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09 octobre 2006
Du principe de liberté
Du principe de liberté
Il me vient aux oreilles qu’un inspecteur est aujourd’hui menacé de sanctions par le ministère.
En soi, c’est un épiphénomène. Gilles de Robien souhaite ne voir qu’une seule tête à l’Inspection, alors que la plupart des gens en place ont été nommés par ses prédécesseurs. Et se conforment encore à la pensée politique du prédécesseur.
Tout cela procède d’un mélange des genres particulièrement absurde.
J’ai écrit souvent que l’Ecole n’est ni de droite, ni de gauche. Elle est la maison commune de la Nation. Le corollaire obligé de cette affirmation, c’est que jamais les passions politiques ne devraient interférer avec les considérations pédagogiques. Et qu’à terme, il faudrait désincarcérer l’école du carcan des politiques, créer une Agence pour l’Education qui remplace le Ministère de la rue de Grenelle — et je suis loin d’être le seul à le penser : Jacques Julliard, dans le Nouvel Obs, s’est fait le chantre d’une Ecole dégagée des fantaisies politiques.
Qu’est-ce que cela implique, concrètement, du point de vue du métier ?
D’abord, qu’un inspecteur doit avant tout être un collègue — et non un père fouettard. Philippe Meirieu propose en ce moment que toute inspection se passe en deux temps — une heure d’observation, puis une heure où l’inspecteur fait classe à son tour pour bien montrer ce qu’il veut dire, et ce que l’on peut faire. C’est d’une démagogie effrénée — car comment un inspecteur serait-il instantanément compétent sur telle ou telle branche du programme que l’enseignant a creusée pour son cours ? Je ne suis même pas sûr qu’en Primaire, ce soit faisable, tant les situations de classe dépendent étroitement de la connaissance que l’instituteur a de ses élèves, des capacités de l’un et des problèmes de l’autre.
J’ai fait dans « À bonne école » une proposition dont je conçois bien la difficulté de mise en place, mais qui ouvre pourtant des perspectives : que l’inspecteur vienne deux fois dans la classe — en début et en fin d’année, afin de voir quels progrès ont été faits. Sinon, un enseignant tombé par hasard dans une « bonne » classe d’un « bon » établissement surfera insolemment en tête de classement, sans trop d’effort, pendant que le malheureux soutier muté dans une ZEP hostile paiera au prix fort le faible niveau de ses élèves…
Soyons clair. Le principe de liberté pédagogique doit être réaffirmé haut et fort. Un enseignant, s’il est correctement formé (et c’est aujourd’hui tout le problème en ce qui concerne les méthodes de lecture, dont je sais bien qu’elles ne sont pas toutes enseignées dans les IUFM…), doit pouvoir choisir la méthode la plus adéquate à ses élèves, et à sa personnalité. « Que le gascon y arrive, si le français n’y peut aller », disait Montaigne pour justifier son usage de mots de patois. Il en est de même en pédagogie.
Dans cette optique, que doit être un inspecteur ? Certainement pas un idéologue qui s’investirait de la mission sacrée d’imposer telle ou telle pédagogie — et certainement pas un politique qui userait de sa fonction pour tenter de descendre le premier enseignant qui lui a déplu. Le politique est en train de tuer l’Education. Après tout, les enseignants parviennent assez bien — sauf quelques idéologues bornés — à faire cours sans se référer sans cesse à leurs convictions philosophiques. Un inspecteur doit pouvoir aider un enseignant sans sortir sa Vulgate pédagogiste, ou anti-pédagogiste. Et le ministère doit pouvoir faire comprendre aux uns et aux autres sans recourir à la menace ou à la sanction que de la diversité pédagogique peut naître une nouvelle école dégagée des a-priori.
En un mot, je voudrais réhabiliter le mot « libéralisme », aujourd’hui annexé par des politiques qui ont oublié qu’il venait de « liberté ».
Inutile donc de sanctionner les uns ou les autres pour des délits d’opinion. Ce qu’il faut extirper, c’est l’idée même d’opinion. Un enseignant est capable de faire classe en oubliant, quelques heures durant, qu’il est royaliste, communiste ou bouddhiste. Un inspecteur doit être capable d’estimer l’efficacité de telle ou telle méthode sur le terrain — et non dans l’abstrait — en oubliant qu’il est (ou non) membre du PS. C’est cela qui doit être son souci, — et non l’application systématique de telle ou telle circulaire, de telle ou telle théorie. En clair, ni Robien, ni Meirieu : ni l’obéissance aveugle à un exécutif trop loin du terrain, ni l’aveuglement servile devant les théories fumeuses d’idéologues patentés.
Je sais bien qu’en disant cela, je me fâche avec les uns et les autres. Que le ministre d’aujourd’hui va m’en vouloir, et que le ministre de demain m’aura à l’œil. Et même que les blâmés d’aujourd’hui me blâmeront demain. Tant pis. La vérité, « l’âpre vérité », mérite bien quelques petits sacrifices.
JPB
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Commentaires
salut il me semble que je t'ais aperçu à la foire expo cet aprem, j'ai même pas eu le temps de t'interpeller, dommage, j'aurais bien aimé me présenter, une prochaine fois peut être?
Ecrit par : pierrot le zygo | 09 octobre 2006
Ciel, je suis épié…
J'y étais. Ce n'est pas poarce que je me promène avec des créatures (ma femme, en l'occurrence) qu'il fallait s'abstenir…
JPB
Ecrit par : brighelli | 09 octobre 2006
A propos de l'adjectif libéral qui est mon pain quotidien, j'aimerais citer Pierre Magnan: "il appartenait à une de ces professions qui n'ont de libérales que le nom"
Un libéral touche des honoraires, ce qui veut dire qu'en principe il est honoré à hauteur de son honorabilité par celui qui l'honore...
Bon, sérieusement, un comité d'éthique indépendant des politiques en place serait indispensable aussi bien à l'EN qu'en recherche médicale et applications de ces recherches. Les industriels diraient certainement la même chose pour l'industrie, les commerciaux pour le commerce, les agriculteurs pour l'agriculture, les magistrats pour la justice etc... Une chance pour vous, vous ne dépendez que du gouvernement français,enfin pour l'instant, les autres ils ont en plus sur le rable la législation européenne et ça c'est quelque chose!
A part les finances, on pourrait supprimer l'Etat?
Mon cerveau obtus est dépassé.
Au fond, l'idéal, c'était la quatrième république, quand les gouvernements restaient tellement peu de temps en place qu'ils n'avaient le temps de rien faire: un Président pour inaugurer les chrysanthèmes, ou un Roi si vous voulez, et une poignée de députés qui passent leur temps à faire sauter les ministres et comme ça, on bosse tranquille chacun dans sa partie. Et moins de sinécures!
Ecrit par : dobolino | 09 octobre 2006
Tout à fait d'accord, Jean-Paul !
L'idéologie a remplacé la compétence dans l'Educnat.
Y a-t-il vraiment un Spoil System au ministère ? On en peut en douter quand on voit les mêmes qui sont toujours là depuis 15 ans.
C'est vrai, il faudrait une administration, une Agence à la fois plus indépendante et rendant des comptes. On n'est pas sortis de l'auberge...
Ecrit par : LaRiba | 09 octobre 2006
Une Agence qui ne servirait pas qu'appliquer les "conseils" des experts autoproclamés de l'OCDE et autres organismes carrément antidémocratiques.
Ecrit par : LaRiba | 09 octobre 2006
Finalement, le fait que la gauche ait transformé l'éducation nationale en vaste ministère de la propagande arrange bien l'ensemble de la classe politique. La droite ne rêve que d'une chose : détourner la propagande à son profit.
Cela dit, créer une énième agence pour tenter de remettre un peu d'objectivité là-dedans, est-ce bien une solution ? Combien y a-t-il déjà, à ce jour, de comités, conseils, assemblées, commissions, etc. qui s'occupent des questions d'éducation ? En ajouter une n'avancerait à rien.
Ecrit par : Pierre-Henri | 09 octobre 2006
Si j'en crois la revue de presse de ce lundi dans les Cahiers Pédagogiques, et s'il ne s'agit pas d'un canard, l'inspecteur en question se nomme Pierre Frackowiak. Ce qui ne change pas un iota à ce qu'a écrit Jean-Paul, mais donne tout de même à penser.
Ecrit par : Jean-François Croz | 09 octobre 2006
J'étais au courant depuis quelques jours, pour Frackowiack.
Et je vais essayer d'être clair.
J'ai attaqué cet homme en public, parce qu'il avait abusé de sa fonction d'inspecteur pour m'attaquer lui-mêm, porter le débat sur un théâtre tout aussi public, et abuser de sa fonction. C'était une vendetta personnelle. Quand un individu écrit (en mai dernier) que je veux "rendre service à la droite réactionnaire en cautionnant les volontés de retour en arrière qui font le lit du libéralisme en manipulant l'opinion publique", et que j'anime dans cet esprit des "coomandos brighellistes", et qu'il envoie ces belles pensées à tous les inspecteurs de son syndicat majoritaire, je peux me considérer comme personnellement offensé : on sort du débat d'idées pour attaquer l'individu via un vecteur institutionnel — d'où l'ire de certains inspecteurs à mon égard. Je ne m'en inquiète pas — j'ai dépassé l'inquiétude —, mais je peux m'en offusquer. J'en ai un peu marre d'être traité de frontiste par tous ces bénis-oui-oui de la Gauche bien-pensante qui est à une vraie gauche ce que les ténèbres sont aux Lumières. À moi Voltaire et Condorcet, à eux Meirieu.
C'est donc par rapport à ce que je considère comme une injure que j'ai été amené à secouer un peu Pierre Frackowiack en public. Les médias sont la forme contemporaine du duel. Je le déplore, mais je peux m'en servir, quand on me cherche.
Cela dit, je ne suis pas sûr que le choix du ministère d'infliger un blâme à cet inspecteur pour non-conformité aux instructions officielles soit la façon la plus sensée de peser sur l'Inspection.
Je n'irai pas jusqu'à me dire solidaire de Pierre Frackowiack, contre lequel je conserve un chien de ma chienne, comme on dit, mais moi qui n'ai jamais donné une heure de colle de toute ma carrière à un élève, je ne pense pas que pédagogiquement la sanction fasse en soi partie de l'arsenal.
Le débat, comme je le souligne dans ma note, est largement faussé par l'idéologisation, des deux côtés. Les vrais acteurs du théâtre éducatif — les profs et les parents — sont des adultes, capables de s'auto-gérer : les uns voient bien que leurs enfants n'apprennent plus grand-chose, les autres s'exaspèrent de règlements qui institutionnalisent le déficit intellectuel et leur enjoignent, de surcroît, de participer à la débâcle.
Que Pierre Frackowiack écrive des absurdités, certes. Qu'on le lui dise est la moindre des choses. Qu'on lui tape sur les doigts, à la rigueur — après tout, il est un fonctionnaire d'autorité, soumis par sa fonction à des règles déontologiques, et qui est largement sorti de sa fonction, dans le cadre même de son travail. Mais qu'on prenne contre lui des sanctions administratives est exagéré — c'est envenimer une atmosphère déjà passablement délétère, et favoriser, à terme, une guerre d'usure qui ne profitera à personne.
À tout pécheur miséricorde.
Je sais bien que le ministère pense ainsi peser sur l'ensemble de l'Inspection. C'est un calcul à courte vue. Les inspecteurs les plus idéologues feindront de faire paisir au ministre, et n'en seront que plus enragés. Et ce ne sont pas les ministres, qui passent, qui paieront les pots cassés : ce sont les enseignants et les élèves, auxquels on assènera une seconde couche d'une quelconque loi Jospin, plus scélérate encore que la première.
Ce ne sont pas les hommes qu'il faut corriger, ce sont les idées. Celles de Pierre Frackowiack sont erronées, et réellement passéistes — car les vrais nostalgiques, ce sont ces gens qui se réclament de la modernité pour appliquer des thèses abstraites — alors qu'ils ignorent tout de la modernité, en particulier des réalités du marché du travail et des conditions d'acquisition d'une vraie culture, d'un vrai esprit critique. Il fallait que ce fût dit. Ce n'est pas la peine d'ajouter l'humiliation ou la dégradation à une explication franche.
JPB
Ecrit par : brighelli | 10 octobre 2006
"Un inspecteur doit pouvoir aider un enseignant sans sortir sa Vulgate pédagogiste, ou anti-pédagogiste."
" ni l’obéissance aveugle à un exécutif trop loin du terrain, ni l’aveuglement servile devant les théories fumeuses d’idéologues patentés."
"La vérité, « l’âpre vérité », mérite bien quelques petits sacrifices."
Super Post . Je veux la même chose.
