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04 novembre 2006

Cher Roger...

Roger Monjo, philosophe (de formation) dévoyé dans les sciences de l'éducation, enseigne entre autres à l'IUFM de Nîmes. De temps à autre, et en dehors de sliens d'amitié qui nous rapprochent, il m'adresse sur son site des reproches forcément infondés, auxquels je répond de mon mieux.
Sa dernière salve est à la fois une analyse de mon dernier ouvrage — un peu superficielle, à mon goût —, et une critique de l'ensemble de mes propositions. Le lecteur la trouvera sur http://recherche.univ-montp3.fr/cerfee/article.php3?id_article=400
J'ai répondu à cette charge semi-amicale. Comme je préfère que rien ne se perde, je donne ci-dessous cette réponse — à laquelle lui-même renverra sur son site : ainsi espérons-nous établir une circularité qui, paradoxalement, pourrait faire avancer la réflexion…
Bonne lecture à tous, et pardon pour ceux qui arrivent ici pressés : ces deux lettres ouvertes prennent presque autant de temps au lecteur qu'elles en ont pris aux rédacteurs…
JP Brighelli


Cher (mais si, mais si !) Roger,

Ta lettre m’a fait une impression bizarre : j’ai dans l’idée que, plus que moi, c’est toi-même que tu tentes de convaincre. Tu voudrais enfoncer le clou — mais c’est ta paume que tu crucifies.
Comme si tu n’étais pas bien sûr de la validité de tes objections, et, encore moins, de la qualité de tes suggestions : ce n’est pas pour rien que tu les noies sous les chiffres, auxquels on a toujours fait dire ce que l’on veut. En fait, que ce soit par lettre ou en public, il faut toujours être convaincu pour être tout à fait convaincant.
Et convaincant, tu ne l’es pas — cela soit dit en toute amitié. Nous sommes à quelques mois d’une échéance électorale qui, si elle n’est pas primordiale sur le plan économique (tu sais comme moi que les arbitrages, en ce moment, se font davantage à Wall Street ou à Shanghai qu’à l’Elysée), sera déterminante sur le plan intérieur — dans cette proximité que constituent l’Ecole, la Justice, la sécurité, etc. Au fond, aux deux sphères traditionnelles dont je tente la dissociation dans mon dernier opus (Une école sous influence, ou Tartuffe-roi), il faudrait rajouter une troisième, celle des intérêts internationaux — et articuler les effets croisés de ces trois domaines hétéroclites. Il y a un prix Nobel à la clé pour celui qui analysera ce fonctionnement — le moment où le laisser-faire pédagogique (second cercle), en se combinant avec l’obscurantisme jusqu’auboutiste (niveau religieux : première sphère), sert, sans même y avoir pensé, les intérêts du capitalisme en phase mondialiste — troisième cercle.
L’Enfer, comme aurait dit Dante, est au centre de cette combinaison létale.

Nous voici donc au cœur du problème. Ce que j’appellerais Démocratie vs République vs Capitalisme international.
Rappel des faits. À une sphère privée (famille, traditions, origines, cultes ou préférences sexuelles) s’oppose une sphère publique (celle de la Cité au sens grec du terme : un langage, une culture, des habitudes politiques, et l’ensemble des corps constitués — à commencer par l’école ou la Justice — ou la Santé). Quant à la troisième sphère que j’évoquais à l’instant, elle est celle des intérêts supra-nationaux, des stratégies de conquête, économique ou militaire — elle est celle de la mondialisation, que ce soit la mondialisation des échanges ou celle des menaces.
L’Ecole appartient donc à la seconde sphère. Elle n’a pas à laisser y entrer ce qui ressort du premier cercle (c’était déjà l’opinion de Jean Zay avant-guerre, comme tu le sais), sous peine de s’assujettir aux intérêts exogènes de la troisième sphère. Ou, si tu préfères, donner la parole aux élèves (loi Jospin, article 10) sur des sujets personnels, des croyances ou des superstitions familiales ou ethniques, c’est détruire les Savoirs que doit promouvoir la sphère scolaire, en leur jetant à la figure la concurrence de pseudo-savoirs. Et c’est, à terme, jeter les malheureux, parfaitement désarmés, entre les griffes d’un système économique qui se soucie peu de l’individu, et le préfère inculte que revendicatif.
C’est si vrai que dans un roman tout récent, que je ne peux que conseiller aux âmes sensibles et naïves (Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, Seuil, octobre 2006), Thierry Jonquet rappelle que dans la Social-démocratie allemande (1871), Marx et Engels évoquaient déjà cette « racaille » (Das Gesindel, pour les puristes — le mot n’a pas été inventé par Nicolas Sarkozy…), « cette lie d’individus déchus de toutes les classes » — la future base des Sections d’assaut hitlériennes. Les émeutes de novembre 2005, qu’il serait naïf d’imputer à des menées islamistes subversives (ils ont au contraire tout fait pour désamorcer la colère des banlieues) ne sont que le prurit de ces zones de non-droit, ces ghettos dans lesquels on a cru à tout jamais enfermer les problèmes — comme le dénonçait déjà Jean-Claude Michéa dans l’Enseignement de l’ignorance, en 1998.
Et au cœur des ghettos sociaux se sont développés ces ghettos scolairs qui coïncident trop souvent avec les Zones d’Exclusion Programmée (en français, ZEP
J’avais déjà dénoncé ce mécanisme dans la Fabrique du crétin, en montrant que nous avons, au fond, l’école que mérite un certain état de la France. Le plus farce, c’est que ce sont des enseignants globalement de gauche qui se sont rendus objectivement complices de cette reddition à l’ennemi de classe.
Comment ?
Il y a dans l’existence d’une nation des dates-phares. Le 14 juillet 1789, 1936 et les congés payés, 1945 et le vote des femmes — il était temps… Et des dates d’apocalypse — août 14, le 17 juillet 42 et le rafle du Vel d’Hiv’, et 1989 — loi Jospin.
J’exagère ? Pas même.
Je vais reprendre quelques-uns de tes arguments, en tentant de démonter le mécanisme pervers qui, sous l’apparence d’une parfaite Raison, a fait dériver le système scolaire vers ce que nous connaissons aujourd’hui — et sur l’état duquel nous sommes à peu près tous d’accord. Pour tous, l’école va mal. Certains affirmeront que c’est parce que les « nostalgiques » de ma génération ne sont pas encore tous à la retraite — mais ça ne saurait tarder1. D’autres parce que les plus opportunistes — ou les plus demeurés — des enfants du baby-boom ont trahi la cause même de l’école.

« 80% d’une classe d’âge au niveau du Bac », dit un jour Chevènement. Des pédadémagogues en firent « 80% d’une classe d’âge au Bac ». Pas plus tard que le mois dernier, à la FNAC de Lyon où j’étais en débat avec lui, Philippe Meirieu annonça qu’il rêvait de 100% au Bac — « pourquoi pas 110 ? » demanda un loustic dans la salle, pourtant peuplée des créatures de l’IUFM voisin, venues applaudir leur ex-patron.
Surenchère dans la médiocrité — un Bac accordé au plus grand nombre voit son niveau réel baisser automatiquement, qu’on entende par là niveau des bacheliers ou valeur de l’examen — et, plus grave, creusement des inégalités.
Et c’est bien le cœur de ce que je peux reprocher à tes amis2 : la sacro-sainte « égalité des chances », ce slogan creux ânonné par des crétins de droite et de gauche (mais surtout de gauche), a fabriqué en trente ans plus d’inégalités que jamais l’élitisme n’en engendra. Bien sûr, il y a des causes extérieures à l’école, trente ans de crise, une internationalisation du capitalisme que personne n’a, en France, clairement analysée, et une dérive de l’immigration. Mais l’Ecole aurait dû être, justement, le pilier d’une reconquête sociale. Elle a, au contraire, été au service des « casseurs » de la République.
« Au niveau du Bac », c’était valoriser, dans la pensée du « Che » de Belfort, toutes ces formations qui, des CFA aux Compagnons du Devoir, pouvaient être créatrices d’emploi — et que le slogan imbécile de « 80% au Bac » a détraquées par anticipation. C’était dire que le « niveau » ne signifiait pas l’examen, mais une dignité équivalente. « 80% au Bac », c’est créer cet engorgement si sensible en universités, c’est surtout dévaloriser le premier des diplômes du Supérieur, et, à terme, l’ensemble de ce qui suit. Tu notes toi-même que Marie Duru-Bellat et François Dubet, qui sont loin, très loin d’épouser mes thèses, jugent sévèrement un système universitaire qui produit des titres qui ne valent rien — ou pas grand-chose — sur le marché du travail. Parce qu’en définitive, et je suis un peu confus d’avoir à te le rappeler, ce n’est pas l’université, ni le gouvernement, qui décrètent la valeur d’un diplôme : c’est le marché — si bien que le Bac a aujourd’hui une pure valeur symbolique, et non marchande : à terme, on s’en passera fort bien. Mais qui s’en soucie vraiment parmi les Pédagogues, qui persistent à en faire le sésame d’entrée dans des universités qui crèvent de pléthore ?
L’extraordinaire pouvoir de nuisance de ces idéologues (dont, par parenthèse, les propres enfants disposent pleinement des meilleurs moyens de contourner la carte scolaire, d’avoir des aides à domicile et du para-scolaire en quantité) s’est déchaîné lorsqu’après l’invention des Bacs professionnels, ils ont arraché au ministère, qui n’en voulait pas à l’origine, la promesse que ce Bac très technique ouvrirait uniformément aux Facs.
Alors, puisque tu aimes les chiffres… Tu sais bien que 50% des étudiants inscrits en Première année ne passent pas en Seconde année. Mais surtout, tu dois savoir que ce chiffre, quand on le scrute en détail, révèle l’échec complet des bonnes intentions pédagogistes. Que si les étudiants issus de S n’échouent qu’à 30%, les L et ES à 50%, les STG et STI sont recalés à 70%, et les Bac-Pro à 95%.
95% ! Pas parce qu’ils sont stupides — aucun groupe n’est stupide dans une telle proportion. Mais parce que leur formation antérieure est notoirement insuffisante — tout simplement parce qu’on a voulu les préparer à des métiers, sans considération d’une formation générale moribonde depuis le CP. Sans se demander s’il était intelligent de former à des métiers qui n’existeraient plus, parfois, trois ans après — de la même manière que l’on n’a aujourd’hui aucune idée des jobs proposés dans la décennie à venir. Que seule une formation très généraliste prépare à l’impondérable — ce qui fait des Classes préparatoires, que tu voudrais supprimer, le modèle de ce qu’il faut faire — partout. Et que le patronat demande à qui veut l’entendre : « Donnez-nous des gens capables de s’exprimer, de dominer une culture, qui connaissent les mathématiques et les sciences et possèdent une ou deux langues étrangères. Pour ce qui est de la formation professionnelle, nous nous en chargerons… » C’était l’antienne de l’université d’été du MEDEF, fin août dernier : j’y étais, et pas un de tes amis, parce qu’ils méprisent complètement le monde de l’entreprise. À croire qu’ils n’ont à cœur que de former des fonctionnaires, à leur image. Ou qu’ils se savent déjà « héritiers », et géniteurs d’héritiers, au plus pur sens bourdieusien du terme — et entendent bien protéger leurs privilèges. Mais, plus globalement, c’est qu’ils ne sont pas dans le réel, mais, comme tu le dis toi-même, dans l’utopie : c’est joli sur le papier, mais ça ne donne pas à manger.
Des détails ?
Nous allons crever d’avoir négligé l’apprentissage systématique de la langue française : un tiers d’heures de français en moins, de la maternelle au Bac, grâce à des artifices comptables et à la fameuse « transversalité » inventée conjointement par un énarque soucieux de rogner le budget et des pédagogues qui haïssent l’idée même du savoir. Et plus aucun apprentissage systématique de la grammaire, à tel point que les professeurs de langue s’arrachent les cheveux devant ces enfants incapables d’identifier un verbe dans une phrase. Nous allons crever de ne plus vouloir enseigner les maths — ça s’apprend, ça ne se devine pas, sauf quand on est Pascal. Nous allons crever de laisser passer dans la classe supérieure des gosses désorientés par la classe inférieure : le redoublement est, paraît-il, une violence3. Mais qu’en est-il de ces malheureux qui se retrouvent cernés par des camarades qui comprennent, pendant qu’eux-mêmes tentent désespérément de s’accrocher ? Qu’en est-il de ces analphabètes qui se traînent jusqu’en Terminale en camouflant, toute leur vie, un handicap que leur a fabriqué une école laxiste ?
Ils brûlent des voitures, en novembre, 2005, et des autobus, avec passagers, en octobre 2006. Toute violence répond à une violence — action, réaction. Alors, bien sûr, violence des ghettos… Et ces ghettos éducatifs, fortifiés encore par une carte scolaire qui ne profite qu’aux riches, n’est-ce pas une forme de violence ?
Un exemple entre mille. On procède chaque année à des évaluations de Sixième. Mais on se garde bien de la faire fin CM2, ça ressemblerait à un examen de passage… Et, quelle horreur, on serait bien obligé de constater qu’on laisse passer 17% de gosses analphabètes : ce sont les chiffres officiels, et crois-moi, j’ai examiné ces « évaluations » à la loupe sur les cinq dernières années ; eh bien, on a modifié, toujours dans le même sens débilitant, les exercices et leur notation, pour tenter de contenir à 17% ce chiffre terrifiant des analphabètes que l’on ne rattrapera jamais. À l’arrivée, 160 000 enfants sortent de ce merveilleux système sans rien — sinon la rage d’avoir été méprisés par ces pédagogues pleins de jolis projets et de belles paroles.
D’ailleurs, ils ne se contentent pas de brûler des voitures : ils brûlent aussi l’école qui ne leur a rien appris. Accessoirement, ils agressent leurs profs à coups de couteaux.
Et ce ne serait rien, si en fait des méthodes mortifères (« construire soi-même ses propres savoirs » ! Du néo-platonisme combiné à du néo-rousseauisme ! Qu’en dis-tu, philosophe de formation que tu es ?) n’avaient plébiscité l’expression immédiate, quitte à en faire un droit (article 10 de la loi Jospin de 19894).
Et comment veux-tu qu’ils expriment quelque chose pour laquelle ils n’ont pas les mots ? Comment veux-tu qu’ils construisent une phrase claire, quand on refuse désormais de leur enseigner la syntaxe ? Comment veux-tu qu’ils ne se fassent pas lourder avant même le premier entretien d’embauche, quand leurs dossiers sont cloutés de fautes d’orthographe ?
Et surtout, comment veux-tu qu’ils n’aient pas la tentation de meubler leur tête creuse avec le premier prêt-à-penser qui passe ? Ne pas leur apprendre — quitte à leur apprendre par cœur —, c’est laisser le champ libre à tous les extrémistes.
Et c’est, en définitive, l’accusation la plus grave que je pourrais porter contre la Nouvelle Pédagogie — qui n’a rien de nouveau, au fond, parce qu’elle n’est qu’une réactivation de la vieille tendance à la collaboration. À grands coups de débats, de « discours » réputés tous équivalents, de refus de la hiérarchie dans la pensée, de démissions et de dénis, on a ouvert la porte de ces jeunes cervelles à des idéologies monstrueuses. Le rapport Obin, qui ne remonte qu’à 2004 (et qui vient opportunément de paraître, sous le titre L’Ecole face à l’obscurantisme religieux — avec quelques contributions intéressantes, toutes signées de femmes et d’hommes de la gauche républicaine, quand ce n’est pas d’extrême-gauche) dénonçait déjà la main-mise des extrémistes religieux de toutes farines sur des secteurs entiers de l’éducation. On n’a pas légiféré en 2004 contre « quelques voiles », comme tu le dis : on a essayé de sauver la République. Mais ce que l’on a fait sortir par la porte — les signes religieux identitaires — est rentré par la fenêtre, parce que personne n’a le courage de s’opposer à des petits ignorants qui croient que le Jihad est un devoir sacré, ou que le 11 septembre est un jour de fête. Ou que la guerre d’Algérie fut menée par les bons (le FLN — voir ce qu’il est devenu, au pouvoir) contre les méchants (les Céfrancs). Et les 200 000 harkis massacrés dans des conditions ignobles par les « résistants » algériens de la onzième heure, ils étaient quoi ? L’Histoire est un produit dangereux à manipuler, et ce n’est pas sans raison que les Britanniques n’incluent pas dans leurs programmes scolaires celle des trente dernières années. Ni toi ni moi n’avons étudié la décolonisation — l’actualité de nos années-lycées —, ni la guerre froide. Cela ne nous a pas empêchés d’avoir sur ces événements des avis parfois fort lucides. Et sais-tu pourquoi ? Parce que nous étudiions alors l’Histoire antique bien plus que l’histoire moderne, et que le vrai apprentissage à la citoyenneté, il se trouve dans les écrits de Démosthène, de Xénophon ou de Cicéron bien plus que dans les articles dans le Monde de Tariq Ramadan5, ce faux modéré qui prêche une suspension de la lapidation — et se fait applaudir par une gauche transie de culpabilité, alors qu’elle devrait voter son expulsion du territoire.
Si je pense qu’il est aujourd’hui urgent d’aborder ces problèmes, c’est justement pour ne pas les laisser aux mains de ceux qui, à l’extrême-droite, en tireront des thèmes passionnels — c’est-à-dire racistes. Ceux qui, à gauche, ne comprennent pas cette urgence sont objectivement complices d’un retour à la barbarie. On a commencé par ne plus apprendre le français (et il n’y en a qu’un, je te signale — il n’y a pas « diversité de langues » à l’intérieur d’une même culture) à des jeunes déboussolés, on a exalté la langue des cités au lieu d’apprendre celle de la Cité, on a caressé les abominations dans le sens du poil — pour quoi faire ? Pour qu’un jeune Juif se fasse enlever, séquestrer, torturer et finalement assassiner à Bagneux ? Pour qu’une jeune fille se fasse brûler vive ? Pour qu’un mari agresse l’obstétricien qui voulait examiner sa femme sur le point d’accoucher ?
Ce ne sont que des comportements minoritaires ? J’espère bien. Ils ont été produits en une quinzaine d’années de laxisme pédagogique et de démocratie loukoum. Leur nombre augmente chaque année de façon exponentielle. Alors, entendons-nous bien. Je n’en suis pas (pas encore ?) à retenir la leçon d’Oriana Fallaci dans la Rage et l’orgueil ou la Force de la raison. Mais qui ne voit que le manque d’autorité à l’école engendre des renoncements bien plus graves que nos querelles sur la « baisse de niveau » ?
Là est le vrai débat. Il ne s’agit plus de pédagogie, ni de nostalgie — je n’ai jamais pensé être nostalgique des coups de règle sur les doigts, et si j’ai appelé mon blog « bonnet d’âne », c’est par dérision — et auto-dérision (une qualité qui manque cruellement à certains de mes adversaires). Il s’agit de sauver ce qui peut encore l’être.
Et de même qu’Aragon chantait, à propos des exécutions d’Estienne d’Orves et de Gabriel Péri, « celui qui croyait au Ciel et celui qui n’y croyait pas », je rêve de rassembler, en ce combat urgent, celui qui croit en la pédagogie et celui qui croit au Savoir — toi et moi, et, j’espère, quelques autres.
Bien à toi, comme toujours — quoi que tu croies…

Jean-Paul Brighelli

Notes.

1. Tu sais que dans les cinq ans à venir, près de 350 000 enseignants feront valoir leur droit à la retraite. Tu sais aussi que nous n’avons pas les étudiants pour les remplacer — même si nous embauchions tout le monde, ce que j’espère que tu ne souhaites pas. Les CAPES bi-polaires (Robien vient de réinventer l’eau chaude et les PEGC) ne sont pas une réponse. La dilution des savoirs dans la pédagogie, avec des horaires peau de chagrin pour toutes les matières fondamentales (celles-là mêmes qui souffriront les premières grandes saignées, parce qu’elles existaient lors des recrutements massifs des années 60-70) est une option qu’u n prochain gouvernement examinera avec sérénité. Tu sais que « on ne se bat pas dans l’espoir du succès », comme dit Cyrano : à ma fin, c’est la Nouvelle pédagogie qui va triompher — parce qu’il ne restera rien de l’Ecole, ni, d’ailleurs, de la France. Certains des amis de tes amis (voir le « Journal d’école » de Lubin, http://journaldecole.canalblog.com/) s’en féliciteront, qui vouent une commune haine à l’idée de culture et à l’idée de discipline. Je me bats le dos au mur, comme ils se sont battus à Alamo (je n’y suis pour rien si, comme tu le sais, mes références sont héroïques au lieu d’être pédagogiques).
2. Au passage, je me souviens, dans l’un de ces débats, avoir dit à Meirieu que, tout adversaire qu’il fût, je le respectais dans ses convictions, et dans son talent d’orateur — c’est un manipulateur plus habile que moi, tu le sais bien. « Mais, ajouitai-je, n’avez-vous pas un peu honte d’avoir couvert de votre bienveillance, et de l’ample manteau des « sciences de l’éducation », tant de minables sous-diplômés, de Sylvain Grandserre à Pierre Frackowiack en passant par Roland Goigoux ou [ici, liste non limitative, que chaccun complètera au gré de ses expériences, de tous ceux qui ont trouvé en IUFM ou en Fac un refuge contre la dure condition de l’enseignant chahuté en collège ou en lycée]. Eh bien, il a souri, cet homme — tant il les connaît bien. Tant, au terme de son ambition, il est sur le point de passer de l’autre côté du miroir, là où l’on peut s’offrir le luxe d’être objectif — et légèrement méprisant.
3. Tu aimes les chiffres : tu sais bien que si l’on a supprimé pour l’essentiel les redoublements (et encore, la France est le pays d’Europe où l’on redouble le plus — c’est de ma faute, sans doute), c’est moins pour des raisons pédagogiques que pour des raisons comptables : un redoublant, cela coûte cher — deux fois le prix d’un élève ordinaire pour un an. Je pourrais affirmer sans trop me forcer que les pédagogues qui justifient désormais les passages systématiques dans la classe supérieure sont objectivement complices de calculs économiques qui arrangent des gouvernements que, souvent, ils récusent. Bel exemple de cohérence. Et d’ailleurs, ces mêmes Diafoirus de l’éducation réclament, sans cesse, plus de crédits — une antienne reprise en chœur par certains syndicats, accord a minima pour éviter de poser de vraies questions. Les budgets du Secondaire sont importants, et le retour sur investissement est, si je puis dire, inconséquent. C’est bien une preuve, parmi d’autres, que ce n’est pas prioritairement au niveau économique que doivent se prendre les futures décisions, mais au niveau des programmes, de la volonté de rétablissement d’un système aujourd’hui moribond.
4. Juillet 89, pour être précis. On fêtait le bicentenaire de la Révolution, et en même temps, on sortait une loi dont les résultats évidents sont la résurrection du servage et l’arrêt définitif de l’ascenseur social — une métaphore creuse peut-être, tout empreinte d’idéologie scolaire, mais qui signifie quelque chose pour ceux qui, comme moi, sont venus de rien. Sans parler des effets plus pervers encore, l’islamisation des collèges et des lycées, bientôt des écoles primaires : des millions de Musulmans qui ne demandaient qu’à vivre tranquilles ont été livrés en otages à quelques poignées de fondamentalistes qui, au nom du droit à l’expression, se sont empressés de bâillonner les autres — les filles, en particulier. Comme quoi une faute (cesser d’enseigner des savoirs sérieux) peut engendrer un crime.
5. Voir sur ce Frère Musulman camouflé l’excellent livre de Caroline Fourest, journaliste à Charlie-hebdo, Frère Tariq (Grasset, 2004). Et la Grande-Bretagne qui lui a si volontiers servi la soupe commence à se poser, par la bouche de Jack Straw ou de Tony Blair, de sérieuses questions sur l’incompatibilité du voile et du plum-pudding. Elle en arrive même à regarder l’exemple français — au moment où ici, des idéologues retardés persistent à lorgner vers l’Angleterre.

