« Le nœud du problème | Page d'accueil | Blogosphere »

13 juillet 2006

Pitié pour les filles !

La nostalgie n’est plus ce qu’elle était.
Il fut un temps qui n’est pas si ancien — disons moins de trente ans — où aucune jeune Musulmane n’arrivait voilée à l’école — ni, d’ailleurs, dans la rue. Ni leurs mères : je me souviens encore de mon étonnement, petit garçon, de ces cheveux teints au henné, dans la cité HLM où nous cohabitions, à Marseille.
D’habitude, le sentiment religieux s’étiole. Ce fut ainsi le cas des immigrés italiens des années 1880-1920. Arrivés en masse du sud de la Botte pour remplacer au pied levé des ouvriers français travaillés par le syndicalisme et les revendications, ils furent stigmatisés — et pourchassés — pour leur refus de la solidarité prolétarienne, qui se fondait dans un catholicisme archaïque, et faisait des patrons les représentants terrestres du Père éternel. Mais leurs enfants prirent le vent, et leurs descendance — j’en suis — regardent désormais avec amusement les rites de l’église apostolique et romaine. Nous sommes allés vers la lumière, et c’est tant mieux…
Ainsi pensais-je, quand à l’automne 1989, trois mois après la promulgation des « lois Jospin » sur l’école, l’élève au centre et patati-patata, une première « affaire de voile », puis une autre, et encore une autre, agitèrent le landernau scolaire. L’enseignant que j’étais se rappelle sa stupeur devant les réactions gênées de certains collègues, et les atermoiements de l’administration. Tolérance ! clamaient les imbéciles. Liberté d’expression ! gueulaient les crétins.
Comment pouvait-on prendre ces ballons d’essai de l’obscurantisme religieux — ce que l’on a appelé le « foulardisme » — pour des manifestations de la liberté ? Un foulard bâillonne bien mieux qu’une poire d’angoisse, parce qu’il se donne à voir : ce n’est plus un individu, c’est toute une communauté qui est sommée ainsi de se plier à une règle inventée par les hommes pour soumettre les femmes. Opium du peuple, nous voilà !
Car la question est bien là. On sait de longue date — et bien avant Engels — que la femme est le prolétaire de l’homme. On sait aussi que, comme les prolétaires, elle s’est révoltée, qu’elle a conquis sa liberté — et ce n’est pas fini —, et qu’elle a revendiqué tous les droits à l’égalité.
À commencer par le droit à l’instruction. Ce ne fut pas si simple, et il ne faut pas avoir de l’école des « hussards noirs » une vue idyllique. Les petites filles ne furent scolarisées que lentement. Mais globalement, au lendemain de Grande Guerre, c’était acquis. La fin des corsets, et l’école publique. Deux victoires. Restait à conquérir le droit aux carrières — ce fut un combat plus long, mais victorieux tout de même. Et dans les années 1960-1970, les femmes reprirent possession de leur ventre…
L’obscurantisme auquel on a donné récemment droit de cité conteste, globalement, ces avancées successives du droit. La jeune fille est rappelée à ses destins prioritaires de vierge et d’épouse. L’épouse est rappelée à sa fonction unique de génitrice. Et des extrémistes à la barbe bien taillée parlent lapidation, sur des chaînes publiques…
Phénomène identitaire, nous dit-on. Mais de quelle identité parle-t-on ? N’aurait-on pas un peu sollicité cette identité factice ? On l’aurait recréée, nous dit-on, à partir d’un mythe moderne, arrivé de l’Iran khomeiniste, nourri d’extrémisme afghan ou algérien, abreuvé d’Intifada…
C’est possible. Mais l’Iran, c’est loin, le GIA est aujourd’hui défunt, des intifadas, il y en a eu quelques autres, avant la dernière, sans qu’elles provoquent une radicalisation des consciences…
Je crois qu’à la source du mythe, il y a la démission de l’Ecole de la République. L’extrémisme religieux — quel qu’il soit, et mon propos n’est pas de stigmatiser telle ou telle religion — s’est infiltré dans des cervelles adolescentes parce qu’on y avait laissé la place.

Comment des jeunes filles que j’avais connues vives, profondément impliquées dans le travail scolaire, parce qu’elles voyaient dans l’Ecole le moyen le plus sûr d’échapper aux contraintes familiales, ont-elles pu se laisser convaincre d’en revenir à la nuit ? Comment des enseignants ont-ils pu accepter, ne serait-ce qu’une fois, que l’obscurantisme frappe à la porte de leurs classes — et le faire entrer ? Comment des pédagogues ont-ils pu penser que la libre expression passait par le bâillon ?
Le rapport de la commission présidée par Jean-Pierre Obin (disponible sur http://lamaisondesenseignants.com/index.php?action=afficher&rub=5&id=1545) pointe du doigt une chronologie récente. Il décrit « la montée en puissance du phénomène religieux dans les quartiers, notamment chez les jeunes » et note que « le développement des signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les écoles et les établissements scolaires ne semble être que la conséquence, ou plutôt la partie scolairement visible d’une dynamique plus vaste, souvent récente, parfois brutale. » Les ghettos constitués dans la périphérie des grandes villes dans les années 1960 ont engendré ces ghettos scolaires rebaptisés ZEP — Zones d’Exclusion Programmée. Les ravages du chômage, dans des milieux socialement fragiles, ont eu aussi une conséquence singulière : la perte de prestige des pères, qui étaient en général de farouches défenseurs de l’école républicaine à laquelle, souvent, eux-mêmes n’avaient pas eu droit. À l’autorité vacillante de ces pères s’est substituée, à la fin des années 1980, celle des « grands frères », sollicités officiellement par une politique à courte vue, qui a cru acheter la paix sociale dans les ghettos au prix de quelques concessions : on a délibérément sacrifié l’autonomie et la liberté des jeunes filles, soudain soumises à la loi inique de grands adolescents en perte de pères et de repères — et, à en croire quelques spécialistes, hantés par l’incertitude sexuelle. « Certains quartiers, dit le rapport Obin, nous ont été décrits, par des chefs d’établissement et des élus, comme « tombés aux mains » des religieux et des associations qu’ils contrôlent. » Jean-Claude Michéa, dans l’Enseignement de l’ignorance, montre fort bien qu’on a laissé s’instaurer ainsi des zones de non-droit, pensant y cantonner la violence.
L’idée a fait long feu. Dans un monde médiatisé, l’image a transporté le modèle obscurantiste hors du ghetto. Les anciens quartiers où l’on avait pensé expérimenter, dans les années 1970, la mixité sociale et l’intégration ont vu peu à peu migrer ou disparaître toutes les associations, tous les particuliers qui ne se pliaient pas à la loi des petits voyous de l’intégrisme.
Que l’on me comprenne bien. Rien ne s’est fait par hasard, et là comme ailleurs, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Jean-Pierre Obin est fort clair. Cette situation « a aussi été le fruit de l’activisme de groupes religieux ou politico-religieux, ainsi que de l’action de certains bailleurs et de certaines municipalités, tous favorables, pour des raisons différentes, à une forme de séparation des populations. Ces politiques se sont également appuyées sur un courant de la sociologie ayant jusqu’à ces dernières années de solides relais chez les travailleurs sociaux, et favorable au « regroupement » des populations précaires. Ce que d’autres sociologues appellent aujourd’hui « l’ethnicisation » de la vie des adolescents, c’est-à-dire leur construction identitaire sur la base d’une origine reconstruite ou idéalisée, et dont nous mesurons parfois les effets destructeurs dans la vie scolaire, ne peut donc être conçu comme un phénomène isolé ou spontané, mais constitue l’un des fruits de ces évolutions, de ces politiques et de cette idéologie. »
Générosité, que de crimes on commet en ton nom !
À la stigmatisation dont certains jeunes se pensaient victimes, et qui est souvent évidente, s’est substituée une identité empruntée, quelques idées simples insérées dans des cervelles vides et avides de vérités élémentaires. L’Ecole avait failli à sa mission d’instruction publique, depuis qu’on lui avait donné la tâche d’éduquer — et il n’est pas vain de remarquer que plus on éduque au lieu d’instruire, moins on y parvient. L’accent mis, au niveau scolaire, sur la « citoyenneté », dernière tarte à la crème à la mode chez les pédagogues qui vivent loin du 9-3 ou de Marseille XIIIème arrondissement (inutile d’en rajouter, n’est-ce pas, sur ceux qui pourtant y habitent et ne veulent pas voir ce qui se trame dans la banlieue de Lille), a engendré plus de résistances à la laïcité et à la démocratie que les prêches des « barbus » rebaptisés « grands frères ».
D’où l’apparence d’un conflit de générations que signale le rapport Obin : « Des jeunes plus pieux et plus radicaux prennent le pouvoir, ou tentent de le prendre, au sein des associations cultuelles, ou encore créent leurs propres associations, bousculant des anciens plus modérés et soupçonnés d’être inféodés aux associations traditionnelles contrôlées par les pouvoirs politiques des pays d’origine. » Et de préciser : « Ces « grands frères » proposent avec succès aux jeunes issus de l’immigration une identité positive et universaliste « musulmane » se substituant aux identités, souvent perçues comme négatives, « immigrée » de leurs parents et « mal intégrée » de leur génération, victimes l’une et l’autre du stigmate raciste. Celui-ci est parfois rebaptisé « islamophobie », arme philosophiquement contestable lorsqu’elle est tournée vers l’enseignement et les professeurs, mais qui a l’avantage, par ailleurs, de pouvoir « souder » la nouvelle « communauté assiégée ». Beaucoup de jeunes découvrent la religion en dehors du milieu familial. « La religion telle qu’ils la vivent ne les rapproche pas de leurs parents, mais les en éloigne », constate dès 1994 Hanifa Chérifi. »

Les jeunes filles, les jeunes femmes, ont les premières fait les frais de ce grand « retour du religieux ».
Le rapport Obin énumère, avec une insistance où l’on sent poindre la fascination pour l’horreur, cette mise sous tutelle morale et physique.

« Partout le contrôle moral et la surveillance des hommes sur les femmes tendent à se renforcer et à prendre des proportions obsessionnelles. Il faut avoir vu ces femmes entièrement couvertes de noir, y compris les mains et les yeux, accompagnées d’un homme, souvent jeune, parfois un pliant à la main pour qu’elles n’aient pas à s’asseoir sur un endroit « impur », que plus personne ne semble remarquer tant elles font partie du paysage, et dont personne ne semble s’offusquer de la condition, pour saisir en un raccourci la formidable régression dont nous sommes les témoins. Encore ces « Belphégor », comme les appellent beaucoup d’acteurs, ne sont-elles pas les plus mal traitées, car il y a toutes ces mères qui ne viennent plus dans les écoles chercher leurs enfants, et qui sont contraintes de déléguer cette tâche à un aîné ou une voisine, car elles sont totalement recluses à leur domicile, parfois depuis des années. Alors que l’on observe de plus en plus souvent des fillettes voilées, les adolescentes font l’objet d’une surveillance rigoureuse, d’ailleurs exercée davantage par les garçons que par les parents. Un frère, même plus jeune, peut être à la fois surveillant et protecteur de ses sœurs. Ne pas avoir de frère peut rendre une jeune fille particulièrement vulnérable. À côté des fréquentations et des comportements, le vêtement est souvent l’objet de prescriptions rigoureuses : comme le maquillage, la jupe et la robe sont interdites, le pantalon est sombre, ample, style « jogging », la tunique doit descendre suffisamment bas pour masquer toute rondeur. Dans telle cité on nous dit que les filles doivent rester le week-end en pyjama afin de ne pouvoir ne serait-ce que sortir au pied de l’immeuble. Dans tel lycée elles enfilent leur manteau avant d’aller au tableau afin de n’éveiller aucune concupiscence. Presque partout la mixité est dénoncée, pourchassée et les lieux mixtes comme les cinémas, les centres sociaux et les équipements sportifs sont interdits. À plusieurs reprises on nous a parlé de la recrudescence des mariages traditionnels, « forcés » ou « arrangés », dès 14 ou 15 ans. Beaucoup de jeunes filles se plaignent de l’ordre moral imposé par les « grands frères », peu osent parler des punitions qui les menacent ou qu’on leur inflige en cas de transgression et qui peuvent revêtir les formes les plus brutales, celles qui émergent parfois à l’occasion d’un fait divers. Les violences à l’encontre des filles ne sont hélas pas nouvelles, ce qui l’est davantage est qu’elles puissent être commises de plus en plus ouvertement au nom de la religion. »

Et qu’elles soient tolérées par un corps enseignant aveugle ou complice. « Les manifestations d’appartenance religieuse, poursuit Jean-Pierre Obin, semblent être, à tous les niveaux du système, la classe, l’établissement, l’académie, l’objet d’une sorte de refoulement, ou de déni généralisé de la part de beaucoup de personnels et de responsables. »
Pourtant, les signes furent nombreux, et limpides. Refus de pratiquer le sport, refus d’assister à des cours (SVT, par exemple) où le « modèle » créationniste est ridiculisé par l’évolutionnisme, refus de dessiner la figure humaine — ou même, dit Jean-Pierre Obin, de tracer des figures géométriques susceptibles de rappeler la croix chrétienne. Obsession de la « pureté », méfiance envers la mixité…
Et quand des chefs d’établissement, à Vaulx-en-Velin ou ailleurs, acceptent de faire entrer dans l’école ces « Belphégors » cachées sous des burkas qui dissimulent complètement la personne ; quand les instructions officielles données — en 2006 — aux correcteurs des examens stipulent que « la loi sur le respect de la laïcité dans les écoles, collèges et lycées publics ne s’applique pas lors des examens », et que « les interrogateurs ne peuvent refuser d’évaluer un candidat porteur de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse » ; quand des garçons de maternelle refusent de se mettre en rang derrière les petites filles, ces créatures inférieures, forcément inférieures ; quand des cantines, pour éviter les problèmes, ne se fournissent plus qu’en viande hallal ; quand des maris prétendent, comme je l’ai vu, se tenir debout derrière leurs épouses pendant les épreuves, sous prétexte de contrôler leurs regards — alors, on se dit qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de l’Education.

La laïcité républicaine, telle qu’elle fut définie entre les lois Ferry et Combes, avait pour but de constituer une école en dehors du modèle religieux prédominant. Et, par là même, de donner des armes à une Troisième République encore fragile contre des extrémistes religieux alimentés par Pie X, qui foudroyait la « Gueuse » à grands coups d’encycliques. Le catholicisme fut bientôt cantonné, tout au moins au niveau éducatif, dans quelques régions limitrophes où les écoles religieuses l’emportaient encore sur la « Laïque ». Le mouvement d’expansion des idées de Condorcet semblait irrésistible…
C’était sans compter sur les nouveaux gourous de l’enseignement moderne, la « fin de l’Histoire » importée des USA, le mépris du modèle culturel français, l’élève « au centre du système » avec tous ses particularismes culturels, l’appel au communautarisme, et bientôt la discrimination positive, afin de compenser des inégalités accentuées par une politique forcenée d’« égalité des chances », ce qui dispense toujours de se poser le problème, autrement ardu à résoudre, de l’égalité des droits. C’était sans compter sur une politique aberrante de saupoudrage financier de diverses associations dont la finalité profonde n’était peut-être pas seulement l’aide aux devoirs du soir. C’était négliger le recrutement d’« emplois-jeunes » « au zèle prosélyte notoire », faisant çà et là de l’école le cheval de Troie de l’intégrisme — « pour acheter la paix sociale », dit Jean-Pierre Obin. Succès garanti : on a fait entrer le loup dans la bergerie.
Dans ces circonstances, on comprend mieux les « conseils » gentiment donnés aux enseignants. Ne pas étudier, par exemple, d’œuvre susceptible de faire dresser l’oreille aux nouveaux croyants — et les ignorants font des intégristes de premier choix. Exit Voltaire, cet abominable auteur de Mahomet, exeunt tous les philosophes du XVIIIe siècle. Eteignons les Lumières. Quel professeur de philosophie étudie encore les « preuves » de l’existence de Dieu ? Kant, Hegel et Feuerbach sont passés aux profits et pertes. Jean-Pierre Obin cite, dans le même ordre d’idées, Cyrano de Bergerac (?) et Madame Bovary : nous revoici au temps où le procureur Pinard demandait la tête de Flaubert, ou celle de Baudelaire : désormais, c’est la nôtre qui est sur le billot.

Car les violences physiques exercées sur les jeunes filles ont un pendant moins spectaculaire, mais tout aussi dégradant : la violence exercée sur des jeunes gens des deux sexes par une Education Nationale qui peu à peu renonce à les instruire. Il faut le dire clairement : la « tolérance », dans son expression la plus aboutie, ou la plus abrutie, lorsqu’elle tend à privilégier le « politiquement correct » aux dépens des savoirs, est une arme létale contre l’intelligence. Le « respect » sonne la fin de la liberté. Les émeutes de novembre 2005 n’avaient pas d’autre source : quand des enfants brûlaient des écoles, ils manifestaient leur haine pour des « lieux de vie » qui peu à peu cessent d’être les temples du Savoir et de la discipline.

Que faire ?
D’abord, je voudrais saluer ces associations féminines qui se battent sur le terrain, non sans risque. Et demander à toutes les organisations féminines, ou féministes, de les appuyer sans réserve. On en est loin, parce que des considérations politiciennes retiennent certains partis de s’engager dans la bataille pour la liberté. Si un parti, de gauche ou de droite, hésite à s’engager clairement en faveur de la laïcité stricte, c’est peut-être qu’il a derrière la tête des idées peu avouables. Ou qu’une cinquième colonne a déjà investi ses convictions. Quand je vois les tergiversations officielles devant les manifestations d’intégrisme, ou les précautions oratoires dans l’enseignement du fait religieux, je finis par me demander quels intérêts servent ces bonnes consciences.
Ensuite, il faut impérativement dissoudre le terreau des absolutismes religieux. La sectorisation, par exemple, en favorisant l’émergence des ZEP, l’exclusion programmée d’élèves regroupés par quartiers, livrés de fait aux manœuvres d’intimidation des extrémistes, favorise la ghettoïsation, ce repli cultuel qui se prétend culturel. Nous avons un excellent réseau de transports scolaires. Mettons-le au service de la diversité, afin de restaurer l’unicité culturelle.
Enfin, il faut redonner confiance et courage aux enseignants déstabilisés par des instructions officielles débilitantes. Qu’un professeur d’Histoire, il y a quelques années, ait pu être mis à pied par son Inspecteur d’Académie parce qu’il apprenait, conformément aux programmes, l’histoire de Mahomet à une classe de Cinquième, est proprement stupéfiant — et décourageant. La liberté d’expression a bon dos, quand en son nom on tolère ou que l’on encourage les dérives linguistiques les plus nocives. Et Barbara Lefèvre avait raison de souligner que, du barbarisme à la barbarie, il n’y a souvent qu’un pas.
Je pense souvent à ce qu’a été le calvaire du jeune Ilan Halimi, séquestré des jours durant dans une cave, torturé par des gosses en rupture d’école qui lui hurlaient, dans le jargon de la caillera, des phrases dont il ignorait le sens, tant la langue de la banlieue est retournée à la friche. On sait que « sale feuj ! » est devenu une injure courante — et c’est ce courant-là qui ne passe pas, pour moi ! La violence commence dans les mots, elle se continue dans les contraintes du corps, elle se perpétue dans le laisser-faire des uns et le repli identitaire des autres. L’un des grands mérites du rapport Obin est de faire la lumière sur cette violence-là, avant qu’elle ne dégénère et ne se généralise. Nous sommes aux portes de l’émeute, et nous l’avons bien cherché.

En 1783, un libertin notoire qui appartenait à la Franc-maçonnerie et serait bientôt membre du Club des Jacobins écrivait : « Ô femmes ! approchez et venez m’entendre… Venez apprendre comment, nées compagnes de l’homme, vous êtes devenues son esclave ; comment, tombées dans cet état abject, vous êtes parvenues à vous y plaire, à le regarder comme votre état naturel ; comment enfin, dégradées de plus en plus par une longue habitude de l’esclavage, vous en avez préféré les vices avilissants mais commodes aux vertus plus pénibles d’un être libre et responsable. » Deux cent trente ans plus tard, nous en sommes revenus au même point — et l’on voudrait nous faire croire que les jeunes filles qui caracolaient jadis si volontiers en tête de classe se sont voilées volontairement ? Et l’on voudrait nous faire accepter, au nom de je ne sais quelle tolérance dévoyée, que les écoles de la République cautionnent ce nouvel esclavagisme ? « Apprenez qu’on ne sort de l’esclavage que par une grande révolution », continuait Laclos — c’était donc lui — dans son discours.
Entre l’émeute et la révolution, l’une mortifère, et l’autre improbable, il est une voie étroite, malcommode et exigeante — la seule réaliste — qu’on appelle la laïcité. Il est temps de l’emprunter — et de ne pas la rendre.

Jean-Paul Brighelli

Cette note sera, sous une forme légèrement différente, dans l'édition du rapport Obin, à paraître aux Editions Max Milo en août prochain. Et elle constituera le cœur d'un chapitre de l'Ecole des barbares, à paraître aux Editions Gawsewitch prochainement.

Commentaires

à JPB. Vous dites dans le texte ci-dessus "on comprend mieux les « conseils » gentiment donnés aux enseignants. Ne pas étudier, par exemple, d’œuvre susceptible de faire dresser l’oreille aux nouveaux croyants — et les ignorants font des intégristes de premier choix."
Par ailleurs, vous dites dans "A bonne école", "Un instituteur enseigne des certitudes, un professeur enseigne des doutes." ou encore"l'école primaire est le temps des légendes (littéralement, "ce qui doit être lu"."
En tant qu'instit du primaire, rapportant des "certitudes" vécues et les rapportant sous forme de "légendes", voici ma contribution à ce post (toujours tirée de la longue lettre envoyée à M. Le Bris au début 2005):

BEAUMARCHAIS ET BRUCE WILLIS
(Dans le même genre que votre colloque sur la lecture)


Il y a deux semaines, j’avais encore choisi une animation pédagogique au nombre de kilomètres à parcourir (je n’aime pas perdre deux heures sur la route pour le simple plaisir de m’ennuyer pendant trois heures). Le thème en était « la littérature régionale aux cycles 2 et 3 ».
Petit tour de table pour commencer, que fait-on dans nos classes ? Un collègue demande si Pagnol peut être considéré comme un auteur régional (nous sommes à la limite de la Provence et du Dauphiné) car il fait étudier « La gloire de mon père » à ses CM2, j’annonce alors Giono avec « L’homme qui plantait des arbres » qui a passionné mes CE2, l’an dernier (mes CP / CE1 aussi quand nous avons visionné le superbe dessin animé qui reprend intégralement le texte de Giono dit par Philippe Noiret). L’animateur (l’instit chargé des langues et cultures régionales) hésite : « Oui, peut-être, Pagnol c’est bien, il ne faudrait pas que ce soit trop difficile. Giono, je n’y avais pas pensé, c’est sans doute très difficile, non ? » . Je me défends, j’argumente, il est sur la « liste des ouvrages recommandés au cycle 3 », le dessin animé commence par une carte stylisée qui a persuadé mes élèves que ça se passait près de chez eux ; oui, le vocabulaire est difficile, nous avons beaucoup expliqué. « Ah oui, alors comme ça, pourquoi pas, alors oui, Giono, pourquoi pas ? ». Visiblement, s’il connaît peut-être le livre, au moins de nom, il n’a jamais entendu parler du film pourtant produit dans notre département avec le soutien du Conseil Général et de l’ONF.
Ca continue, une collègue demande la même chose pour Daudet puis souligne les allusions à la religion qui lui posent problème en cette époque tellement "prétendument" laïque qu’il ne faudrait plus dire aux enfants que pendant des siècles l’Eglise n’était pas séparée de l’Etat (j’ai même un livre pour mes CE2 un livre d’histoire qui réussit à parler du Moyen Age sans parler des cathédrales...)... Encore là, le formateur hésite : « Ah oui, peut-être, si c’est religieux, il vaut mieux pas alors... » Un collègue et moi-même soulignons que dans certaines « Lettres de mon moulin », Daudet semble plutôt se moquer de prétendus religieux, nous citons « les trois messes basses », « L’élixir du révérend père Gaucher », « La mule du pape »... Aucun écho...
Le formateur a apporté quelques livres, essentiellement des contes écrits par des classes élémentaires et deux auteurs locaux qui ont publié leurs ouvrages à compte d’auteur. Il n’avait pas pensé à Pagnol, à Daudet, à Giono, il ne nous a pas non plus cité Mistral (j’avoue que je ne sais pas si c’est lisible en élémentaire) ni aucun autre félibre. La seule « œuvre » qu’il ait citée était les « Contes et légendes de Provence » mais pour signaler que ces contes étaient souvent « religieux » ainsi d’ailleurs que les « Noëls Provençaux » de Saboly qui du coup ne sont pas politiquement corrects en classe même en les resituant dans leur contexte.

Ecrit par : catmano | 13 juillet 2006

j'ai lu cette note avec attention et je pense qu'il est réducteur d'incriminer uniquement les défaillances du système éducatif dans ces montées d'extrémismes... La plus voyante est celle de l'Islam et il est effectivement révoltant de croiser de plus en plus de femmes comme on en croise quotidiennement dans les Émirats , complètement dissimulées sous de longs voiles noirs. Depuis 6/7 ans une mosquée est ouverte dans notre rue et je suis au première loge pour constater l'amplification du phénomène . Heureusement on échappe pour l'instant au tchador de cuir noir.
À côté de ce 'foulardisme' il ne faut pas non plus ignorer l'engouement pour toutes les autres formes de religion de plus en plus grande dans la population des jeunes mais aussi des moins jeunes. Le succès des "jmj ", l'attrait pour les religions venues d'orient et même certaines manifestations du mouvement gothique montre un retour au mysticisme de plus en plus grand. Illustration du malaise qui gagne les peuples en voie de paupérisation et dont nous sommes. Est-ce l'école l'unique responsable? non je ne crois pas et ce n'est pas non plus seulement le besoin de recoller à une identité. Il me semble que cela va bien au delà et qu'il se cache derrière un grand désespoir et paradoxalement un quête d'une certaine forme de pouvoir dans la démarcation.
Effectivement l'obscurantisme prend sa source dans l'ignorance mais ce qui est troublant dans ce phénomène du retour au religieux auquel on assiste c'est l'érudition de tous ces adeptes , qu'ils soient juifs, musulmans, catholiques, hindouistes ou autres , dans le domaine de la Loi qui régit leur religion respective.
Je dois reconnaitre que pour la femme de quarante ans que je suis, il est une grande interrogation: comment des femmes parfois fines lettrées peuvent-elles accepter de se cacher ainsi du monde de vivre recluse derrière leurs voiles? Car force est de constater, du moins en France que les plus fervents défenseurs du port du foulard sont des femmes. Je n'ai pas de réponse car cet acceptation de l'avilissement me dépasse mais dans leur cas il semble que ce ne soit pas le manque d'instruction qui a permis aux docteurs ès théologie de les manipuler et de leur faire subir un lavage de cerveau.
La montée des extrémismes est un phénomène sociologique qui dépasse les frontières de l'école.
"La deliquescence" de l'instruction n'est pas seule responsable mais est sans nulle doute un des facteurs qui renforcent le phénomène. Mais il me semble que l'étude de ce phénomène mérite davantage d'approfondissement.
par ailleurs, je suis entièrement d'accord sur la défense de la laïcité tant à l'école que dans tous autres lieux publics car c'est le fondement de notre pays et nous devons le défendre . au nom de la tolérance on a généré davantage d'intolérance et des restrictions de liberté. petite histoire pour illustrer mon propos:
il y a quelques jours,j'ai du être hospitalisée dans un hôpital public ,une grande journée, dans le service où j'étais , la collation qui nous a été servie ne comprenait aucune viande, juste du poisson et du fromage pour les protéines animales, il m'a été expliqué qu'ils avaient pris cette décision de ne plus servir de viande pour éviter tout problème ( sous entendu ne pas froisser ceux qui ne mange pas de porc ou de boeuf) . j'ai eu un instant l'envie de laisser sourdre mon esprit provacteur et de leur dire que j'étais "végétalienne"...

en médiatisant les affaires de foulard on a titiller "le diable", l'école n'a pas été assez vigilante et n'a pas su défendre son caractère laïque (pourquoi sur des photos de classe de quarante , cinquante et voire plus, certains élèves portent-ils un bijou avec une croix ou une médaille?)...


Par avance , je m'excuse auprès de Toto (clin d'oeil)si de nouveau je suis a côté de la plaque...( au fait Toto vous me dîtes qu'avec un enfant vous fatiguez grave alors je me permets un petit conseil malicieux , faîtes en un deuxième vous verrez ça va tout seul après...re clin d'oeil)

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

"aux premières loges"...pardon...et je ne corrige que celle là....décidément ce cadre m'agace de plus en plus...rageant , n'est ce pas Toto!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

Il est peut-être bon de rappeler à l'heure où le plus fameux touriste de l'île de Ré mais néanmoins psycho-rigide se pose en ultime rassembleur des valeurs de gauche (rigolez pas)que Jospin ne fut pas seulement le désastreux ministre de l'education dont la loi de 89 porte le nom, il fut aussi le même piteux ministre qui botta si courageusement en touche vers le Conseil d'Etat au moment de la première affaire de foulard.

Je cite :
Souvenez-vous : la brèche s'ouvre en France , à Creil (Oise), le 5 octobre 1989, avec la première affaire du " foulard ".

Après une vaine tentative de résistance du proviseur du lycée et l'exclusion temporaire des jeunes filles voilées de son établissement, l'affaire sera exploitée par les ligues " antiracistes " avant d'être étouffée par un arrêt du Conseil d'Etat, qui sanctionnera a posteriori le zèle laïque du proviseur du lycée de Creil en admettant le port du foulard dans les établissements scolaires sous prétexte qu'il faudrait distinguer les signes d'attachement à une religion (que l'on ne saurait interdire) des signes " ostentatoires " et " prosélytes " (qu'il faudrait continuer d'interdire).

Je me permets à cette occasion d'exprimer toute ma considération à l'égard de ce courageux proviseur qui ne reçut pour sa saine prise de position qu'avanies et calomnies.

Ecrit par : Guillaume | 13 juillet 2006

Après information, il semblerait que Chénière député UMP n'ait plus la même fibre républicaine que Chénière proviseur de Creil. Ma considération allait bien sûr au second.

Ecrit par : G | 13 juillet 2006

Cela ne change en rien mon plus profond mépris à l'égard de Jospin qui prend si souvent des airs de grand sage alors qu'il a pris pris tant de folles décisions durant son ministère.

Ecrit par : Guillaume | 13 juillet 2006

Bonjour fouroum
Bonjour Cat,
Bonjour Pat,
Keep cool JP je drague pô ;)

"ce cadre m'agace" Pour les textes longs "l'aperçu c'est bien" ;)

"si je suis à côté de la plaque" j'va rien dire là, dans la religion les "fadas" sont partout...
aussi bien ceux qui sont "correctement" formatés que les autres. L'âge ET la peur... ont bcp à voir....

Moi ma monomania c'est surtout la maternelle et la primaire...
Je crois que si l'on arrive à rendre les gamins HEUREUX d'aller en cours, sans le FAMEUX "mal au ventre"...

Il n'y aurra plus de délire de foulard, poisson, turban, préservatif à l'index, pornographe, monomaniaque etc etc etcetc etc etc etc etce tc
que des gens rigolos et heureux de l'être..
ce n'est que mon avis.

Je pense que planète alpha POUR les maternelles ET Léo&Léa pour CP ET erik orsenna(chanson douce) CP/CE1 + bescherelle Bled .... Bon j'ai pas encore trouvé la panacé pour les maths mais il y a de bonne choses ici est là..

Enfin bref avec des bonnes méthodes avec des profs pas stressés pas névrosés... => emploi du temps/horaire/nombre etc etc avec des infrastructures correctes... on devrait faire de belles choses.


Ps. Jp je lis la fin plus tard là je taff :(

Ecrit par : toto | 13 juillet 2006

pour Toto, sans aucune idée de séduction, mon "petit truc sur les maths" n'est peut-être pas directement compréhensible sans une lecture préalable du bouquin de Le Bris ("Et vos enfants ne sauront pas lire ni compter"). Malgré cela, bien que cela ne colle pas du tout avec le thème de discussion proposé par JPB, je vous en envoie une petite partie :

LECON 3 : LE CALCUL
(Beaucoup moins de trucs à dire sur ce chapitre, du moins il me semble...)

D’abord, un très vieux souvenir d’enfance... Réactivé lors de ma « formation » plus ou moins sur le tas [en tant que « liste complémentaire », j’ai été balancée sur le terrain, à 18 ans après deux semaines de stage dans une école élémentaire où seule la directrice, chargée du CP, a accepté de me recevoir dans sa classe. Puis, pendant deux ans, j’ai envoyé un « devoir » par mois sur des sujets de pédagogie à l’un des trois IDEN (inspecteurs départementaux de l’éducation nationale) du sud du département, devoir qui était corrigé et annoté par cet IDEN et rendu par celui-ci lors d’un mercredi de formation où nous étions une vingtaine de « remplaçants ». Ce jour-là, nous assistions à une leçon-modèle donnée à sa classe par un maître d’application de notre secteur pendant une partie de la matinée, puis cette leçon était commentée par le conseiller pédagogique ou l’IDEN jusqu’à midi. L’après-midi était consacré à un cours de psychopédagogie, suivi d’un cours portant sur la législation du travail et l’administratif. Finalement, j’ai l’impression, confirmée par la lecture de votre chapitre sur la formation que vous avez reçue à l’Ecole Normale, que cette formation n’était pas si indigente que cela...
Revenons à ce vieux souvenir... Des Audrey, des Donovan, j’en avais rencontré dans mes classes, à l’école primaire. Ma copine d’enfance, qui faisait ses « cahiers de vacances » avec nous l’été, épuisait mon père (étant « prof de fac », il était commis d’office à la corvée des cahiers de vacances selon le bon principe « Qui peut le plus, peut le moins ») avec ses suggestions en forme de questions : « On fait « plus » ou on fait « moins » ? Je fais un « fois » ? »...
J’ai donc fait miennes les théories alors en vigueur dans le premier ERMEL, en ancienne « moyenne en calcul » de l’école primaire (Ah, ces rangées de peupliers au bord des routes ! Ces cyclistes qui croisaient des automobilistes, mais où, bon sang ! Ces livres rangés dans une bibliothèque que mon papa essayait de me faire toucher du doigt pour que je comprenne enfin ce qu’on attendait de moi – je ne comprenais pas d’ailleurs, nous nous énervions tous les deux, mon frère, qui est maintenant ingénieur, ricanait... – L’horreur !).
Alors, j’ai lu et relu ERMEL (la première édition), tout, même les commentaires destinés aux matheux, deux dont on vous disait qu’ils n’étaient pas destinés à des tâcherons dans notre genre. Et j’ai tout compris ! Je les ai suivis au pied de la lettre au CP et au CE1.
J’ai essayé de les suivre au CE2, CM1, CM2, mais là, ça n’a pas marché du tout. A la fin de l’année, mes CM2 n’avaient vu que la moitié des situations problèmes du bouquin, ils savaient faire des « arbres de choix » en base deux, base trois... mais ne savaient pas faire une division, n’avaient rien vu en géométrie (ce n’est pas prévu dans ERMEL), des tracteurs passaient dans les yeux de S quand je m’évertuais à lui expliquer les nombres décimaux à la sauce ERMEL.
Mais bon, « S, petit milieu, non francophone, la pauvre, elle avait des excuses » selon les bonnes théories communautaristes de nos libéraux – libertaires qui préparaient le terrain dans l’ombre... Mon sang de petite fille d’ouvrier imprimeur, de secrétaire, de petite couturière et d’immigré se sentait quand même un peu gêné aux entournures par ces théories qui n’auraient pas ouvert à mes parents, agrégés tous les deux, les portes de Normale Sup.

Ecrit par : catmano | 13 juillet 2006

Bon là encore une fois j'avions pas tout compris :(
surtout ça :
"Finalement, j’ai l’impression, confirmée par la lecture de votre chapitre sur la formation que vous avez reçue à l’Ecole Normale, que cette formation n’était pas si indigente que cela..." tu parles à qui là ?

Ecrit par : toto | 13 juillet 2006

toto, en ce qui me concerne , ma petite expérience de maman "instit" à la maison, me permet de vous suggérer de piocher dans Retz pour les maths surtout en CP c'est une bonne base,après on en rajoute en faisant appel à son bon sens... les vermicelles chiffres c'est pas mal non plus...sourire clin d'oeil...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

Pour Catmano…
Question séduction, je blaguais, œuf corse…
Pour en rajouter une louche à vos témoignages si instructifs… L'honorable (?) maire de Marseille a décidé, il y a deux ans déjà, de supprimer la crèche splendide qui était installée dans la Bourse de Marseille, parce qu'elle pouvait choquer les non-catholiques de sa bonne ville…
Et il ne pensait pas aux protestants, en disant cela…
Le non-catholique que je suis était charmé d'y retrouver des centaines de santons illustrant la vitalité populaire de toute la Provence — et c'est bien le sens profond des crèches, qu'elles soient provençales ou napolitaines. De la même manière, nombre d'établissements scolaires ont renoncé à tout arbre de Noël pour ne pas choquer etc. Qu'est-ce que c'est que ces pédagogues qui ne veulent même plus que les enfants croient au Père Noël ?
Si au passage un(e) lecteur /trice de ce blog a été témoin de situations témoignant du conformisme ccontemporain, particulièrement en matière de religion, dans un cadre scolaire, qu'il en fasse état, je me ferai une joie de les reprendre.
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006

Qu'on m'explique là! l'arbre de Noël n'a jamais eu de connotation religieuse à la base et le rapprochement entre le père Noël et Santa Klauss s'apparente à un cousinage au second degré... les arbres de Noël envahissent aujourd'hui la Chine et ne symbolisent plus aujourd'hui que l'esprit d'échange de cadeaux...Noël est devenue une fête populaire et l'occasion pour les familles de se réunir , je plains les fabricants de jouets si Noël ne devait plus être fêter que par ceux qui célèbrent la naissance du "sauveur"!
enfin, sa disparition des halls d'école est peut être les prémices d'une autre disparition ( et je suis sûre que ce serait à la plus grande joie des enfants), celle du poisson le vendredi à la cantine...juste pour le sourire

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

Pour Toto, je parle à Marc Le Bris, c'est un instit breton qui a écrit un bouquin, édité chez Stock qui d'intitule "Et vos enfants ne sauront pas lire ni compter" et qui est paru en 2004 je crois... En fait, les commentaires que je copie - colle dans ce blog depuis quelques jours sont tous extraits d'une "lettre" que je lui avais envoyée après la lecture de son livre toute à la joie de n' "être enfin plus seule" à trouver que les programmes de l'école primaire (maternelle + élémentaire) ne se contentaient plus de mettre la charrue avant les boeufs et se dirigeaient plutôt vers la charrue toute seule au milieu du champ et les foules en délire autour qui hurlaient : "Bah avance..."
Peut-être que mon "chapitre" sur les maths sera plus clair avec sa suite , mais je n'en suis plus vraiment sûre... Mais après il y a un "chapitre" sur la formation des instits qui lui, hélas, est d'une clarté limpide...

L’année suivante, j’en suis donc venue à « Math et Calcul » d’Eiller chez Hachette pour les CE1, CE2, CM1, CM2 ne gardant ERMEL que pour les CP. J’ai gardé ces ouvrages un bon moment (environ une dizaine d’années), insensible aux sirènes des différents conférenciers pédagogiques, mes élèves rentraient en 6° têtes de classe et le restaient le plus souvent pendant tout le collège. Je me rappelle la réflexion de ma fille après son bilan de maths d’entrée en 6°, en 1992 : « Tu te rends compte, maman, les autres ne savent pas ce c’est un rayon, un diamètre et un triangle isocèle... ».
Ensuite, ils ont sorti le nouvel ERMEL, l’ancien était bon à jeter aux cochons... Alors, j’ai lu les livres du maître, toujours pas de géométrie. Et je l’ai adopté sans aucun remords de conscience pour les CP et les CE1 dont j’avais la charge (entre temps, nous avions obtenu une troisième classe), d’autant plus que cette fois il y avait un fichier d’exercices... J’étais très fière de participer au grand élan de rénovation pédagogique, je me rappelle même avoir dit à mes collègues : « De la même façon que Foucambert rend les élèves « lecturisés » au lieu de simples alphabétisés, ERMEL fabrique de vrais « mathématisé » au lieu de simples « calculisés »... ». Ma collègue de cycle 3, elle, n’avait pas de manuels, elle piochait une séance à droite, une séance à gauche, par ci par là, au hasard de ses envies... En fait, sa théorie fondamentale, en matière de pédagogie, c’était : « Comme de toute façon, ils ne retiennent que la moitié du programme, moi je ne me casse pas le bol à tout faire, ils ont bien le temps de souffrir et d’entrer dans l’appareil de production... ».
Bon alors, ERMEL (2) ! Ca ne fonctionnait pas mal, avec les bons, surtout... Il faut dire que j’ai eu des élèves formidables, ces années-là. Motivés, intéressés, vifs, et que mes GS ressemblaient plus à des CP qu’à autre chose... Et puis j’avais une nouvelle collègue de cycle 3, PE sortante, ERMEListe convaincue, capable de bosser tous les soirs jusqu’à minuit pour préparer ses séquences et ses séances de maths, de français, de sciences, de gym, de tout, tout, tout... Elle y consacrait aussi presque l’intégralité de ses vacances scolaires...
Et puis, mauvaise « fournée »... Et là, patatras ! En fin de CE1, T et A n’avaient toujours pas compris le principe de la numération, A était même capable de poser 23 + 6 + 42 de la façon suivante : 23
+64
+2 ...
Et comme j’utilisais en parallèle « J’apprends les maths » de R. Brissiaud chez Retz, avec les bons (le fichier ERMEL avec des élèves rapides et bons lecteurs, il y en a environ pour jusqu’aux vacances de printemps), j’ai fini pas glisser doucement vers du tout « BRISSIAUD »...

Ecrit par : catmano | 13 juillet 2006

J’adhère complètement au contenu de la note “Pitié pour les filles”… Les réserves de Patricia Mesnigé se conçoivent : c’est la montée des intégrismes, pendant et réplique à la mondialisation libérale, qui constitue l’axe du (d’un) “mal”. Mais Brighelli a raison de souligner que dans les réponses à cette montée, la faillite de l’école est l’élément décisif dans les succès que les intégristes remportent chez les jeunes dans les quartiers.
Et malheureusement aux fausses valeurs de l’intégrisme plutôt que d’opposer la laïcité républicaine et les lumières, certains (beaucoup de nos politiques) croient que la marchandisation de la société, le consumérisme, la révolution des médias vont constituer l’impasse de l’intégrisme : NIKE contre le VOILE… À ce jeu, on risque d’avoir NIKE ET LE VOILE…
J’apprécie le style percutant de Brighelli. Il faut rentrer dans le chou (avec talent et objectivité) de tous les complices conscients ou inconscients des dérives intégristes. A bas l’angélisme !
R.F.

Ecrit par : Roger Felts | 13 juillet 2006

Jean-Paul, pensez vous que les "pédagogistes" seraient capables de poursuivent leur logique jusqu'au bout et de décréter que le samedi et le dimanche sont des jours comme les autres donc que l'école doit dispenser des cours ces jours là?

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

pousuivre pardon

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

Queue non ! En revanche, je les crois capables de proposer une suspension des cours le vendredi, pour plaire aux islamistes, et le samedi, pour complaire au BETAR.
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006

le we des trois jours mettrait tout le monde d'accord pour faire des recherches et trouver dans quelle religion le jeudi est le jour "saint"!....rires

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

"je parle à Marc Le Bris" ok merci, je suis encore un peu hs :(

J'adôôôrrre le petit Marc. Je lui ai donné un coup de main pour un problème de projecteur, lors d'une conférence à henry iv. Manque de pot j'ai pas pu assiter à son speech, j'étais allé pleurer tranquille dans les couloirs...
Moi je l'appel "le Punk de l'EN" j'adore son petit noeud papillon :)

JP je la connaissais pas "l'oeuf corse" ;) merci .

Ecrit par : toto | 13 juillet 2006

bref... j'ai émis des réserves quant à l'affirmation que la montée de l'intégrisme religieux soit imputable à la déficience de l'instruction car il me semble qu'il y a aussi une grande carence deu côté de l'éducation (domaine réservé logiquement aux parents) ... l'observation réduite de ma petite tribu et de leurs copains me permet de constater qu'un enfant privé de repère va les chercher par lui même, en particulier quand il atteint l'âge de l'adolescence...d'autant plus quand le monde qui s'ouvre à lui ne lui renvoie que des incertitudes...
ma prudence me pousse toujours à essayer de cerner au maximum les sujets qui entraînent polémique, celui de l'intégrisme religieux est tellement grave qu'on doit le traiter avec une grande vigilance et prendre en compte tous les aspects du problème sinon il n'y a pas d'"éradication" possible
...très extrême mon discours là...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

C'est quoi le BETAR ? De toute façon, le samedi est déjà presque totalement consacré au culte de la Saint Carrefour (Leclerc, Auchan, ce que vous voulez...). Je n'ai jamais compris l'acharnement des parents à vouloir absolument traîner leurs gosses dans les grandes surfaces... Absolument d'acccord, Nike ET le voile...

Ecrit par : catmano | 13 juillet 2006

Betar c'est l'équivalent islamiste des juifs.
ou genre l'opus dei des cathos ;)

pour l'éducation des enfants.

même si tu fais de gros efforts pour éduquer 'correctement' ton fisou... si celui ci n'est pas 'correctement' instruit, un jour il mettra un coup de boule à un de ses petits camarades de jeux ;) c'est comme ça...
quand tu n'as pas les mots, il te reste les "mains/poings"

Ecrit par : toto | 13 juillet 2006

Savez-vous que la maison NIKE vend des kippas juives avec sa célèbre virgule? Authentique, j'te jure, je l'ai vu de mes yeux. Attendons-nous donc à une collection de tchadors griffés et pour les Marseillaises la burkha Zidane.
Je ne me suis pas encore présentée mais ça va venir. En tout cas je suis une Brighellienne convaincue.

Ecrit par : Cunégonde | 13 juillet 2006

"Savez-vous que la maison NIKE..."
top cool, j'vais allé m'acheter une kippa NikeTM pour moi ce soir et "burkha Zizou" pour ma chérie d'amour :)

(TM trade mark :)

Ecrit par : toto | 13 juillet 2006

http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/entre_nous/les_forums/&action=view_sstheme&type=forum&valid=1&id_sstheme=52


mort de rire la charmeuse est prête à relever les manches...

Si laurent C est là... Bon courage ;)

Ecrit par : toto | 13 juillet 2006

Toto a quasi répondu sur le BETAR. Mais un coup d'œil sur Google vous en apprendra davantage.
Je suis laïque et républicain juqu'au bout des ongles. S'il me fallait revivre à une autre époque (vieux sujet de rédac que l'on ne donne plus guère, parce que l'on sait que les connaissances historiques des gosses ne sont plus à la hauteur de leurs rêves — et d'ailleurs, rêvent-ils encore aujourd'hui, sinon à donner des coups de tête ?), je rêverai du procope des années 1760, une parti d'échecs avec Philidor et le Neveu de Rameau, Diderot quelque part, Voltaire ou d'Alembert dans un coin. Les Lumières ! Les pédagogues ont mis un abat-jour, les fondamentalistes de tout poil tentent de couper le courant.
Ça y est, je suis à fond dans mon sujet…
JPB
PS. Vous êtes sûr, sur la kippa Nike ? Sûr que ce n'est pas un mythe urbain ?

Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006

Diderot, d’Alembert, que ne citez-vous des encyclopédistes honnis par les pédogaguesques ! ;)
Il n’y a que Rousseau qui trouve un peu de grâce. Ah, le Procope, mâtin, quel salon !
Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays qu'on
Enchaîne!…
Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux sur nos Plaines !…
Ah Druon, Ah Kessel, (Ah Saint-Ex)
Salut à toi Cunégonde

Ecrit par : D'Enguell | 13 juillet 2006

Pitié tout court!

http://www.lemonde.fr/mde/index.html

Chris

Ecrit par : chris | 13 juillet 2006

Pour la kippa Nike je viens confirmer les observations de Cunégonde, je l'ai vue aussi mais de là à affirmer que c'était une vraie de vraie, difficile , c'était peut-être une contre-façon, c'est très mode aussi...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

Pas trop cassant de faire un numéro d'été du Monde de l'Education. Vous prenez quelques textes connus des grands anciens, vous demandez à quelques "people" plus (Lockwood) ou moins (Bégaudeau) méritants d'y aller de leur couplet, et emballé c'est pesé !

Ah ! Cunégonde…

JPB

Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006

"Ah ! Cunégonde…"

JP arrête de draguer sur ton blougs ;)))))

Ecrit par : toto | 13 juillet 2006

je rêverai du procope des années 1760, une parti d'échecs avec Philidor et le Neveu de Rameau, Diderot quelque part, Voltaire ou d'Alembert dans un coin. Les Lumières !

Oui personnellement j'en rêve aussi : nous y allons ensemble ??? (rires)

Petite invitation tiens donc ...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 13 juillet 2006

Toto, t'es bête. D'abord, je n'ai jamais dragué personne de ma vie. Ensuite, "Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleurs, fraîche, grasse, appétissante…" Bref, il est permis d'aimer les êtres de papier, non ?
D'ailleurs, en est-il d'autres ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006

"Petite invitation tiens donc ..."
Sandra W, arrêtez donc de draguer sur mon blog !
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006

la canicule semble avoir des effets ...disons....euh...intéressants...
JP fait-il frais à l'ombre des oliviers?

qu'il est loin le débat...rires de 14 juillet

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 13 juillet 2006

Salut à Chris aussi (j’aurais pensé que les Bérurier noir avaient un petit air libertaire qui vous eût plu). Perseverare diabolicum.
“Salut à toi la vache qui rit”, cela fait moins de ravages que “Zizou il a tapé, coup d’boule, coupd’boule” non ?
Salut à Toto le ch’ti, c’est les filles qui draguent ce coup-ci !
Sale temps pour les moniteurs de voile.

Ecrit par : D'Enguell | 13 juillet 2006

Mais je ne vous drague pas voyons !!! On peut toujours demander non ??? (rires)

Ecrit par : Sandra WAGNER | 13 juillet 2006

Moi z’aussi je veux être un vrai social-machin qui lutte contre l’archaïsme et pour l’innovation, etc., bref pour respecter toutes les communautés et en finir avec toutes les discriminations : je propose l’obligation de changer les titres d’œuvres et les passages choquants des livres. Une loi sera votée (pas de referendum).
Pour arriver à ce but démocratique et citoyen, un groupe d’experts composé d’énarques et de grands journalistes (p. ex. Bernard Guetta, Alain Duhamel, Claire Chazal, Serge July) supervise déjà les travaux.
Les enseignants relaieront ce grand effort citoyen sous la houlette de la nouvelle commission Meirieu-Thélot. Des exemples sont disponibles dans le bref document d’accompagnement de 952 pages distribué dans tous les établissements :
L’Islamophobe au lieu du Cid ;
Le Senior et l’étendue d’eau salée ;
Yseut et Tristan ;
La Femme de Gatsby est magnifique ;
La Cantatrice victime d'alopécie ;
Le Malcomprenant ;
L’Amérindien et l’Afro-américain, etc.

Ces mesures de prévention montreront bien vite leur efficacité.

Ecrit par : Lariba | 13 juillet 2006

Moi z’aussi je veux être un vrai social-machin qui lutte contre l’archaïsme et pour l’innovation, etc., bref pour respecter toutes les communautés et en finir avec toutes les discriminations : je propose l’obligation de changer les titres d’œuvres et les passages choquants des livres. Une loi sera votée (pas de referendum).
Pour arriver à ce but démocratique et citoyen, un groupe d’experts composé d’énarques et de grands journalistes (p. ex. Bernard Guetta, Alain Duhamel, Claire Chazal, Serge July) supervise déjà les travaux.
Les enseignants relaieront ce grand effort citoyen sous la houlette de la nouvelle commission Meirieu-Thélot. Des exemples sont disponibles dans le bref document d’accompagnement de 952 pages distribué dans tous les établissements :
L’Islamophobe au lieu du Cid ;
Le Senior et l’étendue d’eau salée ;
Yseut et Tristan ;
La Femme de Gatsby est magnifique ;
La Cantatrice victime d'alopécie ;
Le Malcomprenant ;
L’Amérindien et l’Afro-américain, etc.

Ces mesures de prévention montreront bien vite leur efficacité.

Ecrit par : Lariba | 13 juillet 2006

"Il y avait en Westphalie..." c'est bien cette Cunégonde-là. Les 3 premiers chapitres de "Candide", si souvent expliqués aux élèves, sont un régal dont on ne se lasse pas et les apprenants de 3° adorent, oui, oui, ils rient et même ils comprennent!
Voilà un moment que je fréquente ce blog si vivant et les vacances me permettant d'y intervenir, je compte apporter des anecdotes et témoignages vrais, vécus qui parleront mieux que de longs discours.
Aujourd'hui 11h: le peintre débarque dans son beau 4x4 pour m'apporter son devis (d'ailleurs raisonnable); il me dit crouler sous le travail et j'admire des bagues et une gourmette qui ne sont pas en plaqué... Il parle aisément et agréablement.
14h: je rappelle le plombier dont j'attends le devis depuis 2 mois; il s'excuse: "trop de travail, on cherche du personnel qualifié mais on ne trouve pas ..."
16h :coup de fil d'une amie, violoniste de métier, la quarantaine passée, qui a tenté l'agrégation de lettres. Elle n'y croyait pas une minute; je lui avais pourtant dit qu'avec son bagage culturel, sa logique, sa plume impeccable, elle avait autant de chances que bien de pauvres étudiants pédagogisés; elle a travaillé dur et ... elle est reçue du premier coup!
Quant à la kippa Nike, je l'ai vue sur la tête d'un cardiologue juif qui n'est pas homme à acheter de la contrefaçon !
Que l'on conclue ce qu'on veut de ces historiettes.

Ecrit par : Cunégonde | 13 juillet 2006

Pardon d'avoir chrissé, euh… bissé mon envoi.
Bon 14 juillet à tous.
Mais bon, c’est peut-être trop archaïque et nationaliste comme fête…
Fêtons la sainte Ségolène vierge et abbesse :)

Ecrit par : Lariba | 13 juillet 2006

Historiettes exemplaires, que n'aurait pas désavouées Tallemant des Réaux… Le plombier sans personnel qualifié, j'ai parlé de lui dans une note il y a un mois ("le dit du tailleur de pierres) — enfin, si ce n'ts lui…
Quant aux propositions de Lariba, il faut les adopter, et vivement. J'attends les propositions complémentaires sur "la Vieille dame indigne" (le Quatrième âge mal embouché ?), "les Misérables" (les RMIstes), "Blanche neige et les sept nains" (La WASP et les sept mineurs de petite taille), "Dix petits nègres" (Dix petits hommes de couleur), la Putain respectueuse ("La petite vertu s'achète une conduite"), etc. Quant au cinéma, comment retitrer "l'Homme qui aimait les femmes" ("JPB, une biographie" ?) ou les Douze salopards (la Caillera a encore frappé) ?
Bonne nuit à tous.
JPB

Ecrit par : brighelli | 13 juillet 2006

Remercions les pseudos humanistes (c’est du moins comme ça qu’ils s’appellent ; si seulement ils savaient ce qu’était un humaniste…) qui sous couvert d’un excès d’altruisme et d’ouverture d’esprit ont permit de créer de toute pièce une situation à laquelle ils ont eux même du mal à répondre.
Remercions également nos amis psychologues et journalistes, qui contribuent fortement à la propagation de nombreuses formes d’obscurantisme – qui a dit désinformation ? –, qu’il soit religieux ou non.
Enfin, pour n’oublier personne, remercions nos chers « artistes » autoproclamés (ceux la même s’amusant à dire tout et n’importe quoi, soit dit en passant) qui ne peuvent que rappeler ce que l’Education Nationale fait avec « nos » enfants en les confinant dans l’ignorance et la médiocrité, en faisant passer leurs incompétences pour un bien.

Ecrit par : Estil | 13 juillet 2006

“L’Amérindien et l’Afro-américain, etc.”
Ecrit par : Lariba | 13 juillet 2006

Il y avait déjà bien eu une tentative dans les années 70 avec “Othello, le Maure de Venise” commué en “Mort à Venise”, mais comment va-t-on faire avec "L'esclave du batteur d'or" ?
Des propositions ?