"Mais qu'on prenne contre lui des sanctions administratives est exagéré "
"Ce ne sont pas les hommes qu'il faut corriger, ce sont les idées."
Que non que non il faut corriger l'homme pour qu'il change d'idée ... Sinon 'a marchera pô....
Ce gars à cracher sur les alphas ET il est du système RIBAMBELLE le pire qui soit, renseignez vous ... Picbille c'est PAS MIEUX ...
Les Alphas (qd c'est fait correctement') C'EST SUPER GéANTISSIME....
Sa copine Charmeuse à fait une ÂNEnalyse d'une version obsolète de Léo&Léa POUR descendre la méthode. Elle mérite le même sort (en fait ce que EUX PROPOSENT AUX INSTITS QUI NE SUIVENT PAS LEUR VOIE) UN REFORMATAGE TOTALE D'UN MOIS ENTIER AVEC ALPHA ET UN AUTRE MOIS ENTIER AVEC L&L .
UNE FORMATION OBLIGATOIRE DISPENSé PAR LA FéE HUGUENIN ET PAR LES FéES CUCHE ET SOMMER ...
AVEC INTERROGATION SURPRISE ET COUP DE RèGLE EN FER SUR LES DOIGTS QUAND ILS SE PLANTENT....
Là je vais rigoler :o)))))))))))))))))))))))))))))
Ecrit par : toto | 10 octobre 2006
a craché véner le toto
Ecrit par : toto | 10 octobre 2006
Si nous utilisons les mêmes méthodes que les pédagogistes, nous ne valons pas mieux qu'eux... C'était déjà le cas avec Goigoux. Et puis, à quoi joue de Robien ? Il donne aux pédagos des munitions pour quelques combats d'arrière-garde, et en plus leur fournit des arguments sur un plateau d'argent. Sans compter que ce genre de vendetta est particulièrement minable.
Frackowiak, on lui met la médaille du mérite scolaire à son cou, on le remercie pour l'ensemble de son oeuvre, on lui accorde une retraite bien méritée, on lui fait la bise et on l'oublie. Point final.
Ecrit par : Pierre-Henri | 10 octobre 2006
L'an dernier en ZEP aux Pyramides à Evry, inspecté, mon inspectrice me répondit qu'une inspection en début et en fin d'année était impossible car les inspecteurs étaient surchargés...
Quant à un inspecteur qui prendrait la classe, nous n'avons pas fini de rire... Pourra-t-on filmer le spectacle? Le jargon pédagogiste serait un coup d'épée dans l'eau. Et en SEGPA ce serait sans doute une boucherie... Pédagogie for Colombine!
Ecrit par : combemale | 10 octobre 2006
Pierre-Henri, Robien oblige ainsi les éventuels repreneurs socialistes à ne pas revenir sur le présent actuel (je sais, ce n'est pas une jolie tournure, ni de phrase, ni d'esprit).
Si d'aventure ils le faisaient, beaucoup leur en voudraient, bien plus qu'il n'en faudrait.
Ecrit par : D'Enguell | 10 octobre 2006
Toujours d'accord avec JPB. Je n'irai pas jusqu'à pleurer pour Frackowiak, après tout en tant qu'Inquisiteur il a sans doute pas mal de saletés à se reprocher. Il aurait du culot de prétendre qu'il a le droit de dire n'importe quoi et en même temps d'exiger que les enseignants de base obéissent et n'ont qu'à la fermer tandis qu'on les bassine avec le citoyennisme !
Cependant, il ne faut pas lancer de chasse aux sorcières. Cela légitime cette installation de la "société de contrôle" que nous prédisaient des philosophes. Avec un Meirieu diffamant le prof de base dans chaque bouquin pour mieux faire passer ses réformes et donnant sa bénédiction aux inspecteurs pour tirer dans le tas. Ce n'est pas parce que les pédagogistes ont eu depuis la loi Jospin cette volonté de fliquer les profs et de sanctionner les non conformes qu'il faut s'abaisser à agir comme eux.
Ecrit par : LaRiba | 10 octobre 2006
Tout d'abord salut à Dobolino ... on se retrouvera sur les interférons !
A par ça juste une petite question en passant: à quoi servent les inspections à partir du moment où les instit savent qu'ils vont être inspectés?
Et qu'on ne me dise pas que ce n'est pas vrai: l'année dernière nous parents étions prévenus que l'inspecteur "venait demain après-midi".
Les inspections devraient se faire au hasard et par surprise!
Ecrit par : Nouch | 10 octobre 2006
Salut, Nouch. Pour l'instant j'attends plutôt des posts sur la rhabdomyolyse a frigore... Fais gaffe, ici, ils nous taillent une veste en moins de deux: y-z-aiment pas trop les vétos. Pourtant comme parents d'élèves on est pas trop chiant vu l'heure à laquelle on finit notre journée... Vous tous, relisez Le petit Nicolas, chapître: "on a eu l'inspecteur".
De toute façon les mômes sont tellement terrorisés, persuadés que l'inspecteur est là pour eux ou qu'ils sont responsables de sa note que une inspection n'est jamais représentative. Le type prend un ou deux cahiers au hasard, tombe souvent sur l'élève le plus mauvais ou le meilleur.
Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2006
Et puis, franchement, t'aimerais toi qu'un inspecteur vienne te juger en te regardant bosser une heure. Tu estimes que ton diplôme est la preuve de ta compétence et tes patients les meilleurs garants de tes qualités? Moi aussi et je ne vois pas pourquoi un diplomé de l'enseignement primaire ou secondaire serait moins fiable que nous. Nos profs d'école véto n'étaient jamais inspectés même en début de carrière. Un conseiller pédagogique ou un enseignant chevronné qui se verrait chargé de soutenir les premiers pas d'une vingtaine d'enseignants débutants, géographiquement proches les uns des autres serait cent fois plus utile. Une fois démarrés et efficients, il leur décernerait un diplome garantissant leur niveau de compétence pour toute leur carrière . Je trouve que des fois j'ai de bonnes idées!
Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2006
Est-ce par demagogie que vous vous gargarisiez d'analyses marxisantes dans votre premier ouvrage M.Brighelli ? j'ai l'impression que les participants au debat pédagogisme/anti-pédagobgisme excluent d'emblée tout appartenance ou accointance avec des ideologies considerées comme droitières afin de preserver leur credibilité vis à vis de leur base ?
Ecrit par : machin | 10 octobre 2006
Pour faire simple, la droite c'est "Y a des forts et y a des faibles. Les forts mangent donc les faibles. La vie c'est la jungle." On est souvent de droite quand on est socialement fort...
La gauche c'est" Y en a dans la mouise et d'autres qui naissent au bon endroit. Faudrait voir à harmoniser tout ça vers le haut."
Vive l'idéologie quand elle est de gauche!
Ecrit par : combemale | 10 octobre 2006
Peut-on faire plus simple ? ;)
"On est souvent de droite quand on est socialement fort..."
Euh, plus maintenant, je vous rassure, ou vous inquiète...
Ecrit par : D'Enguell | 10 octobre 2006
Machin : en fait, nous évitons de parler politique. Pour la simple raison que tous les partis (et toutes les nuances à l'intérieur des partis) sont représentés dans les mouvements anti-pédagogistes. Avec des cathos et de farouches anticléricaux ensemble pour animer encore la fête. Rappelez-vous que le second livre de JPB était préfacé par Laurent Lafforgue, ce qui est quand même fortiche comme grand écart.
Quelles que soient nos convictions politiques, nous avons tous compris une chose : ce n'est pas telle ou telle opinion que menace la situation de l'éducation nationale. Ce qui est en danger, c'est la capacité même à saisir le monde, c'est la capacité même à se former une libre opinion. Quand on a compris ça, on se rend compte que nous sommes tous dans la même barque.
"Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat"
Ecrit par : Pierre-Henri | 10 octobre 2006
Vous m'inquiétez d'Enguell, vous m'inquiétez...
Ecrit par : combemale | 10 octobre 2006
D'Enguell, avouez que vous êtes un âne qui veut du son!
Le problème, c'est que vous avez raison et que ce n'est pas pour arranger les bidons de tout le monde.
Combemale, si ça vous inquiète encore c'est que vous tombez des nues...
" Regrets sur quoi l'enfer se fonde
Qu'un ciel d'oubli s'ouvre à mes voeux"
" Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts."
Divague-je?
Ecrit par : dobolino | 10 octobre 2006
Je consulte régulièrement ce blog et partage sur le fond pas mal des points de vue échangés mais j'avoue que j'ai un peu de mal à vous suivre sur ce dernier thème.
Je suis moi-même fonctionnaire dans un autre ministère et doit mettre en oeuvre les décisions de mon ministre que cela me plaise ou non. Certes, on peut y mettre plus ou moins d’ardeur voire s’y opposer (mais c’est un tout autre sujet dans un tout autre contexte…). Cependant, on applique généralement les directives des politiques qui sont, il ne faut pas l’oublier, élus par le peuple.
Qu'il y ait un principe fort de liberté pédagogique au bénéfice des enseignants au MEN ne me choque pas. Mais ne confondons pas le rôle des inspecteurs d'académie dont la mission devrait être de s'assurer que les conditions d’un enseignement de qualité sont réunies et que les dispositions arrêtées par le ministère sont appliquées et celui des profs qui est de transmettre un savoir. Qu'un inspecteur affiche ouvertement des positions opposées à celles de son ministre est un manquement professionnel évident. Par ailleurs, je rappelle le devoir de réserve qui devrait s'attacher à la fonction (mais je ne vais pas plus loin sur ce cas d'espèce que je ne connais pas).
Sur le fond, je ne vois pas au nom de quel principe démocratique nous devrions confier l'Ecole à une "agence" dont la légitimité resterait à établir. Que les programmes soient débattus et arrêtés par des spécialistes. Bien sûr ! mais quid du reste ? de la définition des priorités? des axes stratégiques? de la gestion des personnels , des moyens ?? etc. Vous partagez l’opinion de Juillard, « chantre d’une école dégagée des fantaisies politiques » mais sont-ce les politiques qui ont amené l’école là où elle en est ? N’ont-ils pas au contraire démissionné de leur responsabilité et soutenu, peut-être en toute bonne foi mais aveuglément, les propositions idéologiques de quelques « gourous » des sciences de l’Education?
Ce qui me gêne dans votre note, c’est l’opposition affirmée et systématique à toute initiative du politique dans les affaires du MEN même lorsque ce qui s’y fait relève parfois du plus total délire idéologique voire sectaire. Je me souviens avoir lu dans votre blog la question de quelqu’un s’interrogeant sur les moyens d’action que nous pouvions engager afin de contrer cette dérive que vous dénoncez d’ailleurs dans vos livres. Vous aviez répondu qu’il fallait sensibiliser les politiques. Il me semble que vous y avez d’ailleurs contribué. Faut-il alors s’opposer à ces mêmes politiques (de gauche comme de droite) qui font preuve de courage en osant poser les bonnes questions (apprentissage de la lecture, le contenu des programmes) et en prenant des décisions courageuses (certes, la Com n’est pas toujours exceptionnelle , mais bon…) ?
Et d’ailleurs, qui d’autres pourrait le faire ? Les enseignants ? Leurs syndicats, sensés les représenter, sont pour la plupart inféodés aux « pédagogistes » que vous critiquez ? Les parents d’élèves dans un sursaut de lucidité ? Là aussi, point de salut. Vous savez comme moi qu’à la tête des fédérations les plus importantes se trouvent ces mêmes individus (cf par exemple les membres du comité scientifique de la FCPE). Arrêtons donc de critiquer systématiquement et stérilement tout ce qui vient du politique !
Mais il me semble qu’il s’agit là d’un mal spécifique aux enseignants (!?).
Ils sont 63% à penser que les décisions prises par Robien sur l’apprentissage de la lecture sont positives, ce qui ne les empêche pas d’utiliser dans leur très grande majorité des méthodes … à départ global tout en expliquant qu’ils ne le font pas… et qu’ils continueront leur méthode éprouvée et qui donne « d’excellents résultats » (ne se rendant pas compte que les lacunes de leur enseignement sont la plupart du temps comblées par les parents)… Ils regrettent la dévalorisation de leur statut tout en continuant à élire des représentants syndicaux et à soutenir certains « spécialistes de l’Education » qui ont mis en place les thèses constructivistes au cœur de l’enseignement actuel rabaissant le professeur au statut de « référent » adulte au milieu de ses apprenants… Les enseignants ne débattent jamais du contenu des programmes (sauf quelques uns actuellement ) et assistent interdits à la disparition progressive du contenu de leur propre discipline (exemple du français, mathématiques, etc.) sans comprendre les évolutions qu’ils subissent… Dès qu'un syndicat veut s'opposer à une réforme de quelque nature soit-elle, il sait que pour mobiliser ses ouailles, il doit poser la question des moyens qui demeure le seul sujet fédérateur...
