenses de fonctionnement de l'Etat.
­ Notre Education nationale repose sur un corps d'élite. Nos enseignants, de formation initiale et continue, doivent disposer des moyens nécessaires à leur mission. Et plus que tout de notre reconnaissance.
­ Nos besoins collectifs de tous ordres ; santé, défense, culture, diplomatie... doivent eux aussi faire l'objet d'une protection et d'une sérénité que seul l'idéal de rassemblement de François Bayrou peut incarner dans les circonstances présentes.
Enfin, nous, socialistes et Français de gauche, estimons que le choix incohérent et erratique du parti socialiste conduit la gauche française à son échec pour l'élection présidentielle. Inexorablement.
Pour toutes ces raisons, et malgré notre fidélité à un parti qui a été pendant longtemps un modèle de démocratie interne, nous persistons à penser que seul François Bayrou incarne aujourd'hui l'esprit de courage, de responsabilité et de clairvoyance nécessaire pour redresser la situation de la France. Nous lui faisons confiance pour rassembler enfin les Français autour des valeurs républicaines qui nous sont chères. Pour les électeurs de gauche, le véritable vote utile pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, c'est Bayrou. Lui seul sera en mesure de battre le candidat UMP au deuxième tour de la présidentielle."

Ça vaut peut-être la peine d'y réfléchir.
JPB

Écrit par : brighelli | 23 février 2007

Vous avez raison dobolino, un pays jeune et dynamique comme les E.U. n'a que faire d'un type comme moi, un "parasite" comme vous dites si élégamment.

Et maintenant, je me tais.

Ecrit par : Robin | 22 février 2007

Ce n'est pas le problème. Votre travail est excellent. Le problème est le débat politique sans queue ni tête

Écrit par : dobolino | 23 février 2007

Il devient évident que cette Charte, qui se voulait le pendant du pacte écologique de Hulot, est accompagnée de tant d'insultes et de tant de mépris, de quasi-menaces de morts précédées de tortures, à l'égard de tout ce qui peut avoir tendance à ressembler de près ou de loin à du "socialisme", qu'elle ne peut en aucun cas être présentée à toute la classe politique française pour obtenir l'aval des uns et des autres. Vous vous êtes bien débrouillés pour que tout socialiste soit contraint à la rejeter.
Vous l'avez donc élaborée pour la droite française, uniquement pour elle et il eut été préférable et plus honnête d'annoncer la couleur à l'avance.

Écrit par : dobolino | 23 février 2007

La restauration de l'instruction ne devrait être ni de gauche ni de droite.

On peut s'interroger sur le parti choisi par les pédagogistes.

Comme on connaît en tout cas leur "prégnance " malfaisante, on peut se faire des cheveux en lisant la prose du distingué Grandserre. (Relire les Hussards Bleus.)

Sylvain Grandserre : Jamais deux sans trois !

Avec la régularité d'un bulldozer peu soucieux de ce qu'il détruit, Gilles de Robien s'entête à vouloir réaliser un grand chelem de la régression scolaire dont l'éducation ne sortira certainement pas vainqueur.

Il y a d'abord eu la calamiteuse injonction médiatique de l'enseignement de la lecture syllabique qui lui permit de se mettre à dos l'ensemble de la communauté éducative, à l'exception notable (c'est le cas de le dire !) d'une frange de dogmatiques que même la délation ne révulse pas. Puis ce fut la réforme aussi discrète qu'inutile (les nouveaux programmes de 2002 sont-ils seulement appliqués ?) relative à la grammaire, avec le prétexte d'un rapport sur son " enseignement " qui parvint à ne pas en dire le moindre mot !

Enfin, le voilà parvenu (décidément !) à l'ultime étape : celle de la révision des programmes de mathématiques à l'école primaire. Bien entendu, nul ne s'en étonnera car que pouvait-on attendre de quelqu'un qui limite l'horizon scolaire au lire-écrire-compter dans une politique du renoncement qui va jusqu'à raccourcir la scolarité obligatoire de ceux qui en ont le plus besoin ?

Ici comme ailleurs, c'est la technique "Jivaro" qui domine : on réduit la lecture au déchiffrage, l'étude de la langue aux règles de grammaire et les mathématiques au seul calcul. Étonnant qu'il n'ait pas songé à limiter l'histoire à la mémorisation des dates ou l'éducation physique à la seule gymnastique.

Mais comment justifier pareille précipitation (encore un excès de vitesse pour un ministre qui marche au radar) quand on sait que les élèves n'ont pas à rougir de leurs résultats en mathématiques qui valent bien ceux de leurs aînés ?

Tout simplement en invoquant une demande qui émanerait... de parents inquiets ! Pour faire passer pareille pilule (abortive pour l'innovation), et par respect pour les fragiles dorures du Palais-Bourbon, il fallait un élu de la majorité sans lien familial avec Pinocchio, sauf peut-être pour la langue de bois et ses échardes tricolores.
Et c'est donc le député Amouroux, membre de la commission de la Défense (pour des division blindées ?), assiégé dans sa permanence par ces si soucieux géniteurs d'enfants victimes d'une épidémie de dyscalculie (qu'est-ce qu'on attrape comme maladies à l'école !), qui a expliqué devant la représentation nationale le mercredi 10 janvier que les élèves ne savaient plus du tout raisonner, que les opérations n'étaient plus au programme et que la baisse du niveau était due à un abus de la calculette !

Qu'allait répondre le ministre de l'Éducation nationale (et non celui de la Santé tout aussi compétent en résorption de calculs) ? Que le niveau des élèves n'a nullement baissé ? Que l'apprentissage des opérations n'a jamais déserté les salles de classe ? Que l'usage de la calculette est au contraire encore trop peu répandu ? Qu'il faut donner du temps au temps pour une mise en place véritable des programmes de 2002 qui font la part belle aux enrichissantes mais délicates "situations-problèmes" ? Que la formation continue des enseignants allait davantage porter sur les difficultés rencontrées lors de la mise en oeuvre des précédentes instructions ? Peut-être même allait-il réprimander un député à l'ignorance si crasse de la réalité des pratiques de classe !

Mas pas du tout ! Comme à son habitude, le ministre a préféré mépriser l'école et ceux qui l'animent en donnant une réponse grotesque tant elle nie les faits. S'en remettant une fois encore au seul "bon sens" qui chez lui relève plutôt du "sens unique" ou du " contre sens " (qui pour sa part s'apparente au sens interdit), il a affirmé sa volonté que chacun sache lire, écrire et compter le plus tôt possible. A force d'enfoncer des portes ouvertes il finira bien par rentrer dans le mur ! Pour cela, il attend le rapport qui lui sera remis le 23 janvier, puis convoquera la commission des programmes qui devra effectuer les nécessaires modifications (mais comment peut-il déjà le savoir ?) permettant une mise en oeuvre dès la rentrée 2007. D'ici là, l'image de l'Ecole et la confiance en sa mission et son action se seront encore dégradées…

"Garde-à-vous ! Rampez ! Pour le dialogue et la concertation, voyez ça avec ma secrétaire. Et pour ce qui est de vos besoins, c'est au fond du couloir, à droite !"


Sylvain Grandserre
Maître d'école

Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 23 février 2007

"Vous" ? Quel "vous", Dobolino ?
Cette charte n'a pas été rédigée par moi prticulièrement — ou alors, comme archi-rédacteur : elle est le fruit des propositions qui sont tombées sur le blog.
Ce n'est pas ma faute si les uns et les autres rejettent le mal qui a été fait à l'école depuis vingt ans — principalement à gauche, mais j'aimerais que nous en finissions, comme dirait Bayrou, avec ces étiquettes : il n'y a plus beaucoup, avouez-le, de différene entre la gauche et la droite — sinon dans les présupposé idéologiques : mais en tant que partis de pouvoir, les uns et les autres agissent de la même manière.
Nous sommes enore en mesure d epouvoir infléchir une politique éducative qui flanche. Le texte ci-dessus de Grandserre, cet illustre insuffisant, vous donne une petite idée de ce que ces gens préparent pour l'école de demain.
Je n'y suis pour rien, c'est dans leurs gènes.
Je sais bien que vous omptez voter Royal, ma chère. Mais tant de gens, au PS ou sympathisants, sont déjà si décidés à ne pas voter pour elle, que vous pouvez admettre que ce blog n'est pas particulièrement à droite…
JPB

Écrit par : brighelli | 23 février 2007

Pas mal écrite, cette lettre de Sylvain Grandserre! Mais, finalement, il est assez logique, voire normal, que l'énergie verbale déployée contre tout ce qui ne représente pas exactement leurs points de vue ne soit pas uniquement l'apanage de certains intervenants de ce blog!
Concernant la charte, et son appartenance politique, apparemment de droite, puisque presque tous ceux qui en revendiquent la paternité commune sont prêts à voter soit pour Sarko, soit pour Bayrou, (voire peut-être plus à droite pour certains), j'ai bien peur qu'un de ses fondements principaux ne reste définitivement lettre morte! Aucun des candidats, à part Philippe de Villiers et Jean-Marie le Pen, ne supprimera ni les IUFM, ni leur réforme en cours. (Hé non, Jean).
Concernant le socle commun, j'invite les participants à ce blog à le lire attentivement, (mais je pense que c'est déjà fait pour la plupart d'entre vous!) Question "usine à gaz", on n'avait pas fait beaucoup mieux jusqu'à présent. Et ce qui s'y dit est assez grave. Je trouve.
Nous avons eu une réunion, à l'IUFM (Châteauroux), hier soir, présidée par Jacques Durand, (directeur de l'IUFM Orléans-Tours, et président de la CDIUFM). Le moins que l'on puisse dire est que ce qui se prépare n'a enthousiasmé ni les participants à cette même réunion, ni lui-même, ni la personne qui a été chargée de jouer hier soir le rôle d'avocat de ce même socle commun en en faisant la présentation.

Écrit par : Christophe Sibille | 23 février 2007

Un petit salut de Ciudad Redonda au Chiapas. Caramba!!!!!les claviers qwertuiop faut s'les farcir. Pis pour les accents, les cedilles, maccache..... enfin, de qoui faire baver de rage les petits profaillons cuistres. Rhalala montaignacheval, devra faire des efforts au deuxieme trimestre. Devra se secouer la grappe pour se ressaisir.
Il parait que sur Fr2 il y avait une emission sur deux bahuts du 13eme, l'un Ambition Cornet de Merde, l'autre catholard. Eh ben , 1 a 1, je presume.....enfin du Yucatan, tout cela est si loin, si derisoire. Tiens....Ciudad Redonda, au sud du Yucatan, dans le Chiapas, paysage aride, aloes, calcaire, quelques arbres desoles. La route, puis soudain, dans le bleu de l'horizon, la barriere montagneuse puissante de la Sierra Nevada (du Mexique) . Alors la, changement radical. Brutal. On monte, derriere des autocars presque pakistanais, avec des saintes-vierges lumineuses cligontant du troufignard sur tous les pare-brise, on roule a 30 a l'heure et au bout de deux heures de montee, on se retrouve en Suisse. Sans charre. Une suisse pauvre, quoi. Une Suisse avec des bidonvilles. Mais les paysages suissagas, a s'y tromper. Et des villes, style de celles qu'on voit en photo dans les manuels de 3eme
Et des vestiges mayas incomparables, evidemment.
Au passage, on mesure l'ampleur du lavage de cerveau genocidaire et cruel des catholards dans cette partie de l'Amerique et on comprend mieux les ecrits de Bartolomeo de Las Casas....
BâV d'un cybercafe qui pue le chat......MIAOU.....CA ME RAPPELLE LE CHAT DE DESNOS.......

Écrit par : montaigneàcheval | 23 février 2007

dobolino

Vous l'avez donc élaborée pour la droite française, uniquement pour elle et il eut été préférable et plus honnête d'annoncer la couleur à l'avance.