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Les heurs et malheurs de la pédagogie

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Trackback par : Blog Parti | 07 novembre 2006

Commentaires

Ce texte est une référence que je vais me mettre sous le coude pour le proposer à ceux qui voudraient avoir un résumé clair, impartial, de la situation, sans avoir le temps de lire les livres que j’ai lu, sans avoir le temps d’écouter mes tentatives d’explications embrouillées et/ou trop passionnées, désabusées…
Esprit de synthèse, conscience politique et sociale, de la politique internationale au fait divers…
Je savais que l’enseignement était une clé pour la compréhension de beaucoup d’autres choses, mais jamais je ne l’avais lu dans un texte aussi dense, qui saisit toutes les subtilités d’une mécanique très complexe, et qui sait, malgré l’écœurement que peut inspirer le constat, conserver un regard très humain.
Impressionnant.
Merci !

Ecrit par : Georges | 04 novembre 2006

Convaincant.

Ecrit par : nestor | 04 novembre 2006

Jean Paul / Roger

J'ai lu la réponse de JPB : limpide, réaliste, concise . Un vrai plaisir ... L'instit de base reste les pieds sur terre et s'y retouve

Puis je suis allé du côté de chez Roger... Là , j'en ai encore le tournis ! A force de réfléchir sur l'éducation et l'enseignement nos têtes chercheuses en oublie l'essentiel , le parler vrai . A moins que je ne sois trop con pour comprendre !

Cordialement

Ecrit par : Patrick (instit) | 04 novembre 2006

Ma "connerie" m'en a fait oublier l'accord du sujet verbe . Autant pour moi !

Ecrit par : Patrick (instit) | 04 novembre 2006

On n'a pas mené 60% d'une classe d'âge au niveau du bac ; on a mené le bac au niveau de 60% d'une classe d'âge.

Qu'est-ce qu'il ne comprend pas là-dedans ?

Ecrit par : Pierre-Henri | 04 novembre 2006

jean-paul, tu pourrais être écrivain!

Ecrit par : pierrot le zygo | 04 novembre 2006

Désolé d'insister, mais est-ce qu'avec un Appel pour la refondation de l'école signé par un million de personnes on ne pourrait pas espérer endiguer la vague pédago qui est en passe de nous submerger?
Les recommandations du HEC pour la formation des maîtres consacrent en effet le pouvoir absolu des sciences de l'éducation. Un document à lire de toute urgence sur le site de Reconstruire l'école.

Ecrit par : Jean | 05 novembre 2006

Bjr JPB, bonjour à toutes et tous,

Désolé si ce post ne concerne pas directement votre note.
Nous vous invitons à prendre connaissance de notre post suivant :

Carte scolaire : quelles propositions ? Brighelli, Mérieu ou un peu des deux ?

Jean-Paul Brighelli est Professeur agrégé de lettres et normalien et n’a de cesse de dénoncer la situation actuelle dans l’Education nationale.

Question expresse des lolo's 34 à Jean-Paul Brighelli.

Les lolo's 34 : "A propos de la carte scolaire que certain(e)s souhaitent supprimer, Laurent Fabius reprend une idée de Mérieu qui consisterait à attribuer des moyens "supplémentaires" aux établissements scolaires en difficulté en fonction des CSP (catégories socio-professionnelles) qui fréquentent ces établissements. Qu'en pensez-vous ?"

LIRE LA SUITE
http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2006/11/05/carte-scolaire-quelles-propositions-brighelli-merieu-ou-un-p.html

Bien cordialement.

RAG 34. Les lolo's 34.

Ecrit par : RAG 34 et les lolo's 34 | 05 novembre 2006

Beau texte, Jean-Paul, mais le "croisement" par une publication de la lettre de votre collègue sur votre blog et de votre réponse sur le sien aurait vraisemblablement été plus efficace pour faire avancer le débat...

Ecrit par : christophe sibille | 05 novembre 2006

Merci J.-P. Brighelli!
Optime!
Le constat détaillé de votre contribution du 04/11 est parfaitement juste et je défie quiconque de prétendre qu'il s'agit d'une charge caricaturale.
Il faut accepter la réalité, il faut ce courage qui en agace plus d'un parce que sa petite idéologie confortable en prend un coup - ça fait du bien une baffe, ça réveille, ça éveille - et ce n'est qu'en ayant la lucidité chevillée solidement que l'on peut entreprendre la reconstruction évidemment nécessaire. Mais là encore, essoufflé, sonné, il ne faut pas jetter l'éponge; c'est dur, le chantier est devant et à coordonner. Combien d'enseignants -pas la masse des gnangnans qui se lamentent et pleurnichent, ces "culs cassés" qui se font rembourser leur mollesse à la MGEN! - ont la volonté, oui, la volonté de résister d'une part et d'agir d'autre part?
Sur ce point précis je suis pessimiste. L'individualisme - je suis individualiste, je ne veux pas de l'embrigadement avec des standards - est un habitus dont la face sombre exerce une pesanteur considérable. La plupart des syndicats en sont les responsables. Il faut le soutenir, ça aussi!
Ma sensibilité syndicale me porte vers le SNALC. Il parraît qu'il est de droite.... Quelques crétins ont décrété cela pour n'avoir plus besoin de lire la Quinzaine Universitaire et toutes les cervelles plates - dents longues, cuir épais, crocos de la gauche pépère - se dispensent de la lire et de réfléchir.
Les revendications sont devenues un radotage déprimant, convenu, et il y a ,malheureusement, plein d'énergies perdues avec des collègues dévoués pour des cacahouettes ou des bananes, des peaux de bananes.
Et puis toutes ces décharges! La décharge (syndicale, pédagogique, culturelle...): un remugle, la poubelle n'est pas loin, et tant pis si ça pue: c'est plus confortable que d'avoir des élèves en face. On s'investi camarade! Moi, je donne , j'enseigne, j'éduque, je dresse, je cadre, je formate, je ne recule pas et si je dis "je", il m'importe tout de même de savoir qu'il y a beaucoup de "je" qui ne se planquent pas derrière "on". J'aime à penser que nous sommes assez nombreux pour affirmer notre fierté malgré les IDIOTS qui nous étouffent et rendent la tâche iimpossible.

Ecrit par : Baltazar | 05 novembre 2006

Merci JPB pour cette excellente synthèse qui a en plus le mérite de toucher comme elle s'adresse à l'une de vos relations amicales.
Ce serait bien si ce texte pouvait être divulgué un peu partout. Cela aurait été bien si vous aviez accepté de cristalliser toutes les bonnes volontés qui vous soutiennent. Mais vous avez déjà beaucoup fait, soyez-en remercié.

Ecrit par : elisabeth | 05 novembre 2006

JPB

Je rejoins les quelques posts vous félicitant d'une telle clarté avec autant de conscision!

Par ailleurs, il me semble que le réel problème soulevé par la transversalité imaginée par les têtes bien-pensantes dénote (comme déjà soulevé précédemment sur ce blog...) du manque de lucidité de ces dits penseurs, car l'idée, même si elle parait évidente et séduisante sur le papier, n'est possible que par des individus qui maîtrisent déjà "l'objet" de cette transversalité (un minimum, au moins! Et c'est valable autant pour le Français, que pour les Maths et les autres matières...) et non à des "apprenants" qui se contentent, dès lors, d'absorber sans avoir la compréhension complète du contenu et essayent de le restituer dans la même situation!!!

Patrick,

Je pense que vous êtes loin d'être trop con:
Une des particularités de la plupart des pédagogues purs et durs est de vous noyer dans un grand discours, fait de tournures complèxes et de vocabulaire soutenu, pour vous faire oublier le sujet du débat initial et vous conduire (en vous "endormant") là où cela les arrangent... Et forcément, pour ceux qu'ils n'arrivent pas à perdre en route, leur discours devient difficilement compréhensible... (je ne suis même pas sûr qu'ils arrivent eux-même à se suivre et se comprendre entre eux!!!) ;)))))

Pierre-Henri,
Je me délecte, décidément, toujours autant de votre répartie très à propos, et de votre lucidité...
Et je vous rejoins sur le fait qu'il est toujours plus facile et démagogue de baisser un niveau controlé et maléable que d'augmenter le niveau d'un groupe "d'électrons libres" dont on a aucune idée du niveau de compétences, dans l'unique but derépondre positivement à des statistiques

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 05 novembre 2006

Amis brighelliens
Et si l'on revenait à ça?

Il est de la plus haute importance que les enfants apprennent à travailler. L’homme est le seul animal qui doit travailler. Il lui faut d’abord beaucoup de préparation pour en venir à jouir de ce qui est supposé par sa conservation. La question de savoir si le ciel n’aurait pas pris soin de nous avec plus de bienveillance, en nous offrant toutes les choses déjà préparées, de telle sorte que nous ne serions pas obligés de travailler, doit assurément recevoir une réponse négative : l’homme, en effet, a besoin d’occupations et même de celles qui impliquent une certaine contrainte. Il est tout aussi faux de s’imaginer que si Adam et Eve étaient demeurés au paradis, ils n’auraient rien fait d’autre que d’être assis ensemble, chanter des chants pastoraux et contempler la beauté de la nature. L’ennui les eût torturés tout aussi bien que d’autres hommes dans une situation semblable.
L’homme doit être occupé de telle manière qu’il soit rempli par le but qu’il a devant les yeux, si bien qu’il ne se sente plus lui-même et que le meilleur repos soit pour lui celui qui suit le travail. Ainsi l’enfant doit être habitué à travailler. Et où donc le penchant au travail doit être cultivé, si ce n’est à l’école ? L’école est une culture par contrainte. Il est extrêmement mauvais d’habituer l’enfant à tout regarder comme un jeu. Il doit avoir du temps pour ses récréations mais il doit aussi avoir pour lui un temps où il travaille. Et si l’enfant ne voit pas d’abord à quoi sert cette contrainte, il s’avisera plus tard de sa grande utilité.

KANT, Réflexions sur l’éducation (1776-1786), p 110-111, Editions Vrin.

Donc JPB, je te rassure,dans le cursus des grands textes de la philosophie, on n'a pas dit beaucoup de bétises sur l'enseignement et l'éducation, même chez les néo-platoniciens...

Petite info pour ceux que cela intéresse: réponse de DSK sur mon site http://dialegein.over-blog.com/ à ma question sur la défense de l'enseignement de la philosophie en lycée.

Ah Brighelli, quand je pense que tu m'as déjà répondu que tu ne fédérerais pas le mouvement qui naît sous tes yeux....

BRUNO GUITTON
Professeur de Philosophie

Ecrit par : Guitton | 06 novembre 2006

Mais où diable avez-vous lu qu'il ne fallait pas travailler? Trouver un angle d'attaque ludique au départ, pour donner le goût d'une activité quelle qu'elle soit, n'empêche pas d'arriver assez vite par l'enfant à la prise de conscience des contraintes qu'implique son approfondissement! C'est même tout le contraire! Sans que le goût en soit donné, ces contraintes sont même insurmontables! N'est-ce pas Jean-Jacques Rousseau qui l'affirme lui-même? (Dans: "Emile", à propos de l'apprentissage de la lecture justement, si j'ai bonne mémoire). L'erreur serait effectivement de rester dans le ludique, ce que propose notre société de consommation (de média, entre autres). Pas la plupart des enseignants, qui sont en lutte contre ça. A armes inégales, hélas.

Ecrit par : christophe sibille | 06 novembre 2006

Bijour Fousd'rhum

"je rêve de rassembler, en ce combat urgent, celui qui croit en la pédagogie et celui qui croit au Savoir — toi et moi, et, j’espère, quelques autres.
Bien à toi, comme toujours — quoi que tu croies…"

Merci JPB, vont-ils comprendre ?
Si ils n'ont pas compris le titre de ton bloug, ça va pas être cotoncoton....

Juste pour te dire que j'ai commencé ton bouquin (comme un bon fada je commence par le troisième :) )

Ecrit par : toto | 06 novembre 2006

Cette vision de Rousseau, Christophe, vous la partagez avec tous les "supporters du principe" pédagogiste.

Bien que vous n'en soyez pas, admettrez-vous que la rigueur nécessaire à une "instruction" n'est plus là, et que l'on peut constater chez certains "moins de 17 ans" un tissu lacunaire plus ou moins rattrapable ?

Je serais au "pédagogistes" ce qu'est la CIA aux régimes sud-américains, si j'avais les moyens financiers et humains.

Je serais alors bien sûr un misérable. Et un malfaisant.

Ecrit par : D'Enguell | 06 novembre 2006

Je le constate. L'école n'en est pas, loin s'en faut, la seule responsable! Lisez plutôt l'ensemble de mon message, au lieu de n'en retenir qu'une phrase... Merci!
Par ailleurs, je ne partage pas la vision générale de Rousseau. Cette idée, simplement, me semble intéressante... Mais est-il possible, ici, de reprendre des idées chez les uns ou chez les autres sans adhérer à une doctrine dans son ensemble? Je vais finir par en douter! Enormément de qualités et d'intelligence sont montrées sur ce blog, mais la mesure et la nuance n'en sont pas la principale qualité!

Ecrit par : christophe sibille | 06 novembre 2006

"L'école n'en est pas, loin s'en faut, la seule responsable!"

Lisez mon message vous-même !
La rigueur nécessaire, où doit elle donc se trouver, si ce n'est à l'école, et dans les programmes ?
Vous savez très bien que l'Emile de Rousseau fait figure de doctrine, comme pour d'autres Cioran ou Tocqueville.

Désolé de ne pas ronronner comme une Bentley (merci Pendariès), mais de temps en temps, la Viper se laisse aller.

Ecrit par : D'Enguell | 06 novembre 2006

Bonjour à tous,

A JPB :
Je relis avec attention votre message et décidement je me dis que vos motivations, vos observations et finalement vos intentions sont clairement de nature politique.
C'est une évolution nette depuis le début de votre blog et marquée surtout depuis la rentrée 2006.
votre dernier livre est également significatif à ce point de vue.
Sincèrement, JPB, ce que je sais de vous me laisse présager que vous ne vous ne arrêterez pas là : trois livres, un blog et Adieu vat !
Si tel était le cas, j'en serai d'ailleurs fort marri.
A bientôt.

Ecrit par : utile baron | 06 novembre 2006

"Vous savez très bien que l'Emile de Rousseau fait figure de doctrine, comme pour d'autres Cioran ou Tocqueville."

Ecrit par : D'Enguell | 06 novembre 2006

Grand mal fasse à ceux qui considèrent l'Emile, (ou quoi que ce soit d'ailleurs) comme une doctrine. Je ne ronronnerai pas (non plus) avec eux. Et j'ai parfaitement lu votre message!

Ecrit par : christophe sibille | 06 novembre 2006

Une absence révélatrice dans votre argumentation, un chainon manquant : l'idéologie. Vous vous situez toujours dans le cadre du libéralisme actuel : d'après votre expression, " les ultra-libéraux et les néo-libertaires " ont besoin de travailleurs décérébrés, interchangeables, sans culture et sans racines : fournis aimablement et en abondance par" la fabrique du crétin ".
Et vous ajoutez : le comble c'est que ce soient des enseignants en majorité " de gauche " qui alimentent le "Monstre"!
Or vous notez vous-même que le MEDEF demande à l'éducation nationale de former des gens capables, d'un bon niveau et surtout pas des "crétins".
L'idéologie libérale a certainement beaucoup de défauts, mais elle a compris depuis longtemps que les gens bien formés rapportaient plus...
De 1945 à aujourd'hui, quelle idéologie a dominé chez les enseignants ? : c'est l'idéologie marxiste assumée et proclamée de tous ceux qui ont " refusé de former les cadres du capitalisme".
Leur domination sur le "mammouth" a déconnecté l'enseignement du réel et du monde des entreprises, phénomène accentué par la présence massive d'enseignants sur les bancs de l'assemblée nationale, surtout à partir de 1981 et la fameuse "rupture avec le capitalisme" du programme socialiste ( en partie abandonnée en 1983 ).

Pourquoi collaborer au capitalisme puisqu'on voulait l'abattre ?
Depuis 1989 et la chute des illusions l'idéologie marxiste se fait plus discrète, mais les vieilles lunes sont toujours là, recyclées mais toujours bien visibles ("du passé faisont table rase", "la religion opium du peuple", anti-élitisme forcené, nivellement par le bas, etc...)
D' ailleurs chaque fois que vous évoquez les cerveaux vides, les décérébrés, les "crétins", vos images évoquent irrésistiblement les "lavages de cerveaux", "cliniques psychiatriques", "camps de rééducation" des pays où le marxisme a été mis en pratique...
Mondialisation libérale et communisme peuvent s'entendre comme larrons en foire mondialiste : regardez les communistes chinois: leur internationalisme est soeur jumelle de la mondialisation libérale : ils accueillent les entreprises délocalisées à bras ouverts, celles-ci n'ont ni grèves ni syndicats à redouter puisqu'il suffit de s'entendre avec les camarades du parti...
On voit même les capitaux du communisme chinois s'investir dans le monde entier en profitant à fond de l'enfer capitaliste.

Vos pédagogistes et autres Meirieu nagent dans le libéralisme comme des poissons dans l'eau, parce qu'ils ont éclos dans une couveuse marxiste qui est en train de se récycler, comme eux...

Vous êtes certainement, JPB, un des rares, à essayer de trouver une autre trajectoire, même si la route est glissante...

Ecrit par : deblog | 06 novembre 2006

"Vous êtes certainement, JPB, un des rares, à essayer de trouver une autre trajectoire, même si la route est glissante..."
La trajectoire du despote éclairé?... éclairé par qui?
Ne faites pas attention, je ne fais que passer... J'ai malgré tout un faible pour la "doctrine" brighellienne mais son culte pour Catherine II me laisse pantoise au XXI° siècle?
Tout ça juste pour vous dire que je vous lis et vous soutient sur le chapitre de l'enseignement du primaire au supérieur mais que bon, des fois, quand même, je vous sens un tout petit peu totalitaire. Un jour, je vous raconterai comment mon instit de CP (1965/66) traitait la dyslexique de la classe et nous tous. Bilan globalement positif? Certes mais quel trauma à gérer à long terme... Y'a toujours du yin dans le yang. Nous avons tous lutté contre ces abus qui faisaient des classes de 40 élèves le doigt sur la couture du pantalon.

Ecrit par : dobolino | 06 novembre 2006

Deblog, je suis d' accord avec votre réaction et vos arguments. Si je soutiens J P B., je ne le suis pas intégralement. Nous sommes nombreux, je pense, à lui savoir gré de secouer le microcosme de l'EN et de ne pas hésiter à se mettre en avant sans le masque de l'anonymat. Ce serait bien de pouvoir - d'oser- le faire aussi mais les poissons se méfient du chat qui les regarde. Non, vous l'avez compris, le chat n'est pas JPB, même si il a des moustaches!
Il n'est pas juste de crier "libéralisme" comme on dirait "fascisme" ou n'importe quoi. Le libéralisme est sans doute ce qui dans l'histoire du XX°s. s'avère le moins mortifère. Tout ensuite est une question de modération, de morale et de vision sensible à la dignité de la personne. Ce qu'aucun totalitarisme n'a intégré, trop obsédé par la pureté, la régénération, l'homme nouveau etc. Le libéralisme dévoyé, d'indéniables perversions, ne peuvent être mis à égalité de traitement avec le communisme! Qu'il y ait aujourd'hui, en France, un Parti fier de s'appeler Communiste me dégoute. Il est pénible de devoir constater à quel point les manuels d'Histoire -les programmes officiels sont plus habilement écrits pour ne pas trop révéler leur complaisance - sont encore rédigés avec une plus grande sévérité à l'égard des horreurs commises par les totalitarismes de droite qu'avec ceux de gauche. Méchant Staline mais grand Lénine, et après Staline? Va bene!
Combien de pages sur le nazisme et les camps d'extermination contre combien sur le communisme en URSS et ailleurs? Le Goulag: juste avec staline. Après? Ailleurs? Pfft!
Mao et ses crimes de masse? Bof!
Le Tibet martyr aujourd'hui encore? Ah bon? C'est où?
On veut que la France regarde son passé? Ok! mais ce sont ceux qui discriminent entre ce qu'il faut regarder en face et ce qu'il convient d'oublier qui, justement oublient les horreurs révolutionnaires françaises! Si on veut relire l'histoire on peut tout reprendre depuis , tenez, au moins Clovis!
La collaboration du PCF avec le Grand Frère, ça fait braire? Horreur! il n'y a de "collabo" que ceux qui ont barboté dans et avec Vichy. Bien sûr! Et quand on entend de futurs éducateurs, oui, des gens supposés éduquer! chanter qu'ils se mettent le "projet de Nicolas sur le devoir de signalement" où l'on pense et qui refusent d'être des "collabos", on se demande ce que les professeurs d'histoire ont enseigné sur le sujet! Avec en plus ceux qui mélangent la mémoire et l'Histoire on est bien parti.
Tolérant nous voulons être mais avec des inepties pareilles on se retient. Non, je ne suis pas prosterné devant Sarko! L'esprit critique je l'enseigne mais pas la connerie trop heureuse de claironner sans vergogne devant des caméras.
Le marxisme fait encore de beaux dégats, c'est triste à pleurer. Avec le regretté Michel Henry, auteur d'un livre sur la "Barbarie"..., Marx est un auteur fréquentable, mais toute la clique politicomoraliste qui se tartine le palais avec du Marx et du Trotsky, BOUARK!!

Pour changer de sujet, je lis que "Cioran fait figure de doctrine". Pas mal! Si quelqu'un trouve de quoi fonder quelque dogme avec Cioran, alors là, je lui tire mon chapeau.

Ecrit par : Baltazar | 06 novembre 2006

Explication de texte hirsute : d'aucuns brandissent Rousseau comme ménestrel de l"homme bon sauvage", quand d'autres voient dans Cioran un antisémite précurseur de fascismes.

En outre, blog = weblog, journal donc, vous retrouverez aisément la passe d'armes à propos de Cioran.

Et quoique j'aie payé une fois pour voir son jeu, Ch. Sibille, vieil ennemi de tranchée, ne bluffe pas quand il dit :
"Grand mal fasse à ceux qui considèrent l'Emile, (ou quoi que ce soit d'ailleurs) comme une doctrine".

Ecrit par : D'Enguell | 06 novembre 2006

Je suis loin d'être convaincu par la phrase: "l'homme naît bon, c'est la société qui le corrompt", par exemple, d'Enguell... Et je montre mon jeu sans problème, pas besoin de me payer. (Où avez-vous payé?)
Certains ont simplement du mal à comprendre qu'on puisse n'appartenir à aucune chapelle, aimer la musique classique et le jazz-rock, apprécier l'intelligence de Jean-Paul et celle de Meirieu, et enseigner en IUFM sans défendre à tous crins les sciences de l'éducation.
J'ai, certes, des adversaires ici. Mais des ennemis? Si vous le dites! Ce n'est en tous cas pas mon souhait! On peut construire avec des adversaires, pas avec des ennemis. Mais est-ce que construire est ce qui intéresse le plus certains intervenants de ce blog?

