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28 septembre 2006
Carte scolaire
Carte scolaire
La carte scolaire s'est invitée dans la campagne électorale. D'aucuns, à gauche comme à droite, veulent la supprimer, ou l'amender en profondeur. Et pour une fois, je ne serai pas plus royaliste que Ségolène…
J'ai donc demandé à de nombreux enseignants, parents (les enseignants, d'ailleurs, sont aussi parents, souvent), et chef d'établissements ce qu'ils en pensaient. Ce qui suit est une note de synthèse, à laquelle, par excès d'humilité, j'ai ajouté in fine mes propositions personnelles.
Un premier point, qui fait la quasi unanimité : personne ne veut casser la carte scolaire. Tout le monde, en même temps, est bien conscient non seulement de ses limites, mais de ses aberrations. Si elle a été instituée pour créer de la mixité sociale (et je ne suis pas bien sûr que ce fut son projet initial), elle a en fait instauré, çà et là, des ghettos scolaires doublant le ghetto social. S’y ajoute souvent un ghetto ethnique, qui d’ailleurs ne pose pas forcément problème.
C’est ce que Brigitte Perucca (rédactrice en chef du Monde de l’Education, pas forcément ma tasse de thé, mais je sais reconnaître un rraisonnement quand il est bon — c'est-à-dire quand il ressemble au mien…) analyse avec une certaine perspicacité (Octobre 2006) :
« Est-il nécessaire de le redire ? La carte scolaire ne garantit plus la mixité sociale, pour la simple raison que l’immense majorité des quartiers ne sont plus mixte socialement. Toute personne qui suit les questions d’éducation — c’est le cas de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal — sait aussi qu’une ségrégation scolaire s’est ajoutée au fil des années à la ségrégation sociale, que l’école ne se contente pas de subir les inégalités territoriales, qu’elle les fabrique aussi. D’où vient alors le malaise ressenti aux déclarations des candidats présumés à la présidentielle ? Sans doute de la nature même de l’argument invoqué, cette « liberté qui, selon eux, serait due « à tous les Français ».
Et de se demander quelle liberté, dans un système où ceux qui savent (enseignants et journalistes en tête, mais classes moyennes dans leur ensemble — les seules concernées, la « upper class » vivant dans des lieux chimiquement pur de toute mixité…) contournent allègrement les contraintes, par le choix de la « bonne » section, de la « bonne » option, de la domiciliation de complaisance, ou simplement en recourant au privé…
Une remarque, au passage : la FCPE, qui n’en est pas à une démagogie près, demande l’inclusion des établissements privés ans la carte scolaire. Pure provocation, à laquelle il est inutile de répondre : il ne faut pas plus désespérer Neuilly-Passy-Auteuil que Billancourt…
Brigitte Perucca note en fin d’édito qu’à côté de ce joli mot trompeur de « liberté se dressent encore d’autres mots piégés, comme « égalité » (des chances), équité, fraternité — et laïcité.
Il ne peut donc pas être question de renoncer brutalement à la carte scolaire (sur plus d'une centaine d'enseignats, proviseurs, et parents je n’ai recueilli qu’un seul témoignage, celui d’une militante de la PEEP, membre de l’UMP, qui appartient cependant à l’une des sectes anti-pédagogistes où j’émarge discrètement). Avec comme argument la liberté, justement, la responsabilisation des parents dans l’éducation de leurs enfants, et un argument qui mérite plus d’attention :
« Personnellement j’apprécie les réformes que le Ministre de Robien a lancées et j’aspire à ce que le mouvement soit maintenu et renforcé. Personne ne peut reprocher à des parents, bien au contraire !, que dans le champ de quasi-ruines qu’est devenue l’Education nationale ils essaient de choisir pour leurs enfants, ce qui tient encore plus ou moins debout. Mais la vraie urgence, c’est de relever les ruines, de reconstruire l’école, de donner à tous les enfants de tous les milieux une instruction sérieuse et solide. Car sous la carte scolaire dont tout le monde parle, il en existe une autre, encore plus inégalitaire : celle qui divise les familles qui paient des cours de rattrapage à leurs enfants et les familles qui n’en ont pas les moyens. Le vrai boom que connaissent ces cours parallèles est un signe de très mauvaise santé de notre système d’enseignement - j’allais écrire « de notre système éducatif » tant nous sommes habitués à considérer l’Etat comme en charge de l’éducation, alors que c’est le domaine des parents. Au plus l’Etat s’est occupé d’éducation, au moins il s’est occupé d’instruction, créant des dégâts énormes …que la carte scolaire a pour effet de maintenir voire d’amplifier. Ce système doit être réformé en profondeur. La disparition de la carte scolaire est un élément nécessaire mais pas suffisant de cette réforme. »
C’est en fait, quelle que soit la philosophie politique de mes grands témoins, la seule constante : toute réforme de la carte scolaire ne peut passer en vérité que par une réforme pédagogique. Quand les écoles, collèges et lycées de certaines zones ne feront plus peur à personne, les classes moyennes recommenceront à y envoyer leur enfants, surtout si les établissements de secours n’offrent rien de plus alléchant. Le recours au privé doit rester un droit, pas une démarche forcée.
« Rien de plus alléchant » : il suffirait presque de renverser la vapeur, et de donner aux collèges les plus déshérités les options les plus « nobles ». Non pas « Viande 1 », et « Technicien de surface », comme dirait Tom Sharpe (avez-vous lu l'hilarante série des Wilt ?), mais latin-grec-chinois et menuiserie d’art.
À la limite, plus un établissement sera marginalisé (par exemple certains collèges « désectorisés » — j’en ai un sous la main, à Montpellier, particulièrement saignant — qui ont à charge de recueillir les exclus de tous les autres collèges), plus il devrait être attractif. Même si je n’ai jamais pensé que l’on pouvait récupérer tous les élèves en situation d’échec : les "100% d'une classe d'âge au Bac", que me lance au visage Phlippe Meirieu à chacune de nos rencontres n'est que pure démagogie, ou pure polémique.
Globalement, il ne peut plus être question de faire de la garderie en implorant les élèves de « construire eux-mêmes leurs propres savoirs ». Il faut impérativement revenir à un socle dur — en éliminant toute cette enflure des programmes que dénonce Davidenkoff dans son dernier livre (Jules Ferry, réveille-toi, ils sont devenus fous). J’ai déjà écrit (dans la Fabrique du crétin) que restaurer les disciplines restaurera, à terme, la discipline.
C’est le leitmotiv de 90% des enseignants-parents-proviseurs interrogés. Et je crois que Meirieu finirait par nous donner raison, sur ces bases.
Resterait bien sûr après à définir des programmes…
Autre point qui me paraît prioritaire : dresser une carte de France solide des points noirs.
Ce n’est pas pare qu’un établissement est dans une ZEP qu’il est forcément déficient. Ce n’est pas parce qu’il est « ethniquement pur » qu’il pose problème. Un collège de Montpellier, jadis enfer scolaire, revient à la normale depuis que les enfants de Maghrébins y sont tranquillement majoritaires (depuis en fait que les gitans affectés sur cet établissement ont été éclatés entre divers collèges). Aucune communauté n’est en soi problématique, et nombre de parents immigrés de première ou deuxième génération gémissent après un système qui donnerait à leurs enfants toutes ses chances : si bien qu’à Marseille, entre autres, de très nombreux Musulmans ont inscrit leurs enfants dans le privé, y compris le privé confessionnel catholique, qui leur paraît autrement sérieux que l'école publique de leur secteur.
L’unicité ethnique peut même être un gage de sérieux (ainsi dans le XIIIe à Paris, où aucun enseignant ne se plaint d’avoir des élèves majoritairement Chinois, quand bien même leurs parents ne parlent pas un mot de français). Le lycée Turgot, dans le IIIe, où cohabitent Maghrébins et Africains du XIXe arrondissement, Chinois et Asiatiques de Belleville, et Juifs du Marais, souffre de cette confrontation (il avait servi de cadre à un reportage il y a deux ans de Cyril Denvers, « Quand la religion fait la loi à l’école », qui avait fait du bruit à l’époque), un jeu létal d’où seuls les Asiatiques tirent leur épingle : la mixité peut donc être source de problèmes — et j’irais volontiers jusqu’à dire qu’elle l’est le plus souvent, tant les tensions sont vives entre « Blancs » (les « Céfrancs », dans le langage de certains) et Blacks ou Beurs. Fabriquer à tout prix de la mixité peut conduire à des drames.
Alors, quelles propositions ?
1. Procéder à une évaluation exacte, département par département, de la situation.
2. Lancer une idée de "sectorisation à géométrie variable" — aussi évolutive qu'une carte électorale, qui suit les évolutions de populations… Ce sera mon slogan du jour.
3. Créer des commissions paritaires Rectorats / Conseils généraux / Régions, qui définiront elles-mêmes les modalités.
L'Etat passera ainsi le relais à des institutions majoritairement de gauche, qui fixeront elles-mêmes à quelle sauce seront mangés leurs électeurs (ce qui les engagera pour les années à venir).
4. Inciter à multiplier les initiatives comme celle du Conseil général du Nord-Pas-de-Calais (Libération du 22-9), où ils préfèrent détruire et reconstruire ailleurs les établissements à problèmes plutôt que de les rénover — ça ne coûte pas plus cher. Bref, conformément à ce que préconisaient Alphonse Allais et moi (dans À bonne école), installer les ZEP à la campagne. L'Etat pourrait encourager ces initiatives, ça ne lui coûterait rien…
5. Repenser les options, les sections et les programmes — ce qui est un travail de plus longue haleine, mais le plus important.
À vous, désormais, d'enrichir cette base qui paraîtra certainement maximaliste à certains — et insuffisante à d'autres.
Jean-Paul Brighelli
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Commentaires
Vaste débat, vaste problème.
La seule certitude, c'est que la suppression de la carte scolaire peut éventuellement être un but, mais alors il faut faire d'énormes réformes pour atteindre ce but, mais en aucun cas ne peut être un moyen, comme le propose Sarkozy.
Si j'ai bien compris le concept de "sectorisation à géométrie variable", ça se rapproche des propositions de Meirieu. JPB d'accord avec Meirieu! Incroyable.
Mais des redécoupages, comme "les zep à la campagne", ça demande des moyens, notemment pour les transports.
Repenser les programmes, effectivement il serait temps.
Ecrit par : Un prof | 28 septembre 2006
Le monde change et la roue tourne: lorsque j'avais 4 ans, j'habitais à Saint Cloud et notre domiciliation faisait que nous aurions du être inscrits à l'école du "Haut", celle des bourgeois. Mon père a fait des pieds et des mains pour que nous puissions fréquenter l'école du Centre qui drainait le petit peuple et les taudis du bord de Seine, de crainte que nous n'ayons en haut de mauvaises fréquentations bourgeoises qui auraient pu troubler notre simplicité. L'enseignement était le même en haut et en bas, peut-être meilleur en bas car, là, personne n'avait le pouvoir de faire pression sur le corps enseignant... Je précise que mon père n'était pas du tout communiste.
Ici, à la campagne, la carte scolaire n'est pas notre problème avant la seconde car nous avons un collège tous les 40 km, un service de ramassage scolaire et pas d'internats... On fait avec ce qu'on a. Quant à la boite privée la plus proche, elle est à 60 km (avec internat mais faut aimer ça).
Ecrit par : dobolino | 28 septembre 2006
Je suis d'accord sur le rétablissement des disciplines comme point de départ d'une nécessaire rénovation des programmes, et d'un rétablissement de la discipline.
Par contre, j'ai du mal avec votre idée de non-mixité ethnique. Beaucoup de mal ! Le problème, à mon avis, provient essentiellement de la manière dont les individus issus des minorités ressentent notre ressenti à leur égard (me fais-je bien cmprendre ?). Par ailleurs, si on commence à réfléchir en termes de communautés, on exclut l'individu. En tant qu'être humain, je ne me demande pas de quelle communauté est issu tel ou tel individu que j'ai en face de moi. Je n'aimerais pas avoir à le faire en tant qu'enseignante. C'est un filtre forcément mensonger, et liberticide.
