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11 juillet 2006

Le nœud du problème

Le dimanche 21 mai, dans le cadre de la « Comédie du Livre » de Montpellier (la foire / salon qui se déroule chaque année sur la Place de la Comédie, bien connue pour ses Grâces…), j’ai été invité par la librairie Sauramps et les organisateurs à débattre de l’école avec François Dubet. Ce sociologue fort connu a publié ces dernières années divers livres parfois complaisants, parfois provocants, sur le système scolaire tel qu’il s’est réorganisé depuis une vingtaine d’années. Voir en particulier l’Hypocrisie scolaire, avec Marie Duru-Bellat (à qui l’on doit récemment l’Inflation scolaire, où elle analyse finement la débâcle organisée des universités — et de l’embauche — via le prisme de ces diplômes distribués au petit bonheur la malchance).
Le dernier livre de Dubet consacré à l’Education est l’Ecole des chances / « Qu’est-ce qu’une école juste ? » (la République des Idées, Seuil, 2004), où il explore avec une vraie acuité, quelles que soient les conclusions que l’on peut tirer de ses constats, les promesses et les impasses de « l’égalité des chances » — une expression mensongère s’il en est : et sur ce point au moins lui et moi coïncidons.
Le débat s’est, comme on dit, bien passé : dix minutes d’intimidations réciproques, le temps de tâter l’adversaire, puis un vrai dialogue s’est établi. Mais ces manifestations finissent toujours trop vite — parce qu’il y a toujours un train à prendre, un débat qui suit et qui cogne à la porte, des questions dans le public… Nous arrivions à la fin au nœud du problème…
- L’école est le modèle en réduction… commença-t-il…
- Le modèle exacerbé, suggérai-je…
- de la société actuelle, et elle en reproduit — parfois précède — les tendances lourdes. Et ce qui se dégage des débats actuels — en revenir aux savoirs purs et durs, au modèle unique pour tous les petits Français, de quelque origine qu’ils soient, ou aller vers des pratiques diversifiées, plus individualisées, qui tiendraient compte des différences de cultures, de religions, de comportements…, c’est l’esquisse de la société française, tentée par ses valeurs traditionnelles, qui ont fait leur preuve, et la preuve de leurs limites, ou par des valeurs à inventer, dont les pédagogies dites nouvelles et les discours lénifiants des politiques ne donnent pour l’instant qu’une image déformée et assez peu tentante.
« Bref, conclut-il, il va falloir choisir entre plus de république ou plus de démocratie. »

Le problème est particulièrement bien posé — au sens pur du mot problème : les deux solutions s’excluent l’une l’autre.
Si je glose un instant sur les deux termes de la problématique — démocratie ou république —, je vois d’un côté la prédominance de l’individu, qui risque d’être la « prédominance du crétin », comme disaient Fruttero et Lucentini, mais qui offre à chacun la chance, et le risque, d’aller au bout de sa liberté — quitte à sombrer, tous ensemble, dans un cloaque d’avis contraires, de velléités intempestives, de communautarismes émiettés, et, à terme, de tentations hégémoniques ; et de l’autre, un modèle limité dans ses ambitions, mais certainement efficace — au moins pour ceux qui ont l’opportunité d’user de la méritocratie républicaine au mieux de leurs capacités et de leurs intérêts.
Contrairement à ce que l’on peut penser quand on est demi-habile, il n’y a pas de compatibilité possible. La République a mis longtemps à émerger, du magma de quatre révolutions, de 1789 à 1871. Quand Ferry (Jules !) donne aux hussards noirs la mission de contrecarrer l’enseignement doctrinal de l’Eglise, la « Gueuse », comme disaient les royalistes, n’est pas bien certaine de survivre. Elle a eu besoin de l’affaire Dreyfus pour être sûre de son bon droit. La loi de 1905 précède à peine la réhabilitation du capitaine.
C’est dire que la République, forgée dans l’adversité, survivante de deux guerres mondiales, a le cuir et les manières rudes. Elle trie volontiers. Elle fait peu de cadeau. Mais elle a mis en place un ascenseur social qui a longtemps fonctionné — à son bénéfice, et aux bénéfices des élites telles qu'elle les définissait.
Quant à la démocratie… Autant de démocraties que de peuples. La démocratie athénienne, c’est l’affaire des hommes libres — ni les femmes, ni les esclaves. Pas 10% de la population de l’Attique. La démocratie à l’américaine, c’est la liberté assurée, assumée, assénée, des trusts qui se partagent la Maison-Blanche, par candidats interposés. La démocratie à la française, c'est de plus en plus l'affaire de groupes de pression, de factions, de sectes.
La République n’est pas la démocratie. La démocratie me paraît être une utopie — comme l’anarchisme. Un point de fuite de l’Idée, quand on regarde un horizon qui recule sans cesse. Et, au pire, la démocratie est un prétexte.
La République, elle, est inscrite dans le réel. Elle travaille dans le pragmatisme.
Une pédagogie démocratique travaille sur l’impossible rêve — et peut-être faut-il des utopies, comme ligne de fuite— ce qui l’amène souvent, par définition, à haïr tout savoir déjà inscrit. Une pédagogie républicaine travaille à former effectivement les citoyens d’aujourd’hui, avec les savoirs d’aujourd’hui et de toujours. Le conflit entre les Pédagogues et leurs adversaires, entre Education et Instruction, est là tout entier.
Car ce que je dis de l’école est vrai du pays dans son ensemble, et des partis politiques qui prétendent le diriger. Les républicains ne s’embarrassent guère d’idéologie — la République est née de pragmatismes croisés. Les démocrates, ou prétendus tels, vivent dans la contrainte idéologique qui les corsète.
D’où il ressort que les appels actuels à la démocratie, au respect des différences, aux cultures « autres », etc. ont pour effet (ou pour fonction ?) de miner la République.
Parce qu’en définitive, c’est du côté de la république que, paradoxalement, s’élaborent les vrais espaces de liberté — même s’il s’agit d’une liberté bornée par l’idée républicaine. Et du côté des démocrates, ces ambitieux de la liberté totale, particularismes et totalitarismes se combinent pour mettre à mal la république — et la liberté.
Aucun paradoxe dans mon propos. On le voit bien aujourd’hui avec la doctrine (je ne vois pas d’autre mot) de l’égalité des chances. Si elle est simple rééquilibrage des moyens, à la bonne heure. Mais quand elle se mue en croyance, quand elle devient égalitarisme, c’est une machine à fabriquer des inégalités. Au bout de la tolérance, l’intolérance.
En fait, le débat n’est pas entre le plus de démocratie ou le plus de république. L’excès de démocratie est très exactement ce que l’on appelle le fascisme. Et nous y allons tout droit. Simplement, il ne s’exercera pas au nom d’un Duce quelconque, mais au nom des intérêts partisans de tel groupe, ou sous-groupe, qui fera valoir ses « droits » en asservissant les droits des autres.
Et l’école dans tout ça ? Elle doit choisir entre l’apprentissage d’un modèle, ce qu’elle a longtemps su faire, et un éclatement entre des « différences » qui visent toutes à prendre le pouvoir. Alors, soyons clairs, et refusons l’entrée dans l’école de tout ce qui concerne la sphère privée, du choix religieux aux pratiques sexuelles. Après tout, quel besoin aurions-nous d’exhiber nos comportements d’alcôve en public ? il en est de même des pratiques religieuses. Un enseignant n’a pas besoin de savoir si l’élève en face de lui est musulman, catholique ou fétichiste. Et il n’a pas à en tenir compte, lorsqu’il enseigne le dessin, la musique, le sport, la littérature, les sciences naturelles — toutes les disciplines qui sont actuellement contaminées par cette prétention à la démocratie intégrale qu’on appelle l’intégrisme, et que défendent ceux qui ont fait du slogan "l'élève au centre du système" le cheval de Troie de leurs ambitions totalitaires.

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Commentaires

"Une pédagogie démocratique travaille sur l’impossible rêve — et peut-être faut-il des utopies, comme ligne de fuite— ce qui l’amène souvent, par définition, à haïr tout savoir déjà inscrit. Une pédagogie républicaine travaille à former effectivement les citoyens d’aujourd’hui, avec les savoirs d’aujourd’hui et de toujours. Le conflit entre les Pédagogues et leurs adversaires, entre Education et Instruction, est là tout entier." dites-vous... D'où la suite de mes "aventures pédagogiques" :

Et, convaincue par les théories de Foucambert et de Charmeux, l’année scolaire suivante, j’ai essuyé mes premiers échecs en apprentissage de la lecture...
Les élèves que j’avais récupérés ne savaient pas écrire, ils n’avaient aucune idée de ce qu’ils venaient faire en primaire. A Toussaint, il n’y en avait qu’une sur les cinq qui commençait à repérer les mots dans les petits textes que nous écrivions, personne ne voyait de similitudes entre les prénoms Emilie et Emilien.
Alors j’ai lu et relu Charmeux et Foucambert, convaincue que l’erreur venait forcément de moi. J’ai tenu deux années scolaires et un tiers, il y en avait qui apprenaient à lire quand même ; ceux qui échouaient avaient forcément de bonnes raisons (psychologiques, familiales, ...) , c’était d’ailleurs l’avis de ma collègue de maternelle, farouche partisan du « laisser l’enfant se construire à son rythme »...
Puis, tout à coup, j’en ai eu assez.
D’abord, je n’arrivais pas à faire du « pur Foucambert », tel qu’il est décrit dans ses ouvrages. Je ne comprenais pas comment apprendre à lire à des petites victimes de l’écriture alphabétique, sans s’appuyer sur les lettres avant au moins le CE2 ; dans mes classes, il y avait toujours deux ou trois petits imbéciles qui arrivaient au CP en sachant lire, écrire et réciter l’alphabet par cœur (ah, ces parents qui nous fichent tout en l’air !), et en plus c’étaient ceux-là qui tenaient la tête du groupe...
Ensuite, j’étais très mal à l’aise car je n’avais jamais eu autant d’écarts de résultats entre les bons (souvent issus d’un « bon milieu ») et les faibles (toujours issus d’un « petit milieu »), cela contredisait tous mes idéaux de justice sociale (républicaine ?)...

Ecrit par : catmano | 11 juillet 2006

Vous avez eu parfaitement raison d'abandonner Foucambert, et je pense que personne ne peut prétendre autre chose!
Concernant "l'élève au centre", encore une fois, il s'agit simplement de tenir compte du vécu de l'élève, (pardonnez ce mot, galvaudé), sans pour autant décider que ce soit lui qui dirige ses apprentissages! Cela me paraît logique, et j'aimerais qu'on me contredise en argumentant sur cette prise de position précise. (Cette prise de position, qui me semble logique modérée, est celle de la plupart des collègues formateurs en IUFM de ma connaissance. Je suis surpris qu'on s'appuie systématiquement sur certaines positions intégristes, qui hérissent la plupart de mes collègues, pour prétendre que ce sont les points de vue généraux. Ca, ce n'est ni très républicain, ni très démocrate.)
Pour terminer là-dessus, et je pense que vous serez d'accord, Jean-Paul, quoique je ne sais pas si nous donnons le même sens à cette phrase: tous les démocrates sont républicains, mais tous les républicains ne sont pas forcément démocrates.

Ecrit par : christophe sibille | 11 juillet 2006

Pour C. Sibille. En effet, l'élève au centre pourrait (devrait) être compris d'une autre manière... Mais dans ces temps de libre choix de l'enfant dès sa plus tendre enfance, la plupart des collègues de primaire (maternelle et élémentaire) que je connais prennent cette expression au pied de la lettre, et leurs élèves aussi. Ils sont des "individus incomparables" plus sûrs de leurs droits que de leurs devoirs...
On entend souvent dans les cours de récréation des collègues justifier l'inattention, le manque de repères, de structures par ces mots : "Ah oui, Untel a plus de peine que les autres à rentrer dans les apprentissages, mais... ". Suivis de tout un tas de théories plus ou moins psychologisantes (famille, place dans la fratrie, origine, ...) qui leur font conclure qu'il a énormément de circonstances atténuantes (elles aussi) et qu'il n'est pas possible de l'intégrer sans "suivi spécialisé"...