Ecrit par : christophe sibille | 07 novembre 2006

(Au Déjazet...)
Pour construire l'Europe, il fallait tout de même plus que d'anciens adversaires ?
Et puis "ennemi de tranchée" ne m'empêchera pas de vous souhaiter un Joyeux Noël, quand le temps de la bise sera venu.
Sans chapelle !

Ecrit par : D'Enguell | 07 novembre 2006

Si sur le fond, je lis là une vérité criante dans le modèle éducatif actuel de notre société, je mettrais un bémol lorsque vous expliquez certaines violences récentes.

Par ailleurs, je n'ai pas le sentiment que votre propos est une argumentation pro ou anti libéral, mais peut être je me trompe.

A propos des savoirs (et donc leurs apprentissages), ils sont peut être aujourd'hui la seule possibilité d'"égalité des chances", si cela à encore un sens, pour la grande majorité des membres de la Cité.

Ecrit par : Pem | 07 novembre 2006

Vous aviez payé par anticipation, alors? Mais il y a prescription.
Cordialement.

Ecrit par : christophe sibille | 07 novembre 2006

"L'intelligence" de Meirieu!
Bigre! Comme vous y allez! Vous n'avez pas peur de pousser un peu?

Ecrit par : Jean | 07 novembre 2006

Un autre "opposant" :
http://www.ihes.fr/~lafforgue/textes/ContreBrighelli.pdf


Yves

A signaler, sur le site :

http://motstocsin.autonomie.org/

dans les "Reflets des débats" un "Echange avec Laurent Lafforgue" de Novembre 2005 .

Ecrit par : Yves | 07 novembre 2006

Pas le temps de lire pour l'instant,la dite prose, Yves, mais je le ferai sans faute plus tard et je vous remercie pour le lien.
La rétention d'information quand le débat est public me parait grave et je vous sais gré de nous permettre d'y voir clair. Par ailleurs, je vais enfin peut-être trouver un petit moment pour lire le livre de JPB que je n'ai aps encore eu le temps de commencer. Tellement de trucs à lire. Comment font les gens pour regarder la télé? Je me le demande chaque jour en fermant mes stores et en voyant la lumière bleue uniforme aux fenêtres des maisons d'en face.

Ecrit par : elisabeth | 07 novembre 2006

Remerciements à Yves pour le renvoi au site de Laurent Lafforgue. J'ai pris connaissance de la polémique en biais. J'y reviendrai. Mais en première analyse, les combattants n'en sortent pas grandis. Lafforgue est un gamin qui s'excite pour un rien à coups de passé simple et JPB ne me semble pas briller par la hauteur de ses attitudes et menaces. Mais il faut relire. Ce que je ferai.

Ecrit par : Sejan | 07 novembre 2006

"JPB ne me semble pas briller par la hauteur de ses attitudes et menaces", écrit Séjan.
Qui était attaqué ? Qui était menacé ? Qui est, dans ce fatras de superstitions, l'obscurantiste à libido malsaine qui se régale à raconter des histoires de cartouches enfoncées dans des vagins ?
Allez vous faire voir. Je me bats contre tous les extrémismes, qu'ils soient islamistes ou catholiques. Les grands malades qui veulent rétablir la messe en latin — ou qui y vont encore —, et ceux qui font interdire une expo de robes d emariées dans une chapelle de Versailles — il y a dix jours — ne valent pas mieux que les Frères Musulmans ou le Hamas.
Que voulez-vous ? Que je me taise ?
Je me tais.
Salut à toutes et à tous. Vous avez eu ma peau et ma patience.
JPB

Ecrit par : brighelli | 07 novembre 2006

Attention JP , il n'est pas juste de qualifier de malades, "grands" de surcroît! ceux qui vont à la messe y compris ceux qui la préfèrent en latin! L'abandon du latin comme langue liturgique va de paire avec la mièvrerie des airs chevrotés dans les églises catholiques vides ou presque et devenues des monuments historiques lugubres. Il en est de même de l'école....républicaine et sainement laïque. Ne reprochez pas aux "tradi" de l'Eglise ce que vous mêmes êtes par rapport à l'Ecole! Votre athéisme est respectable mais ne mettez pas tous les croyants dans les hopitaux psychiatriques.... De quel point de vue vous placez vous pour ne pas vous compter parmi les malades? Considérez la philosophie comme une "thérapie de l'âme" ,à défaut de foi, mais ni Marx ni Freud ne sont les médecins libérateurs de l'humanité.
Je ne veux ni votre peau ni éprouver votre patience, il y en a d'assez crétin pour ça; non, je participe à un dialogue -débat avec passion et parfois excès mais sans arrière pensées.

Ecrit par : Baltazar | 07 novembre 2006

Vous vous battez contre tous les extrémismes, fort bien. Il serait bon que vous n'en oubliez pas un dans le calcul : l'extrémisme athée.

Ecrit par : Pierre-Henri | 07 novembre 2006

J'avoue ne pas bien comprendre ce que vous appelez "extrémisme athée", P.-Henri : on est athée ou on ne l'est pas. Idem pour cette notion "d'intégrisme laïque" avec laquelle on vient culpabiliser les militants de la "Libre Pensée" par exemple. On est laïque ou on ne l'est pas. Le reste, c'est de la pensée molle, et je ne suis pas sûre que, face aux intégristes quels qu'ils soient, la solution soit de faire dans la nuance et les circonlocutions. Ce qui semble clair, c'est qu'en 2006 dans un état laïque, il n'est pas encore admis qu'on puisse, comme JPB, se proclamer athée énergique et convaincu, et/ou revendiquer une laïcité de combat -- alors que tout un chacun peut venir dégoiser de sa foi dans n'importe quel média sous l'oeil de journalistes attendris. Voilà ce qui m'inquiète, vraiment.

Ecrit par : FGuichard | 07 novembre 2006

"Comment font les gens pour regarder la télé? Je me le demande chaque jour en fermant mes stores et en voyant la lumière bleue uniforme aux fenêtres des maisons d'en face.

Ecrit par : elisabeth | 07 novembre 2006 "

Ils ont tout simplement oublié ce que vivre veut dire...Ils absorbent.

"Salut à toutes et à tous. Vous avez eu ma peau et ma patience.
JPB

Ecrit par : brighelli | 07 novembre 2006 "
Il me rappelle quelqu'un... Allez, courage, aujourd'hui, j'ai apporté "La fabrique du crétin" et "A bonne école" à la bibliothèque de mon village et la bibliothécaire m'a bien remerciée: elle avait lu le premier et va s'empresser de lire le deuxième puis les mettre tous deux en offrande aux lecteurs assoiffés. Rome se serait-elle faite en un jour? Vous avez mesuré d'où nous remontons avant de déclarer forfait?

Pierre-Henri: " Sans le latin, sans le latin, la messe nous emmerde..." Georges Brassens.
La messe en LATIN et l'Ecole aux petits Français!

Ecrit par : dobolino | 07 novembre 2006

Que voulez-vous ? Que je me taise ?
Je me tais.
Salut à toutes et à tous. Vous avez eu ma peau et ma patience.
JPB

Ecrit par : brighelli | 07 novembre 2006

Message crépusculaire.

Il y a les chevaux, le marché de Pézenas, les vignes, la table, votre femme et vos enfants, l'enseignement, les vacances avec les orteils qu'on regarde avec un certain détachement se salir et les ongles qui poussent, le vélo pour arriver au lycée, vos futurs livres d'écrivain, etc. Et le silence.

Ecrit par : Pendariès | 07 novembre 2006

Et le silence, surtout celui qu'on s'impose à soi-même, c'est difficile et cela ne convient pas à tout le monde...

Ecrit par : catmano | 07 novembre 2006

La Messe en Latin, grandes orgues, tiares, robes, le rituel, etc. ça a quand même de la gueule, - et c'est un fils prodigue du Calvinisme qui le dit! ;-)

Dans le quatier où j'habite, j'ai en bas de chez moi, des Méthodistes évangéliques (ce sont les Américains du coin qui y viennent le dimanche), et à deux pas de là, une église de Catho ultra-orthodoxes (avec un prêtre qui traîne avec lui les femmes gitanes qui logent alentours...): c'est sympa, les clochent sonnent le jour du Seigneur pendant ma grasse matinée - mais je vois dans leurs yeux la rigueur et assez peu d'amour et de tendresse. Mais c'est cela qui compte: l'amour et la tendresse; le reste, hein...

J'ai acheté le CD "René Girard, la violence et le sacré", aux Editions Montparnasse. Ce qu'il dit, en tant qu'anthropologue, sur les religions et ce qu'en (dé)font les hommes est à entendre et méditer.

Allez m'sieur Brighelli, une citation: "Je maintiendrai", Luther. Portez-vous aussi bien que je vous ai vu en classe il y aura bientôt un mois.

Ecrit par : Pendariès | 07 novembre 2006

Non interventionniste, Catmano! Je ne polémique plus, je soutiens. Hop, comme Achille Talon! . Bon, d'accord, des fois, je dépasse un peu...
Eh, Pendariès, trop bien, Max Rouquette: je le prêterai à Catmano même si elle me cause sur ce blog où je viens incognito. Qu'est-ce que ça me coûterait de changer de nom et de semer des messages à la Cioran?

Ecrit par : dobolino | 07 novembre 2006

V'la qu'on se repasse JPB comme le mistigri.
Je ne peux m'empêcher de trouver cela comique pour quelqu'un qui joue du sabre...

Forcer le trait, agacer les sacrements, raccourcir la traîne et récupérer les casseroles fait partie du package, et l'on a l'impression, à lire certains, que JPB n'aurait attendu que le désordre et les frasques des islamo-bien pensants pour pouvoir se débarrasser plus facilement des "cathos" (dont une partie de la frange de gauche a bien rejoint dans les faits et dès le début les pédagogos et les pré-cités.)

C'est bien pourtant la raison, qu'invoque aussi L.Lafforgue, qui dicte la non-interpénétration des sphères.

Ou peut-être est-ce la vigueur insufflée par lui, dans certains corps -et âmes-, qui donne aux mêmes à penser que refondation signifie reconquista ?

Enfin, rien de ce que JPB nous raconte ne m'interdit d'apprécier le vieux renard de Benoît XVI, d'analyser les collusions entre terroristes et religieux, de souhaiter pour mes enfants un enseignement de qualité, fait par des gens de qualité, sélectionnés par un appareil d'Etat de qualité, lui-même chapeauté par un gouvernement mis au pouvoir par des gens de qua...
Serpent biblique qui se mord la queue ? Le diable perd alors !

Ecrit par : D'Enguell | 07 novembre 2006

Ah mais non, ce n'est pas à toi que je causais, c'était à JPB, je ne sais pas si le silence lui conviendra... Les cocottes minute ont besoin d'une soupape de sécurité.

Ecrit par : catmano | 07 novembre 2006

Dobolino : ce n'est pas moi qui parlais de la messe en latin. Veuillez ne pas mélanger les citations. Je ne suis pas croyant et je ne reconnais pas l'autorité du pape. Que les croyants fassent la messe en latin, en grec, en javanais, en verlan ou en espéranto ne me concerne pas. Se sentir concerné, ce serait déjà reconnaître une certaine forme de légitimité publique à l'église, ce qu'elle ne saurait avoir dans un état laïc.

Fguichard : l'extrémisme athée me semble assez facile à définir, et les exemples ne manquent pas. Robespierre, Staline, Mao, Pol Pot... Défendre la séparation de l'église et de l'état (absolue nécessité démocratique) est une chose. Raser les cathédrales, détruire l'art sacré et passer les croyants par le fil de l'épée en est une autre. Quand il s'agit d'exterminer son prochain, les athées ont souvent eu la main aussi lourde que les croyants.

Comme dit, je suis athée moi-même. Mais cette vision du monde : "l'athéisme c'est le Bien, la religion c'est le Mal" est une aberration historique. D'ailleurs, cela ressemble fort à de la bigoterie. De la bigoterie athée.

Ecrit par : Pierre-Henri | 07 novembre 2006

C'est incroyable cette excitation sur le thème de la religion! N'est-ce pas la tolérance lucide qui doit nous unir?
Evitons le ton passionnel - j'ai du mal, moi aussi -qui ne sert pas nos objectifs.

Si des visiteurs non enseignants du blog veulent bien lire quelques pages, ils constaterons que l'on ne pleure pas sur nos salaires mais que nous avons encore une haute idée de notre mission! Cependant depuis 2 jours, quand je retrouve mes classes, je suis vraiment désolé: les élèves ont laissé leur cerveau au vestiaire ou bien ils ont passé leurs vacances dans un bac de chez Picard.
Je serais intéressé par l'impression de mes chers collègues qui enseignent à des 6°: cette année , nous avons affaire à un phénomène effrayant, une génération déboule complètement abrutie avec un aplomb d'élèves de 4°. Je ne donne pas de détails. Je redoute de voir les enfants de parents qui ont une culture de plus en plus plate, sans parler du temps passé à blablater sur le net ou à jouer des heures entières au détriment de la lecture et du travail.
A suivre...

Ecrit par : Baltazar | 07 novembre 2006

Bien vu Pierre-Henri!
Parole de chrétien ou plus exactement de quelqu'un qui essaie de l'être et qui, de surcroît, n'est ni catho ni protestant mais orthodoxe. Non, pas tendance Vladimir Poutine!

Ecrit par : Théophile | 07 novembre 2006

Je viens d'écouter un long débat sur France-Cul entre "spécialistes de l'éducation": sociologues, chercheurs en sciences de l'éducation et autres lumières de la pensée française. Philippe Meirieu, François Dubet et Bertrand Geay.

Il n'y avait aucun praticien, naturellement: pas de petits profs du primaire ou du secondaire, pas de parents d'élèves, pas d'élèves. Que des penseurs. L'esprit allait donc fuser, l'intelligence briller.

Eh bien j'ai été stupéfait par deux choses:

1) L'aplomb avec lequel ces gens-là assénaient des affirmations parfaitement contestables -- et contestées -- sur le ton de l'absolue certitude; et, surtout, sans la moindre tentative de justification, d'argumentation, d'explication. Comme si c'étaient des évidences, des axiomes de départ non soumis à discussion, expédiés en deux mots au détour d'une phrase.

C'est ainsi qu'on a "appris", par exemple -- et encore, en tendant l'oreille -- que le niveau ne baisse pas (bien sûr); que la querelle entre pédagogistes et traditionalistes n'a aucun sens (ben tiens); que la carte scolaire ne doit pas être supprimée (pourquoi?); etc.

2) Une fois évacués en deux secondes ces tout petits problèmes qui ont le tort de précocuper tout le monde, la capacité de ces prétendus scientifiques à parler, parler, parler pendant des heures, tout en ne disant, littéralement, rien. C'est absolument fascinant.

Il faut parfois se donner des claques pour ne pas piquer du nez, et se forcer à suivre l'articulation du discours: non, mais qu'est-ce qu'il est exactement en train de dire, là? Et vous découvrez que le type est en train de parler depuis dix minutes pour dire simplement ceci: je n'ai absolument aucune idée comment améliorer l'éducation en France, mais ça serait bien que les profs en discutent entre eux. Je vous jure que je n'invente rien.

Le tout laisse une impression absolument effrayante. Ces sommités, vers qui tout le monde se tourne, n'ont absolument rien à dire sur les questions concrètes, urgentes, qui intéressent la nation entière. Ils sont parfaitement conscients, et ils l'avouent, que le système éducatif est dans un état très préoccupant.

En revanche, ils n'ont aucune information concrète, nouvelle, précise, pertinente, à verser au dossier du constat, du diagnostic. Ils n'ont aucune analyse spécifique, originale, personnelle, novatrice à faire valoir. (Aucun d'entre eux, par exemple, n'a relevé la similitude frappante des problèmes, et leur synchronicité, dans des pays très différents du monde occidental; ce qui me paraît tout de même fondamental pour qui veut esquisser une explication des causes, et donc proposer des remèdes.)

Ils ont encore moins des solutions à proposer, sinon: faut qu'on en parle, faut qu'on en discute (dit de façon beaucoup plus prétentieuse, naturellement; on n'est pas au café du Commerce, ici, monsieur!).

Le tout, psalmodié sur un rythme et avec un choix de mots qui semble spécialement étudié pour hypnotiser l'auditeur, lui faire croire qu'il entend des gens instruits parler de choses intelligentes, alors qu'ils pourraient aussi bien être en train de lire l'annuaire.

A croire qu'ils sont payés par un chef d'orchestre clandestin pour endormir le monde. Ce qui est peut-être le cas, finalement.

Si vous manquez de Valium:

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/suite_idees/

Ecrit par : Robert Marchenoir | 07 novembre 2006

Baltazar, je vois qu'il n'y a pas que dans notre école que la "cuvée 1995" a de la peine à se faire apprécier... Il y a même apparemment des zones où les dommages sont encore pires que chez nous. L'année dernière, quand ils étaient en CM2, les nôtres avaient aussi l'aplomb d'élèves de 4°(nous, nous disions "voyous des barrières" depuis leur année de Moyenne Section), au moins n'étaient-ils pas tous complètement abrutis... J'en parlerai à ma collègue de CM1/CM2 qui sera sans doute soulagée à l'idée qu'elle aurait pu avoir encore plus de difficultés que celles qu'elle a vécues avec ces sacrés 95 pendant 2 ans. Et bon courage, dans trois ans et 7 mois, ils quittent le collège !
PS : Rassurez-vous, si l'on peut tirer des généralités à partir d'une seule école, les "96" et les "97" sont beaucoup, beaucoup mieux...

Ecrit par : catmano | 07 novembre 2006

Cher Robert Marchenoir, après votre compte-rendu du débat entre pédagogistes sur France Culture, pour trouver que des bavards aussi creux et aussi bouffis d'eux-mêmes que Meirieu , Dubet et Geay sont intelligents, il faut avoir une curieuse idée de l'intelligence, n'est-ce pas Christophe?
Molière pensait à des personnages de ce type lorsqu'il faisait dire à Clitandre s'adressant à Trissotin dans les Femmes savantes:
"Mais j'aimerais mieux être au rang des ignorants
Que de me voir savant comme certaines gens.",
à Armande:
"Nul n'aura de l'esprit hors nous et nos amis."
ou à Béralde dans le Malade imaginaire:
"Avec une robe et un bonnet [de médecin , ici, de pédagogiste!], tout galimatias devient savant, toute sottise devient raison."
Les adeptes des sciences de l'éducation remplissent du vide avec du creux.

Ecrit par : Jean | 08 novembre 2006

Robert, j'ai écouté l'émission sur France- culture, entièrement d'accord avec votre analyse. J'en ai particulièrement marre que ceux qui travaillent sur le terrain ne soient JAMAIS invités à participer au débat. Et il en est ainsi dans tous les domaines. Ce n'est mème plus des problèmes d'ègo(il en faut), ce sont des enflures méprisantes!

Ecrit par : nestor | 08 novembre 2006

L'"intelligence" de Meirieu!
Ah oui?

Ecrit par : Jean | 08 novembre 2006

Qui n'est jamais invité? On a quand même pas mal vu Boutonnet, Le Bris, et... Jean-Paul sur les media ces derniers temps, non? Et c'est moi qui suis parano!

Ecrit par : christophe sibille | 08 novembre 2006

À Brighelli :

Je n'ai que sympathie pour votre combat en faveur de l'école, sympathie et soutien. A ma place de professeur de lycée, j'y participe.

Mais quel besoin aviez-vous de parler de la religion comme " l'opium du peuple et des méthématiciens" ?
Vous ne pouvez pas dire que vous ne pensiez qu'à Pascal, et non pas à Lafforgue ! Quant à la suite ... !!!

Le fait religieux est dans la nature humaine et sociale : s'interrogeant sur son être et sa destinée, quel homme n'envisage pas l'existence d'un être supérieur, fût-ce pour se révolter contre lui ? quelles sociétés, quelles civilisations n'ont pas leur réponse et leurs attitudes religieuses face aux questions existentielles ? Et quand le "religieux" est officiellement proscrit, ou consciemment fui, il revient sous des apparences non religieuses - Chassez le naturel ...

Ici, Brighelli, votre anthropologie est vraiment courte.

Reste la question des violences, intolérances relgieuses, etc.

Pour le Christianisme, du moins, elles sont imputables aux hommes, et non à l'Evangile du Christ. L'homme est un être malade, déséquilibré ... Et ses comportements d'homme religieux sont parfois marqués par des pathologies individuelles ou collectives. À ce sujet, Benoît XVI recourt au concept de "pathologies religieuses".

Mais l'Evangile du Christ, lui, est tout entier d'amour, de paix, d'espérance, et de vigueur psychologique.

D'autre part, considérez la multitude d'oeuvres de miséricorde, d'éducation, d'enseignement, les fondations hospitalières, les universités ( création de la chrétienté médiévale), les oeuvres sociales pour les indigents, les prisonniers ou captifs, etc. qui accompagnent et ont toujours accompagné le christianisme ... Privé de tout cela dont la source est évangélique, notre monde serait encore plus dangereux et inhumain.

Pourquoi oubliez-vous saint Vincent de Paul et Mère Térésa, et leurs innombrables émules qui ne font aucun vacarme historico-médiatique ?


L'arbre vous cache-t-il la forêt ?

Ecrit par : rufus | 08 novembre 2006

Ce que les professeurs de terrain reprochent à Meirieu, à Dubet et à leurs comparses, ce n'est pas d'apparaître sur les médias, c'est d'y tenir un discours démagogique. Et comme la démagogie, par nature, ça marche, les médias leur déroulent le tapis rouge. C'est ainsi que Meirieu est fermement convaincu qu'il est un grand pédagogue et qu'il s'inscrit dans la lignée des illustres devanciers dont les portraits ponctuent son site. Il s'en donne la posture, mais il n'en a que l'apparence, comme le Geai paré des plumes du Paon!
Les professeurs qui ont charge réelle d'enseignement savent bien, eux, que le discours pédagogiste n'est qu'un tissu de contre-vérités assorti de prescriptions mortelles et enragent de voir ainsi la malhonnêteté intellectuelle se pavaner.

Ecrit par : Jean | 08 novembre 2006

En réponse à "Jean Sans Nom" suite à mon texte sur Maupassant (forum ouvert du site de Philippe Meirieu).

Ce qui vous dérange dans ce texte c'est qu'il apporte une contradiction totale et évidente à tout ce qui se dit par ignorance ou simple bêtise sur les classes "innovantes", "coopératives " ou "Freinet".

En effet, la culture y est présente quand on reproche à ces pédagogies de fonctionner à huis clos dans un enfermement infantilisant d'autosatisfaction.

Le maître y joue son rôle quand on dénonce son absence, son retrait pour ne pas dire sa démission.

Les élèves y travaillent : écoute, compréhension, lecture, production écrite, orthographe, conjugaison, apports culturels... quand vous prétendez qu'on ne vient plus en classe que pour s'y divertir entre deux récréations.

Bizarrement, je vous trouve bien silencieux sur certains points... Qu'avez-vous à dire sur la correspondance qui fait si facilement écrire des élèves parfois bien rétifs à toute autre forme d'écriture ? Que pensez-vous de la manière dont est abordée le passé simple ? Comment expliquez-vous le soudain attrait pour Maupassant de la part d'enfants qui ignoraient jusqu'à son existence ? Comment jugez-vous la liste individuelle de mots d'orthographe à apprendre ? Que proposez-vous d'autre comme travail adapté pour éviter que certains décrochent ? Avez-vous d'autres idées de valorisation du travail comme celle de présenter son texte à la classe ? Pourriez-vous me donner encore quelques conseils pour mettre au travail vingt-neuf élèves de 8 à 11 ans sans avoir besoin de crier des "choses terribles", de les "secouer" ou de leur mettre des "fessées" comme le préconise la madone des "babistes" ? (tiens, tiens, qui osera condamner cette autre "technique" pédagogique ?).

