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05 janvier 2007
Made in USA
Une "honorable correspondante" installée aux Etats-Unis m'a fait parvenir un résumé de cette pédagogie à l'américaine qui a si fort inspiré les pédagogues français — qui n'ont effectivement de français que les appâts rances, comme disait jadis Bérurier… D'où peut-etre cette obstination à promouvoiir ces "cultures plurielles" qui, en mélangeant tout, permettent de plafonner le la culture de la République — et, à terme, la République.
Je livre cette note à l'attention des blogueurs de passage. J'attire leur attention sur l'existence de contre-pouvoirs, aux Etats-Unis, qui ont permis de résister localement aux déferlantes de "nouvelle pédagogie", et au poids du privé qui se plie globalement aux desiderata des parents — ce qui présente d'ailleurs, sur certains points, bien des dangers…
Bref, le système américain était à même de digérer les lubies pédagogistes — et je rappelle qu'il l'a fait : ce qui est évoqué ici est de l'histoire, — un anglicisme qu'on me pardonnera pour dire que c'en est aujourd'hui fini de ces belles théories fracassantes : il est essentiel que chaque pays (regardez donc les Scandinaves, qu'on ne cesse de nous donner en exemple) comprenne qu'on n'emprunte pas un système éducatif clés en main, et qu'il est de notre devoir de réinventer une Education qui colle au plus près du génie national, et de nos institutions.
Sur ce, je laisse la parole à Danièle S.
"L’histoire de l’éducation, hors de l’hexagone, fait état d’un ensemble de théories fumeuses qui ont porté les pseudo "sciences de l’éducation" sur les fonds baptismaux, outre-Atlantique, il y a plus de cent ans. La Progressive Education qu’elles ont enfantée y commença ses ravages dans l’entre-deux guerres. La France, (comme la Suisse, et en fait toute l’Europe occidentale à l’exception de la Scandinavie) a cinquante ans de retard, mais elle a mis les bouchées doubles. Elle n’a pas non plus de secteur vraiment privé, ce qui aux Etats-Unis a un peu minimisé les dégâts, notamment grâce aux écoles catholiques très peu chères et un système de bourses très répandu. Mais l’école publique a connu le même désastre que chez nous. Lilane Lurçat (voir http://www.sauv.net/lurcat1.htm) est l’un des rares auteurs français à avoir analysé cette similitude dans « La destruction de l’enseignement élémentaire et ses penseurs » (1889).
Parmi les gourous-fondateurs de la Progressive Ed, ces ancêtres de nos Diafoirus pédagogistes, voici par exemple G. Stanley Hall, né en 1846 au Massachusetts, et qui aimait un peu trop les éphèbes, ce qui lui valut quelques bricoles… Il fut le premier Américain auquel Harvard décerna un doctorat en psychologie, en 1878 et un pionnier de la psychologie génétique, celle-là même qui sera promise à un bel avenir en URSS (Langevin et Wallon le portaient aux nues). Sa philosophie de l’éducation est un mélange de rousseauisme et de darwinisme et repose sur l’apologie de l’ignorance et de l’illettrisme, et sur la diabolisation de l’instruction : « We must overcome the fetichism of the alphabet, of the multiplication table, of grammars, of scales, and of bibliolatry » proclamait-il, la redondance ne l’effrayant point. L’école avait pour mission première d’exaucer les desiderata des enfants : « What children love to do, are curious to know and the things they most want ». Il eut pour disciple un certain…John Dewey et William Heard Kilpatrick, professeur de mathématiques au Teacher’s College de Columbia, où l’on professait une foi indéfectible dans les vertus insurpassables du puérocentrisme. ( child-centered education). Les premiers défenseurs de la Progressive Education étaient des pacifistes post14-18, admirateurs de la révolution russe et du Grand soir, défenseurs du prolétariat et de la lutte des classes, bourgeoisophobes et membres d’un mouvement « anti-intellectualiste »,
Les critiques à l’encontre de ces théories ineptes ne tardèrent pas et William Bagley fut le premier à mettre en cause la validité des analyses "scientifiques" et de la « recherche » sur lesquelles reposaient leurs affirmations péremptoires. « The evidence for these sweeping indictements has, so far as I know, never been presented, disait-il en 1914… et Alain en dira autant vingt ans plus tard dans ses Propos sur l’éducation, et Arendt en 1953, dans The Crisis of Education.
Bagley adjurait ses contemporains de sauver les apprentissages de la destruction par les membres de cette nouvelle secte, et ce pauvre élève si malmené, sous prétexte de faire son bien, il voulait « rid his mind of superstition and error, and energy-destroying forces that reduce strong men to the helplesness of infancy ». Ce langage, Condorcet ne l’aurait pas renié, — mais peut-être Bagley l’avait-il lu ?
Il ne fut pas écouté car la nouvelle idéologie (Thoughtworld ou pensée unique) avait déjà investi les bastions de l’éducation américaine, par le biais du Teachers’ Collège et d’autres institutions similaires à travers le pays, d’où essaimeront pendant plusieurs décennies les armées de pédagogues en chef des School Boards, réformateurs de programmes, et enseignants, tous bien intentionnés, pétris de bonne conscience, et tous persuadés que l’égalitarisme est la panacée de la démocratisation de et par l’école. Pour la suite se reporter à la version française, cinquante an plus tard, les même causes produisent les mêmes effets.
Un système scolaire qui était en 1880 le plus performant au monde, (avec celui de ces Allemands dont ils s’étaient considérablement inspirés et qui nous avaient flanqué la pâtée à Sedan car leurs soldats savaient lire et pas les nôtres — un constat qui ne fut pas pour rien dans la déccision de la IIIe République d'universaliser l'Instruction obligatoire) et notamment grâce à un certain Horace Mann (leur Jules Ferry), bref ce système s’est effondré en l’espace de quelques années , avec un petit sursaut entre 1945 et 1960 : mais dès le milieu des années soixante, l’idéologie progressive est repartie de plus belle, et pendant 20 ans.
Jusqu’au rapport alarmiste commandé par Reagan : « A nation at risk ».
Seulement c’est beaucoup plus facile de descendre la pente que de la remonter. Et les universités avaient quand même pris le relais pour combler les abysses d’ignorance des élèves des highschools. Et l’Amérique est un pays ultra décentralisé, cela n’avait pas empêché la catastrophe mais ça aide quand on veut ne pas faire comme le voisin. Certains état s’en sortent plus vite que d’autres et savez-vous d’où vient la résistance, et pourquoi c’est si dur de remonter la pente ? Il y bien sûr nombre de raisons — par exemple le fait que leurs syndicats sont au moins aussi puissants que les nôtres…
A lire pour creuser la question : Diane Ravitch : Left Back, a Century of Battles over School Reform, ED Hirsh « The Schools We Need and Why We Don’t Have Them, et des centaines d’autres ( comme Dumbing Down Our Kids, qui rappelle le « Crétin ») Il y a une version US de nos Maschino, Milner, Boutonnet, Brighelli and Co…
Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….) Ils ne sont pas sortis de l’auberge."
Danièle S.
JP Brighelli
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Commentaires
Je reçois à l'instant une note complémentaire de Danièle S., et le parcours de ses enfants éclaire singulièrement la note ci-dessus.
"Merci, JPB pour cette prompte réponse et bien sûr vous pouvez mettre mon texte sur votre blog, c'est vraiment the tip of the iceberg, tant les similitudes sont proprement effarantes; l'histoire renouvelle la tragédie avec d'autres acteurs, elle ne repasse pas les plats en farce, ou du moins si farce il y a, c'est la "minced meat" qu'elle fait avec nos espérances...on se la prend dans le croupion, et avec des "marrons" autour, pour faire bonne mesure ;-)
Cette similitude, notamment la persévérance transatlantique dans l'erreur, m'a dicté le sujet de ma thèse. J'ai appris sur le tas, avec deux enfants qui ont fait toute leur scolarité en double commande, scolarisées dans une école privée franco-américaine, elles passaient chaque année un mois ou deux en France, dans l'école de Bretagne (Ploumanach') où je les avais fait démarrer en maternelle et au CP, elles eurent une madame Le Sire, connue dans toute la région ( Perros-Guirec, Pleumeur-Bodou, Trégastel) pour son activisme pro-syllabique, du coup la petite école craquait aux coutures car la sectorisation était un concept assez souple pour son accueillant directeur.( On était en 1995)
Quand l'aînée était en 6ème ( l'autre en CM2) à l'école bilingue de Boston, elle eut une prof de français sans autre qualification qu'un vague diplôme d'anglais qu'elle enseignait à Montréal à des adultes chez Berlitz... Elle écrivait "vous faisez, vous disez"au tableau et ignorait que les participes passés n'étaient pas tous invariables, quand elle ne les mettait pas carrément à l'infinitif.
Bref, avec les parents on a rassemblé un dossier, gros comme un bottin, des preuves écrites de son incompétence et mon mari m'a offet un billet d'avion pour aller à Paris, plaider au près de L'AEFE pour qu'on nous en délivre. Notre école était à l'époque homologuée, Danièle F. était payée par le ministère, et protégée par son syndicat: l'école privée de droit américain n'a rien pu faire. Et j'ai reçu une lettre de blame du consul ( je l'ai encadrée) pour avoir porté atteinte à un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions. Deux inspecteurs sont venus et l'ont déclarée bonne pour le service!!
Cette année là, on est rentrés en France en avril et les filles ont fini l'anneee au collège des Sept Iles..
Comme en septembre Mme F. allait avoir les 6ème et 5ème, donc mes 2 filles, je les ai mises à l'école publique américaine.On payait 20.000$ par an pour qu'elles désapprennent le français et je refusais de passer encore une année à photocopier tous les jours, et pour deux cette fois, le Bescherelle, le Larousse ou une grammaire, pour corriger les fautes du prof et expliquer à toute la classe les règles de grammaire enfreintes
et on n'avait pas encore d'email à l'époque. Sur les 28 ou 30 élèves que comptaient les classes de CM2 et 6ème cette année-là 16 ont quitté l'école. Sont restés les boursiers de l'état français, ceux dont les frais de scolarité étaient payés par les employeurs des parents et ceux dont les parents faisaient l'autruche.
L'année suivante, l'école demandait l'annulation de son homologation...et madame F est rentrée en France, avec une dépression nerveuse. je ne sais où elle sévit. Elle avait une quarantaine d'années.
À l'école publique américaine, et dans un quartier pas du tout huppé, mes filles ont fait une scolarité qui leur a permis de passer un mois ou un demi trimestre en France, chaque année, jusqu’en seconde, où les profs n'en revenaient pas:
1) qu'elles puissent suivre sans encombre ( juste un pb de méthodologie, en maths, réglé avec un prof particulier, pas difficile à Lannion...)
2) de ce qu'elles leur racontaient sur la réalité de leur école: discipline, classes de niveau, « dress code » ( pas de bandanas, minijupes, capuchon sur la tête, etc)... ah oui et interdiction de fumer dans le périmètre scolaire, qui inclut la rue à 300m où les élèves prennent le bus .Il y a aussi 3 ou 4 filles voilées, dans l’indifférence générale.
Comme leur niveau de français excédait de loin celui du prof de la highschool, elles furent admises à suivre ( gratuitement) les cours de littérature française à Tufts University, à deux pas de chez nous, avec des élèves de 20-22 ans. Cela leur a épargné les affres infligées aux élèves français et à leurs parents par les adeptes de la dissection textico-stylistique que vous connaissez
Mes filles sont revenues, l’une après l’autre, en 1ère, dans leur ancienne école (devenue école internationale de Boston) pour faire le BI (Genève)La benjamine est maintenant en Terminale, l’autre a l’université, ici.
Mais au début, il a fallu à nouveau se battre avec la prof habituée au programme du bac français pour lui expliquer que le BI n’est pas soumis aux oukases de la secte susvisée. Cette fois, on a eu de la chance, madame Benali, ( Kabyle venue en France enfant) est une excellente enseignante, à la fois par sa maîtrise de la discipline et ses qualités de pédagogue, et elle a semblée soulagée, après quelque résistance pour l’honneur, de revenir à un enseignement qui ne dégoûtait pas les enfants de la littérature."
D.S.
JPB
Ecrit par : brighelli | 05 janvier 2007
Mouhahhahaha.
