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20 janvier 2012

Demandez le programme

La démocratie étant le pire système à l’exclusion de tous les autres, il m’a paru temps, à moins de trois mois du premier tour, de prendre vraiment le pouls de la profession, sans attendre des candidats des illuminations sur un métier — le nôtre — dont ils ignorent à peu près tout, sauf ce qui s’en dit au café du Commerce.

J’ai donc lancé sur un forum (1) fréquenté par de très nombreux enseignants, de la Maternelle à l’Université, une enquête sur les propositions que nous attendrions de politiques intelligents et audacieux — exemple-type de double oxymore. « Le bon sens du maraud quelquefois m’épouvante », comme disait Piron : les réponses de nos collègues, pour variées qu’elles semblent à première lecture, se recoupent toutes — en dix propositions. Les voici — cum commento, comme on disait jadis, quand on faisait du latin et non des TICE, des TPE et de l’ECJS — au lieu de faire de l’Histoire et de la Géographie.

Que ce soit bien clair : même si j'approuve l'essentiel de ce qui suit, je ne le contresignerais pas sans examen. Je me fais juste le petit rapporteur des désirs.

Une remarque enfin en passant. Pour l’essentiel, ces propositions recoupent le programme de Bayrou. Mais je n’empêche pas le PS, qui mouline dans la choucroute, ou l’UMP, qui patine dans le yaourt, de s’en inspirer. Les Verts, comme on sait, sont irrécupérables. Quant au FN, il se pare des plumes du paon en se faisant le chantre de l’école républicaine — jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que sous le plumage dont il s’habille, la volaille est déjà plumée, le chèque-éducation en place et le privé confessionnel aux commandes.

(1) http://www.neoprofs.org/t42108-et-vos-propositions-a-vous...

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01 janvier 2012

Bouts de chandelles

Retour au GRIP, dont j’ai déjà beaucoup parlé sur ce blog (1). Cet organisme qui donne au mot pédagogique enfin sa vraie valeur a non seulement regroupé les meilleurs spécialistes du Primaire, mais leur a fait commettre des livres qui sont autant de lanceurs des apprentissages fondamentaux — des bons apprentissages et des bonnes pratiques.
Comme tant d’autres dont j’ai parlé ici même (2), le GRIP, qui vivait chichement d’une maigre subvention, est aujourd’hui comme la cigale de la fable confronté aux économies de bouts de chandelles par lesquelles le gouvernement prétend compenser une noble et belle politique de cadeaux aux copains hexagonaux et aux coquins internationaux. Autant le dire et le redire : prétendre remettre les enfants sur le chemin de l’Ecole et de la culture et couper les vivres à ceux qui justement s’en soucient le mieux est une politique de gribouille.

J’ai donc offert une tribune à Guy Morel, afin qu’il décrive exactement le cordon d’étrangleur ottoman que le ministère a expédié au GRIP — et à la plupart des organisations qui s’efforcent de remettre du plomb dans les têtes et de l’espoir sur les bancs de l’Ecole. Qu'il l'ait fait sous forme de Lettre ouverte est un témoignage de sa modération, dont je le félicite. Qu'elle trouve place ici est une preuve de la colère qui monte, qui monte, qui monte.

A lui la parole.

Un dernier mot. La situation est si grave que ce texte paraît ce jour même sur le blog de Luc Cédelle, Interro écrite (http://education.blog.lemonde.fr/), alors même que l’honorable journaliste du Monde et moi-même naviguons sur des eaux pédagogiques diamétralement opposées. C’est dire l’urgence — et les candidats à la présidentielle devraient la mesurer à l’aune du désastre imposé par une Rue de Grenelle qui, encore une fois, commence et finit à Bercy.

Jean-Paul Brighelli

 

(1) Par exemple dans http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2010/05/21/grip-f...

(2) Voir ma Note récente sur la manière dont Luc Chatel a sucré la maigre subvention qui permettait de faire de vrais livres pour les enfants aveugles ou mal voyants (http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2011/11/27/lettre...)

