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25 mai 2006
L'école est finie !
Nous n'avions pas encore tout vu.
Article de Marie-Estelle Pech, paru dans le Figaro du mercredi 24 mai — Saint Donatien…
« Est-il besoin pour intéresser les élèves à la littérature de leur faire étudier les autobiographies de Loana, Charlotte Valandrey, Jean-Pierre Pernaud et autres stars du petit écran ? Les futurs professeurs de français en seront peut-être un jour réduits à cette extrémité. Cette année, huit enseignants du renommé lycée Joffre à Montpellier (Hérault) ont décidé de faire un premier pas dans cette direction. Ils ont fait plancher leurs élèves de première sur la récente autobiographie à succès du chanteur Hervé Vilard, L'Âme seule, où ce dernier raconte son passé d'enfant confié à l'assistance publique. Au risque de déconcerter les examinateurs, cet ouvrage sera même présenté à l'oral du bac par les élèves de Joffre dans quelques semaines ! «Ce livre a de vrais qualités littéraires», justifie Patrick Loubatière, le professeur de français à l'origine de cette initiative. L'ancien chanteur de charme des années soixante-dix a été invité à discuter de son oeuvre avec les lycéens, la semaine dernière. (…)
Jeune enseignante de français dans un collège des Yvelines, Laurence ne s'est toujours pas remise des conseils de son inspecteur pédagogique l'an dernier : faire étudier Le Voile noir d'Anny Duperey, dans lequel l'actrice raconte la disparition tragique de ses parents. Les romans à l'eau de rose de Marc Lévy, pourtant régulièrement éreintés par la critique littéraire, ont bonne presse auprès de certains inspecteurs. «On nous encourage à étudier des œuvres de faible niveau. Comme si nous étions là pour faire stagner les élèves», s'agace Laurence.(…)
Au lycée Joffre de Montpellier, Patrick Loubatière se défend de tout nivellement par le bas. Selon lui, celle d'Hervé Vilard illustre parfaitement le thème de l'autobiographie, au programme du bac de français. La plupart des élèves lui ont confié se sentir davantage concernés par ce livre que par les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, «qui leur est tombé des mains», précise-t-il, même dans ce lycée réputé pour ses bons résultats au bac. Il est «plus facile de s'identifier à Hervé Vilard qu'à Montaigne parce qu'il est plus proche de nous, confirme Agathe, élève de première S. Son passé d'orphelin est touchant. C'est un homme très simple, pas intimidant, à qui on a pu poser plein de questions.» »
Retour sur un désastre annoncé.
En 1999-2000, la « commission Viala », du nom du distingué universitaire (Paris-III et Oxford) qui la dirigeait, accouche de nouveaux programmes de Français pour les lycées. Finie la dictature (?) du chronologique et de l’histoire littéraire ! Place à des « notions » — « Argumentation », « Genres », « travail de l’écriture », « Autobiographie », etc.
J’ai, à l’époque, prévenu un membre de cette commission (la seule prof de lycée, par parenthèse — les autres étaient des universitaires ou des administratifs) qu’ils jouaient avec le feu. « Que nenni ! » rétorqua-t-elle en substance. « Enfin ! Prenez l’autobiographie ! Rousseau, Montaigne, Châteaubriand… Des gens incontestables, n’est-ce pas ? »
Mais seul le pire est sûr, comme dit la loi de Murphy (« If something can get wrong, it will », pour les anglicistes).
N’empêche… Fort des assurances de ma collègue, j’ai dirigé, avec un ami, une collection (aux éditions Magnard) qui tentait de tirer le meilleur de ces programmes ineptes. La table des matières du volume consacré au Biographique / Autobiographique propose des textes de Plutarque à Camus, en passant par Commynes, Montaigne, La Rochefoucauld, Retz, Saint-Simon, Rousseau, Châteaubriand, et j’en passe…
Pauvres cloches que nous étions ! Seul le pire est sûr…
L’an passé, à l’écrit du CAPES de Lettres, dans un sujet sur le biographique, les candidats futurs profs parlaient tout uniment de Loana et de Rousseau (dire plutôt « Jean-Jacques » — non par référence à « Rousseau juge de Jean-Jacques », mais parce que ça vous a un petit côté intime, un relent de Steevy…). Et voici que le lycée Joffre, qui est (qui fut, m’affirme une enseignante qui a immédiatement réagi à l’article, que j’ai largement diffusé sur la Toile) cautionne Hervé Vilard.
Capri, c’est fini, l’école aussi.
D’où vient cette confusion, qui amène des enseignants certainement pleins de bonnes intentions, à défaut d’avoir de vraies références, à amener leurs élèves rencontrer le grand homme, has-been des sixties, au CRDP de Montpellier, qui prête une salle pour l’occasion ?
Au passage, cela a permis à Vilard, qui revient de derrière les ombres, de faire un tabac à la « Comédie du Livre », le Salon qu’organise la ville au mois de mai.
Pour Viala (dont je ne remets en cause ni le savoir, ni l’ambition), tout fait texte, tout est discours. Pris au pied de la lettre par les demi-habiles, qui sont légion, cela consiste à traiter de la même manière les people et les grands écrivains. Anny Duperey, dont je connais par ailleurs le goût pour les vrais textes, doit être bien sidérée (flattée toutefois, peut-être) d’être devenue une référence littéraire qui supplante Rousseau…
Rousseau « qui leur est tombé des mains » : curieuse pédagogie qui va dans le sens de la pente, alors que les plus belles victoires (et les élèves y sont sensibles) sont celles qui triomphent d’une vraie difficulté. D’ailleurs, pour s’ennuyer à Rousseau, il faut être de mauvaise foi — mais la mauvaise foi a bonne presse, en ce moment.
Quant à Marc Lévy… Il y a toujours eu des best-sellers, avant même que le mot existât. Et vous savez quoi ? Il est très rare qu’on étudie, en classe ou ailleurs, ceux des siècles passés. Il est rarissime qu’on les édite encore. Que reste-t-il de Xavier de Montépin, le plus grand succès du XIXe siècle ? La Porteuse de pain, les Deux orphelines, se vendaient à des centaines de milliers d’exemplaires. Le Rouge et le Noir, moins de 500. Qui aurait l’idée de faire étudier Souvestre et Allain plutôt que Mallarmé ?
Que dites-vous ? On n’étudie plus Mallarmé ? Ni Stendhal ? ET on suggère de lire Germinal en abrégé… Je le sais bien… Pauvre France…
Un dernier point. Quel texte étudie-t-on quand on se penche sur « l’œuvre » d’Hervé Vilard ? Qui l’a écrite ? Pour avoir moi-même donné, ces vingt dernières années, quelques coups de mains à des stars, enfants de stars et hommes politiques, quand je ne rédigeais pas complètement les romans de tel ou tel écrivain confirmé, je sais ce qu’il en est de la « négritude » : le texte final de ces ouvrages est calibré pour un public précis — et il entre pas mal de mépris, dans le milieu éditorial, pour ledit public. Mais on fait ainsi entrer dans les crânes vides des élèves formatés par la télé people, la presse people et maintenant l’école people que tout le monde peut devenir écrivain (ou chanteur, ou acteur), d’un coup de baguette magique.
Eh bien non ! C’est un travail, figurez-vous…
Mais la même commission Viala, réformant aussi l’écrit du Bac, a inventé cette supercherie grandiose, « l’écriture d’invention ». En clair, chaque élève qui choisit ce sujet (près de 50% des bacheliers fin Première, tant on leur a vissé dans le crâne la certitude de leur capacité à écrire — merci, Bégaudeau !) est incité à se faire écrivain, en continuant un texte, en lui répondant, en s’improvisant génie.
Ça ne marche pas comme ça. Rimbaud écrivait peut-être des merveilles à 16 ans, mais il avait travaillé en classe comme un forcené — lisez donc ses rédactions en vers latins.
Alors, bien sûr, les médias nous sortent de leur chapeau, régulièrement, une écrivaine (curieusement, ce sont presque toujours des filles — plus frêles, sans doute, et plus précoces, comme on sait…) qui, à 17 ou 18 ans enthousiasme les chroniqueurs. Pour les plus jeunes, je signale que ça ne date pas d’aujourd’hui, ce genre de coup médiatique. Dans les années 50, on avait sorti Minou Drouet (il en reste quoi ?), et Sagan au début des années 60 — il en restera quoi ? D’autant que c’est à la fois alléchant et désespérant, pour les gamines priées de s’identifier à ces stars en herbe. L’une est fille de député, quelque part dans le Drôme ou le Vaucluse, l’autre fille d’un philosophe spécialiste en jolies chemises — et j’en passe. Modèles si lointains…
(De temps en temps, on nous sort un jeune garçon,. On nous a fait le coup avec Alexandre Jardin, créature inventée par Françoise Verny, qui a si merveilleusement renouvelé son style à son dernier livre… Il a dû changer de stylo).
Inutile d’aller plus loin. Je suis sans doute un dinosaure, mais je me battrai jusqu’au bout pour que les enfants de toutes les conditions aient le droit d’accéder aux plus belles pages de la littérature. Nous sommes quelques-uns qui partageons les mêmes ambitions. Après nous le déluge.
D’ici là, Patrick Loubatière, le fan d’Hervé Vilard, sera professeur en IUFM — à Montpellier, par exemple : ça fera monter le niveau. Je ne sais pas si Capri, c’est fini. Mais pour rester dans les années soixante, je sais au moins que « l’école est finie, l’école est finie, l’école est finie… »
Ad libitum.
Jean-Paul Brighelli
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Commentaires
Je suis à 100 % d'accord avec vous, tout fout le camp dans ce monde où prôner les valeurs sûres vous fait passer pour un has-been.
Je suis un peu déconcertée. Mes enfants ne vont plus à l'école depuis longtemps, mais mes petits-enfants...
Quel avenir leur prépare-t'on ?
Ecrit par : stella vidal | 25 mai 2006
Bonjour à tous,
Séance d'analyse des pratiques professionnelles, à l'IUFM, mercredi dernier. Une PE2, (professeur stagiaire) relate son expérience pendant son dernier stage en responsabilité de trois semaine. Triste expérience. Elle se demande si elle doit continuer dans la voie de l'enseignement. Pourquoi? Les parents ont monté une cabale contre elle. Avec des paroles du genre: "elle va pas nous em... longtemps, celle là" et, encore plus raffiné, de la part d'une autre mère: "celle là, je vais me la faire". Le crime de cette jeune stagiaire, (donc forcément formatée par l'IUFM, qui est un nid de khmers rouges chargés d'empêcher les gens de travailler pour que ce nivellement par le bas leur profite et fasse tomber des prébendes substantielles dans leurs escarcelles de feignants trop payés)? Avoir voulu, l'inconsciente, donner du travail à faire à la maison à ses élèves! En CE1! Vous vous rendez compte?
Dieu merci, l'IUFM a validé son stage. Heureusement. Avec une mention; (c'est une stagiaire assez brillante). Vous voyez, les choses ne sont pas si simple, et les parents qui sont ici, soucieux (à juste titre) que leurs enfants reçoivent une instruction digne de ce nom, sont loin d'être majoritaires.
Ecrit par : christophe sibille | 25 mai 2006
c'est nul!
je suis prof et c'est vraiment n importe quoi un tel pseudo argumentaire
prenez les differents commentaires passés sur le niveau des élèves...déjà au siecle dernier, les "instits" se plaignaient du niveau!!!!!
et moi je fais étudier la presse people et j en suis FIER!!
au moins mes élèves lisent et analysent ...
et qd j ai fini je laisse en salle des profs mes exemplaires de " voila " et autre "france samedi"....
et bien sur les biens penseurs se moquent ..
mais finissent tous par les lire en douce...
au bout de 15 jours ils disparaissent....
vous me faites bien marrer avec ces remarques passéistes
venez enseigner ds des lycées en ZEP vous verrez ...
commencez par plutarque vous finirez par loana si vous voulez résister
moi c'est l inverse je débute par steevy et je finis par des auteurs classiques!
Ecrit par : yvrard | 25 mai 2006
Vous me mettez le moral à zéro. Que vaut mon doctorat consacré à la poésie francophone ? J'aurai dû me pencher sur les oeuvres de Steevy et de Cauet. Là, y a du pognon, coco.
Je me demande si le professeur dont vous parlez, et dont je tairai le nom, a reçu un chèque de la part de l'éditeur. Au moins, je comprendrais. Mais non, je suis sûr qu'il a fait ça pour rien, pour son salaire de prof. Minable jusque dans la trahison. Il y a des gens comme ça.
