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09 mars 2006
L'invasion des barbares
Une affaire récente et parfaitement monstrueuse m'incite à préciser ma pensée.
Le "barbare", à l'origine, c'est celui qui ne parle pas grec — ou, si l'on préfère, qui ne parle pas la langue de la culture.
Et celui qui la parle mal fait des "barbarismes".
Pour avoir entendu récemment un enseignant en "sciences" de l'éducation préconiser à des étudiant ssagement béats l'utilisation massive de barbarismes sous prétexte que "cela se dit", je sais ce qu'il en est de la pensée unique qui prétend nous gérer : ces gens-là sont prêts à glisser du barbarisme à la barbarie.
Dans le Monde daté du 7 mars, Barbara Lefèvre (enseignante, auteur avec Eve Bonnivard d'Elèves sous influence, Audibert, 2005) montre d'ailleurs merveilleusement le lien entre ces deux termes. Et dussent les administrateurs de ce blog (mais après tout, le Midi Libre a quelques liens avec le Monde, non ?) me taper sur les doigts, je le reproduis ci-dessous avant qu'il ne se perde.
Et que l'on ne me dise pas que je fais des amalgames : ceux qui sont tout béats devant les "contre-cultures" (faut-il vraiment que j'explique qu'il n'y a pas, qu'il n'y a jamais eu d'autre culture que la culture dominante, et que tout le reste est fariboles ?) et les "communautés", ceux qui ont institué l'enseignement "citoyen", peuvent être tenus pour responsables des dérives de l'appareil éducatif — et des dérives des élèves, apprises sur les bancs de l'école, chaque fois que l'on n'a pas mouché l'arrogance d'un petit voyou qui vous jette : "C'est votre avis, c'est pas le mien".
Bonne lecture, et bon appétit.
JP Brighelli
Des barbarismes à la barbarie.
"Les tortionnaires d'Ilan Halimi, meneurs, rabatteuses, conseillers, exécutants, tous sont de jeunes Français d'origines diverses. Ils ont un point commun : s'être connus à l'école. Alors tournons-nous vers cette école de la République, lieu de transmission culturelle pour les uns, mais aussi terreau de la haine verbale pour tant d'autres.
"La violence verbale est le lot quotidien des acteurs du monde éducatif, et notamment dans ce coeur fondamental de la sédimentation identitaire, le collège, où l'adolescent bataille avec la délicate question de l'intégration au groupe. C'est là que se forgent ces langages meurtriers, cette barbarie verbale du quotidien qui conduit certains - et pas les plus fragiles, au contraire - au passage à l'acte. Il faut vivre au quotidien ces laboratoires de la haine de l'Autre que sont devenus beaucoup de nos établissements scolaires - qu'il s'agisse de ZEP ou d'écoles de centre-ville. Pour que soient abolies les barrières morales empêchant le passage à l'acte meurtrier, il faut déshumaniser l'Autre. Cela commence par les mots. Ce langage de rejet et de haine est radical, il ne fait pas dans la nuance, il est ce "noyau de condensation redoutable où de furieuses énergies s'accumulent" (Jean-Pierre Faye).
"La fille est une "pute", une "salope", une "tas-pé". Certains de ceux qui s'expriment de la sorte au quotidien sont des adolescents amateurs de films pornos et de chanteurs aux textes "engagés" d'une exquise poésie ; les mêmes prétendent par ailleurs veiller au respect de leur mère et soeurs. Un jour, un des leurs va plus loin en s'adressant à une adulte, son enseignante enceinte à qui il déclare "j'vais te lécher le... ça va te faire descendre ton enfant". Celui qui, en octobre 2002, a brûlé vive Sohane dans un local à poubelles parce qu'elle avait osé dire "non" a été applaudi par ses supporteurs lors de la reconstitution. Barbarismes et barbarie se rejoignent : les mots ont participé à réduire l'humain à une chose. Le jeune collégien qui découvre la différence de son identité sexuelle ne joue pas le jeu de la violence machiste adolescente, préfère la compagnie des filles à celle de ses congénères masculins, c'est le "pédé" harcelé, stigmatisé. Un jour de février 2004, Sébastien Nouchet est vitriolé au bas de son immeuble car les homosexuels sont des sous-hommes.
"Inutile de s'étendre sur l'usage du mot "juif" dans les couloirs de nombre d'écoles depuis de nombreuses années. Il est une insulte en soi qui ne nécessite même pas de lui accoler d'adjectif dépréciatif. Cela expliquant que certains des acteurs éducatifs n'y voient pas d'antisémitisme : "C'est leur façon de parler, ils ne l'entendent pas dans le même sens que nous." C'est bien là tout le problème. Cette fracture linguistique qui s'aggrave n'a pas fini de venir tarauder nos sociétés. Il faut aussi savoir ce que subissent les "bons" élèves ou en tout cas ceux qui jouent le jeu de l'école. Un collégien d'origine chinoise, coréenne ou du sous-continent indien peut se voir traiter de "juif", ce qui signifie dans l'imaginaire antisémite traditionnel qu'il est hypocrite et joue double jeu pour s'en sortir.
"Ne pas se dire en toute occasion victime des discriminations (sociales, religieuses, ethniques), décider que l'école est le seul moyen de réussir, bref, faire le pari de la modernité même si elle est "occidentale" : autant de raisons pour être stigmatisé par les petits tyrans peuplant les rangs des exclus du système. Ces "faibles" dont on n'a jamais voulu exiger le meilleur n'ont de fait qu'une obsession : la thune, à leurs yeux seul vecteur de reconnaissance sociale.
"Bienvenue dans le ghetto scolaire fabriqué par nos élites progressistes, adeptes de la contre-culture, surtout quand elle ne vient pas se frotter de trop près à leurs enfants à l'abri dans des établissements prestigieux ou privés. Merci à l'angélisme pédagogique des chercheurs des années 1980 et autres sociologues qui ont contribué à ringardiser la fonction d'éduquer en expliquant que l'école est d'abord "un lieu de vie" où nous sommes tous, adultes comme élèves, des égaux. Bienvenue dans l'école de Babeuf !
"Les barbarismes langagiers préparent le terrain conduisant aux crimes les plus barbares. La cristallisation opérée par la pression du groupe, la présence d'un meneur charismatique, l'inculture et une pincée d'idéologie faisant l'apologie de la violence au nom de valeurs transcendantes, et le tour est joué : le "gang des barbares" est prêt à mettre ses "idées" en pratique. Ignorer le terreau sur lequel pousse cette haine irréductible de l'Autre, c'est continuer de s'aveugler. Et qu'on ne vienne pas nous parler de communautarisme : cette barbarie-là nous interpelle tous. Ma fille n'est pas une jeune Française d'origine maghrébine vivant à Vitry, mon frère n'est pas homo, mon cousin n'est pas juif, ça ne me concerne pas. Pas encore...
"A sa secrétaire, Hitler avait dit un jour : "La parole jette des ponts vers des horizons inconnus." Le mécanisme du Sprachregelung (les "règles de langage" dans le vocable nazi) qui permit d'encoder le crime et de maintenir l'ordre mental nécessaire à sa perpétration se prolonge quand une société tolère que sa jeunesse vive au quotidien, à l'école même, dans la barbarie verbale. Cette société n'est-elle pas ensuite hypocrite lorsqu'elle s'indigne de compter des barbares dans ses rangs ?"
BARBARA LEFEBVRE
D'aucuns doutent peut-être que l'honorable quotidien du soir, si favorable jusqu'ici à la pensée Meirieu and Co, comme il y avait autrefois une "pensée Mao-Tsé-Toung", ait osé faire paraître cet article. Mais les temps changent, et ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c'est le vent. Alors, courez vérifier mes sources sur
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-748325,0.html
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Commentaires
Si je puis juste l'enlever à Pierrot le Zygo, ... que Barbara écrive sur le barbarisme... c peu étonnant
Ecrit par : Gene | 09 mars 2006
J'ai une remarque à faire suite à la lecture de l'article du monde.
Un point d'analyse apparait trop rarement dans les réflexions et les discours.
