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26 novembre 2006
Socle sans statue
Socle sans statue
Voilà déjà cinq ans (1) que l’on tente de définir ce « socle commun » de connaissances qui sauvera l’Education nationale — et le pays tout entier. La commission Thélot s’en était préoccupée, avec une pseudo-consultation du corps enseignant dont les résultats furent, de l’aveu même de certains membres de ladite commission, singulièrement déformés, afin de s’inscrire dans le projet pré-établi. On sait que les sondages les plus sérieux ne fonctionnent pas différemment : ils corroborent l’attente du client.
Puis le Haut Comité à l’Education a fini par pondre quelques suggestions, tout aussi indépendantes, qui ont été reprises et formulées par le gouvernement en sept points (conseil des ministres du 12 avril 2006) :
- maîtrise de la langue française ;
- pratique d'une langue vivante étrangère ;
- principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique ;
- maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication ;
- culture humaniste ;
- compétences sociales et civiques ;
- autonomie et l'esprit d'initiative.
C’est ce que j’appelle, comme bien d’autres, un SMIG culturel. Le fourre-tout « culture humaniste » intègre probablement tous les laissés-pour-compte, la Philosophie, l’Histoire et la Géographie (cette dernière est actuellement une denrée fort rare à l’école), les Arts plastiques, la Musique — et même le Sport : mais quand on voit le corps des participants, passés ou présents, du HCE, dont l’appellation de « membre actif » est certainement exagérée, on comprend mieux cet oubli…
Quant aux Pédagogues (2), ils ne se montrent pas absolument hostiles au projet — forcément, puisqu’on est dans cette logique du « a minima » qui leur est si chère. Ainsi, l’inénarrable Zakhartchouk, qui déclarait dès 2004, dans un colloque convoqué par le SGEN (forcément !), qu’« à la fin de la scolarité obligatoire, tout élève devrait être capable de faire un bref exposé devant un auditoire, lire et comprendre toutes les pages de son journal régional ou trouver des informations sur internet en sachant trier celles-ci et en se posant la question de leur validation » : c’est ce qu’il appelle les « compétences » souhaitables — souhaitables pour être plus facilement exploité, sans doute… Et d’ajouter qu’il ne faut pas en rester aux « compétences disciplinaires » (éclatons les disciplines, faisons de la transversalité…), mais enseigner avec une pédagogie « différenciée » qui ne sera pas « différenciatrice » (dois-je rappeler que cette haine de la "culture bourgeoise" a produit, en vingt ans, plus d'inégalités que jamais l'élitisme le plus forcené n'en engendra ?). Précisant au passage que la Culture « n’est pas un supplément d’âme, une cerise sur le gâteau. Il faut développer les activités culturelles, mais plus intégrer la dimension culturelle dans les savoirs, en les reliant à ce qui est familier et parlant pour les élèves… »
Soyons clairs, et si possible pratiques. Ce que l’on doit apprendre à l’école, c’est l’ensemble de ce qui permet de communiquer avec l'ensemble de nos contemporains — et, par exemple, un patron instruit, celui-là même qui pourrait bien vous recruter. Or, que sait-il, cet individu-là ? Il sait parler un bon français (c’est-à-dire qu’il est tout à fait capable de s’exprimer comme un charretier, mais en faisant la distinction entre tous les niveaux de langue), il saisit les allusions littéraires, picturales, musicales, il écoute toutes sortes de musiques, mais rarement du rap, son niveau en mathématiques lui permet de tenir une comptabilité complexe (et même, parfois, de la fausser), il ne se laisse pas aller physiquement, sinon les repas d’affaires l’auraient tué depuis longtemps — bref, il recrute sur des critères qui sont, au fond, narcissiques : il espère que le jeune homme ou la jeune fille en face de lui lors de l’entretien d’embauche sera performant, professionnellement parlant, mais il veut surtout être assuré qu’ils se ressemblent et se comprendront.
Morale utilitaire ? Pas même. L’éducation « libérale » de Montaigne (cela s’appelait déjà comme ça, et il faudrait peut-être restituer au mot son sens originel) lui permettait de parler aussi bien au roi qu’à ses « gens », comme on disait alors. De fréquenter Cicéron aussi bien que La Boétie ou Ronsard vieillissant. De se rendre en Italie (on apprenait l’italien comme on apprend aujourd’hui l’anglais) sans souci majeur, et d’y apprécier à leur juste valeur les sculpteurs romains et les peintres de la Renaissance. C’est-à-dire maîtriser le passé et le présent — et c'est de cette maîtrise que naîtront les Essais.
Sans compter qu’il s’était forgé un corps capable de résister à des journées entières passées à cheval, alors même qu’il n’avait guère de dispositions naturelles que pour le confort douillet et les oreillers moelleux.
C’est très exactement ce que je voudrais aujourd’hui pour tous : pas un « socle » au rabais, mais un monument entier. L’élève formé(e) par le système scolaire devrait ressortir du lycée avec la maison France sur le dos — comme un escargot, comme disait Philippe Chatel.
Et quand je dis « France », j’y inclus naturellement les cultures régionales, grandes absentes des options « éducatives » et « citoyennes » d’aujourd’hui, et une teinture sérieuse de culture internationale, qui permettrait à tout élève français de savoir qu’un Américain connaît parfois mieux John Irving qu’Eminem.
Plutôt qu’égalité des chances, tarte à la crème de tous les régimes, peut-être faudrait-il envisager sérieusement l’égalité de bagage — et après, le talent personnel, les capacités individuelles trieront dans ce bagage, et l’exploiteront on non. Donner leur chance aux élèves (leur donner une chance d’inverser le « principe de Peter », et d’amener chacun à son plus haut niveau de compétence), c’est leur apprendre une langue commune, une culture commune (qui est ou n’est pas celle de la sphère privée où ils évoluent — et si elle ne l’est pas, raison de plus pour la leur apprendre), qui leur permettront, l’une et l’autre, de s’insérer dans un tissu social et professionnel. L’ascenseur social fonctionne à la culture, et pas à autre chose. Et il s’est mis en panne, depuis qu’on a commencé à mépriser les savoirs.
Et particulièrement les savoirs "annexes". La "pédagogie", c'est, tous les jours, Mozart qu'on assassine. Qui ne voit, qui ne sait qu’on n’apprécie un individu qu’en fonction de ce qu’il sait « à la marge » ? Savoir que « la corneille sur la racine de la bruyère boit l’eau de la fontaine Molière » est un présupposé — ou devrait l’être. C’est sur la connaissance — annexe — de Théophile de Viau ou de Cyrano de Bergerac que l’on cimente une culture.
D’où mon ire face aux déclarations récentes de Nicolas Sarkozy — et je le lui dirai, si j’en ai l’occasion : « «L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de la Princesse de Clèves... » (3)
J’adorerais une Poste où la guichetière saurait parler de Mme de Lafayette — même si elle n’en a l’occasion qu’une fois dans sa vie. J’adorerais un service public — ou privé — où l’on saurait, une fois de temps en temps, perdre son temps à débattre, avec tous ceux qui font la queue, du dur problème de l’aveu à monsieur de Clèves — comme au plus beau temps du Mercure françois… J’adorerais aussi bien qu’on puisse, n’importe où, papoter indifféremment de Josquin des Prés, de Wagner ou de Bénabar — tous troubadours dans des genres différents…
Mais je rêve, sans doute — et nous aurons un socle sans fondations, sans statue, et sans devenir.
Jean-Paul Brighelli
(1) Et même davantage, si l’on remonte au rapport Bourdieu-Gros de 1990.
(2)Excepté Philippe Meirieu, qui malgré ses conceptions erronées et ses excès langagiers, n’a jamais méprisé le vrai savoir, et qui se désolidarise de plus en plus, en privé et en public, des crétins patentés qu’il a contribué à nommer à tous les échelons du pouvoir, et qui pérorent aujourd’hui si volontiers en son nom, et en proférant de si grosses bêtises.
(3) http://www.liberation.fr/rebonds/218279.FR.php
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Commentaires
Voila qui me rappelle un rapport d'inspection daté de 2003; j'avais eu (et j'ai toujours) l'outrecuidance de proposer à des 3° des oeuvres un peu difficiles mais pas inaccessibles, en l'occurrence Dom Juan, étudié aussi en musique via Don Giovanni. "Le programme de travail en musique... doit être essentiellement de la responsabilité du professeur de musique" décrète Madame Tartempion, balayant quand ça l'arrange la sacro-sainte interdisciplinarité.
"Bien guidés par le professeur, les élèves qui restent attentifs, témoignent également de leur compréhension. Leurs remarques et réponses sont judicieuses". Zut alors, ils suivent, pense l'inspectrice qui n'en démord pas:"on peut s'interroger sur ce qu'ils auront compris de la pièce de Molière dont l'enjeu profond correspond davantage à une classe de lycée." Donc pas de Princesse de Clèves pour la guichetière et pas de Dom Juan pour les collégiens, margaritas ante porcos!
L'organisation du cours ne peut passer que par les Fourches caudines des instructions officielles, car un prof qui a 30 ans d'expérience (dont 18 en ZEP) ne sait pas s'y prendre, le pauvre: "Quant à l'organisation en séquences (que j'ai refusée tout net), elle n'est pas un simple habillage à la mode: elle correspond à une réflexion, un projet sur toute l'année et contraint à envisager avec rigueur le pourquoi des textes choisis... Faute de quoi...on peut s'attarder indéfiniment sur un oeuvre". Il est sûr, chère Madame, que cette pure merveille de Dom Juan ne mérite pas qu'on s'y attarde!!!
"Madame C s'attache surtout, en grammaire, à la remédiation. les élèves revoient donc des notions grammaticales et orthographiques élémentaires; sans doute en ont-ils besoin, mais en conséquence rien du programme de l'étude des outils de la langue n'a été abordé". Bon, Kevin patauge dans les conjugaisons courantes, j'ais, tu est, vous avait, mais il est temps d'aborder le schéma actanciel, que diable.
"Madame C enseigne avec conviction et a un goût évident et pour la musique et pour la littérature. Son expérience professionnelle lui a fait connaître des publics scolaires différents et elle constate les difficultés de celui qu'elle a devant elle. On ne peut que regretter qu'un professeur se refuse à imaginer une autre organisation de son enseignement, plus conforme aux instructions officielles"
Et toc: un prof compétent, diplômé, efficace, cultivé et expérimenté n'a pas le droit de partager sa culture et de gérer sa classe comme il l'entend, même s'il le fait avec succès.
Et il y a encore des gens sur ce blog qui nient qu'il existe un terrorisme des méthodes malgré tant de témoignages comme le mien!
L'inspectrice en question, à qui j'ai dit mes sympathies pour "Sauver les Lettres" et autres mouvements dissidents, s'est bien gardée de me noter. Je vis donc sur une vieille note donnée par un chargé de mission plus stalinien encore (un projet pédagogique sur 5 semaines est obligatoire). Cela me vaut de faire partie des 7 avis défavorables attribués par l'Inspection régionale sur 1600 postulants à la hors-classe. Ce qui se chiffre en milliers d'euros perdus parce que je m'obstine à transmettre une langue et une culture.
(Cunégonde, agrégée de lettres modernes, certifiée de Lettres classiques, licenciée d'anglais et Premier Prix de Conservatoire national de musique, autant dire pas grand chose. Et merde !!!)
Ecrit par : Cunégonde | 26 novembre 2006
Encore !
Et prenez un autre surnom, "Cunégonde" est d'une telle auto-dérision qu'elle confine au narcissisme…
JPB, agrégé, normalien, à peu près bilingue, et qui fait un peu de blues chaque matin, vers 4-5 heures, histoire de se mettre in the mood for teaching…
Ecrit par : brighelli | 26 novembre 2006
Etonnant,non?
Ecrit par : combemale | 26 novembre 2006
Alors je réitère.(ter)...Comment s'y prendre pour faire bouger ce système décadent?
