Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog


24 mars 2006

Révoltes

Les manifestants défilent contre le CPE — et ils ont bien raison: j'ai rarement vu une loi aussi mal ficelée. Et l'emballage fait le cadeau. Villepin, à vouloir gagner dix jours en passant en force à l'Assemblée, a perdu deux mois, sa crédibilité, et peut-être les chances de son parti aux prochaines élections. Carton plein.
Sur le dernier point au moins, il est coutumier du fait. Faut-il rappeler qu'il est le gourou de la dissolution, en 1997 ? Ou comment une majorité absolue qui n'avait aucun besoin de s'auto-dissoudre s'est retrouvée minoritaire en quelques semaines…

Reste à comprendre contre quoi ils défilent, au fond, ces "jeunes"…
Une observation liminaire : la plupart de ceux qui participent à ces manifestations appartiennent à la petite bourgeoisie. D'ailleurs, ils se font racketter par les "casseurs" de fins de manifs…
N'y aurait-il pas là une indication précieuse ? N'est-ce pas là la classe la plus laminée et menacée par les restructurations économiques et culturelles des dernières décennies ?
La loi Villepin s'inscrivait paraît-il dans un ensemble prônant "l'égalité des chances" — la tarte à la crème de tous ceux qui refusent de réfléchir sérieusement. Elle prétendait s'adresser prioritairement aux jeunes non diplômés. Et ceux qui manifestent le plus sérieusement, le plus studieusement, ce sont ceux qui ont déjà, ou qui vont avoir des diplômes.
Il est vrai qu'aujourd'hui, après deux décennies de pédagogie active et de démagogie effrénée, le diplôme a souvent divorcé de la compétence.

"Les héritiers", disait Bourdieu. Mais de quoi diable vont-ils hériter, aujourd'hui ? Ni du job de leurs parents, qui n'est pas transmissible et qui souvent n'existera plus dans quelques années, ni de la culture "bourgeoise" que transmettait l'Ecole — parce que par la grâce de pédagogues peut-être bien intentionnés, ils n'y ont plus accès.
De quoi se plaignent-ils ? Ils ont l'intuition globale que l'éducation qu'on leur a donnée n'est pas adéquate aux défis présents et à venir. D'où, dans un premier temps — nous y sommes — un réflexe en quelque sorte corporatiste. Il y a quelque chose de désespérément réactionnaire dans l'opposition au CPE (qui est, répétons-le pour que les choses soient claires, une loi imbécile). C'est l'expression du souhait compréhensible et absurde d'en rester ou d'en revenir au statu quo ante. Un emploi à vie, un bon job, un salaire décent. Des souhaits copréhensibles. Encore faut-il se donner les moyens de les approcher.
Un sondage récent (la semaine dernière) indiquait que plus de 70% des "jeunes" rêvent d'une sinécure dans l'administration, alors même que l'administration dégraisse, que le "moins d'Etat" s'impose partout, et que par ailleurs je ne suis pas bien sûr qu'il existe, dans l'administration ou ailleurs, de réelles sinécures. Souhait de stabilité, désir de repères dans un monde assez peu rassurant.
La révolution informatique commencée dans les années 70 n'en est qu'à sa phase initiale, et nous vivons sur un volcan, exactement comme dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les gens ont vécu sur le volcan de la révolution industrielle. La guerre de Sécession, en 1860, n'exprimait-elle pas, au fond, le même désarroi ? Un Sud profond, agricole, s'insurgeait contre un Nord industreil — en vain ? Quelques centaines de milliers de morts pus tard, le Nord avait gagné…
Je n'ai pas de sympathie particulière pour le patronat français, qui me paraît avoir plusieurs trains de retard, en moyenne. Mais les belles âmes qui prétendent faire de l'enseignement a minima, en "respectant" les convictions des élèves, en évitant de mettre la barre trop haut, en évitant tout traumatisme, en ététant au nom de l'égalitarisme, en crachant sur "l'élitisme", devenu la bête à abattre, devraient de temps en temps se soucier de la réalité du marché.
Que dit ce marché ? Qu'il lui faut soit des exécutants (qu'il va chercher dans les pays en voie de développement — on appelle cela délocalisations), soit des têtes bien faites qui sachent s'adapter aux défis à venir, aux métiers à venir, dont personne n'a la moindre idée.
Comment s'adapter ? En ayant le pus grand nombre de cordes à son arc. En sachant lire, en sachant écrire, — en sachant quoi lire. En maîtrisant non seulement des langues, mais des cultures étrangères.
Une parenthèse à ce sujet. qu'est-ce que respecter la culture personnelle d'un enfant ? C'est lui montrer comment ce qui appartient au cercle familial peut devenir une arme supplémentaire. Les enfants issus de l'immigration nord-africaine, souvent, parlent mal l'arabe — ou, au mieux, un arabe dialectal. Pourquoi ne pas leur dire, plus souvent, qu'ils peuvent en faire une arme — en passant par l'arabe littéraire qui sert effectivement de lingua franca sur les marchés extérieurs, et dont la maîtrise intéressera telle ou telle entreprise travaillant dans l'export ? Bien sûr, ce n'est pas, au fond, "leur" culture : l'arabe (ou l'anglais, ou plutôt, "les" anglais, tant USA, Australie et Grande-bretagne sont aujourd'hui séparées par une langue commune), c'est aussi une culture millénaire — combien la connaissent ?

Retour au manifestations. Le CPE a vécu. Que décider ? Une protection sociale renforcée, ou un assouplissement général (et pas limité absurdement aux moins de 26 ans, comme s'ils constituaient une catégorie à part) ? Le modèle angais, le modèle danois, suggèrent les uns ou les autres. Sont-ils allé voir comment cela fonctionne ? La flexibilité à l'anglaise, quel syndicat français la voterait ?
Nous voulons encore une fois le beurre et l'argent du beurre. Il est plus que temps de réunir tous les acteurs sociaux autour d'une table, et de discuter sérieusement des perspectives — de l'emploi et de la formation, y compris de la formation tout au long de la vie, parce qu'il n'est plus question de se reposer sur ses lauriers académiques ou sur son bâton de maréchal. Et de poser les bonnes questions : voulons-nous devenir le pays vers lequel nous nous orientons — un espace de loisir pour l'Europe du Nord et l'Extrême-Orient ? Ou prétendons-nous avoir encore des cartes à jouer ?
L'avenir, c'est tout de suite.

Une génération entière, depuis 1989, a été à demi-détruite par des pratiques pédagogiques et des formations mortifères. Le vrai responsable du marasme actuel, c'est moins Villepin, déjà destiné aux poubelles de l'Histoire, que ceux qui ont si patiemment réformé les programmes dans le sens du renoncement. C'est moins la droite que la gauche.
D'ailleurs, dans les rangs de la Gauche, ils ne sont pas rares, ceux qui pensent comme moi. Mais pour le moment, ils se taisent. Ils ont tort. Le premier qui sonnera la fin de la récré, de droite ou de gauche, déplacera cinq millions de voix. Tiennent-ils vraiment à ce que ce soient leurs adversaires qui en profitent ?

JPB

Commentaires

Très sage et intelligent post.

Écrit par : Marie | 24 mars 2006

j'ai beaucoup apprecié votre analyse du problème

Écrit par : evelyne | 24 mars 2006

Effectivement tout le monde se retourne actuellement contre l'etat pour le moindre probleme.
Alors que le probleme est bien plus profond et inquietant que cela, il a ete largement prepare par des personnes qui ont profite et profitent encore d'un systeme qui ne pouvait helas que fonctionner sur les bons sentiments des gens et sur la citoyennete. Ca veut dire quoi deja ??????? Il faudrait le rayer du dictionnaire.

Ne revons pas, si l'education en est la, si la France en est la, c'est qu'il y a eu bien des derives "couvertes" et que peu de personnes sont disposees a regler le probleme, chacun participe a la "petite soupe" destinee a noyer les etudiants.

Chacun se bat pour soi, je n'ai rencontre cette semaine que peu de personnes capables (une seule) d'ecouter son prochain. J'ai vu des personnes qui defendent soi disant la democratie, la bafouer en huant ceux qui voulaient exprimer un avis contraire. Encore un mot a rayer du dictionnaire.

Dites une seule verite, et vous verrez combien les gens restent silencieux devant vous et sont peu disposes a bouger contre un systeme qui leur profite.

Appelons un chat: un chat.

Arretons de faire croire a notre jeunesse que le monde du travail est rose !!!!!!!

Pour ce qui est de vouloir devenir fonctionnaire:
Fonctionnaire ou pas, les problemes sont les memes, ne croyez pas qu'un fonctionnaire qui desire travailler a la vie rose !!! DETROMPEZ VOUS !!!!!Combien de fonctionnaires sont aigris !

Pour ce qui est du CPE, honnetement, c'est surement une tres mauvaise mesure, mais bon est ce bien le fond du probleme.
Et pour sortir la France car il ne s'agit pas que de l'education et du travail, ne va t'il pas bientot n'y avoir que des solutions de ce genre ??? ou faire appel a la repression.

Mais bon il ya des gens beaucoup plus intelligents que moi pour regler le probleme... je ne dors pas bien qaund meme....

Signe: une personne helas au milieu du systeme.

Bien amicalement.

Écrit par : stephane | 24 mars 2006

Qu'appelez vous la petite bourgeoisie ? Je ne m'explique pas votre remarque sur la seule représentativité de la petite bourgeoisie dans la lutte anti CPE.

Petite remarque, cette histoire de rupture de contrat de travail sans motif légitime me semble aller contre le droit lui même. Elle établit un rapport de force à la seule faveur de l'employeur. Si l'on transpose la même logique à tout le droit des contrats, alors rien n'empêche que l'on donne à une partie la possibilité de se désengager sans pour autant donner au co-contractant
le moyen d'être légitimement défendu. J'allais jusqu'à m'imaginer qu'en cas de contrat d'achat d'un appartement, ou lors de rapports commerciaux entre les entreprises , on donne le droit aux vendeurs ou clients de rompre le contrat sans motif légitime...Il faudrait peut être le proposer...
Même logique imbécile selon moi. Des centaines d'années de réflexions juridiques et de luttes sociales mises à la poubelle simultanément .
Ca c'est pour répondre à la remarque " de réflexe réactionnaire" contre le CPE? A moi , cela ne suffit pas.

Écrit par : dg | 24 mars 2006

La manière dont vous aborder les choses ainsi que leurs contenus et leurs formes sont à mon sens une belle facon qui permet d'interpeler et de faire reflechir dans un contexte,avec des comparaisons,un raisonnement logique et de bonnes questions.
Personellement je ne vous connaissais pas avant; je vous est entendu pour la première fois lors du debat télévisé contre le CPE; et je tiens a dire que j'ai eprouvé un réel bonheur a entendre parler(et maintenant lire) quelqu'un qui enfin possède a mon sens un regard critique franc et intelligent.
voous etes arriver a formuler et a exposer des choses qui mon toujour toucher et revolter,notament au sujet de l'education national...dont personne ne parle; vous denoncer une certaine manipulation de l'etat dès la base qui est scandaleuse a mes yeux alors en tant que jeune édudiante je vous dit MERCI pour tout ce que vous pensez et surtout pour comment vous le pensez! MERCI pour essayer de faire passer les bon message notament votre livre ou rien que le nom est parfait! MERCI d'apporter un regard clair sur les vices du système al'heure ou la plupart parle pour parler avec de suberbes belles phrases stériles! MERCI de m'avoir fait savoir qu'il y a des gens du système conscient des vrais realité du sys! MERCI parceque si des gens comme vous ne donné pas leur avis il n'yaurai plus grand espoir! alors meme si vous etes l'un des seul a parler simplement,clairement,dans une demarche explicative avec comme seule arrière pensez arréter de maintenir le monde dans le flou et le à peu prés, CONTINUEZ A FAIRE PASSER VOS MESS RARES et ESSENTIELS

Écrit par : CChristine | 25 mars 2006

J'aurais dû dire "classes moyennes" plutôt que "petite bourgeoisie". Mais l'idée est la même.
Quant au fait que les employeurs paraissent bénéficier seuls du CPE… Je rappelle que le patronat n'a jamais demandé cette loi — Villepin l'a sortie de son chapeau pour exister, et il s'est tiré une balle dans le pied — et dans le pied de sa majorité. par ailleurs, sans vouloir faire du marxisme de base, il faut en revenir aux rapports de force entre travailleurs et patrons : en ce moment, depuis que la classe ouvrière ne se pense plus en tant que telle, le rapport est totalement favorable au patrons, qui ont su créer les conditions économiques (cette crise rampante qui n'empêche pas de faire des affaires) pour laminer les syndicats, et écraser les employés.
D'où mon ire contre ceux qui, sous des prétextes divers, ont méprisé l'enseignement traditionnel des couches populaires. Les "écoles du Parti", comme on appelait les instances de formation permanente du PC dans les années 30 à 70, ne négligeaient pas la culture bourgeoise — parce qu'il n'y en a pas d'autre, voir Lénine. Détruire l'enseignement traditionnel sous prétexte de "respecter" (?) les droits des minorités plus ou moins visibles et l'aculture de la rue est un crime contre le mouvement ouvrier, dont nous payons les traites aujourd'hui — et demain !
JPB

Écrit par : brighelli | 25 mars 2006

Que les patrons ne soient pas pour ce genre de contrat, je n'en suis pas totalement certaine. 40 % selon ipsos se voient bien embaucher avec ce type contrat et le mefef quant à lui dit clairement que

"Nous considérons que le Premier ministre Dominique de Villepin a, depuis sa nomination à la tête du gouvernement, contribué à faire mieux comprendre aux Français le lien qui existe entre la législation sociale du travail et le taux de chômage élevé de notre pays et en particulier le taux de chômage des jeunes. "

Voilà qui ne saurait être dit plus clairement non. ?Supprimons doucement les règles d'équilibre de la législation du travail, il n'y aura plus de chômage...

Il serait intéressant que les travaileurs parlent plus souvent avec les enseignants, même de haut niveau , de leurs expériences et conditions de travail et des objectifs attendus d'eux.

De nos jours, on découvre rapidement que l'on est rien , et j'insiste sur ce rien symbolique, aux yeux de la société une fois licencié économique ou licencié tout court comme dans le CPE , à partir du moment ou l'institution des hommes et les lois sont constitutives de votre situation de licenciement, écrit noir sur le blanc d'un bout de papier, et ce n'est pas une mince affaire à gérer que de le vivre . Je crois qu'il faut le connaître une fois pour savoir quoi penser des manques de perspectives de notre société.
Alors imaginez ce que c'est pour ceux qui n'ont pas de recul à prendre, de mots pour l'expliquer, ni une intériorité constituée de savoirs humanistes pour reconstruire une place tant intérieure qu'au sein de la société. On crée indirectement une classe de personnes dévalorisées symboliquement qu'on envoie cheminer passablement dans les couloirs des stages ANPE. Et cela ne touche pas que les petites gens. A de hauts niveaux professionnels, les cinquantenaires se voient invités à leur tour, à reconnaître qu'ils ne sont plus grand chose au regard de leur âge.


Donc oui , de la culture et des références pour les enfants de salariés et d'ouvriers. Qu'ils lisent Smith et Rousseau, qu'ils lisent de tout, de Platon à karl Marx . Car rien n'est plus important que d'avoir autre chose dans le crâne que la soupe crasse qui se déverse chaque jour sous nos yeux, dans nos oreilles et dans nos têtes. Cela permettrait peut être d'avoir d'autres mots à la bouche que la croissance, la flexibilité, la compétitivité, l'employabilité, la rentabilité,la consommation et sûrement d'autres perspectives. Il faut rétablir des Sujets qui pensent, de toute urgence .

Écrit par : dg | 25 mars 2006

Bien sûr que c'est une lutte permanente !
Je suis d'autant moins d'accord avec le CPE, qui instaure (instaurait ?) une discrimination inacceptable entre "jeunes" et moins jeunes. Un "vieux" de cinquante ans est peut-être plus prioritaire encore qu'un jeune qui n'a pas encore de charges familiales sur le dos.
Franchement, le patronat dit en aparté qu'il a déjà tout ce qu'il lui faut pour débaucher. Le problème, c'est qu'en dehors des grandes entreprises, qui ont les reins assez solides pour embaucher, les autres, celles de moins de 20 salariés, sont écrasées de charges.
Taxer le produit du capital fera simplement fuir les plus avisés (et croyez-moi, ils le sont !) vers l'étranger — ne serait-ce que par des délocalisations bancaires.
Je ne vois aucune proposition constructive de la part des syndicats. Les formules "y'a qu'à" me laissent froid, franchement. Qu'elles viennent des uns ou des autres — ou de moi.
Nous sommes dans une phase de révolution industrielle qui laissera les plus faibles sur le carreau — non pas des gens, mais des pays entiers. Le bon raisonnement, ce n'est même plus "que pouvons-nous faire face à l'Angleterre ou aux USA", mais "que pouvons-nous faire face à la Chine". Parce que les Chinois, eux, ne feront pas de sentiments — et c'est pour demain, pas après-demain.
Nous sommes en train de devenir un pays pauvre - alors que de l'avis international, nous avons encore la classe ouvrière la mieux formée, quoi que je pense de l'éducation. C'est pour cela que malgré les syndicats, les charges, etc., Toyota s'était installé à Valenciennes. Quinze ans plus tard, sommes-nous toujours aussi attractifs ?
Le personnel d'une entreprise est un capital précieux - mais il n'y a pas que les patrons qui le négligent, en ce moment. Les syndicats manquent un peu d'économistes de premier plan qui conçoivent des solutions inédites…
JPB

Écrit par : brighelli | 25 mars 2006

J'ai entendu tellement de chose intelligente sur ce forum que je ne sais par ou commencer (excusez moi de reprendre votre introduction lors du débat télévisé de france 2, mais copier un auteur n'est il pas une forme de respect ?). Oui M. Villepin a eu tord d'utiliser le 49.3 pour faire passer le CPE, cependant cette procédure n'était elle pas nécéssaire vu la crise politique et démocratique que traverse le pays actuellement ? Vous affirmez que le CPE est une mauvaise loi mais peut on envisager quelque chose d'autre ? Les garanties accordées aux jeunes (droit au chômage en cas de démission, accompagement..) ne sont elles pas uniques en europe ? certes il s'agit d'un pis aller mais quand on a une idée de l'importance du chômage des jeunes tous les moyens ne sont ils pas bon pour tenter d'y rémédier ?.. Inutile de tenter d'évaluer le nombre de personnes de moins de 26 ans au chômage, il existe des milliers de façon de truquer les chiffres, et ce d'autant plus facilement que le taux d'inactifs chez les moins de 26 ans est en France le plus élevé d'Europe, combien d'"étudiants" en fac n'ont en fait jamais mis les pieds dans un amphithéatre et passent leur journée au café ? (Une sélection a l'entrée en université semble indispensable, et évidente pour la plupart des contribuables Français soit dit en passant, pour éviter ce genre d'abus).


Mettons nous un instant à la place de D. de Villepin, avec qui aurait il pu négocier ? AUCUN syndicat en France n'est représentatif, que ce soit en milieu universitaire ou dans le monde du travail, aucun syndicat ne peut se prétendre légitime. La vrai raison de la crise sociale en france est a chercher entre autre dans la faible représentativité des syndicats. Aucune négociation n'est possible dans cette situation et la plupart des conflits ne se résoudront que dans l'agitation.
D'autre part le Cpe est il une mauvaise chose ? Etant actuellement un jeune professeur d'économie de 28 ans, j'ai passé environ 8 mois de ma vie au chômage, je me sens donc bien placé pour parler du sujet, et ce d'autant plus car je cherche actuellement un autre métier.

J'imagine quel aurait été mon avenir si le CPE avait existé. Tout d'abord il y a fort à parier que les employeurs auraient embauché de préférence des jeunes de moins de 26 ans à la place de jeunes plus expérimentés de plus de 30 ans (actuellement cible favorite des entreprises), j'imagine donc qu'il m'aurait été bien plus facile de trouver un emploi (un vrai, valorisant et autrement plus rémunérateur que mon poste d'enseignant dans une lycée perdu de picardie à 700 km de ma région natale...). Ce CPE, meme si tout le monde est d'accord sur le fait qu'il mérite certains amménagements, me semble donc être une excellente mesure, les jeunes actuellement salariés ne le sont de toute façon la plupart du temps qu'en CDD, et, parmi les jeunes de moins de 26 ans titulaires d'un CDI combien d'entre eux restent plus de deux ou trois ans dans leur entreprise ( le droit du travail regorge de motifs de licenciement, un nombre important de jeunes démissionnent au bout de quelques années, le CPE leur donnerait d'ailleurs de meilleures conditions pour partir car leurs droits au chômage augmenteraient énormément)?

Le chômage des jeunes est un problème trop important pour ne pas TOUT tenter. Certes le rapport de force est en faveur des employeurs, mais le message de ce jeune de 26 ans pro-CPE, lors de l'émission "A vous de juger", titulaire d'un DESS de marketing (Bac + 5 je me permets de le rappeler) standardiste depuis de nombreuses années et à qui aucune entreprise n'a voulu donner sa chance dans un poste qualifé n'a t il pas ému la France entière ? Je veut bien admettre une certaine déqualification des diplômes mais je ne peux considérer que le niveau d'un DESS en 2006 équivaut à celui d'un baccalauréat d'il y a quelques années..

Les mesures pour augmenter le taux d'activité des jeunes seront de toutes façons prises par le futur gouvernement de 2007, que ce soit par De Villepin ou par Sarkozy, ou par S. Royale (voire JM Lepen qui est en tête des sondages actuellement chez les jeunes ce dont je ne doute pas quand je vois dans une copie sur 10 environ que des "lycéens" de terminale STT m'expliquent après leurs cours sur le travail que le chômage de la France est du aux immigrés...), car la France a le plus faible taux d'activité des jeunes d'europe et car cette inactivité a un cout (il faut bien chauffer les amphitheatres d'université et les salles des lycées ainsi que payer des gentils organisateurs, pardon des professeurs, pour animer, pardon éduquer ces jeunes).

Bref, au delà du débat sur le CPE, il est évident qu'une amélioration de la situation de l'emploi des jeunes (en délestant les université et lycées de certains élèves à qui ont fait croire qu'ils apprennent des choses) amélioreraient beaucoup de chose dans le monde éducatif , et réciproquement ?

Écrit par : doitrand | 25 mars 2006

Nous arrivons au cœur du problème. Mettons-nous en effet à la place de Dominique de Villepin — qui va bientôt la laisser, à en croire les rumeurs intéressées des uns et des autres. Quelles solutions globales pour l'emploi proposez-vous ? Le modèle anglais, par exemple, permet une embauche facile, et un dégraissage tout aussi simple. Reste à apprécier le poids de la vraie pauvreté anglaise…
Par ailleurs, je crois fermement qu'en Angleterre comme ailleurs, on embauche les gens en fonction de leur savoir-faire. En France, en revanche, on reste accroché aux sacro-saints diplômes — avec cette circonstance aggravante que l'on sait, de plus en plus, l'écart qui se creuse entre le diplôme et la compétence. D'où mon insistance — c'est le sujet central de mon prochain livre — sur la nécessaire réduction de cet écart, afin que les entreprises regagnent la confiance perdue dans le diplôme.
Ce blog est ouvert à toutes les propositions — y compris les moins constructives. Le dialogue social qui ne s'instaure pas à Matignon, ni Rue de Grenelle, autant le développer ici — parce que le Net est le dernier espace démocratique.
JPB

Écrit par : brighelli | 25 mars 2006

Felicitations (qui n'engagent que moi) pour l'analyse de Mr Doitrand !!!!

Elle n'est peut etre pas loin l'epoque Mr Lepen president, effectivement. Lorsque l'on a rien a perdre....
Apres les dernieres elections presidentielles, il n'a fallu que deux jours a nos hommes politiques pour reprendre leurs travers. Or, le seul a ne pas pratiquer la langue de bois actuellement...et depuis toujours...
La seule reponse apportee pour ce "probleme" est "attention ce n'est pas bien le racisme, faites attention ce n'est pas bon pour le pays, c'est immoral......" tutututtuuut meme si j'ai l'air d'un blaireau je n'en suis pas un !!!!
Le probleme n'est pas que dans le racisme, vivons nous sur la meme planete ????

Un jeune, meme s'il peut paraitre anarchique et desorganisee possede par contre une tres tres bonne analyse innee de ce qui est juste et equitable. Ne nous etonnons pas que la franchise paye pour cette jeunesse.

Pour ce qui est des syndicats, vous avez tout dit, ce qui explique peut etre le faible nombre de personnes qui y adherent.

Pour les diplomes, je suis persuade effectivement qu'une selection a l'entree de l'universite et une meilleure adaptation du parcours scolaire avant l'universite rendrait grandement service a tout le monde. Il parait que le niveau des etudiants baisse chaque annee.

Pourquoi ne pas imaginer:
- Chaque annee ou chaque trois ou quatre ans, comme cela va etre un peu le cas pour la recherche une evaluation de chaque formation et une notation.
- Centraliser la decision de: quelle universite fait quelle formation !!
- Centraliser la decision de promotion des personnels participant a l'education.
- Definir un VRAI minimum vital d'education.
- Renforcer la credibilite des enseignants en creant un concours national des instituteurs ou de professeurs des ecoles, sans liste complementaire.
- Renforcer les liens entre universites et entreprises "locales" de maniere a ne plus creer des formations creatrices de chomeurs en puissance et a avoir une carte des universites fiable !!
- Etre a l'ecoute des enseignants (de tous les niveaux) et ne pas ressortir la vieille rengaine, vous savez c'est normal des nos jours. Beaucoup de personnes en ont assez de cette "normalite" .
- Arretons le carnage, la fuite des cerveaux ne s'explique pas par la seule faiblesse des salaires !!!! Il y a bien un probleme en France (enfin qu'un ??) qui va nous eclater en pleine figure. Si j'etais un cerveau (ce que je ne suis pas helas) je ne serais deja plus de ce pays avec toute ma petite famille.