Il s'agit de la place des pères dans l'éducation des enfants et dans notre société , et je souligne éducation, que je distingue d'instruction et acquisition de savoirs. Il y a deux temps à mes yeux qui se chevauchent , celui de l'éducation au sein de la famille, et celui de l'instruction dans la classe et l'école.
J'ai eu l'occasion de regarder sur le net(je n'ai pas de télé), deux reportages relatifs aux familles de certains membres arrêtés du clan des barbares. Et comme d'habitude, d'après mon expérience de ce genre de reportage , seules les mères des prévenus sont interrogées. Nulle trace d'homme adulte, de pères, dans la vision que l'on nous présente. Est ce à dire qu'ils n'existent pas au sens physique dans ces familles qu'on nous présente , est à dire qu'il n'existent pas au sens symbolique dans ce que la société nous donne à voir ?
Des juges ont fait état de causes à effets , entre délinquance et absence de pères et de repères dans les familles dites mono parentales... Le père c'est un Autre absent à l'enfant dans ces familles , le plus souvent des femmes élevant seules leurs enfants.
Il faut deux parents de sexe différent, existant chacun au moins symboliquement, pour concevoir un enfant. Et l'on peut relire Lacan pour saisir l'importance de la place des pères dans la structuration du sujet.
Le père à une parole à donner lui aussi. Il est extérieur de par sa place à la relation fusionnelle d'une mère qui porte un enfant.
Si donc cet "autre" n'existe pas, pour x ou y raisons, dans la structuration d'un enfant et plus tard adolescent , comment celui se représenterait- il l'importance de la place de cet Autre dans la relation à la mère , de la parole de l'Autre et de l'importance et du sens de la sienne ?
Jean Pierre Lebrun a écrit un livre qui décortique assez bien le lien entre structuration du sujet, absence des pères et totalitarisme. Il s'agit d'"un monde sans limite" .
Je vous en cite quelques passages sur l'analyse du système nazi dont Lebrun dit qu'il efface la parole du sujet et ne reconnaît plus l'Autre .
"C'est la promotion de l'exclusion de l'énonciation au profit de purs et simples énoncés transmissibles qui a permis aux nazis de se servir , comme ils l'ont fait, de la science raciale; ils ont manifestement profité de ce que les énoncés de la science permettent à ceux qui en usent de méconnaître la dimension de l'énonciation(parole du sujet), légitimant des lors qu'une adhésion à un énoncé meurtrier puisse se réaliser en "toute innocence" , avec l'alibi de se soumettre à une programme scientifique de mieux être social. "
"Par totalitarisme pragmatique, il s'agit d'entendre l'autonomie prise par un système organisé autour d'une logique qui prétend rendre compte rationnellement de tout , à tel point qu'il en viendrait -sans le vouloir de manière délibérée mais sans non plus vouloir le savoir- à ne plus laisser sa place au sujet.
La disposition du discours techno-scientifique à être ce système symbolique qui prétend rendre compte du réel et à partir duquel on semble laisser croire que tout s'origine, le rend tout à fait congruent à devenir ce système"
Lebrun souligne l'effacement de la parole du sujet à travers l'effacement des pères. Si le sujet n'existe pas, l'Autre extérieur non plus.
J'observe donc, l'absence des pères dans les familles des personnes arrêtées, que l'on nous présente à voir.
J'observe aussi le rejet des formes d'autorité, au sein des institutions scolaires et même professionnelles, qui sont confondues avec la tyrannie.
J'observe une féminisation des métiers( même dans l'institution scolaire, puisqu'une femme qui aurait eu des enfants pourrait prétendre davantage à enseigner qu'un homme ) qui ne met plus les nouvelles générations face à la symbolique de la parole et de la place des hommes.
Je note que l'article de Barbara Lefebvre est juste pour ce qu'elle dénonce , mais qu'il lui manque la dimension de la constitution du sujet au sein de la famille. Vocation que ne peut remplir l'école en lieu et place des familles. Si l'acquisition d'une parole se construit à travers les règles d'un langage commun , elle se developpe aussi dans le cercle famillial. Si en sus on demande aux adultes enseignants de ne plus faire autorité(et il faut des hommes pour cela aussi !) car se serait "rétrograde" ou pire encore d'après de vertueux pédagogistes inconscients, alors je ne vois pas comment empêcher les adolescents en question de se sentir inpunément tout puissant dans leurs paroles et dans leurs actes.
Ecrit par : dg | 09 mars 2006
C'est parfaitement bien vu. Oserai-je ajouter quelque chose ? Il est de plus en plus évident que la politique des "grands frères", mise en place par la Gauche au début des années 90, a déstructuré encore un peu plus des familles déjà fragilisées par le chômage les divorces ou les conditions de vie du ghetto. Les pères, dans les familles musulmanes en particulier, sont moins respectés, puisque les frères se sont substitués à leur autorité.
Et cela est retombé sur la tête des filles, comme d'habitude. Les pères d'origine maghrébine des années 60-70-80 encourageaient leurs filles à faire des études, seule possibilité de prendre l'ascenseur social. Dorénavant, les frères, enfants-rois-fainéants, musèlent leurs sœurs autant que possible. Je rappelle qu'il n'y avait pour ainsi dire pas de filles voilées en France il y a trente ans. Le résultat palpable des années Mitterrand, et plus encore vers la fin, quand Jospin a pris le pouvoir (faut-il rappeler que dans son dernier ouvrage, il y a quarante pages sur la religion, et pas trois lignes sur l'école ?), ce fut le retour du religieux le plus traditionnel, le plus superstitieux — le plus barbare.
Je ne suis pas le seul à le dire. Plusieurs ouvrages récents explorent en détail cette incertitude des jeunes hommes vis-à-vis de la femme, qui doit être muselée — vierge ou mère — ou pute. D'où les scènes proprement "pakistanaises" de violences faites aux femmes auxquelles nous assistons en France depuis quelques années. Nous le savons tous, nous le voyons chaque jour en cours, nous ne sommes pas assez nombreux à le dénoncer.
JPB
Ecrit par : brighelli | 10 mars 2006
C'est bien d'en parler et de mettre tout ça en évidence, mais quelles solutions apporter aux problèmes. On ne pourra pas "inventer" des pères absents. Les mères ne pourront pas remplacer le père (bien que moi j'aie dû le faire et ça ait presque marché). Alors, quoi faire ?
Ecrit par : Marie | 14 mars 2006
Bien sûr l'absence du père est une catastrophe pour l'enfant.
Comme on ne peut que se raconter soi-même, je fais part de mon expérience. Les mères parfois aujourd'hui, inspirées d'un féminisme faux, écartent le père.
Mais que dire lorsque l'institution judiciaire, les psychologues officiels en rajoutent une louche ?
Le père c'est celui qui dit "Tu ne n'as pas le droit. Tu ne peux pas faire ça." Si son image est détruite, classée dans "fasciste, paranoïaque", l'enfant se trouvera libre. Libre de devenir un barbare. Il existe heureusement la faculté de "résilience" mise en évidence par Syrulnick, et donc beaucoup d'enfant ne deviendrons pas des barbares malgré l'absence du père. Mais que de souffrances pour les enfants.
Aujourd'hui je suis privé de mes enfants mineurs du fait de la justice française qui n'a prévu aucun droit de visite pour moi.
Ce syndrome d'aliénation parentale, dont on peut lire sur Internet de bonnes définitions (selon moi : absence du père du fait de la mère et des autorités), n'est absolument pas pris en compte par les autorités judiciaires françaises, qui au contraire, créent elles-mêmes, parfois, ce syndrôme. Et sont la cause de souffrances, de destructions psychologiques de l'enfant et de l'adulte qu'il va devenir.
Dans la mesure où les autorités judiciaires représentent une certaine culture commune à tout le peuple, elles sont un symptôme de l'annihilation du rôle du père. Il ne m'étonnerait pas qu'il y ait un lien entre violence extrême et absence du père.
Félicitations pour votre blog et pour les intéressantes idées qui y sont exposées.
Effectivement j'imagine mal les assassins d'Ilan Halimi, élevés par un père.