En chantant du blues? En jouant avec la hiérarchie en cachant ses actions dissidentes (je ne fais pas d'informatique, ni de séquence etc...)? En continuant à pérorer sur les blogs?
Je geins m'a-t-on dit. Nous geignons!
Je cultive mon jardin mais l'autre en face, il est dépassé par le système. Je cultive mais autour, ça marche sur la tête. Et bientôt je ne pourrai plus cultiver puisque je serai à l'école jusqu'à ma mort et 40h par semaine pendant 45 ans.
J'ai rencontré des gens intelligents et mille fois plus cultivés que moi (c'est pas dur) chez mon syndicat. J'en suis ressorti moins âne. Et j'y retournerai. Parce qu'en restant le cul sur ma chaise devant le blog, rien ne bougera. Et non de dieu, j'ai encore 40 ans à vivre avec les barbares. Et ils entrent de partout, plus virulents les uns que les autres. Ca deviendra très dur d'ici 10 ans dans ce métier. Voire intenable.
Alors comment convaincre les moins convaincus?
Ecrit par : combemale | 26 novembre 2006
Il n'y a pas moyen de convaincre les moins convaincus, parce que ça ne se passe ps au niveau du rationnel, mais du passionnel : ce n'est pas manque de raison, mais excès de trouille. Ils nous rejoindrons après le débarquement, si j'ose dire — résistants de la onzième heure, tondeurs de femmes et assassins de harkis…
C'est incroyable, la lâcheté — dans ce métier comme dans toute l'espèce humaine.
Je crois que c'est parce que nous sommes une espèce grégaire — donc trouillarde, comme toutes les bêtes qui se rassemblent pour trembler les unes contre les autres. Je vous rappelle pour mémoire qu'"individualiste" est un reproche, sinon une injure.
Même à Sauver les lettres…
JPB
Ecrit par : brighelli | 26 novembre 2006
L'inénarrable Zakhartchouk me fait toujours penser à cette anecdote qui courait en URSS du temps de Brejnev: un délégué Tchoukche rend compte des travaux du congrès du PCUS à Moscou.
-J'ai beaucoup énormément appris dit'il. Et le plus important, c'est que dans notre pays, tout est fait pour l'homme, tout pour l'amour de l'homme et au nom de l'homme! Et figurez-vous, cet homme je l'ai vu!
Remplaçons le mot tchelovek par utchenik (élève) et nous avons l'exacte conception infantilisante et sucrée de notre système d'éducation par notre inestimable pédagogue. Qu'il reçoive ici aussi un blame! (zakhayat signifie en russe blâmer)
Ecrit par : buntovchik | 26 novembre 2006
C'est vrai que ça geint beaucoup dans l'EN. Mais faites autre chose si vous en êtes capables, et cessez de geindre ! Si vous valez mieux que ce que vous faites, et je sais que c'est le cas de beaucoup de mes ex-collègues (j'ai quitté l'enseignement pour expérimenter cette idée), alors tirez-en les conséquences et vivez votre vie comme vous l'entendez.
Malgré la dureté de leur métier, je trouve que trop d'enseignants sont quand même bien confortables dans leur statut, c'est cela et pas leur prétendu amour d'un métier qui les ennuie qui les fait tenir. Bel exemple, chacun a finalement l'enseignement et les classes qu'il mérite.
Je me désolidarise petit à petit d'un métier que j'avais pourtant choisi, mais dont les représentants me semblent de plus en plus petits dans leurs actes, quand leurs idées et leurs capacités leur permettraient de faire bien mieux.
Ecrit par : zero | 26 novembre 2006
Bonjour à tous,
Quel blues jouez-vous, Jean-Paul? Et le jouez-vous à la guitare?
Cunégonde, sans vous faire de procès d'intention, le fait-d'être sympathisante de "sauver les lettres" est-il la première chose dont vous ayez parlé d'un ton un peu vengeur à votre inspecteur? C'est quelquefois susceptible, ces petites bêtes, vous savez!
zero, vous avez parfaitement raison! Si j'ai bien compris votre message, vous recommandez de s'affranchir des textes officiels ou, du moins, de s'accorder des libertés qu'ils nous donnent quand on les lit un peu "entre les lignes"? Si c'est cela, j'adhère à 150%. Ils sont, à mon sens, fait pour ça. On aura, quoiqu'il arrive, les libertés qu'on se donne, et je persiste à penser que si on le fait de manière un peu habile, aucun inspecteur ne pourra nous reprocher d'avoir raté des cours réussis.
Bonne fin de week-end.
Ecrit par : christophe sibille | 26 novembre 2006
Bonjour à tous!
Je viens juste de découvrir ce blog, oui, bon, il n'est jamais trop tard pour bien faire??
J'enseigne l'allemand dans un de ces "grands et bons" lycée parisien peuplé de jeunes soi disant sans aucune difficulté...Je suis entrain de terminer "a bonne école" apres avoir lu "la fabrique" ..
Je tenais à dire que je n'ai pas tellement aimé votre analyse sur nos magnifiques ecoles ou nous n'avons apparement pas beaucoup de mérites à enseigner...Ce serait donc là quelquechose de tellement plus facile! J'ai quand même envie de dire que 1) un ado reste un ado
2) que nous devons ici aussi parler LEUR langage , et j'ai vu un certain nombre de mes collegues partir, car ils ne supportaient plus...
3) nous sommes exigents avec nos élèves, mais ils le sont également avec nous... Ils sont en devoir tous les samedis matins pendant 3h ou 4h( dépend de la matière) et ce dès la 2nd. Il faut bien trouver les sujets et ensuite....corriger tout ça! Je passe le plus clair de mon temps de vacances à préparer mes cours , à me renouveller, et ah oui, nous avons des nouveaux programmes en langue, donc il faut bien s'y plier. Ils sont dailleurs très réducteurs ces programmes (alors qu'ils ont l'air très ambitieux)
Tout ça pour dire que il y a certes des avantages à 'enseigner dans un lycée "prestigieux" (qui n'est dailleurs jamais mentionné dans vos livres, nous nous sommes demandés pourquoi ;-))) ) mais il y a aussi des inconvenients .
mais il est vrai que nous pouvons encore APPRENDRE des choses à nos élèves , nous avons encore le droit de les coller, de les mettre à la porte du cours , il y a encore des conseils de discipline et aucun élève ne sèche des cours ( pas possible).
Merci pour vos livres très interressants , @bientôt
Ecrit par : nathalie | 26 novembre 2006
Bonsoir, Nathalie…
Je ne parle que de ce que je connais — Henri IV un peu, Louis-le-Grand où j'ai passé quelques mois de stage en maths sup (avant d'enchaîner sur 7 années de collège rural…), Turgot où j'ai des amis, Hélène Boucher parfois, pour des raisons familiales… Le reste est une nébuleuse de "bons lycées" (parfois pas tous très bons : j'ai une expérience directe de Paul Valéry qui aurait mérité de figurer dans mes livres, chapitre "difficile"), que le provincial que je suis désormais ne fréquente pas directement.
Ce qui serait intéressant, ce serait que vous nous expliquiez comment on enseigne l'allemand, désormais : langue de Goethe, ou de la presse moderne ?
JPB
Ecrit par : brighelli | 26 novembre 2006
Rebonsoir!
Comment on enseigne l'allemand..
Gute Frage!
Les nouveaux livres (mais la tendance n'est pas toute récente récente non plus) axent tout sur l'allemand comme "outil de communication". Voilà,le mot est dit, nous devons COMMUNIQUER. Le problème, c'est que c'est très réducteur de vouloir simplement communiquer! et l'allemand n'est pas une langue qui s'y prête tellement (avant de pouvoir "baragouiner" il y a du chemin!!). Donc, le moins de grammaire possible, ou alors seulement en situation (tiens, je tombe sur une adjectif décliné, hasard, et les élèves devraient en déduire la règle tous seuls, comme par magie) !Dans mes nouveaux livres (j'ai deux quatrièmes, une 2nd, une 1ère , deux Term.) c'est un véritable puzzle, chap 1 on apprend à conjuguer des verbes au singulier, 2 chapitres plus loin au pluriel. J'ai pris quelques libertés bien sûr face à ça,je ne pense pas que l'on rende service à morceler comme ça.
Au lycée, les nouveaux livres proposent des nouveaux textes en fonction des programmes en vigueur. (nouveaux programmes). Je regrette que les textes soient tous trop actuels.Jje n'ai rien CONTRE un texte actuel, rien contre la presse, rien contre Natascha kampusch (juste un exemple!!!), mais Kafka et Goethe rentrent difficilement dans ces nouveaux programmes (il faut que j'arrive à caser Kafka, car c'est ma spécialité)
J''ai travaillé avec mes Term. sur le film récent "Sophie Scholl" et ils ont beaucoup aimé. Beaucoup de vocabulaire et de choses à savoir, mais ils sont contents en fait quand ils ont des choses à apprendre, faut pas croire qu'ils sont tous paresseux dans l'âme!(lol)
J'essaye de passer du temps sur tout, sur des textes plus difficiles, sur des activités qui les poussent à parler ,ils passent aussi des oraux (dans toutes les matières) dès la 2nde en vue de les entrainer pour après, et pour cela faut leur donner de quoi parler.
Nous avons encore de la chance d'avoir des élèves en 1ere et 2eme langue (deux classes en 6èmeLV1 et en 4ème en LV2) et nous faisons tout pour les garder ,pas toujours facile..
Voilou une petite réponse à une grande question! ;-))
Ecrit par : nathalie | 26 novembre 2006
Je voudrais juste revenir sur Sarko et "La Princesse de Clèves". Le propos est d'autant plus lamentable que le mm Sarko, loin d'être un beauf ignare, est capable de parler, et fort bien ,de "Belle du seigneur" chez F.O.G. ! Moralité : la grande littérature c'est bon pour certains, pas pour d'autres. c'est exactement la leçon du "socle commun". Quod erat demonstrandum...
Ecrit par : FGuichard | 26 novembre 2006
Gute Nacht NATHALIE
Ich bin für die ..... SMIG scolaire :
SAVOIR
MAXIMUM
d' INSTRUCTION
GENEREUSE
SAVOIR :
Entre le savoir- faire, le savoir-être ...je préfère le savoir-savoir.
J'ai près de 50 balais.... On ne m'a jamais inculqué le savoir -être , le savoir -faire... et je n'ai pas trop le sentiment d'être lésé pour autant . Mes instits m'avaient enseigné le savoir tout court . On pourrait dire aujourd'hui le savoir-savoir :-)
MAXIMAL :
Et pourquoi minimum, ? Je n'entends que ça autour de moi !
Je veux du MAXIMUM. Tout enseignant entrant dans sa classe se doit d’obtenir le maximum de ses élèves grands ou petits. Et il faut élever chaque enfant au maximum de ses possibilités sans léser son proche !
INSTRUCTION
L’école est le lieu d'instruction ...et non d'éducation !
GENEREUSE
Comme se devrait être la REPUBLIQUE .
... ça doit être le pastis :-)
Aufwiedersehen meine Freunde :-)
Ecrit par : Patrick (Instit) | 26 novembre 2006
Bravo Patrick!
Gut gesagt!
Dir auch, eine schöne Nacht;-)
Ecrit par : nathalie | 26 novembre 2006
Bonsoir
Je viens de vous quitter et un copain m'envoie un mail.
Nous avions dans l'après-midi converser sur Pierre DAC, humoriste et ancien compagnon de la Libération (de l'école sans aucun doute )
Voici un propos très circonstanciel que BONNET d'ÂNE devrait porter en effigie
" Pour que l'école dure, Amis donnons ! "
Cordialement
Ecrit par : Patrick (Instit) | 26 novembre 2006
Oh ! Grosse Katastrophe !
con... versé ..... ce pastis sur la nappe !
