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04 novembre 2006
IUFM mon amour
IUFM mon amour…
La loi Fillon fait obligation aux universités de s'incorporer les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (à moins que ce soit le contraire, et que l'on ne somme les IUFM de s'intégrer aux Facs…). Quoi qu'il en soit, quelque chose de définitif est sur le point de se passer.
Après avoir longtemps hurlé à l'indépendance, lesdits IUFM mettent la pédale douce sur la protestation. C'est que nombre de bras cassés qui y enseignent voient dans cette intégration une opportunité majeure : se faire valider massivement comme Maîtres de conférence — une situation inespérée pour tous ceux qui n'ont en fait de diplômes qu'une recherche hâtive en "sciences de l'éducation", dont on ne soulignera jamais assez que c'est une contradiction dans les termes…
Les Présidents d'université, qui dans un premier temps ont pensé qu'ils allaient se voir attribuer la manne financière desdits Instituts (un étudiant d'IUFM coûte à la nation plus de 16 000 euros par an, contre un peu plus de 6000 pour un étudiant standard — une occasion en or, se sont dit certains, de mettre leur beurre dans nos épinards) devraient y penser à deux fois : rien ne leur garantit que les titularisations des intervenants en IUFM ne se feraient pas au détriment du quota général de postes attribués à leur université — et dans certains cas, cela gèlerait toute création de poste pour des années…
De nombreuses questions restent en suspens. La formation aujourd'hui dispensée dans les IUFM doit-elle échoir désormais aux universitaires de la Fac de rattachement ? Les universités ont toujours été jalouses, et à bon droit, de la formation CAPES / Agrégation (tant qu'il reste une agrégation, mais les Pédadémagogues y mettront bientôt bon ordre, eux qui ne veulent voir qu'une seule tête et une seule formation…). Récupèreront-elles les heures attribuées aux IUFM à cet effet ? Peut-on raisonnablement, dans cette hypothèse, continuer à supporter, pour les néo-certifiés ou néo-agrégés, la tutelle pédagogique d'instituts qui, au moins pour les premiers, ont la capacité de refuser toute brebis galeuse ? D'ailleurs, est-il bien raisonnable d'obliger les futurs profs à subir, des heures durant, des cours auxquels ils trouvent peu de satisfaction ?
À terme, la formation des "professeurs des écoles" ne pourrait-elle pas être rationalisée — sous la houlette majoritaire ou exclusive d'enseignants du Supérieur maîtres de leurs disciplines respectives, débarrassant enfin la formation du surpoids de la pédagogie triomphante ?
Autant de questions auxquelles je n'ai pas de réponse préconçue — la note ci-dessus étant, comme chacun l'aura remarqué, particulièrement neutre…
À vous, usagers de l'IUFM, de répondre. Nous attendons vos témoignages, vos suggestions, vos remarques. Vos cours sont-ils satisfaisants ? Comment les améliorer — éentuellement ? Les programmes mis en œuvre correspondent-ils aux contraintes de vos futurs métiers ? Futurs instituteurs, presque certifiés et quasi agrégés, quelle évolution pensez-vous souhaitable, pour ces Instituts ?
Toutes les remarques sont bienvenues, dans quelque sens qu'elles aillent. Et je veux bien, si une majorité nette se dessine en faveur des IUFM, remballer mes critiques — mais ai-je vraiment formulé des critiques ?
JPB
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Commentaires
On dit aux États-Unis que la rue séparant à New York la célèbre université Columbia de l’IUFM local (fondé à la fin du XIXe) est la « plus large du monde » parce que personne ne l’a jamais traversée, si grand est le gouffre entre les deux mondes.
Allons-nous tomber dans le système américain où un enseignant du primaire et du secondaire est quelqu’un qui a une licence en… sciences de l’éducation. D’où le niveau lamentable de trop de profs !
Depuis 1990, les IUFM étaient censés former des professionnels de la profession. Et pourtant, Meirieu en tête, les pédagogistes se plaignent que les enseignants ne soient pas « formés ». Ou bien nous raconteraient-ils pôs des salades ?
Et dire qu’il y a des collègues, croyant bien dire, qui sortent cette ineptie courante quand ils constatent le bordel ambiant : « on n’est pas formés pour ça ». Mais formés à quoi ? La psychiatrie ? Le qi gong ? La plomberie ? Le karaté ? Le remplissage de fifiches de savoir-faire et savoir-être ?
Ecrit par : P. Azimont | 04 novembre 2006
Comme dirait Lariba, vous me faîtes rougir les yeux... ;)
Ecrit par : D'Enguell | 04 novembre 2006
Au delà des remarques de bon sens, faites par JP BRIGHELLI, concernant les intentions "inavouables" des responsables des IUFM quant à leur politique d'intégration dans l'Université Voici quelques réflexions d'un instit de base sur ces IUFM... à la lumière d’un parcours professionnel particulier mais qui doit se rencontrer de plus en plus souvent .
Je suis professeur d’école . J’ai fait l’IUFM il y a maintenant une douzaine d’années après avoir travaillé autant de temps en entreprise privée comme cadre pharmaceutique.
J’ai enseigné en ZEP (Reims,Avignon ) et en Zones non prioritaires . J’ai exercé en classe d’Adaptation, comme remplaçant (en début de carrière) .C’est à dire qu’après ma formation j’ai enseigné à tous types d’élèves. Voici pour les présentations
Quelques idées sur des modifications de cet IUFM . Je suis bien présomptueux !
1 RECRUTEMENT
Concernant le recrutement en IUFM des professeurs d'école (niveau licence) je le verrais en 2 temps comme tous les concours .
a) Epreuves d'admissibilité portant uniquement sur des épreuves écrites de Français (culture générale, grammaire orthographe ... si, si... avec notes éliminatoires !! , et Maths. (QCM)
b) Epreuves d'admission orales sur 2 épreuves optionnelles selon le cursus universitaire de l’étudiant (les sciences de l'éducation étant exclues !) avec en plus une épreuve orale de motivation.
Pourquoi actuellement ce concours bâtard actuel où vous êtes à la fois dans et hors de l’IUFM ? Quand on recrute pour une école de Kiné ou d’ingénieur, on ne vous demande pas d’être déjà un peu kiné ou un peu ingénieur. On recrute au départ sur des matières générales. La spécialisation venant ensuite dès l’intégration en école.)
PREMIERE ANNEE IUFM
Validation de la première année d’IUFM d’un certain nombre d’U.V. théoriques de même coefficient portant sur la didactique des matières enseignées en primaire : /Sport / Français/Maths/ Histoire/ Géographie/ SVT etc...
A ces matières classiques : s’y ajouteraient :
* Cours de Psychologie de l’enfant (inexistant actuellement en IUFM) fait par des professionnels de la santé (psychologues, psychiatres ). Cet enseignement est fait en Belgique . En effet devant les situations diverses comme la famille éclatée, enfants de parents divorcés , le deuil etc... avons-nous tous les mêmes outils ?
* Conférences sur la dyslexie par des cliniciens : Connaissances suffisantes de la dyslexie. Actuellement rien en IUFM ! ! Comment détecter cela dès le cours de CP ?
* Conduite de groupes en diverses situations (style stage entreprise) Certains enseignants découvrent un peu tard qu’enseigner , c’est avant tout s’adresser à un groupe, travailler avec et sur une groupe !
* Conférences sur les systèmes d’enseignement européens.
* Passage du brevet de secourisme.
DEUXIEME ANNEE IUFM
.... Essentiellement en école avec une grande partie de l’année scolaire réservée aux classes de CP et CE1 et à l’apprentissage de la lecture. Le jeune prof d’école doit être aguerri et sans crainte. Combien ai-je vu de jeunes paniqués à l’idée de travailler en CP. A cause de quoi ? si ce n’est par reconnaissance implicite d’une formation insuffisante.
Il faut au cours de cette année attacher moins d’importance aux préparations. Ah ces foutues préparations !! Du vrai Stakhanovisme ! On demande aux jeunes prof de faire des fiches de prép dont le contenant devient plus important que le contenu.
Usez homéopathiquement du pédagogisme et de l’évaluation !
VALIDATION DU DIPLOME
Abandon de ce MEMOIRE de deuxième année qui accapare l’étudiant, présentant guère d'intérêt si ce n’est de justifier l'activité professionnelle de ces trop nombreux profs et conseillers pédagogiques qui traînent dans les couloirs d'IUFM !!
Par contre evaluation sur de Nombreuses conduites de classe observées par un jury composé alternativement d'un prof d’IUFM ou Conseiller pédagogique et d'un instit volontaire qui auraient le même poids décisionnel et qui ne se connaîtraient pas pour une meilleure objectivité.
L’absence de compétence évidente en conduite de groupes serait éliminatoire. Combien voit-on d’enseignants submergés par leur classe !
Voici une piste parmi d'autres...
PS
Quand on voit que les organismes de préparation aux concours d'IUFM (écuries ou par correspondance) ont de meilleurs résultats que les Instituts de Formation des Maîtres.... Que les jeunes sortis de ces IUFM vous disent unanimement y perdre leur temps....... On est en droit et en devoir de ses poser quelques questions.
Cordialement
Ecrit par : Patrick (instit) | 04 novembre 2006
Réponse à Buntovchik.
Le thème de la "professionnalisation" du métier d'enseignant abordé dans le sujet précédent nous introduit au coeur même de ce sujet-ci.
Vous écrivez à fort juste titre que "les "projets pédagogiques" ont pour but de casser les modes traditionnels (forcément archaïques et obsolètes) d'adresse du message."
Monsieur Frackowiak n'en fait d'ailleurs pas mystère dans "La liberté pédagogique des enseignants, alibi des conservateurs, obstacle à la construction de l'école du 21ème siècle.": selon lui, face à "cette vieille lune" qu'est "la liberté pédagogique", il faut cesser de "reproduire les modèles ancestraux", cesser de pratiquer l'"enseignement essentiellement frontal", il faut "encourager l'innovation", "donner du sens aux activités scolaires", "transformer les pratiques pédagogiques", "mobiliser les élèves", il faut "le travail d'équipe, avec des projets d'établissement qui soient des réalités et non des écrits formels que personne ne prend en compte dans sa pratique quotidienne" [ et pour cause!], il faut "bousculer les conceptions traditionnelles d'organisation de l'Ecole: une heure, une classe, un cours...Chacun dans ses quatre murs, avec son groupe figé à l'année", ce que M. Frackowiak appelle le "professionnalisme" des enseignants, leurs "compétences professionnelles", qu'il oppose aux conceptions des "nostalgiques du passé", des "conservateurs de tous bords".
Ce qui est dommage, vous avez raison, c'est que les "conseillers pédagogiques "qui sont imprégnés de ce genre de théories trouvent parmi nos collègues des oreilles réceptives.
Ecrit par : Jean | 04 novembre 2006
Il me semble que dans la bouche des pédagos, le terme de professionnalisme englobe un large choix de sens.
Veuillez me pardonner de faire référence à une situation que j'ai douloureusement vécue. En charge d'un enfant atteint de troubles autistiques avec retard mental, on me demande d'établir un bilan très précis de fin de GS. Au lieu de pratiquer la langue de bois en m'extasiant sur des progrès que je n'avais pas constatés, je remplis la grille d'évaluations proposée. Malheur à moi! Devant le constat désastreux, la mère crise et me promet de me pourrir la vie. L'IEN, donc la pro du pédagogisme, déboule dans ma classe pour me casser.
J'en viens aux résultats et à la terminologie. En plus des propos infâmants sur ma personnalité, je lis sur le rapport que "ma pédagogie n'est pas suffisamment différenciée et ne permet pas à tous les élèves d'atteindre les mêmes objectifs". Je dois donc"établir une grille d'objectifs selon les capacités de chacun". Je dois me "conformer à l'application des programmes 2002 et veiller à la conformité de ma démarche".Et en conclusion, entériné par l'IA, je dois "gagner en professionnalisme dans mes relations avec les élèves et les parents". Encore, j'aurais pu accepter que l'on me conseille plus de diplomatie, mais quel choix avais-je sur cette demande de bilan sinon celui de mentir? Je pense donc que dorénavant, lorsque j'aurai ce type de tâche ingrate à exécuter, je m'ingénierai à être professionnelle en pratiquant la langue de bois et en n'écrivant rien de précis sur tout document proposé...Ce que j'ai déjà commencé à pratiquer sur les papiers de demande d'aide au RASED. Pour en ajouter une couche, six mois plus tard, l'IEN m'a certifié que tout allait bien pour cet élève grâce à une autre collègue, propos qui m'ont été infirmés par une collègue itinérante. Aujourd'hui, pour moi, le professionnalisme consiste à apprendre l'art et la manière de faire semblant.