Oups. Pardon.
Il ne reste que cela à faire et à aiguiser ma lame par la suite. J''ai lu La crise de la culture d'Hannah Arendt la première année où j'ai enseigné. J'ai eu peur puis cela s'est calmé.
Je continue d'informer les parents.
Merci pour ce témoignage.
Ecrit par : Ordrade | 05 janvier 2007
Généraliser à partir d'un cas? Si c'est moi qui faisais ça... Il y a des nullards parmi les tenants d'une pédagogie trop "laxiste", comme vous dites. Il y en a aussi chez les pourfendeurs des sciences de l'éducation et les tenants du tout magistral. Il y a des excellents enseignants qui tiennent compte de ce qu'est l'élève en arrivant à l'école, et également des mauvais. On peut être excellent avec le Bled, et nul avec le même Bled. On peut être excellent avec le syllabique pur, et également excellent avec une méthode intercalant syllabes et textes. On peut être également excellent en travaillant alternativement sur une fable de la Fontaine et une recette de cuisine... En marquant bien la différence entre les deux, évidemment!
Par ailleurs, faire de manière implicite et pernicieuse l'amalgame entre défenseur des sciences de l'éducation et pédophile, comme vous le faites dans votre préambule, Jean-Paul, n'est pas très honorable! Et, encore une fois, je ne suis pas spécialement, loin s'en faut, un défenseur à tous crins des mêmes sciences de l'éduc.
Ecrit par : christophe sibille | 05 janvier 2007
JPB, je crois qu'il serait bon de faire disparaître le nom complet de madame F., incriminée par votre correspondante, et qui n'a pas été caviardé partout. Ce blog est là pour poser des problèmes et en débattre, pas pour servir de pilori...
Ecrit par : FGuichard | 05 janvier 2007
Les premiers défenseurs de la Progressive Education étaient des pacifistes post14-18, admirateurs de la révolution russe et du Grand soir, défenseurs du prolétariat et de la lutte des classes, bourgeoisophobes et membres d’un mouvement « anti-intellectualiste »,
Intéressante, ce rappel des racines idéologiques des tenants de l'éducation nouvelle.
Les illusions ont la vie dure, bien qu'elles s'écroulent parfois du jour au lendemain, comme le mur de Berlin, alors qu'on les croyait indestructibles.
En ce qui concerne le niveau des écoles publiques américaines il y a une trentaine d'années, je me souviens qu'il y en avait une à Saint-Cloud dans laquelle certains d'entre nous avaient des amis et qu'il y avait environ deux ans de différence entre classes de même niveau (une classe de troisième "américaine" = une classe de 5ème française.)...Et évidemment, ils étaient dispensés de faire du grec et du latin. Eh bien, bizarrement, ça ne nous faisait pas envie.
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….) Ils ne sont pas sortis de l’auberge."
C'est vrai qu'ils ont fait du mal...Mais parfois à leur corps défendant. Je pense par exemple à la fameuse phrase de la leçon inaugurale de Roland Barthes au Collège de France "Toute langue est fasciste", phrase volontairement provocatrice, à comprendre au second degré, "cum grano salis", mais interprétée au pied de la lettre par les néo-pédagogues : il faut lutter contre le fascisme en supprimant les règles (grammaire, orthographe...) Roland Barthes voulait simplement parler des règles du bon usage de Vaugelas et de la Logique/grammaire de Port-Royal, du fait qu'au XVIIème siècle, il s'est agi de fixer des règles et que des règles, c'est effectivement contraignant. On oublie un peu facilement le contexte politique des guerres de religion dont il s'agissait de sortir (le "communautarisme" de cette époque-là)...précisément en fixant les règles d'une langue commune et comme le dit Descartes d'une "pensée claire et distincte".
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
Cela fait bien longtemps qu'on sait qu'il y avait à peu près 2 ans d'écart entre un élève américain de "niveau bac"et un français, sauf que l'écart est en train de diminuer à toute allure étant donné l'effondrement de notre enseignement.
La différence tout de même est que les Etats-Unis ont quelques excellentes facs, qu'ils continuent à avoir un programme de recherche fondamentale très important, et que le privé n'hésite pas à investir pour ces facs et pour la culture. Là où ils sont moins cons aussi, c'est qu'ils ne laissent pas tomber les études littéraires au nom d'une soi-disant rentabilité. On peut faire beaucoup de choses avec un doctorat de lettres aux USA. Pas en France. Alors toutes les analyses que je lis sur: "l'éducation en France s'écroule à cause des directives européennes et de la loi du marché" me laissent rêveuse.
Ecrit par : Thalie | 05 janvier 2007
Tout à fait d'accord Thalie, les Américains ont un enseignement supérieur de qualité, investissent dans la recherche et se gardent bien de mépriser les "littéraires". Alors pourquoi imitons-nous ce qui n'allait pas chez eux et à quoi ils rémédient dans l'enseignement primaire et secondaire et pas ce qui va bien et qu'ils développent dans les universités ?
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
"L'art de la prose est solidaire du seul régime où la prose garde un sens: la démocratie. Quand l'une est menacée, l'autre l'est aussi." Sartre. Ce Monsieur que je n'aime pas beaucoup a dit parfois des choses bien, quand même.
Ecrit par : Thalie | 05 janvier 2007
Alors toutes les analyses que je lis sur: "l'éducation en France s'écroule à cause des directives européennes et de la loi du marché" me laissent rêveuse.
Oui, mais aux Etats-Unis, les Etats ont une certaine autonomie...C'est de moins en moins le cas avec l'Europe. Il semblerait que les Américains, malgré tous les défauts que nous leurs trouvons (certains sont réels, d'autres moins) aient réussi à concilier la croissance économique dans une économie de marché et une école qui reste relativement indépendante vis-à-vis de l'économie (comme le souhaitait Hannah Arendt). Je ne sais pourquoi, en France, tant de personnes continuent soit à vouloir plier l'école aux impératifs économiques (stages en entreprises dès la classe de 4ème, multiplication des BAC ultra spécialisés, projet de faire faire des stages en entreprises aux futurs enseignants...), soit à s'en prendre à ces impératifs en refusant l'économie de marché.
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
ben oui, les pédagogies centrées sur l'enfant sont un truc de vieux marxistes. Marine Le Pen ne dénonçait pas autre chose ce matin sur France Inter. Au fait, elle ne vous a pas seulement lu, JP, elle vous a appris par coeur.
Ecrit par : guy | 05 janvier 2007
Eh bien, elle n'a donc pas que de mauvaises lectures…
Vous pouvez vous féliciter que son menhir de père ait un tel sens féodal qu'il veuille encore une fois y aller : elle serait bien plius dangereuse que lui — bien plus extrême-centre, si je muis dire.
JP
Ecrit par : brighelli | 05 janvier 2007
Dangereuse ? Mais son programme pour l'école est calqué sur le vôtre ! Seriez-vous dangereux ?
Ecrit par : guy | 05 janvier 2007
Les idées de Marine Le Pen ne se résument peut-être pas qu'à son "programme pour l'école"...
Ecrit par : Candide | 05 janvier 2007
Nous y voilà. Les gens qui ne sont pas socialistes sont forcément d'extrême-droite. JPB est d'extrême droite comme d'ailleurs le SNALC. J'y ai eu droit pendant des années avec le SNALC. Je suis vacciné contre ce genre de terrorisme intellectuel. Le totalitarisme, j'en ai plutôt souffert jusqu'à présent sur ma gauche que sur ma droite.
C'est une erreur stupide de diaboliser Le Pen et ça n'empêche pas les gens de voter pour lui. Je ne suis pas un "bobo" et j'essaye d'avoir le courage de regarder la vérité en face : abolition des frontières, augmentation du prix de la vie avec le passage à l'euro, politique monétaire, mainmise de l'Europe sur la politique scolaire que JPB a raison de dénoncer...J'en passe et des meilleurs. Le Pen ne dit pas que des bêtises (de Villiers non plus).
Je préfère encore Marine Le Pen à la sainte vierge (l'autre, pas celle de Fatima) ; j'ai toujours eu horreur des faux-culs au masculin, comme au féminin. Et je me fiche éperdument ce que les gens bien-pensants peuvent en penser.
Maintenant, moi aussi je me suis fait avoir en avril 2002 au deuxième tour avec la "carte forcée" Chirac...On sait ce que ça a donné et je n'ai pas l'intention de me refaire avoir en 2007.
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
Il est pas socialiste, JPB ??? Ben il est quoi ???
Ecrit par : guy | 05 janvier 2007
En ce qui concerne le SNALC, il ne faut tout de même pas oublier qu'il y a eu il y a qq années dans certaines régions des dérapages frontistes très nets, en particulier en PACA -- ce qui a donné jour au syndicat académique SIAES, (scission anti-FN du SNALC local, noyauté par les fafs), et qui rassemble des gens très bien comme M. Jacques Mille -- je précise que je dis cela en toute objectivité puisque je suis à la FSU, nobody's perfect. A présent le ménage est fait, dit-on, mais le SIAES n'a pas pour autant regagné la maison-mère. Pour Jean : le SIAES a signé en tant que tel la pétition refondation.
Et dans la série "toc dans les gencives", un extrait plutôt encourageant du dernier édito du bulletin mensuel "SNES-Aix-Marseille" appelant à la manif nationale du 20 janvier à Paris : "Demain, des enseignants présents 35 h dans les établissements pourront tout faire, sauf enseigner évidemment, sauf aider la jeunesse à trouver les chemins de la liberté. Il est vrai que pour beaucoup la mise en place d'une école comme lieu de pacification sociale tient lieu d'ambition". Non, ce n'est pas moi qui l'ai écrit. Mais je suis heureuse qu'il ait été écrit !
Ecrit par : FGuichard | 05 janvier 2007
"Parmi les gourous-fondateurs de la Progressive Ed, ces ancêtres de nos Diafoirus pédagogistes, voici par exemple G. Stanley Hall, né en 1846 au Massachusetts, et qui aimait un peu trop les éphèbes, ce qui lui valut quelques bricoles…"
Ha, être pédagogiste, c'est une tare; mais en plus être pédé, alors là, on atteint les summums de l'immonde. Connaître ce point biographique était plus qu'utile, vous en conviendrez tous, pour reconnaître la bête dans toute sa splendeur. Mouais... Attaque basse.
Ecrit par : Pendariès | 05 janvier 2007
A C.Sibille
Il n'y a chez moi aucun amalgame entre défenseur des sciences de l'éducation et pédophile. Je considère d'ailleurs l'amalgame comme une figure de rhétorique malhonnête, au même titre que la diabolisation ou la caricature. Ce sont les armes du terrorisme intellectuel que nous combattons tous ici. L'amalgame vous est venu pour des raisons qui me sont étrangères. Je ne citais le penchant pour les petits garçons du précurseur ( et donc pas défenseur) des sciences de l'education que pour l' anecdote, Ce qui n'est hélas pas anectdotique c'est l'effet ravageur des théories fumeuses qu'il a conçues il y a 130 ans. Remontons encore plus loin, avec une autre anecdote :
"Grimm rapporte que Jean-Jacques rencontra à Strasbourg, en 1765, un M. Agar qui le salua en lui disant: Vous voyez, Monsieur, un homme qui a élevé son fils suivant les préceptes qu'il a eu le bonheur de puiser dans votre Émile. Jean-Jacques a répondu à Monsieur Agar: "Tant pis, Monsieur, pour vous et pour votre fils, tant pis". (Raymond Trousson, Jean-Jacques Rousseau, page 444). Trousson poursuit son illustration des effets dramatiques du zèle des disciples de JJ qui n'ont rien compris à l'aspect "roman" de l'Émile, pour le malheur de nos sociétés démocratiques. "Le célèbre médecin Bichat est une autre victime de cette incompréhension: son père le plongeait en novembre, quelques jours après sa naissance, dans le bassin d'une source, et l'éleva à la dure; Bichat en mourut tuberculeux à trente ans: l'esprit vivifie, la lettre tue, disait dagement Saint Paul."
Amen
DS
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
"Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….) Ils ne sont pas sortis de l’auberge."
M'sieur Brighelli, ça fait un bail que ces auteurs ne sont plus très étudiés avec sérieux dans les facs sérieuses des US...
