« Reddition en rase campagne | Page d'accueil | Haro sur le Bac ! »

25 mai 2006

L'école est finie !

Nous n'avions pas encore tout vu.

Article de Marie-Estelle Pech, paru dans le Figaro du mercredi 24 mai — Saint Donatien…

« Est-il besoin pour intéresser les élèves à la littérature de leur faire étudier les autobiographies de Loana, Charlotte Valandrey, Jean-Pierre Pernaud et autres stars du petit écran ? Les futurs professeurs de français en seront peut-être un jour réduits à cette extrémité. Cette année, huit enseignants du renommé lycée Joffre à Montpellier (Hérault) ont décidé de faire un premier pas dans cette direction. Ils ont fait plancher leurs élèves de première sur la récente autobiographie à succès du chanteur Hervé Vilard, L'Âme seule, où ce dernier raconte son passé d'enfant confié à l'assistance publique. Au risque de déconcerter les examinateurs, cet ouvrage sera même présenté à l'oral du bac par les élèves de Joffre dans quelques semaines ! «Ce livre a de vrais qualités littéraires», justifie Patrick Loubatière, le professeur de français à l'origine de cette initiative. L'ancien chanteur de charme des années soixante-dix a été invité à discuter de son oeuvre avec les lycéens, la semaine dernière. (…)
Jeune enseignante de français dans un collège des Yvelines, Laurence ne s'est toujours pas remise des conseils de son inspecteur pédagogique l'an dernier : faire étudier Le Voile noir d'Anny Duperey, dans lequel l'actrice raconte la disparition tragique de ses parents. Les romans à l'eau de rose de Marc Lévy, pourtant régulièrement éreintés par la critique littéraire, ont bonne presse auprès de certains inspecteurs. «On nous encourage à étudier des œuvres de faible niveau. Comme si nous étions là pour faire stagner les élèves», s'agace Laurence.(…)
Au lycée Joffre de Montpellier, Patrick Loubatière se défend de tout nivellement par le bas. Selon lui, celle d'Hervé Vilard illustre parfaitement le thème de l'autobiographie, au programme du bac de français. La plupart des élèves lui ont confié se sentir davantage concernés par ce livre que par les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, «qui leur est tombé des mains», précise-t-il, même dans ce lycée réputé pour ses bons résultats au bac. Il est «plus facile de s'identifier à Hervé Vilard qu'à Montaigne parce qu'il est plus proche de nous, confirme Agathe, élève de première S. Son passé d'orphelin est touchant. C'est un homme très simple, pas intimidant, à qui on a pu poser plein de questions.» »

Retour sur un désastre annoncé.
En 1999-2000, la « commission Viala », du nom du distingué universitaire (Paris-III et Oxford) qui la dirigeait, accouche de nouveaux programmes de Français pour les lycées. Finie la dictature (?) du chronologique et de l’histoire littéraire ! Place à des « notions » — « Argumentation », « Genres », « travail de l’écriture », « Autobiographie », etc.
J’ai, à l’époque, prévenu un membre de cette commission (la seule prof de lycée, par parenthèse — les autres étaient des universitaires ou des administratifs) qu’ils jouaient avec le feu. « Que nenni ! » rétorqua-t-elle en substance. « Enfin ! Prenez l’autobiographie ! Rousseau, Montaigne, Châteaubriand… Des gens incontestables, n’est-ce pas ? »
Mais seul le pire est sûr, comme dit la loi de Murphy (« If something can get wrong, it will », pour les anglicistes).
N’empêche… Fort des assurances de ma collègue, j’ai dirigé, avec un ami, une collection (aux éditions Magnard) qui tentait de tirer le meilleur de ces programmes ineptes. La table des matières du volume consacré au Biographique / Autobiographique propose des textes de Plutarque à Camus, en passant par Commynes, Montaigne, La Rochefoucauld, Retz, Saint-Simon, Rousseau, Châteaubriand, et j’en passe…
Pauvres cloches que nous étions ! Seul le pire est sûr…
L’an passé, à l’écrit du CAPES de Lettres, dans un sujet sur le biographique, les candidats futurs profs parlaient tout uniment de Loana et de Rousseau (dire plutôt « Jean-Jacques » — non par référence à « Rousseau juge de Jean-Jacques », mais parce que ça vous a un petit côté intime, un relent de Steevy…). Et voici que le lycée Joffre, qui est (qui fut, m’affirme une enseignante qui a immédiatement réagi à l’article, que j’ai largement diffusé sur la Toile) cautionne Hervé Vilard.
Capri, c’est fini, l’école aussi.
D’où vient cette confusion, qui amène des enseignants certainement pleins de bonnes intentions, à défaut d’avoir de vraies références, à amener leurs élèves rencontrer le grand homme, has-been des sixties, au CRDP de Montpellier, qui prête une salle pour l’occasion ?
Au passage, cela a permis à Vilard, qui revient de derrière les ombres, de faire un tabac à la « Comédie du Livre », le Salon qu’organise la ville au mois de mai.

Pour Viala (dont je ne remets en cause ni le savoir, ni l’ambition), tout fait texte, tout est discours. Pris au pied de la lettre par les demi-habiles, qui sont légion, cela consiste à traiter de la même manière les people et les grands écrivains. Anny Duperey, dont je connais par ailleurs le goût pour les vrais textes, doit être bien sidérée (flattée toutefois, peut-être) d’être devenue une référence littéraire qui supplante Rousseau…
Rousseau « qui leur est tombé des mains » : curieuse pédagogie qui va dans le sens de la pente, alors que les plus belles victoires (et les élèves y sont sensibles) sont celles qui triomphent d’une vraie difficulté. D’ailleurs, pour s’ennuyer à Rousseau, il faut être de mauvaise foi — mais la mauvaise foi a bonne presse, en ce moment.
Quant à Marc Lévy… Il y a toujours eu des best-sellers, avant même que le mot existât. Et vous savez quoi ? Il est très rare qu’on étudie, en classe ou ailleurs, ceux des siècles passés. Il est rarissime qu’on les édite encore. Que reste-t-il de Xavier de Montépin, le plus grand succès du XIXe siècle ? La Porteuse de pain, les Deux orphelines, se vendaient à des centaines de milliers d’exemplaires. Le Rouge et le Noir, moins de 500. Qui aurait l’idée de faire étudier Souvestre et Allain plutôt que Mallarmé ?
Que dites-vous ? On n’étudie plus Mallarmé ? Ni Stendhal ? ET on suggère de lire Germinal en abrégé… Je le sais bien… Pauvre France…
Un dernier point. Quel texte étudie-t-on quand on se penche sur « l’œuvre » d’Hervé Vilard ? Qui l’a écrite ? Pour avoir moi-même donné, ces vingt dernières années, quelques coups de mains à des stars, enfants de stars et hommes politiques, quand je ne rédigeais pas complètement les romans de tel ou tel écrivain confirmé, je sais ce qu’il en est de la « négritude » : le texte final de ces ouvrages est calibré pour un public précis — et il entre pas mal de mépris, dans le milieu éditorial, pour ledit public. Mais on fait ainsi entrer dans les crânes vides des élèves formatés par la télé people, la presse people et maintenant l’école people que tout le monde peut devenir écrivain (ou chanteur, ou acteur), d’un coup de baguette magique.
Eh bien non ! C’est un travail, figurez-vous…
Mais la même commission Viala, réformant aussi l’écrit du Bac, a inventé cette supercherie grandiose, « l’écriture d’invention ». En clair, chaque élève qui choisit ce sujet (près de 50% des bacheliers fin Première, tant on leur a vissé dans le crâne la certitude de leur capacité à écrire — merci, Bégaudeau !) est incité à se faire écrivain, en continuant un texte, en lui répondant, en s’improvisant génie.
Ça ne marche pas comme ça. Rimbaud écrivait peut-être des merveilles à 16 ans, mais il avait travaillé en classe comme un forcené — lisez donc ses rédactions en vers latins.
Alors, bien sûr, les médias nous sortent de leur chapeau, régulièrement, une écrivaine (curieusement, ce sont presque toujours des filles — plus frêles, sans doute, et plus précoces, comme on sait…) qui, à 17 ou 18 ans enthousiasme les chroniqueurs. Pour les plus jeunes, je signale que ça ne date pas d’aujourd’hui, ce genre de coup médiatique. Dans les années 50, on avait sorti Minou Drouet (il en reste quoi ?), et Sagan au début des années 60 — il en restera quoi ? D’autant que c’est à la fois alléchant et désespérant, pour les gamines priées de s’identifier à ces stars en herbe. L’une est fille de député, quelque part dans le Drôme ou le Vaucluse, l’autre fille d’un philosophe spécialiste en jolies chemises — et j’en passe. Modèles si lointains…
(De temps en temps, on nous sort un jeune garçon,. On nous a fait le coup avec Alexandre Jardin, créature inventée par Françoise Verny, qui a si merveilleusement renouvelé son style à son dernier livre… Il a dû changer de stylo).

Inutile d’aller plus loin. Je suis sans doute un dinosaure, mais je me battrai jusqu’au bout pour que les enfants de toutes les conditions aient le droit d’accéder aux plus belles pages de la littérature. Nous sommes quelques-uns qui partageons les mêmes ambitions. Après nous le déluge.
D’ici là, Patrick Loubatière, le fan d’Hervé Vilard, sera professeur en IUFM — à Montpellier, par exemple : ça fera monter le niveau. Je ne sais pas si Capri, c’est fini. Mais pour rester dans les années soixante, je sais au moins que « l’école est finie, l’école est finie, l’école est finie… »
Ad libitum.

Jean-Paul Brighelli

Commentaires

Je suis à 100 % d'accord avec vous, tout fout le camp dans ce monde où prôner les valeurs sûres vous fait passer pour un has-been.
Je suis un peu déconcertée. Mes enfants ne vont plus à l'école depuis longtemps, mais mes petits-enfants...
Quel avenir leur prépare-t'on ?

Ecrit par : stella vidal | 25 mai 2006

Bonjour à tous,
Séance d'analyse des pratiques professionnelles, à l'IUFM, mercredi dernier. Une PE2, (professeur stagiaire) relate son expérience pendant son dernier stage en responsabilité de trois semaine. Triste expérience. Elle se demande si elle doit continuer dans la voie de l'enseignement. Pourquoi? Les parents ont monté une cabale contre elle. Avec des paroles du genre: "elle va pas nous em... longtemps, celle là" et, encore plus raffiné, de la part d'une autre mère: "celle là, je vais me la faire". Le crime de cette jeune stagiaire, (donc forcément formatée par l'IUFM, qui est un nid de khmers rouges chargés d'empêcher les gens de travailler pour que ce nivellement par le bas leur profite et fasse tomber des prébendes substantielles dans leurs escarcelles de feignants trop payés)? Avoir voulu, l'inconsciente, donner du travail à faire à la maison à ses élèves! En CE1! Vous vous rendez compte?
Dieu merci, l'IUFM a validé son stage. Heureusement. Avec une mention; (c'est une stagiaire assez brillante). Vous voyez, les choses ne sont pas si simple, et les parents qui sont ici, soucieux (à juste titre) que leurs enfants reçoivent une instruction digne de ce nom, sont loin d'être majoritaires.

Ecrit par : christophe sibille | 25 mai 2006

c'est nul!
je suis prof et c'est vraiment n importe quoi un tel pseudo argumentaire
prenez les differents commentaires passés sur le niveau des élèves...déjà au siecle dernier, les "instits" se plaignaient du niveau!!!!!
et moi je fais étudier la presse people et j en suis FIER!!
au moins mes élèves lisent et analysent ...
et qd j ai fini je laisse en salle des profs mes exemplaires de " voila " et autre "france samedi"....
et bien sur les biens penseurs se moquent ..
mais finissent tous par les lire en douce...
au bout de 15 jours ils disparaissent....
vous me faites bien marrer avec ces remarques passéistes
venez enseigner ds des lycées en ZEP vous verrez ...
commencez par plutarque vous finirez par loana si vous voulez résister
moi c'est l inverse je débute par steevy et je finis par des auteurs classiques!

Ecrit par : yvrard | 25 mai 2006

Vous me mettez le moral à zéro. Que vaut mon doctorat consacré à la poésie francophone ? J'aurai dû me pencher sur les oeuvres de Steevy et de Cauet. Là, y a du pognon, coco.

Je me demande si le professeur dont vous parlez, et dont je tairai le nom, a reçu un chèque de la part de l'éditeur. Au moins, je comprendrais. Mais non, je suis sûr qu'il a fait ça pour rien, pour son salaire de prof. Minable jusque dans la trahison. Il y a des gens comme ça.

Quant aux universitaires, ils ne sont pas forcément méchants. Seulement, ils sont tellement pris par la paperasse bureaucratique et par les réformes à répétition qu'ils ne voient pas le rouleau-compresseur géant qui est en train de leur passer sur la figure. Par exemple, on leur a mis la réforme LMD dans les pattes pour masquer la baisse de budget et l'effondrement du niveau. Depuis 30 ans, ils se font couillonner à chaque fois par le même truc : une "grande réforme" qui sert à dissimuler une grosse arnaque, et on fait semblant jusqu'à la prochaine.

Bon, si je comprends bien, il faut que je travaille ma liste des clichés littéraires les plus creux, dans l'espoir de devenir un jour le porte-plume de Mazarine Pingeot. Dans ces cas-là, j'espère que le nègre a droit, au minimum, à un exemplaire dédicacé de la main de l'auteur.

Ah non, même pas ?

Ecrit par : Pierre-Henri | 25 mai 2006

Forcé d'être d'accord avec Christophe Sibille… Jusqu'où irai-je…
Dans l'école où vont mes enfants, l'instit de CP a déclaré, en début d'année, à la question : "Leur donnerez-vous des devoirs à faire à la maison ?" : "Vous savez, ils n'ont que six ans, ils faut bien qu'ils jouent un peu, et puis ils travaillent bien assez à l'école (!)…" Et une majorité de parents a fait chorus — essentiellement soulagés de ne pas avoir à se pencher sur les cahiers de leurs chérubins le soir.
C'est l'un des aspects du métier : il faut avoir de l'ambition pour les mômes à la place même des parents qui n'en ont pas.
JPB

Ecrit par : brighelli | 25 mai 2006

"Avoir voulu, l'inconsciente, donner du travail à faire à la maison à ses élèves! En CE1! Vous vous rendez compte?"

Attention Christophe, il y a travail et travail.

je parle en connaissance de cause, je peux citer qq exemple.
Quand on propose du jour au lendemain une suite de mot à écrire avec toutes les difficultées que l'on peut imaginer:
Crayon grenouille etc etc sans progression logique ni "pédagogique" alors que certains (la plupart) enfants NE savent même pas écrire. Je dis que c'est "n'impotnawak"

Donc je n'ai pas assez d'info sur ta nouvelle.
Je ne dis pas qu'il faille TUER l'instit . on ne tire pas sur l'ambulance .
donne moi plus d'info.
1) les exercices proposés
2) la méthode de lecture utilisé (le nom)
la suite après

désolé je lache le pc a+

Ecrit par : toto | 25 mai 2006

ouppps
désolé CE1....

méthode de grammaire etc BLED , BETHOU etc ????
désolé j'dois "fer" vite a ciao

Ecrit par : toto | 25 mai 2006

JPB,

Pour aller dans votre sens, il me semble que les parents sont victimes d'une société qui en trente ans a bien changé.
Il n'est évidemment pas question ni de dédouaner la politique de L'EN qui par démagogie a été un catalyseur très efficace de cette catastrophe, ni de regretter les années 70.

Je vois trois évolutions majeures qui ont des conséquences indéniables sur l'échec scolaire.

Nous sommes dans une société de consommation où la satisfaction du désir immédiat prime dès la petite enfance.
Exit le goût de l'effort.On doit comprendre tout de suite sinon c'est trop difficile!

Une augmentation considérable du chômage. Comment un enfant peut-il comprendre la nécessité de travailler lorsqu'il n'a pas l'exemple sous les yeux?

Enfin un nombre toujours plus croissant d'enfants dont les parents sont séparés et qui ne voient quasiment plus l'un des parents.
http//www.divorce-famille.net/pages/r1.htm

Bien sûr il y a des exceptions mais comme le dit l'association mentionnée ci dessus "les satistiques sont implacables".

Ecrit par : JO | 25 mai 2006

Si je vote pour quiconque à gauche, je donne encore un sursis à ces "conneries funestes".
Mais que dois-je faire en 2007,oui,que dois-je faire ? Je vous le demande !!!!!!!!!!!!

Ecrit par : bernard | 25 mai 2006

Si je vote pour quiconque à gauche, je donne encore un sursis à ces "conneries funestes".
Mais que dois-je faire en 2007,oui,que dois-je faire ? Je vous le demande !!!!!!!!!!!!

Ecrit par : bernard | 25 mai 2006

Si je vote pour quiconque à gauche, je donne encore un sursis à ces "conneries funestes".
Mais que dois-je faire en 2007,oui,que dois-je faire ? Je vous le demande !!!!!!!!!!!!

Ecrit par : bernard | 25 mai 2006

S'il y a un sujet qu'on n'évoque que trop rarement, à mon goût, en ce qui concerne l'éducation, c'est la présence familiale. C'est un fait dans mon école, les enfants en difficulté ont systématiquement des parents qui doivent travailler tous les deux pour pouvoir vivre dans des conditions à peu près décentes.
Bien que je n'ai pas grandi dans la région où j'enseigne, je me souviens qu'il y a 30 ans, l'essentiel de mes copains étaient attendus par leur maman à la sortie et rentraient manger le midi chez eux.
A présent, 90% des enfants mangent à la cantine et quasiment 100% des enfants ont des parents qui tous les deux travaillent (pour ceux qui ne sont pas au chômage). Ceci change évidemment beaucoup la donne !
Car la plupart du temps, ces parents ont des boulots guère enrichissants (à tout point de vue) avec souvent des horaires décalés. Bilan : les enfants sont livrés à eux-mêmes et les parents, crevés de leur journée n'ont pas franchement l'envie ou la volonté de surveiller un gamin en train de faire ses devoirs.
On arrive à un cercle vicieux où les enfants n'ont plus de modèle de référence en ce qui concerne le goût de l'effort. Ils attendent donc de l'école quelque chose de "facile" et ne sont que peu attentifs en classe, trop habitués à zapper d'une chaine à l'autre à la maison. Forcément, le retour à la maison les place en difficulté lorsqu'il s'agit de comprendre ce qu'ils n'ont pas suivi en classe pour réussir leurs devoirs. D'où l'énervement des parents et la situation d'échec.

On continue à parler de baisse de niveau pour certains lorsque d'autres relativisent en signalant que les compétences sont à présent plus larges.

Les deux arguments se valent. La baisse de niveau est réelle, et d'ailleurs, les programmes n'ont cessé de s'alléger (la mode des produits "light" sans doute) tout simplement, parce qu'en rajoutant 1h30 d'anglais par semaine, plus de l'informatique, plus de la technologie et plein d'autres matières, cela ne peut que se faire au détriment du français et des mathématiques !

La solution pour palier à ces deux problèmes est donc tout à fait simple : augmenter la durée de présence des élèves en cours en créant une véritable étude surveillée obligatoire, après avoir laissé les gamins décompresser 45 bonnes minutes en sortant de l'école.
J'entends certains dire que les élèves sont exténués en sortant de classe. Mais ils sont suffisamment en forme pour regarder la télé jusqu'à des heures tardives (arrivant le lendemain avec des cernes sous les yeux), offrant à TFone "du temps de cerveau humain pour Coca-Cola". Là, cela ne gène personne en revanche !

Dernière chose...
En ce qui concerne « l’écriture d’invention ».
Si j'ai bien compris, une des épreuves du BAC propose aux lycéens d'inventer une histoire et de jouer les apprentis écrivains ?
Cela relève de la même supercherie qu'on nous enseigne à l'IUFM avec ces séances en "arts plastiques" où l'on tente de dégager d'une production d'élève à base de détritus ménagers recyclés, un semblant d'esprit artistique. Comme si chaque enfant, chaque individu était un artiste qui s'ignore !
Je suis désolé, mais d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été en admiration des tableaux de Jacques Louis David, mais jamais des "peintres" contemporains, tel Jackson Bollock et ses tâches de peintures étalées par terre. Un artiste est quelqu'un qui dispose d'un talent que peu de personnes sont capables d'égaler. Et sûrement pas quelqu'un dont le seul talent est d'avoir été premier à faire n'importe quoi devant lequel une troupe d'intello branchés vont s'extasier !

Ecrit par : Sionac'h | 25 mai 2006

Yvrard, vous êtes vraiment professeur? Si c'est le cas, l'écriture de votre commentaire prouve qu'il n'y a pas que chez les élèves que le niveau baisse.

On le savait déjà, remarquez. Parmi les élèves qui ont été éduqués avec les méthodes stupides des pédagogistes, il y en a, forcément, qui sont devenus à leur tour professeurs.

C'est l'un des phénomènes les plus pernicieux de la situation actuelle. Plus on avance, moins il y aura de professeurs qui auront connu autre chose. De quoi verrouiller pour longtemps la spirale infernale de l'abêtissement.

C'est pourquoi l'action des gens comme Jean-Paul Brighelli est une urgence nationale. Tous ceux à qui il reste un atome de bon sens dans le cerveau, professeurs, parents, élèves et politiques (mais je n'en entends pas beaucoup dans ces deux dernières catégories), doivent à tout prix s'efforcer de mobiliser un sursaut national, tant qu'il en est encore temps. La fenêtre de tir est étroite, avant que les derniers résistants ne se taisent.

Remarquez, si on échoue, il y aura sans doute des directeurs d'école indiens et chinois qui finiront bien par venir chez nous réinstaurer les méthodes pédagogiques normales qui réussissent si bien à leurs élites en ce moment...

Ecrit par : Robert Marchenoir | 26 mai 2006

"J'ai toujours été en admiration des tableaux de Jacques Louis David, mais jamais des 'peintres' contemporains, tel Jackson Bollock et ses taches de peintures étalées par terre." (Sionac'h)

C'est un lapsus, ou une vacherie? Je suppose que vous vouliez parler de Pollock, mais "bollocks", qui veut dire couilles en anglais, signifie aussi conneries, n'importe quoi...

Voilà ce qu'on appelle une critique d'art virile.

Ecrit par : Robert Marchenoir | 26 mai 2006

Je suis effarée , on est-on vraiment là? je n'ose y croire...si c'est une blague elle est de très mauvais goût...mais je crains fort que ça n'en soit malheureusement pas une et pire que cela ne relève pas que de l'anecdote...Là difficile de dire à nos chères petites têtes "ce n'est pas ma faute...mon ange" car c'est bien de Notre faute...
il faut peut-être arrêter de regarder nos chérubins comme la huitième merveille du monde ...Nous sommes tous responsables de ce marasme:
Nous, parents qui devenons subitement des "poules aux oeufs d'or" dés la naissance de notre petit premier...
Les enseignants qui s'imaginent qu'il suffit de sortir de l'iufm pour avoir la science infuse et être le grand sage qui n'a plus rien à apprendre d'autrui et surtout aucun conseil à recevoir...
Les psychologues bien pensants qui ont élaboré leurs théories fumeuses sur le mal être de l'enfant et tous les traumatismes que ce cruel monde des adultes leur font subir et dont il faut les protéger...
Regardons les enfants tels qu'ils sont: avant tout des êtres curieux de tout! mais aussi des fainéants, des pleurnicheurs, des casse-pieds et je vous laisse continuer la liste ( je précise j'en ai 4 +1 que j'aime plus que tout...) et surtout cessons de nous extasier quand il découvre par simple curiosité , innocence et imprudence que la fiche s'enfonce dans la prise...
Bien sur depuis que l'école existe il est fait un constat régulier que le niveau baisse, mais que je sache les enfants qui allaient à l'école au début du XXème siècle n'apprenaient pas à lire avec les manuels d'utilisations qui accompagnaient les premières moissonneuses batteuses et les premiers tracteurs...on n' étudiait pas les chansons populaires au certificat d'études...Pourquoi subitement nier toutes les merveilles de la littérature classique, ce patrimoine culturel qui fait notre richesse...
décidément , il va être difficile de trouver de la place sur la table de mon salon où il traine en permanence le petit Robert, le Larousse , le bled , les Bescherelle et les grammaire CM et CE de Grezes et Dugers, car dés demain je vais au garage chercher au fond des cartons les Lagarde et Michard et essayer de remettre la main sur les Magnard pour l'instant ma plus grande n'est qu'en 6ème mais mes petits curieux (du moins ceux qui savent lire) ne manqueront pas j'en suis presque sûre de les feuilleter...
ceci dit la presse people et les livres people ne sont pas exclu ce sont des lectures très distrayantes dans certains endroits de la maison où nous passons semble-t-il beaucoup de temps dans notre vie...
et laissons du temps au temps d'ici une cinquantaine d'année on décrouvrira très surement dans cette multitude d'ouvrages qui jonchent les tables de petites merveilles d'écriture...
retrouvons le goût de la forme pour en apprécier davantage le contenu...
et qui sait , il pourrait naître un mouvement de "détectives" soucieux de rendre à certains "nègres" leur talent...

PS: je m'excuse par avance des "fôtes" d'orthographe qui doivent se glisser dans ce commentaire mais il est 1h30 du matin et de taper dans un aussi petit cadre , franchement ça n'aide pas la relecture

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 26 mai 2006

je voulais dire : qui jonchent les tables des librairies"...

Merci Robert , j'ai bien ri à votre dernier commentaire je n'avais pas pris le temps de lire tous les commentaires déjà postés avant d'envoyer le mien mais j'ai envie de croire que c'était une note d'humour volontaire de la part de Sionac'h...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 26 mai 2006

Pour en revenir au point de départ de ce fil, ce qui me frappe c'est que cette "expérience" a eu lieu au lycée Joffre, qui est, si je me souviens bien, un "bon" lycée de centre ville, à recrutement classes moyennes-supérieures. Bref, pour répondre à un des intervenants précédents, ce n'est pas à des petits ruraux, à des enfants de ZEP, à des primo-arrivants ni à des ados de milieu défavorisé que Rousseau "tombe des mains", mais à des fils de bourges et de bobos, qui ne me semblent avoir d'autre excuse (?) qu'une immense paresse intellectuelle et le refus délibéré d'avoir à se confronter à un texte qui résiste : "prenage de tête", comme dirait Agrippine (de Brétécher).
Qu'un enseignant cautionne cette flemme, car il n'y a pas d'autre mot, me fait bondir. J'ai enseigné pendant 21 ans dans un petit lycée campagnard au fond de la Vendée profonde, avec des élèves dont certains patoisaient, et je n'ai jamais capitulé sur les contenus. Il faut dire que c'était l'époque ante-Viala, où il y avait en 1ere un programme d'oeuvres... avec "Les Confessions", justement -- et chacun trouvait normal de les faire étudier aux lycéens, avec plus ou moins de mal certes, mais on y arrivait, parce qu'on cherchait des solutions à partir du texte même, sans même songer à utiliser le "pipeul" de l'époque comme produit d'appel.
Cette initiative montpelliéraine illustre à merveille le règne de l'inculture bobo, encore pire que l'anti-intellectualisme populiste.
Par ailleurs, je voudrais bien savoir ce que l'inspection pense de cette histoire et de sa médiatisation, à moins qu'elle ne se contente du fait que les collègues ont sûrement travaillé en séquences...

Ecrit par : FGuichard | 26 mai 2006

bour Batricia er Robert,

Ce n'était bas un labsus, mais un bloplème de mon BC qui vient supitement d'inverser le B et le P !!

Bon, en fait, je n'aime pô le pseudo art contemporain et sur l'instant, j'avoue que le nom de Pollock ne me revenait plus. Et comme j'aime pô, et bien, j'ai inséré une p'tite vengeance personnelle. Eheh...
Mais votre remarque au sujet de "l'art viril" m'a bien fait rigoler ce matin...
Bollockment votre...

Ecrit par : Sionac'h | 26 mai 2006

Bonjour à tous,
Une petite nouvelle qui va certainement faire plaisir à certains d'entre vous, (à moi, en tous cas!) Un opéra de Mozart, (ils n'ont pas dit lequel, ni fait écouter d'extraits de répétition, ce qui fait que je ne peux vous dire lequel, mais je vais étudier le dossier) monté à l'opéra Garnier, et chanté par 200 élèves de ZEP, (je pense qu'il s'agit des choeurs?) On est, heureusement, loin de ce projet d'étude des oeuvres de Steevie, à laquelle j'ai quand même un peu de mal à croire! Ceci-dit, Goldmann (Jean-Jacques) est plébiscité par beaucoup de collègues de musique enseignants en collège... Et même par certains inspecteurs.

Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006

"On est, heureusement, loin de ce projet d'étude des oeuvres de Steevie, à laquelle j'ai quand même un peu de mal à croire!"

Christophe, vous êtes notre Candide. Votre naïveté a quelque chose d'extraordinairement rafraîchissant. Merci de participer à ce blog.

Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mai 2006

A l'intention de tous les détracteurs de J.P. B., je conseille d'aller sur la toile et faire une recherche sous Marva Collins. Elle lutte pour éduquer les enfants du pire ghetto de Chicago catalogués "d'inéducables" par les statistiques. Elle semble obtenir des résultats fantastiques, elle ose enseigner les textes de Sheakspeare à des gosses d'école primaire.

Ecrit par : Eddie Maabillard | 26 mai 2006

"Vous savez, ils n'ont que six ans, ils faut bien qu'ils jouent un peu, et puis ils travaillent bien assez à l'école (!)…".
JPB


je le refais en moins speed.
C'est vrai qu'ils bossent bcp, le souci c'est qu'ils font (dans ma classe CP avec Ribambelle) "'n'inportnawak" n'importe comment, le soir si ils sortent à 18h après l'étude ils sont HS.
Ils font "n'importnawak" à l'étude (toujours chez moi), puisqu'ils doivent bosser sur ribambelle :( .
Le boulot qu'on leur demande de faire est complètement déstructurant, Regardez si vous avez l'occasion la méthode dont je parle. Même les profs qui s'apperçoivent que la méthode déconne, rajoutent pleins d'autres âneries dans tout les sens, sans comprendre que c'est la progression qui est l'essentiel.

Je pense que si le boulot est correctement fait à l'école AVEC la bonne méthode, le gamin il ira tout seul vers son bouquin, quand il rentrera de l'école, à moi le repos, le canon tranquille, j'va ptête enfin pouvoir lire les livres de JP :( (non me tape pas JP j'va les lire dès qu'j'ai le temps)

amitiés
désolé je lirai le reste plus tard :( à l'occaz

Ecrit par : toto | 26 mai 2006

Il faut euthanasier les IUFMs et les mammouths de l'éducation nationale, réactiver la culture de l'excellence dans le corps enseignant, et réaffirmer, par la force si il le faut l'autorité de l'école sur la société civile.
Je n'y crois pas mais ça fait du bien de le dire...

Ecrit par : mathias | 26 mai 2006

Il y a des raisons d'espérer. Ça bouge de partout !
Voir par exemple les six interventions faites le 4.4.2006 au colloque organisé par la fondation *Res-publica* sur la dégradation des programmes scolaires :
http://www.fondation-res-publica.org/Interventions_r6.html?PHPSESSID=fd120aa1a730b4e0936264a8fbb9d465

Ecrit par : Range | 26 mai 2006

Sur le site signalé par Range (merci) je note surtout l'intervention de Régis Debray...qui a le mérite de mettre en perspective historique le débat contemporain sur les systèmes éducatifs.
Une réflexion pertinente.

Ecrit par : buntovchik | 26 mai 2006

Il me semble que toto correspond beaucoup plus à l'image qu'on peut se faire du candide, qui imagine qu'une méthode de lecture peut résoudre tout à la fois les problèmes que posent éducation et instruction. Mais laissons le dans son rêve!

Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006

Vous n'écoutez pas les informations, Pierre-Henri? Pour une fois qu'ils ne parlent ni de la coupe du monde de football, ni du pape!

Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006

yvrard a "écrit":
vous me faites bien marrer avec ces remarques passéistes
venez enseigner ds des lycées en ZEP vous verrez ...
commencez par plutarque vous finirez par loana si vous voulez résister



Monsieur, je ne débuterais pas par Plutarque dans votre cas, mais par l'étude de la phrase qui commence par une majuscule.
Dans mon charmant lycée en ZEP (avec couteaux ou parfois haches dans les sacs, si ce n'est pas devant mes mirettes); ils lisent sûrement Loana dans mon dos et adorent critiquer l'orgeuil de Chateaubriand.
Sans parler de La Bruyère dont ils se délectent, tant ses observations sont fines.
Il est vrai que pour faire passer cette Littérature classique aux élèves, il m'a fallut beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps,de réflexion, de recul, parfois l'apprentissage par coeur du texte pour m'en imprégner et aussi parce que des mots assemblés avec amour sont sublimes....
Néanmoins, je vous l'accorde, j'aurais moins donné de mon temps aux textes de Steevy pour les transmettre à la classe: il m'aurait suffit de trois mots sur mon paquet de cigarettes, entre deux verres de rouge devant Seeeeeeeevyyyyyyyyyy!!!!!!
A Dieu, cher Arrias, et non yvrard.

Post Sciptum: Cher Arrias, je n'ai pas de "livre du professeur", je fais comme les élèves, j'utilise ma tête et le dictionnaire.

Ecrit par : Ordrade | 26 mai 2006

Bravo pour votre courage, votre courage si rare et si précieux dans les rangs de cette Education Nationale moisie, lâche et complaisante; j'en ai perdu moi-même, ma vocation de professeur et d'universitaire pour voler en électron-libre loin de cette fange corrompue de marasme et d'hypocrisie... Les lumières de la raison y sont clairement éteintes... Bravo et merci pour votre courage qui fleure bon l'époque de la véritable et décédée Ecole Républicaine ! NB: vous me rendriez un grand service en venant visiter mon blog pour y signer et y diffuser la pétition du Réseau Education sans frontières contre l'expulsion des enfants scolarisés en France et expulsables au 30 juin 2006 parce que leurs parents sont sans papiers. Vichy for ever ? Quelle est la responsabilité de l'éducation nationale dans ce rôle de délation ? Cordialement. Nathalie Gaul Kaïsu, avec vous par l'esprit et le coeur, pour avoir tant aimé l'école; tantôt, plus tôt, avant... L'école de ma jeunesse, cela va de soi.

Ecrit par : NGK | 26 mai 2006

à Christophe :

Je ne possède pas de télé, et je n'écoute pas la radio. Mais vous avez raison, je suis d'un naturel exagérément pessimiste. A nous deux, nous pourrions faire une moyenne. J'ai beaucoup de mal à m'extasier devant deux ou trois réussites (réelles, je n'en doute pas), quand je constate par ailleurs l'effondrement du système, notamment à l'université, que je connais le mieux.

Un exemple parmi des centaines d'autres, je vais citer l' Académie de Chirurgie :

"Ainsi le nombre d’internes à former annuellement a décru régulièrement. Ils étaient 450 en 1992 ; ils n’étaient plus que 206 en 2002. Le nombre d’inscrits en première année au Diplôme d’Etudes Spécialisées de chirurgie générale en 2003-2004 est de 116, et seulement de 25 au Diplôme d’Etudes Spécialisées Complémentaire de chirurgie viscérale et digestive. Dans cette spécialité, la pénurie s’exprime sous la forme de 30 à 35 diplômés par an alors qu’il en faudrait 125..."

J'espère que vous ne tomberez pas malade dans les prochaines décennies.

Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien.

Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mai 2006

Au sujet des devoirs et des parents :Devoirs donnés par la jeune "liste complémentaire" (recalée concours d'entrée à l'IUFM, recrutée ensuite par l'Education Nationale pour boucher le trou d'un congé maternité non prévu... Il est vrai que 6 à 8 mois pour se retourner, parfois le mammouth a du mal...) : exercices (1 ou 2) du BLED sur la difficulté orthographique étudiée en classe le jour même... Aucun parent ne rechigne... Tous les exercices sont rendus justes le lendemain matin.
Conseil éclairé du Conseiller Pédagogique : "C'est trop dur, tu favorises les enfants dont les parents ont eu des facilités scolaires, c'est discriminant. Tu ferais mieux de leur donner à faire de petites recherches, sur les volcans ou les hommes préhistoriques. Comme ça chacun ramène ce qu'il a chez lui et personne ne sera en échec..."
Le lendemain, tollé général des parents qui :
a) n'ont pas le temps de courir à la médiathèque pour trouver les documents,
b) n'ont pas encore internet à la maison comme le petit Untel qui a ramené une liasse de documents dont il n'avait pas lu la première ligne,
c) trouvent que le BLED c'est mieux parce que là ils n'ont rien compris et que le petit a fait une crise pour aller à la librairie acheter des livres...

Ecrit par : C. BONNET-HUBY | 26 mai 2006

Entre nous j'aimerais apporter mon grain de sel de révoltée, de frustrée devant cette société à la C...n (excusez moi pour le langage trivial mais je ne peux décidément plus faire autrement ! )

Notre système éducatif (peut-on encore réellement parler d'éducation ou plutôt d'instruction si je puis dire ??) est en déliquescence complète, le chômage s'est transformé en un chômage de masse, notre économie est en berne....

La France, il y encore quelques années était un pays adulé et envié, désormais il se situe en bout de course et les pays émergents tout comme des pays européens du Nord (Finlande, Danemark et autres) nous ont rattrapé ou sont bientôt en passe de le faire.....

Je ne sais ce que l'on attend pour se remettre au travail surtout à vive allure mais personnellement je suis plus que désespérée...

Enfin passons ! Aujourd'hui je suis à la recherche d'un emploi en qualité d'assistante de direction et je peux vous assurer que les répliques des employeurs, du moins de certains, sont absolument sidérantes !

Premier exemple, au téléphone je me suis faite taxée de prétentieuse parce que je lis Rousseau ou Montesquieu, c'est d'un niveau surdimensionné pour une assistante de direction ! Et deuxièmement encore aujourd'hui un patron a préféré recruter une personne avec moins d'expérience, très peu ou pas du tout avec des lacunes incommensurables en français sous prétexte qu'il la rémunèrera au SMIC !

Je suis effectivement titulaire d'un bts obtenu par le biais du CNED de Lyon. Je l'avais préparé tout en menant de front activité professionnelle puisque je travaille depuis 8 ans. Par ailleurs je suis parfaitement bilingue allemand et je possède une bonne maîtrise de l'anglais !

Et bien sûr comme je suis une amoureuse du livre, je dois être apparemment trop cultivée !

Aberrations quand tu nous tiens : bigre ! Desfois je me demande jusqu'où la connerie nous mènera !

Voyez vous au moment des émeutes dans les banlieues, certains ont détruits des écoles, desfois j'ai une envie frénétique de poser des bombes ailleurs, notamment dans certaines entreprises où l'on ne se gênt absolument pas de mépriser la culture ou leurs défendeurs ! Evidemment on préfèrera toujours les petits employés taillables et corvéables à merci, dépourvus d'esprit critique, fragiles dans le but de les rétribuer pour une bouchée de pain....

C'est tout bonnement malheureux mais surtout.....révoltant !

C'était le........."coup de gueule du jour" ! Désolée pour le dérapage......

Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 mai 2006

"détruit" et "gêne" "ses défendeurs" : pardon pour les fautes de frappe, je suis allée trop vite !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 mai 2006

Eh bé, le lycée Joffre a vatchement changé !
Nul doute que les profs à l'origine de cette démarche, qu’on peut qualifier sans se tromper « d’innovante et citoyenne », ne vont pas être pourchassés par leur inspection. On devrait faire un palmarès de ces débilités pseudo innovantes… Top of the flops.

Ou alors ce n'est pas possible : c'est une invention de la CIA relayée par le Figaro pour jeter l'opprobre sur la gauche plus-rien chère à Jospin ? On attend une réaction de Ségolène.

À moins qu'il ne s'agisse d’une provocation anarchiste : cela ressemble à la mise en application du manuel de français (pour de faux) de Jourde et Naulleau que je recommande à tous ceux qui peuvent lire en hoquetant de rire !
On y trouve de faux sujets de devoirs sur Alexandre Jardin le « scandaleux » ou sur le poète « insurgé » D. de Villepin ;))

Ecrit par : Lariba | 26 mai 2006

Non, Pierre-Henri, tout ne va pas bien. Je le sais. Je n'ai d'ailleurs jamais prétendu cela. Mais il faudrait peut-être veiller à ne pas tout mélanger. Je donne un exemple, en rapport à une structure que je connais un peu mieux, les IUFMs, pour ne pas les nommer. La formation disciplinaire, (c'est à dire ce qui correspond à l'apport de connaissances dans les disciplines, notamment en sciences et dans les disciplines artistiques) a été réduite de 20% pour la rentrée 2006, au profit de ce que le ministère appelle le nouveau stage filé. Ce au grand dam de TOUS les formateurs d'IUFM. Cette réforme a été faite pourquoi? Pour faire des économies. Or, former des enseignants n'est pas fait pour être "rentable", (de même que soigner des gens, pour prendre votre référence) au sens économique du terme, sinon, on va exactement dans la direction opposée à celle que vous voulez suivre. Pour une raison toute simple; qui va évaluer la rentabilité de l'école, et sur quels critères? Ca m'étonnerait que le MEDEF le fasse sur la base l'acquisition d'une culture complète, (l'honnête homme du XVIIè siècle; voir le message de Sandra). Cherchez à qui profite le crime, mais je ne pense pas que les pédagogistes soient en première ligne.
Non, Pierre-Henri, je suis très pessimiste.

Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006

Quels auteurs étudier ?
Réponse en forme de conte chinois.

C’est le récit d’une artiste française qui a décidé d’apprendre la calligraphie chinoise. Son livre magnifique s’appelle Passagère du silence. Elle y raconte son départ et son installation en Chine. Elle peine à trouver des professeurs. Où sont-ils passés ? La calligraphie, c’était bourgeois et forcémént ringard pour les adeptes du communisme rénové. Les derniers maîtres sont clandestins et misérables. Fabienne Verdier en rencontre pourtant et doit se faire accepter par des hommes qui ont eu leurs vies, leurs mains et leurs corps brisés par les gardes rouges lors de la Révolution culturelle.
Pendant une dizaine d’années, elle fait des exercices et recommence sans cesse jusqu’à que les maîtres soient satisfaits. Il y a des passages où elle raconte qu’elle doit tracer encore et toujours de « simples » traits horizontaux. C’est aujourd’hui une artiste reconnue.

Auparavant elle avait essayé d’apprendre les bases de l’art en France :
« L’enseignement à l’École des beaux-arts m’a déçue. On n’étudiait plus les maîtres, il n’existait plus de modèles sur lesquels s’appuyer, les élèves n’avaient plus le droit de pénétrer dans l’atelier de Léonard de Vinci ; on n’apprenait plus la pratique des techniques, ni aucune expression picturale. « Enfermez-vous dans une pièce et exprimez-vous ! » nous répétaient les professeurs. La psychanalyse avait fait des ravages au sein de l’Éducation nationale. Le problème de savoir s’exprimer quand on n’a pas appris diverses sortes de langages pour y parvenir me rendait folle. À quoi servaient donc les enseignants ?
… Le plus redoutable était un professeur qui nous exhortait à nous « exprimer » sans savoir s’exprimer lui-même… Il admirait les étudiants qui se lançaient dans un idéal gestuel sans aucune préparation ni aucune technique de composition. Le « n’importe quoi » était érigé en art du Beau. »

Un beau livre à ne pas mettre entre toutes les mains, certains pourraient être traumatisés ;)

Ecrit par : Lariba | 26 mai 2006

Et pendant ce temps les inégalités scolaires se creusent car mon fils, en 4ème dans un bon collège parisien, a déjà étudié cette année:

-les fourberies de Scapin
-le Colonel Chabert
-La Vénus d'Ille
-Carmen
- 4 nouvelles de Maupassant.
-Micromegas

Mais là, certains de nos universitaires et professeurs distingués, qui ont leurs enfants dans les meilleurs collèges et lycées, ne supporteraient pas pour leurs enfants ce qu'ils croient bon pour le "vulgus pecum" et ne manqueraient pas de dire à ce pauvre prof de Français: " vous êtes devenu fou, mon (ma) cher (e), à qui voulez-vous faire croire que le livre de M. Hervé Vilard c'est de la littérature!"

Ecrit par : AntoineF | 26 mai 2006

Cette histoire peut donner de belles idées aux professeurs ! Des thèmes de T.P.E. inédits ! De la transversalité ! De l'interdisciplinarité ! (N.B. un sujet pour l'IUFM : commenter Roger Caillois, que je cite de mémoire : "Je doute que l'on puisse dire des choses vraiment importantes avec des mots de plus de 3 syllabes"...) !
Par exemple : étude de quelques grands poèmes du XXème siècle en relation avec la géographie physique ; "les neiges du Kilimandjaro" ; "Capri, c'est fini" (Hervé Vilard, toujours lui : décidément, c'est un géant !); "Wight is Wight" ou "Le Loir-et-Cher" ; 'Twist à Saint-Tropez"... On doit pouvoir en trouver quelques douzaines...
Et nous intitulerons cela : "Relief et Yéyétude ".

Ecrit par : Jean-Louis | 26 mai 2006

Christophe, nous m'énervez quand vous avez raison. Les budgets, dans toutes les disciplines, sont ridicules. Je pleure sur les 100 millions accordés à l'ensemble des IUFM, et j'oublie que cela correspond à moins de 15% du budget de la seule Princeton.

C'est comme essayer de se réchauffer avec une couverture trop petite : soit on a froid à la tête, soit on a froid aux pieds.

La solution libérale, comme à vous, me fait peur. Non que je sois anti-libéral par idéologie, mais parce que je pense que les patrons français sont les plus viscéralement attachés à l'état-providence. Ils se la jouent entrepreneurs indépendants, hommes du futur, innovants, inventifs et tout le toutim... mais sans le bouche à bouche des subventions et des emplois précaires, ils ne valent pas tripette.

La fondation McArthur par exemple, toujours aux USA, verse chaque année une vingtaine de bourses d'excellence, sobrement baptisées "genius grants". Montant : 500 000 $ chacune. Obligations : aucune, le lauréat peut aller claquer son fric à Vegas si ça lui chante. Combien de patrons français verseraient 10 millions par an, en échange de rien, par pure philanthropie, pour la joie de voir leur nom associé à une grande découverte ? Ils sont bien trop minables pour le faire.

A l'inverse, le système public français, soviétiforme, avec ses doublons, ses triplons et ses quadruplons (grandes écoles, universités, IUFM, instituts publics de recherche) est en train de craquer par tous les bouts. Encore une fois : aucune idéologie là-dedans, mais la simple observation de ce qui se passe.

Ceux qui ont des solutions devraient se signaler rapidement. En ce qui me concerne, j'ai beau avoir de l'imagination, je suis à court.

Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mai 2006

Pierre Henri nous sommes hautement sur la même longueur d'onde : pour ce constat je ne sais pas si je peux affirmer grandement que cela me fasse plaisir, au contraire je suis plus qu'affligée....

En France, nous avons décidément une mentalité ou du moins un état d'esprit qui me donne franchement la nausée....

Et pour cause je vis ce constat au jour le jour ! Pour se faire taxer de prétentieuse parce que l'on est une amoureuse inconditionnelle de la réflexion et surtout de la vraie littérature, il faut quand même avoir un sacré culot !

Enfin, certains gags ne me font même plus rire, si ce n'est rire jaune, voire noir....tellement j'en suis malade...... Du moins ma sensationnelle répartie a du faire "mouche" puisque ce cher recruteur a décidé de me raccrocher copieusement au nez...

Sans doute s'est-il aperçu qu'il venait de commettre une incommensurable boulette...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 mai 2006

Monsieur,
J'ai eu l'immense chance de bénéficier de votre enseignement , neuf semaines durant dans le cadre d'un stage ISEP (c'est vous qui m'avez dit, alors que je préparais mon CAPES, après 4 admissibilités que c'était mon ECRIT qui péchait... et vous aviez raison).
Je suis heureuse de pouvoir vous dire merci, mais là n'est pas l'objet de ma lettre.
Inspectée l'année qui a suivi mon stage en CPR, c'est-à-dire en 1987 et prévenue la veille au soir pour le lendemain à huit heures, j'ai fait le cours prévu pour ce jour-là à cette heure là, à savoir l'étude d'un extrait de L'Echange, où Lechy Elbernon explique ce qu'est le théâtre. Mon public: une classe de troisième! Ah! j'allais oublier le plus important: en pleine campagne Haut-Saônoise!
Que m'a reproché l'inspecteur? D'avoir dans "ce collège de campagne parlé de Claudel" ce qui montrait bien ma "grande culture" (il est vrai que pendant ce temps, Monsieur l'IPR parlait de U2 avec un élève...). J'ai fini par signer mon rapport d'inspection pour ne pas attirer d'ennui ...au Principal dont c'était le premier poste, naïf, il croyait ou feignait de croire le rapport "élogieux"... J'ai, mis dix ans à me remettre avec une note en dessous de la moyenne académique! Mon "émotion" étant retombée au bout de dix ans, j'ai demandé une nouvelle inspection et ma note a été augmentée de 18 points et je suis entrée dans la catégorie des "bons" professeurs qui passent au grand choix!...C'est bête, je ne connaissais pas Hervé Vilard, qui par parenthèse avait eu les honneurs de la revue Pratiques, mais pas dans le même registre: il s'agissait de "démonter" les journaux à sensation.
Aujourd'hui, je suis vieille, je vais partir en retraite alors je me "défoule", j'ai trois classes de quatrième: je fais Germinal, Le Cid et Les Travailleurs de la Mer et... les élèves aiment, même et surtout les faibles. Pour moi, c'est important, car avec les dossiers qu'on leur concocte, ils n'iront pas au lycée, alors qu'ils aient entendu au moins une fois parler de Victor Hugo, de corneille et de Zola... Mais pas question pour le collège d'acheter ces livres démodés, Le Cid est en daube, Germinal, j'ai emprunté moi-même les ouvrages ici et là, quant aux Travailleurs de la mer, quelqu'un les avait commandé, une fois et ne s'en était jamais servi, "c'est bien la preuve qu'il ne faut pas faire étudier des livres trop difficiles!"
je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations respectueuses et reconnaissantes.
MJ Bousségui

Ecrit par : Bousségui | 26 mai 2006

Lu dans Capital juin 2006 p.118 dans l'un des articles ' Les cours privés qui font la réussite scolaire' d'un dossier consacré aux privilèges.
(Visiblement ses petits copains commencent à savonner...mais ne doutons pas que les enfants Lang, Strauss-Kahn, Fabius et consorts de même qu'à droite subissent le 'même pauvre sort', Meirieu lui-même n'a -t-il pas mis les siens à l'abri )

S'il est une chose qui horripile Ségolène Royal, c'est bien 'l'explosion des cours privés'. Elle le répétait encore, pas plus tard que début mars, devant un parterre de militants ardéchois tout entier acquis à son indignation républicaine. Non à ces formations pour gosses de riches, qui insultent la mémoire de Jules Ferry !
Non à ces nouveaux privilèges de l'argent, qui foulent au pied l'égalité des chances !

La pasionaria poitevine du P.S sait de quoi elle parle.
D'abord parce qu'elle a occupé le poste de ministre déléguée à l'Enseignement scolaire dans le gouvernement Jospin et qu'elle se souvient de ses dossiers. Ensuite parce qu'en 2003 elle a elle-même inscrit sa cadette dans une prépa médecine, à 3.000 euros l'année...Bien lui en a pris,d'ailleurs, car la petite a réussi.

A quand une grande étude du Monde de l'Education sur les cursus des rejetons de nos élites politiques ? (avec une petite annexe pour les rejetons de la haute administration de Grenelle et des formateurs en tout genre s.v.p)
D'avance merci.

Ecrit par : Guillaume | 26 mai 2006

Ceci-dit, elle, au moins, met ses enfants à l'école publique. Il faut bien le reconnaître, même si on ne l'aime pas.
Pourquoi vous enerve-je parce que j'ai raison, Pierre-Henri? Il faudrait avoir toujours tort quand on enseigne en IUFM? D'une part, je ne suis personnellement pas un adepte du manichéisme, (sinon, je serais peut-être sur d'autres blogs) et, d'autre part, il m'arrive (assez fréquemment, même) de m'eng... avec des collègues avec qui je ne suis pas d'accord. Ce qui prouve que c'est possible, et qu'il y a de la place à l'IUFM pour des points de vue assez variés!

Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006

Rassurez-moi, cher Christophe, ils n'étaient pas en ZEP au moins ?
Défenseur de la Poitevine, on aura tout vu...

Ecrit par : Guillaume | 26 mai 2006

Oh, Christophe, un formateur IUFM qui possède un avis nuancé, ça m'embrouille. Je me sens tout déphasé avec vous. Vous devriez parler comme Lubin, ça rendrait les choses plus faciles (je plaisante).

Au sujet des politiques qui mettent leurs enfants dans le public .... faut quand même pas oublier que le prix des loyers dans le centre de Paris est un facteur de discrimination infiniment plus efficace que n'importe quel concours d'entrée.

Et puis, en plus, ça c'est pas "élitiste", pas "sélectif" du tout, contrairement à la vilaine inscription sur dossier, qui ne profiterait qu'aux riches. Va comprendre.

Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mai 2006

Bonsoir,

"Rousseau « qui leur est tombé des mains » : curieuse pédagogie... "
Il semble que l'explication de cette curiosité nous vienne d'un... certain Newton, Non? ;-)

Pour Christophe
Plaisanteries mises à part, ne pensez-vous pas, Christophe, que les réductions qui touchent l'E.N ne soient pas si dramatiques que vous le prétendiez QUAND ELLES TOUCHENT LES IUFM!!!!
Otez-moi d'un doute, mon ami, il y avait bien des instits, des profs et des écoles, avant les IUFM? Et celà n'empêchait pas ces personnes d'être compétentes!

Donc, à mon sens, les restrictions budgetaires dans l'E.N sont un Drame dans un milieu déjà sinistré, mais si elles touchent majoritairement les IUFM, celà devient une anecdote sur "l'effet Boomerang", et, en soi, plutot une bonne chose:
Arretez d'essayer de vous (impersonnel et collectif, regroupant les "Généraux" des IUFM, et leur partisans!) rendre incontournables, vous êtes payés par les contribuables, et vous n'apportez aucune "instruction" aux élèves, puisque vous n'enseignez pas réellement.

Si l'on avait maintenu des programmes consistants en favorisant, avant tout, la Connaissance, les élèves sortants du cycle scolaire auraient largement les compétences pour enseigner sans passer par votre instution que vous n'avez rendu présomptueusement et abusivement "utile" que par la baisse des connaissances enseignées.

Rassurez-vous, ce ne pas une attaque personnelle (je ne vous connais pas et peut-être même apprécierais-je la personne que vous êtes, sans pour autant partager vos idées...), mais je vous groupe dans un constat vis-à-vis de ce que je suppose être votre institution (les IUFMs), et un système que vous semblez cautionné (on a tous un libre arbitre, censé nous permettre de différencier les bonnes des mauvaises idées et/ou choses!!)