Ecrit par : Denis Merlin | 14 mars 2006
Pour répondre à Marie,
Il y a des choses à faire. Tenez, je vous donne ce simple exemple...le fait en tant que femme(que je suis) de dire simplement quelle place importante tiennent les hommes et cesser de les casser par des discours dévalorisants. C'est à mon avis, le premier acte fort qu'un sujet, personne de sexe féminin peut faire : donner une place aux hommes dans ses paroles.
Ensuite, on peut répondre et contredire les femmes qui font le contraire, des soi disant féministes qui au fond refusent l'altérité, car elles n'ont qu'une image (souvent par expérience familliale) négative des hommes , à transmettre.
Il faut aussi contredire les femmes qui veulent des enfants seules. Leur rappeler que les hommes ne sont pas des objets "géniteurs" qu'on utilise et qu'on jette.
La troisième, c'est parler du père, même s'il est absent, à ses enfants et leur rappeler la place symbolique qu'il tient, et la place qu'il eut, importante auprès de la femme qui l'a choisi aussi , et qui explique finalement leur naissance.
La quatrième, c'est de ne plus parler à la place des pères ni les couper ou contredire quand ils s'adressent à leurs enfants et devant eux . Couper quelqu'un qui parle, même si l'on n'est pas d'accord avec lui, ce n'est pas le signe de vouloir l'écouter, ni du respect.
Un père à le droit d'avoir une relation différente avec ses enfants à laquelle une mère n'accède pas. Quand il y a désaccord, c'est mieux d'en parler en tête à tête.
La cinquième, c'est de ne pas prétendre remplacer les pères absents. Une femme ne donne pas les mêmes choses, n' est n'est pas construite de la même manière , ni n'a les mêmes aspirations.
La sixième, c'est d'interpeler les femmes et hommes politiques sur ce sujet.
....bref, il y des tas de choses à dire et à faire que chaque femme peut penser par elle même. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de groupe qui revendique ouvertement , qu'une personne seule n'a pas le pouvoir d'agir. Il faut bien commencer par quelque chose.
Pour parler avec Denis,
Un ami m'a contée une expérience similaire à la votre. Une femme juge prend rarement le parti contre une mère, même si celle ci fait des dégâts sur ses enfants. On peut donner la garde d'enfants à une mère, juste pour préserver la mère(ce que je dis est véridique, tiré d'un jugement). Et une mère peut raconter des mensonges et horreurs sur un père, c'est difficilement vérifiable, car l'entourage et la société soutiennent souvent plus les mères que les pères, et cela laisse des traces sur les enfants, et ne permet pas aux pères d'avoir leur place.
Moi j'espère avec beaucoup d'espoir que les institutions comme l'école voient les hommes revenir en nombre , voire aussi d'autres institutions . Et je le fais savoir à chaque occasion, à chaque discussion qui s'y prête. Car je ne trouve pas juste qu'un avantage soit donné à pouvoir enseigner par le fait d'être mère, car le fait d'être père le vaut largement. C'est une injustice à mes yeux.
J'imagine parfois que pour enrayer le processus, il faudrait que les hommes aient le même pouvoir que les femmes de contrôler leur fertilité et décider s'ils veulent être pères ou non.
En fait j'espère que chacun trouve et garde sa juste place.
Ecrit par : dg | 14 mars 2006
salut, je te vois en "live" sur la 2!!! La class!!! Moi aussi je suis allée sur Paris la semaine dernière pour une opération de communication (speed politique pour la journée de la femme) mais je n'ai pas eu autant de temps de parole!! Sinon, c'est comment les coulisses du service public??
Ecrit par : julie | 16 mars 2006
Merci M. Brighelli de nous montrer qu'il existe encore dans l'enseignement des hommes de lettres qui connaissent et ont fait leurs humanités. Merci de ne pas faire comme les (nombreux ?) collègues qui, effrayés par les Kamarades syndiqués, n'osent plus tenir de propos intelligents et intelligibles sur l'EN et son ignoble nivellement par le bas.
Vous avez été dans cette soirée "politique" sur France 2 consacrée au CPE un bol d'air, la preuve (comme le disait G. Bataille) que "la littérature est l'essentiel."
Ecrit par : Gerome B. | 17 mars 2006
L'émission de France 2 était si insupportable par l'indiscipline des "intervenants" que je n'ai cessé de zapper. Revenant par hasard sur France 2 je suis tombé sur un discours si vrai (je parle d'expérience) qu'il était écouté dans le silence.J'ai découvert Mr Brighelli, je vais acheter son livre, le faire lire, et j'écrirai aux candidats à la présidentielle pour leur demander de faire de Mr Brighelli un conseiller à la Présidence ou auprès du ministre de l'éducation.
Ecrit par : lepertuis | 17 mars 2006
Il a dit beaucoup de vérités vraies, M. BRIGHELLI, c'est vrai. Mais attention, quand il dit qu'heureusement il y a encore les Prépas par rapport à l'Université je ne suis pas trop ou du tout d'accord avec lui et le renvoie notamment à ce qu'a dit, fort justement, dans le débat-foutoir d'hier soir, le Président de Paris 1-Panthéon-Sorbonne au sujet de ce que coûte à la collectivité un étudiant en université, par an (6 000 euros) et ce que coûte un étudiant en CPGE (12 000 euros), toujours par an. Ca fait très cher à la collectivité que ces différences et un rapprochement CPGE-Université s'impose à mes yeux, dans le sens intégration des CPGE à l'Université. Et bien sûr quitte à ce qu'on réfléchisse enfin sérieusement sur les actuelles filières universitaires, leurs débouchés (aucune enquête sérieuse sur ce que sont devenus les étudiants des diverses filières de l'Université française) et surtout qu'on développe enfin la grande absente de la soirée d'hier, la formation continue tout au long de la vie. Il y aura toujours moyen de discerner une élite ce n'est pas le plus difficile.
Ecrit par : Frederic_le_chauve | 17 mars 2006
Bonjour, j'ai lu votre livre qui m'a grandement intéressé. Je vous félicite d'oser dire ce que vous pensez sans craindre de choquer, ceux qui refuse la remise en question tant collective qu'individuelle.
Etant étudiant sur Grenoble, participant au mouvement anti CPE et tout ce qui en découle nous avons décidés de lancer un atelier EDUCATION ET FORMATION qui souhaite, la création d'un projet cohérent sur ce thèmes. Un projet permettant à l'individu de se dévelloper tout en se préparant à integrer le monde exigeant qu'est celui du travail. Nous cherchons des consultant pouvant nous aider à mener les débats de manières constructives.
Quand les incultes universitaires veulent s'éduquer, leur tendez-vous la main?
Merci de bien vouloir répondre rapidement.
Ecrit par : Simon | 17 mars 2006
Quien es, Julie ?
JPB
Ecrit par : brighelli | 20 mars 2006
3000 € pour un étudiant d'université, 12 000 € pour un élève de CPGE. Certes. 16 000 € (17 000, selon certaines sources) pour un étudiant d'IUFM.
Calculez la productivité des uns et des autres.
Pour info : près de 40 000 € pour un élève de Harvard (qui ne paie pas forcément un droit d'entrée astronomique : il y a aux Etats-Unis, dont tous ces imbéciles sont entichés dès qu'il s'agit de pédagogie mais qu'ils récusent quand il s'agit de capitalisme, nombre de bourses décrochées au mérite qui couvrent tout ou partie des frais d'inscription)…
"Au mérite ! Vous avez dit le mot interdit !"
Que voulez-vous… J'ai une très mauvaise éducation.
JP Brighelli
Ecrit par : brighelli | 20 mars 2006
JPB a dit:
Pour info : près de 40 000 € pour un élève de Harvard (qui ne paie pas forcément un droit d'entrée astronomique : il y a aux Etats-Unis, dont tous ces imbéciles sont entichés dès qu'il s'agit de pédagogie mais qu'ils récusent quand il s'agit de capitalisme, nombre de bourses décrochées au mérite qui couvrent tout ou partie des frais d'inscription)…
En un mot comme en cent, le système universitaire américain se "régulerait" de la sorte, avec ces "bourses au mérite"? La morale serait sauve...
Eh bien, si c'est ça vos idées moi je dis non à un enseignement supérieur à deux vitesses.