Enfin: supprimons les syndicats, vous trouvez ca normal vous de devoir payer pour pouvoir participer a l'evolution de notre societe ??? Ce n'est pas une proposition gratuite, j'ai une solution deja prete qui defendrait tres bien les travailleurs. il est evidemment hors de question de faire sauter cette "protection". Ce n'est pas le sujet de ce blog et mon intervention commence a etre longue....

Écrit par : stephane | 25 mars 2006

Petit bémol sur les syndicats, pour éviter certaines facilités accusatoires. Même si tout est loin d'être parfait.
On pourrait faire la même sur les partis politiques.
Je crois que le défaut dans les discours de ce type est toujours à peu près le même. On désigne toujours une entité responsable en dehors de soi même, parfois sans même mouiller sa chemise d'être syndiqué ou politisé. Parce que prendre sa carte quelque part n'a jamais fait avancer le "chlimblik" tout seul. Individuellement, personne n'est jamais pour rien dans ce qui ne va pas. De faire alors la démarche de s'engager, on se rend compte de plusieurs choses . Vouloir changer les situations demande des efforts individuels, . Déjà, des savoirs. Savoir de quoi on parle. Tant en droit à minima si on veut faire des syndicats des partenaires légitimes, qu'en culture générale, ou savoirs singuliers que l'on veut voir traités . On ne va pas regarder les syndicalistes et les politiques faire le boulot seuls et les laisser parler à notre place si on n'est pas d'accord ? Et pour prendre la parole, il faut avoir des choses à dire, qui soient fondées, étayées . Il faut donc se mouiller un peu. Parce que rester sans rien faire et simplement critiquer ce que les autres font de contraire à nos souhaits, ce n'est pas se comporter comme des sujets. Cela ne fait avancer personne. C'est vrai , qui mieux que soi peut fournir l'effort de sortir de son ignorance pour régler des problèmes du quotidien ? Alors sa parole, il faut la faire entendre. Et si on a un peu de jugeotte, on cherche les connaissances qui nous manquent. Car on ne peut pas tout connaître. Restons humbles.
Justement, le problème est bien là. D'avoir la tête avec suffisement de connaissances dedans pour être en mesure de poser en actes ce qui construit le quotidien. Et bien si on conçoit pouvoir reconnaître qu'il y a des choses à changer, et qu'on ne sait pas tout, pourquoi ne pas commencer par soi même ?

Une proposition entre concitoyens . Pourquoi ne pas utiliser une partie de temps dégagé par les 35h pour s'enrichir de savoirs plutôt que de partir de 12h à 18 h le vendredi après midi faire du lèche vitrine ?
C'est bien vrai, s'enrichir nécessite des efforts autrement plus contraignants que ceux que l'on se demande habituellement.
Alors pour que nous puissions reprendre notre avenir collectif en main, il faut déjà prendre le sien . Comme il y a carence d'investissement politique -on peut mesurer nos défaillances dans ce domaine - et non de critiques, il faut commencer par le début. Combler notre ignorance pour agir et ne laisser personne penser à notre place. Lorsqu'on devient un travailleur, on doit se penser homme de savoir ou de savoirs faire. Avec une parole à prendre et à tenir.

Écrit par : dg | 25 mars 2006

Au sujet des syndicats:

Effectivement, pour en parler, il faut savoir helas de quoi l'on parle:

Apres de multiples discussions et participation a des reunions. Apres etre monte au creneau pour defendre l'avenir des etudiants et le mien.
Apres avoir vu des personnes changer de syndicat parce que leur carriere n'avancait pas.
Apres avoir vu des personnes tres engagees se retirer une fois leur but atteint.
Apres avoir vu les gens se chipoter pour etre en tete des listes
Et enfin apres avoir vu d'autres derives...

Je maintiens bien mon opinion et c'est bien un savoir dont je me serais passe.

Et effectivement il ne faut plus faire confiance aux autres pour se defendre ..... il faut se mouiller sans faire semblant de se mouiller, si c'est pour sortir de l'eau des que l'on vous propose une place plus au chaud !

La critique passe d'abord par le savoir, mais aussi par l'experience. entierement d'accord.

Écrit par : stephane | 25 mars 2006

Pour temperer mon propos, et une fois de plus, c'est non le systeme qui est en cause mais bien l'homme avide qui le gangrene.
La critique reste quand meme ce qui fait avancer le systeme et met la pression sur l'homme, s'il sait reconnaitre ses erreurs. Et aucun de nous n'est a l'abri...

Écrit par : stephane | 25 mars 2006

JPB écrit : "En France, en revanche, on reste accroché aux sacro-saints diplômes — avec cette circonstance aggravante que l'on sait, de plus en plus, l'écart qui se creuse entre le diplôme et la compétence."

C'est évidemment un problème majeur, et j'irais même plus loin que vous… Pour être quotidiennement au contact de chefs d'entreprises de toutes tailles, je m'aperçois qu'à profil comparable, ils embauchent aujourd'hui plutôt celui qui a le moins de diplômes. Qu'on ne dise pas que c'est pour une raison de coût ; une entreprise ne paie pas en fonction des diplômes, et la notion de coût n'a pas de sens pour un vrai entrepreneur ; seule vaut celle d'investissement (ce qui compte, c'est la différence entre ce que rapporte l'employé et la charge qu'il constitue). En réalité, on en est arrivé à un système complètement pervers où, pour beaucoup, le diplôme est une sorte de chèque qui va justifier ad vitam aeternam un certain niveau de salaire ; le moins diplômé présente une probabilité de progression souvent bien supérieure… en même temps qu'il est souvent moins imbu de sa personne. Chose révélatrice : qui crée des entreprises aujourd'hui ? Ce ne sont pas les diplômés, ou peu, parce qu'ils ont la sensation d'être "rangés des voitures"…

Faisons un peu de provocation : est-ce que la première réforme ne pourrait pas se faire dans le cadre de l'école ? Un enseignant titulaire, a fortiori muni de diplômes prestigieux, peut parfaitement être nul, tout le monde le sait ; il sera payé le même prix que son collègue compétent, et plus que son autre collègue hyper-compétent et apprécié qui n'a pas ses titres… Il ne s'agit pas de s'adonner à un poujadisme qui établirait une corrélation inverse. Mais j'ai une proposition : que chaque chef d'établissement (désigné pour sa compétence, et non pour sa souplesse dorsale) dispose d'un budget au pro-rata du nombre d'inscrits, et que chaque année il puisse, comme tout chef d'entreprise, recruter des profs qui ont prouvé quelque chose ou qui ont quelque chose à prouver…Evidemment, un tel projet rencontrerait un véritable tollé ; mais à y réfléchir, il serait parfaitement moral : chaque établissement pourrait monter des projets originaux, pourrait avoir un certain profil éducatif ; les élèves, libres de s'inscrire où ils le veulent, "voteraient avec leurs pieds", et, ne nous y trompons pas : les ados ne sont pas tous des idiots, loin de là –certains arrivent à échapper à la crétinisation ; la démagogie, la formation à la gomme crèveraient bien vite, et les "grands lycées" pourraient aussi bien être à Trifouilly-les-Oies que dans le XVIème…Avantage supplémentaire, soyons démocrates : les Meirieu ou Meiriophiles pourraient alimenter des établissements qui auraient fait le choix de la méthode globale, de Ronsard en rap, etc… Je ne suis pas sûr que ces derniers établissements prospéreraient.

Remarque : à ceux qui se demandent comment sera évaluée la compétence du chef d'établissement, la réponse est simple : au nombre d'élèves qui viendront chez lui…

Chiche ?

Écrit par : Bernard JOUËT | 26 mars 2006

1) "pour beaucoup, le diplôme est une sorte de chèque qui va justifier ad vitam aeternam un certain niveau de salaire"

Effectivement, doctorat en poche, je me résous mal à bosser pour 600€ par mois en tant que "stagiaire". Probablement parce que je suis un salaud de privilégié, rendu ivre d'arrogance par mon diplôme, qui me vautre dans le luxe bourgeois procuré par mon RMI à la sueur du front des honnêtes travailleurs.

2) On peut évaluer les compétences disciplinaires d'un enseignant, mais pas ses qualités pédagogiques. Ca, on l'a ou on l'a pas, et ce n'est pas mesurable quoi qu'il arrive. Payer les gens d'après un facteur aussi subjectif me paraît dangereux. On alors, on met en place un système de type américain, où les profs sont notés par leurs élèves.... mais les élèves ne savent pas forcément ce qui est le mieux pour eux. Et bonjour la démagogie.

3) Et l'élève pauvre qui habite à côté d'une école merdique, qui voudrait bien s'inscrire dans la prestigieuse école de Trifouillis-les-oies, malencontreusement située à 800 km de son domicile ? Vous lui payez la pension complète ? Avec quel argent ? La facture sera salée.

4) Si les frais de déplacement et d'herbergement sont pris en compte dans votre système, ça veut dire que les élèves (qui, comme vous dites, ne sont pas idiots) voudront tous s'inscrire dans les établissements les plus prestigieux. Alors là :

-soit on sélectionne pour clairsemer les rangs et on a le système "prépa" dès le départ. Les émeutes ne sont pas prêtes de finir.

- soit on ouvre les portes et on se prépare à avoir certains établissements avec 65 000 inscrits, et d'autres avec 200.

Vous faites comment, pour gérer les mouvements de foule ?

Écrit par : Pierre-Henri | 26 mars 2006

Faisons un peu de provocation : un chef d'établissement recruté pour sa compétence et non pour sa souplesse dorsale ? Hum…
Je fais dans "À bonne école" (à paraître incessamment) une proposition moins utopique, mais qui rejoint un peu celle-là. Plutôt que de nommer dans des ZEP farouches des enseignants tout juste sortis du giron universitaire et des bras de leur mère, pourquoi ne pas instaurer un système qui inciterait des enseignants chevronnés à y aller volontairement ? Par exemple en les faisant progresser "au mérite" (un système ordinairement réservé aux chouchous de l'Inspection, qui par ailleurs se rend peu dans les ZEP… : en douze ans, je n'y ai jamais été inspecté).
Par ailleurs, c'est aussi en réformant en profondeur les modalités de l'Inspection que l'on arrivera à une appréciation plus fine de la qualité des enseignants : non en une vision flash (un numéro à peaufiner pour une heure ou deux), mais en évaluant exactement les élèves en début d'année (Inspection 1), puis en fin d'année (Inspection 2) ? Ainsi, peu importe le niveau de départ des enfants : ce qui compterait, ce serait la marge de progression. Un prof nommé dans un "bon" bahut peut effectivement se reposer sur ses lauriers — mais ses élèves progressent-ils, en valeur absolue, autant que ceux d'un enseignant qui va au charbon dans un établissement du ghetto ?
La réussite aux examens même n'est pas un critère. Qu'un lycée qui sélectionne à mort (par l'argent, par le prix du mètre carré environnant, par les sections / options "rares" parvienne à 100% de réussite au Bac ne me paraît pas un exploit considérable. Mais qu'un établissement voué à récolter les laissés-pour-compte du système parvienne à 70%, ça, c'est un exploit.
De toute manière, je suis très favorable à une formatin permanente des enseignants — comme de tous les travailleurs. Certains — la plupart, je crois — le font spontanément, d'autres se reposent sur leur bâton de maréchal. Les élèves, comme vous dites, font bien la différence…
À noter qu'ils ne la font pas tout de suite. La plupart des élèves ont besoin de trois ou quatre mois pour évaluer exactembnt le travail de leurs profs.

Écrit par : brighelli | 26 mars 2006

Pour Pierre-Henri, cordialement :

"On peut évaluer les compétences disciplinaires d'un enseignant, mais pas ses qualités pédagogiques." Je ne crois pas du tout à la démagogie. En trente et quelques années d'enseignement, je n'ai jamais vu un démagogue qui, au-delà de quelques semaines, ait eu un quelconque succès. Je crois même que le démagogue est le plus méprisé de tous les profs. Les qualités pédagogiques, c'est simple : combien y a-t-il d'élèves dans la salle au bout de 10 H de cours ?
" Et l'élève pauvre qui habite à côté d'une école merdique, qui voudrait bien s'inscrire dans la prestigieuse école de Trifouillis-les-oies, malencontreusement située à 800 km de son domicile ? " : Une "école merdique" va couler toute seule, parce qu'il n'y aura pas de clients, et parce que seuls les profs nuls iront y bosser. Aujourd'hui, il y a peut-être mille à quinze cents lycées en France (merci à celui qui me donnera l'info) ; ca veut dire que la probabilité pour qu'il n'y ait pas un lycée potable à moins de 800 Km est faible…De toute façon, aujourd'hui, le problème est plus simple, étant donné qu'il y a surtout des écoles merdiques…
4) "Si les frais de déplacement et d'herbergement sont pris en compte dans votre système, ça veut dire que les élèves (qui, comme vous dites, ne sont pas idiots) voudront tous s'inscrire dans les établissements les plus prestigieux."Non, cela justifiera la création d'autres établissements de qualité : quand il y a la demande, l'offre naît.

Écrit par : Bernard JOUËT | 26 mars 2006

Ce que vous proposez, en somme c'est le système Américain. Je ne suis pas du tout anti-américain, et je crois que le système éducatif est ce qu'ils font de mieux .... mais pour les riches seulement, c'est à dire dans les établissements de prestige. Tout en haut, le système d'offre et de demande, concurrentiel, fonctionne, mais à un prix absolument prohibitif.

Voulez-vous mettre des Amherst, des Wesleyan, des Carleton, des Vassar partout en France ? Des campus comme ça, de telles conditions de travail, de tels salaires aussi, personnellement, je suis preneur. Mais où allez-vous trouver l'argent, sinon dans la poche des parents ? Et les gosses de pauvres, vous en faites quoi ?

Si vous arrivez à transformer tous les lycées de France en petits Vassar, à budget constant, je suis prêt à écrire au Vatican pour appuyer votre béatification. Même de votre vivant.

Écrit par : Pierre-Henri | 26 mars 2006

Le clientélisme à l'école, quelle idée !
Ca y est , on dit aux jeunes que les adultes un peu mûrs ont déjà laché l'affaire et fini l'école de la République? Comme par hasard, c'est souvent ceux qui sont sortis d'affaire qui ont les idées les plus proches du porte monnaie. Un chef d'établissement comme un entrepreneur ? Ces idées là elles sortent tout droit du chapeau des Madelinistes . SOS éducation, vous connaissez ?
De Guenin & co... C'est la même que Philippe Némo votre idée.
C'est lui qui vous inspire ?

Écrit par : dg | 26 mars 2006

Eh bien, au moins, le débat est lancé — parce qu'il était là, mais informulé.
Comme on le sait, la critique est aisée, mais l'art…

Partons d'un constat commun — même les pédagogistes les plus forcenés le partagent : l'école va mal, la formation va mal, l'emploi va mal. Et il doit y avoir une connexion quelque part…
Nous avons un système étroitement étatisé qui ne répond plus aux besoins : tenter une ouverture vers l'autonomie des établissements ne représente pas un risque inconcevable. Ne serait-ce qu'en étendant la Dotation Globale de façon à ce que les établissements l'adaptent aux nécessités locales (priorités, soutien, approfondissement…).

Le système "américain" fonctionne — jusqu'à un certain point, d'ailleurs — aux Etats-Unis. Tout comme le système anglais en Angleterre. Il nous faut (re)penser un modèle national français. Nos entreprises, par exemple, sont extrêmement frileuses dès qu'on leur suggère de s'insérer — financièrement — dans le tissu éducatif. Elles vivent, plus que les fonctionnaires peut-être, dans un système d'Etat-providence — tout en se plaignant, non sans raison, que les produits finis de l'Ecole ne soient pas adaptés aux réalités du marché. Et tout en disant, ce qui n'est pas faux, que tout le monde ignore ce que seront les réalités dudit marché à cinq ou dix ans d'échéance.

Il faudrait peut-être mettre à plat l'ensemble des propositions / récriminations des uns et des autres. On a bien fait des "Grenelle" économiques, en 1968-69. On pourrait en faire un pour l'Education — la rue s'y prête…

On m'a reproché, après "la Fabrique du crétin", d'être resté discret sur les solutions. Je me risque, en cette fin du mois de mars, à faire quelques suggestions dans "À bonne école". Bien entendu, je vais me faire flinguer par tous les donneurs de leçons, mais j'attends de pied ferme leurs suggestions : mon éditeur et moi nous sommes engagés à faire, dans un an, une seconde édition du livre, intégrant les plus suggestives des propositions et contre-propositions qui me seront faites. Il faut absolument réinventer l'inter-activité, parce qu'il y a urgence, à un an des présidentielles. Si celui / ceux qui gagnent sont partisans de l'immobilisme, nous sommes un pays mort, à court terme. S'ils sont partisans de l'agitations désordonnée, même résultat. Le système éducatif n'appartient pas à la droite ni à la gauche. Les initiatives doivent venir de tous.
Et dans cet esprit, inutile de lancer des anathèmes précoces. Laissons chacun développer ses idées, les plus mauvaises tomberont d'elles-mêmes, comme des fruits blets.

JPB

Écrit par : brighelli | 27 mars 2006

Paroles de grande sagesse, M. JPB !
C'est amusant de voir comme, dans notre métier, la plupart des gens couinent que rien ne va, mais personne ne s'y colle... Nous sommes d'ores et déjà un pays mort : face à toute proposition, on a en gros deux blocs qui se forment : ceux qui cherchent immédiatement à quelle famille politique/à quel gourou vous rattacher, puis vous flinguent en raison de leur refus de ces idées (gens qui ont des pb avec le raisonnement inductif/déductif), et ceux qui résolvent chaque matin l'ensemble des pb sociaux -évidemment sans que jamais cela mette en cause leur statut et leur confort personnels... Les salles des profs, que je fréquente depuis bien longtemps, sont fertiles en ces deux discours !
Pour répondre à DG : même si cela ne fait pas "noble" et est fort mal reçu des enseignants, volontiers angéliques, il n'existe pas de différence fondamentale entre la marchandise "éducation" et les autres. Aujourd'hui, la totalité des biens de consommation sont distribués selon ces principes, et, honnêtement, ça ne marche pas si mal. Nous en sommes toujours, dans l'éducation, au système sovkhozien... Alors ?
Quant aux pauvres : je ne vois pas le rapport avec ce que j'ai proposé ???? Cette école peut parfaitement être gratuite (ou du moins, comme aujourd'hui, à financement collectif).

Écrit par : Bernard JOUËT | 27 mars 2006

Pour la reforme du systeme educatif: vos reflexions et vos avis opposes amenent une question:

Nous voulons une ecole de gauche pour une economie qui sera forcement de droite (face a la chine, le japon aux etats unis qui n'ont que faire de certaines idees....). Corrigez moi si je me trompe s'il vous plait.
N'y a t'il pas la un probleme ?

Ou, si la question n'est pas politique, que vient faire la politique dans la gestion du pays ou de l'education.

Je n'ai pas de reponse, pourriez vous m'en apporter une ?

Écrit par : stephane | 27 mars 2006

Cela est finalement assez décevant cette considération de l'instruction ou de l'éducation comme une marchandise quelconque peu différente des autres . Ce cynisme ronge pas mal de penseurs de l'OCDE et de l'OMC, qu'ils donnent si rarement à l'homme la place de sujet , pour le résulttat que l'on a aujourd'hui, sur bien des pans du globe. Une gestion économique individualisée de tous les aspects de la vie . Peu de valeurs autres que celles qui se commercialisent. De plus en plus de gamins qui partent en dérive faute d'adultes un tant soi peu humanistes et instruits. Finalement le prosaïsme gestionnaire habite le plus profond des imaginaires.

Je propose que l'on forme des enseignants qui bossent pour que pas un élève ne sorte du système scolaire sans lire et écrire . Je propose que leurs points de valorisation augmentent pour partie en fonction de l'atteinte de cet objectif primordial. Je propose que le corps des inspecteurs ne soit composé que d'enseignants ayant au moins 20 ans d'enseignement derrière eux, parmi les meilleurs.
Je propose qu'on prélève une taxe d'instruction aux entreprises en remplacement de la taxe de formation qui bien souvent n'est que trés peu utilisée et perdue au bout de 5 ans. Je propose que l'on demande aux entreprises lors de l' embauche de jeunes sans qualification ou d'étrangers à salaire bas un temps d'instruction obligatoire, pour compenser les carences des salariés les plus faibles. Je propose qu'on obtienne un allègement de charges sociales pour toutes les entreprises qui
permettent à leurs salariés de suivre des formations diplômantes. Je propose que l'on ouvre les écoles en dehors des horaires obligatoires et que l'on rétablisse les temps d'études. Je propose que l'on mette en place une taxe pour le budget de l'éducation nationale sur les actions bénéficiaires des entreprises côtées en bourse.
Ca c'est une mesure de solidarité importante.

Écrit par : dg | 27 mars 2006

Assistant d'éducation dans un collège et espérant devenir professeur des école, je suis indigné par le comportement de certains professeurs sur le sujet et des attentes de grêve (jour de vacance ?) non dissimulées.

La préparation d'un avenir radieux pour les élèves ne commence-t-il pas par une présence assidue de leurs profs et la dispense de cours de haute qualité ?

Ce n'est pas ce que j'observe au quotidien.

Écrit par : alyopa | 27 mars 2006

L'Education est-elle (seulement) une marchandise ? Posé ainsi, le problème n'en est plus un : l'Inde, qui a mis l'accent quasi exclusivement sur les maths et l'informatique s'aperçoit en ce moment qu'il y a plus d'études du sanskrit aux Etats-Unis que sur son sol. Or, raisonne-t-elle, ce sont souvent les littéraires, les poètes, qui sont les visionnaires des découvertes de demain.
Je rappelle que presque toute l'informatique est sortie de crânes de littéraires. Steve Jobs (Apple) a raconté maintes fois que ses cours de calligraphie chinoise lui avait permis de mieux appréhender les carctères du premier Mac… Et pour avoir travaillé en lexicologie dans les années 70, je sais que les littéraires produisaient alors 80% des programmes novateurs.
Clémenceau disait que la guerre est une affaire bien trop sérieuse pour la laisser aux militaires. L'Education ne peut aps être abandonnée aux économistes — même s'il y a une économie de l'Education.
À la limite, l'économie elle-même gagnerait à s'adjoindre les conseils, ou les illuminations, de non-spécialistes — ne serait-ce que pour rêver à ce qu'elle sera dans cinq ans, dix ans, ou davantage.

JPB

Écrit par : brighelli | 27 mars 2006

-Et de vraies formations en internes? Pas des simulacres de programmes aux titres ronflants...Je dis cela à la suite d'un cours insipide où le formateur est ...parti. Excédé par nos questions.
-Quand aux cours avec des mots jargonneux, les gamins ne sont pas dupes, ils comprennent vite qu'ils n'aprennent rien. Je fais actuellement de la "traduction français-français" avec l'irruption totalitaire de la linguistique.
J'ai l'impression de manipuler le dictionnaire de "novlangue" (1984, Orwell). Et si on jetait des concepts fallacieux qui éloignent du texte? Alors que les élèves savent répondre comprennent le sens profond du texte.
- Etant plus jeune, c'est aussi comme cela que mes instits étaient évlués: sur leur résultats. J'ai le souvenir que l'inspecteur nous interrogeait à l'écrit pour savoir si nous connaissions les notions abordés en cours.
- Arrêter de croire, qu'au primaire, il faille deux ans pour apprendre à lire (CP-CE1) tant que l'enfant ne sait pas lire, il redouble le CP. Je fais du découpage de syllabes en 6°!
- Pour le CPE, on ne peut TOUT apprendre à l'école et un travail c'est aussi de l'expérience. Et pour réfléchir à cette expérience, il faut s'extraire du monde....L'école est un lieu "hors du monde" et, dans l'absolu, initiatique.

Je traîne sur ce blog de temps en temps et suis contente de vous lire. Tous.
Après de nombreux remplacements, je peux vous dire qu'il est urgent de faire quelque chose et le CPE n'est peut-être pas encore la solution. En tout cas, sorti du chapeau de monsieur le ministre ainsi. Non.

Écrit par : Ordrade | 27 mars 2006

Pour la novlangue, parfaitement d'accord.
Mais la novlangue dans le roman d'Orwell n'est-elle pas le fait d'un monde totalitaire ?
Hmm… Les IUFM seraient-ils fascistoïdes ?

JPB

Écrit par : brighelli | 27 mars 2006

Je ne tiens pas pour l'instant à savoir réellement si les IUFM sont "fascistoïdes", je combats ma schizophrénie soigneusement entretenue par les manuels et mes cours...Je suis cernée...Et j'aime trop le littérature pour la jeter en pâture à des Bouvard et Pécuchet (non mais!)