Pour Sandra:
Malheureusement, l'orgueil est bien souvent mal placé... Et parfois même, trop près du Porte-Monnaie, du chéquier ou de la CB (car l'instruction génère souvent la compétence, et la compétence se répercute sur le salaire!). Le dirigeant auquel vous avez été confronté n'a sans doute pas voulu vous avouer que vous étiez plus cultivée que lui... Et il est toujours dérangeant, pour un supérieur, de se sentir ainsi vulnérable vis-à-vis d'un subalterne!!
Imaginez-vous le déshonneur de se retrouver humilié, durant une réunion:
Différents partenaires sont là, en pleine discussion "intellectuelle" avec vous et votre attaché de direction, quand soudain se produit le drame, l'irréparable! Votre attaché continue la conversation avec les différents membres de la réunion, alors que vous avez décrochez, l'oeil bovin, et la bouche d'une béatitude exemplaire d'ignorance...
INSUPPORTABLE!!!!... Je vous le dit tout net.
Du coup, ceci expliquant celà... Sa réaction pitoyable en devient normale! Désolé, néanmoins, pour ce poste que vous n'avez pas eu!

Cordialement
Yvon

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 26 mai 2006

Ah! Non! Pierre-Henri, reprennez-vous:
Nous avons déjà Yvrard qui a fait une tentative de "Lubinisation", ne donnons pas l'idée à tout le monde, le travail est déjà suffisament rude comme celà, sans pousser des partisans modérés des troupes de Pédagos (qui peuvent encore discuter normalement) dans l'extremisme de leur camp!!!... ;-)

Humouristiquement
Yvon

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 26 mai 2006

La médiocrité est à la mode. Les nazes de la Star Ac supplantent les voix d'hier. Les auteurs du passé n'interessent plus grand monde.
Il est plus facile de flatter les enfants via ce qu'ils ingurgitent à la télé (mais quand dénoncera-t-on à la DASS les parents qui laissent leurs petiots devant ce truc débile) que d'essayer de leur faire découvrir autre chose.

Verne ? Zola ? Stendhal ? Hugo ? Aucun interêt, coco. Avec de tels blazes, ils auraient dégagé fissa du loft .

Des auteurs modernes ? Bien sûr. Mais pas des branquignoles.

Qui choisir ? Pas l'EN , en tout cas. J'en ai marre que l'on m'impose des imposteurs, que l'on m'incite à chanter des ritournelles faciles...

J'ai un plan cependant. Je me tape totalement des IO... Résistance , c'est simple comme une corbeille accueillant les feuilles inutiles de l'EN

Ecrit par : david martin | 26 mai 2006

Et sachez, chère Sandra, que la connerie humaine n'a d'égale que l'imagination de ses pairs... ...pour en trouver des nouvelles!!! ;-)

Cordialement
Yvon

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 27 mai 2006

À MJ Bousségui…
Vous êtes vieille, et vous fûtes mon élève ? Diable !
Cela dit, votre histoire est bien la preuve que ce qui monte au grand jour ces dernières années était en germe depuis vilaine lurette. Le vrai enseignement de classes, il est là, dans le refus frénétique de certains que tous les nfants de France aient droit à la même culture. Et le communautarisme rampant qui envahit le système ces derniers temps ne fera qu'aggraver les choses.
Je me rappelle une chanson d'Evariste, dans des époques plus héroïques que la nôtre : "Les différences de classes nous les abolirons C'est pour ça qu'on fait la révolution…" On n'a fait querenforcer un système qui n'était déjà pas follement égalitaire, mais qui, bon an mal an, permettait à des gens issus de milieux vraiment défavorisés d'aller taquiner les bourgeois. Les bobos d'aujourd'hui peuvent dormir tranquille : on leur a mis en place un système scolaire qui garantit leurs privilèges.
À quand la nuit du 4 août de l'education ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 mai 2006

Dinosaure dites-vous. Je le suis avec vous. Bravo pour ce remarquable article. Continuez...ne vous résignez pas.
Robert Redeker
www.robertredeker.net

Ecrit par : Robert Redeker | 27 mai 2006

continuez, nous sommes plusieurs à être des dinosaures. L'archaïque, n'est ce pas, si on suit le fil étymologique, le principe, ce qui commande, donc ce qu nous attend dans l'avenir et qui en même temps attend depuis cet avenir que nous soyons digne de lui?
bravo monsieur brighelli
robert r.

Ecrit par : Robert Redeker | 27 mai 2006

Bonjour à tous,
Sauf votre respect, Yvon, vous faites une petite erreur d'analyse; avant les IUFM, il y avait les écoles normales et les CPR; (centres pédagogiques régionaux). Je ne m'étendrai pas sur mon expérience du CPR, (lamentable, creux, inexistant. Aucun intérêt). Après avoir enseigné en collège, j'ai été nommé en école normale. Professeur de musique. Pas "pédagogue" au sens où vous l'entendez, avec un rien de commisération, (certains disent: "pédagologues" ou "khmers rouges de l'éducation", selon le degré de pudeur qui est le leur). Je suis simplement prof. de musique pour les enseignants du premier degré; (instituteurs). Quand on apprend "les contenus" d'une discipline de manière à peu près rationnelle, je pense qu'on apprend à les enseigner de manière à peu près simultanée). D'autres, en IUFM, sont profs de math, d'autres profs d'anglais, etc. Je continue à penser qu'il n'est pas inutile que les professeurs d'école bénéficient d'une formation dans les différentes disciplines qu'ils auront eux-mêmes à enseigner. Il se trouve que l'horaire imparti à ces formations disciplinaires diminue régulièrement depuis trente-cinq ans. Ce que je veux simplement dire, c'est qu'on est en train de brader la formation des enseignants, mais en fonction de données essentiellement économiques. Je ne suis pas là pour défendre les IUFM, ni en cautionner toutes les pratiques. Je suis là pour défendre la formation des enseignants, (essentiellement celle que je connais le mieux; celle des professeurs d'école). Il y a des choses à revoir, certes, mais transformer la formation en une sorte de "compagnonnage" est ce qu'il peut arriver de pire.
Le plus grave, nous concernant, est que le fait d'intervenir dans les classes pour éventuellement justifier l'apprentissage qu'on dispense aux professeurs stagiaires n'est absolument plus reconnu par l'institution. Là, nous sommes évidemment, de fait, totalement décrédibilisés. Nous pouvons le faire, "à temps perdu". C'est ce que j'ai fait les trois dernières années. J'ai décidé d'arrêter. Un de mes combats consiste donc à vouloir, justement, que le fait de me retrouver devant des classes trouve justification aux yeux de l'institution. (Du temps des écoles normales, deux heures-année étaient affectées à ce chapitre de formation). Je ne suis pas le seul à vouloir cela. Nous ne sommes hélas, et je le déplore, pas assez nombreux.

Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006

A Christophe,

Qu'appelez-vous "compagnonnage" quand vous parlez de la transformation de la formation des instituteurs ?

J'espère que vous ne visez pas la proposition de JPB de créer des prépas instits dans les lycées. Je ne vois pas en quoi il s'agirait de "compagnonnage". Si ce n'est pas ça que vous visez, que pensez-vous de cette solution qui, pour ma part, me paraît une idée de bon sens ?

Ecrit par : David | 27 mai 2006

Bien moi je trouve que de parler de Loana a l'ecole c'est bien.
Cervelle de moineau et gros poumons voila le clef !
Pourquoi s'em.... a apprendre. Est ce qu'elle a eu besoin de Rousseau ou de Racine elle, pour reussir ??? non !
Un pays avec 50 millions de Loana et de Gregory (merde j'allai oublier Mc Doom !) c'est mieux que l'Atlantide ...non ? !!!

Ecrit par : gintonic | 27 mai 2006

A mon avis, ce dont parle Christophe Sibille consisterait à accéder à la demande des stagiaires depuis des années, à savoir davantage de stages de pratique accompagnée (pour ne pas dire que cela), car de l'avis unanime, c'est lors de ces périodes qu'on apprend le plus.
Mais cela supprimerait bien entendu les postes de chercheurs (je préférerais des trouveurs) dans les IUFM et empêcherait surtout nos chers pédagogues de répandre la bonne parole parmi les jeunes recrues qu'ils ne pourraient plus lobotomiser à volonté.
Pensez-vous ! C'est dangereux de laisser se corrompre de jeunes esprits aux contacts des Breghelli, le Bris, Boutonnet et leurs disciples !

Ecrit par : Sionac'h | 27 mai 2006

Oui Yvon, la connerie humaine n'a effectivement aucune limite c'est certain !

Je pensais simplement avoir un profil surdimensionné mais aujourd'hui je suis ö combien convaincue de posséder également un égo hautement surdimendionné puisque curieusement je ne peux me contenter de la médiocrité aux yeux de quelques illuminés !

Je deviens éminemment cynique, je sais pertinemment que je ne suis pas un génie, loin de là mais à force de me faire comprendre que je suis effectivement trop bien comparé à leur niveau de culture gé, j'espère ne pas prendre "la grosse tête" à long terme !!! (rires jaunes)

Ce qu'il me reste à faire c'est de leur prouver que je suis bien entendu trop intelligente pour eux ET QU'ILS ONT FONCIEREMENT RAISON A CE SUJET. Raison de plus pour reprendre des études en droit avec Paris1 Panthéon Sorbonne à distance et ce dès septembre 2006. Je peux vous assurer avec certitude que je serai (je ferai le maximum pour le devenir, quitte à frôler l'épuisement) major de promo, histoire de prendre ma revanche et de leur en mettre décidément plein la vue...J'ai pour ainsi dire un parcours atypique, j'ai déjà repris deux fois des études, une première fois à partir de la seconde jusqu'au bac et la seconde à distance avec le CNED de Lyon en BTS...En BTS j'ai d'ailleurs été major de promo sur les 2 ans alors pourquoi pas relever un nouveau défi, un challenge cette fois bien pimenté et devenir la meilleure une troisième fois : mon égo en sera plus que flatté une nouvelle fois !

Ces idiots ne se rendent même pas compte qu'ils sont en train de titiller sévèrement mon égo justement, ma fierté personnelle au point de développer en moi une rage de vaincre combinée à une détermination sans faille et sans limites : la tornade est bien prête à tout pulvériser sur son chemin. La bataille ne fait que commencer, elle ne s'arrêtera seulement lorsque je l'aurai décidé ! En outre je suis terriblement pressée de démarrer les cours car qui plus est je suis une férue d'économie, de politique et de droit...

Entre d'autres termes, la miss surdimensionnée ou prétentieuse (cette fois avec un plaisir immense je veux bien l'être et l'affirmer avec grande assurance) n'a pas dit son dernier mot et montrera bien de quel bois elle est capable de se chauffer...

Yvon, pour conclure, la vengeance est décidément un plat qui se mange froid....Enfin parlons plutôt de revanche le terme est plus approprié, quoique.....Le jour où j'aurai décroché le CAPA, je peux vous jurer qu'il conservera une saveur bien particulière....

Ecrit par : Sandra WAGNER | 27 mai 2006

J'ai lu le livre de Brighelli "La Fabrique du crétin". Venant après une longue série de dénonciations de l'évolution du système éducatif en France, mais aussi dans tous les pays industrialisés, ce n'est pas le meilleur à mon avis dans la substance. Je pense à "Tableau noir", "L'Enseignement de l'ignorance", les livres de Liliane Lurçat. Brighelli dénonce beaucoup sans presque rien démontrer. J'espère seulement que ce livre poussera le lecteur vers les autres du même tonneau, où il trouvera une argumentation autrement forte. Quoi qu'il en soit, je souhaite à "La Fabrique du crétin" le succès : agrégé de l'université, j'enseigne depuis trente et un ans, et j'assiste impuissant à la déliquescence concertée de l'école républicaine. Chaque réforme est le maillon d'une chaîne dont la seule logique est celle des économies budgétaires, le plus souvent habillées de discours tournant autour du "enseigner autrement". Ma conviction présente est que l'Education Nationale n'est plus, déjà, le vecteur de la formation de la jeunesse, elle est, au sens propre, hors-circuit. Les jeunes que je suis payé pour enseigner l'ont bien compris, et se plient à ce qui n'est plus pour eux qu'une obligation légale, sachant bien que leur future réalité ne saurait être préfigurée dans ce cadre. L'Education Nationale est dès à présent de l'ordre de la "réalité virtuelle". On devrait évoquer la "parole enseignante" au passé : l'ectoplasme d'une culture transmis à des ectoplasme d'élèves. Je parle sans haine ni mépris : c'est ainsi que je perçois le sens de mon activité actuelle. Cela a quelque chose de désespéré, irrémédiable, accompli. Le professeur républicain que je suis a cessé de croire, essayant tout au plus de survivre jusqu'au moment où l'Etat, si tout va bien, lui octroiera le repos qu'il aura mérité.

Ecrit par : frédéric | 27 mai 2006

Il m'apparaît que ce genre d'initiative est surtout un mauvais service à l'élève, qui n'est pas du tout assuré de la sollicitude que lui accordera son examinateur. Il lui faudra être franchement bon, au contraire, pour défendre un texte dont la valeur n'est pas incontestablement établie. Tant mieux pour lui s'il réussit, et ce sera normal, puisqu'il aura été brillant !

Découvrez l'actualité en vers et contre tout sur http://poactu.canalblog.com/

Ecrit par : Philippe Gras | 27 mai 2006

Philippe, soyez rassuré, la "sollicitude" des examinateurs est entière, plénière, obligatoire, imposée par la hiérarchie. Et même quand les correcteurs manquent de "sollicitude", par exemple en refusant de noter les exercices sur 26 ou 28, les commissions d'harmonisation viennent passer le coup d'éponge salvateur, permettant d'afficher des statistiques qui repoussent chaque année les frontières de l'excellence.

Ecrit par : Pierre-Henri | 27 mai 2006

Pour Christophe Sibille :

Sur la diversité d'opinions à l'IUFM, je l'ai constatée moi-même en débattant hors cours avec mes formateurs de PCL2, durant mes deux années de stage en Lettres modernes. Mais les pratiques "proposées" aux stagiaires, les supports de cours qui leur sont conseillés, la manière dont ils sont évalués, sont d'une extrême uniformité.

En particulier, j'ai été profondément dégoûté par le dénigrement des connaissances vérifiables par opposition à des savoirs-faire exprimés de manière à la fois pédante et vague. J'estimais, et je continue à le faire :
- que d'une part, la maîtrise des savoirs fondamentaux en langue française (j'entends par là la "grammaire de phrase") est nécessaire dans la vie quotidienne et civique;
- que d'autre part, connaître le nom et situer l'époque de nos plus grands écrivains, ainsi que savoir quels problèmes humains ils ont soulevés, fournit des repères indispensables à la vie dans notre société et à l'exercice de l'esprit critique.
Or, non seulement les programmes rejettent avec mépris ces contenus, mais l'ensemble de la formation en IUFM conduit le professeur à écarter de son cours tout ce qui peut y conduire, comme étant "élitiste" et "réactionnaire", car appartenant à la "vieille école".

En outre, j'ai vu uniformément qualifier de "connaissances passives" (et de "savoirs morts") ces compétences nécessaires à l'autonomie de pensée et d'expression d'un citoyen. De même, sont valorisées comme des "compétences actives" des démarches de communication revenant à singer les media de masse sans comprendre ni exprimer de contenus réels. Ce classement manichéen ne s'appuie sur aucune démonstation raisonnée et critique : pourtant, il est omniprésent dans les enseignements délivrés à l'IUFM et dans les rapports d'évaluation des professeurs stagiaires.

En contrepartie, j'ai constaté une belle unanimité des formateurs dans leur conception du métier (et de la fonction) de professeur comme une pure méthodologie. La progression d'année, la construction des séquences, la conduite de la séance et de chaque activité sont codifiées avec un formalisme extrême. Quant au contenu, tout "discours" est bon s'il est convenablement classifié et se prête à ces méthodologies. J'en veux pour preuve les listes d'ouvrages conseillés dans les documents officiels, de la 6eme à la 1ere. Pour moi, ceci revient à définir l'éducation comme une "suite d'instructions", comme un programme d'ordinateur, et le professeur comme un programmateur de robots.

Pour conclure (et comme d'habitude j'ai été long...), la diversité d'opinions que vous vantez entre les formateurs en IUFM me paraît absente de leur action, où elle se traduit par le martèlement de dogmes, lesquels me paraissent absolument néfastes.




Par contre, je suis d'accord avec vous lorsque vous dénoncez la réduction des enseignements disciplinaires à l'IUFM.

Mais elle n'est pas la première, et se confirme l'idéologie répandue dans (par) ces instituts : si le contenu de la discipline (dans le cas du français) se réduit à des compétences généralistes, sans matériau spécifique, je ne vois aucune raison pour maintenir une formation propre à celle-ci.




Pour Bousségui :

Du point de vue des inspections, j'ai eu plus de chance que vous ! Durant mes deux années de stage, j'ai reçu trois préavis d'inspection par l'IPR, dans des délais de 48h à 72h. Les visites ayant pour objet de me virer, je n'avais pas besoin de "fignoler" mon cours (et n'ai jamais eu à signer les rapports). Enfin, l'une de ces inspections fut annulée 1/2h après le début de ma séance...
Comme quoi, tout se passe très bien dans certains cas !




Pour Yvrard:

Tro cool. Lire, c tro fatigan. C nul. La TV c mieu. Pi tu peu mangé an maime tem. Fé tourné le oinj en sal d prof. Pi ta rézon en ZEP fo fère fassil. C tro la mizer les prof i liz pas voila i conais pas l'actuallitée. mdr.

Vous avez le mérite de la cohérence. Pour moi, _voilà_ démontre que la bourgeoisie de ce pays et ses amuseurs sont encore plus niaiseux que le dernier de ses clochards. On peut donc en conclure que la médiocrité et la sottise conduisent à l'ascension sociale, ce qui se vérifie dans les institutions de l'Etat (car la culture et l'exigence intellectuelle conduisent bien souvent à l'inverse). Vous faites bien de lutter contre le bovarysme de quelques illuminés retardataires et encouragez la réussite sociale de vos élèves. Vous êtes en avance sur votre temps, et l'on se souviendra des pionniers de votre espèce lors du prochain rattachement de l'Education nationale au Ministère de l'Intérieur. Pourquoi ne pas tout de suite entrer dans la police ?

Ecrit par : prof chômeur | 27 mai 2006

Les cahiers pédagogiques parlent eux aussi de cet article du Figaro et de la chronique de Pierre Marcelle dans Libération
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2405

Il y a aussi une critique de "A bonne école" !
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2379

Ecrit par : Bataille | 27 mai 2006

CHAUFFE MARCELLE

Chers amis ! La maison pédagogie prendrait-elle feu ? (c'est pas trop tôt). En tout cas elle crépite et craque de toutes parts.
Pol Pot et sa cours vont se sentir une nouvelle fois les victimes d'un mauvais procès - cette fois-ci à raison, car c'est l'un de leur principal relais qui leur fait défaut.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=385061

Le quotidien de la très totalitaire bien pensance virerait-il réactionnaire ?

Ecrit par : Philippe | 27 mai 2006

Merci

http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2405

Cet article est typique de la "logique" pédagogiste

1) 34% des professeurs déclarent avoir consulté pour des troubles psychologiques

2) Bien entendu, c'est parce que les réformes pédagogistes n'ont pas été assez loin, parce qu'ils n'ont pas assez de pouvoir, parce qu'on n'a pas suivi tous leurs conseils.

Ils font la pluie et le beau temps depuis au moins 15 ans, mais les échecs sont toujours ceux de l'école "d'avant", et jamais les leurs. Responsables, mais pas coupables.

Ecrit par : Pierre-Henri | 27 mai 2006

Pour prof chômeur: Encore une fois, je parle de ce que je connais le mieux; la formation des professeurs des écoles pour lesquels, apparemment, la formation est moins critiquée que celle des professeurs de lycée et collège, (qouiqu'elle soit loin d'être parfaite).
Quand à ceux qui parlent des Pol Pot, je ne suis pas assez méchant pour leur souhaiter d'avoir vécu ne serait-ce que cinq minutes au Cambodge pendant les massacres de la population, ou qu'un rescapé vienne gentiment leur faire comprendre le poids de leur propos... Ce sont soit des crétins, (des vrais), soit des provocateurs. J'aurais aimé que Jean-Paul Brighelli les ramène à des propos plus sensés sur son blog.
Par ailleurs, Pierre Marcelle n'a pas brillé par sa clairvoyance dans plusieurs éditoriaux récents, (j'irais jusqu'à dire qu'il a été quelquefois au "pétage de plomb"; voir l'affaire des caricatures). Mais tout le monde connait ses véritables opinions politiques... Vous disiez: totalitaire "de gauche"?

Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006

Cette crétinisation commence très tôt. Mireille, l'institutrice de ma fille en grande section d'école maternelle refusant d'initier ses élèves à la lecture comme à l'écriture expliquait devant des parents sidérés que leurs enfants n'avaient nul besoin de cette initiation pour la simple et bonne raison qu'ils savaient déjà lire et écrire... "La lecture, l'écriture, ils baignent dedans". Mireille est formatrice IUFM à Rouen...

Ecrit par : Achille | 27 mai 2006

Alors là pour une nouvelle c'est une nouvelle, sidérante même!

Je m'inquiétais pour un de mes enfants en âge de grande section de maternelle ...Je suis soulagée d'apprendre aujourd'hui, qu'il doit normalement savoir lire et écrire sans nul besoin d'apprentissage...Merci pour l'info Achille!

Je crois que je vais laisser le fou rire fuser ...C'est tellement bon de rire et bien meilleur que pleurer...
Bon we à tous...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 27 mai 2006

"Encore une fois, je parle de ce que je connais le mieux; la formation des professeurs des écoles pour lesquels, apparemment, la formation est moins critiquée que celle des professeurs de lycée et collège, (qouiqu'elle soit loin d'être parfaite)."
A L'AT-TEN-TION DE CHRIS-TO-PHE QUI SEM-BLE SOURD COM-ME UN POT...

Un bon ami à moi, un certain Obi Wan Kenobi, affirmait : "L'oeil ne voit que la surface des choses".
En ce qui concerne vos oreilles, elles ont manifestement une faculté hors du commun : celle de filtrer l'essentiel des critiques !
C'est un petit peu comme si j'évoluais dans mon cercle restreint d'amis et que, certain de mon fait, j'irais dire partout que les gens sont sympas et sont tous mes amis !

Ecrit par : Sionac'h | 27 mai 2006

Sionac'h, je n'évolue pas dans mon cercle restreint d'amis, j'ai pas mal de contacts avec des professeurs d'école ayant été en formation dans le centre IUFM où j'enseigne, (une soixantaine viennent d'ailleurs chanter dans la chorale de l'IUFM). Un certain nombre d'entre eux sont d'ailleurs venus défendre leur formation sur les sites de "fondap...", pardon, "lire-écrire" et "sos-éducation". Je ne filtre pas les critiques et y suis au contraire particulièrement réceptif. Je garde d'ailleurs les plus constructives. Mais Dieu, que vous avez dû être malheureux pendant votre formation pour être aussi aigri! Je vous plains. Ne vous inquiétez pas pour mes oreilles, et occupez-vous plutôt de votre bile!
Bon week-end.

Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006

Le crétin qui n'a pas connu Pol Pot et la répression implacable de la population cambodgienne a vécu dans une cité HLM de banlieue et a vu mourir plus de la moitié de ses amis d'enfance du sida (par transmission intraveineuse parce qu'il était devenu très difficile de se procurer des seringues pour s'injecter la drogue - ah ! les bons sentiments ) - rien que cinq garçons sur huit enfant dans l'appartement juste au dessous de celui où j'ai grandi !
Et si je suis en vie aujourd'hui, c'est que j'ai croisé des instituteurs et des professeurs qui n'ont jamais transigé sur la mission qu'on leur avait confié : transmettre des connaissances et ce, même au prix d'humiliations et de pas mal de larmes - les IUFM n'existaient pas encore !
Après avoir ravalé mes larmes et surmonté nombre d'humiliations, je suis aujourd'hui ingénieur grande école et j'aurais pu faire une belle carrière et gagner pas mal de fric.
Mais comme je suis reconnaissant à l'école de la République de m'avoir sauver la vie - et je n'exagère pas ! - j'ai passé l'agrégation de physique, et c'est comme ça que je paye ma dette.
Maintenant je transmets des connaissances à mes élèves et pas façon IUFM ! non ! pas de démocratie dans ma classe ! je suis un vrai dictateur ! Et ce qui me fait plaisir, c'est que mes élèves en redemandent !
Alors, ça me met hors de moi de me faire traiter de réac par ceux qui versent des torrents de larmes sur les mômes des banlieues et qui, sous prétexte que c'est à ces derniers de construire leurs savoirs, ne leurs apprennent rien. J'ai envie de leur renvoyer à la figure leurs bons sentiments et les pavés qu'ils ont déposés et qui mènent les enfants des cités drit en enfer.

Monsieur Christophe sibille reservez vos leçons de morale à vos corréligionaires en pédagogie.

Ecrit par : Philippe | 27 mai 2006

Voilà un beau parcours ! Vous ne voulez pas en faire un livre ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 27 mai 2006

Tiens, Philippe, nous sommes des clones !

Je partage votre point de vue et l'essentiel de votre façon de faire.
Je dis l'essentiel, car, même si je doute que vous soyez réellement un dictateur, tout comme vous, je fais preuve d'autorité, certes, mais avec le soucis de l'équité. Les règles de vie sont établies et sont claires. Et effectivement, cela n'empêche pas de travailler dans une bonne ambiance.
Les élèves paraissent étonnés par mes méthodes en début d'année, mais s'y font et apprécient d'apprendre des choses et de ne pas être pris pour des crétins.
Les montrer qu'on s'intéresse à eux et qu'on est là pour leur apporter quelque chose, voilà l'un des secrets de la réussite scolaire.
Malheureusement, la "transmission du savoir" est ce qui est le plus mal perçu par nos chers pédagogues. C'est pourtant ce qui permet aux jeunes enfants que l'on nous confie de progresser et d'apprendre des choses nouvelles. En osant prétendre que l'on construit soi-même ses propres savoirs, on laisse les enfants stagner et se conforter dans leur ignorance.


Christophe, oui, j'ai détesté ma formation, car je le redis, apprendre en fin de parcours que la raison pour laquelle j'étais dans le colimateur de l'IUFM était la présence d'un rapport non officiel et vengeur d'une formatrice assorti d'une mention entourée en rouge "à surveiller", a suffi à me faire haïr ce milieu rempli d'hypocrisie.
Il n'empêche que j'ai rencontré quelques formateurs géniaux, comme celle de musique (je participais aussi à la chorale et seul mon éloignement géographique actuel de l'IUFM fait que je n'y retourne plus pour cela), mais tous ceux là étaient fort mal vus des autres formateurs. C'était pourtant les seuls qui nous apportaient ce dont nous étions demandeurs.

Ecrit par : Sionac'h | 27 mai 2006

Oh, vous savez, Philippe, je suis assez exigeant aussi dans le cadre de mes cours! Tenir compte du parcours antérieur des personnes qu'on a en face de soi n'a jamais sous-entendu qu'il fallait être laxiste. Je pense qu'une bonne partie du malentendu vient de là. Mais bon, on va encore me dire que je suis candide!
Je n'ai aucun coreligionnaire ni en pédagogie, ni ailleurs.

Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006

En faire un livre ? Bien sûr j'y pense (j'ai écrit au départ "j'y panse", lapsus révélateur, et tous ces pédagogues qui crachent sur la culture et qui n'ont même pas l'ouverture d'esprit de voir que les meilleurs oeuvres ont été façonnées par des personnes "résilientes" qui, un jour, ont eu accès à... la culture), mais ma formation ne s'y prète guère, même si je lis beaucoup.
Tout s'apprend ! Je le sais, mon parcourt me l'a enseigné ! Existe-t-il une ou des "bibles" qui enseigent l'art de la rhétorique?

Ecrit par : Philippe | 27 mai 2006

Qui a craché sur la culture? Des noms!

Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006

Je découvre ce qu'est un "blog" en débarquant sur celui-ci, trouvé dans "Libération" du 26 mai. Ca ne va pas me réconcilier avec les ultimes avancées techniques. C'est beau : tout le monde s'exprime. Non pas parce qu'on a quelque chose à dire, mais parce qu'on veut dire quelque chose. Moi, ça me "gave". A ce compte, je n'éprouve pas le besoin de "m'exprimer". Comme le dit Bouveresse de BHL dans le dernier "diplo", ça ne sert à rien. L'infrastructure commande. Je n'ai aucune envie de parler pour m'exprimer. Si quelqu'un peut me dire quoi faire pour... pour quoi au fait ? pour refonder la "parole enseignante", pour en restituer le pouvoir agissant, je suis preneur. Frédéric.

Ecrit par : frédéric chambe | 27 mai 2006

Je me demande si christophe sibille existe vraiment ?
Il me fait penser à ces fantômes funestes qui hantent les pièces de Shakespeare dans le seul but d’empoisonner la vie des personnages, de les écraser sous le poids de la culpabilité et de les manipuler pour qu’ils commettent la faute irréparable qui va nouer leur destin.
Christophe sibille à côté de Mister Hyde le ferait passer pour le représentant d’une œuvre de bienfaisance.
Et, comme dans tout bon scénario seuls les vrais méchants son imperméables au doute et à la culpabilité - je me demande si les pédagogos sont conscients des dégâts qu’ils ont causés ?

Ecrit par : Philippe | 27 mai 2006

Pour Christophe:

Je suis vraisemblablement parmi les plus jeunes de ce blog (32 ans) et également parmi les moins instruits et cultivés. Comme je l'ai déjà dit, je suis sous-off. dans l'armée, donc rien de transcendant au niveau du "bagage" (sachez bien que je me destinais un autre avenir si mes capacités m'avaient permis de poursuivre, à l'époque... Mais bon, en 90, avec le BEPC, et une 1ère S (avec le Bac Français 12 écrit/12 oral) et une option de Bac en 6 ans sans certitude de l'obtenir, j'ai préféré quitter l'école pour la vie active.

Néanmoins, voulez-vous me dire à quoi pouvais-je prétendre avec celà? A rien! Et même l'armée m'a obligé à faire mes preuve pendant le SMA, avant d'accepter mon engagement comme simple homme du rang!!

Je vais vous dire ce qui m'a sauvé (et qui m'a permis d'avoir, malgré une moyenne générale proche du Minable, mon Bac Français avec 12 et 12):
C'est mon institutrice de primaire (Mme LACOMBE), et un couple de professeurs de Français (M et Mme LITZLER) - que je cite par reconnaissance si ils passent sur ce Blog -.

La première, partie à la retraite pour mes 15 ans, faisait abstraction des consignes instutionnelles qui lui semblaient absurdes, pour notre plus grand bien (on étudiait la grammaire, l'orthographe, les tables de multiplication avec du par coeur, et faisait ses odieuses(?!?) dictées non préparées dès le CE2, on osait même faire une poesie/fable bimensuelle avec la Fontaine, Ronsard, Prévert, etc...). Ce qui lui a vallu l'amour et le respect de ses élèves (j'en veux pour preuve les quelques 200 enfants présents à la fête du village organisée pour son départ en retraite, alors que ce village ne comptait que 700 habitants), et nous a hissé vers l'amour et le respect de notre langue si riche.

Les seconds, avaient cette falcuté de savoir partager leur connaissances, dans une rigueur extrême, tout en conservant une accessibilité hors du commun, et toute question était excuse pour revenir sur l'éthimologie, en passant par le grec, le latin, et les transformations de langage, due aux dérives du vieux français oral.

Voyez, je doute fort que toute cet rigueur (par parenthèses et pour l'anecdote, il est arrivé à Mme, 1m60, qui était ceinture noire d'aïkido, d'"expédier" une table dans le couloir, suivi de la chaise -avec l'élève de 4ème dessus-, pour un geste irrespectueux, qui serait anodin aujourd'hui), ainsi que ces apartés nourrissants aie été encouragés par votre sytème bien-pensant, alors que nous étions tous très satisfaits de cette réalité, et de l'intérêt qu'ils ont pu éveillé en nous.

Sauvé, vous ai-je dit plus haut? oui, je le confirme! Car la seule chose qui m'aie permis de m'en sortir, est la qualité de mon français (même si le manque de vocabulaire ne me permet pas de rivaliser avec vous), les bases inculculquées en mathématiques accompagné d'un cerain esprit carthésien (qui me dispensent d'une calculatrice dans la vie quotidienne), de cette envie de découverte et cet esprit critique dont m'a doté ce trio INFERNAL de l'E.N. (et je leur en suis grandement reconnaissant!).

Maintenant, concernant le niveau des enseignants, M. Sibille, ce qui vous touche directement à l'IUFM, vous êtes-vous déjà posé la question de savoir si un prof de Math ou un instit était encore capable d'extraire une racine carré à la main? Vous voulez une réponse sur vos prodiges? NON.

Et comment le sais-je? Simple! Voyez-vous, mon ami, il reste encore certains concours ou examens où les calculatrices ne sont pas autorisées, notamment dans l'armée (et oui, surprenant!) où l'on cherche la culture propre de l'individu et non de ses accessoires.
De fait, on doit réviser tout un panel de connaissances générales, s'étallant des bases jusqu'au niveau études supérieures, sous forme, certes, de QCM, avec 20s par réponses et quelques 240 questions. Barême armée: Juste:+1 / Faux: -0.25 / Non rempli: 0 - ce qui ne donne pas envie de répondre au hasard, et oblige à réviser. Au programme, estimation de calcul d'intégrale, d'extraction de racine carré et plein de petites choses sympa...
Ne sachant plus faire le calcul d'extration, je me suis mis en quête d'un instit, puis d'un prof qui savait faire! A mon grand désespoir, AUCUN (sur une vingtaine consultés) ne savait faire, ni n'a pu me fournir l'explication, me répondant que depuis longtemps, on utilisait les calculatrices pour ce type d'opération complèxe et longue! Il a fallu que je retrouve le mécanisme seul, avec un exemple partiellement traité (sans explications et sans l'intégralité du développement!) et avec les souvenirs du mon collège (encore une fois, un prof avait outrepassé ses droits en nous expliquant cette ignominie!). Chapeaux bas pour l'E.N, Messieurs, tant pour les capacités d'antant que pour les carences d'aujourd'hui!!!

Alors, Christophe, même si vous en êtes pas convaincu (moi, si!), le niveau a franchement baissé, même chez les enseignants, qui pâtissent forcément de la baisse de niveau de nos classes. Et que vous les complaisiez dans ces carences en prônant qu'ils n'ont pas besoin de d'apprendre ce qu'ils doivent transmettre mais beaucoup plus comment le transmettre, je trouvent celà déplorable, d'autant qu'il est complètement inutile de savoir transmettre, quand on a rien à transmettre, justement!

Yvon

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 27 mai 2006

Nos anciens instit's (je parle pour ceux de ma génération ou de celles proches - j'ai 36 ans-), ont eu une grosse influence sur ce que nous sommes devenus.
Personnellement, je conserve les meilleurs souvenirs d'écolier de ma période primaire. J'ai eu des instit' qu'on qualifierait aujourd'hui de tyranniques. Je me souviens parfaitement de Mme. la directrice, dont la simple évocation du nom suffisait à faire frémir les plus téméraires. Et pourtant, lorsque je suis allé dans sa classe en CM2, j'ai passé de bons moments. Mme. Claraco (c'est son nom) m'a mis en 5 à mon premier contrôle d'histoire ! Je m'en souviens, pas seulement pour la mémorable baffe que cela m'a valu de mes parents, mais celle que la simple vision de cette note a provoqué chez moi, m'incitant à faire autrement mieux que cela !
J'ai conservé tous mes cours de cette époque et les poésies que mes élèves de CM2 apprennent sont en partie celles que j'ai apprises à cette époque.
Comme j'ai quitté depuis une dizaine d'années la ville où j'ai grandi, je n'ai plus de contacts avec elle. Mais ayant toujours son adresse, je vais certainement lui écrire pour lui dire à quel point les moments que j'ai passés dans sa classe ont été importants pour moi, à tel point que lorsque j'ai décidé de réorienter ma carrière professionnelle pour passer le concours de PE, c'était en pensant à cette dame et ses autres collègues que j'avais eues.
Des profs qui ne m'ont jamais fait me surpasser, je n'ai en revanche aucun souvenir réel, ou du moins aucune pensée...

Ecrit par : Sionac'h | 27 mai 2006

Et oui, Soniac'h, c'est toujours pareil, on ne se souvient que des gens qui nous enrichissent...
Nous obligent à nous dépasser, parfois malgré nous, mais toujours POUR NOUS...
Ces gens qui nous "révoltent" car ils "forcent" le respect naturellement...
Ces gens qui nous incitent à nous dépasser, pour un jour, avoir le "droit" au même respect que celui qu'ils ont gagné...
Tout simplement des gens qui, à leur niveau à eux, étaient, quelque part, exceptionnels pour nous!

Et oui, tout les autres passent dans l'indifférence générale, ce qui est le gros problème de l'école aujourd'hui:
l'indifférence des élèves, parce qu'on ne laisse plus les enseignants faire ce qu'ils savaient si bien faire, et qu'ils ne sont plus capables, avec le cadre imposé, de "sublimer" les élèves par la culture, puisqu'elle est interdite ou aseptisée avant de franchir la porte des classes.

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 27 mai 2006

Un titre similaire " la fin de l'école", pour une question élargie à d'autres points.
http://krysztoff.typepad.com/1984/2006/05/la_fin_de_lecol.html#comment-17823743

Ecrit par : DG | 27 mai 2006

« If something can get wrong, it will »

It will.

Ecrit par : H.Y. | 28 mai 2006

Splendide témoignage d'Yvon… Ce blog fourmille de récits en devenir.
Et si quelqu'un se demande comment écrire quand on ne sait pas écrire : on fait ce qu'on peut, puis on va trouver un éditeur, qui lui vous permettra d'en faire un texte publiable. Il n'y a pas de honte à se faire donner un coup de main, il y a des professionnels pour ça, et il est très rare que l'on apprenne à écrire en six mois.

À Frédéric Chambe, qui se demande à quoi sert un blog.
Je crois que c'est comme une psychanalyse : on la commence parce que quelque chose ne va pas (et si on avait identifié ce quelque chose dès le départ, on n'aurait besoin de personne). Longtemps on parle presque pour ne rien dire — mais des morceaux d'information transitent, çà et là. Le psychanalyste (le blog, pas moi) n'est au fond que la caisse d'enregistrement de ce qui se parle — de ce qui remonte, jusqu'à ce que chacun mette le doigt sur sa propre faille. Il y a ici, et c'est révélateur, autant d'histoires personnelles que d'avis généraux sur l'Education, parce que l'Education est tissée d'histoires personnelles : et je crois très fort que c'est ce qui a été perdu de vue par la nouvelle pédagogie, qui veut trop souvent enseigner du point de vue de Sirius, comme disait Voltaire — et quoi qu'elle dise. Le vrai respect des élèves, la vraie individualisation, elle est du côté de cet enseignement que d'aucuns appellent "à l'ancienne" — mais "c'était demain", si je puis dire —, qui permettait à chaque gosse de s'extirper justement de son histoire personnelle pour construire son futur. Il n'y avait pas autant de déterminisme social dans l'école de mon enfance — même si ça existait, bien sûr. Aujourd'hui, quand on est né dans le ghetto, on y reste — sous prétexte de tenir compte des différences culturelles. Plus on va vers le communautarisme, moins on donne sa chance à l'individu. Moins on demande de travaiul, moins on donne de chance à l'enfant de se travailler jusqu'à devenir une grande personne. Le laxisme, en pédagogie, c'est la quasi-certitude d el'enfance perpétuée — pas le don d'enfance, qui est précieux, mais l'informel et le n'importe quoi.
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 mai 2006

Laxisme, pédagogisme, réformisme, égalitarisme (je ne dis pas égalité), terrorisme (intellectuel), démagogisme (pardon!), tourisme, consumérisme (éducatif : le prof comme prestataire de service), et tous les autres -ismes, de quoi étouffer au fond de son puits de science. Merci quand même aux optimistes, qui gardent la foi, et la ligne. F.C.

Ecrit par : frédéric chambe | 28 mai 2006

"Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
Non, non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile…"
(Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte V, dernière scène).
"Moi, je me bats parce que je me bats." (Dumas, les Trois mousquetaires, chapitre 5 — je crois).
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 mai 2006

Hé ben dis donc! Je me rappelle aussi de la plupart de mes profs de collège et de lycée. A l'ancienne, (j'ai passé mon bac en 1972). Beaucoup de nullards, ennuyeux au possible; (je me souviens de ce prof de math, en 5è, très estimé des parents parce que la seule phrase qu'il savait dire était: "colle-toi un zéro" quand il interrogeait, en début de cours, et parvenait ainsi à garder le calme dans sa classe. A l'époque, effectivement, mai 68 n'était pas passé par là, et les parents ne prenaient pas parti pour leur enfant envers et contre tout, et surtout contre le prof, ce qui permettait à ce type d'abrutis de garder un certain contrôle de la situation en ayant les parents de son côté car, effectivgement, on se prenait une baffe à la maison quand il fallait montrer son carnet de correspondance. Un excès chassant l'autre, l'enfant roi est progressivement arrivé, remplaçant l'enfant brimé. Les profs ne sont ni moins bons, ni meilleurs qu'avant, (je vous jure que j'en ai eu un paquet dont la culture générale était pitoyable), mais les élèves, eux, ne sont effectivement pas les mêmes, sur le plan éducatif. Aujourd'hui, si un prof se conduisait comme mon prof de math de 4è, ce n'est pas le môme qui se prendrait une baffe, mais le prof, (voir l'anecdote racontée plus haut sur la P.E. stagiaire menacée par les parents parce qu'elle donnait "trop de devoirs". Par contre, j'ai un souvenir ému du prof de français que j'ai eu en première, (l'année du bac). Il nous faisait jouer Molière, Tchékov, et Sartre en cours. C'était un prof plutôt débonnaire, (ses connaissances et sa culture le lui permettaient), immensément respecté. Si j'ai eu une note correcte au bac de français, c'est grâce à lui, et pas à certains "brimeurs d'enfants" que j'ai pu avoir les années précédentes, "à l'ancienne", mais dont les cours transpiraient également l'ennui.
La première chose que je veux simplement dire, c'est qu'aucun discours simpliste ne tient. Il y a, encore aujourd'hui, de bons profs comme celui que j'ai eu en première, formés ou non à l'IUFM,(peut-être certains d'entre-vous se rappellent-ils des CPR? J'en garde personnellement un souvenir d'ennui et de vacuité totale), et des mauvais, formés ou non à l'IUFM également.
La deuxième chose, et c'est la plus importante, c'est qu'on semble oublier qu'il y a quand même beaucoup de choses, dans la vie d'un enfant, qui ne se jouent pas à l'école, et précisément ce qui se passe avant. Je vais régulièrement dans les classes, depuis vingt ans maintenant. Quand je vois en moyenne trois élèves par classe de maternelle souffrant de maltraitance chez eux, et n'ayant, pour des raisons bien compréhensible, pas beaucoup de raisons de s'intéresser à quelque apprentissage que ce soit, la tâche des instits est quasiment insurmontable. Effectivement, il n'y a qu'à l'école, qui devient de par le fait et malgré elle, éducatrice et non instructrice, que ces enfants sont bien, mais le travail en pâtit forcément.

Ecrit par : christophe sibille | 28 mai 2006

Christophe, vous savez tout comme moi, qu'il y a des abrutits partout (j'entends sur le plan humain, principalement!) et que la violence n'est pas une fin en soi: je ne la cautionne pas plus que vous, mais je regrette qu'on ne laisse plus la lattitude suffisante aux enseignants pour imposer la rigueur nécessaire au calme dans une classe!

Je pense, à l'instar de Jean-Paul, que la culture, distillée intelligemment, permet aux enseignants compétents de ne pas avoir besoin de la violence pour imposer l'ordre, l'intérêt des enfants pour l'apprentissage prend le pas dessus!

Par ailleurs, même si je n'adhère pas forcément à toutes les propositions de JPB en matière de réformes proposées, je suis malheureusement complètement d'accord sur le constat, et votre institution et ses pairs chargés de la refonte des programmes n'ont jamais proposé d'élever le niveau (à voir le résultat, CQFD!).

Aujourd'hui, je pense qu'il est effectivement nécessaire de recentrer les objectifs en terme de connaisances à acquérir, et non en terme d'élève: l'objectif de l'école, c'est l'instruction et non l'élève. Donc il faut corriger le système, qui c'est fixé sur l'élève par erreur.

Parlons "concret":
L'enseignant est concret
L'élève est concret
Ce deux éléments sont des intervenants directs
Objetif: Transmettre la culture (abstrait) de l'un vers l'autre
Méthode: A définir - Dans tous les cas, insister jusqu'à ce que l'objectif recherché soit acquis.

Voilà, Christophe, comment je pense l'école. Hors, dans ce plan, La TRANSMISSION DE LA CULTURE est l'objectif central (ce qui manque pour relier les deux éléments concrets!). Et je n'imagine pas comment on peut mettre l'élève en objectif, puisque cet élève, vous l'avez déjà.

Et qui dit TRANSMISSION DE LA CULTURE, dit nécessairement CULTURE A TRANSMETTRE, ce qui suppose de mettre en place un contenu culturel valable, et surtout, TOUTES LES BASES qui permettent LA COMPREHENSION CONVENABLE de ce contenu culturel

Ecrit par : Yvon Gougis | 28 mai 2006

Bonjour M. Brighelli,

Je serai un jeune dinosaure qui fera étudier, à ses élèves, Rousseau, Chateaubriand et Retz, si je suis reçu au concours. La météorite pédagogiste ne nous fera pas disparaître. Effectivement, ces programmes Viala donnent la nausée et je suis bien content d'y avoir échappé in extremis.
Si, du temps où j'étais au lycée, j'avais eu à étudier Vilard à la place de Rousseau, je crois que je me serai endormi au fond de la classe en cours de français, au lieu de m'interresser à la littérature. A force de proposer de cette bouillie aux élèves, je crois que ceux-ci demanderont à étudier les classiques, car l'intérêt de la littérature, c'est d'être en contact avec un monde qui nous est étranger. Les idéologues de l'EN, et Viala surtout, ferait mieux de lire le poème de Rimbaud "Les poètes de sept ans" où un enfant cherche à s'évader de son quotidien sinistre par la littérature.

D'autre part, ce genre de publicité en faveur de la "pédagogie moderne" peut être mortel pour l'école publique. Que se disent les lecteurs du Figaro en lisant un tel article? Ils se retrouvent confortés dans leurs préjugés sur l'école publique : à l'école publique, on fout rien, à l'école privée, on travaille sérieusement. Moi-même, je me tue à convaincre mes prôches tentés de mettre leurs enfants à l'école privée de les laisser à l'école publique. La publicité de ce genre de pédagogie ruine mes efforts. Heureusement que des voix dissidentes se font entendre pour sauver l'honneur de l'institution!

Cordialement.

PS: Selon les programmes Viala, on pourrait faire une séquence pédagogique sur votre blog, puisque il combine parfaitement l'épistolaire, l'objet d'étude "Délibérer, convaincre, persuader" et les TIC. Mais là, je crois que les IEN seraient un peu plus réactifs que pour Vilard. Si un prof de français de première est tenté, il pourrrait à cette occasion faire de la pub comme ceux de Joffre, mais là ce serait positif.

Ecrit par : Romain | 28 mai 2006

Eh bien, nous sommes d'accord pour une fois, Christophe !
Mais si je relis bien ce que vous dites, vous reconnaissez enfin qu'un professeur ne peut être respecté, non pour ce qu'il représente, mais pour ce qu'il est. Et c'est précisemment ce que sous JPB en souhaitant que la formation des professeurs leur permette de devenir des experts dans les domaines qu'ils enseignent (si je n'ai pas dénaturé ses propos...).
Or, force est de constater que le recrutement actuel, tout comme la formation, ne permet pas de donner un culture quelle qu'elle soit, dans une discipline ou une autre, car on ne s'attache pas au contenu, mais au contenant : la pédagogie.

Et pour revenir sur le dernier point, si l'on voulait vraiment faire quelque chose pour l'éducation, on augmenterait la semaine de cours pour permettre aux enfants d'être plus présents dans un milieu éducatif, au lieu d'être - comme c'est le cas pour bon nombre d'entre eux- livrés à eux-mêmes dès 16h30.

Ecrit par : Sionac'h | 28 mai 2006

Par ailleurs, comme dans tout système où l'on fixe un objectif, il est nécessaire d'avoir un système de vérification non complaisant pour évaluer la réussite réelle.

De façon matérialiste, prenons l'exemple d'une usine de voiture:
Quand une voiture qui sort de la chaine ne fonctionne pas, elle n'est pas mise en vente, elle retourne en atelier jusqu'à résolution du problème!
Même s'il m'est désagréable de comparer enfant et voiture, l'objectif de l'école doit être le même que l'usine:
Sortir des élèves qui ont un "standard" culturel minimum pour affronter l'avenir (accepteriez vous d'acheter une voiture sans moteur ou sans roue? moi, non! Pour un enfant, c'est pareil, sans culture, il lui manque un élément pour pouvoir avancer!)

Ecrit par : Yvon Gougis | 28 mai 2006

Le problème qui se pose n'est pas celui de la valeur de tel ou tel prof. Des profs mauvais, odieux, incompétents, il y en eut, il y en a et malheureusement il y en aura encore. J'aimerais bien que l'éducation nationale trouve quelque moyen pour s'en débarrasser... Mais le problème principal, celui qu'il ne faut pas éluder, c'est celui de la politique scolaire et de l'idéologie qui la gouverne.
Sur ce point, le moins qu'on puisse dire, c'est que la gauche socialiste n'a pas fait des merveilles et non pas seulement depuis 15 ans. J'ai commencé à enseigner en 86, j'ai subi quelques heures de formation en CPR. L'idéologie au pouvoir était déjà une idéologie foncièrement anti-intellectuelle. Il y a un anti-intellectualisme de gauche qui détient le pouvoir idéologique à l'école et qui y fait d'épouvantables ravages. Rocard, Jospin, Allègre ont fondé les IUFM, ils ont mis à la tête de la pédagogie et donc de l'institution des IG et des IPR qui sont réellement des calamités. Résultat : on a une institution qui travaille à se détruire et qui ne tient que grâce à l'attachement irréductible de la plupart des enseignants au sens même de leur métier. D'où le corollaire de cet anti-intellectualisme : l'idéologie anti-prof qui règne comme une mauvaise ambiance partout dans les sphères administratives de l'institution.
Dernier point : cette idéologie a aussi ses partisans à droite. La droite antirépublicaine, néolibérale s'est emparée de cette idéologie qui est une aubaine pour elle. C'est l'instrument idéal pour détruite l'école républicaine. Je suis tombé sur des articles sur le site du Figaro qui valaient largement ceux de l'inénarrable Davidenkoff de Libé, France-Info, etc.

Ecrit par : Achille | 28 mai 2006

Ce qui me semble être votre méthode, Christophe, la voici:
(Et n'hésitez pas à me corriger si je devais me tromper!)

Intervenants en présence:
Culture
Enseignant
Objectif: L'élève
Méthode: Attendre que l'élève soit décider à apprendre? Ne pas le stresser, et adapter la connaissance à transmettre à son niveau de compétence. Et au final, pour masquer l'ensemble, abaisser le niveau des évaluations d'acquisions pour ne pas le mettre en situation d'échec!

Ai-je bien résumé, Christophe? Si non, exposez-moi votre schema, si oui, voilà mon raisonnement:

3 problèmes relevés:
1- L'enseignant et la culture sont un ensemble unique et indissociable, et si vous arrivez à le dissocier, il n'est pas étonnant que le niveau des enseignants d'aujourd'hui soit moins élevé qu'avant!!
2- La transmission du savoir n'intervient nul part de ce schema et donc ne fait pas partie des priororités, mais plutot des "dommages colatéraux"
3- L'élève que vous placez en objectif, vous l'avez déjà, donc l'objectif est déjà atteind, avant même de commencer!

Comment voulez-vous être "productif" avec celà?

Ecrit par : Yvon Gougis | 28 mai 2006

PS:
1- Correction "nul part de ce..." => "nulle part dans ce..."
2- "à son niveau de compétence" qui reste quasiment nul temps que l'élève n'est pas décidé à apprendre!

Ecrit par : Yvon Gougis | 28 mai 2006

D'abord, pour Romain : superbe suggestion ! On devrait monter à partir de ce blog (ou de n'importe quoi, en fait) une "séquence" pédagogique parfaitement bidon et 100% "conforme"…

Pour ce qui est des bons et des mauvais profs…
Primo, il y aurait un joli livre à faire de "Mémoires de profs" — dns un sens ou l'autre. Qui s'y colle ? Les témoignages sont recevables sur ce blog — ou ailleurs.
Ensuite, bien sûr que nous ne sommes pas tous bons — en dehors même des jugements que d'aucuns pourraient porter du haut de leur incompétence sur tel ou tel. Mais si 900 000 enseignants étaient remarquables, que resterait-il aux autres professions ? Il y a peu de bons profs, peu de bons médecins, peu de bons boulangers… Je crois même que cela fait partie de la formation : à partir de la Sixième, l'enfant apprend à se dépatouiller avec ce qu'on lui donne — à laisser glisser parfois, à s'enthousiasmer parfois, à détester souvent. Le reflet même de sa future vie professionnelle : l'école apprend aussi la patience…
Au fait, il faudra dire un jour qu'il y a des élèves meilleurs que d'autres, non ? Nous le savons tous, et nous agissons comme si c'était un secret d'Etat. L'inégalité des chances, elle commence là.
Un point sur ce sujet. J'ai eu un prof d'histoire apparemment nullissime. Chahuté comme personne. Boules puantes (ça a disparu, tiens…), fléchettes dans le ableau, fluide glacial sur la chaise, etc.
Je ne sais plus si je ne l'ai pas raconté ailleurs sur le blog, mais peu importe. Le malheureux était en fait fort cultivé, mais avait eu sa femme et ses enfants égorgés par l'OAS, pendant qu'il était prof en Algérie vers la fin des années 50-début des années 60. Ça l'avait un peu bouleversé, cet homme…
Ce que je veux dire, c'est que le critère du "bon" ou du "mauvais" prof tient à des circonstances fort diverses. Inculture pour les uns, absence de vocation pour d'autres, bêtise congénitale pour certains (j'en connais — mais il est malséant de le dire), traumas divers, incapacité à dissocier vie personnelle et vie professionnelle, et j'en passe. Bref, des individus.
Simplement, il faut mettre toutes les chances de son côté. Le critère académique, au moins, on peut s'en occuper. L'aspect vocation, on peut le provoquer, avec une politique de recrutement efficace . Je propose par exemple dans À bonne école de rétablir ce que l'on appelait les IPES, un concours passé en 1ère ou 2ème année de fac qui donnait une bourse équivalente au SMIG en échange d'un engagement décennal au service de l'Etat. Ça marchait drôlement bien, pour susciter de vocations — et en même temps, on établissait une sélection basée sur le pur mérite.
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 mai 2006

Et pour finir, Christophe,

Concernant votre remarque sur les CPR, et les Ecoles Normales, avant les IUFM:
Il semble que les CPR aient été aussi efficaces que les IUFM (au vu des témoignages sur ce blog), ce qui ne parait pas avoir servi de "leçon"; et les Ecoles Normales sont, pour moi (et peut-être à tord, d'ailleurs), des facs "spécialisées" dans l'enseignement général et font donc partie du cycle scolaire pouvant être qualifié de "classique" auquel je faisais référence!