Ecrit par : dobolino | 23 février 2007

J'étais bien résolu à me taire, mais je ne peux pas vous laisser dire cela. C'est trop grave et trop important car cela touche à l'essentiel de mon engagement.

Première chose, je ne suis pas le seul et unique rédacteur de la Charte. J'ai fait des propositions, essentiellement pour le niveau que je connais le mieux, le collège.

Pedro Cordoba et Patrick se sont chargés de la partie école primaire et JPB a ajouté beaucoup de propositions de son côté, notamment sur le lycée et l'université avec cette touche de brio qui n'appartient qu'à lui et c'est lui qui a fait la synthèse finale.

Tout ceux qui l'ont voulu ont contribué et j'ai repris dans mon propre travail de synthèse, je ne dirais pas de toutes les propositions sans exceptions (certaines étaient plus "sérieuses" que d'autres et il fallait rester crédibles), mais de la plupart dans la mesure où elles s'organisaient de façon cohérente.

Vous avez suivi le processus d'élaboration et vous avez vu que cela n'a pas été simple. Certains points ont été âprement discutés comme celui de la liberté pédagogique, mais cela est tout à fait normal dans un processus démocratique.

En ce qui concerne le principe même de cette Charte, il avait été question dès le départ de la présenter à tous les candidats aux élections présidentielles. Je me suis personnellement occupé de l'adresser à François Bayrou sur son site personnel, je sais par ailleurs que Nicolas Sarkozy en a pris connaissance. Rien ne vous empêche de la transmettre à Ségolène Royal ou à d'autres candidats. Cette Charte n'est la propriété politique de personne.

Je ne peux pas vous laisser dire qu'elle a été élaborée pour la droite française et uniquement pour elle et que nous avons cherché à tromper les gens.

Écrit par : Robin | 23 février 2007

"Pas mal écrite, cette lettre de Sylvain Grandserre!"
C'est votre avis, Christophe, car moi, j'aurais honte de l'avoir écrite!
Sylvain Grandserre paraît très énervé! Il ne s'exprime pas, il vocifère!
Il semble ignorer que, dans une civilisation fondée sur la raison, ce n'est pas parce qu'on hurle qu'on a raison, mais parce qu'on dit des choses vraies.
Par exemple, il est de mauvaise foi d'écrire que le ministre "réduit la lecture au déchiffrage, l'étude de la langue aux règles de grammaire, et les mathématiques au seul calcul." Et ce n'est pas en criant très fort que Sylvain Grandserre transformera cette contre-vérité en vérité.
Et toutes ces perpétuelles métaphores incendiaires qui sont censées tenir lieu d'arguments, c'est d'un pénible!
Il est vrai qu'au seul nom du signataire, qui s'est déjà maintes fois illustré dans ce genre de littérature, on a le droit de passer son chemin sans s'en émouvoir davantage. On aura économisé de précieuses minutes.
Lui aussi, s'il se contentait d'être le maître d'école passionné qu'il est.

Écrit par : Jean | 23 février 2007

Robin, ne vous rendez pas malade. Tout le monde reconnaît le travail que vous avez fait, que Pedro fait et a fait dans un milieu universitaire où tout le monde s'en fout.
Laissez donc courir la bêtise qui se double en l'occurence de mauvaise foi et de vulgarité.
Nous sommes tous assez grands pour avoir analysé les propositions au fur et à mesure et les avoir critiquées au fur et à mesure. On ne va quand même pas jouer les "étonnés "maintenant.
Et puis c'est toujours facile de "tomber sur" ceux qui se sont" mouillés" un peu plus que les autres. Mais personne n'est dupe...

Écrit par : Thalie | 23 février 2007

Ma question étant restée sans réponse je la repose. Et un peu de retour à la pratique

Autre question qui n'est pas une ânerie (référence à un qualificatif dans un propos précédent) .
Certains propos tenus sont d'un irrespect et d'un mépris tel que je serais curieux de connaître vos pratiques face à un élève perturbateur. Que faites vous? Que lui dites vous? Comment agissez vous? Le mettez vous à la porte? Le remettez vous à la CPE ou aux surveillants sans leur demander leur avis? Comment formeriez vous sur ce point un néo titualaire qui arriverait dans votre établissement ou école? Quelles sont vos propositions sur les sanctions et sur les réparations?

Écrit par : Yves | 23 février 2007

J'aurais pu signer cette charte,même si je félicite ceux qui s'y sont consacrés , je ne le ferai pas en son état actuel, et non pas pour des considérations politiques mais bien parce qu'après relecture il apparaît qu'elle n'est pas rédigée dans l'intérêt des élèves, des apprenants pour reprendre des mots si chers à ceux qui ont mené l'école au fond du trou mais qu'elle l'a été dans l'unique intérêt des enseignants...no more comment...

Écrit par : Patricia Mesnigé | 23 février 2007

Yves

je m'étais bien juré de prendre un peu distance !

Le problème, sur ce blog, comme partout, c'est de parvenir à mettre de côté son point de vue personnel (idéologique, politique...) pour aboutir à une cohérence en vue du BIEN COMMUN. "L'important disait Platon, dans la République, c'est "ce en vue de quoi ils font ce qu'ils font" (la finalité, le "souverain Bien en morale).

Si le professeur est isolé face à l'élève, que le réglement intérieur n'est pas appliqué, que le chef d'établissement et/ou le CPE ne prennent pas leurs reponsabilités, il n'y a rien à faire qu'à subir...

Et c'est malheureusement ce qui se passe actuellement dans beaucoup d'etablissements. Je ne pense pas que ce soit un service à rendre aux élèves et aux enfants en général de laisser passer leurs "manquements à la Loi".

Actuellement, nous sommes obligés de "laisser passer" des comportements qui auraient été lourdement sanctionnée il y a 20 ans. C'est comme ça.

Mais de toutes façons, il n'y a aucune solution si l'élève ne sent pas une cohérence éducative entre les adultes (et aussi entre ses parents et l'école)...Encore faut-il partager les mêmes valeurs.

De toutes façons, il faut avoir la possiblité, si le comportement de l'élève est systématiquement et gravement perturbateur de le faire sortir de la classe et de le confier aux éducateurs. Vous savez (ou vous ne savez pas) que c'est interdit dans beaucoup d'établissements. J'ai vu des élèves gravement perturbateurs raccompagnés dans la classe par le chef d'établissement (vous imaginez le triomphe pour l'élève)

Je ne sais pas si vous avez vu l'émission sur la 2 hier ("Envoyé spécial" sur les deux établissements, l'un public en ZEP et l'autre privé.) Eh bien, au risque de vous surprendre ces deux cas illustrent de façon caricaturale la situation actuelle : d'un côté beaucoup de psychologie, de compassionnelle, de prise en compte des situations individuelles et un peu (pas assez de rapel à la Loi) et d'autre part, par réaction (on le voit aussi dans les opinions politiques des Français) un rappel excessif à la Loi sans prise en compte suffisante des personnes.

Il faut les deux. Dans la Kabbale hébraïque, ce sont les deux attributs essentiels de la divinité (les deux chérubins de l'arche d'alliance) : la Justice et la Miséricorde. Si vous négligez l'un de ces attributs au dépens de l'autre, vous n'aboutissez à rien.

Mais qui comprend ces choses-là...Patrick peut-être quand il cite cette phrase de la Kabbale "Le monde ne survit que par le souffle des enfants qui étudient."

Écrit par : Robin | 23 février 2007

Le groupe "Spartacus"...
On aura tout vu...
Un tract parfaitement anonyme qui explique qu'il faut voter Bayrou, et tout le monde le prend au sérieux. Comme si tout le monde fuyait Royal...
Si un groupe "Caesar" de hauts fonctionnaires UMP annonçait qu'il fallait voter Bayrou, vous le prendriez au sérieux.
Que seul Bayrou puisse battre Royal, c'était vrai il y a une semaine, ça ne l'est plus depuis (un sondage 51/49 pour Sarkozy avec une marge d'erreur de 5 %, ça veut dire pas de résultat concluant). Et tout change tous les 3 jours... Alors, il vaut mieux se garder de ce genre d'affirmations péremptoires.
D'autant que Jean-Paul, "Spartacus" reproche à Royal d'être trop à gauche, trop dispendieuse, trop étatiste, alors que vous, vous lui reprochez d'être à droite, trop libérale.

Évidemment que ce que dit Dobolino est injuste, mais comment ne pas la comprendre, quand on lit ici sur un message sur 3 environ pour invectiver Ségolène Royal, soit parce que c'est une ultra-libérale, soit parce que c'est une ultra-soviétique.

Et je le répète, ce n'est pas Royal mais bien Sarkozy qui instaure la bivalence, qui supprime un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite...
Alors voter Sarkozy pour que l'école aille mieux...
Quant à Bayrou, c'est délicat, il ne dit pas grand chose. Et s'il était élu face à Sarkozy au 2nd tour, il est probable que les Législatives de juin donneraient une Assemblée acquise à la droite, et on repartirait pour un gouvernement UDF-UMP : dans notre système, un Président n'est rien s'il n'a pas une majorité à l'Assemblée.

A supposer que vous vous déterminiez exclusivement dans votre vote en vous fondant sur l'école, seriez-vous prêts à voter à Royal si elle annonçait qu'elle reviendrait sur les modifications des décrets de 1950 opérées par Robien il y a peu, et qui ont déclenché les protestations que l'on sait ?

Par ailleurs, je trouve étrange de ne se déterminer que par rapport à l'école (sujet extrêmement important, j'en conviens), mais qui sent un peu le vote communautariste type "vote chasseur", ce qui est étrange quand on parle autant de République. Je ne vous apprends rien si je vous dis que je vais voter Royal. Pourtant, je ne suis évidemment pas comblé par ses (maigres) propositions sur l'éducation. Mais il me suffit d'écouter Sarkozy cinq ou dix minutes pour avoir à nouveau envie de voter Royal et des deux mains.

Écrit par : Pat | 23 février 2007

Sur le reportage d'Envoyé Spécial :
Étaient comparés deux collèges voisins du 13me arrondissement de Paris, dans une zone ni difficile, ni excessivement privilégiée, l'un public, l'autre privé catholique.
Pour moi, la différence fondamentale entre les deux, c'est que pour les élèves du collège privé et leurs parents, être viré de ce collège serait la fin du monde. D'où une situation de force de l'équipe de direction du collège privé qui peut imposer ce qu'elle veut (sélection drastique des élèves (1 demande sur 2 satisfaite), exigence d'une certaine tenue vestimentaire, convocation et infantilisation des parents...).
Alors que la tâche du collège public est de tout faire pour maitenir en son sein des gamins en rupture.
Le combat est disproportionné, comme le montrait le reportage.

Les solutions ? Peut-être des classes de niveau au sein des établissements. Et plus généralement : donner plus à ceux qui en ont le plus besoin, en matière d'encadrement, de soutien...

Écrit par : Pat | 23 février 2007

Assez d'accord avec Pat…
En fait, le reportage de France 2 était incroyablement simplificateur à force de manichéisme. D'un côté, de bons profs cons et patissants, toujours prêts à en remettre une couche dans le compassionnel — ma femme, qui regardait ça à côté de moi, m'a lancé : "Franchement, je vous admire, la première envie qui me prendrait, c'est de lui coller deux claques, à cette merdeuse" — in the text. De l'autre, un grand méchant loup de proviseur qui osait légiférer ur la quantité de bidoche susceptible de passer à nu entre le jean et le tee-shirt — et autres strings et bretelles de soutifs (au passage, je rappelle à tout le monde que Xavier Darcos avait légiféré sur ce point : une élève qui fait de l'exhibitionnisme s'expose très officiellement à des sanctions, si l'administration n'en prend pas, c'est qu'elle a choisi son camp — celui du "droit à l'expression de l'élève" selon la loi Jospin).