Quant aux universitaires, ils ne sont pas forcément méchants. Seulement, ils sont tellement pris par la paperasse bureaucratique et par les réformes à répétition qu'ils ne voient pas le rouleau-compresseur géant qui est en train de leur passer sur la figure. Par exemple, on leur a mis la réforme LMD dans les pattes pour masquer la baisse de budget et l'effondrement du niveau. Depuis 30 ans, ils se font couillonner à chaque fois par le même truc : une "grande réforme" qui sert à dissimuler une grosse arnaque, et on fait semblant jusqu'à la prochaine.
Bon, si je comprends bien, il faut que je travaille ma liste des clichés littéraires les plus creux, dans l'espoir de devenir un jour le porte-plume de Mazarine Pingeot. Dans ces cas-là, j'espère que le nègre a droit, au minimum, à un exemplaire dédicacé de la main de l'auteur.
Ah non, même pas ?
Ecrit par : Pierre-Henri | 25 mai 2006
Forcé d'être d'accord avec Christophe Sibille… Jusqu'où irai-je…
Dans l'école où vont mes enfants, l'instit de CP a déclaré, en début d'année, à la question : "Leur donnerez-vous des devoirs à faire à la maison ?" : "Vous savez, ils n'ont que six ans, ils faut bien qu'ils jouent un peu, et puis ils travaillent bien assez à l'école (!)…" Et une majorité de parents a fait chorus — essentiellement soulagés de ne pas avoir à se pencher sur les cahiers de leurs chérubins le soir.
C'est l'un des aspects du métier : il faut avoir de l'ambition pour les mômes à la place même des parents qui n'en ont pas.
JPB
Ecrit par : brighelli | 25 mai 2006
"Avoir voulu, l'inconsciente, donner du travail à faire à la maison à ses élèves! En CE1! Vous vous rendez compte?"
Attention Christophe, il y a travail et travail.
je parle en connaissance de cause, je peux citer qq exemple.
Quand on propose du jour au lendemain une suite de mot à écrire avec toutes les difficultées que l'on peut imaginer:
Crayon grenouille etc etc sans progression logique ni "pédagogique" alors que certains (la plupart) enfants NE savent même pas écrire. Je dis que c'est "n'impotnawak"
Donc je n'ai pas assez d'info sur ta nouvelle.
Je ne dis pas qu'il faille TUER l'instit . on ne tire pas sur l'ambulance .
donne moi plus d'info.
1) les exercices proposés
2) la méthode de lecture utilisé (le nom)
la suite après
désolé je lache le pc a+
Ecrit par : toto | 25 mai 2006
ouppps
désolé CE1....
méthode de grammaire etc BLED , BETHOU etc ????
désolé j'dois "fer" vite a ciao
Ecrit par : toto | 25 mai 2006
JPB,
Pour aller dans votre sens, il me semble que les parents sont victimes d'une société qui en trente ans a bien changé.
Il n'est évidemment pas question ni de dédouaner la politique de L'EN qui par démagogie a été un catalyseur très efficace de cette catastrophe, ni de regretter les années 70.
Je vois trois évolutions majeures qui ont des conséquences indéniables sur l'échec scolaire.
Nous sommes dans une société de consommation où la satisfaction du désir immédiat prime dès la petite enfance.
Exit le goût de l'effort.On doit comprendre tout de suite sinon c'est trop difficile!
Une augmentation considérable du chômage. Comment un enfant peut-il comprendre la nécessité de travailler lorsqu'il n'a pas l'exemple sous les yeux?
Enfin un nombre toujours plus croissant d'enfants dont les parents sont séparés et qui ne voient quasiment plus l'un des parents.
http//www.divorce-famille.net/pages/r1.htm
Bien sûr il y a des exceptions mais comme le dit l'association mentionnée ci dessus "les satistiques sont implacables".
Ecrit par : JO | 25 mai 2006
Si je vote pour quiconque à gauche, je donne encore un sursis à ces "conneries funestes".
Mais que dois-je faire en 2007,oui,que dois-je faire ? Je vous le demande !!!!!!!!!!!!
Ecrit par : bernard | 25 mai 2006
Si je vote pour quiconque à gauche, je donne encore un sursis à ces "conneries funestes".
Mais que dois-je faire en 2007,oui,que dois-je faire ? Je vous le demande !!!!!!!!!!!!
Ecrit par : bernard | 25 mai 2006
Si je vote pour quiconque à gauche, je donne encore un sursis à ces "conneries funestes".
Mais que dois-je faire en 2007,oui,que dois-je faire ? Je vous le demande !!!!!!!!!!!!
Ecrit par : bernard | 25 mai 2006
S'il y a un sujet qu'on n'évoque que trop rarement, à mon goût, en ce qui concerne l'éducation, c'est la présence familiale. C'est un fait dans mon école, les enfants en difficulté ont systématiquement des parents qui doivent travailler tous les deux pour pouvoir vivre dans des conditions à peu près décentes.
Bien que je n'ai pas grandi dans la région où j'enseigne, je me souviens qu'il y a 30 ans, l'essentiel de mes copains étaient attendus par leur maman à la sortie et rentraient manger le midi chez eux.
A présent, 90% des enfants mangent à la cantine et quasiment 100% des enfants ont des parents qui tous les deux travaillent (pour ceux qui ne sont pas au chômage). Ceci change évidemment beaucoup la donne !
Car la plupart du temps, ces parents ont des boulots guère enrichissants (à tout point de vue) avec souvent des horaires décalés. Bilan : les enfants sont livrés à eux-mêmes et les parents, crevés de leur journée n'ont pas franchement l'envie ou la volonté de surveiller un gamin en train de faire ses devoirs.
On arrive à un cercle vicieux où les enfants n'ont plus de modèle de référence en ce qui concerne le goût de l'effort. Ils attendent donc de l'école quelque chose de "facile" et ne sont que peu attentifs en classe, trop habitués à zapper d'une chaine à l'autre à la maison. Forcément, le retour à la maison les place en difficulté lorsqu'il s'agit de comprendre ce qu'ils n'ont pas suivi en classe pour réussir leurs devoirs. D'où l'énervement des parents et la situation d'échec.
On continue à parler de baisse de niveau pour certains lorsque d'autres relativisent en signalant que les compétences sont à présent plus larges.
Les deux arguments se valent. La baisse de niveau est réelle, et d'ailleurs, les programmes n'ont cessé de s'alléger (la mode des produits "light" sans doute) tout simplement, parce qu'en rajoutant 1h30 d'anglais par semaine, plus de l'informatique, plus de la technologie et plein d'autres matières, cela ne peut que se faire au détriment du français et des mathématiques !
La solution pour palier à ces deux problèmes est donc tout à fait simple : augmenter la durée de présence des élèves en cours en créant une véritable étude surveillée obligatoire, après avoir laissé les gamins décompresser 45 bonnes minutes en sortant de l'école.
J'entends certains dire que les élèves sont exténués en sortant de classe. Mais ils sont suffisamment en forme pour regarder la télé jusqu'à des heures tardives (arrivant le lendemain avec des cernes sous les yeux), offrant à TFone "du temps de cerveau humain pour Coca-Cola". Là, cela ne gène personne en revanche !
Dernière chose...
En ce qui concerne « l’écriture d’invention ».
Si j'ai bien compris, une des épreuves du BAC propose aux lycéens d'inventer une histoire et de jouer les apprentis écrivains ?
Cela relève de la même supercherie qu'on nous enseigne à l'IUFM avec ces séances en "arts plastiques" où l'on tente de dégager d'une production d'élève à base de détritus ménagers recyclés, un semblant d'esprit artistique. Comme si chaque enfant, chaque individu était un artiste qui s'ignore !
Je suis désolé, mais d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été en admiration des tableaux de Jacques Louis David, mais jamais des "peintres" contemporains, tel Jackson Bollock et ses tâches de peintures étalées par terre. Un artiste est quelqu'un qui dispose d'un talent que peu de personnes sont capables d'égaler. Et sûrement pas quelqu'un dont le seul talent est d'avoir été premier à faire n'importe quoi devant lequel une troupe d'intello branchés vont s'extasier !
Ecrit par : Sionac'h | 25 mai 2006
Yvrard, vous êtes vraiment professeur? Si c'est le cas, l'écriture de votre commentaire prouve qu'il n'y a pas que chez les élèves que le niveau baisse.
On le savait déjà, remarquez. Parmi les élèves qui ont été éduqués avec les méthodes stupides des pédagogistes, il y en a, forcément, qui sont devenus à leur tour professeurs.
C'est l'un des phénomènes les plus pernicieux de la situation actuelle. Plus on avance, moins il y aura de professeurs qui auront connu autre chose. De quoi verrouiller pour longtemps la spirale infernale de l'abêtissement.
C'est pourquoi l'action des gens comme Jean-Paul Brighelli est une urgence nationale. Tous ceux à qui il reste un atome de bon sens dans le cerveau, professeurs, parents, élèves et politiques (mais je n'en entends pas beaucoup dans ces deux dernières catégories), doivent à tout prix s'efforcer de mobiliser un sursaut national, tant qu'il en est encore temps. La fenêtre de tir est étroite, avant que les derniers résistants ne se taisent.
Remarquez, si on échoue, il y aura sans doute des directeurs d'école indiens et chinois qui finiront bien par venir chez nous réinstaurer les méthodes pédagogiques normales qui réussissent si bien à leurs élites en ce moment...
Ecrit par : Robert Marchenoir | 26 mai 2006
"J'ai toujours été en admiration des tableaux de Jacques Louis David, mais jamais des 'peintres' contemporains, tel Jackson Bollock et ses taches de peintures étalées par terre." (Sionac'h)
C'est un lapsus, ou une vacherie? Je suppose que vous vouliez parler de Pollock, mais "bollocks", qui veut dire couilles en anglais, signifie aussi conneries, n'importe quoi...
Voilà ce qu'on appelle une critique d'art virile.
Ecrit par : Robert Marchenoir | 26 mai 2006
Je suis effarée , on est-on vraiment là? je n'ose y croire...si c'est une blague elle est de très mauvais goût...mais je crains fort que ça n'en soit malheureusement pas une et pire que cela ne relève pas que de l'anecdote...Là difficile de dire à nos chères petites têtes "ce n'est pas ma faute...mon ange" car c'est bien de Notre faute...
il faut peut-être arrêter de regarder nos chérubins comme la huitième merveille du monde ...Nous sommes tous responsables de ce marasme:
Nous, parents qui devenons subitement des "poules aux oeufs d'or" dés la naissance de notre petit premier...
Les enseignants qui s'imaginent qu'il suffit de sortir de l'iufm pour avoir la science infuse et être le grand sage qui n'a plus rien à apprendre d'autrui et surtout aucun conseil à recevoir...
Les psychologues bien pensants qui ont élaboré leurs théories fumeuses sur le mal être de l'enfant et tous les traumatismes que ce cruel monde des adultes leur font subir et dont il faut les protéger...
Regardons les enfants tels qu'ils sont: avant tout des êtres curieux de tout! mais aussi des fainéants, des pleurnicheurs, des casse-pieds et je vous laisse continuer la liste ( je précise j'en ai 4 +1 que j'aime plus que tout...) et surtout cessons de nous extasier quand il découvre par simple curiosité , innocence et imprudence que la fiche s'enfonce dans la prise...
Bien sur depuis que l'école existe il est fait un constat régulier que le niveau baisse, mais que je sache les enfants qui allaient à l'école au début du XXème siècle n'apprenaient pas à lire avec les manuels d'utilisations qui accompagnaient les premières moissonneuses batteuses et les premiers tracteurs...on n' étudiait pas les chansons populaires au certificat d'études...Pourquoi subitement nier toutes les merveilles de la littérature classique, ce patrimoine culturel qui fait notre richesse...
décidément , il va être difficile de trouver de la place sur la table de mon salon où il traine en permanence le petit Robert, le Larousse , le bled , les Bescherelle et les grammaire CM et CE de Grezes et Dugers, car dés demain je vais au garage chercher au fond des cartons les Lagarde et Michard et essayer de remettre la main sur les Magnard pour l'instant ma plus grande n'est qu'en 6ème mais mes petits curieux (du moins ceux qui savent lire) ne manqueront pas j'en suis presque sûre de les feuilleter...
ceci dit la presse people et les livres people ne sont pas exclu ce sont des lectures très distrayantes dans certains endroits de la maison où nous passons semble-t-il beaucoup de temps dans notre vie...
et laissons du temps au temps d'ici une cinquantaine d'année on décrouvrira très surement dans cette multitude d'ouvrages qui jonchent les tables de petites merveilles d'écriture...
retrouvons le goût de la forme pour en apprécier davantage le contenu...
et qui sait , il pourrait naître un mouvement de "détectives" soucieux de rendre à certains "nègres" leur talent...