"Les profs ne sont ni moins bons, ni meilleurs qu'avant, (je vous jure que j'en ai eu un paquet dont la culture générale était pitoyable)..."

Heureux de constater que vous acceptiez enfin une réalité évidente...
Mais à qui la faute? En baissant le niveau des contenus scolaires régulièrement depuis presque 30 ans, comment voulez-vous ne pas en avoir "un paquet dont la culture générale était pitoyable"!?!?!? C'était une évidence prévisible dès le départ!

Ecrit par : Yvon Gougis | 28 mai 2006

Je suis un produit des IPES, Jean-Paul.
Yvon, tout d'abord, une voiture s'achète, un enfant, non. Pour peu que le type de raisonnement que vous préconisez soit de plus en plus admis dans une société dans laquelle tout se "marchandise" (pardonnez le néologisme) de plus en plus, personnellement, je ne l'accepte pas.
Ensuite, vous faites, comme on dit, "l'âne pour avoir du son". Il ne s'agit évidemment, (et vous le savez très bien) pas d'attendre bêtement que l'élève soit disposé à apprendre. L'enseignant peut, (et doit) avoir une part active dans la motivation de l'élève à apprendre. Mais, comme je vous le disais plus haut, il est des élèves qui ont de tels problèmes qu'ils ne sont pas du tout disponibles pour quelque apprentissage que ce soit.
Tiens, une question pour tous: que pensez-vous de Georges Lopez, l'instit du film: "Etre et avoir", de Nicolas Philibert?

Ecrit par : christophe sibille | 28 mai 2006

- Il y a déjà l'excellente séquence sur le presse-purée, employable en collège :

http://sauv.net/seqpuree.htm

- Ce que vous dites sur la bourse au mérite, destinée à créer des vocations, est tout à fait exact. On croit s'en tirer avec quelques beaux discours et quelques spots de pub, alors que des études financées au mérite (en échange d'un certain nombre d'années de service) auraient un tout autre impact.

Cela dit, l'allocation de recherche, à bac+5, est déjà au niveau du SMIC. Cela signifie, en toute logique, qu'il faudrait la revaloriser. Où trouver l'argent ? Si vous envisagez de remplacer l'actuel système de bourses sur critères sociaux, préparez-vous à jeter les étudiants dans la rue (bien que ce saupoudrage soit aujourd'hui globalement inefficace). Les étudiants sont progressistes, ils sont prêts à tout changer ... à condition que rien ne change.

Ecrit par : Pierre-Henri | 28 mai 2006

Merci Yvon, merci Mathias, merci Patricia et Mr Brighelli surtout ne lâchez rien !!! L'école est en train de s'effondrer!
Le niveau est catastrophique : combien d'élèves ne savent pas reconnaître un verbe ds une phrase.... poser tt simplement une addition en colonnes... etc

Ecrit par : Kan | 28 mai 2006

"...Même s'il m'est désagréable de comparer enfant et voiture,..."

Vous lisez en travers, Christophe, j'ai repris le passage que vous aviez oublié! ;-)

Cette comparaison m'insupporte également, mais j'ai choisi volontairement un exemple simple de notre quotidien, tout en relayant l'image de JPB sur la "Fabrique".

Par ailleurs, votre réponse élude admirablement le schéma de "principe scolaire appliqué" que j'ai suggéré en amont

Allons, Christophe, essayons d'être un peu objectif!! ;-)
J'attends votre schéma...

Ecrit par : Yvon Gougis | 28 mai 2006

Madre ! Je viens de consulter le forum destiné aux bts et sur lequel j'interviens à maintes reprises : il paraît que les pays du Magreb font partie de l'Europe pour certains étudiants....

L'école est finie, l'école est finie, l'école est bel et bien finie !!!!

Ecrit par : Sandra WAGNER | 28 mai 2006

Déjà, avec Israël dans la Coupe d'Europe de Foot, c'était tendencieux...
Mais alors là, Sandra, vous nous apportez une nouvelle phénoménale!

Christophe, au secours! Faites quelque chose!!! ;-)

Ecrit par : Yvon Gougis | 28 mai 2006

"On devrait monter à partir de ce blog (ou de n'importe quoi, en fait) une "séquence" pédagogique parfaitement bidon et 100% "conforme"…"

Excellent. C'est exactement ce qu'a fait le physicien Sokal en pondant un texte bidon de sociologie "Transgresser les frontières : vers une herméneutique de la physique quantique". Il a été publié dans la revue Social Text, puis il a révélé ensuite que c'était bidon.

Ca a fait mal aux sociologues fumistes !

Voir sur : http://peccatte.karefil.com/SBPresse/LeMonde140197a.html

Ecrit par : DUMOUCH Rodolphe | 28 mai 2006

À un certain moment se pose, forcément, la question d'argent. C'est d'ailleurs la pierre de touche qui permettra de peser les programmes des uns et des autres. Les IPES donnaient le SMIG à de tout jeunes étdiants. Une allocation de recherche devrait, en toute logique, faire au moins le double.
Tenez, une nouvelle, entendue hier chez Ardisson. Jack Lang y était invité, et apparemment, il n'était pas samedi dernier à Marseille, où le PS débattait des questions d'éducation — ni lui, ni Ségolène, ni DSK, ni Fabius, ni personne.
Mais il y avait Pierre Frackowiack. Nous sommes sauvés.
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 mai 2006

Pierre Frackowiak ? Je suis heureux de voir que les socialistes sont finalement fait appel à des intellectuels d'élite pour promouvoir leurs idées. Les enjeux futurs de la France nécessitent de la matière grise ! Félicitons le Parti Socialiste d'écouter les meilleurs. Voilà le digne pendant de l'influence que Steevy Boulay a pris sur l'intelligentsia de droite. Il faudrait organiser un débat entre les deux, par exemple au Collège de France, pour voir où les deux partis se situent au niveau des débats intellectuels.

Ils pourraient même parler d'Hervé Vilard.

Ecrit par : Pierre-Henri | 28 mai 2006

"L'influence que Steevy a prisE".

Ecrit par : Pierre-Henri | 28 mai 2006

Jean-Paul,

Pour reprendre les propositions de refonte:

- Maternelle:
Déjà abordée sur "Reddition en rase campagne":
"Cette classe, par ailleurs non obligatoire, ne devrait pas avoir de vocation à intégrer le cursus d'apprentissage, mais plutot servir de passerelle de mise à niveau, un peu comme une grande crêche éducative où l'on favoriserait la créativité de chaque individu présent, juste en l'épaulant, en le stimulant et en lui "suggérant" des solutions (et non en lui apportant, ce qui lui permettrait de développer sa faculté de réflection, et de lui donner l'impression d'avoir trouvé, seul, la solution => valorisation de son travail intellectuel!) pour résoudre ses problèmes et parvenir à ses objectifs".
L'axe de base étant d'abord la découverte pour provoquer chez l'enfant l'envie d'aller plus loin et de l'amener petit à petit jusqu'à l'apprentissage.

Petite précision: comme exposer plus haut, "la connaissance" doit être le maître-mot, et non "l'élève Roi", ce qui sous-entend que l'enseignant soit en mesure de guider et d'intéresser l'enfant qui, à cette age, a naturellement soif de découverte, mais est assez peu prédisposé à la discipline (qui peut intervenir de façon différente -et plus ou moins rigoureuse- suivant les ateliers où se trouvent les élèves).

Les 3 classes n'ont pas forcément besoin d'être séparée, ceci permettant à la fois des "passerelles" plus simples à mettre en oeuvre, et favorise l'émulation de groupe.

Les ateliers proposés pourraient se décomposer de la façon suivante:
- Atelier temporel: découverte et apprentissage du positionnement dans le temps...
- Atelier créativité: découverte et apprentissage des formes, des couleurs, etc...
- Atelier Appréhension Spatiale: découverte et apprentissage des diverses localisations dans l'espace (sur, sous, avant après, devant, derrière, etc...)
- Atelier Alphabétisation: découverte et apprentissage de l'alphabet, des chiffres, ainsi que l'approche des livres et des histoires, accompagnés du début d'une certaine rigeur comportementale (préparative au CP)...

La liste n'est pas exhaustive, et peut être complètée si il vous semble manquer des éléments

On peut également imaginer que l'age d'admission soit bloqué à 3 ans minimum, en acceptant les enfants entrent n'importe quand dans l'année, une fois l'anniversaire passé, pour tenir compte de l'aspect psychologique que vous souleviez dans "A bonne école".

Par contre, comme Patricia le faisait très justement remarquer, même si cette maternelle n'est pas obligatoire (permettant aux parents qui le souhaitent, de s'occuper seuls de ce "pré-apprentissage"), les gens qui optent pour la maternelle doivent être astreints à l'assiduité de leur(s) enfant(s). Cette classe, même si elle est facultative, doit rester une classe et non une garderie!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 28 mai 2006

S'il est hors de question pour moi de faire étudier Hervé Vilard, Duperrey ou autres en lieu et place de Rousseau, il n'en reste pas moins qu'un problème se pose en ce qui concerne l'approche de la littérature contemporaine au collège ou au lycée.
D'un côté, je n'abdiquerai jamais, et je ferai lire et étudier les "classiques".
Mais de l'autre, je tiens également - parce que je considère que c'est tout aussi salutaire - à faire lire et étudier des oeuvres plus contemporaines. C'est vrai que le choix est difficile, mais je me l'impose.
Je crois qu'il ne faut pas sombrer dans l'extrémisme, d'un côté comme de l'autre.

Ecrit par : Zarathoustra | 28 mai 2006

Vous avez parfaitement raison, Zarathoustra!

Et si vos élèves ont de vraies références en tête, avec la maîtrise des outils nécéssaires à leur compréhension, avant d'attaquer le "contemporain" (Steevy, Loana, Vilard et les autres), ils se rendront compte seuls de la différence de niveau... et reviendront d'eux-même vers les valeurs sûres (d'où l'importance du développement de l'esprit critique, relevé par JPB!).

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 28 mai 2006

Patit bonnet d'âne à Jean-Paul Brighelli: la loi de Murphy, c'est "If anything can go wrong, it will" (et non pas « If something can get wrong, it will » que vous mettez dans la bouche des anglicistes).
Et une phrase de Jean Piaget à méditer: "A chaque fois que l'on apprend quelque chose à un enfant, on l'empêche de le découvrir".
Autrement dit: comment donne-t-on envie aux enfants saturés de télévision (plus de trois heures en moyenne par jour) de découvrir par eux-mêmes des textes qui les guideront tout au long de leur vie? N'est-ce pas la manière dont les enseignants les accompagnent, plutôt que les textes qu'ils choisissent, qui comptent?
Alice Le Roy

Ecrit par : Alice Le Roy | 28 mai 2006

Did I do a mistake ? Damned !

Pour Zarathoustra.
C'est vrai que nous voulons la quadrature du cercle, et l'argent du beurre.
En fait, si je me laissais aller, je dirais qu'il ne faut toucher à la littérature contemporaine (disons le XXe siècle, en gros) qu'avec de longues pincettes. Parce qu'elle est, encore plus que toutes les autres, faite de textes — antérieurs. Et qu'on ne peut pas étudier Sartre sans Sophocle et Michel Zévaco (on ne parle pas assez de l'influence de Michel Zévaco sur la pesnée sartrienne — voir les Mots…), ni Vian sans Shakespeare : le coup de foudre de l'Ecume des jours est démarqué de celui de Roméo et Juliette — parfaitement transposé, de la même manière, dans West Side Story : de la musique et un "abondant silence" au moment où ils se voient.
On ne peut pas étudier un texte par lui-même, parce qu'on n'écrit pas un texte indépendamment de tout ce que l'on a lu. Laurent Versini a jadis écrit une thèse fort savante intitulée "Laclos et la tradition", où il fait le tour de tout ce qu'aurait pu lire l'auteur des Liaisons — avant d'écrire. Et ça en fait… "Toutes les littératures sont des plagiats, excepté la première, que d'ailleurs personne ne connaît", disait Giraudoux (je cite de mémoire — je le précise à l'intention des coupeurs de cheveux en quatre). Faire pénétrer dans la littérature, c'est mettre un texte en connexion avec une multiutude de contextes — en particulier la bibliothèque de l'auteur, qui est bien la part la pluys significative de sa biographie, à bien y penser. "L'univers, que d'aucuns appellent la bibliothèque…", dit Borgès (dans Fictions, me semble-t-il).
J'analysais dernièrement deux fables de La Fontaine ("Le rat qui s'est retiré du monde" et "Le chat, la belette et le petit lapin") avec des élèves de Première. Dans les deux cas, un personnage présenté comme ecclésiastique (ici rat, et là chat) est dit "gros et gras" : qui n'y verrait une allusion au "Gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille" de Tartuffe ? Qui n'en profiterait pour parler des liens qui, via Fouquet, unissaient Molière et La Fontaine — et plus largement les libertins ? Qui ne voit, par conséquent, que le vrai sujet des deux fables est une critique sauvage — mais enfouie sous le référentiel, perceptible aisément à une civilisation qui mémorisait les pièces de théâtre à première vision — de l'Eglise ? Et que La Fontaine est systématiquement plus retors que ce que l'on veut bien dire ?
On pourrait en déduire toute une esthétique dela réception…
Si Giraudoux a intitulé sa pièce Amphitryon 38, c'est parce que c'était la 38ème version du mythe — et qu'il avait probablement lu les 37 précédentes… Evidemment, nous voici loin de la merveilleuse aisance d'Hervé Vilard dans ses Mémoires. Mais voilà : on n'écrit qu'avec les mots des autres. "Rien de plus soi que de se nourrir d'autrui. Le lion est fait de mouton assimilé", disait Valéry (cette fois, je suis sûr de ma citation…).
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 mai 2006

Pour qu'ils choisissent justement ne faudrait-il pas avant toute chose et avant de les accompagner leur donner des nourritures consistantes et non vides de sens !

Avant de choisir, il faut savoir me semble-t-il ! Seulement lorsque l'on ne sait même pas qui est Mozart par exemple ou Giuseppe Verdi, si l'on ne connaît pas la Traviata comme la Flûte enchantée, comment y prendre plaisir, s'extasier ou sélectionner...

Pour moi c'est difficile car je m'extasie réellement devant ces deux trésors musicaux absolument divins......Je suis par ailleurs une admiratrice incontestée de Mozart...Pour eux le choix ne peut être cornélien puisqu'ils n'ont jamais écouté un opéra à vrai dire...

Franchement, pour être capable de sortir des inepties telles que "les pays du Maghreb font partie intégrante de l'Europe", il n'y a même pas besoin d'ajouter de commentaires, tout est dit et copieusement dit...

A vrai dire c'est carrément inquiétant, car lorsqu'il s'agit de voter ou non pour une Constitution, nous devrions au minimum savoir qui est Robert Schuman, maîtriser les enjeux politiques et économiques ou sociologiques, mais également connaître l'historique de la construction de l'Europe, sa culture commune, ses fondements....

Apparemment ce n'est pas gagné et ces jeunes générations sont amenées à voter en 2007 aux élections présidentielles : mon Dieu, j'ai déjà peur du résultat !!!

Ecrit par : Sandra WAGNER | 28 mai 2006

Au sujet de la maternelle, peut-être faudrait-il commencer par arrêter de gaver les enfants avec des photocopies..... Ils arrivent degoûtés en CP! Et malheureusement ne savent tjs pas coller une feuille sur un cahier ou se répérer tt simplement ds un espace donné comme une page de cahier....

Ecrit par : Kan | 28 mai 2006

"L’an passé, à l’écrit du CAPES de Lettres, dans un sujet sur le biographique, les candidats futurs profs parlaient tout uniment de Loana et de Rousseau"
!!!
Je partage vos opinions dans les grandes lignes, et j'ai grand plaisir à lire votre blog régulièrement.
Seulement là, je vous trouve un peu gonflé: faire de quelques exceptions "les futurs candidats au capes" dans leur globalité, c'est méprisant et c'est faux, surtout. Le rapport de jury en question ne cite l'exemple que de "certaines copies" à ce sujet.

Une candidate future prof.

Ecrit par : limonade | 28 mai 2006

Faut-il envisager cette problématique du devenir de l'Education Nationale, des enseignements prodigués, et notamment du français, dans cet enfermement sur l'institution et ses pratiques ? Je ne crois pas. Le français, pour commencer, n'est pas une langue savante; je veux dire qu'il s'agit, pour commencer, d'une langue populaire, sur laquelle ce qui était en train de devenir "l'Etat" a prétendu exercer une autorité justifiée et absolue - l'Académie. Sauf qu'il suffit de faire une petite histoire de la langue et des oeuvres littéraires pour constater que les académiciens sont "à la ramasse" pour ce qui est de la création littéraire; et que les plus grands auteurs n'ont pas écrit de manière académique, sinon, ils auraient imité, et... Il faut donc penser l'évolution du "bien parler" dans une dialectique, électrique, entre "l'oral" et "l'écrit".

Lorsque vous mentionnez Hervé Vilard et son autobiographie, celui-ci est d'abord un chanteur, seulement une voix pour des phrases (est-il aussi auteur et compositeur ? je ne crois pas). A t-il "bien" écrit son autobiographie ? Je ne sais pas, je ne l'ai pas lu, mais je m'interdis d'affirmer, puisque je ne l'ai pas lu, qu'elle est remarquablement écrite ou que pour lire un tel livre, il faut être idiot. Est-il écrit dans un langage compréhensible ? C'est important. Et celui qui écrit ces mots est un lecteur, passionné, depuis plus de quinze ans de Mallarmé (le concernant, je viens d'ailleurs d'écrire un texte de "révélations" sur ses "poèmes érotiques"). Mais Mallarmé pour des adolescents de quinze ans, d'aujourd'hui... Ils vivent dans une quotidienneté dominée par l'oralité (la télévision, la radio, leurs amis). Et ils ne lisent pas. Leur vocabulaire est donc réduit. Mais il ne l'est pas plus et pas moins que celui de leurs parents DONT ON NE PARLE JAMAIS. Or, je suis "frappé" de constater, depuis plusieurs années, une dégradation de la culture générale, et de la lecture, chez les plus anciens. Ou alors, quand ils lisent, ils lisent des ouvrages "monstrueux", des piles de romans policiers, de "thrillers", ou alors, le pire du pire, les ouvrages conseillés par la Fnac, Leclers & cie.

La France est un pays dans lequel, chaque jour, on nous entretient de qui et de que ce font les "gens importants" : Chirac, les hommes politiques, les people, les sportifs, ... Prenons l'exemple du Français le plus "important", le Président de la République. Lit-il ? Que lit-il ? Les sources "bien informées" affirment qu'il ne lit jamais, et lorsqu'il lit, il lit des ouvrages ignobles, comme "Et si c'était vrai ?" - et c'est bien vrai. Et le Ministre de l'Education Nationale ? Est-il un modèle de culture ? Sait-on ce qu'il lit, s'il lit ? Est-il un exemple quant au "bien parler" ou au "bien écrire" ? Je n'en suis pas certain, alors... Alors je vous pose la question suivante : quand les adultes et parmi les adultes, ceux qui imposent des modèles de "vie quotidienne", se laissent aller au néant intellectuel et culturel, faut-il s'étonner que les enfants de France fassent comme "papa et maman" ?

Ecrit par : grellety | 28 mai 2006

Quels objectifs fixez vous à l'Education Nationale? Quels sont les objectifs qu'elle se fixe? Se battre sur la méthode à utiliser pour atteindre des buts différents est inutile.
J'ai 21 ans, et votre capacité à prendre une si grande partie de vos concitoyens pour des incompétents ou pour des gens dénoués de raison me laisse bien perplexe.

Ecrit par : Fabien | 28 mai 2006

Dont acte, Limonade. j'aurais dû écrire : des candidats. Mais vous savez que la rhétorique de la polémique aime la généralisation — entre autres.
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 mai 2006

Pour Grellety.
"Il se crée plus de figures [de style] en une matinée aux Halles que dans toute la vie d'un écrivain", disait Malherbe — ou du moins lui a-t-on fait dire. C'est vrai, et j'ai dit ailleurs, à propos de la féminisation de certains noms (professeur, proviseur ou écivain) que l'usage — c'est-à-dire le peuple — déciderait. On ne parle pas par décret, pas même en France.
Simplement, nous vivons sur une image d'un niveau de langue correspondant à un univers culturel. Lorsque des recruteurs me racontent que trop de jeunes actuels n'arrivent pas à articuler deux phrases dans un entretien d'embauche, je peux me demander : à qui la faute. Ne serait-ce pas à ceux qui encouragent les gamins à "s'exprimer", sans leur faire comprendre avant qu'il y a des codes, et que leur non-respect vous enferme à jamais dans le ghetto. Bon sang, ce n'est pas plus difficile à apprendre qu'une langue étrangère !
Après tout, des Italiens de toutes régions apprennent à parler toscan, et des Espagnols de toutes origines castillan… Ça ne les empêchera pas d'être d'authentiques Catalans ou Basques — ultérieurement… C'est cela, la beauté de la double culture.
Alors, je sais bien que trop souvent, les gamins ont l'exemple de joueurs de foot passablement abrutis bafouillant trois éructations sous l'œil vitreux du micro. Bien sûr ! Mais justement, l'école n'est pas le reflet de la médiocrité : elle doit prétendre au mieux, toujours.
Et puis après, on en fera ce que l'on voudra.
JPB

Ecrit par : brighelli | 28 mai 2006

Je vous suis lorsque vous dites qu'un texte est le résultat, entre autres choses, de la lecture d'une multitude d'autres textes.
Toutefois, il me semble qu'il est réducteur de ne voir en toute création contemporaine qu'une simple réécriture des oeuvres passées.
Le texte contemporain souffre de ne pas être sacralisé - car trop contemporain ! - comme peut l'être un texte plus "classique", adoubé et digéré par les instances "officielles". Il y a, me semble-t-il, une prise de risque inhérente à notre métier, qu'il ne faut pas fuir sous prétexte de vouloir transmettre un patrimoine. Lire et faire lire les classiques, bien sûr ! Ainsi n'envisagerais-je sans doute pas une année de lycée sans proposer un extraits des Essais (comment faire pour les italiques ?) ; car j'aime Montaigne, comme j'aime Rousseau, Rimbaud ou Mallarmé.
Mais parfois, j'ai aussi envie de faire lire Perros dans le genre poétique, de faire lire Reza dans le genre théâtral ou encore Charnet pour l'autobiographie, etc.
Parce que pour moi, la littérature est vivante.
Le danger qui nous guette, c'est de faire croire aux élèves que la littérature est morte.
Par conséquent, s'il est vrai qu'on ne peut pas, sous prétexte de modernité, faire lire n'importe quoi aux citoyens de demain, il n'en reste pas moins que nous devons nous former, nous informer, lire, comprendre la littérature d'aujourd'hui. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que notre formation, aujourd'hui, ne nous y pousse pas.
Le professeur de français a besoin d'être guidé, lui aussi, dans cette littérature en devenir, afin d'être à son tour le guide de ses élèves.
Seul, je suis confronté à ces lectures contemporaines. Mais comment montrer aux élèves qu'écrire un roman, des poèmes, des essais, "ça se fait" encore aujourd'hui, et aussi bien qu'avant ? C'est cela qui est important, à mon sens. Et c'est cela qui nous manque, dans notre formation.
Alors je prends seul des risques, parce que j'y crois.

Ecrit par : Zarathoustra | 28 mai 2006

Pour M. Brighelli,
Cher collègue,
je n'aime pas trop le tutoiement forcé et l'emploi forcé du prénom de l'interlocuteur, contaminations d'habitudes télévisuelles exécrables ("rien que du bonheur"). Pas d'accord sur le blog-psychanalyse : qui est l'analyste ? S'il ne s'agit que de témoigner, d'accord, mais fragmentation. Il peut s'agir d'effet-narcisse, de projection, etc. Il est tout de même difficile de suivre un fil de blog, tout simplement parce qu'il n'y en a pas, sauf à le considérer comme une réunion de "brain-storming", une boîte à idées. Pourquoi pas ?

Témoignage : sur la vocation et le mythe du "bon professeur" (mot à écrire en entier, merci), je n'ai pas d'idée. Après un bac "philo" je me suis inscrit en Lettres Classiques par élimination. Après la Maîtrise, j'ai interrompu mes études. Après trois ans d'errances et divers emplois, dont agricoles, je me suis inscrit aux concours, comme seul domaine de compétence. Autrement dit, je suis devenu preofesseur par "fatalité", par poids du réel, par mouvement d'inertie, tout ce qu'on veut, certainement pas par choix, encore moins par vocation. Entre parenthèses, enseigner sans avoir jamais quitté l'école (parcours "lycée, études, lycée") est peut-être un facteur handicapant (voir les thèses de Louis Corman sur les six motivations inconscientes du choix de l'enseignement comme métier). Professeur, je le suis devenu sur le tas, dans la confrontation avec les élèves réels, les professeurs réels et l'administration réelle. Si je n'ai plus envie de le jouer, ce rôle, c'est que la distance intellectuelle est trop grande. Je sais bien, avec Jean-Marie Albertini, que l'enseignant doit avoir une idée des "représentations" des élèves, qu'il faut aller sur leur terrain, faire des concessions, mais je ne suis pas assez souple pour le grand écart. Exemple constat : cette année, pour la première fois, j'ai eu des 1ère année de BTS : sans être des trublions ou des mauvais élèves, ils ne savent pas ce qu'est un texte, comme unité organisée selon une progression, une logique interne. Analyse : quelque chose de l'ordre de la langue et de la pensée est désormais perdu. Il ne s'agit même plus de rétablir (un ordre ancien). Prouvez-moi que j'ai tort d'être à ce point pessimiste. C'est la révolte qui me prend, pas la résignation. Frédéric Chambe.

Ecrit par : frédéric chambe | 28 mai 2006

Attention, Sandra, avec tout le respect que je dois à une intervenante qui porte un nom aussi célèbre, et qui semble par ailleurs passionnée de musique, (y aurait-il un lien de cause à effet?) Celui de "Robert Schumann", le compositeur, prend deux: "n".
Je suis complètement d'accord avec vous, Kan, sur les photocopies en maternelle.
Yvon, vous raisonnez comme si tous les enfants bénéficiaient d'une éducation "idéale". Or, c'est très loin d'être le cas!

Ecrit par : christophe sibille | 28 mai 2006

L'hydre pédagogiste prépare sa riposte et sort l'artilerie lourde :

http://inter.cafe-leblog.net/

Il y aura un livre de la Voix De Son Maître qui sortira à la rentrée(pour contrer le prichain opus de JPB ?) et cohédité par France Inter en plus !
Une publicité entendue sur la chaîne du Service Publique, et qui passe en boucle, en informe le citoyen.
Ah ! Les pôvres pédagogos persécutés et marginalisés et dont les idées n'ont jamais pu atteindre les antichambres du pouvoir.
Non ! Pierre-Henri reste calme, la colère est mauvaise conseillère.
Qui va porter l'estocade ?

Ecrit par : Philippe | 28 mai 2006

Christophe, ce n'est pas le compositeur c'est le député de la Moselle à l'origine de la création de l'Europe notamment !

http://www.hist-geo.com/Biographie/Schuman.php

Ecrit par : Sandra WAGNER | 28 mai 2006

Ci-joint Christophe encore un lien pour votre information :

http://www.robert-schuman.org/robert-schuman/biographie2.htm

Ecrit par : Sandra WAGNER | 28 mai 2006

Et toc ! fit la Walkyrie...

Ecrit par : Guillaume | 28 mai 2006

Christophe s'est autodétruit.

Ecrit par : Matthieu Stepec | 28 mai 2006

C'est incroyable comme vous êtes hors du coup...

Je suis un jeune prof. Pas de français, d'histoire. Un jeune agregé, même, comme si c'était important. Je ne vais pas vous parler de mes classes, d'abord parce que ça n'est pas très interessant, ensuite parce que ça ne vous regarde pas.

Non, parlons plutôt d'une generation que je connais bien, la mienne. Celle qui a manifesté contre le CPE, celle des "crétins" fabriqués. Celle dont vous ne connaissez rien.

A vous entendre, nous avons eu une école au rabai. De mauvais livres, de mauvaises méthodes, nous lisons peu. Et bien, c'est vrai. Enfin, vrai d'un point de vue global.

Si je prend tous mes amis, vous avez de tout. Du chomeur, du précaire, du cadre. Du fils de medecin, du fils d'ingénieur, du fils de chauffeur de bus. Du français, de l'arabe, du juif. Non, pas de commentaire du style "les arabes sont français", vous allez vous rendre ridicule auprès d'une certaine generation. Bien sur qu'ils le sont, on en doute pas, nous.

La lecture. C'estun grand sujet, ici, repère de profs de français. Alors, si je résume, je suis en gros le seul à beaucoup lire (et on peut lire le rouge et le noir ET marc levy), les nanas lisent pas mal, quel que soit leur profession, et en général la même cam, du Levy ou du Gavalda, du Dan Brown ou du Clark. Les mecs lisent peu. Ou pas. Mais compensent avec l'équipe. Y'a même pas de différence de milieu social, hein. Mon pote flic lit autant que mon pote certifié d'histoire ou qu'un autre qui markete pour la BNP. C'est à dire rien (rien, selon votre conception hein, ils lisent quand même plus ou moins l'équipe et quelques BD et mangas).

Oh, generation d'incultes. Vous savez quoi? Si je demande à mes amis le nom du premier roi de France, y'en a peut-être dix qui vont me sortir Charlemagne, deux Clovis et un seul qui me répondra que ma question n'a pas de sens. Vous êtes du genre à être content quand on vous répond Clovis, non? Tout ça pour dire qu'ils sont incultes. Vraiment. Absence totale de culture comme vous l'entendez.

Et pourtant... Ils ont une conscience politique. Ils suivent l'actualité, pas tous les jours, mais la suivent. Ils bossent. Avec plus ou moins de réussite, mais ils essayent de bosser. Ils gagnent leur vie, s'installent, empruntent, consomment. Pire, en général, ils sont HEUREUX.

Hélas, mille fois hélas, ce sont des crétins. Ils ne savent même pas répondre à cette question du trivial "quel livre Julien Sorel garde-t-il sous son lit?". Sur, l'avenir est livré à TF1 et à la starac.

Messieurs, votre problème, c'est que vous jugez ce 21e siècle avec des critères du 20e. Vous êtes des vieux cons. On peut étudier Marc Levy au collège, ne pas savoir extraire une racine carré à la main, tout ignorer de la loi d'Ohm, mais vivre libre. Et heureux.

L'école n'est pas parfaite. Mais

Ecrit par : M. | 29 mai 2006

Bonsoir,

Je viens de lire plusieurs contributions à propos des bons et mauvais professeurs. Je voudrais savoir ce que vous pensez des profs qui maîtrisent parfaitement leur sujet, qui ont le souci d’apporter leurs connaissances à tous leurs élèves, qui se préoccupent de façon responsable de la discipline en classe, mais dont les efforts sont ruinés par le laxisme de l'administration qui refuse toutes les sanctions qu’ils peuvent être amenés à demander vu le public pas toujours facile auquel ils ont affaire. Je ne dis pas que la sanction soit la panacée. Mais je tiens qu’elle est nécessaire, qu’une certaine culture de l'autorité est indispensable, et qu’elle ne dépend pas uniquement du prof. Or dans de nombreux collèges, l’administration a abdiqué en fait sinon en parole, et le lien phatique entre les profs et les élèves est ruiné par une poignée d’hurluberlus qu’on ne se donne pas les moyens de ramener au calme. Ce n’est pas parce que le prof est effectivement en première ligne, que son action est très particulière et difficile à appréhender, qu’il faut pour autant négliger le rôle de l'administration. N’est-ce pas ?

Ecrit par : Alpha | 29 mai 2006

J'ai lu tous vos messages, et franchement la plupart de vos remarques sont pour moi comme une diffamation, une insulte, si on lit autre chose que du Rousseau nous sommes des Crétins, des gens incultes enfin tous les noms que vous nous donnez!!!
Et tout cela parce que 8 Professeurs et pas Un seul, ont proposé à leur éléves de prendre l'autobiographie d'Hervé Vilard pour le Programme du BAC ? Vous en faites des histoires et des jugements sans même avoir lu le Livre ni connaitre l'auteur!
D'Hervé Vilard vous ne connaissez que Capri et vous jugez son livre sur cette base!! Oui il est chanteur et auteur compositeur, et si vous étiez un peu au courant de se qui se passe autour de vous et pas seulement de votre "bulle" vous les "grands cerveaux" vous seriez que cet artiste a fait un Album où il a repris tous les textes de Grands Poèmes, car c'est toujours se qu'il voulait chanter!! Hervé Vilard a écrit ce livre seul, c'est l'histoire de sa vie, de son enfance,et c'est surtout une Belle leçon de vie et d'espoir!! Mais on est des gens trop simples et crétins pour vous, tout comme Hervé, et vous vous permettez de le juger sans l'avoir lu, sans avoir pris le temps de le connaître,et vous estimez pouvoir ensuite enseigner quelque chose à vos élèves pour ceux qui sont professeurs ou instituteurs ? et la Tolérance vous connaissez, la Vie, la Vraie pas seulement celle de vous qui avaient tant d'études derrière vous, vous n'allez pas vous abaisser à lire le livre d'Hervé Vilard...mais vous allez vous permettre de critiquer, de juger, et là vous abusez!!
J'ai des neveux et nièces qui sont Professeurs, et ils ont lu ce livre et eux ils l'ont apprécié, il faut savoir lire autre chose que Rousseau, on peut aussi lire les auteurs de notre époque, et pourquoi vous voulez que le Talent ne soit que dans vos Auteurs ...la Litterature continue, qui vous dit qu'Hervé Vilard ou d'autres n'ont pas ce talent de savoir écrire, de savoir vous faire rêver, vous faire oublier vos soucis, et lorsque vous refermez le livre, vous vous dites "si lui s'en est sorti, si il a pu vivre tout cela et garder l'espoir, je peux en faire autant!" Ce livre est très beau, et les 150.000 personnes qui ont déjà lu ce livre, qui se vend aussi au Canada et ailleurs, tous ces ne sont pas des Crétins, mais des gens qui aiment la lecture, toute la Lecture, et pas seulement celle que vous indiquez!!!
Il faut savoir évoluer et ne pas rester dans vos idées et vos opinions!! Se qui me révolte c'est votre façon de mettre en doute la qualité de ce livre, le fait que cet homme, M Vilard, a su prendre son temps pour l'écrire, lui qui lit tant de livres, dont les auteurs que vous nommez!! Vous pensez quoi de lui, qu'il est inculte, qu'il n'est qu'un simple Chanteur ? Grosse Erreur, et ne jugez pas sans connaître et ne jugez pas sans savoir, sans avoir lu!!!
Je n'accepte pas qu'une personne porte un jugement, un doute sur le travail d'une autre personne, sans la connaître, sans avoir lu cet auteur a écrit ! Je n'ai peut être que mon certificat d'études, et ma maladie qui m'oblige à me battre chaque jour qui passe pour Suvivre, mais ce livre d'Hervé, parmi tous ceux que j'ai lu m'a permis de reprendre espoir et j'ai adoré son écriture!! Jamais je me permets de porter un jugement sans avoir écouter une chanson, vue un film ou lu un livre, alors de quel droit vous portez toutes ces accusations, de quel droit l'un de vous a osé dire que le Professeur avait du toucher de l'argent par l'auteur, c'est vraiment inadmissible!! Et surtout de gens qui se disent "cultivés" Il n'est pas question de Loana, cela n'a rien à voir du tout, il n'est pas question de cette femme! Je veux juste défendre ce livre et cet artiste qui le mérite, car moi et d'autres on a déjà lu avant de porter un Jugement!!! ON a rencontré l'auteur et discuté, et il nous a touché ! On s'identifie à lui, et surtout il n'a aucune prétention de dire que son livre est de la Litterature, il a juste voulu raconter son enfance, cette vie sans famille, sa vie dans le Berry...enfin il suffit de le lire...il l'a fait avec son coeur et ses souvenirs et sans penser à tout se que vous dites!!!
Pour lui et tous ceux qui comme moi ont lu ce livre, j'aimerais bien un peu d'excuse, et inutile de dire tout se que vous avez pu dire ici, c'est vraiment une Belle Insulte pour nous et pour lui M Vilard, qui n'a pas demandé qu'on prenne son livre pour être dans le Programme, il en est heureux mais il n'a pas besoin de ce livre pour vivre...!! Vous avez des pensées que je trouve mauvaises et injustifiées tout cela parce que l'on ne propose pas de lire vos Chers Auteurs!!!
Et si des livres comme celui d'Hervé Vilard donnait envie aux jeunes de lire plus, et de mieux écrire ....car ils s'expriment tous beaucoup en sms, mais lui Hervé il défend bien le Français ! Il a eu le Premier Prix d'Orthographe du Canton lorsqu'il avait 12 ans, combien de jeunes d'aujourd'hui pourraient l'avoir en 2006,; lorsque l'on voit toutes les fautes qu'ils font !!!
Merci d'arrêter vos insultes, vos commentaires qui font mal, car si tout le monde n'a pas la chance de faire des études, on est loin d'être des Idiots, des Crétins!
Merci
Sarah

Ecrit par : Sarah | 29 mai 2006

Chère Sarah,

Votre long discours outré peut se justifier d'un point de vue émotionnel.
Néanmoins, les propos tenus par ceux qui interviennent à la suite du message de JPB ne concernent EN RIEN le livre d'Hervé Vilard, mais le fait que les élèves n'ont nul besoin d'un prof pour le lire et le comprendre, vous en êtes l'exemple.
De plus, au lycée, il ne s'agit pas d'encourager la lecture, mais d'approfondir la lecture, de préférence avec des textes qui "résistent" ou recèlent bien d'autres sens. Bref, on étudie l'implicite. On espère toujours que les élèves dépassent les apparences.
Enfin, nous ne sommes pas ici pour "juger" de la qualité d'une autobiographie mais de redonner une véritable densité au français du primaire à la terminale.

Cordialement

Ecrit par : Ordrade | 29 mai 2006

Mr Brighelli,
l'éducation me préoccupe beaucoup
par son importance humaine et aussi son coût...
j'ai apprécié votre livre et sa liberté d'expression mais...
en lisant les avis opposés je suis "sidéré" par le manque
de respect réciproque des tenants de chaque camp...
-pourquoi ces "insultes" de la part d'enseignants que l'on
aimerait croire "humanistes"... le choc des idées doit-il
conduire inexorablement à cette "guerre de religions" ?
-nos enfants ne méritent pas ce climat de méchanceté, JPP

Ecrit par : jpp | 29 mai 2006

En réponse aux unes et aux autres…
Les BTS d'aujourd'hui appartiennent exclusivement à la "génération Jospin". De la même manière qu'un Vietnamien né en 1950 n'a jamais connu que la guerre durant son enfance et son adolescence, eux sont les purs produits de "l'élève au centre", cette merveilleuse politique pas démagogique pour un sou née en 1989. C'est aux résultats que l'on juge d'une politique.
Comme dit Ordrade, je n'ai rien contre Hervé Vilard ou son livre — ni cntre Marc Lévy : il y a toujours eu des "best-sellers de plus ou moins grande qualité. Je dis simplement qu'il y a d'autres priorités, et que l'on n'amène pas à la lecture avec des livres-kleenex. Sinon quand on est éditeur.
Entendu Hervé Vilard chez Fogiel hier soir. "Qu'est)-ce que ça voous fait d'être dans les programmes du Bac ?" "Ça fera repartir les ventes", a dit assez justement le chanteur.
Quant à celui (un prof d'histoire, vraiment ?) qui me reproche de ne rien comprendre à cette génération (la génération Jospin susnommée), je dirai qu'un vrai démocrate allemand ne comprenait pas forcément la génération Hitler, dans les années 40, et que ce n'était pas une raison pour s'incliner devant les autodafés de livres. Qu'ils soient heureux ainsi, à la bonne heure ! Beati pauperes spiritu.
Pour JPP… Il n'y a pas des respect réciproque parce que le fer est dans la plaie. Peut-être parviendrons-nous un jour à nous asseoir autour d'une table et à discuter sérieusement des problèmes de l'école. Mais j'en doute, parce que la préoccupation des équipes en place (et ce n'est pas la droite qui est aux commandes de l'Education Nationale, en ce moment, contrairement aux apparences — d'ailleurs, ça ne changerait à peu près rien) n'est pas l'école, mais le pouvoir, et que ce pouvoir ne se partage pas. C'est le problème des idéologies.
Par ailleurs, il faut bien reconnaître que le pédagogisme et la didactique se sont révélés, dès le départ, de merveilleuses voies pour tous les insuffisants de l'intellect. C'est le cas de toutes les théories globalisantes : les crânes vides en font leur miel, puisqu'elles donnent réponse à tout. C'est, au fond, une sorte de terrorisme (de l'impensé).
Et puis, "je ne pratique pas le pardon des offenses"…
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 mai 2006

En tant que prof de maths, un peu surpris de voir Montaigne remplacé par Hervé Vilars, je dois dire que cela longtemps que nous servons du prêt-à-mâcher aux élèves et que nous leur empêchons de connaître ma matière. Il est assez logique de cette démagogie intellectuelle envahisse tout.

Ecrit par : Zéro | 29 mai 2006

Sarah, vous avez raison quand vous dites qu'on peut lire ce livre, qu'il n'est peut-être pas mauvais etc. Il est sans aucun doute agréable à lire, comme la plupart des best sellers, puisque c'est leur but. Seulement, la littérature enseignée à l'école doit être étudiée à un autre niveau, implicite, caché, qui recèle des sens bien plus profonds et qui peut mettre en lumière certains mécanismes de la psychologie. Vous dites qu'Hervé Vilard a pris le temps d'écrire son livre; c'est vrai, mais imaginez des auteurs comme Flaubert, qui mettaient des jours à écrire une page, et qui choisissaient chaque mot avec une extreme précision... Il faut apprécier les deux mondes, mais ne jamais perdre de vue la distinction entre eux, car ce serait dangereux de faire de tels amalgames dans notre patrimoine littéraire et culturel; ce serait la porte ouverte à une amnésie collective (déjà bien entamée) dont les conséquences pourraient se révéler pire que tout ce qu'on pourrait imaginer.

Ecrit par : Matthieu Stepec | 29 mai 2006

Qui peut prêter à lubin une annexe pour qu'il ne sombre pas avec feu "la pédagogie" ?
http://www.liberation.fr/page.php?Article=385698

Ecrit par : Philippe | 29 mai 2006

Entièrement d'accord avec vous Mr Brighelli, "le pouvoir cela ne se partage pas " !!!!
Vous avez résumé fort justement notre société.
Une fois au pouvoir, beaucoup de personnes ont juste à coeur de garder ce pouvoir (même ridicule) et ne pas le laisser filer pour de bonnes idées.
Et même pire, elles sont mêmes prêtes à casser les bonnes initiatives "populaires" en divisant par crainte de se voir "dépassées".
Nous nous trouvons ensuite dans l'étrange paradoxe d'avoir des "chefs" qui sont non reconnus et d'avoir des personnes compétentes qui fuient les responsabilités pour ne pas participer à cette aberration ou écoeurées du système.

Vous dîtes que c'est le problème des idéologies ? je ne crois pas, c'est un manque d'intelligence, enfin j'appelais ça du bon sens avant ... pardon j'oubliais la cupidité.

J'aurais aimé que mon petit commentaire n'ait rien à faire sur ce blog mais hélas.....

Ecrit par : stephane | 29 mai 2006

Avez-vous essayé de lire Rousseau dans le texte récemment ?
Le principal problème des classiques d'avant le XIXeme siècle, c'est la langue, qui est trop différente de celle de maintenant. Elle est trop difficile à lire, même pour un adulte cultivé. Personne n'aurait l'idée d'obliger à lire la littérature médiévale en vieux français, ou les auteurs gréco-latin dans leur langue d'origine, sauf quand on étude ces langues. Eh bien, pour la langue des XVII-XVIII siècle, il faut aussi faire le pas, avoir le courage d'avouer que cette langue n'est plus vraiment la nôtre, et la traduire en français du XX-XXIème siècle.
Oui, il faut étudier Rousseau, mais dans une édition en "français moderne", afin que les élève concentrent leurs efforts sur le fond sans être rebuté par la forme.

Ecrit par : YB | 29 mai 2006

La 7ème compagnie au clair de Dune

Monsieur Brighelli, notre attitude dans l'Education Nationale, me fait penser à cette scène de la 7ème compagnie ( le premier je crois) :

Chaudard, soldat français déguisé en sous-officier allemand et ayant 'capturé' une dépanneuse allemande, longe sur la route un groupe de réfugiés français. Un enfant répète à sa mère : 'j'ai faim, j'ai faim'.
Chaudard, imitant un accent allemand leur donne de la nourriture.
Refus puis acceptation de la mère, qui parle à son mari :
'Tu vois ils ne sont pas tous si terribles dans l'armée allemande...' [que les cinéphiles éclairés me pardonnent les approximations, je ne crois pas avoir trahi le sens]

C'est pour ne plus être le Chaudard au milieu des pédagogos que je quitte l'EN.

C'est aussi pour ne plus être en compagnie de professeurs (comme disait un autre intervenant, merci à tous de bien vouloir écrire le mot en entier, on n'écrit pas : journs, pols, plombs ou tailldepiers) qui écrivent :
"Vous êtes des vieux cons. On peut étudier Marc Levy au collège, ne pas savoir extraire une racine carré à la main, tout ignorer de la loi d'Ohm, mais vivre libre. Et heureux."

Les imbéciles aussi (seuls?) sont heureux et se croient libres.
Faut-il être imbécile ou un pédagogo aveuglé par ses propres théories sur les compétences vs savoirs pour ne pas voir que lorsqu'on demandait de savoir extraire une racine carrée, ce N'était PAS pour savoir extraire une racine carrée. Mais pour comprendre quelque chose de nouveau, accéder à d'autres savoirs, pour gagner un peu de liberté sur les chaines de l'ignorance béate et suffisante.


Je n'aime plus trop faire allusion à 1984, trop cité, trop peu lu en entier par ceux qui prétendent l'avoir fait.
Je préfère Dune : "Tu ne feras pas de machine à l'esprit de l'homme semblable". ( Thou shalt not make a machine in the likeness of a human mind).

L'EN aujourd'hui c'est : Tu feras des esprits humains à la machine semblable.

Ecrit par : Atréides | 29 mai 2006

Comme certains commentaires tournent autour de la valeur littéraire pour savoir dans quelle mesure un auteur peut être étudié en classe, j'apporte une petite contribution à ce débat essentiel.

En littérature, il vaut mieux laisser le temps faire le tri et ne pas se précipiter à aborder des auteurs trop contemporains. Car, à une époque donnée, les livres d'avant-garde, ignorés du plus grand nombre deviennent les classiques de demain et inversement, les livres trop conformes au goût d'une majorité des contemporains de leurs auteurs sont irrémédiablement oubliés par les générations futures. "Madame Bovary" qui nous semble être une oeuvre canonique aujourd'hui était peu lu après sa parution, car trop moderne pour le public. Sur le même thème, les gens préféraient acheter "Fanny" de Feydaud. Qui se souvient de ce livre encore aujourd'hui?

Sainte-Beuve a donné une excelente définition du classique qui dépasse le cliché de l'auteur classique habituel (mort, ayant siégé à l'Académie, et imitateur des Anciens):

"Un vrai classique, [...] c'est un auteur qui a enrichi l'esprit humain, qui en a réellement augmenté le trésor, qui lui a fait faire un pas de plus, qui a découvert quelque vérité morale non équivoque, ou resaisi quelque passion éternelle dans ce coeur où tout semblait connu et exploré ; qui a rendu sa pensée, son observation ou son invention, sous une forme n'importe laquelle, mais large et grande, fine et sensée, saine et belle en soi ; qui a parlé à tous dans un style à lui et qui se trouve aussi celui de tout le monde, dans un style nouveau sans néologisme, nouveau et antique, aisément contemporain de tous les âges" , Sainte- Beuve, "Qu'est-ce qu'un classique?"

On est bien loin de la doctrine Viala selon laquelle tout est discours et tout discours a droit de cité dans la républque des Lettres (Cf Jack Lang qui voulait faire rentrer des rappeurs à l'Académie française).

Ecrit par : Romain | 29 mai 2006

Pas vraiment d'accord avec YB; les éditeurs ont fait de gros efforts pour rendre Rousseau accessible au lecteur non-spécialiste, non seulement par la modernisation de la langue, mais aussi par l'appareil de notes. Je pense que c'est le fond lui-même des Confessions qui fait problème, et qui, de fait, ne réunit pas les conditions pour enthousiasmer le lecteur, ni même le commentateur. Je suis de parti pris, évidemment, et je ne supporte plus le ton mi agressif mi-pleurard de ce récit, dont l'humour vient trop rarement pimenter la fadeur. Et je comprends trop bien que les élèves en fassent autant. Montesquieu ou Voltaire (n'en déplaise à Ph. Meirieu, et pour rester dans le XVIII ème) me paraissent infiniment plus toniques.
Ce n'est évidemment pas une raison pour préférer n'importe quoi à Rousseau, et surtout pas pour cautionner cette forme de marchandisation de l'école (car c'est, je crois, un autre aspect important de la question).

Ecrit par : Jean-François Croz | 29 mai 2006

à YB,

Non seulement Rousseau, Voltaire, Diderot, Montesquieu, Marivaux, Fénelon, La Bruyère, Bossuet, et j'en passe, sont aujourd'hui parfaitement lisibles dans le texte, et d'abord pour mes élèves lycéens, mais ils sont souvent beaucoup plus lisibles que quantité d'écrivains du XXe siècle et d'aujourd'hui.
J'en fais continuellement l'expérience.

Il y a quinze jours, j'ai donné à ma classe de Première, en devoir surveillé, un corpus composé notamment de la pensée de Pascal sur les deux infinis : en note, j'ai expliqué une seule tournure : "au prix de" : en comparaison de. Dans leurs copies, les élèves ont montré qu'ils avaient parfaitement compris de quoi il s'agissait. Jamais Candide ni Zadig ni les Lettres Persanes, ni les Confessions de Rousseau n'ont présenté de réelles difficultés à mes classes: parr exemple, la fuite de Genève, à la fin du livre I passionne d’emblée les élèves sans que j’aie à traduire ou à adapter un seul mot. Pour les textes plus théoriques de Rousseau, il en va autrement, mais c'est justement parce qu'il s'agit de textes d'idées, et non pas de récits ou de sujets concrets : un lycéen de première ou de seconde a des difficultés avec les textes abstraits et philosophiques.

La prose française de la fin du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle est une merveille de limpidité que l’on trouve rarement dans celle d’aujourd’hui : un contemporain parfaitement clair et dont l’oeuvre est d’une grande qualité littéraire : Patrick Modiano. Souvent, rien n’est plus emberlificoté que la prose du Monde ou du Figaro. Une page de Proust déconcerte mes élèves. J’en ai vu hésiter sur des passages d’Albert Camus et plus encore de Malraux. Que dire des poèmes de René Char et de la prose de Bonnefoy ...
Si un grand classique a besoin d’être un peu adapté dans une prose moderne, c’est Montaigne. Des “traductions” existent d’ailleurs, cf. celle que E. Lanly a publiée chez Honoré Champion.

Mais que la prose littéraire du XVIIIe siècle fasse difficulté, non ! Tout juste faut-il parfois expliquer un mot ou une tournure ... mais pas plus que ne le demandent les belles ellipses d’Accident Nocturne ou d’Un Pedigree (Modiano).

Ecrit par : gilbert beaune | 29 mai 2006

Je n'ai rien contre la littérature populaire, d'ailleurs j'en lis beaucoup. Je pense simplement que le rôle de l'école est de transmettre une culture scolaire. Enorme lapalissade, mais les pédagogistes, il faut continuellement leur rappeler que l'eau est mouillée.

Si on veut promouvoir les oeuvres d'Hervé Vilard dans les salons du livre, dans les MJC, les librairies et les bibliothèques, formidable. Tout ce qui amène les gens à la lecture est bon à prendre. Mais il n'a pas sa place à l'école.

Le mélange des genres est vicieux dans les deux sens :

1) parce que la culture classique finit par se couper du
peuple, et devient le privilège des riches. Et donc un signe de reconnaissance entre nantis de bonne famille (mais JP Brighelli en parle mieux que moi).

2) à l'inverse, l'institution s'immisce dans la vie privée des élèves, en essayant de parasiter ce qu'ils aiment. Les jeunes ont droit à leur propre culture, ils ont droit à leurs propres idoles, ils ont même droit à leur propre langage... Cette obsession des pédagogistes d'entrer dans les pensées secrètes des élèves, et dans leurs goûts privés, je ne suis pas le seul à la remarquer. L'école ne doit pas avoir le contrôle de tout, elle ne doit pas tout surveiller. Laissons aux jeunes leur propre jardin secret !

Enfin, quelqu'un l'a déjà fait remarquer, mais certaines choses doivent être répétées : le mythe de l' "imbécile heureux" est le fond de commerce de tous les systèmes totalitaires. Ne cherche pas à réfléchir, bon peuple, fait confiance au grand chef pour cela. Les livres sont inutiles, mais la terre, elle, ne ment pas...

Le jour où nous aurons complètement oublié Montesquieu, n'importe quel fanatique pourra supprimer nos libertés sans même que nous nous en rendions compte. Connaître par coeur les oeuvres complètes de Michael Crighton, dans le même cas de figure, ne nous aidera pas.

Ecrit par : Pierre-Henri | 29 mai 2006

Sandra, comme vous parliez de musique juste avant de parler de Robert Schuman homme politique, j'ai cru que vous parliez du compositeur. Au temps pour moi, et mes excuses.

Ecrit par : christophe sibille | 29 mai 2006

"Autant pour moi", voyons : merci bien !!!

Ecrit par : Sandra WAGNER | 29 mai 2006

Cher Atréïdes, (ou même très cher Atréïdes)

Je vous exhorte de ne point quitter l'EN car:
1) Zut! il y a assez de cuistres dans l'EN pour laisser les élèves livrés à eux-mêmes.
2) Zut! il y a assez de découillés dans l'EN. Je désespère de trouver un Homme. Et vous me semblez en être un. Ou sur la voie d'en être un (vive le Gom Jabbar! et les initiations qui vous reconnaissent comme Homme et Femme)
3) Mon pseudo vient justement du 7° tome ("La maison des mères") où la vénérable Bene Gesserit Ordrade, descendante des Atréïdes rentre dans le moule en organisant, par petites touches, les transformations. Une lutte passive en quelque sorte, avec finesse et intelligence.
4) Ce qui a un début a une fin et il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis....Bon d'accord, je rase les pâquerettes en disant cela. Cependant, je me lève le matin car il y a au moins un de mes collègues qui pense comme moi, il y a un de mes colègues avec qui je ne serais pas toujours d'accord mais je pourrais discuter librement avec lui (tolérance et liberté).
5) Je me lève le matin car il y a un "silence assourdissant" lorsque j'explique un détail du texte de Villon (XVI°) car cela résonne en eux.
6) Parce que l'enseignement est une planche de salut pour certains (certes 3 sur 30 soit 10% et je me lèverai pour eux) et qu'en tant qu'adulte, je ne me regarderai pas en face si j'aurais à capituler.


