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13 juillet 2006
Pitié pour les filles !
La nostalgie n’est plus ce qu’elle était.
Il fut un temps qui n’est pas si ancien — disons moins de trente ans — où aucune jeune Musulmane n’arrivait voilée à l’école — ni, d’ailleurs, dans la rue. Ni leurs mères : je me souviens encore de mon étonnement, petit garçon, de ces cheveux teints au henné, dans la cité HLM où nous cohabitions, à Marseille.
D’habitude, le sentiment religieux s’étiole. Ce fut ainsi le cas des immigrés italiens des années 1880-1920. Arrivés en masse du sud de la Botte pour remplacer au pied levé des ouvriers français travaillés par le syndicalisme et les revendications, ils furent stigmatisés — et pourchassés — pour leur refus de la solidarité prolétarienne, qui se fondait dans un catholicisme archaïque, et faisait des patrons les représentants terrestres du Père éternel. Mais leurs enfants prirent le vent, et leurs descendance — j’en suis — regardent désormais avec amusement les rites de l’église apostolique et romaine. Nous sommes allés vers la lumière, et c’est tant mieux…
Ainsi pensais-je, quand à l’automne 1989, trois mois après la promulgation des « lois Jospin » sur l’école, l’élève au centre et patati-patata, une première « affaire de voile », puis une autre, et encore une autre, agitèrent le landernau scolaire. L’enseignant que j’étais se rappelle sa stupeur devant les réactions gênées de certains collègues, et les atermoiements de l’administration. Tolérance ! clamaient les imbéciles. Liberté d’expression ! gueulaient les crétins.
Comment pouvait-on prendre ces ballons d’essai de l’obscurantisme religieux — ce que l’on a appelé le « foulardisme » — pour des manifestations de la liberté ? Un foulard bâillonne bien mieux qu’une poire d’angoisse, parce qu’il se donne à voir : ce n’est plus un individu, c’est toute une communauté qui est sommée ainsi de se plier à une règle inventée par les hommes pour soumettre les femmes. Opium du peuple, nous voilà !
Car la question est bien là. On sait de longue date — et bien avant Engels — que la femme est le prolétaire de l’homme. On sait aussi que, comme les prolétaires, elle s’est révoltée, qu’elle a conquis sa liberté — et ce n’est pas fini —, et qu’elle a revendiqué tous les droits à l’égalité.
À commencer par le droit à l’instruction. Ce ne fut pas si simple, et il ne faut pas avoir de l’école des « hussards noirs » une vue idyllique. Les petites filles ne furent scolarisées que lentement. Mais globalement, au lendemain de Grande Guerre, c’était acquis. La fin des corsets, et l’école publique. Deux victoires. Restait à conquérir le droit aux carrières — ce fut un combat plus long, mais victorieux tout de même. Et dans les années 1960-1970, les femmes reprirent possession de leur ventre…
L’obscurantisme auquel on a donné récemment droit de cité conteste, globalement, ces avancées successives du droit. La jeune fille est rappelée à ses destins prioritaires de vierge et d’épouse. L’épouse est rappelée à sa fonction unique de génitrice. Et des extrémistes à la barbe bien taillée parlent lapidation, sur des chaînes publiques…
Phénomène identitaire, nous dit-on. Mais de quelle identité parle-t-on ? N’aurait-on pas un peu sollicité cette identité factice ? On l’aurait recréée, nous dit-on, à partir d’un mythe moderne, arrivé de l’Iran khomeiniste, nourri d’extrémisme afghan ou algérien, abreuvé d’Intifada…
C’est possible. Mais l’Iran, c’est loin, le GIA est aujourd’hui défunt, des intifadas, il y en a eu quelques autres, avant la dernière, sans qu’elles provoquent une radicalisation des consciences…
Je crois qu’à la source du mythe, il y a la démission de l’Ecole de la République. L’extrémisme religieux — quel qu’il soit, et mon propos n’est pas de stigmatiser telle ou telle religion — s’est infiltré dans des cervelles adolescentes parce qu’on y avait laissé la place.
Comment des jeunes filles que j’avais connues vives, profondément impliquées dans le travail scolaire, parce qu’elles voyaient dans l’Ecole le moyen le plus sûr d’échapper aux contraintes familiales, ont-elles pu se laisser convaincre d’en revenir à la nuit ? Comment des enseignants ont-ils pu accepter, ne serait-ce qu’une fois, que l’obscurantisme frappe à la porte de leurs classes — et le faire entrer ? Comment des pédagogues ont-ils pu penser que la libre expression passait par le bâillon ?
Le rapport de la commission présidée par Jean-Pierre Obin (disponible sur http://lamaisondesenseignants.com/index.php?action=afficher&rub=5&id=1545) pointe du doigt une chronologie récente. Il décrit « la montée en puissance du phénomène religieux dans les quartiers, notamment chez les jeunes » et note que « le développement des signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les écoles et les établissements scolaires ne semble être que la conséquence, ou plutôt la partie scolairement visible d’une dynamique plus vaste, souvent récente, parfois brutale. » Les ghettos constitués dans la périphérie des grandes villes dans les années 1960 ont engendré ces ghettos scolaires rebaptisés ZEP — Zones d’Exclusion Programmée. Les ravages du chômage, dans des milieux socialement fragiles, ont eu aussi une conséquence singulière : la perte de prestige des pères, qui étaient en général de farouches défenseurs de l’école républicaine à laquelle, souvent, eux-mêmes n’avaient pas eu droit. À l’autorité vacillante de ces pères s’est substituée, à la fin des années 1980, celle des « grands frères », sollicités officiellement par une politique à courte vue, qui a cru acheter la paix sociale dans les ghettos au prix de quelques concessions : on a délibérément sacrifié l’autonomie et la liberté des jeunes filles, soudain soumises à la loi inique de grands adolescents en perte de pères et de repères — et, à en croire quelques spécialistes, hantés par l’incertitude sexuelle. « Certains quartiers, dit le rapport Obin, nous ont été décrits, par des chefs d’établissement et des élus, comme « tombés aux mains » des religieux et des associations qu’ils contrôlent. » Jean-Claude Michéa, dans l’Enseignement de l’ignorance, montre fort bien qu’on a laissé s’instaurer ainsi des zones de non-droit, pensant y cantonner la violence.
L’idée a fait long feu. Dans un monde médiatisé, l’image a transporté le modèle obscurantiste hors du ghetto. Les anciens quartiers où l’on avait pensé expérimenter, dans les années 1970, la mixité sociale et l’intégration ont vu peu à peu migrer ou disparaître toutes les associations, tous les particuliers qui ne se pliaient pas à la loi des petits voyous de l’intégrisme.
Que l’on me comprenne bien. Rien ne s’est fait par hasard, et là comme ailleurs, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Jean-Pierre Obin est fort clair. Cette situation « a aussi été le fruit de l’activisme de groupes religieux ou politico-religieux, ainsi que de l’action de certains bailleurs et de certaines municipalités, tous favorables, pour des raisons différentes, à une forme de séparation des populations. Ces politiques se sont également appuyées sur un courant de la sociologie ayant jusqu’à ces dernières années de solides relais chez les travailleurs sociaux, et favorable au « regroupement » des populations précaires. Ce que d’autres sociologues appellent aujourd’hui « l’ethnicisation » de la vie des adolescents, c’est-à-dire leur construction identitaire sur la base d’une origine reconstruite ou idéalisée, et dont nous mesurons parfois les effets destructeurs dans la vie scolaire, ne peut donc être conçu comme un phénomène isolé ou spontané, mais constitue l’un des fruits de ces évolutions, de ces politiques et de cette idéologie. »
Générosité, que de crimes on commet en ton nom !
À la stigmatisation dont certains jeunes se pensaient victimes, et qui est souvent évidente, s’est substituée une identité empruntée, quelques idées simples insérées dans des cervelles vides et avides de vérités élémentaires. L’Ecole avait failli à sa mission d’instruction publique, depuis qu’on lui avait donné la tâche d’éduquer — et il n’est pas vain de remarquer que plus on éduque au lieu d’instruire, moins on y parvient. L’accent mis, au niveau scolaire, sur la « citoyenneté », dernière tarte à la crème à la mode chez les pédagogues qui vivent loin du 9-3 ou de Marseille XIIIème arrondissement (inutile d’en rajouter, n’est-ce pas, sur ceux qui pourtant y habitent et ne veulent pas voir ce qui se trame dans la banlieue de Lille), a engendré plus de résistances à la laïcité et à la démocratie que les prêches des « barbus » rebaptisés « grands frères ».
D’où l’apparence d’un conflit de générations que signale le rapport Obin : « Des jeunes plus pieux et plus radicaux prennent le pouvoir, ou tentent de le prendre, au sein des associations cultuelles, ou encore créent leurs propres associations, bousculant des anciens plus modérés et soupçonnés d’être inféodés aux associations traditionnelles contrôlées par les pouvoirs politiques des pays d’origine. » Et de préciser : « Ces « grands frères » proposent avec succès aux jeunes issus de l’immigration une identité positive et universaliste « musulmane » se substituant aux identités, souvent perçues comme négatives, « immigrée » de leurs parents et « mal intégrée » de leur génération, victimes l’une et l’autre du stigmate raciste. Celui-ci est parfois rebaptisé « islamophobie », arme philosophiquement contestable lorsqu’elle est tournée vers l’enseignement et les professeurs, mais qui a l’avantage, par ailleurs, de pouvoir « souder » la nouvelle « communauté assiégée ». Beaucoup de jeunes découvrent la religion en dehors du milieu familial. « La religion telle qu’ils la vivent ne les rapproche pas de leurs parents, mais les en éloigne », constate dès 1994 Hanifa Chérifi. »
Les jeunes filles, les jeunes femmes, ont les premières fait les frais de ce grand « retour du religieux ».
Le rapport Obin énumère, avec une insistance où l’on sent poindre la fascination pour l’horreur, cette mise sous tutelle morale et physique.
« Partout le contrôle moral et la surveillance des hommes sur les femmes tendent à se renforcer et à prendre des proportions obsessionnelles. Il faut avoir vu ces femmes entièrement couvertes de noir, y compris les mains et les yeux, accompagnées d’un homme, souvent jeune, parfois un pliant à la main pour qu’elles n’aient pas à s’asseoir sur un endroit « impur », que plus personne ne semble remarquer tant elles font partie du paysage, et dont personne ne semble s’offusquer de la condition, pour saisir en un raccourci la formidable régression dont nous sommes les témoins. Encore ces « Belphégor », comme les appellent beaucoup d’acteurs, ne sont-elles pas les plus mal traitées, car il y a toutes ces mères qui ne viennent plus dans les écoles chercher leurs enfants, et qui sont contraintes de déléguer cette tâche à un aîné ou une voisine, car elles sont totalement recluses à leur domicile, parfois depuis des années. Alors que l’on observe de plus en plus souvent des fillettes voilées, les adolescentes font l’objet d’une surveillance rigoureuse, d’ailleurs exercée davantage par les garçons que par les parents. Un frère, même plus jeune, peut être à la fois surveillant et protecteur de ses sœurs. Ne pas avoir de frère peut rendre une jeune fille particulièrement vulnérable. À côté des fréquentations et des comportements, le vêtement est souvent l’objet de prescriptions rigoureuses : comme le maquillage, la jupe et la robe sont interdites, le pantalon est sombre, ample, style « jogging », la tunique doit descendre suffisamment bas pour masquer toute rondeur. Dans telle cité on nous dit que les filles doivent rester le week-end en pyjama afin de ne pouvoir ne serait-ce que sortir au pied de l’immeuble. Dans tel lycée elles enfilent leur manteau avant d’aller au tableau afin de n’éveiller aucune concupiscence. Presque partout la mixité est dénoncée, pourchassée et les lieux mixtes comme les cinémas, les centres sociaux et les équipements sportifs sont interdits. À plusieurs reprises on nous a parlé de la recrudescence des mariages traditionnels, « forcés » ou « arrangés », dès 14 ou 15 ans. Beaucoup de jeunes filles se plaignent de l’ordre moral imposé par les « grands frères », peu osent parler des punitions qui les menacent ou qu’on leur inflige en cas de transgression et qui peuvent revêtir les formes les plus brutales, celles qui émergent parfois à l’occasion d’un fait divers. Les violences à l’encontre des filles ne sont hélas pas nouvelles, ce qui l’est davantage est qu’elles puissent être commises de plus en plus ouvertement au nom de la religion. »
Et qu’elles soient tolérées par un corps enseignant aveugle ou complice. « Les manifestations d’appartenance religieuse, poursuit Jean-Pierre Obin, semblent être, à tous les niveaux du système, la classe, l’établissement, l’académie, l’objet d’une sorte de refoulement, ou de déni généralisé de la part de beaucoup de personnels et de responsables. »
Pourtant, les signes furent nombreux, et limpides. Refus de pratiquer le sport, refus d’assister à des cours (SVT, par exemple) où le « modèle » créationniste est ridiculisé par l’évolutionnisme, refus de dessiner la figure humaine — ou même, dit Jean-Pierre Obin, de tracer des figures géométriques susceptibles de rappeler la croix chrétienne. Obsession de la « pureté », méfiance envers la mixité…
Et quand des chefs d’établissement, à Vaulx-en-Velin ou ailleurs, acceptent de faire entrer dans l’école ces « Belphégors » cachées sous des burkas qui dissimulent complètement la personne ; quand les instructions officielles données — en 2006 — aux correcteurs des examens stipulent que « la loi sur le respect de la laïcité dans les écoles, collèges et lycées publics ne s’applique pas lors des examens », et que « les interrogateurs ne peuvent refuser d’évaluer un candidat porteur de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse » ; quand des garçons de maternelle refusent de se mettre en rang derrière les petites filles, ces créatures inférieures, forcément inférieures ; quand des cantines, pour éviter les problèmes, ne se fournissent plus qu’en viande hallal ; quand des maris prétendent, comme je l’ai vu, se tenir debout derrière leurs épouses pendant les épreuves, sous prétexte de contrôler leurs regards — alors, on se dit qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de l’Education.
