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09 décembre 2006

La loi de Murphy

La loi de Murphy

Mercredi 6 décembre, Libération, ce moribond qui n'en finit pas de mordre, a publié deux "Rebonds" qui valaient chacun leur pesant de bêtise. Le premier (http://www.liberation.fr/rebonds/221402.FR.php) signé par un certain Romero, ancien enseignant, auteur de "l'Ecole des riches, l'école des pauvres" (Syros, 2001) reprend les propositions de Sainte Ségo : "Bien sûr, écrit cet honnête homme, que les professeurs devraient passer plus de temps dans leur établissement ! Non pas pour y corriger leurs copies, mais pour y travailler ensemble à mettre en œuvre des démarches pédagogiques cohérentes à l'intention des enfants les plus démunis, les plus éperdus…" Pas pour corriger leurs copies, dit-il : j'imagine qu'ils n'en auront plus, bientôt… Ce brave garçon, dont je ne mets pas en doute un seul instant la sincérité — oh, comme je préfère, au fond, le vice intelligent à la vertu stupide ! — se bat pour la démocratisation, et conclut : "Nous avons été nombreux ces dernières années à dire, publiquement et sur tous les tons, que la ghettoïsation conjuguée au communautarisme et travaillée par l'intégrisme religieux conduisait à des catastrophes dont les événements de l'automne 2005, dans certains quartiers, sont un avant-goût."
Et il a raison. Ce qu'il ne voit pas, c'est que cette communautarisation, cette violence, cette ghettoïsation, sont le pur produit de trente ans de pédagogie loukoum et, justement, de "démocratisation", arme de destruction massive de la République. Il a encore l'espoir chevillé au corps que la "pédagogie d'équipe" évitera de transformer le système éducatif en "entreprise productrice de «ressources humaines»" — mais nous y sommes, et sans que Sarkozy y soit pour rien !
Etrange pays où des ambitions de gauche ont réalisé ce que la droite la plus libérale n'avait jamais osé rêver.

Plus grave. Dans le même numéro (Libé se surpasse, ces derniers temps), une seconde tribune (http://www.liberation.fr/rebonds/221404.FR.php) de l'ineffable Jean-Michel Zakhartchouk-tchouk-nougat (voir les insultes du capitaine Haddock, http://jeanpe.free.fr/tintin/dico-insultes-22.html), qui critique, du haut de son savoir considérable, les propositions d'Alain Bentolila et d'Erik Orsenna sur l'apprentissage de la grammaire. Et d'affirmer qu'il s'agit là d'idées simples (donc simplistes — forcément !), et que "l'observation réfléchie de la langue", la fameuse ORL (en clair, la grammaire de texte, étudiée au petit bonheur la chance de ce que l'on met sous les yeux des élèves, par opposition à la grammaire de phrase, qui suppose l'apprentissage systématique du code) est un gage d'égalité…
Et de glisser — là était son vrai sujet, le reste n'était que prétexte indéfendable — sur le soutien aux élèves en difficulté, qu'un candidat propose de rémunérer aux enseignants qui s'y collent, et qu'une autre candidate propose d'imposer à tous ces paresseux qui hantent les couloirs des collèges et des lycées — plus démago que Ségo, tu meurs… Et Zakhartchouk de conclure : "Donner des moyens (qui seront d'ailleurs probablement pris sur des projets culturels ou sur des dispositifs innovants) pour développer des études, sans avoir réfléchi sur leur contenu, en se contentant de jouer sur l'envie de gagner plus, tout cela ne résoudra nullement l'échec scolaire. Mais il est vrai que les jeunes ne seront pas dans la rue, si toutefois ces études sont obligatoires. Comprenons-nous bien : mettre en place un véritable accompagnement scolaire dans et hors de l'école (avec le secteur associatif) est une excellente chose, mais pas dans n'importe quelles conditions et pas à la place d'une réflexion globale sur les manières d'enseigner à tous, pour tous."
Nous y voici : réflexion globale sur la manière d'enseigner et les "dispositifs innovants" (traduisons, pour ceux qui ne parlent pas le Meirieu dans le texte : faire de la pédagogie l'alpha et l'oméga du travail de classe, au détriment des savoirs savants), et proposition de couplage avec les "associations" (lesquelles ? Choisies ou repérées sur quels critères ? Zakhartchouk sait-il combien d'associations sont infiltrées par des sectes, des partis ou des extrémistes de tout poil ?). "Souhaitons, conclut cette éminente éminence, qu'il y ait de vrais débats, à l'occasion des élections présidentielles, où on donnerait la parole non à des idéologues et à des inquisiteurs méprisants, mais à des praticiens et des chercheurs qui savent de quoi ils parlent." Ah, les chercheurs !
J'imagine que l'idéologue méprisant, c'est moi, c'est vous, qui sommes des pragmatiques : tous ceux qui voudraient que les enfants se hissent à leur plus haut point de compétence — l'inverse du Principe de Peter ("tout individu tend vers son plus haut point d'incompétence") dont les IUFM ont fait leur fière devise — en apprenant, en travaillant, en s'efforçant. Est-ce si difficile à comprendre ?
Je quitte à l'instant une ancienne directrice d'école qui utilise une partie de son temps libre à tenter de récupérer les élèves assommés par un système qui ne leur donne rien à faire. Elle a vu, me disait-elle, l'idéologie pédagogiste envahir peu à peu les notes administratives, les programmes, les recommandations — et formater le langage des inspecteurs. Une gangrène, dont nous allons crever — à coup sûr.
Parce que je crois que la Sainte Vierge est dans une spirale ascendante — parce que seul le pire est sûr, dès qu'on entre dans un système irrationnel. Ces gens-là — les Zakhartchouk, les Frackowiack, les Charmeux, les Bégaudeau et autres "chercheurs" pas du tout idéologues — seront au pouvoir dans quelques mois. En attendant, il faut dénoncer, inlassablement, les idéologies mortifères qui sont à l'œuvre derrière ces discours compassés (n'est-ce pas un mot un peu long ? Je m'interroge…) et haineux. Se battre jusqu'au bout : ce blog, je vous le dis, c'est Alamo.

Jean-Paul Brighelli

PS (si je puis dire…) : Je vous demande instamment, à tous, d'aller en masse poster des "observations réfléchies" sur le site de la Sainte Vierge consacré aux questions d'éducation (http://www.desirsdavenir.org/debats/list.php?93). Cela ne servira à rien, parce que tout est déjà décidé par une poignée de "démocrates" tyranniques, mais c'est bien plus beau lorsque c'est inutile, et autant ne pas laisser de champ aux idéologues de la Pensée Unique et des Cahiers pédagogiques réunis.

Commentaires

Je quitte le bâteau - ne j'aime pas l'apocalypse des saintes vierges (oh quel joli titre pour un roman)! Ne me le piquez pas! Je l'envoie à la SACED!!!!

Écrit par : Pendariès | 09 décembre 2006

Quitter le bâteau, si il coule? Oui, comme mon grand-père à Dunkerque!!!! L'angoisse que vous me mettez Jean-Paul!

Écrit par : Pendariès | 09 décembre 2006

PS (si je puis dire…) : Je vous demande instamment, à tous, d'aller en masse poster des "observations réfléchies" sur le site de la Sainte Vierge consacré aux questions d'éducation (http://www.desirsdavenir.org/debats/list.php?93). Cela ne servira à rien, parce que tout est déjà décidé par une poignée de "démocrates" tyranniques, mais c'est bien plus beau lorsque c'est inutile, et autant ne pas laisser de champ aux idéologues de la Pensée Unique et des Cahiers pédagogiques réunis.


J'ai essayé, ça ne sert à rien, mon texte n'a pas été censuré mais publié plus de douze heures après son envoi à la place qu'il devait occuper vu son heure d'expédition donc noyé dans la masse. Nous ne sommes pas assez nombreux à nous sentit concernés et les modérateurs sont très vigilants. Il faudrait s'organiser pour poster toutes les demi-heures un texte, nuit et jour.
J'ai choisi d'œuvrer sur le forum éducation de France2 et au sein de ma section ce qui n'est guère facile car tout propos trop franc se heurte au discours bien en cour

Écrit par : dobolino | 09 décembre 2006

Je compatis, Dobolino, je compatis…
Le forum de France 2 n'est pas une mauvaise idée. Mais je vais quand même essayer de poster des choses (prises ici, pourquoi pas ?) sur le forum de l'Immaculée Contraception, comme disait Bérurier.
JPB

Écrit par : brighelli | 09 décembre 2006

ce blog, je vous le dis, c'est Alamo.

Franchement, j'aurai choisi autre chose:

1° Parce que franchement, la conquête du Texas par Houston et ses sbires imbibés...
2° La bande-annonce sur les Thermopyles me fait penser à l'une des plus belles phrases fondatrices du monde occidental :
"Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour obéir à ses lois"
3° De façon plus égoïste, je pense à ma peau (parce que si un homme revint des Thermopyles, nu ne revint...je peux être celui-là).

Écrit par : Guillaume | 09 décembre 2006

Dans le même genre que les interventions que vous signalez, un blog qui, lui aussi, vaut le détour (enfin, si l'on peut dire):
http://parouchangerlecole.blog.lemonde.fr
(en espérant que ce blog n'a pas encore été signalé ici et que je ne "pollue" donc pas ce site)
Notons que les auteurs de ce blog sont exactement sur la même longueur d'onde que Ségolène Royal dans sa fameuse vidéo lorsqu'ils présentent le renouvellement des générations de professeurs comme une "chance"...

Écrit par : Meles | 09 décembre 2006

Une chose qui va faire plaisir aux bloggers d'ici; un article de Cavanna, dans le dernier Charlie-Hebdo, tout à la gloire de la grammaire.

Écrit par : christophe sibille | 09 décembre 2006

IF...

Même si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot continuer de faire cours
Ou perdre en un seul coup le gain de cent dictées
Sans un geste et sans un soupir

Si tu peux enseigner sans en devenir fou
Et te sentant haï par tous ces pédagogues
Pourtant lutter et te défendre

Si tu peux rester digne sans être démago
Si tu peux rester peuple sans conseiller Royal
Et si tu peux aimer les brigheliens en frères
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi

Ne deviens jamais prof. mon fils !

Écrit par : Robin | 09 décembre 2006

Christophe, je cite dans mon dernier livre une réflexion (ancienne) de Cavanna, racontant qu'il se disputait avec les siens en italiens, descendait l'escalier et continuait la dispute en français…
Sphère privée, sphère publique… Comme il le raontait dans "Rital", ça ne lui a pas trop mal réussi.
JPB

Écrit par : brighelli | 09 décembre 2006

Personne ne vous hait, Robin! Allez en paix...
Vous savez, Jean-Paul, je connais assez bien Cavanna... Et il termine son article en disant: "oui, je sais, je suis un vieux con".
Cordialement, et bon week-end.
Petite question qui n'a rien à voir; connaissez-vous Perico Légasse?

Écrit par : christophe sibille | 09 décembre 2006

Non — tout ce que jen sais, c'est qu'il est chroniqueur gastronomique — je le fus moi-même un temps, pour Gault&Millau…
JPB

Écrit par : brighelli | 09 décembre 2006

Bravo pour cet article !

J'ai trouvé un autre Alamo, également "fort" sympathique...

http://leshussardsnoirs.hautetfort.com/

Écrit par : Jules | 09 décembre 2006

Je ne savais pas qu'"Alamo" était un fief vendéen... et je doute que les combats de Villiers soient vraiment ceux de JPB...

Écrit par : Meles | 09 décembre 2006

par curiosité je lis ce blog , m'étais promis de ne pas y mettre mon petit grain de sel mais cette fois "trop c'est trop"!
Notre république a cette "exception française" de, régulièrement, mettre au centre de campagnes politiques les problèmes de l'école.Ce qui, sur le fond, n'est évidemment pas criticable...Quels que soient les opinions et votes:
1/ chaque citoyen(ne) est concerné à toutes sortes de titres, a quelque chose à dire et a ses idées...
2/ plus sérieusement: il n'y a pas d'école, de projet de réforme, de loi...qui ne soit pas aussi et d'abord un projet de "société" même si, à première vue des querelles dignes du Lutrin ( de Boileau!) sur les méthodes dites globales, syllabiques, la dictée ou la grammaire ou le calcul ne semblent pas "politiques"!
3/ ce qui paraît sidérant: ce blog ( articles de J.P.B., commentaires ) a une drôle de conception des responsabilités de tout citoyen(ne), professeur...Admettrait-on d'un élève à qui on apprend l'Histoire, l'instruction civique de réduire les enjeux des élections aux seuls sujets et intérêts de telle catégorie, corporation, communauté, identititarisme ou grands mots -fétiches censés être universels et communs mais auxquels chacun donne tous les sens possibles et les plus opposés!...De juger les programmes des candidats à la seule aune de ce qui fait recette (pour des campagnes fonctionnant au "mediatique, au "communicant", aux électeurs pris comme des cibles des plus consumérites , évaluées par x sondages et audimat...)
Et que penser du fait que sur ce blog à partir de quelques mots de tels ou tels candidats qui déchainent x blogs et medias, on juge les uns et les autres en faisant tout le déni de ce qui est une offense permanente à des citoyen(ne)s encore attachés aux acquis et à quels prix des luttes de tant de philosophes, écrivains...,citoyens...pour les droits de l'homme, de la femme, des enfants ( universels) , les services publics dont ceux de l'école..., un peu moins d'inégalités, de misères...
3/ Les dieux sont-ils tombés sur la t^te, J.P.B.? C'est vrai que ça sent le marxisme le plus primaire ou la sociologie , l'Histoire ou la pédagogie des plus infâmes que de penser que ce n'est pas telle ou telle méthode d'apprentissage dans la fabrique du crétin qui a mené des enfants, jeunes ( en tout cas ceux et celles qui ne font pas partie de minorité de privilégiés) à de telles "crises" mais une société qui de plus en plus aggrave les inégalités sur des valeurs totalement opposées à celles de l'humanisme...
4/ Et puis ça suffit: professeur, ouf, retraitée , syndicaliste , mère et grand'mère et essayant de faire mon boulot correctement avec une centaine de lycéens , bien des collègues, parents et "chefs" de nos hiérarchies ( en 40 ans où diable on a eu des jeunes différents, une société qui bougeait dans un monde qui bougeait) je ne comprenais pas toujours et comprends de moins en moins ( ça doit être l'effet de l'âge!):personne n'a jamais obligé , vu nos statuts,toute la palette de syndicats et associations, qui que ce soit , en tout cas les titulaires, à obéir aux ordres des "chefs" quand étaient contre notre conscience de pédagogues ( quitte à avoir des petits ennuis, ne pas faire x carrières...!). Les lois qui ont été votées, les réformes entreprises et bien, nous avions les moyens ( certes limités) de les discuter, combattre ou mettre en oeuvre en tant que citoyens, syndicalistes, associatifs...
Et puis, je sais bien que c'est à la mode: mais c'est vraiment ubuesque que les mêmes blogueurs, intellectuels mediatiques dénoncent la "démocratie" au nom de la république. Démocratie d'opinion ( j'ai lu Tocqueville autrefois avant que ça ne devienne une bible) mais alors pourquoi rentrer dans le jeu des plus dangereux des démagogues et des recettes de propagandes de notre ère dite de l'info et de la communication...
Je crains ( sans évidemment savoir ce que je pourrais bien voter ) que dans je ne sais combien d'années nos enfants, petits-enfants, élèves..se demandent comme nous nous sommes demandé sur des périodes des plus infâmes de notre histoire comment nous avons pu, braves citoyen(ne)s modestes ou stars intellocrates, avec les meilleures intentions du monde ou cynismes (in)conscients donner le pouvoir à...
Pourquoi sur ce blog on ne lit pas quelques appels à au moins consulter quelques sites sur x lois des plus liberticides, sur quelques pratiques dignes de Vichy...concernant de près, hélas, des élèves qui sont ceux de l'école républicaine???

Écrit par : marianne, avec ironie | 09 décembre 2006

Cher Jean Paul

Je viens de parcourir "Désir d'avenir"
et suis tombé sur cette intervention concernant l'exemplarité de l'enseignant

Il est d'une Sophie (malheureuse ou sage que sais-je ?). Elle écrivait à Ségolène sa copine :

boissiere sophie Ecrivait:
----------
> certes l'éducation nationale n'est plus
> l'instruction nationale mais en effet les adultes
> en générale y compris et surtout les
> fonctionnaires de l'education nationale doivent
> être des exemples, des références et ne pas
> craindre de s'imposer comme les garants d'une
> "morale républicaine"


...... Et Ségolène de répondre dans l'immédiateté . C'est une vraie Madonne, celle-là, car répondre à une internaute lambda, fut- elle une fille de la Sagesse c'est bien de l'ordre du miracle . Des milliers de messages et Ste Madonne nous distille sa réponse aussitôt . Je la croyais par monts et par vau..... bref on va faire comme si....


"Votre remarque, Sophie, est frappée au coin du bon sens mais vous avez 1000 fois raison de rappeler cette évidence. Et ce rappel est d'autant plus urgent qu'il s'adresse à TOUS les fonctionnaires, pas seulement les fonctionnaires de l'EN. Ces personnages, censés représenter la nation devraient être exemplaires en tout, c'est-à-dire bannir de leur comportement toute acte ou attitude criminels, délictueux voire même ambigus, tels que :
- absentéisme abusif, désinvolture, manque de courtoisie;
- fraude, travail au noir, concussion, prévarication;
- corruption, subornation, mensonge, faux témoignage;
- persécution, pédophilie, non assistance à personne en danger;
- désobéissance, sédition, conjuration;
- népotisme, favoritisme, arbitraire, discrimination;
- voire, tout simplement, l'absence de dévouement à la cause publique.

Voilà quelques idées nouvelles (qui ont certes quelques relents de IIIe République, mais qu'importe) propres à agrémenter utilement la campagne électorale." dixit le site de Désirs davenir

**************************
Jaurès, Blum, revenez...... Ils sont devenus fous !!!! OUI votre Blog , c'est fort Alamo . On crèvera tous ici , mais debouts !

Cordialement

Écrit par : Patrick (Instit) | 09 décembre 2006

Je ne savais pas qu'"Alamo" était un fief vendéen... et je doute que les combats de Villiers soient vraiment ceux de JPB...

Il est par contre certain que c'est un fief texan et il y a encore moins de doute que les combats de Bush ne soient pas ceux de JPB. Les livres de ce dernier donnent des idées à droite, faut-il s'en offusquer ?
Quant à parler de récupération politique, ceux d'en face s'en chargent déjà avec joie.

Et De Robien pourrait-il trouver grâce à vos yeux avec pareil texte (désolé pour la longueur mais un discours intelligent de ministre de l'E.N on n'en voit pas souvent passer) :

Discours prononcé à l'ESEN lors de la remise du rapport Bentolila :

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de saluer la présence du professeur Bentolila, du professeur Desmarchelier, de l'écrivain et académicien Erik Orsenna, mais également du professeur Pierre Brunel. Merci également aux membres de l'Inspection générale d'avoir répondu à mon invitation.
Cette semaine est une semaine décidément très riche pour l'Éducation nationale !

Avant-hier, j'ai présenté les grandes orientations du cahier des charges de la formation des maîtres.
Aujourd'hui, je vais vous indiquer les grandes orientations que je veux retenir du rapport qui m'a été remis par le professeur Bentolila, rapport élaboré avec la collaboration d'Erik Orsenna et du professeur Desmarchelier.

Je voudrais commencer par adresser tous mes remerciements aux trois auteurs pour leur remarquable travail. C'est un rapport concis, qui va droit au but, un rapport qui sait ce qu'il veut dire, et qui le dit avec clarté et force !

De ce rapport, je retiens d'abord trois choses :

une volonté ;
un constat ;
enfin, des propositions de rénovation.
une volonté

Une volonté tout d'abord : donner à l'enseignement de la grammaire la place qu'il mérite.

La grammaire, dont Erik Orsenna disait qu'elle est "une chanson douce", est souvent associée à quelque chose de rébarbatif. On pense à un simple étiquetage de mots : adjectif, verbes, pronoms, articles, etc. Comme si la grammaire ne servait qu'à découper la langue, à rompre son unité.
Ce n'est pas du tout l'objet de l'enseignement de la grammaire !
La connaissance des règles de grammaire n'est pas une servitude : c'est un instrument de maîtrise de la langue. C'est donc un instrument de liberté !
Pour reprendre la terminologie du socle commun des connaissances, je dirais volontiers que la grammaire n'est pas seulement une connaissance : savoir que tel mot est un verbe ou un sujet ; la grammaire est un savoir vivant, qui nous donne aussi une compétence : savoir nous servir de notre langue, en respectant ses règles.
L'ordre juste : c'est l'ordre des mots, celui qu'enseigne la grammaire ! Un ordre qu'elle nous apprend à utiliser à notre profit, pour nous exprimer mieux, et plus efficacement.
Mais évidemment, il faut acquérir cette compétence méthodiquement. Car il en va aussi de notre capacité à raisonner !
N'oublions pas qu'il y a aussi un lien très étroit entre la grammaire et la logique. Former les élèves à manipuler ces petits mots que sont "donc", "or", "par conséquent", c'est leur donner les outils de base du raisonnement scientifique.
Enfin, il me semble que la grammaire ne permet pas seulement de structurer ce qu'on dit, mais aussi ce qu'on est. Analyser grammaticalement une phrase aussi simple que "je vous parle" me permet de me situer comme sujet d'une action, dans un rapport avec d'autres personnes. Bref, la grammaire, c'est la charpente de notre langue mais aussi celle de notre personne dans son rapport aux autres. La grammaire crée le lien social !


Un constat

Le second point que je retiens de ce rapport, c'est son constat : l'Éducation nationale ne dispose pas aujourd'hui des bons moyens pour enseigner la grammaire aux enfants.
Ce n'est pas parce qu'elle ne l'a pas voulu !
Car les bonnes intentions sont évidentes ! Mais, j'ai la conviction qu'avec de bonnes intentions, on a affaibli l'enseignement de la grammaire.
On a voulu rendre l'enseignement de la grammaire plus ludique car on craignait que les élèves ne trouvent rébarbatif l'enseignement de la grammaire.
En réalité, il s'est passé tout l'inverse de ce que l'on souhaitait :

on a surtout rendu l'enseignement de la grammaire plus technique, plus compliqué. Il est devenu terriblement jargonnant, et finalement ennuyeux.
En supprimant les leçons de grammaire, on a vidé cet enseignement de toute sa rigueur, on a rendu difficile voire impossible une acquisition logique et progressive des règles. En un mot, on a perdu en rigueur et donc en efficacité. On a rendu impossible l'acquisition des automatismes qui font l'agilité intellectuelle.Voilà comment avec des objectifs forts, on a suscité une pratique faible et décourageante ! C'est là le résultat d'une idéologie qui prétend qu'on apprend sans effort, qui donne dans la facilité, qui trompe !
Un enseignement déstructurant, des programmes et des manuels jargonnants, qui passent à côté de leur objectif, voilà le constat que je retiens de votre rapport.
Et qui en a souffert le plus ? Les élèves les plus fragiles, les moins aidés ! A l'inverse, quand on renforce l'apprentissage des savoirs fondamentaux, on renforce l'égalité des chances !

Des propositions de rénovation

Enfin, troisième point, j'en retiens un certain nombre de recommandations. C'est sur elles évidemment que je voudrais insister.


Première recommandation : programmer des leçons spécifiques de grammaire.


Aujourd'hui, l'enseignement de la grammaire est un apprentissage occasionnel. Il se fait un peu "au petit bonheur" : quand on travaille un texte, alors, au détour d'une phrase, le maître explique par exemple la fonction du sujet, ou celle du verbe. C'est ce qu'on appelle, dans le jargon de certains pédagogistes, l'"observation réfléchie de la langue".
Mais le problème, c'est que la grammaire a sa logique propre, qui n'est pas forcément celle de l'étude des textes.
Voilà pourquoi l'apprentissage de la grammaire doit obligatoirement avoir trois caractéristiques.


Il doit être :

spécifique,
systématique,
progressif.
Et ainsi, permettre l'accès au sens !


Spécifique : cela signifie concrètement la pratique d'exercices séparés, destinés à structurer les apprentissages.
Il doit être systématique : cela veut dire qu'il faut étudier les grandes lois de la grammaire.
Il doit être progressif : cela signifie qu'il faut partir du plus simple pour aller au plus complexe, dans un ordre logique et programmé de classe en classe.


J'ouvre ici une parenthèse : vous voyez que ces recommandations sont tout à fait dans la ligne des nouvelles dispositions qui ont été prises pour l'enseignement de la lecture.
Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit bien de construire un enseignement progressif, structuré, cohérent, partant du plus simple pour aller au plus complexe. Un enseignement qui explicite les lois qui sont à l'¿uvre dans ce grand système de codage qu'est le langage.
Et c'est une démarche que je fais totalement mienne. La politique éducative doit aussi être progressive, structurée, cohérente.


Je retiens une deuxième grande recommandation de votre rapport : c'est de rendre vivant l'apprentissage des règles de grammaire.


L'apprentissage structuré des règles est essentiel. Mais encore faut-il que les élèves s'approprient ces règles, les manipulent. Encore faut-il qu'elles deviennent pour eux des instruments à leur service, et pas des contraintes qui surgissent de nulle part !
Je ne suis pas un fanatique de la règle pour la règle ! La règle, elle est là pour qu'on s'en serve, à son profit !


Vous avez cité, dans votre rapport, l'opération "La Main à la pâte", patronnée par l'Académie des sciences, et qui initie les jeunes à la démarche scientifique par des activités pratiques et concrètes.


C'est effectivement dans cet esprit que nous devons concevoir l'enseignement de la grammaire. Un enseignement rigoureux, possédant sa logique propre, mais aussi un savoir vivant, déclinable selon la trilogie du socle commun : connaissances, capacités, attitudes.
Pour y parvenir, il faut faire en sorte que les maîtres aident les élèves à s'emparer des règles de grammaire, à se les approprier.


Evidemment, on n'y parviendra pas si l'on présente d'emblée la grammaire comme une pure structure logique, impersonnelle, un squelette sans vie et sans âme.


Dans votre rapport, vous préconisez, pour cela, d'utiliser une présentation simple qui permet aux élèves de se reconnaître dans le fonctionnement même de la langue.
Par exemple : en expliquant que la grammaire est semblable aux règles d'une pièce de théâtre, qui met en scène un sujet, qui organise une action grâce à un verbe, qui plante un décor grâce à divers compléments.


Dans votre livre, Erik Orsenna, La Grammaire est une chanson douce, vous avez imaginé de belles pages sur les façons de rendre vivante la grammaire.
Eh bien, l'enseignement de la grammaire, sans renoncer à la rigueur de sa logique propre, ne doit pas hésiter à donner vie aux règles, à montrer que la grammaire, ce sont les règles qui donnent vie aux mots. Que connaître la grammaire, c'est devenir soi-même l'apprenti sorcier du langage !


Evidemment, cette forme de présentation n'est pas celle qu'adopterait un linguiste dans une communication au Collège de France !
Mais comme vous l'avez dit vous-même dans votre rapport, M. Bentolila, "il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs" ! A l'école, nous nous adressons aux enfants, aux élèves, et pas à de futurs docteurs en linguistique.
Alors, je crois que nous devons revenir, ici comme ailleurs, à un peu plus de bon sens. Il sera toujours temps de transformer nos élèves en linguistes ! Pour le moment, le but c'est d'en faire tout simplement des personnes qui savent manier notre belle langue.


J'en viens à une troisième grande recommandation : simplifier et uniformiser le vocabulaire technique employé.

Vous savez que la simplification du langage et surtout des programmes de l'Education nationale est un de mes chevaux de bataille !
J'y tiens particulièrement pour la grammaire !
Car il est vrai que la terminologie utilisée aujourd'hui est complexe et presque ésotérique !

Deux inconvénients majeurs en découlent :

D'abord, cette terminologie empêche les élèves d'investir le champ de la grammaire. Elle se dresse face à eux comme un savoir inaccessible.
Et puis, cette terminologie a rompu les liens entre les parents et les enfants. Les parents et les grands-parents ne retrouvent plus du tout la grammaire qu'ils ont apprise. La science évolue, mais la grammaire, c'est surtout un patrimoine qu'il faut transmettre, et cette transmission se fait aussi par le biais des parents.

Et chacun sait bien que le suivi des enfants par la famille est un élément important de la réussite scolaire.
D'ailleurs, la modification radicale de la terminologie classique était-elle vraiment nécessaire ? Car le fonctionnement grammatical de la langue n'a pas changé ! Etait-il utile de prendre des termes plus compliqués pour désigner la même chose au niveau où nous nous situons, c'est-à-dire celui des apprentissages fondamentaux ?

Je n'en suis pas sûr ! Je crois même que les effets ont été plutôt négatifs : les parents sont déboussolés.


Le lien entre les générations s'est fragilisé. Or, ce lien est précieux : l'école devrait le renforcer, et non le fragiliser.
Vous savez que le socle commun de connaissances et de compétences a justement pour objectif de construire une culture commune : commune, c'est-à-dire partagée par tous, au sein d'une même génération, mais aussi entre les générations !

Alors, il serait vraiment dommage que pour de simples questions de terminologie, on fragilise cette culture commune, dont le pivot est justement la transmission de la langue commune, et de ses règles. Il faut que les parents comprennent ce que leurs enfants apprennent !
Imposer un vocabulaire grammatical plus simple et homogène, c'est ma troisième grande décision, à la suite de votre rapport.

Maintenant, il nous faut "mettre en musique", si j'ose dire, ces trois grandes recommandations.
Pour cela, nous devons réfléchir au temps de travail qu'il faut accorder à l'enseignement de la grammaire et à la manière dont tous les enseignants doivent s'approprier cet objectif.

Vous savez que la relecture des programmes de l'école et du collège est en cours, pour les adapter au socle commun. Le 18 octobre dernier, j'ai installé le groupe d'experts chargé de cette tâche. Le professeur Pierre Brunel et l'Inspectrice générale Martine Safra supervisent le travail en ce qui concerne la langue française.

Les orientations que je fixe, nourriront bien entendu les travaux du groupe chargé de la réécriture des programmes de grammaire.
En clair, je demande trois choses :

que dès janvier, ces orientations soient intégrées aux propositions du groupe d'experts sur la maîtrise de la langue française pour que, dès le printemps, les premiers programmes publiés en tiennent compte ;
que dès que possible, je puisse adresser des instructions sur l'enseignement de la grammaire aux équipes pédagogiques, pour préciser, par exemple, le nombre d'heures qu'il faut y consacrer.
enfin, que la formation des maîtres, en cours de rénovation, prenne en compte ces nouvelles orientations. Car, il va de soi que les enseignements dispensés dans les IUFM intégrés aux universités seront cohérents avec les nouveaux programmes.
Je voudrais pour conclure souligner un point qui m'apparaît très important.

La politique que je mène ici, à l'Éducation nationale, possède sa logique, sa cohérence.
Pour s'en tenir à l'apprentissage de la langue, il n'y a pas d'un côté la lecture et de l'autre la grammaire.
Non : lecture et grammaire sont évidemment très étroitement liées.
Et j'ajouterais volontiers, pour être tout à fait précis : l'orthographe et les conjugaisons.


On nous a dit pendant des années : ne soyez pas inquiets, le niveau ne baisse pas !
Quel est le résultat aujourd'hui ? Un IUT a fait faire une dictée à tous ses élèves au début de l'année. Je précise que ces élèves sont bacheliers, dont une partie d'entre eux avec mention et qu'ils sont sélectionnés.
Eh bien, les résultats en grammaire et en orthographe sont assez éloquents : sur 30 étudiants et pour une dictée de 20 lignes, 9 avaient fait entre 5 et 10 fautes, 12 entre 10 et 15 fautes et tous les autres avaient fait plus de 15 fautes !

Alors, oui, il est temps de refonder l'école sur le savoir, l'apprentissage des fondamentaux, et j'ajouterai, la rigueur.
Et chacun sait qu'il n'est pas nécessaire d'être compliqué pour être rigoureux : ce qui se conçoit bien s'énonce clairement !
Voilà mon programme pour les mois qui viennent et je suis bien décidé à le conduire jusqu'au bout.
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce qu'on faisait à l'Éducation nationale il y a 10 ou 100 ans. Ce qui m'intéresse, c'est ce qu'on y fait maintenant et, plus encore, ce qu'il faut faire pour que nos élèves réussissent !


Voilà ce qui m'intéresse et rien d'autre.


Parmi les groupes d'experts que j'ai chargés de la réécriture des programmes, l'un d'eux s'occupe de l'enseignement des mathématiques.
Ce sera justement mon prochain grand chantier pédagogique.
Vous le voyez, l'Éducation nationale avance, elle change.
"Ce n'est pas parce que les choses sont impossibles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont impossibles".
C'est une belle citation de Sénèque et c'est aussi un bel usage des possibilités de la grammaire ! C'est, pour ma part, une devise que je fais mienne pour les mois à venir !

Je vous remercie.

Écrit par : Guillaume | 09 décembre 2006

personne n'a jamais obligé , vu nos statuts,toute la palette de syndicats et associations, qui que ce soit , en tout cas les titulaires, à obéir aux ordres des "chefs" quand étaient contre notre conscience de pédagogues ( quitte à avoir des petits ennuis, ne pas faire x carrières...!). Les lois qui ont été votées, les réforme

Avez-vous essayé, chère Madame, d'enseigner le français au collège autrement qu' "en séquence" ? Mais sans doute avez-vous avez pris votre retraite avant 1996 ? Ou bien n'êtes vous pas professeur de français en collège. Oui, je sais que je ne suis pas seul au monde et ca ne concerne pas les plombiers zingueurs...Oui, tout va si vite...On arrête pas le progrès ! Y'a plus de jeunesse, allez ! Vous avez tort de vous inquiéter de tous ces changements.... Il y a des choses qui ne changent pas.Les berlinois ont cassé leur mur, mais chez nous, à l'éducation nationale, il y a encore des commissaires du peuple.

Écrit par : Robin | 09 décembre 2006

Le commentaire de "Marianne" est sérieux, et je vais tenter d'y répondre — sérieusement.
Vous parlez des "lois liberticides" : mais ne savez-vous pas, puisque vous avez lu Tocqueville, que toute loi est par définition liberticide — parce que l'Etat n'aime pas la liberté, ni l'individu, relisez Hobbes ou Machiavel. Ou Rousseau, à qui l'on fait dire tant de belles bêtises, et qui a pourtant été très clair sur ce que signifient les mots "contrat social".

Ce blog est essentiellement consacré à des questions d'éducation — mais je n'ai jamais empêché personne, que je sache, d'y exprimer son avis sur des sujets connexes, annexes, ou parfois franchement étrangers. Il est donc normal que nous braquions le projecteur sur ce sujet — j'imagine qu'il y a des blogs consacrés à la justice, aux prisons, aux banlieues, qui drainent d'autres personnes (ou les mêmes), et se concentrent sur leurs thèmes.
Alors, bien sûr, nous sommes conscients, les uns et les autres, qu'il n'y a pas que l'Ecole. S'expriment d'ailleurs ici des opinions de toutes tendances — et le plus drôle, c'est que des gens d'extrême-droite y côtoient des gens d'extrême-gauche — et toute la gamme intercalaire —, en parvenant à s'entendre au moins sur le diagnostic : l'école se meurt, l'école est morte…
Etrange, ne trouvez-vous pas, cette unanimité (ou presque) sur le constat. Pour un peu, je penserais que c'est un certain type de société, plébiscité pr la droite et la gauche, qui se trouve au fond contesté ici (tiens, à propos, la Sainte Vierge vient d'annoncer qu'elle œuvrera à valider une constitution européenne — tout en affirmant qu'il ne fallait pas remettre le destin économique de l'Europe entre les mains d'une banque centrale, alors même que le dernier projet de constitution était essentiellement économique intégré : bref, elle est souverainiste pour gagner des voix, et européenne pour gagner des suffrages…).
Dans l'idéal, ce blog (comme tant d'autres) peut être vu comme une forme de lobbying : en exprimant des avis divers et souvent concordants, il est possible de faire pression sur les programmes, sur les candidats, et sur le pouvoir en place (qui nous lit, sachez-le, et qui en a tenu compte, souvent). Je n'ai pas d'autre prétention — pour changer le monde, c'est ailleurs, ou plus tard, ou trop tard.

Par ailleurs, je parle de ce que je connais. Et la liste de mes spécialités n'est pas très longue, je n'ai pas de prétention à l'universalité. L'Ecole, la littérature (il y a souvent, donnés par les uns ou les autres, des conseils d electure absolument judicieux), — et quelques sujets plus scabreux qui choqueraient les chastes oreilles de l'Immaculée Contradiction, à lire son programme, tel que nous l'assène Patrick ci-dessus.

Et, dernier point, Robin a raison de dire qu'il y a des "commissaires du peuple" qui surveillent ce qui se passe dans les écoles, les collèges et les lycées. Sans compter que le statut mouvant des enseignants les fragilise particulièrement, en ce moment. Il y a bien des moyens de faire pression sur un jeune collègue qui n'est pas titulaire de son poste, qui se sent "lonesome et far away from home", au gré de mutations pour lesquelles le bon vouloir (syndical ou administratif) pèse de plus en plus lourd. Le conformisme, quand il n'est pas inné, s'achète sans difficulté, dans ce milieu.
Bonne soirée à tous…
JPB

Écrit par : brighelli | 09 décembre 2006

Mince, je vais encore me faire mal voir :

1°) Par Marianne dont j'auraus dû comprendre les intentions ironiques.(Tous mes regrets !)

2°) Par les plombiers zingueurs. (Dieu m'en préserve!)

3°) Par les collègues qui nagent avec délices dans les séquences. (pas de danger!)

4°) Par les commissaires du Peuple.(c'est déjà fait)

JPB l'a pourtant bien dit : "on est à Alamo, ici, pas dans une séance à l'IUFM sur le gestion de l'hétérogénéité.

J'ai dit "Alamo" Christophe, pas "Parano" !

Écrit par : Robin | 09 décembre 2006

Et je me vais aussi me faire mal voir par les Berlinois (pas berlinois)...C'est un nom propre !...("on n'arrête pas"... j'aurais dû)

Écrit par : Robin | 09 décembre 2006

"on est à Alamo, ici, pas dans une séance à l'IUFM sur le gestion de l'hétérogénéité.

J'ai dit "Alamo" Christophe, pas "Parano" !

Ecrit par : Robin | 09 décembre 2006

On est à Parano? Qu'est-ce que ça veut donc dire, Robin?

Écrit par : christophe sibille | 09 décembre 2006

Et maintenant me voilà mal avec la sainte axe !

Écrit par : Robin | 09 décembre 2006

Je compatis, Dobolino, je compatis…
Le forum de France 2 n'est pas une mauvaise idée. Mais je vais quand même essayer de poster des choses (prises ici, pourquoi pas ?) sur le forum de l'Immaculée Contraception, comme disait Bérurier.
JPB

Ecrit par : brighelli | 09 décembre 2006
Vous qui avez un solide argumentaire frotté aux débats avec nos opposants, si vous en aviez le loisir, il serait fort utile que vous investissiez sous un pseudo ou en nom propre ce forum car il me semble très fréquenté et il est bon aussi dans notre pays révolutionnaire de réveiller la base avant qu'elle ne se jette dans les bras du Borgne qui n'y va pas de main morte. Un de ses discours est cité sur ce forum par un tenant des Sciences de l'Education qui pense ainsi faire peur à ceux qui seraient mécontents de la globale ou de l'acculturation générale et cet imbécile n'a même pas réalisé qu'il lui faisait son lit. Dans ce discours, vous êtes, entre autres, cité. Comme si vous le souteniez...
Vous savez comme ce facho a le nez fin et repère les humeurs du peuple avant tous les autres!

Écrit par : dobolino | 09 décembre 2006

Cyrano :

Que dites-vous?...C'est inutile? Je le sais!
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès!
Non! non! c'est bien plus beau lorsque c'est inutile!
-Qu'est-ce que c'est que tous ceux -là? -Vous êtes mille?
Ah! Je vous reconnais, tous mes vieux ennemis!
Le Mensonge ?

(Il frappe de son épée le vide.)

Tiens, tiens - Ha! Ha! les Compromis, les Préjugés, les Lâchetés!
(Il frappe)

Que je pactise ?
Jamais, jamais! - Ah ! te voilà, toi, la Sottise!
- Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas;
N'importe : je me bats! Je me bats ! Je me bats !

Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose!
Arrachez ! Il y a malgré tout quelque chose
Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
quelque chose que sans un pli, sans une tâche, J'emporte malgré vous,
et c'est...

Roxane :
C'est ?

Cyrano :
Mon panache.

Écrit par : Robin | 09 décembre 2006

"Votre remarque, Sophie, est frappée au coin du bon sens mais vous avez 1000 fois raison de rappeler cette évidence. Et ce rappel est d'autant plus urgent qu'il s'adresse à TOUS les fonctionnaires, pas seulement les fonctionnaires de l'EN. Ces personnages, censés représenter la nation devraient être exemplaires en tout, c'est-à-dire bannir de leur comportement toute acte ou attitude criminels, délictueux voire même ambigus, tels que :
- absentéisme abusif, désinvolture, manque de courtoisie;
- fraude, travail au noir, concussion, prévarication;
- corruption, subornation, mensonge, faux témoignage;
- persécution, pédophilie, non assistance à personne en danger;
- désobéissance, sédition, conjuration;
- népotisme, favoritisme, arbitraire, discrimination;
- voire, tout simplement, l'absence de dévouement à la cause publique.

Voilà quelques idées nouvelles (qui ont certes quelques relents de IIIe République, mais qu'importe) propres à agrémenter utilement la campagne électorale." dixit le site de Désirs davenir

**************************
Jaurès, Blum, revenez...... Ils sont devenus fous !!!! OUI votre Blog , c'est fort Alamo . On crèvera tous ici , mais debouts !

Cordialement

Ecrit par : Patrick (Instit) | 09 décembre 2006

Voyons, Patrick, reconnaissez qu'il y a en vos rangs tout cela et qu'un ménage s'impose! Je suis lasse de cet esprit de corps. Oui, il y a chez vous des absentéistes chroniques, des abrutis et des ordures. Vous le savez et, si on les montre du doigt, vous hurlez au scandale, forts de vos syndicats... Comment voulez-vous que le bon peuple salarié du privé ne se mette pas en rogne, lui qui a une marge de manœuvre si étroite?
Nul ne vous nie le fait d'être vous-même un fonctionnaire zélé, alors ne niez pas la présence de plus en plus marquée de brebis galeuses parmi vous pour cause de crise de l'emploi.

Écrit par : dobolino | 09 décembre 2006

absentéisme abusif, désinvolture, manque de courtoisie;
- fraude, travail au noir, concussion, prévarication;
- corruption, subornation, mensonge, faux témoignage;
- persécution, pédophilie, non assistance à personne en danger;
- désobéissance, sédition, conjuration;
- népotisme, favoritisme, arbitraire, discrimination;
- voire, tout simplement, l'absence de dévouement à la cause publique.

Maintenant les procès de Moscou. Quand on lit ce qu'on lit, il y a des moments où on rêverait d'être esquimau. Mais il paraît que là-bas aussi il y a des écoles. Et vous savez comment les esquimaux les surnomment leurs écoles : "les ogresses !"

Écrit par : Robin | 09 décembre 2006

Au risque de lasser, je rappelle ce que j'ai écrit l'autre jour : pendant que Ségolène Royal, secrétaire d'Etat à l'Education prenait des mesures justifiées contre le bizutage des élèves, son alter ego le ministre d'Etat Claude Allègre appelait au bizutage des professeurs. On ne fait que changer de boucs émissaires, mais on en choisit de plus fragiles. La Loi d'Orientation de 89 ayant fait la moitié du travail avec son élève au centre du système, il ne restait qu'à porter le coup de grâce. On appelle cela, sans doute le "courage politique"

P.S. :Il y a des brebis galeuses dans toutes les professions. Je rappelle la définition que Spinoza donnait de l'antisémitisme (et du racisme en général), dans le Traité Théologico-politique : la généralisation abusive d'un cas particulier.

Vous savez que le but final des procès staliniens n'était pas d'accuser des gens innocents, mais de faire en sorte que les gens s'accusent eux-mêmes de crimes qu'ils n'avaient pas commis. Ca commence à venir dans les salles des profs ; il y a une manière de baisser la tête et de partir sans demander son reste qui ne trompe pas...Le silence des agneaux, c'est tous les jours. La violence, le mépris, les insultes, l'inhumanité...Si vous voulez savoir ce qu'est l'enfer sur la terre, venez dans certains collèges.

Méfiez-vous de la sainte Vierge, pas celle de Fatima, l'autre.Je la sens un peu garce sur les bords.

Écrit par : Robin | 09 décembre 2006

"Voyons, Patrick, reconnaissez qu'il y a en vos rangs tout cela et qu'un ménage s'impose! "

Et le monde de l'entreprise où on se hait cordialement ....

"Je suis lasse de cet esprit de corps. "

Quel esprit de corps C'est une illusion , de plus en plus une illusion, moi qui ai connu l'entreprise et l'E.N.

"Oui, il y a chez vous des absentéistes chroniques, des abrutis et des ordures. Vous le savez et, si on les montre du doigt, vous hurlez au scandale, forts de vos syndicats... "

Vous me semblez perdre pied. Ressaisissez-vous ! :-)


"Comment voulez-vous que le bon peuple salarié du privé ne se mette pas en rogne, lui qui a une marge de manœuvre si étroite ? "

Je vous reconnais cette marge étroite ... mais nous sommes je suppose aussi du bon peuple.


"Nul ne vous nie le fait d'être vous-même un fonctionnaire zélé, alors ne niez pas la présence de plus en plus marquée de brebis galeuses parmi vous pour cause de crise de l'emploi. "

J'ai très peu de présence dans ce métier? Seulement 12 ans ans mais je n'ai guère rencontré de brebis galeuses.

Satistiquement , on en trouve sans doute autant que dans l'encadrement en entreprise, les patrons de médecine, les supporters , les généreux donateurs du téléthon ou les francs-maçons !

Ce qui est choquant dans cette prise de parole de Ségolène ou du sacristain qui écrit en son nom c'est la teneur de la réponse.

Dobolino, j'ai travaillé 15 ans en entreprise comme cadre avant d'être enseignant. Le monde ne se partage pas en noir et blanc. A vouloir trop jouer l'ange , on devient la bête.

Reprenez chaque reproche du site de Ségo : c'est délirant , ce n'est même plus démagogique?. C'est de l'ordre d'une diatribe digne d'un commissiare du peuple comme dit Robin.

J'ai dit

Cordialement

Écrit par : Patrick (Instit) | 09 décembre 2006

Qui aura le courage de réveiller nos responsables politiques et leur montrer que:
1 - Didactique = Dictature
2 - Iufm = catastrophe (en particulier financière ...)
3 - Pédagogiste = bouffons ...

Quel média aura un minimum de courage pour regarder ces dossiers honnêtement ?

Écrit par : Aramis | 09 décembre 2006

Aramis ? A la bonne heure ! Un mousquetaire de plus !

Écrit par : Robin | 09 décembre 2006

JPB, pourriez-vous nous expliquer ce qu'est exactement "la Loi de Murphy"

Écrit par : Robin | 10 décembre 2006

Robin,
"Sans une tache"!

Écrit par : Jean | 10 décembre 2006

Jean
Je tâcherai de faire attention ! Ca fait tache.

Écrit par : Robin | 10 décembre 2006

Parfaitement d'accord Aramis.
Seuls les MEDIAS (et pas seulement le web) permettront une prise de conscience du PEUPLE, qui VOTE, de la réalité de l'enseignement en France.

NOUS VOULONS LE MEILLEUR POUR NOS ENFANTS, PAS UNE EDUCATION IDEOLOGISEE. NOUS VOULONS QUE L'ECOLE JOUE SON RÔLE, QUI N'EST PAS NECESSAIREMENT UN RÔLE EGALITAIRE : NOUS VOULONS LE MEILLEUR POUR CHACUN, ET PAS LE PIRE POUR TOUS.

Écrit par : D | 10 décembre 2006

La loi de Murphy ?
Surveillez bien vos tartines beurrées au petit déjeuner !

Écrit par : Lariba | 10 décembre 2006

à D,
Le peuple est bien conscient que l'école est à la dérive. Les quelque dix parents de mes élèves de 4ème que j'ai reçus depuis le début de l'année m'ont tous tenu le même discours. Ils sont tous mis en cause la pédagogie imbécile de la lecture au CP, ils ont tous déploré qu'en 6ème et en 5ème leurs enfants n'aient rien appris (il faut dire que les professeurs de français faisaient tout bien et tout sagement tout comme qu'est-ce qu'y faut les "séquences" et les "débats" et les "types de discours" et je t'en rajoute une couche de foutaises de même farine). Ils m'ont tous dit que c'était la première fois que leurs enfants "apprenaient enfin quelque chose en français", notamment "ce qu'"ils auraient déjà dû savoir depuis longtemps". Je cloisonne , je recloisonne, je surcloisonne a gogo, je distingue l'orthographe, la grammaire (les natures et les fonctions des mots m'occupent une partie de l'année, s'il vous plaît!)), la conjugaison, la rédaction, l'explication de textes (s'il faut passer trois heures sur l'Ours et les deux Compagnons afin que la fable soit expliquée en détail et donc qu'il en reste quelque chose dans l'esprit des élèves, eh bien nous passons trois heures sur l'Ours et les deux Compagnons - et comme le, texte est génial, ce n'est pas ennuyeux. Je ne me risquerais pas à faire la même chose sur un texte de Bégaudeau!). C'est bien simple: vous voulez, chers collègues de français, retrouver du plaisir à enseigner et voir en face de vous des élèves revivre comme des fleurs qui manquaient d'eau? Faites exactement, sur tous les points, le contraire des consignes officielles et, par ce simple fait, votre présence devant de jeunes esprits qui n'ont qu'une envie, c'est d'apprendre quelque chose (car, comme le dit Aristote, "Tout homme désire par nature savoir.") reprendra d'elle-même un sens. Cela se fera sans les grandes incantations des pédagogistes sur le sens, d'autant plus creuses et vaines qu'ils ont vidé l'enseignement de toute substance - on pourrait d'ailleurs intituler l'oeuvre de Meirieu "Vingt ans de méditation sur le vide."
Il faudrait trouver des journalistes qui lancent l'Appel pour la refondation de l'école (www.refondation-ecole.net). Car c'est vrai que le web ne suffit pas. La preuve, ce sont les ridicules 6400 signatures recueillies pas l'Appel sur la toile alors qu'il y aurait potentiellement des millions de signataires (tous les, parents qui sont écoeurés de l'école qui décérèbre leurs enfants).

Écrit par : Jean | 10 décembre 2006

Jean, vous êtes un modèle, une fois de plus, que dis-je, LE modèle... Mais, bon sang, comment se fait-il que cet appel n'ait pas recueilli plus de signatures? Je cherche vainement une réponse... Encore un complot des "pédagogistes", qui ont sans doute envoûté la pétition avec la même conviction qu'ils ont décérébré l'école. "On" vous en veut. Je compatis. Sincèrement.

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

Grève générale le Lundi 18 décembre: Ne laissez pas passer la réécriture des décrets de 50. Après il sera trop tard et avant une élection, on peut obtenir que le pire ne s'installe pas.

Écrit par : Thalie | 10 décembre 2006

Madame ROYAL

Votre souhait comme tous les candidats est de Refonder l'Ecole ! J'ajouterai et tout particulièrement l'Ecole primaire car cette cause est devenue nationale.

Comme (ancien minsitre délégué à l'enseignement scolaire ) vous le savez, Les performances de l’école s'effondrent.

Tous les tests le prouvent tant sur le plan national qu’européen. 25 à 30% des élèves ne maîtrisent pas les bases de la lecture, de l'écriture et du calcul en entrant en 6ème. …Et ils passent ! Politique de l’autruche....

Quelles en sont les causes ?
Depuis trente ans, les programmes de l'Ecole primaire se sont beaucoup appauvris sur l'essentiel, tout en affichant des ambitions démesurées sur l'accessoire. Le nombre d'heures consacrées aux apprentissages fondamentaux s'est littéralement effondré (de 15 à 9 par semaine en français au CP, par exemple). On a dramatiquement baissé le niveau des exigences.

Aussi Il faut réaffirmer que la mission première de l'Ecole primaire est l'instruction, la transmission des connaissances et l'apprentissage du raisonnement.

Pour le traduire dans les faits, il faut :

EN PRIORITÉ, CONCEVOIR DE NOUVEAUX PROGRAMMES
pour l'Ecole primaire : courts, explicites, compréhensibles par tous .
A papillonner dans diverses activités supposées (dans l'absolu) enrichissantes, on fabrique des élèves zappeurs, devenus incapable d'attention soutenue. Seuls les enfants de milieux favorisés, culturellement s’en sortent.

Je le constate chaque année. Il faut revenir à à l'essentiel.

RENDRE AU MAÎTRE SA LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE.

Les enseignants doivent pouvoir procéder comme ils l'entendent, selon les particularités de leurs classes et les leçons de leur expérience. : Les modes pédagogiques changent au gré des pédagogues en vogue au sein du ministère de l'E .N.

Ce qui est valable un jour ne l'est plus le lendemain….

Rappelez –vous les énièmes réformes sur les maths modernes, le « par cœur », l'apprentissage de la grammaire, de l'orthographe, la place de la dictée ...etc.

Les inspecteurs doivent noter les enseignants uniquement sur leurs résultats c'est à dire être témoin de la progressivité au cours d'une année et non pas sur leur adhésion aux dogmes de l'IUFM ou à quelques pédagogues en vogue.

RÉTABLIR UN BON NIVEAU D'EXIGENCE,

En respectant le principe selon lequel un élève passe en classe supérieure seulement s'il est en état de suivre le cours avec profit . Plus de commission d’appel. (perte de temps, dévalorisation du regard professionnel). Si désaccord parental : l'élève passe un examen de passage.

CITOYENS : Si vous partagez ce constat parcourez le site de l' APPEL POUR UNE VERITABLE REFONDATION DE L'ECOLE ( sur Google)

POUR QUE VIVE L'ECOLE DE LA REPUBLIQUE

Patrick(instit)


Jean,

Je m'amuse en désespoir de cause à balancer quelques parcelles de pétition de ci de là, remodelées selon les destinataires !
Précaution : ne pas mettre de lien

bon dimanche

Écrit par : Patrick (Instit) | 10 décembre 2006

Christophe, je vous ai défendu l'autre jour par un excès de générosité que je regrette en lisant votre commentaire. A moins qu'ine faille vous lire au deuxième degré. Mais j'ai beau avoir le sens de l'humour, je ne saisis pas. Est-ce que vous vous avez mis les pieds un jour dans un salle de classe ? Quelle matière enseignez-vous ? Pourquoi en rajoutez-vous en mettant de l'ironie sur de la souffrance ? Jean a entièrement raison sur l'enseignement en séquences. Je n'ai pas le temps de développer maintenant. J'y reviendrai.

Écrit par : Robin | 10 décembre 2006

qu'il ne faille...une salle de classe

Écrit par : Robin | 10 décembre 2006

Robin, vous qui faites souvent référence à Spinoza, (et à juste titre), relisez donc le message de Marianne, un peu plus haut! Contrairement à beaucoup de messages postés par Jean, elle ne se cantonne pas, comme la haine dont certains, (et parfois vous font preuve ici) à susciter des réactions du premier genre, selon le grand Baruk. La haine sait-elle faire autre chose?
J'enseigne la musique, et je l'ai enseignée, avant d'avoir un poste en école normale, puis en IUFM, au collège anciennement: "le village", à Evry, ville nouvelle. (qui n'avait d'ailleurs de village que le nom). Je sais à peu près, donc, de quoi il retourne. Les profs de musique sont vraisemblablement, en collège, ceux pour qui la situation est la plus compliquée. Je me suis d'ailleurs merveilleusement planté, à l'époque, grâce à l'a(bsence totale de) formation dispensée dans le cadre des Centres pédagogiques Régionaux.
Que la formation IUFM, (surtout d'ailleurs concernant les PLC, mais également les PE) soit à revoir assez sérieusement, nul ne le conteste. Et surtout pas moi. Mais les messages de haine commencent vraiment à me courir, pour parler vulgairement. La haine ne peut engendrer que des réactions relevant du premier genre, et j'aimerais que vous mettiez systématiquement cela en application également dans vos messages.
Ceci-dit, je vous remercie d'avoir pris ma défense. Il faut dire que les commentaires de Guillaume et de je-n'ai-pas-retenu-le-nom-de-l'autre étaient particulièrement nullards.
Bonne journée à vous.

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

Sibille, tout le monde se fout de votre susceptibilité mal placée!
Essayez plutot de faire avancer le débat et travaillez votre style, vous êtes tellement pénible à lire!

Écrit par : roland | 10 décembre 2006

Méfiez-vous de la sainte Vierge, pas celle de Fatima, l'autre.Je la sens un peu garce sur les bords.

Ecrit par : Robin | 09 décembre 2006

Certes mais c'est aussi valable pour Meirieu, Charmeux ou autres...

Écrit par : dobolino | 10 décembre 2006

"Sibille, tout le monde se fout de votre susceptibilité mal placée!
Essayez plutot de faire avancer le débat et travaillez votre style, vous êtes tellement pénible à lire!"

Ecrit par : roland | 10 décembre 2006

Mais ne me lisez-donc pas, cher ami... Peu m'importe... Et, d'ailleurs, calmez-vous donc! On dirait que ce n'est pas moi le plus susceptible... C'était donc vous, l'autre? Vous avez changé de pseudo pour écrire ce message inoubliable, et qui, lui, fait sérieusement avancer le débat...
Jean-Paul, qui donc a dit: "protégez-moi de mes amis, mes ennemis, je m'en charge"? La mémoire me fait défaut.

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

Il faudrait trouver des journalistes qui lancent l'Appel pour la refondation de l'école (www.refondation-ecole.net). Car c'est vrai que le web ne suffit pas. La preuve, ce sont les ridicules 6400 signatures recueillies pas l'Appel sur la toile alors qu'il y aurait potentiellement des millions de signataires (tous les, parents qui sont écoeurés de l'école qui décérèbre leurs enfants).

Ecrit par : Jean | 10 décembre 2006

Ecrivez à François Cavanna: avez-vous lu son texte sur la grammaire dans Charlie Hebdo de cette semaine. Il est savoureux!
En plus, Charlie Hebdo est un petit journal où le débat pourrait s'ouvrir comme ce fut le cas lors du referendum sur le traité de constitution européenne ouù les différents journalistes s'empoignaien avec intelligence d'un article à l'autre. Là, pas de consensus mou...

Écrit par : dobolino | 10 décembre 2006

Patrick, j'ai lu votre réponse et ne nie pas que vous ayez un peu raison aussi. Mais, il est plus facile de mettre au placard ou de virer, même avec "un golden parachute", pour l'empêcher de nuire, un employé du privé. Je vais sur le forum de France 2 et m'y heurte à certains de vos collègues qui ne sont pas capables d'aligner trois mots, qui censurent tout ce qu'ils ne comprennent pas, qui nous insultent, qui disent nos propos vides de sens car ils sont incapables de les lire. Des gens qui préconisent le retour au langage oral (oralité... quand ce n'est pas analité), qui proposent la suppression pure et simple du passé simple et du futur de l'indicatif jugés périmés, qui nient le nom de grand auteur à Proust ou Stendhal et qui lui préfèrent Harry Potter. J'en passe et des meilleures, leur ignorance n'ayant d'égale que leur endoctrinement. Ces gens là enseignent, ont une classe et seront toujours là dans vingt ans. Impossible de les virer ou de les mettre sur la touche. C'est ça qui m'exaspère.
Je suis prête à payer des impots supplémentaires pour leur offrir une prime de départ couvrant trente années de salaire mais, par pitié, faites le ménage! Ils sont irrécupérables, même avec des stages intensifs car ils sont incapables d'avoir le niveau requis pour enseigner les bases réclamées par l'Appel pour la Refondation de l'Ecole.