Tout cela vous le savez mais il faut reconnaître qu’il est parfois difficile de faire face aux petites contradictions du corps enseignant !..
Amicalement
Luc N.
Ecrit par : Luc N | 10 octobre 2006
A J.P. BRIGHELLI,
"Je sais bien qu’en disant cela, je me fâche avec les uns et les autres." Dites-vous.
Avec les uns et les autres, certainement pas !
Avec Gilles de Robien peut-être, quant à vos habituels commentateurs nul doûte que, quelque soit leur propre animosité envers Pierre Frackowiak, votre hauteur de vue devrait les conduire à re-examiner leur positionnement dans cette polémique et à rechercher des solutions concrêtes en discutant sereinement y compris avec ceux de leurs collègues qui ne partagent leur point de vue.
Merci donc pour cette note où j'ai appris la menace de sanction qui pèse sur un de vos contradicteurs.
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Concernant les solutions et par exemple une réforme de l'inspection, que ce soit la proposition de MEIRIEU ou la votre je les trouve bien insuffisantes.
L'encadrement de l'EducNat est peut-être à réformer mais bien plus sûrement à créer. Aucune entreprise (publique ou privée) ne fonctionne avec une hiérarchie si disjointe de "sa base".
La qualité et l'esprit de responsabilité de cette base font que c'est un moindre mal. Cependant, quand il y a des problèmes, et beaucoup de monde s'accorde à souligner qu'il y en aurait en ce moment, seule une hiérarchie responsable et proche de cette base serait à même d'effectuer le diagnostic ou mieux aurait pu éviter certaines dérives.
Ecrit par : PeutMieuxFaire | 10 octobre 2006
Dobolino, avouer que je brais me cause un seul tourment, il n'y a pas/plus de passé simple ni de subjonctif imparfait pour ce verbe.
C'est presque comme lorsque j'embraye : en réalité, la pédale dite d'embrayage permet de débrayer.
Je ne sais donc pas si le son vient quand on l'appelle, mais j'embraye volontiers sur Mallarmé "le mal armé" que vous citez pour me cultiver -je vous en remercie- et me rend compte qu'il a aussi commis "l'après-midi d'un faune", mis en son par Debussy.
CQFD, faire l'âne (et le faune) procure du son.
Ecrit par : D'Enguell | 10 octobre 2006
De la liberté de faire son boulot.
Cela vient de se passer hier dans un Lycée Professionnel, mais ça pourrait arriver en collège ou ailleurs :
A quoi cela sert-il de se décarcasser dans sa classe devant ses élèves, ainsi qu’à la maison en préparant des cours et corrigeant des copies, si un coup d’harmonisation assurera de toute façon au final, la “réussite de tous les élèves” ?
Que faire pendant l’année pour occuper son temps ?
Mais oui mais c’est bien sûr ! Des réunions bidons en veux-tu en voilà !
Les Personnels de Direction seront évalués, entre autres, au nombre de réunions organisées et au taux de présence des profs.
Gare à ceux qui ne suivent pas...
Voici la lettre envoyée à la hiérarchie, que ma compagne a refusé de signer hier dans le bureau de M. le Proviseur après avoir été interpellée entre deux bâtiments par Mme le Proviseur-Adjoint, alors qu’elle se rendait à sa salle de cours.
Madame ;
Vous n’avez pas assisté aux conseils des professeurs programmés dans la semaine du 2 au 6 octobre pour les classes de seconde professionnelle.
Vous avez clairement annoncé, en des termes non équivoques votre refus de participer à ces conseils : « ce sont encore des réunions en plus ».
Cette attitude est grave car elle témoigne de votre peu d’enthousiasme à adhérer au projet d’établissement qui s’est fixé comme objectif essentiel “l’aide et le suivi des élèves en seconde”.
Or dans la note de service parue au BO n° 32 du 7 septembre 2006, il est précisé que « les professeurs devront être capables de travailler en équipe dans le cadre d’un projet d’établissement ».
Afin que je puisse prendre toutes les dispositions sur les suites à donner, je vous demande de me faire part, par écrit, du motif de votre absence aux conseils suivants :
2nde ... le ... octobre à 17h
2nde ... le ... octobre à 17h 30
Dans l’attente, recevez mes sincères salutations.
Le Proviseur
Complément :
Bien qu’absente à ces deux “conseils”, ma compagne avait fourni par écrit des informations détaillées (notes, problèmes particuliers) et nominatives sur les élèves aux Professeurs Principaux des deux classes.
Sa question est de savoir si sa présence physique était obligatoire à ces 2 réunions.
L’inscription des principes ambitieux et innovants de Travail en Equipe ( !) et de Suivi des Elèves ( !!) au Projet d’Etablissement autorise-t-elle le Proviseur à imposer des réunions en cours d’année ? Combien ?
Question subsidiaire : le manque d’enthousiasme à adhérer à ça est-il une faute professionnelle grave ?
Toute contribution sera bienvenue...
Merci !
Ecrit par : Georges | 11 octobre 2006
Tout à fait d'accord. Ces règlements de comptes sont lamentables. La politique politicienne ne devrait pas interférer avec les problèmes de l'école même si, ou plutôt parce que, en définitive, l'école est bien une affaire hautement politique. Et il faut en finir avec l'inspection, le terme ne convient pas : on n'inspecte pas les enseignants comme des compteurs à gaz ou des feuilles d'impôts. Conseillers, oui, ce serait déjà mieux.
Ecrit par : Françoise | 11 octobre 2006
Merci Françoise pour votre gentille contribution.
A lire les reproches à une jeune enseignante, aussi peu fondés que dans la lettre que je viens de citer, on peut douter qu’un inspecteur soit assez bête pour embrayer sur les intimidations d’un proviseur si médiocre... On peut douter... Pierre-Henri propose d’attendre la retraite d’un Frackowiak pour se débarrasser des incompétents. Admettons. Mais on fait quoi des autres proviseurs et inspecteurs qui sont encore loin de la retraite ? Brighelli appelle à l’indulgence... Un peu facile. Des livres aussi intelligents que le sien, il en en a eu d’autres, depuis longtemps. Mais qui a été interpellé par le titre “De l’Ecole”, de JC Milner édité en 1984 ?
Le succès de “La fabrique du crétin” s’explique en bonne partie par son titre provocateur. A attendre que les choses changent d’elles mêmes, on risque d’attendre encore longtemps. Ne désespérez pas les jeunes profs, s’il vous plaît... Continuez à provoquer et soutenez ceux qui agissent, qui bousculent le temple pédagogiste, qu’ils soient de gauche, et même de droite, et même ministres (faute d’avoir su secouer vos confrères de gauche jadis). Encore moins patients et indulgents, dans les banlieues, ils veulent que l’ascenseur social redémarre. Rapidement. Ils ne le font pas savoir avec des bises.
Ecrit par : Georges | 11 octobre 2006
Pour Luc N…
C'est le principe même de la sanction que je discutais dans cette note. Je ne punis pas — ce n'est pas dans ma nature.
Bien sûr qu'il y a une sacrée différence entre un inspecteur et un enseignant — seul le dernier jouit d'une réelle liberté — ou devrait savoir qu'il en jouit, parce que je croise tous les jours des profs trop enclins à suivre les instructions officielles. Bien sûr qu'un inspecteur (ou un proviseur) est soumis aux ordres du recteur, du ministre, etc. Et je sais bien que les voix qui se font le plus entendre, pour inventer les programmes, sont régulièrement celles des plus crétins — ce sont eux que visait mon titre… Ceux qui ont déserté l'école, et pérorent du haut de leur suffisance…
N'empêche que je reste fidèle au principe de liberté. Un inspecteur devrait inspecter aussi avec sa personnalité, son vécu, son expérience — il y a un zeste de paternalisme dans toute inspection —, plus qu'avec un règlement à la main. On a fait des horreurs, parfois, avec des règlements administratifs.
Ce qui m'étonne le plus, même à mon âge, c'est la jouissance de certains à suivre le règlement — et, pire, à le réclamer. Mais c'est peut-être parce que je viens d'une civilisation où la loi n'existe que pour être tournée, réinterprétée, etc. Appliquer la loi strictement rend fou, Dostoievski en parle dans Souvenirs de la maison des morts, à propos du bagne, métaphore par l'excès, avant la Colonie pénitentiaire et Kafka en général, de tous les règlements concentrationnaires.
J'ai travaillé jadis sur un livre avec une surveillante de prison qui me racontait qu'à Avignon, les détenues sont autorisées, contre toutes les règles, à sortir en promenade dans la cour avec une serviette et du lait bronzant. Rigoureusement interdit, pourtant, de sortir quoi que ce soit de sa cellule. Mais, continuait-elle, elle n'a jamais connu de prison où le directeur appliquât exactement le règlement — parce qu'il aurait très vite une émeute sur le dos.
Nous sommes plus intelligents, à l'Education Nationale : nous avons des personnels de direction et d'encadrement qui suivent exactement le programme, et les ordres. Eh bien, comme dit Georges ci-dessus, des émeutes, ils vont en avoir.
Sur la question des méthodes de lecture, je sais bienq qu'il y a un (grand) écart entre le bien-fondé des décisions du ministre, l'accueil que le public — les parents — leur a fait, et les pratiques régulières, moutonnières. Mais cela tient surtout à la formation : combien d'instits frais émoullus d'IUFM connaissent réellement les méthodes alphabétiques ? Combien se sont fait seriner que partir du code est inopérant pour donner du sens ? Qu'il faut partir d'unités de discours, qui seules feraient sens, et non des éléments abstraits que sont les lettres et les syllabes ? Et que la grammaire n'existe pas dans l'abstrait, mais uniquement au gré des situations de discours — grammaire de phrase contre grammaire de texte — ignorant délibérément que, comme dit Orsenna, la grammaire la plus rigoureuse reste une chanson douce ? Tout le monde sait que ce sont des carabistouilles, que tout le monde écoute religieusement. Puis les applique, sous le joli nom de méthode mixte. Et produit des gosses inaptes à lire réellement un texte.
En fait, je défends la liberté en sachant bien qu'elle fait peur, et que ceux à qui on la donne la refusent désespérément.
C'est moi qui désespère, parfois…
JPB
Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2006
Juste une remarque.
"Nous" qui nous considérons comme de simple bon sens et qui sommes rejoints peu à peu par l'opinion, avons quand même une conception de la liberté autrement développée que tous ces ayatollahs de la pensée pédagogiste qui ont fait régner - et font toujours régner là où ils le peuvent - un climat de contraintes, de coercition et de chantage pour imposer leurs thèses délirantes - assurés qu'ils sont de ne pouvoir le faire par la persuasion.
Savez vous que des IEN, fonctionnaires d'autorité, appellent ouvertement à la désobéissance civile à propos des méthodes de lecture - et cela dans la plus totale impunité?
Quoique je pense de Frack, je le soutiens dans ses difficultés actuelles. J'aimerais (mais je rêve) qu'il en soit de même quand ses "amis" reviendront "aux affaires"
Ecrit par : Réacs de Gauche | 11 octobre 2006
Dans le texte introducteur de ce blog, JPB dit (au sujet de l’inspection):
[Prendre la classe pendant une heure, comme le propose Meirieu...] « Je ne suis même pas sûr qu’en Primaire, ce soit faisable, tant les situations de classe dépendent étroitement de la connaissance que l’instituteur a de ses élèves, des capacités de l’un et des problèmes de l’autre. »
Moi non plus, et encore plus si les enfants sont jeunes. Il n’y a qu’à voir l’air stupide que les petits de maternelle prennent quand ma collègue de cycle 3 ou moi-même leur adressons la parole dans la cour... (à ce sujet, nous avons eu la joie de lire ici même, il y a quelques jours, un petit texte d’un ex-Môssieur l’Inspecteur de l’Education Nationale d’une circonscription du Nord où il montrait comment il démontait les Professeurs des Ecoles qu’il inspectait en prenant la classe à leur place pour leur démontrer l’inanité de leurs méthodes...).