Ecrit par : catmano | 11 juillet 2006

“J’ai la folie de ces livres-là, Je me suis bien souvent surpris à faire l’école buissonière dans quelque grand dictionnaire touffu comme une forêt. C’est que les mots sont des images ; c’est qu’un dictionnaire, c’est l’univers par ordre alphabétique. A bien prendre les choses, le dictionnaire est le livre par excellence. Tous les autres sont dedans : il ne s’agit plus que de les en tirer.
J’aime les dictionnaires ; je les aime non seulement pour leur grande utilité, mais aussi pour ce qu’ils ont eux-même de beau et de magnifique... Voilà un dictionnaire français ; (songez que l’âme de notre Patrie est dedans toute entière. Songez que dans ces mille ou douze cents pages de petits signes, il y a le génie et la nature de la France, les idées, les joies, les travaux et les douleurs de nos aïeux et les nôtres, les monuments de la vie publique et de la vie domestique de tous ceux qui ont respiré l’air sacré, l’air si doux que nous respirons à notre tour)...Voilà pourquoi j’aime surtout les dictionnaires français.”
Anatole France, La vie Littéraire

Bon c’est vrai, je ne suis qu’un enfant gâté qui, parce que le système de santé de son pays, sa protection sociale, son accès à internet parmi les plus performants et les moins chers, quand ils sont payants, son climat tempéré (de moins en moins), la nourriture diversifiée qu’on peut y trouver, (et les OGM me dira-t-on) refuse pour ses enfants une école en revanche de moins en moins performante.
Justement, les OGM ! Nourriture a priori pour le plus grand nombre, dont les conséquences sur l’organisme à long terme sont encore inconnues, mais déjà inquiétantes, et dont la plupart sont stériles pour rester la propriété inaliénable des fabricants, prescripteurs et autres intermédiaires... (Toute analogie serait fortuite usw)
Allez les faucheurs !

Ecrit par : D'Enguell | 11 juillet 2006

>Catmano, je partage tout à fait votre point de vue, que je trouve mesuré, concernant les responsabilités partagées des familles et de l'école. C'est pour cette raison qu'il est urgentissime qu'enseignants et parents communiquent, échangent leurs expériences, pour aller ensemble dans une direction logique.

Je ne résiste pas, pour vous, d'Enguell, et pour les autres! Je l'ai déjà joint sur l'autre post de Jean-Paul, mais il est plus que jamais d'actualité!

Les éditions Magnard proposent un nouveau manuel scolaire pro-OGM,
> ou
> “la propagande des firmes semencières à l’école”
>
> A la rentrée de septembre 2006, un nouveau programme d’histoire-géographie va être mis en œuvre en première STG (science et technologie de gestion). Huit éditeurs ont préparé des manuels. Dans chaque lycée, les équipes de professeurs en ont choisi un pour l’établissement.
>
> En géographie, le programme porte sur la France et l’Europe. Il se décline en trois thèmes généraux : "les territoires européens", "peuplement réseaux et mobilité en France", "dynamiques de localisation des activités en France". Ces thèmes doivent donner lieu à des études de cas, au cours desquelles les élèves doivent étudier et faire la synthèse de plusieurs documents.
>
> D’une façon générale, de nombreux géographes sont très imprégnés de l’esprit ultra-libéral de notre temps. Par exemple, ils associent systématiquement les mots progrès, dynamiques, compétitivité, ouverture, marché, etc.
>
> L’esprit critique, la confrontation de points de vue sont plutôt rares, en particulier sur l’Union Européenne ou l’aménagement du territoire. Les manuels se font les porte-paroles des institutions (UE, Etat, régions). Sur la question du tourisme, plusieurs manuels proposent une page de publicité pour l’entreprise ACCOR.
>
> Cette année MAGNARD fait très fort sur les OGM : dans le cadre des "activités" en France, il propose une étude de la filière agro-industrielle du maïs. En pages 210-211, une série de documents portent sur le problème de l’irrigation (trop d’eau pour le maïs) et sur les OGM.
>
> Une photographie montre des faucheurs volontaires de dos, face à des gendarmes et aux équipes de l’entreprise Limagrain. Il s’agit de l’action de Marsat, du 14 août 2004. La légende de la photo est "le collectif de faucheurs volontaires tente de détruire un champ de maïs OGM défendu par des agriculteurs, des chercheurs et les forces de l’ordre".
>
> Des extraits d’un texte de JP Charvet (géographe universitaire de référence sur la question de l’alimentation dans le monde) expliquent que les OGM permettront d’augmenter les rendements, de coller aux demandes de l’industrie et de "mieux gérer les problèmes d’environnement" (sic) en évoquant pesticides et eau. Ce texte date de 1997 !!!
>
> Toute personne sérieusement informée sait 1° que les OGM n’augmentent les rendements que marginalement et à court terme 2° qu’ils n’existent pas d’OGM pour résoudre le problème de l’eau 3° que la pollution aux pesticides augmente avec les OGM 4° et bien sûr que les OGM sont un problème majeur pour l’environnement (contamination large, incontrôlable et irréversible).
>
> JP Charvet est un géographe qui n’analyse pas les phénomènes géographiques sous l’angle des enjeux géopolitiques et sociaux, et qui n’envisage que les "progrès" technologiques pour répondre au problème de la faim dans le monde. J’en veux pour preuve sa conférence inaugurale au festival international de géographie de St Dié des Vosges en 2004. Les travaux de Sylvie Brunel, par exemple, illustrent d’autres approches de ces questions.
>
> Notons que les autres éditeurs n’abordent pas le thème des OGM.
>
> Jean-Yves Bou, enseignant histoire-géographie, lycée de Millau
>
> Face à cette propagande manifeste et intolérable des éditions MAGNARD, je vous invite à envoyer un message à chacune des trois adresses suivantes :
> sce.enseignants@magnard.fr
> c.uhel@magnard.fr
> f.dally@magnard.fr
>
> Ce message peut-être le suivant :
> -----------------------------------------------
> madame, monsieur,
>
> nous avons pris connaissance du contenu scandaleusement partisan, et scientifiquement faux, du manuel d’histoire-géographie de première STG des éditions Magnard. En effet, vous ne présentez les OGM que sous l’aspect de leurs soit-disant avantages, sans esprit critique ni débat.
>
> Nous vous demandons solennellement de retirer le texte 14 p 210 pour le remplacer par un texte qui présente le débat, ou de l’accompagner d’un texte qui propose des arguments anti-ogm.
>
> vous trouverez facilement de tels documents sur le site : www.monde-solidaire.org/spip/rubriq... ou sur les sites de greenpeace, infogm.
> -----------------------------------------------
> Voici les pages en question :
>
> JPEG - 80.5 ko
>
>
>
>

Ecrit par : christophe sibille | 11 juillet 2006

Merci C. Sibille pour votre amabilité à mon égard. Encore un p'tit coup de mes souvenirs d'école pour l'apérirtif ?

En réfléchissant, en compulsant des spécimens, je cherchais à « opérer un virage ».
Certains spécimens me semblaient complètement « élucubrants » et très lourds à utiliser (même pas les fameux « tableaux de sons » de Lecture en fête que vous évoquez dans votre livre, des textes souvent très longs , au vocabulaire alambiqué très différents des petits textes que me proposaient mes CP d’avant en début d’année) : « Coucou Lilou », « Grindelire ». D’autres avaient une composante syllabique plus forte, plus marquée (Gafi, Ratus) et me rappelaient trop le « Daniel et Valérie » qu’on nous a tant critiqué dans nos débuts.
C’est alors que je me suis souvenue du « Borel Maisonny » (Bien lire et aimer lire, cité plus haut) que j’avais vu fonctionner dans une classe lorsque j’étais remplaçante.
A l’époque, je l’avais vigoureusement critiqué mais je me rappelais de deux ou trois enfants en grande difficulté et qui pourtant, c’était au début du deuxième trimestre, déchiffraient et semblaient comprendre ce qu’ils lisaient.
J’ai donc contacté une maman d’élève, instit dans le privé et originaire de Lyon, qui m’a prêté le spécimen qu’elle avait gardé depuis son « Ecole Normale ». A faire du syllabique, autant ne pas le camoufler sous un habillage de « méthode mixte »...
La première année, j’ai « panaché », un petit coup de Foucambert d’un côté, un petit quart d’heure de Borel Maisonny de l’autre. Puis, j’ai de moins en moins panaché... J’avais une classe à trois cours d’une vingtaine d’élèves (Grande Section / CP / CE1), nous travaillions collectivement sur des livres de la littérature jeunesse pendant une heure le matin, puis chaque groupe travaillait de son côté :
En Grande Section : graphisme puis écriture sur cahier à lignes dès que les gestes de l’écriture liée étaient en place ; recherches de sons à l’oral ; illustration des écrits collectifs ; dictées à l’adulte.
Au CP : écriture de lettres, de syllabes ; dictées de syllabes et de mots ; petits « devoirs » d’orthographe, de grammaire, de conjugaison dès qu’ils savaient « tout lire » ; lecture quotidienne de 15 à 20 minutes sur « Bien lire et aimer lire » ; exercices de fixation des lettres, des sons sur ORTH (Guion, chez Hatier) [commentaire juillet 2006 : maintenant je n'utilise plus ORTH, mais le tome 3 de "Bien lire et aimer lire", exercices].
Au CE1 : apprentissage de l’écriture des majuscules en début d’année puis dictées quotidiennes (prises dans ORTH CE1, l’ancienne édition, dans la nouvelle, ils les ont supprimées ! Alors maintenant c'est 450 dictées chez Hachette) ; deux exercices de grammaire / conjugaison / orthographe / vocabulaire (progression cahier d’exercices « Livre Miroir », chez Magnard, ne cherchez pas, il n’est plus édité, je réutilise chaque année les mêmes en faisant copier tous les exercices sur le « cahier du jour », eh oui, j’ai toujours gardé cette « ringardise » de cahier du jour, c’est peut-être pour ça que dans ma classe, Foucambert et Charmeux, ça ne marchait pas...) ; lecture à haute voix tous les jours dans Abracadalire CE1(Hatier, inutilisable avec des élèves non lecteurs quoi qu’ils en disent, mais très bien pour des bons lecteurs) ainsi que tous les exercices du cahier d’activités correspondant au manuel.

Ecrit par : catmano | 11 juillet 2006

Le cahier du jour, ringard? Je dois habiter un département très atypique... Je ne connais pas une classe de CE1 à CM2 qui ne le préconise pas!

Ecrit par : christophe sibille | 11 juillet 2006

Chez nous, non. Il faut des classeurs avec des feuilles sous pochettes plastiques, une couleur pour chaque domaine, des codes pour classer (O1; O2 ; O3 ... pour l'orthographe par exemple...). Une horreur pour les petits dyslexiques, les petits hyperactifs, les petits d'origine étrangère que les parents ne peuvent pas aider à tout remettre en ordre quand ils ont refermé le classeur sans refermer les anneaux au préalable...

Ecrit par : catmano | 11 juillet 2006

"...les deux solutions s’excluent l’une l’autre. "

Serions-nous en train de résoudre un problème de maths?

JPB: vous parliez, il n'y a pas si longtemps, de l'enseignement comme d'un art.


Pourquoi toujours mélanger les conclusions sur les sujets " contenus de programmes" et "objectifs à atteindre" avec
ce qui relève de "la sphère privée" ( qui ne comporte pas, loin de là, que les préférences sexuelles ou religieuses!)

Mélanger, emberlificoter, noyer... Puis dire: votez 1 ou votez 2!
Je suis perplexe.

Je copie/colle:

"Concernant "l'élève au centre", encore une fois, il s'agit simplement de tenir compte du vécu de l'élève, (pardonnez ce mot, galvaudé), sans pour autant décider que ce soit lui qui dirige ses apprentissages! Cela me paraît logique, et j'aimerais qu'on me contredise en argumentant sur cette prise de position précise. "

J'aimerais aussi...

Ecrit par : Marielle | 11 juillet 2006

Deux mots.
L'un à Catmano, dont je trouve les posts merveilleusement éclairants.
L'autre à Marielle.

Il y a des solutions incompatibles, parce que ce qu'elles impliquent est incompatible.
C'est vrai qu'il existe bien d'autres domaines qui ressortent de la sphère privée que le religieux ou le sexuel. Mais le sexuel n'était là que pour montrer ce qu'a d'aberrant la politique de ceux qui veulent faire entrer le religieux à l'école, sous prétectxte de tolérance et d'ouverture. Je suis en train de rédiger un petit quelque chose sur le sujet.
Dans un mois et quelques paraît, chez Max Milo, le rapport Obin sur les signes religieux à l'école. Il remonte à 2004, et ce qu'il raconte n'est que la partie émergée de l'iceberg. Pour avoir interviewé l'une des rédactrices, je peux dire que la version primitive, celle qui collait le plus aux fais, était terrifiante — la version finale n'est pas mal non plus.
Par ailleurs, et pas mal d'interventions récentes sur ce blog et ailleurs l'ont amplement démontré, nous sommes entrés dans une zone de fortes turbulences — également appelée "période électorale".
Je ne transigerai jamais avec la laïcité pure et dure de l'école. C'est le choix, si je me suis bien fait comprendre, d'un engagement républicain. Le "problème" (nous y voilà), c'est que cette position est devenue incompatible avec la vision de démocratie communautariste qu'on tente de nous faire avaler.

À propos, Marielle, que vaut l'AFEP ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 11 juillet 2006

Que dire, si ce n'est citer une phrase qui à mon sens résume parfaitement la situation.