Écrit par : dobolino | 10 décembre 2006

second et dernier commentaire:
J.P.B. vient de définir son mode d'action ( publications;interventions médiatiques;réseaux divers; blog...): "une forme de lobbying...." . Je comprends mieux mon allergie!!! Si dans le seul domaine de l'école et de la culture un des symptômes et/ou une des causes de la crise profonde qui l'affecte est cette "servitude volontaire" ( la Boétie), cette "novlang" ( Orwell), cette "guerre du faux" (U.Eco) ...qui voudraient nous convaincre, persuader de nous soumettre aux lois perverses du "consumérisme", des slogans... et bien il est "logique" d'adopter des pratiques de "lobbying". Reste à savoir si l'école, la république, les citoyen(ne)s, les personnels, élèves et parents n'ont pas à faire les frais de ce "lobbying".
Question naîve: un lobby, des lobbies ça défend les intérêts de quelques naîfs ou cyniques ( individus et/ou "groupes" ) utilisant, à notre époque, d'autres moyens que ceux si bien fabulés par G.orwell dans La ferme des animaux ou 1984 ou autres écrits...Qui nous fera croire que quasi "tout le monde"
qui a affaire avec l'Ecole( de la maternelle à l'Université en passant par la recherche et la culture) a les mêmes intérêts? Et qui tirera les marrons du feu de toutes ces campagnes de lobbying?
Je regrette: ce que J.P.B. me répond m'atterre!!! Il faudrait laisser à x autres "corporations" et "blogs" "spécialisés" le soin de nous instruire, faire réfléchir sur le Droit, la justice., l'économie, la culture ,les medias et tout et tout...? Et, je me répète, même si ça devient très difficile, essayer d'exercer sa citoyenneté dans tous les domaines où elle a à s'exercer, où elle est sollicitée. A quoi ça aurait servi que moi, tant d'autres et je n'en doute pas tous les intervenants de ce blog s'échinent à "lire", "écrire","expliquer", apprendre à "raisonner" sur tant de textes et images.si difficiles, dans des langues et écritures si ésotériques pour des élèves totalement immergés dans les medias, blogsphères et mondes virtuels. De quoi aurais-je eu l'air du temps de ma "vie active" de professeur si l'un(e) ou l'autre de mes grands élèves lycéen(e)s( majeurs ou presque, en droit de voter...) bizarrement intéressés(e)s, sortait de son statut de "cancre(sse" pour demander: mais si Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot (et même d'autres auteurs sentant le souffre...et attention non aux "commissaires du peuple" mais à quelques "parents" et "élus" nous "surveillant et intervenant!!!) écrivait ce qu'on explique avec vous est-ce
que c'est conforme à ces "libertés", "droits", "séparation des pouvoirs", "modèles politiques, de société, d'éducation...."que défendaient et qui les mettent au programme de français, du bac que l'assemblée nationale, tel ou tel ministre...fasse telle loi, tienne tel discours ....
A votre gré: si toute loi est liberticide, pourquoi, effectivement être un peu horrifiée quand quelques très dangereux démagogues sont certes assez malins pour tenir compte de votre "lobbying" pour annoncer x "circulaires", "décrets" ou "lois" sur vos "dadas" de tenir comme "hors de vos spécialités" des dispositifs et pratiques qui rappellent trop à trop de citoyen(ne)s les sinistres époques de l'occupation et de la collaboration...
voilà. Vous aimez,J.P.Brighelli, rappeler vos enfances et adolescences républicaines à Marseille, écoles et lycée Saint-Charles...Savez-vous ce qui se passe, actuellement, réellement, ici, maintenant... et que des braves citoyen(ne)s du Réseau des éducateurs sans frontières( enseignants, parents, camarades d'école., voisins..) tentent de faire . Tout en apprenant assez à lire, écrire, compter, et "penser"...Pour sauver non x "méthodes " ( les lobbies éditoriaux sont ravis) mais tout simplement l'honneur de l'école républicaine, de nos pauvres idéaux inscrits dans tant de Déclarations et Constitutions, et lois. Peu à peu "grignotées" par qui vous savez et les lendemains ne seront pas chantants, ça non.
Relire l'admirable dialogue entre Camus et Sartre, par pièces de théâtre dès lors qu'étaient "brouillés" ( Les Mains Sales et Les Justes) ou quelques archives...pour Sartre et Aron...
Un dernier mot pour poliment répondre:
A mon avis ( partagé par d'autres) ce qui a conduit à des textes des plus aberrants pondus dans le "mammouth") résulte en majeure partie de toute une clique de "technocrates", au sens propre du mot, qui se sont mis à accabler les personnels de circulaires des plus jargonnantes, ubuesques correspondant aux normes des plus "libérales, néolibérales'": sacro-saintes "évaluations", dans cadre des "obligations de résultats", de x "statistiques", de "productivité" des "ressources humaines" , de gestions des plus draconiennes de budgets des plus soumis à la nécessité de réduire les services publics. Dans toutes ces "moulinettes" ( jargon du mammouth en x services centraux et décentralisés, autonomes) personne ( les braves gens sur x terrains ,de toutes opinions sur les "réformes", ne pouvaient y retrouver leurs petits essais de se faire écouter)...
mais, je me répète ( j'ai pris ma retraite en 2003 après un dernier baroud d'honneur , x grèves,manifs qui ne me rapportaient rien personnellement que des ponctions rudes de salaires et quelques dernières insolences à l'égard des chefs!) personne n'a jamais emp^éché aucun professeur de suivre des circulaires pédagogiques aberrantes. vous paraissez avoir oublié que au grand dam de certaines associations ou syndicats qui sont vos "liens" en x "réseaux" des petits, très minoritaires, bien "réprimés" de x façons ont fini ( sous Jospin, ministre) par obtenir des solides garanties d'indépendances pédagogiques contre les" commissaires du peuple", chefs d'établissement et inspecteurs. il est vrai que c'étaient des fantassin(e)s "soixante-huitard(e)s" qui n'ont pas cru bon de jeter le bébé avec l'eau du bain...et de , très modestement, horribles "pédagogues" continuer leurs petits bonshommes de chemins pour une école juste un peu plus "démocratique" ( encore un très gros mot en 2006)
Bon courage et sans rancune...je vais me ballader à pied entre Porte d'Aix et la joliette...un dimanche... Marche silencieuse pour un jeune homme de 22 ans, suicide dans le nouveau centre de rétention de Marseille ( Arenc ,de sinistres passés historiques était trop vieux, trop petit..) et me "laver les yeux" en regardant la mer et le si beau paysage

Écrit par : marianne, ironie sur le pseudo! | 10 décembre 2006

Christophe,
Il n'y a aucune haine dans ce qui s'écrit sur ce blog pour mettre en évidence la malfaisance des pédagogistes et pour porposer des solutions alternatives.
Mais je croyais que vous nous aviez fait des adieux solennels!

A Patrick,
Vous ne croyez quand même pas une seule seconde que Madame Royal va accorder une once d'attention à votre gentille supplique alors que les projets de destruction finale de tout ce qui marchait encore à peu près dans l'Education nationale - grâce à des professeurs qui "résistaient" et continuaient à transmettre des connaissances - sont déjà dans les cartons, et seront mis en oeuvre aussitôt les élections remportées si par malheur Madame Royal était élue. Si nous voulons éviter que la chape de plomb de la dictature du pédagogisme s'abatte pour de bon et pour le compte sur l'ensemble du système, il n'y a qu'une issue, c'est d'empêcher Madame Royal d'arriver à ses fins.
A Dobolino,
Merci pour l'idée. Je vais la transmettre à Laurent Lafforgue. Cela fera une rencontre inédite! Mais après tout, il n'y a pas de raison que les hommes de bonne volonté ne puissent s'accorder sur certains idéaux.

Écrit par : Jean | 10 décembre 2006

"la chape de plomb de la dictature du pédagogisme"

Ecrit par : Jean | 10 décembre 2006

Pas de haine, disiez-vous?

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

Je trouve curieux que le message posté par Marianne, (un peu plus haut, ici) ne vous interpelle pas plus. Non plus que le fait que » l’appel », relayé par Jean-Paul, dont on ne peut pas dire qu’il ne soit pas médiatisé en ce moment, ne suscite pas plus d’enthousiasme à être signé. Il ne vous vient jamais à l’idée que vous pourriez ne pas être totalement dans le vrai, et voir la situation de manière un peu partiale ? Comme je l’ai souvent dit ici, (mais cela ne fait vraisemblablement pas non plus partie de ce qu’on peut appeler des « messages constructifs »), je vais très souvent dans les classes. Je vois ce qui s’y passe. J’y vois des stagiaires dont la plupart savent pas mal de choses, et ont envie de les apprendre à leurs élèves. Dans tous les domaines. Je n’y vois pas des gens « obsédés » par les sciences de l’éducation, même si je pense qu’il y a des améliorations à apporter quand à l’importance accordée à certaines formes à donner à l’évaluation et à des exigences, (frisant même parfois le grotesque à mes yeux) concernant le formalisme des préparations. Ce sont des faits, de toute évidence améliorables. Je ne suis, par ailleurs, pas contre ce qu’on appelle parfois pompeusement « la pédagogie frontale ». Mais pas exclusivement. Ce sont les pratiques de la plupart des instits que j’ai vu travailler.
Concernant le problème des inspections, et sans mettre en doute la parole de certains concernant des réactions négatives de l’inspecteur (ou de l’inspectrice), n’y a-t-il pas quelquefois une certaine arrogance dans l’attitude et des certitudes chez certains de ceux qui se plaignent ? Ces personnes sont souvent susceptibles. J’ai des convictions concernant ma manière d’enseigner. Etayées par des années de pratique. Et je les ferai valoir extrêmement fermement en cas « d’accroche » avec un inspecteur. Mais je ne commencerai certes pas par brandir le fait d’appartenir à telle ou telle association plutôt partisane à ses yeux, comme je l’ai vu faire ici avec une certaine fierté par une intervenante dans un des derniers blogs d’ici. Pas au début de l’entretien, en tous cas. Cela ne mène pas à grand-chose, sinon à se donner raison a priori en donnant des justificatifs à l’institution pour vous « saquer ». Et, sauf cas assez rare, (suffisamment pour ne pas donner lieu à un amalgame « anti-Spinoziste », comme dirait très justement Robin), un cours extrêmement magistral mais très convainquant ne donnera pas lieu à une inspection catastrophique sous prétexte de ne pas obéir à des prétendues « doctrines pédagogistes staliniennes ».

Dobolino, j’avais signalé un peu plus haut l’article de Cavanna dans « Charlie-Hebdo ». Excellent journal effectivement, comme je l’ai mentionné plusieurs fois en ces lieux. Cité également par Jean-Paul, à propos de la non moins excellente Caroline Fourest, qui y signe des articles extrêmement bien sentis sur la religion.
Bonne fin de week-end à tous.

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

"la chape de plomb de la dictature du pédagogisme"

Ecrit par : Jean | 10 décembre 2006

Pas de haine, disiez-vous?

Ecrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

La contrainte et l'injonction à suivre les programmes 2002, la manipulation subie par les débutants ( ...et les anciens), afin d'entrer dans la conformité constructiviste, vous nommez cela comment, vous, Christophe? Vous préférez "comportement stalinien"? C'est plus proche des idées des syndicats qui vont de pair avec les pédagos?
Pour Dobolino, je tiens à dire que les syndicats soi-disant très puissants de l'EN, ne représentent en tout à peu près qu'un quart des enseignants électeurs. Je trouve aussi qu'il y a de plus en plus de fumistes chez nos collègues. Tout particulièrement ceux qui sont partis du privé pour se trouver une planque dans la fonction publique. Ensuite, il y a une part d'engourdis par le formatage. Mais si l'on excepte les râleurs militants anti-pédagos, il reste encore une bonne masse silencieuse qui persite et signe dans la discrétion. Je dois reconnaître que la plupart seront bientôt à la retraite, et que je m'inquiète pour l'avenir si personne ne se résoud à faire le ménage.

Écrit par : Alice | 10 décembre 2006

P-S: Quand vous parlez de susceptibilité, j'aimerais vous voir après une démolition intégrale de votre travail, face à quelqu'un qui ne vous laisse pas ouvrir la bouche et vous envoie ensuite son sous-fifre de conseiller pédagogique afin de vous en remettre une couche. Puis recevoir cinq mois après, six pages infamantes, au ton méprisant et faisant preuve d'une subjectivité douteuse. Et si j'étais la seule à avoir vécu la situation... Quand je ne peux plus dialoguer, je me révolte contre l'abus de pouvoir. Christophe, appelez cela comme bon vous chante, mais vos conseils de discussion ne sont praticables qu'avec des personnes fonctionnant dans l'échange. Or, il n'en reste quasiment plus dans les chefaillons de l'EN.

Écrit par : Alice | 10 décembre 2006

Mais je croyais que vous nous aviez fait des adieux solennels!

Il m'avait semblé aussi mais on sort par la grande porte et on revient par le vasistas...

J'ai essayé de balancer le discours de De Robien à l'ESEN lors de la remise du rapport de Bentolila mais il n'est pas passé me semble-t-il.

Je réessaie donc car les discours intelligents de ministres de l'E.N n'encombrent pas les archives, celui-ci fait à mon avis exception :

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de saluer la présence du professeur Bentolila, du professeur Desmarchelier, de l'écrivain et académicien Erik Orsenna, mais également du professeur Pierre Brunel. Merci également aux membres de l'Inspection générale d'avoir répondu à mon invitation.
Cette semaine est une semaine décidément très riche pour l'Éducation nationale !

Avant-hier, j'ai présenté les grandes orientations du cahier des charges de la formation des maîtres.
Aujourd'hui, je vais vous indiquer les grandes orientations que je veux retenir du rapport qui m'a été remis par le professeur Bentolila, rapport élaboré avec la collaboration d'Erik Orsenna et du professeur Desmarchelier.

Je voudrais commencer par adresser tous mes remerciements aux trois auteurs pour leur remarquable travail. C'est un rapport concis, qui va droit au but, un rapport qui sait ce qu'il veut dire, et qui le dit avec clarté et force !

De ce rapport, je retiens d'abord trois choses :

une volonté ;
un constat ;
enfin, des propositions de rénovation.
une volonté

Une volonté tout d'abord : donner à l'enseignement de la grammaire la place qu'il mérite.

La grammaire, dont Erik Orsenna disait qu'elle est "une chanson douce", est souvent associée à quelque chose de rébarbatif. On pense à un simple étiquetage de mots : adjectif, verbes, pronoms, articles, etc. Comme si la grammaire ne servait qu'à découper la langue, à rompre son unité.
Ce n'est pas du tout l'objet de l'enseignement de la grammaire !
La connaissance des règles de grammaire n'est pas une servitude : c'est un instrument de maîtrise de la langue. C'est donc un instrument de liberté !
Pour reprendre la terminologie du socle commun des connaissances, je dirais volontiers que la grammaire n'est pas seulement une connaissance : savoir que tel mot est un verbe ou un sujet ; la grammaire est un savoir vivant, qui nous donne aussi une compétence : savoir nous servir de notre langue, en respectant ses règles.
L'ordre juste : c'est l'ordre des mots, celui qu'enseigne la grammaire ! Un ordre qu'elle nous apprend à utiliser à notre profit, pour nous exprimer mieux, et plus efficacement.
Mais évidemment, il faut acquérir cette compétence méthodiquement. Car il en va aussi de notre capacité à raisonner !
N'oublions pas qu'il y a aussi un lien très étroit entre la grammaire et la logique. Former les élèves à manipuler ces petits mots que sont "donc", "or", "par conséquent", c'est leur donner les outils de base du raisonnement scientifique.
Enfin, il me semble que la grammaire ne permet pas seulement de structurer ce qu'on dit, mais aussi ce qu'on est. Analyser grammaticalement une phrase aussi simple que "je vous parle" me permet de me situer comme sujet d'une action, dans un rapport avec d'autres personnes. Bref, la grammaire, c'est la charpente de notre langue mais aussi celle de notre personne dans son rapport aux autres. La grammaire crée le lien social !


Un constat

Le second point que je retiens de ce rapport, c'est son constat : l'Éducation nationale ne dispose pas aujourd'hui des bons moyens pour enseigner la grammaire aux enfants.
Ce n'est pas parce qu'elle ne l'a pas voulu !
Car les bonnes intentions sont évidentes ! Mais, j'ai la conviction qu'avec de bonnes intentions, on a affaibli l'enseignement de la grammaire.
On a voulu rendre l'enseignement de la grammaire plus ludique car on craignait que les élèves ne trouvent rébarbatif l'enseignement de la grammaire.
En réalité, il s'est passé tout l'inverse de ce que l'on souhaitait :

on a surtout rendu l'enseignement de la grammaire plus technique, plus compliqué. Il est devenu terriblement jargonnant, et finalement ennuyeux.
En supprimant les leçons de grammaire, on a vidé cet enseignement de toute sa rigueur, on a rendu difficile voire impossible une acquisition logique et progressive des règles. En un mot, on a perdu en rigueur et donc en efficacité. On a rendu impossible l'acquisition des automatismes qui font l'agilité intellectuelle.Voilà comment avec des objectifs forts, on a suscité une pratique faible et décourageante ! C'est là le résultat d'une idéologie qui prétend qu'on apprend sans effort, qui donne dans la facilité, qui trompe !
Un enseignement déstructurant, des programmes et des manuels jargonnants, qui passent à côté de leur objectif, voilà le constat que je retiens de votre rapport.
Et qui en a souffert le plus ? Les élèves les plus fragiles, les moins aidés ! A l'inverse, quand on renforce l'apprentissage des savoirs fondamentaux, on renforce l'égalité des chances !

Des propositions de rénovation

Enfin, troisième point, j'en retiens un certain nombre de recommandations. C'est sur elles évidemment que je voudrais insister.


Première recommandation : programmer des leçons spécifiques de grammaire.


Aujourd'hui, l'enseignement de la grammaire est un apprentissage occasionnel. Il se fait un peu "au petit bonheur" : quand on travaille un texte, alors, au détour d'une phrase, le maître explique par exemple la fonction du sujet, ou celle du verbe. C'est ce qu'on appelle, dans le jargon de certains pédagogistes, l'"observation réfléchie de la langue".
Mais le problème, c'est que la grammaire a sa logique propre, qui n'est pas forcément celle de l'étude des textes.
Voilà pourquoi l'apprentissage de la grammaire doit obligatoirement avoir trois caractéristiques.


Il doit être :

spécifique,
systématique,
progressif.
Et ainsi, permettre l'accès au sens !


Spécifique : cela signifie concrètement la pratique d'exercices séparés, destinés à structurer les apprentissages.
Il doit être systématique : cela veut dire qu'il faut étudier les grandes lois de la grammaire.
Il doit être progressif : cela signifie qu'il faut partir du plus simple pour aller au plus complexe, dans un ordre logique et programmé de classe en classe.


J'ouvre ici une parenthèse : vous voyez que ces recommandations sont tout à fait dans la ligne des nouvelles dispositions qui ont été prises pour l'enseignement de la lecture.
Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit bien de construire un enseignement progressif, structuré, cohérent, partant du plus simple pour aller au plus complexe. Un enseignement qui explicite les lois qui sont à l'¿uvre dans ce grand système de codage qu'est le langage.
Et c'est une démarche que je fais totalement mienne. La politique éducative doit aussi être progressive, structurée, cohérente.


Je retiens une deuxième grande recommandation de votre rapport : c'est de rendre vivant l'apprentissage des règles de grammaire.


L'apprentissage structuré des règles est essentiel. Mais encore faut-il que les élèves s'approprient ces règles, les manipulent. Encore faut-il qu'elles deviennent pour eux des instruments à leur service, et pas des contraintes qui surgissent de nulle part !
Je ne suis pas un fanatique de la règle pour la règle ! La règle, elle est là pour qu'on s'en serve, à son profit !


Vous avez cité, dans votre rapport, l'opération "La Main à la pâte", patronnée par l'Académie des sciences, et qui initie les jeunes à la démarche scientifique par des activités pratiques et concrètes.


C'est effectivement dans cet esprit que nous devons concevoir l'enseignement de la grammaire. Un enseignement rigoureux, possédant sa logique propre, mais aussi un savoir vivant, déclinable selon la trilogie du socle commun : connaissances, capacités, attitudes.
Pour y parvenir, il faut faire en sorte que les maîtres aident les élèves à s'emparer des règles de grammaire, à se les approprier.


Evidemment, on n'y parviendra pas si l'on présente d'emblée la grammaire comme une pure structure logique, impersonnelle, un squelette sans vie et sans âme.


Dans votre rapport, vous préconisez, pour cela, d'utiliser une présentation simple qui permet aux élèves de se reconnaître dans le fonctionnement même de la langue.
Par exemple : en expliquant que la grammaire est semblable aux règles d'une pièce de théâtre, qui met en scène un sujet, qui organise une action grâce à un verbe, qui plante un décor grâce à divers compléments.


Dans votre livre, Erik Orsenna, La Grammaire est une chanson douce, vous avez imaginé de belles pages sur les façons de rendre vivante la grammaire.
Eh bien, l'enseignement de la grammaire, sans renoncer à la rigueur de sa logique propre, ne doit pas hésiter à donner vie aux règles, à montrer que la grammaire, ce sont les règles qui donnent vie aux mots. Que connaître la grammaire, c'est devenir soi-même l'apprenti sorcier du langage !


Evidemment, cette forme de présentation n'est pas celle qu'adopterait un linguiste dans une communication au Collège de France !
Mais comme vous l'avez dit vous-même dans votre rapport, M. Bentolila, "il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs" ! A l'école, nous nous adressons aux enfants, aux élèves, et pas à de futurs docteurs en linguistique.
Alors, je crois que nous devons revenir, ici comme ailleurs, à un peu plus de bon sens. Il sera toujours temps de transformer nos élèves en linguistes ! Pour le moment, le but c'est d'en faire tout simplement des personnes qui savent manier notre belle langue.


J'en viens à une troisième grande recommandation : simplifier et uniformiser le vocabulaire technique employé.

Vous savez que la simplification du langage et surtout des programmes de l'Education nationale est un de mes chevaux de bataille !
J'y tiens particulièrement pour la grammaire !
Car il est vrai que la terminologie utilisée aujourd'hui est complexe et presque ésotérique !

Deux inconvénients majeurs en découlent :

D'abord, cette terminologie empêche les élèves d'investir le champ de la grammaire. Elle se dresse face à eux comme un savoir inaccessible.
Et puis, cette terminologie a rompu les liens entre les parents et les enfants. Les parents et les grands-parents ne retrouvent plus du tout la grammaire qu'ils ont apprise. La science évolue, mais la grammaire, c'est surtout un patrimoine qu'il faut transmettre, et cette transmission se fait aussi par le biais des parents.

Et chacun sait bien que le suivi des enfants par la famille est un élément important de la réussite scolaire.
D'ailleurs, la modification radicale de la terminologie classique était-elle vraiment nécessaire ? Car le fonctionnement grammatical de la langue n'a pas changé ! Etait-il utile de prendre des termes plus compliqués pour désigner la même chose au niveau où nous nous situons, c'est-à-dire celui des apprentissages fondamentaux ?

Je n'en suis pas sûr ! Je crois même que les effets ont été plutôt négatifs : les parents sont déboussolés.


Le lien entre les générations s'est fragilisé. Or, ce lien est précieux : l'école devrait le renforcer, et non le fragiliser.
Vous savez que le socle commun de connaissances et de compétences a justement pour objectif de construire une culture commune : commune, c'est-à-dire partagée par tous, au sein d'une même génération, mais aussi entre les générations !

Alors, il serait vraiment dommage que pour de simples questions de terminologie, on fragilise cette culture commune, dont le pivot est justement la transmission de la langue commune, et de ses règles. Il faut que les parents comprennent ce que leurs enfants apprennent !
Imposer un vocabulaire grammatical plus simple et homogène, c'est ma troisième grande décision, à la suite de votre rapport.

Maintenant, il nous faut "mettre en musique", si j'ose dire, ces trois grandes recommandations.
Pour cela, nous devons réfléchir au temps de travail qu'il faut accorder à l'enseignement de la grammaire et à la manière dont tous les enseignants doivent s'approprier cet objectif.

Vous savez que la relecture des programmes de l'école et du collège est en cours, pour les adapter au socle commun. Le 18 octobre dernier, j'ai installé le groupe d'experts chargé de cette tâche. Le professeur Pierre Brunel et l'Inspectrice générale Martine Safra supervisent le travail en ce qui concerne la langue française.

Les orientations que je fixe, nourriront bien entendu les travaux du groupe chargé de la réécriture des programmes de grammaire.
En clair, je demande trois choses :

que dès janvier, ces orientations soient intégrées aux propositions du groupe d'experts sur la maîtrise de la langue française pour que, dès le printemps, les premiers programmes publiés en tiennent compte ;
que dès que possible, je puisse adresser des instructions sur l'enseignement de la grammaire aux équipes pédagogiques, pour préciser, par exemple, le nombre d'heures qu'il faut y consacrer.
enfin, que la formation des maîtres, en cours de rénovation, prenne en compte ces nouvelles orientations. Car, il va de soi que les enseignements dispensés dans les IUFM intégrés aux universités seront cohérents avec les nouveaux programmes.
Je voudrais pour conclure souligner un point qui m'apparaît très important.

La politique que je mène ici, à l'Éducation nationale, possède sa logique, sa cohérence.
Pour s'en tenir à l'apprentissage de la langue, il n'y a pas d'un côté la lecture et de l'autre la grammaire.
Non : lecture et grammaire sont évidemment très étroitement liées.
Et j'ajouterais volontiers, pour être tout à fait précis : l'orthographe et les conjugaisons.


On nous a dit pendant des années : ne soyez pas inquiets, le niveau ne baisse pas !
Quel est le résultat aujourd'hui ? Un IUT a fait faire une dictée à tous ses élèves au début de l'année. Je précise que ces élèves sont bacheliers, dont une partie d'entre eux avec mention et qu'ils sont sélectionnés.
Eh bien, les résultats en grammaire et en orthographe sont assez éloquents : sur 30 étudiants et pour une dictée de 20 lignes, 9 avaient fait entre 5 et 10 fautes, 12 entre 10 et 15 fautes et tous les autres avaient fait plus de 15 fautes !

Alors, oui, il est temps de refonder l'école sur le savoir, l'apprentissage des fondamentaux, et j'ajouterai, la rigueur.
Et chacun sait qu'il n'est pas nécessaire d'être compliqué pour être rigoureux : ce qui se conçoit bien s'énonce clairement !
Voilà mon programme pour les mois qui viennent et je suis bien décidé à le conduire jusqu'au bout.
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce qu'on faisait à l'Éducation nationale il y a 10 ou 100 ans. Ce qui m'intéresse, c'est ce qu'on y fait maintenant et, plus encore, ce qu'il faut faire pour que nos élèves réussissent !


Voilà ce qui m'intéresse et rien d'autre.


Parmi les groupes d'experts que j'ai chargés de la réécriture des programmes, l'un d'eux s'occupe de l'enseignement des mathématiques.
Ce sera justement mon prochain grand chantier pédagogique.
Vous le voyez, l'Éducation nationale avance, elle change.
"Ce n'est pas parce que les choses sont impossibles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont impossibles".
C'est une belle citation de Sénèque et c'est aussi un bel usage des possibilités de la grammaire ! C'est, pour ma part, une devise que je fais mienne pour les mois à venir !

Je vous remercie.

Écrit par : Guillaume | 10 décembre 2006

Je viens de tomber sur ça :

(http://www.lepoint.fr/affaires/document.html?did=186730)

« Briser l'horloge
Patrick Bonazza - Le Point
Best Buy, site d'achat aux Etats-Unis, est au coeur d'une immense révolution invisible. Ses 4 000 employés viennent au bureau et en partent quand bon leur semble. Pas de pointeuse, pas d'horaire, pas d'horloge. Ceux qui aiment la chasse vont chasser, ceux qui aiment la pêche vont pêcher... La belle vie, donc. Sauf que chacun fait son travail et que la productivité de la société augmente. Le succès de la nouvelle formule est tel qu'elle doit être généralisée.
Si Best Buy est la société la plus avancée en matière de liberté au travail, elle n'est pas un cas isolé. De plus en plus d'entreprises américaines optent pour le nomadisme de leurs employés. Chez IBM, 40 % du personnel n'a pas de bureau en propre. Chez AT&T, un tiers des managers sont en permanence en vadrouille. Sun Microsystems gagne 300 millions par an sur ses dépenses immobilières en permettant à la moitié de ses employés de travailler où bon leur semble. Bien sûr, toutes les entreprises ne peuvent pas passer à ce régime. Mais, quoi, l'utopie est en marche. »

Renault veut réduire le nombre de ses bureaux !

Ah, Roméro et Zakhartchouk ont une nette longueur de rames de métro de retard !

Et dire que la Sainte Vierge (J’adore !!) est conseillée par des gens qui tournent le dos à l’avenir.

Déjà dans « De l’école », J.C. Milner faisait du temps libre consacré à se cultiver, et la liberté pédagogique, les piliers du métier de professeur.

Je signale que "De l’école" est sorti en … 1984 ! Les 35 h et le travail en équipe, c’est le seul moyen que les pédagogues ont trouvé pour camisoler tout désir de la jouer perso et s’assurer que leurs néfastes méthodes soient appliquées : « big brother is watching you ! »

Bien à vous tous, Philippe.

Écrit par : Philippe Delarouzée | 10 décembre 2006

"Mais si l'on excepte les râleurs militants anti-pédagos,"

Ecrit par : Alice | 10 décembre 2006

"Christophe, appelez cela comme bon vous chante, mais vos conseils de discussion ne sont praticables qu'avec des personnes fonctionnant dans l'échange.Or, il n'en reste quasiment plus dans les chefaillons de l'EN."

Ecrit par : Alice | 10 décembre 2006

Je crois que vous abondez dans mon sens, à votre corps défendant. Je suis certain qu'il est toujours possible de discuter avec des militants anti-pédagos, (toute discussion restant basée sur l'écoute de l'autre et le compromis, mot qui ne veut pas dire compromission). Sauf votre respect, avec des "râleurs", (mot que je pense négatif et, en tous cas, "anti-Spinoziste"), je pense que c'est nettement plus compliqué.

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

Christophe,
Il n'y a aucune "haine". C' est une constatation "objective": les pédagogistes ne tolèrent pas d'autre vérité que la leur, et lorsqu'elle est démentie par les faits, ils nient les faits. Ce que M.Frackowiak pense de la liberté pédagogique a édifié, ou plutôt terrifié, tout le monde. C'est un avant-goût de ce qui nous attend si d'aventure Madame Royal était élue!
D'ailleurs je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte, mais vous-même n'arrêtez pas de porter des jugements de valeur sur les personnes: un tel est un "nullard", une autre est "excellente", un autre est "rempli de haine" . Intéressez-vous donc un peu aux faits, et aux arguments! Vous voyez ce qui se passe dans les classes, dites-vous? Alors comment se fait-il que tous les parents que je rencontre me tiennent le même discours sur les carences de l'enseignement reçu par leur enfant à l'école primaire et en 6ème-5ème de collège, où les méthodes pédagogistes sont appliquées tête baissée et sans aucun souci des conséquences sur les élèves? Il faut arrêter de vous voiler la face.

Écrit par : Jean | 10 décembre 2006

Quand Alice parlait des "râleurs militants anti-pédago", ce n'était pas une critique, mais un éloge, car elle voulait dire qu'il y a encore, émergeant de la masse docile de tous nos collègues, quelques individualités qui ont un peu de carcatère et de convictions et qui ne mettent pas leur drapeau dans leur poche. "Râleurs" signifiait simplement "qui protestent ". Associé à "militants", cela fait un peu pléonasme, car c'est strictement la même chose. Du coup , vos considérations, Christophe, sur cette formulation d'Alice sont complètement à côté du sujet. Mais au moins plus personne ne peut ignorer que vous avez lu Spinoza!

Écrit par : Jean | 10 décembre 2006

Si nous voulons éviter que la chape de plomb de la dictature du pédagogisme s'abatte pour de bon et pour le compte sur l'ensemble du système, il n'y a qu'une issue, c'est d'empêcher Madame Royal d'arriver à ses fins. (Alice)

Le petit père des peuples aurait dit: "qu'on lui tranche la tête"...royale!

Écrit par : buntovchik | 10 décembre 2006

Non, Jean, je suis désolé, mais: "râleur" et "militant" ne veulent absolument pas dire la même chose! (cf Spinoza, justement). Et, si je parle du même Spinoza, c'est pour rebondir sur plusieurs messages de Robin. Quand à: "nullard", il n'y a pas d'autre mot pour qualifier le message auquel je fais allusion, (qui n'était pas de vous, mais que vous avez certainement lu).

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

"Râleur' et "militant" se recouvrent : le "militant", c'est-à-dire celui qui a embrassé une cause, "râle", c'est-à-dire fait connaître à qui de droit, sur un ton appuyé, les reproches qu'il adresse à ce "qui de droit". Les "militants anti-pédago" ont une conviction qui les pouse à "râler", c'est-à-dire à dénoncer les tares du système qu'ils critiquent et voudraient modifier. Le terme de "râleur" n'est en rien, ici, négatif. Rien à voir avec le scout qui râle tout le temps parce que la potée est trop salée ou pas assez, ou parce qu'il pleut, ou parce qu'il fait trop froid, ou trop chaud. Dans un contexte de conflit de doctrines, donc au nom de la raison,"militant" et "râleur" développent la même idée. L'expression est donc bien pléonastique, et sous la plume d'Alice, "râleur" n'était en aucun cas à prendre en mauvaise part, ce que vous avez fait par un détournement de sens parce que vous n'avez pas senti la valeur métaphorique du terme.

Écrit par : Jean | 10 décembre 2006

Pour Jean et les autres Brighelliens

tous chez Moati !

http://forums.france5.fr/ripostes/Speciale-Presidentielle/UNE-REFORME-L-ECOLE-PRIMAIRE-Socle-Republique-sujet-73-1.htm

Écrit par : Patrick | 10 décembre 2006

Bravo Patrick!!! J'adhère.....
Revenir aux bases et l'école relèvera la tête!

Écrit par : Kana | 10 décembre 2006

Après avoir déposé votre contribution chez Moati...

http://forums.france5.fr/ripostes/Speciale-Presidentielle/liste_sujet-1.htm


vous pouvez vous rendre à Belfort saluer lion : miraculé républicain !

http://www.chevenement2007.fr/Vers-un-projet-republicain-exigeant_a58.html

A vos claviers

cordialement
jacques !

Écrit par : Patrick | 10 décembre 2006

Je viens de tomber sur ça :

(http://www.lepoint.fr/affaires/document.html?did=186730)

« Briser l'horloge
Patrick Bonazza - Le Point
Best Buy, site d'achat aux Etats-Unis, est au coeur d'une immense révolution invisible. Ses 4 000 employés viennent au bureau et en partent quand bon leur semble. Pas de pointeuse, pas d'horaire, pas d'horloge. Ceux qui aiment la chasse vont chasser, ceux qui aiment la pêche vont pêcher... La belle vie, donc. Sauf que chacun fait son travail et que la productivité de la société augmente. Le succès de la nouvelle formule est tel qu'elle doit être généralisée.
Si Best Buy est la société la plus avancée en matière de liberté au travail, elle n'est pas un cas isolé. De plus en plus d'entreprises américaines optent pour le nomadisme de leurs employés. Chez IBM, 40 % du personnel n'a pas de bureau en propre. Chez AT&T, un tiers des managers sont en permanence en vadrouille. Sun Microsystems gagne 300 millions par an sur ses dépenses immobilières en permettant à la moitié de ses employés de travailler où bon leur semble. Bien sûr, toutes les entreprises ne peuvent pas passer à ce régime. Mais, quoi, l'utopie est en marche. »

…Renault veut réduire le nombre de ses bureaux.

Ah, Roméro et Zakhartchouk ont une sacrée longueur de rames de métro de retard ! Et dire que la Sainte Vierge (J’adore !!) - et son désir - est conseillée par des gens qui tournent le dos à l’avenir.
Déjà, dans « De l’école », J.C. Milner faisait du temps libre consacré à se cultiver, et la liberté pédagogique, les piliers du métier de professeur.

« De l’école » est sorti en … 1984 !

Les 35 h, le conseil pédagogique d’établissement (le retour des commissaires politiques !) et le travail en équipe, c’est le seul moyen que les pédagogues ont trouvé pour camisoler tout désir de la jouer perso et s’assurer que leurs néfastes méthodes soient bien appliquées.

« Big Brother is watching you ! »

Philippe.

Écrit par : Philippe Delarouzée | 10 décembre 2006

Tiens, juste en passant, jeudi dernier, lors d'un stage sur la mise en oeuvre de la désormais sacro sainte "démarche d'investigation" en 5° qui est à la science ce que la méthode globale est à la lecture ou l'ORL à la grammaire, j'ai appris un nouveau mot :

"opérationnalistation des connaissances"

Kesaco? Si j'ai bien compris, cela veut dire "exercice d'application" en langage IUFM...

Pour compléter, il se passe quelque chose en sciences en ce moment. Après la main à la pâte pour le primaire, voici qu'arrive dans les nouveaux programme la démarche d'investigation où, comme d'habitude, l'élève doit être au coeur de la construction de son savoir scientifique en ce prennat pour un grand savant qui va découvrir que l'eau bout à 100°C... La notion de plaisir est partie prenante de l'ensemble, cela va sans dire!!! Dans le B.O. du 25 aout 2005, i est précisé la démarche à suivre pour l'enseignant .

Pas moins de 7 points, je vous les cite, rien que les noms font rire...

1) Choix d'une situation-problème par le professeur.
2) Appropriation du problème par les élèves.
3) Formulation de conjectures, d'hypothèse explicatives et de protocoles possibles.
4) Investigation ou résolution du problème conduite par les élèves.
5)Echange argumenté autour des propositions élabotées.
6) Acquisition et structuration des connaissances.
7)Opérationnalisation des connaissances.

J'imagine déjà ma prochaine inspection :
"Mr, vous n'avez pas assez passé de temps sur la formulation de conjectures avec vous élèves.
- Vous avez peut être raison Mr l'inspecteure."

Écrit par : Sylvain | 10 décembre 2006

Sylvain

La main a la pâte est une approche de la science motivante . C'est un fait. Je pratique de temps en temps quand le thème m'inspire, que la place et les moyens techniques me le permettent.

Mais comme toujours il ne faut devenir plus pâtissier que Charpak!

Tiens si en école primaire on pouvait avoir une salle de travaux pratiques avec paillasse , évier...

La remarque que je ferai est celle-ci : malheureusement ce sont toujours les mêmes élèves motivés par la démarche expérimentale.

Et on privilégie bien évidemment l'oralité , les échanges qui ne sont pas faciles dans certaines classes.

Puis en finalité quand tout ce petit monde a discuté , joué à l'apprenti pâtissier...résultats des courses, retour sur investissement ... ce sont toujours les mêmes qui apprendront leur leçon (Opérationnalisation des connaissances ).

La main à la pâte était enseignée en IUFM en 93 . Je vois que cela vient en secondaire.

Secondarisation de l'école primaire....
primarisation du collège ....

un exemple : Cas du français :
Etude typologique de texte en lecture et expression écrite en primaire
Dictée et analyse grammaticale en collège

Bon je vais chez Moati
On marche un peu beaucoup sur les oeufs

Écrit par : Patrick | 10 décembre 2006

CENSURE sur le site de DESIRDAVENIR ??????????

J'avais mis ce matin une contribution sur le débat de l'école :

http://www.desirsdavenir.org/debats/read.php?93,45175,82031#msg-82031

or en fin de texte j'avais écrit au dessus de "Pour que Vive l'école de la république" ceci et sans lien URL :

L'APPEL POUR UNE REFONDATION DE L'ECOLE

écrit en caractères script majuscules comme ci dessus . Il a été gommé de mon mail !

Bizarre, bizarre comme c'est étrange !

Écrit par : Patrick | 10 décembre 2006

Râler = récriminer, maugréer. (Dixit mon dico).

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

"Pour Jean et les autres Brighelliens

tous chez Moati !"

Ecrit par : Patrick | 10 décembre 2006

C'est un gag? C'est Sarko, chez Moati! Ca va plaire à Jean-Paul!

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

Je viens de tomber sur ça :

[…]Best Buy, site d'achat aux Etats-Unis, est au coeur d'une immense révolution invisible. Ses 4 000 employés viennent au bureau et en partent quand bon leur semble. Pas de pointeuse, pas d'horaire, pas d'horloge. Ceux qui aiment la chasse vont chasser, ceux qui aiment la pêche vont pêcher... La belle vie, donc. Sauf que chacun fait son travail et que la productivité de la société augmente. Le succès de la nouvelle formule est tel qu'elle doit être généralisée […]

La suite ici : http://www.lepoint.fr/affaires/document.html?did=186730

…Renault veut réduire le nombre de ses bureaux.

Ah, Roméro et Zakhartchouk ont une sacrée longueur de rames de métro de retard ! Et dire que la Sainte Vierge (J’adore !!) - et son désir - est conseillée par des gens qui tournent le dos à l’avenir.

Déjà, dans « De l’école », J.C. Milner faisait du temps libre consacré à se cultiver, et la liberté pédagogique, les piliers du métier de professeur.

« De l’école » est sorti en … 1984 !

Les 35 h, le conseil pédagogique d’établissement (le retour des commissaires du peuple !) et le travail en équipe, c’est le seul moyen que les pédagogues ont trouvé pour camisoler tout désir de la jouer perso et s’assurer que leurs néfastes méthodes soient appliquées.

« Big Brother is watching you ! »

Philippe.

Écrit par : Philippe Delarouzée | 10 décembre 2006

Excusez-moi, j'ai passé ma journée à me débattre avec des problèmes de plomberie. J'en retiens trois enseignements : il y a encore des gens qui connaissent leur métier et qui le font correctement 2°) Le plombier (français, pas polonais) qui est venu d'urgence (un dimanche!) ayant largement passé la cinquantaine, je ne pense pas qu'il ait été formé avec des "situations problèmes", formulations de conjectures" et autres merveilles, mais ca ne l'a pas empêché de trouver immédiatement l'origine de la fuite 3°) Etant donné le montant de la facture que j'ai eue à régler, je pense sincérement qu'au lieu d'avoir fait huit ans d'études et de me coltiner les fauves du collège unique et les élucubrations des pédagogues, pour un salaire de misère, j'aurais mieux fait passer un CAP de plomberie...Oui je sais les charges des artisans...

Je reprends ce que je disais ce matin sur les séquences. Elles nous ont bel et bien été imposées en 1996 si ma mémoire est bonne. Leur mise en pratique est incompatible avec un apprentissage sérieux de l'orthographe, du vocabulaire et de la grammaire et une approche approfondie d'un texte. La plupart des collègues sont d'accord là-dessus, mais personne n'ose procéder autrement par peur de se faire taper sur les doigts par les inspecteurs...C'est OBLIGATOIRE ! Le principe de la séquence est de survoler un texte en extrayant une ou deux idées, d'étudier superficiellement une notion de grammaire, quelques mots de vocabulaire et de faire un peu d'orthographe (pas de dictée, évidemment, elles ne sont pas formellement interdites, mais elles sont inconciliables avec les séquences). Cette méthode, mise en oeuvre, mettons en 4ème avec de bons élèves qui auraient suivi jusqu'en cinquième un entraînement systématique en grammaire, en orthographe et en vocabulaire et qui liraient un livre par semaine pourrait peut-être fonctionner sans trop de dommages. Malheureusement, l'apprentissage en séquence a été instauré depuis l'école primaire et les élèves qui entrent en 6ème n'ont eu aucun entraînement systématique...Ils ont fait un peu de tout, mais de façon très superficielle et ils ont des bases extrêmement fragiles...sans parler des problèmes de maîtrise de la lecture à cause de la méthode globale.

Il y a d'ailleurs une relation entre les séquences et la méthode globale. La méthode globale vient d'une méthode américaine de lecture rapide destinée aux adultes (hommes politiques, journalistes, décideurs...) qui ont besoin d'extraire d'un texte des informations dans un temps réduit. Elle n'est en aucun cas appropriée pour des enfants qui apprennent à lire. De même, alors qu'il faudrait jeter des bases solides pour étudier de façon approfondie des textes littéraires en seconde, on traite les élèves de 6ème comme s'ils étaient déjà au lycée. Il n'est pas étonnant qu'à présent ce sont les professeurs de lycées qui s'arrachent les cheveux devant des élèves qui non seulement sont incapables de comprendre un texte littéraire, mais rendent de dissertations bourrées de fautes de syntaxe et d'orthographe. Il paraît même que maintenant, c'est à l'université que les problèmes se posent!

Écrit par : Robin | 10 décembre 2006

Patrick,
Cela vous étonne?
Christophe,
"Râler" signifie au sens propre "pousser un râle", donc c'est un sens physique. Par métaphore, cela signifie "récriminer", "maugréer". Mais "récriminer" signifie au sens étymologique "porter des accusations", ce qui nous oriente déjà vers le sens que lui donnait Alice dans son texte. "Maugréer" a le sens d'"exprimer sa mauvaise humeur": et qui dit "humeur" dit "absence de justification rationnelle". C'est le sens que l'on donne habituellement à "râleur", c'est-à-dire "celui qui a toujours à protester, que ce soit justifié ou pas". Si l'on emploie métaphoriquement cette première métaphore, on redouble donc la métaphore et on obtient le sens qu'a le terme dans le post d'Alice, c'est-à-dire celui de "protestataire sur la base d'arguments". On peut aussi considérer que le terme de "râleur" est celui qu'applique l'administration à ces individus dont elle ne comprend pas les motivations et dont elle n'écoute même pas les arguments puisqu'elle est entièrement acquise aux pédagos et que toute protestation ne peut lui apparaître que comme simple désir irrationnel de créer du désordre.

Écrit par : Jean | 10 décembre 2006

Chevènement vient d'annoncer son ralliement à Madame Royal.
Pauvre Chevènement! Il est tombé bien bas! Quelle dégringolade pitoyable!

Écrit par : Jean | 10 décembre 2006

Mais enfin, Robin, arrêtez de râler!

Écrit par : Jean | 10 décembre 2006

Pour Mr Christophe,
Eh oui, y a Sarko chez Moati, c'est ce que j'appelle la Démocratie. Je vous lis depuis quelque temps, et je suis outrée par vos propos haineux. Je ne suis que parent d'élève et je suis ravie que vous n'enseigniez que la musique. Et une deuxième chose, je crois que malheureusement ce sont des gens comme vous qui avez mis Sarko en scène. Et bravo à Jean, parce que des enseignants comme lui eh bien malheureusement il n'y en a plus beaucoup.
A plus

Écrit par : aNNE | 10 décembre 2006

C'est vrai Anne que Sibille a déjà oeuvré un peu partout sur les Forum depuis celui de la commission Thélot. Tout le temps il a fini par sortir des rails et devenir exécrable. Nous croyions que la musique adoucissait les moeurs, mais je me demande si la musique est bien son pain quotidien tant il était haineux vis à vis des "patrons". Sibille se moque bien de ce qui peut se passer dans le secteur privé, lui, sa paie tombe comme un métronome à la fin du mois. Et de plus il n'a pas affaire aux élèves ordinaires, mais à des étudiants triés, les instits en stage contraint en IUFM (Orléans-Tours) qu'il a nécessairement à sa botte.

De plus, je suis à 100% d'accord avec tout ce que dis Jean, mais qu'il ne désespère pas, Ségolène qui ne cesse de dire qu'elle n'est pas la seule à penser ainsi....confirmant son suivisme, me semble bien légère comme future présidente et en tous cas pour nous, ce serait une catastrophe presque pire que le Pen qui sur le plan de l'Education Nationale, même s'il récupère des principes de bon sens, en tous cas n'en rajoute pas dans le sens des IUFM et des TRES nombreux idéologues et profiteurs qui gravitent dans la sphère pédagogiste.

Pour ce qui est de l'avenir, je suis néanmoins pessimiste car le mal est fait et il est immense. Nous sommes dans un pays qui a perdu sa compétitivité scolaire et partant sa compétitivité économique, mais ça, on ne peut le dire.

Écrit par : at | 10 décembre 2006

J'avais écrit ici même il y a huit ou dix jours que la candidature de Chevènement n'avait guère de chance d'être autre chose qu'un chantage aux postes de députés pour la prochine législative. Eh bien, le "Che" vient d'annoncer son ralliement à la Sainte Immaculée — il doit avoir ses circonscriptions. Je suis, au fond, désolé de ne pas m'être trompé — mais seul le pire est sûr, comme aurait dit… %urphy (voir plus haut !).

Sur la question des méthodes de lecture : à l'origine de la méthode globale, il y a Decroly — puis Freinet. Mais l'un inventait pour les sourds, et l'autre était… Freinet, pour lequel j'ai un grand respect, comme pour tous les défricheurs — qui malheureusement ont tous eu des disciples… Et ce sont ces disciples (Foucambert, par exemple, qui avec Charmeux se ause du rapport de Bentolila sur la grammaire) qui ont imposé, en s'appuyant effectivement sur les études américaines des années 50-60, les méthodes globales ou semi-globales actuellement en cours.
Quand je pense que les Américains en sont revenus, depuis une bonne quinzaine d'années… Mais nous sommes plus intelligents, en France, nous savons nous obstiner.
JPB
PS. J'ai écouté l'émission de Moati — en zappant un peu, je l'avoue. Et face à un tir de barrage, le candidat quasi unique de la droite ne s'en est pas si mal tiré — il a de la ressource rhétorique, ce garçon. J'ai capté pour finir l'annonce de l'émission de la semaine prochaine — avec la Sainte Madone herself. Gageons que Moati, qui a pour elle les yeux de Rodrigue, ne manquera pas d'inviter des tmoins aussi agressifs que ceux d'aujourd'hui. Tiens, je vais essayer de m'y faire convoquer.

Écrit par : brighelli | 10 décembre 2006

"Pour ce qui est de l'avenir, je suis néanmoins pessimiste car le mal est fait et il est immense. Nous sommes dans un pays qui a perdu sa compétitivité scolaire et partant sa compétitivité économique, mais ça, on ne peut le dire."

Mais si, vous pouvez le dire — la preuve…
Vous pouvez même développer.
Mais franchement, pas d'attaques (inutiles, stériles, etc.) entre blogueurs. Nous sommes ici pour défendre des idées — ou alors, que chacun signe de son nom : et justement, ce n'est pas le propos d'un blog.
JPB

Écrit par : brighelli | 10 décembre 2006

Freinet utilisait une méthode globale, il est vrai mais utilisait l'imprimerie dès l'école maternelle (GS), donc les enfants travaillaient avec des lettres qu'ils manipulaient eux-mêmes sur des textes qui venaient d'un vécu commun corrigé ou aiguillé par l'enseignant. Donc, rien à voir avec certaines méthodes actuelles plus inspirées de Foucambert et de Charmeux que de Freinet.
Et puis, comme vous le dites, Freinet, c'était Freinet, et ça, ce n'est pas donné à tout le monde.

Écrit par : catmano | 10 décembre 2006

J'avais apprécie chez Chevènement, dans les années 80 son "retour aux fondamentaux" quand il était ministre de l'Education de François Mitterand. Cet homme jadis brillant n'est plus qu'un vieux clown un pathétique. Comme disait le général de Gaulle "la vieillesse est un grand naufrage."

Écrit par : Robin | 10 décembre 2006

Chevènement vient d'annoncer son ralliement à Madame Royal.
Pauvre Chevènement! Il est tombé bien bas! Quelle dégringolade pitoyable!

Ecrit par : Jean | 10 décembre 2006

CONTRE dix circonscriptions! Une dégringolade bien payante...

Écrit par : dobolino | 10 décembre 2006

"Avoir un ventre usé par la marche? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale?...
Non, merci."

Écrit par : Robin | 10 décembre 2006

De toute façon, faut pas se manger le foie avec Ségo-Sarko... Le 31/12/2006, Rusé Renard nous présentera ses vœux à 20 H00 et nous annoncera sa candidature à la présidentielle.
Et ça repartira pour cinq ans...
Vous vous imaginez tout de même pas qu'il envisage une retraite dans les bras de sa princesse Bernie? Vous feriez quoi à sa place? Je le comprends moi, ce petit vieux, il n'a plus que ça et il ne le lachera pas.

Écrit par : dobolino | 10 décembre 2006

Chevènement se rallie à la Madone ... je ne vois qu'une explication (en dehors de la combinazione pour la dépuation )

Notre miraculé de la République qui a appproché les portes de St Pierre suite à son coma a sans doute voulu renouer avec son expérience extatique en se ralliant à la Ste Vierge.

Écrit par : Patrick | 10 décembre 2006

Je trouve la polémique que vous entretenez à plaisir tout à fait vaine : elle n'ouvre aucune perspective et vous vous laissez aller à de procédés très bas. Est-ce que vous apprécieriez que l'on joue avec votre nom ?
J'aimais mieux quand vous occupiez de littérature ( les " Biet-Brighelli-Raspail" présentenet un choix de textes intéressant : un bon travail d'équipe).
Que vous est-il arrivé pour que vous deveniez si agressif ?
Le passage par Normal Sup n'est -hélas- pas un vaccin contre la médiocrité.
Il ne suffit pas d'être savant pour être digne. A vous lire ( La Fabrique du crétin m'est tombé des mains : répétitons, incohérences, faiblesse de l'argumentation) on n'a guère envie du contre modèle que vous représentez.
Reprenez la lecture de Montaigne, de Pascal, de Montesquieu.
Retrouvez le souffle des grands, la vertu d'humilité et les valeurs de notre république : liberté, égalité, fraternité. Elles sont pour tous.

Écrit par : Martin | 10 décembre 2006

"ce serait une catastrophe presque pire que le Pen" at (10/12)

At, vous jugez Christophe exécrable, je n'ai pas d'avis sur le sujet. En revanche vous ne mesurez pas bien ce qu'il en coûterait à l'Ecole avec Le Pen comme exécrable président. C'est bien d'avoir l'esprit critique, mais faudrait voir à ne pas perdre l'esprit.
Philippe

Écrit par : Philippe | 10 décembre 2006

Nous allons en baver face à tant d'imbéciles...Devoir se les coltiner 45 ans et 35h par semaines (puis 39?) alors que le niveau baissera encore plus, ça ne sera pas de tout repos. Pourvu que je gagne la grosse cagnote du loto!
Je suis hargneux, je serai haineux. Tenez, la semaine prochaine j'ai la suite de mon stage de formation SEGPA juste avant noël. Sans doute rencontrerai-je une autre prof (d'IUFM sic!)qui me dira que la grammaire n'est pas nécessaire du moment que l'idée est comprise...
Souvenez-vous:
ENSEIGNEMENT 1960:un paysan vend un sac de pommes de terre pour cent francs. Ses frais de production s'élèvent au 4/5è du prix de vente.
-Quel est son bénéfice?

ENSEIGNEMENT TRADITIONNEL 1970: un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100 francs. Ses frais de production s'élèvent au 4/5è du prix de vente c'est-à-dire 80 francs.
-Quel est son bénéfice?

ENSEIGNEMENT MODERNE 1970: un paysan échange un ensemble P de pommes de terre contre un ensemble M de pièces monnaie. Le cardinal de l'ensemble M est égal à 100 et chaque élément de M vaut 1 franc.
-Dessine 100 gros points représentant les éléments de l'ensemble M. L'ensemble F des frais de production comprend 20 gros points de moins que l'ensemble M.
-Quel est le cardinal de l'ensemble B des bénéfices?

ENSEIGNEMENT RENOVE 1981: Un agriculteur vend un sac de pommes de terre pour 100 francs. Les frais de production s'élèvent à 80 francs et le bénéfice net est de 20 francs.
-Souligne les mots "pommes de terre" et discute de cela avec ton voisin.

ENSEIGNEMENT REFORME 1981: un païsan kapitalist privilégier senrichi injustemant de 20 F sur un sac de patats.
-analise le problème et recherche les fotes dortographe, de pontuassion,, et aprè, di ce que tu panse de ses manières de senrichir.

ENSEIGNEMENT ASSISTE PAR ORDINATEUR 1995: Un producteur de l'espace agricole câblé (FNSEA On-line avec le Crédit Agricole) consulte en conversationnel un Data-Bank qui détermine un Cash-Flow, sur écran 17 pouces ultra plat Sony, du sac de frites congelées.
-Dessine avec la souris le sac de frites congelées puis connecte-toi sur Internet pour trouver cinq marques différentes de frites congelées, ton plat préféré. (Avec la participation de Mc Donalds, Carrefour "je positive", Auchan "la vie, la vraie!", Casino et Leader Price.

ENSEIGNEMENT A DISTANCE 2020: n'oublie pas de te conncter à www.ecolenligne.fr pour connaître tes devoirs du jour qui sont à rendre au mois de juin.
-Question du jour: qu'est-ce qu'un paysan?

Bon appétit!
PS: je remercie P.Mérieu, les déformés de l'IUFM et les chercheurs, tous ceux qui , ayant quitté les planches par fatigue ou dégoût, ont participé de si près à la destruction de la seule institution capable de rendre l'Utopie possible.

Écrit par : combemale | 10 décembre 2006

C'est pitoyable ...
les jeux de mots sur les noms des personnes sont aujourd'hui tellement connotés qu'ils déconsidèrent ceux qui les utilisent (souvenons nous de Durafour...crématoire). JP Brighelli se prétend un redoutable polémiste mais ce billet montre bien que la vision qu'il a de la polémique est de l'ordre de la cour de récré... Pitoyable disais-je...
Quant au fond, c'est-à-dire le "rebonds" de JM Zakhartchouk, n'y lire qu'une critique de la réforme de la grammaire alors que ce n'est qu'un point annexe de son texte témoigne d'une lecture excessivement rapide (avec quelle méthode ?). Ce que dit ce texte c'est essentiellement, en prenant l'exemple du soutien, qu'on ne peut songer résoudre des problèmes complexes avec des réponses simplistes.
Malheureusement, c'est ce que ne cesse de faire M.Brighelli... : évoquer le "bon sens" et apporter des prétendues réponses aux problèmes de l'école. Ca s'appelle de la démagogie...

Écrit par : Bataille perdue | 10 décembre 2006

Bataille perdue va sur le site de France 2 ou chez la vierge marie mais fous-nous la paix...

Écrit par : combemale | 10 décembre 2006

@combemale
On aime être entre soi ?
on ne supporte pas la contradiction ?

Écrit par : bataille perdue | 10 décembre 2006

[…]Best Buy, site d'achat aux Etats-Unis, est au coeur d'une immense révolution invisible. Ses 4 000 employés viennent au bureau et en partent quand bon leur semble. Pas de pointeuse, pas d'horaire, pas d'horloge. Ceux qui aiment la chasse vont chasser, ceux qui aiment la pêche vont pêcher... La belle vie, donc. Sauf que chacun fait son travail et que la productivité de la société augmente. Le succès de la nouvelle formule est tel qu'elle doit être généralisée […]
La suite ici : http://www.lepoint.fr/affaires/document.html?did=186730
…Renault veut réduire le nombre de ses bureaux.
Ah, Roméro et Zakhartchouk ont une sacrée longueur de rames de métro de retard !
Et dire que la Sainte Vierge (J’adore !!) - et son désir - est conseillée par des gens qui tournent le dos à l’avenir.
Déjà, dans « De l’école », J.C. Milner faisait du temps libre consacré à se cultiver, et la liberté pédagogique, les piliers du métier de professeur.
« De l’école » est sorti en … 1984 !
Les 35 h, le conseil pédagogique d’établissement (le retour des commissaires du peuple !) et le travail en équipe, c’est le seul moyen que les pédagogues ont trouvé pour camisoler tout désir de la jouer perso et s’assurer que leurs néfastes méthodes soient appliquées.
« Big Brother is watching you ! »
Philippe.

Écrit par : Philippe Delarouzée | 10 décembre 2006

Vous avez bien choisi votre pseudonyme bataille perdue. Le pédagogisme, c'est le Waterloo de l'Ecole de la République.

Écrit par : Robin | 10 décembre 2006

@Robin
Je savais bien en intervenant sur ce blog que la bataille était perdue d'avance. D'où ce pseudo.
Je constate que les réactions à mon message confirment mon pronostic...

Écrit par : bataille perdue | 10 décembre 2006

Les batailles perdues d'avance, bataille perdue, sont celles que l'on n'a pas voulu livrer.

EN GARDE ! ! !

Écrit par : Robin | 10 décembre 2006

Bonjour,

Je n'ai pas encore lu "Une école sous influence, ou Tartuffe-roi", mais j'avais écrit en 2004, un témoignage et quelques réflexions sur cette question (avant le rapport Obin) :

- la récusation communautariste de la laïcité et de la culture scolaire au collège

Je les republie sur mon blog :

http://ecoledelaculture.canalblog.com/

Avec vous tous pour une résistance républicaine contre l'obscurantisme (pédagogique, religieux, politique...).

Michel Renard

Écrit par : Michel Renard | 10 décembre 2006

"Mais franchement, pas d'attaques (inutiles, stériles, etc.) entre blogueurs. "

Ecrit par : brighelli | 10 décembre 2006
Merci, Jean-Paul. Je n'avais pas eu l'impression d'être haineux avec qui que ce soit ici. Il serait de bon ton de calmer un peu, et nommément qui plus est, certains de vos amis ici présents. Par ailleurs, j'ai eu la faiblesse de penser que les arguments retournés à Sarko par certains de ses contradicteurs, (notamment Filoche, en ce qui concerne l'argent du travail et celui du capital) aurait pu trouver grâce aux yeux du vrai homme de gauche que vous me sembliez être. Ne vous ralliez donc pas à Sarko en application du principe fallacieux qui consiste à penser que: "les ennemis de mes ennemis sont mes amis". Je déteste Royal autant que vous pouvez le faire, et cela ne me fait pas apprécier Sarko pour autant.
Bonne soirée... Et consolez-vous avec une bonne bouteille dont votre cave a vraisemblablement le secret.

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

@Robin
Pour livrer les batailles, il faut que les terrains ne soient pas minés d'avance...
Des injonctions comme la votre peuvent sembler avoir du panache, mais elles ne sont que le symptome d'une position confortable celle de la certitude qui refuse le doute et la discussion...
Par ailleurs, je ne concois pas le réel débat comme une joute où tous les coups sont permis.

Écrit par : bataille perdue | 10 décembre 2006

Vous ne vous étranglez jamais en éructant votre haine ?
Je suis allé voir le site des Cahiers pédagogiques, ce n'est pas si mal, et eux au moins proposent des choses au lieu d'être toujours contre. D'où vous vient votre haine ? Ils ont refusé un de vos article ?

Écrit par : evariste | 10 décembre 2006

face aux puissants , brighelli ou autre Cordoba, notre hyène haineuse et donneuse de leçons se transforme en un petit agneau fayot...risible sibille! et tellement previsible.

Écrit par : frederic | 10 décembre 2006

Bonsoir,

2 mots :

1) Pour dire qu'il y a aussi des lecteurs (souvent muets) qui trouvent Christophe Sibille courageux de persévérer ici dans un milieu qui lui est généralement hostile et l'encouragent à continuer.

En se lançant uniquement des invectives ou des injures il n'y a plus débat, mais sans contradicateur aussi ... Il est possible de respecter ceux qui pensent autrement et il faut savoir admettre qu'on ne va pas convaincre tout le monde, même avec de bons arguments ... A moins d'être un excellent pédagogue !!! :-)

2) Ceux qui souhaitent sincérement une victoire de la gauche se réjouissent du retrait (prévisible) de Jean-Pierre Chevénement.
Lui reprocher, ce soir, d'avoir négocié quelques siéges potentiels de députés, c'est aussi lui reprocher de ne pas souhaiter la disparition de son mouvement.

Écrit par : PeutMieuxFaire | 10 décembre 2006

"face aux puissants , brighelli ou autre Cordoba, notre hyène haineuse et donneuse de leçons se transforme en un petit agneau fayot...risible sibille! et tellement previsible."

Ecrit par : frederic | 10 décembre 2006

Puissants? Puissants de quoi? Je me demande vraiment qui est risible, avec des messages aussi ridicules. J'ai eu des échanges extrêmement courtois, bien qu'extrêmement contradictoires également, par mail, avec Jean-Paul Brighelli. Et j'en ai eu, de la même manière, autour d'un verre, avec Pedro Cordoba, ne vous en déplaise. Il est peu probable que j'aie le même type d'échanges avec vous. Pas parce que vous êtes "impuissant". Parce que vous n'êtes pas très fin. Et eux, certes, le sont.
Continuez vos insultes, si tel est votre mode de fonctionnement. Mais, par pitié, évitez le possessif!

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

Et merci, au passage, à: "PeutMieuxFaire".

Écrit par : christophe sibille | 10 décembre 2006

Quand on ne dit pas comme Christophe Sibille et ses collègues pédagos, qui n'empressent d'ailleurs de pointer leur nez et leur malhonnêteté intellectuelle sur ce blog (il n'y a pas que Meirieu à avoir l'esprit faux, apparemment), on est "haineux". Curieuse conception de la discussion, qui devrait être, normalement, vouée honnêtement à la recherche de la vérité! Les pédagogistes sont les premiers à hurler à la haine. Vieille tactique! La "haine dont ils sont victimes" est une vieille ficelle de la rhétorique "pédago". Voyez comment Meirieu prend immédiatement la posture de la victime lorsqu'il est en difficulté.
Par quelque bout qu'on prenne la chose, il est devenu impossible, me semble-t-il, si l'on souhaite sauver l'école, de souhaiter la victoire de la gauche, puisque une telle victoire signifierait la dictature pédagogiste la plus orwellienne et la réduction immédiate et quasi-policière des quelques poches d'air respirable qui subsistaient encore.

Écrit par : Jean | 11 décembre 2006

Si les pédagogues s'étaient contentés de suivre les traces de Célestin Freinet, d'ouvrir des écoles pour y expérimenter leurs théories et d'écrire des livres, je n'aurais rien contre les pégagogues.

Le problème c'est que les pédagogues se moquent bien des enfants, de l'école et de Célestin Freinet. Ils aiment briller à peu de frais, ils aiment qu'on les admire, et, par-dessus tout, ils aiment le pouvoir.

Et leur pouvoir, voilà des années que nous le subissons, nous les professeurs de base, les enfants que nous essayons d'instruire contre vents et marées et leurs parents qui ne comprennent plus rien à ce qui se passe...Ne retournez pas les rôles, Messieurs les bons apôtres.