Les deux inspections, l’une en début d’année, l’autre en fin d’année, cela pourrait être très bien, à condition que l’inspecteur inspecte ce que nous attendons, nous ; s’il considère que « la difficulté scolaire ordinaire n’est pas la propriété intrinsèque de l’élève, mais le fruit d’un rapport entre lui, l’enseignant, la classe, l’école, la société même dans son ensemble* », il jugera que nous n’avons pas suffisamment modifié les termes de ce rapport pour aider cet élève en difficulté puisque nous n’avons pas changé nos méthodes d’enseignement, ni réunionner à tout va pour monter un projet novateur qui aurait permis « non pas d’identifier l’élève en difficulté, mais d’identifier un problème dans la difficile machine professionnelle qu’est l’école.* »
Alors ne pas virer comme des malpropres des IEN, des professeurs d’IUFM, je veux bien, plus de 100 ans de morale républicaine fortement influencée par plus de mille ans de morale chrétienne m’y obligent ; mais quand même, le vieux fond guerrier du Bélier a de la peine à l’admettre. Surtout quand je me souviens de L., arrivée « chez nous » après deux CP et 2/3 de CE1 dans une école du département voisin, à la pointe de l’innovation pédagogique (si, si, il y en a quand même certains, trop amochés, à qui ils font redoubler le CP), sans aucune notion d’orthographe, ne comprenant pas un mot de ce qu’elle lisait avec peine, complètement perdue encore maintenant en numération, en calcul, en résolution de problèmes et bien évidemment sans aucune connaissance en sciences, histoire, géographie... Et quand je vois son petit frère A. qui a effectué « chez nous » la fin de la GS puis le CP, enfant en difficulté selon nous, qui, quand même, lit et comprend ce qu’il lit, commence à prendre des repères grammaticaux et orthographiques, compte, calcule et réfléchit sur les données d’un problème, s’intéresse au monde qui l’entoure et le prouve par des questions, des réflexions.
Et si encore, ils étaient les seuls... Issus d’un tout petit milieu, maman dépressive, il est normal qu’ils « ne puissent d’emblée accéder aux modes de relations et d’échanges, aux codes spécifiques de l’école. Leur environnement éducatif, social, culturel ne les y a pas préparés.* » (rien qu’en copiant ces mots, ça me révolte), mais il y en a tant, tant de gamins bousillés, a -structurés par des méthodes prônées, imposées par des personnages imbus de leur pouvoir qui tranchent sans nuances et saquent sans états d’âme... Alors comment faire pour ne pas leur montrer la porte, gentiment mais fermement ? Comment leur tendre la joue gauche lorsque l’on pense au nombre de joues droites qu’ils ont claquées ? Comment ne pas être tentés par l’idée d’une mise au placard, placard confortable mais quand même bien fermé, pour tous ces gens qui imposent, depuis trente ans dites-vous, une fin de non-recevoir à tous ceux qui osent dire « Oui, mais... » ?
[* : Fenêtres sur Cours, hebdo du SNUIPP, n° 289, 02/10/06].
Ecrit par : catmano | 11 octobre 2006
Le "conflit" entre l'actuel locataire de la Rue de Grenelle et Pierre Frakoviak n'a aucun intérêt. C'est un jeu de rôle à visée, de part et d'autre, purement électoraliste.
Beaucoup plus pertinent est le problème de l'application du "principe de liberté" dans le domaine professionnel.
En effet, les Concours de recrutement tant des Enseignants que des Inspecteurs privélégient davantage l'adhésion au "volapük EdNat" que la maîtrise de savoirs validés et de capacités critiques.
Il est hautement significatif que Lionel Jospin ait transformé l'épreuve écrite et anonyme d'admissibiilité des Concours de recrutement des IEN par une sélection sur dossiers permettant à la fois de s'assurer de la souplesse d'échine des candidats et de promouvoir les malheureux pédagôchistes qui ne maitrisant pas l'écriture échouaient régulièrement à cette épreuve.
Bien entendu l'exigence de la possession d'une Licence d'Enseignement pour se présenter au Concours a été aussi supprimée et l'épreuve orale d'admission au cours de laquelle le candidat devait faire un exposé à partir d'un sujet diciplinaire tiré au sort a été remplacé par un entretien sur son dossier.
Dans ce contexte, la Formation dans les IUFM ou à l'ESEN relève plus du formatage que de la distanciation nécessaire à l'exercice éclairé de professions difficiles.
La situation est donc bien verrouillée.
D'où les injonctions ridicules, et liberticides, à l'adhésion au projet d'établissement que cite un post précédent ou l'incitation à la désobéissance du SIEN-UNSA.
Ecrit par : Philinte | 11 octobre 2006
Aux chiottes les marxistes qui gangrènent l'éducation nationale. Voici le programme de Philippe de Villiers pour l'école. EXCELLENT.
http://www.pourlafrance.fr/
Prolongement de la famille, l’école est un rouage essentiel du redressement national. Après quarante ans d’expériences éducatives et pédagogiques excentriques, farfelues, voire idéologiques, il convient de la recentrer sur ses missions premières : transmission des savoirs, promotion du civisme, rayonnement de la culture nationale.
Recentrer l’école sur ses missions premières, c’est remettre en vigueur l’autorité des maîtres.
42 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est cesser de les considérer comme des animateurs sociaux.
• Supprimer les IUFM, qui ôtent toute autorité aux professeurs en les transformant en «gentils organisateurs», et les remplacer par des instituts de formation d’un haut niveau d’exigence.
43 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est engager l’école sur la voie du mérite et de l’effort.
• Instaurer un système de notation strict et sélectif.
• Promouvoir à l’école la sélection fondée sur le mérite et l’effort.
• Proscrire la sélection sur le «piston», les «passe-droits» et la discrimination positive, qui n’est autre qu’un piston encouragé, officialisé, légalisé.
• Supprimer le collège unique.
44 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est favoriser l’émulation.
• Supprimer la carte scolaire pour permettre aux familles de choisir l’établissement de leur(s) enfant(s).
• Instituer la liberté scolaire.
45 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est soutenir les professeurs dans l’exercice de leurs fonctions.
• Mettre l’administration et la hiérarchie de l’Éducation nationale au service des maîtres en exigeant d’elles un soutien sans faille aux professeurs qui sanctionnent un élève.
46 - Remettre en vigueur l’autorité des maîtres, c’est rétablir des pédagogies efficaces.
• Bannir des classes les pédagogies déstructurantes et décérébrantes qui dénaturent l’école en la résumant à un rapport entre l’enseignant et l’enseigné.
• Recentrer l’école sur ses missions premières, c’est rétablir l'autorité des savoirs et du savoir-vivre.
48 - Rétablir l’autorité des savoirs, c’est recentrer l’enseignement sur les disciplines essentielles.
• Réformer les programmes en supprimant les matières et les options superflues (350 matières enseignées dans le secondaire !) qui placent les disciplines sur un pied d’égalité et brouillent ainsi la mission de l’école.
49 - Rétablir l’autorité des savoirs, c’est valoriser leurs applications concrètes.
• Illustrer le caractère concret des matières enseignées en confrontant les élèves de collège et de lycée à la réalité économique par un cours trimestriel faisant intervenir un artisan, un commerçant ou un petit entrepreneur.
50 - Rétablir l’autorité des savoirs, c’est remplacer l’objectif de 80 % de bacheliers par celui de 100 % de qualifiés.
• Promouvoir l’apprentissage et les filières professionnelles en les développant en fonction des besoins économiques.
• Réhabiliter le travail manuel par un stage obligatoire d’un mois chez un artisan ou à l’usine en classe de 3e.
51 - Rétablir l’autorité du savoir-vivre, c’est imposer une discipline stricte à l’école.
• Rendre obligatoire le port de la blouse (en primaire) et de l’uniforme (dans le secondaire) afin d’effacer les différences sociales, de mettre fin aux excentricités vestimentaires ou communautaristes et de lutter contre le racket.
Recentrer l’école sur ses missions premières, c’est promouvoir les valeurs et la culture nationales.
52 - Promouvoir la culture nationale, c’est refuser un enseignement multiculturel.
• Supprimer l’enseignement intitulé «langues et cultures d’origine», qui favorise le communautarisme et s’oppose à la francisation.
53 - Promouvoir la culture nationale, c’est proscrire le multiculturalisme dans les programmes.
• Réformer les programmes d’instruction civique qui culpabilisent les jeunes Français et privilégient la repentance sur
la grandeur de la France et la nécessaire fierté nationale.
54 - Promouvoir la culture nationale, c’est transmettre l’amour de la France aux jeunes générations.
• Faire flotter le drapeau tricolore dans toutes les cours de récréation.
55 - Promouvoir la culture nationale, c’est transmettre les valeurs patriotiques à l’école.
• Imposer une heure hebdomadaire d’enseignement des valeurs patriotiques (comme Tony Blair vient de le faire avec
les valeurs britanniques en Grande-Bretagne), du primaire à la classe de terminale, quelle que soit la filière.
56 - Promouvoir la culture nationale, c’est donner la priorité à la culture et à l’art français et européens.
• Créer un enseignement obligatoire de l’art et de la culture français et européens dès l’école primaire en promouvant un art enraciné et libéré du culturellement correct. Introduire à l’école, à côté des disciplines de la connaissance, les disciplines de la sensibilité.
Ecrit par : Coralie Vankempen | 11 octobre 2006
bonjour, à Réacs...
Je ne vous comprends pas quand vous écrivez :
" Savez vous que des IEN, fonctionnaires d'autorité, appellent ouvertement à la désobéissance civile à propos des méthodes de lecture - et cela dans la plus totale impunité ?"
Et que parallélement vous soutenez Frackowiak.
En effet, c'est ce que le ministre va reprocher à l'IEN parce c'est la lecture qu'il fera de l'appel qu'il a signé au nom de son syndicat.
D'autre part, n'êtes-vous pas de ceux qui se réjouissent "d'avoir eu la chance d'avoir des instituteurs confirmés, qui connaissaient leur métier et le faisaient bien ; qu'en plus ils se foutaient comme de l'an quarante des "instructions", et dispensaient de 10 à 14h de français par semaine au lieu des 8 à 9 règlementaires" ?
Ecrit par : PeutMieuxFaire | 11 octobre 2006
Coralie! une fois ça suffit, on sait lire! Je suis contre le clonage.
Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2006
Réac-de-Gauche (on admirera au passage comment l'actualité a fait un pléonasme de ce qui aurait dû être et rester un oxymore) écrit :
"Quoi que je pense de Frack, je le soutiens dans ses difficultés actuelles. J'aimerais (mais je rêve) qu'il en soit de même quand ses "amis" reviendront "aux affaires".
On peut toujours rêver. Mais je vous le dis, ils se vengeront des turpitudes actuelles — en trouvant un bouc émissaire. Déjà dans le n°hors série d'octobre de l'US (bulletin du SNES, pour ceux qui ne savent pas), un triste sire, pilier de l'establishment syndical, sous la rubrique "Moustaches", plaint Frackowiack et me trouve quelque peu répugnant — sans me citer, c'est très courageux, et ça évite les problèmes. Si jamais la Gauche de ces gens-là (celle qui est réac mais qui se croit de gauche) revient aux affaires, ils tireront à boulets rouges sur tous les empêcheurs de penser en rond.
Mais, très franchement, je les emmerde.
JPB
Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2006
"Quoi que je pense de Frack, je le soutiens dans ses difficultés actuelles"
Pour moi, l'esprit de corps est inadmissible: il est bien pire dans ma profession que dans la votre car la juridiction française ne vous l'impose pas alors que notre juridiction interne(Code de Déontologie) nous l'impose. Pour nous, est plus fautif celui qui souligne l'abus de confiance d'un confrère que celui qui a commis l'abus de confiance et nous sommes obligés de mentir régulièrement.
Vous qui avez le droit de critiquer les abus de Frackowiack, je ne comprends vraiment pas que vous le souteniez quand il outrepasse ses droits et devoirs. Qu'on lui trouve une sinécure où il ne pourra pas nuire puisqu'il est impossible de licencier un fonctionnaire pour faute lourde ou grave mais, bon sang, JPB, lavez vous-en les mains!
Un fonctionnaire qui travaille proprement n'a rien à craindre.
Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2006
"comme dit Orsenna, la grammaire la plus rigoureuse reste une chanson douce ?"
Merci Beaucoup JP :.(....
En espérant que les ânes comprennent le sens .....
"Alors comment faire pour ne pas leur montrer la porte, gentiment mais fermement ? "
AVEC LE DOIGT ....
" Comment leur tendre la joue gauche lorsque l’on pense au nombre de joues droites qu’ils ont claquées ?"
Chez moi on ne tend pas l'ôt joue,on lui explose la gueule...
"Comment ne pas être tentés par l’idée d’une mise au placard, placard confortable mais quand même bien fermé, pour tous ces gens qui imposent, depuis trente ans dites-vous, une fin de non-recevoir à tous ceux qui osent dire « Oui, mais... » ?"
Ou alors une bonne formation chez les fées Huguenin, Cuche ET Sommer ..
Vous êtes trop cons vous m'faites chialer ET LA MOI JE BOSSE ...
Ecrit par : toto | 11 octobre 2006
Merci Catmano, vous êtes trop rare.
Ecrit par : D'Enguell | 11 octobre 2006
Merci, D'Enguell, vous êtes bien bon. Une petite suite ?