"Selon toute vraisemblance, aucun autre régime ne peut donner naissance à la tyrannie que la démocratie ; de la liberté extrême naît la servitude la plus complète et la plus terrible."
— Platon, La République —

Ecrit par : Estil | 11 juillet 2006

Evidemment, pour des pays n'ayant jamais connu la démocratie, le risque est moins grand!

Ecrit par : christophe sibille | 11 juillet 2006

Ou, comme disait Churchill... Je ne vous ferai pas l'injure de vous rappeler sa fameuse citation!

Ecrit par : christophe sibille | 11 juillet 2006

Merci, JPB, une petite suite avant que j'emmène mémé faire ses courses sous la canicule (elle mange à 18 h 30, elle ne peut donc pas y aller à la fraîche) ?

Pour en revenir au Borel Maisonny, depuis que je l’utilise (mais je ne m’en vante pas à l’extérieur...) [Commentaire juillet 2006 : puis-je maintenant m’en vanter, sans être taxée de « droitisme » puisque j’ai obéi avec plus de 10 ans d’avance aux consignes d’un ministre UDF ?], je n’ai jamais eu d’échec dans l’apprentissage de la lecture ; chaque année selon les « fournées » d’élèves, je vais plus ou moins vite et je finis le premier volume généralement vers les vacances de printemps (il a 288 pages).
Cela sécurise grandement les parents qui savent tous que « chez Catherine » les élèves savent lire en sortant du CP, ce qui n’est pas toujours le cas pour les enfants de leurs familles ou de leurs amis. Il y en a parfois un qui me demande si ce n’est pas CA la méthode globale dont ils ont entendu parler à la télé et qui est si dangereuse. Alors, je le rassure.
J’ai été inspectée la dernière fois en novembre1998 (je vous reparlerai de mon inspecteur, il vaut le détour) de 16 h 15 à 17 h, mais il n’est pas resté tout le temps. Mes CP lisaient une à une les petites phrases de Borel Maisonny à voix haute, chacun son tour. Après chaque phrase, je posais des questions de compréhension, expliquais un mot de vocabulaire, faisais commenter les affirmations. A la phrase : « J’admire ta cravate. » (C’était la leçon sur pr..., tr..., cr...), il leur demande : « Savez-vous ce qu’est une cravate ? », ma petite L. 5 ans 11 mois, pas gênée du tout, lui attrape la cravate (il était penché en avant au-dessus de leur table) et lui dit : « C’est ça, une cravate. D’ailleurs, elle est très belle, ta cravate. », et posant son doigt sur la double page de lecture, au bon endroit au milieu des 14 autres lignes, elle continue, l’air pénétré : « J’admire ta cravate. ».
Monsieur l’Inspecteur a souri et, quand j’ai reçu mon rapport, quelques mois plus tard, il avait écrit : « Au CP, le travail sur le texte a été très intéressant. Madame ... sait solliciter l’expression orale. Elle s’emploie à l’amélioration du niveau de langue. Le dialogue instauré gagnerait à se libérer de la forme interrogative trop présente [c’est normal, j’essaie de combattre la propension des enfants actuels à prendre la parole à tout bout de champ, même et surtout s’ils n’ont rien à dire...]. J’apprécie la recherche du réemploi du vocabulaire acquis et de structures variées [merci, L, pour ton « J’admire ta cravate. »]. » Evidemment, il indique par la suite : « Il faudra aussi élaborer des textes qui seront lus globalement puis qui serviront aux différentes phases de l’apprentissage de la lecture... », puis revient : « La démarche pédagogique est intéressante : les élèves apprennent à s’exprimer et à communiquer ; ils passent de l’oral à l’écrit puis reviennent à l’oral par la lecture à haute voix. » et conclut finalement : « J’insiste sur la nécessité d’une approche globale du texte. » A aucun moment, il ne cite la méthode employée [Commentaire juillet 2006 : à cette époque reculée, je lui en ai su gré.].

Ecrit par : catmano | 11 juillet 2006

Vous parlez du religieux JPB, eh bien je saisis cette oportunité pour faire part d'une information importante :


http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=4623

Je trouve cette décision grotesque, ridicule et même dangereuse pour la démocratie au sens noble du terme...Il se trouve que la loi du 15 mars 2004, destinée à supprimer et interdire tout port ostentatoire de signes religieux, est incomplète puisqu'elle ne concerne que les établissements primaires, collèges, lycées.


Et ce n'est pas tout, sur un forum pour bts où j'interviens régulièrement, le débat sur les caricatures de Mahomed a été plus que houleux et j'ai même failli être bannie...Perso, je m'en fous c'est virtuel, mais pour le principe je me rends compte que l'école actuelle ne défend plus les valeurs de la République par lâcheté, hypocrisie et malhonnêteté. Par ailleurs les étudiants, par contre, peuvent rédiger des inepties, des horreurs toutes aussi insupportables et ubuesques !!!

Voici donc mes propos personnels en copie. Je passe à leurs yeux pour "une inolérante, irrespectueuses envers la liberté de culte ou de coyances" :

"Le politique n'a rien à voir avec le religieux point final et à partir de là l'Etat n'a pas à s'en mêler c'est tout. Faute de quoi si nous rentrons dans ce jeu là, la société théocratique finira sans doute par pointer le bout de son nez !!!

La société ne sera pas meilleure en instaurant plus de religieux, bien au contraire. Si le religieux vient à prendre plus de place dans nos sociétés occidentales alors que nous nous sommes battus sous la Révolution pour la Démocratie, la République et l'Etat de droit, nous courrons à la catastrophe.

Ceci dit, si nous voulons plus de religieux, (rires jaunes) mettons en place une pseudo charia tant qu'à faire qui bafoue à l'unanimité les droits de l'homme (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen on en fait quoi ???) et notamment ceux des femmes au nom de la volonté de je ne sais quel Dieu. Supprimons tant qu'à faire la Loi Neuwirth sur la contraception en 1967, la loi Veil sur l'IVG en 1975, la loi sur le divorce par consentement mutuel en 1975, le droit d'user de son corps. Et puis supprimons également le préservatif puisque la religion le rejette et laissons mourir 30 millions d'Africains du Sida et bientôt 60 millions soit la population de la France si nous ne réagissons pas !!

Les femmes, dans les pays musulmans islamistes à dominante théocratique, sont des objets ni plus ni moins ! Et pour cause d'adultère elles sont condamnées à mort, lapidées, torturées, brûlées vive. En Afghanistan des femmes s'immolent par le feu pour échapper à l'emprise d'un mari tyrannique, le voile est l'expression la plus abominable de la soumission dans ces pays et elles se battent pour ne plus le porter.

Dois je aussi rappeler que la religion est toujours source de conflits d'intérêts et de pouvoir ??? Même si les textes sacrés prônent une certaine éthique ou morale il est radicalement naïf de croire que les hommes amélioreront leur comportement grâce à la religion.

Plusieurs exemples le démontrent : Jeanne d'Arc, prénommée Jeanne La Pucelle, brûlée vive en 1431 en Place de Grève par l'Inquisition, les Croisades qui ont tué des milliers de personnes au nom d'une Guerre Sainte, les Guerres de religion et la Saint Barthélémy stoppées grâce à l'Edit de Nantes en 1598 notamment signé par Henri IV, les martyrs lors de l'avènement du Christianisme, Galilée jugé et poursuivi par l'Inquisition sous prétexte d'avoir découvert que la terre tourne autour du soleil et non le contraire (cf. héliocentrisme et géocentrisme), l'affaire Calas, les attentats du 11 septembre comme ceux perpétrés en Europe, l'Affaire Dreyfus (un capitaine démis de ses fonctions et condamné aux travaux forcés à Cayenne parce qu'il est juif puis réhabilité grâce à Zola "J'accuse" publié en 1898 dans le journal l'Aurore), l'affaire Halimi, les conflits en Irak entre chiites et sunnites c'est aussi religieux (je ne parle pas des Américains et de Saddam que ce soit clair c'est autre chose), l'intifada en Israel et Palestine même si le conflit est aussi d'ordre politique, etc....

Conclusion, on ne peut négocier ni avec la religion ni et surtout avec des fanatiques religieux. On ne peut occulter le retour d'un certain fanatisme religieux implicitement généré par la perte totale de nos repères collectifs, d'autant plus que l'on assiste en même temps à la montée du mouvement sectaire, etc... Nous, pays occidentaux, vivons dans une société laïque et c'est tant mieux ! Rien ne doit changer cet état de fait...

En conséquence, nous vivons dans un Etat de droit démocratique et la liberté d'expression et d'opinion en est l'un des fondements sacrés ! Etre libre de s'exprimer c'est non seulement tolérer l'opinion des autres quand bien même elle peut blesser....

Le seul outil permettant de réguler et d'assurer l'Ordre Social et Public c'est le Droit positif chargé d'ordonner par le biais de la loi les comportements de chacun d'entre nous et seule la volonté de la Nation prédomine"


J'ai semble -t-il jeté dans ce forum un gros pavé dans la mare et c'est tant mieux parce que je ne changerai pas d'avis (rires)...

SW

Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 juillet 2006

"Il y a des solutions incompatibles, parce que ce qu'elles impliquent est incompatible. "

Ce que je traduis ( en attendant... mieux ? ) par:
ce qu'elles impliquent est incompatible dans cette "zone de turbulences " (période électorale.)


L'AFEP? Parlez-vous de l'association qui défend les intérêts de enfants précoces?
Si oui, je ne peux rien vous en dire...
Ou alors seulement que les gens des associations militent pour ... une reconnaissance et une prise en compte de la différence dans l'enseignement.

Ecrit par : Marielle | 11 juillet 2006

PS : je corrige mes fautes de frappe désolée le clavier s'est emballé !

Voici donc mes propos personnels en copie. Je passe à leurs yeux pour "une intolérante, une personne irrespectueuse envers la liberté de culte ou de croyances" :

Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 juillet 2006

Je republie l'article de l'Express et j'espère que cette fois le lien fonctionnera :

http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=4623

Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 juillet 2006

http://fr.news.yahoo.com/11072006/202/a-paris-les-resultats-du-bac-meilleure-performance-depuis-68.html

Meilleurs résultats au BAC à Paris depuis 1968.
On vit une époque merveilleuse.
Mes déductions:
Moins ils voient leurs profs ( démocrates et républicains pas de jaloux),mieux ils apprennent et mieux ils réussissent.
Les cours privés sont très efficaces,l'avenir leur appartient.
Les profs ont pratiqué une correction plus "démocrate" que "républicaine" (volontairement ou incités).
Il faut recommencer l'année prochaine dès janvier 2007 à "révolutionner" et on atteindra 90 % de réussite.
Profs, encouragez-les ,réussite assurée !

Cette hypocrisie de tous dans l'Education Nationale m'enrage .

Ecrit par : bernard | 11 juillet 2006

Hypocrisie, tartufferie voilà d'excellents termes pour qualifier l'EN ! y a t-il vraiment jamais eu une volonté d'égalitarisme?
on grince des dents: aucune égalité quant à l'accès aux grandes écoles et la carte scolaire est un facteur de ségrégation et je passe sur tout le reste! nous sommes très loin de l'école démocratique et républicaine.
rétablissons les bûchers!( je ris là)

Ecrit par : banlieusard | 11 juillet 2006

Allons, Bernard, faut-il vous rappeler que le Savoir est en eux ? Sans profs du tout (imaginons une grève d'un an), les résultats seraient forcément de 100% de réussite. Combien de fois les salopards de service, du genre Bégaudeau, m'ont-ils expliqué que c'était à cause des fossiles dans mon genre que le système éducatif piétinait ? Parce que nous prétendons enseigner quelque chose, au lieu de laisser cces splendides cervelles accoucher de leurs Idées ?

Pendant que nous en sommes à ce platonisme du pauvre qu'on appelle la pensée pédagogique… Estil, splendide citation. Quand je pense que c'est le même Platon qui, dans les Lois, met au point un système qui est l'ancêtre reconnu du totalitarisme…
JPB

Ecrit par : brighelli | 11 juillet 2006

Les professeurs ont réussi à rendre leur propre travail inutile. A quoi bon les payer, puisque l'enfant sait déjà tout ? On devrait les remplacer par des mannequins équipés de magnétophones, qui répèteraient : "exprime-toi, exprime-toi, exprime-toi...." On a besoin de rien d'autre, semble-t-il, et quelle économie ce serait pour la nation !

(avant que Christophe ne me saute sur le râble, je précise que la remarque fait montre d'une ironie amère).

Ecrit par : Pierre-Henri | 11 juillet 2006

Mais non, Pierre-Henri, je ne vous sauterai pas sur le râble!
Sandra, je suis à 100% d'accord avec vous... A propos, que pensez-vous de l'affaire des caricatures dans laquelle, à mon sens, seule Charlie-hebdo, (et essentiellement son directeur de la publication ) a pris une position réellement courageuse et rationnelle? (Je ne sais pas si je pourrai lire votre réponse avant la fin du mois, étant en partance pour la haute Ardèche, où je n'aurai même pas l'électricité! (Bonnes vacances à tous, à propos).