Il existe des ghettos, ne le nions pas. J'y ai enseigné. Comme votre panel, je n'imagine pas un instant que la suppression de la carte scolaire ferait autre chose que les renforcer. Je pense également que le problème n'est pas proprement scolaire, mais qu'il est avant tout urbain, et que le système actuel ne fait que le renforcer. Il faut donc agir sur l'urbanisme (long, coûteux, mais nécessaire), et sur la revalorisation des établissements repoussoirs. Je pense depuis longtemps que l'argent qu'on met dans les ZEP en primaire devrait être utilisé pour les études du soir, en compensation d'une exigence de niveau relevée. Politique à poursuivre en collège, avec mise en place d'options attractives (langues "rares" en particulier). Ce qui est fait en quelques endroits qui n'étaient pas encore des ghettos, mais menaçaient de le devenir. Bilan plutôt positif. Malgré la "mixité ethnique" que vous craignez tant.
Ecrit par : Julie | 28 septembre 2006
J'ai dû mal m'expliquer. La mixité (ethnique, sociale, etc.) n'est pas un mal en soi. J'ai eu pendant des années des classes très mélangées qui marchaient bien. Ce que je dis, c'est que certaines classes ethniquement (le terme m'agace, mais je n'en vois pas d'autre — "culturellement" ne renferme pas les mêmes concepts) pures peuvent bien fonctionner aussi. Tout est question d'origine, et d'implication (des élèves et des parents). Les Asiatiques brûlent d'envie d'apprendre le français et de s'intégrer. Je ne suis pas certain que ceux qui traitent les "Blancs" de "Céfrans" alors qu'ils le sont eux-mêmes soient dans les mêmes dispositions — et ils n'ont aucune excuse. Par ailleurs — et j'aurais dû le rajouter — je suis tout à fait favorable à des écoles confessionnelles au sens strict, pourvu qu'elles soient privées — privées d'argent public, en particulier. Les tergiversations pour ouvrir une école coranique dans le Rhône sont d'un autre âge — tant que je suis sûr qu'aucun argent public n'ira jamais à des entreprises d'emprise religieuse : l'école laïque est un droit pour tous, l'école religieuse est un choix — respectable, tant qu'il n'interfère pas avec la sphère publique.
JPB
Ecrit par : brighelli | 28 septembre 2006
Une petite anecdote ? Notre village se situe à la limite de notre département, à la limite de notre région, à la limite de l’académie... La carte scolaire nous a attribué un collège de secteur qui se situe dans le département voisin, la région voisine, l’académie voisine. Depuis que j’enseigne dans ce village nous avons régulièrement une à deux demandes de dérogation pour convenances personnelles par an pour un collège situé dans notre département à moins de 10 km du village (essentiellement parce que les deux académies n’appartiennent pas à la même zone et que cela pose des problèmes particulièrement dans les familles où les enfants passent la moitié des vacances scolaires chez le parent qui n’en a pas la garde pendant l’année scolaire et qu’il leur est plus facile de s’organiser si les grands du collège et les petits encore en primaire peuvent partir à la même période)...
Depuis deux ans, 80 % des parents demandent une dérogation, les 20 % restant faisant le choix du privé. Le principal du collège de secteur, alerté par l’hémorragie d’élèves (notre village n’est pas le seul dans ce cas) nous proposa l’année dernière d’organiser une réunion de parents où il présenterait l’établissement.
Nous diffusons l’information, les familles jouent le jeu, au jour dit elles sont toutes là, même celles qui depuis le début de l’année ont déjà pré inscrit leur enfant au collège privé (qui présélectionne ses futurs élèves sur les résultats de CM1). Le principal et le CPE sont là, ils exposent leur projet d’établissement basé sur la citoyenneté, les contrats passés entre le collège, les enfants, les familles, le système de « permis à points », leurs actions innovantes en faveur des enfants en difficulté (classes à effectifs réduits, 4° et 3° « à projets »), etc.
La réunion se termine, il demande s’il y a des questions. Une maman un peu timide lève le doigt : « Excusez-moi, Monsieur, mais pour les élèves qui travaillent bien et qui n’ont pas de problèmes de comportement, vous faites quoi ? »
Cette année, aucun de nos anciens CM2, quelle que soit l'origine sociale, culturelle ou ethnique de sa famille (au fait, c'est la famille d'origine maghrébine qui a eu le plus de mal à obtenir la dérogation), n’effectue sa 6° dans le collège de secteur.
Ecrit par : catmano | 28 septembre 2006
Comme Julie, je tique sur l'absence de mixité...J'y vois un renoncement. Les arabes gagnent sur les gitans ici, les gitans gagnent sur les arabes là... Et je connais ces loulous, j'ai passé 3 ans au collège de la mosson à la paillade.Ils n'iront pas tous dans des écoles coraniques privées à 100% parce que c' est 3000€ l'année, une école privée à 100%.
Je connais, j'y fus à Montpellier justement en face le lycée clémenceau. (j.Coeur)
De toute façon, le problème majeur reste la pédagogie moderne qu'il faut éradiquer. Et contrairement à vous, je pense qu'il s'agit bel et bien d'un complot afin d'obtenir des consommateurs dociles...Jospin (Encore lui!) et Allègre s'en sont donnés à coeur joie en 1988. Jean Claude Michéa l'explique très bien dans l'enseignement de l'ignorance.
Ce qui est au centre de l'éducation n'est pas la carte scolaire mais bel et bien l'enracinement de la secte de l'emballage que sont la plupart des profs d'IUFM, des inspecteurs, des conseillers pédagogiques bref, ces gens-foutre qui ont cessé d'enseigner parce qu'ils ne s'épanouissaient plus dans ce métier...(C'était pas une raison pour faire ch...tout le monde.)
Les élèves sont devenus des consommateurs d'école AVEC la complicité de la plupart des enseignants. Ou alors je ne suis entouré que de crétins et je n'ai pas de chance. Le problème est que je ne crois pas à la chance comme au reste!
Ecrit par : combemale | 28 septembre 2006
on a qu'a faire par tirage au sort
Ecrit par : pierrot le zygo | 28 septembre 2006
N° complémentaire! Jean Peuplus.
Ecrit par : pierrot le zygo | 28 septembre 2006
contre la suppression
Ecrit par : pierrot le zygo | 28 septembre 2006
"Contrairement à vous"? Mais moi, je suis tout à fait d'accord que le but est d'obtenir des consommateurs dociles ET de la main d'oeuvre docile. Et quand on est un parent conscient, on n'est pas loin de faire de ses enfants des marginaux s'ils n'ont pas les moyens, l'ambition ou le désir de se placer du côté du manche. Bien dur à gérer: faire leur malheur en les rendant lucides?
Ecrit par : dobolino | 28 septembre 2006
Voici l'article qui a fait que son auteur est menacé de mort. Un collègue à soutenir! Le devoir d'imprécation - même si le texte est "facile" - est aussi un droit.
L'article de Redeker sur l'Islam (dans Le Figaro) censuré en Tunisie | 22 septembre 2006
Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?
Par Robert Redeker (Philosophe. Professeur au lycée Pierre-Paul-Riquet à Saint-Orens de Gammeville. Va publier Dépression et philosophie (éditions Pleins Feux).
Publié le 19 septembre 2006 Le Figaro
Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer.
L'islam essaie d'imposer à l'Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d'un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l'école, accusation d'islamophobie contre les esprits libres.
Comment expliquer l'interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l'argument avancé : risque de «troubles à l'ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l'affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?
Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l'oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l'ordre public» que le string. Il n'est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam. Ou, à tout le moins, qu'elle résulte de l'insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s'élevaient contre l'inauguration d'un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s'opposent pas à la construction de mosquées. L'islam tente d'obliger l'Europe à se plier à sa vision de l'homme.
Comme jadis avec le communisme, l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l'instar du communisme d'autrefois, l'islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d'une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd'hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd'hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l'oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.
Dans l'ouverture à autrui, propre à l'Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l'autre doit toujours passer avant moi. L'Occidental, héritier du christianisme, est l'être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l'identique de feu le communisme, l'islam tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.
Ce sont des faiblesses qu'il veut exploiter au moyen «d'idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d'imposer l'ordre coranique au monde occidental lui-même.
Le Coran est un livre d'inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l'Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D'une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».
D'autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu'il accusait d'un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d'années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».
Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.
De fait, l'Église catholique n'est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L'Inquisition, la chasse aux sorcières, l'exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l'islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l'Église.
Aucune des fautes de l'Église ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine.
La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.
Cette lapidation, s'accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.
Au lieu d'éliminer cette violence archaïque, à l'imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c'est-à-dire l'entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l'islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.
Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l'Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l'oeil du Coran, pullulent en son sein.
Ecrit par : Pendariès | 29 septembre 2006
et le droit d'imprécation est aussi un devoir. Et "Idoménée" en Allemagne, interdit, à cause de la tête d'Allah... On baigne dans le délire munichois!!!!!!... J'ai revu dernièrement un DVD documentaire analysant la montée en puissance du pouvoir de nuisance, avant guerre, de Hitler sur les consciences des démocraties, qui se sont mises cul nu! La paix, à tout prix!
Ecrit par : Pendariès | 29 septembre 2006
Penda, je ne vous reconnais pas. Toujours point de Pantocrator à l'horizon ?
Ceci dit, Ratzinger nous refairait en filigrane le coup de la Théologie de la Libération, que ce serait un coup de maître !
Ecrit par : D'Enguell | 29 septembre 2006
et c'est bien moi!
Ecrit par : Pendariès | 29 septembre 2006
L'article est certes plein d'idées intéressantes, souvent, si ce n'est justes, au moins réalistes mais j'aimerais un droit de réponse d'un islamiste modéré. Le Christ OK mais tout de suite après: Saint Paul... L'argumentation me paraît un peu à sens unique, mais enfin "à la guerre comme à la guerre!" puisque guerre il y a... Quant à Ratzinger, en tant que chef de l'Eglise Catholique, il dit ce qu'il a à dire et je n'ai personnellement rien à y redire n'étant pas catholique. Ca reste une affaire entre religions et non entre états ou sous-continents.
Comme le plus souvent en journalisme, on ignore l'antithèse et la synthèse ce qui fait plus que m'importuner!
Ecrit par : dobolino | 29 septembre 2006
Petite "anecdote" relative à la mixité :
Dans un quartier dit sensible qui a récemment fait la une de tous les journaux pour l'agression (lynchage ?) de deux CRS, habitait un jeune garçon tout ce qu'il y a de plus banal, si ce n'est que ses cheveux étaient blonds et ses yeux verts. Il fut longtemps la cible d'agressions diverses au sein même de son propre quartier ainsi qu'au collège, agressions commençant par des "sale raciste !" scandés à son passage. Etant amis avec toutes sortes de gens de toutes origines sociales ou ethniques, notre jeune garçon ne comprenait cette ahine infondée à son égard. L'apothéose de la haine à son égard eut lieu un soir après un repas entre famille et amis (amis qui comptent, précisons-le, un congolais de naissance) au Mc Do en face du lycée... Ca rigolait à gorges déployées dans le fast food, tandis que deux jeunes sauvageons du quartier faisaient des "tours de tiéquar" sur leur mobylette et passaient plusieurs fois devant le restaurant en jetant des yeux noirs aux convives. Rentrant chez lui avec sa mère (en voiture, heureusement), le jeune garçon se trouva face à face avec une cinquantaine de jeunes prêts à en découdre, au motif que notre "héros" s'est "foutu de leur gueule au Mc Do"... L'histoire se termine bien, après un repli de plusieurs heures chez les amis précédemment cités. N'empêche.
Tout ce que je viens de vous raconter m'est réellement arrivé, il y a de cela un peu plus de 20 ans. Depuis, la situation du quartier ne s'est guère arrangée, comme vous vous en doutez.
D'autre part, je suis régulièrement témoin (directement, ou indirectement, via ma compagne qui est professeur d'anglais au LEP de ce quartier) de la haine ordinaire qui agite les communautés : les "rabzas" ne peuvent pas sacquer les "céfrans", les "salade-tomate-oignons" (=turcs) ni les "boukaks", qui eux-même éprouvent un profond mépris envers leurs "cousins" antillais.