« Un enseignant, s’il est correctement formé (et c’est aujourd’hui tout le problème en ce qui concerne les méthodes de lecture, dont je sais bien qu’elles ne sont pas toutes enseignées dans les IUFM…) doit pouvoir choisir la méthode la plus adéquate à ses élèves, et à sa personnalité.»
Oui, mais que fait-on de tous ceux, en exercice actuellement, qui sont persuadés d’être non seulement correctement formés mais qui, en plus, grâce à leurs méthodes, croient œuvrer à la libération des masses opprimées ? Comment leur apprend-on (sans se faire traiter d’incorrigibles passéistes, voire bien pire, n’est-ce pas Coralie...) que ce qu’ils prennent pour parole d’évangile (et pas l’évangile selon Lariba) n’est qu’un tissu de contre vérités ? Surtout que, parmi tous ceux-là, nombreux sont les enfonceurs de portes ouvertes incapables de dialogue ou de remise en question, arc-boutés sur leurs certitudes et prompts à la moquerie, quand ce n’est à l’injure (si certains parmi vous fréquentent le forum Education de France 2, ils doivent voir de qui je parle).
Une anecdote en passant : J’ai dans ma classe un petit T de pas tout à fait encore 5 ans qui a rencontré dans sa petite enfance pas mal de difficultés de langage (zézaiement, bégaiement), de motricité fine (le dessin représentatif est encore à l’état d’ébauche actuellement), le tout allié à un amour immodéré pour le foot et l’exercice physique ce qui l’a franchement conduit à considérer que l’école maternelle était une espèce de terrain de sport mal organisé en cinq courts matches entrelardés par quatre mi-temps fort longues et ennuyeuses (GARDERIE – classe – RECREATION – classe - CANTINE –classe – RECREATION – classe – GARDERIE). Samedi, nous parlions de cet enfant, suivi par un orthophoniste depuis l’âge de trois ans et demi, avec mon inénarrable collègue de maternelle. Au détour d’une phrase, elle m’affirme : « De toute façon, T. est dyslexique, la rééducatrice me l’a dit l’année dernière... » Toujours aussi stupide, je rétorque : « Il ne peut pas être déjà dyslexique, qu’il ait des prédispositions à la dyslexie fait partie des choses possibles, bien que je n’aie encore rien constaté dans ce sens, mais, pour qu’il soit dyslexique, il faudrait qu’on lui ait appris à lire, il me semble...
- Mais si, je t’assure, il est dyslexique... Il aura forcément du mal à apprendre à lire. »
[Si le sort du petit T. vous intéresse, sachez qu’hier alors que j’écrivais « commande » sur le cahier d’un de ses copains de GS, il a dit : « Commande, il y a un O, mais d’abord un [k], parce que on dit CO... Des dyslexiques de 4 ans 11 mois comme lui, j’en veux bien une douzaine par an. Dans nos petits exercices de grammaire orale du matin, il a aussi été l’un des premiers de sa section à être capable de dire « La grand-mère balaie le plancher ; qu'est-ce qu'elle fait ?Elle balaie, c’est le verbe balayer. »]...
Ca fait maintenant trois ans que j’essaie de faire comprendre à cette collègue qu’il serait éventuellement intéressant pour elle de compléter la formation qu’elle a reçue à l’Ecole Normale d’Instituteurs (elle fait partie des dernières fournées avant la transformation en IUFM de ces structures), en pure perte... Selon elle, tout va bien et lorsqu’elle a un enfant en difficulté, ce n’est jamais de sa faute, elle applique au pied de la lettre le précepte de « Fenêtres sur Cours » : « la difficulté scolaire ordinaire n’est pas la propriété intrinsèque de l’élève, mais le fruit d’un rapport entre lui, l’enseignant, la classe, l’école, la société même dans son ensemble », en expliquant doctement que l’enseignant ne peut pas tout faire, qu’il est sans doute le moins responsable de tous et que le milieu fait qu’il est normal que certains enfants « ne puissent d’emblée accéder aux modes de relations et d’échanges, aux codes spécifiques de l’école. Leur environnement éducatif, social, culturel ne les y a pas préparés.» [Là, j’ai fait un copier/coller, comme ça, je n’ai pas pollué mes doigts en tapant des propos discriminatoires.]
En conclusion, petit florilège des articles proposés par « Fenêtre sur Cours » du 2 octobre 2006 dans son dossier sur les difficultés scolaires : « Le travail en équipe, incontournable », « Les mauvaises notes, quand on travaille mal, et après ? », « La constante macabre » ; « Des filles et des garçons » (de la modération des ambitions des filles pour répondre aux stéréotypes) ; « Des outils à double tranchant » (Les recherches se penchent sur certains principes traditionnels de l’école. Sont interrogés le statut de l’erreur, la notation, le redoublement...) ; « Les enfants se conforment aux stigmatisations » (ProfesseurE des universités en Sciences de l’Education, M. Lany-Bayle étudie l’histoire du rapport au savoir et plus particulièrement les rapports entre les « savoirs de vie » et les « savoirs académiques »).
Ecrit par : catmano | 11 octobre 2006
"quand ce n’est à l’injure (si certains parmi vous fréquentent le forum Education de France 2, ils doivent voir de qui je parle)"
Merci de votre pudique soutien, j'en ferai de même en qualifiant votre dernier post de "sans-faute".
"Sont interrogés le statut de l’erreur..." Et ils répondent quoi donc ? Laissez-nous vivre ?
Ecrit par : D'Enguell | 11 octobre 2006
L'erreur répond de sa petite voix fluette: "Je suis un indice pour comprendre le processus d'apprentissage, un témoin pour repérer les difficultés des élèves. Me mettre au centre des apprentissages questionne le sens des activités scolaires. Et d'ailleurs, une élève en difficulté est-il celui qui fait plus d'erreurs que les autres ?"
Et papa Ours répond de sa grosse voix caverneuse : "En raison de conceptions ancrées sur le classement des individus, les pratiques d'évaluation apparaissent souvent comme un couperet destiné à sanctionner."
Alors maman Ourse , de sa voix moyenne, rétorque : "Aujourd'hui, le redoublement est jugé peu équitable et inefficace du point de vue du progrès individuel des élèves. De plus, il affecte négativement la motivation, le sentiment de performance, les comportements d'apprentissage et il stigmatise les élèves."
Et tous trois en choeur claironnent : "Est-il juste de parler d'élèves en difficulté ? Nous assistons à une diabolisation des difficultés des enfants. Il y a là un paradoxe entre leurs besoins pour se développer à leur propre rythme et les exigences sociales que leurs enseignants ont à assumer. Il est important que l'enseignant garde une certaine distance face à ces exigences normatives. Il ne doit pas perdre de vue, derrière des manifestations ponctuelles - stigmatisées comme difficultés - qu'il y a un enfant et pas simplement un élève..."
Alors, le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea... Et il conclut : "Apprendre produit l'angoisse. Si on la cultive, si on ne la circonscrit pas, l'école devient un endroit dangereux. Les enfants ont besoin d'être rassurés... En v'là une au moins qui n'a plus d'angoisses !"
Ecrit par : catmano | 11 octobre 2006
Ouaouh, quand vous vous lâchez de cette manière, je ne vous reconnais presque pas, ...mais je sais que c'est vous !
Magnifique !
Ecrit par : D'Enguell | 11 octobre 2006
Je trouve curieux l'idée d'une" Agence de l'éducation "dégagée "des fantaisies politiques".
D'abord, si l'on souhaite une école de la République, il paraît difficile de se dégager des politiques ou de la politique.
Dire que l'école ne devrait être ni de gauche ni de droite est étrange puisque depuis de nombreuses années déjà,elle n'est plus dans les faits ni de droite ni de gauche. Tout le monde sait très bien que la même politique est menée par les gouvernements de droite comme de gauche, qui s'emboîtent le pas à qui mieux mieux dans le même objectif de destruction de la transmission des savoirs.
D'ailleurs les mêmes gouvernements de droite comme de gauche pratiquent également la même destruction de la Culture. Les bonnes émissions de France-Culture ont disparu, la chasse aux sorcières y est entamée depuis longtemps dans l'indifférence quasi-générale des "intellectuels"qui s'occupent au mieux de leurs oignons et de leur fric et au pire de leur look ou des effets sur le public de leur dernier passage à la télévision.
Même politique de destruction dans les musées ( le musée des arts premiers est construit sur les ruines encore fumantes du musée de l'homme dont les collections sont entreposées et se détruisent doucement...)mais ça tout le monde s'en fout et tout le monde l'ignore ou feint de l'ignorer. Restreindre le problème de l'éducation à soi seul, c'est se tromper lourdement. Le problème est celui de la place de la Culture dans nos sociétés. Dans un monde qui se globalise à toute vitesse, il n'est de culture acceptable que "globale", assimilable par tous et sans effort, sans hiérarchisation aucune. L'absence de Culture érigée au rang de Culture absolue déguisée en pluri-multi- cultures qui érigent le moi,moi,moi en souverain ultime.
Et les choix pour la Culture et pour une école digne de ce nom sont éminemment politiques. Quand bien même on reviendrait à de "bonnes" méthodes pédagogiques (qui là peuvent être exemptes de considérations politiques) la mise en place resterait toujours de l'ordre du politique. 4 heures de français au collège, même avec de bonnes méthodes pédagogiques, ne suffisent pas à nourrir correctement un élève pour qu'il acquiert un sens de la réflexion, du recul critique et une culture satisfaisante. Et 4 heures ou 6 heures par semaine, ça c'est un choix politique et financier.
Il faudrait que les profs et les instits qui enseignent soient aussi ceux qui théorisent à partir de leur expérience et qu'ils ne s'éloignent jamais bien longtemps de leurs postes... Et que cela tourne...
Ecrit par : elisabeth | 11 octobre 2006
Elisabeth, je comprends vos objections, et je ne peux que déplorer, comme vous, le massacre culturel auquel est soumis le pays depuis de nombreuses années. Je voudrais simplement rappeler que :
- "Culture" regarde en amont et en aval. Et le ministère de la Culture (et ce qui, dans l'Education, s'y rapporte) a basculé ces vingt dernières années de l'amont vers l'aval — comme l'Instruction publique dans son ensemble. Inciter les gens à s'exprimer, que ce soit en classe ou à la fête de la Musique, c'est leur faire croire qu'ils ont automatiquement quelque chose d'intéressant à dire, et que ce quelque chose vaut tout ce qui a été dit avant eux.
Eh bien non, les enfants, ni les adultes, n'ont pas toujours à dire quelque chose de fascinant. C'est même fort rare, et une vraie culture consiste surtout à apprendre combien c'est rare — écouter plutôt que produire. Une "anthologie", c'est étymologiquement la collection des plus belles fleurs (de rhétorique). Vouloir absolument que toute production scripturale (je ne vais tout de même pas dire "littéraire") égale les sommets de l'art, c'est comme prétendre qu'un gribouillis enfantin, "c'est du Picasso". En Français, la réforme Viala, en égalisant tous les "discours", a étété tout ce qui dépassait. Complot de minables qui se croient d'un coup de pume aussi doués que Racine — la spécialité de Viala.
- Il y a deux faces simultanées au champ culturel, qui sont d'ailleurs massacrées l'une et l'autre : la Culture, et la Recherche. On feint de s'apercevoir récemment que la France consacre des sommes ridicules à la Recherche (alors que les Etats-Unis lui consacre un budget proportionnellement double, avec les résultats que l'on sait, ne serait-ce qu'en nombre de prix Nobel — pas un non-américain cette année !). Et il s'agit bien d'un choix motivé politiquement, et non en termes d'efficacité. Qui ne voit que s'intéresser aux chefs d'œuvre durant sa formation donne envie d'en produire — alors que s'extasier devant n'importe quelle production, c'est sombrer dans la démagogie et le nombrilisme, qui n'est pas ce qui incite le plus à se dépasser.
Mais tout le monde sait que désormais, "élite" est un gros mot… Le résultat le plus probant de l'égalitarisme, c'est la baisse nationale de niveau. Que dans ces conditions il reste des chercheurs en France est — mais statistiquement insuffisant.
Le problème d'un ministère de l'Education, c'est qu'il a un budget solidaire de celui des autres ministères, alors qu'il devrait regarder au moins cinq ans en avant. Il devrait être dissocié des équilibres annuels, ain de prévoir… ce qui est prévisible : par exemple le nombre de postes de profs à créer, vu qu'on ne peut pas les tirer annuellement de son chapeau (les facs), mais que l'on peut dire sur le moyen terme à des lycéens tout frais soris du Bac qu'il y aura des opportunités dans cinq ou dix ans dans telle discipline (par exemple, dans les trois-quatre ans à venir, dans toutes les disciplines qui existaient déjà dans les années 60, dont les titulaires arrivent à l'âge de la retraite, au moment même où commencent à arriver en Sixième les enfants du baby-boom d el'an 2000, qui comme on sait, a commencé en 98…).