- Qui a inventé et fait appliquer dans toutes les écoles de France et de Navarre la désastreuse méthode globale, avec les ravages que l'on sait et que vous êtes les seuls à ne pas reconnaître ?

- Qui est à l'origine du collège unique de la Loi d'Orientation de 89 ?

- Qui oblige les professeurs des écoles et les professeurs de Lettres à enseigner en séquences, qui les empêche de faire leur métier en transmettant aux élèves des connaissances littéraires sérieuses, de faire du vocabulaire, de l'orthographe et de la grammaire de façon approfondie ?

-Qui conseille les princes (et les princesses) de la gauche bien pensante, les Claude Allègre et les Ségolène Royal ?

Je n'ai pas encore lu sur ce blog un seul argument des pédagogues pour défendre une de leurs idées. Répondez à Jean-Paul Brighelli, répondez à Jean avec la même dignité mesurée. Défendez les séquences, la méthode globales, la politique de Claude Allègre, les propos de Ségolène Royal sur les professeurs. Un peu de courage, que diable ! Nous vous écoutons.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

"Par quelque bout qu'on prenne la chose, il est devenu impossible, me semble-t-il, si l'on souhaite sauver l'école, de souhaiter la victoire de la gauche", écrivez-vous, Jean. Hélas, mille fois hélas... Opopopoï babaï (en grec dans le texte). Le problème, c'est qu'on ne peut pas souhaiter la victoire de Sarko non plus, parce que, après des constats exacts sur la crise de l'école, l'ascenseur social en panne et les dégâts du pédagogisme, sous quelques paroles apaisantes et se disant républicaines -- destinées, je le répète, à récupérer les votes de ceux qui seraient tentés par Bayrou ou qui l'auraient été par feu Chevènement -- , les propositions du petit Nicolas sont très inquiétantes et pas républicaines du tout, en particulier pour ce qui concerne la discrimination positive, le communautarisme et le développement du privé (oui, je sais qu'il y en a que je vais fâcher, mais tant pis... et je signe par mon nom, de surcroît). Comme si la mise en concurrence des écoles était la solution -- et bientôt, le chèque éducation. Se rallier à Sarkozy serait plus qu'une erreur : une faute. Les ennemis de nos ennemis ne sont pas nos amis. Ni Ségo ni Sarko, ni Meirieu ni Robien !

Écrit par : FGuichard | 11 décembre 2006

...Et qui exerce une mainmise abusive sur la formation des futurs professeurs dans les IUFM ?

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Ils vont vous répondre par des copiés-collés de Meirieu ou de Charmeux, vous expliquer que la méthode globale n'a jamais existé, qu'ils utilisent des méthodes intégratives en vous citant Goigoux. Allez voir sur le forum de France 2, c'est comme cela qu'ils procèdent.
Et ils refuseront de parler de la formation des maîtres parce qu'ils savent bien que là est le problème.

Écrit par : catmano | 11 décembre 2006

C'est un fait et j'en fais également mon Mea Culpa, il n'est pas "constructif" de diaboliser les pédagogistes. Mais quand même, voir tout le monde qui émarge dans la Nov'langue et les idées farfelues de la pédagogie du 30° siècle, cela ne laisse pas indifférent. Quand on comptabilise le nombre de ces inutiles, voire néfastes (car dans les IUFM il y a bien des gens normaux, minoritaires certes), on comprend que la création des IUFM fut une aubaine pour tous ceux qui n'avaient pas pu arriver par leurs qualités disciplinaires, non seulement ils se sont retrouvés à l'égal des grands Universitaires, mais en plus, ils ont eu le pouvoir. C'est ainsi que Meirieu, modeste instituteur, tituliare d'une licence de Philosophie est devenu le grand chercheur que l'on connaît (d'ailleurs, bien malin sera celui qui parmi les lecteurs-scripteurs de ce blog serait capable de connaître exactement son option tant il entrecroise les points de vue, pour toujours se tirer gagnant du genre "je vous l'avais bien dit"....en cela il est le plus fin).

Lorsque j'écrivais que le pédagogisme est la Dictature du Prolétariat Intellectuel, c'est bien dans le sens où il a disqualifié ce qui aurait du être une fierté, l'excellence. Certes, dans l'Evangile, le Christ valorise les pauvres, les petits.....mais jamais il n'a stigmatisé le savoir des Docteurs de la Loi, simplement leur a reproché de fermer les portes que leur connaissance ouvrait. L'idéologie communiste a récupéré un discours qui voulait ne voir le bon que dans le médiocre et le mal dans l'excellence. On connaît le résultat!

Pour tous ces anciens instituteurs qui ont quitté leur beau métier tels que Goigoux, l'ascension dans le vide pédagogiste s'est effectivement accompagné d'une quasi violence à l'égard des disciplines, c'est à dire de la connaissance en mettant au-dessus de tout, un magma composé de Didactique et de Sciences de l'Education dont on serait ici bien en peine de donner une définition claire.

Le problème c'est que cette orientation a été enfourchée par des plus gros calibres y compris des Universitaires qui ont touvé dans les recherches pédagogiques une autre facilité que dans les recherches disciplinaires, sans compter qu'en ce domaine rien n'est vérifiable (ce qui signifie bien qu'il ne s'agit pas de Science). Si, maintenant on en vérifie les résultats: une catastrophe pour des générations qui se répercute peu à peu dans dans la société: faiblesse du niveau, absence d'innovation, masse d'inemployables.....

Loin de corriger le tir, la gauche en rajoute avec Ségolène dont on a des échos dont la douce bien pensance nous prédit des réveils de barbares. Pour moi qui ai longtemps et aveuglément voté à gauche, je n'ai qu'un regret c'est de n'avoir pas su distinguer la part d'idéologie sous-tendant des partis qui, loin de rétablir un équilibre n'ont fait qu'accentuer la misère en dévalorisant totalement le mérite. Au sein de l'EN, il y a longtemps que le mérite n'est plus en vogue, il suffit de connaître le fonctionnement des Syndicats et des commissions de spécialité au sein desquelles justement l'appartenance à un syndicat a valeur d'autorité.

Lorsque je dis que sur le plan économique, nous sommes en voie de déconfiture, c'est que notre compétitivité est fortement entamée. pour avoir fait l'expérience de la création d'entreprise, je puis témoigner que celui qui tente l'aventure (sauf pour les chômeurs déjà bien fragilisés), on est contraint de payer forfaitairement et sans rapport aux gains, des sommes bien au-dessus de ceux-ci pour l'URSSAF, les caisses de Retraite, les Assurances et divers organisme dont on découvre soudain l'existence et qui eux sont bien réels même s'ils sont parasites. S'il n'y a pas d'entreprises, il n'y a pas d'emploi et donc pas d'entrées fiscales et c'est ainsi que tout le système étatique se trouve en faillite. Actuellement nous vivons à crédit et pour payer qui?

Nous pourrions disserter longuement sur la faiblesse du niveau actuel dans les Grandes Ecoles qui font que certains étudiants, sans aucune gêne s'exprimant ouvertement disent "c'est trop dur, trop difficile", là où autrefois ont l'aurait fermé honteux de ne pas comprendre jusqu'à ce qu'à force de travail, ce soit absorbé. Pour ce qui est des pédagogistes, à la limite, ce ne sont que les profiteurs d'un système qui leur a donné l'existence. Les vrais coupables sont ceux qui nous dirigent depuis si longtemps et ont par malgouvernance (mais ce n'est pas le seul secteur où ils devraient rendre des comptes) laissé s'installer cette "Horreur Pédagogiste" que défendent si bien les grands médias. Jamais de critique, jamais dévaluation, c'est ainsi que les Sciences Politiques qui sont censées avoir formé tout ce personnel semblent ressembler autant à une Science qu'un slogan publicitaire ressemble à la Littérature.

AT

Écrit par : at | 11 décembre 2006

"Quand on ne dit pas comme Christophe Sibille et ses collègues pédagos, qui n'empressent d'ailleurs de pointer leur nez et leur malhonnêteté intellectuelle sur ce blog (il n'y a pas que Meirieu à avoir l'esprit faux, apparemment), on est "haineux".

Ecrit par : Jean | 11 décembre 2006

"répondez à Jean avec la même dignité mesurée".

Ecrit par : Robin | 11 décembre 2006

Je laisse juge le lecteur, au vu de la citation ci-dessus, du bien fondé de ce que Robin appelle: "la dignité mesurée" de Jean.
Par ailleurs, ne retournez pas la situation, Jean. Quand on ne dit pas comme vous, on se fait vertement envoyer promener sans ménagement.
Je déplore également qu'aucun de ceux que vous appelez "les pédagogistes" ne pointe son nez en ces lieux. Il y a deux réponses possibles à cela;
-"A leurs yeux, ce blog est négligeable. Ils n'en connaissent peut-être même pas l'existence". Je ne pense pas que ce soit la bonne.
-Plus vraisemblable: quand on voit la teneur et le ton des réponses qui sont faites à certaines personnes que d'aucuns ici considèrent comme "des modérés", j'ose à peine imaginer la volée de bois vert que susciterait la moindre apparition ici de quelqu'un comme Goigoux, (par exemple).

Écrit par : christophe sibille | 11 décembre 2006

mais justement, Sibille, vous faites partie de ces fameux pédagogistes

Écrit par : at | 11 décembre 2006

Je vais vous faire un aveu. Je n'ai pas beaucoup lu Mérieu, mais connais très bien les idées et les méthodes des pédagogues. Pendant trois ans, dans les années 90...C'était la mode de la "méthodologie", ceux qui ont enseigné à ce moment-là s'en souviennent, j'ai participé volontairement, avec les tiers environ de mes collègues à un "stage d'Etablissement" avec quelqu'un, un proche de Mérieu, co-signataire d'un ouvrage de méthodologie intitulé "Energie 6-5-4-3" . Ce n'est pas parce que je ne connais pas les idées des pédagogiste que je prends mes distances avec eux, mais au contraire parce que je les connais très bien : méthodologie, pédagogie par objectifs, profils pédagogiques, travail en groupes, docimologie etc. J'ai même été chargé de faire le compte-rendu des séances à plusieurs reprises. Je ne dis pas qu'il n'y avait rien d'intéressant dans tout cela, mais entre la théorie et la pratique, nous nous apercevions tous qu'il y avait un abîme que seul le bons sens pôuvait et devait combler. Aui bout de trois ans, je me suis aperçu 1°) que les collègues qui n'vaient pas suivi le stage obtenaient des résultats aussi bons, sinon meilleurs que les nôtres 2°) J'en suis revenu aux bonnes vieilles méthodes, tout en tenant compte de certains éléments intéressants (docimologie, profils pédagogiques, travail en groupes à petites doses). Le problème est venu en 1996, lorsque on nous a imposé la progression en séquences. Ce qui ne va pas avec les pédagogiste, c'est cette manie de vouloir imposer de façon dogmatique une façon de faire.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Pour Christophe Sibille : je crois que vous mesurez mal l'exaspération des instituteurs et professeurs du secondaire qui s'expriment sur ce blog. Je crois que, parce que vous êtes assez "modéré" dans votre conception des choses de l'Ecole, et pas trop obtus pour un iufémiste (sourire), vous ne voyez plus à quel point l'idéologie pédagogiste, relayée par les inspecteurs primaires et les IPR du secondaire, est passée comme un rouleau compresseur sur les collègues. Nos statuts disent -- pour le moment -- que nous sommes les concepteurs de nos cours. Mais dans les faits, surtout en lettres, ce n'est plus le cas, ne serait-ce qu'à cause de l'obligation de décloisonner et de travailler en séquences. Enseigner en CPGE a été pour moi une libération : je peux organiser mes cours en fonction du programme au concours et des objectifs de l'ENS, point barre. Excusez-moi de me citer, j'aggrave mon cas sur http://www.sauv.net/cpge.php
Bref, si le ton monte aussi vite, si l'insulte part au quart de tour -- et j'en ai fait les frais autant que vous, pour d'autres raisons -- c'est parce que "les caves se rebiffent". Méprisés par l'institution, contrôlés jusqu'au flicage par certains inspecteurs trop zélés, pris pour des imbéciles par une presse mal informée voire malveillante, les enseignants n'ont plus envie d'être "gentils". Pour reprendre votre exemple, des gens comme Roland Goigoux -- qui est peut-être un charmant garçon dans le privé, ce n'est pas le pb... il paraît que Meirieu serait très sympa, m'ont dit ses anciens condisciples -- ont trop contribué au système pour que leur parole puisse être entendue sereinement sur ce type de blog : c'est comme si vous demandiez à un prolo smicard précaire de dialoguer courtoisement avec la présidente du MEDEF, ou à un immigré expulsable de discuter constructivement avec Sarko. Sans rancune : j'essaie juste d'expliquer, je ne dis pas que je justifie les dérapages.

Écrit par : FGuichard | 11 décembre 2006

Mais pas du tout, mon cher Sibille, vous ne vous faites pas envoyer sans ménagement! Ne jouez pas éternellement à la victime, comme Meirieu! La différence entre nous et vous et vos pareils, c'est que nous, nous argumentons, et lorsque les arguments vous déplaisent ou vous mettent en difficulté, vous criez à la haine. Robin a raison, on aimerait bien entendre dans votre bouche autre chose que des anathèmes ou des cris d'orfraie. Répondez sur les points que nous soulevons. Au lieu de ricaner lorsque certains, et nous sommes nombreux, posent sur ce blog de vraies questions (parce qu'elles engagent l'instruction des enfants) répondez avec précision. Défendez la méthode semi-globale de lecture, que vos amis continuent d'imposer aux instituteurs et aux enfants pour la plus grande consternation des parents, défendez la séquence, invention qui a ruiné l'enseignement du français. Jusqu'à présent, vos interventions, si je les résume, se limitent à trois points: vous paraissez très content de vous; les IUFM sont une très bonne chose, à quelques détails près; vous avez une cave à vins. Sortis de là, on n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent. A propos de Goigoux: s'il apparaissait sur ce blog, nous essaierions d'avoir avec lui un dialogue argumenté fondé sur la seule raison. Le problème, c'est que la discussion s'arrête dès le moment où on vous oppose des "vérités" arbitraires, qui ne sont fondées ni sur des faits ni sur des arguments. C'est ce que font les pédagogistes, et c'est pour cela qu'une discussion honnête est impossible avec eux. Sur leur absence de ce blog: je crois plutôt que c'est parce qu'ils sont allergiques à toute remise en cause de leurs dogmes et qu'ils n'ont pas la culture de la discussion argumentée!

Écrit par : Jean | 11 décembre 2006

Robin,
Meirieu, c'est comme le Journal de Trévoux et la maladie du Jésuite Berthier. Il suffit d'en avoir lu trois lignes pour se sentir mal, et si l'on persévère, on ne sait définitivement plus enseigner!

Écrit par : Jean | 11 décembre 2006

Excusez-moi pour les fautes de frappe, je ne suis pas bien dans mon assiette ce matin.

Une petite anecdote : Vous savez que l'un des dadas des pédagogues est le caractère arbitraire de toute notation et de l'impossibilité de faire des moyennes. A l'époque, il n'y avait pas encore les séquences et comme je m'étais laissé séduire par toutes ces belles idées, j'en étais arrivé à mettre au point un système de notation à douze notes sans moyenne ! Je m'explique : une note pour la "réflexion", une note pour la "mémorisation", une note pour "l'application" multipliées par
les quatre types d'exercices : orthographe, grammaire/vocabulaire (normalement j'aurais dû disjoindre, mais alors ca faisait 15 notes différentes) C'est y pas faire preuve de bonne volonté ca ? J'ai évidemment arrêté pour revenir à des pratiques plus raisonnables. Vous savez d'où ca vient cette idée qu'on ne peut pas faire de moyennes et qu'on ne peut noter que des objectifs...des américains évidemment, en particulier de Skinner et des behaviouristes, ardents défenseurs de la culture, comme chacun sait. Très interessants à étudier les présupposés idéologiques des pédagogues.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Toujours à propos des séquences :

L'idée de donner des consignes écrites très précises pour l'expression écrite et de relier l'expression écrite et la lecture expliquée est une simple question de bon sens. Mais je ne vois pas pourquoi ca empêcherait de faire de l'orthographe et de la grammaire de façon approfondie. Avec les séquences, le texte devient bien souvent un "prétexte" pour faire un peu d'orthographe, un peu de grammaire, un peu de vocabulaire. Résulat : on ne fait rien sérieusement. J'aimerais bien discuter (courtoisement) avec un partisan de l'enseignement en séquences en primaire et au collège pour savoir comment il s'y prend.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

"Jean-Michel Zakhartchouk-tchouk-nougat"
C'est pitoyable !!
Même en désaccord avec ce que dit ce personnage, j'ai envie de le défendre quand je le vois attaqué aussi bassement.

Écrit par : zero | 11 décembre 2006

Secondarisation de l'école primaire....
primarisation du collège ....

un exemple : Cas du français :
Etude typologique de texte en lecture et expression écrite en primaire
Dictée et analyse grammaticale en collège

C'est ubuesque ! On marche sur la tête ! Mais il y a une logique dans tout cela. Secondarisation de l'école primaire : pas de bases - primarisation du collège : on essaye de construire les bases manquantes, mais bien souvent, c'est trop tard - Conclusion : 9 années de perdues et des élèves aigris et déboussolés. C'est la même logique qui a présidé à l'instauration de la lecture globale. On prend les élèves de primaire comme des adultes qui sauraient déjà lire. Résultat, ils ne savent pas lire correctement à l'entrée en 6ème et le prof. de français se demande s'il ne doit pas leur réapprendre à lire. Mais là, il se contente de se le demander...Je n'ai pas besoin, je pense, d'expliquer pourquoi.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Vous avez tout compris FGuichard. Derrière la colère, l'ironie, les excès de langage en tous genres, il y a avant tout beaucoup de souffrance. Vous dites que les amis de Mérieu le trouvent "sympa", je veux bien le croire. Quand on gagne suffisamment bien sa vie pour ne pas s'angoisser à partir du 15 du mois, que l'on n'a pas trop affaire aux élèves réels, que l'on s'est toujours arrangé pour être du bon côté du manche, pour que les gens qui n'ont jamais fait de philosophie entretiennent votre narcissisme en vous prenant pour un oracle, on peut être sympa. On est "sympa" quand on est heureux. Encore toutes mes excuses pour mes excès de l'autre fois...Ce n'était pas très sympa ! Et que Condorcet nous protège !

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Si nous voulons éviter que la chape de plomb de la dictature du pédagogisme s'abatte pour de bon et pour le compte sur l'ensemble du système, il n'y a qu'une issue, c'est d'empêcher Madame Royal d'arriver à ses fins. (Alice)

Désolée, ce n'est pas moi qui ai écrit cela.

Écrit par : Alice | 11 décembre 2006

PS: je remercie P.Mérieu, les déformés de l'IUFM et les chercheurs, tous ceux qui , ayant quitté les planches par fatigue ou dégoût, ont participé de si près à la destruction de la seule institution capable de rendre l'Utopie possible.

Ecrit par : combemale | 10 décembre 2006

Ils ont commis le péché qui ne sera jamais pardonné : le péché contre l'esprit.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Avec Royale c'est la prolétarisation des enseignants. Coincés toute la semaine à faire de la pédagogie de groupe au lieu d'enseigner, sous la tutelle d'un conseil pédagogique et du CA, nous gagnerons à peine plus que le smic. Quand on enseignera ce ne sera plus que la soupe pédago et l'ascenseur social sera toujours bloqué mais dans une école de gauche donc avec le sourire et la bonne conscience.
A tout prendre, si tout doit s'écrouler, j'aime encore mieux qu'on privatise l'école :
1) Les profs seront peut-être un peu moins maltraités ( c'est la gauche qui nous a fait le plus de mal )
2) Je préfère de bonnes écoles privées que la soupe généralisée. Au moins on peut se battre pour obtenir des bourses pour des élèves défavorisés qui s'en sortiront, chose inenvisageable avec les projets de Royale qui laissent tout le monde patauger dans la soupe sauf les riches qui auront toujours une école alsacienne pour leurs chérubins.
3) La droite est lamentable en ce qu'elle entérine les horreurs proposées par la gauche, mais elle a un peu réagi en matière pédagogique en remettant en route la lecture syllabique et la grammaire.
De deux maux... Je prendrai le moindre. Royale abhorre les profs, elle l'a montré quand elle était au ministère. Elle va nous saigner.

Écrit par : Thalie | 11 décembre 2006

Bonjour à tous,
En tout cas avec S. Royal, la féminisation va bon train puisque son nom est de plus en plus écrit avec un e final.
Humour, mépris, j'menfoutisme, percée de l'inconscient...? Je ne sais pas.
Quant à gagner à peine plus que le SMIC, pas besoin d'attendre Mme ROYAL ou n'importe quel autre candidat d'ailleurs, c'est déjà le cas des débutants voire de certains milieux de carrière.
A force, quelqu'un trouvera bien le moyen de lui coller la responsabilité des émeutes de banlieue et du tsunami de l'Océan Indien...
A bientôt.

Écrit par : ytile baron | 11 décembre 2006

Vous avez peut-être raison Thalie...C'est bien triste tout ca. Le privé privé, je connais, j'ai enseigné un an chez FIDES. Ce sont des marchands de soupe. Ca m'a incité à passer le concours. La soupe est mauvaise partout maintenant, sauf dans quelques endroits privilégiés et inaccessibles genre Lycée Henri IV à Paris. Dommage qu'on ne puisse pas se passer de manger. Oui, la culture transformée en bien de consommation "à la carte"...C'est bien dans la logique de l'époque. Il y a une scène terrible dans le Satiricon de Fellini...Le poète qui se fait lyncher dans les cuisines de Trimalcyon...Quel prophète ce Fellini.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Le e de Royale c'est parce que je dis toujours, par mépris, la Royale et que j'ai cette fois oublié l'article.
Et alors, on aurait pu attendre de la gauche une revalorisation du métier de professeur, l'a-t-on vue? Qui vient récemment de stigmatiser les enseignants qui essaient d'arrondir leur fin de mois? Ce n'est pas votre Royale EEEEE? Avez-vous entendu un ministre de droite stigmatiser les profs qui essaient de gagner un peu d'argent étant donnée la maigreur de leurs salaires?

Écrit par : Thalie | 11 décembre 2006

Rencontre à la librairie ce dernier samedi 9 décembre.
Une collègue du lycée , appelons la Pierrette, féminin du saint du jour, vient me saluer et je demande des nouvelles de l'établissement où nous avons travaillé ensemble. Elles ne sont pas très bonnes.
- Je n'en peux plus et dans deux ans je m'arrête.
- Quel âge auras-tu ?
- 54.
Tiens, moi aussi, j'ai quitté le bateau au même âge. Six ans déjà. Il était temps si je songe aux ennuis de santé qui ont suivi . Quelle claque ! Passons.
Je revois Pierrette, fréquentant mon CDI dans les années 80, un peu avant peut-être. Elle enseignait la comptabilité, l'économie et le droit en BEP. Elle s'indignait déjà des réformes : plus le droit d'expliquer le raisonnement de la règle de trois par exemple ,et constatait avec inquiétude que les élèves confondaient parfois addition et multiplication, ou se perdaient dans les virgules disposées sans grande rigueur. Dans un CDI on voit et on entend beaucoup de choses. Les collègues et les élèves cherchent, ne trouvent pas toujours et le dialogue s'installe facilement. Parfois il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds mais dans l'ensemble les contacts demeurent cordiaux et Pierrette appartient aux bons souvenirs. Je m'informe de sa fille aînée qui fut une bonne élève. J'avais eu l'occasion de l'interroger au bac blanc de français (car j'avais quitté le CDI pour reprendre l'enseignement) : un esprit clair, rigoureux, curieux et ouvert. Oui une bonne gamine qui se prenait en charge, réfléchissait et travaillait.
- Elle a échoué au concours de professeur des écoles et a travaillé comme surveillante. Elle pensait passer le concours interne de CE ou CPE mais cette possibilité est supprimée. Je ne crois pas qu'elle tentera de nouveau sa chance au concours même si c'est son idée depuis longtemps. Elle est refroidie en me voyant épuisée et par tout ce qu'elle entend. Elle a travaillé un peu chez Acadomia mais cela ne correspond pas à ce qu'elle souhaite vraiment. Alors elle cherche.."
Et voilà : le bateau coule. Ceux qui maintenaient la barre s'en vont. Ceux qui veulent prendre la relève sont refusés. Pierrette ne peut s'empêcher d'ajouter un détail.
- Ce qui me manque aussi, c'est de ne plus avoir le temps de lire, de m'informer. J'en fais de plus en plus tout en endurant les crtiques et le mépris. L'image de notre métier est complètement déformée."
Tout est dit. Pierrette retrouve le sourire et me quitte avec la détermination chaleureuse que je lui ai toujours connue.

Lundi 1O décembre.
J'ai appris que la nouvelle Miss France était étudiante en lettres et je m'inquiète car ses nouvelles fonctions vont peut-être l'empêcher de lire et de s'informer . Madame de Fontenay a déclaré que Ségolène aurait eu ses chances pour devenir l'ambassadrice de la beauté et de l'élégance.D'ailleurs elle ne votera pas pour Arlette mais pour Ségolène. Quand je pense que je voulais devenir Miss moi aussi pour avoir une jolie couronne sur la tête et me faire admirer ! Je ne désespère pas et songe à cette bonne histoire où deux septuagénaires prennent le thé tout en évoquant leur jeunesse enfuie;
- Tu te souviens, quand nous étions jeunes, nous voulions ressembler à BB.
- Oh oui, oh oui !
- Eh bien, ça y est. nous avons réussi .

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 11 décembre 2006

J'ai essayé tout le dimanche après midi d'envoyer mon post, mais, c'est seulement aujourd'hui que ça arrive. En plusieurs exemplaires !! Bonjour le dialogue en direct
Normalement, le post fait Paris-le Sud à la vitesse de la lumière. Peut-être que celle-ci a changé.

A plus.

Philippe.

Écrit par : Philippe Delarouzée | 11 décembre 2006

correction : lundi 11 décembre et non 10 .

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 11 décembre 2006

Thalie,
S. Royal n'est pas MA royale. Elle a manifestement beaucoup plus d'importance pour vous que pour moi, c'est tout. Pour moi, une royale, c'était la marque des clopes que je fumais il ya bien longtemps (paquets bleus et rouges avec un voilier dessiné)
Sur les salaires, la droite détient depuis quatre ans et demi les cordons de la bourse. Serrés, très serrés. Le SMIC se rapproche dangereusement des premiers échelons des métiers de l'enseignement et de toute la fonction publique de catégorie A.
Vive la république !

Écrit par : utile baron | 11 décembre 2006

"La Royale", c'est la marine nationale. L'expression date de Cobert et de l'Ancien Régime. La Royale d'aujourd'hui n'est plus celle de Louis XIV, mais Avec Ségolène Royal, ca sera toujours la galère !

Merci Hélène, ton histoire des deux vieilles m'as bien fait rire et en ce moment, les occasions sont rares.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Si on réfléchi deux secondes à ce qu'est devenu un enseignant aujourd'hui (salaire, statut, considération sociale...) Il faut voter pour quelqu'un qui n'est presque jamais nommée sur ce blog : la sympatique et persévérante Arlette Laguillier, porte-parole des prolétaires.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Si on réféchit avec un t.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

"m'a bien fait rire" et pas "m'as bien fait rire" mé kes ki marive en ceu momen ?

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

2) Ceux qui souhaitent sincérement une victoire de la gauche se réjouissent du retrait (prévisible) de Jean-Pierre Chevénement.
Lui reprocher, ce soir, d'avoir négocié quelques siéges potentiels de députés, c'est aussi lui reprocher de ne pas souhaiter la disparition de son mouvement.

Ecrit par : PeutMieuxFaire | 10 décembre 2006

1/2O Vous pouvez mieux faire ! (Ca mérite zéro, mais il faut faire un rapport)

Pauvre France !

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

2) Ceux qui souhaitent sincérement une victoire de la gauche se réjouissent du retrait (prévisible) de Jean-Pierre Chevénement.
Lui reprocher, ce soir, d'avoir négocié quelques siéges potentiels de députés, c'est aussi lui reprocher de ne pas souhaiter la disparition de son mouvement.

Ecrit par : PeutMieuxFaire | 10 décembre 2006

1/2O Vous pouvez mieux faire ! (Ca mérite zéro, mais il faut faire un rapport)

Pauvre France !

Un mouvement qui utilise de tels procédés pour subsister ne mérite que de disparaître.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

2) Ceux qui souhaitent sincérement une victoire de la gauche se réjouissent du retrait (prévisible) de Jean-Pierre Chevénement.
Lui reprocher, ce soir, d'avoir négocié quelques siéges potentiels de députés, c'est aussi lui reprocher de ne pas souhaiter la disparition de son mouvement.

Comment peut-on écrire une phrase comme celle-là sans mourir de honte ? Et dire que son auteur a peut-être vingt ans ! Ca donnerait envie de devenir royaliste.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

JPB mentionne dans cet article les inénarrables Zakhartchouk-tchouk-nougat et Romero le marchand de guano qui veulent qu’on enseigne « autrement », traduisez refuser d’enseigner. Les élèves censés « construire leur propre savoir » et autres billevesées et coquecigrues…

Et bien, une fois de plus, de vrais chercheurs démontrent que cette approche constructiviste est moins efficace, dans un article intitulé « Pourquoi l’enseignement non guidé ne marche pas » (Why Minimal Guidance During Instruction Does Not Work). Pour simplifier, les gens ont deux genres de mémoire : la mémoire de travail (à court terme) et la mémoire à long terme. L’apprentissage, par définition, signifie un changement dans la mémoire à long terme. L’apprentissage constructiviste met une telle charge sur la mémoire de travail que cet apprentissage à long terme ne peut pas avoir lieu.

Les auteurs terminent ainsi : les recherches sérieuses « soutiennent presque uniformément l’enseignement fortement dirigé et direct au lieu de l’apprentissage dirigé minimalement et basé sur le constructivisme. Même pour des élèves avec une connaissance préalable considérable, l’apprentissage fortement dirigé peut être tout aussi efficace que les approches non guidées. L’apprentissage non guidé n’est pas seulement normalement moins efficace mais il y a des preuves qu’il peut avoir des résultats négatifs quand les élèves acquièrent des idées fausses ou une connaissance incomplète. »

Cependant, le constructivisme et le refus d’enseigner étant vus comme de gôche, les fanatiques d’« enseigner autrement » vont encore essayer de donner mauvaise conscience à beaucoup dans notre métier !
Il faudrait enquêter sur ce refus d’enseigner qui semble pathologique pour des gens dont c’est le boulot ! Influences du social christianisme ? L’enseignant étant par définition un pécheur et la connaissance ne valant rien face aux prétendus bons sentiments ?

Écrit par : Lariba | 11 décembre 2006

Et bien, une fois de plus, de vrais chercheurs démontrent que cette approche constructiviste est moins efficace, dans un article intitulé « Pourquoi l’enseignement non guidé ne marche pas » (Why Minimal Guidance During Instruction Does Not Work). Pour simplifier, les gens ont deux genres de mémoire : la mémoire de travail (à court terme) et la mémoire à long terme. L’apprentissage, par définition, signifie un changement dans la mémoire à long terme. L’apprentissage constructiviste met une telle charge sur la mémoire de travail que cet apprentissage à long terme ne peut pas avoir lieu.
Très intéressant cette piste. Bien entendu je suppose que rien n'a été traduit en français. N'avez-vous pas trouvé de publication française sur ce que vous citez comme étant la mémoire de travail et celle d'apprentissage? J'aurais vraiment souhaité en savoir plus sur cette recherche.
Merci à vous!

Écrit par : Alice | 11 décembre 2006

Lariba

Les Pères eudistes qui ont fait mon éducation jusqu'en fin de 4ème n'avaient pas la fibre particulièrement "sociale". Ils transigeaient souvent sur le péché, mais jamais sur le travail et sur les connaissances.

Une remarque concernant le philosophe Alain qui figure sur le site de M. Meirieu. D'après Simone Weill l'auteur de La Pesanteur et la Grâce, qui l'avait eu en classe de khâgne au lycée henri IV à Paris, Alain pratiquait une pédagogie frontale exempte de tout constructivisme. Et pourtant dit-elle "jamais je ne me suis sentie aussi intelligente et aussi libre que pendant ses cours."

Anna Arendt dit du constructivisme que c'est une liberté qui tourne à vide.

Je vais chercher la référence. Promis, je vous la donne le plus vite possible.

Écrit par : Robin | 11 décembre 2006

Pour Alice, allez sur appy.ecole@free.fr et cliquez sur "La troisième voie". Il y a plusieurs articles d'un Canadien dont le nom m'échappe, assez intéressants sur ce sujet.

Écrit par : catmano | 11 décembre 2006

Je ne saurais trop recommander le site de mon excellent ami Bernard Appy, directeur d'école dans le Gard. C'est une mine de renseignements et de suggestions stimulantes. La "troisième voie" est une voie médiane entre le tout pédagogique et le retour en arrière toute que préconisent les plus acharnés. Et c'est très intéressant.
JPB, déjà en retard à 5h1/2 du matin.

Écrit par : brighelli | 12 décembre 2006

JP BRIGHELLI


Appy Birthday !

Il est trop ce mec Bernard ! .....

http://appy.ecole.free.fr/actualites.htm

Mr Brighelli , avec tous ces blogueurs, on ne pourrait pas se faire une petite bouffe du côté de Montpellier , style mini, très mini "colloque" ou "rencontres de la 3ème voie" avec grillades et invités de marque certes mais surtout de terrain comme Bernard Appy !

Merci pour l'adresse de ce site

bonne journée à tous !

cordialement

Écrit par : Patrick | 12 décembre 2006

Comme promis, Lariba, je vous donne la référence du texte d'Anna Arendt : Huit exercices de pensée philosophique, traduit de l'anglais sous la direction de Patrick Lévy. La crise de l'Education (traduction de Chantal Vezin in La Crise de la culture (Folio Essais)

Voici la phrase exacte d'Anna Arendt (page 228) :

"C'est bien le propre de la condiotion humaine que chaque génération nouvelle grandisse à l'intérieur d'un monde déjà ancien, et par suite former une génération nouvelle pour un monde nouveau traduit en fait le désir de refuser aux nouveaux arrivants leurs chances d'innover." Tout y est, non ?
et ceci, page 230 : "Ainsi, la crise de l'éducation en Amérique annonce d'une part la faillite des méthodes modernes d'éducation et d'autre part pose un problème extrêmement difficile car cette crise a surgi au sein d'une société de masse et en réponse à ses exigences..."

"il est évident que ce nivellement ne peut se faire qu'aux depens de l'autorité de professeur et au détriment des elèves les plus doués

"l'autorité a été abolie par les adultes et cela ne peut signifier qu'une chose : que les adultes refusent d'assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé leurs enfants."

" C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice; elle doit protéger cette nouveauté et l'introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaire que puissent être ses actes, est, du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine."

Écrit par : Robin | 12 décembre 2006

Certes, certes, la "troisième voie", c'est intéressant et cela peut séduire. Mais tout de même, avons-nous vraiment besoin, pour savoir ce que nous avons à faire, d'aller chercher notre vérité ailleurs qu'en nous-mêmes? Ne pouvons-nous penser la pédagogie par nous-mêmes, sans l'aide de M.Clermont-Gautier? Pourquoi faudrait-il nous raccrocher, après nous être débarrassés de la secte pédagogiste, à une nouvelle "chapelle"? Pouquoi n'y aurait-il de nouveau salut que dans l'allégeance à un nouveau courant, à une nouvelle étiquette? N'est-il pas possible de laisser les enseignants être simplement de "bons" instituteurs ou de "bons" professeurs en suivant leur instinct, sans de nouveau vouloir les encarter? Simple question.

Écrit par : Jean | 12 décembre 2006

"Or, en ce qui concerne l'éducation, il a fallu attendre notre siècle, pour que l'illusion provenant du pathos de la nouveauté produise ses conséquences les plus graves. Tout d'abord, elle a permis à cet assemblages de théories modernes de l'éducation, qui viennent de centre de l'Europe et consistent en un étonnant salmigondis de choses sensées et d'absurdités, de révolutionner de fond en comble tout le système d'éducation, sous la bannière du progrès de l'éducation (...) Le fait significatif est que pour ne pas aller à l'encontre de certaines théories, bonnes ou mauvaises, on a résolument mis à l'écart toutes les règles du bon sens (...) La disparition du sens commun aujourd'hui est le signe le plus sûr de la crise actuelle..." Anna Arendt, La crise de l'Education, page 230 (Folio essais, Gallimard)

Écrit par : Robin | 12 décembre 2006

sous l'influence de la psychologie moderne et des doctrines pragmatiques, la pédagogie est devenue une science de l'enseignement en général, au point de s'affranchir complètement de la matière à enseigner...Est professeur, pensait-on, celui qui est capable d'enseigner...n'importe quoi. Sa formation lui a appris à enseigner et non à maîtriser un sujet particulier. Comme nous le verrons plus loin, cette attitude est naturellement très étroitement liée à une idée fondamentale sur la façon d'apprendre. En outre, au cours des récentes décennies, cela a conduit a négliger complètement la formation des professeurs dans leur propre discipline, surtout dans les écoles secondaires. Puisque le professeur n'a pas besoin de connaître sa propre discipline, il arrive fréquemment qu'il en sait à peine plus que ses élèves. En conséquence, cela ne veut pas seulement dire que les élèves doivent se tirer d'affaire par leurs propres moyens, mais que désormais on a tari la source la plus légitime de l'autorité du professeur, qui, quoi qu'on en pense, est encore celui qui en sait le plus et qui est le plus compétent. Ainsi le professeur non autoritaire qui, comptant sur l'autorité que lui confère sa compétence, voudrait s'abstenir de toute méthode de coércition, ne peut plus exister..."

Il faut lire aussi toute la suite sur la substitution du "faire" à "l'apprendre", la pédagogie ludique, J'arrête les citations. Il s'agit d'une analyse magistrale d'un phénomène qui a débuté aux Etats-Unis dans les années 50-60 et qui est arrivé en France une dizaine d'années après.

En lisant la suite de l'essai, on s'aperçoit que dès la fin des années 60, les autorités américaines tentaient d'endiguer les dégats causés par ces méthodes en instaurant des programmes scolaires axés sur la transmission de connaissances et en améliorant la formation des maîtres.

Hannah Arendt (1906-1975) a été l'élève de Jaspers et a passé son doctorat de philosophie à Heidelberg. Elle a quitté l'Allemagne après l'arrivée des nazis et a enseigné aux Etats-Unis. C'est l'une des figures les plus importantes de la pensée politique contemporaine. Ouvrages : Les origines du Totalitarisme, Essai sur la Révolution, Eichmann à Jérusalem...

Écrit par : Robin | 12 décembre 2006

Contrairement à ce que pensent certaines personnes, et moi-même dans des moments de découragement, le pire n'est pas sûr. Il y a depuis quelque temps des signes encourageants. Imaginons que la position actuellement dominante des pédagogues reflue, y compris dans la formation des maîtres, imaginez qu'un gouvernement et un parlement issus des futures élections présidentielles abroge ou modifie substantiellement la Loi d'Orientation de 89 et le collège unique. Il n'est ni possible, ni pensable de revenir purement et simplement à une situation antérieure aux années 50 où s'est manifestée cette crise de l'éducation qui correspond plus largement à une crise du monde moderne que décrit magistralement Hannah Arendt. C'est tout l'intérêt d'une proposition (je dis bien proposition et non imposition )d'une voie médiane. Avez-vous, amis brighelliens imaginé un instant que nous pourrions peut-être gagner notre combat ?
On ne peut pas se contenter de travailler chacun dans son coin. On ne pourra pas ignorer la dimension politique et collective du problème. Il faudra alors sortir des jérémiades et des coups de gueules (mea culpa) pour assumer nos (je sais que je vais en faire sourire certains, mais je suis sérieux)...responsabilités historiques.

Écrit par : Robin | 12 décembre 2006

Oui, j'ai tenté une participation à la 3ème voie. J'y ai retrouvé des "rigidités" différentes de celles du pédagogisme mais qui ne m'ont pas inspiré confiance.
Comme je l'ai déjà lu sur ce blog, la pédagogie est pour moi un art. Aussi passer d'un carcan à un autre ne me semble pas une solution. Je suis une convaincue de la liberté pédagogique. Des pratiques intermédiaires, il pourra y en avoir autant que d'enseignants si nous sortons du constructivisme. Ni Dieu, ni Maître.

Écrit par : Alice | 12 décembre 2006

Je souscris de la première à la dernière ligne au précédent message de Robin.
Je pense qu'il est encore possible de faire réellement bouger les lignes et vos livres, JPB, sont pour quelque chose dans cet espoir.
Or, vos derniers messages sur ce blog baignent dans un fatalisme voire dans un défaitisme qui n'ont plus rien de commun avec l'énergie qui se dégageait de vos trois livres.
Vous pouvez nous expliquer cette évolution ?
A bientôt.

Écrit par : utile baron | 12 décembre 2006

"Jean-Michel Zakhartchouk-tchouk-nougat"
C'est pitoyable !!
Même en désaccord avec ce que dit ce personnage, j'ai envie de le défendre quand je le vois attaqué aussi bassement.

Ecrit par : zero | 11 décembre 2006

Mais non, zero! Ecoutez les anti-pédagogie! Ils n'ont que des arguments extrêmement convaincants, très développés, ils sont d'ailleurs les seuls à argumenter vraiment! On peut les croire, puisqu'ils le disent! Et ils ne se livrent absolument jamais à de basses attaques! Loin d'eux cette pensée, à ces chantres de vertu et de mesure, eux seuls chez qui la vérité repose, et qui accusent les autres de prétendre seuls détenir la vérité!

"après nous être débarrassés de la secte pédagogiste,"
Ecrit par : Jean | 12 décembre 2006

Encore un exemple de la mesure de Jean... Savez-vous réellement ce qu'est une secte?

Écrit par : christophe sibille | 12 décembre 2006

Gentille Robin. Imaginons.... Oui... mais non! ils sont en train de réécrire nos statuts, de mettre noir sur blanc que nous ne serons qu'accessoirement des professeurs et plus généralement des éducateurs.
Et ça c'est politique. Et si on laisse passer cela, on pourra bien faire tous les beaux rêves qu'on veut...sur la liberté pédagogique qu'ils sont en train de museler définitivement et qui le sera plus encore si la gauche passe.
Alors d'abord, il faut faire grève le 18 décembre pour ne pas être transformé en éducateur, il faut dire que nous voulons RESTER DES PROFESSEURS et que notre métier est de transmettre des connaissances. Si on ne le dit pas Lundi 18 décembre, on sera définitivement coincé.

Écrit par : Thalie | 12 décembre 2006

"mais justement, Sibille, vous faites partie de ces fameux pédagogistes"

Ecrit par : at | 11 décembre 2006

Non, mais je reste persuadé que la vérité n'est pas toute entière d'un seul côté... Et je n'aime pas non plus Zakhartchouk, ce n'est rien de le dire!

Écrit par : christophe sibille | 12 décembre 2006

Zéro, il faudrait arrêter avec les vertueuses indignations sur le "Zakhartchouk-tchouk-nougat" et les comparaisons indécentes avec l'abject "Durafour-crématoire. En région PACA, nous avons tous, lors des manifs anti-CPE, chanté "De Villepin, perlimpinpin..." sans nous sentir le moins du monde coupables. Quand le "Canard Enchaîné" parle de "Douste blabla", nous ne nous en offusquons pas, que je sache !!! Nous trouvons même cela plutôt drôle. Je suis assez étonnée de voir des gens qui ont défendu mordicus les nouveaux programmes Viala de français, dits "genréregistres", ignorer manifestement -- ou sembler l'ignorer -- ce que sont le registre polémique et le genre du pamphlet...

Écrit par : FGuichard | 12 décembre 2006

En général, les surnoms donnés par le Canard Enchaîné correspondent, il me semble, à une stigmatisation justifiée d'un défaut précis, (en l'occurrence, la personne choisie-Douste-Blazy- illustre plutot bien cette théorie). C'est pour ça que c'est drôle, non? Pas uniquement pour le plaisir gratuit d'un calembour.

Écrit par : christophe sibille | 12 décembre 2006

Zakharchouck-tchouk-nougat...C'est pas méchant. Rien à voir avec le jeu de mot de Le Pen sur Durafour. Il y en a qui manquent d'humour et qui n'ont pas lu les aventures de Tintin. C'est comme si j'en voulais à Thalie de m'appeler "gentille Robin" Gentile Robin : une chanson anglaise de la Renaissance, non ?
J'attends toujours de nos pro-pédagogues des réponses argumentées.

Écrit par : Robin | 12 décembre 2006

J'attends toujours de nos pro-pédagogues des réponses argumentées.

Ecrit par : Robin | 12 décembre 2006

Moi aussi j'attends et ne vois rien venir. Toute les réponses ne sont pas prévue dans le formatage, donc, vide. Je constate toujours un évitement systématique dès que l'on repose sur le terrain du réel les théories de la pensée magique.

Écrit par : Alice | 12 décembre 2006

Ce sont les parents, mon cher Sibille, qui réclament de plus en plus le renvoi des "pédagogistes". Offrez-leur la possibilté de choisir par un référendum entre les méthodes traditionnelles et les méthodes "pédagogistes" (semi-globale de lecture, pas de dictées, grammaire de texte c'est-à-dire pas de grammaire, "séquences", etc.) et vous aurez une réponse sans équivoque. Les "pédagogistes" pourront remballer et aller sévir ailleurs. D'ailleurs, et malheureusement, les parents sont très peu informés de ces questions: ils ignorent, à part quelques-uns qui sont un peu plus avertis, que le système éducatif est victime d'un hold-up permanent sur la pédagogie réalisé par une chapelle de détenteurs de la seule vérité en la matière, le constructivisme. Ce n'est qu'à la faveur de cette ignorance sur les vraies causes de l'échec scolaires, qui sont avant tout pédagogiques, que les "pédagogistes" se maintiennent au pouvoir.
On est bien obligé, Christophe, de dénoncer comme faux ce qui est faux. Il n'y a pas de demi-mesure. Par exemple, ce que raconte Meirieu est faux de bout en bout. Quinze mille pages d'erreurs. C'est faux parce que c'est constamment démenti par les faits. La "séquence" est une pratique erronée parce que les élèves n'y apprennent effectivement rien. Le "constructivisme" est une erreur. Ce n'est pas négociable.

Écrit par : Jean | 12 décembre 2006

Merci Robin pour la référence à Arendt. Elle fait partie des références qui ont aidé ces dernières années à comprendre le pédagogisme, c’est l’inspiration de Finkielkraut. Voir aussi Christopher Lasch (La Culture du narcissisme).

Pour tous : sur le site de Bernard Appy il y a une biblio commentée des critiques de la crétinisation.

Écrit par : Lariba | 12 décembre 2006

Pour Alice : non, l’article en question n’est pas traduit (http://projects.ict.usc.edu/itw/gel/Constructivism_Kirschner_
Sweller_Clark_EP_06.pdf). On trouve sur la toile des infos sur les auteurs de l’article (Sweller, Kirschner et Clark) et leur théorie de la charge cognitive… c’est plutôt spécialisé.

Il faudrait en faire un résumé comme pour beaucoup de livres américains mais c’est du boulot ! Et ce n’est pas dans les Cahiers pédagogiques qu’on trouvera des infos sur ce type de recherches qui démolissent le constructivisme. D’ailleurs, le Grand Mamamouchi Goigoux lui-même ne connaissait pas la grande enquête Follow Through (pour un granpédagogue, ça la fout mal) réalisée aux É.-U. et qui démontrait l’efficacité des méthodes pédagogiques “frontales”. Ce qui ne l’a pas empêché d’en nier les résultats. Voir les Canadiens Bissonnette et Baillargeon sur le sujet.

Écrit par : Lariba | 12 décembre 2006

S'il leur est si difficile d'avouer leurs erreurs, c'est qu'ils ont bâti sur elles leur pouvoir.

Écrit par : Robin | 12 décembre 2006

Effectivement, à quand un référendum d'initiative populaire en France ?

En Suisse, les pédagos sont systématiquement renvoyés dans les cordes. Le dernier sur l'initiative de l'Arle concernant le maintien des notes contre un projet pédagogiste à la Antibi, association dont les constats et les réflexions sont en tous points identiques aux nôtres, a recueilli plus de 76 % des voix.

A lire notamment cette lettre d'un militant suisse helvétique :
Je voterai OUI à l'initiative de l'ARLE!
par un militant du parti socialiste

Dans Post Scriptum, le Bulletin interne du Parti Socialiste Genevois, No 15, vendredi 5 mai 2006,

nous trouvons une lettre fort intéressante d'un militant socialiste, instituteur de son état.

Ouvrez ce lien (format pdf) et allez lire cette lettre à la page 6.

http://www.ps-ge.ch/IMG/pdf/PostScriptum_no_15_2006_05_05.pdf

Écrit par : Guillaume | 12 décembre 2006

Ce que je vois surtout ici, ce sont les quatre ou cinq mêmes personnes qui tournent en rond à sortir sans arrêt le même discours totalement dénué d'argument. Jean, je me suis longtemps étendu, quoi que vous en disiez, et avec pas mal d'arguments, me semble t-il, sur ma manière de voir les choses. Il me semble avoir dit avec assez de force que je n'étais pas acquis à la thèse de ceux que vous appelez:"les pédagogistes", mais qu'il peut exister, entre ceux que vous appelez fort aimablement "une secte" et votre intégrisme à vous, des pratiques intermédiaires. Pourquoi croyez-vous que je serais ici à (tenter de) débattre avec vous, au lieu d'aller sur les forums de France 2 ou ceux des cahiers pédagogiques, s'il en était autrement? Par pur masochisme, ou par simple affection pour Jean-Paul?
Pour ce qui est du fait que les parents soient tous acquis à votre cause, il n'est pas besoin de vous rappeler, (puisque vous le dites régulièrement vous-même ici), que "votre" appel n'a reçu que six mille cinq cents signatures.

Écrit par : christophe sibille | 12 décembre 2006

"On est bien obligé, Christophe, de dénoncer comme faux ce qui est faux. Il n'y a pas de demi-mesure. Par exemple, ce que raconte Meirieu est faux de bout en bout. Quinze mille pages d'erreurs. C'est faux parce que c'est constamment démenti par les faits. La "séquence" est une pratique erronée parce que les élèves n'y apprennent effectivement rien. Le "constructivisme" est une erreur. Ce n'est pas négociable."

Ecrit par : Jean | 12 décembre 2006
Ca, ça s'appelle une opinion!

Écrit par : christophe sibille | 12 décembre 2006

ENSEIGNEMENT 1960: un paysan vend un sac de pommes de terre pour cent F. Ses frais de production s'élèvent au 4/5è du prix de vente.
-Quel est son bénéfice?
ENSEIGNEMENT traditionnel 1970: un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100F. Ses frais de production s'élèvent au 4/5è du prix de vente c'est-à-dire 80F.
-Quel est son bénéfice?
ENSEIGNEMENT moderne 1970: un paysan échange un ensemble P de pommes de terre contre un ensemble M de pièces de monnaie. Le cardinal de M est égal à 100 et chaque élément de M vaut 1F.
-Dessine 100 gros points représentant les éléments de M.
-L'ensemble F des frais de production comprend 20 gros points de moins que l'ensemble M.
-Quel est le cardinal de B des bénéfices?
ENSEIGNEMENT rénové 1981: Un agriculteur vend un sac de pommes de terre pour 100F. Les frais de production s'élèvent à 80F et le bénéfice net est de 20 francs.
-Souligne les mots "pomme de terre" et discute de cela avec ton voisin.
ENSEIGNEMENT réformé 1981: un païsan kapitalist privilégier senrichi injustement de 20F sur un sac de patats.
-Analise le problème et recherche les fotes dortographe, de pontuqssion, et aprè, di ce que tu panse de ses manières de senrichir.
ENSEIGNEMENT assisté par ordinateur 1995: (conception d'élèves assistés par ordinateurs CAO)
Un producteur de l'espace agricole câblé (FNSEA On-Line avec le Crédit-Agricole) consulte en conversationnel un Data-Bank qui détermine un Cash-Flow, sur écran 17 pouces Sony ultra plat, du sac de frites congelées.
-Dessine avec la souris le sac de frites congelées, ton plat préféré. (Avec la participation de Mc Donalds, Carrefour (je positive), Auchan (La vie , la vraie!), Casino et Leader-Price.
ENSEIGNEMENT à distance 2020: n'oublie pas de te connecter à www.ecolenligne.fr pour connaître tes devoirs du jour qui sont à rendre au mois de juillet.
-Question du jour: qu'est-ce qu'un paysan?

Aldous l'a rêvé, le libéralisme l'a fait!
Je remercie tous les déformateurs de l'IUFM et vous souhaite bien du courage...

Écrit par : combemale | 12 décembre 2006

Bravo Jean, de toute façon, nous avons perdu la bataille. La pédagogie est triomphante et le petit nombre que nous sommes seront mal noté par des inspecteurs stupides et se farciront les croyants toute leur carrière. Alea jacta est!

Écrit par : combemale | 12 décembre 2006

Christophe,

Vous ne pouvez pas vous en tirer par une pirouette en disant : "ca c'est une opinion" quand on vous dit que le constructivisme est constamment démenti par les faits.
Cette théorie a été appliquée sur une grande échelle dans les écoles publiques aux Etats-Unis entre les années 50 et 60. Elle a été abandonnée parce que ses résultats étaient catastrophiques. Il n'y a aucune raison que ce qui a échoué aux Etats-Unis marche mieux en France. Ce n'est pas une "opinion", ce sont des faits.

Écrit par : Robin | 12 décembre 2006

Bravo Jean, de toute façon, nous avons perdu la bataille. La pédagogie est triomphante et le petit nombre que nous sommes sera mal noté par des inspecteurs stupides et se farcira les croyants toute leur carrière. Alea jacta est!
et les fotes aloreeee...

Écrit par : combemale | 12 décembre 2006

Plus de place dans "IUFM mon amour" pour mettre cela, que je viens de trouver sur un forum de professeurs débuants (neoprof):



"Je viens de recevoir mon rapport de visite IUFM.

Je n'ai pas pu résister au plaisir de lire un passage en salle des profs cette après midi, et ce fut l'hilarité générale.

Je cite (et cela est véridique):

Citation
Mr X réactive la compétence pragmatique fonctionnelle de supposition : "maybe"


Traduction: mes élèves ont fait des phrases en utilisant "maybe"..."

C'est grandiose, non?

Écrit par : géant | 12 décembre 2006

Le problème c'est que nous sommes comme les hommes et les femmes politiques. Nous ne croyons pas ce que les formateurs et les inspecteurs nous racontent. Mais nous le répétons sans cesse... Comme le disait le regretté Coluche, c'est pire.
Il faudrait absolument pouvoir filmer les visites d'inspecteurs (comme les interrogatoires des policiers) et là, les gens verraient que l'EN se moque d'eux. A quand un documentaire sur l'EN à la Mike Moore?

Écrit par : combemale | 12 décembre 2006

Christophe,
Quand dix parents d'élèves de 4ème viennent vous tenir, sans s'être concertés, le même discours sur les méfaits de la méthode de lecture semi-globale infligée à leurs enfants, quand ils vous disent que leurs enfants n'ont rien appris ( "rien foutu") en français avec les "séquences", qu'ils n'ont jamais fait la moindre rédaction en primaire et jusqu'en 4ème, qu'on ne leur a jamais appris la grammaire qu'eux avaient apprise facilement et en s'en portant fort bien, vous n'appelez pas ça des arguments? Quand les élèves d'une classe de seconde envisagent de protester officiellement contre la méthode des "séquences" parce qu'ils "dégueulent" (sic!) ce formalisme imbécile et inutile, vous n'appelez pas ça un argument? Mais, mon cher Sibille, vous avez des lunettes en bois, ou bien vos oreilles ont des murs! Quant au fait que l'oeuvre de Meirieu ne soit qu'une interminable litanie de contre-vérités qui n'a servi, en réalité, qu'à l'autopromotion dudit Meirieu, il suffit d'un atome d'esprit critique et de véritable culture et d'une once d'expérience de l'enseignement pour s'en rendre compte. J'ajouterai qu'il ne faut pas avoir l'esprit faux. De ce salmigondis illisible de théories mal assimilées et d'affirmations arbitraires qu'est l'oeuvre de Meirieu émerge cependant une seule vérité: le principal sujet de l'oeuvre, c'est Meirieu ("le pédagogue que je suis"!).
Combemale,
Tant qu'il restera des professeurs pour penser que leur mission consiste à transmettre ce qu'eux-mêmes ont reçu parce que c'est sur la transmission que se bâtit une civilisation, nous n'aurons pas perdu la partie. Partout où un professeur continue à transmettre des connaissances en pratiquant la pédagogie comme cet art tout à fait personnel qu'elle est effectivement, c'est l'esprit qui continue d'exister contre l'abrutissement pédagogiste des masses! D'ailleurs la dénonciation de l'erreur constructiviste telle que nous la voyons prendre corps à l'étranger représente au contraire de nouvelles raisons d'espérer nous défaire enfin du pouvoir de ces demi-intelligents carriéristes qui se sont arrogé avec l'accord de certains politiques le droit de dire la pédagogie officielle.
Guillaume,
C'est effectivement un référendum d'initiative populaire qui s'impose. On va peut-être y arriver, tellement la mainmise de Meirieu et de ses comparses sur la pédagogie officielle apparaît de plus en plus comme illégitime. En tout cas, il y a fort à parier, vu l'état actuel de l'opinion sur les questions touchant à l'école, que le candidat à la Présidence de la République qui aurait l'astuce d'organiser un référendum sur l'école et qui s'engagerait dans la foulée à la refonder sur une pédagogie non inféodée à une idéologie remporterait les élections.
Vous ne vous êtes pas encore aperçu, Christophe, que ce blog a été ouvert par un ennemi mortel du pédagogisme? Curieux...

Écrit par : Jean | 12 décembre 2006

Nous allons mettre en place le Conseil pédagogique dans notre petit collège adoré. C'est merveilleux, nous allons enfin nous concerter, un concert de voix professorales, avec un responsable dans chaque discipline pour donner le la même à ceux qui tournent le do. Je suis responsable et je refuse de donner le la mais je demeure parce que je dois défendre la liberté pédagogique contre ceux qui veulent ou acceptent notre défaite. L'embrigadement pour faire quelque chose:
pauvre Fillon, pauvre Robien... Et tous les autres d'avant:
socialistes, progressistes de gauche ou de droite...
Trop de collègues râleurs mais qui avalent tout : trop d'idiots utiles de gauche,généreux et à côté de la plaque. J'ai la nausée, j'en ai marre et je reste debout devant les cons de mômes, de parents, de collègues. Nous sommes trop peu nombreux à voir et à tirer les conséquences de ce voir. La lucidité fait peur.
Je fais grève lundi 18 décembre, il faut espérer un maximum de grèvistes, peu importe les orientations de chacun, pour prévenir les candidats.
Nous sommes englués dans la bêtise depuis des années et les discours dénoncés avec force sont encore proclamés dans les IUFM, par les IPR , IEN, etc... On en n'a pas fini de crever.
Résister. Quel beau mot.

Écrit par : Léo | 12 décembre 2006

Géant,
Que pèsent ces tristes sires en face des vrais professeurs que nous sommes ? Le poids du vide. Peut-être (ou plutôt certainement!) les récipiendaires de tels rapports devraient-ils les envoyer à Gilles de Robien en se plaignant que des inspecteurs, qui devraient , par définition, être encore plus capables que les professeurs de dire des choses claires, s'expriment dans un charabia aussi immonde. L'"hilarité générale" , même si elle console d'avoir affaire à de pareils abrutis, ne me semble pas une réaction suffisante. Il faut les empêcher de continuer à nuire. Il y a les "pédagogistes", mais on avait oublié les "didacticiens"... Autres délireurs payés avec nos impôts.

Écrit par : Jean | 12 décembre 2006

"Vous ne vous êtes pas encore aperçu, Christophe, que ce blog a été ouvert par un ennemi mortel du pédagogisme? Curieux..."

Ecrit par : Jean | 12 décembre 2006

Sans blague! Là, vous m'apprenez quelque chose, Jean! Ca, c'est de la transmission, ou je ne m'y connais pas!

Écrit par : christophe sibille | 12 décembre 2006

Leo,
Un seul professeur qui continue à transmettre ce qu'il a reçu, c'est déjà un pied de nez au "pédagogisme"!
La "résistance", ce serait que de plus en plus de professeurs décident de recommencer à transmettre résolument des connaissances et de ne plus tenir aucun compte des consignes pédagogiques officielles, la pédagogie étant un art tout à fait personnel. Ce devrait quand même être possible de la part de gens qui ont choisi ce métier magnifique par vocation, parce qu'il avaient la passion d'expliquer et de transmettre ce qui avait nourri leur vie! Non? Et ces gens ne sont pas quatre ou cinq, comme se plaît à l'imaginer , sans doute pour se rassurer, le bien brave Sibille (ses oreilles ont des murs!), mais des dizaines de milliers. Cela pèse tout de même plus lourd que quelques IPR endoctrinés. Ce qui m'apparaît de plus en plus dans les interventions de ce blog et grâce à lui, c'est que la "résistance " est en train de mûrir.

Écrit par : Jean | 12 décembre 2006

Christophe répond toujours à côté...

Écrit par : Jean | 12 décembre 2006

"Je méprisais les professeurs qui voulaient être mes copains."

Extrait du témoignage d'un ancien mauvais élève devant le groupe de travail sur la justice sociale du parti conservateur britannique, dans son rapport intitulé "Débat sur la pauvreté", qui vient d'être rendu public:

http://povertydebate.typepad.com/

Écrit par : Robert Marchenoir | 12 décembre 2006

Bonjour à tous!
Je viens de retrouver par hasard dans un livre un article de presse des années Claude Allègre, intitulé: LE REGNE DES ENFANTS-ROIS. Claude Sarraute avait répondu à l'occasion de la publication de son livre "C'est pas bientôt fini" à quelques questions d'un journaliste. J'en donne quelques extraits histoire d'égayer un peu les visiteurs de ce blog.
Il convient de dire en préambule que Cl. Sarraute s'était alors immergée pendant plusieurs jours dans un collège du 93 et dans un lycée du XVI.
- Vous n'avez pas dû passer inaperçue?
- J'ai été très gentiment accueillie. Les profs m'ont emmenée avec eux, ou avec elles dans les classes. Les mômes m'ont tout de suite demandé si je connaissais Leonardo Di Caprio et Ophélie Winter. Je leur ai dit "non"! Ils ont été tellement déçus qu'ils ne se sont plus intéressés à moi. J'arrivais à 8h. je repartais à 17h. sur les rotules, épuisée simplement d'avoir suivi les cours. Le métier de prof est incroyable. C'est un effort de tous les instants.
-- A Paris comme en banlieue?
-- La plupart des profs sont totalement dévoués. Ils ne parlent que de leurs élèves, avec passion et une immense indulgence. Certains plus que d'autres. Mais quand arrive le conseil de classes, ils sont féroces au moment de la notation. D'une sévérité juste.
-- Qu'est-ce qui distingue le bon prof du mauvais?
-- Le bon prof doit être un formidable comédien. Il faut qu'il ait les mêmes qualités qu'un acteur, qu'il tienne sa classe comme on tient un public. la deuxième qualité qu'il doit avoir, c'est une indiférence à l'agressivité. Il ne faut pas qu'il prenne les remarques des enfants comme des attaques personnelles. Dans les lycées chic, il doit aussi faire face aux parents consommateurs, qui viennent l'engueuler: "j'en parlerai au proviseur".
-- Et les élèves?
-- Les élèves ne sont pas élevés. Pas plus dans les cités que dans les beaux quartiers. CE SONT LES ENFANTS-ROIS. Ils sont incapables de se concentrer, de suivre plus de deux secondes. Il ne faut pas contrarier ces chéris... C'est la catastrophe.