PS: je m'excuse par avance des "fôtes" d'orthographe qui doivent se glisser dans ce commentaire mais il est 1h30 du matin et de taper dans un aussi petit cadre , franchement ça n'aide pas la relecture
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 26 mai 2006
je voulais dire : qui jonchent les tables des librairies"...
Merci Robert , j'ai bien ri à votre dernier commentaire je n'avais pas pris le temps de lire tous les commentaires déjà postés avant d'envoyer le mien mais j'ai envie de croire que c'était une note d'humour volontaire de la part de Sionac'h...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 26 mai 2006
Pour en revenir au point de départ de ce fil, ce qui me frappe c'est que cette "expérience" a eu lieu au lycée Joffre, qui est, si je me souviens bien, un "bon" lycée de centre ville, à recrutement classes moyennes-supérieures. Bref, pour répondre à un des intervenants précédents, ce n'est pas à des petits ruraux, à des enfants de ZEP, à des primo-arrivants ni à des ados de milieu défavorisé que Rousseau "tombe des mains", mais à des fils de bourges et de bobos, qui ne me semblent avoir d'autre excuse (?) qu'une immense paresse intellectuelle et le refus délibéré d'avoir à se confronter à un texte qui résiste : "prenage de tête", comme dirait Agrippine (de Brétécher).
Qu'un enseignant cautionne cette flemme, car il n'y a pas d'autre mot, me fait bondir. J'ai enseigné pendant 21 ans dans un petit lycée campagnard au fond de la Vendée profonde, avec des élèves dont certains patoisaient, et je n'ai jamais capitulé sur les contenus. Il faut dire que c'était l'époque ante-Viala, où il y avait en 1ere un programme d'oeuvres... avec "Les Confessions", justement -- et chacun trouvait normal de les faire étudier aux lycéens, avec plus ou moins de mal certes, mais on y arrivait, parce qu'on cherchait des solutions à partir du texte même, sans même songer à utiliser le "pipeul" de l'époque comme produit d'appel.
Cette initiative montpelliéraine illustre à merveille le règne de l'inculture bobo, encore pire que l'anti-intellectualisme populiste.
Par ailleurs, je voudrais bien savoir ce que l'inspection pense de cette histoire et de sa médiatisation, à moins qu'elle ne se contente du fait que les collègues ont sûrement travaillé en séquences...
Ecrit par : FGuichard | 26 mai 2006
bour Batricia er Robert,
Ce n'était bas un labsus, mais un bloplème de mon BC qui vient supitement d'inverser le B et le P !!
Bon, en fait, je n'aime pô le pseudo art contemporain et sur l'instant, j'avoue que le nom de Pollock ne me revenait plus. Et comme j'aime pô, et bien, j'ai inséré une p'tite vengeance personnelle. Eheh...
Mais votre remarque au sujet de "l'art viril" m'a bien fait rigoler ce matin...
Bollockment votre...
Ecrit par : Sionac'h | 26 mai 2006
Bonjour à tous,
Une petite nouvelle qui va certainement faire plaisir à certains d'entre vous, (à moi, en tous cas!) Un opéra de Mozart, (ils n'ont pas dit lequel, ni fait écouter d'extraits de répétition, ce qui fait que je ne peux vous dire lequel, mais je vais étudier le dossier) monté à l'opéra Garnier, et chanté par 200 élèves de ZEP, (je pense qu'il s'agit des choeurs?) On est, heureusement, loin de ce projet d'étude des oeuvres de Steevie, à laquelle j'ai quand même un peu de mal à croire! Ceci-dit, Goldmann (Jean-Jacques) est plébiscité par beaucoup de collègues de musique enseignants en collège... Et même par certains inspecteurs.
Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006
"On est, heureusement, loin de ce projet d'étude des oeuvres de Steevie, à laquelle j'ai quand même un peu de mal à croire!"
Christophe, vous êtes notre Candide. Votre naïveté a quelque chose d'extraordinairement rafraîchissant. Merci de participer à ce blog.
Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mai 2006
A l'intention de tous les détracteurs de J.P. B., je conseille d'aller sur la toile et faire une recherche sous Marva Collins. Elle lutte pour éduquer les enfants du pire ghetto de Chicago catalogués "d'inéducables" par les statistiques. Elle semble obtenir des résultats fantastiques, elle ose enseigner les textes de Sheakspeare à des gosses d'école primaire.
Ecrit par : Eddie Maabillard | 26 mai 2006
"Vous savez, ils n'ont que six ans, ils faut bien qu'ils jouent un peu, et puis ils travaillent bien assez à l'école (!)…".
JPB
je le refais en moins speed.
C'est vrai qu'ils bossent bcp, le souci c'est qu'ils font (dans ma classe CP avec Ribambelle) "'n'inportnawak" n'importe comment, le soir si ils sortent à 18h après l'étude ils sont HS.
Ils font "n'importnawak" à l'étude (toujours chez moi), puisqu'ils doivent bosser sur ribambelle :( .
Le boulot qu'on leur demande de faire est complètement déstructurant, Regardez si vous avez l'occasion la méthode dont je parle. Même les profs qui s'apperçoivent que la méthode déconne, rajoutent pleins d'autres âneries dans tout les sens, sans comprendre que c'est la progression qui est l'essentiel.
Je pense que si le boulot est correctement fait à l'école AVEC la bonne méthode, le gamin il ira tout seul vers son bouquin, quand il rentrera de l'école, à moi le repos, le canon tranquille, j'va ptête enfin pouvoir lire les livres de JP :( (non me tape pas JP j'va les lire dès qu'j'ai le temps)
amitiés
désolé je lirai le reste plus tard :( à l'occaz
Ecrit par : toto | 26 mai 2006
Il faut euthanasier les IUFMs et les mammouths de l'éducation nationale, réactiver la culture de l'excellence dans le corps enseignant, et réaffirmer, par la force si il le faut l'autorité de l'école sur la société civile.
Je n'y crois pas mais ça fait du bien de le dire...
Ecrit par : mathias | 26 mai 2006
Il y a des raisons d'espérer. Ça bouge de partout !
Voir par exemple les six interventions faites le 4.4.2006 au colloque organisé par la fondation *Res-publica* sur la dégradation des programmes scolaires :
http://www.fondation-res-publica.org/Interventions_r6.html?PHPSESSID=fd120aa1a730b4e0936264a8fbb9d465
Ecrit par : Range | 26 mai 2006
Sur le site signalé par Range (merci) je note surtout l'intervention de Régis Debray...qui a le mérite de mettre en perspective historique le débat contemporain sur les systèmes éducatifs.
Une réflexion pertinente.
Ecrit par : buntovchik | 26 mai 2006
Il me semble que toto correspond beaucoup plus à l'image qu'on peut se faire du candide, qui imagine qu'une méthode de lecture peut résoudre tout à la fois les problèmes que posent éducation et instruction. Mais laissons le dans son rêve!
Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006
Vous n'écoutez pas les informations, Pierre-Henri? Pour une fois qu'ils ne parlent ni de la coupe du monde de football, ni du pape!
Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006
yvrard a "écrit":
vous me faites bien marrer avec ces remarques passéistes
venez enseigner ds des lycées en ZEP vous verrez ...
commencez par plutarque vous finirez par loana si vous voulez résister
Monsieur, je ne débuterais pas par Plutarque dans votre cas, mais par l'étude de la phrase qui commence par une majuscule.
Dans mon charmant lycée en ZEP (avec couteaux ou parfois haches dans les sacs, si ce n'est pas devant mes mirettes); ils lisent sûrement Loana dans mon dos et adorent critiquer l'orgeuil de Chateaubriand.
Sans parler de La Bruyère dont ils se délectent, tant ses observations sont fines.
Il est vrai que pour faire passer cette Littérature classique aux élèves, il m'a fallut beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps,de réflexion, de recul, parfois l'apprentissage par coeur du texte pour m'en imprégner et aussi parce que des mots assemblés avec amour sont sublimes....
Néanmoins, je vous l'accorde, j'aurais moins donné de mon temps aux textes de Steevy pour les transmettre à la classe: il m'aurait suffit de trois mots sur mon paquet de cigarettes, entre deux verres de rouge devant Seeeeeeeevyyyyyyyyyy!!!!!!
A Dieu, cher Arrias, et non yvrard.
Post Sciptum: Cher Arrias, je n'ai pas de "livre du professeur", je fais comme les élèves, j'utilise ma tête et le dictionnaire.
Ecrit par : Ordrade | 26 mai 2006
Bravo pour votre courage, votre courage si rare et si précieux dans les rangs de cette Education Nationale moisie, lâche et complaisante; j'en ai perdu moi-même, ma vocation de professeur et d'universitaire pour voler en électron-libre loin de cette fange corrompue de marasme et d'hypocrisie... Les lumières de la raison y sont clairement éteintes... Bravo et merci pour votre courage qui fleure bon l'époque de la véritable et décédée Ecole Républicaine ! NB: vous me rendriez un grand service en venant visiter mon blog pour y signer et y diffuser la pétition du Réseau Education sans frontières contre l'expulsion des enfants scolarisés en France et expulsables au 30 juin 2006 parce que leurs parents sont sans papiers. Vichy for ever ? Quelle est la responsabilité de l'éducation nationale dans ce rôle de délation ? Cordialement. Nathalie Gaul Kaïsu, avec vous par l'esprit et le coeur, pour avoir tant aimé l'école; tantôt, plus tôt, avant... L'école de ma jeunesse, cela va de soi.
Ecrit par : NGK | 26 mai 2006
à Christophe :
Je ne possède pas de télé, et je n'écoute pas la radio. Mais vous avez raison, je suis d'un naturel exagérément pessimiste. A nous deux, nous pourrions faire une moyenne. J'ai beaucoup de mal à m'extasier devant deux ou trois réussites (réelles, je n'en doute pas), quand je constate par ailleurs l'effondrement du système, notamment à l'université, que je connais le mieux.
Un exemple parmi des centaines d'autres, je vais citer l' Académie de Chirurgie :
"Ainsi le nombre d’internes à former annuellement a décru régulièrement. Ils étaient 450 en 1992 ; ils n’étaient plus que 206 en 2002. Le nombre d’inscrits en première année au Diplôme d’Etudes Spécialisées de chirurgie générale en 2003-2004 est de 116, et seulement de 25 au Diplôme d’Etudes Spécialisées Complémentaire de chirurgie viscérale et digestive. Dans cette spécialité, la pénurie s’exprime sous la forme de 30 à 35 diplômés par an alors qu’il en faudrait 125..."
J'espère que vous ne tomberez pas malade dans les prochaines décennies.
Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien.
Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mai 2006
Au sujet des devoirs et des parents :Devoirs donnés par la jeune "liste complémentaire" (recalée concours d'entrée à l'IUFM, recrutée ensuite par l'Education Nationale pour boucher le trou d'un congé maternité non prévu... Il est vrai que 6 à 8 mois pour se retourner, parfois le mammouth a du mal...) : exercices (1 ou 2) du BLED sur la difficulté orthographique étudiée en classe le jour même... Aucun parent ne rechigne... Tous les exercices sont rendus justes le lendemain matin.
Conseil éclairé du Conseiller Pédagogique : "C'est trop dur, tu favorises les enfants dont les parents ont eu des facilités scolaires, c'est discriminant. Tu ferais mieux de leur donner à faire de petites recherches, sur les volcans ou les hommes préhistoriques. Comme ça chacun ramène ce qu'il a chez lui et personne ne sera en échec..."
Le lendemain, tollé général des parents qui :
a) n'ont pas le temps de courir à la médiathèque pour trouver les documents,
b) n'ont pas encore internet à la maison comme le petit Untel qui a ramené une liasse de documents dont il n'avait pas lu la première ligne,
c) trouvent que le BLED c'est mieux parce que là ils n'ont rien compris et que le petit a fait une crise pour aller à la librairie acheter des livres...
Ecrit par : C. BONNET-HUBY | 26 mai 2006
Entre nous j'aimerais apporter mon grain de sel de révoltée, de frustrée devant cette société à la C...n (excusez moi pour le langage trivial mais je ne peux décidément plus faire autrement ! )
Notre système éducatif (peut-on encore réellement parler d'éducation ou plutôt d'instruction si je puis dire ??) est en déliquescence complète, le chômage s'est transformé en un chômage de masse, notre économie est en berne....
La France, il y encore quelques années était un pays adulé et envié, désormais il se situe en bout de course et les pays émergents tout comme des pays européens du Nord (Finlande, Danemark et autres) nous ont rattrapé ou sont bientôt en passe de le faire.....
Je ne sais ce que l'on attend pour se remettre au travail surtout à vive allure mais personnellement je suis plus que désespérée...
Enfin passons ! Aujourd'hui je suis à la recherche d'un emploi en qualité d'assistante de direction et je peux vous assurer que les répliques des employeurs, du moins de certains, sont absolument sidérantes !