Écrit par : Ordrade | 27 mars 2006

Bouvard et Pécuchet ne sont pas les pires… Ils ont une forme d'innocence… Les IUFM, c'est monsieur Homais au pouvoir — pour rester chez Flaubert.
Et partageons l'amour de la littérature…
JPB

Écrit par : brighelli | 27 mars 2006

Ordrade écrit: "- Arrêter de croire, qu'au primaire, il faille deux ans pour apprendre à lire (CP-CE1) tant que l'enfant ne sait pas lire, il redouble le CP. "
Je ne suis pas du tout d'accord: il faut bien plus de deux ans pour apprendre à lire. "Lire Stendhal, cela s'apprend! disait Monsieur Brighelli. ( Je suis d'ailleurs en train de relire "la généalogie de la morale" car je crois que je l'avais mal lue.) Ce n'est pas du tout le propos? Alors, de quoi s'agit-il? Savoir lire au CP =savoir décoder toutes les graphies? Ou avoir compris comment fonctionne la combinatoire? Ou...?
Une année de CP ne se résume pas à apprendre à lire, on apprend aussi les bases de la numération et beaucoup d'autres choses. Si certains enfants ne connaissent pas toutes les correspondances graphies/phonies à la fin du CP, doivent-ils pour autant tout recommencer? Certains enfants sont en difficulté dans les apprentissages en lecture parce qu'ils ont d'autres difficultés.
Il faudrait donc un examen de passage basé sur la lecture? Nous parlons d'enfants de 6 ans! Pas de lycéens au bac!

Écrit par : marielle | 27 mars 2006

Pour répondre à Bernard,

L'éducation n'est pas une marchandise du tout . Les savoirs non plus.
"L’éducation, qui saisit "l'infans" à sa naissance, "l'infans" c'est à dire le petit enfant qui ne parle pas encore, même si son inscription symbolique, s'effectue dès la conception. Elle a pour vocation de l'insérer dans le groupe des humains, c'est à dire de l'instituer, ce que les romains traduisaient par la formule que souligne Pierre Legendre à juste titre, " vitam instituere" "instituer la vie. C'est à dire que ce petit être qui vient de naître, il faut qu'il soit institué, pour qu'il devienne un humain." D. Lecoq « Savoirs et formation » Université de tous les savoirs.

Tant qu'on ne rappellera pas suffisement la part inaliénable de la symbolique humaine , qui penserait on pouvoir instituer dignement ?


"...Pressés par le stress, impatients de gagner et de dépenser, de jouir et de mourir , les hommes et les femmes
d'aujourd'hui font l'économie de cette représentation de leur expérience qu'on appelle une vie psychique(...)" Kristeva

Écrit par : DG | 27 mars 2006

C'est curieux, cette réaction épidermique de tous les enseignants dès que l'on parle de "marchandise" ou de "commerce"...
J'ai la prétention d'avoir une "vie psychique" qui en vaut d'autres, je ne me contente pas de "jouir et de mourir", mais j'aime bien appeler les choses par leur nom.
Un professeur, c'est quelqu'un (et dieu sait que j'aime mon métier) qui, moyennant un salaire, vend sa force de travail. A moins que mes collègues qui interviennent sur ce blog travaillent gratuitement, ou qu'ils ne vendent rien (heures de surveillance !), ils manipulent une "marchandise". C'est comme ça, et je ne vois pas ce qu'il y a de honteux là-dedans. Personne n'a honte d'acheter à manger, ou de vendre du pain. Serions-nous des êtres éthérés ?
Ce que j'ai dit simplement, c'est que le cadre de cette "vente" était aujourd'hui ce que nous connaissons, et que la distribution de cette marchandise pouvait emprunter des formes très différentes - et que la mise en concurrence des transmissions ne peut être que bénéfique.
Pensez-vous que lorsque Platon "vendait" son épistémè aux jeunes athéniens, il n'était pas en concurrence ?
Etes-vous scandalisés parce que que votre coiffeur est en concurrence avec le coiffeur de la rue d'à côté ? Ou serions-nous d'une autre essence que ces gens-là ? Quelle suffisance ! Nous nous ridiculisons au yeux des gens qui connaissent les réalités économiques. Tous les boulangers, tous les cordonniers, tous les coiffeurs ne sont pas forcément démunis de cette "vie psychique". Quel mépris !

Écrit par : Bernard JOUËT | 27 mars 2006

Pour Bernard,

Vous me faites sourire, car je ne suis point enseignante, et je le prends comme un compliment...Voyez vous, mon métier, c'est la production de biens de consommation , dans le secteur du luxe qui plus est, car je travaille dans le domaine de la parfumerie . Et bien justement à cause de cette concurrence que vous semblez tant apprécier et légitimer, que je vis chaque jour, et non vous qui êtes fonctionnaire et titularisé à l'éducation nationale , je vois les savoirs faire décliner à un point que vous n'imaginez pas , tant la recherche rentable, en raison de cette concurrence, favorise les procédés, les gestes et les réflexions les plus pauvres, quand ils ne sont pas dangeureux . Situation que j'observe depuis 13 ans que j'exerce mon métier, à l'opposé de l'esprit de ma formation initiale des métiers d'Art. (par ailleurs j'ai déjà connu un licenciement économique)
Mais bon j'imagine que si je vous dis que ce qui appartient au domaine de la pensée est réduit à sa portion la plus congrue dans les métiers manuels et artistiques , vous ne me croirez pas. Vous me penserez hautaine, voire méprisante. Et c'est là que vous avez tort. Car c'est l'inverse qui se passe. C'est moi qui me sens méprisée dans mes savoirs et mes possibles, comme d'autres de mes pairs, de voir réduites toutes mes connaissances, parmi celles héritées des gestes ancestraux des générations qui me les ont transmises, à de la pure gestion économique et rentable.
Etes vous seulement en passe d'imaginer combien il est pénible d'avoir la connaissance de certains savoirs faire sans que ceux ci n'aient une place reconnue et un temps pour être réalisé ? Car ce n'est plus cela qui a du sens. Ce n'est plus le bel ouvrage. Ce n'est plus la pensée de ceux qui les ont en maîtrise. C'est la production rentable. . N'est ce pas là que se situe plutôt le mépris? N'inversez vous pas le problème?. Si pour vous, les vêtements que vous achetez concurentiellement moins chers vous paraissent d'aussi bonne qualité que ce qui se faisait auparavant, alors je ne comprends pas où vous mettez vos attentes. Car quand vous achetez du Chanel , aujourd'hui , vous achetez asiatique, et vous payez le prix fort.
Alors si c'est là tout l'intérêt de la concurrence, c'est à dire le recul de la qualité à penser nos métiers en France, alors je dis bravo pour cette pertinente réflexion.

Écrit par : DG | 27 mars 2006

Bonjour Monsieur Brighelli

Je suis un pere de famille vivant à Paris.
Je ne me suis jamais interessé à l'enseignement.
Mais voila, j'ai une fille en CM1 dans une école publique.
J'ai commencé à avoir qq doutes en CE1-CE2 sur la qualité de l'enseignement. Je trouvais tres 'leger' l'apprentissage des maths et du français : pratiquement pas de devoir à la maison, aucun apprentissage par coeur (les tables de multiplication par exemple).
J'ai donc 'pris le relais' par l'achat de petits cahiers d'exercices trouvés à la fnac. Certains sont tres biens fait et vont à l'essentiel.
Depuis le CE1 nous travaillons 2 à 3h par semaine en math et français sur ces cahiers. C'est assez lourd pour ma fille et pour nous parents mais en CM1 les résultats sont la. Je ne regrette pas ce choix.
Pendant 2 ans, je me suis posé beaucoups de questions sur le lien entre cette éducation 'au rabais' comme je peux le constater et le fait de 'produire' des individus formatés pour ce que demande le marché du travail.
Je me suis dit qu'une telle chose était impossible.

En janvier 2006, j'ai trouvé par hasard votre livre dans une grande surface. Je peux vous dire que j'ai eu un sacré choc en le lisant. Une telle hypothèse était donc vrai ?

Pour le CM2 de ma fille, nous avons décidé de l'inscrire dans une école privée. Je ne sais pas si cela changera qqchose mais à priori, la direction et les professeurs ont l'air assez exigeant. D'ailleurs que pourrions nous faire d'autre ?
Au moins, nous tentons de sortir de ce système. Je ne sais pas si le privée sera meilleur, nous verrons bien.


Voila. Je tenais à vous remercier pour ce que vous avez écrit.
J'aurais préféré vous dire que vous racontez n'importe quoi, helas, tristement helas ce n'est pas le cas...

Je suis de nature plutôt optimiste mais pour la premiere fois de ma vie j'ai peur pour l'avenir de mon pays et pour l'avenir de mes gosses.

Cordialement
Arnaud

Écrit par : Arnaud | 28 mars 2006

Réponse à Marielle…

Je suis bien obligé de donner raison aux uns et aux autres…
La dilution des apprentissages indispensables dans le cycle II (Grande section de Maternelle / CP / CE1) revient à passer le bâton merdeux au relais suivant sans se soucier réellement des acquis. Un enfant qui ne sait pas déchiffrer, compter, calculer, et qui est confronté à d'autres enfants qui, eux, maîtrisent ces bases, va soit se retrouver perdu en CE1, soit ralentir considérablement l'activité du groupe. Par ailleurs, l'évaluation de ces compétences est délicate : où mettre la barre ? Au déchiffrage ânonné ? À la lecture courante ? Entre les deux ? À la maîtrise complète de l'addition et de la soustraction ? À la table des deux ?
En fait, là comme ailleurs, ce sont les situations réelles sur le terrain qui devraient conditionner l'action. Deux ou trois élèves en difficulté peuvent être récupérés en cours de premier trimestre CE1, si l'on a les moyens (financiers, entre autres) de créer une passerelle.
Cette idée de classe-passerelle me semble importante, au moins à certains niveaux (CP / CE1, CM2 / 6ème). Un éducateur disposant par Dotation Horaire Globale de quelques heures détachées peut reprendre en main des élèves qui, pour des raisons multiples (retard biologique — on n'a pas six ans d'âge réel sous prétexte que l'on a six ans d'âge civil —, environnement familial, mauvais départ…) ne maîtrisent pas les fondamentaux. Mais un instituteur ne peut pas gérer dans une même classe de CE1 quinze élèves en difficulté et quinze autres passables…
Et bien sûr qu'il est hors de question de faire passer des examens en CP ! Déjà, des tests créent souvent une occasion de stress qui peut se maîtriser à quinze ans, mais qui contaminera les résultats avant (c'est l'équivalent de l'effet-médecin, qui fait augmenter la tension dès que l'on pénètre en milieu médical…).
JPB

Écrit par : brighelli | 28 mars 2006

Réponse à Bernard J. et à DG.

Nous achoppons sur des définitions.
Lorsque Socrate (idéalisé par Platon, c'est bien son genre…) attaque les Sophistes sous prétexte qu'ils vendent leur savoir (qui est surtout un savoir-faire, dit Socrate / Platon, et non un vrai Savoir, au sens des Idées), il institue un malentendu qui perdure aujourd'hui… Il oppose deux transmissions, en affirmant que seule la sienne est la bonne.
Nous savons, nous, que nous nous efforçons de faire passer l'une et l'autre.

Par ailleurs, bien sûr que nous ne sommes pas de purs esprits — même si les questions financières ont mauvaise presse à l'école, ce qui est absurde, ou hypocrite. D'autant que je vois certains de ceux qui aujourd'hui me font remarquer que je pourrais finir par gagner de l'argent avec des livres (quelle horreur…) se résigner à pas mal de bassesses, vis-à-vis de l'Inspection ou de leur Proviseur, pour grapiller quelques points-retraite de plus…

Le Savoir n'est pas une marchandise ordinaire. Il est difficilement quantifiable, il est largement immatériel, et son usage est constamment différé.
Reprenons ce que nous dit DG, non sans justesse. Nous passons (depuis quelques siècles, de surcroît) pour maîtriser certains savoirs-faire, dans le domaine du luxe. Mais à un haut niveau de spécialisation, cette maîtrise n'est pas quantifiable (relisez donc le roman de Süsskind, le Parfum) : on arrive à l'extase olfactive non par des procédés strictement chimiques, mais par inspiration poétique (au sens plein du terme : inspiration + création).
Si un seul de mes actuels élèves chimistes me disait un jour qu'il a créé le dernier Guerlain en pensant à Tchékhov (que nous étudions en ce moment), je serais comblé : nuances de feuilles mortes sur fragrances de vodka… Mais comment soupeser cette part de l'Instruction que l'on appelle Culture ?

Il y a donc deux choses. D'un côté, une force de travail (celle des enseignants, et, en projection, celle des élèves, qui se traduira à un moment ou un autre par une rentabilité — ou devrait se traduire…) qui est éminemment chiffrable. D'un autre côté, le contenu de l'enseignement peut être une marchandise dans l'abstrait, mais pas dans la réalité — ou bien nous retombons dans l'impasse sophistique du savoir-faire, qui est certainement indispensable, mais totalement insuffisant.

Écrit par : brighelli | 28 mars 2006

Désolé,

REVOLTES, oui trés révolté !!!
Etant sûrement de la personne la moins cultivée du blog (à lire vos remarques) je persiste quand même car je me sens très décalé dans les idées et manière de percevoir les problèmes.
La logique voudrait que l'ecole enseigne les savoirs et les savoirs-faire. Le savoir-faire a tellement été dénigré et non protégé qu'il est devenu ingrat et dangereux de l'enseigner.
Sauf pour quelques personnes reponsables ou passionnées et je les en remercie.
L'ecole d'aujourd'hui devrait être un mélange des deux.
La personne qui ne peut plus suivre ou ne veut pas suivre doit être sortie au plus vite pour être mieux intégrée au monde du travail.
Honnètement il existe des projets très simples pour sauver notre école (éducation) et très faciles à réaliser avec des idées de gauche et de droite.
C'est un faux débat qui occupe bien du monde, ou alors il existe des personnes très cultivées bien bien peu compétentes parmi celles qui nous gouvernent ou interessées.
Je précise ma pensée, il restera toujours de toute façon l'élite pour posséder la culture, elle sera sauvegardée mais non "distribuée".
Scandale me direz vous, l'égalité des chances ....... Déja, lorsque vous êtes au primaire tous les élèves n'ont pas le même professeur donc l'égalité .....
Raisonnement absurde peut-être pour vous, qui je pense avait des facilités, mais pour un petit un peu "limite", la différence est énorme.
L'égalité n'existera jamais, arrétons de le faire croire à nos enfants qui deviennent fous une fois confrontés à ses congénères adultes qui ont pourri le "système".
Il faut prendre le mal à sa racine.
Première étape:
Que devons nous faire des jeunes qui déja lors du primaire ne s'intègrent pas, soit par différence de culture soit parce que les parents leur apprennent à ne pas respecter les enseignants et la société.
La super solution actuelle est d'essayer de les intégrer,de les faire continuer jusqu'au Bac ou de les dévier ensuite sur des formations techniques avec des enseignants souvent valables mais un environnment des plus lamentables.
Je suis désolé, mais avec ce système vos enfants passeront plus de temps à l'école ! c'est normal !!!! Et les autres seront en échec scolaire que vous leur appreniez la théorie de la relativité ou comment faire une chanson avec des mots sortis de je ne sais ou.
Il faut bien les occuper le temps que les autres assimilent (enfin s'ils en ont envie), donc vous pouvez attendre longtemps.
L'égalité c'est ça voyons !!! (provocation)
Vous êtes vous déja imaginés un enseignant faisant cours voyant venir se planter un couteau sur le tableau, et c'était il y a 20 ans.
Et de voir ensuite arriver vos camarades, vous petit planqué dans votre section scientifique très noble et votre lycée "protégé", vous raconter ça avec effroi et stupeur. Mais d'ou vient le racisme ????????
Je suis désolé le débat n'est pas bien haut, mais bien malheureux et malhonnète serait celui qui ignore ses faits, c'est déja fait remarquez.
Ce n'est peut être pas votre école mais cela a été celle de certains de mes amis. Quelles sont les questions que cet enseignant se posent lorsqu'il voit cet arme à coté de lui, il n'est peut-être pas aussi "fort" mentalement que vous (ce que j'ai deduit par la lecture de votre livre).

Ne nous étonnons pas ensuite de trouver des personnes qui n'ont que faire de vos problèmes et qui ont commencé à comprendre que l'agressivité et la menace
fonctionnent très bien..
Cas isolés me direz vous, oui bien-sûr...c'est ce qui a été pensé il y a déja 20ans. Laissons la petite société avec ses problèmes.
Et tiens, belle nouveauté pour ne plus avoir de soucis: décentralisons, éloignons nous de ces petits tracas. Merci beaucoup les gars !!!

Pour monter un projet viable ne faut il pas d'abord d'appréhender la vision d'ensemble et les problèmes ? et non d'entrée le noyau au rique de s'y perdre?
Personnellement, en faisant le contraire il y a bien longtemps que dans mon travail je serais passé pour un incapable notoire.
je suis bien long je m'en excuse: oui litteraires et scientifiques auraient tout intérèt à collaborer.

A quoi sert de monter une belle école qui sera rapidement détruite de l'intérieur ?

Signé: Un inculte qui avait prédit de longue date à son entourage: les problèmes des banlieues (ce ne sont que des prémices), le passage de Mr Lepen au second tour, les attentats, la crise viticole, les problèmes dans l'enseignement.
Laissons un moment les livres et les citations de coté et prenons le temps d'écouter de de regarder et de discuter, pas avec notre couche sociale, mais tous les autres !!!
Dans le cas contraire... et bien voyez le résultat.

Écrit par : stephane | 28 mars 2006

Oui, il faut absolument trouver une solution CP/CE1 et CM2/ CM2/6ème!
Dans l'intérêt général ou dans l'intérêt particulier? Ou peut-être les deux avec des classes passerelles... ? Je ne sais pas.

J'ai été nommée, en sortant de l'école normale, dans une classe d'adaptation. Elle fonctionnait en mode fermé avec 15 élèves de niveaux très hétérogènes et d'origines diverses. (J'ai certainement fait beaucoup d'erreurs pendant cette année-là, ma première! Mais j'étais jeune et dynamique et je me suis donnée à fond pour chacun d'eux. ) Mon groupe était considéré comme la classe poubelle de l'établissement. Pourtant, la plupart de mes élèves sont retournés ensuite dans le circuit normal. Une classe passerelle? Que sont devenues ces classes d'adaptation? Elles fonctionnent maintenant en "mode ouvert" et on organise des réunions d'équipe éducative où l'on décide de la prise en charge de l'élève ou de l'enfant (il paraît qu'il faut faire la distinction à ce moment-là!) par le RASED. Ouf! Nous sommes sauvés!
"Prise en charge"...
CM2/6ème: mon problème N°1 en tant qu'instit de CM2, c'est : "Tout le monde en 6ème à 12 ans."
Rattrapage en lecture ou numération pour les uns, programmes à finir avec les autres, vite!! On oriente! On peut proposer la SEGPA pour ceux qui ont l'âge mais n'ont pas atteint le début du niveau CM: ils relèvent du secteur de l'adaptation, dit-on. Tous les autres iront en 6ème. (dans l'intérêt général... d'un point de vue économique??? )
Fin mars: pour mon élève Trucmuche, je fais les comptes: savoirs (et savoir faire!) / temps qui me reste : encore raté! Pourtant, nous avons travaillé, lui et moi!
Le problème avec l'école, c'est qu'elle aime bien se donner du temps au début... Et puis, un jour, l'heure sonne.
Je suis (déjà) un peu fatiguée...

Écrit par : Marielle | 28 mars 2006

Cher Stéphane, Que faire des enfants qui ne s'intègrent pas dès la Maternelle ?
Le rapport de Jean-Pierre Obin montre ainsi que des garçons du primaire refusent de se mettre en rang derrière les filles, ces créatures inférieures. Mais qui a laissé entrer dans l'école, qui a toléré dans l'Education ces idéologies mortifères, au nom du "respect" des croyances ?
Pas moi. Il y aura floraison de livres sur le sujet début septembre. La rentrée sera chaude…

Autre chose. Bien sûr que nous sommes tous égaux (en droit…), mais que, comme le dit fort intelligemment le peuple, il en est qui sont plus égaux (en fait) que les autres… Ce n'est pas une raison pour tenter, au moins, d'aménager les différences qui ne sont pas du ressort de l'enfant — sa langue maternelle ou ses ressources matérielles. Nous avons besoin de tous les talents — et pas seulment de ceux dont le seul talent est d'être né avec une cuiller en argent dans la bouche.
Mais ce n'est pas une raison non plus pour pousser jusqu'au Bac, et au-delà, des malheureux qui auraient été bien plus heureux dans des filières courtes et des apprentissages manuels (pas forcément à 14 ans…).
À +…
JPB

Écrit par : brighelli | 28 mars 2006

Chère Marielle, ça nous arrive à tous, dans ce métier, d'avoir des coups de blues… Parce que les "progrès", il est bien rare que nous les touchions du doigt. Quand ça arrive, quand une réflexion d'un gamin prouve qu'il a compris, c'est de l'ordre de la divine surprise.
"Qu'importe ! Je me bats, je me bats, je me bats…"
(Cyrano de Bergerac, acte V, scène dernière).
Bien à vous…
JPB

Écrit par : brighelli | 28 mars 2006

Je vous remercie pour votre réponse et j'ai constaté que vous vous étiez mis à mon niveau pour le faire. Encore merci !!!!!

Je suis entièrement d'accord avec vous pour des filières courtes et des apprentissages manuels de qualité. Cela aurait au moins le mérite de rendre un prestige a beaucoup de professions et nous y gagnerions tous. J'aurais aimé profiter d'un tel système à la place de traîner sur des chaises.

Pour l'école maternelle et le primaire, je suis d'accord avec vous pour aménager les différences. Mais alors pour que votre proposition ait une chance de fonctionner. Chassons les parents d'élèves s'il vous plait des lieus de connaissance où certains n'ont rien a y faire, (pas tous !!!!).
Ne faisons nous pas confiance à nos intituteurs ?

Écrit par : stephane | 28 mars 2006

Espèce de sauvage — et qui s'en flatte ! Chasser les parents d'élèves !
Tout au contraire : il faut instaurer une relation de confiance réciproque entre parents et enseignants. Les tenir au courant de ce que nous faisons — exactement comme un médecin explique l'intervention qu'il va pratiquer. Et, réciproquement, puisqu'ils viennent dans nos classes, nous donner licence d'intervenir chez eux. Façon de parler : mais un enseignant a parfaitement le droit de demander aux parents de ne pas laisser les gamin(e)s planté(e)s devant la télé, ou même de mettre une télé dans leur chambre. Les parents ont le droit (ou le devoir ?) de vérifier les devoirs — vérifier au moins qu'ils sont faits. Ils ont parfaitement le droit de nous demander le sens de ce que nous faisons — et puis nous faire confiance sur les procédés. Bien sûr que l'interventionnisme systématique nous gonfle tous… Mais je ne parle pas des militants de ces associations infiltrées de pédagogues et de maîtres es sciences de l'éducation… Je parle de parents qui sont des personnes, qui se soucient de l'avenir de eurs gamins, à juste titre, et qui souhaitent le mieux pour eux…
JPB

Écrit par : brighelli | 28 mars 2006

L'enseignant a bien le droit de demander tout cela oui je ne veux surtout pas insinuer cela ! Loin de moi cette idee, c'est même un devoir. Pas de soucis.
Le fond est noble, mais faire penser à certains parents qu'ils peuvent intervenir dans l'éducation de leurs enfants et dans un même temps ne pas s'insurger ensemble contre des fautes d'orthographe qui sont "normales". L'idée me fait frémir et commence fortement à me déranger... Lenteur oblige...

Écrit par : stephane | 28 mars 2006

Il faut abattre les parents d'élève. Tirer à vue, pas discuter.

L'année où j'avais des 6e, juste après les "Evaluations", l'un des gamins avait 15% en Français, et en maths c'était encore pire.

Un mois et demi après les évaluations, les professeurs rencontrent les parents en réunion. La mère du jeune vient m'expliquer qu'il a de grosses difficultés (ah bon ?), qu'il lui semble ne rien comprendre à ce qu'il lit, et qu'à son avis, il doit avoir un retard mental. Je lui assure qu'il a certes de grosses lacunes, mais qu'il ne paraît pas "plus bête que les autres". Je lui conseille de prendre rendez-vous avec un conseiller d'orientation psychologue.

Au mois de janvier, elle avait réussi à obtenir un rendez-vous, les premiers tests montraient que son fils était "normal" mentalement, mais qu'il avait de grosses lacunes en lecture.

Au mois de mars, l'enfant a passé de nouveaux textes : en effet, il maîtrisait tant bien que mal le déchiffrage.

Au mois d'avril, il prenait ses premiers rendez-vous chez un orthophoniste. Ses copies montraient qu'il avait complètement perdu pied dans les cours, mais son écriture était impeccable, son orthographe au-dessus de la moyenne, et il lisait presque convenablement.

Fin mai, le professeur principal, celui de mathématiques, tous ceux qui ne dormaient pas pendant le conseil de classe, et moi, demandons au principal son redoublement.

Celui-ci refuse : "Ses résultats montrent qu'il n'avait pas le niveau pour entrer en Sixième, donc il ne gagnerait rien à redoubler."

Cet enfant s'est donc retrouvé en Cinquième.

En attendant, il a coûté beaucoup plus cher qu'il n'aurait dû. Tout ça parce que sa mère était contrariée qu'il ne sût pas lire en Sixième.

A bas les parents d'élèves !

Écrit par : prof chômeur | 28 mars 2006

Il faut peut-être abattre les profs comme vous? Tirer à vue! Pas discuter!
Signé: mère d'élève derrière bouclier.