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11 décembre 2011

Khmers verts

Les programmes électoraux se ramassent à la pelle — et l’envie me prend parfois de les balayer comme feuilles mortes.

Les Verts viennent, par exemple, de publier le leur. Bravo au PS qui a trouvé malin, pour couler Hollande, de s’allier avec ces gens-là, en destituant de leur siège des députés installés ou des candidats solides, priés d’aller se faire élire et pendre ailleurs. Par exemple dans la première circonscription de Lyon, où Philippe Meirieu, qui se voit déjà ministre du Temps perdu, compte bien se présenter, malgré l’opposition féroce de Gérard Collomb (1).

Tout ça pour 5% de voix qui ne seront peut-être que 4…

Il est temps, plus que temps, d’analyser en détail les propositions d’Europe-Ecologie-Les-Verts. Certes, les diverses bourdes d’Eva Joly, depuis qu’elle est leur candidate officielle (Cécile Duflot se tenant en réserve pour 2017, on en a de la chance…) nous ont éclairés sur le potentiel tragi-comique de ce groupuscule. Mais quand même… Puisqu’ils s’occupent d’école, je m’occuperai d’eux.

Ici s’ouvre un nouveau chapitre de l’encyclopédie des nuisances.

 

(1) http://www.libelyon.fr/info/2011/11/collomb-ne-veut-pas-d...

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27 novembre 2011

Lettre sur les aveugles

L’heure est aux restrictions budgétaires, on s’en est aperçu.

À l’Education nationale particulièrement : les (maigres) subsides de nombre d’associations parfois essentielles sont sucrés les uns après les autres. Tout le travail patiemment réalisé année après année par le GRIP, par exemple, est aujourd’hui menacé. On ne peut même pas accuser le ministère de favoriser tel ou tel. Les Cahiers pédagogiques, si longtemps bien en cour, ont vu réduire de 50% (en fait, un poste d’enseignant détaché) la manne qui jusqu’alors tombait du ciel grenellien. Ils ne meurent pas tous, mais ils sont tous frappés, comme dit le poète…

Et d’encourager ces associations à trouver ailleurs les conditions de leur survie. Que les gros mécènes lèvent le doigt !

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13 novembre 2011

Tigres de papier

Crise par ci, crise par là. Mais encore ?

Gouvernement et opposition, unis dans la grande fiction néolibérale, tentent de nous culpabiliser en nous laissant croire qu'un régime minceur (voire un régime anorexique) guérira le pays d'abord, l'Europe ensuite. Demandez un peu aux Grecs ce qu'ils en pensent…

Mes compétences en économie sont… limitées. Aussi ai-je demandé à un ami dont c'est la profession de nous expliquer par quel processus fatal nous nous sommes retrouvés dans l'impasse — et par quelle manœuvre nous pourrions en sortir.

Son analyse est un peu longue peut-être, parce qu'il faut remonter aux calendes… grecques pour expliquer le présent. Mais je crois que ça vaut le coup d'aller jusqu'au bout de l'analyse : cela permettra à chacun d'expliquer à son voisin que purges et saignées n'ont jamais, depuis Molière, sauvé un seul malade.

Cela ne signifie pas que je partage toutes les conclusions de la présente Note. Mais je ne suis pas le premier à dire que la politique de la France (ou de la Grèce, ou de l'Italie, ou…) ne doit pas se faire à la corbeille. Et l'intox actuelle sur le thème "il n'y a rien d'autre à faire que prendre des mesures d'austérité" — surtout qund on sait que ceux qui la préconisent n'en souffrent pas vraiment — me hérisse. Je pense à tous ceux qui se fichent pas mal de savoir s'ils paieront leur baguette en euros ou en francs — ou en drachmes —, ne serait-ce que parce qu'ils ont, comme disait Prévert, le pain quotidien relativement hebdomadaire, grâce aux banques, aux traders et à ces technocrates de Standard & Poors qui ont si habilement camouflé les comptes de la Grèce et se retrouvent à la tête de la Banque européenne ou de l'Italie.

JP Brighelli

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