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05 août 2006

Souvenir que me veux-tu ?

Souvenir que me veux-tu ?

Luc Cédelle, honorable journaliste au Monde de l'Education, organe officieux de la pensée pédaogiste, m'a demandé quel événement (scolaire, si possible) avait décidé de ma vocation — enseigner et écrire.
Je n'ai guère hésité.

J’étais un mauvais bon élève. Trop voyou pour le tableau d’honneur. Inattentif. Bavard. Facilement insupportable.
J’entrai en Quatrième, et tombai sur Monsieur Jean. C’était sa dernière année de classe : un vieillard terrifiant, les yeux clairs, délavés par l’âge et la cruauté — à ce qu’il prétendait. Prof de « FrançaisLatinGrec » — douze ou treize heures par semaine. Adepte des notes négatives, de la férule mentale et du par cœur.
Un sain climat de terreur s’instaura dans la classe…
Nous étudiions le Cid — personne ne s’était encore avisé que Corneille pût offenser les Maures de la classe. Nous le décortiquions, le récitions, le jouions. J’avais eu la chance, tout petit, de voir le Cid joué par le TNP en tournée : eh bien, Jean (c’est son vrai nom) était Don Diègue et Jean Vilar, Rodrigue et Gérard Philipe — et Chimène aussi bien. En latin, nous apprenions par cœur de larges passages d’Ovide — appris, récités, et traduits. En grec, de terrifiantes leçons sur le verbe « douloo » — qui signifie « souffrir »… Et des passages de Plutarque, extraits de la vie d'Alcibiade.
Le lycée Saint-Charles de Marseille avait un recrutement mixte, moitié bourgeoisie de centre ville, moitié périphérie et cités d’urgence bâties avant et après l’exode Pieds-Noirs. Ce vieillard habillé de façon stricte, comme ils l’étaient tous à l’époque, déployait des trésors d’imagination pour faire passer aux quarante chenapans que nous étions les subtilités théâtrales de 1637 ou la versification des Métamorphoses. En grec, l’Anabase devenait un récit de résistance à l’ennemi : j’ai découvert par la suite qu’il avait emprunté l’image au "Drôle de jeu" de Roger Vailland, qui a lui-même écrit un "Monsieur Jean" — les hasards objectifs ne s’inventent pas, dirait Breton. Ovide ou Cicéron — j’ai encore en mémoire tout un passage du De signis — revivaient en toges sous la coupe stricte du complet gris.
Les notes invraisemblablement basses étaient devenues, très vite, des gags. Je fus premier en version latine avec 0. Le dernier avait – 80, ou quelque chose du même tonneau. Et la note faramineuse dédramatisait le classement.
J’aimais déjà lire. J’écrivais passablement. J’ai compris, cette année-là, que j’en ferais mon métier. Et que c’était cela, le métier : apprendre à lire et à écrire aux voyous — et aux autres.
Sans doute était-il exceptionnel. Mais on n’est pas prof si on ne tend pas, sans cesse, à l’exception.

Jean-Paul Brighelli

PS. Serait-ce trop demander aux non moins honorables visiteurs de ce blog ? Témoignez donc à votre tour de ces exceptions qui seules nous ont rendu supportables les longues, longues heures à crever d'ennui au collège, comme disait Vallès… Dans ces heures d'été où paraît-il l'actualité s'arrête, autant en profiter pour s'offrir un petit coup de nostalgie — et peut-être en déduire un modèle enseignant. tant il est vrai qu'hier instruit demain, et que le souvenir est matrice.

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Commentaires

"Témoignez donc à votre tour de ces exceptions qui seules nous ont rendu supportables les longues, longues heures à crever d'ennui au collège"

le collège pour beaucoup de personnes reste un moment difficile. Personnellement étant "grande gueule" j'ai souvent été le bouc émissaire, ça les amusait quand je répondais toujours très vindicative. Ce qui m'a aidé à supporter ces 4 années atroces se résument en peu de choses:
- la découverte du théâtre
- les deux amies que je réussis à me faire
Bref rien de bien réjouissant.
Mais j'ai gardé ma passion pour le théâtre, je remercierai jamais assez ma prof de français de 6ème qui a su le rendre intéressant à nos yeux. Des années plus tard je l'ai appelé à son domicile pour la convier une représentation que je faisais à mon lycée. Elle n'a pu venir mais j'ai senti dans sa voix beaucoup d'émotions à l'idée que je ne l'avais pas oubliée et que je lui réserve encore à présent la plus grande part de gratitude dont je suis capable.

Ecrit par : Adey | 05 août 2006

Je me souviens de M. Roux, prof de français-latin-grec au lycée Joffre. La transversalité avant l’heure des boniments ! Érudition ET pédagogie.
Je me souviens des profs d’hist-géo passionnants quand ils arrêtaient de dicter…

L’adolescence période difficile : pour celles et ceux qui nous ont subis aussi ! L’adolescence est une période de démence passagère. On devrait filmer tout ado à son insu, plus tard ça lui éviterait de devenir… pédagogue rebelle !

Ecrit par : Lariba | 05 août 2006

Je suis partagé entre le rire et les pleures.
Je m'attendais à plus de témoignages émouvants...
Quoique j'ai eu ma "dose" de larmes ...
Merci à vous aussi Adey.
Le souci, je ne sais pas si vous avez vu "école de france"?, la petite Lola, ses parents (père instit, mère ?fourumeuse?), parents divorcés, si j'ai bien suivi?).
Bref...
La gamine super hyper hypra géniale (Bon la tv déforme tout bien sûr), douée en tout ou presque...
On/moi 23hetqq... a pu voir 3 petits soucis...
1) oublie ses affaires
2) se prend pour la maîtresse
3) est haïe de ses petit(e)s camarades

Pas facile d'être entourée par des "globals/mixtes" tu te demandes vraiment pourquoi ils sont aussi nazes !!!
Pas facile d'enseigner à des "globals/mixtes" bis repetitas
Pas facile de comuniquer avec ...
etc etc etc etc etc

J'ai demandé, sur le fourum de france 2, ce que Lola avait eu en CP elle ne m'a pas répondu... Rigolo, non ?

Ecrit par : toto | 05 août 2006

Eh bien, mes années de classe, 13 en tout dans le même établissement, sont parmi les meilleures de mon existence! Les professeurs étaient excellents, pas tous bien sûr, mais j'ai particulièrement aimé le latin, et l'allemand. J'ai continué toute ma vie à aimer toutes ces disciplines. Les professeurs d'histoire et géo, de sciences nat étaient non moins bons. Je n'ai jamais été très bonne élève, aimant trop la lecture. Le prof de philo était toute petite, nièce d'Etienne Gilson. Nous étions 40, ce qui nous permettait de pique-niquer en fond de classe, ou de piquer un roupillon. De temps en temps, elle nous réveillait en sursaut, et se mettait à arpenter l'estrade en se frottant les mains d'un air angoissé. En fin d'année, nous lui avons offert un superbe bouquet de glaïeuls aussi grands qu'elle. Nous avions avec elle une heure de français faccultative, elle avait commencé l'année en nous lisant "Le corbeau", d'Edgar Poe, d'un ton si pénétré que nous riions sous cape. Prise à son propre jeu, elle a recommencé, et l'une d'entre nous était si malade de rire qu'elle a demandé son changement de classe! N'empêche qu'elle m'a donné l'amour d'Edgar Poe.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 05 août 2006

Encore aux deux tiers hors sujet, pour changer :

C’était à l’Ecole de Filles du Centre, à St Cloud (Seine et Oise)... Elle s’appelait Mademoiselle L..., c’était la maîtresse du Cours Préparatoire. Elle était grande, maigre, portait une longue blouse beige et des souliers marron, plats, à lacets. Elle était vieille, très vieille (à bien réfléchir, elle devait avoir un ou deux ans de plus que moi maintenant...).
Comme je savais déjà lire à la rentrée, elle m’avait assise à côté de Sabine, qui triplait son CP, « pour lui faire honte ». Alors, moi, en cachette, quand j’avais fini l’exercice, je lui prêtais mon cahier pour qu’elle copie, pour faire comme Camille et Madeleine, les petites filles modèles de mon livre de chevet de l’époque. En cachette, parce que je sentais bien que Mlle L. n’aurait pas aimé...
L’après-midi, elle prenait ses « indécrottables », les asseyait sur le petit banc devant le tableau et leur faisait seriner la lecture. Comme ça ne marchait pas toujours comme elle voulait, elle rythmait sur leurs têtes avec sa baguette en bambou : « Mes in – dé – cro – ttables ! Vous êtes bou – chées à l’é – me – ri ! ». Et moi, j’avais très peur de devenir une indécrottable, surtout que je ne savais pas ce que ça voulait dire « bouchée à l’émeri ».
Elle ne voulait pas que nous venions à l’école en pantalon, même en hiver quand c’était autorisé, parce que « les petites de Cours Préparatoire ne peuvent pas défaire leurs bretelles seules quand elles vont aux ‘ouatères’ » (elle disait comme ça). En plus, moi, je n’en portais jamais, des bretelles !
Elle avait fait copier dix fois à une copine « Je ne mâche pas de chevingue gum (elle avait dit comme ça) à l’école. »
A la fin de l’année, alors que nous faisions une dictée sur l’ardoise, je me suis trouvée très ennuyée par un verbe dont je ne savais pas la terminaison, «é » ou « er ». J’ai eu une idée magnifique, j’allais mettre un tout petit accent, pas appuyé du tout sur le e, et un petit r à peine esquissé après le e... Il me suffirait d’un petit coup d’index baveux sur l’un ou l’autre pendant la correction, le tour serait joué et l’honneur sauf ! Tout aurait dû bien se passer, sauf que ce fut moi que Mlle L appela au tableau et je dus lui remettre mon ardoise.
Imaginez le drame : « Ton attitude est inqualifiable ; tricher, c’est pire que voler... Si tes parents savaient cela.... Ton père qui est professeur pourrait être radié pour une telle faute ! »
Et moi, à chaque fois qu’elle grondait, qu’elle punissait, qu’elle humiliait ses petites élèves, je me disais : « Quand je serai maîtresse, eh ben, je f’rai pas comme ça... ». Alors, je suis devenue maîtresse d’école et je n’ai jamais fait comme ça.

Sinon, au collège, , juste un prof d'histoire extraordinaire en 4° et 3°, une prof de français en 3° qui nous faisait dessiner des arbres parce qu'elle avait un ami psychologue et qui avait refusé de prendre le mien, sous prétexte que j'avais fait exprès de dessiner un truc de gosse de 5 ans, ce qui était exact d'ailleurs. Rien de bien drôle.

Ecrit par : catmano | 05 août 2006

Nous avons tous dans nos souvenirs des moments de classe bons ou mauvais...j'ai préféré occulté les mauvais...si il y en a eu...l'école m'a donné une telle liberté d'exister! je ne m'étalerai pas davantage...mais comme j'en ai déjà témoigné j'ai eu la chance de suivre les cours de quelques professeurs extraordinaires pas seulement par leur côté d'enseignant captivant mais aussi par l'humain qui se cachait derrière "la blouse"(permettez moi l'image)...
Il y eu cette prof de dessin (disparue trop tôt qu'elle repose désormais en paix) qui me permit de sortir de mon milieu familiale et qui, en m'ouvrant les portes de sa famille, m'en offrit une. Il y eut son mari, prof de lettres qui consacra tout un été ,celui entre ma 4ème et la 3ème, à me donner des cours de latin pour que je puisse suivre cette option en 3ème ne l'ayant pas choisie à l'entrée en 4ème . 3h par jour d'un bel été à jouer avec les déclinaisons et la grammaire. Puis finir en août par se promener dans les versions latines et s'amuser à essayer de converser en "sabir" latin...
Il y eut ce prof de maths et de physique qui m'invita à jouer dans sa troupe de théâtre amateur , du pur bonheur...Coucou J.C
Et il y en eut un qui m'invita dans ses cours de français...Ouh là là,que ce fut difficile parfois de trouver les arguments pour dépasser toutes les idées reçues tant il cherchait constamment à me pousser toujours plus loin .J'en ai ravalé des larmes de rage! que j'ai pu le détester parfois! mais je ne voudrais pas trop flatter son ego ,il pourrait lire ses lignes , Aujourd'hui je sais à quel point il m'a permise d'évoluer par sa méthode qui consiste à remplacer l'eau dans laquelle se mire narcisse en une fosse d'huile de vidange dans laquelle le reflet que l'on a de soi n'est pas toujours le plus flatteur mais est souvent le plus juste (excusez la métaphore). Une chose est sûre,il a su exacerber mon esprit critique et mon amour des belles lettres...
Oui l'été c'est un bon moment pour la nostalgie, j'en profite d'ailleurs, pour chaque jour, passer une heure ,à lire à haute voix, à mes enfants, les romans qui ont marqués mon enfance .À défaut de pouvoir les emmener en vacances, nous voyageons à travers les livres. En ce moment nous sommes transportés au XVII ème avec"les trois mousquetaires" juste avant c'était "vingt mille lieues sous les mers" ..je ne vais pas vous donner toutes la liste elle est bien trop longue...Mais l'été, c'est aussi des moments privilégiés à passer avec ses enfants et quelques soit leur age, ils apprécient tous ces moments de lectures à haute voix , on s'amuse aussi à déclamer des poésies...fous rires garantis...
Bon été à tous ...le soleil est au rendez vous

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 06 août 2006

J’ai passé toutes mes années de collège et de lycée dans un même établissement. C’était, et ça l’est probablement toujours, un collège-lycée – original comme nom, non ? – assez médiocre je dois dire mais qui excellait tout de même dans un domaine. Je vous laisse deviner lequel.