Ecrit par : D'Enguell | 13 juillet 2006

je vois qu'on s'éclate :o))))))

"les Bérurier noir " j'ai vu le chanteur à técô de chez ouam il n'y a qq mois, on était dans le même bahu dans le année 80 :).
Il venait en teeshirt couvert de morceau de barbak :)
on a bien rigolé.


"D'abord, je n'ai jamais dragué personne de ma vie"
C'est c'la ouiiii. (ref:Le père noël est une ordure) .

Ecrit par : toto | 13 juillet 2006

Bonjour à tous,
J'ai une proposition à faire pour le voile... Si toutes les filles changeaient de sexe... Plus de problème de voile!!!

Bon, d'accord! C'est les mecs qui vont faire la gueule! ;)

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 13 juillet 2006

Pour Toto, pour connaître l' "oeuf corse", il faut avoir lu les San Antonio... Oh pardon, encore une allusion religieuse... Qui m'aidera à trouver un titre politiquement correct à cette série policière ?
A part ça, tu veux la fin du chapitre sur les maths ?

Il y a trois ans, ils ont changé l’édition CP (il y en a moins), puis, un an plus tard, l’édition CE1 (il y en a beaucoup moins) et, l’année dernière, l’édition CE2 (il y en a beaucoup, beaucoup moins)...
J’aimais bien le principe de l’ancienne édition : beaucoup de techniques de calcul mental, énormément de systématisation, des « petits encadrés jaunes » comme vous les aimez bien, un travail sur différentes unités pour structurer le nombre, des ateliers de résolution de problèmes avec des techniques de résolution à vérifier, des questions à trier (pertinentes ou non pertinentes), des séries de 6 à 8 problèmes « traditionnels »...
Ils ont gardé l’essentiel de leur méthode, mais ils ont allégé... Selon eux (préface du fichier élève CE1), ils ont mis l’accent sur une « meilleure prise en compte des difficultés d’apprentissage ». Ce qui a occasionné un report de la technique opératoire de l’addition en fin de CP (10 pages avant la fin du fichier), technique qui ne sera reprise au CE1 qu’après les vacances de Toussaint (p 56-57) et ré abordée au CE2 à la séquence 37, soit là aussi après les vacances de Toussaint...
Il en est de même pour les quatre opérations, reprises à zéro chaque nouvelle année scolaire...
Cette collection me semble pourtant présenter beaucoup d’avantages par rapport aux autres proposées par les différentes maisons d’édition : il travaille énormément sur la précision du vocabulaire mathématique, les opérations y sont appelées par leur nom, le travail sur les grandeurs, sur les unités y est fréquent, il y a des résumés structurant l’apprentissage des notions, l’apprentissage par cœur des tables de multiplication y est valorisé, la division euclidienne y est présentée dès le CE2 et on y apprend clairement à la poser (sans ces fichus tableaux de multiples, ni ces soustractions posées au milieu qui déroutaient tant mes CM des années 80/90). De plus, les élèves quittent le CE2 en connaissant l’existence des nombres décimaux et des fractions (quand même moins dans la nouvelle édition) et en sachant comparer les angles.
En revanche, ceux de la dernière édition n’ont plus le droit d’appeler un segment par son nom et doivent se contenter du mot « trait », de même que maintenant la droite s’appelle « ligne » (pourtant ils aimaient bien quand je traçais une portion de droite d’un bout à l’autre du tableau et que nous évoquions la suite de son tracé jusque là-bas, très loin, à l’infini...).
Si vous êtes encore là, que vous lisez toujours mon verbiage un peu logorrhéique et que vous connaissez une collection qui propose des manuels ou des fichiers CP ou CE1 que vous trouvez intéressants, je suis preneuse et mes élèves aussi... [Commentaire juillet 2006 : cette année et l’année dernière, mes CP et mes CE1ont fini leur fichier fin mai... Nous avons consacré le mois de juin et le début juillet à des approfondissements sur les techniques opératoires et la numération inutiles puisque l’année prochaine, jusqu’à Noël pour certaines, elles ne seront plus employées...]

Ecrit par : catmano | 14 juillet 2006

Je suis là aussi mais de quel manuel parlez-vous dans le dernier “post” ? Retz ?

Ecrit par : D'Enguell | 14 juillet 2006

“Le Journal officiel du 12 juillet publie le décret sur le socle commun. Conformément aux recommandations du HCE, le socle comporte 7 piliers. Le premier concerne "la maîtrise de la langue française" réduite à la lecture, l'apprentissage de l'orthographe et la grammaire, c'est-à-dire aux dictées et à la leçon de grammaire, des procédés dont la performance est contestée. Le pilier mathématique concerne les 4 opérations, le calcul mental, les théorèmes de la géométrie plane, les équations du premier degré. Le troisième pilier concerne "la culture humaniste" : "il s’agit de donner des repères solides. Ce qui suppose évidemment un apprentissage de la chronologie en histoire et de la cartographie en géographie". Viennent ensuite la langue étrangère, la maîtrise des TIC, des compétences civiques et sociales, enfin, à la demande du HCE, le développement de l'autonomie et l'initiative de l'élève. Le décret avait été rejeté par le CSE le 8 juin. “
Café Pédagogique

Ecrit par : D'Enguell | 14 juillet 2006

oui. Retz. "J'apprends les maths". Toutes mes excuses, je savais que ce n'était pas clair.
Vous voules le début du chapitre sur la formation des instits à travers les âges ?

LECON 4 : LA FORMATION

Je vous ai déjà parlé du succédané de formation que j’ai reçu pendant les années 1975/1976 et 1976/1977 ; à l’issue de ces deux ans, j’ai passé une épreuve écrite (certificat d’aptitude pédagogique) et une épreuve pratique en classe.
Au cours de ces deux ans, j’ai dû rendre une vingtaine de devoirs écrits, tous basés sur la psychopédagogie et/ou l’enseignement disciplinaire (il fallait généralement bâtir ce que l’on n’appelait pas encore une séance de français, de maths, d’éveil, d’EPS, de musique puis la commenter et l’argumenter). Certains de ces devoirs concernaient la maternelle et nous devions alors les envoyer à l’Inspectrice chargée des écoles maternelles (Nous, les vieilles badernes, nous avons remarqué à quel point les choses ont changé lorsque les IDEN spécialisées en maternelle ainsi que leurs conseillères pédagogiques ont disparu).
Comme je l’ai dit plus haut, ces devoirs étaient corrigés et annotés par les IDEN. Dès le premier devoir, on nous a « fermement enjoints » à surveiller à la fois notre écriture et notre orthographe, nous étions chargés d’enfants à former et il était proprement impensable que nous formions mal nos lettres. Si nous sentions que nous avions des lacunes, il fallait acheter un petit cahier d’écriture et faire des lignes jusqu’à acquérir une écriture régulière et conforme aux modèles proposés. Quant à l’orthographe, les quatre IDEN que nous avons rencontrés nous ont tous signalé qu’il était totalement inconcevable qu’il y ait des « fautes » dans nos copies de CAP.
En plus de ces journées de formation, dans les classes où nous effectuions nos remplacements (courts ou longs : la 3° année, juste avant ma « stagiarisation », j’ai eu un poste à l’année dans une classe unique (GS à CM2) de 22 élèves), nous recevions les visites fréquentes et impromptues (environ une par mois la première année) du conseiller pédagogique qui n’hésitait pas à nous donner des recettes, nous suggérer des lectures et prendre la classe à notre place.
Bien sûr, ce qu’ils (les IDEN et leurs conseillers) nous préconisaient, c’était ce qui était à la mode à l’époque : les maths modernes (ensembles, bases, additions à trous...), les activités d’éveil, la grammaire structurale et l’un des IDEN était déjà un farouche partisan de la lecture d’albums pour l’apprentissage de la lecture ; il m’avait d’ailleurs fait dire par son conseiller pédagogique que je ne devais pas passer l’épreuve pratique du CAP dans sa circonscription car ma méthode Freinet ne passerait pas. L’IDEN chargée des maternelles m’avait fait passer le même message car j’avais refusé devant sa conseillère pédagogique de frapper dans mes mains en chantant à des petits de 2/3 ans : « Pomme de reinette et pomme d’api, on va se mettre en rang ! » parce que je trouvais ça débile et que les enfants venaient très bien se ranger sans qu’on bêtifie devant eux.
J’ai donc passé mon épreuve pratique dans une troisième circonscription un après-midi de printemps à la fin de ma deuxième année dans le CM2 du directeur dont j’assurais la demi-décharge. Il avait bien sûr « briefé » ses élèves qui ont été impeccables (maintenant cette école est classée ZEP). Au fond de la classe, il y avait trois personnes : l’IDEN, son conseiller pédagogique et une directrice d’école. Je devais présenter trois séances : musique, français et EPS. A la suite de cette partie pratique, ils m’ont posé quelques questions sur ce que j’avais produit, puis une deuxième partie portant sur « l’administratif » (les congés, les registres obligatoires, etc.). Comme vous le soulignez fort justement, c’est mon savoir-faire d’artisan qu’ils jugeaient encore à cette époque : ils se sont assurés que je « tirais vers le haut » des élèves déjà réputés difficiles (même si on ne parlait pas encore de ZEP, la population qui entourait l’école était déjà repérée comme « à risques ») ; ils ont vérifié que je serais capable d’assumer une direction d’école (notre département rural possédait encore de très nombreuses classes uniques ne disposant même pas d’une ligne téléphonique, en revanche, en tant que service public, nous bénéficiions de la franchise postale), ils ont à nouveau vérifié que je maîtrisais les savoirs fondamentaux et les programmes de l’école primaire, niveau par niveau.
Ca, c’était la formation d’ « avant » (elle n’était déjà plus vraiment d’avant : ma mère a vécu l’Ecole Normale de 1946 à 1950 (pour être finalement proposée et reçue au concours de Normale Sup) m’a souvent raconté le contenu de ses cours de seconde, première et terminale avec cours de couture et d’écriture obligatoire en plus du programme de la classe de Sciences Expérimentales (notre D à nous, leur S bio à eux). Les connaissances qu’elle a en littérature lui suffiraient sans doute actuellement pour intégrer sans peine un niveau agrégation de lettres modernes... Elle m’a aussi raconté la directrice qui débarbouillait en public les élèves – institutrices qui avaient le malheur d’arriver légèrement maquillées (comme dans Diabolo Menthe, de D. Kurys) et qui jugeait inadmissible que les internes choisissent (je sais, il faudrait un imparfait du subjonctif, mais j’ai de la peine...) de passer chaque dimanche dans leurs familles.)

Ecrit par : catmano | 14 juillet 2006

Chère Catmano, "choisir" (ou finir) jouit des mêmes formes au présent et à l'imparfait du subjonctif, sauf à la troisième personne du singulier, œuf corse.
À ce propos… Frédéric Dard a expliqué que son héros s'appelait San Antonio non parce que l'homme de Padoue était son saint patron, mais par référence à la ville texane. Le responsable de ce blog ayant lu l'intégralité des San-A jusqu'en 1990 (mes préférés : "N'en jetez plus" et "la Vie privée de Walter Klozett"), il affirme sans crainte d'être démenti.

Ecrit par : brighelli | 14 juillet 2006

J'AVOUE (non ne me tapez pas) je n'ai pas tout lu San Antonio :( .
Moi celui que je préfère, c'est le Beru, son fidèle lieutenant .
bon j'ai pas trop le temps de tout lire :(, je fais les maths là.
a+
merci Cat Lariba Yvon Pat JP etc ... j'ai bien rigolé :)

Ecrit par : toto | 14 juillet 2006

à JPB, je comprends mieux pourquoi je n'arrivais pas à trouver un truc qui sonnait mieux que choisissent, merci...
La suite, sans fautes d'orthographe, j'espère ?

Pour la formation de « maintenant », j’ai hélas moi aussi de nombreux exemples de leur dégradation. Au hasard, petit florilège :
- F – DEUG de maths + Ecole Normale : « Dis, au fait, je voulais te demander, Louis XVI, ils l’ont guillotiné, mais Marie-Antoinette, ils en ont fait quoi ? »

- C – licence de ... + IUFM : affiche dans sa classe : Verbe être au présent : je suis – tu es – il est – nous sommes – vous êtEZ – ils sont.

- B – licence en Sciences de l’Education + IUFM : prépare tout elle-même, n’a aucun manuel, copie sur son ordinateur des livres entiers (des « J’aime Lire » de 40 pages pour les CM2), prépare ses « séquences d’observation réfléchie de la langue »à partir de ces bouquins et me montre une de ses œuvres : « Regarde, pour travailler le Passé Composé, qu’est-ce que tu en penses ? » Je lis un long texte où sont soulignés de nombreux verbes en deux parties... auxiliaire être au présent de l’indicatif... participe passé du verbe... « Bah oui, mais il y a un problème... » « Ah bon, oui, j’ai vu, il n’y a pas souvent l’auxiliaire avoir. » « Bien sûr, il est au passif ton texte, ce sont tous des verbes au présent passif. » « Au quoi ?... »

- C – liste complémentaire, larguée dans l’école pour remplacer un congé-maternité qui n’avait pas été prévu par l’administration (on se demande comment l’administration peut ne pas prévoir un congé-maternité) et – A – jeune PE - :
C : « Dis, Catherine, tu n’aurais pas du vinaigre chez toi ? (A l’époque, j’habitais au-dessus de l’école)
A : -Tu veux faire quoi avec du vinaigre ?
C : - Eh bien, dans « la main à la pâte », ils disent que si on met du vinaigre sur de la craie, ça mousse...
A : - Ah bon, pourquoi ? »
J’interviens, j’explique puis je conclus : « Mais, je te préviens, ça ne marchera pas.
A : -Ah bon, pourquoi ?
moi : - Parce que les craies que nous avons ne sont pas calcaires, c’est du plâtre.
A : - Et le plâtre, ça ne mousse pas ? »

B – encore elle – expose dans la salle polyvalente les panneaux que ses CE2-CM1-CM2ont préparés en une demi-journée après la visite de ruines romaines. Elle est très fière, d’autant que mes GS-CP-CE1 traînent lamentablement depuis trois semaines sur leurs panneaux de la classe de découverte : « Tu as vu, avec les miens, ça va beaucoup plus vite... » Ma collègue de maternelle et moi-même, un peu vexées, rétorquons : « Eh bien, tu vois, ça prouve au moins qu’on les a bien préparés, tes élèves.
- Oh non, ça n’a rien à voir ! » (Bon peut-être, mais sur les panneaux issus de ma classe, les textes étaient bien plus fournis et il n’y avait plus une seule faute d’orthographe... [Commentaire juillet 2006 : j’ai compris le pourquoi de cette réaction en lisant « Journal d’une institutrice clandestine » de R. Boutonnet]

Ecrit par : catmano | 14 juillet 2006

pour décônaré encore un petit peu...
"Quant à la kippa Nike, je l'ai vue sur la tête d'un cardiologue juif qui n'est pas homme à acheter de la contrefaçon !"
ya pa de chtites nezconomies ;)

Ecrit par : toto | 14 juillet 2006

"Dès le premier devoir, on nous a « fermement enjoints » à surveiller à la fois notre écriture et notre orthographe, nous étions chargés d’enfants à former et il était proprement impensable que nous formions mal nos lettres. Si nous sentions que nous avions des lacunes, il fallait acheter un petit cahier d’écriture et faire des lignes jusqu’à acquérir une écriture régulière et conforme aux modèles proposés."

ils étaient bien ces IDENs ...

terriblement effrayant ton dernier post (surtout -c-)

Ecrit par : toto | 14 juillet 2006

Jean-Paul, quelle honte ! vous lisez vraiment des romans qui font rire ?
Vous aggravez votre cas, pensez à la riposte ulcérée des Cahiers pédagogiques Ils ne pourront pas laisser passer ça !
C’est vrai que j’ai du mal à visualiser les militants pédagogistes en train de rigoler ou ayant un soupçon de sens de l’humour.

En tout cas j’aimerais bien voir et entendre Christophe Nick lisant les Prédictions de Nostrabérus devant une assemblée de stagiaires…

Ah ! les couvertures des vieux San Antonio au Fleuve noir !

Ecrit par : Lariba | 14 juillet 2006

Catmano votre témoignage ne m’étonne malheureusement pas.

Un autre cas lamentable : une institutrice qui a des CP est incapable de leur enseigner quoi que ce soit. « On s’amuse à se mettre sous les tables ou dessus » dixit une petite élève !
Et bien entendu, à propos des critiques qu’on veut lui faire, la madame est autoritariste sous son allure ostentatoirement « citoyenne ».
Pour la fête de l’école ses élèves devaient apprendre un peu de texte, mais comment faire quand les enfants ne savent pas lire ?
On fait comme à l’école coranique : du par cœur à haute voix, à l’unisson, pendant tout le temps qu’il faut ! Ça c’est de la « remédiation » !

Tout petit, très léger détail : la dame en question est formatrice à l’IUFM et comme on est dans une très grande ville cette « grande professionnelle » peut migrer de mutation en mutation afin d’empêcher que les familles la pendent au réverbère !

Ecrit par : Lariba | 14 juillet 2006

M. Brighelli,
je viens de lire avec étonnement votre texte.

Bien évidemment qu'il ne doit en aucun cas être possible d'afficher sa religion dans une école, bien évidemment que l'intégrisme, qu'il soit religieux, politique ou même laïque, ne cesse de progresser, avec l'obscurantisme et la violence qui l'accompagnent toujours.

Mais comment considérer que le port du voile est déjà un signe d'intégrisme, que tout voile est une violence faite aux femmes?

Vous êtes libres de penser que la religion est l'opium du peuple, tout comme les croyants sont libres de penser qu'elle est leur première liberté et leur première dignité.

Sachez, M. Brighelli, que, dans de nombreux pays, des femmes voilées étudient, travaillent, votent, sont élues, divorcent, obtiennnet la garde de leurs enfants...

Ecrit par : Christine | 14 juillet 2006

Chère Christine, vous feriez mieux d’apprendre l’essence même des mots que vous employez, ce serait peut être un pas vers ce que j’appellerais une susceptible réflexion.
Permettez moi, sans prétention aucune, de vous rappelez que nos amis terroristes, bien que persuadés d’être plus libre que la plupart des occidentaux, n’en sont pas moins esclaves de leur religion.

Amicalement…

Ecrit par : Estil | 14 juillet 2006

suite du témoignage :
Moi non plus, ça ne me fait pas rire quand je réalise que la plupart de ces jeunes collègues, remplies de bonne volonté, prêtes à se coucher à minuit tous les soirs pour « faire leurs fiches de prép’", auraient pu m’avoir comme instit depuis la section de petits...
Bien sûr, les humiliations subies par les élèves – institutrices qui étaient victimes de ces directrices – bonnes sœurs, humiliations qui pouvaient continuer ensuite sous la coupe de directrices ou directeurs d’école – maîtres après Dieu (j’en ai connu en début de carrière qui venaient intervenir dans nos classes pour nous mettre « plus bas que terre ») ou d’IDEN qui commençaient leur inspection l’oreille collée à la serrure, ces humiliations devaient être combattues. Mais cela nécessitait-il de jeter le bébé avec l’eau du bain ? Fallait-il tout démolir sans avoir la moindre idée de ce que l’on allait reconstruire à la place ?
Que leur enseigne-t-on, dans ces IUFM [commentaire juillet 2006 : maintenant que j’ai lu R. Boutonnet, je comprends mieux...] ? Comment s’y prennent-ils pour les déstabiliser à ce point ? Comment se fait-il que les nouveaux n’ont le plus souvent jamais entendu parler de Piaget, Freinet, Montessori, Decroly (je n’ai jamais osé tester Rousseau, Pestalozzi, Froebel, Montaigne ni F. Buisson ou Mmes Pape-Carpentier ou Kergomard...) ? Le seul avantage qu’ils ont sur nous, c’est qu’ils ne connaissent pas non plus « Libres enfants de Summerhill » ou « Une société sans école ».

Depuis l’histoire de Marie-Antoinette (c’était en 1989, bien sûr, car pour motiver nos petits apprenants, il faut coller à l’actualité), je pense que le report de recrutement des futurs instits a été une erreur et qu’il aurait bien mieux valu garder les Ecoles Normales qui auraient formé en deux ou trois ans de véritables spécialistes de la petite enfance et de l’enfance. Pourquoi obliger une personne qui se destine à tout enseigner aux enfants de 2 à 11 ans à se spécialiser pendant 2 à 5 ans dans une seule matière (la « sauveuse » de Marie-Antoinette avait un DEUG de mathématiques) ?
Ces Ecoles Normales auraient pu, bien mieux que l’université, mettre l’accent sur la croissance physiologique, psychologique et psychomotrice de l’enfant (je suis souvent étonnée par l’inculture de mes jeunes collègues de maternelle sur ces sujets). Elles auraient pu continuer à insister sur l’importance de l’orthographe, donner à leurs étudiants de solides connaissances historiques, géographiques et scientifiques, leur apprendre réellement leur métier.
Je suis sans doute naïve (ou j’ai bien trop peur de tomber dans une paranoïa galopante) mais j’ai encore de la peine à croire que tout ceci a été voulu, qu’il y a une réelle volonté de détruire l’enseignement élémentaire.
Mais comment ne pas y croire, comment ne pas voir quels avantages pourraient en tirer nos « Maîtres du Monde » ? Quel être humain, facile à manipuler, y compris contre lui-même, que celui qui sait tout juste déchiffrer son bulletin de salaire, qui n’a aucune connaissance littéraire ou historique, qui bien sûr se laisse entraîner dans toutes les querelles de clocher pour défendre sa petite communauté sans se rendre compte qu’il sert les intérêts des puissants en refusant de s’ouvrir au monde !
Bon, restons humbles et contentons-nous de balayer devant notre porte. Faisons nos excuses aux enfants des années 70 à 80 et promettons –leur d’essayer de faire mieux avec leurs enfants, ceux que nous accueillons aujourd’hui et ceux que nous accueillerons demain...

Ecrit par : catmano | 14 juillet 2006

Cher Estil, ces terroristes et intégristes ne sont pas esclaves de leur religion, mais du pouvoir. La religion n'est pour eux qu'un moyen d'exercer leur pouvoir sur les autres.
La religion devient leur instrument et leur esclave, pas l'inverse!

Ecrit par : Christine | 14 juillet 2006

Je me doutais bien que cela allait “dégénérer”.
Puisque la fiente de l’esprit ne déride pas, allez-vous me dire, chère Christine, avec quel discernement les peuples d’Iran ou de Palestine ont pu élire leurs nouveaux chefs ?
Comment considérer que tout travail de ch'ti n'enfant est une violence faite aux ch'ti n'enfants ?

Ecrit par : D'Enguell | 14 juillet 2006

"Pas trop cassant de faire un numéro d'été du Monde de l'Education. Vous prenez quelques textes connus des grands anciens, vous demandez à quelques "people" plus (Lockwood) ou moins (Bégaudeau) méritants d'y aller de leur couplet, et emballé c'est pesé !

Ah ! Cunégonde…

JPB"

Vous lisez Le Monde de l' Education(et en détails manifestement)? Vous me rassurez alors! Tout n' est peut être pas perdu...

Je ne vois plus mon ami EP depuis que je ne fais que quelques passages... Quelqu' un a des nouvelles?

Chris

Ecrit par : chris | 14 juillet 2006

"Vous aggravez votre cas"
w@@@@@@@@rrrrrrffffffffffff :o)))))

"Je me doutais bien que cela allait “dégénérer”. "
laisse la, elle parle toute seule ;)

!yo Chris, tu vas bien? moi je suis naze de naze :(

"et promettons –leur d’essayer de faire mieux avec leurs enfants, ceux que nous accueillons aujourd’hui et ceux que nous accueillerons demain..."
ils sont en train de le faire...
Ils sont enfin en train de se renseigner PAR EUX MêME.
Doucement, mais sûrement.
C'est pas beau ça ;)
Moi je suis hyper hypra content ;)

Ecrit par : toto | 14 juillet 2006

On voit que la plupart sont en vacances. (32 ° à l'ombre chez moi!) Toto, pour enrichir votre vocabulaire, si j'ose me permettre, lisez les contes d'Edgar Poe, ce sont des histoires assez courtes dans une langue admirable, puisque traduits par Baudelaire. Beru et son cerveau lentille, c'est pas mal non plus!
Pour monsieur Brighelli : une histoire autenthique. Dans une école privée catholique de Limoges, une enseignante avait demandé à ses élèves de CM2 d'apporter un petit tapis pour se mettre dans la posture des petits musulmans de la classe. Deux élèves n'ont pas obéi et ont été mis à la porte du cours : l'un en disant qu'étant catholique, il n'avait pas à le faire, l'autre, musulman, qu'il considérait que c'était une moquerie pour les musulmans.
L'expérience de Catmano est hélas bien symptomatique de la dégradation de la formation des enseignants depuis que les IUFM sévicent. On n'y enseigne plus rien de consistant.
Une pensée m'est venue : les instituteurs et les enseignants étaient comme de nos jours plus ou moins intelligents, plus ou moins passionnés par leur métier, mais ils avaient une formation tellement exigeante, tellement complète dans les écoles normales d'autrefois que la plupart dispensaient leurs connaissances, et les très bons passionnaient leurs élèves. Je me souviens toujours d'une maîtresse d'histoire disant d'un ton extraordinairement emphatique en parlant de Napoléon : "Mais...le colosse...a des pieds d'argile!" Nous étions fascinées.
Anne-Marie Valette.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 14 juillet 2006

Je suis d'humeur à faire un peu d'idéologie — le temps est lourd, et comme le vicomte, je suis à deux doigts de m'écrier : "Levez-vous, orages désirés…"

Donc…

"Cher Estil, ces terroristes et intégristes ne sont pas esclaves de leur religion, mais du pouvoir. La religion n'est pour eux qu'un moyen d'exercer leur pouvoir sur les autres"

écrit Christine.

Je n'en reviens pas. Comme s'il n'était pas évident, 230 ans après la fin de la parution de l'Encyclopédie et la mort de Diderot et de Voltaire, dont j'ai du mal à me remettre, que la religion est l'autre appellation du pouvoir. "Le sabre et le goupillon", disait-on — et on avait raison. Derrière tout saint François, il y a un saint Domnique. Derrière le devoir de charité, il y a l'inquisition.

Allez, une anecdote pour la route. Peu après l'Hégire, quand les Musulmans ont commencé à envahir le monde méditerranéen, un émir est arrivé avec ses troupes à Alexandrie et y a découvert la bibliothèque — reconstituée et agrandie après son incendie par les troupes romaines. Il a été ébloui — mais tout en prenant le temps de parcourir les rayonnages, il a envoyé un mot au calife (Omar, le successeur de Mahomet, qui au passage a récrit le Coran selon ses convictions). Et la réponse est arrivée, fulgurante : "Brûle tout. Soit ces livres disent la même chose que le Prophète, et nous n'en avons pas besoin. Soit ils l'infirment, et nous n'en avons pas besoin."
Les Arabes ont utilisé les précieux documents pour alimenter les chaudières des hammams de la ville. On a le nombre de hammmans, le temps qu'a duré l'holocauste (sept mois), on arrive à près de 70 millions de volumes — irrémédiablement perdus(1).
Bref, "Omar m'a tuer".
Rien de particulièrement anti-islamiste dans mon propos. Toutes les grandes religions ont brûlé les bibliothèques, parce que l'écrit a toujours été un contre-pouvoir, et que la religion est le pouvoir. Voir la façon dont Constantin s'est annexé le christianisme.
Et vous voudriez que j'aie le moindre respect pour ces massacreurs, de tous temps et de tous lieux ?
JPB
(1) Voir le remarquable ouvrage de Lucien X. Polastron, Livres en feu, "Histoire de la destruction sans fin des bibliothèques", Denoël, 2004.

Ecrit par : brighelli | 14 juillet 2006

"lisez les contes d'Edgar Poe"
plutôt
"relisez les contes d'Edgar Poe" parce que je les ai déjà lu, mais avec le cerveau à l'envers....

Ecrit par : toto | 14 juillet 2006

Bonjour M. Brighelli,

En matière de laïcité à l'école, nous sommes en retard par rapport à certains pays "musulmans". En Turquie, pays dirigé pourtant par des islamistes "modérés", les filles n'ont pas le droit de porter le foulard à l'université, alors qu'en France, les filles en ont tout à fait le droit. Dans mon ancienne fac, il était tout à fait fréquent de voir des filles recouvertes de la tête aux pieds.

Plus grave, il était aussi courant de voir des sectes comme les témoins de Jéhova ou d'autres faire du prosélytisme devant l'entrée de la fac.

J'ai de plus en plus l'impression qu'avec ce retour en force du religieux, dans sa forme la plus nocive, notre pays avance à reculons. Merci aux pédagogues-démocrates (soit-disant de gauche) d'avoir offert un boulevard à tous ces fondamentalismes. Combes, reviens, ils sont devenus fous à l'Ecole publique.

Ecrit par : Romain | 14 juillet 2006

“En Turquie, pays dirigé pourtant par des islamistes "modérés", les filles n'ont pas le droit de porter le foulard à l'université,”
Ecrit par : Romain | 14 juillet 2006

Certes Romain, mais pour combien de temps encore ?
C’est le même chantage qui se joue à l’entrée de nos classes qu’à l’entrée de l’Europe : j’enlève le voile mais je ne renonce pas à Chypre, j’enlève la casquette mais je garde le mp3. Quand je dis chantage, certains disent négociation. On peut éventuellement se demander qui.
Eh oui, savoir négocié, éducation négociée. La seule chose qu’il va falloir négocier, c’est le virage en douceur. Que la force (centripète) soit avec nous !

Ecrit par : D'Enguell | 14 juillet 2006

Très juste, Romain. Mais ce n'est pas à mettre au crédit des "islamistes modérés" (n'est-ce pas cela, une antiphrase ?), mais bien plutôt au compte de Mustapha Kemal "Ataturk", le Père de la Nation turque, qui dans les années 20, après les temps calamiteux des califats, a mis la Turquie sur orbite moderne.
Et là, je rejoins d'Enguell : un jeune Turc modern style avait plus d'audace que nos communautaristes modernes, de droite et de gauche. Mais c'est qu'il était intelligent, lui.
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 juillet 2006

Le danger devient d'ailleurs encore plus grand si nos politiciens laissent des fous furieux comme Tariq Ramadan prôner des idées on ne peut plus radicales et islamistes....d'autant plus que sa grande force réside justement dans le fait de ne pas être de prime abord un intégriste caricatural, immédiatement repérable !

Si je ne m'abuse ces propos comme la suggestion d'un moratoire sur la lapidation des femmes avait provoqué de vives polémiques...

http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/mosquees/dossier.asp?ida=435767

Ecrit par : Sandra WAGNER | 14 juillet 2006

Rectification :
Si je ne m'abuse, Ses propos comme la suggestion d'un moratoire sur la lapidation des femmes avaiENt provoqué de vives polémiques...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 14 juillet 2006

Mr Rade expose à Mr Patissot ces principes...
"Les dimanches d'un bourgeois de Paris" semblent encore bien d'actualité...
Mais il serait sans doute triop dangereux aujourd'hui d'étudier ces textes de Maupassant...des fois que cela donnerait des idées...
Merci JPB pour le rappel à mes vieux souvenirs (plus de 20 ans) d'une discussion animée dans l'un de vos cours...

Ah la mémoire... dîtes moi me joue-t-elle des tours?

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 juillet 2006

pardon, mon post concernait le fil de discussion "le noeud du problème" je me suis trompée de fil pour répondre je rectifie de ce pas

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 juillet 2006

Tout est très calme, ce matin. Oserais-je en profiter pour glisser un nouvel épisode de votre grand feuilleton de l'été ?

LA FORMATION CONTINUE

Chez nous, les animations pédagogiques (on ne dit plus conférence dans notre département depuis une bonne dizaine d’années), c’est encore plus folklorique que chez vous ! Cette année, nous n’avons pas encore reçu le planning que nous promet notre IDEN depuis la réunion des directeurs du 22 septembre (programmée puis déprogrammée deux fois)...
Nous savons déjà qu’elles seront assurées par nos conseillers pédagogiques ou des IMF, parce que c’est toujours comme ça, que Monsieur l’Inspecteur sera un « absent excusé » et que certaines seront obligatoires dont une au chef-lieu du département, à l’IUFM, à 9 h 00 (à 100 km de chez moi et à bien plus de 100 km pour les collègues du sud-est du département) et qu’elle portera sur les évaluations GS/CP...
Nous savons aussi que nous ne pourrons assister à certaines d’entre elles, même si elles répondent à un réel besoin de formation de notre part parce que nous sortons à 17 h et qu’elles ont lieu justement à 17 h à 40 km de chez nous. Quand nous avons protesté, on nous a répondu qu’il fallait s’accorder avec le plus grand nombre et que, oui en effet, nous n’avions que la possibilité de ne pas nous y inscrire... et tant pis pour nos élèves, ils passeront leur B2i quand notre village sera plus proche du chef-lieu de circonscription !
A la lecture de votre ouvrage, j’ai remarqué que vous ne parliez absolument pas des stages de formation continue... C’est dommage... Ca aussi, ça vaut son pesant de cacahuètes et ça permet de mieux comprendre l’angoisse des PE sortants.
De temps en temps, lorsque je ressens une certaine lassitude de la routine de l’école ou que j’en ai un peu assez de supporter l’une ou l’autre de mes jeunes collègues si sûres d’elles, je feuillette le programme des stages de formation continue (ça devient de plus en plus difficile, d’ailleurs, il est maintenant envoyé en deux fois et la plupart du temps, les stages sont réservés à l’avance à certaines catégories d’enseignants) [Commentaire juillet 2006 : depuis cette époque pas si lointaine, ça a encore empiré...].
Si vous tenez absolument à partir, choisissez les stages remplacés par des PE2 qui viendront forcément puisqu’en fait ils doivent faire leur stage en situation [Commentaire juillet 2006 : en 2006/2007, ce ne sera plus forcément vrai, ils ont trouvé un nouveau truc, les PE2 remplaceront les directeurs des écoles à quatre classes un jour par semaine pendant toute l’année scolaire, cela évitera de créer des postes de « décharge administrative »]. Les autres stages sont souvent annulés à la dernière minute, faute de remplaçants... En plus, si, comme moi, vous exercez très loin de l’IUFM, vous faites d’une pierre deux coups : premièrement vous bénéficiez de tous les avantages du stage de formation continue (j’y viens), deuxièmement vous mettez un petit grain de sable dans la machine en obligeant le prof d’IUFM chargé du suivi du jeune stagiaire à se coltiner 1 h 30 de route (3 h aller/retour) pour aller le visiter. Ca fait toujours plaisir, même si c’est assez mesquin.

Ecrit par : catmano | 15 juillet 2006

C'est vrai que je n'ai pas parlé des stages dans À bonne école (ni dans la Fabrique du crétin), mais c'est parce que je n'y connais rien : je suis allé une fois à un stage sur l'oral de français de Première, et j'ai dynamité les deux intervenants, qui connaissaient très approximativement la littérature française. Depuis, on ne m'invite plus.
Donc… Vos stages 1. vous apportent-ils quelque chose ? 2. sont-ils absolument obligatoires ? Que risque-t-on à se faire systématiquement porter pâle ?
Mes instits d'autrefois avaient-elles des stages, à la fin des années 50 ?
Au passage, puisque l'Etat cherche par tous les moyens à faire des économies, a-t-on calculé ce que coûtent ces stages ?

Il est, j'espère, clair pour tout le monde que la question des redoublements, par exemple, ne se posait pas dans les années 60 parce qu'on était en croissance forte. Les pédagogues n'ont commencé à interroger la légitimité pédagogique des redoublements qu'à partir de l'aube des années 80, quand la crise a donné un prix inacceptable (13 000 € par redoublant / année, aux dernières nouvelles) à cette deuxième chance qu'est le redoublement : le ministère a été fort aise (et il l'est toujours…) de voir ses soucis économiques légiimés par le discours des "sciences" de l'éducation. Et il n'y a pas d'autre légitimité forte à ce discours : le facteur économique est déterminant en dernière instance, comme disait Vladimir Oulianov.
JPB

Ecrit par : brighelli | 15 juillet 2006

pour JPB, en fait, je ne m'adressais pas à vous au sujet des stages, c'est toujours la suite des commentaires à Le Bris. A part ça d'accord avec vous, ces stages n'apportent pas grand chose et en tout cas pas ce qui compléterait les connaissances de l'intit de base, connaissances qu'il pourrait ensuite transmettre à ses élèves ou qui lui permettraient d'enrichir sa réflexion personnelle... En témoigne la suite de mon commentaire :

Venons-en à la durée et aux contenus de ces stages.
La durée, elle se réduit comme peau de chagrin, elle est passée progressivement de presque tout le troisième trimestre à deux semaines, si je me rappelle bien, l’année dernière.
Quant aux contenus, ils sont souvent très vagues : en fait, il semblerait qu’ils aient besoin de trouver du matériel humain (= des élèves) pour parfaire l’expérience de leurs poulains et qu’il s’agirait de sortir de leurs classes un nombre approprié de « vieilles barbes » pour quelque temps (de plus en plus court, les poulains seraient-ils de plus en plus expérimentés ?).
Pour ma part, j’ai participé à deux de ces stages ; le premier, cinq semaines en mai – juin 2000, avait pour intitulé : « Etude du milieu proche », le second, trois semaines en mai - juin 2002, « TICE et apprentissages disciplinaires ».
En feuilletant les notes que j’y avais prises, me reviennent en mémoire les efforts de ces malheureux professeurs d’IUFM pour nous convaincre, nous les vieux, de l’importance de leurs propos et comme ils nous trouvaient moins malléables que le public auquel ils étaient habitués (quand je vous dis qu’il y a peut-être une volonté de nous asservir...). Il faut dire que, dans notre département, les pelouses de l’ancienne Ecole Normale de garçons sont parfois très propices à la sieste au mois de juin et que nous, les vieux, on n’a aucun compte à leur rendre, aux profs d’IUFM...
Alors, les contenus... Bof...
J’ai appris de la prof de SVT au cours d’une rencontre avec un garde de l’ONF dans le Vercors que vouloir connaître le nom (français, pas latin) d’une plante, ça n’avait aucun intérêt car c’était de l’érudition (un gros mot, apparemment...). Je m’en fiche, le garde, aussi surpris que moi, me l’a dit quand même le nom : c’était de l’oxalis (en latin aussi), après je l’ai même appris à mon compagnon, mais lui, il a le droit de savoir, il n’est pas enseignant...
J’ai appris du prof d’Histoire – Géo (au milieu d’un tas de connaissances) que les photos des manuels de géographie n’étaient jamais intéressantes et qu’il fallait absolument avoir un rétroprojecteur, un scanner et une imprimante très performante (le projecteur à diapo, ce n’est pas bien non plus) pour faire des transparents qui seuls permettront aux enfants de pratiquer la lecture de paysages (après les actions de l’Ecole des Loisirs, sans doute un actionnaire de Canon ou de Microsoft...).
La prof de SVT (c’était elle la pire) m’a expliqué que je « me laissais mener par les objectifs de mes élèves » parce que je refusais de construire les séances 2, 3, 4, ... d’une séquence sur les fossiles tant que je n’aurais pas testé la première séance avec de vrais enfants en chair et en os. Ce qui m’a permis de comprendre pourquoi ma collègue de maternelle de l’année précédente était arrivée en septembre avec ses progressions prêtes jusqu’en juin, et pourquoi elle avait paru complètement interloquée lorsque je lui avais demandé comment elle faisait pour savoir à quelle vitesse les enfants allaient progresser... Et ce n’était pas la première à pratiquer ainsi : je ne sais pas si vous avez vu ce reportage diffusé sur France 3 intitulé je crois « Premières classes » où deux gentilles PE2 arrivent, l’une en maternelle de banlieue parisienne avec un magnifique projet « graines » et l’autre dans un CE1 avec un somptueux projet « La lettre » ? C’était pathétique. Si vous le désirez, je vous joins ce que j’avais noté à la suite de la diffusion de ce reportage...

Ecrit par : catmano | 15 juillet 2006

En fait, je ne mettais pas sur le compte des islamistes modérés l'interdiction du port du voile à l'université en Turquie. Je savais très bien que cela relevait d'Ataturk. Ce que je voulais suggérer, c'est le fait qu'en Turquie les islamistes ont du mal à abattre la laïcité, alors qu'en France, il y a un consensus politique clérical qui va de la droite ultralibérale à une partie de l'extrême-gauche qui veut rompre avec la laïcité selon le principe "tout ce qui est républicain est archaïque et réactionnaire". On comprend pourquoi des gens comme Tariq Ramadan et autres culs-bénits, ou encore les pédagogos sont favorables à la laïcité "ouverte".

Ecrit par : Romain | 15 juillet 2006

"(Omar, le successeur de Mahomet, qui au passage a récrit le Coran selon ses convictions).

JPB"

C' est un peu moins simpliste et réducteur que ça. Donc pour une information complête:

Mohammed ne savait ni lire ni écrire .Il n'a donc pas mis par écrit lui-même les révélations qu'il a reçues. Il avait confié cette besogne à des scribes (secrétaires). Selon la tradition, dès qu'une révélation était transmise à Mohammed, les scribes la notaient sur des morceaux de cuir, des tessons de poterie, des nervures médianes de palmes, des omoplates et des côtes de chameau. La tradition nous montre encore le Prophète dictant à des scribes des fragments révélés à l'instant même. On pense cependant que cette procédure ne fut pas appliquée dès le début. Au début, personne ne songea sur le moment à les retenir autrement qu'en sa mémoire.

Du vivant même du Prophète se sont constitués des petits recueils de sourate rangées par ordre de longueur décroissante. Ces recueils ont aujourd'hui disparu. Ce qui est sûr c'est que ces textes utilisaient une orthographe capricieuse et défective: une seule graphie pour "b", "t", "th", "n", "y", les points diacritiques n'existant pas encore à cette époque pour l'écriture arabe. Seule la récitation à haute voix permettait d'aboutir à un déchiffrement sûr.

Il semble que du vivant du Prophète, il y ait eu plusieurs compagnons du Prophète sachant le Coran par cœur, puisque la tradition parle de certains compagnons du Prophète venant trouver le prophète pour l'interroger sur la façon dont il convenait de réciter tel ou tel passage du Coran.

Mohammed n'a pas donné de version définitive ne varietur de la Révélation.

Mohammed meurt en 632. A cette date, comment se présentait le Coran ? Quelques très rares fidèles le savaient à peu près par cœur en entier. La plupart se bornaient à n'en retenir que des fragments plus ou moins longs. Les plus tièdes se contentent de quelques versets. Il y avait aussi des recueils de quelques sourates.

A la bataille de 'Aqrabâ livrée contre le faux prophète Musaylima (début 633), nombre de fidèles connaissant par cœur le Coran avaient trouvé la mort. Le futur calife 'Umar aurait alors compris qu'on risquait de voir retourner au néant à la fois les fragments non fixés par l'écriture et la caution que ces fidèles représentaient quant à la rectitude de la récitation du texte noté.

Le calife Abû Bakr demanda alors à un médinois d'une vingtaine d'années Zayd ben Thâbit de mettre le Coran par écrit. Zayd aurait donc recueilli, au prix de longs efforts, puis transcrit sur des feuilles, peut-être sur du parchemin, tous les textes déjà notés sur des pierres plates, des tessons, des omoplates de mouton ou de chameau. A ces textes, il a ajouté des fragments de la Révélation que seule la mémoire de certains fidèles possédait encore. Malheureusement, il ne reste plus aucune trace de ces feuillets (suhuf).

Ces feuillets constituaient la propriété personnelle d'Abû Bakr et de 'Umar, et non celle du calife, chef de la communauté. Dans l'esprit d'Abû Bakr et de 'Umar, il ne s'agissait pas d'imposer une Vulgate à l'ensemble des fidèles. Il semblait tout simplement normal que le chef de la communauté ne soit pas en état d'infériorité par rapport à quelques compagnons du Prophète qui avaient un Coran entier chez eux.

Il y avait d'autres recensions, notamment le corpus d'ibn Mas'ûd (m. vers 30/650). Il réussit même à faire prévaloir son corpus dans la ville de Kûfa en Irak. Les derniers exemplaires attestés disparaissent au 10ème s.

Les divergences entre les recensions portaient sur l'ordre et le nombre des sourates, et le détail du texte.

La recension othmanienne

Le calife 'Uthmân (ou Othman, 644-655) forma une commission de quatre personnes qui travailla sur la base de la recension d'Abû Bakr. A ce noyau primitif vinrent s'ajouter tous les fragments épars qu'il fut possible de trouver. Puis 'Uthmân ordonna la destruction de tous les autres témoins, y compris les omoplates etc… datant de l'époque du Prophète. C'est la seule recension en usage aujourd'hui, et depuis des siècles, puisque la recension d'Ibn Mas'ûd disparut au 10ème s.

L'émir al-Hajjâj (vers 694) adopta la scriptio plena. Pour le Coran se réalisa donc la même réforme qui au - 6ème s. avait introduit en hébreu les matres lectionis (waw et yod), qui par la suite devait aboutir au système plus nuancé des rabbins de Tibériade.

Cette réforme se fit en deux étapes: d'abord introduction des points voyelles, qui par la suite devinrent des traits voyelles (fatha, kasra et damma), puis introduction des consonnes diacritées. La vocalisation était écrite en rouge, et le squelette consonnantique en noir. Mais la scriptio plena se heurta à une vive résistance et ne triompha définitivement qu'au milieu du 9ème s. A partir de ce moment, le texte coranique était fixé ne varietur.



Le premier Coran imprimé vit le jour à Venise en 1530, mais fut détruit immédiatement sur l'ordre des autorités ecclésiastiques. La première édition imprimée faite par un musulman est celle de Mulay Usman, St Pétersbourg, 1787. Actuellement, le Coran le plus largement utilisé est celui de l'édition du Caire, 1923, lecture de Hafs.

Ecrit par : chris | 15 juillet 2006

"Mohammed ne savait ni lire ni écrire .Il n'a donc pas mis par écrit lui-même les révélations qu'il a reçues."

Je pensais qu'il ne savait ni lire ni écrire, moi aussi, mais je pensais que c'était réellement lui qui avait "écrit", enfin la main de DIEU... (maradona)...
ET c'était justement cela qui était magique ;)

Merci pour cette petite information ;)

Ecrit par : toto | 15 juillet 2006

« Ses propos comme la suggestion d'un moratoire sur la lapidation des femmes avaiENt provoqué de vives polémiques... »
Eh oui chère Sandra, le tarik a utilisé sciemment ce vocable, il est très cultivé et instruit, nous (nous autres suisses) lui avons payé d'excellentes études, comme nous avons recueilli son grand père quand il était pourchassé en Egypte pour avoir fondé "les frères musulmans" en lui donnant l'asile. Voilà comment nous avons été remercié par lui-même et sa progéniture.
Donc "moratoire" implique une suspension temporaire. Le temps que nous autres occidentaux mettront pour bien comprendre les bienfaits de la lapidation, après quoi elle sera à nouveau exécutoire. Attention aux galipettes à ce moment la.
Allons-nous avec nos élus continuer de tolérer ces agissements anticonstitutionnels comme exigé par le coran ???!!!!???

Pour Romain
Pas seulement à l'université (en Turquie) la bâche est interdite, mais dans les grands magasins, au comptoir des agences de voyages ou autres je n'en ai observé.

Ecrit par : mabiche | 15 juillet 2006

Je suis sidéré, et là, je suis obligé de réagir.
Un enseignant (vous êtes vraiment enseignant, Chris ?) ne devrait aborder les livres religieux qu'avec "l'œil philologique, historique, philosophique, symbolique, allégorique, et tout autre qualificatif qui dispense de croire ces textes inspirés et produits sous la dictée de Dieu. Aucun de ces livres n'est révélé. Par qui d'ailleurs ? Pas plus que les fables persanes ou les sagas islandaises ces pages ne descendent du ciel." (Michel Onfray, Traité d'athéologie, Grasset, 2005 — indispensable).
Reprenons.
Mohammed / Mahomet n'a jamais été inspiré par Dieu (par une trop forte consommation de khat, peut-être ? Ou plus probablement par le désir d'asseoir un pouvoir temporel sur un fatras spirituel). Exactement comme les Hébreux à l'époque de l'exil à Babylone — date à laquelle les Livres sont rédigés les uns après les autres, et dans le désordre.

Il y avait effectivement, quelques années après la mort du prophète, sept versions (on dit sept parce que le chiffre est parlant — mais faut-il rappeler qu'avant que Constantin ramène les évangiles à quatre, il y en avait vingt-sept versions — et qu'aucun des rédacteurs n'avait connu le Christ, dont l'unicité historique est d'ailleurs douteuse…)
Ces sept versions du Coran sont détruites (une version, qui fait autorité dans certains cantons africains, aurait échappé à cet autodafé, qui en présageait bien dautres), et Marwan, le gouverneur de Médine, en garde une seule, afin d'éviter plus tard les études philologiques et la découverte que l'ensemble est de fabrication humaine, trop humaine… Cela, 25 ans après la mort de Mahomet et de ses fidèles — Omar compris. Quant aux hadith qui règlent toute la vie du bon Musulman, ils sont rédigés au IXe siècle — deux cents ans plus tard. Etonnez-vous que les interprétations diffèrent…
Dans tous les cas, il s'agit d'imposer un Livre contre les livres, une croyance contre la pensée, la foi contre l'intelligence. Onfray le répète sur tous les tons, et on ne peut qu'acquiescer. Ou alors, remonter à la source incontournable de toute pensée sur le religieux :
"La notion de Dieu a été inventée comme antithèse de la vie — en elle se résume, en une unité épuvantable, tout ce qui est nuisible, vénéneux, calomniateur, toute haine de la vie." (Nietzsche, Ecce Homo)

Que des pédagogistes défendent la religion doit rappeler à tout un chacun que la loi Jospin, en juillet 89, prêchait la "libre expression" des élèves et que trois mois plus tard éclatait à Creil la première affaire de voile. Que l'avis général de ces messieurs-dames était défavorable à toute loi sur les signes religieux — au nom de la tolérance et de la démocratie (voir http://www.ecoledemocratique.org/breve.php3?id_breve=56). Oh, ce n'est pas un complot, bien sûr, mais ça y ressemble bougrement. À l'arrivée, respect pour la parole de Tariq Ramadan, ce grand idéologue de la lapidation (dans une tribune parue dans le Monde !), et respect pour la billevesées de petits jeunes manipulés par des grands frères — ce n'est pas moi qui le dis, c'est le rapport Obin.
Je la fais courte ce soir — la version longue et argumentée dans deux mois.
JPB

Ecrit par : brighelli | 15 juillet 2006

Vous savez monsieur Brighelli, sans vouloir être insultant auprès des professeurs tels que vous, cela fait déjà un certain nombre de temps que l'expression « professeur compétent » est devenue, pour moi, un oxymore...
Entre propagande politique et désinformations, il est évident qu’un enseignant normal (j’insiste sur le normal) n’a plus assez de temps pour enseigner le peu de chose qu’il sait.

Ecrit par : Estil | 15 juillet 2006

"(par une trop forte consommation de khat, peut-être"

ou de champignons magiques.


excellent JPB.

Ecrit par : mabiche | 15 juillet 2006

"À l'arrivée, respect pour la parole de Tariq Ramadan, ce grand idéologue de la lapidation (dans une tribune parue dans le Monde !),"

Je ne sais pas si Tarik a défendu la lapidation dans le Monde,
mais son frère Hanni l'a fait, et fut suspendu d'enseignement par la chef du département de l'instruction publique Genevoise, affaire non terminée.

Suite au dernier post de Chris je comprend mieux pourquoi il pété un câble lorsque j'ai parlé la première fois de frère Tarik.

Ecrit par : mabiche | 15 juillet 2006

“Je m’en fiche, le garde, aussi surpris que moi, me l’a dit quand même le nom : c’était de l’oxalis (en latin aussi)”
Catmano
“professeur compétent » est devenue, pour moi, un oxymore...”
Estil
Pour faire le cuistre cher à Cher Chris : L’oxalis, nom “interdit” par la formatrice de Catmano (tout simplement l’oseille), dont le délicieux piquant est l’acide oxalique des chimistes, dont le nom vient bien du latin, qui vient bien du grec, oxus (piquant, acide, parfois aigre), est donc apparenté au bel oxymore, formé avec môros (sot).
Ce môros qu’on retrouve d’ailleurs en anglais dans “moron” (stupide), synonyme de “ass” (âne).
Et si on l’acoquine à nouveau avec le bœuf (comme dans la crêche, âne et bœuf, Don Camillo et Peppone), qu’on dit ox en anglais, on retombe sur l’oxymoron anglais, paire improbable et antithétique à la Guareschi.

Ecrit par : D'Enguell | 16 juillet 2006

Ah ! Guareschi, débarrassé des pitreries de Fenandel…
Splendide commentaire lexicologique, mon cher.
JPB

Ecrit par : brighelli | 16 juillet 2006

Merci pour le commentaire lexicologique... J'aime bien les mots, moi, même si j'ai encore un bout de chemin à faire jusqu'à l'érudition. En m'appliquant, comme disent mes élèves, je vais bien finir par progresser un peu.
Vous voulez la suite du chapitre sur la formation continue :

A part ça, nous avons bien profité du printemps provençal. Nous avions réussi à convaincre le prof d’Arts Plastiques que, pour faire du Land Art, c’était un petit ruisseau près de chez nous (dans le sud) le mieux adapté et nous avons passé une merveilleuse journée les pieds dans l’eau à déplacer cailloux et bois flottés pour de magnifiques créations éphémères (il paraît que je ne suis pas douée, mais ça, je le savais déjà... En revanche, je n’ai toujours pas compris sur quels critères il se basait pour m’évaluer...). La seule ombre au tableau, c’était C, un collègue à deux ans de la retraite, qui a culpabilisé toute la journée (« Et dire qu’ils nous paient à faire ces conneries... »). C’est dur pour un fils d’agriculteurs (genre « deux chèvres et puis quelques moutons » dans la chanson de J. Ferrat ou «Panturle » dans Regain de J. Giono) qui se sont saignés aux quatre veines pour que « le petit aille aux écoles » de patouiller toute une journée dans un ruisseau aux frais de la République ! Je me rappelle aussi son fou rire quand le prof de musique nous a fait écouter une « création » musicale à base de sonnailles de moutons, de bêlements de troupeaux et d’appels de bergers en provençal (lui, il disait « patois »). Je ne pense pas qu’il aura poussé ses élèves à ce type de travail pendant les deux années qu’il lui restait à effectuer, mais je me plais à rêver que, s’il en a eu le temps, il a raconté à ses petits élèves du XXI° siècle son enfance de petit paysan des années 50 car c’était un merveilleux conteur...
Le second stage (« TICE et apprentissages disciplinaires ») était moins propice à la flânerie. Nous avons quand même eu de bons moments à la découverte de l’appareil photo numérique et certains collègues, plus férus d’informatique que moi, ont bien profité de l’ADSL et des chargeurs MP3 (c’est bien comme ça que ça s’appelle ?) de l’IUFM...
J’ai travaillé pendant une journée avec un logiciel de géométrie appelé CABRI (je ne sais plus pourquoi) dont le prix était de 100 à 150 € pour une licence monoposte. Ca ne fait rien, je n’y ai rien compris, la PE2 qui me remplaçait non plus, je vous recopie le plan des activités que nous avait proposé le prof (un extrait) :
Première situation :
Micro espace et environnement papier/crayon, maquette
- dévoluer le problème (tiens mon correcteur orthographique ne connaît pas ce verbe...)
- développer différentes procédures spatiographiques pour placer le milieu d’un segment

Deuxième situation :
Méso espace : la cour
- étendre l’emploi des procédures précédentes à ce type d’espace en vue de leur validité

Troisième situation :
Micro espace et environnement CABRI
- utiliser l’aspect fonctionnel pour rendre explicites les données (extrémités) et l’objet produit (le milieu)
- aider à l’institutionnalisation
« Qu’en termes élégants, ces choses-là sont dites... »

Nous avons aussi passé une journée sur le site de « La Main à la Pâte » où, selon la prof de physique, « tout était bon sauf les fiches d’activités, il valait mieux les faire soi-même... » Je me suis fait incendier quand j’ai osé suggérer que la démarche ressemblait beaucoup à celle des « Tavernier » des années 70 – 80. Il paraît que non, que c’est fondamentalement différent...
A bien réfléchir, il me semble que Tavernier ne proposait pas de préparer toutes les séances avant, sans tenir compte de ce que les élèves comprendraient (ou ne comprendraient pas) en cours de route. Et je ne me rappelle pas que Tavernier eût interdit de corriger les fautes d’orthographe dans le cahier d’expériences de l’enfant...
Plus que quelques lignes sur le stage TICE, mes notes du 7/06/02, dernier jour de stage :
« Exemples de projets TICE
1)Discours : « L’informatique, c’est vraiment bien, alors, allez-y ! »
Les TICE accélèrent le cercle biologique entre perception et action et fondent les représentations mentales et l’intelligence. Le niveau de compétence est élevé aux plans cognitif et méta cognitif. (Ne me demandez pas ce que cela veut dire, j’adore prendre des notes brutes quand ça ne m’intéresse pas).
Si pas fait, impulsion, activisme, confusion. Le résultat n’est pas la connaissance, mais un caddie de supermarché... », et j’ai rajouté, avant d’abandonner la prise de notes :" de la même façon que l’Education Nationale est un vaste bricomarché..."