Tout cela pour dire que si je suis un peu choqué par l'idée de renoncer à la mixité -ce serait peut-être donner raison aux fauteurs de trouble (la minorité qui fait chier, en somme) que de les laisser entre eux, sans compter le danger d'aggravation de leur non-intégration-, je ne puis qu'être d'accord avec le raisonnement : la mixité induit des tensions parfois extrêmes, tandis que le communautarisme (je ne sais comment appeler cela autrement, mais je serais preneur d'un terme plus adéquat) les apaise, au moins en surface.
Le mal de nos cités -et de notre pays, allons-y gaiement- est cette intolérance crasse que nous éprouvons à l'égard de nos semblables. En bon mécréant, j'accuse les grandes religions monothéistes (islam, christianisme et judaïsme, tous les mêmes) et leurs dérivés, qui ne font qu'attiser la haine de l'autre. D'ailleurs, je tire mon chapeau à Benoit Saez -pardon, XVI- pour cette magnifique pirouette syntaxique, faisant passer les chefs islamistes pour des idiots en leur faisant croire qu'il est désolé. Il ets très fort celui-là, j'en viens à regretter notre bon vieux Jean-Paul, qui avait le mérite de ne pas jeter d'huile sur le feu...
Ecrit par : Cédric | 29 septembre 2006
J'oubliais : je suis baptisé, j'ai fait ma communion et quand j'avais 6 ans, je voulais être curé... Ouille.
Ecrit par : Cédric | 29 septembre 2006
Ratzinger, lorsqu'il dirigeait l'Inquisition (c'est l'ancien nom du secteur qu'il patronnait sous JP II), avait de sprises d eposition roches des fondamentalistes et de l'Opus Dei. Il n'a pas changé.
Et n'en daplaise à pascal, je ne suis pas sûr que le catholicisme (ni le protestantisme, ni le judaïsme, ni l'islmisme) ait un quelcnque rapport avec la Raison et les Lumières — qui ont fait de leur mieux, au XVIIIe siècle et après, pour dessouder tous ces -ismes.
Que de telles cnsidérations soient encore au goût du jour (et même se renforcent) au début du XXIe siècle donne une idée de la régression monstrueuse de ces dernières années. Nous pensuions en avoir fini avec ces vieilles lunes — et les voici qui reviennent sous forme de croissant.
JPB
Ecrit par : brighelli | 29 septembre 2006
Eh bien, j'étais prof il y a vingt ans au lycée en face… Les élèves noirs de Mauconseil se déchiraint au cutter de tapissier avec les beurs tout frais des Tarterêts. Et ça ne s'est pas arrangé, apparemment… Salut, Cédric… Bienvenu parmi nous…
JPB
PS. Je suis en quête de propositions, des uns et des autres, sur la carte scolaire. D'anecdotes aussi, comme celle de Cédric, et d'exemples, témoignages, etc. . Sachez-le tous, il arrive qu'on nous lise, là où l'on prend des décisions.
Ecrit par : brighelli | 29 septembre 2006
Cher Mr Brighelli,
je vous confirme que la situation ne s'est pas arrangée dans ce lycée, loin de là. Petit exemple pour la route (qui n'a rien à voir avec la mixité, mais que je trouve "drôle") : le lycée pro comprend une section "techniciens d'usinage" depuis une poignée d'années (2 ou 3 me semble-t-il). Les élèves ont 8 heures d'atelier par semaine, mais n'approchent pas les machines à moins d'un mètre. Motif ? Lors de leurs premiers cours, ils jouaient aux ninjas. Le problème était que ce qui leur tenait lieu de shurikens (qu'ils se lançaient allègrement entre eux) étaient des lames de scies circulaires d'une vingtaine de centimètres de diamètre...
D'autre part, il existe un vrai clivage entre la section professionnelle et la section générale, un événement récent tend à le prouver : les TU (techniciens d'usinage, encore eux) ont un peu "bousculé" le CDI et la documentaliste (livres à terre, invectives verbales), allant jusqu'à plus ou moins défoncer la porte de l'endroit. Une professeur de section générale a été tellement choquée par cela qu'elle en a pleuré, alors que pour les profs de section pro, ce genre de comportement est tristement banal...
Ecrit par : Cédric | 29 septembre 2006
Je meurs d'envie d'échanger (en privé) avec vous, Mr Brighelli. Si le coeur vous en dit, voilà mon adresse e-mail, que vous puissiez m'y donner la vôtre : drixmok@yahoo.fr
Merci d'avance.
Ecrit par : Cédric | 29 septembre 2006
"Ca reste une affaire entre religions et non entre états ou sous-continents." dobolino
Je ne crois pas, puisque l'une des religions se confond avec le principe d'Etat (sans animosité).
La carte scolaire : ayant subodoré qu'une différence de 5000 Euros de revenu annuel donnait envie à chaque foyer de se séparer des revenus inférieurs, de 10000 à 120000 Euros, il nous reste sur les bras 23 classes sociales qui s'éloignent l'une de l'autre. Statistiquement, 23 élèves par classe auraient-ils la même tendance, reproduire la distinction des parents ?
Un Etat fort oblige à payer l'impôt, s'en donne les moyens en tous cas, il pourrait donc obliger les enfants à être inscrits à proximité de leur habitation. Ils veulent faire du japonais ? Les parents déménagent, ou achètent une méthode. Si vous vouliez bosser avec Francis Crick, découvreur de la structure de l’ADN, il vous fallait vous rendre à San Diego, il ne serait pas venu à vous, je crois...
Si les élèves se battent, que les parents les rossent, cf la guerre des boutons.
S’ils commettent crimes et délits, que la justice tranche. Si les professeurs sont “mauvais”, je ne sais (très humblement) vraiment pas quoi proposer...
Ecrit par : D'Enguell | 29 septembre 2006
La logique a un coup dans l’aile ces derniers temps.
Des pédagogistes relativistes qui prétendent avec acharnement que leur doctrine est la meilleure…
Des musulmans le couteau à la main prêts à prouver que l’islam n’est jamais violent…
On dirait le vieux sketch de Bedos où des types armés braillent dans la rue : « À bas la violence ! »
Ecrit par : LaRiba | 29 septembre 2006
Sans déplacer les ZEP à la campagne, on peut envisager d'exploser les ghettos. Nombreuses sont les écoles rurales menacées de fermeture de classes par manque d'effectifs. Nombreuses sont les familles vivant dans les ZEP sans aucun travail, démoralisées, qui, si la possibilité leur en étaient offertes, envisageraient volontiers de transporter leur misère à la campagne et de soustraire leurs enfants à l'influence délétère des cités. Ici, on a un peu des français du quart-monde, un peu des turcs, un peu des marocains et, bon gré mal gré tout ce monde est peu ou prou intégré... et les enfants gardent leurs chances de s'en sortir. Que chaque village de France accueille une famille dans un logement social et on améliorerait la situation. Utopie? Ils pourraient même avoir un bout de jardin...
L'an dernier, dans le collège où était ma fille est arrivée une petite turque au crâne rasée (foulard interdit). Elle a, malgré les risées des niais ou incultes, immédiatement été prise en charge par quelques jeunes filles de son âge(certainement avec l'incitation et le soutien de quelques enseignants) qui lui ont appris le français et certainement bien d'autres choses car je vous mets à présent au défi de la reconnaître parmi les 150 élèves du collège.
Ecrit par : dobolino | 29 septembre 2006
À propos d’élève turque, chacun son expérience :
une fille de 3e a fait exprès de redoubler pour attendre ses 16 ans et pouvoir partir ensuite vers la Turquie… pour se marier avec celui qu’on lui avait choisi.
Ecrit par : LaRiba | 29 septembre 2006
Cher M. Brighelli
Je tenais à vous remercier pour cette année de seconde passée en votre compagnie au lycée de Corbeil-Essonnes il y a de ça une quinzaine d'année. En effet, grâce à vos cours j'ai pu découvrir entre autres Lautréamont (je me souviens encore du sujet de dissertation qui nous avait sur le moment laissé pantois: "beau (...)comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie"), Homère ou bien encore sur un autre registre Otelo de Carvalho...
J'ai lu avec attention vos 2 ouvrages et je pense en effet que votre analyse est pertinente et qu'il faut revenir à un "socle dur". Bon courage !
Ecrit par : Thierry FERREIRA | 29 septembre 2006
faire leur malheur en les rendant lucides?
Ecrit par : dobolino | 28 septembre 2006
On peut être lucide et s'en sortir, dobolino.
De ne pas voir flou permet de mieux anticiper... Parce que , quand trop de crétins seront entrés dans toutes les institutions, il sera (est?) trop tard. Et puis on peut vivre heureux sans faire d'enfants...
Les vrais salauds sont ceux qui mettent des oeillères aux adultes en devenir (les enfants) pour leurs propres ambitions. Se dire qu'il vaut mieux ne pas voir est la même chose que mourir...Tu devrais aller voir le vent se lève de K.Loach. Bon film.
Ecrit par : Combemale | 29 septembre 2006
Je parlais pour ceux qui n'ont pas la vocation ou les moyens d'entrer dans les institutions. Si l'on est maçon, coiffeur ou vétérinaire(après tout ... il en faut) et qu'on est conscient, on est démuni face à cette dégradation.
Ecrit par : dobolino | 29 septembre 2006
Z'en faites quoi de Pierre Bayle, m'sieur Brighelli????
Je n'oublie pas pour un lundi! Pas tout de suite, en tout cas.
Ca se passe comment la tournée des FNAC?
Ecrit par : Pendariès | 29 septembre 2006
Anecdote, pour la réflexion : on attendra le week-end. J'ai passé quelques années d'enseignement à La Réunion. Des élèves de toutes les couleurs, des métissages plus que surprenants... pas l'ombre d'un problème. Pourtant les parents de mes élèves "cafres" avaient un statut économique moins élevé que ceux d'origine indienne et plutôt meilleur que ceux qu'on appelait "les petits blancs" des hauts qui vivaient uniquement de "l'argent braguette"; eh, oui, c'est ainsi qu'ils appelaient les alloc...
Plusieurs filles enceintes pendant l'année de seconde et continuant de venir au lycée... pas de railleries ou de réflexions de la part des autres.
Les problèmes que l'on rencontrait étaient des problèmes individuels, pour les filles qui n'acceptaient pas les règles de leur religion. Mais pas de problèmes entre les communautés.
En métropole, j'ai retrouvé les mêmes communautés à feu et à sang...
J'ai bien qques hypothèses pour comprendre, mais je ne m'explique pas vraiment cette différence gigantesque.
Ecrit par : elisabeth | 29 septembre 2006
Je ne sais que m'exprimer peu à propos de la carte scolaire. Après le primaire, pour "éviter" les collèges où je devais aller (avec le bordel, pas d'autorité, aucun suivi des élèves...), ma mère a inscrit mon frère et moi dans le semi-privé. Mon frère a poursuivi dans le lycée public, et il me disait: "En restant dans le confort du privé, tu ne pourras pas t'armer contre le mouvement de la vie" (quelque chose dans ce genre). Ca voulait dire que son lycée, même pas zep, était bien vivant... J'avoue que je suis bien heureux d'avoir fait ma scolarité du secondaire dans le semi-privé (j'y ai construit, dans le calme, l'étude, mon adolescence; j'y ai préparé le doctorant et le prof que je suis). Je me trouve plutôt en interrogation face à la carte scolaire. Et la mixité (supposé) qu'elle propose. Je ne crois pas que la carte scolaire construise une communauté de sentiments, une nation, un désir commun. Chacun rentre dans son quartier, dans son milieu, dans son éthnie, dans ses marques. Etre dans une salle de cours, une cour de récréation ne signifie pas le "vivre ensemble" (quelle démagogie que cette formule!).
Je ne sais pas.
Ecrit par : Pendariès | 29 septembre 2006
supposéE
Ecrit par : Pendariès | 29 septembre 2006
Et pourquoi pas des chèques-éducation, comme ça se fait sans trop de problèmes dans d'autres pays, et la liberté totale de choix de l'établissement par les parents ?
Bien, entendu, les établissements auraient en contrepartie liberté de sélection des élèves.
Je ne comprends pas pourquoi la loi devrait limiter la liberté des parents dans le choix de l'école de leurs enfants. L'Etat et son administration sont-ils plus légitimes que les parents à décider ?
Ce système aurait bien entendu quelques effets néfastes, mais croyez vous qu'ils seraient pires que ceux engendrés par le système actuels ?