Ce qui m'est très pénible lors des séances régulières d'intoxication que nous subissons tout au long de l'année, avec, pour 2007, une forte orientation sur l'apprentissage de la lecture. Au moins, on lâche les profs du secondaire après leur parcours du combattant en IUFM. Chez nous, le formatage s'est endurci cette année. Comme par hasard...
Ecrit par : Alice | 04 novembre 2006
Au sujet de l'intégration des IUFM dans l'université, la conférence des directeurs d'IUFM a rendu en janvier 2006 un avis intitulé "identification des problèmes relatifs à l'intégration de l'IUFM à l'Université". Pardon pour le charabia administratif, mais je cite de source.
- Ce texte déclare par exemple (point 2) : "Conformément à son statut d'école [...] l'IUFM aura la maîtrise du nombre et de la qualité des étudiants inscrits en première année".
Ces guignols qui hurlent contre la sélection à longueur de publications imposent donc LEUR sélection quand ça les arrange. L'université resterait non-sélective... sauf pour eux. Ces odieux Tartuffes pourront-ils éternellement faire l'exact contraire de ce qu'ils prêchent ?
- Point 4 : "la possibilité de poursuite vers un master recherche sera présentée par l'université dans son offre de formation". Entendez : si le candidat n'est pas accepté par l'IUFM.
C'est-à-dire que :
1) le rôle de l'université se bornerait à valider l'échec des IUFM.
2) des candidats jugés incapables d'enseigner deviendraient titulaire d'une maîtrise d'éducation (!).
- Point 5 (qu'en termes bureaucratiques ces choses-là sont dites...) : "Concernant les différents formateurs constituant l'encadrement pluri-catégoriel, il est recommandé d'envisager la délivrance, par l'université, d'un master professionnel relevant du champ de la formation de formateurs ou l'engagement dans un master recherche au profit des formateurs non enseignants chercheurs afin de mieux adosser progressivement la formation de formateurs à la recherche universitaire".
Traduit en français courant : les formateurs d'IUFM dépourvus de titres universitaires seraient intégrés en tant qu'apprentis chercheurs en maîtrise. Dit plus simplement : l'université employerait comme enseignants-chercheurs des gugusses infichus de chopper une maîtrise (une MAITRISE !). Le niveau monte !
- Il serait trop long de tout citer, mais le document ne parle pas de la formation disciplinaire, si ce n'est une seule fois, un mot perdu dans une longue liste (point 10). Quelle importance si les professeurs de maths ne connaissent pas les maths ? Qui a besoin de mathématiciens en fac de maths, d'ailleurs ? Remplaçons-les par des pédagogues niveau maîtrise, et le tour est joué !
Et bien, me direz-vous, face à des prétentions d'une telle extravagance et d'une telle mauvaise foi, que font les universitaires ? Et oui, que font les chercheurs ?
Leurs valises.
Ecrit par : Pierre-Henri | 04 novembre 2006
Alice: Votre exemple est plus que parlant, il est criant et vous le criez. Par cette douloureuse "expérience", vous ètes au coeur du problème comme quoi avec les meilleures intentions du monde, ici le pédagogisme, on peut ètre à coté de la plaque, destructeur. Certes, vous étiez face à une souffrance, celle de la mère et il faut user de beaucoup de diplomatie (et d'empathie?), et arriver malgré tout, à positiver la situation. Le problème dans ce cas est que bien souvent, l'école est le " révélateur" ou " confirmateur" plus que d'une pathologie, de son déni. Le déni, ce n'est pas la négation, car la personne, ici la mère connait la réalité, mais refuse ( et on peut la comprendre) d'investir cette réalité car il y a trop de souffrance derrière. Vous ètes ainsi, devenue, la " mauvaise personne" au mauvais moment. Vous auriez du ètre soutenue, plutot que le contraire. Je trouve votre attitude courageuse et bien mal récompensée. Mais garder courage et croyance en ce que vous faites et ce que vous ètes.
Ecrit par : nestor | 04 novembre 2006
Ajout: Et le coup que maintenant tout va bien avec un autre collègue ( sous-entendu: vous ètes une grosse nulle) est le comble de la malhonneteté intellectuelle, pour dire les choses poliment. On a tous vécu ce type de perfidie, honte à ceux qui l'utilisent.
Ecrit par : nestor | 04 novembre 2006
La formation des professeurs des écoles exclusivement confiée à des profs issus du supérieur!
Permettez-moi d'être sceptique...
Pensez-vous les profs de lettres (même agrégés) compétents pour, par exemple, former les enseignants du primaire à l'apprentissage de la lecture (pour évoquer un problème d'actualité)? J'en doute fort car j'en fréquente certains qui n'ont pas vraiment conscience des difficultés et obstacles que cela représente.
Certes vouloir réduire le rôle de plus en plus prépondérant que l'on offre à la "pédagogie" au détriment des contenus, me parait louable. Néanmoins un enfant de 7 ans n'est pas comparable à un étudiant de 17 ans et il y aura toujours dans l'enseignement primaire une part importante de "comment faire pour que ça rentre" que semblent parfois ignorer nos collègues du supérieur.
Je suis davantage partisan d'une formation de type compagnonnage avec alternance entre formation théorique et tuilage par les "anciens", ceux-là même qui ont bien sué face à des élèves de CP ou autres niveaux.
Cette image des compagnons, je la reprends pour tempérer un propos de votre livre, JPB, la célèbre fabrique: la pédagogie n'est pas une science, c'est indéniable, mais ce n'est pas non plus un art, plutôt un artisanat. Je ne suis pas un artiste mais un artisan qui chaque jour tente de rectifier le labeur de la veille pour que les désillusions quotidiennes ne me fassent pas sombrer dans la culpabilité dont on sait qu'elle est l'ombre de chaque enseignant.
Ecrit par : Denis | 04 novembre 2006
Denis,
Cette idée de compagnonnage avec reconnaissance des anciens ou tuilage, je trouve cela pour ainsi dire " juste et parfait" ... ça me convient bien.
La science a obligation de résultat , l'artisanat lui une obligation d'investissement .
Cordialement
Ecrit par : Patrick (instit) | 04 novembre 2006
La formation pour l'enseignement primaire est quelque chose que l'université ne sait pas faire, et qu'elle n'a jamais voulu faire. Elle en sera rendue responsable uniquement par contre-coup en absorbant l'IUFM, parce que ces derniers ont voulu uniformiser les cursus d'enseignement. C'est bien l'IUFM qui a théorisé l'enseignement primaire jusqu'au délire. Vous ne pouvez pas rejeter cela sur le dos de l'université, tout de même.
Ecrit par : Pierre-Henri | 04 novembre 2006
Denis,
Cela me passionnerait, tout agrégé que je suis, d'apprendre à lire et à écrire à des élèves de CP. C'est grisant d'assister à l'éveil de la vie intellectuelle chez un enfant. lui faire faire des lignes de A, des lignes de B, puis lui faire combiner les deux lettres. C'est le début de la "science", non?
Ecrit par : Jean | 04 novembre 2006
Jean, en disant cela vous devancez ce qui nous pend au bout du nez, et pour ma part, je trouverais cela déplorable, un même type d'enseignant de la maternelle à la terminale. Le rêve des sgenards et des pédagos... Demandez donc votre mutation en primaire, elle vous sera accordée avant qu'elle ne devienne une obligation...
A moins que votre message ne fût ironique, ce que j'ose encore espérer...
Ecrit par : elisabeth | 04 novembre 2006
Merci Nestor pour votre soutien. Il se trouve que j'en suis à ma troisième année de psychotiques, alors je commence à prendre un peu de recul. Avec une AVS pour la première fois, depuis une semaine, ce qui change complètement les paramètres. J'ai changé de circonscription. Maintenant, mon pédagogo en chef n'est plus sadique, il est démago. C'est moins hard, mais tout aussi pénible.
J'aimerais bien qu'on disperse quelques psychotiques graves en collège, ça chaufferait l'ambiance et révélerait les qualités d'animateur du prof. J'ai repris confiance, difficilement. Mais l'ensemble de tous ces problèmes fait qu'il y a des moments où j'en ai vraiment ras le bol.
J'espère chaque jour une refonte totale des programmes, une reprise de conscience des pouvoirs publics et un déclin de ces contraintes absurdes et inefficaces. Aurai-je le bonheur d'en profiter avant la retraite? Je n'y crois pas trop.
Les IUFM, qu'on les ferme et que l'on ne remette surtout rien à la place! Il faut laisser le temps agir, afin que les lieux et les esprits soient dégagés de toute trace contaminante.
Ecrit par : Alice | 04 novembre 2006
Le HCE (dont se fit virer Lafforgue après la première réunion de travail) a remis au Ministère sont rapport sur l’avenir des IUFM « intégrés à l’Université ». La presse s’en est fait l’écho mais à ma connaissance, le texte lui-même n’est pas encore disponible. Nous l’avons publié in extenso sur le site de Reconstruire l’Ecole :
http://www.r-lecole.freesurf.fr/
(suivre le lien sur la page d’accueil). Un vrai désastre en perspective !
Ecrit par : Pedro Cordoba | 04 novembre 2006
Si l'intégration des profs des IUFM se fait sur le dos des jeunes thésards qui vont voir leur possible entrée à la fac remise en cause parce que l'on aura titularisé des profs du secondaire qui ont une recherche minable et totalement magouillée, ce serait franchement immonde.
Il y a des étudiants qui terminent leur thèse, qui ont des articles publiés, qui ont participé à nombre de colloques, qui ont fait la preuve de leur valeur et de leurs qualités. Qu'ils se retouvent coincés parce qu'on titulariserait à la fac des enseignants des IUFM qui se sont trouvé des "planques" et des "fromages" en s'auto-recrutant sur les critères qu'on sait, ce serait d'une injustice et d'une bêtise monstrueuses.
Combien de personnes souhaiterait-on faire basculer ainsi dans le corps des maîtres de conf?
Les profs d'université ne devraient pas avoir à s'occuper de la formation des instituteurs, de celle des profs du secondaire, oui, de celles des instits, non. Mais voilà, maintenant que tout ce petit monde est professeur, des écoles, du secondaire , la suite est claire. Une seule formation, un seul concours de recrutement, un seul et même ( petit) boulot. Merci les pédagos, vous avez bien joué. Et après avoir noyauté le secondaire, dénoncé vos petits camarades qui ne travaillaient pas comme il fallait, pourchassé les sectateurs des savoirs, les bourgeois de la connaissance et les fascistes de la grammaire, vous allez pouvoir vous attaquer à la fac. Ca ne sera pas difficile, les profs vont sûrement encore moins résister.
Si je n'envisageais pas les conséquences de ces prochaines titularisations du point de vue des jeunes thésards et des futurs étudiants qui auront à subir des cours lamentables de la part des ex-IUFM, je me permettrais de ricaner. En effet, la gent universitaire ayant lâchement abandonné ses propres capétiens et agrégatifs en 89 quand Jospin a créé les IUFM, je trouverais assez drôle de voir l'IUFM lui revenir en boomerang en pleine tête. Car nous n'avons aucune illusion à avoir, ce n'est pas la fac qui va absorber les IUFM, mais bien l'inverse. Ce sont des gens organisés, qui ont des appuis, qui sont structurés pour s'étendre et prendre le pouvoir où qu'ils soient. C'est leur seul objectif. En face ils ont des profs qui sont individualistes, sans organisation et qui laisseront aux ex-IUFM les soins de la gestion administrative dont on sait qu'elle est lourde, pas rétribuée, et mangeuse de temps en terme de recherche. Les autres se fichant complètement de la recherche... Dans 10 ans maximum, une dizaine de bonnes facs sur toute la France, et le reste aux mains des pédagos.
Je disais il y a quelque temps que l'on occupait le bon peuple avec des querelles sur l'apprentissage de la lecture, pour cacher le dépeçage du secondaire et de l'université...
En 89, c'est la gauche qui crée les IUFM, en 2006 c'est la droite qui leur offre les facs sur un plateau.
Et dire qu'il y en a qui se posent la question de savoir pour qui voter : ce n'est pas sur les questions d'éducation en tout cas qu'on pourra départager la gauche de la droite...
Ecrit par : elisabeth | 04 novembre 2006
C'est bien ce que je pensais. Le programme des futurs IUFM fait frémir. Grosso modo, on reprend les mêmes "référentiels", les mêmes tendances et on en ajoute.
Après les projets d'établissements, avec "l'ouverture sur le monde extérieur",on voit clairement s'amorcer la mise ne oeuvre de la privatisation. Exit l'école de Jules Ferry et vive la mondialisation! Bon courage aux jeunes générations qui n'ayant pas beaucoup appris sur les bancs de l'école vont pouvoir être modelés sur mesure!