Ecrit par : Frederic_le_chauve | 21 mars 2006
Même les universités publiques ont de bien meilleurs budgets aux Etats-Unis qu'en France. Savez-vous, par exemple, que le tout petit état du Wisconsin verse 312 millions d'euros par an à son université de Madison (16ème au Shanghai) ? C'est le budget d'une quinzaine d'universités littéraires en France... et le Wisconsin n'est qu'un petit état rural.
Savez-vous que le budget de la bibliothèque (publique) du Congrès, à Washington, est supérieur à celui de TOUTES les bibliothèques universitaires françaises mises bout à bout ?
Ecrit par : Pierre-Henri | 21 mars 2006
Pour ceux que les statistiques n'effraient pas :
http://www.wisc.edu/about/facts/
Je rappelle qu'il s'agit d'une université publique, située dans un état rural de 8 millions d'habitants (ville principale : Milwaukee). Ce n'est ni la Californie, ni le Texas, ni la Nouvelle-Angleterre.
En France, dans la même situation, on refilerait le pognon à un énième machin style Vulcania ou Futuroscope, à un somptueux hôtel du département/de région/intercommunal, à un musée du tire-bouchon ou que sais-je encore.
Pardon : à un "pôle d'innovation européen de haute excellence du tire-bouchon".
Ecrit par : PH | 21 mars 2006
Pierre-Henri a écrit:
Même les universités publiques ont de bien meilleurs budgets aux Etats-Unis qu'en France. Savez-vous, par exemple, que le tout petit état du Wisconsin verse 312 millions d'euros par an à son université de Madison (16ème au Shanghai) ? C'est le budget d'une quinzaine d'universités littéraires en France... et le Wisconsin n'est qu'un petit état rural.
Et pourrait-on savoir alors comment ces 312 millions d'euros annuels sont réunis par l'Etat du Wisconsin (impôts directs, indirects, fédéraux, taxes....) avant d'être versés à l'Université de Madison?
Ecrit par : Frederic_le_chauve | 21 mars 2006
L'enseignement supérieur français est déjà à deux vitesses, mais comme nous sommes parmi les champions du monde de l'hypocrisie, nous nous refusons à le reconnaître.
Les facs sont ouvertes à tout le monde ? Voyez Dauphine — ou Médecine, plus globalement. Ou les IUT, de plus en plus sélectifs.
Et sur quoi sélectionnent-ils ? Sur le "niveau" — autant dire sur l'adaptation à un système.
Quant aux classes préparatoires, il n'y a qu'à voir à quel milieu social appartiennent les élèves.
Les facs entretiennent, avec des droits d'inscription déjà importants pour les vrais pauvres, la fiction d'une université ouverte. Mais quelles sections sont réeelement ouvertes ? Les sciences humaines — avons-nous besoin de tant de spécialistes dans ces domaines ?
Je fais dans "À bonne école", qui paraît dans moins de quinze jours, des propositions très précises sur le recrutement en universités. Par exemple dans le domane de l'enseignement, pourquoi ne pas rétablir les IPES — qui donnaient, jusqu'au milieu des années 70, l'écrit du CAPES, et une bourse (d'un montant égal au SMIG) sur concours ? Etait-ce si discriminant ? Le tout en échange d'un engagement décennal à servir l'Etat…
Et dans cet esprit, pourquoi ne pas laisser les grandes entreprises offrir des bourses ? Après tout, elles le font, via les grandes écoles, où elles vont faire leur marché.
JPB
Ecrit par : brighelli | 21 mars 2006
JPB a écrit:
L'enseignement supérieur français est déjà à deux vitesses, mais comme nous sommes parmi les champions du monde de l'hypocrisie, nous nous refusons à le reconnaître.
Non, non, pas champions du monde de l'hypocrisie: ces "deux" vitesses, à l'Université ça s'appelle "article 33" de la loi d'orientation de 1984. En bénéficient les IUT, les Grandes écoles, divers Instituts, mais pas les UFR comme les UFR Sciences et Techniques, que je connais particulièrement bien. Il suffit de consulter les travaux des Conférences de directeurs d'UFR pour s'en rendre compte. Et avec la crise du CPE les Présidents d'université eux mêmes s'y mettent et réclament plus de moyens. On pourrait en parler longuement sur comment et qui en bénéficierait à l'Université.
Qu'il faille stopper l'accès à certaines filières voies de garage, OK.
Il faut juste dire alors par quoi on remplacera l'orientation de ces étudiants vers ces filières. Travail en aval? En amont? Quelle capacité auront l'enseignement technique, ou d'autres filières généralistes, d'absorber alors ces étudiants? Quelle capacité de débouchés, dans les secteurs techniques notamment, à l'heure des délocalisations en France?
Quels indicateurs de gestion des flux seront mis en oeuvre au niveau national?
Je ne sais pas si j'achèterai le "Brighelli 2" et me contenterai plutôt d'échanges virtuels sur le Net.
Ecrit par : Frederic_le_chauve | 21 mars 2006
"En amont ? En aval ?"
La réponse est évidente : nous escroquons les jeunes, en ce moment, en poussant vers les études les plus longues le plus grand nombre de bacheliers (et déjà, en orientant vers le Bac 80% des élèves).
Jeudi dernier, De Robien s'est engagé à indiquer trois ans à l'avance les postes qui seront mis aux concours de recrutement de l'enseignement. Pourquoi seulement trois ans, quand on connaît exactement les chiffres et les flux de populations ? Et ce qui est vrai pour l'enseignement l'est aussi pour tant d'autres filières, vers lesquelles on oriente des milliers d'innocents alors qu'elles n'ont aucun débouché — ou si peu…
Il faut dire deux choses simultanément. Chacun doit pouvoir s'engager dans la voie qu'il choisit, sans garantie de succès, et sans garantie de débouchés. Mais qu'on ne vienne pas se plaindre par la suite. J'admets tout à fait que l'on fasse telles ou telles études pour le plaisir — mais que l'on n'en exige pas un retour forcément monnayable.
Raisonnons à l'envers. Chacun admet (ou à peu près) la nécessité prochaine de se former et reformer tout au long de la vie. Sur des bases généralement pratiques. Pourquoi ne pas adopter le même raisonnement au départ ?
Que l'on dénonce en revanche les dysfonctionnements d'un système qui a laissé s'engouffrer vers les Staps — entre autres — tant de gens sans aucune garantie d'emploi, bravo. Mais que l'on prétende que tous ont automatiquement droit à un poste est une billevesée.
Bonsoir à Frédéric le Chauve — comme Charles.
JPB
Ecrit par : brighelli | 21 mars 2006
Il y a, dans Le Monde daté du 22 mars, un point de vue de Jacques ATTALI intitulé "CPE, en sortir par le haut".
Je cite, entre autres:"Seule en crée (des emplois, NDLR) la croissance, qui ne trouve plus, même dans les pays en développement, sa source dans les bas salaires : pendant que l'Inde concurrence Microsoft, et que la Chine rachète une partie d'IBM, nous en sommes à défendre des champions dans les industries du passé, comme l'énergie ou l'acier, et à dévaloriser notre seule chance pour l'avenir : le savoir des jeunes."
S'il faut effectivement "miser sur le savoir des jeunes" (ça ne coûte pas bien cher de le dire) il faut quand même se dire que le plein emploi, notamment pour les jeunes et ceux qui le seront demain, en France, ça ne sera peut-être pas forcément sur le territoire national ou, du moins, pas tout le temps de leur salariat. Et ce, qu'on remette le paquet sur l'enseignement professionnel ou/et sur la formation continue tout au long de la vie.
Ecrit par : Frederic_le_chauve | 21 mars 2006
Juste un petit commentaire,
Au nom de la liberte d'expression nous laissons passer:
Des chansons racistes (car elles le sont) contre la societe sous pretexte de malaise.
Des propos haineux et gratuits sous pretexte de liberte de parole.
Apres, nous interdisons les propos homophobes et racistes.
Entendre dans une chanson je vais vous enc.... je vais les buter, .... oui c'est bien normal bien sur. Accentuons les differences encore plus. Et apres, de dire la racisme c'est pas bien oui voila une opinion franche et honnete !!!! (c'est de l'humour, meme si cela ne fait pas rire).