Ecrit par : Pendariès | 05 janvier 2007
"Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….) Ils ne sont pas sortis de l’auberge."
M'sieur Brighelli, ça fait un bail que ces auteurs ne sont plus très étudiés avec sérieux dans les facs sérieuses des US...
Ecrit par : Pendariès | 05 janvier 2007
oops, Pardon, "sagement" disait Saint-Paul.
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
oops, Pardon, "sagement" disait Saint-Paul.
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
Je considère d'ailleurs l'amalgame comme une figure de rhétorique malhonnête, au même titre que la diabolisation ou la caricature.
Et ils ont une palanquée de Meirieu, et comme leur dieu c’est Bourdieu ( sans parler des autres French theorists, Derrida, Foucault, etc….)
Jeter pêle-même dans le même panier des auteurs aussi différents que le sont Bourdieu, Derrida, Barthes, Foucault, Lacan etc... et les comparer aux épigones d'un certain Meirieu ne participe-t'il pas de l'amalgame et de la caricature, un sport national typiquement français.
Ecrit par : buntovchik | 05 janvier 2007
je renvoie Pendariès sur n'importe quel French Studies Department de n'importe quelle université américaine pour prendre la mesure de la vénération qu'ils sucitent encore et toujours.
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
Et dans la série "toc dans les gencives", un extrait plutôt encourageant du dernier édito du bulletin mensuel "SNES-Aix-Marseille" appelant à la manif nationale du 20 janvier à Paris : "Demain, des enseignants présents 35 h dans les établissements pourront tout faire, sauf enseigner évidemment, sauf aider la jeunesse à trouver les chemins de la liberté.
FGuichard L'année où j'ai fait le plus grand nombre de jours de grève, je l'ai fait avec des gens du SNES, alors que j'étais sympatisant du SNALC (j'ignorais qu'il y avait une tendance lepéniste au SNALC et je n'en suis pas), Madame Royal et Monsieur Claude Allègre étant tous deux aux affaires scolaires. Au-delà des divergences politiques, nous défendions la même chose : notre dignité.
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
oops bis: "suscitent"...décidément cet instrument vous trahit aussi souvent qu'il vous conforte
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
Christophe,
Le "tout magistral" n'existe que dans votre imagination ( sauf dans les classes d'examen - lycée et fac - où personne ne songe à protester, parce que le cours magistral y est absolument nécessaire).
Quant à "travailler alternativement sur une fable de La Fontaine et une recette de cuisine"... Je n'aime pas beaucoup, ou plutôt je déteste l'expression à la mode et fort imprécise "travailler sur". Une fable de La Fontaine, cela s'"explique", cela s'"apprécie", cela "se goûte". Remarquez, une recette de cuisine aussi... La conjugaison des deux me paraît tout de même quelque peu saugrenue: je ne vois pas, en effet, ce que l'on peut tirer du rapprochement entre "100 grammes de beurre, une pincée de sel, trois oeufs" et
"Ce Roi fit toutefois un tel bruit en tombant
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse", etc.
" Ce qu'est l'enfant en arrivant à l'école" dites-vous? Un être de raison et de sensibilité, et c'est cela qui lui permet, grâce à l'école, de s'élever au-dessus des déterminations sociales. Ainsi la meilleure façon d'en tenir compte n'est-elle pas de l'instruire?
A propos, j'ai fini par trouver dans une médiathèque et le CD et la grille de "Je suis seule ce soir". Merci encore à vous.
Ecrit par : Jean | 05 janvier 2007
Pensez à consulter ( et à signer s'il vous plait) le pacte écologique
http://www.pacte-ecologique-2007.org/nicolas-hulot/index.php
je vous conseille aussi le site de Jean-Marc Jancovici:
http://www.manicore.com
et vous pouvez aussi voir le film d'Al Gore :
http://www.dailymotion.com/video/xmymz_une-verite-qui-derange
Si on s'intéresse à l'instruction des enfants, on ne peut pas ne pas s'intéresser au monde dans lequel ils vivront, donc j'espère que vous serez nombreux à consulter ces sites et à les faire connaitre.
Merci
Ecrit par : Fred | 05 janvier 2007
Buntovchik
Le lien, c'est un FAIT pas une opinion, c'est l'autel qui leur a été dressé en Amérique et la dévotion qu'ils suscitent et que je constate au quotidien, hélas, car c'est au détriment d'une richesse philosophique et littéraire laissée en friche.
Donc pas le moindre amalgame( voir le sens de ce mot) à l'horizon. S'il y a eu quelque connivicence idéologique entre Bourdieu, Derrida, Barthes, (que je ne cite d'ailleurs pas) Foucault, Lacan ( que vous rajoutez aussi au panier), il n'y a pas la consanguinité intellectuelle qui est indéniable entre Bourdieu et Meirieu et a produit les résultats que l'on sait...
Barthes, Foucault et Derrida,( mais pas Bourdieu, ni Lacan) ont fait avant de mourir d'honnêtes mea culpa, revenant sur certaines positions inconsidérées, et surtout exploitées, d'où ces mises au point indispensables car ils furent instrumentalisés, tout comme ce pauvre Tobin, Nobel d'économie, dont la taxe éponyme, oeuvre de pure théorie, exigeait un minimum d'entendement dont les anti-mondialistes étaient si visiblement dépourvus.
La récupération fallacieuse d'oeuvres par ailleurs séminales est une constante. Avec l'amalgame, elle nourrit l'arsenal du terrorisme intellectuel.
Ecrit par : Danièle | 05 janvier 2007
Ca m'amuse le coup de l'enseignante AEFE nullissime...
J'ai quitté l'enseignement, las des directives pédagogistes, mais j'avais essayé de m'éloigner doucement en demandant un poste à l'étranger à l'AEFE, ce qui m'a été refusé. Je suis quand même à l'étranger, mais je fais autre chose de plus valorisant.
«l'école mène à tout, à condition d'en sortir,... même pour les profs».
Ecrit par : zero | 05 janvier 2007
Merci pour le lien vers le film d'Al Gore que je n'ai pas eu le temps d'aller voir. C'est vrai qu'à côté des problèmes évoqués par le documentaire, nos petites histoires politiques franco françaises paraissent un peu dérisoires. Les élections américaines ont vérifié le principe de Murphy. C'est Bush qui a été élu et pas Gore...Alors, je me dis qu'en France, il faut peut-être aussi s'attendre au pire.
Il paraît que Claude Allègre nie l'existence du réchauffement planétaire et de l'effet de serre. Commmentaire d'Al Gore sur ce genre d'attitude : "Le danger ce n'est pas pas ce qu'on ignore , mais ce dont on est certain et qui ne l'est pas."
Pöurquoi c'est jamais les types intelligents qui gagnent ?
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
Zéro, l'école plait à un prof! il ne la quitte pas car il a la vocation
c le métier le plus valorisant du monde avec médecin
Ecrit par : thomy | 05 janvier 2007
"Le danger ce n'est pas pas ce qu'on ignore , mais ce dont on est certain et qui ne l'est pas."
C'est une citation de Mark TWAIN
A propos de Bourdieu. J'avais choisi d'étudier ses deux livres les plus connus : la Reproduction et les Héritiers à Nanterre dans les années 70 avec un maître assistant dont je ne dirai pas le nom et qui était membre du Parti communiste. Il voulait rendre l'étude de Bourdieu obligatoire pour tous les élèves de première année de philo. "Liberté, j'écris ton nom!"
Connnaissez-vous la profession des deux fils de Bourdieu : philosophe et sociologue...ce n'est pas de la reproduction, c'est du clonage.
Maintenant pour ceux qui douteraient du caractère profondément idéologique de l'engagement de Meirieu, il faut savoir que La Reproduction est toujours resté son livre de chevet...On est très loin de la pédagogie, c'est de la création de "l'homme nouveau" qu'il s'agit, ni plus ni moins, n'en déplaise aux naïfs qui s'imaginent que ces gens-là ne font pas de politique...Mais ils ne font que cela !
L'important est de faire marcher ses petites cellules grises et de rassembler, à l'instar d'Hercule Poirot les morceaux du puzzle : Loi d'Orientation de 89 + collège unique + FCPE + SNES + Claude Allègre + Ségolène Royal + Bourdieu + Meirieu + Charmieux + pédagogisme + lecture globale + séquences + amenuisement du "socle commun" + dévalorisation des diplômes + IUFM + alignement sur les normes néo-libérales européennes d'adaptation au marché = Fin de l'école de Condorcet et de Jules Ferry mais exaltante éclosion de l'homme nouveau et de l'école nouvelle ! (la "maison de verre" de Dostoïevski)...On en frémit d'extase !
Je n'ai pas mis le PS dans les pièces du puzzle à cause de Chevènement, mais maintenant qu'il s'est ralié...
Ecrit par : Robin | 05 janvier 2007
@ Thomy : il n'y a que ceux qui ne son pas profs qui peuvent dire que c'est un métier valorisant. Je l'ai été une quinzaine d'années, et je n'ai aucun regret d'être parti, c'est justement parce que j'avais une certaine idée de ce métier que j'ai préféré partir vers autre chose. Une vocation se ternit quand tu voies qu'on te demande de sacrifier des générations entières, ou que des incapables te passent devant parce qu'ils font ce qui plaît à la hiérarchie mais démolit les élèves.
Il n'y a pas que les rats qui quittent le navire, il y a aussi les marins consciencieux qui comprennent que le capitaine ne vaut pas le coup qu'on se fatique pour lui.
Ecrit par : zero | 05 janvier 2007
pardon «sont» à la première ligne, oups...
Ecrit par : zero | 05 janvier 2007
Merci à JPB et à Danièle pour cette vision de notre avenir possible ou probable (si la Maldonne du PS gagnait, que pèserait un Chevènement face aux copains pédagogistes ?).
On peut trouver un résumé des idées de Hirsch ici en VO : http://www.nychold.com/hirsch-termin.html
En français chez Sauver les lettres : http://www.sauv.net/terminologie.php
Pour les anglicistes, de Rita Kramer : “Ed School Follies: The Miseducation of America’s Teachers” ou un an à visiter les IUFM américains ! Constat : “épouvantables” selon l’auteur.
Est paru un livre de l’écrivain Pierre Bergounioux (professeur de lettres en collège) : École : mission accomplie. Édition : les prairies ordinaires, 203 pages, septembre 2006. 16 €. Le titre est ironique...
« Le propos, radical découle d’une analyse d’inspiration marxiste, l’auteur rappelant la prégnance de la lutte de classe comme moteur de l’histoire.
Sortir du politiquement correct, expliquer que l’égalité des chances n’existe pas, tout ce parti pris n’implique pas que l’auteur se désintéresse de son métier d’enseignant.
« “L’enfance, dit Montesquieu, est une maladie”. Nous n’avons pas à en feindre les symptômes. Les élèves ont à nous rejoindre, par effort, sur les hauteurs de l’âge. C’est là qu’ils deviendront eux-mêmes. Je parle, en classe, un français soutenu. »
Voici là une démarche qui rompt avec celle, très usuelle qui consiste à s’adapter au niveau de l’élève.
Pierre Bergounioux s’en prend aux mythes qui ont la vie dure comme celui de l’égalité des chances et de l’école libératrice.
Avec vigueur mais aussi avec talent, il dénonce un autre mythe lié au précédent, celui du Collège unique, réducteur des inégalités. »
Ecrit par : Lariba | 06 janvier 2007
"Il n'y a que ceux qui ne sont pas professeurs [s'il vous plaît!] qui peuvent dire que c'est un métier valorisant".
Pas tout à fait d'accord! Il me semble qu contraire que c'est un métier valorisant à partir du moment où on l'exerce comme la mission qui nous est confiée par la Nation de transmettre des connaissances. L'autre condition est évidemment de ne tenir aucun compte des consignes officielles pour peu qu'elles nous paraissent incompatibles avec l'heureux accomplissement de cette mission. C'est dire qu'il ne faut jamais, par exemple, lire la moindre ligne de Meirieu: sauf si l'on tient vraiment à perdre son temps et à se brouiller les idées que l'on a naturellement claires - pas lui! Je ne sais pas si l'on a déjà fait remarquer sur ce blog que de ses études de philosophie Meirieu a gardé la mauvaise habitude de truffer ses développements (déjà interminables et creux) de citations de philosophes qui sont toujours pompeuses et la plupart du temps inappropriées au contexte. Mais cela permet de constater que Meirieu est savant! Pédant, peut-être plutôt...