Écrit par : buntovchik | 13 décembre 2006

Ce n'est pas la légèreté de ce qui suit, point de vue publié lui aussi dans 'Labération", qui va rattraper les deux articles précédent :

http://www.liberation.fr/rebonds/222856.FR.php

Isabelle Stengers "Dans l'invention des sciences modernes" nous dit que toute école de pensée fonctionne sur le mode sectaire et qu'une idée pour exister doit être mis au devant de la scène par chacun des membres de la secte - le lobbying -, jusqu'à ce que la société s'en empare, ce qui arrive rarement. Malheureusement le pédagogisme a trouvé un terrain favorable avec l'arrivée au pouvoir de la gauche.
Du lobbying C'est ce que font les trois pédagogistes dans les colonnes du même journal.
Robert Penrose Grand mathématicien anglais a dit dans l'un de ses livres :" une idée ne s'impose pas parce qu'elle est bonne, mais parce que ceux qui étaient contre sont morts!".
Alors, haro, sur le baudet pédagogiste.
Philippe.

Écrit par : Philippe Delarouzée | 13 décembre 2006

Buntchovik, en tous cas, n'a pas répondu à côté; je souscris à 1000% à la teneur de son message, concernant le fait de l'enfant roi... Qui, et chacun en conviendra, se décide bien avant de mettre le premier pied dans une classe de maternelle... Moyennant qui, les instits n'auront plus à pallier le déficit d'éducation, et pourront se consacrer un peu plus à leur tâche, qui est réellement d'instruire...
Le prof doit aussi être, de toute évidence, un formidable comédien... Et, mais je l'ai déjà dit maintes fois ici, je suis un farouche partisan de l'introduction obligatoire de la pratique du théâtre dans la formation des enseignants... Et, par pitié, je désamorce afin qu'on ne me ressorte pas la sempiternelle lamentation au sujet de "jeux de rôle" ayant été subis par certains stagiaires! Une fois pour toutes, il ne s'agit pas de cela!
Ca va, là, Jean? J'ai bon?

Écrit par : christophe sibille | 13 décembre 2006

Réponse à Robin et aux autres.
Rire , c'est indispensable. Rire avec un R comme Rabelais, rire avec un R comme recul , respirer, renaître, reconstruire ou REGARDER. Je renvoie à l'histoire des petits chats de Toto que j'ai postée sur " Programmes et candidats" et qui m'a été envoyée par mon ami d'enfance aveugle.
Il se trouve que je suis familiarisée depuis longtemps avec les handicapés, les vrais de vrais et pas ceux qui font semblant pour profiter. Chez eux l'effort est devenu une seconde nature et ils sont toujours en train de raconter des histoires drôles riches d'enseignement. Mais ce j'ai appris avec eux c'est que l'humilité est un art de vivre bien difficile à atteindre. L'humilité, ce n'est pas ce qui étouffe nos grands spécialistes de la pédagocratie, nos vedettes de la politique spectacle et tant d'autres ... L'humilité ... A chacun sa quête... Bonne journée.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 13 décembre 2006

Ce qui m'embête, c'est que Claude Sarraute dise "les profs". Elle était "épuisée d'avoir suivi les cours", dit-elle? C'est assez bizarre, car elle aurait dû au contraire être comblée et pleine d'optimisme. Je suppose que les cours en question avaient été une kermesse à la sauce Meirieu, c'est-à-dire la foire d'empoigne où sous prétexte de laisser chaque élève construire son savoir plus personne ne s'entend. Si on vient avec des principes pédagogiques aussi faux, il est évident que faire "cours", si l'on peut encore appeler ça un "cours", devient une épreuve physique pour la conquête de la parole, et le simple spectacle d'un tel affrontement est en effet épuisant, surtout qu'en plus c'est une insulte au bon sens. C'est d'autant plus dommage que les élèves ne demandent pas mieux que d'être encadrés et fermement guidés, et qu'il est assez facile d'imposer son autorité et de marquer les limites dès le premier cours de l'année, ce qui se passe en maints endroits de France pour la plus grande satisfaction des élèves et des professeurs. Mais à l'époque d'Allègre -déjà la préhistoire! -, l'étoile du pédagogisme était encore en pleine ascension, les établissements scolaires en étaient imprégnés. Avec Fillon et Gilles de Robien, le bon sens a refait son apparition. Cela s'est senti, je crois, dans une fermeté nouvelle des chefs d'établissement à l'égard des élèves perturbateurs. Même s'il y a encore par-ci par-là des chefs d'établissement retardataires. Si bien que le principal problème en voie de subsister aujourd'hui, c'est celui des méthodes pédagogistes.
Je ne crois pas du tout que le bon professeur soit celui qui tient sa classe comme un comédien tient son public. S'il y a une part de comédie chez le professeur, c'est lorsqu'il affiche une sévérité dissuasive et qu'il apparaît comme "méchant" alors que cela ne correspond pas à sa vraie nature. Les élèves ne lui en tiennent pas rigueur, car ils savent que c'est pour le bien de toute la classe. Non seulement les enfants n'en veulent pas aux adultes d'être sévères lorsque cette sévérité est juste, mais ils exigent cela d'eux. Mais lorsque le professeur explique avec passion à ses élèves une fable de la Fontaire qu'il trouve géniale, il ne joue pas, il est sincère, c'est sa conviction intime qu'il communique aux élèves, il est lui-même porté par la complicité qu'il lit dans leurs yeux et c'est cela qui fait l'échange fabuleusement vivant entre une classe et son maître. L'acteur doit avant tout distraire son public, le professeur doit l'instruire, ce n'est pas du tout la même chose. Le professeur doit avant tout être authentique en face de ses élèves. Raison pour laquelle il est tout à fait néfaste d'introduire la pratique obligatoire du théâtre dans la formation des enseignants. Sauf peut-être pour les professeurs de français, dans la perspective des explications qu'ils feront des grandes pièces de théâtre du répertoire, là où en effet des connaissances de mise en scène peuvent enrichir un cours.
"Ils sont incapables de se concentrer, de suivre plus de deux secondes" écrit Claude Sarraute. Il ne faut quand même pas exagérer! Ce qui est vrai, c'est que dans une classe où le professeur n'a pas indiqué les règles de fonctionnement dès le début (interdiction absolue du bavardage, par exemple), la pagaille ambiante peut laisser penser que les élèves de cette classe sont incapables de se concentrer. Mais ce n'est qu'un "accident", car je crois que l'on peut vérifier aujourd'hui en maints endroits qu'au contraire les élèves sont tout à fait capables d'attention soutenue et durable. Il suffit de leur proposer des cours qui aient un contenu et ils ne voient pas le temps passer! C'est la raison pour laquelle le constructivisme est une erreur: il construit des élèves décérébrés et ils se plaint ensuite que les élèves soient décérébrés! C'est la pétition de principe permanente! Même type de raisonnement chez Meirieu: "L'école est mauvaise, donc elle est mauvaise". Quinze mille pages pour essayer de nous en convaincre! C'est raté!

Écrit par : Jean | 13 décembre 2006

christophe

La pratique théâtrale dans la formation des professeurs...Pouquoi pas ?

Je suis en train de m'aviser que si vous allez sur ce blog, c'est que vous-même, sans les remettre totalement en cause, vous vous posez des questions sur le bien fondé des idées et des pratiques de vos amis. je trouve votre dernier message nettement plus constructif que les autres.

Maintenant, je suis assez pessimiste en ce qui concerne la possibilité d'une conciliation, ou si voulez d'une "synthèse" pour employer le jargon socialiste entre notre point de vue et celui de Meirieu et compagnie. Pourquoi ? Un seul exemple : l'étude des Langues anciennes au collège. Meirieu et ses amis sont indifférents et dans l'ensemble plutôt contre. Je n'ai jamais lu une phrase d'eux pour la défense de l'enseignement du latin et du grec. Les gens comme nous sont plutôt pour. Le problème, c'est que les idées de Meirieu dominent l'enseignement depuis une vingtaine d'années et la conséquence actuelle est la disparition pure et simple de l'enseignement du grec (sauf dans certains Etablissements cinq étoiles inabordables, sinon pour les gens qui ont la chance d'habiter le secteur ou qui ont les moyens de se payer une chambre de bonne à 500 euros par mois pour contourner la carte scolaire. Tout ca a été dit et redit...Même Ségolène s'est aperçue qu'il y a avait un problème ; il est vrai qu'en ce qui concerne ses propres gosses, elle ne mélange pas les torchons et les serviettes.

Je ferme la parenthèse et je reprends. Donc quasi disparition de l'enseignement du grec. Et le latin, c'est presque pareil, à part une vague initiation en 5ème à la mythologie via quelques connexions entre Google et le mont Olympe. Presque plus d'étude de la langue. La version, c'est trop dur, il faut apprendre les déclinaisons...Le Gaffiot, c'est trop lourd...Les pauvres chéris, avec le cartable qu'ils ont déjà ! Soit.

Question : Quelle synthèse peut-on opérer entre les conceptions des uns qui se fichent éperdûment de l'enseignement des langues anciennes et qui privilégient l'environnement, l'immédiaté, le rapport à l'actualité et celles des autres qui croient en les vertus intellectuelles, culturelles, éthiques, spirituelles de cet enseignement ? Comment peut-on faire une synthèse entre quelque chose qui existe et quelque chose qui n'existe plus ou qui est en train de disparaître?

Ca me rappelle une phrase de Godard : "L'objectivité, ça consiste à donnet dix minutes la parole à un juif et les dix minutes suivantes à Hitler"

Qu'en pensez-vous ? (Je ne parle pas de la phrase de Godard je parle des considérations qui la précèdent).

Écrit par : Robin | 13 décembre 2006

Bonjour à tous,
Un grand merci à Robin dont les messages et les références sont toujours dignes d'enseignement. Il est indispensable de lire ce court article de Arendt dans "la crise de la culture" sur "la crise de l'éducation". Ce qui était vrai aux Usa hier l'est toujours en France aujourd'hui. Selon Arendt, "on prétend éduquer alors qu'en fait on ne veut que contraindre sans employer la force" ce qui conduit à "former une génération nouvelle pour un nouveau monde"en lui interdisant d'"innover". La souce du problème semble être le fait que les Usa ont tenté de gommer toutes différences : jeunes/vieux, doués/non doués jusqu'à enfants/adultes et ce que nous connaissons si bien professeurs / élèves. Il s'agit bien de cette éducation à la citoyenneté qui a conduit notre système sous couvert de plus de démocratie à donner la parole à nos chers élèves et ce à tort et à travers. Selon Arendt, trois idées sont à la base de la faillite de cette pédagogie moderne:

1- la formation d'un monde de l'enfant privé de l'autorité de l'adulte. La société formée par les enfants est autonome et doit s'autogouverner. Il suffit de voir les discours iufmistes qui nous parlent des élèves comme des êtres étrangers comme si finalement nous n'avions jamais été élèves nous même ou alors des élèves privilégiés, petit bourgeois et bien sages, la preuve nous avons réussi, nous sommes profs("sales petits privilégiés bourgeois"). Enfin poursuivons, le groupe des enfants détient donc l'autorité et dit ce qu'il faut ou ne pas faire d'où une rupture avec les adultes qui n'assument plus leur rôle. L'enfant est alors soumis à la tyrannie du groupe, de la majorité (cf "Sa majesté des mouches" de Buten). En réaction, l'enfant peut soit se conformer soit se refugier dans la délinquance ou les deux.

2-La deuxième idée "néfaste" vient de l'influence de la psychologie moderne et des doctrines pragmatiques (je repense alors sans une certaine émotion à ce cher Vigotsky et son fameux "apprendre à apprendre", la simple évocation du mot "métacognition" provoquait chez mes formateurs des orgasmes didactiques). Pour Arendt, la pedagogie est devenue une science de l'enseignement en général, au point de s'affranchir complétement de la matière à enseigner. On a alors négliger la formation des profs, ce qui a conduit au tarissement de la source la plus légitime de l'autorité du maitre, c'est à dire sa COMPETENCE.

3-Enfin, il s'agit de la dernière idée, la théorie de l'apprentissage issue de la pragmatique consiste à penser que l'on ne peut savoir et comprendre que ce que l'on fait par soi-meme. Il s'agit d'une substitution du faire à l'apprendre: le fameux "savoir faire" et la théorie constructiviste qui l'accompagne. Enfermant l'enfant dans sa qualité d'enfant et refusant ainsi toute évolution du dit enfant (son passage à l'age adulte) le jeu a pris le dessus pour se substituer au travail (les fameuses "pédagogie de détour", encore un orgasme didactique) En effet dans le jeu l'enfant est actif, il prend des initiatives alors que le travail est passif. La conséquence est que l'on maintient ainsi l'enfant dans son état d'enfant avec une impossibilité d'accéder au monde des adultes sous prétexte de respecter son indépendance. On nie donc sa capacité d'évolution.

Je suis désolé de la longueur de ce message, mais ce texte est d'une importance qui me semble capital, une sorte de texte de ralliement, de manifeste. Il est remarquable de voir qu'il est daté pour ce qui concerne les Usa, mais pas pour nous. Désolé pour les fautes qui subsisteraient et les lourdeurs mais je suis un peu pressé. Brighelliment votre.

Écrit par : sapiens | 13 décembre 2006

En ce qui concerne le théâtre, j'en ai fait, mais pas pour améliorer ma pédagogie. En échange, j'ai travaillé pendant un an avec un comédien de la Maison de la Culture de Nevers et deux classes de cinquième. C'était passionnant.

Écrit par : Robin | 13 décembre 2006

errata: négligé

Écrit par : sapiens | 13 décembre 2006

La pratique théâtrale obligatoire dans la formation des professeurs? Surtout pas! Une solide formation disciplinaire attestée par la réussite à un concours consistant en épreuves anonymées appréciées par un jury collégial et suivie d'une année de pratique accompagnée? Mille fois oui!

Écrit par : Jean | 13 décembre 2006

En illustration au dernier message de Sapiens, ce que j'ai constaté dans l'école où j'exerce au niveau de la "mise en place des programmes de l'école maternelle" :

a) aider l’enfant à grandir :

De plus en plus, l’enfant et les adultes qui l’entourent (famille, enseignants, personnel communal) ne semblent pas avoir conscientisé cette caractéristique fondamentale de l’être vivant jeune : la croissance, l’évolution permanente d’un être en devenir.
Pour eux, l’enfant EST ... tel qu’il est.

Chez l’enfant tout petit, ou en passe de devenir grand, cela peut être considéré comme normal, d’autant plus que les adultes qui l’entourent ne le lui auront pas appris ou tout du moins fait sentir.

Dans la famille (parents, grands-parents, frères ou sœurs aînés), cela s’explique malheureusement :
- l’enfant-roi, que l’on a conçu comme un faire-valoir ou comme un jouet, décide de lui-même à quel âge il dormira dans son lit, fera ses besoins dans un pot, mangera ce que mangent ses parents, restera à l’école sans faire de comédies, rentrera à la maison après sa journée de classe... pour le plus grand plaisir de l’économie de marché qui multiplie les produits destinés à la petite enfance (couches, petits pots et petits plats, jeux et jouets d’ « éveil », activités du mercredi à l’usage des moins de cinq ans et, déjà, en ville, des moins de deux ans (mini-gym, mini-danse, etc.), émissions de télévision pour les moins de trois ans encadrées de publicités ciblées, matériel informatique adapté aux « petites mains », matériel de protection pour tout (prises de courant, coins de table, portes de réfrigérateur, descentes d’escalier,...) et d’occupation pour tout le temps (le berceau, le parc, la baignoire, la voiture, le caddie de supermarché,...)
- les jeunes adultes nés dans les années 1970-1980 ont eux-mêmes été éduqués à une époque de déresponsabilisation : il est interdit d’interdire, l’important c’est la satisfaction des désirs immédiats. Comment pourraient-ils considérer que l’avenir se prépare, s’annonce ? Comment seraient-ils capables de se décentrer suffisamment et sur une assez longue échéance pour voir dans leur « petit bout » de deux ans un futur bachelier, un père ou une mère, un grand-père ou une grand-mère ? Et comment pourraient-ils comprendre qu’ils ont « des choses » à leur apprendre, eux à qui l’école a fait croire qu’ils allaient tout découvrir par eux-mêmes ?
- Depuis quelques années, on voit se développer l’argument de vente de l’enfant prescripteur ; cette tendance s’accélère ces derniers temps au point que l’on est passé de l’affreux jojo qui barbouille le tee-shirt de sa mère à la purée d’épinards pour lui réclamer l’achat d’une nouvelle voiture (où l’on avait encore, certes glorifiée au lieu d’être condamnée, une attitude vraie d’enfant ) au bébé qui conseille son père dans le domaine des économies d’énergie ou au jeune enfant qui explique à ses imbéciles de parents qu’il ne faut pas interrompre son traitement par antibiotiques ou qui se passionne pour les bienfaits de la vitamine D. Du coup, on voit de plus en plus de jeunes adultes qui ne soupçonnent même pas qu’un bébé, un jeune enfant n’ont pas la même vision du monde qu’eux et qui croient qu’il suffirait de leur présenter des activités de grands (lecture, comptage, calcul ou même tout simplement coloriage) pour qu’immédiatement ils y aient un comportement expert.

Chez le personnel enseignant et éducatif, nous nous retrouvons bien sûr confrontés au même problème éducatif et sociétal, corrigé en rien par l’IUFM ou le centre de formation au CAP Petite Enfance. D’où les réflexions entendues au hasard des conversations :
- « Ah oui, X a plus de peine que d’autres à rentrer dans la logique scolaire, pour lui ce sera plus long que pour d’autres... » (X, 3 ans, ne répond pas à l’appel de son prénom, n’écoute pas quand on lui parle, bouscule ses camarades, leur marche dessus quand ils sont assis par terre...)
- « Bien sûr, pour Y (3 ans ½), il y a le milieu, c’est un enfant adopté, sa maman est malade, on ne peut pas lui demander la même chose qu’aux autres enfants, en fait, il aurait besoin d’un suivi spécialisé, l’école maternelle ne peut pas s’adapter à tous les types d’enfants... »
- « Z (3 ans) a sans doute des problèmes, il ne s’intéresse pas à ce qu’on fait, c’est normal, il parle encore très mal, je vais dire à la maman de consulter un orthophoniste, nous, à l’école, on ne peut rien faire... » (Bingo ! L’orthophoniste a dit qu’il était bègue, alors...).

Ces constatations font partie d'un texte plus long. Si cela vous intéresse, je peux continuer.

Écrit par : catmano | 13 décembre 2006

Jean, désolé mais le problème des élèves perturbateurs est plus que jamais d'actualité et vous ne pouvez l'évacuer en disant que le reliquat de difficultés est du aux chefs d'établissement retardataires qui ne suivent pas le bon sens de Fillon et Robien.
Même les statistiques du ministère disent le contraire. Mon expérience et les contacts avec des profs à droite, à gauche disent le contraire. Le dernier livre de JPB est clair à ce sujet.
On ne peut évacuer cette question qui reste prioritaire dans la réforme souhaitable de l'E.N. Elle n'est pas du tout réglée et la faire supporter aux "chefs d'établissement retardataires" est du même tonneau que de considérer les enseignants comme responsables des c...ies de leurs élèves.
L'E.N ne sera pas redevenu un vert paradis une fois que l'on se sera débarrassé du pédagogisme. Comme on dit, c'est une condition nécessaire mais non suffisante. Loin de là...
cordialement.

Écrit par : utile baron | 13 décembre 2006

J'entends bien, Utile baron, mais je tiens que les professeurs sont les premiers responsables, par leur soumission au pédagogisme, du désordre qui règne dans leurs classes, et surtout dans celles des quelques uns qui voudraient encore y remplir correctement la mission d'instruire que leur a confiée la République et pour qui, dans de nombreux établissements encore entièrement imprégnés de cette idéologie mortifère, c'est, je le reconnais, presque impossible. Mais il existe aussi, je crois, des poches de salubrité où il est encore possible d'enseigner au sens vrai du terme, et pas seulement dans des établissements huppés. C'est une erreur, je crois, de diaboliser les élèves. Mais le système a actuellement les élèves tels qu'il les a voulus, c'est-à-dire tels que Meirieu les souhaite pour justifier du traitement de cheval qu'il applique à l'école, la transformer en kermesse permanente dont les ex-professeurs seront les valets de cirque.

Écrit par : Jean | 13 décembre 2006

Mise en ligne : http://www.ednat.canalblog.com

Pourquoi tant de haine ?

Puisqu’il faut bien continuer à suivre, malgré parfois les désagréments de l’exercice, je passe, entre deux activités, chez Brighelli Jean-Paul, pourfendeur émérite du «pédagogisme» et d’Artagnan auto-proclamé de la Résistance Éducative. Enfin, aux dernières nouvelles, ce serait plutôt John Wayne, tant on le sent se régaler de l’assimilation qu’il suggère de son Blog (www.bonnetdane.midiblogs.com) à Fort Alamo.

La référence, en passant, n’est pas nécessairement optimale, tant, dans cette histoire, les chefs firent preuve d’irréalisme et manquèrent de lucidité, allant à la mort - et à la tête de la poignée d’hommes que leur charisme leur avait inféodé - dans cette ivresse des héros qui confine parfois, hélas, à l’imbécillité.

Pour aller au plus court : le Mexique ouvre ses territoires du Nord aux pionniers américains dans les années 1820, y voyant un élément de stabilité face aux révoltes indiennes. Ces nouveaux colons se plient mal à la loi mexicaine et, implantés au Texas, amorcent une sécession dans les années 1830. Des escarmouches se produisent avec les troupes du Général Santa-Anna qui tient le pays, dont l’une autour d’une vieille chapelle franciscaine des environs de San-Antonio, Fort Alamo, déjà. En 1835, le général Sam Houston, qui a fédéré les espoirs des texans, envisage la destruction du Fort et le repli de la petite troupe qui le tient vers le Nord, où il tâche d’organiser une armée. Flottement du commandement, mauvaise prise en compte de l’avancée des troupes de Santa-Anna, qu’on croit encore loin, toujours est-il que quand les patrouilles d’éclaireurs du Fort repèrent l’avant-garde de l’armée mexicaine, fin février 1836, il n’est plus temps d’organiser le départ. Et deux centaines d’hommes ( 187 ou 189 selon les sources, sans compter des femmes, des enfants et … des esclaves noirs, tous non combattants qui seront pour la plupart épargnés) s’enferment dans Fort Alamo. Il y a là, qui vont entrer dans la légende, le jeune lieutenant-colonel William B. Travis (26 ans), avec la garde nationale, Jim Bowie, à la tête des volontaires texans, et David Crockett, sénateur du Tennessee autant que trappeur illustre, qui s’est entouré d’une poignée (une douzaine) de compagnons. Le déséquilibre des forces est invraisemblable : l’armée mexicaine aligne plusieurs milliers d’hommes autour du Fort. Il semble que Santa-Anna ait proposé une reddition. Travis répond par un coup de canon. En retour, Santa-Anna, qui a occupé San-Antonio, fait hisser le drapeau rouge au clocher de la ville: ce sera sans merci.
Le siège va durer treize jours. L’assaut final est donné à l’aube du 6 mars 1836. Le Fort est pris à 21h après une résistance qui cause aux assaillants des pertes énormes et fonde un mythe. Il n’y eut pas un seul survivant parmi les défenseurs.

Deux films se sont essayés à faire entrer l’affaire dans l’histoire du cinéma :
Celui – qui fait référence - de John Wayne en 1960, avec lui-même en David Crockett, Richard Widmark en Jim Bowie et Laurence Harvey en W.B.Travis, et celui de John Lee Hancock en 2004, où Crockett est joué par Billy Bob Thornton, Bowie par Jason Patric et Travis par Patrick Wilson.

JP.Brighelli rêverait-il d’une troisième prise ? Dans quel rôle ?
Avec ceci, que je soulignais plus haut, que rien ne garantit la validité, l’opportunité, le réalisme, l’efficacité ni la pertinence d’une prise de position dont l’horizon reste un désastre. Je parle d’Alamo, Texas, bien sûr. Car sinon, puisqu’il faut un ennemi, je vois mal Philippe Meirieu en général Santa-Anna. Mais qui sait … ?

La brighellienne chronique est titrée «La loi de Murphy». Également désignée par l’acronyme LEM (Loi de l’Emmerdement Maximum), cette pseudo-loi, qui aurait été énoncée en 1949 par un certain Edward A. Murphy Jr. (Capitaine d’aviation ; Edwards Air Force Base) et prétend s’appuyer sur des statistiques solides, affirme en quelque sorte qu’en toutes circonstances, le pire est toujours sûr. Énoncé original : If it can go wrong, it will (Si ça peut tourner mal, ça le fera). C’est, archétypiquement, la loi de la chute des tartines : Toute tartine beurrée (ou confiturée, ou les deux) qui tombe, livrée à elle même, atterrit du mauvais côté.

Tout ceci rappelé, et le pire pédagogique, inévitable comme attendu, étant visiblement, pour Brighelli, l’élection à venir de Sainte – c’est lui qui persifle et du coup sanctifie - Ségolène à la présidence de la République, qu’en est-il du fond de sa chronique ? Deux articles sont attaqués, publiés dans Libération (http// :www.liberation.fr/rebonds/221402 (resp.221404).FR.php), qui argumentent avec (m’a-t-il semblé) modération, autour de la nécessité, peu ou prou, d’aller vers une approche collective des difficultés pédagogiques et donc vers un véritable travail en équipe des enseignants, impliquant davantage de présence « sur site », c’est à dire dans les établissements. Qu’on y mette quelques conditions préalables (de l’ordre de l’aménagement des locaux) et quelques garde-fous n’est que très naturel. Mais l’évidence de cette exigence est telle que le combat frontal, sans discussion et sans nuances, que mènent avec virulence Brighelli et la minorité ( ?) / majorité ( ?) fort peu silencieuse de ses semblables me paraît tout à fait d’arrière garde. Seulement Brighelli est sans doute de ceux qui tiennent à affirmer haut et fort qu’ils préfèrent mourir debout que vivre couchés. Fût-elle, à l’analyse comme à l’usage, assez vide de sens, je dois reconnaître que c’est une formule qui ne manque pas de panache. Comme n’a pas manqué de le noter dans son rapport l’officier mexicain chargé de l’exécution des quelques ultimes combattants de Fort Alamo dépouillés de leurs armes : "Bien que fort malmenés, ces malheureux moururent sans se plaindre et avec une grande dignité". Tête haute et, puisque la brighellienne est des plus fournies, moustache au vent !

Cette histoire de travail en équipe et de présence accrue des enseignants cristallise des crispations que les très grandes difficultés de la situation pédagogique actuelle ne peuvent qu’induire. Mais on peut discuter, écouter, et tâcher de convaincre. Alors, ici, pourquoi tant de haine ? Car objectivement, on en est là. Les camps se déchirent et s’affrontent, la bave à la commissure des lèvres. Bel exemple de dialogue philosophique et de maïeutique en actes ! Dommage.

Je l’ai déjà écrit plusieurs fois, la réaction – restauration que Brighelli appelle (et il le sait, vainement) de ses vœux ne correspond plus aux possibilités de l’époque. La question n’est même pas de savoir si elle serait souhaitable : elle est irréaliste et irréalisable. Et mettre le casoar et les gants blancs pour monter à l’assaut n’y changera rien. Il faut s’adapter, chercher la ligne de moindre résistance et trouver le meilleur (ou le moins mauvais) compromis entre l’exigence de l’écoute fantasmée du disciple attentif, docile, curieux d’apprendre et intelligent qu’espère en nous tout ce pourquoi nous nous sommes formés, et la démission, le renoncement accablé devant le bordel ambiant. Il faut cesser de rêver, non pas « Sauver les lettres » ou « Sauver les maths », mais bien d’abord « Sauver les meubles » ! On rebondira plus tard.

Et on ne sauvera pas les meubles en restant immobiles. Et le dépassement des habitudes acquises, l’acceptation de contraintes imprévues mais porteuses à terme d’un mieux enseigner, sont nécessaires. Et difficiles à insérer dans un système aux inerties gigantesques et aux responsables dépassés. D’où la nécessité, une fois encore, de cesser de se jeter des anathèmes à la figure et d’accepter, sur la base d’une formation des maîtres remise à plat et revue, sur la base de l’exigence préalable de locaux adaptés bien équipés, sur la base d’un réexamen sérieux des salaires, d’accepter donc une autonomie véritable des équipes éducatives et une redéfinition des services, sous la réserve complémentaire d’une reconfiguration (corps d’inspection à redessiner) des structures d’impulsion / suivi / soutien des efforts à venir desdites équipes dans leur réinvention du métier.
Il ne faut pas se battre pour les lettres, les mathématiques ou l’histoire, mais pour l’intelligence et pour la culture, sachant que si l’intelligence est de tous les temps, la culture, quelquefois et en tout cas pour le plus grand nombre, peut éventuellement n’être que du sien.

Words, words, words ? Justement, il serait temps d’en sortir pour les dépasser par l’action. Et on sera, je le crois, plus efficace dans le sens de ce plaidoyer que sabre au clair, dos au mur, Alamo, ou bien encore Waterloo morne plaine, La garde meurt mais ne se rend pas, etc.

Écrit par : Sejan | 13 décembre 2006

"La pratique théâtrale obligatoire dans la formation des professeurs? Surtout pas! Une solide formation disciplinaire attestée par la réussite à un concours consistant en épreuves anonymées appréciées par un jury collégial et suivie d'une année de pratique accompagnée? Mille fois oui!"

Ecrit par : Jean | 13 décembre 2006

Je ne vois pas en quoi l'une et les autres seraient antinomiques! Je ne sais pas ce qu'en pense Jean-Paul mais, pour en avoir discuté de vive voix avec Pedro Cordoba, je sais qu'il est un farouche partisan de l'intégration du théâtre dans la formation des enseignants!

Écrit par : christophe sibille | 13 décembre 2006

Le désordre qui règne dans les établissements et qui empêche les professeurs d'enseigner est le produit de "trente ans de pédagogie loukoum" et de "démocratisation", cette "arme de destruction massive de la République", comme l'écrit plus haut Jean-Paul Brighelli. Est-ce que l'on ne peut pas dire, Utile baron, que, de ce point de vue, l'aveuglement d'une partie des professeurs a fait le malheur de l'autre?

Écrit par : Jean | 13 décembre 2006

Minute de détente, en écho à Catmano.
Extrait d'une séance de "langage oral" en GS ou "Le choc des cultures."
S.(Garçon):"Ma petite soeur, elle a des chaussures Dora et des Nike". L(Fille):"On dit pas des Nike, on dit des nattes!"
Moment propice à la phonologie...

Écrit par : Alice | 13 décembre 2006

Je m'obstine...
Il y a encore des classes de collège où les élèves sont, comme on dit, "demandeurs" et satisfaits d'apprendre quelque chose de solide, et où enseigner de la manière la plus directe et la plus "traditionnelle" qui soit, sans chi-chi "pédago", est possible. Du moins j'en connais.

Écrit par : Jean | 13 décembre 2006

Jean, cher Jean,
Nous sommes très proches. J'aime cette proximité. Oui, il est grand temps que le courage de résister s'affirme. mais la réalité est toujours complexe: depuis des années les professeurs résistent passivement en faisant semblant de suivre plus ou moins les directives et c'est ce constat sur les "trainent la patte" qui pousse aujourd'hui à créer des instances de surveillance, ce contrôle, d'évaluation, etc... Le Conseil pédagogique est une de ces ruses. Il y en a plein qui vont grogner mais ça va passer et ce seront toujours les mêmes "grandes gueules" - à tort ou à raison, selon les cas- qui râleront, qui objecteront et qui s'exposeront. Les autres se laissent aller, dégoutés ils se replient , s'escargotisent comme disait Dolto - qui a fait des ravages malgré elle, en fin presque...- et la passivité massive l'emportera. Comme d'hab.!
J'estime que les corps d'inspection sont inutiles et nuisibles, ils sont mêmes couteux pour Rien! Des économies? voilà une niche à vider! Quant aux IGEN : c'est le scandale parfait, l'élite dorée de l'inutile. Mais oui, il y a tout de même des gens bien... Qu'ils enseignent! On veut les voir à l'oeuvre ces génies de la pédagogie et de la didactique , les voir transformer des tarés en chefs responsables, en éducateurs, en entrepreneurs honnêtes,.... Les IPR, les IEN, les IGEN dans les ZEP! devant les gamins. Allez! z'y va....
Que l'on pense à proposer aux professeurs qui ont au moins 15 ou 20 ans de carrière de devenir, à temps partiel, des Conseillers. C'est bête ou pas ?
Etre un bon professeur c'est aimer et connaître: être cultivé et aimer transmettre. Il faut être comédien, oui. mais pas danseur de claquettes ou animateur, voire gardien de merdeux qui hors du collège nuisent à la société.
Pour être respecté il faut être respectable: connaissances, énergie, prestance, justesse des propos et des actes et j'en passe. Trop de collègues sont loin du compte: c'est comme ça. J'enrage quand je vois des mollassons. Ce qui m'embête c'est de devoir admettre que moi aussi je m'use à lutter et que je me verrais bien adopter cette attitude misérable. NON! il faut être respectable. Alors? RESISTER.

Écrit par : Léo | 13 décembre 2006

Jean, vous vous obstinez mais je ne conteste absolument pas les points que vous soulignez dans vos deux derniers messages. Oui, il y a des élèves demandeurs de cours traditionnels et il y en aurait, je crois, encore plus s'ils pouvaient comparer, oui, il y a des professeurs dont les méthodes d'enseignement ouvrent la voie au cirque et au bazar en classe. Si je pensais le contraire, je ne fréquenterai pas avec autant d'intérêt ce blog.
Mais oui aussi, il y a des établissements (nombreux) en France où profs pédagos ou tradis, cours constructivistes ou frontaux, modernes ou anciens, chefs d'établissements retardataires ou avancés ne changent rien à la violence, aux problèmes de discipline et d'absentéisme chronique, à la communautarisation, à l'alcoolisme de plus en plus apparent des jeunes...etc.
Il faut absolument intégrer cette dimension dont je ne nie pas qu'elle puisse être en partie l'effet de l'application des doctrines pédagos depuis trente ans et il faut surtout ne pas en minimiser l'importance en considérant qu'elle est le fruit amer de quelques administratifs incompétents qui ne savent pas diriger leur établissement.
Sur tout cela, je me permets de vous renvoyer vraiment au dernier livre de JPB qui tout en se focalisant sur la question de la communautarisation et des atteintes à la laïcité, montre qu'on ne peut se contenter (si je puis dire) de l'abandon du pédagogisme pour remettre l'école sur des rails fiables.
A titre personnel, c'est d'ailleurs ces questions qui m'angoissent. Beaucoup plus que le pédagogisme dont la débâcle théorique et pratique est tous les jours plus apparente. A côté, l'URSS des années 80 était un monstre de dynamisme, d'efficacité et de solidité...
Merci en tout cas pour vos réactions qui me permettent de préciser les quelques idées sûres qui me restent sur l'Education Nationale.

Écrit par : utile baron | 13 décembre 2006

Bonjour,

Voici un article de DANY-ROBERT DUFOUR: Philosophe, professeur à Paris-VIII, auteur, en particulier, de Folie et démocratie, Gallimard, Paris, 1998.

Ayant travaillé à titre associatif sur l'Influence de la TV sur l'enfant, j'avais lu quelques propos de cet auteur .

L'article entier avait comme titre " Le Malaise de l'école"

J'en ai tiré ce passage :



>

DANY-ROBERT DUFOUR.

Écrit par : Patrick | 13 décembre 2006

Voici le texte !!!!

Modeler des crétins procéduriers ?

Les enseignants devront donc être rééduqués sous la houlette d’experts en pédagogie montrant qu’il ne faut plus rien enseigner pour s’en remettre à ses seuls sentiments du moment et à leur gestion gagnante. Il s’agit donc d’imposer les conditions, selon Michéa, d’une « dissolution de la logique » : ne plus discriminer l’important du secondaire, admettre sans broncher une chose et son contraire...

C’est ainsi qu’on voit, à l’université même, tout un courant pédagogique se mettre en place refusant de demander aux « jeunes » de penser. Il faudrait d’abord les distraire, les animer, les laisser « démocratiquement » zapper à leur guise au gré des interactions, leur faire raconter leur vie, leur montrer que les acquis de la logique ne sont que des abus de pouvoir.

Il faudrait surtout montrer qu’il n’y a rien à penser, qu’il n’y a pas d’objet de pensée : tout serait dans l’affirmation de soi et dans une gestion relationnelle de l’affirmation de soi qu’il conviendrait de défendre, comme tout bon consommateur doit savoir le faire. S’agit-il de fabriquer des crétins procéduriers, adaptés à la consommation ?

Il est probable que les pédagogues ne veulent pas ça : ils ne veulent que s’adapter à l’état dans lequel ils trouvent les « jeunes » à l’école. Ce faisant, au nom même de la compassion, ils contribuent à aggraver la situation et à détruire encore plus l’école. Cet usage des services des pédagogues fournit un nouvel exemple de la façon dont le néo-libéralisme a su utiliser à son profit les schémas libertaires des années 1960 (8).

Les institutions scolaires, université incluse, accueillent donc des populations flottantes, dont le rapport au savoir est devenu une préoccupation très accessoire.

Un type nouveau d’institution molle, dont la post-modernité a le secret, à mi-chemin entre maison des jeunes et de la culture, hôpital de jour et asilage social, assimilable à des sortes de parcs d’attraction scolaire, est en train de se mettre en place.

Elle n’exclut pas certaines zones résiduelles de production et de reproduction du savoir, où les nouvelles technologies sont appelées à devenir prépondérantes (« Toutes les tâches répétitives du professeur vont être enregistrées, stockées », promettait allègrement l’ex-ministre dans l’entretien déjà cité).

Pendant ce temps, la formation et la reproduction des élites (autre fonction décisive de l’« école du capitalisme total ») deviennent de plus en plus exclusivement assurées par les grandes écoles et assimilées dans les meilleures écoles et universités privées des Etats-Unis (où les frais annuels de scolarité atteignent 30 000 dollars).

Ces formations-là, qui continuent de fonctionner selon un modèle critique dur, ne sont nullement concernées par les dérives pédagogistes destinées au plus grand nombre.

La fabrique d’un individu soustrait à la fonction critique et susceptible d’une identité flottante ne doit donc rien au hasard : elle est parfaitement prise en charge par la télévision et l’école actuelles. Le rêve du capitalisme n’est pas seulement de repousser le territoire de la marchandise aux limites du monde (ce qui est en cours sous le nom de mondialisation), où tout serait marchandisable (droits sur l’eau, le génome, les espèces vivantes, achat et vente d’enfants, d’organes...), mais aussi de faire rentrer les vieilles affaires privées, laissées jusqu’alors à la disposition de chacun (subjectivation, sexuation...), dans le cadre de la marchandise.

Nous vivons à cet égard un tournant capital car, si la forme sujet est atteinte, ce ne sera plus seulement les institutions que nous avons en commun qui seront en danger, ce sera aussi et surtout ce que nous sommes. Plus rien alors ne pourra endiguer un capitalisme total où tout, sans exception, fera partie de l’univers marchand : la nature, le vivant et l’imaginaire.


Par DANY-ROBERT DUFOUR
Philosophe, professeur à Paris-VIII, auteur, en particulier, de Folie et démocratie, Gallimard, Paris, 1998.

Écrit par : Patrick | 13 décembre 2006

Bijour Fous d'rhum,

just a little 'coucou' pour vous dire que j'ai bien la Haine de 'taffer' en ce moment, j'ai plus le temps de vous lire (sniff)...

continu Jean super taff ;) te laisse pas 'ennuyer' par le nain d'jardin du bloug, tu sais le guédro qui dit (toujours) "j'arrête" mais qui a besoin de sa 'dose' ;o))))) .

Cat, c'est toi qui devrais être celle qui distribue les baffes à ceux qui font freinetmalfait...
tu sais qu'ils font/donnent des formations ? combien coûte une mauvaise formation Freinet ? ;)


bon j'aurai sûrement pas la possibilité de lire les réponses .... so ... c u ;)

ps: Jp si tu passes sur le fouroum de F2 change de style ;) sinon on va te 'repère' direK :o))))))))

Écrit par : toto | 13 décembre 2006

Une partie des attaques contre l'école relèvent d'attaques plus générales contre la République, c'est vrai, Utile baron, on ne peut pas le nier. Ce que je me demande, simplement, c'est si en rendant l'école à sa seule et unique mission d'instruire, c'est-à-dire en intensifiant la transmission des connaissances, avec tout un arsenal de contraintes, en mettant de ce point de vue la pression la plus extrême sur les élèves, on ne retiendrait pas, en fin de compte leur attention sur quelque chose qui leur apparaîtrait comme un défi personnel à relever. Les conduites déviantes que vous signalez ne sont-elles pas, en bonne partie, l'effet du vide intellectuel que l'on a laissé s'installer dans les cervelles? Et est-ce que la meilleure défense de la République ne consisterait pas à pousser au maximum les exigences de l'esprit à l'intérieur des établissements scolaires. C'est pour cette raison que j'évoquais le rôle du chef d'établissement, comme la personne capable d'imprimer à la communauté éducative qui l'entoure, cet esprit - entièrement nouveau par rapport à la culture mériolio-pédago ambiante, et c'est ce qui en fait l'intérêt pour les élèves - de dévotion à la culture de l'esprit. Evidemment, s'il n'est pas relayé par un groupe de professeurs acquis à cette cause et à cette stratégie de reconquête du terrain républicain par l'exaltation de la raison et de la connaissance, il ne peut pas faire grand-chose.

Écrit par : Jean | 13 décembre 2006

Oui, chers Jean (lire plus haut) et Patrick: ce qui est très pénible ici , c'est de devoir admettre que le mal que nous dénonçons a pour une part été admis, accueilli, par des milliers de professeurs. Il y a ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous: la majorité a gobé et aimé gober avec la complicité de la plupart des syndicats.
Soit dit en passant je trouve dans les publications du SNALC un ton et des idées qui ne me font pas hurler, bien au contraire.
Maintenant, il ne s'agit pas de pratiquer la prosternation devant des principes ultra libéraux qui auraient des conséquences catastrophiques, mais le libéralisme pédagogique....ça me va. Etre libre et responsable: cependant ne pas demander que le professeur soit un mage qui DOIT avoir des RESULTATS : encore une fois, on ne peut pas transformer des ignares fiers de l'être en boulimiques de connaissances. L'argent n'y peut rien: le singe reste un singe, on peut me donner 5000 euro pour que le simiesque devienne homo sapiens, c''est foutu d'avance! Laissons le singe demeurer et laissons le professeur exercer avec des personnes capables - la Capacité: cela mérite d'y réfléchir ici...- de recevoir ce qu'on leur donne.
Je refuse de payer pour donner: donner de ma personne et mes connaissances. Je donne autant que possible et me bagarre pour écarter ceux qui empêchent les bons, oui les Bons! de recevoir. Je veux aider les meilleurs et les bonnes volontés: c'est cela l'élite. La Ségolène, - si séduisante, si charmante, tellement fascinante, grande salvatrice -, et plein de parents (FCPE) en manque de défoulement veulent nous faire payer. Payer pour quelles frustrations? La gauche contre une catégorie en majorité de gauche.... des parents de droite qui veulent, bêtement, cogner sur les profs... Pauvre pays: ils sont passés dans nos classes. Bravo!
RESISTER....

Écrit par : Léo | 13 décembre 2006

"Je suis en train de m'aviser que si vous allez sur ce blog, c'est que vous-même, sans les remettre totalement en cause, vous vous posez des questions sur le bien fondé des idées et des pratiques de vos amis."

Ecrit par : Robin | 13 décembre 2006

Mais ce ne sont pas mes amis! Et je me tue (presque) à dire que je n'adhère pas à ce que vous appelez "les thèses pédagogistes", au même titre que nombre de mes collègues, et que cela ne m'empêche pas de travailler en IUFM sans me faire éjecter de ces repaires, pourtant staliniens (à vous entendre.) La vérité ne se trouve ni dans le magistral à tous crins, ni dans l'intégrisme de "l'enfant au centre du système", mais en apprenant le maximum de choses aux élèves en tenant quand même compte de ce qu'ils sont en mettant un pied à l'école et, surtout, en faisant ce qu'il faut pour leur donner le goût de l'effort d'apprendre! Il peut y avoir une part de ludique dans l'initiation aux apprentissages, pour certains. Pour d'autres, ce n'est pas nécessaire. On parle beaucoup de "pédagogie différenciée" dans le jargon (quelquefois vilipendé à juste titre) de nos instituts. Pour moi, toute pédagogie est, par essence, différenciée. La vraie difficulté d'une pédagogie quelle qu'elle soit étant de réussir à tenir compte simultanément du groupe et de chaque individu qui le compose. Et impossible de procéder ainsi si vous ne maîtrisez pas à fond la discipline, (ou les disciplines, concernant les profs d'école) que vous êtes censés enseigner.

Écrit par : christophe sibille | 13 décembre 2006

censé, pardon.

Écrit par : christophe sibille | 13 décembre 2006

Lire, à ce sujet, l'excellent livre, (il en existe quand même en sciences de l'éduc) de Carl Rogers, "Liberté pour apprendre".

Écrit par : christophe sibille | 13 décembre 2006

Pour ceux qui ont le blues...Cavanna rejoint la galère!

Lu dans Charlie Hebdo du 6/12/06 :
Grammaire, mon amie par François Cavanna

Il y a d'abord la parole. Et puis il y a récriture, transposition de la parole, faite de bruits, en signes silencieux qui permettront au lecteur de recréer la parole-bruits exactement telle qu'elle fut émise. Invention prodigieuse. Tellement prodigieuse qu'il fallut des dizaines de siècles de civilisation avant qu'elle n'apparût.
Notre écriture est alphabétique. C'est-à-dire qu'elle ne se soucie point du sens de ce dont elle ~ parle, mais seulement des sons choisis par l'homme pour exprimer ce sens. C'est donc une traduction au deuxième degré. , Donnée de fait: il y a le mouton, animal bien connu, toujours semblable à lui-même. Je veux parler d'un mouton à mon voisin. Je lui dis « mouton ». Ces deux sons accolés (ces deux « syllabes ») n'ont rien à voir avec le mouton, sinon que je les ai choisis pour désigner le laineux animal. Mon voisin et moi avons été élevés ensemble, ainsi que beaucoup d'autres. Quand mon voisin entend « mouton », il sait qu'il s'agit de l'animal nommé mouton, c'est un code, et nous le possédons tous deux, ainsi que beaucoup d'autres.
C'est là une première translation, celle du mouton, animal précisément désigné, en un ensemble de deux sons, l'un « MOU », l'autre « TON ». Tu entends « mouton », tu sais de quoi il s'agit. Je signale entre parenthèses que cette première étape vers la symbolisation- oui, les deux sons « MOU » et « TON » accolés deviennent le symbole du mouton (qui s'en fout, d'ailleurs !) -, que cette, donc, première étape, tous les groupements humains qui apparurent sur la planète furent capables de la franchir. Autrement dit, tous les hommes parlent, ou la parole est l'apanage de l'homme, comme il vous plaira.
La deuxième étape de la traduction, vous avez compris qu'il s'agit du passage du symbole sonore au symbole écrit, demanda allez savoir pourquoi - infiniment plus de temps. Non pas que la découverte fût progressive, se perfectionnant au long des siècles. Non. Pas du tout. L'idée jaillit d'un coup. C'était une prodigieuse idée.
Le besoin de fixer sur un matériau durable la parole s'est très vite fait pressant. On imagina tout d'abord de dessiner le cochon dont on voulait parler (pourquoi changer d'exemple ? Nous l'aimons, notre cochon !). Comme les gars des cavernes sur leurs parois ? C'est cela même. Il y avait là un début de quelque chose, mais on sentait bien que ce n'était pas encore ça. Ça équivalait à dire «cochon », et rien de plus. A la rigueur on pouvait le faire courir, le cochon, si on était bon en dessin. Ils avaient inventé l'écriture «pictographique », ils ne le savaient pas mais moi je vous le dis. Et pendant très longtemps, ça marcha comme ça. Les Égyptiens qui font tant les fiers n'ont jamais été capables de dépasser ce stade. (Non. Le démotique n'est que du hiéroglyphique abrégé.)
Pourtant... ! Pourtant la solution était là, sous leurs yeux, dans leurs oreil1es qu'étiraient vers le bas des tas de saletés en or! A chaque instant ils prononçaient MOUTON, ils entendaient MOUTON - en égyptien d'époque, cela va de soi - et bon, ils s'obstinaient à tirer la langue pour dessiner des moutons tout raides.
Savez-vous qui trouva, en un, comme il : convient de dire, éclair de génie ? Pas un savant, non, non. Pas un Égyptien. Un Phénicien, c'est-à-dire un louche mercanti à demi pirate qui trafiquait de tout ce qui se trafique.
L'idée était comme je vais vous dire.
~ Nous sommes dans la tête du Phénicien. Il s'appelle Kevin.
« Quand je veux faire penser à un mouton, je prononce, en articulant bien, les sons MOU-TON. Ça ne ressemble en rien à un mouton, ça n'a rien d'un mouton, pourtant tout le monde sait qu'il s'agit d'un mouton. Pourquoi ? Parce qu'une fois pour toutes nous avons accolé les sons MOU-TON à l'animal mouton. Bien. »
Là, Kevin respire un coup. Q sent qu'il est au bord de quelque chose de grand. Il y va :
« Je trace un machin n'importe comment dans le sable. Par exemple ça: MOU. Je décide que c'est le symbole du premier son de 'mouton'. Je trace un deuxième: TON, et c'est le deuxième son. Et je dis que jamais ces signes ne devront représenter d'autres sons que ceux-là, et qu'est-ce que tu dis de ça, mon petit Kevin ? »
Poursuivant ses expériences, Kevin constata que son truc fonctionnait à la satisfaction générale pour CHE-VAL, pour MAS-SUE, pour ROI. Là, une idée lui vint qui n'a rien à voir avec le présent exposé mais que je vous livre quand même à toutes fins pédagogiques. Estimant qu'il avait bien mérité de l'humanité, Kevin se saisit de la MAS-SUE et se fit ROI.
Merci à Kevin, merci aux Phéniciens, l'alphabet était né, et avec lui récriture, la seule, la vraie, avec ses syllabes, ses jambages et ses points de suspension qui en disent long. Quand j'étais petit... Ah, y avait longtemps! Ah, on t'attendait là! Tout ce préambule historique pour apporter tes vitupérations attendues contre l'apprentissage moderne de la lecture, pour déplorer avec tes copains de la maison de retraite la façon des novateurs d'enseigner l'orthographe.
L'auteur attend que passe l'orage: .................................................. .....................

Je crois avoir compris que ce qu'on appelle la « lecture globale », l'orthographe et la grammaire modernes*, sont de gauche, ou bien je me trompe ? Serais*-je donc rejeté vers la droite, moi qui déplore qu'on ait cessé d'enseigner ces choses comme on me les enseigna, en commençant par le plus simple pour avancer vers la maîtrise consciente et éclairée de la langue ?
L'écriture alphabétique (la nôtre) n'est en aucun cas une forme d'écriture hiéroglyphique simplifiée où chaque dessin est, soit un portrait, soit un symbole abstrait arbitrairement chargé d'un certain sens. Les hiéroglyphes se déchiffrent comme une bande dessinée, il suffit d'identifier d'un coup d'oreille symbole, le regard peut-être survolant, « synthétique ».
L'écriture alphabétique, au contraire, ~ étant la notation musicale des signes sonores émis par la voix, nécessite une lecture attentive, ne négligeant aucun signe, aucun accent. Fixant les sons qui eux-mêmes fixent les idées d'objets ou d'abstractions, elle est aussi précise que la parole, que la pensée elle-même. Tout doit être déchiffré dans le détail : elle est analytique.
Prétendre accoutumer les enfants à l'allure générale d'une phrase comme s'il s'agissait d'un paysage, en espérant qu'à force à force ils finiraient par se la fixer en mémoire par une espèce d'imprégnation inconsciente, me semble aller au rebours de la façon même dont l'esprit, spontanément, aurait tendance à procéder. C'est là une vision d'artiste, non de rationaliste. Proclamer qu'aller du compliqué au simple est plus aisé au cerveau de l'enfant, voilà tout au plus un paradoxe séduisant, un désir irréaliste de singularité, bref, un effet de mode.
Effet de mode qui opéra des ravages. À la seule lecture d'une lettre, je situe l'âge du scripteur, sa couche géologique ravagée. Traitez-moi de faiseur de paradoxes à mon tour, je n'en soutiendrai pas moins que la grammaire est une discipline facile, d'une logique séduisante comme celle d'un jeu de construction, et que les irrégularités sont pleines de ce parfum de bon vieux temps qui attire les foules dans les brocantes des vacances.
Et cette peur de surmener les chères têtes blondes! Cette appréhension de leur refus devant l'effort ! « Ludique » ! Il faut faire ludique! Qu'ils ne voient pas que c'est du travail ! On ne demande pas: « Comment écris-tu 'nénuphar' ? » On propose trois possibilités: « nainuphar », « nénufare », « nénuphar ». Etc.
J'arrête, je tourne vraiment vieux con.
N'empêche, dans mon for intérieur... (Comment écris-tu « for » ? « Fort », « faure » ou « fore » ?) Je revois la Maternelle où l'on savait lire à quatre ans, la « communale » avec ses quarante-cinq élèves par classe (j'ai les photos) et le certif à douze ans... Salut!


* danger des correcteurs orthographiques ou « passéisme douteux » ? Word me signale les « fautes » de F. Cavanna : ce 's' à l'adjectif qualificatif accompagnant deux noms communs le choque, quant à la forme de la première personne du singulier du verbe être au conditionnel présent, il ne la connaît pas et me propose de la remplacer par celle du futur simple ou par la troisième personne du singulier du conditionnel présent.

Écrit par : Guillaume | 13 décembre 2006

Le "magistral à tous crins", cela n'existe plus que dans l'imagination de quelques esprits faux.

Écrit par : Jean | 13 décembre 2006

Communique de presse du SNALC CSEN 4, rue de Trévise, 75009, PARIS www.snalc.fr

Le SNALC-CSEN, deuxième syndicat le plus représenté chez les professeurs du second degré, se réjouit de l'appel à la grève du 18 décembre finalement lancé par la totalité des organisations syndicales réunies ce lundi 11, et de la volonté affichée de trouver une position commune au CTPM du 18.

Le SNALC-CSEN note avec satisfaction que les deux organisations, qui pour l'une avait reporté sa décision, pour l'autre avait annoncé son refus de mener cette action minimale contre la modification à la hussarde des statuts des professeurs, nous ont rejoints dans l'action.

Cepndant, le SNALC-CSEN qui, à ce jour, est la seule organisation en grève jusqu'aux vacances de Noël, a réaffirmé à l'intersyndicale sa volonté de durcir le mouvement dès le 9 janvier 2007.

Le SNALC-CSEN en appelle sans réserve à l'unité syndicale pour que ce projet de modification des décrets de 1950 qui, au travers de la redéfinition du métier d'enseignant, en organise en fait "la mise à mort", soit aboli.

Paris, le 12 décembre 2006

Écrit par : Robin | 13 décembre 2006

Merci Robin. Le SNALC a de l'avenir!

Écrit par : Léo | 13 décembre 2006

Léo

Il y a encore quelques années, Il fallait vraiment du courage pour faire partie du SNALC et plus de courage encore pour le dire ouvertement. Dans certains collèges, c'était un peu comme être trotskyste en URSS du temps de Staline. Les choses sont en train de changer. Il y aurait beaucoup à dire sur l'exercice des libertés syndicales dans les collèges publics : absence de place sur les pannneaux entièrement occupés par...(je ne cite pas de nom, vous compléterez vous-mêmes), propagande calomnieuse; je me souviens d'un collègue PEGC (c'était dans les années 90) qui était persuadé que le SNALC était un syndicat d'extrême-droite.

Écrit par : Robin | 13 décembre 2006

Tiens, bonjour Christophe ! Je croyais ne plus avoir le plaisir de vous lire sur ce forum.
Les musiciens étant souvent bons en maths, je vous envoie ainsi qu'aux matheux du blog ce petit problème, que je n'ai pas réussi à résoudre. Les maths n'étaient pas ma partie forte.

Petit problème pour matheux.

"Le niveau général ne cesse de monter, et en même temps, le niveau que les professeurs constatent dans leurs classes ne cesse de baisser!C'est pourtant une évidence arithmétique indiscutable! Prenons, pour nous en convaincre, un exemple arbitraire parmi d'autres.
En 1960, moins de 10% de la tranche d'âge des jeunes de 15-16 ans sont en classe de Seconde de Lycée. Ce sont pour la
plupart des jeunes issus des classes moyennes et supérieures. Bien entourés, bien dirigés, ces élèves ont un bon niveau en orthographe, savent rédiger un texte correctement, et obtiennent une moyenne de 12/20 en dissertation de français...Quarante- cinq ans plus tard, plus de 70 % de la même tranche d'âge est en Seconde : issus de milieux sociaux et culturels bien plus diversifiés, sans doute plus inégalement suivis par leurs familles et moins systématiquement stimulés par leur environnement, ils n'obtiennent, sur la même dissertation, qu'une moyenne de 8/20...Le niveau des jeunes Français a-t-il vraiment baissé?
Petit calcul . En 1960, un élève de Seconde a, en moyenne, 12/20 à sa dissertation; donnons aux autres une note forfaitaire, pour le papier et le temps passé, de 2/20 : la moyenne de la tranche d'âge est de 3/20. Aujourd'hui, avec les mêmes modes de calcul, la moyenne de la même tranche d'âge sur le même exercice est de 6,2/20 : elle a plus que
doublé! Hausse spectaculaire du niveau général, tandis que le professeur de seconde voit, lui, les résultats de sa classe baisser de 4 points!
Dans le même temps, le nombre d'élèves ayant 12 et plus a augmenté, mais ces élèves sont proportionnellement moins nombreux que jadis!
Reste évidemment la seule vrai question : comment faire pour que l'accès aux études s'accompagne d'une hausse correspondante du niveau des élèves qui y accèdent? Comment transformer "la démocratisation de l'accès" en "démocratisation de la réussite"? C'est évidemment affaire de pédagogie. "
Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 13 décembre 2006

Oui Robin,
Je sais tout cela et les choses évoluent lentement. Personnellement, je suis un sympathisant et je vais adhérer très prochainement. Je ne me gêne pas pour afficher des doc. du SNALC et cela ne trouble pas les collègues. Certains découvrent que ce syndicat est plus proche de leur pratique que d'autres qui n'arrêtent pas de claironner. Et justement, j'en ai marre de la fanfouille des SNES SGEN SE ... Il s'y trouve des gens extrêmement dévoués et même admirables mais les idées qui polluent le métier depuis 40 ans viennent de chez eux. Il est temps que cela change. Et puis le méchant de droite et le gentil de gauche , ça va bien! Avec la gauche de la gauche nous avons les très très gentils? Des borgnes, oui.

RESISTER encore et encore.

Écrit par : Léo | 13 décembre 2006

Léo : "je veux aider les bons et les bonnes volontés. C'est cela l'élite".
Certes, mais d'autres enseignants ont eux envie d'aider les mauvais et les mauvaises volontés. Parce qu'il est possible de les faire devenir bons et de bonne volonté. L'éducation, ça sert aussi à ça. Donner à tous une culture fondamentale et pousser les meilleurs. C'est l'élitisme républicain et il a permis de ne laisser personne sans éducation au nom de l'élite.

Écrit par : utile baron | 13 décembre 2006

La journée a vraiment été blogistiquement remarquable : foule de contributions passionnantes — y compris l'historique d'Alamo, qui ne vaut guère par les raisons historiques (Sam Houston n'était guère plus reluisant que le dictateur Santa-Anna), mais par la pose esthétique.
Ici, pause (et non pose) spécial copinage :
Un mien ami, qui vient de mourir, avait écrit l'année dernière un livre intitulé "Ouï-dire sur la mort" où il évoquait longuement Alamo, et le fait que les générations présentes ont assez peu l'esprit de sacrifice. Ce peut être Davy Crockett (que je n'ai connu à vrai dire au départ qu'à travers une série télé à la chanson célébrissime), ou Jacques Decours fusillé par la milice ("Imbéciles, c'est pour vous que je meurs"), l'histoire est la même : la résistance.
J'étais tout enfant, je jouais aux cow-boys et aux indiens, et je n'ai jamais fait que l'indien — mourant dans des poses nobles, ou victorieux quand même, comme Géronimo — mais assassiné quelque temps plus tard par le Frackowiack de l'époque…
L'article de Libé d'aujourd'hui, qui fait décidément très fort en ce moment, est éloquent. Et dire que j'ai plaidé sa cause auprès du ministre — et ici même ! Et dire qu'il doit sa tête à l'intervention du député-maire (UMP — ça la fiche bien pour un socialiste !) de Douai.
Et pas à ses petits copains du syndicat du crime… Fais du bien à un vilain…
Bref, c'est chouette quand le niveau monte plus vite que la mer sur les grèves du Mont Saint-Michel — une vieille connaissance… Et que je n'y suis pour rien. Il y en a plein, ici, qui devraient peut-être faire des livres.
JPB

Écrit par : brighelli | 13 décembre 2006

Oui Utile baron, je suis d'accord, il faut aussi faire monter, essayer de guérir les malades et de faire ressusciter les morts, mais pas mélangés avec les doux et les coeurs ouverts. Collège unique: FIN! Classes de tortures pour les agneaux: FIN! Il faut des "cages" aux fauves? des arènes? Oui, dans la limite de ce qui est admissible en vertu de la loi. Je veux bien me battre avec les difficultés des difficiles mais pas crever pour rien. Je donne tant que je perçois une capacité à recevoir. On ne donne pas des perles aux cochons. La transmutation du plomb en or, c'est possible avec la Grâce. Attention, je deviens Pédago théologien... J.-P. B. me pardonnera bien cette petite pique.
A suivre...

Écrit par : Léo | 13 décembre 2006

Leo, la Grâce est-elle atteignable par fréquente communion (i.e. immersion fréquente dans un grand bain de pédagogie iufmesque), ou est-elle une donnée de départ, un don gratuit, une capacité innée ? Ou encore, peut-elle être révélée au cours des années — l'illumination sur le chemin, non de Damas, mais de la ZEP la plus prochaine ?
Il faudra que j'écrive un post prochainement sur ce qu'est la pédagogie — ou ce qu'elle devrait tendre à être. Sur les rapports, évoqués plus haut, avec le théâtre — et s'il y a bien quelque chose de théâtral dans le métier, ce n'est pas pour autant qu'il faut recruter des acteurs frustrés, ou rentrés. Bref, ce n'est pas simple…
JPB, qui s'absente deux jours — ne tirez pas sur le blog pendant ce temps-là !