Me voila donc embarqué pour « sept longues années au mieux, si tout se passe bien » dans cet établissement. Quel accueil magistral du proviseur, confiant pour l’avenir de ses élèves. Par ailleurs, le lycée était en pleine décomposition.

Je vous passe les détails des quatre années de collège ou je n’ai pratiquement rien apprit. Je me demandais même s’ils n’existaient pas une sorte de compétition entre les enseignants. Vous savez, les compétitions stupides ou c’est celui qui arrivera à être le plus mauvais qui gagnera.
Bref, arrivé en 2nd, j’avais Monsieur G. comme professeur de sciences physique.
Il semblait stricte et avait un coté burlesque. Il critiquait le niveau minable des élèves
et le comportement de certains « barbares », et c’est d’ailleurs peut être pour cela que je l’aimais bien. Il était toujours juste, particulièrement doué dans son rôle mais ne laissait jamais percevoir une quelconque affection envers ceux qu’ils instruisaient.
Pour lui comme pour moi, être qualifié n’est que normalité et n’est en rien extraordinaire. Ce n’était pas ce que les autres enseignants pensaient – pas très étonnant me direz-vous, vu leur niveau intellectuel et leur incompétence. C’est pourquoi, il s’en donnait à cœur joie lorsqu’il s’agissait de dénoncer l’incompétence de ses collègues. Il est vrai qu’il en était de même pour ses élèves, mais bien qu’il ne l’ait jamais dit il savait bien que les élèves n’étaient pas entièrement responsables de leur niveau déplorable.

Des « rumeurs » circulaient sur lui. Ce fut par exemple assez drôle de voir sa réaction lorsque quelqu’un lui demanda s’il avait réellement réussi le concours de l’ENA. Il répondit qu’en effet il l’avait réussi, mais qu’il préférait enseigner les sciences physiques à ses élèves et qu’après tout, s’il avait réellement envie de changer de métier, il le repasserait.

Ce prof n’était probablement qu’un enseignant banal comme il en existe plein d’autre, seulement, pour ce collège-lycée, sa normalité était largement suffisante pour que je le considère comme quelqu’un d’hors norme.

Ecrit par : Estil | 06 août 2006

Désolé pour les fautes grossières.
"S'il n'existait" etc.

Ecrit par : Estil | 06 août 2006

Je me souviens de mon instituteur de CE2, M. Santoni, qui faisait le Tour de Corse en amateur tous les ans avec une voiture invraisemblablement bricolée et bariolée. Comme il remisait aussi une partie de ses affaires dans son bolide, il s'arrangeait toujours pour qu'un élève qui s'était distingué par une bonne réponse aille chercher quelque accessoire "oublié". Je ne vous dis pas avec quelle fierté nous, les garçons, traversions la cour avec les clés ! ... Beaucoup mieux que les bons points.


Au collège, mon professeur de musique, M. Pongy, nous paraissait un ancêtre, avec la barbe qu'il portait longue et grise, et sa voix de baryton éraillée. Egalement professeur au conservatoire, il était intraitable sur le solfège (lectures de notes) et la pratique de la flûte ; il était également capable de trouver exactement quel élève faisait une un couac ou faisait du "play-back" pendant un chant. Personnellement, il m'avait d'abord effrayé, d'autant que j'avais essuyé la première volée de bois vert de l'année, n'arrivant pas à boucher les trous de la flûte avec mes doigts. Il était capable d'entrer dans des colères terribles (en tout cas très convaincantes) pour un "Fa, pas Fa dièse !!!". En revanche, nous adorions sa manière de pousser le volume de l'amplificateur au maximum pour écouter des pièces de Bach à l'orgue ou des extraits de Berlioz. Sa manière de nous évaluer était simple : essentiellement des notes d'oral, sur des questions très courtes, et la note était généralement, soit 20, soit zéro. Comme chaque élève se retrouvait avec plus de vingt notes, la moyenne était toujours convenable, si l'on se donnait la peine.



Je me souviens aussi d'un professeur de sciences naturelles, toujours au collège, qui mettait l'accent sur les TP et les dessins. Pendant l'étude de l'appareil locomoteur, je me rappelle qu'il nous avait fait manipuler toutes sortes d'os, dont le collège avait une collection impressionnante, tel ce crâne d'éléphant gros comme un fauteuil. Comme certains élèves hésitaient à toucher telle articulation radius-cubitus humaine, il nous avait déclaré péremptoirement : "Chimiquement, cet os n'est que du calcaire. Si cela vous gêne qu'il vienne d'une personne morte, je vous comprends. Mais je vous assure que c'est beaucoup plus "propre" que les morceaux de viande morte que vous appelez "biftèque"". Je me souviens que ce professeur avait commencé son année en Sixième, dans la salle de TP, et nous avait expliqué que, durant son cours, il nous considèrerait comme des biologistes débutants.


A l'université, M. Bernard Mezzadri, le seul Corse impassible que je connaisse, assurait les cours d'initiation au latin pour les hispanistes, une option sur le polythéisme indo-européen, un séminaire de maîtrise sur la "lecture du mythe", et la préparation au CAPES et à l'agrégation en latin. Il essayait désespérément de monter un module d'enseignement du grec, cours qui était toujours supprimé dès les inscriptions pédagogiques, fautes d'inscrits -- mon université ne proposait pas de filière de lettres classiques. Appliquant systématiquement les méthodes structuralistes, sa rigueur dans l'exposé des faits et leur interprétation était considérable, ainsi que sa capacité à montrer la pertinence d'un ensemble de détails que nous n'avions même pas remarqués dans les textes. J'ai par ailleurs beaucoup apprécié le respect avec lequel il traitait ses étudiants, formulant même pour les exposés les plus fantaisistes ou les plus plats ses objections comme s'il posait une question dans un colloque. Par ce biais, il était capable parfois de refaire intégralement un exposé, en ne formulant jamais le moindre jugement de valeur sur l'étudiant... mais en ne laissant de doute à personne sur l'insuffisance de ce qu'il avait entendu.


En Première, en mathématiques, mon professeur nous avait tout d'abord paru d'une folle sévérité, car elle exigeait une précision absolue des notations et dans la construction des figures. Si les hypothèses, ou un théorème, n'étaient pas correctement formulées, elle arrêtait là sa correction. Pourtant, nous avons connu de vrais moments de plaisir intellectuel lorsqu'elle effectuait des démontrations -- elle tenait à démontrer pratiquement tout théorème -- n'hésitant pas à proposer plusieurs méthodes, par analyse, par construction, ou en démontrant l'hypothèse par la conclusion. J'ai retenu d'elle que c'est toujours en expliquant rigoureusement les choses, en démontrant des liens logiques incontestables, que l'on peut faire comprendre un raisonnement.


En Terminale, mon professeur de philosophie était une jeune certifiée. Elle avait commencé son cours en nous disant qu'elle ne tiendrait aucun compte des absences en cours, mais qu'elle serait intraitable en cas d'absence au DS ou de devoir non rendu. Consciente d'avoir affaire à une classe de "C", elle avait tenu à préciser que, si notre culture littéraire était généralement moins étendue que celle de nos camarades de "A", en revanche, elle attendait de nous une rigueur de raisonnement plus importante, en raison de notre "formation scientifique". Je ne peux pas dire que le groupe classe ait été très enthousiasmé par ce cours (en général, nous étions cinq à dix présents sur 37 élèves), mais pour l'avoir suivi, j'en ai tiré un intérêt pour la philosophie qui ne m'a jamais quitté. De même, c'est en grande partie son enseignement qui m'a amené à m'inscrire en faculté des Lettres.

Ecrit par : prof chômeur | 06 août 2006

"-"««« mini-spam »»»"-"

Séparatisme Déjà!!!

--->>> Tu ne sois pas un IDIOT UTILE au service des Juifs! …
--->>> AVANT C'EST TARD EXCESSIVEMENT… il faut revendiquer le LÉGITIME Droit au Séparatisme :
- La constitution d'Espaces Réserve Naturelle de Peuples Indigènes.
[ Voir: http://separatism-50-50.blogspot.com/ ]

IL REMARQUE 1 :
Après l'action d'extermination commise par des Ariens sur des Juifs [dans la 2º guerre mondiale], les Juifs ont planifié leur Vengeance sur les Ariens : l'élimination de l'Identité Ethnique Arienne.
Néanmoins... « la Vengeance est une assiette qui se sert froid ».
C'est-à-dire, la vengeance n'est pas concrétisée dans l'adjoint, mais, dans un LONG DÉLAI.
Les idiots qui se réveillent :
-> comme le Séparatisme va permettre SAUVER l'Identité Ethnique Européenne (et, en plus particulier, l'Identité Arienne Européenne), des agents judaïques infiltrés dans les Mouvements Nationalistes Européens... cherchent À EMPÊCHER que les Européens viennent à revendiquer le LÉGITIME Droit au Séparatisme.

IL REMARQUE 2 :
Les Juifs savent trés bien que l'absence de Réserves Naturelles de Peuples Indigènes… il va conduire la Identité Arienne Européenne à l'EXTERMINATION (à travers sa dissolution); en effet:
-1 - De plus en plus des femmes européennes cherchent des mâles de meilleure qualité sexuelle : par exemple, Africains...
-2 - De plus en plus des hommes européens cherchent des femelles économiquement fragilisées [plus dociles] : par exemple, métisses brésiliennes...

IL REMARQUE 3 :
Les Juifs sont un des groupes le plus influent (ils seront même les 'Chefs') des Hautes Finances mondiales.
En conséquence, beaucoup de sociétés sont infestées de MERCENAIRES 'LÈCHE-BOTTES' des Juifs… c'est-à-dire… qui veut un emploi très bien rémunéré dans une Société Multinationale, ou qui veut faire de bonnes négoces avec des Sociétés Multinationales… il doit être un bon 'Lèche-Bottes' des Juifs.
Tu ne sois pas imbécile!!!!! Pour sauver l'Identité Ethnique Européenne... il faut... une RUPTURE TOTALE avec les Européens qui sont Mercenaires 'Lèche-Bottes' des Juifs ; c'est-à-dire, il faut revendiquer le Légitime Droit au SÉPARATISME !

Ecrit par : pvnam_1 | 06 août 2006

LaRiba, ne nous connaissons-nous pas?... EN VRAI?

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Hé bien, messieurs, mesdames, c'est fou ce que ce site attire comme... Mais là, c'est un ultra!

Marchenoir vous laisse à vos petits crayons B2 pour répondre au pvnam_1

Ecrit par : Marchenoir | 06 août 2006

Désolé pour les intrusions des barbares. À ce propos, j'avais rédigé en mars une note citant l'article publié dans le Monde par Barbara Lefebvre après l'affaire Ilam Halimi, et déplorant comme elle que le laxisme scolaire — et non-scolaire — débouche sur la violence aveugle de ceux qui ne savent pas.
Et qui manifestement, ne savent pas non plus écrire… Mais c'est un document qu'il faudrait garder, dans les civilisations futures, pour témoigner de la baisse de niveau…
"Tu ne sois pas imbécile" : Bégaudeau ne manquera pas de nous dire que ces merveilleux enfants des banlieues sauvages réinventent la langue…
JPB

JPB

Ecrit par : brighelli | 06 août 2006

Parce que je préfère la comédie (qui est, comme tout le monde le sait ici, une tragédie à l'envers) - et tant pis si les bloggers habituels ne me lisent pas, je n'écris ici pour personne de précis (sauf en Marchenoir) :

Au primaire: mon instit de CM1, une femme bossue qui boite (mais pas entièrement une Richard III au féminin): Elle nous fait apprendre le passé simple (que mes élèves ne maîtrisent absolument pas à la 1ere personne du sg: je marcha, je chanta...) en nous donnant des exemples. Très bien. Perfide et vil comme je l'étais déjà, et avec mon plus innocent doigt levé, je lui demande de nous décliner le verbe POUVOIR. Arrive le "vous p..." fatidique. Eclats de rire dans la classe. Mauvaise humeur de la dame; et malgré mon regard qui ne comprenait décidément pas ces vibrations sonores autour de moi, je fus envoyé au piquet. Sermonné, et tout et tout. Mais est-ce ma faute si la conjugaison peut être quelques fois vulgaire?