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
Prof, professeur, quelle importance ? Seuls les pédants en prennent la mouche.
C'est bien de croire à une mission, encore faut-il qu'elle ait un sens, on n'enseigne pas dans une bulle idéale, on est face à des élèves qui ont un passé pédagogique, il n'y a pas que Meirieu qui parasite cette fonction, il y a les hiérarchies et les examens. Mais je connais suffisamment les profs pour savoir qu'ils trouvent leur compte dans l'obéissance routinière, les meilleurs m'ont souvent déçus par leur volonté d'une carrière et la défense d'un métier qui est loin de l'idée qu'il s'en faisait en débutant.
Jean, pinaillons sur ce qui est utile : vous feriez bien de revoir les recommandations de l'Imprimerie nationale sur les espaces autour de « ! » et des « : », c'est plus important que de se révolter sur l'usage du vocable « prof », sans parler des guillemets...
Ecrit par : zero | 06 janvier 2007
Petites nouvelles supplémentaires sur Bourdieu : ses deux enfants, Jérôme et Emmanuel, ont tous les deux fait l'ENS. Le premier est sociologue, et il est au comité de rédaction de la revue Actes de la recherche en sciences sociales — créée par son père. Le second est agrégé de philo comme Papa, puis sociologue et cinéaste (Vert paradis) — c'est qu'un nom ouvre bien des portes, toute question de talent mise à part.
C'est ça, la Reproduction.
Tiens, que font les enfants de Philippe Meirieu ?
Je ne sais pas si c'est ou non valorisant d'être prof. Je sais seulement qu'au niveau indiciaire, un prof des années 60 avait rang de colonel, et qu'il a aujourd'hui rang de capitaine, dans le référentiel administratif.
Bientôt sous-off' ?
Cela dit, je m'en tape : je fais cours parce que j'adore ça. À la fois parce que j'aime transmettre, et aussi parce qu'une estrade (qu'elle y soit ou non, il est des estrades virtuelles bien plus hautes que les estrades réelles) est une formidable tribune à ego — et je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas. C'est peut-êrtre ce qui explique que l'on trouve souvent, dan ce métier, des gens à ego hypertrophié (j'en connais…), ou à ego sous-développé : les premiers s'étalent, les seconds se confortent. La classe est une tribune pour les uns, un cocon pour les autres.
Les frictions de salles des profs n'ont souvent pas d'autre origine.
Le pédagogisme est révulsé par les premiers, parce que leur narcissisme va à l'encontre de la consigne de "l'élève au centre", mais s'appuie résolument sur les seconds, qui trouvent dans les recettes, consignes et principes de la "doctrine Meirieu" de quoi conforter une personnalité un peu molle.
Quand on y pense, c'est le principe de fonctionnement de toutes les sectes et de tous les fascismes. N'avez-vous pas remarqué qu'une inspeciton, jadis, vous demandait d'être conforme une fois tous les cinq ou six ans — mais que les conseils d'enseignement, les conseils pédagogiques, les formations rectorales et autres joyeusetés modernes et envahissantes permettent désormais un contrôle bien plus prégnant ? Et qui le sera encore davantage lorsque vous serez présent 35 heures dans votre établissement. La police de la pensée est à l'œuvre — exactement comme Orwell l'avait décrite…
Et je ne suis pas sûr que les résistances qui se font jour ici ou là parviennent à mieux subvertir les tendances lourdes que la révolte stérile de Winston dans 1984. La majorité silencieuse, au fond, adore aller dans le sens de la pente — tout comme elle votera pour la Sainte Vierge, si elle parvient à maintenir jusqu'en mai cette image apaisante de mère universelle, "laissez venir à moi les petits votants", qu'elle appelle "démocratie participative" — un truc aussi démocratique que le vote des militants communistes à l'époque Thorez.
Et puis après mai, après juin — après avoir conforté l"élection de l'Immaculée avec des législatives complémentaires, on s'apercevra, trop tard comme toujours, que l'on a installé au pouvoir la dictature de la bien-pensance — Pétain-bis.
JPB
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
Zero,
"Prof" est une apocope dépréciative. C'est comme "flic" , "dirlo" ou "cureton". Si un journal autre que satirique disait "les flics" en parlant des policiers, vous en seriez; je suppose, le premier choqué. Le respect de la fonction passe aussi par le respect de sa dénomination. Il n'y a donc aucune raison de se laisser appeler "prof", et pour ma part, je fais rectifier mes élèves chaque fois qu'ils s'expriment de cette manière. Quant à l'expression, la "salle des profs", elle relève d'une familiarité un peu boy-scout qui est tout à fait trompeuse et d'une camaraderie parfaitement fictive ,puisque vous savez bien que la cordialité entre professeurs n'est souvent que relative, comme dans toutes les professions. Personnellement, cela m'a toujours gêné de parler ainsi. Mais bon, c'est entre nous.
Meirieu ne "parasite pas cette fonction", comme vous dites. Depuis vingt ans, il fait tout pour la détruire. Sa haine des "professeurs" est spectaculaire - peut-être aussi le fait de n'avoir réussi ni CAPES ni agrégation.
Avec votre "passé pédagogique des élèves", je vous trouve, pardonnez-moi, un peu grotesque. Car ledit "passé pédagogique des élèves" est vite contrôlé en début d'année: en français, vous faites une petite dictée, une rédaction sur un sujet simple, quelques vérifications de conjugaison, et vous en avez une idée largement suffisante pour pouvoir orienter ensuite votre cours de l'année... Par ailleurs, quand vous dites qu'on n'enseigne pas dans une "bulle idéale", vous découvrez le fil à couper le beurre! Vous ne vous êtes jamais aperçu, par hasard, que vous aviez en face de vous, dans votre classe, des étres vivants, bien vivants même? Allons, allons...
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
"Maintenant pour ceux qui douteraient du caractère profondément idéologique de l'engagement de Meirieu, il faut savoir que La Reproduction est toujours resté son livre de chevet...On est très loin de la pédagogie, c'est de la création de "l'homme nouveau" qu'il s'agit, ni plus ni moins, n'en déplaise aux naïfs qui s'imaginent que ces gens-là ne font pas de politique...Mais ils ne font que cela !
Robin, 5 janvier 2006
"Mais que signifie maintenir et étendre la dictature ? C'est inculquer aux millions de prolétaires l'esprit de discipline et d'organisation ; c'est créer dans les masses prolétariennes la cohésion et un rempart contre l'influence corrosive de l'élément petit-bourgeois et des habitudes petites-bourgeoises ; c'est renforcer le travail d'organisation des prolétaires en vue de rééduquer et de transformer les couches petites-bourgeoises...."
J. Staline in "Les questions du Léninisme", Editions politiques d'état, Moscou, 1951
Moi, je dis ça, mais il n'y a sans doute aucun rapport...
Ecrit par : D'Enguell | 06 janvier 2007
Bonjour,
Pour votre information, Meirieu a été nommé au conseil scientifique de l'ADEME qui est notamment chargé du recyclage des déchets bien de chez nous.
http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?catid=13757
Ecrit par : dk | 06 janvier 2007
"... les conseils d'enseignement, les conseils pédagogiques,les formations rectorales et autres joyeusetés modernes et envahissantes permettent désormais un contrôle bien plus prégnant "
Oui, j'avais remarqué et comme cela me cassait vraiment les pieds je demandais que l'on me laissât du temps pour faire correctement mon travail à savoir : préparer mes cours et corriger les devoirs, surveiller de près les abonnés absents aux contôles sur table, reprendre ce qui n'avait pas été compris. Un adjoint de direction me fit comprendre avec diplomatie que j'étais un peu trop exigeante. Trois à quatre devoirs par trimestre quand même ! Etait-ce bien nécessaire ? Le bac français pour des élèves de sections STT après tout ne constituait pas une priorité. J'ai répondu qu'un sportif se soumettait à un entraînement soutenu et régulier, qu'on devenait forgeron en forgeant, qu'une culture solide, une expression correcte, un esprit critique aiguisé et bla bla bla... et que STT ou S ou L ou tout ce qu'on voudra, cela ne changeait rien à ma détermination. Tout de même j'étais bien sévère. Coupable évidemment? mais ça ne marchait plus depuis longtemps.
Quelques mois plus tard, j'appris par des élèves croisés dans la rue que les résultats au bac avaient été satisfaisants dans l'ensemble , pour ne pas dire plus comme diraient les DUPOND et DUPONT.
J'avais quitté le navire pour sauver ma peau car sincèrement je n'en pouvais plus et physiquement je l'ai payé. Comme tout finit par des chansons, je ne regrette rien. Bonne journée.
Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 06 janvier 2007
C'est vrai, Meirieu est à l'ADEME ?
Le président est Bernard Cabaret, ex-directeur du BRGM (Bureau des Recherches géologiques et mnières), où il a succédé à Claude Allègre en 97, lorsque celui-ci a été noimmé ministre — avec un conseiller du nom de Philippe Meirieu.
À en croire un livre signé Jean-Ckaude Gawsewitch (Yanacocha, chez Michel Lafon), et un autre de Jean Montaldo (Main basse sur l'or de la France, Albin Michel), Allègre puis Cabaret n'ont pas peu contribué à faire perdre à la France de près de cinq milliards de dollars — à ce jour — dans l'affaire Yanacocha — une mine d'or péruvienne découverte par le BRGM, auquel reveniat untiers des bénéfices, et à laquelle nous avons ingénieusement renoncé — l'histoire ferait un beau film…
Il en a, de jolies relations, notre hérault de la pédagogie…
JPB
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
« et tous persuadés que l’égalitarisme est la panacée de la démocratisation de et par l’école. Pour la suite se reporter à la version française, cinquante an plus tard, les même causes produisent les mêmes effets ».
Nous pouvons nous interroger sur ce type de démocratisation qui à mes yeux n’en est pas une, car elle reflète exclusivement l’idéologie de la pensée unique.
Comme cette pensée nous dirige obligatoirement vers cette idiote idéologie du sens unique, elle tire obligatoirement l’enseignement vers le bas.
L’On peut se demander si la fabrique de crétins que tu illustres n’est pas préméditée ?
Bonne année
Marc.Rode
Ecrit par : Marc.Rode | 06 janvier 2007
Merci, Fred , pour les liens que vous avez donnés.
Ecrit par : Thalie | 06 janvier 2007
A Danièle S
Votre post apaise totalement mes craintes...Il se trouve que j'ai eu l'occasion de fréquenter quelque temps dans les années 90 une High school américaine à Freeport puis à Massapequa (Long Island). Une parente y tentait alors d'y enseigner le français et l'espagnol. Cette personne a eu comme professeur à l'Université de NYC Jacques Derrida et m'en parle souvent comme de quelqu'un qui lui a ouvert une fenêtre sur la culture européenne.
D'une façon générale je ne vous apprendrai rien à propos de cet étrange rapport qu'ont les intellectuels américains avec le vieux continent. Je pense par exemple à H. James et plus proche de nous à un Russel Banks... Et réciproquement. Cette relation, passionnelle bien souvent, entretient beaucoup de malentendus difficiles à lever ici.
Il en est de même à propos du thème du "libéralisme" que vous avez abordé et qui mériterait en soi une étude approfondie et non pas des jugements expéditifs comme l'impose le cadre de ce blog.
Il se trouve que je connais assez bien aussi le fonctionnement de l'école russe dont je dirai simplement qu'elle s'enracine comme toute autre école profondément dans la culture et l'histoire de l'Empire. Si bien qu'en résulte une organisation, des méthodes pédagogiques, des hiérarchies des disciplines etc. inexportables qui ont seulement le mérite de nous rappeler que notre école française elle aussi s'enracine profondément dans l'histoire nationale.
Il nous manque à ce propos une étude sérieuse (peut-être existe-t'elle?) qui établirait les caractéristiques du système scolaire français en rapport avec la nécessité historique toujours active d'affronter à chaque génération l'absolutisme porté par des institutions multi-séculaires.