Une deformation de notre langue sous pretexte d'avoir une langue plus riche: apparemment meme les jeunes entre eux commencent a avoir des difficultes a communiquer, chacun inventant son langage et creant son clan. Imaginez un instant que j'ecrive ce commentaire avec mes mots.. Deja que j'ecris sans accents et avec un nombre de mots limite.
Le langage reste quand meme l'outil qui fait que les conflits sont moins nombreux qu'avant et qui aide a resoudre beaucoup de situation. Un appauvrissement du langage ne peut que conduire a une fragmentation de la societe. Celui qui ne sait pas communiquer se sent rabaisse et celui qui maitrise le langage a tendance naturellement (par instinct) a se croire superieur.
Une barriere de plus.
Allons soyons serieux, vous ne voulez pas avoir de soucis avec une mentalite pareille.
Ces pensees n'ont rien de politique, il serait bien malheureux de le croire. Le probleme est helas de notre ressort et non uniquement celui de l'etat comme nous nous plaisons a le penser.
Ecrit par : stephane | 26 mars 2006
Cher Stéphane, nous laissons se développer, depuis une vingtaine d'années, tous les communautarismes au nom du droit à la différence et à la liberté d'expression.
Pire, et vous avez bien raison de le souligner : nous passons de la communauté au gang — comme si le gang avait un quelconue droit. Un cran de plus, et nous allons pleurer sur les barbares.
Barbara Lefebvre (le Monde du 7 mars dernier) a bien raison de montrer le lien entre barbarismes — offenses à la langue, et autres langages texto — et barbarie à visage inhumain.
Dans un récent débat, François Bégaudeau m'a reproché de semblables propos. C'est qu'il est, dans son collège du XIXe arrondissement comme dans son "roman" Entre les murs, proche des barbares — de corps et de cœur. Sans doute sourit-il lorsqu'il constate que "feuj" est devenu, chez ses éèves, une injure courante.
Et je ne peux m'y résoudre. Le troisième volet de la trilogie du "Crétin", ("Une école sous influence", à paraître en octobre, traitera presque exclusivement de cette question.
Il va très bientôt falloir choisir son camp. Ce ne sera pas forcément de gaîté de cœur.
JPB
Ecrit par : brighelli | 26 mars 2006
Un rapport parlementaire (Rapport Obin, 2004) a montré que les élèves juifs étaient de facto exclus d'un nombre grandissant d'établissements scolaires en France. Victimes d'insultes, de racket, de violences, ils sont obligés de s'inscrire ailleurs.
Dans un autre pays, un pays qui ne vit pas dans un rêve halluciné, ce rapport aurait dû amener une prise de conscience fondamentale. Il aurait dû nous obliger à tout changer, à remettre en cause radicalement notre façon de concevoir l'enseignement et la vie scolaire.
Pas en France : on s'est contenté, comme d'habitude, de vagues formules sur l'enseignement du "civisme", le "vivre-ensemble" et tout le reste. Comme d'habitude, on a fermé les yeux. Qui a entendu parler de ce rapport dans la presse ? Comme d'habitude, on a demandé aux incendiaires d'éteindre le feu, en faisant appel aux mêmes pédagogistes, aux mêmes hurluberlus qui nous ont menés là.
Tous ces intellos de gauche qui minimisent (parce que c'est la culture d'l'a rue, c'est djeunz, c'est spontané, c'est rebelz) ne comprennent pas qu'il signent chaque jour de petits accords de Münich. Je ne vise pas ici les simples profs, qui sont pour leur malheur réduits au rôle de chair à canon.
voir : http://www.esen.education.fr/documentation/liste.phtml?idRP=1&idR=265
Chercher "Obin". Assez comiquement, il se trouve juste avant le rapport Thélot, pour la "réussite de tous les élèves". On voit donc que notre chère éducation nationale n'a pas peur de se contredire en l'espace de quelques lignes :
1) le racisme, de façon brutale et tangible, avance à grands pas.
2) tout va bien, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mars 2006
Extrait (rapport Obin 2004)
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Des institutions et des médias se sont largement fait l’écho du récent développement de l’antisémitisme dans la vie sociale et dans les établissements scolaires. Nous ne pouvons hélas que confirmer l’ampleur et la gravité d’un phénomène qui prend deux formes principales.
D’une part on observe la banalisation, parfois dès le plus jeune âge, des insultes à caractère antisémite. Le mot « juif » lui-même et son équivalent « feuj » semblent être devenus chez nombre d’enfants et d’adolescents une insulte indifférenciée, pouvant être émise par quiconque à l’endroit de quiconque. Notre sentiment est que cette banalisation ne semble en moyenne que peu émouvoir les personnels et les responsables, qui mettent en avant, pour justifier leur indifférence, le caractère banalisé et non ciblé du propos, ou encore l’existence généralisée d’insultes à caractère raciste ou xénophobe entre élèves, visant par exemple les « arabes » ou les « yougoslaves » : une composante de la « culture jeune » en quelque sorte.
D’autre part les insultes, les menaces, les agressions, bien ciblées cette fois-ci, se multiplient à l’encontre d’élèves juifs ou présumés tels, à l’intérieur comme à l’extérieur des établissements ; elles sont généralement le fait de condisciples d’origine maghrébine. Dans les témoignages que nous avons recueillis, les événements du Proche-Orient ainsi qu’une sourate du Coran sont fréquemment invoqués par les élèves pour légitimer leurs propos et leurs agressions. Ces justifications peuvent aller jusqu’à assumer les persécutions ou l’extermination des Juifs. L’apologie du nazisme et de Hitler n’est pas exceptionnelle : elle apparaît massivement dans d’innombrables graffitis, notamment de croix gammées, et même parfois dans des propos ouvertement tenus à des instituteurs, professeurs et personnels d’éducation. Ces agressions n’épargnent pas des personnels ni d’autres élèves, comme cette collégienne turque nouvellement arrivée en France et devenue le souffre-douleur de sa classe parce que son pays « est un allié d’Israël. » Il est d’ailleurs devenu fréquent, pour les élèves, de demander sa religion à un nouvel élève ou à un nouveau professeur. Nous avons constaté que beaucoup de professeurs ne refusaient pas de répondre à cette question.
Ces agressions, parfois ces persécutions ravivent des souvenirs particulièrement douloureux chez les familles dont les enfants en sont les victimes. Elles ont notamment pour effet, dans certaines grandes agglomérations où l’offre scolaire et les transports en commun le facilitent, le regroupement des élèves d’origine juive, dont la sécurité n’est plus assurée dans nombre d’établissements publics, dans des établissements privés et publics dont l’aspect « communautaire » ou « pluricommunautaire » est de plus en plus marqué. Dans ces collèges et ces lycées, on observe alors souvent, de la part des élèves de famille juive, des manifestations d’appartenance religieuse ou identitaire à rebours. Elles visent notamment les élèves « musulmans » ou « arabes » et sont attisées là aussi par des groupes extrémistes, plus nationalistes et racistes que religieux, comme le Bétar, qui mènent des « expéditions punitives » et diffusent des affiches et des tracts violemment anti-arabes. Plus inquiétant, des professeurs affichent leur judéité et une certaine crispation identitaire comme en témoigne ce chef d’établissement, effaré par l’accueil reçu de certains personnels le félicitant de la nomination « d’un proviseur juif » à la tête de leur lycée. Dans d’autres établissements, comme dans ce collège d’un bourg de la vallée du Rhône, nous avons constaté que la scolarisation d’élèves juifs ne se faisait plus que grâce à sa dissimulation, seul le principal en ayant été informé par les parents et assurant discrétion et vigilance ; mais le patronyme des élèves ne le permet pas toujours. Cette situation existe également s’agissant de personnels.
Quoiqu’il en soit, si le racisme le plus développé dans la société reste le racisme anti-maghrébin, ce n’est plus le cas dans les établissements scolaires, où il a été très nettement supplanté par le racisme anti-juif. Il est en effet, sous nos yeux, une stupéfiante et cruelle réalité : en France les enfants juifs - et ils sont les seuls dans ce cas - ne peuvent plus de nos jours être scolarisés dans n’importe quel établissement.
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Bravo messieurs les pédagogistes, qui remplissez depuis vingt ans d'innombrables thèses et mémoires consacrées au "civisme". Mission accomplie.
Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mars 2006
On ne peut que cconseiller à tout un chacun la lecture du rapport Obin, du nom de l'Inspecteur général chargé d'analyser la question religieuse à l'école (disponible sur le Net — références à venir).
Ce qu'il faut remarquer, c'est que ce rapport remonte à 2002-2003, et qu'on ne lui a guère fait de publicité. Ses conclusions auraient-elles gêné certains groupes de pression ?
JPB
Ecrit par : brighelli | 26 mars 2006
Le rapport Obin, longtemps occulté par l'Education Nationale, a été mis sur le Net huit mois après avoir été remis au ministre… Il est consultable sur
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/rapport_obin.pdf
JPB
Ecrit par : brighelli | 26 mars 2006
Pourquoi diable faut il des rapports ???
Un bon bain de foule populaire sans protection ou pendant les manifestations, un bon match de foot dans une banlieue avec un petit enjeu et dans l'anonymat, ca vous revigore et met les idees au beau fixe. Mais d'ou vient le racisme ??????
Interrogez les jeunes (les tout petits) encore non totalement impregnes de nos idees d'adultes qui pratiquent du sport et des parents qui les accompagnent?
Le probleme n'est pas du aux banlieues d'aujourd'hui !!! ils datent deja d'il y a 25 ans alors que tout le monde profitait bien.
Critique facile me direz vous ??? Oui bien sur, bien sur ... je ne vis pas la bas donc je n'ai pas a donner mon avis ...
Il ne reste, helas, plus que les critiques, car comme dans la medecine: une societe qui en est reduite a soigner les effets et non les causes ne peut que profiter en attendant sa mort prochaine dans la souffrance.
La solution est tres simple repecter l'autorite de l'etat (la police, les enseignants... Il y a des tres gros problemes dans ces institutions et la solution meme si elle nous coute beaucoup pour certains passent d'abord par le respect des personnes qui travaillent pour nous !!!!! pas par des lois que tout le monde va s'empresser de contourner. Apres, pensons a ameliorer le systeme. Pas le contraire !!!!
Desole Mr Brighelli d'avoir squatte (c'est dans le Larousse) votre blog ce week-end.
Ecrit par : stephane | 26 mars 2006
Je ne sais pas pourquoi (c'est complètement hors de propos), mais tout cela me fait penser à une autre histoire.
En 1957, dans la ville de Little Rock (Arkansas), 9 élèves noirs ont décidé de s'inscrire dans un lycée pour blancs, comme une loi toute récente leur en donnait le droit.
Le président Eisenhower n'a pas envoyé d'assitante sociale ni de docteur en sciences de l'éducation. S'il l'avait fait, les élèves auraient sûrement été, au mieux, battus comme plâtre, au pire pendus à un arbre.
Le président Eisenhower n'a pas envoyé de pédagogue, mais il a envoyé le 101ème Airborne, avec pour mission de défendre la vie des gamins.
Les 9 élèves ont suivi leurs études, certains sont devenus cadres, l'un d'entre eux docteur, une autre encore journaliste, la plupart se sont tournés vers l'activisme politique.
Evidemment, comme rien n'est rose, pour 9 gamins sauvés, combien sont morts, combien ont été jetés de force hors des facs et des lycées ? N'empêche que pour ces 9 là, ça a tout changé. Les plus longues marches commencent par un premier pas, comme on dit.
http://www.centralhigh57.org/
Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mars 2006
Je vais tenter de tirer la leçon de l'apologue — parce qu'une fable sans morale, hein…
9 Noirs pour un lycée tout entier blanc.
À l'arrivée, un médecin, un journaliste, des "activistes" — j'ai plaisir à penser qu'une vraie culture blanche peut produire des Black Panthers — et c'est justement le cas : la culture blanche, la culture classique, et pas la "culture-rap" de la banlieue la plus proche.
Deux leçons à retenir.
Premièrement, immerger les défavorisés (les Noirs de Little Rock — vous vous souvenez de Marilyn dans Gentlemen prefer blondes : "I'm just a little girl from Little Rock…") dans un océan favorisé. Qu'on se le dise : il faut, arbitrairement, volontairement, détruire les ZEP et en parsemer les élèves dans les centres-villes. La racine de la ségrégation à la française, le mur du ghetto scolaire, c'est la carte scolaire (inventée en 1963, quand les grands ensembles ont été bâtis, quand les rapatriés sont revenus, quand les Algériens ont été importés par l'industrie du bâtiment et de l'automobile, quand les harkis aussi ont échappé au massacre : ce n'est pas une coïncidence).
Et les immerger dans une culture "classique" — la plus "blanche" (ou franco-française) possible.
Et tous ceux qui prétendent le contraire sont des ségrégationnistes. Des ségrégationnistes de gauche, si l'on veut, mais des ségrégationnistes quand même.
JPB
Ecrit par : brighelli | 26 mars 2006
Il y a, dans la théorie des "ségrégationnistes de gauche", comme vous dites, sous-jacent, un immense mépris de l'élève. Cette idée stupide qu'un élève devient la copie conforme de l'éducation qu'il reçoit. Comme si l'élève était un robot entièrement programmé par ses professeurs (oh, le rêve de pédagogiste que voilà ! Bonjour, petit Emile !).
Ils se disent : mettons un élève de banlieue dans une classe favorisée, et le pauvre perdra ses repères, il sera coincé entre ses origines populaires et cette culture "bourgeoise" qui va l'étouffer.
Mais non : cet élève deviendra lui-même ce qu'il veut devenir, parce qu'on lui aura donné la matière première pour cela. La culture n'est qu'une glaise qu'on donne à l'élève ; après, c'est à lui d'en faire ce qu'il veut. Il lira Césaire, il lira Senghors, il lira Kateb Yacine, ou ne les lira pas, mais il aura les outils pour le faire. Il retrouvera ses racines ou pas, ce sera son propre choix.
Si on ne lui donne au départ aucune glaise à modeler, il n'aura rien de toute façon, et en aucun cas on ne pourra le dire "libre". La seule liberté est celle du choix, et c'est celle là qu'on refuse à ces gamins. On les range de force dans la case prévue pour eux par les sociologues.
Les "ségrégationnistes de gauche" se tambourinent la poitrine en parlant de "diversité", sans réfléchir un instant que pour l'élève en question, c'est plutôt une "unicité", parce que lui, de son ghetto culturel, il n'en sort pas.
Cette "diversité culturelle" n'est rien d'autre qu'un fantasme pour les gens bien-pensants, intellectuels souvent haut-fonctionnaires à l'EN, ayant la sécurité de l'emploi, qui s'encanaillent en parlant rap et culture de la rue, mais rentrent chez eux le soir écouter Chostakovitch en faisant des plans de carrière.
Ils parlent de la banlieue comme les bourgeois de Courteline vont au bordel, pour goûter sans trop de risques la saveur de l'interdit.
Ecrit par : Pierre-Henri | 26 mars 2006
Très content que nous soyons plusieurs - et bientôt très nombreux — à faire la même analyse.
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 mars 2006
Un lecture essentielle sur ce point : "la littérature sans estomac" de Pierre Jourde. D'abord parce que le livre est à hurler de rire, ensuite parce qu'il démontre point par point que la "contre-culture" n'est rien d'autre qu'un produit fantasmé par les classes dominantes.
Ecrit par : Pierre-Henri | 27 mars 2006
Complément : Festins secrets, du même Pierre Jourde. Un roman curieux, dans son intrigue, mais qui abonde en mises en scènes hilarantes d'un IUFM-type, et d'une administration de coillège-tout aussi type. J'en cite une longue page dans les annexes de "À bonne école" — dans toutes les bonnes librairies la semaine prochaine : je vous laisse juges de la décision qui s'impose, comme disait Greg dans Achille Talon.