Du coup, je réponds à Yves.
J'ai fait du karaté au milieu des années 60, bien avant la mode du kung-fu. Enormes entraînements, et un leit-motiv : l'idéal du karatéka, c'est de ne jamais avoir à se battre — parce qu'il est si préparé qu'il insuffle autour de lui une aura de calme — ou de méfiance, comme on veut.
La violence des élèves doit trouver une bonne part de sa réponse dans la préparation des enseignants — et avant tout, la préparation au savoir. On respecte assez spontanément quelqu'un qui vous apprend quelque chose.
Par ailleurs, il y a des moments où le pédagogue le mieux entraîné sait qu'il faut lâcher du lest, et consentir à perdre cinq minutes pour en sauver 50. Ou à virer un élève (les délégués sont là pour les convoyer jusqu'à l'administration) pour en sauver 30.
Si le perturbateur ne veut pas sortir, prenez votre portable et appelez l'administration. Pour "de vrai" ou pour "de faux".
Et puis, travailler le sens de la répartie (d'où l'importance que pourrait avoir à mes yeux la "joute d'impro" dans une formation pratique bien sentie). Une vanne bien envoyée déstabilise un grossier personnage, parce que ça mettra les rieurs (qui attendent courageusement la fin du conflit pour prendre parti) de votre côté. N'hésitez pas à être sauvage — dans la limite de la politesse, mais on n'est jamais aussi cinglant qu'à l'imparfait du subjonctif. Nous devons êtres les maîtres du langage — pas du corps à corps.
Enfin, il y a dans toute classe un leader — ou deux (en particulier en cas de clans ou de communautés identifiables). À vous de les repérer en début d'année et de vous en faire des auxiliaires. Sans faiblesse : juste en leur reconnaissant, d'un coup d'œil, un statut légèrement différent.
Quant aux irréductibles, aux caractériels, aux psychopathes, nous n'y pouvons rien — sauf protester contre des règlements imbéciles qui nous obligent à accepter en classe des gosses qui rêvent de transformer leur bahut en Columbine-bis.
JPB

Écrit par : brighelli | 23 février 2007

Dites, JPB, ces temps-ci dans les lycées on ne parle que de la bivalence qui pourra être imposée à tous...
Une question me taraude : pourquoi le ministre a-t-il choisi d'offrir la possibilité d'enseigner volontairement une deuxième matière aux seuls certifiés ? Les certifiés sont incités par tous les moyens à être bivalents (en passant UNE épreuve de capes ou en faisant valoir leur experience) alors que les agrégés n'ont pas le droit de faire reconnaître leurs compétences pour enseigner une deuxième matière (j'adorerais enseigner une langue 3 heures par semaine en complément de 12 ou 13 heures de cours de français). Alors pourquoi le ministre incite-t-il les certifiés, et refuse-t-il les agrégés ?
Vous avez sûrement la réponse.

Écrit par : Jérémy | 23 février 2007

Patricia, imaginer que Royal reviendrait sur la modification des décrets de 50 relève du fantasme pur! D'abord parce qu'elle n'en a pas pipé mot et qu'elle avait plutôt l'occasion de le faire. Ensuite parce qu'elle a traité les professeurs de fainéants qu'on devait mettre aux 35 h; cela a fait assez de bruit, et cela signifie qu'elle propose pis que la réécriture du décret actuel. L'avez-vous lu in extenso? Enfin parce que la collusion administrative entre PS et pédagogos n'est plus à démontrer, plus personne sauf vous ne le nie. Regardez les conseillers éducation du PS.
C'est fou qu'il faille encore et toujours répéter des choses que tout le monde sait.
D'ailleurs plus on va se rapprocher des élections, plus on va rentrer dans la période "vote par réflexe"avec tous les fantasmes qui font rêver la ménagère!

Écrit par : Thalie | 23 février 2007

J'ai été brutale, sans grâce et insultante, notoirement excessive et extrémiste, encore que vous reconnaitrez que je n'ai pas insulté Nicolas Sarkozy, le nain brutal (comprenne qui peut). Si j'avais continué dans le consensuel, je n'aurais pu obtenir aucune réponse.
Il me fallait donc bien en passer par là!
Et je me répète, toutes ces insultes sur les socialistes autour de l'élaboration de cette Charte ne peuvent que les conduire à un rejet.
Donc, rien à voir avec le pacte écologique.

Écrit par : dobolino | 23 février 2007

"Et puis, travailler le sens de la répartie (d'où l'importance que pourrait avoir à mes yeux la "joute d'impro" dans une formation pratique bien sentie). "

"J'ai fait du karaté au milieu des années 60, bien avant la mode du kung-fu. Enormes entraînements, et un leit-motiv : l'idéal du karatéka, c'est de ne jamais avoir à se battre — parce qu'il est si préparé qu'il insuffle autour de lui une aura de calme — ou de méfiance, comme on veut."

Ecrit par : brighelli | 23 février 2007

Jean-Paul, la pratique d'un art martial et celle de l'improvisation théâtrale sont deux des propositions que j'avais faites pour la charte de l'instit. Les arts martiaux, exactement pour les raisons que vous avez données, (j'ai pratiqué aussi le karaté... Seulement trois ans, mais on peut appréhender deux trois petites choses), et l'impro théâtrale, parce que je l'ai pratiquée aussi, et suis chargé de l'atelier théâtre à l'IUFM, et que je vois bien les résultats de cette pratique sur l'assurance que l'on peut prendre dans son rapport à la classe. Pas seulement par les propos que l'on peut trouver en improvisant, mais également par la panoplie de personnages que l'on peut y élaborer et qui, combinés aux propos, peuvent étayer "l'autorité naturelle" dont chacun dispose.

Écrit par : Christophe Sibille | 23 février 2007

Thalie, je ne suis pas Patricia, ni Mesnigé ni une autre.
Je suppose que la bivalence est un fantasme ("C'est fou qu'il faille encore et toujours répéter des choses que tout le monde sait."), que le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux en est un autre (vous croyez vraiment que l'éducation va être épargnée ?).
Vous devez voir raison, le "vote par réflexe", ça n'est sûrement pas dire "Frackowiack est chez Royal, donc je ne vote pas Royal !"
Enfin, Royal ne propose pas de mettre les profs aux 35 heures et vous le savez très bien.
Par contre, je pense qu'assez vite, mais je veux bien reconnaître que ça relève pour le moment du fantasme (mais certains fantasmes peuvent se réaliser), elle va proposer l'annulation des modifications de Robien du décret de 1950. Elle n'en a effectivement rien dit pour l'instant, mais elle est globalement assez lente, et une fois qu'elle aura compris que les profs se détournent d'elles, elle tentera bien quelque chose pour les retenir.

Écrit par : Pat | 23 février 2007

Thalie, je ne suis pas Patricia, ni Mesnigé ni une autre.
Je suppose que la bivalence est un fantasme ("C'est fou qu'il faille encore et toujours répéter des choses que tout le monde sait."), que le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux en est un autre (vous croyez vraiment que l'éducation va être épargnée ?).
Vous devez voir raison, le "vote par réflexe", ça n'est sûrement pas dire "Frackowiack est chez Royal, donc je ne vote pas Royal !"
Enfin, Royal ne propose pas de mettre les profs aux 35 heures et vous le savez très bien.
Par contre, je pense qu'assez vite, mais je veux bien reconnaître que ça relève pour le moment du fantasme (mais certains fantasmes peuvent se réaliser), elle va proposer l'annulation des modifications de Robien du décret de 1950. Elle n'en a effectivement rien dit pour l'instant, mais elle est globalement assez lente, et une fois qu'elle aura compris que les profs se détournent d'elles, elle tentera bien quelque chose pour les retenir.

Écrit par : Pat | 23 février 2007

Comment, Pat, vous osez penser que Sarko ne va pas instaurer demain l'école dont tout le monde, ici, rêve, et dont il n'a rien dit quand il était aux affaires? Mais il a changé, il le dit lui-même! D'ailleurs, il change tous les jours! Cégétiste quand il s'adresse aux ouvriers du nord, ultralibéral quand il parle aux patrons, ultrasécuritaire quand il drague l'électorat du front national, altermondialiste quand il veut les électeurs putatifs de José Bové. S'il avait une chance de faire voter mes fesses pour lui, il se déguiserait en PQ!

Écrit par : Christophe Sibille | 23 février 2007

Dommage que vos fesses n'aient pas leur carte d'électeur Christophe car j'aimerais beaucoup voir à quoi ressemblerait M. Sarkozy en rouleau de pécul...

Écrit par : Tang | 23 février 2007

Pendant ce temps-là dans l’Éducnat, la “modernisation” fait rage :

Roland Veuillet, 51 ans, un conseiller principal d’éducation en grève de la faim depuis cinquante-trois jours, a été interné d’office au Vinatier, l’hôpital psychiatrique de Lyon, mercredi 14 février. M. Veuillet protestait contre la décision du recteur de Nîmes de le muter, il y a quatre ans, à Lyon.

« C’est la première fois qu’on assiste depuis la fin de Brejnev à une tentative de psychiatriser la contestation. Le ministère de l’éducation nationale tente de le faire passer pour un fou pour casser le mouvement de soutien grandissant autour de cet homme injustement sanctionné. C’est de l’acharnement », dénonce le sociologue Philippe Corcuff, qui avait lui-même observé une grève de la faim en soutien à Roland Veuillet.

Écrit par : Lariba | 23 février 2007

Sorry, Pat, pour la confusion des noms.
Lariba, R. Veuillet a été interné une journée et a cessé sa grève de la faim depuis quelques jours. Actuellement, il en serait à un dépôt de plainte contre Robien. C'est tout ce que j'ai lu.

Écrit par : Thalie | 23 février 2007

C'est tout de même assez Thalie...

Ceci dit sur l'afafire en elle même je trouve que nous ne disposons pas de suffisamment d'éléments pour nous déterminer. Je n'ai pas signé la pétition en sa faveur...
Dans le doute abstiens-toi, sage devise en politique (que beaucoup gagneraient à appliquer...)

Écrit par : Tang | 23 février 2007

Eh bien j’ai signé en faveur de Veuillet car je sais trop bien dans ma chair ce que c’est de se retrouver seul face à une administration inhumaine. À ce moment-là, les barrissements selon lesquels les syndicats auraient trop de poids dans l’Éducnat, je peux affirmer que c’est de la foutaise : vous êtes tout seul, aussi honnête et consciencieux que vous puissiez l’être. Les accusations mensongères, le harcèlement vous laisseront vidés mentalement et physiquement. Sans compter que si vous vous arrêtez de bosser pour pouvoir résister, votre salaire finit par disparaître ! On prie sainte Rita ?

Depuis l’inquiétant passage d’Allègre et de Ségogole au ministère, certains chefs d’établissement ont cru avoir reçu un blanc-seing pour pouvoir casser de l’enseignant. Ces deux-là ont été en quelque sorte l’équivalent de Sarko pour les inspecteurs-la-bavure… Un petit exemple de joyeuseté provisorale : une mère de jeunes enfants, obligée, par des horaires bouleversés du jour au lendemain, de venir tous les mercredis dans un bahut vide. Je ne citerai pas tout (je ne veux quand même pas qu’on arrive à identifier la situation), ça dépasse l’imagination mais les sadiques ont beaucoup d’imagination…

Écrit par : Lariba | 23 février 2007

Pour les pros cassant de l'enseignant, j'ai effectivement vu faire ! Et c'est sans risque pour le pro...

Écrit par : Jérémy | 23 février 2007

Le programme de S Royal est médiocre, comme est médiocre, la tribu de pachidermes, qu'elle va traîner derrière elle par obligation. Cette femme à l'élocution trébuchante a utilisé le peuple sur Désir d'Avenir, histoire de faire croire que c'est eux qui vont la conduire vers la "lumière" afin de les "sauver". Elle infantilise les citoyens, elle va de plus en plus les assister, avec leur argent, impôt direct et indirect, mais qui paiera quand, il n'y aura en France, que des fonctionnaires, des emplois aidés, et des entreprises qui iront voir où l'herbe est plus verte.......

