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22 janvier 2007
Littératures enfantines
Lectures enfantines
Ai-je dit "enfantines" ?
« A la hauteur du petit chemin qui part du Chaâba pour rejoindre le boulevard, trois putains travaillent à l'abri des platanes. Elles attendent là des journées entières, debout sur le trottoir, vêtues de shorts ou de minijupes qui découvrent des jambes interminables, gantées de soie.
[...] Sur le trottoir, le commerce du bonheur éphémère va bon train. Deux putes travaillent à l'intérieur des voitures, tandis que les mâles qui attendent leur tour trépignent d'impatience dans leur véhicule.
[...]Pince-moi, s'écrie Saïda, tout heureuse.
Je la pince sur les fesses. (Elle veut partir.)
- Non, attends, regarde. T'as déjà vu une zénana coupée ? Tu veux voir la mienne ?
- Non, c'est dégueulasse.
Après avoir défait ma braguette, je sors mon outil et le dévoile sous toutes ses coutures.
- T'as vu qu'c'est pas sale ?
- Ouis, j'ai vu.
- Et si on s'enculait comme les grands ?
- D'accord, mais si ma mère nous voit ?
Je la rassure :
- Elle n'est pas là, ta mère. Enlève ta culotte.
Après quelques secondes d'hésitation, elle s'exécute.
Je m'approche d'elle, ma zénana entre les doigts. Saïda s'assied sur les fesses, entr'ouvre ses jambes pour m'offrir son intimité.Je dépose délicatement mon marteau sur son enclume et j'attends que les choses se fassent.
- Alors, qu'est-ce qu'il faut faire?
- Rien, on s'encule, et c'est tout.
Hacène intervient après avoir sagement suivi la leçon.
- Moi aussi, j'veux enculer !
Il dégaine à son tour et m'imite.
Au bout d'un instant, content d'avoir lui aussi enculé, Hacène remonte son pantalon.
(La mère de Saïda l'appelle.)
La fille crie aussitôt :
- C'est ma mère!
Elle enfile sa culotte, et supplie une ultime fois :
- Vous rapporterez rien, hein !
- Non, non, n'aie pas peur...dis-je en même temps qu' Hacène.
Dès le lendemain, tous les gones du Chaâba savaient que Saïda s'était fait enculer. »
Tout le monde a reconnu le Gône du Chaaba, l’immortel livre pour enfants qui a valu à Azouz Begag une immense réputation lyonnaise et un poste de ministre… C’est une lecture que le libraire d’une amie enseignante conseille en Troisième — « ou en Seconde si les élèves ne sont pas assez mûrs ». Bientôt Faiza Guene, dont je ne saurais trop recommander la verve quasi bégaudienne (Kiffe kiffe demain ou Du rêve pour les oufs — les grands succès actuels de Hachette Littérature…).
Les programmes officiels — consultables, pour le collège, sur
- http://www.cndp.fr/textes_officiels/college/programmes/bacc_6/fran_6.pdf
- http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/Inspection/Annexes/acc6_cc_Litt_jeunesse.htm
- http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/Lettres/Inspection/FrTroisieme/Analytique/Lectures_3e.htm
mélangent allègrement des textes tout à fait recommandables, les « classiques » de la littérature de jeunesse, de tous temps et de tous pays, et des productions plus récentes — plus « abordables », sans doute —, dont font partie, pour une classe ou une autre, les œuvres complètes d’Azouz Begag et de ses émules.
Bientôt Entre les murs, ce néo-classique écrit l’année dernière par François Bégaudeau, entièrement rédigé dans la langue si explicite du XIXe arrondissement de Paris…
Comprenons-nous bien : je ne suis pas bégueule, la situation décrite par Azouz Begag pourrait paraître drôle, avec beaucoup d’indulgence, tout Classique a été un jour un Moderne, et j'aime beaucoup San-Antonio — un autre auteur lyonnais, mais un grand, lui…
Etc.
Mais il y a des priorités. Des urgences.
L’urgence, c’est aujourd’hui d’apprendre aux enfants, aux adolescents, la langue et la culture françaises — celles qui lui permettront de communiquer avec ses enseignants, avec ses futurs employeurs, avec des étudiants européens de passage en France et sidérés de se trouver plus cultivés que le petit Français moyen — pour ne pas parler de ceux qui ont tiré le gros lot, une inscription automatique en Zone d’Exclusion Programmée. Les programmes pèchent par excès d’optimisme (« les enseignants feront le tri »), et par excès d’ambition (« lire tout et n’importe quoi »). On aurait bien plutôt intérêt à se recentrer sur quelques titres par niveau, quelques outils indispensables pour aller plus loin. Que l’on fasse des coups d’édition avec des sous-produits culturels, que l’on monte en épingle une adolescente délurée, que l’on donne en exemple la vulgarité rebaptisée « contre-culture », soit — la société du spectacle en a fait bien d’autres, et en digèrera bien d’autres. Mais que des enseignants soient à ce point esclaves des médias, et pensent que se complaire dans la langue de la rue plaira aux Pédagogues et à leurs épigones, non ! Trois fois non !
C’est aux parents aussi de vérifier ce qui se fait en classe. La plupart des instituteurs et des professeurs font de leur mieux pour transmettre une langue et une culture. Alors qu'on met en avant quelques illuminés auto-proclamés avant-gardistes, qu'on encense ce que la littérature contemporaine fabrique de plus bas, qu'on donne des tribunes à des auteurs dont les œuvres pourraient, au mieux, pallier une pénurie de papier-toilette — surtout dans des écoles et des collèges qui en manquent chroniquement.
Parents, enseignants, refusez la démagogie du n’importe quoi ! Pensez que ce que des enfants lisent à six ans comme à seize restera longtemps gravé dans leurs mémoires. Voulez-vous vraiment qu’ils se répètent, des années durant : « Tous les gones du Chaâba savaient que Saïda s'était fait enculer » ?
Et je passe — je ne devrais pas, d’ailleurs — sur ce que de tels textes transbahutent de « valeurs » machistes et anti-féministes. Et ce sont les partisans de la « citoyenneté » et de l’Instruction civique qui les recommandent ? Allons donc !
Que pensent les divers présidentiables de telles dérives ? Ce que Nicolas Sarkozy pense d'Azouz Begag n'est pas imprimable — et réciproquement, autant que je sache… Mais la Sainte Vierge qui produisit jadis une circulaire si virulente sur la pédophilie sait-elle ce que ses amis pédagogues, le roitelet lillois de la commission Education du PS, et l'autre grand manitou lyonnais qui a voulu les IUFM, aiment cette sous-littérature du n'importe quoi — n'importe quoi pourvu que ce ne soit pas de la littérature !
Mais j'oublie que dans les établissements où les futurs candidats ont envoyé leurs enfants, l’Ecole Alsacienne ou Jeanson-de-Sailly, on n’étudie pas la langue du cloaque. C’est réservé à l’autre côté du périphérique. C’est la littérature pour les pauvres.
J’ai dans l’idée que les pauvres en ont marre, d’étudier de la merde.
Jean-Paul Brighelli
PS. Merci à A-M. V.
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Commentaires
Les bras m'en tombent. Que je suis heureux de quitter l'EN le 1er février. Passer les concours d'une autre fonction publique a été ma meilleure idée de toute l'année 2006.
Ecrit par : fred | 22 janvier 2007
Comment, Jean-Paul, vous osez écrire que des livres tels que "Le Gone du Chaâba" d'Azouz Begag et "Entre les murs" de François Bégaudeau sont de la littérature "de merde" (ce que ces livres sont en effet)! Mais vous allez gravement décevoir Christophe Sibille avec un manque aussi total de modération! Car en toute chose, ne l'oubliez pas, et heureusement qu'il est là pour nous le rappeler, il y a du bon - la preuve, les IUFM! - et tout ce qui est excessif est insignifiant! Par exemple, ces chefs-d'oeuvre que le monde nous envierait s'il les connaissait - malheureusement, il connaît plutôt Molière, Racine et La Fontaine, ces mauvais écrivains fort justement frappés d'indignité par l'IUFM - pourraient servir de support à la méthode globale...
Ecrit par : Jean | 22 janvier 2007
Fred, sans vouloir être indiscrète quel concours de la fonction publique avez-vous passé? Ce n'est pas par curiosité mais parce que je me demande comment on peut s'en sortir. Merci à vous.
Ecrit par : Thalie | 22 janvier 2007
Même question que Thalie !
Sans forcément fuir, renseignons-nous sur les issues...
Ecrit par : Jeremy | 22 janvier 2007
A propos de F. Bégaudeau... le dernier numéro de "Télérama" a eu l'idée saugrenue de demander à quatre écrivains de parler des livres qu'ils n'ont pas lus. Dans cette société de faux-semblants, où on parvient à nous faire croire que Mme Royal est une femme politique sérieuse et Sarkozy le nouveau de Gaulle, ce n'est guère étonnant.
Mais passons, voyons voir, et venons-en au (for)fait...
C'est donc ainsi que S. Audeguy parle fort bien de "Vanity Fair" : "La puissance d'un chef-d'oeuvre est telle qu'il nous lit, à livre ouvert, quand bien même nous ne le lisons pas". Joli, non ? Dominique Noguez rend compte avec talent de sa non-lecture des "Essais" de Montaigne, expliquant que c'est "le livre qu('il) a le plus ouvert de (sa) vie, dont (il) a le plus attentivement parcouru les pages, lu, relu, médité et recopié le plus de passages avec le plus d'émerveillement" : mais "quant à l'avoir lu de A à Z, nenni." Patrick Grainville raconte quant à lui comment, ayant longtemps été le sosie de l'ingénieux hidalgo, il n'a jamais lu Don Quichotte, qui pourtant "(lui) collait tant à la couenne".
Le quatrième écrivain (???) est François Bégaudeau (.......), qui franchit allègrement le mur du çon avec "La Divine Comédie". Je vous cite intégralement ce festival de niaiserie prétentieuse.
"Je n'ai pas lu "La Divine Comédie", et ce pourrait être un gros problème, vu qu'il ne se passe pas un déjeuner ou un dîner, un cocktail sans qu'il en soit question. J'en sais cependant assez sur le livre pour faire bonne figure au milieu de ces débats récurrents et acharnés.
Je sais par exemple que l'auteur, prénommé Dante, avait lu "La Comédie humaine" et entendait frapper encore plus fort que Balzac, car l'invention des pâtes al dante (à la Dante) n'avait pas suffi à combler sa vanité. Il s'est donc inspiré de son groupe de pop anglaise préféré, The Divine Comedy, pour titrer ce qui demeure, à ce jour, son grand oeuvre.
Restait à décider s'il s'agirait de démontrer que la comédie était un genre absolument divin, ou que les dieux étaient de sacrés comiques. Ayant eu vent du fait que certains des habitants de l'Olympe avaient un grand sens de la déconne, Dante opta pour la seconde voie conceptuelle. C'est ainsi qu'à la page 321 de "La Divine Comédie", Jupiter demande à Athéna de dire "camion". Passablement surprise mais pas bégueule, la divine déesse (sic) s'exécute, et c'est alors que l'impayable dieu des dieux pince un sein de sa vis-à-vis en criant "pouet !" Camion, pouet, c'est divin, c'est comique, c'est dans "La Divine Comédie".
Voilà donc un personnage infiniment vulgaire, qui pense que la culture littéraire ne sert que pour dîner en ville, qui étale son ignorance avec complaisance, et qui ne résiste pas à un petit jeu de mots raciste contre les Italiens, dont il connaît manifestement à peine mieux la pasta que la littérature. Et ça se dit écrivain ? Et c'est à ça qu'on confie nos enfants ? Et il se croit drôle ?
Il y a des gens qui salissent tout ce qu'ils touchent, même les livres qu'ils n'ont pas lus.
Il faudrait inventer un nouveau cercle de l'Enfer, exprès pour lui.
Ecrit par : Dulcamara | 22 janvier 2007
et titeuf en CP ça ne vous interpelle pas?!
mais un parent qui va voir le prof et s'indigne se fait envoyer "bouler" (expression volontairement employée)! nos enfants au regard de l'EN sont tout sauf des enfants voire des êtres humains...
je suis en colère! comment voulez vous que les parents aient un dialogues avec les enseignants quand leurs merveilleuse progéniture est ainsi considérée?
Ecrit par : garance | 22 janvier 2007
Pour se remettre, à propos de la "littérature jeunesse", Michel Tournier (un vrai écrivain, LUI) "Vertes lectures", sorti l'été dernier chez Gallimard.
Ecrit par : FGuichard | 22 janvier 2007
Bonsoir,
Oui Fred, quel est ce concours? Je réfléchis également à une reconversion, car je supporte de plus en plus mal ce manque de reconnaissance sociale, et ce salaire qui nous fait mal vivre, surtout à paris.. Mais je ne sais pas vers où aller, où chercher..
Donc si ce n'est pas trop indiscret, quel est donc ce concours?