Ecrit par : fboizard | 29 septembre 2006
"système actuel" sans "s" à "actuel"
Ecrit par : fboizard | 29 septembre 2006
Voudriez-vous décrire quelques uns de ces effets, sans vous obliger ?
Ecrit par : D'Enguell | 29 septembre 2006
"Je parlais pour ceux qui n'ont pas la vocation ou les moyens d'entrer dans les institutions. Si l'on est maçon, coiffeur ou vétérinaire(après tout ... il en faut) et qu'on est conscient, on est démuni face à cette dégradation.
Ecrit par : dobolino | 29 septembre 2006 "
Au contraire, les rendre lucides (il y en a plus qu'on ne pense) signerait la mort du système économique actuel... Plus personne ne voudrait bosser pour des clopinettes, ni consommer à outrance, tout le monde se foutrait au fesses la croissance, la carte scolaire serait bien pensée à la JPB, les IUFM n'existeraient plus, les parents seraient responsables et ce serait la fin des médias (crétins parmi les crétins!!!) ainsi que de cette école idiote qui te case un tel ici parce qu'il ne veut pas apprendre, un autre là parce qu'il semble dysléxique, plus de SEGPA, d'EREA etc... Ce serait l'Utopie et la planète n'en sortirait pas meurtrie.
Mais bon, va dire que seule la culture peut sauver l'humanité...Au mieux tu passes pour un illuminé, au pire pour un gauchiste à abattre.
Ecrit par : Combemale | 29 septembre 2006
Quand j'ai lu Cid, j'élucide.
Quand je vois la Star'ac, j'milite chez Attac.
Quel choix !
Ecrit par : D'Enguell | 29 septembre 2006
Bisoir les fadas,
"Quel choix !" :o)))))))
Lucide in a Sky whit Diamond tatatata.
Super intéressant le parcourt du chtit Penda, ceci explique cela :o) .... Ils savent lire 'correctement' tes élèves maintenant ? ils font encore des fautes de neuneu à la toto ?
A propos de la "carte", j'avions point trop grand chose ö dire moa. J'imagine juste que si le boulot est fait 'correctement' dans toutes les Nécoles, on en parlera plus....
Ecrit par : toto | 29 septembre 2006
Ah! Combemale, in fine, vous (tu?) êtes d'accord avec moi: sans prise de conscience collective, un individu isolé passe pour un illuminé... Un sale gauchiste à abattre???? Ici, je crois que nous passons plutôt pour des vieux réacs nostalgiques d'un passé révolu! Des graines de facho en puissance. C'est pour celà, puisque d'après JPB, nous sommes lu, ce qui me réchauffe le coeur, nous devons rester cohérents. Il n'est nullement dans mes intentions de passer l'Islam au Kärcher et je suis toujours convaincu que la violence d'une poignée d'agitateurs ne trouve d'échos que parce qu'elle s'adresse à des gars paumés, enfermés dans des ghettos depuis plus de trente ans.
Je propose de garder la carte scolaire et de mettre toutes les options bidon (Histoire de l'Art; Moyen-Haut-Allemand; Chinois ancien; Théâtre etc...) dans les lycées de ZEP.
En fait, ma fille élève de cinquième ne respecte pas la carte scolaire: j'ai obtenu sans difficulté une dérogation car le car scolaire du collège où elle étudie s'arrête à deux pas de mon lieu de travail et que je peux ainsi la garder sous surveillance pour qu'elle fasse ses devoirs alors que si elle allait à son collège de secteur elle arriverait à 17H00 dans une maison vide jusqu'à 19H00 où je sais qu'elle se scotcherait immanquablement devant la téloche... Pour le reste, le recrutement est le même dans les deux collèges mais je suis motivée aussi par la présence de quelques redoutables enseignants dans les matières principales. Cette année, en français, une dictée par semaine!
Je suis pour envoyer des enseignants expérimentés en ZEP, moyennant salaire doublé. En tant que contribuable, je suis prête à jouer le jeu. J'y aurais aussi volontiers envoyé des sous-off quand on a réduit les effectifs de l'armée car je suis persuadée que ces gamins sont des toupies folles qui seraient heureux d'être confortés par une solide autorité supérieure ce qui ne veut pas dire brimade. Ce qu'il leur manque, ce sont des marques, des repères, des limites... Et, les parents, hors de l'école! Ce n'est pas nos oignons. si on s'occupait à cultiver les nôtres, ça irait bien mieux.
Ecrit par : dobolino | 29 septembre 2006
@fboizard :
>Bien, entendu, les établissements auraient en contrepartie liberté de sélection des élèves.
Et les élèves dont personne ne veut, on en fait quoi ?
Ecrit par : Un prof | 29 septembre 2006
Vous avez une conception du monde étrange pour un "prof" : croyez vous vraiment qu'il existe des élèves "dont personne ne veut"" ?
Si tout le monde n'a pas vocation à enseigner à Sarcelles, la réciproque est également vraie : tout le monde n'a pas vocation à enseigner à Neuilly.
J'admets cependant que, pour certains, les choses seraient plus difficiles mais c'est la vie ; simplement, on passerait d'un système de contrainte à un système de liberté.
Or, la liberté entraîne certains effets dits improprement "pervers", mais aussi plus de créativité, plus de souplesse, plus d'adaptation aux circonstances et aux hommes.
Quand tout est dit, quand tout est pesé, je préférerais un système plus libre que le système actuel.
Ecrit par : fboizard | 29 septembre 2006
Avant de vouloir rétablir l’instruction, encore faudrait-il réussir à rétablir l’éducation.
Je n’ai malheureusement rien d’autre à ajouter, tout à été dit dans les citations du message original, si ce n’est des anecdotes qui ne sont pas de moi et qui seraient plus ennuyantes et inutiles qu’autre chose.
Ecrit par : Estil | 29 septembre 2006
Je vous assure que je n'ai pas d'opinion sur la carte scolaire
Faut il la supprimer ?
La garder ?
La modérer ?
Je ne sais pas et je ne prétends pas savoir tout sur tout.
Comme simple père de famille, j'ai tout simplement besoin de quelqu'un qui sache mieux que moi et qui m'explique le mieux pour mes enfants et pour les français.
Cela vous étonne ?
Pourtant en politique, qui peut affirmer avoir le droit de donner son avis sur tout ?
Sur tellement de sujets, nous ne savons pas grand chose alors que tant de gens donnent leur avis sur plein de choses qu'ils ignorent ..
Quand on pense que la folie médiatico-sondago-segolano-sarkoteuse les consulte pour tout...pour qu'il fasse leur programme...
Ca m'amuse et je voulais vous le faire partager.
Bon WE
Olivier
Ecrit par : Olivier | 29 septembre 2006
Toto a dit : "A propos de la "carte", j'avions point trop grand chose ö dire moa. J'imagine juste que si le boulot est fait 'correctement' dans toutes les Nécoles, on en parlera plus...."
C'est ce qu'ont pensé les parents d'élèves de l'école dans laquelle je travaille, comme je l'ai écrit dans une de ces ennuyeuses et inutiles anecdotes qui perturbent ce blog...
Ecrit par : catmano | 29 septembre 2006
Avis sur tout, non certainement! Mais, quand on a passé vingt ans sur les bancs de diverse écoles et qu'en plus, on y scolarise ses enfants depuis plus de dix ans, on peut avoir constaté ce qui marche et ce qui ne marche pas... Chaque agriculteur peut avoir une idée intéressante sur la P.A.C. et cet agriculteur est souvent un ancien élève et un parent d'élève. Un bénéficiare du RMI peut aussi avoir analysé d'une façon intelligente les vices et vertus du système dont il "bénéficie"... De même celui qui pointe à l'ANPE ou le malade chronique qui tâte régulièrement du système hospitalier. J'approuve Sarko ou Ségo d'écouter ce vivier d'avis et je suis ravie de pouvoir enfin, grâce à divers blogs, donner mon avis, le confronter aux autres aussi bien sur l'insuffisance cardiaque du chat que sur l'enseignement. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres et il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas.
Ecrit par : dobolino | 29 septembre 2006
J'avais oublié :"les parents " servum pecus! nous sommes d'accord dobolino. Hasta la victoria siempre!
Ecrit par : Combemale | 29 septembre 2006
"E puor si muove" serait plus symbolique de ce blog...
"E Viva la muerte !"
Ecrit par : dobolino | 29 septembre 2006
Dobolino, c'est quoi un prof "expérimenté" selon vous?
J'ai besoin de savoir pour vous répondre.
Ecrit par : elisabeth | 29 septembre 2006
Est-ce que mes élèves lisent mieux? Il savent lire: je veux dire, la plupart reconnaissent les mots à haute voix - quant à savoir ce que les mots lorsqu'ils font des phrases signifient pour eux. Les concepts, les idées (lorsqu'elles se diffusent tout au long d'un ou de plusieurs paragraphes) leur échappent (plutôt) plus (que) moins: l'attention leur fait défaut et reconnaître un tout dans les mouvements de la pensée écrite est quelques fois une gageure.
Aujourd'hui, j'ai tenté le plus-que-parfait, comme ça, de tête: "Monsieur, je n'en ai pas fait depuis le CE2". C'est l'aventure. Les plus francs, les plus lucides avouent leurs manques (manque de conjugaison, d'orthographe, de vocabulaire, de syntaxe; mais manque aussi dans le sens de: "On a raté quelque chose" que j'entends, moi, comme un: "L'école nous a fait rater quelque chose", nous sommes pleins de trous, de manques...).
Niveau lycée, quel qu'il soit, classique, technique ou professionnel, j'ai le sentiment qu'une grosse majorité des enseignants se disent: "Nous n'y pouvons plus rien". Alors, on ne passe pas du temps sur les retards (les programmes sont lourds, la motivation des élèves fait défaut, ils/elles butent sur leur paresse intellectuelle éduquée, enseignée, structurée par l'EN, sur leur impossibilité à synthétiser, à faire des plans, bâtir une problématique, écrire un texte où la logique n'est pas percée, etc.). Et puis: les gardiens du temple interdisent le retour à la grammaire pour la grammaire (permettant, ensuite, la construction quasi mathématique du propos, du message à faire entendre et comprendre): les exemples, "tirés de nulle part", sont proscrits, raillés. "Jean a appellé Paul", "Le chat a mangé la souris", "Ils leur ont dit de partir" etc. Comme des aliens débarquant sur la planète "C-D-A" (Cervelle des Apprenants).
Il m'a fallu dix minutes pour faire rentrer dans la tête de deux élèves (des terminale bac pro qui sont venus en cours jeudi, jour de grève nationale - un cours particulier!) comment poser la question pour trouver COD et COI, avant ou après l'auxiliaire avoir, pour accorder le participe passé: le chat a mangé QUOI? Ils dirent de partir A QUI? Ils n'arrivaient pas à "sentir" immédiatement, intellectuelle (comme un réflexe) la présence de ces compléments dans telle ou telle phrase. J'avais pris avec moi le BLED que m'avait offert ma mère (son bled d'écolière) quand je suis rentré en 6ième.
La carte scolaire, la carte scolaire. Quand on m'aura prouvé qu'elle permet une vraie mixité, comme j'ai dit plus haut, la création mimétique d'un conscience collective nationale, alors, peut-être, que j'en sentirai l'utilité. Mais la carte scolaire, c'est une viscère de l'organisme Ecole. L'école, dame aux camélia, toussotte ses poumons sanguilonants. La carte scolaire est teintée de ce rouge malade.
Je relis l'indispensable René Girard en ce moment, "Mensonge romantique et vérité romanesque". Cette histoire de médiateur est passionnante vraiment. Est-ce que l'école est encore ce médiateur en vue d'atteindre l'idéal posé par la nation, soi?...
Pas revu ce que j'ai écrit. Je me déprime moi-même sinon!!!!!
Ecrit par : Pendariès | 29 septembre 2006
Y a des fautes. Je suis content d'être en week-end!