JPB
Ecrit par : brighelli | 11 octobre 2006
Tiens, il me vient une idée....Doit-on, ou ne doit-on pas de Anna Politovskaïa et de la fiente poutinienne aux élèves, puisque nous sommes, depuis Vichy, sans que cela, au passage n'émeuve nos braves syndicats en saignant, astreints au "devoir de neutralité?????? Oui. On doit.
Et c'est ce que j'ai fait hier. Une heure à la mémoire de cette Lumière; flinguée par Poutine, ce gangster orthodoxe décoré par Jacques Chirac...... Vous vous souvenez des 42 journalistes flingués par Poutine depuis 2005???moi pas....
Mourir pour des idées,
etc, etc.....
Alors notre rôle il est ici, DENONCER L'INFÂME.....quelqu'en soit le prix....
Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 11 octobre 2006
Allez lire Fracko, c’est exactement ce que dit JPB : dans une leçon sur l’aire du rectangle, Fracko veut absolument que les chers petits s’expriment ! Que d’émotions ! Ces gonzes sont quand même inquiétants.
Montaigneàcheval, tu sais que c’est Vichy qui a créé les ordres des médecins, etc. Des types comme le proviseur Longhi, régulièrement francinterisé, vont jusqu’à vouloir nous en refourguer un sous la forme d’un « code de déontologie » ! Tais-toi et écoute tes zaprenans !
Et en avant vers le « Grand Conseil pédagogique », un bidule de plus, digne d’un Gentile, ministre de Mussolini ! Après tout, ce sont les fascistes qui ont les premiers rebaptisé “Instruction publique” en “Éducation nationale”.
Ecrit par : LaRiba | 11 octobre 2006
Pour la Culture, ns sommes bien d'accord, JPB, mais je ne vois pas ce qu'une "agence" apporterait de nouveau pour l'éducation. Si elle est dépendante de l'état, elle dépend donc forcément d'un budget voté par le parlement et donc, on retombe ds les mêmes problèmes que ceux que vs évoquiez justement.
Vous la voyez comment cette agence, alors? avec quelles attributions, quelles obligations pour l'état de lui"obéir"? Il y a des agences pour tout en France, pour la maîtrise de l'énergie, pour la défense de l'environnement, c'est la même depuis peu, et il y a toujours plus de 4x4 et la France est à la traîne de toute l'Europe ds le dévpt des énergies "propres".
Il y a déjà tellement de choses que les politiques ont laissé partir et sur lesquels ils n'ont plus de prise maintenant. Il me semble que l'école doit rester entre les mains du politique. C'est la politique, les politiques qui devraient nous permettre de défendre l'école. Mais comme ils ne nous le permettent plus, tant leurs shows et leur avidité personnelle nous dégoûtent ,on est tenté de se défausser sur des assoc, des organismes décentralisés... qui seront demain entre les mains de qui?
Ecrit par : elisabeth | 11 octobre 2006
Monsieur Brighelli, je ne vous trouve plus sur les pages blanches du net. Je vous ai laissé un message sur votre portable pour vous voir lundi matin prochain.
Ecrit par : Pendariès | 11 octobre 2006
Une amie de longue date professeur de littérature française à l'Université de Moscou me demande de lui faire un topo sur les idées et l'influence d'un certain François Begaudeau auteur d'un livre intitulé "Антр ле Мюр" Entre les murs"?
J'avoue ne pas rien savoir de cet auteur. Si quelqu'un parmi nous pouvait m'en toucher quelques mots.
Visiblement mon amie est quelque peu déconcertée par la lecture de cet ouvrage.
Spassibo!
Ecrit par : buntovchik | 11 octobre 2006
Selon un sondage réalisé par TNS Sofres (effectué pour Nathan, il est bon de le préciser) auprès des parents d'élèves et des enseignants, il ressort qu'une majorité de Français pensent que l’école marche bien (77% chez les parents et 74% chez les enseignants), et qu'elle a même progressé depuis 5 ans (sic!).
Ils ne regrettent donc pas l'école de "papa Brighelli" (rires) ! La Fabrique du Crétin a encore de l'avenir...
Le sondage complet est disponible sur http://permanent.nouvelobs.com/dossiers/documents/sondage_educ_nathan.pdf
Ecrit par : Doniphon | 11 octobre 2006
Plus que quatre heures de français au collège, c'est une vilaine coupe sombre dans le budget. Aujourd'hui, je vous raconterai une belle coupe sombre: la suppression des prépas vétos.
Il y avait en France une bonne quarantaine de prépas vétos à 45 élèves par classe dont le programme en un an (14 heures physique chimie; 14 heures biologie; 4 heures de français, 4 heures de maths et 3 ou 4 heures de langue plus des colles orales toutes les semaines) préparait exclusivement à l'entrée dans les écoles véto. On y passait parfois un an, assez communément deux ans avec une équivalence admise par certaines fac de pharma.
Il y a trois ans, voilà t-il pas que ces messieurs s'inquiètent de cette voie sans issue pour les recalés et, drapés dans leurs grands sentiments, décident de regouper véto et agro en une seule prépa sur deux ans intitulée BPCST...
Ouais, le pieux motif est charmant mais il n'ont pas ouvert 40 BPCST supplémentaires, le chiffre est de toute évidence le même. Calcul: 40*45= 1800 élèves de prépa en moins, 40 postes d'agrégés de physique-chimie et 40 postes d'agrégés de Biologie plus les colleurs:4050 heures de colle avec agrégés en heure sup par semaine. Une chouette économie passée comme une lettre à la poste.
Un défaut tout de même, choisir véto c'est une façon d'aimer soigner et les échoués se dirigeaient souvent vers la médecine humaine et ne sont guère passionnés d'agronomie, ou alors c'est aimer les animaux et on se tourne vers l'élevage...
Deuxième défaut de taille: le programme suivi en prépa ne correspond plus à la demande des enseignants vétérinaires qui récupèrent des premières années dont les connaissances en bio animale sont catastrophiquement insuffisantes.
En plus, vu que la prépa est sur deux ans, le ministère (de l'Agriculture cette fois) a trouvé qu'il fallait enlever un an d'études en Ecole véto puisque les gars ne rentraient plus à bac+1 mais à bac+2!
Ainsi va la vie.
Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2006
Buntovchik, regardez si vous voulez l'article de Jean-Paul du 9 mars 2006 L'invasion des barbares. Il dit bien ce que Bégaudeau représente.
Son livre m'est tombé des mains chez le libraire, dans ce que j'ai lu c'est le genre : les jeunes ont tant à m'apprendre que je ne vais pas les emmerder avec des trucs archaïques comme le passé simple.
Ecrit par : LaRiba | 11 octobre 2006
"choses sur lesquelles", je n'ai pas pris le temps de me relire, pardon.
Ecrit par : elisabeth | 11 octobre 2006
J'ai trouvé ces horaires des 6e dits classiques en 1967-1968 :
5 h de latin, 3 h de français par semaine !
Ecrit par : LaRiba | 11 octobre 2006
Ca m'étonne mais le mieux est de demander à Catmano, elle était en sixième classique en 1967/1968. Avec samémoire d'éléphant elle se souviendra surement. En 1969/70 c'était 5 heures de français et plus de latin
Ecrit par : dobolino | 11 octobre 2006
"Quoi que je pense de Frack, je le soutiens dans ses difficultés actuelles. J'aimerais (mais je rêve) qu'il en soit de même quand ses "amis" reviendront "aux affaires".
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Alors là, ça m'étonnerait. La prose de Frackowiak ne déparerait pas d'un numéro d' "Etudes Soviétiques" dans les années 50. Avec Meirieu rue de Grenelle, Frack aux plus hautes fonctions et Charmeux au Collège de France (tant qu'on y est), nous allons tous morfler.
Seulement voilà : nous ne sommes pas les pédagogistes. Nous ne pensons pas comme eux, nous n'agissons pas comme eux. Nous devons exposer les faits, convaincre, amener les français à la réflexion. Il nous faut agir sur le long terme, patiemment, si nous voulons que les choses évoluent vraiment.
Sinon, nous tournerons longtemps en rond : Machin (UMP) vire Bidule (PS), qui se venge en dénonçant Dugenou (UDF) dans la presse, qui répond en nommant un pote à Machin, Duschnok (UMP) à la Commission Trucmuche, qui prend des sanctions contre un proche de Bidule (PS) .... LE MICROCOSME ON S'EN MOQUE !
Et puis, taper sur les doigts de Frackowiak, franchement, ça amène à quoi, sinon à déplacer le débat loin de l'essentiel ? Cela ne peut que le renforcer : il va jouer au minoritaire oppressé par les forces du grand capital, poser en figure de la Résistance qui tient bon face à l'hydre totalitaire, car enfin, à travers lui, n'est-ce pas Mozart qu'on assassine ? Et là, au lieu de réfléchir à ce qu'il dit vraiment (car je suis sûr que sa bêtise fait honte à pas mal de gens même au PS), ses amis vont le soutenir par simple esprit de corps.
Dit simplement : ce clown n'avait pas besoin que Robien en fasse un héros national du peuple de gauche.
Ecrit par : Pierre-Henri | 11 octobre 2006
J'aimerais bien que les élèves de Bégaudeau lui fassent la même réponse que Césaire, dans le "Cahier d'un retour au pays natal" :
"Ou bien tout simplement comme on nous aime !
Obscènes gaiement, très doudous de jazz sur leur excès d'ennui.
Je sais le tracking, le Lindy-hop et les claquettes.
Pour les bonnes bouches la sourdine de nos plaintes enrobées de oua-oua. Attendez ...
Tout est dans l'ordre. Mon bon ange broute du néon. J'avale des baguettes. Ma dignité se vautre dans les dégobillements..."
Prend-il le risque de faire lire Césaire à ses élèves, ou alors se contente-t-il de les utiliser comme d'exotiques et comiques petits boys ?
Ecrit par : Pierre-Henri | 11 octobre 2006
Il me semble, au contraire d’un intervenant, que cette affaire Frackowiak présente un certain intérêt.
C’est tout à l’honneur de Jean-Paul, à l‘exemple d‘un personnage de Molière, « d‘attacher sa haine au péché seulement « , et non pas au pécheur; on se rappellera, par antithèse, la réaction obscène du nommé Lubin sur ce blog lorsque notre hôte avait été exclu du jury de Capes.
Il convient, à mon avis, dans le cadre d’une prise de position publique (j’insiste là-dessus ), de ne pas tomber dans le ridicule de certaines associations antiracistes à propos de l’affaire Redeker, qui commencent par rappeler leur indéfectible attachement à la liberté d’expression , pour ensuite expliquer longuement quel répugnant personnage en est le bénéficiaire. Un soutien aussi chichement mesuré est une tartufferie, qui vaut absolution pour les islamistes.
Il est prudent , d’autre part, d’attendre un supplément d’information : de quelles sanctions est-il question? Sur quels considérants juridiques pourraient-elles s’appuyer?
Rappelons , en attendant, quelques évidences. Les appels à l’obéissance et au devoir de réserve peuvent me toucher en tant que fonctionnaire, sûrement pas en tant que démocrate. Un ministre, de quelque bord qu’il soit, n’est pas un élu du peuple; sa désignation résulte des choix obscurs d’une coterie militante, sur des critères parfois fort mesquins, et échappe complètement au citoyen-électeur. Sa légitimité, et l’obéissance que lui doivent ses fonctionnaires, n’ont rien à voir avec la démocratie.Elles seraient identiques s’il était désigné par un monarque absolu et de droit divin.
Par ailleurs, un ministre , qui veut mener une certaine politique parce qu’il s’estime mandaté pour le faire , doit malgré tout disposer de moyens moins voyants que des sanctions spectaculaires, qui trahissent une certaine raideur d’esprit. Il s’est trouvé jadis un homme d‘état pour déclarer, à propos des fonctionnaires: »Quand on a l’honneur de servir l’Etat, on n’a pas le droit de se mettre en grève ». Vous vous rappelez? C’était Clemenceau, homme de gauche s’il en fut . Cet autoritarisme ronchon et racoleur n’est d’aucune époque et d’aucun parti. Nous ne l’avons pas supporté chez Allègre, et le lui avons fait savoir, avec les conséquences que l‘on sait. Faut-il le supporter chez ses successeurs de droite?
Là s’arrête la partie « publique » de mon avis. Je n’en suis que plus à l’aise pour glisser quelques réflexions personnelles.