F Bayrou : Je lui avais envoyé un mail le 23/11/05 (par rapport au vote du budget) je lui avais dit qu'il s'égarait depuis quelques années, et que cela devenait une certitude. Parmi les points évoqués, je lui avais rappelé qu'il avait été ministre de l'EN pendant 5 ans et concernant l'instruction, qu'il n'avait absolument rien fait.

Le 24/11/05 : F Bayrou me répond d'une manière très courtoise. "J'aime bien ces dialogues. Mais je suis obligé de vous dire qu'il y a beaucoup de compatriotes qui se désolent de la politique du gouvernement et ne veulent pas davantage du PS." Mais, RIEN sur l'Education.

Pourtant lorsque vous allez sur son site, il dit bien que durant sa période au ministère : " Les programmes ont été réécrits et simplifiés, recentrés sur l'essentiel". S'il en est fier, il se contente de peu. Et ce n'est pas lui qui proposera une amélioration de l'instruction. C'est un leurre.

Écrit par : Carole | 23 février 2007

Le programme de S Royal est médiocre, comme est médiocre, la tribu de pachidermes, qu'elle va traîner derrière elle par obligation. Cette femme à l'élocution trébuchante a utilisé le peuple sur Désir d'Avenir, histoire de faire croire que c'est eux qui vont la conduire vers la "lumière" afin de les "sauver". Elle infantilise les citoyens, elle va de plus en plus les assister, avec leur argent, impôt direct et indirect, mais qui paiera quand, il n'y aura en France, que des fonctionnaires, des emplois aidés, et des entreprises qui iront voir où l'herbe est plus verte.......


Ecrit par : Carole | 23 février 2007

CQFD
Et zou maï!
N.B.:pachyderme! chacun ses fautes...
C'est quoi, de l'herbe verte?

Écrit par : dobolino | 23 février 2007

Non, sérieusement, à supposer que Ségolène, élue Président de la République, concède spontanément quelques points de cette charte, applaudiriez-vous à l'ouverture ou diriez-vous qu'elle fait de la démagogie?
Ne répondez-pas, ce n'est pas la peine...

Écrit par : dobolino | 23 février 2007

Thalie,
je suis choquée, la politesse vous écorcherait-elle les doigts? vous vous excusez auprès de pat de la confusion des noms c'est très bien mais...
il est vrai qu'il peut être insultant et dégradant d'être confondu avec moi car je ne suis ni Pat ni Patou ni patinette et j'interviens ici à nom découvert en respectant et comprenant ceux qui préfère se planquer sous couvert d'anonymat alors je peux espérer un minimum de respect. Pat et moi sommes deux personnes distinctes et la moindre des choses aurait été que vous vous excusiez auprès de nous deux!
Merci!

Écrit par : Patricia Mesnigé | 23 février 2007

Dobolino,
Vous ne connaissiez pas cette expression "aller voir où l'herbe est plus verte" ? Etonnant pour quelqu'un qui vit (me semble-t-il) à la campagne.... Mais il est vrai qu'entre vos animaux et le temps incroyable, que vous passez sur ce blog, n'avez vous pas le temps de constater que "la couleur de herbe change très souvent" (rousse, asséchée, vert foncé, vert green.....).

Quant au "y" de pachyderme, cela m'apprendra à me relire, merci.

Écrit par : Carole | 24 février 2007

Je me répète ou plutot Edgar Faure : ce n'est pas la girouette qui tourne c'est le vent. En ce moment il souffle de la gauche et enfle les voiles du Béarnais mais si j'étais un prof de gauche je me méfierais. 2 Rappels:

1) Sur l'ouverture à gauche de Bayrou, ( voir le monde d'hier) ''En mars 1991, président du groupe UDF, il explique à Libération que le grand parti du centre dont il rêve déjà "ne sera pas la roue de secours du PS". "Ni de près ni de loin nous ne gouvernerons avec les socialistes", tonne-t-il. Quatre mois plus tard, il déclare au Quotidien de Paris que le rapprochement entre le PS et le PCF a "un aspect heureusement pédagogique pour tous ceux qui voulaient croire à la possibilité d'une entente avec le gouvernement socialiste".
Depuis rien n'a changé et lui non plus...

2) Ses rodomontades dijonnaises ne peuvent faire oublier son palmarès rue de Grenelle: pendant quatre ans ce champion de l'immobilisme et du consensus mou s'est couché devant les syndicats et la Nomenklatura. C'est plutôt Tartarin que d'Artagnan. Sa plus belle audace (faut dire qu'il n'était plus ministre de l'EN) fut de gifler un gamin qui lui faisait les poches.

L'homme de la 3eme voie sait en outre parfaitement que c'est une voie sans issue. Il ne peut pas ignorer que Blair et Schröder l'ont appris à leurs dépens et depuis longtemps.

Ceux qui comptent sur lui pour briser les tabous et déboulonner les statues rêvent en couleur.

Faut en plus vraiment ne rien comprendre à l'économie, même sous sa forme la plus élémentaire, pour voter pour un candidat qui veut constitutionnaliser l'interdiction de la dette publique, ( c'est aussi brillant que pour la parité) et, dans le même souffle, diaboliser le seul qui explique qu'on ne peut désendetter un pays sans dégraisser un état obèse et qui sait que le non-remplacement de fonctionnaires admis à la retraite est une des mesures utilisées avec succès par tous les pays qui ont eu ce courage.

Notre chasseur béarnais se shoote à l'eau de Lourdes et fait prendre aux électeurs de gauche les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

Quant à Sainte Nunuche, qui ne sait rien du Québec et encore moins du Canada, ignore certainement que ce pays a mis moins de huit ans pour sortir du rouge, avec un gouvernement...LIBERAL, donc de gauche, car la droite chez eux s'appelle le Parti Conservateur.

D'incohérences en contradictions, de contresens en pures chimères, cette campagne devient une vraie Cour des Miracles, mais n'en jetez plus, elle est pleine!

Écrit par : Cadichon | 24 février 2007

Pour les pros cassant de l'enseignant, j'ai effectivement vu faire ! Et c'est sans risque pour le pro...

Ecrit par : Jérémy | 23 février 2007

Bonjour à tous,

Je fais partie d'une minorité intervenant sur ce blog à savoir celle des parents d'élèves. Après avoir lu et apprécié les 2 premiers livres de JPB, j'aurais souhaité avoir votre avis sur une action que je désire (avec quelques parents) mener.
En 2 mots : je viens de rencontrer, par hasard, l'enseignante d'allemand (LV1) que mon fils a eue durant ces 3 années de lycée. Je me suis empressée de la remercier pour le niveau acquis durant ces 3 années, puisque dans le supérieur depuis septembre dernier, tous ses élèves sont très bien classés voire même premiers dans cette matière qu'est l'allemand.
Malheureusement, sa hiérarchie ne pense absolument pas la même chose que moi (et plusieurs parents), et lui met des "bâtons dans les roues" au niveau de sa notation, n'attend qu'une chose : sa demande de mutation, elle est régulièrement inspectée....
Et tout cela, parce qu'elle refuse d'accompagner ses élèves en voyage en Allemagne, avançant les raisons suivantes : les voyages scolaires à l'étranger n'ont aucun intérêt pédagogique, et compte tenu de la baisse des horaires (3h en 1ère, et 2 h en term), elle n'en avait pas le temps.
Dans cet établissement, de centre-ville, où tous les enseignants de langues partent en voyage avec leurs élèves (les voyages et autres activités extrascolaires en sont la principale vitrine). Il faut savoir que la moyenne obtenue au bac par ses élèves de terminale LV1 en juin dernier est de 17,25 (ce qui est un excellent score). C’est vrai qu’elle est très exigeante, et demandait beaucoup aux élèves, ils n’avaient pas beaucoup de répit mais avec 2 heures par semaine!..........
En tant que parents, nous trouvons cela injuste, nous aurions souhaité l’aider, mais comment. ?
Qu’est un bon enseignant pour l’administration ? Celui qui promène ses élèves ? Ou celui qui leur donne le maximum de connaissances ? j’avoue être très inquiete pour l’avenir de nos enfants.
C’est peut-être un peu long, mais j’attends vos réponses.
Merci de m’éclairer
Bravo à vous tous
Odile

Écrit par : Odile | 24 février 2007

Bonjour, Odile…
Pour défendre un prof en butte aux vexations de l'administration, écrivez en masse au doyen de l'inspection générale de la discipline (je crois que c'est monsieur Goullier, pour l'allemand), au 110 rue de Grenelle 75007. Avec copie au recteur et à l'inspecteur d'académie — et au proviseur du lycée ou du collège, en queue de liste : il vaut mieux s'adresser au bon dieu qu'à ses saints, et les petits chefs qui font du zèle me sont particulièrement odieux.
JPB

Écrit par : brighelli | 24 février 2007

Oulala Patricia que d'agressivité pour une simple confusion dont je me suis excusée auprès de Pat dès qu'elle ou il me l'a fait remarquer. Inutile de déterrer la hache de guerre pour si peu! Recevez vous aussi Patricia mes plus humbles excuses d'avoir malencontreusement confondu votre prénom avec celui d'une autre personne.

Écrit par : Thalie | 24 février 2007

Mr Brighelli,
Je vous remercie d'avoir bien voulu prendre le temps de me répondre. Nous sommes vraiment impuissants, nous parents, devant cette hiérarchie, surtout quand il s'agit de défendre un enseignant !!!.
Ces élèves sont actuellement dispersés, puisque étudiants, un peu partout, il me semble difficile de contacter leurs parents.
En attendant, je lui ai indiqué une bonne thérapie : vos 2 livres (elle se sentira enfin dans la normalité)
En tant que déléguée de parents, j'avais fait un courrier l'an dernier au proviseur, avec copie à l'inspecteur pour déplorer la baisse horaire de cette matière (3 h au lieu de 4 en 1ère, puis 2 h au lieu de 3 en Term), et surtout le non dédoublement de cette classe (ils étaient juste 25). Personne ne nous a répondu, si ce n'est le proviseur rencontré par hasard en novembre dernier( 1 an ), commentant, avec désinvolture, les résultats d'Allemand de cette classe au bac (17,25 de moyenne je le rappelle), et le bon comportement de ces élèves dans le supérieur. Je résume, en quelques mots, ses propos : malgré la baisse d’heures d’enseignement dans cette matière, les résultats ont été excellents § , c’est mathématique : pourquoi donner plus ?(je n’avais plus rien à dire), et quand on choisit pour son enfant l’allemand LV1 on sélectionne !!!
Je vais écrire mais je suis pessimiste et surtout écoeurée
Encore merci, et bravo pour vos combats

Écrit par : Odile | 24 février 2007

Robin,
Puisque vous avez, semble-t-il, un contact avec François Bayrou, n'auriez-vous pas la possibilité de lui extorquer une réponse précise sur le sort qu'il réserve aux IUFM?

Écrit par : Jean | 24 février 2007

Jean,

J'interviens à nouveau sur ce blog, mais c'est bien parce que c'est vous, Jean. Le mot "parasite" a réveillé en moi de douloureux souvenirs familiaux... MàC comprendra...Et dire que ce sont les mêmes qui reprochent à Le Pen ses..."dérapages" !

(Les USA, je connais, j'y ai passé 3 ans et mes parents n'ont eu aucun mal à obtenir la "green card".)

Je n'ai pas eu de réponse de la part de François Bayrou. Je vous avoue que je m'interroge encore pour trois raisons précises :

1°) Ses récentes déclarations sur l'éventualité de prendre un premier ministre socialiste.

2°) La situation politique en Italie.

3°) "Le troisième tour" des élections présidentielles.

Je ne veux pas préjuger de son éventuelle réponse, mais je ne le vois ni supprimer les IUFM ni me répondre à ce sujet.