Toujours sur cette même instit. Je ne sais plus si cette anecdote suivante suit ou précède dans le temps celle qui vient. Cela pourrait expliquer certaines choses... Je n'ai aucune affinité avec les mathématiques scolaires. Trimant comme un moussaillon sur le pont de ma table, à propos de je ne sais quel problème, la maîtresse me demande de venir au tableau noir. Et il l'était à cet instant pour moi, noir, ce tableau, aussi noir que l'abysse dans lequel j'allais m'enfoncer plusieurs longues minutes sans pouvoir correctement répondre. J'écris. J'efface. L'instit' s'agace. Je perds pieds. Le noir me prend tout entier. Et je sombre dans l'océan du calcul. Que répond-elle, méchante : "Retourne à ta place", puis, marchant dans l'allée entre mes camarades: "Regardez-le ce sac à patates". C'est ce jour précisément que je compris et vécu la bêtise crasse de quelques profs, leurs "réflexions" à l'emporte-pièce sur tel ou telle - et combien, elles pouvaient vous tirer vers le bas, déstabiliser, et vous faire douter de vous-même.

Heureusement, quelques instits aimables et de coeur comme d'esprit de permirent pas au primaire de pourrir dans ma mémoire. Ce n'est pas pour me faire mousser, depuis cette mauvaise expérience, j'ai compris ce que je pouvais donner intellectuellement, hors cette seule matière que je n'ai plus jamais regardée qu'avec circonspection.
Mes maîtresses appréciaient ce que j'écrivais comme rédactions ou poèmes, et je passais souvent au tableau pour les lire devant mes camarades (et le tableau noir prenait la couleur des pirates: l'aventure, quoi!): peut-être est-ce ainsi que m'est venue, insidieusement, la certitude que le pouvoir de création est aussi une forme d'"enseignement", de transmission de l'humain, de l'intime.
Bref.
CM2: ma maîtresse, madame Deleuze, du Grand-Alès, part quelques temps. Elle nous présente avant cela celui qui la remplace. Mon premier maître depuis mes deux ans (âge auquel ma mère m'avait envoyé à la maternelle, parce qu'à cause de son travail elle ne pouvait s'occuper de moi. Non ne pleurez pas! Depuis, je n'ai pas quitté l'école...)!! Vient la Fête des Mères. Le maître nous demande d'écrire un poème pour l'occasion. Chacun fait son sien. Découvrant le mien, il l'écrit au tableau (imaginez ma fierté! Le tableau noir est redevenu mon ami!) à côté d'un poème de Prévert. Rentre alors, pour savoir comment vont ses petits, madame Deleuze. Le maître-remplaçant lui explique ce qu'il nous a fait faire. Madame Deleuze se tourne vers le tableau, reconnaît le Prévert, puis s'enquiert: "L'autre poésie, je n'en reconnais pas l'auteur. C'est très beau." Et le maître de répondre: "Il est de...
- Cela ne m'étonne pas, dit-elle".
Je connus à 11 ans deux choses en moi: la fierté du gosse, et la conviction que je devais continuer à écrire, que raconter une histoire ce n'était pas rien. Car l'écriture, la parole en général, vous mettent en intime rapport avec les autres, avec l'Autre, comme on dirait en éthique et en métaphysique.

Comme vous le caressez dans un de vos livres, monsieur Brighelli, le plus beau cadeau que puisse prodiguer l'enseignant à son élève, qui est, après tout, quelqu'un en devenir, c'est d'apprécier et d'encourager les talents, grands ou minuscules, quels qu'ils soient. Mais de montrer la confiance qui leur est due.

J'ai trop (ne serait-ce qu'une fois, c'est déjà assez) vu des profs barbares détruire (et je pèse mon verbe) de leurs scuds verbaux certains de mes camarades: "Tu n'es rien. Tu ne vaux rien. T'es nul. Pourquoi tu poursuis tes études alors que tu ferais mieux de faire des trous et des routes?..."

De cette engeance-là, j'en ai le dégoût. Je le montre assez ici, en Marchenoir.

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Pourquoi ai-je souhaité enseigner ? Bonne question à laquelle je formule plusieurs réponses.
Ma mère adorait les gosses et chantait du matin au soir. Forcément j'aurais voulu devenir chanteuse. Reine de beauté ou danseuse étoile c'était pas mal non plus et je m'exerçais laborieusement à faire des pointes en m'appuyant sur les épaisses semelles de mes pantoufles "Jéva" Comme il n'y avait pas d'argent à la maison,que la famille était nombreuse et que ma constitution malingre n'avait rien de séduisant, j'ai vite déchanté.
Mais bon, c'était pas grave. J'aimais bien mon école, son poêle à bois, ses grandes fenêtres d'où l'on contemplait la vallée avAnt de sortir en récré, et le maître en blouse grise qui savait tant de choses et les expliquait bien. Dans la cour , les cabinets ne sentaient pas toujours bon : ça nous faisait rigoler. J'étais une gamine comme les autres, attentive à mes heures, bavarde et rêveuse à la fois. Je récoltais des verbes, jamais les mêmes, à conjuguer à tous les modes et à tous les temps, et j'éxécutais ces punitions en m'aidant des dernières pages du livre de lecture d'un certain DUMAS. Rien à voir avec Alexandre bien sûr. Je ne m'en vantais pas à la maison : ça aurait bardé cinq minutes. Avec l'argent gagné en allant chercher chaque soir le lait pour une voisine qui n'avait pas le temps je m'achetais les cahiers nécessaires. J'avais repéré une marque , vendue à l'épicerie du village, au papier épais et légèrement glacé et sur lequel la plume glissait agréablement : un plaisir. Non seulement je découvrais les mystères de la conjugaison mais en plus je savourais le plaisir de la calligraphie.
L'année de mes dix ans arriva un nouvel instituteur, camarade de promotion du précédent. Stupéfaction. Les tableaux étaient descendus de 50 cm car le nouveau maître était petit, difforme et boîteux. Son regard grave et pénétrant me fit oublier cette apparence. Il fit l'appel puis demanda si un ou une volontaire voulait lui chanter quelquechose. Justement ma mère venait de m'apprendre une nouvelle chanson " A ma main droite j'ai un rosier" . C'est bien déclara- t-il en riant, je vais vous apprendre "Au bois voisin".
Puis nous avons travaillé, étudié révisé chaque samedi les acquis de la semaine et les jours ont passé très vite, trop vite. Il y avait aussi les spectacles, les expositions de travaux, les enquêtes, les herbiers, des tas de choses à faire quoi. Il réussit à convaincre mes parents à m'envoyer en sixième au Cours Complémentaire voisin qui ouvrait ses portes. Là , j'ai continué à travailler et il n'y avait pas intérêt à s'amuser car ça aurait encore bardé et plus de cinq minutes cette fois. Le professeur de Français de cet établissement m'encouragea à rentrer à l'Ecole Normale, solution à la fois économique et sérieuse, puis quand je le retrouvai quelques années plus tard, surmontant péniblement la solitude de ma nouvelle situation de Maîtresse chargée d'école, il me conseilla de reprendre mes études , ce que fis, en économisant sou à sou : une institutrice en congé pour études n'ayant pas le droit d'être surveillante sauf exceptionnelle dérogation...
Au bout du compte, quelle est la bonne réponse ? Une succession de rencontres déterminantes et de contraintes à surmonter pour s'en sortir au mieux. Et on finit par se dire que finalement on n'a pas trop perdu son temps et que la réussite c'est avant tout la richesse intérieure et être bien dans sa peau. Bonne journée à tous.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 06 août 2006

Info

A suivre les péripéties du Titi Nîmois dans MIDI"CANARD"

Ecrit par : marc.rode | 06 août 2006

Je poursuis, pour celles et ceux qui le voudront:

Je disais comédie donc. Le collège et le lycée!

Nous avions une prof d'Espagnol, en 4eme, qui, pour marquer les pages de son manuel, utilisait un "marque-page" (oui, pour marquer les pages...) offert par le FN. C'était une admiratrice des oeuvres formidables de Franco et du franquisme qui, plus tard, s'est présentée à des élections cantonales sous l'étiquette du Borgne breton. Elle nous faisait chanter "un borriquito como tu", nous racontait l'histoire des petits doigts qui partent en voyage, montait sur les tables pour danser le flamenco. Bien entendu, les classes qu'elle avait n'avait aucun respect pour elle. Je la plaignais, entre mépris et compassion pour sa bêtise, de temps en autres, et voulais bien effacer quelques fois le tableau (toujours lui!) en quittant la classe (mon grand-père fut un combattant anarchiste espagnol, parti en guerre contre la saloperie fasciste à 16 ans, reçu par la France de Blum dans des camps de concentration, à La Tour de Carol, et qui fut secrétaire de la première réunion historique, sur la terre française, du CNT-AIT en exil! Mon héros!!!!).
Elle me fit passer le bac blanc d'oral d'Espagnol; et me sortit un texte d'un auteur franquiste, me disant que c'était un écrivain qui avait eu le souci des ouvriers, du peuple, etc. Je n'allais pas l'étrangler, j'aurais été mis à la porte de mon établissement, à quelques semaines des épreuves.

Concernant l'Histoire et Géographie, c'était l'affaire, de ma 6eme à ma 5eme, d'une vieille fille (pas si vieille que cela à y réfléchir aujourd'hui, peut-être une petite trentaine, mais si acide, une voix haut perchée, si maigre, sèche et pleine de cheveux longs frisés, et plate de bustier, qu'elle paraissait pour nous, ses élèves de 11 ans, une antiquité). Tous nos cours consistaient à recopier ce que la lady recopiait elle-même de ses cahiers où congestionnaient ses leçons. C'était d'un vivant... Tellement que ma jeune âme ne pouvait, pur survivre, que s'enflammer à la maison en relisant le bloc de la journée pour mettre en scène, en armures, en pyramides, en fleuves impétueux et monstrueuses montagnes, ce que la vacuité sybilline des phrases étouffait.

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

En Français, pour la drôlerie, une enseignante qui me poussa à prendre le Grec ancien en 4eme, sinon la classe disparaîtrait faute d'apprentis homéristes. J'y suis allé... pour la mythologie.
Donc, cette prof de Français-Latin-Grec eut une aventure avec l'un des profs d'EPS du collège. Sa femme aussi lançait le ballon dans le même établissement. J'ai su, plus tard, que la drague y allait fort, entre profs, dans un collègelycée semi-privé catholique (parenthèse: arrivé en 6ième, gros scandale dans l'admnistration tenue encore par des soeurs: deux nonettes furent renvoyées pour cause d'amours saphiques)... Sa fille, commençant à parler, l'appelait "Crétine", parce que "Christine", c'était compliqué pour la bouche, le palais et les dents, et la langue pour faire fonctionner tout ce bazar. Son histoire extra-conjugale tournant au vinaigre (et vous savez comme ça côse dans les salles de profs et les couloirs), elle tomba en dépression. Mais juste avant cela, elle eut le loisir de hurler et de balancer des craies sur des gars du fond, d'arracher des mains d'un autre sa copie dont il recomptait les points, de la mettre en boule et de lui faire suivre la même trajectoire que les craies... En disant: "Je ne suis pas folle. Je sais additionner!" Elle trouva que j'avais une écriture de fille. Parce que je ne faisais pas de pattes de mouche.

Pour le Grec, au lycée, j'étais le seul garçon de la classe qui avait voulu poursuivre dans ses humanités. Madame "bip" s'asseyait sur le bureau, croisait et décroisait ses jambes (elle avait aussi un léger handicap de prononciation). Je surpris, à force, la couleur de sa culotte. Mais je ne m'en souviens plus, j'en suis marri pour les pervers pépères du coin...

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

"Bégaudeau ne manquera pas de nous dire que ces merveilleux enfants des banlieues sauvages réinventent la langue…"
Pourquoi "enfants des banlieues" il habite peut-être paris.
Tu devrais relire ce texte, il n'y a pas de faute fôte... les accents sont corrects...
Bon je ne vais pas me casser le cul pour ce truc...
Mais attention, rien ne dit que ce n'est pas un petit 'blanc' propre sur lui... Attention le corbeau écrit aussi avec la "main gauche" ;)


Merci pour vos posts.
Merci JP de tout laisser ;)

Ecrit par : toto | 06 août 2006

Le DESSIN : Autre moment pour éveiller la sensualité chez les jeunes garçons. Une jeune et réjouissante prof de dessin vint. Une remplaçante. J'étais en 3eme. Elle resta quelques semaines qui sont gravées dans ma mémoire libidineuse. Il devait faire chaud, je crois, du moins elle devait avoir chaud, elle, car, ne portant qu'un débardeur léger, sans manches, ni sous-tiffs dessous, se penchant vers nos oeuvres, pour nous congratuler ou nous prodiguer moults conseils avisés, le mâle, soudain raidi sur sa chaise, promenait son regard, sans le faire expres, sur le tétin délicieux et copieusement offert de la demoiselle... Les filles boudaient.
Mais le tordant, c'est que nous croisions la remplaçante, dans les couloirs, pour aller vers la salle des profs, avec, descendu de la Vierge Marie, une sorte de veste bien fermée.
Nous étions jeunes, elle était fort ravissante...

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Encore? Encore!