Premier exemple, au téléphone je me suis faite taxée de prétentieuse parce que je lis Rousseau ou Montesquieu, c'est d'un niveau surdimensionné pour une assistante de direction ! Et deuxièmement encore aujourd'hui un patron a préféré recruter une personne avec moins d'expérience, très peu ou pas du tout avec des lacunes incommensurables en français sous prétexte qu'il la rémunèrera au SMIC !
Je suis effectivement titulaire d'un bts obtenu par le biais du CNED de Lyon. Je l'avais préparé tout en menant de front activité professionnelle puisque je travaille depuis 8 ans. Par ailleurs je suis parfaitement bilingue allemand et je possède une bonne maîtrise de l'anglais !
Et bien sûr comme je suis une amoureuse du livre, je dois être apparemment trop cultivée !
Aberrations quand tu nous tiens : bigre ! Desfois je me demande jusqu'où la connerie nous mènera !
Voyez vous au moment des émeutes dans les banlieues, certains ont détruits des écoles, desfois j'ai une envie frénétique de poser des bombes ailleurs, notamment dans certaines entreprises où l'on ne se gênt absolument pas de mépriser la culture ou leurs défendeurs ! Evidemment on préfèrera toujours les petits employés taillables et corvéables à merci, dépourvus d'esprit critique, fragiles dans le but de les rétribuer pour une bouchée de pain....
C'est tout bonnement malheureux mais surtout.....révoltant !
C'était le........."coup de gueule du jour" ! Désolée pour le dérapage......
Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 mai 2006
"détruit" et "gêne" "ses défendeurs" : pardon pour les fautes de frappe, je suis allée trop vite !
Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 mai 2006
Eh bé, le lycée Joffre a vatchement changé !
Nul doute que les profs à l'origine de cette démarche, qu’on peut qualifier sans se tromper « d’innovante et citoyenne », ne vont pas être pourchassés par leur inspection. On devrait faire un palmarès de ces débilités pseudo innovantes… Top of the flops.
Ou alors ce n'est pas possible : c'est une invention de la CIA relayée par le Figaro pour jeter l'opprobre sur la gauche plus-rien chère à Jospin ? On attend une réaction de Ségolène.
À moins qu'il ne s'agisse d’une provocation anarchiste : cela ressemble à la mise en application du manuel de français (pour de faux) de Jourde et Naulleau que je recommande à tous ceux qui peuvent lire en hoquetant de rire !
On y trouve de faux sujets de devoirs sur Alexandre Jardin le « scandaleux » ou sur le poète « insurgé » D. de Villepin ;))
Ecrit par : Lariba | 26 mai 2006
Non, Pierre-Henri, tout ne va pas bien. Je le sais. Je n'ai d'ailleurs jamais prétendu cela. Mais il faudrait peut-être veiller à ne pas tout mélanger. Je donne un exemple, en rapport à une structure que je connais un peu mieux, les IUFMs, pour ne pas les nommer. La formation disciplinaire, (c'est à dire ce qui correspond à l'apport de connaissances dans les disciplines, notamment en sciences et dans les disciplines artistiques) a été réduite de 20% pour la rentrée 2006, au profit de ce que le ministère appelle le nouveau stage filé. Ce au grand dam de TOUS les formateurs d'IUFM. Cette réforme a été faite pourquoi? Pour faire des économies. Or, former des enseignants n'est pas fait pour être "rentable", (de même que soigner des gens, pour prendre votre référence) au sens économique du terme, sinon, on va exactement dans la direction opposée à celle que vous voulez suivre. Pour une raison toute simple; qui va évaluer la rentabilité de l'école, et sur quels critères? Ca m'étonnerait que le MEDEF le fasse sur la base l'acquisition d'une culture complète, (l'honnête homme du XVIIè siècle; voir le message de Sandra). Cherchez à qui profite le crime, mais je ne pense pas que les pédagogistes soient en première ligne.
Non, Pierre-Henri, je suis très pessimiste.
Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006
Quels auteurs étudier ?
Réponse en forme de conte chinois.
C’est le récit d’une artiste française qui a décidé d’apprendre la calligraphie chinoise. Son livre magnifique s’appelle Passagère du silence. Elle y raconte son départ et son installation en Chine. Elle peine à trouver des professeurs. Où sont-ils passés ? La calligraphie, c’était bourgeois et forcémént ringard pour les adeptes du communisme rénové. Les derniers maîtres sont clandestins et misérables. Fabienne Verdier en rencontre pourtant et doit se faire accepter par des hommes qui ont eu leurs vies, leurs mains et leurs corps brisés par les gardes rouges lors de la Révolution culturelle.
Pendant une dizaine d’années, elle fait des exercices et recommence sans cesse jusqu’à que les maîtres soient satisfaits. Il y a des passages où elle raconte qu’elle doit tracer encore et toujours de « simples » traits horizontaux. C’est aujourd’hui une artiste reconnue.
Auparavant elle avait essayé d’apprendre les bases de l’art en France :
« L’enseignement à l’École des beaux-arts m’a déçue. On n’étudiait plus les maîtres, il n’existait plus de modèles sur lesquels s’appuyer, les élèves n’avaient plus le droit de pénétrer dans l’atelier de Léonard de Vinci ; on n’apprenait plus la pratique des techniques, ni aucune expression picturale. « Enfermez-vous dans une pièce et exprimez-vous ! » nous répétaient les professeurs. La psychanalyse avait fait des ravages au sein de l’Éducation nationale. Le problème de savoir s’exprimer quand on n’a pas appris diverses sortes de langages pour y parvenir me rendait folle. À quoi servaient donc les enseignants ?
… Le plus redoutable était un professeur qui nous exhortait à nous « exprimer » sans savoir s’exprimer lui-même… Il admirait les étudiants qui se lançaient dans un idéal gestuel sans aucune préparation ni aucune technique de composition. Le « n’importe quoi » était érigé en art du Beau. »
Un beau livre à ne pas mettre entre toutes les mains, certains pourraient être traumatisés ;)
Ecrit par : Lariba | 26 mai 2006
Et pendant ce temps les inégalités scolaires se creusent car mon fils, en 4ème dans un bon collège parisien, a déjà étudié cette année:
-les fourberies de Scapin
-le Colonel Chabert
-La Vénus d'Ille
-Carmen
- 4 nouvelles de Maupassant.
-Micromegas
Mais là, certains de nos universitaires et professeurs distingués, qui ont leurs enfants dans les meilleurs collèges et lycées, ne supporteraient pas pour leurs enfants ce qu'ils croient bon pour le "vulgus pecum" et ne manqueraient pas de dire à ce pauvre prof de Français: " vous êtes devenu fou, mon (ma) cher (e), à qui voulez-vous faire croire que le livre de M. Hervé Vilard c'est de la littérature!"
Ecrit par : AntoineF | 26 mai 2006
Cette histoire peut donner de belles idées aux professeurs ! Des thèmes de T.P.E. inédits ! De la transversalité ! De l'interdisciplinarité ! (N.B. un sujet pour l'IUFM : commenter Roger Caillois, que je cite de mémoire : "Je doute que l'on puisse dire des choses vraiment importantes avec des mots de plus de 3 syllabes"...) !
Par exemple : étude de quelques grands poèmes du XXème siècle en relation avec la géographie physique ; "les neiges du Kilimandjaro" ; "Capri, c'est fini" (Hervé Vilard, toujours lui : décidément, c'est un géant !); "Wight is Wight" ou "Le Loir-et-Cher" ; 'Twist à Saint-Tropez"... On doit pouvoir en trouver quelques douzaines...
Et nous intitulerons cela : "Relief et Yéyétude ".
Ecrit par : Jean-Louis | 26 mai 2006
Christophe, nous m'énervez quand vous avez raison. Les budgets, dans toutes les disciplines, sont ridicules. Je pleure sur les 100 millions accordés à l'ensemble des IUFM, et j'oublie que cela correspond à moins de 15% du budget de la seule Princeton.
C'est comme essayer de se réchauffer avec une couverture trop petite : soit on a froid à la tête, soit on a froid aux pieds.
La solution libérale, comme à vous, me fait peur. Non que je sois anti-libéral par idéologie, mais parce que je pense que les patrons français sont les plus viscéralement attachés à l'état-providence. Ils se la jouent entrepreneurs indépendants, hommes du futur, innovants, inventifs et tout le toutim... mais sans le bouche à bouche des subventions et des emplois précaires, ils ne valent pas tripette.
La fondation McArthur par exemple, toujours aux USA, verse chaque année une vingtaine de bourses d'excellence, sobrement baptisées "genius grants". Montant : 500 000 $ chacune. Obligations : aucune, le lauréat peut aller claquer son fric à Vegas si ça lui chante. Combien de patrons français verseraient 10 millions par an, en échange de rien, par pure philanthropie, pour la joie de voir leur nom associé à une grande découverte ? Ils sont bien trop minables pour le faire.
A l'inverse, le système public français, soviétiforme, avec ses doublons, ses triplons et ses quadruplons (grandes écoles, universités, IUFM, instituts publics de recherche) est en train de craquer par tous les bouts. Encore une fois : aucune idéologie là-dedans, mais la simple observation de ce qui se passe.
Ceux qui ont des solutions devraient se signaler rapidement. En ce qui me concerne, j'ai beau avoir de l'imagination, je suis à court.
Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mai 2006
Pierre Henri nous sommes hautement sur la même longueur d'onde : pour ce constat je ne sais pas si je peux affirmer grandement que cela me fasse plaisir, au contraire je suis plus qu'affligée....
En France, nous avons décidément une mentalité ou du moins un état d'esprit qui me donne franchement la nausée....
Et pour cause je vis ce constat au jour le jour ! Pour se faire taxer de prétentieuse parce que l'on est une amoureuse inconditionnelle de la réflexion et surtout de la vraie littérature, il faut quand même avoir un sacré culot !
Enfin, certains gags ne me font même plus rire, si ce n'est rire jaune, voire noir....tellement j'en suis malade...... Du moins ma sensationnelle répartie a du faire "mouche" puisque ce cher recruteur a décidé de me raccrocher copieusement au nez...
Sans doute s'est-il aperçu qu'il venait de commettre une incommensurable boulette...
Ecrit par : Sandra WAGNER | 26 mai 2006
Monsieur,
J'ai eu l'immense chance de bénéficier de votre enseignement , neuf semaines durant dans le cadre d'un stage ISEP (c'est vous qui m'avez dit, alors que je préparais mon CAPES, après 4 admissibilités que c'était mon ECRIT qui péchait... et vous aviez raison).
Je suis heureuse de pouvoir vous dire merci, mais là n'est pas l'objet de ma lettre.
Inspectée l'année qui a suivi mon stage en CPR, c'est-à-dire en 1987 et prévenue la veille au soir pour le lendemain à huit heures, j'ai fait le cours prévu pour ce jour-là à cette heure là, à savoir l'étude d'un extrait de L'Echange, où Lechy Elbernon explique ce qu'est le théâtre. Mon public: une classe de troisième! Ah! j'allais oublier le plus important: en pleine campagne Haut-Saônoise!
Que m'a reproché l'inspecteur? D'avoir dans "ce collège de campagne parlé de Claudel" ce qui montrait bien ma "grande culture" (il est vrai que pendant ce temps, Monsieur l'IPR parlait de U2 avec un élève...). J'ai fini par signer mon rapport d'inspection pour ne pas attirer d'ennui ...au Principal dont c'était le premier poste, naïf, il croyait ou feignait de croire le rapport "élogieux"... J'ai, mis dix ans à me remettre avec une note en dessous de la moyenne académique! Mon "émotion" étant retombée au bout de dix ans, j'ai demandé une nouvelle inspection et ma note a été augmentée de 18 points et je suis entrée dans la catégorie des "bons" professeurs qui passent au grand choix!...C'est bête, je ne connaissais pas Hervé Vilard, qui par parenthèse avait eu les honneurs de la revue Pratiques, mais pas dans le même registre: il s'agissait de "démonter" les journaux à sensation.
Aujourd'hui, je suis vieille, je vais partir en retraite alors je me "défoule", j'ai trois classes de quatrième: je fais Germinal, Le Cid et Les Travailleurs de la Mer et... les élèves aiment, même et surtout les faibles. Pour moi, c'est important, car avec les dossiers qu'on leur concocte, ils n'iront pas au lycée, alors qu'ils aient entendu au moins une fois parler de Victor Hugo, de corneille et de Zola... Mais pas question pour le collège d'acheter ces livres démodés, Le Cid est en daube, Germinal, j'ai emprunté moi-même les ouvrages ici et là, quant aux Travailleurs de la mer, quelqu'un les avait commandé, une fois et ne s'en était jamais servi, "c'est bien la preuve qu'il ne faut pas faire étudier des livres trop difficiles!"
je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations respectueuses et reconnaissantes.