Ecrit par : Nath | 22 janvier 2007
J'ai passé les concours du Trésor Public et des Impôts ( agent, contrôleur et inspecteur )
Ca demande bien sûr de se replonger dans ses études, la sélection est assez rude ( une centaine de places pour plusieurs milliers de candidats provenant d'horizons très divers), pour les concours de catégorie C (niveau brevet des années 80) l'immense majorité des candidats reçus ont bac+3 minimum.
On peut trouver des annales ici :
http://minefi.concoursadministratifs.net
Demander un détachement une fois le concours réussi, cela permet de prendre en compte les années d'ancienneté dans l'EN et d'avoir un reclassement. Je ne préfère pas vous parler de la différence de salaire. Je ne voudrais pas que tous les profs quittent le navire en même temps.
Ecrit par : fred | 22 janvier 2007
Jean, sauf votre respect, vos considérations à mon égard, et vos présomptions sur mes goûts littéraires, ou ce que vous semblez en sous-entendre, prouvent que vous perdez un peu votre sang-froid! Ne soyez pas aigri, que diable! Continuez à faire étudier de la belle ouvrage! On ne vous en demande pas plus.
Ecrit par : Christophe Sibille | 22 janvier 2007
Histoire de faire sourire tout le monde, et peut-être, qui sait, de retenir ceux qui ont envie de quitter l'Éducation Nationale : une anecdote racontée par une principale de collège de ZEP aux élèves de l'ENS-LSH lors d'une recontre sur l'enseignement.
Un jour, toute une classe de 5ème demande à rencontrer la principale.
Assez étonnée, elle les reçoit. Ils étaient tous là.
Une gamine prend la parole :
"On a un problème avec le prof de français. Ma cousine Fatia qui est dans un collège de centre-ville, avec sa classe, elle fait "Le Bourgeois gentilhomme", et pas nous. C'est dégueulasse, c'est pas parce qu'on est un collège de banlieue qu'on a pas le droit de faire la même chose que les autres, etc."
Après les avoir écoutés, la principale se renseigne auprès du prof, et apprend que la classe étudie... "Dom Juan" !
Elle convoque donc à nouveau la classe, et leur explique que "Dom Juan", c'est beaucoup plus difficile que "Le Bourgeois gentilhomme".
Comme quoi, si les programmes officiels sont parfois un peu légers sur la qualité des textes à étudier, on peut se réjouir du fait que certains restent vigilants !
Ecrit par : Pat | 22 janvier 2007
Je croyais avoir écrit un message mais il s'est effacé. Je recommence ; ça m'a laissé le temps de revoir le film Février 54 avec Lambert Wilson sur l'abbé Pierre.
Tout à fait d'accord avec vous, JPB. Je trouve ce texte d'une rare vulgarité et d'une misogynie insupportable. Il est inutile de conforter certains garçons qui n'y sont que trop portés dans ce genre de fantasmes sexistes.
Je n'avais pas lu le roman, mais j'avais emmené des élèves de 5ème voir le film il y a quelques années dans le cadre de collège au cinéma. Ils n'avaient pas vraiment accroché.
La page que vous citez est reprise dans le scénario du film, mais de façon édulcorée.
Sinon, le film évoque la vie d'un enfant pauvre issu de l'immigration qui vit dans un bidonville et qui s'en sort par le travail à l'école. La morale n'est pas si mauvaise. Mais il vaudrait mieux que les conditions qui existaient à l'époque existent encore aujourd'hui. Justement, l'enfant s'en sort parce qu'on lui parle d'autre chose à l'école que de ce qu'il vit et un autre langage que celui qu'il entend autour de lui.
Il est vrai que certains camarades du héros ne sont pas de la même étoffe. On voit une scène où ils urinent sur ses livres par jalousie et une autre, assez insupportable où l'un d'entre eux plante un porte-plume dans la main de l'instituteur.
Il y a aussi une scène de circoncision ; c'était d'ailleurs ce qui avait le plus intéressé mes élèves de 5ème qui n'avaient rien compris (c'était dans un collège rural en région centre et je n'avais cette année-là ni d'élèves musulmans, ni d'élèves juifs)
André Gide disait qu'on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, je pense qu'on ne fait pas forcément non plus de bons cours avec de bonnes intentions.
Ce genre de roman est écrit comme on parle et je ne vois pas l'intérêt d'aller à l'école si c'est pour apprendre quelque chose que l'on sait déjà...
...Quant à la morale, j'ai bien peur qu'elle échappe à la plupart des élèves.
Ecrit par : Robin | 22 janvier 2007
Voilà donc un personnage infiniment vulgaire, qui pense que la culture littéraire ne sert que pour dîner en ville, qui étale son ignorance avec complaisance,
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Il faut se souvenir que ce genre de comportement a commencé il y a plusieurs années, où l'on trouvait déjà nombre de sinistres cons qui affirmaient véhément être littéraires et donc n'avoir rien compris ni rien envie de comprendre aux sciences.
L'honnête homme avait donc déjà disparu des "milieux autorisés".
Il n'est pas étonnant qu'après s'être coupés des sciences ces imbéciles se vantent de leur inculture littéraire.
Les Lumières ne furent qu'un feu de paille bien vite éteint.
Ecrit par : fred | 22 janvier 2007
Tiens, à propos, Jean, j'ai écouté: "Je suis seule ce soir". Romance gentiment désuète. On rend grâce au grand Charles, (Trenet) d'être arrivé, et d'avoir donné un grand coup de balai là-dedans! Peut-être pourriez-vous faire étudier certains de ses textes dans vos cours? Et de travailler certaines de ses compositions pour étoffer votre répertoire de piano-bar!
Cordialement.
Ecrit par : Christophe Sibille | 22 janvier 2007
"Et travailler", pardon.
Ecrit par : Christophe Sibille | 22 janvier 2007
Quant à la morale, j'ai bien peur qu'elle échappe à la plupart des élèves.
Ecrit par : Robin | 22 janvier 2007
"J'ai bien peur qu'elle n'échappe" (négation élidée explétive)
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Dobolino, tout le monde se sert dans ce blog et en exporte le sperles (pour le meilleur et pour le pire) un peu partout sur la Toile. Ne vous gênez donc pas — vous pouvez même vous attribuer telle ou telle citation, ça ne gênera personne — on ne paie pas de droits…
Je suis bien content que la chasse soit finie… J'aurai moins de crainte qu'ils ne flinguent mes chats.
Et je suis bien content que Bégaudeau soit invité dans des dîners en ville, tiens…
Et qu'il pleuve ce matin, les arbres commençaient à mourir de soif.
JPB
Ecrit par : brighelli | 23 janvier 2007
Vous ne nous avez pas donné, Christophe, votre avis sur "Le Gone du Chaâba" et sur "Entre les murs", ces deux mascottes de la la littérature enfantine façon IUFM. C'est dommage, car cela nous aurait permis de vérifier si, s'agissant de pédagogie, le refus de prendre un parti net est tenable en toutes circonstances.
Par ailleurs, quand vous dites que vos stagiaires d'IUFM ne se précipitent pas pour venir témoigner sur ce blog de l'inanité de leur formation (en dehors de la musique, où, beaucoup d'entre eux ayant tout à apprendre, vous êtes un peu leur Père NoëL), ne pensez-vous pas que c'est plutôt par un réflexe de prudence, car ils n'ont pas spécialement envie d'être invités à recommencer leur année?
Ecrit par : Jean | 23 janvier 2007
A propos du Gone du Chaâba..."Gone" en argot lyonnais voulant dire "enfant", il me semble que l'histoire se déroule à Lyon où il y a une importante communauté d'origine maghrébine, pas mal de collèges classés en ZEP...et un IUFM longtemps dirigé par le grand gourou de la pédagogie...Ceci explique peut-être cela. Quelqu'un peut-il confirmer?
L'utilisation du livre et du film à des fins pédagogiques me paraissent sujets à caution. D'ailleurs, je n'avais pas éprouvé l'envie d'étudier le livre en classe avec mes 5èmes de l'époque. J'y vois même quelques dangers en dehors du relâchement du style et du passage cyniquement misogyne cité par JPB. Je pense qu'il est contradictoire de toujours renvoyer les gens à leurs origines communautaires alors qu'on s'efforce de les "intégrer"...La démarche de "L'esquive" me paraît plus intéressante.
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Je suis bien content que la chasse soit finie… J'aurai moins de crainte qu'ils ne flinguent mes chats.
Et qu'il pleuve ce matin, les arbres commençaient à mourir de soif.
JPB
Ecrit par : brighelli | 23 janvier 2007
Que la chasse soit fermée ici pour 84 et 04, mais pas pour 26 où l'on joue les prolongations jusqu'au 28/02, ne veut pas dire qu'elle soit fermée dans votre département. Renseignez-vous avant de lacher vos chats et faites gaffe aussi aux chevaux, il y a chaque année des accidents, certains Tartarins les prenant pour des cerfs ou des sangliers. Surtout d'en bas, par chez vous où ils sont encore pires que nos montagnards bruts de décoffrage.
Pour la pluie, bien d'accord avec vous.
Pour Bégaudeau, je n'avais aucune idée de son existence et vous ne m'engagez guère, les uns et les autres, à aller plus avant. Il y a d'ailleurs tellement à lire de bonne littérature
et mon temps est tellement compté que je préfère me cantonner aux valeurs sûres et laisser aux consommateurs les pains au chocolat qui fleurissent dans les vitrines des libraires.
Ecrit par : dobolino | 23 janvier 2007
Au sujet du Gône de Chaâba et du communautarisme...
Quand je faisais mon année de CPR, à Lyon justement, il y a une vingtaine d'année, j'avais organisé avec le professeur d'histoire-géographie, dans le cadre du programme et dans une démarche "interdisciplinaire" (j'entends des dents grincer !) une visite de la primatiale Saint-Jean avec des élèves de 5ème. L'un d'entre eux avait refusé de participer à la visite sous prétexte que la religion musulmane lui interdisait d'entrer dans une église chrétienne. Nous avions essayé de "négocier" avec les parents en leur expliquant que le but de la visite était purement pédagogique, mais en vain. Evidemment, nous n'insistâmes point, mais cette expérience m'avait beaucoup donné à penser.
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Le Gône du Shabaah je l'ai lu et franchement c'est de la merde !
Je ne comprends même pas comment Monsieur Pitte, président de Paris IV Sorbonne puisse recommander dans son livre "Jeunes on vous ment" un tel bouquin !
Je préfère Victor Hugo ou Alexandre Dumas ou Zola "L'assommoir" et "Germinal"...
Affaires de goûts et de valeurs sans doute...
Pour les enfants il y a les contes de Grimm ou de Perrault, c'est carrément superbe !
Ecrit par : SW | 23 janvier 2007
ou sinon "Vendredi ou les limbes du pacifique" de Tournier...
Joseph Kessel "Le Lion" je l'avais lu au collège.
A vrai dire par rapport au Gône du Shaabah je préfère encore lire Marguerite Duras "L'Amant" nettement moins de vulgarité, beaucoup plus de finesse et de délicatesse....
Ecrit par : SW | 23 janvier 2007
Bonjour. Je rebondis tout de suite sur les paroles de Robin. Ma femme a vécu exactement la même situation à Rouen, dans un CFA où elle enseignait à des apprentis. Et c'est en allant à la cathédrale de Rouen qu'elle a eu cet inévitable refus:"Moi, Madame, je n'entre pas ici. Ma religion me l'interdit". Excusez du peu mais à l'époque,ma femme lui avait répondu que sa religion ne lui interdisait pas de toucher l'argent pour les stages qu'il faisait-sous entendu, grâce à cette "société des cathédrales"( je signale que ma femme est d'origine roumaine et hongroise, donc côté religion.....!). Je crois qu'il était entré quand même le gars....!
Ceci avant de rebondir aussi sur Jean-Paul et son "cas" de littérature.
C'était il y a trois ans. dans un théâtre de la région montpellieraine (restons évasifs!). Qu'on a rempli à craquer d'enfants des écoles, du CM2 à la 4è. Aucune préparation dans les classes. Découverte de la pièce "Yvonne, princesse de Bourgogne", donnée par une compagnie (de Dijon, bien sûr! Avec sa moutarde, j'aurais dû y penser!). Le correspondant local de Midi Libre est aussi prof au collège. Ce matin-là, il est présent comme journaliste. Et il écrit"dans le journal":
..." Atmosphère, costumes et personnages royaux....Soudain, un valet affiche la grève des intermittents. Tiens, déjà curieux! Puis se succèdent les mignons du fils du roi....et l'apparition du personnage central, Yvonne, parfaite mollassonne autiste qui va subir toutes les avanies propres à sa condition de laideron de femme:moqueries, violence en mots, en gestes et en traitement.....(le fils du roi veut l'épouser) et alors le trouble , dans tous les sens du mot,va s'installer à la cour, laquelle va vivre et montrer-surtout-les pires turpitudes, bien sûr toujours orientées sur le sexe! Et que je te traîne par les cheveux, et que je te pelote, et qu'éclate la concupiscence du roi, et que deux femmes s'embrassent sur la bouche, et que s'ensuivent toutes sortes de folies meurtrières, des mots, des gestes, des situations....!