J'apprécie les fins de race.
En seconde et première, j'ai eu droit à une enseignante d'Histoire et Géographie, descendante directe, par une des nombreuses branches sous-cadettes, de la semence de Louis XIV le Grand.
Elle n'en avait plus pour longtemps. Je veux dire qu'elle était proche de la retraite. Une femme à l'esprit pratique qui, quand elle n'avait pas de brosse pour effacer ses mots, utilisait ce qui lui tombait sous la main: c'est-à-dire le mouchoir dont elle s'était servie pour se moucher tantôt.
Un jour, les boutons de son chemisier eurent la malice de s'ouvrir, un par un, et pas le haut. Craignant pour notre survie, la fille dont j'étais amoureux durant tout mon primaire (Ah Stéphanie Pontet...) la renseigna sur l'état de son vêtement qui nous renseignait peu à peu sur l'état pendulaire de sa poitrine (pas de sous-tiff là non plus...). Madame G. de V. nous dit en se reboutonnant: "Merci bien. Vous êtes aimables. Vous savez, quelques fois je perds mon jupon, et je peux m'y entraver en marchant. Un de vos camarades, dans le couloir, il y a quelques temps, a bien eu l'obligence de me signaler que mon juponme filait le train"...

Madame G. de V. faisait, pour qui voulait y assister, les cours de cathéchisme au collège...

Ha les fins de race... Je vous dis.

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

J'eus enfin un grand prof d'histoire et de géographie. J'attendis le lycée pour cela, et le bac même! Monsieur B. Un homme sarcastique, cassant, mais très sympa quand on avait des bonnes notes avec lui. Ou qu'on possédait un peu d'esprit de répartie. Il faisait un peu de politique en classe. Ca lui sortait de la gorge que Mitterand, alors président, était un c... Lui et sa femme - prof de la même matière (une beauté, grande, soignée, à la Carole Bouquet...) - avaient "fait" l'Afrique quelques temps. Il nous délectait de ses anecdotes de monsieur Blanc qui pouvait se payer la belle vie là-bas.
J'eus un 6. La première note de l'année. Il me lança une vacherie du style: "Je n'aurais pas cru que vous fussiez capable d'une telle note". Vexé, je regardais par la fenêtre. Il me héla. Je lui dis que je regardais la ville parce que la lumière de la saison (l'automne) magnifiait ses toits et les arbres rougissant. Il m'aima dès lors. Et le devoir suivant, piqué au vif, j'eus un 18 (C'était de Gaulle!!!). Et ne passai jamais en dessous de 16. AH l'orgueil...
Il y a des amateurs d'âmes chez les enseignants qui savent comment s'y prendre pour mener la mule à l'abreuvoir.

Un souvenir qui n'est pas le mien, mais celui des filles du lycée (peut-être que les garçons, jaloux, n'ont pu rien moufter... vis à vis de leur virilité). Paraît-il qu'un prof d'Anglais était appréciablement membru. La rondeur de sa braguette en disait long. Les coquines!

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Tout ces profs, toutes ces personnes, car ce sont des êtres humains, non? et j'en ai encore dans ma besace (mon prof homo de musique, avec son bureau chargé de "sale pédé", mon prof de piano, homo lui-aussi, qui, après m'avoir fait jouer du Bach me disait: "Un bisou", et l'autre de trompette, hétéro, qui désespérait de me voir doué, mais ne pas aimer son instrument, la prof de bio qui nous balançait ses vieilles peaux qu'elle coupait en lisant son manuel, son mari (avec qui une connivence s'est instaurée), prof de sciences-physiques qui nous a accueillis en nous grognant: "Les petits cons, je les brise", et de rajouter le geste à la parole en tordant une tige en métal, etc.), ces femmes et ces hommes ont possédé mon imagination.
La façon dont ils faisaient passer les connaissances, je ne sais plus trop, je suis de la génération pour laquelle on hésitait entre le "par-coeur" et le "débrouillez-vous".
Ils et elles ont touché mon imaginaire, s'y sont installés confortablement, m'ont montré que le métier d'enseignant est compliqué, drôle, chiant, émouvant, dur, contraignant, apaisant, jubilatoire!

Merci à JPB pour m'avoir fait remonter tous ses souvenirs, pas si loin enfouis dans mon cortex. Ces hommes et ces femmes qui ont participé, contre ou avec moi, à ce que je suis. Merci à eux, que j'ai détestés alors, ou adorés. Et qui font un peu de théâtre, en moi, maintenant.

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Hélène Charpentier, je vous aime.

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Je suis bavard. Je m'en contris...

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Allez non, celle-là, je vous la donne aussi. Pour la prof de bio (prof principal de ma 3eme), qui nous donnait envie "d'écraser l'époux sur le sein" (je paraphrase un vers de mirliton plutôt drôle dans son virage mal pris...), son prof de sciences-physiques de mari, pour celles et ceux qui suivent.
A part le fait qu'en nous dictant le manuel, elle ponçait ses ongles et nous envoyait d'une pichenette bien adroite les peaux mortes de ses doigts (ah zut, le nom m'échappe de cette peau qui pousse à la naissance de l'ongle...), elle nous sortit, un bocal de son placard. Nous étudiions alors la reproduction. Et nous annonce que dans ce bocal repose un cadeau. Ha bon? Quelqu'un lui fait des cadeaux? "Une de mes anciennes élèves a fait une fausse couche et m'a offert son foetus de quelques mois. Observez, c'est exceptionnel, et rare". Le bocal passa de bureau en bureau dans un silence de train fantôme... Biiiiiiii les yeux pas ouverts!!!!!!! et le bout de cordon encore attaché au nombril.... Grands dieux... J'ai mis quelques années encore pour apprecier à sa juste valeur le genre gore, et particulièrement, "L'Exorciste" de W. Friedkin. (Vous savez, le film où la jeune possédée lance au prêtre interloqué par tant de bas langage : "Ta mère suce des queues en enfer"...) Ca se comprend, non?

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Excellente idée, en effet, qui déclenche chez moi plus que de la nostalgie. Oserai-je dire qu’en vous lisant, c’est aux occasions perdues que j’ai pensé. A toutes ces choses qu’on voulait dire, ces remerciements que l’on voulait exprimer et que par faiblesse, pudeur ou timidité on a reporté à plus tard, lâchement au fond.
Ainsi, quand on perd des êtres chers : reste cet immense regret, celui de ne pas leur avoir dit tout ce qu’on avait pourtant préparé, un jour , un jour où on aurait osé, mais voilà, ils n’étaient pas là …
Alors, oui, s’il y avait un site du genre «A nos vrais maîtres, les élèves reconnaissants », je m’inscrirais pour citer quelques noms qui le méritent, et je suis sûr qu’ils en seraient contents.

Les instituteurs n’en seraient pas absents. Bonjour à Mr Roquit, qui nous faisait venir le Jeudi pour des cours supplémentaires -oui, à l’époque, c’était le jeudi qu’on faisait nos mercredis : tout simplement, l’école tenait à ce que ses anciens élèves partis au Lycée y réussissent correctement.

Permettez moi cette anecdote d’ambiance, à faire frémir les générations actuelles : c’était en 1948, mon frère aîné, trop jeune pour aller au Lycée s’était retrouvé après son CM2 en classe de « fin d’études », chez le Directeur, son père. Un jour, le voilà obligé de s’absenter avant la fin de l’étude du soir :
- « M’sieur, est-ce que je peux partir ce soir, avant la fin de l’étude »
(On disait « Monsieur » et « Madame » à ses pères et mères instituteurs, dès qu’on avait franchi les portes de l’école)
- « C’est pour ma leçon de violon, le prof n’a pas pu me prendre à l’heure normale »
- « Tu as un mot de tes parents ? »
- « ??… Ben m’sieur …, non … »
- « Va chercher un mot d’excuse »
Je passe le reste, mon frère qui déboule chez notre mère, institutrice dans la classe juste en dessous, et qui n’a pas pu lui faire comprendre que c’était sans doute une blague. En était-ce d’ailleurs ? Il est revenu avec son mot d’excuse.

Mon père, blouse noire, directeur de 15 classes, adjoint au maire, a toujours refusé, lorsque le règlement l’a permis, de demander une décharge de classe. Il venait également le jeudi pour faire sa part des préparations à la 6ème . Il se chargeait de pousser les bons élèves qui n’osaient pas aller au Lycée et c’est à lui que mon frère et moi avons demandé de corriger nos mémoires de fin d’études d’ingénieur car un instituteur de l’époque ne laissait passer aucune faute d’orthographe ou de grammaire ! Il était officier des Palmes académiques. J’ai conservé sa médaille.

Je voudrais honorer mon prof de maths en Sup (Normale Sèvres : à l’époque, ils étaient encore sexistes). Tiens, une fois, elle avait fait grève : alors, elle nous a fait venir le samedi AM pour rattraper les heures perdues, en plus des 4 H normales de Maths du matin. Il y a des journées comme ça, dont on se souvient : Avec toute mon admiration, mademoiselle Elfenstein.

Et mon prof de Physique en Spé : Mr Marchal. Avant de le rencontrer, je considérais la physique (et la chimie, donc !) comme un mal nécessaire. Si vous le pensez aussi, allez passer un an avec lui, et les molécules organiques vous apparaîtront toute sexy, la thermique vous donnera chaud au cœur (là, j’exagère un peu, mais bon la licence poétique n’est ce pas ?)

Mais celui qui nous a profondément marqué, c’est Mr Roth. Il a été mon prof d’histoire en seconde. Un feu d’artifice. Grâce à lui, j’ai gardé une passion pour l’ Histoire. Avec lui, l’Histoire se comprenait : depuis, dès que je peux m’échapper de mon travail, je saute sur tout ce qui peut expliquer notre petit monde, et le faire évoluer dans le bon sens. Je sais qu’il a quitté le Lycée pour l’université peu de temps après, de même que Mr Parisse, son successeur en première. Je ne doute pas qu’ils y ont réussi.

Mr Sanchez a été mon prof de Français deux ou trois fois, les dernières en Prépa. Sa mission était assez facile lorsqu’il fallait lire Tocqueville, mais nous faire apprécier le vieil homme et la mer ou l’Albatros était déjà plus méritoire : j’espère qu’il a gardé son enthousiasme, il est dans ma liste.

Je voudrais citer Mr Billmann : « Ah oui, c’est juste, mais il y a beaucoup plus joli ». Il s’agissait, bien sûr, de démonstrations mathématiques.

S’il faut terminer, ce sera avec Mr Arveiler, prof de Français-Latin, et pour mes malheureux copains qui n’ont pas eu ma chance, de grec également. Il a été mon prof en 3ème et en seconde. Il se trouve que je l’ai rencontré assez récemment, il y a trois ou quatre ans. J’étais revenu à Metz, à l’invitation d’un ami de Lycée.
« attendez, je me rappelle, oui .. vous êtes … » et il a cité mon nom.
Certes, il était également l’invité de mon copain. Aussi, ma femme, sans doute plus suspicieuse que moi, est-elle persuadée qu’il avait révisé la liste de ses élèves de l’époque, 40 ans en arrière.
Soit.
Il n’empêche que, si c’était le cas, il avait eu cette coquetterie de vouloir paraître reconnaître ses anciens élèves! Je voulais raconter cette dernière anecdote d’ambiance, car elle traduit un monde révolu, et pas si inhumain qu’on veut le dire maintenant.

Quand, en traversant le Lycée, on croisait un de nos anciens profs, le « Bonjour M’sieur » était toujours suivi d’un « Bonjour Untel ». Et les classes étaient de 40. Peu avant le bac, en première peut-être, je passe par hasard dans le coin des « petits », et je croise Madame Marie. Mme Marie s’occupait du 14ème dortoir, qui avait été le mien en 6ème :

« Tiens, quelle surprise : bonjour le 413 »
Madame Marie s’occupait aussi du linge des « petits », elle n’avait jamais appris nos noms.

Respect à vous tous ou presque, et amnistie pour les quelques mauvais qui avaient réussi à se glisser dans le système. Tenez, ce prof de Français, pas si mauvais que ça d’ailleurs, mais quand même un peu trop gentil, et qui n’avait pas su quoi répondre à cet élève, héritier potentiel de je ne sais plus quoi, qui, bien avant 68, lui disait déjà : « A quoi bon, je gagnerai plus que vous »

Par la suite, en école (une petite grande école), puis aux USA (une Université plutôt bonne), j’ai rencontré quelques noms, mais si je cite cette époque dans ce post, c’est parce que je remarque qu’au fond, aucun ne m’a marqué ou transformé comme ceux que j’ai cités.

Et je me dis que les profs qui comptent sont peut-être ceux qui arrivent, comme des parents, pendant l’enfance et l’adolescence (au sens large, certes), à temps, pour nous former, et qui y réussissent.