Entschuldigungen
Ecrit par : Patrick (Instit) | 26 novembre 2006
;-))) c'est pô grave ça, lol
Ecrit par : nathalie | 26 novembre 2006
Cher Monsieur Brighelli
J'ai apprécié vos deux premiers livres : La fabrique du crétin et A bonne école mais le troisième m'a surpris et choqué et je comprends que Monsieur Laurent Lafforgue, le préfacier d'A bonne école en ait été blessé (il a raison de vous rappeler qu'il y a des mots qui tuent, même un siècle plus tard). Vous vous laissez entraîner par une certaine facilité de plume et une pure ivresse verbale et vous perdez de vue les limites de la saine raison que vous défendez par ailleurs, et à juste titre. Il y a des gens intelligents en dehors de vous, y compris parmi les juifs et les musulmans et Les chrétiens ne sont pas tous forcément des crétins ! Voilà, j'ai vidé mon sac sur ce sujet et je vous propose une traduction du vers admirable de Dylan Thomas que vous citez dans un de vos livres : "Once below a time, I was a child" :" Jadis, avant l'invasion du temps, je fus un enfant.". Au milieu de nos débats d'adultes, de professeurs, de parents, essayons de nous souvenir qu'un jour, nous aussi, "avant l'invasion du temps", nous fûmes des enfants.
Ecrit par : Robin Guilloux | 26 novembre 2006
Bonjour,
êtes-vous au courant du nouveau décret qui permet la mise en place de la bivalence pour tous les enseignants du second degré ? Voilà encore un moyen de détruire l'école : un prof de lettres pourra devenir un prof d'histoire ou de philo ou de langue, au bon vouloir de la "nouvelle" EN ... C'est sans doute ce qu'on appelle un enseignement de qualité chez nos ministres ...
Bien à vous,
Marie
Ecrit par : Marie | 27 novembre 2006
La bivalence se fait selon le schéma majeure / mineure. Par exemple, majeure en Lettres, mineure en Histoire.
Ou majeure en Sport, mineure en maths — mais le contraire n'est pas possible : c'est que sport, voilà une spécialité, mais maths, n'importe quel pékin peut s'y coller…
J'avoue que j'ai beaucoup de mal à comprendre comment on peut encore être croyant — parce que ça ne me paraît plus correspondre à aucune réalité contemporaine. Que Néandertal ait été animiste, ça se comprend. Que la Grèce archaïque ait été polythéiste, aussi (je dis "archaïque", parce qu'il semble bien qu'un homme comme Euripide avait déjà renvoyé les dieux au rayon des mythes). Que l'empereur Constantin ait trouvé son intérêt à imposer le monothéisme, soit. Dans tous les cas, la religion est un produit historique.
Mais en 2006, à moins d'être George Bush… Mais peut-être y a-t-il des paramètres (historiques et contemporains) que je n'entre pas dans mon raisonnement.
Et quant à être croyant et fanatique, alors là ! Et c'est uniquement cela que j'attaque dans Une école sous influence — le moment où la sphère privée déborde sur la sphère publique — et prétend même la remplacer.
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 novembre 2006
Rappelez-vous, au moment de la mort de Jean-Paul deux. Pendant plusieurs jours, pas moyen d'ouvrir une télévision ou une radio sans entendre des discours à vomir, une insulte à tous les non-croyants. Et comment expliquez-vous, Robin, que les religieux, qui s'entretuent en permanence, finissent toujours par se réconcilier sur le dos des mécréants? Double peine permanente.
Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006
SAVOIR :
Entre le savoir- faire, le savoir-être ...je préfère le savoir-savoir.
J'ai près de 50 balais.... On ne m'a jamais inculqué le savoir -être , le savoir -faire... et je n'ai pas trop le sentiment d'être lésé pour autant . Mes instits m'avaient enseigné le savoir tout court . On pourrait dire aujourd'hui le savoir-savoir :-)
Je rebondis là-dessus pour tenter de dire ce que je cherche à exprimer concernant ce qu'est pour moi l'indispensable socle commun: un ensemble de connaissances soigneusement structurée et bâties de la maternelle à la terminale pour établir un maximum de connexions neuronales. Le but serait de pouvoir ensuite être capable de continuer seul à construire sur ce socle.
Donner les bases de raisonnement qui permettront d'être capable toute sa vie d'affiner son processus thèse-antithèse-synthèse, processus qui se met à peine en place à la fin de la scolarité obligatoire.
Ce qui m'ennuie le plus, c'est de constater que ce processus n'a pas été mis en place chez bon nombre d'adultes de moins de quarante ans avec bac et études supérieures. Ils ne sont capables parfois (souvent) que de se diriger dans un sens unique: pas très constructif. Je ne sais pas si je suis lisible et compréhensible sur ce coup!
En ce qui concerne le socle commun, petite mention vers un autre désastreux parent pauvre: la biologie.
Ecrit par : dobolino | 27 novembre 2006
JPB, il y à longtemps que votre catéchisme libertaire me fait sourire...
Pierre Legendre écrit ceci - dans la préface de son livre : "Le crime du caporal Lortie - Traité sur le Père" :
Fragile est la construction humaine, car la raison n'est pas une rente, mais une conquête, pour l'individu comme à l'échelle de la société.[...]
En rédigeant l'ouvrage, j'ai plus d'une fois médité le mot de Dostoïevski, expert s'il en est :"il est possible de traverser une rivière sur une poutre, non sur un copeau".[...]
En cette étude, il est question du radeau institutionnel qui permet à l'humain, dans toute culture, de traverser la vie. Prétendre en finir avec une telle exigence, c'est méconnaître l'entre-appartenance des règles de la construction subjective et des montages d'interdit que la société a pour fonction de soutenir par l'édifice symbolique des filiations. Politiquement, c'est ouvrir les vannes des arbitraires familiaux et sociaux, aujourd'hui sous l'étiquette de l'individu auto-fondé et des agglomérats d'individus libérés du tabou, dans l'assurance du bon droit que procurent la bonne conscience démocratique et le biologisme triomphant. A charge, bien sûr, pour les propagandes préposées à nourrir ce marché de dupes, de gérer l'impuissance, quand tout le monde se renvoie la balle face aux effets de la destructivité programmée[...]
Pierre Legendre, agrégé de droit romain, est l'un des plus grands penseurs de notre temps. Pour lui, si l'obscurantisme frappe bruyamment à notre porte en cette aube du XXIe siècle, c'est que dans nos sociétés postindustrielles on a cru pouvoir s'affranchir de la référence totemique et que malheureusement sans totem l'homme ne peut tenir debout...voir l'étymologie du mot Etat qui vient de status tenir debout. Et les états modernes occidentaux sont des totems laicisés qui ont leurs racines profondément ancrées dans Rome...
Mettez un livre de Pierre Legendre dans votre bibliothèque... Lisez le avant !
Philippe Delarouzée.
Ecrit par : Philippe Delarouzée | 27 novembre 2006
Mais si, Philippe, il y a un totem! C'est l'argent! Et le vatican et l'arabie saoudite sont des états parmi les plus riches, non? Et les agences postales de dieu sur terre, (ben laden, benoît XVI, castro) sont surtout des agences bancaires. Mais cela n'empêche absolument pas de réfléchir au fait, (pas de croire; nuance! Toute croyance se nourrit d'un lit de cadavres) qu'une volonté dont le sens nous échappe a organisé l'univers dans lequel nous évoluons! Et, comme le disait dobolino, d'être saisi quand on pénètre dans une abbaye cistercienne. Cela n'a aucun rapport avec la présumée existence de dieu.
Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006
"Toute croyance se nourrit d'un lit de cadavres". Donc croire en soi, en son métier, en ses méthodes d'enseignement, c'est déjà être Torquemada? Je vous le disais bien, que c'est l'humanité qu'est dingue! Bon j'arrête mon mauvais esprit.
Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
Tres inspirée note, JPB ! ;)
Les préposés de caisse et guichetières diverses ont néanmoins plus de répartie aujourd'hui sur tous sujets qu'hier, ce qui implique deux choses.
L'employeur privilégie l'architecture à égalité de socle.
Le client est mieux servi.
(Corollaire, son moral fluctue d'un extrême à l'autre : libération par la parole lorsqu'il discute le bout de gras, atterissage douloureux quand il considère qu'il pourrait être en face.
Earl, ours d'Irving, à moi compte deux mots, cycle long, essorage permanent.
Ecrit par : D'Enguell | 27 novembre 2006
"Toute croyance se nourrit d'un lit de cadavres". Donc croire en soi, en son métier, en ses méthodes d'enseignement, c'est déjà être Torquemada? Je vous le disais bien, que c'est l'humanité qu'est dingue! Bon j'arrête mon mauvais esprit.
Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
Pendariès, je parlais de croyance, pas de conviction.
Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006
Toute croyance se nourrit d'un lit de cadavres". Donc croire en soi, en son métier, en ses méthodes d'enseignement, c'est déjà être Torquemada? Je vous le disais bien, que c'est l'humanité qu'est dingue! Bon j'arrête mon mauvais esprit.
Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
Et ça y est, le voilà qui recommence à me fracasser le moral dès potron-minet, de préférence le lundi. Pendariès, je vais porter plainte pour harcèlement moral!
bon, en bossant j'ai un peu réfléchi à mes brumeux propos du matin:je crois qu'à l'âge tendre, créer des connexions, ce n'est pas tant faire des explications de texte ou des dissert. qui seront forcément plus ou moins médiocres (mais en faire quand même!) que de se soumettre à une gymnastique telle que peuvent en offrir la pratique intensive de la grammaire (analyses logique et grammaticale; versions et thèmes) où rien n'empêche de piocher dans les grands auteurs et des mathématiques. En maths, les programmes réduits à outrance ne permettent pas à un bachelier même S d'avoir découvert la jouissance de la résolution élégante de problèmes et c'est bien triste. Le travail mathématique ou grammairien crée des connexions qui sont, à mon avis, indéboulonnables et excellentes. Il enseigne la méthode: i.e. le fameux apprendre à apprendre: pas de résultat sans rigueur et étude sérieuse de toutes les facettes du problème offert en pâture au cerveau qui frémit alors de joie. N'est-il pas?
ce qui manque le plus à l'école d'aujourd'hui , c'est ce plaisir: à vouloir faire du consommable ludique, on a abandonné la jouissance. Un thème bien résolu n'est-il pas une sorte d'orgasme cérébral?
Remarquez que c'est partout pareil: Les Bronzés vs Le Septième Sceau.. L'audimat donnera le verdict.
Un pot au feu vs une barquette micro-ondable
etc...
Ecrit par : dobolino | 27 novembre 2006
"Pendariès, je parlais de croyance, pas de conviction."
where is the difference????
Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
si vous n'êtes pas convaincu quant à ce que vous croyez, ça ne mène nulle part!
Dobolino, j'ai le nihilisme et la misanthropie matitudinaux. ;-)
Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
Je crois que la terre tourne autour du soleil, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois que je suis le fils de mes parents, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois que les politiques ont encore un pouvoir de décision, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois que mon vote aux présidentielles va les choses, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois qu'instruire c'est prolonger le passé au travers du tamis des jours que je vis pour qu'il devienne un futur viable, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois que mes élèves auront du boulot, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois que mes élèves, devenus adultes, vont professionnellement en baver, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois que je vais manger des lasagnes à midi, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois que je vis, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois que je rêve que je rêve que je vis, mais je n'en suis pas convaincu.
Je crois que l'eau ça mouille, que le feu ça brûle, que j'ai mauvaise haleine au réveil, mais je n'en suis pas convaincu.
etc. ad libidum.
Christophe, avec votre proposition, nous sommes en plein baroque; et j'aime! Ne prenez pas cela pour une pique: je suis réellement fou de l'esthétique du fuyant, de l'instable, du sable qui file entre les doigts, des chimères...
Je ne suis plus convaincu que mon énergie, toutes mes heures passer à cultiver mon jardin, à mettre ma confiance dans la culture (qui ne peut être qu'une révolution permanente, qu'une mise en accusation des jours, qu'une indignation active) mes efforts, en tant que prof, rejoignent ma croyance dans l'enseignement, lorsque j'avais 14-15 ans, quand j'étais en 3eme, et que j'eus madame Nesme, ma prof de Français.