Les plus jeunes ne peuvent retenir des exclamations de surprise, pour ne pas dire d'effroi. Le metteur en scène, en dialogue avec les plus grands après la pièce, les qualifiera "d'hystériques"....(et le journaliste de parler ensuite de "piège où seraient tombés enfants et enseignants) avant d'avancer...."qu'est-ce que ce théâtre peut apporter de positif à des enfants ?Dans quel état en ressortent-ils? Leurs, parents, en toute connaissance de cause les auraient-ils conduits à un tel spectacle?.On peut vraiment en douter,à voir et à entendre les jeunes après coup, après ce choc, lequel devrait en faire réfléchir plus d'un face à des choix culturels plutôt....troublants".
Signalons que le journaliste avait titré "Troublante Yvonne" et que la rédaction du journal avait modifié le titre avec :"Yvonne et sa pièce jettent le trouble sur le jeune public".
Eh bien une quinzaine de jours après, le journaliste recevait un coup de fil de Mme la directrice du centre culturel, lui interdisant d'y remettre les pieds. Et de déclencher alors une chasse aux sorcières contre le journaliste, en passant par les autorités municipales, tracts vengeurs et insultants dans les boîtes à lettres, de la part-allez, il faut le dire- du parti communiste local.
Le responsable de la rédaction de Midi Libre a pris fait et cause pour son journaliste, mis au ban d'une partie de la municipalité. Le P.C. départemental a fourni une lettre d'excuses. Mais le problème reste entier. Peut-on présenter n'importe quoi, à de très jeunes enfants non préparés, sous prétexte de culture? Désolé pour la longueur mais le collègue Jean-Paul a visé encore juste avec son post....
Ecrit par : Pierrot | 23 janvier 2007
Bonjour,
Je ne connaissais pas" Le Gone du Chaâba". Lamentable.
Et la tendresse...alors ? " Quest-ce que tu en fais de la tendresse? " Lamentable, lamentable, les bras m'en tombent.
Comme beaucoup de monde, j'ai suivi les émissions consacrées à l'abbé Pierre , lui dont le combat fut de respecter les êtres quels qu'ils fussent, de rendre au clochard avili un visage humain, au pauvre humilié sa dignité. J'avais oublié que le mouvement Emmaüs était laîque alors que nos responsables en sont encore à tergiverser et accoucher de rapports qui ne servent pas à grand -chose, à mon humble avis, sinon à nous berner en nous berçant de belles paroles enjoleuses. ( Tiens, je pense à Dom Juan.)
La dignité du peuple passe par son instruction et mes chers parents, mes maîtres, mes aînés me l'ont fait comprendre très tôt. Ce fut le combat de Freinet dont on a récupéré et déformé la pensée pour en arriver à une école garderie alors qu'il revendiquait le travail, l'effort d'apprendre par la pratique et la théorie, la curiosité, l'esprit critique, la créativité, le goût des livres , ces livres qui l'avaient aidé à reprendre goût à la vie après l'épreuve de la guerre 14-18. Lui aussi confronté à la misère des années de crise économique de 29 à 35 et s'occupant des enfants de réfugiés espagnols ( ce qui était suspect ) avait compris qu'il existait une école de classe. Il dérangeait et il n'est peut-être pas inutile de savoir que certains journaux fascistes italiens le poursuivaient de propos venimeux. Bon, j'arrête et je renvoie à ses livres et à ceux de son épouse.
Merci à vous, Anne-Marie de m'avoir fait connaître le texte de Jehan Rictus " On a soupé des comédies" . Qu'il me soit permis de reprendre cette strophe:
On croit s'battre pour l'Humanité
J't'en fous...c'est pour qu'les forts s'engraissent
Et c'est pour que l'commerce y r'naisse
Avec bien plus de sécurité.
Mon père, né en1895, avait voulu s'engager pour défendre la Patrie et suivre son frère aîné mobilisé. Il fut refusé pour fragilité physique et les médecins de l'époque estimèrent qu'il ne ferait pas de vieux os. il est mort en 1995. ( Ma mère était beaucoup plus jeune) Quand il apprit que son frère resterait à jamais enfoui dans le bois de la Gruerie que l'on surnomme le bois de la tuerie, il se mit à réfléchir et noya son chagrin dans les livres. Il parlait assez peu de sa jeunesse et de cette épreuve mais une expression revenait souvent quand il écoutait la radio ou lisait les journaux " Quelle sinistre comédie !" A part cela , nous discutions tous les deux de Victor Hugo, d'Erckmann et Chatrian, d'Erich Maria Remarque et de beaucoup d'autres. Il se complaisait dans son personnage de paysan en sabots vêtu d'un pantalon ressemblant au cadastre du village et d'un béret crasseux mais capable d'argumenter avec Monsieur le curé qui ne lui en voulait pas d'avoir renié l'Eglise puisqu'il vivait selon les valeurs chrétiennes du respect de l'autre, de la tolérance et de la générosité. Il admirait l'abbé Pierre et je me souviens de cet hiver 54 où nous écoutions attentivement les informations à la radio. J'avais 8 ans et notre maison avec sa cuisinière à bois et ses meubles rudimentaires m'était apparue comme un refuge où rien ne pouvait m'arriver.
A la chorale nous connaissons Jehan Rictus car nos concerts de Noël font alterner chants et textes lus par une institutrice qui a été comédienne professionnelle plusieurs années. Parmi ceux-ci, elle a eu l'occasion de lire "La Charlotte Prie" et "Les petites baraques".
Je cherche toujours l'auteur de " La bûche de Noël", en espérant que ce ne soit pas Monsieur ou madame Anonyme.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 23 janvier 2007
A propos de littérature pour la jeunesse :
Je leur donnais en collège une liste d'ouvrages de littérature pour la jeunesse choisis avec la responsable du CDI ainsi qu' une fiche de lecture très détaillée à faire sur le livre de leur choix (on passait une séance entière à expliquer), le travail étant noté. Les élèves aimaient bien ce travail qui les incitait à lire et à réfléchir.
Eh bien, vous me croirez si vous voulez, mais une inspectrice imbue d'idées pédagogiques nouvelles m'a dit un jour qu'il ne fallait plus faire faire aux élèves de fiches de lecture, que ce n'était pas pédagogique ! C'est ce genre d'expérience qui a fini par me dégoûter peu à peu du métier et je comprends qu'il y en ait tant parmi vous qui aient envie de passer un concours de la fonction publique.
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Jean, ne vous faites pas moins intelligent que vous l'êtes! Il est extrêmement facile de témoigner! Certains ne s'en privent d'ailleurs pas, (trop peu à votre goût certainement, et également au mien); il a été inventé quelque chose d'extrêmement intelligent, pour ce faire sans risqué d'être ennuyé par sa hiérarchie, (si tant est que celle-ci ait quoi que ce soit à faire de ce qui se passe ici, ce qui reste à prouver). Ca s'appelle le pseudo!
Par ailleurs, je n'ai pas lu les deux romans dont vous parlez qui, apparemment, sont plutot destinés à un public de collège? Ils ne sont d'ailleurs pas présents au centre de ressources documentaires de l'IUFM où j'exerce, comme quoi on ne nous oblige pas à les acheter le revolver sur la tempe!
Ecrit par : Christophe Sibille | 23 janvier 2007
Pardon je crois avoir commis une grosse faute de frappe, donc je rectifie :
"Chaâba" et non "Shaabah"
Ecrit par : SW | 23 janvier 2007
Trois des PE2 d'ici ont, à ma connaissance en tous cas, parcouru ce blog. Ils n'ont pas témoigné parce qu'effrayés par la teneur des propos tenus par certains, (il faut dire que c'était un peu avant Noël, à un moment où sévissaient ici certaines polémiques assez violentes sur des sujets n'ayant pas grand-chose à voir avec la choucroute.)
Ecrit par : Christophe Sibille | 23 janvier 2007
Fred! les impôts! je préfère quand même m'occuper des mômes plutôt que du fric des gens. Sauf à ce qu'on me remette dans une ZEP...Tant que je tiendrai devant des élèves, j'y resterai. Je crois que malgré tout ce qu'on nous fait subir, j'aime quand même vraiment enseigner.
Merci pour le renseignement et vous pourrez peut-être nous dire comment ça se passe avec vos nouveaux collègues. Il paraît qu'on ne fait rien aux finances... Chut! ce doit être de mauvaises langues qui disent cela. Merci à vous et bon courage.
Ecrit par : Thalie | 23 janvier 2007
Ah Hélène! Continuez à nous parler de Freinet, le célèbre inconnu. C'est toute ma vie, toute ma pensée, toute ma carrière d'enseignant qui ont été guidées par la pensée de cet homme. Si je commence, j'écris sur lui jusqu'à ce soir. Alors, en quelques mots: l'Ecole n'en serait pas là où elle est aujourd'hui, si on avait mieux suivi tous les enseignements de Célestin Freinet. Voilà ce que j'ose dire, au risque de me faire attraper par certains (?)
Ecrit par : Pierrot | 23 janvier 2007
Si je commence, j'écris sur lui jusqu'à ce soir. Alors, en quelques mots : l'Ecole n'en serait pas là où elle est aujourd'hui, si on avait mieux suivi tous les enseignements de Célestin Freinet. Voilà ce que j'ose dire, au risque de me faire attraper par certains (?)
Il y a aussi peu de rapport entre Philippe Meirieu et Célestin Freinet qu'entre Boniface VIII et Saint-François d'Assise.
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Pour alimenter la réflexion sur cette idée méprisante qu'il y aurait deux sortes de littératures, une pour le peuple et les enfants du peuple et une pour les gens cultivés et les enfants des gens cultivés, voici un extrait du discours de réception de Julien Green à l'académie française prononcé en 1972 :
" Dans mes heures de pessimisme, je me demande si nous ne sommes pas en train d’écrire les derniers ouvrages d’une langue à son déclin. Et puisqu’il appartient à l’Académie de garder le bon usage et de veiller à la santé de la langue, ne sommes-nous pas au chevet d’une grande malade ? Oui et non. Malade peut-être, mais c’est une malade d’une vitalité encore surprenante. Les partisans de l’hexagonal oublient que ni eux, ni l’Académie ne peuvent rien faire de bon sans le concours du plus puissant des collaborateurs, je veux dire le peuple, car enfin, c’est de sa langue à lui qu’il est question dans cette histoire. Il la forme et la déforme à son idée, il la rudoie, il la malmène, et elle ne s’en porte que mieux, celle que Voltaire appelait une fière gueuse. Au fond des plus grandes pages de notre littérature s’entend de murmure de la rue. C’est ce murmure que je n’entends pas dans l’hexagonal, cet écho franc et rude qui nous assure que la vie est là.
On me dira que le peuple ne comprend pas mieux le français de l’Académie. Voire. Il y reconnaît parfaitement sa langue, celle qui est à nous tous, et il n’aime pas qu’on la parle mal sous prétexte de parler comme lui, qui parle bien à sa façon. Permettez-moi de vous raconter une anecdote dont Saint-Amant aurait goûté la verdeur. Il y a un certain nombre d’années, on eut l’idée de donner Le Cid dans un théâtre populaire de la périphérie. Jouer du Corneille dans un théâtre populaire, faire entendre au peuple la langue classique d’il y a trois cents ans, était-ce possible ? Il s’agissait de savoir si Corneille passerait la rampe. Or, Le Cid fut écouté avec une attention exemplaire. Et quand vint la scène où Chimène déclare que son choix est fait et qu’elle est prête à sacrifier son amant, une voix de femme s’éleva dans l’auditoire, à la fin de la fameuse tirade : « La salope ! »
Voilà, je pense, de la bonne critique et, comme on dit aujourd’hui, percutante.
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Les partisans de l’hexagonal oublient que ni eux, ni l’Académie ne peuvent rien faire de bon sans le concours du plus puissant des collaborateurs, je veux dire le peuple, car enfin, c’est de sa langue à lui qu’il est question dans cette histoire.
L'hexagonal préfigurait déjà à l'époque ce que nous lisons aujourd'hui sous la plume des pédagogues et autres technocrates de la pensée.
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Voici un autre extrait :
À cette simplification de la langue, le français d’aujourd’hui offre la douteuse compensation de l’hexagonal. Inutile de chercher querelle à des techniciens. Ils sont parfois bien obligés de forger des termes nouveaux pour désigner des inventions sans rapport avec le monde d’hier, mais les transformations de la langue ne se bornent pas là, elles envahissent le langage courant. Bien des remarques très savoureuses ont été faites à ce sujet. Inutile de revenir sur ce point, sinon pour noter une tendance inattendue à la préciosité. Je ne citerai qu’un seul exemple de ce langage obscur, parce qu’il me paraît suffire. Je le dois, du reste, à l’un d’entre vous. Il s’agit du mot berceau. Berceau d’enfant. Berceau paraît trop simple, et parler simplement, c’est passer pour un simple d’esprit. Alors on appellera un berceau « un support de corps ». À bien y réfléchir, cela pourrait tout aussi bien s’appliquer à un corbillard, mais avec un peu d’entraînement on évitera ces confusions malheureuses. J’entends déjà rouler vers nous les commodités de la conversation chères aux Précieuses ridicules.
Plutôt verts, quand ils veulent, les "vieux messieurs" de l'académie !