Voilà pourquoi, ceux qui marquent, on a envie de les appeler « nos maîtres »

Ecrit par : Michel | 06 août 2006

On joue un peu aux anciens combattants, mais c'est doux et souvent drôle aussi de laisser revenir les souvenirs d'école...J'ai toujours aimé apprendre et faire mes devoirs (qui dira le plaisir infini qu'il y avait à faire une analyse logique en un tableau bien organisé ?...) Il y a eu les maîtres bien-aimés, ceux qu'on n'oublie pas, de l'école primaire (Mlle Tracol !) au lycée, voire à la fac. Mes professeurs de Français au lycée (madame Gaillard, madame Grand...) qui m'ont donné envie d'enseigner à mon tour et dont presque 40 ans après je retrouve les accents pour parler de Montaigne ou de Pascal.
Il y a aussi les souvenirs rigolos de la petite élève de 6ème, perdue dans un immense lycée de la banlieue marseillaise : le charmant prof d'Anglais qui gentiment pendant le cours m'adressait des clins d'oeil auxquels je répondais par politesse avant d'apprendre des semaines plus tard de camarades moins naïfs que le malheureux était affligé d'un tic. Ou le prof d'Histoire dans sa dernière année d'enseignement qui, à chaque "cours" demandait à une élève de lui faire les ongles !
Ou encore le prof de maths corse qui nous racontait avec nostalgie son enfance sur les plages de Bastia...
Tous, ils m'ont laissé un souvenir heureux, drôle ou attendrissant (la prof de philo très âgée à nos yeux, qui s'inquiètait sans cesse de l'impact de l'enseignement de la philosophie sur les esprits des jeunes filles sages (?) que nous étions alors.) Certains, il faut être juste et ne pas sombrer dans l'angélisme, se sont montrés incompétents et on le sent très bien même enfant, ou cruels. Je me souviens d'une prof de Français-latin-grec à Longchamps, à Marseille, qui s'amusait, c'est le mot, à m'humilier régulièrement, jouant de ma timidité et de mon manque de confiance en moi. Remarquez, j'ai inventé à l'époque quelques petites chansons pas piquées des hannetons, que nous fredonnions dans le rang en l'attendant et qui me vengeaient agréablement !
Je pourrais certes, égrener un peu trop longuement et pour ma seule satisfaction ces souvenirs qui sont finalement semblables aux vôtres, alors je laisse la place au suivant !
M-A.

Ecrit par : Marie-Antoinette | 06 août 2006

Mais oui, les grands-mères on les aime bien, malgré leurs cheveux blancs, leur nez pointu et leurs lunettes qui fascinent les bébés. On les aime pour la disponibilité dont elles n'ont pas toujours fait preuve envers leurs prores enfants parce que ce n'est jamais facile de tout concilier. Je n'ai pas connu mes grands-parents . J'ai posé beaucoup de questions, je les ai imaginés et je pense encore plus à eux maintenant que mes parents ne sont plus là . La nostalgie c'est bien mais il ne faut pas s'y enfermer non plus. Par exemple ma vieille école a bien changé: sanitaires,chauffage central, nouveau parquet, nouvelles tables bien sûr, photocopieuse, internet et une bcd comme on dit . C'est très bien.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 06 août 2006

Il est rendu vivant, le blog là... Que chacun s'amuse, et s'épanche, après chacun lit ou pas. N'est-ce pas le jeu du lieu? J'aime beaucoup les anecdotes. Surtout celles des autres. Quand elles ne sont pas attendues. Pourquoi (se) refuser cette petite (auto-)satisfaction gratuite? Alors qu'elle offre la possibilité d'un jeu de ping-pong avec les autres? Il est heureux d'habiter pleinement sa propre maison pour ne jamais se quitter et ne pas investir celle de l'autre, comme dirait Yves Prigent. Qui pourrait rajouter, on enseigne comme on soigne, c'est-à-dire avec ce que l'on est (neuropsychiatre, il explique encore que tout se joue dans les 6 mois après la naissance). Magie du verbe et de la parole.

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Une remarque JPB, sur la baisse de niveau, aux périodes barbares. Chardonne, Maurras, Brasillach, Céline, l'auteur des "Chiens de paille" ne maîtrisaient-ils pas parfaitement la langue châtiée???.... C'était, je crois, les petits séides du mal, les vexés de l'Histoire, nos "Gangs des barbares" à nous aujourd'hui, qu'avaient d'la peine à causer la langue d'la haute. Les rentiers de la Langue Française peuvent être de bien salopes saloperies. Non?
Je n'arrête pas de l'écrire: se plonger dans Léon Bloy, dans son journal, dans son texte "En attendant les barbares". Très instructif: « L'avilissement volontaire de la parole est, sans contredit, un des attentats les plus bas que l'on puisse rêver. » Comme quoi on peut être un fou de Dieu, anti-démocrate (sauf vers la fin de sa vie), vénéré le biau langouage et être lu, encore???, aujourd'hui.

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

"L'exercice d'admiration" est un genre littéraire oublié aujourd'hui, décrié depuis la mort proclamée des maîtres, très difficile, dont peu manient les rouages et jouent encore sans que cela sente la chocolatine, la sangle ou la complaisance (admirable "Joseph de Maistre" de Cioran). Je ne parle pas d'ici. Que c'est bon les souvenirs! On dirait un "atelier d'écriture", JBP, ton blog! Chouette!

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Mon cher P., Céline n'a jamais fait de mal à une mouche. Il écrivait Bagatelles pour un massacre, et soignait gratuitement ses voisins juifs impécunieux. Idem pour Brasillach, Maurras, etc. En revanche, les petits gestapistes français, Pierrot le fou et consorts (qui se rappelle encore Pierre Loutrel, le vrai Pierrot le Fou, truand et pilier de la rue Lauriston, blessé, sans doute achevé par ses hommes, jamais retrouvé — la légende noire du Milieu…) arrivaient des plus basses couches de la population : mes (pas si lointains) ancêtres corses truands de la même époque se battaient dans les rangs de la résistance — avec Defferre, à qui ils ont fourni ses troupes électorales de choc par la suite. Nos barbares modernes forment les futurs SA d'un futur nazisme post-moderne.

À propos, Pendariès : "J'aime beaucoup les anecdotes. Surtout celles des autres", dites-vous… Sous la coquetterie de l'expression, quel aveu à (ne pas) faire à un psychanalyste… Vous ai-je dit que j'ai participé à des congrès de lacaniens — mais cela ne doit pas vous étonner —, et que j'en connais un rayon sur le langage comme écran… Allez, un bon mouvement : étalez-le, votre trauma…
JPB

Ecrit par : brighelli | 06 août 2006

Je ne résiste pas à la tentation (ou, pour mieux y résister, j'y cède) d'indiquer à tout un chacun la dernière ponte des Cahiers pédafgogiques concernant l'orthographe (http://education.france5.fr/coteparents/index.cfm?&espId=3&discId=2&objId=12485&CFID=1757121&CFTOKEN=25887709)
Tournez les pages, ça vaut le coup d'œil et le coup de sang.

Les plus sagaces remarqueront que l'intitulé accole France 5 et les Cahiers — c'est une association déjà ancienne, qui donne une idée de la manière dont ces "pauvres gens" (au sens où Orgon dit "le pauvre homme !") sont en butte à l'institution… De la même manière, notre chevalier de la Légion d'honneur 99 est le conseiller Education de France 2. Et ils obnt le culot de se plaindre dès que j'apparais sur les ondes ! Goebbels, réveille-toi, tu a fini par gagner !
JPB

Ecrit par : brighelli | 06 août 2006

"Goebbels, réveille-toi, tu a fini par gagner !"
JPB

aie aie aie!!!!! j'en connais un qui va se la re-jouer............

"Nos barbares modernes forment les futurs SA d'un futur nazisme post-moderne."
plus que d'accord avec votre analyse, sur toute la ligne.

Ecrit par : muriel maman en lutte | 06 août 2006

JPB, si vous nous faites dans le lacanien, va-t-il falloir revenir à cette question qu’on n’entend plus aujourd’hui que la mode en est passée : « D’où parles-tu ? ». Un copain m’avait dit qu’il répondait pour couper court : « Je parle de mon corps ». Il paraît que c’était efficace.

Sur France 5, parmi les disciplines scolaires, il y a « la citoyenneté », on est sauvés !

Ecrit par : Lariba | 06 août 2006

J'y suis allée dans les cahiers pédagogiques. J'ai adoooré le titre "compte rendu d'une séance d'atelier de NEGOCIATION orthographique"... Mes petits "Oui mais..." de Grande Section seront ravis lorsqu'ils pourront aussi négocier l'orthographe... Je n'ai pas le temps d'aller y voir de plus près, je pars en vacances. A bientôt.

Ecrit par : catmano | 06 août 2006

"Un seul être nous manque, et tout est dépeuplé" — ainsi parle le peuple du blog, Catmano.
Partez tranquille, nous allons tâcher de survivre en votre absence. Et bronzez bien.
JPB, qui s'occupe de vous pendant ce temps.

PS. Un humoriste qui voulait consoler un ami récemment plaqué avait transformé la phrase en : "Un seul être vous manque, et tout est repeuplé." C'est également vrai.

PPS. Quant à savoir d'où je parle… Présentement, de la véranda qui me sert de bureau, face aux feux du couchant, à cette heure. Mais l'être-ici-et-maintenant de mon corps n'est pas forcément l'être-là de mon esprit.

Ecrit par : brighelli | 06 août 2006

http://education.france5.fr/coteparents/index.cfm?&espId=3&discId=2&objId=12485&CFID=1757121&CFTOKEN=

Les buts sont les mêmes, c'est joliment tourné, mais les moyens sont différents... Cherchez l'erreur.

1° je ne lirai pas tout
2° je ne peux pas tirer sur l'ambulance...
RIP

Ecrit par : toto | 06 août 2006

Votre récit m'a fait penser à Monsieur Delbouve, le prof d'anglais que j'ai dû avoir de la 4 à la 1e dans mon petit collège (devenu lycée quand je suis entrée en seconde) de Bavay dans le nord.

Monsieur Delbouve, qui est encore de ce monde, ne supportait pas que l'on bavarde en cours, et ne supportait pas que nous puissions venir au collège sans avoir appris notre leçon d'anglais, et supportait encore moins que les élèves arrivent en retard. A l'époque, tout le monde avait peur de se ridiculiser en parlant anglais, c'était donc un cours que nous craignions vraiment.

Monsieur Delbouve s'énervait très très fort quand on disait une bêtise. Il se précipitait vers nous et donnait de grands coups de pied dans nos pupitres en criant "il est fou, l'type!". Ses "il est fou, l'type", qui s'adressaient autant aux filles qu'aux garçons, sont sûrement encore célèbres à Bavay !

Et moi qui avais si peur, et qui apprenais toujours bien mes leçons d'anglais, je suis devenue prof et traductrice et je me suis passionnée toute ma vie pour la culture anglo-saxonne. Et je pense à Monsieur Delbouve avec beaucoup de tendresse.

Ecrit par : marie | 06 août 2006

Bonjour à tous.

Je viens de tomber sur un numéro spécial du monde de l'éducation, disponible dans vos kiosques, partout en France : curieux (ou un peu maso), j'ouvre le papelard : je n'ai pu m'empêcher de jurer en lisant quelques lignes d'un article concernant les "nouvelles méthodes".

Honteux d'en arriver à de telles extrémités, je me suis promis de l'écrire dans ce blog.

De jeunes professeurs liront ce document hautement idéologique... Bien sûr, ce ne sont pas des idiots me direz vous. Mais le danger est que ces thèses sont séduisantes : ce n'est pas au prof de travailler puisqu'il sait déja... si en plus on peut bien faire son travail en ne se fatiguant pas trop !

Bref, convaincu que je suis de l'intérêt d'être éduqué, je suis désabusé par de tels drames qui passent comme une lettre à la poste dans l'esprit des gens...

Sinon, j'enseigne aujourd'hui les maths à cause d'un prof de collège de province qui était GENIAL : il était terriblement LOGIQUE, souriant et pittoresque, gentil et juste (parfois il engueulait ceux qui faisaient des bêtises, et une fois ce fût moi), il était typiquement atypique ! Il aimait sa discipline et son métier, il aimait nous expliquer et nous faire apprendre des raisonnements. Merci Monsieur M pour tout ce que vous nous avez donné, et pour m'avoir rendu amoureux des maths. J'étais à l'époque un mauvais élève, sans intérêt pour l'école, et mon prof principal voulait que je n'aille pas au lycée ; je suis allé au lycée, et bien au dela.

Voila ce qui nous anime, voila ce que doit redevenir l'école : un lieu d'évolution positive de la personne.

Bonne continuation et bonne évolution à tous.

D.

Ecrit par : D | 06 août 2006

JPB, bravo pour Lacan, j'apprécie l'envoi et le coup de fleuret! (L'avez-vous grimpé son escalier???)
Mon trauma, c'est d'être sorti des cuisses de ma mère sans avoir rien demandé.
S'ils n'ont (physiquement) rien fait nos braves écrivains de 40 (vous n'avez pas parlé de Maurras), alors pourquoi les a-t-on flingués à la Libération (pas tous, bien sûr, y en a qu'on pris la cigüe)? Est-on vraiment innocent de ce que l'on écrit, vous savez bien que non. Je ne crois pas entièrement à la théorie proustienne puis structuraliste différenciant l'auteur de son texte.
Ne peut-on pas dire BARBARE tout simplement? Rajouter "post-modernes" leur donne un goût d'avant-garde sympa qui pourrait ne pas déplaire à quelques vendus-au-diable.
Madame Rouquette, qui est Corse (de Lyon), m'a raconté pas mal de petites choses sur les malfrats corses... HA defferre... et j'ai ramené de chez mes parents un livre sur le maquis! Je le lis dès que je reviens chez moi.
Cordialement.

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

- y en a qu'onT pris la cigüe...