Ecrit par : christophe sibille | 11 juillet 2006

J'ai simplement été outrée par les prises de position du gouvernement et autres dirigeants qui, par lâcheté, ont préféré négocier avec des fanatiques religieux, des fous furieux capables de proférer des menaces de mort !!!!

Retournons nous au temps de Staline et des Soviets ???On pourrait le croire.... Le reste de ma pensée est ci-dessus.

Comme dirait Eric Conan de l'Express, "n'éteignons pas les Lumières !!!!"

Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 juillet 2006

D'ailleurs j'ajouterai que Charlie Hebdo a toujours usé de la satire et en a fait son fond de commerce depuis des années : raison pour laquelle l'intervention de nos dirigeants est donc d'autant plus ridicule et à plus forte raison nous sommes en droit de la blâmer !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 juillet 2006

si je puis répondre à une question qui ne m'est pas adressée...étant dans "l'autre" association, je n'entends pas toujours de commentaires très amènes sur l'AFEP, qui aurait la réputation de mettre l'accent sur les surdoués sans problèmes (sauts de classe et programmes accélérés). Evidemment si un membre de l'AFEP me lit il va bondir !
Je signale que l'ANPEIP dont je fais partie est agréée par l'Education Nationale (bon je ne sais pas si c'est vraiment une référence désormais ! ;-)) ; elle peut donc intervenir dans les établissements scolaires pour informer /former les professeurs intéressés (là c'est plus dur).
L'ANPEIP est une fédération d'associations régionales ; elle a été créée par Jean Charles Terrassier, fondateur de l'école Michelet de Nice, première structure à accueillir les enfants précoces y compris à problèmes. Chaque région organise des rencontres avec des professionnels mais aussi, très importants entre enfants précoces, histoire de leur montrer qu'ils ne sont pas tous seuls (et leurs parents non plus !), ce qui leur fait beaucoup de bien.

Sandra si vous ne l'avez pas lu, je vous recommande un très bon livre "Tirs croisés" sur les fanatismes religieux, qui démontre à quel point l'intégrisme qu'il soit juif, chrétien ou musulman prend toujours les mêmes cibles : intellectuels, femmes, homosexuels...j'ajoute que c'est aussi le propre des dictatures, qu'elles soient fascistes ou communistes ; on brûle d'abord les bouquins pour imposer SA vérité ; aujourd'hui en France on n'a plus besoin de brûler les bouquins on fabrique une génération qui ne sait pas lire.

Comme je suis très cynique, je vois le bon côté des choses c'est que ceux qui savent encore lire et réfléchir, pour peu qu'ils aient un certain humanisme (qui peut aussi être religieux hé oui ! rien n'est simple), pourraient prendre le pouvoir plus facilement en infiltrant les sphères de pouvoir réel pas les postes en vue non, les couloirs et les bureaux des ministères, comme l'ont fait les Boers quand ils ont voulus (et ont pu) imposer les lois de l'apartheid en Afrique du Sud. Merci de ne pas comprendre que je rêve d'apartheid en France c'est juste le processus que je trouve remarquable. A force d'avoir de nouveaux instit modèle Rachel Boutonnet, l'EN finira bien par changer non ? à nous les parents d'encourager ces enseignants, c'est tout ce que l'on peut faire et si j'en crois la maîtresse de mon petit dernier c'est très précieux.

Je persiste à penser que c'est discrètement et de l'intérieur que se font les changements les plus profonds.

Ecrit par : fabienne | 11 juillet 2006

"élaborer des textes qui seront lus globalement" : Vraiment, je ne comprends toujours pas ce que cela signifie !


M. Sibille, je suis d'accord avec la manière dont vous reformulez "l'élève au centre" : il est légitime de connaître le vécu et de l'origine sociale, notamment, de l'élève -- mais pour en faire quoi ? S'il s'agit de faire des "programmes à la carte", je ne suis pas d'accord (et vous non plus, si je vous ai compris.)

Mais pourquoi alors utiliser ce mot d'ordre, qui signifie littéralement autre chose ? (Je ne peux m'empêcher de penser à la "grâce efficace").

Par ailleurs, l'expression "l'élève au centre", s'oppose à "le savoir au centre" dans les conceptions dominantes des IUFM. Et là, elle tend à faire du vécu de l'élève un but en lui-même, et à rendre le professeur inutile. Or, pour ce que j'en ai observé, c'est bien dans ce sens qu'elle est le plus souvent employée.

En ce qui concerne les formateurs que vous appelez une minorité intégriste, je suis d'accord avec vous sur le qualificatif. Mais pour autant que je m'en sois rendu compte, il ne s'agissait en rien d'une minorité dans les deux IUFM que j'ai fréquentés. De plus, cet esprit "intégriste" est absolument dominant dans les programmes et documents d'accompagnement de Français. J'en veux pour preuve la liste d'ouvrages conseillés au collège, dont la plupart ne font que confirmer les opinions et la culture de départ des élèves, sans autre apport.

Pour ma part, cette conception de l'"élève au centre" (pas la vôtre), et l'ensemble de la manière d'enseigner qui en découle, est tellement incompatible avec ma mentalité qu'elle aurait déjà justifié amplement ma démission... Si mes formateurs n'avaient pas de plus, jugé utile de sanctionner de diverses manières, licenciement compris, le caractère "réactionnaire" de mes méthodes.

En l'absence d'autres éléments, minorité ou majorité, nous ne trancherons pas.

Je prends note de votre explication. Mais si elle vous fait honneur, elle ne me paraît pas efficace pour défendre la politique actuelle d'éducation de notre pays, ni pour nous rassurer à son endroit.

Ecrit par : prof chômeur | 11 juillet 2006

M Brighelli

Je n'ai pas autant de facilité à opposer Démocratie et République.
Si la première m'appelle à penser le gouvernement du peuple, (la mise en commun et le partage d'un territoire étymologiquement), la seconde consiste à nommer le régime qui est notre . Ce n'est donc pas une monarchie parlementaire, ni un consulat, ni un régime impérial, qui a fini par s'établir durablement depuis la révolution en France , mais avec beaucoup de peine, une République. Car les différents régimes n'ont pas été représentatif de l'ensemble des citoyens Français qui ne pouvaient , dans les débuts , se prononcer que pour un nombre restreint d'entre eux, sur la politique de la nation en payant le droit de vote. Et tous les notables , industriels, bourgeois, propriétaires, craignant les "rouges" et autres "partageux", ont fini par la force du temps, des guerres et des révolutions , par trouver aussi leur compte dans le régime républicain.
Rien que le nombre d'électeurs me paraît en soi être réprésentatif de la démocratie dans une République et je pense que la démocratie n'est pas seulement un idéal qui renvoie aux seules libertés de l'individu , mais aussi un concept de représentation commune qui trouve concrétisation dans un régime républicain . C'est dans l'espace républicain, j'en suis d'accord, que se trouvent préservé l'espace des libertés.
Et puis, constitutionnellement, nous sommes dans une République démocratique, et la démocratie n'est donc pas seulement un idéal qui se perd dans les remugles des individualismes mais un fondement conceptuel qui définit la souveraineté nationale du peuple en terme de première des règles de droit , héritage d'un long processus historique. Si l'on n' apprend pas ces essentiels à l'école, si on laisse chacun définir ce que doit être la démocratie par rapport à un intérêt personnel à l'imaginer plus qu'à en connaître le sens hérité de l'histoire, évidement que l'on peut ainsi dire que la démocratie est l'idéal de chacun qui ne vit jamais au delà
de lui même.
Il me parait donc difficile de comprendre que vous opposiez ces deux termes alors qu'ils me semblent liés. C'est le régime républicain et la constitution et non "charte" ou" convention" qui portent le concept de la démocratie. Et peut être inversement, la seconde qui appelle le premier pour trouver un sens concret.
Maintenant, je ne dirai pas non plus que le concept démocratique trouve son sens dans le concret des institutions à chaque instant de nos vies et pour chaque cas. Mais la République fonctionne t'elle correctement d'être si peut portée par ses citoyens et dans l'école ? C'est plutôt cela qui me dérange.
Voilà ce que m'évoque l' opposition que vous construisez sur ces deux termes.

Ecrit par : DG | 11 juillet 2006

Une précision à l’article de l’Express relevé par Sandra. En effet la loi sur les signes religieux à l’école ne s’applique pas aux CFA mais, non pas, parce qu’elle est mal faite mais parce que, et vous l’oubliez tous, un apprenti n’est pas un élève.
Un CFA n’est que l’autre lieu de formation de ce jeune SALARIE- APPRENTI en complément de l’entreprise.
Chaque entreprise, chaque CFA a son règlement intérieur et c’est le droit du travail qui régit les conditions de travail. Faut-il rappeler qu’il est interdit, en matière de recrutement par exemple, de procéder à toute discrimination raciale, sexuelle, religieuse ou d’appartenance syndicale ? Sandra, vous qui avez tant à faire aux recruteurs vous comprenez la nécessité de cette loi protectrice du candidat.

Oui JPB, "refusons l’entrée dans l’école de tout ce qui concerne la sphère privée, du choix religieux aux pratiques sexuelles" mais il est bien dommage de devoir passer par la loi pour que cela soit respecté. Pourquoi est-il nécessaire aujourd’hui de légiférer en tout : les signes religieux à l’école, la parité dans les instances représentatives etc… Et si il est important que l’école soit au centre du débat électoral, la vraie question en 2007 sera de savoir quelle France nous voulons demain : un pays tel que nous l’avons construit au cours des siècles qui intègre ceux et celles qui le rejoignent ou une France de communautés ?

Et si "Un enseignant n’a pas besoin de savoir si l’élève en face de lui est musulman, catholique ou fétichiste" comme vous le dîtes, moi je me fiche de savoir quelles sont les préférences sexuelles du candidat aux élections municipales pour décider si je lui donne mon bulletin de vote ou pas et pourtant c’était – souvent – au cœur du débat.

Ne vous méprenez pas sur mon propos…les échanges de ces derniers temps sur ce blog étaient…étranges. J’approuve très largement ce qui est écrit dans le post de JPB "nœud du problème" et comme Fabienne je pense "que c'est discrètement et de l'intérieur que se font les changements les plus profonds" et je l’ai déjà dit sur ce "fouroum" (j’adore les remarques de Toto). A vous enseignants de (re)prendre le pouvoir.

Et puisque "prof chômeur" est en ligne, sachez que le privé pourrait vous apporter satisfaction. Il y a des réseaux privés non confessionnels - des CFA en l’occurrence - qui accueillent ces jeunes que vous aimez accompagner et faire progresser. Pensez –y si vous êtes en recherche d’emploi.

With Love
Colomba

Ecrit par : Colomba | 11 juillet 2006

Ne vous affolez pas, prof chômeur, bien sûr que ça ne voulait rien dire "élaborer des textes qui seront lus globalement" puisque de toute façon, les élèves travaillaient depuis deux mois déjà avec une méthode syllabique et qu'ils avaient le réflexe de déchiffrer. Si j'avais "élaboré" ce genre de texte, bien qu' "élaboré" ne veuille pas dire grand chose, donc plutôt, si je leur avais donné à lire des textes (ce que je faisais d'ailleurs à d'autres moments de la journée), ils les auraient déchiffrés en me demandant de temps en temps "ça fait quoi A et N dans ce mot ?" de façon à décoder les mots un à un et à chercher à comprendre le texte en même temps...
Vouv voulez la suite ? Sinon, sautez la fin de mon "post" (je suis toute contente, j'ai appris un mot nouveau...)