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Cher Robin (cher collègue), ne serait-il pas possible que vous éclaircissiez quelque peu votre remarque quelque peu sibylline concernant Meirieu, Freinet, BonifaceVIII et St François d'Assise, la discussion ici n'étant pas forcément une affaire de spécialistes de la langue et de la culture et s'ouvrir vraiment à tous consisterait à appeler un chat un chat, clairement, en disant ce que ces gens peuvent avoir de bon ou de mauvais, Freinet, ceux qui le connaissent le savent bien, ayant subi longtremps après sa mort les critiques les plus absurdes, les plus infondées (puisqu'on ne l'a que "récupéré" sur certains points) sans jamais connaître à fond l'esprit de sa pédagogie
Ecrit par : pierrot | 23 janvier 2007
pierrot
Célestin Freinet était un "pur", il croyait à ce qu'il faisait. Il sortait de la Guerre de 14 au cours de laquelle il avait été blessé et gazé (comme mon propre grand-père). J'ai infiniment de respect pour les gens de cette génération..Il croyait à l'éducation contre le retour de la barbarie qu'il avait vécue en direct et dont il gardait les séquelles dans sa chair.
Il a agi, il a ouvert sa propre école et il a fait travailler les enfants, appliqué des idées superbes comme l'introduction de l'imprimerie à l'école, l'observation de la nature...Mais il n'a jamais eu la vanité d'en faire une théorie,
Sauf, malheureusement à la fin de sa vie, quand, sollicité (j'allais écrire "manipulé") par les "pédagogues", il eut la malencontreuse idée de défendre la méthode globale,
Cet homme croyait à la culture pour tous et pour le peuple, il respectait la langue française. Ce n'était ni un théoricien, ni un idéologue.
C'est pourquoi je faisais le parallèle entre Saint-François d'Assise, qui vivait dans l'humilité et la pauvreté et qui mettait l'amour au-dessus de tout et un pape qui a vécu un peu plus tard ,du temps de Philippe le Bel, et qui, surtout soucieux du pouvoir temporel de l'Eglise, voulait assujétir le pouvoir royal (mal lui en pris)...C'est-à-dire, comme nos modernes pédagogues, faire de la politique.
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Voyons, Christophe, l'extrait reproduit ci-dessus par Jean-Paul Brighelli devrait vous suffire pour vous formuler une appréciation personnelle sur Le Gône du Chaâba! Vous ne trouvez pas que c'est en effet de la littérature du plus bas étage possible et qu'il est scandaleux que les IUFM - en général, peut-être pas le vôtre - recommandent ce genre d'ouvrages particulièrement minables comme étant de la bonne "littérature de jeunesse"?
Ecrit par : Jean | 23 janvier 2007
Si je peux ajouter une chose, Pierrot, c'est que la différence entre Meirieu et Freinet, c'est, d'après ce que vous dites car je connais mal Freinet, la même qu'entre une contre-façon et un original. Meirieu, contre-façon du pédagogue! Carton-pâte! Fqaux-semblant! La seule préoccupation de Meirieu, c'est sa carrière ( "le pédagogue que je suis" - sans enseigner!), la seule préoccupation des vrais professeurs, c'est leurs élèves. Enorme nuance!
Ecrit par : Jean | 23 janvier 2007
Alors merci infiniment, Robin et Jean. Dont acte. J'ai eu une petite peur, vous connaissant mal. Maintenant, ça va mieux...une fois que avez dit cela. C'est bien plus clair.
Ecrit par : pierrot | 23 janvier 2007
Il n'y a pas une littérature pour les riches et une littérature pour les pauvres. JPB le résume dans sa formule finale ; les pauvres en ont assez qu'on leur donne de la merde. On peut en dire autant de la musique. Les pauvres ont parfois une sensibilité et une intelligence qui peuvent surprendre, séduire ou rendre jaloux selon les situations. La classe unique où je me débrouillais de mon mieux ne possédait qu'un vieil électrophone et un seul disque : Le chant des partisans. j'utilisais donc mes disques personnels en m'aidant d'un ouvrage paru chez Armand Colin et reprenant les émissions de la radio scolaire: "Commentaires d'oeuvres musicales" si mes souvenirs sont bons. Un jour je leur présentai la célèbre "Promenade en traineau" de Mozart qui retint l'attention des petits et des grands. Parfois ils me la réclamaient . Quelques mois plus tard, un peu avant mai 68, je finissais mon repas de midi quand j'entendis des grands cris dans la rue. Une dizaine d'enfants braillaient à la grille avec environ 30 mn d'avance sur l'horaire.
-Madame , on vient d'entendre votre musique à la télé!
- Ma musique ?
- Ben oui, "La promenade en traineau" !
Ces petits malins savaient bien que je n'avais pas la télé,et, forts d'avoir eu l'honneur de m'informer, demandaient par la même occasion à rentrer avec un peu d'avance pour jouer dans la cour.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 23 janvier 2007
Hélène, je trouve de toutes les façons que Mozart est un pure génie....d'ailleurs les mots me manquent pour qualifier son talent tellement je suis en extase devant ses oeuvres...
Les Noces de Figaro, Cosi Fan Tutte, la Flûte enchantée, tout est pure merveille, tout autant que l'intégrale de Bach ou de Chopin...
C'est bien simple : Rachmaninov sur Rhapsodie thème de Paganini, Chopin et ses concertos pour piano, préludes ou ballades, Mendelsohnn, tout comme Beethoven, ce sont mes DIEUX.....
Et m'initiant dès à présent au piano, je les apprécie encore davantage, je ne peux m'en passer, ces maîtres sont devenus pour moi mes drogues dures...
Ecrit par : SW | 23 janvier 2007
Tiens allez un petit morceau de musique pour adoucir les moeurs :
http://dl-1.free.fr/52616e646f6d495621c7f7c35efb37a8e7041967ce36fe604947a926d1c95f67/2-17Rachmaninov_RhapsodyOnAThem.m4a
Ecrit par : SW | 23 janvier 2007
"Je ne comprends même pas comment Monsieur Pitte, président de Paris IV Sorbonne puisse recommander dans son livre "Jeunes on vous ment" un tel bouquin !" dixit SW
On pourrait même dire, ma chère SW, que ce gars là il fait Pitte !
Ecrit par : Fred de Metz au piano | 23 janvier 2007
Je suis contente que vous dénonciez cette "littérature" de jeunesse. Cela fait quelques années que je combats ces livres qui ont envahi les CDI des collèges.
Et il faut savoir que nombre de collègues défendent ce type de bouquins avec l'aide des documentalistes de collèges tous et toutes formatés par la doxa pédago. C'est un réseau, pour ne pas dire une mafia. Les documentalistes, les CRDP et CDDP, les IUFM, les inspecteurs d'académie et les bibliothèques de quartiers, les associations de quartiers et certaines municipalités, tous ces gens ont étendu de véritables réseaux pour faire la promotion de cette sous-littérature.
Ils disposent de moyens énormes, de brochures en papier glacé, de prospectus somptueux, d'expositions qui circulent fort bien... de promotions publicitaires: on lance "l'opération coup de coeur" dans le CDI, le "prix ado" ( largement subventionné par la région et la ville), on organise des rencontres avec les écrivains de littérature de jeunesse, on élit( ah! la démocratie participative) le meilleur écrivain du prix ado...
Et cette sous-littérature est au programme en collège. Dans mon établissement, à l'initiative d'un collègue iufmisé, il faut prendre une heure tous les 15 jours sur nos cours pour emmener les élèves au CDI et leur faire emprunter des livres de ce type dont ils rendent compte à l'oral. J'ai accepté au début. J'en ai entendu des inepties à faire bondir. Je résiste maintenant. Mais la pression est forte et de la part des élèves qui adorent aller s'amuser au CDI et de la part des parents qui trouvent très bien que leurs enfants lisent, même si c'est n'importe quoi. Car il y a beaucoup de parents qui défendent ce type de bouquins.
Même sans tomber dans ce qu'il y a de pire et que vous nous soumettez dans votre présentation, ce sont des livres qui tous rejoignent les principes pédagos. Il s'agit de partir de ce que connaît l'élève et... de l'y laisser, de l'y enfermer. La banlieue, l'inceste, lajeune ado qui apprend qu'elle est enceinte, le divorce des parents, la violence à l'école, la pédophilie, la maltraitance.... Rares maintenant sont les livres "historiques" . La science-fiction a bon dos et ces livres sont d'une indigence rare. Pitié! un peu d'air! L'écriture est toute faite de dialogues. Pas de description. Un niveau de langue qui est équivalent à ce que les élèves connaissent. Voilà, on est tranquille avec ça, ils ne posent jamais une question de vocabulaire, ni ne se posent de questions. La littérature de jeunesse qui a pu faire des choses relativement correctes à ses débuts est devenue la transposition imprimée de ce que les élèves consomment à la télévision. Ni plus ni moins. Un cercle de l'enfer de plus dans lequel on les enferme avec la bénédiction des parents, des plus hautes autorités et la bonne conscience de rendre les élèves conscients des problèmes de la société et de participer à l'élévation du niveau général: bien sûr, ils lisent...
Ecrit par : Thalie | 23 janvier 2007
Et cette sous-littérature est au programme en collège. Dans mon établissement, à l'initiative d'un collègue iufmisé, il faut prendre une heure tous les 15 jours sur nos cours pour emmener les élèves au CDI et leur faire emprunter des livres de ce type dont ils rendent compte à l'oral.
Je comprends maintenant pourquoi cette IPR me reprochait de faire faire des fiches de lecture. Il aurait fallu leur faire emprunter des livres au CDI, tous choisis dans la "sous-littérature" de jeunesse et leur faire faire faire des comptes-rendus par oral.
Bon Dieu, mais c'est bien sûr, comme disait le commissaire Bourrel du temps de la télé. en noir et blanc. Et moi, pauvre cloche, je m'obstinais à maintenir une certaine exigence dans le choix des livres et surtout je leur demandais de faire un travail écrit. C'était impardonnable !
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Thalie, je suis consterné. Je ne suis plus dans le coup-de la pédagogie-depuis septembre 2005. Si j'étais dans cette situation, j'imagine mal-ou plutôt bien- ma réaction. Toutefois, je vois mal les collègues que j'ai quittés il y a peu s'engouffrer dans cette "bien pensance unique", finalement. Je connais ce collègue, agrégé, fortement imprégné des principes catholiques, qui ne se laisserait jamais aller à de telles déviations pédagogiques. C'est même hors de question pour lui, je pourrais en jurer. Et personne dans ses classes ne s'en porte plus mal, bien au contraire, vu le respect unanime qu'il inspire. Un nouveau grand débat, très actuel alors, que le sujet lancé par Jean-Paul, non ?
Ecrit par : pierrot | 23 janvier 2007
C’est le SNES qui m'a transmis ce message : le SNALC est littéralement déchaîné !!! Prenons-en de la graine, ventrebleu ! Si on ne les canalise pas, ils vont finir par attaquer le ministère à coups de cocktail (ah notre folle jeunesse...). Nooooon, je plaisante, come dit Montebourg. En fait, je suis ravie de les voir eux aussi dans l'action, et, cerise sur le gâteau, je me marre en pensant à la tête de certains collègues du SNALC ce soir, débordés sur leur gauche par leur direction. Les mauvaises langues diraient que ce n'est pas à la FSU que ça arriverait, mais ce ne sont que de movézesprits.
Communiqué national du SNALC, 22 janvier:
http://www.snalc.fr/publi_documents2.tpl?sku1=3378476899814253
ATTENTION AU RETOUR DE MANIVELLE !
Le SNALC-CSEN, deuxième syndicat le plus représenté chez les professeurs des lycées et collèges, a manifesté samedi dernier aux côtés de la FSU et du SNETAA, contre la réforme à la hussarde des statuts des professeurs et ses effets induits : mission de l’Ecole dénaturée, suppressions de postes, bivalence imposée, salaires diminués…
Le SNALC-CSEN en est sorti conforté dans ses convictions : l’aboutissement des revendications passe par un mouvement intersyndical unitaire, qui soit capable de proposer des actions fortes à tous les niveaux de l’Education Nationale (journée de la bivalence, refus du bac blanc...) et d’appeler à la grève illimitée sur un mot d’ordre clair et unique : le retrait du projet de modification des décrets de 1950 à 1992.
Par ailleurs, en déposant depuis le 12 décembre 2006 un préavis reconduit chaque semaine, le SNALC-CSEN apporte un soutien sans faille à celles et ceux qui luttent de façon individuelle ou collective contre la dérive idéologique et la paupérisation de leur métier. En ce sens, le SNALC-CSEN demande à ses instances d’appuyer partout en France les initiatives des intersyndicales académiques et départementales à venir, en particulier celles du 25 janvier.