Écrit par : brighelli | 13 décembre 2006

Que pouvait-on attendre d'autre de M. P. Frackowiack ? Il est d'autant plus agressif qu'il a été humilié, et d'autant plus avide de vengeance qu'il a senti le vent du boulet... Il n'a rien appris et rien oublié, comme les émigrés de Coblence ! Et le retour de manivelle sera terrible. Numérotons nos abattis : les représailles seront à la mesure de la peur. Mais "we shall overcome some day".
En attendant ce jour couleur d'orange et de palmes au front, pour ce qui est de résister, j'avoue -- est-ce ma (dé)formation de lettres classiques ? -- que je préfère au ouesterne l'histoire de Léonidas aux Thermopyles ! "Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour obéir à ses lois", avouez que ça a quand même de la gueule. Ou alors Antigone, pas mal non plus.
Faut pas lâcher, amis et camarades ;-))) ! Ce n'est pas à vous que j'apprendrai que "c'est encore plus beau lorsque c'est inutile". C'est le panache du "No passaran". Alors oui, M. Frackowiack, on peut être de gauche, et même à gauche de votre gôche, en étant anti-pédagogiste. Je dirai même plus : la vraie gauche, la gauche humaniste, celle qui défend des valeurs, celle de Jaurès, c'est de notre côté qu'elle se trouve, pas du côté de chez Marie-Ségolène.
Quant à faire des livres : oui, encore et toujours. Et pas forcément des livres sur l'Ecole. Il faut plus que jamais raconter des histoires, donner à lire des rêveries, nourrir les misérables imaginaires formatés par des médias idiots qui engluent l'âme dans un "hic et nunc" sans remède, et des programmes allégés 0% de matière grise. C'est dans ce sens que les romans sont révolutionnaires : puissances de l'imaginaire. Mais allez expliquer ça à des gens comme M. Frackowiack...

Écrit par : FGuichard | 13 décembre 2006

Réflexion faite mieux vaut Alamo que les Thermopyles. Brighelli en petite jupette, jambarts et casque à aigrette... les pédagos n'ont pas besoin de plus pour nous tourner en dérision.
Alors qu'un Corse avec un colt...

Écrit par : Guillaume | 13 décembre 2006

"Alors qu'un Corse avec un colt..."
Ceci me rappelle une histoire inepte voire lamentable, que JPB connaît certainement et qu'il me pardonnera, ou du moins ou du moins ou du moins je l'espère ;-) Cucucelli est agressé par un karatéka qui se jette sur lui en poussant de sauvages "Kiaï". Impavide, il l'abat d'un coup de revolver en lui disant -- avec l'accent corse, impossible à restituer phonétiquement : "Depuis que les Chinois ont inventé la poudre, ta méthode, petit, elle retarde".

Écrit par : FGuichard | 13 décembre 2006

Le Professeur et la Grâce:

Cher JPB , la Grâce ne tombe pas des hauteurs iufemesques.

Je ne veux pas abuser du mot, je préfère parler ici de talent. On peut, vous le voyez, demeurer dans l'esprit des paraboles...sans grand écran HD.
Bon, je dirai que le talent vient tout en se révélant. Il y a de l'inné dû au tempérament, au caractère sociable, à ce désir étonnant de ne pas garder pour soi ce que l'on sait - il y a tant de chose à soi, que l'on a, que l'on ne veut pas partager -, à ce désir de donner parce que l'on sait la valeur de ce que l'on a reçu. J'ai eu cette chance d'avoir un professeur d'Histoire-Géographie - à l'époque on n'avait pas collé l'éducation civique et l'ECJS à propos desquelles il y aurait aussi beaucoup à dire - qui était animé d'une énergie formidable. Energie de la transmission! Il mouillait sa chemise, il se donnait, il était "dedans"! C'est exactement le compliment involontaire que m'a adressé une élève de 4° , souvent agitée mais fine d'esprit, il ya quelques semaines: "on dirait que vous y croyez, me dit-elle, vous êtes dedans. " Un petit battement d'aile, un vent frais, ... Entendre ça: un moment de grâce peut-être. J'ai aimé, c'est clair. Et Louis XIV , monsieur 14 méritait bien cela aussi. Je ne parle pas de sa bêtise de 1685. Bref!
Je reviens à mon professeur de Lycée : je ne fus pas un excellent élève mais il m'a transmis plus que des connaissances. Cela, je l'ai peu à peu compris avec les années: il m'a transmis une manière d'être pour donner des cours. Vous comprenez maintenant pourquoi je disais qu'il y avait de l'inné et une révélation de ce potentiel reçu.
Je me suis révélé à moi-même en enseignant. Je dois demeurer modeste. Rien n'est bien établi, enseigner est un art, un cours est une performance: des fois c'est raté, on est nul et la préparation n'a pas grand chose à voir avec la réussite. Talent, charisme, franchement je crois à tout cela, mais comme de tous les mots, il faut se méfier. On transmet ce que l'on est autant que ce que l'on a. POINT ( provisoire).
Cher JPB avez-vous lu le chapitre intitulé: "L'athéisme purificateur" dans le très beau livre de Simone Weil: La Pesanteur et la Grâce?
A suivre...

Écrit par : Léo | 13 décembre 2006

Comme je fais partie, à mon grand regret, de ceux qui manquent de style dans l'art d'écrire, je vous envoie un petit article qui m'a plu sur le sens des mots chez les politiques.

http://www.marianne2007.info/index.php?action=article&numero=383&preaction=nl&id=2935994&idnl=17263&

Le"désirs d'avenir" m'avait fortement dérangée. J'en trouve là la justification. Militant aussi contre la langue de bois, je pense que Ste Ségo a atteint le summum. l

Écrit par : Alice | 13 décembre 2006

Guillaume, vous retardez un peu... J'ai mentionné cet article de Cavanna (dans Charlie Hebdo) dans un message datant du 9/12, et Dobolino a repris l'information peu de temps après!

Écrit par : christophe sibille | 13 décembre 2006

Si tous les formateurs en IUFM disaient ce que vous nous dites dans votre dernier message, il n'y aurait pas de problème. Le problème, ce n'est pas la pédagogie, les méthodes...Le problème c'est quand la pédagogie devient une fin en soi au lieu d'être au service des savoirs, qu'elle devient comme une obsession qui se substitue aux savoirs.On en revient toujours à Platon : "L'important est de savoir ce en vue de quoi ils font ce qu'ils font." L'un dit : le bonheur, l'épanouissement de l'enfant ; l'autre dit : l'effort et les savoirs; vous, vous dites (si j'ai bien compris) "ce n'est pas inconciliable. Oui, d'accord, dans l'idéal mais le problème c'est de savoir comment vous allez vous y prendre et tout dépend surtout de votre définition du bonheur. Si, pour vous le bonheur, l'épanouissement sont des fins en soi, vous risquez fort de rater les savoirs parce que chacun sait qu'il faut un peu souffrir pour apprendre et pour faire tout ce qui important dans la vie. Si vous placer le savoir comme un but, vous avez des chances de trouver ce bonheur intense et merveillleux qui se trouve au bout (et non pas avant et à côté) de l'effort. Sinon vous aurez quelque chose qui ressemble au bonheur et qui ne l'est pas et vous resterez ignorant et malheureux sans savoir pourquoi parce que personne ne vous aura aidé à grandir. Je crois que c'est là le gros problème actuellement : redécouvrir à l'école (et pas seulement là) le sens de l'effort.

Écrit par : Robin | 13 décembre 2006

Ceux qui rêvent encore de liberté pédagogique ont du mouron à se faire :

Evaluation des mesures prises pour revaloriser la série littéraire au lycée

page 50 du rapport, on peut lire ceci à propos des TPE : « …/…Effet de l’individualisme de certains professeurs, mis en difficulté par la crise de leur discipline ? Manque de formation des enseignants à ces nouvelles pédagogies ? Pesanteurs liées à la mise en oeuvre d’un projet ?.../… »

Et encore cela : « De plus, la mise en place de nouvelles pédagogies est venue se heurter à des habitudes de travail plutôt individualistes qu’un certain nombre d’enseignants de Lettres ont en partage. Les nouvelles pratiques interdisciplinaires représentent cependant un véritable espoir pour les disciplines littéraires qui, par nature, s’épanouissent dans la transdisciplinarité. Si le processus a été ralenti au départ par des réflexes de défense disciplinaire, on voit bien aujourd’hui comment, là où des équipes de professeurs s’engagent dans un projet pour redynamiser la série, ils prennent appui sur ces Travaux qui permettent de donner aux projets toute leur dimension…/… »

On peut se demander qui est responsable « de la crise de leur discipline » ?

Le texte complet ici : http://media.education.gouv.fr/file/63/8/3638.pdf

JPB que pensez-vous de ce rapport et des lendemains qu’il nous chante ?

Je suis professeur de physique-chimie, je peux vous dire que la crise n’est pas endémique à une seule discipline. Et ceux qui croient que les sciences sont épargnées par le tsunami pédagogique se trompent : au bac S on donne la formule, les données qui vont avec et on demande au candidat de faire le calcul à l’aide de sa calculette. On n’évalue plus les capacités scientifiques du candidat, mais seulement si le candidat sait se servir de sa machine.
D’ailleurs un jour que j’étais pressé, j’ai fait un copié-collé d’une épreuve de bac sans la regarder et j’ai demandé aux élèves de le chercher. Tout à coup une main se lève et l’élève me demande si l’exercice qu’elle cherchait était vraiment tombé au bac - il suffisait dans cet exercice de taper les données qui étaient fournies avec la formule et toute la difficulté consistait à faire le calcul sans se tromper. Dans les yeux de l’élève je sentais bien qu’elle pensais que ceux qui avaient pondu le sujet la méprisait - se foutaient de sa gueule conviendrait mieux. Je signale que cette élève était excellente. Les cancres de la classe ne s’étant rendus compte de rien - comme d’habitude - et pouvant, pour une des rares fois, répondre à la question, profitèrent de l’aubaine sans rien dire...

Philippe.

Écrit par : Philippe Delarouzée | 13 décembre 2006

...Le problème c'est quand la pédagogie devient une fin en soi au lieu d'être au service des savoirs, qu'elle devient comme une obsession qui se substitue aux savoirs.
Robin.
Mon problème c'est que le fait de ne pas céder au pédagogisme devient une obsession qui perturbe l'art et la manière que j'avais d'enseigner. Sans se substituer aux savoirs, elle limite ma passion par les questionnements incessants et l'absence de références de pratiques existant actuellement. Essentiellement sur l'initiation à la lecture.
Je sais qu'il est en train de se faire des choses, mais cette solitude me pèse.

Écrit par : Alice | 13 décembre 2006

"Sinon vous aurez quelque chose qui ressemble au bonheur et qui ne l'est pas et vous resterez ignorant et malheureux sans savoir pourquoi parce que personne ne vous aura aidé à grandir. Je crois que c'est là le gros problème actuellement : redécouvrir à l'école (et pas seulement là) le sens de l'effort." nous dit Robin.

Les missions de l'école maternelle (suite) :
b) conquérir son autonomie :

De quelle autonomie nous parle-t-on ? Si c’est celle qui consiste à se débrouiller pour passer coûte que coûte, à savoir ce qu’on a envie de manger, de porter comme vêtements, de faire à un moment précis, c’est bon, à part quelques enfants très inhibés, c’est acquis pour tous, ils peuvent commencer tout de suite l’école élémentaire (voir §a).
En revanche, ne sont pas « acquis » et pour certains même pas « en cours d’acquisition » en fin de Grande Section :
- entrer en classe sans se bousculer,
- attendre son tour,
- se déshabiller, s’habiller seul,
- attacher un vêtement (boutons, fermeture à glissière),
- nouer ses lacets,
- ranger ses affaires, ses chaussures à l’endroit prévu,
- ne pas vider une chaussure pleine de sable au milieu du vestiaire,
- suspendre ses vêtements de façon à ce qu’ils restent suspendus,
- ne pas hurler dans les vestiaires,
- se laver les mains sans mettre de l’eau partout,
- se déplacer en marchant,
- déplacer une chaise silencieusement,
- lever le doigt pour demander la parole,
- jeter ses déchets dans la « bonne poubelle » (tri sélectif),
- ne pas gaspiller le matériel : ranger des feuilles à plat, boucher un feutre, découper, gommer proprement,
- dire bonjour, au revoir, s’il te plaît, merci,
- dessiner sans barbouiller la table, nettoyer ses « saletés ».
Encore une fois, pour le bambin de deux ou trois ans qui arrive à l’école, cela me semble tout à fait normal, encore une fois d’autant plus que papa, maman, papy ou mamie n’ont pas conscience que cela s’apprend et qui plus est dans la durée...
Pour le petit CP qui a bénéficié de trois ou quatre années de scolarité pré élémentaire, ça devrait être si ce n’est acquis tout du moins en cours d’acquisition... C’est quand même selon le ministre de l’époque la deuxième mission de l’école maternelle avant même l’acquisition d’ « attitudes et de comportements qui permettront de construire les apprentissages fondamentaux »... (J’y reviendrai certainement).

Pour cela, encore une fois, l’enfant au centre des apprentissages cher à nos IUFM depuis la scolarité élémentaire de nos jeunes professeurs des écoles a encore fait des ravages.
La maîtresse (l’ATSEM) attend que le bon sauvage se socialise, découvre les limites de ses comportements, acquière ses « compétences » à son rythme... et n’intervient, sur le mode répressif uniquement, qui lorsque ses attitudes, ses comportements lui portent ombrage à elle :
- « X a encore vidé ses chaussures au milieu du couloir, il a fallu que je balaie ! Je lui ai passé un de ces savons ! » (X a 3 ans)
- « Y, tu es puni, tu as fait mal à Z, dis-lui pardon ! Bon, c’est fait Z, il t’a dit pardon, c’est fini, Y, tu peux retourner jouer ! » (Si on dit pardon, ça efface tout, ça justifie tout, ça s’appelle « les mots magiques ». Hitler s’est suicidé, il n’a pas eu le temps de dire pardon, c’est mal ; l’Eglise Catholique a dit pardon, un peu tard, mais c’est bien. La France aussi a dit pardon... Si les Turcs disent pardon aux Arméniens, ils pourront devenir européens, mais je m’égare, là...)
- « T... avait une cagoule ? Ah bon ! T, tu avais une cagoule de quelle couleur ? Bon, il ne sait pas... Tu ne l’as pas mise à ton portemanteau ? Bon, tu ne sais pas non plus... Ben, écoutez, je ne sais pas, il a dû la poser ailleurs, demandez à l’ATSEM... T, la prochaine fois, tu rangeras ta cagoule à ton portemanteau ! » (T a 2 ans1/2 et vient à l’école pour la première ou deuxième fois...)
- « J’ai dit à la maman de R de lui mettre des chaussures à « scratch », c’est pénible quand on fait motricité, il ne sait pas faire les lacets... » (ça ne fait rien, la maîtresse de CP lui apprendra, elle est bonne poire...)
Et puis, et puis, il y a un programme tellement chargé en maternelle (sic), on n’a pas le temps de passer dix minutes dans le vestiaire plusieurs fois pas jour, tous les jours, ni dans la salle d’eau, ni à l’entrée du dortoir, il faut faire les Arts Plastiques, les ateliers, la file numérique des présents et des absents, la lecture d’albums, l’accueil des mamans, la motricité, le goûter... J’en ai même connu une qui avait placé la récréation en fin de demi-journée pour n’avoir à les habiller qu’une fois. Pas bête, hein, et drôlement à l’écoute du besoin de mouvement du tout-petit ?

Oui, mais n’empêche que j’ai été très satisfaite d’apprendre que la conquête de l’autonomie était la deuxième mission de l’école maternelle. J’avoue que mes petits CP de début d’année s’étaient bien gardés de me le faire découvrir.

Écrit par : catmano | 13 décembre 2006

Guillaume, vous retardez un peu... J'ai mentionné cet article de Cavanna (dans Charlie Hebdo) dans un message datant du 9/12, et Dobolino a repris l'information peu de temps après!

Ecrit par : christophe sibille | 13 décembre 2006

Oui, certes! Mais quelle épopée pour le publier ici où nous tenions à le voir apparaitre! Avec Charlie qui n'est pas sur le net, il faut récupérer un exemplaire, le scanner et tout et tout . On commence par le publier et après il peut être copié-collé et trimballer avec l'aide de la souris d'un forum vers un autre! Heureusement qu'un instituteur s'en est occupé avec nous autres.

Écrit par : dobolino | 13 décembre 2006

"Jean-Michel Zakhartchouk-tchouk-nougat"
C'est pitoyable !!
Même en désaccord avec ce que dit ce personnage, j'ai envie de le défendre quand je le vois attaqué aussi bassement.

Ecrit par : zero | 11 décembre 2006

en effet, un bon mot digne d'un tristement célèbre borgne
si l'on en croit le fameux texte de Lubin, briguelli est très apprécié en vendée et chez ce fameux borgne, justement

Écrit par : Oups | 13 décembre 2006

Mon dernier message s'adressait à Christophe, j'ai oublié de le préciser.

Hélène, j'ai bien aimé votre histoire de chatons socialistes. espérons qu'il n'y aura plus de deux chatons sur six pour ouvrir les yeux !

Catmano, j'ai lu attentivement ce que vous dites de l'école maternelle. Quand je faisais remarquer le lien entre Jean-Jacques Rousseau et le marquis Sade, je ne plaisantais pas du tout. Sade n'a fait que pousser jusqu'au bout les conceptions de Rousseau sur la bonté naturelle de l'homme. Il y a énormément de considérations philosophiques dans l'oeuvre de Sade (ca agace beaucoup les amateurs d'érotisme). Voilà ce que dit Sade : vous dites que la nature est bonne; je vous prends au mot...les tsunamis, les éruptions volcaniques, le lion qui dévore la gazelle, l'assouvissement sans foi ni loi de tous ses désirs...tout ca c'est bon puisque c'est la nature. Imparable non ? L'ironie de Sade est passée complètement inaperçue, comme celle de Machiavel (sauf Spinoza qui lui rend hommage dans le Tractatus)...Le lien entre Sade et Machiavel : ils vendent la mèche.

Et quand on pense que Jean-Jacques Rousseau est le père de la pédagogie moderne!

Écrit par : Robin | 13 décembre 2006

Alice, prenez votre solitude comme une chance d'être.... vous.
Vous, un Je qui n'a pas besoin de miroir qui rassure, qui normalise, qui IUFMise.
Déculpabilisez et faites ce qui est selon vous, à la mesure de votre conscience du métier et de ce qu'il faut donner en fonction de ceux qui reçoivent, un enseignement juste.
Faut-il se rendre malade d' être décalée par rapport au diktat des pédagogistes et à ceux qui suivent comme des boeufs? ou des vaches? Attention! ne bousons plus! Sourire des bovidés pour la photo de groupe.
Si tu n'es pas du Groupe, tu es morte? Tant mieux!
Salut Alice.

Écrit par : Léo | 13 décembre 2006

Il me semble que notre réflexion collective se rapproche du point vif, avec notament le témoignage de catmano sur l'école maternelle, point vif qui n'est pas précisément la question des savoirs. Le rapport aux savoirs est sous-tendu par une question autrement plus difficile qui est celle du rapport à l'autorité et à la liberté. C'est sur ce terrain qu'il faut, à mon avis, "dialoguer" entre nous et avec les tenants du pédagogisme.

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

Puisque Robin apprécie, la suite des missions et méthodes de l'école maternelle au travers de ses programmes officiels (202) et de ce que "les gens" comprennent :

c) acquérir les attitudes, les comportements qui permettront de construire les apprentissages fondamentaux :

Qu’est-ce que cela veut dire ? Pour le moment rien de bien précis... mais on est dans l’introduction, peut-être sera-ce développé dans les pages suivantes ?
Mettons-nous à rêver... des comportements, des attitudes qui permettraient de construire des apprentissages fondamentaux... Hier, j’ai relu l’analyse sur la pédagogie par objectifs (L’imposture pédagogique, B. Berthelot, site « Sauver les lettres », Analyses, sur le pédagogisme). Raisonnons donc en chef d’entreprise qui devrait fournir un produit fini prêt à démarrer sa scolarité élémentaire, ou du moins son CP, où un autre chef d’entreprise, en l’occurrence moi, devrait par l’adjonction d’autres comportements, d’autres attitudes lui permettre de construire des approfondissements chez le sous traitant suivant et ainsi de suite... jusqu’au citoyen lambda, produit réellement fini.

S’il fallait que je fournisse un cahier des charges (un livret d’évaluation ?), qu’y mettrais-je ? Amusons-nous à le préparer avec les terminologies de notre enfance :
A L’ENTREE AU CP
CONDUITE :
- sait se déplacer dans l’école sans crier, sans bousculer
- sait se déshabiller (manteau, chaussures) rapidement
- sait s’asseoir à sa place et ranger ses affaires rapidement et en silence
- sait se taire et écouter quand il entend parler l’enseignant
- sait se déplacer dans la classe sans rien bousculer
- sait regarder (un tableau noir, une image) et écouter (l’enseignant, un camarade) en même temps
- fait preuve de soin et d’application (dans ses découpages, en effaçant, dans ses exercices d’écriture, de dessin)
- sait s’habiller seul, sait lacer ses chaussures
- utilise à bon escient les poubelles de tri sélectif
- sait chuchoter
- sait ne pas se contenter de l’ « à peu près »
- sait lever le doigt pour demander la parole

LECTURE :
- sait écouter une histoire racontée par l’enseignant et de fait :
• sait répondre à des questions simples sur le texte
• sait résumer l’épisode précédent
• peut proposer des hypothèses sur la suite, la fin et les argumenter
- connaît les lettres de l’alphabet
- peut proposer des rimes à un mot donné
- peut proposer des mots ayant la première syllabe commune
- discrimine aisément des graphismes proches par une spatialisation bien établie (haut/bas, gauche/droite) : pas de confusion u/n, t/f, m/n, b/d/p/q
- discrimine aisément des sons proches: b/p, t/d, k/g, ch/j, ch/s, f/v, a/oi...

ECRITURE :
- tient correctement le crayon (entre le pouce et l’index en appui sur le majeur)
- a complètement intégré les gestes nécessaires à l’écriture liée (ponts, pointes, vagues, boucles, ...)
- a l’habitude (quotidienne) de travailler entre deux lignes
VOCABULAIRE :
- s’exprime par phrases
- à l’oral, conjugue correctement les verbes usuels (au présent, au passé composé, au futur)
- a l’habitude de demander le sens d’un mot
- connaît le nom des objets présents dans la classe, des arbres et plantes de la cour de l’école, du matériel d’éducation physique et de musique
- connaît les adjectifs de couleur et sait les préciser (clair, foncé)
- connaît prépositions et adverbes de lieu, de temps
- récite une poésie, une comptine sans en changer les termes

CALCUL :
- sait dénombrer des objets, des signes sur une feuille jusqu’à 30
- sait lire et écrire les chiffres à l’endroit
- sait ajouter et retrancher entre 0 et 10
- sait se ranger ou ranger des objets par 2, par 3
- sait effectuer un partage équitable (pour 2, pour 3)

GEOMETRIE, MESURES :
- sait tracer une figure simple à main levée
- reconnaît sans hésitation des rectangles, des carrés, des triangles, des cercles, des losanges quelle que soit leur orientation
- connaît et utilise le vocabulaire spatial (sur, sous, au-dessus, au-dessous, à côté, devant, derrière, entre, au milieu)
- sait comparer des masses, des longueurs (plus, moins, lourd, léger, long, court)

HISTOIRE :
- connaît son nom de famille, son âge, ses relations familiales (ex : mon grand-père X est le papa de mon papa)
- sait dire la date du jour, la saison
- s’intéresse au monde extérieur, peut dire si un bâtiment est récent ou ancien
- sait qu’un jour il sera un adulte
- sait qu’il y a eu un « avant » où les hommes vivaient autrement qu’aujourd’hui

GEOGRAPHIE :
- sait où il habite, connaît le nom de sa commune, de son quartier ou de sa rue
- connaît le nom des villes et villages voisins, sait par où on y va
- connaît le nom de son pays et sait qu’il existe d’autres pays
- sait qu’il existe des plans, des cartes et à quoi ils servent
- connaît les grandes zones climatiques et peut y associer des animaux, des plantes, des modes de vie humains
- sait observer un paysage et y remarquer un cours d’eau, une colline, une plaine, un champ cultivé, un village, une forêt, ...

SCIENCES :
- sait qu’il est un être humain dont la vie est régie par des phénomènes (croissance, reproduction, métabolisme) communs à tous les êtres vivants.
- connaît le nom de nombreux mammifères (domestiques et sauvages) et sait ce qu’ils mangent (Peut-on expliquer aux maîtresses de maternelle que les souris ne mangent pas que du fromage ?), comment ils se déplacent et comment naissent leurs petits
- connaît le nom de quelques oiseaux (domestiques et sauvages) et sait comment ils se déplacent (ils ne volent pas tous, et non !), comment naissent leurs petits (le nid n’est pas non plus leur maison...)
- connaît le nom d’autres animaux (amphibiens, reptiles, poissons, insectes) et sait qu’un animal n’est pas « méchant ou gentil » mais « dangereux ou inoffensif » pour l’homme
- connaît le nom de nombreuses plantes et sait qu’elles ont des besoins autres que l’eau
- sait qu’un arbre grandit, qu’il change au cours des saisons
- sait construire et démonter (même les filles...)
- a déjà travaillé sur « pourquoi ça marche », « comment ça marche », « d’où ça vient » (même les filles...)
- sait se servir de ses cinq sens pour trier, classer, comparer

TRAVAUX MANUELS :
1) dessin, peinture coloriage
- sait représenter par le dessin, la peinture autre chose qu’un bonhomme, un arbre, une maison
- a intégré le fait qu’il n’y a pas de « ligne blanche » entre la terre et le ciel, que le soleil est « dans » le ciel, qu’un personnage n’a pas la moitié de la tête verte et l’autre bleue
- sait se servir d’un pinceau sans laisser dégouliner la peinture, sans risques pour ses vêtements et ceux de ses camarades
- sait remplir une surface délimitée en la coloriant régulièrement et sans déborder
2) découpage, collage
- sait découper en suivant une ligne, sait qu’on peut se débarrasser d’un angle délicat en reprenant le découpage par l’autre côté
- sait coller proprement et sans gaspillage
3) modelage :
- sait travailler en volume
4) soin, application
- sait travailler proprement
- sait ranger et nettoyer l’espace de travail (voir « autonomie »)
- sait « cent fois sur le métier remettre son ouvrage » pour obtenir un travail fini

MUSIQUE :
- sait chanter en chœur sans s’arrêter au bout de deux ou trois mots
- entend si « ça monte » ou si « ça descend »
- sait suivre un rythme corporellement
- sait battre la pulsation
- commence à faire la différence entre « vite » et « fort », « lent » et « doux »

EDUCATION PHYSIQUE
- a intégré la différence entre « séance d’EPS » et « récréation »
- sait écouter l’enseignant et appliquer ses consignes (serait-ce une compétence transversale ?)
- court, saute, rampe, lance et rattrape le ballon (même les filles...)
- attend son tour, fait attention aux autres (même les garçons...)
- sait inhiber un geste compulsif plus de 5 secondes (on peut garder un ballon en mains sans jouer avec...)
- sait se déplacer dans une file indienne
- sait sortir et ranger le matériel (sans bousculer, en triant)
- commence à savoir coopérer dans une équipe restreinte (même avec une fille/ un garçon)
- commence à comparer ses performances sans se sentir atteint dans sa dignité
- sait fournir un effort pour « y arriver »

Écrit par : catmano | 14 décembre 2006

Lu le papier de Frackowiak, qui à mon sens n'apporte rien de nouveau ni sur le monsieur ni sur la situation; il ne fait que répéter ce qu'il a toujours dit, avec les mêmes grosses ficelles stylistiques, et c'est assez piquant de la part de quelqu'un qui ne parle que d'innover, de réinventer ou de dépoussierer.
En ce qui concerne le reniement de Saint Jean-Pierre (Chevènement), il ne devrait pas inquiéter outre mesure: les forces vives de son électorat sont des protestataires enragés, que la discipline de parti n'étouffe pas. Je ne serais pas étonné s'ils allaient simplement protester ailleurs, chez des candidats moins portés aux doux accommodements avec le Ciel et la Sainte Vierge.

Écrit par : Jean-François Croz | 14 décembre 2006

J'avoue ne pas avoir compris le message que Séjean a posté hier: en dehors d'un exposé historique sur Alamo ( érudit, mais incomplet, et surtout peu utile), ce qu'il nous propose, ce n'est pas une paix de compromis, mais une reddition en rase campagne, aux conditions fixées par l'ennemi. Ironiser sur Alamo, c'est très bien; mais si c'est pour nous faire signer les accords de Munich, à quoi bon?

Écrit par : Jean-François Croz | 14 décembre 2006

A Catmano


Les missions de l'école maternelle :

b) conquérir son autonomie
c) acquérir les attitudes, les comportements qui permetront de construire les apprentissages fondamentaux

Pouvez-vous nous rappeler la première mission.

A votre avis, "sur le terrain", qu'est-ce qui ne va pas ? :

a) Les objectifs
b) les moyens pour les atteindre
c) L'environnement social et familial
d) L'idéologie sous-jacente (behaviorisme ?)

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

L'intérêt de ce blog, c'est, je crois, de faire apparaître de plus en plus clairement que c'est une guerre inexpiable à l'idéologie qui est maintenant déclarée, et que les "pédagogistes", à quelque niveau qu'ils interviennent, trouveront en face d'eux des esprits solides qui ne sont plus résolus à se laisser intimider.

Écrit par : Jean | 14 décembre 2006

Rectificatif!
Ce n'est pas "à quelque niveau qu'ils interviennent" qu'il fallait lire, mais "à quelque niveau qu'ils sévissent, qu'ils polluent la pensée, qu'ils bâillonnent la raison, et qu'ils détruisent la République".

Écrit par : Jean | 14 décembre 2006

catmano
Votre papier de ce matin m'a fait beaucoup rire...en particulier s'agissant des objectifs comportementaux en EPS (ma discipline en collège).
Pour quelles raisons?
C'est à quelques nuances près les objectifs qu'une chargée de mission agrégée d'EPS (si si ça existe) auprès de l'IPP d'EPS a voulu il y a quelques semaines dans un stage pédagogique obligatoire assigner à cette discipline.
La note moins drôle de cette anecdote est le fait qu'il y avait là tout de même des jeunes collègues formatés par l'IUFM qui prenaient des notes. (ou peut être faisaient-ils semblant?)

Écrit par : buntovchik | 14 décembre 2006

Je suis d'accord, Jean. Mais maintenant, il faut essayer d'utiliser nos instruments d'analyse pour comprendre en profondeur comment ils sévissent, à commencer par la maternelle. On a l'habitude de faire ca avec des textes autrement plus difficiles, non ? J'appellle ca "me casser la tête". Dernier travail en date : compte-rendu en deux pages du bouquin de Valladier sur Teilhard de Chardin (l'article paraît samedi prochain). Là, j'étais "intimidé", mais j'ai quand même réussi à faire quelque chose qui a été accepté. Mais franchement, quel penseur de cette envergure peuvent "ils" aligner de leur côté ? Attendons la réponse de notre amie Catmano.

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

Rectificatif!
"Ce n'est pas "à quelque niveau qu'ils interviennent" qu'il fallait lire, mais "à quelque niveau qu'ils sévissent, qu'ils polluent la pensée, qu'ils bâillonnent la raison, et qu'ils détruisent la République"."

Ecrit par : Jean | 14 décembre 2006
Rectificatif mesuré!
Pour répondre à Robin, ce qui ne va pas sur le terrain, c'est, avant tout, (pas seulement, mais c'est la principale raison, souvent évacuée ici, pour cause de haine aveugle "anti-idéologique"), que la plus grande partie des enfants arrivent non éduqués à l'école maternelle. Pour des raisons extrêmement diverses et variées et, souvent, ne relevant que de manière extrêmement indirecte de la responsabilité des parents. Les objectifs seraient réalisables si les préalables familiaux existaient. J'aimerais que Catmano me prouve le contraire.

Écrit par : christophe sibille | 14 décembre 2006

Catmano,
En Maternelle, nous recevons les mêmes enfants que vous, c'est-à-dire 90% d'enfants pas éduqués. Nous ne pouvons faire des miracles s'il n'y a pas de suivi à la maison. Nous obtenons une majorité d'enfants- rois, essentiellement au centre de" tout. Et quand il y a 25 ou 30 enfants et un seul centre, ça fait mal.Alors, nous ramons.
Au sujet du pardon, je vous approuve entièrement et vos extrapolations confirment les modèles à plus haut niveau.
Je suis encore une des très rares à ne pas pratiquer ce pardon comme une parole magique. J'explique ou je redis la loi et je punis . Je dis que demander pardon,"ça sert quand on a marché sur le pied de quelqu'un sans le faire exprès et si l'on a fait attention." Et quand j'entends de la bouche d'un bon violent:"J'ai dit pardon", je précise que cela ne veut rien dire et que j'attends de voir comment il fera par la suite.
La bigoterie envahit l'espace public. Quant à la conscience...
Merci à Léo pour ses encouragements.

Écrit par : Alice | 14 décembre 2006

Toujours les mêmes lunettes en bois chez Christophe, dont les oreilles ont manisfestement des murs! Ceux de nos collègues qui ont été humiliés par les "pédagogistes'" dès que ceux-ci détiennent - ou plutôt usurpent - un atome de pouvoir estiment certainement que mon langage est encore trop mesuré. D'ailleurs il l'est en effet. Il est simplement objectif: les pédagos "sévissent", c'est difficilement contestable, nos collègues le savent d'expérience, comme ce stagiaire de Lettres classiques de mon collège, passionné par son métier, d'une culture exquise, d'une famille d'enseignants passionnés, apprécié par les élèves et les parents, ...et qui a été ajourné par l'IUFM, au motif qu'il avait laissé entendre à ce petit monde grisâtre de demi-intelligents ce qu'il pensait d'eux; ils "polluent la pensée": c'est un constat (par exemple quand cet esprit faux de Dubet déclare qu'il faut appliquer aux enfants des ZEP "une autre organisation du temps scolaire", ce qui est la pire façon d'en faire des exclus!); ils "bâillonnent la raison": c'est bien Meirieu qui disait que le lycée "transmet des connaissances fossilisées", ce qui est la pire attaque, et la plus basse, contre l'esprit; "ils détruisent la République": c'est la conséquence de ce qui précède, et ce n'est pas moi qui le dis, mais votre meilleur ennemi Jean-Paul Brighelli!

Écrit par : Jean | 14 décembre 2006

Teilhard de Chardin, c'est un père jésuite et un savant de renommée internationale qui a participé à la croisière jaune et qui a co-découvert le sinanthrope. Il est mort en 1954. C'est en grande partie grâce à lui que l'Eglise a évité de se mettre sur les bras une nouvelle affaire Galilée, mais cette fois-ci avec Darwin et la question de l'Evolution. C'est grâce à lui que des gens comme moi osent discuter sans trop rougir avec des agnostiques et des athées. je lui devais bien une semaine de travail et un article.

Jean

"Le lycée transmet des connaissances fossilisées" Meirieu a vraiment dit ca ? Non seulement c'est stupide, mais c'est ignoble. C'est indigne d'un intellectuel digne de ce nom. Il y a des textes des théoriciens nazis qui disent exactement la même chose. Ces gens-là ont préparé la barbarie, c'est peut-être une "barbarie douce" et encore ! mais maintenant nous y sommes. "fossilisées": c'est un concept qui relève du prêt à porter idéologique de notre époque. Les connaissances ne sont pas fossilisées, elles sont "en attente" : ce livre attend d'être lu, cette idée attend d'être creusée, ce fossile attend d'être déchiffré...comme un oiseau à moitié mort de froid au bord du chemin qui attend que je le prenne entre mes paumes pour le réchauffer. Meirieu n'a donc jamais lu l'aphorisme de Paul Valéry qui figure sur le fronton du musée de l'Homme à Paris : "Il dépend de celui qui passe que je sois tombe ou trésor. Passant, n'entre pas ici sans désir! " (j'ai oublié le mot à mot mais je crois que le sens y est); Ce ne sont pas les connaissances qui sont "fossilisées", ce sont ceux qui refusent de les prendre entre leurs paumes pour les faire revivre.

"Raisonnons donc en chef d’entreprise qui devrait fournir un produit fini prêt à démarrer sa scolarité élémentaire, ou du moins son CP, où un autre chef d’entreprise, en l’occurrence moi, devrait par l’adjonction d’autres comportements, d’autres attitudes lui permettre de construire des approfondissements chez le sous traitant suivant et ainsi de suite... jusqu’au citoyen lambda, produit réellement fini."

Voilà comment une spécialiste sur le terrain ressent les choses...Et je ne vois pas pourquoi on ne lui ferait pas confiance. D'un côté la méthode globale et d'un autre côté le morcellement de l'humain. J'ai discuté l'autre jour avec quelqu'un qui travaille à l'autre bout de la "chaîne de montage", dans une maison de retraite; elle décrivait son travail exactement de la même façon que Catmano. Morcellement, minutage...

Je partage votre point de vue sur le pardon. Il ne faut pas parler de ça à la légère, c'est comme la souffrance, on a trop vite fait de l'intégrer dans une théodicée.

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

Pardon! C'est Alice qui parlait du pardon.

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

Encore une phrase que Jean a décontextualisée... C'est un grand spécialiste, vous savez!
Jean, prenez-donc acte aussi de ce que je peux dire concernant l'école maternelle... Ou tout commence! Merci.

Écrit par : christophe sibille | 14 décembre 2006

"Voilà déjà cinq ans (1) que l’on tente de définir ce « socle commun » de connaissances qui sauvera l’Education nationale — et le pays tout entier.

Quant aux Pédagogues (2), ils ne se montrent pas absolument hostiles au projet — forcément, puisqu’on est dans cette logique du « a minima » qui leur est si chère. "

Jean-Paul Brighelli

(2)Excepté Philippe Meirieu, qui malgré ses conceptions erronées et ses excès langagiers, n’a jamais méprisé le vrai savoir, et qui se désolidarise de plus en plus, en privé et en public, des crétins patentés qu’il a contribué à nommer à tous les échelons du pouvoir, et qui pérorent aujourd’hui si volontiers en son nom, et en proférant de si grosses bêtises.

Mille excuses à Jean-Paul pour avoir ainsi tronqué son texte, (j'espère sans trop le dénaturer, du moins par rapport au fait que je voulais re-montrer à Jean que son "meilleur ami" avait, au sujet de Meirieu, un avis plus mesuré que le sien!)

Écrit par : christophe sibille | 14 décembre 2006

Toujours les mêmes réponses à côté! On fait semblant de ne pas voir et on ricane!

Écrit par : Jean | 14 décembre 2006

A côté de quoi, Jean? Relisez votre message, et relisez le mien? C'est vous qui êtes à côté! Vous ne répondez pas sur la maternelle.
A lire, dans Charlie-Hebdo de cette semaine, l'(excellent) édito, (hé oui, Jean, je porte un jugement) de Philippe Val concernant la disparition programmée des sections littéraires. Il n'y a pas un mot sur les "pédagogistes", mais c'est bien quand même.
(Je n'ai pas de scanner... Achetez le numéro! Le reste est bien aussi).

Écrit par : christophe sibille | 14 décembre 2006

Christophe

"décontextualisé"...Je veux bien. Mais dans quel espèce de contexte un intellectuel peut-il écrire une phrase comme celle-là : "le lycée ne transmet que des connaissances fossilisées". . Cette phrase est d'autant plus dangereuse qu'elle est appétissante et qu'elle recèle un poison mortel. Puisqu'on parle de l'école maternelle, ça ressemble à la pomme de la fée Carabosse. Les sept nains de la sagesse pourront bien veiller la pauvre enfant jusqu'à la fin des temps, elle ne s'en remettra jamais.

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

Rectificatif mesuré!
Pour répondre à Robin, ce qui ne va pas sur le terrain, c'est, avant tout, (pas seulement, mais c'est la principale raison, souvent évacuée ici, pour cause de haine aveugle "anti-idéologique"), que la plus grande partie des enfants arrivent non éduqués à l'école maternelle

Bon, soit. Personne ne dit que tout est de la faute des pédagogues. Mais les pédagogues, comme l'a bien montré Hannah Arendt vont dans le sens des "valeurs" de la société de masse. Ce n'est pas le rôle de l'Ecole d'être "le symptôme de la structure". Vous avez raison, tout commence en maternelle. J'ai toujours entendu dire que la France avait les meilleures écoles maternelles du monde. Est-ce toujours vrai ?

Catmano et Alice...que pensez-vous de Maria Montessori ?

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

Quelle dévotion , cher Christophe, vous devez porter à Meirieu pour vous user ainsi à défendre un esprit faux qui n'a pas cessé depuis vingt ans de démolir tout ce que nous essayions de continuer à construire cependant que le système, miné par la manipulation mentale des fausses sciences de l'éducation, s'effondrait autour de nous! Je recommande vraiment à tous les lecteurs de ce blog de se procurer et de lire les Observations de la Société des agrégés sur le "Rapport Meirieu 28 avril-18 mai 1998" (au siège de la Société , 25 rue Descartes, 75005 Paris ou dans les bibliothèques) afin qu'ils constatent de visu ce que Meirieu proposait à l'époque pour les lycées.
Je ne résiste d'ailleurs pas au plaisir d'en citer les premières lignes: "Un usage de politesse veut que les auteurs de rapports demandés par un ministre présentent modestement un certain nombre de "propositions". Les 28 avril et 18 mai, Monsieur Philippe Meirieu a jugé bon d'énoncer des "principes" qui, s'ils méritent cette appellation, revêtent comme tels une valeur absolue. Selon lui, ils ne devraient donc plus être discutés et leur inobservation serait nuisible, voire dangereuse. La Société des agrégés, qui n'approuve pas les procédés d'intimidation, expose ci-après son avis sur les "principes " de M.Meirieu." Il y en a comme cela dix pages et le rapport Meirieu vole en éclats. Bonne lecture!

Écrit par : Jean | 14 décembre 2006

Pour Robin : la première mission, c'est "aider l'enfant à grandir" (post du 13/12/06).

Pour ce qui ne va pas, je développerai plus tard (là, je suis à l'école entre cahiers à corriger, tableaux à préparer et travail de direction à mettre à jour).
En gros, une fois qu'on arrêtera de prendre un enfant de 2, 3, 4 ou 5 ans pour un adulte miniature capable de gérer seul ses désirs, ses volontés, son temps et de savoir ce qui est bon pour lui, tant à la maison qu'à l'école, tant qu'on croira qu'un bambin de maternelle peut avoir un "projet", qu'il peut se rendre compte seul qu'il n'est pas l'Unique, le Parfait, l'Incomparable qu'il croit être, on aura tout faux... Sans doute le bébé est-il une personne, mais c'est une personne en cours de croissance qui a besoin de tuteur(s).
Dernière remarque : Buntovchik, je n'ai pas bien compris le sens de votre remarque, pourriez-vous m'expliquer ?

Écrit par : catmano | 14 décembre 2006

" J'ai toujours entendu dire que la France avait les meilleures écoles maternelles du monde. Est-ce toujours vrai ?"
Ce n'est hélas plus vrai.
Depuis que les méthodes à départ global ont été généralisées, les orthophonistes commencent à recevoir des enfants de maternelle supérieure (GS) auxquels on apprend à lire : les noms des jours de la semaine, de leurs petits camarades, des mois. Sans connaître l'alphabet, et encore moins la phonologie. Ils commencent donc à être agités, anxieux, certains sont déjà mis en échec. C'est un très mauvais départ, ceux qui comme Alice ou Catmano s'occupent de très petits enfants ne me contrediront pas.
Ceux qui s'en sortent sont ceux auxquels les parents apprennent à lire avec des méthodes alphabétiques dès la GS. Ils arriveront par la suite à surmonter les difficultés qu'ils auront quand on leur présentera de nouveau en CP...des méthodes globales.
Anne-Marie.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 14 décembre 2006

Donc catmano, vous dites que le problème ne vient pas seulement de l'environnement "socio-culturel", mais d'une certaine conception de l'enfant qui règne dans les écoles ; si je vous comprends bien "on" considère dès la maternelle que l'enfant est un "adulte en miniature" et non pas un "in fans" = étymologie latine du mot enfant = qui ne possède pas encore le langage (et donc la raison, en tant que la raison s'exprime à travers le langage).

Mais alors, si vous dites vrai, et je n'ai aucune raison d'en douter, c'est d'un bout à l'autre du système que la même configuration se reproduit : on demande aux enfants d'exercer une fonction qu'ils ne maîtrisent pas ! Par exemple en 6ème (je parle de ce que je connais, je n'ai jamais exercé en maternelle) on fait comme s'ils avaient de solides bases grammaticales, orthographiques, lexicales et syntaxiques et on se lance dans les analyses séquentielles. En seconde, on étudie des textes littéraires "en faisant comme si" les outils linguistiques étaient en place, etc.

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

Anecdote vécue par une vieille amie il y a qq jours : c'est l'histoire d'un professeur de français, appelons-la madame Z., qui enseigne en sixième dans un petit collège d'un gros bourg du sud de la France. Non, je recommence, c'est l'histoire d'une fillette de treize ans, élève de sixième, victime de maltraitances, placée en famille d'accueil, de très braves gens qui font ce qu'ils peuvent pour gérer le cas.
La petite est en échec scolaire, forcément. Le professeur est "sévère mais juste", comme on dit : elle vouvoie ses élèves, et les respecte en faisant son travail, méthodiquement, progressivement, sérieusement. Elle croit à la concertation, elle est plutôt favorable aux conseils pédagogiques, elle ne sait pas encore si elle sera en grève lundi prochain. Bref, elle bosse dur et elle y croit. Moi, je respecte, même si je ne partage pas certaines de ses options. La semaine dernière, la gamine a commencé à raconter dans le bus scolaire qu'elle allait poignarder son professeur à cause des mauvaises notes, des exigences, des contraintes scolaires – en fait, je reformule, ça devait plutôt être du genre : "Z., elle fait ch…" Ses camarades en ont parlé entre eux, puis en coours de récréation, ils ont raconté cettte histoire à leurs parents à la maison, bref, ça se savait en ville et au collège même – comme on l'a appris le matin où la gosse est arrivée en cours avec trois couteaux de cuisine dont un bien affûté… Non, rassurez-vous, la collègue n'a pas été poignardée, tout a pu être arrêté à temps grâce à trois garçonnets un peu moins lâches que les autres. La collègue en a été quitte pour une grosse peur et une foule d'interrogations, en particulier sur la question de savoir pourquoi aucun des parents d'élèves, que leurs enfants avaient pourtant informés, n'a pris suffisamment l'affaire au sérieux pour décrocher son téléphone et prévenir le collège des menaces d'attentat contre Mme Z. Bref, entre l'omerta et le refus de prendre les choses au sérieux, on n'est pas passé loin de la catastrophe.
Bilan des courses : le collège, dirigé par un principal de bon sens et dont les enseignants ne semblent pas encore être touchés par le syndrome de l'excuse systématique, a réuni un conseil de discipline qui, tout en tenant compte des difficultés psychologiques et sociales de la fillette, a prononcé son exclusion à l'unanimité moins deux voix. L'enfant a expliqué aux adultes présents que madame Z. l'avait traitée de "conne", mais, curieusement, sa parole n'a pas été "sacralisée", -- la dite madame Z. vouvoyant ses élèves de toute éternité et se montrant avec eux toujours à la bonne distance. Personne n'a suggéré non plus de supprimer les notes pour régler la question, ce qui aurait sans doute été proposé par d'autres personnes et en d'autres lieux. Pas de cellule d'écoute psychologique non plus. Mais nous sommes dans une petite ville, pas chez les bobos : en vingt ans, la collègue a eu le temps d'être connue et reconnue, pour sa compétence, pour sa sévérité, mais aussi pour son respect des élèves. Sujet d'invention : imaginez la même histoire dans une grande ville, avec un principal partisan du dialogue éclairé, des parents d'élèves libéraux-libertaires et un psy scolaire adepte de la culture de l'excuse…

Écrit par : FGuichard | 14 décembre 2006

FGuichard votre anecdote évoque un problème de plus en plus préoccupant. On a supprimé peu à peu toutes les structures et les garde-fous qui permettaient de gérer ce genre de problèmes au nom d'une conception angélique de la justice et de l'égalité. Nous avons assisté tour à tour à la disparition des CPPN, de l'orientation en fin de 5ème, des 4ème et 3ème technologiques... Maintenant, nous sommes parfaitement en règle avec une certaine idée de la démocratie et tout est parfaitement en place. Nous avons le collège unique, l'élève au centre du système éducatif, la pédagogie à la place des savoirs, les parents et les avocats dans les conseils de disciplines, les principaux compréhensifs, les psychologues compassionnels...et les couteaux dans les cartables.

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

POUR JEAN et vos autres Blogeuuses et blogueurs Croyants, agnostiques ou athées...

C'est bientôt les fêtes...Alors un petit cadeau !


Texte trouvé dans une vielle église de Baltimore en 1692.

Auteur inconnu.


DESIRS


Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes.

Dites doucement et clairement votre vérité; et écoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant; ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos progrès aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit-elle; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps.

Soyez prudents dans vos affaires; car le monde est plein de fourberies; mais ne soyez pas aveugle en ce qui concrene la vertu qui existe; plusieurs individus recherchent les grands idéaux; et partout la vie est remplie d’héroïsme. Soyez-vous même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe.

Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait .

Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme. Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention.

Tâchez d’être heureux.


Patrick

Écrit par : Patrick | 14 décembre 2006

Dans le genre, ce texte (1995) d'un dénommé Perrenoud, lumière genevoise des sciences de l'éducation, souvent invité à Paris

"Les droits imprescriptibles de l'élève

* le droit de ne pas être constamment attentif
* le droit à son for intérieur
* le droit de n'apprendre que ce qui a du sens
* le droit de ne pas obéir six à huit heures par jour
* le droit de bouger
* le droit de ne pas tenir toutes ses promesses
* le droit de ne pas aimer l'école et de le dire
* le droit de choisir avec qui l'on veut travailler
* le droit de ne pas coopérer à son propre procès
* le droit d'exister comme personne"

Et le droit d'être armé?

Écrit par : Cunégonde | 14 décembre 2006

Pour ceux qui veulent être en paix avec Dieu (quelle idée, moi qui suis en guerre contre son idée même...), et pour les autres qui pensent que le meilleur moyen d'être en paix avec lui est de ne pas y croire, je signale la sortie du tome 5 du "Chat du rabbin" de l'excellent Joan Sfar, "Jerusalem D'Afrique" : un vrai régal. Ceux qui connaissent les 4 tomes précédents apprendront avec plaisir que notre matou préféré y retrouve enfin la parole, et on en est ravi. A offrir massivement pour les fêtes ! Bonne lecture à tous.

Écrit par : FGuichard | 14 décembre 2006

"et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence"

Merci patrick pour ce beau texte et en particulier pour cette phrase qui devrait figurer au-dessus de tous les tableaux noirs (ou verts)

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

Quelle est la différence entre un pédagogue suisse et un pédagogue français ?

-Ils disent exactement les mêmes bêtises, mais en Suisse, ils n'ont plus le droit de les mettre en pratique.

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

De qui est cette phrase d’un grand esprit pédagogique :
« Cette opinion qu’ils appellent la science. »
Non, ce n’est ni de Meirieu ni de Frackoko.

Celle ou celui qui trouvera gagne la compile des chroniques de Philippe Meirieu dans La Vie !

Écrit par : Lariba | 14 décembre 2006

Pour ceux qui veulent être en paix avec Dieu (quelle idée, moi qui suis en guerre contre son idée même...),
F.Guichard.

Je ne suis ni en guerre, ni en paix avec ce concept, ni plus ni moins qu'avec le Père Noël. Laissons rêver les enfants ...
Toutefois,ce matin, dans ma ZEP, deux intégristes religieux musulmans venaient rabattre les faibles à leur cause. Alors qu'on ne me parle pas de paix. Hier soir c'était une merveilleuse mère de famille catho dans "Arène de France".
Je ne valide pas les lieux où cela se produit, je dis juste que "c'est dans l'ambiance"!
Quant à l'enfant-roi, il est lui une des conséquences de la psychanalyse Doltoïenne. Ses droits, ses droits et ses droits.
Plus une couche de récupération gauchiste, et l'on obtient ce que l'on voit aujourd'hui. Actuellement, la psychanalyse Freudienne est bien moins universelle que l'idée de Dieu. Pourtant, en France, elle continue à règner pour des raisons de pouvoir, comme le pédago-constructivisme règne sur l'EN. Elle reste d'ailleurs une référence essentielle dans les IUFM.Peu d'opposants encore, sinon les comportementalistes qui ne disent pas que des conneries quand ils ne sont pas récupérés par les pédagos.(qui n'ont pas fait le lien entre ces contradictions). Quant à Carl Rogers, cité par C.Sibille, il n'est point un pédagogue, mais un psychothérapeute pratiquant une méthode fondée sur la communication, l'humanisme et qualifiée par lui-même de thérapie existentielle. Nous sommes loin d'un travail adressé à un grand groupe avec ses différences et nos obligations , plutôt notre devoir d'instruire.
C'est fou(!!!) comme les pédagos ont récupéré tout ce qui leur tombait sous la main pour étayer leurs théories bidons et se justifier.
Sur la réputation de l'école maternelle française, je ne démentirai pas Anne-Marie. Cela date d'il y a environ 50 ans.
Depuis, tchao, bambino et bambini!
Et Montessori: je sais qu'elle travaille essentiellement sur le jeu collectif. Je pense qu'elle doit plaire au pédagos mais elle n'est jamais citée en IUFM(???). Peut-être parce qu'elle a été beaucoup suivie dans des écoles privées.Sa pédagogie est très évoquée dans la revue "La Classe Maternelle" qui ne brille pas par son intelligence ni sa créativité et s'est carrément prononcée contre la méthode de lecture alphabétique lors des premières prise de position de De Robien en Janvier 2006. Je dirais même en tentant l'humour et en proposant des activités "anti-alphabétiques". Sa publicité est régulièrement faite dans la revue du SNUipp.Bon, la deuxième revue pour les Mater est aussi orientée pédagogisme, mais tout de même plus subtile. Ont-elles le choix ou manquent-elles de courage? Elles ne sont pas fonctionnaires, elles.

Écrit par : Alice | 14 décembre 2006

Lariba

La citation exacte est : "ce ramassis d'opinions absurdes qu'ils appellent les sciences de l'éducation." Gaston Bachelard. Tu peux garder le prix. Je revendique "le droit imprescriptible de ne lire que ce qui a du sens."

Écrit par : Robin | 14 décembre 2006

"La route est longue qui mène à la pédagogie" Frank McCourt, Teacher Man, Belfond, 2006

Écrit par : ludovicbourely | 14 décembre 2006

"Jean-Michel Zakhartchouk-tchouk-nougat"
C'est pitoyable !!
Même en désaccord avec ce que dit ce personnage, j'ai envie de le défendre quand je le vois attaqué aussi bassement.

Ecrit par : zero | 11 décembre 2006

en effet, un bon mot digne d'un tristement célèbre borgne
si l'on en croit le fameux texte de Lubin, briguelli est très apprécié en vendée et chez ce fameux borgne, justement

Ecrit par : Oups | 13 décembre 2006

parfait résumé de ce que l'on peut lire ici

en mieux :

Pierre FRACKOWIAK


Les basses œuvres de M. BRIGHELLI


Je m'étais promis de ne plus faire le moindre commentaire sur les basses œuvres de M. BRIGHELLI.

J'avais écrit une courte note de lecture dans les Cahiers Pédagogiques à propos de son premier livre, "La fabrique du crétin", ce livre qui est une insulte à l'Ecole et aux enseignants, il avait longuement répondu, en des termes qui ont choqué la grande majorité des lecteurs. Pour lui, les pédagogues sont des "khmers rouges", des fous dangereux, des criminels, qu'il faut exterminer sur la place publique, et "les IUFM sont à brûler d'urgence"… J'ai découvert avec stupeur dans ses écrits que j'étais moi-même déjà "dans les poubelles de l'histoire" pour avoir osé, simple instituteur / inspecteur qui ne sort pas de Normale Sup, m'exprimer sur ce sujet. Je n'ai pas acheté son second livre, mais il suffit d'en lire quelques extraits, largement diffusés par des médias complaisants, de voir comment Philippe MEIRIEU y est traité, pour comprendre où il se situe et de qui il est objectivement complice. En tentant de détruire l'école, il contribue à faire le lit du libéralisme pour notre pays

La réponse récente de M. BRIGHELLI, violente, haineuse, à un texte d'Eveline CHARMEUX, limpide et fondé, sur la grammaire et sur les projets du ministre en la matière, sous le titre "après le b-a ba, le retour aux règles de grammaire!", me pousse à réagir malgré tout. Vole-t-il au secours de lui-même indisposé par la compétence d'Eveline CHARMEUX? Vole-t-il en renfort du ministre qui veut privilégier les apprentissages mécaniques dans tous les domaines? Sans doute les deux.

Les pédagogues, les progressistes n'ont pas le droit de rester silencieux face au combat mené par M. BRIGHELLI pour détruire l'école et laisser la voie au système ultra libéral qu'il promeut ou dont il est le complice objectif. Au-delà d'une salutaire mise en évidence du mépris, de l'invective, de l'arrogance, des mauvais procédés faciles, qui surgissent dans tous ses propos, arrêtons-nous un instant, tant que les commandos brighellistes nous laissent encore en vie, sur ces évidences:

1° à l'évidence, M. BRIGHELLI ne sait pas ce qu'est un élève d'école et de collège, une classe, une vie d'enfant à l'école. Il ne sait rien de l'ennui, de l'incompréhension, du désintérêt d'une grande proportion d'élèves qui ne voient pas le rapport entre les savoirs scolaires et leurs savoirs propres ou antérieurs ou extrascolaires. Il est vrai qu'il s'en moque, que cela n'a à ses yeux aucune importance. Seuls comptent les contenus en tranches bien cloisonnés, bien sédimentés, dont on sait qu'une grande partie est vite oubliée par les élèves. Seuls comptent la transmission, l'explication magistrale, la répétition, la mémorisation, le contrôle donnant une priorité à la dépréciation des élèves plutôt qu'à la validation de leurs acquis. Puisqu'il en parle tant, il devrait essayer d'aller "faire l'école" dans une section de grands ou un CP, ne serait-ce que pour voir… Et j'aimerais voir!

2° à l'évidence, M. BRIGHELLI nie ou déforme sa propre histoire. S'il sait écrire et parler, ce n'est pas parce qu'il a appris des règles à l'école primaire. Comme chacun de nous, il a oublié les savoirs sédimentés de l'école, il les a réappris ensuite, au moment où il lui a fallu les retransmettre, les enseigner. Il est vrai que cette déperdition est difficile à reconnaître par certains enseignants, elle est pourtant facile à vérifier. M. BRIGHELLI a oublié que pour apprendre à rouler à vélo, il faut monter sur le vélo et rouler, et non démonter le vélo et mettre des mots et des définitions sur chacune de ses pièces, que pour apprendre à parler, il faut parler, que pour apprendre à lire, il faut lire et non imposer des apprentissages mécaniques préalables dépourvus de sens.

3° à l'évidence, M. BRIGHELLI jette un voile pudique sur l'histoire contemporaine. Il feint d'ignorer que si les progressistes, les démocrates, ont préparé, engagé, soutenu une vaste entreprise de rénovation pédagogique à partir de la fin des années 60, ce n'est pas parce que des pédagogistes, des khmers rouges, ont envahi le système éducatif pour le détruire… C'est tout simplement parce que les performances de l'Ecole se révélaient insuffisantes au regard des nouveaux enjeux d'une société en profonde mutation. La prolongation de la scolarité, le collège unique, la rénovation pédagogique, la production de nouveaux programmes en termes de compétences plutôt qu'en catalogue de notions, la mise en cause des méthodes d'apprentissage de la lecture ne sont pas des avatars, des produits de la folie de quelques illuminés. Il s'agit d'une volonté politique noble dans une société qui n'est pas figée comme M. BRIGHELLI peut la rêver, mais qui vit, qui est en mouvement, un mouvement qui s'accélère, qui impose des changements, des réformes, et même des ruptures. Il n'y a guère de progrès sans rupture.

4° à l'évidence, M. BRIGHELLI veut rendre service à la droite réactionnaire en cautionnant les volontés de retour en arrière qui font le lit du libéralisme en manipulant l'opinion publique. Il n'est pas étonnant que la révélation BRIGHELLI se produise après 2002. Il faut bien admettre que l'entreprise de transformation de l'Ecole engagée depuis la fin des années 60 l'a été par tous les ministres successifs, de droite et de gauche, avec, admettons-le, une petite parenthèse avec le passage de Jean-Pierre CHEVENEMENT au ministère de l'Education Nationale. On peut observer en particulier que la loi d'orientation de 1989, dite loi JOSPIN, une loi fondamentale, historique, actant la rupture avec l'école de Jules FERRY, n'a pas été mise en cause par les alternances jusqu'en 2002. Depuis 2002, on assiste à un retour de balancier catastrophique. La théorie du balancier si chère aux conservateurs est mortifère pour une société, pour une civilisation, pour une nation. On sait bien que si le pivot du balancier n'avance pas un peu plus que le point de retour du pendule, c'est la stagnation, la décadence et la mort.

Les attaques violentes, démagogiques, non fondées, contre l'Ecole en mouvement, contre les pédagogues, contre le progrès et, de fait, contre la démocratisation du système éducatif, sont dangereuses, comme peuvent l'être les théories extrémistes qui jouent sur la nostalgie et sur la faiblesse de l'information des citoyens sur les questions d'éducation.

La richesse de la pensée des pédagogues, des sociologues, des philosophes, des savants qui s'intéressent à l'école mérite autre chose que des invectives, des insultes et des fabriques de crétins.

Solidarité avec Philippe MEIRIEU, Eveline CHARMEUX, Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, et tant d'autres pédagogues!

Le 21 mai 2006
Pierre FRACKOWIAK
Inspecteur de l'Education Nationale
Responsable du SI-EN UNSA Education du Nord

Écrit par : boule de neige | 14 décembre 2006

Pierre FRACKOWIAK


Les basses œuvres de M. BRIGHELLI


Je m'étais promis de ne plus faire le moindre commentaire sur les basses œuvres de M. BRIGHELLI.