La laïcité républicaine, telle qu’elle fut définie entre les lois Ferry et Combes, avait pour but de constituer une école en dehors du modèle religieux prédominant. Et, par là même, de donner des armes à une Troisième République encore fragile contre des extrémistes religieux alimentés par Pie X, qui foudroyait la « Gueuse » à grands coups d’encycliques. Le catholicisme fut bientôt cantonné, tout au moins au niveau éducatif, dans quelques régions limitrophes où les écoles religieuses l’emportaient encore sur la « Laïque ». Le mouvement d’expansion des idées de Condorcet semblait irrésistible…
C’était sans compter sur les nouveaux gourous de l’enseignement moderne, la « fin de l’Histoire » importée des USA, le mépris du modèle culturel français, l’élève « au centre du système » avec tous ses particularismes culturels, l’appel au communautarisme, et bientôt la discrimination positive, afin de compenser des inégalités accentuées par une politique forcenée d’« égalité des chances », ce qui dispense toujours de se poser le problème, autrement ardu à résoudre, de l’égalité des droits. C’était sans compter sur une politique aberrante de saupoudrage financier de diverses associations dont la finalité profonde n’était peut-être pas seulement l’aide aux devoirs du soir. C’était négliger le recrutement d’« emplois-jeunes » « au zèle prosélyte notoire », faisant çà et là de l’école le cheval de Troie de l’intégrisme — « pour acheter la paix sociale », dit Jean-Pierre Obin. Succès garanti : on a fait entrer le loup dans la bergerie.
Dans ces circonstances, on comprend mieux les « conseils » gentiment donnés aux enseignants. Ne pas étudier, par exemple, d’œuvre susceptible de faire dresser l’oreille aux nouveaux croyants — et les ignorants font des intégristes de premier choix. Exit Voltaire, cet abominable auteur de Mahomet, exeunt tous les philosophes du XVIIIe siècle. Eteignons les Lumières. Quel professeur de philosophie étudie encore les « preuves » de l’existence de Dieu ? Kant, Hegel et Feuerbach sont passés aux profits et pertes. Jean-Pierre Obin cite, dans le même ordre d’idées, Cyrano de Bergerac (?) et Madame Bovary : nous revoici au temps où le procureur Pinard demandait la tête de Flaubert, ou celle de Baudelaire : désormais, c’est la nôtre qui est sur le billot.
Car les violences physiques exercées sur les jeunes filles ont un pendant moins spectaculaire, mais tout aussi dégradant : la violence exercée sur des jeunes gens des deux sexes par une Education Nationale qui peu à peu renonce à les instruire. Il faut le dire clairement : la « tolérance », dans son expression la plus aboutie, ou la plus abrutie, lorsqu’elle tend à privilégier le « politiquement correct » aux dépens des savoirs, est une arme létale contre l’intelligence. Le « respect » sonne la fin de la liberté. Les émeutes de novembre 2005 n’avaient pas d’autre source : quand des enfants brûlaient des écoles, ils manifestaient leur haine pour des « lieux de vie » qui peu à peu cessent d’être les temples du Savoir et de la discipline.
Que faire ?
D’abord, je voudrais saluer ces associations féminines qui se battent sur le terrain, non sans risque. Et demander à toutes les organisations féminines, ou féministes, de les appuyer sans réserve. On en est loin, parce que des considérations politiciennes retiennent certains partis de s’engager dans la bataille pour la liberté. Si un parti, de gauche ou de droite, hésite à s’engager clairement en faveur de la laïcité stricte, c’est peut-être qu’il a derrière la tête des idées peu avouables. Ou qu’une cinquième colonne a déjà investi ses convictions. Quand je vois les tergiversations officielles devant les manifestations d’intégrisme, ou les précautions oratoires dans l’enseignement du fait religieux, je finis par me demander quels intérêts servent ces bonnes consciences.
Ensuite, il faut impérativement dissoudre le terreau des absolutismes religieux. La sectorisation, par exemple, en favorisant l’émergence des ZEP, l’exclusion programmée d’élèves regroupés par quartiers, livrés de fait aux manœuvres d’intimidation des extrémistes, favorise la ghettoïsation, ce repli cultuel qui se prétend culturel. Nous avons un excellent réseau de transports scolaires. Mettons-le au service de la diversité, afin de restaurer l’unicité culturelle.
Enfin, il faut redonner confiance et courage aux enseignants déstabilisés par des instructions officielles débilitantes. Qu’un professeur d’Histoire, il y a quelques années, ait pu être mis à pied par son Inspecteur d’Académie parce qu’il apprenait, conformément aux programmes, l’histoire de Mahomet à une classe de Cinquième, est proprement stupéfiant — et décourageant. La liberté d’expression a bon dos, quand en son nom on tolère ou que l’on encourage les dérives linguistiques les plus nocives. Et Barbara Lefèvre avait raison de souligner que, du barbarisme à la barbarie, il n’y a souvent qu’un pas.
Je pense souvent à ce qu’a été le calvaire du jeune Ilan Halimi, séquestré des jours durant dans une cave, torturé par des gosses en rupture d’école qui lui hurlaient, dans le jargon de la caillera, des phrases dont il ignorait le sens, tant la langue de la banlieue est retournée à la friche. On sait que « sale feuj ! » est devenu une injure courante — et c’est ce courant-là qui ne passe pas, pour moi ! La violence commence dans les mots, elle se continue dans les contraintes du corps, elle se perpétue dans le laisser-faire des uns et le repli identitaire des autres. L’un des grands mérites du rapport Obin est de faire la lumière sur cette violence-là, avant qu’elle ne dégénère et ne se généralise. Nous sommes aux portes de l’émeute, et nous l’avons bien cherché.
En 1783, un libertin notoire qui appartenait à la Franc-maçonnerie et serait bientôt membre du Club des Jacobins écrivait : « Ô femmes ! approchez et venez m’entendre… Venez apprendre comment, nées compagnes de l’homme, vous êtes devenues son esclave ; comment, tombées dans cet état abject, vous êtes parvenues à vous y plaire, à le regarder comme votre état naturel ; comment enfin, dégradées de plus en plus par une longue habitude de l’esclavage, vous en avez préféré les vices avilissants mais commodes aux vertus plus pénibles d’un être libre et responsable. » Deux cent trente ans plus tard, nous en sommes revenus au même point — et l’on voudrait nous faire croire que les jeunes filles qui caracolaient jadis si volontiers en tête de classe se sont voilées volontairement ? Et l’on voudrait nous faire accepter, au nom de je ne sais quelle tolérance dévoyée, que les écoles de la République cautionnent ce nouvel esclavagisme ? « Apprenez qu’on ne sort de l’esclavage que par une grande révolution », continuait Laclos — c’était donc lui — dans son discours.
Entre l’émeute et la révolution, l’une mortifère, et l’autre improbable, il est une voie étroite, malcommode et exigeante — la seule réaliste — qu’on appelle la laïcité. Il est temps de l’emprunter — et de ne pas la rendre.
Jean-Paul Brighelli
Cette note sera, sous une forme légèrement différente, dans l'édition du rapport Obin, à paraître aux Editions Max Milo en août prochain. Et elle constituera le cœur d'un chapitre de l'Ecole des barbares, à paraître aux Editions Gawsewitch prochainement.
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Commentaires
à JPB. Vous dites dans le texte ci-dessus "on comprend mieux les « conseils » gentiment donnés aux enseignants. Ne pas étudier, par exemple, d’œuvre susceptible de faire dresser l’oreille aux nouveaux croyants — et les ignorants font des intégristes de premier choix."
Par ailleurs, vous dites dans "A bonne école", "Un instituteur enseigne des certitudes, un professeur enseigne des doutes." ou encore"l'école primaire est le temps des légendes (littéralement, "ce qui doit être lu"."
En tant qu'instit du primaire, rapportant des "certitudes" vécues et les rapportant sous forme de "légendes", voici ma contribution à ce post (toujours tirée de la longue lettre envoyée à M. Le Bris au début 2005):
BEAUMARCHAIS ET BRUCE WILLIS
(Dans le même genre que votre colloque sur la lecture)
Il y a deux semaines, j’avais encore choisi une animation pédagogique au nombre de kilomètres à parcourir (je n’aime pas perdre deux heures sur la route pour le simple plaisir de m’ennuyer pendant trois heures). Le thème en était « la littérature régionale aux cycles 2 et 3 ».
Petit tour de table pour commencer, que fait-on dans nos classes ? Un collègue demande si Pagnol peut être considéré comme un auteur régional (nous sommes à la limite de la Provence et du Dauphiné) car il fait étudier « La gloire de mon père » à ses CM2, j’annonce alors Giono avec « L’homme qui plantait des arbres » qui a passionné mes CE2, l’an dernier (mes CP / CE1 aussi quand nous avons visionné le superbe dessin animé qui reprend intégralement le texte de Giono dit par Philippe Noiret). L’animateur (l’instit chargé des langues et cultures régionales) hésite : « Oui, peut-être, Pagnol c’est bien, il ne faudrait pas que ce soit trop difficile. Giono, je n’y avais pas pensé, c’est sans doute très difficile, non ? » . Je me défends, j’argumente, il est sur la « liste des ouvrages recommandés au cycle 3 », le dessin animé commence par une carte stylisée qui a persuadé mes élèves que ça se passait près de chez eux ; oui, le vocabulaire est difficile, nous avons beaucoup expliqué. « Ah oui, alors comme ça, pourquoi pas, alors oui, Giono, pourquoi pas ? ». Visiblement, s’il connaît peut-être le livre, au moins de nom, il n’a jamais entendu parler du film pourtant produit dans notre département avec le soutien du Conseil Général et de l’ONF.
Ca continue, une collègue demande la même chose pour Daudet puis souligne les allusions à la religion qui lui posent problème en cette époque tellement "prétendument" laïque qu’il ne faudrait plus dire aux enfants que pendant des siècles l’Eglise n’était pas séparée de l’Etat (j’ai même un livre pour mes CE2 un livre d’histoire qui réussit à parler du Moyen Age sans parler des cathédrales...)... Encore là, le formateur hésite : « Ah oui, peut-être, si c’est religieux, il vaut mieux pas alors... » Un collègue et moi-même soulignons que dans certaines « Lettres de mon moulin », Daudet semble plutôt se moquer de prétendus religieux, nous citons « les trois messes basses », « L’élixir du révérend père Gaucher », « La mule du pape »... Aucun écho...
Le formateur a apporté quelques livres, essentiellement des contes écrits par des classes élémentaires et deux auteurs locaux qui ont publié leurs ouvrages à compte d’auteur. Il n’avait pas pensé à Pagnol, à Daudet, à Giono, il ne nous a pas non plus cité Mistral (j’avoue que je ne sais pas si c’est lisible en élémentaire) ni aucun autre félibre. La seule « œuvre » qu’il ait citée était les « Contes et légendes de Provence » mais pour signaler que ces contes étaient souvent « religieux » ainsi d’ailleurs que les « Noëls Provençaux » de Saboly qui du coup ne sont pas politiquement corrects en classe même en les resituant dans leur contexte.
Ecrit par : catmano | 13 juillet 2006
j'ai lu cette note avec attention et je pense qu'il est réducteur d'incriminer uniquement les défaillances du système éducatif dans ces montées d'extrémismes... La plus voyante est celle de l'Islam et il est effectivement révoltant de croiser de plus en plus de femmes comme on en croise quotidiennement dans les Émirats , complètement dissimulées sous de longs voiles noirs. Depuis 6/7 ans une mosquée est ouverte dans notre rue et je suis au première loge pour constater l'amplification du phénomène . Heureusement on échappe pour l'instant au tchador de cuir noir.