Les seules réserves qui m’ont été émises depuis que j’emploie cette méthode m’ont été faites par ma nouvelle collègue de CE2 /CM1 /CM2 qui est arrivée dans l’école justement l’année où son fils entrait au CP. Elle avait alors moins de dix ans d’ancienneté et avait donc été « formée » à la rude école de l’IUFM.
Toute l’année, elle a vaillamment joué le jeu avec son fiston malgré sa déstabilisation évidente. Elle ne perdait pas une occasion (en privé seulement) pour souligner les phrases « sexistes » (par exemple « Papa lit le journal et maman brode un drap. » à laquelle j’ai répondu que la broderie est plutôt considérée à notre époque comme un loisir créatif que comme une tâche ménagère avilissante) ou « ringardes » (« Je glane du blé et je le donne à la cane » qui faisait partie de la page lue devant monsieur l’Inspecteur qui m’a louée pour mon « amélioration du niveau de langue »). Et, même lorsque son fiston qui lui déchiffrait toutes les étiquettes des paquets de biscuits ou de céréales à partir du mois de janvier lui demandait : « Maman, ça veut dire quoi –partiellement déchuilé (pour déshuilé)- ? », elle n’a pas réussi à se convaincre que « ça marchait » et a fini par m’avouer que sa prof d’IUFM leur avait expliqué que c’était « une méthode pour débiles mentaux où l’on transformait les enfants en sémaphores atteints par la danse de St Guy ». Je n’ai rien pu dire ; moi aussi, quand j’avais vu les élèves de la classe où j’avais effectué le remplacement, j’avais pensé quelque chose d’approchant...
Alors, je me contente de lui parler des travaux du Dr Wettstein – Badour et j’arrive peu à peu à la faire revenir sur ses certitudes... Et tant mieux, parce que l’année prochaine, j’aurai la petite sœur au CP [Commentaire juillet 2006 : tout va bien, la fille savait lire en novembre, a embrayé un CE1 dans la foulée et passe au CE2] et qu’en plus, cette année, la maman utilise un manuel en français avec ses grands et elle fait une dictée par semaine [commentaire juillet 2006 : je n’ai pas encore réussi à la convaincre d’adopter un barème plus simple que le sien qui tient compte de tout un tas de critères (du type ½ point par faute d’orthographe lexicale et 1 point par faute grammaticale).]

Ecrit par : catmano | 11 juillet 2006

Colomba, je suis entièrement d'accord sur le principe de discrimination mais tout de même un CFA est d'abord et avant tout un centre de formation qui dépend de l'EN, c'est un établissement scolaire public.

Aussi, (dîtes moi si je me trompe) en entreprise on applique le règlement intérieur de l'entreprise et à l'école on applique le règlement scolaire, le statut est donc double : étudiant/salarié. Théoriquement le respect du règlement intérieur scolaire est de rigueur faute de quoi le jeune est sanctionné à juste titre. Dans le cas présent le voile est l'objet de la discorde.

Or, la loi sur la laïcité du 15 mars 2004 sur le port des signes religieux, ne concerne pas l'enseignement supérieur,(seulement les établissements primaires et secondaires) raison pour laquelle la clause du fameux règlement intérieur du CFA en question est irrecevable. Je pense personnellement plutôt à cette raison là. La loi du 15 mars 2004 ne pouvait donc être utilisée par l'établissement scolaire.

Par ailleurs, me semble-t-il cette étudiante se rendait à un cours, il ne s'agissait pas d'un recrutement dans le cas présent. On ne peut donc parler de discrimination à l'embauche directement, faute de quoi sa candidature aurait été irrecevable au moment de la sélection. Pourtant elle avait été acceptée.

http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/foulard/dossier.asp?ida=427541

Par ailleurs je tiens à signaler que le droit du travail protègent la liberté religieuse des employés et en outre les convictions religieuses ne doivent pas être prises en compte dans le cadre du contrat de travail.

A mon avis les débats passionnés sur la laïcité auront encore de beaux jours devant eux !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 juillet 2006

Correctif : Par ailleurs je tiens à signaler que le droit du travail protège...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 juillet 2006

Alors cette fois ! ma petite phrase au sujet du frère sinistre (qui avait fait voir rouge un dénommé Chris), dans les commentaires de "vous avez dit violence" est bien pâlotte comparée au post de Sandra Wagner, je ne puis que vous féliciter, c'est aussi ma vision des choses.
Fabienne vous mentionnez "tirs croisés", je le disperse cette semaine dans la nature avec "bookcrossing" ainsi qu'un autre du même auteur "frère tarik", plus "le jour où la France tremblera", plus "A bonne école", pour « la fabrique du crétin » j’attends le retour, je l’ai prêté. J'ai par le passé largué dans la nature plusieurs fois "l'islam des interdits" d'Anne-Marie Delcambre.
J'ai évidemment acquis le matin même trois exemplaires de Charlie Hebdo.
J'en veux au premier ministre Danois d'avoir présenté des excuses pour ces caricatures.
Il faut à tout prix leur tenir tête sans quoi il auront la notre.
Merci à Lariba (j'espère que vous visiterez ces commentaires) pour la présentation de Marva Collins, et de m'avoir fait connaître ainsi qu’au blogueur Jaime Escalante.
Des bouffées d’air frais dans ces derniers commentaires.

Ecrit par : mabiche | 11 juillet 2006

Un autre document en format pdf :

http://www.ldh-france.org/media/hommeslibertes/laicite_129.pdf

Ecrit par : Sandra WAGNER | 11 juillet 2006

“C’est le contraire qui advient dans les royaumes gouvernés comme celui de France ; parce qu’on peut y entrer avec facilité, en gagnant quelques barons du royaume ; parce qu’on trouve toujours des mécontents et des gens désireux d’innover ; ceux-là, pour les raisons que je t’ai dites, peuvent t’ouvrir la voie à cet état et te faciliter la victoire. Mais cette victoire, si tu veux t’y maintenir, entraîne ensuite des difficultés infinies, et avec ceux qui t’ont aidé et avec ceux que tu as opprimés. Et il ne suffit pas alors d’éteindre la lignée royale, parce qu’il reste des seigneurs qui se font les chefs de nouveaux bouleversements ; et ne pouvant les contenter ni les détruire, dès que l’OCCASION se présente, tu perds cet Etat”
Ecrit par : Machiavel | 11 juillet 1513 (Le Prince)

L’occasion fait le larron, et ron, et ron, petit patapon

“certain humanisme... ...pourraient prendre le pouvoir plus facilement en infiltrant les sphères de pouvoir réel pas les postes en vue non, les couloirs et les bureaux des ministères”
Ecrit par : fabienne | 11 juillet 2006

On infiltre, on infiltre.
A propos, la sphère, du grec sphaira : boule. Son premier sens, étrangement, c’est la surface de la boule (ensemble des points de l’espace équidistants...) comme en math, c’est bien la sphère qui est la surface de la boule.
Deuxième sens : boule (ensemble des points de l’espace contenus dans la sphère). Bien qu’on emploie “sphère de pouvoir” ou “d’influence” de manière correcte, c’est tout de suite moins chic d’infiltrer les boules du pouvoir.
C’est vrai qu’il y a des posts étranges...
With love anyway
L’infiltrant larron

Ecrit par : D'Enguell | 12 juillet 2006

je voulais dire "ensemble des points de l’espace délimités par la sphère" pour le deuxième sens de sphère.
Navré

Ecrit par : D'Enguell | 12 juillet 2006

Oh la la, qu'est-ce qui vous arrive aujourd'hui? Personne n'écrit ? Est-ce l'annonce des résultats mirobolants du bac cuvée 2006 qui vous laissent cois ? Ou attendez-vous les doctes explications de notre Sinistre (comme disait Coluche) des Trans.. euh de l'Education Nationale ?
En les attendant, avec une impatience mal dissimulée, un petit extrait de "Catherine au pays des apprenants heureux" :

Actuellement, dans notre département [en 2004/2005, du moins], ce ne sont plus les écrits sociaux qui sont au goût du jour pour apprendre à lire aux tout-petits (ah, « les cahiers de vie » de ma collègue PE en maternelle (ça veut dire prof des écoles), il y a 5 ou 6 ans ! Ces pages désespérément vides au retour de week-end exposées aux regards des petits copains qui, heureusement, s’en fichaient complètement d’ailleurs, et les pages magnifiques que J A, 4 ans, totalement mutique en classe et fort peu intéressé par tout ce qui se passait autour de lui, avait soi-disant dictées à sa maman... Et quelle différence avec les « Cahiers de vis », comme les appelaient les petits élèves de Freinet à Bar sur Loup !).
Maintenant, à l’IUFM, les profs de français doivent avoir des actions de « L’école des loisirs » et ce qu’IL FAUT UTILISER, ce sont les séries de 25 albums (à 5,50 € pièce ; une série pour chacune des cinq périodes de l’année scolaire) complétées par un livre pour l’enseignant correspondant à chaque série (entre 7,50 € et 9 €) et dans lequel on nous explique tout : « Dans un souci de plus grande cohérence dans l’acte de lire, que ce soit à l’école ou à la maison, il est d’abord judicieux de donner un exemplaire à chaque enfant... » (première phrase de la description générale de la démarche), c’est en effet fondamental puisqu’on nous explique ensuite que les enfants ne doivent pas emporter le livre chez eux et que l’instit’ doit se payer le luxe de déplacer chaque soir les 25 trombones qui attachent ensemble les pages que l’enfant « ne doit pas encore lire » ; dans ce livre du maître, on nous explique encore : « Les enfants s’habituent à relever très soigneusement des indices [...] témoignant du contexte de situation : c’est un album pour enfants avec un texte et des illustrations. » (Tout un travail, à 6 ans, reconnaître qu’un livre illustré avec peu de textes écrits gros est un « album pour enfants avec un texte et des illustrations », il y en a bien pour toute une année scolaire...) ou encore : "Lorsqu’au CP on choisit de lire dans un album, on ne renonce pas pour autant au travail fondamental qui consiste à mettre en parallèle un son et des graphies. Mais les textes proposés aux enfants n’ont pas été écrits dans le but d’aborder les sons, contrairement à ceux que l’on trouve dans les manuels scolaires... ». Suivent alors quatre petits paragraphes qui expliquent sommairement quelles activités l’enseignant peut mettre en place à la fin de l’étude d’un album pour étudier le rapport phonie / graphie(s) (discrimination auditive, recherche rapide de mots contenant le son à étudier, tableaux récapitulatifs).
Je comprends mieux pourquoi les PE sortants qui sont parfois nommés dans « mon » école sont tous soulagés lorsque je leur dis que je prends le CP ! Quelques heures de « formation » à l’IUFM et « ça » comme bouée de sauvetage, ça fait un peu court comme bagage pour construire une pédagogie de l’apprentissage de la lecture. Et comme je comprends ma petite nièce qui n’a pas réussi à apprendre à lire en un an avec une telle méthode...

Ecrit par : catmano | 12 juillet 2006

“Pour qui roule JP Brighelli ?”, entends-je quelquefois.
Très exactement pour ceux qui préconisent ce ciment national, qui empêche les oscillations catastrophiques, le retour de balancier, le coup de baton au bras (de levier) vengeur.
Anti-sismique serait plus approprié, disent ceux qui habitent la “ceinture de feu”, mais qui ne souhaitent pas la fuir.
Puis-je continuer mes modestes explications ainsi, monsieur Brighelli ?
Impécunieux ces temps-ci, pourriez-vous me donner quelques éléments à moudre sur votre deuxième ouvrage, que je n’ai pas acheté, “A bonne école” ?
Et puisque le quatrième pouvoir sans vous être complètement hostile n’est majoritairement pas votre relais principal, la cinquième roue du pauvre qu’est le Net fournira à tous ces “informations”, comme heureusement aussi celles de Catmano, qui n’est pas encore en vacances, mais qui vit, semble-t-il, au pays de “l’accent qu’on attrape en naissant du côté de Marseille”.
A bientôt voisine

Ecrit par : D'Enguell | 12 juillet 2006

Mais si, je suis en vacances depuis le 6/07 au soir... Et j'habite bien pas trop loin de Marseille et encore moins d'Avignon... Pour vous remercier, la fin du chapitre sur la lecture. Après, il y en un sur les mathématiques, ça vous intéresse aussi ?

Cette année, j’ai essayé d’utiliser la méthode "Lire avec des albums" (en plus de « Bien lire et aimer lire » et des activités structurées que j’ai exposées plus haut) puisque ma collègue de maternelle avait fait travailler mes trois CP sur des albums proposées pour la Grande Section [Commentaire juillet 2006 : à l’époque, les effectifs faisaient que je n’avais plus les GS dans ma classe. Maintenant, je les ai récupérées... Ouf ! (Je vous expliquerai un jour pourquoi...)].
Nous avons « lu » ensemble « Viens jouer avec moi, Petite Souris ». Pour K et O, qui déchiffraient déjà en GS, un seul problème : « Ca ne va pas assez vite ! » Une double page, c'est-à-dire une quinzaine de mots tous les deux ou trois jours, ça ne maintient pas vraiment l’intérêt. Pour B, qui est une CP classique (elle est arrivée en septembre en connaissant le nom de quelques lettres, les prénoms des copains, papa, maman), j’ai eu l’autre jour son opinion (« caftée » par sa maman) : « Tu sais, j’y comprends rien à ce truc, mais je fais semblant, ça lui fait plaisir à la maîtresse. »...
Ca ne fait rien, dans Borel Maisonny, elle comprend tout et elle avance à toute vitesse. Pour les vacances de Toussaint, je lui ai prêté « Léo et Léa », elle avait l’air ravi (mais comme maintenant je sais qu’elle fait parfois semblant pour me faire plaisir !...). [Commentaire juillet 2006 : Dernière dictée du CE1 (début juillet): « Un choix. Cyrille ne sait pas où aller cet après-midi : à la patinoire ou à la piscine. C’est l’un ou l’autre. Il faut se décider maintenant ou il sera trop tard. Finalement, Cyrille choisit la piscine, où il retrouvera ses amis. » Mots à apprendre : la patinoire, la piscine, maintenant, un choix. Aide au cours de la dictée : « Cyrille sait... Quel est le verbe ? Puisque vous me dites que c’est le verbe savoir, je vous explique qu’il commence forcément par les lettres S et A... Débrouillez-vous pour la suite... » B : 17,5 sur 20 ; O : 19,5 sur 20 ; K : 20 sur 20].