Écrit par : Marielle | 28 mars 2006

Prof chômeur, rassurez-vous: je suis dés-armée! Vos propos m'ont sidérée! Quelques questions:
1- La mère dont vous parlez était contrariée. Ou inquiète? Voire complètement angoissée? Son fils n'a pas appris à lire à l'école primaire: elle aurait du être indifférente?
2- Elle n'accuse pas le système scolaire, elle se demande si son fils a un retard mental: elle aurait du se taire et éviter de vous en parler pour ne pas vous contrarier, vous?
2-Une personne qui se sent très mal et à qui son généraliste prescrit des analyses de sang se fera rembourser les frais par la sécu: pourtant, les analyses révèlent qu'il n'y a rien d'anormal! Cette personne a coûté beaucoup plus cher qu'elle n'aurait dû?
3- L'enfant aurait coûté moins cher en redoublant sa 6ème?
4-J'ai un fils de 14 ans en intégration en 6ème. Il n'a pas de retard mental, mais il est autiste. Je serais vraiment désolée s'il vous coûtait beaucoup plus cher que prévu!!! Aurais-je dû arrêter de travailler pour m'en occuper au lieu de l'envoyer à l'école? Ou lui payer moi-même un prof privé? Ou le placer en hôpital psy? (savez-vous combien coûte la journée?) Comment ne pas se sentir coupable de faire payer à la société un handicap? Vous pouvez peut-être m'aider: je suis convoquée vendredi pour discussion sur sa situation et je souhaite qu'il passe en 5ème, bien qu'il n'ait pas le niveau dans toutes les matières. Je vais donc me faire tirer dessus?!Mais...avez-vous une autre solution pour qu'il coûte le moins cher possible? (Maintenant et plus tard...)

Écrit par : Marielle | 29 mars 2006

En disant "chassez les parents d'élèves" je pensais aux délégués, et je ne voulais pas les abattre.

Lorsque je vois des enseignants "lutter":
- contre des élèves de plus en plus irrespectueux,
- contre des parents qui commencent à demander des comptes,
- contre leurs responsables pour avoir une meilleure éducation pour nos enfants.
Je trouve leur métier bien difficile et je ne les envie pas !!!

Mr Brighelli:
Bien-sûr que je les parents d'élèves doivent participer. Le rôle des parents n'est il pas de s'assurer que leurs enfants ne se plantent pas devant la télévision, de ne pas les laisser devant leur console de jeux et enfin fassent leurs devoirs (il en faut !!!). Vous le dites vous même. N'est ce pas bien assez ?
Certains le font, mais est ce une majorité honnètement ??? A voir la tête des jeunes je n'en suis pas si sûr.

Vous trouvez normal que sur une classe, après deux semaines de vacances il y en ait la moitiè (je crois que je suis gentil) qui n'ait pas appris une seule petite page ????
Ou sont les parents là ? ne devraient ils pas engueuler les autres parents qui font perdre du temps en classe ????? Les autres, ont ils jugé inutile de leur faire apprendre leur leçon ???
Oui sauvage encore !

Et nous sommes en train de taper sur nos hommes politiques parce que nos enfants ne trouvent pas de travail ???
Il n'y en a pas beaucoup certes!!! mais s'il y en avait, pourrait il vraiment en trouver et n'irions nous pas chercher quand même des étrangers qui sont plus rentables car moins payés et plus travailleurs ??
Ou est l'éducation là dedans me direz-vous ? Et bien l'école est aussi là pour apprendre l'amour du travail bien fait, manuel ou cérébral. Le respect de son salaire quoi.

Les parents ne doivent ils pas s'assurer que leurs enfants communiquent avec eux et ne se coupent pas du monde ??
Or, peu le font, à leur décharge (et à la mienne !!!!!) ils n'ont pas le temps (paraît-il), c'est vrai je ne les blâme pas. Mais alors s'ils n'ont pas le tems de faire cela, pourquoi aurait il le temps de venir porter un jugement ou conseiller sur l'éducation à l'école ???
Oui, s'ils font leur "boulot" à la maison, ils pourront et devront participer à l'éducation.
Comme à l'école, tu n'as pas fait tes devoirs hop punition !
Mais bon, excusez-moi je révais, c'est maintenant l'école qui doit éduquer et pas les parents: nous sommes trop fatigués , vite, couchons les petits pour regarder le film de 20h50, vite ça commence !!!!!!

Oui! un dialogue doit s'installer entre les parents et les professeurs mais l'enseignant reste roi tant qu'il se bat pour éduquer nos enfants.
Chacun à sa manière il est vrai, je l'admets.

Aidons les enseignants à savoir comment réagir face aux problèmes, aidons les à se former (nul n'est parfait) surtout les jeunes, entamons le dialogue, mais jamais, au grand jamais, ne montrons à nos enfants que nous pensons être meilleurs que leurs instituteurs.
La marge est faible et elle est très vite dépassée. N'oublions pas qu'eux aussi ont une carrière et une vie dure aussi et si nous ne comprenons pas cela c'est que nous ne valons pas mieux que ceux que nous détestons pour leurs idées.
Et n'oublions pas que les instituteurs d'aujourd'hui n'ont pas la maturité de ceux d'autrefois, la faute à qui ? c'est un autre sujet...
Les parents d'élèves doivent être là pour aider les instituteurs en étant capable de dialoguer.

Je pensais au primaire, pour le secondaire les paramètres ne sont peut-être pas les mêmes.

Oui c'est sauvage et simpliste, peut être.

Content de dialoguer avec vous !!!

Pour Marielle: COURAGE !!!!!!!

PS: je ne suis pas enseignant !

Écrit par : stephane | 29 mars 2006

J'ai une question pour M Brighelli.

Quelques personnes parlent. Font des constats séparés, opposés ou non . Parlent avec plus ou moins de maladresses ( je me sens concernée) Quelles sont les perspectives maintenant ?
Quallez vous faire de ce blog? Nous ne sommes pas des milliers à investir les lieux. Alors ? Simple curiosité .
Quallez vous faire de tout ça ?

Parce qu'au fond, s'il y a quelque chose à améliorer, je veux bien
commencer maintenant.

Écrit par : dg | 29 mars 2006

Pour Marielle

Ordrade écrit: "- Arrêter de croire, qu'au primaire, il faille deux ans pour apprendre à lire (CP-CE1) tant que l'enfant ne sait pas lire, il redouble le CP. "
Je ne suis pas du tout d'accord: il faut bien plus de deux ans pour apprendre à lire. "Lire Stendhal, cela s'apprend! disait Monsieur Brighelli. ( Je suis d'ailleurs en train de relire "la généalogie de la morale" car je crois que je l'avais mal lue.) Ce n'est pas du tout le propos? Alors, de quoi s'agit-il? Savoir lire au CP =savoir décoder toutes les graphies? Ou avoir compris comment fonctionne la combinatoire? Ou...?


Le travail, chronophage, m'a empêché de vous répondre. Il s'agissait surtout, dans mon commentaire, de la maîtrise de la combinatoire. A l'issue du CP, que les élèves puissent épeler un mot, quel qu'il soit, même si e sens lui échappe en premier lieu.
Je m'en tiens à la partie français car c'est celle qui m'interesse.
Internet, favorisant parfois les malentendus, je pense que mon exigence, grande, à l'égard des élèves me fait placer les barres hautes et dire cela.
Je suis aussi déçue de voir combien les horaires ont baissé en primaire pour les matières essentielles (français et maths), faisant que les plus démunis se retrouvent, de surcroît, dans la détresse morale.
Je ne compte plus le nombres d'élèves, intellectuellement "armés" pour apprendre, mais la lecture (et donc l'écrit) n'était pas acquise. Ils me mettaient un souk pas possible dans la classe car ils se sentaient trop perdus. Je ne compte plus non plus mes révoltes affichées car ces élèves étaient envoyé en classe spécialisée alors qu'ils étaient brillants.
Je bous de rage lorsque je constate, dans ma propre famille, les incohérences du système qui me font passer des vacances entières pour "récupérer" mon cousin de CE1 qui déchiffre avec difficulté des mots simples et ma cousine qui ne sait pas lire (mais passe en CE1). Alors que leurs parents sont en situation très précaire et ne peuvent leur fournir toute l'attention nécessaire. Merci Mr Boscher pour m'avoir aidé dans cette tâche. Mais que de gâchis pour les autres qui restent sur le bord de la route.
Certes, il ne s'agit pas de leur demander d'être des lycéens, mais ne pas rater les bases....Les avoir laissé passer alors qu'ils ont en grande difficulté est pour moi une aberration, pour n'importe lequel élève.

PS: mes collègues en maths ont inventé un nouveau mot= "discalculique", je trouverais cela mignon si ces deux élèves en question ne confondaient pas à l'écrit, tout comme à la lecture, les chiffres de façon systématique.

Écrit par : Ordrade | 29 mars 2006

Pour Stéphane: merci!
Pour Ordrade:
"Je ne compte plus non plus mes révoltes affichées car ces élèves étaient envoyé en classe spécialisée alors qu'ils étaient brillants."
Je partage la colère.

Concernant la dyscalculie:
Des recherches en neurosciences tendent à montrer qu'il s'agit d'un trouble probablement d'origine génétique, et que des facteurs biologiques seraient en cause.
Confondre les chiffres, ne pas connaître les bases de la numération ne signifie pas être dyscalculique!! Va-t-on bientôt craindre les « épidémies de dyscalculie » tout comme on rit des « épidémies de dyslexie » ? Je me permets de donner mon humble avis d’instit sur ce sujet : il ne s’agit pas de négliger ces troubles, bien au contraire, et il convient sans doute de les distinguer d’abord des problèmes liés aux erreurs d’apprentissage. Par exemple, j’ai souvent constaté en numération (chez les élèves en difficulté en maths ) des problèmes d'ordre phonologique ou une absence de lien entre la représentation des quantités et le nom des nombres. (Ce qu'on voit/ce qu'on entend... )

Moins d'heures en primaire? Surtout: moins d'entraînement. On compte vite quand on a l'habitude de compter, on lit vite quand on a beaucoup lu, on écrit vite (et de mieux en mieux) quand on écrit souvent. Lecture et écriture sont aussi selon moi à considérer différemment du point de vue apprentissage( et donc méthodes). Pourtant, j'entends souvent dire par les profs: ils ne savent pas écrire correctement parce qu'ils ne lisent pas. Mais lire (et même lire beaucoup) ne suffit pas.
J'enchaine pour Monsieur Brighelli:
Etude systématique graphèmes/phonèmes au CP: oui! C'est du décodage. Mais dans le sens inverse: restitution, écriture, orthographe, le global (ou visuo-truc... pardonnez mon ignorance des termes exacts) est fichtrement intéressant! Si la lecture globale de mots est autorisée, il est en revanche déconseillé au CM de faire des dictées rapides de mots hors contexte.

Écrit par : Marielle | 30 mars 2006

Je vous confirme ce que vous dîtes !!
En essayant d'aider mon petit frère en 6eme j'ai constaté qu'il n'avait pas appris à compter mais à "singer". Cétait il ya dix ans. Je me suis donc intéressé à la méthode d'apprentissage, j'ai fermé le livre au bout de deux minutes.
J'avoue que je ne veux plus le faire, juste m'assurer que ma fille réléchisse au monde qui l'entoure et j'avoue que quelques fois je me pose des questions. Peut etre suis en train de viellir aussi.

Où sont ils les bons vieux problèmes de primaire, de baignoire, de robinet avec des cm3 qui vous creusaient la tête et vous donnaient une aptitude à régler les problèmes.

L'important est de comprendre et non d'assimiler (tout du moins dans un premier temps).

Écrit par : stephane | 30 mars 2006

Mon propos a pu choquer, ma question en fait est:

Est ce à moi d'apprendre à ma fille les bases à cause d'un enseignement inadapté ou suis je en fait un vieux rétrograde qui commence à être décalé ? et donc ne pas la pousser ?

Écrit par : stephane | 30 mars 2006

Analyse lucide ! Comme vous, je pense qu'il faut prendre du recul. Je vois 3 temps, 3 générations d'actifs... les 30 glorieuses, les 30 technologiques et maintenant les 30 ???

Précarité : Les parents implosent… les enfants explosent... la suite sur http://balajade.over-blog.com/article-2260859.html

Écrit par : Régis | 30 mars 2006

Les enfants sont des éponges : il faut les arroser tant qu'ils sont capables d'absorber.
Et à chaque enfant ses limites, bien sûr. Mais si le vôtre est capable d'assimiler davantage que la bouillie pré-cuite de l'école, pourquoi vous en priver ?
JPB

Écrit par : brighelli | 31 mars 2006

À propos de méthodes…

Conférence commune avec Rachel Boutonnet (Pourquoi et comment j'enseigne le b-a-ba, Ramsay, 2005) mercredi après-midi. Et je peux dire qu'elle partage totalement mes convictions : cette grande championne du syllabique (à tel point que divers pédagogues professionnels se sont déshonorés une fois de plus en l'attaquant personnellement sur le Net) est sur les mêmes bases que moi : c'est à l'instituteur de s'adapter à l'enfant, de varier ses méthodes, de considérer chaque gosse comme un être unique. Mais c'est aussi à chaque instituteur (elle non plus ne peut pas articuler sans rire "professeur des écoles") de connaître l'éventail complet des méthodes à sa disposition. Nous allons crever d'idéologie, si nous réduisons nos capacités aux théories "enseignées" dans les IUFM avec la bénédiction des inspecteurs (pas tous : il y avait dans le même colloque un insoecteur fort critique des oukases de ses confrères. Comme quoi il y a des gens intelligents dans toutes les professions…).
JPB

Écrit par : brighelli | 31 mars 2006

Hmm ! "Dyscalculique" plutôt, comme "dysorthographie"…

Sur l'érosion progressive (et spectaculaire) des horaires, comment ne pas être d'accord ? A priori, c'était pour faire des économies de postes — un calcul sordide des ministères de droite et de gauche. Mais en dessous, je suspecte le désir d'égaliser par le bas — et vous avez raison, ceux qui trinquent les premiers sont els plus défavorisés. L'égalité des chances a engendré les plus grandes inégalités — par idéologie pure. Apportez-moi la tête de Philippe Meirieu, qui il y a trois jours demandait dans le Monde de réduire encore les horaires des matières fondamentales — pour faire du Droit et de l'Instruction civique…
JPB

Écrit par : brighelli | 31 mars 2006

Réponse à dg : que vais-je faire de ce blog ?

Mon éditeur a mis un avertissement en tête de "À bonne école", que je viens de sortir : ce livre est un travail en devenir, et nous nous engageons à le rééditer dans un an, enrichi, modifié, de toutes les suggestions intelligentes que l'on m'aura faites. Voilà à quoi sert ce blog — ou le courrier papier, aussi bien.
JPB

Écrit par : brighelli | 31 mars 2006

Crever d'idéologie, c'est exactement ce qui arrive à la France. Nous sommes envahis par la langue de bois, par ce langage fabriqué de toutes pièces, sans contact avec les choses concrètes. Aucune idée politique là-dedans : les trouvailles de "com" des libéraux style Sarkozy répondent en écho au doux ronron des pédagogistes de gauche. La gauche et la droite donnent l'impression de s'affronter, mais elles parlent le même langage, vide et creux.

Disons-le, répétons-le, chantons-le s'il le faut, on ne s'en sortira que par la culture. Et pas la culture-baudruche des installés qui jouent à se faire peur (que dénonce par exemple Pierre Jourde), mais la vraie culture, la plus classique, la plus rigoureuse et la plus exigeante qui soit.

Ainsi, il est urgent de relire ce qu'Yves Bonnefoy écrit, de manière quasi prophétique, au sujet du concept et de la facilité avec laquelle ce dernier a envahi notre civilisation. Extrait de l' "Improbable".

"Mais je viens en somme de découvrir l'angoissante tautologie des langues, dont les mots ne disent qu'eux-mêmes, sans prise vraie sur les choses - qui peuvent donc se détacher d'eux, s'absenter. J'appellerai mauvaise présence ce mutisme latent du monde. Et je suis même tenté de l'appeler le démon, car il y a un pouvoir, un étrange appel, tapi au fond de ce vide. C'est comme si le néant mimait nos réalités les plus familières pour pénétrer de sa nuit la forme close de l'être. Je subis l'idée de la mort. Je suis fasciné, comme certes par un serpent. Mais, heureusement, c'est alors que je trouve en moi cette liberté qui le nie".

Bien sûr, Bonnefoy parle de littérature. N'empêche que les pédagogistes d'un côté, les penseurs libéraux de l'autre, eux aussi, sont fascinés par leur propre parole comme par un serpent. Bonnefoy, à mon sens, est l'intellectuel qui a le mieux compris la lente dérive de notre société vers la gnose et le faux langage. Pas avec de la psycho, de la linguistique, de la sociologie ou de la pédagogie, mais en parlant de la littérature et des arts. Grâce à la culture.

Relisons les écrivains (les vrais), relisons les philosophes (les vrais).


PS : les attaques contre Rachel Boutonnet nous permettent au moins de mesurer à qui nous avons à faire. Vous la féliciterez pour son courage, sa détermination, et pour la justesse de ses vues.

Écrit par : Pierre-Henri | 31 mars 2006

Merci pour elle, et pour tous. Je transmets.
JPB

Écrit par : brighelli | 01 avril 2006

Crever d'idéologie ??
Je ne suis pas entièrement d'accord avec vous, il en faut pour faire un monde, des bonnes comme des mauvaises pour maintenir un équilibre. Car dans toute lecture, de bons ou mauvais philosophes, se trouvent des idées qui vous montrent dans un cas que faire et dans un autre qu'éviter de faire.

Par contre vous avez raison, nous sommes envahis par la langue de bois. Mais l'idéologie ne subit elle pas le sort de la démocatie ??

L'homme les crie, les adore, mais s'y assoit dessus dès qu'il en ressent l'envie ou qu'elle gène son petit confort personnel.
C'est ça la liberté de penser, et l'homme a très bien compris.

Écrit par : stephane | 01 avril 2006

Idéologie…

Il en est des idéologies comme de la dialectique du maître et de l'esclave : à toute idéologie dominante il faut un contre-poids, un aiguillon — une opposition dialectique.
Que constatons-nous ? Les différences entre la Droite et la Gauche (deux notions que nous avons inventées en France sous la Révolution) s'estompent. La Gauche a tant cherché à se faire de droite sur le plan économique, la Droite est si fascinée par la Gauche sur le plan culturel, qu'elles ont fini par se rejoindre.
L'Ecole fut jadis (sous Ferry — Jules — et ses continuateurs) la synthèse en équilibre instable entre des idéaux qui arrivaient du vieux fonds judéo-chrétien et un relativisme critique hérité des Lumières. Les "valeurs" des uns (la Déclaration des Droits de l'homme n'est jamais que la version laïque des transcendances chrétiennes et Ferry, dans les années 1880, était entouré à l'Education de protestants républicains, à cette époque de catholicisme monarchique) se frottaient à la pensée critique et déstabilisatrice des autres, et faisaient des étincelles.
L'Ecole que nous avons connue reposait sur ces délicats entrechats entre l'enseignement des immanences (le Beau, le Bon, le Vrai) et l'apprentissage de la contestation critique.

Depuis 68, ce sont les relativistes qui ont pris le dessus. Et l'Ecole, tout comme la société, déliée des valeurs qui la co-fondaient, a tout relativisé : les discours des uns valent les chefs d'œuvre des autres, l'élève est une personne aussi "respectable" que le maître, ce qu'il pense vaut bien ce que nous lui enseignons, etc.
Le pédagogisme repose sur ces convictions déstabilisantes — peut-être par mépris de valeurs que ses adeptes ignorent, ou conspuent. Voir par exemple leur haine du "par cœur", comme si réciter les tables de multiplication était du même ordre que savoir ses prières.
Bref, une idéologie solitaire, qui croit avoir gagné, devient forcément sectaire — puisqu'elle est persuadée d'être la vérité. Par un retournement presque paradoxal, c'est le relativisme absolu qui est devenu une conviction absolue. Et saint Meirieu a remplacé les grands classiques dans la hiérarchie inversée des crétins.
D'où l'urgence d'une restauration des valeurs — à commencer par le Savoir. Cela ne signifie pas qu'il faille jeter forcément la critique (l'esprit critique) à la rivière. Mais il faut repartir des fondamentaux (au sens rugbystique du terme) afin de redonner aux enfants un cadre, un écheveau de certitudes — qu'ils pourront, après, tout à leur gré, démonter et manipuler.
Bref, une culture.
JPB

Écrit par : brighelli | 01 avril 2006

Le CPE c'est simplement un moyen detourne de creer une nouvelle categorie de salaries (les moins de 26 ans) prives de leurs droits

L'education a la Fillon c'est une maniere de priver les enfants des familles pauvres de leur droits a l'education en leur imposant le "socle minimum"

D'une facon generale toutes les lois liberales ont le meme objet: priver les salaries de leurs droits sociaux

Et cela parce que soit disant les "piliers" de la Societe seraient les entrepreneurs ... (et ajoutons le les rentiers :)

Mais on peut voir les choses autrement. Ceux qui creent la richesse dans une societe ce ne sont ni les patrons ni les rentiers, mais ceux qui travaillent et qui produisent !

Et si on doit reduire des droits et en augmenter d'autres il faut commencer par reduire les droits exorbitants du patronat dans tous les domaines et augmenter les droits des salaries

Mais evidemment ce discours est tabou ...

Écrit par : touriste | 02 avril 2006

Pas si tabou que ça. Les économisstes distingués du capitalisme sont les premiers à estimer que les salariés sont une richesse, et non une charge. Qu'ils sont un capital que l'entrepreneur ne doit pas dépenser inconsidérément.
Ce qui est sûr, c'est que nombre de patrons connaissent mal le système qui les fait vivre, et traitent leurs employés comme des chiens. Ce qui est sûr, c'est que les plus effarants des politiques (et franchement, je mets dans le même lot les politiciens de droite et de gauche) traitent leurs électeurs comme des rats, sans s'apercevoir qu'ils sont leur richesse.
Dois-je rappeler que " quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs" (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen 24 juin 1793, article 35) ?

JPB

Écrit par : brighelli | 02 avril 2006

Patron non productif/ouvrier travailleur, patron esclavagiste/ouvrier victime. C'est en véhiculant constament ces images que l'on empêche les jeunes de milieu modeste de penser leur avenir autrement que dans la lutte contre le patronat ou de s'imaginer un jour créateurs d'entreprise: trahison!
On peut à la fois être patron et opposé au CPE. Les jeunes manquent sans doute de repères, ce n'est pas une raison pour leur servir un discours simpliste.

Écrit par : Marielle | 02 avril 2006

Qui a dit cela ? Il y a des patrons intelligents et / ou travailleurs, et pas mal d'employés paresseux et / ou imbéciles. Mettez "profs" et "élèves" en lieu et place de "ptrons" et "employés", et je n'en retirerai rien.
La question n'est pas de dire ce qu'ils sont, mais comment ils fonctionnent, en tant que groupe d'intérêts. La plupart des patrons que j'ai rencontrés ces derniers temps ne comprenaient même pas d'où Villepin avait tiré son idée de CPE — sinon de son désir d'exister face à Sarkozy. Ils avouent, en privé et en public, avoir bien assez d'outils sous la main, avec un CDD renouvelable, pour se faire une idée de ce que vaut celui ou celle qu'ils embauchent.
En fait, c'est l'embauche plutôt que le débauchage qu'il faut aider — moins financièrement qu'en changeant les mentalités, et la donne.
Et pour être tout à fait clair, je suis fondamentalement favorable à un "Grenelle bis" qui mettrait sur la table l'ensemble des rapports patrons / employés — et aussi formation / éducation. Mais le gouvernement n'a pas les tripes pour ça, et je crains que bien des syndicats n'aient pas la représentativité nécessaire pour assumer les décisions qui pourraient s'y dessiner.
JPB

Écrit par : brighelli | 02 avril 2006

Alors ça ! Brighelli préfacé par Lafforgue, la rose et le réséda, voilà qui m'enthousiasme au plus haut point. L'union sacrée ? Merci messieurs, merci beaucoup.

Écrit par : Pierre-Henri | 06 avril 2006

Ah ! L'humour…
JPB

Écrit par : brighelli | 06 avril 2006

Oui en changeant les mentalités comme vous le dîtes !!!!

Mais pour beaucoup de personnes il serait bien affolant et inquiètant de remettre en cause un système qui leur profite bien hélas.

Par contre lorsque vous dîtes que nos hommes politiques traitent les électeurs comme des rats, je reprendrai ce que vous dîtes dans votre livre au sujet de l'école en modifiant un petit peu: Notre socièté a les hommes politiques qu'elle mérite.

Car si effectivement nous voyons les étudiants et autres adultes descendre dans la rue pour lutter contre le CPE au nom d'une démocratie qui ressemble à une anarchie (absence de chefs) et des droits de l'homme, ou étaient ils pour défendre l'enseignement supérieur il y a quelques mois ? ou sont ils pour défendre les écoles ? ou sont ils pour défendre ceux qui crèvent de faim dans nos rues ?(je suis volontairement vulgaire, excusez-moi). Et certains reprennent sur internet votre article 35 des droits de l'homme.
L'école dont vous parlez a très bien formaté certains jeunes, mais à fabriquer des crétins ils ont oublié que ceux-ci deviendraient imprévisibles...

D'accord dans une démocratie les plus faibles subissent pour les autres, je vous l'accorde, mais qu'aucun ne dise qu'il se bat pour les droits de l'homme.

Oui Mr Brighelli, nous avons les hommes politiques que nous méritons car si nous valions mieux qu'eux ils seraient déja boutés hors de France.