À côté de ce 'foulardisme' il ne faut pas non plus ignorer l'engouement pour toutes les autres formes de religion de plus en plus grande dans la population des jeunes mais aussi des moins jeunes. Le succès des "jmj ", l'attrait pour les religions venues d'orient et même certaines manifestations du mouvement gothique montre un retour au mysticisme de plus en plus grand. Illustration du malaise qui gagne les peuples en voie de paupérisation et dont nous sommes. Est-ce l'école l'unique responsable? non je ne crois pas et ce n'est pas non plus seulement le besoin de recoller à une identité. Il me semble que cela va bien au delà et qu'il se cache derrière un grand désespoir et paradoxalement un quête d'une certaine forme de pouvoir dans la démarcation.
Effectivement l'obscurantisme prend sa source dans l'ignorance mais ce qui est troublant dans ce phénomène du retour au religieux auquel on assiste c'est l'érudition de tous ces adeptes , qu'ils soient juifs, musulmans, catholiques, hindouistes ou autres , dans le domaine de la Loi qui régit leur religion respective.
Je dois reconnaitre que pour la femme de quarante ans que je suis, il est une grande interrogation: comment des femmes parfois fines lettrées peuvent-elles accepter de se cacher ainsi du monde de vivre recluse derrière leurs voiles? Car force est de constater, du moins en France que les plus fervents défenseurs du port du foulard sont des femmes. Je n'ai pas de réponse car cet acceptation de l'avilissement me dépasse mais dans leur cas il semble que ce ne soit pas le manque d'instruction qui a permis aux docteurs ès théologie de les manipuler et de leur faire subir un lavage de cerveau.
La montée des extrémismes est un phénomène sociologique qui dépasse les frontières de l'école.
"La deliquescence" de l'instruction n'est pas seule responsable mais est sans nulle doute un des facteurs qui renforcent le phénomène. Mais il me semble que l'étude de ce phénomène mérite davantage d'approfondissement.
par ailleurs, je suis entièrement d'accord sur la défense de la laïcité tant à l'école que dans tous autres lieux publics car c'est le fondement de notre pays et nous devons le défendre . au nom de la tolérance on a généré davantage d'intolérance et des restrictions de liberté. petite histoire pour illustrer mon propos:
il y a quelques jours,j'ai du être hospitalisée dans un hôpital public ,une grande journée, dans le service où j'étais , la collation qui nous a été servie ne comprenait aucune viande, juste du poisson et du fromage pour les protéines animales, il m'a été expliqué qu'ils avaient pris cette décision de ne plus servir de viande pour éviter tout problème ( sous entendu ne pas froisser ceux qui ne mange pas de porc ou de boeuf) . j'ai eu un instant l'envie de laisser sourdre mon esprit provacteur et de leur dire que j'étais "végétalienne"...
en médiatisant les affaires de foulard on a titiller "le diable", l'école n'a pas été assez vigilante et n'a pas su défendre son caractère laïque (pourquoi sur des photos de classe de quarante , cinquante et voire plus, certains élèves portent-ils un bijou avec une croix ou une médaille?)...
Par avance , je m'excuse auprès de Toto (clin d'oeil)si de nouveau je suis a côté de la plaque...( au fait Toto vous me dîtes qu'avec un enfant vous fatiguez grave alors je me permets un petit conseil malicieux , faîtes en un deuxième vous verrez ça va tout seul après...re clin d'oeil)
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
"aux premières loges"...pardon...et je ne corrige que celle là....décidément ce cadre m'agace de plus en plus...rageant , n'est ce pas Toto!
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
Il est peut-être bon de rappeler à l'heure où le plus fameux touriste de l'île de Ré mais néanmoins psycho-rigide se pose en ultime rassembleur des valeurs de gauche (rigolez pas)que Jospin ne fut pas seulement le désastreux ministre de l'education dont la loi de 89 porte le nom, il fut aussi le même piteux ministre qui botta si courageusement en touche vers le Conseil d'Etat au moment de la première affaire de foulard.
Je cite :
Souvenez-vous : la brèche s'ouvre en France , à Creil (Oise), le 5 octobre 1989, avec la première affaire du " foulard ".
Après une vaine tentative de résistance du proviseur du lycée et l'exclusion temporaire des jeunes filles voilées de son établissement, l'affaire sera exploitée par les ligues " antiracistes " avant d'être étouffée par un arrêt du Conseil d'Etat, qui sanctionnera a posteriori le zèle laïque du proviseur du lycée de Creil en admettant le port du foulard dans les établissements scolaires sous prétexte qu'il faudrait distinguer les signes d'attachement à une religion (que l'on ne saurait interdire) des signes " ostentatoires " et " prosélytes " (qu'il faudrait continuer d'interdire).
Je me permets à cette occasion d'exprimer toute ma considération à l'égard de ce courageux proviseur qui ne reçut pour sa saine prise de position qu'avanies et calomnies.
Ecrit par : Guillaume | 13 juillet 2006
Après information, il semblerait que Chénière député UMP n'ait plus la même fibre républicaine que Chénière proviseur de Creil. Ma considération allait bien sûr au second.
Ecrit par : G | 13 juillet 2006
Cela ne change en rien mon plus profond mépris à l'égard de Jospin qui prend si souvent des airs de grand sage alors qu'il a pris pris tant de folles décisions durant son ministère.
Ecrit par : Guillaume | 13 juillet 2006
Bonjour fouroum
Bonjour Cat,
Bonjour Pat,
Keep cool JP je drague pô ;)
"ce cadre m'agace" Pour les textes longs "l'aperçu c'est bien" ;)
"si je suis à côté de la plaque" j'va rien dire là, dans la religion les "fadas" sont partout...
aussi bien ceux qui sont "correctement" formatés que les autres. L'âge ET la peur... ont bcp à voir....
Moi ma monomania c'est surtout la maternelle et la primaire...
Je crois que si l'on arrive à rendre les gamins HEUREUX d'aller en cours, sans le FAMEUX "mal au ventre"...
Il n'y aurra plus de délire de foulard, poisson, turban, préservatif à l'index, pornographe, monomaniaque etc etc etcetc etc etc etc etce tc
que des gens rigolos et heureux de l'être..
ce n'est que mon avis.
Je pense que planète alpha POUR les maternelles ET Léo&Léa pour CP ET erik orsenna(chanson douce) CP/CE1 + bescherelle Bled .... Bon j'ai pas encore trouvé la panacé pour les maths mais il y a de bonne choses ici est là..
Enfin bref avec des bonnes méthodes avec des profs pas stressés pas névrosés... => emploi du temps/horaire/nombre etc etc avec des infrastructures correctes... on devrait faire de belles choses.
Ps. Jp je lis la fin plus tard là je taff :(
Ecrit par : toto | 13 juillet 2006
pour Toto, sans aucune idée de séduction, mon "petit truc sur les maths" n'est peut-être pas directement compréhensible sans une lecture préalable du bouquin de Le Bris ("Et vos enfants ne sauront pas lire ni compter"). Malgré cela, bien que cela ne colle pas du tout avec le thème de discussion proposé par JPB, je vous en envoie une petite partie :
LECON 3 : LE CALCUL
(Beaucoup moins de trucs à dire sur ce chapitre, du moins il me semble...)
D’abord, un très vieux souvenir d’enfance... Réactivé lors de ma « formation » plus ou moins sur le tas [en tant que « liste complémentaire », j’ai été balancée sur le terrain, à 18 ans après deux semaines de stage dans une école élémentaire où seule la directrice, chargée du CP, a accepté de me recevoir dans sa classe. Puis, pendant deux ans, j’ai envoyé un « devoir » par mois sur des sujets de pédagogie à l’un des trois IDEN (inspecteurs départementaux de l’éducation nationale) du sud du département, devoir qui était corrigé et annoté par cet IDEN et rendu par celui-ci lors d’un mercredi de formation où nous étions une vingtaine de « remplaçants ». Ce jour-là, nous assistions à une leçon-modèle donnée à sa classe par un maître d’application de notre secteur pendant une partie de la matinée, puis cette leçon était commentée par le conseiller pédagogique ou l’IDEN jusqu’à midi. L’après-midi était consacré à un cours de psychopédagogie, suivi d’un cours portant sur la législation du travail et l’administratif. Finalement, j’ai l’impression, confirmée par la lecture de votre chapitre sur la formation que vous avez reçue à l’Ecole Normale, que cette formation n’était pas si indigente que cela...
Revenons à ce vieux souvenir... Des Audrey, des Donovan, j’en avais rencontré dans mes classes, à l’école primaire. Ma copine d’enfance, qui faisait ses « cahiers de vacances » avec nous l’été, épuisait mon père (étant « prof de fac », il était commis d’office à la corvée des cahiers de vacances selon le bon principe « Qui peut le plus, peut le moins ») avec ses suggestions en forme de questions : « On fait « plus » ou on fait « moins » ? Je fais un « fois » ? »...
J’ai donc fait miennes les théories alors en vigueur dans le premier ERMEL, en ancienne « moyenne en calcul » de l’école primaire (Ah, ces rangées de peupliers au bord des routes ! Ces cyclistes qui croisaient des automobilistes, mais où, bon sang ! Ces livres rangés dans une bibliothèque que mon papa essayait de me faire toucher du doigt pour que je comprenne enfin ce qu’on attendait de moi – je ne comprenais pas d’ailleurs, nous nous énervions tous les deux, mon frère, qui est maintenant ingénieur, ricanait... – L’horreur !).
Alors, j’ai lu et relu ERMEL (la première édition), tout, même les commentaires destinés aux matheux, deux dont on vous disait qu’ils n’étaient pas destinés à des tâcherons dans notre genre. Et j’ai tout compris ! Je les ai suivis au pied de la lettre au CP et au CE1.
J’ai essayé de les suivre au CE2, CM1, CM2, mais là, ça n’a pas marché du tout. A la fin de l’année, mes CM2 n’avaient vu que la moitié des situations problèmes du bouquin, ils savaient faire des « arbres de choix » en base deux, base trois... mais ne savaient pas faire une division, n’avaient rien vu en géométrie (ce n’est pas prévu dans ERMEL), des tracteurs passaient dans les yeux de S quand je m’évertuais à lui expliquer les nombres décimaux à la sauce ERMEL.
Mais bon, « S, petit milieu, non francophone, la pauvre, elle avait des excuses » selon les bonnes théories communautaristes de nos libéraux – libertaires qui préparaient le terrain dans l’ombre... Mon sang de petite fille d’ouvrier imprimeur, de secrétaire, de petite couturière et d’immigré se sentait quand même un peu gêné aux entournures par ces théories qui n’auraient pas ouvert à mes parents, agrégés tous les deux, les portes de Normale Sup.
Ecrit par : catmano | 13 juillet 2006
Bon là encore une fois j'avions pas tout compris :(
surtout ça :
"Finalement, j’ai l’impression, confirmée par la lecture de votre chapitre sur la formation que vous avez reçue à l’Ecole Normale, que cette formation n’était pas si indigente que cela..." tu parles à qui là ?
Ecrit par : toto | 13 juillet 2006
toto, en ce qui me concerne , ma petite expérience de maman "instit" à la maison, me permet de vous suggérer de piocher dans Retz pour les maths surtout en CP c'est une bonne base,après on en rajoute en faisant appel à son bon sens... les vermicelles chiffres c'est pas mal non plus...sourire clin d'oeil...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
Pour Catmano…
Question séduction, je blaguais, œuf corse…
Pour en rajouter une louche à vos témoignages si instructifs… L'honorable (?) maire de Marseille a décidé, il y a deux ans déjà, de supprimer la crèche splendide qui était installée dans la Bourse de Marseille, parce qu'elle pouvait choquer les non-catholiques de sa bonne ville…
Et il ne pensait pas aux protestants, en disant cela…
Le non-catholique que je suis était charmé d'y retrouver des centaines de santons illustrant la vitalité populaire de toute la Provence — et c'est bien le sens profond des crèches, qu'elles soient provençales ou napolitaines. De la même manière, nombre d'établissements scolaires ont renoncé à tout arbre de Noël pour ne pas choquer etc. Qu'est-ce que c'est que ces pédagogues qui ne veulent même plus que les enfants croient au Père Noël ?
Si au passage un(e) lecteur /trice de ce blog a été témoin de situations témoignant du conformisme ccontemporain, particulièrement en matière de religion, dans un cadre scolaire, qu'il en fasse état, je me ferai une joie de les reprendre.