Maintenant, j'attends avec gourmandise le premier parent qui va porter plainte contre l'Etat, puisque le socle commun et ses objectifs de réussite s'inscrivent dans la loi. J'aime les balles que l'on se tire dans le pied!
Allez zou, un peu de "Pensées à moi-même" avant de me remplir l'estomac!
Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
"toutes mes heures qui sont passées à..."
Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
"J’adorerais une Poste où la guichetière saurait parler de Mme de Lafayette — "
J'avions écrit grosso modo la même chose il y a qq mois sur Lire & écrire, mais le boulot c'était 'vendeur de chaussure' et le sujet ce devait être 'Proust' (lol mdr)
;)
(2)Excepté Philippe Meirieu,
et qui se désolidarise de plus en plus, en privé et en public,
des crétins patentés qu’il a contribué à nommer à tous les échelons du pouvoir,
Coooooooooooool Super bonne nouvelle ;)
à+
Ecrit par : toto | 27 novembre 2006
"… si l'obscurantisme frappe bruyamment à notre porte en cette aube du XXIe siècle, c'est que dans nos sociétés postindustrielles on a cru pouvoir s'affranchir de la référence totémique et que malheureusement sans totem l'homme ne peut tenir debout..."
Je sais bien qu'"Etat" vient du même étymon qu'"insitituteur" — celui qui vous fait tenir debout. Mais totem, non — sinon à supposer que les sociétés amérindiennes ont emprunté des mots à souche latine…
Alors, disons-le tout net : pour moi, tout totem est tabou.
Et pour être sérieux deux secondes (et puisque nous en sommes à échanger nos références bibliographiques), je vous renvoie à Leo Strauss, "La critique de la religion chez Hobbes" (PUF, 2005), qui montre largement que la religion n'est qu'un à-peu-près dans la construction du totalitarisme d'Etat — et que, ce faisant, elle exhibe sa vraie nature, qui est de contrôler tous les appareils d'Etat.
Mais justement, le Léviathan se suffit à lui-même.
Alors, de deux choses l'une — en ce qui me concerne.
Les bons jours, je suis suffisamment indépendant pour contester tout processus d'Etat (ou de groupe, ou de secte).
Les mauvais jours, je redeviens jacobin intransigeant, et alors le "contrat social", comme dit l'autre Genevois, suffit amplement à combler les désirs de béquille de l'humanité débile — au sens pur du terme.
J'imagine que je suis à la fois ce libertaire épicurien qui se sent assez fort pour se passer de tuteur-tumeur—tu leurres, et ce républicain féroce qui trouve en l'Etat une superstructure suffisante pour combler tous les besoins d'infini. Pas de place pour une quelconque superstition, qui contrarierait mon individualisme, et ne serait que la pâle esquisse d'un Etat véritablement dominateur — bref, une méta-fort (pardon, je ne le ferai plus : c'était un clin d'œil aux oulipiens du blog et autres sectateurs de Pierre Dac).
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 novembre 2006
Malheureusement non, la bivalence ne va plus se faire selon un système majeure/mineure. C'est pourquoi je vous en alertais. Voici le texte :
"2° L’enseignant du second degré qui ne peut compléter son
service selon les modalités prévues au premier alinéa, peut
être tenu, si les besoins du service l’exigent, de dispenser
un enseignement dans une autre discipline dans son
établissement d’affectation. Ces heures d’enseignement
doivent lui être attribuées de la manière la plus conforme à
ses compétences.
Si l’enseignant régi par le décret n° 99-823 du 17 septembre
1999 susvisé ne peut se voir confier l’intégralité de son
service dans les conditions prévues par ce même décret, il
peut être tenu, si les besoins du service l’exigent, d’effectuer
tout ou partie de son service dans une autre discipline. Ce
service doit lui être attribué de la manière la plus conforme
à ses compétences."
"tout ou partie de son service" : c'est clair.
Et cela ne concerne plus les nouveaux recrutés du capes qui ont accepté la mention complémentaire, mais tous les enseignants du secondaire.
Mais ce n'est plus le sujet du débat ... vous préférez parler religion. Le socle commun, pourtant, qui est déjà critiquable, va devenir une piètre chose si les enseignants qui en ont la charge ne sont même plus désignés selon leur compétence première. Quelle égalité devant l'enseignement et les examens (quoiqu'on pense de leur validité) si certains élèves reçoivent des cours de philo d'un prof certifié ou agrégé dans cette matière, et d'autres d'un prof de français ? De la même façon un prof de physique n'est pas un prof de maths, etc.
Visiblement peu d'enseignants sont avertis de ce changement. Les parents d'élèves encore moins. J'espère me tromper en y voyant une sérieuse atteinte à notre métier, et à la formation de nos élèves et enfants.
Bien à vous,
Marie
Ecrit par : Marie | 27 novembre 2006
Jean-Paul, 'tention, l'individualisme mène au scepticisme qui dirige rapidement vers le nihilisme.
Individualiste, républicain, sensualiste matérialiste et jacobin intransigeant? Nous sommes tous des paradoxes sur pattes! HEUREUSEMENT.
Et c'est cette complexité-ci qui me fait dire, tous les jours, de plus en plus, qu'être en rapport quasi quotidien avec des ados qui sont des corps souriant, tirant la gueule, calme ou agité, indifférent, vehiculant un fantôme, individualiste et crevant à la fois de rester seul face à lui-même 10 secondes, et qui n'a pas les moyens pour s'enivrer du monde, contrarie ce beau tourbillon de la complexité, renforce le fait d'être désabusé. Il n'y a pas de dialogue, d'aides possibles. Autre que jeter un peu de ciment sur les lésions les moins importantes. Et espérer que cela tienne. Et se rendre compte, un peu plus tard dans la semaine, que les gosses s'en foutent de vos conseils, de ce que vous tentez de leur transmettre, de vos matières. Ils vous ont donné un sourire, pensent vous faire plaisir en travaillant pour vous; mais ils n'entendaient rien. Sincèrement, travailler dans un lep, et j'en ai connu en 4 ans, comme TZR, six, conduit à passer par toutes les formes de la déliquessence, de l'espoir et de la déception et du "à quoi sers-tu vraiment?", pour se dire "tu as un salaire à la fin du mois". Bref, met à mal une vocation, un désir, et donne l'envie de passer son temps sur la plage à chercher les plus jolis coquillages. Est-ce que c'est comme cela que commence le chemin vers le divorce? J'ai épousé la carrière professorale m'imaginant y trouver assez de plaisir, assez de gratification intellectuelle et émotionnelle pour persévérer. J'avais le sentiment de pouvoir aider comme avait pu me soulager les cours de madame Nesme, - mais je me dis qu'en face ils ne veulent rien: sauf fuir la salle de classe. Même si elle était emplie d'or.
Il faut faire comme JPB et quelques autres: donner des cours; et bien vivre à fond quand on n'y est pas. Le monde ne s'arrêtera pas de tourner de toute manière.
Désolé Dobolino.
Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
Bonjour
Je ne vois sincèrement pas quelle autre matière je pourrais enseigner intelligement en dehors de celle pour laquelle j'ai été formée , c'est à dire l'allemand...Ceci étant, en Allemagne justement, chaque prof enseigne 2 matières et ils sont très surpris que nous en enseignons qu'une seule!! Ils ont dès le départ une formation universitaire plus généraliste qu'en France, il faut dire que les programmes des concours sont fait non pas pour selectionner les meilleures mais pour éliminer le plus de candidats possibles sur des critères parfois obscurs..bref, pas de programme bien interéssant en concours (d'allemand en tout cas!)
En ce qui concerne la religion, je trouve que certains propos ici sont assez déplacés , pour ma part j'enseigne dans un lycée privé sous contrat, jésuite, et j'ai fait ce choix dès le début (CAFEP et pas CAPES). J'y retrouve certaines valeurs très chères a Monsieur Brighelli, et si il y a une ruée vers le privé il faut peut être aussi se demander pourquoi....
Et se poser les BONNES questions. En fait, n'oublions pas qu'à présent ce sont souvent dans nos écoles que l'on défend le mieux des valeurs "républicaines"...
Bonne journée à tous!
Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006
Marie, vous avez tout à fait raison. Ce projet de décret est catastrophique (il devrait passer en décembre ou janvier). Il faut le penser dans un ensemble, le mettre en rapport avec la LOLF, les remplacements, le conseil pédagogique et puis les projets de professionnalisation" - comme ils disent - de la formation : à terme la disparition du concours ! Cette information est à diffuser. Dans ce projet De Robien, il est indiqué qu'après trois années d'expérience d'enseignement dans une autre discipline (en ce cas d'ailleurs récompensé par une prime) l'enseignant peut faire valider son expérience et obtenir un certificat.
Ecrit par : Laurent | 27 novembre 2006
Je suis d'accord. La "papolâtrie" m'irrite moi aussi, mais les images et les commentaires viennent plutôt des journalistes, non ? La religion catholique n'est pas une secte. On peut plaisanter. Mais tout cela ne me semble pas très important. Je suis d'accord avec Jean-Paul Brighelli pour dire que le problème de fond est celui de la violence, mais il a tendance à tout metre dans le même sac. Il ne vous aura cependant pas échappé que les chrétiens (pas seulement les catholiques) ont plutôt tendance à être des victimes de la violence que ses propagateurs: Jean-Paul II, victime d'une tentative d'assassinat qui faillit lui coûter la vie, le frère Roger de Taizé, assassiné dans la chapelle de la Réconciliation (ça ne s'invente pas!) l'année dernière...Jean-Paul Brighelli parle lui-même de cette religieuse, infirmière très apprécié de la population musulmane, assassinée par des fanatiques mécontents des propos tenus par Benoît XVI sur la nécessité d'arrimer la Foi à la raison pour la déconnecter de la violence. Je pense aussi aux frères de Tibérine, témoins silencieux et aimants en terre d'Algérie, égorgés par des intégristes... Jean-Paul Brighelli voit dans ces phénomènes une caractéristique essentiel du fait religieux (victimes et assassins confondus?) et prétend d'autre part que les religions ne sont plus adaptées à la réalité d'aujourd'hui. Je pense, pour ma part, qu'il faut pousser l'analyse plus loin. Nos ancêtres (y compris les hommes "préhistoriques") n'étaient pas plus "bêtes" (aux deux sens du terme) que nous. Peut-être même en savaient-il plus long que nous sur certains phénomènes...la violence par exemple. Je vais vous faire bondir, mais je pense que l'athéisme est un luxe que les civilisations païennes étrangères au judéo-christianisme ne pouvaient se permettre.Ni Démocrite, ni Lucrèce, ni Euripide n'étaient "athées", au sens du XVIIIème siècle.René Girard a montré de façon, à mon avis, convaincante que le processus d'hominisation "détraque" les mécanismes instinctifs de régulation de la violence qui domine dans le monde animal. Je vous renvoie à ses analyses, impossibles à développer ici, sur le rôle du religieux, sur la violence sacrificielle et sur la spécificité de la Révélation judéo-chrétienne.
Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006
Impossible d'envoyer mon commentaire. Déjà deux heures de perdues. Tant pis, j'arrête.
Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006
Je suis d'accord. La "papolâtrie" m'irrite moi aussi, mais les images et les commentaires viennent plutôt des journalistes, non ? La religion catholique n'est pas une secte. On peut plaisanter. Mais tout cela ne me semble pas très important. Je suis d'accord avec Jean-Paul Brighelli pour dire que le problème de fond est celui de la violence, mais il a tendance à tout metre dans le même sac. Il ne vous aura cependant pas échappé que les chrétiens (pas seulement les catholiques) ont plutôt tendance à être des victimes de la violence que ses propagateurs: Jean-Paul II, victime d'une tentative d'assassinat qui faillit lui coûter la vie, le frère Roger de Taizé, assassiné dans la chapelle de la Réconciliation (ça ne s'invente pas!) l'année dernière...Jean-Paul Brighelli parle lui-même de cette religieuse, infirmière très apprécié de la population musulmane, assassinée par des fanatiques mécontents des propos tenus par Benoît XVI sur la nécessité d'arrimer la Foi à la raison pour la déconnecter de la violence. Je pense aussi aux frères de Tibérine, témoins silencieux et aimants en terre d'Algérie, égorgés par des intégristes... Jean-Paul Brighelli voit dans ces phénomènes une caractéristique essentiel du fait religieux (victimes et assassins confondus?) et prétend d'autre part que les religions ne sont plus adaptées à la réalité d'aujourd'hui. Je pense, pour ma part, qu'il faut pousser l'analyse plus loin. Nos ancêtres (y compris les hommes "préhistoriques") n'étaient pas plus "bêtes" (aux deux sens du terme) que nous. Peut-être même en savaient-il plus long que nous sur certains phénomènes...la violence par exemple. Je vais vous faire bondir, mais je pense que l'athéisme est un luxe que les civilisations païennes étrangères au judéo-christianisme ne pouvaient se permettre.Ni Démocrite, ni Lucrèce, ni Euripide n'étaient "athées", au sens du XVIIIème siècle.René Girard a montré de façon, à mon avis, convaincante que le processus d'hominisation "détraque" les mécanismes instinctifs de régulation de la violence qui domine dans le monde animal. Je vous renvoie à ses analyses, impossibles à développer ici, sur le rôle du religieux, sur la violence sacrificielle et sur la spécificité de la Révélation judéo-chrétienne.
Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006
Encore un petit mot. Je préfère les mécréants à certains bigots, surtout quand ils chantent L'Auvergnat ou la prière de Francis Jammes, comme Georges Brassens. J'aime bien les gens passionnées et parfois excessifs, mais attention aux oeillères !
Le violence n'est malheureusement le propre de personne, ni des musulmans, ni des chrétiens, ni des juifs, ni des athées...Elle est en chacun d'entre nous : "Qu'as-tu à vouloir enlever la paille qui est dans l'oeil de ton frère. Commence par enlever la poutre qui est dans le tien ! (je dis ça pour moi aussi)
"Once below a time, I was a child" : on pourrait dire aussi : "Jadis, avant l'érosion du temps, je fus un enfant", mais le mot érosion évoque un phénomène extérieur...invasion va mieux; il faudrait un mot qui traduise une prise de conscience amère...Je ne trouve pas...invasion à cause de "vase". Je continue à chercher ! "Jadis" est l'équivalent de "once upon a time" : "il était une fois" (dans le royaume des fées, je fus un enfant, mais le livre s'est refermé; j'ai perdu la grâce....j'étais "below", intouché par l'aile du corbeau et maintenant je sais...quoi ? Le temps, et tout le reste...amer savoir.
Décidément ce vers recèle des trésors.
Jadis, avant le commencement du temps (?), je fus un enfant.
Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006
Camaraaaaaaaaades! prenez connaissance de ce qui se fait en LEP, c'est ce qui vous attend.
Ecrit par : Pendariès | 27 novembre 2006
Alors peut être pourrait on m'éclairer sur ce qui se passe en LEP, pour savoir ce qui m'attend ;-) mici
J'ai trouvé ton commentaire interessant, Robin, merci bien.
Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006
Marie, je sais bien que nier un décret, c'est la politique de l'autruche, mais j'ai tendance à croire que celui-là est inapplicable — parce que bien peu de profs ont des compétences extérieures à leur spécialité, et que même dans leur spécialité…
Par ailleurs, combien accepteront ?
Là, j'étais en phase optimiste. Envisageons l'autre face.
Peu importe la compétence de l'enseignant : l'essentiel, c'est qu'il occupe les élèves 35 heures par semaine — et peu importe aussi la couleur du gouvernement qui appliquera ledit décret, les uns et les autres s'accordent sur ce même point, les uns pour faire des économies de postes, les autres par excès de pédagogisme — et je crois très fort qu'en l'espèce, les deux se rejoignent dans un commun mépris des élèves, rebaptisé pour l'occasion "égalité des chances".
Et nombre de profs, alléchés par une promesse de prime ou d'avancement, iront enseigner des disciplines qui sont proches — moins proches — carrément éloignées de la leur, l'opportunisme et la lâcheté étant fort fréquentes dans ce milieu, comme dans l'humanité en général (et hop, je me réfugie à nouveau au sommet de ma colline, avec les autres disciples d'Epicure — et de Bacchus réunis).
JPB
PS. Pendariès, réexpliquez donc aux petits nouveaux de la liste ce qui se passe en LEP.
PPS. Allez donc voir sur http://www.etatdedroit.fr/E/educa.htm
il y a quelques propositions concernant l'éducation qui ne manquent pas de pertinence…
Ecrit par : brighelli | 27 novembre 2006
Après tant d'incohérence pédagogique, on se livre à l'ivresse de son choix...voir le nombres d'enseignants alcoolos!
Quant à la religion, il me semble aussi qu'elle est en grand décalage avec la société actuelle, et pour ne pas avoir jeté un coup d'oeil sur l'histoire, il demeure quelques esprits aveugles. Pourquoi ne pas s'en référer pour agir en bonne conscience à l'humanisme?
Je me permets de vous rappeler qu'il était écrit au-dessus de l'entrée des camps de concentration: " Gott mit uns".
Alors, croit qui veut, mais qu'il ne se prétende pas détenteur de LA VERITE.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Il y a des choses très intéressantes sur le site mentionné par JPB (etatdedroit.fr).
En particulier la revendication que les professeurs soient traités par les élèves en respectant la hiérarchie comme on le recommande chaudement aux professeurs à propos des inspecteurs.
C’est vrai que le « citoyennisme » ne marche que dans un sens ! L’enseignant, qui est souvent le seul vrai citoyen dans le secteur, est plutôt celui qui, selon le dogme pédagogiste, doit abandonner cette fameuse citoyenneté dès qu’il est face à un élève ou face au chef d’établissement.
Alice, à mon avis vous vous trompez : « Gott mit uns » c’est la devise sur les boucles de ceinturons de l’armée allemande.
Ecrit par : Lariba | 27 novembre 2006
Ah! Non, je suis sûre de moi. J'ai compulsé de nombreux documents durant mon adolescence et plus tard, et mon père n'a cessé de me le répéter.Dommage que je n'aie pas de lien documentaire. Regardez , peut-être dans "Nuits et Brouillard" de Resnais, en forme de voute, à l'entrée d'Auschwitz et d'autres camps, il était bien écrit:"Gott mit uns".Je suis étonnée que cela soit méconnu. C'est vrai que certains détails n'effleurent plus les bien-pensants.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Ah! Non, je suis sûre de moi. J'ai compulsé de nombreux documents durant mon adolescence et plus tard, et mon père n'a cessé de me le répéter.Dommage que je n'aie pas de lien documentaire. Regardez , peut-être dans "Nuits et Brouillard" de Resnais, en forme de voute, à l'entrée d'Auschwitz et d'autres camps, il était bien écrit:"Gott mit uns".Je suis étonnée que cela soit méconnu. C'est vrai que certains détails n'effleurent plus les bien-pensants.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Ah! Non, je suis sûre de moi. J'ai compulsé de nombreux documents durant mon adolescence et plus tard, et mon père n'a cessé de me le répéter. Dommage que je n'aie pas de lien documentaire. Regardez , peut-être dans "Nuits et Brouillard" de Resnais, en forme de voûte, à l'entrée d'Auschwitz et d'autres camps, il était bien écrit:"Gott mit uns".Je suis étonnée que cela soit méconnu. C'est vrai que certains détails n'effleurent plus les bien-pensants.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Alice, je vous écrit là en tant que prof d'allemand, oui,mais aussi en tant qu'Allemande, et je trouve vos propos déplacés et choquants...Quel amalgame!!! Quel rapport entre l'horreur du 3ème Reich et ce en quoi chacun est libre de croire? de plus, oui, j'ai vu sur les camps "Arbeit macht frei" ainsi que "Jedem das seine" , mais pas "Gott mit uns"...
Que pourrions nous dire alors de la poltique de Bush et in god we trust? C'est aussi un amalgame et du nimportequoi? oui...sans doute....
Dailleurs je n'ai entendu aucun croyant me dire qu'il détenait LA VERITE .... Avoir des convictions, oui, et en cela on peut croire qu'on détient une part de vérité, et je trouve ça bien!! (d'avoir des convictions)
Donc bon, un peu facile de tout mélanger, franchement, sans rancune...
Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006
Ou alors, mon père, effectivement, a fait l'amalgame avec : "Arbeit macht frei!", formule qui de toute façon est aussi faux-cul dans ce cas précis. Veuillez m'excuser de ce manque total de nuance,l'affectif l'ayant emporté sur la connaissance.
Et désolée si le contrôle informatique ne fonctionne pas très bien.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
J'avais posté le correctif avant la réponse de Nathalie. Dommage qu'il soit arrivé après.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
"Jean-Paul Brighelli parle lui-même de cette religieuse, infirmière très apprécié de la population musulmane, assassinée par des fanatiques mécontents des propos tenus par Benoît XVI sur la nécessité d'arrimer la Foi à la raison pour la déconnecter de la violence."
Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006
Quand il renvoie dos à dos islam et christianisme, benoît XVI oublie surtout de balayer devant sa porte, et de rappeler que l'obscurantisme le plus abject a été le fait du christianisme comme il a tendance à le redevenir pour l'islam aujourd'hui. Par ailleurs, peut-on rappeler quand l'église catholique a reconnu que Galilée avait raison, celui-ci confirmant d'ailleurs ce qui avait été pressenti par d'autres astronomes bien avant? (la croyance en quoi la terre était plate a fini par faire place à la conviction qu'elle était ronde, et tournait autour du soleil).
Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006
Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Ca c'est évident! Jamais ils ne le disent, simplement ils pratiquent...au nom de ...l'hypocrisie surtout, la frustration, la rigidité,le jugement gratuit à l'égard d'autrui et autres turpitudes. En bref, vraiment, la religion est un modèle difficile à suivre quand on voit les dégâts qu'elle a engendrés.
Alors, les païens qui n'en peuvent plus se rebellent.
Et actuellement, ils n'ont pas tellement la parole.
Donc, je me la boucle sinon, ça va déplaire sur ce blog où les provocateurs se reposent.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Cher Monsieur Brighelli,
Pardonnez-moi de vous ennuyer à nouveau, mais je comprends que le vers de Dylan Thomas ait pu vous obséder pendant trente ans. Il m'obsède moi aussi. Je crois qu'il résume à lui seul toute la condition humaine. je n'ai pas le génie de Picasso, je ne trouve pas, je cherche..."Once below a time, I was a child" Je garde le passé simple, l'accompli..."le nevermore", le "jamais plus" d'E.A. Poe... : "je fus". En aurais-je passé du temps à expliquer ça aux élèves en m'appuyant sur ce bon vieux Weinrich (un linguiste allemand qui nous explique, à nous français en près de mille pages pourquoi on a de la chance d'avoir le passé simple). J'enlève le mot temps qui fait double emploi avec "Jadis" et je garde l'idée d'amoindrissement "below". Pour Dylan, l'état d'adulte est "below", "sous", en-deça, une chute, un amoindrissement...un "trou dans l'Etre" aurait dit J.P. Sartre (il parlait de la mort), une déchirure... Et je pense à Dylan Thomas, aux circonstances de sa mort...A cet alcool dont il s'imbibait en vain pour guérir de cette souffrance-là... l'enfance perdue, la perte de l'état de grâce (comme nous et semblable à personne, singulier et universel)..."Un poète disait Ezra Pound est un homme qui souffre au-delà de tout ce que l'on peut imaginer du manque de tendresse dans le monde."...La sensibilité un gros mot presque obscène..pour les "crétins" (j'ai bien compris que pour vous ce mot ne désigne pas seulement les élèves.) qui m'ont mis en congé maladie depuis trois ans pour dépression grave, après 25 ans de bons et loyaux services et quelques diplômes assez difficiles à obtenir. Alors, j'arrête ma plainte et je propose une dernière traduction
- "Jadis, avant la déchirure, je fus un enfant."