Les bons penseurs vous diront qu'il faut commencer par quelque chose, oui bien sûr...

Ou est l'école dans tout ça ? Et bien je conclurais que: voir des parents monter leurs petits contre le CPE et ne pas se soucier de leur éducation me sidère ou plutôt ne fait que me conforter dans mon opinion sur les hommes. Ce qui n'est pas fait pour me rassurer.

Tout ceci ne me change guère du quotidien, l'homme sait détruire mais de nos jours je ne rencontre que peu de personnes qui construisent.

Écrit par : stephane | 07 avril 2006

Merci Mr Brighelli, j'ai regardé votre intervention sur Campus et vous m'avez réconcilié avec la télévision.

Enfin une personne qui décrit l'éducation telle qu'elle existe et telle que je la vis. Cela change de ces hommes qui en parlent comme s'il parlait du yéti, c'est à dire qu'ils ne l'ont jamais vu.

C'est peut-être mal dit mais encore merci !!!

Écrit par : stephane | 08 avril 2006

Mr Brighelli,

Je viens d'assister une nouvelle fois à l'une de vos prestations télévisées. Je vous connais depuis peu mais apres un rapide passage sur votre blog, qui confirme vos propos dans les diverses émissions, je me pose une question: pourquoi ce mépris pour les instituteurs et les professeurs des écoles en particulier?
Pourriez-vous indiquer de manière plus précise en quoi la prestation des jeunes enseignants est-elle si misérable à vos yeux...Je dois dire que je suis assez étonné par vos propos: sur le terrain je rencontre beaucoup plus de quinquagénaires blasés, renfrognés, sectaires...que de jeunes incompétents. Dois-je ajouter que ces hordes d'étudiants et de jeunes professeurs des écoles ont été instruits par votre génération...Que les chiffres indiquent que les taux d'illétrisme et d'analphabétisme n'ont jamais été aussi bas...Eh oui, ne vous en déplaise, les gens de votre génération étaient moins bien formés!
Oui les IUFM ne sont pas très efficaces...Non les dictées et leçons de vocabulaire (pour reprendre certaines remarques de vos fans) n'ont jamais été interdites...

A bientôt

Écrit par : alexandre | 08 avril 2006

Pour alexandre:
Loin de moi l'idée de répondre pour Mr Brighelli, mais ce que je peux vous certifier c'est que dans le lot des instituteurs qui passent dans les IUFMs, nombreux sont ceux qui ne font çà que parce qu'ils n'ont rien pu obtenir d'autre. Mentalité Française.
Je n'en fais pas une généralité mais cela a tendance à trop se reproduire. J'entends ce discours de nombreuses fois et beaucoup n'y vont plus par envie.
Et Mr Brighelli l'a bien introduit.
Où est le problème me direz-vous ? il en faut. Et bien c'est qu'une fois dans le système ils ne se sentent pas bien et ne sont pas adaptés. C'est déja un premier problème. Les autres sont tout aussi graves.
De toutes façons ils ne vous le diront jamais en face, de peur d'être "cassés" (je l'ai entendu dire, je ne l'invente pas).
Et si le système reste tel qu'il est: aidons et formons mieux nos instituteurs.
Pour moi s'il n y'a pas une personne comme Mr Brighelli, je serai obligé de mettre mes enfants dans un établissement privé si j'ai l'argent nécessaire et s'il y a de la place.
Son langage choque peut être, mais si nous n'arrétons pas la langue de bois nous allons au devant de très gros problèmes.
Nous avons sous estimé l'éducation des nos jeunes et nous l'avons laissé à .... . Excusez-moi je m'arrète, et décentralisons pour arranger le problème.
Si vous trouvez normal que l'on mette sur le terrain des personnes qui n'ont pas eu leur diplôme, et n'ont pas fini leur formation, si vous trouvez normal que des personnes râlent parce qu'elles sont sur la liste complémentaire et qu'elles estiment qu'il y a de la place pour eux dans les écoles, alors là je comprends mieux votre question. Mais c'est bien mal habituer notre jeunesse, une fois dans le système personne ne leur fera de cadeau et ils n'ont pas fini de prendre des médicaments. Pourquoi ne sommes nous plus capables d'encaisser les réformes ?

Ceci dit sans animosité.

Écrit par : stephane | 08 avril 2006

De toute façon, nous sommes en France au bord de l'explosion, parce que, dans ce pays, plus rien mais absolument rien ne fonctionne...

Par ailleurs je suis totalement contre la marchandisation affichée du savoir avec pour cible la privatisation de l'Education Nationale. La classe politique avait, si je ne m'abuse, évoqué à plusieurs reprises cette volonté de se décharger de sa responsabilité quant à l'éducation de nos enfants... De toute façon, l'Etat cherche de plus en plus à se désengager....Selon Claude Allègre, "il fallait même dégraisser le mammouth" !!!

En outre, nos politiciens ou autres soit disant intellectuels ou pseudo pédagogues ont déjà laminé des pans entiers de programmes, réduit considérablement les horaires de français et de philo, transformé le Savoir en objet de consommation pur et dur....On assiste désormais au développement d'enseignements à la carte, à une démobilisation massive des étudiants ou même de lycéens et collégiens face au livre.... Force est de constater en effet que peu de jeunes lisent...Et pourtant, le livre reste une arme incontournable pour aiguiser son raisonnement avec objectivité.

Il m'arrive de temps à autres d'intervenir sur des forums destinés aux bts et je peux vous certifier que leur niveau en français laisse sincèrement à désirer....Aucun n'est réellement capable de rédiger une lettre de motivation sans la moindre faute de grammaire, de syntaxe ou d'orthographe !!!

Le système actuel a de toute manière déjà créé les plus grandes inégalités sur le plan scolaire. En d'autres termes, une école à deux vitesses...Et si l'on privatise ce qu'il en reste, alors que ce n'est déjà pas très glorieux, je pense tout simplement dans ce cas que nous pouvons dire adieu à l'Ecole de Jules Ferry...

Cependant je me suis longtemps demandée si cette volonté d'engendrer une école à deux vitesses n'est pas lié non plus à cette même volonté de segmenter à outrance le marché de l'emploi. En effet, le marché du travail fonctionne également à deux vitesses : d'un côté vous trouvez des salariés en CDI, forts compétents et qualifiés, et de l'autre, les sous-qualifiés ("les gueux" comme le stipule Laurent Cordonnier dans son livre "Pas de pitié pour les gueux", livre que je vous recommande vivement) dociles et corvéables à merci, précarisés et condamnés à vivoter durant leur "carrière" professionnelle...

Comme le dénonce Marie Duru Bellat, la massification de l'enseignement a tout simplement permis d'amener une pléthore de candidats sur le marché de l'emploi permettant aux employeurs de faire pression sur les salaires puisqu'ils ont désormais le choix...

Pour enrayer ce phénomène, il faudrait tout simplement revenir à notre ancien système éducatif en privilégiant le Savoir au sens le plus noble du terme. Nous ne pouvons nous contenter de la médiocrité. Aussi, l'Education Nationale ce n'est pas une entreprise. En conséquence, son rôle n'est pas lucratif. Il s'agit au contraire de transmettre aux futures générations le Savoir leur permettant à l'avenir d'affûter leur esprit critique. L'Etat demeure le Garant de notre patrimoine littéraire, artistique, historique, etc...

Écrit par : Sandra WAGNER | 08 avril 2006

Le problème, c'est que l'on ne peut pas revenir en arrière. Au mieux, il faut jouer "retour vers le futur".
On ne peut pas ne pas tenir compte de l'inflation d'étudiants en fac, quoi qu'on en pense.
On ne peut pas ne pas tenir compte du fait que les lycéens ne savent pas grand-chose — il faut faire avec, essayer de rattraper, les faire travailler — bricoler.
On ne peut pas ne pas tenir compte du fait que les collégiens arrivent en 6ème avec des retards en lecture, grammaire, orthographe, maths, HG, et j'en passe, proprement effrayants. Il faut cesser de les flatter dans le sens du poil, et les remettre au travail. Si on peut. Quand on peut.
On ne peut pas ne pas tenir compte que les programmes officiels en Primaire forcent plus ou moins à un éparpillement des activités, totalement préjudiciable à des acquisitions solides. Les disciplines "d'éveil" tuent trop souvent les Savoirs disciplinaires.
Et on ne peut pas ne pas tenir compte que les nouveaux enseignants sont souvent peu motivés (vous avez dit vocation ? Vraiment ?), mal formés, souvent désinformés.

Il faut faire avec. Résister. Résister aussi à l'administration. Aux collègues, parce qu'"il y a des collabos partout.

C'est épuisant, la guerre…
JPB

Écrit par : brighelli | 08 avril 2006

Eh oui Monsieur Brighelli, la guerre c'est épuisant, lassant.....

Mais cette lutte de tous les instants n'existe pas seulement à l'école...Par expérience, la témérité et le courage vont de pair lorsqu'il s'agit de dénoncer ouvertement les idées reçues, les discours taillés à l'emporte pièce...

J'ai été militant au PS il y a quelques temps et mon adhésion au sein de ce parti m'a conduite au bout du compte à l'apolitisme. Mes convictions m'ont, en effet, plutot incitée à fuir ces débats démagogiques tronqués par les idées à dominante purement partisanes .

A part les discussions grangrenées par les querelles intestines, je n'ai rien entendu de prodigieux...

Quant aux controverses sur l'Ecole, le postulat de l'Egalité des chances nous est encore une fois servi sur un plateau d'argent.....Par contre, clamer que nous sommes parvenus à ce désastre annoncé, grâce à ce principe ô combien démagogique, n'est que sottises ou discours de second degré....

Décidément nous n'avons pas fini de combattre Monsieur Brighelli...

A ce propos j'ai pu relire une citation de Saint Exupéry : " La démagogie s'introduit quand, faute de commune mesure, le principe d'égalité s'abâtardit en principe d'identité".

Écrit par : Sandra WAGNER | 08 avril 2006

Réponse à Alexandre.

Je n'ai aucun mépris pour les instituteurs — quelle idée… Je travaille avec nombre d'entre eux — en particulier dans le cadre du SLECC (voir michel.delord.free.fr).
Mais il y a des professeurs des écoles qui ne remontent pas le niveau…
J'ai déjà fait cette distinction, entre ceux qui ont été formés dans les années… passées, et ceux que les IUFM formatent depuis une décennie.
Là encore, je pratique l'amalgame — l'un de mes nombreux péchés mignons : il est des instits nouvelle formule qui ont la vocation, la foi chevillée au corps, les compétences à la main, et qui font un travail remarquable. Voyez Rachel Boutonnet (lire et relire "Journal d'une institutrice clandestine", et "Pourquoi et commnt je pratique le b-a-ba", tous deux chez Ramsay).
Mais il en est d'autres…

Imaginons une professeur (je refuserai toujours d'écrire des barbarismes contre la langue du genre "professeure") des écoles nouvelle formule…
Elle a passé difficilement une licence qui n'a aucun rapport avec ce qu'elle enseignera — ou des rapports lointains. Elle a choisi d'être institutrice sans en avoir la vocation — il faut bien vivre. Elle répète comme un automate ce qu'elle a appris à l'IUFM. Elle fait deux fautes d'orthographe par ligne. Elle enseigne en CP, et on a eu beau lui expliquer que certains de ses élèves arrivaient en septembre en sachant lire, elle a tenu à leur réapprendre ce qu'ils savaient déjà, de façon à leur embrouiller la tête. Elle ne connaît que la méthode globale — et quand je dis globale, croyez-moi c'est de la globale pure, de l'idéo-visuelle de premier choix — encore au mois de mars… Ses élèves, comme dit le bon Rabelais, en sont tout assotés.
Et ils penchent dangereusement vers la dyslexie collective. En attendant, ils développent une agressivité de mauvais aloi pendant les récrés.

Résultat ? Plusieurs d'entre eux ne savent toujours pas lire. Et ce n'est pas moi qui le dis : c'est la remplaçante venue la suppléer pendant qu'elle était en stage… en IUFM. Sidérée de constater que les gosses ne savaient pas ce qu'était un mot — ils font des "dictées" de quatre ou cinq mots séparé, et se retrouvent désemparés face à une phrase complète.
Réponse de la titulaire : "Mais ce n'est pas au CP que l'on apprend à lire, c'est inscrit dans l'ensemble du programme du cycle II…"
Et de repasser le bâton à l'instit de CE1 de l'année prochaine — sans doute elle-même. Le destin scolaire de ces heureux bambins est assuré.

Ai-je inventé cette histoire ? Me touche-t-elle particulièrement, moi dont le fils est en CP ?
Allons donc ! Laisseris-je ma belle et légendaire objectivité être influencée par des considérations personnelles ?

Alors, que faire ? Accabler cette pauvre fille ? Que nenni : je préfère mettre en cause le système qui produit de telles aberrations. Je préfère demander des comptes à l'IUFM qui l'a si bien instruite qu'elle ignore les instructions mnistérielles alors que le recteur de son académie a préconisé leur application. Je préfère demander des comptes aux inspecteurs qui la couvrent, à l'inspecteur d'académie qui la protège, à sa formatrice qui l'encense, à tout une hiérarchie dont elle est, au fond de son incompétence, le porte-drapeau involontaire.

Bien sûr, cela n'existe pas. J'ai forcément inventé cette histoire… Le système n'est pas pourri au point de qualifier pour un métier merveilleux et merveilleusement difficile une telle catastrophe…
Bien sûr…

JPB

Écrit par : brighelli | 08 avril 2006

Pour Sandra Wagner.
Splendide citation. Avez-vous la source et les références ?
JPB

Écrit par : brighelli | 08 avril 2006

Alexandre de Saint-Exupéry "Pilote de guerre".

Source : Le Petit Robert après avoir recherché un synonyme du mot démagogie. A la définition s'ajoute cette citation.
.

Écrit par : Sandra WAGNER | 08 avril 2006

A propos Monsieur Brighelli, je lis actuellement le livre d'Albert Einstein "Comment je vois le monde" et j'aimerais, à ce titre, pouvoir en discuter avec vous et vous demander svp quelques explications.

En effet, j'ai effectivement besoin de quelques éclaircissements quant à certains points évoqués.

Afin de ne pas encombrer inutilement ce blog puisqu'il doit laisser la place aux solutions pour l'école de demain , serait-il possible de dialoguer à ce sujet par courriel et de bien vouloir me communiquer votre adresse mail????

Je vous laisse déjà la mienne : wagner.sandra@gmail.com

Je vous en remercie sincèrement par avance.

Écrit par : Sandra WAGNER | 09 avril 2006

Information:

"L'école une nouvelle ambition !" "ensemble la riposte pour une alternative"
Réunissant à Nanterre, espace Chevreul, le 2 mai 2006 à 20h
Buffet(PCF), Roiron(PS), Vignal(MRC),Joshua(LCR), Coq(Mars)
Blasco(UEC), Ashieri(FSU), Gonthier(UNSA), Stoeckel(UNL), Favey(La ligue de l'E), Charmeux....

Information que je fais suivre pour toute personne, ayant un état des lieux à faire de l'école qui ne soit pas en conformité avec la démagogie et propagande actuelle, voulant s'y rendre et s'y faire entendre . Afin que les savoirs aient des représentants et porte- parole .

Écrit par : dg | 10 avril 2006

Pour votre information le CPE est supprimé au profit d'un dispositif d'insertion pour les jeunes en difficultés...

Affaires à suivre......

SW.

Écrit par : Sandra WAGNER | 10 avril 2006

De toute façon, que ce soit bien clair : nous sommes en France au bord de l'explosion sociale et de l'insurrection. L'actualité nous l'a démontré à bien des reprises.

Sincèrement l'entêtement et le jusqu'au boutisme de Dominique de Villepin m'effraie beaucoup car ces comportements-là poussent la population vers les extrémismes de tout poil et j'ai bien peur que 2007 soit une année présidentielle très mouvementée....Surtout que la classe politique, dans osn ensemble, ne semble pas tenir compte réellement des évènements de 2002. Il serait peut être grand temps de se réveiller MAINTENANT !!!!

A mon avis, compte tenu de l'exaspération générale (et je pèse mes mots) en France, Jean Marie Le Pen a de très fortes chances de revenir au second tour avec un score peut être égal à 2002 si ce n'est meilleur.... Ce genre de parti profite toujours du désarroi et du chaos qui régne dans un pays...

Sans vouloir m'avancer, j'espère que l'Histoire ne se répètera pas ! Hitler est arrivé au pouvoir dans les mêmes conditions : une crise politique sans précédent, une démocratie en lambeaux et un chômage endémique....

Ces trois conditions sont bien réunies en France à l'heure actuelle....Nous dansons sur un volcan....

Écrit par : Sandra WAGNER | 10 avril 2006

Vous avez raison Sandra et au rythme où vont les choses on pourrait presque craindre de se retrouver au second tour avec un Besancenot versus Le Pen ou un Bové/ LePen... Et tant que les politiques n'auront pas fait de l'enseignement leur fer de lance nous avons peu de chance de voir notre pays "s'élever"... tout est fait en dépit du bon sens...l'actualité d'aujourd'hui avec le retrait du CPE si elle suscite le contentement de beaucoup , laisse très songeur sur l'avenir politique de notre pays

Pour répondre très très rapidement à Marie (rubrique Macabre)...je suis ravie que vous m'orientiez vers la lecture de l'avis "négatif" d'une autre ancienne élève...car cet avis ne fait qu'appuyer et donner plus de crédit à mes propos concernant Jean-Paul Brighelli... Je persiste et signe, j'espère qu'il se trouvera encore beaucoup de professeurs pour attraper par le bras d' "un grand couillon" de petit beur qui lui déclare qu'il est antisémite et le trainer au CDI pour lui mettre le nez dans la définition de sémite du dictionnaire et le mettre ainsi face à la bêtise de l'ignorance! je n'en rajouterai pas plus au risque que mes mots ne soit classés dans le lexique de la flagornerie....

"A bonne école" commence sur ces mots:

"Un jeune homme.traçons son portrait d'un seul coup de plume: figurez vous Don Quichotte....."
J'ai juste envie de plagier quelques peu , Dumas et JPB ne m'en tiendront,je l'espère, pas rigueur...

Un professeur "aguerri", traçons son portrait à travers son "coup de gueule": figurez vous Don quichotte...

j'espère que nous sommes nombreux à vouloir que cette révolte ne soit pas contre des moulins à vents...

Écrit par : patricia Mesnigé-Marc | 10 avril 2006

Sandra, je crois que votre diagnostic est juste. Savoir si je m'en désole ou si je m'en félicite est autre chose, et je ne suis pas sûr d'avoir décidé moi-même…
Mais je reviendrai ultérieurement sur la question — plus longuement. Je pars hanter les ondes et les étranges lucarnes…
JPB
PS. Patricia MM, que d'éloges… Y survivrai-je ?

Écrit par : brighelli | 10 avril 2006

Stéphane 25 mars 2006 :
"Enfin: supprimons les syndicats, vous trouvez ca normal vous de devoir payer pour pouvoir participer a l'evolution de notre societe ??? Ce n'est pas une proposition gratuite, j'ai une solution deja prete qui defendrait tres bien les travailleurs. il est evidemment hors de question de faire sauter cette "protection". Ce n'est pas le sujet de ce blog et mon intervention commence a etre longue...."

J'aimerais ajouter également un bémol à ce niveau :

Certes nous vivons actuellement une crise du syndicalisme. Mais les faibles taux d'adhésion s'expliquent surtout par la peur des salariés de perdre leur emploi. Aujourd'hui les patrons ont main mise sur tout et détiennent en ce moment une position de force. D'autant plus que le marché du travail fonctionne à deux vitesses : les plus précarisés en sont les premières victimes de cette baisse du syndicalisme.

Le syndicat c'est d'abord le symbole même de la lutte des classes et ce depuis leur naissance en 1884. Pour s'en remémorer, lisez Zola "Germinal". Savez-vous que la Chine actuellement s'inspire de nos syndicats pour instaurer un contre pouvoir face au régime communiste ??? Pour cela je vous recommande de lire "Chine l'envers de la puissance". Entre nous ce pays est encore très loin de l'image d'eldorado publiée par les médias....

Par ailleurs, c'est bien grâce aux syndicats que nous avons le droit de nous mettre en grève pour obtenir des revendications salariales ou professionnelles, c'est grâce à eux encore une fois, que nous avons pu obtenir des congés (Front Populaire en 1936 Léon Blum), des journées de travail moins pénibles etc...En d'autres termes, l'amélioration des conditions de travail, nous la leur devons....Et les négociations actuelles pour chaque convention collective aussi.

Aujourd'hui nous fêtons le 1er mai sous les flons flons et le muguet mais en 1899, à cette date-là des manifestants se sont fait tués à Fourmies....Or nous célébrons la fête du travail...

Et heureusement que les syndicats, en dépit de la baisse de leur influence, sont encore présents pour protéger nos acquis sociaux face à un patronat de plus en plus désireux d'accumuler les richesses sur le dos des petites gens. Les actionnaires sont désormais prioritaires et les bénéfices explosent tout comme le cours de la bourse lorsque des plans sociaux laissent des milliers de personnes sur le carreau. (SEB comme d'autres multinationales en sont la plus parfaite illustration).

Si je reviens sur ce sujet, c'est parce que je suis originaire d'une région minière et ouvrière. Je suis de Sarreguemines, une ville située à proximité de Freyming Merlebach et donc des HBL. Notre région reste encore très imprégnée par ce patrimoine ouvrier et la lutte syndicale en fait partie.

Parenthèse fermée.

SW

Écrit par : Sandra WAGNER | 10 avril 2006

"The avalanche has begun. It's too late for the pebbles to vote."

(Pardon pour la référence sci-fi sur un site aussi cultivé. C'est tiré de Babylon 5.)

Je ne suis donc pas le seul à subir une sérieuse baisse de moral. Bon à savoir.

Une solution : Jeri Brown dans le mange-disque, et un bon bouquin. Je suggère : "l'Etrange défaite", de Marc Bloch. Une excellente réédition vient de paraître en quarto Gallimard.

Cette "Etrange défaite" est celle de Juin 40. Marc Bloch montre comment, au cours des années Trente, tout s'est ligué pour rendre le désastre inévitable. Il démonte le monstrueux engrenage, où chaque rouage finit par en entraîner un autre. La défaite de 40, en somme, n'a été une surprise que pour les imbéciles.

Mais qui écoute encore ces vieux barbons de profs et d'universitaires ? Pas rentables, cher ami, pas rentables...

L'humanisme ? A vendre !

Écrit par : Pierre-Henri | 10 avril 2006

Deux citations pour une.
D'après Montherlant, en 1939, les deux mots les plus fréquents dans la langue françaiqse étaient "la belote" et "Tino Rossi".
Et on se rappelle la fin du Sursis de Sartre. Daladier rentre de Munich, la foule l'attend au Bourget, il pense qu'il va être lynché pour s'être couché devant Hitler (Sartre tenait l'anecdote de Saint-John Perse, alors quasi ministre des Affaires Etrangères, qui l'avait racontée à Gaston Gallimard). L'avion se pose, Daladier blême en sort, et la foule l'acclame pour avoir "évité la guerre". Daladier sourit en saluant, et, entre ses dents, murmure : "Les cons !"
C'est le dernier mot du roman. Ce sera le dernier ce matin, je monte à Paris participer avec Philippe Meirieu à Café Picouly. Rendez-vous sur les ondes de la TNT prochainement…
JPB

Écrit par : brighelli | 11 avril 2006

Eh oui Mr Brighelli on peut dire que la bêtise humaine ne possède pas de limites.

Je préfèrerais croire Paul Valéry puisque selon lui "l'histoire est la science des évènements qui ne se répètent pas".

Malheureusement mon instinct me dicte le contraire....Les hommes n'ont toujours pas saisi le sens de l'Histoire, à savoir comprendre les erreurs du passé pour ne plus les renouveler après.

Qu'a-t-on dit après la création de la SDN en 1919 : "plus jamais cela". Qu'a-t-on déclaré après 1945 : "plus jamais cela" et en 1995 nous retrouvons en ex-Yougoslavie des charniers, traces absolument sordides laissées par Slobodan Milosevic...A sa mort il est encore acclamé par une partie de la population.....

Décidément on peut dire que les gens ne comprennent rien à rien.....En conséquence, nous pouvons vraiment nous demander si l'histoire a réellement un sens....

Écrit par : Sandra WAGNER | 11 avril 2006

Oui Sandra, si je peux utiliser votre prénom ?

Vous avez raison, nous avons besoin des syndicats oui absolument, comme de nos hommes politiques !!! Bigre je frissonne... Même combat: celui qui mange l'autre a gagné.

Cetre crise pourrait elle changer la donne ? Je n'ose y croire.

Écrit par : stephane | 11 avril 2006

Non là je ne conteste absolument pas, cette crise ne changera absolument pas la donne !!!

Écrit par : Sandra WAGNER | 11 avril 2006

Nous avons certes besoin d'hommes politiques à condition bien sûr de faire de la politique !!!!

Aujourd'hui nous devons plutôt parler de démarche clientéliste, de stratégie marketing.

Par ailleurs, pouvons-nous encore réellement parler de réforme dans notre pays ??? Selon le Petit Robert, la réforme correspond à une modification PROFONDE apportée dans la forme d'une institution en vue de l'améliorer, d'en obtenir de meilleurs résultats....

Désormais, ce terme n'est plus d'actualité puisqu'il s'agit davantage de cautères sur jambe de bois !!!

Écrit par : Sandra WAGNER | 11 avril 2006

Je suis assez désolé du constat que j'ai fait, mais voir des amis syndicalistes des purs des durs, être écoeurés par le syndicalisme c'est dur !!!! Mais ils continuent !!!