Ecrit par : catmano | 12 juillet 2006

Note provocatrice et stimulante. Mais je ne pense pas qu'opposer république et démocratie soit pertinent. Je crois même que c'est dangereux.

Dire que l'excès de démocratie conduit au fascisme, c'est intellectuellement amusant, mais c'est évidemment faux. Le fascisme, c'est l'autoritarisme absolu et l'unicité idéologique. La démocratie, parce qu'elle doit prendre en compte l'opinion du plus grand nombre, amène forcément compromis et modération. Elle amène aussi responsabilité et légitimité. Quand il s'agit d'une véritable démocratie en état de marche, naturellement, ce qui n'est pas vraiment le cas chez nous.

Que des peuples, à certains moments de leur histoire, soient tentés de confier le pouvoir à un homme fort, c'est une réalité. Mais ce serait un paradoxe absurde que d'en tirer argument pour dénigrer la démocratie.

S'il s'agit de déplorer le libre-service revendicatif qui, sous couvert de démocratie, conduit à miner la république, je suis d'accord: si j'insiste pour que l'Etat ne serve qu'à défendre "mes" droits, "mon" opinion, "mes" goûts, "ma" religion, "ma" communauté, "ma" vision de l'orthographe, "ma" perception de l'histoire, et que je mets tout cela au-dessus du bien commun de la collectivité, c'est effectivement une tendance néfaste. C'est ce qui caractérise le droit-de-l'hommisme, entre autres.

Les vrais droits de l'homme, c'est autre chose. Ce sont ceux que proclame la première déclaration des droits de l'homme, celle de la première République. Qui a instauré la représentation nationale, et son esprit. Elle n'est donc nullement opposée à la démocratie.

Opposer démocratie et république, c'est aussi suggérer que l'autoritarisme de l'élite, ceux qui savent mieux que tout le monde ce qui est bon pour nous autres, serait une bonne chose. C'est pencher du côté de la Terreur, et non de 1789.

C'est, hélas, une tendance très répandue dans la gauche française et au sein du fonctionnariat qui est au coeur de l'inconscient politique de ce pays. Cette gauche qui ne cesse de rappeler que Hitler-est-arrivé-au-pouvoir-par-les-élections, sous-entendu: OK pour que le peuple s'exprime, mais nous nous réservons le droit de corriger le tir si les masses s'égarent.

Sans craindre l'incohérence avec ses protestations contre l'ingérence américaine à l'encontre d'Allende au Chili, l'ingérence européenne à l'encontre du Hamas en Palestine, etc.

Je crois plutôt que le boulot fondamental, en ce moment, consiste à mener l'action politique de façon à ce qu'il n'y ait aucun doute, dans l'esprit de chacun, que république et démocratie sont une seule et même chose.

Ecrit par : Robert Marchenoir | 12 juillet 2006

Rêvé-je, ou ce blog deviendrait-il aire de séduction ? D'Enguell, vous pouvez continuer vos "modestes" analyses, et Catmano (nous sommes quasi voisins, alors ?) enverra en retour les chapitres passionnants d'un livre à venir — le sien, pas le mien : le Crétin III, si je puis ainsi m'exprimer, portera comme je l'ai dit sur les questions liées à la laïcité. Ma note "Nœud du problème" en est, en un sens, une "bonne page", comme on dit dans la presse. Je vous ferai le coup encore une fois ou deux.

"Quand il s'agit d'une véritable démocratie en état de marche, naturellement, ce qui n'est pas vraiment le cas chez nous", écrit Robert Marchenoir : et c'est bien ainsi que je l'entends. Notre démocratie exalte "l'individu", mais n'en tient aucun compte : la "pédagogie" formate, uniformise, et c'est bien là le point de contact entre (fausse) démocratie et vrai fascisme. On semble permettre à chacun de donner son avis, et à l'arrivée, on interdit à tout le monde toute pensée non conforme.
Historiquement, l'invention de l'individu arrive au XVIIIe siècle — avec l'invention de l'esprit d'examen. Mais qu'auraient pensé Voltaire, d'Alembert et Diderot (pour ne pas parler de d'Holbach ou d'Helvétius, ou de Mme du Châtelet) de nos récentes polémiques sur le "voile", et de l'affirmation de quelques pauvres filles plus aliénées que d'autres que "c'est leur choix", comme on dit à la télé ? Qu'est-ce qui reste d'individu dans la tendance actuelle à dire la même chose que l'autre — sinon la vocifération qui donne un semblant d'autonomie au conformisme de l'idée ?

Voilà que j'écris sur le blog dans le même style que mes bouquins. C'est systématique, dès qu'un texte me travaille — et que je le travaille. Je vous prie tous d'excuser l'auteur de se prendre à son propre Je…
JPB
PS. D'où il ressort, cher Robert, que démocratie et république, dans les faits, sont très loin d'être la même chose. Et lorsque la république se fait bouffer par la démocratie, comme c'est le cas en ce moment, eh bien le fascisme n'est plus très loin. Quand on commence à discuter de la pertinence du zèle religieux sur les lieux de travail… Colomba nous rappelait hier que les CFA appartiennnent au monde du travail, et que les règles qui protègent les élèves de l'endoctrinement religieux ne peuvent s'y appliquer. Pourtant, il doit bien y avoir des mineurs, dans ces CFA, des gens fragiles, susceptibles d'être manipulés… Soyons encore plus clair : les signes religieux ostentatoires s'apparentent pour moi à l'usage du tabac, proscrit de tous les lieux publics clos. Ou, mieux, d'une drogue quelconque : vous ne fumez pas votre pétard en public, que je sache… Et qui a dit déjà que la religion était l'opium du peuple ?

Ecrit par : brighelli | 12 juillet 2006

"Parce que nous prétendons enseigner quelque chose, au lieu de laisser cces splendides cervelles accoucher de leurs Idées ?"

JPB

Cher Collègue

Seriez vous atteint tout à coup de clairvoyance et de lucidité? Vous avez parfaitement raison de PRETENDRE enseigner quelque chose!

Pure prétention...C' est certain!

Chris

PS: inutile de répondre trop longuement, je ne viens plus ici que par excès de masochisme et le plus rarement possible.

Ecrit par : chris | 12 juillet 2006

C'est quoi c't'histoire de séduction ? Je vous l'ai déjà dit, je suis très "primaire", moi... J'envoie mes "petits trucs" parce que j'ai envie de les communiquer. Je les avais envoyés dans un premier temps à M. Le Bris, je n'ai jamais su s'il les avait reçus... J'en ai envoyé (il faut un s ou pas?) d'autres ("Et si l'erreur commençait bien avant 6 ans") à M. A. B..., il m'a fort gentiment répondu qu'il avait trouvé cela passionnant mais qu'il ne pouvait pas m'aider, alors je les ai envoyés à JPB par l'intermédiaire de son éditeur, je ne sais pas encore s'il les a reçus... Je ne tiens pas forcément à être éditée, je ne suis pas Hervé Vilard, moi. Les trompettes de la renommée me font très peur et puis, je suis très bien dans mon petit trou perdu provençal avec mes petits élèves, mes petites collègues et ma grande tranquillité. Seulement, de temps en temps, ça déborde un peu. Alors, j'avais trouvé ce blog où, sans aucune idée de séduction, j'envoyais mes "petits trucs" sans importance... juste en me disant que, peut être, ça pourrait intéresser un collègue ou deux et que, du coup, je me sentirais moins seule (pédagogiquement parlant, pour le reste, tutto va bene, merci...). Maintenant, si je gêne, y a pas de lézard, je m'éclipse sans regrets... enfin si, un peu quand même, ça m'amusait bien d'envoyer des "posts" (ah, je suis vraiment contente d'avoir appris un mot nouveau...). A bientôt, j'espère (toujours sans aucune idée de séduction, voisin...)

Ecrit par : catmano | 12 juillet 2006

"Et qui a dit déjà que la religion était l'opium du peuple ?"

Ne serait-ce pas ce cher Karl Marx si je ne m'abuse ??? En effet la religion pour certains vient compenser les maux de la société surtout lorsque cette dernière se trouve en déliquescence complète.

Ecrit par : Sandra WAGNER | 12 juillet 2006

reste avec nous catmano.

tu sais bien que le JP c'est un gros déconneur! ;)

"Voilà que j'écris sur le blog dans le même style que mes bouquins. " je me disais aussi : "là je comprend rin de rin" ;)
j'vais attendre encore un peu avant de lire tes bouquins.

Ecrit par : toto | 12 juillet 2006

Plus une société se démocratise, autorisation de la bigamie,acceptation du nudisme en ville, de la vitesse sur les routes,de la pornographie à la tv à 20 h 30,des chiens si gentils partout dans les rues,des boums fin juin des futurs 6èmes organisées par leurs parents,que puis-je encore inventer,plus en effet cette société se rapproche du moment où elle se donnera à une dictature,la vie devenant "invivable".
Un verre,deux verres de démocratie ça va,trois verres, bonjour les dégâts !
Pour une République à la démocratie non débridée !

Ecrit par : bernard | 12 juillet 2006

Il est recommandé d'interdire ( slogan de Mai 2008).

Ecrit par : bernard | 12 juillet 2006

oui Bernard il est même interdit d'interdire !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 12 juillet 2006

catmano j'ai beaucoup souri en lisant votre post sur la lecture, notamment à la mention du fameux trombone qui indiquait qu'il ne fallait surtout pas lire la suite ! j'ai OSE mais oui sous les yeux horrifiés de mon fils, j'ai osé enlever ce trombone pour lui permettre de lire la suite de Pélagie la socière (très rigolo mais TRES répétitif) et même la fin ; parce que c'est vrai que trois jours de suite sur la même double page c'est long quand on lit un Conte du Chat Perché en 45 minutes...ensuite on a remis le trombone et il n'a rien dit en classe....c'est très vilain de faire des trucs dans le dos de la maîtresse mais comme il dit "j'ai fait semblant de pas savoir lire en maternelle alors je peux faire semblant de pas l'avoir lu !"
tiens chris joue les Joséphine Baker...

Ecrit par : fabienne | 12 juillet 2006

Cher Bernard, la démocratie ne veut pas dire que l'on peut faire tout et n'importe quoi! cela veut simplement dire que c'est le peuple qui est le Souverain, autrement dit que c'est lui qui décide de son avenir (par le biais du Parlement dans notre cas). Je suis fière et heureuse de vivre en démocratie (et non en République).

Ecrit par : Christine | 12 juillet 2006

Certains "posts" ont trait aux résultats du bac, "excellent cru 2006" . Tant il est vrai que moins les élèves vont au lycée, plus le niveau monte! Etonnant, non?

Voici quelques extraits d'un article du Figaro de lundi 10 juillet 2006.
'Polémique autour du bac 2006.