Écrit par : Robin | 24 février 2007

Merci à vous, Robin.
Je vais essayer de mon côté, moi aussi.
On se demande bien ce qu'ils ont dans la tête, Bayrou et Sarkozy, à être aussi muets sur les IUFM, alors que la catastrophe pédagogique est tellement évidente! Le niveau monte, oui, mais c'est celui de l'ignorance avec toutes ses cionséquences. Ils ne sont quand même pas stupides au point de ne pas s'en rendre compte! Alors est-ce que tout ce petit monde admet l'idée qu'il suffit qu'un Etat ait une élite instruite (peu importe comment) et qu'il n'y a pas besoin de se donner trop de mal pour le reste? C'est à se le demander.
Du côté de la Maldonne du Poitou, inutile de se poser la question, car c'est explicitement le niveau zéro pour tout le le monde grâce aux intelligentes théories de MM. Meirieu, Frackowiak et consorts! Ses conseillers!

Écrit par : Jean | 24 février 2007

Robin, au sens où vous avez entendu "parasite", je le suis largement autant que vous... Je vous présente toutes mes excuses, d'autant plus que ce n'était vraiment absolument pas vous que je visais et que ce n'était pas un dérapage mais une pure provoc à la cantonnade plus lancée pour réveiller ceux qui font les mêmes choix que moi et qui se taisaient mollement. L'objectif fut atteint: on peut venir chez Brighelli sans être en extase devant l'american way of life.
J'ai une nombreuse et tentaculaire famille aux Etats-Unis, installée là-bas depuis les années trente où ils ont du fuir leur Allemagne natale.

Écrit par : dobolino | 24 février 2007

Entendu, dobolino, n'en parlons plus.

Écrit par : Robin | 24 février 2007

Entendu, dobolino, n'en parlons plus.

Ecrit par : Robin | 24 février 2007

Merci! Je me sentais vraiment coupable.

Écrit par : dobolino | 24 février 2007

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape

Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés,
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.

Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

Nous sommes nés pour vous au bord de ce plateau,
Dans le recourbement de notre blonde Loire,
Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloire
N’est là que pour ***** votre auguste manteau.

Nous sommes nés au bord de ce vaste plateau,
Dans l’antique Orléans sévère et sérieuse,
Et la Loire coulante et souvent limoneuse
N’est là que pour laver les pieds de ce coteau.

Nous sommes nés au bord de votre plate Beauce
Et nous avons connu dès nos plus jeunes ans
Le portail de la ferme et les durs paysans
Et l’enclos dans le bourg et la bêche et la fosse.

Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate
Et nous avons connu dès nos premiers regrets
Ce que peut receler de désespoirs secrets
Un soleil qui descend dans un ciel écarlate

Et qui se couche au ras d’un sol inévitable
Dur comme une justice, égal comme une barre,
Juste comme une loi, fermé comme une mare,
Ouvert comme un beau socle et plan comme une table.

Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
A fait jaillir ici d’un seul enlèvement,
Et d’une seule source et d’un seul portement,
Vers votre assomption la flèche unique au monde.

Tour de David voici votre tour beauceronne.
C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté
Vers un ciel de clémence et de sérénité,
Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.

Un homme de chez nous a fait ici jaillir,
Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

C’est la gerbe et le blé qui ne périra point,
Qui ne fanera point au soleil de septembre,
Qui ne gèlera point aux rigueurs de décembre,
C’est votre serviteur et c’est votre témoin.

C’est la tige et le blé qui ne pourrira pas,
Qui ne flétrira point aux ardeurs de l’été,
Qui ne moisira point dans un hiver gâté,
Qui ne transira point dans le commun trépas.

C’est la pierre sans tache et la pierre sans faute,
La plus haute oraison qu’on ait jamais portée,
La plus droite raison qu’on ait jamais jetée,
Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.

Celle qui ne mourra le jour d’aucunes morts,
Le gage et le portrait de nos arrachements,
L’image et le tracé de nos redressements,
La laine et le fuseau des plus modestes sorts.

Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre-Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme.

Comme vous commandez un océan d’épis,
Là-bas vous commandez un océan de têtes,
Et la moisson des deuils et la moisson des fêtes
Se couche chaque soir devant votre parvis.

Nous arrivons vers vous du noble Hurepoix.
C’est un commencement de Beauce à notre usage,
Des fermes et des champs taillés à votre image,
Mais coupés plus souvent par des rideaux de bois,

Et coupés plus souvent par de creuses vallées
Pour l’Yvette et la Bièvre et leurs accroissements,
Et leurs savants détours et leurs dégagements,
Et par les beaux châteaux et les longues allées.

D’autres viendront vers vous du noble Vermandois,
Et des vallonnements de bouleaux et de saules.
D’autres viendront vers vous des palais et des geôles.
Et du pays picard et du vert Vendômois.

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande,
Le pays des beaux blés et des encadrements,
Le pays de la grappe et des ruissellements,
Le pays de genêts, de bruyère, de lande.

Nous arrivons vers vous du lointain Palaiseau
Et des faubourgs d’Orsay par Gometz-le-Châtel,
Autrement dit Saint-Clair ; ce n’est pas un castel ;
C’est un village au bord d’une route en biseau.

Nous avons débouché, montant de ce coteau,
Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-Ville
Au-dessus de Saint-Clair ; ce n’est pas une ville ;
C’est un village au bord d’une route en plateau.

Nous avons descendu la côte de Limours.
Nous avons rencontré trois ou quatre gendarmes.
Ils nous ont regardé, non sans quelques alarmes,
Consulter les poteaux aux coins des carrefours.

Nous avons pu coucher dans le calme Dourdan.
C’est un gros bourg très riche et qui sent sa province.
Fiers nous avons longé, regardés comme un prince,
Les fossés du château coupés comme un redan.

Dans la maison amie, hôtesse et fraternelle
On nous a fait coucher dans le lit du garçon.
Vingt ans de souvenirs étaient notre échanson.
Le pain nous fut coupé d’une main maternelle.

Toute notre jeunesse était là solennelle.
On prononça pour nous le Bénédicité.
Quatre siècles d’honneur et de fidélité
Faisaient des draps du lit une couche éternelle.

Nous avons fait semblant d’être un gai pèlerin
Et même un bon vivant et d’aimer les voyages,
Et d’avoir parcouru cent trente-et-un bailliages,
Et d’être accoutumés d’être sur le chemin.

La clarté de la lampe éblouissait la nappe.
On nous fit visiter le jardin potager.
Il donnait sur la treille et sur un beau verger.
Tel fut le premier gîte et la tête d’étape.

Le jardin était clos dans un coude de l’Orge.
Vers la droite il donnait sur un mur bocager
Surmonté de rameaux et d’un arceau léger.
En face un maréchal, et l’enclume, et la forge.

Nous nous sommes levés ce matin devant l’aube.
Nous nous sommes quittés après les beaux adieux.
Le temps s’annonçait bien. On nous a dit tant mieux.
On nous a fait goûter de quelque bœuf en daube,

Puisqu’il est entendu que le bon pèlerin
Est celui qui boit ferme et tient sa place à table,
Et qu’il n’a pas besoin de faire le comptable,
Et que c’est bien assez de se lever matin.

Le jour était en route et le soleil montait
Quand nous avons passé Sainte-Mesme et les autres.
Nous avancions déjà comme deux bons apôtres.
Et la gauche et la droite était ce qui comptait.

Nous sommes remontés par le Gué de Longroy.
C’en est fait désormais de nos atermoiements,
Et de l’iniquité des dénivellements :
Voici la juste plaine et le secret effroi

De nous trouver tout seuls et voici le charroi
Et la roue et les bœufs et le joug et la grange,
Et la poussière égale et l’équitable fange
Et la détresse égale et l’égal désarroi.

Nous voici parvenus sur la haute terrasse
Où rien ne cache plus l’homme de devant Dieu,
Où nul déguisement ni du temps ni du lieu
Ne pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse.

Voici la gerbe immense et l’immense liasse,
Et le grain sous la meule et nos écrasements,
Et la grêle javelle et nos renoncements,
Et l’immense horizon que le regard embrasse.

Et notre indignité cette immuable masse,
Et notre basse peur en un pareil moment,
Et la juste terreur et le secret tourment
De nous trouver tout seuls par devant votre face.

Mais voici que c’est vous, reine de majesté,
Comment avons-nous pu nous laisser décevoir,
Et marcher devant vous sans vous apercevoir.
Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté.

Ce pays est plus ras que la plus rase table.
À peine un creux du sol, à peine un léger pli.
C’est la table du juge et le fait accompli,
Et l’arrêt sans appel et l’ordre inéluctable.

Et c’est le prononcé du texte insurmontable,
Et la mesure comble et c’est le sort empli,
Et c’est la vie étale et l’homme enseveli,
Et c’est le héraut d’arme et le sceau redoutable.

Mais vous apparaissez, reine mystérieuse.
Cette pointe là-bas dans le moutonnement
Des moissons et des bois et dans le flottement
De l’extrême horizon ce n’est point une yeuse,

Ni le profil connu d’un arbre interchangeable.
C’est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute,
Ferme comme un espoir sur la dernière côte,
Sur le dernier coteau la flèche inimitable.

D’ici vers vous, ô reine, il n’est plus que la route.
Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d’autres.
Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres.
Nous l’avons entamée, on la mangera toute.

Nous savons ce que c’est qu’un tronçon qui s’ajoute
Au tronçon déjà fait et ce qu’un kilomètre
Demande de jarret et ce qu’il faut en mettre :
Nous passerons ce soir par le pont et la voûte

Et ce fossé profond qui cerne le rempart.
Nous marchons dans le vent coupés par les autos.
C’est ici la contrée imprenable en photos,
La route nue et grave allant de part en part.

Nous avons eu bon vent de partir dès le jour.
Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous,
Dans cette vieille auberge où pour quarante sous
Nous dormirons tout près de votre illustre tour.

Nous serons si fourbus que nous regarderons,
Assis sur une chaise auprès de la fenêtre,
Dans un écrasement du corps et de tout l’être,
Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts,
L’angle une fois trouvé par un seul homme au monde,
Et l’unique montée ascendante et profonde,
Et nous serons recrus et nous contemplerons.

Voici l’axe et la ligne et la géante fleur.
Voici la dure pente et le contentement.
Voici l’exactitude et le consentement.
Et la sévère larme, ô reine de douleur.

Voici la nudité, le reste est vêtement.
Voici le vêtement, tout le reste est parure.
Voici la pureté, tout le reste est souillure.
Voici la pauvreté, le reste est ornement.

Voici la seule force et le reste est faiblesse.
Voici l’arête unique et le reste est bavure.
Et la seule noblesse et le reste est ordure.
Et la seule grandeur et le reste est bassesse.

Voici la seule foi qui ne soit point parjure.
Voici le seul élan qui sache un peu monter.
Voici le seul instant qui vaille de compter.
Voici le seul propos qui s’achève et qui dure.

Voici le monument, tout le reste est doublure.
Et voici notre amour et notre entendement.
Et notre port de tête et notre apaisement.
Et le rien de dentelle et l’exacte moulure.

Voici le beau serment, le reste est forfaiture.
Voici l’unique prix de nos arrachements,
Le salaire payé de nos retranchements.
Voici la vérité, le reste est imposture.

Voici le firmament, le reste est procédure.
Et vers le tribunal voici l’ajustement.
Et vers le paradis voici l’achèvement.
Et la feuille de pierre et l’exacte nervure.

Nous resterons cloués sur la chaise de paille.
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
Le tumulte des voix, le tumulte des pas,
Et dans la salle en bas l’innocente ripaille.

Ni les rouliers venus pour le jour du marché.
Ni la feinte colère et l’éclat des jurons :
Car nous contemplerons et nous méditerons
D’un seul embrassement la flèche sans péché.

Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies,
Ni la faim ni la soif ni nos renoncements,
Ni nos raides genoux ni nos raisonnements,
Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies.

Perdus dans cette chambre et parmi tant d’hôtels,
Nous ne descendrons pas à l’heure du repas,
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
La ville prosternée au pied de vos autels.