Le SNALC-CSEN met en garde une fois de plus le ministre de l’Education Nationale : en demeurant sourd aux appels d’une profession caricaturée, calomniée et désormais rackettée, il prend le risque de voir dégénérer, à quelques mois des élections présidentielles, une situation devenue explosive. Le passé a déjà montré que le printemps n’était pas toujours marqué par le seul retour des hirondelles …
Paris le 22 janvier 2007
Ecrit par : Fguichard | 23 janvier 2007
La "littérature pour la jeunesse", c'est de la sous-"merdre", comme dirait Ubu. Elle enferme les jeunes dans leur univers, pas d'autre horizon offert. Elle en arrive à tout justifier; à quand (mais peut-être est-ce déjà fait?) un bouquin sur les ados obèses qui les conforte dans leur état, au lieu de les secouer et de les amener à réagir???
J-P B, j'adore quand vous ruez dans les brancards ! et dire que vous parliez de fermer votre blog...rien de mieux qu'un grand cri de colère pour chasser le blues.
Ecrit par : Francine | 23 janvier 2007
La "littérature pour la jeunesse", c'est de la sous-"merdre", comme dirait Ubu. Elle enferme les jeunes dans leur univers, pas d'autre horizon offert. Elle en arrive à tout justifier; à quand (mais peut-être est-ce déjà fait?) un bouquin sur les ados obèses qui les conforte dans leur état, au lieu de les secouer et de les amener à réagir???
J-P B, j'adore quand vous ruez dans les brancards ! et dire que vous parliez de fermer votre blog...rien de mieux qu'un grand cri de colère pour chasser le blues.
Ecrit par : Francine | 23 janvier 2007
Ou! Bien sûr que ça existe, un livre pour justifier l'obésité et la glorifier chez l'enfant. Il faisait partie des livres Ecole des Loisirs vendus en abonnement en primaire. L'histoire d'un petit garçon obèse que son oncle, pour le réconforter, emmène voir un combat de Sumo... Pas d'aujourd'hui... mon fils a du nous le ramener durant son CE2 et il est à présent en Seconde. Excusez, je ne peux vous donner le titre, ne retrouvant plus le livre dans la bibliothèque de l'impétrant où Les Paroles de Sagesse du Dalaï Lama voisinent amicalement avec Voltaire et Edika... et mon catalogue Printemps-Eté de La Redoute dont je préfère ne pas savoir ce qu'il fait là...
Allez, courage, on n'empêchera jamais un lecteur d'étancher sa soif!
Ecrit par : dobolino | 23 janvier 2007
C’est le SNES qui m'a transmis ce message : le SNALC est littéralement déchaîné !!! Prenons-en de la graine, ventrebleu ! Si on ne les canalise pas, ils vont finir par attaquer le ministère à coups de cocktail (ah notre folle jeunesse...). Nooooon, je plaisante, comme dit Montebourg.
Comme disait ma grand-mère, mieux vaut un petit syndicat qui frétille, qu'un gros qui fatigue !
(Moi, je plaisante, mais Montebourg rit jaune !)
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Ceci dit, attention collègues! Il fut un temps-dans les années 70- où il ne faisait pas bon dire qu'on était syndiqué au SNALC (je croyais qu'il n'existait plus !). Vous étiez tout de suite classé comme fasciste! Alors, à force de citer le SNALC, attention de ne pas attirer la bonne vieille gauche qui veille au grain et ne va sûrement pas tarder à déclencher la mitraille comme elle a toujours su le faire!!!!
Ecrit par : pierrot | 23 janvier 2007
C'est quoi, le SNALC:
S- Syndicat
N- national
A- Autonome
des
L-Lycées
et
C- Collèges????????????
J'espère que j'ai gagné!
Ecrit par : dobolino | 23 janvier 2007
Voici des exemples de livres que je conseillais aux élèves de collège :
Sept contes, Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier, Les aventures de Tom Sawer de Mark Twain, La Rencontre d'Allan Eckert, L'Histoire sans fin de Michael Ende, L'enfant noir de Camara Laye, Le lion de Kessel, les Contes du chat perché de Marcel Aimé, l'île au trésor de Stevenson, Viou d'Henri Troyat, la série des Sans Atout de Boileau-Narcejac, l'assassin habite au 21...Je m'arrête là, on n'a que l'embarras du choix.
Je pense que les enseignants devraient lire le livre en cas de doute pour éviter que l'élève ne tombe sur un passage du style de celui relevé dans Le Gône de Chabaât. Je ne suis pas particulièrement bégueule et je suis en principe contre l'idée de censure, mais il ne faut pas oublier que l'on a à faire à des enfants ou à des adolescents qui se forgent une image du monde, enrichissent leur imaginaire, développent leur sensibilité et leur intelligence. On n'a pas le droit de leur proposer n'importe quoi.
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
"La dignité du peuple passe par son instruction", oui certes, mais pas de dignité sans liberté, sans la conviction chevillée au corps de la vertu émancipatrice des savoirs. Or, liberticide et égalitaristepar essence, la doxa IUFMiste est incapable de transmettre de tels savoirs et ne peut que creuser les inégalités. Elle s'est ancrée dans une lecture superficielle et instrumentalisée de Rousseau et de ses épigones, comme l'Allemand Pestalozzi ou ce pauvre Célestin, brave homme qui ne méritait pas plus que Foucault, Derrida, Barthes ( langue fasciste) et consorts d'être récupérés par les ânes bâtés et autres "intellectual morons" , de Grenelle et d'ailleurs. Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions
Quand Christophe Sibille écrit :"pour ce faire sans risqué d'être ennuyé par sa hiérarchie,"', ce n'est pas une faute de frappe, puisque le r et le é ne sont pas voisins sur le clavier français, et que même avec le QWERTY il faut faire une manip spéciale pour les accents...Donc ce n'est pas une coquille mais une indication du niveau d'instruction des « fromateurs » IUFM. Les Trisstotin ont commodément banni la faute, infâme concept judéochrétien, de l'école dite laïque. Et quand CS ajoute que "trois des PE2 d'ici ...n'ont pas témoigné parce qu'effrayés par la teneur des propos tenus par certains" voici une autre preuve par 9, celle du succès d'un endoctrinement qui serait contreproductif s'il formait les étudiants à faire preuve de courage. Triste, triste, la France ségolâtre qui part en c..., oh! pardon, ...quenouille.
À ce propos la lecture des commentaires à l'article du Monde de ce jour sur la dernière bourde royale vaut le détour!
Les témoignages ci-dessus me rappellent ma brouille avec une famille voisine, dans mon petit port de Ploumanac'h, pas vraiment un ghetto du 93. La mère restaure des tableaux anciens, et son carnet de commande est aussi plein que l'agenda d'une diva, et son "compagnon" est architecte. La première fois que j'ai vu leurs deux enfants, garçon et fille de l'âge des miennes, ils avaient environ 5 et 7 ans et mangeaient avec les doigts à même une boîte de conserve, juchés sur un monolithe de granite rose, qui domine le chemin conduisant chez eux. Le sol de leur maison était en terre battue et ils vivaient dans une crasse indescriptible. Tous les étés, je les nourrissais, lavais leurs vêtements, et eux aussi, enfin ils se décrassaient surtout dans notre piscine, jusqu'au jour où leur mère, que je voyais très rarement, a emmené nos enfants à un spectacle scabreux/ porno ( ils avaient 10 et 12 ans) sous ce prétexte:il faut qu'ils connaissent la vraie vie. Ma plus jeune fille a cessé de les fréquenter, écoeurée, mais l'aînée a encore tenu un an, puis a coupé elle aussi, après qu'ils l'eurent entraînée dans une escapade qui fit intervenir la police.
Quand j'aidais mes filles à faire leurs devoirs de vacances ( Voui voui, nous sommes nazis au bout', comme on dit au Québec), ces deux enfants y assistaient par la force des choses et faisaient dictées et exercices de calcul. Ils étaient vifs, intelligents, curieux, bref, des gosses normaux, ce qui était corroboré par les instits de leur école primaire que fréquentaient aussi mes filles, par intermittence, comme je l'ai raconté ailleurs. À l'adolescence, ce fut la cata. Délinquance ( vols avec effraction, drogue) et échec scolaire furent leur lot à tous les deux. Leurs lectures au collège et au lycée, où ils bénéficièrent de l'avancement automatique à l'ancienneté, devaient cependant être du goût de leurs parents.
Ces enfants sont des VICTIMES et quand les parents et le système scolaire ont partie liée, ils sont perdus. C'est révoltant! Et dire que l'aînée va voter cette année...
Ecrit par : Danièle | 23 janvier 2007
Dobolino, ce n'est pas raisonnable de donner des idées à Ségolène à l'aide du meirieutron. Ça, plus « l'ordre juste » de Benoît XVI, qu'est-ce que ça va donner comme hybride ? Mais tout cela n'est-il pas de la même espèce finalement ?
Ecrit par : Lariba | 23 janvier 2007
Dobolino, ce n'est pas raisonnable de donner des idées à Ségolène à l'aide du meirieutron. Ça, plus « l'ordre juste » de Benoît XVI, qu'est-ce que ça va donner comme hybride ? Mais tout cela n'est-il pas de la même espèce finalement ?
Ecrit par : Lariba | 23 janvier 2007
Oui, je sais... Mais, que voulez-vous qu'il nous reste d'autre que l'humour à froid, en ce bas monde?
Vous allez voir qu'"ils" vont nous béatifier l'abbé Pierre... Pour paraphraser MàC, nous vivons dans un monde sans couilles!
Quoique... le Journal du Vatican n'a pas titré sur la mort de l'Abbé... Chapeau bas pour cette marque de dignité.
Ceci dit, en me plongeant un peu dans le site royal, j'y ai rencontré des textes iconoclastes qui étaient fort bien notés. Allez voir! Enfin, à temps perdu.
Ecrit par : dobolino | 23 janvier 2007
D'autres livres qui au Collège j'avais proposé pour les fiches de lecture :
E=MC2 de Pierre Boule
Le Horla ...
Jonathan Livingston le goéland de Richard Bach
Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes.
Ils sont faciles à lire, et "complexes" à explorer sérieusement, mais on s'y laisse prendre avec plaisir, enfin tel est mon souvenir.
A noter que la prof prenait le droit d'accepter ou refuser les livres suggérés par ses élèves.
Ecrit par : Dérapage | 23 janvier 2007
Ceci dit, attention collègues! Il fut un temps-dans les années 70- où il ne faisait pas bon dire qu'on était syndiqué au SNALC (je croyais qu'il n'existait plus !). Vous étiez tout de suite classé comme fasciste! Alors, à force de citer le SNALC, attention de ne pas attirer la bonne vieille gauche qui veille au grain et ne va sûrement pas tarder à déclencher la mitraille comme elle a toujours su le faire!!!!
Ecrit par : pierrot | 23 janvier 2007
Non seulement le SNALC existe encore, pierrot, mais c'est le deuxième syndicat et le premier ferait bien de se méfier !
Oui la bonne vieille Gauche veille au grain, prête à déclancher la mitraille contre les profs...La poulette du Poitou leur a donné de méchants coups de bec depuis qu'ils l'ont lâchée dans le poulailler.
"Usque tandem Segolena abutere patientiam nostram ?"
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
déclencher (oups, désolé !)
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Je cherche des titres de "bonnes lectures" pour des enfants entre 10 et 12 ans, excellents lecteurs et dévoreurs de livres, habitant un autre continent et ayant le privilège de recevoir un enseignement du français de grande qualité.
Ecrit par : Maminou | 23 janvier 2007
Aujourd'hui c'était le concours de contrôleur des Impôts, sujet de la dissertation ( durée 3 heures) :
"Le système éducatif français assure-t-il l'égalité des chances ?"
( pour contrôleur du Trésor c'était économie et développement durable sont-ils compatibles ?)
Ecrit par : fred | 23 janvier 2007
Je cherche des titres de "bonnes lectures" pour des enfants entre 10 et 12 ans, excellents lecteurs et dévoreurs de livres, habitant un autre continent et ayant le privilège de recevoir un enseignement du français de grande qualité.
Ecrit par : Maminou | 23 janvier 2007
Peut-être Alice et moi, en réfléchissant, leur trouverons de bons livres. Il nous faut mieux les connaître. Il n'y a pas que du mauvais dans la littérature jeunesse! Brighelli est toujours un peu caricatural.
Bonjour Maminou et bienvenue...
Ecrit par : dobolino | 23 janvier 2007
C'est vrai, ça! Le livre est un choix individuel... Le tout est d'avoir un choix large. J'ai lu plusieurs fois les souvenirs d'enfance de Pagnol entre dix et douze ans, d'autres se sont gavés de Jules Vernes ou De... L'enfant et la Rivière, Le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter. A lire des collections Harlequin ou SAS, on lit déjà. C'est mieux que rien.
Après, il y a les programmes scolaires et l'apprentissage de la littérature, qu'on a voulu supprimer, et ça c'est grave, car l'accès doit en être ouvert à tous, humbles ou nantis, qui y trouveraient jouissance.
Ecrit par : dobolino | 23 janvier 2007
Que sont: "les trisstotin", Danièle? Est-ce une coquille, ou un manque flagrant de culture? Non, je me souviens... Un personnage de Moltière, non?
Ecrit par : Christophe Sibille | 23 janvier 2007
Donc, Danièle, on balaie devant sa porte... Non?