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006
Qu'on m'explique là! l'arbre de Noël n'a jamais eu de connotation religieuse à la base et le rapprochement entre le père Noël et Santa Klauss s'apparente à un cousinage au second degré... les arbres de Noël envahissent aujourd'hui la Chine et ne symbolisent plus aujourd'hui que l'esprit d'échange de cadeaux...Noël est devenue une fête populaire et l'occasion pour les familles de se réunir , je plains les fabricants de jouets si Noël ne devait plus être fêter que par ceux qui célèbrent la naissance du "sauveur"!
enfin, sa disparition des halls d'école est peut être les prémices d'une autre disparition ( et je suis sûre que ce serait à la plus grande joie des enfants), celle du poisson le vendredi à la cantine...juste pour le sourire
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
Pour Toto, je parle à Marc Le Bris, c'est un instit breton qui a écrit un bouquin, édité chez Stock qui d'intitule "Et vos enfants ne sauront pas lire ni compter" et qui est paru en 2004 je crois... En fait, les commentaires que je copie - colle dans ce blog depuis quelques jours sont tous extraits d'une "lettre" que je lui avais envoyée après la lecture de son livre toute à la joie de n' "être enfin plus seule" à trouver que les programmes de l'école primaire (maternelle + élémentaire) ne se contentaient plus de mettre la charrue avant les boeufs et se dirigeaient plutôt vers la charrue toute seule au milieu du champ et les foules en délire autour qui hurlaient : "Bah avance..."
Peut-être que mon "chapitre" sur les maths sera plus clair avec sa suite , mais je n'en suis plus vraiment sûre... Mais après il y a un "chapitre" sur la formation des instits qui lui, hélas, est d'une clarté limpide...
L’année suivante, j’en suis donc venue à « Math et Calcul » d’Eiller chez Hachette pour les CE1, CE2, CM1, CM2 ne gardant ERMEL que pour les CP. J’ai gardé ces ouvrages un bon moment (environ une dizaine d’années), insensible aux sirènes des différents conférenciers pédagogiques, mes élèves rentraient en 6° têtes de classe et le restaient le plus souvent pendant tout le collège. Je me rappelle la réflexion de ma fille après son bilan de maths d’entrée en 6°, en 1992 : « Tu te rends compte, maman, les autres ne savent pas ce c’est un rayon, un diamètre et un triangle isocèle... ».
Ensuite, ils ont sorti le nouvel ERMEL, l’ancien était bon à jeter aux cochons... Alors, j’ai lu les livres du maître, toujours pas de géométrie. Et je l’ai adopté sans aucun remords de conscience pour les CP et les CE1 dont j’avais la charge (entre temps, nous avions obtenu une troisième classe), d’autant plus que cette fois il y avait un fichier d’exercices... J’étais très fière de participer au grand élan de rénovation pédagogique, je me rappelle même avoir dit à mes collègues : « De la même façon que Foucambert rend les élèves « lecturisés » au lieu de simples alphabétisés, ERMEL fabrique de vrais « mathématisé » au lieu de simples « calculisés »... ». Ma collègue de cycle 3, elle, n’avait pas de manuels, elle piochait une séance à droite, une séance à gauche, par ci par là, au hasard de ses envies... En fait, sa théorie fondamentale, en matière de pédagogie, c’était : « Comme de toute façon, ils ne retiennent que la moitié du programme, moi je ne me casse pas le bol à tout faire, ils ont bien le temps de souffrir et d’entrer dans l’appareil de production... ».
Bon alors, ERMEL (2) ! Ca ne fonctionnait pas mal, avec les bons, surtout... Il faut dire que j’ai eu des élèves formidables, ces années-là. Motivés, intéressés, vifs, et que mes GS ressemblaient plus à des CP qu’à autre chose... Et puis j’avais une nouvelle collègue de cycle 3, PE sortante, ERMEListe convaincue, capable de bosser tous les soirs jusqu’à minuit pour préparer ses séquences et ses séances de maths, de français, de sciences, de gym, de tout, tout, tout... Elle y consacrait aussi presque l’intégralité de ses vacances scolaires...
Et puis, mauvaise « fournée »... Et là, patatras ! En fin de CE1, T et A n’avaient toujours pas compris le principe de la numération, A était même capable de poser 23 + 6 + 42 de la façon suivante : 23
+64
+2 ...
Et comme j’utilisais en parallèle « J’apprends les maths » de R. Brissiaud chez Retz, avec les bons (le fichier ERMEL avec des élèves rapides et bons lecteurs, il y en a environ pour jusqu’aux vacances de printemps), j’ai fini pas glisser doucement vers du tout « BRISSIAUD »...
Ecrit par : catmano | 13 juillet 2006
J’adhère complètement au contenu de la note “Pitié pour les filles”… Les réserves de Patricia Mesnigé se conçoivent : c’est la montée des intégrismes, pendant et réplique à la mondialisation libérale, qui constitue l’axe du (d’un) “mal”. Mais Brighelli a raison de souligner que dans les réponses à cette montée, la faillite de l’école est l’élément décisif dans les succès que les intégristes remportent chez les jeunes dans les quartiers.
Et malheureusement aux fausses valeurs de l’intégrisme plutôt que d’opposer la laïcité républicaine et les lumières, certains (beaucoup de nos politiques) croient que la marchandisation de la société, le consumérisme, la révolution des médias vont constituer l’impasse de l’intégrisme : NIKE contre le VOILE… À ce jeu, on risque d’avoir NIKE ET LE VOILE…
J’apprécie le style percutant de Brighelli. Il faut rentrer dans le chou (avec talent et objectivité) de tous les complices conscients ou inconscients des dérives intégristes. A bas l’angélisme !
R.F.
Ecrit par : Roger Felts | 13 juillet 2006
Jean-Paul, pensez vous que les "pédagogistes" seraient capables de poursuivent leur logique jusqu'au bout et de décréter que le samedi et le dimanche sont des jours comme les autres donc que l'école doit dispenser des cours ces jours là?
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
pousuivre pardon
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
Queue non ! En revanche, je les crois capables de proposer une suspension des cours le vendredi, pour plaire aux islamistes, et le samedi, pour complaire au BETAR.
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006
le we des trois jours mettrait tout le monde d'accord pour faire des recherches et trouver dans quelle religion le jeudi est le jour "saint"!....rires
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
"je parle à Marc Le Bris" ok merci, je suis encore un peu hs :(
J'adôôôrrre le petit Marc. Je lui ai donné un coup de main pour un problème de projecteur, lors d'une conférence à henry iv. Manque de pot j'ai pas pu assiter à son speech, j'étais allé pleurer tranquille dans les couloirs...
Moi je l'appel "le Punk de l'EN" j'adore son petit noeud papillon :)
JP je la connaissais pas "l'oeuf corse" ;) merci .
Ecrit par : toto | 13 juillet 2006
bref... j'ai émis des réserves quant à l'affirmation que la montée de l'intégrisme religieux soit imputable à la déficience de l'instruction car il me semble qu'il y a aussi une grande carence deu côté de l'éducation (domaine réservé logiquement aux parents) ... l'observation réduite de ma petite tribu et de leurs copains me permet de constater qu'un enfant privé de repère va les chercher par lui même, en particulier quand il atteint l'âge de l'adolescence...d'autant plus quand le monde qui s'ouvre à lui ne lui renvoie que des incertitudes...
ma prudence me pousse toujours à essayer de cerner au maximum les sujets qui entraînent polémique, celui de l'intégrisme religieux est tellement grave qu'on doit le traiter avec une grande vigilance et prendre en compte tous les aspects du problème sinon il n'y a pas d'"éradication" possible
...très extrême mon discours là...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
C'est quoi le BETAR ? De toute façon, le samedi est déjà presque totalement consacré au culte de la Saint Carrefour (Leclerc, Auchan, ce que vous voulez...). Je n'ai jamais compris l'acharnement des parents à vouloir absolument traîner leurs gosses dans les grandes surfaces... Absolument d'acccord, Nike ET le voile...
Ecrit par : catmano | 13 juillet 2006
Betar c'est l'équivalent islamiste des juifs.
ou genre l'opus dei des cathos ;)
pour l'éducation des enfants.
même si tu fais de gros efforts pour éduquer 'correctement' ton fisou... si celui ci n'est pas 'correctement' instruit, un jour il mettra un coup de boule à un de ses petits camarades de jeux ;) c'est comme ça...
quand tu n'as pas les mots, il te reste les "mains/poings"
Ecrit par : toto | 13 juillet 2006
Savez-vous que la maison NIKE vend des kippas juives avec sa célèbre virgule? Authentique, j'te jure, je l'ai vu de mes yeux. Attendons-nous donc à une collection de tchadors griffés et pour les Marseillaises la burkha Zidane.
Je ne me suis pas encore présentée mais ça va venir. En tout cas je suis une Brighellienne convaincue.
Ecrit par : Cunégonde | 13 juillet 2006
"Savez-vous que la maison NIKE..."
top cool, j'vais allé m'acheter une kippa NikeTM pour moi ce soir et "burkha Zizou" pour ma chérie d'amour :)
(TM trade mark :)
Ecrit par : toto | 13 juillet 2006
http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/entre_nous/les_forums/&action=view_sstheme&type=forum&valid=1&id_sstheme=52
mort de rire la charmeuse est prête à relever les manches...
Si laurent C est là... Bon courage ;)
Ecrit par : toto | 13 juillet 2006
Toto a quasi répondu sur le BETAR. Mais un coup d'œil sur Google vous en apprendra davantage.
Je suis laïque et républicain juqu'au bout des ongles. S'il me fallait revivre à une autre époque (vieux sujet de rédac que l'on ne donne plus guère, parce que l'on sait que les connaissances historiques des gosses ne sont plus à la hauteur de leurs rêves — et d'ailleurs, rêvent-ils encore aujourd'hui, sinon à donner des coups de tête ?), je rêverai du procope des années 1760, une parti d'échecs avec Philidor et le Neveu de Rameau, Diderot quelque part, Voltaire ou d'Alembert dans un coin. Les Lumières ! Les pédagogues ont mis un abat-jour, les fondamentalistes de tout poil tentent de couper le courant.
Ça y est, je suis à fond dans mon sujet…
JPB
PS. Vous êtes sûr, sur la kippa Nike ? Sûr que ce n'est pas un mythe urbain ?
Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006
Diderot, d’Alembert, que ne citez-vous des encyclopédistes honnis par les pédogaguesques ! ;)
Il n’y a que Rousseau qui trouve un peu de grâce. Ah, le Procope, mâtin, quel salon !
Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays qu'on
Enchaîne!…
Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux sur nos Plaines !…
Ah Druon, Ah Kessel, (Ah Saint-Ex)
Salut à toi Cunégonde
Ecrit par : D'Enguell | 13 juillet 2006
Pitié tout court!
http://www.lemonde.fr/mde/index.html
Chris
Ecrit par : chris | 13 juillet 2006
Pour la kippa Nike je viens confirmer les observations de Cunégonde, je l'ai vue aussi mais de là à affirmer que c'était une vraie de vraie, difficile , c'était peut-être une contre-façon, c'est très mode aussi...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
Pas trop cassant de faire un numéro d'été du Monde de l'Education. Vous prenez quelques textes connus des grands anciens, vous demandez à quelques "people" plus (Lockwood) ou moins (Bégaudeau) méritants d'y aller de leur couplet, et emballé c'est pesé !
Ah ! Cunégonde…
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006
"Ah ! Cunégonde…"
JP arrête de draguer sur ton blougs ;)))))
Ecrit par : toto | 13 juillet 2006
je rêverai du procope des années 1760, une parti d'échecs avec Philidor et le Neveu de Rameau, Diderot quelque part, Voltaire ou d'Alembert dans un coin. Les Lumières !
Oui personnellement j'en rêve aussi : nous y allons ensemble ??? (rires)
Petite invitation tiens donc ...
Ecrit par : Sandra WAGNER | 13 juillet 2006
Toto, t'es bête. D'abord, je n'ai jamais dragué personne de ma vie. Ensuite, "Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleurs, fraîche, grasse, appétissante…" Bref, il est permis d'aimer les êtres de papier, non ?
D'ailleurs, en est-il d'autres ?
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006
"Petite invitation tiens donc ..."
Sandra W, arrêtez donc de draguer sur mon blog !
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006
la canicule semble avoir des effets ...disons....euh...intéressants...
JP fait-il frais à l'ombre des oliviers?
qu'il est loin le débat...rires de 14 juillet
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006
Salut à Chris aussi (j’aurais pensé que les Bérurier noir avaient un petit air libertaire qui vous eût plu). Perseverare diabolicum.
“Salut à toi la vache qui rit”, cela fait moins de ravages que “Zizou il a tapé, coup d’boule, coupd’boule” non ?
Salut à Toto le ch’ti, c’est les filles qui draguent ce coup-ci !
Sale temps pour les moniteurs de voile.