Avec un taux de réussite qui pourrait dépasser celui de 1968, l'examen est jugé bradé par certains parents et enseignants.
(...Au vu des résultats des élèves reçus du premier coup, (73, 9 % soit 5,1 points de plus qu'en 2005), la cuvée 2006 devrait frôler voire dépasser le taux record de 81 % atteint en 1968. Cette année, témoigne un enseignant qui a corrigé des copies de sciences éco, 'le bac est donné.'
Pour René Sylvestre, président du groupe l'Etudiant, 'il est évident que les organisateurs du bac ont demandé aux correcteurs d'être un peu plus sympas' pour tenir compte des heures de cours perdues pendant la crise du CPE. Le ministre de l'éducation, Gilles de Robien, nie toute idée de bac au rabais. Selon lui, ce cru 'exceptionnel' est dû uniquement au talent et au travail des élèves et des enseignants.
(....) Ce sont les bacheliers scientifiques qui ont tiré le mieux leur épingle du jeu avec 8,6 points de plus par rapport à 2005.
Le niveau d'exigence baisse, dénoncent les enseignants.
Outre de multiples fautes d'orthographe et de syntaxe qui émaillent les copies parfois rédigées en langage 'texto', ce professeur de philosophie a par exemple relevé cette année un 'dieu aux iris' (dieu égyptien Osiris) ou une 'chapelle sixteen' (Sixtine ). Voici par exemple le mail adressé par un adolescent de terminale S à un de ses professeurs.
'bon ben le bac sa c'est bien pasé j'ai eu 15 de moyenne general donc menssion (mention) ben, bref en philo je pensai avoir mieux fait j'ai eu que 13...otant dire que je suis dessus (déçu) , je pensais avoir bien assuré.' Un mail à l'image de ses prestations écrites pendant l'année, qui lui ont pourtant valu une mention 'bien ' au bac S !
Cette interrogation sur le manque d'exigences des épreuves touche tous les examens. Mireille Grange, professeur de lettres en ZEP, s'étonne que, le jour de l'épreuve de français du brevet, l'ensemble des candidats d'une salle d'examen en provenance d'étabissements différents ne connaissaient pas cette année le sens du mot 'prose' et étaient donc dans l'impossibilité de traiter un sujet qui leur demandait de rédiger un 'récit en prose'. Ces élèves ont par ailleurs découvert noir sur blanc que l'orthographe n'était pénalisée qu'au delà de 10 erreurs. ' Comment une école aux exigences aussi réduites peut-elle communiquer le goût de l'effort et du travail bien fait ?', s'interroge-t-elle.
Pierre Merle, sociologue et sécialiste de l'évaluation, réfute ces reproches d'indulgence excessive. 'Les tests de niveau dans l'armée donnent les mêmes résultats depuis trente ans, ' affirme-t-il. Certes, l'orthographe s'est fortement détériorée depuis quelques années, reconnaît-t-il, 'ce n'est pas un scoop'. Mais, assure-t-il, les élèves seraient bien meilleurs à l'oral ou en informatique...' (Marie-Estelle Pech)
Cordialement.
Anne-Marie Valette

Ecrit par : Anne-Marie Valette | 12 juillet 2006

Si ce qu' Anne-Marie vient de dénoncer ce n'est pas du TOUT ET N'IMPORTE QUOI "démocratique" dans le domaine de l'Education Nationale ......je me ....syndique chez... Aschiéri .

Ecrit par : bernard | 12 juillet 2006

Pourquoi s’obstiner à soutenir la démocratie alors que de l’autre coté vous la dénigrez ? Je pense honnêtement qu’il est inutile d’essayer de faire l’éloge du régime politique qui est la cause de tous les problèmes que vous dénoncez. C’est d’ailleurs, selon moi, en ce sens que Mr. Brighelli oppose la république à la démocratie.
Enfin après tout, avec 81% de réussite au bac, le peuple est surement apte à diriger maintenant.

Ecrit par : Estil | 12 juillet 2006

L'Homme ,depuis des siècles, va de démocratie en dictature,et de dictature en démocratie,on est bien obligé de le constater,c'est comme ça,mais peut-être que l'année prochaine ,on va inventer la démocratie éternelle, exceptionnellement en France .La vraie,cette fois.
La Démocratie populaire.

Ecrit par : bernard | 12 juillet 2006

Saclay, fin des années cinquante. Des forts en maths bossaient afin que 50 ans plus tard certains puissent bénéficier d’une électricité nucléaire gratuite. Vous me direz, la finalité n’était pas exactement celle-là.
Catmano, livrez-nous vos expériences de l’apprentissage en maths, que je sache si dans trente ans, je payerai l’électricité aux slovènes à prix d’or, ou pas.

Ecrit par : D'Enguell | 12 juillet 2006

Pardon de revenir sur un point de détail (?) mais Sandra me demandait des précisions ce matin. J’ai eu le temps de vous lire les uns et les autres mais pas de vous répondre …je ne suis pas encore en congé…

Sandra, donc, oui et non à vos remarques :

1-Oui un CFA est un centre de formation conventionné avec l’EN puisqu’il délivre des diplômes reconnus par l’Etat.
2-Non ce n’est pas un établissement scolaire.
Les CFA dépendent soit des chambres de métiers, soit des Chambres de Commerce et d’Industrie, soit ils ont été créés par des réseaux professionnels. Ce sont des établissements de droit privé avec une mission de service public donc à scolarité gratuite…ou presque parce que, en l’espèce, je doute que cela soit tout à fait gratuit !!
Nous avons là un CFA accueillant des jeunes suivant une formation dans l’enseignement supérieur et dépendant très certainement d’une CCI.
3-Non il n’y pas de règlement scolaire dans un CFA, il y a un règlement intérieur comme en entreprise.
4- Non le statut des jeunes n’est pas double. Ce sont des salariés et c’est tout. Le CFA n’est que le lieu de formation complémentaire à l’entreprise.
Un CFA ne peut être considéré comme un établissement scolaire enfin tant que l’Education nationale ne fait pas d’apprentissage…
5- Oui le jeune est sanctionné quand il ne respecte pas le RI.
6- Oui la loi ne s’applique pas à l’enseignement supérieur mais
7- Non, ce n’est pas pour cela que la clause du RI ne s’applique pas. C’est parce que au delà du RI, ces jeunes sont soumis au droit du travail…d’où mon allusion aux articles du code qui protègent le salarié contre toute discrimination lors du recrutement.

Par contre, JPB a raison en disant que dans des CFA il peut y avoir des jeunes mineurs - et demain de 14 ans- "fragiles, susceptibles d’être manipulés"…

Voilà pour ces précisions demandées et nécessaires.
Je m’étonne de la méconnaissance de ce monde de l’apprentissage et pourtant ce sont les jeunes qui quittent le système scolaire "classique" à 16 ans qui rejoignent ces centres pour se former à un métier….et demain ils vous coifferont, répareront vos voitures, construiront vos maisons, vos routes ou fabriqueront vos selles de cheval…

With Love
Colomba

Ecrit par : Colomba | 12 juillet 2006

Tiens, allez un exemple pour finir sur le statut de ces jeunes. Une absence d'un jour de Jean âgé de 15 ans : son employeur est averti. Si cette absence est injustifiée, l'employeur est en droit de lui retirer une journée de salaire...
Et oui.

With Love
Colomba

Ecrit par : Colomba | 12 juillet 2006

Merci beaucoup Colomba pour ces précisions je comprends mieux maintenant !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 12 juillet 2006

Je rebondis pour dire que je suis d'accord avec ce point là:

"Notre démocratie exalte "l'individu", mais n'en tient aucun compte : la "pédagogie" formate, uniformise, et c'est bien là le point de contact entre (fausse) démocratie et vrai fascisme. On semble permettre à chacun de donner son avis, et à l'arrivée, on interdit à tout le monde toute pensée non conforme."

Je me le traduis : le discours pseudo "psycho" des pseudo spécialistes pédagogistes (qui n'a rien à voir avec la psychanalyse ) pose l'identité et la personnalité de l'enfant comme acquise, enfant au centre du système scolaire, comme si la personne était déjà construite (ce que dénonçait Arendt dans les années 50). L'élève qui n'est que ce "jeune" des discours pédagogistes , finalement , décrochant assez vite des études mais les suivant pour le "fun" , aspire à devenir une star AC, ou nouvelle Star, ou Star tout court , disons une image de ce qu'il ne peut être et atteindre intérieurement , spectacle proposé en images à tous les gosses de moins de 20 ans dans toute la France, à moins qu'il ne soit ce nouveau philosophe en herbe dés le primaire.... Voici donc l'image de ce que c'est d'être: une image plaquée, une pensée plaquée, un propos plaqué.
Une éducation plaquée.
Par la suite, le relais des discours: de ne jamais parler des hommes comme des sujets, mais des "variables", un "capital"...etc , bref tout ce qui se quantifie et devient objet et ne se nomme jamais.

Autant dire que nous ne sommes pas en démocratie puisque nous n'élevons pas des sujets aptes à se saisir d'eux mêmes.
C'est comme l'exemple du parallèle que fait JP Lebrun entre le système totalitaire et le rôle maternel , induisant une toute puissance chez l' enfant, qui de ne le laisser jamais accéder au statut de sujet, par l'absence d'autorité et de symbolique paternelle. Cette toute puissance permet de tout dire et tout faire, (puisque maman ne dira jamais rien...)
et voilà que rien de l'Autre n'existe et ne peut exister.

Je préfère dire qu'il n'y a pas de réelle démocratie, mais que ce concept n'est pas vain pour ceux qui peuvent lui donner un sens.
.

Ecrit par : dg | 12 juillet 2006

" La démocratie, c'est l'art de donner au peuple l'illusion d'être souverain " : quel est le prof d'histoire qui saura me dire l'auteur de cette citation, pour rire ?

Ecrit par : jojolapin | 14 juillet 2006

Pour Jojolapin.

Il semble que c’est une citation de Mussolini dans une lettre en réponse à Gustave Le Bon (1841-1931). Fondateur de la psychologie sociale et auteur de la Psychologie des foules (1895) qui a influencé Mussolini et Hitler.
« Mon cher Maître, je réponds à vote lettre. Démocratie, c'est le gouvernement qui donne ou cherche à donner au peuple l’illusion d'être souverain. Les instruments de cette illusion ont été divers pour les époques et les peuples, mais le fond et les buts n'ont jamais changé. Voilà mon opinion nette. Cela me donne l’agréable opportunité de vous envoyer mes cordiales salutations. Mussolini. »

Ecrit par : Lariba | 14 juillet 2006

Merci du renseignement, il me semblait que la citation datait du temps où Mussolini était devenu le Duce. Est-ce du fascisme que de rapporter cette remarque à l'époque actuelle ?

Ecrit par : jojolapin | 14 juillet 2006

"Merci du renseignement, il me semblait que la citation datait du temps où Mussolini était devenu le Duce. Est-ce du fascisme que de rapporter cette remarque à l'époque actuelle ?

Ecrit par : jojolapin | 14 juillet 2006"

Non, non...C' est seulement de la bêtise...

Chris

Ecrit par : chris | 14 juillet 2006

Citation pour citation, restons dans le domaine français. Kikadi :
"Le gouvernement d'un seul est une monstruosité, le suffrage restreint est une injustice, le suffrage universel est une stupidité."
C'est le même kadi :
"Par égoïsme, méchanceté ou éclectisme, je ne veux être jamais lié à aucun parti politique, quel qu'il soit, à aucune religion, à aucune secte, à aucune école : ne jaias entrer dans aucune association professant certaines doctrines, ne m'incliner devant aucun dogme, devant aucun prince et aucun principe, et cela uniquement pour conserver le droit d'en dire du mal."
Promis, ce n'est pas de moi — quoique…
Pas trouvé encore ? C'est le même kadi :
"Quand on voit de près le suffrage universel et les gens qu'il nous donne, on a envie de mitrailler le peuple et de guillotiner ses représentants ; mais quand on voit de près les princes qui pourraient nous gouverner, on devient tout simplement anarchiste."
Je vous sens hésitant. Allez, une dernière pour la route :

"Sapons les immortels principes.
"Que devrait être, en réalité, ce suffrage de tous ? La représentation exacte de toutes les forces vives, effectives, agissantes, d'un pays, proportionnellement à la puissance de ces forces.
"Or, une seule est représentée : le nombre. La richesse territoriale, l'argent, l'industrie, ne travaillent donc point à la grandeur de la nation ?
"Est-ce que l'intelligence et le savoir ne sont point encore les deux forces les plus agissantes et les plus respectables ?
"Est-ce que le grade universitaire (puisque l'Etat octroie des grades) ne devrait pas conférer une autorité particulière à celui qui l'a reçu ?
" Mais non. Le nombre imbécile seul est puissant."

Allez, pour vous aider, une précision : c'est un auteur sur lequel JPB — ma pomme — a fait jadis une étude — chez Ellipses.
Ça n'étonnera pas les "démocrates" qui hantent ce blog. Ça n'étonnera pas non plus les vrais républicains.
JPB

Ecrit par : brighelli | 14 juillet 2006

Pour JPB : étant donné que je n'ai pas lu tous vos ouvrages, je donne ma langue au chat.
Pour Chris : désolé, je suis effectivement un attardé mental (comme l'IUFM me l'a bien fait sentir avant vous) ; je constate simplement que, depuis vingt-cinq ans, à peine un gouvernement est-il formé qu'il se met tout de suite à dos le peuple qu'il est censé représenter.

Ecrit par : jojolapin | 14 juillet 2006

Il me semble que Guy de Maupassant à la comtesse Potocka (non, non, pas celle quio buvait de la vodka au petit déjeuner) s'exprimait en ces termes.Ah, crotte, un aristo !

Ecrit par : D'Enguell | 14 juillet 2006

Mr Rade expose à Mr Patissot ces principes...
"Les dimanches d'un bourgeois de Paris" semblent encore bien d'actualité...
Mais il serait sans doute triop dangereux aujourd'hui d'étudier ces textes de Maupassant...des fois que cela donnerait des idées...
Merci JPB pour le rappel à mes vieux souvenirs (plus de 20 ans) d'une discussion animée dans l'un de vos cours...