Et quand se lèvera le soleil de demain,
Nous nous réveillerons dans une aube lustrale,
À l’ombre des deux bras de votre cathédrale,
Heureux et malheureux et perclus du chemin.

Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon
Qui mourut comme un sot au cours de cette année,
Presque dans la semaine et devers la journée
Où votre fils naquit dans la paille et le son.

Ô Vierge, il n’était pas le pire du troupeau.
Il n’avait qu’un défaut dans sa jeune cuirasse.
Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace
A passé par ce trou qu’il s’est fait dans la peau.

Il était né vers nous dans notre Gâtinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons.
Et pourtant c’était lui que tu te destinais,

Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau.
Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes.
Mais le seul manquement d’une seule des craintes
Laissa passer la mort par un chemin nouveau.

Le voici maintenant dedans votre régence.
Vous êtes reine et mère et saurez le montrer.
C’était un être pur. Vous le ferez rentrer
Dans votre patronage et dans votre indulgence.

Ô reine qui lisez dans le secret du cœur,
Vous savez ce que c’est que la vie ou la mort,
Et vous savez ainsi dans quel secret du sort
Se coud et se découd la ruse du traqueur.

Et vous savez ainsi sur quel accent du chœur
Se noue et se dénoue un accompagnement,
Et ce qu’il faut d’espace et de déboisement
Pour laisser débouler la meute du piqueur.

Et vous savez ainsi dans quel recreux du port
Se prépare et s’achève un noble enlèvement,
Et par quel jeu d’adresse et de gouvernement
Se dérobe ou se fixe un illustre support.

Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaive
Se joue et se déjoue un épouvantement,
Et par quel coup de pouce et quel balancement
L’un des plateaux descend pour que l’autre s’élève.

Et ce que peut coûter la lèvre du moqueur,
Et ce qu’il faut de force et de recroisement
Pour faire par le coup d’un seul retournement
D’un vaincu malheureux un malheureux vainqueur.

Mère le voici donc, il était notre race,
Et vingt ans après nous notre redoublement.
Reine recevez-le dans votre amendement.
Où la mort a passé, passera bien la grâce.

Nous, nous retournerons par ce même chemin.
Ce sera de nouveau la terre sans cachette,
Le château sans un coin et sans une oubliette,
Et ce sol mieux gravé qu’un parfait parchemin.

Et nunc et in hora, nous vous prions pour nous
Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin,
Et sans doute moins purs et moins dans votre main,
Et moins acheminés vers vos sacrés genoux.

Quand nous aurons joué nos derniers personnages,
Quand nous aurons posé la cape et le manteau,
Quand nous aurons jeté le masque et le couteau,
Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons en cette froide terre,
Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam,
Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan,
Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse,
Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe,
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde,
Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements,
Quand nous aurons raclé nos derniers raclements,
Veuillez vous rappelez votre miséricorde.

Nous ne demandons rien, refuge du pécheur,
Que la dernière place en votre Purgatoire,
Pour pleurer longuement notre tragique histoire,
Et contempler de loin votre jeune splendeur.

Écrit par : dobolino | 26 février 2007

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape

Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés,
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.

Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

Nous sommes nés pour vous au bord de ce plateau,
Dans le recourbement de notre blonde Loire,
Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloire
N’est là que pour ***** votre auguste manteau.

Nous sommes nés au bord de ce vaste plateau,
Dans l’antique Orléans sévère et sérieuse,
Et la Loire coulante et souvent limoneuse
N’est là que pour laver les pieds de ce coteau.

Nous sommes nés au bord de votre plate Beauce
Et nous avons connu dès nos plus jeunes ans
Le portail de la ferme et les durs paysans
Et l’enclos dans le bourg et la bêche et la fosse.

Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate
Et nous avons connu dès nos premiers regrets
Ce que peut receler de désespoirs secrets
Un soleil qui descend dans un ciel écarlate

Et qui se couche au ras d’un sol inévitable
Dur comme une justice, égal comme une barre,
Juste comme une loi, fermé comme une mare,
Ouvert comme un beau socle et plan comme une table.

Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
A fait jaillir ici d’un seul enlèvement,
Et d’une seule source et d’un seul portement,
Vers votre assomption la flèche unique au monde.

Tour de David voici votre tour beauceronne.
C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté
Vers un ciel de clémence et de sérénité,
Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.

Un homme de chez nous a fait ici jaillir,
Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

C’est la gerbe et le blé qui ne périra point,
Qui ne fanera point au soleil de septembre,
Qui ne gèlera point aux rigueurs de décembre,
C’est votre serviteur et c’est votre témoin.

C’est la tige et le blé qui ne pourrira pas,
Qui ne flétrira point aux ardeurs de l’été,
Qui ne moisira point dans un hiver gâté,
Qui ne transira point dans le commun trépas.

C’est la pierre sans tache et la pierre sans faute,
La plus haute oraison qu’on ait jamais portée,
La plus droite raison qu’on ait jamais jetée,
Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.

Celle qui ne mourra le jour d’aucunes morts,
Le gage et le portrait de nos arrachements,
L’image et le tracé de nos redressements,
La laine et le fuseau des plus modestes sorts.

Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre-Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme.

Comme vous commandez un océan d’épis,
Là-bas vous commandez un océan de têtes,
Et la moisson des deuils et la moisson des fêtes
Se couche chaque soir devant votre parvis.

Nous arrivons vers vous du noble Hurepoix.
C’est un commencement de Beauce à notre usage,
Des fermes et des champs taillés à votre image,
Mais coupés plus souvent par des rideaux de bois,

Et coupés plus souvent par de creuses vallées
Pour l’Yvette et la Bièvre et leurs accroissements,
Et leurs savants détours et leurs dégagements,
Et par les beaux châteaux et les longues allées.

D’autres viendront vers vous du noble Vermandois,
Et des vallonnements de bouleaux et de saules.
D’autres viendront vers vous des palais et des geôles.
Et du pays picard et du vert Vendômois.

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande,
Le pays des beaux blés et des encadrements,
Le pays de la grappe et des ruissellements,
Le pays de genêts, de bruyère, de lande.

Nous arrivons vers vous du lointain Palaiseau
Et des faubourgs d’Orsay par Gometz-le-Châtel,
Autrement dit Saint-Clair ; ce n’est pas un castel ;
C’est un village au bord d’une route en biseau.

Nous avons débouché, montant de ce coteau,
Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-Ville
Au-dessus de Saint-Clair ; ce n’est pas une ville ;
C’est un village au bord d’une route en plateau.

Nous avons descendu la côte de Limours.
Nous avons rencontré trois ou quatre gendarmes.
Ils nous ont regardé, non sans quelques alarmes,
Consulter les poteaux aux coins des carrefours.

Nous avons pu coucher dans le calme Dourdan.
C’est un gros bourg très riche et qui sent sa province.
Fiers nous avons longé, regardés comme un prince,
Les fossés du château coupés comme un redan.

Dans la maison amie, hôtesse et fraternelle
On nous a fait coucher dans le lit du garçon.
Vingt ans de souvenirs étaient notre échanson.
Le pain nous fut coupé d’une main maternelle.

Toute notre jeunesse était là solennelle.
On prononça pour nous le Bénédicité.
Quatre siècles d’honneur et de fidélité
Faisaient des draps du lit une couche éternelle.

Nous avons fait semblant d’être un gai pèlerin
Et même un bon vivant et d’aimer les voyages,
Et d’avoir parcouru cent trente-et-un bailliages,
Et d’être accoutumés d’être sur le chemin.

La clarté de la lampe éblouissait la nappe.
On nous fit visiter le jardin potager.
Il donnait sur la treille et sur un beau verger.
Tel fut le premier gîte et la tête d’étape.

Le jardin était clos dans un coude de l’Orge.
Vers la droite il donnait sur un mur bocager
Surmonté de rameaux et d’un arceau léger.
En face un maréchal, et l’enclume, et la forge.

Nous nous sommes levés ce matin devant l’aube.
Nous nous sommes quittés après les beaux adieux.
Le temps s’annonçait bien. On nous a dit tant mieux.
On nous a fait goûter de quelque bœuf en daube,

Puisqu’il est entendu que le bon pèlerin
Est celui qui boit ferme et tient sa place à table,
Et qu’il n’a pas besoin de faire le comptable,
Et que c’est bien assez de se lever matin.

Le jour était en route et le soleil montait
Quand nous avons passé Sainte-Mesme et les autres.
Nous avancions déjà comme deux bons apôtres.
Et la gauche et la droite était ce qui comptait.

Nous sommes remontés par le Gué de Longroy.
C’en est fait désormais de nos atermoiements,
Et de l’iniquité des dénivellements :
Voici la juste plaine et le secret effroi

De nous trouver tout seuls et voici le charroi
Et la roue et les bœufs et le joug et la grange,
Et la poussière égale et l’équitable fange
Et la détresse égale et l’égal désarroi.

Nous voici parvenus sur la haute terrasse
Où rien ne cache plus l’homme de devant Dieu,
Où nul déguisement ni du temps ni du lieu
Ne pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse.

Voici la gerbe immense et l’immense liasse,
Et le grain sous la meule et nos écrasements,
Et la grêle javelle et nos renoncements,
Et l’immense horizon que le regard embrasse.

Et notre indignité cette immuable masse,
Et notre basse peur en un pareil moment,
Et la juste terreur et le secret tourment
De nous trouver tout seuls par devant votre face.

Mais voici que c’est vous, reine de majesté,
Comment avons-nous pu nous laisser décevoir,
Et marcher devant vous sans vous apercevoir.
Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté.

Ce pays est plus ras que la plus rase table.
À peine un creux du sol, à peine un léger pli.
C’est la table du juge et le fait accompli,
Et l’arrêt sans appel et l’ordre inéluctable.

Et c’est le prononcé du texte insurmontable,
Et la mesure comble et c’est le sort empli,
Et c’est la vie étale et l’homme enseveli,
Et c’est le héraut d’arme et le sceau redoutable.

Mais vous apparaissez, reine mystérieuse.
Cette pointe là-bas dans le moutonnement
Des moissons et des bois et dans le flottement
De l’extrême horizon ce n’est point une yeuse,

Ni le profil connu d’un arbre interchangeable.
C’est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute,
Ferme comme un espoir sur la dernière côte,
Sur le dernier coteau la flèche inimitable.

D’ici vers vous, ô reine, il n’est plus que la route.
Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d’autres.
Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres.
Nous l’avons entamée, on la mangera toute.

Nous savons ce que c’est qu’un tronçon qui s’ajoute
Au tronçon déjà fait et ce qu’un kilomètre
Demande de jarret et ce qu’il faut en mettre :
Nous passerons ce soir par le pont et la voûte

Et ce fossé profond qui cerne le rempart.
Nous marchons dans le vent coupés par les autos.
C’est ici la contrée imprenable en photos,
La route nue et grave allant de part en part.

Nous avons eu bon vent de partir dès le jour.
Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous,
Dans cette vieille auberge où pour quarante sous
Nous dormirons tout près de votre illustre tour.

Nous serons si fourbus que nous regarderons,
Assis sur une chaise auprès de la fenêtre,
Dans un écrasement du corps et de tout l’être,
Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts,
L’angle une fois trouvé par un seul homme au monde,
Et l’unique montée ascendante et profonde,
Et nous serons recrus et nous contemplerons.

Voici l’axe et la ligne et la géante fleur.
Voici la dure pente et le contentement.
Voici l’exactitude et le consentement.
Et la sévère larme, ô reine de douleur.

Voici la nudité, le reste est vêtement.
Voici le vêtement, tout le reste est parure.
Voici la pureté, tout le reste est souillure.
Voici la pauvreté, le reste est ornement.

Voici la seule force et le reste est faiblesse.
Voici l’arête unique et le reste est bavure.
Et la seule noblesse et le reste est ordure.
Et la seule grandeur et le reste est bassesse.