En conclusion, faites des stages, c’est très enrichissant... pas au point de vue enseignement, mais ça, franchement, on s’en doutait.

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

Catmano, j’ai adoré les « procédures spatiographiques ». Mais avez-vous bien « aidé à l’institutionnalisation » ?
On dirait des trucs sortis directement du Meirieutron !

Ecrit par : Lariba | 16 juillet 2006

Catmano, j’ai adoré les « procédures spatiographiques ». Mais avez-vous bien « aidé à l’institutionnalisation » ?
On dirait des trucs sortis directement du Meirieutron !

Ecrit par : Lariba | 16 juillet 2006

J'ai fait ce que j'ai pu... De toute façon, trouver le milieu d'un segment, avec un double décimètre et la bonne connaissance de la table de 2, au CP, ça prend tout au plus 2 minutes, alors je n'allais pas balancer 200 euros des crédits communaux pour passer trois semaines à "dévoluer le problème"...
Vous voulez la suite ?

LECON 5 :L’AUTORITE

1) Le gendarme : Tout à fait d’accord avec ce que vous dites, chez nous, ce sont deux CRS qui viennent chaque année pour la Prévention Routière (avant c’était gratuit, depuis l’année dernière la Commune paie 76 €... tout fout le camp !). Moi aussi, j’étais très réticente au début et puis force m’a été faite de constater que la pédagogie du bon sens avait vraiment du bon...

2) Pour ce qui est de « rendre des comptes » à l’Inspecteur, il me revient à l’esprit une histoire fort troublante qui m’est arrivée...
J’ai eu pendant un an une collègue assez spéciale. Elle avait quelques années d’ancienneté, je ne sais pas combien exactement car elle ne voulait pas le dire ; elle venait d’une autre région, je ne sais pas laquelle car elle ne voulait pas le dire ; elle assurait la mi-temps de ma collègue de cycle 3, assez spéciale elle-même (celle qui « ne faisait que la moitié du programme car, de tout façon, « ils » n’en retenaient que la moitié »).
Cette année-là, j’avais choisi la formule « fin d’année à en stage à l’IUFM », je vous ai déjà expliqué pourquoi, et j’apprends par l’ATSEM qu’un des élèves de cycle 3 est absent car il souffre de graves douleurs abdominales qui, si elles ne cèdent pas, nécessiteront une hospitalisation. Je téléphone à la famille pour demander des nouvelles, la mère, pas très optimiste, me confirme l’hospitalisation. Cet enfant n’allait d’ailleurs pas très bien depuis le début de l’année scolaire, mes collègues avaient demandé au psychologue scolaire un bilan de niveau car elles souhaitaient le faire redoubler. La charmante collègue (celle qui jouait l’incognito) avait signalé à la mère devant moi que si son fils n’allait pas bien, c’était parce que sa famille allait mal...
Je continue mon stage et, un soir, je reçois un coup de téléphone de la mère qui souhaite me rencontrer. Son fils est rentré de l’hôpital, il aimerait me voir et elle a des renseignements à me donner sur l’origine des troubles... Je me rends donc à son domicile et elle m’apprend qu’après plusieurs examens infructueux, c’est un infirmier psy qui a réussi à poser le diagnostic, si R va si mal, c’est qu’il a une peur panique de ses deux enseignantes et particulièrement de la « peu loquace ». Les parents tiennent à m’avertir qu’ils ont écrit à l’IEN, qu’ils espèrent qu’il y aura des suites et m’assurent que, dans leur lettre, ils avaient clairement signalé que je n’étais absolument pas en cause et qu’ils avaient signalé que, de plus, le psychologue scolaire et moi-même avions fait tous les efforts possibles pour protéger leur fils.
Les suites ne se firent pas attendre, dès le lendemain, je recevais un fax de l’IEN, directement adressé à l’IUFM avec copie de la lettre des parents : « Les faits sont graves, veuillez me faire parvenir un rapport circonstancié dans les plus brefs délais. » Je téléphonai alors au psychologue scolaire afin qu’il m’assistât dans cette tâche. Je ne voulais pas enfoncer les collègues et il m’encouragea dans cette voie.
J’écrivis le rapport en « chargeant » le moins possible les deux collègues et je le faxai au plus vite. Nous étions à deux ou trois semaines de la fin de l’année scolaire. La seule réponse (transmise par le psychologue ou la famille, je ne sais plus bien...) qui me fut donnée, ce fut celle d’accueillir dans ma classe (GS/CP/CE1), l’enfant qui était au CM1 et ce jusqu’à la fin de l’année scolaire. D’un commun accord avec la famille et le psy, nous n’avons pas suivi cette consigne que l’enfant ne souhaitait pas d’ailleurs.
Je crois que la collègue incriminée n’a jamais été contactée par l’IEN puisqu’il m’a demandé à la rentrée suivante où elle avait été nommée. Quand je le lui ai indiqué, il a eu cette réflexion : « Ah, ça risque de lui servir de leçon, les parents ne sont pas souples, là-bas... » Voilà, c’est tout.
J’avoue que je n’ai toujours pas compris la « morale » de cette histoire. L’année d’après, les deux collègues qui avaient demandé leur mutation de leur plein gré et avant cette « affaire » n’étaient plus là, l’une d’entre elles, je vous laisse deviner laquelle, avait emporté d’ailleurs pas mal de manuels scolaires appartenant à la commune ; les langues des enfants se sont déliées, et nous avons appris beaucoup de ses méthodes pédagogiques (brimades morales, encouragements à la délation et à la moquerie, petites phrases cinglantes sur les autres instits et tout particulièrement sur la directrice, etc.). J’ai su par un ami remplaçant que les contacts avec les collègues avaient été très mauvais dans sa nouvelle école et chaque année, je vois son nom apparaître sur la liste des mutations.
J’ai été très mal à l’aise d’avoir à rédiger ce rapport car il me semblait qu’un directeur d’école n’étant pas le supérieur hiérarchique de ses collègues n’avait pas à se prononcer sur eux. J’ai donc essayé de rester le plus déontologique possible et de me contenter d’énoncer les faits. Le fait que cette histoire n’ait pas eu de suite ni pour l’une, ni pour l’autre de ces deux collègues continue à me mettre très mal à l’aise, d’autant que je suis persuadée que si les parents de l’enfant étaient allés plus loin (plainte à la gendarmerie, communication aux média), là, l’IEN n’aurait pas hésité à intervenir et je ne suis pas sûre que j’aurais pu éviter les éclaboussures malgré le soutien que j’avais reçu de la part de la famille.
La seule « morale » qui me semble possible, c’est : « Surtout, pas de vagues. ». Si on arrive à calmer les parents à peu de frais, tout va bien. Si on n’y arrive pas, on livre les enseignants à la vindicte populaire sans les soutenir et puis c’est tout...

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

"Suite au dernier post de Chris je comprend mieux pourquoi il pété un câble lorsque j'ai parlé la première fois de frère Tarik.

Ecrit par : mabiche | 15 juillet 2006 "

Oh le cable est loin d' être pété...Bien au contraire, il se renforce à un point...Vous n' imaginez même pas...

Chris

Je me fiche totalement de votre "Frère Tarik" au fait...Si vous voulez en faire l' éloge, le descendre, l' ignorer...Grand bien vous fasse...

A +

Ecrit par : chris | 16 juillet 2006

Très instructif. Après la question "à quoi servent les satges", vient naturellement au clavier la question "à quoi sert l'inspection".
Je sais bien qu'il n'est pas de bon ton de charger les collègues. Mais il y a des cas — il y en a toujours eu, sauf qu'il y a trente ou quarante ans, c'étais de purs malades — ceux que l'on chahutait sérieusement. Les chahuts organisés ont disparu, à peu près complètement — c'est une disparition qui mériterait que l'on s'interrogeât, peut-être. Et les incompétents sont désormais formés, encadrés et soutenus par le système, quand bien même le système reconnaît leur nocivité. Qui a dit "ubuesque" ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 16 juillet 2006

L'éducation nationale paie des gens pour déplacer des cailloux dans les ruisseaux ? Il y a quelque chose de merveilleusement poétique dans cette utilisation des fonds publics.

Ecrit par : Pierre-Henri | 16 juillet 2006

"J’ai été très mal à l’aise d’avoir à rédiger ce rapport car il me semblait qu’un directeur d’école n’étant pas le supérieur hiérarchique de ses collègues n’avait pas à se prononcer sur eux. J’ai donc essayé de rester le plus déontologique possible et de me contenter d’énoncer les faits. Le fait que cette histoire n’ait pas eu de suite ni pour l’une, ni pour l’autre de ces deux collègues continue à me mettre très mal à l’aise, d’autant que je suis persuadée que si les parents de l’enfant étaient allés plus loin (plainte à la gendarmerie, communication aux média), là, l’IEN n’aurait pas hésité à intervenir et je ne suis pas sûre que j’aurais pu éviter les éclaboussures malgré le soutien que j’avais reçu de la part de la famille."

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

Chère Catmano

je me permets de relever qund même une contradiction surprenante

D' un coté, et c' est tout à votre honneur, vous établissez un rapport très déontologique qui a manifestement pour objet de "ne pas faire de vagues"

De l' autre vous reprochez aux autorités de l' EN de ne pas vouloir faire ces mêmes vagues

Enfin, vous dites: "Un Directeur d' Ecole n' est pas le supérieur hiérarchique de ses collègues". C' est tout à fait exact. Mais quel est, pour vous, le rôle d' un Directeur d' Ecole?

Chris

Ecrit par : chris | 16 juillet 2006

Je crois aussi que les chahuts ont disparu, remplacés par un bruit de fond continu qu’il devient difficile de faire baisser, et les méthodes dites actives ne peuvent arranger ça ! Comment développer l’attention dans ces conditions. L’attention est une vertu morale disait Alain…
Pour avoir l’équivalent lointain du chahut il faut avoir mécontenté le consommateur prétendu apprenant : avoir programmé un devoir de plus par ex., là il y a esquisse de mouvement de « foule ».

Habitués depuis tout petits à une sorte de maternelle permanente, beaucoup trop de gosses n’auront connu que des classes où on papote chacun à sa table qui n’est plus en face du tableau. Il faut savoir que tables et chaises vers le tableau c’est fasciste !
Avec des parents qui se contentent de les stocker devant la télé avant de les stocker à l’école-garderie… D’ailleurs qu’est-ce qui embête les parents dans les grèves des enseignants : c’est le « stockage », pour la plupart.

Et puis, pour faire un chahut, il faut un minimum d’esprit de corps et avec l’esprit individualiste, narcissique poussé au max de maintenant… Les entraîneurs de sports collectifs le voient bien : trop d’enfants sont incapables de suivre une discipline individuelle ET collective, mais eux peuvent souvent « virer » les casse-pieds d’une façon ou d’une autre. Nous, on doit faire dans « l’accueil et l’accompagnement » ! N’est-ce pas la garderie avouée !
En avant vers le parc scolaire (D. Kambouchner) !

Ecrit par : Lariba | 16 juillet 2006

Je crois aussi que les chahuts ont disparu, remplacés par un bruit de fond continu qu’il devient difficile de faire baisser, et les méthodes dites actives ne peuvent arranger ça ! Comment développer l’attention dans ces conditions. L’attention est une vertu morale disait Alain…
Pour avoir l’équivalent lointain du chahut il faut avoir mécontenté le consommateur prétendu apprenant : avoir programmé un devoir de plus par ex., là il y a esquisse de mouvement de « foule ».

Habitués depuis tout petits à une sorte de maternelle permanente, beaucoup trop de gosses n’auront connu que des classes où on papote chacun à sa table qui n’est plus en face du tableau. Il faut savoir que tables et chaises vers le tableau c’est fasciste !
Avec des parents qui se contentent de les stocker devant la télé avant de les stocker à l’école-garderie… D’ailleurs qu’est-ce qui embête les parents dans les grèves des enseignants : c’est le « stockage », pour la plupart.

Et puis, pour faire un chahut, il faut un minimum d’esprit de corps et avec l’esprit individualiste, narcissique poussé au max de maintenant… Les entraîneurs de sports collectifs le voient bien : trop d’enfants sont incapables de suivre une discipline individuelle ET collective, mais eux peuvent souvent « virer » les casse-pieds d’une façon ou d’une autre. Nous, on doit faire dans « l’accueil et l’accompagnement » ! N’est-ce pas la garderie avouée !
En avant vers le parc scolaire (D. Kambouchner) !

Ecrit par : Lariba | 16 juillet 2006

Relisez les textes. A l'école primaire, le directeur N'EST PAS le supérieur hiérarchique de ses collègues. Son rôle se borne donc à être l' "animateur pédagogique" et le responsable des relations avec la commune, les parents d'élèves et l'administration. En fait, c'est une sorte de secrétaire. Si un jour, on m'imposait d'être autre chose que cela, je quitterais immédiatement cette fonction que je trouve déjà très lourde en temps (30 minutes à une heure presque tous les soirs à dépouiller, imprimer le courrier électronique de l'administration, le ventiler dans les classes, le récupérer, le répertorier, l'archiver, environ deux mercredis entiers à remplir les formulaires en début d'année, vérifier les assurances et les certificats de vaccination, trois demi mercredis à rédiger puis taper le compte-rendu du conseil d'école, quelques heures par an à vérifier, faire passer en mairie, revérifier les commandes de matériel scolaire, plus les incalculables heures de concertation, de rédaction du projet d'école, d'équipes éducatives, deréunions diverses et variées et je vous passe les coups de fil et les heures devant le photocopieur) pour quelques points d'indice et 77,12 €/mois d'indemnité de sujétion spéciale...

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

Excusez-moi, je n'avais pas vu le "c'est tout à fait exact".

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

"Habitués depuis tout petits à une sorte de maternelle permanente, beaucoup trop de gosses n’auront connu que des classes où on papote chacun à sa table qui n’est plus en face du tableau. Il faut savoir que tables et chaises vers le tableau c’est fasciste !

Catmano"

Et c' est reparti pour les généralisations...

J' ai visité, pour des raisons qui me regardent, des centaines de classes primaires. Dans 1 sur 10, les tables ne faisaient pas face au tableau

Quant au mot "fasciste", moi qui ai connu ses effets ailleurs qu' en France, moi qui ai eu une mère Grande Résistante FTP, cessez, je vous en conjure, de l' employer à torts et à travers, vous tous si exigeants sur le sens des mots.

Ma compagne est Professeur d' Ecole, Directrice d' Ecole. On ne lui a JAMAIS imposé de disposer ses tables comme ci ou comme ça. (Elles font face au tableau, sa classe est calme et les élèves savent demander la parole; elle a été formée en IUFM, ne s' en est jamais plainte sans pour autant tout apprécier, ce qu' elle n' a jamais manqué de dire sans jamais être sanctionnée. Elle a 30a, donc cela ne date pas des calendes antiques... Et on ne l' a jamais accusée de fascisme)

Chris

Ecrit par : chris | 16 juillet 2006

Ce n'est pas moi qui ai écrit "les bureaux face au tableau, c'est fasciste" mais ça ne fait rien, tout le monde peut se tromper... Je manie aussi ce mot avec prudence de par l'histoire de ma famille. Hélas je l'ai déjà entendu dans la bouche de certains qui confondent l'égalité avec l'égalitarisme donc je pense que Lariba a eu la même expérience que moi...

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

Au fait, vous voulez une suite, vous avez l'air nombreux aujourd'hui...

LECON 6 : LES PROGRAMMES

En plus de la dilution des contenus à chaque nouveau programme, avez-vous remarqué le flou de plus en plus présent ? En 17 ans, programmes de 1985 à programmes de 2002, nous sommes passés de listes exhaustives de notions à maîtriser [exemple : « les éléments constituants de la phrase : le verbe et les groupes fonctionnels (sujet, compléments d’objet, attribut du sujet, compléments de circonstance) » -1985 page 34- à une consigne plus ou moins floue et interprétable : « manipuler les différents types de compléments de verbe les plus fréquents » - 2002 page 200].
Cette expression (« les plus fréquents » ou pour varier un peu « les principaux »), qui avouons-le ne veut pas dire la même chose pour tout le monde, apparaît à maintes reprises dans « Qu’apprend-on à l’école élémentaire ? » : les mots longs les plus fréquents (p 94), la plupart des « petits mots » fréquents (p 94), les principaux homophones grammaticaux (et/est ; c’est/s’est/ces/ses ; etc.) (p174), les verbes les plus fréquents (p 174 et 197) – on n’ose imaginer quels sont les verbes les plus fréquents dans certaines de nos cités de banlieues... – les mots les plus fréquents (p 200) ; les liens logiques principaux (p 204) ; quelques formules usuelles (p 207)...
On trouve aussi, souvent, des listes (parfois très courtes) non exhaustives : bouturage, ... (p 245) ; guerres et déplacements de population, opposition Nord - Sud, mouvements d’opposition à la globalisation, ... (p221) ; globes, planisphères, ... (p 219) ; matériel, durée, lieu, ... (p 176) ; équitation, ... p 273 ; listes incomplètes dont on ne sait jamais trop si elles sont ainsi parce que le rédacteur n’avait plus d’idées ou s’il pensait que nos connaissances sont suffisantes pour que nous les complétions seuls ou, enfin, s’il s’agit d’un jeu créatif pour nous encourager à l’expression...
Il me semble que toutes ces imprécisions aideront à aboutir plus vite à la marchandisation totale de l’instruction des élèves. Bientôt nous pourrons noyer les consommateurs d’école de publicités plus ou moins mensongères : « Venez chez nous, nous faisons 8 homophones grammaticaux alors qu’eux, ils n’en font que 5 ! », « Quand votre enfant écrira une règle du jeu, nous lui enseignerons, en plus des « matériel nécessaire, durée, lieu... », les « but du jeu, sanctions possibles... » et même autre chose, mais ça, c’est le CADEAU BONUS, il faut que vous payiez d’abord... ».

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

Excusez cette confusion chère Catmano

Ma remarque s' adressait donc à Lariba (ET à vous même suite à votre réponse)

Décidément ici tout le monde est vu comme "fasciste":

-Vous, qui êtes accusés de "fascisme" par les Pédagogues
-Nous, qui sommes affublés du même terme par JPB à longueur de posts(quand ce n' est pas "khmers rouges" dont il n' a évidemment jamais rencontré l' ombre de l' ombre d' un seul, ce que je ne lui souhaite évidemment pas!)

Entre "fascistes" on devrait bien s'amuser non?

A dans quelques jours...semaines...ou mois...

Chris

Ecrit par : chris | 16 juillet 2006

La loi de Godwin
Connaissez-vous la loi Godwin ? Si tel n’est pas le cas, je vous conseille de l’apprendre par cœur rapidement, elle fera de vous un gourou d’Internet, admiré sur les forums, vénéré comme un Grand Ancien...

Que dit cette loi ? Elle s’applique traditionnellement aux forums de discussion sur internet. La loi de Godwin fait partie du folklore Usenet. En 1990, Mike Godwin énonça la règle empirique suivante :« Plus une discussion s’allonge sur un forum, plus la probabilité augmente qu’un des participants recoure à un argument basé sur une comparaison avec les nazis, Adolf Hitler ou le IIIe Reich, sur le modèle "vous êtes des nazis..." ». Lorsque cela arrive, on nomme ce message insultant le point Godwin, et la discussion est considérée comme totalement morte. Dans ces forums, on décrète que celui qui a eu recours à un tel argument est le « perdant » du débat : il a gagné un point Godwin. Bien entendu, le nazisme et le fascisme ne constituent que des exemples donnés à titre indicatif. Il s’agira de tous les extrémismes connus ou qualifiés comme tels par une frange de la société.

Ecrit par : D'Enguell | 16 juillet 2006

Hello !
“Le gendarme : Tout à fait d’accord avec ce que vous dites, chez nous, ce sont deux CRS qui viennent chaque année pour la Prévention Routière (avant c’était gratuit, depuis l’année dernière la Commune paie 76 €... tout fout le camp !)”
Catmano

Après avoir ouvert la boîte des Pandores, il faut bien passer à la caisse..
J’ai oublié de marquer la citation pour le post précédent : "trouvé sur le net"
Godwin : Dieu gagne

Ecrit par : D'Enguell | 16 juillet 2006

Pour comprendre le truc du gendarme il faut avoir lu le bouquin de Le Bris. Il s'agit d'intervenants extérieurs (dont nous louions la pédagogie basée sur le bon sens) qui viennent au moins depuis 1975 (date de mon entrée dans l'Ed Nat) expliquer la prévention routière aux CM. Ils donnent quelques notions indispensables de code de la route, iinstallent un circuit dans la cour de l'école avec feux rouges, ronds points, etc. et y font évoluer les gamins par petits groupes et leur donnent ou pas un "permis de vélo" en fin d'exercice. Mon "tout fout le camp" était plus une allusion à la déconfiture du service public et à la marchandisation des services qu'à une éventuelle et souhaitable "repoliciarisation" de la société.

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

“Quant au cinéma, comment retitrer "l'Homme qui aimait les femmes" ("JPB, une biographie" ?)”
JPB
“Toto, t'es bête. D'abord, je n'ai jamais dragué personne de ma vie.”
JPB

Cher Jean-Paul, sans vouloir relever la moindre contradiction au contraire, j’imagine que vous usez de séduction, (se ducere, conduire vers soi) comme la baudroie avec ses Lumières.
Je fais bien sûr attention aux fautes (erreurs) de l’Histoire, que furent le Duce et le Führer, en disant avec Montherlant, Olé au Duc.
Merci de prendre encore ceci pour une innocente pitrerie. Avec un grand sourire.
Et encore merci à Catmano, j’adore votre lettre à Marc Le Bris.
Vous a-t-il répondu ?

Ecrit par : D'Enguell | 16 juillet 2006

Catmano, encore une fois, mes pitreries ne vous agressent pas du tout, bien au contraire.
Désolé pour le tir croisé, vous répondez plus vite que moi.

Ecrit par : D'Enguell | 16 juillet 2006

Cher (?) D'Enguell,
j'ai longtemps habité Marseille, où tous les huit-dix ans, on "drague" le Vieux Port. Et j'ai souvenir d'en avoir vu remonter, dans les crocs de la pelleteuse embarquée sur une barge, des choses noirâtres, inidentifiables, et répugnantes… La drague, c'est ça. On y barbote dans le glauque.
Evidemment, la séduction, qui est l'acte pédagogique par excellence (et qui par malheur ne s'apprend pas, alors que la drague s'enseigne, n'est-ce pas, dans les IUFM), c'est autre chose — l'acte par lequel le Loup fait découvrir… le loup au Chaperon rouge.
Mais vous aviez rectifié de vous-même.
JPB

Ecrit par : brighelli | 16 juillet 2006

Le fait que les pédagogistes traitent ceux qui leur déplaisent de “fascistes”, je l’ai trop entendu et lu. C’est une façon pour eux de rappeler qu’ils sont dans le camp de Bien mais quand on est d’une famille qui a souffert du fascisme réel, disons que ça énerve légèrement !

Ecrit par : Lariba | 16 juillet 2006

"mais quand on est d’une famille qui a souffert du fascisme réel, disons que ça énerve légèrement !

Ecrit par : Lariba | 16 juillet 2006 "

A qui le dites vous! Ma famille ET moi même en avons souffert...

Bon, on ne va pas s' envoyer nos souffrances à la figure. Ca va faire indécent!

Chris

Ecrit par : chris | 16 juillet 2006

"La loi de Godwin
Connaissez-vous la loi Godwin ? Si tel n’est pas le cas, je vous conseille de l’apprendre par cœur rapidement, elle fera de vous un gourou d’Internet, admiré sur les forums, vénéré comme un Grand Ancien..."

Ecrit par : D'Enguell | 16 juillet 2006

Copié-collé du site www.uZine.net

Rendons à César...

Chris

Ecrit par : chris | 16 juillet 2006

Non, Marc Le Bris ne m'a pas répondu. C'est pourquoi j'envoie tout cela ici. JPB ne m'a d'ailleurs non plus toujours pas répondu au sujet de mon essai sur l'école maternelle... Peut-être n'a-t-il pas le temps...
En attendant, la lettre à Le Bris, suite :

Pour en revenir aux programmes 2002, je n’ai plus le droit d’enseigner à mes petits CP/CE1 ce que sont les verbes, les noms propres et les noms communs, les adjectifs, les déterminants ou les pronoms. En revanche, ils doivent sortir du cycle 2 en « marquant l’accord en nombre du verbe avec son sujet dans toutes les phrases où l’ordre syntaxique régulier est respecté". Et je fais comment moi pour leur faire sentir que là, c’est un « s » ou un « x » qu’il faut mettre et là, c’est un « nt » ou un « e » ou un « s » ou un « t » ou un « ai »... qu’il convient d’ajouter ?
Et je ne vous parle pas de l’accord en genre des adjectifs ou des noms communs...).
Qui sont ces gens qui mélangent tout, qui n’ont aucune notion des capacités d’un gosse de 7 ans, qui sont incapables de sérier les difficultés afin que chaque enseignant, dans chaque école de France métropolitaine ou d’outre-mer, puisse facilement évaluer si chacun de ses élèves est apte à passer dans la classe supérieure et qui nous obligent à nous pencher sur les vieux manuels d’il y a cinquante ans pour apprendre à nos élèves à écrire correctement le français ?...
Une autre invraisemblance qui en dit long sur la connaissance qu’ils ont des élèves de primaire : « L’élève doit apprendre à mobiliser son attention pour marquer l’accord lorsqu’il écrit (Y COMPRIS SOUS LA DICTEE) ». S’ils avaient déjà eu une classe entre les pattes, ils sauraient que la plupart des élèves, s’ils y sont entraînés bien sûr, arrivent à marquer ces fameux accords dans le cadre d’un exercice de dictée et que c’est dans l’expression écrite personnelle qu’ils ont tendance à les oublier...

Une dernière question : qu’est-ce qui est le plus important, les programmes officiels de l’Education Nationale ou le Projet d’Ecole ? On est en droit de se le demander à la lecture du commentaire de l’IEN, suite à la rédaction d’un des nombreux « Projets d’Ecole » que nous avons la joie de rédiger tous les 3 ou 4 ans... Je tiens à signaler que nous avions bâti ce projet en nous appuyant sur les programmes.
« Ce projet ne s’appuie pas sur une analyse des évaluations nationales ni sur un constat de la situation de l’école. Il est trop centré sur l’application des programmes dans leur globalité sans tenir compte de la population scolaire. Il faudra renforcer le volet évaluation du projet ainsi que les ajustements annuels. » (Nous avions noté les résultats de nos élèves aux évaluations nationales CE2 et 6° et avions constaté que nous étions nettement au-dessus des moyennes nationales et qu’en conséquence, il valait mieux ne rien changer à nos méthodes...).

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

"La loi de Godwin"
Trouvé sur casafree, je n'avais pas étudié l'arbre généalogique

Ecrit par : D'Enguell | 16 juillet 2006

Chère Catmano,
depuis trois mois, j'ai reçu une bonne quinzaine d'essais, transmis par mon éditeur. Et je ne compte pas les centaines de lettres en souffrance — d'autant que je n'étais pas là du tout en Juin. Comment me faire pardonner l'impardonnable ? Je m'y mets dès que j'ai mis un peu d'ordre dans les couches géologiques profondes de mon bureau, que la température baisse et que je reviens en forme — mais ça revient, ça revient…
JPB

Ecrit par : brighelli | 16 juillet 2006

Cher (?) D'Enguell
JPB

Je dis pas que j'ai pas droit au coup de baton, je dis que d'habitude, c'est pas Guignol qui en prend le plus.
Pardon pour cet insigne "Gnafron"

Ecrit par : D'Enguell | 16 juillet 2006

catmano un petit truc pour les comptes rendus de conseil d'école : on fait chacun un trimestre : la FCPE, les Parents indépendants et le directeur (ça lui en fait un seul, les deux autres il les corrige et les transmet) ; faites bosser les parents ! ;-)

Ecrit par : fabienne | 16 juillet 2006

Ne vous excusez pas, ce n'est pas grave du tout... Il est vrai que dans ma "grande tranquillité", comme je disais l'autre jour, j'ai un peu de peine à imaginer ce que peut être la correspondance de personnes qui ont choisi d'être moins "tranquilles"... Je vais peut-être un peu ralentir l'envoi de mes commentaires... Histoire de laisser aux gens le temps de vivre...

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

Je fais bosser les parents, le problème c'est que normalement c'est le directeur qui a la responsabilité de ce qui est écrit dans le compte-rendu donc, quand les parents indépendants peuvent écrire - ils n'ont pas tous un ordi - (chez nous il n'y a pas de fédération représentée) je relis...

Ecrit par : catmano | 16 juillet 2006

"-Nous, qui sommes affublés du même terme par JPB à longueur de posts(quand ce n' est pas "khmers rouges" dont il n' a évidemment jamais rencontré l' ombre de l' ombre d' un seul, ce que je ne lui souhaite évidemment pas!)"

Bonjour forum, boin j'ai pas tout lu et je "move" ce soir donc juste un chtit commentaire, et après ciao ;).

-NOUS ? tu es pédagogo ? ou prof ? ou les deux ?
Attention tu as dû le faire "globalement" ?
NOUS n'accusons pas TOUS les pédagogos de Kmers Bleues, MAIS certains méritent bien CE titre :))))))))))))))))))))))))))))))))

disons M... F..... C..... G..... R..... :o))))))))

Bisoux à tous.

Ecrit par : toto | 16 juillet 2006

-NOUS ? tu es pédagogo ? ou prof ? ou les deux ?
Attention tu as dû le faire "globalement" ?

Les deux et fier de l' être...

Pédagogo si tu veux...cela ne me gêne nullement

Bon move alors cher Toto

Chris

Ecrit par : chris | 16 juillet 2006

Cher JPB, je viens de fouiller un peu dans vos archives “Transfert de responsabilités” et je me permets de replacer le lien, pour les nouveaux arrivants, de cette note avec ses commentaires que je trouve excellents (notamment les interventions de PH et Patricia) (http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/01/21/transfert-de-responsabilites.html#comments)
Par ailleurs, de plus en plus de personnes connaissent votre "blog" et se repassent vos bonnes feuilles

Ecrit par : D'Enguell | 16 juillet 2006

Bonjour,
Voici quelques liens vers le dictionnaire de pédagogie de BUISSON (fin XIXème) qui ne manqueront pas de vous intéresser.
Laïcité
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k24233v.pagination
Langue maternelle
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k24233v.pagination
Littérature
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k24233v.pagination
Il reste bien des (re)découvertes à faire dans cet ouvrage.
Dom

Ecrit par : Dom | 17 juillet 2006

COMME LES LIENS NE FONCTIONNENT PAS, VOICI LA PAGINATION...
Laïcité
PAGE 1469
Langue maternelle
PAGE 1499
Littérature
PAGE 1599
le tout dans BUISSON "Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire . 1re partie. Tome second."v. site Gallica.

Ecrit par : Dom | 17 juillet 2006

C'est l'heure de la leçon suivante : l'autonomie. Aux parents d'élèves présents sur ce blog, je présente d'avance mes excuses et me justifie : je dis bien "la plupart" et non "tous"...

LECON 7 : LES DOGMES

• L’autonomie :
« Oui, mais elle (il) n’a pas envie... » nous disent les parents. Pas envie de « faire pipi dans le pot », d’apprendre à lire, de lire sa lecture le soir, d’apprendre ses tables de multiplication ou même d’aller visiter le musée ou écouter le concert.
On doit respecter LEURS choix, LEUR personnalité. Et il y a déjà tellement longtemps qu’ils choisissent , depuis leur naissance. Allaitement à la demande, changes complets de la naissance à 15 - 18 kg (peut-être même plus d’ailleurs) s’ils le souhaitent, petits pots, petits repas tout prêts dans la jolie petite assiette verte, concoctés exprès pour leurs petits palais, heures du coucher, du lever...
Et à côté de cela, protections partout : cache-prise dans toutes les pièces ; protège tête aux coins des tables, au robinet de la baignoire ; barrières de sécurité devant les boutons du gaz, en haut et en bas de l’escalier, aux appuis des fenêtres ; bidules machins choses qui bloquent la porte du frigo, la porte du placard, et ainsi de suite...
Ils peuvent, ils doivent choisir, même s’ils n’y arrivent pas, même si cela les met dans la situation de l’âne de Buridan, et tout cela dans un monde sans risque, sans effort, sans limites affectives ou morales (nous avons même de temps en temps un élève qui ne comprend pas plus la louange que la critique : ils « sont »... tels qu’ils sont et dans leur esprit rien ni personne n’a le droit d’intervenir ni en bien, ni en mal).
Dès quatre ans, ils ont des mercredis aux emplois du temps de ministres : la gym, la danse, le poney, le judo, le foot, le karaté (activités qu’ils arrêtent au bout d’un an, voire moins), les anniversaires (oh, ces invitations qui circulent dans la cour d’école, ces listes dignes d’une liste de mariage, ces salles communales louées avec sono pour les dix ans de la gamine...), puis très vite l’orthodontiste, le coiffeur pour les mèches blondes, l’esthéticienne au premier bouton d’acné, le shopping avec maman et la copine pour aider au choix (ces petites filles de six ans qui arrivent à l’école juchées sur leurs talons compensés, entravées par leurs jupes longues étroites qu’elles ont choisies elles-mêmes dans le magasin sans penser au cours de gym, au toboggan, à tous ces jeux où on court, on saute, on rampe...).
Ils ne sont que rarement seuls : on invite les copains, les copines, on dort chez les uns, chez les autres. Et quand ils sont seuls, vite, la télé qu’ils ne regardent ni n’écoutent, « zappant » d’une chaîne à l’autre ou « comatant » le pouce dans la bouche... Pour les plus grands, il y a les consoles ou les ordinateurs : là aussi, ils vont au plus facile, se débrouillant pour passer les niveaux trop difficiles grâce aux « Soluces » qu’ils se refilent les uns aux autres.
Ils ne supportent pas d’être seuls, de « s’ennuyer ». C’est le pédopsychiatre en personne qui a expliqué à Q, devant ses parents médusés et moi-même, qu’il y avait dans la vie des moments où on était obligé de se livrer à des activités ennuyeuses et d’autres où l’on n’avait absolument rien à faire et que ces moments de vacuité totale pouvaient permettre de se poser et de réfléchir, qu’ils étaient donc formateurs. Les parents tombaient des nues : ils allaient enfin pouvoir vivre sans servir de jouets à leur fils...
Et puis, ce sont tous (ou presque tous) des « enfants uniques », des « individus incomparables », même quand ils ont des frères et sœurs : de la même façon qu’ils acquièrent la propreté diurne avec plus d’un an de retard sur leurs aînés, ils ne sortent de l’égocentrisme du bébé que vers huit ou neuf ans, voire plus...

Ecrit par : catmano | 17 juillet 2006

Bon alors on supprime tout ça puisque rien ne trouve grace à vos yeux... (on imagine)

Mais ils vont se faire royalement chier!!!!

Et en plus électrocutés si vous ne protégez pas vos prises de courant!

(C' est de l' humour!!!!!)

Chris

Ecrit par : chris | 17 juillet 2006

Mon cher Chris. Ma mémé (paix à son âme) disait : "La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe". Alors, s'il vous plaît, arrêtez de vous faire du mal en lisant la prose malodorante que ces ignobles crapauds dégoisent à longueur de posts sur ce blog. Vous y entachez votre pureté de colombe.
Pour vous consoler, une petite chanson :
"Voici venu le temps
des rires et des chants,
dans l'île aux enfants
c'est tous les jours le printemps.
C'est le pays joyeux
des enfants heureux,
des monstres gentils.
Oui, c'est un paradis."

Ecrit par : catmano | 17 juillet 2006

Ma mémé disait aussi : "Non, non, ne touche pas à ça, c'est dangereux, il y a de l'électricité, ça pourrait te faire très mal..." Et moi, bonne pomme, je la croyais...

Ecrit par : catmano | 17 juillet 2006

"Alors, s'il vous plaît, arrêtez de vous faire du mal en lisant la prose malodorante que ces ignobles crapauds dégoisent à longueur de posts sur ce blog."

Catmano

Mais je ne me fais pas mal du tout à vous lire...

Chris

Ecrit par : chris | 17 juillet 2006

J' aimais bien l' ile aux enfants...

Chris

Ecrit par : chris | 17 juillet 2006

A Pantin ,où je vis, la Municipalité, (soss, mais qu'importe) a capitulé en rase campagne, elle aussi. Elle a instauré des horaires de piscine non mixtes...comme à Montreuil, Drancy, Bobigny etc, etc....eh bien , je vais vous avouer que j'en ai marre...
Marre de cette mièvrerie à voix aigüe "Oh, mais Jean-PHilippe faut être tolérant!!!" La tolérance, disait l'autre, il y a des maisons pour ça.
Marre de cette hypocrite "mise dans le même sac" de tous les monothéïsmes. Non, excusez-moi, les femmes d'Islam ont encore, au train où ça va, des siècles de combat contre les bites à patte qui leur servent de maris.
Marre de faire semblant de faire des analyses pour historien à la gomme en tentant d'attribuer le retard séculaire de l'ISlam aux colonialisme.....
Vivent les femmes.....Et qu'elles coupent les roubignolles à caux qui s'immiscent dans leur vie intime, en régissant leur sexualité, leur habillement, leur nourriture, leur destin sous prétexte que Mohammed, en 622 a reçu la visite de l'Ange Gabriel. Moi, avant-hier ,j'ai reçu la visite de mon plombier, pour le renouvellement de mon contrat-chaudière....
Qui dira- et je me vis chaque jour, chaque année, chaque trimestre, la douleur des jeunes filles et des jeunes femmes musulmanes.
Cela dit, les jeunes Siciliennes, Grecques, Andalouses ou Portugaises ne sont guère mieux loties, comme le dirait Pierre.
Je ne pense même pas que l'Islam, comme le dit ce facho de Houellebecq est une religion primitive. il y a un "syndrome sexuel méditerranéen"...Jusqu'en Géorgie ou en Arménie...même farine. Là pas d'imams, mais des curetons à odeurs douteuses et des popes à fragrances de féta croupie qui tiennent la féminité sous un étouffoir et d'une poigne de fer....
Islam, Catholicisme, Orthodoxie et Judaïsme, sans parler des autres allumés, ont au moins réalisé l'oecuménisme sur un point :le martyr des femmes.
Mais il est vrai que l'Europe du Sud, orthodoxe ou catholique, s'émancipe à grand pas. On voit en Sicile de belles filles se pavaner en mini-jupes....Au Maroc et en Tunisie ainsi qu'en Turquie les choqses changent.....lentement mais sûrement.
Mais pas en France. Ni en Angleterre. Ni en Allemagne.
La religion c'est le cochon d'abrutissoir populaire, comme le chantait Montéhus...et elle n'a RIEN à voir avec la croyance. D'mandez donc à l'ami Blaise...
Les contorsions fascisantes de toutes les pratiques religieuses font d'immenses dégâts collatéraux...et les femmes en sont les principales victimes.
Qui se souvient du rôle déterminant des femmes dans la Révolution Algérienne...et après la clique de queutards obsédés, Boumédienne et les autres brutes, les femmes??? à la niche... Merci la lutte pour l'émancipation.
Alors quand on voit les chefs d'établissements coincés entre les gueulements hystériques des pères juifs ou musulmans qui exigent que leur fille n'aille pas à la piscine, ne fasse pas de sport, dès fois qu'elles se fassent regarder!!! et les limpératifs de laicité, on se prend à rêver d'Atatürk, qui lui, au moins ne sembarrassait pas de scrupules pseudo-démocratiques: les barbus au trou....
Flaubert a écrit, chacun le sait, un superbe "Voyage en Egypte". On y lit notamment, ses heures de bordel en compagnie de la sublime Kutchuk-Hanem...Eh bien, il y a quelques mois, j'ai entendu la coqueluche des intellos de gauche, Tarik Ramadan, petit fils du fasciste qui fonda les Frères Musulmans, estimer que c'était une insulte à l'Islam.
Et souvenez-vous aussi, du temps des talibans (du radical trilitère tlb "j'apprends", "j'enseigne"...à pisser de rire) ce reportage MONSTRUEUX où l'on voit une remorque tractée par un Massey-Fergusondans ces cas on s'attache à des détails...qui s'arrête au bord d'un stade de la banlieue de Kaboul. on en fait descendre une femme.....et la malheureuse est lapidée en public, devant une caméra indifférente et compassée....si Dieu existe, il doit avoir b esoin de lunettes à triple foyer et d'un sonotone....
Donc, moi, petit prof de base merdeux, JUSQu'AU BOUT, dussè-je me faire casser la margoulette, je soutiendrai la cause des femmes. A bas le voile, A bas les curetons de toute farine et ECRASONS L'INFÂME.....

Allez, cette fois, je vais aller boire un raki...y a une buvette...
devant Troie, ça fait marrant. Et vous pouvez vous réjouir, j'ai plus de batterie. Ah, dernier truc, vous savez comment on dit la Grèce en Turc??? Yunanistan (la pays des Ioniens.....) génial...

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 17 juillet 2006

merci catmano !
chez nous, nos enfants nous font la vie dure en nous (me) traitant de dinosaure(s) ; oui mes enfants ont des contraintes, ils n'ont pas le choix de l'heure du coucher, je les OBLIGE à tâter du surf (dernier sévice en date ! ils ont adoré), du Musée, de la bibliothèque municipale, à aller en vacances chez papy-mamie, à lire des vrais livres, à finir l'année de l'activité en cours et même, une fois au collège, à suivre plusieurs années de suite le même sport, juste pour voir comment ça fait de PROGRESSER.

J'ai lu à haute voix trois lignes de l'Esprit des Lois l'autre jour...rien de change...pff fatiguée

Je n'ai aucun scrupule à dire à mon dernier qui "s'ennuie" une seconde et demi après avoir fini un jeu, de trouver tout seul un truc à faire quitte à lui suggérer une ou deux activités qu'il fera SEUL !!!
je ne me sens pas coupable de refuser à ma grande fille le xième débardeur identique à celui de sa copine, sans parler du téléphone portable ; elle s'est trouvée très bien sans MSN ni ordi ni téléphone le temps que sa moyenne de maths repasse la barre des 15 (quel hasard ça marche, avec beaucoup d'huile de cervelas de maman aussi d'ailleurs ) ; fiston number 1 s'est remis à lire quand il a été privé de console de jeu (pourtant c'est deux fois une demi-heure par jour, attesté par le minuteur de la cuisinière, quand certains de ses copains y passent 3 heures d'affilée)...

Je suis une ligne Maginot à moi toute seule, tellement ces enfants sont dans l'urgence de satisfaction immédiate de leurs désirs et besoins ; l'autre jour je leur ai expliqué que le tout-tout de suite c'est pour les bébés qui n'ont pas conscience du temps...ça les a scotchés pour quelques minutes mais tout est à refaire jour après jour après jour...la ligne Maginot je vous dit !

En parlant de ligne Maginot, en vioci une autre à bien borner car les atteintes sont bien moins frontales : nous avons une maman pas du tout beurette qui vient chercher son fils à l'école toute souriante mais toute voilée, pantalon long et chemise à manches longues...quand elle n'a pas son voile elle porte une casquette pour cacher ses cheveux ; tout comme la maman juive intégriste en primaire de région parisienne ; qui a du demander une dérogation à je ne sais qui pour que sa gamine (absente tous les samedis) puisse mettre un pantalon pour faire du cheval, et qui est maintenant prise dans la guerre avec ses quatre enfants et son mari, puisqu'ils ont fait le choix de rejoindre Israel il y a deux ans...sans parler de mon beauf, catho de chez catho qui reproche à ses ouvriers d'afficher des calendriers genre Pirelli sur leurs armoires...
le monde est beaucoup plus fou que de mon temps ma brave dame ; j'ai passé un an aux US en 1980/81, et j'ai été extrêmement choquée de la pudibonderie hypocrite ambiante, moi qui arrivait de ma France libérée, libertaire qui hurlait de rire avec Coluche et Desproges...certaines filles arrivaient vierges au mariage (je pense aux polonaises d'origine par exemple) mais je ne vous fais pas de dessin, leur mec avait trouvé d'autres voies....et au nom de la démocratie et du 1er amendement le KKK organisait tous les ans son rallye dans notre région...
bin voilà on y est ; tout est condamnable au nom de la morale ; malheureusement celle-ci n'est pas la même pour les uns ou les autres....donc au nom de la tolérance plus rien n'est condamnable et avoir des principes républicains clairs vous fait traiter de fasciste (1 point !) ...on est mal barré...

Ecrit par : fabienne | 17 juillet 2006

J'ai lu à haute voix trois lignes de l'Esprit des Lois l'autre jour...rien de change...pff fatiguée
bon c'était ma conclusion mais je suis vraiment assommée de chaleur et je l'ai collé au début...à boire ! frais !

Ecrit par : fabienne | 17 juillet 2006

Merci Fabienne. Je l'avais bien dit que ce n'étaient pas "tous les enfants" mais "un certain nombre quand même"... Dans un but ni grincheux, ni ronchon, mais seulement informatif pour les futurs collègues de maternelle, primaire, collège et peut-être même lycée, la suite... Attention, les "individus incomparables arrivent".

Chaque année, mes petits CP lisent l’histoire du roi souris qui voulait que sa fille épouse le personnage le plus puissant du monde et qui ne le trouve pas... et chaque année, plusieurs de mes grands CE1 ou même CE2 expriment par leurs mines déconfites leur déception de réentendre qu’ils ne sont pas, chacun, le personnage le plus puissant du monde...
Nous ne retrouvons une solidarité entre frères et sœurs (ou entre groupes de pairs) que parmi les enfants de grandes fratries (4 ou 5 enfants). Les parents ont tellement cultivé l’autonomie sans contrainte de leur chérubin (au singulier, même s’ils ont deux ou trois chérubins, ou prétendus tels) que le chérubin, personnage le plus puissant du monde, écrase le petit frère, dénonce le grand et ricane lorsque ceux-ci pleurent ou sont pris en faute...
C’est le règne du « moi d’abord » et du « tout pour moi », à tous les étages de la Petite Section au CM2 (cette année, nos sept filles de CM2, toutes excellentes élèves, ont fait une crise de jalousie à leur maîtresse parce que celle-ci consacrait plus de temps aux onze CM1, dont quatre en grande difficulté scolaire et à leur congénère masculin du CM2, lui aussi en difficulté...)
Ces enfants, autonomes chez eux, sommés d’opérer des choix qui les dépassent depuis leur plus tendre enfance, privés des repères les plus élémentaires, ces enfants perdus se cherchent un maître et le trouvent selon leur personnalité.
Chez les garçons, ce sera la force brutale, sans règles (nous n’avons jamais eu autant de chamailleries pendant les récréations, sur le terrain de jeux de ballon que ces trois ou quatre dernières années...), la triche, le refus des limites, le tout cautionné voire approuvé par la société (un médecin de famille a, l’année dernière, réconforté une mère qui était venue chercher auprès de lui un peu d’aide face à la violence de son fils de huit ans en lui disant : « Ne vous affolez pas, ce sera un battant ! »... Hitler et Staline étaient sans doute eux aussi des battants...).
Pour les filles, le maître, c’est la mode, la télé, Lorie et la Star Ac... Juchées dès trois ans sur leurs talons compensés, harnachées de jupes longues traînant à terre, elles ne peuvent plus courir, jouer au sable, grimper sur les structures de jeux, sauter à la corde ou à cloche-pied. Déguisées en Lolita, mini jupes, petits tops laissant voir leur petit bedon de bébé et une épaule grassouillette, sandalettes faites pour tout sauf pour marcher, courir, sauter, le tout clouté, cuir et strass... elles n’ont plus rien de l’enfant en plein stade de latence que Freud et Dolto interdisaient tous deux de solliciter sexuellement...
Nos mamans, nées dans les années 70 – 80, élevées comme leurs frères, salopettes et « Clarks », ballon prisonnier et petites voitures, se font plaisir. Et là encore, c’est la Société qui cautionne, pardon, qui encourage. Le bébé, l’enfant est une personne, il a ses envies propres donc il y a un marché à prendre. A grand renfort de publicité, les marques, les chaînes de télé fidélisent une clientèle aux besoins et aux moyens illimités, puisque personne ne lui a jamais signifié que les besoins et les moyens peuvent être limités...

Ecrit par : catmano | 17 juillet 2006

Oui Catmano......et l'oppression religieuse dans tout ça????

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 17 juillet 2006

Ah non, il n'y en a pas. Excusez-moi d'intervenir n'importe où, n'importe quand, sans suite forcément avec le thème du blog...J'ai commencé il y a une quinzaine de jours, les gens m'ont répondu, certains m'ont demandé de continuer alors je continue. Sur le dernier blog en ligne, même si cela n'a aucun rapport. Je suis désolée.

Ecrit par : catmano | 17 juillet 2006

“...Freud et Dolto interdisaient tous deux de solliciter sexuellement... ”
“Le bébé, l’enfant est une personne, il a ses envies propres donc il y a un marché à prendre.”
Catmano
Brillantissime. vous approchez le divin.
Je repose la question différemment : que doit-on faire des quarts d’heure psycho, des cellules psycho, qui ont pour unique but d’éradiquer la frustration et la “souffrance” individuelle, uniques objets de nos ressentiments... Le brouet Dolto mal digéré fait bien plus de ravages que l’Herbalife TM.
Allons donc faire un tour du côté du freudo-marxisme.
Encore Catmano, encore

Ecrit par : D'Enguell | 17 juillet 2006

“J'ai lu à haute voix trois lignes de l'Esprit des Lois“
“au nom de la tolérance plus rien n'est condamnable et avoir des principes républicains clairs vous fait traiter de fasciste”
Fabienne

Excellent !
Quant à l’Esprit des Lois, mon entourage est quasiment perclus de mes objurgations à les lire (ou les relire). Tout est là.
Les “Républiques Socialistes Soviétiques”, la “République Démocratique Allemande” et “la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste” donnaient déjà un goût bizarre à la République.

Pour MONTAIGNACHEVAL : si vous êtes à la buvette de Troie, commandez-donc un Dubonnet Phrygien.
(Désolé, je ne peux pas m'en empêcher, merci Claude Halmos)

Ecrit par : D'Enguell | 17 juillet 2006

A d Enguell....Sincèrement bravo pour Dubonnet Phrygien. Ca et le Picon bière ça ga le même nom....Oui, je sais c est très approximatif...mais la chaleur que voulez-vous.....et quand je pense que je suis là à faire l andouille, à Troie....

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 17 juillet 2006

Merci. La réponse est-elle "Moi je fais la saucisse à Sète" ?
Bon, cela ne fait pas sérieux du tout, pour un professeur de l’Etat français, mais dans la série fiente de l'esprit, mon domaine c’est plutôt les Sciences dures du Carbocation que celles molles (pas selles molles) de l’Education.
En trilitère tlb, j’ai guère trouvé que talbin en argot français, du flouze, du pèze, de l’oseille (tiens, oxalis, je comprends maintenant pourquoi c’est interdit).
A vous entendre cher MONTAIGNACHEVAL

Ecrit par : D'Enguell | 17 juillet 2006

La critique est aisée, l'art s'avère parfois difficicile. Concrètement, votre lutte contre l'obscurantisme religieux trouve-t-elle une quelconque expression naturelle dans l'exercice quasi quotidien de vos fonctions ?

hermano jorge

Ecrit par : hermano jorge | 17 juillet 2006

La critique est aisée, l'art s'avère parfois difficicile. Concrètement, votre lutte contre l'obscurantisme religieux trouve-t-elle une quelconque expression naturelle dans l'exercice quasi quotidien de vos fonctions ?

hermano jorge

Ecrit par : hermano jorge | 17 juillet 2006

A hermano jorge.Oui. Et j'y prend un réel plaisir.....

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 17 juillet 2006

Je garde un souvenir ébloui d'Ephèse — mais c'était il y a un peu plus de trente ans, et il n'y avait personne — mais alors, personne — sur l'ensemble du site. Ça a dû changer…

Et par ailleurs, oui, je l'ai déjà raconté dans À bonne école et ailleurs, ma pratique pédagogique, sur le plan religieux, s'accorde à mes discours — au grand dam ou à la grande joie de mes élèves — parce que certains se délectent d'entendre un discours quelque peu différent de celui de la maison. Au surplus, comment faire autrement ? Quand elle ne parle pas d'amour, la littérature parle de Dieu — et parfois des deux à la fois. Je me suis fait menacer de mort (à Corbeil) pour avoir expliqué l'hilarant article "Abraham" du Dictionnaire philosophique — en parallèle à un programme fixé à l'époque par le ministère qui nous enjoignait d'étudier Candide, et les "leçons de physique expérimentale" que le Serpent (Pangloss est étymologiquement "tout langue") donne à la servante de Dieu (Thunder-ten-Tronckh) — et Adam-Candide à Eve-Cunégonde (celle qui n'est, phonétiquement, que cul et con). De même, il y a en BTS un texte de Hubert Reeves à propos de Darwin qui est bien commode — et j'en passe. Et même de l'iconographie sur le sujet (impossible de faire un copier-coller sur cette saleté de blog, mais je l'envoie personnellement à qui me donne son adresse). Et je n'ai jamais eu, sauf en tout début de carrière au collège, que des élèves très imprégnés de culture religieuse — et qui le plus souvent n'y connaissent rien. Faut entendre les récriminations quand on leur explique qu'ils partagent 98% de gènes communs avec les poules…
Bonne journée caniculaire à tou(te)s.
JPB

Ecrit par : brighelli | 18 juillet 2006

Bonjour Jean-Paul,
je suis intéressé par l'iconograhie dont vous parlez, ainsi que par les références du texte de Hubert Reeves, mais comment vous faire passer mon adresse autrement que sur le blog même?

François

Ecrit par : François | 18 juillet 2006

A jpb.....Ephèse est devenu, vous le devinez aisément, une sorte de Auchan antique, tout comme Olympie, Mycènes etc. On y trimballe des cars entiers de touristes quei n'ont qu'une envie, retrouner à l'hôtel, pour ne "pas rater le buffet". Ces sites ne sont pas abîmés en soi, mais il règne autour de leur émouvante immobilité, une activité un peu médiocre. Ici à Troie-Hissarlik, comme le site est beaucoup plus compliqué et moins "spectaculaire", on est moins dans cette atmosphère de "marchands du temple".
Mais après tout, ces sites existent...ils ne subiront jamais le triste sort de Zeugma, sur l'Euphrate turc, engloutie par un barrage...alors faisons contre mauvaise fortune bon coeur.
Quant à la religion des énèves...tot à fait d'accord avec vous. Quand effectivmeent on leur dit - je n'avais pas pris la poule mais le bonobo- que nous partageons au moins 97% de nos gènes avec ces braves gens...gène à cause des gènes.
L'an dernier, avec mes secondes, je travaillais sur la géopolitique de l'eau douce. Et j'embrayai, un moment sur les glaciations. Une de mes élèves africaines, une Camerounaise se met à m'engueuler en me disant que tout ce que je disais était " paroles du Malin (sic) et elle a dit appartenir à l'une de ces innombrables "églises -mobutu" comme je les appelle, ces sectes protestantes bornées et lucratives. Elle n'en démordait pas. Et j'eus beau user de tous les stratagèmes possibles, rien n'y a fait. Pour elle, le monde a été créée par Dieu en 4004 av-Jc!!!! Point final.
Y a du boulot, d'autant que ce phénomène de la montée de la bigoterier la plus absconse est relativement récent. Derrière, on sent les curetons de tout poil serrer les consciences de ces gosses. Alors oui, vous avez raison , VOLTAIRE en antibiotiques, par perfusion, 24 heures sur 24....
Tiens , d'ailleurs, ici en Turquie, à l'école, toute plongée dans la bigoterie islamiste est sévèrement réprimée...Et quand on sait ce que veut dire répression en Turquie, on peut être sûr que la laïcité est bien défendue!!!!!!!! On voit des filles et des garçons en uniforme, très sérieux, déconneurs comme les nôtres, et on en vient à se dire que NOUS avons creusé notre propre tombe en supprimant les prix, les blouses, en laissant les cuistres lâches et gauchistes prendre le pouvoir à l'EN...les corbeaux sont revenus. Et désormais, il yen a d'espéces différentes, plus coriaces à écraser. Mais nous y arriverons.
Ce matin, la mer me rappelle ce que dit Flaubert dans son "VOyage en Corse"....plate, calme, éternelle, rendant mouvant le bleu pourtant fixe du ciel. Et avec ce petit gémissement tranquille des vaguellettes. Et puis la Mer Egée, c'est irrésistible.....ça fait oublier les IUFM et les assassins de la liberté de penser.
Salut troyen et matinal (23°)
Petit déjeuner en terrasse : café turc, féta, pain rond au sésame et ayran sucré au miel....bon appétit...