MJ Bousségui
Ecrit par : Bousségui | 26 mai 2006
Lu dans Capital juin 2006 p.118 dans l'un des articles ' Les cours privés qui font la réussite scolaire' d'un dossier consacré aux privilèges.
(Visiblement ses petits copains commencent à savonner...mais ne doutons pas que les enfants Lang, Strauss-Kahn, Fabius et consorts de même qu'à droite subissent le 'même pauvre sort', Meirieu lui-même n'a -t-il pas mis les siens à l'abri )
S'il est une chose qui horripile Ségolène Royal, c'est bien 'l'explosion des cours privés'. Elle le répétait encore, pas plus tard que début mars, devant un parterre de militants ardéchois tout entier acquis à son indignation républicaine. Non à ces formations pour gosses de riches, qui insultent la mémoire de Jules Ferry !
Non à ces nouveaux privilèges de l'argent, qui foulent au pied l'égalité des chances !
La pasionaria poitevine du P.S sait de quoi elle parle.
D'abord parce qu'elle a occupé le poste de ministre déléguée à l'Enseignement scolaire dans le gouvernement Jospin et qu'elle se souvient de ses dossiers. Ensuite parce qu'en 2003 elle a elle-même inscrit sa cadette dans une prépa médecine, à 3.000 euros l'année...Bien lui en a pris,d'ailleurs, car la petite a réussi.
A quand une grande étude du Monde de l'Education sur les cursus des rejetons de nos élites politiques ? (avec une petite annexe pour les rejetons de la haute administration de Grenelle et des formateurs en tout genre s.v.p)
D'avance merci.
Ecrit par : Guillaume | 26 mai 2006
Ceci-dit, elle, au moins, met ses enfants à l'école publique. Il faut bien le reconnaître, même si on ne l'aime pas.
Pourquoi vous enerve-je parce que j'ai raison, Pierre-Henri? Il faudrait avoir toujours tort quand on enseigne en IUFM? D'une part, je ne suis personnellement pas un adepte du manichéisme, (sinon, je serais peut-être sur d'autres blogs) et, d'autre part, il m'arrive (assez fréquemment, même) de m'eng... avec des collègues avec qui je ne suis pas d'accord. Ce qui prouve que c'est possible, et qu'il y a de la place à l'IUFM pour des points de vue assez variés!
Ecrit par : christophe sibille | 26 mai 2006
Rassurez-moi, cher Christophe, ils n'étaient pas en ZEP au moins ?
Défenseur de la Poitevine, on aura tout vu...
Ecrit par : Guillaume | 26 mai 2006
Oh, Christophe, un formateur IUFM qui possède un avis nuancé, ça m'embrouille. Je me sens tout déphasé avec vous. Vous devriez parler comme Lubin, ça rendrait les choses plus faciles (je plaisante).
Au sujet des politiques qui mettent leurs enfants dans le public .... faut quand même pas oublier que le prix des loyers dans le centre de Paris est un facteur de discrimination infiniment plus efficace que n'importe quel concours d'entrée.
Et puis, en plus, ça c'est pas "élitiste", pas "sélectif" du tout, contrairement à la vilaine inscription sur dossier, qui ne profiterait qu'aux riches. Va comprendre.
Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mai 2006
Bonsoir,
"Rousseau « qui leur est tombé des mains » : curieuse pédagogie... "
Il semble que l'explication de cette curiosité nous vienne d'un... certain Newton, Non? ;-)
Pour Christophe
Plaisanteries mises à part, ne pensez-vous pas, Christophe, que les réductions qui touchent l'E.N ne soient pas si dramatiques que vous le prétendiez QUAND ELLES TOUCHENT LES IUFM!!!!
Otez-moi d'un doute, mon ami, il y avait bien des instits, des profs et des écoles, avant les IUFM? Et celà n'empêchait pas ces personnes d'être compétentes!
Donc, à mon sens, les restrictions budgetaires dans l'E.N sont un Drame dans un milieu déjà sinistré, mais si elles touchent majoritairement les IUFM, celà devient une anecdote sur "l'effet Boomerang", et, en soi, plutot une bonne chose:
Arretez d'essayer de vous (impersonnel et collectif, regroupant les "Généraux" des IUFM, et leur partisans!) rendre incontournables, vous êtes payés par les contribuables, et vous n'apportez aucune "instruction" aux élèves, puisque vous n'enseignez pas réellement.
Si l'on avait maintenu des programmes consistants en favorisant, avant tout, la Connaissance, les élèves sortants du cycle scolaire auraient largement les compétences pour enseigner sans passer par votre instution que vous n'avez rendu présomptueusement et abusivement "utile" que par la baisse des connaissances enseignées.
Rassurez-vous, ce ne pas une attaque personnelle (je ne vous connais pas et peut-être même apprécierais-je la personne que vous êtes, sans pour autant partager vos idées...), mais je vous groupe dans un constat vis-à-vis de ce que je suppose être votre institution (les IUFMs), et un système que vous semblez cautionné (on a tous un libre arbitre, censé nous permettre de différencier les bonnes des mauvaises idées et/ou choses!!)
Pour Sandra:
Malheureusement, l'orgueil est bien souvent mal placé... Et parfois même, trop près du Porte-Monnaie, du chéquier ou de la CB (car l'instruction génère souvent la compétence, et la compétence se répercute sur le salaire!). Le dirigeant auquel vous avez été confronté n'a sans doute pas voulu vous avouer que vous étiez plus cultivée que lui... Et il est toujours dérangeant, pour un supérieur, de se sentir ainsi vulnérable vis-à-vis d'un subalterne!!
Imaginez-vous le déshonneur de se retrouver humilié, durant une réunion:
Différents partenaires sont là, en pleine discussion "intellectuelle" avec vous et votre attaché de direction, quand soudain se produit le drame, l'irréparable! Votre attaché continue la conversation avec les différents membres de la réunion, alors que vous avez décrochez, l'oeil bovin, et la bouche d'une béatitude exemplaire d'ignorance...
INSUPPORTABLE!!!!... Je vous le dit tout net.
Du coup, ceci expliquant celà... Sa réaction pitoyable en devient normale! Désolé, néanmoins, pour ce poste que vous n'avez pas eu!
Cordialement
Yvon
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 26 mai 2006
Ah! Non! Pierre-Henri, reprennez-vous:
Nous avons déjà Yvrard qui a fait une tentative de "Lubinisation", ne donnons pas l'idée à tout le monde, le travail est déjà suffisament rude comme celà, sans pousser des partisans modérés des troupes de Pédagos (qui peuvent encore discuter normalement) dans l'extremisme de leur camp!!!... ;-)
Humouristiquement
Yvon
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 26 mai 2006
La médiocrité est à la mode. Les nazes de la Star Ac supplantent les voix d'hier. Les auteurs du passé n'interessent plus grand monde.
Il est plus facile de flatter les enfants via ce qu'ils ingurgitent à la télé (mais quand dénoncera-t-on à la DASS les parents qui laissent leurs petiots devant ce truc débile) que d'essayer de leur faire découvrir autre chose.
Verne ? Zola ? Stendhal ? Hugo ? Aucun interêt, coco. Avec de tels blazes, ils auraient dégagé fissa du loft .
Des auteurs modernes ? Bien sûr. Mais pas des branquignoles.
Qui choisir ? Pas l'EN , en tout cas. J'en ai marre que l'on m'impose des imposteurs, que l'on m'incite à chanter des ritournelles faciles...
J'ai un plan cependant. Je me tape totalement des IO... Résistance , c'est simple comme une corbeille accueillant les feuilles inutiles de l'EN
Ecrit par : david martin | 26 mai 2006
Et sachez, chère Sandra, que la connerie humaine n'a d'égale que l'imagination de ses pairs... ...pour en trouver des nouvelles!!! ;-)
Cordialement
Yvon
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 27 mai 2006
À MJ Bousségui…
Vous êtes vieille, et vous fûtes mon élève ? Diable !
Cela dit, votre histoire est bien la preuve que ce qui monte au grand jour ces dernières années était en germe depuis vilaine lurette. Le vrai enseignement de classes, il est là, dans le refus frénétique de certains que tous les nfants de France aient droit à la même culture. Et le communautarisme rampant qui envahit le système ces derniers temps ne fera qu'aggraver les choses.
Je me rappelle une chanson d'Evariste, dans des époques plus héroïques que la nôtre : "Les différences de classes nous les abolirons C'est pour ça qu'on fait la révolution…" On n'a fait querenforcer un système qui n'était déjà pas follement égalitaire, mais qui, bon an mal an, permettait à des gens issus de milieux vraiment défavorisés d'aller taquiner les bourgeois. Les bobos d'aujourd'hui peuvent dormir tranquille : on leur a mis en place un système scolaire qui garantit leurs privilèges.
À quand la nuit du 4 août de l'education ?
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 mai 2006
Dinosaure dites-vous. Je le suis avec vous. Bravo pour ce remarquable article. Continuez...ne vous résignez pas.
Robert Redeker
www.robertredeker.net
Ecrit par : Robert Redeker | 27 mai 2006
continuez, nous sommes plusieurs à être des dinosaures. L'archaïque, n'est ce pas, si on suit le fil étymologique, le principe, ce qui commande, donc ce qu nous attend dans l'avenir et qui en même temps attend depuis cet avenir que nous soyons digne de lui?
bravo monsieur brighelli
robert r.
Ecrit par : Robert Redeker | 27 mai 2006
Bonjour à tous,
Sauf votre respect, Yvon, vous faites une petite erreur d'analyse; avant les IUFM, il y avait les écoles normales et les CPR; (centres pédagogiques régionaux). Je ne m'étendrai pas sur mon expérience du CPR, (lamentable, creux, inexistant. Aucun intérêt). Après avoir enseigné en collège, j'ai été nommé en école normale. Professeur de musique. Pas "pédagogue" au sens où vous l'entendez, avec un rien de commisération, (certains disent: "pédagologues" ou "khmers rouges de l'éducation", selon le degré de pudeur qui est le leur). Je suis simplement prof. de musique pour les enseignants du premier degré; (instituteurs). Quand on apprend "les contenus" d'une discipline de manière à peu près rationnelle, je pense qu'on apprend à les enseigner de manière à peu près simultanée). D'autres, en IUFM, sont profs de math, d'autres profs d'anglais, etc. Je continue à penser qu'il n'est pas inutile que les professeurs d'école bénéficient d'une formation dans les différentes disciplines qu'ils auront eux-mêmes à enseigner. Il se trouve que l'horaire imparti à ces formations disciplinaires diminue régulièrement depuis trente-cinq ans. Ce que je veux simplement dire, c'est qu'on est en train de brader la formation des enseignants, mais en fonction de données essentiellement économiques. Je ne suis pas là pour défendre les IUFM, ni en cautionner toutes les pratiques. Je suis là pour défendre la formation des enseignants, (essentiellement celle que je connais le mieux; celle des professeurs d'école). Il y a des choses à revoir, certes, mais transformer la formation en une sorte de "compagnonnage" est ce qu'il peut arriver de pire.
Le plus grave, nous concernant, est que le fait d'intervenir dans les classes pour éventuellement justifier l'apprentissage qu'on dispense aux professeurs stagiaires n'est absolument plus reconnu par l'institution. Là, nous sommes évidemment, de fait, totalement décrédibilisés. Nous pouvons le faire, "à temps perdu". C'est ce que j'ai fait les trois dernières années. J'ai décidé d'arrêter. Un de mes combats consiste donc à vouloir, justement, que le fait de me retrouver devant des classes trouve justification aux yeux de l'institution. (Du temps des écoles normales, deux heures-année étaient affectées à ce chapitre de formation). Je ne suis pas le seul à vouloir cela. Nous ne sommes hélas, et je le déplore, pas assez nombreux.
Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006
A Christophe,
Qu'appelez-vous "compagnonnage" quand vous parlez de la transformation de la formation des instituteurs ?
J'espère que vous ne visez pas la proposition de JPB de créer des prépas instits dans les lycées. Je ne vois pas en quoi il s'agirait de "compagnonnage". Si ce n'est pas ça que vous visez, que pensez-vous de cette solution qui, pour ma part, me paraît une idée de bon sens ?
Ecrit par : David | 27 mai 2006
Bien moi je trouve que de parler de Loana a l'ecole c'est bien.
Cervelle de moineau et gros poumons voila le clef !
Pourquoi s'em.... a apprendre. Est ce qu'elle a eu besoin de Rousseau ou de Racine elle, pour reussir ??? non !
Un pays avec 50 millions de Loana et de Gregory (merde j'allai oublier Mc Doom !) c'est mieux que l'Atlantide ...non ? !!!