Bref, je crains qu'à l'approche d'une classe de primaire, vos compétences s'éloignent. Pour ma part, j'apprends chaque jour, progresse, évite des erreurs, corrige mon travail. Je ne suis enfermé dans un aucun dogme et ai recours à toute la palette pédagogique dont j'ai connaissance. Si je tiens compte de mes élèves, c'est par souci d'efficacité, pour augmenter les chances d'apprentissage. Vous appelez "laxisme" ma souplesse. Pour ma part, je crois que la rigidité dont vous vous réclamez est l'exact opposé de la rigueur. Elle désintéresse puis sanctionne avant d'exclure les élèves non préparés sociologiquement à recevoir votre docte parole.

Voilà ce que j'ai tenté d'expliquer dans cette contribution, car jamais Maupassant n'a écrit ses contes pour qu'ils soient disséqués dans la chambre froide que devraient devenir nos classes. Au risque de vous surprendre, je comprends votre incompréhension. Elle est logique, tout comme l'est la croyance - après observation - que le soleil tourne autour de la Terre...

N'étant qu'un "minable sous diplômé" comme dirait J-P B. je cède la place aux aboiement et autres morsures qui ne manqueront pas. Je me permets juste de rappeler que du fond d'un puits, le ciel paraît toujours petit. Le vôtre étant presque à sec, l'étroitesse vous guette. Intéressez-vous à ce qui peut se faire réellement en classe, cela vous éloignera de vos fantasmes d'apocalyptiques.

Sylvain Grandserre

Ecrit par : S.G. | 08 novembre 2006

Bonjour à tous et surtout à Jean-Paul Brighelli,

Je suis sur le point d'achever la lecture de La Fabrique du Crétin. Meme (et je ne mets pas l'accent circonflexe, car je n'ai pas encore apprivoisé le clavier du mac) si je trouve le ton trop incisif, je suis néanmoins d'accord sur le fond.
J'ai 24 ans, je viens de finir mes études, et je me rends compte à quel point j'ai été chanceuse d'avoir des parents éclairés qui m'ont toujours encouragés à lire et à apprendre (plus que le programme scolaire), et parfois de bons profs - de bons instituteurs surtout, qui enseignaient "à l'ancienne".

Mon commentaire a pour objet la question du mépris que Sciences Po aurait manifesté à l'encontre des étudiants reçus à l'école par les conventions ZEP. Pour que chacun comprenne mon propos, je dois d'abord vous parler un peu de moi.

Je suis arrivée en France avec mes prents, en 1990, suite à la chute du communisme en Roumanie. Ayant toujours aimé l'école, j'ai toujours attaché beaucoup d'importance à etre la meilleure de ma classe, ou au pire "dans les premiers". Mes parents, ayant pris conscience du faible niveau de l'école publique, se sont saignés pour que j'aille dans une école privée du CM2 à la 3è...le lycée privé était trop cher, je suis donc repartie dans le public, en ZEP.
En ZEP j'ai souvent perdu mon temps, mon niveau de 3è (d'un établissement privé catholique) était supérieur au niveau de la première littéraire de ZEP que j'ai fréquentée. Mais c'est là que la chance m'a souri : en 2001 j'étais en terminale, et cette année-là Sciences Po a lancé ses premières "conventions ZEP". J'ai eu mon bac L avec mention bien, et j'ai été reçue à Sciences Po sans passer le fameux concours.
Je n'ai pas l'impression qu'on m'ait méprisée en me permettant d'accéder au cursus de Sciences Po. La question du concours traditionnel? Je suis assez intelligente pour me rendre compte que je n'aurais pas pu le passer avec succès : ce n'étais pas une question d'intelligence mais un manque de connaissances que j'attribue au fait qu'il fallait toujours attendre que tout le monde comprenne dans la classe avant d'avancer. Certains pourront me retorquer que pour les élèves qui doutent d'eux, il y a les prépas d'été. En effet, ça existe, encore faut-il pouvoir se les payer, et mes parents avec leur salaire de techniciens ne le pouvaient pas.

Meme si ce systeme de conventions ZEP mis en place par Sciences Po n'est pas parfait (et je l'ai à maintes reprises critiqué tant sur le fond que sur la forme), il est ce qui m'a permis de faire des études où j'ai appris quelque chose, sans me sentir humiliée et traitée avec condescendance (ce qui a été le cas pendant les deux semaines que j'ai passées en hypokhagne au lycée Fénelon).
On peut critiquer les conventions ZEP lorsqu'on croit ce que racontent les médias (notamment la presse écrite) qui mettent l'accent sur l'origine des élèves plutot que sur leurs notes.
Mais en ce qui me concerne, je sens que j'ai MERITE d'entrer à Sciences Po : mes résultats scolaires sont la preuve de mon travail pendant de longues années. Et loin de me mépriser (comme l'ont fait certains profs parce que j'avais plus de connaissances qu'eux, et comme l'a fait l'Education nationale avec ses programmes ultra-light) Sciences Po m'a donné ma chance, celle d'apprendre plus, dans un contexte où etre un bon élève, avoir de bonnes notes, ce n'est pas une honte. A Sciences Po je n'ai jamais été mise de coté parce que j'ai réussi...alors que du primaire à la terminale j'ai été taxée "d'intello" (et c'est presque une insulte dans les cours d'école) et de "lèche-cul" parce que j'apprenais mes leçons et que je ne m'en cachais pas.

Je voudrais donc demander à Jean-Paul Brighelli de préciser son propos quant au système mis en place par Sciences Po. Peut-etre ai-je mal compris ce qu'il voulait dire...
Ce que j'ai compris, c'est qu'il dénonçait un système (celui des conventions ZEP) qui selon lui serait une insulte pour les élèves, car signifiant qu'ils sont trop betes pour passer le concours.
Je pense ( et Jean-Paul Brighelli pourra me dire s'il est d'accord ou pas) que ce système ne résoud pas de manière définitive le problème de la reproduction des élites. La solution est selon moi dans l'amélioration du niveau général d'enseignement...de manière à ce que dans un avenir plus ou moins proche tout les élèves aient les connaissances nécessaires leur permettant de se présenter au concours d'entrée de Sciences Po, et ce peut importe où ils ont fait leurs études. Voilà pour la solution idéale.
Mais il faut prendre en compte la réalité : il ne m'a pas semblé que l'Education nationale ait fait quoi que ce soit dans ce sens. Sciences Po a-t-il eu tort d'ouvrir ses portes à quelques uns seulement? Je ne le pense pas. Certes, on peut se dire que c'est injuste pour les autres (les élèves des lycées non "conventionnés" par Sciences Po) et que ça ne résoud pas le problème.
Mais Sciences Po n'est pas tenu de rattraper toutes les erreurs de l'Education nationale, et l'école a fait ce qu'elle a pu : mieux vaut donner leur chance à quelques uns que fermer les yeux et s'accrocher au concours traditionnel.

Dénigrer les étudiants reçus à Sciences Po sans passer le concours (mais en passant des épreuves quand meme, constitution de dossier de presse et soutenances, ce qui est trop souvent oublié) en insinuant qu'ils ne sont pas méritants...ça ne me parait pas digne de vous Jean-Paul Brighelli. Je parle en mon nom, mais je suis loin d'etre la seule dans ma situation puisque nous sommes 15 étudiants de la première "promotion ZEP" à avoir décroché notre diplome cette année. Et nous l'avons décroché à la sueur de notre front et aux picotements de nos yeux pour avoir passé bien des nuits blanches à apprendre nos cours et préparer nos travaux.

J'espère avoir une réponse de votre part monsieur, car outre le problème (mal-entendu?) que je viens de soulever, j'adhère à ce que vous écrivez, et je suis admirative que vous osiez parler de ce tabou qu'est le naufrage du système éducatif.

Astehna

Ecrit par : Astehna | 08 novembre 2006

Grandserre, lorsque vous parlez d'aboiements et de morsures, n'oubliez pas le complément du nom ou génitif que vous n'omîtes pas dans votre envolée "les hussards bleus" : de pitbull !

Ecrit par : D'Enguell | 08 novembre 2006

Que de grands mots, Sylvain Grandserre! Modérez-vous! Ce n'est pas très pédagogique de vouloir m'expliquer mon erreur de cette façon!
Vous faites allusion, précisez-le, à mon post du 6 novembre sur IUFM, mon amour.
Deux choses seulement, et je dis bien "seulement", m'ont gêné dans votre compte-rendu d'une lecture de Maupassant en classe élémentaire. Ce n'est pas du tout que les méthodes que vous avez employées, adaptées à l'âge de vos élèves, aient marché. Cela, c'est un sujet de satisfaction légitime.
C'est d'abord que vous étaliez de la sorte vos réussites pédagogiques.
Car nous pourrions tous faire des comptes-rendus du même genre, Cher Grandserre. Nous sommes tous passionnés, comme vous , par notre métier et il nous arrive souvent (si,si!), à nous aussi, de voir nos élèves "actifs" sur ce que nous proposons à leurs jeunes esprits. Leur émerveillement devant la découverte du monde et du savoir qui vous a ravi, nous le connaissons tous. Vous ne nous avez rien appris. Vous avez, en fait, enfoncé des portes ouvertes, avec l'ardeur et le langage un peu exalté, j'ai trouvé, du néophyte, bien que vous ne soyez pas en début de carrière, je suppose.

Le second reproche que je vous ai fait, c'est que vous vous soyez cru obligé de condamner, dans la conclusion de votre compte-rendu, ceux qui, sur les mêmes textes de Maupassant, auraient préféré procéder d'une autre manière que vous. Car pourquoi donc voulez-vous absolument que toute autre approche que la vôtre ne consiste qu'à "disséquer" le texte? Pourquoi donc vous arrogez-vous ainsi une sorte de monopole de l'invention pédagogique?
Pourquoi donc voulez-vous que la démarche que vous nous avez exposée soit la seule qui puisse intéresser les élèves?
Du reste croyez-vous vraiment qu'il existe un seul instituteur qui, voulant faire découvrir Maupassant à des écoliers, aurait procédé différemment de vous et leur aurait fait une "explication de texte" qui, toute vivante qu'elle fût, n'aurait pas sans doute pas été adaptée à leur âge? Encore que cela dépende de la classe...
Ce qui, donc, m'a gêné, c'est que vous balayiez d'un revers de manche, en bloc, toute façon de faire qui aurait consisté à dire aux élèves: "Prenez votre livre et votre cahier. Aujourd'hui, nous allons expliquer un texte de Maupassant.", façon de faire qui aurait peut-être parfaitement convenu, au contraire, dans un collège ou dans un lycée.
Mais je croyais m'en être expliqué sur mon post.
Ne vous imaginez pas avoir découvert le fil à couper le beurre. Laissez les autres exister. Ils ne font pas forcément plus mal que vous!

Ecrit par : Jean | 08 novembre 2006

Tiens, je remarque que Jean, dans son dernier message (à Sylvain Grandserre), emploie un ton nettement plus civilisé que dans les précédents. On ne peut que s'en, (et l'en) féliciter. Il traite mieux les présents que certains absents qui, on le sait, ont toujours tort!

Ecrit par : christophe sibille | 08 novembre 2006

Asthena, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire votre témoignage. Non seulement il est plein de bon sens mais de surcroît, il montre qu'il est temps de supprimer les ZEP telles qu'elles sont définies aujourd'hui. Heureusement, vous faîtes partie de cette minorité de jeunes gens auxquels la convention zep de Sciences Po a donné avec succès(àvous lire) une chance. Comme vous le soulignez très bien, il est temps de "briser ce tabou qu'est le naufrage du système éducatif". Cette convention zep de Sciences Po n'aurait jamais du voir le jour car si le système éducatif était encore à la hauteur il y aurait davantage de chances offertes . On peut se réjouir pour vous à titre particulier d'en avoir bénéficié mais je crois qu'il faut déplorer et continuer de dénoncer que vous soyez si peu nombreux, issus des zep, à avoir une chance d'accéder à une "grande école" car vous le dîtes très bien, on ne vous a pas donné l'instruction consistante nécessaire pour prétendre en passer les concours d'entrée!
Aussi, quand vous écrivez:"mieux vaut donner leur chance à quelques uns que fermer les yeux et s'accrocher au concours traditionnel" je vous approuve avec une certaine retenue car j'ai tendance à en demander toujours plus et je crois qu'il est grand temps d'offrir (et je devrais écrire ré-offrir),à tout élève, la même instruction de qualité, en les tirant vers le haut .
Pensez à tous ceux qui n'ont peut-être pas eu la chance,comme vous, d'avoir des parents aussi conscients des enjeux que l'étaient les votres.
Mais en l'état actuel, à vous lire, je pense qu'il est important de maintenir cette convention zep(et souhaitons que ce ne soit que provisoire). Parallèlement, à nous de continuer de dénoncer ce délabrement de l'enseignement et la discrimination quant à l'accès aux connaissances dont nos enfants sont les victimes. On nous bassine au nom de la mixité sociale mais c'est une des plus abjectes tartufferies qui soit dans une société où l'ascenseur social à été mis hors service et dans laquelle il n'y a plus que le sous sol qui demeure accessible pour la majorité.
Bon chemin à vous Astehna, maintenant vous avez de multiples routes devant vous.

Bonjour à JPB, Dobolino et Catmano et tous les autres...

Sieur Sibille comme vous semblez avoir retrouvé la forme dans votre rôle de correcteur d'orthographe des habitués du blog , je ne prends pas la peine de relire vous me corrigerez!

bonne fin de journée à tous

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 08 novembre 2006

Jean,

N'inversez pas les rôles. Dois-je vous rappeler qui actuellement menace, sanctionne, interdit ou falsifie les propos ? Sauf erreur de ma part, c'est bien R. Goigoux qui a été interdit puis insulté ("chauffard" à qui on confierait une auto-école), P. Frackowiak qui a été menacé quand d'autres ont une liberté de critique de l'institution totale, J-E. Gombert dont les propos ont été amputés sur le DVD relatif à la lecture, les chercheurs qui ont vu leurs travaux détournés pour faire croire, avant le récent démenti, qu'ils soutenaient l'action ministérielle.

Donc, sur le terrain de l'intolérance, il y a bien plus suspect que moi qui suis habitué à faire chaque jour avec tout le monde, dans la classe (écarts d'âge, de compétences, différences sociales) ou en dehors (élus, parents, collègues, partenaires, intervenants...).

Maintenant, ce n'est tout de même pas de ma faute si tout le monde se plaint du manque d'attention et d'intérêt des élèves pour ce qu'on leur enseigne. Feriez-vous un constat inverse ?

Je n'ai donc jamais eu la prétention d'imposer une méthode mais juste l'intention de rappeler dans une vision positive que vous prennez à tort pour une exaltation de néophyte, qu'il ne fallait pas renoncer et qu'à certaines conditions -qu'il nous faut savoir créer - un enfant peut aimer lire, écrire, chercher et même s'intéresser à ce qui de prime abord semblait éloigné de son univers.

Si vous aussi vous avez quelque chose d'encourageant à nous raconter sur ce qui peut se passer en classe, n'hésitez pas, ça changerait des incessantes jérémiades qui encombrent les blogs et forums sur l'éducation.

PS pour D'Enguell : je sais qu'il est risqué de jouer avec une muselière. Mais ça me paraît tout de même moins dangereux que de caresser les loups dans le sens du poil !

SG

Ecrit par : S.G. | 08 novembre 2006

JP même moi je me fais avoir ( de temps en temps) et pourtant je le sais ;)


IL NE FAUT PAS LES LIRE ....

Surtout quand le nain il te dis qu'il a lu en 'biais' :))))))))


Bon j'ai vu que vous avez récupéré SG , donc voici un petit lien 'rigolo' pour savoir à qui vous avez à faire (affaire ;) )

http://www.lire-ecrire.org/index.php?action=forum&subaction=message&id_chambre=1641&id_sujet=14761&PHPSESSID=9af7eeb6a8e3feb04ada6e446b1c7897

Il y a trois pages à lire, soyez pô trop vache avec lui, il a de gros soucis de compréhension ;)

Ecrit par : toto | 08 novembre 2006

dit

trop bonne ma weed :o)

Ecrit par : toto | 08 novembre 2006

"Elle (la rigidité) désintéresse puis sanctionne avant d'exclure les élèves non préparés SOCIOLOGIQUEMENT à recevoir votre docte parole".
Voyez-vous, SG, même en édulcorant vos propos, les grossièretés restent apparentes.

Et la muselière qu'il est risqué pour vous de manier, Mowgli n'en avait cure, il savait où était la place que les loups lui attribuèrent, pour ne pas se faire dévorer tout cru par le VRAI méchant.
Pas vous apparemment.

Ecrit par : D'Enguell | 08 novembre 2006

"Sieur Sibille comme vous semblez avoir retrouvé la forme dans votre rôle de correcteur d'orthographe des habitués du blog , je ne prends pas la peine de relire vous me corrigerez!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 08 novembre 2006

J'ai corrigé, ou plutôt demandé la rectification d'une faute altérant le sens d'un message qui m'était destiné, oui.

Ecrit par : christophe sibille | 08 novembre 2006

"dit

trop bonne ma weed :o)"

Ecrit par : toto | 08 novembre 2006

Oui, ça m'en a tout l'air!

Ecrit par : christophe sibille | 08 novembre 2006

D'Enguell, puisque vous vous référez à Kipling en me parlant de Mowgly, je préfère ce passage de son célèbre texte "If" :

"Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un seul mot"

Je trouve que ce passage à toute sa place sur ce blog. Un dernier mot pour Jean qui s'inquiète de trouver peut-être une marque de mépris des pratiques de classe différentes des miennes : attention, vous êtes tout de même sur le blog de quelqu'un qui estime que les enseignants ne fichent plus rien (surtout au primaire) et qu'ils n'apprennent plus la moindre chose à leurs élèves !

Toto merci pour le lien de la vidéo, je l'avais perdu. Manqueriez-vous d'humour ? Je suis sûr qu'il fera sourire JPB.

Ecrit par : S.G. | 08 novembre 2006

"Comment leur crasse ignorance, cachée sous une virulence abrutie, peut-elle séduire des parents déboussolés, des enseignants dépassés ou des animateurs en mal d'audimat"

Affirmerez-vous encore être un travesti par gueux ?
Vous citez You'll be a man, alors que vous jouez Yul Brynner en pharaon, qui ne voit que son petit empire lui échapper...
Jérémiades, vous dîtes !

http://perso.orange.fr/bla-bla.cycle3/pdf/divers/les%20hussards%20bleus.pdf

Ecrit par : D'Enguell | 08 novembre 2006

A lire ce truc sur le lien que vs venez de donner, D'Enguell, et je ne suis pas une habituée de ce type de textes car je "navigue" assez peu sur le net, je me dis que l'on s'y est mal pris, sûrement. Bien sûr, je sais que ces gens-là sont prompts à déformer les propos pour défendre leur boutique, mais avons-nous pris toutes les formes nécessaires pour éviter qu'ils puissent s'adonner aussi aisément à un travestissement des mots dont nous usons? Par ailleurs, le coup des "tapes sur les fesses", a-t-il vraiment été présenté ainsi ou est-ce de la diffamation pure et simple?Je crois que toute intervention quand elle est télévisée ou radio-diffusée devrait être extrêmement préparée, comme une leçon d'agreg, tiens, où l'on sait que chaque mot peut vs sauver ou vs exclure. Le "nous" étant un "nous " de solidarité car je n'y suis point pour grand-chose.

Ecrit par : elisabeth | 08 novembre 2006

C'est Toto, grâce lui soit rendue, qui nous avait communiqué ce lien début octobre.
Je l'avais appris par cœur... ;)

Ecrit par : D'Enguell | 08 novembre 2006

C'est fou ce que les opposants à la réaction nécessaire et justifiée contre les dérives de la pédagogie et les circulaires officielles stupides ont le mot "collabo" à la bouche! M. Grandserre critique les "zélés "collaborateurs" de la politique la plus rétrograde..." Sait-il ce qu'est la collaboration, voire le collaborationisme? Aussi C... que certains futurs éducateurs! Non, il ne fait pas partie des "rétrogrades"; bien mieux, il est un parangon du progrès dont chacun peut estimer les résultats. Il est content le Monsieur?
C'est la vilaine droite, c'est le capitalisme, c'est les réacs cathos qui sont la cause de la débandade générale? Pas la faute du SNES? du SGEN?du SE? Tiens et si c'était la faute du SNALC? Pas mal hein?
Il y a des clercs sans frocs qui incarnent le PROGRES et dont l'Eglise est envahie par des démons... Brighelli le grand Satan peut-il nous aider à affaiblir ces grenouilles de bénitiers qui coassent dans les IUFM? On le suit !
Au diable les batraciens!

Ecrit par : Baltazar | 08 novembre 2006

"attention, vous êtes tout de même sur le blog de quelqu'un qui estime que les enseignants ne fichent plus rien (surtout au primaire) et qu'ils n'apprennent plus la moindre chose à leurs élèves !" S.G.
La dernière fois que j'ai entendu dire que les enseignants ne fichaient rien, c'était à la réunion de la Section locale du PS de la bouche d'une instit jeune retraitée qui cherchait à me prouver ainsi l'utilité de Meirieu (à qui elle voue un culte) et des inspecteurs dans des classes menées par des fainéants...Excusez moi mais je n'y comprends plus rien, d'autant plus que je n'ai jamais lu ici que les enseignants étaient des fainéants mais plutot des manipulés?

Patricia, vous avez écrit à Asthena très exactement ce que je voulais lui dire et vous en remercie.

Ecrit par : dobolino | 08 novembre 2006

Et puis, les pédagogistes n'ont jamais témoigné le moindre mépris pour les enseignants, cela va de soi. Jamais la moindre trace de mépris à l'encontre de la société des agrégés, par exemple.

Ecrit par : Pierre-Henri | 08 novembre 2006

Soit dit en passant, Pierre-Henri, on peut être agrégé et n'avoir que de bien piètres échantillons de pédagogie dans ses bagages! C'est aussi vrai , bien sûr, pour les certifiés et les professeurs des écoles.
Ne serait -il pas intéressant de définir le pédagogue en regard du pédagogiste? Un pédagogiste: pédagogue en puissance mais incapable d' être en acte par superstition, il croit à une science de l'éducation, il se rassure et se donne une posture au moyen d'un discours abscons qui prétend à la scientificité.

Il ya 20 ans, mon meilleur professeur d'Histoire-Géo du Lycée me parlait des "pédagogues de laboratoires". Il avait un charisme, une énergie, une passion exceptionnels pour nous faire entendre et comprendre. Il n'avait pas été chez les Meirieu-boys pour mériter les éloges d'inspecteurs de passage. Qu'en serait-il aujourd'hui? Il serait taxé de "rétrograde"? Il n'aurait pas une bonne note de l'inspection pédagogiste ou pédagogique?

Ecrit par : Baltazar | 08 novembre 2006

Un petit "Billet d' humeur" sur Les Mots-Tocsin :

Laurent Lafforgue et Jean-Paul Brighelli
ou
Le complexe d'Astérix

http://motstocsin.autonomie.org/html/billets/page1.htm

Avec une référence à un texte de Bricmont qui remet bien les chose en place...