Voici la seule foi qui ne soit point parjure.
Voici le seul élan qui sache un peu monter.
Voici le seul instant qui vaille de compter.
Voici le seul propos qui s’achève et qui dure.

Voici le monument, tout le reste est doublure.
Et voici notre amour et notre entendement.
Et notre port de tête et notre apaisement.
Et le rien de dentelle et l’exacte moulure.

Voici le beau serment, le reste est forfaiture.
Voici l’unique prix de nos arrachements,
Le salaire payé de nos retranchements.
Voici la vérité, le reste est imposture.

Voici le firmament, le reste est procédure.
Et vers le tribunal voici l’ajustement.
Et vers le paradis voici l’achèvement.
Et la feuille de pierre et l’exacte nervure.

Nous resterons cloués sur la chaise de paille.
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
Le tumulte des voix, le tumulte des pas,
Et dans la salle en bas l’innocente ripaille.

Ni les rouliers venus pour le jour du marché.
Ni la feinte colère et l’éclat des jurons :
Car nous contemplerons et nous méditerons
D’un seul embrassement la flèche sans péché.

Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies,
Ni la faim ni la soif ni nos renoncements,
Ni nos raides genoux ni nos raisonnements,
Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies.

Perdus dans cette chambre et parmi tant d’hôtels,
Nous ne descendrons pas à l’heure du repas,
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
La ville prosternée au pied de vos autels.

Et quand se lèvera le soleil de demain,
Nous nous réveillerons dans une aube lustrale,
À l’ombre des deux bras de votre cathédrale,
Heureux et malheureux et perclus du chemin.

Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon
Qui mourut comme un sot au cours de cette année,
Presque dans la semaine et devers la journée
Où votre fils naquit dans la paille et le son.

Ô Vierge, il n’était pas le pire du troupeau.
Il n’avait qu’un défaut dans sa jeune cuirasse.
Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace
A passé par ce trou qu’il s’est fait dans la peau.

Il était né vers nous dans notre Gâtinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons.
Et pourtant c’était lui que tu te destinais,

Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau.
Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes.
Mais le seul manquement d’une seule des craintes
Laissa passer la mort par un chemin nouveau.

Le voici maintenant dedans votre régence.
Vous êtes reine et mère et saurez le montrer.
C’était un être pur. Vous le ferez rentrer
Dans votre patronage et dans votre indulgence.

Ô reine qui lisez dans le secret du cœur,
Vous savez ce que c’est que la vie ou la mort,
Et vous savez ainsi dans quel secret du sort
Se coud et se découd la ruse du traqueur.

Et vous savez ainsi sur quel accent du chœur
Se noue et se dénoue un accompagnement,
Et ce qu’il faut d’espace et de déboisement
Pour laisser débouler la meute du piqueur.

Et vous savez ainsi dans quel recreux du port
Se prépare et s’achève un noble enlèvement,
Et par quel jeu d’adresse et de gouvernement
Se dérobe ou se fixe un illustre support.

Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaive
Se joue et se déjoue un épouvantement,
Et par quel coup de pouce et quel balancement
L’un des plateaux descend pour que l’autre s’élève.

Et ce que peut coûter la lèvre du moqueur,
Et ce qu’il faut de force et de recroisement
Pour faire par le coup d’un seul retournement
D’un vaincu malheureux un malheureux vainqueur.

Mère le voici donc, il était notre race,
Et vingt ans après nous notre redoublement.
Reine recevez-le dans votre amendement.
Où la mort a passé, passera bien la grâce.

Nous, nous retournerons par ce même chemin.
Ce sera de nouveau la terre sans cachette,
Le château sans un coin et sans une oubliette,
Et ce sol mieux gravé qu’un parfait parchemin.

Et nunc et in hora, nous vous prions pour nous
Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin,
Et sans doute moins purs et moins dans votre main,
Et moins acheminés vers vos sacrés genoux.

Quand nous aurons joué nos derniers personnages,
Quand nous aurons posé la cape et le manteau,
Quand nous aurons jeté le masque et le couteau,
Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons en cette froide terre,
Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam,
Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan,
Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse,
Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe,
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde,
Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements,
Quand nous aurons raclé nos derniers raclements,
Veuillez vous rappelez votre miséricorde.

Nous ne demandons rien, refuge du pécheur,
Que la dernière place en votre Purgatoire,
Pour pleurer longuement notre tragique histoire,
Et contempler de loin votre jeune splendeur.

Écrit par : dobolino | 26 février 2007

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape

Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés,
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.

Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois,
Et toute leur séquelle et toute leur volaille

Et leurs chapeaux à plume avec leur valetaille
Ont appris ce que c’est que d’être familiers,
Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,
Vers un dernier carré le soir d’une bataille.

Nous sommes nés pour vous au bord de ce plateau,
Dans le recourbement de notre blonde Loire,
Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloire
N’est là que pour ***** votre auguste manteau.

Nous sommes nés au bord de ce vaste plateau,
Dans l’antique Orléans sévère et sérieuse,
Et la Loire coulante et souvent limoneuse
N’est là que pour laver les pieds de ce coteau.

Nous sommes nés au bord de votre plate Beauce
Et nous avons connu dès nos plus jeunes ans
Le portail de la ferme et les durs paysans
Et l’enclos dans le bourg et la bêche et la fosse.

Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate
Et nous avons connu dès nos premiers regrets
Ce que peut receler de désespoirs secrets
Un soleil qui descend dans un ciel écarlate

Et qui se couche au ras d’un sol inévitable
Dur comme une justice, égal comme une barre,
Juste comme une loi, fermé comme une mare,
Ouvert comme un beau socle et plan comme une table.

Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
A fait jaillir ici d’un seul enlèvement,
Et d’une seule source et d’un seul portement,
Vers votre assomption la flèche unique au monde.

Tour de David voici votre tour beauceronne.
C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté
Vers un ciel de clémence et de sérénité,
Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.

Un homme de chez nous a fait ici jaillir,
Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

C’est la gerbe et le blé qui ne périra point,
Qui ne fanera point au soleil de septembre,
Qui ne gèlera point aux rigueurs de décembre,
C’est votre serviteur et c’est votre témoin.

C’est la tige et le blé qui ne pourrira pas,
Qui ne flétrira point aux ardeurs de l’été,
Qui ne moisira point dans un hiver gâté,
Qui ne transira point dans le commun trépas.

C’est la pierre sans tache et la pierre sans faute,
La plus haute oraison qu’on ait jamais portée,
La plus droite raison qu’on ait jamais jetée,
Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.

Celle qui ne mourra le jour d’aucunes morts,
Le gage et le portrait de nos arrachements,
L’image et le tracé de nos redressements,
La laine et le fuseau des plus modestes sorts.

Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre-Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme.

Comme vous commandez un océan d’épis,
Là-bas vous commandez un océan de têtes,
Et la moisson des deuils et la moisson des fêtes
Se couche chaque soir devant votre parvis.

Nous arrivons vers vous du noble Hurepoix.
C’est un commencement de Beauce à notre usage,
Des fermes et des champs taillés à votre image,
Mais coupés plus souvent par des rideaux de bois,

Et coupés plus souvent par de creuses vallées
Pour l’Yvette et la Bièvre et leurs accroissements,
Et leurs savants détours et leurs dégagements,
Et par les beaux châteaux et les longues allées.

D’autres viendront vers vous du noble Vermandois,
Et des vallonnements de bouleaux et de saules.
D’autres viendront vers vous des palais et des geôles.
Et du pays picard et du vert Vendômois.

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande,
Le pays des beaux blés et des encadrements,
Le pays de la grappe et des ruissellements,
Le pays de genêts, de bruyère, de lande.

Nous arrivons vers vous du lointain Palaiseau
Et des faubourgs d’Orsay par Gometz-le-Châtel,
Autrement dit Saint-Clair ; ce n’est pas un castel ;
C’est un village au bord d’une route en biseau.

Nous avons débouché, montant de ce coteau,
Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-Ville
Au-dessus de Saint-Clair ; ce n’est pas une ville ;
C’est un village au bord d’une route en plateau.

Nous avons descendu la côte de Limours.
Nous avons rencontré trois ou quatre gendarmes.
Ils nous ont regardé, non sans quelques alarmes,
Consulter les poteaux aux coins des carrefours.

Nous avons pu coucher dans le calme Dourdan.
C’est un gros bourg très riche et qui sent sa province.
Fiers nous avons longé, regardés comme un prince,
Les fossés du château coupés comme un redan.

Dans la maison amie, hôtesse et fraternelle
On nous a fait coucher dans le lit du garçon.
Vingt ans de souvenirs étaient notre échanson.
Le pain nous fut coupé d’une main maternelle.

Toute notre jeunesse était là solennelle.
On prononça pour nous le Bénédicité.
Quatre siècles d’honneur et de fidélité
Faisaient des draps du lit une couche éternelle.

Nous avons fait semblant d’être un gai pèlerin
Et même un bon vivant et d’aimer les voyages,
Et d’avoir parcouru cent trente-et-un bailliages,
Et d’être accoutumés d’être sur le chemin.

La clarté de la lampe éblouissait la nappe.
On nous fit visiter le jardin potager.
Il donnait sur la treille et sur un beau verger.
Tel fut le premier gîte et la tête d’étape.

Le jardin était clos dans un coude de l’Orge.
Vers la droite il donnait sur un mur bocager
Surmonté de rameaux et d’un arceau léger.
En face un maréchal, et l’enclume, et la forge.

Nous nous sommes levés ce matin devant l’aube.
Nous nous sommes quittés après les beaux adieux.
Le temps s’annonçait bien. On nous a dit tant mieux.
On nous a fait goûter de quelque bœuf en daube,

Puisqu’il est entendu que le bon pèlerin
Est celui qui boit ferme et tient sa place à table,
Et qu’il n’a pas besoin de faire le comptable,
Et que c’est bien assez de se lever matin.

Le jour était en route et le soleil montait
Quand nous avons passé Sainte-Mesme et les autres.
Nous avancions déjà comme deux bons apôtres.
Et la gauche et la droite était ce qui comptait.

Nous sommes remontés par le Gué de Longroy.
C’en est fait désormais de nos atermoiements,
Et de l’iniquité des dénivellements :
Voici la juste plaine et le secret effroi

De nous trouver tout seuls et voici le charroi
Et la roue et les bœufs et le joug et la grange,
Et la poussière égale et l’équitable fange
Et la détresse égale et l’égal désarroi.

Nous voici parvenus sur la haute terrasse
Où rien ne cache plus l’homme de devant Dieu,
Où nul déguisement ni du temps ni du lieu
Ne pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse.

Voici la gerbe immense et l’immense liasse,
Et le grain sous la meule et nos écrasements,
Et la grêle javelle et nos renoncements,
Et l’immense horizon que le regard embrasse.

Et notre indignité cette immuable masse,
Et notre basse peur en un pareil moment,
Et la juste terreur et le secret tourment
De nous trouver tout seuls par devant votre face.

Mais voici que c’est vous, reine de majesté,
Comment avons-nous pu nous laisser décevoir,
Et marcher devant vous sans vous apercevoir.
Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté.

Ce pays est plus ras que la plus rase table.
À peine un creux du sol, à peine un léger pli.
C’est la table du juge et le fait accompli,
Et l’arrêt sans appel et l’ordre inéluctable.

Et c’est le prononcé du texte insurmontable,
Et la mesure comble et c’est le sort empli,
Et c’est la vie étale et l’homme enseveli,
Et c’est le héraut d’arme et le sceau redoutable.

Mais vous apparaissez, reine mystérieuse.
Cette pointe là-bas dans le moutonnement
Des moissons et des bois et dans le flottement
De l’extrême horizon ce n’est point une yeuse,

Ni le profil connu d’un arbre interchangeable.
C’est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute,
Ferme comme un espoir sur la dernière côte,
Sur le dernier coteau la flèche inimitable.

D’ici vers vous, ô reine, il n’est plus que la route.
Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d’autres.
Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres.
Nous l’avons entamée, on la mangera toute.