Ecrit par : Christophe Sibille | 23 janvier 2007
Dans le genre sous-merde, il y a aussi Annie Saumont, publiée par la maison Garnier-Flammarion dans la collection "Etonnants Classiques" .
Sa compil de nouvelles "La guerre est déclarée" est offerte aux profs de collège dans le but de remplacer ces vieilleries de Vallès, Pagnol, Jules Renard et ne parlons pas de Molière.
Ci-dessous quelques extraits garantis authentiques (c'est pas un (be)gag!!!)
* "En raison des progrès techniques la fermière ( ce sont les femmes qui opèrent, les salopes) ne tourne plus la moulinette elle se contente de faire glisser la pâtée jusqu'au jabot par un habile massage du cou de l'animal.Ca exige du doigté, de la finesse. Elle masse avec force et douceur, avec fougue et tendresse elle en mouille sa culotte, et elle y va des deux mains à présent que le pilon fonctionne à l'électricité." ( NB: la ponctuation est d'origine) ( p 62)
* "Je veux pas ôter ma blouse parce que j'ai une pièce à mon pantalon. Là justement où. C'est mon p'tit Jésus qui frotte contre l'étoffe. Ma mère crie que mon p'tit Jésus si j'arrêtais d'y toucher il ferait pas sa grosse enflette qui use comme ça entre les jambes."(p 48)
* Disant. Le photographe. Ceux du premier rang n'allongez pas les jambes. Ajoutant ( non, pas lui, l'institutrice) Joignez les genoux et croisez les bras. Disant encore. Le photographe. Levez le menton mais sans grimace. Deuxième rang, bras retombant souplement. (...) L'institutrice face à la classe. Ne disant pas, C'est bien, mais seulement, Ca peut aller. Puis se dirigeant vers la chaise et plus un gamin ne bronche. S'asseyant. Elle aussi genoux serrés. Buste raide (aux rondeurs pourtant évidentes.) Elle aussi menton levé. Regardant droit vers l'appareil." (p 53)
*Un militaire qui droppait en traction vers le sud s'est apitoyé sur mon sort, il m'a dit, Tes parents t'as plus qu'à prier pour eux mon gars, viens (...) et il m'a refilé du pain et une boîte de vache-qui-rit, et sur la boîte y avait cette vache qui se fend la pipe une boîte pendant à chaque oreille et dessus encore une vache avec une boîte à chaque oreille et ça continue à perpète, un cadeau arrivé recta pour calmer la fringale qui me saisissait brusquement - je m'étais tapé tous ces kilomètres sans autre carburant que le verre de lait du matin (...). ( p 70)
* ( NB: le narrateur est un vieillard gâteux comme il se doit) "Gamin toujours assis même place. A ouvert boîte sucre. Empilé morceaux sur table comme cubes jeu de constructions. A dit, Regarde. A dit, Une ville. A bâti ville. Avec tours et remparts. Criant, Brmmmmmmmm, ça craque ça s'effondre. Geste du bras. Balaie terrain. Dégringolade. Alignant. Rangées parallèles. Moi, Non. Lui continuant. Avec soin. Insistant, Regarde. "(p 102)
Tout y est, modernité, sexe, langage en phase, quoâ. Moi je me suis fait saquer dur pour avoir étudié en 3° "Dom Juan" en parallèle avec "Don Giovanni". Tant pis; ils lisent tous les ans une grosse tranche de "Madame Bovary" et n'ont aucune difficulté à percevoir comment la pauvre fille se berce d'illusions comme une candidate à la Starac. Vieux bouquin plus jeune que les merdouilles agréées IUFM.
PS: le mercredi, collecte des poubelles vertes; Saumont-pourri y est allée tout droit!
Ecrit par : Cunégonde | 23 janvier 2007
Ceci dit, attention collègues! Il fut un temps-dans les années 70- où il ne faisait pas bon dire qu'on était syndiqué au SNALC (je croyais qu'il n'existait plus !). Vous étiez tout de suite classé comme fasciste!
pierrot, Etre de gauche quand tout le monde est de gauche, ce n'est pas du courage, c'est du conformisme. Le vrai courage, c'est d'avoir des convictions et de leur rester fidèle, quitte à passer pour un fasciste aux yeux des conformistes.
Ecrit par : Robin | 23 janvier 2007
Ah!!! Les vieilleries de Pagnol !!!
Notre fils aîné, alors âgé de 10 ans y avait trouvé un court extrait qu'il aimait répéter à son papa agriculteur :
"Dans la vie, il y a 3 façons de se ruiner:
- le jeu,
- les femmes,
- et l'agriculture...
La façon la plus rapide et la moins agréable, c'est l'agriculture !!!"
Ecrit par : Maminou | 23 janvier 2007
-Mais m'sieur, dit l'un, c'est quand même bien du français que j'vous cause!
-Non, répond l'autre, seulement bien du chagrin.
Sacrifié chaque jour un peu plus sur l’autel de la paresse intellectuelle (et de la lutte des classes… réunies) au bénéfice du français que l’on « cause », le respect pour notre langue était au cœur de cette blague, contemporaine de lointains souvenirs. Sa répétition par mon grand-père et mon père scandait nos écarts de langage.
Que tous les Jean, les Robin et innombrables Justes, qui ont réussi à sauver nos enfants de la pédagogie totalitaire, sachent qu’ils ne sont pas seuls. Ils peuvent lire pour s’en convaincre un «Mémorandum sur la fin des humanités ». (Michel Leroux dans Commentaire Nº116, Hiver 2006-2007. 919-921). Pour que ce pluriel ne devienne pas singulier, ils doivent continuer à se battre. « Les civilisations peuvent régresser d’un siècle en quelques minutes », disait Marie Bonaparte à Freud, la veille de son départ en exil. Encore 1938….
Leroux dirige son projecteur sur un enseignement des lettres devenu ce village Potemkine dont les idéologues ont programmé la destruction. Il demande in fine à qui profite le crime. Comme dans la série Colombo, le coupable est connu dès les premières lignes.
« Emportée par le mouvement qui ruina les classes de latin et de grec des lycées, l’enseignement de la littérature française n’y existe plus aujourd’hui qu’à l’état de façade. A la faveur de la Loi Jospin de 1989, des idéologues ont en effet arraisonné une discipline trop habitée à leurs yeux par des contenus aussi peu favorables à l’équité que l’histoire, la recherche du beau, la morale ou la connaissance de soi. Ainsi, tandis que les lycées achevaient de s’ouvrir au plus grand nombre, il s’est trouvé des universitaires pour vitupérer l’élitisme, apporter des justifications théoriques au recul des exigences et présenter l’autorité des maîtres comme une tyrannie. Il ne leur restait plus qu’à substituer la linguistique structurale et ses produits dérivés à la grammaire classique et à la lecture humaniste des textes, désormais réputées poussiéreuses et vexatoires. Élaborés à l’intention des collèges par un groupe d’experts, les nouveaux programmes de français, entrées en vigueur de 1996 à 1999, dans le premier cycle, et de 200 à 2001 dans le second, sont l’expression fidèle de cette philosophie ».
Leroux examine « le naufrage de l’enseignement des lettres qui s’est ensuivi » en évoquant « tour à tour l’aspect idéologique de cette entreprise, la conception de la morale qui l’a inspirée et sa dimension pédagogique». La matrice intellectuelle de ces démolisseurs a trois racines. Rousseau, et sa « vision idyllique de l’enfance », prône une construction des savoirs ab nihilo, et regarde toute imposition comme une violence symbolique. […] Ainsi peut-on aujourd’hui célébrer sans rougir les contresens créateurs de jeunes lecteurs incultes ». Le deuxième volet de ce triptyque est l’école de Francfort ( Adorno/Horkheimer) qui a jeté un discrédit indélébile sur des « humanités impuissantes à civiliser le monde ». Last but not least, la fameuse reproduction bourdivine, charge bourgeoisophobe contre celles-ci, coupables de reproduire des connivences culturelles entre des héritiers, et instrument d’exclusion. Bourdieu veut éviter de polluer ces exclus avec les œuvres de « Sophocle, Rabelais, Molière Voltaire et Hugo » qui ne sauraient leur servir de guides puisqu’ils « confortent le pouvoir des dominants ». Leroux décrit ensuite ces « flatteuses disciplines », grammaire du texte, narratologie et autres fruits du relativisme culturel et de la nécessité de créer un sabir pour masquer le vide conceptuel. À des « enfants que l’on a privés d’un véritable apprentissage de la langue » on propose "le karaoké et le jeu de piste littéraire" dont les règles traduisent une omniprésente culture du soupçon. « C’est ainsi qu’en s’abstenant d’ouvrir les esprits à un héritage et par conséquent à un surcroît de conscience, on aggrave une injustice qu’on se flattait de faire reculer. Se trouvent donc illustrés une fois de plus les inconvénients de la démagogie, fût-elle principalement de gauche. »
Et quelle tristesse encore d'avoir à mettre ainsi les barres sur les T et les points sur les I... pour ceux-là même qu'aveugle la poudre jetée aux yeux par ces tristes sires.
Pédant, hypocrite, veule, imbu de sa personne, flagorneur, servile, triste personnage que ce Triss(t-e muet)otin, en qui les concepteurs et "formateurs" des ineffables IUFM pourraient se reconnaître s'ils n'étaient justement si pédants, hypocrites, etc.... Ils n'en sont pas moins tout aussi dangereux que lui.
Ecrit par : Danièle | 24 janvier 2007
Je cherche des titres de "bonnes lectures" pour des enfants entre 10 et 12 ans, excellents lecteurs et dévoreurs de livres, habitant un autre continent et ayant le privilège de recevoir un enseignement du français de grande qualité.
Ecrit par : Maminou | 23 janvier 2007
A lire peut-être les Vertes lectures de Michel Tournier, hommage de ce dernier à ses lectures d'enfance.
Il était l'invité de FOG l'autre jour avec Sarko qui a d'ailleurs parlé littérature de manière fort honorable.
Ecrit par : Guillaume | 24 janvier 2007
Mon cher Robin, bonjour. Mais si je ne l'ai pas vraiment dit, je ne pense pas autrement que vous. Je suis entièrement d'accord et si vous relisez bien l'anecdote du prof-journaliste en butte aux avanies du P.C. après l'incident sur cette pièce de théâtre, vous comprendrez que face à toute une armada d'instits de gauche et politisés-qui ont fait à une certaine époque trois mois de grève "pour obtenir des moyens"-je( je dis "je" car vous avez sûrement compris que le prof-journaliste et moi ne faisaient qu'un ?!) n'ai jamais hésité à passer pour un "facho"-même si je ne suis nulle part attaché, depuis....Mai 68, quand j'ai défilé avec les anars, parce que tous les "rouges" voulaient les éjecter des rangs des défilés (à Rouen). N'ayez crainte, Robin. Politiquement , je suis "ailleurs"(comme disait un certain Michel Jobert). J'y reste fidèle depuis toujours à cet ailleurs, qui me permet de tout écouter, tout entendre, sans problème....à condition que ceux qui campent dans un camp "établi", en fassent autant avec moi.....
Ecrit par : pierrot | 24 janvier 2007
Pour Sandra, puisque vous semblez apprécier la belle musique "classique"pour piano, je vous conseille également l'intégrale de celles composées par Debussy et Ravel, (entre autres), et plus spécialement les "images" et les "préludes" de Claude Debussy dans l'interprétation d'Arturo Benedetti Michelangeli, (la deuxième image du premier livre, "hommage à Rameau", est une des plus belles choses écrites pour l'instrument). Egalement, de Ravel, mention spéciale pour les "valses nobles et sentimentales", le "Gaspard de la nuit", la "sonatine" et le "concerto en sol majeur", toutes ces oeuvres interprétées par Martha Argerich. Mais peut-être connaissez-vous déjà tout ce répertoire? Heureusement, ces suggestions ne sont pas limitatives.
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 janvier 2007
Pour répondre à la question de Jean concernant les extraits de "littérature" proposés, je ne les aimes évidemment pas. Mais je ne suis pas spécialiste de la littérature jeunesse en collège ou en lycée, (ce n'est pas ma discipline, et j'enseigne à des personnels du premier degré). Ceci-dit, il me semble que les documents d'accompagnement des programmes contiennent suffisamment de références extrêmement recommandables pour que les profs se permettent d'éviter la mauvaise littérature. Et rien ni personne n'empêche d'étudier en dehors de ces documents s'il n'y trouve pas son compte.
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 janvier 2007
Christophe je vous en remercie je les ai déjà....Merci quand même ! Je n'écoute principalement que de la musique classique...
Ecrit par : SW | 24 janvier 2007
Damned, "je ne les aime pas"...
"n'empêche qui que ce soit"...
Danièle va me passer au knout, cette fois. Mais Robin a raison, ce cadre est vraiment petit pour écrire dedans!
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 janvier 2007
"Je ne les aimes"? Bizarre!
Par ailleurs, il ne faut pas être un "spécialiste de la littérature de jeunesse" pour se rendre compte que les livres commis par Bégaudeau et Begag sont de la "sous-merde" et qu'il est presque criminel de les faire lire à de jeunes enfants. Le collègue musicien de mon collège ne s'est toujours pas remis de sa lecture d'"Entre les murs" (de Bégaudeau, ami de Meirieu, je le rappelle - comme quoi le semblable attire le semblable... ) et m'en parlait encore hier avec dégoût.