JPB
Ecrit par : brighelli | 27 mars 2006
Je m'interroge sur la fin du texte de Barbara Lefebvre, ce parallèle avec "les règles du langage" instaurées par les nazis pour occulter, et surtout rendre supportable la "solution finale", c'est-à-dire le meurtre de millions d'êtres humains. Il me semble que ce point va l'encontre de sa thèse, puisqu'elle rappelle à juste titre que le langage le plus élaboré ne s'oppose pas forcément à la barbarie. En l'occurence, il la masque et la véhicule. Ce n'étaient pas des êtres incultes que les nazis, même si leur nervis l'étaient. Etes-vous bien sûr que ceux qui parlent mal peuvent déraper dans l'immoralité tandis que ceux qui maîtrisent le langage seraient immunisés ? Cela évidemment ne remet pas en cause cette lente accoutumance à l'inacceptable auquel nous assistons, ces ravages de la démagogie et de la lassitude dont se fait l'écho le rapport Obin. Cela n'exclue pas la sauvagerie qui naît de la bêtise, de l'ignorance et de l'amalgame. Mais je veux rappeler qu'il existe une littérature antisémite, que Faurisson est très certainement un homme très cultivé, que Céline est le plus grand écrivan du XXème siècle., heidegger le plus grand philosophe...Le lien barbarisme-barbarie me paraît un peu rapide et il me semble que la culture n'est pas ni morale, ni immorale.
Ecrit par : sgherri | 28 mars 2006
Barbarismes / barbarie…
Bien sûr que les têtes pensantes de l'hitlérisme maîtrisaient parfaitement le langage ! Mais vous le dites vous-même : leurs nervis (disons les SA, pour simplifier) ne le maîtrisaient pas, eux.
Big Brother aussi sait s'exprimer (ou, dans le roman, son représentant le plus direct, O'Brien). Il ne faut pas confondre l'idéologie (qui suppose une infinie maîtrise syntaxique) et la manipulation, qui s'accorde assez bien avec une raréfaction du vocabulaire.
Un tyran de Syracuse (un Denys quelconque, au IVe siècle) avait pensé qu'en interdisant le mot "démocratie", il parviendrait à en éliminer l'idée en une ou deux générations.
La langue, en soi, n'est pas "fasciste" — c'était une proposition de Barthes, dans les temps heureux où l'on ne se posait pas de questions sur la pédagogie, en tout cas pas à l'Ecole Pratique des hautes Etudes. L'usage que l'on en fait, oui.
Et c'est là que commence la crapulerie.
Que certains aient cru bon de dédouaner les enfants de toute contrainte — comme ils croient bon (voir françois Bégaudeau dans son dernier "roman" — j'ai eu avec lui une sérieuse friction sur le sujet) de les laisser "s'exprimer avc leurs mots", là commence le crime. Quand les gosses du XIXe arrondissement (où travaille cet ineffable pédadémagogue) lancent des "sales feujs !" à la tête des "bolos" qu'ils rançonnent à la fin des manifs (cliché ? Pas même, malheureusement), c'est le résultat de quinze ans de démission volontaire, de "compréhension" systématique.
Je n'ai pas envie d'être "compréhensif" envers le futur lumpen qui grossira les rangs des futures chemises noires / brunes — ou vertes.
En ce sens, Barbara Lefebvre a raison (même si elle prêche elle-même pour sa chapelle, sur certains points). Autoriser les enfants à ne pas se corseter dans une langue impeccable / implacable, c'est, à terme, autoriser toutes les dérives.
Voir sur ce sujet la montée de l'argot au XIXe siècle, parallèle à la montée des "classes dangereuses" et autres "apaches". Sauf que ceux-là tapaient sur les bourgeois — les caves. Aujourd'hui que la lutte des classes est obsolète, à ce que prétendent les partis de gauche, les voyous modernes enlèvent de malheureux garçons qui ont, parce qu'ils parlent une langue différente, la réputation d'être à l'aise puisqu'ils qu'ils ont un vocabulaire plus riche.
Imaginez un peu le dialogue entre des tortionnaires au langage néantisé par la pédagogie conciliante et un pauvre jeune homme qui, sous la torture, s'obstinait à ne pas parler la même langue…
Cela dit, bien sûr que la culture permet aussi tous les dérapages. Mais elle permet aussi de les apprécier : les nazis ont eu des juges — et Faurisson aussi.
Et je ne doute guère, pour les fréquenter beaucoup en ce moment, que les pédagogues professionnels maîtrisent parfaitement le langage…
JPB
Ecrit par : brighelli | 28 mars 2006
Si il y a bien un crétin sur terre, c'est sans aucun doute ce fanatique de Brighelli.
Comment dame nature permet ce genre d'unitilité
Ecrit par : bertoli | 23 avril 2006
Merci beaucoup ! Comme on dit : "La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe…"
JPB
Ecrit par : brighelli | 23 avril 2006
Tiens, le rousseauisme vire à Robespierre. Pas bon signe, ça, même s'il n'y a là finalement aucune surprise. Qui a dit que l'histoire ne repassait pas les plats ?
Ecrit par : Pierre-Henri | 23 avril 2006
Bah, le robespierrisme n'est jamais que la maladie sénile du rousseauisme. Un cran de plus, et c'est leur tête qui tombera.
C'est tragique, au fond, ce climat d'affrontement. Bien sûr, je m'y épanouis, à titre très personnel, et même égoïste, parce que j'aime le sang. Mais pour l'Ecole, c'est dramatique, parce que ceux qui sont en formation aujourd'hui vont faire les frais de ces clivages idéologiques imlbéciles.
Ce qui m'inquiète, de surcroît, c'est la suite — après Robespierre, le petit Napoléon que d'aucuns tireront de leur chapeau, ou de leurs urnes.
JPB
Ecrit par : brighelli | 23 avril 2006
Voici un article de l'Express me paraissant intéressant intitulé "N'éteignons pas les lumières" :
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/islamisme/dossier.asp?ida=437950
Il me semble qu'il rejoint dans un certain sens les quelques idées exprimées ici.
SW
Ecrit par : Sandra WAGNER | 27 avril 2006
Je précise bien sûr que d'autres thèmes sont également explorés outre le thème de l'Ecole proprement dit.
SW
Ecrit par : Sandra WAGNER | 27 avril 2006
Remarquable article d'Eric Conan signalé par Sandra Wagner. Je ne peux qu'inciter chacun à se reporter au lien ci-dessus.
JPB
Ecrit par : brighelli | 28 avril 2006
Voici encore un autre article rédigé par un journaliste du Figaro et publié par le site Laïc.info :
http://www.laic.info/Members/webmestre/Revue_de_presse.2005-01-14.1047/view
Ecrit par : Sandra WAGNER | 10 mai 2006
Sur l'utilisation et l'impact des mots il y aurait énormément à dire et surtout à faire. Pour commencer par un bout : l'éducation revient aux parents, l'enseignement revient aux professeurs. Nous vivons dans une complète confusion de termes. Et l'une précède l'autre, l'inverse ne marche pas et c'est ce qui se passe bien souvent de nos jours.
Ecrit par : Elisabeth | 02 juin 2006
Je pense que vos pensées sont extrémistes et basées sur votre vécu ici et maintenant.
Je pense que les élèves, nos enfants n'ont jamais été aussi intelligents et réfléchis que nos parents; ou arrière grands-parents et autres aïeuls. Que le problème est bien là !!! (pour certains, surtout!). Ca dérange l'intelligence du peuple !
Certes, j'enseigne un cran en dessous, c'est-à-dire en primaire, je n'ai pas affaire à ces élèves d'"âges bêtes" comme vous!! Qui ont plus le sens de la dérision que leur cadets.
Mais quand même, je reste persuadée qu'AGIR sera largement plus profitable à tous que de longues critiques et revendications: Par exemple, lire, c'est lire; (eh oui, quelque soit l'ouvrage) et Vilard vaut bien Rousseau, quand on connait les moeurs et la vie de famille de ce dernier !!
Sur Terre, il y a les beaux parleurs et les autres; et chacun sait que ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins !
Je peux comprendre ce que vous contestez, mais que prônez vous au juste, quel idéal ? C'est une petite question d'une institutrice de ZEP....................
Ecrit par : Nathalie | 06 juin 2006
Se servir de la culture "populaire" pour intéresser les élèves peut avoir un intérêt.