Ecrit par : gintonic | 27 mai 2006
A mon avis, ce dont parle Christophe Sibille consisterait à accéder à la demande des stagiaires depuis des années, à savoir davantage de stages de pratique accompagnée (pour ne pas dire que cela), car de l'avis unanime, c'est lors de ces périodes qu'on apprend le plus.
Mais cela supprimerait bien entendu les postes de chercheurs (je préférerais des trouveurs) dans les IUFM et empêcherait surtout nos chers pédagogues de répandre la bonne parole parmi les jeunes recrues qu'ils ne pourraient plus lobotomiser à volonté.
Pensez-vous ! C'est dangereux de laisser se corrompre de jeunes esprits aux contacts des Breghelli, le Bris, Boutonnet et leurs disciples !
Ecrit par : Sionac'h | 27 mai 2006
Oui Yvon, la connerie humaine n'a effectivement aucune limite c'est certain !
Je pensais simplement avoir un profil surdimensionné mais aujourd'hui je suis ö combien convaincue de posséder également un égo hautement surdimendionné puisque curieusement je ne peux me contenter de la médiocrité aux yeux de quelques illuminés !
Je deviens éminemment cynique, je sais pertinemment que je ne suis pas un génie, loin de là mais à force de me faire comprendre que je suis effectivement trop bien comparé à leur niveau de culture gé, j'espère ne pas prendre "la grosse tête" à long terme !!! (rires jaunes)
Ce qu'il me reste à faire c'est de leur prouver que je suis bien entendu trop intelligente pour eux ET QU'ILS ONT FONCIEREMENT RAISON A CE SUJET. Raison de plus pour reprendre des études en droit avec Paris1 Panthéon Sorbonne à distance et ce dès septembre 2006. Je peux vous assurer avec certitude que je serai (je ferai le maximum pour le devenir, quitte à frôler l'épuisement) major de promo, histoire de prendre ma revanche et de leur en mettre décidément plein la vue...J'ai pour ainsi dire un parcours atypique, j'ai déjà repris deux fois des études, une première fois à partir de la seconde jusqu'au bac et la seconde à distance avec le CNED de Lyon en BTS...En BTS j'ai d'ailleurs été major de promo sur les 2 ans alors pourquoi pas relever un nouveau défi, un challenge cette fois bien pimenté et devenir la meilleure une troisième fois : mon égo en sera plus que flatté une nouvelle fois !
Ces idiots ne se rendent même pas compte qu'ils sont en train de titiller sévèrement mon égo justement, ma fierté personnelle au point de développer en moi une rage de vaincre combinée à une détermination sans faille et sans limites : la tornade est bien prête à tout pulvériser sur son chemin. La bataille ne fait que commencer, elle ne s'arrêtera seulement lorsque je l'aurai décidé ! En outre je suis terriblement pressée de démarrer les cours car qui plus est je suis une férue d'économie, de politique et de droit...
Entre d'autres termes, la miss surdimensionnée ou prétentieuse (cette fois avec un plaisir immense je veux bien l'être et l'affirmer avec grande assurance) n'a pas dit son dernier mot et montrera bien de quel bois elle est capable de se chauffer...
Yvon, pour conclure, la vengeance est décidément un plat qui se mange froid....Enfin parlons plutôt de revanche le terme est plus approprié, quoique.....Le jour où j'aurai décroché le CAPA, je peux vous jurer qu'il conservera une saveur bien particulière....
Ecrit par : Sandra WAGNER | 27 mai 2006
J'ai lu le livre de Brighelli "La Fabrique du crétin". Venant après une longue série de dénonciations de l'évolution du système éducatif en France, mais aussi dans tous les pays industrialisés, ce n'est pas le meilleur à mon avis dans la substance. Je pense à "Tableau noir", "L'Enseignement de l'ignorance", les livres de Liliane Lurçat. Brighelli dénonce beaucoup sans presque rien démontrer. J'espère seulement que ce livre poussera le lecteur vers les autres du même tonneau, où il trouvera une argumentation autrement forte. Quoi qu'il en soit, je souhaite à "La Fabrique du crétin" le succès : agrégé de l'université, j'enseigne depuis trente et un ans, et j'assiste impuissant à la déliquescence concertée de l'école républicaine. Chaque réforme est le maillon d'une chaîne dont la seule logique est celle des économies budgétaires, le plus souvent habillées de discours tournant autour du "enseigner autrement". Ma conviction présente est que l'Education Nationale n'est plus, déjà, le vecteur de la formation de la jeunesse, elle est, au sens propre, hors-circuit. Les jeunes que je suis payé pour enseigner l'ont bien compris, et se plient à ce qui n'est plus pour eux qu'une obligation légale, sachant bien que leur future réalité ne saurait être préfigurée dans ce cadre. L'Education Nationale est dès à présent de l'ordre de la "réalité virtuelle". On devrait évoquer la "parole enseignante" au passé : l'ectoplasme d'une culture transmis à des ectoplasme d'élèves. Je parle sans haine ni mépris : c'est ainsi que je perçois le sens de mon activité actuelle. Cela a quelque chose de désespéré, irrémédiable, accompli. Le professeur républicain que je suis a cessé de croire, essayant tout au plus de survivre jusqu'au moment où l'Etat, si tout va bien, lui octroiera le repos qu'il aura mérité.
Ecrit par : frédéric | 27 mai 2006
Il m'apparaît que ce genre d'initiative est surtout un mauvais service à l'élève, qui n'est pas du tout assuré de la sollicitude que lui accordera son examinateur. Il lui faudra être franchement bon, au contraire, pour défendre un texte dont la valeur n'est pas incontestablement établie. Tant mieux pour lui s'il réussit, et ce sera normal, puisqu'il aura été brillant !
Découvrez l'actualité en vers et contre tout sur http://poactu.canalblog.com/
Ecrit par : Philippe Gras | 27 mai 2006
Philippe, soyez rassuré, la "sollicitude" des examinateurs est entière, plénière, obligatoire, imposée par la hiérarchie. Et même quand les correcteurs manquent de "sollicitude", par exemple en refusant de noter les exercices sur 26 ou 28, les commissions d'harmonisation viennent passer le coup d'éponge salvateur, permettant d'afficher des statistiques qui repoussent chaque année les frontières de l'excellence.
Ecrit par : Pierre-Henri | 27 mai 2006
Pour Christophe Sibille :
Sur la diversité d'opinions à l'IUFM, je l'ai constatée moi-même en débattant hors cours avec mes formateurs de PCL2, durant mes deux années de stage en Lettres modernes. Mais les pratiques "proposées" aux stagiaires, les supports de cours qui leur sont conseillés, la manière dont ils sont évalués, sont d'une extrême uniformité.
En particulier, j'ai été profondément dégoûté par le dénigrement des connaissances vérifiables par opposition à des savoirs-faire exprimés de manière à la fois pédante et vague. J'estimais, et je continue à le faire :
- que d'une part, la maîtrise des savoirs fondamentaux en langue française (j'entends par là la "grammaire de phrase") est nécessaire dans la vie quotidienne et civique;
- que d'autre part, connaître le nom et situer l'époque de nos plus grands écrivains, ainsi que savoir quels problèmes humains ils ont soulevés, fournit des repères indispensables à la vie dans notre société et à l'exercice de l'esprit critique.
Or, non seulement les programmes rejettent avec mépris ces contenus, mais l'ensemble de la formation en IUFM conduit le professeur à écarter de son cours tout ce qui peut y conduire, comme étant "élitiste" et "réactionnaire", car appartenant à la "vieille école".
En outre, j'ai vu uniformément qualifier de "connaissances passives" (et de "savoirs morts") ces compétences nécessaires à l'autonomie de pensée et d'expression d'un citoyen. De même, sont valorisées comme des "compétences actives" des démarches de communication revenant à singer les media de masse sans comprendre ni exprimer de contenus réels. Ce classement manichéen ne s'appuie sur aucune démonstation raisonnée et critique : pourtant, il est omniprésent dans les enseignements délivrés à l'IUFM et dans les rapports d'évaluation des professeurs stagiaires.
En contrepartie, j'ai constaté une belle unanimité des formateurs dans leur conception du métier (et de la fonction) de professeur comme une pure méthodologie. La progression d'année, la construction des séquences, la conduite de la séance et de chaque activité sont codifiées avec un formalisme extrême. Quant au contenu, tout "discours" est bon s'il est convenablement classifié et se prête à ces méthodologies. J'en veux pour preuve les listes d'ouvrages conseillés dans les documents officiels, de la 6eme à la 1ere. Pour moi, ceci revient à définir l'éducation comme une "suite d'instructions", comme un programme d'ordinateur, et le professeur comme un programmateur de robots.
Pour conclure (et comme d'habitude j'ai été long...), la diversité d'opinions que vous vantez entre les formateurs en IUFM me paraît absente de leur action, où elle se traduit par le martèlement de dogmes, lesquels me paraissent absolument néfastes.
Par contre, je suis d'accord avec vous lorsque vous dénoncez la réduction des enseignements disciplinaires à l'IUFM.
Mais elle n'est pas la première, et se confirme l'idéologie répandue dans (par) ces instituts : si le contenu de la discipline (dans le cas du français) se réduit à des compétences généralistes, sans matériau spécifique, je ne vois aucune raison pour maintenir une formation propre à celle-ci.
Pour Bousségui :
Du point de vue des inspections, j'ai eu plus de chance que vous ! Durant mes deux années de stage, j'ai reçu trois préavis d'inspection par l'IPR, dans des délais de 48h à 72h. Les visites ayant pour objet de me virer, je n'avais pas besoin de "fignoler" mon cours (et n'ai jamais eu à signer les rapports). Enfin, l'une de ces inspections fut annulée 1/2h après le début de ma séance...
Comme quoi, tout se passe très bien dans certains cas !
Pour Yvrard:
Tro cool. Lire, c tro fatigan. C nul. La TV c mieu. Pi tu peu mangé an maime tem. Fé tourné le oinj en sal d prof. Pi ta rézon en ZEP fo fère fassil. C tro la mizer les prof i liz pas voila i conais pas l'actuallitée. mdr.
Vous avez le mérite de la cohérence. Pour moi, _voilà_ démontre que la bourgeoisie de ce pays et ses amuseurs sont encore plus niaiseux que le dernier de ses clochards. On peut donc en conclure que la médiocrité et la sottise conduisent à l'ascension sociale, ce qui se vérifie dans les institutions de l'Etat (car la culture et l'exigence intellectuelle conduisent bien souvent à l'inverse). Vous faites bien de lutter contre le bovarysme de quelques illuminés retardataires et encouragez la réussite sociale de vos élèves. Vous êtes en avance sur votre temps, et l'on se souviendra des pionniers de votre espèce lors du prochain rattachement de l'Education nationale au Ministère de l'Intérieur. Pourquoi ne pas tout de suite entrer dans la police ?
Ecrit par : prof chômeur | 27 mai 2006
Les cahiers pédagogiques parlent eux aussi de cet article du Figaro et de la chronique de Pierre Marcelle dans Libération
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2405
Il y a aussi une critique de "A bonne école" !
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2379
Ecrit par : Bataille | 27 mai 2006
CHAUFFE MARCELLE
Chers amis ! La maison pédagogie prendrait-elle feu ? (c'est pas trop tôt). En tout cas elle crépite et craque de toutes parts.
Pol Pot et sa cours vont se sentir une nouvelle fois les victimes d'un mauvais procès - cette fois-ci à raison, car c'est l'un de leur principal relais qui leur fait défaut.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=385061
Le quotidien de la très totalitaire bien pensance virerait-il réactionnaire ?
Ecrit par : Philippe | 27 mai 2006
Merci
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2405
Cet article est typique de la "logique" pédagogiste
1) 34% des professeurs déclarent avoir consulté pour des troubles psychologiques
2) Bien entendu, c'est parce que les réformes pédagogistes n'ont pas été assez loin, parce qu'ils n'ont pas assez de pouvoir, parce qu'on n'a pas suivi tous leurs conseils.
Ils font la pluie et le beau temps depuis au moins 15 ans, mais les échecs sont toujours ceux de l'école "d'avant", et jamais les leurs. Responsables, mais pas coupables.
Ecrit par : Pierre-Henri | 27 mai 2006
Pour prof chômeur: Encore une fois, je parle de ce que je connais le mieux; la formation des professeurs des écoles pour lesquels, apparemment, la formation est moins critiquée que celle des professeurs de lycée et collège, (qouiqu'elle soit loin d'être parfaite).