Nous savons ce que c’est qu’un tronçon qui s’ajoute
Au tronçon déjà fait et ce qu’un kilomètre
Demande de jarret et ce qu’il faut en mettre :
Nous passerons ce soir par le pont et la voûte

Et ce fossé profond qui cerne le rempart.
Nous marchons dans le vent coupés par les autos.
C’est ici la contrée imprenable en photos,
La route nue et grave allant de part en part.

Nous avons eu bon vent de partir dès le jour.
Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous,
Dans cette vieille auberge où pour quarante sous
Nous dormirons tout près de votre illustre tour.

Nous serons si fourbus que nous regarderons,
Assis sur une chaise auprès de la fenêtre,
Dans un écrasement du corps et de tout l’être,
Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts,
L’angle une fois trouvé par un seul homme au monde,
Et l’unique montée ascendante et profonde,
Et nous serons recrus et nous contemplerons.

Voici l’axe et la ligne et la géante fleur.
Voici la dure pente et le contentement.
Voici l’exactitude et le consentement.
Et la sévère larme, ô reine de douleur.

Voici la nudité, le reste est vêtement.
Voici le vêtement, tout le reste est parure.
Voici la pureté, tout le reste est souillure.
Voici la pauvreté, le reste est ornement.

Voici la seule force et le reste est faiblesse.
Voici l’arête unique et le reste est bavure.
Et la seule noblesse et le reste est ordure.
Et la seule grandeur et le reste est bassesse.

Voici la seule foi qui ne soit point parjure.
Voici le seul élan qui sache un peu monter.
Voici le seul instant qui vaille de compter.
Voici le seul propos qui s’achève et qui dure.

Voici le monument, tout le reste est doublure.
Et voici notre amour et notre entendement.
Et notre port de tête et notre apaisement.
Et le rien de dentelle et l’exacte moulure.

Voici le beau serment, le reste est forfaiture.
Voici l’unique prix de nos arrachements,
Le salaire payé de nos retranchements.
Voici la vérité, le reste est imposture.

Voici le firmament, le reste est procédure.
Et vers le tribunal voici l’ajustement.
Et vers le paradis voici l’achèvement.
Et la feuille de pierre et l’exacte nervure.

Nous resterons cloués sur la chaise de paille.
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
Le tumulte des voix, le tumulte des pas,
Et dans la salle en bas l’innocente ripaille.

Ni les rouliers venus pour le jour du marché.
Ni la feinte colère et l’éclat des jurons :
Car nous contemplerons et nous méditerons
D’un seul embrassement la flèche sans péché.

Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies,
Ni la faim ni la soif ni nos renoncements,
Ni nos raides genoux ni nos raisonnements,
Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies.

Perdus dans cette chambre et parmi tant d’hôtels,
Nous ne descendrons pas à l’heure du repas,
Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas
La ville prosternée au pied de vos autels.

Et quand se lèvera le soleil de demain,
Nous nous réveillerons dans une aube lustrale,
À l’ombre des deux bras de votre cathédrale,
Heureux et malheureux et perclus du chemin.

Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon
Qui mourut comme un sot au cours de cette année,
Presque dans la semaine et devers la journée
Où votre fils naquit dans la paille et le son.

Ô Vierge, il n’était pas le pire du troupeau.
Il n’avait qu’un défaut dans sa jeune cuirasse.
Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace
A passé par ce trou qu’il s’est fait dans la peau.

Il était né vers nous dans notre Gâtinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons.
Et pourtant c’était lui que tu te destinais,

Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau.
Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes.
Mais le seul manquement d’une seule des craintes
Laissa passer la mort par un chemin nouveau.

Le voici maintenant dedans votre régence.
Vous êtes reine et mère et saurez le montrer.
C’était un être pur. Vous le ferez rentrer
Dans votre patronage et dans votre indulgence.

Ô reine qui lisez dans le secret du cœur,
Vous savez ce que c’est que la vie ou la mort,
Et vous savez ainsi dans quel secret du sort
Se coud et se découd la ruse du traqueur.

Et vous savez ainsi sur quel accent du chœur
Se noue et se dénoue un accompagnement,
Et ce qu’il faut d’espace et de déboisement
Pour laisser débouler la meute du piqueur.

Et vous savez ainsi dans quel recreux du port
Se prépare et s’achève un noble enlèvement,
Et par quel jeu d’adresse et de gouvernement
Se dérobe ou se fixe un illustre support.

Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaive
Se joue et se déjoue un épouvantement,
Et par quel coup de pouce et quel balancement
L’un des plateaux descend pour que l’autre s’élève.

Et ce que peut coûter la lèvre du moqueur,
Et ce qu’il faut de force et de recroisement
Pour faire par le coup d’un seul retournement
D’un vaincu malheureux un malheureux vainqueur.

Mère le voici donc, il était notre race,
Et vingt ans après nous notre redoublement.
Reine recevez-le dans votre amendement.
Où la mort a passé, passera bien la grâce.

Nous, nous retournerons par ce même chemin.
Ce sera de nouveau la terre sans cachette,
Le château sans un coin et sans une oubliette,
Et ce sol mieux gravé qu’un parfait parchemin.

Et nunc et in hora, nous vous prions pour nous
Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin,
Et sans doute moins purs et moins dans votre main,
Et moins acheminés vers vos sacrés genoux.

Quand nous aurons joué nos derniers personnages,
Quand nous aurons posé la cape et le manteau,
Quand nous aurons jeté le masque et le couteau,
Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages.

Quand nous retournerons en cette froide terre,
Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam,
Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan,
Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire.

Quand on nous aura mis dans une étroite fosse,
Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe,
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,
Le long cheminement que nous faisons en Beauce.

Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde,
Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements,
Quand nous aurons raclé nos derniers raclements,
Veuillez vous rappelez votre miséricorde.

Nous ne demandons rien, refuge du pécheur,
Que la dernière place en votre Purgatoire,
Pour pleurer longuement notre tragique histoire,
Et contempler de loin votre jeune splendeur.

Écrit par : kador | 26 février 2007

Monsieur,
autant je partage un nombre important de vos analyses, autant la description de l'ensemble des PE comme une masse d'ignorants me turlupine. C'est un milieu très hétérogène. Etant un ancien cadre du privé, diplômé d'une très prestigieuse grande école, il est certain que mes exigences en termes de culture et de savoirs littéraires et scientifiques me font m'étonner du niveau lamentable de certains jeunes PE. Mais il y a les autres, qui exercent avec compétence un métier à mon sens plus difficile que celui d'enseignant du secondaire ( 27 heures de cours et je corrige tout ce qui est écrit, en ne donnant jamais de photocopies ).

En ce qui concerne le concours, votre proposition me semble insuffisante: si, dans certaines académies, le taux de réussite est proche de 30%, comment, avec le niveau actuel des étudiants, ne recruter que de bons enseignants ? Les académies où le taux de réussite est de 10 % connaissent-elles les mêmes problèmes ? J'en doute...
Lorsque le métier sera revalorisé et que les candidats se presseront, il en sera autrement.
Et détrompez-vous: les anciens candidats libres ayant eu une autre activité après la fin de leurs études sont en général plus compétents que les gamins tout droit sortis de la "fac".

Ceci dit, le problème tient aussi à la place que l'EN et la société en général accordent au savoir. Et celle-ci fait peur...A l'IUFM, il y a deux ans, j'ai même entendu deux collègues se moquer de moi. J'avais eu le tort, pendant une "récré", de rester en salle de classe terminer La confusion des sentiments, de S. Zweig ( excellent livre soit dit en passant ).

Écrit par : PE | 02 mars 2007

"Si, dans certaines académies, le taux de réussite est proche de 30%, comment, avec le niveau actuel des étudiants, ne recruter que de bons enseignants ? Les académies où le taux de réussite est de 10 % connaissent-elles les mêmes problèmes ? J'en doute..."
écrit PE…

Les statistiques sont un outil, pas un acte de foi.
10%, c'est très insuffisant en soi : que fait-on des 90% qui échouent ? Cela ne signifie-t-il pas que bien des candidats ont passé ce concours par défaut — pour entrer dans la fonction publique plus que par vocation ? Et 30%, cela implique-t-il que l'on prend tout le monde ? C'est possible, mais ce n'est pas sûr.
En fait, ce que nous proposons, c'est d'instaurer une pré-sélection à la formation pour toutes les formations enseignntes, de manière à trier les gens qui veulent vraiment faire ce métier, et à lesz former en conséquence. Je m'accommoderais très bien d'un taux de 10% d'échecs, si je suis persuadé que les 90% qui réussiront sont bien formés (pile l'inverse de ce qui se passe au Bac en ce moment).
Et vous avez raison sur un autre point, cette haine inconsidérée du Savoir — et pas seulement dans les IUFM : on a tellement seriné à tous ces gosses que tout ce qu'ils disent ou écrivent est génial qu'ils en sont persuadés. C'est de l'imitation du modèle américain, et de la surenchère dans la "self-esteem" — au détriment de compétences et de savoirs réels.
Et c'est gravissime, parce qu'un enseignant est nommé pour quarante ans, et que s'il n'a pas le goût du savoir, il ne persistera pas, durant ces quarante années, à se former en permanence, comme il le devrait.
Et j'aime beaucoup Zweig.
JPB

Écrit par : brighelli | 02 mars 2007

Bonjour, Odile…
Pour défendre un prof en butte aux vexations de l'administration, écrivez en masse au doyen de l'inspection générale de la discipline (je crois que c'est monsieur Goullier, pour l'allemand), au 110 rue de Grenelle 75007. Avec copie au recteur et à l'inspecteur d'académie — et au proviseur du lycée ou du collège, en queue de liste : il vaut mieux s'adresser au bon dieu qu'à ses saints, et les petits chefs qui font du zèle me sont particulièrement odieux.
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 février 2007




Monsieur Brighelli,
Je me permets de ré intervenir sur ce forum suite à votre entretien avec PE
Nous sommes, avec quelques parents, prêts à intervenir auprès de la personnalité citée dans votre réponse. Tout en intervenant sur ce forum, je me rappelais de certains propos tenus dans votre livre « la fabrique du crétin ». Je suis très pessimiste quant à notre démarche puisque notre enseignant correspond parfaitement aux critères affichés dans votre livre aux pages 50/51, à savoir tout d’abord l’académie de Rennes (nous y sommes), les résultats « insolents » au bac (moyenne affichée au bac 17,5) donc une "supériorité insupportable par rapport aux statistiques nationales".
Bien entendu, notre enseignant appartient à la catégorie des « trublions » qui enseignent à l’ancienne, préconisent le savoir, et ne se sentent pas concernés par les sorties dites pédagogiques.

Vous avez entièrement raison, et c'est bien triste
Sincèrement
Odile

Écrit par : Odile | 02 mars 2007

Je voulais mettre ce commentaire sur "Charte de l'enseignement". J'ai entendu François Bayrou dire "pas de gosse ne sachant pas lire au collège". Voilà une remarque de bons sens mais ça laisse entendre que l'on ne dépistera les gamins en difficulté sur ce plan qu'en CM2. Or ne faudrait-il pas les repérer dès le CP ? Il me semble qu'un gamin doit savoir lire correctement à la fin de cette année. N'est-il pas du domaine de cette charte de proposer des actions pour "rattraper" les élèves ne lisant pas correctement ?
Ne peut-on proposer une évaluation en fin de CP ?
N'étant pas instituteur, je ne sais pas ce qu'il convient de faire ensuite concrètement. Rachel Boutonnet suggère de laisser passer les gosses en CE1, quitte à redoubler cette classe par la suite, car, selon elle, il vaut mieux éviter de contraindre l'enfant à rester en CP où il s'ennuiera. En tout état de cause, ces élèves doivent être détectés le plus tôt possible et recevoir un soutien approprié. Comme la lecture conditionne toute la suite, je pense qu'il est légitime de se focaliser dessus.

Japhet

Écrit par : Japhet | 02 mars 2007

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