Et Muriel, plus de coup de sang avec l'évocation des nazis. Promis. Je trouve ça tjs aussi dégueulasse en bouche (et impossible surtout) de mélanger le poivre avec l'huile, mais bon. Chacun son jeu. Je respecte. Puisque ça ne fait pas réagir mais plutôt marrer. La mémoire est courte. Il faut peut-être que j'attende la corde qu'ils me mettront autour du coup, ou la hache que le bourreau élèvera au-dessus de ma tête. Là, je pourrai peut-être crier: "Non pitié!" S'ils ne m'ont pas arraché la langue avant. Les Nazis étaient institutionnalisés. Dans tout les appareils de l'Etat. Là, les Barbares mastiquent ce que les pouvoirs en place ont bien voulu leur laisser pour leur silence et leur tranquillité. Que nenni. Prenons la baffe à décoiffer un géant que nous méritons, peut-être. Nous verrons qui s'en relèvera. Le sur-homme nietzschéen? (Pas ce qu'en ont fait les "heil hitler"). Une BONNE dépression, c'est quand on s'en relève, mais changé, amélioré.

Ecrit par : pendariès | 06 août 2006

Pas drôle, pas drôle, mais merveilleux, l’école à Papa fin des années 60, Paul Lapie, Caudéran :
Les guerres en Histoire, les Croisades, le camp du Drap d’or, Du Guesclin : quel panache !
Puis un jour, votre père vous apprend que le 6 aout 1945, aujourd’hui, avant-hier, Little Boy pulvérise Hastings et Azincourt réunies. Qu’il aura fallu 4 ans pour que votre mère revoie la lumière, avant le 6 juin 1944 par exemple.
Questions aux instits (un pour les Maths, un pour le français) : sourire digne, de ceux qui ont vécu, et affectueux avec comme réponse “Rassure-toi, cela n’arrivera plus”.
Et cette confiance que je leur ai donnée, je tiens par dessus-tout à ne pas la reprendre.

Ecrit par : D'Enguell | 06 août 2006

Le virtuel n'est à jamais prendre au sérieux. Comme le souligne plutôt justement Pendariès (1), qui ne m'est ni sympathique, ni antipathique, ce n'est qu'une vaste foire, le woueb. Du carnaval à la Bakhtine. Rien de plus. S'y laisser prendre donnera beaucoup de travail et pas mal de pépettes aux psychanalystes. J'ai lu l'article du Monde sur les accros du Net qui se coupent de leur famille, et n'ont plus le temps à donner à leurs petits ni à la réflexion. C'est terrifiant, mais vrai, j'en ai l'impression.

Je n'ai toujours pas eu de réponses quant à ma question sur le travail particulier des profs au collège et lycée. Pas d'explication, pas d'exemples précis. Pas de concret. Si vos "adversaires" mettent en ligne leur méthode de travail, avec petits films à l'appui, pourquoi ne faites-vous pas la même chose? Les "sectes" d'habitude ne se montrent pas (2). Auriez-vous à cacher certaines choses? J'écris ceci avec un clin d'oeil. Il faut prendre des pincettes ici (3).



(1) J'imagine que, nom cévenol, cela doit se prononcer PINdariès, en non PANdariès. Beaucoup de Nordistes ici???
(2) Sauf les Mormons dans la rue et les Témoins de Jéhova qui sonnent à votre porte. J'écris "secte" parce que j'ai lu ce mot dans plusieurs sites attaquant les pédagogues.
(3) Les invectives fusent dans tous les blogs dont le sujet est l'enseignement. Est-ce une maladie de jeunesse ou de sénilité?

Ecrit par : Homo floriensis | 07 août 2006

Je ne saurais dire quel enseignant m'a donné un jour l'envie de faire à mon tour ce métier. Je sais par contre quels sont ceux dont je garde le souvenir le plus précis, et qui constituent aujourd'hui pour moi de véritables références dans mon enseignement.
J'ai en particulier toujours en mémoire l'enseignement de Melle J., professeur (visiblement PEGC, mais nous ne le savions pas à l'époque) de Français-Latin-Arts plastiques-Histoire-géo (je ne prône pas cependant, bien au contraire, la polyvalence des profs!) : une petite dame BCBG, haute comme trois pommes, mais si redoutable et efficace dans son enseignement que sa réputation avait largement dépassé le cadre de notre petit collège banal de cité-dortoir. Pendant deux ans (6° et 5°), nous n'avons jamais eu de trève, au point qu'il m'arrivait parfois la nuit de me réveiller en sueur pour vérifier que les trente (ou presque) exercices de grammaire donnés de la veille pour le lendemain avaient bien été faits! En classe, nous n'avions jamais un moment de répit : j'ai souvenir d'avoir rempli plusieurs (grands) cahiers de 200 pages chaque année en règles de grammaire, dictées, questionnaires de lecture... En 6°, nous avions étudié 5 oeuvres intégrales, en 5° ce fut plus encore! Chaque roman, chaque pièce, chaque texte était décortiqué, analysé, au point que je connais encore, par coeur mais sans les avoir appris véritablement, de longs passages du Médecin malgré lui ou de La gloire de mon père. Chaque exercice était noté (je vous laisse imaginer le nombre de notes figurant au bulletin de mi-trimestre!), ce qui, au fond d'ailleurs, était moins traumatisant qu'il n'y paraît : avec tant d'évaluations, il était toujours possible de rattraper un exercice raté! Le tout était rondement mené, dans une ambiance certes sévère mais sereine : les règles étaient connues de tous, elles n'étaient ni négociées, ni négociables, et c'était au fond très rassurant ; en début d'année, la brave demoiselle plaçait elle-même les élèves dans la classe, en prenant soin de placer côte à côte un garçon et une fille, ce qui ne nous plaisait guère mais favorisait finalement des relations qui ne se seraient jamais nouées autrement (en tout bien tout honneur, cela s'entend!!). Pour autant, malgré ces règles "à l'ancienne", son enseignement était aussi, avant l'heure, un des plus "progressiste" qui soit : nous nous auto-corrigions souvent, entre voisins, pour gagner du temps (inutile de dire qu'aucun d'entre nous n'aurait eu l'idée de tricher!) ; nous faisions des arts plastiques "à outrance", y compris pendant les heures consacrées au Français (la grande idée de cette enseignante étant de nous faire illustrer l'ensemble des chapitres ou des scènes tirés des oeuvres étudiées ; j'ai ainsi souvenir d'avoir dessiné pendant de longues heures toutes les espèces d'oiseaux peuplant les marais de "L'enfant et la rivière" de Bosco!) ; nous participions à des concours de poésie, de dessin... nous avons même passé une grande partie de l'année de 5° à mettre en scène une pièce sur la Révolution Française (Bicentennaire oblige!) ; et, chaque année, nous sommes partis en voyage avec elle. Certaines de ces pratiques me semblent aujourd'hui assez proches de celles des "pédagogos" : sorties, travaux transversaux, auto-correction, etc... Pourtant, elles ont été profitables parce-que, par ailleurs, l'essentiel était fait : nous avions appris à travailler avec acharnement, vite et bien, ce qui libérait du temps pour le reste; rien n'était sacrifié, tant la rigueur pour les "fondamentaux" était grande : lorsque l'on faisait de la grammaire, on le faisait de la manière la plus traditionnelle qui soit ; le théâtre était fait pour lui-même, pour le plaisir de jouer, et non pour faire de la "remédiation" ou étudier tel ou tel temps grammatical; le voyage était forcément pédagogique, mais il ne remplaçait pas le cours d'histoire... bref, c'était une juste combinaison de l'ancien et du moderne, le premier primant toujours sur le second mais ne l'occultant pas. Les pédagogistes ont, eux, tout mélangé : le "sérieux" doit être ludique (ce qu'il ne pourra jamais être vraiment, ce qui est donc par essence décevant), et le ludique doit être au service du pédagogique (or, on sait comme les jeux "éducatifs" peuvent être pesants!); au bout du compte, on ne travaille ni ne s'amuse jamais vraiment.
Pour conclure sur ce souvenir : je n'ai pas spécialement aimé cette enseignante, ni même son enseignement, au moment où je les ai subis ; elle avait en particulier une forte propension à se créer une Cour attentive à ses désirs, et j'étais déjà trop mal intentionnée pour en faire partie! Néanmoins, je lui suis plus que reconnaissante pour ce qu'elle m'a apporté, tant du point de vue scolaire que du point de vue humain; elle fait partie d'une espèce qui, malheureusement, est en voie d'extinction!

Cordialement

Claire, 29 ans, prof d'HG

Ecrit par : Claire | 07 août 2006

Bonjour,

Moi aussi j'étais au lycée St Charles et M. Zoppi était mon professeur de Lettres en 1°. C'était l'ancienne école et j'ai beaucoup appris cette année-là. Le jour de l'oral les examinateurs étaient dégoutés par notre liste qui ne présentait que des textes austères sur "Raison et rationalisme" ou bien "La poétique des ruines (!)". On passait de Montaigne à Nerval et on avait réussi à imposer Breton pour clore la séquence sur "Raison et rationalisme".
Continuez M. Brighelli, je me délecte de votre forum. J'ai eu mon Capes de Lettres Modernes en 98, j'ai détesté les Iufm mais étant assez maline j'ai échappé à de très nombreux cours. Depuis, chaque année, en améliorant mes préparations je rajoute de l'orthographe, des récitations, des textes classiques. Je renonce peu à peu à tout ce que j'ai appris à l'Iufm.
Bonnes vacances.

Ecrit par : Alice | 07 août 2006

Bonjour à tous et bonjour à vous Toto à qui je dois une précision à propos de ma formule : convaincre mes parents. J'aurais dû dire : convaicre mon cher Papa. Oh il n'était pas opposé à mon entrée en sixième, lui qui répétait souvent "on n'en connaît jamais trop" ou encore "on en apprend tous les jours" . L'achat des livres et de deux blouses neuves pour cacher les vêtements racommodés et reprisés l'inquiétait moins finalement que le risque de "perdre" son enfant. D'abord j'inaugurais : première de la nichée à suivre une voie nouvelle. Ensuite j'allais devenir instruite, gagner ma vie mieux que mes parents et mes aînés et de ce fait me croire supérieure, succomber à l'orgueil, à la tentation de l'argent; L'instituteur a tenu bon et a gagné la bataille.
Etre instruit, oui il fallait l'être, mais il fallait aussi rester intègre, simple et généreux. De ce fait je n'ai jamais reçu le moindre cadeau ni le moindre compliment pour mes résultats. Si les résultats étaient corrects, on me laissait en paix. Dans le cas contraire j'essuyais une remontrance piquante. Rien de plus. C'était ainsi : il fallait comprendre cet homme, et cela m'a pris du temps, qui finalement a traversé le siècle : 1895- 1995 . Il avait voulu s'engager pour accompagner son frère aîné dans les bois de l'Argonne en 1914 car il était patriote. Chétif et bossu on le refusa : mauvais soldat qui ne ferait pas de vieux os paraît-il. Quand il sut que son frère ne reviendrait jamais, quand il vit que le village se dépeuplait ,quand il contempla les ruines de la seconde bataille de la Marne et qu'il lui fallut reboucher les trous d'obus du jardin et du verger( 80 au total) il changea d'avis évidemment . Il prit alors ses distances contre toute forme de bourrage de crâne comme il disait, et se réfugia dans l'étude et la lecture.Il empruntait, échangeait ...Quand je suis venue au monde (il avait épousé ma mère de 20ans sa cadette sur le tard) il avait 51 ans ans. Il ne nous envoya pas au catéchisme pour ne pas endurer ce que lui-même avait souffert, tout en précisant que plus tard nous serions libres de choisir. D'ailleurs Monsieur le curé venait à la maison, prenait le café et repartait avec une botte de cresson sous le bras." C'est un pur", disait-il . Nous devions connaître l'Histoire Sainte et la mythologie pour mieux comprendre les expressions de la langue et les grands auteurs.
C"est ainsi que tous les deux nous parlions des romans de Victor Hugo qu'il avait lus et relus, de ceux d'E.Maria Remarque, des pesrsonnages de Rabelais ou de Romain Rolland...
Au contraire de ma mère , il dissimulait ses sentiments, sauf la colère indignée. Des colères qui lui avaient valu une réputation d'original contestataire dans tout le village. Un fichu caractère, quoi, mais qui tenait ses engagements. Une fois , une seule, j'ai vu ses yeux s'embuer de larmes. Le directeur du collège (le cours complémentaire avait changé d'appellation) était venu en personne à la maison annoncer mon succès, reçue en bonne place au concours d'entrée à l'EN. Je le vois encore poser sa fourche, la piquer dans le foin, descendre de la charrette , venir m'embrasser furtivement comme à son habitude, tourner la tête et se moucher. Il faut dire que cette année là j'avais fait les frais d'une erreur de diagnostic médical et que sans la présence d'esprit d'une religieuse de l'hôpital j'y laissais ma peau. Je revenais de loin.
Veuillez m'excuser , Toto, pour mon roman. Tout de même, il me fallait préciser que mon cher Papa avait contribué à ma vocation, tout au moins à mon cheminement.
Bonne journée .