Je ne vous demande pas de suivre cette voie écrasante de devoir résister contre vents et marées. Je sais combien la solitude, la frustration sont le lot quotidien, que la force morale abandonne souvent.
Je ne cherche ni à vous convaincre, ni à vous persuader, mais vous exhorte d'agir selon votre conscience.
Pour quoi vous lèveriez-vous?
Même à terre avec un rapport d'inspection accablant (puisque je fais de l'histoire littéraire et n'utilise pas la "novlangue") même en ZEP par mesure de rétorsion, même couchée, je suis debout.
Bien à vous cher Atréïdes qui voit bien que les programmes forcent les élèves à devenir des machines (=mentats).



Post-sciptum à l'auteur du blog: Monsieur JPB, auriez-vous la mansuétude de lire mon commentaire sur votre tout premier envoi? Merci.

Ecrit par : Ordrade | 29 mai 2006

Pardon pour les erreurs de syntaxe, l'émotion m'étreint et le bon repas que je vien d'ingurgiter aussi.... oups.

Ecrit par : Ordrade | 29 mai 2006

Chère Darwi (vous permettez que je vous appelle Darwi ?),

7 ans dans l'EN, 2 dépressions, 2 agressions (une physique au couteau, mais hors EN, une verbale dans mon cours) cela suffit pour moi.
Certes j'avais choisi ce métier par vocation, par plaisir de transmettre. J'ai lutté verbalement et dès la première année, dès l'IUFM contre les stupidités du genre : 'les bons élèves n'ont pas besoin d'enseignants, ils seront toujours bons', l'ajout d'heures de 'remédiation', 'consolidation', 'accompagnement' à des élèves à qui on avait interdit le redoublement car trop faibles et qui se tapaient 4-5h supplémentaires par semaine.

J'ai même participé au fumeux 'Grand Débat', essayé d'infléchir son résumé partiel et partial.

Les moulins à vent, ça use, c'est sûr, et ne voulant ni poser des bombes ni continuer à collaborer, et puis soyons complêts comme dirait Banach, je n'éprouve plus aucun plaisir à enseigner aux élèves actuels, j'ai beau avoir la fibre écologiste, je n'aime pas retraiter les déchets que certains collègues ont foutu dans la tête des gamins .

N'oubliez pas de ne pas tourner le dos aux portes !

Ecrit par : Atréïdes | 29 mai 2006

Beau morceau d'anthologie de M. (comme Minus habens ?) :

"Vous êtes des vieux cons. On peut étudier Marc Levy au collège, ne pas savoir extraire une racine carré à la main, tout ignorer de la loi d'Ohm, mais vivre libre. Et heureux."

Sujet de devoir :
Peut-on être ignorant et libre ? Exprime-toi, ami jeune.

Les correcteurs feront preuve de citoyenneté.
Envoyez vos copies au Monde de l'Education, le jury désignera les plus "cool" et celles qui ne "sont que du bonheur", et "que d'émotions" (ah que ?).
Un séjour à Capri avec Meirieu et Frackowiak à gagner, voyage non compris.

Ecrit par : Lariba | 29 mai 2006

Ne vous inquiétez pas Ordrade, l'erreur est humaine dirons nous, nest-ce pas ???

Bon petite parenthèse, certains de nos contemporains se prennent pour des génies en herbe de la littérature, je me demande si à mon tour je ne vais pas comme Sophie Talneau conter mes mésaventures lors de mes entretiens professionnels :

J'avais rendez-vous ce matin avec un responsable d'une agence de communication dans la banlieue luxembourgeoise. Je le prénommerai de préférence Monsieur Rapace ou Monsieur Harpagon de surcroît !!!

Voici ses exigences en terme de compétences professionnelles :

Quadrilingue : maîtriser parfaitement français, allemand, anglais et luxembourgeois : lui même dans un courrier réussit à commettre au minimum 5 fautes par ligne en français.... Je me demande en ce moment même si la prochaine fois je ne ramènerai pas un stylo rouge, histoire de jouer les instits pour passer le temps...

Disponible au minimum jusqu'à 20 heures quotidiennement

Expérimentée : entre 10 et 15 ans d'expérience pro

Etre une ambitieuse, une battante etc pour évoluer et surtout prévoir un plan de carrière

Etre titulaire d'un bac+2 voire bac+5

Et devinez pour quel montant ??? 1400 euros brut !!!! Au Luxembourg le smic est à 1800 euros brut pour une employée ultra basique alors bon......Je suis plus que perplexe !

Je lui ai rétorqué du tac au tac : "et pourquoi travailler gratuitement tant qu'on y est ???" N'êtes vous pas de mon avis, hein ??? Franchement....

D'autant plus que pour Monsieur, je ne suis pas assez "in" pour reprendre son expression, il paraît que Rousseau soit également dépassé à ses yeux ! Nous sommes pour ainsi dire à l'époque de la communication et du marketing...Ben voyons, je lui ai répondu : "Non non Monsieur,nous sommes au temps du zapping, la médiocrité est décidément à la mode"

Bref je suis repartie en courant....No comments....Il y a des lundi où je préfèrerais rester couchée, pas vous ???

Ecrit par : Sandra WAGNER | 29 mai 2006

Splendide sujet, Lariba. Merveilleuse récompense : après l'abandon des notes, qui pourraient traumatiser, valorisons les effortsz de nos cancres en nature…

Ordrade, je ne retrouve plus le Post auquel vous faites allusion. Vous serait-il possible de le réitérer ?
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 mai 2006

Obligé de réhabiliter Rousseau, que je n'aime pas plus que ça — mais mon sentiment personnel de la littérature influe fort peu sur ce que je fais en classe…
Je m'étonne que Jean-Jacques soit peu prisé, en ces temps de résilience et de culpabilité généralisées (l'une ne va pas sans l'autre).
Nous sommes des hommes faits de livres. Je dois à Rousseau d'exercer le métier que je fais. J'avais quinze ans, je lisais les Confessions, j'en étais au livre VII. Notre honnête homme, qui a tant de scrupule à se servir de "filles", comme il dit, ne dédaigne pas pour autant les courtisanes vénitiennes — en particulier une certaine Zulietta. Mais à peine est-il aux prises avec la créature qu'il s'aperçoit qu'elle a un téton borgne : ce sein rentré lui ôte ses moyens, et bien que la belle lui "dît et fît des choses à le faire mourir d'amour", il se retrouve impitoyablement fixé sur six heures et demie, si je puis ainsi m'exprimer. Finalement, la belle s'évente, et lui dit "d'un ton froid et dédaigneux": "Lascia le donne e studia la matematica". Inutile de traduire.
J'étais en Troisième, j'avais à choisir entre Seconde littéraire ou scientifique. Je me suis dit : "Le vrai choix est là, les maths ou les belle donne…"
Donc, la littérature…

Trouvez-vous cela si difficile à lire et / ou à expliquer ? Comme tous les grands refoulés, Rousseau adore les scènes quasi primitives (tout est dans le quasi). Sans chercher le graveleux à tout prix, relisez donc Starobinski, la Transparence et l'obstacle. Tout y est.
Et au pire, lisez donc aux élèves la cinquième lettre de Voltaire sur la Nouvelle Héloïse, pour vous / les détendre…

Et c'est vrai que la langue du XVIIIe est la perfection et la clarté même. Alors, lire du XXe siècle en classe ? Pourquoi pas ? Mais à tout prendre, je préfère Laclos que Franç!ois Bégaudeau…
JPB

Ecrit par : brighelli | 29 mai 2006

Quoique vous en dites, avant de Juger un Livre il faut déjà le lire!!!
Et la réponse d'Hervé à M Fongiel était une plaisanterie, preuve que vous ne connaissez pas du tout cet artiste qui sait être un merveilleux interprète, auteur compositeur, et désormais un écrivain dont tous ceux qui ont déjà lu "l'Ame Seule" attendent le prochain livre !!!
Sincèrement, Hervé Vilard ne pensait jamais que son livre serait aussi bien accueilli, donc encore moins qu'il soit choisi pour le Programme du BAC, mais lorsqu'on le lit, on comprend...!! De plus Hervé sait si bien nous mettre dans l'ambiance du Berry, la France profonde avec ces coutumes et ces mares...là où G Sand a vécu, et le jeune René a su très vite lire tous ces ouvrages, entre son premier père nourricier et l'Abbé Angrand, ils lui ont donné le goût de lire tous ces auteurs et bien d'autres!! Oubliez un peu "Capri" cet artiste est autre chose que cette chanson, il a chanté à la SORBONNE et rencontrer des étudiants bien avant d'avoir publié son livre!!! Ecoutez son dernier Album et vous serez qu'il aime les beaux textes, et arrêtez un peu de le juger ainsi qu'à partir d'une chanson et rien d'autre!!!
C'est tout, j'arrête, mais vraiment vos petites pointes ironinques sur lui sont injustes...autant pour Lui, que pour nous qui aimons l'artiste ou et l'écrivain !!!
Au fait pour ceux qui pensez que j'étais une petite jeune étudiante, c'est pas le cas, j'ai 55 ans, et le peu que je sais j'en suis fière, car je l'ai appris par mes études à l'Ecole Primaire et ensuite par mes 2 métiers, donc sur le "tas" et c'est bien plus important!!
Chacun son niveau, chacun ses capacités, et on est pas idiot ni crétin parce que l'on n'est pas sensible à vos auteurs, mais à d'autres plus proches et plus compréhensibles pour une Grande Majorité de gens, autant des jeunes que des personnes de mon âge, voir plus !!!!
Chacun ses gouts et cela ne retire rien à la qualité de se que l'on lit!!
Merci
Sarah

Ecrit par : Sarah | 29 mai 2006

Merci d'exister. c'est tellement bon de vous lire, je me sens moins seule. J'ai deux enfants, c'est moi qui les éduque, ce qui est normal, ce qui est moins normal, c'est que c'est moi qui les instruis, depuis douze ans, je suis fatiguée.

Ecrit par : la mamma | 29 mai 2006

Sachez La mamma que vous n'êtes pas seule et que tout comme vous je suis fatiguée mais à lire tout ce que je lis ici je n'ai vraiment plus d'autre choix que celui de continuer...j'instruis mes deux premières depuis 8ans et voilà que maintenant je dois commencer de nouveau le primaire avec mes deux derniers tout en continuant le secondaire avec les aînées... Ne pourrions-nous pas prétendre à quelques échelons et à une petite retraite?...
Bon courage ( et je dois avouer que là j'essaie de m'encourager aussi car en cette dernière ligne droite de juin , je suis épuisée et j'en ai ras le bol , heureusement le jeu en vaut la chandelle!)

Pour Sarah:
auriez vous la naïveté de croire que tous ces nouveaux "écrivaillons" issus du show-biz , écrivent eux mêmes leurs captivantes mémoires?

Pour le sourire :
à lire dans le canard enchainé du 24 mai:
Le Kama-sutra de Robien...

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 29 mai 2006

C'est le journaliste Jean-François Kervéan qui a écrit le livre de Vilard ainsi que celui de Loana. A quand la journée du souvenir du nègre inconnu ? (oui ça fait un peu pléonasme).
Que les vedettes finissent par croire qu'elles ont vraiment écrit leur bouquin, ce n'est pas grave, c'est la loi du milieu mythomane et mégalo. Mais tromper les pauvres fans, c'est vilain ;)

Ecrit par : Lariba | 29 mai 2006

Là, vous faites erreur, Sandra; on dit bien: "au temps pour moi". Vérifiez.

Ecrit par : christophe sibille | 29 mai 2006

Dixit le Petit Robert : "autant pour moi" : je reconnais que je me suis trompé(e)...

Christophe je suis désolée mais là j'ai encore une fois raison !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 29 mai 2006

Les deux formules existent, mais leur sens est légèrement différent.

Ecrit par : Sionac'h | 29 mai 2006

Chère Sandra,
Laissez-le savourer ce petit moment, il m'a déjà repris sur ce point et je le soupçonne suffisamment malin pour y avoir glissé ce "au temps pour moi" dans son message initial à dessein.
Taquin ce Christophe...

Ecrit par : Guillaume | 29 mai 2006

Ca me rappelle un extrait d'un bouquin de Mickael Moore (vous voyez, je ne lis pas que Chateaubriand) dans lequel il essaie de syndiquer ses nègres. On devrait faire ça en France : le Syndicat des collaborateurs non signataires (soit l'appelation officielle). Y'aurait du monde, non ?

Et Vilard a chanté à la Sorbonne ? Super, il a pu faire un duo avec Elizabeth Teissier, alors.

Oh, comme il est bon de se payer la tête des sorbonnards...

Ecrit par : Pierre-Henri | 29 mai 2006

Oh vous savez Guillaume, comme dirait Sarraute : "On se lance des petites pointes légères pour s'émoustiller" ou comme dirait Zola : "pour s'amuser à nous voir s'étrangler de colère" !

Mais me direz-vous, du moment qu'il tente d'user et d'abuser d'un humour fin, élégant et raffiné je ne suis point rancunière.....

Ecrit par : Sandra WAGNER | 29 mai 2006

Pierre Henri faites j'en ferai bientôt partie en parlant de la troupe des Sorbonnards....

Ecrit par : Sandra WAGNER | 29 mai 2006

Sorry : j'ai oublié un mot ! Faites attention je voulais dire...

Ecrit par : Sandra WAGNER | 29 mai 2006

Ce qui est "rafraîchissant "ici, c'est qu'on assiste à des querelles de récréation

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 29 mai 2006

A partir du moment où le programme de français est fait de genres (le récit, l'autobiographique, l'épistolaire...) , sans préciser dans les "accompagnements" du programme une liste d'oeuvres conseillées et appartenant à ces genres, il est fatal que n'importe quel professeur fasse étudier des œuvres mineures et médiocres. Ce n'est pas le collègue de Montpellier qui est le premier fautif, c'est les trissotins archaïques et paresseux du groupe Viala. Trissotins arachaîques, parce qu'ils imposaient ainsi, à la France entière, leur approche structuraliste de la littérature, 30 ans après le structuralisme, et alors que le structuralisme n'intéressait déjà plus grand monde. Trissotins paresseux parce qu'ils n'ont pas retroussé leurs manches pour dresser des listes d'oeuvres de qualité auxquelles les professeurs pourraient puiser des idées. Ce nest pas les autobiographies brèves, émouvantes et écrites dans un français riche et nuance qui ont manqué au XXe siècle. Ce collège de Montpellier, tout simplement, ne les connait pas. Et sans doute son inspecteur non plus. Il faudrait que tous ces gens se remettent, tout bêtement, à TRAVAILLER.

Ecrit par : marie-christine | 29 mai 2006

Bonsoir Mesdames et Messieurs, les gros cerveaux de ce blog...

Je viens sur ce blog en réaction au livre "L'AME SEULE" de Monsieur Hervé VILARD dont une grande majorité vient décrier ici.

Quel mal y a t'il à étudier un livre de nos auteurs contemporains sans fâcher les grands de ce monde ? les littéraires ? Qui êtes vous pour juger ainsi ? des têtes bien pensantes ?

Comme je viens de lire tous les commentaires, la plupart d'entre vous sont des instits ou des profs et, bien, je plains vos élèves car avec vous, ils doivent bien s'ennuyer. De plus, vous rapportez le tout à la politique ? je ne vois pas ce que cela vient faire là dedans, à part que le livre de Monsieur VILARD a été choisi pour un sujet de bac ?

Tous les nouveaux auteurs de sont pas des ignares comme vous osez l'écrire et, au fait, vous, êtes vous capable d'écrire une autobiographie ? peut-être auriez-vous besoin d'un nègre ? (Je vous le renvoie dans les dents). Vous vous cachez derrière vos diplômes et ne voulez surtout pas admettre qu'un chanteur sait écrire ? c'est vrai sans diplôme, nous sommes tous des paumés ! Comme je vous plains, mais pas dans le sens que vous l'entendez !

Au fait, avez-vous lu le livre que vous décriez tant ? j'aimerai avoir vos commentaires, à moins que ce soit trop bas pour vous, nous les gens d'en bas, les gens sans diplomes qui ont pourtant réussi dans leur vie d'adulte professionnelle.

Pour moi, le livre d'Hervé VILARD a sa place dans les classes, pour un sujet de bac ou autre, ne vous en déplaisent et pourquoi tant de méchanceté envers Lui ? tout simplement parce qu'il est chanteur ? Avez-vous pris le temps d'écouter ses chansons, à moins que ce soit encore trop bas pour vous.

Au lieu de venir diffamer ici, sur un Homme que vous ne prenez même pas le temps de lire et encore moins d'écouter ou alors, vous écoutez ce que vous voulez bien entendre, vous feriez mieux de retourner sur les bancs de l'école, à la place de vos élèves. Au moins, la jeunesse sait à qui s'identifier, ne vous en déplaisent, Mesdames et Messieurs. Je vous conseillerai même d'aller retourner à la correction de vos copies et je n'irai pas étudier vos cerveaux, vous me donneriez trop mal à la tête.

Pour conclure, je dirai bravo à Sarah qui défend Hervé VILARD et je m'associe à elle, pour le défendre également.
¨
Pour des têtes bien pensantes, vous êtes d'une incorrection quant à critiquer un homme qui n'est même pas là pour se défendre. Et c'est vous qui éduquez nos enfants ? Pas étonnant que tout fout le camp !!!!

Tenez, je me pose une question ? pour la correction de vos copies, vous ne faites pas appel à un "nègre" ?

A bon entendeur salut.

Ecrit par : chaton | 29 mai 2006

Voyez-vous, monsieur chaton, l'école est payée pour apprendre aux enfants et aux jeunes ce dont ils n'entendraient jamais parler s'il n'y avait pas d'école. Pour entendre parler du livre d'Hervé Vilard, pour l'acheter et pour le lire, vous n'avez pas eu besoin de l'institution scolaire, et c'est très bien ainsi. Vous y êtes arrivé tout seul. Pour entendre chanter Hervé Vilard, il vous a suffi d'ouvrir le poste. Alors pourquoi voulez-vous donc que l'école s'occupe du livre d'Hervé Vilard et de lui-même ? Ce n'est pas dire qu'un livre est mauvais, que de dire qu'il n'a pas besoin de l'école pour être lu. Ce n'est pas dire qu'un chanteur n'est rien, que de dire que l'école n'a pas à s'occuper des chanteurs.
Réfléchissez bien, monsieur chaton, au bout de votre raisonnement, il y a l'idée qu'on n'a pas besoin de l'école pour apprendre quoi que ce soit (puisque les choses "d'en bas" sont aussi ou plus intéressantes que les autres), il y a donc l'idée que l'école ne sert à rien. C'est une idée politique, ça. Ce n'est pas du tout une idée progressiste, mais c'est une idée politique. L'idée progressiste, c'est de croire que l'école sert à émanciper les gens (à leur ouvrir l'horizon, à leur donner de l'esprit critique) en leur apprenant ce qu'ils ne sauraient pas sans elle.

Ecrit par : marie-christine | 30 mai 2006

Pour M. :
Je crois bien que nous sommes de la même génération.
Alors, si vos amis sont "HEUREUX", je doute qu'ils aient une conscience politique ! (ou autre.) Et puis, je ne vois pas en quoi ce serait une qualité.
Par contre, vous avez raison de souligner que cette génération n'est pas stupide... Mais qui en doute ? Brighelli ? ou vous, pour vous échauffer de la sorte ?
Mais regardez un peu où nous mène notre inculture : entre autres, nous sommes en train de perdre tous nos droits sociaux, parce que 1) de toute façon nous ne les connaissons pas, 2) nous ne combattons pas avec la génération précédente.
Sur les 12 à 15 années que nous avons gaspillées à l'école, combien d'heures nous ont été utiles ?

Le fossé des générations est le plus vieil attrape-couillons des politiques. Ajoutons-y le hiatus des sexes, la fracture des clubs de foot, la concurrence entre les entreprises... Nous nous croirons heureux et libres et nous serons seulement seuls. Nous bêlerons : "C'est votre avis, ce n'est pas le mien, il n'y a pas à discuter" jusqu'à la prochaine dictature.



A la cantonade :
Ne soyons pas si méchants avec Christophe Sibille ! Même s'il est en désaccord avec beaucoup d'entre nous, ce monsieur a le mérite de venir débattre.



Sinon, un autre fil de discussion parlait de Christophe Nick. Pour moi, l'indélicatesse de ce "journaliste" ne fait aucun doute. En effet, son ouvrage sur les trotskystes lui a valu une condamnation pour atteinte à la vie privée ; les "informations" en question étaient par ailleurs fausses et particulièrement malveillantes. De manière générale, on peut dire qu'il excelle au bonneteau : "Alors, elle est où l'idée progressiste ? A gauche, à droite, à l'extrême droite ? ... Perdu, monsieur."



Atréides, bienvenue chez les Fremens !



Sur le choix des oeuvres, j'estime que justement le professeur peut et doit proposer des contemporains. Je suis outré par les listes ridicules et longues proposées dans les documents officiels. Aucun professeur ne peut deviner ce qui sera un classique, mais inversement, celui qui s'en abstient, ou ne fait que proposer un best-seller (ou suivre les conseils du ministère) démontre son incompétence. Par jeu, dans les dix dernières années, je vous recommande _99 Francs_ de Beigbeder, _La Musique d'une vie_ de Makine, _Bye Bye Blondie_ de Despentes, Tous droits réservés de Claude Ecken... mais surtout pas Houellebeck : ce n'est pas de la littérature.
Au lycée surtout, les documents d'accompagnements amènent à choisir des romans en fonction du genre/registre, ou d'un mouvement littéraire : c'est-à-dire à mettre de côté tout ce que produit l'auteur, et à cantonner le lecteur dans une consommation d'oeuvres à labels de qualité.

A l'autre bout de la chronologie, (Rousseau) je suis étonné que personne ne semble remarquer les difficultés de langue dans Molière, ou La Fontaine, qui sont pourtant plus archaïques. Mais les différences entre le français du XVIIIe et le français contemporain (écrit...) sont faibles : celles de lexique se compensent avec un dictionnaires, celles de grammaire, peu nombreuses, s'expliquent parfaitement en les comparant avec l'usage actuel avec les bons outils grammaticaux. Si les élèves n'arrivent pas à lire ces auteurs, c'est que leur grammaire du français contemporain est déficiente (et "destructurée"), et nous en revenons aux programmes du primaire et du collège. Un objectif valable serait que justement les élèves deviennent capables de lire de tels textes (tout comme celui de la Déclaration des droits de l'homme).




Pardon pour le désordre, les commentaires sont tous tombés en même temps dans ma boîte de courriel.

Ecrit par : prof chômeur | 30 mai 2006

chaton,

(oh, justement, un mien ami a une portée dont il ne sait que faire : Noyade ? Matraque ? Etranglement ?)

Vous ne pouvez pas dire que M. Vilard a écrit un bon livre si ce n'est pas lui qui l'a écrit.

Ecrit par : prof chômeur | 30 mai 2006

Monsieur Brighelli,

Mon commentaire en question se trouve dans le post "Ecole-chaos" daté de Novembre 2005.
Je pourrais réitérer ces mots ici, néanmoins, ma timidité m'en empêche.
Bien à vous.

Ecrit par : Ordrade | 30 mai 2006

pour M

Oui M, on peut etre heureux, avachi sur un canape en regardant la Star Ac (de preference en ingurgitant du Coca.)
Les singes du jardin des plantes eux aussi ils sont heureux en regardant le public........
Comme vous dites, pas besoin de se prendre la tete !!!
Il ne vous reste qu'une chose a faire:essayez de ne pas etre Prof , j'ai des enfants, moi !
.Je pense que cela serai une decision d'interet public de votre part ........

Ecrit par : gintonic | 30 mai 2006

Merci 1000 fois chatounette , vous m'avez fais hurler de rire.
continuez de mettre votre sens dans ce qui est écrit sur ce blog. c'est tip top drôle.
Bien cordialement
toto

Ecrit par : toto | 30 mai 2006

Dans le Petit Robert ( édition 1996, p. 159): LOC. FAM. (incorrect, par confus. avec au temps (I.A 3°) Autant pour moi: je reconnais que je me suis trompé.

(p.2226)
Au temps pour moi: se dit lorsqu'on admet son erreur. Souvent écrit à tort autant pour moi

Ecrit par : Blacksad | 30 mai 2006

"Pardon pour le désordre, les commentaires sont tous tombés en même temps dans ma boîte de courriel"

il ne faut vous excuser, c'était super :)

Ecrit par : toto | 30 mai 2006

"Au temps pour moi" est peut-être (peut-être) une expression typique de musiciens en répétition : quand l'un se trompe (ou le chef), il reconnaît son erreur, d'où le sens habituel. Si quelqu'un trouve une meilleure source, merci. F.C.

Ecrit par : frédéric chambe | 30 mai 2006

Je voudrais être professeur au lycée Joffre, je pourrais ainsi proposer comme cours de sciences physiques :
'Astrologie et sociologie: une étude de la thèse de E. Teyssier'

C'est vrai quoi ! Etant incapable d'écrire une thèse (je me suis arrété en maitrise), qui suis-je pour juger de la qualité de l'oeuvre sorbonnesque de Teyssier ?

De plus je pense que Teyssier est beaucoup plus proche et compréhensible par les élèves que Newton.

En plus Newton a refusé mon invitation (même pas répondu le goujat, le poids des mots sans doute) , alors que Teyssier est disponible mardi prochain.

---

Concernant 'au temps pour moi', j'ai trouvé ça avec google:
Au temps pour moi (http://www.academie-francaise.fr/langue/questions.html#au_temps )

Il est impossible de savoir précisément quand et comment est apparue l’expression familière au temps pour moi, issue du langage militaire, où au temps ! se dit pour commander la reprise d’un mouvement depuis le début (au temps pour les crosses, etc.). De ce sens de C’est à reprendre, on a pu glisser à l’emploi figuré. On dit Au temps pour moi pour admettre son erreur — et concéder que l’on va reprendre ou reconsidérer les choses depuis leur début.

L’origine de cette expression n’étant plus comprise, la graphie Autant pour moi est courante aujourd’hui, mais rien ne la justifie.

Ecrit par : Atréïdes | 30 mai 2006

Petite aparté, j'ai prochainement rendez-vous avec les Boutiques de Gestion de Forbach pour un projet de création d'entreprise.....

J'ai enfin eu le sentiment que l'on prenait cette fois ma demande ou requête au sérieux.....En qualité d'éventuel futur chef d'entreprise, apparemment le rapport n'est plus même, vous êtes considéré comme un professionnel, un futur prestataire...

Nous ne sommes plus "demandeur d'emploi", une relation d'égal à égal s'installe : c'est nettement plus appréciable ma foi...

Affaire à suivre de très près......

Ecrit par : Sandra WAGNER | 30 mai 2006

De quoi s'énerver un peu plus :

Le h de haricot est « aspiré », c’est-à-dire qu’il interdit la liaison, impose que ce mot soit prononcé disjoint de celui qui le précède, au singulier comme au pluriel. On écrit et dit : le haricot, non l’haricot ; un beau haricot, non un bel haricot. [...]Pour certains mots, l’usage est indécis. Ce n’est pas le cas de haricot : la liaison est incontestablement une faute.

La rumeur selon laquelle il serait aujourd’hui d’usage et admis que l’on fasse cette liaison a été colportée par un journal largement diffusé dans les établissements scolaires, L’Actu (n°8 du jeudi 3 septembre 1998, p.7), qui n’a pas jugé bon de publier de rectificatif.

Ecrit par : Atréïdes | 30 mai 2006

merci Atréides
ma grand tante était professeur de Français-Latin à Fénelon et elle m'a poursuivie toute mon enfance avec les HHHHaricots (et non les zaricots) et aussi avec j'emMENE mon amie et j'apPORTE mon livre...
et que fais-je aujourd'hui ? je poursuis mes enfants avec ça !!! et j'en suis fière !

Ecrit par : fabienne | 30 mai 2006

je vais être un peu en dehors du débat mais je pense trouver ici des esprits vifs qui m'éclaireront sur la question qui suit:
au nom de la parité , on accepte aujourd'hui la féminisation de termes qui jusqu'à présent habitaient le dictionnaire en célibataire masculin...
Je continue à faire appliquer à mes enfants la régle d'accord du "masculin qui l'emporte sur le féminin",cette règle aurait-elle échappé au vent de la révolution paritaire?si vous avez des infos concernant l'actualité de cette règle je suis très intéressée
juste pour le sourire il est un terme condamné visiblement à rester célibataire, en effet , dans les clubs de sport que fréquentent mes enfants j'ai été très amusé du fait que les femmes aux fonctions d' entraineurs , unanimement , n'acceptent pas la féminisation du terme, inutile je pense de vous expliciter davantage les raisons... là je me demande ce que répondrait madame Giroud...
bonne journée

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 30 mai 2006

excusez-moi pour les fautes d'accord: merci de lire: en célibataires masculins... et.......j'ai été très amusée....
voilà ce que c'est que de se relire après avoir posté!

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 30 mai 2006

Cher Monsieur,

J'ai eu connaissance de votre "blog" (le mot est ignoble mais passons!) par une chronique récente de Pierre Marcelle dans Libération. J'ai appris par la même occasion cette "affaire Hervé Villard" que vous avez, il me semble, fort bien traitée dans votre article "L'école est finie!" J'ai, en vous lisant, l'impression d'être issu d'un autre temps, pourtant pas si ancien... J'étais lycéen dans les années 90, et j'adhérais (naïvement sans doute, mais qu'espérer d'autre de la part d'un garçon de 15 ans?) à TOUT ce que mes professeurs de français nous enseignaient. Leur parole, comme celle de l'oracle, était sacrée et, par leur choix de textes, ils désignaient les "classiques". Nous planchions sur Sophocle et Racine: des "classiques" évidemment et nous en avions conscience. Mais nous furent aussi enseignées les oeuvres moins lointaines de Camus, Cohen ou Césaire... et ceux-là du seul fait que les professeurs les mentionnaient (même simplement par allusion) devenaient aussi, instantanément, des "classiques". Je crois pourtant que si les noms de Poivre d'Arvor, Depardieu ou Johnny Halliday, avaient été prononcés à leur place (sous prétexte qu'ils avaient commis un livre), nous y aurions vu une méprise, une blague... Nous étions jeunes et naïfs certes, mais pas encore décérébrés! Nous avions donc tout de même une certaine idée de ce que devait être la littérature, l'intuition d'une "certaine frontière"... frontière qui semble aujourd'hui avoir été effacée.
Qu'est-ce qui motive réellement la décision d'un professeur du Lycée Joffre d'enseigner "l'oeuvre" d'Hervé Villard? La contemporanéité de l'oeuvre (par ce que les lycéens, dix ans seulement après moi, auraient besoin de cette proximité pour être intéressées à ce qu'on leur enseigne)? ou bien sa médiocrité qui en ferait un objet "plus facile d'accès" pour des jeunes gens dont on mépriserait donc l'intelligence? Je partage avec vous cette inquiétude. Si c'est la contemporanéité des auteurs qui motive ce choix, il y en a heureusement d'autres qu'Hervé Villard... Je pense à Pierre Bergougnoux, Pascal Quignard, Pierre Michon. Ceux-là, indubitables "classiques contemporains" qu'ils sont, je n'aurais pas rougi de honte devant mes professeurs s'ils nous avaient fait étudier leurs textes. Si c'est la simplicité de son texte qui impose le choix d'Hervé Villard, parce qu'il fait aussi écho à une sphère extra-littéraire (celle du "show bizzness" et autres "people") à laquelle s'identifieraient plus aisément ces "fils du spectacle" que sont ces "jeunes", pourtant à peine moins agés que moi, alors... oui l'école est peut-être finie! La distinction de son discours n'est plus perceptible, et, en abdiquant, elle se met au même niveau que celui de la société multi-médiatique qui forge finalement bien plus les personnalités, à grand renfort de spectacles télévisés aussi navrants qu'incongrus (par exemple cette publicité télévisée récente pour le magazine people "Closer": "Chaque lundi, TOUT est dans Closer"), qu'autrefois l'enseignement de l'histoire, de la géographie, et des lettres... Si "TOUT est dans Closer", évidemment... L'école se mettant au diapason de ce tout, pourquoi n'enseignerait-on pas bientôt la "profondeur sentimentale" des chansons de Lara Fabian ou de Britney Spears?
Un élève a bien le droit de trouver pénibles Rousseau, Chateaubriand ou Saint-Simon, mais n'a pas celui de les ignorer. Mais si c'est justement à une activité critique de l'esprit que devrait former l'école, ce n'est pas en les balayant des programmes au profit d'Hervé Villard ou Annie Duperrey, qu'on le fera mieux.

Ecrit par : gaspard matthaeus | 30 mai 2006

dans le même registre, ma mère, avocat(e?), m'a assuré qu'elle préférait se faire appeler "maître" et non... "maîtresse"!... allez savoir pourquoi!!

Bravo à vous monsieur Brighelli pour votre courage, vous avez tout mon soutien: bien qu'étant de la jeune génération, bien qu'étant diplômé, je vois bien que le niveau d'instruction que j'ai reçu n'a rien à voir avec celui dispensé à la génération précédente, et même si je peux ressentir un certain bien-être au quotidien comme "M" et ses amis, je ne me sens pas "libre" pour autant, et ce que l'école ne m'a pas donné, je dois aller le chercher par moi-même.
D'autre part, ayant 26 ans et fréquentant régulièrement des "djeun's" de 17 à 19 ans, je constate aussi combien depuis mon passage au lycée le niveau s'est encore dégradé! Mettre l'enfant au centre, c'est donc çà!!! Mais alors... au centre de quoi, au juste??

Et merde, on va croire que je suis d'extrême-droite!!

Ecrit par : Ozymandias | 30 mai 2006

Le mépris de l’intelligence des élèves… C’est à la fois vrai et faux je dois dire. Il faut admettre que la majorité des élèves font preuve d’une réflexion intense lorsqu’il s’agit de trouver un moyen pour boire ou se faire plaisir. Ils n’ont plus aucune éducation (vous le savez déjà je suppose), et ne s’intéresse qu’à leur misérable vie, pensant qu’être bon, compétant ou éduqué est facultatif et réservé à une élite. Comment un professeur – compétent – peut-il alors espérer leur enseigner sa matière de prédilection ?

Après tout, les élèves ne sont que le reflet de leurs enseignants. C’est pourquoi selon moi, dire que certains professeurs méprisent consciemment l’intelligence des élèves est faux. A dire vrai, ces mêmes professeurs n’ont même pas la présence d’esprit de se demander si ce qu’ils enseignent est de qualité. Ils ne comprennent d’ailleurs souvent pas ce à quoi ils sont supposés maîtriser et enseigner. Alors comment peuvent-ils prétendre ignorer une intelligence – dont ils ne soupçonnent en rien l’existence – étant donné qu’ils sont incapables de l’identifier ?
Je vous le demande.

Ecrit par : Estil | 30 mai 2006

Concernant les féminisations, voici la position de l'Académie française :

http://www.academie-francaise.fr/langue/questions.html#feminisation
http://www.academie-francaise.fr/actualites/feminisation.asp

Je n'en cite qu'un extrait pour ne pas alourdir inutilement la page :

En revanche, le genre dit couramment « féminin » est le genre marqué, ou intensif. Or, la marque est privative. Elle affecte le terme marqué d’une limitation dont l’autre seul est exempt. À la différence du genre non marqué, le genre marqué, appliqué aux être animés, institue entre les sexes une ségrégation.

Il en résulte que pour réformer le vocabulaire des métiers et mettre les hommes et les femmes sur un pied de complète égalité, on devrait recommander que, dans tous les cas non consacrés par l’usage, les termes du genre dit « féminin »- en français, genre discriminatoire au premier chef - soient évités ; et que, chaque fois que le choix reste ouvert, on préfère pour les dénominations professionnelles le genre non marqué.

----

Tiens moi je propose qu'on banlieurise aussi les noms des métiers dans le cadre de la lutte contre les discriminations,
ainsi un docteur de Montfermeil sera un daukter (féminin dauktêre),
un docteur du Mirail sera par contre un doqueteure, féminin doqueteuse. (ou doquetrice, comme vous préférez)


Y a pas que l'école qui est fini.

Un capri, des caprices.

Ecrit par : Atréïdes | 30 mai 2006

Cher Estil,

Je ne partage votre perception du milieu lycéen. Je ne suis pas professeur et je n'ai guère de contact avec la population qui s'y affaire, mais je ne veux pas croire à la débilité comme la chose du monde la mieux partagée. Ces élèves, dont j'étais il y a peu encore, ne sont pas subitement devenus totalement stupides et je les crois aussi capable que je l'étais d'accéder à la compréhension d'oeuvres réputées difficiles (et encore, Rousseau, il ne faut pas exagérer... il n'est pas insurmontable d'accéder à un premier dégré d'analyse qui ne soit pas la réduction de l'oeuvre à une banale confession d'enfant tourmenté!). Je pense que justement, c'est un certain nombre de clichés (comme ceux que vous véhiculez) sur les plaisirs médiocres et la débauche supposés des "jeunes", qui incitent des professeurs un peu influençables ou apeurés à ne pas les juger aptes à lire ou même comprendre un peu les "classiques" de la littérature. Tout élève mérite d'être bien traité! Professeurs, encore un effort si vous voulez être républicains!

Ecrit par : gaspard matthaeus | 30 mai 2006

Petite remarque, un peu hors du sujet (et encore, peut-être pas!) mais qui se veut assez humoristique... On savait notre ministre des Affaires étrangères, M. Douste-Blazy, capable de confondre Taïwan et la Thailande, on sait à présent qu'il n'a pas les premiers rudiments d'histoire classique. Dans un discours récent, qu'une petite main visiblement plus maligne que lui, avait eu l'amabilité de lui écrire, il a dû citer le grand historien romain Tite Live... Je vous le donne dans le mille, Douste Blazy a prononcé son nom à l'anglaise, soit en phonétique: "Taï Tlailleve"!
Ou bien il a décidément un problème avec les Thaï, ou bien on peut se demander ce que notre ministre a fait à l'école!!!

Ecrit par : gaspard matthaeus | 30 mai 2006

Atréides, merci pour "au temps". La recherche continue. Le Robert historique ne dit rien. En revanche, sur les tolérances grammaticales et orthographiques, je suis catégoriques : une circulaire ministérielle, dûment estampillée et tout à fait officielle, datant du milieu des années 1980, énumère sur une dizaine de pages les tolérances orthographiques et grammaticales à ne plus considérer comme des fautes dans les copies d'examen.

Estil a perdu une occasion de se taire : "les élèves ne sont que le reflet de leurs enseignants", quelle énormité. Dis-moi à quoi tu passes du temps, je te dirai qui tu es : en compagnie de qui ou de quoi l'élève passe-t-il le plus de temps, quatre heures par semaine avec le professeur de français en 1°S, ou trois heures par jour avec la télévision ? Sans parler des robinets musicaux, téléphoniques et divers. Sans compter qu'il y aurait reflet, peut-être, si l'autorité du maître était restée intacte, or ce n'est pas le cas. Heureusement, quelques-une restent lucides, si j'en crois Ozymandias.

Ecrit par : frédéric chambe | 30 mai 2006

Oh vous savez, les énormités et les clichés que je véhicule ne sont que mes tristes constats d’ex lycéen.
Il est évident que certains veulent apprendre, connaître, être qualifiés. Je dirais même que tous les « enfants » veulent apprendre en premier lieu, mais sachez Frédéric Chambe, que plus ils grandissent, plus ils seront entouré de professeurs incompétents qui les confineront dans une certaine forme de médiocrité, dont ils se complairont de plus en plus au fil du temps.
Après, il est possible d’ajouter certains critères extérieurs à l’école, qui font que ces même personnes en viendrez à aimer et apprécier de la « merde » étant donnée qu’elles ne connaissent que ça (encore un confinement dans la « médiocrité » ?), et ne peuvent d’ailleurs juger que ça, faute de connaissance basiques.

Par ailleurs, vous pouvez être certain qu’une majorité de ceux qui « réussissent », en parlant par exemple des personnes en CPGE scientifiques, ne sont motivées non pas par la formation, mais que par une certaine forme de reconnaissance et par la paye qu’ils auront en sortant.

Cordialement, signé, un élève en première année d’université.

Ecrit par : Estil | 30 mai 2006

Pour Gaspard Matthaeus…
Lycéen dans les années 90 ? Mais c'est déjà la préhistoire !
Cela dit, vous avez parfaitement raison. J'ai une si grande admiration pour Michon que je l'ai fait entrer l'année dernière au Petit Larousse, et Quignard il y a deux ou trois ans (je suis conseiller pour la littérature de l'honorable maison de la rue du Montparnasse).
Le résultat, c'est qu'n une petite vingtaine d'années on a construit non seulement une école à deux vitesses, mais une société à double culture — et ceux qui tiennent le haut du pavé appartiennent tous à la même. Quand je pense que les pédagogues qui font de telles surenchères dans le bas de gamme ont comme souci, disent-ils, de donner sa chance à chacun… La démagogie est toujours source de discriminations.
JPB

Ecrit par : brighelli | 30 mai 2006

http://fotonico.midiblogs.com/

j'viens d'voir Hervé :)
marrant vos liens ;)
C'est pas pour jouer à "l'homme du téléphone", mais si vous voulez je peux essayez de vous mettre en contact avec l'élève Michon. Mais j'imagine que c'est djà fait.

Ecrit par : toto | 30 mai 2006

au temps / autant pour moi
Lu dans le Trésor de la langue française
pour Atréïdes et Frédéric

ARM. [Dans le maniement des armes] "Les principes de l'épaulement sont les mêmes pour les deux espèces d'armes, ainsi que je vais le démontrer. Premier temps. Le pied gauche placé en avant et le corps un peu penché en arrière" (LA HÊTRAIE, Chasse, vénerie, fauconnerie, 1945, p. 164).
[Pour commander la reprise du mouvement depuis son début] "Au temps! Au temps pour les crosses. Recommencez-moi ce mouvement-là en le décomposant. Au temps! Au temps! Je vous dis que ce n'est pas ça! Nom de nom, La Guillaumette, voulez-vous mettre plus d'écart entre le premier temps et le second!" (COURTELINE, Le Train 8 h. 47, 1888, p. 240).
Au fig. [Pour admettre son erreur et concéder que l'on va reprendre les choses depuis leur début] Au temps pour moi! "Un peu plus tard, il avait fait une erreur dans un raisonnement délicat et il avait dit gaiement: « Au temps pour moi ». C'était une expression qu'il tenait de M. Fleurier et qui l'amusait' (SARTRE, Le Mur, 1939, p. 170).
Rem. La graphie autant pour moi est plus courante: "Autant pour moi! Où donc aussi, Avais-je la cervelle éparse?" (PONCHON, Muse cabaret, 1920, p. 157).

La base Frantext signale "Au temps pour moi!" (au sens figuré) dans les deux très beaux récits de guerre de 14 de Maurice Genevoix, Sous Verdun, 1916, et La boue, 1921.

Pour avoir lu pas mal de littérature de la guerre de 14, j'ai cru comprendre que cette expression d'origine militaire ("Au temps Un tel !") s'employait (ou s'emploie ?), quand un militaire doit recommencer son mouvement parce qu'il n'est pas "ensemble" (maniement d'arme, défilé, mouvement de parade d'un escadron de cavalerie...)

Ecrit par : TLF | 30 mai 2006

Monsieur,

C'est grace à pierre Marcelle(Libé) que je viens de découvrir votre blog.Je me présente d'abord:MrBonneville JJacques,infirmier dans une grand hopital psychiatrique de la région parisienne,exerçant depuis 10 ans,aimant vraiment mon travail....;Mais pour ce qui ici nous réunni n'a,au premier abord,rien à voir avec mon intêret pour Lacan ,freud....

En effet,ce qui m'amène à solliciter votre position c'est un sujet dont j'écris actuellement un pamplet:La vulgarisation.
Le titre provisoire est "Petit procès de la vulgarisation:Une démocratie du savoir?"

Le prédicat est en trés,trés résumé le suivant:La vulgarisation n'est pas un accés au savoir,c'est une supercherie sémantique,ontologique.ET,à terme,cela peut conduire à tout forme possible de totalitarisme,car si "on tue le père",donc le Symbolique(sens Lacanien),on tue la singularité et donc par effet boomerang le social,le groupe,la tribu des hommes.Et cela débouche sur la volonté de "jouir à tout prix"(voir,"l'homme sans gravité" de Charles Melman) et donc la peur et donc le risque d'un retour à l'ordre totalitaire(religieux ou autre)......Dans notre jargon analytique:"Le retour du refoulé"!!!!!!!!!!

C'est,vraiment un condensé de mon hypothêse,mais c'est pour attirer votre attention et vous demander par mail ou sur votre blog votre position sur la vulagarisation.Je suis en en train d'intérroger toutes les "subjectivités humaines" sur la question(universitaires,amis,journalistes...) et votre avis de prof pourrait enrichir mon taf comme disent les jeunes!!!

Merci par avance pour votre attention.
Avec mon respect,

JiJi/

Ecrit par : Bonneville Jena-Jacques | 31 mai 2006

J'ai encore eu une dose d'énervement hier en entendant les conversations de mes collègues.
Je ne partage en effet pas souvent leur façon de voir la société.
Un exemple : lorsqu'il a été question de rattraper la journée du fameux lundi de pentecôte, une collègue osait prétendre, sûre de son fait que : " de toute façon, tout les salariés du privé, ont pris une journée de RTT", ce qui prouve une nouvelle fois la méconnaissance TOTALE du monde du travail de l'essentiel du corps enseignant. Les RTT étant à maintes reprises remis en question par le MEDEF et totalement variable d'une société à l'autre. Ils sont d'ailleurs souvent imposés et pour finir, quand on est prof, on n'a pas le droit d'envier les salariés pour leurs RTT. Mais bon, j'en aurais beaucoup à dire sur le sujet, mais c'est un autre dont je voulais parler...

En vitrine de la librairie où nous nous fournissons, se trouve la méthode Bosher, ce qui les a indignés, trouvant ridicule cette méthode et "lamentable que des parents achètent encore cela". Bah, oui, mais je n'ai rien osé dire (pour l'instant), mais à cause de la merde que ma collègue utilise comme méthode de lecture, j'ai moi-même acheté la méthode Bosher pour apprendre à lire à mon fils qui est dans sa classe et qui, comme pas mal de gamins qui ont une bonne mémoire, se fiait à elle pour retenir toutes ses listes de mots qu'il récitait sans même les regarder !
J'ai retrouvé dans sa façon de lire, toutes les erreurs énoncées par Marc Le Bris.
Mais je suis certainement de ces mauvais parents qui apprennent des mauvaises choses à leurs enfants !
Ma collègue s'étonne que cette année, ses élèves savent lire plus tôt que les années précédentes. Je serais bien tenté de lui signaler que si, de l'aveu du libraire, la méthode Boscher se vend beaucoup plus cette année que les précédentes, suite au début sur les méthodes de lecture lancé en ce début d'année, sa méthode à elle n'y est peut-être pas pour grand chose !
Enfermés dans leur tour d'ivoire, mes collègues oublient le travail important que doivent faire les familles à la maison. Et ça, c'est doublement scandaleux. Déjà parce que cela signifie que l'école ne suffit pas, mais surtout parce que c'est totalement générateur de discrimination entre les élèves issus d'un milieu socio-culturel aisé qui bénéfieront de l'aide de leurs parents et les autres qui n'auront aucun accès à une quelconque autre méthode d'apprentissage.

On parle sans cesse de cette école qui doit s'ouvrir vers le monde, mais il faudrait commencer par ouvrir l'esprit de ceux qui la dirigent et de ceux qui la font !

Ecrit par : Sionac'h | 31 mai 2006

Merci à vous, prof chômeur, mais je crois que personne ne fait spécialement preuve de méchanceté à mon égard! Je crois qu'il suffit, à certains endroits, de dire qu'on enseigne dans un IUFM pour être le diable en personne, quels que soient les propos qu'on tienne.
Il est évident que le cours de lettres n'est pas là pour faire étudier Hervé Vilar, de la même manière que le cours de musique n'est pas là pour faire chanter des chansons de Jean-Jacques Goldmann ou écouter l'oeuvre complète de M.C. Solaar. La grosse différence, aujourd'hui, ne vient pas du fait que l'on mette "l'élève au centre du système", mais l'enfant au centre de tout. Encore une fois, les parents s'exprimant ici ont pris, la plupart du temps, conscience des enjeux que suppose la qualité de l'éducation, dans le milieu familial. Il est évident que si ce type d'éducation était mené dans toutes les familles, il n'y aurait aucun besoin de demander à l'école de "faire de l'instruction". Cela tomberait sous le sens. Malheureusement, ce n'est pas le cas!
Tenez, simple question; pourquoi, majoritairement, les enfants d'enseignants, et notamment les enfants d'enseignants du premier degré, réussissent-ils à l'école? Et j'aimerais que l'on ne me ressorte pas l'argument du contournement de la carte scolaire, qui ne concerne que peu de monde...
P.S.: merci pour les explications concernant: "au temps pour moi". Je connaissais l'origine musicale, mais pas l'origine militaire. Reprise, à la demande d'un musicien d'orchestre, au "temps", au sens musical du mot, où lui-même a fait une erreur. Et le fait d'assimiler le traitement de ce genre de sujet à de la"récréation" en dit long sur la manière dont le travail doive être synonyme d'ennui et de contraintes systématiques pour certains.

Ecrit par : christophe sibille | 31 mai 2006

"Juste un mot"
Attention Sionac'h La méthode Boscher est une méthode Mixte, il faut être bon pour l'utiliser sans faire de dégat.
Moi je n'ai pas réussi à l'utiliser.
L&L est beaucoup mieux, vous n'aurez pas les problèmes de syl la bi sa tion ou sy lla bi sa tion . Il faut faire très attention avec ça.
Je dis ça, pour ceux, qui comme moi ne savent pas parler correctement.
De plus c'est une méthode Français/Math il y a trop d'informations sur une page , ce n'est pas bien .....

C'est mon humble avis de Candide.

Pour info dans mon métier le "candide" c'est celui qui arrive sur ton projet, qu'il ne connait ni d'EVE ni d'ADAM, et qui est capable de te montrer ton erreur, qui est écrit en ROUGE GRAS ET QUI CLIGNOTE AU MILIEU DE TA FEUILLE. Seulement tu es trop absorbé par ton souci que tu ne le vois même pas.
Je dis ça pour cricri ;)

voili voilà
Bonne journée à tous.

Ecrit par : toto | 31 mai 2006

Dans ma bonne ville, on a trouvé un nouveau moyen d'employer les professeurs d'allemand en mal de poste:une collègue vient d'être parachutée dans une classe de CP et il semblerait que ce soit une catastrophe pour tout le monde...Je ne croyais pas que les fantasmes du SGEN se concrétiseraient à cette vitesse...
Autre chose. J'ai écouté Xavier Darcos sur France-Culture ce matin; je ne comprends pas vraiment sa position sur l'éducation. D'un côté il apparaît dans les remerciements du livre de JPB, de l'autre il soutient que le seul moyen d'attaquer le probléme de l'école est de commencer par
revoir les statuts des professeurs, leur temps d'enseignement et il prône une autonomisation forte des établissements...
Si quelqu'un peut m'éclairer, je l'en remercie d'avance.

Ecrit par : elisabeth | 31 mai 2006

bonjour elisabeth,

"revoir les statuts des professeurs, leur temps d'enseignement " Il faut voir de quoi il parle (?) .
Il y a des abérations au niveau des emplois du temps
ex: 2 heures le matin de 8 à 10 et 2 heures l'après midi de 4 à 6 avec 3 heures de transport . levé 5 heures du matin avec des élèves crevés (tv le soir) à 8 heure.
ce n'est qu'un exemple il y en a d'autres.
Et je ne parle pas des classes de 20 30 élèves pour un seul prof :(

Ecrit par : toto | 31 mai 2006

Ce qu'il visait par "emploi du temps" c'était la disparité entre capesiens et agrégés. Le concours suprême, dernier cache-sexe d'un assassinat des disciplines, est clairement visé.

Ecrit par : Frédéric Moreau | 31 mai 2006

okidoki, merci Frédéric. j'avions pas trop le temps pour m'instructionner moi :(

Ecrit par : toto | 31 mai 2006

"Ce qu'il visait par "emploi du temps" c'était la disparité entre capesiens et agrégés. Le concours suprême, dernier cache-sexe d'un assassinat des disciplines, est clairement visé."

Ben cela ne s'arrange pas... Engagez-vous qu'ils disaient.

Ecrit par : Ordrade | 31 mai 2006

Ceci dit, Xavier Darcos est aussi agrégé avec un parcours dans les humanités on ne peut plus prestigieux.....Si Frederic Moreau a raison, alors à qui se fier?
La politique de la terre brûlée en éducation commence non plus à sentir le roussi mais comence à nous comsumer tous.

Ecrit par : Ordrade | 31 mai 2006

Si M Darcos se met à parler comme Allègre, à présent... C'est peut-être une pathologie particulière des ministres retoqués. Ségolène ne proposait-elle pas, il y a quelques jours, de river les profs à leur lieu de travail pendant 35 h. par semaine?

Je n'ai pas regardé l'émission en question, mais je me demande si M. Darcos se souvient encore d'avoir été agrégé, puis prof de khâgne (à Charlemagne, je crois). Considérait-il déjà l'horaire des agrégés et les pondérations CPGE comme de scandaleux et archaïques privilèges?
Par ailleurs, le poste qu'il occupe actuellement ne me semble pas d'une utilité vitale pour l'avenir de l'éducation. Tant qu'à faire des économies...

J'ajoute qu'il existe dans l'université des disparités infiniment plus choquantes entre un prof de rang A (3 h/semaine environ), un maitre de conférences (7h 30) un agrégé détaché (15 h). En réalité, les heures sont annualisées, et la semestrialisation complique encore la chose, mais les hiérarchies et les préséances y sont nettement plus sensibles qu'en lycée.
Je ne parle pas de la plèbe des attachés temporaires (ATER) et chargés de cours, taillables, corvéables et jetables à merci. J'avais pourtant cru, pendant les manifs anti-CPE, que les universitaires nourrissaient une vertueuse hostilité contre l'exploitation patronale et la précarité.
Il y a là un riche terrain pour les généreux élans de nos anciens ministres.

Ecrit par : Jean-François Croz | 31 mai 2006

En tous cas il a évoqué un 'double problème" dans la formation des enseignants : niveau de connaissances trop en décalages par rapport aux élèves (sous entendu, trop élevé ?) et formation "trop théorique, pas assez pratique" en IUFM (Meirieu et cie ne seraient que des amateurs, après les explications de texte au rétroprojecteur-fluos on va sans doutes passer aux techniques de taillage des crayons de papier).

Ecrit par : Frédéric Moreau | 31 mai 2006

Lorsque Xavier Darcos a parlé des iufms ce n'était pas pour remettre en cause la daube que l'on y distribue mais pour parler effectivement d'un niveau théorique en décalage avec la réalité du terrain comme on dit. De quoi presque flatter nos pédagos qui se voient hissés sur des cimes abstraites!