Cette idée m'a été soufflée par un observateur étranger (russe) et connaisseur de notre système scolaire. A ses yeux et pour l'anecdote, J-P Brighelli représente la tradition bien française de lutte contre le pouvoir absolu d'essence pontifical en France. Un combat historique que les Lumières ont activé, que la Grande Révolution a enflammé et qui est loin d'être éteint.
Ecrit par : buntovchik | 06 janvier 2007
Pantouflage en attendant ... la charentaise !
Intéressant ce conseil scientifique de l'ADEME avec MEIRIEU....
J'ai enfin trouvé mon intervenant pour ma séquence (cycle 3) sur la valorisation des déchets pour l 'éveil de mon écocitoyen !
Ce matin, sur France Inter Mr BENTOLILA qui faisait sa pub... Ne vous précipitez pas encore. Comme l'a si bien dit la présentatrice (peut-on encore parler de journaliste) le livre ne sort que jeudi en librairie.
Achetez -le ... vu à la télé ! Pardon ! Promotionné sur France Inter.
Dans la même rubrique sur France Info ... Un livre sur le savoir-être commenté par une psychanalyse. Le thème : la sanction chez le jeune enfant.
A quand la sortie de la maternité de maman et de son petit avec comme cadeau : la boîte de lait en poudre sponsorisée par la maison CHARMEUX sans oublier le super DVD MEIRIEU : " Comment éduquer votre enfant entre la tarte et la couche culotte ADEME "
On n'arrête pas le progrès.
Ecrit par : Patrick(instit) | 06 janvier 2007
"Meirieu chargé du recyclage des déchets", dites-vous, dk? Il pourrait commencer par y mettre les quinze mille pages dont il est l'auteur.
Bon mot un peu facile, je le reconnais, mais tellement tentant étant donné l'infini pouvoir de nuisance du personnage sur les demi-intelligents...
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
Voir aussi l'interview de notre bon Todorov (Svetan, le structuraliste) sur France Culture (les matins du 05/01/2007 vers 8h45) à propos des excès textuels. Dans le genre "on a déconné mais pas tant que ça" c'est pas mal...
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/index.php?emission_id=25060143
Ecrit par : dk | 06 janvier 2007
Pour ceux et celles qui douteraient encore de l'omniprésence du pouvoir monarchique en France en 2007:
"La plus haute juridiction administrative a annulé vendredi une décision du tribunal administratif de Paris autorisant une association d'extrême droite à distribuer aux sans-abris de la capitale cette nourriture à base de porc".
Qu'est ce que ce Conseil d'Etat sinon une résurgence au début de la troisième république du discours monarchique et absolutiste. Un discours toujours actif comme on peut voir et tout à fait compatible avec le discours libéral du Ministre de l'Intérieur.
Ecrit par : buntovchik | 06 janvier 2007
En vous lisant, Patrick(instit), je me fais des réflexions sur l'humour auquel nous pouvons nous livrer à propos de Meirieu. Il y a, je crois, à son sujet, un humour qui est bien gentil et qui en définitive risque de contribuer à la popularité du personnage, comme votre idée des couches-culottes ADEME ( sur un autre blog je l'ai entendu appeler "notre Philou", ce qui est presque affectueux...). Or il ne faut jamais perdre de vue que l'objectif de Meirieu, c'est d'en finir une bonne fois avec "le professeur qui transmet des connaissances". C'est donc quelqu'un de dangereux au sujet duquel il ne faut pas plaisanter à la légère. Car pendant que nous , nous instruisons nos élèves, conformément à la mission qui nous a été confiée par la Nation s'exprimant dans la Constitution ("enseigner est un devoir de l'Etat, s'instruire est un droit"), pendant que nous, nous leur apprenons ce qu'est un "complément du nom" parce qu'ils en auront besoin pour comprendre le génitif en allemand et donc pour s'exprimer utilement dans cette langue de nos voisins européens, Monsieur Meirieu bavarde, Monsieur Meirieu cause, Monsieur Meirieu pérore, juge, édicte, pontifie, Monsieur Meirieu passe son temps, à nos frais, à expliquer que nous nous y prenons de la mauvaise façon, que ce n'est pas ainsi qu'on fait la classe, que nous ne cherchons qu'à faire "trébucher nos élèves"(sic). Stratège en chambre, comme disaient les Grecs.
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
Je suis très honoré, comme disait Mme Hanska quand elle couchait avec l'agent OO O1, d'être un descendant des Lumières…
Je rappelle à tous la dernière (enfin : l'une des dernières, le bougre en avait constitué tout un stock) phrase de Victor Hugo : "C'est ici le coimbat du jour et de la nuit." Et Goethe mourant : "Encore un peu de lumière…"
Eh oui, depuis toujours, il y a la tentation d el'ombre, et le combat pour la lumière.
Prométhéen, tout ça…
Si on en revenait à des choses plus terre à terre…
Aux enseignants de passage ici : quel sera le sujet de votre premier cours lundi à huit heures ?
Enfin — ceux qui bossent le lundi, puisque grâce à Ségolène, tout le monde sait désormais que c'est une profession de feignasses qui passent leurs loisirs à enseigner dans le privé pour gagner encore plus d'argent — chez Acadomia, par exemple, à huit euros de l'heure : mais c'est résevé aux enseignants-hommes, les enseignantes préfèrent, intelligemment, faire des ménages pendant leurs loisirs, c'est mieux payé.
JPB
PS. "Il nous manque, écrit Buntovchik, une étude sérieuse (peut-être existe-t'elle?) qui établirait les caractéristiques du système scolaire français en rapport avec la nécessité historique toujours active d'affronter à chaque génération l'absolutisme porté par des institutions multi-séculaires."
C'est une bonne idée. Si ça n'existe pas, écrivez-la, mon cher.
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
A dk :
N’est-il pas quelque peu réducteur de désigner Todorov par la seule expression (péjorative à vos yeux) : « le structuraliste » ? Il y a longtemps que cet homme a prouvé par ses écrits que le structuralisme et l’obsession de la forme étaient fort éloignés de ses préoccupations (Voir par exemple « Le Jardin imparfait »).
On peut s’en convaincre en lisant au moins une de ses interventions, qui me paraît très sensée, disponible sur le site Eduscol :
http://eduscol.education.fr/D0033/actfran_todorov.htm
A Buntovchik :
Vous avez bien sûr oublié d’ajouter à votre fine critique du Conseil d’Etat que, malgré tout, vous vous réjouissiez d’une telle décision, qui condamne une initiative clairement raciste.
Ecrit par : Candide | 06 janvier 2007
A propos de penseurs français aux Etats-Unis, il y en a un dont on ne parle, à mon avis, pas suffisamment, c'est René Girard, qui fut professeur de littérature comparée à l'université de Stanford. Lisez "Mensonge romantique et vérité romanesque" (Ed. Grasset) où il revisite les oeuvres de Cervantès, de Stendhal de Proust, de Dostoïevski...à la lumière de son intuition fondamentale sur le caractère "mimétique" des comportements humains.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
A propos de penseurs français aux Etats-Unis, il y en a un dont on ne parle, à mon avis, pas assez, c'est René Girard, qui fut professeur de littérature comparée à l'université de Stanford. Lisez "Mensonge romantique et vérité romanesque" (Ed. Grasset) où il revisite les oeuvres de Cervantès, de Stendhal de Proust, de Dostoïevski...à la lumière de son intuition fondamentale sur le caractère "mimétique" des comportements humains.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
De "feignasses qui ne songent qu'à faire trébucher leurs élèves". Royal-Meirieu, même combat!
Ecrit par : Jean | 06 janvier 2007
A dk :
N’est-il pas quelque peu réducteur de désigner Todorov par la seule expression (péjorative à vos yeux) : « le structuraliste »
Loin de moi l'idée de mettre une nuance péjorative dans le terme "structuraliste". C'était uniquement pour situer le Todorov en question! Il faut résister à la sur-signification permanente et parano ! L'important est ce qui est dit dans l'interview.
Ecrit par : dk | 06 janvier 2007
Pour JPB et collègues
Ce lundi 8 janvier pour mes CM1 CM2
*************************
MATIN :
Voeux rituels !
*********
Proverbe du jour sur cahier jour
(Un proverbe qui remplace la morale !)
Je dicte un proverbe . la parole circule pour le sens puis dictée.
Correction . Si erreur l'élève le copie 5 fois pour le lendemain
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Ecoute musicale
Une oeuvre (classique ou jazz) suivie d'un Petit propos de ma part pour situer le compositeur
*******************
Anglais
Une moitié de ma classe part en Anglais :-( ....... avec Vidia :-) une jolie étudiante indienne. Je profite avec le reste de la classe pour faire de la manipulation géométrique (compas, équerre sur des figures variées)
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récréation
************************
Retour classe .
Calcul mental à l'ardoise
tables et fractions
*********************
Géométrie : Nous commençons les angles . Cours , manipulation ....
******************
Midi Cantine
******************
APRES-MIDI
Français
grille orthographique que je conçois selon thème orthographique ou grammaticale voir ma page sur
http://doumanescau.free.fr/page4.html
15 mn pour remplir cette grille
puis correction individuelle et collective
rappels des règles !
*************
Histoire
Nous commençons les grandes découvertes et inventions
************************
Récré :-)
*********************
Dictée.
je dicte au hasard 5 phrases de la GO précédente (Grille orthographique du début d'après midi ) : phrase modèle ou celle d'un élève. (Mémorisation immédiate )
Correction
*****************
Poésie de V. Hugo
une nouvelle pour cette nouvelle semaine , assez longue à écrire ... Mais cela fait du bien !
" Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
de venir dans ma chambre un peu chaque matin
j e l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère .......
à vous la suite !
****************
Les enfants adorent. Si si !!!
Donnez- leur de l'or, pas du sable .....me disait un prof d'IUFM (Il y en a de bons parfois )
Devoirs (chut ! je sais depuis 1955 ! )
Poésie jusqu'à ... arabesque folle
5 opérations (divisions)
proverbe à copier 5 fois
Bonne journée !
Ecrit par : Patrick(instit) | 06 janvier 2007
« Si on en revenait à des choses plus terre à terre…
Aux enseignants de passage ici : quel sera le sujet de votre premier cours lundi à huit heures ? »
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
J’attaque avec la déclaration de guerre de Merteuil à Valmont.
Dans l’après-midi, quand sera fini le tohu-bohu de la reprise, j’ai rendez-vous sur la lande avec trois charmantes créatures, afin d’y rencontrer… Macbeth.
Ecrit par : candide | 06 janvier 2007
A propos du structuralisme...A tout seigneur, tout honneur...Cette appréciation de Girard page 130-131 dans "Des choses cachées..." sur Claude Lévy-Strauss :
"On ne souligne pas assez le caractère invraisemblable, proprement fantastique de la conception lévi-straussienne. Il n'est pas raisonnable, il n'est pas même pensable d'attribuer à la mythologie tout entière le projet de Paul Valéry dans La Jeune Parque : décrire le pensée naissante, la conception première - immaculée bien sûr - de la pensée humaine...Si surprenant qu'elle paraisse d'abord, la thèse du lynchage fondateur est bien plus vraisemblable que celle de Lévy-Strauss. La mythologie, pour moi, n'a nullement le projet poético-philosophique incroyable que lui attribue le structuralisme. Son vrai projet, c'est de se remémorer les crises et le lynchage fondateur, les séquences événementielles qui ont constitué ou reconstitué l'ordre culturel (...)
Mais un hommage, tout de même : "Ce qui rend Lévi-Strauss précieux (et la méthode structuraliste en général)...c'est qu'il (elle) nous apporte tous les éléments de la genèse vraie sans jamais comprendre à quoi il (elle) a affaire : "élimination radicale"..."action positivement qualifiée"..."fragment négativement qualifié", etc. Rien ne manque à l'exception de l'essentiel, bien sûr, de ce mimétisme des rapports humains qui, après avoir décomposé violemment les structures de la communauté, déclenche le mécanisme de "bouc émissaire" qui assure leur recomposition.
C'est ce que je disais à MGuichard l'autre fois à propos de l'exclusion du "référent" dans la critique d'inspiration structuraliste : une extraordinaire habileté (on peut même parler de génie chez Derrida) à suivre le jeu des signifiés et des signifiants mais on voudrait bien savoir exactement de quoi ils parlent.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Dans l’après-midi, quand sera fini le tohu-bohu de la reprise, j’ai rendez-vous sur la lande avec trois charmantes créatures, afin d’y rencontrer… Macbeth.