Ah la mémoire... dîtes moi me joue-t-elle des tours

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 juillet 2006

pardon, mon post concernait le fil de discussion "le noeud du problème" je me suis trompée de fil pour répondre je rectifie de ce pas

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 juillet 2006

oups encore une erreur de manip j'étais pas sur le bon fil...il commence à être tard ...enfin pas tant que ça...je devrais aller dormir

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 14 juillet 2006

Ah, la culture… Bravo à Patricia et à D'Enguell pour l'identification de Maupassant ! Je ne sais pas si les Chroniques sont encore disponibles chez les bouquinistes (en 10/18), mais c'est passionnant — et politiquement très incorrect, non seulement pour l'époque, mais pour aujourd'hui.
Parce qu'au fond, j'ai parfois l'impression que si l'école régresse, c'est que toute notre civilisation est en régression grave. Et que nous avons l'école que nous méritons.
Et c'est bien d'une régression qu'il s'agit, pas d'une décadence. Les temps de décadence sont intellectuellement stimulants — voir la fin du XIXe, par exemple. En ce moment, l'intelligence est partie se faire voir ailleurs. Il y a des pays émergeants infiniment plus intelligents que nous, pour l'heure…
JPB

Ecrit par : brighelli | 15 juillet 2006

"Pour Chris : désolé, je suis effectivement un attardé mental (comme l'IUFM me l'a bien fait sentir avant vous) ; je constate simplement que, depuis vingt-cinq ans, à peine un gouvernement est-il formé qu'il se met tout de suite à dos le peuple qu'il est censé représenter.

Ecrit par : jojolapin | 14 juillet 2006 "

Le Président représente la Nation

Le Gouvernement ne représente rien du tout

Les deux Chambres portent la parole de la Nation par l' intermédiaire des Députés et Sénateurs

Enfin, dans l' idéal...

Et si on n' est pas content du pouvoir, on s' engage pour changer la donne ou on part élever des chèvres dans le Haut Atlas marocain...C' est bien aussi...

Chris

Ecrit par : chris | 17 juillet 2006

Lu sur un autre blog

Triste non?

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Etonnante cette soudaine invasion pédagogiste! Certains souhaitent enseigner le discours politique ? Sans doute pour vanter les bienfaits de la LCR sur notre sol. Je suis peut-être réactionnaire mais de mon côté je désire l'arrêt de la mixité sexuelle en milieu scolaire, convaincu que les toilettes s'assimillent plus à un lieu de découverte charnelle (contrainte ou consentante) qu'à un lieu d'aisance, convaincu que les différences sociales ne peuvent qu'amplifier le décalage et le ressentit de certains élèves envers certains autres, je prône le retour de la blouse en milieu scolaire. Les pédagogistes ont peur et pourtant le ministère de l'éducation et issu de leurs caste, les programmes sont de leurs faits les méthodes d'enseignement sont les leurs également. Pourquoi cet effroi subit ? Sans doute est-ce la population Française qui se rend compte de la vacuité et de la dangerosité d'un programme d'éducation idéologiquement orienté, les Français ont peur du vide, les Français mettent leurs enfants dans des écoles catholiques, miracle! les écoles catholiques ne sont pas encore imprégnées de soixantuitardisme tiersmondiste aigûe, les Français respirent, leurs enfants ne seront pas soumis à la loi de la jungle, ils ne seront pas insultés, volés, violés, tabassés.. Tout les enfants ne sont pas faits pour aller à l'école messieurs, certains sont fait pour la prison d'autres doivent êtres expulsés, d'autres enfin sont fait pour le travail... Bonnes Vacances !!!

Postée par Yann le 18 juillet 2006 à 21:25

Ecrit par : chris | 18 juillet 2006

Je ne sais pas qui a écrit ce torchon, de Yann l'expéditeur ou de Chris le bloggeur, en tous cas CA PUE LA CHAROGNE.
Je suis à 100% d'accord avec le début, sur les pourritures post-soixante-huitardes, sur l'abolition de la mixité jusqu'en 3ème. Enjcore que vu l'état des chiottes de mon bahut, si j'avais quinze ans, je ferais voeu de chasteté.....
Là où c'est carrément insupportable et vomitif, d'ailleurs j'en ai taché mon t-shirt, c'est la fin, cruelle, abrupte et conne; "Tous les enfants ne sont pas faits pour alller à l'école, certains sont fait (merci le s) pour aller en prison, d'autres doivent être expulsés, d'autres enfin sont faits pour le travail". Une telle ordure ne se retrouve qu'à Nuremberg ou à Vichy. Et j'admire la couardise du salopard fasciste qui a dégueulé tout ça. En loucedé, sur un des sites déseté depuis trois jours pour que personne ne réponde....Manque de bol, Montaignacheval est là et pourfend la connerie humaine. En tous cas, une pareille saloperie me donne envie de vivre en ménage avec Meirieu....
TIens, pour terminer, en espérant que ce monsieur -voici un bien beau mot pour une chose pareille- n'est pas en charge d'élèves ou d'étudiants, je lui conseille d'aller faire un tour à Auschwitz voir les tas de nattes de petites filles massacrées, ou à l'Indian Memorial au Nebraska où il pourra se délecter des scalps d'enfants et des jouets portant encore des traces de sang. Car, cher Goebbels, elle est là la solution....ne joue pas à l'hypocrite. E-X-T-E-R-M-I-N-E-R les enfants que tu juges indigne de ton génie.Mais un conseil, avant de les massacrer, donne leur quand même leur doudou, charogne.

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 21 juillet 2006

Cher Montaignacheval

On peut ne pas être d' accord, mais là je peux t"'affirmer que j' ai bien repris ce texte tel qu' il était écrit.

Et je suis OK avec toi! Ca pue!!!!!

Chris

Ecrit par : Chris | 21 juillet 2006

Serait-ce de la provoc de Chris, ou d’un autre, qui balance ce machin pour nous inciter à penser que nous finirons par déboucher sur cette conclusion, si nos échanges persistent sur les mêmes voies ? C’est de la tactique élémentaire d’extrêmiste qui a raté le concours de la DGSE.
Bravo, MONTAIGNACHEVAL, pour avoir dépisté l’animal (même si c’est léniniste).

Ecrit par : D'Enguell | 21 juillet 2006

J'avoue que je ne lis pas forcément tous les posts : ma femme intervient pazrfois dans le classement (pas dans les réponses !), et classe sans suite — et sans trop m'en signaler le contenu — les textes susceptibles de faire monter ma tension. Le 18, je n'étais pas là, j'enregistrais à Paris une émission qui passera le 31 août en pseudo-direct sur RFI.

Je ne peux pas demander d'attestation d'identité à tous ceux qui interviennent ici. N'importe qui peut signer "Chris" — à condition de faire moins de fautes d'orthographes que Yann (qien es ?).
Par ailleurs, j'ai appris (à mes dépens) à ne pas réponde à toutes les provocations. Cela dit, je conçois très bien que d'autres, au cuir moins endurci que moi par ces derniers mois de fréquentation des plateaux télé/radio, où l'on vous balance des choses ébourriffantes, répliquent du tac au manque de tact.

Montaigne (quel superbe pseudo, quand même, ce MONTAIGNACHEVAL !), ici, sur la terrasse, à l'ombre e tpar un léger régime de brises, il fait 43°. Dans mon bureau, je préfère ne pas mesurer. Dehors, c'est assourdissand de cigales (y a-t-il des cigales en Turquie ? Je ne me souviens pas, j'étions là-bas en pleine guerre — en 1974. J'ai un tropisme curieux qui m'entraîne volontiers sous les balles).

AUtre chose. Je voudrais sonder en direct la communauté de mes blogueurs préférés. Je travaille (parce que je vais en faire une amorce de chapitre) sur l'affaire d'Ilan Halimi et du "gang des barbares". Alors, s'agissait-il d'un acte antisémite caractérisé, ou l'antisémitisme est-il devenu, après tant de discours citoyens et de cours d'Histoire bien intentionnés, si diffus, si quotidien que ses partisans ne se rendent même plus compte qu'ils sont antisémites ? Ou…
Le problème est plus complexe qu'il ne paraît à première vue. Les responsables de pas mal d'organisations dites anti-racistes sont très divisés sur le sujet. Et j'entends toutes sortes de voix, à gauche principalemet, s'élever pour dire que "sale feuj" est devenu une injure parmi d'autres. À mon sens, ce ne sera jamais une injure parmi d'autres — mais je ne suis pas François Bégaudeau.
JPB

Ecrit par : brighelli | 21 juillet 2006

empruntant régulièrement les transports en commun de Paris et sa région, j'assiste très souvent à des scènes d'injures , mettant en scène des "djeuns" du neuf trois comme il est très mode de le dire en ce moment et bien souvent j'entends cette injure échangée entre deux jeunes "beurs".Même si je partage votre avis quant au fait que ce n'est pas une injure comme les autres , je dois dire qu'à chaque fois ça me fait sourire "jaune" tant c'est la démonstration du puit d'ignorance insondable de ces "djeuns" qui utilisent à tort et à travers des expressions dont ils ignorent le sens , uniquement parce qu'elles "sonnent" bien. Dans l'affaire Halimi , était-ce réellement un acte antisémite? de prime abord il semblerait que cela ait permis aux médias de vendre de l'image et du papier. j'ai toujours tendance à rester prudente et à dire que nous ne sommes pas dans le secret de l'instruction, mais je ne suis pas suffisament documentée sur l'affaire pour intervenir

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 21 juillet 2006

J'aimerais beaucoup en discuter en effet. Car je suis intimement convaincu que "Sale Feuj" n'est pas, en effet, uen injure à la noix comme les autres. Quand mes élèves se traitent de sale Marocain ,sale Arabe, sale pundé(Indien) onsent que c'est plutôt amical. Même sale rabza ou sale gaulois. Qaund on entend dire "sale feuj", c'est le ton qui saisit, un ton haineux, à la limite du lynchage. Le meurte d'Ilan Halimi est un crime antisémite, mais "new look," si l'on ose dire. Car maintenant, les plus enragés antisémites à part le fondu iranien, ce sont les Noirs, descendant des esclaves, auxquels on a subtilement et insidieusement mis dans le crâne que l'esclavage, c'étaient les Juifs......ce qui permit évidemment à la bourgeosie catholique de se défausser à bon compte.
L'antisémitisme Noir,est comme l'antisémitisme japonais est incompréhensible. mais révélateur, si besoin en était de l'absolue spécificité du Judaïsme et de l'être-Juif. Dieudonné, quel nom pour un rat pareil!!!!- Deodatus, en latin, ne s'y est pas trompé en instillant les idées de Farrakhan, le nazi noir américain.
Le gang des barbares, ne nous y trompons pas, n'est pas constitué de zombies. Mais il entre dans la même problématique que la SA? jadis. Il est TRES interessant de savoir comment étaient recrutés les SA par la NSDAP; On prenait des gens banals et en apparence, pour reprendre l'expression d'Alphonse BOudard, "le contenu d'une rame de métro" auxquels on détachait la bride....oui je sais Montaignacheval, la bride...mais c'était involontaire.
Mais nous en reparlerons sans doute. Et oui, il y a des cigales en Turquie. Et un nombre effarant de frelons.....

Ecrit par : MONTAIGNACHEVAL | 21 juillet 2006

Petit témoignage modeste: il y a trois ans, dans le collège où j'enseigne un élève de 6ème plutôt discret, timide s'est fait d'abord "embêté" puis réellement tyrannisé par la majorité de ses camarades. J'ai pensé dans un premier temps qu'il s'agissait d'histoires de gamins... Mais la chose prenant une drôle de tournure, je m'en suis ouverte à la Principale qui m'a dit que l'élève en question était de religion juive et que depuis une absence pour cause de fête religieuse, ne me demandez pas laquelle, l'élève en question subissait toutes sortes de harcellement.
J'ai cru tomber sur une autre planète en entendant cela.
Mes chers collègues ont semblé peu émus.
La mère a fini par retirer l'élève de ce collège.
Non, je ne crois pas que l'insulte " sale feuj" soit banale.
Il y aurait beaucoup à dire également sur l'incohérence de notre école qui se dit républicaine et qui accueille depuis quand d'ailleurs?depuis toujours? les aumôneries et les heures de propagande qui vont avec et laisse ses enseignants arborer leurs croix catholiques sans sourciller.

Ecrit par : elisabeth. | 21 juillet 2006

sorry : s'est fait embêter, puis tyranniser...
Décidément, il faut que je prenne le temps de me relire...

Ecrit par : elisabeth. | 21 juillet 2006

Voilà en quelques lignes claires, je trouve et solides posé tout le problème qu'évoquait JPB.
mais Elisabeth, ce qui dans votre témoignage est si vrai, c'est l'IGNOBLE LACHETE de l'immense majorité des profs. Peu de corporations sans doute abritent en leur sein un tel nombre de couards. Et, effectivement, j'ai moi aussi vécu la MEME histoire dans mon bahut. Seulement voilà, j'ai une (trop) grande gueule, et comme je vis comme vous que peut chaulait à l'administration qu'un petit