Ecrit par : Yves | 09 novembre 2006

Tiens, je remarque que Jean, dans son dernier message (à Sylvain Grandserre), emploie un ton nettement plus civilisé que dans les précédents. On ne peut que s'en, (et l'en) féliciter. Il traite mieux les présents que certains absents qui, on le sait, ont toujours tort!

Ecrit par : christophe sibille | 08 novembre 2006

Vous en savez quelque chose, n'est-ce pas Christophe Sibille ?

Ecrit par : Guillaume | 09 novembre 2006

Tiens, revoilà Guillaume! Bonjour à vous.
Merci, Sylvain... Ce blog va enfin s'enrichir avec un peu de discussions contradictoires, grâce à vous.

Ecrit par : christophe sibille | 09 novembre 2006

A propos des "Recommandations du HCE pour la formation des maîtres" déjà évoquées sur ce blog, ce communiqué de la Société des agrégés.
M.Jean-Michel LEOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante:
"La Société des agrégés dénonce vivement les Recommandations du Haut Conseil de l'Education sur la formation des maîtres.
En effet, si chacun peut y trouver telle ou telle proposition qui puisse le satisfaire, l'esprit général du texte est inspiré par les idéologies pédagogiques qui se prétendent "progressistes" mais sont responsables, depuis des années, de la décadence de l'instuction publique.
En affirmant, dès les premières lignes de son rapport, que "de bonnes connaissances disciplinaires ne suffisent pas à faire un bon enseignant", - sans préciser qu'elles sont le fondement indispensable d'une pédagogie efficace - ou, plus loin, qu'"il ne suffit pas d'être un bon enseignant [...] pour être un formateur compétent", le haut Conseil de l'Education ouvre la voie à toutes sortes de dérives et donne aux idéologues la mainmise sur l'enseignement.
Le référentiel des dix compétences qu'il propose pour la titularisation ne comprend que deux compétences disciplinaires ("compétence disciplinaire et culturelle", "compétence en langue française"), ce qui, quelles que soient les intentions du HCE, rend ces compétences secondaires.
La compétence n°8 ("compétence à travailler en équipe et à coopérer avec tous les partenaires de l'Ecole") donne au métier d'enseignant une orientation contraire à la liberté pédagogique en imposant comme une condition de la titularisation une pratique dont la pertinence de la généralisation na jamais été démontrée.
Tout laisse à penser que ces "recommandations", si elles étaient appliquées dans leur ensemble, aggraveraient les défauts patents des IUFM et donneraient un privilège irréversible aux préjugés arrogants des prétendues sciences de l'éducation.
La Société des agrégés ne saurait accepter que la formation des professeurs, qui ont le devoir de transmettre des connaissances à leurs élèves pour en faire des esprits libres de penser par eux-mêmes, soit soumise à un carcan idéologique."

Ecrit par : Jean | 09 novembre 2006

En affirmant, dès les premières lignes de son rapport, que "de bonnes connaissances disciplinaires ne suffisent pas à faire un bon enseignant", - sans préciser qu'elles sont le fondement indispensable d'une pédagogie efficace "

Ecrit par : Jean | 09 novembre 2006

Le fait que l'on précise qu'elles ne suffisent pas signifie en lui-même qu'elles sont le fondement indispensable d'une pédagogie efficace. Comment dit-on, en math? Nécessaire, mais non suffisant? Pour vous tous qui semblez aimer les sciences exactes, et qui pensez que l'apprentissage de la lecture puisse en faire partie... ...

Ecrit par : christophe sibille | 09 novembre 2006

Peut-être mal placé, mais je ne sais comment faire pour vous communiquer l'existence toute nouvelle d'une histoire pour enfant qui vous plairait, forcément.

en voici la présentation:

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Tariq, le chameau

Tariq le chameau est un petit être qualifié de "différent". Il n’est pas adapté à une école qui formate, il ne rentre pas dans le moule. A travers cette histoire pour enfants, Jean-François Planchet (les mots) et Loïc Lémonon (les
dessins) illustrent par la poésie les difficultés auxquelles sont confrontés les enfants "hors-cadre", ceux qui ne peuvent, ne veulent, par leur héritage culturel ou social, suivre les rails sur lesquels l’institution veut les poser.
Qu’ils soient de la troisième génération, qu’ils soient manouches, qu’ils soient en grande difficulté scolaire, les Tariq souffrent par milliers, anonymement, sur les bancs trop lisses de l’institution scolaire. Par cette histoire, Jean-François Planchet et Loïc Lémonon en décrivent en filigrane les violents rouages.

Une interview de Jean-François Planchet a été réalisée par le collectif "Les mots sont importants" sur leur site à l’adresse :
http://lmsi.net/article.php3?id_article=587

« Tariq, le chameau »
Editions à même le monde
www.amemelemonde.fr
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Merci

Ecrit par : E. | 09 novembre 2006

Jean, une question:
Pourquoi faut-il que la Société des agrégés énonce seule ce genre de critique? Et les certifiés, sont ils, sans Société, des moutons incapables -parce que non agrégés?...- d'exprimer de telles réserves ou critiques?

Est ce que la fierté d'un agrégé lui donne davantage de force pour résister aux idioties officielles? Les certifiés et professeurs des écoles formeraient-ils une masse plus maléable par manque d'estime de soi?

Depuis quand et pourquoi cherche-t-on à faire perdre l'estime de soi dans cette profession?
Humiliation nouvelle: l'intégration dans la moyenne générale , sanction du tavail, de la note de Vie scolaire (comportement, discipline, etc..). Poudre aux yeux destinée à faire croire au retour de la morale: foutaise et perversité! La réalité sera l'amélioration de la moyenne générale avec des notes élevées. Il peut être fier le Ministre!
Les critères objectifs de son attribution? Oui, il y en a un peu mais la subjectivité est reine. Quant aux moyens à mettre en oeuvre pour attribuer la note, je vous laisse y penser. Les Yaka sont attendus de pied ferme.

Ecrit par : Baltazar | 09 novembre 2006

Bonjour à tous,
Zil de mon état et en SEGPA pour la semaine avec des 6è,5è,4è,3è. Je suis d'accord (encore) avec JPB. Leur vide culturel fait qu'ils s'occupent comme ils peuvent.
En une après-midi aujourd'hui, un élève de 13 ans m'a traité de tapette, a dit à une autre prof "t'es quand même bonne pour ton âge" et a rajouté "continue de crier tu m'excites" puis a terminé avec un "grosse pute" destiné à une camarade.
La semaine avant les vacances, je m'occupais d'un CP/CE1 dans un quartier pavillonnaire. Un élève me répond avec un peu trop de toupet. Je lui donne une tape (non douloureuse) sur les fesses et lui dis de regagner sa place, ce qu'il fit sans moufter. Eh bien lisez ça....
La directrice de l'école a appelé l'inspecteur qui s'est déplacé pour me sommer de ne pas toucher aux élèves, que j'aurais des soucis. (en ces temps où chaque homme est un pédophile en puissance)
Le problème c'est que les élèves qui mettent le désordre sont 3 voire 4 dans une classe. Et le gamin de treize ans a dit devant la directrice de la SEGPA "même mon père n'a pas le droit de me toucher." Pourquoi? lui dis-je... "Parce qu'un jour il a été convoqué et il m'a mis une baffe. Le collège a porté plainte contre lui."!!!!! Puis "les rapports ça fait rien, machin il en a 15 et il a rien."
L'autorité a disparu avec le savoir. Même Freud et tous les psy responsables de la planète vous diront qu'elle structure. Bien-sûr point trop n'en faut mais aujourd'hui devant de tels actes, il faudra m'expliquer comment faire avec des élèves invincibles d'un mètre quatre-vingt qui le savent.
Le pire de tout est que depuis la rentrée en septembre et ce pauvre gosse explosé affectivement mis à part, la plupart des élèves que j'eus cette semaine s'ennuient en cours. "Quavez-vous fait pendant 7 semaines s'il n'y a rien dans vos classeurs?" (Pas de traces en histoire/géo, ni en français, rien!!)Réponse:"Ben on a parlé."(Sic)
J'emmerde la pédagogie moderne autant que Jospin et sa loi de (des)orientation de 1989. J'emmerde les croyants et les pédagogues planqués dans les IUFM (et cette gourde formatrice de l'IUFM qui nous scande qu'on peut comprendre un texte sans comprendre les mots). Ce sont des crimes pédagogiques incessants. Et ces PE bien pensants qui ânonnent dans les couloirs que tout ça est vrai mais qui pissent dans leur slip devant la médiocrité absolu que sont ces spécialistes de l'EN sans classes depuis 15 ans!La pauvreté intellectuelle de ces élèves est abyssale. Et pourtant ils sont preneurs du systématique, de l'histoire et du reste. Moins il y a de mots plus il y a de baboin en nous écrit M.Onfray. Encore bingo!
Me faire insulté n'est pas de mon ressort, mais ça n'est rien à côté de ce qui arrivera à coup sûr au fil des années. A Etampes dans le 91 une prof de techno a reçu 3 ou 4 coups de couteau pour avoir mis une mauvaise note. M.Onfray m'avait dit en 2000 "il y aura un mort un jour." J'ai envie de dire "vivement!". Et comme toujours ce sera un enseignant du terrain, pas un planqué qui a quitté les planches.

Ecrit par : combemale | 09 novembre 2006

Et 80 s'écrit quatre-vingts

Ecrit par : combemale | 09 novembre 2006

Amis brighelliens
Allez donc jeter un coup d'oeil à une petite célébration presqu'intime! Mme Royal dans une réunion plutôt discrète dans une fédération régionale PS.
Objet: les profs.
Propositions: 35 heures par semaine de présence. Neutraliser les syndicats avant et faire passer le message aux jeunes profs surtout, d'après elle, plus facilement....(influençables?)
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=36572
Plus plein d'autres choses...Ah, les copines de Meirieu !!!!
Un salut à toi JPB !!!!
BRUNO GUITTON
Prof de Philosophie

Ecrit par : GUITTON | 09 novembre 2006

Balthazar,
Je citais le communiqué de la Société des agrégés comme une des premières réactions d'une association de professeurs contre les Recommandations du HCE. Mais la Scoiété des agrégés n'a pas, évidemment, vous avez raison, le monopole de la contestation. Ce n'est qu'une association parmi d'autres. Toutes les associations, les historiens , les économistes, les matheux, les anglicistes, etc, peuvent se fendre d' un communiqué du même genre. Plus il y en aura, mieux ce sera. Et puis, c'était aussi un peu pour répondre à ceux qui, sur ce blog, déplorent que personne n'"agisse".
Quant à la note de vie scolaire, elle a pour objectif, je crois, de commencer à diminuer la part des connaissances, dans la moyenne du brevet, au profit du comportement "citoyen" (ça doit venir de l'Ecole ou la Guerre civile). Ce n'est qu'un début.

Ecrit par : Jean | 10 novembre 2006

Je viens de lire le dossier de LL contre JPB.

JPB a-t-il la conscience déformée au point de ne pas se rendre compte combien il blesse ceux qui partage la foi de LL?
Est-il de mauvaise foi?

JPB montre-t-il sa méconnaissance des mathématiciens qu'il présente comme coupés du réel?
Est-il de mauvaise foi?

Sans mathématiciens il devrait se priver de nombreux outils tels que l'ordinateur, sa carte bancaire,etc et se priver au besoin de certains progrès de la médecine et de beaucoup d'autres choses.

"L'obscurantiste à libido malsaine" en voilà une façon de traiter LL qui ne faisait que citer une des horreurs des guerres de Vendée.

Trouve-t-il la libido de Sade ou la sienne plus saine?
A dire vrai je m'en moque.

Tout cela me navre profondément.

Nous avons tous comme héritage commun :

les Droits de l'Homme.

Restons en là et respectons toutes croyances conformes à ces
Droits.

Pour ce qui concerne la théorie des sphères de JPB c'est une pure illusion surtout lorsqu'on vient piétiner la sphère privée des autres.
L'intersection de deux sphères lorsqu'elle n'est pas vide ou réduite à un point est un cercle.
Qu'elle soit le cercle de l'amitié et d'une Ecole du savoir!

Ecrit par : JO | 10 novembre 2006

Le problème de la religion est justement qu'elle doit rester du domaine de la sphère privée. Point barre.

Ecrit par : christophe sibille | 10 novembre 2006

et nos grands philosophe n'ont rien à répondre à combemale ?
le terrain, le terrain vous dis je!!!
nos grandes têtes pensantes sont des imbéciles qui ne sont que dans la procédure : le résultat ils s'en balancent!
mercredi monsieu Bentolilla à la Roche sur yon a remis à l'honneur ce que bon nombre d'entre nous avions vu et mis en place ds nos classes en prenant le risque de nous mettre à l 'index...
Un directeur d'IUFM qui se vante du travail de formation fait dans ce domaine auprès des jeunes! quand on est sur le terrain avec des T1 qui sont en perdition et qui doivent tout inventer tous les jours: on leur dit de ne pas faire mais surtout on ne leur dit pas ce qu'il faut faire!
un inspecteur d'académie qui remercie le prefet et SA FEMME de leurs présences ce qui témoignent de leur interet ... je ne savais pas que la femme du prefet avait une fonction...
BREF on se moque de nous!!! et moi ce matin j'ai même pas envie d'aller à l'école! il faut attendre que des grandes pointures viennent dire les choses, alors que le terrain recèle de ressources qu'on ignore volontairement parce que non labellisées... apres 22 ansde service , je cherche à quitter la maison...

Ecrit par : pirouette | 10 novembre 2006

J'ajoute, Balthazar, que, devant un texte comme les Recommandations du HCE pour la formation des maîtres, vu l'extrême danger qu'il représente, la réaction des organisations d'enseignants devrait être immédiate et fulgurante. Mais pour cela il faut avoir une position claire à l'égard du pédagogisme... Vous trouverez des collègues, cher Balthazar, pour trouver des vertus à la note de vie scolaire, et des syndicats qui n'ont à la bouche que: "Il faut enseigner autrement"!
Elisabeth, si la pétition que vous avez affichée contre le démantèlement du statut émane d'un syndicat, au surplus d'un seul, vous pouvez la replier mignonnement et la ranger délicatement dans vos archives. Elle est vouée à l'échec. Car les professeurs ne font plus confiance aux syndicats quels qu'ils soient, et ils ont d'ailleurs bien raison.
Le démantèlement du statut est appelé à la fois par l'"Europe de la connaissance" (par antiphrase!) - voyez les audits sur la grille horaire des collèges et des lycées - et par les pédagogistes, qui estiment, comme Meirieu le déclarait l'an dernier sur une chaîne de télévision, que les professeurs ne passent pas assez de temps dans les établissements (Meirieu disait en substance que si les enseignants se consacraient autant à leurs élèves qu'à leurs propres enfants, le système éducatif n'en serait pas où il en est, déclaration qui a profondément choqué des collègues de mon collège d'habitude totalement "neutres" qui l'ont entendue et me l'ont rapportée), comme si rallonger encore la journée de classe des élèves était une solution réaliste!
C'est de manière très précise sur ces deux terrains-là, c'est-à-dire à la source, qu'il faudrait porter la contestation. Il faudrait évidemment pour cela un large mouvement d'opinion, unitaire et "transpartisan", comme l'Appel pour la refondation de l'école.
Christophe, cela ne vous trouble pas que "les copines de Meirieu" (Guitton, ci-dessus) veuillent nous mettre à trente-cinq heures de présence? C'est cela que vous appelez l'"intelligence" de Meirieu? J'aimerais bien, si vous avez un moment, connaître votre avis sur cette proposition, et sur la déclaration de Meirieu rapportée ci-dessus.

Ecrit par : Jean | 10 novembre 2006

Pirouette,
Vous aimez l'enseignement? Vous adorez expliquer, vous ne vous en lassez pas? Vous avez choisi d'éveiller et de nourrir les jeunes intelligences, de montrer aux enfants qui vous sont confiés qu'il existe autre chose que la télé et les jeux vidéo? Bref, vous aimez votre métier? Alors ne quittez surtout pas la maison! Faites, comme la plupart des visiteurs de ce blog, le contraire de ce que recommandent les pédagogistes.
"Mais que dorénavant on me blâme, on me loue;
[dit le Meunier]
Qu'on dise quelque chose ou qu'on ne dise rien;
J'en veux faire à ma tête." Il le fit, et fit bien."

Ecrit par : Jean | 10 novembre 2006

J'oubliais, Pirouette...
Signez, si ce n'est déjà fait, l'Appel pour la refondation de l'école (www.refondation-ecole.net ) .

Ecrit par : Jean | 10 novembre 2006

Entièrement d'accord avec vous, Jean. La torpeur de la masse enseignante et de la majorité des syndicats ne cesse que pour des revendications qui , sans être toujours infondées, ne sont pas en rapport étroit avec la dégradation du métier. Cette note de vie scolaire est un hochet pour quelques parents d'élèves qui pensent voir là le retour à de l'ordre... C'est pitoyable, les mômes n'en ont rien à faire et , en plus, cela va les aider au DNB.
Oui, il y a des cher collègues assez Cons pour trouver ça bien, gentils mais cons!
J'enrage et je ne trouve pas assez d'enragés pour ruer dans les brancards. La majorité couine dans son coin et a la trouille de gueuler. Juste bons à défiler en demandant des moyens et une augmentation de salaire indexée sur la hausse des prix!
Le cynisme et la passivité aigrie de la masse- limace font le lit de la dictature des parasites du MEN!

Ecrit par : Baltazar | 10 novembre 2006

Guitton, allez sur le lien proposé par Guitton mon amour!!!
Je la savais garce comme tonton (Ségolène), mais là c'est à faire connaître. Je vais l'enregistrer avec ma caméra parce que j'ai peur que cet extrait ne soit plus dispo très bientôt. Et je vais diffuser ça partout même aux ignorants PE da ma génération de dégénérés. Et ces salauds qui donnent des cours dans le privé. Si ça continue, faudra que je pense sérieusement à fonder ma propre boîte privée parce qui si ça ça passe, alors finito le service à la con du public. 35h...Les syndicats signeront tous et je mets ma main à couper que les PE seront ravis...
Nous devons 35h à l'administration mais souvenez-vous, tas d'ignorants, que nous sommes payés 6 h par jour plus deux heures de preparation à la maison. Et si je m'occupe des élèves alors j'en serai à 45h par semaine et pour 1500€ qu'ils ayent se tâter l'oignon,gnon,gnon, tas de gnons!

Ecrit par : combemale | 10 novembre 2006

Bonjour les fadas ,


juste un mot à E. sur l'histoire de Tariq :


1) j'ai survolé... désolé po trop le temps là
2) ATTENTION

CH A = CHAT
P OUL = POULE
FL EUR = FLEUR

A) LA PROGRESSION EST NULLE
B) LA SYLLABISATION EST NULLE (POU LE amha,, Alors... le E final, on le prononce oui ou non ?)
C) ON NE MONTRE PAS DES FAUTES A UN GAMIN (cha poul )

Qu'il s'appelle Tariq Aurélien trucmuche que ce soit global ou syllabique.

Voili voilà bonne journée E. Machin

Ecrit par : toto | 10 novembre 2006

Cela dit, l'augmentation de salaire indexée sur la hausse des prix, non seulement elle n'a pas été particulièrement revendiquée par les syndicats, mais en plus elle ne me semble pas acquise par les professeurs... Alors il faudrait réclamer plus, mais on a même pas le minimum.

Ecrit par : Jérémy | 10 novembre 2006

Je n'ai pas attendu, Jean, vos éminentes remarques, (que vous m'adressez sur un ton assez condescendant )sur la désertion des syndicats pour me rendre compte de cette désaffection. J'éprouve la plus grande haine pour la plupart des syndicats enseignants qui ont été et sont plus que jamais des co-gestionnaires des rectorats.
Il n'en reste pas moins que face à cette attaque des statuts, je trouve encore qques raisons d' aller accrocher en salle des profs certaines pétitions de FO qui sans être à mes yeux un syndicat exemplaire, loin s'en faut, a le mérite de dire de temps en temps moins de conneries que les autres et d'en faire un peu moins aussi. C'est donc sans illusion aucune que je punaise quand cela me semble nécessaire qques bafouilles syndicales. Cela me permet de voir que de plus en plus de collègues approuvent les mesures qui sont en train de nous faire mourir à petit feu. Car tout bien considéré, je ne crois plus beaucoup au mythe du prof passif, larve, qui n'ose pas etc..mais bien plutôt au fait que la grande majorité est en accord avec ce qui se passe.
Dans les différents bahuts où je suis passée, j'ai tjs vu surtout en collège les 3/4 de mes collègues approuver les "nouveautés" pédagos qu'on ns servait et s'y lancer volontairement ,sans rechigner, avec enthousiasme. J'en ai connu qui traînaient leurs guêtres du matin au soir dans le collège parce qu'ils s'ennuyaient chez eux, j'en vois même encore qui arrivent le midi pour déjeuner à la cantine alors qu'ils ne commencent qu'à 14 heures. Hummmm.... le doux parfum de la collectivité...
Cela fait bien longtemps que je suis sans illusion aucune sur les profs exception faite de qques-uns mais qui sont malheureusement disséminés un peu partout et trop peu nombreux.
Et puis enfin, on n'agit pas moins puisque tel était votre argument, en accrochant une pétition de FO qu'en signant l'appel à la refondation ou un autre papier qui ne fait qu'apaiser notre conscience mais dont l'impact réel est souvent risible.

Ecrit par : elisabeth | 10 novembre 2006

Elisabeth, vous avez raison le gros de la troupe est grégaire. Du bétail qui aime bien meugler en choeur dans la salle des professeurs et ruminer à la cantoche...Robien à l'IUFM du Mans , c'est pour voir la promotion porcine avec laquelle il va faire des rillettes? GRUIK! GRUIK!
Quelle basse-cour! très basse! un cul -de- basse- fosse.

"De profondis..."

Ecrit par : Baltazar | 10 novembre 2006

Segolène et les 35 heures pour les profs.

Pour résoudre l'échec scolaire au collège, Ségolène a une idée révolutionnaire : elle propose que tous les profs qui passent tout leur temps en dehors du collège, à doubler leur salaire en dispensant des cours chez Acadomia (c'est bien connu ! après les cours, nous n'avons plus rien à faire !!!!), restent désormais au collège 35 heures pour assurer leurs cours et des cours individualisés aux élèves en difficultés. Eh bien sûr GRATUITEMENT !!!! REVOLUTIONNAIRE !
Il ne faut pas compter sur les vieux profs qui vont s'accrocher à leurs acquis mais les jeunes !!!! pourquoi pas !
En tous cas, si on nous passe aux 35 heures, je me demande qui va préparer mes cours et corriger mes copies ?
A moins que je fasse comme dans beaucoup de collèges américains : "Vous lirez le chapitre 4 du livre pour la prochaine fois, on en discute et je vous évalue dans 15 jours avec un QCM (rapide à corriger)
Avec ce type de propositions démagogiques, le niveau n'est pas prêt de s'améliorer mais Ségolène est sûre d'avoir les voix de parents qui en ont après les profs..........

Ecrit par : frederique | 10 novembre 2006

Jean, j'ai dit déjà un certain nombre de fois ce que je pensais de Royal, ici. Ce que je pense depuis longtemps. J'ai même eu l'occasion de "l'insulter" en direct, sur arte, il y a quelques années, (émission: "cas d'école", Elisabeth Martichoux). Ceux qui la découvrent, ou font mine de la découvrir maintenant telle qu'elle est m'amusent un brin!
Cordialement.