Le problème de P. Frackowiak, c’est qu’il confond sans cesse toutes ses casquettes d‘inspecteur, de militant, de syndicaliste, et même, dit-il, de chercheur ; de sorte qu’on ne sait jamais au nom de qui il parle, ni quelles entités sont engagées par ses propos. Ferraillant avec lui en d’autres temps, et sur un autre site, je lui avais dit combien cette médiocre casuistique rendait impossible le dialogue qu’il prétendait appeler de ses vœux. J’ai eu depuis l’occasion de me dire qu’il au fond, le dialogue ne lui importe pas le moins du monde (beaucoup moins en tout cas que la certitude obtuse d‘avoir raison), que son engagement militant a pour lui valeur immanente et transcendante et qu‘il doit primer tout le reste, bref qu’il a de son métier une conception parfaitement cléricale. Et je pense que c’est aussi de ce confusionnisme sciemment entretenu qu’il est aussi victime, n’ayant pas pris le soin élémentaire de clarifier le statut de ses positions.
D’autre part, les Cahiers Pédagogiques ont raison sur un point: ce n’est pas « par hasard » que P. Frackowiak s’est retrouvé sur la sellette et ses positions ne concernent pas le seul problème des méthodes de lecture, tant s‘en faut. On relira avec intérêt « La liberté pédagogique des enseignants, alibi des conservateurs, obstacle à la construction de l'Ecole du 21ème siècle « .(www.unsa-education.org/sien/sections/lille/libpedPF.htm). A la lecture de ce texte et de quelques autres de la même encre, P. Frackowiak semble reprocher aux enseignants leur mauvais esprit et leurs réticences conservatrices envers les réformes initiées par leur hiérarchie, par définition éclairée. On pourrait alors croire qu’il se trouve pris aujourd’hui à son propre piège, et que, s’il est cohérent, il devrait s’incliner devant cette hiérarchie. Pas du tout: à mieux le lire, on comprend que les ordres de cette même hiérarchie doivent être exécutés sans hésitation ni murmure, quand les amis de P. Frackowiak sont au pouvoir; dans le cas contraire, la désobéissance devient un devoir sacré. Cette dialectique me parait aussi fort cléricale: pour lui, la légitimité en matière d’éducation ne vient ni d‘un mandat électif, ni de compétences validées par examen ou concours, mais d‘une Vérité Pédagogique révélée à quelques Béats ( et même ravis, au sens provençal du terme) ; c‘est à eux, et à eux seuls, que les fidèles doivent obéissance.
On n’oubliera pas non plus qu’il a été associé de fort près à la rédaction du projet d’éducation du PS; ne nous étonnons donc pas si, martyrisé par un gouvernement de droite, il devient notre nouveau ministre dans un gouvernement Royal (où le juge Burgaud serait, lui, un Garde des Sceaux tout trouvé).
Ceci posé, les positions de modération déjà exprimées ici sont aussi les miennes. Frackowiak n’est pas précisément un lion superbe et généreux; n’allons pas pour autant lui donner le coup de pied de l’âne, puisque le ministre préfère s‘en charger lui-même. Il doit être possible d’affirmer la nécessité de la liberté pédagogique sans distinction de bénéficiaire, et , pour la suite des événements, de s’en remettre à ses amis politiques et syndicaux: l’UNSA-SIEN a déjà menacé le ministre d’un « conflit majeur avec les personnels ». Soyons fair-play et souhaitons-leur bonne chance: je ne suis pas certain que les enseignants dresseront des barricades à seule fin de sauver la mise à quelqu’un qui les a si souvent et si copieusement injuriés.
Ecrit par : Jean-François Croz | 11 octobre 2006
"qui commencent par rappeler leur indéfectible attachement à la liberté d’expression , pour ensuite expliquer longuement quel répugnant personnage en est le bénéficiaire."
Monsieur Croz, si j'osais lire entre ces trois lignes de votre très intéressant texte, je me laisserais aller à penser que la liberté d'expression est brandie délibérément avant que de décrire qui en est l'abominable bénéficiaire.
Pour en demander implicitement l'abolition ?
Ecrit par : D'Enguell | 11 octobre 2006
Cher D'enguell,
si j'osais ajouter au mot de l'interprète, je dirais que, pour les gens en question, la liberté, d'expression ou pédagogique, est un droit sacré , imprescriptible et inaliénable quand il s'applique à eux-mêmes, à leur clientèle, leurs sicaires et thuriféraires; mais quand d'autres prétendent s'en servir, il ne saurait s'agir que d'un droit formel et spécieux, inventé par une petite bourgeoisie corrompue et décadente, et qu'il faut donc abolir au plus vite. C'est en tout cas l'avis récemment exprimé par Lubin, dont les interventions méritent toujours le détour, à défaut de mériter une réponse.
Ecrit par : Jean-François Croz | 11 octobre 2006
Monsieur Croz, votre politesse exquise à l'endroit de son altesse Lubin rachète toutes les mauvaises pensées qu'il suscite chez moi.
Le détour je le fais aussi, pour ne pas corrompre les quatre sens qui me restent : l'avoir dans le nez n'est pas une sinécure.
Ecrit par : D'Enguell | 11 octobre 2006
Cher Buntovchik, Bégaudeau est l'objet d'un chapitre presque entier à lui consacré dans mon prochain (et dernier, je le jure) livre sur l'enseignement, "Une école sous influence, ou Tartuffe-roi", en vente partout vers la fin de la semaine prochaine. J'ai fait un débat avec lui au Salon du Livre, et Natacha Polony (qui écrit des choses si pertinentes dans Marianne, et qui a par ailleurs une tête bien intéressante) aussi : nous n'en sommes pas revenus, ni l'un ni l'autre, de la suffisance de ce monsieur, qui affirme (voir le site de VousNousIls) qu'un enseignant, dans l'idéal, ne doit rien savoir… Il paraît que sa vraie spécialité, c'est le foot : il a dû faire trop de têtes.
Mais il a eu le grand prix de Télérama — qui appartient au même groupe que la Vie, où officie Meirieu, qu'il cite d'ailleurs comme son modèle. CQFD.
Meirieu ministre, Fracko chef de cabinet, et Bégaudeau Inspecteur général. Beati pauperes spiritu.
Jean-François Croz, à propos des "soutiens" à Redeker, je vous recommande un article de Jean Baubérot dans le Monde du 6 octobre (à consulter sur le blog de l'auteur, que lui a gentiment ouvert l'IUFM de Paris, http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2006/10/08/la-liberte-d-expression-et-les-chiens-de-pavlov.html). Ce "spécialiste de la laïcité" (il a une chaire sur le sujet à l'Ecole pratique des Hautes Etudes, où officiait Barthes autrefois — sic transit) a une vision très personnelle de la solidarité envers Redeker…
Et je fais un débat avec lui cet après-midi…
JPB
Ecrit par : brighelli | 12 octobre 2006
Bonne nouvelle pour nos gouvernants de tout bord. Hier soir, je vous glisse un post sur la suppression de 40 prépas! Pas le moindre sursaut... Ils peuvent continuer: c'était un premier test qui concernait un petit métier assez mal perçu par la fonction publique, fort(je devrais dire faible) de 10 à 12000 représentants. Bientôt Normale sup atomisée et Polytechnique sur dossier. Deug B pour agro et véto puis progressivement pour toutes les écoles d'ingénieurs dans le silence total de ceux qui ne se sentiront pas concernés. Tous les pôles enseignants de qualité sur dossier, fermés aux classes populaires qui se trouvaient mieux de concours anonymes...
Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2006
Non, non, Dobolino, votre commentaire court d'hier sur la suppression des "prépas vétos" a certainement attiré l'attention de quelques lecteurs. En tout cas la mienne.
J'ai la conviction que le ministre a pris position dans la polémique, quite à la relancer, moins dans l'intérêt des élèves que pour s'en prendre aux lobbys syndicaux et associatifs auquels il est politiquement opposé. Il avait bien mesuré que sur ce dossier il pouvait récupérer le soutien des familles angoissées.
Maintenant que cette "actualité" permette de cacher d'autres mesures (qui ont toutes en commun de réaliser quelques économies budgétaires) c'est une évidence... et il n'y a pas que les fermetures des "prépas vétos" !
Par contre, je n'arrive pas à penser qu'il ait activé cette polémique que pour créer un écran de fumée (peut-être suis-je en train de le sous-estimer). Mais peu importe, le résultat est le même.
Au corps enseignant d'être à nouveau solidaire, de distinguer les enjeux majeurs des faux problèmes.
Bien sûr, les parents pourraient à nouveau les soutenir, mais faudrait éviter de leur faire jouer les utilités au cas par cas.
Ecrit par : PeutMieuxFaire | 12 octobre 2006
Dans mon histoire, ce que je n'ai pas dit c'est que bon nombre de mes confrères ont gobé sans problème l'histoire de la voie sans issue, trouvant l'idée d'une grande générosité et que ceux qui se sont élevés contre l'ont fait plus, soit par nostalgie de leur bonne vieille prépa, soit par inquiétude du niveau de formation. L'interprétation que j'en fais, je ne l'ai lue dans aucun journal, aucun blog, entendue dans aucune réunion. Les gens, même évolués, même impliqués politiquement n'en ont pas la moindre conscience et je trouve cet aveuglement désespérant et fortement inquiétant pour l'avenir intellectuel et scientifique de notre pays.
Les médias cultivent dans le bon peuple la haine de classe vis à vis des anciens élèves de prépa et sont relayés par des politico-pseudo-scientifiques qui gardent rancoeur d'avoir été priés de se faire pendre ailleurs. Je ne sais pas si vous vyez de qui je veux parler mais vous l'avez eu comme ministre et, sans mauvais jeu de mots, étiez-vous alors dans l'allégresse?
En dehors de motifs plus bassement matérialistes, mon choix de m'encarter au PS, sans grandes illusions, est de faire peser de mon tout petit poids contre des éléphants comme celui-là ou votre charmant Meirieu et ses sbires. Je suis désolée mais je n'ai aucune confiance en la culture de droite pour ré-ouvrir l'excellence aux classes populaires et l'ouvrir aux jeunes issus de l'immigration...
Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2006
Bien que ce blog s'apparente à un forum totalement libre, je vais éviter d'entamer ici un autre dialogue avec Dobolino sur un ancien ministre dont les positions iconoclastes sur l'environnement aujourd'hui m'interrogent plus que ses précédentes et maladroites tentatives de secouer le "Mamouth" : On sortirait du sujet.
J'attendrai aussi un autre billet ou un autre lieu pour discuter de comment "ré-ouvrir l'excellence aux classes populaires ...".
Ecrit par : PeutMieuxFaire | 12 octobre 2006
Yo les Fadas.....
Post perso pour le Hell's
Zyva ma poule, il y a un vrai Fada sur le fouroum de F2 qui va faire péter les plombs à L2D2 ...
si tu as 5 minutes vazy faire un chtit tour :)
Ecrit par : toto | 12 octobre 2006
Faut reconnaitre que sans lancer le débat c'est le coup des positions sur l'environnement qui m'a mise un peu en boule...
Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2006
Pout Thôt, perso aussi, il n'y a pas plus maléfique... :))
Ecrit par : D'Enguell | 12 octobre 2006
:))))
il ne devrait pas tarder, on a voir comment il réagit :o)))))))))))))))
Ecrit par : toto | 12 octobre 2006
Edition du 12 Octobre 2006 du "Midi libre"
Les bancs de l'école pour bien asseoir sa carrière
Parce ce que l’école est au cœur de la société, le passage obligé de toutes les générations, tout le monde attend beaucoup d’elle. Parfois trop, voire l’impossible: le bonheur personnel, une tête pleine et bien faite, un emploi
clé en main, de préférence épanouissant, sûr et bien payé… Or, l’institution scolaire ne saurait se substituer à l’éducation parentale, ni au marché du travail.
Pourtant,comme le montre ce sondage TNS Sofres pour la presse écrite d’actualité sur l’orientation professionnelle, les attentes des Françaissont énormes à l’égard de l’école, parfois contrastées comme dans notre région. Avec un jugement global plutôt positif.
Textes: Georges MATTIA
La mode des palmarès sur les lycées plus brillants ou sur les établissements plus exposés à la violence dite scolaire, risquent de rejeter au second plan la sempiternelle question de fond: à quoi sert l’école? Tout l’intérêt du sondage TNS-Sofres consacré à «l’école et l’orientation professionnelle» est d’aborder le sujet de front, de montrer combien les Français sont partagés sur les missions du système éducatif, même si celui-ci jouit, globalement, d’une perception plutôt positive (lire ci-dessous).