Pour Toto,
Quant à la question des horaires des professeurs, son intervention portait et sur la disparité agrégés/ certifiés et sur le temps de présence des enseignants dans leur établissement. En avançant l'idée qu'il faut que nous ayons des salles des profs dignes de ce nom, qui nous permettent d'y rester et d'y travailler, c'est bien, je suppose, pour que nous fassions,comme la Royale le suggère, 35 heures sur place. Donc, si je tire bien les conséquences de tout cela:
1) Tous les profs font le même travail, donc plus de différence horaire entre les différents corps ( et là, la majorité des profs marchera, même si c'est une manière habile de détruire nos statuts, diviser pour régner.)
2) Comme nous sommes tous devenus très très très égaux, 2ème étape, nous ferons tous 35 heures dans la joie et la bonne humeur, puisque grâce à la première étape et avec l'approbation de la majorité des profs , nos statuts auront été détruits; et là, il faudra bien marcher, parce qu'il vaut quand même mieux que tout le monde soit à 35 heures, comme ça c'est plus zuste, c'est plus z'égal...
Ma parole, le sgen a réussi à infiltrer même la droite!
Elisabeth.

Ecrit par : elisabeth | 31 mai 2006

Lorsque Xavier Darcos a parlé des iufms ce n'était pas pour remettre en cause la daube que l'on y distribue mais pour parler effectivement d'un niveau théorique en décalage avec la réalité du terrain comme on dit. De quoi presque flatter nos pédagos qui se voient hissés sur des cimes abstraites!

Pour Toto,
Quant à la question des horaires des professeurs, son intervention portait et sur la disparité agrégés/ certifiés et sur le temps de présence des enseignants dans leur établissement. En avançant l'idée qu'il faut que nous ayons des salles des profs dignes de ce nom, qui nous permettent d'y rester et d'y travailler, c'est bien, je suppose, pour que nous fassions,comme la Royale le suggère, 35 heures sur place. Donc, si je tire bien les conséquences de tout cela:
1) Tous les profs font le même travail, donc plus de différence horaire entre les différents corps ( et là, la majorité des profs marchera, même si c'est une manière habile de détruire nos statuts, diviser pour régner.)
2) Comme nous sommes tous devenus très très très égaux, 2ème étape, nous ferons tous 35 heures dans la joie et la bonne humeur, puisque grâce à la première étape et avec l'approbation de la majorité des profs , nos statuts auront été détruits; et là, il faudra bien marcher, parce qu'il vaut quand même mieux que tout le monde soit à 35 heures, comme ça c'est plus zuste, c'est plus z'égal...
Ma parole, le sgen a réussi à infiltrer même la droite!
Elisabeth.

Ecrit par : elisabeth | 31 mai 2006

Désolée pour le doublet.
E.

Ecrit par : elisabeth | 31 mai 2006

Comme Marcelle, Marie-Estelle récidive...

Le Figaro du 31 mai 2006.
'Les trois quarts des enseignants s'estiment mal préparés à leur métier.

EDUCATION par Marie-Estelle Pech.
La formation dispensée dans les IUFM est jugée insuffisante et inadaptée, selon un sondage conduit par le ministère.

Les IUFM n'ont décidément plus la cote.Les trois quarts des enseignants aujourd'hui en poste jugent leur formation en Instituts Universitaires de Formation des Maîtres 'insuffisante ' ou ' très insuffisante'. Tel est le constat sans appel dressé par une récente étude de la Direction de l'Evaluation et de la Prospective (DEP) du ministère de l'Education nationale. Cette enquête, menée en 2005, démontre une fois de plus le décalage entre la pratique des enseignants une fois sur le terrain et la formation globalement trop théorique qui leur est dispensée dans les IUFM.
Près de 60 % des 1.200 enseignants du premier degré interrogés dans cette enquête regrettent, notamment, un 'manque de conseils pour gérer les situations difficiles ' comme la violence, les situations de handicap des élèves ou le port du voile.Ils sont 55 % à demander davantage d'échanges avec des enseignants déjà en poste. Une critique implicite des IUFM, où des enseignants pour la plupart agrégés, et qui n'ont parfois jamais enseigné dans le primaire, peuvent paradoxalement devenir spécialistes de la pédagogie ou de la lecture en CP ! Plus d'un tiers des enseignants considère par ailleurs que les stages dans les classes - la partie la plus pratique de leur formation - ne sont pas assez longs.

DES PRIORITES DIFFERENTES SELON LA GEOGRAPHIE SCOLAIRE.

L'enquête a également porté sur le regard que portaient les profs sur les matières enseignées dans les IUFM, classées suivant leur degré d'utilité. Parmi celles-ci, ils ont considéré comme les plus utiles la conduite de la classe, l'apprentissage de la lecture et les savoirs disciplinaires. La 'maîtrise de la langue française ' est jugée comme la plus importante pour la pratique professionnelle par près d'un enseignant sur deux.
Mais les professeurs n'ont pas les mêmes priorités selon le public auquel ils s'adressent. Ceux qui travaillent en zone d'éducation prioritaire (ZEP) devant des enfants souvent plus en difficulté qu'ailleurs estiment ainsi que l'apprentissage de la lecture est le module le plus important, loin devant tous les autres. Et ils sont plus d'un tiers à estimer indispensable 'le module' de 'prise en compte de l'hétérogénéité des éléves'. Au cours de leur carrière, 35 % d'entre eux souhaiteraient des formations spécifiques permettant de les aider à combattre l'illettrisme et à prévenir la maltraitance : cette dernière formation est jugée très utile par seulement 10 % des enseignants hors ZEP, mais par 20 % en ZEP.
Enfin, il n'est pas étonnant que les petits Français restent bons derniers en langues vivantes lors des évaluations internationales. Environ 36 % de leurs professeurs disent en effet éprouver beaucoup de difficultés à enseigner cette matière pourtant désormais obligatoire en primaire.L'informatique pose également beaucoup de problèmes à un tiers des enseignants. Près de 70 % d'entre eux mettent ces difficultés sur le compte d'une formation initiale insuffisante en informatique et en langues vivantes.
Cette étude conforte les nombreuses critiques de tous bords dont sont l'objet les IUFM. Le gouvernement a fini par engager une réforme. Le Haut Conseil de l'Education devrait faire des propositions à ce sujet à Gilles de Robien d'ici l'été. Selon un premier document de travail, la pédagogie différenciée serait encouragée, les enseignants seraient mieux formés pour repérer les problèmes de santé ou les signes de maltraitance et des cas réels leur seraient présentés, tels que des problèmes de violence en classe. Enfin, les stages en classe devraient être plus longs. Une manière de se frotter avec les réalités de leur futur métier.

Ecrit par : Guillaume | 31 mai 2006

Bonjour à tous.
Je suis moi aussi un jeune dinosaure. Je crois que les illuminés ne sont certainement pas aptes à changer d'avis... Pour faire comprendre aux autres, aux indécis, le mal-fondé des assertions "pédagrotesques", je propose de faire un point de vocabulaire : je ne suis certainement pas le seul à avoir bouilli en entendant certains termes de cette jolie langue qu'est le "youphme", mais n'étant pas prof de Français, je ne me suis permis aucune remarque à cette époque.

Aujourd'hui, une fois titularisé, je vous donne mon avis sur une expression qui m'a particulièrement indisposé lors de mon passage à l'IUFM : une formatrice en effet avait coutume de dire "savoir savant" pour parler ensuite de la belle théorie de la "transposition didactique"... Qu'est ce que cela peut bien vouloir dire "savoir savant"... le mot "savant" n'est-il pas seulement ajouté pour connoter le digne mot de "savoir", qui lui a un réel sens pédagogique. Ce mot ne sert-il pas seulement à diffuser de manière sournoise l' "idéologie" que décrit si bien JPB dans ses livres... Il y a dans ce mot une volonté hypocrite de dire au jeune professeur "vous etes savants, mais vous devez savoir que votre science n'est pas destinée aux élèves car vous leur êtes bien supérieurs".

Sinon à quoi pourrait bien servir ce mot ? L'explication vaseuse de transposition didactique pourrait facilement se passer du mot "savant" qui la précède... L'élève doit-il être "vu" comme l'égal du maître, et en réalité, ne pas bénéficier du même savoir ? Je soutiens le contraire : l'élève ne doit pas être "vu" comme l'égal du maître, l'écart qui les sépare étant justement le savoir, et c'est dans ces conditions qu'il sera à même d'accéder au savoir, que le maître ne demande qu'à lui transmettre. C'est à ce prix que l'élève pourra un jour devenir l'égal du maitre voire le surpasser (ce qui n'est plus du tout au goût du jour : premier jour en collège, j'apprends par un collègue que son but n'est pas de faire de ses élèves des "spécialistes" de sa matière ; quelle honte, cela devrait être le but, le rève de tout enseignant !)

Un didacticien m'a dit un jour : "tu fais autorité donc tu as de l'autorité". Je pense qu'il avait raison dans un certain sens : il sous-entendait faire autorité dans une situation de "conflit socio gnagnagna"... Mais on peut et on doit faire autorité par le savoir quelqu'il soit car c'est ce qui nous donne le statut de professeurs, sinon nous somme des animateurs, des guignols...
Voilà, désolé pour cette bafouille un peu décousue mais je crois que certains vont se retrouver dans mes propos et cela ne fait pas de mal de se sentir moins seul à l'EN : quand toute réaction vous fait qualifier de réac, il faut se dire que quelque chose ne tourne pas rond et que ce n'est peut être pas soi.

Ecrit par : D | 31 mai 2006

bonsoir elisabeth merci pour l'info,

moi et mon ânerie, on "pensent"(aïe) que, normalement, avec des gamins correctement instruit dans les petites classes MAternelle Primaire, vous devriez être vraiment tranquille en lycées facs, sans tout le stress et la violence que l'on subi tous les jours.
Pour les horaires je dis qu'il ne faut céder sur rien, il faut embaucher plus de prof, 1 prof pour 10 15 élèves maxi, il faut former les profs pour qu'ils comprennent ce que veux dire travailler "du simple vers le complexe" .
Là je vais être FOU, désolé, IL FAUT réapprendre à lire à tous les adultes qui ne savent pas lire correctement. (L&L)

désolé j'avions pas la force de tous lire.
Bonne soirée à tous

Ecrit par : toto | 31 mai 2006

Toto, il faut malgré tout vivre dans la réalité ! Evidemment qu'être seul avec 10 à 15 élèves serait le rêve ! Mais justement, je préfère voir des choses réelles que des utopies.
La limite devrait être fixée à 24 élèves maxi avec doublement de classe à partir de 25. Là, on aurait du travail efficace et on pourrait de permettre de "différencier".
Soyons clairs... Dans une classe de 28 et à fortiori de plus de 28 comme c'est souvent le cas, on ne peut pas apporter l'aide individualisée qui serait nécessaire à chaque enfant.

Ecrit par : Sionac'h | 31 mai 2006

Moi, je suis maître de conférences d'université depuis 25 ans, dans une université confortable, où j'ai un bureau, comme tous les autres enseignants. Alors, je voudrais dire à Elisabeth que passer 35 heures sur son lieu de travail, ce n'est pas du tout l'horreur, à partir du moment où l'on a un bureau INDIVIDUEL ou à DEUX ou à TROIS. Un vrai bureau, avec téléphone, poste de travail informatique perso, adresse mail, et rayonnages sur tous les murs pour y mettre ses livres. C'est parfait, même : on peut vivre comme tous les autres salariés : on laisse son travail derrière soi quand on rentre chez soi, il y a la vie professionnelle d'un côté, et la vie privée de l'autre ; on ne corrige plus ses copies en faisant tourner la lessive ou en faisant cuire le rôti ; on ne travaille pas le dimanche après-midi, on se dit "je verrai demain, au bureau" ! Et puis ça permet d'avoir une vraie vie sociale sur son lieu de travail : on peut bosser à huis clos avec tel ou tel collègue, parler privément à un élève en difficulté, rendre les copies individuellement dans son bureau, etc. Le lieu de travail devient un lieu humain, pas cette espèce d'usine que j'ai connue du temps où je travaillais en lycée, où on aurait cru que l'humanité se partageait en deux : les profs d'un côté, et les élèves de l'autre, avec un lien de méfiance et d'hostilité réciproque entre les deux. Je serais donc pour que les profs passent 35 h sur leur lieu de travail, mais il faut que l'État ou les Régions leur paient des BUREAUX (pas des salles de profs aménagées, mais des bureaux). Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi les profs ne travailleraient pas 35 h sur place : sont-ils donc des salariés au-dessus des autres ? une humanité à part ? D'ailleurs un bon prof travaille plus que 35 h par semaine. Les profs de français travaillent en moyenne 41 (enquête DEP) — mais ils ont beaucoup plus que 5 ou 7 semaines de congés payés...

Ecrit par : TLF | 01 juin 2006

Je confirme les propos de TFL, le bureau de mon père, professeur d'université était ridiculement petit, sans vraiment de rayonnages, et à partager avec un collègue.
Les députés nous répondrons "regardez les nôtres à l'Assemblée !" mais ils ont ceux de leurs circonscription voire ceux de leur mairie avec secrétaires fournies.
L'entretien et le financement des bâtiments d'Université montre bien le peu d'intérêt de nos élus pour l'enseignement supérieur.

Ecrit par : Guillaume | 01 juin 2006

Si la violence universitaire prenait les mêmes proportions que la violence scolaire (je ne connais pas d'équivalent universitaire de l'affaire d'Etampes) , je ne pense pas que les profs d'université insisteraient pour passer 35 h. sur leur lieu de travail.

Ecrit par : Jean-François Croz | 01 juin 2006

Pour TLF qui note que si les profs de français travaillent en moyenne 41 h (enquête DEP), ils ont beaucoup plus que 5 ou 7 semaines de congés payés : que croyez-vous qu'ils font pendant les vacances d'été ? Ils préparent des cours ! ... Je suis prof en prépa littéraire, et, croyez-moi, mes dernières vacances d'été passées à ne "rien" faire remontent à, ouh lala, un bon moment. Je ne m'en plains pas, je ne cherche pas à faire pleurer qui que ce soit, j'exerce un métier passionnant, mais je ne veux pas laisser dire ou croire que nous passons nos étés à "buller". Evidemment, le jour où les mémoires d'H. Vilard seront au programme des ENS, nous pourrons envisager d'aller bronzer à Capri pour nous familiariser avec le terrain (pardon, pour contextualiser la situation d'énonciation du récit à la première personne).

Ecrit par : FGuichard | 01 juin 2006

La proposition de Royal n'est pas nouvelle. Elle l'avait déjà faite quand elle était ministre, et pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec la qualité de l'enseignement; il s'agissait d'obtenir des enseignants qu'ils surveillent la cantine et la cour de récré. Des économies de personnel, rien de plus, drapées dans toutes sortes de considérants moralisateurs. Dans la lignée de la bivalence des profs (un prof d'allemand peut aussi enseigner le français, disait L. Ferry, ...puisqu'il est très cultivé et qu'il parle le français), pronée depuis par la droite, mais dont la gauche s'accommode fort bien, au nom de la lutte contre les "lobbies disciplinaires". Deux profs, un pion et une dame de cantine en versant un seul salaire, ça au moins, c'est du social.

Bref, derrière les incantations vertueuses, on trouve des raisons bien petitement calculées.
Mais j'ai sans doute tort de m'en inquièter; après tout, il s'agit de rendre au pédagogue la dignité qui était la sienne dans la Grèce ancienne: celle d'un domestique. Quand ce grand progrès social aura été réalisé par la gauche et applaudi par la droite, on pourra vraiment dire que l'école est finie.

Ecrit par : Jean-François Croz | 01 juin 2006

Bon eh bien permettez moi de dire que non seulement l'école court à la ruine mais les patrons français n'ont vraiment pas de quoi pavoiser !

Hier une multinationale suisse , constituée de 800 personnes à la maison mère et spécialisée dans le secteur automobile me convoque à un entretien d'embauche pour le 15 juin, tous frais payés ! En France je peux toujours rêver à ce niveau...Pour eux c'est une évidence !

Secondo , on me propose en France des postes payés au SMIC, au mieux 1300 euros net voire des postes à temps partiel. Même l'anpe, sous prétexte que je sois surdimensionnée, m'avais demandé de retirer de mon cv un certain nombre de diplômes obtenus, histoire de me brader toujours un peu plus ! J'ai bien évidemment refusé.

En Suisse, dans cette fameuse entreprise, dont le taux de croissance est à deux chiffres, on propose un poste d'attachée de direction générale trilingue payé 3000 euros net sans compter les avantages en nature et le statut de Cadre....

Au téléphone ,le DRH me disait : "C'est quand même un comble car nous avons le chic de récupérer tous les hauts potentiels français que votre région ou pays rejette....Semblerait-il que l'économie soit quelque peu atone...Bon tant mieux me direz vous nous avons une position de leader à défendre, alors autant recruter les meilleurs pour devancer nos concurrents !"

Je lui ai simplement répondu avec un sourire un peu narquois : "A qui le dites-vous !" J'ai senti bien entendu un peu d'ironie dans ses propos mais j'avoue que nous sommes sur les mêmes positions...

Sincèrement nous risquons en France de payer très très cher et sous peu le fruits de nos réactions complètement imbéciles....Il serait grand temps de se réveiller....

Ecrit par : Sandra WAGNER | 01 juin 2006

on est mal barré :

http://cafepedagogique.net/index2.php

Interrogé par la revue québécoise Vie pédagogique, Jean-Michel Zakhartchouk défend l'idée d'une politique zep centrée sur les projets des équipes pédagogiques.

Il doit aussi s'expliquer sur un phénomène qui paraît surprenant au Québec : "en suivant de loin les débats français sur l’école, on comprend mal le procès de complot contre la culture que dressent divers intellectuels médiatiques à ceux et celles qui travaillent avec cœur à l’amélioration de la pratique pédagogique". Pour J.-M. Zakhartchouk, "il ne suffit pas de clamer qu’il faut faire étudier Victor Hugo et qu’il ne faut pas renoncer à travailler sur Mozart. Il faut trouver les chemins adéquats, en passant par l’actualité, par les formes familières aux élèves (y compris en « récupérant » ce qu’on peut trouver dans la pub, par exemple) et par diverses astuces et ruses".

Ecrit par : tartempion | 01 juin 2006

A TLF:
Dommage, je connais fort bien le milieu universitaire, et je sais parfaitement que les universitaires qui passent 35 heures à la fac sont RARISSIMES. Ne nous faites pas croire que sous prétexte que vous disposez de bureaux partagés à 2 ou à 3 , vous êtes présent autant de temps à la fac.( soit-dit en passant vous avez de la chance car il y a de nombreuses facs où ils sont à 4 ou 5 et c'est bien la preuve que vous ne faites pas tous 35 heures sinon on se demande comment vous tiendriez tous ensemble dans vos cellules). Vous êtes peut-être souvent à l'université, mais ne généralisez pas votre cas, car à part les profs qui sont responsables de départements ou d'ufr , bref, à part ceux qui ont des responsabilités administratives, les autres enseignants ne sont pas présents sur place 35 heures.
Il n'est que de voir les heures de réception affichées sur les portes des bureaux pour se rendre compte que votre temps de présence n'est pas de 35 heures. Demandez aux étudiants étrangers ce qu'ils pensent de la manière dont ils sont reçus par les profs dans les universités françaises, c'est très éloquent...Ils sont surpris au début et ensuite ils râlent ( et on les comprend) quand ils parlent de parcours du marathon pour essayer d'avoir une entrevue avec un prof de fac...
Et là je parle bien sûr de la majorité, il y a heureusement des exceptions.
Lorsque vous dites qu'en passant 35 heures à la fac grâce à votre bureau, cela vous permet de rentrer chez vous l'esprit libre et de séparer votre vie professionnelle et personnelle, j'en suis médusée. Qu'est-ce qu'un prof de fac qui réussit à tout faire en 35 heures, ses cours, ses réunions, ses entrevues avec les étudiants et sa recherche? Elle doit être belle la recherche!
D'ailleurs à ce propos , puisque vous me tendez la perche, j'en profite pour suggérer un grand audit des facs françaises et de la recherche menée par les universitaires. Il y aurait du ménage à faire et sans doute des économies si on prenait les enseignants-chercheurs qui ne cherchent pas grand-chose et qu'on augmentait leurs heures de cours.
On pourrait concevoir qu'un enseignant qui mène une vraie recherche ait moins de cours et que son collègue qui assure actuellement uniquement ses 6 heures hebdomadaires , prennent plus d'heures de cours. Les profs de fac seraient-ils des salariés au- dessus des autres?
Enfin vous reconnaissez vous-même que votre expérience du secondaire ne vous aurait pas permis de rester 35 heures au lycée par semaine... Et dans un collège de banlieue, vous imaginez?Alors pourquoi applaudir à une telle proposition? Car tout le monde sait bien que JAMAIS les établissements du secondaire ne seront équipés correctement afin qu'une telle proposition soit réalisable. Et par contre nous savons tous, que cette idée de faire stagner les professeurs du secondaire ,à l'anglaise, dans des salles des profs sinistres, pendant 35 heures, se concrétisera sans que les moyens matériels nécessaires soient donnés.
Et on voit aussi quand on vous lit que ce n'est pas du côté des profs de fac qu'on aura du soutien lorsqu'on refusera ce genre de choses!
Mais on est habitué, on vous a déjà vu donner vos étudiants en pâture aux iufms lorsque ces instituts ont été créés, alors...!
Une toute dernière chose: entendre un maître de conf. dire que les enseignants du secondaire ont trop de semaines de vacances! C'est vraiment à hurler de rire ou à pleurer...
Vous terminez vos cours à quel moment ? Fin mai si je ne m'abuse... Et vous les reprenez quand? En Octobre, non?
Ah, mais il est vrai que vous avez les oraux et les copies d'examens! C'est vrai!! Pas nous d'ailleurs, on ne corrige rien, non, en fait, nous, c'est pour le plaisir...
Les profs de facs et Allègre ont raison, on ne fiche rien dans le secondaire, allez, aux 35 heures les profs! Avec tout l'argent qu'on gagne, en plus! Si la Royale passe, un certifié en début de carrière gagnera le smic à peu près. Et vous vous rendez-compte du nombre de semaines de congé qu'il aura encore!
Mais je suis rassurée, je sais que nos amis les universitaires se battront comme ils savent si bien le faire pour que nous ayons le même nombre de jours de congés que les smicards.
Ils veillent pour nous. On peut compter sur eux...
Elisabeth.

Ecrit par : elisabeth | 01 juin 2006

Du vieux vin dans de nouvelles outres, ou comment paraître « moderne » sans trop s’épuiser.
Lisons ces citations :

« – Les congressistes de la Fédération des Cercles de Recherche et d’Action Pédagogique (CRAP) « ont souligné les inadaptations du système actuel qui fixe les obligations du service des professeurs à un nombre fixe d’heures de classe en fonction uniquement de la catégorie à laquelle ils appartiennent... Ils ont demandé « une révision totale du service d’enseignement «... II s’agit, affirmait un professeur, de concevoir notre travail autrement. Nous n’avons pas à demander des décharges de service, mais à répartir de façon différente nos quarante heures «. (Le Monde)
– Mme S. Citron, professeur au lycée d’Enghien et prêtresse du réformisme, écrit dans Le Monde : « Le ministère doit enfin se pencher d’urgence sur un problème clef : « La notion du service de l’enseignant est l’une des premières choses sur quoi l’on bute lorsqu’on recherche les conditions du « changement «, écrit un proviseur... Il n’est plus possible de concevoir le service de l’enseignant comme une simple addition d’ « heures de classe « … cette conception restreinte du service n’a plus aucun sens si l’on veut développer une pédagogie de groupe, intégrer les relations humaines dans la vie d’un établissement scolaire, promouvoir la transformation de l’enseignant en animateur. Le service de l’enseignant devra être évalué en heures de présence dans l’établissement sous des formes diverses (participation à la classe, travail en équipe, contacts et animation, travail personnel)… la grande masse des enseignants, à la base, est consciente de la nécessité urgente de cette redéfinition. »
– F. Gaussen (Le Monde) écrit : « ... La nature de la tâche éducative étant modifiée, la conception même du « service » des enseignants doit évoluer. Celui-ci est calculé en fonction des heures d’enseignement, système qui correspond à la pratique de la pédagogie traditionnelle. On ne saurait plus prétendre que le rôle du professeur se limite à ses cours proprement dits. Pour connaître l’enfant (c’est-à-dire pour que son enseignement soit véritablement efficace) il doit l’observer dans des situations pédagogiques diverses, donc participer davantage à la vie de l’établissement. Une définition nouvelle de ses obligations professionnelles et de son mode de rémunération doit être trouvée. II semblerait naturel d’exiger une plus grande présence des enseignants dans l’établissement en leur assurant des traitements plus conformes à leur statut social et à leur niveau de qualification. »
La dernière proposition – c’est une évidence – est un vœu pieux destiné à dorer la pilule. De même, il ne s’agit pas d’enseignement « efficace « mais d’enseignement différent, le mot « efficace » est là pour charmer l’esprit ; d’ailleurs, Gaussen dit que « la nature de la tâche éducative » doit être modifiée et que cela entraîne un autre système de « service » des professeurs. Ce n’est pas d’efficacité dans la transmission des connaissances qu’il s’agit.
C’est dans la question du service des enseignants que les tenants du lycée unidimensionnel trouveront le plus rude obstacle ; ils le franchiront avec peine. Seuls des faits nouveaux (par exemple, des troubles dans les établissements – troubles qu’espèrent secrètement bien des modernistes) permettront de modifier en profondeur tout l’enseignement. La multiplication des, réunions – depuis mai 1968, les enseignants souffrent de réunionnite – n’a pas eu tous les effets espérés. D’autres moyens seront sans doute mis en œuvre dans l’avenir : création d’un nouveau cadre d’enseignants, de fonctions nouvelles, de travaux supplémentaires agrémentés de primes, etc. Une décentralisation plus poussée aidera à obliger l’enseignant à cette présence constante et laminante dans l’établissement : le public tient les enseignants pour de grands paresseux.
La transformation des établissements secondaires en usines à former l’animal social de demain selon le cadre en place aujourd’hui réclame ce laminage, mais celui-ci ne sera possible que si le professeur passe ses journées au lycée, ainsi :
1) Il sera amené à s’intéresser davantage aux relations sociales dans l’établissement et moins à l’amélioration de sa culture.
2) Ses cours seront légers, et, du coup, il donnera davantage la parole aux élèves ; le contenu aura alors moins d’importance que la technique d’insertion sociale – ce qui est le but recherché. 3) II perdra autonomie et liberté, sera intégré dans un groupe et enfin manipulé et manipulant. »


Les citations des « modernisateurs » frénétiques datent de 1968-1969, les commentaires sont de Henri Gunsberg dans son livre prophétique, Le Lycée unidimensionnel de… 1970 ! Pour ceux qui ne connaissent pas Gunsberg, on peut trouver ses livres sur le site de Michel Delord.

Ecrit par : Lariba | 01 juin 2006

Chuis réellement désolé de ne pas pouvoir tous vous lire !

je veux juste réagir un peu sur 'le' nouveau souci dont on/vous parle(z) 'les horaires'

Un bon prof, ne passe pas 3 heures pour préparer un cour, 10 à 30 minutes lui suffise.
Un bon prof ne passe pas 18 heures corriger les copies de ses élèves. Parceque il fait des bon cours, ses élèves ne font presque pas d'erreur, dont rien à corriger.
Un bon prof n'a pas besoin de se prendre la tête ..... amha bien sûr.

10 élèves par classe c'est de l'utopie ? Dommage . Il faudrait que cela puisse devenir une réalité.

un ex: avant (bou le vieux)on avait un controleur ET un conducteur dans les bus. Ils ont viré le contrôleur , ils l'ont remplacé par une machine. Maintenant plus personne ne fait la loi dans le bus. ILS sont obligé d'envoyer des brigades entière (bon je déconnne, 3 4 'gus') pour faire la police , manque de pot cela ne sert à rien, il suffit de voir l'actualité pour s'en rendre compte.
Donc ne vous laissez pas spolier, conserver les horaires actuelles (même moins si possible ;) ) .
les élèves n'ont pas besoin de mauvais profs pendant 35 heures Ils ont besoins de profs excelent pendant 1 ou 3 heures maxi .

Qui ici bosse plus que 3 heures par jours (intellectuellement parlant bien sûr! je ne parle pas de visser des boulons pendant 8 heures)


bon désolé pour le ton, je réagis à chaud :o)

Pour reprendre ce que dit Daniel PENNAC en parlant des (de nos) enfants:
"-ET IL NE SONT PAS A NOS FRAIS. ILS SONT A NOTRE CHARGE" ref:MERCI suivi de MES ITALIENNES.

Ecrit par : toto | 01 juin 2006

Pour M., Sandra (et non Sandra WAGNER!) et quelques autres...

"Grande" maxime d'actualité: "Heureux, les simples d'Esprit!"

Il est bon de prendre un peu de recul quand on arrive sur ce genre de blog:
- Personne ne dit qu'il ne faut pas toucher à la littérature contemporaine, ni même de porter un jugement purement qualitatif.

Néanmoins, l'école est là pour apporter l'instruction, et se doit de faire référence à des textes qui ont "survécus" aux époques et s'imposent comme des "classiques" par leur seule survivance.

Hors, ce qui est reproché (à mon sens!) au livre d'Hervé Villard (et ceux des autres "néo-contemporains") n'est pas tant le qualitatif, mais cette absence de recul qui ne permet à personne (pas même Nostradamus, ou Paco Rabane ;-) !) de pouvoir prétendre que ces oeuvres deviendront ou non des "classiques".

De fait, ces bouquins, qui peuvent prétendrent, suivant leurs qualités linguistiques, à une approche dans le cadre d'un premier contact avec la littérature moderne, n'ont absulement pas à remplacer les "classiques" ayant fait leur preuve.

Par ailleurs, il a été suggéré que les parents se "décultivaient" par absence de littérature! C'est évident pour une majorité: je l'ai moi-même constaté à mes dépends (ce qui m'a inscité à reprendre la vrai littératture!)! Mais est-ce réellement une raison pour cautionner, et accepter notre médiocrité et celle de nos enfants en restant les bras croisés! Je ne pense pas!! (mais je pense... ...donc je suis! ;-) - retour à la maxime du début, pour ceux qui oublient de penser!!!).

Si l'éducation va si bien, quelqu'un peut-il m'affirmer qu'il est capable de prendre les manuels scolaires actuels de ses enfants et de s'en servir pour l'aider s'il a des difficultés?
Pour ma part, j'ai essayé!! Essayé seulement, car à l'ouverture de ces manuels, je n'y ai rien compris! on y aborde les sujets sans aucune logique réelle, en vrac, avec des exercices sans explication approfondie sur les règles d'utilisation!!!
Encore plus surprenant, il n'y a quasi plus de cours écrits de les cahiers de cours des enfants...

Pour Christophe Sibille:
Il est vrai que j'ai peut-être une vue "idéal" (pour reprendre votre terme!); Pour autant, je considère, quitte à proposer quelque chose, que l'on parte sur une base "idéale" qui permettra plus facilement d'acceder à un résultat positif, plutot que de considérer l'aspect négatif et d'abaisser encore le niveau comme on le fait depuis dejà trop de décennies!!!

Petite précision personnelle pour/sur les enseignants en général:
Beaucoup se froissent quand on aborde les questions de "bons" ou "mauvais" enseignants! Il faut entendre par là que leur niveau (avec toutes les exceptions que comportent chaque généralité!) de formation est en corélation directe avec le niveau des études qu'ils ont suivi. Ce niveau baissant régulièrement depuis des années, il me semble cohérent (peut-etre à tord!) de considérer que leur niveau est donc moindre, même si l'on a essayé, par ailleurs, de compenser cette baisse de qualité par une augmentation du cursus.
Maintenant, quand j'aborde ce sujet précis, je ne considére pas que ces enseignants soient responsable, mais je les place en victime du système, au même titre que les élèves!!

Pour conclure:
A mon avis, il y a sans doute des enseignant meilleurs que d'autres (mais finalement, là n'est pas la vrai question!!!)... MAIS IL Y A SURTOUT DES ENSEIGNANTS VICTIMES DE LEUR PROPRE FORMATION, et quand décidera-t-on d'arrêter le massacre???

Cordialement

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 01 juin 2006

Par ailleurs, Christophe (Sibille, biensur!), je constate que vous éluder encore (...et toujours aussi...) admirablement le petit schema que je vous ai demandé de nous soumettre, concernant le "principe de scolarité appliqué" à l'heure actuelle.

Si vous ne me repondez pas, je vais finir par croire que c'est peut-être par ce qu'il n'y en n'a pas (ou que j'avais raison sur celle que j'ai proposée, mais vous ne me l'avez pas confirmé non plus!)! Et que cette brillante absence vous empêche de le soumettre! ;-)

Et dans ce cas, c'est peut-être aussi la raison de la faillite de notre E.N!!!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 01 juin 2006

Reprise pour corrections:

"Si l'éducation va si bien, quelqu'un peut-il m'affirmer qu'il est capable de prendre les manuels scolaires actuels de ses enfants et de s'en servir pour LES aider S'ILS ONT des difficultés?"

Désolé, mais la re-lecture sur écran n'est décidement pas ma tasse de thé!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 01 juin 2006

Quant à la féminisation des professions... Quel bonheur!

Je pense que je vais me mettre à cotoyer beaucoup plus "d'avocates" et de "notairesses": Oh! "Maîtresses", venez-moi en aide!!! ;-)

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 01 juin 2006

Permettez moi de revenir sur les propos de TLF commentés ensuite par les uns et les autres et vous apporter un éclairage.

Un réseau de formation initiale par l’apprentissage accueillant des jeunes dès 15 ans fonctionne -et plutôt bien- avec des enseignants qui sont 35 heures dans leur établissement. Bien sûr pas 35h en face à face avec les jeunes mais présents dans l’établissement pour préparer les cours, échanger avec leurs collègues, discuter plus longuement avec un jeune, échanger avec l’entreprise accueillant le jeune, etc.…
Les enseignants disposent, en effet, de moyens matériels (ordinateurs, salles ou bureaux…) et ont le sentiment d’appartenir à une véritable équipe pédagogique.

Une expérience toute personnelle aussi ; j’ai préparé mon bac dans un établissement de province où les enseignants étaient souvent présents en dehors de leurs heures de « face à face » avec les élèves. Quel plaisir de pouvoir échanger, interroger son enseignant alors même que l’on n’a pas cours avec lui….De l’intérêt pour l’élève…

Ceux qui disent que les enseignants ne travaillent que 18h et ont 3 mois de vacances sont malhonnêtes. Nous savons que le métier ne se limite pas aux heures de face à face –même si certains….
Ce qui m’étonne en vous lisant c’est que vous puissiez admettre une différence de traitement entre le certifié et l’agrégé. Pourquoi un certifié fait-il plus d’heures qu’un agrégé ? Une punition pour ne pas avoir décroché l’agreg ?
;-)
Dans les établissements dont je vous parle le titulaire d’une licence ou d’une maîtrise de Lettres, par exemple, aura, au cours de la semaine, des jeunes en face de lui autant d’heures que son collègue titulaire d’un brevet professionnel en maçonnerie...

Je suis bien d’accord avec vous tous, l’école va mal mais la diatribe d’Elisabeth m’étonne.
N’auriez vous pas à y gagner d’accepter de remettre à plat un certain nombre d’éléments de votre statut ?

Dire que l’école va mal sans aborder le corporatisme des enseignants et l’ostracisme des syndicats était ma première critique à JPB après lecture de La fabrique du crétin…

With Love
Colomba

Ecrit par : Colomba | 01 juin 2006

Lovely Colomba,
Ma diatribe est une réponse à une autre diatribe, qu'on se le dise... Et j'ai toujours eu du mal à voir des collègues charger le dos d'autres collègues quand eux sont au chaud. Au moins qu'ils aient la décence de mariner dans leurs eaux tièdes sans accabler en plus les enseignants du secondaire qu'on accuse déjà de tous les maux dès que la jeunesse va mal...
Cela dit ce que vous décrivez à propos de ce réseau de formation initiale par l'apprentissage n'est peut-être pas transposable à l'échelle de tous les établissements qui scolarisent tous les élèves en France.Là est le problème.Je doute fort que l'on nous donne des structures matérielles aussi agréables que celles que vous décrivez ou alors il faudrait une révolution dans le patronat français qui financerait gracieusement l'éducation? On est en France, il faut le rappeler et le mécénat éducatif et culturel est quasi inexistant et quand il existe pour l'éducation, le bon peuple de gôche se lève comme un seul homme en criant "Non aux patrons dans les écoles" .Et avec le désengagement actuel de l'état, quel conseil régional accepterait de faire autant d'efforts financiers?
Et puis tout cela supposerait de la part de nos politiques la volonté d'une école de qualité pour tous et c'est de moins en moins leur souci...
Elisabeth.

Ecrit par : elisabeth | 01 juin 2006

Il y a tout de même une grosse différence entre la licence et la maitrise qui sont des examens locaux (et sujets à des disparités importantes), et des concours nationaux de recrutement.

Quant aux agrégés, faut-il les punir d'avoir eu l'agreg? Dans tous les corps de métiers, il est normal que les différences de qualification soient prises en compte. Pourquoi l'enseignement devrait-il faire exception? Pour les intéressés, l'agrégation représente un supplément d'années d'études qui n'est ni négligeable, ni gratuit. Les gens qui s'y présentent ne le font pas pour passer le temps ni pour se donner un genre.
Ceci posé, on peut être agrégé, avoir le sentiment d'appartenir à ce qu'il est convenu d'appeler une "équipe pédagogique", et entretenir des relations confiantes avec les élèves, sans pour autant être démagogue. J'avoue ne pas saisir où est le corporatisme.

Ecrit par : Jean-François Croz | 01 juin 2006

Elizabeth, je peux vous dire que tous les universitaires français sont loins de penser comme TLF :

1) les universitaires français sont horriblement mal payés. A titre de comparaison, le salaire moyen dans les universités privées américaines est de 4600€ bruts par mois (avec une fiscalité avatageuse). On en est loin en France.

2) les budgets sont complètement à la ramasse.

3) nos universités sont des taudis.

4) les universitaires sont surchargés de paperasses. Le nombre de personnels non-enseignants est ridiculement (grotesquement, follement, incroyablement) bas en France, comparé aux autres pays industrialisés. Ceci est démultiplié par l'incroyable complexité bureaucratique du système.

5) les taux d'encadrements profs/étudiants ne sont pas terribles.

6) le niveau des étudiants, et leur faible motivation (euphémisme !), fait que les cours de premier cycles se réduisent à une insupportable perte de temps.

7) dans les comparaisons internationales, la France est très, très loin derrière les autres. Les conférences sont une bonne occasion d'avoir honte : on a plus les moyens d'inviter les chercheurs étrangers dans des conditions décentes, ils faudraient qu'ils acceptent de se loger au camping et de payer leur propre transport. Honte planétaire.

8) les jeunes chercheurs sont considérés comme des parasites de la société, condamnés à la précarité, au RMI, aux petits boulots, à des sous-smics, à des stages non rémunérés... Combien d'entre nous vivent sous le seuil de pauvreté ?

9) Les conditions de recrutement sont dignes de Tintin et du général Alcazar. Les déplacements sont aux frais du candidat (impensable ailleurs !), les "entretiens" durent parfois quelques minutes, les dossiers sont vite lus par des personnes pas forcément qualifiées... et c'est comme ça qu'on recrute, en France, des spécialistes de premier plan.

Et en plus, et en plus, il faudrait faire du métro-boulot-dodo ?

Mais QUI espérez-vous recruter dans ces conditions ? Quel abruti sera suffisamment taré, mentalement dérangé, irrémédiablement lobotomisé pour accepter un tel travail ? Après 10 années d'études éprouvantes au plus haut niveau ?

Le recrutement universitaire en France, aujourd'hui, est déjà un recrutement de second choix. Si nous devenons en plus des sortes de sous-fonctionnaires aux ordres de minables gratte-papiers, il faudra parler de recrutement de troisième ou de quatrième choix. Les meilleurs jeunes chercheurs ne travaillent déjà plus en France, il faudra s'attendre à embaucher les pires, ceux qui ont été virés des plus minables "colleges" du Mississippi ou de l'Arkansas, ceux dont on a pas voulu en Corée ou en Chine, ceux qui n'ont pu émigrer vers la Suisse, le Canada ou l'Australie.... C'est ça l'ambition de la France ?

Non, c'est bien Sandra Wagner qui a raison. Pour les meilleurs diplômés de ce pays, un seul choix, le dernier qui nous reste : la valise ou le cercueil. Pour nous, tout se résume à ça.

Ecrit par : Pierre-Henri | 01 juin 2006

Effectivement Pierre Henri je ne donnerai qu'un exemple éloquent et qui en dit suffisamment long :

Taux de chômage en Suisse : 2,5 % en France : 9 ou 8 % environ et encore comme par hasard lorsqu'il s'agit de dépoussiérer les statistiques indésirables de l'anpe tous les moyens sont bon !

De toute façon la France se repose doucement sur ses lauriers, mais bientôt elle paiera très très cher le fruit de son comportement particulièrement condescendant à l'égard notamment de ces petits pays émergeants, ces vampires aux dents longues prêts à rayer le parquet pour se tailler une place de choix dans la cour des grands....

De nombreux pays en Europe se remettent considérablement en question pour maintenir leurs positions dans cette course effrénée face à la concurrence féroce mondiale...Nous par contre nous dormons...

Et ma foi le réveil sera brutal et nous tomberons de haut : mais finalement nous ne récolterons que ce que nous aurons semé !

Dans un article de l'Express Jacques Barrot disait "Bientôt la France ressemblera à un pays de pétanqueurs, soucieux de se dorer la pilule, les doigts de pieds en éventail"

J'espère qu'il a tort mais je ne me fais guère d'illusions....Ne nous laissons pas plomber par les idéologies démagogiques à souhait...

Malheureuqsement ce n'est guère pour aujourd'hui et encore moins pour demain compte tenu des politiques proposées par les éventuels présidentiables..

Ecrit par : Sandra WAGNER | 01 juin 2006

J'ai même l'impression que c'est tout le système éducatif (public) français est à la ramasse!
De nos jours, je pense que les autres pays francophones pourraient presque venir nous apprendre l'histoire de notre culture, de notre langue et de notre pays sans avoir à rougir de leur bagage (qui sera bientot plus conséquent que le notre) sur nos origines!!!

Et nos politiques de continuer de stigmatiser les problèmes sociaux par des "excuses" d'ordre économique...
... A la ramasse, au moins autant que ce système éducatif, qu'ils pensent pouvoir maîtriser par le biais politique d'un ministère incapable!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 01 juin 2006

Pour Elizabeth et Pierre-Henri

L'une écrit :
"Ma diatribe est une réponse à une autre diatribe, qu'on se le dise... "
Quelle diatribe ai-je écrit ? J'ai écrit qu'on pouvait rester 35 heures dans son bureau à condition qu'il soit confortable. que la présence sur place induisait d'autres rapports humains, et j'ai laissé entendre qu'il faut une grande politique d'immobilier scolaire et universitaire.

L'autre écrit :
"Je peux vous dire que tous les universitaires français sont loin de penser comme TLF : 1) les universitaires français sont horriblement mal payés."
Ai-je dit que les universitaire français étaient bien payés ?

Si Elizabeth et Pierre-Henri sont profs, je suis un peu inquiète : ils ne lisent pas, ils courent tout de suite à la HAINE. J'espère qu'ils ne font pas comme ça avec leurs élèves ?

Il faut vraiment détruire le mammouth : l'instit hait le prof de collège, qui hait le prof de lycée, qui hait le prof de prépa, qui hait le MCF, qui hait le Prof, qui hait son collègue de l'IUF, qui hait son voisin du College de France, qui hait le dernier abruti élu à l'Académie des sciences, qui hait Lafforgue dans son petit bureau de l'IHES, qui hait M Meirieu et les Kmhers rouges. Avec ça, on est bien barré, camarades. Profs de tous les corps, haîssez-vous !

Merci à Lariba pour son exposé instructif.

Ecrit par : TLF | 01 juin 2006

Pierre-Henri,

4600 € mais ils doivent payer leur couverture sociale, non? et ça n'est pas rien.
E.

Ecrit par : elisabeth | 01 juin 2006

Résumons…
À travail égal, salaire égal : que les agrégés travaillent 15 heures et les Certifiés 18 m'a toujours paru un ostracisme ridicule, mis en place uniquement pour que les gens s'épuisent en rivalités internes.
Qui peut le plus peut le moins : mettons tout le monde à 15 heures.
Pr ailleurs, que ce soit en fac ou en collège, je ne connais pas un enseignant (mais alors, pas un) qui ne reste dans l'établissement plusieurs heures, parfois plusieurs dizaines d'heures par semaine, pour préparer des cours, corriger des copies, rencontrer des élèves ou des parents, assister à des conseils, etc. Je n'en connais pas un qui n'ait déjà (et à maintes reprises) sacrifié sa récré (et pourtant, qu'est-ce que ça fait du bien aux cordes vocales, parfois) parce qu'un élève demandait un renseignement — ou demandait du temps de présence, tout simplement. Aucun énarque à calculette ne compte ces heures innombrables : tout ce qu'il regarde, ce sont les heures officielles — celles dont le petit nombre indigne les travailleurs qui bossent 35 heures…
… À ceci près qu'une heure de cours, où on est sur la brèche chaque seconde, n'est comparable à rien d'autre : combien de boulots ne vous autorisent pas une seconde d'inattention — sinon la chaîne, qui n'existe preque plus, depuis que la robotisation la remplace ? Une heure de cours, c'est épuisant. Six heures de cours, c'est tuant. On sort de là vidé. Guère disponible pour faire du rattrapage.
Il y a une spécificité administrative curieuse, qui est le "poste double" (un couple demandant chacun un poste dans le même établissement). J'ai rencontré pas mal de titulaires de cette étrange bipolarité. Ils m'ont avoué qu'ils refaisaient les conseils de classe au lit — sans compter les corrections de copies. Vous en connaissez beaucoup, des boulots qui empiètent sur la chambre à coucher ?
Quant à savoir combien d'élèves… J'écris dans À bonne école, et je suis prêt à le redire, que 12 élèves dans une classe dure, c'est presque trop, mais que 40 bambins dociles, ce peut être un bonheur (c'est le régime des prépas, et même bien au-delà : cette année, j'en avais 48 et 51, en deux classes — jamais dédoublées, par définition).
Nous vivons dans la disparité la plus totale, et malheureusement, l'unité syndicale voudrait que nous soyons tous traités de la même manière — alors qu'au fond, nous ne faisons même pas le même travail. D'où sans doute la nécessité, que j'ai soulignée moi-même, de donner plus d'autonomie aux établissements — et aux équipes pédagogiques (un terme que va aimer Sibille, tiens !), qui seules savent ce qu'elles ont en face d'elles. J'entends autonomie en termes d'heures, de répartition, de dédoublements, d'options, etc. Pas en termes de programmes.
Quant à l'université, c'est un très vaste problème. Nous avons des chercheurs remarquables, dans tous les diomaines. Et des branleurs non moins remarquables, qui ont intrigué pour décrocher un poste, et s'(assoient sur leurs lauriers — se réveillant juste pour obtenir une "classe exceptionnnelle" auprès d'un organisme largement contrôlé par les syndicats et fonctionnant selon la loi de l'alternance — un coup pour la droite (UNI ou Autonome), un coup pour la gauche (SNE-Sup), pour la compétence, vous repasserez. Et j'ai eu un excellent informatteur, dans ce domaine…
Ce n'est pas criminel de le dire, c'est un fait. Qu'il y ait encore des étudiants qui réussissent avec cette gabegie est proprement étonnant, et illustre presque pour moi les théories de Darwin — la persistance des plus aptes, même dans des conditions apocalyptiques…
Dernier point : la vraie formation pratique, c'est face aux classes qu'elle se pratique. Combien d'heures perdues en IUFM pourraient être avantageusement remplacées par des stages en situation, et en situations aussi variées que possible ? Je crois que c'est cela qu'entendait Darcos…
Quant aux questions financières… Elles guident la quasi-totalité des décisions dpeuis quinze ans. On habille du joli mot de pédagogie des évolutions du métier qui visent à recruter des gens mal firmés pour un boulot de plus en plus sommaire. Mais on pourrait aussi se demander où va l'argent su premier budget de l'Etat. Et si l'on faisait un audit général de l'Education Nationale ?
Bona sera a tutti…
JP

Ecrit par : brighelli | 01 juin 2006

Pour FGuichard

Les Finlandais, à moins que ce ne soit les Suédois, ou les deux, je ne sais plus, ont inventé deux choses remarquables : ils paient plus cher que les autres leurs enseignants de maths (pour que l'État soit concurrentiel avec l'entreprise - ça leur évite de descendre à 6,2 / 20 la barre d'admissibilité de leur Capes de math local), et ils divisent par deux, pour le salaire standard, l'horaire dû par le prof de finlandais ou de suédois (enfin bref, le prof de la langue nationale), ce qui leur évite que le taux de réussite de leur Capes de lettres modernes local se hausse à 35% de reçus (puisque plus personne ne veut être prof de français). Que ne sommes-nous, Brighelli, vous et moi finlandais ! Mais ici, sur place, dans ce climat d'égalitarisme haineux, je me demande ce qu'Elisabeth et tous les syndicalistes penseraient de ces deux mesures intelligentes : deux profs de même corps qui n'ont pas le même ratio horaire/salaire.

Ecrit par : TLF | 01 juin 2006

"Et si l'on faisait un audit général de l'Education Nationale ? "

Vous savez bien que c'est prévu par J.F. Copé :

http://www.minefi.gouv.fr/presse/discours/budget/jfc0510131.php


" 3. L ’audit des examens organisés par l’Éducation nationale

– Quel est le problème identifié : des examens lourds et complexes à organiser, pour un coût mal maîtrisé, et avec des réglementations interministérielles compliquées pour l’indemnisation des jurys.

À la demande du ministre de l’Éducation nationale, nous lançons donc un audit afin de réduire les risques d’incidents (erreurs de distribution des sujets, d’où nouvel examen à organiser), et pour réduire les coûts, tout en préservant naturellement la valeur de ces diplômes et l’équité entre les candidats."

---
Mais on sait bien que l'essentiel se jouera là :

"En clair, vous l’avez compris, ces audits marquent une approche profondément renouvelée de la réforme de l’État. Mais c’est aussi l’antidote à la mécanique infernale du rabot ou de la fixation a priori d’une norme de non remplacement des départs à la retraite.

Car, sur le sujet des personnels, on a deux manières d’aborder les choses :
– soit on fixe une norme a priori de façon complètement déconnectée des réalités,… avec un risque de forte démotivation dans les services concernés, faute d'explication rationnelle à la décision de rabot ;
– soit on regarde la situation, on étudie les réformes possibles et on est alors en mesure de déterminer les besoins réels en personnels, en plus ou en moins : c’est le but de ces audits. Et dans ce domaine, il n’y aura aucun tabou."

Ecrit par : Atréïdes | 01 juin 2006

D'après Brighelli :
"À travail égal, salaire égal : que les agrégés travaillent 15 heures et les Certifiés 18 m'a toujours paru un ostracisme ridicule, mis en place uniquement pour que les gens s'épuisent en rivalités internes."

Qui a dit qu'une heure de cours d'un agrégé et une heure de cours d'un certifié était un "travail égal" ? C'est un "travail égal" s'ils sont dans le même type de classe.
Mais ce n'est pas un travail égal si l'agrégé est en collège et le certifié en Terminale, ou l'inverse (qui est plus courant).
Ce n'est pas un travail égal si l'agrégé est en prépa et le certifié en Seconde.
Ce n'est pas un travail égal si l'agrégé est en fac, et prépare des gens au Capes, et si le Certifié est en IUFM et se tourne les pouces. Etc.
Le début de la sagesse, ce serait que chacun enseigne dans des classes conformes à son propre niveau d'étude.

Quant au "15 heures pour tout le monde", impossible. D'abord parce que la dette publique que nous léguons à nos enfants est assez effrayante comme ça. Ensuite parce qu'étant donné la pénurie de profs qui s'annonce (et qui s'annonce à l'échelle mondiale ! pas de pot pour "l'immigration choisie"!) c'est pas réduire nos services qu'il va falloir, dans tous les pays d'Europe, c'est les augmenter. On pourra seulement manifester pour qu'on nous augmente aussi.

Ecrit par : TLF | 01 juin 2006

Je ne suis pas professeur du secondaire, mais l'un de ces innombrables chercheurs précaires que vous ne remarquez même plus, tellement nous sommes misérables.

"Tout le monde est beau, tout le monde est gentil" n'est pas ma devise. Je ne suis pas du genre à me taire face à l'injustice.

Et puis, où avez-vous lu de la haine dans ce que j'écris ? Contre qui ? Je me contente d'écrire des vérités simples : nos universités sont en train de crever, les conditions de travail sont horribles, le sort réservé aux jeunes diplômés est un scandale absolu, et nous sommes en queue de peloton du monde industrialisé. Et si en plus on nous fonctionnarise, comme vous semblez le souhaiter, il ne nous restera plus rien.

Je n'ai pas atteint mon niveau actuel, au prix de gigantesques sacrifices personnels, pour finir dans un bureau à tamponner des fiches. Si j'avais voulu faire ça, j'aurais passé le concours des postes. C'est plus facile, ça ne prend pas dix ans, et au moins on a la sécurité de l'emploi.

Et si les 35 heures au bureau, avec RTT et points retraites sont les dernières ambitions des "chercheurs" de ce pays, alors oui, il est temps de prendre le large.

Ecrit par : Pierre-Henri | 01 juin 2006

Pierre Henri voici un article de l'Express qui rejoint globalement ces vérités que vous dénoncez justement :

http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/educationnation/dossier.asp?ida=376392

Ecrit par : Sandra WAGNER | 01 juin 2006

Encore une fois un dossier complet sur l'état de la Recherche en France :

http://www.lexpress.fr/info/sciences/dossier/recherch/dossier.asp?ida=416762

Ecrit par : Sandra WAGNER | 01 juin 2006

Pour faire écho à Atréïdes,

-Accord général des services : libéralisation à terme du secteur des services , les services éducatifs sont négociés depuis plusieurs années à l'OMC.
-Directive services en Europe(bolkestein) qui vient d'être votée avec un tableau simple à cette adresse:http://ec.europa.eu/internal_market/services/docs/services-dir/guides/scope_fr.pdf

- Décentralisation et LOLF pour une restructuration de l'Etat dans tout ses secteurs et dans son fonctionnement
- Audits cités plus haut avec certainement la volonté d'une externalisation des services pour une réduction des coût en fonctionnaires.(voir ce qui est prévu pour la télédéclaration et le recouvrement des amendes et anticiper ce que cela touche dans les services concernés, comme le font les banques en fermant les guichets et externalisant leurs coûts par le biais des services internet. Se rappeler le cas des Atos.
- Projets d'établissements et autonomie financière de ceux ci...

Bref, c'est quand que l'on privatise l'éducation nationale ?
Alors les querelles sur les méthodes et les contenus , je pense que la droite et la gauche s'en contrefichent pas mal...car alors se sera à la carte
Car en attendant le rouleau compresseur avance lui...et notre République d'égalité des droits me semble bien perdre de sa superbe institutionnelle.