Seraient-elles capables de lire dans leur chaudron l'issue des élections présidentielles de 2007 ?
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Jean-Paul, je suis un feignant! Je ne commence qu'à dix heures lundi... (Avec les PE1). Mais j'y serai bien avant pour "chauffer la salle".
Ecrit par : christophe sibille | 06 janvier 2007
Seraient-elles capables de lire dans leur chaudron l'issue des élections présidentielles de 2007 ?
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Je le leur demanderai, mais vous savez qu'il faut se méfier de ces prophétesses imprécises.
Quoi qu'il en soit, tout le problème est de savoir ce que chaque "thane" est capable de faire pour se hisser sur le trône !
On peut au moins rassurer Lady Macbeth : peu de prétendants me semblent avoir cette "nature trop pleine du lait de la bonté humaine pour aller droit au but".
Ecrit par : Candide | 06 janvier 2007
" Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
de venir dans ma chambre un peu chaque matin
j e l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère .......
à vous la suite !
...Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J'appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu'elle est morte! Hélas! que Dieu m'assiste !
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.
Et plus que tous les mots, que bénies soient les larmes.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
On peut au moins rassurer Lady Macbeth : peu de prétendants me semblent avoir cette "nature trop pleine du lait de la bonté humaine pour aller droit au but".
Alors tant mieux. Mais espérons que "le lait de la bonté humaine", ne se transforme pas, à l'instar de celui de Lady Macbeth... en fiel.
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
Victor Hugo faisait donc de la grammaire avec ses enfants...S'ils apprennent ça, les "pédagos" vont le traîner dans la boue !
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
j"e renvoie Pendariès sur n'importe quel French Studies Department de n'importe quelle université américaine pour prendre la mesure de la vénération qu'ils sucitent encore et toujours."
Oui, pour les French studies.... Les Français parlent aux Français. Mais quant aux autres sections beaucoup plus intéressantes, la French theory, elle est complètement mise à part, voire oubliée. J'irai voir par moi-même à Standford en février.
Ecrit par : Pendariès | 06 janvier 2007
Heureux lascar qui a le temps de visiter les grandes universités américaines, pendant que ses aînés bossent !
JPB, mort de jalousie - enfin, pas trop, vu le nombre de pattes blanches qu'il faut montrer pour entrer aux USA en ce moment. Ça dissuade.
Ecrit par : brighelli | 06 janvier 2007
Je le leur demanderai, mais vous savez qu'il faut se méfier de ces prophétesses imprécises
Ce n'est pas de leurs prophéties imprécises qu'il faut se méfier, mais de leurs très précises suggestions !
Ecrit par : Robin | 06 janvier 2007
Pour moi lundi matin c’est… TPE !
Ces bidules étaient censés changer tout, blablabla… vus du haut des chaires des sciences de l’éducation.
Au bahut, nous appelons ça « regarder pousser l’herbe » tellement ces deux heures sont palpitantes, pour les trois professeurs (!) ainsi que pour les zaprenans.
Ecrit par : Lariba | 06 janvier 2007
A lire de toute urgence... Un texte délicieux, écrit par Célestin Freinet en... 1959! http://education.blogs.liberation.fr/carnet/files/freinetglobale.pdf
Ecrit par : christophe sibille | 06 janvier 2007
« Ma vie à son déclin
Ne garde que des feuilles jaunies et desséchées.
A tout ce qui devrait entourer la vieillesse,
Honneur, amour, respect, et des légions d’amis,
Je ne dois pas m’attendre ; (…) »
Signé Mac B. ou Jacques C. ?
Ecrit par : Candide | 06 janvier 2007
Patrick et Robin, merci pour cette belle poésie de V.H.
Je cherche depuis toujours de qui peuvent bien être ces vers retenus depuis mon enfance.
"Quand j'étais jeune comme toi, ma petite fille si belle,
On mettait le soir de Nôël
Dans l'âtre un beau rondin de bois".
Anne-Marie
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 06 janvier 2007
Eh bien, j'ai lu, on dirait du Goigoux revu par Meirieu.
Je ne vois pas ce que ce texte a de "délicieux".
Il contient toutes les idées du pédagogisme.
Effectivement, la méthode globale a commencé à sévir dès l'après guerre, mais à petites doses, la plupart des enseignants du primaire faisant de la résistance. A cette époque, on osait prononcer ces mots, méthode globale, puis il y a une trentaine d'années, il s'est transformé en "mixte", "semi-globale", "naturelle " (Freinet), et depuis peu a été rebaptisée par l'inéfable Goigoux "intégrative". On entend dire fréquemment : "La méthode globale n'a jamais été enseignée", ce qui est une escroquerie intellectuelle.
Dans les IUFM, dont la plupart sont tenus par des gens issus des fameuses sciences de l'éducation, on ne présente même pas aux futurs "maîtres" les méthodes alphabétiques, qui ont appris à lire à des millions d'enfants (dont Freinet, moi-même, et vous-même, Christophe ) si ce n'est pour s'en moquer, et voilà où on en est.
Les maîtres qui utilisent des méthodes alphabétiques ne le font souvent que tardivement, ayant lu par hasard un livre comme "La dyslexie, une vrai-fausse épidémie", de Colette Ouzilou, ou le livre de Marc Le Bris, ces livres ayant un tel accent de vérité qu'ils ont entraîné leur adhésion.
De plus, les bons "instituteurs", qui souvent revendiquent ce titre, sont sanctionnés, menacés, mal notés, déplacés, brimés, reçoivent des pressions intolérables des inspecteurs qui marchent la plupart du temps la main dans la main avec Meirieu et compagnie. Fracko est une véritable terreur dans l'Académie de Lille.
Franchement, je mets dix coudées au-dessus le texte de Mme Wettstein-Badour, que vous n'avez probablement pas lu.
Mais selon ses paroles prophétiques, une chose mettra à mal les pédagogues : les progrès attendus de l'IRM : je sens que des grands chercheurs comme Franck Ramus sont en train de préparer leur retournement de veste.
Anne-Marie.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 06 janvier 2007
Anne-Marie le futur directeur du laboratoire spin du CEA (situé à Saclay) est très clair sur les méthodes de lectures - même si les neurosciences dénient la spécificité de la nature humaine en nous assimilant à des rats de laboratoire.
Bonne lecture. Philippe
Portrait
Stanislas Dehaene, des maths plein la tête
LE MONDE | 05.05.06 | 15h39 • Mis à jour le 05.05.06 | 15h40
Benjamin de l'Académie des sciences, professeur au Collège de France et patron d'un laboratoire de 35 personnes : à 40 ans, Stanislas Dehaene n'a pas perdu son temps. En psychologie expérimentale, c'est sans précédent. Seuls des mathématiciens ont été plus précoces - chez eux, l'équivalent du Nobel n'est pas remis après cet âge limite. Justement, Stanislas Dehaene a d'abord été mathématicien. Cette discipline est restée au coeur de sa recherche, montrant que les nombres font partie des catégories mentales présentes dès la naissance qui organisent notre perception du monde. Au même titre que l'espace et le temps. "C'est une idée kantienne. Le sens des nombres est un paramètre aussi simple à extraire que celui des couleurs", avance-t-il.
Encore fallait-il le prouver. C'est pourquoi ce collectionneur de casse-tête se tient, dans son laboratoire du service hospitalier Frédéric-Joliot, à Orsay, à la croisée de la physique - pour les instruments d'imagerie cérébrale -, de la psychologie expérimentale - pour l'étude du comportement -, de la médecine - pour les cas cliniques - et de la théorie - pour proposer des modèles explicatifs.
Avant d'être un objet d'étude, les maths ont été pour lui un véhicule : "En France, dit-il, être bon en maths permet d'accéder aux grandes écoles. On voit ensuite ce qu'on veut faire." Admis dans cette discipline à l'Ecole normale supérieure, il bifurque donc vers le laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques de Jacques Mehler.
C'est que, depuis l'adolescence, il nourrit une passion pour le cerveau. "Peut-être parce que l'époque baignait dans l'intelligence artificielle." C'était aussi les débuts de l'informatique individuelle, avec le Tandy TRS80 familial sur lequel lui et ses trois frères ont fait tourner leurs premiers programmes. Il ne nie pas l'influence de son père, chef du service de pédiatrie à Roubaix et spécialiste du syndrome alcoolique foetal.
Laurent Cohen, qui préparait une thèse chez Jacques Mehler et est aujourd'hui son collaborateur à la Pitié-Salpêtrière, se souvient du jour où "Stan" est arrivé : "Il m'a posé deux bonnes questions, difficiles", se souvient-il. Le novice contacte bientôt Jean-Pierre Changeux. "J'avais lu L'Homme neuronal. J'avais 19 ans et j'étais très impressionné." Le neurobiologiste a besoin d'un matheux pour développer des modèles neuronaux. Il est aussitôt "fasciné par la rapidité d'analyse" du jeune homme.
Le dialogue se poursuit aujourd'hui, à raison d'une ou deux réunions par mois, et Stanislas Dehaene sait que son "maître" n'est pas étranger à sa nomination au Collège de France. Mais il la doit aussi à son flair. Dans les années 1980, des passerelles s'établissent entre biologie, mathématiques et physique théorique. "On avait le sentiment que s'ouvrait une nouvelle voie, vers la conception d'un cerveau théorique, raconte le physicien Gérard Toulouse (ENS). Stanislas a très bien vu l'ensemble des pistes possibles. Il a fait le bon choix en s'orientant vers le champ expérimental." C'est l'époque où les pionniers de l'imagerie cérébrale commencent à montrer le cerveau pensant, grâce à l'IRM (imagerie par résonance magnétique). Stanislas Dehaene passera lui-même des IRM pour découvrir qu'il fait partie des 4 % de droitiers dont l'aire du langage se trouve dans l'hémisphère droit. "Dans les courbes, je suis souvent un point anormal", dit-il.
Entré à l'Inserm, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, en 1989, il rejoint le service d'imagerie du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) à Orsay, après avoir passé deux ans à Eugene (Oregon), dans le laboratoire de Michael Posner : "Une sorte de Mecque de ce qui allait former la psychologie cognitive expérimentale." Il y apporte rapidement sa pierre, avec son épouse Ghislaine, membre de son laboratoire et cosignataire de nombre de ses articles. Ses équipes touchent à tout : l'intuition mathématique chez les Indiens d'Amazonie, la capacité à visualiser les lettres en couleurs (synesthésie), comme Rimbaud dans "Voyelles", ou encore les troubles du calcul ou la dyslexie.
Ces travaux le mènent à l'étude de la conscience. Les derniers montrent que, sans le percevoir consciemment, le cerveau peut traiter le sens des mots. Rien, selon lui, qui permette de jeter un pont vers la psychanalyse. "L'inconscient sur lequel nous travaillons est extrêmement simple. Les grands anciens avaient vu qu'une immense part du traitement cérébral était non consciente, mais ils n'avaient pas envie de mettre à l'épreuve leurs conceptions, lâche-t-il. C'est là que nous nous séparons." La récente expertise collective de l'Inserm sur les troubles de conduite chez l'enfant et l'adolescent lui a parfois paru "maladroite" dans ses formulations. Mais il ne fait pas de doute pour lui que certains enfants peuvent être aidés "y compris par des moyens pharmaceutiques". La querelle actuelle viendrait du dualisme à la Descartes, qui a la vie dure : "Il y a un peu d'angélisme à penser qu'on peut prendre le dessus sur notre propre cerveau, regrette-t-il. En réalité, l'ensemble de notre personnalité est un état de notre cerveau."
Voyant en celui-ci un organe plastique, son équipe travaille à la mise au point de logiciels ludiques visant à améliorer l'appréhension des nombres par des enfants menacés de "dyscalculie". Passionné de pédagogie, père de trois garçons - "des matheux" -, il donne raison au ministre de l'éducation Gilles de Robien d'avoir banni la méthode globale des salles de classe. "La lecture globale est une illusion : le cerveau décompose le mot et le recompose. Et ça, il faut l'apprendre."