Ecrit par : christophe sibille | 10 novembre 2006

Faut dire que certains profs sont forts pour se faire "aimer" des parents!!!!
Entre ceux qui mettent les parents à la porte ou qui les envoient balader parce que ce sont eux les professionnels ! n'empêche que parfois les parents on des bonnes idées et pour ma part je suis toujours en mesure d'expliquer pourquoi je fais qq chose. Et si d'aventure un parent me coïnce, je suis aussi capable de dire que je n'avais pas vu le poblème sous cet angle et que je vais y réfléchir. Les parents ont plus souvent besoin d'être entendus, les profs qui les envoient balader, participent au dénigrement que les parents peuvent avoir contre nous...
Pour couronner la journée: journée de CAPD pour les promotions! Comme j'ai eu de très bonnes notes et que je suis au dessus des cases ou je devrais être, je suis priée d'attendre l'avancement à l'ancienneté...
ma collègue est dans le cas inverse : des notes basses en début de carrière, elle rattrappe la grille en passant au choix!
C'est comme pour les élèves: pas de redoublement que tu bosses et t'investisses ou pas... même tarif : on se moque de toi! Aucune reconnaissance
Et merci à Jean pour les encouragements...
On est en manque de reconnaissance même par notre hiérarchie!

Ecrit par : pirouette | 10 novembre 2006

Beaucoup de choses sont dramatiques dans cette histoire de 35 h au collège selon sainte Ségolène.
Tout d’abord, la haine envers les enseignants, qui se dégage du discours de cette personne.… Comme Allègre, cette dame carbure à la haine des profs : c’est porteur. De mon temps, on appelait ça du poujadisme. Mais maintenant il paraît que c’est de gôche — pas la mienne en tout cas.
Secundo, la parole qu’elle libère : les nostalgiques du “dégraissage du mammouth” reprennent du poil de la bête, au moment même où l’on bourre les classes, où l’on supprime des milliers de postes, et où certains CAPES sont réduits à des peaux de chagrin voire carrément fermés. Certains de ces propos révèlent une profonde méconnaissance des réalités du terrain.
Dans les deux cas, la haine de l’enseignant semble aller de pair avec une véritable haine du savoir : car on n’instruit plus, on éduque càd qu’on formate. Et pour éduquer ainsi , pas besoin de faire cours : une vague présence suffit.
Ce qui m’amène à mon tertio, le projet pédagogique-sic qu’il y a derrière les propos de la dame : 35 h de présence au collège, ce n’est pas pour faire cours (impossible, quand voulez-vous les préparer et corriger les copies ?). Donc, c’est pour encadrer les gamins, “animer” (ça se gâte) ou faire garderie (c'est pire), voire pour jouer un rôle d’animateur social, ce qui est un métier, un vrai métier qui ne s’improvise pas — bref, éduquer à la place des parents, au lieu d’instruire : toujours moins d’école à l’école, avec Ségolène au moins on n’est pas déçu.
Il ne faudra pas s’étonner que les voix se portent ailleurs, et il ne faudra pas venir accuser ceux-là de la présence du borgne au deuxième tour : il est grand temps que les socialistes apprennent à ne pas creuser eux-mêmes le lit de l’extrême-droite tout en accusant les autres de le faire.

Ecrit par : FGuichard | 10 novembre 2006

Faites comme moi : votez Allègre à chaque élection
!

Ecrit par : Lariba | 10 novembre 2006

Non ! ce n'est pas la haine de l'enseignant! c'est la haine d'un certain comportement d'enseignants...
Nous sommes aussi des parents d'élèves, et le comportement de certains profs qui "insultent" leurs élèves en leur disant qu'ils sont des bons à rien et qui par ailleurs ne sont pas fichus d'amener un jeune à reconsidérer son travail, à l'inciter à préciser sa pensée, à savoir pourquoi il fait ce choix plutôt qu'un autre et lui donner envie de refaire ou modifier sa production... Ce n'est pas un prof... digne de ce nom!
Pour ma part je n'ai pas oublié cette prof qui avait mentionné dans un de mes devoirs d'allemand en marge : votre allemand est sale! Le qualificatif qu'elle avait choisi montrait à quel point elle me dédaignait! pour moi c'est inacceptable!
Les enseignants sont de bons élèves qui n'ont jamais quittés l'école ... Il leur manque une dimension!

Ecrit par : pirouette | 10 novembre 2006

Le pire dans l'affaire c'est que la réaction des professeurs - il faudrait dire "une" réaction mais "des" fondements très différents- est taxée globalement de conservatisme de gauche! Comme si tous les professeurs étaient de gauche! Réducteur, non?
Encore une fois, c'est la formule à la nunuche qui consiste à déclarer que vouloir conserver est du conservatisme et que cela est contre le progrès qui est, comme chacun le sait, de gauche! Et le progrès est avec Ségolhaine!
Comment ne pas être réac c'est -à-dire réagir aux propos de la carne? C'est la guerre! Elle ne veut pas polémiquer?
Tant pis, c'est parti!

Ecrit par : Ségolènicide | 10 novembre 2006

Y aura pas 2% des profs pour s'indigner dans les salles des profs lundi matin.
La tête sur le billot les 98% restant demanderont juste si c'est possible de faire ça lentement, histoire de profiter un peu plus longtemps.

J'étais prof pendant 7 ans, j'ai quitté l'EN cette année, je passe par concours en catégorie C d'une autre administration (DGI), gain de salaire grâce aux primes et reclassement : +200 euros par mois.
Si je passe catégorie B, je monte à 2300 euros par mois, contre 1600 avant...

Faut vraiment être con pour être prof aujourd'hui.

Ecrit par : plusprof | 10 novembre 2006

"Les enseignants sont de bons élèves qui n'ont jamais quittés l'école ... Il leur manque une dimension!

Ecrit par : pirouette | 10 novembre 2006 "

Pirouette, je crois que vous allez là où il faut! J'ai plaisir à vous lire. Avis de petit travailleur de base non salarié, parent d'élèves qui n'a pas cette année à se plaindre des quelques 20 enseignants de ses lardons qui font tous leur boulot proprement avec mes deux enfants qui sont, comme par hasard, résolus à faire proprement leur boulot. Nous devons être des privilégiés dans notre zone de revitalisation rurale...

Ecrit par : dobolino | 10 novembre 2006

FGuichard.
Je partage votre vision des choses et votre interprétation de la video de Ségo. (Sarko a-t'il une approche vraiment éloignée?)
Elle témoigne de manière une fois de plus provocante que notre regard, notre conception de la fonction enseignante est en décalage avec le mouvement historique de transformation inéluctable de l'appareil scolaire engagé depuis plusieurs décennies.
Ne peut pas à cet égard interpréter les ouvrages d'un JC Miler ou d'un JP Brighelli comme des lettres d'adieu à un système désormais historiquement défait?
Prof dans un collège-centre "ex petit-lycée" j'ai vu comment en dix ans il est passé d'instrument de culture en parc de loisirs et garderie . Les "projets pédagogiques" se substituent aux procédures classiques d'enseignement disciplinaire et transforment en profondeur la fonction enseignante. Nombre d'enseignants perçoivent avec désolation et dépit cette perte d'identité et ne tiennent en vie que par la proximité du départ à la retraite.
Du côté des élèves formant la "clientèle royale" du service public de Formation on a peu souligné le phénomène de désinhibition, d'effacement de l'angoisse, d'affaiblissement du sentiment de culpabilité qui les caractérise. Ce phénomène résulte sans doute du mode contemporain d'entrée et d'existence dans le monde: par le média des technologies que consomment abondamment y compris à l'école nos élèves.
Récemment une élève de troisième m'a montré une vidéo enregistrée sur son portable d'une collègue d'anglais chahutée en classe.
Un des projets pédagogiques dans mon collège consiste de la part des profs de techno à éditer un CD qui gravera la parole magistrale de l'enseignant lui évitant ainsi de faire cours en mode classique et de se fatiguer la voix.
P. Sloterdijk a écrit quelque chose comme ça: de même que dans l'Antiquité le livre a perdu son combat contre le théâtre, l'école perdra le sien contre les forces indirectes de la culture, contre les médias de la désinhibition si on n'invente pas une nouvelle institution de la culture capable de contenir la violence.
Le mouvement qui porte l'école classique vers quelque chose d'absolument inoui et que nous ne voulons ou ne pouvons pas voir s'accélère sans doute en ce début de siècle ce qu'enregistre à sa manière le pouvoir politique et juridique confronté à la question généalogique.
Autant on commence à voir quel type d'école en perdition nous sommes en train de quitter autant il est difficile d'imaginer quel nouveau type devra s'y substituer. Les appels ici de JPB pour proposer des solutions à la question scolaire sont demeurés jusqu'ici sans échos.

Ecrit par : buntovchik | 11 novembre 2006

"Le problème de la religion est justement qu'elle doit rester du domaine de la sphère privée. Point barre."
CS

Vous m'avez mal compris.

Il ne faut confondre ce qui est de l'ordre du souhaitable avec ce qui est de l'ordre du possible.

Qu'on le veuille ou non lorsqu'une religion représente un certain pourcentage de la population à chacun de ses rassemblements importants elle déborde de la sphère privée.
C'est un fait.

On peut toujours interdire les rassemblements importants d'une religion mais on n'est plus en démocratie si cette religion est conforme aux Droits de l'Homme.

Ecrit par : JO | 11 novembre 2006

Admettons. Mais on doit pouvoir dire ce qu'on en pense, par quelque moyen que ce soit et quels que soient les termes, sans se faire menacer de mort ou traîner en justice pour racisme ou blasphème. A ce compte-là, je veux bien être d'accord avec vous. Mon propos n'était évidemment pas de souhaiter l'interdiction des rassemblements. Quels qu'ils soient.

Ecrit par : christophe sibille | 11 novembre 2006

"L'intersection de deux sphères lorsqu'elle n'est pas vide ou réduite à un point est un cercle.
Qu'elle soit le cercle de l'amitié et d'une Ecole du savoir!"
Ecrit par JO

Le souci est que les sphères dont vous parlez sont comprises dans le sens mathématique (surface de la boule), alors que celles de JPB sont des boules.
Et l'intersection de deux boules est une lentille, qui lorsqu'elle est de Fresnel guide les marins, mais en plus simple appareil ne met que le feu aux poudres, aux perles et au pins (bis).

And we're back again.

Ecrit par : D'Enguell | 11 novembre 2006

Ce n'était qu'un jeu de mots pour exprimer mon désir d'unité dans la cause de l'Ecole du savoir.

Je réitère que c'est illusoire de considérer qu'on peut séparer les deux sphères.
En effet dans les faits elles ne le sont pas : on le voit pour les religions et pour l'orientation sexuelle.
Elles peuvent l'être seulement sous la chape d'une dictature qui décide de ce qui peut se dire ou ne pas se dire dans la sphère publique.
Je considère donc cette idée totalitaire.

Ce n'est pas l'interaction entre les deux sphères qui est explosive mais les actions combinées des intégristes de tout poil qui ne respectent ni les personnes ni leurs croyances(encore une fois conformes aux Droits de l'Homme).

Ecrit par : JO | 12 novembre 2006

Sibille,

La religion dans la sphère privée ?

Considérez ce que serait la France s'il en avait été ainsi : quand un écrivain ou un philosophe publient, leurs écrits deviennent publics : sinon, où seraient Pascal, Corneille, Racine, Bossuet, Chateaubriand, Baudelaire, Balzac, Verlaine, Claudel, Péguy, Bernanos, Gilson, Gabriel Marcel, Simone Weil ... Charles de Gaulle ? tous gens, qui, parmi d'autres, ont manifesté leur foi chrétienne dans leurs écrits et leurs paroles.
Et que faire des églises et cathédrales qui empiètent sur le paysage public du pays ? et qui, bien plus, appartenant le plus souvent à l'Etat depuis 1905, bénéficient des fonds publics !

Pour les écrivains, vous direz : il s'agit des droits de l'homme, ils ont le droit d'exprimer leur foi.
Mais, dès lors, peut-on ou non les lire et les étudier à l'école ? A mon programme d'agrégation, par exemple, figurait un roman de Bernanos "Sous le Soleil de Satan". Plus récemment, il y avait Claudel avec le "Soulier de Satin".
Cette année, "l'Itinéraire de Paris à Jérusalem" de Chateaubriand.

Enfin, reléguer le "religieux" dans une sphère strictement privée, n'est-ce pas contraire à l'unité naturelle de l'être humain qui manifeste toujours sa religiosité - fût-elle athée !

Il me paraît irréaliste et simpliste de vouloir cantonner le "religieux" dans le domaine privé. Il vaudrait mieux se demander dans quelle mesure le "religieux" doit être présent dans la sphère publique; dans quelle mesure l'école ne peut pas ignorer la religion.

Evidemment, l'Islam pose la question autrement que le christianisme. L'Evangile distingue les domaines spirituels et politiques, alors que l'Islam les confond.

Ecrit par : rufus | 12 novembre 2006

Je voudrais préciser ma pensée. Lorsque je parle de croyances j'y inclus l'athéisme et l'agnostisme.
Lorsque je parle d'idée totalitaire je l'entends dans l'hypothèse où elle serait appliquée de façon absolue.
Le seul espace où on peut dissocier la sphère privée de la sphère publique tout en respectant la démocratie est celui de l'Ecole Laîque.

Ecrit par : JO | 12 novembre 2006

Vous oubliez Jean-Sébastien Bach, et bien d'autres, Rufus.. Et même Spinoza, sur un autre registre, quand il dit: "Dieu existe nécessairement". Mais, que je sache, aucun des génies que vous citez, même s'ils manifestaient, comme vous dites, leur foi chrétienne dans leurs écrits, n'avaient pour profession de faire du prosélytisme pour leur religion ou, du moins, de tenter de l'imposer. Quand je les lis, ou que je les écoute, je les admire profondément. (Certains plus que les autres). Si la religion peut être le moteur du génie humain, pourquoi pas? Je l'accepte à ce titre. Pas quand elle cherche à l'asservir, ou à s'en servir pour de basses raisons électorales.Parce que ce sont des artistes! Par contre, que pensez-vous du sens dans lequel Sarkozy, (et peut-être Royal, au fond d'elle-même; cela ne m'étonnerait pas tellement) aimeraient infléchir la loi de 1905? J'aimerais bien avoir votre point de vue là-dessus.
Concernant la religion chrétienne et l'islam, je vous concède qu'il y a un décalage de quelques siècles dans le temps, et que l'une a avancé tandis que l'autre reculait; (comme dit l'autre:"comment veux-tu qu'ils... se rencontrent?) Hélas, Averroès semble bien malade.

Ecrit par : christophe sibille | 12 novembre 2006

Sibille,

J'ai "oublié" des centaines de génies. J'ai voulu me limiter à quelques uns dont les oeuvres peuvent se trouver dans nos manuels et programmes littéraires.

Le prosélytisme ? mais il est au coeur de la démarche de Blaise Pascal, dont les Pensées visaient explicitement à conduire les "libertins" de son temps vers la foi chrétienne. Il est au coeur de l'oeuvre de Claudel. Et que dire de "La Pesanteur et la Grâce " de Simone Weil ?

Le décalage entre l'Islam et le christianisme n'est pas de quelques siècles, il est de nature, de pensée, de comportement. Qu'ont-ils en commun ? le monothéisme. C'est tout. Et le Dieu monothéiste de l'Islam est si éloigné du Dieu monothéiste judéo-chrétien !

Oui, le prosélytisme ne doit pas avoir sa place à l'école.

Mais on ne peut considérer comme une affaire purement privée le fait religieux qui est dans l'homme. Ce fait ne peut pas ne pas avoir de manifestations publiques et sociales : sinon, ce serait introduire une cassure à l'intérieur même de l'être humain. J'en conclus que notre société "laïque" traite cette question religieuse d'une manière inappropriée, qui ne peut qu'échouer.

Demandons-nous plutôt : comment donner au "religieux" une place sociale, publique, qui lui convient, y compris à l'école ?

Ecrit par : rufus | 12 novembre 2006

Sibille,

J'ai "oublié" des centaines de génies. J'ai voulu me limiter à quelques uns dont les oeuvres peuvent se trouver dans nos manuels et programmes littéraires.

Le prosélytisme ? mais il est au coeur de la démarche de Blaise Pascal, dont les Pensées visaient explicitement à conduire les "libertins" de son temps vers la foi chrétienne. Il est au coeur de l'oeuvre de Claudel. Et que dire de "La Pesanteur et la Grâce " de Simone Weil ?

Le décalage entre l'Islam et le christianisme n'est pas de quelques siècles, il est de nature, de pensée, de comportement. Qu'ont-ils en commun ? le monothéisme. C'est tout. Et le Dieu monothéiste de l'Islam est si éloigné du Dieu monothéiste judéo-chrétien !

Oui, le prosélytisme ne doit pas avoir sa place à l'école.

Mais on ne peut considérer comme une affaire purement privée le fait religieux qui est dans l'homme. Ce fait ne peut pas ne pas avoir de manifestations publiques et sociales : sinon, ce serait introduire une cassure à l'intérieur même de l'être humain. J'en conclus que notre société "laïque" traite cette question religieuse d'une manière inappropriée, qui ne peut qu'échouer.

Demandons-nous plutôt : comment donner au "religieux" une place sociale, publique, qui lui convient, y compris à l'école ?

Ecrit par : rufus | 12 novembre 2006

Que l'homme ait besoin d'une béquille pour créer, (ou pour survivre), c'est, après tout, dans sa nature. On ne peut pas lui en vouloir. Ce n'est certainement pas leur foi en dieu qui a donné du génie à Bach, ni à Bernanos, ni à Claudel. Et vous ne me contredirez pas, je pense, quand je vous affirmerai que la religion a été cause de plus de morts que de chef-d'oeuvre!
J'ai la faiblesse de croire, en outre, que le grand Jean-Sébastien, dans le monde actuel, aurait été moins fervent! Mais, là, ce ne sont que supputations de ma part. Ceci-dit, en tout état de cause, le grand Baruk est celui pour lequel je garde le plus de tendresse, et dont la philosophie permet de continuer d'espérer..
Quelle est votre position concernant Darwin, Rufus?
Bonne journée à tous.

Ecrit par : christophe sibille | 13 novembre 2006

N'étant ni biologiste, ni généticien, ni paléoanthropologue, ni ... je n'ai aucune opinion sur Darwin. Je constate simplement les contresens que font beaucoup d'esprits : ce n'est pas au principe de création que s'oppose celui de l'évolution des espèces, mais au principe de la fixité des espèces. Le principe de la création peut convenir aussi bien à l'une (l'évolution) qu'à l'autre (la fixité).

Quant au nombre de morts, je ne vois pas comment tenir des statistiques en cette matière. S'agissant du christianisme, le commandement de la charité, de l'amour du prochain pour l'amour de Dieu, est à l'origine d'une multitude d'oeuvres hospitalières, éducatives, caritatives, etc., et ce depuis l'époque du Christ, donc le premier siècle de notre ère. Sur les questions de la vie, le vrai christianisme a toujours eu des positions de pointe, exemplaires. Y-a-t-il une institution qui oeuvre autant en faveur de la vie que l'Eglise Catholique ?

Pour les violences, qu'on ne les impute pas à la religion du Christ qui les a explicitement condamnées, mais aux bétises, aveuglements et cruautés humaines : l'homme est un être malade, et tous ses comportements peuvent pathologiques. Aussi, comme le dit Benoît XVI, il y a des pathologies religieuses; dans le cas du christianisme du moins, on ne peut les imputer à l'Evangile, mais aux déficiences de certains chrétiens qui n'ont pas suivi, qui ont trahi la Parole du Christ.

Ecrit par : rufus | 13 novembre 2006

L'homme est un être malade, d'accord. Je ne vous contredirai pas sur ce point. Mais c'est quand même lui qui a inventé dieu, non? N'est-ce point là une de ses principales faiblesses?

Ecrit par : christophe sibille | 13 novembre 2006

Sans affirmer que "Dieu" existe je ne pense pas que "Dieu" soit une invention construite de l'homme.

Je pense plutôt que la question de son existence se pose objectivement à l'homme.
Les expériences mystiques sérieuses s'imposent à celui qui les vit. Elles peuvent arriver même dans des familles athées militantes. (je pense à André Frossard)
Si ces expériences ne sont pas réelles elles proviennent d'hallucinations et sont donc des inventions inconscientes et involontaires.

(Dans le même ordre d'idées je vous renvoie au livre "Matière à pensée" où le mathématicien Alain Connes soutient que certaines réalités mathématiques sont indépendantes de l'homme contre l'avis du bioliogiste Jean-Pierre Changeux qui pense qu'elles sont une invention de l'homme.)

Faute de preuve irréfutable en la matière on peut
soit adhérer à une religion, à l'athéisme ou à l'agnosticisme.
En ce sens on est tous des croyants.
Chacun a le droit d'avoir la certitude intime d'être dans la vérité et de vouloir la partager.

Le danger vient des personnes qui passent d'une certitude intime à une certitude absolue qui doit s'imposer de gré ou de force.
Selon leurs croyances ils traitent ceux qui résitent "d'inférieurs","d'impies","de mécréants","de malades atteints de crédulité".

Une des principales faiblesses de l'homme serait plutôt de ne pas respecter son semblable dans l'intégrité de son être.

Ecrit par : JO | 14 novembre 2006

Dieu n'a pas besoin de l'homme pour exister.

L'homme, lui, ne peut rendre compte par soi-même de sa propre existence.

Aussi, postuler l'existence d'un autre être, supérieur, dont l'homme serait dépendant, n'est pas une maladie de l'esprit, mais un signe de santé intellectuelle. Pour notre époque, il est intellectuellement et psychologiquement inquiétant, qu'une question aussi essentielle soit évacuée de façon frivole et convenue. Il y a des modes délétères.

Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Par rapport aux pierres, aux plantes, aux animaux, n'est-ce pas un signe de la dignité et de la grandeur de l'homme que de se poser de telles questions ?

Dans le cadre biblique, l'épisode du buisson ardent (Exode 3 -1-15) montre que Moïse est complètement dépassé par la transcendance de Yahwé qui se révèle comme "Je Suis".

Penser Dieu comme "l'être pur" aurait pu apparaître dans un cerveau de philosophe. La philosophie grecque - Aristote particulièrement - s'est approchée de ce concept. Neuf siècles avant Aristote, Moïse qui n'était pas un philosophe mais un bédouin "amélioré" par son séjour égyptien, Moïse donc a reçu cette connaissance objective sur Dieu : "Je suis qui je suis" ( ou celui qui suis, ou qui est ou qui sera - d'après les doctes).

Ecrit par : rufus | 14 novembre 2006

Seul dieu est athée car lui seul est sans espoir

Ecrit par : Patrick (instit) | 14 novembre 2006

L'existence de Moïse (comme celle d'Abraham, et avant lui d'Adam le glébeux et de madame Côte première) étant fort sujette à caution, cela ne laisse à Dieu aucune chance, même théorique, de flamber dans les buissons ou de crier dans le désert.
À part ça, vous pouvez croire à ce que vous voulez, si ça vous fait plaisir — car seul le principe de plaisir est premier et dernier dans notre si éphémère existence… Que certains en aient tiré un principe de mortification donne une idée de la perversion des croyants. Tant qu'à faire, je préfère de vrais masos, ils savent au moins pourquoi ils souffrent — par plaisir.
Je n'exclus d'ailleurs pas, perversion pour perversion, que la foi soit un masochisme ultime — flagellation et crucifixion. J'en ai connu(e)s des commeça… Et j'ai vu suffisamment de vendredis saints, en Corse — à Sartène — et ailleurs, pour savoir à quoi m'en tenir sur les motivations des pénitents — un joli mot pour lacaniens, tiens…
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 novembre 2006

Jean-Paul, vous savez dans le Nouveau-Testament, la mortification? Il y a sans cesse des agapes, on fait la fête chez l'un et chez l'autre. Jésus riait. Et n'a jamais exigé que l'on se fouette pour affirmer ça croyance. Je suis comme vous atterrés par les mortifications, qui n'ont, selon moi, et quelques millions d'autres croyants, aucun rapport avec la foi. Ma croyance est une manière d'être au monde, parmi d'autres. Et je ne vois qu'une seule loi: vivre. Le mieux qu'il soit. S'épanouir.