Ecrit par : dg | 01 juin 2006

Le problème, c'est que nos politiques n'utilisent jamais les audits dans un objectif positif de réforme, mais uniquement dans l'intérêt de restrictions budgetaires planifiée -à l'avance- par leurs soins, puisqu'il est éminemment reconnu que l'instruction ne sert plus à rien dans ce pays!!

Quelle chance, on aura appris (par la même) que l'on est tous des génies!! :)

Youpi!!!! Nous sommes tous des intellectuels ou des génies qui s'ignorent (ou qui ignorent tout le reste, du moins ce qui pourrait nous approcher de ce statut gratifiant!)! Merci, Messieurs les politiques!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 01 juin 2006

Et un bon roman policier qui se passe dans une fac bien de chez nous et délabrée comme il convient, avec des universitaires tels qu'on en connaît tous : "Petit crime contre les humanités" de Pierre Christin (le Christin de Mézières et Bilal) chez Anne-Marie Métaillié.

Ecrit par : FGuichard | 01 juin 2006

"Nous sommes tous des intellectuels ou des génies qui s'ignorent (ou qui ignorent tout le reste,"
Corrections:
Nous sommes tous des intellectuels ou des génies qui NOUS IGNORONS (ou qui IGNORONS tout le reste,

Désolé!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 01 juin 2006

JPB a écrit :
"À ceci près qu'une heure de cours, où on est sur la brèche chaque seconde, n'est comparable à rien d'autre : combien de boulots ne vous autorisent pas une seconde d'inattention — sinon la chaîne, qui n'existe preque plus, depuis que la robotisation la remplace ?"

Je suis généralement assez d'accord avec vos propos, mais là, pour l'occasion, je ne peux laisser passer ce genre d'affirmation qui dénote, une fois de plus, hélas, une méconnaissance de l'entreprise, de la part de pas mal de professeurs.
Bien souvent, mes collègues comparent leur travail avec celui d'autres cadres. Ayant été cadre pendant pas mal d'années dans diverses sociétés, je suis assez à même de comparer. Or, ce n'est pas comparable ! Les moments de stress que l'on vit ne se situent aucunement sur un même plan.
Mais ce qui me gène, c'est d'établir cette comparaison en oubliant que le monde du travail est majoritairement composé de personnes qui ne sont pas cadres et effectuent des boulots de merde pour des salaires de misère et que les 35 h en ce qui les concernent, sont encore plus justifiées !
Contrairement à ce que vous semblez croire, la robotisation n'a en rien remplacé le travail humain. Je vous donne un simple exemple : lorsque je travaillais pour le compte de Philips ou d'autres sociétés d'électonique grand public, j'ai été souvent amené à aller sur les chaînes de production de ces sociétés ou celles de nos fournisseurs. Monter des autoradios ou des téléphones portables requiert un bon nombre d'opérations qui ne peuvent accomplies QUE par des humains. Ce sont d'ailleurs généralement des femmes qui travaillent sur ces chaînes, respirant les fumées des plastiques en fusion des presses sur lesquelles sont produites les différentes pièces, ou assemblant des cartes et autres éléments qui composent un téléphone portable ou tout autre produit que vous trouverez chez votre FNAC du coin. Ces boulots, qui sont particulièrement nombreux, sont peu gratifiants et nécessitent une attention constante, car en plus, les opérateurs sont soumis à des quotas ; des responsables qualité et des méthodes proposent, au dixième de seconde près, le temps de chaque étape et se chargent de contrôler le respect des cadences. C'est particulièrement stressant, croyez-le !
Dans ma région actuelle, je suis loin de ce type de centre de production, car les usines sont plutôt orientées vers l'agro alimentaire, mais j'imagine qu'être sur un poste d'emballage de jambon (comme c'est le cas de pas mal de mes parents d'élèves) est du pareil au même.
Les sales boulots en entreprises sont encore très nombreux. Simplement, personne n'en entendra parler sur les forums, car ceux qui y travaillent ne viendront sûrement pas donner leur avis sur un tel forum. A cette heure ci, soit ils sont en train de bosser, soit ils récupèrent de leur journée à s'être faits engueulés par un abruti de petit chef qui remettra en cause leurs demandes de congés pour assoir son autorité minable, car c'est là la seule façon de prouver qu'il a un semblant d'autorité.

Personnellement, j'ai quitté mon ancien métier, acceptant une très forte baisse sur mon salaire (compensée par la sécurité de l'emploi) pour faire un métier que j'ai choisi et qui me plait. La pression était constante et sans aucune forme de reconnaissance. Je n'ai pas été augmenté pendant 5 ans, tout comme mes collègues, pas plus que je n'ai bénéficié de primes de quelconque nature, sous prétexte que la société allait mal et qu'il fallait se serrer la ceinture. J'ai commencé un projet que l'on m'a annoncé ansi : "faut vraiment pas se planter, sinon, on met la clef sous la porte". Je pense que comme pression, on ne fait pas mieux ! Tout comme mes collègues, j'ai donné le meilleur de moi-même... mais on s'est planté. Pas à cause de notre service, mais de notre direction qui a volontairement fait en sorte que la boîte coule.

Quoiqu'il en soit, cela ne signifie en rien que je puisse considérer nos conditions de travail dans le milieu enseignant, comme parfaites, loin de là. Je suis d'ailleurs parfaitement d'accord avec la fin de l'extrait de votre message "Une heure de cours, c'est épuisant. Six heures de cours, c'est tuant. On sort de là vidé. Guère disponible pour faire du rattrapage.". Et pourtant, je suis avec 28 élèves globalement adorables avec lesquels l'échange est réciproque dans une école agréable. Je n'ose imaginer l'état d'épuisement que j'aurais si j'étais dans des conditions telles que celles que l'on peut voir parfois ou celles relatées sur divers forums par des collègues.

Ecrit par : Sionac'h | 01 juin 2006

Je confirme que le monde du travail est aussi tel que Sionac'h le décrit. Je pense d'ailleurs qu'il ne faut pas chercher à savoir qui comparativement travaille dans les pires conditions, mais préciser que cela arrive partout et touche tout le monde . Chaque cas est irréductible, car chaque cas recouvre la réalité d'une personne humaine et de l'organisation dans laquelle elle évolue. L'essentiel étant de ne pas nier que ce n'est jamais facile individuellement , ni d'en arriver à dire que tel corps ou tel autre est privilégié comparativement à tel autre. C'est exactement le genre de discours tenu par "des" salariés (rigides à mes yeux) du privé quant au corps des fonctionnaires(entendu dans ma boite), et comme lu sur ce site ou ailleurs dans des termes aussi réducteurs envers les travailleurs. Les généralités sont toujours arbitraires et causent davantage d'incompréhensions qu'elles ne posent les vrais problèmes et n'en font avancer la résolution . On ne peut pas prétendre parler à la place des autres . C'est bien ce qu'on reproche aux discours des hommes politiques non ?

Ecrit par : dg | 01 juin 2006

Concernant les propositions de réforme du système E.N.

JPB, vous proposez, dans "A bonne école", tout comme dans "La fabrique du crétin", vous proposez un système laissant la possibilité d'une évolution individuelle par "passerelles internes".

Comme il a déjà été dit: "If Something can get wrong, it will", et je pense ce sytème est aussi risqué que la dévience qui à entraînée le "collège unique" et le reste de l'éducation là où ils sont actuellement. Pour 2 raisons:
1- Les passerelles, même si elles devaient permettre au bon élève de pouvoir progresser plus vite, encore faut-il être sûr qu'il a bien acquis l'ensemble du programme de la classe qui va être amputée, et ce, sans lacunes, pour ne pas avoir à faire le yo-yo permanent!
2- D'un aspect organisationnel, j'ai des difficultés à imaginer que des migrations permanentes d'élèves de classe en classe puissent être bénéfiques à la classe en elle-même

J'étais plus sur une idée maintenant le principe du "collège unique, avec une évaluation de rentrée scolaire permettant de sonder les conaissances réelles des élèves (pour faciliter les possibilités de sauter une classe en en simplifiant la procédure) et en appliquant un principe de "tutorat" des moins par les meilleurs, car je reste persuadé qu'une émulation concurentielle, provoquée par les différences de niveaux, est bénéfique à tout élève.

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

Le problème avec les audits c'est qui les fait, et quand. Méfiance !
On attend toujours l'évaluation de la loi Jospin et des IUFM.
Dans les entreprises, on dit que les consultants, comme on dit en franglais, sont des gens qui vous piquent votre montre pour vous donner l'heure tout en se faisant payer très cher.

D'autre part, parler d'amélioration de la productivité et de rentabilité (et pourquoi pas de toyotisme, quoique ça plairait au ministère !) dans l'enseignement cela me paraît très délicat. Et même dire que l'école est un service public avec des usagers, c'est faux. Les économistes néo-libéraux et beaucoup d'autres, raisonnent comme des tambours. Ran tan plan !
Une partie du sytème leur (nous ?) échappe. Et on parle d'enfants, c'est autre chose que de consulter des colonnes de chiffres comme aiment le faire nos comptables d'heures.

N'oublions pas qu'à l'école, en théorie et souvent en pratique, d'abord l'enseignant est quelqu'un qui "donne" sans perdre, sans s'appauvrir, et ensuite "l'usager" a une grosse part de responsabilité dans le fait de "créer le service", même avec le meilleur pédagogue du monde : l'usager d'autres services ne fait pas avancer le train ou ne distribue pas le courrier. A l'école, si l'élève roupille ou s'amuse ou s'est fait tabasser à la maison la veille, le service a du mal à être consommé en même temps qu'il est produit ;)
On a du mal à danser le tango tout seul. Les pédagogistes voudraient bien qu'on le danse en groupe, mais c'est une autre histoire...
Bon sèr a totas e totis ;))

Ecrit par : Lariba | 02 juin 2006

Je rejoins également Soniac'h et dg sur leur analyse, en précisant par rapport à Soniac'h qu'en plus de la pression de "la clef sous la porte" qui signifie le chomage, pour la personne concernée, on provoque le stress également sur la rentabilité:
"On ne peut pas se permettre de vous attendre, car celà nous obligerait à stopper la chaine, représentant un manque à gagner de ......x €"
(Dixit mon expérience personnelle chez Bonny -concurrent d'Herta- en charcuterie industrielle)
Pour ma part, j'ai quitté ce milieu au bout de 4 jours pour ne pas tuer quelqu'un (en l'occurence, un petit chef) qui avait fait de ce type de provocation, son jeu favori!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

Toujours sur la réforme:

Le principe du "tutorat" pourrait, par ailleurs, éviter aux bons éléments, s'ils n'avaient pas le niveau requis pour "sauter" une classe, de s'ennuyer durant les cours, puisqu'ils participeraient activement à la phase pédagogique (au sens noble du terme) et permettraient de soulager l'enseignant qui pourrait, de fait, s'occuper plus facilement des "cas" les plus "lourds".

Allez-y, fusillez-moi, je suis prêt! :)
Quand on essaie d'interconnecter 2 neuronnes habitués à fonctionner en alternatif, on s'expose forcément! ;-)

(Je suis peut-être dans le faux, mais j'essaie de proposer des idées encore différentes, pour que l'on puisse objectivement retirer le meilleur de chaque proposition et compiler l'ensemble pour un système efficace et le plus ouvert possible! De toute façon, il n'y a qu'en proposant et en débattant que l'on avance sérieusement!)

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

Une chose est sûre, néanmoins (et je vous rejoins complètement sur ce point, JPB), c'est qu'il faut absolement ré-imposer les fondamentaux au primaire, avec des tests de vérification des acquis AUTHENTIQUES pour l'entrée en 6ème (à l'instar du feu CE), en 2de (le BEPC) et pour les études supérieures (le BAC) [le tout, biensur, réévalué à la hausse! Car si nous étions capables d'assimiler autant de savoir, il y a 10, 20 ou à fortiori 30 ans, nos enfants sont tout aussi capables que nous!].

Ainsi, tous retrouveraient un diplôme valorisant à plus d'un titre.

De plus, l'idée de considérer la 6ème comme une classe "d'adaptation" à une scolarité différente du primaire, pourrait nous permettre de s'appuyer dessus pour sonder de façon réaliste les réelles connaissances et compétences des élèves pour mieux appréhender leur possibilité de parcours (sauts de classes, tutorats, progression individualisée si nécessaire, etc...).

Enfin, réduction des possibilités à trois BAC généraux (je pense plus particulièrement à une branche "Littéraire"/une "Scientifique"/une "Géo-politique" -regroupant economie et histoire-géographie-), de niveau général équivalent, mais ayant chacun des approfondissements plus pointus -avec une majoration des coéficients pour ces approfondissements- (préférables aux options spécifiques pouvant encore inscité à conternement selectif) en rapport avec les débouchés induits par chaque branche. Ceci permettrait peut-être enfin de ne plus voir que des BACs scientifiques, jugés les plus valorisants, dans toutes les filières, y compris celles pour lesquelles les sciences sont pas forcément utiles.

Pour ceux qui n'arriveraient pas à cet objectif du bac, continuons les propositions de filières type BEP, qui peuvent déboucher facilement sur des métiers manuels dont on aura toujours besoin (comme des plombiers, maçons, carreleurs, chauffagistes, garagiste, coiffeurs, électriciens, etc...)
et qui leur garantissent une possibilité d'insertion maximisée par:

- l'acquisition d'une culture générale suffisante à leur "survie" et à leur insertion (durant le cycle scolaire normal),

- la compréhension nécessaire et la maîtrise minimum des "codes" de communication de notre société (durant le cycle scolaire normal également),

- l'acquisition d'un savoir-faire, d'une compétence professionnelle non "volatile" (par les BEP)

- la possibilité, à l'issue de cette formation dite "professionnelle", de pouvoir réintégrer la 2de du cursus général pour revenir au BAC, si le "déclic" intellectuel a eu lieu entre-temps!

Je prône, par ailleurs, et avec d'autres parents et enseignants, les idées suivantes:

- le retour de la culture générale (et non l'enfant/élève/apprenant Roi!) comme référentiel scolaire et, indirectement, professionnel

- la suppression des statisques de réussite imposée, forcément dévalorisante des diplômes, et la fin du nivellement par le bas!

- la revalorisation de ces diplômes

- le maintient d'accès à des branches "pro" (évoquées plus haut) en cours de cursus, pour éviter au maximum de créer des "laissés pour compte".

- la suppresion du refus du redoublement, qui n'est pas une punition, mais une chance de rattraper ses carences!

- la suppression des limites d'ages (hautes et basses) pour permettre aux élèves de progresser à leur rythme, puisque Mère Nature n'a pas daigné nous faire égaux dans notre capacité d'assimilation.

- le refus catégorique (au choix unilatéral de l'enseignant) d'accepter le passage d'un élève en classe supérieure tant qu'il n'a pas la maîtrise des acquis précédents (avec examen systématique de vérification des acquis dans le cas d'une contestation de l'élève ou des parents!)

- Et enfin, la fin de toute discrimination "positive" ou pas, le retour de la tolérence (dans le respect de la laïcité des établissements) et des valeurs républicaines, dans les écoles laïques (mais tout ceci devrait arriver naturellement si le système se remettait à fonctionner normalement!)

Je sais, c'est beau de rêver... Mais l'espoir fait vivre!

Et comme disait Coluche, à raison d'ailleurs: "On est libre de croire que l'on est con, mais on est con de croire que l'on est libre!", alors dans ces conditions de vies, essayons, pour nous et notre descendance, d'être le moins con et le plus libre possible, pour réussir sa vie au mieux!!!

Et si avec une ambition pareille, on pouvait avoir un peu de soutien de nos politiques, on pourrait même se croire au Paradis!
Eh! reveille-toi, Yvon! Faut pas déconner, non plus!!!! ;)

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

Corrections:
"c'est qu'il faut absolement ré-imposer les fondamentaux"
ABSOLUMENT

"(préférables aux options spécifiques pouvant encore inscité à conternement selectif)"
CONTOURNEMENT

"les sciences sont pas forcément utiles."
NE sont pas

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

Sur le site de Fondapol (Think Tank émanation de l'UMP), la lettre du mois de mai est consacrée à la situation de l'université.
http://www.fondapol.org/index.jsp
L'université française à l'heure des choix. (à droite sur l'écran)
'p.9 notamment un article sur le délabrement matériel de cette institution

Ecrit par : Guillaume | 02 juin 2006

Tiens, tant qu'on parle des évaluations à l'entrée en 6ème...
Nous venons de recevoir une circulaire demandant une évaluation en langue vivante étrangère de tous les CM2.
Les différentes épreuves dureront quasiment une heure pour ce qui est de celles en classe entière, plus un entretien individuel ! Je vous laisse imaginer le temps que cela va prendre !

Bon, d'un côté, on pourrait se dire : "excellent, voilà une mesure qui permettra de savoir où l'on en est". Sauf que, comme pour les évaluations de CE2, aucun moyen supplémentaire de sera mis en place à l'issue de ces évaluations. Ce sera sans doute même l'inverse.
Je vous donne un exemple : les postes d'assistants sont supprimés par manque de budget, remplacés par les professeurs des écoles disposant d'une habilitation en L.E. . Cette habilitation n'est pas franchement difficile à obtenir et l'on y juge surtout la méthode (la sainte didactique) avant les qualités d'expression ! POur info, les stagiaires PE2 de l'année dernière ont eu en tout en pour tout 20h d'anglais dans leur année avant de passer cette habilitation qu'ils ont quasi tous obtenue. Vous imaginez aisément l'étendue des dégâts pour ceux qui n'ont pas franchement étudié l'anglais, comme c'est le cas pour pas mal d'entre eux !
Tout ceci pour éliminer donc les assistants.

Bred, dans le cas présent, je subodore quelque chose... Grâce à cette formidable évaluation, on va bien réussir à se rendre compte que les élèves ne sont finalement pas si mauvais que cela, qu'il n'y a pas de différence entre ceux qui ont bénéficié de l'enseignement par un british pur souche au lieu de leur instit qui sait dire "my taylor is rich". Du coup, on lourdera les derniers assistants dont le contrat arrive à expiration fin juin et qui ne savent pas actuellement quel sera leur sort en septembre prochain.

Dans l'éventualité où à l'inverse des moyens supplémentaires seraient mis à notre disposition, je ferai mon mea culpa et je me flagellerai avec des orties fraichement coupées. Mais, à mon avis, cela ne m'engage pas à grand chose de dire cela...
Ouait hand scie (quoi ? c'est "Wait and see" ?... De toute façon, la méthode imposée devrait être purement orale et 100% globale en L.E. :) )

Ecrit par : Sionac'h | 02 juin 2006

une des plaies de l'éducation nationale (ou de la société actuelle) est cette "évaluationnite" : chercher à tout mesurer, quantifier... évaluer.

Ecrit par : annexy | 02 juin 2006

Concernant les BACs, le "Littéraire" est à comprendre Arts et Littérature, ces deux éléments étant très proches et facilement associable (La Littérature étant un Art, même si l'Art n'est pas forcément Littéraire).

Considérant que la culture générale, bien distillée, permet la réflexion, la débrouillardise et la capacité d'adaptation nécessaires à toutes professions "standards", on peut également envisager la suppression pure et simple des filières "BAC Pro" remplacées par un cursus technique BAC+1/+2 (maxi), suivant les formations, lequel apporterai uniquement les compétences techniques nécessaires, puisque la culture générale est déjà acquise.

Un système de ce type, envisagé à grande échelle, pourrait d'ailleurs permettre à nos universités de se partager les rôles en se spécialisant plus ou moins dans une branche (soit générale, soit technique) permettant de grouper le matériel spécifique par site (centralisation et réduction des coûts), tout en proposant à tous les élèves d'une branche, les mêmes chances de réussite, avec les mêmes professeurs et le même matériel à disposition pour travailler, ainsi que la mixité de population, dont l'absence est souvent reprochée au secondaire. Ceci permettrait également à ces mêmes universités de se concentrer sur 1 objectif et de pouvoir l'atteindre (signifiant la réussite pour l'université concernée), sans parler de leur revalorisation.

On pourrait d'ailleurs envisager le même principe pour les branches générales d'études supérieures, par exemple:
- pour un BAC S, on ne peut accèder qu'à des universités spécialisées dans le scientifique et imaginer que dans ce panel, chaque université aie sa propre vocation (comme par exemple, Talence qui ne ferait que médecine, et Toulouse la Bio-recherche, Rennes 2 la psychologie, tout comme on pourrait retrouver une université spécialisée dans l'enseignement scientifique -maths/physique/chimie/bio- etc... -PS: les exemples sont bidons, c'est juste pour expliquer!-). Et idem pour les autres BACs

La spécialisation des universités, telles que pensées ci-dessus, permettrait également une sorte de délocalisation de la jeunesse, permettant une meilleure "émancipation" et le début d'une certaine autonomie, à l'instar du Service Militaire, quand il existait encore! Ce qui pourrait avoir du bon dans la maturation et/ou la maturité des individus!

Et pour que l'ensemble soit complet, une filière sports, basée sur la performance sportive, avant tout, accessible dès la 5ème pour pouvoir prétendre repérer les "futurs prodiges", mais validable seulement à partir du BEPC, obligeant le futur "sportif" à un minimum culturel requis.
Ceci signifie que l'adaptation de l'emploi du temps doit se faire par rajout d'heures de sport et non par un remplacement, puisqu'il faut maintenir le niveau équivalent du BEPC et donc, conserver le même programme!

Je pense avoir à peu près fait le tour de mes idées et je vous laisse donc me crucifier vertement!!!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

Oui, l'E.N. finit par ressembler au monde de l'entreprise avec cette vaste fumisterie qu'est la norme ISO où les sociétés, pour trouver des clients, doivent être agréées ISO, ce qui ne signifie aucunement qu'elles sont capables de produire de la qualité, mais de produire n'importe quoi, du moment que la procédure a été respectée !
Ceux qui travaillent dans le privé voient certainement de quoi je parle, car depuis ces 15 dernières années, les salariés sont alourdis de tâches administratives au détriment de l'aspect purement créatif ou productif de leur métier initial.
Eh bien qu'ils se consolent ! Dans l'E.N. c'est du pareil au même ! Pour donner un exemple, nous venons de recevoir de nouveaux formulaires pour le passage à la classe supérieure.
Le conseil de cycle donne son avis. La famille le sien. Nouvelle réunion du conseil de cycle et second avis, suivis de la nouvelle acceptation ou non de la famille !
Pour donner un exemple de ce qui potentiellement peut arriver...
CdC : défavorable => mantien
famille : accepte la décision
15 jours + tard :
CdC : enterrine la décision => mantien
famille : elle peut s'opposer !!

Totalement stupide !
Autre cas (exemple, celui de mon plus jeune fils âgé d'un peu moins de 3 ans, qui passe en PS 2(une classe qui n'existe pas sur le papier !) on a débouché le champagne, cela va s'en dire !)
CdC : favorable
famille (nous) : on accepte
cdC bis : accepte l'acceptation
famille (bis) : accepte l'acceptation de l'acceptation !

Ridicule, quand tu nous tiens...

Ecrit par : Sionac'h | 02 juin 2006

Le problème actuel, je pense qu'il vient surtout de l'absentéisme de solutions convenables pour palier les carences relevées par les évaluations proposées (qui, du coup, en deviennent franchement inutiles!), et de cette volonté politique de niveler systématiquement vers les bas.

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

Surtout qu'il s'agit d'un "apprentissage scolaire" ou seul l'enseignant constate les réelles capacités de l'enfant durant les phases scolaires, puisque les parents ne sont pas en classe pour confirmer ou infirmer le constat de l'enseignant.

Et oui, comme vous le dites, Soniac'h, le ridicule ne tue pas! (Sinon, je pense qu'il n'y aurait plus de place dans les cimetières! Et on aurait sans doute moins de chomage!)

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

A TLF
Nous ne devons pas parler la même langue. Je ne vois pas où j'aurais défendu l'égalitarisme au contraire puisque je passe mon temps à le dénoncer.
Il faut lire ce que les autres écrivent. Quant à l'adjectif "haineux", vous en prenez la responsabilité. On a le droit de ne pas être d'accord avec vous et de vous le dire lorsque vous faites autant de provocation ( "haineuse???") ( 35 h pour les profs du secondaire, trop de congés...)Vous récoltez ce que vous semez...
Elisabeth.

Ecrit par : elisabeth | 02 juin 2006

Bravo !! Dénoncez encore et toujours la supercherie générale et le mensonge que l'on fait à nos enfants après avoir menti aux femmes en leur faisant croire que travailler hors de chez soi est un plus. La prétendu "émancipation des femmes" cache une baisse de niveau de vie effarante. Il y a seulement 2 générations un salaire moyen faisait vivre confortablement une famille. Aujourd'hui les femmes sont économiquement obligées de travailler. Qui profite ? Les hommes qui les abandonnent avec leurs enfants d'autant plus facilement qu'elles sont "financièrement autonomes " et les pourvoyeurs de la société de consommation. Qui trinque principalement : les enfants.

Ecrit par : Elisabeth | 02 juin 2006

J'avais également soulevé ce problème en constatant qu'une des différences par rapport à l'époque où j'étais écolier (il y a 25 ans), c'était que les enfants restaient rarement à la cantine et encore moins à la garderie et que le soir, toutes les mamans venaient chercher leurs gamins.
A présent, il est nécessaire, pour vivre décemment, de disposer de deux salaires. Cela implique que les parents ont moins de temps à accorder à leurs enfants et n'ont pas envie de les aider le soir à faire leurs devoirs. Cela implique aussi que ceux qui n'ont pas les moyens de faire garder leurs gamins par une nounou ou en garderie, les laisseront chez eux avec les conséquences que cela peut entraîner de voir des gamins livrés à eux-mêmes.

Je suis heureux qu'une femme parle de la "prétendus "émancipation des femmes" cache une baisse de niveau de vie effarante", car en tant qu'homme, dire cela est souvent pris pour une forme de machisme et laisse supposer de façon très réductrice, que la personne n'a qu'une envie : celle de voir sa femme (les femmes) rester au foyer à torcher les mômes !
En ce qui me concerne, je n'espère qu'une chose : que mon épouse gagne beaucoup plus que moi pour que JE reste à torcher les mômes !

Ecrit par : Sionac'h | 02 juin 2006

Sionac'h,
Je ne suis en rien responsable du dernier message écrit par "Elisabeth" avec un E majuscule , message écrit par une personne qui a le même prénom que le mien ou qui cherche à me faire dire ce que je n'ai jamais dit. D'ailleurs si la dite personne est de bonne foi, je ne doute pas qu'elle trouvera un moyen rapide de se distinguer pour que la confusion ne se reproduise pas et je l'en remercie.

Ecrit par : elisabeth | 02 juin 2006

Mon prénom est Elisabeth et intervenant pour la première fois sur ce blog, je n'ai pas vu que j'avais une homonyme dans cette discussion. Donc pas de "paranoïa" ...De toute façon nous intervenons tous ici de façon quasi anonyme et ce qui compte c'est l'échange et la confrontation d'idées et non pas ceux qui les expriment.

Ecrit par : Elisabeth | 02 juin 2006

Sionac'h,
Je ne suis en rien responsable du dernier message écrit par "Elisabeth" avec un E majuscule , message écrit par une personne qui a le même prénom que le mien ou qui cherche à me faire dire ce que je n'ai jamais dit. D'ailleurs si la dite personne est de bonne foi, je ne doute pas qu'elle trouvera un moyen rapide de se distinguer pour que la confusion ne se reproduise pas et je l'en remercie.

Ecrit par : elisabeth | 02 juin 2006

Bah, Sionac'h, je vous comprends, mon chéri n'attend que cela ;-).... Et je le laisserai faire les yeux fermés.
Il fait déja la vaisselle, le repassage, la cuisine, le bricolage, résoud des équations, aime la Littérature..... (soupir... "Mon héros")

Ecrit par : Ordrade | 02 juin 2006

vous êtes bien tous, je vous aimions tous très fort :o)

"pour que JE reste à torcher les mômes "

tu l'avions déjà fait ? :) moi j'étions pour le partage des tâches un coup toi , un coup toi :o))))) nan j'déconnions
un coup moi un coup toi .(of course de cheval)
bon désolé je vous laisse "bosser".
Bien cordialement

Ecrit par : toto | 02 juin 2006

Oulah, Ordrade ! Je n'arrive pas à la cheville de votre époux ! Mais nous savons nous répartir les tâches à la maison en fonction de nos aspirations réciproques.

Mais quoiqu'il en soit, le problème de société est bien là ! Tout a été organisé pour que le niveau de vie baisse et contraigne les familles à travailler à deux, sans permettre aux familles d'organiser une vie sociale digne de ce nom. Les enfants et les parents ne se voient plus et surtout ne parlent plus.
Je suis effaré de voir que dans une classe "bonne" comme celle que j'ai, je sois obligé de palier les carences en explications des parents. Est-il normal, par exemple, qu'arrivé en début de CM2, des enfants n'aient pas su situer Paris ou la ville dans la laquelle ils habitent sur une carte muette ?
Je peux vous dire que c'est le cas à présent ! Mais cela ne relève pas de mes compétences ni de celles de mes collègues précédents ! Le rôle des parents doit être aussi d'éveiller leurs enfants un minimum !
Je ne jette pas la pierre aux parents, car comme je le dis, déjà, peu d'élèves heureusement étaient dans ce cas, et surtout, ils ont de moins en moins de temps pour leurs enfants. Mais cela nécessite une adaptation de la part des enseignants. D'où ma suggestion d'augmenter la journée des écoliers pour leur permettre, en fin de journée d'avoir une étude réellement suivie et des activités d'éveil, mais le tout réglementé et évalué, pas un service de garderie municipale.

Ecrit par : Sionac'h | 02 juin 2006

Les problémes que vous abordez sont une réalité de l'épuisement politique de la Vème république!

On constate partout une aggravation de la "fracture sociale" et nos politiques s'évertuent à chercher une solution là où elle n'est pas!

Aujourd'hui, contrairement à ce que soutiennent les politiques de tous bord, le fait qu'une majorité de foyers ne soit pas sous le seuil de pauvreté ne tient pas à la perception d'n salaire décent, mais uniquement au fait que les 2 parents travaillent pour que le foyer puisse s'en sortir, ce qui modifie considérablement le problème et ses solutions.

Mais avouer celà, de la part des politiques, reviendrait à avouer leur impuissance à trouver des solutions, ou tout simplement, confirmer à ceux qui le pensent dèjà, que cette situation de crise est consciemment voulue par les différents gouvernements.

Ceci dit, on s'égare, car il est ici question de politique pure, qui n'est pas l'objectif principal de ce blog. J'invite d'ailleurs tous ceux qui ont des idées, observations, suggestions et/ou des propositions de réformes purement politiques sur le blog suivant:

http://vivelademocratie.midiblogs.com/archive/2006/05/21/reflection-sur-la-vi_-republique.html

Ceci pourrait permettre, via les moyens de communication actuels, de faire suivre les idées de réformes vers les partis politique, pour qu'ils puissent tenir de la volonté des Français!
Car, à l'heure actuelle, on fait passer le français pour instable, voire idiot, alors qu'il n'est pas forcément opposé aux réformes ou à l'Europe, mais seulement au type de construction qui en est proposé!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

Un peu de détente dans ce monde de brutes et de machos avinés…
Spécial Siona'ch, qui envisageait plus haut de se fouetter avec des orties :
"Ortica Seneca" porte le nom du philosophe parce que, selon la tradition, il se faisait fouetter avec lesdites afin de ranimer une virilité forcément décadente (je mets à part la tradition corse, qui prétend que les mégères insulaires le flagellèrent des susdites pour le punir de lorgner d'un peu trop près leurs donzelles, durant les sept années de son exil dans l'île, sous le règne de Claude). Un coup d'œil sur le Traité des flagellants de l'abbé Boileau (le frère de l'autre — 1703) nous apprend d'ailleurs que les excès de pénitence, qu'elle fût assénée à coups d'orties ou de discipline ("Laurent, serrez ma haire avec ma discipline…") étaient fort ambigus, aux yeux de l'église, en ce qu'ils excitaient les esprits animaux, surtout lorsqu'on les concentrait sur les lombaires. Le châtiment auquel se soumettrait Sioma'ch n'en est donc pas un — bien au contraire…
Comme dirait Toto : j'savions pas, mais j'allons essayer tout de go…
JPB

Ecrit par : brighelli | 02 juin 2006

Merci pour cette touche "rafraichissante" de culture et d'humour! A tester...

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

je suis entièrement d'accord avec vous!! j'enseigne en ZEP et mes élèves sont ravis de découvre Homère, Aristophane, Molière et les autres; pour une fois qu'on ne les prend pas pour des sous-doués incapables de s'approprier la littérature. Ils n'ont pas besoin de nous pour lire Loanna! et d'ailleurs ils se rendent bien comptent que tout cela n'est que du papier gâché! Plutôt que de supprimer des postes d'année en année, mieux vaudrait supprimer les IUFM, refuge de gens bien payés à démolir l'école!!

Ecrit par : Christine | 02 juin 2006

Voilà en peu de mots bien des choses — bien dites…
JPB

Ecrit par : brighelli | 02 juin 2006

Monsieur Brighelli, à quand la politique?

Au vu des témoignages et de l'accord de nombre de personnes (y compris moi!) avec votre opinion sur le lien direct entre violence / absence de communication / inculture Je suis sûr que vous pourriez faire un très intéressant ministre de l'éducation! ;-)

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 02 juin 2006

JPB, je vous laisse commencer à tester et selon le témoignage de votre expérience personnelle, je me laisserai tenter... ou non !

Ecrit par : Sionac'h | 03 juin 2006

Bravo Brighelli

D'abord pour avoir élévé la voix dans la solitude du silence des profs, dépassés par le consensus mou des hiérarchies.Ensuite, pour avoir défendu les lettres. Certes, nous le faisions tous dans nos salles de classe, mais la modernité semblait nous délaisser malgré l'intérêt de nos élèves ,( puisque c'est ma discipline), à la philosophie.
Ton livre a fait sentir ses effets. Les profs en parlent et j'ai observé une grande fierté renaître chez certains.
Mais il faudrait transformer l'essai. C'est à dire penser à une association. A politique. Seulement professionnelle, qui défendrait la valeur des contenus, l'exigence, la qualité de la pensée, le respect de notre métier. Seraient laissées aux syndicats les questions de salaire, de promotion, etc...
Alors Brighelli, pourquoi ne pas relever le gant? Je peux te dire qu'il y aurait du monde derrière toi.
Sans problème et avec gratitude.
Guitton
Professeur de philosophie

Ecrit par : Guitton | 03 juin 2006

Bonjour Monsieur Brighelli.
Je viens de finir A bonne école, après avoir lu La Fabrique du crétin ; même si je ne partage pratiquement aucune de vos opinions politiques, je dois reconnaître que vos constats sur l'école sont, hélas ! fondés. Je me permets juste une petite rectification sur la note du bas de la page 57 : " Les agrégés passent aussi en IUFM, mais n'ont rien à en craindre " : que nenni ! Les appréciations des conseillers pédagogiques et des formateurs IUFM ne sont en général que l'antichambre de celles des IPR. Si vous vous tenez au courant des observations enregistrées aussi bien par les syndicats que par la Société des agrégés, vous devez d'ailleurs savoir que ces derniers, en tant que personnes apparemment singulièrement rétives à la manipulation de la pensée, sont particulièrement dans le collimateur des IUFM, ce que je viens d'apprendre à mes dépens cette année : je sais que, l'année prochaine, il s'agira avant tout d'adopter le profil le plus bas possible et de dire amen à tous les préceptes inculqués, sans quoi...
Et quand vous parlez des Khmers rouges, je m'étonne que vous n'ayez pas poussé la comparaison jusqu'à la fin ; les méthodes employées à l'IUFM sont exactement celles de Staline et de Pol Pot :
- éloge de la pensée unique, nouvelle divinité destinée à remplacer chez le peuple enseignant les autres formes d'opium
- culpabilisation systématique des déviationnistes et
- devoir d'autocritique ayant pour but de faire accepter par ceux-ci leur condamnation comme le châtiment juste, mérité et exemplaire de leurs crimes.
Cordialement
jojo

Ecrit par : jojolapin | 03 juin 2006

...La pensée unique...

...Tout le monde s'accorde à dire que la pensée unique est néfaste, et qu'il faut laisser poindre une pensée individualisée pour la richesse de diversité qu'elle peut engendrer...

...Oups!... ...N'est-ce pas encore de la pensée unique? ;-)
...Celà devient très compliqué! :)

Humoristiquement!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 03 juin 2006

L'école dans le rétro

Larticle paru dans le dernier numéro du nouvel observateur a le mérite de relativiser l'influence des Brighelli, Le Bris, Lafforgue et autres ...... On y perçoit aussi les bénéfices qu'ils doivent dégager de leur exposition médiatique savamment orchestrée. Dommage que notre Ministre use du copier coller dans leurs discours pour rédiger les siens. Auprès de lui ils ont plus que l'influence, c'est du formatage. Dire qu'à eux il accorde au travers du SLECC des décharges de service pour mener leur expérimentation quand en parallèle il s'acharne à retirer celles des mouvements complémentaires de l'école qui travaillent depuis longtemps pour défendre la solidarité, la coopération et pas la compétition entre les élèves.
Ci dessous le lien vers cet article dont je conseille à tous la lecture.
http://www.nouvelobs.com/articles/p2169/a306822.html

Ecrit par : Christian | 03 juin 2006

Je réagis - un peu tard - au deuxième commentaire de cette note, écrit par Christophe Sibille, où l'on peut lire :

" Dieu merci, l'IUFM a validé son stage. Heureusement. Avec une mention; (c'est une stagiaire assez brillante). Vous voyez, les choses ne sont pas si simple (sic) "

Je ferai remarquer à M. Sibille qu'à l'IUFM ( en tout cas dans ceux que j'ai la chance de bien connaître ) il n'existe pas de mentions. Tout au plus des " favorable " , "réservé " , " défavorable " et " insuffisant " qui sont cochés par moult personnes à l'occasion d'une visite ou d'un mémoire. Je me demande donc bien quelle mention gratifiante cette stagiaire a pu avoir.

Pour Christian, je rappellerai qu'il n'est pas besoin de lire le Nouvel Observateur pour " relativiser " l'influence d'une pensée comme celle de Ms Brighelli, Lafforgue et Le Bris ( est-ce vraiment tout à fait la même, d'ailleurs ? ) : la pensée dominante reste celle de l'IUFM, et le formatage mené par les pédagogues experts en didactique est plus puissant que les apparitions médiatiques ( trop rares ) de M. Brighelli ou de M. Lafforgue.

Ecrit par : Jeremy | 03 juin 2006

Quant à Caroline Brizard, dont l'un de ses articles est donné en lien ci-dessus, on lui doit notamment un entretien complaisant avec Philippe Meirieu... Je ne la crois pas vraiment d'une objectivité exemplaire.

Ecrit par : Jeremy | 03 juin 2006

Du reste, sa conclusion est édifiante ! Il faut à présent détruire le collège, comme on l'a fait à l'école primaire !
Le parti pris est évident tout au long de l'article avec des mises en doute constantes des propos des différentes auteurs. "Un livre plutôt drôle tant les exagérations y sont nombreuses.", à propos du livre de Rachel Boutonnet, qui, même si je ne partage pas tous ses points de vue, ne livre que le sien, là où l'ensemble des témoignages recueillis apporterait à son moulin plus d'eau qu'il n'en a besoin.

Tiens, JPB, cela ne vous dirait pas un recueil de témoignages ? Ca permettrait à certains d'éviter de dire que cela ne concerne que peu de personnes !

Ecrit par : Sionac'h | 03 juin 2006

Le nouvel Obs ? Vous voulez dire qu'il publie encore des articles entre les pubs ? La dernière fois que je l'ai ouvert, j'avais l'impression de lire un catalogue.

Heureusement que c'est un journal de gauche, donc totalement imperméable aux pressions du marché. Sinon, qu'est-ce que ce serait, dites-moi.

Mais, bien entendu, il est très bien placé pour s'en prendre aux super-milliardaires vendus au pouvoir que nous sommes.

Ecrit par : Pierre-Henri | 03 juin 2006

C'est vrai que l'article du nouvel obs est d'un parti pris évident, qui de répéter ("copié collé" pour l'auteur aussi ) ce que tous ont contesté (syndicats et gauche) de la circulaire de Robien : la méthode globale n'avait plus lieu . Mais passer sous silence qu'elle est employée dans la methode mixte. Cette omission (qui se répète là encore) n'est pas le gage d'une volonté de contruire une critique objective.
Finalement on en apprend davantage sur l'apparence physique des intervenants.... et l'humeur de la salle.

Bref, au niveau argumentaire, je reste sur ma faim et n'ai rien appris de nouveau.

Ecrit par : DG | 03 juin 2006

Quelques bourdes de l'article cité, en vrac:

-Laurent Lafforgue n'appartient pas, que je sache, à une dynastie normalienne. Rien à voir avec les familles Bourdieu ou Derrida.

-Ce n'était pas l'Inspection en tant que corps, mais les experts de l'EN qui étaient visés par l'allusion aux khmers rouges (qui n'était d'ailleurs pas une comparaison directe , mais qui veut encore s'en souvenir?)

-Il n'a nullement choisi l'esclandre; si sa démission a fait quelque bruit , en effet, c'est qu'elle lui a été demandée, ou plutôt imposée. La pire des choses eût été de l’admettre sans piper mot.

-Les cours de 6ème sont tout, sauf des "cours magistraux à l'ancienne". Et il existe des dispositifs pour assurer la transition entre l'école et le collège.

-Si le stress scolaire apparaît en effet dès le primaire, c’est que le niveau n’y est plus évalué en termes de connaissances de bases (théoriques ou pratiques), mais par un fouillis de compétences et de sous -compétences, dûment sanctionnées. Aussi, devant des bulletins qui ressemblent à un bilan clinique de maladie grave, ou à un arrêt de justice, il y a de quoi être stressé. Mais ce ne sont pas M. Le Bris ou R. Boutonnet qui ont inventé ces procédures, que je sache.

-On n’est pas étonné que les éloges des méthodes prétendument actives, et fondées sur la construction du sens par l’apprenant lui-même, proviennent de la même mouvance (Inspection, directeurs d’IUFM, syndicats). N’empêche qu’au nom de ces méthodes forcément plus efficaces que le radotage à l’ancienne, ma fille a appris que les rois de France étaient sacrés à Rouen, et que la fonction du foie était de broyer le bol alimentaire ; ce qui fut scrupuleusement consigné dans 25 cahiers. Alors, construire, oui, mais quoi ?

-L'élève de Robien n'est sans doute pas plus attentif que l'élève Brizard: Sauver les Lettres (ainsi que JPB) ont mainte fois exprimé leur hostilité à l'imposition autoritaire de toute méthode de lecture.

-Enfin, l'allusion à Cassandre est spécialement mal venue. Sa malédiction n'était pas de prédire de mauvaises nouvelles, mais de n'avoir justement l'oreille de personne, encore moins d’un ministre. Ou alors ce n'est plus Cassandre. Personne n'est tenu de faire de l'érudition mythologique, mais alors mieux vaut la laisser à ceux qui s'y connaissent. Point mineur, certes, mais qui illustre bien l'attitude ambigüe de la bobocratie envers cette culture bourgeoise qu'elle fait métier de conspuer.

Sur le fond, pas grand-chose à dire. Ce sont toujours les mêmes vieux trucs éculés: attaques ad hominem, déformation caricaturale des thèses hétérodoxes, citations tronquées, théorie du complot (celui d’une secte ultra-minoritaire, mais toute puissante), déni de la réalité ("il faut relativiser" est le prélude au grand air "tout va très bien madame la marquise"), fuite en avant dialectique, et faisant peu de cas de la contradiction interne: si l'école patine, ce n'est pas par excès, mais par défaut de pédagogisme. Forcément. Donc il faut pédagogiser de la maternelle à la fac, puisqu'un système inepte, mais uniforme est nécessairement préférable à un système dont certains éléments feraient de la résistance et du mauvais esprit. C’est un peu le raisonnement des léninistes dans les années 20 : si les moujiks crèvent encore plus de faim que sous les Tsars, ce n’est pas que la doctrine est mauvaise, c’est la faute aux défaitistes, aux traitres et aux saboteurs. Qu’on en fusille quelques uns et tout ira mieux ! Et là-dessus, les néo-réacs sont invités à résipiscence, afin de devenir les alliés, ou plutôt les valets, de ceux qu’ils dénoncent.

Le seul intérêt de l’article, à mon goût, est d’exprimer l’irritation d’une presse de cour, habituée à dicter les élégances intellectuelles de la rive gauche, et qui ne supporte pas de voir enfin tenir sur l’école un autre discours que le sien. Notre "poil à gratter" (sic) ferait du bien à ces petits clercs moralisateurs: on sait ce que couvre leur bouclier de gravité.

Ecrit par : Jean-François Croz | 03 juin 2006

Jean-François, bravo. Tout est dit.

Ecrit par : Pierre-Henri | 03 juin 2006

Bien dit JFC : les cours magistraux en 6ème n'importe quoi !

A quand le recueil de témoignages ?

L'école à deux vitesses est malheureusement en gestation, et l'écart entre ces deux vitesses est ENORME !

Ecrit par : D | 03 juin 2006

Brillante analyse, qui me dispense de tout commentaire ultérieur : tout est dit.
JPB

Ecrit par : brighelli | 03 juin 2006

Je vais mettre un lien sur mon blog pour recommander la lecture de cette note. Ce qui "me tombe des mains", c'est plutôt ce genre de journal "people" ou ces livres torche-cul qu'on retrouve ensuite en tas aux Puces.
Quel mépris de la part d'enseignants qui s'imaginent "aider" leurs élèves en les rabaissant alors qu'on les fait progresser précisément en leur donnant des lectures plus difficiles... Les études sans effort cela n'existe pas. Mais il faut aussi (re)donner le goût de lire...
J'ai eu entre les mains un manuel de littérature de 1ère (tout de même année du Bac de français !). Ils s'étaient mis à 10 pour pondre une vaste connerie : survol de la littérature du Moyen-Age jusqu'à nos jours avec aucun texte "classique" sauf d'ineptes gloses sur les auteurs ou les sujets. Manuel en usage au Lycée de Chatenay-Malabry (92) cette année et les précédentes (il n'est pas neuf).
On est en train de massacrer la connaissance de la littérature et toute culture. Je me souviens que quand j'étais en primaire (jusqu'au certif') nous faisions des dictées, tirées d'oeuvres variées mais de qualité. Dans les livres de français et de grammaire des extraits d'oeuvres me donnaient envie de lire les auteurs. Sans doute avais-je la chance de vivre dans une famille cultivée avec beaucoup de livres.
Que ne diraient aujourd'hui Montaigne et Rabelais qui pourfendaient les "lourdes têtes" ! Mais on ne les lit plus, trop difficiles... J'ai encore un livret qui servait pour les émissions de la radio scolaire de chant et pour la poésie... (année 61-62). Pas de la gnognotte !
Mon père avait dû traduire Plutarque dans ses jeunes années (il a passé le bac de français en 1914-1915, juste avant de s'engager à 17 ans) car en le lisant tardivement j'ai retrouvé tout plein d'anecdotes qu'il nous racontait lorsque j'étais enfant. Madame de Sévigné m'a donné envie de lire le cardinal de Retz, Saint-Simon, de m'intéresser à Madame Guyon et aux controverses Bossuet-Fénelon, aux éloges funèbres de Bossuet... le fameux "Madame se meurt, Madame est morte"...
Mon père voulait me faire lire "les mémoires d'outre-tombe" et je lui avais répondu que ce devait être un "coup de barbe". J'avais heureusement conservé ses exemplaires, 3 volumes défraîchis du Livre de Poche, et par la suite, je m'y suis plongée avec délices... avant de lire d'autres oeuvres (notamment "itinéraire de Paris à Jérusalem" qui en apprend beaucoup sur l'Europe d'aujourd'hui ce me semble et "Vie de Rancé").
Je prise peu les romanciers actuels (mais je vous trouve très sévère pour Sagan dont l'écriture est très belle, quant à Minou Drouet dont j'avais entendu parler quand j'étais enfant, rien lu d'elle et contrairement à Sagan elle n'a pas dû récidiver... de Sagan il faut lire, entre autres "La femme fardée" et le "lit défait"), avec une exception pour Péju, également pour la qualité d'écriture. Je ne dois pas être normale car j'ai dernièrement fait mes délices de La Fontaine, une vieille édition complète (Hachette) en petit format très pratique pour lire dans le train de banlieue et le RER.
Et plutôt que les livres où l'histoire est romancée je préfère lire directement des livres qui traitent des événements ou des personnages, l'histoire est un roman ! ou des monographies sur tel ou tel sujet, les correspondances ou les mémoires... Pourtant, nonobstant mon goût pour la lecture j'étais une feignasse de première à l'école (moralité : j'ai dû faire des études tardives !).
Comment faire pour que ce ne soit plus "l'inculture bobo" qui triomphe mais la foi qui animait naguère les "hussards noirs de la République" ?

Ecrit par : kamizole | 04 juin 2006

La "foi" des hussards noirs devait remplacer la foi chrétienne, qui posait un sérieux problème aux gouvernements des années 1880-1900. Le défi s'est estompé après 14-18, quand il a été acquis que la République — la "Gueuse", disaient ses adversaires — avait définitivement triomphé. Et la foi enseignante s'est lentement errodée. La culture des Lumières, qui avait remplacé celle des Evangiles, s'est retrouvée contestée à son tour : paradoxalement, c'est après 68, qui était un événement incontestablement "laïque", que l'on a assisté à ce retour du religieux diffus qu'est le post-modernisme — et quoi de plus "post-moderne" que la pédagogie des IUFM ? D'où l'aspect souvent sectaire des nouveaux gourous, et leur haine du Savoir classique — l'exact équivalent de la haine que professaient les curés à l'égard de Voltaire. Il est d'ailleurs significatif que la Pédagogie-Meirieu préfère Rousseau, qui n'a cessé d'infuser dans le rationalisme des Lumières du sentimentalisme, de la religiosité, et de l'individualisme. La descendance du "philosophe de Genève", comme on dit, c'est la reconnaissance du droit au "respect" (qu'est-ce qui est respectable dans les éructations d'un jeune crétin ?), à la "différence", et bientôt au communautarisme le plus létal.
L'acceptation "classique" d'un standard de beauté, en littérature comme ailleurs, ne fait plus recette dans un monde où le "c'est votre avis, ce n'est pas le mien" est devenu nouvelle parole d'Evangile. Les programmes de Français de 1999 — les "programmes Viala" —, en réduisant tout texte au PPCD "discours", ont enfoncé dans les crânes la certitude que tout se valait — y compris les productions (le "sujet d'invention" proposé au Bac) d'élèves fortifiés dans leur inculture et leur narcissisme. La culture classique s'appuyait sur "le moi est haïssable". L'inculture moderne se fonde sur l'exaltation du moi-Je.
Et le retour du religieux au sens strict va de pair avec ce lavage de cerveaux — mais je ne veux pas anticiper davantage sur le contenu du livre que je suis en train d'écrire…
JPB

Ecrit par : brighelli | 04 juin 2006

A propos de livres de lecture, de dictées et de manuels...

Pour ceux qui ne le sauraient pas, l'IUFM passe son temps à tirer à boulets rouges sur les manuels. Une des conséquences, c'est qu'on arrive dans des classes où il n'y a pas de manuel ! Pratique pour enseigner des disciplines comme l'histoire ou la géographie ! S'il est évident que chaque manuel comporte ses inconvénients, mieux vaut quelque chose plutôt que rien... sauf pour l'IUFM. En ce qui me concerne, mon premier geste, à mon arrivée dans l'école a été d'acheter une série de livres en histoire et en géographie. Petit à petit, année après année, je vais compléter ceci.
Récemment, nous avons fait du tri dans une salle de classe qui sert depuis pas mal d'année de salle d'arts plastiques (que je déteste ce terme, décidément !), salle de projection, de réunion, remise... NOus y avons trouvé de vieux manuels oubliés de tout le monde. Je savais qu'ils étaient là, car, curieux de nature et aimant bien les vieux papiers, j'avais regardé une partie du contenu de ces armoires et trouvé des manuels dont certains dataient de mon enfance, voire encore plus vieux. D'ailleurs, certains de mes collègues plus âgés que moi ont reconnu des manuels qu'ils utilisaient en début de carrière.
Ce qui m'a amusé, cela a été leur réaction à se dire : tiens, je vais utiliser un BLED parce que pour faire des exercices, y'a rien de mieux. Ben oui, ça semble pourtant évident ! Le BLED est le truc le plus austère, mais ce n'est pas en ayant un super manuel " d'ORL " en couleur avec des photos partout qu'on peut permettre aux gamins de maîtriser les règles grammaticales et de reconnaître S+V+C dans la phrase !
Heureusement que nous sommes d'odieux professeurs dans notre école.

De mon côté, j'ai récupéré tous les manuels d'histoire - géo, même si dans ce domaine, il convient d'en avoir de récents, une manuel de dictées (ça tombe bien, je passais mon temps à me creuser la tête pour savoir quoi leur donner dans ce domaine !) et surtout, des années de "documentation pédagogiques", que mes collègues voulaient jeter directement avec les autres vieux machins définitivement inutilisables. POurtant, ces documents sont des merveilles ! Il s'agit de petits dossiers (qui datent des années 60) présentant sur un sujet particulier 4 grandes photos et le livret apportant tous les commentaires. Le caractère ancien de ces documents n'est pas un problème en soi. Au contraire, j'ai déjà mis à profit ces documents pour leur présenter l'évolution de certaines technologies dont je leur avais déjà parlé sans pouvoir leur montrer réellement de quoi il s'agissait, autrement qu'en le leur évoquant par oral ou par un schéma au tableau. Je leur ai ainsi présenté un ordinateur de 1969 ! Les gamins n'en sont pas revenus. La photo présentait une pièce grande comme notre salle de classe, avec des armoires à bandes magnétiques énormes sur chaque mur et trois types avec des allures de "men in black" en train de pianoter sur une sorte de clavier de machine à écrire et sans écran.
Ca ressemblait un peu à ça :
http://www.usherbrooke.ca/accueil/vignettes/informatique/images/image01.jpg

Bref, c'est souvent dans les vieux pots qu'on trouve la meilleure confiture.

Ecrit par : Sionac'h | 04 juin 2006

Bijour FouRhum,

Moi aussi j'voudrions dire BRAVO à Jean-François Croz.
Super post ! Merci beaucoup.