Il ne s'est pas mêlé du mouvement des chercheurs. Au contraire, il fait partie du comité de pilotage de la nouvelle Agence nationale de la recherche (ANR), qui évitera, selon lui, "le saupoudrage des moyens". Il reconnaît que son équipe n'est pas à plaindre. Elle devrait emménager à la fin de l'année dans Neurospin, un nouveau laboratoire du CEA près de Saclay, entièrement consacré à l'imagerie cérébrale. Cette perspective l'a guéri de la "tentation d'Harvard", qui touche parfois certains cerveaux français.
Hervé Morin
Ecrit par : Philippe Delarouzée | 06 janvier 2007
Anne-Marie Valette, voici les dix arguments principaux qu’utilisent les « pédago-globalistes » pour se justifier ou comment balader les parents avec des slogans. Il s’agit d’une liste “made in USA” par des parents qui résistent :
1. « Tout va pour le mieux ».
2. « Nous enseignons la syllabique ».
3. « Aucune méthode n’est la meilleure ».
4. « Le français n’est pas phonétique ».
5. « Lire un mot à haute voix ce n’est pas lire »
6. « Votre enfant n’est pas prêt ».
7. « Votre enfant est handicapé ».
8. « C’est la faute des parents ».
9. « Trop de télévision ».
10. « Nous, nous enseignons à tous les enfants sans distinction ».
Ecrit par : Azimont | 06 janvier 2007
On peut croire à la fable de la mort de la French Theory et aller à Standford en février. Les orphelins de la cause du peuple croient encore à celle du Grand Soir et sont inconsolables
Non seulement en ce Jour des Rois 2007, mais depuis 17 ans, à Harvard et à Boston University, après Penn et NYU, j'ai vu naître et prospérer la political correctness, cadeau empoisonné d'une spécialité française exportée sur les campus US et infiniment plus nuisible que le foie gras: Le "démon de la théorie". ( titre du livre d'Antoigne Compagnon, traduit par "Literature, Theory and Common sense", qui exprime en un raccourci saisissant la destruction du francais par la secte constructiviste stylisto-textique) .
Ce démon, c'est Rosemary's baby et il n'a pas été nourri au "milk of human kindness". Il recrute parmi les Champagne Socialists ( GB) et Radical chic ( US) qui propagent la culture du soupçon, l'obsession du complot, et la haine du succès, de l'Amérique et du bourgeois. ( voilà pourquoi Girard et tant d'autres ne sont pas du nombre)
Je préfère un Flaubert qui signait Bourgeoisophobus parcequ'avec la disparition des mécènes de l'aristocratie les génies littéraires du 19e siècle crevaient de faim.
Malgré des repentirs du bout des lèvres, le triangle Sollers-Todotov-Kristeva est bien membre fondateur et toujours actif de la secte susnommée
mais c'est comme Jospin, qui n'est pas et n'a jamais été trotskyste. Voyons, puisqu'on vous dit que c'est son frère...
Dans le même registre, un autre titre qui se passe de commentaire: Daniel Flynn, "Intellectual Morons: How ideology makes smart people fall for stupid ideas" (2004).De Chomski à Kinsey, de Howard Zinn à Betty Friedan, une belle brochette, où on retrouve bien sûr aussi les inévitables gourous du pédagogiquement correct, ou pédagogos...
Ecrit par : Danièle | 06 janvier 2007
Lettre au gouvernement, aux partis d'opposition au gouvernement, aux syndicats de l'Education nationale, aux media
Montpellier, le 7 janvier 2007
Je présente mes meilleurs voeux aux destinataires de cette lettre dont le sujet est l'opposition entre le discours gouvernemental de communication médiatique et la réalité des actes politiques telle qu'elle apparaît dans la manière dont sont considérés les professeurs appartenant au corps des PEGC.
Les professeurs PEGC, pour beaucoup issus des écoles normales d'instituteurs -symboles de méritocratie républicaine- enseignants bivalents dans les collèges, ont été ou sont traités avec mépris par les gouvernements des législatures présente et précédente, et aussi par certains syndicats politisés de l'éducation -ce qui exclut SNCL et SNALC- et certaines chaînes du groupe France Télévisions.
D'abord le Ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, refuse de répondre à la question suivante:
"Monsieur le Ministre, étant donné que vous évoquez fréquemment l'intérêt de la bivalence des professeurs dans l'enseignement secondaire ainsi que la rémunération des fonctionnaires au mérite, considérez-vous comme juste que les enseignants PEGC n'aient en pratique pas le droit d'atteindre l'échelon 5 de la classe exceptionnelle des PEGC correspondant à l'indice terminal de rémunération des enseignants certifiés, alors que leur compétence n'est pas inférieure à celle des enseignants certifiés formés aujourd'hui dans un contexte de dévalorisation des diplômes -de nombreux professeurs de classes préparatoires aux grandes écoles dénoncent le faible niveau du CAPES- et qu'ils accomplissent un travail plus difficle que les certifiés à cause de leur bivalence qui contribue à des économies de gestion dans le Ministère?
Entendez-vous prendre des mesures avant la fin de la législature pour mettre fin à cette discrimination?
Pour précisions un enseignant certifié au déroulement de carrière moyen atteint cet indice de rémunération alors qu'un enseignant PEGC à la carrière exemplaire avec un surcroît d'années travaillées à la suite de la nécessaire réforme des retraites, ne peut l'atteindre en pratique: seuls 13 enseignants PEGC sur 45.000 à la retraite ont atteint cet indice car le délai de passage entre échelons de rémunération est de 3 ans pour les certifiés en fin de carrière là où il est de 4 ans pour les PEGC, la réduction de ce délai à un an entre échelons 4 et 5 de la classe exceptionnelle des PEGC constituerait une mesure d'équité au coût 150 fois inférieur environ aux largesses gouvernementales accordées aux buralistes."
Les louanges vantant la bivalence des professeurs de la part d'un Ministre de l'Education appartenant à une droite se disant sociale ne constituent qu'affichage masquant mal la réalité d'un profond mépris: Gilles de Robien a le temps de parader dans des programmes télévisés participant de la mediocratie et même d'y rire à des propos dont le niveau éthique et intellectuel est pathétique mais n'a pas le temps de répondre à un professeur qui lui adresse une question.
Que doit penser le peuple lorsque ses dirigeants n'ont plus le courage ni de faire des réformes ambitieuses ni de répondre précisément aux questions que les citoyens leur adressent à travers leurs représentants?
Hélas, Gilles de Robien n'est pas seul en cause;
Le Parti Socialiste défendant prétendument l'équité sociale a refusé l'égalité de traitement entre enseignants PEGC et enseignants certifiés par un arbitrage du Premier Ministre Lionel Jospin; la démagogie anti-professeurs de Claude Alègre et de Ségolène Royal, outre le fait qu'elle manque de la dignité la plus élémentaire que tout citoyen est en droit d'attendre de la part de personnalités occupant des fonctions éminentes, empêche la réforme au lieu de la favoriser: les réformes ne sont possibles que si ceux à qui il est demandé de consentir des efforts sont respectés et au terme d'une négociation sociale reçoivent des contreparties, la réforme du système universitaire sera possible si en échange de l'autonomie, de l'évaluation, de la sélection, de la concurrence, l'Etat double le budget affecté aux universités; la proposition de Ségolène Royal sur le soutien scolaire ignore qu'un élève pas assez attentif aux cours à 8 heures du matin au collège le sera encore moins à 17 heures en fin d'après-midi: "parents, vous n'aurez plus rien à faire, on va s'occuper de vos enfants du matin jusqu'au soir"; ces réformettes proposant des heures "bidon" sont de la poudre aux yeux dissimulant la diminution de l'horaire hebdomadaire en enseignements fondamentaux, par exemple en classe de 6e l'horaire de français est passé de 6 heures à 4 heures et demie; cette démagogie participe de la décadence d'une société dont certaines pseudo élites flattent les bas instincts du peuple en le déresponsabilisant, espérant recevoir des voix en échange pour arriver au pouvoir et s'y maintenir, c'est la méthode mitterrando-chiraquienne où une certaine idée de soi-même prime sur une certaine idée de la France.
François Bayrou se complait à dénoncer la faillite du système politique en restant au niveau des généralités, or en tant que Ministre de l'Education il n'a fait aucune des réformes de structure indispensables à la survie de l'Education nationale comme institution élevant le peuple au lieu de fabriquer des crétins que quelques trotskystes croyaient par une pédagogie infantilisante modeler selon leur idéologie alors que les "crétins" deviennent des esclaves de la société de consommation: dévalorisation des diplômes -instructions données pour surnoter Brevet et BAC, menaces sur les professeurs de philosophie de supprimer leur matière s'ils ne surnotent pas, le BAC ne sanctionne plus un niveau d'études mais un objectif de pourcentage de réussite en fonction duquel sont établis des barèmes- absence d'autonomie des universités, aucun gouvernement UMPSDF n'a cherché à sauver le système éducatif de ces facteurs majeurs de médiocrité nivellant par le bas alors que pléthore de rapports et d'expériences à l'étranger unanimement indiquent les réformes à faire, dont ce que fait Tony Blair outre Manche, mais Tony Blair est travailliste et non socialiste et il préfère le libéralisme politique de citoyens éclairés exerçant leur responsabilité individuelle plutôt que la soumission à des idéologies neo/post-marxistes dont l'expérience a prouvé l'échec.
La responsabilité des syndicats politisés est la même, d'ailleurs politiques et syndicats ont cogéré l'Education nationale, en particulier lorsque François Bayrou était Ministre; ils défendent des revendications quantitatives au lieu de privilégier le qualitatif, niant que la productivité s'applique à l'éducation sous prétexte qu'il serait difficile de la mesurer, pourtant il suffit de faire le rapport entre la baisse du niveau en langue française des élèves entrant en sixième et l'explosion des dépenses du système éducatif pour trouver que la productivité du système a baissé -Ségolène Royal propose de faire encore baisser la productivité du système en payant des professeurs à donner d'inefficaces cours de soutien, mais pour la mediocratie l'important est que le peuple ait l'impression que les problèmes sont traités par l'agitation médiatique, au lieu d'indispensables réformes de structure; les étudiants ou diplômés de l'enseignement supérieur dont les écrits comportent de nombreuses fautes d'orthographe n'ont ni mémoire -pour se souvenir de l'orthographe des mots- ni logique -les règles d'orthographe sont logiques- ni ne comprennent la structure des mots -l'étymologie est utile à l'orthographe; pourquoi une personne qui n'a pas les capacités de concentration, de mémoire, de logique, d'assimilation, pour écrire correctement aurait ces capacités pour n'importe quelle discipline intellectuelle, qu'il s'agisse de mathématiques abstraites ou de technologie?
Les syndicats politisés non seulement ne défendent pas mais aussi cherchent à décrédibiliser les enseignants PEGC: lorsqu'à juste titre Gilles de Robien a défendu l'intérêt pédagogique et financier pour l'Education nationale de l'existence de professeurs bivalents -essentiellement les PEGC- la chaîne de télévision France 2 a convoqué un militant de la LCR qui a émis un jugement de valeur discréditant les PEGC sans argument, comme s'il s'agissait de l'avis d'un expert, sans qu'il soit précisé à l'antenne son appartenance à la LCR, et le médiateur de France Télévisions m'a refusé un droit de réponse; France 3 Sud a invité un membre de la FSU qui a discrédité les professeurs bivalents en mettant en doute leur compétence sans argument non plus; ce genre de personnes politisées incapables de justifier leurs jugements par le moindre argument donnent de l'institution Education nationale l'image déplorable d'une institution incapable de former des citoyens à la raison critique, libre de toute idéologie.
Une équipe du magazine Envoyé Spécial de la chaîne France 2 venue filmer la réalité du collège dans lequel j'enseigne français et anglais a conçu un reportage à partir d'un abus de confiance: après avoir annoncé par surprise qu'ils venaient pour une simple prise de vue des élèves entrant dans la salle de classe, les reporters sont restés pendant la durée du cours et ont monté des images pour orienter le reportage en fonction du scénario qu'ils avaient fabriqué à l'avance, il s'agit de manipulation déformant la réalité, et le droit de réponse m'a été refusé également.