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 18 juillet 2006

Jean-Paul, votre nouvel opus va sans doute en parler : pourquoi cette insistance depuis des années sur ce que les cuistres ou les manipulateurs appellent le « fait religieux ». Et tout ça dans un pays où les pratiquants n’ont jamais été aussi peu nombreux. Quels lobbies sont derrière pour arriver à nous vendre ce fameux « fait religieux » jusque dans les programmes scolaires ? C’est comme si tout à coup il y avait urgence, qu’il n’y avait rien de plus pressant à faire ou à enseigner, etc. Les « enthousiastes », au sens originel, ne seraient-ils pas dans le coup ? J’ai du mal à croire à la génération spontanée.

En histoire, des programmes gnangnans en 2de, après le christianisme (déjà vu en 6e), la Méditerranée au XIIe siècle avec comme arrière-pensée lourdingue : montrer comment les musulmans civilisaient ces couillons d’Occidentaux. La vérité historique est bien sûr plus nuancée ! De toute façon, en hist-géo les programmes sont modifiés sans arrêt avant qu’on puisse les maîtriser : il « faut » changer !
Malheureusement pour certains brillants esprits, il y a aussi des équivalences simplettes qu’on n’est pas obligé de trouver scientifiques :
Arabes = musulmans = exclus d’où Islam = Bien, Europe = Mal.
C’est le fameux sanglot de l’Homme blanc. Comme c’est quand même difficile à supporter, on modifie un peu l’équation :
Arabes, musulmans = Bien, Israël = Mal et les plus cintrés vont jusqu’au bout : Juifs = Mal.
Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec un antisémitisme de gôche ! Qui n’est pas nouveau, parbleu !

Quant à Jésus, je demande aux élèves ce qui serait advenu de la religion chrétienne s’il ne ressuscite pas… Plaçons-nous dans le contexte de l’Empire romain et de toutes les religions qui existaient alors. Beaucoup de ces chers petits arrivent à faire des hypothèses quand on leur fait autre chose que du catéchisme, « citoyen » ou non.

Une remarque de parents de 5e pendant la guerre du Golfe (1991) :
« Nos enfants ne vont quand même pas étudier l’Islam ! »

Ecrit par : Lariba | 18 juillet 2006

Un peu hors-sujet (quoique... pitié pour Brigitte Guigui...) voici un témoignage de parent d'élève lu sur le net sur une affaire dénoncée il me semble par JPB dans une note précédente :

Loin d'une querelle de méthodes de lecture, nous voudrions apporter un éclairage un peu sordide sur le scandale Guigui

C'est en tant que parents d'élève de l'école primaire Ville Haute de Provins où exerce Mme Guigui, et témoins directs des persécutions dont elle fait l'objet depuis la rentrée 2004, que nous intervenons sur ce forum. Mme Guigui est une enseignante très appréciée des élèves et de leurs parents. Si, à la rentrée 2004, elle a reçu le soutien quasi unanime des parents d'élève lors de la première charge de l'inspection à propos de la méthode de lecture syllabique qu'elle emploie (90 % des parents ont signé une pétition de soutien qui a fait reculer l'inspection académique), ce n'est pas par attachement à un dogme pédagogique, mais tout simplement parce qu'elle obtient d'excellents résultats, qu'elle fait preuve de dynamisme dans sa manière d'enseigner, qu'elle manifeste un respect et une attention particulière à l'égard de chacun de ses élèves.

L’affaire aurait pu en rester là. Mais l'inspection, contrainte d’avoir lâché prise en 2004 devant la mobilisation massive et la détermination des parents d’élèves, a profité des conditions d’enseignement exceptionnellement difficiles auxquels Mme Guigui a été confrontée à la rentrée scolaire 2005 pour entamer une procédure disciplinaire sur la base d’une accusation calomnieuse et d’une enquête bâclée. Elle est passée en conseil de discipline en janvier 2006, et a écopé d'un blâme pour harcèlement psychologique sur un enfant atteint d’un handicap auditif grave, malgré le soutien réitéré des parents ! Or, à Provins, nul ne peut accorder le moindre crédit à cette calomnie.

Dernier rebondissement (car nous assistons à une persécution) : le 5 juillet 2006, l'inspecteur d'Académie de Melun a pris la décision de muter d'office Mme Guigui "pour raison de service".

Une dernière information, que les Provinois connaissent bien : le maire de Provins, actuellement ministre de la Fonction publique, est intervenu personnellement pour faire déplacer Brigitte Guigui ; le conseiller aux affaires locales de M. le ministre et maire de Provins a une femme enseignante, collègue de Mme Guigui dans la même école (classe de CE1) ; il est enfin de notoriété publique que cette collègue, épouse du conseiller, ne s'entend pas avec Mme Guigui.

Quiriace77

Ecrit par : Guillaume | 18 juillet 2006

Le ministre en question est Christian Jacob.
Franchement participer à la persécution administrative d'une institutrice qui a eu le seul tort d'utiliser une méthode syllabique de la part de cet ancien agriculteur qui a écrit "le pari du bon sens"...
Le bon sens paysan, lui, a vécu !

Ecrit par : Guillaume | 18 juillet 2006

Lariba, je ne dis pas autre chose....Que les programmes soient infantiles quant au fait religieux, disent les chefs de preuuuduits, comment ne pas être contraint à l'enseigner de façon infantile, puisque le religion EST infantile...
Expliquer la Trinité à des 5ème, alors qu'on vient de leur dire au cours d'avant que les Catholiquessont monothéïstes, faut s'accrocher. Moi, j'ai jamais su faire. Le seul truc qui passe c'est deleur demander tout à trac "T'as un vélo?""Euh....Oui m'sieur"-"Bon....pour éviter qu'il ne rouille ton papa t'a pas acheté une burette d'huile?" Avec un peu de chance le môme dira "Oui, oui, moi m'sieur". Et je dis alors "Sur cette burette d'huile à vélo, y a souvent marqué "Trois en Un"...eh ben la Trinité, c'est la même chose..."
Pas fort, je le concède, mais comme de toutes façons, les curetons ne font pas mieux (voir les conneries qu'on sort aux mômes qui ont le malheur d'aller au catéchisme à la madrasa ou dans une yechiva.....c'est à pleurer....
Une remarque de parents en 1994, avant un voyage scolaire de 15 jours à Prague, Vienne et Budapest avec des 3èmes: "Mosieur Gochmit, j'avais confiance en vous, mais qu'est -ce qui vous prend d'ammener nos gosse dans des payus en guerre?" "Mais Madame, nous n'allons pas en Bosnie, mais en République Tchèque et en Hongrie!!!" "Ouais " qu'elle me répond,"en tous cas c'est pareil ,c'est des sauvages!!!" Imensité de la connerie humaine...

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 18 juillet 2006

Absentez vous quelques jours de ce blog, et vous voilà devant une montagne de textes à rattraper ! D’où une réponse beaucoup trop longue, mais c’est promis, je repars aussitôt dans ma province natale.

Le nœud du problème mérite le déplacement. Et puis, il ne faut pas bouder son plaisir quand on tombe sur des textes aussi denses : allez, disons le sans flatterie excessive, les derniers guillemets sont de trop lorsque, JBP, vous écrivez : Ma note "Nœud du problème" en est, en un sens, une "bonne page". D’ailleurs, elle a provoqué des réactions, dont certaines sont tout à fait opposées : il y a de quoi réfléchir.

Définir le nœud du problème, c’est mettre le sujet au bon niveau, celui de l’action Politique, qui précède et permet la mise en oeuvre, qu’elle soit organisation scolaire, pédagogie, discipline, attitude intellectuelle, recrutement ou rémunération, .

Proposer ces choix, c’est expliquer pourquoi le système scolaire est en danger, et c’est tenter de le remettre à sa vraie place, au centre des préoccupations électorales. Du coup, la question se posera : ne serait-ce pas paradoxal de condamner le communautarisme tout en s’érigeant en groupe de pression pour défendre une certaine vision de l’école ? J’y reviendrai car l’objection est réelle , mais Danton avait il tort lorsqu’il disait qu’après le pain, l’éducation (faut il dire instruction ?) était le premier besoin d’un peuple ?.

Posons le problème modestement, en n’oubliant pas notre sort de mortel. Il nous faudra bien transmettre le flambeau : c’est notre lot, notre gloire ou notre malheur, chacun choisira, que de former nos remplaçants. Chaque société humaine choisit ce qu’elle veut transmettre, à qui, et pour quoi faire. Elle peut le faire au petit bonheur la chance (la chance de qui ?), ou elle peut le faire de façon organisée : c’est le rôle et la mission de l’école.

Ce n’est donc pas une mince affaire, en dépit de ce climat de morosité dans lequel les professeurs se mettent à douter de leur prestige. Quand j’étais en prépa (scientifique, mille excuses), ceux qui choisissaient Normale Sup étaient, et de loin, les meilleurs. Nécessairement, puisqu’ils devaient démissionner des meilleures places de l’X, sans parler des autres écoles qu’ils n’avaient même pas présentées. La « Société » de l’époque ne considérait donc pas qu’elle gâchait ses ressources en affectant ses meilleures « cervelles » à l’enseignement. Tout cela serait il du passé ?

Je suis bien d’accord : on a l’école qu’on mérite. La pédagogie que vous décrivez sur ce blog est assez terrifiante : elle n’est pas la conséquence de choix conscients de la nation. Ce n’est donc pas acceptable. Cette pédagogie est insidieuse, c’est donc une prise de pouvoir abusive de la part de certains groupes de pression. Cela ne doit pas être toléré, tout simplement parce que cela mine de l’intérieur la volonté de citoyens qui n’ont pas été prévenus qu’on leur fabriquait un autre monde, ou pire, qu’on a trompés en leur disant que l’absence de sélection à l’université après un bac à 80% se ferait « toutes choses égales par ailleurs », que la carte scolaire était une source d’égalité etc

C’est encore plus inacceptable si c’est une réaction d’impuissance face aux fanatismes d’élèves incultes devenus intouchables.

.

Espérons que le débat politique ne sera pas devenu totalement stérile, vide ou clientéliste, espérons que nos élections ne ressembleront pas à celles de la star’ac ou du maillon faible : ce serait donner raison, citons le à nouveau, à Platon qui mettait la tyrannie au bout de la démocratie, parce qu’il la croyait incapable de résister à la démagogie. Il m’arrive de le craindre, et, n’était-ce le rempart de l’Europe, j’en serais assez certain… Mais restons optimistes.

Je garde le débat République-démocratie pour plus tard. Peu importent les mots, pour le moment. Ils sont là pour montrer que deux conceptions peuvent s’affronter pour notre système de transmission de culture(j’aime bien l’appeler ainsi)

Je vois deux stratégies extrêmes, entre lesquelles bien des combinaisons seront possibles, sans parler des dévoiements qui sont d’une autre nature : D’un côté, une transmission multi-culturelle, où chaque groupe reconnu (classe sociale, sous-groupe cultuel ou culturel) définit et assume ouvertement un programme scolaire ad-hoc, puis se donne les moyens de le diffuser pour maintenir son existence, dans un Darwinisme social de bon aloi.

C’est, par exemple, ce qui se passe si l’on se place au niveau de l’Europe. Chaque pays, bien au delà de sa seule langue, transmet une culture faite de sa littérature, de ses mythes, de ses valeurs, de son histoire, mais aussi de sa conscience d’exister comme un tout apportant racines et fierté. Le temps mis par la France et l’Allemagne pour rédiger des manuels d’histoire communs aux deux pays montre bien la distance qui sépare deux « vraies » cultures.

Sans cette distance et cette densité, le mot culture est abusif et ne traduit au pire que les intérêts d’une mafia, au mieux ceux d’un groupe de pression.

On notera qu’une culture se diffuse, se transmet : elle ne s’extirpe pas d’un petit groupe d’élèves qui, par définition, ne pourront jamais créer autre chose qu’une culture de groupe!
Sans compter tous les enfants qui, même originaires d’Afrique, n’aiment tout simplement pas le manioc, à l’instar de Gaston Kelman.

Ceux qui, journalistes ou politiques démagogues galvaudent la notion de culture, l’utilisant à tort et à travers en parlant de culture Tag, de culture Rap, de culture des rues pourraient paraître superficiels : ils sont criminels, par la frustration qu’ils génèrent chez ceux qui, dans leur sillage, vont se croire l’égal de Voltaire, et dispensés de l’étudier. Certains entretiens d’embauche sont devenus surréalistes, quand vous vous trouvez en face de gens qui ne peuvent pas comprendre qu’ils sont devenus inemployables, y compris par des employeurs eux-mêmes issus des banlieues mais qui ont eu, eux, la chance de bénéficier d’une formation normale.

C’est pitié que le français utilise le même mot, Culture (comme Kultur), pour des choses si différentes. Ce que vous nous apprenez ici des idéologies pédagogiques actuelles est un dévoiement dramatique de la notion de culture, même si je vois bien la multiplicité des facteurs qui poussent irrésistiblement à ce dévoiement, et contre lequel il faut lutter :

Citons en vrac, l’idée selon laquelle la culture dite dominante est une aliénation, ou, version modérée, que c’est une création humaine et qu’à ce titre, elle n’a pas de valeur universelle. Ajoutons la mode qui consiste à remplacer l’expertise (la connaissance) par la méthodologie et qui permet, ce n’est qu’un exemple, à toute une industrie du service de faire travailler des ignorants (pour s’amuser un peu sur ce sujet, avez vous déjà trouvé un idéologue de la méthodologie aller se faire opérer par un historien de la médecine ?).
Citons «également le marketing politique qui juge plus efficace de séduire chaque groupe que de s’adresser à l’ensemble des citoyens (vous avez dit soudoyer ?). Rappelons Napoléon qui a signé le concordat et regardez comment on croit (échec garanti, mais c’est un autre sujet) organiser les cultes et, pourquoi pas, comment on risque de ré-ouvrir la boîte de pandore de la loi 1905…

Il n’empêche que c’est une stratégie de transmission possible : en France, les corses seraient peut-être tentés de l’envisager. Heureusement, je ne suis pas corse !

A noter enfin, pour clore ce paragraphe, que la plupart des écoles privées, dès lors qu’elles diffusent un programme national unifié et qu’elles visent les mêmes diplômes, n’appartiennent pas à cette stratégie. Mises à part celles qui visent explicitement une ségrégation sociale ou confessionnelle marquée, elles se posent davantage en concurrentes du système public, pour un même objectif de transmission de la culture de la République. Il ne tient qu’au secteur public de remporter la compétition. Enfin, rappelant que je suis un « parent » qui a résisté aux sirènes du privé pour ses enfants, sans avoir eu à le regretter, il m’arrive parfois de penser que certaines écoles du privé finissent par mieux défendre les valeurs de la République que certaines écoles du public… Mais, j’ai sans doute tort !

A l’opposé de cette stratégie que j’ai qualifiée de multi-culturelle, on trouve une stratégie mono-culturelle que, moi aussi, j’aime appeler école de la République. Elle s’adresse à tous, mais elle intègre nécessairement la notion de sélection car il s’agir de pourvoir aux postes de la société toute entière. Disons tout de suite, pour éviter la polémique, que la sélection n’est pas forcément inhumaine. Cela a sans doute été le cas, à une époque ou la valeur individuelle était moins sacralisée, mais cela peut et doit changer. C’est donc affaire de méthode, que de trouver le moyen d’orienter sans casser, de stopper sans abandonner, de promouvoir sans anoblir. Si les programmes peuvent être différents, ce sera pour s’adapter à des potentialités et non pas pour défendre une culture particulière : le créationnisme n’y a pas sa place. La vérité scientifique s’impose.

Est il inutile de faire remarquer que les communautés confessionnelles forment leurs « cadres » dans des systèmes scolaires différents de ceux qu’ils réservent à leurs fidèles ? Qu’ils les sélectionnent souvent par cooptation, en tout cas, en pleine opacité, les voies des seigneurs se devant sans doute de rester impénétrables : ce sont les séminaires, les bientôt futures écoles d’imams français, que sais-je encore. Ne croyez vous pas que c’est une caractéristique choisie par ces communautés, plutôt qu’imposées par le système laïque occidental ?(Cela mériterait une étude dans les systèmes non laïques)

C’est la gloire de l’école de la République que de prendre tous les enfants : ça n’a de sens que si elle assume sa mission de sélection. Dur à dire ? Ne nous trompons pas d’injustice !

En résumé, d’une part un système qui assure la reproduction de cultures indépendantes, donc divergentes, et qui, chacune, fabriquent son encadrement et donc s’organise pour peser sur la vie citoyenne sur la base de ses seules valeurs; d’autre part un système qui transmet un socle totalement débarrassé de ce qui vient des sous-cultures privées, adapté à chaque potentialité, qu’il a mission de révéler, dans le meilleure intérêt de la survie de la société toute entière.

Ce n’est pas simple, car il n’y a pas de culture sans mythes créateurs : celui du gaulois a été réhabilité par Michelet, me semble t’il, pour asseoir la République contre le mythe franc que la noblesse s’était appropriée pour justifier sa légitimité de conquérant (et, crois-je toujours, pour assurer son autonomie face à la monarchie) : peut on le faire partager au petit noir venu du cameroun ?

C’est encore moins simple quand on en arrive à la logistique : la cantine, par exemple. La laïcité doit-elle se limiter à la salle de classe (y compris, bien sûr à la gym), ou doit elle être le principe guidant l’ensemble du système scolaire ? Il faut être de l’intérieur pour en décider, je me contente donc de poser la question ; mais l’efficacité peut elle transiger ?

Le temps est venu de conclure sur les régimes politiques qui sous-tendent ces deux types d’école. JPB appelle Démocratie celui qui se satisferait bien du premier et République le second.

Il me semble que la démocratie est un principe par lequel chaque « homme libre » compte à l’égal de son voisin, et qu’en occident, on accepte l’idée des « lumières » selon laquelle tous les hommes naissent libres et égaux en droits… Le principe ne dit pas comment cela débouche sur un intérêt général, il se contente de le définir d’une façon un peu tautologique (avec « au ») comme étant la somme des expressions individuelles.

Il est intéressant de noter que cette définition, assez largement acceptée en France est totalement rejetée dans la version économique qu’adam smith a rendu célèbre sous le nom de « main invisible ». (Pour ma part, j’analyse ce rejet comme un réflexe culturel catholique, mais bon, il faut en garder pour une prochaine fois…)

Là où ça se complique, c’est quand on est trop nombreux pour tenir sur l’agora, et organiser le recueil de l’expression populaire. Il faut s’organiser : suffrage direct ou indirect ; démocratie parlementaire ou présidentielle sont autant de modalités possibles pour organiser l’expression de la souveraineté du peuple.

Jusqu’à présent, les démocraties occidentales ont toutes retenu des corps intermédiaires fondés sur la seule géographie (collectivités territoriales), assurant de cette façon le respect de l’intérêt général, confiant la défense des intérêts catégoriels à des institutions non politiques telles que les syndicats, ou les associations cultuelles.

Une démocratie occidentale est un régime démocratique qui organise le respect de l’intérêt général. La République française est une démocratie occidentale qui se méfie vraiment des intérêts privés. Elle pense, et tant pis si je me projette un peu, que les communautés se nourrissant du malheur de leurs mandants, sont tentés de faire la politique du pire, repoussant les limites de leurs exigences au fur et à mesure que leurs demandes sont satisfaites.

Article 1er de la constitution :
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

Article 4 de la constitution :

Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Article 27 : (Sur le parlement)
Tout mandat impératif est nul.
Le droit de vote des membres du Parlement est personnel.

Article 34 :
La loi est votée par le Parlement.
La loi détermine les principes fondamentaux :
•de l’enseignement ;

Par ces articles, la République fixe les limites de la démocratie en France : pas de parti religieux, pas de parti qui ne s’intéresserait qu’à une partie de la souveraineté nationale, pas de député qui devrait suivre des consignes extérieures, pas de communautarisme.

Moi, ça me va : il suffit d’exiger un peu de courage de nos députés et d’exiger qu’ils clarifient leur position.

La France est mono-culturelle. Sa force n’est pas de se déliter, c’est d’intégrer tous les êtres libres qui viennent la rejoindre.

Pardons pour la longueur : je repars en vacances.

Ecrit par : Michel | 18 juillet 2006

sur le "fait religieux" c'est compliqué !
n'oublions pas que la plupart des tableaux, livres, poésies produits chez nous où ailleurs jusqu'à la moitié du 19ème siècle à peu près (merci aux érudits de corriger) se fondent ou au minimum se réfèrent à la religion, quelqu'elle soit...comment un gamin ou un adulte totalement étranger à cela pourra-t-il comprendre (sans parler d'apprécier) les oeuvres de Michel Ange sans cette référence ?
il me semble que l'art est en lien direct avec la spiritualité et qu'on le veuille ou non les trois religions monothéistes ont façonnées notre pays ; les ignorer c'est ignorer des pans entiers de notre culture et les tenants et les aboutissants de notre histoire tant l'épée a servi le goupillon...comment enseigner l'histoire en laissant tout cela de côté ?
Je plains les enseignants chargés de ces cours...ils devraient peut être faire un stage au petit séminaire, il paraît qu'on y étudie les trois religions à fond !!!!

PS : canicule oblige je rattrape mon retard en cinéma, j'ai loué "The Magdalene sisters" ; très édifiant sur la dérive totalitaire de la religion (catholique en l'occurrence) pour persécuter les femmes dont certaines ont pour seule crime qu'elles "auraient bien aimé faire" quelque chose de mal....et avant hier c'était "Joue la comme Beckham", oppression culturelle sur les jeunes filles indiennes, conduisant au mensonge quasi institutionnel entre enfants et parents...MLF pas mort j'espère !

Ecrit par : fabienne | 18 juillet 2006

A ECOUTER:
LES RENCONTRES DE TELERAMA
Jean-Paul Brighelli et sa "fabrique du crétin"
Xavier Lacavalerie a rencontré l’auteur.
http://www.teleramaradio.fr/article.php3?id_article=72#

Ecrit par : Dom | 19 juillet 2006

Hmm… Télérama, c'et du réchauffé.

À Fabienne. MLF pas mort ? Je me demande. Ne croyez-vous aps que brûler aujourd'hui des voiles serait plus significatif que brûler hier des soutiens-gorge ? Voir plus bas.

Pour Chris, qui demandait il y a deux jours (pardon pour le retard, mais je prends parfois 24 heures de vacances…) quelles seraient les lectures que je conseillerais à des enfants…
Tout dépend de l'âge, mais en commençant à huit ans, disons que Dumas, Féval, Malot, Verne, Stevenson, Doyle, Kipling,Twain, Rosny ou Vasconcelos, forment un corpus de base. Les Trois mousquetaires, ça a une autre gueule que le Gone du Chaaba — qui est ce qu'il y a de moins pire dans la liste du CRAP.
J'ai dit dans la Fabrique que je trouvais que Harry Potter avait tout pour devenir un classique, et je le maintiens (si quelqu'un a un doute, qu'il lise les bouquins de Rawling).
Et bien sûr Defoe ou Swift. Ou les auteurs de contes — Andersen en tête, pour lequel j'ai une amitié particulière…
Vous voyez, il y a là de quoi alimenter n'importe quel enfant en lecture piur deux mois… Et même un peu plus.
Sans compter que des parents un peu malins peuvent en tirer des thèmes de balade. Quand je suis arrivé à Paris, en 1972, la rue Férou n'était pas pour moi le siège des éditions Belin, mais l'adresse d'Athos. Et le château de Vincennes le lieu de l'évasion de Beaufort.
Ou les châteaux de la Loire au gré de la Reine Marfgot, des Quarante-cinq et de la Dame de Montsoreau…
Voir le Découvertes-Gallimard consacré à Dumas, signé Biet, Rispail, et… Brighelli, comme les manuels de la collection Textes & Contextes de chez Magnard, cuvée 82-85, les meilleurs je crois. Histoire de rappeler à tous que ma vocation, c'est la littérature (et j'y reviendrai à partir d'octobre, parce que je n'ai pas l'intention de m'imposer comme chantre de l'anti-pédagogisme, j'en ai déjà ma claque).
"Instruire en amusant", le principe du "Magasin de curiosités" de Hetzel, cela vous paraît-il si dépassé que ça ?

Sur la question de l'enseignement du fait religieux… Ce qui me sidère, c'est que ça a toujours été au programme — en Histoire et en Français. Que des cours d'Histoire bien faits doivent forcément enseigner l'histoire des religions — qui sont des faits historiques —, et qu'un cours de Français, à quelque niveau que ce soit, ne peut pas se passer de références bibliques — au moins. Pour ne rien dire, comme le rappelait Fabienne, des arts plastiques (tiens, j'ai un merveilleux album édité chez Larousse, aujourd'hui épuisé, sur les Supplices dans l'art — un répertoire exhaustif des tableaux religieux inspirés de la Légende dorée, qui reste à ce jour le plus grand texte sadique avant Sade).
Ce qui est très curieux, et vous avez raison de le souligner, c'est cette volonté de dissocier l'enseignement du fait religieux des matières qui le traitaient déjà peu ou prou. L'une des tendances fortes des quinze dernières années est d'éparpiller le temps des élèves en une multitude de matières annexes — de façon à diminuer d'autant, parce que l'emploi du temps n'est pas extensible, le poids des matières principales. Ça pue le prémédité. Alors, le fait religieux comme la diététique ou la technologie — cette perte de temps si remarquable.
Et confié à qui, cet enseignement ? Seuls des athées sont compétents sur le fait religieux. Mais il n'y a pas de diplômes d'agnosticisme. D'ailleurs, baladez-vous dans le rayon Religion de votre librairie habituelle. Pas de sous-section athéisme. Pourtant, plus de 70% des Français se disent agnostiques.
Je proposerai dans le prochain livre un cours complet, et quelque peu iconoclaste, d'enseignement du religieux. Histoire de décanter l'insoutenable souci du "respect" dû (?) à telle ou telle superstition. On ne doit aucun respect à des gens qui ont inventé l'Inquisition (et c'est valable pour les protestants comme pour les catholiques, relisez Mandrou) ou la Charia. L'histoire des religions n'est qu'une longue litanie de supplices et d'aberrations. Et c'est cela qu'il faut dire. Que dans des écoles mixtes des (ex ?) féministes tolèrent cinq secondes le port du voile ou je ne sais quel discours pontifiant sur la lapidation — ou la fidélité — me paraît criminel, je le dis tout net. Les féministes avec lesquelles j'ai travaillé dans les années 70 — au MLAC, pour ceux et celles qui se rappellent que la contraception et l'avortement étaient des pratiques illégales en 1972-73, ou qui ont manifesté, à Aix-en-Provence ou ailleurs, devant des procès d'assises, ou signé des manifestes avec Beauvoir et Veil — réclamaient la propriété pleine et entière de leur ventre. Où sont-elles, aujourd'hui ? Quelle perversion de la "tolérance" fait qu'elles se taisent en écoutant des adolescent(e)s aliéné(e)s tenir des propos scandaleux ?
Il a ffallu que ce soit moi qui explique récemment à deux élèves musulmanes pré-soumises à leur futur mari qu'"une femme a besoin d'un homme comme un poisson d'une bicyclette". Qui se rappelle encore ce slogan de la tendance Gouines rouges du MLF — mes meilleures copines ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 19 juillet 2006

Pour Chris, qui demandait il y a deux jours (pardon pour le retard, mais je prends parfois 24 heures de vacances…) quelles seraient les lectures que je conseillerais à des enfants…
Tout dépend de l'âge, mais en commençant à huit ans, disons que Dumas, Féval, Malot, Verne, Stevenson, Doyle, Kipling,Twain, Rosny ou Vasconcelos, forment un corpus de base. Les Trois mousquetaires, ça a une autre gueule que le Gone du Chaaba — qui est ce qu'il y a de moins pire dans la liste du CRAP.

JPB

Je vous remercie

Chris

Ecrit par : chris | 19 juillet 2006

Eh oui, comme vous dites, JPB, on ne peut aucunement respecter ceux qui tuent, massacrent au nom de la religion ou font preuve de négationnisme.

Simple exemple: dernièrement un film sur les barbaries nazies a été diffusé, il s'agit d'une histoire vraie. Elle relate la vie d'un officier allemand qui a justement tout tenté pour avertir les autorités du vatican sur l'existence de camps d'extermination nazis où des millions de juifs ou opposants divers au régime ont été tués.

Moralité de l'histoire : cet officier s'est suicidé officiellement mais les conditions de son décès sont plus que douteuses. Il avait été fait prisonnier. Le prêtre, chargé d'avertir le pape, a été déporté et brulé vif. Le Pape, quant à lui, a fermé les yeux sur les chambres à gaz et a par dessus le marché protégé les officiers supérieurs hiltériens. Il les a aidé à s'enfuir en Argentine ou dans d'autres pays.

Conclusion : les religions tout comme les grandes idéologies restent un opium servant un peu plus à endormir les consciences et à prendre les gens pour de purs imbéciles.

Seule la Raison doit dominer le monde point final. Tout le reste n'est que poudre de perlinpinpin.

Ecrit par : Sandra WAGNER | 19 juillet 2006

PS je rectifie les fautes de frappe ou d'inattention :

Le Pape, quant à lui, a fermé les yeux sur les chambres à gaz et a par dessus le marché protégé les officiers supérieurs hitLériens. Il les a aidéS à s'enfuir en Argentine ou dans d'autres pays.

Ecrit par : Sandra WAGNER | 19 juillet 2006

"Seule la Raison doit dominer le monde point final. Tout le reste n'est que poudre de perlinpinpin.

Ecrit par : Sandra WAGNER | 19 juillet 2006 "

Robespierre aussi voulait le tromphe de la Raison. On sait ce que ça a donné...

Pourquoi vouloir toujours être "dominé" d' ailleurs, qui par la Religion, qui par la Raison, qui par n' importe quoi d' autre? C' est étrange comme "désir". Et de là viennent les dangers. Quand on cherche un Modèle, un Pape, un Gourou, un Guide, appelons le comme on veut, un jour ou l' autre on est au mieux, déçu, au pire, écrasé.

La religion (quelque Dieu auquel on adresse ses prières) a fait beaucoup de mal. Mais là encore, ne généralisons pas à outrance. Des milliers de prêtres, pasteurs ou rabins ont eu très souvent des comportements exemplaires.

Le pire des dangers je crois, c' est le manichéisme...

Chris

PS: je ne suis pas croyant. "Ni Dieu, ni Maître"...

Ecrit par : chris | 19 juillet 2006

L'histoire des religions n'est qu'une longue litanie de supplices et d'aberrations.

Le vingtième siècle fut le règne des despotes athées (Mao, Hitler, Staline, Pol Pot...), la litanie de leurs crimes n'est pas mal non plus comme on préfère ignorer que la persécution des religieux espagnols durant la guerre civile fut plus sanglante que la St Barthélémy (qui n'est qu'une nuit des longs couteaux ayant dégénéré).

Ecrit par : Guillaume | 19 juillet 2006

Ah, parce que, GUillaume, vous pensez que la Nuit des Longs Couteaux n'a pas dégénéré. Le règne des despotes athées...magnifique!!!! Et l'Opus Dei, et le Banco Ambrosiano, qui a financé à peu près tous les régimes fascistes de la planète, z'étaient pas athées....
L'argument massue a été développé par Sandra Wagner...Pie XII a fait semblant de rien voir...Oh! Merde dis donc, c'est quoi cette suie au-dessus de Dachau????
Le Vatican a été une poubelle. Et ce ne sont pas les remords u demeurant tardif de Pie XII qui y changent quoi que ce soit.
Quant à ce qui se passe aujourd'hui, là, les abrutis du Hezbollah me font penser à la chanson de Dylan "With god on her side".....Une preuve de plus , s'il en fallait que Dieu est soit mort, soit vraiment bigloucheux....

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 19 juillet 2006

Propositions de N sarkozy sur L' Education Nationale

C' est "hors sujet" je sais...mais c' est pour info et avis.

Chris

_________________________________________________

L'abolition des ZEP

"Je constate qu'il n'y a jamais eu autant de ZEP, autant d'échec scolaire et autant d'inégalité scolaire", déplore Nicolas Sarkozy qui estime que cela est dû en partie "au faible budget qui leur a été alloué" mais aussi "aux faiblesses intrinsèques du système". "Le zonage aggrave la ségrégation et aboutit à mettre dans les mêmes établissements les élèves les plus difficiles et les enseignants les moins expérimentés". "Ma politique n'est pas tant de supprimer les ZEP que de recentrer cette politique sur les élèves prioritaires", assure le ministre de l'Intérieur qui cite : des programmes pour la petite enfance, un soutien pour les élèves en difficulté, les études du soir encadrées, des internats.



Des places réservées en prépa

"La moitié des établissements scolaires ne présente aucun élève à l'entrée aux classes préparatoires, même pour les meilleurs élèves. Je veux qu'on les oblige à en présenter et que des places leur soient réservées"

La suppression de la carte scolaire

"Je crois au libre choix, explique Nicolas Sarkozy, dans une même ville, un établissement pourra être spécialisé dans les matières littéraires, un autre dans le sport et un troisième dans les mathématiques." Le ministre souhaite aussi l'ouverture d'établissements privés sous contrat dans les zones sensibles : "Le social n'est pas l'apanage des établissements publics."

Le dépistage précoce des troubles du comportement

"Tout le monde sait que dès le primaire des enfants violents peuvent terroriser une classe", assène le ministre. Prenant pour exemple le gang des barbares, il assure que les jeunes "se connaissaient depuis le collège où ils avaient déjà des problèmes". "Il faut prendre des mesures le plus tôt possible", poursuit-il, en préconisant que le médecin scolaire "repère les enfants dont le comportement dissimule des problèmes psychologiques, familiaux ou, même, psychique."

Liberté pédagogique et évaluation

"Chaque établissement scolaire devrait pouvoir (...) affecter librement 20% de son budget contre 3% aujourd'hui", propose le ministre qui voudrait instaurer "en échange" une évaluation. Concernant la méthode pédagogique, Nicolas Sarkozy préconise de "faire confiance à l'expérience" de l'enseignant qui "doit être jugé sur ses résultats et non sur ses méthodes".

Des rémunérations différenciées

"Celui qui fait le plus d'heures, qui va au contact des élèves les plus difficiles doit être mieux payé", estime Nicolas Sarkozy qui souhaite que les enseignants puissent travailler plus s' ils le désirent.

Ecrit par : chris | 19 juillet 2006

Staline et Hitler font 50 millions de morts mais c'est la faute à Pie XII...saisissant ! Qui n'a pas eu sa part de responsabilité dans tous les bords durant ce conflit ?
Quant à l'Opus dei, j'espère que vous n'avez pas emporté Dan Brown à l'ombre des murs d'Ilion sinon quelle faute de goût !

Ecrit par : Guillaume | 19 juillet 2006

Dieu (ou toute autre "idée") n' est pas le seul à n' avoir rien vu, ni rien fait entre 1933 et 1945 (ni après en URSS, en Argentine, au Chili, en Chine, au Maroc, en Espagne, en Israel, en Irak, en Iran, en Inde, au Japon...

Arrêtons d' accuser Dieu de tous les maux puisqu' on n' y croit pas.

Et regardons nous dans une glace...

Chris

Ecrit par : chris | 19 juillet 2006

La nuit des longs couteaux vous permet par ailleurs d'éviter d'aborder les victimes espagnoles d'une persécution sans équivalent (à part la Révolution française qui fut aussi un grand moment de tolérance laïque et de franche rigolade athée, relire Gaxotte, Chaunu, Sécher...).
Victimes espagnoles : 13 évêques, 4184 prêtres, 2365 religieux, 283 religieuses, des milliers de laïcs.

A comparer aux 2 000 victimes du massacre des cadres de la S.A envers lesquels je doute que vous ayez la moindre sincère compassion. (et encore une fois d'un point de vue technique, non, elle n'a pas dégénéré, les Allemands on le verra plus tard massacrent de façon organisée pas d'improvisation latine ou plutôt lorraine à la Guise façon grange de Vassy)

Pour une fois je serai en partie d'accord avec chris.

Ecrit par : Guillaume | 19 juillet 2006

Au TOP TEN des athées criminels,une idole de beaucoup de Français encore.

De toute urgence,lisez:

MAO
de Jung CHANG et Jon HALLIDAY
700 pages très denses de descriptions , de références et d'explications.Vous n'aurez pas perdu vos vacances citoyennes ( c'est pour parler à la mode ).

Je ne comprends pas pourquoi nos médias ne parlent pas de ce livre,trop d'anciens maos dans les médias sans doute ?

Ecrit par : bernard | 19 juillet 2006

Elkabach avait invité l'éditeur et ami des auteurs dans son émission sur Public Sénat, a envisagé une prochaine émission sur les errements maoistes des résidents de la rue d'Ulm avec des ex.maos du XVI et des Chinois. Effectivement, programme alléchant...

Ecrit par : Guillaume | 19 juillet 2006

citation:
"..... fut responsable de la mort d'au moins 70 000 000 de personnes en temps de paix..."

Record à battre .

Ecrit par : bernard | 19 juillet 2006

Je suis moi aussi en train de lire un livre "édifiant" sur ce sujet : "Essais sur la Chine" de Simon Leys. Quelqu'un connaît ?

Ecrit par : catmano | 19 juillet 2006

pfff
finalement depuis 5000 ans (soyons modestes), si les gars savaient gérer le monde ça se saurait, laissons la place aux filles pour les 5000 années restantes d'accord messieurs et mesdamoiseaux ?!
;-)

Ecrit par : fabienne | 19 juillet 2006

Simon Leys est un ex-situationniste, grand connaisseur de la Chine. Plutôt que ces Essais, lire et relire Les Habits neufs du Président Mao, où tout était dit. Ou voir (ou revoir) la Dialectique peut-elle casser des briques, un film de kung-fu aux sous-titres détournés par les mêmes situationnistes… Probablement introuvable.

Tuer des gens pour le pouvoir, pour des terres, c'est à la limite quelque chose que je peux comprendre, tout inexcusable que ce soit. Voir le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité… Voir Hobbes. Voir Machiavel. Mais massacrer des gens pour la plus grande gloire d'une abstraction, ça, c'est un peu curieux, non ?
Dans la série record, le plus grand massacre jamais perpétré est celui des nations indiennes par des Blancs majoritairement chrétiens qui étaient persuadés que Dieu leur avait confié le Nouveau Monde afin qu'ils l'exploitassent (de thé). Dernière estimation, près de 25 millions de morts pour l'Amérique du Nord, entre 100 et 120 pour l'Amérique centrale et du Sud. Qui dit mieux ?
Ad majorem dei gloriam…
Quant à la conquête musulmane du VII-VIIIe sièle, combin de morts ? Ad majorem dei gloriam toujours — je ne sais pas le dire en arabe…
JPB

Ecrit par : brighelli | 19 juillet 2006

"lire et relire Les Habits neufs du Président Mao, où

tout était dit."

Je n'en suis pas sûr.
Lisez donc "Mao" quand même.

Pour les COMPTES ,si vous additionnez Mao,Hitler,Pol Pot,Lénine et Staline,j'en oublie sûrement, tous célèbres athées,ça doit approcher le record de Dieu !
Et avec meilleur rendement, moins de temps.
Des siècles des siècles,ainsi soit-il ......

Ecrit par : bernard | 19 juillet 2006

"Les habits neufs du président Mao" font partie de ces essais. Merci pour les renseignements.

Ecrit par : catmano | 19 juillet 2006

"Pour une fois je serai en partie d'accord avec chris."

Ecrit par : Guillaume | 19 juillet 2006

C' est gentil...

Chris

Ecrit par : chris | 19 juillet 2006

Ah les Maoîstes...

Il en est quelques uns qui devraient faire leur "outing" non? Ils sont devenus Inspecteurs Généraux, Cadres sup, que sais je encore...?

Il en est même qui se cachent derrière des pseudos étranges comme Pedro Cordoba...

"Mais massacrer des gens pour la plus grande gloire d'une abstraction, ça, c'est un peu curieux, non ?"

JPB

Cher Collègue, j' ose espérer que vous n' avez jamais cru un seul instant que les massacres perpétrés au nom d' un Dieu l' était pour la gloire d' une abstraction????

Dieu, comme Mao, n' est qu' un prétexte qui dédouane les assassins...Maoïstes d' hier et d' aujourd' hui/Croyants de tout poil...même engeance...

Vous ne croyez pas?

Chris

Ecrit par : chris | 19 juillet 2006

entre 100 et 120 pour l'Amérique centrale et du Sud.

Si la hache espagnole (pour reprendre la formule de l'universitaire du très bon "Les invasions barbares" de Denis Arcand) a lourdement frappé, il ne faut pas pour autant négliger le choc microbien et puis derrière le bon dieu il y avait surtout une grande soif de métal précieux et de terres on fait surtout crever les indiens au Potosi.

Ecrit par : Guillaume | 19 juillet 2006

Mince, voilà le second message de Chris avec lequel je suis d'accord et ce, dans la même journée; il est temps que cette digression cesse.
Reparlons des meufs...

Ecrit par : Guillaume | 19 juillet 2006

"Mince, voilà le second message de Chris avec lequel je suis d'accord et ce, dans la même journée; il est temps que cette digression cesse.
Reparlons des meufs...

Ecrit par : Guillaume | 19 juillet 2006"

Si tu me branches meufs, on n' est pas sorti de l' auberge!

Ce te gène tant que ça d' être d' accord avec moi?

Si tu veux on peut reparler d' Ecole...Là au moins on est certain de s' engueuler, ce qui n' est pas franchement mon objectif, quoi qu' on en pense...

Chris

Ecrit par : chris | 19 juillet 2006

Coucou, je m'absente pour 24 h, et l'on calembour(dieu)se à tout va !
Dieu(x) a quand, même, comme plus tard sa petite soeur Ikéa, lancé la mode du convertible ce qui a permis à l'Humanité de faire quelques économies d'âmes (grises, fortes, trempées, vertes comme des hautbois...) par rapport aux tables et scalps ras des épurations idéologiques a(thées).
Par ailleurs, peut-il y avoir une République de Raison sans avoir pour fondement une Morale, et peut-il avoir été créé une morale sans "Croyance" ?
Si la religion est un passage obligé, à l’échelle civilisationnelle, vers la Raison avec morale, alors ce n'est pas un choc des "cultures" que celui souvent cité, c'est un choc temporel.
Il y aurait bien une solution, c’est d’envoyer la moitié de l’Humanité en avance faire un tour dans l’espace en vitesse lumière, pour laisser l’autre moitié vieillir tranquille, et je me demande si l’Iran, tout compte fait, n’y a pas pensé.

Ecrit par : D'Enguell | 19 juillet 2006

Bizarre, moi aussi je suis d'accord avec chris. Bon sang de canicule, ça doit être ça.

Le concours du plus grand tas de cadavres ne m'intéresse pas vraiment, j'interviens pour mettre mon immense érudition au service de Jean-Paul. Le site "nanarland.com" -qui recense avec autant de passion que de précision les pires films de l'histoire du cinéma - consacre une fiche à "la dialectique peut-elle casser des briques". Le film lui-même, semble-t-il, est téléchargeable sur internet.

http://www.nanarland.com/Chroniques/Main.php?id_film=dialectique

S'il fallait vraiment se taper des films comme ça, je suis content de n'avoir jamais été communiste.

Ecrit par : Pierre-Henri | 19 juillet 2006

Je crois surtout qu' il faudrait interroger les morts...

Ceux tués par les Maoïstes (ou autres) et ceux tués par les Chrétiens(ou autres)

Et vous savez ce qu' ils nous diraient?

ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE!!!!!!!!

Morts de tous les pays unissez vous...Tiens une pensée pour les civils qui meurent à Beyrouth(Oui parceque dans les guerres modernes, les militaires meurent dans leur lit et les civils déchiquetés sous les bombes...)

Faudrait pas déconner quand même...

Chris

Ecrit par : chris | 19 juillet 2006

Ca dérange si je joins ma prière à la pensée de Chris ?

Ecrit par : Guillaume | 19 juillet 2006

Prières ou pensées pour les morts et ceux qui souffrent d’une manière générale, avec force évidence !
Question : après avoir supprimé le(s) Dieu(x), doit-on supprimer les militaires en temps de guerre, parce que, bien sûr, le concept de défense n’est pas discutable, n’est-ce pas ?
(Cher Chris ce n’est pas de la provocation).

Ecrit par : D'Enguell | 19 juillet 2006

Supprimons les guerres, on supprimera du même coup les militaires

Mais là on tombe un peu(beaucoup) dans l' utopie de comptoir...

Quant au concept de défense, c' est toujours pareil... Par exemple dans le cas d' actualité qui nous occupe, Israël se défend ou attaque?

Oh je sens que j' aborde à nouveau des sujets qui fachent et je vais encore me faire engueuler!

Chris

Ecrit par : chris | 19 juillet 2006

Mais non Chris, on ne vous engueule pas, on cherche juste, tous, les positions R-A-I-S-O-N-NA-B-L-E-S que devraient tenir nos individus, nos familles, nos “quartiers”, nos nations, nos regroupements d’Etats-nations, nos “civilisations”, dans une relation à la fois intra et inter-échelon.
Les enjeux se traduisent en souvent en gradients de tolérance ou de fermeté, qui bien souvent, avec modification légère d’une variable, se trouvent être contradictoires (comme dans le jeu des alliances et des pactes militaires).
A propos d'Israël, je ne veux pas faire mon petit Clausewitz, mais dans le Livre IV “La défensive”, chapitre premier “De l’attaque et de la défense”, 1) “Le concept de défense”, on peut trouver que le concept de défense inclut celui de parade, puis de riposte, enfin d‘attaque.
Mais bon, l’Ecole de guerre, ce n’est pas le sujet du blog...
Hasta sempre

Ecrit par : D'Enguell | 20 juillet 2006

Sorry, Siempre

Ecrit par : D'Enguell | 20 juillet 2006

"Mais bon, l’Ecole de guerre, ce n’est pas le sujet du blog...
Hasta sempre

Ecrit par : D'Enguell | 20 juillet 2006 "

Ca dépend des jours...

C' est de l' HUMOUR!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Chris

Ecrit par : chris | 20 juillet 2006

Après le commentaire beaucoup trop élogieux de D'Enguell du 17 juillet, qui a ravivé ma paranoia galopante ("C'est pas possible, il se fout de moi..."), je n'avais plus du tout envie de continuer l'envoi de mes "petits trucs". Mais, comme là ça tourne en rond, toujours sans aucun lien (encore que...) avec ce qui précède, une petite suite de la lettre à Le Bris sur nos apprenants et l'autorité (1°partie, c'est long), peut-être transférable par des gens plus habiles que moi en "la société actuelle et l'autorité":

• L’autorité :
Moi aussi, j’y ai cru, « Libres enfants de Summerhill », Freinet, ses plans de travail, ses conseils d’élèves, Dolto, le bébé est une personne, 1968, il est interdit d’interdire...
J’y ai plus que cru, j’y ai adhéré, complètement, et ça a marché, jusqu’aux années 80 – 90...
Mes élèves, jusque là, étaient travailleurs, volontaires, altruistes. Peut-être aurais-je obtenu les mêmes résultats, ou de meilleurs, en adoptant une pédagogie plus directive, mais globalement tout marchait comme sur des roulettes (à l’époque, j’avais une classe unique du CP au CM2) : les CP finissaient l’année en lisant couramment, les CE1 – CE2 s’habituaient rapidement à leurs « plans de travail » en français (lecture suivie d’un roman chaque quinzaine ; lecture documentaire ; exercices systématiques de grammaire, conjugaison, orthographe ; expression écrite), les CM1 – CM2 chapeautaient tout cela. Les récréations, l’interclasse, la cantine et la garderie se passaient dans la joie et la bonne humeur : pas de bagarres, pas de racket ou de harcèlement. Les parents récupéraient leurs enfants dans la cour et en profitaient pour bavarder avec les enseignants et le personnel communal. Tout le monde était d’accord et à part un ou deux dérapages (une mère alcoolique qui était venue agresser physiquement la collègue de maternelle ; un père en instance de divorce qui cherchait à nous ennuyer pour des bricoles : bonnet perdu, stylo cassé, bonbons mal distribués) vite contrés par l’ensemble des autres parents, tout se passait bien.
Et puis, petit à petit, ça s’est dégradé. En 1989, premiers prémices : c’est le jour de la rentrée, cinq nouveaux petits CP. Parmi eux, V, enfant de « baba cools ». Séance d’écriture : je montre le modèle au tableau blanc, les petits CP viennent deux par deux s’entraîner, j’aide, j’explique, les autres observent, commentent... Une fois tous les élèves entraînés, je leur donne le « beau cahier » à lignes, couvert de son protège-cahier bleu, je leur annonce que, maintenant qu’ils sont bien entraînés au tableau, ils vont le faire tout seuls, sur leurs cahiers. Et V répond : « Ah non, pas moi ! ». Etonnée, je lui demande pourquoi ; elle me répond alors qu’elle n’a pas envie et qu’elle va plutôt faire un dessin. Je lui explique que, dans ma classe, ce n’est pas comme ça que ça se passe, qu’envie ou pas, moi, je veux qu’elle fasse son exercice d’écriture et qu’après, éventuellement, si son travail me convient, nous pourrons envisager un dessin.
L’affaire a été réglée, V n’a plus jamais réitéré. Elle est restée dans ma classe jusqu’au CE2, puis a déménagé. Pendant de nombreuses années, elle m’a écrit chaque année à la rentrée et l’année dernière, j’ai eu la surprise de recevoir sa visite un soir, elle est restée toute la soirée à évoquer les souvenirs de « son » école. Elle a bien ri lorsque je lui ai raconté son premier jour de CP qu’elle avait complètement oublié.
Petit à petit, j’ai été obligée d’abandonner les techniques Freinet. En premier, ce furent les « plans de travail » : les parents de CE2 trouvaient que les enfants ne devaient pas avoir de « devoirs écrits » et mes élèves avaient l’habitude de répondre aux questions de lecture sur le roman le soir à la maison. Nous n’avons plus pu lire un roman tous les quinze jours. Puis, je vous ai déjà raconté pourquoi et comment j’avais dû abandonner la méthode naturelle de lecture.

Ecrit par : catmano | 20 juillet 2006

Oui et?

Vous voulez démontrer quoi? Que c' était bien jusqu' en 90 et que l' arrivée d' une fille de "baba cool" à tout remis en question?

Ou que le fait d' avoir été autoritaire a été salutaire?

Je n' ai pas tout saisi...mais il fait si chaud!

Chris

Ecrit par : chris | 20 juillet 2006

Chris,STOOOOOOOOP,vous n'allez pas recommencer !
Taisez-vous de temps en temps même si le blog en reste muet !

Ecrit par : bernard | 20 juillet 2006

Pour répondre à Guillaume qui trouve "saississant" que je fasse porter la responsabilité des génocides-Brighelli nous rappelle bien le génocide des Amérindiens- sur les épaules des Papes , je lui dirai que non seulement je persiste et je signe, mais que je vais encore un peu plus charger la mule (du pape, évidemment).
Pie XII était une ordure vigoureusement réactionnaire et antisémite....et ce n'est pas le sauvetage des quelques centaines de Juifs italiens par le Vatican qui pourrait en aucun cas l'excuser.
Par contre, son prédecesseur, dont curieusement tout le monde semble avir oublié l'existence, Pie XI, lui était un anti-nazi fanatique.Dès 1934, il avait écrit à Ribbentrop une lettre en comparant le nazisme à un "monstrueuse symphonie barbare et païenne, faite de sauvagerie et de brutalités innommables"
Ce même Pie XI, ayant appris la promulgation des Lois de Nuremberg publia une encyclique "QUANTA CUM MAGNA CURA" (Avec quelle brûlante inquiétude) qui fut immédiatement traduite en Allemand (Mit Brennender Sorge) et avec ordre pour TOUS les prélats de la lire en chaire. En gros, Pie XI y condamne les prodromes de la Solution Finale.
Les culs bruns interdisirent l'Encyciclique et en firent la suele chsoe dont il étaient capables : un autodafé. Les prélats catholiques s'écrasèrent comme des bouses, pas lâcheté, antisémitisme séculaire de tout le Christianisme, mais surtout par peur de perdre leurs prébendes que les culs bruns leur prodiguaient à foison.
Un seul eut le courage de faire un bras d'honneur aux culs bruns: l'archevèque de Münster en Westfalie (voilà qui eût plus à l'ami François-Marie!!!!), Monseigneur Von Gallen, qui non seulent lut en chaire l'encyclique ,devant tout un parterre de culsbruns en grand uniforme, mais se lança dans un sermon d'une sainte violence. Il ne fut JAMAIS inquiété. Et Pie XI refusa de céder aux pressions culbrunesques de l'excommunier. Le résultat, et on le sait depuis que sont accessibles les archives de ad Arolsen, ce fut dans la région de Münster et dans la Ruhr toute proche, qu'eurent lieu l'immense majorité des actes de résistance passive à Culbrunenchef.
Le courage paie, mon cher Guillaume. Mais au prix fort. En 1937, Pie XI qui était un sportif confirmé fut retrouvé noyé dans sa piscine...quelle coïncidence. Et le sinsitre Pie XII lui succéda.
Beaucoup plus près de nous, Jeanpolski ouvrit-il sa gueule pour condamener les curés, évêques et surtout bonnes soeurs complices du génocide tutsi au Ruanda? Il esxiste une enregistrement des séances du procès qu se tint à Bruxelles en 2001. Ce qui est terrifiant, c'est la parfaite bonne conscience de ces cloportes ecclésiatiques, dont pas un n'exprima la moindre paorle de regret, en particulier la bonne soeur qui "vendit" les tusi de Butare aux Interhamwe qui les découpèrent vivants à la machette, les parents devant les enfants ou l'invers et tout cela avec la bénédiction de Votre Très Sainte Mère . Jeanpolski, pape moderne n'eut pas un mot pour les Tutsi. Par contre, et on en revient au thème de Brighelli "Pitié pour les filles", cette ordure de pape, lorsque les femmes croates et Bosniaques se firent violer par les animaux Serbes, auxquels les autrorité serbes avaient donné l'odre de violer les femmes fécondes pour que le sperme serbe anéantissa les races croates et autres (sic, Mladic, le 3 Novembre 1993), vous savez ce que répondit le Vatican, qu'il était hors de question que ces femmes avortassent. Qu'elles devaient accepter cette punition divine.
C'est cela la saloperie de la religion. Cette gigantesque escroquerie morale qui pourrit la civilisation;Pour terminer, le même Jean-Paul II, soutenu d'ailleurs par les imams et le Patriarche de Constantinople- tiens, ceux-là aussi, les orthodoxes, ils sont croquignolets( de chèvre)- a fustigé l'emploi par les Africains du préservatif contre le SIDa. Résultart, en 2005 22 millions d'Africains contaminés; 1/3 des Zambiens, des Malawites, des Kenyans etc, contaminés...Merci les curetons....Non, vraiment, répétons , comme Voltaire...ECRASONS L'INFAME.

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 20 juillet 2006

Je commençais pas un "aperçu historique", je l'ai déjà dit plusieurs fois, je me contente simplement d'énoncer des faits qui me sont revenus à l'esprit en lisant le bouquin de Le Bris et je fais ce qu'on m'a appris à faire : raconter dans l'ordre des événements et éventuellement les analyser à ma sauce, pas très intelligemment, sans beaucoup de références littéraires, parce que je n'en ai pas beaucoup. J'ai constaté des faits en 31 ans de carrière, je vous les transmets, mais, je vous l'ai déjà dit, si cela vous ennuie vous n'avez qu'à ne pas lire...