Ecrit par : Pendariès | 29 septembre 2006
C'est mon lot quotidien, Pendariès, ce que vous décrivez. Chaque année quand j'arrive devant une classe de 5ème ou de 4ème puisque ds ce collège, je suis la seule à ne plus pouvoir choisir mon niveau d'enseignement, ce sont les classes à 4 h qu'on me refile, donc 5èmes et 4èmes sinon je n'ai que 3 classes et ça n'arrange pas ma chère principale, chaque année donc, je me dis par quoi, je commence, qu'est-ce que je sélectionne dans la grammaire et l'ortho pour aller au plus urgent? Car je sais que je ne pourrai pas en 4 pauvres petites heures, faire du bon boulot. Et je vois chaque année les lacunes s'élargir de plus en plus. Alors j'essaie d'être pragmatique. Présent/ Pc pour qu'ils puissent rédiger leur première rédaction;puis PS et imparfait pour envisager la 2ème rédaction. Et là on traîne car ils n'ont souvent JAMAIS étudié le PS avant, même en 6ème...
Après j'attaque les fonctions du nom, après avoir repris la différence entre un nom, un adj, un verbe, une préposition.... Car ça non plus ils ne savent pas. Entre temps, en lecture, je me débats avec de petites oeuvres littéraires qui sont souvent difficiles à comprendre pour partie d'entre eux et j'essaie d'introduire qques notions "critiques" pour qu'ils comprennent les futures questions connes de l'épreuve de brevet... Ils ont un carnet de vocabulaire... Je leur fais des interros de vocabulaire et des dictées...
En lecture, ils font chaque année, roman, théâtre et poésie .
Et avec mes 4h, je suis loin de faire du bon travail. Tout juste la désagréable impression de ne combler que qques trous en sachant que comme ce ne sera pas forcément repris l'année suivante, cela retombera en jachère ou sera perdu définitivement... Sisyphe tous les jours quoi, mais le rocher grossit... Et puis si on donne trop de boulot à la maison, on a droit aux plaintes des parents qui vous disent que leurs chers petits sont là pour s'épanouir seulement...
Bon j'arrête, c'est la fin de la semaine... Je dois être fatiguée!
ça ira mieux demain.
Ecrit par : elisabeth | 29 septembre 2006
Il serait intéressant, les uns et les autres, que vous évoquiez les établissements à problèmes (et quels ?) ou sans problèmes (et pourquoi) de vos diverses régions. Y compris dans le privé, dont je ne suis pas sûr qu'il soit exempt de turbulences.
Réponse à un message ci-dessus : il y a dans chaque région un vrai établissement poubelle, généralement désectorisé, où l'on rameute tous ceux qui se sont fait virer ailleurs — et qui n'ont pas l'âge ou les moyens d'entrer dans la vie active. C'est de la maison de correction sans grillage, sans gardiens — et sans correction, ce qui est bien le plus problématique. Quand on exclut définitivement un élève, quand on refuse le passage qu'il demandait, il faut bien qu'il aille se faire voir ailleurs.
Quant à savoir si ce genre d'établissements-limite est à conserver…
Sur la "mixité" scolaire… J'ai de plus en plus l'impression, au fur et à mesure que le fil de la discussion prend de l'ampleur, qu'il s'agit encore de l'un de ces mots- fétiches ("égalité des chances", "liberté d'expression", etc.) dont parlait l'éditorialiste du Monde de l'Education. Un chiffon rouge… Il y a des établissements sans aucune mixité (ni sociale, ni ethnique, ni cuturelle) qui fonctionnent fort bien. D'autres qui sont fort mélangés, et qui fonctionnent bien. C'est bien la preuve qu'il ne peut y avoir de Vulgate, qu'il faut impérativement faire un audit général, comme on dit, de l'ensemble des établissements — et que le problème est ailleurs : dans l'organisation scolaire (les options, etc.), et dans la qualité générale des programmes.
Quant à faire des propositions sur les programmes…
JPB, sous la pluie.
Ecrit par : brighelli | 30 septembre 2006
Dobolinon dit "J'approuve Sarko ou Ségo d'écouter ce vivier d'avis et je suis ravie de pouvoir enfin"
Pfff...c'est ce que j'appelle la démocrassie.
Le "middle-avis" nous emmène vers le mur et d'ailleurs ne permettra jamais de faire une réforme convenable de l'éduction nationale ni d'autres réformes.Ce sera toujours une eau tiède.
Ce middle-avis fait règner en maître le "toujours plus" bien expliqué par F De Closet et a couté 1100 milliards d'Euros en 25 ans.
Le blog citoyen aux milles avis différents de Ségolène augure mal de son mandat si elle devait être élue, ce sera la règne de la tièdeur.
Quand à Sarko, il adapte son discours en fonction des sondages, ça frise l'anarque.
Pensez vous que le Général de Gaulle aurait fait de même ?
Ecrit par : Olivier | 30 septembre 2006
A ma connaissance, il n'y a pas dans ma petite région d'établissement poubelle. Il y a des exclus souvent parce que les parents n'ont pas pris le taureau par les cornes et ont laissé partir leurs enfants vers la classe poubelle: le BEP comptabilité gestion(fabrique de chômeurs en col blanc). Les agriculteurs ne mettent pas leurs enfants à la poubelle: il ya le centre d'apprentissage de Vedène, les structures d'enseignement agricole(BEPA, Bac, BTS) qui rendent de fameux services et, au pire, la maison familiale rurale ou le CFPPA. Je vous assure que l'enseignement agricole est une manne pour les parents démunis.
Un prof expérimenté, pour moi, est un enseignant qui a découvert que les théories dont il se berçait et dont on l'a bercé ne sont que des théories et qui donc va à l'essentiel. J'ai idée qu'il y faut dix à quinze ans de pratique (comme dans mon métier) pour avoir été confronté à beaucoup de cas de figure. Quant à son efficacité, elle pourrait si l'idée en était acceptée être très facile à évaluer. Les profs de classe prépa peuvent s'auto-évaluer tous les ans selon qu'ils ont dix ou quatre-vingt pour cent de réussite aux concours.
Evaluation facile: entend-on du couloir un boucan effroyable ou un studieux bourdonnement? Les profs des classes voisines sont-ils contraints de quitter leur poste pour aller réclamer le silence qui leur est nécessaire?
Ecrit par : dobolino | 30 septembre 2006
Mon cher Olivier, figurez-vous qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont absolument aucune estime pour le Général de Gaulle!!!!!Vous rappelez-vous du Canard Enchaîné des années soixante? Même à 9 ans ça me faisait rire... Quant à la Constitution de la Cinquième République c'est à mon avis une vraie chienlit, comme dirait votre modèle. "Français, Françaises, vous êtes dans la merde jusqu'au cou! Moi qui suis plus grand que vous je n'en ai que jusqu'aux genoux. Français, Françaises, démerdez-vous!"; " Vive le Quebec libre!"; " Je vous ai compris!"
Comme chantait Brassens: "il est toujours joli le temps passé, une fois qu'ils ont cassé leur pipe, on pardonne à tous ceux qui nous ont offensé, les morts sont tous des braves types"
Le général est un des grands responsables de Mai 1968 et des pots cassés que nous contemplons ici. Lui qui n'avaient rien à cirer des harkis ne se serait pas battu pour intégrer les jeunes beurs.
Je suis dans une colère noire!
Ecrit par : dobolino | 30 septembre 2006
Première lapalissade : Si tous les établissements scolaires se valaient, plus aucun parent d’élève ne chercherait à se compliquer la vie en faisant des pieds et des mains pour éviter à son gosse un établissement poubelle.
Deuxième lapalissade : Pour que tous les établissements scolaires se valent, il suffirait simplement de remettre les savoirs au centre du système et, plus difficile, de convaincre tous les enseignants en place qu’il ne s’agit pas d’un acte de fascisme caractérisé...
Remettre les savoirs au centre, ce serait refonder totalement les programmes (et convaincre les enseignants en place qu’il ne s’agit pas d’un acte de fascisme caractérisé) et ceci dès l’école maternelle.
a) Démontrer l’inanité des belles théories sur :
-les petits Champollion,
-les « élèves pour lesquels jouer le jeu scolaire n’est en rien étayé par la culture des familles, par la culture du quartier, par la culture sociale...* »,
-la « non hiérarchisation » des savoirs au nom d’une hypothétique diversité culturelle,
-les prétendues difficultés de l’enfant à abandonner ses « représentations mentales initiales » ... et convaincre les enseignants en place gnagnagna gnagnagna gnagnagna...
b) Trier les savoirs et savoir-faire réellement accessibles à un enfant de trois, quatre, cinq ans (j’ai un « petit truc » sur ce sujet, vous en voulez une copie ?); en informer familles et enseignants... et convaincre les enseignants en place gnagnagna gnagnagna gnagnagna...
c) Ecrire des programmes de l’école élémentaire conçus par année scolaire, centrés sur des « certitudes », les compléter par des tests annuels nationaux passés en fin d’année scolaire (et non au début afin de rendre impossible tout redoublement) dont les résultats conditionneraient le passage dans la classe supérieure... et convaincre les enseignants en place gnagnagna gnagnagna gnagnagna...
d) Pour le collège et le lycée, je vous laisse juges. Je pense que si, déjà, nous, enseignants de primaire, vous envoyions des élèves capables de lire, d’écrire, de compter et ayant démarré un semblant de culture générale, la rédaction de programmes centrés sur les savoirs disciplinaires ne poserait pas de problèmes majeurs (si vous réussissez à ... convaincre les enseignants en place gnagnagna gnagnagna gnagnagna...)
Quant à convaincre les enseignants en place gnagnagna gnagnagna gnagnagna, là, c’est sûr, nous aurons besoin d’aide et « c’est pas gagné d’avance ».
* « Pourquoi la motivation des élèves est-elle un problème ? » F. Dubet, Animation et Education n° 193-194 (Cet article est très long, c’est dommage, je vous l’aurais bien recopié, il fait parfois aussi peur que les écrits de Charmeux).
Ecrit par : catmano | 30 septembre 2006
La carte scolaire nous oblige à aller au cœur du problème de l’École actuelle.
Deux anecdotes :
1. À l’arrivée dans un bahut « pourri », la proviseur prévient qu’« ici même si on vous crache dessus, on est pour le dialogue. »
2. À l’arrivée dans « le grand lycée du centre-ville », le proviseur prend chacun à part pour nous demander « plusieurs mentions au bac dans cette classe ».
Les personnels peuvent être les mêmes, avoir passé les mêmes concours, avoir déjà travaillé dans les mêmes endroits, etc., le discours change complètement.
Quelle attitude envers les élèves et la discipline ? Lecherbonnier le dit bien dans la préface du Crétin : « apartheid scolaire, pédagogie coloniale ».
Cela a mené à la démission ou bien à l’adaptationnisme à la Meirieu & Co : relisons-les, ils « cherchent » du côté des pédagogies pour sourds, aveugles ou enfants sauvages de l’Aveyron. Les enfants de prolos sont des « handicapés socioculturels », « les élèves ont changé ».
Les prolos sont, c’est vrai, souvent des étrangers mais leurs enfants sont-ils des êtres humains ? Sont-ils vraiment un « nouveau public » ? Que veut dire ce mot public, étrange dans ce contexte ? Le public c’est ceux qui assistent à un spectacle !
Alors on lui donne une pédagogie de maternelle continue jusqu’à 20 ans, des « activités », du « débat citoyen », « tu vois, on va en parler ». Il comprend bien vite, instinctivement, que le règlement est fait pour les adultes et pas pour les élèves, que discipline ou respect c’est du vent.
Dans les lycées où vont par dérogation les enfants Jospin ou Sarkozy, les enseignants font faire des devoirs supplémentaires et on est puni quand on a embrassé sa copine devant le bahut !
Les difficultés sont plus grandes dans certains quartiers mais sans volonté d’appliquer les mêmes règles et le même respect aux enfants, on comprend que la suppression de la carte scolaire soit une facilité. Qui ne fera qu’avaliser les inégalités.
Ecrit par : LaRiba | 30 septembre 2006
M. JPB et les autres, il n'y a pas que les établissements à problèmes ou sans problèmes (je ne pense pas d'ailleurs que cela puisse être aussi tranché; et puis "problèmes"?: entendons-nous sur le mot: est-ce: Etablissements violents? Etablissements sans bons résultats scolaires? Etablissements où l'autorité fait défaut, où l'excuse du "quand-on-prend-le-temps-de-parler-avec-l'adolescent-difficile,-on-se-rend-compte-que-sa-vie-l'est-aussi" prime sur la sanction? Etablissements qui auraient plus que besoin d'une rénovation de façade et de son intérieur? Etablissements trop grands? etc.). Je suis certain que l'on peut et doit aussi parler des enseignants à problèmes: il y en a. Ces profs que toutes les classes charrient? Parce qu'ils sont timides, pas impressionnants, pas professionnels, pas compétents, toujours sur la défensive, démotivés (les élèves font très souvent payer cette démotivation aux démotivés), insultants, etc. etc. etc.