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 07 août 2006

Je ne me lasse pas de vous lire, chère Hélène Charpentier, merci pour ces bouffées d'air frais de nostalgie par ces temps orageux.

Ecrit par : Guillaume | 07 août 2006

Merci Guillaume. Et moi j'ai été captivée par le témoignage de Claire. Comme il faut du temps pour comprendre vraiment et apprécier la richesse d'un enseignement solide, qu'il vienne de nos maîtres ou de toute personne s'efforçant de faire au mieux pour nous aider à continuer la route.
Justement je suis en panne et je sollicite quelques indications bibliographiques pour continuer un travail entrepris avec un collègue. Nous souhaitons rédiger un livre sur François Boyer afin de mieux le faire connaître dans sa région. Né à Sézanne en 1920 et décédé en 1983 en région parisienne, il était resté fidèle à sa ville et à son lycée. Auteur d'une oeuvre littéraire intéressante ( Jeux interdits, L'émeute, La gare du ciel, Le petit bougnat, Bébert et l'omnibus, Le match du siècle et Dieu aboie-t-il ?- pièce de théâtre) il a également écrit des scénarios et des dialogues pour une trentaine de films. Ceux de "La guerre des boutons" adaptation du roman de Pergaud, sont de lui. J'ai réussi à faire le tour de cette production et à rédiger une analyse sans trop de mal. Par contre , en ce qui concerne les films je ne sais vraiment pas comment m'y prendre. Si quelqu'un pouvait m'indiquer un ou des ouvrages pouvant m'aider à démarrer cet autre aspect de mon travail, je l'en remercie d'avance.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 07 août 2006

Je trouve tous ces témoignages très interessants et touchants. Ils rendent bien compte de ce que l'EN était et de ce que beaucoup d'entre nous lui doivent, toute nostalgie mise à part : je crois que le fameux : "C'était mieux avant" est hélas bien réel. Bon nombre d'entre nous doivent aussi beaucoup à leurs parents : ma mère était très cultivée et aidait l'un à faire sa version latine, puis passait au grec, à l'allemand, à l'anglais, à toutes les matières (nous étions 6 enfants) pour aider celui qui flanchait. A l'époque, il y avait tant de travail à la maison que si l'on devait perdre trop de temps sur une version latine difficile, les autres matières en pâtissaient. Il y avait trois matheux, et trois (dont moi) pas fortiches. Il était par contre inconcevable de donner des cours de soutien ou même de musique : cela coûtait trop cher.
Merci à JP Brighelli pour sa superbe description de son professeur de françaislatingrec que j'ai lu à ma fille et à mes petites-filles.
Amitiés.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 07 août 2006

Les nouvelles vont très vite. Du fond de ma campagne aveyronnaise, bien que préférant le chant des nuées de mésanges qui cohabitent avec nous, j'ai écouté avec attention ton intervention sur France-Inter (Je l'ai su 5 mn avant). Nous étions plusieurs à écouter. Unanimité générale, tout est dit, bravo !!! et bonnes vacances !!!
Sylviane

Ecrit par : Sylviane | 07 août 2006

Rectificatif : François Boyer est décédé en 2003 et non en 1983.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 07 août 2006

Les vacances n'excusent pas tout : j'enlève le "générale".
Nous étions tous d'accord avec toi, enseignants et non enseignants.
Sylviane

Ecrit par : Sylviane | 07 août 2006

Oui, Anne-Marie, c'était comme ça.Merci pour votre témoignage.

Ecrit par : CHARPENTIER Hélène | 07 août 2006

Neurones à l'estive...
Sujet : Les études, ça sert à quoi ?

"La fabrique du crétin est ce jour à bonne école" à l'antenne de France Inter, ce matin 7 août 2006

(12h04).
dans l'émission : CA VOUS DERANGE
de Nicolas STOUFFLET
Réalisation : Cathy ROSIER, Xavier PESTUGGIA
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/ete2006/derange/

Les invités : Jean-Paul BRIGHELLI, Philippe MERIEUX, et les auditeurs.

Ecouter l'émission : http://www.dailymotion.com/rag34/video/x9uhd_cavousderange
(enregistrement réalisé bénévolement pour vous par les lolo's 34).
http://lrassemblezagauche.midiblogs.com
contact : rag34@laposte.net

Bonne écoute à toutes et tous !

Lolo34 (autodidacte).

Ecrit par : Lolo34 | 07 août 2006

Salut à toutes et à tous…
Je n'avais pas signalé l'émission de France-Inter (j'ai été prévenu vendredi, à vrai dire…), parce que ce blog est essentiellement consacré aux idées, et pas à la pub personnelle de JPB… Contrairement à ce que d'aucuns s'imaginent.
Le plus étonnant (enfin, pas pour moi, parce que je commence à le connaître), c'est la manière dont Meirieu est revenu sur la quasi-totalité de ses convictions (ou, au moins, de ses mots d'ordre) de ces dernières années. A admis que la gauche et la droite étaient aussi fautives l'une que l'autre. Et qu'il était entouré de crétins pontifiants. Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent, disait le regretté Edgar Faure. C'est bien la preuve que la pédagogie a fait son temps, si elle ne met pas très rapidement de l'eau dans son vin.

Je réponds à une question de Pendariès : Je suis un assez bon client médiatique parce que les micros et les caméras m'indiffèrent (ce qui n'est pas le cas d'une foule de non-professionnels des médias qui sont tétanisés dès qu'on les braque avec un engin d'enregistrement). Et ils m'indiffèrent parce que je me fiche de mon image : c'est comme dans la séduction, si on pense à la manière dont on est coiffé ou décoiffé, on est mort.
By the way, qui a dit que ma moustache était "réelle" ? C'est un accessoire — naturel, mais un accessoire. Destiné à cacher un part de la "vérité" — mais la vérité est dans l'accessoire.

Pour ce qui est du théâtre à l'école… Durant mes années collège (sept ans au Neubourg, à l'autre bout de la terre, là où il est écrit, sur des panneaux : "Danger Betteraves"), j'ai eu deux ou trois fois l'occasion d'emmener mes élèves voir les spectacles des Tréteaux de France — merci à eux. Sinon, quel moyen de faire tâter du vrai théâtre à des gosse isolés dans des campagnes hostiles ? Ce que l'on fait en classe est, au mieux, de la mise à plat de texte — ce qui précède la première répétition. À moins d'être Peter Brook — mais justement, il est metteur en scène, pas prof.
Mais enfin, c'est déjà quelque chose que d'apprendre (par l'exemple !) aux élèves à mettre le ton : et pas seulement dans des textes de théâtre, tous les textes littéraires leur apprendront, bien dits, à bien poser leur voix dans la vie.
À ce propos, je signale qu'il est de plus en plus déconseillé de faire lire les élèves à voix haute, au collège — de peur de tomber sur un enfant ânonnant, et de l'humilier devant ses camarades : ça en dit long sur l'état de ceux qui arrivent en Sixième aujourd'hui (17% d'illettrés, statistiques officielles !).
Je sais des centaines de textes par cœur, certains depuis le CP (je me les récite systémtiquement quand je vais courir quelques kilomères, le matin), et je pense qu'il est essentiel d'en faire apprendre aux élèves — et de les leur faire réciter.
Enfin, les pièces de théâtre peuvent susciter à la fois de grands rires et de vraies complicités, en classe. Je me souviens d'avoir étudié la Dispute en Troisième, il y a lurette, et avoir suggéré aux garçons, qui muaient encore, de jouer les rôles féminins — et inversement. C'était fort instructif, de voir les uns et les autres surjouer la masculinité ou la féminité. Un peu comme dans ce spectackle de travestis vu à New York où un garçon jouait Faye Dunaway jouant Bette Davis. Il y avait, derrière la farce, quelque chose de sérieux qui se jouait — un rapport à la mère, en fait. Cela dit pour les apprentis psys.
Et les rires venaient autant de ce qui se passait que de la conscience de chacun face à son miroir ("Hé ! Savez-vous que cela est très beau, que cela fait un objet charmant ? Quel dommage de ne l'avoir pas su plus tôt ! Comme je vais m'aimer à présent !" — je cite de mémoire, j'ai la flemme d'aller chercher Marivaux sur l'étagère.

Splendides témoignages des un(e)s et des autres. Il serait intéressant de savoir si les adolescents d'aujourd'hui — ceux qui entrent en Fac cette année — ont des souvenirs de cet acabit — et quels. Je crois franchement que nous sommes entrés il y a une quinzaine d'années dans une ère de standardisation de l'enseignement qui n'encourage pas les exceptions — et seules les exceptions enseignent les règles.
JPB
PS. Si ce blog permet de la farce rabelaisienne commentée par Bakhtine, comme dit l'un, c'est drôlement bien. C'est pour ça que je laisse même les traces odorantes de ceux qui régressent au stade anal. La souris est un torche-cul auquel n'avait pas pensé Gargantua (qui, pour mémoire, préférait un oison emplumé).

Ecrit par : brighelli | 07 août 2006

Je me souviens... de M. G..., mon prof de francais/latin en 1ère et de latin en terminale ainsi que de Mme B..., ma prof de francais en seconde et en terminale.A l'époque, j'avoue avoir mal jugée ou moins aimée Mme B..., elle cherchait trop à faire parler la grande timide que j'étais. Je leur dois à tous les deux mon 16/20 en latin et mon 15/20 en littérature au bac de 1995. Je regrette de ne pas les avoir eu comme prof plus tôt, j'aurais eu un autre rapport (bien plus enrichissant) aux études.
M. G... quant à lui m'a marqué dès le premier cours. Il avait un aura de tyran, de prof impitoyable notant plus que sévérement. J'ai rencontré un professeur certes très exigeant et sans pitié mais surtout très généreux intellectuellement et passionné par l'enseignement, le francais, la littérature et le latin. Je me savais assez bonne en francais mais je butais sur la norme scolaire. Je n'osais pas donner plus que ce que l'on exigeait pour que j'ai la moyenne. J'étudiais pour faire plaisir à mes parents et à mes profs.
Mme B... et M. G... m'ont fait sortir de ma gangue scolaire et m'ont ouvert le sportes de la culture au sens le plus large. Je me souviens que M. G... m'avait inscrite avec 3 autres élèves au Concours Général de Français. Je n'avais aucune chance. Objectivement. Je ne l'ai bien sûr pas eu mais quelle joie, quel bonheur de voir ce prof sérieux et extremement exigeant, qui venait de mettre un 8/20 (mérité) à mon dernier commentaire de texte, me dire : "Vas-y. Je pense que tu as ta place dans ce concours."

Je me souviens aussi de Sylvie, ma maîtresse de CP. Je ne sais plus ce qu'elle nous faisait faire. Je sais juste que j'ai passé une année formidable dans sa classe. Le CP a été ma plus belle année d'école. Je me souviens aussi de ma maitresse de grande section, de ma prof d'histoire de 4e et de ses grand pères francais et allemands qui se sont battus en 14-18, de ma prof d'allemand du lycée (Mme Gu...) qui m'a débloquée dans la lnague de Goethe et m'a appris à l'aimer... je me souviens de ma prof de biologie en terminale qui essayais de répondre à mes questions biscornues parce qu'elle avait bien compris que j'étais sérieuse et que j'essayais de comprendre... je me souviens de mon prof de math de seconde qui jusqu'au bout à tenter avec patience et gentillesse de me prouver que je pouvais être bonne en maths...
Je me souviens de tous ces profs qui m'ont montré que l'enseignement est l'un des plus beau métiers du monde et que partager la connaissance et la culture peut être (intellectuellement) jouissif!
Merci à eux tou(te)s pour m'avoir donner envie de devenir professeur des écoles!

Y.