J'avais écrit une courte note de lecture dans les Cahiers Pédagogiques à propos de son premier livre, "La fabrique du crétin", ce livre qui est une insulte à l'Ecole et aux enseignants, il avait longuement répondu, en des termes qui ont choqué la grande majorité des lecteurs. Pour lui, les pédagogues sont des "khmers rouges", des fous dangereux, des criminels, qu'il faut exterminer sur la place publique, et "les IUFM sont à brûler d'urgence"… J'ai découvert avec stupeur dans ses écrits que j'étais moi-même déjà "dans les poubelles de l'histoire" pour avoir osé, simple instituteur / inspecteur qui ne sort pas de Normale Sup, m'exprimer sur ce sujet. Je n'ai pas acheté son second livre, mais il suffit d'en lire quelques extraits, largement diffusés par des médias complaisants, de voir comment Philippe MEIRIEU y est traité, pour comprendre où il se situe et de qui il est objectivement complice. En tentant de détruire l'école, il contribue à faire le lit du libéralisme pour notre pays

La réponse récente de M. BRIGHELLI, violente, haineuse, à un texte d'Eveline CHARMEUX, limpide et fondé, sur la grammaire et sur les projets du ministre en la matière, sous le titre "après le b-a ba, le retour aux règles de grammaire!", me pousse à réagir malgré tout. Vole-t-il au secours de lui-même indisposé par la compétence d'Eveline CHARMEUX? Vole-t-il en renfort du ministre qui veut privilégier les apprentissages mécaniques dans tous les domaines? Sans doute les deux.

Les pédagogues, les progressistes n'ont pas le droit de rester silencieux face au combat mené par M. BRIGHELLI pour détruire l'école et laisser la voie au système ultra libéral qu'il promeut ou dont il est le complice objectif. Au-delà d'une salutaire mise en évidence du mépris, de l'invective, de l'arrogance, des mauvais procédés faciles, qui surgissent dans tous ses propos, arrêtons-nous un instant, tant que les commandos brighellistes nous laissent encore en vie, sur ces évidences:

1° à l'évidence, M. BRIGHELLI ne sait pas ce qu'est un élève d'école et de collège, une classe, une vie d'enfant à l'école. Il ne sait rien de l'ennui, de l'incompréhension, du désintérêt d'une grande proportion d'élèves qui ne voient pas le rapport entre les savoirs scolaires et leurs savoirs propres ou antérieurs ou extrascolaires. Il est vrai qu'il s'en moque, que cela n'a à ses yeux aucune importance. Seuls comptent les contenus en tranches bien cloisonnés, bien sédimentés, dont on sait qu'une grande partie est vite oubliée par les élèves. Seuls comptent la transmission, l'explication magistrale, la répétition, la mémorisation, le contrôle donnant une priorité à la dépréciation des élèves plutôt qu'à la validation de leurs acquis. Puisqu'il en parle tant, il devrait essayer d'aller "faire l'école" dans une section de grands ou un CP, ne serait-ce que pour voir… Et j'aimerais voir!

2° à l'évidence, M. BRIGHELLI nie ou déforme sa propre histoire. S'il sait écrire et parler, ce n'est pas parce qu'il a appris des règles à l'école primaire. Comme chacun de nous, il a oublié les savoirs sédimentés de l'école, il les a réappris ensuite, au moment où il lui a fallu les retransmettre, les enseigner. Il est vrai que cette déperdition est difficile à reconnaître par certains enseignants, elle est pourtant facile à vérifier. M. BRIGHELLI a oublié que pour apprendre à rouler à vélo, il faut monter sur le vélo et rouler, et non démonter le vélo et mettre des mots et des définitions sur chacune de ses pièces, que pour apprendre à parler, il faut parler, que pour apprendre à lire, il faut lire et non imposer des apprentissages mécaniques préalables dépourvus de sens.

3° à l'évidence, M. BRIGHELLI jette un voile pudique sur l'histoire contemporaine. Il feint d'ignorer que si les progressistes, les démocrates, ont préparé, engagé, soutenu une vaste entreprise de rénovation pédagogique à partir de la fin des années 60, ce n'est pas parce que des pédagogistes, des khmers rouges, ont envahi le système éducatif pour le détruire… C'est tout simplement parce que les performances de l'Ecole se révélaient insuffisantes au regard des nouveaux enjeux d'une société en profonde mutation. La prolongation de la scolarité, le collège unique, la rénovation pédagogique, la production de nouveaux programmes en termes de compétences plutôt qu'en catalogue de notions, la mise en cause des méthodes d'apprentissage de la lecture ne sont pas des avatars, des produits de la folie de quelques illuminés. Il s'agit d'une volonté politique noble dans une société qui n'est pas figée comme M. BRIGHELLI peut la rêver, mais qui vit, qui est en mouvement, un mouvement qui s'accélère, qui impose des changements, des réformes, et même des ruptures. Il n'y a guère de progrès sans rupture.

4° à l'évidence, M. BRIGHELLI veut rendre service à la droite réactionnaire en cautionnant les volontés de retour en arrière qui font le lit du libéralisme en manipulant l'opinion publique. Il n'est pas étonnant que la révélation BRIGHELLI se produise après 2002. Il faut bien admettre que l'entreprise de transformation de l'Ecole engagée depuis la fin des années 60 l'a été par tous les ministres successifs, de droite et de gauche, avec, admettons-le, une petite parenthèse avec le passage de Jean-Pierre CHEVENEMENT au ministère de l'Education Nationale. On peut observer en particulier que la loi d'orientation de 1989, dite loi JOSPIN, une loi fondamentale, historique, actant la rupture avec l'école de Jules FERRY, n'a pas été mise en cause par les alternances jusqu'en 2002. Depuis 2002, on assiste à un retour de balancier catastrophique. La théorie du balancier si chère aux conservateurs est mortifère pour une société, pour une civilisation, pour une nation. On sait bien que si le pivot du balancier n'avance pas un peu plus que le point de retour du pendule, c'est la stagnation, la décadence et la mort.

Les attaques violentes, démagogiques, non fondées, contre l'Ecole en mouvement, contre les pédagogues, contre le progrès et, de fait, contre la démocratisation du système éducatif, sont dangereuses, comme peuvent l'être les théories extrémistes qui jouent sur la nostalgie et sur la faiblesse de l'information des citoyens sur les questions d'éducation.

La richesse de la pensée des pédagogues, des sociologues, des philosophes, des savants qui s'intéressent à l'école mérite autre chose que des invectives, des insultes et des fabriques de crétins.

Solidarité avec Philippe MEIRIEU, Eveline CHARMEUX, Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, et tant d'autres pédagogues!

Le 21 mai 2006
Pierre FRACKOWIAK
Inspecteur de l'Education Nationale
Responsable du SI-EN UNSA Education du Nord

Écrit par : roger rabbit | 14 décembre 2006

Pierre FRACKOWIAK


Les basses œuvres de M. BRIGHELLI


Je m'étais promis de ne plus faire le moindre commentaire sur les basses œuvres de M. BRIGHELLI.

J'avais écrit une courte note de lecture dans les Cahiers Pédagogiques à propos de son premier livre, "La fabrique du crétin", ce livre qui est une insulte à l'Ecole et aux enseignants, il avait longuement répondu, en des termes qui ont choqué la grande majorité des lecteurs. Pour lui, les pédagogues sont des "khmers rouges", des fous dangereux, des criminels, qu'il faut exterminer sur la place publique, et "les IUFM sont à brûler d'urgence"… J'ai découvert avec stupeur dans ses écrits que j'étais moi-même déjà "dans les poubelles de l'histoire" pour avoir osé, simple instituteur / inspecteur qui ne sort pas de Normale Sup, m'exprimer sur ce sujet. Je n'ai pas acheté son second livre, mais il suffit d'en lire quelques extraits, largement diffusés par des médias complaisants, de voir comment Philippe MEIRIEU y est traité, pour comprendre où il se situe et de qui il est objectivement complice. En tentant de détruire l'école, il contribue à faire le lit du libéralisme pour notre pays

La réponse récente de M. BRIGHELLI, violente, haineuse, à un texte d'Eveline CHARMEUX, limpide et fondé, sur la grammaire et sur les projets du ministre en la matière, sous le titre "après le b-a ba, le retour aux règles de grammaire!", me pousse à réagir malgré tout. Vole-t-il au secours de lui-même indisposé par la compétence d'Eveline CHARMEUX? Vole-t-il en renfort du ministre qui veut privilégier les apprentissages mécaniques dans tous les domaines? Sans doute les deux.

Les pédagogues, les progressistes n'ont pas le droit de rester silencieux face au combat mené par M. BRIGHELLI pour détruire l'école et laisser la voie au système ultra libéral qu'il promeut ou dont il est le complice objectif. Au-delà d'une salutaire mise en évidence du mépris, de l'invective, de l'arrogance, des mauvais procédés faciles, qui surgissent dans tous ses propos, arrêtons-nous un instant, tant que les commandos brighellistes nous laissent encore en vie, sur ces évidences:

1° à l'évidence, M. BRIGHELLI ne sait pas ce qu'est un élève d'école et de collège, une classe, une vie d'enfant à l'école. Il ne sait rien de l'ennui, de l'incompréhension, du désintérêt d'une grande proportion d'élèves qui ne voient pas le rapport entre les savoirs scolaires et leurs savoirs propres ou antérieurs ou extrascolaires. Il est vrai qu'il s'en moque, que cela n'a à ses yeux aucune importance. Seuls comptent les contenus en tranches bien cloisonnés, bien sédimentés, dont on sait qu'une grande partie est vite oubliée par les élèves. Seuls comptent la transmission, l'explication magistrale, la répétition, la mémorisation, le contrôle donnant une priorité à la dépréciation des élèves plutôt qu'à la validation de leurs acquis. Puisqu'il en parle tant, il devrait essayer d'aller "faire l'école" dans une section de grands ou un CP, ne serait-ce que pour voir… Et j'aimerais voir!

2° à l'évidence, M. BRIGHELLI nie ou déforme sa propre histoire. S'il sait écrire et parler, ce n'est pas parce qu'il a appris des règles à l'école primaire. Comme chacun de nous, il a oublié les savoirs sédimentés de l'école, il les a réappris ensuite, au moment où il lui a fallu les retransmettre, les enseigner. Il est vrai que cette déperdition est difficile à reconnaître par certains enseignants, elle est pourtant facile à vérifier. M. BRIGHELLI a oublié que pour apprendre à rouler à vélo, il faut monter sur le vélo et rouler, et non démonter le vélo et mettre des mots et des définitions sur chacune de ses pièces, que pour apprendre à parler, il faut parler, que pour apprendre à lire, il faut lire et non imposer des apprentissages mécaniques préalables dépourvus de sens.

3° à l'évidence, M. BRIGHELLI jette un voile pudique sur l'histoire contemporaine. Il feint d'ignorer que si les progressistes, les démocrates, ont préparé, engagé, soutenu une vaste entreprise de rénovation pédagogique à partir de la fin des années 60, ce n'est pas parce que des pédagogistes, des khmers rouges, ont envahi le système éducatif pour le détruire… C'est tout simplement parce que les performances de l'Ecole se révélaient insuffisantes au regard des nouveaux enjeux d'une société en profonde mutation. La prolongation de la scolarité, le collège unique, la rénovation pédagogique, la production de nouveaux programmes en termes de compétences plutôt qu'en catalogue de notions, la mise en cause des méthodes d'apprentissage de la lecture ne sont pas des avatars, des produits de la folie de quelques illuminés. Il s'agit d'une volonté politique noble dans une société qui n'est pas figée comme M. BRIGHELLI peut la rêver, mais qui vit, qui est en mouvement, un mouvement qui s'accélère, qui impose des changements, des réformes, et même des ruptures. Il n'y a guère de progrès sans rupture.

4° à l'évidence, M. BRIGHELLI veut rendre service à la droite réactionnaire en cautionnant les volontés de retour en arrière qui font le lit du libéralisme en manipulant l'opinion publique. Il n'est pas étonnant que la révélation BRIGHELLI se produise après 2002. Il faut bien admettre que l'entreprise de transformation de l'Ecole engagée depuis la fin des années 60 l'a été par tous les ministres successifs, de droite et de gauche, avec, admettons-le, une petite parenthèse avec le passage de Jean-Pierre CHEVENEMENT au ministère de l'Education Nationale. On peut observer en particulier que la loi d'orientation de 1989, dite loi JOSPIN, une loi fondamentale, historique, actant la rupture avec l'école de Jules FERRY, n'a pas été mise en cause par les alternances jusqu'en 2002. Depuis 2002, on assiste à un retour de balancier catastrophique. La théorie du balancier si chère aux conservateurs est mortifère pour une société, pour une civilisation, pour une nation. On sait bien que si le pivot du balancier n'avance pas un peu plus que le point de retour du pendule, c'est la stagnation, la décadence et la mort.

Les attaques violentes, démagogiques, non fondées, contre l'Ecole en mouvement, contre les pédagogues, contre le progrès et, de fait, contre la démocratisation du système éducatif, sont dangereuses, comme peuvent l'être les théories extrémistes qui jouent sur la nostalgie et sur la faiblesse de l'information des citoyens sur les questions d'éducation.

La richesse de la pensée des pédagogues, des sociologues, des philosophes, des savants qui s'intéressent à l'école mérite autre chose que des invectives, des insultes et des fabriques de crétins.

Solidarité avec Philippe MEIRIEU, Eveline CHARMEUX, Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, et tant d'autres pédagogues!

Le 21 mai 2006
Pierre FRACKOWIAK
Inspecteur de l'Education Nationale
Responsable du SI-EN UNSA Education du Nord

Écrit par : catmano | 14 décembre 2006

Pierre FRACKOWIAK


Les basses œuvres de M. BRIGHELLI


Je m'étais promis de ne plus faire le moindre commentaire sur les basses œuvres de M. BRIGHELLI.

J'avais écrit une courte note de lecture dans les Cahiers Pédagogiques à propos de son premier livre, "La fabrique du crétin", ce livre qui est une insulte à l'Ecole et aux enseignants, il avait longuement répondu, en des termes qui ont choqué la grande majorité des lecteurs. Pour lui, les pédagogues sont des "khmers rouges", des fous dangereux, des criminels, qu'il faut exterminer sur la place publique, et "les IUFM sont à brûler d'urgence"… J'ai découvert avec stupeur dans ses écrits que j'étais moi-même déjà "dans les poubelles de l'histoire" pour avoir osé, simple instituteur / inspecteur qui ne sort pas de Normale Sup, m'exprimer sur ce sujet. Je n'ai pas acheté son second livre, mais il suffit d'en lire quelques extraits, largement diffusés par des médias complaisants, de voir comment Philippe MEIRIEU y est traité, pour comprendre où il se situe et de qui il est objectivement complice. En tentant de détruire l'école, il contribue à faire le lit du libéralisme pour notre pays

La réponse récente de M. BRIGHELLI, violente, haineuse, à un texte d'Eveline CHARMEUX, limpide et fondé, sur la grammaire et sur les projets du ministre en la matière, sous le titre "après le b-a ba, le retour aux règles de grammaire!", me pousse à réagir malgré tout. Vole-t-il au secours de lui-même indisposé par la compétence d'Eveline CHARMEUX? Vole-t-il en renfort du ministre qui veut privilégier les apprentissages mécaniques dans tous les domaines? Sans doute les deux.

Les pédagogues, les progressistes n'ont pas le droit de rester silencieux face au combat mené par M. BRIGHELLI pour détruire l'école et laisser la voie au système ultra libéral qu'il promeut ou dont il est le complice objectif. Au-delà d'une salutaire mise en évidence du mépris, de l'invective, de l'arrogance, des mauvais procédés faciles, qui surgissent dans tous ses propos, arrêtons-nous un instant, tant que les commandos brighellistes nous laissent encore en vie, sur ces évidences:

1° à l'évidence, M. BRIGHELLI ne sait pas ce qu'est un élève d'école et de collège, une classe, une vie d'enfant à l'école. Il ne sait rien de l'ennui, de l'incompréhension, du désintérêt d'une grande proportion d'élèves qui ne voient pas le rapport entre les savoirs scolaires et leurs savoirs propres ou antérieurs ou extrascolaires. Il est vrai qu'il s'en moque, que cela n'a à ses yeux aucune importance. Seuls comptent les contenus en tranches bien cloisonnés, bien sédimentés, dont on sait qu'une grande partie est vite oubliée par les élèves. Seuls comptent la transmission, l'explication magistrale, la répétition, la mémorisation, le contrôle donnant une priorité à la dépréciation des élèves plutôt qu'à la validation de leurs acquis. Puisqu'il en parle tant, il devrait essayer d'aller "faire l'école" dans une section de grands ou un CP, ne serait-ce que pour voir… Et j'aimerais voir!

2° à l'évidence, M. BRIGHELLI nie ou déforme sa propre histoire. S'il sait écrire et parler, ce n'est pas parce qu'il a appris des règles à l'école primaire. Comme chacun de nous, il a oublié les savoirs sédimentés de l'école, il les a réappris ensuite, au moment où il lui a fallu les retransmettre, les enseigner. Il est vrai que cette déperdition est difficile à reconnaître par certains enseignants, elle est pourtant facile à vérifier. M. BRIGHELLI a oublié que pour apprendre à rouler à vélo, il faut monter sur le vélo et rouler, et non démonter le vélo et mettre des mots et des définitions sur chacune de ses pièces, que pour apprendre à parler, il faut parler, que pour apprendre à lire, il faut lire et non imposer des apprentissages mécaniques préalables dépourvus de sens.

3° à l'évidence, M. BRIGHELLI jette un voile pudique sur l'histoire contemporaine. Il feint d'ignorer que si les progressistes, les démocrates, ont préparé, engagé, soutenu une vaste entreprise de rénovation pédagogique à partir de la fin des années 60, ce n'est pas parce que des pédagogistes, des khmers rouges, ont envahi le système éducatif pour le détruire… C'est tout simplement parce que les performances de l'Ecole se révélaient insuffisantes au regard des nouveaux enjeux d'une société en profonde mutation. La prolongation de la scolarité, le collège unique, la rénovation pédagogique, la production de nouveaux programmes en termes de compétences plutôt qu'en catalogue de notions, la mise en cause des méthodes d'apprentissage de la lecture ne sont pas des avatars, des produits de la folie de quelques illuminés. Il s'agit d'une volonté politique noble dans une société qui n'est pas figée comme M. BRIGHELLI peut la rêver, mais qui vit, qui est en mouvement, un mouvement qui s'accélère, qui impose des changements, des réformes, et même des ruptures. Il n'y a guère de progrès sans rupture.

4° à l'évidence, M. BRIGHELLI veut rendre service à la droite réactionnaire en cautionnant les volontés de retour en arrière qui font le lit du libéralisme en manipulant l'opinion publique. Il n'est pas étonnant que la révélation BRIGHELLI se produise après 2002. Il faut bien admettre que l'entreprise de transformation de l'Ecole engagée depuis la fin des années 60 l'a été par tous les ministres successifs, de droite et de gauche, avec, admettons-le, une petite parenthèse avec le passage de Jean-Pierre CHEVENEMENT au ministère de l'Education Nationale. On peut observer en particulier que la loi d'orientation de 1989, dite loi JOSPIN, une loi fondamentale, historique, actant la rupture avec l'école de Jules FERRY, n'a pas été mise en cause par les alternances jusqu'en 2002. Depuis 2002, on assiste à un retour de balancier catastrophique. La théorie du balancier si chère aux conservateurs est mortifère pour une société, pour une civilisation, pour une nation. On sait bien que si le pivot du balancier n'avance pas un peu plus que le point de retour du pendule, c'est la stagnation, la décadence et la mort.

Les attaques violentes, démagogiques, non fondées, contre l'Ecole en mouvement, contre les pédagogues, contre le progrès et, de fait, contre la démocratisation du système éducatif, sont dangereuses, comme peuvent l'être les théories extrémistes qui jouent sur la nostalgie et sur la faiblesse de l'information des citoyens sur les questions d'éducation.

La richesse de la pensée des pédagogues, des sociologues, des philosophes, des savants qui s'intéressent à l'école mérite autre chose que des invectives, des insultes et des fabriques de crétins.

Solidarité avec Philippe MEIRIEU, Eveline CHARMEUX, Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, et tant d'autres pédagogues!

Le 21 mai 2006
Pierre FRACKOWIAK
Inspecteur de l'Education Nationale
Responsable du SI-EN UNSA Education du Nord

Écrit par : doblino | 14 décembre 2006

Pierre FRACKOWIAK


Les basses œuvres de M. BRIGHELLI


Je m'étais promis de ne plus faire le moindre commentaire sur les basses œuvres de M. BRIGHELLI.

J'avais écrit une courte note de lecture dans les Cahiers Pédagogiques à propos de son premier livre, "La fabrique du crétin", ce livre qui est une insulte à l'Ecole et aux enseignants, il avait longuement répondu, en des termes qui ont choqué la grande majorité des lecteurs. Pour lui, les pédagogues sont des "khmers rouges", des fous dangereux, des criminels, qu'il faut exterminer sur la place publique, et "les IUFM sont à brûler d'urgence"… J'ai découvert avec stupeur dans ses écrits que j'étais moi-même déjà "dans les poubelles de l'histoire" pour avoir osé, simple instituteur / inspecteur qui ne sort pas de Normale Sup, m'exprimer sur ce sujet. Je n'ai pas acheté son second livre, mais il suffit d'en lire quelques extraits, largement diffusés par des médias complaisants, de voir comment Philippe MEIRIEU y est traité, pour comprendre où il se situe et de qui il est objectivement complice. En tentant de détruire l'école, il contribue à faire le lit du libéralisme pour notre pays

La réponse récente de M. BRIGHELLI, violente, haineuse, à un texte d'Eveline CHARMEUX, limpide et fondé, sur la grammaire et sur les projets du ministre en la matière, sous le titre "après le b-a ba, le retour aux règles de grammaire!", me pousse à réagir malgré tout. Vole-t-il au secours de lui-même indisposé par la compétence d'Eveline CHARMEUX? Vole-t-il en renfort du ministre qui veut privilégier les apprentissages mécaniques dans tous les domaines? Sans doute les deux.

Les pédagogues, les progressistes n'ont pas le droit de rester silencieux face au combat mené par M. BRIGHELLI pour détruire l'école et laisser la voie au système ultra libéral qu'il promeut ou dont il est le complice objectif. Au-delà d'une salutaire mise en évidence du mépris, de l'invective, de l'arrogance, des mauvais procédés faciles, qui surgissent dans tous ses propos, arrêtons-nous un instant, tant que les commandos brighellistes nous laissent encore en vie, sur ces évidences:

1° à l'évidence, M. BRIGHELLI ne sait pas ce qu'est un élève d'école et de collège, une classe, une vie d'enfant à l'école. Il ne sait rien de l'ennui, de l'incompréhension, du désintérêt d'une grande proportion d'élèves qui ne voient pas le rapport entre les savoirs scolaires et leurs savoirs propres ou antérieurs ou extrascolaires. Il est vrai qu'il s'en moque, que cela n'a à ses yeux aucune importance. Seuls comptent les contenus en tranches bien cloisonnés, bien sédimentés, dont on sait qu'une grande partie est vite oubliée par les élèves. Seuls comptent la transmission, l'explication magistrale, la répétition, la mémorisation, le contrôle donnant une priorité à la dépréciation des élèves plutôt qu'à la validation de leurs acquis. Puisqu'il en parle tant, il devrait essayer d'aller "faire l'école" dans une section de grands ou un CP, ne serait-ce que pour voir… Et j'aimerais voir!

2° à l'évidence, M. BRIGHELLI nie ou déforme sa propre histoire. S'il sait écrire et parler, ce n'est pas parce qu'il a appris des règles à l'école primaire. Comme chacun de nous, il a oublié les savoirs sédimentés de l'école, il les a réappris ensuite, au moment où il lui a fallu les retransmettre, les enseigner. Il est vrai que cette déperdition est difficile à reconnaître par certains enseignants, elle est pourtant facile à vérifier. M. BRIGHELLI a oublié que pour apprendre à rouler à vélo, il faut monter sur le vélo et rouler, et non démonter le vélo et mettre des mots et des définitions sur chacune de ses pièces, que pour apprendre à parler, il faut parler, que pour apprendre à lire, il faut lire et non imposer des apprentissages mécaniques préalables dépourvus de sens.

3° à l'évidence, M. BRIGHELLI jette un voile pudique sur l'histoire contemporaine. Il feint d'ignorer que si les progressistes, les démocrates, ont préparé, engagé, soutenu une vaste entreprise de rénovation pédagogique à partir de la fin des années 60, ce n'est pas parce que des pédagogistes, des khmers rouges, ont envahi le système éducatif pour le détruire… C'est tout simplement parce que les performances de l'Ecole se révélaient insuffisantes au regard des nouveaux enjeux d'une société en profonde mutation. La prolongation de la scolarité, le collège unique, la rénovation pédagogique, la production de nouveaux programmes en termes de compétences plutôt qu'en catalogue de notions, la mise en cause des méthodes d'apprentissage de la lecture ne sont pas des avatars, des produits de la folie de quelques illuminés. Il s'agit d'une volonté politique noble dans une société qui n'est pas figée comme M. BRIGHELLI peut la rêver, mais qui vit, qui est en mouvement, un mouvement qui s'accélère, qui impose des changements, des réformes, et même des ruptures. Il n'y a guère de progrès sans rupture.

4° à l'évidence, M. BRIGHELLI veut rendre service à la droite réactionnaire en cautionnant les volontés de retour en arrière qui font le lit du libéralisme en manipulant l'opinion publique. Il n'est pas étonnant que la révélation BRIGHELLI se produise après 2002. Il faut bien admettre que l'entreprise de transformation de l'Ecole engagée depuis la fin des années 60 l'a été par tous les ministres successifs, de droite et de gauche, avec, admettons-le, une petite parenthèse avec le passage de Jean-Pierre CHEVENEMENT au ministère de l'Education Nationale. On peut observer en particulier que la loi d'orientation de 1989, dite loi JOSPIN, une loi fondamentale, historique, actant la rupture avec l'école de Jules FERRY, n'a pas été mise en cause par les alternances jusqu'en 2002. Depuis 2002, on assiste à un retour de balancier catastrophique. La théorie du balancier si chère aux conservateurs est mortifère pour une société, pour une civilisation, pour une nation. On sait bien que si le pivot du balancier n'avance pas un peu plus que le point de retour du pendule, c'est la stagnation, la décadence et la mort.

Les attaques violentes, démagogiques, non fondées, contre l'Ecole en mouvement, contre les pédagogues, contre le progrès et, de fait, contre la démocratisation du système éducatif, sont dangereuses, comme peuvent l'être les théories extrémistes qui jouent sur la nostalgie et sur la faiblesse de l'information des citoyens sur les questions d'éducation.

La richesse de la pensée des pédagogues, des sociologues, des philosophes, des savants qui s'intéressent à l'école mérite autre chose que des invectives, des insultes et des fabriques de crétins.

Solidarité avec Philippe MEIRIEU, Eveline CHARMEUX, Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, et tant d'autres pédagogues!

Le 21 mai 2006
Pierre FRACKOWIAK
Inspecteur de l'Education Nationale
Responsable du SI-EN UNSA Education du Nord

Écrit par : d'Enguell | 14 décembre 2006

Pierre FRACKOWIAK


Les basses œuvres de M. BRIGHELLI


Je m'étais promis de ne plus faire le moindre commentaire sur les basses œuvres de M. BRIGHELLI.

J'avais écrit une courte note de lecture dans les Cahiers Pédagogiques à propos de son premier livre, "La fabrique du crétin", ce livre qui est une insulte à l'Ecole et aux enseignants, il avait longuement répondu, en des termes qui ont choqué la grande majorité des lecteurs. Pour lui, les pédagogues sont des "khmers rouges", des fous dangereux, des criminels, qu'il faut exterminer sur la place publique, et "les IUFM sont à brûler d'urgence"… J'ai découvert avec stupeur dans ses écrits que j'étais moi-même déjà "dans les poubelles de l'histoire" pour avoir osé, simple instituteur / inspecteur qui ne sort pas de Normale Sup, m'exprimer sur ce sujet. Je n'ai pas acheté son second livre, mais il suffit d'en lire quelques extraits, largement diffusés par des médias complaisants, de voir comment Philippe MEIRIEU y est traité, pour comprendre où il se situe et de qui il est objectivement complice. En tentant de détruire l'école, il contribue à faire le lit du libéralisme pour notre pays

La réponse récente de M. BRIGHELLI, violente, haineuse, à un texte d'Eveline CHARMEUX, limpide et fondé, sur la grammaire et sur les projets du ministre en la matière, sous le titre "après le b-a ba, le retour aux règles de grammaire!", me pousse à réagir malgré tout. Vole-t-il au secours de lui-même indisposé par la compétence d'Eveline CHARMEUX? Vole-t-il en renfort du ministre qui veut privilégier les apprentissages mécaniques dans tous les domaines? Sans doute les deux.

Les pédagogues, les progressistes n'ont pas le droit de rester silencieux face au combat mené par M. BRIGHELLI pour détruire l'école et laisser la voie au système ultra libéral qu'il promeut ou dont il est le complice objectif. Au-delà d'une salutaire mise en évidence du mépris, de l'invective, de l'arrogance, des mauvais procédés faciles, qui surgissent dans tous ses propos, arrêtons-nous un instant, tant que les commandos brighellistes nous laissent encore en vie, sur ces évidences:

1° à l'évidence, M. BRIGHELLI ne sait pas ce qu'est un élève d'école et de collège, une classe, une vie d'enfant à l'école. Il ne sait rien de l'ennui, de l'incompréhension, du désintérêt d'une grande proportion d'élèves qui ne voient pas le rapport entre les savoirs scolaires et leurs savoirs propres ou antérieurs ou extrascolaires. Il est vrai qu'il s'en moque, que cela n'a à ses yeux aucune importance. Seuls comptent les contenus en tranches bien cloisonnés, bien sédimentés, dont on sait qu'une grande partie est vite oubliée par les élèves. Seuls comptent la transmission, l'explication magistrale, la répétition, la mémorisation, le contrôle donnant une priorité à la dépréciation des élèves plutôt qu'à la validation de leurs acquis. Puisqu'il en parle tant, il devrait essayer d'aller "faire l'école" dans une section de grands ou un CP, ne serait-ce que pour voir… Et j'aimerais voir!

2° à l'évidence, M. BRIGHELLI nie ou déforme sa propre histoire. S'il sait écrire et parler, ce n'est pas parce qu'il a appris des règles à l'école primaire. Comme chacun de nous, il a oublié les savoirs sédimentés de l'école, il les a réappris ensuite, au moment où il lui a fallu les retransmettre, les enseigner. Il est vrai que cette déperdition est difficile à reconnaître par certains enseignants, elle est pourtant facile à vérifier. M. BRIGHELLI a oublié que pour apprendre à rouler à vélo, il faut monter sur le vélo et rouler, et non démonter le vélo et mettre des mots et des définitions sur chacune de ses pièces, que pour apprendre à parler, il faut parler, que pour apprendre à lire, il faut lire et non imposer des apprentissages mécaniques préalables dépourvus de sens.

3° à l'évidence, M. BRIGHELLI jette un voile pudique sur l'histoire contemporaine. Il feint d'ignorer que si les progressistes, les démocrates, ont préparé, engagé, soutenu une vaste entreprise de rénovation pédagogique à partir de la fin des années 60, ce n'est pas parce que des pédagogistes, des khmers rouges, ont envahi le système éducatif pour le détruire… C'est tout simplement parce que les performances de l'Ecole se révélaient insuffisantes au regard des nouveaux enjeux d'une société en profonde mutation. La prolongation de la scolarité, le collège unique, la rénovation pédagogique, la production de nouveaux programmes en termes de compétences plutôt qu'en catalogue de notions, la mise en cause des méthodes d'apprentissage de la lecture ne sont pas des avatars, des produits de la folie de quelques illuminés. Il s'agit d'une volonté politique noble dans une société qui n'est pas figée comme M. BRIGHELLI peut la rêver, mais qui vit, qui est en mouvement, un mouvement qui s'accélère, qui impose des changements, des réformes, et même des ruptures. Il n'y a guère de progrès sans rupture.

4° à l'évidence, M. BRIGHELLI veut rendre service à la droite réactionnaire en cautionnant les volontés de retour en arrière qui font le lit du libéralisme en manipulant l'opinion publique. Il n'est pas étonnant que la révélation BRIGHELLI se produise après 2002. Il faut bien admettre que l'entreprise de transformation de l'Ecole engagée depuis la fin des années 60 l'a été par tous les ministres successifs, de droite et de gauche, avec, admettons-le, une petite parenthèse avec le passage de Jean-Pierre CHEVENEMENT au ministère de l'Education Nationale. On peut observer en particulier que la loi d'orientation de 1989, dite loi JOSPIN, une loi fondamentale, historique, actant la rupture avec l'école de Jules FERRY, n'a pas été mise en cause par les alternances jusqu'en 2002. Depuis 2002, on assiste à un retour de balancier catastrophique. La théorie du balancier si chère aux conservateurs est mortifère pour une société, pour une civilisation, pour une nation. On sait bien que si le pivot du balancier n'avance pas un peu plus que le point de retour du pendule, c'est la stagnation, la décadence et la mort.

Les attaques violentes, démagogiques, non fondées, contre l'Ecole en mouvement, contre les pédagogues, contre le progrès et, de fait, contre la démocratisation du système éducatif, sont dangereuses, comme peuvent l'être les théories extrémistes qui jouent sur la nostalgie et sur la faiblesse de l'information des citoyens sur les questions d'éducation.

La richesse de la pensée des pédagogues, des sociologues, des philosophes, des savants qui s'intéressent à l'école mérite autre chose que des invectives, des insultes et des fabriques de crétins.

Solidarité avec Philippe MEIRIEU, Eveline CHARMEUX, Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, et tant d'autres pédagogues!

Le 21 mai 2006
Pierre FRACKOWIAK
Inspecteur de l'Education Nationale
Responsable du SI-EN UNSA Education du Nord

Écrit par : toto | 14 décembre 2006

Pierre FRACKOWIAK


Les basses œuvres de M. BRIGHELLI


Je m'étais promis de ne plus faire le moindre commentaire sur les basses œuvres de M. BRIGHELLI.

J'avais écrit une courte note de lecture dans les Cahiers Pédagogiques à propos de son premier livre, "La fabrique du crétin", ce livre qui est une insulte à l'Ecole et aux enseignants, il avait longuement répondu, en des termes qui ont choqué la grande majorité des lecteurs. Pour lui, les pédagogues sont des "khmers rouges", des fous dangereux, des criminels, qu'il faut exterminer sur la place publique, et "les IUFM sont à brûler d'urgence"… J'ai découvert avec stupeur dans ses écrits que j'étais moi-même déjà "dans les poubelles de l'histoire" pour avoir osé, simple instituteur / inspecteur qui ne sort pas de Normale Sup, m'exprimer sur ce sujet. Je n'ai pas acheté son second livre, mais il suffit d'en lire quelques extraits, largement diffusés par des médias complaisants, de voir comment Philippe MEIRIEU y est traité, pour comprendre où il se situe et de qui il est objectivement complice. En tentant de détruire l'école, il contribue à faire le lit du libéralisme pour notre pays

La réponse récente de M. BRIGHELLI, violente, haineuse, à un texte d'Eveline CHARMEUX, limpide et fondé, sur la grammaire et sur les projets du ministre en la matière, sous le titre "après le b-a ba, le retour aux règles de grammaire!", me pousse à réagir malgré tout. Vole-t-il au secours de lui-même indisposé par la compétence d'Eveline CHARMEUX? Vole-t-il en renfort du ministre qui veut privilégier les apprentissages mécaniques dans tous les domaines? Sans doute les deux.

Les pédagogues, les progressistes n'ont pas le droit de rester silencieux face au combat mené par M. BRIGHELLI pour détruire l'école et laisser la voie au système ultra libéral qu'il promeut ou dont il est le complice objectif. Au-delà d'une salutaire mise en évidence du mépris, de l'invective, de l'arrogance, des mauvais procédés faciles, qui surgissent dans tous ses propos, arrêtons-nous un instant, tant que les commandos brighellistes nous laissent encore en vie, sur ces évidences:

1° à l'évidence, M. BRIGHELLI ne sait pas ce qu'est un élève d'école et de collège, une classe, une vie d'enfant à l'école. Il ne sait rien de l'ennui, de l'incompréhension, du désintérêt d'une grande proportion d'élèves qui ne voient pas le rapport entre les savoirs scolaires et leurs savoirs propres ou antérieurs ou extrascolaires. Il est vrai qu'il s'en moque, que cela n'a à ses yeux aucune importance. Seuls comptent les contenus en tranches bien cloisonnés, bien sédimentés, dont on sait qu'une grande partie est vite oubliée par les élèves. Seuls comptent la transmission, l'explication magistrale, la répétition, la mémorisation, le contrôle donnant une priorité à la dépréciation des élèves plutôt qu'à la validation de leurs acquis. Puisqu'il en parle tant, il devrait essayer d'aller "faire l'école" dans une section de grands ou un CP, ne serait-ce que pour voir… Et j'aimerais voir!

2° à l'évidence, M. BRIGHELLI nie ou déforme sa propre histoire. S'il sait écrire et parler, ce n'est pas parce qu'il a appris des règles à l'école primaire. Comme chacun de nous, il a oublié les savoirs sédimentés de l'école, il les a réappris ensuite, au moment où il lui a fallu les retransmettre, les enseigner. Il est vrai que cette déperdition est difficile à reconnaître par certains enseignants, elle est pourtant facile à vérifier. M. BRIGHELLI a oublié que pour apprendre à rouler à vélo, il faut monter sur le vélo et rouler, et non démonter le vélo et mettre des mots et des définitions sur chacune de ses pièces, que pour apprendre à parler, il faut parler, que pour apprendre à lire, il faut lire et non imposer des apprentissages mécaniques préalables dépourvus de sens.

3° à l'évidence, M. BRIGHELLI jette un voile pudique sur l'histoire contemporaine. Il feint d'ignorer que si les progressistes, les démocrates, ont préparé, engagé, soutenu une vaste entreprise de rénovation pédagogique à partir de la fin des années 60, ce n'est pas parce que des pédagogistes, des khmers rouges, ont envahi le système éducatif pour le détruire… C'est tout simplement parce que les performances de l'Ecole se révélaient insuffisantes au regard des nouveaux enjeux d'une société en profonde mutation. La prolongation de la scolarité, le collège unique, la rénovation pédagogique, la production de nouveaux programmes en termes de compétences plutôt qu'en catalogue de notions, la mise en cause des méthodes d'apprentissage de la lecture ne sont pas des avatars, des produits de la folie de quelques illuminés. Il s'agit d'une volonté politique noble dans une société qui n'est pas figée comme M. BRIGHELLI peut la rêver, mais qui vit, qui est en mouvement, un mouvement qui s'accélère, qui impose des changements, des réformes, et même des ruptures. Il n'y a guère de progrès sans rupture.

4° à l'évidence, M. BRIGHELLI veut rendre service à la droite réactionnaire en cautionnant les volontés de retour en arrière qui font le lit du libéralisme en manipulant l'opinion publique. Il n'est pas étonnant que la révélation BRIGHELLI se produise après 2002. Il faut bien admettre que l'entreprise de transformation de l'Ecole engagée depuis la fin des années 60 l'a été par tous les ministres successifs, de droite et de gauche, avec, admettons-le, une petite parenthèse avec le passage de Jean-Pierre CHEVENEMENT au ministère de l'Education Nationale. On peut observer en particulier que la loi d'orientation de 1989, dite loi JOSPIN, une loi fondamentale, historique, actant la rupture avec l'école de Jules FERRY, n'a pas été mise en cause par les alternances jusqu'en 2002. Depuis 2002, on assiste à un retour de balancier catastrophique. La théorie du balancier si chère aux conservateurs est mortifère pour une société, pour une civilisation, pour une nation. On sait bien que si le pivot du balancier n'avance pas un peu plus que le point de retour du pendule, c'est la stagnation, la décadence et la mort.

Les attaques violentes, démagogiques, non fondées, contre l'Ecole en mouvement, contre les pédagogues, contre le progrès et, de fait, contre la démocratisation du système éducatif, sont dangereuses, comme peuvent l'être les théories extrémistes qui jouent sur la nostalgie et sur la faiblesse de l'information des citoyens sur les questions d'éducation.

La richesse de la pensée des pédagogues, des sociologues, des philosophes, des savants qui s'intéressent à l'école mérite autre chose que des invectives, des insultes et des fabriques de crétins.

Solidarité avec Philippe MEIRIEU, Eveline CHARMEUX, Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, et tant d'autres pédagogues!

Le 21 mai 2006
Pierre FRACKOWIAK
Inspecteur de l'Education Nationale
Responsable du SI-EN UNSA Education du Nord

Écrit par : Guillaume | 14 décembre 2006

Vous avez le pouvoir d'arrêter ce mouvement d'ethnicisation qui gangrène la République.
Lettre à un jeune Maghrébin
Par Philippe MEIRIEU

Il souffle sur la France un vent mauvais. Assez pour que je tente de vous écrire personnellement, même si je sais que vous ne vous reconnaîtrez pas facilement comme le destinataire de cette missive. J'imagine, d'ailleurs, la tête de mes propres enfants si, alors qu'ils ont grandi dans la région lyonnaise, quelqu'un les désignait sous le vocable de «jeunes Cévenols» ! Mais, même si je m'adressais à vous comme à «un des adolescents et jeunes adultes dont les parents sont originaires des anciens territoires français d'Afrique du Nord», je ne lèverais pas l'ambiguïté. Certains de ceux-là, en effet, sont parfaitement intégrés, alors que d'autres revendiquent leur marginalité et que quelques-uns se considèrent comme des ennemis de l'intérieur. L'opinion publique, elle, ne fait pas de détail et désigne sous l'expression générique de «jeunes Maghrébins» des enfants issus aussi bien du Maghreb que d'Afrique noire, de Turquie ou du Moyen-Orient. Et, dans un amalgame invraisemblable ­ au nom d'une conception bien-pensante de la laïcité et de l'ordre public ­, fait d'eux les boucs émissaires de tous nos maux...
C'est qu'en réalité le «jeune Maghrébin» est devenu un mythe : lascar en survêtement, casquette sur la tête, injure à la bouche, couteau dans la poche, violent et machiste, brutalisant tous ceux qui ne se soumettent pas aux oukases des imams, il incarne le nouveau barbare... y compris pour ceux et celles qui n'en rencontrent jamais le moindre spécimen. Au journal télévisé, où l'on est toujours très politiquement correct, on ne parle jamais, bien évidemment, de «jeune Maghrébin», mais on esquive votre nom de manière si convenue que votre image, présente et absente à la fois, hante les esprits.
Vous faites peur et rien n'est pire que cette peur. Elle justifie les propositions politiques les plus extravagantes sur lesquelles beaucoup de nos compatriotes perdent tout esprit critique : étiquetage précoce des enfants qu'on condamne ainsi à devenir ce qu'on voudrait éviter ; sanction des parents les plus fragiles au prétexte qu'ils seraient démissionnaires ; punition réduite à l'emprisonnement criminogène ; confusion entre fermeté envers les coupables et humiliation des vaincus ; glissement subreptice des règles nécessaires au fonctionnement des institutions de la République à la totémisation des bonnes manières qui font «le charme discret de la bourgeoisie»... Et je crains que ce ne soit qu'un début !
Mais la décision vous appartient. C'est vous qui, pour une large part, allez faire le résultat des prochaines élections. On vous a parfois laissé croire que vous ne comptiez pour rien. Je crois que vous avez, plus que jamais, votre destin entre vos mains. Que quelques-uns d'entre vous s'enferrent dans une surenchère de provocations, que les banlieues s'enflamment, même fugacement, que des services publics soient à nouveau pris pour cibles, et nous verrons triompher une terrible politique de ségrégation. Certes, il restera peut-être quelques attentions charitables à votre égard ­ rebaptisées «discrimination positive» ­, mais qui n'auront d'autre effet que d'entretenir la concurrence entre les exclus. Notre pays tournera le dos à la véritable solidarité, qui, en donnant enfin plus et mieux à ceux qui ont moins, peut seule nous sortir de la crise et de la désespérance.
J'entends bien vos réactions : «Il fallait vous préoccuper plus tôt de notre sort, ne pas nous parquer, nous faire réussir dans vos écoles, nous permettre d'accéder à un emploi, de croire à votre idéal républicain. Tout cela vous aurait épargné, en même temps, la délinquance et l'intégrisme.» Je le crois, en effet. Mais le résultat est là, et je crains qu'il soit assez stérile et dangereux pour vous de continuer à vous poser systématiquement en victime. C'est que les Français, sans doute pour expier leur passé judéo-chrétien, entretiennent aujourd'hui une véritable aversion pour les victimes : ils considèrent leur existence même comme un reproche insupportable... Et d'ailleurs ils transforment systématiquement les victimes en coupables : on ne lutte plus contre l'échec scolaire, mais contre les élèves en échec ; l'ennemi, ce n'est plus le chômage, ce sont les chômeurs ; on ne combat plus l'obésité, on stigmatise les obèses ! Craignez de faire les frais de ce renversement !
Malgré les ricanements, je crois en effet que vous faites partie des victimes de notre système de développement sélectif. Mais je vous veux, en même temps, responsable. Je suis convaincu qu'il faut lutter d'arrache-pied contre toutes les injustices qui vous poussent parfois dans des comportements de desperados. Mais il faut, en même temps, interpeller vigoureusement votre liberté. Ce qui est, finalement, la seule manière de la faire advenir. Vous avez le pouvoir : exercez-le.
Vous avez le pouvoir, par exemple, de bousculer les archétypes en ne considérant plus les garçons qui travaillent à l'école comme des lopettes. Vous avez le pouvoir de résister au mimétisme des petits caïds qui veulent vous tenir sous leur emprise. Vous avez le pouvoir de montrer que vous êtes massivement capables de vous engager durablement dans des initiatives constructives. Vous avez le pouvoir d'arrêter ce mouvement d'ethnicisation des problèmes sociaux qui gangrène dangereusement la République.
Je ne vous demande pas, pour autant, de renier quoi que ce soit de vos attachements : la culture arabo-musulmane a porté de grands mouvements d'émancipation ­ les Syriennes ont voté avant les Françaises ­ et ses oeuvres sont immenses. Son passé prestigieux, en particulier lors de la «renaissance» du XIXe siècle, la Nahda, a montré que l'islam n'était ni incompatible avec la modernité, ni réfractaire à la démocratie, ni hostile au dialogue avec l'Occident. Il existe, au Maghreb et ailleurs, des Arabes ­ mais aussi des Berbères, des Kurdes, des Turcs... ­ laïques et démocrates. Je sais qu'il est de bon ton, dans l'intelligentsia française, de ne pas y croire. Mais il ne tient qu'à vous de montrer que vous n'êtes prisonnier d'aucune configuration génétique, familiale, culturelle, sociale ou géopolitique. Arrêtez de faire le jeu de vos adversaires en invoquant la fatalité : vous devez apprendre à vivre en paix dans une société où la parole pourra peut-être, un jour, l'emporter sur la violence.
N'écoutez pas ceux qui me traiteront de «belle âme» et moqueront mon «angélisme». Ce sont les mêmes qui vous condamnent à l'échec. D'autres, autour de vous, croient encore à l'éducation : parmi vos parents, vos éducateurs, vos professeurs, mais aussi dans la police et la justice, chez les élus et tous les citoyens... Je leur confie cette missive pour vous. Je sais que vous commencerez par hausser les épaules et vous réfugier dans votre carapace. Mais je suis convaincu aussi que, si nous faisons alliance avec vous pour le meilleur ­ et pas pour le pire ­, vous êtes en mesure de nous aider à faire face à nos tentations de repli mortifère. Nous avons besoin de vous.

Écrit par : toto | 14 décembre 2006

"Ce ramassis d'opinion absurdes qu'ils appellent les sciences de l'éducation"! C'était (déjà) bien vu! Mais on ne s'appelle pas Gaston Bachelard pour rien. Le texte de Frackowiak en est la parfaite illustration! Avez-vous remarqué, chers collègues, que le "professeur" est singulièrement absent de ce texte? Seul y existe le "pédagogue"! Quant à la lettre de Meirieu, c'est (encore) un texte à sa propre gloire, où il est exclusivement question de... Meirieu! Comme toujours. Quarante ou cinquante lignes de pathos et d'autoglorification - et pas une seule idée qui se tienne! - à ajouter aux quinze mille pages! Et dire que tout ce vide sidéral est payé par nos impôts!

Écrit par : Jean | 15 décembre 2006

Jean

Pour être tout à fait honnête, la citation n'est pas de Bachelard. Mais ayant pas mal lu Bachelard, je pense qu'elle pourrait l'être. Pour une phrase comme celle que cite notre amie Lariba : "Cette opinion qu'ils appellent la science", il faut vraiment ignorer totalement ce qu'est la démarche scientifique depuis Galilée et que nous explique Gaston Bachelard dans tous ses livres. Ils se discréditent complètement avec de telles affirmations. Bachelard ne parle pas "d'opinion", mais "d'obstacle épistémologique". Ce passage à travers l'opinion, de quelque nom qu'on l'appelle est un passage obligé vers la connaissance scientifique. Ce sont les pédagogues qui ont des opinions, pas les scientifiques. Ce point me paraît extrêmement important. Pourquoi tiennent-ils tant à ce que l'éducation soit une science ?...Et même une science "plus scientifique" que les sciences dites dures, qui, elles, ne seraient que des "opinions"? Si on arrivait à répondre à cette question, on aurait fait un grand pas vers la compréhension d'une imposture...Recherche d'une légitimité universitaire ? A creuser!

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

Très drôle la lettre de Frackowiack soi-disant postée par plusieurs personnes dont la mienne... Ou alors j'ai fait cela en dormant et c'est mon subconscient (ou mon inconscient) qui a jugé utile de poster cela afin de le dénoncer.

Écrit par : catmano | 15 décembre 2006

Huit fois la lettre de Frackowiack !!! Arrrrghhh. C'est un cauchemar matutinal. Déjà une seule fois, c'est limite. La seule chose que ce texte prouve, c'est qu'il est impossible de dialoguer avec ce monsieur. La seule défense qu'il a, c'est de crier au fascisme contre tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui. Pour le reste, rien : il se contente d'affirmer, en utilisant l'éternel argument de la scientificité des "sciences de l'éducation", ce qui devrait faire tordre de rire tout individu normalement constitué. La conviction du pédagogiste relève de la croyance au sens religieux du mot. Devant l'échec de ses méthodes, le fait que "ça ne marche pas", que les enfants sont de plus en plus inaptes à manier la langue, à lire, à écrire, à compter, à calculer, que les adolescents sont de plus en plus incultes et incapables d'une vraie réflexion, le pédago n'a pas un mot -- même pas la dénégation type "le niveau monte", mais la pure et simple négation, la scotomisation comme disent les khuistres (non, il ne s'agit pas de pratiques sexuelles que la morale réprouve, mais du fait de jeter dans l'ombre, "skotos", ce qu'on ne veut pas entendre). Tout va très bien, madame la marquise. S'il y a de l'échec, un peu de remédiation (quel horrible mot) y pourvoira, comme si l'échec n'était pas fabriqué par le système lui-même. Mais il est plus facile de crier au fascisme que de remettre un tant soit peu en cause les dogmes de sa foi.

Écrit par : FGuichard | 15 décembre 2006

Pour changer un peu, la suite de mon "analyse" des programmes 2002 sur la maternelle:

Les méthodes :
a) elles s’appuient sur :
1) la capacité d’imitation de l’enfant :
Cette capacité pourrait en effet être utilisée avec bonheur dans tous les domaines évoqués dans le paragraphe concernant l’autonomie :
• La maîtresse rentrerait dans les locaux la première, l’ATSEM fermerait le rang : plus de bousculades.
• Les adultes seraient présents dans le vestiaire et montreraient aux enfants comment se déshabiller, suspendre ses vêtements, retourner dehors pour vider ses chaussures ; très vite, encouragés par l’exemple et la demande des adultes, les plus grands imiteraient leurs comportements et aideraient les plus maladroits.
• Un adulte accompagnerait les enfants à la salle d’eau toute l’année : de moins en moins d’eau partout, d’essuie-mains maculés de peinture, de chasses d’eau non tirées,...
et on pourrait continuer ainsi pour tous les points évoqués... en gardant à l’esprit que si X, Y ou Z ont plus de peine que les autres, c’est peut-être que cette capacité d’imitation n’a pas été suffisamment sollicitée à la maison et que, c’est la deuxième mission de l’école maternelle, la maîtresse doit « cent fois sur le métier remettre son ouvrage » en anticipant les « comportements déviants » (donner la main, parler gentiment avant plutôt que de crier et punir après...)

2) la capacité d’invention de l’enfant :
Là, j’ai peur... N’oublions pas que, selon Freud, « l’enfant est un pervers polymorphe »... Rappelons-nous comment les émissions radiophoniques de F. Dolto ont été dévoyées pendant l’enfance des enseignantes actuelles...
Il est vrai que les petits enfants des sociétés « en voie de développement » se fabriquent seuls des jouets à partir de bouts de ficelle et qu’un enfant bien « canalisé » peut inventer des merveilles... mais encore faut-il fournir des cadres à son esprit d’invention... Sinon le bon sauvage risque fort de se transformer en sauvageon d’autant plus que papa et maman ont été eux aussi élevés par des «doltomaniaques »...
Et c’est ainsi qu’une petite fille de trois ans se fait gravement molester par trois « grands » de cinq ans pendant une récréation...

Écrit par : catmano | 15 décembre 2006

Catmano
A propos de la capacité d'imitation, qui me semble un élément capital, je n'ai pas compris si les méthodes des programmes 2002 préconisent ou non d'y faire appel.

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

"La prolongation de la scolarité, le collège unique, la rénovation pédagogique, la production de nouveaux programmes en termes de compétences plutôt qu'en catalogue de notions, la mise en cause des méthodes d'apprentissage de la lecture ne sont pas des avatars, des produits de la folie de quelques illuminés. Il s'agit d'une volonté politique noble dans une société qui n'est pas figée comme M. BRIGHELLI peut la rêver, mais qui vit, qui est en mouvement, un mouvement qui s'accélère, qui impose des changements, des réformes, et même des ruptures. Il n'y a guère de progrès sans rupture."


"Puisque ces mystères nous dépassent, faisons semblant de les organiser."

Il suffit de lire ces lignes de Frackowiack pour comprendre ce qu'est réellement le pédagogisme : un poisson mort emporté par le courant...Meirieu est plus habile et ne vend pas la mèche aussi naïvement. C'est aussi la raison pour laquelle il est plus dangereux...Mais l'arrière-plan idéologique est exactement le même.

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

J'avoue que je n'ai pas compris la mansuétude de JPB lorsque l'infâme Frackowiak était en difficulté avec Gilles de Robien, car il était prévisible que l'individu profiterait du moindre espace pour continuer à frapper. Est-ce que JPB ne se laisse pas endormir de la même façon par Meirieu? Lequel est certes plus habile, - c'est l'onction qui lui vient de sa formation catho, et qui lui donne un faux air sympathique, parfois même pitoyable - mais tout aussi sectaire et retors. A moins qu'un jour il reconnaisse que la "pédagogie par objectifs" (c'est-à-dire le constructivisme) est une erreur. On n'en est pas là!

Écrit par : Jean | 15 décembre 2006

Quelques nouvelles de mon amie de Saint- Quentin : la ville est en fête et attend sa Miss qui sera de retour dimanche; Le Proviseur du lycée est heureux. Ouf ! Je me faisais du souci pour rien. C'est vrai quoi, c'est pas facile de concilier les honneurs et le rythme soutenu des études de lettres sup. En fin tout s'arrange et peut-être y aura t-il un défilé avec la fanfare et les pompiers ? Heureusement , cette élection aura permis de remarquer la grâce et le sourire de jeune fille injustement méconnue jusqu'à ce jour . Et les lettres dans tout ça ont-elles joué un rôle ? En parlera t-on encore ? C'est plus fort que moi il faut toujours que je fasse du souci pour rien. Allez parlons d'autre chose.
Hier soir j'ai revu "La guerre des boutons" 1960, film d'Yves Robert d'après le roman de Louis Pergaud mais dont l'action est reportée après le passage des deux guerres . François Boyer, scénariste et dialoguiste né en 1920 a été marqué par
l'empreinte douloureuse de la première et a vécu les souffrances de la seconde. Les enfants jouent à la guerre, réorganisent les grades militaires à leur idée, (leplus haut des grades étant bien sûr celui de première classe et le colonel se devant d'obéir au chef Lebrac ) s'organisent en société républicaine où l'égalité devant l'impôt pose bien des difficultés ( " Et les pauvres alors ? Tu fais honte aux pauvres Lebrac ! " ) et construisent une cabane en procédant à des calculs révélant leurs connaissances et leur mise en application. Ils jonglent avec les formules des surfaces et volumes, trouvent des solutions pour gagner quelques sous, tiennent un budget... Quand la cabane est détruite suite à la trahison vengeresse d'un judas , un gamin de la bande indigné s'écrie: "La cabane c'était notre courage, notre travail, notre instruction !"
A la fin du film ,Lebrac est conduit en pension par le maître d'école . Le père s'est déchargé sur l'instituteur de la démarche . Pourtant Lebrac aurait bien aimé que son père l'accompagne. Mais le père de Lebrac ... sans commentaire.
Quant au brave instituteur il résume son rôle à ces quelques mots en évoquant ses élèves : "J'les connais, j'suis même payé pour ça. Fort mal d'ailleurs. "
Les parents de François Boyer étaient instituteurs en milieu rural depuis plusieurs générations. Dans son autobiographie :" Le match du siècle" François Boyer évoque la classe de son père où lui-même était élève : un théâtre où le père acteur racontait de merveilleuses histoires mais où il fallait aussi apprendre les leçons et faire les exercices.
Je crois que "La guerre des boutons " n'a pas vraiment vieilli. Bonne journée.

Écrit par : CHARPENTIER Hélène | 15 décembre 2006

Bonjour!
Ouhlala, Monsieur Pierre Frackowiak!!! Comme vous y allez!!!!Vos comparaisons ne tiennent pas la route...Vous sombrez dans une facilité que vous critiquez tant chez JPB...
Faudrait relire votre copie Monsieur ;-)

Écrit par : nathalie | 15 décembre 2006

Juste une remarque en passant à propos de Frackowiak:

Une chose est claire, c'est la lutte entre la classe des charlatans de son espèce et celle des praticiens éclairés par la raison, le bon sens et certaine tradition. Ce type a du pouvoir, trop de pouvoir dans son aire d'IEN et il doit être combattu. On doit admettre qu'une fracture s'est ouverte entre les parasites à prétention scientifique et les praticiens du terrain qui mesurent les dégâts déjà réalisés par cette clique. Si Sarko est élu je souhaite qu'il ait le courage d'arracher ces tiques de l'EN. Ces gens ont un pouvoir considérables sur nombre de collègues qui ont peur pour leur carrière, leur avancée d'échelons. Guerre à ces idéologues parés de progressisme et d'antilibéralisme... les grands mots! Guerre à ces mauvais démiurges! Guerre à ces agents de la confusion et du relativisme en mouvement!

Écrit par : Léo | 15 décembre 2006

Frackcoviak craint -il que nous oubliions le pédagogisme pour nous en mettre et remettre cinq tonnes?
J'apprécie la formule" pour apprendre à lire, il faut lire ". Pas besoin d'apprentissages. Donc, Jean-Paul, quand vous vous essayerez à la GS sur les conseils de ce Monsieur, vous mettrez dans les mains de chaque enfant un livre et vous verrez la magie s'opérer: ils sauront lire. Bien sûr, vous ne les ferez jamais répéter b-a ba car la richesse de votre vocabulaire aura pu "créer suffisamment d'images mentales" que les gamins se seront "appropriées". Je pernse même que par "imprégnation" ils seront mûrs pour passer l'Agreg en fin d'année.
Je me demande comment l'on peut dire autant d'absurdités en si peu de mots. Mais, le pire, c'est que suis ahurie que l'on puisse y croire. Certes, je réitère, mais je ressens encore les mêmes symptômes que chez les adeptes d'une secte. Car si l'enfant ne doit pas répéter, les pédagos eux, ne se lassent pas de le faire.

Écrit par : Alice | 15 décembre 2006

J'avoue que je n'ai pas compris la mansuétude de JPB lorsque l'infâme Frackowiak était en difficulté avec Gilles de Robien, car il était prévisible que l'individu profiterait du moindre espace pour continuer à frapper

Je comprends aussi votre étonnement, Jean. Mais je comprends aussi JPB. Ce sont les valeurs de l'ancienne France : on ne frappe pas un homme à terre, on l'aide à se relever, on lui rend son épée...

"Mais néanmoins ceux qui sont les plus généreux et qui ont l'esprit le plus fort, en sorte qu'ils ne craignent aucun mal pour eux et se tiennent au-delà du pouvoir de la fortune, ne sont pas exempts de compassion lorsqu'ils voient l'infirmité des autres hommes et qu'ils entendent leurs plaintes; car c'est une partie de la générosité que d'avoir de la bonne volonté pour tout un chacun." (René Descartes, Traité des Passions, article 187)

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

Jean

Je sais que vous partagez ces idées-là vous aussi, à la manière dont vous parlez de votre métier.

Quand on a appris à vivre avec Le Cid, les Trois Mousquetaires, Cyrano de Bergerac et Michel Strogoff...On ne se refait pas !

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

Certes, certes, Robin, mais n'y avait-il pas aussi un devoir de protéger des centaines de milliers d'élèves et quelques centaines ou quelques milliers de professeurs contre la malfaisance d'un pareil individu en lui ôtant son pouvoir, c'est-à-dire son pouvoir de nuire? Au surplus, il était en train de se perdre par ses propres erreurs. Que pouvions-nous souhaiter de mieux? N'était-ce pas , d'ailleurs, la meilleure façon de le respecter en tant qu'être responsable que de le laisser assumer les conséquences de ses actes ?

Écrit par : Jean | 15 décembre 2006

Au surplus, il était en train de se perdre par ses propres erreurs.

Je ne connais pas exactement le contexte, pouvez-vous m'expliquer.

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

Il avait eu des mots très durs, pour ne pas dire à la limite de la courtoisie (dans le style qu'il affectionne), à l'égard des décisions prises par le ministre Gilles de Robien à propos de la lecture, tout en étant IDEN, c'est-à-dire fonctionnaire d'autorité censé appliquer les décisions dudit ministre. Gilles de Robien l'avait menacé de sanction, ce qui n'était que logique. On devrait pouvoir retrouver les détails de cette affaire. Ou plutôt JPB devrait pouvoir nous les rappeler sur ce blog, s'il veut bien.

Écrit par : Jean | 15 décembre 2006

JPB en a déjà parlé longuement dans ce blog après sa participation à l'émission de S. Bern.

Écrit par : utile baron | 15 décembre 2006

J'avoue avoir du mal à comprendre la psychologie de ce genre d'individu. Considérer le collège unique comme un "progrès social"...Vanter les mérites de la méthode globale alors que tout le monde voit que c'est un désastre.

Oui, la méthode globale, c'est "globalement positif"...comme disait Georges Marchais du communisme.

Le sanctionner...Oui, mais vous connaissez l'aptitude de ces gens-là à se faire passer pour des victimes, à crier à la persécution, à rameuter le ban et l'arrière ban...

Quelqu'un sur ce blog a parlé de secte. Le terme est juste. On les sent littéralement possédés par leurs illusions...Et ils sont nombreux.

Vous savez ce que disait Chesterton : il est possible de se battre contre des tigres et des scorpions, mais il est extrêmement difficile de sa battre contre une nuée de mouches.