Ok pour le macro, mais ne fermons pas les yeux sur le micro! (J'aime cette phrase soudain advenue sur mon écran)
Ecrit par : Pendariès | 30 septembre 2006
Pour Olivier (et dobolino) : De Gaulle s'est battu d'abord contre l'ennemi extérieur, formé intellectuellement à l'idée d'une France et militairement au respect des frontières, puis contre l'ennemi intérieur, qui n'a pas pourtant pas rendu que de mauvais services. Honni par ces derniers lorsqu'il reprit le pouvoir et en même temps presque littéralement abattu par l'OAS, il n'a rendu les armes que lorsque 68 l'a atterré. Il ne l’a pas suscité, “blieme”
Ben oui, mouvement prétendu international.
M'est avis, aussi "middle" soit-il, que le centre de gravité de ces avis se déplace, que la discipline sera restaurée coûte que coûte, les disciplines aussi.
Je le sens, comme Elisabeth et Pendariès sentent combien ils sont fatigués...
Qui connaît le manuel Hist-Géo de Belin pour CAP ? Je l'ai feuilleté, je suis éberlué. Carte scolaire ou pas, le problème est surtout ici. Et la colère est mauvaise conseillère, surtout fiscale ;)
Ecrit par : D'Enguell | 30 septembre 2006
Penda, quand Marilyn ferme les yeux sur le micro, c'est quand même top !
Ecrit par : D'Enguell | 30 septembre 2006
Oh oui D'Enguell, et elle était gironde (un peu boudinée même dans certains de ses films), mais elle ne sentait jamais le pin (des Landes) [pffff: Gironde, pin des Landes... j'ai honte], mais le N°5. Bon, c'est tellement nul que je crois que je vais traverser à la nage le Channel, bientôt (non, vraiment, j'arrête...).
Ecrit par : Pendariès | 30 septembre 2006
Bijour Fous d'Rhum
désolé pô l'temps de tout lire là ....
juste un chtit truc..
"Il m'a fallu dix minutes pour faire rentrer dans la tête de deux élèves"
SUPER MON PENDA D'AMOUR :o)
Tu vois qu'ils sont pô con (10 minutes, bon c'est passkeu T fort AUSSI) :)))))))
Maintenant tu dois essayer (en leur faisant lire du L&L, tu verras c'est presque "drôle" "triste"....) de leur faire comprendre :
1)qu'ils ne savent pas "lire correctement"
2)qu'ils doivent IMPéRATIVEMENT LIRE L&L A HAUTE VOIX en faisant très très attention à la prononciation des sons
LEçONS IMPORTANTES :
11 13 17 34 38 40 51
tu les nikes quand tu veux sur :
"es è" ET "eté"
3) qu'ils doivent IMPéRATIVEMENT LIRE ORSENNA
Voili voilà désolé je vous lis plus tard ....
Ecrit par : toto | 30 septembre 2006
Infos complémentaires sur la carte scolaire.
Un maire a parfaitement le droit,quand il a sous sa coupe plusieurs écoles, de redessiner chaque année la zone correspondant à chaque établissement primaire — et décider, par exemple, pour des raisons de démographie et de rééquilibrage entre écoles, mais ce peut être pour toutes sortes de raisons, d'affecter ici telle rue et là telle autre. De même, il existe des commissions bi-partites Inspection académique / Conseil général et Rectorat / Région qui peuvent faire de même pour les collèges et les lycées — et s'occupent par ailleurs des demandes de dérogation, qui ne sont pas toutes fondées sur la fuite, et peuvent résulter d'une commodité pratique élémentaire (une école proche du lieu de travail d'un parent, comme on l'a signalé plus haut).
Cela fait peut-être beaucoup de commissions, mais ce qui est sûr, c'est que le système est susceptible de souplesse. Peut-être faudrait-il l'huiler davantage…
JPB
Ecrit par : brighelli | 30 septembre 2006
D'Enguell, je veux bien vous concéder que, pour mai 68, De Gaulle fut plus aveugle que directement responsable mais ne me faites pas croire que ce miltaire de carrière, issu d'un milieu surfavorisé se plaisait à contempler des fils d'ouvriers au sommet de la hiérarchie, de même qu'un François Mitterand méprisait profondément Pierre Bérégovoy.
J'ai un texte passionnant sur une vision décalée de la naissance de mai 68 par un universitaire, fils d'ouvrier, alors en poste à Nanterre. Dans ce texte, il explique sa perception de cette succession d'évènements à son petit fils de douze ans qui lui en avait fait la demande. Trop long pour être copié ici bien qu'il aborde le coeur du sujet dont nous nous préoccupons: je peux vous en faire tenir copie et à qui s'y interesse. Cet enseignant retraité n'a jamais réussi à obtenir la courbe de Gauss prescrite en notant ses élèves de la sixième à l'agrégation. Quand la dite-courbe se transforma en obligation il quitta l'enseignement sans remords...
Ecrit par : dobolino | 30 septembre 2006
Toto, je vais de ce pas commander Leo et Lea pour voir si ça peut encore marcher à douze ans. En plus, la gosse est OK parce que ça l'amuse de retourner dans l'enfance
Ecrit par : dobolino | 30 septembre 2006
Toto, mes eleves ne sont pas cons!
Ecrit par : Pendariès | 30 septembre 2006
La carte scolaire ?
En fait si vous voulez, je suis domicilié dans une rue appartenant à 2 communes et celle d'en face c'est Sceaux.
Parfois, je me dis que si j'habitais dans la rue d'en face, je pourrais mettre mes enfants au lycée Lakanal.
C'est un peu rageant, je l'avoue ...
Un sujet qui m'amuse aussi concernant la carte scolaire, c'est ce soudain appétit des français à apprendre les langues rares (
russe, chinois, colonais et autres) qui permettent souvent de contourner la carte scolaire mais ça c'est le hasard...
Ecrit par : Olivier | 30 septembre 2006
Bonjour à tous,
non, Olivier apprendre une langue rare n'est semble-t-il plus plus un moyen de contourner la carte scolaire ...je vous invite à consulter la liste des établissements qui propose le chinois où le russe par exemple...sic ...mais par contre je peux vous dire que certains parents louent leur adresse pour permettre à d'autre de la contourner dans certaines grandes villes et ainsi de pouvoir inscrire son gamin ou sa gamine dans un lycée réputé!!! quand les listes d'attente s'allongent démesurément dans les établissements privés il y a des parents qui s'organisent... c'est hallucinant!
je tiens à préciser que c'est un bruit qui est venu à mes oreilles tout à fait par hasard , je n'ai pas vérifié mais au fond je n'en doute presque pas à moins que je ne sois très naïve mais franchement ce n'est pas surprenant car le désespoir des parents face à l'école est grand...alors info à prendre avec réserve quoique...
vous suivez ma pensée...
et ce qui semblait vrai hier le sera bien plus demain.
bonne fin de journée à tous
un coucou particulier à Dobo, Cat .et aux copains du fond de la classe...pas beaucoup d'occasion de venir sur le blog ces derniers temps mais je continue de venir y lire vos commentaires.
Coucou Jean-Paul.
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 30 septembre 2006
Pour info (rien à voir avec la carte scolaire).
Depuis New York, Strauss-Kahn veut «dynamiter» les facs http://www.liberation.fr/actualite/politiques/205276.FR.php
Par Laurent MAURIAC
QUOTIDIEN : Mardi 19 septembre 2006 - 06:00
"De passage à New York, Dominique Strauss-Kahn rencontrait dimanche soir une trentaine de militants socialistes français dans un bar de Manhattan. Répondant à leurs questions, il a lancé un appel à «dynamiter» le système universitaire (1). «Les universités françaises sont en train de plonger dans les palmarès internationaux, a-t-il déploré. Il faut créer une concurrence entre les établissements et mettre fin à l'hypocrisie du diplôme unique. Ce qui n'empêche pas de garder le système dans le public et de conserver une vision égalitaire.» Il a ensuite précisé à Libération : «Pour moi, il n'y aurait pas de scandale à ce que la chaire de physique nucléaire de Paris-VI soit financée par EDF, si EDF trouve que c'est bon pour son image. Mais ce n'est pas dans les mœurs.»"
No comment.
JPB
Ecrit par : brighelli | 30 septembre 2006
"pour voir si ça peut encore marcher à douze ans."
ça fonctionne à 41 ans ya pô d'raison que cela ne fonctionne pas à 12 ... C'est très technique, mais tu t'en aperçois même pas, c'est ça qui est très très fort.... après tu passes à Orsenna très important aussi ... surtout quand il découvre le monde des mots.... Il faut lire le livre du maître, il est bien fait et très utile .... Bon peut être moins quand on s'occupe d'un gamin de 12 ans qui connais déjà les sons... Mais sur la moindre difficulté, il ne faut pas hésiter à lire ce qui correspond à la leçon...
J'ai une "collègue" (maminou sur France2) qui s'occupe d'une grande qui c'est 'plantée' dès les premières leçons (inversion des syllabes) Ce n'est pas méchant, il suffit au début de l'aider après elle se corrigera toute seule.....
"Toto, mes eleves ne sont pas cons!" tu as fait exprès de ne pas mettre les accents ? :o))))
Ecrit par : toto | 30 septembre 2006
connait
s'est plantée
voila voilà désolé chuis fatigué
Ecrit par : toto | 30 septembre 2006
En Alberta, province du Canada, les riches envoient leurs enfants dans les écoles publiques et pas dans le privé. C’est le « test décisif » !
Quand l’Alberta est comparé au classement PISA (élèves de 15 ans) à des pays étrangers, il arrive 2e en maths, 2e en lecture et 4e en sciences.
Les parents ont la liberté totale du choix d’inscrire leur enfant à l’école qu’ils veulent (57 % le font). L’Alberta a rénové les locaux, amélioré la formation des profs. Des objectifs clairs ont été fixés à l’échelle de la province : renforcement de l’anglais, des sciences et des maths.
Le financement est basé sur le nombre d’élèves de l’établissement car chacun maîtrise son budget et ses dépenses. Les écoles doivent rendre des comptes. Elles sont en compétition.
Les programmes sont rigoureux et les élèves de chaque classe de CE1, CM2, 4e et 1re sont testés annuellement. Les CE1 sont testés systématiquement en lecture : 88 % ont des résultats satisfaisants.
La taille des classes est réduite par rapport au reste du pays. Le nombre d’heures annuelles d’enseignement est le plus élevé du pays alors que la durée moyenne du cours est la plus petite ! Pas mal pour une province réputée paumée et peuplée de ploucs !
Ecrit par : LaRiba | 30 septembre 2006
Pour Dobolino; difficile de demander à un prof expérimenté de revenir dans des classes de ZEP quand il vient à peine d'en sortir. Si depuis Allègre, les jeunes profs bénéficient d'un nombre de points qu'ils peuvent utiliser pour obtenir un peu plus aisément une académie qui ne leur déplaît pas trop et si le statut de titulaire académique, devenu TZR, a permis à des jeunes profs d'éviter certaines académies difficiles ( ce qui n'a marché qu'un temps manifestement) , il semble vraiment hypocrite de demander à des profs plus âgés de se recogner les classes de ZEP qu'ils ont dû supporter pendant 10 ans ou 15 ans en début de carrière, dans une académie éloignée de surcroît et qu'ils viennent enfin de quitter après avoir accumulé les points demandés pour partir vers des lieux plus sereins... Et je peux vous dire qu'avec le salaire doublé et même triplé, je ne retournerai pas dans le collège de zep qu'il m'a fallu subir. C'est vraiment facile pour les parents de se défausser d'un problème de société en le collant sur le dos des profs dits"expérimentés". Les ZEP c'est d'abord un problème de société, le problème de TOUT LE MONDE qu'on essaie de faire résoudre à l'EN comme d'hab.