Pour votre analyse sur la situation actuelle oui Mr Lepen (s'il se présente) risque de gagner de très nombreuses voix si rien n'est fait d'ici les élections et si nos hommes politiques continuent de se regarder le nombril.

Par contre, ne vous trompez pas, dire que la fin du CPE contente beaucoup de monde est très relatif. J'ai vu de nombreuses personnes devenir blanches à l'annonce du "retrait" du CPE. Pas pour le CPE !!

Pour moi, simple citoyen:
J'ai perdu mon gouvernement car il n'a pas su être à la hauteur de la situation.
J'ai perdu l'idée que j'avais de la démocratie: au nom de la démocratie des personnes ont défilé, bloqué des universités (enfin il paraît, j'ai juste vu des chaises et aucun étudiant) alors que notre gouvernement avait bien été élu par cette démocratie.
J'ai vu des universités se fermer au nom de la sécurité ??? Mais cela veut donc dire que ceux qui bloquaient, devenaient menaçants ? que plus personne ne respectait les droits de l'homme alors ? mais pourquoi le faisaient ils au nom des droits de l'homme ? je les ai entendus !
Ah, peut-être est ce une manipulation politique, ah d'accord ! mais nous faisons de la politique dans les universités ? et la laicité c'est quoi, je ne comprends plus ?
Je vois des votes organisés dans les université pour ou contre le blocage maintenant que le CPE est retiré, pourquoi ne l'a t'on pas fait avant, expliquez moi je suis un peu bête. C'est ce modèle de pensée que nous enseignons alors ?
J'ai entendu des étudiants sortir de superbes idées sur les droits de l'homme, la démocratie, les droits du peuple, les droits du travail et s'y assoir dessus sans même s'en apercevoir (enfin je crois).
J'ai entendu des personnes agées dépitées, me dire qu'elles avaient vu des filles de 14 ans crier "on va te crever Villepin".
L'education a bien évolué depuis mon passage alors ? Ce n'était pas terrible avant, que de gens compétents ont du défiler pour leur apprendre à s'exprimer si librement et si intelligemment, super !!!!

oui, Mr Brighelli "l'école" va mal, elle est bien loin de nous instruire, par contre elle éduque très très bien car elle prépare bien nos jeunes à s'intégrer dans notre société ! Nous avons l'école que nous méritons (votre phrase me plaît)

Mon seul espoir, Sandra, est que les syndicats continuent la lutte en appelant encore à la grève, et me montrent que ce n'était pas juste une manoeuvre politique. Car nous allons vraiment très mal.

Un idéaliste qui a le sens du service public (je crois) et qui aurait aimé que cela se passe différemment pour un même résultat.

Écrit par : stephane | 11 avril 2006

Monsieur Brighelli,

Comme la partie de ce blog s'intitule "Révoltes", eh bien révoltons nous une fois de plus !

Entre nous, sans vouloir rentrer dans les détails de ce livre, je découvre pourquoi la France est en faillite (titre exact du livre publié par Rémy Godeau, un journaliste du Figaro) et je vous assure qu'il est bourré à proprement parlé de scandales financiers honteux voire littéralement indécents dans certains cas.

Entre nous vous n'imaginez même pas le montant des gaspillages, gabegies de tous poils, et j'en passe...Eh bien je suis convaincue que si l'on réalisait un petit calcul, on pourrait facilement utiliser ces sommes à des fins intelligentes et notamment les investir dans l'Enseignement Supérieur.
De quoi notamment redonner à l'Université et autres établissements leurs lettres de noblesse !!!

Rémi Godeau a publié une véritable bombe à retardement et sincèrement j'ai bien peur qu'elle nous explose à la figure d'ici peu !

Voici la chronique :

http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2702134637/171-7187824-2971449?%5Fencoding=UTF8

Bonne lecture pour les courageux désirant se perdre dans les méandres de la politique budgétaire de l'Etat français.....

Écrit par : Sandra | 12 avril 2006

Bonjour,

Je vous ai vu hier dans l'émission de ROUQUIER.
BRAVO.
J'espère que vous serez ENTENDU pour ceux "qui nous gouvernent".
En effet il est urgent de réagir face à l'obscurantisme et aux totalitarismes.
Halte aux nivellements par le bas.
Je vais faire circuler votre blog auprès de mes amis du Forum des Stones (quelques uns et unes sont dans l'éducation).
Bonne continuation.
Très cordialement
@+
serge "Rockin'Daddy"

Écrit par : Rockin'Daddy | 14 avril 2006

Très heureux d'avoir des partisans rock'n'roll…
En espérant que pierre qui roule, certte fois, amassera mousse…
JPB

Écrit par : brighelli | 14 avril 2006

Bonjour.
Je découvre aujourd'hui votre site alors que j'ai déjà lu et relu votre excellent ouvrage. Je suis donc très heureux d'avoir la possibilité d'échanger avec vous.
Pour ma première ici, je souhaitais vous alerter sur le passage sur une chaîne publique d'une émission à trois volets sur l'école et dont le but est visiblement d'inculquer des rudiments de néo-pédagogisme au plus grand nombre.
Le premier volet, diffusé jeudi soir, n'a pas manqué de susciter chez moi des sentiments aussi différents que la consternation, l'hilarité et la colère.
Les commentaires du narrateur sont tellements affligeants qu'ils semblent avoir été écrits par Philippe Meirieu lui-même.
Le montage semble d'une malhonnêteté crasse. Le gentil professeur des écoles qui enseigne parallèlement les sciences de l'Education à Montpellier et qui se fait tutoyer par ses élèves de ZEP tout en gardant ses lunettes de soleil sur la tête pendant le cours (il se croit au camping ?). La méchante institutrice qui humilie les élèves et les stresse en exigeant d'eux une discipline et une attention franchement trop élevées.
Je me suis forcé à regarder ce documentaire. Je reconnais qu'il y a là une part de masochisme. Mais il y avait surtout une volonté de ma part de connaître les méthodes totalitaires des gourous qui font couler notre système d'instruction.

Bien à vous, Monsieur Brighelli et à bientôt

DD

Écrit par : David Desgouilles | 15 avril 2006

Vous n'êtes pas le seul à réagir violemment à ce documentaire : je viens d'être contacté par la Cinq (par cete excellente émission qu'est "Arrêt sur images") pour en faire un commentaire la semaine prochaine.
Le problème, c'est que je ne l'ai pas vu : la chaîne doit donc m'envoyer un DVD.
Toutes les remarques sur ce chef d'œuvre télévisuel, dans un sens ou dans l'autre, sont bienvenues.
JPB

Écrit par : brighelli | 15 avril 2006

Bonjour,

Personnellement je n'ai pas voulu regarder le documentaire pour passer une nuit "normale". Oui vous êtes masochiste je le confirme !!!! (ce n'est pas pour vous insulter)
Mais au moins si ces émissions avaient au moins le merite de faire comprendre aux gens qu'ils se passent des choses graves, elles serviraient...

Affligeant oui, de voir des commentaires stupides et denués de sens, de voir des eleves lobotomises etre en garderie qui insinuent que vous etes des bxxxxxx. Non merci.
Affligeant ? pardon je me suis trompe, excusez-moi, non c'est normal, car c'est comme cela depuis 20ans et aucun gouvernement n'y a fait quoi que ce soit. Je dois donc etre stupide.
Mais par contre ne vous leurrez pas, il ne sert a rien de descendre dans la rue et de demander la peau du ministre actuel, vous feriez le nid de ceux qui sont déja installés plus près de vous et qui eux ne sauteront pas. Cherchez plus près encore plus près, mais là plus personne pour crier et agiter le peuple dans la rue ???
Ah qu'il est très difficile de se battre contre quelqu'un qui "gave" et couve avec des petits "cadeaux" ou qui peut vous mener la vie dure au quotidien. C'est ça le courage Français !!

Mais je déborde excusez-moi. Un homme énervé !

Écrit par : stephane | 15 avril 2006

Loin de moi l'idée de demander la tête d'un ministre. Même Monsieur Fillon, qu'on pensait pourtant acquis aux thèses républicaines depuis qu'il avait été proche de Monsieur Séguin, a succombé au néo-pédagogisme. Il faut que la fin de la récré chère à JPB soit sifflée en très haut lieu dès le début d'un mandat présidentiel. Les propositions des différents candidats devront être examinées à la loupe. Malheureusement, le système des parrainages compromet la possibilité d'une candidature proche de ces thèses.

DD

Écrit par : David | 15 avril 2006

j'ai allumé la télé et je suis tombée sur l'émission commencée depuis un petit moment, la première phrase de commentaire que j'ai entendue :"contrairement aux idées reçues, le niveau des élèves n'a pas baissé bien au contraire..." m'a faite bondir, j'ai attrapé la télécommande pour "zapper"...Cette phrase faisait suite au constat que dans les années 50/60 il n'y avait que 50% de réussite au certificat d'étude...les 80% de réussite au bac doivent sans doute servir d'argument à ce type d'affirmation... je ris vraiment jaune... on s'est longtemps gaussé des méthodes soviétiques mais en quoi la politique de l'autruche où l'on se cache derrière des statistiques arrangées est-elle très différente?
je n'ai donc vu qu'une bribe de l'émission mais le commentaire de David me laisse malheureusement supposer qu'elle donnait parfaitement le ton de l'émission...
Et il y a encore deux volets! Dissidents sortez de l'ombre!

Écrit par : patricia Mesnigé-Marc | 15 avril 2006

Evidemment, à ce moment de l'émission, personne pour répondre que le certificat d'alors valait bien davantage que le brevet des collèges d'aujourd'hui. Et si on ne prend en compte que les épreuves proprement dites (pas le contrôle continu, soyons sérieux...), ce chiffre de 50p100 est-il atteint ?
Pas sûr du tout. Des statistiques existent-elles en la matière ?

DD

Écrit par : David | 15 avril 2006

À propos des remarques de David…
Bien entendu, il faut être attentif aux propositions des divers candidats. Encore faudrait-il qu'ils en fassent. Ségolène Royal refuse de sortir du bois, sachant fort bien que ce sera la fin de sa quiétude. Fabius a des idées, mais les garde pour lui. La Droite émet des critiques justifiées, mais se garde bien d'y répondre.
Pour mémoire, dans le livre (?) de Jospin paru à la fin de l'automne, il y avait cinquante pages sur la religion, mais rien, pas une ligne, sur l'Ecole.
Ce qui n'étonnera personne…
JPB

Écrit par : brighelli | 15 avril 2006

Oui david je comprends tout à fait votre point de vue.

Mais n'oubliez pas que sous le ministre, il y a toute une chaîne de petits maillons et que vous aurez beau avoir de très bonnes idées et très bien pensées si vous n'introduisez pas un minimum de "discipline" de "contrôles" et de sanctions ils vous casseront votre petit jouet. Outré de petit jouet ? pour eux ce n'est que cela ! Si nous n'avions des gens consciencieux, responsables et désintéressés tout irait mieux.
Mais vous passerez pour un fasciste, plein de gens bienveillants vous diront que cela n'est pas bien, que vous êtes un grand vilain. Et nous revoila avec un doigt dans un engrenage qui va nous prendre le bras.
Oui j'exagère, très sûrement, mais si peu...

Décourageons ceux qui voient dans le fonctionnaire une personne planquée qui attend le salaire le bec ouvert. Ne prenons pas ceux-là, ce seront les pires une fois dans le système.

N'oubliez pas que l'éducation, c'e sont des méthodes et des règles de travail mais vous avez des hommes et des femmes qui y travaillent et ils ne sont pas tous comme vous, comme moi, nous sommes tous différents et pas forcèment disposés à ce que le voisin réussisse là où nous avons échoué. Ne negligeons pas cette partie, sinon nos passerions dans quelques années, pour de pauvres penseurs qui n'aurons su monter encore une fois qu'une école de l'échec. Ne faîtes pas comme nos prédecesseurs si plein de bonnes intentions, paraît-il ?
Je peux me tromper, comme chacun.

Écrit par : stephane | 15 avril 2006

Dans l'urgence, je recopie un long mail de Pedro Cordoba, professeur à Paris-IV, qui analyse cet aspect de l'émission d'hier :

"La voix-off reprend l'antienne du "niveau qui monte" sur le thème des 50% qui avaient le certificat d'études. Or ce chiffre ne veut rien dire du tout si on ne le rapporte pas à des contextes historiques qui sont à des années-lumière l'un de l'autre. Près de 50% de la totalité des élèves faisaient au moins un an de plus (CC, EPS, lycée) que le certif. Cela signifie que le certif n'était pas, comme on l'imagine aujourd'hui, un diplôme terminal nécessaire à l'entrée dans le marché du travail (comme un BEP, un bac ou une licence). On n'avait absolument pas besoin du CEP pour travailler dans la France d'avant-guerre. Ni à la ferme ou chez un artisan, ni à la mine ou à l'usine. Le certif ouvrait des portes qui, toutes choses égales par ailleurs, sont aujourd'hui du niveau maîtrise (dévaluation de la valeur d'échange des diplômes). Mais il avait surtout une valeur d'usage, c'est-à-dire qu'il sanctionnait un "niveau d'instruction". La plupart de ceux qui avaient le certif n'en faisaient rien du tout puisque l'économie ne pouvait offrir suffisamment de postes correspondant à ce ce type de "qualification". Ils l'accrochaient donc au-dessus de leur cheminée et la seule utilité du diplôme était de montrer aux voisins et amis qu'on était une "personne instruite". C'est cela qui explique le chiffre relativement faible de "réussites" et non pas, comme sous-entendent les Prost et les Meirieu, que le niveau d'exigences était si élevé que la moitié des élèves échouaient en "primaire" alors qu'aujourd'hui tout le monde entre au collège (d'autant plus qu'il ne s'agissait pas du primaire au sens actuel). Le taux de réussite au CP était presque de 100%. Le problème c'est que sa valeur d'échange étant structuralement faible, il n'y avait que 50% des élèves à le présenter. Une double raison à cela : les instits ne présentaient qu'une partie de leurs élèves, ceux qui justement allaient réussir mais, en outre, beaucoup de parents ne souhaitaient absolument pas que leurs gamins poursuivent des études : on avait besoin de bras à la ferme et d'argent à la maison. Et le plus vite possible. Savoir lire, écrire, compter était plus que suffisant pour la plupart des parents. Et ces savoirs-là, les élèves les avaient acquis très vite, beaucoup plus vite qu'aujourd'hui et bien avant les 13 (puis 14) ans du certif. En fait, le chiffre de 50% est une moyenne. La France était coupée en deux et l'a été depuis le début XIX jusqu'en 1939 : une moitié était à 60% et l'autre à 40%. Or il n'y avait pas une moitié géographique des élèves qui était faite de "crétins" ni non plus des exigences plus faibles au certif dans la moitié du territoire. La différence tient au rapport des familles à l'instruction. Il y avait une moitié des familles qui "croyait" plus que l'autre à la gratuité du savoir (ie à sa valeur d'usage). Pourquoi? C'est, pour le coup, une longue histoire (des mentalités) que je ne peux développer ici.

Je ne sais pas si ce que je dis est très clair. De toute façon c'est presque impossible à "faire passer" à la télé même s'il s'agit de choses très simples car purement factuelles."

Merci à lui. J'espère qu'il y a là suffisamment d'éléments de réponse — et de pistes de réflexion.

JPB

Écrit par : brighelli | 15 avril 2006

Je retranscris un autre long mail de Guy Morel, très actif sur la liste de SPRIM (voir le site de Michel Delord, déjà signalé ici), qui sera, avec tant d'autres et moi-même, les 21,22 et 23 avril à Gien pour les journées du SLECC :

"J'ajoute que les élèves qui quittaient le CEP ne savaient pas seulement lire, écrire et compter. Réductrice comme toute formule ( mais pas la formule inverse : ils ne savent ni lire ni écrire ni compter, qui est parfaitement juste s'agissant des bacheliers d'aujourd'hui), elle ne rend pas compte de la richesse des savoirs transmis au Primaire. Un exemple : l'un de mes grands pères originaire de la Vienne avait suivi épisodiquement avant la première guerre les cours de la Communale. Puis,à 11-12 ans, requis à la ferme avait cessé de fréquenter l'école. Après la guerre, comme d'autres, il vient à la ville, devient ouvrier dans les filatures de la Somme, maçon dans la région parisienne, coffreur, chef de chantier. Or,faire un coffrage à cette époque, cela implique, lorsqu'il s'agit par exemple d'un escalier tournant,- et il en fait pas mal- des notions de descro ( ça se trace d'abord au sol). Où les avait-il acquises ? Sans doute pas à l'école, mais auprès de compagnons expérimentés. Mais cela signifie qu'à l'école, en peu de temps, lui avait été transmis ce qu'il fallait pour qu'il puisse en dehors de l'école apprendre la descro. De même de quoi, comme chef de chantier, lire un plan coté et le mettre en oeuvre sans erreur.
Maintenant, imaginons par malice une situation inverse : on prend un bachelier de série S et on lui dit : voilà, mon garçon, un plan coté d'un escalier à vis ; tu as a ta disposition des planches, du béton, une équipe de bons maçons. On revient dans une semaine voir où tu en es."

Sans commentaires.
JPB

Écrit par : brighelli | 15 avril 2006

A Stephane :

Je suis pour une part d'accord avec vous. Je suis moi-même intendant d'un collège et je peux observer avec une certaine distance certaines choses. Tout cela ne sera pas facile à bouger, j'en conviens aisément. Il y a une douzaine d'années, on disait que seul un référendum en début de mandat pouvait donner la légitimité à changer les choses dans ce ministère. Autre piste de réflexion. Surtout que, comme le dit justement JPB, ces idées de fin de récré sont loin d'être impopulaires.

Écrit par : David | 15 avril 2006

Mr Brighelli, David, vous cherchez des hommes, ou femmes bien-sûr, politiques valables. Simple tournons nous vers celles et ceux qui ont pris des positions claires et tranchées pendant la crise du CPE. Il y a de quoi se sentir un peu seul.....
Pour l'éducation: attendons de voir dans quel sens tourne le vent... et si cela sent bon.

Écrit par : stephane | 15 avril 2006

Comme vous avez parlé du CPE au cours de ce fil, je vous fais
suivre en lien un texte sur le CPE écrit par un avocat et qui m'a semblé trés instructif à lire. Ce monsieur a une trés belle plume, et son analyse m'a fait réfléchir. C'est toute la différence à mon avis , entre discuter sur la base de savoirs maîtrisés et surfer sur les opinions ou informations sans références exactes, dans les médias, dans les syndicats, dans la rue... Que de boulot en perspective pour les jeunes étudiants.(et pour moi...)
http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/03/25/309-faisons-le-point-sur-le-cpe

Écrit par : DG | 15 avril 2006

Chiche, on compare. Manuel de grammaire "Souché & Lamaison". Edition de 1953, niveau 4ème (p.68).

------------------------------------------------------------------
Le passé antérieur : successions d'actions isolées qui ne se répètent pas.

Nausicaa et ses compagnes : "Quand elles eurent lavé les vêtements, et que toutes les souillures furent effacées, elles les déployèrent en ordre sur le bord de la mer en un lieu couvert de petits cailloux." (Homère.)

[...]
1. Mettez au plus-que-parfait les phrases d'Homère [...]
2. Puis construisez deux phrases dont les subordonnées sont au passé antérieur.
3. Vous modifierez ensuite ces deux phrases de façon que les subordonnées soient au plus-que-parfait.
-----------------------------------------------------------------

A vue de nez, j'aimerais bien qu'on me dise quel est le pourcentage d'élèves de 4ème qui parviendraient à faire ce genre d'exercices aujourd'hui (tirés d'Homère, s'il vous plaît).

Chiche on essaie ?

Écrit par : Pierre-Henri | 16 avril 2006

Non, on n'essaie pas ! Je raconte dans À bonne école qu'un universitaire expert en sciences de l'éducation expliquait doctement sur les Amphis de la Cinq, un matin récent, qu'on ne doit pas dire "Ce sont les gens qui…"
mais "C'est les gens qui". Et il enseigne en IUFM — et à des étrangers qui ne lui ont rien fait (c'était officiellement un cours de FLE, le Français Langue Etrangère, visant à prouver la supériorité des grammaires actuelles sur celles des années 50…).
JPB

Écrit par : brighelli | 16 avril 2006

à vue de nez si on en a un pour un million, on pourra s'estimer content...rires...
exercice qui ferait grincer des dents plus d'un "néo-pédagogiste" mais il serait aussi très intéressant que l'exercice soit aussi donné aux étudiants en licence de Lettres...
Merci Pierre-Henri de m'avoir donner l'occasion d'en rajouter dans le cynisme...
quant à savoir qui est Homère, on pose la question ou serait-il plus raisonnable d'oublier...

Écrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 16 avril 2006

Je vous rassure tous les cours de FLE ne sont pas de ce mauvais haut niveau...sourire...

Écrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 16 avril 2006

A vue de nez (mesure au moins aussi précise qu'une thèse en sciences de l'éduc), je dirais que les exercices du Souché & Lamaison sont à la portée d'un candidat consciencieux au CAPES de lettres modernes. Sachant qu'il est de moins en moins nécessaire d'être consciencieux pour l'obtenir, à cause de la crise des recrutements.

Si les éditeurs envisagent réellement de simplifier "Fantômette", je ve vois pas ce qu'il pourrait rester d'Homère.

Écrit par : Pierre-Henri | 17 avril 2006

Je m'interroge de plus en plus...
entendu ce matin dans un documentaire sur la chaine "Voyage":
"Nous sommes très vite confrontés aux paysages superbes"...les paysages étaient en effet superbes mais l'utilisation du verbe confronter est-elle judicieuse?(ceci n'est qu'un exemple)
je suis très inquiète car j'ai de plus en plus l'impression de parler une langue différente et j'ai le sentiment que ce manque d'approfondissement dans l'étude de notre langue (en particulier en primaire) tant d'un point de vue grammatical que lexicologique va générer le plus grand clivage qu'il ait jamais existé entre les générations...Nous pouvons aujourd'hui appréhender les conséquences de la deliquescence de notre école mais je crois que la réalité va de très loin dépasser la fiction et dans pas si longtemps que cela....
j'émets une proposition:
l'allocation rentrée scolaire est versée , sous conditions de ressources, dès que nos enfants atteignent l'âge de 6 ans– je ne suis pas sûre qu'elle soit toujours utilisée ,malheureusement et en partie à cause de la paupérisation galopante, pour acheter le matériel scolaire–Mais je me dis qu'on pourrait peut-être envisager d'offrir avec cette allocation un bon pour un dictionnaire (avec comme notice de mode d'emploi: à laisser trainer à portée de main des enfants)....
Dans le même ordre d'idée et dans le cadre d'une loi cohérente sur cette tartuferie qu'est "l'égalité des chances", on pourrait envisager, avec pour modèle le système des bons vacances, de permettre aux familles les plus démunies d'avoir des bons pour des cours de soutien scolaire...
mais je dois encore être une rêveuse naïve.

Écrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 17 avril 2006

Petite note d'espoir tout de même :

J'ai l'honneur de fréquenter un forum internet de supporteurs de football. La charte du forum proscrit le langage SMS. Les piliers du forum remettent gentiment dans le droit chemin ceux qui ne font visiblement aucun effort en orthographe.
Je peux donner l'exemple d'un jeune qui doit passer le brevet cette année et qui a fait des progrès énormes à force de fréquenter le forum. Son professeur de français l'a, paraît-il, félicité...

Tout le monde n'y verra pas ici un motif d'espoir. On peut aussi penser que le niveau est tombé bien bas pour que des incultes supporteurs de football deviennent de meilleurs enseignants de notre langue....

Mais on peut aussi penser, et c'est mon cas, que les profondeurs du pays réagissent.

Écrit par : David | 17 avril 2006

Le forum http://www.cultureco.com, dédié aux étudiants de bts, proscrit également le langage SMS. Le membre est d'ailleurs automatiquement banni. Le webmaster est un enseignant de l'Ile de la Réunion. Toutefois, je précise que cela n'empêche pas certains de commettre des fautes grossières.

Mais je dois avouer, l'effort reste bien entendu louable !

Écrit par : Sandra WAGNER | 17 avril 2006

Patricia, bonne idée, ce crédit d'enseignement personnalisé… En revanche, un dictionnaire, je ne sais pas : Larousse essaierait de s'imposer sur Hachette, et certains parents le revendraient, de toute manière…

Si les supporters de foot ont senti eux aussi qu'il fallait s'insurger contre la baisse du niveau, nous sommes sur la voie de la victoire…
JPB

Écrit par : brighelli | 17 avril 2006

Certes, certains parents revendraient le dictionnaire mais on peut supposer que d'autres le garderaient et ce serait déjà ça de gagner! Mais c'était une proposition parmi d'autres et il y en a beaucoup à envisager car je crois qu'on a la chance d'être dans un pays où il y a encore une politique sociale...Et si demain on avait enfin une politique orientée vers l'enseignement, si enfin on redonnait une dignité à tous ces élèves qui fréquentent nos écoles...Car je suis de plus en plus convaincue que ce système méprise profondément non seulement les élèves mais aussi les enseignants...Ne pas vouloir le "meilleur" est une forme de mépris de la personne car c'est considérer qu'elle n'est pas capable dans le premier cas de l'atteindre et dans le second de l'enseigner ...