J'aime bien les circonlocutions de Christophe pour éviter de prendre parti, alors que la seule attitude digne d'un "honnête homme" devant une telle médiocrité et un tel scandale (couverts et même encouragés par l'IUFM), c'est de les dénoncer.
"Ceci-dit"? Ce ne serait pas plutôt "Cela dit"?
Et pourquoi dites-vous "les profs"? Vous ne croyez pas que le respect dû à cette profession, comme à toutes les autres, commence par le respect de sa dénomination exacte?
Ecrit par : Jean | 24 janvier 2007
Jean, je suis un prof, et je ne m'estime pas diffamé par cette appellation! Quelle susceptibilité!
Si j'étais professeur de français en collège, je ne pratiquerais absolument pas cette littérature, et je défierais n'importe quel IPR de m'obliger à le faire. Et, en en étalant complaisamment des extraits assez large ici, vous ne faites autre chose que lui faire de la publicité, alors qu'elle ne mérite que mépris! Pour paraphraser Coluche, "et dire qu'il suffirait que personne ne l'achète pour qu'elle ne se vende pas".
Dire: "je n'aime pas cette littérature" est peut-être un euphémisme, en aucun cas une circonlocution.
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 janvier 2007
Parents, enseignants, refusez la démagogie du n’importe quoi ! Pensez que ce que des enfants lisent à six ans comme à seize restera longtemps gravé dans leurs mémoires. (J-P B)
Encore faudrait-il qu'ils lisent, c'est à dire qu'ils puissent se retirer au calme dans une pièce, choisir et ouvrir un livre...à la limite, peu importe lequel.
Mais je laisse la parole à Russell Banks: "Il est utile de se rappeler que c'est au cours des années 1950 que la télévision est entrée dans la vie quotidienne des Américains. Et ce qui s'est alors produit, c'est que nous avons permis au représentant de commerce de pénétrer dans l'enceinte sacrée de nos foyers... Au début, nous l'avons eu dans le séjour. Puis ce représentant est devenu le baby-sitter de nos enfants. A présent, il est dans la chambre trois heures par jour avec ces mêmes enfants. Au fond, nous avons donc abandonné nos enfants aux pourvoyeurs d'objets de consommation -- baskets, vêtements, jouets, jeux, vidéo et, dans la foulée, bière, alcool et voitures...
A notre époque, les forces amorales de l'univers sont avant tout économiques. Nous avons introduit le tigre à dents de sabre dans la caverne et nous lui avons dit: Installe-toi bien confortablement près du feu. Et maintenant, nous laissons le représentant garder les enfants pendant que nous sortons.
C'est une situation très dangereuse. Nous avons colonisé nos propres enfants. Comme il ne nous reste plus de peuples à coloniser sur la planète, comme il ne reste plus de gens incapables de faire la distinction entre la verroterie ou des babioles et des objets de valeur, comme nous n'avons plus personne à qui acheter l'île de Manhattan en la troquant contre quelques perles de verre et des haches, nous en sommes venus à coloniser nos propres enfants. C'est un processus d'autocolonisation. La vieille truie dévore sa portée...
Nous sommes devenus des contistadors de banlieue. sans même nous en rendre compte, d'ailleurs. Il est très possible que nous soyons arrivés à la fin de la république. Nous voyons quelque chose d'autre la remplacer à présent, quelque chose qui n'est pas tout à fait nouveau sur cette planète: une ploutocratie fasciste. Nous nous approchons à grands pas de cet état de choses, et à un rythme qui s'est encore accéléré au cours de la dernière décennie. Tout cela remonte aux années 1980 au moins, mais les graines ont été semées encore plus tôt".
Extraits de Amérique, notre histoire. (Actes sud)
Un petit livre d'entretiens qui éclaire d'une lumière toute particulière l'histoire de cette nation.
Ecrit par : buntovchik | 24 janvier 2007
Le deuxième volet de ce triptyque est l’école de Francfort ( Adorno/Horkheimer) qui a jeté un discrédit indélébile sur des « humanités impuissantes à civiliser le monde »
Merci pour votre beau texte Danièle
A propos d'Adorno, je pense à Paul Celan, pris entre Heidegger qui refuse de desserrer les dents à propos d'Auschwitz et Adorno qui lui reproche de faire de la poésie "après ça"...Et qui écrit malgré tout, entre silence et mépris, son admirable Todesfuge, dans l'ombre de sa mère assassinée...
"Schwarze Milch der Frühe wir trinken sir abends wir trinken sie mittags und morgens wir trinken sir nachts wir trinken un trinken..."
Et pour combler la mesure une troisième vague d'imbéciles est venu lui reprocher son suicide.
Ecrit par : Robin | 24 janvier 2007
Ce n'est pas de la "diffamation", Christophe, mais un manque de respect à l'égard de notre fonction. Comme lorsqu'on dit "les flics" au lieu de dire les "gendarmes". Nous ne sommes pas "profs", mais "professeurs". "Profs" est une apocope dévalorisante.
Je ne crois pas du tout, d'autre part, que Jean-Paul Brighelli ait voulu "étaler complaisamment" comme vous dites, des extraits de cette littérature de bas étage. S'il l'a fait, c'est pour faire découvrir à ceux qui par hasard n'en seraient pas encore conscients dans quelle fange se meuvent - avec délectation, eux- les caciques des IUFM, et c'est aussi parce qu'il est de la responsabilité du professeur d'"élever " ses "élèves". C'est une question de déontologie, et donc elle est grave. Vous ne pouvez pas vous contenter de dire distraitement comme vous le faites que les documents d'accompagnement proposent un choix assez vaste pour qu'il convienne à toutes les sensibilités des professeurs. Le problème déontologique, c'est que ce soit l'institut de formation "pédagogique" lui-même qui recommande de telles lectures. Et puis, ne devons-nous pas consacrer le peu d'heures de français dont nous disposons dans la semaine à faire découvrir à nos élèves les grands et les beaux textes, ceux qui ont valu à la France son rayonnement dans le monde et qui sont mieux connus aujourd'hui, comme le rappelait quelqu'un sur ce blog, des étudiants étrangers que des élèves français?
Ecrit par : Jean | 24 janvier 2007
N'ayez crainte, Robin. Politiquement , je suis "ailleurs"(comme disait un certain Michel Jobert). J'y reste fidèle depuis toujours à cet ailleurs, qui me permet de tout écouter, tout entendre, sans problème....à condition que ceux qui campent dans un camp "établi", en fassent autant avec moi.....
Ecrit par : pierrot | 24 janvier 2007
D'accord pierrot. Je suis comme vous, j'aime la différence, mais la tolérance a ses limites. Je n'aime pas que l'on touche aux choses de l'esprit avec des mains sales. Et notre époque s'y connaît en matière de "mains sales"... Nous aussi, nous l'avons bu, à notre manière, jour après jour, "le lait noir de l'aube"
...Le pire, ce ne sont pas ceux qui ont les mains sales, mais ceux qui croient les avoir propres et qui se posent en donneurs de leçons tout en distillant pour la jeunesse le poison de leur littérature de bas étage et leur culture de l'inculture...
Je n'éprouve pas de haine contre eux, pierrot, seulement de la colère, une immense colère devant tout le gâchis qu'ils ont fait et qu'ils continuent de faire.
Ecrit par : Robin | 24 janvier 2007
Christophe, la littérature de jeunessse est abondamment étudiée au collège, le seul tort d'Azouz Begag aux yeux de bcp de profs d'IUFM est d'être un ministre de droite. Sinon, c'est tres "hype" de donner à lire le gône de Chaaba en college, et c'est bien vu.
Ecrit par : Jérémy | 24 janvier 2007
"Usque tandem Segolena abutere patientiam nostram ?"
Attention Robin, c'est "quo-usque" (jusqu'où, jusques à quand) ... et "abutor", comme "utor", se construit avec l'ablatif, donc : "patientia nostra". Je sais bien que l'incarnation poitevine de la bravitude sociale-traître n'y verrait goutte, ayant perdu son latin depuis bien longtemps à supposer qu'elle l'ait étudié, mais tout de même...
Autre remarque : j'aimerais bien qu'on se dispense d'attaquer le regretté Roland Barthes, qui n'est pour rien dans la "catastrophe culturelle nationale" (pour reprendre les termes de la "Libre pensée") qui frappe l'enseignement des lettres. "Toute langue est fasciste" ne signifie pas qu'il faut se mettre au SMS comme le prétend le regrettable Bégaudeau, mais que la langue a un fonctionnement qui s'impose à moi quoi que je fasse, vu que ce n'est pas moi individu lambda qui l'ai créée : a priori, je n'ai aps la liberté de "créer ma langue", et seuls les naïfs, ou les sots (euphémisme) croient que l'on parle -- ou que l'on écrit -- ex nihilo. Ce sont "les mots de la tribu", qu'on le veuille ou pas. A nous de faire avec et de leur donner ou pas "un sens plus pur", mais sauvage sera la bataille. Le vainqueur s'appelle -- parfois -- l'écrivain (pas le Bégaudeau !)
Nous sommes de l'étoffe dont sont faits nos livres : et ceux qui n'ont pas lu se défont, se délitent, comme de la charpie... Danièle Sallenave écrit des paroles décisives là-dessus dans "Le Don des morts" (Gallimard). Ne pas nourrir les enfants avec des textes de qualité -- et là, j'en reviens au fil sur la littérature enfantine -- c'est les programmer à stagner là où ils en sont, à piétiner, à végéter au stade du barbouillage,des gommettes, et du pipi-caca-boudin-camion-pouet-pouet, cracra éhonté qui me semble être devenu un critère déterminant dans le choix de ces oeuvrettes censées éveiller chez l'apprenant-sic le goût de la lecture. C'est, du reste, l'objectif : fabriquer des ilotes, et peut-être, plus encore que des crétins, de paresseuses "patates de canapé" gavées à la Star-Ac. Des obèses intellectuels, en qq. sorte.
Il me plairait aussi que l'on cessât (et hop, comme dit Achille Talon) de jeter le structuralisme avec l'eau du bain pédagonigologique : il y a de très bonnes choses dans l'analyse structurale des récits, mais pas pour les "petits" de collège ou de lycée qui ne maîtrisent ni l'orthographe ni la grammaire. Todorov ne dit rien d'autre. Si certains d'entre nous ici souhaitent en revenir à Lagarde, Michard et Picard (Racine, pas les surgelés... je dis ça pour les Bégaudeau de passage), je crois qu'il se trompent : la narratologie, la linguistique, la sémiotique, sont de très bons outils pour travailler sur la littérature sérieusement, càd de manière aimante et respectueuse. Le problème, c'est qu'un détournement abusif -- comme tous les détournements, navrée pour le pléonasme -- de ces démarches a abouti le plus souvent à n'importe quoi, d'abord parce que certains collègues ne les maîtrisent pas forcément et les appliquent comme des recettes de cuisine du genre "l'art d'accommoder les restes".
Bref, il faut en revenir aux choses sérieuses et pas au bricolage : vaste programme que de rétablir des exigences. Quelque chose me dit que l'avenir, quel qu'il soit, ne nous dirige pas exactement dans cette direction...
Ecrit par : FGuichard | 24 janvier 2007
Attention Robin, c'est "quo-usque" (jusqu'où, jusques à quand) ... et "abutor", comme "utor", se construit avec l'ablatif, donc : "patientia nostra". Je sais bien que l'incarnation poitevine de la bravitude sociale-traître n'y verrait goutte, ayant perdu son latin depuis bien longtemps à supposer qu'elle l'ait étudié, mais tout de même...
Donc " Quo usque tandem Segolena abutere patientia nostra ? " (je croyais me souvenir que "abutere" se construisait avec un accusatif, alors que c'est transitif indirect comme en français). D'accord FGuichard, je ne le referai plus, c'est promis.
La comparaison ne va sûrement pas vous plaire, mais vous me faites penser aux frères eudistes qui m'ont fait plancher sur Cicéron, il y a bien longtemps de cela. Mon latin est un peu rouillé...Je n'en ai plus fait depuis la Fac avec le De Natura rerum de Lucrèce...Cest promis, je vais m'y remettre !
Vous donnez des cours particuliers ? Vous donnnez des coups de règle sur les doigts ? Non ? Dommage ! Vous connaissez l'histoire du sadique et du masochiste ? C'est Gaston Bachelard qui la racontait :
Le masochiste : " Fais-moi mal ! "
Le sadique : " Non! "
Le masochiste : "Ahhhh! Merci!!!! "
Tout est dans la "chute" ajoutée par Bachelard et dans la façon de la dire.
Ecrit par : Robin | 24 janvier 2007
Vous donnez des cours particuliers ? Vous donnez des coups de règle sur les doigts ? Non ? Dommage !