Et puisque vous êtes médecin ou quasi, chez moi, on disait toujours ironiquement, aller chez le vétérinaire, pour aller chez le médecin, ( on ne les aime pas trop)vous savez très bien qu'à 24 ou 25 ans, on a l'énergie nécessaire pour supporter des trucs qu'on ne supporte plus ou qu'on supporte moins sur le coup de la quarantaine...
Pour la carte scolaire, je m'y mets après, promis...
Ecrit par : elisabeth | 30 septembre 2006
"Après j'attaque les fonctions du nom, après avoir repris la différence entre un nom, un adj, un verbe, une préposition.... Car ça non plus ils ne savent pas."
Orsenna "la grammaire est une chanson douce" direct ET POUR TOUS ... bon j'imagine que la plupart ne savent pas lire 'correctement' non plus...
oups ...?
La plupart ne savent pas
Ou
la plupart ne sait pas ????? :( f...ck
Ecrit par : toto | 30 septembre 2006
A propos de l'anecdote édifiante rapportée par JPB sur DSK, une petite réminiscence des Guignols de l'Info, à l'époque où ils étaient drôles.
DSK (passant au 20 h de TF1): Ah, mais attention! Nous ne sommes plus la gauche archaïque! Nous sommes la gauche moderne! On est de gauche, mais à l'américaine!
PPDA (perplexe): Et c'est quoi, être de gauche à l'américaine?
DSK: Ben, c'est être de droite.
Ecrit par : Jean-François Croz | 30 septembre 2006
Je nageais dans l'utopie, Elisabeth! Mon propos sous- entendait qu'un débutant ne devait en aucun cas y être nommé avant d'avoir fait preuve de sa naturelle autorité: reportons à un délai de trois à cinq ans d'enseignement. Je conçois parfaitement qu'on n'ait guère envie de se remettre dans une telle galère à quarante ou cinquante ans.
Pour les propos de DSK, je suppose qu'il sait comme moi que les gros trusts sont déjà là depuis longtemps par la petite porte et qu'au lieu d'engraisser en sous-main les titulaires de chaire il serait plus clair qu'ils engraissent toute la chaire au grand-jour. Mon prof d'économie rurale, il y a trente ans à l'école véto, était isuu directement du Crédit Agricole et il nous a enseigné de bien belles choses...
Ecrit par : dobolino | 30 septembre 2006
Je connais des profs payés par Novartis, par Pfizer, par Virbac et c'est dans LEUR poche que va l'argent. Ce sont des gens qui savent louvoyer et vous vous doutez bien qu'ils ne restent pas maîtres de conf!
Ecrit par : dobolino | 30 septembre 2006
DSK, toujours.
Comme le temps passe! C'était en 1986, vingt ans déjà; avec des milliers d'autres, aussi fougueux, martiaux et résolus que le Lion de Belfort, que nous venions de dépasser, je criais "Non, non , non/ aux facs Fleury-Michon!".
Tout allait bien, tout était dans la norme: l'infâme, le bradeur du service public, l'adorateur du veau d'or, le philistin ventru et béat, c'était Devaquet, ministre d'un gouvernement de droite, sur qui pesait le soupçon de privatiser les facs; et les figures de proue de la contestation étudiante s'appelaient Julien Dray et Isabelle Thomas (qui s'en souvient? Et de Malik Oussekine, dont la mort leur a si bien profité?). Les gentils et les méchants étaient bien là où on les attendait, c'était cool.
De fait, la gueule de bois ne s'est pas trop fait attendre: à peine deux ans, lorsque Jospin a pris pour éminence grise un certain Claude Allègre. Nous avons compris alors pour qui, et pour quel genre de service public, nous avions roulé à tombeau ouvert.
Et puis il y a eu l'affaire de la MNEF (oui, la mutuelle des étudiants fauchés), éloquente à sa manière, et qui inspira une autre blague:
pourquoi Julien Dray s'est il payé une Rolex en or?
Parce que ça lui coutait moins cher que de demander l'heure à Strauss-Kahn.
La nostalgie, nous expliquent à l'envi Meirieu, Lubin et Frackowiak, est un vilain défaut. Certes, mais il n'est pas encore interdit d'avoir de la mémoire.
Ecrit par : Jean-François Croz | 30 septembre 2006
Jean François dit "DSK (passant au 20 h de TF1): Ah, mais attention! Nous ne sommes plus la gauche archaïque! Nous sommes la gauche moderne! On est de gauche, mais à l'américaine!"
Vous pensez donc qu'il n'y a que le droite qui puisse réformer l'éducation nationale.
Je rève ..
Je sais avec Lang ou Ségolène, ce n'est pas gagné mais un miracle reste possible....
Ecrit par : Olivier | 30 septembre 2006
Que le ciel m'en préserve!
Je constate simplement qu'en matière d'éducation, il n'y a visiblement ni réforme ni projet de droite ou de gauche. Il n'y a plus que de la pensée unique, agrémentée de quelques singeries pour donner le change.
Ecrit par : Jean-François Croz | 30 septembre 2006
Merci à Jean-François Croz pour ses contributions. Ça vaut toujours le coup de rafraîchir la mémoire à ceux qui n'ont que des souvenirs embellis… Julien Dray est devenu un cacique du PS, il a pris beaucoup de ventre (et comme il est grand, ça donne une impression massive de bourgeois XIXe, le Monsieur Bertin d'Ingres, si vous voyez), et pas mal de morgue par dessus.
Effectivement, pas mal de gens se sont fait une vertu de la mort de Malik Oussekine…
Je ne saurais trop vous recommander l'attitude de Solal, le héros de Belle du seigneur — ce qu'il appelle "le mépris d'avance"…
JPB, dans un jour incertain où le ciel bas et lourd… etc.
PS. Lariba, super vos infos sur l'Alberta — mais pas commode pour y aller, c'est paumé, ce bled. Je devrais m'y faire envoyer en mission d'étude…
Ecrit par : brighelli | 01 octobre 2006
Au sujet des problèmes de recrutement, une solution me semble évidente. Après tout, nous avons énormément de pédagogues d'élite dans ce pays, qui officient en IUFM, à l'ESEN, dans les rectorats, à la rue de Grenelle, etc. Eux possèdent l'expertise, eux sont enthousiastes (par écrit au moins) à l'idée d'enseigner, eux détiennent l'expérience, eux possèdent la capacité, si essentielle, de modéliser les aspects citoyens du principe d'éducabilité. Pourquoi ne pas employer leurs compétences là où elles seront les plus utiles ?
Meirieu, Goigoux, Antibi, Charmeux, Viala, Thélot, Weinland, Frackowiak, Hamon, tous les professeurs et MdC en sciences de l'éducation, tous les experts en évaluation et prospective du ministère, tous les responsables des programmes et des examens, hop, en ZEP. Coup double : on vide les IUFM, on remplit les établissements difficiles qui ont bien besoin des bras et des budgets supplémentaires. Mesure populaire, aussi : comme un spécialiste en sciences de l'éducation pourrait-il s'opposer à ce qu'on le fasse enseigner ?
Et puis, imaginez un instant leur tête si le ministre prenait cette décision... Rien que pour ça, cela vaudrait le coup, non ?
Ecrit par : Pierre-Henri | 01 octobre 2006
On pourrait même les mettre tous dans le même établissement, comme ça ils pourraient réunionner, évaluer, remédier tous en choeur. Mais comme ce n'est vraiment pas sympa pour les élèves de leur secteur de recrutement, le règlement intérieur de l'établissement stipulerait que ceux-ci auraient le droit de se plaindre à la "Défenseuse des Droits de l'Enfant".
Ecrit par : catmano | 01 octobre 2006
On pourrait aussi créer PSF "Pedagogues sans frontières" et on les enverrait évangéliser les manchots en Terre Adélie ou les oiseaux des iles Feroé: un avion postal par mois.
Vous savez pourquoi il n'y a pas un homme politique capable de s'occuper de l'EN? Parce que démagogie et enseignement ne riment pas. L'idéal reste un ministre qui écouterait les acteurs de terrain, soit les enseignants, ou qui, sans les écouter, ne se mêlerait de rien que du superficiel. Je me demande si l'idéal à ce poste n'a pas été Jack? Vous connaissez le principe de l'homéopathie "primum non nocere".
Le fait que vous soyez fonctionnaires est quand même embêtant car vous êtes de ce fait inféodés à l'Etat plus que le privé même conventionné et votre marge d'action est assez faible.
Ecrit par : dobolino | 01 octobre 2006
Vous manquez de liberté d'action pour créer des structures alternatives mais je crois que si vous offriez, à vous tous, une autre pédagogie dans des structures privées conventionnées ou non, vous auriez une sacrée clientèle. Evidemment vous y perdriez une certaine sécurité... Je sais, je vais trop vite et trop loin mais ça urge et je vous crois nombreux à être très conscients, vous auriez probablement des appuis des entreprises et de la franc-maçonnerie.
Il vous faut en premier lieu créer un programme précis et entamer le bastion par la base: primaire et maternelle...
Il n'y a pas à l'heure actuelle de scolarisation alternative qui propose des savoirs, elles proposent toutes avec plus ou moins de bonheur une construction des apprentissages et des méthodes dites naturelles. Les coûts d'inscription sont exorbitants: Steiner 4000 euros par an, hébergement et cantine non compris
Ecrit par : dobolino | 01 octobre 2006
Génial, Pierre-Henri! Voilà une proposition à suggérer à nos politiques, impérativement. Redisons cela sur tous les tons, sur toutes les listes...
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La carte scolaire dans le département dans lequel je suis bouge assez régulièrement. Elle fait l'objet de réunions, rectorat/ région/ conseil général et chefs d'établissements. Elle ne bouge jamais dans les grandes largeurs. Ce sont plutôt des ajustements réguliers, bahut par bahut, au fil des problèmes. Ce que je constate, c'est la présence de deux lycées cotés, un centre-ville et l'autre pas centre mais pas trop ex-centré, quand même. Les autres sont assez mixtes, l'un d'entre eux, plus près des ZUP est moins coté mais c'est vivable.
Dans la couronne proche, un lycée dans une zone trèèèèès résidentielle donc un lycée très bcbg sans problème sinon que les profs sont pris pour des larbins mais c'est aussi le cas ds les lycées difficiles maintenant.
Dans la périphérie éloignée, des lycées de campagne dont les collègues disent que le niveau n'est pas terrible mais que les élèves, enfants d'agriculteurs ou de citadins "expatriés", sont relativement calmes.
Pour les collèges , le tableau est différent. Dans la ville, 5 collèges calmes, disons "normaux", on arrive à y faire cours dont 2 centre-ville très tranquilles. 4 autres difficiles, pas très bien cotés, avec des classes de niveau pour conserver des élèves calmes qui fuiraient ds le privé autrement. 2 collèges anciennement ZEP qui sont horribles. Situés ds l'un des quartiers difficiles de la ville. 1 collège à cheval entre le collège zep et un collège normal. Population en difficulté à 50%, qques tours/ghettos et des immeubles plus humains. C'est là où je suis.
Dans la couronne chic, collège chic. Dans le reste de la campagne, collèges publics vidés des bons élèves pour le privé ( en Bretagne, le privé....)
1 collège pire que les 2 zep à une quarantaine de kms, en pleine campagne...La terreur de tous les tzr. Jamais réussi à élucider le problème.
Là où l'habitat est pourri, le collège l'est aussi. Quelle découverte!
Les mêmes zozos ,en petite quantité ,dans un collège comme celui ds lequel je suis, redeviennent vivables( sf cas exceptionnel, ça arrive)Donc, la question du seuil est primordial.Donc, éparpillons-les...
Ds les villes de province, c'est jouable. Ds des villes comme Paris ou Lyon????
Le coup des options rares pour inciter les gamins favorisés à aller ds les lycées moins cotés, je n'y crois pas. Ici, ça n'a jamais marché. En collège non plus. Il est clair que je n'ai pas eu envie de voir mon gamin se taper une demi-heure de bus pour aller faire de l'anglais soit-disant +++ ds un bahut où il risquait de se faire taper dessus, alors qu'en un quart d'heures à pieds, il pouvait être tranquille.
J'ai vu ici des créations d'options mourir aussitôt faute d'élèves. Personne ne s'y est trompé...