Ecrit par : D'Enguell | 13 juillet 2006
Mais je ne vous drague pas voyons !!! On peut toujours demander non ??? (rires)
Ecrit par : Sandra WAGNER | 13 juillet 2006
Moi z’aussi je veux être un vrai social-machin qui lutte contre l’archaïsme et pour l’innovation, etc., bref pour respecter toutes les communautés et en finir avec toutes les discriminations : je propose l’obligation de changer les titres d’œuvres et les passages choquants des livres. Une loi sera votée (pas de referendum).
Pour arriver à ce but démocratique et citoyen, un groupe d’experts composé d’énarques et de grands journalistes (p. ex. Bernard Guetta, Alain Duhamel, Claire Chazal, Serge July) supervise déjà les travaux.
Les enseignants relaieront ce grand effort citoyen sous la houlette de la nouvelle commission Meirieu-Thélot. Des exemples sont disponibles dans le bref document d’accompagnement de 952 pages distribué dans tous les établissements :
L’Islamophobe au lieu du Cid ;
Le Senior et l’étendue d’eau salée ;
Yseut et Tristan ;
La Femme de Gatsby est magnifique ;
La Cantatrice victime d'alopécie ;
Le Malcomprenant ;
L’Amérindien et l’Afro-américain, etc.
Ces mesures de prévention montreront bien vite leur efficacité.
Ecrit par : Lariba | 13 juillet 2006
Moi z’aussi je veux être un vrai social-machin qui lutte contre l’archaïsme et pour l’innovation, etc., bref pour respecter toutes les communautés et en finir avec toutes les discriminations : je propose l’obligation de changer les titres d’œuvres et les passages choquants des livres. Une loi sera votée (pas de referendum).
Pour arriver à ce but démocratique et citoyen, un groupe d’experts composé d’énarques et de grands journalistes (p. ex. Bernard Guetta, Alain Duhamel, Claire Chazal, Serge July) supervise déjà les travaux.
Les enseignants relaieront ce grand effort citoyen sous la houlette de la nouvelle commission Meirieu-Thélot. Des exemples sont disponibles dans le bref document d’accompagnement de 952 pages distribué dans tous les établissements :
L’Islamophobe au lieu du Cid ;
Le Senior et l’étendue d’eau salée ;
Yseut et Tristan ;
La Femme de Gatsby est magnifique ;
La Cantatrice victime d'alopécie ;
Le Malcomprenant ;
L’Amérindien et l’Afro-américain, etc.
Ces mesures de prévention montreront bien vite leur efficacité.
Ecrit par : Lariba | 13 juillet 2006
"Il y avait en Westphalie..." c'est bien cette Cunégonde-là. Les 3 premiers chapitres de "Candide", si souvent expliqués aux élèves, sont un régal dont on ne se lasse pas et les apprenants de 3° adorent, oui, oui, ils rient et même ils comprennent!
Voilà un moment que je fréquente ce blog si vivant et les vacances me permettant d'y intervenir, je compte apporter des anecdotes et témoignages vrais, vécus qui parleront mieux que de longs discours.
Aujourd'hui 11h: le peintre débarque dans son beau 4x4 pour m'apporter son devis (d'ailleurs raisonnable); il me dit crouler sous le travail et j'admire des bagues et une gourmette qui ne sont pas en plaqué... Il parle aisément et agréablement.
14h: je rappelle le plombier dont j'attends le devis depuis 2 mois; il s'excuse: "trop de travail, on cherche du personnel qualifié mais on ne trouve pas ..."
16h :coup de fil d'une amie, violoniste de métier, la quarantaine passée, qui a tenté l'agrégation de lettres. Elle n'y croyait pas une minute; je lui avais pourtant dit qu'avec son bagage culturel, sa logique, sa plume impeccable, elle avait autant de chances que bien de pauvres étudiants pédagogisés; elle a travaillé dur et ... elle est reçue du premier coup!
Quant à la kippa Nike, je l'ai vue sur la tête d'un cardiologue juif qui n'est pas homme à acheter de la contrefaçon !
Que l'on conclue ce qu'on veut de ces historiettes.
Ecrit par : Cunégonde | 13 juillet 2006
Pardon d'avoir chrissé, euh… bissé mon envoi.
Bon 14 juillet à tous.
Mais bon, c’est peut-être trop archaïque et nationaliste comme fête…
Fêtons la sainte Ségolène vierge et abbesse :)
Ecrit par : Lariba | 13 juillet 2006
Historiettes exemplaires, que n'aurait pas désavouées Tallemant des Réaux… Le plombier sans personnel qualifié, j'ai parlé de lui dans une note il y a un mois ("le dit du tailleur de pierres) — enfin, si ce n'ts lui…
Quant aux propositions de Lariba, il faut les adopter, et vivement. J'attends les propositions complémentaires sur "la Vieille dame indigne" (le Quatrième âge mal embouché ?), "les Misérables" (les RMIstes), "Blanche neige et les sept nains" (La WASP et les sept mineurs de petite taille), "Dix petits nègres" (Dix petits hommes de couleur), la Putain respectueuse ("La petite vertu s'achète une conduite"), etc. Quant au cinéma, comment retitrer "l'Homme qui aimait les femmes" ("JPB, une biographie" ?) ou les Douze salopards (la Caillera a encore frappé) ?
Bonne nuit à tous.
JPB
Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006
Remercions les pseudos humanistes (c’est du moins comme ça qu’ils s’appellent ; si seulement ils savaient ce qu’était un humaniste…) qui sous couvert d’un excès d’altruisme et d’ouverture d’esprit ont permit de créer de toute pièce une situation à laquelle ils ont eux même du mal à répondre.
Remercions également nos amis psychologues et journalistes, qui contribuent fortement à la propagation de nombreuses formes d’obscurantisme – qui a dit désinformation ? –, qu’il soit religieux ou non.
Enfin, pour n’oublier personne, remercions nos chers « artistes » autoproclamés (ceux la même s’amusant à dire tout et n’importe quoi, soit dit en passant) qui ne peuvent que rappeler ce que l’Education Nationale fait avec « nos » enfants en les confinant dans l’ignorance et la médiocrité, en faisant passer leurs incompétences pour un bien.
Ecrit par : Estil | 13 juillet 2006
“L’Amérindien et l’Afro-américain, etc.”
Ecrit par : Lariba | 13 juillet 2006
Il y avait déjà bien eu une tentative dans les années 70 avec “Othello, le Maure de Venise” commué en “Mort à Venise”, mais comment va-t-on faire avec "L'esclave du batteur d'or" ?
Des propositions ?
Ecrit par : D'Enguell | 13 juillet 2006
je vois qu'on s'éclate :o))))))
"les Bérurier noir " j'ai vu le chanteur à técô de chez ouam il n'y a qq mois, on était dans le même bahu dans le année 80 :).
Il venait en teeshirt couvert de morceau de barbak :)
on a bien rigolé.
"D'abord, je n'ai jamais dragué personne de ma vie"
C'est c'la ouiiii. (ref:Le père noël est une ordure) .
Ecrit par : toto | 13 juillet 2006
Bonjour à tous,
J'ai une proposition à faire pour le voile... Si toutes les filles changeaient de sexe... Plus de problème de voile!!!
Bon, d'accord! C'est les mecs qui vont faire la gueule! ;)
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 13 juillet 2006
Pour Toto, pour connaître l' "oeuf corse", il faut avoir lu les San Antonio... Oh pardon, encore une allusion religieuse... Qui m'aidera à trouver un titre politiquement correct à cette série policière ?
A part ça, tu veux la fin du chapitre sur les maths ?
Il y a trois ans, ils ont changé l’édition CP (il y en a moins), puis, un an plus tard, l’édition CE1 (il y en a beaucoup moins) et, l’année dernière, l’édition CE2 (il y en a beaucoup, beaucoup moins)...
J’aimais bien le principe de l’ancienne édition : beaucoup de techniques de calcul mental, énormément de systématisation, des « petits encadrés jaunes » comme vous les aimez bien, un travail sur différentes unités pour structurer le nombre, des ateliers de résolution de problèmes avec des techniques de résolution à vérifier, des questions à trier (pertinentes ou non pertinentes), des séries de 6 à 8 problèmes « traditionnels »...
Ils ont gardé l’essentiel de leur méthode, mais ils ont allégé... Selon eux (préface du fichier élève CE1), ils ont mis l’accent sur une « meilleure prise en compte des difficultés d’apprentissage ». Ce qui a occasionné un report de la technique opératoire de l’addition en fin de CP (10 pages avant la fin du fichier), technique qui ne sera reprise au CE1 qu’après les vacances de Toussaint (p 56-57) et ré abordée au CE2 à la séquence 37, soit là aussi après les vacances de Toussaint...
Il en est de même pour les quatre opérations, reprises à zéro chaque nouvelle année scolaire...
Cette collection me semble pourtant présenter beaucoup d’avantages par rapport aux autres proposées par les différentes maisons d’édition : il travaille énormément sur la précision du vocabulaire mathématique, les opérations y sont appelées par leur nom, le travail sur les grandeurs, sur les unités y est fréquent, il y a des résumés structurant l’apprentissage des notions, l’apprentissage par cœur des tables de multiplication y est valorisé, la division euclidienne y est présentée dès le CE2 et on y apprend clairement à la poser (sans ces fichus tableaux de multiples, ni ces soustractions posées au milieu qui déroutaient tant mes CM des années 80/90). De plus, les élèves quittent le CE2 en connaissant l’existence des nombres décimaux et des fractions (quand même moins dans la nouvelle édition) et en sachant comparer les angles.
En revanche, ceux de la dernière édition n’ont plus le droit d’appeler un segment par son nom et doivent se contenter du mot « trait », de même que maintenant la droite s’appelle « ligne » (pourtant ils aimaient bien quand je traçais une portion de droite d’un bout à l’autre du tableau et que nous évoquions la suite de son tracé jusque là-bas, très loin, à l’infini...).
Si vous êtes encore là, que vous lisez toujours mon verbiage un peu logorrhéique et que vous connaissez une collection qui propose des manuels ou des fichiers CP ou CE1 que vous trouvez intéressants, je suis preneuse et mes élèves aussi... [Commentaire juillet 2006 : cette année et l’année dernière, mes CP et mes CE1ont fini leur fichier fin mai... Nous avons consacré le mois de juin et le début juillet à des approfondissements sur les techniques opératoires et la numération inutiles puisque l’année prochaine, jusqu’à Noël pour certaines, elles ne seront plus employées...]
Ecrit par : catmano | 14 juillet 2006
Je suis là aussi mais de quel manuel parlez-vous dans le dernier “post” ? Retz ?
Ecrit par : D'Enguell | 14 juillet 2006
“Le Journal officiel du 12 juillet publie le décret sur le socle commun. Conformément aux recommandations du HCE, le socle comporte 7 piliers. Le premier concerne "la maîtrise de la langue française" réduite à la lecture, l'apprentissage de l'orthographe et la grammaire, c'est-à-dire aux dictées et à la leçon de grammaire, des procédés dont la performance est contestée. Le pilier mathématique concerne les 4 opérations, le calcul mental, les théorèmes de la géométrie plane, les équations du premier degré. Le troisième pilier concerne "la culture humaniste" : "il s’agit de donner des repères solides. Ce qui suppose évidemment un apprentissage de la chronologie en histoire et de la cartographie en géographie". Viennent ensuite la langue étrangère, la maîtrise des TIC, des compétences civiques et sociales, enfin, à la demande du HCE, le développement de l'autonomie et l'initiative de l'élève. Le décret avait été rejeté par le CSE le 8 juin. “
Café Pédagogique
Ecrit par : D'Enguell | 14 juillet 2006
oui. Retz. "J'apprends les maths". Toutes mes excuses, je savais que ce n'était pas clair.
Vous voules le début du chapitre sur la formation des instits à travers les âges ?
LECON 4 : LA FORMATION
Je vous ai déjà parlé du succédané de formation que j’ai reçu pendant les années 1975/1976 et 1976/1977 ; à l’issue de ces deux ans, j’ai passé une épreuve écrite (certificat d’aptitude pédagogique) et une épreuve pratique en classe.
Au cours de ces deux ans, j’ai dû rendre une vingtaine de devoirs écrits, tous basés sur la psychopédagogie et/ou l’enseignement disciplinaire (il fallait généralement bâtir ce que l’on n’appelait pas encore une séance de français, de maths, d’éveil, d’EPS, de musique puis la commenter et l’argumenter). Certains de ces devoirs concernaient la maternelle et nous devions alors les envoyer à l’Inspectrice chargée des écoles maternelles (Nous, les vieilles badernes, nous avons remarqué à quel point les choses ont changé lorsque les IDEN spécialisées en maternelle ainsi que leurs conseillères pédagogiques ont disparu).