La suite :
Nous avons ensuite vu arriver en maternelle les premiers « pipi – culotte » jusqu’à trois ans, ce sont ceux-là qui sont arrivés en Grande Section avec moi sans avoir envie de se prouver qu’ils étaient en train de devenir « beaux, grands et forts comme papa (maman) » en faisant des efforts. Et ce sont les mêmes qui, lors des conseils d’élèves, au CM1 –CM2 faisaient passer leurs intérêts personnels avant les intérêts de la collectivité, aidés en cela par leur instit et une ATSEM, toutes deux « libertaires » qui restaient sourdes aux mises en garde ringardes de la républicaine que j’étais restée sans m’en rendre compte : interdiction des vélos aux moins de 7 ans dans la cour (ils les gênaient, selon eux ; pour moi, ils étaient jaloux car eux n’avaient pas ce droit pour des raisons de sécurité), possibilité de jouer au basket avec un vrai ballon très dur et très lourd au milieu des petits de maternelle(« Ils n’ont qu’à faire attention s’ils ne veulent pas s’en prendre un coup ! »), possibilité de rester seuls dans les classes pendant les récrés (j’ai vite abandonné de compter les Cdroms bousillés par des mains brutales et les miettes de biscuits bloquant les claviers ou les lecteurs) et le pompon, « loi discriminatrice » à l’encontre des enfants extérieurs à l’école le jour de la kermesse (« On ne les connaît pas, il n’y a aucune raison qu’ils bénéficient comme nous de tickets gratuits pour une boisson, un goûter et un jeu, même s’ils vont intégrer l’école à la prochaine rentrée. »)
La loi du plus fort s’est mise à régner sur l’école et j’ai vite profité du départ des deux adultes éprises d’homme nouveau et d’il est interdit d’interdire pour supprimer ces conseils d’élèves.
Ca a été pour moi une période très sombre où j’ai commencé à entrevoir les retombées de cette « révolution culturelle » : « La destruction de l’école élémentaire et ses penseurs », comme l’a si bien écrit Liliane Lurçat. Destruction intellectuelle, culturelle et psychologique. J’ai beaucoup lu, très culpabilisée par ce que je découvrais : ce que j’avais pris pour une recherche de plus de justice, plus d’égalité, plus de fraternité était en fait une mainmise de certains gourous pour imposer leur projet de société pas forcément juste, « égalisatrice » et fraternelle.

Ecrit par : catmano | 20 juillet 2006

Je constate que certains n'ont toujours pas fini de bouffer du curé, les derniers sont pourtant bien racornis. Respirez donc !Ce pays est largement déchristianisé, et grâce à la morale républicaine qui a remplacé l'infâme (pour reprendre une expression chère à vos philosophes qui ne dédaignaient pas par ailleurs solliciter des lettres de cachet ou participer financièrement à la traite négrière) nous sommes bien protégés des poussées islamistes intégristes. Nous voyons bien depuis plusieurs années combien la digue est solide, du recul de Jospin à l'atonie politique devant l'affaire des caricatures, c'est pas La Nouvelle Orléans mais on s'en approche pourtant.
Où sont les républicains ?
Où sont les féministes ?
Où est la gauche laïque ?
Aujourd'hui c'est au Vicomte de reprendre en partie le combat du petit père Combes : un comble !

L'église a parfois bon dos, pour en revenir au sujet pitié pour les femmes. Si on compare la place des femmes dans la société à la fin du XVIIIème siècle force est de constater (et un Fumaroli ne me démentirait pas je crois) qu'elle a fortement diminué au siècle suivant avec le triomphe des idées éclairées des révolutionnaires. Il est vrai aussi que lorsqu'on laisse un petit général corse superviser la réforme du droit de la famille, quel progrès pouvait-on en attendre.
En matière d'égalité homme-femme il vaut mieux regarder ce qui se fait au bord de la Baltique plutôt que vers la Méditerranée.


Jean-Paul II responsable du génocide du Rwanda (on évite de parler du rôle de Tonton (macoute?) pourtant plus proche du dossier et des morts du Sida (l'idée que le manque de moyens comme l'achat de préservatifs est une bien meilleure raison ne vous pas traversé l'esprit, on a bien fait des pieds et des mains pour la capote à 1 € dans ce pays). C'est quand même pas lui qui a relevé sa soutane pour honorer les paysannes bosniaques mais les soudards d'un ex-régime communiste dirigé par un ancien apparatchik.

Il restera ne vous en déplaise comme l'un de ceux qui a précipité dans l'abîme l'un des pires régimes politiques de l'Histoire (que vous avez peut-être admiré dans votre jeunesse comme la gauche a applaudi Mao, admiré Ho chi Minh, pleuré le petit père des peuples, avoué une tendresse romantique pour Fidel).

Franchement, à lire votre recherche frénétique des responsabilités, on se dit que le juge Burgaud n'est finalement pas un cas isolé...

"Ce qui est terrifiant, c'est la parfaite bonne conscience de ces cloportes ecclésiatiques"
Et des cloportes ça s'écrase ou ça se noie vous avez raté votre CARRIERe.

Ecrit par : Guillaume | 20 juillet 2006

Catmano, mille excuses : ce 17 juillet, c’est pour marquer mon accord avec vos propos, contre ceux de Chris-libertaire, que je me suis laissé aller à ces commentaires, que vous avez partagés avec Fabienne. Vous l’avouerais-je, ma femme est P.E., les polys du CNED 2000-2001 sont passés par chez moi, et ceux concernant l’oral professionnel sont édifiants (désolé JPB, vous les résumer me ferait couler, pour ne pas dire plus, comme un vieux fromage).Ah le fameux triangle didactique, qui, lorsqu’on l’aura renvoyé au rebut, se comparera de manière inique au triangle rose, pour ses détenteurs persécutés.
Nec mergitur pourtant, je lutte en informant le plus de monde possible. Si comme je le crois, et avec entorse à la politesse la plus élémentaire, vous êtes née entre 54 et 57, avez-vous manifesté avec vos aînés en 68, comme apprennent à le faire les minots de primaire dans certaines classes, ou les collègiens à propos du CPE (appropriation du savoir de la cause sans doute, mais sans aucune compréhension) ? Mais sans doute ces derniers étaient “syndiqués”, comme leur jeune âge le permet... Comme certaines théories le soutiennent, le degré d’évolution d’une espèce se mesurerait à l’infantilité tardive, je propose, puisque nos bébés sont déjà des personnes, qu’on donne le bail de la planète aux dauphins ou aux rorquals.

Ecrit par : D'Enguell | 20 juillet 2006

Pour Guillaume, seriez-vous apparenté à un officier supérieur dans les années 80, parti pour le Liban, qui est sans doute devenu officier général ?
D'accord en tous cas avec la teneur générale de votre réponse, il nous manque un petit Vauban.

Ecrit par : D'Enguell | 20 juillet 2006

Pour D'Enguell, vous avez vu juste pour mon âge (en gros) et pour mon parcours, sauf que je suis toujours syndiquée par fidélité à mon grand-père , réfugié juif allemand qui a participé au Front Populaire et qui m'a payé ma première cotisation syndicale... Sans rancune pour le compliment trop appuyé, mais que voulez-vous, je n'appartiens pas à la génération de ma nièce dont la prof de français de 6° commente le travail de remarques du style : "Tu est une petite fille géniale." (faute d'orthographe garantie d'origine)...
La fin du "chapitre" sur l'autorité, juste pour informer...

Et, comme vous, je tente d’en revenir à un projet d’Instruction avec mes élèves.
Mais, contrairement à vous, je pense qu’il est de mon devoir d’évoquer la « morale ». Nos élèves, petits enfants de la vague libertaire, enfants d’adultes qui, depuis tout petits, vivent à leur rythme, sans contraintes, ont besoin de règles et, malheureusement, de plus en plus de leurs parents, n’ayant eux-mêmes pas intégré ces règles (avez-vous vu « Ca commence aujourd’hui » de B. Tavernier et son autre film dont je ne me rappelle plus le titre – « Un mercredi comme les autres », peut-être - et qui raconte le mercredi de quelques enfants dont la fille d’un dealer et celle d’une toxicomane ?), je pense qu’il nous revient le devoir de les leur inculquer.
Tous les jours, dans ma classe, je serine les règles de la vie en société : on ne coupe pas la parole, on écoute les autres, on ne nuit pas à autrui, on aide son prochain, on protège les faibles, on respecte le bien commun et le bien d’autrui, on essaie d’apprendre « beaucoup de choses » pour mieux comprendre le monde qui nous entoure. Pour certains de mes élèves, c’est tout nouveau et il s’agit réellement d’un apprentissage. Je leur serine aussi qu’ils sont des enfants, qu’il est normal qu’ils aient envie de passer les premiers, d’avoir tout pour eux, qu’il est compréhensible qu’ils se croient les personnages les plus puissants du monde, mais qu’il est de leur devoir de changer pour devenir des adultes (je dis souvent « de vrais adultes »).
De plus, avec ma collègue de cycle 3, nous avons rétabli les fameux conseils d’élèves où chacun apprend à argumenter, à défendre une idée, une cause. Mais, dans ces conseils, nous gardons nos prérogatives d’adultes dans une société d’enfants : nous sommes celles qui énonçons les lois, celles des hommes, intangibles, celle de la République, intangibles elles aussi mais susceptibles de modification par la volonté des électeurs, celles de l’école, obligatoirement respectueuses des deux autres catégories et du respect dû aux plus faibles, aux plus jeunes ainsi qu’à l’obéissance aux adultes.
Ces conseils d’élèves durent une heure (comptée au minuteur) toutes les trois semaines (à cause de la semaine de 26 heures et des samedis vacants) et cette année nous avons rajouté une contrainte : les propositions et les doléances déposées dans la « boîte à idées » ne seront lues en début de réunion que si leur teneur orthographique est considérée conforme aux capacités réclamées par l’âge et la classe de leurs auteurs. Et ça marche, lors de la dernière réunion, nous avons pu lire presque tous les « mots », leur orthographe étant parfaitement correcte.

Ecrit par : catmano | 20 juillet 2006

"… comme apprennent à le faire les minots de primaire", écrit D'Enguell.
Ciel ! Puis que nous en somme saux devinettes sur l'âge, les ascendants ou l'origine, seriez-vous marseillais (ou apparenté), cher ami ? Ou bien le mot a-t-il dépassé les fontières d'Aix-en-Provence ?

Quant à bouffer du curé… Je m'en garde (inon rétrospectivement), car je connais nombre de lycées catholiques plus laïques que leurs homologues républicains. Et en tout cas moins soumis aux idées obscurntistes desnouveaux défenseurs du peuple… Non, ma cible ces temps-ci est la même que celle du rapport Obin — et elle est d'actualité : non seulement ce qui se passe officiellement est dément, mais ce qui se passe de manière occulte est insensé. Nombre de profs, par exemple, ne signalent pas les élèves qui font d el'obstruction obscurantiste — quand ils ne se contentent pas, tout bonnement, de ne pas venir assister aux cours qui les défrisent. Nous repassons dans le Moyen Age à toute allure.
À propos du statut de la femme au XVIIIe siècle — un sujet que je connais un peu… Elles n'étaient pas toutes des Mme du Châtelet ou des marquises de Merteuil. Hors élites, le statut des femmes au XVIIIe était assez peu réjouissant. Et ce n'est pas le petit Corse (un être assez abject, le paoliste que je suis en convient sans peine) qui est responsable de sa (re)mise en tutelle globale, c'est la Révolution bourgeoise — voir le sort que la Terreur a fait subir à l'inoubliable Olympe de Gouges — et à Théroigne de Méricourt, mon idole. Et du coup, les femmes libres au XIXe se comptent sur les doigts d'une main : Sand, même si je ne supporte pas l'écrivain, Flora Tristan, André Léo, Louise Michel — et ma préférée, Gisèle d'EStoc : des noms globalement oubliés de l'histoire et de l'histoire littéraire, sauf dans un certain manuel de Lettres du début des années 80… Il a fa&llu attendre le début des années 1970 pour que l'article du Code Napoléon qui condamnait (potentiellement) la femme adultère à une lourde peine de prison (et l'homme adultère à une amende) soit aboli. Par Giscard, pas par l'un ou l'autre des gouvernemens de gauche qui l'avaient précédé — par exemple celui de Guy Mollet, qui avait envoyé mon père, et quelques dizaines de milliers de jeunes (r)appelés, en Algérie. Ce n'est pas d'aujourd'hui que la dichotomie droite / gauche est singulièrement fictive.
JPB

Ecrit par : brighelli | 20 juillet 2006

"Chris,STOOOOOOOOP,vous n'allez pas recommencer !
Taisez-vous de temps en temps même si le blog en reste muet !

Ecrit par : bernard | 20 juillet 2006"

Mes posts ont le mérite d' être brefs...

Je ne poste qu' à l' occasion . Et puis je travaille vous savez...

Vous permettez?

Merci

Chris

Ecrit par : chris | 20 juillet 2006

Hommage à Théroigne(Entièrement d' accord avec JPB! Quelle Femme!)

Ha ! qu'un bon vit
Me serait ici nécessaire,
Ha! qu'un bon vit
Me guérirait de tout soùci.
Il m'en faut un, malgré ma mère;
Car, ma foi, l'on ne peut rien faire
Sans un bon vit.

Mon pauvre con
Le jour et la nuit me démange,
Mon pauvre con
Soupire après un bon luron.
J'ai beau frotter, rien ne l'arrange,
Il n'a pas la vertu d'un ange,
Mon pauvre con.

Saint Garcelin,
Daignez exaucer ma prière;
Saint Garcelin,
Donnez--moi bientôt un engin.
En votre honneur, sur la fougère,
Je veux remuer la croupière,
Saint Garcelin.


Anne Josèphe Terwagne, dite Théroigne de Méricourt (1762-1817)

Ecrit par : chris | 20 juillet 2006

Ben dis-donc le Guillaume, l'est pas content du tout...... Et les profs, dans leur ensemble, ça rigole pas lourd....Enfin, si ça peut vous faire plaisir en croyant que je suis mao et que j'admire Kim il Sung, ou Amin Dada, libre à vous, si ça vous soulage.
MAis curieusement pas un mot sur l'encyclique de Pie XI...Quant à me comparer au juge Burgaud, c'est plutôt flatteur.
Et vous ne semblez guère au fait de ce qu'est une métaphore. Ecraser les cloportes ecclesiastiques.....
Et vous avez de curieuses conceptions de l'histoire des femmes. Vous pensez sérieusement ques les femmes des régions baltiques sont plus émancipées que leurs soeurs du Sud. Demandez un peu aux pasteurs luthériens,-j'ai le malheur d'avoir un animal de cet espèce dans ma famille- ce qu'ils pensent des femmes...Et le KKK, pas KuKlux Klan, non, quoique, mais Kinder Kirche Küche.........Alors, oui, en amtière de religion , comme disait l'autre, la tolérance, y des maisons pour ça.....Salut

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 20 juillet 2006

Chris (c'est bien lui qui voulait entendre parler de "meufs", il n'y a pas longtemps ?) a choisi de parler des femmes de la Révolution par le petit bout… de la lorgnette.
Théroigne de Méricourt, d'origine flamande, mais fascinée par la Révolution au point de participer aux combats, et en première ligne, faisait partie des "amazones" de la Révolution (elle participa, le sabre à la main — elle est montrée ainsi sur la seule gravure qui la représente — à la prise des Tuileries). Elle fut gravement mise en cause en 1793 — l'année qui vit l'exécution pour déviation "gauchiste", comme aurait dit un stalinien des belles années, de Mme Roland et d'Olympe de Gouges. Sauvagement interrogée, elle devint folle — à en croire le monde d'hommes où elle évoluait — et finit ses jours (en 1817) à la Salpêtrière. On se rappelle que Sade fut lui aussi mis chez les fous (à Charenton — mais on pourrait rêver de la renccontre du marquis avec l'Amazone) simplement parce qu'il gênait : voir le fabuleux Marat-Sade de Peter Brook.

Théroigne n'a pas écrit que des gaudrioles. Extrait d'une harangue prononcée en 1792 devant les femmes du faubourg Saint-Antoine :
"Armons-nous, nous en avons le droit par la nature et même par la loi. Montrons aux hommes que nous ne leur sommes inférieures ni en vertus, ni en courage… On va essayer de nous retenir en employant les armes du ridicule… Mais nous nous armerons parce qu'il est raisonnable que nous nous préparions à défendre nos droits, nos foyers, et que nous serions injustes à notre égard et responsables à la Patrie, si la pusillanimité que nous avons contractée dans l'esclavage avait encore assez d'empire pour nous empêcher de doubler nos forces… Il est temps que les femmes sortent de leur honteuse nullité. Les hommes prétendent-ils seuls avoir des droits à la gloire ? Nous aussi voulons briguer une couronne civique et briguer l'honneur de mourir pour une liberté qui nous est peut-être plus chère qu'à eux, puisque les effets du despotisme s'appesantissent encore plus durement sur nos têtes que sur les leurs."

Hien ! Quand même !
JPB

Ecrit par : brighelli | 20 juillet 2006

conversation de kermesse d'école :
"comment tu t'appelles ?" dit la dame du stand maquillage
"Olympe" dit la gamine (ce n'est pas la mienne)
la dame me regarde "Olympe ? c'est un prénom de fille ça ?" moi ébahie "bin enfin ! Olympe de Gouges !"
la dame (mon âge hein ou un peu plus jeune) "qui çà ?" !!!
et me voilà en train d'expliquer la Déclaration du droit de l'homme, DE LA FEMME et du citoyen... en pleine cour de récré de l'école publique....soupiiiiiiiiiiiiirrrrrrrrrrrrrr

tiens je vais ressortir les quatre volumes de l'Histoire des Femmes que je me suis fait offrir pour mes 30 ans (si loin déjà ?) je sens que ça va me servir pour fifille dans les années noires qui s'annoncent.

Ecrit par : fabienne | 20 juillet 2006

Fait chaud ici aussi et je reconnais que le sang bouillonne facilement.
Je sais ce qu'est une métaphore mais je sais aussi qu'animaliser l'adversaire relève de pratiques léninistes qui n'ont guère disparu.
Je n'ai par ailleurs guère de sympathie pour les prélats et autres princes de l'Eglise, comme dans chaque institution à chaque fois qu'on monte d'un échelon on a l'impression comme en montagne que l'oxygène se raréfie et que le fonctionnement cérébral s'en ressent.
Parlons école, on se fâchera moins...

Quant aux femmes de la Révolution, comme cocues de l'Histoire on fait difficilement mieux, je le rapelle chaque année à mes élèves (filles), faudra attendre ...1945.

Il me semble quand même malgré tous les efforts luthériens que la condition féminine soit plus en avance en Scandinavie qu'en Algérie ou en Turquie. Mais je me trompe peut-être.

Ecrit par : Guillaume | 20 juillet 2006

"Chris (c'est bien lui qui voulait entendre parler de "meufs", il n'y a pas longtemps ?) a choisi de parler des femmes de la Révolution par le petit bout… de la lorgnette."

JPB

Décidément vous manquez singulièrement d' humour...


"tiens je vais ressortir les quatre volumes de l'Histoire des Femmes que je me suis fait offrir pour mes 30 ans (si loin déjà ?) je sens que ça va me servir pour fifille dans les années noires qui s'annoncent.

Ecrit par : fabienne | 20 juillet 2006 "

Parce que pour vous TOUT LE MONDE DOIT connaitre Olympe de Gouges???? Ne pas la connaitre est preuve de quoi?

Chris

Ecrit par : chris | 20 juillet 2006

Apparenté marseillais, pas pur, cher JPB. Je me rappelle, en vacances, les trolley-bus de la rue Paradis, les galets de pétrole à la Pointe Rouge, avant qu’on ne nous fabrique Prado-Plage, les Goudes au bout du monde... le Fred Scamaroni ou le Napoléon déhalant la Joliette, comme pour rejoindre Manhattan, French Connection épurée de sa poudre. Comment ne voulez-vous pas que l’on soit nostalgique ?

Merci à vous (et à Chris) pour Théroigne-Terwagne dont je n’avais jamais entendu parler !!!
En revanche, je me souviens de l’abbé Cafarelli, cloporte métaphorique et ecclésiastique des “Barbouzes”, interprété par Bernard Blier.

Catmano, je n’ai rien, a priori contre les syndicats, sauf ceux soi-disant “lycéens”. Oxymoron ?
Et pour “on ne coupe pas la parole, on écoute les autres, on ne nuit pas à autrui, on aide son prochain, on protège les faibles, on respecte le bien commun et le bien d’autrui, on essaie d’apprendre « beaucoup de choses » pour mieux comprendre le monde qui nous entoure“, acquiescement modéré.
(Je ne sais plus comment faire pour que vous sachiez que, sans être fou de vous, je ne me “fous” pas de vous). :)))

Ecrit par : D'Enguell | 20 juillet 2006

Jean-Paul, vous avez raison, recentrons-nous !
Je me lance : extrait du Rapport Obin :
“Plus souvent ce sont des tensions ou des conflits avec les parents qui nous ont été signalés. La plupart concernent la tenue vestimentaire « religieuse » des mamans. Certains
instituteurs semblent considérer que le principe de laïcité vaut pour le territoire de l’école, et voient d’un mauvais oeil l’arrivée de mères voilées dans la cour ou au conseil d’école. Le conflit s’envenime dans le cas, de plus en plus fréquent, où la personne voilée n’est plus du tout identifiable. Ainsi, une école a dû organiser un « sas », sans fenêtre, où la directrice peut deux fois par jour reconnaître les mères avant de leur rendre leurs enfants.
Les pères viennent plus rarement à l’école, mais ce peut être alors l’occasion d’autres types d’incidents comme les refus de serrer la main d’une femme, ou même de lui adresser la parole. On a vu également un père refuser que sa fillette soit laissée dans la classe d’un instituteur (homme) remplaçant l’institutrice.”
Voilà, ça glace.
Voilà pourquoi il faut connaître Olympe de Gouges.

Ecrit par : D'Enguell | 20 juillet 2006

Cher Guillaume, quand on regarde en arrière, il n'y a jamais que des cocus, dans l'Histoire. Et il ne faudrait pas que la peur de l'être nous empêche de nous engager dans l'Histoire présente. Le droit de vote aux femmes en 1945 procède des suffragettes anglaises (c'est même l'origine de leur nom), qui procèdent des Communardes (voir le portrait hilarant des féministes 1880 dans les Dimanches d'un bourgeois de Paris, une œuvre trop peu citée de Maupassant — l'amant de Gisèle d'Estoc, citée peu avant), qui procèdent d'Olympe de Gouges, qui arrive tout droit de l'Ile de la raison ("Vous n'êtes qu'une femme, dites-vous… Hé ! Que voulez-vous donc être pour être mieux ?" — je cite de mémoire) et des Liaisons ("Née pour venger mon sexe…") — sans parler de l'exteraordinaire Clairwil dans l'Histoire de Juliette, qu'il faudra bien que vous laissiez lire à vos filles — un de ces jours.
Voilà ce que j'apprends à mes élèves.
JPB

Ecrit par : brighelli | 20 juillet 2006

Un site qui deviendra très vite indispensable pour tous les instituteurs en quête d'idées :
http://appy.ecole.free.fr/3evoie.htm
Notre ami Bernard Appy, instituteur et directeur d'école dans le Gard, anime le site depuis quelques années avec un dévouement exemplaire, et une efficacité maximale. En dehors des considérations strictement professionnelles, c'est un site essentiel pour comprendre quelque chose aux débats pédagogiques actuels — et pour connaître les alternatives à la pensée unique des IUFM…
JPB
C'était non seulement notre rubrique "spécial copains", mais un conseil gratuit, — et payant.

Ecrit par : brighelli | 20 juillet 2006

"pour comprendre quelque chose aux débats pédagogiques actuels — et pour connaître les alternatives à la pensée unique des IUFM…"

JPB

Les débats pédagogiques cachent en fait d' autres réalités:


- Les dernières données de l'INSEE confirment que les jeunes sont moins souvent en difficulté que les personnes plus âgées : 4 % des 18-24 ans contre 14 % des 40-54 ans et 19 % des 55-65 ans qui ont tous appris, pourtant, à lire avec la méthode syllabique. Rien ne permet d'affirmer aujourd'hui que ces difficultés ont pour principale origine les méthodes d'enseignement de la lecture. Comment expliquer sinon que le chiffre de 4% de non-lecteurs en 6ème grimpe à 11% en ZEP alors que les méthodes utilisées au cours préparatoire ne sont pas différentes du reste du territoire ?.

Mais l' INSEE est sans doute complise des IUFM, de Meirieu, du complot pédagogiste et j' en passe...

- Tout le monde sait aussi que "la méthode syllabique pure" de M.Boscher n'avait pas la magie que lui prêtent ses partisans : à l'apogée de sa diffusion, au milieu des années 1960, plus de 30 % des enfants redoublaient le CP ! C'est également l'époque du "boum de la dyslexie" (lire Pierre Debray-Ritzen, la Dyslexie de l'enfant, 1967), où le nombre de classes spéciales pour enfants non-lecteurs explose (classes de perfectionnement et classes d'adaptation), où, pour faire face aux difficultés en lecture, on étend le réseau des CMPP (Centres médico-psycho-pédagogiques) et où sont créés les GAPP (Groupes d'aide psycho-pédagogique, intervenant dans les écoles). Alors, pourquoi agiter ainsi le fantôme de la méthode globale ? Oui fantôme car la méthode globale est morte et enterrée depuis fort longtemps

Chris

Ecrit par : chris | 20 juillet 2006

CompliCe!!!!!!! Avec un C!!!!!!!!!!!

Chris

Ecrit par : chris | 20 juillet 2006

Et bien, la canicule fait son effet ! Je suis avec toi, Guillaume. L'histoire du pape et du préservatif me fait toujours rigoler !
1) Les Africains( j'en ai eu un à la maison ces jours-ci : il a 16 enfants ! ) n'aiment pas la viande sous cellophane.
2) Les pays où le sida est le plus répandu : comme la Chine et de plus en plus de Russes, se foutent éperdument du pape en admettant qu'ils en connaissent l'existance.
Amitiés à tous, je vais prendre le frais.
Anne-Marie.

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 20 juillet 2006

Il ya ausi la pédagomanie qui tourne en rond dans le cercle de ses quelques obsesions.
"La pédagomanie est le rejet du sens commun et de la science, la négation de l'évidence et de la réalité, la déification prédictive du subjectivisme."
L'un des comportements les plus obsessionnels de la pédagomanie est de penser qu'en triturant cycles et programmes ainsi qu'elle nous en a donné cent fois l'exemple, elle risque de changer quoi que ce soit aux problèmes posés par les enfants.
Lettre ouverte aux parents des petits écoliers - 1978 Albin Michel p.147
Cher Chris nous retouvons nos traditionnels clivages, franchement faudrait pas essayer de récupérer Debray-Ritzen qui écrit par ailleurs p.91 : " Précisons que la méthode "globale" d'apprentissage de la lecture - méthode élitiste ne favorisant que les plus doués - est responsable d'un bon nombre de ces mauvaises initiations à la lecture mais ne crée pas de dyslexie.

Ecrit par : Guillaume | 20 juillet 2006

Christesse a encore commis :

"Les dernières données de l'INSEE confirment que les jeunes sont moins souvent en difficulté que les personnes plus âgées : 4 % des 18-24 ans contre 14 % des 40-54 ans et 19 % des 55-65 ans qui ont tous appris, pourtant, à lire avec la méthode syllabique. Rien ne permet d'affirmer aujourd'hui que ces difficultés ont pour principale origine les méthodes d'enseignement de la lecture."

La Suède a mis en place un programme de lecture pour les adultes (par exemple notes de service aux ouvriers dans les entreprises). Rien de tel n'existe chez nous, les performances en lecture comme dans tous les domaines déclinent si on ne les entretient pas.

"Comment expliquer sinon que le chiffre de 4% de non-lecteurs en 6ème grimpe à 11% en ZEP alors que les méthodes utilisées au cours préparatoire ne sont pas différentes du reste du territoire ?"

C'est très simple M. qui ne veut pas comprendre.
Les méthodes absconses employés aujourd'hui ne conviennent pas aux élève partant avec un déficit quelconque. CQFD, merci de l'avoir souligné.

"Mais l' INSEE est sans doute complise des IUFM, de Meirieu, du complot pédagogiste et j' en passe..."

C'est vous qui délirez.

"- Tout le monde sait aussi que "la méthode syllabique pure" de M.Boscher n'avait pas la magie que lui prêtent ses partisans : à l'apogée de sa diffusion, au milieu des années 1960, plus de 30 % des enfants redoublaient le CP !"

Ce que vous dites est évidemment faux. 30%... vous êtes fou ! Complètement.
Le taux de redoublement n'est de toutes façons plus un indicateur puisque ces dernières années il était de facto supprimé.

"Alors, pourquoi agiter ainsi le fantôme de la méthode globale ? Oui fantôme car la méthode globale est morte et enterrée depuis fort longtemps"

Ah ah le comique !
Dites-moi M. DeMauvaiseFoi, consultez-donc les méthodes de lecture à fort tirage et nous pourrons en reparler.

JPG (JPGéééé pour Chris qui ne cherche pas à savoir qui dit quoi, handicapé qu'il est)

Ecrit par : JPG | 20 juillet 2006

"Cher Chris nous retouvons nos traditionnels clivages, franchement faudrait pas essayer de récupérer Debray-Ritzen qui écrit par ailleurs p.91 : " Précisons que la méthode "globale" d'apprentissage de la lecture - méthode élitiste ne favorisant que les plus doués - est responsable d'un bon nombre de ces mauvaises initiations à la lecture mais ne crée pas de dyslexie.

Ecrit par : Guillaume | 20 juillet 2006"

Si nous pouvons débattre en amis, oui en AMIS, malgré nos clivages, j' en serais très heureux. Si nous retombons dans l' excès et l' injure(je ne parle pas de vous cher Guillaume), je ne participerai pas.

La remarque de debray-Ritzen est suffisamment vague pour plaire à tout le monde. Et elle ne contredit pas ce qui précède.

Quant aux chiffres de l' INSEE, ils sont très concrets

Chris

Ecrit par : chris | 20 juillet 2006

Ecrit par : JPG | 20 juillet 2006

Comme je l' ai déja dit, ce type de propos ne m' interesse plus. Inutile de me répondre donc.

Chris

Ecrit par : chris | 20 juillet 2006

"Il me semble quand même malgré tous les efforts luthériens que la condition féminine soit plus en avance en Scandinavie qu'en Algérie ou en Turquie. Mais je me trompe peut-être."

Il y a plus de femmes au parlement turc qu'au parlement français.

JPG

Ecrit par : JPG | 20 juillet 2006

Il y a plus de femmes au parlement turc qu'au parlement français.

Ataturk n'a pas tout réglé et ces derniers temps doit plutôt se retourner dans sa tombe vu la contagion islamiste de la région, il y aussi plus de mariages forcés et de femmes battues à mort au motif qu'elles ont porté atteinte à l'honneur de la famille...
J'ai encore en mémoire cette évacuation musclée d'une manifestation de femmes à Istanbul par les forces de l'ordre l'année dernière, on ne peut pas dire que la courtoisie soit une grande qualité des forces de l'ordre turques.

Ecrit par : Guillaume | 20 juillet 2006

Très intéressants tous ces derniers commentaires, mais les femmes aujourd'hui sont beaucoup plus présentes et ceux malgré le voile que les extrémistes essaient de jeter sur elles... Allez consulter les effectifs des étudiants en droit, je devrais écrire étudiantes car les femmes en composent 80% à peu près et en règle générale elles sont de plus en plus majoritaires dans les autres filières... le 21ème siècle sera assurément féminin!
Le MLF a évolué "dieu merci!" Clin d’œil... Même si certains mouvements féministes sont à mon sens tout aussi dangereux pour l'évolution de la société que le sont tous les extrémismes. Mais ce n'est pas l'objet du débat et il est clair qu'il faut dénoncer haut et fort cette emprise pernicieuse que tente l'Islam dans l'école et même dans les facs... fermer les yeux est suicidaire.
il a été question cette année d'instituer comme jour férié l'"Aït el kébir"(je ne suis pas sûre de l'orthographe)... la tolérance a bon dos et j'ajouterai ce grand classique "la liberté des uns commence où s'arrête celle des autres"...que je sois bien comprise je ne peux pas accepter en tant que femme, au nom du politiquement correct, les idées que véhicule l'Islam au sujet de la place de la femme...
Ce serait faire injure à toutes celles qui n'ont pas hésité à affronter toutes les humiliations et tortures pour nous donner les moyens d'avoir une place à part entière dans notre société. Que de chemin parcouru! Accepter les dérives extrémistes de tous poils seraient "débouler la pente "à reculons. Non, arrêtons cette hypocrisie de rejeter ce que certains ont le courage de dire tout haut alors qu'on le pense tout bas!
Aimons-nous mes frères ça va 5 minutes mais svp laissez moi vivre et ne venez pas m'imposer votre obscurantisme!
Malheureusement il n'y a pas que l'Islam, les mouvements évangélistes gagnent du terrain , il n'y a pas de religion qui ne connaisse pas de renouveau en ces temps troubles et les sectes n'ont jamais été aussi nombreuses...

Alors c'est sympa de vous lire mais pourquoi toujours dévier du débat initial?

Mes enfants ne fréquentant aucune école, je suis mal placée me direz vous pour juger mais c'est parce que je vois de plus en plus de jeunes-filles sortir du lycée d'à côté, remettre rapidement leur foulard et enfiler de longues tuniques que je dis non! Leurs visages fermés me font peur et je doute fort qu'elles soient très épanouies. Dés qu'elles posent ce carré de tissus sur leur tête, leurs épaules s'effondre... Comment une mousseline synthétique peut-elle peser aussi lourd?Si comme je l'écrivais dans un post précédent certaines l'arborent avec fierté et revendications, nombreuses sont celles que cela torture et ça c'est inacceptable !

Pour Catmano: en tant que maman, je salue votre détermination quant à essayer d'inculquer quelques principes de vie en société à vos élèves et je déplore que vous ayez à le faire...Vous mettez le doigt sur le problème grave du manque d'éducation dans la plupart des familles aujourd'hui...
pour anecdote , je me suis vue traitée de marâtre parce que j'oblige mes enfants à systématiquement dire "s'il vous plait" ou "merci ". Enfin je n'ai plus à la faire car même pour la petite dernière de 2 ans et demi c'est devenu un automatisme... Au même titre que je n'ai plus besoin de leur dire de se lever pour céder leur place, ils savent quand ils doivent le faire et ce parce qu'ils ont été choqués que je sois insultée par une jeune fille dans un bus alors que je demandais poliment à un jeune homme qui occupait une place prioritaire de me céder sa place. Je précise : C'était en pleine canicule 2003, dans un bus non climatisé et bondé( oui en août on réduit le nombre de bus et résultat ils sont plus bondés qu'aux heures de pointe !) et j'étais enceinte de près de 8 mois... J'ai eu droit à des mots très durs ce jour là... Japy nous écrivait que la violence n'était pas plus importante qu'avant sauf qu'il me semble qu'il y a encore disons une bonne quarantaine d'années , il était inconcevable de ne pas céder sa place dans un transport en commun...
Alors Catmano je vous remercie pour votre engagement , tout espoir n'est pas perdu.
Mais ce défaut d'éducation qui ronge de plus en plus notre tissu social nous devons reconnaître que c'est l'envers de 68 auquel il n'y a pas qu'un endroit. Cependant, bénis soient ceux qui ont fait 68! Comme après toute révolution, il y a la période intermédiaire plus ou moins longue de flottement, gageons que les parents de demain vont être plus "réacs" que nous ne le sommes dans nos posts .
Petite précision: reconnaissance éternelle à ceux qui ont levé les barricades en 68 ! Sans eux ce monde serait bien triste pour les femmes que nous sommes!
J'oubliais: vive Voltaire et en particulier Madame du Châtelet sans laquelle il n'aurait peut-être pas été...

et merci à Montaignàcheval pour l'invitation au voyage...Troie , on s'y croirait.

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 juillet 2006

Petite aparté : je suis sur le point de décrocher enfin un poste chez Arcelor, réponse définitive semaine prochaine.

J'étais la dernière en liste avec une autre candidate et apparemment ma maîtrise de l'allemand et anglais intéresse vivement mon éventuel futur employeur.....

Ecrit par : Sandra WAGNER | 20 juillet 2006

"Ataturk n'a pas tout réglé et ces derniers temps doit plutôt se retourner dans sa tombe vu la contagion islamiste de la région, il y aussi plus de mariages forcés et de femmes battues à mort au motif qu'elles ont porté atteinte à l'honneur de la famille...
J'ai encore en mémoire cette évacuation musclée d'une manifestation de femmes à Istanbul par les forces de l'ordre l'année dernière, on ne peut pas dire que la courtoisie soit une grande qualité des forces de l'ordre turques."

Oui, mais il y a plus de femmes au parlement turc qu'au parlement français.

JPG

Ecrit par : JPG | 20 juillet 2006

Chris mon expérience vaut ce qu'elle vaut mais si j'en crois les statistiques que vous avancez à savoir que 30% des élèves auxquels ont a appris à lire avec la méthode boscher redoublaient le cp on peut conclure qu'ils ne savaient donc pas lire...comme je l'ai déjà expliqué nous avons 5 enfants , le premier issu d'un premier mariage de mon époux a suivi une scolarité classique dans une école primaire publique, à l'entrée au CE1 il ne savait pas lire, j'ai utilisé avec lui la méthode Boscher en un mois il savait lire...pour nos 4 autres enfants qui eux sont inscrits au cned (du moins les 3 plus agés)je n'ai pas utilisé la méthode Frisapla , au programme du cned qui est une méthode quasi globale, j'ai commencé la première leçon, et j'ai tout de suite laissé tomber pour utiliser la méthode Boscher avec ma première fille qui avait tout juste 6 ans , sa petite soeur de 3ans et demi assistait à ces séances... mon aînée a su lire en trois mois. un an plus tard j'ai surpris ma deuxièmequi avait 4ans et demi la méthode Boscher à la main et qui lisait à haute voix les pages une par une... aujourd'hui avec mon fils de 5 ans qui a un énorme retard de langage (pas de parole, distinction importante à faire), ne sait pas prononcer près de la moitié des phonèmes necéssaires au langage, comme il connait toutes les lettres de l'alphabet,je commence à utiliser la méthode Boscher (avec l'appui d'une orthophoniste) afin de l'aider à visualiser les différences entre les syllabes et les sons. Il commence à déchiffrer après deux mois de travail à raison d'un quart d'heure par jour et nous venons de découvrir que sa petite soeur de deux ans et demi commence elle aussi à déchiffrer certaines syllabes(mais je ne la pousse pas, elle est juste présente à nos côtés).
enfin nos trois grands de 15 à 9 ans et demi savent parfaitement lire et sont de grands lecteurs, merci Boscher! mais nos deux petits derniers ont l'air de prendre le même chemin pourtant si j'en crois vos statistiques, un tiers de mes enfants ne devrait pas savoir lire à la fin du cp(mon fils sera en grande section maternelle au cned à la rentrée).il semblerait que mes enfants qui sont tout à fait dans les normes, fassent mentir vos affirmations. Mais je me répète je n'ai qu'une toute petite expérience alors à plus grande échelle , ces chiffres se vérifient peut-être. Néanmoins tous ceux qui autour de nous souhaitaient apprendre à lire à leurs enfants quand au mois de janvier ils réalisaient qu'ils n'avaient rien appris, et qui ont utilisé cette méthode, pourraient venir vous dire que leurs enfants ont su lire en quelques semaines...mais me direz vous,ils avaient peut-être déjà été bien préparés à l'apprentissage de la lecture au cours du premier trimestre.
bref ce post n'a rien à faire là et aurait sa place dans le fil "méthode de lecture" je m'en excuse je ne fais que répondre à Chris qui m'agace sérieusement avec ces enfantillages du je suis plus là mais excusez moi je reviens...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 20 juillet 2006

"Japy nous écrivait que la violence n'était pas plus importante qu'avant sauf qu'il me semble qu'il y a encore disons une bonne quarantaine d'années , il était inconcevable de ne pas céder sa place dans un transport en commun..."

Japer n'est pas jouer.
Oui c'est ça Mme Mesnigé, même l'humanité basique se constate moins. Il ne s'agit plus d'ailleurs de céder sa place, il s'agit de la prendre si d'aventure vous l'occupez.
Sinon tout va bien.

JPG

Ecrit par : JPG | 20 juillet 2006

Nouveau jour, nouvel angle :

“Oui, mais il y a plus de femmes au parlement turc qu'au parlement français.”
JPG

“Le Parlement turc a adopté 13 mai au terme d'une très longue et houleuse séance le projet de loi controversé du gouvernement issu de la mouvance islamiste, favorisant les écoles religieuses, qui est dénoncé par les pro-laïcs et l'armée qui y voient un danger pour le système laïque. Sur les 258 députés présents, 254 ont voté pour et quatre contre”
institutkurde.org
C’est sûr, des femmes comme celles-ci font bien reculer l’obscurantisme...

Ecrit par : D'Enguell | 21 juillet 2006

Oui, et quid du pourcentage de nos représentants qui sont des femmes ?
La France est le pays des Lumières ? ;-)

Ecrit par : JPG | 21 juillet 2006

Toujours la suite de mes "petits trucs"... Il y aurait sans doute la possibilité de rajouter un paragraphe concernant le thème "Pitié pour les filles" à ce texte sur "l'économie d'efforts et d'affrontements", je vous laisse faire, vous êtes bien mieux documentés que moi sur ce sujet...

« L’économie d’efforts et d’affrontements » dont vous parlez est-elle vraiment « une lâcheté et une démission coupable de la société moderne vis-à-vis des ses enfants » (p 202 -203) ?
N’est-elle pas plutôt une volonté de certains de construire l’ « homme nouveau » ? Et une volonté machiavélique de certains autres de profiter de cette « construction » pour faire passer leur projet de société ?
Cette économie d’efforts s’est bâtie sur les ruines de la Révolution Culturelle de Mao et s’est engraissée aux désirs de démolition des services publics prônée par nos néo-libéraux actuels de droite comme de gauche.
« Du passé, faisons table rase » chantions-nous dans nos manifs d’étudiants... De tout le passé ? Des luttes ouvrières pour la semaine de quarante heures, pour les retraites, pour la protection sociale, pour l’instruction pour tous, pour la laïcité, pour les congés payés, pour le droit d’association et de grève (j’abrège, il y en aurait trop...) ?
« Il est interdit d’interdire », d’interdire quoi ? Le vol, le viol, la pédophilie, la corruption, la torture, la discrimination (j’abrège, il y en aurait trop...) ?
L’économie d’efforts prônée pour nos tout-petits a engraissé nos marchands de changes complets « même mouillés, ils sont secs », nos marchands de petits pots, petits plats, petits desserts, petits goûters riches en ceci ou en cela qui doivent, si on les croit, les rendre beaux, forts et intelligents sans qu’on n’ait jamais besoin de leur dire : « Une cuillère pour papa... une cuillère pour maman... ».
L’économie d’efforts et d’affrontements a engraissé pêle-mêle Walt Disney, Dorothée, les scénaristes de mangas japonais, Nintendo, Mattel et ses Barbie, Sega, Danone et les petits Lu...
L’économie d’efforts et d’affrontements a conduit des enfants et des adolescents chez les psys, les orthophonistes, les psychomotriciens, tous plus ou moins libéraux, tous plus ou moins remboursés par la Sécu (nous avons même eu parmi nos élèves un consommateur de Lexomil de 10 ans)... Ca fait monter le PIB, tout ça, et ça relance la croissance...
L’économie d’efforts et d’affrontements a conduit une part de nos anciens élèves dans les agences d’intérim où ils sont contraints et parfois même ravis d’être des employés Kleenex, totalement inconscients de leurs droits sociaux. J’ai vu récemment deux de mes anciennes élèves qui étaient prêtes d’elles-mêmes à réduire leur congé maternité pour simplifier la vie de leur employeur (j’ai par ailleurs entendu hier que la France était le pays de l’Union Européenne [Commentaire juillet 2006 : Europe des 15, je présume, vu la date de rédaction] où le taux de mortalité périnatale, autant pour les enfants que pour leur mère, était le plus élevé...]... Ca permet de réduire la masse salariale tout ça, donc c’est bon pour le PIB...
L’économie d’efforts et d’affrontements a conduit et conduit toujours, malgré les centres éducatifs fermés et les radars automatisés, une part non négligeable de nos anciens élèves chez les dealers, sur les bancs des tribunaux, sur les trottoirs de la prostitution ou à la morgue après un accident de voiture de retour d’une « teuf » avec 3 grammes d’alcool dans le sang... Et ça, c’est moins drôle et ça ne contribue pas tant que ça à la croissance... Mais, que voulez-vous, on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs. Et puis, construire des prisons et en proposer la gestion à des entreprises privées, comme aux USA, sans doute que ça fait monter le PIB...
L’économie d’efforts et d’affrontements conduit de moins en moins de nos anciens élèves sur les bancs des écoles d’ingénieurs ou de médecine... Mais, pour le moment, ça ne se voit pas encore trop, même si les sonnettes d’alarme commencent à se faire pressantes. De toute façon, l’Inde et la Chine sont là, prêtes à nous fournir nos prochains cadres. En attendant, les pays en voie de développement nous fournissent en internes des hôpitaux, en vacataires pour l’Education Nationale, et ces gens-là travaillent plus d’heures et pour moins cher... Donc, c’est bon pour le PIB.
Et puis pour l’avenir, on verra bien. De toute façon, il y a des élections tous les cinq ans et après, aux autres de reprendre le flambeau (vraiment pas flambant d’ailleurs). Et puis, ils sont tous d’accord, à droite comme à gauche, hors du libéralisme et de la marchandisation des services, point de salut.
Donc, enfants, parents, enseignants, tous ensemble dans la même direction vers la satisfaction des désirs immédiats, en route pour la consommation qui relance la croissance à grands renforts de logiciels éducatifs, de cours privés « Acadomia », de médicalisation de l’échec scolaire et tant pis pour les laissés pour compte de la croissance (petits enfants des cités ghettos, mais aussi petits ruraux pas assez nombreux pour être rentables), Big Brother veille sur vous, il vous gardera une petite enveloppe pour votre RMI et votre Prozac...

Ecrit par : catmano | 21 juillet 2006

Catmano, chapeau....Proust sous 35° à l'ombre. Un fleuve, une Amazone de choses tout à fait interessantes, mais franchement, où est le rapport avec le statut de la femme?
C'est très bieN ce que vous dites, mais ça nous écarte un peu du thème. Comme je voulais répondre quelque chose à D'Enguell, pour lui dire qu'il avait marquéun sacré point dans la discussion, votre intervention m'a quelque peu perturbé.
Non, trèfle de plaisanterie, comme disait un mapin dans un carré de luzerne, il est vrai qu'être femme ne résoud pas grand'chose.Il y a ,c'est vrai D'Enguell, autant de femmes que d'hommes parmi les obscurantistes et les fachos de cestui monde...Pensons, dans le désordre, aux bonnes(?) soeurs qui laissèrent les milices hutues massacrer les Tutsis, aux femmes kapos à Auschwitz..... mais il ya de brillants contre-exemple: comme le Pakistan et Benazir Bhutto. Les pays du Nord, comme l'Islande avec Vigdis Finnbogaottir, qui est sans doute l'une des femmes politiques lesp lus intelligentes de notre époque.
Mais c'est vrai qu'au parlement turc , les bonnes femmes se sont elles-même tirées une balle dans le pied. Et la nomination d'une femme imam dans une mosquée d'Istanbul ne change rien...

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 21 juillet 2006

Je vous l'ai déjà dit, il n'y aaucun rapport, encore que... le jour où l'Humanité aura compris que la femme n'est pas l'avenir de l'homme, mais tout simplement un être humain "comme les autres", il n'y aura plus à disserter sur le statut de "la femme" ou "des autres". Bon d'accord, y'a du boulot d'ici là...

Ecrit par : catmano | 21 juillet 2006

Catmano, C'est Aragon (et Castille) qui va pas être content. Ni Ferrat-Ferré-Ferry qui jadis chanta le poème de cette vieille canaille bolcho....
Mais Catmano, je pense nénamoins qu'il existe un faible espoir que les femmes soient un peu moins connes que nous. Et regardez la prestigieuse civilisation minoenne, probablement matriarcale ou le rôle crucial des femmes dans les sociétés rurales de l'Afrique.....
Allez, un petit Bounty de consolation au père Aragon...quand même..Non? Ah bon..

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 21 juillet 2006

Ouais mais il y a Mme Thacher, Jiang Quing, Condoleeza Rice (c'est comme ça que ça s'écrit ?), Lucrèce Borgia, Messaline... et plein d'autres alors, 0 à 0, balle au centre...

Ecrit par : catmano | 21 juillet 2006

Vous êtes bien optimiste Montaignacheval !

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 21 juillet 2006

Je voulais rajouter un petit PS : C'est facile, quand on n'a pas eu souvent le pouvoir, de ne pas avoir fait trop souvent de "conneries".

Ecrit par : catmano | 21 juillet 2006

J'observe qu'on parle de tout sauf de la France...
Économie d'efforts et d'affrontements ? ;-)

Ecrit par : JPG | 21 juillet 2006

JPG...c'est marrant, ce sont mes vraies initiales...M'enfin. Parlons de la France: la France, pays d'Europe de l'Ouest. Capitale Paris (11 Millions d'h.) Rep. Parl. Démocr. 5ème puiss eco du monde.
Bon, on en a parlé.

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 21 juillet 2006

Vous avez écrit "Rep. Parl. Démocr."
Le parlement représente le peuple, non ?
Eh bien les femmes y pointent à peine le bout du nez !?
Je pense de ce fait qu'avant de trouver des poux dans la tête des copains il convient de se regarder.
Vous ne pensez pas ?

JPG, les initiales de mon nom mon vrai.

Ecrit par : JPG | 21 juillet 2006

Amis Bloggers, l'heure est grave. Allez voir sur le site de Brighelli "Le noeud du problème". Vous y verrez les saloperies d'un facho pur jus. Et je te garantis JPG que là , on en parle de la France. Allez-y voir. Et Brighelli aussi, parce qu'il ne faut quand même pas pousser....

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 21 juillet 2006

chris je ne vous réponds pas vous allez encore me traiter de parano...
ce que je dis est du 1er degré, je ne juge personne, je soupire quand je veux et je ne dis pas que je pars quand je reste ....SOUPIIIIIIIIIIIIIIIIRRRRRRRRRRRRRRRRR

Ecrit par : fabienne | 21 juillet 2006

je le double parce qu'il ne faut pas pousser Rossinante :

Serait-ce de la provoc de Chris, ou d’un autre, qui balance ce machin pour nous inciter à penser que nous finirons par déboucher sur cette conclusion, si nos échanges persistent sur les mêmes voies ? C’est de la tactique élémentaire d’extrêmiste qui a raté le concours de la DGSE.
Bravo, MONTAIGNACHEVAL, pour avoir dépisté l’animal (même si c’est léniniste).

Ecrit par : D'Enguell | 21 juillet 2006

J'ai une tendresse pour Messaline, moi. Voir ce fabuleux poème de Baudelaire, "Sed non satiata", qui part d'une phrase (de Juvénal, ce me semble) dédiée à l'impératrice — et appliquée avec un certain humour à Jeanne Duval.
Montaigne, dites-nous donc ce que vous avez trouvé de particulièrement facho sur ce blog où d'aucuns débloguent sévère…
Z'êtes rentré de Turquie ? Parce qu'ici, on se croirait sur les marches de Gobi, tellement ça cogne.
JPB, qui va bientôt s'arrêter parce que ses doigts coulent sur les touches, ce qui est très mauvais pour l'informatique (au passage, je signale à tous ceux qui n'ont pas des Mac que les PC ordinaires craignent considérablement le chaud — les portables particulièrement. Ecrivez aux heures fraîches…).

Un point tutefois. Je n'attends rien de particulier des femmes au pouvoir — pas plus que des hommes au pouvoir. "À Ploucville comme ailleurs, le pouvoir rend fou" : c'est la dernière phrase d ela préface que Marcel Duhamel soi-même écrivit pour 1075 Âmes, l'un des polars les mieux fichus des années 50-60 (Jim Thomson). Le pouvoir absolu corrompt absolument, que l'on ait une bitte ou un vagin. Les considérations de sexe sont assez inopérantes en politique — j'ai une grande fascination pour Elisabeth Ière ou Catherine II, qui n'étaient pas exactement des tendres — despotes éclairés mon cul, comme aurait dit Zazie.

Ecrit par : brighelli | 21 juillet 2006

Négatif, mon commandant!! Chuis toujours là où les moutons sont mous parce que c'est des moutons qu'a pas d'os....
Bon, attribuons cela à l'ivresse et continuons. Ce que je trouve facho dans l'intervention de Yann/Chris....Enfin ,M'sieur Brighelli, jusqu'ici, j'ai été plutôt correct, mais là la dernière phrase selon laquelle il y aurait des enfants etc etc, je suis désolé, mais c'est du facho, 100% pur porc.
Même moi, qui ne suis pas très diplomate- c'est un euphémisme- ni très fin, jamais je n'aurais osé écrire une saloperie pareille. Je sais bien que ça peut peut-être se lire comme une farce de potache, mais moi je le lirais plutôt comme une couille dans le potage...
Je m'excuse d'avoir réagi aussi abruptement, mais ma tante, qui a 78 ans, m'avait montré les photos d'elle , retour d'Auschwitz à l'âge de 20 ans...Et cela me hante encore, sans charre, cela rôde en moi. Quand j'étais au Nebraska, il ya neuf ans, j'ai vu des vitrines comme celles d'Auschwitz avec des scalps d'enfants....
Halluciné, in girum imus nocte et consumimur igni.... et ici en Turquie, plane l'ombre effroyable du million et demi d'Arméniens assassinés. Alors, M'sieur Brighelli, ne m'en voulez pas, mais qu'un petit trou du cul se permette de telles alllusions. Enfin, vous savez ce que je pense des gauchos, des maos, des pédagos de mes deux , des IUFM, de Meirieu, mais leur compagnie pestilentielle m'est INFINIMENT plus agréable qu'une seconde en contact avec ce tas de morve....
Mais comme vous êtes un esprit des Lumières, nul doute que vous comprendrez, même si vous ne la partagez pas, ma rage immense devant une telle abjection.
Pour ce qui est des femmes en politique, j'ai eu seulement un tout petit hoquet d'optimisme, mais je me range, ce nonobstant, aux opinions ci-dessus. Mais allez, un bon geste, un Bounty pour Aragon et un M and M'S pour Jean Ferrat, car qui vivra, ferrat.
Amitiés de Cappadoce. Température au sol 33° Température de l'ouzo 2°

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 21 juillet 2006

Je vais me faire taper dessus mais franchement Mme Thacher c'est autre chose que Giscard, Mitterand ou Chirac. Cela fait dix ans que le petit Blair surfe sur sa politique...

On rigolait avec Renaud dans les années 80, maintenant les jeunes ménages qui ne sont pas partis vers la perfide Albion eldorado des jeunes cadres pleurent maintenant en province pour ne pas se faire piquer les dernières ruines par des retraités de sa gracieuse majesté.

Ecrit par : Guillaume | 21 juillet 2006

Sur ce sujet épineux de la place des filles dans notre école -et plus largement dans la societé- il me semble crucial de constater plusieurs aspects.

- Actuellement la plupart d'elles s'identifient à des icônes de la "musique" moderne qui ne véhiculent que des clichés très machistes de la femme. Serait-ce un effet de mode?
En tout cas, une part de plus en plus grande de la "culture" télévisuelle et musicale transmet un message valorisant cette culture de l'économie d'efforts (cf catmano) et de l'apparence.
Quels modèles pour toutes ces jeunes filles!?

- De plus, mes 2 petites soeurs de 10 et 11 ans que je tente d'initier à d'autres cultures que la bouillabaisse prémachée qu'elles ingurgitent sur les ondes, me laissent véritablement pantois:
Que leur dire quand je pense que la brailleuse Lorie n'est qu'une demi-mondaine arriviste, et que l'une revient un soir m'annoncer que sur sa liste de "chansons culturelles" (sic) figurent entre 2 bobby lapointe une chanson de ladite Lorie.
(cette petite n'a jamais appris aucune fable de la fontaine à l'école, c'est moi qui lui lisait le soir dans mon folio.)
L'école ne devrait-elle pas favoriser l'émergence de solides références pour tous? Et que faire, face au matraquage dont nous sommes victimes? Car dans les écoles "ce qui est à la mode" attrape maintenant les élèves jusqu'en CE2!