A bientôt pour le resto. Est-ce que Pantocrator pourra vous rencontrer aussi?

Ecrit par : Pendariès | 14 novembre 2006

Merci, JPB , j'ai bien ri en lisant ce post...et j'espère qu'on me permettra de continuer aussi à croire que la religion n'est que contrition voire con-friction, ce dernier mot est d'ailleurs à lire dans le sens où, la libre interprétation que chacun en aura, le con-(in)duira comme il en est des saintes et con-sacrées écritures.......
bonne soirée

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 novembre 2006

j'ai oublié de m'excuser pour le hors sujet de mon précédent post...c'est chose faite maintenant:)))

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 novembre 2006

Le propos, je continue à le penser, n'est pas d'insulter les croyants. Il est, effectivement, que tout le monde puisse vivre. Mais une chose est certaine:
"De Rome à Jérusalem,
les credo et les "je t'aime"
Un beau jour ont tous fini
Par une Saint-Barthélémy".
Il n'y a pas de Saint-Barthélémy athée. A admettre, évidemment, que Communisme est aussi une religion.
Pendariès, si vous croisez Pentocrator, demandez-lui donc s'il a écouté: "tower of power".
A suivre, le procès des caricatures. Charlie-hebdo versus UOIF. Les 8 et 9 février.

Ecrit par : christophe sibille | 15 novembre 2006

"ça croyance". Quelle honte! J'en rosis de mésaise...

Christophe, je vous invite à voir le DVD "La violence et le sacré", entretiens avec René Girard.

Quant à Pan-Pan, je lui pose la question dès que possible.

Quel sentiment de supériorité chez certains athées de ce blog. Ca donne des frissons dans le dos. S'ils le pouvaient ils massacreraient ces imbéciles de fidèles. Ces halam!!! ;-)

Ecrit par : Pendariès | 15 novembre 2006

Quelle groupie, celle Patricia!

Ecrit par : Pendariès | 15 novembre 2006

très drôle Pendariès,oui oui j'ai vraiment ri , je m'imagine très bien en pom-pom girl de JPB , ça doit le faire bien rire aussi!:))) vous avez de l'humour quand vous voulez:)mais dîtes moi, en quelle langue écrivez-vous? vous me donnez le code pour vous lire? l=t? juste une petite boutade d'une mouche qui ne pique pas.
vous devriez aussi allez voir la définition de sarcasme dans votre dictionnaire car il sembre manquer à votre champ lexical (comme disent nos très chers amis )...:)))
ça fait du bien de voir que le rire revient un peu sur le blog!
bonne journée

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 15 novembre 2006

Patricia, content de vous avoir détendu de bon matin, mais voyons, ne vous en faites pas pour le reste! J'avais écrit, il y a ouououououh une éternité que sur le Net, je ne prenais pas au sérieux tout et n'importe quoi, - et surtout pas moi (manquerait plus que ça! et que j'en faisais des tonnes pour énerver la guêpe qui voulait bien sortir de ses gongs toute seule; et il y en a, vous avez aussi remarqué, je suppose...). Donc no problemo, sacarstiquisez tout votre soûl, je suis dans la même veine (ou vaine, ou vanité, ou vide... Enfin, "l'Ecclésiaste" quoi...); mais sur un blog, il manque le sourire, ou le ton de la voix, ou la petite lumière dans l'oeil, ou la moustache qui scintille, etc.

Bonne journée à vous aussi madame, salutation à votre grande progéniture! Moi je file à une table ronde sur les métiers de l'édition (histoire d'envisager, peut-être, une autre casquette à mon arc. Heu.... ou une porte de sortie.).

PS: Halam, c'est de l'arabe. Un mot employé pour les infidèles, si je ne m'abuse.

Ecrit par : Pendariès | 15 novembre 2006

Hé bé alors, on se tire par la barbichette ? Et par les couettes ?
Quelle impertinence ! :))))))))))))

Un récapitulatif de la table ronde sera le bienvenu, si vous le voulez bien (encore une histoire de quête, j'imagine)...

Ecrit par : D'Enguell | 15 novembre 2006

." A admettre, évidemment, que Communisme est aussi une religion"
Message d'espoir: toutes les autres religions ont tenu des siècles. La dernière, le communisme, a tenu, à tout casser, 80 ans..
On finira par s'en sortir assez vite: elles vont pas tarder à toutes nous lacher la grappe. J'aimerais vivre assez longtemps pour voir l'islamisme s'effacer sous le confort et j'ai bon espoir d'y arriver avec les progrès de la médecine et une bone politique vers les pays en voie de développement.
A écouter: "Optimiste" de Ramon pipin's Odeurs.

Ecrit par : dobolino | 15 novembre 2006

ou la moustache qui scintille, etc
J'aime pas les moustaches!
Dobo.

Ecrit par : Schtroumph grognon | 15 novembre 2006

à JPB,

Le caractère mythique des récits de la Genèse est depuis longtemps reconnu par l'Eglise. Mais les mythes énoncent des faits et des vérités relatifs à la condition humaine ... cf. Mircea Eliade, par exemple.

Pour le livre de l'Exode et Moïse, c'est autre chose : et si le symbole, ici se mêle à une histoire rapportée autrement que ne l'eût fait Thucydide, le caractère véridique de l'ouvrage est reconnu par les spécilaistes, dont vous n'êtes pas, apparemment.

Quant aux Evangiles, leur caractère historique n'est contesté par personne dès qu'on se donne la peine d'examiner honnêtement la question.
Et si vous lisez l'évangile, d'un bout à l'autre, vous verrez que la doctrine du Christ est joyeuse, vitaliste, exigeante. Mais la vie la plus joyeuse ne peut échapper ni à la souffrance, ni à la mort. Quels sens donner à tout cela ? Il serait frivole de s'y dérober.

Autre chose est de croire, certes. La foi est une grâce, une faveur. Mais l'homme peut se mettre en condition de la recevoir.

Brighelli, vos ricanements ressemblent à des alibis, à des dérobades.

Je ne pourrai revenir sur ce blog avant longtemps, peut-être.

Ecrit par : rufus | 15 novembre 2006

Merci encore JPB pour vos deux premiers bouquins.
Par contre le troisième et la plupart de vos interventions récentes font penser aux ouvrages de propagande anti religieuse de 1905 ou des régimes totalitaires.
La faiblesse de votre culture religieuse est consternante,vos sarcasmes et bons mots laissent a penser que vous etes laiciste et non laic(qui respecte l'autre).reductionniste et donc pas sensible a la transcendance(comment arrivez vous a expliquer a vos eleves les cathedrales et l'art chretien?)
Comment pouvez vous penser qu'il faut denigrer les religions pour lutter contre l'integrisme? :vous vous disqualifiez aupres des croyants sincères.

J Peter B auriez vous atteint votre seuil d'incompetence?
Les plus grands esprits plafonnent vite quand leurs ames sont à la portion congrue...

Ecrit par : deblog | 15 novembre 2006

Parce que la foi explique le génie? Première nouvelle! Cela me paraît un peu limite! Comme assimiler la "propagande anti-religieuse" de 1905 et les régimes totalitaires!A ma connaissance, l'église a plus souvent collaboré avec les totalitarismes de tout poil qu'elle ne s'est énervée contre eux.
Personne ne dénigre les croyants sincères! Qu'ils nous lâchent simplement la grappe avec leur religion. ON S'EN FOUT. Beaucoup d'athées n'ont jamais revendiqué l'athéisme pour affirmer leurs convictions par ailleurs.

Ecrit par : christophe sibille | 15 novembre 2006

Je me ficherais pas mal des contorsions des croyants si les croyants en restaient à leur sphère privée.
Mais ils prétendent — depuis toujours — intervenir dans la vie civile. Comme disait à peu près Saïd Ramadan (le père de Tariq), toute religion monothéiste est par essence totalitaire, et vise à investir les champs du droit, de l'école, etc.
Donc, pas de quartier. La foi n'est pas un don, une grâce, c'est un bandeau sur les yeux — et une clef du pouvoir. Que der ayons dans les librairies sur les diverses superstitions !

Quant à l'âme… On l'a cherchée dans le cœur (Pascal ou Malebranche — les mathématiciens fous ne sont pas très doués pour la physiologie), puis dans le cerveau (Vinci, déjà). Dernière hypothèse, l'hypothalamus : ce qu'ils appellent âme est cette glande qui, adéquatement stimulée par des phéromones, envoie des flux de dopamine, adrénaline et copuline (un joli mot, celui-là) dans diverses zones qui existent chez tous les bipèdes, sauf Laurent Lafforgue.
Aujourd'hui 17 novembre, c'est pour moi saint Epicure — aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.
Et écrasons l'Infâme.
JPB

Ecrit par : brighelli | 17 novembre 2006

J'ai bien aimé lire le livre que Freud consacre à Moïse, enfin à la naissance des monothéismes. Je ne sais plus le titre là tout de suite mais il y a ici beaucoup d'érudits.
Mon texte préféré reste Le Mécréant de Brassens.
Détendez-vous je vous en supplie M. Brighelli!
Ca m'embête cette histoire, à un point... vous pouvez pas vous imaginer!

Ecrit par : dobolino | 17 novembre 2006

ho mon post n'apparaît pas...

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

M'sieur Brighelli, allez, une polémique avec vous: ok pour les matérialistes (mais c'est un peu dépassé le discours sur les glandes et l'âme... On n'a pas encore prouvé que l'âme existe, certes; mais l'inverse n'a pas été démontré non plus. Magie du suspens. De l'indécision. Poésie! C'est votre foi de ne pas y prêter foi... Donc La Mettrie, etc. Très bien. Bon, vous avez Onfray chez vous, d'accord!).

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

J'aime les lire ces philosophes du corps et de l'hédonisme, parce que, figurez-vous, que leur lecture enrichit ma foi, ma pensée et mon existence, dégraissent la foi du charbonnier, et me permettent de me faire de merveilleux plans cul à la moldo-valaque (clin d'oeil aux 11 000 Verges)! Cela fait des ans que la culpabilité, je ne la connais plus, et que des théologiens comme Jean-Pierre Jossua lui ont fait un sort (une chose: aux USA, ce sont les Protestants qui se suicident, proportionnellement parlant, le plus parmi les groupes religieux de ces Etats, à cause du sentiment de responsabilité: être responsable de soi, des autres, etc.).

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Cependant, loin de moi l'idée, en tant que croyant (qui ne met plus les pieds dans un temple, ou une église, une mosquée, etc. que pour y observer les raffinements des Arts et la façon de vivre une foi, considérée comme un des beaux-arts de la vie, à l'instar de l'assassinat), de vouloir voir ma religion (que je distingue de ma croyance) devenir religion d'Etat; je serai le premier à m'élever contre cette idiotie autoritaire, le poing levé avec les agnostiques ou les athées, et bien d'autres croyants, qui pensent comme moi, j'en suis certain... En plus, ça serait pénible (je ne veux pas d'uniforme à l'école, alors pensez une manière de vivre, de manger, de copuler, unique dictée par un livre (vert, marron, ou rouge, etc.), quel qu'il soit, quelle que soit son idéologie, je m'y assieds copieusement dessus!): mes pasteurs ont fait leur boulot de pasteur, moi je vis ma vie comme je l'entends; et je suis aussi coquin que vous!

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Ne tombez pas dans le panneau: ne confondez pas foi, espérance et "méthode ou mode d'emploi, ou injonction"... Tenter de faire le bien. Point barre. Ni mieux ni pire qu'un autre, et que vous. Et puis qui sont ces "ils" dont vous parler???? TOUS les croyants? C'est se fiche de la gueule du monde. Le rouleau compresseur est en route, et j'en tremble! Il peut très bien y avoir des Savonarole athées. Et il y en a eu. Parce ce que c'est l'Homme qui est plus à craindre. C'est l'Homme qui détruit son environnement (les pollueurs clament-ils leur catholicisme, leur judaïsme, leur mazdéisme, etc.?), qui est capable d'annihiler la vie avec ses bombes atomiques (la belle raison scientifique enfoncée à coups d'enclume par Comte et son positivisme. C'est indigeste à lire...), ses déchets, ses guerres. Oui, ce que les hommes font des religions peuvent être effroyables dans leur comportement - Or la foi est intérieure: la subtilité orthodoxe est émouvante; seulement vous balayez de la main le rôle de ces mêmes religions dans l'arrêt progressif des offrandes humaines pour tel ou tel dieu / Dieu.

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Sacrifices que des sanguinaires se sont empressés de remettre au goût du jour pendant, exemple pris au hasard, la Révolution (je ne remets pas en cause, en aucune façon, la Révolution et ses acquis: ma thèse, c'est que c'est dans la nature humaine d'être taré, extrémiste, je-m'en-foutiste, égotiste, égoïste, etc.!): la progression du bien a toujours été beaucoup plus lente que l'explosion du mal en ce monde dans lequel nous sommes. C'est sûr que si vous prenez le frère de frère Ramadan, là, on ne s'en sort plus (c'est une tactique de disqualification plutôt facile, Jean-Paul: l'argumentation du pire, par le pire qu'a analysé avec bonheur mon cher Schopenhauer, "L'Art d'avoir toujours raison"; j'y reviens sans cesse dans ce blog!); je pourrais alors vous renvoyer aux athées intégraux que furent Pol Pot ou à Enver Hodja (voyons: il faut raison garder). Cibler les fous, point. C'est notre boulot à tous.

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Pour ma part, j'ai d'autres références: Pierre Bayle, Dietrich Bonhoeffer (le théologien protestant qui a participé à l'attentat manqué contre Hitler et qui a été décapité pour cela), Maritain, Girard (quelle critique faites-vous de sa critique des religions? Cf. "Les origines de la culture", entre autres.). Mais aussi la Beat generation, les anarchistes, Epicure, Lautréamont, celles et ceux qui crachent à la gueule de Dieu. Car le premier "devoir" divin c'est de vivre complètement sa nature d'homme et de femme (hétéros, bi, trans., pédé, gouines, asexués, pour n'en demeurer qu'aux pratiques sexuelles qui vous touchent tant - hu hu hu, jeu de mots involontaire!). Tous les croyants ne se mortifient pas, bordel! Et n'ont pas besoin d'avoir mal pour s'inscrire dans le monde et la cité, ou pour la rejeter. Je garde pour moi cette parole des Epîtres de Paul disant que "Sans amour que suis-je? Que puis-je? Qui suis-je?" Le reste je m'en tape voluptueusement le coquillard. Mais croyez, je vous prie, qu'il n'y a pas en moi, croyant (comme chez d'autres), l'once d'une volonté de puissance. Ce serait trop fatigant. Et je ne suis pas mégalo. Vos posts sur la Religion me font m'imaginer que je suis un affreux criminel en puissance. Allez, Jean-Paul, vous n'êtes pas cerné! Ce n'est pas Fort Apache, ou Alamo, votre vie quand même!

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

que pour y observer les raffinements des Arts et la façon de vivre une foi, considérée comme un des beaux-arts de la vie, à l'iEcrit par : Pendariès | 17 novembre 2006 nstar de l'assassinat
C'que j'aimerais savoir causer comme ça moi! Vous avez vu comment qui dit bien les choses qu'on sent ce p'tit gars?

Ecrit par : dobolino | 17 novembre 2006

Au fait, vous avez déjà votre histoire en tête pour votre roman policier futur? Et c'est pour cela que je peux dire avec vous: Ecrasons l'infâme (les extrémismes de tous poils. Le radicalisme beuglant ou silencieux. Non pas celui de la IIIième République, qui était pépère, non? Surtout vers la fin...) PS: Et j'en termine: mon grand-père, avant la guerre civile, dans son village espagnol, pissait dans le bénitier avec quelques-uns de ses petits camarades. C'est AUSSI mon héritage. Que je chéris.

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

"ce que les hommes font des religions peuvent être effroyables dans leur comportement" PAS FRANCAIS!

Ce que les hommes font des religion peut etre effroyable quant à ce qui motive les comportements des cannibales, des barbares: je lis dans la Bible: "Tu ne tueras point".

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Allez, Jean-Paul, vous n'êtes pas cerné! Ce n'est pas Fort Apache, ou Alamo, votre vie quand même!

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Je suis pas aussi douée mais je pense tout pareil... Enfin..., si j'ai bien compris, eh ben il a raison le gars Pendariès!
Bon, maintenant je suis qu'une fûmelle, alors, faites-en ce que vous en voulez JPB de mon vague appui à ses dires.

Ecrit par : dobolino | 17 novembre 2006

AU fait Dobolino, je ne vous ai pas dit que j'étais heureux que votre lecture de Max Rouquette vous enchante!!!

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Non tantum je m'éclates du peu que j'ai, sed etiam j'ai relevé toutes vos références pour, ensuite, commander les bonnes traduc.. Le pied vous dis-je!!!!!!!!!!!!!! Y'a bon internet... Je suis un peu simpliste en littérature donc, ne comptez pas sur moi pour un commentaire composé mais si je peux vous acheter un exemplaire de votre thèse( eh oui, ça coûte une thèse, je suis bien placée pour le savoir!), ce sera avec plaisir

Ecrit par : dobolino | 17 novembre 2006

Pendariès, vous auriez le destin politique d'un Félix Dupanloup, dont vous vous réclamez du "ab Jove principium" que je ne m'en étonnerais pas outre mesure.
Ceci dit, la thèse est osée, mais parfaitement défendable.
En 1850...

Ecrit par : D'Enguell | 17 novembre 2006

En 1850, il y avait la bombe atomique, les armes bactériologiques, les tankers dégueulant de pétrole sur les côtes du monde, la déforestation à outrance, la fin des ressources énergétiques, la disparition des espèces? Ha... Première nouvelle... Sinon c'est que vous êtes aveugle, sourd, mais pas muet en tout cas devant les risques que nous encourons. Je crois que vous ne vous tenez pas au courant des pensées édifiant la philosophie et l'éthique mondiale. Réflexe très français.

Je pense que votre érudition vaut pécadille devant les dangers écologiques, militaires autrement plus lourds et présents que votre ironie. Bah.... Noyons-nous; je m'en fous: j'offre pas un monde pourri à des gosses que j'aurais eu la bêtise de faire.

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Madame Dobolino vous me faites rosir...

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

D'enguell, vous pensez vraiment que l'etre humain n'est pas la pire saloperie, le pire nuisible que nous puissions dénicher dans tout l'univers?

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

"Sinon c'est que vous êtes aveugle, sourd, mais pas muet en tout cas devant les risques que nous encourons"; je voulais dire: "mais pas muet malgré les risques évidents"... Ha être béat devant la générosité des gens, chanter les louanges d'un monde qui va vers son grand soir (pouah! Quelle comédie!); se dire: ça ira mieux demain, naturellement. Ouais: le bon sauvage. Le fond de l'homme est bon; et celui de l'air est frais; et la marquise sortit à 17 heures de chez elle.

Schopenhauer, lu à 15 ans et qui forge une part de ma vision du monde: "Aujourd'hui est mauvais, demain le sera plus encore, jusqu'au pire".

C'est bizarre avec toute la haine qui est déversée dans ce blog, certains laissent sous-entendre encore que l'humanité n'est pas sa pire ennemie - mais qu'une entité supérieure, que rien ne prouve scientifiquement, si. C'est du délire.

Nous avons tous nos fictions; et celles-ci sont toutes dangereuses. In fine.

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Dobolino, vous lisez le cycle de "Vert paradis" (les nouvelles), ou bien un des romans de Max Rouquette?

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

"j'offre pas un monde pourri à des gosses que j'aurais eu la bêtise de faire.
Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006 "

Trop c'est trop Pendi panda!
il vous arrive d'être drôle...et spirituel.....rarement ....mais là,
parlez de votre bêtise et ne suggérez pas ainsi de manière aussi insultante que faire des enfants relève de la bêtise c'est indigne d'un enseignant et mérite une radiation ...quelques séances sur le divan vous feront du bien...Non seulement vous insultez vos parents et ça vous regarde mais surtout vous insultez tous les parents dont certains ont leurs enfants dans votre classe...
On peut reprocher à certains ici d'être particulièrement grossiers frisant le vulgaire mais au moins c'est plus paillardement qu'avec mépris et insulte comme vous le faîtes de votre plume polie mais émoussée.

ce soir c'est la naïve susceptible qui se rebiffe!

En passant j'oublie pas de dire bonsoir Dobolino et Catmano (avez vous trouvez les deux histoires de Noël dont je vous ai parlé?).

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 17 novembre 2006

La disparition des espèces, ben si ! (le dodo).
Pour le reste, bien sûr, non.
Ce que vous prîtes pour de l'ironie (méchante) n'est qu'un hommage à votre panégyrique.
Au départ des civilisations, il y a la religion. Aux origines de la culture et de la réflexion, certainement aussi. Qu'elle ait influencé bien plus que l'Art, c'est évident.

C'est juste que maintenant, sert-elle vraiment à réfléchir sur l'environnement, la démographie, et autres plaies modernes ?
Elle est un terrain de repliement pour beaucoup, et l'on ne voit pas pourquoi serait acceptée plus l'une pour les Uns que l'autre pour les fils d'apôtres, dans l'espace public.

Pire nuisible dans l'univers, j'espère bien que non, sur notre bonne planète, j'ai bien peur que si.

Ecrit par : D'Enguell | 17 novembre 2006

Dobolino, vous lisez le cycle de "Vert paradis" (les nouvelles), ou bien un des romans de Max Rouquette?

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Pour l'instant, je lis le cycle de "vert paradis" mais, malheureusement dans la traduction dont vous m'avez dit trop tard qu'elle n'était pas la meilleure. Je savoure ces textes et les lis parfois à haute voix à mon compagnon. J'alterne avec la relecture des première œuvres de Giono, ceci sans bien sûr établir de comparatif... A dose filée comme on dit dans ma profession. Ca va m'occuper jusqu'au printemps.

Ecrit par : dobolino | 18 novembre 2006

Pendariès, Patricia (et D'Enguell), je vous invite à aller lire les réflexions de Pierre Magnan, qui n'a jamais voulu d'enfants:
http://perso.wanadoo.fr/lemda/Indigne.htm
lire le billet pessimiste de mai 2005 puis répondez lui si le cœur vous en dit, il vous répondra. Je serais curieuse de savoir si Magnan connait Rouquette et, le cas échéant, ce qu'il en pense. J'y demanderai
pour les profs lisez le billet davril 2004: vous allez boire du petit lait!

Ecrit par : dobolino | 18 novembre 2006

Bonjour Dobolino,
j'irai lire plus tard ce billet pessimiste car en ce moment le coeur ne m'en dit rien et je préfère me préserver de toute "sinistrose"... et rester optimiste...

Mais je ne manquerai pas de le lire!

grand soleil aujourd'hui et ciel bleu alors sourire!