Quand à ceux qui parlent des Pol Pot, je ne suis pas assez méchant pour leur souhaiter d'avoir vécu ne serait-ce que cinq minutes au Cambodge pendant les massacres de la population, ou qu'un rescapé vienne gentiment leur faire comprendre le poids de leur propos... Ce sont soit des crétins, (des vrais), soit des provocateurs. J'aurais aimé que Jean-Paul Brighelli les ramène à des propos plus sensés sur son blog.
Par ailleurs, Pierre Marcelle n'a pas brillé par sa clairvoyance dans plusieurs éditoriaux récents, (j'irais jusqu'à dire qu'il a été quelquefois au "pétage de plomb"; voir l'affaire des caricatures). Mais tout le monde connait ses véritables opinions politiques... Vous disiez: totalitaire "de gauche"?
Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006
Cette crétinisation commence très tôt. Mireille, l'institutrice de ma fille en grande section d'école maternelle refusant d'initier ses élèves à la lecture comme à l'écriture expliquait devant des parents sidérés que leurs enfants n'avaient nul besoin de cette initiation pour la simple et bonne raison qu'ils savaient déjà lire et écrire... "La lecture, l'écriture, ils baignent dedans". Mireille est formatrice IUFM à Rouen...
Ecrit par : Achille | 27 mai 2006
Alors là pour une nouvelle c'est une nouvelle, sidérante même!
Je m'inquiétais pour un de mes enfants en âge de grande section de maternelle ...Je suis soulagée d'apprendre aujourd'hui, qu'il doit normalement savoir lire et écrire sans nul besoin d'apprentissage...Merci pour l'info Achille!
Je crois que je vais laisser le fou rire fuser ...C'est tellement bon de rire et bien meilleur que pleurer...
Bon we à tous...
Ecrit par : Patricia Mesnigé | 27 mai 2006
"Encore une fois, je parle de ce que je connais le mieux; la formation des professeurs des écoles pour lesquels, apparemment, la formation est moins critiquée que celle des professeurs de lycée et collège, (qouiqu'elle soit loin d'être parfaite)."
A L'AT-TEN-TION DE CHRIS-TO-PHE QUI SEM-BLE SOURD COM-ME UN POT...
Un bon ami à moi, un certain Obi Wan Kenobi, affirmait : "L'oeil ne voit que la surface des choses".
En ce qui concerne vos oreilles, elles ont manifestement une faculté hors du commun : celle de filtrer l'essentiel des critiques !
C'est un petit peu comme si j'évoluais dans mon cercle restreint d'amis et que, certain de mon fait, j'irais dire partout que les gens sont sympas et sont tous mes amis !
Ecrit par : Sionac'h | 27 mai 2006
Sionac'h, je n'évolue pas dans mon cercle restreint d'amis, j'ai pas mal de contacts avec des professeurs d'école ayant été en formation dans le centre IUFM où j'enseigne, (une soixantaine viennent d'ailleurs chanter dans la chorale de l'IUFM). Un certain nombre d'entre eux sont d'ailleurs venus défendre leur formation sur les sites de "fondap...", pardon, "lire-écrire" et "sos-éducation". Je ne filtre pas les critiques et y suis au contraire particulièrement réceptif. Je garde d'ailleurs les plus constructives. Mais Dieu, que vous avez dû être malheureux pendant votre formation pour être aussi aigri! Je vous plains. Ne vous inquiétez pas pour mes oreilles, et occupez-vous plutôt de votre bile!
Bon week-end.
Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006
Le crétin qui n'a pas connu Pol Pot et la répression implacable de la population cambodgienne a vécu dans une cité HLM de banlieue et a vu mourir plus de la moitié de ses amis d'enfance du sida (par transmission intraveineuse parce qu'il était devenu très difficile de se procurer des seringues pour s'injecter la drogue - ah ! les bons sentiments ) - rien que cinq garçons sur huit enfant dans l'appartement juste au dessous de celui où j'ai grandi !
Et si je suis en vie aujourd'hui, c'est que j'ai croisé des instituteurs et des professeurs qui n'ont jamais transigé sur la mission qu'on leur avait confié : transmettre des connaissances et ce, même au prix d'humiliations et de pas mal de larmes - les IUFM n'existaient pas encore !
Après avoir ravalé mes larmes et surmonté nombre d'humiliations, je suis aujourd'hui ingénieur grande école et j'aurais pu faire une belle carrière et gagner pas mal de fric.
Mais comme je suis reconnaissant à l'école de la République de m'avoir sauver la vie - et je n'exagère pas ! - j'ai passé l'agrégation de physique, et c'est comme ça que je paye ma dette.
Maintenant je transmets des connaissances à mes élèves et pas façon IUFM ! non ! pas de démocratie dans ma classe ! je suis un vrai dictateur ! Et ce qui me fait plaisir, c'est que mes élèves en redemandent !
Alors, ça me met hors de moi de me faire traiter de réac par ceux qui versent des torrents de larmes sur les mômes des banlieues et qui, sous prétexte que c'est à ces derniers de construire leurs savoirs, ne leurs apprennent rien. J'ai envie de leur renvoyer à la figure leurs bons sentiments et les pavés qu'ils ont déposés et qui mènent les enfants des cités drit en enfer.
Monsieur Christophe sibille reservez vos leçons de morale à vos corréligionaires en pédagogie.
Ecrit par : Philippe | 27 mai 2006
Voilà un beau parcours ! Vous ne voulez pas en faire un livre ?
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 mai 2006
Tiens, Philippe, nous sommes des clones !
Je partage votre point de vue et l'essentiel de votre façon de faire.
Je dis l'essentiel, car, même si je doute que vous soyez réellement un dictateur, tout comme vous, je fais preuve d'autorité, certes, mais avec le soucis de l'équité. Les règles de vie sont établies et sont claires. Et effectivement, cela n'empêche pas de travailler dans une bonne ambiance.
Les élèves paraissent étonnés par mes méthodes en début d'année, mais s'y font et apprécient d'apprendre des choses et de ne pas être pris pour des crétins.
Les montrer qu'on s'intéresse à eux et qu'on est là pour leur apporter quelque chose, voilà l'un des secrets de la réussite scolaire.
Malheureusement, la "transmission du savoir" est ce qui est le plus mal perçu par nos chers pédagogues. C'est pourtant ce qui permet aux jeunes enfants que l'on nous confie de progresser et d'apprendre des choses nouvelles. En osant prétendre que l'on construit soi-même ses propres savoirs, on laisse les enfants stagner et se conforter dans leur ignorance.
Christophe, oui, j'ai détesté ma formation, car je le redis, apprendre en fin de parcours que la raison pour laquelle j'étais dans le colimateur de l'IUFM était la présence d'un rapport non officiel et vengeur d'une formatrice assorti d'une mention entourée en rouge "à surveiller", a suffi à me faire haïr ce milieu rempli d'hypocrisie.
Il n'empêche que j'ai rencontré quelques formateurs géniaux, comme celle de musique (je participais aussi à la chorale et seul mon éloignement géographique actuel de l'IUFM fait que je n'y retourne plus pour cela), mais tous ceux là étaient fort mal vus des autres formateurs. C'était pourtant les seuls qui nous apportaient ce dont nous étions demandeurs.
Ecrit par : Sionac'h | 27 mai 2006
Oh, vous savez, Philippe, je suis assez exigeant aussi dans le cadre de mes cours! Tenir compte du parcours antérieur des personnes qu'on a en face de soi n'a jamais sous-entendu qu'il fallait être laxiste. Je pense qu'une bonne partie du malentendu vient de là. Mais bon, on va encore me dire que je suis candide!
Je n'ai aucun coreligionnaire ni en pédagogie, ni ailleurs.
Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006
En faire un livre ? Bien sûr j'y pense (j'ai écrit au départ "j'y panse", lapsus révélateur, et tous ces pédagogues qui crachent sur la culture et qui n'ont même pas l'ouverture d'esprit de voir que les meilleurs oeuvres ont été façonnées par des personnes "résilientes" qui, un jour, ont eu accès à... la culture), mais ma formation ne s'y prète guère, même si je lis beaucoup.
Tout s'apprend ! Je le sais, mon parcourt me l'a enseigné ! Existe-t-il une ou des "bibles" qui enseigent l'art de la rhétorique?
Ecrit par : Philippe | 27 mai 2006
Qui a craché sur la culture? Des noms!
Ecrit par : christophe sibille | 27 mai 2006
Je découvre ce qu'est un "blog" en débarquant sur celui-ci, trouvé dans "Libération" du 26 mai. Ca ne va pas me réconcilier avec les ultimes avancées techniques. C'est beau : tout le monde s'exprime. Non pas parce qu'on a quelque chose à dire, mais parce qu'on veut dire quelque chose. Moi, ça me "gave". A ce compte, je n'éprouve pas le besoin de "m'exprimer". Comme le dit Bouveresse de BHL dans le dernier "diplo", ça ne sert à rien. L'infrastructure commande. Je n'ai aucune envie de parler pour m'exprimer. Si quelqu'un peut me dire quoi faire pour... pour quoi au fait ? pour refonder la "parole enseignante", pour en restituer le pouvoir agissant, je suis preneur. Frédéric.
Ecrit par : frédéric chambe | 27 mai 2006
Je me demande si christophe sibille existe vraiment ?
Il me fait penser à ces fantômes funestes qui hantent les pièces de Shakespeare dans le seul but d’empoisonner la vie des personnages, de les écraser sous le poids de la culpabilité et de les manipuler pour qu’ils commettent la faute irréparable qui va nouer leur destin.
Christophe sibille à côté de Mister Hyde le ferait passer pour le représentant d’une œuvre de bienfaisance.
Et, comme dans tout bon scénario seuls les vrais méchants son imperméables au doute et à la culpabilité - je me demande si les pédagogos sont conscients des dégâts qu’ils ont causés ?
Ecrit par : Philippe | 27 mai 2006
Pour Christophe:
Je suis vraisemblablement parmi les plus jeunes de ce blog (32 ans) et également parmi les moins instruits et cultivés. Comme je l'ai déjà dit, je suis sous-off. dans l'armée, donc rien de transcendant au niveau du "bagage" (sachez bien que je me destinais un autre avenir si mes capacités m'avaient permis de poursuivre, à l'époque... Mais bon, en 90, avec le BEPC, et une 1ère S (avec le Bac Français 12 écrit/12 oral) et une option de Bac en 6 ans sans certitude de l'obtenir, j'ai préféré quitter l'école pour la vie active.
Néanmoins, voulez-vous me dire à quoi pouvais-je prétendre avec celà? A rien! Et même l'armée m'a obligé à faire mes preuve pendant le SMA, avant d'accepter mon engagement comme simple homme du rang!!
Je vais vous dire ce qui m'a sauvé (et qui m'a permis d'avoir, malgré une moyenne générale proche du Minable, mon Bac Français avec 12 et 12):
C'est mon institutrice de primaire (Mme LACOMBE), et un couple de professeurs de Français (M et Mme LITZLER) - que je cite par reconnaissance si ils passent sur ce Blog -.
La première, partie à la retraite pour mes 15 ans, faisait abstraction des consignes instutionnelles qui lui semblaient absurdes, pour notre plus grand bien (on étudiait la grammaire, l'orthographe, les tables de multiplication avec du par coeur, et faisait ses odieuses(?!?) dictées non préparées dès le CE2, on osait même faire une poesie/fable bimensuelle avec la Fontaine, Ronsard, Prévert, etc...). Ce qui lui a vallu l'amour et le respect de ses élèves (j'en veux pour preuve les quelques 200 enfants présents à la fête du village organisée pour son départ en retraite, alors que ce village ne comptait que 700 habitants), et nous a hissé vers l'amour et le respect de notre langue si riche.
Les seconds, avaient cette falcuté de savoir partager leur connaissances, dans une rigueur extrême, tout en conservant une accessibilité hors du commun, et toute question était excuse pour revenir sur l'éthimologie, en passant par le grec, le latin, et les transformations de langage, due aux dérives du vieux français oral.
Voyez, je doute fort que toute cet rigueur (par parenthèses et pour l'anecdote, il est arrivé à Mme, 1m60, qui était ceinture noire d'aïkido, d'"expédier" une table dans le couloir, suivi de la chaise -avec l'élève de 4ème dessus-, pour un geste irrespectueux, qui serait anodin aujourd'hui), ainsi que ces apartés nourrissants aie été encouragés par votre sytème bien-pensant, alors que nous étions tous très satisfaits de cette réalité, et de l'intérêt qu'ils ont pu éveillé en nous.
Sauvé, vous ai-je dit plus haut? oui, je le confirme! Car la seule chose qui m'aie permis de m'en sortir, est la qualité de mon français (même si le manque de vocabulaire ne me permet pas de rivaliser avec vous), les bases inculculquées en mathématiques accompagné d'un cerain esprit carthésien (qui me dispensent d'une calculatrice dans la vie quotidienne), de cette envie de découverte et cet esprit critique dont m'a doté ce trio INFERNAL de l'E.N. (et je leur en suis grandement reconnaissant!).