Il serait intéressant de faire une étude approfondie sur les bénéficiaires du RMI et leurs véritables besoins, j'ai le sentiment qu'on pourrait sans doute prendre conscience qu'en aidant les bénéficiaires de cette allocation dans une optique de revalorisation de ces personnes notamment par le biais de l'accès à la culture et au savoir, on réveillerait beaucoup de volontés...Mais je rêve, je rêve naïvement... Il y a une réforme à mettre de toute urgence en place dès le primaire en restaurant un enseignement de base digne de ce nom. Mais il y a aussi à envisager très sérieusement des solutions pour ces deux générations qui viennent d'être sacrifiées....
Il est peut-être temps aussi, d'aider ces associations qui se montent un peu partout et luttent contre l'analphabétisme en venant au secours de toutes ces personnes dans une grande souffrance de ne savoir ni lire ni écrire et dont le taux ne cesse d'augmenter....

Écrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 17 avril 2006

Plus que la correction, ce qui m'inquiète est le rétrécissement du vocabulaire. Il faudrait parvenir à mesurer le vocabulaire moyen des élèves au fil du temps, et voir la quantité de mots qu'ils ont perdus. Et nous aussi, finalement : quand je lis les auteurs du passé, je suis emmerveillé par l'amplitude de leur lexique, que j'aurais bien du mal à égaler.

A chaque fois que nous oublions des mots, nous perdons avec lui une part de monde, une possibilité de saisir les nuances et de mettre les choses en relation.

C'est comme si on prenait le clavier d'un piano, et qu'on retirait les touches les unes après les autres. Peu à peu, nous en sommes réduits à quelques accords, puis de moins en moins, puis seulement quelques notes.

Comme l'écrivait Claude Lévi-Strauss (qui lui savait tous les mots du dictionnaire) :

"L'humanité s'installe dans la monoculture. Elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera bientôt plus que ce plat."

Écrit par : Pierre-Henri | 17 avril 2006

Monsieur

J' enseigne en collège rural depuis 23 ans (en Français)

J' applique depuis quasiment mes débuts une pédagogie très éloignée de la votre (J' apprécie Meirieu, votre "Grand Satan!)

Mes élèves s' en portent très bien. La plupart ont réussi leurs études secondaires, sont devenus médecins, professeurs agrégés (comme vous) ou maçons. Ils sont épanouis et heureux

J' ai lu votre livre "A bonne école"... C' est en gros un appel à un retour en arrière de 50 ans, c' est à dire à l' époque ou 70% des élèves du primaire n' étaient même pas présentés au Certificat d' études. Mais ça évidemment vous l' oubliez...

Le niveau baisse?????? Tout cela parceque maintenant les agrégés (comme vous) VOIENT les élèves qui sont en difficultés en telle ou telle matière?

Ah le bon temps où vous aviez devant vous des élèves triés sur le volet, gentils "toutous" obéissants formatés, clonés et futurs agrégés aussi. Les autres, vous les ignoriez persuadés que vous étiez que ceux là n' existaient pas.

Et bien ils existent et ne sont pas, loin s' en faut, des crétins!

Hélas vous réduisez la jeunesse à des "jeunes nikés de la tête aux pieds" ne s' exprimant que par "borborygmes". la "racaille" dont parle un certain Nicolas sans doute...

Et bien ces jeunes, contrairement à vous, je les ai devant moi tous les jours et ils sont talentueux, inventifs, curieux... Ils peuvent être aussi grossiers, dissipés... Mais ils existent et savent AUSSI apprendre et retenir une tirade du CID.

Et je les AIME ces élèves!

Jenny

PS: l' appel lancé par P Meirieu a reçu 10 000 signatures; celui du collectif "Sauver les lettres"...400. Bon courage!

Écrit par : jenny | 17 avril 2006

Personnellement je serais également d'avis que l'on cesse de stigmatiser les chômeurs et surtout les RMISTES en prétendant qu'ils sont la cause et l'origine principale du chômage endémique en France....Les "privés d'emplois" comme je les appelle ne sont pas des paresseux ! Voilà le gros mot est dit !

Cette théorie est à mes yeux particulièrement abjecte dans le sens où ces personnes cumulent les handicaps (santé, absence de formation, absence de culture, absence de revenus financiers décents et j'en passe). Les RMISTES sont simplement relégués soit dans des formations dites "qualifiantes" ou soit ballotés entre je ne sais combien de tours de passe passe dont on connaît les succès éloquents....

Il serait peut être temps d'évaluer leur potentiel correctement et de leur dispenser une formation valable débouchant sur un diplôme reconnu par les professionnels. L'Etat parviendrait certainement à réaliser des économies substancielles.

Écrit par : Sandra WAGNER | 17 avril 2006

« LA SORTIE, C’EST DEVANT ! »

Après lecture de l’entretien accordé à Jean-Paul Brighelli dans le numéro de Télérama du 14 décembre 2005, je trouve inquiétant de la part d'un journal plutôt "respectable" de colporter les propos malhonnêtes de ce monsieur sans droit de réponse en regard, sans réel débat ni contradiction de la part du journaliste – bizarrement comme en empathie avec son interlocuteur.
Malhonnêtes les propos de M. Brighelli ? Oui, car bourrés de contradictions, de mensonges, de contrevérités - ce qui, au passage, n'empêche pas le journaliste d'écrire, comme s'extasiant, que ce monsieur « ne mâche pas ses mots ».
Eh bien, il aurait dû, cela nous aurait épargné généralisations douteuses et refrains passéistes ! La complainte du « c’était mieux avant » devrait toujours nous alerter : personnellement, je ne rêve pas d’un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître et où l’on arrachait les dents sans anesthésie et je ne veux pas que les femmes soient obligées de souffrir en accouchant, par exemple !
Comme le dit Antoine Prost, historien de l’éducation, dans Le Monde de l’Education n° 330 de novembre 2004, « le jugement de valeur « c’était mieux avant » ou « c’est moins bien aujourd’hui » n’a pas de sens. Il conduit trop vite à faire l’impasse sur le jugement de réalité. […] Toute solution qui est un retour au passé est impossible et discréditée d’elle-même. Les conditions sociales, familiales, économiques sont différentes. Une bonne solution un jour est inadaptée le lendemain. L’histoire ne repasse jamais les plats. La sortie, c’est devant. »

Quand M. Brighelli parle d’« un enseignement digne de ce nom » qu’entend-il par là ?
Il nous souffle bien sûr qu’il s’agirait de celui de « l’école traditionnelle, disons celle des années 1960 » et nous propose donc d’y revenir.
J’ai été élève dans les années 60 et mon école jouxtait un bidonville, il y avait donc dans ma classe bon nombre d’enfants portugais et espagnols. Je n’ai pas le sentiment qu’ils aient été mieux pris en compte par l’institution alors. Ceux qui ne comprenaient pas étaient laissés en fond de classe comme de simples plantes vertes ! Et je n’ai vraiment pas le sentiment que l’école de ces années-là me transmettait « des savoirs sophistiqués et créatifs » et « ce minimum d’esprit critique » dont parle M. Brighelli en oubliant en réalité tout ce qui fait la différence entre ces années et celles que nous vivons. Il préfère le mythe à la réalité. Combien nous grise l’odeur de la naphtaline !
Dans cette fameuse école des années 60, tous les enfants n’étaient pas scolarisés, tous les élèves, au sortir de l’école primaire, n’intégraient pas le collège, le taux de chômage n’était pas le même, la télévision n’était pas présente dans tous les foyers, l’urbanisation n’était pas ce qu’elle est, etc.
En ignorant volontairement ces aspects, M. Brighelli réécrit l’histoire. Tant d’autres l’ont fait, pourquoi pas lui ! Mais non content d’être un menteur par omission, M. Brighelli se montre aussi injurieux, d’une part, envers les enseignants des quartiers difficiles, ces « zones entières de « non-savoir », comme on dit de non-droit, où la difficulté des apprentissages s’efface derrière les joies ludiques de l’oralité et de l’expression libre », et, d’autre part, envers ceux qui essaient de penser leur pratique, de la frotter au renouvellement, au changement, à la difficulté, aux théories pédagogiques et qui se voient taxés d’être des crétins, « qui, habiles didacticien et malins démagogues, se targuent de « nouvelles pédagogie » et « de [leurs] excellents résultats ».

Enseignant en ZEP depuis plus de vingt ans, maître-formateur auprès de l’IUFM de Paris, je ne peux laisser passer de telles allégations. Il y a là une généralisation éhontée de certaines pratiques minoritaires. La plupart des équipes pédagogiques qui travaillent dans ces quartiers difficiles font preuve de rigueur, d’inventivité. Elles ont à cœur d’apprendre aux élèves de leurs écoles à lire, à compter, à écrire et à penser !
Elles savent également que, les élèves étant une composante essentielle dans l’acte d’enseigner, on ne saurait enseigner de la même manière selon que l’on se trouve dans une école en ZEP ou dans celle d’un quartier « huppé », mais que le contenu de l’enseignement ne change pas, lui. Il est établi par des programmes qui, quoi qu’en disent M. Brighelli et autres « Sauver les lettres », ne manquent pas d’ambition, bien au contraire.
Et oui, l’oralité est nécessaire qui dit ce travail à l’œuvre dans une classe entre l’enseignant et ses élèves, entre les élèves eux-mêmes, entre les élèves et les savoirs. Argumenter lors d’un débat, mieux comprendre un texte en le disant, émettre des hypothèses, faire entendre sa voix même pour se tromper… Comme si, seul l’exercice écrit possédait des vertus !
Et oui le jeu peut être un moyen, et non une fin, pour accéder à des savoirs.
Quant à l’apprentissage par cœur et aux devoirs du soir, ils sont, quoi que M. Brighelli puisse affirmer, toujours au goût du jour et il faudrait que ce monsieur voie un peu plus loin que le bout de son nez en allant vraiment dans des classes autres que la sienne, chose que je fais de nombreuses fois dans l’année en tant que formateur. Il a, en revanche, raison lorsqu’il dit qu’il faut « faire confiance aux équipes pédagogiques ». Mais, attention, ne nous y trompons point, non parce qu’ « elles savent mieux que quiconque ce qui convient à leurs élèves », vision qui sous-entend que seuls les enseignants pourraient parler de l’école et auraient le monopole du réel et qui nie l’apport des différentes recherches en éducation, en sciences cognitives, etc., mais bien parce que ces équipes sont constituées de femmes et d’hommes qui ont choisi ce métier et qui l’exercent avec conviction et sens des responsabilités. Et qui sont loin de ressembler à ces « animateurs chargés de diriger des activités d’éveil et d’organiser des sorties pédagogiques ou transversales » si caricaturaux, mais seront, en revanche, bien meurtris de lire que l’école dans laquelle ils enseignent est un « lieu de vie où l’on apprend à ne pas apprendre. »
Quel mépris ! Quelle morgue dans ces propos !
Quelle naïveté - quelle bêtise aussi – quand M. Brighelli assène cette sentence définitive que le journal se permet d’encadrer – pour en distinguer le ridicule, j’espère : « Jamais Albert Camus, fils d’une femme de ménage illettrée mais poussé par un instituteur à l’ancienne, ne pourrait aujourd’hui avoir le Nobel de littérature » !
A croire que seul cet instituteur – à l’ancienne, comme la moutarde du même jus et qui me monte au nez en ce moment ? – a fait de Camus ce qu’il fut. Comment le journaliste peut-il laisser passer de telles inepties, formules à l’emporte-pièce dont se goinfre la presse à scandales ?

Et enfin, comment peut-il laisser dire sans réagir qu’« aujourd’hui la majorité des enfants ne savent plus lire, ni compter, ni écrire, encore moins penser. » ? Sur quelles études, sur quelles données jean-paul Brighelli s’appuie-t-il pour avancer quelque chose d’aussi grave ?

Il faut faire très attention, le vent qui souffle ces temps-ci à des relents pestilentiels de déjà-vu. Tout nous pousse à nous replier sur nous-mêmes, à errer sans fin à la recherche d’un âge d’or perdu, mais, ce faisant, nous nous coupons du monde, de ceux, multiples, qui le composent, et nous faisons le lit de tous les extrémismes. Il n’en est que plus important de voir que c’est par l’école que passera un avenir apaisé, mais une école vibrant de la diversité des enseignements, qui sache répondre à la diversité de ses élèves, et non une école frileuse, repliée sur un dogme, et n’ayant que son passé à proposer comme réponse au malaise ambiant. La sortie, c’est, effectivement, devant.


Pierre-Yves Refalo, PEMF, Paris 18e

Écrit par : jenny | 17 avril 2006

Si vous pensez que Monsieur Brighelli se trompe, Jenny, je vous suggère de lire "L'Horreur pédagogique" et nous verrons si vous êtes encore du même avis...

Ce n'est qu'un simple conseil....(à titre d'infos). Les aberrations lues sur le forum dans lequel j'interviens régulièrement me parlent nettement plus et se passent de commentaires. (tant sur la maîtrise de la langue française que sur un plan purement culturel)

Je pèse définitivement mes mots, persiste et resigne : ce sont des aberrations, rien de plus....Et pour de futures assistantes de direction censées rédiger rapports, courriers ou comptes-rendus à longueur de temps sans la moindre faute, personnellement j'ai peur pour elles...

Écrit par : Sandra WAGNER | 17 avril 2006

Pour info :
l'Horreur pédagogique, de Guy Morel et Daniel Tual-Loizeau, Ramsay, 1999.
JPB

Écrit par : brighelli | 17 avril 2006

Je trouve très bizarre, pour ne pas dire plus, de ressortir de la naphtaline une interview qui a eu lieu il y a plus de quatre mois. Je ne suis déjà plus dans le lieu d'où je parlais alors — je suis bien plus loin. Voir À bonne école…
Il y a aujourd'hui une contre-offensive de tous ces formateurs de formateurs, dont je propose le renvoi en classe — la formation doit se faire sur le terrain, pas dans des Instituts coupés du réel. Panique à bord ! On touche à nos privilèges…
J'adore ces belles consciences qui doivent se prétendre de gauche et qui luttent pour le maintien des privilèges… À quand une nouvelle nuit du 4 août ?
Ou au moins, un audit indépendant des IUFM…
Hasta la vitoria siempre !
JPB

Écrit par : brighelli | 17 avril 2006

Champignaciens, champignaciennes !

Quel est donc ce Monsieur Brighelli, dont les idées rétrogrades provenant d'un passé révolu constituent la goutte d'eau qui met le feu au vase ? Quel est cet individu, dont la lecture des théories aux relents pestilentiels envenime la moutarde qui monte à nos nez rougis par la colère ?

De telles inepties, telles qu'elles sont colportées par une certaine presse qui se vautre dans certains scandales, ne feront pas reculer l'avenir radieux qui se profile dans les sourires de notre jeunesse qui, ne l'oublions pas, forme le futur d'une nation qui regarde devant elle !

Nos beaux Instituts, dont les voiles sont gonflées par le vent de la créativité qui mènera loin le char de nos réflexions jusqu'aux sommets de l'innovation pédagogique, nos beaux instituts ne reculeront pas devant l'avancée de l'arrière-garde que vous représentez, du haut de vos basses contradictions.

Il n'en est que plus important d'affirmer que les ombres du passé, malheureusement mises en lumière, faibliront face à l'éclairage qu'apporteront les hommes et les femmes qui se donnent pour mission d'allumer l'étincelle, seule capable de guider la vibrante diversité de notre école, non vers un âge d'or perdu, mais vers les responsabilités d'un futur qui frappe déjà à notre porte depuis longtemps.

Non, Monsieur Brighelli ! Tant que nos bouches de formateurs parleront d'une aussi belle éloquence, faisant taire les silences consternés d'adversaires qui, de toutes façons, n'ont rien à dire, jamais les forces de l'immobilisme que vous représentez ne parviendront à se mettre en marche !

Écrit par : Pierre-Henri | 17 avril 2006

"Je trouve très bizarre, pour ne pas dire plus, de ressortir de la naphtaline une interview qui a eu lieu il y a plus de quatre mois. Je ne suis déjà plus dans le lieu d'où je parlais alors — je suis bien plus loin. Voir À bonne école…
Il y a aujourd'hui une contre-offensive de tous ces formateurs de formateurs, dont je propose le renvoi en classe — la formation doit se faire sur le terrain, pas dans des Instituts coupés du réel. Panique à bord ! On touche à nos privilèges…
J'adore ces belles consciences qui doivent se prétendre de gauche et qui luttent pour le maintien des privilèges… À quand une nouvelle nuit du 4 août ?
Ou au moins, un audit indépendant des IUFM…
Hasta la vitoria siempre !
JPB

Ecrit par : brighelli | 17 avril 2006"

Et bien au moins on a réanimé ton blog! Parcequ' il était un peu moribond!

"J'adore ces belles consciences qui doivent se prétendre de gauche et qui luttent pour le maintien des privilèges"

En fait il est là ton problème! Tu ne supportes pas la gauche. Ton combat est politique. L' Ecole et les les élèves tu t' en fous!

Privilèges????? Attends l' agrégé à 16h par semaine, tu ne serais pas le 1er des privilégiés????? Tu sais ce que c' est une ZEP????

Et réponds plutôt point par point au texte de PY Refalo! Et ARGUMENTE!

J' attends! (Je crois que je peux attendre longtemps!)

Jenny

Écrit par : jenny | 17 avril 2006

"Les commentaires du narrateur sont tellements affligeants qu'ils semblent avoir été écrits par Philippe Meirieu lui-même."

Ce blog sent le lynchage à plein nez! Le temps de l' épuration est passé! Réveillez vous!

ADIEU ET RESTEZ DANS VOTRE NAPHTALINE!

Bonne nuit

Écrit par : jenny | 17 avril 2006

"Imaginons une professeur (je refuserai toujours d'écrire des barbarismes contre la langue du genre "professeure") des écoles nouvelle formule…"

Je n' ai pas pu résister à celle là!! Je suis morte de rire!!!! Monsieur se refuse à écrire des barbarismes contre la langue du genre "professeure"!!!! (Entre nous, pour un agrégé de Lettres, la formule est d' une lourdeur à faire pleurer un élève de Première! Mais passons!)

Monsieur l' agrégé donneur de leçons, sachez que la langue française est, entre autres, un fomidable vivier de barbarismes!!! Mais vous ne la voyez pas VIVRE cette langue?????

Allez je me casse! Oui je sais (et je le fais exprès évidemment), c' est d' un vulgaire!!!!

Ecoeurant!

Jenny

Écrit par : jenny | 17 avril 2006

"Quel est donc ce Monsieur Brighelli, dont les idées rétrogrades provenant d'un passé révolu constituent la goutte d'eau qui met le feu au vase ?"

En fait j' ai l' impression qu' il ne supporte pas que Meirieu fasse plus de temps d' antenne que lui

Bon cette fois j' y vais parceque franchement on perd son temps . ELLE EST ICI L HORREUR PEDAGOGIQUE!!!!!

Jenny

Écrit par : jenny | 17 avril 2006

juste une question à Jenny:
qu'auriez vous pensé des écrits d'un certain Soljenitsyne si il ne les avait signés que de son prénom Alexandre?(et il aurait eu de très sérieuse raisons de le faire...)
Sous couvert d'anonymat on peut se décharger de tout son fiel mais cela n'est guère constructeur...Je vous remercie d'apporter de l'eau à mon moulin, par vos propos et la manière dont vous les tenez, quant au choix que nous avons fait d'écarter nos enfants de ce système où la critique n'engendre que "vilipenderie".....Vous défendez votre image de l'école mais sachez accepter que d'autres soient très loin de partager votre vision idyllique et surtout sortez de votre tour d'ivoire et écoutez ce qui se passe autour de vous, essayer de comprendre un peu plus les réalités du quotidien de vos élèves et de leurs parents...
Je ne viens pas ici pour défendre les propos de Mr Brighelli , mais ,surtout et avant tout, pour faire part de mon malaise face à ce que l'école fait de nos enfants...Je dois cependant dire qu'il se fait l'écho de beaucoup d'anonymes qui voudraient pouvoir crier leur colère et qui aimeraient que cela change...nous ne sommes pas dans un monde où tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil...

Pierre-Henri je suis malheureusemment en accord avec votre conclusion...
je suis d'autant plus affligée que mon beau fils qui vient de passer le brevet blanc nous a tenu ce we des propos qui m'inquiètent fortement...il m'a montré son brouillon de l'épreuve de français pour me demander mon commentaire, je l'ai trouvé nul surtout que connaissant ce qu'il est capable d'écrire, j'étais atterrée d'une telle platitude dans son texte , il m'a expliqué que son prof de français lui avait conseillé d'écrire ainsi, car pour réussir il devait se mettre dans le moule et répondre à ce qu'on exigeait et qu'il devait se contenter d'écrire des phrases avant tout correctes, peu importait que le récit soit sans aucun intérêt et que si on lui demandait de raconter une journée au cirque, il devait éviter d'y aller de sa verve et de son humour au 3ème degré comme il a coutume de le faire et se contenter d'un récit narratif banal du style: "je suis allé au cirque avec ma petite soeur, j'ai mangé une glace et vu les lions"... qu'il devait faire profil très bas et se plier aux règles, il se défoulerait plus tard une fois qu'il aurait atteint son but...comment peut on admettre qu'un enseignant en soit réduit à donner de tels conseils! Son prof n'est pas à blamer et il a raison car il essaie de l'aider du mieux qu'il peut à éviter d'être considéré comme un paria mais je plains davantage ce prof qui doit franchement ronger son frein...
Mis à part cela , tout va très bien madame la marquise....

Écrit par : Patricia Mesnigé-Marc | 17 avril 2006

"Les commentaires du narrateur sont tellements affligeants qu'ils semblent avoir été écrits par Philippe Meirieu lui-même."

Ce blog sent le lynchage à plein nez! Le temps de l' épuration est passé! Réveillez vous!

ADIEU ET RESTEZ DANS VOTRE NAPHTALINE!


Jenny, je suis effectivement fier d'avoir écrit cette phrase.
Philippe Meirieu, n'est-ce pas cet homme qui, 10 ans après, regrettait d'avoir déclaré qu'il fallait apprendre aux enfants à lire dans des manuels d'électroménager "car au moins cela leur servirait plus tard". 10 ans pour s'apercevoir qu'il les méprisait ainsi.
Rassurez nous ! Il vous faut moins de temps ?

DD

Écrit par : David | 18 avril 2006

Meirieu et moi…
Tous deux présents dans le prochain "Café Picouly", sur la Cinq (dans huit-dix jours). Un vrai match à la loyale, avec un temps de parole équivalent. Des choses quasi sensées émises par l'un et l'autre, entre autres cette affirmation du grand homme : les IUFM sont loin, très loin de ce dont il avait rêvé…
JPB

Écrit par : brighelli | 18 avril 2006

À Pierre-Henri…
Splendide ! Magnifique morceau d'éloquence, du second degré comme je n'en avais plus lu depuis le discours des comices agricoles de Madame Bovary — c'est dire !
L'humour de PH donne la juste mesure des invectiuves de Jenny…
Merci encore…
JPB

Écrit par : brighelli | 18 avril 2006

Bonjour,
je suis totalement en accord avec votre raisonnement. Je pense, d'ailleurs, que vous détenez certaines solutions.
Je voulais donc savoir si vous aviez quelques contacts avec des "candidats à la candidature" des deux grands partis. Je pense notamment à Ségolène Royal car je suis persuadé que votre raisonnement peut la séduire.
Merci.

Écrit par : wl | 18 avril 2006

Bonjour Jean-Paul. Juste une précision : ce n'est pas Jenny que je visais, mais l'estimable formateur Refalo. J'évite de m'attaquer aux professeurs eux-mêmes, car je sais à quel point ils font un métier difficile, peu reconnu et mal rémunéré.

En revanche, quand on s'affuble d'un titre aussi pompeux que "Formateur Associé dans un Institut Universitaire", on a intérêt à maîtriser autre chose qu'une éloquence de basse cour pour appuyer ses prétentions.

Ce qui m'amène à ma seconde remarque : il faudrait faire psychanalyser cette haine du diplôme, en particulier quand elle vient des professeurs eux-mêmes. D'un côté ils se tartinent des titres ronflants sur les CV à n'en plus finir ; de l'autre, ils crachent sur les agrégés et les universitaires.

Je ne sais pas comment vous faites pour tenir le coup mais, de mon côté, j'en ai ras le bol d'être constamment dénigré pour avoir réussi mes études. La compétence est-elle devenue marque d'infamie ?

Écrit par : Pierre-Henri | 18 avril 2006

Je les avais oubliés, ces bons vieux discours du Maire de Champignac, à l'époque où Franquin et Yvan Delporte animaient Spirou et Fantasio !!

Merci à Pierre-Henri de nous les faire revivre, son exercice de style était parfait !

Cela me fait me rappeler que le journal "Spirou", dans le début des années 70, proposait, à titre de jeu hebdomadaire, de reconstituer chaque semaine un "discours" de cette même eau, dans une grille où les lettres pouvaient s'obtenir en répondant à un vaste questionnaire de culture générale. Le discours final était la savoureuse récompense ultime.

Un jeu qui était proposé alors à des lecteurs d'une dizaine ou d'une douzaine d'années. Aurait-il encore sa place dans le même type de presse aujourd'hui ? J'en doute fort !


*** En attendant, ça m'aura donné l'occasion de poster mon premier message sur ce blog, que je viens de découvrir ces derniers jours, suite au passage de JP Brighelli chez Ruquier.

J'aurai sans doute l'occasion d'intervenir de nouveau, le "monde parallèle" (parallèle à l'Education Nationale) des Conservatoires et Ecoles de Musique dans lequel j'enseigne étant lui aussi en proie à des accès de "pédagogisme" très semblables à ceux que vous connaissez chez vous. Il serait fort étonnant que ce soit le fait du hasard…

Chez nous aussi il y a des résistants.