- Enfin, dans une école moyenne d'une petite ville il est réellement désastreux d'entendre les propos d'un bon nombres des jeunes garcons du même âge, sur leurs camarades de l'autre sexe. Entre moqueries enfantines, blagues que je leur faisais moi-même, et leur langage cru, irrespectueux, vulgaire et degradant, s'agit-il bien de la même jeunesse?
Tout cela pour dire que je crains effectivement que si l'école n'y est pas pour rien dans cette dégradation de l'estime même de ces futures femmes, la société contemporaine francaise fracasse les idéaux républicains sans s'en rendre vraiment compte. Réveil?


PS: Juste un petit bonjour à JPB.
Je suis élève au lycée joffre, j'ai donc la chance de vous avoir eu cette année en cours avec votre classe de cancre à vous. Vos cours, en plus d'être pertinent dans les commentaires, animés et captivant sont purement passionant. J'ai adoré ces 2 heures hebdomadaires vendredi soir du début à la fin, mais quel dommage! Quel dommage pour nous que vous ayez été si empêtré dans vos affaires pour n'en pas venir certains soirs. Enfin, la séance suivante n'en était que plus exquise, des cadavres, de l'histoire, de la littérature, une myriade de références, de texte, d'auteurs de dissertations, de confrontation d'idées avec vos élèves, de provocations (car il en faut pour réveiller un fond de classe qui a un oeil dans les maths et l'autre dans les nuages), bref une vraie séance de vie qui contraste quand même un peu de la vie de taupe.
Courage contre les insultes, elles sont nombreuses je les ai vues.
Courage contre ces ânes qui fourmillent et qui insultent sans connaître, fonçant comme rossinante et son bon hidalgo contre tous ceux qui brassent... le savoir.
BRAVO


JPG (moi aussi, mes vraies initiales, je sais c'est lassant) PCSI 2

Ecrit par : L'albatros | 22 juillet 2006

“Sed non satiata” est aussi de nos jours un groupe “Lagarde et Michard”, avec un site en “dot com”, et voici que resurgissent les années fac avec “Marquis de Sade” mutant en “Marc Seberg”, et commettant un magnifique “Sois sage ô ma douleur” !
C’est sûr que Lorie et (de César, clin d’œil à M.A.C.) consœurs, ça “Corps dégrafe” à donf, ça “petit top” y n’en bourre l’arène de récré, ça transpire plus de canicule que d’intelligence, quoique le soleil en donne bien, lui, de l’or intelligent.
Consolez-vous l’Albatros, le Lorie, dans trente ans, elle ressemblera à Chantal Goya...
(Comme peut-être l’institutrice de “Episode in Palmetto”, d’Erskine Caldwell, dont on aurait pu dire, en plagiant Duhamel, “A Ploucville, comme partout, le désir rend fou”.)
C’était juste pour dire, à la fraîche, que les filles en cheveux respirent mieux, et que remplacer Barbara-Voulzy par Lorie-NTM, c’est voir “le Soleil moribond s'endormir sous une arche”...

Ecrit par : D'Enguell | 22 juillet 2006

D'abord, merci à l'Albatros, dont j'espère que ses ailes de géant ne l'empêcheront jamais de marcher…
Les pré-adolescentes de mon adolescence s'identifiaient à France Gall et à ses sucettes à l'anis — une image peut-être pas si glorieuse que ça de la femme, au fond. Je crains que bon nombre de pré-ados, dans leur quête éperdue de la ressemblance, à un moment où on est souvent mal dans sa peau, ne choisissent de préférence des modèles pré-démodés.
Evidemment, on peut toujours rêver à des époques où les jeunes gens s'identifiaient à Lord Byron. Mais quand le modèle est héroïque, on risque aussi d'être frigorifié d'impuissance — voir Frédéric Moreau dans l'Education sentimentale…
En revanche, c'est vrai qu'une vulgarité de plus en pus saisissante (Lorie, ce n'est rien à côté de Shakira, qui n'est rien à côté du rôle que l'on fait jouer aux filles dans le moindre clip de rap) envahit la sous-culture télévisuelle. Mais j'ai bien peur que ce modèle-là n'entre dans la tête des garçons bien plus que dans celui des filles. C'est comme les films pornos — ce ne sont pas les femmes qui prennent modèle, ce sont les puceaux de banlieue — et les autres.

À propos de trucs pornos, il va falloir que je dise au régulateur du blog de faire attention aux intrus. Mais ça peut aussi bien être un ennemi de fond qui s'amuse à nos dépens. Et vous avez raison, l'Albatros, j'en ai quelques-uns.
JPB, dans la petite aube déjà toute rose de désir, comme diraient D'Enguell et Caldwell…

Ecrit par : brighelli | 22 juillet 2006

... Aïe ! Il suffit de s'absenter pour ne plus pouvoir suivre le blog... Bavards, les enseignants ?

J'en suis au 18 juillet, et merci à Montaignacheval pour "la religion est infantile".

Mais ce que l'école propose au XXIe siècle ne vaut guère mieux.... à tel point que le discours du premier théologien venu paraît plein de sens.


Je voudrais rebondir sur l'une des remarques du rapport Obin, qui souligne que les associations religieuses créent activement des structures de soutien scolaire ; dans certains cas, la "communauté" va jusqu'à inciter les parents à retirer les enfants de l'école. Un pas supplémentaire se fait lorsque des associations religieuses (et pas seulement des "écoles libres" sous contrat) catholiques, ou protestantes, créent des cours à l'intention de ces "communautés". De la même façon, une bonne part du prestige des "barbus" dans nos villes tient à leur érudition ; celui de l'Islam, à ce que les mosquées hébergent aussi des écoles coraniques.

Et pourtant, la religion sert à empêcher de penser, et la foi n'est rien d'autre que le contraire de la raison...

Seulement, l'école renonce à REMPLIR les têtes (pour ne pas "faire chier" les élèves, comme dirait Chris). Conséquence : au bout d'un moment, d'activité ludique et activité d'éveil, d'expression de soi en débat citoyen, même les élèves les plus moyens se rendent compte qu'ils ne font que perdre leur temps à l'école. Et les bigots font figure de puits de savoir, avec leurs réponses toutes faites.

Quand j'étais collégien, j'avais un camarade catholique d'extrême droite, qui était incollable sur la liste des rois de France. A cette époque, je me disais anarchiste, et pour lui en remontrer, je suis devenu magistral sur les conjugaisons et l'orthographe. "Je suis plus savant, donc plus intelligent, donc mon dogme est meilleur que le tien" résumait nos conversations.

Même les "soluces" de jeux vidéo demandent plus d'efforts mentaux que le brevet des collège !

Alors, comment voulez-vous qu'un professeur de la nouvelle cuvée, ou un chrissoïde, incapable d'écrire des phrases de plus de trois propositions sans s'emmêler les pinceaux,
ait plus de prestige que ces barbus, qui maîtrisent deux systèmes d'écriture, connaissent par coeur les 6666 versets du Coran, et regardent les actualités dans plusieurs langues ?

Tant va la cruche à l'eau... A force de plier les savoirs à la pédagogie, d'alléger les savoirs, de schématiser les raisonnements, bref, de réduire l'exigence que tout professeur devrait avoir envers ses élèves, mais aussi de proférer des lieux communs à longueur de journée sur la citoyenneté, l'école a brisé sa crédibilité.

Même un flicard avec ses ridicules panneaux du code de la route, même un cureton, donnent l'impression aux adolescents ou aux parents de leur _transmettre un savoir_, de les nourrir spirituellement. Et, d'une manière ou d'une autre, ils arrivent à troquer cette nourriture contre une adhésion.

Pourtant, ni le code de la route ni aucun catéchisme ne tiennent debout. A l'opposé, deux mille années de philosophie, de sciences, d'art et de luttes de classes ont constitué une forme de société, qui, si elle ne saurait rester en l'état, mérite qu'on l'étudie pour y prendre sa place. Dans toute démarche raisonnable, la connaissance des faits précède la réflexion : mais notre école propose le contraire. Les "enfants de la patrie" vont à l'école de 6 à 16 ans pour en sortir illettrés et perdus dans le monde où ils vivent ; quand ils en ont marre, ils apprennent le Livre et restent à genoux.

Il n'y a pas longtemps, histoire de parer aux inégalités sociales, quelqu'un proposait dans ce blog de faire entrer les familles dans l'école pour y animer des ateliers. Au moins, la boucle serait bouclée ; le professeur n'aurait plus qu'à superviser l'ensemble, à laisser les "grands frères" délivrer leur bonne parole, et pourrait enfin se passer de délivrer le moindre soupçon de cette culture laïque à sa classe. A ce train, dans une génération, les déclarations de 1789 et 93 pourraient retourner aux archives... et tout danger de Commune serait définitivement écarté.

Je n'aime pas les questions bipolaires, mais plus j'y pense, plus je ne vois que deux solutions possibles : soit nous en finissons définitivement avec l'instituteur-troisième république - autoritaire, frontalo-transmissif - et les curés/imams le remplacent dans le cerveau des futurs citoyens ; soit nous essayons de transmettre une culture laïque, en exigeant des élèves beaucoup de mémoire, de réflexes et de réflexion, sachant qu'à la fin ils réaliseront l'injustice flagrante du monde où ils vivent.

J'ai choisi mon camp : j'appelle à un alourdissement des programmes.

Ecrit par : prof chômeur | 22 juillet 2006

Michel, merci !

"Citons en vrac, l’idée selon laquelle la culture dite dominante est une aliénation, ou, version modérée, que c’est une création humaine et qu’à ce titre, elle n’a pas de valeur universelle."

Je pointe cette phrase car elle indique précisément où le bât blesse.

Justement, sur quoi repose l'idée qu'une création humaine n'a pas de valeur universelle ? Qu'est-ce qui aurait alors une valeur universelle ?

Ah, cela dépend des communautés ?


J'espère finir bientôt la lecture de ce "18 juillet" !

Ecrit par : prof chômeur | 22 juillet 2006

22 juillet 2006.

Bonjour Jean-Paul Brighelli,

Comme administrateur du site RAG34, je souhaiterais pouvoir vous contacter.

Vous avez participé il ya quelques temps à une émission de variétés de France 2 : "On a tout essayé" animée par Laurent Rouquier.

A cette occasion vous aviez déclaré qu'au sein du parti socialiste, seul Laurent Fabius avait prêté attention aux questions et problématiques d'éducation et d'enseignement que vous soulevez avec pertinence sur votre blog. Je, nous souhaiterions connaître plus précisémment votre analyse.

Si vous le souhaitez, vous pouvez nous écrire à rag34@laposte.net

Bien cordialement à vous.

Lolo34.

Rassembler à Gauche 34. http://lrassemblezagauche.midiblogs.com

Ecrit par : Lolo34 | 22 juillet 2006

Ecrit par : Rassembler à Gauche 34 | 22 juillet 2006

Pour JPB : Attention à la paranoïa, mon cher ! Les virus sont égalitaires, ils n'obéissent à personne et pourrissent la vie de tous les internautes sans distinction. En tous cas, voilà de quoi doucher l'enthousiasme des pédagogistes qui font des nouvelles technologies leur dernier gri-gri. Internet n'est qu'un moyen de communication, il n'est pas bon ni mauvais à lui seul. Faut faire attention à ce qu'on y trouve.

Au sujet des différentes définitions possibles du mot "culture", permettez-moi de citer ce petit extrait de Claude Lévi-Strauss :

"Il ne faut pas confondre deux sens du mot culture. Dans son acception générale, culture désigne l'enrichissement éclairé du jugement et du goût. Dans le langage technique des anthropologues, c'est autre chose ; selon la définition classique de Taylor [...] "les connaissances, croyances, art, morale, droit, coutumes, et toutes autres aptitudes ou habitudes acquises par l'homme en tant que membre de la société". Dans la culture prise au second sens, tout est objet d'étude : les productions qu'au premier sens du terme on jugera les plus basses comme les plus nobles. Le relativisme culturel se contente d'affirmer qu'une culture ne dispose d'aucun critère absolu l'autorisant à appliquer cette distinction aux productions d'une autre culture. En revanche, chaque culture le peut et le doit s'agissant d'elle-même, car ses membres sont à la fois des observateurs et des agents.

En tant qu'agent, le rock et les bandes dessinées n'ont pour moi point d'attrait - je parle par euphémisme ! En tant qu'observateur, je vois dans la vogue de ces deux genres un phénomène sociologique qu'il faut étudier comme tel, quel que soit le jugement de valeur moral ou esthétique qu'on porte sur lui. Encenser la "culture rock" ou la "culture BD" c'est détourner une acception du mot culture au profit d'une autre, commettre une malversation intellectuelle."

[Claude Lévi-Strauss, De près de loin, Odile Jacob / Points, 1990, p.229]

Ecrit par : Pierre-Henri | 22 juillet 2006

Il faut lire le texte de Claude Lévi-Strauss en regard de cet autre :

http://www.meirieu.com/FORUM/steffen.pdf

Qui résume assez la pensée pédagogiste dominante. Pensée dominante qui a l'outrecuidance, d'ailleurs, de se présenter comme "impie", dérangeante, rebelle.

Ecrit par : Pierre-Henri | 22 juillet 2006

Citation lumineuse de Levi-Strauss. La première définition de "culture" correspond assez à ce que nous devrions enseigner en classe. La seconde correspond très bien au projet de Lévi-Strauss. L'imposture pédagogiste consiste, là encore, à adapter une définition scientifique, concernant l'étude de telle ou telle peuplade sud-américaine, au cadre pédagogique français.
Je dis "là encore", parce que ce qu'ils ont fait avec l'anthropologie, ils l'ont fait globalement avec toutes les branches du structuralisme des années 60-70. Barthes était un prof sublimement cultivé (au sens étroit et au sens large) qui s'adressait à un public de thésards. Prétendre faire adopter sa multiplicité à des enseignants mal formés, si peu doués qu'ils se reconvertissent dans les sciences de l'éducation, en tout cas sans la maestria mentale dont le cher Roland faisait preuve, est de l'escroquerie. On garde la définition — pas même l'emballage —, et on se moque bien du contenu. Croyez-vous que quelque part, ils se sentent l'équivalent (les égaux, comme aurait dit Babeuf) des structuralistes universitaires ? C'est bien possible, ma foi, et le lien que signale Pierre-Henri va tout à fait dans ce sens. Qu'il soit repris sur le site de Meirieu est significatif du double discours que tient en ce moment le grand homme — qui reconnaît en privé l'échec des formules mises en place, et feint de les défendre vis-à-vis de ses affidés.
JPB

Ecrit par : brighelli | 22 juillet 2006

Leur manque de connaissances académiques et méthodologiques a quelque chose d'ahurissant. Ils ne maîtrisent absolument pas les séparations entre les différentes disciplines. La vague notion de "fait culturel" leur fait mélanger l'anthropologie et les études littéraires, de la même façon que la notion de "fait religieux" confond l'histoire des religions et la théologie. Et là, c'est franchement dangereux.

Comme ils ne sont pas suffisamment intelligents ou cultivés pour comprendre ces distinctions, ils ont décrété qu'elles étaient obsolètes, et ont célébré le culte de la "transversalité". Je ne sais rien en littérature, je ne connais rien à l'anthropologie mais, grâce à l'inter-trans-pluri-méta, je deviens un spécialiste compétent dans les deux domaines. Les sciences de l'éducation reposent toutes entières sur cette supercherie : abolir les frontières entre disciplines, et ce dans l'espoir de les dominer toutes.

Quand à la rivalité entre les universités et les pédagogistes, je me demande ce que ces dernier peuvent encore vouloir : l'université française est déjà globalement morte, les budgets du secondaire sont meilleurs, les IUFM (et l'INRP, le CNDP, les CRDP, les IREM, les rectorats etc.) offrent plus de postes que la fac, et les possibilités de publications sont meilleures. A part la joie sadique de donner des coups de pied à un adversaire vaincu, je ne vois pas pourquoi ils s'acharnent à ce point.

A moins qu'ils tiennent absolument à reigner, quitte à ce que cela soit sur un champ de ruine.

Ecrit par : Pierre-Henri | 22 juillet 2006

Festival de fautes dans mon précédent message : Quant à, régner, ces derniers,.... il est tant que cette canicule cesse, mon système nerveux est en train de se liquéfier.

Ecrit par : Pierre-Henri | 22 juillet 2006

"Il est temps". Je ne suis pas dans un bon jour.

Ecrit par : Pierre-Henri | 22 juillet 2006

Toujours éclairant, Pierre-Henri, ce type de rapprochement. "Les savoirs d'action", c'est un comble! et les "coups de coeur", c'est une expression qui me donne envie de vomir tant elle est ressassée par la doc de mon bahut à propos des torchons qu'elle fait lire aux élèves.
Moi, j'aime bien toutes les analyses qu'a menées Finkielkraut sur ce problème de la culture et notamment un des articles qu'il avait eu dans "La défaite de la pensée" en 87 où il disait que ce relativisme culturel amène les gens à penser qu'une paire de bottes vaut Shakespeare".

Ecrit par : elisabeth. | 22 juillet 2006

Elisabeth j'ai lu aussi ce livre et je le trouve absolument époustouflant ! Effectivement tout est discours donc tout se vaut !!

Ecrit par : Sandra WAGNER | 22 juillet 2006

Il y a quelques années, Finkelkraut a écrit un article assez clairvoyant, qui s'intitulait "la révolution cuculturelle à l'école" :

http://sauv.free.fr/archives/0,2320,seq-2070-63553-QUO,00.html

Ecrit par : Pierre-Henri | 22 juillet 2006

Remarquable article, Pierre-Henri ! Merci !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 22 juillet 2006

Du même Steffen et sur un autre site, un texte qui nous apprend beaucoup sur l’auteur. On est en plein dans ce qu’ils appellent la « révolution copernicienne » :
« Oser le sacrilège »
http://vousnousils.fr/page.php?P=data/entre_nous/les_forums/&action=view_sujet&type=forum&valid=1&id_mess=499

Encore un grand moment de rébellion ;)

Ecrit par : Lariba | 22 juillet 2006

Magnifique extrait, Lariba ! A lire absolument. Inouï. J'ose espérer qu'il s'agit d'un canular.

Ecrit par : Pierre-Henri | 22 juillet 2006

Ce qu'il y a de réconfortant avec Sandra Wagner, c'est qu'elle trouve tout génial et formidable...une leçon à méditer, pour nous les pisse-vinaigre.....

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 22 juillet 2006

À propos de l'article signalé par Lariba : il est pour moi illisible, n'étant pas découpé en paragraphes.
JPG

Ecrit par : JPG | 22 juillet 2006

Pierre-Henri, si, ce qu'ils veulent c'est l'étiquette d'universitaire sans en passer par une recherche honnête et les publications qui vont avec. Et j'en connais quelques-uns qui ont inscrit des sujets de thèse en didactique, of course,on ne peut plus bidon et qui vont passer maîtres de conf avec ça.
Il n'y a plus qu'à rapprocher les iufms des facs et vous les aurez tous les jours comme chers collègues! Youpi!Youpi!

Ecrit par : elisabeth. | 22 juillet 2006

Montaignea cheval vous faites fausse route : je n'apprécie pas tout ou du moins je ne mets pas tout le monde dans le même panier et surtout pas les écrivains, seulement je connais bien Finkelkraut (notamment ses lectures) et personnellement j'aime beaucoup ce qu'il écrit.

Finkelkraut fait partie des auteurs que l'on devrait à mon sens connaître. Ses oeuvres et notamment sa réflexion sur le génocide est vraiment pertinente.

Mais avant tout je trouve mon réel plaisir dans la lecture des classiques, tout en lisant également des contemporains.

D'ailleurs j'ai démarré Platon "République" et ensuite je continue sur "Gorgias", "Race et histoire" de Claude Lévi-Strauss, puis Kant "Critique de la raison pure".

Voilà pour le début du programme.... Palpitant non ??? (rires)

Ecrit par : Sandra WAGNER | 22 juillet 2006

Comment ça, le sieeur Steffen (?) serait illisible parce qu'il n'écrit pas en paragraphes ? Vous êtes décidément bien difficile, mon cher. Et vous ne voudriez pas qu'il ait du sens, en sus ? Qu'il vous torche une dissert à l'ancienne — alors que c'est un rebelle, un vrai, un qui guigne le prochain poste disponible en IUFM, ces pépinières de marginaux…
Si jamais le mot "démagogie" a eu un sens, c'est bien dans les écrits des sous-fifres de Meirieu (parce que le grand chef écrit de façon bien plus finaude, en moyenne). C'est dans les torchons mal torchés des sbires que l'on respire l'esprit pédagogique à plein poumon (je le mets au singulier, un seul poumon suffit pour cet air-là, vicié comme il est).

Sandra, Kant en plein été, c'est un peu masochiste. Essayez Nietzsche plutôt — c'est plus solaire. Le Gai savoir, ou la Généalogie de la morale.
Ou sur votre plage lorraine, le traité du désespoir, de Kierkegaard. Ce sera très chic.
JPB

Ecrit par : brighelli | 22 juillet 2006

Elizabeth, le rapprochement IUFM/fac est déjà dans les cartons. Je ne suis pas enseignant-chercheur mais d'après ce que j'ai vu, à quelques exceptions près (P. Cordoba, MC. Bellosta, L. Lafforgue et quelques autres) les universitaires ne sont absolument pas conscients de ce qui va leur tomber sur le coin de la figure. Ils commettent la même erreur que tous les gens cultivés ; ils pensent que leur culture les protège. J'aimerais dire que beaucoup tomberont de haut mais, finalement, ça ne changera pas grand chose.

Dans les grandes lignes, l'université française est déjà IUFMo-compatible. Les universitaires avaleront quelques couleuvres, les dernières d'une longue série, puis s'éteindront sans faire de bruit. Ils ont tout gobé : la massification à effectifs constants, le refus de sélectionner, les modules de compensation, les examens de rattrapage (et de rattrapage du rattrapage), la semestrialisation, le LMD, la suppression de la plupart des moyens pour la recherche, le remplacement des cours disciplinaires par de vagues bidules nommés "méthodologie" ou "culture générale", les bas salaires, le délabrement des locaux, les pouvoirs exorbitants des syndicats étudiants, les réformes bureaucratiques toutes plus ineptes les unes que les autres qui parviennent de façon ininterrompue sur leurs bureaux.....

Alors, obéir aux ordres de quelques gugusses de la pédagogie en plus ou en moins, au point où ils en sont, je parie que beaucoup vivront cela comme un soulagement.

Ecrit par : Pierre-Henri | 22 juillet 2006

ah non, sur la plage quelle soit lorraine ou autre, "journal d'un séducteur" de Kierkegaard sera assurément encore beaucoup plus chic! en avoir l'air sans en avoir l'air...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 22 juillet 2006

Pierre Henri, dites moi justement, je démarre donc la fac de droit par le biais du CAVEJ de Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Entre nous que pensez vous des conférences de méthodes dispensées en fac ??? Je sais qu'elles sont facultatives mais vivement conseillées par l'équipe pédagogique...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 22 juillet 2006

C'est vrai, Pierre-Henri, ils ont tout gobé (désolée, je croyais que vous en étiez) comme nous dans le secondaire sauf qu'à mon avis, en râlant un peu, ils auraient été un peu plus écoutés, et ce, pour des tas de raisons... Et puis , il y a quand même des choses qu'ils auraient pu éviter, mais ils ont encore moins bougé que nous, je crois, voire souvent pas du tout.
Pour Sandra, oui, je pense comme vous que Finkielkraut devrait être plus lu. Certains semblent découvrir aujourd'hui des choses qu'il a dites depuis lontemps. Je sais qu'il agace beaucoup parce qu'il ne va pas dans le sens du vent mais c'est quelqu'un de très fin et de courageux intellectuellement ,et ce courage manque à bien des intellectuels en vue depuis des années!

Ecrit par : elisabeth. | 22 juillet 2006

Pour y avoir été chargé de cours (longtemps), je connais assez bien les facs. Et ce qui y domine c'est un féroce individualisme — attisé par des jalousies de secteur à secteur, de personne à personne. Chacun est dans sa bulle de recherche. Et c'est vrai que pour quelques avantages personnels (figurer sur telle liste de promotion, obtenir telle classe plus ou moins exceptionnelle — il s'agit de classe administrative, et non d'étudiants, of course), ils ont sacrifié tout le reste — sauf dans quelques facs qui ont un projet. Mais c'est rarement le cas des facs de Lettres…
Ils ne pèseront pas lourd contre des gens organisés — et quoi que je pense des IUFM, on ne peut leur dénier d'être très organisés, idéologiquement surtout. Les enseignant de fac vont être mangés. Et comme la génération qui y enseigne majoritairement a encore une bonne dizaine d'années devant elle — ils prennent leur retraite plus tard que dans le Secondaire —, ils vont devoir en avaler, des couleuvres.
Le fait que la réforme LMD soit passée comme une lettre à la poste était un signe avant-coureur de cet état d'esprit. C'est un système mortifère, le plus souvent, qui a entraîné une course en avant aux diplômes, de plus en plus déconnectés des compétences et du marché réel de l'emploi.
JPB

Ecrit par : brighelli | 23 juillet 2006

Encore un petit extrait sans grand rapport avec ce qui précède sauf peut-être un léger rapport avec la "révolution copernicienne" ou "culculturelle" :

• Découvrir pour apprendre :
Une petite anecdote au passage sur la Main à la Pâte : au retour d’une matinée d’animation pédagogique sur ce « magnifique outil absolument indispensable dont il faut impérativement se procurer les malles pédagogiques car, si la circonscription en possède certaines, il n’est pas sûr qu’elles soient disponibles au moment où vous en aurez besoin car vos collègues se les arrachent », j’ai décidé de faire émerger les « représentations mentales initiales des apprenants » afin de pouvoir construire ma séquence , elle-même divisée en un certain nombre de séances (mais je crois que j’ai déjà parlé plus haut de ces fameuses séances).
La problématique est simple, nous travaillions sur les propriétés de l’air (c’était avant les programmes de 2002 ; dans ceux-ci, les propriétés de l’air n’apparaissent même plus au cycle 3). J’avais gonflé un ballon de baudruche, nous avions mesuré sa circonférence en un point précis, nous avions ensuite fixé ce ballon au-dessus du radiateur en marche, puis à l’extérieur de l’école à l’ombre. A chaque fois, nous avions mesuré la circonférence au même point et les élèves s’étaient étonnés de la différence de volume du ballon.
C’était le moment. Nous allions passer à leurs fameuses représentations mentales... Ce fut long et pénible, les plus jeunes (GS) et certaines petites filles s’en fichaient complètement, ils jouaient avec leurs doigts, leurs chaussettes, ils se retournaient pour observer ce que faisaient les copains ; les plus motivés cherchaient en effet des hypothèses, certaines farfelues, toutes empreintes de ce célèbre (sauf chez les pédagogistes) animisme de l’enfant : « Le ballon, l’air, ils aiment pas le froid alors ils se font tout petits pour que le froid les attrape pas... »...
Evidemment, je m’énervais, j’essayais de faire participer les récalcitrants (toujours mon foutu idéal de réussite pour tous...) quand, tout à coup, T, 8 ans, CE1, tête de bon élève à lunettes, toujours sérieux comme un pape, lève le doigt et dit (à lire avec une voix traînante et un accent du midi à couper au couteau) : « Tu le sais toi, maîtresse, pourquoi il fait ça le ballon ?
-Oui, bien sûr, T.
- Eh beh, t’y as qu’à nous le dire, ça ira plus vite ! »
Alors, je le leur ai dit, ils ont écouté, tous, même les récalcitrants et nous sommes passés à autre chose.
Et deux ans après, alors qu’il était au CE1, V qui avait fait partie des GS récalcitrants m’a dit en parlant d’un ballon de baudruche qui avait explosé dans la salle de motricité : « Ah oui, bien sûr, l’air s’est trop dilaté parce qu’il fait très chaud. »
Moralité : ils apprennent même si on ne tient pas compte de leurs représentations mentales initiales et ils ne sont pas déstabilisés de perdre leurs certitudes de bébés, au contraire, ils sont rassurés de savoir que les adultes comprennent et peuvent leur transmettre des connaissances qui leur permettront de sortir de leurs angoisses de tout-petits où des méchants ballons font exprès de leur exploser entre les doigts en plein Arbre de Noël de l’école...
De même qu’ils sont ravis au CE1, dès le début novembre, de connaître le signe « X » qui leur économise d’écrire 10+10+10+10+10+10 = 60 ainsi que de savoir que le pluriel des noms se signale par la terminaison « s » le plus souvent alors que ce même « s » sert de terminaison pour la plupart des verbes à la 2° personne du singulier, ils préfèrent cela à la découverte solitaire et aléatoire sans l’aide de la terminologie adéquate des règles d’accords en genre et en nombre dans le groupe nominal ou entre le verbe et son sujet.

Ecrit par : catmano | 23 juillet 2006

Oui, c'est bien cela un individualisme forcené et une obsession de la carrière pour ceux qui ne ronronnent pas en attendant la retraite. Enfin David Lodge nous raconte tout cela très bien dans ses premiers romans ( Small World, notamment) dont on aimerait qu'ils soient caricaturaux. Pour Sandra, pour se détendre après ses lectures sérieuses,bonne lecture de plage et facile à lire en anglais.

Ecrit par : elisabeth. | 23 juillet 2006

“Small World”, c’est du gâteau, “The british museum is falling down”, c’est pas de la tarte... Sans la préface de l’auteur, rajoutée en 91, la construction de son roman empruntée aux grands auteurs classiques serait restée sans doute totalement ignorée du lectorat anglais, a fortiori du français !
En fait, c’est l’élégance de la pensée (la vie imite l’art, citation d’Oscar Wilde en début de roman) que les STEFFEN et all veulent supprimer.
Un créateur, un artisan, un technicien brillantissime aurait eu un point de vue sacrément défendable sans avoir rien lu, sur ce roman écrit en 65 (heureux que cette date n’ait pas été effacée du calendrier Meirorien). Vivement qu’on habite tous dans ces magnifiques établissements de la banlieue de Moscou, qu’on retrouve jusqu’à Pyongyang et Tirana, et on pourra tous gloser sur la méthodologie en Science de l’Educ. Merci à Pierre-Henri pour ce lien essentiel. Merci à Catmano.
P.S. j’ai vu un Bégaudeau hier en librairie, quelqu’un peut-il me dire s’il est coédité par France-Inter ?

Ecrit par : D'Enguell | 23 juillet 2006

Merci Elisabeth je m'empresserai de lire mais j'attends pour le moment qu'un orage suffisamment fort éclate histoire de me rafraîchir les idées...

Je n'en peux vraiment plus tellement cette chaleur me suffoque ! Je pourrais m'évader vite fait bien fait en Alaska tiens !!!

Et ma peau de rousse n'a pas fini d'en baver !!! Et mes méninges non plus puisque je n'enregistre plus rien...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 23 juillet 2006

Sandra, je ne peux pas vraiment vous aider. Les dernières années de mon doctorat, j'ai survécu en mettant le moins possible les pieds à l'université, tellement ce milieu me donnait l'impression de m'engluer. A mon avis, il est essentiel de conserver une sorte de détachement vis-à-vis de l'université, de ne pas trop en attendre. Travailler beaucoup, être continuellement parmi les meilleurs et, en même temps, ne pas se laisser entraîner par les mesquineries de la vie universitaire (débats politiques, manifs, soirées entre potes, etc). Pour employer une comparaison de saison, se débrouiller pour être toujours dans l'échappée, et jamais dans le peloton.

Les cours de méthodologie ont été mis en place pour tenter de compenser le très faible niveau des étudiants qui s'inscrivent. Autant vider l'océan à la petite cuillère : ce n'est pas en quelques heures qu'on peut rattraper 12 années d'études déficientes. En plus - il s'agit là d'un avis personnel - la mise en place de ces cours témoigne d'un sérieux manque de courage de la part des universitaires. Non seulement l'enseignement secondaire est mieux loti, mais en plus la fac accepte de faire son travail à sa place ; à eux les budgets, à nous le travail ! C'est ce qui s'appelle se faire couillonner dans les grandes largeurs.

Deux conseils :

1) n'oubliez jamais la règle numéro un du travail universitaire : "back to basics". Il faut impérativement maîtriser les bases d'abord, y compris les choses les plus bêtes (grammaire, orthographe, syntaxe, méthode de la dissertation, rudiments de logique). Beaucoup d'étudiants ignorent cela : ils partent dans de longs délires, pleins de mots compliqués et de théories subtiles, qui deviennent totalement illisibles faute d'être construits sur des bases solides. A ce sujet, lisez le texte magnifique de Laurent Lafforgue, "Les études classiques et la liberté de l'esprit" :

http://www.ihes.fr/~lafforgue/textes/SEL.pdf

2) Bazardez votre télévision. Définitivement. Je ne plaisante pas.

Pour JBP :

Comme dit le dicton populaire : un con qui marche ira toujours plus loin que cent philosophes assis. Les pédagogistes ont au moins compris ça. L'université elle, est en voie de glaciation. Pratiquement, pour les disciplines littéraires, elle n'existe plus que pour justifier sa propre existence. Elle fonctionne en pleine autarcie, sans rapport avec le monde du travail et même, aujourd'hui, complètement privée du goût de la recherche et du plaisir de la découverte. Elle tourne à vide, une bureaucratie qui n'enfante rien d'autre que de la bureaucratie, dans un cercle sans fin.

Détail significatif : l'université française elle-même ne reconnaît pas les diplômes qu'elle décerne, puisqu'il faut être qualifié devant une commission de spécialistes (CNU) pour être titulaire. On vous donne le doctorat avec une moue de dédain, vous faisant comprendre que, finalement, ça ne vaut pas grand-chose. Ce qui n'empêche pas, au mépris de toute logique, de se plaindre de la "crise des vocations".

Et puis, vous savez, à l'université, les classes d'étudiants comptent aussi : tout sauf le premier cycle, qu'on refile aux ATER, aux vacataires, aux PRAGS... Comme si refiler constamment les problèmes aux autres allait sauver les chercheurs.

Quant à la réforme LMD, elle était destinée à l'harmonisation européenne. La bonne blague : le jour où n'importe quel titulaire d'une licence française pourra s'inscrire en maîtrise, de plein droit, à Cambridge ou Oxford, j'applaudirai des deux mains. Les universités françaises sont parmi les pires du monde industrialisé, mais ha ! quand il s'agit de donner des leçons aux autres, on ne craint personne.

Ecrit par : Pierre-Henri | 23 juillet 2006

Le dernier Lodge que j'ai lu, c'était Jeu de société (en anglais : Nice work). Très bien — même si rien n'égalera jamais Small world dans son œuvre.
Sinon, et pour en rester aux Anglais, décidément plus satisfaisants que les Français ces temps-ci, je conseille à la communauté en vacances de lire rapido du Jonathan Coe, en commençant par l'éblouissant Testament à l'anglaise (Folio), sans doute l'un de splus grands livres politiques drôles de ces dernières décennies.

Catmano, la réflexion du gamin ("- Eh beh, t’y as qu’à nous le dire, ça ira plus vite !") est merveilleuse, et je vous l'emprunterai, à l'occasion — si vous m'y autorisez.
(à ce propos, après recension sérieuse des divers manuscrits sous lesquels je croule, je ne trouve rien qui soit de votre plume. Quel est le titre exact ? En cas, renvoyez-le moi directement sous Word à
jeanpaulbrighelli@wanadoo.fr)
— Je sais, je sais, je ne devrais pas mettre mon adresse person en ligne — mais il se trouve que je l'ai déjà fait, il y a deux ou trois mois, et je n'ai aucune raison de m'en mordre les doigts…
JPB

Ecrit par : brighelli | 23 juillet 2006

Le titre exact est "Et si l'erreur commençait bien avant six ans", j'ai dû l'envoyer chez votre éditeur fin avril ou début mai. Je veux bien vous l'envoyer sous Word, mais c'est long, une centaine de pages... En plusieurs fichiers... Si vous le souhaitez, je vous envoie l'introduction, et pour le reste, on verra après... Quant à la phrase de T, vous pouvez l'utiliser, bien sûr.

Ecrit par : catmano | 23 juillet 2006

Pierre-Henri, j'ai déjà bazardé la télé depuis longtemps : je préfère de loin lire un bouquin de philo, de politique, de droit et d'éco avant tout....C'est plus enrichissant...

Pour les infos : la radio ou le site web de l'Express ou du Monde. Et perso, je préfère l'Express de très loin...Je suis abonnée à une vingtaine de revues de presse économique donc j'ai le choix...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 23 juillet 2006

Pour Pierre-Henri. L'université ( à part queques- unes) délivre des doctorats à tour de bras sans se poser la question de savoir à quoi ça sert et ce depuis belle lurette.
Après, qu'on ne donne pas un poste de fac à chaque docteur ne me paraît pas critiquable. Le CNU fait un peu tard ce qui pourrait être fait avant, plus tôt, pour que des étudiants ne s'engagent pas à faire une recherche longue et difficile, (quand elle est bien faite )et pour qu'ils ne se retrouvent pas dans un cul-de-sac.ll faut accepter ce que PERSONNE ne veut entendre: il faut sélectionner. Un numérus clausus, un concours, je ne sais pas moi. C'est vrai qu'il y a des doctorats qui ne valent rien et tout le monde le sait mais comme personne ne veut sélectionner ouvertement, on préfère attendre la fin du doctorat pour remercier l'étudiant dont on se sera servi au passage puisqu'avec les charges de cours( dans le premier cycle bien sûr) qu'on lui aura données en lui faisant miroiter un poste, il aura résolu pour pas cher les problèmes d'emploi du temps du département en question.
Par ailleurs je ne crois pas qu'il faille faire un lien entre l'université qui ne reconnaît pas ses propres diplômes et le CNU qui existait sous d'autres initiales( cela m'échappe)il y a longtemps et à une époque où l'université fonctionnait moins mal.
D'ailleurs il n'a pas toujours fonctionné de la même manière. Tantôt, c'était lui qui avait le dernier mot, les commissions de spécialistes choisissaient d'abord et le cnu entérinait ( ou pas), tantôt le cnu triait d'abord et les commissions choisissaient ensuite. Tout cela bien évidemment à la sauce syndicale ( autonome,snes-sup et tutti quanti);bref il y a un mot clair pour cela, c'est de la cooptation. Et puis quand on naît dans le sérail, comme ils disent, ça aide.Alors pour les autres, il leur faut un peu de chance et surtout ne pas être dans les mauvaises matières: lettres, philo...
Maintenant je me demande s'il peut encore y avoir des étudiants qui s'engagent dans un doctorat naïvement en croyant qu'ils seront à coup sûr profs de fac? Si c'est le cas il serait salutaire que les profs les préviennent mais ils ne le feront pas, car il leur faut des inscrits en école doctorale, même nuls, c'est pas grave, sinon pas de prime de recherche, voire pas d'école doctorale du tout, ( dans les petites facs) et alors? Alors, obligés de faire des cours du premier cycle, l'horreur!
La fac est pourrie aussi à cause de cela, les profs comme les administratifs ont besoin d'étudiants en nombre pour avoir de l'argent.De l'argent pour la fac et de l'argent pour eux. On comprend mieux dès lors, pourquoi l'université hurle dès qu'on parle de sélection.
Bon j'arrête là et puis je sais que je vais encore me faire mal voir comme à chaque fois que je parle de sélection. Allez, pleuvez les coups!

Ecrit par : elisabeth. | 23 juillet 2006

Mais non, Elisabeth, vous n'allez pas vous faire écharper ! D'abord, nombre de facs sélectionnent déjà, et depuis jolie lurette (poyurquoi serait-elle systématiquement "belle", la lurette, je vous demande un peu). Ensuite, les formations parallèles, BTS / IUT / Prépas, sont ultra-sélectives. Enfin, il est évident qu'il faut, pour sauver les facs, leur permettre une sélection à l'entrée.
L'une des grandes fumisteries, qui vient à mon sens d'une mauvaise (intentionnelle ?) compréhension des "80% au niveau du Bac" de Chevènement est l'accès donné aux facs aux détenteurs d'un bac-pro (et notez que l'expression "au niveau" n'avait pas du tout le sens de "avec le bac" qu'on lui a collé depuis, et qui a découragé si fort ceux qui auraient pu entreprendre des études manuelles ou techniques — voir ma note sur le Dit du tailleur de pierres). Et nombre de bacs standards produisent des primo-étudiants catastrophiques, qui encombrent la première ou les deux premières années, avant de se faire éjecter.
Maintenant, comment faire de la sélection ? Par analyse du livret scolaire ? par examen d'entrée ?
Nous allons encore une fois prendre des demi-mesures, du style examen-couperet en fin de seconde année. Et on aura perdu du temps (celui des étudiants, leurrés, et des enseignants, excédés) et de l'argent — sans compter l'énergie.

Pour Christophe Sibille — même si ça remarque était collée à une autre note : je n'ai pas de blogueurs préférés. Chacun ici est indispensable, quelle que soit son opinion — ne serait-ce que parce qu'elle permet aux autres de se faire une idée sur ladite opinion. Et vous savez bien, mon cher, que je vous hais si peu que j'irai volontiers, dès que ce sera possible, confronter en direct mes idées aux vôtres.
Tenez, en avant-première, une annonce. Je fais à partir de septembre une série de confs dans les diverses FNAC de France. Ce serait bien le diable si je ne me pointais pas près de chez vous…
JPB

Ecrit par : brighelli | 23 juillet 2006

Personne n'a réellement d'illusions. Quand on est carriériste, à niveau d'études équivalent, la recherche est le pire des choix possibles. On s'engage d'abord par amour pour sa discipline, et aussi pour des raisons plus élevées, considérant que la disparition des humanités serait une catastrophe. J'ai bien peur que, d'ici quelques années, nous ressemblions aux clercs du "Nom de la rose", condamnés à sauver quelques textes essentiels au coeur d'un âge de ténèbres.

Personne n'envisage de faire carrière à l'université, sinon quelques chercheurs en bout de course qui n'espèrent plus rien trouver. Elle n'est utile que si elle permet de faire réellement de la recherche, et l'université française approche le point où la recherche devient totalement illusoire. Alors, il faudra trouver un endroit pour résister : monde associatif façon Michel Onfray, mécénat, établissements privés de prestige, confessionnels, voire n'importe quel boulot qui demande le moins d'efforts possibles et qui permette de se consacrer à l'étude.

Ecrit par : Pierre-Henri | 23 juillet 2006

Pour JPB . Très bien ça, c'est chouette si vous faites le tour des fnacs, c'est une vraie bonne nouvelle. Je suis bien contente, je vous le dis peut-être très "bêtement", mais j'étions ravie comme aurait dit Toto qu'on n' entend plus beaucoup. Il bronze?

Ecrit par : elisabeth. | 23 juillet 2006

Bonjour à tous,
Concernant le sujet initial de ce post, (les religions et la femme, si j'ai bonne mémoire, mais je suis un peu abruti par deux semaines de lecture en retard et la chaleur, ainsi que par les nombreuses digressions fort intéressantes de ce sujet)), je conseille vivement les articles, (paraissant régulièrement dans Charlie-Hebdo, totalement exempt de pub et devant son existence à ses seuls lecteurs, ce qui n'est pas le cas de l'Express) de Caroline Fourest et Fiammetta Venner.
Je n'ai aucune sympathie pour aucune religion, qu'elle soit chrétienne, musulmane, juive, communiste. Mais, à ma connaissance, l'islam est la seule qui tolère, quand elle ne la préconise pas, l'excision des filles.
De JPB: Pour Christophe Sibille — même si ça remarque était collée à une autre note... Oh, Jean-Paul! Sa remarque! Mais je mets ceci sur le compte d'un bureau surchauffé... Je plaisante.
Comme je vous l'ai dit, je ferai le maximum pour que ce type d'échange puisse se faire. Mais c'était vraiment compliqué à organiser en fin d'année. En tous cas, si vous venez à la FNAC de Bourges, (la plus proche de chez moi), j'y serai autant que possible!

Ecrit par : christophe sibille | 23 juillet 2006

J'ai lu "La fabrique du crétin" avec intérêt et agacement. Le pamphlet est un art difficile, il fait rarement dans la nuance, et cela n'aide pas à avancer. Mais ce serait trop long encore, j'essaie de réduire ma réponse et de "faire court"; si j'y arrive, je vous enverrai mes réflexions...
Je me permets de vous signaler qu'il existe un livre, de Mmes Stal et Thom, préfacé par Alain Besançon "L'école des barbares", paru chez Julliard en juillet 1985.
Pas très éloigné de vos thèses, à ce qu'il me semble...
Michelle Darcueil

Ecrit par : DARCUEIL | 24 juillet 2006

Quand j'étais à la fac pas mal de profs nous mettaient en garde si nous envisagions de préparer DEA et thèse. Ils nous conseillaient de passer l'agreg externe d'abord, nous expliquant que sans l'agreg le dossier de candidature pour enseigner en fac passait directement à la poubelle.
Maintenant certains ont fait la sourde oreille sous prétexte que dans les textes , officiellement, l'agreg n'est pas nécessaire.
C'est vrai qu'il est difficile, quand on a goûté les études en fac, de se rabattre sur l'idée du collège. Et ce encore plus aujourd'hui, puisqu'on se retrouve face à des élèves souvent agressifs, obligé de leur enseigner selon le dogme IUFMesque, la grammaire basique étant réduite à la portion congrue.
On comprend d'autant mieux l'aveuglement de certains, qui préfèrent s'investir dans des études longues et passionnantes et refusent de voir qu'elles ne déboucheront sur rien de solide.
Mais il me semble que beaucoup d'universitaires mettent en garde leurs étudiants, et sont plutôt mal à l'aise quand ils les voient s'engager dans un projet peu réaliste.

Pour Catamno : l'anecdote du petit garçon (qui me fait penser au conte, quand l'enfant dit que le roi est nu) est vraiment délicieuse et en plus j'ai pu observer cette année exactement la même chose ; les enfants qui s'ennuient, tirent la couette de la voisine pendant que 3-4 (souvent les meilleurs) émettent des hypothèses, mais semblent se demander pourquoi la maîtresse les laisse aussi longtemps dans le brouillard. Je me souviens d'un film sur le "questionnement d'écrit" projeté pour nous prouver le bien-fondé des méthodes actives: des enfants cherchaient à deviner des mots dans un texte ; la plupart pataugeaient. Un petit garçon lecteur était particulièrement gêné quand la maîtresse lui demandait comment il avait deviné tel mot ; il savait lire, tout simplement, et ne savait pas quoi répondre...

Ecrit par : Florence | 24 juillet 2006

Une petite suite en espérant que la chaleur ne va pas encore faire des malheurs à mon pc:

• La transversalité ou le fusil à tirer dans les coins :
Heureuse de lire votre description de la « gym à tout faire ». Depuis quelques années, soucieuse de parfaire ma pédagogie, j’ai commandé plusieurs livres sur l’EPS au cycle 2. Toujours la même chose malgré des titres alléchants (« 100 séances d’EPS au cycle 2 », « Une année d’EPS au cycle 2 ») qui me faisaient espérer une progression claire, des acquisitions structurées dans le temps : rien de concret ... Ou alors, horriblement frustrant pour les enfants : des séquences en classe, sur le papier, pour rédiger des fiches d’évaluation, des jeux collectifs tellement évolutifs pour les aider à construire leur citoyenneté que plus personne (même la maîtresse) n’est capable de rappeler les règles ou de dégager le but du jeu.
Et cette dérive, je l’ai constatée aussi avec les intervenants extérieurs de rugby, il y a deux ou trois ans (maintenant, ils ne peuvent plus venir, la Conseillère Pédagogique a reçu des consignes pour refuser les agréments parce qu’ils étaient payés par la Fédération Française de Rugby et que, du coup, ils étaient considérés comme bénévoles et qu’on ne doit plus donner des agréments aux bénévoles et que je ne sais quoi d’autre encore, j’avoue que je n’ai pas tout compris à part que « concurrence déloyale » et « marchandisation des services »...). Nous avions donc un charmant monsieur, pâtissier de profession, animateur bénévole dans l’association sportive de rugby de la ville voisine. Il venait une fois par semaine pendant dix semaines avec tout son matériel, et, à l’aide de petits jeux clairs et progressifs, il amenait doucement mes petits « 5 ans », mes CP et mes CE1 à travailler une à une les compétences du rugbyman de base. Il finissait chacune de ses séances par un petit match de 5 à 10 minutes avant lequel il expliquait brièvement aux enfants à quoi allaient leur servir pendants le match les différentes compétences travaillées pendant les jeux. L’année se clôturait par un tournoi où des bénévoles arbitraient à la sauce cycle 2 des petits matchs et d’où toutes les classes participantes repartaient avec leur coupe, plus ou moins clinquante selon leur classement dans le tournoi.
Puis ce charmant monsieur n’a plus pu venir et a été remplacé par deux « petits jeunes » en formation. Les séances ont radicalement changé : elles commençaient par un long match de 20 minutes pendant lequel mes grands garçons de CE1 monopolisaient la balle, n’hésitant pas à l’arracher avec violence des mains de mes petits qui prirent très vite l’habitude de s’éloigner de l’action puis de se désintéresser du jeu quitte à cueillir des pâquerettes en bordure de terrain. Ce match était suivi de 10 à 15 minutes de parlotte, enfants assis en rond dans l’herbe, où ils étaient sensés analyser leurs actions pour faire émerger les règles, les tactiques... et où en fait ils se roulaient dans l’herbe, somnolaient ou se chamaillaient... Les petits jeux que le pâtissier programmait en début de séance la clôturaient maintenant avec des petits démotivés et des grands surexcités prêts à en découdre avec l’ennemi...
J’ai souvent essayé de dialoguer avec les « petits jeunes » en leur présentant mes craintes (les grands étouffent les petits, ils n’apprennent rien, ils n’en font qu’à leur tête) mais je me heurtais toujours à la même réponse : « Ne vous inquiétez pas, ça va se structurer, ça vient tout seul... » (exactement les mêmes arguments que ceux de nos grands pontes de la « lecture par hypothèses »).
J’ai pu en parler aussi avec l’ancien animateur qui m’a hélas expliqué que « c’était comme ça maintenant ». Que mes « petits jeunes » apprenaient cela lors de leur formation et que les petits jeux qui plaisaient tant à mes élèves et qui les amenaient progressivement à acquérir une bonne maîtrise de la balle, des limites du terrain et des règles élémentaires du rugby étaient maintenant démontés et jugés infantilisants lors des sessions de formation...

Ecrit par : catmano | 24 juillet 2006

"Le progrès fait rage" comme dit M. Meyer.

Ecrit par : JPG | 24 juillet 2006

Pour Darcueil : je n'ai pas lu le livre que vous évoquez, mais merci de m'en signaler le titre, j'allais l'utiliser pour mon prochain ouvrage.
Darcueil… J'ai eu un prof remarquable qui portait ce nom, en Première — à Marseille.

Pour Florence : à part en sciences de l'éducation, où ne pas avoir l'agrégation est un gage de qualité, il vaut mieux, beaucoup mieux avoir un concours national qu'un diplôme strictement universitaire — même si c'est (théoriquement) indispensable. Je dis théoriquement, parce que l'ancien (il vient de changer) président de la FCPE s'est retrouvé Maître de conf' "sur travaux" — sans doute ses éditoriaux dans les bulletins de son mouvement. Ce garçon me fait l'honneur de ne pas m'aimer : c'est un autre gage de qualité (ai-je dit qu'on l'a recruté justement en sciences de l'éducation ? Les copains servent les coquins).

L'anecdote sur le rugby est tordante, même si elle est abominable. Si on me mettait des cartes en main sans m'expliquer les règles du poker avant, je me demande combien de fois je me retrouverais à poil avant de commencer à comprendre que deux paires, soit quatre cartes, c'st moins fort qu'un brelan.

Pour JPG. Le progrès est un concept inventé avec talent par les philosophes du XVIIIe (voir en particulier Condorcet, et son Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain) qui défendaient le Savoir et l'Instruction. Que des réactionnaires de gauche se soient annexé le mot me met en rage.
JPB

Ecrit par : brighelli | 24 juillet 2006

Si l'ancien animateur vous l'a dit, cela ne peut être que vrai... Qui croire? Vous auriez pu en parler avec les formateurs, pour avoir leur opinion en direct? Ils auraient peut-être été enchantés de recueillir votre point de vue et de s'enrichir de votre expérience? Moi, "j'dis ça, j'dis rien", comme disait Coluche. Mais, parfois, le dialogue fait beaucoup avancer les choses!

Ecrit par : christophe sibille | 24 juillet 2006

"à part en sciences de l'éducation, où ne pas avoir l'agrégation est un gage de qualité",
Amalgame, quand tu nous tiens... Je ne suis pas,loin s'en faut, un thuriféraire des sciences de l'éduc, mais j'ai l'impression que votre point de vue sent un peu le réglement de compte gratuit,(peut-être avec l'ancien président de la FCPE auquel vous faites allusion), et fera certainement applaudir vos admirateurs présents sur ce blog. Il est vrai que vous disiez vous-même que la mauvaise foi était partie intégrante du jeu de la polémique, ce que je ne crois pas. C'est un peu comme prétendre que le dopage est nécessaire dans le sport de haute compétition. Mais, oui, ceci-dit, peut-être avez-vous raison.
Par ailleurs, si j'ai bien compris votre même phrase, (un peu ambivalente), je voudrais vous préciser qu'il n'y a pas d'agrégation en sciences de l'éduc.
Bien à vous.
P.S.: Rien sur votre confusion entre "ça" et le possessif "sa"?("ça remarque", dans un de vos précédents messages). Freud, qui a défini le "ça", aurait certainement eu beaucoup à dire à "se" sujet... Votre "moi" en aurait-il pâti?

Ecrit par : christophe sibille | 24 juillet 2006

J'ai essayé à maintes reprises de leur en parler, de leur proposer des règles où les "grands costauds" de 7 - 8 ans n'auraient pas été honteusement avantagés par leur poids et leur taille... La réponse a toujours été la même : "Ne vous inquiétez pas, ça viendra tout seul." Et j'ai passé des séances de parlotte, pardon de "discussion pour faire émerger les règles" à donner la parole aux plus faibles, aux moins compétents à chaque fois que l'occasion s'en présentait pour essayer de les raccrocher pendant que les animateurs dialoguaient exclusivement avec "les bons". La seule concession qu'ils aient bien voulu faire c'est de donner la balle pour l'engagement à un tout petit qui s'en débarrassait au plus vite pour éviter les chocs.

Ecrit par : catmano | 24 juillet 2006

Bonjour tout le monde sous ce soleil, malgré son insolence, bienvenu.
Je n'aurai pas d'avis supplémentaire, ni sur le sujet initial, ni sur les débats qui suivent.
C'est juste une note pour témoigner de mon ravissement devant ces échanges et écrits.
Merci pour les liens également.
Merci pour l'espoir que vos actions laissent encore légèrement lumineux.
M'enfin...
N'étant pas dutout dans la filière de l'éducation, sinon la mienne, je suis étonné de la déliquescence actuelle, me donnant l'impression d'avoir échappé de justesse au défaut de transmission.
Mais c'est vrai - je fais partie d'une génération qui m'a permis sans vraiment bucher l'obtention d'un bac passable - que j'ai aperçu quelques prémices.
M'enfin, donc, de c eque je lis ici, le bon sens devrait suffire à tout résoudre, pour peu que les personnes placées (parents, éducateurs, administrateurs, etc) aux bons endroits en empruntent quelques trajectoires.
Mais qu'est-ce que le bon sens ?

Ecrit par : DePassage | 24 juillet 2006

J'ai lu avec amusement la polémique sur les nombres comparés de cadavres accumulés par l'église, d'une part, et les dictatures de ce siècle.

La différence est que l'athéisme ne peut pas, en soi, justifier le meurtre par une récompense post-mortem. La croisade pour l'athéisme, l'inquisition pour l'athéisme, ne peuvent se justifier en ces termes. De la même manière, la religion, pour Hugo par exemple, permet aux pauvres de supporter leur condition en attendant le paradis, plutôt que de monter sur les barricades.

Revenons à nos cadavres. Pour s'être dits athées, un Hitler, un Staline ou un Pol Pot n'en ont pas moins érigé des régimes purement théocratiques : une foule d'abstractions sur la race/l'histoire/etc, dont ils se disaient les prophètes infaillibles, accordaient toutes les justifications possibles et imaginables à l'injustifiable de leur système - à commencer par la persécution physique des opposants et la désignation de boucs émissaires. Pour moi, la religiosité de leur démarche fait moins de doute encore que celle de Franco.

A mes yeux, est religieux tout discours qui prétend résoudre un problème concret seulement par une abstraction. (Comment supporter la mort ? En obéissant aux commandements pour aller au paradis. Comment enseigner la lecture ? En se fiant aux capacités de divination des élèves...).