Ecrit par : Alice | 04 novembre 2006
Elisabeth, je n'ai pas dit que je souhaitais enseigner en CP. Je répondais seulement à Denis, qui avait l'air de dire que "les agrégés" planaient forcément dans les hautes sphères (De minimis non curat praetor!), que je ne voyais pas pourquoi un agrégé ne pourrait pas s'intéresser aussi à l'apprentissage de la lecture en CP. Il ne dirait pas forcément plus de bêtises que Goigoux ou Frackowiak!. Cela dit, je vous accorde que ma remarque était inopportune! Je pense sincèrement qu'amener des élèves à comprendre la combinatoire doit être grisant pour un enseignant, mais à chacun son travail!
Ecrit par : Jean | 05 novembre 2006
Voici un début de réponse au rapport du HCE, que je mets aussi sur la liste de discussion de Reconstruire l'Ecole. Je n'aborde pour l'instant qu'un seul point, qui apparaît dans les premières lignes du texte et concerne (ou plutôt ne concerne pas)la "place du concours". Il faudra continuer de façon à élaborer un contre-rapport. Avis aux lecteurs de ce blog : c'est à la fois long et technique. Ceux qui ont déjà une opinion toute faite - favorable ou défavorable - sur les IUFM peuvent se dispenser de la lecture.
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Le problème est d’emblée mal posé – ce qui laisse peu de chances de le résoudre. Dès l’ouverture, deux phrases bizarrement tournées et au contenu délibérément erroné engagent la réflexion du HCE dans une voie sans issue.
« Le mode de recrutement des enseignants titulaires est le concours, par tradition républicaine d’égalité. La place de ce concours dans le cursus n’ayant pas été modifiée par la loi d’avril 2005, le Haut Conseil de l’Education en a pris acte et a raisonné dans ce cadre. »
Conformément aux usages de la langue française, l’article défini présuppose que l’objet ainsi présenté soit déjà connu. Or on ne sait pas de quel « cursus » il est ici question. S’agit-il du cursus universitaire antérieur à l’entrée en IUFM ? Cette phrase fait alors référence aux titres requis pour pouvoir se présenter aux concours de recrutement : une licence pour le CRPE, les CAPES et les CAPLP, une « maîtrise » pour l’agrégation (alors que la « maîtrise » a disparu et qu’il n’est jamais question de l’agrégation dans ce texte comme si les agrégés, insuffisamment « professionnalisés » selon les critères des IUFM, ne devaient désormais plus être comptés au nombre des professeurs). S’agit-il du cursus des candidats inscrits dans les IUFM ? Cette phrase fait alors référence à la formation en deux ans, postérieure au cursus universitaire proprement dit et délivrée dans les IUFM : la « place du concours » désigne alors le fait que la préparation en est assurée par les IUFM (sauf pour l’agrégation, encore une fois exclue de la réflexion du HCE) et qu’il a donc lieu en fin de première année, au milieu du « cursus ». Le HCE a donc raisonné dans un « cadre » dont il affirme qu’il n’a pas été modifié par la loi d’avril 2005. Mais pourquoi la loi aurait-elle dû traiter de ce point, qui n’apparaît pas dans la loi de juillet 1989 ? Le Conseil constitutionnel a censuré plusieurs articles de cette loi d’avril 2005 au motif qu’ils étaient d’ordre réglementaire et non législatif. On ne voit pas pourquoi le Parlement aurait dû y inclure des questions qui n’ont jamais figuré dans aucun texte de loi. La « place » du concours a été définie par les décrets de 1991 régissant le fonctionnement des IUFM, dont seule la création était prévue dans l’article 17 de la loi de juillet 1989. D’une façon générale, aucun des textes régissant les concours n’est d’ordre législatif, même lorsqu’il s’agit de mettre en place un nouveau concours ou d’en définir les prérequis : c’est ainsi que le CAPES fut créé par un simple décret en 1950. Ce qui, en revanche, est défini par le règlement de la Fonction publique est l’accès aux différents corps de fonctionnaires : la voie normale est toujours réservée aux lauréats d’un concours de recrutement – concours que le HCE réduit à une simple « tradition républicaine d’égalité », qu’il serait sans doute temps de renvoyer au musée des vieilleries au nom de la « modernisation du système » et de l’« ouverture » à une Europe où ces « concours » n’existent pas.
La « place du concours » en fin de première année d’IUFM fut décidée au terme des travaux de la Commission Bancel, deux ans après la loi de juillet 1989. Elle donna lieu à de vigoureuses polémiques entre ceux qui souhaitaient que le concours ait lieu avant l’entrée en IUFM et ceux qui étaient au contraire partisans d’un concours de sortie. En « coupant la poire en deux », la Commission Bancel prit l’énorme responsabilité de mettre en place une institution non-viable. Tous les dysfonctionnements qui affectent, depuis le début, les IUFM (et qui s’aggravent au fil des ans) ont en effet leur origine dans cette « solution de compromis ». On aurait pu s’attendre à ce que le HCE en fasse un objet prioritaire de réflexion. Il n’en a rien été.
La plupart des membres du HCE ignoraient sans doute les faits, d’ordre juridique et historique, que nous venons de rappeler. Mais il est impossible de croire que MM. Forestier et Bouvier aient été soudain frappés d’amnésie. C’est donc de façon délibérée qu’ils ont induit en erreur les autres membres du HCE pour évacuer d’emblée une question particulièrement épineuse pour les IUFM.
Que veulent en effet éviter les IUFM dans le cadre de leur « intégration à l’Université » ? Ils craignent par-dessus tout que la préparation des concours soit confiée aux Universités de rattachement, voyant ainsi leur « cursus » amputé d’un an. Or c’est la seule solution rationnelle aux dysfonctionnements signalés plus haut. A l’heure actuelle, 80% des candidats au professorat des écoles et plus de la moitié des candidats aux différents concours du secondaire ne sont pas admis en « première année » d’IUFM. Autrement dit, ils n’ont pas droit à bénéficier d’une année de préparation aux concours et en sont réduits à les préparer par eux-mêmes, avec des chances très réduites de succès, ou à s’adresser aux différentes entreprises privées qui, profitant du filon, proposent des préparations payantes : c’est ainsi que les IUFM montrent leur attachement à la « tradition républicaine d’égalité ». En outre, un tel dispositif a pour conséquence que la moitié des lauréats du CRPE et 40% des lauréats des concours du secondaire ne sont pas issus des IUFM (1). A quoi sert donc la « première année » d’IUFM ? A quoi bon investir de telles sommes d’argent pour une rentabilité si faible ? Il est indispensable que les décrets d’application de la loi d’avril 2005 mettent un terme à cette situation inadmissible en offrant une préparation égale à l’ensemble des candidats dans le seul cadre possible : l’Université elle-même. C’est la première « recommandation » que nous nous permettons de faire au gouvernement.
NOTES
(1) Comme ces chiffres ne sont guère satisfaisants pour les IUFM, leurs partisans proposent un étrange mode de calcul : ils soutiennent qu’il faut tenir compte des « redoublants », c’est-à-dire, dans leur optique, des seuls lauréats ayant réussi en « candidats libres » mais ayant antérieurement suivi une préparation en IUFM. La part de marché des IUFM s’élèverait ainsi à 80%. Mais outre qu’il est assez indécent de s’attribuer le succès de candidats qu’on a soi-même exclus (puisqu’ils n’ont pas été admis à redoubler en IUFM), on ne voit pas pourquoi il ne faudrait pas alors tenir compte de l’ensemble des redoublants, c'est-à-dire aussi de ceux qui ont présenté deux fois le concours en candidats libres ou qui l’ont présenté dans le cadre des IUFM après un premier échec en tant que candidats libres. On aboutit alors au résultat suivant : 80% des lauréats ont certes fait une « première année » d’IUFM à un moment ou un autre de leur « cursus » mais 50% des lauréats ont présenté le concours en candidats libres, qu’il s’agisse de l’année de leur réussite ou d’une tentative antérieure. Comme dans ces sondages où il est possible de cocher plusieurs cases, le total dépasse les 100%. Il est donc vrai que les IUFM fournissent 80% des lauréats. Mais à condition d’ajouter qu’il s’agit de 80% sur un total de 130%. La part « réelle » des IUFM dans le marché de la réussite s’élèverait donc à 61%. Ce n’est pas beaucoup pour des Instituts qui non seulement coûtent extrêmement cher mais qui bénéficient en outre du monopole de la préparation offerte par l’Etat…
Ecrit par : Pedro Cordoba | 05 novembre 2006
Elisabeth, je vous remercie pour l'analyse, que je partage intégralement. Cela dit, aujourd'hui, les universités littéraires sont déjà, de facto, aux mains des pédagogistes. Parce que :
- le budget par étudiant des IUFM est très supérieur.
- la mainmise des pédagos sur le CAPES oblige les universités à s'aligner sur la pensée pédagogique pour survivre.
- dans beaucoup de disciplines, la tradition exige que les futurs enseignants-chercheurs soient agrégés, c'est-à-dire soient validés par l'IUFM.
- les bacheliers (dé)formés suivant les principes pédagogiques ont accès de plein droit à l'université.
- par contrecoup, tous les cursus ont suivi la dégringolade du niveau. La licence n'a déjà plus rien d'universitaire.
Et vous pouvez effectivement ricaner. Un peu de joie mauvaise n'a jamais fait de mal à personne. Les universitaires sont perdus dans leur monde de rêves et de grandeur académique, ils n'ont pas la moindre idée du pouvoir de nuisance que possèdent les pédagogistes. D'expérience, faire comprendre le pédagogisme à un universitaire est presque toujours peine perdue. Après tout, tant pis pour eux. VAE VICTIS.
Comme tous les intellectuels, les universitaires pensent que leur culture les protège, ils croient que le niveau dont disposent (encore) les universités françaises leur subordonnera les pédagogistes. Les naïfs ! Face à un Meirieu, un Frackowiak ou une Charmeux, aucune culture, aucune compétence académique, aucune forme de réalité même n'a de poids.
Déjà, à l'université de Strasbourg, on ne s'incrit plus (c'est d'un vieillot !). On "remplit un contrat pédagogique". Les étudiants sont toujours autant en difficulté, les enseignants toujours aussi dépassés, les bâtiments toujours aussi délabrés, les moyens consacrés à la recherche toujours aussi dérisoires... Mais, "contrat pédagogique", ça en jette, non ?
Ecrit par : Pierre-Henri | 05 novembre 2006
Dans le rapport du HCE, on lit que "le mode de recrutement des enseignants titulaires est le concours, par tradition républicaine d'égalité". Or d'une part le concours ne se justifie pas seulement pour une question d'égalité, mais aussi sur des considérations d'impartialité, de neutralté. Et d'autre part on ne peut plus vraiment dire hélas que le recrutement se fait par concours, puisque le "moins" (inspection et influence des séides des IUFM) peut remettre en cause le "plus", à savoir la décision d'un jury national, impartial et compétent (a priori), sans qu'existe par ailleurs un recours juridictionnel adéquat et effectif (celui qui existe devant les juridictions administratives n'est ni adéquat ni effectif). Le concours est donc de facto et de jure devenu une épreuve d'admissibilité et non d'admission, et les propositions des IUFM tendent manifestement à accroître leur empire sur l'admissibilité et sur l'admission.
Par ailleurs, parmi les propositions, je constate que contrairement aux IUFMistes qui n'ont eu aucun égard pour ceux qui avant eux avaient en charge la formation des futurs enseignants, tous leurs adversairs n'envisagent ni leur départ forcé, ni leur reconversion forcée. C'est sans doute là faire preuve d'une grande tolérance, mais peut-on ad vitam eternam n'utiliser que des "armes légères" contre un ennemi qui ne se prive quant à lui d'aucune arme ? En ne réflichissant pas à la remise en cause des personnels des IUFM, alors que lois, décrets et propositions de lois et de décrets ne cessent de mettre en oeuvre ou de prôner la dégradation de la condition des enseignants et leur asservissement (cf. notamment la proposition de réforme du décret de 1950 sur les services dans le second degré), on continue à laisser le front du combat chez nous en laisant l'ennemi intact !
Ecrit par : denis roynard | 05 novembre 2006
Je vais tenter d'apporter ma pierre au débat. Certes, en ce lieu où il suffit de dire qu'on a quelque chose à voir avec les IUFM pour être considéré comme une sous-m..., ma tâche risque de ne pas être aisée. Mais je vais essayer quand même, quitte à ce que neuf bloggers sur dix zappent mon message.