Ecrit par : toto | 04 juin 2006

Je vous en veux beaucoup M. Brighelli.
Je vous en veux car, jusqu'à il y a quelques mois, je vivais dans une béate insouciance... Je ne suis pas enseignant et ma fille n'étant pas encore scolarisée, je suivais de très loin ce qui avait un rapport, de près ou de loin, avec l'Ecole: la question des moyens. des programmes, les difficultés du corps enseignant... J'ai toujours entendu et vu les profs descendre dans la rue demander des moyens supplémentaires; alors la question centrale à traiter devait vraisemblablement n'être que celle-ci (?). Quoi de neuf là-dessus? Celle de la violence à l'école trouvait ses racines dans une évolution inéluctable de la société vers plus d'images, vers une fragilisation de la cellule familiale, la paupérisation croissante d'une frange de la population, etc. Qu'y pouvions-nous? si ce n'est faire en sorte que cette société soit moins injuste!?
L'Ecole n'était pas, à mes yeux, à remettre en cause dans son fondement. Je laissais le sempiternel sujet de la baisse des niveaux à ceux que j'estimais être des réacs...
Lorsque la question de la scolarisation de ma fille s'est posée, j'ai eu l'occasion de me rendre compte d'un certain nombre d'"anomalies": mais pourquoi mettent-ils donc des mots voire des phrases entières sur des bandes de papier dans les classes de moyenne section, les enfants ne sachant pas lire? Le "bain de lecture", Monsieur, on leur apprend des mots et petit à petit...
Et puis j'ai eu l'occasion de lire votre livre (et bien d'autres depuis)...
On n'imagine pas les conséquences d'une telle prise de conscience.
Il y a celles immédiates qui ne mangent pas de pain: on se désabonne de certains de ses journaux préférés qu'on lisait distraitement le matin avec son café ... ou on les lit avec beaucoup plus de circonspection (le Monde, etc.).
Puis on en discute avec d'autres parents d'élèves. On découvre que tout le monde, pardonnez-moi l'expression, "nage dans le potage". Il y a ceux qui restent encroûtés dans leurs certitudes. « Tout va bien, je te dis, les enfants n’ont jamais été aussi bons. Tout çà, c’est des ragôts de fachos »… D’autres ne savent pas. Ce n’est pas nécessairement qu’ils se désintéressent du sujet. Ils n’ont pas d’opinion, point. Quelques parents ont une foi absolue dans le privé : de toutes façons, mes enfants sont dans des établissements privés alors ces problèmes… Quand je leur demande ce qu’ils y apprennent de plus, ces écoles devant bien respecter les programmes et recommandations du Ministère ( ?), alors là, pas de réponse… Enfin, il y a les parents désarçonnés, j’en fais partie, qui constatent les évidences, ne comprennent pas comment tout cela a pu se faire sous leurs yeux depuis tant d’années. On nous parlait de l’égalité des chances, de l’accès de tous à un enseignement de qualité et voilà le travail !…
On se documente, on lit beaucoup puis on s’intéresse alors aux positions défendues par les partis politiques. Il y en a bien un dans le lot (si possible de gauche !) qui est lucide et propose quelque chose d’intelligent. Rien vu. Le PS, entre autres choses, dans ses états généraux http://www.lesetatsgeneraux.fr/sitedesign/standard/images/t00.png, ne pense qu’à remédier aux inégalités constatées et à augmenter les moyens… Les Verts, sur un doux nuage cotonneux bio (http://programme.les-verts.org/rubrique.php3?id_rubrique=110) proposent de renforcer les itinéraires de découverte (IDD), les travaux personnels encadrés (TPE) ou les projets professionnels (PPCP) dont on connaît malheureusement les résultats consternants.
Je me suis promené sur d’autres sites mais rien…
Il faut donc agir. Mais comment ?
Je lis sur votre blog qu’il faut agir non pas pour le succès mais pour la beauté du geste. Si le héros d’Edmond avait du panache, je n’arrive pas à me résoudre à cela. Son combat était le sien et n’engageait que lui. Celui-ci est d’une toute autre dimension.
Je vous en veux donc, à vous et à d'autres, de m'avoir ouvert les yeux, mon ignorance était tellement confortable.. Votre action est néanmoins remarquable. Mais face à la désinformation générale des médias et notamment de la presse écrite (Nouvel Obs, le Monde, Libé), votre mission de sensibilisation est immense en comparaison de la tâche confiée à Atlas…Il est vrai que la presse écrite est de moins en moins lue (et pour cause !) mais quand même.
Je sais que vous continuez courageusement avec d’autres à sensibiliser l’opinion publique sur les dérives du système éducatif, mais il est désespérant de constater que cela demeure insuffisamment relayé voire déformé.
Mais que peut-on faire localement pour vous aider?
et que peut-on faire pour nos enfants ?
Amicalement
L. Neuville

Ecrit par : Neuville | 04 juin 2006

On en revient aux mousquetaires, ou aux cadets de gascogne : ne pas baisser la garde. Jamais. Se renseigner. Se faire une opinion. Faire pression sur les politiques. Discuter avec les enseignants, il y en a pas mal de bons, d'une façon ou d'une autre. Pallier les insuffisances par vous-même. Ne pas trop s'inquiéter : un gosse doté de parents alertés s'en sortira toujours. C'est surtout pour les plus déshérités que je m'inquiète.
Mais ne m'en veuillez pas : il y a tant de jours où je suis moi-même découragé…
JPB

Ecrit par : brighelli | 04 juin 2006

Méfiez vous principalement des enseignants de 15-20ans d'ancienneté, convaincus par autrui du bien fondé des nouvelles pédagogies, et non des jeunes enseignants, qui arrivent dans le système et qui se rendent bien compte que ce dernier ne marche pas comme il devrait, même si leur formation a été moins bonne que celle de leurs ainés (quoique...)

Ecrit par : D | 04 juin 2006

JPB,
Le message de L.Neuville comme tant de messages de parents inquiets ou d'enseignants désemparés me fait me poser une fois de plus la question suivante.
Pourquoi ne peut-on pas envisager un mouvement , un regroupement (hors syndicat, bien sûr) des parents et des enseignants qui dénoncent les problèmes que nous soulevons quotidiennement sur ce blog et sur d'autres listes de discussion? Parfois je trouve décourageant de retrouver répétés à l'infini les mêmes constats sur la dégradation et les mêmes paroles sur la necessité d'étudier des textes littéraires. Le dire est déjà bien, c'est sûr. Mais il m'arrive de penser qu'on manque de courage à ne pas envisager une forme d'action plus concrète pour plus d'efficacité. Bien sûr, je suis consciente de l'impact de livres comme les vôtres et l'on vous en est tous reconnaissant , mais est-ce si naïf de ma part de vouloir envisager des mesures plus concrètes?
Il m'est arrivé de poser la question sur une liste de discussion une fois et on a invoqué immédiatement le risque de manipulation, de récupération... Est-ce si stupide d'envisager cela? J'aimerais bien avoir votre avis . Merci.
elisabeth.

Ecrit par : elisabeth | 04 juin 2006

Au fait, dans le sujet initial, on évoque avant tout le fait qu'un bouquin de Hervé Vilard soit au programme d'une classe de 1ère. Mais dans ses instructions officielles, l'E.N. nous propose (en primaire), toute une liste d'oeuvres "classiques" qu'il serait bon que les gamins connaissent et aient lues.
On peut se dire : excellent ! Sauf qu'il est facile de publier des instructions, cela coûte beaucoup moins que de mettre les fonds nécessaires dans chaque école à l'achat de séries de ces livres !

Ecrit par : Sionac'h | 04 juin 2006

Il n'est en rien stupide de suggérer une union des mécontentements. Simplement, à côté du constat, qui paraît fédérateur, il y a tant de comportements différents ! Les uns vont mettre en cause une décadence supposée de la France, ou incriminer telle ou telle partie de la population, basanée ou non — alors qu'elle paie le plus lourd tribut aux inégalités scolaires provoquées par les bonnes intentions égalitaristes. D'autres penseront que tout vient d'un manque de moyens, ou que les problèmes de l'école reflètent simplement les discriminations sociales — ce qui n'est pas faux, mais repousse la solution du problème en des temps utopiques de chômage zéro. Pour les uns, c'est la faute aux enseignants, qui pensent trop souvent que c'est la faute aux parents.
Et j'en passe…
J'ai reçu après la Fabrique du crétin (et encore tous les jours) un courrier considérable qui émane de toutes sortes de gens — retraités courroucés, enseignants découragés, parents inquiets, étudiants ravagés. Mais à les lire, et à les relire, il m'est apparu que ce sentiment de gâchis, si fort en nous, avait des origines si diverses, des motivations si curieuses…
Ce qui m'amène à penser que c'est à chacun de s'organiser pour faire pression sur les politiques. Quand tel(le) ou tel candidat(e) aura reçu des milliers de suggestions allant dans le même sens, peut-être réfléchira-t-il / elle.
C'est la faiblesse de l'exaspération : elle est protéiforme. Pendant ce temps, les gens qui mettent l'Education à genoux sont peu nombreux, mais fort bien organisés, car idéologiquement conformes. C'est la force des sectes.

Enfin, il y a un paramètre personnel. Je ne suis pas un organisateur-né. Et j'ai toujours dit que je ne voulais pas devenir un "Monsieur Education" parmi tant d'autres spécialistes de la chose — réels ou auto-proclamés. En revanche, si quelqu'un, sur cette liste ou ailleurs, a la capacité de fédérer les mécontentements, il a, par avance, tout mon appui.
JPB

Ecrit par : brighelli | 04 juin 2006

Combien de "classiques" dans les oeuvres "classiques" proposées dans la "liste des ouvrages de littérature en cycle III" par l'Education Nationale ? En tout cas, ni "Le petit prince"de Saint Exupéry, ni "La gloire de mon père" de Pagnol, ni "Tistou les pouces verts", ni des extraits du "Roman de Renart", ni "Les contes du chat perché", ces oeuvres que la plupart des élèves de 10 ans peuvent lire en classe si on a pris la peine de leur apprendre à lire au CP... A la place de tout ceci, de nombreux albums illustrés où, à dix ans, on leur apprend à "tirer du sens" de l'image, deux "Histoires comme ça" de Kipling qu'un élève de CE1 lira en trois ou quatre épisodes d'une à deux pages, quelques romans de 50 à 100 pages noyés au milieu d'environ 200 titres, ce qui permet à chaque enseignant de choisir au petit bonheur la chance 10 titres qui seront loin de constituer une "culture commune" à toutes les futures sixièmes de France et de Navarre...

Ecrit par : catmano | 04 juin 2006

je rejoins les quelques parents inquiets et indignés pour leur dire qu'on peut agir quand même déjà à petit niveau !
deux exemples concrets :
dans notre ancienne école primaire de région parisienne, école d'application qui plus est, nous avons demandé très expressément des manuels aux instituteurs en conseil d'école ; leurs arguments contre : le budget alloué à l'école n'étant pas extensible, ils préféraient acheter des cahiers et des stylos aux enfants en abondance, pour remplacement en cas de perte ou de manquement des parents ; de plus aucun manuel n'étant "parfait" ils préféraient faire des photocopies (hem hem) de "séquences" correspondant à ce qu'ils souhaitaient, charge aux enfants de coller ces feuilles dans les beaux cahiers fournis (quel gâchis de papier, mon coeur écolo en saigne encore) ; notre argument principal était qu'il fallait que les enfants manipulent (quel horrible mot) des livres, qu'ils prennent l'habitude de considérer un livre comme une source de savoir, comme une référence, sous peine, en collège de ne pas avoir la moindre idée de ce que le livre de cours peut leur apporter et de se référer systématiquement au cahier (c'est du vécu et pourtant ma fille lit un livre par jour !) ; par ailleurs notre banlieue étant plus qu'aisée, l'argument "soutien aux enfants indigents" nous a paru d'une hypocrisie sans borne....sous notre pression de parents réac, le conseil d'école a fini par accepter d'acheter des livres de classes, étant entendu que les instits seraient seuls juges des ouvrages à acheter (normal) ;
autre exemple : cette année j'ai participé au projet d'établissement du collège de mes enfants ; j'ai réussi à faire inscrire dans les outils d'évaluation du projet un comparatif entre les évaluations d'entrée en 6ème et les résultats au brevet pour une même classe d'âge...ce n'est pas l'outil qui est important mais de faire inscrire au projet le souci d'apporter une valeur ajoutée à l'instruction de ces enfants....et de faire reconnaitre que les progrès en français et en maths sont aussi importants que les sorties au Parc animalier du coin...
en fait je suis extrêmement cynique dans ma démarche car j'infiltre les instances comme la loi m'y autorise, pour faire passer des idées pas du tout correctes comme "les enfants veulent apprendre" ou bien "tout ce que les parents souhaitent c'est que les enfants apprennent, progressent dans l'instruction" ou encore "occupez vous de l'instruction, je m'occupe de l'éducation" ; cette dernière je l'ai sortie en conseil local FCPE et les parents étaient...ravis ; encore un gouffre entre la base et le bureau national, ça me rappelle quelque chose....
bon élizabeth tout ça pour dire qu'on est déjà deux !

Ecrit par : fabienne | 04 juin 2006

Splendide ! C'est exactement ce que l'on peut attendre de aprents attentionnés — y compris la reconnaissance, en dernière instance, du pouvoir pédagogique de l'enseignant. Ce n'est pas du cynisme, c'est de l'intérêt (des enfants) bien compris.
Quant aux instances nationales de la FCPE, Dupont-Lahitte en tête, vous ne voudriez tout de même pas que je vous dise ce que j'en pense ? D'ailleurs, ça pourrait se dire, mais ça ne s'écrit pas…
JPB

Ecrit par : brighelli | 04 juin 2006

"occupez vous de l'instruction, je m'occupe de l'éducation"
Mort de rire, et il n'ont pas moufté Le FCPE :) ?

Moi j'aimerions bien dire ce que j'en pense du Du.on La.itte !

BRAVO Fabienne ET MERCI pour votre courage.

Ecrit par : toto | 04 juin 2006

C'est marrant, le "aucun manuel n'est parfait" est l'un des leitmotivs (on y met un "s" ?) de l'IUFM, comme "il n'y a pas de recette miracle", lorsqu'on demande un conseil !

Fabienne, vous avez du tomber sur une équipe lobotomisée à l'IUFM qui a parfaitement réussi son lavage de cerveau sur ces sujets !

Ecrit par : Sionac'h | 04 juin 2006

Il me semble qu'on doit écrire: des leitmotive... à vérifier

Ecrit par : Patricia Mesnigé | 04 juin 2006

Merci JPB pour votre réponse. Effectivement les courriers que vous recevez doivent apporter un éclairage intéressant et il est vrai que si nous sommes quelques-uns ( peut-être plus?) à savoir quelle école nous refusons, il serait sans doute moins facile de nous mettre d'accord sur l'école que nous voulons.

Pour Fabienne,
Ah! si seulement vous pouviez faire "école" auprès de tous les parents, ce serait génial!
Bravo en tous cas...
elisabeth.

Ecrit par : elisabeth | 04 juin 2006

"leitmotiv" selon le larousse (le seul que j'ai sous la main actuellement)

Pluriel savant : leitmotive.



Pour JPB et elisabeth,
Si nous sommes déjà d'accord sur ce que nous ne voulons plus, c'est déjà un grand pas. On peut déjà proposer autre chose, même a contrario.

Ecrit par : Ordrade | 05 juin 2006

En Angleterre, un directeur d'école débarque au domicile des enfants distraits, fatigués, querelleurs, et confisque leurs jeux vidéos, leur ordinateur et leur télévision. (Avec l'accord des parents, bien sûr.)

Les résultats sont spectaculaires. Les enfants se calment, recommencent à s'intéresser aux cours, à apprendre, à entretenir des relations normales avec leurs camarades, à respecter l'autorité des enseignants.

Voilà une initiative qui ne réclame pas "plus de moyens", contredisant ainsi l'antienne des syndicats français. Plutôt moins, en fait.

Evidemment, cela obligerait les chefs d'établissement à s'impliquer personnellement dans la discipline, au lieu d'ouvrir les parapluies et de s'abriter derrière le dogme hypocrite du professeur roi dans sa classe.

Bien sûr, un tel geste, en France, déchaînerait les insultes: facho! pétainiste! militariste! retour à l'ordre moral! C'est pas prévu dans Bourdieu que confisquer des jeux vidéo améliore les résultats scolaires. Inadmissible...

http://www.6url.com/0RP4

Ecrit par : Robert Marchenoir | 05 juin 2006

bonjour Bob,

Moi j'aimerions bien qu'ils fassent le nettoyages de toutes les emissions/films de Mrede qu'on nous propose 'on the tvset' La tv est un bon outil (comme un autre) c'est l'usage qu'on en fait qui est néfaste.
Imaginons qu'il n'y ai que des émissions littéraires ou d'intruction (math bio histoir etc etc etc)
Donc grosso merdo il ne faut pas confondre le contenu et le contenant ;)

j'disions encore une ânerie ? à vous de voir .
bien amicalement

Ecrit par : toto | 05 juin 2006

D'accord avec vous, Toto. Maintenant, c'est aussi une question de quantité. C'est comme le pinard. A dose raisonnable, ça va. Après, ça devient une drogue...

Ecrit par : Robert Marchenoir | 05 juin 2006

elisabeth, il ne s'agit pas tant de "faire école" que d'exprimer des soucis que la plupart des parents dans les associations ressentent plus ou moins confusément ; il ne faut pas négliger l'impact de 25 à 30 ans de discours lénifiants sur les parents actuels ; oser dire en conseil local (surtout FCPE qui me semble avoir totalement intégré le discours type IUFM) qu'on veut AVANT TOUT une instruction de qualité, ça n'est pas évident ! alors j'ai adopté une posture très commode : CANDIDE ! je m'étonne, je m'interroge à haute voix...(sans jamais oublier le message subliminal que je souhaite faire passer) et les autres parents suivent...et parfois précèdent !
cynique je vous dis !
Et je ne manque jamais d'encourager un instituteur exigeant (c'est le cas de la maitresse de mon dernier cette année) ; en revanche je m'interdis toute critique publique (sauf prof frappeur éventuellement) sur les méthodes...je préfère donner des remèdes au cas par cas (n'est ce pas toto !) à des parents inquiets...

Ecrit par : fabienne | 05 juin 2006

"C'est comme le pinard. A dose raisonnable, ça va. Après, ça devient une drogue..."
Bouhouhou :( j'étions complètement "drogué" :(


va savoir pourquoi ? :(
bon il fallions que j'arrête les excés tous les jours :( une fois de temps en temps ça va... en ce moment j'aimerions bcp que cela avance très très vite, mais je sais que cela n'est pas la bonne solution :( comme le disions JPB des fois j'avions le "blues"
disoli

Ecrit par : toto | 05 juin 2006

Allez Toto, t'es pas tout seul et puis il nous reste toujours la littérature, elle au moins elle ne trahit jamais...
elisabeth.

Ecrit par : elisabeth | 05 juin 2006

:) merci

Ecrit par : toto | 05 juin 2006

Je viens de découvrir l'article de C. Brisard, je vous communique le courrier que je lui envoie.
Madame,

Je viens de terminer la lecture de votre article concernant l’école. Devant tant de mépris, de fausses certitudes, j’ai décidé de vous répondre.
Avant tout, je tiens à me présenter : Professeur dans un collège de Seine Saint-Denis, bientôt en retraite, j’enseigne depuis mes débuts dans des classes spécifiques pour élève en difficultés (Classes relais, préprofessionnelles, insertion …)
Je ne me sens pas concernée par les « boiseries dorées, lustres cristal ...ni par la pédagogie rétro pour reprendre vos expressions. Je suis un professeur qui a effectué pendant des dizaines d’années un travail de fourmi et qui a le sentiment d’avoir bien œuvré.

Vous commencez votre article en stigmatisant les lieux « beau 17 ème  », le ton est donné mais surtout en vous attaquant aux caractères physiques, voix aiguë, sanglé dans un costume, archétype de l’instituteur d’autrefois …
Marc Le Bris aurait dû arriver en bicyclette hollandaise, veste de lin, écharpe au vent ...
Quand on arrive à de telles bassesses et c’est que l’on n’a pas grand-chose à dire. Et pourtant vous dîtes des choses !
Par exemple, la méthode de lecture. Je suis assez bien placée pour constater les dégâts de la méthode globale (ou méthode mixte c’est pareil . Personne ne conteste le fait qu’une majorité d’élèves arrive au collège en ne possédant pas les bases de la lecture, et il y aurait eu une révolution à l’école ?. Et vous, de vous gausser du ma, me mi, mo, mu. Nous apprenions avec cette méthode et nous savions lire à 5 ou 6 ans et pas seulement dans les « bonnes familles » !

Comment avons nous pu attendre si longtemps avant de réagir ? Heureusement qu’il y a eu des gens courageux, tous ceux que vous nommez. Et je peux vous dire que cela réagit dans les salles de professeurs. Nous sommes nombreux à « mouliner ces idées noires ».

Je pense qu’il est inutile d’en écrire davantage, je ne vous convaincrai pas.

Mais je tiens à vous dire ceci : Madame, vous ne faites pas un travail de journaliste. Un journaliste informe, vous ne le faites pas. On aurait aimé en savoir un peu plus sur les interventions de Marc Lebris ou de Laurent Lafforgue ou d’autres ; on sait seulement que Laurent est un quasi-adolescent, que l’agrégée de philo est une belle personne aux yeux bleus et j’en passe.
Vous faites un travail de propagande et votre article est une mosaïque de jugements subjectifs.

Salutations

Ecrit par : Sylviane | 05 juin 2006

Je ne sais plus si c'est sur ce fil ou un autre. Il y avait une info à propos d'une polémique entre JPB et la môme Charmeux dans Nousvousils. Je suis allé voir et ajouté mon grain de sel. Je vous fais un copié-collé.
------------
Eloge de l'arrière-train

Evelyne (ou –line) Charmeux se présente elle-même comme ancienne élève de l’ENS et agrégée de grammaire. Ces titres ne m’impressionnent guère puisque ce sont aussi les miens – et ceux de Jean Paul Brighelli. Nous sommes tous trois normaliens et agrégés. Ça prouve pas grand-chose, bien sûr, mais c’est beaucoup plus rigolo comme ça. Plus sportif, quoi. Et ça prouve au moins que les ENS ne formatent pas les esprits comme essaient de le faire – en vain – nos chers IUFM. Ça prouve aussi que Mme Charmeux sait, quand ça l’arrange, utiliser l’argument d’autorité en faveur de ses propres productions langagières.

Y a encore un truc qu’est pas mal rigolo. C’est que, pour reprocher à Brighelli un usage – tout à fait correct, quoiqu’un peu maniéré – du subjonctif imparfait, Mme Charmeux doit avoir recours au vieux Grévisse, modèle de ces grammaires normatives qui utilisent toute une terminologie désuète et fausse comme « articles partitifs » ou « pronoms numéraux » et parlent même – horresco referens – de « propositions principales » et de « propositions subordonnées ». Normes élargies à l’ensemble des grands auteurs, mais normes quand même puisqu’elles permettent de discriminer entre le bon et le mauvais usage. Encore un recours à l’argument d’autorité donc, plus légitime que le premier mais aussi plus beaucoup plus savoureux quand on le rapporte à son sujet d’énonciation. Et puis, avant de se transformer en sujet d’énonciation, le sujet de réception, Mme Charmeux en l’occurrence, n’a sans doute pas compris que le maniérisme et la préciosité peuvent être des formes d’humour pour peu que les énoncés soient pris dans un ancrage énonciatif particulier. Ou, pour dire les choses autrement, qu’on peut avoir envie de se moquer de Mme Charmeux quand on s’adresse à Mme Charmeux. Mme Charmeux ne doit pas avoir le sens de l’humour.

Mais y a un truc qu’est pas rigolo du tout. C’est qu’avec son compère Foucambert et quelques autres allumés du ciboulot, Mme Charmeux a imposé au milieu des années 70 des méthodes d’apprentissage du français qui ont produit – et continuent de produire – des dégâts considérables. On a assez vite légèrement rectifié le tir à propos de la lecture par idéo-visualité mais on est encore loin, très loin, du compte. En ce qui concerne la grammaire en revanche, les choses ne font que s’aggraver, j’en donnerai de suite quelques exemples. Sur la base d’enquêtes que je ne connais pas, cette joyeuse équipe décida que les productions langagières des apprenants étaient catastrophiques et qu’il fallait enseigner autrement. Peut-être avaient-ils trouvé dans les examens d’entrée en sixième des « je me réveilla », des « je descendus », des « je vus », des « l’aveil » (pour « la veille »), des « sagissant » (du verbe « sagisser » sans doute), des « dont elles en possèdent beaucoup ». Le progrès en trente ans a été remarquable puisque, aujourd’hui, c’est dans les copies d’agreg qu’on les trouve. J’ai fini de corriger et je pourrais en fournir une liste qui irait de Paname à Tamanrasset. Mme Charmeux, qui a appris le français avec des méthodes déplorables, l’écrit parfaitement. Les agrégatifs cuvée 2006, dont certains seront agrégés tellement ces fautes sont chose courante dans leurs copies, écrivent une bouillie pour chats. C’est qu’ils ont bénéficié des méthodes de Mme Charmeux. Ou alors c’est la langue qui évolue, car dans une langue y’ a pas de normes, juste des règles de fonctionnement. Et que c’est comme ça qu’il fonctionne, le français tel que je l’observe dans mes copies.

Du temps que l’on faisait de la grammaire normative en primaire (je n’aime pas l’expression « grammaire de phrase » qui est pléonastique), on découvrait la linguistique en arrivant en fac. Mme Charmeux, Jean-Paul Brighelli et moi-même avons été dans ce cas. On comprenait tout d’un coup qu’on nous avait enseigné les choses d’une façon très peu scientifique. Car qui dit règle, dit exception et il ne saurait y avoir d’exceptions dans la logique de la langue. Mme Charmeux a tout à fait raison sur ce point. Elle oublie cependant un détail. Ce sont là des choses qu’on peut comprendre quand on connaît déjà la grammaire normative. On est alors en mesure de proposer des analyses infiniment plus pertinentes. Mais c’est réservé aux spécialistes. Ceux qui choisissent la mécanique quantique par exemple n’ont pas vraiment besoin d’avoir recours aux « présuppositions du discours » pour distinguer « peu de » et « un peu de ». Ils le font automatiquement car la logique de la langue a ceci de merveilleux qu’elle est inconsciente. Il vaut mieux cependant qu’ils aient appris les règles de grammaire s’ils veulent s’exprimer par écrit dans un français correct. Ou, tout simplement, pouvoir utiliser le Grévisse. Ou même lire Rousseau au lieu du nègre d’Hervé Vilard.

Mais Mme Charmeux et sa joyeuse équipe pensent autrement. Il faut commencer par le plus difficile. Car on ne va quand même pas faire découvrir des choses « fausses » aux apprenants ! On part donc du dernier état de la recherche – ou du dernier qu’on connaît quand on est didacticien – pour aider les apprenants à construire leurs propres savoirs. Ce fut pareil en maths avec la théorie des ensembles et on dut y renoncer vu l’étendue du désastre. (Maintenant, c’est plus simple : on ne fait plus de maths en maths et le problème est réglé.) C’est aussi le cas en histoire avec les Annales. Peu importe que les vrais savants – mathématiciens, historiens, linguistes – crient au fou : partout où passent les soufflaculs de la didactique, c’est un beau carnaval. Le monde à l’envers, quoi. La charrue avant les bœufs, le toit avant la maison. Et l’élève maintenu de force au centre de son ignorance.

Aller du complexe au simple, voilà le mot d’ordre. Je vous mens pas, mes amis, ces gens-là l’écrivent noir sur blanc. Car seul le complexe « fait sens » et comment les apprenants pourraient-ils retenir ce qui « ne fait pas sens pour eux », je vous demande un peu. Y a même un zigoto qui se faisait fort d’enseigner la règle de l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir en partant du sens. Un type très fort, très compétent, qui avait écrit plein de livres, je vérifiai sur Internet. Et donc il balança sa production langagière sur le Monde de l’Educ. Comme j’avais un peu de temps à perdre, je lui répliquai. Le mensuel des pédagos publia la première partie de ma lettre. Les curieux trouveront le texte complet sur le site de Reconstruire l’Ecole :
http://www.r-lecole.freesurf.fr/primaire/pommes.html

Ce qui m’étonne quand même, c’est que Mme Charmeux soit, elle aussi, une obsédée du sens. Car c’est un truc pour phénoménologues chrétiens, ce machin. Et elle, elle doit être structuraliste pure et dure au vu de ses exemples. D’ailleurs, c’est ce qu’on enseignait en linguistique à son époque et j’ai l’impression qu’elle a pas fait beaucoup de progrès depuis. Elle devrait donc avoir retenu de la polémique entre Lévi-Strauss et Ricoeur (Esprit, 1963) que le sens dépend des structures et pas à l’envers. Et que vouloir partir du sens des textes pour aller aux structures de la langue, c’est comme penser avec l’arrière-train. Tiens, comme j’en suis à Lévi-Strauss, je donne un autre lien. C’est un texte dont j’avais scanné des extraits, toujours sur Reconstruire l’Ecole. Il a pas mal circulé depuis et même le Monde de l’Educ y a fait référence :
http://www.r-lecole.freesurf.fr/gene/levistr.html

Et puis je m’arrête parce que ça commence à devenir longuet. Mais j’ai encore plein de choses à dire, sur la « grammaire de texte » en particulier. A une prochaine fois peut-être.

Un dernier truc quand même puisque Mme Charmeux aime bien les langues régionales. Juste une expression guadeloupéenne : "Ou ka kaka, ou pa vé suiyé fes a'w". A observer de façon réfléchie (ou fléchie).

Pedro Cordoba

Ecrit par : Pedro Cordoba | 05 juin 2006

Etre si vieux. Ne pas même se rendre compte qu'on a basculé de l'autre côté de Thélème. Aimer la polémique à en manier tant d'approximations. Blog et auteur inutile. C'est pour bientôt la retraite Monsieur Brighelli?

Ecrit par : Thierry | 05 juin 2006

Merci Pedro, décidément, chacune de vos bafouilles est un vrai délice!
elisabeth.

Ecrit par : elisabeth | 05 juin 2006

Pour étayer les propos de JPB sur la diversité des contestations...
"Occupez vous de l'instruction, je m'occupe de l'éducation"
En effet Fabienne et dans le même temps Robert M. voudrait que moi directeur je fasse le tour des popotes pour faire ce que devraient faire les parents:éduquer.
Contradiction quand tu nous tiens!!!

Ecrit par : denis | 05 juin 2006

D'abord, à Sylviane : vos remarques ne fléchiront pas Caroline Brizard. C'est une guerre de tranchées qui est engagée, une guerre purement idéologique, où l'expérience de terrain est niée constamment — par des gens qui, souvent, ignorent tout du terrain.
Pour Pedro : j'ai répondu de mon côté à Eveline Charmeux — je ne sais si NousVousIls a validé ma réponse, qui était un peu vive. Tout ce que tu dis est significatif du délire qui a pris certains pédagogues, qui veulent à toute force montrer qu'ils ont lu Chomsky ou Michel Arrivé, alors même qu'ils ont commencé par… le Bled. Il en est de même en Histoire : les magnifiques spécialistes de l'Ecole des Annales avaient tous pratiqué le Mallet & Isaac (ou l'équivalent, c'est-à-dire l'histoire la plus chronologique qui soit), et pouvaient, sur cette base, opérer en larges tranches de synchronie. Idem en littérature : nous avons tous été, peu ou prou, élèves de Barthes ou de Deleuze — qui avaient l'un et l'autre, et je peux en témoigner parce que j'ai suivi leurs cours, une culture encyclopédique.
Quant à Thierry… Je rêve d'un Thélème pour tous — et pas d'une culture réduite au plus petit commun dénominateur.
JPB

Ecrit par : brighelli | 06 juin 2006

Je viens de finir la lecture de la Fabrique du Crétin. Je suis professeur d'anglais en fin de carrière, en ZEP depuis qu'elles existent. Il n'y a pas un mot dans ce livre que je n' aurais pas écrit (sauf en ce qui concerne la prime ZEP, il aurait fallu préciser le montant -90€ par mois - dérisoire par rapport aux conditions de travail).
Ce que je reprocherais le plus au livre c'est de ne pas avoir parlé de la passivité totale d'une grande majorité d'enseignants. Leurs discours sont beaucoup plus virulents en salle des profs que pendant les conseils de classe par exemple. Le plus simple des courages (il n'en faut pas beaucoup) serait de noter à la valeur réelle et ne pas faire semblant - mais il ne faut pas décourager les élèves, il ne font déjà rien , alors s'ils se mettaient à en faire moins. Surnoter est malhonnète vis à vis de l' élève et de ses parents chez qui on entretient une illusion. Dire la vérité peut blesser au départ mais plus tard le bénéfice sera grand.
Dans ce blog, il est beaucoup question du français. Ma salle de classe est proche de celles de musique; j' aimais bien quand il faisait chaud ouvrir les fenêtres pour recevoir des bouffées de musique classique, maintenant je suis bastonné par le rap et la musique style Starac. Quelle démission, quelle complicité avec tout ce qui veut nous entrainer au fond! J' en veux beaucoup aux profs d'avoir ainsi démissionné car qui d'autre mieux qu' eux auraient pu dire non (sans même courrir de risque)!
J' enseigne l'anglais, la situation est catastrophique - plus qu'ailleurs peut -être parce que touché bien plus tôt par la modernité.
Enfin je voudrais signaler les 3 volumes de Mécréances et discrédit de Bernard Stiegler qui sous un angle philosophique fait les mêmes analyses des problèmes de notre socièté.
jpar

Ecrit par : jp avet-rochex | 06 juin 2006

Bonjour…
La "Fabrique" était un coup de gueule — c'est d'ailleurs le titre de la collection. Je parle dans À bonne école de tut ce qui n'est pas dans le premier tome : l'anglais, la mausique, le sport — parmi tant d'autres dysfonctionnements.
Et c'est vrai que nombre de collègues me félicitent tout bas, et se taisent tout haut. Moins par trouille, dirai-je, que par lassitude. Le système est pesant, souvent.
JPB

Ecrit par : brighelli | 06 juin 2006

Cette chose est-elle vraie , Monsieur Brighelli ?
Est-elle fréquente ?


Le 2 Juin 2006

Consignes de notation au brevet des collèges

http://www.soseducation.com/rw_rubrique_307_consignes-de-notation-au-brevet-des-colleges.php

Faute de faire monter le niveau des élèves, on demande aux correcteurs des copies de faire monter les notes ! Ce n'est qu'en utilisant ces procédés mafieux que les résultats aux examens, fixés arbitrairement par le ministère de l'Education nationale, peuvent être atteints.

Dans les académies où les élèves obtiennent des résultats en-dessous de la moyenne nationale, on a donc déjà "briefé" les correcteurs.

C'est le cas dans l'Académie de Versailles : l'an passé, les résultats du brevet des collèges y ont été de deux points inférieurs à la moyenne nationale. Trop peu de notes étaient supérieures à 15 en français. Cette année, on a donc recommandé aux enseignants de se montrer plus indulgents.

C'est Isabelle Tilly, enseignante en Lettres Classiques dans un établissement de Châtenay-Malabry, qui a vendu la mèche. Convoquée à l'inspection académique de Boulogne-Billancourt en mars dernier, on l'a chargée de transmettre les consignes de correction du brevet à ses collègues : Mettre davantage de bonnes notes, se satisfaire d'un ou deux mots en guise de réponses aux questions évaluant la compréhension d'un texte, ne pas trop pénaliser, dans la rédaction, orthographe déficiente, grammaire approximative ou syntaxe flageolante.

Mais ce n'est pas tout! Après l'examen, le barème de notation sera révisé pour tenir compte de la qualité des copies !

Ce n'est donc qu'en leurrant les élèves en leur faisant croire qu'ils ont le niveau, et en sacrifiant la rigueur et l'exigence, que l'on atteindra les 80 % d'une classe d'âge au bac.

Source : L'Express (1er juin 2006)

Ecrit par : bernard | 06 juin 2006

C'est connu comme le loup blanc.
J'emprunte ce qui suit à un livre collectif à paraître en septembre prochain aux Editions Textuel, et analysant les programmes de collège et de lycée :

"Que la dictée soit une forme d'évaluation plus sommative que formative n'est pas une nouveauté ; notons simplement qu'il ne doit pas y en avoir plus de deux ou trois par trimestre. Ce qui est une nouveauté en revanche, c'est ce que les programmes de troisième appellent la « [valorisation] des graphies correctes ». Cela consiste à bloquer tout ou partie des points du barème ; on n'enlève plus deux points pour les fautes d'orthographe grammaticale et un pour l'orthographe lexicale, on réserve par exemple dix points pour l'accord des adjectifs de couleur et celui des participes passés que l'on vient d'étudier. Bref, la dictée « sommative » ne fait plus la « somme » des erreurs.

Cela avait abouti à une épreuve du Brevet restée célèbre dans les annales, en 2000, date où la refondation de l'enseignement de l'orthographe inscrite dans les programmes en avait fait rire plus d'un... Voici le texte qui avait servi à évaluer la maîtrise de l'orthographe grammaticale et lexicale dans les académies de Paris, Créteil et Versailles. « Le petit Gavroche. Pourtant il avait un père et une mère. Mais son père ne pensait pas à lui et sa mère ne l'aimait point. C'était un de ces enfants dignes de pitié entre tous qui ont père et mère et qui sont orphelins. Il n'avait pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d'amour ; mais il était joyeux parce qu'il était libre. V. Hugo »

Les consignes données aux correcteurs étaient les suivantes (rappelons que la dictée compte pour 6 points sur 40 à l’épreuve de français du Brevet.) : « On attribuera 1/2 point pour la graphie correcte des mots suivants : Mais, à, aimait, ces, la marque du pluriel dans enfants dignes, pitié, tous, sont, orphelins, gîte, était, parce qu'. On enlèvera un maximum de 2 points pour d'autres fautes commises, à raison d'1/2 point par faute. »

Le texte suivant, diffusé à l’époque par quelques professeurs mal pensants, devait obtenir 4/6, soit 13,5/ 20. Il permet de comprendre comment, grâce à la valorisation des « graphies correctes », même l’évaluation « sommative » (une dictée d’examen) peut ne plus évaluer grand-chose. « Pour temps il avais un paire est une mer. Mais son pair ne pensé pas à lui et sa maire ne l'aimait poing. S'étaient un de ses enfants dinieux de pitié antre tous ki on perd et mêre ait qui sont orphelins. Ils n'avaie pas deux gîte, pas de pin, pas de feus, pas d'amoure ; mais ile était joiieu parce qu'il été libres. »"

On ne saurait mieux dire. Quand on veut que plus personne n'ait de fièvre, on modifie sur le thermomètre l'emplacement du 37°.

JPB

Ecrit par : brighelli | 06 juin 2006

Ki yatil de fo ? On nait en plain lengage d'jeuns ?

Tiens, aujourd'hui, notre inspectrice est passée. Elle nous a dit qu'il fallait qu'on fasse quelque chose dans notre projet d'école pour éviter le redoublement parce qu'il y en a trop dans la circonscription.
Je propose de supprimer les évaluations ! Eh bien oui, comme cela, personne ne sait qu'on a des nuls. On les fait passer et bien basta ! Comme disent les allemands (qui préfèrent la boisson à la bouffe comparativement aux français) : "das ist nicht mein Bier !"
En entendant ce genre de discours, on croirait qu'on éprouve un malin plaisir à faire repiquer les élèves ! J'ai demandé le redoublement de 4 d'entre eux et obtenu celui de 3 seulement. Mais je me suis retenu, car je suis persuadé que pour au moins 2 de ceux qui passent, ils seront en échec l'année prochaine !

Ecrit par : Sionac'h | 06 juin 2006

À ce propos — puisqu'il est question de redoublements…
Je ne suis pas un fanatique par principe du redoublement. Mais c'est parfois non seulement le moindre mal, mais la seule chose utile à faire.
Quant à ceux qui s'imaginent qu'un redoublement traumatise ou humilie un élève… Qu'est-ce qui est le plus humiliant ? Redoubler, ou passer et s'apercevoir que l'on n'a pas le niveau, que l'on est largué, et que les copains vous prennent pour un gros nul ?
Mais les pédagogues savent mieux que moi.
JPB

Ecrit par : brighelli | 06 juin 2006

Je ne suis pas non plus un accro du redoublement, car cela dépend des cas.
En ce qui concerne les élèves pour lesquels je l'ai demandé, je l'ai fait, car je suis convaincu que cela peut être efficace pour trois d'entre eux, et parce que je n'ai pas le choix pour le dernier.
Les trois premiers n'ont rien fait cette année. Ce n'est pas une question de capacité, ils ont simplement fait le choix de ne pas travailler. Les envoyer en 6ème serait les condamner à devenir les gros nuls dont vous parlez et à se retrouver avec des lacunes supplémentaires qu'ils ne pourront combler par un redoublement assuré en 6ème.
Pour le dernier, le problème est plus complexe. C'est une future orientation EGPA (ex SEGPA, c'est un peu comme les anciens LEP rebaptisés pompeusement LP, ou encore les produits à 9.99€ pour donner que c'est l'illusion que c'est moins de 10€) et je dois malheureusement garder ce gamin qui n'a pas d'année de retard en attendant de l'envoyer l'année prochaine dans cette filière.
C'est là que le bât blesse. Car actuellement, il n'existe que trois possibilités en fin de CM2 :
- redoublement (rare et sans garantie de succès)
- passage en EGPA (pour ceux qui sont vraiment en échec total)
- passage en 6ème pour l'essentiel des gamins avec les conséquences que l'on connaît pour les élèves en "simple" difficulté.

Prétendre que le redoublement est inefficace est une connerie sans nom, car on ne peut pas faire de généralité. Il s'agit simplement d'une mesure destinée à garder le moins longtemps possible les élèves et d'une interprétation faussée des statistiques au même titre que celle prouvant par A+B que les élèves qui portent des lunettes réussissent mieux que ceux qui n'en ont pas !
Car nous pourrions partir du raisonnement par l'absurde ! Tous les enfants qui ont 1 an d'avance ont des résultats exceptionnels. Donnons 1 an d'avance à tous les enfants (en leur faisant porter des lunettes !).

L'éducation n'est pas une science exacte, mais le système éducatif ne permet pas de gérer les élèves en difficulté comme on devrait.

Ecrit par : Sionac'h | 06 juin 2006

"Prétendre que le redoublement est inefficace est une connerie sans nom"

Les statistiques utilisées par les pédagos : seul un élève sur 10 ayant redoublé le CP aura le bac,, contre 6 sur 10 pour les autres( stat datant déjà de qqs années), conclusion : il ne faut pas faire redoubler le CP pour donner à tous les mêmes chances d'avoir le bac...

Y avait eu comme ça un sénateur américain qui avait fait prouver mathématiquement qu'il y avait une forte corrélation entre la taille d'un incendie et le nombre de pompiers envoyés pour l'éteindre (étonnant, non ?) . Conclusion : il faut diminuer le nombre de pompiers.
Ca peut paraitre ridicule dans ces cas-là, mais combien de fois nous faisons nous avoir par des raisonnements aux apparences scientifiques quand ils traitent de sujet un peu plus complexes ou éloignés de nos domaines de compétences ?

Ne dites pas que ça ne vous arriverait jamais, combien de Français sont persuadés par nos chers politiques de tous bords qu'il faille plus de croissance du PIB pour lutter contre le chômage et réduire les inégalités sociales ?

Tiens, un autre,en vers :

bien trop de CO2 dans l'air,
alors faut faire du nucléaire.
Vraiment le charbon c'est pas bon
vite ! des protons et des neutrons !
Comment ? bientôt plus de pétrole ?
l'uranium remplace mon gazole!

Quoi ! Vous aussi vous y croyez ?
70% des français
sont déjà prêts à l'avaler,
avec de belles pastilles iodées ?

Ecrit par : Atréides | 06 juin 2006

De toutes façons, soyons clairs, il suffit d'avoir eu une fois en face de soi une classe de CP pour comprendre que 80% d'une classe d'âge au BAC est purement démagogique ! Dès le CP, on rencontre des élèves dont on sait qu'ils ont un potentiel limité, voire, très limité ! Et pour cela, qui sont effectivement ceux qui redoublent, on aura beau faire tout ce qu'on veut, l'éducation nationale dans sa forme actuelle ne leur apporte pas l'aide nécessaire.
Dès lors, on peut qualifier le redoublement d'inefficace, mais on oublie de dire que le passage n'est pas plus efficace !

Fort heureusement, comme on pense à tout dans l'E.N., dès cette année vont être mis en place une nouvelle procédure pour permettre aux élèves d'effectuer un redoublement utile. Ca s'appelle le... aïe, le nom m'échappe sur l'instant, mais ça doit être un truc du style PPE pour Projet Personnalisé Educatif ou truc bidon du genre qui consistera pour moi à remplir des tonnes de papiers (et donc me dissuader d'avoir l'audace de faire redoubler d'autres élèves l'année prochaine) pour "responsabiliser" les élèves au travers d'un projet de réussite personnelle (c'est p'têt bien PRP, aussi d'ailleurs).
Pour moi, c'est tout simple pour ceux là : "tu éteins la playstation qui est dans ta chambre et tu bosses", pour l'un et pour l'autre : "tu arrêtes de trainer dans les rues et tu bosses". Faut-il vraiment un PPRE (ou autre nom bidon) pour cela ?

Ecrit par : Sionac'h | 06 juin 2006

Bon eh bien devinez quoi ?? Je finis vraiment par me convaincre que nous avons un gros problème de mentalité ou d'état d'esprit !

En France je suis surdimensionnée en qualité d'assistante de direction, en Suisse sur 5 CV envoyés 5 entretiens ! Les entreprises s'arrachent littéralement mon cv à prix d'or et le téléphone ne cesse de sonner !

Bientôt mon agenda ressemblera à celui d'un ministre....Je ne plains pas je vous rassure...(rires)

Ecrit par : Sandra WAGNER | 06 juin 2006

Allez, Sandra, vous tenez le "bon bout"!

En plus, en travaillant en Suisse, vous gagnez au change... ;-)

"Merde!" pour les entretiens et l'emploi à la clé!

J'espère, au moins, qu'une fois expatriée, vous interviendrez toujours sur ce blog!!!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 06 juin 2006

Le CRAP aussi se fait aujourd'hui l'écho, dans sa revue de presse, de l'article du nouvel obs.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2438
Pour son commentaire il adopte un angle au moins aussi objectif que celui de toutes celles et ceux qui condamnent sur ce blog la journaliste du Nouvel obs.
Je trouve fabuleux de voir comment vous acceptez un seul point de vue, une seule direction pour attaquer et diffammer. La votre. Vous vous octroyez ce droit et le refusez à d'autres qui ne penseraient pas comme vous et qui vous opprimeraient.
Evaluez quelle tendance a depuis deux ou trois ans obtenu le plus de pages, d'aricles, de reportages, de photos dans la presse. C'est certainement le courant que vous représentez majoritairement sur ce blog. La lecture de l'apologie de votre pensée pédagogique ne vous fait pas hurler quand c'est elle qui est mise en avant. Dans ce cas vous ne remettez pas en cause le style des journalistes pour parler de vous, de vos classes.... Malheureusement ces reportages n'ont pas été précédé de véritables investigations pour prélever des renseignement qui n'attesteraient pas forcément la satisfaction affichée. Qu'en pensent les élèves, tous les élèves, les collègues, tous les collègues, les parents, tous les parents, etc ... sans à chaque fois les trier sur le volet.
Relisez certains des ouvrages cités, vous ne manquerez pas d'y relever avec une vision sans oeillère cette fois les formulations qui s'attachent parfois à des détails ou pire à des attaques personnelles et diffamatoires. Elles sont nombreuses, hélas trop nombreuses ......
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2438

Ecrit par : Christian | 06 juin 2006

Merci Yvon c'est gentil à vous ! Ne vous en faites pas je continuerai d'intervenir je serai toujours fidèle au poste même avec le statut d'expatriée !

Ecrit par : Sandra WAGNER | 06 juin 2006

La recension du CRAP? Il fallait s'y attendre. Et après?

Ecrit par : Jean-François Croz | 06 juin 2006

Il bouge encore le gourou !

Dans Libération
"".......
Les enseignants attendent «un vrai projet de gauche, alternatif, mobilisateur», résume Philippe Meirieu. Mais le PS semble faire fi des contributions des pédagogues, dont aucun mouvement n'a pour l'instant été invité à débattre. Comme s'ils n'étaient guère plus audibles au PS qu'à l'UMP. «Il serait pourtant utile de mettre à profit cette période électorale, pour faire entendre des propositions stimulantes», insiste Meirieu. Il reste du pain sur la planche.........""

Ecrit par : bernard | 06 juin 2006

Christian,

L'avantage de ce blog est qu'il est "libre" et que tout le monde peut venir s'y exprimer sur le sujet, le responsable (JPB) ayant la volonté de ne rien censurer pour faire avancer le débat! ("non-censure" constatée personnelement pour avoir provoqué un début de polémique, tout à fait involontairement, et l'ensemble est resté avec toute les réactions, aussi virulentes fûssent-elles!)

L'objectif n'est pas tant de démonter les personnes ou les politques, mais bien de recenser, par le biais d'internet, tous les avis, pour avoir une vision la plus objective possible et faire avancer les choses (au lieu de reculer!!!). Si les personnes qui sont pour la continuité de cette évolution "auto-destructrice" de l'EN, qu'ils viennent en débattre sérieusement sur ce blog!

Les solutions annoncées par JPB, ou d'autres, ne sont pas forcément les meilleures, mais elles sont proposées!

Même s'il peut y avoir des dérapages politques ou des "attaques personnelles" dans les posts, on est ici pour essayer, avant tout, d'avancer sur l'avenir (hypothétique?!) de nos chérubins

Maintenant, à qui la faute si vous croisez sur ce blog une majorité de gens qui pensent que ça ne va plus?? 2 solutions possibles:
- Soit on représente une majorité, et c'est la raison pour laquelle il vous semble que le "débat" est unilatéral;
- Soit les opposants ne souhaitent pas venir en débattre (Dans ce cas, il serait intéressant d'en connaitre la raison!)

Cordialement

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 06 juin 2006

à Christian,
"A l'école du crétin" : 120 000 exemplaires vendus, tu parles d'une petite famille ? Meirdeu signerait pour un tirage moitié moindre.

Un peu d'histoire : c'est pas les nazis qui s'en prenaient aux juifs en stigmatisant leurs mythiques particularités physiques ? Et si j'ai bien lu l'article de Caroline Brizard, celle-ci fait une description pas très avantageuse des gens qu'elle fustige.

Pour finir, la conclusion de l'article parle des nouveaux publics, je vois pas trop la différence avec moi, mon Père, mon Grand-Père...à moins qu'il y ait eu une mutation génétique entre temps... où alors le public a un peu foncé... et dans ce cas on en revient au paragraphe précédent !!


à propos des redoublements, je vous invite à réfléchir sur cet aphorisme que Stephen Jay Gould - paléontologue, historien de sciences - aimait à citer dans ses livres :"il existe trois types de mensonges : le mensoge, le sacré mensonge et les statistiques."

à bientôt...

Ecrit par : philippe | 06 juin 2006

"Je rêve d'un Thélème pour tous — et pas d'une culture réduite au plus petit commun dénominateur." Alors pourquoi faire et dire partout le contraire. Pourquoi cet unisson avec radio courtoisie. Aveuglement ou amusement d'un autre age. Pourquoi même ce billet sur Hervé Vilard quand les 40 000 prof de Français en Collège (même celui, peut-être surtout celui qui a invité Hervé Vilard) et ceux de lycée ont TOUS la passion des mêmes lettres que vous. C'est un peu aigre et sénile cette agitation contre des moulins à vent. Même votre bouc émissaire Meirieu ne dit pas ça. Ne plus comprendre le monde dans lequel on vit n'est pas une fatalité. Mais quand on se met à choisir les Assis, il n'y a plus guère à espérer. Dommage.

Ecrit par : Thierry | 07 juin 2006

je dois l'avouer je ne connais rien à rien mais j'aime parler comme si je connaissais tous.
comme dirait l'autre " c'est pas parce que l'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule"

allez encore un trentaine d'années et je serai à la retraite, je n'aurai rien de plus à dire mais au moins on pourra me traiter de "VIEUX CON ".

d'ailleurs vous conaissait la différence entre un prof à la retraite et un vieux tampon hygiénique usagé......
eh bien tous les deux sortent du corps en saignant..

hihihi il est content Yvon

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 07 juin 2006

Pour Christian,

1) Comme je me suis déjà permis de le signaler, le talent du journaliste Christophe Nick pour accommoder les faits à son idéologie (et non l'inverse) ne fait pas le moindre doute. Dans un autre contexte, vous pourrez lire les accusations hystériques qu'il a portées contre des militants ouvriers respectables dans _Les Trotskystes_, et pour lesquelles la justice l'a condamné. Dans le cas qui nous préoccupe, le fait qu'il ait systématiquement dévalorisé le travail d'une enseignante parce qu'elle grondait les élèves inattentifs, au point d'ameuter contre elle l'opinion des télespectateurs, pour valoriser des méthodes qu'il croit modernes, et qu'il ait substitué la manipulation des images à un traitement rationnel de l'information, paraît malhonnête à une grande partie d'entre nous. Dans les deux cas, j'estime que ce journaliste emploie des méthodes inacceptables en république.

2) Une polémique est en cours : pourquoi diable M. Brighelli serait-il plus sévère en public avec ses alliés et ses adversaires ?

3) Si le "courant pédagogique" dont fait partie M. Brighelli est actuellement médiatisé, il n'a pas droit de cité dans l'Education nationale - j'en veux pour exemple mon propre licenciement (et deux années de réelle souffrance morale à l'IUFM, car chaque fois que je croyais être utile à mes élèves, mes formateurs me reprochaient fortement de ne point leur être agréable). De plus, il demeure très hétérogène et peine à s'organiser. Par contre, ses adversaires ont le dernier mot sur la conception des programmes, le recrutement et le parcours des professeurs, alors même que leur discours est contradictoire et que les faits montrent qu'ils ne sont pas utiles à la cité.



Pour Thierry,

Non, les professeurs n'ont pas "TOUS" la "MEME" passion des "MEMES" lettres ! Ce serait alors une littérature totalitaire.
Par contre, disposer de repères "classiques", c'est connaître l'histoire des arguments et savoir où se situer par rapport à nos contemporains et à nos prédécesseurs. Les étudier, c'est aussi se rendre compte que bien écrire demande un apprentissage et des efforts, mais apporte en récompense une communication bien plus riche que "le choc des photos".

Nous sommes quelques-uns ici à penser que les "classiques" sont un moyen privilégié pour que les futurs citoyens accèdent à une autonomie dans leurs goûts et dans l'expression de leurs opinions, et promouvoir la diversité de la pensée dans ce pays.

Or, le dénigrement des auteurs classiques est devenu une seconde nature chez les nouveaux mandarins. Apprendre à bien lire, ou bien écrire, est réputé inutile. Pour ce "courant", n'importe quelle oeuvre d'un genre donné renferme en elle une espèce d'essence universelle de la littérature... et il est facile d'y accéder à travers Hervé Villard. (De la même manière, certains religieux se croient autorisés à déclarer que toute religion prône l'amour, et que leurs propres croyances doivent donc être imposées aux autres pour promouvoir ce mystérieux amour). Mais justement, croire qu'il existe UNE SEULE littérature, c'est fermer la voie à la diversité d'opinions et d'expressions ; limiter la culture à des exemples pauvres et consensuels, c'est ouvrir la voie au totalitarisme.

Et c'est pourquoi, à mon avis, votre intervention montre que nous ne parlons pas de la même chose.

Notons au passage que, parmi les jeunes (et moins jeunes) professeurs que j'ai fréquentés, beaucoup croyaient aussi en "LA" littérature, à tel point qu'ils ne lisaient que des morceaux choisis et laissaient les "Profils d'une oeuvre" intercéder entre eux et les textes intégraux.