Par contre, Guillaume, sur le "léninisme"... lisez une biographie de Lénine, par exemple celle de Jean-Jacques Marie. Son pragmatisme ne fait aucun doute à mes yeux, pas plus que sa bienveillance (concrète) envers les humains. Le problème est que Djougachvili se soit empressé de le diviniser pour s'introniser son prophète. Que vous tombiez d'accord avec "c't ostie d'Chris" devrait vous paraître suspect !




Pierre-Henri, merci (entre autres) pour le lien vers le texte de Lafforgue. J'ai trouvé lumineuse son explication sur la recherche de la beauté dans l'activité du mathématicien. De même, ses propos sur le caractère libérateur d'un langage bien maîtrisé sont tout à fait intéressants. C'est un vrai plaisir que de voir un esprit aussi brillant confirmer des réflexions que je m'étais faites, plus humblement, pendant mon année de terminale "maths et physique", juste avant de m'inscrire à l'université. (Et de faire beaucoup de bêtises, dont la moindre n'était pas d'obtenir ce fameux CAPES).

Mais sur la sélection à l'entrée de l'université... ne serait-ce pas justement, encore une fois, se substituer au baccalauréat, donc faire le travail du secondaire à sa place ? Ne serait-ce pas contraindre les petites facs à un recrutement démagogique ? ... Et politiquement, quel gouvernement serait d'accord pour voir exploser brusquement le nombre de bacheliers au chômage ?




Catmano, merci cent fois pour vos anecdotes. Vous devriez les publier, d'une façon ou d'une autre. Pourquoi ne pas ouvrir un blog ? A un autre propos, j'ai des idées très contradictoires sur les "soixante-huitards" dont vous parlez ; beaucoup d'entre eux me paraissent surtout profiter de ce que "leur révolution" n'ait pas changé les bases de la société... mais seulement une partie de son idéologie.




Justement, JPB, je suis attristé de vous voir appeler "gauche" ... "cette gauche-là". Depuis que je vote, quand je vois les politiciens de ce pays, j'ai l'impression de marcher avec deux chaussures droites !



Où est Toto ?

Ecrit par : prof chômeur | 24 juillet 2006

J'ai lu avec amusement la polémique sur les nombres comparés de cadavres accumulés par l'église, d'une part, et les dictatures de ce siècle.

La différence est que l'athéisme ne peut pas, en soi, justifier le meurtre par une récompense post-mortem. La croisade pour l'athéisme, l'inquisition pour l'athéisme, ne peuvent se justifier en ces termes. De la même manière, la religion, pour Hugo par exemple, permet aux pauvres de supporter leur condition en attendant le paradis, plutôt que de monter sur les barricades.

Revenons à nos cadavres. Pour s'être dits athées, un Hitler, un Staline ou un Pol Pot n'en ont pas moins érigé des régimes purement théocratiques : une foule d'abstractions sur la race/l'histoire/etc, dont ils se disaient les prophètes infaillibles, accordaient toutes les justifications possibles et imaginables à l'injustifiable de leur système - à commencer par la persécution physique des opposants et la désignation de boucs émissaires. Pour moi, la religiosité de leur démarche fait moins de doute encore que celle de Franco.

A mes yeux, est religieux tout discours qui prétend résoudre un problème concret seulement par une abstraction. (Comment supporter la mort ? En obéissant aux commandements pour aller au paradis. Comment enseigner la lecture ? En se fiant aux capacités de divination des élèves...).

Par contre, Guillaume, sur le "léninisme"... lisez une biographie de Lénine, par exemple celle de Jean-Jacques Marie. Son pragmatisme ne fait aucun doute à mes yeux, pas plus que sa bienveillance (concrète) envers les humains. Le problème est que Djougachvili se soit empressé de le diviniser pour s'introniser son prophète. Que vous tombiez d'accord avec "c't ostie d'Chris" devrait vous paraître suspect !




Pierre-Henri, merci (entre autres) pour le lien vers le texte de Lafforgue. J'ai trouvé lumineuse son explication sur la recherche de la beauté dans l'activité du mathématicien. De même, ses propos sur le caractère libérateur d'un langage bien maîtrisé sont tout à fait intéressants. C'est un vrai plaisir que de voir un esprit aussi brillant confirmer des réflexions que je m'étais faites, plus humblement, pendant mon année de terminale "maths et physique", juste avant de m'inscrire à l'université. (Et de faire beaucoup de bêtises, dont la moindre n'était pas d'obtenir ce fameux CAPES).

Mais sur la sélection à l'entrée de l'université... ne serait-ce pas justement, encore une fois, se substituer au baccalauréat, donc faire le travail du secondaire à sa place ? Ne serait-ce pas contraindre les petites facs à un recrutement démagogique ? ... Et politiquement, quel gouvernement serait d'accord pour voir exploser brusquement le nombre de bacheliers au chômage ?




Catmano, merci cent fois pour vos anecdotes. Vous devriez les publier, d'une façon ou d'une autre. Pourquoi ne pas ouvrir un blog ? A un autre propos, j'ai des idées très contradictoires sur les "soixante-huitards" dont vous parlez ; beaucoup d'entre eux me paraissent surtout profiter de ce que "leur révolution" n'ait pas changé les bases de la société... mais seulement une partie de son idéologie.




Justement, JPB, je suis attristé de vous voir appeler "gauche" ... "cette gauche-là". Depuis que je vote, quand je vois les politiciens de ce pays, j'ai l'impression de marcher avec deux chaussures droites !



Où est Toto ?

Ecrit par : prof chômeur | 24 juillet 2006

Désolé, j'ai cliqué une fois de trop...

Ecrit par : prof chômeur | 24 juillet 2006

Pourquoi ne pas ouvrir un blog ? Parce que je n'ai pas grand chose à dire à part mes "petites anecdotes"...Et puis, si je n'embête pas trop, il est très bien ce blog-là ; je lis des tas de trucs très intéressants et puis de temps en temps (peut-être un peu souvent quand même) je copie -colle un de mes "petits trucs", les gens me disent qu'ils les ont lus, moi, ça me va tout à fait.

Ecrit par : catmano | 24 juillet 2006

Jean-Paul, si vous cherchez le nom de votre ami dans le fichier du sudoc ( http://www.sudoc.abes.fr ), vous trouverez 5 références. Que des préfaces. Le niveau monte, même celui des maîtres de conférence.

Votre nom donne 67 résultats (vous êtes un affreux polygraphe, dites-moi !).

Bien entendu, vous restez petit joueur par rapport à Philippe Meirieu et ses 276 références. Oui, oui, le même Philippe Meirieu, brimé, étouffé, interdit d'antenne, baillonné, censuré, en proie à l'oppression totalitaire du système... il arrive quand même à publier deux-trois trucs sous le manteau, faut croire.

Ecrit par : Pierre-Henri | 24 juillet 2006

Catmano, vraiment, si vous embêtez quelqu'un, ce n'est pas moi.

J'aimerais justement lire vos témoignages sans qu'ils soient mélangés à autant d'autres choses (de même, pour d'autres habitués de ce blog) et je suis trop paresseux pour les compiler moi-même -- vous l'avez deviné, j'étais élève du primaire dans les années 80.

Ce que vous racontez me permet de mieux entrevoir la logique particulière qui sous-tend le délire pédagogique actuel.

J'espère juste que vous n'avez pas mal pris ma remarque. Je vais essayer de la formuler autrement :



M. Brighelli, pourquoi ne créez-vous pas une entrée du blog pour la lettre de Catmano à Marc le Bris ?

Ecrit par : prof chômeur | 25 juillet 2006

"Justement, JPB, je suis attristé de vous voir appeler "gauche" ... "cette gauche-là". Depuis que je vote, quand je vois les politiciens de ce pays, j'ai l'impression de marcher avec deux chaussures droites !
Où est Toto ?"
Bonsoir fourhum,
toto il est "just back from holidays" so il est un 'chtit' peu hs...
Il a 'pu' lire à partir de JP, ;), à peu près tout, à peu près à l'endroit (...dépend des auteurs, ;)...) .
Donc juste pour te répondre, les popo,les popolilittiiciienns... pour l'instant on s'en 'tape', si "ils" veulent nous suivre, "bien leur en fasse" (ou un truc kom ça?sa? :o))))).
Sinon que chacun d'entre nous en parle autour de nous...
"Marrez"-vous cinq minutes, demandez-vous ce que vous avez fait en PSMSGS...CP ...
Quelle méthode de lecture avez-vous eu etc... à vous de voir.
"Marrez"-vous moins, regardez les mômes(*) que vous avez autour de vous....
SVP l'année prochaine :
La planète des ALpha pour tout le monde....
Léo&Léa à partir du CP (tranquille sans stress)
la suite plus tard ....dodo
bien amicalement,
l'Affreux

(*)de 4 à 77 ans...

Ecrit par : toto | 25 juillet 2006

Eh oui, Pierre-Henri, j'ai commis quelques petites choses, au fil des ans. Et encore, ne sont répertoriés là que les textes que j'ai signés de mon nom. Ce qui a paru sous divers pseudos, sans compter tout le travail de nègre, depuis vingt ans que je le pratique, ne peut y figurer.

Sur l'athéisme — pour en finir avec la comptabilité macabre : que je sache, aucun athée n'est jamais parti en croisade pour imposer son absence de foi. En revanche, qu'est-ce qu'on a tué pour du pain qui se transforme en chair, ou des vierges en plus ou moins grand nombre — comme si c'était agréable, tiens !

Quant à Catmano, on va s'en occuper, éditorialement parlant…

JPB

Ecrit par : brighelli | 25 juillet 2006

D'accord avec vous, si on admet que le communisme est aussi une religion. Cette "abstraction" a quand même supprimé un certain nombre de centaines de milliers d'êtres humains depuis le passage de la théorie à la pratique, et continue à emprisonner allègrement à Cuba. Et quand on voit les liens étroits entre Castro et l'équipe du monde diplomatique, (les "islamo-gauchistes"), ainsi que l'intronisation de "frère Tarik" dans les différents forums sociaux mondiaux, où il a pu en toute tranquillité exercer son prosélytisme feutré autant qu'islamiste intégriste, je pose une simple question à tous les participants à ce blog, et spécialement à Jean-Paul, prof chômeur et toto: comment définiriez vous une "vraie gauche"?
Tiens, Jean-Paul, une autre question; que pensez-vous du livre de Nicolas Decaussin, "cet état qui tue la France"?

Ecrit par : christophe sibille | 25 juillet 2006

Tarik Ramadan qui, je le rappelle, avait quand même, à une heure de grande écoute, pris position, (à mots couverts, mais quand même) pour la lapidation des femmes adultères.

Ecrit par : christophe sibille | 25 juillet 2006

Pour le moment et en attendant un éventuel changement, je continue mes petits envois chapitre par chapitre de ce qui, au départ, n'était qu'une façon de me sentir un peu moins seule dans cet "univers impitoyable" entre les "discussions" avec les collègues et les "animations pédagogiques" dispensées par mon administration. A part ça, je vois que tout le monde a fait comme moi et s'est levé très tôt pour profiter de la "fraîcheur de l'aube", il est vrai que 27 ° dans la maison, c'est appréciable... Attention, c'est long, mais quand je coupe en deux ou trois Chris en profite pour me dire qu'il ne comprend pas ce que je cherche à démontrer.

• Des classes à un seul cours ou à plusieurs niveaux...
Vous dites p 231 qu’actuellement, dans votre département, on prône l’efficacité des classes de cycle, ce que vous contestez... Selon moi, c’est à la fois vrai et faux. Pas systématiquement vrai, pas systématiquement faux.
J’ai eu en début de carrière (1979/1980 puis 1980/1981), dans un tout petit village de montagne à 1400 m d’altitude, une classe unique composée de trois (puis de cinq élèves à partir de mars 1980) : l’un en CM1, la deuxième en CE1 et le troisième en GS vite transformée en CP. C’était à la fois une classe à faible effectif et à plusieurs cours. Il est vrai que cette structure d’école était complètement anecdotique et qu’elle ne peut en aucun cas servir à défendre quelque cause que ce soit. Mais elle a eu le mérite, précieux sans doute dans toutes les régions de France un peu escarpées, un peu isolées, d’offrir à cinq enfants la possibilité de se lever à 7 h 30 – 8 h comme tout le monde, de fréquenter l’école de leur village, de rentrer manger à la maison le midi et de finir leur journée d’écolier vers 17 h comme tout le monde. Depuis, cette école a fermé et les petits du village attendent sans doute tous les matins devant leur porte le car de ramassage qui, l’hiver sous la neige et sur le verglas, les transportera à 15 km de chez eux vers la classe de RPI où il n’y a peut-être qu’un seul niveau mais où ils ne sont que les enfants de S, village perdu non pas sans église comme dans le poème d’Apollinaire mais sans école... Ne crachons pas sur les classes à niveaux multiples pas plus que sur celles à cours unique.
J’ai derrière moi 26 ans de classes à cours multiples dont 15 ans en classe unique (CP/CE1/CE2/CM1/CM2 avec en plus parfois la GS). Des classes allant de 3 à 26 élèves. Mes conclusions : 3, ce n’est pas assez, seules des circonstances exceptionnelles (isolement, enneigement important, île...) peuvent le justifier ; 26, c’est beaucoup trop, surtout si, convaincus par votre hiérarchie, vous optez pour Foucambert en lecture, ERMEL en maths et « La main à la pâte » en sciences !
Selon moi, l’idéal pour ce type de structure se situe dans une fourchette de 16 à 20 élèves, avec de 2 à 5 élèves par cours. Dans ces cas-là, l’enseignant a du temps à consacrer à chacun des niveaux : avec quatre élèves de CE2 ou de CM1, habitués dès le début à « réagir vite », la technique de la division est beaucoup plus vite maîtrisée que dans une classe de 25 à 30 enfants du même âge ; de même, faire lire à chacun des petits CP leurs pages de lecture quotidienne, même s’il y en a un qui « rame » un peu, cela prend tout au plus 10 à 15 minutes.
Ce sont par ailleurs des enfants habitués dès le début à travailler beaucoup plus par écrit, que l’enseignant « autonomise » au maximum et qui se responsabilisent très tôt. A l’enseignant de structurer dès le CP cette autonomie et cette responsabilité par une pédagogie parfois contraignante mais forcément efficace : mes petits CE1 apprenaient dès la découverte des tables de multiplication que c’était un outil qu’il fallait connaître à fond si l’on voulait plus tard être efficace dans les divisions, mes petits CP savaient dès les premiers jours qu’au CE1 il fallait être capable de tout lire tout seul si l’on voulait pouvoir suivre en maths, en français, dans toutes les matières, mes grands CM1 et CM2 savaient relire seuls une correction de problème ou de dictée et en tirer les conséquences. Aucun des élèves de ces classes n’a redoublé sa 6° ou sa 5° (c’était à l’époque où les professeurs de collège décidaient encore...) et tous étaient étonnés de voir à quel point certains de leurs camarades de classe citadins manquaient d’autonomie...
Je suis en revanche parfaitement d’accord que ce type d’organisation doit être réservé aux écoles où la nécessité l’exige et qu’il est ridicule d’organiser ce système de classes multi niveaux dans les écoles où les effectifs sont suffisants pour constituer des classes d’âges et de niveaux homogènes.
Peut-être que cette « foutaise » a son origine dans les statistiques des premières évaluations CE2 et 6° où les élèves des classes rurales avaient, en moyenne, de meilleurs résultats que ceux des zones urbaines. Il ne serait pas étonnant que nos grands pontes qui n’ont jamais mis les pieds ni dans une classe de villages à l’environnement socioculturel homogène, ni dans une école à 15 classes d’une banlieue chaude, en aient déduit qu’il suffirait de reproduire les structures en vigueur dans les zones rurales pour effacer les traumatismes des enfants des cités.
Et puis, vous avez raison, tant que cela permet de grappiller un ou deux postes d’instit ici ou là sans s’attirer la vindicte populaire, c’est bon pour la croissance et pour notre PIB...
Chez nous, dans le rural en zone de montagne, en voie d’inéluctable dépeuplement (comme l’a expliqué un technocrate du Conseil Régional à un maire d’une commune de 50 habitants de ma connaissance), nous n’entendons pas le même discours. Ce que nous serine notre administration (et notre syndicat qui a souvent des peaux de banane devant les yeux), depuis trente ans, c’est : « Hors du RPI (regroupement pédagogique intercommunal), point de salut... », ce qui permet bon an mal an de récupérer chaque année quelques malheureux postes budgétaires... Il suffit d’une ou deux « années creuses » (chez nous après des groupes de 10 enfants nés en 1995, 8 en 1996, 11 en 1997, nous n’avons que 3 enfants nés en 1998 et 2 nés en 1999, tout le monde ayant attendu 2000 pour mettre au monde un « bébé du siècle ») pour que l’on puisse fermer une classe et faire de trois classes uniques de 17 élèves dans trois villages un RPI à deux classes de 26 élèves où les niveaux seront certes moins nombreux mais dont les élèves attendront à leur tour le car chaque matin quelle que soit la météo du jour après parfois, s’ils ont la chance d’habiter une ferme ou un hameau isolés, une dizaine de kilomètres en voiture pour rejoindre le point de ralliement... De toute façon, comme dirait l’autre, ils habitent « un canton en voie d’inéluctable dépeuplement » que l’ « Europe » aimerait bien voir se transformer en réserve à touristes, à haut pouvoir d’achat bien sûr.
Au cours de mes promenades, en incorrigible passéiste que je suis, je me prends à rêver à l’investissement auquel avait consenti la III° République lorsque je rencontre en bas d’un col de montagne une « maison d’école » reconnaissable entre mille autres constructions, posée là il y a maintenant plus d’un siècle , toute en pierres de taille, pourvue de ses immenses fenêtres et de ses « commodités » au goût de l’époque parce que les « grands pontes » de ce temps avaient fait de l’Ecole et de l’accès à l’Instruction pour tous une priorité nationale...

Ecrit par : catmano | 25 juillet 2006

Je ne mettais pas en cause la nécessité d'obtenir l'agrégation pour postuler en fac. Personnellement je trouve que c'est le mode de sélection le plus juste et le plus cohérent. Je soulignais le fait que les étudiants qui ensuite viennent pleurer, disant qu'on ne les avait pas prévenus qu'ils n'auraient pas de débouché, ne sont peut-être pas si à plaindre ; même si officiellement l'agreg n'est pas nécessaire, de nombreux professeurs -enfin moi j'ai eu cette impression- mettent en garde leurs étudiants et leur conseillent de tenter les concours le plus vite possible.
Pour ma part (mais c'est une autre question) ce qui m'a toujours révoltée c'est la mise en place des concours internes qui à mon avis ont eu des effets pervers. Et puis je connais une naïve qui avait cru que l'interne lui ouvrirait les portes de la fac et qui a déchanté...Alors pourquoi cette agreg "light", qui n'a d'agreg que le nom ? J'ai l'impression que ce système a été mis en place pour saper l'ensemble et supprimer à long terme toute hiérarchie.

Ecrit par : Florence | 25 juillet 2006

Christophe, non, je n'ai pas lu : c'est bien ?

Florence, l'agrèg interne sert surtout à apaiser les syndicats, toujours revendicatifs devant un système qui ne laisse qu'une portion très congrue à une promotion autre qu'à l'ancienneté. Intégrer en masse des Certifiés dans le corps des agrégés était à la fois trop voyant, et trop cher. On a donc inventé l'interne pour ne pas désespérer Billancourt.

En fait, c'est en Terminale que l'on devrait prévenir les (futurs) étudiants. Il y a quelque chose de très pervers dans le fonctionnement de l'orientation (et des conseillers chargés de ladite). C'est si vrai que de plus en plus de facs mettent en place une cellule de ré-orientation, pour les étudiants qui s'aperçoivent (un peu tard) qu'ils n'ont aucun espoir dans la branche choisie. C'est comme ça ue l'on voit arriver en BTS des gens qui ont 20-22 ans, et qui sortent d'échec, ce qui n'est jamais bien satisfaisant pour le narcissisme.
Quant à ceux qui restent en fac, ils s'enfoncent dans l'échec — ce qui est mauvais pour l'ego…
JPB

Ecrit par : brighelli | 25 juillet 2006

Je voudrais faire une observation qui semblera dérisoire devant le flot proustien et catmanien:
Catmano, par la longueur , la densité de ses considératiions pédagos, d'ailleurs passionnante, me fait penser à ce travers, si typique de notre corfporation : cette incapacité totale à ne pas PARLER EPICERIE..car à part quelques interventions, de Christophe sibille, de JPB ou de Pierre -Henri, on ne parle QUE DE BOULOT...
Et permettez-moi un souvenir amusant: lorsque je fus, en 1984, agrégé stagiaire, en stage pardon!!!(une connasse du rectorat me remonta les bretelles sur ce point!!! voyez qu'en 25 ans, rien n'a changé) on me donna le choix entre le lycée Maximilien Perret à Vincennes et le Collège JB-Clément (collège avec une filière musique) à Dugny, dans le Neuftroua...Je n'hésitai pas une seule seconde et me retrouvai dans cette petite cité étrange, coincée entre l'aéroport du BOurget et le rien de la campagne du Val d'oise, et passai une année délicieuse. Je me fis un ami très cher, puisque notre amitié dura 15 ans, Jean-René Louvet ,un brillant jeune prof d'histoire, de mon âge, avec lequel nous étions sur la même longueur d'onde. Donner aux élèves le plaisir de ce qu'ils apprennent et dire à l'administration rectale d'aller se faire lanlaire...
Or voilà, ce JR Louvet fut pris, vers 1992, par ce que Brecht, dans son magnifique Arturo Ui, décrit si bien, la folie du pouvoir...Il devint une lèche-cul immonde, d'autant que l'animal avait un sacré talent et une sacrée culture. Il changea de discours et emboîta le pas des Scientologues mérieuxistes, des poubelles pédagomaniaques... une langue de bois, et pas de pitchpin, de chène de Tronçais, de teck....
Et le comble fut qu'un jour de 1992, il me dit de venir à Cachan, pour qu'on boive un coup à l'issue d'une réunion avec le recteur qu'il tenait blblblblbblaaablala..J'y allai et là le spectacle que je vis me dégoûta à vie du pouvoir. J'attendais devant le bâtiment des conférences, car plutôt riques la pleurésie sous l'orage que de m'asseoir ne fussent-que trente secondes pour écouter les inepties rectales (ou rectorales), et la double porte s'ouvrit et ce que je vis me fit rentre la honte dans le trou du cul, vous savez ce malaise qui vous saisit quand un ami cher se fait humilier....et je vois mon Jean -René, tel Louis De Funès devant et autour du recteur, lèche-cul de chez Lèche-Cul...virevoltant et courbé, affairé et dévoué...immonde. Je m'éloignai et allai vomir. Et pourtant, comme les peupliers de la cour de ce lycée étaient beaux....et aucun de ces abrutis qui levait la tête pour les voir!!!
Plus tard j'appris que Louvet est devenu Recteur de RHöne-Alpes. Je n'ose pas croire le nombre de culs qu'il alèchés et de rivaux potentiels qu'il a écrasé à coup de talons...
Donc les disocurs pédagos, je m'en contre fous. "Pitié pour les filles" est un thème éminemment POLITIQUE et pas un borborygme pédago pour profs en vacances et qui préparent leurs petites fifiches de rentrétrée. Christophe Sibille -qu'au demeurant j'ai calomnié, parce que j le prenait pour l'Oberscharführer Chris sur l'autre blog- a posé une question que nul n'a repris au bond: à propos de Tariq Ramadan....
Effectivement , c'est fondamental(iste). Ce chien, qui est, on le sait le petit-fils du fondateur egyptiens des Frères Musulmans, est la coqueluche des cénacles de gauche, toujours à l'affût des délires islamistes par mauvaise conscience atrabilaire vis-à-vis du colonialisme. Ces intellos pourrissants, dont malheureusement bien des collègues, et je sais de quoi je parle dans mon entourage professionnel, admirent -je cite- "la clarté de la pensée" "la profondeur de la réflexion" de ce chien qui, Christophel le rappelle fort bien avait fait, face à Sarkozy qui -évidemment, buvait du petit lait- l'apologie de la LAPIDATION DES FEMMES....
Alors, stop, on se fout royalement des statistiques, des programmes et des considérations-super-glu sur l'école. Recadrons le débat: que pensent nos collègues féminines de ça???
Pour ma part, j'ai passé des heures, et les programmes je m'assois dessus, à montrer à mes Premières et à mes Terminales que la Stigmatisation des femmes par ces imposteurs de l'Islam étaient de même nature que la stigmatisation des Juifs dans les années 30..Sopuvenz-vous mesdames les professeures qui pensent à la Rentrée 2006-2007, de ce reportage à Kaboul ,dont je parlais plus haut avec cette femme lapidée en public. Voilà ce que nous devons dire à nos élèves, et comme Voltaire DEVONS HURLER ECRASONS L'INFAME..... sinon, nous faillissons à notre merveilleuse tâche.
Terminons par quelque chose de drôle: En 1993, j'avais des 6èmes merveilleuses, devant lesquells j'étais en admiration. Nous prenions une heure, cette connerie de "vie de classe" dont tout le monde se tape, pour débattre de problèmes d'actualité. Et croyez-moi, débattre avec des 6èmes, ça vous forme!! Je leur avais parlé de l'incarcération de Klaus Barbie, en leur expliquant les enfants d'IZieu. Et je remarque une petite fille, brillantissime élève, mais qui là, faisait la gueule, bras croisés et réprobatrice. je lui demande: "Mais Elodie, ça ne te plaît pas??" Elle éclate alors en sanglots et en reniflant me dit "Mossieu vous êtes méchant, j'veux pas qu'on mette ma poupée Barbie en prison!!!!"
Voilà pourquoi nous sommes des abrutis....IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 25 juillet 2006

Pour Montaigne-sur-quadrupède.

De quoi avez-vous "parlé" ci-dessus sinon de boulot ? De votre expérience, ou plutôt par procuration puisqu'aussi bien vous relatez les "aventures" d'un autre en lui prêtant des intentions... L'impossibilité à se détacher du vécu, que vous voyez chez la plupart des intervenants ici moins deux ou trois, que vous graciez aimablement, est bien la vôtre. ;-)

Sauf si "Louvet" est un pseudonyme, je suis surpris de voir une telle mise en cause publique : "et je vois mon Jean -René, tel Louis De Funès devant et autour du recteur, lèche-cul de chez Lèche-Cul...virevoltant et courbé, affairé et dévoué...immonde. Je m'éloignai et allai vomir. Et pourtant, comme les peupliers de la cour de ce lycée étaient beaux....et aucun de ces abrutis qui levait la tête pour les voir!!!"

Et puis, avez-vous réellement vomi, ou, en comédien qu'est l'enseignant, prenez-vous quelques libertés avec le passé ?

JPG

Ecrit par : JPG | 25 juillet 2006

Non, non , rassurez-vous c'est bien le nom de ce type.... je ne vois pas pourquoi je le dissimulerais??? ah, j'y suis parce qu'il y a sur ce blog quelques couards qui ont peur des représailles rectales...
Quant à ce que je narre, libre à vous de l'interprêter comme bon vous semble, mais oui, c'est du dégueulis que je trouvai sur ma chemise ,et oui, c'est moi ,Jean-Philippe GOLDSCHMIDT qui ai vécu ça.
Au fait, petite précision stylistique: j'emploie le vous parce qu'à l'instar de Prévert "je dis tu à tous ceux que j'aime" et come je pressens que je ne vous aime point, vous permettrez, cher monsieur, que nous gardions une distance confortable. Si ma fiche signalétique vous intéresse, vous avez mon mail.......Et l'avantage des quadrupèdes, c'est qu'ils se caraptent plus vite que les bipèdes.

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 25 juillet 2006

Mort de rire,
en tous cas le JR (dallas) sûr qu'il va pas être content.

Keep cool avec le JPG, il est pas méchant, juste un peu taquin des fois :))))))) lui aussi a pleins d'infos sympas, il faut juste faire le tri ;)
bisou jpg.

Merci pour le témoignage Jean-philippe.
Cat je te lis asap.

juste pour plus de précisions:
La planète des ALpha pour tout le monde pour s'éclater (de rire) en travaillant....
Léo&Léa à partir du CP (tranquille sans stress) pour travailler dans le sérieux etc ...
Après normalement en CE1 vous pouvez leur faire Proust. ;)

Ecrit par : toto | 25 juillet 2006

Vous étiez à Dugny, dans une filière musique, Montaigneacheval? Avez-vous connu Françoise Vuillermoz?

Je rappelle par ailleurs que, dans ces fameuses: "100 minutes pour convaincre", au cours desquelles Sarkozy s'était "acheté une conduite" en se programmant des débats contradictoires sur mesure avec Le Pen et Ramadan, au cours desquels il avait évidemment pu faire faire figure de démocrate, (en trompant fort habilement son monde, d'ailleurs! Quand on pense qu'il a même atteint des sympathies "à gauche"! Tiens, aucune réponse à ma question sur ce que pourrait représenter le fait d'être de gauche", remarque en passant...)
Jean-Paul, je ne crois pas que ce livre vous plaira, (du moins, je l'espère), quoiqu'il dise également pis que pendre des IUFM! Mais je vous en recommande quand même la lecture, car rien n'apprend plus de choses qu'essayer de pénétrer la pensée de ceux qui ne pensent pas comme nous! Mais, là, je ne pense pas vous apprendre grand-chose!

Ecrit par : christophe sibille | 25 juillet 2006

Quelle poisse encore un entretien chez Arcelor, apparemment ce n'est pas terminé et moi je ne sais plus quoi leur dire à part que je veux absolument ce poste....

Rdv jeudi 10h30 sur Metz....

La chaleur me liquéfie sur place et je ne sais vraiment plus comment les convaincre ni quoi penser....Que c'est long, abominablement interminable...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 25 juillet 2006

Pas d'accord avec vous, Florence et JPB sur l'agreg interne. Je vous touve très injustes.
D'abord parce qu'il faut distinguer cette agreg interne de la promotion sur listes d'aptitude où des certifiés passent dans le corps des agrégés sans le moindre effort, sans rien faire et souvent parce que ce sont des pédagos bien vus des inspecteurs, récompensés pour leur zèle pédago.
Deuxièmement parce qu'il s'agit d'une possibilité de promotion interne et il me semble plutôt positif qu'on puisse permettre à des gens fonctionnaires ou pas d'évoluer dans un métier s'ils font l'effort de répondre à un concours exigeant et somme toute sélectif quoique vous en pensiez.
Ensuite parce qu'avant de critiquer ce concours, il faudrait y regarder de près. Je pense que certains concours externes donc irréprochables à vos yeux n'offrent plus de nos jours aucune garantie intellectuelle et c'est ce qui arrive au CAPES de lettres si j'en juge par ce que m'ont dit certains profs de fac au jury du sus-dit. On ne peut pas en dire autant de l'agreg interne de lettres du moins ,non encore rongée par la didactique qui n'occupe qu'une épreuve écrite et qui est inexistante heureusement à l'oral.
Enfin, parce que et on rejoint ainsi la rubrique initiale du blog,
elle est comme par hasard passée par un public aux trois quarts féminin. Certes la profession est féminisée mais ce même collègue de fac qui fait partie du jury d'agreg interne me faisait remarquer que c'étaient des femmes qui sur le coup de la quarantaine, se remettaient au boulot, acceptaient d'être à nouveau jugées par des collègues de fac souvent plus jeunes qu'elles, et ce n'est pas forcément évident, sacrifiaient du temps pour bosser les oeuvres et se remettre à niveau car on ne la donne pas comme cela cette agreg light comme vous l'appelez.Et puis j'ai vu autour de moi des collègues qui m'avouaient avoir été dépassées par leur vie de famille après avoir obtenu le CAPES externe il y a de cela une vingtaine d'années( et avec ses 230 postes, ce n'était pas un CAPES donné, on a vu plus facile depuis!). Dépassées parce que la carrière du mari continue souvent à primer sur celle de la femme surtout quand les gamins arrivent et ce dans tous les milieux même ceux dits favorisés. Alors le choix pour ces souvent excellentes anciennes étudiantes, c'est de faire carrière comme le mari et de laisser tomber les gosses ou d'attendre la quarantaine, quand elles commencent à respirer un peu, et que les gosses ont grandi pour se remettre au boulot et passer cette putain d'agreg qu'elles n'ont pas pu passer ou repasser à cause de la carrière du cher et tendre et des adorables bambins. Alors, ma chère Florence, je ne sais pas quel âge vous avez, vous appartenez peut-être à un milieu qui vous a permis de passer l'agreg externe comme vous vouliez mais il faut savoir que ce n'est pas le cas de tout le monde et ironiser sur des gens qui se remettent au travail des années après leurs études pour obtenir un concours qui n'est pas donné, contrairement à ce que vous dites, je trouve que c'est effectivement désespérer billancourt quand on sait que les femmes sont souvent les billancourt des hommes encore et toujours.
Voilà, c'est pas trop mon genre de jouer les féministes mais je trouve qu'avant de faire la fine bouche et de mépriser le travail des autres, il faut savoir de quoi on parle.
Par ailleurs, quand j'ai passé l'agreg interne, vous imaginez bien que je suis de ces minables-là pour m'éverver ainsi, il y avait parmi nous une nana ex-infirmière, élevant depuis peu ses enfants seule, ayant réussi à devenir instit pour avoir des horaires plus adaptés pour ses gosses, qui venait de réussir le capes interne, et qui préparait sur deux ans l'agreg interne parce qu'elle avait besoin de mettre du beurre dans les épinards et parce qu'elle s'était mise à aimer la littérature pour de bon. Alors qu'on râle contre les profs qui intègrent des corps sans rien faire, d'accord, mais pas contre ceux et celles qui essaient d'obtenir une promotion en BOSSANT. Je n'en connais pas qui l'ait eue, l'agreg, sans rien foutre. Et puis,à ce moment-là, vous devriez râler contre une bonne partie des certifiés qui vous entourent car vous oubliez un peu vite, les milliers d'intégrations d'AE dans le corps des certifiés qui ont été faites , il y a quelques années certes, sans que ces chers collègues aient fait quoi que ce soit, sinon payer leur cotisation syndicale.
J'arrête-là, je retourne à mon apprentissage de l'italien, au moins, cela a le mérite de me calmer, d'habitude.

Ecrit par : elisabeth. | 25 juillet 2006

D'avance je m'excuse pour cet aparté

Très sincèrement, bonne ...... Sandra!
c'est peut-être long mais au moins vous avez des entretiens!

pour info à cinquante ans quand on est "sur-qualifié "non seulement on l'est mais en plus on est trop vieux et le cv arrivant chez le recruteur part directement à la poubelle, même pas un entretien quant vous répondez à une annonce dans laquelle le poste décrit correspond parfaitement à votre profil...là je parle de l'expérience de mon mari qui depuis qu'il a passé les 45 ans, ne connaît plus que les périodes d'essai renouvellées et les sièges éjectables...

alors ne désespérez pas , vous finirez par décrocher un poste! c'est mathématique, plus vous aurez d'entretien plus vous aurez de chance de décrocher le gros lot.

désolée d'encombrer le blog avec ces considérations persos...c'était juste par sympathie pour Sandra.
donnez nous des nouvelles dés que vous aurez une réponse enfin positive...

ceci dit, ce que je lis au fil de ce blog me désespère de plus en plus...
mais au moins je n'aurais plus à dire merci à qui que ce soit quand, dans quelques années, j'aurai fini d'enseigner à mes enfants...on n'est pas prêt de retrouver en France un enseignement digne de ce nom et je n'ai pas besoin d'une garderie, ça j'arrive à assumer...
J'ai de plus en plus l'impression Jean-Paul que ce combat que vous semblez vouloir mener est perdu d'avance et vain... autant j'ai eu l'espoir autant il fut fugace...
mais c'est vrai que sous cette canicule rien de plus rafraîchissant que des ronds dans l'eau...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juillet 2006

Merci Cat pour ton superbe post,

beaucoup de choses sont dites dans celui-ci, arriveront-ils tous à le décrypter "correctement" ?

Voici un autre témoignage, "piqué" dans mon grenier.
Imaginez une belle écriture à l'encre et à la plume ;)

Luneau 11/10/28 Marianne 50c
Dimanche
Ma guite ,
Comment as-tu pu deviner
que j’avais souvent guigné ce pichet
auvergnat avec le grand désir d’en
avoir un ! Il n’y a pas deux guite
au monde . Je voulais t’écrire tout
de suite mais j’ai du travail plus
que je n’en voudrais et je n’ai pas
pu_ Seulement. Guite, je devrais
te gronder, c’est ma jolie car je sais
que ces objets d’un très beau travail
sont très chers !
J’attendais une lettre de toi mais
rien peut être as-tu aussi bien du
travail et comme moi de la piene
à t’y remettre. Guite , je ne voudrais
pas vieillir dans ce métier, il est
trop pénible et trop décevant pour le
faire seule.
J’ai 43 inscrits 42 présents. 1 qui
me quitte à la st martin et 2 qui me
rentrent 2 crétines que me passe la
mouche . Peut être y en aura-t-il d’autres
puisque d’autres *quittent des domaines
et que je ne connais pas les remplaçants
Je veux espérer qu’ils seront sans enfants
Quelle collections d’imbéciles ! Je ne peux
pas envisager la possibilité d’une
inspection ! D’abord les inspectons c’est
trop injustes et Mr M ne tient
pas assez compte de la charge d’une
classe comme ça_ Je suis d’humeur
chagrine ce soir ! _ Je voudrais ne
pas aller à la conférence 1°/ Parce
que j’ai grand peur que Mr.M
ne vitupère contre les gens qu’ont
copié leurs devoirs sur des revues (c’est
mon cas)- 2° Parce que le bruit
court que je me marie et qu’il
faudra subir de sottes réflexions
Je me demande quelle est la première
Personne qui a lancé ce canard et

Si je la connaissais elle passerait un
Mauvais moment .
Voilà le froid , le brouillard, le ,
froid au pied et le nez rouge !
tout ça me désole. Je ne peux pas
me réveiller le matin. Je ne peux
pas m’endormir le soir , trop de regrets
de souvenirs et d’espoirs stupides me
passent dans l’esprit.
Je voudrais des lettres, je ne reçois que
Quelques cartes et des journaux
pédagogiques. Si tu sais du nouveaux
des changements, dis le moi ici je
ne sais rien. Nini ne m’écrit plus
je me demande ce que je lui ai fait .
A côté de ça je dois des lettres et
je n’ai pas envie de les écrire – Si
tu peux m’avoir l’adresse de A.M
envoie la moi tu me ferais plaisir,
ça m’ennuierais de cesser tout rapport
avec elle surtout à cette première
rentrée
Oh guite ! le soleil, les colonies ! ou
bien être riche ! (je suis revenue
de vacances ‘fauchée’ sans avoir rien
acheté)
Simonne et mouche sont venues
aujourd’hui . Nous avons épilogué
sur la tristesse du métier, ri, dansé.
nous nous sommes presque trop
énervées.
Ecris-moi longuement , dis-moi ce
que tu fais, ce que tu penses, si
tu t’ennuies ou si tu te résignes
Dis moi ce que tu espères et le secret
de ton calme
Ma petite guite je t ‘embrasse
Bien

Ecrit par : toto | 25 juillet 2006

Merci Patricia c'est gentil à vous tous ces encouragements mais quelque part si votre mari est surdimensionné à 45 ans, j'oserais dire que je commence sérieusement à prendre peur. En effet bon nombre d'employeurs me disent déjà à 31 ans que je suis trop qualifiée, incroyable mais vrai !

Un de ces jours je vais faire la même chose que Sophie Talneau : écrire un bouquin sur mes déboires en entretiens d'embauche....

Je ne manque pas d'anecdotes croustillantes....

Ecrit par : Sandra WAGNER | 25 juillet 2006

Pour Elisabeth :

J'ai 32 ans, deux enfants. J'ai eu le Capes facilement et décroché jadis une pauvre admissibilité à l'agreg externe. J'ai démissionné et changé de voie (je reprends des études). Je ne suis pas particulièrement fière de mon parcours.
je comprends votre point de vue (en particulier en tant que mère de famille), mais je pense malgré tout que les concours internes ont eu surtout des effets négatifs. Je pense qu'on n'aurait jamais dû instituer de CAPES interne, troisième voie, et que tous ces concours "allégés" ont contribué à discréditer le corps enseignant ; par ailleurs cela n'a pas arrangé ce que j'appellerais l'effet "panier de crabes" en salle des profs(personne n'a le même statut, tout le monde se regarde en chien de faïence en lorgnant sur les avantages du voisin).
Je comprends qu'on ait voulu créer un moyen de faire accéder plus d'enseignants méritants au statut d'agrégés, mais je suis persuadée qu'on aurait pu s'y prendre autrement, et qu'en donnant le nom d'agrégation à ce concours certains avaient en vue l'élimination à long terme d'un concours prestigieux. En effet ce concours (interne), comporte d'abord une épreuve de didactique qui me semble assez sujette à caution et qui a plus de poids en terme de coeff que vous ne le dites(je connais quelqu'un qui a été biadmissible à l'externe et qui s'est fait recaler à cause d'elle à l'interne). Elle n'est en fait pas reconnue par les universitaires et on ne peut enseigner en fac avec elle (donc elle ne mérite pas son nom d'"agrégation")) ; elle ne comporte presque plus d'épreuves techniques, ce que je trouve aberrant : latin, langue vivante, ancien français n'existent plus.
Je suis sensible à vos arguments, mais voyez aussi que, si je ne me trompe, tous ces concours sont apparus au cours de la même période qui a vu la création des IUFM et leur montée en puissance. Je sais combien il est difficile d'étudier tout en élevant ses enfants, évidemment ces concours ont pu aider des mères de familleà devenir professeurs (elles auraient peut-être réussi l'externe cela dit) mais je suis persuadée que tout cela a contribué à la "casse" du système dénoncée sur ce blog ou sur Sauver les lettres.
Cela dit j'avoue qu'en tant que déserteur, je ne peux guère me permettre de donner des leçons à quiconque a eu le courage de rester dans ce système ubuesque...

Ecrit par : Florence | 25 juillet 2006

Pour Elisabeth:
Merci pour cet excellente synthèse sur l'agrégation interne ou je reconnais quasi exactement la situation de mon épouse. En effet, l'agrégation, pour elle ce sera pour plus tard.

Pour Florence:
Quand au panier de crabe dont vous parlez, il n'est pas besoin d'invoquer l'effet "statut" pour l'observer, si je me base sur les compte rendu circonstanciés que ma femme me fait de ses activités en collège. Le niveau d'individualisme, de bassesse et d'intrigue y est tout simplement consternant.

Ecrit par : François | 25 juillet 2006

Je tiens à préciser que j'ai conscience que mon commentaire n'est pas représentatif du cas général (du moins je l'espère). Alors appelons ça une réaction épidermique car mon propos n'était pas d'agresser le corps enseignant (auquel je suis tendrement attaché!).

Ecrit par : François | 25 juillet 2006

bon j'ai remonté le fil un peu ;)

« À propos de l'article signalé par Lariba : il est pour moi illisible, n'étant pas découpé en paragraphes »lol bon alors j’essaie même pas merci pour l’info JP ;)

« Magnifique extrait, Lariba ! A lire absolument. Inouï. J'ose espérer qu'il s'agit d'un canular. »
mince par ta faute j’ai voulu voir,,,grrrrr t’es malade de lire ça, il a raison le JP, c’est un truc à te "baiser" le crâne en 1 temps 1 mouvement.


« dans les torchons mal torchés des sbires que l'on respire l'esprit pédagogique à plein poumon »
mdr :o)))))) c’est clair…

« De même qu’ils sont ravis au CE1, dès le début novembre, de connaître le signe « X » qui leur économise d’écrire 10+10+10+10+10+10 = 60 »
dans Picbille c’est :
60 = 10+10+10+10+10+10. Ca à l ‘air con comme ça… non seulement c’est con mais c’est pire que 10+10+10+10+10+10 = 60 … amha

à+

Ecrit par : toto | 25 juillet 2006

Je prend l'occasion du commentaire de toto pour rebondir sur le calcul (désolé de dévier de la ligne). Alors si quelqu'un connait un bon manuel de calcul niveau CP à CE2 et facile à trouver (je prendrai bien celui mentionné par M. Le Bris dans son bouquin sinon), je suis preneur!

Ecrit par : François | 25 juillet 2006

"…si je me base sur les compte rendu circonstanciés que ma femme me fait de ses activités en collège. Le niveau d'individualisme, de bassesse et d'intrigue y est tout simplement consternant",
écrit François.
Et Montaigne, deux pages web plus haut, de nous narrer les aventures de son ex-ami Louvet (quand je pense que c'est le nom de l'un des meilleurs écriains des années 1790-95…).

Je serais fortement intéressé par l'avis des uns et des autres sur ce qui rend nombre de nos collègues adeptes du lèche-cultisme. Avoir le ventre usé par la marche, comme dit Cyrano (acte II, je crois), fait trop souvent partie des ambitions professorales.
Qu'est-ce qui a poussé soudain Louvet à changer comme ça ? Etait-ce en germe ? Est-ce dans le méier ?
Dans le même ordre d'idées, qu'est-ce qui fait que nous sommes l'une des professions les moins solidaires ? Quand un avocat ou un médecin est attaqué, toute sa profession fait corps, quoi que les autres en pensent. Nous, c'est coup de pied de l'âne à chaque instant.

Allez, Sandra, tu les auras !

Elisabeth, vous n'avez pas tort sur la question promotion spécifique aux femmes. J'ai eu le mois dernier au CAPES nombre de candidates de plus de 40 ans — souvent pitoyables, parce que déconnectées techniquement (mais elles avaient passé l'écrit, ce qui n'est pas rien). J'aimerais bien savoir si c'est une vague de fond (et déclenchée par quoi ? Une situation familiale qui change ?). N'empêcghe qu'à partir du moment où existait un concours externe, pourquoi fabriquer un concours interne, avec un programme allégé, des épreuves allégées, — nécessairement dévalué, sauf du point de vue indiciaire ?
Je vous rappelle que toout est parti d'une réflexion de Florence notant que cette agrèg interne n'était pas prise en compte par les jurys de spécialistes, en fac.
… Sinon pour donner une chance de promotion dans un système incroyablement stationnaire… C'est cela qu'il faudrait changer. Mais qui ici est prêt à imaginer une promotion au mérite ?

Christophe, vu ce que vous pensez de Ségolène (non sans raison !) et ce que vous écrivez de Sarkozy (et vous n'avez pas tort), pour qui diable allez-vous voter, au second tour ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 25 juillet 2006

Moi aussi, je suis preneur... Pour l'instant Picbille, c'est ce que j'ai trouvé de moins pire...

Ecrit par : catmano | 25 juillet 2006

Je les aurais ça c'est très clair, c'est même déjà inscrit et gravé dans la roche !!!

Je ne laisserai pas passer ce poste, pas question. Seulement il y a une chose : effectivement je serai folle de joie à l'idée de décrocher cette satanée opportunité qui sait particulièrement bien se faire attendre. La réussite en gardera donc une saveur particulière.

Néanmoins je dois bien avouer qu'à force de procédures en tous genres, de démarches entreprises par monts et vaux, d'entretiens menés en pagaille, d'argent, d'énergie et de temps et de stress dépensés, je suis franchement blasée et horrifiée devant l'absurdité du marché de l'emploi, devant les réflexions stupides de certains employeurs et j'en passe.... Des sentiments mitigés donc....

Ce qui est sûr c'est que la vie est bien "ein Kampf" et là dessus je n'en démords pas ni aujourd'hui, ni demain. Après avoir décroché le poste, il faudra tout faire pour le garder puisque je serai sur la sellette durant 6 mois. Le siège reste donc éjectable...

Malgré tout je peux déjà certifier que je me battrai jusqu'au bout pour le garder le plus longtemps possible....D'autant plus que le courant passe très bien entre moi et mon éventuel futur employeur....

Ecrit par : Sandra WAGNER | 25 juillet 2006

Euh Picbille mon fils l'a eu cette année et je trouvais que ça n'avançait pas beaucoup...mais bon. Je vais rejeter un oeil ; cela dit si quelqu'un avait un bon manuel en effet, ça m'aiderait car autant en français je vois comment le faire progresser, autant en maths je suis plus démunie.

Sinon il existe une autre voie de promotion pour les certifiés qui me semble plus juste : la biadmissibilité à l'agreg externe, que j'aurais peut-être pu viser si j'avais persisté dans l'enseignement et qui donne un statut plus avantageux.
Je pense que les professeurs se sont laissés bercer par la perspective d'accéder plus facilement à des statuts qui les faisaient rêver ; mais il me semble que c'est un peu la même histoire que les élèves qui obtiennent presque tous le bac... Les concours internes ont jeté de la suspicion sur le niveau des profs (et c'est dommage car il est difficile d'avoir l'agreg externe ou d'avoir un CAPES bien placé).

Ecrit par : Florence | 25 juillet 2006

C'est bien le problème de Picbille, ça n'avance pas beaucoup, l'ancienne édition était mieux, mais on ne la trouve plus. J'ai regardé dans de vieux bouquins, mais entre les prix en francs et les problèmes concernant essentiellement le monde agricole, ça ne va pas du tout.

Ecrit par : catmano | 25 juillet 2006

Jean-Paul, êtes-vous si sûr que le second tour de l'élection de 2007 sera tel que vous le prévoyez? Je prendrais bien les paris pour, mettons... Non, je n'ai pas de certitude, mais je pencherai bien pour Lionel... Et il n'est pas dit que le vieux ne se présente pas, alors, le gros borgne visqueux a peut-être encore ses chances.
Concernant l'échange sur les concours, je peux vous parler du cas d'une personne que j'ai connu d'assez près; maître auxiliaire, (en italien), pendant six ans, ballottée sur les six chef-lieux de l'académie (d'Orléans-Tours), plébiscitée par tous ses chefs d'établissement, avec des rapports dithyrambiques, ayant monté des voyages à l'étranger avec une énergie incroyable, et ayant fait augmenter les effectifs des classes d'italien d'au moins trente pour cent partout où elle est passée. Deux échecs au CAPES externe, (vraisemblablement un des plus durs sur le plan sélectif en dehors de la philo). Elle a fini par décrocher le concours réservé, et je puis vous assurer (me croirez vous?) que ce n'est pas volé. Vous me répondrez certainement que ce n'est qu'un cas, isolé. Mais j'ai la faiblesse de croire que ce concours a été créé pour intégrer les maîtres-auxiliaires les plus méritants, et je ne trouve, personnellement, pas cela honteux. Mais il est vrai que je suis un indécrottable "laxiste".

Ecrit par : christophe sibille | 25 juillet 2006

"Moi aussi, je suis preneur... "

Pat nous a parlé de Retz, moi je ne connais pas, il faudra allé regarder.
Je connais Boscher maths CP, et moi je trouve cela plutôt bien fait (amha, c'est pas l'avis de tout le monde), il faut imaginer que cela doit être suivi par un complément de leçon, parce que c'est "light" (petit format).

Ecrit par : toto | 25 juillet 2006

Parodiant Renoir dans "La bête Humaine" ....I connaît pas Retz, du dépôt du Vatican???? Retz, Ré, quoi. Le Cardinal...Mince, quoi, la chaleur vous a tous tétanisés.
Ce soir , retour dans 10 jours....Plage de Side, antique Pamphylia, ville des évergètes du IIème siécle, mais vous n'en avez rien à foutre, vous cherchez un p'tit coin dans l'frigo, un ventilo. VOus savez quoi, ce soir, la mer, avec son peitt ahanement familier, amène une bvrise légère et fraîche. Il ne fait que 30. Nous sommes assis en-dessous d'une tonnelle à Side Ve Gida Pazari.Un enchantement. Rien à dire. Seulement humer. Et j'aimerais vous envoyer des parfums de la côte turque plûtot to que des vacheries. JPG..mon homonyme en initiales va² dire "Han, l'est pas en Turquie, l'est à Hénin-Lyotard, comme disait Derrida...."

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 25 juillet 2006

Retz, c'et Picbille, en fait "J'apprends les maths" avec Picbille, c'est selon moi, donc, le moins pire.
Beaucoup de techniques de calcul mental (ils appellent ça "calcul réfléchi"), des ateliers de problèmes "traditionnels", un travail sur les différentes unités (monnaie, mesures et les fameuses boîtes de Picbille), des reprises fréquentes des notions abordées. Un gros regret quand même, la nouvelle édition démarre tous les apprentissages plus tard ou nettement plus tard que l'ancienne (exemple : listes de multiples de 3, 5 et 10 pages 36, 37et 46 pour finalement n'introduire le signe "x" qu'à la page 98...). C'est selon l'auteur pour "mieux prendre en compte les difficultés d'apprentissage". Ils ont aussi, en accord avec les programmes de l'école élémentaire, retardé l'apprentissage du mot "dizaine" en le remplaçant par "groupe de dix".
En revanche, à ma connaissance, ils font partie des rares fichiers à proposer un apprentissage de la technique de la division dès le CE2, et malheureusement ne la reprennent que fort tard au CM1.

Ecrit par : catmano | 25 juillet 2006

Qui-descend-deMontaine-à-cheval a écrit : "ventilo. VOus savez quoi, ce soir, la mer, avec son peitt ahanement familier, amène une bvrise légère et fraîche."

Meuh non, c'est le cheval qui ahane.

:-)

JiPéGé

Ecrit par : JPG | 25 juillet 2006

Exactement, Picbille c'est ce qu'avais ma fille en CE1 cette année, et c'est programme programme. De plus je n'ai pas été impressioné par le contenu, surtout considérant que ma fille connaissait déjà la table de cinq (presque intuitivement d'ailleurs) jusqu'à 6 ou 7 avant la fin du CP, ou par le conseil de la maitresse du CP de ne pas compliquer les choses en m'occupant des mathématiques (j'avais eu le malheur de lui dire que j'avais commencé l'addition). Je n'avais jamais vu les additions à trou avant ça...

Je cherche quelque chose qui n'a pas à calquer le programme et qui me permettra d'aider mes enfants à apprendre les base. Toutes les bases. J'ai déjà décidé de m'occuper de la division cet été, mais ce serait plus simple avec un vrai manuel.

Le "Calcul. Cours élémentaire" (Ardiot, Wanauld, Budin) j'en suis sûr me conviendrait parfaitement, ne serait ce que parce qu'il a été édité quelques années seulement avant ma naissance et devait donc être utilisé quand j'étais en primaire. Mais on ne peut pas dire qu'il soit facile à trouver.

Il doit bien exister quelque chose tout de même, ou les mathématiques modernes ont elles eu encore plus de succés que la méthode globale? Surtout qu'il y a le petit frère de 6 ans qui arrive en CP et dont il va falloir s'occuper aussi (il a été un peu plus lent sur la lecture avec 9 bons mois de retard sur sa soeur, et nous moins pressant d'ailleurs, mais nous aurons fini la méthode Boscher avant la fin de l'été, ça commence à rentrer).

Il y a des jours ou on se sent un peu seul...

Ecrit par : François | 25 juillet 2006

En effet en mentionnant Retz , je parlais de la méthode "j'apprends les maths" avec picbille mais l'ancienne édition car elle est un bon support. j'utilise aussi la méthode de Boscher et je me penche aussi dans d'anciens livres d'arithmétique, il suffit de faire travailler un peu son imagination et de réadapter les problèmes "plutôt agricoles" où de robinet et de train ... quant aux problèmes avec des francs il suffit juste de changer par euros, avec l'inflation , ça réajuste sans problème les prix...
de plus je leur pose beaucoup de problèmes de calcul mental.
L'avantage de faire l'école à la maison est que l'on peut rendre plus ludique certains exercice , ainsi la division nous l'abordons pendant les repas mentalement et aussi de manière pratique quand arrive le dessert...c'est fou ce que les enfants ont le sens de l'équité quand arrive un bon cake au miel ou un tiramisu...
clin d'oeil du jour...
Bonjour toto un pseudo prédestiné pour les maths n'est-ce pas!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juillet 2006

Mais non François vous n'êtes pas seul...très franchement , ne chercher pas forcément une "bonne méthode" ...faites appel à votre bon sens vous verrez ça vient tout seul . Vous dîtes que votre fille a appris presque intuitivement la table de cinq...il y a une grande part d'intuition dans les mathématiques.
je ne connais pas un gamin qui ne comprennent pas très vite le principe des quatres opérations quand les chiffres se substituent à un nombre de bonbons posés sur la table devant lui...génial aussi pour la division quand on lui explique qu'il en a tant pour tant de jours...
les enfants raffolent des énigmes , en maths , on peut poser n'importe quel problème sous forme d'énigme...
ce ne sont que quelques petits trucs de la maman "enseignante par contrainte".
Après on passe à l'étape papier crayon et c'est incroyable de constater à quel point ça devient simple...
ma maigre expérience me permet de constater que si on a du plaisir à touver un moyen simple et concret pour faire comprendre un point abstrait à un enfant, il est lui même emporté par l'enthousiasme et la curiosité...à partir de là rien n'est barbant ni trop compliqué.