Je suis un simple professeur certifié en musique. J'ai enseigné un certain nombre d'années la musique, (et la manière de l'enseigner à nos têtes blondes) aux élèves instituteurs, dans le cadre des écoles normales. Cet enseignement est "généraliste", et demande en même temps un certain nombre de connaissances disciplinaires de la part de celui qui le dispense, (ce qui tombe sous le sens, mais il est de bon ton de le rappeler, à une époque où tous les personnels enseignant en IUFM actuellement sont incultes, du moins aux yeux des bloggers de ce site). J'entends par généraliste qu'il concerne plusieurs pôles d'un apprentissage, (soit, concernant la musique: l'écoute musicale et la manière de l'aborder, les répertoires de chant et le placement de voix, un travail sur instruments à percussion et, évidemment, la pratique du chant choral). Ces notions peuvent difficilement, à mon sens, être apportées à l'instituteur-impétrant par le système du simple compagnonnage, et je vois mal un universitaire, traitant assez souvent de sujets relativement pointus, "s'abaisser" à dispenser cet enseignement. Je dois ajouter que, sur l'ensemble des disciplines enseignées dans la branche "premier degré" des instituts, les profs certifiés et agrégés sont relativement nombreux et que, ma foi, ils ne font pas si mal leur travail, me semble t-il... Mais bon, en prétendant ceci, je vais certainement, encore une fois, recevoir une bordée d'insultes...
"PS
Quand on voit que les organismes de préparation aux concours d'IUFM (écuries ou par correspondance) ont de meilleurs résultats que les Instituts de Formation des Maîtres.... Que les jeunes sortis de ces IUFM vous disent unanimement y perdre leur temps....... On est en droit et en devoir de ses poser quelques questions.
Cordialement"
Ecrit par : Patrick (instit) | 04 novembre 2006
On pêut argumenter, mais de là à dire n'importe quoi... Jetez un oeil aux chiffres que Pedro, qui n'est pas un farouche défenseur des IUFM, loin s'en faut, mais qui me semble avoir un discours qui se tient fort bien, nous propose...
Ecrit par : christophe sibille | 05 novembre 2006
Christophe,
Je ne pense pas avoir dit n'importe quoi !
Les organismes privés de préparation aux concours IUFM (pour professeurs d'écoles ) font appel le plus souvent à des formateurs vacataires issus ....des d'IUFM ! ou à des retraités (conseillers pédagogiques, profs etc... ) .
Tout ce petit monde met du beurre dans ses épinards. Qui les critiquerait ? Mais regardons la réalité en face. L'institut IUFM n'a pas la prérogative du succès au concours. C'est un constat tout simplement.
Autre point . Depuis des années que je vois sortir des jeunes diplomés des IUFM et étant curieux de nature , je ne peux m'empêcher de connaitre leur regard sur leur formation. Eh bien c'est unanime. EN IUFM : on perd son temps !
L'enseignement est à côté de la plaque ! Je le constatais dans les années 93 et cela ne s'est pas amélioré. Rien ne vaut le terrrain dans ce métier. Les enseignants qui exercent en IUFM et je parle pour l'enseignement du 1er degré , pour la la majeure partie, cela fait des lustres qu'il n'ont plus mis les pieds en classe. Si ce n'est au fond pour évaluer .
Il faut le dire. Rien ne vaut le compagnonnage , agrémenté d'un parrainage par un ancien comme le proposait Denis , je crois.
Mais tous ces formateurs , conseillers ... qui se la jouent chaque matin autour de la machine à café ... trop peu pour moi. :-)
Cordialement
Ecrit par : Patrick (instit) | 05 novembre 2006
Le tout étant de "faire dans la nuance". Soyez tranquille, je questionne aussi les jeunes sortants de l'IUFM sur leur formation, (j'évite de le faire quand ils y sont encore pour ne pas qu'on me sorte l'argument du "chantage à l'évaluation"), et les critiques sont souvent assez vives et... souvent justifiées. Comme de la part de n'importe quel sortant de n'importe quelle formation. Je l'ai fait aussi en mon temps concernant la formation en CPR, que d'aucuns voudraient voir revenir, et qui était, vous pouvez me croire, loin d'être parfaite. Vouloir faire avaler le fait que tout est à jeter dans ces formations, comme vous le faites, (ce que même Pedro, qui a pourtant parfois la dent assez dure, ne fait pas) ne rend service à personne. Et, concernant les pourcentages de réussite, reprenez donc ses chiffres!
Expliquez-moi par ailleurs comment se former en histoire, en technologie, en EPS, en arts plastiques, en musique, par le seul biais du terrain... Relisez d'ailleurs bien, concernant l'alternance d"e formation, le message de Denis, que vous prenez à témoin.
Cordialement.
Ecrit par : christophe sibille | 05 novembre 2006
Je réitère mon propos: de la théorie accompagnée de la connaissance "du feu" des anciens...
La théorie est indéniable mais quand on a fait le tour de la question des méthodes d'apprentissages de la lecture on est loin du compte car là, rien ne vaut la pratique pour laquelle, dès lors, l'universitaire ne peut pas grand chose!
Faire lire des lignes de A puis de B pour faire BA (ou AB?) n'a rien de grisant! C'est long, fastidieux, répétitif, ce qui explique que nombre d'enseignants cherchent à faire autre chose (du global?) surtout si rien n'a été fait pour les convaincre du bien fondé de ce qui long et répétitif: Alain je crois, disait qu'enseigner c'est dire, redire et redire encore...
Tout ceci, seuls les enseignants chevronnés le savent et osent le dire, voilà pourquoi ils devraient être partie prenante dans la formation initiale.
Cela étant dit, je suis souvent désappointé voire irrité par le peu d'engagement de nos collègues qui refusent presque systématiquement des stagiaires dans leur classe. Certes, c'est une surcharge de travail mais somme toute bien modeste au regard de ce que cela apporte aux novices qui d'ailleurs conservent toujours un excellent souvenir de ces stages (qui rendent souvent bien fade le retour à l'IUFM).
Ecrit par : denis | 05 novembre 2006
Comme dit, la question de l'enseignement primaire à l'université ne devrait même pas se poser. Cela arrive par un enchaînement sans queue ni tête : l'université absorbe l'IUFM qui a lui même absorbé la formation au primaire. Comme le préconise "Reconstruire l'Ecole", la formation des instits devrait se faire dans des petites structures, sur le mode "prépa". On n'apprend pas à gérer des enfants dans un amphi de 600 étudiants, cela me paraît évident.
Christophe, de votre côté, vous devriez comprendre la situation des jeunes chercheurs. Pour avoir une chance (je dis : une chance) d'être qualifié en section 09 (littérature française), il faut :
- une agrégation
- une thèse avec la meilleure mention possible
- une liste importante de publications
- une expérience universitaire, si possible internationale.
Il y chaque année des gens qui sortent de l'ENS et de la Sorbonne, de Yale, de Stanford ou de Cambridge qui se battent pour les quelques rares postes qui restent.
Et à côté de ça, les pédagos arriveraient au même résultat avec un CAPES, une vague possibilité de s'inscrire en master professionnel et quelques beaux discours sur l'éducabilité ?
Les universités françaises ne sont pas prêtes de regagner des places aux classements internationaux.
Ecrit par : Pierre-Henri | 05 novembre 2006
Denis, vous dites exactement ce que je dis: "Faire faire des lignes de A et des lignes de B pour faire ensuite BA ou AB, n'est long, fastidieux, répétitif" que pour un certain nombre d'enseignants, et sûrement pas pour les élèves, qui sont tout heureux d'apprendre, à leur rythme, quelque chose de nouveau! Enseigner, c'est accompagner l'élève sur le chemin de la connaissance, comme on tient un enfant par la main, ce n'est pas faire une espèce de show pédagogique qui permet surtout de cultiver son ego ("Ah, cette "séquence", il m'a fallu trois nuits blanches pour la mettre au point! Impossible d'y arriver! Mais ouf! ça y est!".... Là, on peut d'ailleurs craindre le pire pour les élèves!) ! Toute la question est de savoir si faire la classe doit amuser les enseignants ou être utile aux élèves! Vous rappelez à très juste titre la réflexion d'Alain, dont JPB va certainement nous retrouver la référence sur-le-champ ("Propos sur l'éducation"?) On peut être universitaire et avoir compris cela, qui est la base même, le B.A.BA, de la pédagogie. Donc, fort d'une telle autorité, j'ose maintenir, en plein accord avec vous, que faire faire aux élèves des lignes de A et des lignes de B, puis leur faire découvrir l'association de B et de A, en CP, c'est grisant parce que c'est leur premier pas sur le chemin de l'autonomie, comme ça l'est d'expliquer à fond les Femmes savantes en 3ème.
Quant à Christophe, qui s'est fendu d'un hommage, du reste amplement mérité, à JPB pour son "Cher Roger", le voici mûr pour signer l'Appel pour la refondation de l'école - ou je n'y comprends plus rien!
Ecrit par : Jean | 05 novembre 2006
Vae Victis, Pierre-Henri ? Ce n'est pas vraiment cela que je souhaite pour mon université, ni pour aucune des autres, d'ailleurs. En tout début de maîtrise (enfin, master 1, maintenant), j'aimerais y rester longtemps, très longtemps, jusqu'à ma retraite... Je voudrais y enseigner, mais les places sont déjà chères et le seront encore plus si ce système de titularisation des profs d'iufm se met en place. Je croise les doigts, très fort, pour que ce ne soit pas le cas... Sans trop d'espoir, hélas. Je suis à peine entrée dans le vrai système de la fac, le do-it-yourself, comme on le dit maintenant du tricot ou de la couture, et j'aime ça, même les côtés pénibles du début du travail. Je finirai probablement par rentrer dans le rang, passer le CAPES et me résigner au collège... Tant pis. En fait, vous aviez raison : malheur aux vaincus, si mes notions de latin sont encore valables.
Ecrit par : Claire | 05 novembre 2006
"Quant à Christophe, qui s'est fendu d'un hommage, du reste amplement mérité, à JPB pour son "Cher Roger", le voici mûr pour signer l'Appel pour la refondation de l'école - ou je n'y comprends plus rien!"
Ecrit par : Jean | 05 novembre 2006
Je partage certaines des idées de Jean-Paul, et il le sait très bien. Là où je ne suis pas d'accord, c'est sur le procès d'intention fait à toute une partie des formateurs d'enseignants, (essentiellement d'enseignants du premier degré, d'ailleurs) dont je fais partie soit, en gros:
-Vivre sur le dos du "mammouth" en proposant des cours ineptes, dénués de tout contenu scientifique, et inutiles.
-Pratiquer sur les stagiaires une dictature de l'évaluation qui viserait à ne titulariser que ceux adhérant à une soit-disant "idéologie pédagogiste de khmers rouges".
Pierre-Henri, je ne nie pas que la situation de la recherche soit peu enviable dans notre pays. Mais je ne pense pas voler la place de qui que ce soit, concernant les cas de figure que vous mentionnez, pour apprendre la musique, ainsi que la manière de l'enseigner, à de futurs instituteurs. Et prétendre, à ce sujet, être une exception, serait pure forfaiture de ma part.
Jean, je ne vous ai pas vu, dans votre présentation d'une formation idéale, mentionner les disciplines artistiques. Est-ce idéologique de votre part, ou est-ce un simple oubli? Ce n'est, en tous cas, ni la position de Jean-Paul, (que j'approuve évidemment aussi pour cela), ni celle de Pedro.
Cordialement.
Ecrit par : christophe sibille | 05 novembre 2006
Quelques remarques sur les précédents courriers :
1. Sur la question des taux de réussite : Christophe et Pierre-Henri ont tous les deux raison et les arguments ne sont contradictoires qu’en apparence. Les IUFM ont des taux de réussite très supérieurs à ceux des candidats libres pour la simple raison qu’ils sélectionnent leurs candidats et qu’il vaut mieux une préparation que pas de préparation du tout. Mais parmi les candidats libres qui réussissent beaucoup suivent des formations payantes et les boîtes concernées se vantent dans leur publicité de taux de réussite bien supérieurs à ceux des IUFM. Il est difficile de savoir s’il s’agit d’un argument de vente ou si cela correspond à une réalité. Je penche pour la seconde hypothèse. Les enseignants sont souvent des formateurs des IUFM ou des maîtres expérimentés : il n’y a donc pas de différence fondamentale au niveau des contenus mais les conditions de travail sont meilleures (petits groupes d’étudiants très motivés, professeurs jugés « au résultat »). Tout le monde est libre de mettre du beurre dans ses épinards mais je trouve assez indécent de se faire payer par des étudiants qu’on a soi-même exclus d’une formation gratuite qu’on assure parallèlement ; des candidats qu’on contribue en outre à « faire réussir » au dépens de son employeur principal. Les statistiques du Ministère ne permettent pas de savoir combien de candidats ni de lauréats suivent ces formations privées. Mais étant donné les prix pratiqués (entre 3000 et 3600 euros) il est évident que les effectifs ne peuvent pas être très nombreux par rapport au nombre total de candidats. Il est donc logique que malgré des taux de réussite élevés, ils soient relativement peu représentés dans les statistiques globales. C’est le même mécanisme qui explique que, malgré des taux de réussite trois ou quatre fois supérieurs, les IUFM n’emportent que la moitié des parts de marché : leurs candidats ne représentent que 20% de l’ensemble des candidats.