Donc, la carte scolaire est un trompe l'oeil de plus. Plus elle est rigide pour favoriser de la mixité plus elle est contournée. Si on l'enlève totalement, cela ne changera pas grand-chose par rapport à ce qui existe. Il y a une question de proximité qui est essentielle aux yeux des parents pauvres comme riches.Si l'on défend un enseignement privé ( ss argent de l'état), on ne peut défendre la viabilité d'une quelconque carte scolaire. A partir du moment où il y a des boîtes privées, il y a contournement. Comme le privé a le vent en poupe...
Bref, c'est un faux problème. Le problème est ailleurs. Dans les bêtises qui ont été faites ds l'urbanisation. Un des moyens pour en atténuer les effets est de multiplier les logements sociaux dans les quartiers chics. Mais les maires soignent aussi leurs électeurs...
Et quand bien même on arriverait utopiquement à faire une mixité sociale ds tous les bahuts , l'enseignement n'en serait pas meilleur car on retomberait sur les mêmes problèmes d'horaires insuffisants, de programmes dévastés ,de matières sacrifiées. La mixité sociale équilibrée a souvent amélioré les problèmes de violence scolaire mais n'a jamais réglé les problèmes de transmission des savoirs qui sont attaqués. Alors tous mixtes mais nuls? Ou tous gentiment triés mais nuls quand même...
JPB voulait un état des lieux, j'espère qu'il sera content...
Bon dimanche à tous.
Ecrit par : elisabeth | 01 octobre 2006
Je dois vivre sur une autre planète que vous : je ne vois vraiment pas où est le problème des propos de DSK sur les facs.
En quoi le système américain est-il une mauvaise source d'inspiration : les étudiants étrangers sont prêts à s'endetter jusqu'au cou pour y aller, c'est qu'elles ne doivent pas être si mauvaises pour leur avenir professionel.
Ecrit par : fboizard | 01 octobre 2006
Pour les facs, ou l'on abonde ds le système DSK ou l'on sélectionne à fond, intelligemment et on peut alors avoir une université publique, payée par des fonds publics et de qualité. Mais la fac pour tout le monde avec les moyens d'une fac américaine, il faudrait passer la TVA à 50% pour la financer!
Avec cette idéologie de gôche, égalitariste , vous en venez à faire le lit du privé et d'une sélection par l'argent au lieu qu'elle se fasse par le mérite. Mais que dis-je? le mérite? Nous sommes tous égaux, tous capables d'aller à la fac....
Ecrit par : elisabeth | 01 octobre 2006
Les propos de DSK ne tiennent aucun compte de la spécificité américaine. C'est d'abord une question de culture : pour qu'un patron français donne de l'argent à la recherche, sans contrepartie, il faut se lever tôt. Le mécénat, ici, connaît pas.
Ensuite, il faudrait retracer l'histoire des universités américaines. Celles de la Ivy league datent du 17ème siècle, c'est-à-dire d'une époque où la force publique n'existait pas aux USA -- et de fait, les USA eux-mêmes n'existaient même pas encore. Même plus tard, quand Stanford fonde sa fac, en 1885, il le fait quasiment tout seul, en pointant du doigt un coin de désert.
Les universités américaines ne pouvaient donc pas être autre chose que privées ; il ne s'agit pas d'un service public qu'on a privatisé, mais d'institutions privées qui, dès le départ, ont acquis une culture de service public, à but non lucratif. Bien sûr, l'idée que les facs américaines soient des "non-profit organizations" a quelque chose d'extravagant, si l'on considère, par exemple, qu'Harvard possède un patrimoine évalué à 29 milliards de dollars. Là aussi, c'est une question de culture et d'histoire.
Ce que j'essaie de dire, c'est qu'il ne suffit pas de claquer des doigts et de beugler "GRANDE REFORME !", comme on le fait tous les trois mois en France, pour rattraper 350 ans d'histoire. Nous devons travailler à partir de notre propre parcours et de notre propre modèle.
Ecrit par : Pierre-Henri | 01 octobre 2006
Petite correction, j'ai exagéré pour les dates. Seule Harvard date du 17ème (1636), les autres du 18ème. Le raisonnement reste le même, toutefois.
Ecrit par : Pierre-Henri | 01 octobre 2006
Elisabeth, je suis d'accord avec vous à propos de la mixité - c'est ce que à quoi je pensais quand je parlais de la mixité et de la "communauté de sentiments" qui est forgée, en partie, par l'ecole.
Ecrit par : Pendariès | 01 octobre 2006
Excellente idée économique de renvoyer tous les pédagogistes sur le terrain !
Hamon serait réticent, son amour des jeunes ne va pas jusqu'à la baisse de revenus ! Il faut se souvenir de ce qui est une loi dans l’Éducnat : plus on est éloigné des élèves, mieux on est payé et traité !
Les principaux et proviseurs, eux, pourraient être avantageusement remplacés par un homme (ou une femme) de bonne volonté, sachant taper à la machine et chargé de foutre à la poubelle le courrier venant du rectorat et du ministère.
Quant aux CPE, que je considère comme inutiles quand ils ne sont pas tout bonnement nuisibles, de vrais surveillants, constamment sur le terrain, seraient plus rentables et efficaces. Cela donnerait du travail à des étudiants comme en ce temps lointain d’avant la énième réforme.
Pour les trop utiles projets d'établissement, je propose un truc court et simple qui n'est jamais adopté chaque fois que je veux aider : « le collège Jean-Malraux (ou le lycée André-Moulin) est un lieu d'enseignement. »
Ecrit par : LaRiba | 01 octobre 2006
J'ai essayé ce type de formule pour le Projet d'Ecole, je rêve qu'un jour ça passe, mais pour le moment, ça ne marche pas. On m'a reproché de trop m'attacher aux Programmes Officiels et pas assez à la population scolaire...
Ecrit par : catmano | 01 octobre 2006
Je vois avec plaisir que les uns et les autres sont en pleine forme, aujourd'hui. Merci à Elisabeth pour nous avoir décrit par le menu à quelle sauce sont mangés les élèves, merci à Lariba pour les débauches d'humour — toujours la politesse du désespoir, comme disait le cher Boris —, merci à tous…
Je reviens sur le financement des universités. Nous allons visiblement vers un système plus sélectif qu'aujourd'hui — mais la simple sélection par le montant des droits me paraît plus simpliste que simple. Même si chacun — en fac — est d'accord pour relever qu'on ne peut pas continuer comme ça, dans un état de misère parfois tragique, les suggestions d'auto-financement tombent bien ici (certaines facs scientifiques, par exemple Orsay qui a passé des accords avec Total, entre autres) et très mal là — les facs de sciences humaines, en gros.
En fait, il faudrait, comme le suggère Pierre-Henri, coupler augmentation des droits et des examens donnant droit à des bourses. Pour la formation professorale, je proposais dans À bonne école le rétablissement de l'IPES (un concours très sélectif à Bac + 1 ou 2 donnait droit à une bourse d'un montant à peu près égal au SMIC, en échange d'un engagement à servir l'Etat dix ans — une création des années 50, quand on a eu besoin de profs — et on y arrive…).
Il est vrai par ailleurs que le patronat français, en dehors de quelques grandes entreprises — et encore… — n'a pas l'habitude, contrairement aux patrons américains, d'investir dans l'éducation. C'est bien dommage.
Dans tous les cas, il faut sans doute généraliser ce qui s'est fait en médecine — un numerus clausus par disciplines, calculé sur les besoins en projection, et une sélection sérieuse à Bac + 1.
Ce qui nous ramène au Bac : tant qu'on n'aura pas compris qu'il y a d'autres formations qualifiantes que cet examen à bout de souffle…
JPB
Ecrit par : brighelli | 01 octobre 2006
"Et puis, imaginez un instant leur tête si le ministre prenait cette décision... Rien que pour ça, cela vaudrait le coup, non ?"
Bon d'accord mais juste pour faire une blague.....
Fô respecter les élèves un minimum qd même. :)
Ecrit par : toto | 01 octobre 2006
Je ne crois pas que l'entretien en faculté d'une foule d'étudiants qui non seulement n'ont rien à y faire mais en plus n'y font rien procède d'une vision égalitariste de gôche molle. Le discours dit de gauche mais surtout démagogique et largement relayé par une droite qui y trouve son compte n'est là que pour cacher une réalité beaucoup plus pragmatique: les étudiants qui poursuivent des études sans jamais les rattrapper et pendant longtemps sont autant de chomeurs en moins... Des "bacs plus huit" qui ne mènent à rien et pour cause, vu que les gars n'ont à peu près rien fait pendant huit ans, ça fait toujours huit ans où le citoyen n'est pas demandeur d'emploi. Mon père quand il était gosse voulait devenir gardien de zoo, il est devenu prof de fac... Finalement?
Ecrit par : dobolino | 01 octobre 2006
Le pire c'est que les moyens ne manquent pas, seulement ils sont horriblement mal distribués. La France dépense chaque année 1 milliard en bourses universitaires. La majeure partie part dans le vide (dans les poches d'étudiants-fantômes, d'étudiants qui ne finissent pas leurs études ou obtiennent des diplômes qui ne mènent à rien). Même quand l'argent est mieux distribué, il ne permet pas de vivre correctement : à peine plus que le RMI pour un étudiant, le SMIC pour un doctorant.
Un milliard, cela ferait pas mal d'IPES à financer chaque année, et en plus l'Education nationale résorberait son problème de recrutement. Mais voilà, cela forcerait à penser "qualitatif" plutôt que "quantitatif", et ça, c'est tabou.
Finalement, c'est toujours le même problème : tout le monde voit les solutions, elles sont assez évidentes. Pourtant, les appliquer pousserait mécaniquement des dizaines -sinon des centaines- de milliers de jeunes dans le vide. Si on ne fait rien, le système s'épuise lentement et définitivement ; si on fait quelque chose, le système craque. En d'autres termes, l'université a le choix entre la mort par asphyxie et la mort par explosion.
Ecrit par : Pierre-Henri | 01 octobre 2006
Bravo à tous ! C'est trop plaisant de vous lire !
Je suis instit dans le privé (et j'aime ça) !
Concernant la carte scolaire : si elle continue, cela nous donnera toujours des élèves ! et si elle est supprimée, ça va obliger les collègues du public à vraiment bosser ....
Conclusion : ce sera donc toujours bon pour les élèves !
Ecrit par : Buffalo | 01 octobre 2006
Je viens de découvrir un reportage sur France 2 sur une enseignante de CM1(du nord de la France) refusant, avec l'accord de l'EN, les "méthodes pédagogistes" (journaliste dixit): on voit le carnet de note d'une nouvelle élève avec des notes de couleurs (vert, rouge, etc); la maîtresse pratique le SLEC (Savoir, Lire, Ecrire et Compter). S'ajoute l'interview d'une parent d'élève racontant que sa fille a repris du poil de la bête (à présent elle a un bon niveau de lecture, d'écriture et de mathématique). Les élèves triment, répètent, récrivent (dans les cahiers, sur le tableau), apprennent par coeur la conjugaison...
Seul point négatif: la journaliste parle des méthodes des années 50: sympa René Coty ("En avant avec le sourire").
Ecrit par : Pendariès | 01 octobre 2006
Pierre-Henri, j'apprécie toujours vos interventions qui ont le mérite d'être claires et non égocentriques, ceci sans vous passer la brosse à reluire puisque vous n'avez aucun bénéfice à m'apporter. Je pense qu'il faut aller vers une revalorisation des métiers manuels spécialisés, notamment du bâtiment et de la bouche, qui souffrent d'une pénurie dramatique: beaucoup de Multiservices bidons mais quel difficulté à finir un chantier dans les temps même si le maître d'oeuvres doit payer des indemnités de retard. En zone rurale, le mouvement s'amorce: peut-être finirons nous par devenir des micro-modèles économiques? Ici, bon an mal an, tout le monde se débrouille et une poignée se bat pour préserver notre "essentiel". L'avenir de la mondialisation passe par la régionalisation, voir la micro régionalisation...
Il y a une foultitude d'avenirs en repeuplant les campagnes. Monsieur le Maire de mon village, président du syndicat intercommunal à vocation scolaire, approuve. Il est sûr, n