Maintenant, concernant le niveau des enseignants, M. Sibille, ce qui vous touche directement à l'IUFM, vous êtes-vous déjà posé la question de savoir si un prof de Math ou un instit était encore capable d'extraire une racine carré à la main? Vous voulez une réponse sur vos prodiges? NON.
Et comment le sais-je? Simple! Voyez-vous, mon ami, il reste encore certains concours ou examens où les calculatrices ne sont pas autorisées, notamment dans l'armée (et oui, surprenant!) où l'on cherche la culture propre de l'individu et non de ses accessoires.
De fait, on doit réviser tout un panel de connaissances générales, s'étallant des bases jusqu'au niveau études supérieures, sous forme, certes, de QCM, avec 20s par réponses et quelques 240 questions. Barême armée: Juste:+1 / Faux: -0.25 / Non rempli: 0 - ce qui ne donne pas envie de répondre au hasard, et oblige à réviser. Au programme, estimation de calcul d'intégrale, d'extraction de racine carré et plein de petites choses sympa...
Ne sachant plus faire le calcul d'extration, je me suis mis en quête d'un instit, puis d'un prof qui savait faire! A mon grand désespoir, AUCUN (sur une vingtaine consultés) ne savait faire, ni n'a pu me fournir l'explication, me répondant que depuis longtemps, on utilisait les calculatrices pour ce type d'opération complèxe et longue! Il a fallu que je retrouve le mécanisme seul, avec un exemple partiellement traité (sans explications et sans l'intégralité du développement!) et avec les souvenirs du mon collège (encore une fois, un prof avait outrepassé ses droits en nous expliquant cette ignominie!). Chapeaux bas pour l'E.N, Messieurs, tant pour les capacités d'antant que pour les carences d'aujourd'hui!!!
Alors, Christophe, même si vous en êtes pas convaincu (moi, si!), le niveau a franchement baissé, même chez les enseignants, qui pâtissent forcément de la baisse de niveau de nos classes. Et que vous les complaisiez dans ces carences en prônant qu'ils n'ont pas besoin de d'apprendre ce qu'ils doivent transmettre mais beaucoup plus comment le transmettre, je trouvent celà déplorable, d'autant qu'il est complètement inutile de savoir transmettre, quand on a rien à transmettre, justement!
Yvon
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 27 mai 2006
Nos anciens instit's (je parle pour ceux de ma génération ou de celles proches - j'ai 36 ans-), ont eu une grosse influence sur ce que nous sommes devenus.
Personnellement, je conserve les meilleurs souvenirs d'écolier de ma période primaire. J'ai eu des instit' qu'on qualifierait aujourd'hui de tyranniques. Je me souviens parfaitement de Mme. la directrice, dont la simple évocation du nom suffisait à faire frémir les plus téméraires. Et pourtant, lorsque je suis allé dans sa classe en CM2, j'ai passé de bons moments. Mme. Claraco (c'est son nom) m'a mis en 5 à mon premier contrôle d'histoire ! Je m'en souviens, pas seulement pour la mémorable baffe que cela m'a valu de mes parents, mais celle que la simple vision de cette note a provoqué chez moi, m'incitant à faire autrement mieux que cela !
J'ai conservé tous mes cours de cette époque et les poésies que mes élèves de CM2 apprennent sont en partie celles que j'ai apprises à cette époque.
Comme j'ai quitté depuis une dizaine d'années la ville où j'ai grandi, je n'ai plus de contacts avec elle. Mais ayant toujours son adresse, je vais certainement lui écrire pour lui dire à quel point les moments que j'ai passés dans sa classe ont été importants pour moi, à tel point que lorsque j'ai décidé de réorienter ma carrière professionnelle pour passer le concours de PE, c'était en pensant à cette dame et ses autres collègues que j'avais eues.
Des profs qui ne m'ont jamais fait me surpasser, je n'ai en revanche aucun souvenir réel, ou du moins aucune pensée...
Ecrit par : Sionac'h | 27 mai 2006
Et oui, Soniac'h, c'est toujours pareil, on ne se souvient que des gens qui nous enrichissent...
Nous obligent à nous dépasser, parfois malgré nous, mais toujours POUR NOUS...
Ces gens qui nous "révoltent" car ils "forcent" le respect naturellement...
Ces gens qui nous incitent à nous dépasser, pour un jour, avoir le "droit" au même respect que celui qu'ils ont gagné...
Tout simplement des gens qui, à leur niveau à eux, étaient, quelque part, exceptionnels pour nous!
Et oui, tout les autres passent dans l'indifférence générale, ce qui est le gros problème de l'école aujourd'hui:
l'indifférence des élèves, parce qu'on ne laisse plus les enseignants faire ce qu'ils savaient si bien faire, et qu'ils ne sont plus capables, avec le cadre imposé, de "sublimer" les élèves par la culture, puisqu'elle est interdite ou aseptisée avant de franchir la porte des classes.
Ecrit par : Yvon GOUGIS | 27 mai 2006
Un titre similaire " la fin de l'école", pour une question élargie à d'autres points.
http://krysztoff.typepad.com/1984/2006/05/la_fin_de_lecol.html#comment-17823743
Ecrit par : DG | 27 mai 2006
« If something can get wrong, it will »
It will.
Ecrit par : H.Y. | 28 mai 2006
Splendide témoignage d'Yvon… Ce blog fourmille de récits en devenir.
Et si quelqu'un se demande comment écrire quand on ne sait pas écrire : on fait ce qu'on peut, puis on va trouver un éditeur, qui lui vous permettra d'en faire un texte publiable. Il n'y a pas de honte à se faire donner un coup de main, il y a des professionnels pour ça, et il est très rare que l'on apprenne à écrire en six mois.
À Frédéric Chambe, qui se demande à quoi sert un blog.
Je crois que c'est comme une psychanalyse : on la commence parce que quelque chose ne va pas (et si on avait identifié ce quelque chose dès le départ, on n'aurait besoin de personne). Longtemps on parle presque pour ne rien dire — mais des morceaux d'information transitent, çà et là. Le psychanalyste (le blog, pas moi) n'est au fond que la caisse d'enregistrement de ce qui se parle — de ce qui remonte, jusqu'à ce que chacun mette le doigt sur sa propre faille. Il y a ici, et c'est révélateur, autant d'histoires personnelles que d'avis généraux sur l'Education, parce que l'Education est tissée d'histoires personnelles : et je crois très fort que c'est ce qui a été perdu de vue par la nouvelle pédagogie, qui veut trop souvent enseigner du point de vue de Sirius, comme disait Voltaire — et quoi qu'elle dise. Le vrai respect des élèves, la vraie individualisation, elle est du côté de cet enseignement que d'aucuns appellent "à l'ancienne" — mais "c'était demain", si je puis dire —, qui permettait à chaque gosse de s'extirper justement de son histoire personnelle pour construire son futur. Il n'y avait pas autant de déterminisme social dans l'école de mon enfance — même si ça existait, bien sûr. Aujourd'hui, quand on est né dans le ghetto, on y reste — sous prétexte de tenir compte des différences culturelles. Plus on va vers le communautarisme, moins on donne sa chance à l'individu. Moins on demande de travaiul, moins on donne de chance à l'enfant de se travailler jusqu'à devenir une grande personne. Le laxisme, en pédagogie, c'est la quasi-certitude d el'enfance perpétuée — pas le don d'enfance, qui est précieux, mais l'informel et le n'importe quoi.
JPB
Ecrit par : brighelli | 28 mai 2006
Laxisme, pédagogisme, réformisme, égalitarisme (je ne dis pas égalité), terrorisme (intellectuel), démagogisme (pardon!), tourisme, consumérisme (éducatif : le prof comme prestataire de service), et tous les autres -ismes, de quoi étouffer au fond de son puits de science. Merci quand même aux optimistes, qui gardent la foi, et la ligne. F.C.
Ecrit par : frédéric chambe | 28 mai 2006
"Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
Non, non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile…"
(Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte V, dernière scène).
"Moi, je me bats parce que je me bats." (Dumas, les Trois mousquetaires, chapitre 5 — je crois).
JPB
Ecrit par : brighelli | 28 mai 2006
Hé ben dis donc! Je me rappelle aussi de la plupart de mes profs de collège et de lycée. A l'ancienne, (j'ai passé mon bac en 1972). Beaucoup de nullards, ennuyeux au possible; (je me souviens de ce prof de math, en 5è, très estimé des parents parce que la seule phrase qu'il savait dire était: "colle-toi un zéro" quand il interrogeait, en début de cours, et parvenait ainsi à garder le calme dans sa classe. A l'époque, effectivement, mai 68 n'était pas passé par là, et les parents ne prenaient pas parti pour leur enfant envers et contre tout, et surtout contre le prof, ce qui permettait à ce type d'abrutis de garder un certain contrôle de la situation en ayant les parents de son côté car, effectivgement, on se prenait une baffe à la maison quand il fallait montrer son carnet de correspondance. Un excès chassant l'autre, l'enfant roi est progressivement arrivé, remplaçant l'enfant brimé. Les profs ne sont ni moins bons, ni meilleurs qu'avant, (je vous jure que j'en ai eu un paquet dont la culture générale était pitoyable), mais les élèves, eux, ne sont effectivement pas les mêmes, sur le plan éducatif. Aujourd'hui, si un prof se conduisait comme mon prof de math de 4è, ce n'est pas le môme qui se prendrait une baffe, mais le prof, (voir l'anecdote racontée plus haut sur la P.E. stagiaire menacée par les parents parce qu'elle donnait "trop de devoirs". Par contre, j'ai un souvenir ému du prof de français que j'ai eu en première, (l'année du bac). Il nous faisait jouer Molière, Tchékov, et Sartre en cours. C'était un prof plutôt débonnaire, (ses connaissances et sa culture le lui permettaient), immensément respecté. Si j'ai eu une note correcte au bac de français, c'est grâce à lui, et pas à certains "brimeurs d'enfants" que j'ai pu avoir les années précédentes, "à l'ancienne", mais dont les cours transpiraient également l'ennui.
La première chose que je veux simplement dire, c'est qu'aucun discours simpliste ne tient. Il y a, encore aujourd'hui, de bons profs comme celui que j'ai eu en première, formés ou non à l'IUFM,(peut-être certains d'entre-vous se rappellent-ils des CPR? J'en garde personnellement un souvenir d'ennui et de vacuité totale), et des mauvais, formés ou non à l'IUFM également.
La deuxième chose, et c'est la plus importante, c'est qu'on semble oublier qu'il y a quand même beaucoup de choses, dans la vie d'un enfant, qui ne se jouent pas à l'école, et précisément ce qui se passe avant. Je vais régulièrement dans les classes, depuis vingt ans maintenant. Quand je vois en moyenne trois élèves par classe de maternelle souffrant de maltraitance chez eux, et n'ayant, pour des raisons bien compréhensible, pas beaucoup de raisons de s'intéresser à quelque apprentissage que ce soit, la tâche des instits est quasiment insurmontable. Effectivement, il n'y a qu'à l'école, qui devient de par le fait et malgré elle, éducatrice et non instructrice, que ces enfants sont bien, mais le travail en pâtit forcément.
Ecrit par : christophe sibille | 28 mai 2006
Christophe, vous savez tout comme moi, qu'il y a des abrutits partout (j'entends sur le plan humain, principalement!) et que la violence n'est pas une fin en soi: je ne la cautionne pas plus que vous, mais je regrette qu'on ne laisse plus la lattitude suffisante aux enseignants pour imposer la rigueur nécessaire au calme dans une classe!
Je pense, à l'instar de Jean-Paul, que la culture, distillée intelligemment, permet aux enseignants compétents de ne pas avoir besoin de la violence pour imposer l'ordre, l'intérêt des enfants pour l'apprentissage prend le pas dessus!
Par ailleurs, même si je n'adhère pas forcément à toutes les propositions de JPB en matière de réformes proposées, je suis malheureusement complètement d'accord sur le constat, et votre institution et ses pairs chargés de la refonte des programmes n'ont jamais proposé d'élever le niveau (à voir le résultat, CQFD!).
Aujourd'hui, je pense qu'il est effectivement nécessaire de recentrer les objectifs en terme de connaisances à acquérir, et non en terme d'élève: l'objectif de l'école, c'est l'instruction et non l'élève. Donc il faut corriger le système, qui c'est fixé sur l'élève par erreur.
Parlons "concret":
L'enseignant est concret
L'élève est concret
Ce deux éléments sont des intervenants directs
Objetif: Transmettre la culture (abstrait) de l'un vers l'autre
Méthode: A définir - Dans t