Ben oui Robin, vous vous êtes trompé d'adresse... Il n'y a pas moins sadique que moi ;-))))
Ecrit par : FGuichard | 24 janvier 2007
Ceux que le Meirieutron aurait mis en joie (voir le post de Dobolino ci-dessus) peuvent composer un Dubetron à partir de l'article bavard et insondablement creux commis par Dubet dans le Monde du 22 janvier ("Pour en finir avec l'élitisme scolaire", accessible par le site de Sauver les Lettres, dans la rubrique "nouveautés" - au passage, un grand merci à Sauver les Lettres de n'avoir pas soutenu l'Appel pour la refondation de l'école!). Dubet, c'est la Mouche du Coche, cette mouche bourdonnante qui tourne autour d'un attelage de six forts chevaux tirant un coche. Elle les pique, elle les énerve, et elle est persuadée que c'est grâce à elle que le coche parvient au sommet de la montée. La Mouche du Coche, c'est aussi, très exactement, Meirieu ( quinze mille pages de vaine agitation, dont le seul effet fut d'importuner les vrais professeurs, ceux qui tirent effectivement le coche, quinze mille pages écrites avec la conviction, comme la Mouche, d'être quelqu'un de très important). Pendant que ces bavards pérorent dans le vide, et font des émules,c'est nous qui apprenons aux élèves de ... 4ème ce que c'est qu'un adjectif qualificatif, et à ceux de ... 3ème ce que c'est qu'un complément du nom et comment il correspond au génitif en allemand!
Ecrit par : Jean | 24 janvier 2007
Jean-Paul, quel est ce code qu'il faut maintenant composer pour que nos contributions soient validées?
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 janvier 2007
Jean-Paul, quel est ce code qu'il faut maintenant composer pour que nos contributions soient validées?
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 janvier 2007
Jean, à ce que je sache, les documents d'accompagnement sont institutionnels. Ils constituent une recommandation, et mentionnent plutôt, à ce que j'ai pu lire, de la littérature de qualité! A moins que vous ne préfériez qu'on impose de manière autoritaire certains titres à tous les profs... Pardon, à tous les professeurs...
Maintenant, je puis vous assurer que je continuerai à me battre pour que les "contenus" d'un enseignement soient de qualité. Je le fais, en tous cas, de toutes mes forces pour ce qui concerne ma discipline, vous pouvez me croire! D'ailleurs, quand j'ai été recruté, (sur entretien), pour enseigner en école normale d'instituteurs, cela avait été grâce à une argumentation sur cette base, et non sur une défense des sciences de l'éducation, (que je ne connaissais absolument pas dans les années 80... Et cela ne m'a aucunement porté préjudice).
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 janvier 2007
Vos conseils et propositions de titres me sont très utiles, je vois que j'ai frappé à la bonne porte...
Je parraine 3 fillettes d'une petite école du Sénégal.
L'une d'elle, qui a 9 ans et est au CM1, est heureuse que je lui envoie des livres qu'elle dévore et dont elle me fait le résumé parfois, me transmettant ainsi une part du plaisir qu'elle en a ressenti.
Dans sa dernière lettre, elle m'annonce qu'elle prête ces livres à des petits voisins qui les lui rendent quand ils les ont lus !!!
Je répète qu'elle a 9 ans, ma petite bibliothécaire !!!
Et que les livres ne sont pas la préoccupation première dans un contexte ou manger et s'habiller sont des soucis quotidiens...
J'ajoute, pour faire bonne mesure, que l'enseignement du français à l'école primaire, dans l'école qu'elle fréquente, ferait pâlir de honte (ou s'étouffer de colère) nos démolisseurs de l'EN...
Et je sais de quoi je parle, je viens de passer 3 semaines là-bas et j'ai rapporté plusieurs livres scolaires dont celui de grammaire, conjugaison, orthographe du CM1.
Ecrit par : Maminou | 24 janvier 2007
"Travailler sur la littérature"... Quelle vilaine expression, ne trouvez-vous pas, FGuichard? Je croyais que la littérature était faite avant tout pour être goûtée, pour être appréciée. "Otium studiosum...", d'abord. Du reste, vous ne dites pas autre chose...
Oui, je verrais assez bien, Christophe, qu'on impose aux professeurs de français de collège et de lycée l'explication d'une comédie de Molière et de quelques fables de La Fontaine par an. N'ont-ils pas, en effet, le devoir de transmettre le patrimoine culturel national? L'école est en quelque sorte un "conservatoire", comme en musique.
Robin, n'est-il pas un peu dangereux de tutoyer Mademoiselle Royal? N'est-ce pas contribuer, "nolens volens", à sa popularité? Je suppose que ce n'est pas ce que vous souhaitez, sachant que derrière la reine du Poitou s'agite toute une valetaille pédagogiste aux dents longues qui se voit déjà, qui inspecteur général (Frackowiak), qui ministre de l'Education (Meirieu). "Horresco referens!"!
Ecrit par : Jean | 24 janvier 2007
Christophe, la dictature orwellienne des "sciences de l'éducation" n'a-t-elle pas commencé en 1989 avec la disparition des écoles normales d'instituteurs et leur remplacement par les IUFM à l'instigation de Meirieu? Les écoles normales formaient encore, je crois, les maîtres dans un esprit "républicain", alors que les IUFM devaient les formater en vue de l'avènement de la Société Nouvelle telle qu'elle répondait aux conceptions particulières de Meirieu et de quelques comparses.
Ecrit par : Jean | 24 janvier 2007
J'ajoute, pour faire bonne mesure, que l'enseignement du français à l'école primaire, dans l'école qu'elle fréquente, ferait pâlir de honte (ou s'étouffer de colère) nos démolisseurs de l'EN...
Et je sais de quoi je parle, je viens de passer 3 semaines là-bas et j'ai rapporté plusieurs livres scolaires dont celui de grammaire, conjugaison, orthographe du CM1.
Je confirme. J'avais été remplacé une semaine en début d'année par une suppléante d'origine malgache. Comme je lui demandai après son avis sur le niveau des élèves par comparaison avec les élèves de son pays d'origine, elle me répondit que ces derniers avaient un bien meilleur niveau de français : douche froide (venant sur Sud) et nouvelle prise de conscience.
N.B Madagascar est toujours l'un des pays les plus pauvres du monde.
Ecrit par : Guillaume | 24 janvier 2007
Comme je suis contente de voir que quelques uns parlent du "pauvre Célestin"...
J'ai essayé de glisser quelques mots sur un fil de discussion consacré au primaire où je disais ainsi qu'un autre instituteur (ou PE, c’est pareil) que les exigences de Freinet en matière d’instruction et de culture du peuple s’étaient diluées au moment où la recherche du bonheur de l’individu s’était mis à primer sur l’intérêt de la collectivité.
Nous nous sommes hélas fait proprement et clairement « envoyés sur les roses ». Nous aurions été manipulés par nos formateurs des années 70-80 et nous nous révélerions encore aujourd’hui incapables de nous sortir de nos vieux schémas constructivistes.
J’ai préféré ne plus intervenir sur cette liste de discussion et choisi de me taire. Le fruit n’était pas mûr. Sans doute préfèrent-ils passer d’un gourou à un autre et n’arrivent-ils pas à piocher de ci de là ce qui leur semble bon pour leurs élèves. Une vingtaine d’années tout-Freinet à la sauce Meirieu, une vingtaine d’années tout pédagogie explicite à la sauce canadienne. Il va finir par y en avoir des bébés jetés avec l’eau du bain dans les canalisations.
Freinet était un « pur », il n’érigeait pas en METHODE ce qu’il constatait au quotidien avec ses petits élèves, ses camarades (puisque camarades il y avait) faisaient comme lui, avançant pas à pas, ne négligeant ni l’ « intello de service », ni l’enfant à l’ « intelligence plus pratique », ni le petit sauvage descendant pour la première fois de sa ferme isolée de Provence, ni l’enfant d’immigré qui avait franchi à pied les Pyrénées pour fuir la dictature ni, plus tard, les petits Algériens dont les pères étaient venus reconstruire la France d’après-guerre.
Bon, voilà, excusez-moi de m’immiscer dans le débat avec mes petites obsessions, cela fera au moins plaisir à Pierrot, et moi, ça me soulage.
Ecrit par : catmano | 24 janvier 2007
Eh bien pour un début, c'en est un bon, Catmano! Ca fait rudement plaisir à lire (faute de l'entendre!) par les temps qui courent. Vous verrez, l'Histoire, et celle de la pédagogie en particulier, est parfois cyclique. Ne désespérons pas.On réentend parler de méthode syllabique, de conjugaison, de grammaire du texte et même depuis ce matin ....de "calcul mental dès la maternelle"(dixit le ministre Robien). Pourquoi pas le retour de Freinet avec sa pédagogie (puisqu'il ne faut pas parler de "méthode"!)bientôt ? Puisque la société va changer, paraît-il? Puisque les "ruptures " vont être notre quotidien!!!! Pas une méthode, mais jusqu'à preuve du contraire, l'I.C.E.M. (Institut Coopératif de l'Ecole Moderne) existe toujours, non? Et ses adeptes, bien vivants? Appelez-les "chapelle, secte, minorité et autres déviationnistes", il n'en demeure pas moins que toutes les pratiques de Freinet sont à (re)prendre en considération, dans une tout autre société, je vous le concède. Enfin, que pensez-vous de ces paroles d'Ibsen, dans "Un ennemi du peuple", ma pièce fétiche: "la majorité n'a jamais raison"?
Ecrit par : pierrot | 24 janvier 2007
Houlala, Jean! Quelle erreur! A ce que disent souvent les pourfendeurs des sciences de l'éducation présents ici, leurs "forfaits" sont bien antérieurs à la création des IUFM! (Regardez encore le message ci-dessus de Catmano, que je considère pourtant comme une modérée).
Ecrit par : Christophe Sibille | 24 janvier 2007
Vous dites vous-mêmes, Christophe, que vous n'avez pas été cuisiné sur vos convictions pédagogiques lors de votre recrutement en école normale d'instituteurs! A partir de 1989, vous auriez dû montrer la souplesse de votre échine!
Ecrit par : Jean | 24 janvier 2007
"Vous-même".
Ecrit par : Jean | 24 janvier 2007
En 1976, j'ai été sommée par un IDEN d'aller passer mon épreuve pratique du Certificat d'Aptitude Pédagogique ailleurs que dans sa circonscription car mes techniques Freinet n'avaient pas le droit d'exister chez lui. Au CP, c'était lecture à partir d'un album de la littérature enfantine ou rien, non mais. Et que mes élèves sachent lire ne changeait rien au problème.
Ecrit par : catmano | 24 janvier 2007
Ben oui Robin, vous vous êtes trompé d'adresse... Il n'y a pas moins sadique que moi ;-))))
Ecrit par : FGuichard | 24 janvier 2007
Ahhhhhh!!!!!! Merci!!!!!!
Ecrit par : Robin | 24 janvier 2007
On peut aussi utiliser, pour déstabiliser les douze-treize ans, la littérature classique:
Entre autres citations de poètes reconnus du XIX° siècle, mon fils, élève de quatrième, devait, sur une fiche, étudier la citation suivante : "L'essaim des rêves malsains qui tordent sur leurs oreillers les bruns adolescents";
Question: avez-vous déjà éprouvé ce genre de sentiment et si oui, dans quelles circonstances?
Quand même, c'était à l'écrit!
On veut des profs, pas des psychanalystes!
Ecrit par : dobolino | 24 janvier 2007
Il se trouve que j'ai lu, il y a quelques mois, "Entre les murs" de Begondeau généralement décrié sur ce blog.
Certes je ne considère pas que ce soit une oeuvre littéraire mais le parti pris de rédiger livre à travers les dialogues de "ses" élèves fait particulièrement bien ressentir au lecteur quel est le quotidien d'un professeur en ZEP.
Mon avis : ce livre est une description complaisante de la triste réalité des collèges d'aujourd'hui et donne autant à réfléchir sur l'évolution de l'école qu'un pamphlet acerbe sur l'institution.
Ecrit par : PeutMieuxFaire | 24 janvier 2007
"Sur l'évolution de l'école"... telle qu'elle a été fabriquée (d'autres disent "détruite") par les amis pédagogistes de François Bégaudeau. L'incendiaire crie au feu. C'est comme Dubet!
Au fait, Christophe, c'est évident, le "pédagogisme" sévit bien avant 1989. Dès 1970, par exemple, Jean-Pierre Oblin, instituteur, envoie sa démission à son inspecteur pour protester contre le changement des méthodes et des programmes et il se fait ouvrier d'usine. C'est à ce moment-là, il me semble, que la méthode globale est imposée.
Le sujet donné à votre fils, Dobolino, me paraît tout simplement en infraction avec la déontologie de la profession, que j'évoquais à propos de la lecture de Begag. Est-ce récent? C'est peut-être dans le cadre des "séquences didatiques", ces fourre-tout à la fois vides et chronophages qu'il faut remplir avec tout et n'importe quoi qui ont remplacé l'enseignement systématique de la grammaire, de l'orthographe, de la conjugaison, de la rédaction et l'explication des grands textes, lequel enseignement systématique occupait tellement l'année qu'elle en paraissait courte et qu'on n'avait vraiment pas de temps pour des dérives comme celle que vous dénoncez?
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