Quand des politiques, syndicalistes et media qui par leur lâcheté politique sont responsables de l'effondrement du système républicain méprisent voire discréditent un corps de professeurs issu du système républicain méritocratique tel qu'il a existé et tel qu'il n'existe plus, il convient de s'interroger sur l'avenir de la nation.
J'appelle les media qui se veulent indépendants de tout pouvoir idéologique et politique à stimuler plus encore l'esprit critique des citoyens et en particulier à poser à Gilles de Robien la question devant laquelle il se dérobe.
S. Durand, professeur dans l'Académie de Montpellier
Ecrit par : S. Durand | 07 janvier 2007
1. « Tout va pour le mieux ».
2. « Nous enseignons la syllabique ».
3. « Aucune méthode n’est la meilleure ».
4. « Le français n’est pas phonétique ».
5. « Lire un mot à haute voix ce n’est pas lire »
6. « Votre enfant n’est pas prêt ».
7. « Votre enfant est handicapé ».
8. « C’est la faute des parents ».
9. « Trop de télévision ».
10. « Nous, nous enseignons à tous les enfants sans distinction ».
Ecrit par : Azimont | 06 janvier 2007
Voilà encore une fois l'art de mélanger le sensé et le l'absurde!
-Tous les gens un peu sérieux reconnaissent, par exemple, que l'excès de télévision, (et surtout de l'usage de certains programmes) nuit gravement aux apprentissages (et à l'éducation, soit dit en passant).
-Le défaut d'éducation fréquent rend également, dans les premières années d'école, la tâche des instits extrêmement difficile, mais ce n'est pas exactement:
-"la faute des parents", comme il l'est dit de manière extrêmement abusive et caricaturale dans cette espèce d'inventaire à la Prévert, un peu ridicule à défaut d'être "ridiculisant", (et qui se veut certainement drôle) présenté ci-dessus.
-Personne n'a dit: "tout va pour le mieux".
-Effectivement, la plupart des instits enseignent la syllabique.
-Venez dans les classes pour prendre conscience du fait que la lecture à haute voix y est couramment préconisée...
Etc. Quel mélange!
Ecrit par : christophe sibille | 07 janvier 2007
"Une équipe du magazine Envoyé Spécial de la chaîne France 2 venue filmer la réalité du collège dans lequel j'enseigne français et anglais a conçu un reportage à partir d'un abus de confiance: après avoir annoncé par surprise qu'ils venaient pour une simple prise de vue des élèves entrant dans la salle de classe, les reporters sont restés pendant la durée du cours et ont monté des images pour orienter le reportage en fonction du scénario qu'ils avaient fabriqué à l'avance, il s'agit de manipulation déformant la réalité, et le droit de réponse m'a été refusé également."
écrit S. Durand…
Pouvez-vous être plus explicite, cher (chère ?) collègue. Le reportage de France 2 a-t-il été diffusé ? Quand ? Avec quelles intentions — que "scénario fabriqué à l'avance" ?
Attentivement vôtre…
JPB
Ecrit par : brighelli | 07 janvier 2007
Bonjour
La télévision : quel impact sur nos enfants ?
A lire si vous le souhaitez ce petit sondage local sur 550 enfants de primaire et secondaire. Une action et réflexion , ici et maintenant.
http://parolesdinstit.blog.lemonde.fr/category/television/
Cordialement
Ecrit par : Patrick(instit) | 07 janvier 2007
1. « Tout va pour le mieux ».
2. « Nous enseignons la syllabique ».
3. « Aucune méthode n’est la meilleure ».
4. « Le français n’est pas phonétique ».
5. « Lire un mot à haute voix ce n’est pas lire »
6. « Votre enfant n’est pas prêt ».
7. « Votre enfant est handicapé ».
8. « C’est la faute des parents ».
9. « Trop de télévision ».
10. « Nous, nous enseignons à tous les enfants sans distinction ». Azimont.
Hélas Christophe, j'aimerais vous croire mais je peux vous présenter dès demain (ou même dès aujourd'hui, un petit tour sur le forum de france 2, rubrique éducation) de nombreux collègues qui raisonnent ainsi.
Ecrit par : catmano | 07 janvier 2007
11. attendez les vacances de noël/pâques/etc, il va avoir le "déclic".
12. Nous sommes des professionnels
13. Laissez nous faire
Zont pas encore compris que c'est certains parents qui refont tout (plus ou moins bien, avec le minimum de temps par jour) à la maison. Les autres font confiances...
Mais ils sont de moins en moins nombreux tous les jours ;)
Ecrit par : toto | 07 janvier 2007
reportage diffusé dans l'émission Envoyé Spécial au début de l'année 2003 sur France 2 dont une partie du scénario oppose une pédagogie dite moderne à une pédagogie dite classique au mépris de la réalité
le sujet principal du reportage est la BD Titeuf, utilisée par une de mes collègues dans son enseignement -ce que je ne cautionne pas!- et mon enseignement a été caricaturé comme traditionnel par opposition, ce qui est faux
ma collègue était prévenue du reportage ce qui n'était pas mon cas, les reporters sont venus à l'improviste filmer ce qui les arrangeait pour illustrer leur scenario bâclé
mediocratie: mediocrité qui gouverne dans les mass media dont la télévision publique
l'Etat français obèse voulant s'occuper de tout en déresponsabilisant les citoyens ne s'occupe bien de rien, en particulier de sa télévision dont certaines émissions font honte à l'idéal universaliste
Ecrit par : S. Durand | 07 janvier 2007
"La lecture globale est une illusion : le cerveau décompose le mot et le recompose. Et ça, il faut l'apprendre."
L'Astuce dans Léo&Léa, c'est que le gamin aura le cerveau qui 'composera' le mot 'directement', sans avoir besoin de le décomposer ET donc de le recomposer ensuite.... Moi je trouve ça un peu fastidieu...
Je vous laisse réfléchir à ça :)
Ecrit par : toto | 07 janvier 2007
Il faut beaucoup de "bravitude" pour franchir les grilles de certains établissements scolaires et aller y enseigner.
Ecrit par : Thalie | 07 janvier 2007
L'Astuce dans Léo&Léa, c'est que le gamin aura le cerveau qui 'composera' le mot 'directement', sans avoir besoin de le décomposer ET donc de le recomposer ensuite.... Moi je trouve ça un peu fastidieu...
Je vous laisse réfléchir à ça :)
Je ne sais pas toto ; Je ne connais pas le manuel de lecture Léo et Léa. Tout ce que je sais, c'est que tout ce qui vaut un peu la peine dans la vie est "fastidieux" (avec un x, ça vient du latin "fastidiosus", qui provoque le dégoût)...surtout au début. L'alternance du goût et du dégoût, de la peine et du plaisir, de la joie et de la tristesse, de l'effort et du repos...C'est une Loi de la vie, personne n'y peut rien et les pédagogues ont tort de l'ignorer avec leur pédagogie du plaisir, du jeu...
On se lasse très vite de ce qu'on a obtenu sans effort. C'est le "bonheur obligatoire " qui est "fastidieux".
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
...Evidemment, ça n'empêche pas de "mettre du miel au bord de la coupe" et de faire des récréations.
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
Bonjour,
D'abord je tiens à vous féliciter de votre admirable "esprit de révolte" qui nous manque tellement en Allemagne, où les dominants (politiciens, bureaucrates ...) peuvent nous imposer n'importe quoi, sûrs qu'on leur obéira, surtout les profs. Et des syndicats, n'en parlons plus!
Mais il y une chose sur votre blog qui me paraît peu sérieux. Je constate une tendance vers des règlements de comptes. Vous n'analysez pas assez la "structure", vous vous en prenez trop souvent aux "structurants", pour reprendre les expressions de Bourdieu. Et ainsi vous avez recours aux arguments "ad hominem". C'est la structure sociale, économique etc. qui "produit" des Meirieu, des Royal, des Sarkozy ou des Merkel. Si M. Meirieu n'existait pas, vous auriez un autre maître à penser pédagogiste! D'ailleurs, le portrait que quelques collègues dessinent de Bourdieu est beaucoup trop simpliste. Et les professions de ses fils ne disent rien sur la validité de ses thèses.
Ce qui m'a choqué un peu, c'est qu'un collègue a écrit sur ce blog préférer Mme le Pen à Mme Royal. Vous savez, chez nous, en Allemagne, on s'y connaît en fachismes, et j'ai beaucoup de difficultés à comprendre qu'un enseignant pourtant très cultivé et aimant sa profession puisse écrire une telle "bêtise" (excusez, mais je ne trouve pas d'autre expression) a-politique et dangereuse.
Cordialement
Wolfgang Walkiewicz
Ecrit par : wolfgang walkiewicz | 07 janvier 2007
Ce qui m'a choqué un peu, c'est qu'un collègue a écrit sur ce blog préférer Mme le Pen à Mme Royal. Vous savez, chez nous, en Allemagne, on s'y connaît en fascismes, et j'ai beaucoup de difficultés à comprendre qu'un enseignant pourtant très cultivé et aimant sa profession puisse écrire une telle "bêtise" (excusez, mais je ne trouve pas d'autre expression) a-politique et dangereuse.
Cher Wolfgang (quel beau pseudonyme ou quel beau prénom !)
Ne prenez pas tout ce que nous disons sue ce blog au pied de la lettre. Nous avons en France le "politiquement correct", comme vous, sans doute aussi en Allemagne et il y a des moments où on a envie de faire un peu de provocation. Je sais bien que votre pays s'y connaît en matière de fascisme. Mais pour avoir voyagé un peu dans les pays de l'Est et en particulier dans l'ex Allemagne de l'Est avant la chute du mur de Berlin, j'ai eu l'occasion de m'apercevoir qu'il existait aussi...un fascisme de gauche, tout aussi redoutable, sinon plus que l'autre et qui a duré beaucoup plus longtemps (de 1933 à 1945 pour l'un et de 1917 à 1999 pour l'autre, faites les comptes). Je sais qu'il faut dire fascisme pour le régime de Mussolini et nazisme pour celui de Hitler...je pense en écrivant ces lignes à mon ami le poète roumain Radu Marès qui a cessé brusquement de m'écrire dans les années 80 et je n'ai pas envie de m'étendre sur ce sujet...Il y a des choses qui font trop mal.
Je maintiens ce que j'ai dit au sujet de Ségolène Royal, toutes idées politiques mises à part, je trouve Marine Le Pen plus sympathique, humainement parlant, et plus "franche du collier". L'avenir nous dira laquelle des deux est la plus "dangereuse" comme vous dites...Mais le problème, comme vous le savez, est que Marine Le Pen n'a aucune chance de devenir, du moins dans l'immédiat, présidente de la République.
En ce qui concerne le primat de la structure sur les "sujets", il s'agit-là d'une pétition de principe structuraliste à laquelle il n'est pas obligatoire d'adhérer. L'une des caractéristiques du structuralisme, comme nous l'expliqua un jour Mickaël Dufresne étant de nier la liberté humaine et l'autonomie du sujet....Même Michel Foucault, à la fin de sa vie est revenu, comme vous le savez, sur les conséquences éthiques et politiques de son épistémologie.
Je crois, en ce qui me concerne, au primat des personnes sur les structures.
Ecrit par : Robin | 07 janvier 2007
Merci à Wolfgang pour cette remise au point indispensable!
Catmano, il faudrait quand même qu'on m'explique comment on peut raisonner, (je dirais plutot: "résonner", en l'occurence) sur, simultanément:
-Tout va pour le mieux
et
-C'est la faute à la télévision.
Ne serait-ce que sur ces deux point, l'inventaire suscité me paraît pour le moins bizarre!
Thalie, j'ai effectivement entendu Mme Royal parler de sa "bravitude". Et je suis à peu près persuadé que, de sa part, ce n'était effectivement pas humoristique! (Je soupçonne cette brave candidate toujours primée d'être d'ailleurs totalement dépourvue de cette qualité primordiale).
Ecrit par : christophe sibille | 07 janvier 2007
Je réponds au lien de Patrick sur la télévision ( lien que je viens de visiter ).
Je confirme le fait que la télévision n'est en rien une occupation majeure des jeunes gens ( au hasard, ni mes élèves ni mes enfants ne s'en soucient ) . Son rôle majeur date du temps où ell