Comme je l’ai dit plus haut, ces devoirs étaient corrigés et annotés par les IDEN. Dès le premier devoir, on nous a « fermement enjoints » à surveiller à la fois notre écriture et notre orthographe, nous étions chargés d’enfants à former et il était proprement impensable que nous formions mal nos lettres. Si nous sentions que nous avions des lacunes, il fallait acheter un petit cahier d’écriture et faire des lignes jusqu’à acquérir une écriture régulière et conforme aux modèles proposés. Quant à l’orthographe, les quatre IDEN que nous avons rencontrés nous ont tous signalé qu’il était totalement inconcevable qu’il y ait des « fautes » dans nos copies de CAP.
En plus de ces journées de formation, dans les classes où nous effectuions nos remplacements (courts ou longs : la 3° année, juste avant ma « stagiarisation », j’ai eu un poste à l’année dans une classe unique (GS à CM2) de 22 élèves), nous recevions les visites fréquentes et impromptues (environ une par mois la première année) du conseiller pédagogique qui n’hésitait pas à nous donner des recettes, nous suggérer des lectures et prendre la classe à notre place.
Bien sûr, ce qu’ils (les IDEN et leurs conseillers) nous préconisaient, c’était ce qui était à la mode à l’époque : les maths modernes (ensembles, bases, additions à trous...), les activités d’éveil, la grammaire structurale et l’un des IDEN était déjà un farouche partisan de la lecture d’albums pour l’apprentissage de la lecture ; il m’avait d’ailleurs fait dire par son conseiller pédagogique que je ne devais pas passer l’épreuve pratique du CAP dans sa circonscription car ma méthode Freinet ne passerait pas. L’IDEN chargée des maternelles m’avait fait passer le même message car j’avais refusé devant sa conseillère pédagogique de frapper dans mes mains en chantant à des petits de 2/3 ans : « Pomme de reinette et pomme d’api, on va se mettre en rang ! » parce que je trouvais ça débile et que les enfants venaient très bien se ranger sans qu’on bêtifie devant eux.
J’ai donc passé mon épreuve pratique dans une troisième circonscription un après-midi de printemps à la fin de ma deuxième année dans le CM2 du directeur dont j’assurais la demi-décharge. Il avait bien sûr « briefé » ses élèves qui ont été impeccables (maintenant cette école est classée ZEP). Au fond de la classe, il y avait trois personnes : l’IDEN, son conseiller pédagogique et une directrice d’école. Je devais présenter trois séances : musique, français et EPS. A la suite de cette partie pratique, ils m’ont posé quelques questions sur ce que j’avais produit, puis une deuxième partie portant sur « l’administratif » (les congés, les registres obligatoires, etc.). Comme vous le soulignez fort justement, c’est mon savoir-faire d’artisan qu’ils jugeaient encore à cette époque : ils se sont assurés que je « tirais vers le haut » des élèves déjà réputés difficiles (même si on ne parlait pas encore de ZEP, la population qui entourait l’école était déjà repérée comme « à risques ») ; ils ont vérifié que je serais capable d’assumer une direction d’école (notre département rural possédait encore de très nombreuses classes uniques ne disposant même pas d’une ligne téléphonique, en revanche, en tant que service public, nous bénéficiions de la franchise postale), ils ont à nouveau vérifié que je maîtrisais les savoirs fondamentaux et les programmes de l’école primaire, niveau par niveau.
Ca, c’était la formation d’ « avant » (elle n’était déjà plus vraiment d’avant : ma mère a vécu l’Ecole Normale de 1946 à 1950 (pour être finalement proposée et reçue au concours de Normale Sup) m’a souvent raconté le contenu de ses cours de seconde, première et terminale avec cours de couture et d’écriture obligatoire en plus du programme de la classe de Sciences Expérimentales (notre D à nous, leur S bio à eux). Les connaissances qu’elle a en littérature lui suffiraient sans doute actuellement pour intégrer sans peine un niveau agrégation de lettres modernes... Elle m’a aussi raconté la directrice qui débarbouillait en public les élèves – institutrices qui avaient le malheur d’arriver légèrement maquillées (comme dans Diabolo Menthe, de D. Kurys) et qui jugeait inadmissible que les internes choisissent (je sais, il faudrait un imparfait du subjonctif, mais j’ai de la peine...) de passer chaque dimanche dans leurs familles.)
Ecrit par : catmano | 14 juillet 2006
Chère Catmano, "choisir" (ou finir) jouit des mêmes formes au présent et à l'imparfait du subjonctif, sauf à la troisième personne du singulier, œuf corse.
À ce propos… Frédéric Dard a expliqué que son héros s'appelait San Antonio non parce que l'homme de Padoue était son saint patron, mais par référence à la ville texane. Le responsable de ce blog ayant lu l'intégralité des San-A jusqu'en 1990 (mes préférés : "N'en jetez plus" et "la Vie privée de Walter Klozett"), il affirme sans crainte d'être démenti.
Ecrit par : brighelli | 14 juillet 2006
J'AVOUE (non ne me tapez pas) je n'ai pas tout lu San Antonio :( .
Moi celui que je préfère, c'est le Beru, son fidèle lieutenant .
bon j'ai pas trop le temps de tout lire :(, je fais les maths là.
a+
merci Cat Lariba Yvon Pat JP etc ... j'ai bien rigolé :)
Ecrit par : toto | 14 juillet 2006
à JPB, je comprends mieux pourquoi je n'arrivais pas à trouver un truc qui sonnait mieux que choisissent, merci...
La suite, sans fautes d'orthographe, j'espère ?
Pour la formation de « maintenant », j’ai hélas moi aussi de nombreux exemples de leur dégradation. Au hasard, petit florilège :
- F – DEUG de maths + Ecole Normale : « Dis, au fait, je voulais te demander, Louis XVI, ils l’ont guillotiné, mais Marie-Antoinette, ils en ont fait quoi ? »
- C – licence de ... + IUFM : affiche dans sa classe : Verbe être au présent : je suis – tu es – il est – nous sommes – vous êtEZ – ils sont.
- B – licence en Sciences de l’Education + IUFM : prépare tout elle-même, n’a aucun manuel, copie sur son ordinateur des livres entiers (des « J’aime Lire » de 40 pages pour les CM2), prépare ses « séquences d’observation réfléchie de la langue »à partir de ces bouquins et me montre une de ses œuvres : « Regarde, pour travailler le Passé Composé, qu’est-ce que tu en penses ? » Je lis un long texte où sont soulignés de nombreux verbes en deux parties... auxiliaire être au présent de l’indicatif... participe passé du verbe... « Bah oui, mais il y a un problème... » « Ah bon, oui, j’ai vu, il n’y a pas souvent l’auxiliaire avoir. » « Bien sûr, il est au passif ton texte, ce sont tous des verbes au présent passif. » « Au quoi ?... »
- C – liste complémentaire, larguée dans l’école pour remplacer un congé-maternité qui n’avait pas été prévu par l’administration (on se demande comment l’administration peut ne pas prévoir un congé-maternité) et – A – jeune PE - :
C : « Dis, Catherine, tu n’aurais pas du vinaigre chez toi ? (A l’époque, j’habitais au-dessus de l’école)
A : -Tu veux faire quoi avec du vinaigre ?
C : - Eh bien, dans « la main à la pâte », ils disent que si on met du vinaigre sur de la craie, ça mousse...
A : - Ah bon, pourquoi ? »
J’interviens, j’explique puis je conclus : « Mais, je te préviens, ça ne marchera pas.
A : -Ah bon, pourquoi ?
moi : - Parce que les craies que nous avons ne sont pas calcaires, c’est du plâtre.
A : - Et le plâtre, ça ne mousse pas ? »
B – encore elle – expose dans la salle polyvalente les panneaux que ses CE2-CM1-CM2ont préparés en une demi-journée après la visite de ruines romaines. Elle est très fière, d’autant que mes GS-CP-CE1 traînent lamentablement depuis trois semaines sur leurs panneaux de la classe de découverte : « Tu as vu, avec les miens, ça va beaucoup plus vite... » Ma collègue de maternelle et moi-même, un peu vexées, rétorquons : « Eh bien, tu vois, ça prouve au moins qu’on les a bien préparés, tes élèves.
- Oh non, ça n’a rien à voir ! » (Bon peut-être, mais sur les panneaux issus de ma classe, les textes étaient bien plus fournis et il n’y avait plus une seule faute d’orthographe... [Commentaire juillet 2006 : j’ai compris le pourquoi de cette réaction en lisant « Journal d’une institutrice clandestine » de R. Boutonnet]
Ecrit par : catmano | 14 juillet 2006
pour décônaré encore un petit peu...
"Quant à la kippa Nike, je l'ai vue sur la tête d'un cardiologue juif qui n'est pas homme à acheter de la contrefaçon !"
ya pa de chtites nezconomies ;)
Ecrit par : toto | 14 juillet 2006
"Dès le premier devoir, on nous a « fermement enjoints » à surveiller à la fois notre écriture et notre orthographe, nous étions chargés d’enfants à former et il était proprement impensable que nous formions mal nos lettres. Si nous sentions que nous avions des lacunes, il fallait acheter un petit cahier d’écriture et faire des lignes jusqu’à acquérir une écriture régulière et conforme aux modèles proposés."
ils étaient bien ces IDENs ...
terriblement effrayant ton dernier post (surtout -c-)
Ecrit par : toto | 14 juillet 2006
Jean-Paul, quelle honte ! vous lisez vraiment des romans qui font rire ?
Vous aggravez votre cas, pensez à la riposte ulcérée des Cahiers pédagogiques Ils ne pourront pas laisser passer ça !
C’est vrai que j’ai du mal à visualiser les militants pédagogistes en train de rigoler ou ayant un soupçon de sens de l’humour.
En tout cas j’aimerais bien voir et entendre Christophe Nick lisant les Prédictions de Nostrabérus devant une assemblée de stagiaires…
Ah ! les couvertures des vieux San Antonio au Fleuve noir !
Ecrit par : Lariba | 14 juillet 2006
Catmano votre témoignage ne m’étonne malheureusement pas.
Un autre cas lamentable : une institutrice qui a des CP est incapable de leur enseigner quoi que ce soit. « On s’amuse à se mettre sous les tables ou dessus » dixit une petite élève !
Et bien entendu, à propos des critiques qu’on veut lui faire, la madame est autoritariste sous son allure ostentatoirement « citoyenne ».
Pour la fête de l’école ses élèves devaient apprendre un peu de texte, mais comment faire quand les enfants ne savent pas lire ?
On fait comme à l’école coranique : du par cœur à haute voix, à l’unisson, pendant tout le temps qu’il faut ! Ça c’est de la « remédiation » !
Tout petit, très léger détail : la dame en question est formatrice à l’IUFM et comme on est dans une très grande ville cette « grande professionnelle » peut migrer de mutation en mutation afin d’empêcher que les familles la pendent au réverbère !
Ecrit par : Lariba | 14 juillet 2006
M. Brighelli,
je viens de lire avec étonnement votre texte.
Bien évidemment qu'il ne doit en aucun cas être possible d'afficher sa religion dans une école, bien évidemment que l'intégrisme, qu'il soit religieux, politique ou même laïque, ne cesse de progresser, avec l'obscurantisme et la violence qui l'accompagnent toujours.
Mais comment considérer que le port du voile est déjà un signe d'intégrisme, que tout voile est une violence faite aux femmes?
Vous êtes libres de penser que la religion est l'opium du peuple, tout comme les croyants sont libres de penser qu'elle est leur première liberté et leur première dignité.
Sachez, M. Brighelli, que, dans de nombreux pays, des femmes voilées étudient, travaillent, votent, sont élues, divorcent, obtiennnet la garde de leurs enfants...
Ecrit par : Christine | 14 juillet 2006
Chère Christine, vous feriez mieux d’apprendre l’essence même des mots que vous employez, ce serait peut être un pas vers ce que j’appellerais une susceptible réflexion.
Permettez moi, sans prétention aucune, de vous rappelez que nos amis terroristes, bien que persuadés d’être plus libre que la plupart des occidentaux, n’en sont pas moins esclaves de leur religion.
Amicalement…
Ecrit par : Estil | 14 juillet 2006
suite du témoignage :
Moi non plus, ça ne me fait pas rire quand je réalise que la plupart de ces jeunes collègues, remplies de bonne volonté, prêtes à se coucher à minuit tous les soirs pour « faire leurs fiches de prép’", auraient pu m’avoir comme instit depuis la section de petits...
Bien sûr, les humiliations subies par les élèves – institutrices qui étaient victimes de ces directrices – bonnes sœurs, humiliations qui pouvaient continuer ensuite sous la coupe de directrices ou directeurs d’école – maîtres après Dieu (j’en ai connu en début de carrière qui venaient intervenir dans nos classes pour nous mettre « plus bas que terre ») ou d’IDEN qui commençaient leur inspection l’oreille collée à la serrure, ces humiliations devaient être combattues. Mais cela nécessitait-il de jeter le bébé avec l’eau du bain ? Fallait-il tout démolir sans avoir la moindre idée de ce que l’on allait reconstruire à la place ?