Je vous cite un exemple... L'autre jour, en science, j'ai fait un cours sur le secourisme et une élève m'a posé la question : "c'est quoi une commotion". J'ai expliqué le terme et donné un exemple avec commotion "cérébrale". Les élèves n'arrivaient à trouver par eux-mêmes le sens de ce mot. J'ai eu soudain l'idée de demander à ceux qui (hélas) avaient vu la veille X-Men comment s'appelait l'appareil (le "cérébro") utilisé par le professeur Xavier et pourquoi il s'appelait ainsi. Ils ont évidemment compris, mais je n'ai pas fait un cours sur les X-Men !
Là, c'est de la démagogie pure ! On ne se sert pas de la culture populaire pour la rattacher à quelque chose qui chercherait quand même à élever un peu le débat ! On en fait un but et on la porte aux nues.
En suivant votre raisonnement, vous allez utiliser Star Ac pour apprendre la musique et 1ère compagnie pour expliquer le débarquement !
Ecrit par : Sionac'h | 06 juin 2006
Nathalie, mes propositions sont toutes rassemblées dans À bonne école (auto-publicité gratuite…).
Le problème n'est pas de savoir si les mœurs d'Hervé Vilard sont plus "pures" (?) que celles de Rousseau. Je me fiche pas mal de savoir que l'un est homo et l'autre maso — entre autres. Mais qui écrit le mieux ? Qui donne un exemple de style ? Lequel des deux pense ?
Quant à agir… Voici trente-deux ans que j'agis, à mon humble niveau, aussi bien en classe que dans l'édition (vous avez dû manipuler sans le savoir des dizaines d'ouvrages auxquels j'ai mis la main — par exemple les Folio-junior). Mais j'en avais assez de voir la plus belle machine à instruire jamais mise au point — l'Instruction publique française — partir en niquedouille.
JPB
Ecrit par : brighelli | 07 juin 2006
Pour Nathalie :
Prenons la peinture : Kandinsky, Picasso, Cézanne, Delacroix, Watteau, Poussin, Léonard de Vinci ... doivent-ils s'incliner devant les coloriages qui seraient exposés aujourd'hui dans une salle des fêtes d'un quartier populaire ?
Pourquoi refuser aux seuls enseignements littéraires une hiérarchie des valeurs créatrices et formatrices qui est communément admise ailleurs ? Au Louvre, au Grand Palais, au Musée d'Orsay, quelles sont les expositions qui font accourir les publics de tous âges : les Vilard, ou les Rousseau et les Balzac de la peinture ?
Ecrit par : gilbert beaune | 07 juin 2006
Gilbert, sincèrement et sans la moindre hésitation je préfère de loin contempler avec délectation "Le Radeau de la Méduse" ou "le sacre de Napoléon", Rubens ou autre grand peintre !
De loin je me précipiterai en priorité sur une exposition dédiée aux impressionnistes, à Picasso, Dali etc...
Aujourd'hui n'importe quel piou-piou peut s'autoproclamer artiste : c'est proprement scandaleux et c'est même une insulte à ce cher patrimoine culturel si somptueux et si grandiose !
N'importe qui n'est pas Rubens, Michel-Ange, Léonard de Vinci ou Van Gogh : soyons sensé et sérieux !
Ecrit par : Sandra WAGNER | 07 juin 2006
D'ailleurs en musique c'est exactement la même chose :
A choisir entre un spectacle d'André Rieux, celui de
l'orchestre philharmonique de Vienne et une Maria Callas interprétant CASTA DIVA de Bellini, sans équivoque j'opte pour les 2 dernières options...Seul bémol la diva Callas n'est plus de ce monde malheureusement !
J'aurais donné n'importe quoi pour l'écouter : je me contente de mes cd en conséquence....
Ecrit par : Sandra WAGNER | 07 juin 2006
Vous cibler bien là le problème de l'enseignement de cette discipline pompeusement baptisée "arts plastiques", qui ne comporte aucun enseignement !
Que demande-t-on aux élèves ? Au mieux, de barbouiller "à la manière de...". Mais dans les faits, qu'apprennent-ils comme technique ? Rien de plus que ce qu'ils savaient déjà ! Tout au plus ont-ils l'occasion de s'entrainer à la maîtrise d'un geste qu'ils avaient peu d'occasions de faire !
Mais qui donne des cours de dessin, peinture ou sculpture ? Peu d'enseignants et c'est logique, car personne ne le leur a appris ! Alors chacun fait avec ce qu'il peut.
C'est proprement lamentable de voir que les seuls productions artistiques "étudiées" (ou plutôt analysées) sont celles de prétendus artistes contemporains parce que c'est la simplicité même. Leur seul titre de gloire est d'avoir pensé en premier à étaler une bouse sur une toile en prétendant avoir créé une oeuvre. Dès lors, les gamins peuvent facilement s'identifier à des "artistes" et refaire des "choses" similaires.
Evidemment, il est plus délicat de s'intéresser à la lumière dans un tableau de Jacques Louis David, d'analyser la perspective (mauvaise) d'un tableau du Moyen Age et de la comparer à des oeuvres de De Vinci pour comprendre les 4 règles de la perspectives énoncées par le maître.
Mais il n'est pas nécessaire d'aller si loin dans la culture artistique pour permettre aux élèves de progresser en dessin. J'ai toujours eu de grosses difficultés à représenter de façon à peu près réaliste les arbres. En travaillant sur la représentation du paysage et le découpage plan par plan en géographie, je me suis donc intéressé de près à cela. J'ai cherché de quelle façon la BD s'y prenait pour représenter différents types de paysages (montagnes, nuages, rochers, forêts, mer, soleil...) et extrait des différentes vignettes que j'ai regroupées par thème, la façon dont les dessinateurs s'y prennent. C'est en fait assez simple et chaque année, j'apprends à mes élèves à dessiner des paysages très simples mais de façon plus réaliste que deux barres verticales pour le tronc, surmontées d'une boule verte pour les feuilles.
C'est ni plus ni moins qu'un tutoriel qui permet en quelques essais de réussir à dessiner quelque chose de convaincant. Et cela ne demande aucun savoir faire autre que de tenir un crayon dans sa main et savoir s'en servir.
Malheureusement, cette séance que j'ai initiée pour la première fois en stage à l'IUFM a été pilonnée par mon directeur de stage. Pensez donc ! Je ne laissais pas l'occasion de laisser s'exprimer "librement" les élèves ! Il aurait fallu que je les laisse dessiner des arbres selon leur propres technique pour qu'ils en tirent eux-mêmes la façon la plus adaptée de représentant un paysage réaliste ! Simple question (que je n'ai pas posée, mais qui me brûlaitt les lèvres) : puisque c'est ce que font les enfants depuis leur plus jeune âge, pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas encore trouvé une solution meilleure que celle qu'ils utilisent ?
Ecrit par : Sionac'h | 07 juin 2006
Oups ! Il fallait bien entendu lire : "Vous cibleZ"...
Ecrit par : Sionac'h | 07 juin 2006
Sionac'h vous avez parfaitement raison : la Culture, la vraie n'est plus enseignée comme il se doit...C'est bien dommage d'ailleurs car le Louvre, le Musée d'Orsay entre autres regorgent de trésors fantastiques !
Evidemment il serait plus judicieux d'enseigner aux élèves les différents techniques utilisées par les grands peintres impressionnistes ou par ceux de la période de la Renaissance ou autres afin de mesurer l'ampleur du travail réalisé et la richesse extraordinaire de ces chefs d'oeuvres....
Qui aujourd'hui, à part les intéressés ou experts, connaît Rembrandt, Veermer ??? Très peu de jeunes dans tous les cas......
Ce qui m'horripile le plus c'est de considérer que les tags gribouillés dans les quartiers difficiles ou ailleurs (nul besoin d'en trouver uniquement en banlieue) soient des oeuvres d'art !
C'est encore la meilleure façon de stigmatiser, de repousser ceux qui justement auraient droit à une instruction de qualité, à la découverte et à la connaissance de ce patrimoine culturel littéraire, musical, artistique absolument magnifique !
Les jeunes de ces banlieues l'aimeraient et l'apprécieraient tout autant que les autres si on leur reconnaissait le droit au Savoir.....et non à la médiocrité, même pardonnez moi l'expression : la m...de
Ecrit par : Sandra WAGNER | 07 juin 2006