2. Corollaire au point précédent : il est assez inutile de vanter la qualité de la préparation en IUFM du concours de professeur des écoles si on ne s’adresse qu’à 20% des candidats. C’est là une conception étrangement « élitiste » du métier et le souci de l’Etat en intégrant les IUFM dans l’Université doit être de délivrer la même formation à tous les candidats qui ont les titres requis pour présenter le concours. On ne voit pas pourquoi l’Université serait obligée d’accueillir 40% de bacheliers analphabètes et devrait ensuite virer 80% des licenciés. Seule l’université est en mesure de fournir une préparation à l’ensemble des candidats qui le souhaitent. Il est vrai que les enseignants-chercheurs de l’Université ne sont pas forcément passionnés par les méthodes de lecture ou la géométrie élémentaire et qu’ils ne sont pas non plus forcément qualifiés pour ce type d’enseignement. Mais dire que l’année de préparation revient aux universités signifie simplement que cette dernière met en place les structures d’accueil nécessaires – ce que les IUFM n’ont jamais fait et ne peuvent pas faire. A charge ensuite pour l’université d’engager sur des postes de titulaire ou de vacataire les personnels les plus aptes à accomplir ce travail. Aucune raison majeure ne s’oppose à ce qu’un certifié de musique en poste en IUFM et dont les qualités sont reconnues puisse obtenir un poste de CRPE à l’Université.
3. Je réponds ainsi à l’inquiétude manifestée par Elisabeth et par Pierre-Henri. Il est hors de question que les formateurs actuellement en poste dans les IUFM puissent être titularisés comme Maîtres de conférences dans l’Université. Aucune procédure légale ne permettrait une telle opération. Un agrégé peut être PRAG, un certifié peut être CRPE mais pour avoir un poste d’enseignant-chercheur, il faut avoir soutenu une thèse, être qualifié par le CNU, être élu par une Commission de spécialistes et cette élection doit être validée par le CA de l’Université. L’intégration des IUFM dans l’Université ne changera rien à cela. Bien au contraire, ce sont les Commissions de spécialistes de l’Université qui auront à se prononcer sur les postes d’enseignants-chercheurs attribués aux IUFM. Tout ce qu’on peut craindre – surtout en cas de victoire de la gauche, hélas – c’est que les créations de postes soient proportionnellement plus nombreuses en IUFM qu’à l’Université. Le problème auquel sont confrontés les jeunes docteurs a une autre origine : il n’y a pas de postes à l’Université parce que les effectifs baissent fortement en sciences et, depuis quelques années, aussi en Lettres. Seules des disciplines déjà inutilement pléthoriques (psycho, STAPS) tirent leur épingle du jeu. Ce phénomène est d’autant plus grave qu’une réorganisation rationnelle des cursus universitaires impliquerait de rejeter 30 ou 40% des étudiants inscrits en première année, ce qui n’améliorerait certes pas le ratio nb de professeurs / nb d’étudiants. On peut cependant imaginer dans le cadre du LMD des rééquilibrages que je ne puis développer ici. Mais je suis peu optimiste compte tenu de la stratégie de l’autruche que les universitaires ont décidé d’adopter face au naufrage.
4. Quant à ceux qui disent qu’il faut purement et simplement fermer les IUFM et opérer une « reconversion forcée » de leurs enseignants, je me demande quelle stratégie ils préconisent pour arriver à un tel résultat. Les partisans de cette solution (parmi lesquels je pourrais me compter) sont très peu nombreux, très peu organisés et totalement dépourvus de la moindre influence politique. Les IUFM sont, au contraire, particulièrement rompus aux stratégies de lobbying et spécialistes des coups tordus. C’est ainsi qu’au moment de la préparation de la loi Fillon, ils réussirent à caser Mark Sherringham, vice président de la CDIUFM, au cabinet pour « veiller au grain ». Puis ils firent déposer amendement sur amendement par des députés et des sénateurs de gauche, incapables de comprendre les implications des textes qu’on leur avait fournis tout prêts. Ils ont enfin réussi à noyauter le HCE et à lui faire adopter un texte qui n’a ni queue ni tête (j’en développerai une prochaine fois d’autres points). Face à cette puissante machine de guerre, la suppression de la première année d’IUFM serait déjà une victoire considérable. Les dysfonctionnements du système actuel sont si nombreux et si graves que je ne désespère pas de pouvoir convaincre un jour les responsables du Ministère de réfléchir à une solution alternative.
Ecrit par : Pedro Cordoba | 05 novembre 2006
< Quant à ceux qui disent qu’il faut purement et simplement fermer les IUFM et opérer une « reconversion forcée » de leurs enseignants, je me demande quelle stratégie ils préconisent pour arriver à un tel résultat. Les partisans de cette solution (parmi lesquels je pourrais me compter) sont très peu nombreux, très peu organisés et totalement dépourvus de la moindre influence politique.>
Dommage!
On pourrait déjà reconvertir tous ceux qui n'ont pas les dilômes adéquats pour l'enseignement supérieur. Dans l'IUFM de mon secteur, on finirait par arriver à la moitié.
Maintenant , je ne puis penser que seul un pouvoir politique extrémiste oserait le faire, car ce n'est pas ce que je souhaite pour notre pays. Même si le choix me semble impossible.
Ecrit par : Alice | 05 novembre 2006
Un petit mot à Claire. J’ai éprouvé une grande joie à vous lire. Les étudiantes comme vous sont trop rares, hélas. Ne rentrez pas dans le rang, svp. Et un conseil si vous le permettez : ne passez jamais le CAPES. Ce concours n’est plus ce qu’il était et ne vaut pas une heure de peine. Visez d’emblée l’agreg. Et/ou faites une thèse. Si vous n’avez pas tout de suite un poste en France, c’est pas très grave. Vous êtes jeune, vous avez la vie devant vous. Nous ne réussirons pas de sitôt à changer l’enseignement secondaire. Si vous aimez la recherche et que vous êtes certifiée en collège, vous le regretterez jusqu’au jour où vous choisirez enfin de démissionner. Et si c’est pour démissionner, à quoi bon consacrer un an à cette foutaise ? C’est ce que je dis à mes meilleurs étudiants : ne passez pas le CAPES. Le monde aujourd’hui est un mouchoir de poche. Si vous n’obtenez pas un poste en France, partez. C’est pour moi très dur de dire cela puisque, fils d’ouvrier immigré, je dois tout à l’ancienne école républicaine. Mais vous n’êtes pas responsable de l’effondrement du système scolaire français et ce n’est pas à vous de payer les pots cassés. Si la France est incapable de retenir ses meilleurs étudiants, tant pis pour elle.
Ecrit par : Pedro Cordoba | 05 novembre 2006
Pedro, il n'y a plus depuis quelques années déjà de distinguo entre postes de PRCE et postes de PRAG. Ils sont tous intitulés postes du secondaire, ce qui a permis quelques entourloupes que vous devinerez facilement.
En ce qui concerne les hypothétiques intégrations d'ex-iufm dans le corps des maîtres de conf:
1) Rien n'est plus facile que de faire une thèse bidon, surtout en sciences de l'éduc et même ailleurs, j'ai vu une collègue faire la sienne en lettres en 2 ans. Et soutenir avec les félicitations et tout et tout...Et avec dans le jury pas que des inconnus sur la place.
2) Le CNU, on sait bien que c'est avant tout une affaire de syndicats, et que les syndicats se noyautent aisément.
3) Quant aux commissions de spécialistes, ce n'est pas à vous que je vais apprendre comment elles sont formées dans certaines universités... A mon avis, le danger est réel. J'espère que c'est vous qui aurez raison.
Je salue au passage, puisque l'occasion m'est donnée, votre courage, et votre ténacité à défendre dans ce milieu, une cause qui ne préoccupe pas grand-monde.
Ecrit par : elisabeth | 05 novembre 2006
Christophe : effectivement, vous ne volez la place de personne, et vous n'êtes pas responsable de la situation de la recherche fondamentale en France. La question de l'enseignement primaire est toujours quelque chose de spécifique, qu'il est impossible de placer dans les cases universitaires.
Néanmoins, les pédagogistes (parmi lesquels je ne vous range pas) n'ont eu de cesse de combattre l'université, jugée trop élitiste et bourgeoise. Ils ont réussi : l'université n'existe plus. Je ne leur en veux pas tant que ça, ils ont bien joué leur coup. A la limite, j'en veux plus à l'université d'avoir été si naïve, si complexée et si vulnérable face des gens qu'elle aurait dû balayer sans leur accorder le moindre regard. Peut-être qu'un système universitaire qui finit par nommer Philippe Meirieu professeur ou qui accorde un doctorat "Très honorable" à Elizabeth Teissier ne mérite pas tellement mieux que de finir en cendres.
Au sujet des postes, je deviens sans doute paranoïaque. Cependant, connaissant les pédagogistes, je doute qu'ils se contentent d'un statut de CRPE ou de vacataire. Ils voudront entrer par la grande porte.
Ensuite, tout se jouera suivant la répartition. Un certifié coûte beaucoup moins cher, fait beaucoup plus d'heures et, étant donné le niveau de la licence, est parfaitement capable de s'occuper des cours. Il ne faut pas sortir de HEC pour comprendre que l'université ne risque pas de recruter des chercheurs avant longtemps. L'intégration des IUFM, à mon sens, entérine définitivement la transformation des universités en lycées.
En ce qui concerne le nombre de postes pour les littéraires, il est dû à la gestion purement quantitative des effectifs. Plus il y a d'étudiants, plus il y a de postes. Ce n'est logique qu'en apparence : on se retrouve avec une pléthore de chercheurs en sociologie, psychologie, STAPS, etc... et on manque de monde dans d'autres disciplines. Il faudrait trouver un moyen de découpler, au moins partiellement, les effectifs enseignants des effectifs étudiants.
Mon "vae victis" était une provocation. Je ne souhaite pas la mort de l'université française. Cependant, il suffit de lire quelques classements internationaux
http://ed.sjtu.edu.cn/rank/2006/ARWU2006_Top100.htm
http://www.msnbc.msn.com/id/14321230/
http://www.webometrics.info/Top_100_by_Country.html
pour voir où on en est. Les meilleures universités américaines, elles, sont VRAIMENT élitistes. Le jour où on aura besoin de quelque chose, comme un vaccin, un médicament, une invention quelconque, Oncle Sam mettra son épée dans la balance et s'exclamera : VAE VICTIS !
Plus probablement, il dira : "F..k the losers!".
Ecrit par : Pierre-Henri | 05 novembre 2006
A Elisabeth. Merci pour votre message. J’ignorais que les intitulés PRCE et PRAG avaient disparu et je me demande d’ailleurs comment une telle chose est possible, ne serait-ce qu’en termes de rémunérations et de service : combien d’heures sont censés faire ces titulaires de « postes du secondaire » ? Nous n’en avons pas dans mon UFR à la Sorbonne d’où mon décalage par rapport à cette nouveauté. Pour le reste, vous avez raison mais ce sont des cas minoritaires. Il y a toujours eu des thèses bidon et des jurys de complaisance mais pour avoir un poste dans ces conditions il faut de très sérieux appuis politiques – ce qui n’est pas à la portée de tout le monde et limite donc la casse. Pour ce qui est de la reconversion des formateurs IUFM en mcf, je n’y crois pas du tout. Il faudrait d’abord que ces postes soient créés et tous les docteurs pourraient se présenter. Et je ne vois pas en ces temps de restrictions budgétaires comment un gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, pourrait choisir une solution qui impliquerait de multiplier par deux le nombre des enseignants. De ce côté-là je suis donc assez tranquille.
A Pierre-Henri que je viens de lire et toujours sur la question des postes. Les formateurs des IUFM n’ont pas à entrer dans l’Université par la grande porte (ni par la petite). Ils resteront là où ils sont.
Ecrit par : Pedro Cordoba | 05 novembre 2006
Concernant le "recyclage" comme enseignants-chercheurs de "formateurs" d'IUFM :
Je crois savoir qu'aux USA, il y a des MDC et même des professeurs d'université dans les "disciplines" les plus farfelues qui soient, notamment dans tout ce qui touche aux différentes "communautés" (et aux différents critères de séparation en communautés). Si la "recherche" continue à évoluer comme elle a commencé à le faire en intégrant les sciences de l'éducation, nous aurons bientôt des chaires de "créationisme" en France.
Il faut faire le tri dans les disciplines de recherche, car voilà les "universitaires" en sciences de l'éducation qui entendent s'appuyer sur leur "qualité" de chercheurs pour en imposer sur l'enseignement de toutes les disciplines dans les premier et second degré. Ainsi, le discours des "universitaires" opérant une césure nette entre eux et les PRAG donne de l'eau au moulin des IUFMIstes, car il se fonde sur des considérations formelles (la qualité de chercheur, de doctteur) et non de fond (la maîtrise d'une discipline et la capacité de comprendre voire de discuter et critiquer une approche ou un résultat asscoié à un travail "de recherche"). Voilà à quoi aboutit le fait de ne mettre en avant que la "recherche"...