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

Pour tous les Brighelliens qui veulent voir de leurs yeux ce qu'est le marxisme-léninisme à l'état pur, je vous invite à venir juger de la censure et "du postage en placards" sur le forum de France2, fils éducation, où les quelques que nous sommes parfois se voient délibérément insultés, et jusqu'ici traqués lorsqu'ils s'affublent de nos pseudos pour diffuser les paroles de Frackowiak et Meirieu.

Vous trouverez les fautifs sans astuce particulière, leur langage se résumant pour leur grande joie à : **** de libéral, **** d'archaïque, **** de passéiste, **** de facho de SOS Edu***, *** de rétrograde, quand ce n'est pas bien sûr le gimmick de cellule : **** de ****.

A tous, mille excuses pour ces chevelus dans la soupe, je ne préfère pas évoquer vos quilles. :)

Écrit par : D'Enguell | 15 décembre 2006

"Il avait eu des mots très durs, pour ne pas dire à la limite de la courtoisie (dans le style qu'il affectionne), à l'égard des décisions prises par le ministre Gilles de Robien à propos de la lecture, tout en étant IDEN, c'est-à-dire fonctionnaire d'autorité censé appliquer les décisions dudit ministre."

Ecrit par : Jean | 15 décembre 2006

Il me semble avoir entendu prêcher, par un certain nombre de "Brighelliens", la désobéissance civique par rapport aux textes officiels... Y-aurait-il deux poids, deux mesures?
De plus, Jean, les IDEN n'existent plus depuis bien longtemps! Nous montreriez-vous par (le lapsus de) l'utilisation de cet archaïsme votre désir inconscient de retour au passé?

Écrit par : christophe sibille | 15 décembre 2006

Bonsoir…
I'm back, comme disait ce vieux fasciste de MacArthur…

J'espère que tout le monde a bien saisi ce que signifiait AUSSI l'envoi, par huit fois, du texte de Frackowiack sur ma pomme.
(Par parenthèse, j'ai eu connaissance de texte dès le mois de mai — d'où mon ire, à l'égard du personnage. Je lui avais rasé la tête pendant l'émission de Stéphane Bern, et pour moi, cela suffisait. J'ai eu tort. "Si vous le rencontrez jamais, dit Grimaud, quelque part que ce soit, sur la grande route, dans la rue, dans une église, partout où il sera et où vous serez, mettez le pied dessus et écrasez-le sans pitié, sans miséricorde, comme vous deriez d'une vipère, d'un serpent, d'un aspic ; écrasez-le, et ne le quittez que quand il sera mort." — Dumas, Vingt ans après).
Donc, ce que signifie cette rafale du même texte inepte, c'est que ces messieurs les pédagogues ont repéré la liste de tous les gens qui ici les critiquent, et s'amusent à leur attribuer des envois — pour leur signaler qu'ils les connaissent, et qu'ils se vengeront, à l'occasion.
Pauvres cloches ! Pauvres doriotistes de gauche ! Pauvre gauche !
Allez, jouons au même jeu : j'autorise tout le monde à récupérer ici les textes les plus adéquats, parmi tout ce qui a été écrit depuis un an sur ce blog, et à inonder les forums où ces petits fachos se répandent.
À demain.
JPB

Écrit par : brighelli | 15 décembre 2006

Il me semble avoir entendu prêcher, par un certain nombre de "Brighelliens", la désobéissance civique par rapport aux textes officiels... Y-aurait-il deux poids, deux mesures?

Oui Christophe, il y a deux poids et deux mesures. Nous, on la paie ou on l'a payé cher la "désobéissance civique" (moi en tout cas, mais je n'ai pas la vanité de me croire seul), lui non. Sa façon à lui de résister, comme disent les québecois, "ça n'a pas d'allure".

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

Donc, ce que signifie cette rafale du même texte inepte, c'est que ces messieurs les pédagogues ont repéré la liste de tous les gens qui ici les critiquent, et s'amusent à leur attribuer des envois — pour leur signaler qu'ils les connaissent, et qu'ils se vengeront, à l'occasion.

Qu'ils y viennent et ils apprendront ce que c'est qu'une caboche de breton. Et s'ils me disent qu'ils se battent pour l'honneur, je leur répondrai comme Surcouf aux anglais.

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

Anglais avec une majuscule. On doit respecter ses ennemis, mais il y en a de moins respectables que d'autres.

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

C'est moi qui ais parlé de sectes à propos des pédagogues, mais on peut généraliser à toute association - fût-elle de malfaiteurs... Et je ne suis pas si sûr que les méthodes - infâmes - de l'adversaire nous grandiraient.

Qui a écrit :

"Qu'est-ce qu'un ministère socialiste ? Nous le savons aujourd'hui : c'est un ministère qui éxécute les besognes que le pays ne souffrirait pas d'un gouvernement de droite.../..."

Philippe.

Écrit par : Philippe Delarouzée | 15 décembre 2006

Allez, jouons au même jeu : j'autorise tout le monde à récupérer ici les textes les plus adéquats, parmi tout ce qui a été écrit depuis un an sur ce blog, et à inonder les forums où ces petits fachos se répandent.

J-P. B

Je pense que là, nous entrerions dans un dialogue de sourds, voire dans une lutte vaine. Un débat télé entre J-P. B et Frackoviack a pu réveiller la foule, un combat sur les fils de France 2 ne fera que renforcer les convictions qui circulent. Car, de leur côté comme du nôtre, l'on y trouvera toujours les mêmes et peu d'impact sur la masse ovine. De plus, l'agressivité ascendante ne pourrait que se retourner contre nous. Car le ton peut devenir très vite proche de celui du borgne: ils n'attendent que ça! Pour une inondation, attention alors au choix judicieux de posts écrits sur un mode tempérant!

Écrit par : Alice | 15 décembre 2006

J'ai moi aussi parlé de secte, sans avoir la sensation d'exagérer, mais car mes tentatives de dialogue avec les formatés m'ont laissé voir tous les critères donnés en psychologie aux victimes de secte. Cela relève de l'ordre du constat.

Écrit par : Alice | 15 décembre 2006

Pour les adeptes "progressistes" de l'IUFM, voici un exemple de progrès accompli avec leurs méthodes:

Ma fille a appris à lire avec L'ARCHAïQUE méthode syllabique en CP.
Résultat : elle savait lire à peu près couramment à la veille des vacances de Noël.

Le petit-fils de ma voisine a commencé son CP avec la PROGRESSISTE méthode globale.
Résultat : il ne savait toujours pas lire à la fin de l'année scolaire comme tous les autres élèves de la classe (sauf certains qui avaient bénéficié de cours de rattrapage à la maison avec la RETROGRADE méthode Boscher).
L'année suivante, en CE1, la maîtresse a annoncé que son objectif était que tous les enfants sachent lire au mois de février. Que de temps perdu !!!

Ma fille qui est aujourdhui en CM1 n'a pas encore commencé
à apprendre la division : nous ne devons pas nous inquieter: mais surtout il ne faut pas lui apprendre à la maison, nous a dit son institutrice. Sauf que j'ai déjà commencé tranquillement cet été et ma fille adore faire des divisions!!!
DISCOURS DE L'ORHOPHONISTE de ma fille (qui a des problèmes d'abstraction): surtout faîtes lui faire des divisions et des problèmes.

Pour résoudre l'unique problème hebdomadaire de maths à l'école, elle doit commencer par répondre à 3 questions:
Quelle est la situation de départ?
Quelle est la situation de transition ?
Quelle est la situation d'arrivée ?

Que de complications por des enfants qui ont besoin avant tout de simplicité pour comprendre?

J'ajoute que j'ai mis ma fille dans une école privée pensant qu'il y avait plus de liberté pédagogique face aux inepties de l'IUFM. Mais c'est pareil ! surtout chez les plus jeunes instituteurs qui ont subi le bourrage de crâne IUFMesque.

Écrit par : frederique | 15 décembre 2006

" Catmano
A propos de la capacité d'imitation, qui me semble un élément capital, je n'ai pas compris si les méthodes des programmes 2002 préconisent ou non d'y faire appel.

Ecrit par : Robin | 15 décembre 2006 "

Elles préconisent, elles préconisent. Le problème est plutôt : "Qui sont-ils censés imiter ?"

Écrit par : catmano | 15 décembre 2006

Que de complications por des enfants qui ont besoin avant tout de simplicité pour comprendre?

Frédérique.
Ils appellent cela la "métacognition"...cela arrive juste après la métaphysique...
Merci de votre témoignage. Et si le privé est aussi débile, remettez votre fille dans le public, en trouvant une adresse proche d'une école bien ringarde!!! C'est ce que faisaitt la majorité des collègues conscients!

Écrit par : Alice | 15 décembre 2006

Que de complications por des enfants qui ont besoin avant tout de simplicité pour comprendre?

Frédérique.
Ils appellent cela la "métacognition"...cela arrive juste après la métaphysique...
Merci de votre témoignage. Et si le privé est aussi débile, remettez votre fille dans le public, en trouvant une adresse proche d'une école bien ringarde!!! C'est ce que faisaitt la majorité des collègues conscients!

Écrit par : Alice | 15 décembre 2006

Jean

Je n'arrive pas à comprendre. Cette histoire d'enseignement du français en séquences au collège qui nous est tombée dessus en 96, ça vient d'où ? Ca ne peut quand même pas venir des inspecteurs généraux, si ?

Écrit par : Robin | 15 décembre 2006

Ce qui caractérise les "pédagogistes", (les "pédagogues" , comme l'écrit Frackowiak avec l'infâme toupet, et la volonté de désinformer le public , de laisser entendre qu'il n'y a de "pédagogues" que ceux de sa secte) c'est le charabia prétentieux et vain("entrer dans les apprentissages"), les idées fausses ("l'enfant construit par lui-même ses savoirs") et l'échec pédagogique sur toute la ligne (cinq fautes par lignes en moyenne dans une copie de bachelier). N'est-ce pas sur ces trois points qu'il faut les combattre devant l'opinion publique, qui est d'ailleurs de notre avis dès qu'elle est informée, et qu'il est aisé pour nous de le faire, sans élever la voix, par la seule force de nos arguments?

Écrit par : Jean | 15 décembre 2006

"Ma fille qui est aujourdhui en CM1 n'a pas encore commencé
à apprendre la division"

post de frederique

jetez un oeil sur ce qui se fait de l'autre coté de l'atlantique, la globale des maths!

http://www.edexcellence.net/foundation/gadfly/issue.cfm?id=138#1708
"Fuzzy math," a philosophical sibling of whole language learning,
ou les maths floues à l'image de la logique floue en automation mais apprise au niveau ingénieur.

mabiche

Écrit par : mabiche | 15 décembre 2006

Robin,
A première vue, les "séquences" sont l'application dans les classes de la "pédagogie par objectifs" à laquelle Bernard Berthelot consacre "L'imposture pédagogique", une étude où il présente et démolit les théories de Meirieu et d'Hameline et que vous trouverez en page d'accueil du site de Sauver les lettres (www.sauv.net).
Ce qui est cocasse à l'avance, c'est que nos pédagogistes convaincus, qui ont fait leur carrière sur la traduction des pédagogues américains, seront obligés de dire à peu près le contraire de ce qu'ils ont toujours dit dès le moment où plus personne aux USA ne défendra la "pédagogie par objectifs et le constructivisme"! Et c'est pour bientôt, si l'on en croit certaines parutions citées sur ce blog.Trop drôle! C'est dans Zadig, je crois, qu'il y a un défilé piteux de ces repentis?

Écrit par : Jean | 15 décembre 2006

Frédérique,
C'est La Fabrique du Crétin dans toute sa splendeur!
Au fait, avez-vous signé et fait signer largement l'Appel pour la refondation de l'école" (www.refondation-ecole.net)? C'est une des façons de protester.

Écrit par : Jean | 15 décembre 2006

GARDE-A-VOUS !

Des anti-pédagogues, qui font de leur incompétence vertu, sont invités avec complaisance par certains médias. Jouant les "maquisards", ils sont en fait bien introduits auprès de Robien. Gavage et dressage sont leurs mots d'ordre !

Lire la suite sur :

http://education.devenir.free.fr/Forum.htm

Amis Brighelliens ne désespérez pas de billes en cour ...

Écrit par : Patrick | 15 décembre 2006

Ne nous laissons pas impressionner pour si peu. Ce pauvre Grandserre copie/colle le même texte un peu partout, ce qui lui donne une illusion d'ubiquité, ainsi que d'omniscience. Ce Moïse nouveau proclamait, sur le site de Meirieu " dix vérités incontournables sur le débat de la lecture", en toute modestie: (http://www.meirieu.com/FORUM/dixveritesgrandserre.htm).

Aussi je persiste à penser que les véritables ratichons, calotins et culs-bénis ne sont pas forcément du côté de Laurent Lafforgue. Pour ne pas être en reste, prêchons, nous aussi, les dix vérités incontournables de Sylvain Grandserre:

1° Parlez-moi d'moi, y'a qu'ça qui m'intéresse

2° "-Je soutiens qu'on n'en peut faire de meilleur
Et ma grande raison, c'est que j'en suis l'auteur!
-Vous? -Moi"

3° Au temps pour moi

4° L'amour de moy cy est enclose.

5° Dans un si grand revers que nous reste-t-il? Moi. Moi, dis-je, et c'est assez.

6° C'est Moi-Même, messieurs, sans nulle vanité

7° Moi, si j'étais le gouvernement...

8° Ce que j'en dis, moi...

9° Madame Bovary, c'est moi.

10° ça plane pour moi, moi , moi, moi, moi!

Écrit par : Jean-François Croz | 15 décembre 2006

A JPB: à propos de la grâce, je vous ai adressé quelques réflexions le 13 /12 sous le tite : Le Professeur et la Grâce.

A propos de la Police de la Pédagogie: On a peur! Que peuvent ces minus drapés de leur toge d'inspecteurs? Cursus des honneurs pour étendre leur pouvoir tout en ruminant du sociologisme et de l'idéologie critique du libéralisme... Grotesques qui ne font pas rire, monstres dont Didi est une figure presque sympathique:" Lao tseu a dit : il faut trouver la Voie.." Je vais vous couper la tête." Les abrutis installés dans l'administration de l'EN et dans les IUFM sont des coupeurs de têtes. Ils ont trouvé la Voie! Malheur à ceux qui ne rentrent pas la tête!
On a peur! BRRRR!BBRRRR! BRRRIGHELLLLIII!!!!!
De Robien n'a pas perdu la tête. Pourquoi? Centrisme de Bayroute? Peut-être... Il peut passer la serpillière avant son départ , non? Un grand coup de torchon pour paraître plus sincère, non? Ministre faux cul, oui! Espoir d'un poste en 2007: au service de la France, bien sûr! et de son ego, un "ptipeu".
J'aime le ton de ce blog, plus mesuré que celui des semaines précédentes. Il fallait bien se défouler et vomir sur les larves. Maintenant, pour répondre aux spasmes du dragon il convient d'être pointus, vifs, tenaces, acides et sans concessions.
Les pédagogistes viennent sur le Blog: ils ont mal au crâne mais ils restent à l'écoute: mal aux cheveux? Servons leur un rince cochon!
Ils ne savent pas à qui ils ont affaire. Ont-ils les molets assez durs pour tenir le rythme vers un sommet? Ont-ils le souffle assez juste pour tenir une longue distance? La forme physique accompagne celle du mental pour tenir et maîtriser les classes!
Maîtres nous sommes dans nos classes et ces C. peuvent toujours faire les moustiques, ils passeront, simplement, si on ne les a pas tués, de suite, avec une claque au moment juste.

Consternant: la frousse, l'obéissance -hypocrite- des profs - ils ne valent pas mieux que ce raccourci!- face à un inspecteur. Petits soldats aux ordres, on ne moufte pas! Que signifie cette obéissance de fonctionnaires à des C. ? Les mêmes qui envoyèrent se faire massacrer des soldats dans les tranchées. Principe d'Obéissance? A des gens de gauche? On croit rêver. Les mêmes qui hurlent contre les règles du Monde - bourgeois , capitaliste-, qui sont dans des cercles de réflexion pour changer le Monde. Il faut leur obéir à ceux-là?
Manquent pas de culots!
Stop pour ce soir: j'ai les coquillles Saint Jacques qui attendent et le Colombelle au frais et la viole de gambe vient me chatouiller les oreilles. Messieurs les "tutueurs" je ne vous salue pas! Aux autres, mes amitiés complices.
RESISTER!

Écrit par : Léo | 15 décembre 2006

JPB, je viens d'écrire un long texte qui ne passe pas . C'est déprimant! Je reviendrai demain. Le 13/12 je vous ai adressé une réponse - un fragment- à propos de la grâce: Le Professeur et la Grâce.

Je vais manger mes coquilles Saint Jacques , boire du Colombelle et écouter la viole de gambe ....
Perdre du temps m'énerve!

Écrit par : Léo | 15 décembre 2006

Incroyable! le texte est finalement passé. Bon, c'est bien. A demain, si vous le voulez bien!

Écrit par : Léo | 15 décembre 2006

Préambule
Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.

Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.

Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations.

Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.

L'Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2
1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.



Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.
Article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.
Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
Article 10
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
Article 11
1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.

2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.

Article 12
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
Article 13
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14
1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.

2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 15
1. Tout individu a droit à une nationalité.

2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

Article 16
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.

2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.

3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.

Article 17
1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.

2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété

Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.
Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Article 20
1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.

2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.

Article 21
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.

2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.

3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Article 22
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.

2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.

3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.

4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.


Article 24
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.
Article 25
1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.


Article 26
1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.

2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.


Article 27
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.

2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

Article 28
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Article 29
1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.

2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.

3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 30
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

Préparé par la Section du site Internet, Département de l'information © ONU
Ecrivez-nous si vous rencontrez des problèmes sur ce

Écrit par : catmano | 16 décembre 2006

On December 10, 1948 the General Assembly of the United Nations adopted and proclaimed the Universal Declaration of Human Rights the full text of which appears in the following pages. Following this historic act the Assembly called upon all Member countries to publicize the text of the Declaration and "to cause it to be disseminated, displayed, read and expounded principally in schools and other educational institutions, without distinction based on the political status of countries or territories."
PREAMBLE
Whereas recognition of the inherent dignity and of the equal and inalienable rights of all members of the human family is the foundation of freedom, justice and peace in the world,

Whereas disregard and contempt for human rights have resulted in barbarous acts which have outraged the conscience of mankind, and the advent of a world in which human beings shall enjoy freedom of speech and belief and freedom from fear and want has been proclaimed as the highest aspiration of the common people,

Whereas it is essential, if man is not to be compelled to have recourse, as a last resort, to rebellion against tyranny and oppression, that human rights should be protected by the rule of law,

Whereas it is essential to promote the development of friendly relations between nations,

Whereas the peoples of the United Nations have in the Charter reaffirmed their faith in fundamental human rights, in the dignity and worth of the human person and in the equal rights of men and women and have determined to promote social progress and better standards of life in larger freedom,

Whereas Member States have pledged themselves to achieve, in co-operation with the United Nations, the promotion of universal respect for and observance of human rights and fundamental freedoms,

Whereas a common understanding of these rights and freedoms is of the greatest importance for the full realization of this pledge,

Now, Therefore THE GENERAL ASSEMBLY proclaims THIS UNIVERSAL DECLARATION OF HUMAN RIGHTS as a common standard of achievement for all peoples and all nations, to the end that every individual and every organ of society, keeping this Declaration constantly in mind, shall strive by teaching and education to promote respect for these rights and freedoms and by progressive measures, national and international, to secure their universal and effective recognition and observance, both among the peoples of Member States themselves and among the peoples of territories under their jurisdiction.

Article 1.
All human beings are born free and equal in dignity and rights.They are endowed with reason and conscience and should act towards one another in a spirit of brotherhood.

Article 2.
Everyone is entitled to all the rights and freedoms set forth in this Declaration, without distinction of any kind, such as race, colour, sex, language, religion, political or other opinion, national or social origin, property, birth or other status. Furthermore, no distinction shall be made on the basis of the political, jurisdictional or international status of the country or territory to which a person belongs, whether it be independent, trust, non-self-governing or under any other limitation of sovereignty.

Article 3.
Everyone has the right to life, liberty and security of person.

Article 4.
No one shall be held in slavery or servitude; slavery and the slave trade shall be prohibited in all their forms.

Article 5.
No one shall be subjected to torture or to cruel, inhuman or degrading treatment or punishment.

Article 6.
Everyone has the right to recognition everywhere as a person before the law.

Article 7.
All are equal before the law and are entitled without any discrimination to equal protection of the law. All are entitled to equal protection against any discrimination in violation of this Declaration and against any incitement to such discrimination.

Article 8.
Everyone has the right to an effective remedy by the competent national tribunals for acts violating the fundamental rights granted him by the constitution or by law.

Article 9.
No one shall be subjected to arbitrary arrest, detention or exile.

Article 10.
Everyone is entitled in full equality to a fair and public hearing by an independent and impartial tribunal, in the determination of his rights and obligations and of any criminal charge against him.

Article 11.
(1) Everyone charged with a penal offence has the right to be presumed innocent until proved guilty according to law in a public trial at which he has had all the guarantees necessary for his defence.

(2) No one shall be held guilty of any penal offence on account of any act or omission which did not constitute a penal offence, under national or international law, at the time when it was committed. Nor shall a heavier penalty be imposed than the one that was applicable at the time the penal offence was committed.

Article 12.
No one shall be subjected to arbitrary interference with his privacy, family, home or correspondence, nor to attacks upon his honour and reputation. Everyone has the right to the protection of the law against such interference or attacks.

Article 13.
(1) Everyone has the right to freedom of movement and residence within the borders of each state.

(2) Everyone has the right to leave any country, including his own, and to return to his country.

Article 14.
(1) Everyone has the right to seek and to enjoy in other countries asylum from persecution.

(2) This right may not be invoked in the case of prosecutions genuinely arising from non-political crimes or from acts contrary to the purposes and principles of the United Nations.

Article 15.
(1) Everyone has the right to a nationality.

(2) No one shall be arbitrarily deprived of his nationality nor denied the right to change his nationality.

Article 16.
(1) Men and women of full age, without any limitation due to race, nationality or religion, have the right to marry and to found a family. They are entitled to equal rights as to marriage, during marriage and at its dissolution.

(2) Marriage shall be entered into only with the free and full consent of the intending spouses.

(3) The family is the natural and fundamental group unit of society and is entitled to protection by society and the State.

Article 17.
(1) Everyone has the right to own property alone as well as in association with others.

(2) No one shall be arbitrarily deprived of his property.

Article 18.
Everyone has the right to freedom of thought, conscience and religion; this right includes freedom to change his religion or belief, and freedom, either alone or in community with others and in public or private, to manifest his religion or belief in teaching, practice, worship and observance.

Article 19.
Everyone has the right to freedom of opinion and expression; this right includes freedom to hold opinions without interference and to seek, receive and impart information and ideas through any media and regardless of frontiers.

Article 20.
(1) Everyone has the right to freedom of peaceful assembly and association.

(2) No one may be compelled to belong to an association.

Article 21.
(1) Everyone has the right to take part in the government of his country, directly or through freely chosen representatives.

(2) Everyone has the right of equal access to public service in his country.

(3) The will of the people shall be the basis of the authority of government; this will shall be expressed in periodic and genuine elections which shall be by universal and equal suffrage and shall be held by secret vote or by equivalent free voting procedures.

Article 22.
Everyone, as a member of society, has the right to social security and is entitled to realization, through national effort and international co-operation and in accordance with the organization and resources of each State, of the economic, social and cultural rights indispensable for his dignity and the free development of his personality.

Article 23.
(1) Everyone has the right to work, to free choice of employment, to just and favourable conditions of work and to protection against unemployment.

(2) Everyone, without any discrimination, has the right to equal pay for equal work.

(3) Everyone who works has the right to just and favourable remuneration ensuring for himself and his family an existence worthy of human dignity, and supplemented, if necessary, by other means of social protection.

(4) Everyone has the right to form and to join trade unions for the protection of his interests.

Article 24.
Everyone has the right to rest and leisure, including reasonable limitation of working hours and periodic holidays with pay.

Article 25.
(1) Everyone has the right to a standard of living adequate for the health and well-being of himself and of his family, including food, clothing, housing and medical care and necessary social services, and the right to security in the event of unemployment, sickness, disability, widowhood, old age or other lack of livelihood in circumstances beyond his control.

(2) Motherhood and childhood are entitled to special care and assistance. All children, whether born in or out of wedlock, shall enjoy the same social protection.

Article 26.
(1) Everyone has the right to education. Education shall be free, at least in the elementary and fundamental stages. Elementary education shall be compulsory. Technical and professional education shall be made generally available and higher education shall be equally accessible to all on the basis of merit.

(2) Education shall be directed to the full development of the human personality and to the strengthening of respect for human rights and fundamental freedoms. It shall promote understanding, tolerance and friendship among all nations, racial or religious groups, and shall further the activities of the United Nations for the maintenance of peace.

(3) Parents have a prior right to choose the kind of education that shall be given to their children.

Article 27.
(1) Everyone has the right freely to participate in the cultural life of the community, to enjoy the arts and to share in scientific advancement and its benefits.

(2) Everyone has the right to the protection of the moral and material interests resulting from any scientific, literary or artistic production of which he is the author.

Article 28.
Everyone is entitled to a social and international order in which the rights and freedoms set forth in this Declaration can be fully realized.

Article 29.
(1) Everyone has duties to the community in which alone the free and full development of his personality is possible.

(2) In the exercise of his rights and freedoms, everyone shall be subject only to such limitations as are determined by law solely for the purpose of securing due recognition and respect for the rights and freedoms of others and of meeting the just requirements of morality, public order and the general welfare in a democratic society.

(3) These rights and freedoms may in no case be exercised contrary to the purposes and principles of the United Nations.

Article 30.
Nothing in this Declaration may be interpreted as implying for any State, group or person any right to engage in any activity or to perform any act aimed at the destruction of any of the rights and freedoms set forth herein.


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Écrit par : d\'Enguell | 16 décembre 2006

Declaración Universal de Derechos Humanos
Adoptada y proclamada por la Asamblea General en su resolución 217 A (III), de 10 de diciembre de 1948

Preámbulo
Considerando que la libertad, la justicia y la paz en el mundo tienen por base el reconocimiento de la dignidad intrínseca y de los derechos iguales e inalienables de todos los miembros de la familia humana,

Considerando que el desconocimiento y el menosprecio de los derechos humanos han originado actos de barbarie ultrajantes para la conciencia de la humanidad; y que se ha proclamado, como la aspiración más elevada del hombre, el advenimiento de un mundo en que los seres humanos, liberados del temor y de la miseria, disfruten de la libertad de palabra y de la libertad de creencias,

Considerando esencial que los derechos humanos sean protegidos por un régimen de Derecho, a fin de que el hombre no se vea compelido al supremo recurso de la rebelión contra la tiranía y la opresión,

Considerando también esencial promover el desarrollo de relaciones amistosas entre las naciones,

Considerando que los pueblos de las Naciones Unidas han reafirmado en la Carta su fe en los derechos fundamentales del hombre, en la dignidad y el valor de la persona humana y en la igualdad de derechos de hombres y mujeres; y se han declarado resueltos a promover el progreso social y a elevar el nivel de vida dentro de un concepto más amplio de la libertad,

Considerando que los Estados Miembros se han comprometido a asegurar, en cooperación con la Organización de las Naciones Unidas, el respeto universal y efectivo a los derechos y libertades fundamentales del hombre, y

Considerando que una concepción común de estos derechos y libertades es de la mayor importancia para el pleno cumplimiento de dicho compromiso,

La Asamblea General

Proclama la presente Declaración Universal de Derechos Humanos como ideal común por el que todos los pueblos y naciones deben esforzarse, a fin de que tanto los individuos como las instituciones, inspirándose constantemente en ella, promuevan, mediante la enseñanza y la educación, el respeto a estos derechos y libertades, y aseguren, por medidas progresivas de carácter nacional e internacional, su reconocimiento y aplicación universales y efectivos, tanto entre los pueblos de los Estados Miembros como entre los de los territorios colocados bajo su jurisdicción.

Artículo 1
Todos los seres humanos nacen libres e iguales en dignidad y derechos y, dotados como están de razón y conciencia, deben comportarse fraternalmente los unos con los otros.

Artículo 2
Toda persona tiene los derechos y libertades proclamados en esta Declaración, sin distinción alguna de raza, color, sexo, idioma, religión, opinión política o de cualquier otra índole, origen nacional o social, posición económica, nacimiento o cualquier otra condición.

Además, no se hará distinción alguna fundada en la condición política, jurídica o internacional del país o territorio de cuya jurisdicción dependa una persona, tanto si se trata de un país independiente, como de un territorio bajo administración fiduciaria, no autónomo o sometido a cualquier otra limitación de soberanía.

Artículo 3
Todo individuo tiene derecho a la vida, a la libertad y a la seguridad de su persona.

Artículo 4
Nadie estará sometido a esclavitud ni a servidumbre; la esclavitud y la trata de esclavos están prohibidas en todas sus formas.

Artículo 5
Nadie será sometido a torturas ni a penas o tratos crueles, inhumanos o degradantes.

Artículo 6
Todo ser humano tiene derecho, en todas partes, al reconocimiento de su personalidad jurídica.

Artículo 7
Todos son iguales ante la ley y tienen, sin distinción, derecho a igual protección de la ley. Todos tienen derecho a igual protección contra toda discriminación que infrinja esta Declaración y contra toda provocación a tal discriminación.

Artículo 8
Toda persona tiene derecho a un recurso efectivo, ante los tribunales nacionales competentes, que la ampare contra actos que violen sus derechos fundamentales reconocidos por la constitución o por la ley.

Artículo 9
Nadie podrá ser arbitrariamente detenido, preso ni desterrado.

Artículo 10
Toda persona tiene derecho, en condiciones de plena igualdad, a ser oída públicamente y con justicia por un tribunal independiente e imparcial, para la determinación de sus derechos y obligaciones o para el examen de cualquier acusación contra ella en materia penal.

Artículo 11
Toda persona acusada de delito tiene derecho a que se presuma su inocencia mientras no se pruebe su culpabilidad, conforme a la ley y en juicio público en el que se le hayan asegurado todas las garantías necesarias para su defensa.
Nadie será condenado por actos u omisiones que en el momento de cometerse no fueron delictivos según el Derecho nacional o internacional. Tampoco se impondrá pena más grave que la aplicable en el momento de la comisión del delito.
Artículo 12
Nadie será objeto de injerencias arbitrarias en su vida privada, su familia, su domicilio o su correspondencia, ni de ataques a su honra o a su reputación. Toda persona tiene derecho a la protección de la ley contra tales injerencias o ataques.

Artículo 13
Toda persona tiene derecho a circular libremente y a elegir su residencia en el territorio de un Estado.
Toda persona tiene derecho a salir de cualquier país, incluso el propio, y a regresar a su país.
Artículo 14
En caso de persecución, toda persona tiene derecho a buscar asilo, y a disfrutar de él, en cualquier país.
Este derecho no podrá ser invocado contra una acción judicial realmente originada por delitos comunes o por actos opuestos a los propósitos y principios de las Naciones Unidas.
Artículo 15
Toda persona tiene derecho a una nacionalidad.
A nadie se privará arbitrariamente de su nacionalidad ni del derecho a cambiar de nacionalidad.
Artículo 16
Los hombres y las mujeres, a partir de la edad núbil, tienen derecho, sin restricción alguna por motivos de raza, nacionalidad o religión, a casarse y fundar una familia; y disfrutarán de iguales derechos en cuanto al matrimonio, durante el matrimonio y en caso de disolución del matrimonio.
Sólo mediante libre y pleno consentimiento de los futuros esposos podrá contraerse el matrimonio.
La familia es el elemento natural y fundamental de la sociedad y tiene derecho a la protección de la sociedad y del Estado.
Artículo 17
Toda persona tiene derecho a la propiedad, individual y colectivamente.
Nadie será privado arbitrariamente de su propiedad.
Artículo 18
Toda persona tiene derecho a la libertad de pensamiento, de conciencia y de religión; este derecho incluye la libertad de cambiar de religión o de creencia, así como la libertad de manifestar su religión o su creencia, individual y colectivamente, tanto en público como en privado, por la enseñanza, la práctica, el culto y la observancia.

Artículo 19
Todo individuo tiene derecho a la libertad de opinión y de expresión; este derecho incluye el no ser molestado a causa de sus opiniones, el de investigar y recibir informaciones y opiniones, y el de difundirlas, sin limitación de fronteras, por cualquier medio de expresión.

Artículo 20
Toda persona tiene derecho a la libertad de reunión y de asociación pacíficas.
Nadie podrá ser obligado a pertenecer a una asociación.
Artículo 21
Toda persona tiene derecho a participar en el gobierno de su país, directamente o por medio de representantes libremente escogidos.
Toda persona tiene el derecho de acceso, en condiciones de igualdad, a las funciones públicas de su país.
La voluntad del pueblo es la base de la autoridad del poder público; esta voluntad se expresará mediante elecciones auténticas que habrán de celebrarse periódicamente, por sufragio universal e igual y por voto secreto u otro procedimiento equivalente que garantice la libertad del voto.
Artículo 22
Toda persona, como miembro de la sociedad, tiene derecho a la seguridad social, y a obtener, mediante el esfuerzo nacional y la cooperación internacional, habida cuenta de la organización y los recursos de cada Estado, la satisfacción de los derechos económicos, sociales y culturales, indispensables a su dignidad y al libre desarrollo de su personalidad.

Artículo 23
Toda persona tiene derecho al trabajo, a la libre elección de su trabajo, a condiciones equitativas y satisfactorias de trabajo y a la protección contra el desempleo.
Toda persona tiene derecho, sin discriminación alguna, a igual salario por trabajo igual.
Toda persona que trabaja tiene derecho a una remuneración equitativa y satisfactoria, que le asegure, así como a su familia, una existencia conforme a la dignidad humana y que será completada, en caso necesario, por cualesquiera otros medios de protección social.
Toda persona tiene derecho a fundar sindicatos y a sindicarse para la defensa de sus intereses.
Artículo 24
Toda persona tiene derecho al descanso, al disfrute del tiempo libre, a una limitación razonable de la duración del trabajo y a vacaciones periódicas pagadas.

Artículo 25
Toda persona tiene derecho a un nivel de vida adecuado que le asegure, así como a su familia, la salud y el bienestar, y en especial la alimentación, el vestido, la vivienda, la asistencia médica y los servicios sociales necesarios; tiene asimismo derecho a los seguros en caso de desempleo, enfermedad, invalidez, viudez, vejez y otros casos de pérdida de sus medios de subsistencia por circunstancias independientes de su voluntad.
La maternidad y la infancia tienen derecho a cuidados y asistencia especiales. Todos los niños, nacidos de matrimonio o fuera de matrimonio, tienen derecho a igual protección social.
Artículo 26
Toda persona tiene derecho a la educación. La educación debe ser gratuita, al menos en lo concerniente a la instrucción elemental y fundamental. La instrucción elemental será obligatoria. La instrucción técnica y profesional habrá de ser generalizada; el acceso a los estudios superiores será igual para todos, en función de los méritos respectivos.
La educación tendrá por objeto el pleno desarrollo de la personalidad humana y el fortalecimiento del respeto a los derechos humanos y a las libertades fundamentales; favorecerá la comprensión, la tolerancia y la amistad entre todas las naciones y todos los grupos étnicos o religiosos; y promoverá el desarrollo de las actividades de las Naciones Unidas para el mantenimiento de la paz.
Los padres tendrán derecho preferente a escoger el tipo de educación que habrá de darse a sus hijos.
Artículo 27
Toda persona tiene derecho a tomar parte libremente en la vida cultural de la comunidad, a gozar de las artes y a participar en el progreso científico y en los beneficios que de él resulten.
Toda persona tiene derecho a la protección de los intereses morales y materiales que le correspondan por razón de las producciones científicas, literarias o artísticas de que sea autora.
Artículo 28
Toda persona tiene derecho a que se establezca un orden social e internacional en el que los derechos y libertades proclamados en esta Declaración se hagan plenamente efectivos.

Artículo 29
Toda persona tiene deberes respecto a la comunidad, puesto que sólo en ella puede desarrollar libre y plenamente su personalidad.
En el ejercicio de sus derechos y en el disfrute de sus libertades, toda persona estará solamente sujeta a las limitaciones establecidas por la ley con el único fin de asegurar el reconocimiento y el respeto de los derechos y libertades de los demás, y de satisfacer las justas exigencias de la moral, del orden público y del bienestar general en una sociedad democrática.
Estos derechos y libertades no podrán en ningún caso ser ejercidos en oposición a los propósitos y principios de las Naciones Unidas.
Artículo 30
Nada en la presente Declaración podrá interpretarse en el sentido de que confiere derecho alguno al Estado, a un grupo o a una persona, para emprender y desarrollar actividades o realizar actos tendientes a la supresión de cualquiera de los derechos y libertades proclamados en esta Declaración.

Écrit par : Guillaume | 16 décembre 2006

Всеобщая декларация прав человека
Принята и провозглашена резолюцией 217 А (III) Генеральной Ассамблеи от 10 декабря 1948 года.

ПРЕАМБУЛА
Принимая во внимание, что признание достоинства, присущего всем членам человеческой семьи, и равных и неотъемлемых прав их является основой свободы, справедливости и всеобщего мира; и

принимая во внимание, что пренебрежение и презрение к правам человека привели к варварским актам, которые возмущают совесть человечества, и что создание такого мира, в котором люди будут иметь свободу слова и убеждений и будут свободны от страха и нужды, провозглашено как высокое стремление людей; и

принимая во внимание, что необходимо, чтобы права человека охранялись властью закона в целях обеспечения того, чтобы человек не был вынужден прибегать, в качестве последнего средства, к восстанию против тирании и угнетения; и

принимая во внимание, что необходимо содействовать развитию дружественных отношений между народами; и

принимая во внимание, что народы Объединенных Наций подтвердили в Уставе свою веру в основные права человека, в достоинство и ценность человеческой личности и в равноправие мужчин и женщин и решили содействовать социальному прогрессу и улучшению условий жизни при большей свободе; и

принимая во внимание, что государства-члены обязались содействовать, в сотрудничестве с Организацией Объединенных Наций, всеобщему уважению и соблюдению прав человека и основных свобод; и

принимая во внимание, что всеобщее понимание характера этих прав и свобод имеет огромное значение для полного выполнения этого обязательства,

Генеральная Ассамблея,

провозглашает настоящую Всеобщую декларацию прав человека в качестве задачи, к выполнению которой должны стремиться все народы и государства с тем, чтобы каждый человек и каждый орган общества, постоянно имея в виду настоящую Декларацию, стремились путем просвещения и образования содействовать уважению этих прав и свобод и обеспечению, путем национальных и международных прогрессивных мероприятий, всеобщего и эффективного признания и осуществления их как среди народов государств-членов Организации, так и среди народов территорий, находящихся под их юрисдикцией.

Статья 1
Все люди рождаются свободными и равными в своем достоинстве и правах. Они наделены разумом и совестью и должны поступать в отношении друг друга в духе братства.

Статья 2
Каждый человек должен обладать всеми правами и всеми свободами, провозглашенными настоящей Декларацией, без какого бы то ни было различия, как-то в отношении расы, цвета кожи, пола, языка, религии, политических или иных убеждений, национального или социального происхождения, имущественного, сословного или иного положения.

Кроме того, не должно проводиться никакого различия на основе политического, правового или международного статуса страны или территории, к которой человек принадлежит, независимо от того, является ли эта территория независимой, подопечной, несамоуправляющейся или как-либо иначе ограниченной в своем суверенитете.

Статья 3
Каждый человек имеет право на жизнь, на свободу и на личную неприкосновенность.

Статья 4
Никто не должен содержаться в рабстве или в подневольном состоянии; рабство и работорговля запрещаются во всех их видах.

Статья 5
Никто не должен подвергаться пыткам или жестоким, бесчеловечным или унижающим его достоинство обращению и наказанию.

Статья 6
Каждый человек, где бы он ни находился, имеет право на признание его правосубъектности.

Статья 7
Все люди равны перед законом и имеют право, без всякого различия, на равную защиту закона. Все люди имеют право на равную защиту от какой бы то ни было дискриминации, нарушающей настоящую Декларацию, и от какого бы то ни было подстрекательства к такой дискриминации.

Статья 8
Каждый человек имеет право на эффективное восстановление в правах компетентными национальными судами в случаях нарушения его основных прав, предоставленных ему конституцией или законом.

Статья 9
Никто не может быть подвергнут произвольному аресту, задержанию или изгнанию.

Статья 10
Каждый человек, для определения его прав и обязанностей и для установления обоснованности предъявленного ему уголовного обвинения, имеет право, на основе полного равенства, на то, чтобы его дело было рассмотрено гласно и с соблюдением всех требований справедливости независимым и беспристрастным судом.

Статья 11
Каждый человек, обвиняемый в совершении преступления, имеет право считаться невиновным до тех пор, пока его виновность не будет установлена законным порядком путем гласного судебного разбирательства, при котором ему обеспечиваются все возможности для защиты.
Никто не может быть осужден за преступление на основании совершения какого-либо деяния или за бездействие, которые во время их совершения не составляли преступления по национальным законам или по международному праву. Не может также налагаться наказание более тяжкое, нежели то, которое могло быть применено в то время, когда преступление было совершено.
Статья 12
Никто не может подвергаться произвольному вмешательству в его личную и семейную жизнь, произвольным посягательствам на неприкосновенность его жилища, тайну его корреспонденции или на его честь и репутацию. Каждый человек имеет право на защиту закона от такого вмешательства или таких посягательств.

Статья 13
Каждый человек имеет право свободно передвигаться и выбирать себе местожительство в пределах каждого государства.

Каждый человек имеет право покидать любую страну, включая свою собственную, и возвращаться в свою страну.

Статья 14
Каждый человек имеет право искать убежища от преследования в других странах и пользоваться этим убежищем.

Это право не может быть использовано в случае преследования, в действительности основанного на совершении неполитического преступления, или деяния, противоречащего целям и принципам Организации Объединенных Наций.

Статья 15
Каждый человек имеет право на гражданство.

Никто не может быть произвольно лишен своего гражданства или права изменить свое гражданство.

Статья 16
Мужчины и женщины, достигшие совершеннолетия, имеют право без всяких ограничений по признаку расы, национальности или религии вступать в брак и основывать свою семью. Они пользуются одинаковыми правами в отношении вступления в брак, во время состояния в браке и во время его расторжения.

Брак может быть заключен только при свободном и полном согласии обеих вступающих в брак сторон.

Семья является естественной и основной ячейкой общества и имеет право на защиту со стороны общества и государства.

Статья 17
Каждый человек имеет право владеть имуществом как единолично, так и совместно с другими.

Никто не должен быть произвольно лишен своего имущества.

Статья 18
Каждый человек имеет право на свободу мысли, совести и религии; это право включает свободу менять свою религию или убеждения и свободу исповедовать свою религию или убеждения как единолично, так и сообща с другими, публичным или частным порядком в учении, богослужении и выполнении религиозных и ритуальных обрядов.

Статья 19
Каждый человек имеет право на свободу убеждений и на свободное выражение их; это право включает свободу беспрепятственно придерживаться своих убеждений и свободу искать, получать и распространять информацию и идеи любыми средствами и независимо от государственных границ.

Статья 20
Каждый человек имеет право на свободу мирных собраний и ассоциаций.

Никто не может быть принуждаем вступать в какую-либо ассоциацию.

Статья 21
Каждый человек имеет право принимать участие в управлении своей страной непосредственно или через посредство свободно избранных представителей.

Каждый человек имеет право равного доступа к государственной службе в своей стране.

Воля народа должна быть основой власти правительства; эта воля должна находить себе выражение в периодических и нефальсифицированных выборах, которые должны проводиться при всеобщем и равном избирательном праве путем тайного голосования или же посредством других равнозначных форм, обеспечивающих свободу голосования.

Статья 22
Каждый человек, как член общества, имеет право на социальное обеспечение и на осуществление необходимых для поддержания его достоинства и для свободного развития его личности прав в экономической, социальной и культурной областях через посредство национальных усилий и международного сотрудничества и в соответствии со структурой и ресурсами каждого государства.

Статья 23
Каждый человек имеет право на труд, на свободный выбор работы, на справедливые и благоприятные условия труда и на защиту от безработицы.

Каждый человек, без какой-либо дискриминации, имеет право на равную оплату за равный труд.

Каждый работающий имеет право на справедливое и удовлетворительное вознаграждение, обеспечивающее достойное человека существование для него самого и его семьи, и дополняемое, при необходимости, другими средствами социального обеспечения.

Каждый человек имеет право создавать профессиональные союзы и входить в профессиональные союзы для защиты своих интересов.

Статья 24
Каждый человек имеет право на отдых и досуг, включая право на разумное ограничение рабочего дня и на оплачиваемый периодический отпуск.

Статья 25
Каждый человек имеет право на такой жизненный уровень, включая пищу, одежду, жилище, медицинский уход и необходимое социальное обслуживание, который необходим для поддержания здоровья и благосостояния его самого и его семьи, и право на обеспечение на случай безработицы, болезни, инвалидности, вдовства, наступления старости или иного случая утраты средств к существованию по не зависящим от него обстоятельствам.

Материнство и младенчество дают право на особое попечение и помощь. Все дети, родившиеся в браке или вне брака, должны пользоваться одинаковой социальной защитой.

Статья 26
Каждый человек имеет право на образование. Образование должно быть бесплатным по меньшей мере в том, что касается начального и общего образования. Начальное образование должно быть обязательным. Техническое и профессиональное образование должно быть общедоступным, и высшее образование должно быть одинаково доступным для всех на основе способностей каждого.

Образование должно быть направлено к полному развитию человеческой личности и к увеличению уважения к правам человека и основным свободам. Образование должно содействовать взаимопониманию, терпимости и дружбе между всеми народами, расовыми и религиозными группами, и должно содействовать деятельности Организации Объединенных Наций по поддержанию мира.

Родители имеют право приоритета в выборе вида образования для своих малолетних детей.

Статья 27
Каждый человек имеет право свободно участвовать в культурной жизни общества, наслаждаться искусством, участвовать в научном прогрессе и пользоваться его благами.

Каждый человек имеет право на защиту его моральных и материальных интересов, являющихся результатом научных, литературных или художественных трудов, автором которых он является.

Статья 28
Каждый человек имеет право на социальный и международный порядок, при котором права и свободы, изложенные в настоящей Декларации, могут быть полностью осуществлены.

Статья 29
Каждый человек имеет обязанности перед обществом, в котором только и возможно свободное и полное развитие его личности.

При осуществлении своих прав и свобод каждый человек должен подвергаться только таким ограничениям, какие установлены законом исключительно с целью обеспечения должного признания и уважения прав и свобод других и удовлетворения справедливых требований морали, общественного порядка и общего благосостояния в демократическом обществе.

Осуществление этих прав и свобод ни в коем случае не должно противоречить целям и принципам Организации Объединенных Наций.

Статья 30
Ничто в настоящей Декларации не может быть истолковано, как предоставление какому-либо государству, группе лиц или отдельным лицам права заниматься какой-либо деятельностью или совершать действия, направленные к уничтожению прав и свобод, изложенных в настоящей Декларации.

Écrit par : toto | 16 décembre 2006

(أ)


الديباجة
لمّا كان الاعتراف بالكرامة المتأصلة في جميع أعضاء الأسرة البشرية وبحقوقهم المتساوية الثابتة هو أساس الحرية والعدل والسلام في العالم.

ولما كان تناسي حقوق الإنسان وازدراؤها قد أفضيا إلى أعمال همجية آذت الضمير الإنساني. وكان غاية ما يرنو إليه عامة البشر انبثاق عالم يتمتع فيه الفرد بحرية القول والعقيدة ويتحرر من الفزع والفاقة.

ولما كان من الضروري أن يتولى القانون حماية حقوق الإنسان لكيلا يضطر المرء آخر الأمر إلى التمرد على الاستبداد والظلم.

ولما كانت شعوب الأمم المتحدة قد أكدت في الميثاق من جديد إيمانها بحقوق الإنسان الأساسية وبكرامة الفرد وقدره وبما للرجال والنساء من حقوق متساوية وحزمت أمرها على أن تدفع بالرقي الاجتماعي قدمًا وأن ترفع مستوى الحياة في جو من الحرية أفسح.

ولما كانت الدول الأعضاء قد تعهدت بالتعاون مع الأمم المتحدة على ضمان إطراد مراعاة حقوق الإنسان والحريات الأساسية واحترامها.

ولما كان للإدراك العام لهذه الحقوق والحريات الأهمية الكبرى للوفاء التام بهذا التعهد.


فإن الجمعية العامة

تنادي بهذا الإعلان العالمي لحقوق الإنسان

على أنه المستوى المشترك الذي ينبغي أن تستهدفه كافة الشعوب والأمم حتى يسعى كل فرد وهيئة في المجتمع، واضعين على الدوام هذا الإعلان نصب أعينهم، إلى توطيد احترام هذه الحقوق والحريات عن طريق التعليم والتربية واتخاذ إجراءات مطردة، قومية وعالمية، لضمان الإعتراف بها ومراعاتها بصورة عالمية فعالة بين الدول الأعضاء ذاتها وشعوب البقاع الخاضعة لسلطانها.

المادة 1
يولد جميع الناس أحرارًا متساوين في الكرامة والحقوق. وقد وهبوا عقلاً وضميرًا وعليهم أن يعامل بعضهم بعضًا بروح الإخاء.

المادة 2
لكل إنسان حق التمتع بكافة الحقوق والحريات الواردة في هذا الإعلان، دون أي تمييز، كالتمييز بسبب العنصر أو اللون أو الجنس أو اللغة أو الدين أو الرأي السياسي أو أي رأي آخر، أو الأصل الوطني أو الإجتماعي أو الثروة أو الميلاد أو أي وضع آخر، دون أية تفرقة بين الرجال والنساء.

وفضلاً عما تقدم فلن يكون هناك أي تمييز أساسه الوضع السياسي أو القانوني أو الدولي لبلد أو البقعة التي ينتمي إليها الفرد سواء كان هذا البلد أو تلك البقعة مستقلاً أو تحت الوصاية أو غير متمتع بالحكم الذاتي أو كانت سيادته خاضعة لأي قيد من القيود.

المادة 3
لكل فرد الحق في الحياة والحرية وسلامة شخصه.

المادة 4
لا يجوز إسترقاق أو إستعباد أي شخص. ويحظر الإسترقاق وتجارة الرقيق بكافة أوضاعهما.

المادة 5
لا يعرض أي إنسان للتعذيب ولا للعقوبات أو المعاملات القاسية أو الوحشية أو الحاطة بالكرامة.

المادة 6
لكل إنسان أينما وجد الحق في أن يعترف بشخصيته القانونية.

المادة 7
كل الناس سواسية أمام القانون ولهم الحق في التمتع بحماية متكافئة عنه دون أية تفرقة، كما أن لهم جميعاً الحق في حماية متساوية ضد أي تمييز يُخل بهذا الإعلان وضد أي تحريض على تمييز كهذا.

المادة 8
لكل شخص الحق في أن يلجأ إلى المحاكم الوطنية لإنصافه عن أعمال فيها اعتداء على الحقوق الأساسية التي يمنحها له القانون.

المادة 9
لا يجوز القبض على أي إنسان أو حجزه أو نفيه تعسفاً.

المادة 10
لكل إنسان الحق، على قدم المساواة التامة مع الآخرين، في أن تنظر قضيته أمام محكمة مستقلة نزيهة نظراً عادلاً علنياً للفصل في حقوقه والتزاماته وأية تهمة جنائية توجه له.

المادة 11
كل شخص متهم بجريمة يعتبر بريئاً إلى أن تثبت إدانته قانوناً بمحاكمة علنية تؤمن له فيها الضمانات الضرورية للدفاع عنه.

لا يدان أي شخص من جراء أداء عمل أو الإمتناع عن أداء عمل إلاّ إذا كان ذلك يعتبر جرماً وفقاً للقانون الوطني أو الدولي وقت الارتكاب. كذلك لا توقع عليه عقوبة أشد من تلك التي كان يجوز توقيعها وقت ارتكاب الجريمة.

المادة 12
لا يعرض أحد لتدخل تعسفي في حياته الخاصة أو أسرته أو مسكنه أو مراسلاته أو لحملات على شرفه وسمعته. ولكل شخص الحق في حماية القانون من مثل هذا التدخل أو تلك الحملات.

المادة 13
لكل فرد حرية النقل واختيار محل إقامته داخل حدود كل دولة.

يحق لكل فرد أن يغادر أية بلاد بما في ذلك بلده كما يحق له العودة إليه.

المادة 14
لكل فرد الحق أن يلجأ إلى بلاد أخرى أو يحاول الالتجاء إليها هربا من الاضطهاد.

لا ينتفع بهذا الحق من قدم للمحاكمة في جرائم غير سياسية أو لأعمال تناقض أغراض الأمم المتحدة ومبادئها.

المادة 15
لكل فرد حق التمتع بجنسية ما.

لا يجوز حرمان شخص من جنسيته تعسفا أو إنكار حقه في تغييرها.

المادة 16
للرجل والمرأة متا بلغا سن الزواج حق التزوج وتأسيس أسرة دون أي قيد بسبب الجنس أو الدين. ولهما حقوق متساوية عند الزواج وأثناء قيامه وعند انحلاله.

لا يبرم عقد الزواج إلا برضى الطرفين الراغبين في الزواج رضى كاملا لا إكراه فيه.

الأسرة هي الوحدة الطبيعية الأساسية للمجتمع ولها حق التمتع بحماية المجتمع والدولة.

المادة 17
لكل شخص حق التملك بمفرده أو بالاشتراك مع غيره.

لا يجوز تجريد أحد من ملكه تعسفا.

المادة 18
لكل شخص الحق في حرية التفكير والضمير والدين. ويشمل هذا الحق حرية تغيير ديانته أو عقيدته، وحرية الإعراب عنهما بالتعليم والممارسة وإقامة الشعائر ومراعاتها سواء أكان ذلك سرا أم مع الجماعة.

المادة 19
لكل شخص الحق في حرية الرأي والتعبير. ويشمل هذا الحق حرية اعتناق الآراء دون أي تدخل، واستقاء الأنباء والأفكار وتلقيها وإذاعتها بأية وسيلة كانت دون تقيد بالحدود الجغرافية.

المادة 20
لكل شخص الحق في حرية الاشتراك في الجمعيات والجماعات السلمية.

لا يجوز إرغام أحد على الانضمام إلى جمعية ما.

المادة 21
لكل فرد الحق في الاشتراك في إدارة الشؤون العامة لبلاده ما مباشرة وإما بواسطة ممثلين يختارون اختيارا حرا.

لكل شخص نفس الحق الذي لغيره في تقلد الوظائف العامة في البلاد.

إن إرادة الشعب هي مصدر سلطة الحكومة، ويعبر عن هذه الإرادة بانتخابات نزيهة دورية تجري على أساس الاقتراع السري وعلى قدم المساواة بين الجميع أو حسب أي إجراء مماثل يضمن حرية التصويت.

المادة 22
لكل شخص بصفته عضوا في المجتمع الحق في الضمانة الاجتماعية وفي أن تحقق بوساطة المجهود القومي والتعاون الدولي وبما يتفق ونظم كل دولة ومواردها الحقوق الاقتصادية والاجتماعية والتربوية التي لا غنى عنها لكرامته وللنمو الحر لشخصيته.

المادة 23
لكل شخص الحق في العمل، وله حرية اختياره بشروط عادلة مرضية كما أن له حق الحماية من البطالة.

لكل فرد دون أي تمييز الحق في أجر متساو للعمل.

لكل فرد يقوم بعمل الحق في أجر عادل مرض يكفل له ولأسرته عيشة لائقة بكرامة الإنسان تضاف إليه، عند اللزوم، وسائل أخرى للحماية الاجتماعية.

لكل شخص الحق في أن ينشأ وينضم إلى نقابات حماية لمصلحته.

المادة 24
لكل شخص الحق في الراحة، أو في أوقات الفراغ، ولا سيما في تحديد معقول لساعات العمل وفي عطلات دورية بأجر.

المادة 25
لكل شخص الحق في مستوى من المعيشة كاف للمحافظة على الصحة والرفاهية له ولأسرته. ويتضمن ذلك التغذية والملبس والمسكن والعناية الطبية وكذلك الخدمات الاجتماعية اللازمة. وله الحق في تأمين معيشته في حالات البطالة والمرض والعجز والترمل والشيخوخة وغير ذلك من فقدان وسائل العيش نتيجة لظروف خارجة عن إرادته.

للأمومة والطفولة الحق في مساعدة ورعاية خاصتين. وينعم كل الأطفال بنفس الحماية الاجتماعية سواء أكانت ولادتهم ناتجة عن رباط شرعي أم بطريقة غير شرعية.

المادة 26
لكل شخص الحق في التعلم. ويجب أن يكون التعليم في مراحله الأولى والأساسية على الأقل بالمجان، وأن يكون التعليم الأولي إلزاميا وينبغي أن يعمم التعليم الفني والمهني، وأن ييسر القبول للتعليم العالي على قدم المساواة التامة للجميع وعلى أساس الكفاءة.

يجب أن تهدف التربية إلى إنماء شخصية الإنسان إنماء كاملا، وإلى تعزيز احترام الإنسان والحريات الأساسية وتنمية التفاهم والتسامح والصداقة بين جميع الشعوب والجماعات العنصرية أو الدينية، وإلى زيادة مجهود الأمم المتحدة لحفظ السلام.

للآباء الحق الأول في اختيار نوع تربية أولادهم.

المادة 27
لكل فرد الحق في أن يشترك اشتراكا حرا في حياة المجتمع الثقافي وفي الاستمتاع بالفنون والمساهمة في التقدم العلمي والاستفادة من نتائجه.

لكل فرد الحق في حماية المصالح الأدبية والمادية المترتبة على إنتاجه العلمي أو الأدبي أو الفني.

المادة 28
لكل فرد الحق في التمتع بنظام اجتماعي دولي تتحقق بمقتضاه الحقوق والحريات المنصوص عليها في هذا الإعلان تحققا تاما.

المادة 29
على كل فرد واجبات نحو المجتمع الذي يتاح فيه وحده لشخصيته أن تنمو نموا حرا كاملا.

يخضع الفرد في ممارسته حقوقه لتلك القيود التي يقررها القانون فقط، لضمان الاعتراف بحقوق الغير وحرياته واحترامها ولتحقيق المقتضيات العادلة للنظام العام والمصلحة العامة والأخلاق في مجتمع ديمقراطي.

لا يصح بحال من الأحوال أن تمارس هذه الحقوق ممارسة تتناقض مع أغراض الأمم المتحدة ومبادئها.

المادة 30
ليس في هذا الإعلان نص يجوز تأويله على أنه يخول لدولة أو جماعة أو فرد أي حق في القيام بنشاط أو تأدية عمل يهدف إلى هدم الحقوق والحريات الواردة فيه.



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(أ) اعتُمد بموجب قرار الجمعية العامة 217 ألف (د-3) المؤرخ في 10 كانون الأول / ديسمبر 1948.

Écrit par : toto | 16 décembre 2006

Më 10 dhjetor të vitit 1948, Asambleja e Përgjithshme e Kombeve të Bashkuara nxori dhe shpalli Deklaratën e Përgjithshme mbi të Drejtat e Njeriut, tekstin e plotë të së cilës po e botojme në faqet që vijojnë. Mbas këtij akti historik, Asambleja ftoi të gjitha shtetet anëtare që ta shpallin tekstin e Deklaratës dhe të përpiqen që të përhapet, paraqitet, lexohet dhe të shpjegohet, sidomos në shkolla dhe institucione të tjera edukuese, në të gjitha vendet dhe shtetet pa marrë parasysh statusin e tyre politik.

Teksti zyrtar i Deklaratës mund të gjindet në gjashtë gjuhë zyrtare të Kombeve të Bashkuara: angleze, frënge, kineze, ruse, spanjolle dhe arabe.


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DEKLARATA E PERGJITHSHME MBI TE DREJTAT E NJERIUT
HYRJE
Mbasi njohja e dinjitetit të lindur të të drejtave të barabarta dhe të patjetërsueshme të të gjithë anëtarëve të familjes njerëzore është themeli i lirisë, drejtësisë dhe paqes në botë;

mbasi mosrespektimi dhe përbuzja e të drejtave të njeriut ka çuar drejt akteve barbare, të cilat kanë ofenduar ndërgjegjen e njerëzimit, dhe mbasi krijimi i botës në të cilën njerëzit do të gëzojnë lirinë e fjalës, të besimit dhe lirinë nga frika e skamja është proklamuar si dëshira më e lartë e çdo njeriu;

mbasi është e nevojshme që të drejtat e njeriut të mbrohen me dispozita juridike, kështu që njeriu të mos jetë i shtrënguar që në pikën e fundit t'i përvishet kryengritjes kundër tiranisë dhe shtypjes;

mbasi është e nevojshme që të nxitet zhvillimi i marrëdhënieve miqësore midis kombeve;

mbasi popujt e Kombeve të Bashkuara vërtetuan përsëri në Kartë besimin e tyre në të drejtat themelore të njeriut, në dinjitetin dhe vlerën e personit të njeriut dhe barazinë midis burrave dhe grave dhe mbasi vendosën që të nxitin përparimin shoqëror dhe të përmirësojnë nivelin e jetës në liri të plotë;

mbasi shtetet anëtare u detyruan që, në bashkëpunim me Kombet e Bashkuara, të sigurojnë respektimin e përgjithshëm dhe zbatimin e të drejtave të njeriut dhe të lirive themelore;

mbasi kuptimi i përbashkët i këtyre të drejtave dhe lirive është më i rëndësishëm për realizimin e plotë të këtij detyrimi;

ASAMBLEJA E PERGJITHSHME shpall Këtë DEKLARATE TE PERGJITHSHME MBI TE DREJTAT E NJERIUT si ideal të përgjithshëm të cilin duhet ta arrijnë të gjithë popujt dhe të gjitha kombet, në mënyrë që çdo njeri dhe çdo organizëm shoqëror, duke pasur parasysh gjithmonë këtë Deklaratë, të përpiqet që, me anë të mësimit dhe edukimit, të ndihmonte në respektimin e këtyre të drejtave dhe lirive dhe që, me anë të masave progresive kombëtare dhe ndërkombëtare, të sigurohej njohja dhe zbatimi i tyre i përgjithshëm dhe i vërtetë, si midis popujve të vetë shteteve anëtare , ashtu edhe midis popujve të atyre territoreve që janë nën administrimin e tyre.

Neni 1.
Të gjithë njerëzit lindin të lirë dhe të barabartë në dinjitet dhe në të drejta. Ata kanë arsye dhe ndërgjegje dhe duhet të sillen ndaj njëri tjetrit me frymë vëllazërimi.

Neni 2.
Secili gëzon të gjitha të drejtat dhe liritë e parashtruara në këtë Deklaratë pa kurrfarë kufizimesh përsa i përket racës, ngjyrës, gjinisë, gjuhës, besimit fetar, mendimit politik ose tjetër, origjinës kombëtare a shoqërore, pasurisë, lindjes ose tjetër.

Asnjë dallim nuk do të bëhet në bazë të statusit politik, juridik ose ndërkombëtar të shtetit ose vendit të cilit i përket çdo njeri, qoftë kur shteti ose vendi është i pavarur, qoftë nën kujdestari, qoftë jo vetëqeverisës ose që gjindet në çfarëdo kushtesh të tjera të kufizimit të sovranitetit.