"Jadis, avant la déchéance, je fus un enfant."
- C'est votre dernier mot ?
- Oui, c'est mon dernier mot Jean-Paul"
Continuez à parler pour les profs comme moi, ceux qui sont sur le bas côté de la route, à la casse...ceux qui ont eu le courage, mais pas l'endurance et qui parfois écoutent le chant des sirènes. Mais de grâce, allez y mollo avec la foi, ou "l'adhérence" (pour parler comme Chouraqui) des gens qui ne font de mal à personne !
Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006
Pour vous détendre et vous ramener au présent et aux bienfaits d'autres castes. Qui sont les bobos?
http://www.marianne2007.info/index.php?action=article&numero=293&preaction=nl&id=2935994&idnl=16634&
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Je ne pense pas que vous êtes sur le bas coté, sinon vous ne seriez même pas ici, à vous interesser à tout ça...a la casse...vous êtes trop dur avec vous même là! je sais, ces quelques mots n'y changeront rien, mais, je vous envoie quand même tout plein d'amitié.
Oui, en effet, allez y mollo avec la foi, c'est tellement facile certains propos...pourquoi tant de haine? si vous n'êtes pas d'accord, c'est votre droit, mais à quoi sert cette haine qui me semble non justifiée? vous a t on fait personnellement le moindre mal au nom de la religion?(peu importe laquelle)??
Alice, pas de problème :-)
Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006
Oui, l'on m'a fait énormément de mal au nom de la religion.
De ma prime enfance (les cathos) à aujourd'hui (les musulmans).Alors permettez-moi de ne pas avoir vu LE BIEN et l'allégeance apportés par la foi.
La haine ne sert à rien car les émotions n'ont jamais été source de progrès, sinon de création.
Il se trouve que...
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Et si ce n'était que moi, cela ne signifierait rien. J'ai aussi beaucoup lu (particulièrement dans le domaine de la psychologie) et circulé dans tous les milieux. Mais tant d'autres qui ne sont pas conformes à la morale religieuse souffrent et sont encore et toujours perturbés par les dictats de la loi. Les homos, les divorcés,les métissés de toute origine, les femmes libres, enfin, pourquoi faire une liste car les religions réprouvent tant de réalités que l'on pourrait se demander comment elles tiennent . De même que statistiquement, les couples les plus solides et durables sont ceux qui entretiennent des relations sado-masos, j'ai l'impression que la relation à la religion est du même ordre.
"Beati sunt pauperi spiritu".
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
ils vous ont fait du mal? peut être, mais là vous affirmez, vous n'expliquez pas en quoi..
Ne croyez surtout pas que je veuille défendre à tout prix les catholiques sous pretexte que je travaille dans un lycée catholique! les positions très extremes me font souvent peur, car je trouve que aucune discussion b'est alors possible, mais cela ne doit pas être le cas ici je pense.
Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006
Ce n'est pas parcequ'ils ne sont pas conformes à la morale religieuse que certaines des personnes que vous citez souffrent!!!ohlalal, je n'y crois pas...
Pas mariée, je vis donc dans le péché avec mon homme tout en enseignant dans un lycée bien catho, croyez moi, ça ne gêne personne, ni les collegues homos et il y en a et tout le monde le sait et tout le monde s'en moque.....
Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006
C'est votre impression . Ayant cotoyé de près des homos chrétiens, j'ai pu voir dans quelle état d'esprit ils tentaient d'assumer leur tendance.
...et personne n'en parle, car c'est tabou.Quant à faire des arrangements avec la religion, il est évident que personne ne se gêne puisque l'hypocrisie y règne.Les musulmans picolent parce que c'est plus drôle et les cathos baisent hors mariage car c'est plus excitant.L'on en revient alors aux transgressions enfantines.Et pourtant le nombre des mariages remonte dans les milieux bien pensants.
Je ne suis pas dans l'extrême, je me situe juste dans la troisième génération familiale de païens emmerdés par les culs bénits.
Alors, c'est certain, nous n'avons pas les mêmes valeurs et ne parlons pas des mêmes réalités.
Au fait, ça me dérange que les établissements cathos bouffent les subventions de l'état. Je croyais qu'il y avait eu une séparation à une certaine époque.Bonjour la laïcité!
Alors maintenant je vais me coucher avant de devenir trop franche avec les profiteurs du système.
Ecrit par : Alice | 27 novembre 2006
Les profiteurs du système?????????????,vous parlez de qui là???sérieusement?
Permettez moi de vous dire que vos arguments anti religieux sont aussi simplistes que ceux des partisans de la peine de mort quand ils disent "mais si c'etait quelqu'un de ta famille, tu dirais la même chose?" (ben oui, je dirais la même chose, mais c'est TOUJOURS le même argument qui revient) et celui contre la religion aussi, du style, oui ça arrange de baiser hors mariage!!comme si c'était là la question de la foi!! mais c'est complètement ridicule et réducteur de ramener la religion à cela!!
En ce qui concerne les écoles catholiques, nous sommes sous contrat avec l'etat et arrêtez de vous offusquer pour rien, car du moins à Paris et en banlieue (excusez, je ne sais pas trop pour ailleurs) les familles se ruent vers ces etablissements , on se demande pourquoi....Oh, par hypocrisie? certes, beaucoup ne sont sans doute pas là car leur foi le demande...
mais pour des raisons que vous connaissez aussi bien que moi.
il y a encore une dizaine d'année (mais je commencais tout juste mon métier) , on ne demandait pas aux professeurs du privé de corriger les copies de bac, ils n'étaient pas "dignes" faut croire!! Pas assez bons pour corriger les copies des élèves du public!! Sachez qu'à présent, le plus grand nombre de convocations partent dans les lycées privés, car là au moins ils sont sûrs que les profs viendront corriger les copies...Si ce n'est pas triste d'entendre ça.. Et oui, je corrige bien sûr des copies provenant de lycées publics..tiens, là ils veulent de nous?? Quand ça les arrange??
Sachez aussi que je n'ai RIEN contre le public, rien de rien, je constate juste qu'à présent, les valeurs défendues fut un temps par l'enseignement public sont aujourd'hui dans le privé, et les parents d'élèves le savent bien ..Et ceux qui ont le coeur bien à gauche(politiciens par ex)...envoient leurs enfants chez nous ou dans le lycée privé deux rues plus loin..cherchez l'erreur.
Bonne soirée, j'éspère sans rancune...
Ecrit par : nathalie | 27 novembre 2006
De tous les griefs à adresser aux religions diverses et variées, il est clair que ceux qui concernent la condition des femmes sont les principaux. Les progrès de cette dernière ont été réalisé pouce après pouce contre les calotins de toutes sortes. A commencer par la maîtrise de la fécondité, que tous les "leaders" religieux, (tous des hommes, entre parenthèses) ont voulu s'approprier au nom de leur dieu. Au nom du fait qu'ils ne baisent pas, (officiellement, en tous cas), ils supportent difficilement que les autres le fassent, encore moins les femmes, et si c'est pour en retirer du plaisir sans procréer... Horreur! Jalousie vis-à-vis du sexe dit faible? Probablement. Et arguer du fait que Royal soit une femme pour en faire un argument électoral en sa faveur est peut-être un des pires services qu'on puisse rendre au progrès par ailleurs inéluctable, (je l'espère, en tous cas) de la condition féminine.
Ecrit par : christophe sibille | 27 novembre 2006
Entièrement d'accord avec toi, Nathalie. J'étais professeur certifié de Lettres dans le public. Je suis en congé maladie depuis trois ans, pas par manque de courage, mais parce que je n'en pouvais plus des insultes, de la mauvaise éducation, du refus de travailler, de la lâcheté des principaux, de la démission des parents, les dictats des idéologues ignares : pas de dictées, pas de grammaire, pas de littérature. les séquences de saupoudrage un peu d'orthographe par ci, un peu de grammaire par là, un peu de rien du tout partout. Vous n'avez pas le droit de leur faire étudier une pièce de Molière en entier etc. etc....etc....Bref, tout ce que dit Brighelli. J'oubliais l'attitude écoeurante de certains collègues "de gauche". Une petite anecdote...Je ne pense pas que les dictées soient la panacée, mais si on les prépare avec les élèves en les combinant avec d'autres formes d'exercices, on peut les aider à s'améliorer l. Réflexion donc de la collègue : "Tu fais encore des dictées ?" -Oui, pas toi? - Non, ça va pas, je note l'orthographe sur les rédactions faites à la maison. Je jure que c'est vrai! Résultat, comme dit JCBrighelli, on favorise les enfants des milieux favorisés, par exemple sa propre fille qu'elle avait exigé d'avoir dans sa classe. Jai fait mes études dans l'enseignement public de la troisième à la terminale + deux ans de préparation à l'ENS (La Bruyère Versailles et Henri IV Paris) et j'avais confiance dans l'enseignement public..."ascenseur social", lieu de culture, etc. et puis j'ai connu les collèges lambda, les ZEP (en tant que principal adjoint). Je sais bien que tous les établissements ne peuvent pas ressembler à Henri IV, mais enfin, jusqu'où va-t-on aller dans le laisser-faire, l'abandon de toute exigence, l'assassinat des humanités (le grec, c'est déjà fait, le latin, c'est en cours). Comment peut-on faire, par exemple, un cours d'instruction civique sur la démocratie à des élèves qui n'ont aucune notion de grec et à qui on n'explique pas que la démocratie, comme le disait Montesquieu est liée à l'exercice de la "vertu" (au sens grec du terme) (l'aristocratie à l'honneur et le despotisme à la servilié) ? C'est élitiste de dire ça ? Oui, bon, alors je suis élitiste, mais moi je ne méprise pas les enfants en leur donnant de la bouillie pour les chats, sous prétexte qu'ils ne seraient pas capable d'absorber autre chose...Alors mon fils, je l'ai mis dans le privé en attendant de me refaire une santé (j'ai une activité professionnelle mais pas devant les élèves) pour retrourner dans la cage aux fauves. ce n'est pas vrai qu'il y a de l'endoctrinement dans le privé; les élèves sont libres. On leur propose quelque chose et ils peuvent refuser. Les enseignants sont plus attentifs aux problèmes des parents et plus humains et le climat est beaucoup moins stressé et violent, malgré un certain "brassage social". Alors, moi je ne suis pas d'accord avec certains idéologues qui voudraient intégrer le privé dans la carte scolaire ou que l'Etat ne paie plus les enseignants. C'est la politique du pire. Ces gens-là disent : "C'est un scandale que le privé marche mieux, il faut aligner le privé sur le public pour que tout marche mal.
Ecrit par : Robin Guilloux | 27 novembre 2006
Merci pour ce témoignage Robin.
Aucun endoctrinement de toute façon dans mon lycée, on fait ce qu'on peut, avec des élèves qui (en gros) savent qu'ils sont là pour ça.
Parfois j'ai l'impression que je devrais quasi "m"excuser de pouvoir faire mon métier " à peu près normalement; alors que c'est l'inverse qui n'est pas normal!!! Je m'entends dire parfois, ah!!tu es à "telle lycée", tu as de la chance!! Non, je n'ai pas envie de dire ça, c'est certains de mes collègues qui n'ont pas de chance d'être là où ils sont, ce n'est pas la même façon de ragrder les choses..enfin bon, je ne sais pas si je suis très claire..il est tard, je vais me coucher! bonne nuit
Ecrit par : nathalie | 28 novembre 2006
Je n'ai pas parlé d'allégeance, Alice, mais d'adhérence. Ce n'est pas tout à fait la même chose; c'est le mot qu'André Chouraqui emploi pour traduire le mot hébreu qui correspond au mot "foi" (fides en latin) dans la traduction latine de saint Jérôme qu'on appelle la Vulgate. Il dit que le texte latin déforme, gauchit le texte hébreu et traduit le mot hébreu par "adhérence". Ainsi l'expression "hommes de peu de foi!" devient dans sa traduction : "Nains de l'adhérence" (c'est curieux, non?) Le mot "Dieu" ne se trouve pas dans la Bible hébraïque (Dieu vient du latin "Deus") et désigne la divinité suprême du panthéon gréco-romain Zeus (Jupiter). Chouraqui n'est pas d'accord. Il dit que c'est une trahison de traduire "le Nom" par Deus (La Vulgate) ou par Théos.
Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006
Les discussions théologiques ont ceci de pervers, qu'elles entraînent toujours plus loin de la réalité.
Revenons donc à nos moutons.
Bien sûr, dans l'idéal, une école réellement privée — privée de fonds d'Etat, en particulier —, ça ne me dérangerait pas. Et l'application de la loi de 1905 — l'article 2 en particulier, qui inerdit à l'Etat de financer tout culte — dans tout l'Hexagone me dérangerait moins encore — l'Alsace-Moselle y échappe encore, faut-il le rappeler.
Mais force est de constater qu'un certain privé a finalement gardé, parce qu'il persiste à enseigner des savoirs, un contact avec la laïcité des origines que le public, à force de se plier aux idéologues, a perdu.
C'est l'un des paradoxes de la situation actuelle. Une certaine bourgeoisie musulmane montante, qui se détache justement des diktats islamistes, inscrit ses enfants dans l'enseignement catholique, meilleur rempart contre l'absolutisme religieux des cours de récréation et des grands frères de toutes farines que l'école publique, qui laisse se développer, au nom de la "liberté d'expression", des fanatismes divers et assez peu variés. Bref, nous marchons sur la tête.
J'aime beaucoup la traduction de Chouraqui, qui est souvent très drôle dans son respect de la "lettre" du texte. Mais franchement, je me fiche pas mal de la "lettre" : ce qui compte, c'est ce que les hommes y ont lu. En clair, les Anglais s'appuient sur la bible de St James (la traduction de la fin XVI- début XVIIe), les Français ont beaucoup fréquenté celle des jansénistes, fin XVIIe — ou la Vulgate de St Jérôme, qui est déjà pleine de contresens (la "pomme", par exemple), que n'ont pas manqué de souligner les humanistes du XVIe. Ce qui fait l'actualité d'un texte religieux, c'est la version en cours — pas la "lettre" d'un texte que les fidèles ignorent. Bref, la vérité d'un texte saint, ce sont, justement, aussi ses contresens.
C'est pour ça que le Coran ne doit se lire qu'en arabe littéraire, afin de ne pas altérer la parole du Très-Haut… Ce qui signifie, en clair, qu'un texte écrit au VIIe siècle est, dans l'esprit des Musulmans fanatiques, toujours d'actualité, parce que le temps s'est arrêté avec la Révélation : c'est en ce sens que les religieux absolutistes croient détenir la Vérité majuscule, parce que ce qui était vrai hier l'est encore aujourd'hui.
Et moi, ma vérité d'hier 27 novembre n'est pas même la même que celle d'aujourd'hui 28…
JPB
Ecrit par : brighelli | 28 novembre 2006
Ne dit-on pas que la religion catholique est une secte qui a réussi? A ce propos, Dylan n'est pas mort (Bob), son dernier disque est excellent. Pour l'autre (Thomas), cet autre vers (verre?) : " Show me the way to the next whisky bar). En fait ce qu'aimait Dylan Thomas, ce n'était pas les églises, mais les lumières tamisées. D'Enguell, je ne vous lis plus, mon diagnostic de dépression post-hivernale s'avèverait-il exact, à mon plus grand désespoir?
Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006
post-automnal ou pré hivernal, ou les deux!
Ecrit par : nestor | 28 novembre 2006
Camarades !!!!!!!
A vos claviers ....
..... et balancez sur tout ce qui chatte (Forums étudiants, Forums Education , Forums Parents , Forum famille, Forum Partis Politiques, Forums Blogs de politiques, Forums IUFM, Forums chaines TV , Forums Radio, Forum Ripostes ....etc)
La lettre de synthèse de " l'appel pour une réforme de l'école"
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NOUS, SIGNATAIRES, appelons le futur Président de la République à une refondation de l’Ecole, tout particulièrement de l'Ecole primaire. Cette cause dépasse les clivages de la vie politique.
LE CONSTAT •
Depuis des années, l’Ecole est malade. Ses performances s’effondrent. • 25 à 30% des élèves ne maîtrisent pas les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul en entrant en 6ème. Selon les évaluations 2005 à l’entrée en 6ème, 60% des élèves ne savent pas diviser mentalement 60 par 4. Les deux tiers ne savent pas faire une règle de trois, 70% ne savent pas calculer 27 x 23,5 par écrit. A l’autre bout du système, les « QCM » font leur apparition aux épreuves du Bac S. • Partout, l’effondrement de la syntaxe, du vocabulaire et des conjugaisons rend la formation de la pensée de plus en plus difficile. • Dans ces conditions, on assiste à un renforcement drastique de la sélection par la naissance et par l'argent. Une école peu exigeante ruine la promotion sociale.
LES CAUSES •
Depuis trente ans, les programmes de l’Ecole primaire se sont beaucoup appauvris sur l’essentiel, tout en affichant des ambitions démesurées sur l'accessoire. Le nombre d’heures consacrées aux apprentissages fondamentaux s’est littéralement effondré (de 15 à 9 par semaine en français au CP, par exemple). • On a imposé, contre l'expérience des instituteurs, de nouvelles méthodes pédagogiques, fondées sur la «construction du savoir par l’élève», qui interdisent tout enseignement explicite, structuré et progressif. La séquence leçon/exercice a été dénigrée au profit de séquences de découvertes et d’observation, qui ne permettent pas l’acquisition certaine et durable des règles essentielles. • On a dramatiquement baissé le niveau des exigences. Ainsi, au lieu de décider du passage ou non d’un élève dans la classe supérieure en fonction de son intérêt bien compris et de ses capacités à suivre, on pratique une politique de « flux ».
LES REMÈDES
Il faut réaffirmer que la mission première de l'Ecole est l'instruction, la transmission des connaissances et l’apprentissage du raisonnement. Pour le traduire dans les faits, il faut : •
EN PRIORITÉ, CONCEVOIR DE NOUVEAUX PROGRAMMES pour l’Ecole primaire : courts, explicites, compréhensibles par tous, ils devront fixer la liste des connaissances à enseigner obligatoirement, selon une progression régulière et méthodique. En français, mathématiques, histoire, géographie et leçons de choses, cette liste ne saurait être inférieure, par ses exigences et les horaires prévus, aux ambitions des fondateurs de l’Instruction publique. Les programmes doivent énumérer des contenus, pas imposer des méthodes. •
Ecrit par : Patrick (Instit) | 28 novembre 2006
P.S.
Ne pas oublier l'URL de la fondation
www.refondation-ecole.net
.....
RENDRE AU MAÎTRE SA LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE. Les instituteurs et les professeurs doivent pouvoir procéder comme ils l’entendent, selon les particularités de leurs classes et les leçons de leur expérience. Les inspecteurs doivent les noter uniquement sur leurs résultats, pas sur leur adhésion aux dogmes de l’IUFM. •
Ecrit par : Patrick (Instit) | 28 novembre 2006
Je suis absolument d'accord avec tout ce qui est écrit ci-dessus : le constat, les causes et les remèdes. Et je suis très heureux de me rendre compte que je ne suis pas seul. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça peut représenter pour quelqu'un qui est dans ma situation (qui est littéralement tombé malade de tout ça) parce qu'il voyait bien que c'est à l'esprit des enfants et même (excusez-moi, je sais que vous n'aimez pas ce mot qui doit sentir pour vous la sacristie, mais je l'emploi quand même)...à leur âme. Et si vous n'aimez pas ce mot, j'en emploi un autre...à leur humanité. l'humanité, les "Humanités", l'humanisme : il faut être le dernier des imbeciles ou des pervers pour ne pas voir le lien. Montaigne, Rabelais, Erasme le savaient bien. Ce qu'il faut, c'est faire tout ce que vous dites, mais dans l'esprit d'une "nouvelle Renaissance", pas seulement appliquer des recettes et des techniques, mais aider les enfants à se mettre debout (c'est la racine du mot instituer, insituteur), à des devenir des êtres humains, à revêtir la plénitude de leur humanité.
Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006
Sens de l'entreprise de nivelage de l'école à laquelle nous assistons depuis, mettons la mort du général de Gaulle, de la réforme Haby jusqu'à la Loi d'orientation de 89 : il tient en quatre mots : "effacement de la mémoire".
Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006
Après la méthode de lecture, Gilles de Robien a ouvert le chapitre de la grammaire. C'est le premier des ministres de l'Education nationale à avoir eu cette trempe face aux rangs serrés et hurleurs des Trissotins et des Diafoirus de la didactique. Mais après la méthode de lecture, après la grammaire, il devra ouvrir, que dis-je? il ouvrira sûrement le chapitre de la "séquence didactique".
Déjà, la "séquence didactique" n'est plus en odeur de sainteté auprès de l'Inspection générale des Lettres.
Chers collègues, c'est bientôt la fin de la "séquence", et le retour du bon sens en pédagogie après cette vague de folie pédago qui aura tué tout intérêt pour le français chez des centaines de milliers d'élèves!
Si les professeurs avaient tous refusé d'appliquer cette méthode inventée par des givrés, le ménage aurait été fait plus vite!
D'ailleurs, vous voulez que les élèves s'intéressent - de nouveau - au français? Faites sur tous les points le contraire des consignes officielles. Et cela commence au CP.
Ecrit par : Jean | 28 novembre 2006
Excusez-moi, je ne suis pas très familier des blogs et je continue à alimenter cette rubrique peut-être à la place d'une autre. Je voudrais demander aux plus de 40 ans ce qu'ils pensent des 4 èmes CPPN, des classes de préparatoires aux CAP après la 5ème et des 4ème et 3ème technologiques...Toutes ces classes ont été supprimées les unes après les autres au nom de la démocratie et du dogme du "collège unique". Je peux témoigner pour avoir enseigné dans ces classes (sauf en 4ème CPPN) avant l'obtention du CAPES, en tant que maître auxiliaire que l'on arrivait à remettre en selle des élèves en grande difficulté scolaire et même à leur apporter un peu de culture (je me souviens avoir traité en 1989 un texte de Paul Valéry avec des 4ème prépa. CAP ETC, ils étaient une quinzaine dans la classe et on arrivait à faire quelque chose et en même temps ils apprenaient un métier.) L'année suivante, la rue de Grenelle a décidé qu'il fallait remplacer les CAP ETC par des BEP "bioservices". Je suis parti à la fin de l'année après la réussite du CAPES et mes anciens collègues m'ont dit que c'était complètement irréaliste et que les élèves se décourageaient complètement. Maintenant, il n'y a plus d'orientation après la 5ème, mais on reparle d'apprentissage à 14 ans (je ne suis pas d'accord, c'est trop jeune, ou alors avec un très bon "ancrage" scolaire) car on s'est aperçu que le problème s'était aggravé. Je n'ai entendu personne demander des explications sur la suppression de ces classes qui sont, à mon avis, à l'origine des dits problèmes: les élèves jadis orientés après la 5ème montent désormais automatiquement jusqu'en 3ème générale de collège avec toutes leurs lacunes et leurs difficultés...et leurs aigreurs légitimes.
Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006
Bonjour toutes et tous,
Moi je me souviens, au collège, les profs, je ne sais si c'était sous une directive d'EN, voulaient faire interagir les différentes matières autant que possible, par moment le succès était obtenu avec l'Histoire-Géo, le Français (toujours de la partie forcément), les maths (via des exercices dont les thèmes étaient adaptés), et la musique(via l'histoire).