En attendant, j'apprends beaucoup, ces jours-ci !

Argo.

Écrit par : Argo | 18 avril 2006

@ wl : pour le fait que Ségolène puisse être d'accord avec les idées de JPB, je pense que vous vous mettez le doigt dans l'oeil. Au contraire, mille fois au contraire, Ségolène semble dans la droite ligne de l'IUFM, et pense que les profs sont des "animateurs" et pas seulement des "enseignants", ce qui est un discours bien connu de nos instituts préférés. Non, aucun candidat ne semble destiné à porter les idées de réforme de Brighelli. Soit ils cherchent la destruction totale du système scolaire français, qui coûte cher, etc., soit ils sont convaincus du bien fondé des sciences de l'éducation, mais par leur travail facilite celui de la première catégorie.
Et pourtant, pourtant, il y aurait tant à faire en récupérant les fonds là où ils sont tenus secrets : IUFM, écoles privées...

Écrit par : Lumi | 18 avril 2006

Cher Lumi,

je crois qu'elle est moins sectaire que vous ne le pensez ! A Monsieur Jean-Paul BRIGHELLI de trouver les mots pour la convaincre !

Écrit par : wl | 18 avril 2006

Je suis affligé de voir certains commentaires:

Mais oui notre école va très bien, mais oui tous les élèves en ZEP sont des gentils et disposés à écouter leurs professeurs, oui oui !!! mais oui, nos étudiants en thèse sont beaucoup plus intelligents qu'avant donc le niveau monte, mais oui les personnes qui sont dans le système sont toutes désintéressées et oeuvrent pour une meilleure éducation... Oh, quel monde merveilleux vous me décrivez, comme dans les contes.

OUI crions le haut et fort, Notre école va bien !!!!

Et il est écrit que Monsieur Brighelli est malhonnète... Ah, vous avez éclairé ma journée... Par contre, donnez moi le nom de votre Pays que j'y mette mes enfants.

Écrit par : stephane | 18 avril 2006

A Lumi :

Un candidat à la candidature semble accessible aux idées de JPB. Il s'agit de Nicolas Dupont-Aignan. Il n'a pas encore formulé ses propositions mais je ne pense pas que ce soit un partisan du néo-pédagogisme. Mais malheureusement quelques signatures lui manqueront peut-être pour pourvoir être réellement présent au premier tour.

Écrit par : David | 18 avril 2006

Pour ceux qui pensent que tout va bien dans notre école:

Pourquoi je ne vois plus des Mohamed, des Samir, des Ben en thèse ? Pourquoi ne puis-je plus discuter , jouer au foot, manger avec eux ? Parler de nos différences de culture ?

Suis-je dans un milieu raciste pourtant de gauche ? Sont ils des cancres finis ?? Ou y'a t'il autre chose ?? expliquez moi SVP

La liberté d'expression cela s'apprend, non pas en interdisant ni en éduquant mais par le respect et le dialogue, le vrai !!
Or, avec toutes les bonnes pensées inculquées les enfants ne savent plus quoi croire ou d'autres ne le savent que trop bien. Réapprenons leur l'esprit critique.

Si je ne partage pas toutes les idées de Mr Brighelli je les respecte et notre école ne peut qu'y gagner. Je regarde le monde de l'éducation avec d'autres yeux, il y a des choses merveilleuses dans l'école pour nos enfants, mais il y en a d'excécrables !!!

Un exemple:
Imaginez un étudiant remplir ses rapports de fautes d'orthographe, (je suis gentil j'appelle cela du massacre et je suis loin d'être un modèle), imaginez l'impact auprès d'un industriel, imaginez un chercheur anglais lire la rapport et constater que l'étudiant FRANCAIS ne sait pas écrire dans sa propre langue, car lui la maîtrise.
Et de voir un peu de partout des parents ESSAYER de faire signer des pétitions pour signaler que leur instituteur leur envoie des mots bourrés de fautes d'orthographe (le problème n'est pas isolé). Que les responsables nous disent clairement, oui il est normal que vos enfants en primaire ne sachent pas orthographier correctement les mots qu'ils utilisent et je me tairai. La france n'en sortirait pas grandie je pense.
Comme il a été écrit plus haut , si vous voulez vous amuser à compter le nombre de signatures recueillies pour ces pétitions, vous aurez assez de doigts avec une main. Cela veut-il dire que le problème n'est pas grave ? et qu'il ne mérite pas que l'on s'y intéresse ?

A l'heure où certains organismes de recherche nous pousse à communiquer et publier les sites "webs" en Français....

Mais tout va bien ! c'est comme si du jour au lendemain je disais à mon "chef" "ben non ça je ne sais pas le faire, on me paye pour ça mais je ne sais pas le faire"
Me dira t'il:
C'est normal petit, tu es dans la fonction publique ce n'est pas grave. Ne le répète pas chut !!!
ou
OUI, il y a un problème, nous allons essayer de le règler et de te former.

Dans un cas nous sommes gagnants tous les deux et dans l'autre nous sommes perdants.

Encore faut il que quelqu'un soulève le problème et qu'une discussion s'instaure, nous en sommes là, réveillons-nous.

Écrit par : stephane | 18 avril 2006

Eh oui, Stephane… Mais il ne faut pas le dire sur ce ton, vous allez réveiller toutes les Jenny qui dorment…

À propos de Nicolas Dupont-Aignan : je ne le connais pas — d'ailleurs, je ne connais personne, à droite, qu'on se le dise, sinon Darcos, qui est un ami — hors politique, cela remonte à l'époque où il travaillait pour Hachette, moi pour Magnard, nous étions concurrents, ça crée des liens…
Mais Dupont-Aignan, je le suis, à fil d'interviews - si tant est qu'une interview signifie quelque chose, dans le monde du double masque. Et ce qu'il dit est fort intelligent. On ne peut pas en dire autant de tout le monde — à gauche comme à droite.
JPB

Écrit par : brighelli | 18 avril 2006

Salut, Argo !
C'est le nom du navire (d'après celui de son constructeur) qui amena jadis Jason à la conquête de la Toison d'or.
Alors, bon vent à nous tous !
JPB

Écrit par : brighelli | 18 avril 2006

A ce que je vois "Jenny" a une dent contre l'agrégation et l'Ecole Normale Supérieure.

C'est une caractéristique des pédagogistes, bien décrite dans Le Renard et les Raisins de La Fontaine:

ne pouvant accéder aux beaux raisins, le renard décrète que ces raisins sont vilains et mauvais. Tout en considérant que les coquins qui ont pu attraper ces raisins sont des privilégiés.

Par ailleurs, c'est un peu facile de donner des leçons sur les ZEP depuis Paris 18ème. On commence à en avoir vraiment marre de ces précieuses ridicules parigogos-pédagogos bourrés de politiquement correct.

Puisque ces gens se prennent pour des professeurs d'élite, qu'attend-on pour les obliger à faire 25h00 en ZEP, au lieu de gaspiller leurs "compétences" à Paris 18ème ?

Écrit par : DUMOUCH Rodolphe | 18 avril 2006

Je vous note un extrait , de ce qui me semble justifier en préalable la maîtrise essentielle de la langue française pour les générations à venir.

"Tout être humain vient ainsi au monde avec une créance de sens, du sens d'un monde déjà là, qui confère une signification à son existence. Cet accés au sens suppose que chaque enfant apprenne à parler et se soummettre donc au "Législateur de la langue". Si ce législateur est bien comme l'écrit Platon, "celui qui le plus rarement apparaît dans l'humanité", c'est parce qu'il se cache ordinairement derrière le visage de la mère.La lanque maternelle, première source du sens, est aussi la première des ressources dogmatiques indispensables à la constitution du sujet. La liberté qu'elle donne à chacun de penser et de s'exprimer comme il veut suppose que tous se soumettent aux limites qui donnent sens aux mots qu'elle contient; sans sa radicale hétéronomie, il n'y aurait pas d'autonomie possible. Mais avant même d'ainsi accéder par la parole à la conscience de son être, tout nouveau né aura été nommé, inscrit dans une filiation: une place lui aura été attibué dans une chaîne générationnelle. Car c'est avant que nous ayons pu dire "je" que la loi a fait de chacun de nous un sujet de droit. Pour être libre le sujet doit d'abord être lié(sub-jectum:jeté dessous) par des paroles qui l'attachent aux autres hommes. Coupé de tout lien avec ses semblables, l'être humain est voué à l'idiotie, au sens éthymologique du terme(grec idios: "quoi est restreint à soi même"). Est pareillement menacé d'idiotie celui qui, enfermé dans sa propre vision du monde, est incapable de comprendre qu'il en est d'autres possibles, c'est à dire incapable de s'accorder avec ses semblables sur une représentation du monde où chacun ait sa juste place."

HOMO JURIDICUS d'Alain Supiot, essai sur la fonction anthropologique du droit, ed Seuil.

La connaissance du monde qui existait avant nous(l'histoire du passé à travers des savoirs transmissibles, voire de son histoire familliale quand cela est possible) permet à chacun de connaître et prendre sa place dans le présent. N'en déplaise à ceux qui prétendraient que le passé ne serait pas source de savoirs essentiels. C'est le point de départ. Personne ne dit qu'il faille rester dans le passé, et rien n'est plus bête que de faire dire à ceux qui voudraient s'en inspirer , qu'ils seraient passéïstes. L'argument ne tient pas. Qu'ils lisent Freud , Lacan, hommes de savoirs, eux. On ne se construit pas sur la seule base de soi même, mais par l'histoire des autres, par nos liens à leurs pensées.
Pour ne pas nous contenter d'être des "idiots" sans références culturelles , auto-centrés dans notre ignorance des savoirs des hommes qui batirent le sens de la raison, ces autres qui nous précédèrent et avaient sens à exister autant que nous; pour ne pas permettre que les générations qui montent deviennent ces idiots dépendants intellectullement des décisions et du pouvoir des autres sans accéder au libre arbitre, il me semble important de défendre les savoirs dits académiques ou classiques, parce qu'héritage d'une longue histoire humaine avant la notre , de civilisations.
A mes yeux, les personnes qui dénient un rôle aux savoirs instituant la raison humaine, confondant satisfaction des pulsions primaires des individus, autonomie de la pensée sur la seule base de l'affect comme seule expression valable de l'être et de l'échange , avec le plaisir de lier les savoirs humanistes , s'en servir pour trouver sa place, se faire comprendre des autres, et construire du sens, ces personnes là, je les considère comme particulièrement responsables de la destruction du lien et du sens à vivre collectivement, dans le jeu du respect des règles , dans l'accés à la jouissance et disposition des droits égaux de chacun, et à la culture, ne serait ce que cela. Ces "fuyards en avant", prescriteurs de médications intellectuelles pédago-psychologiques, dont la pensée n'existerait qu'en dénie de l'histoire et des savoirs qui les précédèrent, sans doute par besoin de s'inscrire plus visiblement que les autres dans la lignée historique des réformateurs, enferment des milliers de futurs citoyens dans la seule auto satisfaction de leur non savoir, leur enlevant par là les moyens que la construction de la raison donne, d'être avertis et sujets de leurs droits et obligations. Parce que les hommes sont avant tout sujets de droit, et parce qu'il n'y a pas d'autre choix que celui librement consenti
de trouver et prendre sa place dans la structure collective, je pense important de dénoncer les termes des personnes qui prétendraient que le passé aurait moins de sens que l'inscription dans le seul présent, en donnant à l'acceptation d'un héritage culturel par ceux qui le revendiquent, la seule définition de la recherche d'un "âge d'or perdu". C'est trop court et trop rapide pour penser ainsi cacher le gâchis de ceux qui ne recevront pas cet héritage, et qui hélas resteront à la marge de leur possible . Et des ces personnes là, ils ne veulent pas parler, aujourd'hui, dans ce présent.

Écrit par : dg | 18 avril 2006

"À propos de Nicolas Dupont-Aignan : je ne le connais pas"

L'importance n'est pas que vous le connaissiez mais que lui vous connaisse et qu'il s'inspire de vos écrits pour préparer son projet. Il parle très peu des dossiers éducatifs et ses sites internet ne les abordent pas non plus. C'est regrettable.
Car, je le répète, la logique républicaine de son discours ne peut que l'amener à souhaiter "la fin de la récré".

Écrit par : David | 18 avril 2006

À dg…
Il y a un paramètre contemporain dont nous tenons trop peu compte, vous et moi : c'est l'appel / l'incitation à l'individualité, érigée en norme de qualité et de satisfaction. Alors que la bête humaine reste bête si elle ne s'associe pas — au présent comme au passé — avec ses semblables. Le progrès, s'il y en a — au moins au niveau de la transmission —, consiste justement à apprendre d'un aîné comment on taille un silex — sinon on risque de ne plus savoir faire de feu.
Mais le monde contemporain feint de privilégier l'individu, pour mieux en faire un con/sommateur.
À noter que les élites gouvernantes, contrairement à ce que l'on croit trop souvent, s'associe, elles, et fortement. Et depuis toujours. Il y a ceux qui vont à Oxford (ou Harvard, ou…) et les autres. En France, les élèves des grandes écoles (c'est une mafia efficace, ou une franc-maçonnerie, j'en sais quelque chose), et les autres. Dénier à n'importe quel enfant du peuple la possibilité de s'intégrer à ces groupes est criminel.
JPB

Écrit par : brighelli | 19 avril 2006

bravo pour votre dernier bouquin. pouvez vous me contacter?

Écrit par : corinne lepage | 25 avril 2006

Je voulais donc savoir si vous aviez quelques contacts avec des "candidats à la candidature" des deux grands partis. Je pense notamment à Ségolène Royal car je suis persuadé que votre raisonnement peut la séduire.

J' espère bien que non!

Monsieur Brighelli, parlez nous de VOS expériences dans les lycées que vous avez fréquentés

Vos élèves devaient "réussir" non?

Chris

Écrit par : chris | 25 avril 2006

Vous connaissez visiblement très mal le parcours de Ségolène Royal.
Cette dernière a été ministre déléguée de Claude Allègre et elle ne s'est pas distinguée pour s'être opposée à lui. Au contraire, elle a mis en place les TPE, les itinéraires de découverte sous son autorité.
Peut-être a t'elle changé ?
Dans ce cas, il faudrait qu'elle le dise...

Écrit par : David | 25 avril 2006

Salut, Chris…
Je sens une acrimonie réelle derrière vos propos…
Je ne sais pas si tous mes élèves ont réussi — dans ma matière. On a finalement bien peu de retoour, après Bac ou après BTS. Trois ou quatre foois, en septembre, j'ai demandé à un élève passé en terminale de collationner les notes obtenues par ses camarades, dans la mesure où c'était possible. En moyenne (et le mot est important), les notes obtenues à l'écrit étaient ce qu'elles devaient être, parce qu'on ne fait pas de miracles avec des gosses qui ont accumulé des années de retard dans leur formation. Et en moyenne toujours, elles étaient assez bonnes à l'oral — mais cela tenait-il à moi, à eux, ou à la mansuétude des examinateurs ?
Un certain nombre d'anciens élèves ont fait de l'enseignement. Quelques-uns ont bien voulu me dire que c'était parce que je leur avais donné le déclic. Les choses sont en général moins mécaniques que ça…

Je n'ai été contacté par aucun candidat à la candidature — je dis bien aucun. Ni directement, ni indirectement.
Quant à Ségolène, comme dit David, si elle arrivait au pouvoir, il y a fort à parier qu'elle persisterait dans ses options antérieures. C'est un fait en tout cas : ni elle, ni personne au PS ne s'est jamais exprimé sur les questions d'éducation (il doit y avoir une journée Education organisé par le parti à une date encore à définir… Peut-être y verronts-nous plus clair, mais j'en doute : le jeu actuel consiste visiblement à en dire le moins possible…).

JPB

Écrit par : brighelli | 26 avril 2006

Monsieur Brighelli, les débats portant sur les questions d'éducation ont déjà eu lieu à Forbach par exemple en Moselle jeudi dernier....

Écrit par : sandra WAGNER | 26 avril 2006

"Je n'ai été contacté par aucun candidat à la candidature — je dis bien aucun. Ni directement, ni indirectement."@JPB

Hier soir, vous l'avez été directement sur votre blog par Madame Lepage. Je crois savoir qu'elle est candidate, non ?
Si elle devait être la seule à porter ces idées sur l'instruction publique, je serais fort embêté. Car ses positions sur le principe de précaution ou sur l'énergie nucléaire sont aux antipodes de ce que je pense...

Écrit par : David | 26 avril 2006

Bonjour à tous,

à David,
Sur le parcours ministériel de Ségolène Royal, vous rappelez que "Cette dernière a été ministre déléguée de Claude Allègre et elle ne s'est pas distinguée pour s'être opposée à lui".
Sans être dans le secret des cabinets ministériels l'antagonisme de ces 2 ministres fut notoire et je crains qu'il le soit resté notamment parce que Cl. ALLEGRE milite ouvertement pour la candidature de L. JOSPIN.

A JPB,
Je partage votre avis sur la prudence que manifestent et manifesteront les candidats à la candidature (le corporatisme, les corporatismes de l'EN n'y sont pas étrangers). Néanmoins, les projets des partis politiques ne pourront pas rester muets sur ce sujet...
Quant à Ségolène ROYAL elle lance (sans débattre) ses interrogations sur la toile, acuellement "que faire pour que tous les élèves réussissent leur entrée en 6ème ?" :

http://www.desirsdavenir.org/index.php?da=10&debat=65

A travers les questions posées on se faire une idée des réponses. Non ? Cela éclaire déjà sur les préoccupations !

Cordialement, PMF

Écrit par : PeutMieuxFaire | 26 avril 2006

J'avais perçu en effet des disputes entre les deux personnalités à l'époque. Mais j'ai bien l'impression qu'elles étaient davantage dues aux egos des ministres qu'à des oppositions politiques au sens noble du terme.

Écrit par : David | 26 avril 2006

À propos de Corinne Lepage : son intervention est postérieure à mon affirmation, me semble-t-il, et quand je parle de contacts, c'est avec des candidats éligibles !
Par ailleurs, c'est une femme charmante, rencontrée à Lyon dans le cadre d'une conférence générale sur les droits de l'homme, etc. — à laquelle participait Meirieu : serait-il candidat ? serait-il éligible ?…
JPB

Écrit par : brighelli | 27 avril 2006

Votre phrase a été écrite le 26 avril. Celle de C.Lepage datait de la veille mais peut-être ne l'aviez-vous pas remarquée.
Et il est vrai qu'elle a peu de chances d'être élue et même d'être candidate (les fameuses signatures...).
Par contre si Meirieu devait être candidat, il faudrait à l'évidence que vous le soyez aussi. Comme disent les "djeuns" sur les "tchats" : LOL.

Écrit par : David | 27 avril 2006

En parlant d' "égalité des chances", 2 extraits de la lettre aux inspectrices et inspecteurs d'académie, en date du 5 mai 2006, envoyée par M. R. DEBBSCH, directeur de l'enseignement scolaire dont l'objet est : "aide aux enseignants pour la mise en oeuvre de la loi du 11 février 2005" (égalité des droits et des chances, participation et citoyenneté des personnes handicapées) ou COMMENT CAMOUFLER LA PENURIE DES MOYENS FINANCIERS CONSACRES A L'AIDE AUX PARENTS D'ENFANTS LOURDEMENT HANDICAPES SOUS UN PRETEXTE CITOYEN DE SCOLARISATION EGALITAIRE :
"Il ne s'agit plus d'accompagner l'intégration scolaire des enfants handicapés car cette notion s'est effacée au profit de celle de scolarisation qui rejoint autant qu'il est possible celle des autres élèves. C'est donc ainsi l'ensemble du système éducatif qui va devoir adapter ses procédures et ses habitudes de travail à une conception largement nouvelle, ce qui requiert , de la part des autorités académiques et de tous les responsables et formateurs, une mobilisation particulière en vue d'aider les enseignants à améliorer leurs pratiques professionnelles."
et plus loin : "l'enjeu est ici d'aider chaque maître à prendre la mesure des changements qui se présentent, mais aussi de leur apporter une première aide de nature à les accompagner pour mettre en pratique les adaptations pédagogiques requises quelle que soit la situation des élèves qui leur sont confiés." ...

Écrit par : C. BONNET-HUBY | 24 mai 2006

Vu sur le site
http://www.actuchomage.org

Danemark et chômage : le modèle danois n'a aucun mérite

En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d'un taux officiel de 6,38 %. La tromperie est dévoilée.
Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n'aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l'essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.

Si de plus la France avait eu recours à la même proportion de préretraites que le Danemark (6,78 % de sa population active), le chômage réel aurait entièrement disparu et beaucoup d'emplois à temps partiel seraient redevenus des emplois à temps plein.
Inversement, si la population active du Danemark avait augmenté dans la même proportion qu'en France (+12,1%), tout en créant aussi peu d'emplois (43 600 en quinze ans), le nombre de chômeurs aurait augmenté de 372 500 et le taux de chômage réel serait devenu 24,0 % de la nouvelle population active (après son augmentation).

Comme l'on voit, le succès apparent du Danemark ne doit rien à la flexicurité, mélange de flexibilité et de sécurité (discours bien connu). En fait, le modèle danois n'a aucun mérite pour résoudre le problème du chômage, une fois enlevés les artifices qui cachent le chômage réel et encore moins en tenant compte de la démographie de l'emploi.
----

Au Danemark en 2004, pour un nombre officiel de 176 400 chômeurs, 268 300 personnes étaient enregistrées dans les "mesures de marché du travail" (labour market policy measures), des préretraites pour l'essentiel.. Le chômage réel était donc de 444 700 personnes.
La population active étant de 2 766 300 personnes, le taux de chômage officiel était de 6,38 %. Mais, en réintégrant les 268 300 faux inactifs (préretraités ...) dans la population active, celle-ci devenait 3 034 600 personnes et le taux de chômage réel 14,65 %. Ce taux est un minimum, car ne prenant pas en compte les "invalides" pour raisons sociales.

En France en 2005, pour 2 420 000 chômeurs au sens de l'Anpe (catégorie Defm 1) et 2 717 000 chômeurs au sens de l'Insee, le nombre réel de chômeurs en équivalent temps plein était de 4 092 000, soit un taux de chômage réel de 14,53 % (compte tenu de la correction sur la population active) . Pour rester comparable aux données danoises, l'équivalent en chômage des emplois à temps partiel n'est pas pris en compte ici.
Voir l'article "Chômage officiel et chômage réel (2005)" sur le même site
http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel2005.htm .
----

Le modèle français est le plus honnête en matière de chômage, ou le moins habile pour en cacher l'étendue, comparé au modèle danois, anglais ou hollandais. Le recours aux préretraites massives est utilisé au Danemark, l'invalidité pour raisons sociales (sans réelle invalidité médicale) est la mesure principale en Angleterre (Royaume-Uni) et aux Pays Bas, ce qui n'empêche pas l'utilisation d'autres mesures pour cacher l'importance du chômage. Dans ces trois pays, le chômage réel est de deux à trois fois plus important que le chômage officiel et se trouve comparable au chômage réel en France.

----
Enfin, le Danemark produit et exporte du pétrole et du gaz, ce qui arrange beaucoup les finances publiques et permet de payer un nombre considérable de préretraites pour faire baisser le chômage apparent en diminuant la population active.

----

Voir http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm

pour un document trés complet et de grande qualité, avec des tableaux statistiques et les sources utilisées. D'autres aspects y sont aussi abordés : indemnités de chômage, coût du travail, durée effective du travail.

> En effet, cela vaut vraiment la peine d'aller voir le document original car tout est bien expliqué avec des informations sérieuses et issues des sources officielles (citées). Le texte peut être imprimé avec tous les traitements de texte (rtf).

Écrit par : passager | 09 juillet 2006

http://www.ringtones-dir.com/get/ ringtones site. [URL=http://www.ringtones-dir.com]ringtones download[/URL]: ringtones site, Free nokia ringtones here, Download ringtones FREE. [url=http://www.ringtones-dir.com]samsung ringtones[/url] From website .

Écrit par : ringtones free | 14 août 2006

http://www.ringtones-dir.com/get/ ringtones site. ringtones site, Free nokia ringtones here, Download ringtones FREE. From website .

Écrit par : ringtones free | 14 août 2006

Wow, superbe travail, je vous remercie pour les astuces et je suis entièrement d'accord avec vous... J'insiste, oui votre billet est très bon, j'apprécie votre style d'écriture, quelle maturité... PS : Vous avez une très belle plume, chapeau bas !

Écrit par : laura | 03 mai 2010

Nike Jordan Shoes
Michel Jordan
Fashion Nike Jordans
Nike Air Shoes
Air Jordan
Discount Nike Jordan Shoes
Discount Nike Jordan
Nike Jordan Shoes Outlet
Jordan Shoes
Michael Jackson Memorial
nike jordan 1 shoes
nike jordan 2 shoes
nike jordan 3 shoes
nike jordan 4 shoes
nike jordan 5 shoes
nike jordan 6 shoes
nike jordan 7 shoes
nike jordan 8 shoes
nike jordan 9 shoes
nike jordan 10 shoes
nike jordan 11 shoes
nike jordan 12 shoes
nike jordan 13 shoes
nike jordan 14 shoes
nike jordan 15 shoes
nike jordan 16 shoes
nike jordan 17 shoes
nike jordan 18 shoes

Écrit par : Discount Nike Jordan Shoes | 13 mai 2010

Écrire un commentaire