Ecrit par : denis roynard | 05 novembre 2006
Permettez –moi de jouer un peu dans la cour des petits…. et d’évoquer une situation personnelle à laquelle je fus confronté en début de carrière après ma sortie de l’IUFM de Reims.
Une situation révélatrice des insuffisances de l’institution Après un an comme remplaçant , essentiellement passé dans une classe que je qualifierais de « dortoir ». Dortoir pour décrire plutôt la situation dans laquelle sommeille notre institution pour résoudre ce problème de classe difficile.
Je fus donc affecté dans cette petite cage aux fauves après dépression ou « décrochages » successifs de 2 collègues. Me voilà donc avec 16 enfants de 8 à 11 ans, ne sachant pratiquement pas lire .
En fait d’un niveau allant de début CP à début CE2 pour les 3 meilleurs d’entre eux. Je n’avais bien évidemment aucune formation pour ce type de public. Merci l'IUFM . Tu te débrouilles tout seul
Ces enfants, originaires du quart-monde, baignant quotidiennement dans une misère affective, sociale, morale n’avaient qu’une référence : la violence, rapport de force permanent et tous ces débordements verbaux etc…
L’année fut dure mais enrichissante : approche de la misère sociale et apprentissage de la gestion d’une petite meute.
L’objectif pour moi dans les premiers mois fut d’instituer un climat relativement serein,de respect et d’autorité retrouvée. Le jeu d’échecs fut un des moyens appropriés .Apprentissage de règles, concentration, valorisation de sa performance dans un cadre défini, attention, acceptation de perdre. Au bout d’un certain temps je pus obtenir des élèves de tenir une partie en anticipant 1 ou 2 coups, de ne pas trop râler sans se balancer l’échiquier au visage au moindre désaccord !
Puis alors commença mon travail d’instit : essayer de reprendre les fondamentaux. Bien difficiles cela, pas de miracle. J’ai pu en diriger certains vers la lecture. Redonner un peu de sens au calcul et à la lecture de textes les intéressant. Mais d’autres avaient largement décroché. L’essentiel pour moi était qu’il ne perturbe pas la classe comme aux premiers jours.
Combien de classes de ce type. Après qu’on ne s’étonne pas d’avoir près de 150000 enfants illettrés. Une dernière remarque pour ces mômes. Alors que je faisais sport dans la cour , des employés municipaux sont venus dans un premier temps "perturber" ma séance en travaillant sur un changement de porte(menuiserie , soudure) . Que sais-je ? J’ai vu pour la première fois, collectivement toute cette classe « rebus » s’asseoir dans le silence et regarder les ouvriers travailler, engager une conversation en toute tranquillité. De ce jour je reste persuadé que pour ce type d’enfants en réelle détresse : l’outil, sa manipulation, le travail manuel peuvent être le moyen de valorisation, de remédiation . Qu’on les fasse travailler dans de petits centres d’activités manuelles et on rattrapera les fondamentaux plus tard quand nécessité fera loi.
Au lieu de les voir se bouffer, ruminer, se consumer pendant des années dans des activités qui n’ont plus de sens pour eux.
Puis l’année suivante Je fus affecté dans une classe de CP (mon choix ) dans un quartier de Reims appelé les Epinettes où la population fut d’abord Harki dans les années soixante puis maghrébine dans sa grande majorité. Dans ma classe que 23 têtes brunes et une tête blonde.
J’étais le 3ème CP. Mes deux collègues étaient proches de la retraite et travaillaient t avec la méthode syllabique. Moi je sortais de l’IUFM où on ne jurait que par la semi-globale. Que faire ? Il faut travailler à l’ancienne me disaient-ils ! « Dans ces familles, tu sais, ne compte pas sur l’apprentissage d’un capital mot journalier : ils n’apprendront rien » ! Dilemme pour moi. A l’IUFM rien de syllabique. Je prends contact avec mon inspecteur qui me dit de faire ce que je sentais !
Je suis donc parti sur du semi global. Mon capital mot était relativement appris dans les premières semaines puis découvrant les sons, nous sommes passés progressivement au décodage, au déchiffrage des mots préalablement appris par cœur. J’ai constaté que les enfants après Noël lisaient de mieux en mieux..
J’avais même un garçon sénégalais qui en décembre lisait à peu près correctement.
Petite anecdote ! Ce garçon, alors que nous travaillions avec le compas reconnut dans sur mon cahier une rosace. Il s’exclama « Maitre je connais cette figure, c’est une rosace ! Ah ! bon et comment sais –tu cela. Bien voyons, l’an dernier à la cathédrale de Reims en sortie avec la maitresse de la maternelle !!!
Moment magique pour moi. Le peuple Peul ! fier intelligent. Bon revenons à nos moutons.
C'est-à-dire que je n’ai pas d’a priori entre telle et telle méthode. La méthode ne me paraît pas essentielle. Je vais en choquer certains sans doute. Car la méthode semi globale bien exécutée se nourrit inévitablement et très très rapidement de l’apport du décodage intellectualisé.
Ce qui me semble essentiel par contre quelque soit la méthode employée c’est la nécessité impérieuse de faire beaucoup écrire l’enfant pour que le mot prenne véritablement sens au-delà de l’oralité.
Cette expérience pour moi de l’apprentissage de la lecture dans un quartier à faible niveau culturel fut importante.
L’année se termina avec des résultats très satisfaisants en lecture. Avais –je la chance d’être dans un quartier certes déjà désœuvrée socialement mais où la cellule familiale était réelle, structurante sans doute !
Par contre je reste convaincu que si un enfant est respecté dans son cadre familial , est nourrit correctement, est aimé ! et dort tout son saoul alors pas de problème d’apprentissage de la lecture quelque soit la méthode bien exécutée.
Mais si on apprend à lire, on désapprend aussi et très rapidement . Et là commencent les ennuis . Je vous renvoie à une réflexion personnelle http://parolesdinstit.blog.lemonde.fr/2006/11/01/je-ne-sais-ni-lire-ni-ecrire/
En effet c'est à mon avis après le CP que le bât blesse .(Forte baisse de l’exigence, usage trop timide du livre de classe au détriment de la photocopie, directives contradictoires du mammouth, passage systématique en classe supérieure, intégration de matières sans intérêt au détriment du français, éclatement d’un emploi du temps hebdomadaire pour des enfants zappeurs dans l’âme, perte de l’autorité du maitre, dénigrement de la mémorisation (par cœur)et des exercices structuraux …etc
Bon j’arrête là ! Cordialement et à bientôt
Ecrit par : Patrick (instit) | 05 novembre 2006
Pour Claire :
Bien que je ne connaisse pas le système universitaire que Pedro, je peux au moins apporter mon témoignage. Peut-être vous aidera-t-il. Le CAPES, disons-le franchement, ne vaut strictement rien dans un cursus universitaire. Les profs racontent le contraire uniquement pour attirer des étudiants d'un niveau potable. En lettres modernes, le taux de réussite est aux alentours de 20-30 %, ce qui est vraiment énorme à niveau licence.
Je l'ai passé en 2001, très facilement, alors que j'avais déjà quelques titres de gloire à mon actif. Le premier exercice que l'institution m'a mis dans les mains était l'évaluation d'entrée en seconde. C'était ces fameux machins avec des dizaines d'items incompréhensibles à remplir dans des cases. Des heures et des heures de boulot sans queue ni tête, un pur abrutissement. Je cite une petite partie, le sujet d'invention :
"Année 2832, sur la planère Boolkyès, la musique est inconnue. Zicmu, le grand voyageur interstellaire boolkyésien, revient d'un voyage d'exploration sur la planète terre. Il y a découvert avec émerveillement la musique sous toutes ses formes, avec tous ses pouvoirs. Dans son vaisseau spatial, il répète le discours qu'il va prononcer aux Boolkyésiens pour les convaincre d'écouter et pratiquer la musique".
Ceci est une exercice de SECONDE, donné à des élèves dont certains faisaient deux têtes de plus que moi. J'ai été choqué, profondément, par ce qu'on m'obligeait à faire. Je l'ai vécu comme une humiliation personnelle de l'institution à mon égard. Pire que ça : je voyais autour de moi les autres stagiaires prendre ce pitoyable exercice au sérieux, le théoriser, se demander comment faire passer des messages "citoyens" à travers lui. J'avais l'impression d'être piégé dans la quatrième dimension.
Avec beaucoup de diplomatie, j'ai tenté d'émettre quelques doutes. Réponse : "c'est un très bon exercice". Aucune contestation autorisée. On vous répète, lorsque vous arrivez, que vous êtes un fonctionnaire payé pour obéir, un point c'est tout. Si ce n'est déjà fait, lisez le livre de François Vermorel, "la Ferme aux professeurs". Il en rajoute, mais ce qu'il dit sonne juste. Cette folie, je l'ai vécue aussi.
Ce que j'essaie de dire : ne croyez pas un seul instant que vous allez faire de la littérature avec le CAPES en poche. Les contenus disciplinaires ont totalement disparu. Tout le monde fait de la psycho, de la pédagogie, de la citoyenneté, de l'animation de classe (souvent du flicage, en réalité), du travail de garderie... mais la littérature ? Morte, finie, enterrée. Lisez les programmes du secondaire, et demandez-vous si vous avez envie de passer ne serait-ce qu'un an dans cette infecte mélasse.
Tentez un double cursus FLE et partez le plus loin possible, sans vous retourner. La culture française est toujours mieux appréciée à l'étranger qu'en France. Cela risque de ne pas durer, alors autant en profiter.
Ecrit par : Pierre-Henri | 05 novembre 2006
"intégration de matières sans intérêt au détriment du français"
Ecrit par : Patrick (instit) | 05 novembre 2006
Vous est-il possible de préciser?
Ecrit par : christophe sibille | 05 novembre 2006
Je précise pour Christophe :"intégration de matières sans intérêt au détriment du français
Je suis actuellement instit en CM1 M2 . Chaque semaine une heure d'anglais fait par une intervenante . C' est je vous le dis pour moi de la "foutaise"
Je m'explique.
Les amis du collège enseignant cette langue me le confirment : aucun gain véritable lors de la rentrée en 6 ème.
On croit améliorer ce déficit de connaissance en langue étrangère, caractéristique des Français, en l'introduisant en primaire. C'est absurde dans la mesure où déjà les resultats ne sont pas obtenus en secondaire . Comment se fait-il qu'après 7 ans d'apprentissage d'une langue étrangère en secondaire, à raison de nombreuses heures hebdomadaires nos bacheliers ne la parlent pas couramment.
C 'est là le noeud du problème et pas dans les heures distribuées pour bonne conscience en primaire. Je ne sais pas si ce chiffre est exact : j'avais lu dans une revue enseignante que si on cumulait le temps de réelle prise de parole pour une langue vivante au cours du secondaire, eh bien ce temps n'exédait pas 30 mn !
Que le primaire soit réservé au Français et à fortiori quand ce n'est pas la langue parlée à la maison.
Autre point : 1 heure par semaine d'informatique. Je sais que tout enfant en quelques heures en compagnie de copains apprendra à pianoter avec aisance sur AZERTY .Pour quoi instaurer ce brevet Bi2 ! A quioi ce la rime-t-il ? Eh qu'on me parle pas de fracture numérique ! La fracture est ailleurs . Dans cette dispersion du savoir véritable.
bien cordialement
Ecrit par : Patrick (instit) | 05 novembre 2006
Premièrement, j'aimerais qu'on réussisse à définir ce que vous appelez le "savoir véritable". J'en ai une idée, mais qui peu laisser une certaine marge d'interprétation.
Deuxièmement, pour rendre certains enseignements efficaces, en donner le goût me parait assez important. Sans en attendre systématiquement des "évaluables à court terme". Je dis bien: "systématiquement. Pour que mes propos ne soient pas déformés. Ceci étant dit, je vous remercie de m'avoir répondu.
Cordialement.
Ecrit par : christophe sibille | 05 novembre 2006
Christophe, puisque vous m'y obligez, je précise que j'ai fait six ans d'orgue au conservatoire de Strasbourg et une maîtrise d'histoire de la musique... Ce n'est donc pas moi qui écarterais l'initiation aux arts de la formation de base.
Mais rappelez-moi, s'il vous plaît, dans quel message j'ai présenté la "formation idéale".