Et je me souviens que c'était agréable en tant qu'élève de pouvoir se rappeler d'un cours à l'aide d'un autre cours, vive la fainéantise :)
N'empêche, ces profs ils étaient bien, fermes, intransigeants mais tolérants, et ils menaient ce combat terrible qui est de faire entrer de la culture, des connaissances, des bagages, dans la tête de mômes qui n'étaient pour la plupart pas dutout convaincus du bien fondé de la vie scolaire, enfin surtout cette vie entre quatre murs.
E nce qui concerne le français, je suis arrivé au collège sachant disséquer une phrase en passant par l'article élidé, le verbe intransitif (je ne sais plus ce que c'est), les coi, cc, les attributs, de verbe ou de nom, ou encore le nom de l'opération consistant à encadrer sujet par "c'est que", bref c'était jouissif pour une petite tête blonde de 10 ans de comprendre le français aussi bien que les maths. Et je n'étais pas seul.
Ah mais par contre en effet cela m'a largement suffit jusqu'à aujourd'hui encore pour donner l'impression d'une culture étoffée, c'est triste quand même, se sachant borgne, d'être pris si souvent pour un roi, je pense même que c'est grave, et dire que ça c'est encore dégradé....
Ecrit par : DeuxPaysages | 28 novembre 2006
Jean, bonjour!
Vous n'avez tout de même pas la naiveté de penser que l'efficacité d'un système d'enseignement dépend des méthodes pégagogiques qu'un ministre futil (?) de droite ou de gauche préconise en période électorale permanente?
Si ça pouvait être ausi simple, on le saurait déjà!
A ce sujet j'ai maintes fois noté ici les dégats du pédagogisme militant ou insu.
L'idée largement partagée que l'enseignement consiste à transmettre seulement des connaissances ou des savoirs indépendamment de l'effet de cette transmision dans la construction du sujet est au principe du désastre actuel de l'école.
Si les maîtres parvenaient à comprendre un peu mieux le mécanisme à l'oeuvre dans la mise en scène scolaire (laquelle convoque l'élève, le maître et le savoir comme fiction et idéal) ils comprendraient sans doute mieux la nature de leur fonction, aujourd'hui éclatée en missions...
Le maître tire son pouvoir (imaginaire) d'être dans le regard des acteurs en tout cas de celui des enfants en position de signifier l'interdit, la limite, la justice en un mot. Mais bon, le maître d'école lors de la révolution managériale a été défroqué et d'instituteur est devenu professeur des écoles missionnaire.
L'instituteur est celui qui institue au nom de l'Etat la limite, qui sépare l'enfant de lui même dans un jeu de rôle théâtralisé et qui doit très peu aux méthodes utilisées pour lui faire entendre la raison, la ratio, la nécessité d'habiter le vide pour vivre.
J'enseigne l'EPS et je n'en ai pas honte à toutes sortes de classes. J'ai noté que les meilleurs élèves venaient des milieux dans lesquels le tiers (exclu et instruit , du titre du livre de Michel Serres) existe non seulement en paroles mais aussi en actes , en pratiques, en techniques culturelles de célébration. Je pense aux classes de musique et de danse de mon collège qui placent les professeur y compris de sport très haut sur le socle. Le respect qu'ils nous témoignent est lié à la mise en respect, la mise à distance de leur propre sujet, de leurs propres revendications pulsionnelles.
Les bons élèves sont des enfants qui ont été initié de bonne heure aux pratiques rituelles de symbolisation se soi dans des oeuvres exposées, offertes à l'écoute des adultes. Je trouve ces mêmes qualités chez les jeunes gymnastes que j'initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien.
Notre école ultra-moderne qui tourne agressivement le dos au passé et aux techniques ancestrales de la construction subjective présente la figure du Crétin à cloner en millions d'exemplaires: un sujet individu insécable imbu de soi, auto-formé, ignorant, indigent, violent parfois et négligent. (en forçant le trait bien sûr)
Sur ce je coure rejoindre mes petits barbares...
Ecrit par : buntovchik | 28 novembre 2006
Oui ça s'est dégradé. Votre message en témoigne "DeuxPaysages". Comme quoi on peut faire de la pédagogie intelligente sans négliger l'essentiel. L'interdisciplinarité, c'est très bien, mais savez-vous ce que les élèves bien "formatés" vous disent aujourd'hui si vous faites allusion, mettons à Claude Debussy à propos d'un poème de Verlaine ou à Duparc à propos de L'Invitation au voyage de Baudelaire : "M'sieur vous avez pas le droit de faire de la musique (ou de l'histoire, ou de l'anglais, etc. en cours de français !) Je me souviens d'une collègue qui avait été inspectée en classe de 5ème en 1990 ou 91 (un collège lambda de la région parisienne) et à laquelle l'inspecteur avait fait remarquer qu'elle n'avait pas à situer le Bourgeois Gentilhomme de Molière dans l'Histoire et à parler des "trois ordres" de l'Ancien Régime. Si ce n'est pas du terrorime intellectuel doublé d'une rare imbecillité, qu'est-ce que c'est ? Voilà comment on dégoûte les élèves du français. Si j'avais été votre professeur, je serais plutôt fier : des souvenirs précis de vrais cours de grammaire (un verbe intransitif est un verbe qui n'admet pas de complément d'objet comme "partir"; "c'est que" est un "présentatif"... c'est normal d'oublier les définitions). Vous parlez même de "plaisir" d'apprendre ! et vous arrivez à produire un texte qui se tient sans fautes d'orthographe. Que demander de plus ?
Ecrit par : robin-guilloux | 28 novembre 2006
Bonjour à tous,
l'interdisciplinarité (la transversalité) a été un dogme pédagogiste. Elle le reste d'ailleurs.
deuxpaysages nous dit qu'il a apprécié cette façon de faire. Dont acte...
Dans ce cas, toutefois, je vois mal des élèves "bien formatés" se plaindre de digressions extérieures à l'objet strict du cours. Ce serait plutôt des élèves "mal formatés" qui sont en cause. Toutefois, de façon générale, j'ai du mal à voir des élèves lancer au prof "vous n'avez pas le droit de parler d'une autre matière que la votre". Ca me paraît vraiment bizarre.
A bientôt.
Ecrit par : utile baron | 28 novembre 2006
Buntovchik,
L'inefficacité patente du système d'enseignement du français pour seule cause les méthodes pédago (méthode globale, proscription de la grammaire des natures et des fonctions, de la dictée, séqence didactique, etc.). Il ne faut pas s'étonner que les élèves soient dégoûtés du français si on leur applique des méthodes pareilles. Et c'est même paradoxal de les accuser ensuite, comme le font des professeurs adeptes de ces méthodes, de n'être "motivés pour rien".
Quant à Gilles de Robien, période électorale ou pas, ce qu'il a dit contre la méthode semi-globale et pour la grammaire était simplement de bon sens - ce bon sens qui a fui les pédago. Rien n'empêchait les ministres de gauche de dire la même chose quand ils étaient en poste. Mais voilà, ils auraient déplu à leurs amis pédagogistes! La prochaine cible du bon sens minstériel ce sera la "séquence", suprême défi au bon sens. Il ne peut en être autrement!
Ecrit par : Jean | 28 novembre 2006
A utilebaron
Je ne sais pas si la "transversalté" est un dogme pédagogiste. Peut-être. Je ne suis pas a priori hostile à la pédagogie, à condition qu'elle ne me soit pas, précisément imposée comme un dogme. En l'occurence la méthode dont parlait "Deux paysages" paraissait "payante" du point de vue de ses effets. La "transversalité" est, à mon avis, conforme à l'essence même de la culture et au fonctionnement de l'intelligence qui procède par connections, rapprochements, comparaisons...Il ne faut pas devenir "sectaires" à notre tour et nous cantonnner dans un enseignement strict de notre "matière"....(je ne parle pas ici du problème de la mono ou de la bi valence)...Si le mot 'formatés" vous choque, disons que certains élèves ont tendance à ériger certaines idées qui ne viennent pas forcément d'eux en dogmes. le dogmatisme absolu : "Je détiens la vérité" me paraît aussi dangereux (et stérile) que le scepticisme absolu: "Toutes les idées se valent".
Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006
J'ai beaucoup apprécié le commentaire de buntovchik...En particulier sa magnifique définition de l'humilité: "l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Faire la classe : un cérémonial proche du théâtre japonais, de l'art floral, des paradoxes de la pensée zen...un art du respect, de la relation, de la distance juste, pas une science, un art de la transparence...Disparaître pour laisser éclore quelque chose qui est de l'ordre d'une vérité palpable, aimable, savoureuse...Très belle idée. On devrait écrire au-dessus des salles de classes : "Vous êtes priés de laisser votre moi à la porte. Qui en sortant voudrait encore de cette défroque ? Ce n'est pas une utopie, c'est la condition de tout cheminement intellectuel, artistique, spirituel...se désemplir de soi-même. Socrate et Montaigne savaient cela. Nos meilleurs maîtres le savaient aussi. Mais comme dit le renard de Saint-Exupéry : "C'est une chose hélàs bien oubliée."
Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006
J'ai beaucoup apprécié le commentaire de buntovchik...En particulier sa magnifique définition de l'humilité: "l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Faire la classe : un cérémonial proche du théâtre japonais, de l'art floral, des paradoxes de la pensée zen...un art du respect, de la relation, de la distance juste, pas une science, un art de la transparence...Disparaître pour laisser éclore quelque chose qui est de l'ordre d'une vérité palpable, aimable, savoureuse...Très belle idée. On devrait écrire au-dessus des salles de classes : "Vous êtes priés de laisser votre moi à la porte. Qui en sortant voudrait encore de cette défroque ? Ce n'est pas une utopie, c'est la condition de tout cheminement intellectuel, artistique, spirituel...se désemplir de soi-même. Socrate et Montaigne savaient cela. Nos meilleurs maîtres le savaient aussi. Mais comme dit le renard de Saint-Exupéry : "C'est une chose hélàs bien oubliée."
Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006
Nous sommes bien d'accord qu'il faut se méfier de tout dogmatisme.
Mais j'insiste justement sur le fait que la transversalité est un dogme du pédagogisme. Pour autant, comme la prose de M. JOURDAIN, nous en faisons tous sans le théoriser et c'est haureux !
Ecrit par : utile baron | 28 novembre 2006
Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement. La grande erreur des" pédagogues", c'est de vouloir anéantir ce théâtre magique au milieu de nulle part.
Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006
Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu n'as pas écris "Je leur apprends", mais "je les initie", c'est-à-dire, je les conduis... vers quoi ?...vers eux-mêmes, vers leur vérité propre, je les approprie à leur vérité, à leur vrai visage, en me désappropriant des miennes. Apprendre à n'être rien, à laisser son "moi" au vestiaire, ce misérable petit tas de secrets", comme disait André Malraux pour s'ouvrir à la Connaissance. Socrate savait cela, Montaigne aussi, les meilleurs de nos vieux maîtres également. On devrait écrire au-dessus des salles de classes :"Vous qui entrez ici, laissez votre moi à la porte" (vos souci, votre famille, votre mère, votre père, votre copine ..), ouvrez-vous à l'universel.Qui voudrait récuperer en sortant une si misérable défroque ? On va dire: "mais c'est complètement articiel, utopique, impossible..." C'est justement, tu le dis avec raison la définition même de l'enseignement. La grande erreur des" pédagogues", c'est de vouloir anéantir ce théâtre magique au milieu de nulle part.
Ecrit par : Robin Guilloux | 28 novembre 2006
Un petit mot a buntovchick. J'ai beaucoup aimé ton idée de l'enseignement comme un art... L'importance du respect, de la relation, de la justesse...de la transparence de celui qui enseigne par rapport à ce qu'il enseigne, de celui qui apprend par rapport à ce qu'il apprend. Un chemin, une écoute. cette phrase surtout, magnifique définition de" l'humilité de grand style": "Je les initie à l'art gymnique qui est l'art de n'être rien." Tu