Que leur enseigne-t-on, dans ces IUFM [commentaire juillet 2006 : maintenant que j’ai lu R. Boutonnet, je comprends mieux...] ? Comment s’y prennent-ils pour les déstabiliser à ce point ? Comment se fait-il que les nouveaux n’ont le plus souvent jamais entendu parler de Piaget, Freinet, Montessori, Decroly (je n’ai jamais osé tester Rousseau, Pestalozzi, Froebel, Montaigne ni F. Buisson ou Mmes Pape-Carpentier ou Kergomard...) ? Le seul avantage qu’ils ont sur nous, c’est qu’ils ne connaissent pas non plus « Libres enfants de Summerhill » ou « Une société sans école ».
Depuis l’histoire de Marie-Antoinette (c’était en 1989, bien sûr, car pour motiver nos petits apprenants, il faut coller à l’actualité), je pense que le report de recrutement des futurs instits a été une erreur et qu’il aurait bien mieux valu garder les Ecoles Normales qui auraient formé en deux ou trois ans de véritables spécialistes de la petite enfance et de l’enfance. Pourquoi obliger une personne qui se destine à tout enseigner aux enfants de 2 à 11 ans à se spécialiser pendant 2 à 5 ans dans une seule matière (la « sauveuse » de Marie-Antoinette avait un DEUG de mathématiques) ?
Ces Ecoles Normales auraient pu, bien mieux que l’université, mettre l’accent sur la croissance physiologique, psychologique et psychomotrice de l’enfant (je suis souvent étonnée par l’inculture de mes jeunes collègues de maternelle sur ces sujets). Elles auraient pu continuer à insister sur l’importance de l’orthographe, donner à leurs étudiants de solides connaissances historiques, géographiques et scientifiques, leur apprendre réellement leur métier.
Je suis sans doute naïve (ou j’ai bien trop peur de tomber dans une paranoïa galopante) mais j’ai encore de la peine à croire que tout ceci a été voulu, qu’il y a une réelle volonté de détruire l’enseignement élémentaire.
Mais comment ne pas y croire, comment ne pas voir quels avantages pourraient en tirer nos « Maîtres du Monde » ? Quel être humain, facile à manipuler, y compris contre lui-même, que celui qui sait tout juste déchiffrer son bulletin de salaire, qui n’a aucune connaissance littéraire ou historique, qui bien sûr se laisse entraîner dans toutes les querelles de clocher pour défendre sa petite communauté sans se rendre compte qu’il sert les intérêts des puissants en refusant de s’ouvrir au monde !
Bon, restons humbles et contentons-nous de balayer devant notre porte. Faisons nos excuses aux enfants des années 70 à 80 et promettons –leur d’essayer de faire mieux avec leurs enfants, ceux que nous accueillons aujourd’hui et ceux que nous accueillerons demain...
Ecrit par : catmano | 14 juillet 2006
Cher Estil, ces terroristes et intégristes ne sont pas esclaves de leur religion, mais du pouvoir. La religion n'est pour eux qu'un moyen d'exercer leur pouvoir sur les autres.
La religion devient leur instrument et leur esclave, pas l'inverse!
Ecrit par : Christine | 14 juillet 2006
Je me doutais bien que cela allait “dégénérer”.
Puisque la fiente de l’esprit ne déride pas, allez-vous me dire, chère Christine, avec quel discernement les peuples d’Iran ou de Palestine ont pu élire leurs nouveaux chefs ?
Comment considérer que tout travail de ch'ti n'enfant est une violence faite aux ch'ti n'enfants ?
Ecrit par : D'Enguell | 14 juillet 2006
"Pas trop cassant de faire un numéro d'été du Monde de l'Education. Vous prenez quelques textes connus des grands anciens, vous demandez à quelques "people" plus (Lockwood) ou moins (Bégaudeau) méritants d'y aller de leur couplet, et emballé c'est pesé !
Ah ! Cunégonde…
JPB"
Vous lisez Le Monde de l' Education(et en détails manifestement)? Vous me rassurez alors! Tout n' est peut être pas perdu...
Je ne vois plus mon ami EP depuis que je ne fais que quelques passages... Quelqu' un a des nouvelles?
Chris
Ecrit par : chris | 14 juillet 2006
"Vous aggravez votre cas"
w@@@@@@@@rrrrrrffffffffffff :o)))))
"Je me doutais bien que cela allait “dégénérer”. "
laisse la, elle parle toute seule ;)
!yo Chris, tu vas bien? moi je suis naze de naze :(
"et promettons –leur d’essayer de faire mieux avec leurs enfants, ceux que nous accueillons aujourd’hui et ceux que nous accueillerons demain..."
ils sont en train de le faire...
Ils sont enfin en train de se renseigner PAR EUX MêME.
Doucement, mais sûrement.
C'est pas beau ça ;)
Moi je suis hyper hypra content ;)
Ecrit par : toto | 14 juillet 2006
On voit que la plupart sont en vacances. (32 ° à l'ombre chez moi!) Toto, pour enrichir votre vocabulaire, si j'ose me permettre, lisez les contes d'Edgar Poe, ce sont des histoires assez courtes dans une langue admirable, puisque traduits par Baudelaire. Beru et son cerveau lentille, c'est pas mal non plus!
Pour monsieur Brighelli : une histoire autenthique. Dans une école privée catholique de Limoges, une enseignante avait demandé à ses élèves de CM2 d'apporter un petit tapis pour se mettre dans la posture des petits musulmans de la classe. Deux élèves n'ont pas obéi et ont été mis à la porte du cours : l'un en disant qu'étant catholique, il n'avait pas à le faire, l'autre, musulman, qu'il considérait que c'était une moquerie pour les musulmans.
L'expérience de Catmano est hélas bien symptomatique de la dégradation de la formation des enseignants depuis que les IUFM sévicent. On n'y enseigne plus rien de consistant.
Une pensée m'est venue : les instituteurs et les enseignants étaient comme de nos jours plus ou moins intelligents, plus ou moins passionnés par leur métier, mais ils avaient une formation tellement exigeante, tellement complète dans les écoles normales d'autrefois que la plupart dispensaient leurs connaissances, et les très bons passionnaient leurs élèves. Je me souviens toujours d'une maîtresse d'histoire disant d'un ton extraordinairement emphatique en parlant de Napoléon : "Mais...le colosse...a des pieds d'argile!" Nous étions fascinées.
Anne-Marie Valette.
Ecrit par : Anne-Marie Valette | 14 juillet 2006
Je suis d'humeur à faire un peu d'idéologie — le temps est lourd, et comme le vicomte, je suis à deux doigts de m'écrier : "Levez-vous, orages désirés…"
Donc…
"Cher Estil, ces terroristes et intégristes ne sont pas esclaves de leur religion, mais du pouvoir. La religion n'est pour eux qu'un moyen d'exercer leur pouvoir sur les autres"
écrit Christine.
Je n'en reviens pas. Comme s'il n'était pas évident, 230 ans après la fin de la parution de l'Encyclopédie et la mort de Diderot et de Voltaire, dont j'ai du mal à me remettre, que la religion est l'autre appellation du pouvoir. "Le sabre et le goupillon", disait-on — et on avait raison. Derrière tout saint François, il y a un saint Domnique. Derrière le devoir de charité, il y a l'inquisition.
Allez, une anecdote pour la route. Peu après l'Hégire, quand les Musulmans ont commencé à envahir le monde méditerranéen, un émir est arrivé avec ses troupes à Alexandrie et y a découvert la bibliothèque — reconstituée et agrandie après son incendie par les troupes romaines. Il a été ébloui — mais tout en prenant le temps de parcourir les rayonnages, il a envoyé un mot au calife (Omar, le successeur de Mahomet, qui au passage a récrit le Coran selon ses convictions). Et la réponse est arrivée, fulgurante : "Brûle tout. Soit ces livres disent la même chose que le Prophète, et nous n'en avons pas besoin. Soit ils l'infirment, et nous n'en avons pas besoin."
Les Arabes ont utilisé les précieux documents pour alimenter les chaudières des hammams de la ville. On a le nombre de hammmans, le temps qu'a duré l'holocauste (sept mois), on arrive à près de 70 millions de volumes — irrémédiablement perdus(1).
Bref, "Omar m'a tuer".
Rien de particulièrement anti-islamiste dans mon propos. Toutes les grandes religions ont brûlé les bibliothèques, parce que l'écrit a toujours été un contre-pouvoir, et que la religion est le pouvoir. Voir la façon dont Constantin s'est annexé le christianisme.
Et vous voudriez que j'aie le moindre respect pour ces massacreurs, de tous temps et de tous lieux ?
JPB
(1) Voir le remarquable ouvrage de Lucien X. Polastron, Livres en feu, "Histoire de la destruction sans fin des bibliothèques", Denoël, 2004.
Ecrit par : brighelli | 14 juillet 2006
"lisez les contes d'Edgar Poe"
plutôt
"relisez les contes d'Edgar Poe" parce que je les ai déjà lu, mais avec le cerveau à l'envers....
Ecrit par : toto | 14 juillet 2006
Bonjour M. Brighelli,
En matière de laïcité à l'école, nous sommes en retard par rapport à certains pays "musulmans". En Turquie, pays dirigé pourtant par des islamistes "modérés", les filles n'ont pas le droit de porter le foulard à l'université, alors qu'en France, les filles en ont tout à fait le droit. Dans mon ancienne fac, il était tout à fait fréquent de voir des filles recouvertes de la tête aux pieds.
Plus grave, il était aussi courant de voir des sectes comme les témoins de Jéhova ou d'autres faire du prosélytisme devant l'entrée de la fac.
J'ai de plus en plus l'impression qu'avec ce retour en force du religieux, dans sa forme la plus nocive, notre pays avance à reculons. Merci aux pédagogues-démocrates (soit-disant de gauche) d'avoir offert un boulevard à tous ces fondamentalismes. Combes, reviens, ils sont devenus fous à l'Ecole publique.
Ecrit par : Romain | 14 juillet 2006
“En Turquie, pays dirigé pourtant par des islamistes "modérés", les filles n'ont pas le droit de porter le foulard à l'université,”
Ecrit par : Romain | 14 juillet 2006
Certes Romain, mais pour combien de temps encore ?
C’est le même chantage qui se joue à l’entrée de nos classes qu’à l’entrée de l’Europe : j’enlève le voile mais je ne renonce pas à Chypre, j’enlève la casquette mais je garde le mp3. Quand je dis chantage, certains disent négociation. On peut éventuellement se demander qui.
Eh oui, savoir négocié, éducation négociée. La seule chose qu’il va falloir négocier, c’est le virage en douceur. Que la force (centripète) soit avec nous !
Ecrit par : D'Enguell | 14 juillet 2006
Très juste, Romain. Mais ce n'est pas à mettre au crédit des "islamistes modérés" (n'est-ce pas cela, une antiphrase ?), mais bien plutôt au compte de Mustapha Kemal "Ataturk", le Père de la Nation turque, qui dans les années 20, après les temps calamiteux des califats, a mis la Turquie sur orbite moderne.
Et là, je rejoins d'Enguell : un jeune Turc modern style avait plus d'audace que nos communautaristes modernes, de droite et de gauche. Mais c'est qu'il était intelligent, lui.
JPB
Ecrit par : brighelli | 14 juillet 2006
Le danger devient d'ailleurs encore plus grand si nos politiciens laissent des fous furieux comme Tariq Ramadan prôner des idées on ne peut plus radicales et islamistes....d'autant plus que sa grande force réside justement dans le fait de ne pas être de prime abord un intégriste caricatural, immédiatement repérable !
Si je ne m'abuse ces propos comme la suggestion d'un moratoire sur la lapidation des femmes avait provoqué de vives polémiques...
http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/mosquees/dossier.asp?ida=435767
Ecrit par : Sandra WAGNER | 14 juillet 2006
Rectification :
Si je ne m'abuse, Ses propos comme la suggestion d'un moratoire sur la lapidation des femmes avaiENt provoqué de vives polémiques...
Ecrit par : Sandra WAGNER | 14 juillet 2006
Mr Rade expose à Mr Patissot ces principes...
"Les dimanches d'un bourgeois de Paris" semblent encore bien d'actualité...
Mais il serait sans doute triop dangereux aujourd'hui d'étudier ces textes de Maupassant...des fois que cela donnerait des idées...
Merci JPB pour le rappel à mes vieux souvenirs (plus de 20 ans) d'une discussion animée dans l'un de vos cours...