Par ailleurs, je ne crois pas que sur ce blog on condamne en bloc, comme vous semblez le penser, les formateurs des IUFM, puisque nombre d'entre eux sont compétents, c'est évident, dans leur discipline. Ce qui est unanimement condamné, c'est l'idéologie délétère, létale, comme dirait Jean-Paul, qui a présidé à la création de ces instituts et qui continue à les animer. Je suppose que plus d'un formateur se sent mal à l'aise à être tiraillé ainsi entre ce que lui dicte sa conscience de "pédagogue" et le bric-à-brac d'idées fausses et farfelues que représente cette idéologie que nous appelons "pédagogiste" ("l'élève construit lui-même son savoir", "le professeur n'est pas là pour transmettre des connaissances", etc).
Vous n'avez pas répondu sur votre adhésion à l'Appel.
Cordialement.
Ecrit par : Jean | 06 novembre 2006
Ah! Christophe, je vois que vous êtes toujours un peu parano! Pourquoi avez-vous toujours cette sensation que l'on a l'intention de détourner vos propos (ou de mal les interpreter?)? Par ailleurs, vous pouvez adhérer à l'Appel, comme vous le propose Jean, vous ne risquez rien... Regardez, j'y ai adhéré, comme beaucoup ici, et nous sommes tous encore vivants!!! ;-))))))
"500 bloggers dites-vous, 501 avec Yvon Gougis, le djinn de Fort-de-France ;) ? "
Ecrit par : D'Enguell | 01 novembre 2006
Merci, D'enguell, de penser à moi, j'en suis touché...
...Mais, selon les croyances muslmannes, je serai très curieux de savoir à quel Djinn vous m'identifiez? S'agit-il du Djinn bienfaisant ou du démon?
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 06 novembre 2006
Pour Yvon GOUGIS : c'est la structure du poème en semi-sinusoïdale que j'ai rapprochée de vos (nos) interventions.
A l'intérieur de la basilique Sainte Pédagogie, les occupants n'ont qu'un seul souhait :
Tout fuit,
Tout passe;
L'espace
Efface
Le bruit.
Pour eux, nous serons toujours des malfaisants.
Ecrit par : D'Enguell | 06 novembre 2006
"Je suppose que plus d'un formateur se sent mal à l'aise à être tiraillé ainsi entre ce que lui dicte sa conscience de "pédagogue" et le bric-à-brac d'idées fausses et farfelues que représente cette idéologie que nous appelons "pédagogiste" ("l'élève construit lui-même son savoir", "le professeur n'est pas là pour transmettre des connaissances", etc)."
Ecrit par : Jean | 06 novembre 2006
C'est vous qui parlez d'idéologie! Je me tue à vous dire que l'IUFM est composé aussi de gens maîtrisant leur discipline, et multipolaire! Et qui est parano, lorsque il parle de "khmers rouges de la pédagogie" qui vise à "détruire notre système scolaire"? Et qui dit: "pour eux, nous serons toujours des malfaisants"? Pas moi! Et, pour vous donner ces deux citations, il m'a suffi de lire les deux messages qui succédaient au dernier que j'avais posté.
Je ne signerai pas l'appel parce que je ne me rangerai derrièrez aucune bannière. Pas plus que je ne me rangerai derrière celle des pédagogistes.
L'élève ne construit pas son savoir, mais il participe à cette construction. Le professeur n'est pas là que pour donner des connaissances.
Pour ce qui concerne la formation idéale, mille excuses, Jean je vous ai confondu avec Patrick.
Ecrit par : christophe sibille | 06 novembre 2006
Oui, cher Christophe, je parle d'"idéologie", parce que c'est l'expression employée par tout le monde ici pour désigner les théories présentées comme la Vérité absolue en matière de pédagogie par Meirieu, Goigoux, Grandserre, Frackowiak et (illustre) compagnie.
Relisez donc l'article de Frackowiak: rien n'y est justifié, tout tombe du ciel, c'est la pétition de principe faite homme ("C'est vrai parce que c'est vrai!"). Le simple fait de rejeter en bloc, comme le font ces esprits qui se croient grands parce qu'ils ont une cour d'admirateurs naïfs ou carriéristes, la pédagogie qu'ils dénigrent sous le qualificatif de "traditionnelle", qu'il taxent en bloc d'archaïsme, de conservatisme, de nostalgie du passé, qu'ils accusent de "reproduire les modèles ancestraux", c'est d'emblée une position qui n'est pas tenable au regard des faits, c'est déjà une insulte à la vérité.
Si vous ne vous réclamez pas du pédagogisme, comme vous le dites, vous sursauterez à chaque mot à la lecture des Recommandations du HCE pour la formation des maîtres, tellement elles sont de la plus pure veine idéologique.
Ce qui caractérise l'idéologie, c'est qu'elle a un caractère totalitaire, ce qui rend ses adeptes bouffis d'autosatisfaction. Quand Grandserre expose, avec un plaisir évident à se mettre en valeur - un manque de pudeur, je trouve - , l'extraordinaire succès pédagogique de sa lecture de Maupassant ("et comment les élèves - de CE2, ou de CM1, je ne sais plus - se portaient spontanément vers le savoir, comment ils en redemandaient, comment, à leur seule initiative, on avait pu greffer là-dessus plein de pistes de grammaire, de vocabulaire, de civilisation, d'histoire, etc..". Bref la "séquence" dans toute sa gloire!) pour illustrer le dogme de la construction du savoir par les élèves, on est admiratif devant un tel happening de trois jours sur Maupassant, et on s'en réjouit sincèrement pour lui et pour ses élèves. L'ennui, c'est qu'à la fin, le même Grandserre, qui devrait, vu l'euphorie qui le submerge et l'immense bonheur qui a été le sien, ne nourrir à l'égard de l'humanité toute entière que des sentiments d'affection et d'indulgence profondes, l'ennui, donc, c'est que ledit Grandserre ne peut s'empêcher d'expimer à la fin de son compte-rendu un sentiment de grande amertume en évoquant ces pauvres cloches (il ne le dit pas comme ça mais l'idée y est), ces rétrogrades qui ne procèdent pas comme lui. C'est là, dans cette amertume, cher Christophe, dont on a vraiment l'impression qu'elle lui gâche le plaisir, que réapparaît l'idéologie, car on peut très bien réussir aussi une excellente séance sur Maupassant, en faisant ce dont il se moque, c'est-à-dire une explication plus traditionnelle. C'est une question d'art , au sens de l'"artisanat". Mais le pédagogiste détient la Vérité, à la différence du pédagogue, qui la cherche.
Pour la lecture, c'est la même chose: pesonne ne dit qu'il faille exclure l'analyse de mots entiers etc., ce que nous voulons seulement , c'est que cesse l'ostracisme "idéologique" contre le B.A.BA.
Vious n'avez pas besoin de "vous tuer à me dire que l'IUFM est composé aussi de gens maîtrisant leur discipline", puisque c'est exactement ce que j'ai écrit. M'auriez-vous mal lu?
Quant au "ludique", (dans le post qui se trouve sur l'autre sujet), pourquoi en faites-vous, obstinément, la panacée, le passage obligé? Pourquoi voulez-vous nous faire croire que l'élève a besoin d'un colifichet pour trouver du plaisir à s'instruire, et qu'il ne s'amuse pas tout autant dans un travail qui lui est d'emblée présenté comme sérieux, comme un effort?
Enfin, l'Appel pour la refondation de l'école...
Allez donc voir le texte avant de décréter qu'il s'agit d'une "bannière" de plus parmi d'autres, et si vous l'approuvez, ce qui ne peut manquer d'arriver puisque vous êtes attiré spontanément par les positions "équilibrées", signez-le, à l'instar de Jean-Paul et de Pedro auxquels vous vouez une admiration justifiée.
Bien à vous.
Ecrit par : Jean | 06 novembre 2006
Un article sur la Sorbonne :
http://forums.telerama.fr/forums/M0610161224130.html
Ecrit par : Pierre-Henri | 06 novembre 2006
Cher Jean,
Je partage certaines idées que peuvent exposer Pedro et Jean-Paul... De là à prétendre que je leur voue une "admiration justifiée", il y a un pas, que vous semblez franchir avec une aisance que je vous envie. Admiration que je ne voue particulièrement ni à Grandserre, ni à Fracowiack, d'ailleurs.
Concernant le problème spécifique de la lecture, je vous suggère un texte écrit par Freinet sur la méthode globale en 1959, trouvé sur internet. Je n'ai pas réussi à copier le lien ici, mais il est assez édifiant.
Bon appétit à vous, et bonne journée.
Ecrit par : christophe sibille | 06 novembre 2006
Au sujet de l'article de Télérama, je suis content d'apprendre que la Sorbonne, elle aussi, éprouve de grandes difficultés pour l'approvisionnement en papier des WC. En tant que provincial, on se sent moins isolé.
A quand un observatoire, un haut conseil ou une commission qui se pencherait enfin sur ce problème essentiel pour le prestige de la pensée française ? Il est urgent d'édicter une loi et de mettre en place un grand plan d'urgence nationale, que l'on baptiserait, par exemple : "Projet PQ 2012 d'excellence innovante".
Dans ses voeux de janvier 2006, le ministre François Goulard l'a bien dit : "Nous avons aussi une volonté très ferme de donner aux carrières scientifiques, aux carrières des chercheurs, des enseignants-chercheurs davantage d’attractivité et c’est là une partie essentielle qui se joue."
Pour les voeux de 2007, je lui conseille d'ajouter : "Nous devons également dire qu'il est impératif d'emporter un rouleau de PQ dans son sac quand on se rend dans une université française ou dans une bibliothèque universitaire. Afin d'éviter les accidents et d'améliorer l'attractivité de notre recherche, il est important de transmettre ce message non seulement aux chercheurs et aux étudiants français, mais aussi aux visiteurs étrangers qui viennent pour des colloques."
Qui lui écrit ses discours, bon sang ? S'il cherche un collaborateur, je suis partant.
Ecrit par : Pierre-Henri | 06 novembre 2006
Bonjour à tous
Un peu d'humour en ce lundi de rentrée !
Pour vous réconcilier avec les méthodes de lecture !
Ecrit par : Patrick (instit) | 06 novembre 2006
L'IUFM et la musique, ou l'enseignement de la musique mis à mal.
Lors du colloque organisé par G.Sibieude,'la finalité de l'école', rapport accablant dont j'ai tiré cet extrait.
Où les formateurs IUFM pourraient-ils utiliser leur jargon si on supprime ceux-ci ?
Lu sous la plume de Pierre Farago, professeur au conservatoire de musique et de danse de Paris, qui a dû subir 3 ou 4 sessions préparatoires au concours du Certificat d'Aptitude aux fonctions de professeur de conservatoire, dont une journée entière sous la houlette d'un spécialiste des 'Sciences de l'éducation' .(en 1994).
'Le 'formateur en sciences de l'éducation ' a commencé son exposé en nous distribuant de grandes nappes de restaurant en papier, sur lesquelles nous étions censés, par groupes de 4 ou 5 personnes, écrire ce que nous évoquaient les termes qu'il nous proposait; par exemple : travail, conservatoire, discipline, etc...Ayant fait une synthèse habilement orientée des différentes réponses, il conclut, je cite : ' qu'à partir de la somme des ignorances individuelles, on obtenait assurément un savoir collectif ', qu'il nous exposa. (....) Quant à la langue employée, elle elle n'était pas sans nous poser quelques problèmes, je cite : 'décontextualiser les évaluations cetificatives à références critériées en les plaçant dans un référentiel distancié que l'on doit recontextualiser dans un cadre fonctionnel intégratif, etc...'.
(....) Depuis ce temps, les choses ont bien changé. Les concours ont progressivement disparu, au profit de formations très lourdes s'étendant sur deux ou trois ans Deux types de structures ont été mis en place pour les dispenser : d'une part les CEFEDEM (équivalents des IUFM, centres préparant à l'obtention du DE, diplôme d'état équivalent du CAPES.) ; d'autre part les CNSMD (conservatoire national supérieur de musique et de danse) où un département est intégralement consacré à la 'formation' des futurs titulaires du CA.
Le 'spécialiste' autoproclamé en pédagogie et en 'sciences de l'éducation' auquel j'avais eu affaire il y a plus de dix ans, ainsi que ses collègues, sont à l'heure actuelle profondément implantés dans ces structures , avec la complicité active des directeurs et la bénédiction du ministère de tutelle. Leur matière représente un des volants horaires les plus lourds au sein de ces formations.
(....) Les notions d'effort, de travail, d'exigence, de référence constante à une norme très élaborée et contraignante, notions indissociables de la pratique d'un instrument de musique classique à un niveau professionnel, sont systématiquement battue en brèche dans leur discours '
Je dédie ce texte spécialement, bien sûr, à Christophe Sibille.
Bien cordialement.
Anne-Marie Valette.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 06 novembre 2006
A propos de PQ, comme disait Bocuse, si colloque n'effraie toques...
Navré.