Neni 3.
Gjithkush ka të drejtë të jetojë, të jetë i lirë dhe të ketë sigurimin vetjak.

Neni 4.
Asnjeri nuk duhet të mbahet si skllav ose çifçi; skllavëria dhe tregtia e skllevërve janë të ndaluara në të gjitha format.

Neni 5.
Asnjeri nuk duhet t'i nënshtrohet mundimit, veprimit ose dënimit të egër, jonjerëzor ose poshtërues.

Neni 6.
Gjithkush ka të drejtë që t'i njihet kudo personaliteti juridik.

Neni 7.
Të gjithë janë të barabartë para ligjit dhe kanë të drejtë pa asnjë diskriminim të mbrohen barabar nga ligji.Të gjithë kanë të drejtën për t'u mbrojtur barabar kundër çdo diskriminimi që cënon këtë Deklaratë, si dhe kundër çdo nxitje për një diskriminim të tillë.

Neni 8.
Gjithkush ka të drejtë për mjete juridike të frytshme para gjykatave kompetente kombëtare për veprimet me të cilat shkelen të drejtat themelore të garantuara nga kushtetuta ose ligjet.

Neni 9.
Asnjeri nuk duhet t'i nënshtrohet arbitrarisht arrestimit, ndalimit ose internimit.

Neni 10.
Gjithkush gëzon njëlloj të drejtën për një proces gjyqësor objektiv e publik para një gjykate të pavarur e të paanshme, në përcaktimin e të drejtave dhe detyrimeve të veta dhe për vendimin mbi çfarëdo lloj akuze penale.

Neni 11.
Kushdo që është i akuzuar për një vepër penale ka të drejtë të konsiderohet i pafajshëm deri sa të vërtetohet fajsia në bazë të ligjit dhe në një proces publik në të cilin ka pasur të gjitha garancitë e duhura për mbrojtjen e vet.
Asnjeri nuk duhet të dënohet për veprime ose mosveprime të cilat nuk përbëjnë një vepër penale, sipas ligjeve kombëtare dhe ndërkombëtare, në kohën kur janë kryer. Gjithashtu nuk mund të vendoset një dënim më i rëndë nga ai që ka qenë zbatuar në kohën kur është kryer vepra penale.
Neni 12.
Asnjeri nuk duhet t'i nënshtrohet ndërhyrjes arbitrare në jetën, familjen, banesën ose korrespondencën vetjake, si dhe sulmeve kundër nderit dhe prestigjit personal. Gjithkush ka të drejtën të mbrohet nga ligji kundër ndërhyrjeve ose sulmeve të tilla.

Neni 13.
Gjithkush ka të drejtën e lirisë së qarkullimit dhe banimit brenda kufijve të çdo shteti.
Gjithkush ka të drejtë të largohet nga cilido vend qoftë, përfshirë këtu edhe të vetin, si dhe të kthehet në vendin e vet.
Neni 14.
Gjithkush ka të drejtë të kërkojë dhe gëzoje në vende të tjera azil nga ndjekjet.
Këtë të drejtë nuk mund ta gëzojë askush në rast se ndiqet për krime jopolitike ose për vepra në kundërshtim me qëllimet dhe parimet e Kombeve të Bashkuara.
Neni 15.
Gjithkush ka të drejtën e një shtetësie.
Asnjeri nuk duhet të privohet arbitrarisht nga shtetësia e tij si dhe as nga e drejta që të ndërrojë shtetësinë.
Neni 16.
Burrat dhe gratë në moshë të pjekur kanë të drejtë të lidhin martesë dhe formojnë familje, pa kurrfarë kufizimi për sa i përket racës, shtetësisë ose besimit. Ata kanë të drejta të barabarta si në rastin e lidhjes së martesës, gjatë martesës si dhe në rast shkurorëzimi.
Martesa duhet të lidhet vetëm me pëlqimin plotësisht të lirë të personave që do të martohen.
Familja është bërthama e natyrshme dhe themelore e shoqërisë dhe ka të drejtën e mbrojtjes nga shoqëria dhe shteti.
Neni 17.
Gjithkush ka të drejtën të ketë pasuri, si vetëm ashtu edhe në bashkësi me të tjerët.
Asnjeri nuk duhet të privohet arbitrarisht nga pasuria e tij.
Neni 18.
Gjithkush ka të drejtën e lirisë së mendimit, ndërgjegjes dhe besimit; kjo e drejtë përfshin lirinë e ndryshimit të besimit ose bindjeve dhe lirinë që njeriu, qoftë vetë ose në bashkësi me të tjerët, të shfaqë publikisht ose privatisht, besimin ose bindjen e vet me anë të dhënies së mësimeve, kryerjes së kultit dhe ceremonive fetare.

Neni 19.
Gjithkush ka të drejtën e lirisë së mendimit dhe të shprehjes; kjo e drejtë përfshin lirinë e mendimit pa ndërhyrje, si dhe lirinë e kërkimit, marrjes dhe njoftimit të informacionit dhe ideve me çfarëdo mjeti qoftë, pa marrë parasysh kufijtë.

Neni 20.
Gjithkush ka të drejtën e lirisë së mbledhjes dhe bashkimit paqësor.
Asnjeri nuk duhet të detyrohet të bëjë pjesë në ndonjë bashkim.
Neni 21.
Gjithkush ka të drejtë të marrë pjesë në qeverisjen e vendit të vet, drejtpërdrejt ose me anë të përfaqsuesve të zgjedhur lirisht.
Gjithkush ka njëlloj të drejtë të hyjë në shërbimet publike në vendin e vet.
Vullneti i popullit është baza e pushtetit shtetëror; ky vullnet duhet të shprehet në zgjedhje periodike dhe të lira të cilat duhet të jenë të përgjithshme dhe votimi i barabartë, si dhe me votim të fshehtë ose sipas procedurës përkatëse të votimit të lirë.
Neni 22.
Si anëtar i shoqërisë, gjithkush ka të drejtën e sigurimit shoqëror dhe realizimit të të drejtave ekonomike, sociale, kulturore të domosdoshme për dinjitetin e vet dhe për zhvillimin e lirë të personalitetit, me ndihmën e shtetit dhe bashkëpunimit ndërkombëtar dhe në përputhje me organizimin dhe mundësitë e çdo shteti.

Neni 23.
Gjithkush ka të drejtën për punë, të zgjedhë lirisht profesionin, të ketë kushte të favorshme pune dhe të jetë i mbrojtur nga papunësia.
Gjithkush, pa kurrfarë diskriminimi, ka të drejtë që për punë të njëjtë të marrë rrogë të njëjtë.
Gjithkush që punon ka të drejtën për një shpërblim të drejtë dhe favorshëm, në mënyrë që t'i sigurojë atij dhe familjes së tij një jetë që i përgjigjet dinjitetit njerëzor dhe, në qoftë se do të jetë e nevojshme ky shpërblim të plotësohet edhe me mjete të tjera të sigurimit shoqëror.
Gjithkush ka të drejtë të formojë sindikatë and të bëjë pjesë në të për mbrojtjen e interesave të veta.
Neni 24.
Gjithkush ka të drejtë për pushim dhe kohë të lirë, duke përfshirë kufizimin e arsyeshëm të orarit të punës dhe pushimin e paguar periodik.

Neni 25.
Gjithkush ka të drejtë për një nivel jetese të mjaftueshëm i cili t'i përgjigjet shëndetit dhe jetës së përshtatshme si të atij personalisht, ashtu edhe të familjes së tij, duke përfshirë ushqimin, veshmbathjen, banesën, kujdesin mjeksor dhe shërbimet e nevojshme sociale, si edhe të drejtën për të qenë i siguruar në rast sëmundjeje, papunësie, vejanie, pleqërie dhe raste të tjera të humbjeve të mjeteve për jetesë për shkak të rrethanave të pavarura nga vullneti i tij.
Nënat dhe fëmijët kanë nevojë për kujdes dhe ndihmë të posaçme. Të gjithë fëmijët, të lindur brenda ose jashtë martese, gëzojnë të njëjtat mbrojtje sociale.
Neni 26.
Gjithkush ka të drejtën e shkollimit. Arsimi duhet të jetë falas, të paktën në shkollat fillore dhe të ulta. Arsimi fillor është i detyrueshëm. Arsimi teknik dhe profesional duhet të zgjerohet e arsimi i lartë duhet t'u bëhet i mundshëm të gjithëve në bazë të aftësisë.
Arsimi duhet të drejtohet nga zhvillimi i plotë i personalitetit të njeriut dhe nga forcimi i respektimit të të drejtave të njeriut dhe lirive themelore. Ai duhet të nxisë kuptimin, tolerancën dhe miqësinë midis të gjithë popujve, grupeve të racave dhe besimeve, si dhe veprimtarinë e Kombeve të Bashkuara për ruajtjen e paqes.
Të drejtën për të zgjedhur llojin e arsimit për fëmijët e tyre e kanë në rradhë të parë prindërit.
Neni 27.
Gjithkush ka të drejtë të marrë pjesë lirisht në jetën kulturore të bashkësisë, të gëzojë artet dhe të përfitojë nga përparimi shkencor dhe dobitë e tij.
Gjithkush ka të drejtë të mbrojë interesat morale dhe materiale, që rrjedhin nga çdo krijimtari shkencore, letrare dhe artistike, autor i të cilave është ai vetë.
Neni 28.
Gjithkush ka të drejtë për një rend shoqëror dhe ndërkombëtar në të cilin mund të realizohen plotësisht të drejtat dhe liritë e shpallura në këtë Deklaratë.

Neni 29.
Gjithkush ka detyrime vetëm ndaj asaj bashkësie në të cilën është i mundur zhvillimi i lirë dhe i plotë i personalitetit të tij.
Në ushtrimin e të drejtave dhe lirive të veta, gjithkush do t'u nënshtrohet vetëm atyre kufizimeve të cilat janë parashikuar me ligj, ekskluzivisht me qëllim që të sigurohet njohja dhe respektimi i nevojshëm i të drejtave dhe lirive të të tjerëve e që të plotësohen kërkesat e drejta të moralit, rendit publik dhe mirëqenies së përgjithshme në shoqërinë demokratike.
(3)Këto të drejta dhe liri nuk mund të zbatohen në asnjë rast kundër qëllimeve dhe parimeve të Kombeve të Bashkuara.
Neni 30.
Asgjë në këtë Deklaratë nuk mund të interpretohet si e drejtë e një shteti, grupi apo personi për të kryer çfarëdo veprimtarie ose për të bërë një akt drejtuar kundër çdo të drejte ose lirie të shpallur në këtë Deklaratë.

Écrit par : toto | 16 décembre 2006

GIZA ESKUBIDEEN ALDARRIKAPEN UNIBERTSALA
HITZAURREA
Kontuan izanik munduko askatasuna, justizia eta bakea giza familiako kide guztien berezko duintasunean eta eskubide berdin eta ukaezinetan oinarritzen direla;

Kontuan izanik giza eskubideak ez ezagutzearen eta gutxiestearen ondorioz, giza kontzientziari irain egiten dioten basakeriak gertatu izan direla; eta gizon-emakumeek, beldur eta gabezia orotik aske, hitz egiteko askatasuna eta sinesmen-askatasuna izango dituzten munduaren etorrera aldarrikatu dela gizakiaren helburu nagusi;

Kontuan izanik ezinbestekoa dela giza eskubideak zuzenbidezko erregimen batek babestea, gizakia-tirania eta zapalkuntzaren aurkako azken irtenbidea den matxinadara jo beharrean aurkitu ez dadin;

Kontuan izanik ezinbestekoa dela, baita ere, herrialdeen artean harreman lagunkoiak bultzatzea;

Kontuan izanik Nazio Batuetako kide diren herriek gizakiaren oinarrizko eskubideetan, gizakiaren duintasun eta balioan eta gizonen eta emakumeen eskubideen arteko berdintasunean duten fedea tinko azaldu dutela Agirian; eta, askatasunaren ikuspegi zabalago baten barruan, gizarte aurrerakuntza sustatzeko eta bizitza-maila jasotzeko erabakita daudela adierazi dutela;

Kontuan izanik Estatu Kideek, Nazio Batuen Erakundearekin elkarlanean, gizakiaren oinarrizko eskubide eta askatasunen begirune orokorra eta eraginkorra ziurtatzeko hitza eman dutela;

Kontuan izanik emandako hitz hori osotasunean betetzeko garrantzi handikoa dela eskubide eta askatasun horiek berdin ulertzea;

BATZAR NAGUSIAK
GIZA ESKUBIDEEN ALDARRIKAPEN
UNIBERTSAL HAU EGITEN DU
Herri eta nazio guztiek izan beharreko jomuga legez, bai norbanakoek eta bai erakundeek. Aldarrikapen honetan etengabe oinarrituta, alde batetik, eskubide eta askatasun hauen begirunea bultza dezaten irakaskuntzaren eta hezkuntzaren bidez eta, bestetik, nazio mailan eta nazioarte mailan arian-arian neurriak hartuz, era eraginkorrean eta orokorrean ezar daitezen ziurtatzeko, bai elkarkide diren estatuetako herrien artean eta baita horien eskumenpean dauden lurraldeetan ere.

1. atala
Gizon-emakume guztiak aske jaiotzen dira, duintasun eta eskubide berberak dituztela; eta ezaguera eta kontzientzia dutenez gero, elkarren artean senide legez jokatu beharra dute.

2. atala
Gizaki orori dagozkio Aldarrikapen honetan adierazitako eskubide eta askatasunak, eta ez da inor bereziko arraza, larru-kolorea, sexua, hizkuntza, erlijioa, politikako edo bestelako iritzia, sorterria edo gizarteko jatorria, ekonomi maila, jaiotza edo beste inolako gorabeheragatik.

Ez zaio begiratuko gainera, pertsona zein herrialde edo lurraldetakoa den; ezta hango politikari, legeei edo nazioarteko egoerari, nahiz eta herri hori burujabea izan, besteren zainpeko lurraldea, autonomiarik gabea edo nola-halako burujabetasun-mugak dituena.

3. atala
Norbanako guztiek dute bizitzeko, aske izateko eta segurtasunerako eskubidea.

4. atala
Inor ez da izango besteren esklabu edo uztarpeko; debekatuta dago esklabutza eta esklabuen salerosketa oro.

5. atala
Ezin daiteke inor torturatu, ezta inori zigor edo tratu txar, anker eta lotsarazlerik eman ere.

6. atala
Edozein gizon-emakumek du, nonahi, lege-nortasundun dela aitor diezaioten eskubidea.

7. atala
Gizon-emakume guztiak berdinak dira legearen aurrean eta denek dute, bereizkeriarik gabe, legezko babesa izateko eskubidea. Denek dute Aldarrikapen hau hausten duen edozein bereizkeriaren aurka eta bereizkeria horren eragileen aurka babes berbera izateko eskubidea.

8. atala
Pertsona orok du Konstituzioak edo legeek gizon-emakumeei aitortzen dizkieten oinarrizko eskubideak hausten dituzten ekintzetatik babesteko, norbere herrialdeko auzitegi aginpidedunetan errekurtso eraginkorra jartzeko eskubidea.

9. atala
Inor ezingo da arrazoirik gabe atxilotu, preso hartu edo erbesteratu.

10. atala
Pertsona orok eskubidea du, berdintasun osoan, auzitegi burujabe eta alderdikeriarik gabean jendaurrean hitz egin eta zuzentasunez entzun diezaioten, nahiz bere eskubide eta betebeharrak erabakitzeko, nahiz bere aurkako salaketa penalak aztertzeko.

11. atala
Delituagatik salatutakoak eskubidea du errugabetzat jo dezaten, errudun dela legez eta jendaurreko epaiketan frogatzen ez den bitartean. Epaiketan bere burua zaintzeko berme guztiak ziurtatuko zaizkio.
Egintzak edo behar-uzteak izandakoan, herrialdeko edo nazioarteko legeriaren arabera delitu ez baziren, ezingo da inor kondenatu. Delitua egitean ezargarri den zigorra baino larriagorik ere ezingo zaio jarri.
12. atala
Ez dago arrazoirik gabe beste inoren bizitza pribatuan, familian, etxean edo postan eskusartzerik, ezta inoren ohore edo izen onari eraso egiterik ere. Nornahik du eskusartze edo eraso horien aurka legezko babesa izateko eskubidea.

13. atala
Pertsona orok du joan eta etorri aske ibiltzeko eskubidea eta Estatu baten lurraldean bizilekua aukeratzekoa.
Pertsona orok du edozein herrialdetatik alde egiteko eskubidea, baita norberetik ere, eta norbere herrialdera itzultzekoa.
14. atala
Jazarpenik jasanez gero, pertsona orok du edozein herrialdetan babesa bilatu eta izateko eskubidea.
Eskubide horretara ezin izango da jo delitu arruntek sortutako auzibideko egintza baten aurka, ezta Nazio Batuen helburu eta erizpideen aurkako egintzak direla-eta ere.
15. atala
Pertsona orok du herritartasuna izateko eskubidea.
Inori ezingo zaio arrazoirik gabe herritartasuna kendu, ezta herritartasuna aldatzeko eskubidea ukatu ere.
16. atala
Gizonek eta emakumeek, ezkontadinetik aurrera, ezkontzeko eta familia aratzeko eskubidea dute, arraza, herritartasun edo erlijioagatiko inolako mugarik gabe; eta, ezkontzari dagokionez, eskubide berberak dituzte bai ezkonduta jarraituz gero eta bai ezkontza-lotura ezabatuz gero ere.
Ezkongaien baimen aske eta osoz ez bada, ez dago ezkontzerik.
Familia da gizartearen oinarri jatorra eta berezkoa, eta Estatuaren eta gizartearen babesa izateko eskubidea du.
17.atala
Pertsona orok du jabe izateko eskubidea, bakarka nahiz taldean.
Arrazoirik gabe, ez zaio inori bere jabegoa kenduko.
18. atala
Pertsona orok pentsamendu-kontzientzi eta erlijio-askatasunerako eskubidea du; eskubide horren barne da erlijio edo sinesmena aldatzeko askatasuna eta baita norbere erlijioa edo sinesmena bakarka nahiz taldean, jendaurrean edo pribatuan irakaskuntzaz, ihardueraz, kultuz eta aginduak gordez azaltzeko askatasuna ere.

19. atala
Gizabanako guztiek dute eritzi-eta adierazpen-askatasuna. Eskubide horrek barne hartzen du erlijioa eta sinismena aldatzeko askatasuna eta bakoitzaren eritziengatik inork ez gogaitzeko eskubidea, ikerketak egitekoa eta informazioa eta eritziak mugarik gabe eta nolanahiko adierazpidez jaso eta zabaltzekoa.

20. atala
Nornahik du bakean biltzeko eta elkartzeko eskubidea.
Inor ezingo da behartu elkarte bateko kide izatera.
21. atala
Pertsona orok du bere herrialdeko gobernuan parte hartzeko eskubidea, zuzenean nahiz libre aukeratutako ordezkarien bitartez.
Pertsona orok du berdintasunez norbere herrialdeko funtzio publikoan sartzeko eskubidea.
Herriaren borondatea da botere publikoaren agintearen oinarria; borondate hori aldian-aldian egingo diren benetako hauteskundeetan adieraziko da. Hauteskundeok bozketa orokor eta berdinez eta isilpeko boto bidez egingo dira, edo boto askatasuna bermatzen duen beste bide batez.
22. atala
Pertsona orok du, gizarteko kide denez gero, gizarte-segurantza izateko eskubidea eta, herrialdearen ahaleginaz eta nazioarteko laguntzaz, Estatu bakoitzaren antolaketa eta baliabideak kontuan izanik, norbanakoaren duintasunerako eta nortasuna garatzeko ezinbestekoak diren ekonomi, gizarte eta kultura mailako eskubideak asetuta izatekoa.

23. atala
Pertsona orok du lan egiteko eskubidea, lana aukeratzekoa, lanbaldintza bidezkoak eta egokiak izatekoa, eta langabeziaren aurkako laguntza jasotzekoa.
Pertsona orok du, bereizkeriarik gabe, lan beragatik lansari berbera jasotzeko eskubidea.
Lanean ari denak bidezko lan-saria eta aski zaiona jasotzeko eskubidea du, bai bera eta bai bere familia, giza duintasunari dagokion bezala bizitzeko bestekoa. Horretarako aski ez bada lansaria, gizarteko laguntzaren bidez osatuko da.
Pertsona orok du, norbere interesen alde egiteko, sindikatuak eratu eta sindikatuko kide izateko eskubidea.
24. atala
Pertsona orori dagozkio atsedenerako eskubidea, aisiarakoa, lanaldiaren iraupen mugatua izatekoa eta aldian-aldian ordaindutako oporrak izatekoa.

25. atala
Pertsona orok du bizimodu egokia izateko eskubidea, bai berari eta bai bere familiari osasuna eta ongi izatea bermatuko diena, eta batez ere janaria, jantziak, bizitokia, medikusorospena eta gizarte-zerbitzuak; eta baita lanik eza, gaixotasuna, elbarritasuna, alarguntasuna, zahartzaroa edo bizibidea nahi gabe galtzeko beste kasuren bat gertatzen denerako asegurua izateko eskubidea ere.
Amek eta haurrek laguntza bereziak jasotzeko eskubidea dute. Haur guztiek, senar-emazteengandik nahiz ezkontzatik kanpo jaiotakoek, gizartearen babes berbera izateko eskubidea dute.
26. atala
Pertsona orok du hezkuntza-eskubidea. Hezkuntza dohainekoa izango da oinarrizko ikasketei dagokienez behintzat. Oinarrizko ikasketak egitea derrigorrezkoa izango da; heziketa teknikoa eta lanbiderakoa, orokorra; eta denek izango dute goimailako ikasketak egiteko aukera bera, norberaren merezimenduen arabera.
Hezkuntzaren helburua giza nortasuna guztiz garatzea izango da eta giza eskubideen eta oinarrizko askatasunen errespetua indartzea; herrialde, arraza eta erlijio guztien arteko elkar-ulertze, jasankortasun eta adiskidetasunaren alde egingo du; eta Nazio Batuen iharduna bultzatuko du, bakeak iraun dezan.
Gurasoek lehentasunezko eskubidea izango dute seme-alabei emango zaien hezkuntza mota aukeratzeko.
27. atala
Pertsona orok du eskubidea elkarteko kultur ekitaldietan aske parte hartzeko, artelanez gozatzeko, eta zientzi aurrerakuntzan eta horri darizkion irabazietan parte hartzeko.
Zientzia, literatura edo arte mailan egindako lanen egille diren pertsona guztiek dute horregatik eskubidea dagozkien interesak eta materialak babes dakizkien eskubidea.
28. atala
Pertsona guztiei dagokien eskubidea da, Aldarrikapen honetan azaldutako eskubide eta askatasunak era eraginkorrean garatuko dituen gizarte mailako eta nazioarteko ordena ezar dadin.

29. atala
Pertsona orok komunitatearekiko betebeharrak ere baditu, komunitatea baita bere nortasuna guztiz eta era askean garatzeko toki bakarra.
Pertsona orok, gainontzeko herritarren eskubide eta askatasunen begirunea ziurtatzeko eta gizarte demokratiko bateko moral, ordena publiko eta ongizate orokorreko bidezko eskakizunak betetzeko legez ezar daitezen mugak baino ez ditu izango dagozkion eskubide eta askatasunez baliatzeko orduan.
Eskubide eta askatasun hauetaz ezingo da inor baliatu Nazio Batuen helburu eta erizpideen aurka.
30. atala
Aldarrikapen honetan jasotako ezertan ezingo da ulertu Estatuari edo talde edo norbanakoren bati Aldarrikapen honetan bertan adierazitako edozein eskubide eta askatasun deuseztatzeko ekintzak edo ihardunak burutzeko eskubidea ematen zaionik.

Écrit par : toto | 16 décembre 2006

UQ'ALAJISAXIK PA RONOJEL UWACHULEW RI YA'TALIK KAB'AN PA RI K'ASLEMAL
[Preamble]
Rumal che ri uchokonsab'exik ri ya'talik kab'anik, ri uq'atoj tzij q'atb'altzij, xuqe ri ja'maril pa ronojel we uwachulew, ruk'am uq'ab'ib'al, kuq'alajisaj ronojel uwach ri ya'talik chi pa junamam kaqab'an pa ri qak'aslemal qonojel.

Rumal che ri man qas ta eta'matalik, etzelam uwach xuq man k'amo'wan ta we kuq'alajisaj chqawach ronojel ri ya'talik kab'an pa we k'aslemal; xuqe' are wa' we no'jib'al b'anownaq k'ax chqech xuq oj tzaqownaq pa ri qak'aslemal, oj uxinom are chi na qonojel taj kaqechab'ej we utzil kariqitaj pa we uwachulew.

Rumal che ri sib'alaj rajawaxik chi ronojel wa' we ruk'a'm we kaya uch'ob'ik, kuk'a'xik, kachajix rumal jun q'atb'altzij, are chi na kojtzaq ta pa taq ri k'axk'olil.

Rumal che ri xuqe' nimalaj rajawaxik chi kak'oji' ch'ab'en ib' chkixo'l konojel taq ri tinamit ri keriqitaj pa we uwachulew.

Rumal che ri e tinamit pa we uwachulew kik'amo'wan kiq'alajisam pa ri nim raqanib'al wuj, ronojel uwach ri ya'talik kab'anik, xuqe ri ub'anatajik ucholajik uk'a'naq jun winaq. Chila' k'ut q'alajisam wi, chi junam ub'antajik junam reqele'n ri achi ruk' ri ixoq, xuqe' chila' q'alajisam wi, chi utz we kachomax pa junamam jas kab'anik xuqe' are chi pa junamam kawa'lij qawach, xuq kaqariq qa'utzwachil.

Rumal che ri e tinamit e tob'anelab' ruk' le e jumalaj nimalaj tinamit e nuk'maninaq pa we uwachulew, kib'im, kiq'alajisam chi kakichajij, kakilawachij, are chi ronojel we ya'talik kab'anik, utz we kak'amo'waxik, kaya uq'ij pa ronojel uwachulew, ma are k'u wa' katikowik chi man kakaetzelaj ta kib' ri winaq pa ri kik'aslemal.

Rumal che ri ronojel uwach we utzil y'atal chqech, nimalaj rajawaxik kaq'alajisaxik, xuq kab'an uchokonsab'exik jasa je ri kataqan wi.

Rumal k'u wa' ri uk'iyal winaq e chatal kumal taq ri kitinamit pa junaman, pa ri nimalaj riqoj ib' xb'antajik, xkitikirisaj, xkinawalijsaj, xkiq'alajisaj la ri jun nimalaj wuj ub'ina'am "Uqalajisaxik pa ronojel uwachulew ri ya'talik kab'an pa ri k'aslemal". Chupam we wuj kariqitaj wi ronojel uwachi ri utzil, rumal k'u ne lo ri' konojel ri nimaq taq tinamit, alaj taq tinamit xa ta apawije' keriqitaj wi, rajawaxik kakiya ri kitob'anik che uq'alajisaxik jachke ri ub'e'lal ucholajil we taqanik ri', are chi konojel ri winaq we kimulajim kib'; we ne' xaq chkijujunal kaketa'maj wa'; are k'u chi' utz kaq'alajisax we ne' pa taq ri tijob'al, nimaq taq tijob'al, xa apawije' kab'an wi ri uk'utunsaxik, kaya uch'ob'ik ri nima'q ch'uti'n ruk'a'm we wuj xa jeri' we utzwachil kaya'taj chqech chi nimalaj qonojel pa we uwachulew, ma ta k'o jun ri ma ta chreta'maj we ucholajil we xtikirsaxik; are k'u taq ub'elal, ucholajil:

Nab'e taqanik (1)
Konojel ri winaq are taq ke'alaxik pa junaman ya'tal chkech kakechab'ej ronojel ri utzil; utz kakib'ano, kakichomaj, kakib'ij jasa je' ri k'o pa kanima, rumal che ri junam kib'antajik. Rajawaxik xuqe' kakimulij kib' che utzukuxuk ri loq'ob'al pa we uwachulew.

Ukab' taqanik (2)
Ronojel winaq ya'tal chech kuk'amo'waj, karechab'ej kuchokonsab'ej ronojel we q'alajisam pa we taqanik; pine ta ne jas kaka'yik, kachomanik, kano'jinik, xa ta apawije' utinamit, we q'inom, we meb'a', qonojel xaq junam ri qab'antajik pa we uwachulew.

Xa ta apawike' utinamit ri achi, ri ixoq, xaq junam kiwach jacha kub'ij we taqanik, ja ne rumal ri'utz we kakitoq'ala kib' ruk' ri kinimal, kik'amal b'e che utzukuxik che uchokonsab'exik ri ya'tal pa qawi'.

Rox taqanik (3)
Ronojel winaq are taq kalax pa we uwachulew, ya'tal chech kuriq utzwachil pa ronojel uk'aslemal, ya'tal chech kub'ano jachke taq ri utz kab'anik; xuquje' ya'tal chech kachajixik, ka'ilix pa ri uk'aslemal rumal taq ri q'atb'altzij.

Ukaj takaniq (4)
Maj jun winaq ya'tal ta chech kab'an k'ax chech, xuq kupatanij ta ne jun chik winaq we man kaya ta tojb'al rech.

Ro' taqanik (5)
Maj jun winaq ya'tal ta chech koksax chwa ri nimaq taq ch'ay, che ri man rech ta winaq, jacha ne' we karapaxik.

Uwaq taqanik (6)
Ronojel winaq xa ta ne apawije' kariqitaj wi, ya'tal chech chi kaya'ik xuq keta'max ri unimal uq'ij ya'om chech rumal ri q'atb'altzij.

Uwuq taqanik (7)
Ronojel kiwach ri e winaq xaq e junam chwa ri q'atb'altzij, man k'o ta jun are kaya nim uq'ij; xa jeri' junam ri chajinik, tob'anik, kaya pa kiwi' rumal ri q'atb'altzij; xuq man utz taj we xa ta jun ketzelax uwach.

Uwajxaq taqanik (8)
Ronojel chi winaq ya'tal chech kuto' rib' we kab'an k'ax chech kumal nik'aj chik, are k'u uchak ri q'atb'altzij katob'anik are taq kab'an tzujunem chwach jacha tz'ib'atal pa ri wuj re taqanik rech ri amaq' siwan tinamit.

Ub'elej taqanik (9)
Maj jun winaq ya'tal ta chech xaq k'ate' kachapatajik, xuq kokisax pa che' we maj umak ub'anom; xuqe kelesaxik, xuq koqatax b'i chupam pa ri utinamit.

Ulajuj taqanik (10)
Ronojel winaq ya'tal chech katatab'exik jasa je' ri karaj kuya uch'ob'ik; xuqe katob'an ri q'atb'altzij ruk' xa jeri' junam ri q'atoj tzij kaq'at pa kiwi'.

Uju'lajuj taqanik (11)
Ronojel winaq are taq ya'om puq'ab' q'atb'altzij, utz kuto' rib' we kuna'o chi man are taj ajmak, xuqe ri q'atb'altzij utz kuya ri utob'anik chech ri winaq we man kaq'alajin taj chi qas are ajmak.
Maj jun winaq kaqasataj ta pa k'ax we man qas ruk' uchomanik xub'an ri makaj, xuqe we man kab'an ta uq'alajsaxik chi qas are b'anal rech.
Ukab'lajuj taqanik (12)
Maj jun winaq ya'tal ta chech kab'an jalum tzij, q'ab'am tzij pa ri uk'aslemal, pa ri rachoch; xuq kajelk'atix ta ne ri jastaq rech. Xuqe' man ya'tal taj kakichik, kayoq'ik; are k'u we jewa' kuk'ulmaj rajawaxik kuya utob'anik ri q'atb'altzij chech.

Roxlajuj taqanik (13)
Ronojel winaq ya'tal chech apawije' kab'e wi, xuqe' kutzukuj jawi kuya wi ri rachoch uk'olib'al pa rulewal ri utinamit.
Ronojel winaq ya'tal chech kel b'i pa ri rulewal utinamit, xa ta ne apawije' petinaq wi, xuqe kopan chi pa ri utinamit are taq we kaq'i'tajik xuq we jeri' kape pa ri uchomanik.
Ukajlajuj taqanik (14)
Are taq we jun winaq katerne'xik, katzukuxik are taq maj umak, ya'tal chech ke'uto'o rib', ke'uto'o ri uk'aslemal pa jun chik tinamit jawi na k'u ri kak'ulax wi.
Wa' we jun tob'anik kaya chech na kuq'at ta tzij pwi' we xa alaj ri umak jacha tz'ib'atal pa ri jun wuj chik kib'anom, kiwokom ri nik'aj mulaj taq tinamit.
Ro'lajuj taqanik (15)
Ronojel winaq ya'tal chech, kub'an ri uk'aslemal pa rulewal ri utinamit, xuq are kab'i'nax chech ab'i ri tinamit jawi ri alaxinaq wi.
Maj jun winaq ya'tal ta chech kelesax b'ik xuq kamaj ri uk'olib'al utikirsam, xuqe' xaq ta me k'ate' kab'an chech chi kuk'ex ri utinamit, we na k'o ta pa ri ub'e'lal ucholajil.
Uwaqlajuj taqanik (16)
Ri achijab', ri ixoqib' are taq ke'opan pa ri kijunab'il, ya'tal chkech kakichomaj kek'uli'k we are jeri' kape pa ri kichomanik; are k'u we e juk'ulaj winaq chik, ya'tal chkech pa junaman ke'ilik, pa junaman kechakunik xuq pa junamam kakilij, kakitzukuj ri kimeb'a'il. Le jachoj ib' karaj ne' ya'talik we jeri' ke'ek'ulmatajoq.
Are taq kakichomaj uloq ri k'ulanem, rajawaxik pa junaman xuq ruk' ronojel kik'u'x kakik'am kib'.
Ri jun upa ja chi winaq are wa' e nuk'maninaq ari wokaj, chi'l ri tinamit; xa jeri' rajawaxik keto' kumal ri e nik'aj chik winaq e k'o pa ri wokaj, chi'l ri tinamit.
Uwuqlajuj taqanik (17)
Ronojel chi winaq ya'tal chech kub'ano, kutzukuj ri umeb'a'il putukelam xuqe pa junamam.
Maj jun ya'tal ta chech che ri kelesaxik xuq kamaj ta ri umeb'a'il utikirsam ruk' uchoq'ab'.
Uwajxaqlajuj taqanik (18)
Ronojel winaq ya'tal chech kub'an ronojel uwach jachke na k'u ri kumajab'ej chwach; utz kub'ij, kuq'alajisaj jachke ri k'o pa ri uchomanik, xuqe' kutzukuj, kucha'o jachke ri ukojonik kumajab'ej chwach. Ya'tal xuq chech kuchokonsab'ej, kuk'utunsaj jachke ri' ri ukojb'al. Kuq'alajisaj chkiwach nik'aj winaq chik we jeri' kape pa ri uchomanik xa ta apawije' kariqitaj wi.

Ub'elejlajuj taqanik (19)
Ronojel winaq ya'tal chech kub'ij, kuq'alajisaj jasa je k'o pa ri uchomanik, ronojel jasa je ri kuto, karilo; xuq man ya'tal ta k'ut chi ketzelax rumal ri uchomanik kuya'o; ya'tal xuq chech kusol uxe', kareta'maj jachke ri karaj jeri' kub'an chech, la je k'ut pine ta ne k'ate' ri are taq wa' kuya chi na ub'ixik, uq'alajisaxik xa ta apawije' karaj kub'an wi.

Ujuk'al taqanik (20)
Ronojel winaq ya'tal chech kak'oji' kuk' ri winaq kakimulij kib' we kub'an junam ri kichomanik, we pa junamam kakib'ano xuq kakichomaj ri jun to'b'al kech.
Maj jun winaq ya'tal ta chech kataqchi'xik kuk'am uq'ab' kak'oji' pa jun riqoj ib' we man kumajab'ej ta chwach.
Nab'e ukak'al taqanik (21)
Ronojel winaq ya'tal chech kachapik,kak'aq rij che uq'axexik jun eqele'n pa le q'atb'altzij pa ri utinamit we kakowin chech ka'ilitajik, xuq kutzukuj jachin ri kuk'aq rij chech wa' we eqele'n.
Ronojel winaq are taq kopan pa ri jachke eqele'n, ya'tal chech junam ke'il ruk' le e nik'aj chik e q'atal tzij.
Are ri urayib'al kik'u'x ri winaq kakiya'o, rumal ri' ke' opan ri winaq pa taq ri q'atb'altzij ma kakicha ruk' ronojel kanima jachin ri kakaj ke'ilowik, kechomanik.
Ukab' ukak'al taqanik (22)
Ronojel winaq jacha na k'ut chi jun che unuk'mayixik ri wokaj, tinamit, pa ri k'olb'al k'o wi; ya'tal chech kachajixik kumal ri e chajinelab' rech q'atb'altzij, xuq ya'tal chech kawa'lij uwach ruk' ri utob'anik ri q'atb'altzij, chwi ri jachke rajawaxik pa ri uk'aslemal.

Rox ukak'al taqanik (23)
Ronojel winaq ya'tal chech kachakunik, xuq utz kucha' na ri uchak kraj kub'ano; xuqe' k'ut xaq junam ka'il chwach le maj uchak.
Ronojel winaq ya'tal chech junam le utojb'alil kaya'ik, chwach jun chik che ri xaq junam uwach kakichakuj.
Ronojel winaq ri kachakunik ya'tal chech che ri utojb'alil kaya'ik, kakowinik kukajmaj ri urajawaxik pa ri rachoch uk'olib'al; we k'u man katoj ta ne ruk' pwaq utz kaya ujastaq ri kachoxon chech, che ri kajunamataj ruk' le utojb'alil.
Ronojel winaq ya'tal chech kak'oji' pa ri moloj ib' kab'anik, rumal uchomaxik, uchajixik jachke taq ri utzil rajawaxik pa ri kik'aslemal.
Ukaj ukak'al taqanik (24)
Ronojel winaq ya'tal ri uxlanem chech, ronojel uwach taq ri uxlanem ya'tal che ri ajchak karaj ne' utojb'alil ri uchoq'ab' usachom rumal utzukuxik ri rajawaxik pa ri uk'aslemal.

Ro' ukak'al taqanik (25)
Ronojel winaq ya'tal chech kak'oji' junelik utzalaj k'aslemal ruk', xuqe chkech konojel ri e upa ro'ch; ya'talik kak'oji' utzwachil chkixo'l, chwi ri kutijo, karatz'yaqib'ej; kak'oji' pa ri rachoch, rajawaxik ka'ilixik kakunax kumal taq le kunanelab', kato'ik we na tz'aqat ta che ri uchomanik, kato'ik pwi ri yab'ilal, ri'job'ik, xuq we maj uchak. Xuq la je' we ne' kuriq jun nimalaj k'eyowal che ri maj chi nab'exkil.
Ri e yawab' taq ixoqib', ri e ak'alab' ya'tal chkech ke'ilixik, kekajmaxik kumal ri e kunanelab' rech q'atb'altzij. Ronojel ri ak'al ch'ob'ol uk'olik pa we uwachulew ya'tal chech junam rilik ukajmaxik kab'an ruk' le man ch'ob'ol ta uk'olik pa we uwachulew.
Uwaq ukak'al taqanik (26)
Ronojel winaq ya'tal chech kaya ri k'utb'al eta'mab'al chwach; ri eta'mab'al kuya ri q'atab'altzij man tojtal taj rumal k'u ri' sib'alaj rajawaxik chkech ri winaq. Xaq xew tojom ri jun eta'manik ri qas kuk'iysaj uwach ri k'aslemal. Konojel e sik'ital che uk'amanik taq ri eta'manik, k'o nik'aj nimaq eta'manik pa taq ri nimaq taq tijob'al, xuqe' wa' ua'talik kak'amo'waxik.
Ri k'utb'al eta'mab'al keta'maxik kujaq ri ub'e'al are chi kariqitaj jun utzalaj k'aslemal xuqe unimarsaxik uwa'lijsaxik ri ya'talik kab'anik, ronojelk'u wa' kayo'w ri loq'ob'al ib'chkixo'l ri winaq pa taq ronojel tinamit, xa ta ne apawije' petinaq wi jun, xa ta ne apachike ri'jalil, ukojb'al, are k'u wa' kayo'w ri jamaril pa ronojel uwachulew.
Ya'tal chkech ri e tat nan, kakitzukuj, kakicha' jachke ri k'utb'al eta'mab'al kakj kaya chkech ri e kalk'u'al.
Uwuq ukak'al taqanik (27)
Ronojel winaq ya'tal chech kub'ano, kuq'alajisaj ri uno'jib'al pa ri uwokaj jachke na k'u reta'mam uloq pa ri unich'al, xuqe' k'ut ya'tal chech katob'an che uwa'lijsaxik uwach ri uwokaj are chi kariqitaj ri utzwachil pa junamam.
Ronojel winaq ya'tal chech kachajixik xuq kaya uq'ij jachke na k'u taq ri uno'jib'al utikirsam uloq, jacha ri uchak xuq ri umeb'a'il, reta'mab'al, ronojel wa' nim upatan che uwa'lijsaxik uwach pa ri uwokaj xuqe pa ri utinamit.
Uwajxaq ukak'al taqanik (28)
Ronojel winaq ya'tal chech kub'an utayik kuch'o'jij chi pa ri utinamit kab'an taq ri chomanik are chi ronojel we tz'ib'atal warl chb'an ta b'a uchakub'exik jasa je ri kataqan wi, ma ta b'a k'o jun keb' ri kak'exow ri ub'e'lal, ucholajil.

Ub'elej ukak'al taqanik (29)
Ronojel winaq ya'tal chech kuya ri uchuq'ab', katob'anik kachakun che uwa'lijsaxik uwach ri uwokaj, utinamit ma chla' na k'ut ri ya'tal wi kuk'utunsaj, kusipaj ronojel uwach ri reta'mab'al are chi xa jeri' katob'an che uyakik kiwach ri uwinaqil.
Ronojel k'u wa' we ya'talik kab'anik, ya'tal wa' kab'anik we xuq k'o pa ri ub'e'lal, ucholajil, usuk'mal chwa ri q'atb'altzij, are chi man tzel ta ka'ilitaj kumal e nik'aj chik winaq, tinamit ne'; ma we na qas ta are kab'an ri taqanik karaj ne k'o uch'ojil chwa ri wokaj, chwa ri q'atb'altzij; xa jeri' kayakataj uch'o'jixik.
Ronojel wa' we utzil ya'talik kab'anik xuq man kuya taj kak'ex ri ub'elal, ucholajil, utzijob'elil jachke na k'u taq ri uchomab'al tzib'atalik.
Ulajuj ukak'al taqanik (30)
Ma ta b'a k'o jupaj kapaj tzij q'alajsam waral, che ri chuq'ab'aj ta rib' ri q'atb'altzij chrij, xuq jumulaj winaq ta ne', xuq jun winaq ta ne' putukelam, che ub'anik jun jasach chkiwach nik'aj winaq chik, xa ne are kab'anik, kachakuxik jasa je ri q'alajsam ya'om uch'ob'ik pa we loq'olaj taqanik are chi qonojel kaqariq jun utzalaj k'aslemal pa ronojel we uwachulew.

Écrit par : toto | 16 décembre 2006

J'adhère du préambule au dernier article au texte que j'ai récité de mémoire pendant mon sommeil.

Écrit par : catmano | 16 décembre 2006

Suite du commentaire des méthodes préconisées par les programmes 2002 de l'école maternelle :

1) le plaisir de l’action
A apprendre (à découvrir pour certains) à l’école, si la maîtresse le permet :
Je suppose que l’on nous parle d’une action construite et non d’une agitation stérile... Et ça, dans de nombreuses familles, ça n’existe pas : le monde actuel ne semble plus reconnaître de besoins spécifiques aux tout-petits (à part l’amour béat et la consommation de produits estampillés « convient aux enfants de moins de 36 mois », à condition encore que cela ne contraigne en rien le « plaisir de l’action » chez les parents).

L’enfant de deux – trois ans arrive à l’école appartenant déjà à l’une de ces catégories, à quelques exceptions près (ce sont les mêmes qu’il y a trente ans mais totalement « en friche » maintenant) :
• le « bulldozer » : ses actions obéissent à la loi « ça passe ou ça casse » ; il ne peut s’arrêter ou démarrer autrement qu’en force. En plus, c’est « tout, tout de suite », tout est exacerbé : ses besoins, ses pleurs, le tout sans aucune coordination motrice. Il dérange tout et ne range rien. Il bouscule, frappe, renverse tout ce qui se trouve sur son passage. Ses capacités d’attention dépassent rarement les 30 secondes ;
• la « poupée » : elle (il) est coquet(te), propret(te), refuse de toucher la peinture, les feutres, la colle, la pâte à modeler, l’argile, la farine et même souvent le petit goûter proposé par la maîtresse. Elle (il) ne court pas, ne rampe pas, ne veut pas toucher le ballon, le cerceau, la main du voisin ;
• le « perroquet » : il (elle) parle, parle, parle, à l’adulte exclusivement, ignore superbement les petits camarades. Souvent ses compétences verbales sont excellentes (mais pas toujours, parfois en plus il s’exprime dans un charabia incompréhensible) bien au-dessus de ses capacités motrices ou conceptuelles. Il n’écoute rien et souvent ne fait rien ;
• le « champion » : il (elle, mais ce sont plus souvent des garçons) a développé des « compétences extraordinaires » pour son âge dans un domaine (nous avons eu un goal de trois ans capable de bloquer un ballon sans coup férir), mais le reste ne le concerne pas, ne l’intéresse pas. Il essaie par tous les moyens d’échapper à l’action si elle ne correspond pas à son domaine de prédilection ;
• la « chipie » : elle (il) régente tout, commande tout, exige des autres obéissance et adoration et ne se sent nullement tenu ( e) de leur rendre la pareille. Les règles concernent les autres, pas elle (lui). Elle (il) est parfait (e), et sa maman l’aide à nous le faire comprendre, parfois très sèchement...
• le « zombi » : il (elle) ne sait rien faire, reste là où on le pose, est mutique et ne semble pas comprendre le langage articulé de l’adulte. Il est parfois capable d’une résistance insoupçonnable qui se traduit par des hurlements, des coups, des morsures lorsqu’on essaie de l’encourager à l’action...
• + toutes les associations entre deux ou trois de ces catégories.

A la maîtresse donc de permettre à tout ce petit monde de rejoindre le club des humains civilisés et doués d’un plaisir de l’action construite... Encore faut-il qu’elle ait appris à le faire, par elle-même car nous verrons que ce ne sont pas les programmes de l’école maternelle qui lui donneront des pistes et je suppose que l’IUFM ne lui a pas donné de « recettes » (les professeurs d’IUFM ont horreur de ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une « recette »)... et puis n’oublions pas que, comme les parents de ces charmants bambins, elle est persuadée que tout doit venir de l’enfant et qu’elle ne peut influer en rien sans risquer de traumatiser gravement ces petits êtres en devenir (sauf s’ils sont violents, auquel cas elle utilisera la répression chaque fois qu’elle le prendra sur le fait tout en reconnaissant que l’école n’y peut rien et qu’ils auraient besoin d’un suivi spécialisé), qu’ils savent déjà tout, y compris que les antibiotiques, utiles lors d’une infection bactérienne, n’ont aucune utilité en cas d’infection virale.

2) le plaisir du jeu :
Nous aurions pu facilement éviter ce paragraphe en l’associant au précédent. Un remarque à ajouter cependant : qui dit jeu, dit règle, et ça aussi, pour la plupart de nos petits (de deux à cinq ans et même hélas plus tard), ça ne veut rien dire.
Nos petits « enfants-rois » ne peuvent ni se contraindre, ni fournir un effort, ni surtout, quelle horreur, perdre... Alors, c’est selon sa personnalité : soit on « fiche tout en l’air » ne respectant ni son tour, ni la règle, soit on s’en va, en cours de partie, soit on refuse de participer, soit on triche et on accuse les autres, soit on papillonne d’un jeu à l’autre, rentrant quand la situation nous est favorable et sortant dès que le vent tourne...

Encore une fois à la maîtresse de canaliser tout cela, sans heurter personne, sans disposer du moindre mode d’emploi, sans oublier ou surinvestir toutes ces micro – compétences, tous ces comportements et attitudes qui permettront de construire les apprentissages fondamentaux.

Écrit par : catmano | 16 décembre 2006

Les internautes qui, trouvant le français trop sommaire et trop limpide, éprouvent le besoin impérieux de lire plusieurs pages du même texte en russe, en arabe, en espagnol , en basque, etc ...seraient aimables d'expliquer quel plaisir elles y trouvent.

Écrit par : Jean-François Croz | 16 décembre 2006

Ils ou elles y trouvent.

Bravo et merci à Cartmano pour sa typologie des petites classes.

Écrit par : Jean-François Croz | 16 décembre 2006

Ils ou elles y trouvent.

Bravo et merci à Cartmano pour sa typologie des petites classes.

Écrit par : Jean-François Croz | 16 décembre 2006

Ils ou elles y trouvent.

Bravo et merci à Cartmano pour sa typologie des petites classes.

Écrit par : Jean-François Croz | 16 décembre 2006

Récemment, lors d'un colloque, j'ai discuté avec un linguiste algérien kabyle. Son pays connaît ses IUFM (qui ne portent pas ce nom-là, qu'importe); et l'idéologie Meirieu, Charmeux, etc. y envahit l'éducation. Même constat que pour nous: catastrophique. Le professeur m'a raconté que des élèves peuvent très bien suivre des études sans savoir déchiffrer les textes - tout repose sur leur mémoire: ce qu'ils ont entendu de la bouche de leur enseignant, la lecture faite par un camarade. Ces élèves, donc, repèrent visuellement les étapes du texte: les paragraphes, les "à la ligne", etc., et récitent. Au moins Alzheimer ne les guettera pas.
Le chercheur, à l'université, a eu des copies de 4 pages avec des 128 fautes.
J'ai eu, cependant l'impression, que les linguistes, les enseignants réussissent à bien se défendre de l'autre côte de la mare nostrum...

Écrit par : Pendariès | 16 décembre 2006

Jean-François Croz semble ne pas avoir réalisé que les copies de copies en langues étrangères ne sont pas forcément le fait de ceux qui les signent — c'est comme le texte de Frackowiack hier : il y en a qui occupent l'espace…
JPB

Écrit par : brighelli | 16 décembre 2006

Excellent, le Colombelle! Et quel compositeur, et joué par quel gambiste, écoutiez-vous, Léo?
Bon week-end à tous.

Écrit par : christophe sibille | 16 décembre 2006

Il est peut etre temps enfin de faire le bilan de cette génération soixante huit. Nous, les enfants de ceux qui ont piqué leur crise de nerfs, devons maintenant assumer les errances, les erreurs de nos ainés qui se sont retranchés dans leur bien être bourgeois. Tout ça pour ça, jamais ils n'auraient accepté les revirements sociaux de ces dernieres années, mais nous n'avons pas le choix : quand les parents boivent les enfants trinquent. Les voilà maintenant nantis, chefs d'entreprise contraints "a contre coeur de délocaliser" pour ceux qui ont bien réussi et qui ont les postes d'influence que leur ont donné les copinages diverses. Nous maintenant , nous devons faire des efforts et ce n'est pas pour rien que la sainte vierge mise sur les nouvelles générations de profs pour imposer "ses réformes". Elle sait qu'ils baisseront la tête et obéiront, les enfants des soixantehitards seraient ils des moutons? En tous cas, on mise sur eux pour leur faire accepter ce que leurs ainés auraient refusé pour cause de droits acquis dixit la sainte vierge à lourdes. Finalement et je preche des convertis, 68 c'est comme 1789 : révolution bourgeoise.

Écrit par : sapiens | 16 décembre 2006

"qu’ils savent déjà tout, y compris que les antibiotiques, utiles lors d’une infection bactérienne, n’ont aucune utilité en cas d’infection virale."
Commentaire de ma fille de douze ans qui à présent supprime le son dès le préambule de cette débilité radiophonique: "Que c'est bête, ce gamin qui donne des conseils à ses parents!" Courage, le bout du tunnel n'est peut-être pas si loin!
Au fait, moi, c'est dobolino, pas doblino et c'est enregistré dans mon ordi. En plus, j'ai un alibi en béton: je dormais!

Écrit par : dobolino | 16 décembre 2006

Merci catmano... C'est très intéressant. On oublie je crois, lorsqu'on parle de l'école que les "idées" des pédogues, ou plutôt l'idéologie pédagogiste ne fait que relayer à l'école celle qui domine la société de masse. C'est curieux qu'un Meirieu qui déplore les ravages de la télévision ne voit pas cela.

Or, ce que dit Hanna Arendt, c'est que l'école doit rester un monde un peu (pas complètement !) à part. La difficulté, pour des gens comme nous, quel que soit le niveau où nous oeuvrons, c'est que nous allons contre le courant. C'est une servitude, mais je pense aussi pour parler comme Alfred de Vigny que c'est aussi notre grandeur. Je trouve très significatif qu'ils se lavent les mains de ce qui se passe sur le terrain en refusant de vous donner des recettes.
Il faut continuer à ramer à contre courant jusqu'à ce que les parents nous rejoignent. Je crois que le mouvement est amorcé si l'on en juge par certains témoignages sur ce blog.

Écrit par : Robin | 16 décembre 2006

Pour Christophe Sibille:
Violiste: Paolo Pandolfo
Compositeur: le musicien lui-même dans l'esprit des improvisations des XVI°-XVII°s. Une nouveauté de chez Glossa, excellent label distribué par Harmonia Mundi.
Avec un verre de Colombelle nouveau frais et vif.
Un peu de douceur dans un monde de brutes et d'abrutis.
Voilà M'sieur!

Écrit par : Léo | 16 décembre 2006

Merci à vous, Léo. Je me mets en quête, (pas pour le colombelle, que je connais un peu, mais pour Pandolfo, dont je n'avais jamais entendu parler).
Cordialement.

Écrit par : christophe sibille | 17 décembre 2006

"Ce qui caractérise les "pédagogistes", (les "pédagogues" , comme l'écrit Frackowiak avec l'infâme toupet, et la volonté de désinformer le public , de laisser entendre qu'il n'y a de "pédagogues" que ceux de sa secte)." (Jean)

Ce qui caractérise le "donjuanisme", c'est l'incapacité à être un don Juan, voire être totalement impuissant, (rires)le "volontarisme " : être totalement dépourvu de volonté. (Entendu à la radio).
d'où je déduis : être "pédagogiste", c'est être dans l'incapacité d'être pédagogue.

Écrit par : Anne-Marie Valette | 18 décembre 2006

Oui, mais à partir du moment où c'est vous qui les traitez de pédagogisteset où, dans votre bouche, il s'agit déjà d'une injure ou presque, l'argument perd une partie de sa valeur, Anne-Marie! Sans vouloir rabaisser la puissance de votre raisonnement, bien sûr!

Écrit par : christophe sibille | 19 décembre 2006

Monsieur Brighelli, un homme de conviction comme vous voterait blanc? Allons! Vous n'allez quand même pas vous renier en vous dérobant simplement parcequ'il vous faut choisir entre la peste et le choléra.
Je me permets de livrer à votre méditation cet aphorisme attribué au cardinal de Retz: "il faut parfois avoir le courage de changer de parti pour conserver ses convictions".

Dans un autre registre, opposé à celui de l'authenticité, ce prélat avait également compris que l'on ne "sortait de l'ambiguïté qu'à ses dépens", Madame Royal aussi , qui s'en fait une ligne de conduite, avec un succès immanquable, dans une société-spectacle à son image, qui se complaît dans le ni-ni molasson ( la cohabitation) et l'esbrouffe.

Edgard Faure avait une autre stature, lui qui justifiait ses virements de bord, en disant "ce n'est pas la girouette qui tourne c'est le vent.

Quand la France a brillé pour la dernière fois par son courage collectif...elle s'appellait encore la Gaule. cette vertu est rare, chez nos compatriotes. Trop de politiques sont à leur image.
Comme il ne fait pas long feu chez nous, il nous faut saluer le courage politique quand il apparaît, mais la niaiserie médiatisée fait infiniment plus recette.

Voter blanc, monsieur Brighelli, c'est accepter de rester empêtré dans le carcan idéologique que me semblez pourtant avoir résolu combattre avec courage, car vous ne hurlez pas avec les loups, et vous marquez contre votre équipe.

Tant de sang versé pour conquérir le droit de vote mérite mieux que de s'en défausser quand le choix est ardu.

Il faut revenir aux Mémoires sur l'Instuction de Condorcet, lumineux pour comrendre comment et pourquoi nous en sommes arrivés là. Pour que les écoliers, futurs citoyens, se forgent en toute liberté des convictions, il avait conçu une école réellement laïque, cela voulait dire qu'elle avait pour mission de "neutraliser" toutes les opinions en soumettant les savoirs savants élémentarisés au crible de la raison et au test de la réalité. Instruire n'est pas convertir disait-il.
Or c'est pourtant ce qu'a fait l'école, qui est passée depuis Jules Ferry du cathéchisme républicain anticlérical à celui des gourous de sectes pseudo- scientifiques, sociologico- linguistico- sémiotico-psychanalytiques.

Je vous observais, l'autre soir, assis derrière Sarkozy, votre "body language" était éloquent. Vous savez que nous n'avons pas le choix. Malheureusement, TV5 a tronqué l'émission. ( expat' pour incompatibilité de valeurs avec ma patrie, je vote à chaque élection)

Vos "coups de gueule" me font chaud au coeur, j'ai lu vos livres dès leur parution et sais que vous ne laisserez pas les Kmers Rouges continuer leurs ravages rue de Grenelle.

Il faut tout faire pour enrayer la destruction conjointe des apprentissages à l'école et des valeurs de la république. Elles forment un tandem. Condorcet, encore lui, théorisa cette relation autorégulée. Quand l'une trébuche, l'autre tombe aussi.

Nous avons le même âge, un parcours voisin et une même responsabilité envers ceux qui nous suivent.

Écrit par : Danièle | 20 décembre 2006

Que pensez-vous, Danièle? Que Condorcet aurait voté pour Sarko? Ca m'étonnerait... Puisque le mot: "oxymore" est à la mode, "Condorcet vote Sarkozy" me paraît s'en rapprocher.

Écrit par : christophe sibille | 20 décembre 2006

Ecrire un commentaire sur le site de désir d'avenir????? j'en ai envoyé un mais il a d'abord été mis "en attente" puis finalement non publié ( censuré.......). Ne peut-on faire aucune critique, aucune remarque au PS ?
Je tente alors ma chance sur un autre sujet de discussion " le smic à 1500 euros" et j'explique ma position, mes réserves, ce que celà entraine.....
A nouveau non publié ( censuré ? )
Mais peut-être aurais-je du ne pas préciser que je suis une jeune enseignante.....Mme Royal et ses amis ne semblent guère les aimer.

Écrit par : alex | 21 décembre 2006

je n'ai lu que l'article de jp breghelli que je trouve excellent dans son analyse de la situation de l'école.
Les pédagogues qui donnent de grandes leçons sont dans la procédure pas dans le résultat,vous l'expliquez fort bien dans votre livre! les pédagogies actives montrées en exemple dans les IUFM et ds les cours de didactiques ne sont destinées qu'aux bons élèves! les gens du terrain le disent depuis des années! Personne ne nous a écouté, dédaigné par les formateurs, viipandé par les IEN, montré du doigt par les collègues... ces mêmes personnes qui écoutent Bentolilla religieusement, et qui viennnt nous donner des leçons maintenant...
Un directeur d'IUFMqui n'a pas honte de dire qe son IUFM fait la part belle à l'acquisition de la lecture.... Alors que les PE2 n'ont aucune formation réelle en la matière...
Incompétence et malhoneteté intellectuelle!!! ça fait beaucoup et ça rend amer!
des cp confiés à des T1 sortant sans formation! ce systéme égalitaire ou tout se vaut: PE2, T1 ET collègue avec 20 ans de carrière ou chacun est soit disant interchangeable!!!
aucune compétence reconnue, aucun tutorat, bref on sacrifie sur l'autel de l'égalitarisme des enfants, des parents, des enseignants et pour finir l'école publique, l'école de la république!

Écrit par : pirouette | 22 décembre 2006

Oh, vous savez, les IUFM, que vous vilipendez, sont les premiers à "râler", (pardon, Jean) contre le fait que les T1 soient lâchés sur le terrain après une (trop courte) année de formation!
Joyeux Noël et bonnes fêtes à tous, sur ce!

Écrit par : christophe sibille | 22 décembre 2006

Christophe,
Vous n'allez quand même pas voter pour Madame Royal!
Evidemment, les IUFM voudraient bien pouvoir "déformer " les T1 pendant plus d'une année... Car la "formation" en IUFM, d'après ce qu'on en dit...
Alex,
Madame Royal et ses amis "pédagogistes" (Meirieu, Frackowiak, Bégaudeau et leurs sinistres comparses) ont déjà dans leurs cartons une transformation de l'école en kermesse permanente dont les ex-professeurs seront les valets de cirque, en application des rêveries calamiteuses de Meirieu. C'est pour ça que votre avis n'intéresse pas pour un sou Madame Royal, et ce n'est pas parce que vous êtes une jeune enseignante. Ce n'est même pas la peine de vous fatiguer à envoyer des commentaires au PS, car cela passe immédiatement à le poubelle. Seules les idées des "pédagos" intéressent Madame Royal, et cela pour une raison toute simple: les idées des "pédagos" sont ce que l'on a pu inventer de plus efficace en matière de démagogie. Et en matière de démagogie, Madame Royal s'y connaît. Qui se ressemble s'assemble, voyez-vous. Ne perdez pas votre temps. En revanche, il faut essayer de convaincre Sarkozy de tenir compte de notre avis sur l'école, car entre Royal et Sarkozy, le choix est vite fait, même s'il est désagréable pour ceux qui avaient cru jusqu'ici à l'idéalisme des socialistes.

Écrit par : Jean | 22 décembre 2006

"Car la "formation" en IUFM, d'après ce qu'on en dit..."

Ecrit par : Jean | 22 décembre 2006

"On" est un pronom indéfini malhonnête, Jean! En plus, il y a plusieurs "on".

Je ne voterai pas pour Royal. Mais, rassurez-moi, vous n'allez pas voter pour Sarko?

Écrit par : christophe sibille | 23 décembre 2006

Si vous voyez, Christophe, un moyen de faire autrement pour que Madame Royal soit empêchée d'accéder à la Présidence de la République, ce qui me semble étre l'impératif absolu, je suis prêt à suivre vos conseils... Quant à la formation en UFM, il y a dans ces instituts deux types d'individus, les vrais professeurs, qui apportent quelque chose de solide et d'utile aux stagiaires, et les autres, les "formateurs" aux qualifications douteuses et aux états de service aléatoires, qui se sont coulés corps et âme dans le moule de l'idéologie la plus dangereuse qui soit, qui consiste à dire que "le professeur n'est pas là pour transmettre des connaissances". Ce sont ces gens-là qui sont malfaisants et que les stagiaires, d'ailleurs, désavouent et rejettent...

Écrit par : Jean | 23 décembre 2006

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