68% des Français attendent avant tout de l’école qu’elle donne aux élèves des connaissances de base et une bonne culture générale. Un même taux se retrouve à Paris. Par contre, cette attente est encore plus forte en Languedoc-Roussillon, soit pour 74% des sondés! C’est bien plus que dans le Nord-Pas-de-Calais (61%) et un peu mieux, par exemple, qu’en Midi-Pyrénées avec l’Aveyron (67%). Mais l’école doit aussi préparer les élèves à la vie professionnelle, pour 52% des Français. Sur ce point, notre région se distingue moins (54%).
En revanche, l’école doit aussi apprendre à vivre en société, pour 50% des Français, mais 39% des personnes sondées en Languedoc-Roussillon. De quoi laisser libre cours aux commentaires fantaisistes, certains y voyant une marqued’incivismeet d’autres, au contraire, une mission inutile, tant l’art de vivre ensemble est propre à la civilisation du Midi…
Enfin, notre région s’avère plus soucieuse que d’autres de «développer l’esprit critique des élèves et leur autonomie»: 30% (contre 28% des Français), soit un peu moins que les Corses, leurs voisins des régions Paca et Midi-Pyrénées (32% pour chacun d’eux). Toutefois, ces adeptes de Descartes et de son «je pense, donc je suis», excellent à Paris (34%).
L’infographie ci-dessus révèle ces attentes très éclatées, tant dans le pays que dans la région. Cette hiérarchie des priorités varie, bien sûr, selon le type de public interrogé. Les élèves et étudiants, par exemple, déjà inquiets pour leur insertion, privilégient sans surprise une préparation à la vie professionnelle: 60% des 15-24 ans, contre 52% de toute la population sondée. Ces jeunes attachent aussi plus d’importance au fait de développer leur esprit critique et l’autonomie (41% d’entre eux), alors que l’ensemble des Français interrogés attendent moins cela de l’école (28%)…
Les attentes varient aussi selon les classes sociales et les catégories socio-professionnelles. Ainsi, les ouvriers, les personnes moins diplômées et celles aux revenus plus faibles veulent surtout que l’école prépare leurs enfants à la vie professionnelle. En contrepoint, les cadres et professions intellectuelles supérieures, celles aux diplômes ou aux revenus les plus élevés, préfèrent mettre l’accent sur le développement de l’esprit critique et sur l’autonomie des enfants.
En somme, l’école apparaît davantage comme un tremplin professionnel pour l’enfant de milieu modeste. Les familles mieux loties compteraient-elles sur le piston? Le sondage ne le dit pas. Quant à la découverte du monde du travail et de l’entreprise, il s’agit d’une «mission fondamentale», pour 40% des Français, mais à peine 34% des sondés en Languedoc-Roussillon, mêmesi 47% de ces derniers la jugent «importante».
Les attentes sont à la hauteur de critiques: à peine 1% des Languedociens pensent que l’école prépare «très bien» à la vie professionnelle; 13% disent «très mal». Ils sont 42% des Français à juger cette mission «bien» remplie, dont 38% dans la région. Ouf! Sonder l’école est un métier d’avenir.
Textes : Georges MATTIA
Ecrit par : Pendariès | 12 octobre 2006
Un petit machin pour vous détendre.
Je corrige des rédactions de 4ème, la suite d'un texte de Jack London; le narrareur est à la dérive, son bateau a fait naufrage. L'élève le fait arriver sur une île déserte, si déserte que la solitude l'effraie totalement et la gamine d'écrire:" il en a marre, il ya personne autour, il a un coup de blouse"
Peut-être qu'inconsciemment, ils le veulent le retour à la blouse!...??
Ecrit par : elisabeth | 12 octobre 2006
Je ne crois pas que ce soit vraiment parce qu'elles comptent sur le piston, encore que..., que les familles à prof° intellectuelles supérieures mettent l'accent sur l'esprit critique et l'autonomie(de pensée) mais tout simplement parce qu'elles savent d'expérience le rôle de ces qualités dans une bonne réussite professionnelle. Le rôle de l'école est de donner à tous ceux qui veulent bien en disposer cet esprit critique et cette autonomie qui s'acquièrent au fur et à mesure de l'acquisition d'une solide culture de base.
Finalement, pour Fracko je crois que vous avez raison. Médiatisé, frackassant: victime de la droite et boum! il a tout à y gagner si la gauche repasse, chantre d'une école moderne que les vilains réacs veulent détruire. Qu'il ait fait exprès de ne pas respecter, de façon spectaculaire, le devoir de réserve et d'obéissance lié à son emploi en vue de lendemains qui chantent ne me surprendrait guère... et vice versa pour l'attitude médiatique du ministère.
C'est très moche d'être un dindon de la farce
Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2006
"et la gamine d'écrire:" il en a marre, il ya personne autour, il a un coup de blouse"
Peut-être qu'inconsciemment, ils le veulent le retour à la blouse!...??"
elisabeth
Oui, interprétation des raves...
Ecrit par : D'Enguell | 12 octobre 2006
Mes copies me rendent idiote ou quoi? Votre prose lapidaire m'échappe mon cher D'enguell...
Ecrit par : elisabeth | 12 octobre 2006
Je me méfie tellement quand vous dites "mon cher" ;)
Et je n'ai jamais beaucoup lapidé, et moins encore maintenant.
Blues/Blouse ; Inconscient/Freud ; interprétation des rêves/raves(parties). Et ce n'était pas une attaque contre vous !
Ecrit par : D'Enguell | 12 octobre 2006
Bof, le rêve/rave n'avait d'évidence que pour vous. Et point ne l'avais pris contre moi, point du tout, du tout. J'suis pas parano tous les jours, un p'tit peu , comme tous les blogueurs, mais ce sont les joies du net.
Ecrit par : elisabeth | 12 octobre 2006
Lisbeth je vous aime bien (vos idées), et je vous lis (souvent) avec plaisir, comme la plupart des gens qui viennent ici. J'apprends beaucoup de tous et je sais aussi que je suis presque le plus pénible.
C'est pourquoi je vous remercie de votre franchise et de votre gentillesse.
Ecrit par : D'Enguell | 12 octobre 2006
Horaires français, latin 6° classique, année scolaire 67/68 : je pense que c'était plutôt le contraire, 5 h de français dont une ou deux en "demi-groupes" (ça je me rappelle bien : exercices de grammaire à faire corriger par la prof l'un après l'autre et brouillons de rédaction, mais Dob se souvient aussi "Mlle ..., allez vous cacher !") et 3 h de latin si je me rappelle bien à partir de janvier. Donc au premier trimestre ça devait être 8 heures de français/semaine, je viens de ressortir mon carnet de notes de 6°, il y un nombre de notes impressionnant en orthographe-grammaire et en composition française en septembre/octobre (6 notes en ortho/gramm + 2 notes de récitation + 4 notes de composition française...), novembre et décembre... Après, il y en a moins mais les notes en latin commencent...
Ecrit par : catmano | 12 octobre 2006
Bonsoir monsieur Brighelli, je suis une de vos anciennes élèves. Cela date du Bac français au lycée Mermoz où nous avions étudié les Confessions de Rousseau....En 1999. J'ai toujours voulu vous dire que vous avez été de loin le meilleur professeur que j'ai jamais eu. Merci pour cette passion de la littérature que vous nous avez transmis.
Vous pouvez m'écrire à l'adresse transmise. En espérant que vous vous souvenez de cette petite brune passionnée.
A bientôt je l'espère.
Marion ALANIOU
Ecrit par : ALANIOU | 12 octobre 2006
D'Enguell, je proteste: vous êtes encore plus rigolo que les mots croisés du Nouvel Obs. Je trouve d'ailleurs que vous mollissez un peu ces derniers temps. Vos phrases sybillines se font trop rares. Peut-être devriez-vous prendre quelques vitamines!
Ecrit par : dobolino | 12 octobre 2006
Plus rigolo que le Nouvel Obs, me v'la requinquennat !
De mollir, je ne connaissais que les voiles qui sussent le faire quand le vent tombait, malheureusement il souffle fort et crispe même les hauts bancs.
Viagra pour viatique, Tanagras et vins tanniques, Sibylle se réconforterait volontiers à grands renforts d'artificiels, mais sick transit et ad patres plutôt qu'ad vitam in aeternam se retrouverait... Bonne nuit à vous aussi :))))))))))
Ecrit par : D'Enguell | 12 octobre 2006
Monsieur Brighelli, vous êtes injoignable, sur votre portable aussi. Bon, doit-ça filtrer? (J'ai bien fait l'inversion verbe-sujet, non, pour l'interrogative directe?). Je retente à midi, et ce soir de vous appeler pour vous demander: Puis-je venir lundi matin prochain à vos cours de Joffre? Il me faudrait une réponce, car je dois m'organiser pour rester sur Montpellier ce week-end, si vous dites: "Oui".
Ecrit par : Pendariès | 13 octobre 2006
Merci Catmano de ces infos.
Je ne retrouve pas la référence de ces horaires. Sans se tromper, on peut dire que français-latin en ces années c'était autre chose chose que les heures de garderie d'aujourd'hui dans certaines classes. Au moins pour faire du latin, il faut savoir distinguer un verbe d'un nom !
Que nous sommes donc d'horribles passéistes par rapport à ces branchouilles pour qui demain est forcément mieux qu'aujourd'hui ! Quant à hier... D'ailleurs je me demande comment on peut être prof d'histoire.
Ecrit par : LaRiba | 13 octobre 2006
Mais non,mais non, D'Enguell, vous êtes le meilleur, the best, l'unico...Allons, allons... le meilleur ...avec Gianmaria Testa qui vient de sortir un nouveau disque qui est très très bon. Et puis même que z'ai des places pour aller le voir demain soir, pas tout à fait chez moi, mais pas très loin non plus, et même que là, ze peux vous dire que ça illumine mon week-end et que ze suis contente comme une vraie gamine et que ça me donne une pêche d'enfer.....
Ciao, ciao. A piu tardi gli amici...
Ecrit par : elisabeth | 13 octobre 2006
http://comptearebours.blog.20minutes.fr/
juste pour vous signaler la reprise de ce Blog aussi intéressant que profond !
avec notamment cette note : http://comptearebours.blog.20minutes.fr/archive/2006/06/26/j-299-education-ou-instruction.html
merci à vous ! Keep it up, Mister Brig !
Ecrit par : Peter Covel | 13 octobre 2006
Evidemment, Rien sur Anna Politowskaïa......on se demande vraiment si les gens saignants, nous avons ou non une véritable conscience citoyenne ou une inconscience citrouillenne. Redeker, Politowskaïa, même combat....
Tiens, comme je suis heureux que Pamuk (coton en turc!!!!) ait eu le Prix Nobel. un beau doigt d'honneur chromé dans el fondement de la France qui a choisi de cracher sur le seul pays MUSULMAN LAïQUE.....chapeau!!!!! Quelle presipacité, quelle intelligence politique. Décidément le Roi des Cons est bel et bien corrézien.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 13 octobre 2006
euh...je voulais écrire perspicacité, mais Saint Alzheimer, ora pro nobis.....
Ecrit par : montaigneàcheval | 13 octobre 2006
Désolé mais pour moi, Montaignàcheval: vive la France et son action contre l'oubli et la négation du génocide arménien.
Ecrit par : Pendariès | 13 octobre 2006
"son action contre l'oubli et la négation du génocide arménien."
action obtenue sous la menace d'une tournée d'aznavour et de quelques gros bras devant l'assemblée nationale. Désolé mais personne en France n'ira dénoncer nos historiens s'ils font leur boulot.
Non à l'histoire communautariste !
Ecrit par : Peter Covel | 13 octobre 2006
Ah, parce qu'ils ont été gentils, les Turcs?
Ecrit par : Pendariès | 13 octobre 2006
Bisoir Penda,
Ce que môssieur veut peut être t'expliquer ? C'est que des nainsculés il y en avait des deux côtés ? que des nainnocents il y en avait aussi des deux côtés ?
bisoir fousd'rhum
Ecrit par : toto | 13 octobre 2006
Les turcs ne sont pas plus gentils que les russes mais il y a plus de descendants d'Arméniens qui votent en France que d'opposants de Poutine. Alors c'est plus rentable de se préoccuper d'un évènement historique un peu ancien que de lancer une fatwa contre les russes qui assassinent leurs journalistes. Et en plus s'il y a de l'eau dans le gazvec les russes, ça va vraiment nous embêter. Je propose de'exiger que le continent américain reconnaisse réellement ses génocides souspeine de couper avec eux toute relation économique et diplomatique... Il est vrai qu'il y a aussi peu d'indiens d'Amérique en France qui aient le droit de vote.
Sérieusement, le génocide arménien fut une infamie, la démarche est moralement bonne mais je doute de la prédominance de la Morale dans cette histoire où Ségo emboîte immédiatement le pas à Chichi. J'ai des amis arméniens pas