Ah la mémoire... dîtes moi me joue-t-elle des tours?
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 juillet 2006
pardon, mon post concernait le fil de discussion "le noeud du problème" je me suis trompée de fil pour répondre je rectifie de ce pas
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 juillet 2006
Tout est très calme, ce matin. Oserais-je en profiter pour glisser un nouvel épisode de votre grand feuilleton de l'été ?
LA FORMATION CONTINUE
Chez nous, les animations pédagogiques (on ne dit plus conférence dans notre département depuis une bonne dizaine d’années), c’est encore plus folklorique que chez vous ! Cette année, nous n’avons pas encore reçu le planning que nous promet notre IDEN depuis la réunion des directeurs du 22 septembre (programmée puis déprogrammée deux fois)...
Nous savons déjà qu’elles seront assurées par nos conseillers pédagogiques ou des IMF, parce que c’est toujours comme ça, que Monsieur l’Inspecteur sera un « absent excusé » et que certaines seront obligatoires dont une au chef-lieu du département, à l’IUFM, à 9 h 00 (à 100 km de chez moi et à bien plus de 100 km pour les collègues du sud-est du département) et qu’elle portera sur les évaluations GS/CP...
Nous savons aussi que nous ne pourrons assister à certaines d’entre elles, même si elles répondent à un réel besoin de formation de notre part parce que nous sortons à 17 h et qu’elles ont lieu justement à 17 h à 40 km de chez nous. Quand nous avons protesté, on nous a répondu qu’il fallait s’accorder avec le plus grand nombre et que, oui en effet, nous n’avions que la possibilité de ne pas nous y inscrire... et tant pis pour nos élèves, ils passeront leur B2i quand notre village sera plus proche du chef-lieu de circonscription !
A la lecture de votre ouvrage, j’ai remarqué que vous ne parliez absolument pas des stages de formation continue... C’est dommage... Ca aussi, ça vaut son pesant de cacahuètes et ça permet de mieux comprendre l’angoisse des PE sortants.
De temps en temps, lorsque je ressens une certaine lassitude de la routine de l’école ou que j’en ai un peu assez de supporter l’une ou l’autre de mes jeunes collègues si sûres d’elles, je feuillette le programme des stages de formation continue (ça devient de plus en plus difficile, d’ailleurs, il est maintenant envoyé en deux fois et la plupart du temps, les stages sont réservés à l’avance à certaines catégories d’enseignants) [Commentaire juillet 2006 : depuis cette époque pas si lointaine, ça a encore empiré...].
Si vous tenez absolument à partir, choisissez les stages remplacés par des PE2 qui viendront forcément puisqu’en fait ils doivent faire leur stage en situation [Commentaire juillet 2006 : en 2006/2007, ce ne sera plus forcément vrai, ils ont trouvé un nouveau truc, les PE2 remplaceront les directeurs des écoles à quatre classes un jour par semaine pendant toute l’année scolaire, cela évitera de créer des postes de « décharge administrative »]. Les autres stages sont souvent annulés à la dernière minute, faute de remplaçants... En plus, si, comme moi, vous exercez très loin de l’IUFM, vous faites d’une pierre deux coups : premièrement vous bénéficiez de tous les avantages du stage de formation continue (j’y viens), deuxièmement vous mettez un petit grain de sable dans la machine en obligeant le prof d’IUFM chargé du suivi du jeune stagiaire à se coltiner 1 h 30 de route (3 h aller/retour) pour aller le visiter. Ca fait toujours plaisir, même si c’est assez mesquin.
Ecrit par : catmano | 15 juillet 2006
C'est vrai que je n'ai pas parlé des stages dans À bonne école (ni dans la Fabrique du crétin), mais c'est parce que je n'y connais rien : je suis allé une fois à un stage sur l'oral de français de Première, et j'ai dynamité les deux intervenants, qui connaissaient très approximativement la littérature française. Depuis, on ne m'invite plus.
Donc… Vos stages 1. vous apportent-ils quelque chose ? 2. sont-ils absolument obligatoires ? Que risque-t-on à se faire systématiquement porter pâle ?
Mes instits d'autrefois avaient-elles des stages, à la fin des années 50 ?
Au passage, puisque l'Etat cherche par tous les moyens à faire des économies, a-t-on calculé ce que coûtent ces stages ?
Il est, j'espère, clair pour tout le monde que la question des redoublements, par exemple, ne se posait pas dans les années 60 parce qu'on était en croissance forte. Les pédagogues n'ont commencé à interroger la légitimité pédagogique des redoublements qu'à partir de l'aube des années 80, quand la crise a donné un prix inacceptable (13 000 € par redoublant / année, aux dernières nouvelles) à cette deuxième chance qu'est le redoublement : le ministère a été fort aise (et il l'est toujours…) de voir ses soucis économiques légiimés par le discours des "sciences" de l'éducation. Et il n'y a pas d'autre légitimité forte à ce discours : le facteur économique est déterminant en dernière instance, comme disait Vladimir Oulianov.
JPB
Ecrit par : brighelli | 15 juillet 2006
pour JPB, en fait, je ne m'adressais pas à vous au sujet des stages, c'est toujours la suite des commentaires à Le Bris. A part ça d'accord avec vous, ces stages n'apportent pas grand chose et en tout cas pas ce qui compléterait les connaissances de l'intit de base, connaissances qu'il pourrait ensuite transmettre à ses élèves ou qui lui permettraient d'enrichir sa réflexion personnelle... En témoigne la suite de mon commentaire :
Venons-en à la durée et aux contenus de ces stages.
La durée, elle se réduit comme peau de chagrin, elle est passée progressivement de presque tout le troisième trimestre à deux semaines, si je me rappelle bien, l’année dernière.
Quant aux contenus, ils sont souvent très vagues : en fait, il semblerait qu’ils aient besoin de trouver du matériel humain (= des élèves) pour parfaire l’expérience de leurs poulains et qu’il s’agirait de sortir de leurs classes un nombre approprié de « vieilles barbes » pour quelque temps (de plus en plus court, les poulains seraient-ils de plus en plus expérimentés ?).
Pour ma part, j’ai participé à deux de ces stages ; le premier, cinq semaines en mai – juin 2000, avait pour intitulé : « Etude du milieu proche », le second, trois semaines en mai - juin 2002, « TICE et apprentissages disciplinaires ».
En feuilletant les notes que j’y avais prises, me reviennent en mémoire les efforts de ces malheureux professeurs d’IUFM pour nous convaincre, nous les vieux, de l’importance de leurs propos et comme ils nous trouvaient moins malléables que le public auquel ils étaient habitués (quand je vous dis qu’il y a peut-être une volonté de nous asservir...). Il faut dire que, dans notre département, les pelouses de l’ancienne Ecole Normale de garçons sont parfois très propices à la sieste au mois de juin et que nous, les vieux, on n’a aucun compte à leur rendre, aux profs d’IUFM...
Alors, les contenus... Bof...
J’ai appris de la prof de SVT au cours d’une rencontre avec un garde de l’ONF dans le Vercors que vouloir connaître le nom (français, pas latin) d’une plante, ça n’avait aucun intérêt car c’était de l’érudition (un gros mot, apparemment...). Je m’en fiche, le garde, aussi surpris que moi, me l’a dit quand même le nom : c’était de l’oxalis (en latin aussi), après je l’ai même appris à mon compagnon, mais lui, il a le droit de savoir, il n’est pas enseignant...
J’ai appris du prof d’Histoire – Géo (au milieu d’un tas de connaissances) que les photos des manuels de géographie n’étaient jamais intéressantes et qu’il fallait absolument avoir un rétroprojecteur, un scanner et une imprimante très performante (le projecteur à diapo, ce n’est pas bien non plus) pour faire des transparents qui seuls permettront aux enfants de pratiquer la lecture de paysages (après les actions de l’Ecole des Loisirs, sans doute un actionnaire de Canon ou de Microsoft...).
La prof de SVT (c’était elle la pire) m’a expliqué que je « me laissais mener par les objectifs de mes élèves » parce que je refusais de construire les séances 2, 3, 4, ... d’une séquence sur les fossiles tant que je n’aurais pas testé la première séance avec de vrais enfants en chair et en os. Ce qui m’a permis de comprendre pourquoi ma collègue de maternelle de l’année précédente était arrivée en septembre avec ses progressions prêtes jusqu’en juin, et pourquoi elle avait paru complètement interloquée lorsque je lui avais demandé comment elle faisait pour savoir à quelle vitesse les enfants allaient progresser... Et ce n’était pas la première à pratiquer ainsi : je ne sais pas si vous avez vu ce reportage diffusé sur France 3 intitulé je crois « Premières classes » où deux gentilles PE2 arrivent, l’une en maternelle de banlieue parisienne avec un magnifique projet « graines » et l’autre dans un CE1 avec un somptueux projet « La lettre » ? C’était pathétique. Si vous le désirez, je vous joins ce que j’avais noté à la suite de la diffusion de ce reportage...
Ecrit par : catmano | 15 juillet 2006
En fait, je ne mettais pas sur le compte des islamistes modérés l'interdiction du port du voile à l'université en Turquie. Je savais très bien que cela relevait d'Ataturk. Ce que je voulais suggérer, c'est le fait qu'en Turquie les islamistes ont du mal à abattre la laïcité, alors qu'en France, il y a un consensus politique clérical qui va de la droite ultralibérale à une partie de l'extrême-gauche qui veut rompre avec la laïcité selon le principe "tout ce qui est républicain est archaïque et réactionnaire". On comprend pourquoi des gens comme Tariq Ramadan et autres culs-bénits, ou encore les pédagogos sont favorables à la laïcité "ouverte".
Ecrit par : Romain | 15 juillet 2006
"(Omar, le successeur de Mahomet, qui au passage a récrit le Coran selon ses convictions).
JPB"
C' est un peu moins simpliste et réducteur que ça. Donc pour une information complête:
Mohammed ne savait ni lire ni écrire .Il n'a donc pas mis par écrit lui-même les révélations qu'il a reçues. Il avait confié cette besogne à des scribes (secrétaires). Selon la tradition, dès qu'une révélation était transmise à Mohammed, les scribes la notaient sur des morceaux de cuir, des tessons de poterie, des nervures médianes de palmes, des omoplates et des côtes de chameau. La tradition nous montre encore le Prophète dictant à des scribes des fragments révélés à l'instant même. On pense cependant que cette procédure ne fut pas appliquée dès le début. Au début, personne ne songea sur le moment à les retenir autrement qu'en sa mémoire.
Du vivant même du Prophète se sont constitués des petits recueils de sourate rangées par ordre de longueur décroissante. Ces recueils ont aujourd'hui disparu. Ce qui est sûr c'est que ces textes utilisaient une orthographe capricieuse et défective: une seule graphie pour "b", "t", "th", "n", "y", les points diacritiques n'existant pas encore à cette époque pour l'écriture arabe. Seule la récitation à haute voix permettait d'aboutir à un déchiffrement sûr.
Il semble que du vivant du Prophète, il y ait eu plusieurs compagnons du Prophète sachant le Coran par cœur, puisque la tradition parle de certains compagnons du Prophète venant trouver le prophète pour l'interroger sur la façon dont il convenait de réciter tel ou tel passage du Coran.
Mohammed n'a pas donné de version définitive ne varietur de la Révélation.
Mohammed meurt en 632. A cette date, comment se présentait le Coran ? Quelques très rares fidèles le savaient à peu près par cœur en entier. La plupart se bornaient à n'en retenir que des fragments plus ou moins longs. Les plus tièdes se contentent de quelques versets. Il y avait aussi des recueils de quelques sourates.
A la bataille de 'Aqrabâ livrée contre le faux prophète Musaylima (début 633), nombre de fidèles connaissant par cœur le Coran avaient trouvé la mort. Le futur calife 'Umar aurait alors compris qu'on risquait de voir retourner au néant à la fois les fragments non fixés par l'écriture et la caution que ces fidèles représentaient quant à la rectitude de la récitation du texte noté.
Le calife Abû Bakr demanda alors à un médinois d'une vingtaine d'années Zayd ben Thâbit de mettre le Coran par écrit. Zayd aurait donc recueilli, au prix de longs efforts, puis transcrit sur des feuilles, peut-être sur du parchemin, tous les textes déjà notés sur des pierres plates, des tessons, des omoplates de mouton ou de chameau. A ces textes, il a ajouté des fragments de la Révélation que seule la mémoire de certains fidèles possédait encore. Malheureusement, il ne reste plus aucune trace de ces feuillets (suhuf).
Ces feuillets constituaient la propriété personnelle d'Abû Bakr et de 'Umar, et non celle du calife, chef de la communauté. Dans l'esprit d'Abû Bakr et de 'Umar, il ne s'agissait pas d'imposer une Vulgate à l'ensemble des fidèles. Il sembla