Bonne journée

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 18 novembre 2006

Enver Hodja ou Pol Pot ne croyaient pas en Dieu parce qu'ils se prenaient pour Dieu, ce qui est souvent une spécificité des vrais paranoïaques qui réussissent, avec un certain talent, il faut bien le dire, à prendre le pouvoir! Pour ce qui est de la nature humaine qui dévoierait les beaux desseins de ce Dieu, n'oublions peut-être pas que son initiative la plus mortifère reste peut-être de l'avoir créé, ce Dieu! Comme disait je-ne-sais-plus-qui, (Woody Allen? Gainsbourg? Je ne sais plus,):" l'homme a créé dieu à son image; l'inverse reste à prouver".
J'aimerais, par ailleurs, savoir pourquoi les croyants ont besoin à tort et à travers de justifier leur foi; qu'ils croient à ce qu'ils veulent, à dieu, au vin rouge, au rabincheur de grumèche, ON S'EN FOUT! Je ne vais pas justifier mes choix par le fait d'être athée. Que les croyants fassent de même! Tous!

Ecrit par : christophe sibille | 18 novembre 2006

Christophe, vous rendez des points à Brighelli dans votre athéisme primaire... Allez demain errer dans une abbaye cistercienne. Je n'éprouve ni le besoin de croire ni celui de ne pas croire mais je vous reproche à tous deux cet amalgame entre le régulier et le séculier. Je vous plains de tout mon cœur de ne pas être pris aux tripes par le calme de Sénanque ou l'amour et la paix qui règnent dans la cathédrale de Chartres. Je vous plains de ne goûter qu'un plaisir sec et scientifique à la lecture de Sous le Soleil de Satan ou de La Porte Etroite, de ne trouver en Péguy que des mots alignés selon un ordre à analyser, de ne pas pouvoir planer à fond sur le Magnificat de JS bach. Que l'athéisme est moche et haineux. Vous êtes aussi infects que des frères musulmans
Et un chant de Noël comme "les anges dans nos campagnes" chanté par un chœur d'enfants ne vous arrache que sarcasmes?
Cette croyance en la perfectibilité de l'être humain, ce don de soi, cet amour d'autrui,on pourrait en mettre cent pages sans tarir. Je revendique mon (judéo-) CHRISTIANISME sans honteet sans remords
J'ai pour vous une immense compassion ou plutôt pitié

Ecrit par : dobolino | 18 novembre 2006

Dobolino, vous vous trompez lourdement. Je suis extrêmement ému lorsque j'entre dans une abbaye cistercienne, à la chapelle sixtine, ou lorsque j'écoute la passion selon Saint-Mathieu, (ou autres chefs-d'oeuvre de Bach, Liszt, et autres). J'y admire profondément le génie humain, et cela nourrit cet amour d'autrui dont vous semblez vous targuer au nom de votre foi.
J'ai, par ailleurs, eu l'occasion de donner un certain nombre de concerts avec les ensembles vocaux d'enfants et d'adultes dont j'ai l'honneur et la chance de m'occuper. Avec un répertoire allant des chorals de Bach, justement, à la ballade nord-irlandaise de Renaud.
Comprenez bien que je ne vous en veuille absolument pas de revendiquer votre judéo-christianisme. Je ne vous en félicite pas spécialement non plus. JE M'EN FOUS. Voilà.
Si vous croisez votre dieu, dites-lui que j'ai un excellent rosé au frais, et que je trinquerai volontiers avec lui.

Ecrit par : christophe sibille | 18 novembre 2006

M'sieur Brighelli, allez, une polémique avec vous:

ok pour les matérialistes (mais c'est un peu dépassé le discours sur les glandes et l'âme... On n'a pas encore prouvé que l'âme existait, certes; mais l'inverse n'a pas été démontré non plus. Magie du suspens. De l'indécision. Poésie! C'est votre foi de ne pas y prêter foi... Donc La Mettrie, etc. Très bien. Bon, vous avez Onfray chez vous, d'accord!).

J'aime les lire ces philosophes du corps et de l'hédonisme, parce que, figurez-vous, qu'il enrichissent ma foi, ma pensée et mon existence, dégraissent la foi du charbonnier, et me permettent de me faire de merveilleux plans cul à la moldo-valaque (clin d'oeil aux 11 000 Verges)!

Cela fait des ans que la culpabilité, je ne la connais plus, et que des théologiens comme Jean-Pierre Jossua lui ont fait un sort (une chose: aux USA, ce sont les Protestants qui se suicident, proportionnellement parlant, le plus parmi les groupes religieux de ces Etats, à cause du sentiment de responsabilité: etre responsable de soi, des autres, etc.).

Cependant, loin de moi l'idée, en tant que croyant (qui ne met plus les pieds dans un temple, ou une eglise, une mosquée, etc. que pour y observer les raffinements des Arts et la façon de vivre une foi, considérée comme un des beaux-arts de la vie, à l'instar de l'assassinat), de vouloir voir ma religion (que je distingue de ma croyance) devenir religion d'Etat; je serai le premier à m'élever contre cette idiotie autoritaire, le poing levé avec les agnostiques ou les athées, et bien d'autres croyants, qui pensent comme moi, j'en suis certain...

En plus, ça serait pénible (je ne veux pas d'uniforme à l'école, alors pensez une manière de vivre, de manger, de copuler, unique dictée par un livre (vert, marron, ou rouge, etc.), quel qu'il soit, quelle que soit son idéologie, je m'y assieds copieusement dessus!): mes pasteurs ont fait leur boulot de pasteur, moi je vis ma vie comme je l'entends; et je suis aussi coquin que vous!

Ne tombez pas dans le panneau: ne confondez pas foi, espérance et "méthode ou mode d'emploi, ou injonction"... Tenter de faire le bien. Point barre. Ni mieux ni pire qu'un autre, et que vous.

Et puis qui sont ces "ils" dont vous parler???? TOUS les croyants? C'est se fiche de la gueule du monde. Le rouleau compresseur est en route, et j'en tremble! Il peut très bien y avoir des Savonarole athées. Et il y en a eu. Parce ce que c'est l'Homme qui est plus à craindre. C'est l'Homme qui détruit son environnement (les pollueurs claments-ils leur catholicisme, leur judaisme, leur mazdéisme, etc.?), qui est capable d'annihiler la vie avec ses bombes atomiques (la belle raison scientifique enfoncée à coups d'enclume par Comte et son positivisme. C'est indigeste à lire...), ses déchets, ses guerres.

Oui, ce que les hommes font des religions peuvent etre effroyables dans leur comportement - Or la foi est intérieure: la subtilité orthodoxe est émouvante; seulement vous balayez de la main le rôle de ces mêmes religions dans l'arrêt progressif des offrandes humaines pour tel ou tel dieu / Dieu. Sacrifices que des sanguinaires se sont empressés de remettre au goût du jour pendant, exemple pris au hasard, la Révolution (je ne remets pas en cause, en aucune façon, la Révolution et ses acquis: ma thèse, c'est que c'est dans la nature humaine d'être taré, extrêmiste, je-m'en-foutiste, égotiste, égoïste, etc.!): la progression du bien a toujours été beaucoup plus lente que l'explosion du mal en ce monde dans lequel nous sommes.

C'est sûr que si vous prenez le frère de frère Ramadam, là, on ne s'en sort plus (c'est une tactique de disqualification plutôt facile, Jean-Paul: l'argumentation du pire, par le pire qu'a analysé avec bonheur mon cher Schopenhauer, "L'Art d'avoir toujours raison"; j'y reviens sans cesse dans ce blog!); je pourrais alors vous renvoyer aux athées intégraux que furent Pol-Pot ou à Enver Hojda (voyons: il faut raison garder). Cibler les fous, point. C'est notre boulot à tous.

Pour ma part, j'ai d'autres références: Pierre Bayle, Dietrich Bonhoeffer (le théologien protestant qui a participé à l'attentat manqué contre Hitler et qui a été décapité pour cela), Maritain, Girard (quelle critique faites-vous de sa critique des religions? Cf "Les origines de la culture", entre autres.). Mais aussi la Beat generation, les anarchistes, Epicure, Lautréamont, celles et ceux qui crachent à la gueule de Dieu. Car le premier "devoir" divin c'est de vivre complètement sa nature d'homme et de femme (hétéros, bi, trans, pédé, gouines, asexués, pour n'en demeureur qu'aux pratiques sexuelles qui vous touchent tant - hu hu hu, jeu de mots involontaire!).

Tous les croyants ne se mortifient pas, bordel! Et n'ont pas besoin d'avoir mal pour s'inscrire dans le monde et la cité, ou pour la rejeter.

Je garde pour moi cette parole des Epîtres de Paul disant que "Sans amour que suis-je? que puis-je? qui suis-je?" Le reste je m'en tape voluptueusement le coquillard. Mais croyez, je vous prie, qu'il n'y a pas en moi, croyant (comme chez d'autres), l'once d'une volonté de puissance. Ce serait trop fatigant. Et je ne suis pas mégalo.

Vos posts sur la Religion me font m'imaginer que je suis un affreux criminel en puissance. Allez, Jean-Paul, vous n'êtes pas cerné! Ce n'est pas Fort Appache, ou Alamo, votre vie quand même!

Au fait, vous avez déjà votre histoire en tête pour votre roman policier futur?

Et c'est pour cela que je peux dire avec vous: Ecrasons l'infâme (les extrêmisme de tous poils. Le radicalisme beuglant ou silencieux. Non pas celui de la IIIième République, qui était pépère, non? Surtout vers la fin...)

PS: Et j'en termine: mon grand-père, avant la guerre civile, dans son village espagnol, pissait dans le bénitier avec quelques-uns de ses petits camarades. C'est AUSSI mon héritage. Qiue je chéris.

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

M'sieur Brighelli, allez, une polémique avec vous: ok pour les matérialistes (mais c'est un peu dépassé le discours sur les glandes et l'âme... On n'a pas encore prouvé que l'âme existe, certes; mais l'inverse n'a pas été démontré non plus. Magie du suspens. De l'indécision. Poésie! C'est votre foi de ne pas y prêter foi... Donc La Mettrie, etc. Très bien. Bon, vous avez Onfray chez vous, d'accord!). J'aime les lire ces philosophes du corps et de l'hédonisme, parce que, figurez-vous, que leur lecture enrichit ma foi, ma pensée et mon existence, dégraissent la foi du charbonnier, et me permettent de me faire de merveilleux plans cul à la moldo-valaque (clin d'oeil aux 11 000 Verges)! Cela fait des ans que la culpabilité, je ne la connais plus, et que des théologiens comme Jean-Pierre Jossua lui ont fait un sort (une chose: aux USA, ce sont les Protestants qui se suicident, proportionnellement parlant, le plus parmi les groupes religieux de ces Etats, à cause du sentiment de responsabilité: être responsable de soi, des autres, etc.). Cependant, loin de moi l'idée, en tant que croyant (qui ne met plus les pieds dans un temple, ou une église, une mosquée, etc. que pour y observer les raffinements des Arts et la façon de vivre une foi, considérée comme un des beaux-arts de la vie, à l'instar de l'assassinat), de vouloir voir ma religion (que je distingue de ma croyance) devenir religion d'Etat; je serai le premier à m'élever contre cette idiotie autoritaire, le poing levé avec les agnostiques ou les athées, et bien d'autres croyants, qui pensent comme moi, j'en suis certain... En plus, ça serait pénible (je ne veux pas d'uniforme à l'école, alors pensez une manière de vivre, de manger, de copuler, unique dictée par un livre (vert, marron, ou rouge, etc.), quel qu'il soit, quelle que soit son idéologie, je m'y assieds copieusement dessus!): mes pasteurs ont fait leur boulot de pasteur, moi je vis ma vie comme je l'entends; et je suis aussi coquin que vous! Ne tombez pas dans le panneau: ne confondez pas foi, espérance et "méthode ou mode d'emploi, ou injonction"... Tenter de faire le bien. Point barre. Ni mieux ni pire qu'un autre, et que vous. Et puis qui sont ces "ils" dont vous parler???? TOUS les croyants? C'est se fiche de la gueule du monde. Le rouleau compresseur est en route, et j'en tremble! Il peut très bien y avoir des Savonarole athées. Et il y en a eu. Parce ce que c'est l'Homme qui est plus à craindre. C'est l'Homme qui détruit son environnement (les pollueurs clament-ils leur catholicisme, leur judaïsme, leur mazdéisme, etc.?), qui est capable d'annihiler la vie avec ses bombes atomiques (la belle raison scientifique enfoncée à coups d'enclume par Comte et son positivisme. C'est indigeste à lire...), ses déchets, ses guerres. Oui, ce que les hommes font des religions peuvent être effroyables dans leur comportement - Or la foi est intérieure: la subtilité orthodoxe est émouvante; seulement vous balayez de la main le rôle de ces mêmes religions dans l'arrêt progressif des offrandes humaines pour tel ou tel dieu / Dieu. Sacrifices que des sanguinaires se sont empressés de remettre au goût du jour pendant, exemple pris au hasard, la Révolution (je ne remets pas en cause, en aucune façon, la Révolution et ses acquis: ma thèse, c'est que c'est dans la nature humaine d'être taré, extrémiste, je-m'en-foutiste, égotiste, égoïste, etc.!): la progression du bien a toujours été beaucoup plus lente que l'explosion du mal en ce monde dans lequel nous sommes. C'est sûr que si vous prenez le frère de frère Ramadan, là, on ne s'en sort plus (c'est une tactique de disqualification plutôt facile, Jean-Paul: l'argumentation du pire, par le pire qu'a analysé avec bonheur mon cher Schopenhauer, "L'Art d'avoir toujours raison"; j'y reviens sans cesse dans ce blog!); je pourrais alors vous renvoyer aux athées intégraux que furent Pol Pot ou à Enver Hodja (voyons: il faut raison garder). Cibler les fous, point. C'est notre boulot à tous. Pour ma part, j'ai d'autres références: Pierre Bayle, Dietrich Bonhoeffer (le théologien protestant qui a participé à l'attentat manqué contre Hitler et qui a été décapité pour cela), Maritain, Girard (quelle critique faites-vous de sa critique des religions? Cf. "Les origines de la culture", entre autres.). Mais aussi la Beat generation, les anarchistes, Epicure, Lautréamont, celles et ceux qui crachent à la gueule de Dieu. Car le premier "devoir" divin c'est de vivre complètement sa nature d'homme et de femme (hétéros, bi, trans., pédé, gouines, asexués, pour n'en demeurer qu'aux pratiques sexuelles qui vous touchent tant - hu hu hu, jeu de mots involontaire!). Tous les croyants ne se mortifient pas, bordel! Et n'ont pas besoin d'avoir mal pour s'inscrire dans le monde et la cité, ou pour la rejeter. Je garde pour moi cette parole des Epîtres de Paul disant que "Sans amour que suis-je? Que puis-je? Qui suis-je?" Le reste je m'en tape voluptueusement le coquillard. Mais croyez, je vous prie, qu'il n'y a pas en moi, croyant (comme chez d'autres), l'once d'une volonté de puissance. Ce serait trop fatigant. Et je ne suis pas mégalo. Vos posts sur la Religion me font m'imaginer que je suis un affreux criminel en puissance. Allez, Jean-Paul, vous n'êtes pas cerné! Ce n'est pas Fort Apache, ou Alamo, votre vie quand même! Au fait, vous avez déjà votre histoire en tête pour votre roman policier futur? Et c'est pour cela que je peux dire avec vous: Ecrasons l'infâme (les extrémismes de tous poils. Le radicalisme beuglant ou silencieux. Non pas celui de la IIIième République, qui était pépère, non? Surtout vers la fin...) PS: Et j'en termine: mon grand-père, avant la guerre civile, dans son village espagnol, pissait dans le bénitier avec quelques-uns de ses petits camarades. C'est AUSSI mon héritage. Que je chéris.

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

M'sieur Brighelli, allez, une polémique avec vous: ok pour les matérialistes (mais c'est un peu dépassé le discours sur les glandes et l'âme... On n'a pas encore prouvé que l'âme existe, certes; mais l'inverse n'a pas été démontré non plus. Magie du suspens. De l'indécision. Poésie! C'est votre foi de ne pas y prêter foi... Donc La Mettrie, etc. Très bien. Bon, vous avez Onfray chez vous, d'accord!). J'aime les lire ces philosophes du corps et de l'hédonisme, parce que, figurez-vous, que leur lecture enrichit ma foi, ma pensée et mon existence, dégraissent la foi du charbonnier, et me permettent de me faire de merveilleux plans cul à la moldo-valaque (clin d'oeil aux 11 000 Verges)! Cela fait des ans que la culpabilité, je ne la connais plus, et que des théologiens comme Jean-Pierre Jossua lui ont fait un sort (une chose: aux USA, ce sont les Protestants qui se suicident, proportionnellement parlant, le plus parmi les groupes religieux de ces Etats, à cause du sentiment de responsabilité: être responsable de soi, des autres, etc.). Cependant, loin de moi l'idée, en tant que croyant (qui ne met plus les pieds dans un temple, ou une église, une mosquée, etc. que pour y observer les raffinements des Arts et la façon de vivre une foi, considérée comme un des beaux-arts de la vie, à l'instar de l'assassinat), de vouloir voir ma religion (que je distingue de ma croyance) devenir religion d'Etat; je serai le premier à m'élever contre cette idiotie autoritaire, le poing levé avec les agnostiques ou les athées, et bien d'autres croyants, qui pensent comme moi, j'en suis certain... En plus, ça serait pénible (je ne veux pas d'uniforme à l'école, alors pensez une manière de vivre, de manger, de copuler, unique dictée par un livre (vert, marron, ou rouge, etc.), quel qu'il soit, quelle que soit son idéologie, je m'y assieds copieusement dessus!): mes pasteurs ont fait leur boulot de pasteur, moi je vis ma vie comme je l'entends; et je suis aussi coquin que vous! Ne tombez pas dans le panneau: ne confondez pas foi, espérance et "méthode ou mode d'emploi, ou injonction"... Tenter de faire le bien. Point barre. Ni mieux ni pire qu'un autre, et que vous. Et puis qui sont ces "ils" dont vous parler???? TOUS les croyants? C'est se fiche de la gueule du monde. Le rouleau compresseur est en route, et j'en tremble! Il peut très bien y avoir des Savonarole athées. Et il y en a eu. Parce ce que c'est l'Homme qui est plus à craindre. C'est l'Homme qui détruit son environnement (les pollueurs clament-ils leur catholicisme, leur judaïsme, leur mazdéisme, etc.?), qui est capable d'annihiler la vie avec ses bombes atomiques (la belle raison scientifique enfoncée à coups d'enclume par Comte et son positivisme. C'est indigeste à lire...), ses déchets, ses guerres. Oui, ce que les hommes font des religions peuvent être effroyables dans leur comportement - Or la foi est intérieure: la subtilité orthodoxe est émouvante; seulement vous balayez de la main le rôle de ces mêmes religions dans l'arrêt progressif des offrandes humaines pour tel ou tel dieu / Dieu. Sacrifices que des sanguinaires se sont empressés de remettre au goût du jour pendant, exemple pris au hasard, la Révolution (je ne remets pas en cause, en aucune façon, la Révolution et ses acquis: ma thèse, c'est que c'est dans la nature humaine d'être taré, extrémiste, je-m'en-foutiste, égotiste, égoïste, etc.!): la progression du bien a toujours été beaucoup plus lente que l'explosion du mal en ce monde dans lequel nous sommes. C'est sûr que si vous prenez le frère de frère Ramadan, là, on ne s'en sort plus (c'est une tactique de disqualification plutôt facile, Jean-Paul: l'argumentation du pire, par le pire qu'a analysé avec bonheur mon cher Schopenhauer, "L'Art d'avoir toujours raison"; j'y reviens sans cesse dans ce blog!); je pourrais alors vous renvoyer aux athées intégraux que furent Pol Pot ou à Enver Hodja (voyons: il faut raison garder). Cibler les fous, point. C'est notre boulot à tous. Pour ma part, j'ai d'autres références: Pierre Bayle, Dietrich Bonhoeffer (le théologien protestant qui a participé à l'attentat manqué contre Hitler et qui a été décapité pour cela), Maritain, Girard (quelle critique faites-vous de sa critique des religions? Cf. "Les origines de la culture", entre autres.). Mais aussi la Beat generation, les anarchistes, Epicure, Lautréamont, celles et ceux qui crachent à la gueule de Dieu. Car le premier "devoir" divin c'est de vivre complètement sa nature d'homme et de femme (hétéros, bi, trans., pédé, gouines, asexués, pour n'en demeurer qu'aux pratiques sexuelles qui vous touchent tant - hu hu hu, jeu de mots involontaire!). Tous les croyants ne se mortifient pas, bordel! Et n'ont pas besoin d'avoir mal pour s'inscrire dans le monde et la cité, ou pour la rejeter. Je garde pour moi cette parole des Epîtres de Paul disant que "Sans amour que suis-je? Que puis-je? Qui suis-je?" Le reste je m'en tape voluptueusement le coquillard. Mais croyez, je vous prie, qu'il n'y a pas en moi, croyant (comme chez d'autres), l'once d'une volonté de puissance. Ce serait trop fatigant. Et je ne suis pas mégalo. Vos posts sur la Religion me font m'imaginer que je suis un affreux criminel en puissance. Allez, Jean-Paul, vous n'êtes pas cerné! Ce n'est pas Fort Apache, ou Alamo, votre vie quand même! Au fait, vous avez déjà votre histoire en tête pour votre roman policier futur? Et c'est pour cela que je peux dire avec vous: Ecrasons l'infâme (les extrémismes de tous poils. Le radicalisme beuglant ou silencieux. Non pas celui de la IIIième République, qui était pépère, non? Surtout vers la fin...) PS: Et j'en termine: mon grand-père, avant la guerre civile, dans son village espagnol, pissait dans le bénitier avec quelques-uns de ses petits camarades. C'est AUSSI mon héritage. Que je chéris.

Ecrit par : Pendariès | 17 novembre 2006

Bonjour M. Brighelli,

Vous me pardonnerez j'espère (ainsi que les participants de ce blog) de rompre ainsi le fil de la discussion : arrivée ici par hasard j'aimerais assez revenir sur un autre point de votre réponse à M. Monjo.
Il me semble que votre démarche générale procède de l'observation du "terrain", vous avez renvoyé aux pédagogues le résultat concret de l'application de leurs belles théories (étant parent d'élève j'ai pu constater moi-même à quel point ce que vous affirmiez était vrai). J'en viens à ma question: avez-vous procédé de même pour le "monde de l'entreprise"? J'avoue que j'ai été assez surprise de cette citation du MEDEF. D'après ce que j'ai pu observer, c'est l'inverse qui se produit, c'est à dire que les étudiants provenant des filières "générales" (lettres, langues, histoire, sciences), même très diplômés (BAC+5,+7), sont systématiquement écartés des entretiens d'embauche sous prétexte qu'ils ne sont pas assez spécialisés (je cite: " Mais comment, vous ne maîtrisez pas power point! ", ce qui se décline en plusieurs versions, y compris le très fameux : "Nous n'avons pas de temps à consacrer à votre formation, il nous faut quelqu'un qui soit opérationnel immédiatement"). Et ce sont les jeunes qui sortent d'écoles privées plus spécialisées (commerce, informatique) payées par les parents, qui obtiennent la place, même lorsqu'il s'agit d'écoles de médiocre réputation et que les jeunes en question sont incultes (j'en connais une qui confond encore Einstein et Frankenstein régulièrement, si, si, pour de vrai!). Voilà pourquoi je m'interroge... Vous ai-je mal compris?

Ecrit par : laetitia | 18 novembre 2006

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