Ecrit par : D'Enguell | 06 novembre 2006
Pierre-Henri, je me demande s'il est de bon conseil de dire à Claire d'aller voir du côté du FLE; je suis allée y voir, c'est infâme, vraiment. Je suis allée voir des cours de niveau master 1; franchement c'est ahurissant, il faudrait que je vous retrouve des intitulés de cours très éloquents en eux-mêmes.
J'ai par ailleurs ouï dire que les profs de FLE à l'étranger n'étaient pas fort bien payés. Mais cela je ne l'affirme pas, n'ayant plus mes sources exactes.
J'espère que Pedro vous aura rassuré pour les postes, en ce qui me concerne, il n'y a aucun enjeu personnel, mais pour vous, je crois savoir que c'est plus urgent. Bon courage pour votre recherche en tout cas.
Ecrit par : elisabeth | 06 novembre 2006
Elisabeth : le FLE vaut surtout pour les offres d'emploi qui lui sont réservées. Seules les meilleures universités internationales recrutent des purs spécialistes de la littérature. Pour les universités de second rang, il faut être capable d'enseigner à la fois la langue et la culture. S'il est vrai que les boulots ne sont pas bien payés, cela reste toujours mieux que de glander au RMI à bac +10 (ce qui n'est pas passionnant non plus, je vous assure). En plus, quelques destinations exotiques font toujours un bel effet sur un CV, en tout cas dans le système anglo saxon.
En ce qui me concerne, rassurez-vous, je ne me noie pas dans mon fiel parce que quelques personnes sont rémunérées pour dire que le savoir naît de la mise en commun des ignorances. J'aurais pu faire carrière à l'IUFM, mais j'ai choisi de démissionner. C'est un choix dont j'accepte les conséquences. De plus, je n'ai pas à me plaindre de mon sort : d'un point de vue académique, je suis allé aussi haut que je le pouvais. De toutes façons, ma situation est semblable à celle de tous les meilleurs diplômés de ce pays. Je suis loin d'être un cas isolé.
Pour le reste, si la France croit qu'elle peut se passer des humanités (de TOUTES les humanités), elle sombrera dans la barbarie. Tant pis pour elle.
Ecrit par : Pierre-Henri | 06 novembre 2006
"Je dédie ce texte spécialement, bien sûr, à Christophe Sibille.
Bien cordialement.
Anne-Marie Valette."
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 06 novembre 2006
C'est aimable à vous. Mais pourquoi donc?
Ecrit par : christophe sibille | 06 novembre 2006
Suite P.Q, devinette: savez-vous pourquoi du temps du chancelier Kolh, il n'y avait ni toilettes, ni P.Q?....... Parceque le chancelier Kolh chie que dans les prés. Désolé je n'ai pas pu me retenir. Caramba, je suis grillé!
Ecrit par : nestor | 06 novembre 2006
Pour Nestor et les russisants.
у "Нового русского" спросили:
- У вас трехэтажный дом, гараж на две машмины, бассейн, ванна с гидромассажем, даже унитаз золотой, а вместо туалетной бумаги--газеты, Почему?
- может быть ностальгия...
Traduction
On demande à un Nouveau Russe:
- vous avez une maison à deux étages, un garage pour deux voitures, une piscine, un jacuzzi et même des toilettes en or! mais en guise de PQ des journaux, pourquoi?
- peut-être la nostalgie!
Shame on us!
Ecrit par : buntovchik | 06 novembre 2006
Au Ministère de l'Agriculture, les Ecoles manquent aussi de PQ, si ça peut vous rassurer sur le budget de l'EN. J'ai passé tous mes exams oraux de première année avec plus un seul rouleau de PQ dans les chiottes de l'ENV Lyon ( dramatique quand on vient d'étudier les effets de l'adrénaline et de la nor-adrénaline sur le transit intestinal). Il parait que nous en avions trop usé en cours d'année et nous étions réduit à la portion congrue...
Nous l'avions résumé ainsi: "En quelque sorte, nous ne couvrons plus nos besoins".
Ecrit par : dobolino | 06 novembre 2006
la "Pravda" comme PQ...tout un poème!
Merci Buntovchik très amusant!
l'humour est vrai-ment universel!
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 06 novembre 2006
Je suis à l'IUFM en PE2, on y apprend rien et on s'y ennuie. On se forme en définitive, comme on peut, par soi-même.
Ecrit par : circus | 06 novembre 2006
Tout de même, Christophe, vous avez écrit à propos de "Cher Roger": "Beau texte, Jean-Paul."
Si ce n'est pas de l'admiration, qu'est-ce que c'est?
"Justifiée" signifie simplement que nous trouvons tous que vous avez raison d'admirer ce texte.
Par ailleurs, vous avez écrit plus haut: "L'élève ne construit pas son savoir, mais il participe à cette construction." Vous ne trouvez pas que la métaphore de la "construction", appliquée à des démarches de l'esprit , métaphore favorite des pédagos, est obscure?
La preuve, essayez donc de vous représenter concrètement ce que cela peut bien signifier.
Si vous voulez dire que l'élève assimile ou fait siennes les connaissances par les seules forces de son propre esprit, c'est un truisme, qui se cache derrière l'apparente technicité d'un terme. Autant alors se passer de la métaphore et aller directement à l'idée. ce sera plus clair.
Il est des cas où la métaphore se rebelle à toute clarification, comme pour le "socle commun", que l'on essaie de clarifier par d'autres images: le socle devient un "tremplin", le "ciment" de la nation. O divine surprise, le "socle" a lui-même des "piliers"! La seule ressource, c'est de renoncer à la métaphore.
Vous dites aussi que le professeur n'est pas là que pour donner des connaissances". Alors là, première nouvelle! Pour quoi d'autre, s'il vous plaît? Etant entendu que "connaissances "est à prendre au sens large de "tout ce qui demande à être appris".
Enfin, vous n'avez pas répondu aux autres points que j'abordais dans mon texte du 6 novembre.
Cordialement.
Ecrit par : Jean | 07 novembre 2006
J'ai passé un an à l'IUFM de Versailles il y a une douzaine d'années pour valider mon agreg de maths. Consternant ! J'y aurais vraiment perdu mon temps si je ne m'étais pas organisé pour faire autre chose pendant les heures de présence obligatoire. Le plus atterrant est qu'il y avait peu de chahuts pendant ces heures ineptes. Finalement, on doit avoir ce qu'on mérite.
J'ai demandé une disponibilité cette année. Je suis parti sous d'autres cieux pour faire des choses utiles et ne plus jamais revenir dans cet univers décati et déprimant. Mes condoléances à ceux qui n'ont pas la volonté d'en sortir.
Ecrit par : séraphin | 07 novembre 2006
Circus nous dit le 6 novrembre dans un commentaire :
"Je suis à l'IUFM en PE2, on y apprend rien et on s'y ennuie. On se forme en définitive, comme on peut, par soi-même."
Il y a 14 ans , je pensais la même chose. J'ai écrit un peu sur ce blog ce que je pensais des IUFM.
Je me rends compte que l'IUFM a au moins encore un avantage c'est qu'il remet au goût du jour l'autodidacte !
Il serait très intéressant d'avoir moultes témoignages de PE 2 sur ce blog. Peut être Circus pourrait-il se transformer en porte -voix et inviter ses amis de promo à donner leur impression de formation !
Une question à Circus : parle-ton des ouvrages de JPB autour de la machine à café ?
Cordialement
Ecrit par : Patrick (instit) | 07 novembre 2006
"Pour la lecture, c'est la même chose: pesonne ne dit qu'il faille exclure l'analyse de mots entiers etc., ce que nous voulons seulement , c'est que cesse l'ostracisme "idéologique" contre le B.A.BA."
Ecrit par : Jean | 06 novembre 2006
Effectivement, j'avais oublié de réagir à cette phrase, et je réponds par une citation: "l'analyse de l'activité professionnelle des instituteurs de cours préparatoire révèle que, de septembre à mars, ceux-ci passent le plus clair de leur temps à apprendre aux élèves à mettre en relation des graphèmes et des phonèmes, en lecture comme en écriture. Et c'est très bien comme ça".
Où y voyez-vous un ostracisme idéologique vis-à-vis du "b-a ba", comme vous dites? Ces lignes ont été écrites par Roland Goigoux, professeur à l'IUFM d'Auvergne.
"Vous ne trouvez pas que la métaphore de la "construction", appliquée à des démarches de l'esprit , métaphore favorite des pédagos, est obscure?
Ecrit par : Jean | 07 novembre 2006
Non, pas du tout. Pourquoi?
"Vous dites aussi que le professeur n'est pas là que pour donner des connaissances". Alors là, première nouvelle! Pour quoi d'autre, s'il vous plaît? Etant entendu que "connaissances "est à prendre au sens large de "tout ce qui demande à être appris"."
Ecrit par : Jean | 07 novembre 2006
Vous n'apprenez rien vous-même quand vous faites cours? Je n'aimerais pas être à votre place! Je trouve, personnellement, cela assez prétentieux! Moi, j'en apprends tous les jours... Réellement.
Cordialement.
Ecrit par : christophe sibille | 07 novembre 2006
JPB, vous me tendez une sacrée perche....vous connaissez mon dégoût viscéral pour cette Scientologie Pédago que sont les IUFM, repère de malfaisants et de gangsters de toute obédience... Déconstruire l'enseignement, c'est, chacun le sait, le bur unique de ces officines aux odeurs douteuses.
MORT AUX IUFM
MORT AUX FASCISTES SUCRES DE LA PEDAGOMANIE!!!
bon, je file en cours, faire l'invers de ce que préconisent ces connards......
Ecrit par : montaigneàcheval | 07 novembre 2006
Christophe, quand je fais un cours de latin, ce ne sont pas les élèves qui m'apprennent le latin, c'est moi qui le leur apprends, quand je leur fais un cours de grammaire , ce n'est pas eux qui m'apprennnent la grammaire, c'est moi qui la leur apprends. N'inversons pas les rôles.
Le professeur doit instruire les élèves qui lui sont confiés. C'est sa "fonction". C' est en ce sens qu'il est fonctionnaire de l'Etat. Donc, au sens le plus strict, il n'est là "que" pour transmettre des connaissances.
S'il avait un BAFA, il ferait autre chose, des centres aérés, des colonies de vacances, etc. , mais il est "professeur", ce n'est pas pareil!
N'allez pas nous faire du Bégaudeau, maintenant, ce pédagogiste notoire qui déclare que quand il voit "tout" ce que ses élèves ont à lui apprendre, il s'en veut de continuer à les raser avec des "vieilleries" comme le passé simple.
Maintenant, qu'est-ce que mes élèves m'apprennent? Qu'ils ne savent pas grand-chose parce qu'on ne leur a pas appris grand-chose (évidemment, "le professeur n'est pas là pour transmettre des connaissances!"), qu'ils sont tout aussi curieux d'esprit que nous l'étions (ça, Aristote le disait déjà, il y a 2500 ans:"Tout homme désire mais par nature savoir."), qu'ils adorent l'effort individuel, la sanction individuelle de l'effort, l'émulation (Meirieu va s'étrangler...), qu'il aiment l'excellence, qu'ils détestent les "séquences", qu'ils aiment les cours qui leur apprennent quelque chose de précis plutôt que les séances de happening pédago où on "discute", qu'ils vomissent la méthode semi-globale de lecture, qu'ils haïssent le travail en équipe et qu'ils ne sont jamais plus heureux que lorsqu'ils sont penchés, avec application, sur leur propre copie dans le silence de la classe, qu'ils aiment s'appliquer et prendre leur travail scolaire très au sérieux. Ils m'apprennnent aussi qu'ils peuvent mal se conduire, tricher, ou au contraire chercher à rendre service, qu'ils ont eux aussi leurs joies et leurs peines, etc. En cela, comme dirait La Bruyère, "ils sont déjà des hommes". Cela vous va?
Mais pourquoi, cher Christophe, tombez-vous aussi facilement dans l'invective? Je suis "prétentieux", dites-vous? Vous qui sans cesse vous targuez d'être "nuancé", d'être "modéré"? Là, franchement , vous m'avez surpris.
Vous êtes satisfait d'être à votre place? Permettez-moi de m'en montrer très heureux pour vous et de vous en féliciter très chaleureusement. Mais, de grâce, ne nous décevez pas, ne tombez pas dans le péché mignon des pédagogistes, l'autosatisfaction bouffie!
Sur l'ostracisme "idéologique" du B.A.BA, enfin: évidemment, on étudie les relations entre les graphèmes et les phonèmes (en langage de tout le monde: "entre les lettres et les sons"!), mais trop tard, une fois que l'esprit a d'abord été dérouté par les mots entiers contre lesquels il se heurtait comme une mouche contre une vitre et programmé en quelque sorte pour la confusion. C'est l'obsession de commencer par une approche globale des mots qui est "idéologique".
Cordialement.