Ecrit par : Yasmine | 07 août 2006

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M. et Mme Ange de Peretti
Villa I Storzapreti
20160 VICO

Ecrit par : LaRiba | 07 août 2006

En primaire, j’avais appris à lire avec une dame fort vénérable, qui organisait des concours d’écriture. Elle était intraitable sur la forme des majuscules.
Lorsqu’une page était bien réalisée, elle nous attribuait un bon point. Comme d’habitude, 10 bons points=1 image et 10 images= 1 livres (de l’OCDL….). Je renâclais souvent car je voulais des livres et je nourrissais une jalousie féroce envers un de mes camarades qui faisait 5 pages d’écriture par jour, et obtenait, lui, des images aussi rapidement qu’un battement de cil. Néanmoins, pas de manuel, de la copie, de la syllabique avec du bled et l’attention soutenue de ma mère qui me rajoutait des exercices.
J’ai gardé un souvenir ému de mon primaire, maintenant que je me pose des questions sur la pratique actuelle.
Ma maîtresse de CM2 était ma voisine. Elle avait été la maîtresse de ma mère et de ma sœur aînée. Apprentissage à l’ancienne. Pas rigolote pour deux sous, mais exigeante et intègre. Elle nous enregistrait en classe et nous passait la cassette pour nous montrer combien elle nous trouvait bruyants (on ne parlait pas, on gigotait, chuchotait un peu trop à son goût). Des dictées, des vraies, régulièrement, l’apprentissage de poèmes et de fables dont « Le héron » de La Fontaine, un supplice, tant je croyais ne pas arriver à le mémoriser. Elle nous lisait en fin de journée « Le tour de France par deux enfants » (Je sais ça fait « vieille France », mais dans les années 80, pour des enfants de 10 ans, cela racontait l’histoire de deux autres enfants du même âge). Elle nous interdisait le blanc -à peine inventé- les gommettes, à peine les ratures entre parenthèses et refusait « un travail de cochon ». Jusqu’à sa mort, je suis allée lui rendre visite. Je me souviens avec éblouissement de tout ce qu’elle avait réussi à me faire accomplir.
Mon collège était dirigé par un ancien prof de français, alsacien d’origine, qui faisait réciter les cours de grammaire au tableau, avec une adorable règle jaune de tableau suspendue à quelques centimètres des doigts pour le cas où les élèves sortaient des énormités. Pas très aimé, mais apprécié des parents, il régnait une discipline de fer qu’un collège privé aurait envié. C’était le moment où arrivaient les premiers programmes de « méthodes actives » et sucrage d’heures de français. Au fin fond de la campagne, il avait fait fi de toutes ces recommandations : 6 heures par semaine, un livre de grammaire, les Lagarde et Michard et les œuvres intégrales.
J’ai su en 4° que je voulais être, « là-bas », près du tableau. Mon prof paraissait pourtant bien ordinaire. C’était un PEGC français/ histoire-géo qui avait la méchante habitude de se gratter l’entre jambe et le fondement. Pourtant, il enseignait le français par passion. Ha…Les dictées avec les textes de Flaubert, de Maupassant. Des lectures expliquées de Molière, Rabelais, Villon, Vian. Des rédactions tous les quinze jours que j’attendais avec impatience.
Enfin, ma prof de 1° qui avait fait l’étude de Dom Juan, une véritable révélation pour moi. Alcoolique au dernier degré, saoule en cours, mais des explications de textes fabuleuses, des devoirs de bac corrigés en profondeur.
Merci pour cette instruction/éducation si enrichissante.

Ecrit par : Ordrade | 07 août 2006

Et, JPB, Panurge avait jeté quelque urine de femelle chienne sur une bonne bourgeoise de Paris, je crois, qui eut plusieurs mésaventures, en la cathédrale, ensuite, avec les chiens mâles, qui se sont "lâchés" sur ses habits. Très drôle Rabelais. Et pas régressif, juste jouissif.

Ecrit par : pendariès | 07 août 2006

Vous avez de la bonne volonté, l'envie de faire découvrir de nouveaux horizons. Vos élèves vous demandent: "Monsieur on veut voir du théâtre". Vous choisissez, pour sortir de l'ordinaire du théâtre "classique" et occidental, l'Opéra Théâtre Traditionnel du Séchuan. Vous le proposez aux élèves ravies (classe de filles). Qui se ravisent lorsque la séance est le vendredi soir. Et pas durant les heures du lycée. Histoire de ne pas avoir cours. Mais pendant la sortie du vendredi soir à elles. Plus délèves qui réclamaient à cors et à cris du théâtre vivant. Qui voulaient sortir du lycée et découvrir ce que la ville leur offre du point de vue culturel. Sauf une. Une jeune maghrébine volontaire et enthousiaste. A qui je souhaite le meilleur pour un métier redoutablement en crise, le pressing.

"Que voulez-vous, on ne peut rien y faire, c'est hors des heures normales de cours. Vos élèves font ce qu'ils veulent", me dit laconiquement mon proviseur.
Alors, l'an prochain, si mon poste de TZR me le permet, je fais venir une troupe, même petite, mais des comédiens, dans mon prochain lep.

Ecrit par : pendariès | 08 août 2006

J'ai écouté sur mon pc portable l'émission de France-Inter. Quelle révolte va-t-on soulever dans le corps des inspecteurs si monsieur Mérieu réussit à les obliger à donner une heure de cours devant classe et enseignant? Et qui les corrigerait?
Moi je suis pour. Histoire de remettre les pieds sur terre à certain(e)s. Mais: projet réalisable?

Dans le Languedoc-Roussillon, nous n'avons que deux Inspecteurs, en PLP Lettres-Histoiregéographie: un pour chaque matière, Français, et Histoiregéographie. Ils passent leur temps sur les routes. Et dans l'IUFM. Et les classes qu'ils visitent.

Alors, monsieur Jean-Paul Brighelli, revenir deux fois dans l'année dans la même classe, pour voir individuellement (est-ce cela votre proposition?) la progression des élèves, ou donner un cours (mais ça serait un cours s'échappant de la progression des séquences ça! Pas booooon), je n'y crois pas. Et puis, ça sait se défendre ce métier. Voyons, s'ils n'enseignent plus, ces ex-profs, ce doit être pour une raison. Pourquoi les punir ainsi??

Ecrit par : pendariès | 08 août 2006

A ce stade, je ne sais plus s'il faut expliquer pourquoi on est devenu enseignant (ce que je ne suis plus, ayant pris du galon, c'est un secret, JPB n'aime pas ma caste...) ou quels pédagogues remarquables nous avons rencontrés à l'école, au collège ou au lycée.
Pour la première question, je suis frappé par la dose de hasard "utilitaire" qui m'a poussé dans cette voie. Je voulais aller à l'université ou en khâgne sans idée précise sur mon avenir mais la famille ne pouvait pas assumer ces frais, il me fallait me débrouiller tout seul. Une seule voie m'était alors possible : l'Ecole Normale que j'ai donc intégrée après le bac, laquelle menait directement vers l'enseignement, métier que j'ai pratiqué ensuite du CP à la Faculté.
L'ancêtre de l'IUFM possédait déjà quelques traits discutables, d'autres plus intéressants. L'EN m'a donné quelques leçons utiles (merveilleux M. B., fou de théâtre et de Céline, adorateur d'Alain et du Radical socialisme - en 1977 ! - à cause de lui, je me suis tapé toute l'oeuvre du vieux penseur. Par lui, indirectement, j'ai appris à structurer l'écrit en analysant la prose de Thucydide, c'est tout dire) d'autres parfaitement incolores, livrées par des enseignants médiocres qui n'avaient jamais approché une classe primaire dans leur carrière. Je les écoutais peu.
Quand je repense à mes motivations de l'époque, il y avait, lien avec ce qui va suivre, l'idée présomptueuse de faire mieux que les professeurs que j'avais croisés dans mon cursus précédent, pas toujours géniaux, il faut bien dire. J'ai eu de la chance. Les déménagements familiaux ont été si nombreux - jamais plus de deux ans dans le même endroit - qu'ils m'ont permis de croiser toutes sortes de pédagogues et de connaître ainsi toute la palette du corps. Je me suis dit "je ferai mieux qu'eux !".
Le pire :
-en HG - qui est devenue ensuite ma matière d'enseignant - j'ai eu au lycée de Toulon un type qui enseignait dans ses cours les théories eugénistes, le tout agrémenté de réflexions félibres assez étranges. Même lieu, en allemand, un vieux qui donnait des notes négatives - c'était si bête - qui n'hésitait pas de surcroît à frapper les élèves. Non pas pour insolence ou une quelconque violence émanant des "jeunes" qu'il avait en classe, simplement - histoire vécue - pour l'oubli d'un dictionnaire. No comment... En anglais, un gars caché derrière son bureau qui débitait imperturbablement son cours d'une voix monotone et qui nous attribuait des notes sans aucun devoir écrit, ni interrogation. Des moyennes cultivées hors sol... Lamentable.
Le médian :
La majorité de mes maîtres. Des professionnels sans génie, ni bons, ni mauvais. Prévisibles, conformistes, exactement ceux que j'ai ensuite souvent retrouvés dans les salles des profs. La dame qui récitait fort bravement le résumé du livre lequel se retrouvait après dictée - oui, oui, on l'entendait deux fois - dans le cahier avec du rouge (le titre) et du vert (le sous titre). Je repense curieusement, dans un autre genre, au fil du clavier, à cette assez bonne pédagogue en allemand, si communiste qu'on apprenait la langue de Goethe dans des livres directement importés de RDA (Opa Lenin...). C'est intéressant de repenser à tout ce monde-là, une foule qu'il faudrait décrire par le menu avec son bon et son mauvais, mais je ne suis pas Pendariès...
Le meilleur :
Il y en a un petit paquet. Ce prof de physique en Seconde, avec ses sandales sur ses chaussettes, des chemises à carreaux, un look d'enfer mais... Simplement le pédagogue absolu, je n'ai pas eu en dessous de 20/20 sur chaque bulletin avec celui-là, sans bruits, sans manières... Je comprenais tout après avoir eu toute l'année précédente 2/20 en maths. Puis mes deux profs de français au lycée de Bordeaux en Première et en Terminale. Toutes deux aussi dissemblables que possibles, petite dame un peu réac aimant Voltaire contre intellectuelle de gauche adepte de Sartre ou d'Aragon, exprimant toutes les deux l'amour des textes, le goût de l'écrit à travers un incomparable don d'encouragement. Mmes L. et R. Merci !

Ecrit par : Thierry | 08 août 2006

Il n'y a aucune "caste" que je n'aime pas en bloc. Allez, je suis bien copain avec un prof qui enseigne à l'IUFM de Nîmes… Et je serre la main d'inspecteurs…
D'ailleurs, ce que vous décrivez de vos études, mon cher Thierry, est éloquent : quelques tares, un gros lot de médiocres (au sens étymologique au moins), quelques individus d'excellence. On croirait un compte-rendu de conseil de classe — parce que c'est l'humanité entière qui est dans cet état.
Nous sommes, peu ou prou, 900 000 profs. Si nous étions tous bons, si le métier avait attiré l'élite de la nation, quelle chance cela nous laisserait-il de trouver un médecin compétent ou un boulanger acceptable ? Si nous avons plusieurs profs, à partir de la Sixième, c'est pour nous habituer à cette palette globalement grise, avec des taches noires et des points blancs, reflet du monde (professionnel, entre autres) dans lequel nous nous insérons doucement.
D'où l'écrasante responsabilité des instits — tout seuls face aux gosses, et obligés si possible à l'excellence.
D'où mon ire quand je vois — de près, cette année ! — la façon dont ils sont préparés — et même, au-delà, le type d'étudiants que draine la profession, ces temps-ci.
JPB
PS. Lariba habite Vico ? Sait-elle au moins que j'ai longtemps trouvé refuge et demeure à Sagone — et encore maintenant, dans les moments d'extrême fatigue… D'ailleurs, je connais un polar de qualité (forcément…) qui se déroule quasi intégralement par là…

Ecrit par : brighelli | 08 août 2006

Bonjour à tous,
Simple question à vous, Jean-Paul: Que pense votre copain enseignant à l'IUFM de l'estime que vous portez (en bloc, apparemment) à toute la profession?
Par ailleurs, il y a aussi beaucoup plus d'étudiants que vous pensez qui ont le profil de Yasmine, (voir son message du 07/08). Encore une fois, je pense qu'aucune forme d'amalgame ne fera avancer les choses.

Ecrit par : christophe sibille | 08 août 2006

C'est quoi, cette saloperie antisémite du 6 août ???

Ecrit par : prof chômeur | 08 août 2006

Ancien chef d'établissement j'ai été amené, sans l'avoir jamais sollicité, à entendre les griefs que les élèves et parents adressent souvent aux professeurs.
J' en ai retenu les leçons suivantes :
- la "pédagogie" est une notion particulièrement fumeuse et insaisissable sauf pour les escrocs qui prospèrent sur leur propre pédantisme.
- le charisme ne s'apprend pas. Un "bon " prof est un mélange de personnalité forte et humaine et de connaissances de haut niveau ( quel que soit le niveau où l'on enseigne).
- les escrocs démagogues sont vite démasqués par les élèves et ne sont pas pris au sérieux même si le laxisme et le faux copinage peuvent présenter des avantages apparents par rapport à l'exigence et à la rigueur.
-les personnalités fortes, rigoureuses, compétentes et exigeantes sont les plus appréciées à condition d'être aussi des humanistes authentiques sachant combiner rigueur et indulgence. Une règle dor : savoir respecter et se faire respecter, ne jamais humilier.
Rude tâche !

Ecrit par : Adrien Fleuret | 08 août 2006

Non, Lariba n’habite pas Vico et comme Pirée n'est pas une femme ;-)
J’ai connu quelqu'un de Vico, Corse forcément pur porc !

Ecrit par : Lariba | 08 août 2006

Monsieur Fleuret je bois vos paroles.
Cette humiliation, pendant néfaste de l'humilité, dont je pense aussi qu'elle est à la base de tout, voit son seuil de tolérance placé si bas, pour certains, que la moindre remarque entraîne l'explosion.

Ecrit par : D'Enguell | 08 août 2006

allez pour le plaisir de ceux qui aiment les dico de citations, de tonton Claudel: "La tolérance, il y a des maisons pour cela". Mince Marthes, tu as déconné, où
ksékonpneu tolérer maintenant?

Ecrit par : pendariès | 08 août 2006

Un peu d'opérette? Allez d'accord:
"De-ci, de-là / cahin-caha" (duetto de l'âne, Véronique, Messager). Ca fait du biiiiiiiien!

Ecrit par : pendari&eg