Ecrit par : prof chômeur | 07 juin 2006

correction : "... avec ses alliés qu'avec ses adversaires".

Ecrit par : prof chômeur | 07 juin 2006

POUR INFORMATION:

"je dois l'avouer je ne connais rien à rien mais j'aime parler comme si je connaissais tous.
comme dirait l'autre " c'est pas parce que l'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule"

allez encore un trentaine d'années et je serai à la retraite, je n'aurai rien de plus à dire mais au moins on pourra me traiter de "VIEUX CON ".

d'ailleurs vous conaissait la différence entre un prof à la retraite et un vieux tampon hygiénique usagé......
eh bien tous les deux sortent du corps en saignant..

hihihi il est content Yvon"

LE REDACTEUR DE CE POST N'A APPAREMMENT PAS EU LE COURAGE DE S'IDENTIFIER PAR SON VRAI PATRONYME, NI MEME SOUS SON PROPRE PSEUDO, PUISQUE JE N'EN SUIS PAS L'AUTEUR!!!

DOMMAGE QUE CERTAINS, S'ADONNANT A L'HUMOUR, NE SOIENT PAS CAPABLE D'ASSUMER LEUR PROPOS!!!

Pour les autres, je m'excuse neanmoins de la teneur du post diffusé en en mon Nom.

PS:
JPB, pourriez-vous m'indiquer l'heure de dépôt du post incriminé, que je puisse faire des recherches sur l'origine. Merci de votre compréhension!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 07 juin 2006

Je n'ai pas l'heure — je ne conserve pas tous les posts dans ma boîte, et le blog ne donne que le jour.
Quant à l'allusion de ma collusion avec Radio-Courtoisie, elle a fait long feu. Je me suis déjà exprimé sur ce sujet : je n'ai riuen à voir avec Radio-Courtoisie, et ils ont exhibé mon portrait sans me demander mon avis. J'ai cherché, depuis, pour protester, mais apparemment, un clou chasse l'autre…
JPB

Ecrit par : brighelli | 07 juin 2006

Pour Yvon, le vrai!
d'après le mail du suivi de lecture que je reçois dans ma boite, le post pour lequel on a usurpé votre nom a été envoyé à 01h35mn06
cordialement

Ecrit par : P.M. | 07 juin 2006

Merci P.M. pour la précision, celà devrait m'être très utile!

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 07 juin 2006

C'est pas bientôt fini ces généralisations ?

Il n'y a personne ou presque qui reproche celle, initiale, de JP Brighelli. Qui rappelle en particulier que la venue d'Hervé Vilard et l'exploitation de son livre ont tenu une place restreinte dans les enseignements du lycée Joffre, et nulle sur les listes présentées au bac. Donc on discute depuis une quinzaine sur un non-événement.

Même remarque à propos de radio Courtoisie. J'y fus invité en 1996 à parler de mon livre sur Montoire, le seul à l'époque et à ce jour traitant de ce sujet quelque peu saillant dans l'histoire nationale. La tournure de l'émission a révélé, notamment par les questions stupéfaites des auditeurs, que l'invitation tenait sans doute beaucoup au fait que le producteur avait mal compris mon propos. Devais-je pour autant refuser ? Et devrais-je me couvrir la tête de cendres, pour être allé chez le diable ?

Ecrit par : François Delpla | 07 juin 2006

à François Delpla,

Que les listes du bac du lycée Joffre, etc. (pardon, les descriptifs !!!) ne mentionnent pas le livre de Vilard est une chose. Cependant cette affaire manifeste parfaitement l'idéologie qui préside aux programmes actuels des lycées : ne faisons ni lire ni admirer les chefs d'oeuvre de la littérature; la notion de grand écrivain classique est une catégorie bourgeoise et élitiste qui remonterait au XIXe siècle; tout texte se vaut en tant que texte, mieux vaut une image qu'un écrit, etc. Bref, le catéchisme d'Alain Viala.
Heureusement, même les professeurs atteints par ce virus mortifère ont des réactions de survie et se cramponnent encore un peu à la littérature digne de de nom, et digne du respect non démagogique qu'ils doivent à leurs élèves.

Ecrit par : gilbert beaune | 07 juin 2006

Jacques Catteau * écrit dans Le magazine littéraire (juin 2006) :
"...Etiolé, nombrilisé, dogmatisé, notre roman moderne aurait définitivement rompu avec la vision essentielle de l'épique (Tolstoï) et du tragique (Dostoïevski) et évacué le sentiment religieux...."
"...Il n'en demeure pas moins que Steiner ...nous convie à relire les deux "plus grands" romanciers russes, à rejeter la tiédeur d'aujourd'hui et à nous élever dnas les hauteurs trop oubliées de l'épique et du tragique"....

* Jacques Catteau est professeur émérite de littérature russe à la Sorbonne et directeur de la Revue des études slaves.

Ecrit par : Grégoire Kueny | 07 juin 2006

Gunsberg Henri
Bonjour. Je suis tombé par hasard sur ce forum où a été évoqué mon livre - Le Lycée Unidimensionnel - rédigé en 1968 et publié en 1970 après avoir été refusé par tous les éditeurs sauf un, le dernier, vraiment le dernier. J'avais décidé de m"arrêter là. Cet essai, prophétique" selon un des intervenants, et il l'était, a connu le silence volontaire des médias lors de sa parution. Il mécontentait tout le monde: la Droite, la Gauche, les Gauchistes. Le problème, dans notre beau pays républicain et démocratique, est que l'esprit libre a disparu depuis longtemps. Après un long silence dû au dégoût que m'avaient inspiré les éditeurs devant la véritable dictature du journal Le Monde dans le milieu de l'édition, j'ai décidé un beau jour, plus de 20 ans plus tard, de reprendre la plume. TOUS les éditeurs refusèrent de lire, simplement de lire mon texte. Pensant que peut-être mon nom jouait un rôle négatif, je fis la même proposition avec un autre nom, une autre adresse et un autre titre. le résultat fut le même. Un des éditeurs contactés mangea le morceau. Il me dit en gros: nous avons déjà notre propre écurie; inutile pour nous de chercher ailleurs. Voilà quelques années, lors de la parution des nouveaux livres de l'automne, j'eus la curiosité de chercher les liens des auteurs avec les médias. Tous en possédaient sauf un. Peut-être ce dernier en possédait-il, mais je n'ai pu le découvrir. Actuellement, ou bien l'auteur est titulaire d'un titre - prof de fac, élu connu, etc. - ou bien il a un pied dans les médias et la certitude que ceux-ci parleront automatiquement de l'oeuvre. les éditeurs veulent un objet pré-vendu en guise de livre. D'ailleurs, les regroupements massifs dans l'édition et l'intérêt porté par certains milliardaires à la chose écrite font qu'édition et médias se trouvent le plus souvent dans la même main. J'ai toujours refusé de m'insérer dans un réseau, dans un parti, dans un milieu de gens des médias et de l'édition, de me créer des amitiés utiles. On me l'a reproché. Pour moi, on publie un texte quand il est bon, quand il apporte quelque chose de réellement nouveau, pas parce qu'on connaît l'auteur, parce qu'on pratique le "dîner en ville", parce que celui-ci est un ami, un parent, ou enfin parce qu'il a les moyens de renvoyer l'ascenseur. Et on doit rechercher les bons textes. J'ai toujours envoyé mes textes en relevant au hasard les noms et adresses des maisons d'édition dans l'annuaire. J'ai absolument toujours procédé ainsi. Mais voyons ce qu'est devenu l'édition depuis déjà longtemps. J'ai proposé la lecture du manuscrit de mon dernier essai - L'Ogre Pédagogique, les coupeurs de têtes de l'enseignement (L'Harmattan) - à 30 éditeurs. Trois éditeurs ont refusé cette lecture, cinq l'ont acceptée, Vingt-deux n'ont pas daigné répondre. Deux l'ont ensuite refusé sans en donner la raison. Deux autres, après une longue hésitation, l'ont rejeté pour des questions de gros sous. L'un d'eux, pourtant fasciné par le texte, a fini par me dire crûment :"Ce qui m'intéresse, c'est le fric. Et ça ne fera pas assez de fric". L'autre, après des contorsions intellectuelles assez bizarre, m'a dit que je travaillais pour le "happy few", ce qui ne lui convenait guère. On comprend mieux la chute désespérante du niveau des publications françaises. J'écris tout cela sans aigreur. C'est ainsi. On s'en accomode ou on tourne le dos à ce milieu. Un dernier mot. ceux qui apprécient aujourd'hui Le Lycée Unidimensionnel l'auraient, pour la plupart, aigrement condamné à l'époque de sa parution. Il en va de même pour L'Ogre Pédagogique. On l'appréciera demain. Je ne serai plus là pour le voir, mais j'en suis convaincu. J'ajoute que si L'Harmattan m'a publié, c'est parce que cette maison d'édition fonctionne d'une façon très particulière. Voilà. Je ne pense pas revenir sur ce forum. Ne m'en veuillez pas. J'ai accompli là un effort particulier.

Ecrit par : gunsberg | 07 juin 2006

Débarquant ici, je n'ai pas pensé tomber juste sur JBP et radio courtoisie... ce n'était pas une allusion à une prétendue collusion dont je n'ai jamais entendu parler et que je ne soupçonne évidemment pas même : seulement à vous lire et à voir de qui vous vous laisser entourer c'est bien l'univers qui apparaît avec évidence.
C'est bien de célébrer le culte littéraire et son initiation à la subtilité, mais si c'est pour en arriver à répondre à M. prof d'histoire qui constate votre incapacité à comprendre sa génération Jospin: "un vrai démocrate allemand ne comprenait pas forcément la génération Hitler". Franchement côté subtilité... Villard n'aurait pas osé.
Merci à Prof chômeur pour son explication, mais c'est tout simplement faux. Aucun prof ne confond Villard et Mallarmé et même JPB se gargarise de Zevaco, de littératures enfantines ou de Béranger. Ni Vialat, ni Meirieu, ni aucun prof ne correspond à ce : "le dénigrement des auteurs classiques est devenu une seconde nature chez les nouveaux mandarins". Alors pourquoi tout ce bruit? JPB dit "je ne pratique pas le pardon des offenses". Est-ce de vielles querelles qui n'intéressent personnes ? Il y a sûrement mieux à faire que tout ce bruit pour rien. Pourquoi ce mauvais combat fratricide pendant que l'école brûle?

Ecrit par : Thierry | 07 juin 2006

Cela ne fait pas de mal de voir un point de vue mesuré, sensé et constructif. Merci, Thierry. J'adhère totalement. Jean-Paul Brighelli fait par ailleurs certaines propositions qui me semblent plutôt intéressantes, ( quand il ne dit pas des phrases du genre de celles que vous citez ou encore, je cite de mémoire: "l'amalgame fait partie du jeu de la polémique",(j'espère avoir bien résumé sa pensée).
Je continue à être certain du fait que chaque prof se doit d'interpréter les textes officiels avec sa conscience et ses convictions; (il me paraît relativement aisé de pouvoir "lire entre les lignes" de la plupart d'entre eux). Après tout, on a aussi les libertés que l'on se donne, et aucun texte officiel n'a prétendu qu'il fallait niveler par le bas!
Bonne journée à tous.

Ecrit par : christophe sibille | 08 juin 2006

Rassembler à Gauche 34 veut vous faire connaître une note publiée sur son blog.

Le Pen la ferme, le FN engrange.

http://lrassemblezagauche.midiblogs.com/archive/2006/06/08/le-pen-la-ferme-le-fn-engrange.html

Rassembler à Gauche 34. Lolo34

Ecrit par : Rassembler à Gauche 34 | 08 juin 2006

Pétition de soutien aux étudiants et aux scolaires sourds

Les associations de parents de jeunes sourds s'alarment très fortement aujourd'hui, en raison de la disparition annoncée des services "pôles étudiants" qui suivaient jusqu'ici nos enfants dans des cursus variés, offrant des prestations de qualité.

Depuis 1993, l’AGEFIPH finançait l’accompagnement des étudiants sourds : interprètes LSF, codeurs LPC, preneurs de notes, orthophonie, ...... Avec la nouvelle loi de janvier 2005, l’AGFIPH a décidé sans concertationn de ne plus financer cet accompagnement, considérant que tout ceci était dorénavant du domaine de l’Education Nationale. En conséquence l’AGEFIPH stoppe les financements à partir du 30 juin 2006, sans qu’aucune solution de relais n’ait été trouvée.

Les services de soutien n’ont plus les moyens de financement nécessaires à leurs action.

Les grands perdants sont les étudiants sourds qui n’auront plus d’accompagnement pour leurs études.

Pour soutenir l'action de l'UNAPEDA pour que la continuité des services existants, leur reconnaissance et leur financement soient assuré

Vous pouvez signer la pétition en ligne sur le site UNAPEDA

Nous comptons sur votre soutien !

Merci d'avance

Michel KERDILES Président de l'UNAPEDA

Rassembler à Gauche 34. Les lolo's 34.

Ecrit par : Les lolo's 34 | 08 juin 2006

Cher Monsieur Brighelli,

C'est avec un grand plaisir que je lis vos écrits. Je me sents conforté dans cette perception qui consiste à dire que l'on voit un nombre croissant de candidats postulés à des positions sans même comprendre les types de compétences demandées, je ne parle par de l'expression écrite reflétée dans leurs CVs ou orale pendant les entretients... Il y a de quoi écrire une encyclopédie.

Bien à vous, T.Laurent

Ecrit par : T Laurent | 08 juin 2006

rectification :

"Nombre de candidats postuler"

Ecrit par : T Laurent | 08 juin 2006

J'ai enfin compris. A force de savoir lire, madame Charmeux a oublié comment fonctionne le code écrit du français. C'est pour ça qu'elle a commencé ses études sur le sujet.
Un petit extrait:

Soient les deux mots :

Panier
Pantin

Comment savoir quel statut il faut donner à la lettre « n » dans chacun de ces mots ? Doit-on rattacher cette lettre au « a » qui la précède ou au « i » qui suit ?Selon quel critère ? Où faire le partage des deux syllabes qui les constituent ?

(Léo et Léa, Boscher l'explique plutôt bien : mon fils de six ans a compris, si Eveline le souhaite il pourrait lui donner quelques cours.)

Il est clair que seule la compréhension permet de faire ce travail dont, au surplus, on ne voit guère l’intérêt !

(Donc?)

Certaines traditions sont même sur ce point assez nocives : faire croire, par exemple, que dans les mots à doubles consonnes, comme poisson, il faudrait couper le mot en fin de ligne de la façon suivante pois-son, est une contre-vérité : les deux syllabes de ce mot sont évidemment poi-sson.

(no comment)

Pire, les collègues savent bien que si l’on demande à un enfant de CP de couper le mot ALAIN en syllabes, cela donnera à coup sûr, surtout si le tableau des syllabes est affiché : A/LA/IN.

(avec la globale c'est sûr!)

En fait, ceci confirme que le français écrit n’est pas vraiment une langue syllabique.

(ben voilà on s'est fait avoir pendant des siècles!)

Ecrit par : isa | 08 juin 2006

"Pire, les collègues savent bien que si l’on demande à un enfant de CP de couper le mot ALAIN en syllabes, cela donnera à coup sûr, surtout si le tableau des syllabes est affiché : A/LA/IN."

Ah, c'est pour ça que je trouvais toujours que les alexandrins de Baudelaire avaient 20 syllabes ! Ben oui, j'ai appris avec une méthode syllabique (Yves et Béatrice je crois), donc forcément on m'a appris que :
"Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid"

Ca donne : Lu/i, na/gu/è/re si be/au, qu/i/le / est co/mi/qu/e et /la /id.

Bien la preuve qu'il vaut mieux lire Villard que Baudelaire : Baudelaire ne savait même pas compter jusqu'à 12 !

Mais à part ça les pédagogos prennent pas les enseignants pour des crétins.

Ecrit par : Atréides | 08 juin 2006

"Pour les autres, je m'excuse neanmoins de la teneur du post diffusé en en mon Nom."

Bonjour Yvon, l'âne dont tu parles, me semble être le même que celui sur Lire&Ecrire.
http://www.lire-ecrire.org/index.php?action=forum&subaction=message&id_sujet=17912&id_chambre=1640&aff=0&page=4&PHPSESSID=9af7eeb6a8e3feb04ada6e446b1c7897

"votre compétence vous permet de suprimer "
voir pseudo faux post d'Avril

"d'ailleurs vous conaissait la différence "

même type de faute.
je pense connaître cet âne, Monsieur M. J'ai peut être même son adresse ;)
on en reparle à l'occasion .

Ecrit par : toto | 08 juin 2006

Un autre petit texte amusant, toujours signé Charmeux:

La syllabe : faut-il passer par elle dans l’apprentissage de la lecture ?

Il va de soi que pour beaucoup, la réponse à cette question est : « oui ! ». Qu’il s’agisse des méthodes synthétiques, qui partent des lettres pour arriver aux mots, ou des méthodes dites globales, qui partent des mots pour arriver aux lettres, le passage par la syllabe est posé comme incontournable.

Nombreux, pourtant sont les enseignants et les chercheurs qui remettent en question cette croyance. Pour mieux comprendre, examinons cet extrait d’un célébrissime manuel de lecture, la méthode Boscher (1959) :


Outre toutes les erreurs assez grossières qu’on peut relever dans cette page : incohérence des propos, oublis d’un grand nombre de syllabes (ni « bou », ni « ban », ni « bain » et j’en passe !) et affirmations plutôt fâcheuses mathématiquement (b = b…. Bravo pour la signification du signe = !), on doit reconnaître que le découpage du « texte » en syllabes ne facilite guère la lecture. En fait, on ne reconnaît plus rien : par exemple, le « a » de Léa, ne peut être distingué du « a » de « bébé a sali sa robe ». Il y a pourtant une fameuse différence entre eux : comment les enfants vont-ils pouvoir la découvrir ?

(Boscher ne donne pas les syllabes bou et ban dans cette leçon parce que sa progression est graduelle et les sons les plus compliqués pour l'enfant s'étudient quelques pages après. cela fonctionne. Pour ce qui concerne le a de Léa et le a de bébé a sali sa robe, je ne sais pas si j'ai tout compris, mais en général les enfants qui apprennent à lire ont déjà appris à prononcer quelques mots vers l'âge de quatre ans.)

Pour des enfants qui apprennent à lire, une telle présentation est proprement dangereuse. Lire, qui est une activité visuelle, a besoin de pouvoir interpréter la mise en page et l’occupation de l’espace graphique. La décomposition en syllabes a pour effet de provoquer une image de l’écrit, parfaitement fausse, qui, de plus, va être mémorisée par l’enfant et va donc installer de graves difficultés pour plus tard. Or, une des caractéristiques fondamentales de l’écrit français, c’est précisément la notion d’espace entre les paquets de lettres que sont les mots, identifiables seulement par ces espaces.

(c'est pour cela que des méthodes syllabiques modernes ont été conçues, mais charmeaux ne les aime pas non plus)

Il est facile de voir qu’une telle page de « lecture », n’a aucunement comme but d’aider les enfants à comprendre. Son seul but est de faire ânonner oralement des éléments sans signification. Impossible donc d’oser dire qu’un tel objet permet aux enfants d’apprendre à lire !

(et les enfants diront :"Pourtant ça tourne!")

En fait, ceci confirme que le français écrit n’est nullement une langue syllabique, contrairement à d’autres, le japonais, par exemple.

(no comment)

Du reste, s’il est incontestable que la syllabe a une réalité articulatoire, les phonéticiens ont beaucoup de mal à lui trouver une réalité linguistique, même à l’oral. Travailler sur elle au cycle 2, c’est donc mettre les enfants en présence d’un objet totalement abstrait, et donc fort difficile. Et surtout, travailler comme on le voit parfois sur des syllabes artificielles, est une pratique fort dangereuse, notamment pour l’orthographe.

( comme pour dire que les syllabes sont des objets artificiels tandis que les mots sont des choses qu'on trouve dans la nature quand on se promène).

En effet, même si l’on annonce bien que les syllabes à lire (comme celles qui sont au début du « texte » dans l’extrait ci-dessus), n’ont aucun sens (ce qui, déjà est curieux quand on songe qu’apprendre à lire, c’est apprendre à comprendre !), on ne peut empêcher un enfant qui lit la syllabe « bo » de penser au mot « beau » qu’il a entendu et qu’il connaît. Il va ainsi mémoriser une relation « image graphique / signifié » qui le détourne de l’orthographe du mot, et le conduit à l’écrire avec des erreurs.

(à vérifier)

J’ajoute que l’analyse des mots en syllabes pose aux enfants de graves problèmes, dans la mesure où on ne peut définir les syllabes qu’à partir de la compréhension des mots. Soient les deux mots :

Panier
Pantin

Comment savoir quel statut il faut donner à la lettre « n » dans chacun de ces mots ? Doit-on rattacher cette lettre au « a » qui la précède, ou au « i » qui suit ? Selon quel critère ? Où faire le partage des deux syllabes qui les constituent ?

Il est clair que seule la compréhension permet de faire ce travail dont, au surplus, on ne voit guère l’intérêt !

La conclusion de tout ceci, c’est que la syllabe n’a rien à faire dans l’apprentissage de la lecture en français.

Depuis que mon équipe et moi, nous avons fait ce constat, nous avons travaillé avec les enfants de cycle 2, en supprimant purement et simplement le passage par la syllabe dans leur apprentissage de la lecture. Depuis trente ans que nous travaillons ainsi, nous constatons chaque jour à quel point ce passage par la syllabe était un détour inutile. Inutile et même dangereux, car, la vraie difficulté pour les petits qui apprennent à lire, c’est de savoir que l’ordre des lettres est pertinent (1). Or, le passage par la syllabe fait oublier cette donnée.

(au secours!)

En fait, la démarche efficace, consiste :


à faire découvrir d’abord la notion de mot écrit (dont on sait qu’elle est fort différente de celle de mot oral, et donc que les enfants n’en ont aucune connaissance tant qu’ils ne savent pas lire) ;

puis, de leur faire découvrir que les mots sont composés de lettres, et, par des comparaisons avec des anagrammes, découvrir que l’ordre de ces lettres est capital.

Cette démarche a aussi pour avantage de favoriser l’exploration beaucoup plus précise de l’orthographe, et de favoriser la construction d’un « regard orthographique » des mots, condition nécessaire à la compréhension et à l’acquisition du système orthographique français.

Les collègues se plaignent tout le temps de n’avoir pas le temps de faire avec les élèves, tout ce qu’il y a à faire… Raison de plus, pour ne pas gâcher le temps qu’on a à faire des choses inutiles, voire, parfaitement nuisibles

Ecrit par : isa | 08 juin 2006

Ah ! Escroquerie intellectuelle quand tu nous tiens.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=388402

Celui qui est marginalisé, dont le nom est bafoué et la parole bâillonnée, celui qui n’a jamais inspiré l’école de la débâcle ni porté l’estocade au Mammouth après qu’il ait largement œuvré à sa mise à genou, vient nous faire la morale, une fois de plus.

À le lire, tous ceux qui sont pour mettre hors de l’école tous les élèves rétifs à toute discipline et réfractaires à tout enseignement – apprentissage dès 14 ans par exemple – sont classés à l’extrême droite. Bien sûr ce Monsieur qui tend la main aux pauvres enfants pauvres (forcément !) - dans un élan compassionnel qui a toujours guidé sa vie - pour les sauver du naufrage se distingue de ceux-là. Bien sûr ce Monsieur qui a toujours subi l’ire des égoïstes enseignants – en la provoquant un peu, puisqu’il s’est fait l’avocat de mesures qui les enfonçaient toujours plus dans l’irrationnel – n’appartient pas au camp des égoïstes !... Mais les enseignants ?… Suivez sa pensée…

L’escroquerie intellectuelle pourrait s’en tenir là ! Hélas non ! Je ne suis pas professeur d’économie, mais les classes moyennes, dont nombre de mes relations font partie – je suis moi-même enseignant et donc faisant partie des égoïstes extrémistes – aimeraient bien gagner les revenus mentionnés dans l’article précédent.

La pensée Meirieu prouve, encore une fois, son indigence et comme le résume bien le dernier éditorial de Marianne : « …on a évidemment besoin du fascisme quand, après avoir bradé ou trahi ses idées et ses mandants, on ne se nourrit plus que d’un antifascisme obsessionnel ! »

Philippe.

Ecrit par : philippe | 08 juin 2006

Est-ce une impression, ou il y a bien une confusion "délirante" entre phonèmes et syllabes dans les exemples repris de Mme Charmeux?

Ecrit par : Yvon GOUGIS | 08 juin 2006

J'aimerais revenir sur le problème délicat des étudiants sourds.
On a là la belle démonstration de ce qui était à prévoir !
Sous le fallacieux prétexte d'intégrer les handicapés (pardon, personnes à "besoin spécifiques") dans des classes "normales", on est en train de supprimer toutes les aides pour eux !

Ecrit par : Sionac'h | 08 juin 2006

Désolé, Thierry, mais les professeurs - mandarins ou non - qui dénigrent les auteurs "classiques" sont nombreux dans les sphères pédagogiques qui détiennent le pouvoir.
À ce sujet, j'ai eu des expériences - anciennes et actuelles.
Viala ? Mais ne lit-on pas dans un numéro de l'école des lettres de l'été 1999 ( ou 2000 ?) que, dans les lycées, nous vivions jusqu'alors sur une conception de la littérature "élitiste et à forte visée esthétisante" ( je cite de mémoire) ! conception que "ses" programmes ont voulu envoyer aux oubliettes.

Ecrit par : gilbert beaune | 08 juin 2006

1) J'aime beaucoup Evelyne Charmeux. A l'entendre, elle a inventé la lecture. Mais je ne vais pas dire du mal d'elle. Après tout, cela fait plus de quarante ans qu'elle incarne la modernité. Un peu comme Chirac.

2) la caractéristique des programmes Viala, c'est qu'ils disent tout, le contraire de tout, le contraire du contraire, et l'ensemble dans un jargon quasiment illisible. Les documents d'accompagnement de seconde (136 pages) invitent à faire, pêle-mêle, de la littérature, de l'histoire littéraire, de la linguistique synchronique et diachronique, de la pragmatique, de la sociocritique, de la stylistique, de l'argumentation .... et tout cela s'applique à toutes les périodes, à tous les genres, à la littérature classique comme à la littérature populaire -- sans oublier les domaines francophones ou la littérature étrangère. Suivis à la lettre, les programmes Viala en seconde correspondent au minimum à une bonne douzaine de mastères spécialisés.

Le but est de faire croire que les élèves (et leurs professeurs) sont des génies, à l'aide de considérations aussi tartignolles que (p.21) :

"Le travail de l’argumentation est donc conçu en
premier lieu comme un travail sur la langue qui
exige des élèves la maîtrise progressive de moyens
linguistiques (voir la section « Étude raisonnée de
la langue », p. 63) :
– perception précise de l’énonciation, des stratégies
énonciatives et de la modalisation ;
– prise de conscience et analyse du rôle de l’implicite
et du présupposé ;
– capacité de convoquer le discours d’autrui, de la citation
directe aux différentes formes de la reformulation;
– capacité d’articuler argument et exemple dans la
mise en oeuvre d’une argumentation ;
– initiation aux différents modes d’organisation du
discours argumentatif."

Nous devrions exploser de rire, et nous exclamer : "il y a de la chromatique là-dedans !". Mais non, des gens, y compris investis de responsabilités politiques, prennent cela au sérieux. On y croit. Certains parents se sentent même coupables de ne rien y comprendre (alors qu'il n'y a, effectivement, RIEN à comprendre !).

Comme on dit : plus l'arnaque est grosse, mieux elle passe.

Ecrit par : Pierre-Henri | 08 juin 2006

Bonjour Yvon,
je crois que Charmeux fait des confusions délirantes un peu sur tout. Elle trouve avant de chercher.

(J’ai une question pour les hommes de lettres du forum. Madame charmeux écrit : "examinons cet extrait d’un célébrissime manuel de lecture, la méthode Boscher" … Mais peut-on dire "célébrissime" en français ? (désolée, je ne suis pas de langue maternelle française) . Et latin on disait bien celeber et le superlatif était en errimus. Comment fonctionne le français sur ce point ? Doit-on obligatoirement dire très célèbre ? a-t-on le droit de dire "célébrissime" ? ..c’est juste une curiosité je ne trouve la réponse nulle-part) . D'ailleurs ça n'a vraiment rien à voir avec le débat! ;o)

Ecrit par : isa | 08 juin 2006

Laurent Lafforgue vient de publier sur son site un nouvel article de fond : la Laïcité, la République et l'École.

Ecrit par : gilbert beaune | 08 juin 2006

Après moultes hésitations, je vous transmets le courrier que j'avais adressé à E. Charmeux et la réponse de celle-ci.
J'avais développé les mêmes arguments que le courrier adressé à C. Brizard mais ce sont des choses qui me tiennent vraiment à coeur.

Lettre à E. Charmeux :

Chère Madame,
Je vais à mon tour entrer dans la polémique de la méthode de lecture.
Mon courrier n'aura peut-être aucun intérêt pour vous mais pour moi c'est important de vous dire ce que j'ai sur le cœur ; A très peu de temps de la retraite, ça fait du bien.
J'enseigne en Seine Saint-Denis depuis 1969, institutrice, institutrice spécialisée, PEGC, certifiée technologie. J'ai enseigné pendant 25 ans en C.P.P.N. Bien que certifiée technologie, j'ai choisi de travailler en classe d'accueil pour non francophones, en classe relais, cette classe où on accueille les élèves en rupture scolaire.
Et puis, j'ai eu l'occasion de lire récemment quelques uns de vos articles.
Madame, je n'ai certainement pas votre aisance de plume, je n'ai certainement pas un parcours professionnel aussi prestigieux que le vôtre : j'ai effectué pendant 40 ans un travail de fourmi dans une banlieue déshéritée, banlieue que je n'ai jamais eu envie de quitter, banlieue que j'ai découverte à 21 ans après avoir quitté mes Ardennes natales.
Je ne supporte pas ce que vous écrivez.
J'ai appris à LIRE à 5 ans avec la méthode Jolly. Je dois vous dire, auparavant, que je suis issue d'un milieu très simple, fille de vannier ardennais.
J'ai appris à lire avec Réné, le rat, Riri et j'en passe (Méthode Jolly). Je me souviens encore, je rentrais à la maison dans laquelle nous avions une pièce avec un mur en torchis et j'écrivais sur le mur la leçon de la journée, avec quelle fierté !!! On en voit encore les traces.
J'ai retrouvé ce livre dans une brocante, il m'est aussi précieux qu'un trésor.
Je n'ai cessé depuis de lire et de lire et de lire. Chez moi il n'y avait pas de livres, chez moi maintenant les murs en sont recouverts.
Je vous cite : "Vous avez appris à lire dans les situations de lecture, dans la rue, à la maison, sur l'écran de télé, dans les jouets ..." Mais Madame, j'habitais à la campagne, on n'achetait pas le journal, on n'avait pas la télévision et la notice des jouets, quels jouets ???
Madame Sténion, ma maîtresse de CP m'a appris à lire.
"Le premier indice de lecteur médiocre, c'est de commencer par une lecture linéaire ..." Madame Sténion, si j'ai dévoré Zola à 16 ans c'est grâce à vous, vous n'êtes plus là pour m'entendre, mais je vous en remercie.
Venons-en aux leçons de grammaire "ennui profond ..." Mais on parle bien de ce que l'on connaît, dans quelle école étiez-vous ? Mes professeurs de cours complémentaire ne m'ont jamais ennuyée.
Maintenant, je cesse de parler de moi.
Mes élèves : Je suis obligée comme cela m'est arrivé, hier encore, de m'asseoir à côté de mes élèves de 3 ème et de les aider à lire pour qu'ils puissent comprendre les consignes d'un travail à faire.
Il est impossible que vous ne sachiez pas que les élèves arrivent en 6 ème en ne maîtrisant pas, pour la majorité, les bases de la lecture, quant à l'expression écrite, quelle souffrance pour ces élèves !
Beaucoup de gens en recherche d'emplois ne trouvent pas de travail, il ne comprennent pas les documents à leur disposition. Ils ne connaissent pas la structure de la phrase, ne situent pas le sujet, le verbe. Il s'agit de personnes jeunes et non pas de "mauvais lecteurs de la méthode syllabique".
J'ai eu la chance dans mon cursus professionnel d'échapper à l'I.U.F.M. et à son jargon. Je pense avoir fait du bon travail avec mes élèves. Le contact que j'ai gardé avec beaucoup d'entre eux me le prouve.
Aujourd'hui, une fille de pauvre vannier ardennais ne pourrait pas devenir professeur, elle ne saurait même pas lire !
Je quitte avec tristesse une Education Nationale complètement délabrée.
J'espère que vous prendrez la peine de lire ce témoignage, je vous en remercie.


Réponse de E. Charmeux :

Je pense profondément, chère madame, que vous ne pensez pas ce que vous
écrivez ou que vous avez bien mal lu ce que j'ai écrit.
Fille et petite fille d'instituteurs merveilleux et passionnés
d'innovation, cherchant constamment à faire autrement et mieux, j'ai
appris très tôt à ne jamais me contenter de ce qui se fait
habituellement, à analyser les conséquences à long terme de ce qui se
pratique.
Par la suite, devenue formateur d'enseignants, professeur d'Ecole
Normale, puis d'IUFM, j'ai travaillé dans les classes, auprès des
enfants, et avec d'autres instituteurs, tout aussi extraordinaires, à
chercher avec eux, comment aider les enfants à réussir, en les prenant
au sérieux, avec des vrais textes, utilisant de la vraie langue écrite
(avec orthographe, s'il vous plaît : avant de servir à écrire,
l'orthographe est un moyen de comprendre en lecture), et non sur les
bêtises des manuels de lecture existants qui n'ont rien de vrai, ne
sont point des vrais livres, et ne servent à rien.
Bien avant la guerre ceux qui dénonçaient les contenus aberrants des
manuels étaient nombreux, chère madame. Ce sont eux qui m'ont appris,
eux qui m'ont aidée à ouvrir les yeux, eux qui m'ont aidée à aider les
enfants en difficulté. Ce sont eux que j'admire et que je remercie, car
ils n'ont compté ni leur temps ni leur fatigue.
Vous savez, utiliser une méthode toute faite, il n'y a rien de plus
reposant : rien à préparer, il n'y a qu'à tourner les pages... Mais
travailler à partir de ce que les enfants savent ou croient, et prendre
en compte les travaux des chercheurs qui nous ont appris tant de choses
ignorées sur le fonctionnement des enfants et leurs manières
d'apprendre, ça, ça demande du boulot, de la réflexion et du travail
d'équipe.
Si le ministre cesse ses décisions aberrantes, alors, vous pourrez
être rassurée : l'école qui n'est absolument pas délabrée, arrivera à
égaliser véritablement les chances de tous. Mais, de toutes façons, on
se bat pour ça.
Je vous souhaite une bonne journée et ... du repos
Eveline Charmeux

-----------------------------------------------------------------------J'apprécie tout particulièrement et ....du repos !!!!

Il y a beaucoup de choses derrière cela !
-----------------------------------------------------------------------

Ecrit par : Sylviane | 08 juin 2006

"ça, ça demande du boulot, de la réflexion et du travail
d'équipe."

Par contre le travail de Sylviane auprès de ses élèves : pipi de chat !

pas grave, y en a qui diront que c'est JPB le cuistre pédant...

Ecrit par : Atréides | 08 juin 2006

Merci à Henri Gunsberg !
Bien avant Milner, il a analysé et critiqué la Nouvelle École, fruit d’amours étranges entre « modernisateurs fous », Frankensteins de droite et de gauche. Malheureusement il a eu raison… Et tout une langue nouvelle est née pour diffuser ces délires.
D'un autre côté, on a Mme Charmeux, elle, qui dit ça qu’elle veut, du moment que « ça fait sens ». Vivement qu'elle devienne ministre, vivement le triomphe des Lumières !

Avez-vous noté, avec Pierre-Henri, que les enseignants n’ont plus d’IO (Instructions Officielles) mais des documents d’accompagnement ? Est-il prévu qu’on obéisse à des « documents d’accompagnement », ou bien essaierait-t-on de nous mener en bateau ;) Nouvelles Précieuses et soif de pouvoir des Tartuffes.
À bas Molière, comme diraient les collègues du lycée Joffre !

Nous sommes aussi dans tout un véritable vocabulaire hospitalier ou médical, doux aux Grandes Âmes :
accompagnement, accueil, ne pas traumatiser, groupes d’experts, handicaps socioculturels, estime de soi, on peut en parler, etc.
Et maintenant on devrait dépister les futurs asociaux ou malades mentaux dès la maternelle ! C’est ça, « enseigner autrement » ?

Quand à cet adverbe « autrement » (sans rien après, autrement que quoi ?) si prisé par beaucoup pour escorter tous les verbes, on sait son succès très relatif avec le slogan « Présider autrement » d’un certain Lionel J. en avril 2002 !
À la suite d’Éric Hazan nous pourrions sans doute ranger tout ce lexique dans la LQR, la novlangue qui veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Et alors, on se brûle ! disaient Pierre Dac et Francis Blanche.

Ecrit par : Lariba | 08 juin 2006

Sylvanie, votre témoignage est très émouvant.
Quant à Charmeux, j'ai eu moi aussi le plaisir de recevoir deux mails des sa part: elle est tout simplement incapable de s'ouvrir à la poésie chargée de vérité qui émane de votre message, elle est incapable de prendre conscience des dégâts qu'elle a causé. Vous pouvez lui mettre sous le nez toutes les preuves, tous les témoignages, toutes les souffrances de jeunes enfants et des parents qui sont passé, pendant des années, par de faux diagnostics... (Ces parents et ces enfants qui on été privés d'une scolarité et d'une enfance sereine à cause de SES méthodes)...Elle aura toujours sa réponse :"cherchant constamment à faire autrement et mieux, j'ai
appris très tôt à ne jamais me contenter de ce qui se fait
habituellement, à analyser les conséquences à long terme de ce qui se
pratique.
Par la suite, devenue formateur d'enseignants, professeur d'Ecole
Normale, puis d'IUFM, j'ai travaillé dans les classes... bla bla bla"

Je préfère ceci :"Je me souviens encore, je rentrais à la maison dans laquelle nous avions une pièce avec un mur en torchis et j'écrivais sur le mur la leçon de la journée, avec quelle fierté !!! On en voit encore les traces".

Merci pour votre témoignage

Ecrit par : isa | 08 juin 2006

Quant à "l'aisance de plume", je suis peut-être mal placée pour juger, car je ne suis pas française, mais votre prose était bien plus agréable que celle de charmeux et vous n'aviez pas à vous excuser auprès d'elle!

Ecrit par : isa | 08 juin 2006

Sionac'h a écrit:

Je suis désolé, mais d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été en admiration des tableaux de Jacques Louis David, mais jamais des "peintres" contemporains, tel Jackson Bollock et ses tâches de peintures étalées par terre. Un artiste est quelqu'un qui dispose d'un talent que peu de personnes sont capables d'égaler. Et sûrement pas quelqu'un dont le seul talent est d'avoir été premier à faire n'importe quoi devant lequel une troupe d'intello branchés vont s'extasier !

Je suis presque d'accord avec vous Sionac'h. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai quitté l'enseignement artistique. J'ai un souvenir merveilleux de mes années de lycée où l'on faisait des copies en argile de Bernini et Della Robbia, l’on copiait des tables d’anatomie, on étudiait la perspective sur de grandes planches à dessin. Notre professeur nous disait: "avant de vouloir détruire une forme, il faut apprendre à la construire, à la regarder... Analyse et synthèse d'abord, le reste après". Mais à l'Académie de Beaux Arts tout le monde s'amusait à tordre des tuyaux, a cracher sur une toile... Personne ne savait plus reproduire une pomme! Aucune sélection n'était pratiquée à l'entrée. Mais les études artistiques avec de tels condisciples ne sont pas des études artistiques. j'ai quitté cette voie avec beaucoup de tristesse car , pardonnez –moi cette prétention, j’étais très douée... Et dans les universités j'ai découvert que cette manie de tout détruire se pratique hélas dans toutes les disciplines.
Quelle catastrophe !

Ecrit par : isa | 08 juin 2006

Dans tous les domaines, la rébellion est devenue d'un tel conformisme !

Comme disait l'excellent Philippe Meyer, il y a quelques années : "le futur ne manque pas d'avenir, nous vivons une époque moderne".

Ecrit par : Pierre-Henri | 08 juin 2006

Bonsoir fouroum

"Vous savez, utiliser une méthode toute faite, il n'y a rien de plus reposant : rien à préparer, il n'y a qu'à tourner les pages..."

ELLE EST MALADE, ELLE VEUT VOUS(et les enfants) FAIRE BOSSER COMME DES MALADES . (alors que c'est si simple avec PlanèteAlpha ou Léo&Léa)

Un exemple de méthode ou les instits doivent tout réinventer (mal pour les plus nul).

Un ex de Ribampôbelle:
Je m'entraîne à lire:
Le python gobait une jambe.
Le python gobait une jambe et se trouvait bloqué.
Le python gobait une jambe et se trouvait bloqué et renonçait à sa proie.
Le python gobait une jambe et se trouvait bloqué, renonçait à sa proie et disparaissait tout dépité.


Je continue ?
VOUS AVEZ COMPRIS ?

Soit le gamin qui sait lire en syllabique devient complètement débile (limite scientologie), soit celui qui sait lire en global effacera tout le début du texte, et il fera la même plus tard...
Je ne parle pas de celui qui ne sait pas encore lire correctement en juin.

ILS ONT EU PEUR DES SYLLABES(ânonner) ET ILS ONT FAIT UN VIRAGE A 180°. Maintenant il ne faut plus lire len te ment ,
ilfautlireàtoutevitesse. DES MALADES.
JE LEUR FAIS PIPI DESSUS, je garde mon caca il est trop précieux pour que je leur chie dessus (désolé JP, j'ménervions) j'va allé me calmer :(

Ecrit par : toto | 08 juin 2006

Pour Pierre-Henri, un autre philippe :

Philippe Muray inventeur, entre autres, de "homo festivus", de "la cage aux phobes" et des "mutins de Panurge"...
Il fut catalogué comme néoréac aux côtés de bien d'autres... par la bande à Rosanvallon...

http://www.leconcombre.com/biblio/muray/envie-du-penal-01.html

philippe !!

Ecrit par : philippe | 08 juin 2006

YES !
Un grand bravo à cette jeune instit qui vient d'interpeler François Hollande à l'instant au sujet de l'éducation et des "pédagogies hasardeuses qui placent l'élève au centre du système éducatif sans donner de résultat !".

Ecrit par : Sionac'h | 08 juin 2006

Sionac'h,

Où cela ?

Ecrit par : dg | 08 juin 2006

Sionac'h regardez vous "A vous de Juger" ????

Ecrit par : Sandra WAGNER | 08 juin 2006

Regarder ? Non ! Ecouter, un peu. Enfin, je ne sais même pas si c'était cette émission.

Ecrit par : Sionac'h | 09 juin 2006

Pour Thierry, je cite de mémoire :

L'un de mes formateurs IUFM (PCL2 Lettres modernes) : "Hugo, Zola, Montaigne, ce sont des _white dead men_. Vos élèves ne veulent pas savoir qui ils sont"

Le même : "Céline ? Je n'ai jamais réussi à le lire."

Encore le même : "Tout ce que nous voulons, c'est rendre les élèves un peu plus capables de dialoguer, un peu plus citoyens. Quand à la culture, c'est une histoire de vieux."

Une formatrice IUFM : "Pour l'argumentation, pourquoi n'avez-vous pas utilisé de vrais textes argumentatifs - dans les journaux, dans les annales - plutôt que Montesquieu, Memmi... Tout ceci est bien trop compliqué pour des secondes."

Une IPR lors de ma première inspection : "Pourquoi avez-vous biffé les didascalies de Molière ? ... Ah bon ? Prouvez-moi qu'il n'y en avait pas, je veux voir le texte original."

Une autre IPR lors de ma seconde inspection : "Ah bon, dans _L'Illusion comique_, certains personnages se déguisent ? Ah bon, c'est dans la didascalie initiale ?"

Bien sûr, comme ces propos n'ont été écrits nulle part, je n'ai pas le moyen de les prouver. Mais ils m'ont amené, ainsi que bien d'autres, à la conclusion que des personnages importants (peut-être pas pour l'élaboration des programmes, mais pour le recrutement et la carrière des profs) du système éducatif dénigrent les classiques systématiquement, quand ils ne les ignorent pas tout simplement.

Quant au terme de "mandarins", je me souviens que l'une des deux IPR citée ci-dessus avait commencé une réunion dans mon établissement en expliquant son bonheur d'y revenir, car sa mère et sa grand-mère y avaient fait leurs classes de lettres - du temps de sa grand-mère, il s'agissait d'un lycée de jeunes filles tenu par des bonnes soeurs. Cela me rappemme les "risibles dynasties" que Nizan évoque dans _Aden Arabie_, et à ce titre, les comparer aux mandarins (de la Chine d'autrefois ou de l'Université des années 50-60) me paraît tout à fait approprié.

Quant à Viala, Meirieu et cie, je n'ai pas eu l'honneur de "débattre" avec eux. J'ai simplement en mémoire les listes ridiculement longues d'ouvrages conseillés dans les différentes classes, les best-sellers conseillés des revues pédagogiques, les interminables séances sur la "littérature jeunesse" (traitant en priorité des albums illustrés) de l'IUFM (deux séances identiques dans deux académies différentes). Je vous invite à parcourir les rayons d'une librairie pour jeunesse, et à constater le nombre incroyable de "romans", commis par des professeurs, qui se bornent à mettre en scène "Un chevalier au Moyen-Age" (programme de Cinquième), "Les voyages d'Ulysse" (programme de Sixième), etc., et qui se bornent à résumer quelques épisodes d'Homère ou Chrétien de Troie en langage bébé.

Je souhaiterais moi aussi que mes propos soient "entièrement faux", qu'"aucun professeur" ne méprise les classiques, qu'aucun formateur ne les dénigre, qu'aucun inspecteur ne les ignorent ; si c'était le cas, j'aurais peut-être eu l'envie et l'énergie d'entrer jusqu'à la retraite dans l'Education nationale.



Toto,

Merci pour l'exemple... A vrai dire, j'ai souvent eu l'impression que mes instits essayaient de me rendre débile, mais je ne me souvenais plus comment.

Au fond, peut-être que l'école sert à rendre les enfants idiots.

Ecrit par : prof chômeur | 09 juin 2006

J'ai lu l'article de Meirieu.

Pour ce que j'en ai saisi ce n'est pas seulement de la malhonnêteté intellectuelle, mais du vide : à le lire, je ne comprends pas pourquoi je devrais voter pour "sa" gauche, puisqu'elle s'apprête :

- à mener une campagne ouvertement réactionnaire pour plaire à la petite bourgeoisie,

- ce faisant, à tourner le dos à tous les "pauvres" qui touchent moins de 3000 € par mois,

- ensuite, à trahir ses promesses, pour rester "de gauche",

- et ainsi, à continuer la "démocratisation" de l'école , c'est-à-dire les coupes de budgets qui plaisent aux banquiers, et l'_analphabétisation_ des fils et filles de "pauvres".

Le plus frappant, c'est qu'avec cette approche para-marxiste, je ne vois pas quelle classe irait voter pour aider Mérieu.

Cet article me laisse de plus rêveur sur son appréciation quant au circuit "armée pour les élèves en rupture" : à ce train-là, si la classe "moins de 3000€" est irrémédiablement exclue du vote, on aura bien besoin d'une milice de cinglés réhabilités pour la faire tenir tranquille.

J'arrête ici ma dérive politique.

Ecrit par : prof chômeur | 09 juin 2006

Et encore lorsque vous parlez de littérature de jeunesse qui vulgarise vaguement les programmes d'histoire, ce n'est pas ce qu'il y a de pire. Ca, c'est la première fournée, depuis quelques années, ce qui sort est la plupart du temps pour le collège à mon avis catastrophique. Pour plaire, les écrivailleurs partent du vécu des élèves et les y laissent mariner copieusement. Il y a encore quelques temps, ces plumitifs prenaient la peine d'écrire dans une langue à peu près correcte maintenant le nec plus ultra est de singer la manière de parler des d'jeuns, ce qui donne des torchons innommables que les élèves lisent avec la bénédiction de la documentaliste,de la plupart des profs et des parents. Et tout ce petit monde de dire: il vaut mieux qu'ils lisent cela plutôt que rien. Et bien maitenant je n'en suis plus sûre.
Il y a même "des prix ados" dans ma bonne ville de gôche. La documentaliste passe faire sa pub dans les classes pour ses torchons, raccole littéralement les élèves pour qu'ils s'inscrivent" au prix ados"; nos chers petits lisent les dix livres sélectionnés,laissent tomber les classiques qu'on essaie de leur faire lire pendant ce temps et votent "ah, l'illusion du pouvoir", et suprême récompense, ils peuvent sécher une demi- journée de cours pour partir en bus avec la doc et les pédagos de service pour une rencontre avec le sublime écrivain... La presse locale les photographie et le lendemain ils sont dans le journal... Le chef d'établissement est fier, les parents se rengorgent, les élèves sont ravis et rechignent à faire l'effort de lire l'oeuvre classique qui est restée en plan, bien sûr et que cette c...de prof veut leur faire lire.
Dans ces livres de jeunesse ils ne découvrent rien puisqu'on part de leurs tours de cité, des problèmes qu'ils y rencontrent et...qu'on les y laisse. Ils ne découvrent rien ou pas grand-chose et quand j'entends la doc les inciter à lire tel livre sur l'inceste, sur le chômage ou sur une ado enceinte à 15 ans ou droguée, le tout dans un langage d'une pauvreté accablante, voire vulgaire, avec des dialogues à haute dose, les descriptions étant comme chacun sait un truc de vieux réac... , je me dis que l'institution,une fois de plus fait son travail de sape. Il y aurait un vrai travail de dénonciation de cette littérature de jeunesse qu'il faudrait mener minutieusement ...Je ne m'y collerai pas, cela me donne la nausée.
Bonne journée quand même,
elisabeth

Ecrit par : elisabeth | 09 juin 2006

Ce que j'ai lu dans l'article de Meirieu, c'est une proposition de services : Meirieu ministre de l'Education d'une future présidente. Et pas autre chose. Ça a déjà le côté mi-chèvre mi-chou d'un discours électoral. Au passage, je remarque que le cher homme me pique deux ou trois idées : ferait-il son miel de ce qu'il a détesté ? Au fond, c'est un grand pragmatique.
Plus sérieusement, le PS est manifestement en panne de projet éducatif (voir la tête de Hollande dans l'émission À vous de juger, face à une proif qui l'a allumé sévère). L'élargissement d ela sectorisation est un coup pour rien. Le soutien acentué aux ZEP est un cadeau aux entreprises qui sur-équiperont les ZEP — pour un bénéfice nul. La politique d'intégration — et je ne vois pas pourquoi l'intégration serait impensable aujourd'hui — passe forcément par une politique volontariste d'éparpillement des populations des ghettos. Et ce n'est pas même pour me donner une bonne conscience de gauche (?) que je propose cela : c'est parce qu'il y a, dans ces cités de perdition, des talents véritables que nous gâchons en ce moment, en installant à leur place des enfants de bobos pas forcément méritants. Quitte à pratiquer l'élitisme républicain (et je rappelle que ce n'est pas un gros mot), autant aller jusqu'au bout.
JPB

Ecrit par : brighelli | 09 juin 2006

Pour Isa — un point de lexicologie.
"Célébrissime" n'existe pas en français. Même le dictionnaire le plus au fait des procédés langagiers modernes, le TLF (http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv4/showps.exe?p=combi.htm;java=no;) l'ignore. Mais on l'utilise néammoins volontiers à l'oral, en général dans un sens ironique (qui est effectivement celui de Mme Charmeux à propos de la méthode Boscher).
Par ailleurs, fermons la parenthèse Charmeux. j'ai eu la faiblesse de lui répondre deux ou trois fois sur le site de NousVousIls, c'étai lui donner beaucoup d'importance.
JPB
PS. Eh, les pédagogues à idées ! Qu'attendez-vous pour élaborer un nouveau manuel de lecture cohérent ?

Ecrit par : brighelli | 09 juin 2006

M. Brighelli,

Une question me vient à l'esprit : si la majorité que vous soutenez et soutiendrez en 2007 en vient au pouvoir, de brigerez-vous le poste de ministre de l'éducation nationale ?

Ecrit par : Raphaël | 09 juin 2006

Heu… Je ne sais pas à quelle majorité vous faites allusion. mais quelle qu'elle soit, elle trouvera pléthore d'incapables pour occuper le poste. Comme d'habitude.
JPB

Ecrit par : brighelli | 09 juin 2006

Pour en revenir à Philippe Meirieu, il faut mettre en rapport cet article avec la lettre qu'il écrivit, il y a quelques années, à Luc Ferry :

http://www.meirieu.com/POLEMIQUES/LUCFERRY.pdf

Le style est admirable. Meirieu flatte les puissants, tout en plaçant dans son texte ce qu'il faut de réticence pour rendre l'ensemble crédible. Je dis ça, mais je dis aussi un peu le contraire, tout en étant d'accord sur le fond, même si je me réserve quelques arguments au cas où le vent tournerait.

La fédération française de ski, paraît-il, ne va pas très bien. Elle devrait embaucher Philippe Meirieu pour entraîner le slalom. Voilà un poste à sa mesure.

Ecrit par : Pierre-Henri | 09 juin 2006

Bonjour à tous!
Je me pose tout de même une question : sans vouloir polémiquer, je me demande à quoi servent les livres sur le déclin de l'école, hormis à répéter un constat catastrophiste (avec lequel je suis bien d'accord). Que peut-on réellement faire pour que ça change, étant donné que les ministres nommés au poste de l'éducation sont tout sauf compétents (De Robien passe des transports à l'Education, et tout le monde sait que ça a évidemment... une foule de rapports!!). Le problème est plus généralisé il me semble : si l'on regarde la composition d'un gouvernement de droite, on se rend compte qu'il est noble pour la plupart (particules à foison, du Galouzo de Villepin à qui mieux mieux), qu'ils ne connaissent que leur arrondissement doré où ils ont vécu élevés comme des coqs adulés préparés à gérer la populace, enfin plutôt à glaner les honneurs et les privilèges.
Tout cela pour en venir au fait que cette déconnexion explique l'impossibilité des politiques de se rendre compte des vrais problèmes. Mais en dénonçant dans un livre les dysfonctionnements de l'EN, ça peut permettre de le faire savoir aux dirigeants (encore faut-il qu'ils lisent le livre), mais en quoi cela permet-il de faire changer les choses... ?
Je me pose sérieusement la question. D'accord il vaut mieux ça que se taire, certes. Mais après le livre et la dénonciation que reste-t-il? Il n'y a rien qui semble changer et, pire, cela se dégrade vitesse grand v. Alors que faire? Militer, se battre dans son coin, épauler les syndicats pour que ça change? La lutte est entreprise depuis des années et des années, et rien ne progresse...
Certes, pour ma part, je fais m