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 25 juillet 2006

un peu trop de fautes excusez moi je n'ai pas relu...
ne cherchez... qui ne comprenne

Ecrit par : patricia mesnigé | 25 juillet 2006

Merci pour vos conseils, Patricia, je pense voir ou vous voulez en venir. En fait, plus j'y pense, plus je me rend compte que ce qui me manque, c'est un plan de travail organisé afin de ne pas en faire trop peu, et surtout d'être efficace.

Expliquer le calcul ne me fait pas peur (il me manquait la division, c'est fait maintenant grace à vous). j'ai aidé cette année une voisine à préparer les mathématique pour son brevet (5 semaines de révisions à raison de 2 séance de 2.5H par semaine), avec une mention bien à la clé, les maths étant la meilleure de ses note, et elle qui pensait avoir réussi en français. Je n'en suis pas peu fier. Mais là, j'avais le support de son cours et des livres d'exercices! Alors que pour mes enfants, je n'ai que l'absence de souvenir de ce que j'ai vécu à leur age...

Mais trève d'autosatisfaction... Au travail!

Ecrit par : François | 26 juillet 2006

Montaigne, Homère parle quelque part de la "mer violette" — et c'est tout à fait ça, sous vos latitudes, surtout si, comme le poète grec, on a un peu forcé sur l'ouzo.

À travers ce que je lis des méthodes de maths, je déduis qu'une maison d'édition a changé un livre adéquat en un livre qui l'est moins… Tout un symbole.
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 juillet 2006

Patricia dit: "je ne connais pas un gamin qui ne comprenne pas très vite le principe des quatres opérations quand les chiffres se substituent à un nombre de bonbons posés sur la table devant lui...génial aussi pour la division quand on lui explique qu'il en a tant pour tant de jours...
les enfants raffolent des énigmes , en maths , on peut poser n'importe quel problème sous forme d'énigme...
ce ne sont que quelques petits trucs de la maman "enseignante par contrainte".
Après on passe à l'étape papier crayon et c'est incroyable de constater à quel point ça devient simple...
ma maigre expérience me permet de constater que si on a du plaisir à touver un moyen simple et concret pour faire comprendre un point abstrait à un enfant, il est lui même emporté par l'enthousiasme et la curiosité...à partir de là rien n'est barbant ni trop compliqué".
Vous savez, Patricia, rassurez-vous, beaucoup d'instits procèdent comme ça, en cycle 1 et 2, y compris chez les nouveaux sortants de l'IUFM! Et l'institution ne les menace pas de représailles.

Ecrit par : christophe sibille | 26 juillet 2006

À propos d'élections, Sibille…
J'ai cru longtemps que la Royal n'était que le sous-marin du Jospin. Mais les dents, qu'elle avait déjà longues, lui ont poussé, à écouter les sondages. Comme pendant ce temps la droite s'acharne à se tirer des balles dans les pieds, on va tout droit vers une confrontation Royal / Le Pen — faute d'idées, c'est la seule stratégie claire du PS, en ce moment : arriver à une revanche de 2002 qui donnera à son candidat la même légitimité usurpée que celle de Chirac depuis quatre ans. Et comme lui, ils feindront de croire que 80% des Français ont voté pour eux. Plus ça va, et plus je milite pour une reconnaissance officielle des bulletins blancs — et qu'au-delà de 50% de votes nuls, on invalide l'élection. Ça se fait, paraît-il, en URSS dans les élections locales — il y a un bulletin portant l'inscription "aucun de ceux-là"… Mais ils s'en gardent bien, chez nous — ça leur donnerait un coup de pied occulte à l'ego, qu'ils ont sensible.
JPB

Ecrit par : brighelli | 26 juillet 2006

"Retz, c'est Picbille," ouppps merci Cat j'avions point fait le lien :( ... De plus désolé, je me permet de juger Picbille mais je savais pas qu'il y avait eu plusieurs éditions. Cela fait qq mois que j'essai d'avoir des infos sur ce sujet, sur le fouroum de lire et écrire. Je ferais plus attention la prochaine fois.

Donc il faut savoir que moi j'ai "fait" maths moderne, je ne connais n'y la régle de 3 ni la preuve par neuf, je ne sais pas développer une racine carré à la main, par contre je suis super fort en stat (avec la calculatrice programmable... bon "j'étions" parce que là, cela fait 20 ans... mais c'est comme le vélo)et algèbre de bool ;), et j'étions pas trop mauvais non plus en étude de fonction (bien propre, bien linéaire ;) )
Tous ça pour dire que les additions à trou, moi , cela ne m'a pas choqué (plus que ça ?????)

Pour François, je le redis, je sais je suis lourd, "gaff" à Boscher lecture, la nouvelle méthode (même format que boscher math, genre petit bouquin blanc, ET global. Et l'ancienne, la "syl-la-bi-que ou sy-lla-bi-que" est super difficile, même si "correctement" progressive. Enfin ce n'est que mon humble avis.


"c'est fou ce que les enfants ont le sens de l'équité quand arrive un bon cake au miel ou un tiramisu..." :o)))))))
Bonjour Pat ;)
"génial aussi pour la division quand on lui explique qu'il en a tant pour tant de jours..." attention les dents lol , on peut expliquer avec les "baffes" aussi... Je déconne ;o))))) j'ai bien rigolé, merci Pat, super les infos.

"ma maigre expérience ...à partir de là rien n'est barbant ni trop compliqué." ça j'adore, et c'est pas facile d'avoir tout le temps la "frite" pour s'éclater avec les gamins, déjà moi, avec un..., toi avec 5, certains avec 30 :(

"Vous savez, Patricia, rassurez-vous, .... Et l'institution ne les menace pas de représailles."
hum hum j'espèrions que cela est vrai, parce que chez "moi" c'est pô le cas, je ne parle que de ma prof qui est sincèrement (désolé) à "suer".
Il me fait un chtit peu "marrer" le "rassurez-vous" là ...


"ça leur donnerait un coup de pied occulte à l'ego, qu'ils ont sensible" Vive les coups de pied occultes... et ailleurs

à propos, à la query "qu'est ce qu'une bonne gauche"... c'est peut être une gauche "morte" ? en tout cas c'est pas une gauche à la fabius,hollande,royal,jospinedecheval,langdepute,delanoël même si ce serait "peut être" le moins pire (il me fait suer avec son "sable" dans les yeux)etcetcetc
Bon je relie pô, nã... ;)

Ecrit par : toto | 26 juillet 2006

"EST global" là obligé je suis ;)

Ecrit par : toto | 26 juillet 2006

Je vois que les programmes prennent en compte les difficultés d'apprentissage......
Cela signifierait que les enfants au fur et à mesure des générations deviendraient de plus en plus idiots ?
Absurde!
Comme il a été dit il suffit de trouver un sujet qui intéresse pour que l'enfant apprenne sans effort conscient.
Bien sûr chacun son rythme mais tout de même!
La connaissance de la connaissance deviendra d'ici quelques décennies un luxe...
C'est triste, et grave.
Inquiétant.
Vous le comprenez ça m'interloque.

Ecrit par : EncoreDePassage | 26 juillet 2006

La méthode des baffes marche très bien pour la multiplication par zéro : "Attention, je vais te donner trois fois zéro claque !" et on mime, genre grosse baffe qui s'arrête juste avant d'arriver sur la joue en disant très fort 1... 2..., 3..., "Et maintenant 192 758 fois zéro !(on commence à mimer et on arrête, l'air épuisé par l'effort)..." ou l'inverse " Et maintenant zéro fois 1 295 436 claques !". Ils adorent.
Un petit complément sur les programmes de l'école élémentaire que je développerai un autre jour:

Les programmes
J’aimerais rajouter une pierre à votre description des programmes et autres lois de programmation. Lorsqu’en 1995, nous avons reçu et commenté les « nouveaux programmes » (nous avons même eu à l’occasion une magnifique « animation pédagogique » style grand messe, dans une salle des fêtes très mal insonorisée, pendant laquelle le conseiller pédagogique nous a projeté grâce à son magnifique rétroprojecteur des pages entières de notre nouvelle bible, totalement illisibles pour la myope que je suis mais qu’il nous lisait en même temps au cas où nous aurions été incapables de le faire seuls chez nous... sans aucun commentaire, aucune argumentation et, bien sûr, aucune recette), j’avais trouvé une formule toute faite (vous avez sans doute remarqué à quel point j’une et j’abuse de ce genre de formules) : « J’ai la sinistre impression qu’on nous demande de mettre la charrue avant les bœufs... ».
Je croyais alors avoir tout vu, mais, en 2002, après avoir perdu une journée entière en début d’année à essayer de faire comprendre à ma jeune collègue PE sortante que telle ou telle innovation de la première mouture me paraissait totalement farfelue (exemple : le passage par l’écriture en majuscules d’imprimerie pour, soi disant, simplifier la lecture et le graphisme en moyenne et grande sections alors que les enfants n’utiliseront plus que très rarement ce type d’écriture dans tout le reste de leur scolarité), j’ai reçu « Qu’apprend-on à ... (la maternelle, l’école élémentaire, le collège) ? » et là, j’ai vu qu’il y avait pire que les programmes de 1995, avec leurs pauvres bœufs poussant difficilement leur charrue, c’était la charrue seule au milieu de son champ et le public autour lui criant sur tous les tons : « Bah avance, qu’est-ce que tu attends ? ».(Je vous en reparlerai plus loin)

Ecrit par : catmano | 26 juillet 2006

Pan sur les naseaux!!!!!
Retz, c'est donc un matheux....remarquez, ça doit être un spécialiste des nombres cardinaux.....
C'est comme Bourbaki...J'ai jamais compris pourquoi ce groupe de matheux avait pris le nom d'un des seuls généraux digne de ce nom de la Guerre de 70

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 26 juillet 2006

Ségolène ?
Attendons de voir quelles seront ses propositions pour l'école.
A priori, elles devraient en ligne sur son blog : Désirs d'avenir bientôt.
La gauche, et j'avoue que j'ai peine à m'en remettre, porte à mon avis la responsabilité terrible d'avoir saccagée l'école depuis 25/30 ans.
Je m'excuse d'accuser la gauche de cette façon mais c'était son joyau, son patrimoine léguée par ses glorieux anciens ( Ferry, Clemenceau etc .. ) et protégée par les suivants comme Blum, Mendès ou Mollet.
Il aura fallu attendre la génération post 68 et son avènement au pouvoir pour voir fondre sur l'école tous les missiles que l'on connaît.
La droite n'a fait que continuer dans le même sens sans idées nouvelles ni volontés politiques.

Olivier

Ecrit par : Olivier | 26 juillet 2006

Bon, je n'ai toujours pas eu de réponses des uns et des autres pour qu'ils m'expliquent leur conception de ce que pouvait représenter le fait d'être: "de gauche", en dehors de certaines considérations par défaut.
D'accord pour Delanoë, toto, quoique je trouve qu'il souffre un peu de son ego surdimensionné! Mais c'est un des rares que je considère comme à peu près honnête.
Je ne partage pas votre analyse, Jean-Paul; en revanche, je suis à 100% d'accord avec vous en ce qui concerne le comptage, (et la prise en compte, évidemment) des bulletins blancs. C'est un point de vue que je défends depuis moult années. On aurait moins de votes par défaut, et cela pourrait de toutes évidence clarifier certaines choses, et épurer ou étoffer certains programmes politiques!

Ecrit par : christophe sibille | 26 juillet 2006

Olivier, votre observation pour parfaitement exacte qu'elle soit n'est pas vraiment neuve. Bien entendu que la Gauche a commis un des crimes les plus consommés d'une société démocratique: tuer l'enseignement.
Tout le monde sait pourquoi et par quels moyens, inutile d'y revenir ni de souligner que des malfrats comme Meirieu, Dubet, Defrance et autres gangsters sont coupables de la mort de l'école.
Maintenat, que ferait Ségolène???? Rien d'autre que ce que ces prédécesseurs ont fait.....Nous enfoncer un peu plus la tête dans la merde, et à coups de talons.
Car la gauche, c'est avant tout la clique des branchouilles mes couilles oberkamfouilles. Ce sont de petits bourgeois pour Brecht, sans envergure, engoncés dans leur petit train-train. Ils vont chez LEUR boulanger,chez LEUR fromager, chez LEUR caviste.....
Leurs lardons, ils les foutent chez les curés, et là pas de mérieusités....
Ils trâinent derrière eux un incoercible mépris du populo, car ils sont à deux ou trois générations issus de la fange...et le spectacle du peuple leur renvoie une image non voulue d'eux-mêmes,insupportable. Alors imaginer que le lardon de la super-sympas fémmé dé ménaje poultougouchesse qui trabaille chez oux puisse accéder à Molière, Racine etc....leur est intolérable.
Donc, mon cher Olivier, ce que vous dîtes est vrai, mais l'analyse de ce problème est strictement marxiste: c'est en effet un problème d'affrontement de classes. Et ce n'est pas un hasard si c'est dans l'école que cela se cristallise. L'école fut jusqu'au putsch du SGEN puis celui du SNES dans les années 70 puis 80, un formidable poumon de démocratie.
Vers 1973, alors que j'étais en Terminale, mon père se fit virer manumilitari du SGEN. et il a encore, 33 ans après gardé toute une collection de tracts, circulaires de ce syndicat pourri...C'est édifiant et consternant. L'un de ces documents, notemment, porte en lettres garamond bold casse 28 "ASSEZ DES CAPITALISTES DU SAVOIR", et qui était une sorte de réquisitoire para-fasciste, stalinien à coup sûr, contre, dans le désordre, les agrégés, les titulaires, l'enseignement du grec, celui du latin ,de la philo même.....
Les soixante-huitards, donc, petis bourgeois sentant encore de très près le champ de patates dont ils sont issus, ont cru qu'ils avaient une mission à remplir....Mais ils n'en avaient aucune.Aujourd'hui, ils foutent le camp, direction la retraite ou le cimetière et ce n'est pas une grande perte.
Ce qu'ils ont fait à l"cole, c'est appliquer du Maxime le Forestier, du Bob Dylan, du Higelin A LA LETTRE. Mortau savoir...We don't need no education ,
We don't need no tough control

Teachers, let' the kids alive

Ces connards de Pink Floyds, au demeurant tous issus de la bourgeoisie, montant les ados comme des clébards contre l'école.
Je tiens le tract en question à votre disposition tout en soulignant que l'ignoble droite n'a eu qu'à se baisser pour continuer les obsèques. Ce fut du pain bénit pour les héritiers de Pétain de voir ceux de Blum se charger du boulot. C'est, mutatis mutandis, un peu la même chose quand Laval fit le siège d'Oberg en insistant pour qu'il autorise la déportation ndes enfants de moins de 16 ans...Oberg, à Nuremberg, dira qu'il n'en était pas encore revenu...
La servilité, la cuculerie, le mièvrerie Huguette Bouchardesque, les conneries du PS, la hargne de tous ce gens qui souvent furent blackboulés à l"agreg ou au capes et qui en conçurent une haine inextinguible du système...les profs eux-mêmes àcôté de leurs pompes: je me souviens, -ça va pas plaire à JPG-d'une de mes profs de français, Mme Lemaire, qui, en 3ème nous faisait faire des débats vaseux au lieu de nous enseigner le français.....les débaaaaaaaaaaaaa, arme pour démolir la pédagogie. Igonminie de faire croire à une Ecclésia alors qu'il ne s'agit que d'une Aristocratie...
Même chose en Allemagne, en pire, parce que là ,les gauchards avaient un prétexte béton pour ne pas faire d'autorité: Hitler.
La descente aux enfers est bientôt terminée, je vous rassure. On a avalé tellement de couleuvres que nous sommes devenus un vivarium. Nous pourrons toujours nous reconvertir comme gardiens de zoo avec notre petit pliant... remarquez, est-ce que ça nous changerait beaucoup?

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 26 juillet 2006

ah queue tu m'étonnes, ah queue on est dans la "doune", le souci c'est que, même si tu le leur dis, "ils" ne te croâent pas, les ânes!

bon quel est le con qui a écrit pour la première fois "Notamment" avec un "A" que je lui case la tronche ou alors pourquoi avoir mis 2 putains de "M" ?????? flûte de crotte de bique .

Merci olivier&Jeanphi ah queue je pense la même grosso merdo.

Ecrit par : toto | 26 juillet 2006

Il est probablement l'heure pour moi d'envoyer un mot (certainement long; c'est mon premier message, et peut-être le dernier... je balance en vrac, au débotté) sur ce blog. Par sympathie déjà pour l'humeur de monsieur JPB: votre oeil noir et et votre moustache furibarbe à la télévision me plaisent assez (votre "trop" parfois vous dessert, je crois, mais c'est un jeu de manche, peut-être...); et votre goût pour le sang dans les débats est appréciable quand il vient avec l'intelligence et la foudre (sur ce point, lire la dernière proposition de Schopenhauer dans l'Art d'avoir toujours raison. C'est du grand!). Et puis aussi, parce que je vois très peu, voire pas du tout, de messages de la part de professeurs de Lycée professionnel (je suis en Lettres-Histoire... Un pas grand-chose.... vous en conviendrez amis capétiens et agrégés... Mais le concours était facile (je n'ai pas la tête aux concours formatés) et j'avais besoin d'argent pour poursuivre ma thèse et faire l'andouille dans des colloques internationaux de haute voltige - ha l'ego... La Rochefoucauld que vous aviez raison...).

Quelques fois, je ne comprends pas les diatribes des uns et des autres, ou leur vulgarité ici (par exemple, Montaigne-à-cheval, je vous ai pisté sur le blog "La République des livres"... On dirait , pardonnez-moi l'amalgame, du Lutte Ouvrière qui a tourné au vinaigre de framboise. Enfin, peut-être que LO et les ultra-gauche sont déjà un peu piqués... à la base du fondement. Mais il y en a pour qui vilipender suffit à satisfaire. EXISTER... Les "petits gris" de Michel Charasse - souvenez-vous de son coup de fouet contre Rocard méditant sur le miterrandisme... Vous pourriez en prendre la couleur...): n'est pas l'immense Léon Bloy, ou le non moins tonitruant Léon Daudet qui veut. L'art de l'insulte demande plus que le gros mot, il a besoin du style, d'une hauteur de style pour ne pas se sentir le parent pauvre de la Littérature (Oui, avec la majuscule comme chez Barthes... Quel ennui, Barthes... Ce doit être générationnel...). Et insulter sur ce blog, mettre en cause en nommant, pourquoi pas, c'est que vous êtes en fin de carrière peut-être, ou que, nous le savons tous, c'est quand même difficile de déboulonner un prof (alors les craintes rectales, arf arf arf, c'est chercher le frisson où il ne se trouve certainement pas)...

Mais Montaigne-à-cheval, on s'en fout du point de vue de l'individu. Je glose plutôt sur cette mentalité de délation qui hante le corps enseignant (dont je suis... bien sûr). (1) Qui que c'est qui a "vendu" ce proviseur homosexuel à Mende pour cause de blog insane? (2) Et comment que ces "qui-que-c'est" ont trouvé ce blog? Voici les réponses, par ordre: des enseignants (1) qui surfaient sur le net pour trouver des blogs d'élèves (ah 18 heures de cours, ce n'est pas assez pour s'occuper... L'oisiveté est mère de tous les vices) (2) qui, peut-être, ne les montreraient pas sur leurs plus beaux atours...

Et qu'ont-ils fait? Une jolie lettre: Cher monsieur ou chère madame de la Kommandatur (heu pardon:) du Rectorat, je suis un bon Français (heu pardon:) un bon fonctionnaire enseignant, je tiens à vous signaler que mon voisin cache des Juifs (heu pardon:) possède un blog où, grands dieux muets dans les nuées, on peut voir des photos du postérieur (ho ce mot est vilain, ma plume tremble à l'écrire...) du monsieur et des commentaires personnels sur la vie professionnelle de cet infâme contrevenant.

On sait tous ce qu'il advint de ce pauvre proviseur...

ERK!

C'est vrai que, comme je l'ai lu, dans un commentaire plus haut, le prof (aigri ou petit bras, assez souvent sans ambition personnelle, bourgeoisement satisfait de l'obtention de son concours qui le marque comme un héros de la Nation... arf arf arf, et qui s'en arrête là, comme si le monde était définitivement à lui) contemple avec envie, mais avec l'oeil blanc de l'aveugle, il ne faut pas que cela se voit, le CV du cher collègue.

Savez-vous encore que lire "Le Figaro" (pour rire... ou pas) dans certaines salles des profs peut valoir des remarques désobligeantes (j'aime surtout les pages saumon de cet excellent journal, mais aussi l'album de la Comtesse dans le Canard... et le magazine "20 ans", ha non, ça, j'ai fini. C'était à l'époque où je voulais comprendre les filles...)?


Bien sûr le vivier enseignant n'est pas totalement pourri. Non, l'administration aussi peut être très convaincante en la matière. Je m'explique, et cela me permettra de justifier ce "commentaire" de commentaire de commentaire, ad lib. Première année de titularisation (chanceux, je ne suis pas envoyé où l'Enfer zépétiste semble chercher ses âmes et ses séides. C'était un des "plus" du PLP Lettres-Histoire il y a quelques petites années encore. Oui, c'est honteux de choisir un concours pour sa facilité et ses côtés très positifs: mais je ne suis qu'un littéraire, qu'un léger...).
Première année de titularisation donc (il faut que j'arrête avec cette manie de la digression): un jeune issu de l'immigration (non, ce n'est pas un Portugais...) en plein cours se lève et se lance dans le prosélytisme pan-islamique/iste le plus virulent: "Je ne suis pas Français" (il est né en France), "vous les Français, vous voulez nous christianiser", (...) "moi je suis prêt à me faire sauter pour la défense de l'Islam", religion pure, etc. etc. "La France n'est qu'une chienne". Bref, c'est une opinion. Et nous sommes une nation démocratique (clin d'oeil à une analyse de monsieur JPB). Je lui demande d'argumenter (oui, je n'oublie jamais mes IO: l'argumentation est le point central de l'enseignement du Français en LEP), idiot raisonneur que je suis (ha les beaux rêves du Moyen-Âge universitaire pour lequel la parole était transformation du coeur...): j'eus droit à pire. Ce qui m'inquiète, hormis ce jeune con embrigadé dans une mosquée du sous-sol (dans un village de l'Ardèche!!!! au bord du Rhône... c'est pour vous dire...), c'est le silence de ses camarades. Imaginez une classe angoissée, ou stupidement hébétée, prête à se soumettre à la force ridicule du plus gueulard et voyant... Devinant que l'intelligence défaillait, que je ne pouvais l'inviter à venir sur le plan de la réfléchixion analytique, que reste-t-il contre la bêtise et le désir de puissance?: le fameux coup de boule inscrit dans le carnet de correspondance: c'est-à-dire le renvoi de classe, avant d'aller, moi, voir le proviseur de l'établissement.

Figurez-vous encore que le même matin, avec une autre classe, un jeune blond (serré dans ses bottes militaires, son pantalon noir à poches multiples et variés) à la coupe capillaire nette me demande, alors que je faisais mon cours sur la Seconde guerre mondiale: "Monsieur est-ce que vous êtes Juif?" Quelques synapses en moi sont alertées: "Vous qu'en pensez-vous?", lui demandai-je. "Non, vous n'en avez pas le nez..." Soudain en moi l'abysse. Je me dis, avec ces deux petits gars (remarquez comme les opinions politiques et philosophiques sont variées dans cet établissement de la Drôme...), le proviseur va réagir (un renvoi de classe -ce qui était déconseillé de faire...-, une colle ça ne suffit pas!). Abîmé dans mes pensées d'intellectuel raffiné etr occidental, je m'assois face à mon chef, lui dis tout, lui demande ce qu'il va faire (2 déclarations franchement racistes, on ne peut pas laisser passer cela, on peut porter plainte...): 1) pour savoir si les gosses ne sont pas empêtrés dans un milieu qui les rend débiles, 2) pour empêcher que de tels propos se reproduisent. Que croyez-vous qu'il fut décidé de faire dans la tête du proviseur (secrétaire général de la section départementale du syndicat des proviseurs... Que son lycée soit mal vu, dans son cas, doit être une abomination... Une honte... Mon barême! Mon barême... Ma carrière!)? RIEN. Le laxysme triomphant et bestial dans sa mollesse la plus émoliente. Qui a gagné? L'obscurantisme (je ne vous parle pas non plus des arguments en faveur du foulard islamique: "Monsieur, je ne sais pas, c'est comme ça" Ce n'est pas Jacques-a-dit, mais Mon-Iman-a-dit... Avec aussi ceci de piquant: Nous n'avons pas d'ancêtres velus qui ont déambulé à quatre pattes, dans un premier temps...). Mais je ne veux pas stigmatiser une religion (non!!!! ce n'est pas bien...), mais ce que j'ai entendu jusque là d'horripilant vient d'un livre vert et de la glose qu'en proposent certains prêcheurs ignares (il n'y a pas que des brillants blabatteurs dans le style de qui-vous-savez-à-la-barbe-bien-taillée, JPB dixit). Pour le moment, je n'ai pas eu le loisir de connaître des crétins de la Kippa, de la Croix papiste ou de la Croix huguenote (je suis moi-même parpaillot cévenol: mais de ces Cévennes qui ont lutté pour la liberté, contre l'oppression, avec dans moin ascendance un grand-père anarchiste espagnol!). J'ai croisé quelques darbistes, mais rien de bien grave encore...

Ce fut un grand choc pour moi, c'etait comme perdre un peu mon père... Vous savez, la figure paternelle (le proviseur, garant de l'autorité, de la sécurité physique et morale des élèves... Tout comme moi je dois faire, non?) qui est prise en défaut de lâcheté. Bon il a eu sa voiture abîmée. Mais la mienne a été saccagée à coups de pierre (vitres brisées, tôle enfoncée) devant le lycée, à la sortie des cours, devant les élèves attendant leur bus, et les parents. Parce que j'ai résisté contre la brutalité de la masse (illustration: un pauvre jeune prof qui fait confiance dans les pouvoirs de l'instruction et des mots se fait encercler par une dizaine d'élèves en classe, le nombre! ils ne connaissent que ça..., parce que je voulais les faire travailler tout simplement, pour qu'ils réussissent leur BEP, parce qu'en LEP ils pensaient qu'on n'y faisait rien, que c'était les vacances, à ce que leur avaient dit les copains, et que les caids, les macs, ce sont eux... Et je vous décris ce qui s'est passé dans une agglomération de 10 000 habitants...).

Je m'interroge: sommes-nous en train de regarder l'eau monter, noyer nos cultures (jeu de mots! haha), et quand l'eau nous touche les orteils, ne faisons-nous que cela: prendre notre barda et grimper un peu plus haut pour avoir les pieds encore au sec? Mais l'eau vient quand même. Et la montagne se fait colline puis monticule...

J'entends mes élèves (de tous les horizons) dire ouvertement qu'ils n'attendent qu'une chose: une guerre civile pour en découdre entre "ethnies": chrétiens contre musulmans, riches contre pauvres, abandonnés contre nantis (ou supposés l'être...). Il y a une terrible et trés inquiétante frustration chez eux. La montée des petits vexés, ayant le sentiment d'être humiliés, et qui se vantent de voter Le Pen aux prochaines éléctions, parce qu'il y en a marre. Est-ce seulement une attitude d'ado????

Et l'Ecole dans tout ça? Elle est b'en perdue, monsieur le curé.... Elle n'est qu'une part d'un grand dérèglement généralisé. Je ne parle pas de déliquescence. Ou de dégérénescence. Cela serait croire en un Âge d'or, donc à la toute bienfaisance du passé. Peut-être est-ce le destin des valeurs occidentales que de disparaître? L'Histoire en a connu d'autres de ces effondrements qui ont donné... autre chose.... C'est une théorie. Ou du darwinisme civilisationnel. Kekchozkomsa.


Que veux-je dire encore? J'en ai dit beaucoup... Ah oui... Vous pleurez sur l'état du collège ou du lycée général? Je vous invite à découvrir le monde du LEP, ce que sont les connaissances en LEP et la qualité des ateliers (c'est honteux et quelques fois dangereux même!).

Un défaut que je pointe du doigt chez mes collègues du collège (j'ai enseigné en collège aussi... hé oui les TZR PLP sont placés partout...): pourquoi est-ce que nous serions les établissements poubelles? Mais aussi, il n'y a pas que cela: les LEP ont failli à leur mission. La faute à qui? à quoi? No lo se monsignore. Et alors: la haine de la littérature (mais que faites-vous au collège pour nous rendre des jeunes esprits aussi réfractaires aux textes et au plaisir de lire????? Trop d'académisme et de courbettes devant la Littérature? Comment se "fesse" que Molière et quelques autres classiques apparaissent comme "emmerdants" et inutiles (ah cette appétance pour les choses qui doivent servir immédiatement...)??? Même s'ils peuventt l'être quelques fois... Oh, hein, les manuels sont pleins de vieilles barbes statufiés. Il n'y a pas que des chef-d'oeuvres, y compris chez les plus grands...).

Ce qui nous est exigé à nous professeurs de Français en LEP, c'est de produire des maîtres ès-argumentation. Alors ça, ça argumente (à l'oral... des marchands de tapis...), ça argumente (sur tout) juste ce qu'il faut pour ne pas laisser libre-cours à l'imagination, à l'exaltation du moi intime qui songe (j'adorais les sujets d'imagination au collège... je détestais y avoir de mauvaises notes): le système éducatif, l'environnement actuel en font des eunuques de la pensée, des prêts-à-(l')emploi. LE PANARD...

La paupérisation des esprits, de la sensibilité, je la vois tous les jours (hors les vacances) au LEP. Faites attention chers collègues, car on entend souvent que le LEP est le laboratoire des idées pour le collège et le lycée général... Mes élèves, je les sens avec peu d'espoir. Certains, je les applaudis, gardent une volonté de fer: réussir leur formation diplomante, malgré la rage contre eux de ceux qui ne réussissent pas ou qui trouvent qu'avoir des bonnes notes c'est la honte, trouver un travail... etc.

Je veux bien tenter des choses en classes de Français (n'oubliez pas que j'enseigne l'Histoire, la Géographie et l'Education civique aussi... Même si, au moment où je passai le concours je n'avais pas ouvert de livres concernant ces 3 matières depuis le bac... Je ne veux pas dévaluer le concours du PLP; il est juste mal fichu, comme le capes ou l'agreg): déranger, titiller, questionner, faire émerger des sensations, faire découvrir tout ce que le Français en LEP tel qu'il doit être enseigné plus ou moins "interdit", non déconseille (parce que ce n'est pas du niveau des élèves - et alors, notre boulot sert à quoi????? à les laisser dans leur nullité supposée???? - et que 10 mn d'éclaircissements préalables sont inadmissibles. PAS DE COURS MAGISTRAUX bon sang de bon soir): un peu de philosophie pré-socratique, mon cher Schopenhauer, quelques contes soufis, un roman où la question ontologique du suicide est centrale (ah non! ils sont trop fragiles pour pouvoir lire ça... ça les taraude...), du Buckowski (pas celui des contes!!!! je risquais gros sinon, paraît-il... Vous exagérez: c'est trop grossier... En tout cas ça a remué les plus ouvertement vulgaires de ma classe: quoi la littérature, et pas une petite, ça peut être ça aussi??? On peut oser écrire ainsi???? et que cela donne à lire un texte extrêmement riche en idées et mythologies... Hé oui, mes enfants...). Enfin sortir un peu du gnangnan compassé, corseté par le bien-à-penser, d'une littérature maintenant aussi dure et froide que du marbre à force de considération esbaudie.

J'essaye cela: je veux dire que je leur donne ce que par eux-mêmes ils n'iront jamais voir: parce qu'ils ne savent pas que de telles choses existent. Parce que leur curiosité est comme moribonde... Voire morte (Mais expliquez-moi comme cela est possible, s'il vous plait...).

Je voulais dire encore, et je finis là-dessus: si j'ai voulu devenir prof de littérature (je ne dis pas de Français, cela entend trop de grammaire et de syntaxe avant tout, et la Littérature c'est autre chose que cela tout en s'appuyant sur cela), c'est grâce à une enseignante, durant ma 3ieme, madame Nesme, qui, à 6O ans, m'a ouvert les yeux sur le monde et l'aventure de la conscience habitant le monde en disant ceci: "Il ne faut pas avoir peur des mots" et en demandant un jour à sa classe tétanisée par tant d'audace (60 ans je vous dis!): "Quelle est la différence entre un film pornographique et un film érotique?" Elle y répondit, après avoir écouté les valeureux, dont je faisais partie, qui levèrent le doigt, tout en rajoutant qu'elle préférait l'érotisme... Depuis ce jour, elle est mon point d'horizon. Tant de liberté devant nous, refusant de nous prendre pour des imbéciles et des cons...

Tout peut passer, avec la finesse et l'intelligence: qui ne sont pas la provocation gratuite à deux balles (n'est-il point monsieur Montaigne-à-cheval?... Au fait, saviez-vous, amis blogueurs, que Montaigne analyse ce qui lui sort par le cul, je pourrais dire ce que son cul lui souffle..., quand il chevauche? La différence entre vesse, pêt et vent... J'adore aussi ce Montaigne-là... Le vrai, je veux dire...).

Ici s'achève mon épître.

Pendariès


PS: Qui reconnaîtra d'où vient ce pseudonyme de Pendariès?...

Ecrit par : Pendariès | 26 juillet 2006

Pour celles et ceux qui veulent corriger mes fautes, vous avez le champ libre... C'est un blog de/pour profs ici? Non???

Ecrit par : Pendariès | 26 juillet 2006

C'est peut-être mieux après correction (ha écrire sur un blog de prof... ça angoisse... toujours l'impression d'être noté... pfffffffff)? Satanée langue française, vous la pratiquez tous les jours et elle vous glisse entre les doigts.... Je l'aime pour cela.

Il est probablement l'heure pour moi d'envoyer un mot (certainement long; c'est mon premier message, et peut-être le dernier... je balance en vrac, au débotté) sur ce blog. Par sympathie déjà pour l'humeur de monsieur JPB: votre oeil noir et votre moustache furibarbe à la télévision me plaisent assez (votre "trop" parfois vous dessert, je crois, mais c'est un jeu de manche, peut-être...); et votre goût pour le sang dans les débats est appréciable quand il vient avec l'intelligence et la foudre (sur ce point, lire la dernière proposition de Schopenhauer dans l'Art d'avoir toujours raison. C'est du grand!). Et puis aussi, parce que je vois très peu, voire pas du tout, de messages de la part de professeurs de Lycée professionnel (je suis en Lettres-Histoire... Un pas grand-chose.... vous en conviendrez amis capétiens et agrégés... Mais le concours était facile (je n'ai pas la tête aux concours formatés) et j'avais besoin d'argent pour poursuivre ma thèse et faire l'andouille dans des colloques internationaux de haute voltige - ha l'ego... La Rochefoucauld que vous aviez raison...).

Quelques fois, je ne comprends pas les diatribes des uns et des autres, ou leur vulgarité ici (par exemple, Montaigne-à-cheval, je vous ai pisté sur le blog "La République des livres"... On dirait, pardonnez-moi l'amalgame, du Lutte Ouvrière qui a tourné au vinaigre de framboise. Enfin, peut-être que LO et les ultra-gauches sont déjà un peu piqués... à la base du fondement. Mais il y en a pour qui vilipender suffit à satisfaire. EXISTER... Les "petits gris" de Michel Charasse - souvenez-vous de son coup de fouet contre Rocard méditant sur le mitterrandisme... Vous pourriez en prendre la couleur...): n'est pas l'immense Léon Bloy, ou le non moins tonitruant Léon Daudet qui veut. L'art de l'insulte demande plus que le gros mot, il a besoin du style, d'une hauteur de style pour ne pas se sentir le parent pauvre de la Littérature (Oui, avec la majuscule comme chez Barthes... Quel ennui, Barthes... Ce doit être générationnel...). Et insulter sur ce blog, mettre en cause en nommant, pourquoi pas, c'est que vous êtes en fin de carrière peut-être, ou que, nous le savons tous, c'est quand même difficile de déboulonner un prof (alors les craintes rectales, arf arf arf, c'est chercher le frisson où il ne se trouve certainement pas)...

Mais Montaigne-à-cheval, on s'en fout du point de vue de l'individu. Je glose plutôt sur cette mentalité de délation qui hante le corps enseignant (dont je suis... bien sûr). (1) Qui que c'est qui a "vendu" ce proviseur homosexuel à Mende pour cause de blog insane? (2) Et comment que ces "qui-que-c'est" ont trouvé ce blog? Voici les réponses, par ordre: des enseignants (1) qui surfaient sur le net pour trouver des blogs d'élèves (ah 18 heures de cours, ce n'est pas assez pour s'occuper... L'oisiveté est mère de tous les vices) (2) qui, peut-être, ne les montreraient pas sur leurs plus beaux atours...

Et qu'ont-ils fait? Une jolie lettre: Cher monsieur ou chère madame de la Kommandantur (heu pardon:) du Rectorat, je suis un bon Français (heu pardon:) un bon fonctionnaire enseignant, je tiens à vous signaler que mon voisin cache des Juifs (heu pardon:) possède un blog où, grands dieux muets dans les nuées, on peut voir des photos du postérieur (ho ce mot est vilain, ma plume tremble à l'écrire...) du monsieur et des commentaires personnels sur la vie professionnelle de cet infâme contrevenant.

On sait tous ce qu'il advint de ce pauvre proviseur...

ERK!

C'est vrai que, comme je l'ai lu, dans un commentaire plus haut, le prof (aigri ou petit bras, assez souvent sans ambition personnelle, bourgeoisement satisfait de l'obtention de son concours qui le marque comme un héros de la Nation... arf arf arf, et qui s'en arrête là, comme si le monde était définitivement à lui) contemple avec envie, mais avec l'oeil blanc de l'aveugle, il ne faut pas que cela se voit, le CV du cher collègue.

Savez-vous encore que lire "Le Figaro" (pour rire... ou pas) dans certaines salles des profs peut valoir des remarques désobligeantes (j'aime surtout les pages saumon de cet excellent journal, mais aussi l'album de la Comtesse dans le Canard... et le magazine "20 ans", ha non, ça, j'ai fini. C'était à l'époque où je voulais comprendre les filles...)?


Bien sûr le vivier enseignant n'est pas totalement pourri. Non, l'administration aussi peut être très convaincante en la matière. Je m'explique, et cela me permettra de justifier ce "commentaire" de commentaire de commentaire, ad lib. Première année de titularisation (chanceux, je ne suis pas envoyé où l'Enfer zépétiste semble chercher ses âmes et ses séides. C'était un des "plus" du PLP Lettres-Histoire il y a quelques petites années encore. Oui, c'est honteux de choisir un concours pour sa facilité et ses côtés très positifs: mais je ne suis qu'un littéraire, qu'un léger...).
Première année de titularisation donc (il faut que j'arrête avec cette manie de la digression): un jeune issu de l'immigration (non, ce n'est pas un Portugais...) en plein cours se lève et se lance dans le prosélytisme pan-islamique/iste le plus virulent: "Je ne suis pas Français" (il est né en France), "vous les Français, vous voulez nous christianiser", (...) "moi je suis prêt à me faire sauter pour la défense de l'Islam", religion pure, etc. etc. "La France n'est qu'une chienne". Bref, c'est une opinion. Et nous sommes une nation démocratique (clin d'oeil à une analyse de monsieur JPB). Je lui demande d'argumenter (oui, je n'oublie jamais mes IO: l'argumentation est le point central de l'enseignement du Français en LEP), idiot raisonneur que je suis (ha les beaux rêves du Moyen-Âge universitaire pour lequel la parole était transformation du coeur...): j'eus droit à pire. Ce qui m'inquiète, hormis ce jeune con embrigadé dans une mosquée du sous-sol (dans un village de l'Ardèche!!!! au bord du Rhône... c'est pour vous dire...), c'est le silence de ses camarades. Imaginez une classe angoissée, ou stupidement hébétée, prête à se soumettre à la force ridicule du plus gueulard et voyant... Devinant que l'intelligence défaillait, que je ne pouvais l'inviter à venir sur le plan de la réflexion analytique, que reste-t-il contre la bêtise et le désir de puissance?: le fameux coup de boule inscrit dans le carnet de correspondance: c'est-à-dire le renvoi de classe, avant d'aller, moi, voir le proviseur de l'établissement.

Figurez-vous encore que le même matin, avec une autre classe, un jeune blond (serré dans ses bottes militaires, son pantalon noir à poches multiples et variés) à la coupe capillaire nette me demande, alors que je faisais mon cours sur la Seconde guerre mondiale: "Monsieur est-ce que vous êtes Juif?" Quelques synapses en moi sont alertées: "Vous qu'en pensez-vous?", lui demandai-je. "Non, vous n'en avez pas le nez..." Soudain en moi l'abysse. Je me dis, avec ces deux petits gars (remarquez comme les opinions politiques et philosophiques sont variées dans cet établissement de la Drôme...), le proviseur va réagir (un renvoi de classe -ce qui était déconseillé de faire...-, une colle ça ne suffit pas!). Abîmé dans mes pensées d'intellectuel raffiné et occidental, je m'assois face à mon chef, lui dis tout, lui demande ce qu'il va faire (2 déclarations franchement racistes, on ne peut pas laisser passer cela, on peut porter plainte...): 1) pour savoir si les gosses ne sont pas empêtrés dans un milieu qui les rend débiles, 2) pour empêcher que de tels propos se reproduisent. Que croyez-vous qu'il fût décidé de faire dans la tête du proviseur (secrétaire général de la section départementale du syndicat des proviseurs... Que son lycée soit mal vu, dans son cas, doit être une abomination... Une honte... Mon barème! Mon barème... Ma carrière!)? RIEN. Le laxisme triomphant et bestial dans sa mollesse la plus émolliente. Qui a gagné? L'obscurantisme (je ne vous parle pas non plus des arguments en faveur du foulard islamique: "Monsieur, je ne sais pas, c'est comme ça" Ce n'est pas Jacques-a-dit, mais Mon-Iman-a-dit... Avec aussi ceci de piquant: Nous n'avons pas d'ancêtres velus qui ont déambulé à quatre pattes, dans un premier temps...). Mais je ne veux pas stigmatiser une religion (non!!!! ce n'est pas bien...), mais ce que j'ai entendu jusque là d'horripilant vient d'un livre vert et de la glose qu'en proposent certains prêcheurs ignares (il n'y a pas que des brillants blablateurs dans le style de qui-vous-savez-à-la-barbe-bien-taillée, JPB dixit). Pour le moment, je n'ai pas eu le loisir de connaître des crétins de la Kippa, de la Croix papiste ou de la Croix huguenote (je suis moi-même parpaillot cévenol: mais de ces Cévennes qui ont lutté pour la liberté, contre l'oppression, avec dans mon ascendance un grand-père anarchiste espagnol!). J'ai croisé quelques darbystes, mais rien de bien grave encore...

Ce fut un grand choc pour moi, c'etait comme perdre un peu mon père... Vous savez, la figure paternelle (le proviseur, garant de l'autorité, de la sécurité physique et morale des élèves... Tout comme moi je dois faire, non?) qui est prise en défaut de lâcheté. Bon il a eu sa voiture abîmée. Mais la mienne a été saccagée à coups de pierre (vitres brisées, tôle enfoncée) devant le lycée, à la sortie des cours, devant les élèves attendant leur bus, et les parents. Parce que j'ai résisté contre la brutalité de la masse (illustration: un pauvre jeune prof qui fait confiance dans les pouvoirs de l'instruction et des mots se fait encercler par une dizaine d'élèves en classe, le nombre! ils ne connaissent que ça..., parce que je voulais les faire travailler tout simplement, pour qu'ils réussissent leur BEP, parce qu'en LEP ils pensaient qu'on n'y faisait rien, que c'était les vacances, à ce que leur avaient dit les copains, et que les caïds, les macs, ce sont eux... Et je vous décris ce qui s'est passé dans une agglomération de 10 000 habitants...).

Je m'interroge: sommes-nous en train de regarder l'eau monter, noyer nos cultures (jeu de mots! haha), et quand l'eau nous touche les orteils, ne faisons-nous que cela: prendre notre barda et grimper un peu plus haut pour avoir les pieds encore au sec? Mais l'eau vient quand même. Et la montagne se fait colline puis monticule...

J'entends mes élèves (de tous les horizons) dire ouvertement qu'ils n'attendent qu'une chose: une guerre civile pour en découdre entre "ethnies": chrétiens contre musulmans, riches contre pauvres, abandonnés contre nantis (ou supposés l'être...). Il y a une terrible et très inquiétante frustration chez eux. La montée des petits vexés, ayant le sentiment d'être humiliés, et qui se vantent de voter Le Pen aux prochaines élections, parce qu'il y en a marre. Est-ce seulement une attitude d'ado????

Et l'Ecole dans tout ça? Elle est b'en perdue, monsieur le curé.... Elle n'est qu'une part d'un grand dérèglement généralisé. Je ne parle pas de déliquescence. Ou de dégénérescence. Cela serait croire en un Âge d'or, donc à la toute bienfaisance du passé. Peut-être est-ce le destin des valeurs occidentales que de disparaître? L'Histoire en a connu d'autres de ces effondrements qui ont donné... autre chose.... C'est une théorie. Ou du darwinisme civilisationnel. Kekchozkomsa.


Que veux-je dire encore? J'en ai dit beaucoup... Ah oui... Vous pleurez sur l'état du collège ou du lycée général? Je vous invite à découvrir le monde du LEP, ce que sont les connaissances en LEP et la qualité des ateliers (c'est honteux et quelques fois dangereux même!).

Un défaut que je pointe du doigt chez mes collègues du collège (j'ai enseigné en collège aussi... hé oui les TZR PLP sont placés partout...): pourquoi est-ce que nous serions les établissements poubelles? Mais aussi, il n'y a pas que cela: les LEP ont failli à leur mission. La faute à qui? à quoi? No lo se monsignore. Et alors: la haine de la littérature (mais que faites-vous au collège pour nous rendre des jeunes esprits aussi réfractaires aux textes et au plaisir de lire????? Trop d'académisme et de courbettes devant la Littérature? Comment se "fesse" que Molière et quelques autres classiques apparaissent comme "emmerdants" et inutiles (ah cette appétence pour les choses qui doivent servir immédiatement...)??? Même s'ils peuventt l'être quelques fois... Oh, hein, les manuels sont pleins de vieilles barbes statufiés. Il n'y a pas que des chef-d'oeuvres, y compris chez les plus grands...).

Ce qui nous est exigé à nous professeurs de Français en LEP, c'est de produire des maîtres ès argumentation. Alors ça, ça argumente (à l'oral... des marchands de tapis...), ça argumente (sur tout) juste ce qu'il faut pour ne pas laisser libre cours à l'imagination, à l'exaltation du moi intime qui songe (j'adorais les sujets d'imagination au collège... je détestais y avoir de mauvaises notes): le système éducatif, l'environnement actuel en font des eunuques de la pensée, des prêts-à-(l')emploi. LE PANARD...

La paupérisation des esprits, de la sensibilité, je la vois tous les jours (hors les vacances) au LEP. Faites attention chers collègues, car on entend souvent que le LEP est le laboratoire des idées pour le collège et le lycée général... Mes élèves, je les sens avec peu d'espoir. Certains, je les applaudis, gardent une volonté de fer: réussir leur formation diplômante, malgré la rage contre eux de ceux qui ne réussissent pas ou qui trouvent qu'avoir des bonnes notes c'est la honte, trouver un travail... etc.

Je veux bien tenter des choses en classes de Français (n'oubliez pas que j'enseigne l'Histoire, la Géographie et l'Education civique aussi... Même si, au moment où je passai le concours je n'avais pas ouvert de livres concernant ces 3 matières depuis le bac... Je ne veux pas dévaluer le concours du PLP; il est juste mal fichu, comme le capes ou l'agrég): déranger, titiller, questionner, faire émerger des sensations, faire découvrir tout ce que le Français en LEP tel qu'il doit être enseigné plus ou moins "interdit", non déconseille (parce que ce n'est pas du niveau des élèves - et alors, notre boulot sert à quoi????? à les laisser dans leur nullité supposée???? - et que 10 mn d'éclaircissements préalables sont inadmissibles. PAS DE COURS MAGISTRAUX bon sang de bon soir): un peu de philosophie présocratique, mon cher Schopenhauer, quelques contes soufis, un roman où la question ontologique du suicide est centrale (ah non! ils sont trop fragiles pour pouvoir lire ça... ça les taraude...), du Buckowski (pas celui des contes!!!! je risquais gros sinon, paraît-il... Vous exagérez: c'est trop grossier... En tout cas ça a remué les plus ouvertement vulgaires de ma classe: quoi la littérature, et pas une petite, ça peut être ça aussi??? On peut oser écrire ainsi???? et que cela donne à lire un texte extrêmement riche en idées et mythologies... Hé oui, mes enfants...). Enfin sortir un peu du gnangnan compassé, corseté par le bien-à-penser, d'une littérature maintenant aussi dure et froide que du marbre à force de considération esbaudie.

J'essaye cela: je veux dire que je leur donne ce que par eux-mêmes ils n'iront jamais voir: parce qu'ils ne savent pas que de telles choses existent. Parce que leur curiosité est comme moribonde... Voire morte (Mais expliquez-moi comme cela est possible, s'il vous plait...).

Je voulais dire encore, et je finis là-dessus: si j'ai voulu devenir prof de littérature (je ne dis pas de Français, cela entend trop de grammaire et de syntaxe avant tout, et la Littérature c'est autre chose que cela tout en s'appuyant sur cela), c'est grâce à une enseignante, durant ma 3ieme, madame Nesme, qui, à 6O ans, m'a ouvert les yeux sur le monde et l'aventure de la conscience habitant le monde en disant ceci: "Il ne faut pas avoir peur des mots" et en demandant un jour à sa classe tétanisée par tant d'audace (60 ans je vous dis!): "Quelle est la différence entre un film pornographique et un film érotique?" Elle y répondit, après avoir écouté les valeureux, dont je faisais partie, qui levèrent le doigt, tout en rajoutant qu'elle préférait l'érotisme... Depuis ce jour, elle est mon point d'horizon. Tant de liberté devant nous, refusant de nous prendre pour des imbéciles et des cons...

Tout peut passer, avec la finesse et l'intelligence: qui ne sont pas la provocation gratuite à deux balles (n'est-il point monsieur Montaigne-à-cheval?... Au fait, saviez-vous, amis blogueurs, que Montaigne analyse ce qui lui sort par le cul, je pourrais dire ce que son cul lui souffle..., quand il chevauche? La différence entre vesse, pêt et vent... J'adore aussi ce Montaigne-là... Le vrai, je veux dire...).

Ici s'achève mon épître.

Pendariès

Ecrit par : Pendariès | 26 juillet 2006

Pendariès je me fous de votre sermon. si je suis un Lo au vinaigre de framboise, d'ailleurs ça d'une faiblesse!!!, vous,vous êtes un petit préchi-prêcha moralisateur. Tiens, puisque vous dites que cvous êtes parapaillot, sachez qu'une partie de ma famille, les Van Der Beken, sont des allumés de Mialet, des fanatiques du Désert. Mon grand-père fricota avec les fauchés du Foyer de l'Ame et j'ai un cousin qui tire le diable par la queue, et qui après s'être investi corp^s ét âme comme pasteur à Nacy, rue de Nabécor, s'est fait jeter proprement par la bondieuserie parpaillotte, qui, décidément, et quand on vous lit, on est comme dans Sarter, on a à la fois la nausée etlees mains sales, ne valent pas mieux que leurs complices acathos, ortho, islamo ou judéo.
Ma femme est luthérienne ,issue d'une paroisse qui sent le charbon par les matins d'hiver, Gelsenkirchen, dans la Ruhr...
Alors le rhalala, c'que vous êtes grossier quand même!!c'est con et insupportable. C'est du Cromwell de troisième zone. Un sermon de peine-à-jouir.
Au passage, j'observe que vous m'accusez, en substance de mettre en cause des personnes réelles. Oui, mon adjudant, et moi le premier. Le monde virtuel a besoin d'une EPAISSEUR.
De là à me dire que ce sont des gens comme moi qui ont conduit ce pauvre proviseur à être noyé sous la calomnie, z'avez pas de pot, j'ai fait partie d'un Comité de Soutien...
Quant à vos très nombreuses références -on dirait du Lucien Jeunesse- sachez , Machin, que mes références à moi, c'est Boudard, San-Antonio et Blondin, Audiard....Alors Léon Bloy, je ne vois pas le rapport.
Quant à "me pister depuis la République des Livres", cela montre votre bassesse et votre fragilité intellectuelle. EN fait, ça vous gêne, qu'il y ait des gens qui n'hésitent pas à faire de la coprolalie.....de l'humanité...
De toutes façons, vous pouvez imagnier ce que je pense de vous, cela se passe de mots et restera de l'ordre du virtuel. Et mon coco, ma provocation gratuie à deux balles, tu vois que ça marche, tu noussers une diarrhée verbeuse sur des dizaines de lignes pour dire que tu me conchies....
Quel bonheur d'être loin.....et quel avantage de ne pars risquer de tomber sur des nez-de-beouifs, vaguement frustrés, et qui en appellent à leurs maigres connaissances pour exister. Lire le FIgaro, et ses pages saumon quelle HHHHHHHHHHHHHHardiesse!!!!
Mais tout le monde s'en fout!!! Tiens, pour finir, vous me faîtes penser à Bouvard et Pécuchet, pas au roman, of course, le génie, c'est manifestement trop pour vous, mais aux personnages, leur bouleversante humanité en moins, ce la va sans dire.......
Au fond, Henri IV a eu raison de se renier....
A ne pas vous revoir.....


Jean-Philippe GOLDSCHMIDT

Ah, dernière précision, je pête aussi bellement que cavaliers....

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 26 juillet 2006

Votre nom de blog???On s'en tape.....

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 26 juillet 2006

a fini son caca nerveux??? le montaigne a cheval? on appuie sur le bouton et ca part au 1/4 de tour.... trop facile, comme disent les jeunes... même pas lu votre reponse...

Ecrit par : Pendariès | 26 juillet 2006

Merci pour votre réponse aussi longue en tout cas, mon commentaire a eu le talent de vous mettre la plume à l'humide.... Trop d'honneur que vous me faites....

Bon pour les autres blogueurs, un peu plus amicaux et sensibles à l'humour potache: j'apprecie vos commentaires, il est juste dommage parfois, et c'est ce que je vois encore, que les blogs laissent la place à l'injure et au fiel. Je ne sais pas si monsieur JPB s'attendait à ça (je crois que si, l'ayant vu et entendu plusieurs fois à la télé ou dans un débat en chair et en os). Mais enfin.
Ce ne sont que tour oratoires à ce niveau, ça ne va pas bien loin. Je parie Montaigne-à-cheval que tu tires la gueule quand un collègue te demande s'il peut utiliser la photocopieuse car il a un cours... mais que toi t'as une heure libre, mais que tu dis:"Fallait prévoir". J'en ai vu des comme ça. Très élégant... et susceptible: un caractère pour Labruyère...

Je vous serre la main le plus possible avec votre démontrastion de connaissaces académiques!!!!

Ecrit par : Pendariès | 26 juillet 2006

Pour toto,

j'ai fait math moderne aussi, comme je l'ai déjà écrit, mais je connais la règle de trois et la preuve par neuf (il me semble que nous sommes de la même année - 63), sans me souvenir si je les aient apprisent à l'école. Je me souviens par contre que quand j'étais au Lycée j'avais trouvé chez moi un manuel d'exercices de préparation au certificat d'étude et que celui-ci comprenais les techniques d'extraction de racines carrés et de racines cubiques, que j'avais apprises du coup à l'époque. C'est d'ailleurs depuis ce temps éloigné que je suis convaincu que le niveau ne va pas en s'améliorant!

Pour la méthode Boscher, pas de souci, avec elle mon ainée a commencé à lire "dans sa tête" à la Pâques de son CP. Pour son frère nous avons manqué de motivation, pensant sans doute que ça irait tout seul aussi. A mon avis, elle nécessite plus d'effort de la part des parents. Par contre je reviens de la FNAC ou à part Boscher et Delille (et de multiples semiglobales) il n'y a rien. Je commanderai sans doute Léo & Léa à la rentré.

Et pour Christophe Sibille,

quand à savoir ce qu'est être de gauche, je dois dire que je me suis arrêt